‹ Dictionnaire de la langue fran©aiseChapitre 98 sur 389 · LEX · texte numérisé non relu

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lévriers ne se esjoïssent pas des oudeurs des liovies par raisonde telle oudeur....ORESME,/!(h. 93. On voit coucher dessus le lict du roj de France les lévriers, pour ce qu'il les aime et tient chiers, Uodus, f° ex. Ilxv* s. Froissars d'Escosse revenoit Sus un cheval qui gris estoit. Un blanc lévrier meiioit en lasse, FROiss. Le débat du cheval et du lévrier. Quand on ne se peut plus ayder d'un vieulx et affolé homme d'armes, on le boute hors comme un vieux lévrier de quoy on n'a plus cure, Bouciq. iv, 9. || xvi* s. Comme onc mnstin n'ayma lévrier, ouc vilain un gentilhomme. Contes dEutrapel, p. iS9, dans la- CLBNE, au mot comme.

— ÊTY5I. Picard, eiffrter; provenç. lebrier; cat. llchrer; espagn . lebrel ; portug. iebreo; ital.!cl'n'frc,• (iu bas-latin leporarius, sous-entendu canis: chien à lièvre, de lepus, Icporis, lièvre (voy. ce mot).

LEVRON (le-vron), s. m. || 1° Lévrier au-dessous de six mois ou environ. Cambyse un jour faisait combattre ensemble un lionceau et un jeune levron, p. L. COUR. Trad. d'Ilérod. || Il est affamé comme un jeune levron, se dit d'un jeune homme de bon appétit. Il Étourdi comme un jeune levron, se dit do celui qui fait, les choses à la hâte et sans les bien considérer. || 2" Lévrier de petite taille. Les grands lévriers viennent du Levant ; ceux de taille médiocre, d'Italie; et les lévriers d'Italie transportés en Angleterre sont devenus levrons, c'est-à-dire lévriers encore plus petits, buff. Quadrup. t. i, p. 369.

— mST. xiv s. [Mon cheval] Deux levrons [sorte de maladie] ha en ses genous; A l'euil le voit chascuns de nous, machuut, p. 8o. || xvi* s. Un jeune levron, un jeune homme ignorant, cotgrave

— ÉTYM. Voy. LÉVRIER.

t LEVRONNE (le-vro-n'),!./". Femelle du levron; jeune levrette.

LEVURE (le-vu-r'), s. f.\\ 1° Écume formée spontanément à la surface de la bière en fermentation recueillie et lavée à grande eau, puis séchée; mélangée en petite quantité dans un liquide qui contient un principe sucré, la levure détermine la fermentation alcoolique. || 2° Ce qu'on lève de dessus et de dessous le lard à larder. Une levure, des levures de lard. || 3° Terme de blason. Levure, et, plus souvent, franc quartier, quartier de l'écu qu'on retranche du côté dextre vers le chef, pour en faire un autre émail que celui d'i reste de l'écu. Il 4° Terme de chasse et de pèche. Demi-mailles par lesquelles on commence un filet.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie met un accent circonflexe sur levure, tandis qu'elle n'en met pas sur balayure, lavure, etc.

— ÉTYM.Prov.etesp.Ietoduro;dulat.!e»are,lever. LEXICOGRAPUE (lè-ksi-ko-gra-f), s. m. Celui

qui recueille tous les mots qui doivent entrer dans un lexique. || Celui qui s'occupe d'études lexicographiques. Hésychius et tous les autres glossatcurs ou lexicographes s'en sont servis nécessairement [d'Athénée], p. L. COUR. Art. sur une nouv. édil. d'Athénée.

— ÉTYM. AsÇixoYpâçoç, de XeÇixèv, lexique, et Ypàçeiv, écrire.

LEXICOGRAPHIE (lè-ksi-ko-gra-fie), s.f. Scienco ou étude du lexicographe.

— ÉTYM. Lexicographe. LEXICOGRAPHIQUE ( lè-ksi-ko-gra-fi-k' ) , adj.

Qui a rapport à la lexicograpliie. {| Travaux lexicographiques, ceux qui ont pour objet les progrès de la lexicographie.

t LEX1C0GKAPHIQUEMENT( lè-ksi-ko-gra-fi-keman), adv. En lexicographe, selon la lexicographie.

t LEXICOLOGIE (lè-ksi-ko-lo-jie), s. f. || 1° Partie de la grammaire qui s'occupe spécialement des mots considérés par rapport à leur valeur, à leur étymologie, à tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour composer un lexique. {| 2* Recherches sur les dictionnaires.

— ÉTYM. AE^txèv, lexique, et Xôyoç, doctrine.

t LEXICOLOGIQUE (Ic-ksi-ko-lo-jik'), adj. Qui a rapport à la lexicologie.

t LEXICOLOGUE (lè-ksi-ko-Io-gh') , i. m. Celui qui s'occupe de lexicologie.

t LEXILOGIE (lè-ksi-logie), I. [. Voy. lexiologie.

t LEXIOLOGIE (lè-ksi-o-lojie), s. f. Science des mots considérés dans leurs éléments de formation.

— ÊTYM. Aé^i;, mot (voy. lexique), et Xo-^o;, doctrine.

LKXIQUE (lè-ksi-k'), î. m. || 1° Originairement, dictionnaire des formes rares ou difficiles, propres à certains auteurs. Il Aujourd'hui on dit encore en ce sens : Le lexique de Platon par Ast; Le lexique d'Homère par Uann. || 2* Depuis quelque temps, il devient synonyme de dictionnaire, et même de diclionnairo pour les enfants ; il ne s'applique au'aux

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langues anciennes classiques, grec et latin. IMrfj. Manuel loxique, petit dictionnaire dont l'usage est facile et fré(|uent.

— ÉTYM. Ae$ixov, de ),é?i;, mot, qui vient de JxyEiv, dire, le même que le latin légère (voy. lire).

LEZ (le), prép. aticienne signifiant à côté de, proche de, tout contre, qui n'est plus usitée que dans quelques noms de lieux, comme : Plessis-lcz- Tours, Saint-Denis-lez-Paris, et autres semblables.

— HIST. xii* s. Lez une roche, soz l'ombre d'un sapin, Uoncis.p. 50. || xiir s. U descendirent à la porte et entrèrent ens, et troverent l'cmpercour Kirsac le père, et l'empereur Alexis son fils, séant ambedui lez à lez en dui chaieres, villeii. xciil. Berte s'en va moût tost les le pendant d'un v;il, Herle, xxvi. ||xvi* s. Lors les alcyons ponent et esclouent leurs petits lez le rivaige, rab. l'ant. v, c.

— ÊTYM. Provenç. latx, las, cûlé; anc. catal.in(; espagn. lado ; ital. lato; du lat. latus, lateris, côlé.

LÉZARD (lé-zar ; le d ne .se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l's ne se lie pas: dos lé-zar agiles; cependant quelques-uns la lient : des lé-zar-z agiles), s. m. Il i' Nom d'un genre de reptiles sauriens à langue échancrce au bout, à pattes à cinq doigts légèrement comprimés. Les lézards sont ovipares. Les animaux beaucoup plus remarquables que recèlent ces mêmes schistes, ce sont les lézards volants que j'ai nommés ptérodactyles, cuvier, Itévol. p. 304. J'en épelaisle premier signe [une inscription du Colysée]; Mais, déconcertant mes regards, Un lézard dormcdt sur la ligne Où brillait le nom des Césars, LAMART. Médit, le Lézard. \\ Se chauffer au soleil comme un lézard, se mettre au soleil pour s'y réchauffer (les lézards des murs recherchent le soleil). || Fig. C'est un pauvre lézard, se dit d'un homme misérable, qui ne saurait ni nuire, ni rendre service. || Vivre comme un lézard, vivre sou!, isolé. Desfontaines est détesté, et vit seul comme un lézard, volt. Lett. Thiriot, 18 nov. 1736. Il 2° Nom do différents animaux. Lézard do mer, lecallionyme dragonneau. jj Lézard écailleux, le pangolin. || 3° Petite constellation boréale.

— lUST. xii' s. N'i avoit nés [même] une leisarde, Ne rien nule qui mal lui face, la C/»am'((c,v.3i22. Il XIII* s. Lisardes sont de trois manières: une grans et uao petite.... brun. lat. Très. p. <94. || xvi* s. Faux détracteurs à langue de lezars, Vostre langue lézarde Veuillez donc reprimer, j. mabot, v, 3o-!. Le chameleon, qui est une espèce de lizart tant admirable que.... bab. Pant. iv, 2. Le muscle hypothenar ou le Vczar, est pour le petit doigt, pars, IV, 42. Pistoles, pistolets, petits bidets, et autres semblables, petits lézards et scorpions que l'on peut aisément cacher dedans ses chausses, m. ix, Préf.

— ÉTYM. Berry, iùord, liscrd; génev. liuzarà; provenç. laiert, lausert; anc. catal. iaert ; c;ilal. mod. llagart; espagn. et portug. lagarto; ital. iacerta, lucerta; du lat. lacertus (d'où lésard) ou (acerta (d'où l'ancien français leiarde).

LÉZARDE (lé-zar-d'), s. f. \\ 1" Femelle du lézard. Il 2° Par assimilation de forme, fente, crevasse qui se fait dans un ouvrage de maçonnerie. || 3° Terme de tapisserie. Petit galon portant des dents de feston des deux côtés. || 4° Terme de typographie. Se dit do certaines raies blanches qui se présentent parfois dans la composition.

— ÉTYM. Anc. franc, lézarde, lézard ; la lézard» étant assimilée, pour sa forme , à un lézard.

LÉZARDÉ, ÉE (lé-zar-dé, dée), part, passé du lézarder. Qui a une ou plusieurs lézardes. Un mur lézardé. Il Fig. Celui-ci reprit sa métliode, quoiqua ce qu'il avait fait fût déjà tout lézardé, haïnal, Hist. phil. IV, 30.

t LÉZARDELLE (lé-zar-dè-l'), s. f. Plante d'agrément, genre saururus, type des saururées, famiUo voisine des naïadées monocotylédones.

— ÊTYM. Léxard , à cause de sa forme en queue de lézard.

t LÉZARDER (lé-zar-dé), v. a. || 1° Causer des lézardes. Les fortes gelées ont lézardé cette muraille. Il 2" Se lézarder, v. réfl. Devenir crevassé. Ce mur se lézarde.

— ÉTYM. Léxarde.

f LI (lil, s. m. Mesure itinéraire des Chinois v.ilant 576 mètres. Regardez cette étoile ; elle est à quinze cent mille millions de lis de notre pclit globe; il en part des rayons qui vont faire sur vos yeux deux angles égaux au sommet, volt. Dial. I5.

f LIAGE (li-a-j'j, s. m. || 1° Action do lier. C'est à l'aide de deux gros cibles qui, d'une part, s'enroulent sur des treuils adaptés au bateau, et qui, d'un autre côté, sont fixés à des pieux do liage établis sur la rive, que les mariniers jarvienneiil à

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francliir ces cluites à la remontP, c. orangez, Voies navigables de France, p. 384. || 2" Fil qui lie la dorure à la soie. || 3° Dans les moulins à poudre, liage du salpêtre, du charbon, du soufre, mélange lis ces matières dans les mortiers.

— IIIST.xvi's.Tant vous voiez deloiaus mariages, Tous corrompus nonobstant les liages De sainte église, aussi d'iioniiesteté, les Triomphes de la noble dame, f" 58, dans laclr.ne.

— ÉTYM. lier.

1. LIAIS (li-ê), s. m. Liais ou pierre de liais, variété de calcaire compacte, dépourvue de cavités, à grain fin et serré, qui est une belle pierre à bâtir qui se trouve dans les environs de Paris. La pierrn de liais, qui se tire dans les environs de Paris et dont la dureté vient de ce qu'elle est surmontée de plusieurs bancs d'autres pierres dont elle a reçu les sucs pétrifiants, buff. Min. t. i, p. 341. {| On en distingue plusieurs sortes : le liais rose, qui est le plus beau; le franc liais; le liais férault, qui ne brûle point au feu, et qui sert pour cette raison à faire les jambages des cheminées.

— IIIRT. xiif s. [Une tour] De liois est blanc com yvoire, Parlonop. v. 82). {| xv* s. Ils trouvèrent un pillier moult liault, et estoit fait d'ung marbre lyois, Perceforest, t. i, (° 38. || xvi* s. I.a pierre que les Parisiens appellent liais, palissy, 204.

— ÊTYM. Angl. lias. Origine inconnue. On cite le bas-breton liach, nom donné aux pierres plates, dites dolmen. D'après Legoarant, ce mot vient de lier, parce que le grain en est fin et trùs-bien lié.

1 2. LIAIS (li-ê), s. m. Terme de tisserand. Longue tringle de bois dont on se sert pour soutenir les lices.

LIAISON (li-è-zon) , s. f. || 1° État de ce qui est lié. La soudure est une espèce de liaison. Ces pièces sont si bien jointes qu'on n'en voit pas la liaison. La laine desdits plis ou pelures étant plus sèche et moins liante que la mère-laine, avec laquelle elle estmêlée, cela en empêche la liaison, Procès-verbal de police d'Amiens, te janv. )67). || Fig. L'égalité, mon frère, en est [de l'amitié] le ferme appui. C'en est le fondement, la liaison, le gage, COKN. Rod. I, 1. Le cœur de l'homme étant destiné pour posséder un bien immense, quoique la liaison quT l'y tenait attaché soit rompue, doss. Sermons, l'Honneur, t. {{ 2° Terme de calligraphie. Petit trait de plume qui lie les parties de lettres les unes aux autres, et les lettres entre elles. Faire bien les liaisons. || 3" Terme de musique. Trait recourbé dont on couvre les notes qui doivent être liées. || Se dit, dans le plain-chani, d'une suite de notes passées sur la même syllabe. || Liaison d'harmonie, se dit d'une suite d'accords tels que quelqu'un des sons qui forment le premier, subsiste encore dans le second. Liaison de chant, se dit de l'exécution de plusieurs notesd'un seul coup d'archet ou de gosier. || 4°Terme de marine. Liaisons ou pièces de liaison d'un navire, les pièces de bois de construction telles que gouttières, préceintes, courbes, hiloires, qui lient ou fortifient les parties principales dunavire. || 5°Terme de cuisine. Jaunes d'œufs délayés ajoutés à une sauce au moment de servir pour l'épaissir un peu. Il 6" Terme de plombier. Se dit de l'alliage de l'étain avec le plomb pourformerla soudure. {| V'Terme de maçonnerie. Liaison de joint, ou, simplement, liai.son, le mortier qui sert à jointoyer les pierres. Il Liaison à sec, maçonnerie dans laquelle les pierres sont posées les unes sur les autres sans mortier, leurs lits étant polis et frottés au grès. || Maçonnerie en liaison, celle qui est faite de manière que le milieu d'une pierre est posé .sur le joint de deux autres. Il 8' Fig. Ce qui lie les parties d'un discours les unes aux autres. Le style de ces cantiques [des Hébreux], liirdi, extraordinaire.... affranchi des liaisons ordinaires que recherche le discours uni, Mss. Ilist. Il, 3. De tous les défauts de ce poème [la Lusiade] le plus grand est le peu de liaison qui règne dans t<)utes ses parties; il ressemble au voyage dont il est le sujet, volt. Eis. poés. épiq. ch. 6. On souffre des vers de liaison dans une tragédie ; mais les gens de goCit ne peuvent souffrir des vers lâches, des hémistiches rebattus, des épithètes oiseuses, in. Lelt. Thibouville, S fév. <773. || La liaison des scènes est bien observée dans cette tragédie, dans cette comédie, les scènes y sont amcnécsles unes par les autres. J'ai dit que la liaison de scènes est ici perliétucllc, et j'y en ai mis do doux sortes, de présence et de vue; quelques-uns ne veulent pas que, quand un acteur sort du théâtre pour n'être point vu de celui qui y vient, cela fasse une liaison; mais je ne puis être de leur avis sur ce point, et tiens que c'en est une suffisante quand l'acteur qui entre sur le

théâtre voit celui qui en sort, ou que celui qui sort voit celui qui entre, soit qu'il le cherche, soit qu'il le fuie,soit qu'il le voie simplement, sans avoir intérêt à le chercher ni à le fuir, cor:^. Examen de.la Suivante. Il Terme de grammaire. Petit mot qui sert à lier les membres des périodes et les périodes mêmes les unes avec les autres. Que c'est [car] un mot de liaison Introducteur de la raison, ménage, liequête des dict. || 11 se dit de cette particularité propre à la langue française, par laquelle la dernière lettre d'un mot se joint au mot suivant. Dans grand homme, le d fait liaison, et on prononce : gran-t homme. IIS" Connexité, rapport. Les passions qui sont lesplusconvenables à l'homme, et qui en renferment beaucoup d'autres, sont l'amour et l'ambition ; elles n'ont guère de liaison ensemble, cependant on les allie assez souvent, pasc. Passions de l'amour. Il y a tantde liaison entre la spéculation et la pratique que.... id. Pror. xm. 11 n'y a rien de cela [intérêt, sympathie] aux exemples des païens; nous n'avons point de liaison à eux, id. Pens. xxiv, 22, éd. HAVET. Vous voyez, d'où vous êtes, tout ce qui se dit[chezMme de Sévigné, à son retour], et la joie qu'on témoigne, et Mme de Grignan et votre voyage, et tout ce qui n'a point de haison ni de suite, SÉV. (68. J'aurais été bien fâchée de la perdre [une lettre] ; elle me fait une liaison de conversation qui m'instruit de tout ce qui m'échappait, iD. 18 sept. 1089. J'admire la liaison que j'ai avec les affaires publiques ; il faut que l'excès de ce qu'on demande à votre assemblée retombe sur moi; quand je le sus, je sentis le contre-coup, m. (3 nov. 1676. LaProvidence m'y aconduite [àBourbonJ par la main, en tournant les volontés et faisant des liaisons comme elle a fait, id. 22 sept. )0S7. Ces empires ont une liaison nécessaire avec l'histoire, boss. Ilist. III, 7. Qu'ils [les devins] nous annoncent les choses futures ; qu'ils nous annoncent du moins tous les temps passés, et qu'ils fassent la liaison des uns avec les autres, ID. Élév. sxir myst. i , 4. Il 10° Union d'amitié, d'intérêt. Prud'homme m'avait fait assurer qu'il serait très-aise de prendre liaison avec moi, retz, ii, 223. Nous sommes si fort dans les mêmes intérêts [avec le chevalier de Grignan], qu'il n'est pas possible que cela ne fasse une liaison toute naturelle, sEv. 30 nov. 1 6S9. Je n'oublierai jamais cet endroit de ma vie, il me sembla qu'il nous a fait une liaison particulière, id. àJK. de Guitaut, (6 nov. <674. Quelque liaison qu'il y ait entre vous et M. de Morveaux, vous en avez encore davantage avec la justice et la raison, cii. te sévi- GNiî, à Lamoigmm, dans sÉv. t. x, p. 292, édit. Régnier. Les mariages sont aussi souvent un supplice qu'une douce liaison, et on est une dure croix l'un à l'autre, boss. Élév. sur myst. vi, M. Ravi d'entrer en liaison avec ce grand homme, fonten. llarlsocker. La liaison intime d'Alcibiado avec Socrate est ime des particularités de sa vie les plus remarquables, ROLLiN, Ilist. anc. Œuv. t. m, p. 035, dans POUGENS. Tant l'amour de la liberté et la crainte d'être assujettis prévalaient, dans le cœur des Romains, sur toutes les liaisons du sang et de la nature! vertot, Rév. rom. vu, 226. Je ne puis.... demeurer avec vous en liaisons que cette vérification ne soit faite, J. J. Houss. Lett. à Souttersheim, 2| juin 1764. Il Fig. Il n'y a point de liaison si étroite avec le monde que je ne doive rompre, bourdal. (4* dim. après la Pentec. Domiiiic. t. m, p. 42o. Il Au plur. Sociétés, accointances. Ne faites pas de nouvelles liaisons ; connaissez avant d'aimer, maintenon, Lett. à M. d'Aubit/né, 3 janv. <68l. Soyez circonspecte dans vos liaisons avec les femmes; il vaut mieux être vue à l'opéraavec tel homme qu'avec telle femme au sermon, id. Lett. à Urne d'Hairrincourt, 24 juin 1705. De peur qu'il ne prit des liaisons avec les mécontents, fén. ï'(/(.viii. Vous n'en cultivez pas moins des liaisons fatales, mass. Carême, Inconst. Ijîs méchants n'ont que des complices; les voluptueux ont des compagnons de débauche; les intéros.sés ont des associés; les politiques assemblent des factieux; le commun des hommes oisifs a des liaisons; les princes ont des courtisans; les hommes vertueux ont seuls des amis, volt. Dict. phil. Amitié, l'éuis résolu de m'en tenir désormais aux liaisons de sim|ile bienveillance, qui, sans gêner la liberté, font l'agrément de la vie, i. j. nouss. Conf. X. Ayez beaucoup de chevaux, des logos à tous les specUicles, jouez gros jeu, et je vous promets les liaisons les plus brillantes, oenlis, Théât. d'éduc. le fraisage, i, 3. || Liaisons dangereuses, liaisons contractées imprudemment avec des hommes ou des femmes dangereuses. Let Liaisons dangereuses, litre d'un ouvrage de Laclos. || Par uo jeu de mot,

liaisons dangereuses, vice d'élocuiicn j'af lequel on met une liaison là où il n'en faut pas, ou une autre que celle qu'il faut. || 11° Engagement. Voici mes engagements : je suis lié> avec M. le chevalier de Grignan qui n'est point parti avec ma fille pour m'attendre.... elle crut que cette liaison assurait mon voyage à Grignan, sév. à Mme de Guitaut , 25 avril 1694. Il 12° Terme de fauconnerie. Action do l'oiseau qui saisit et t-nlève le gibier. || Liaison se dit aussi des serres de l'oiseau. Les oiseaux qui ont la liaison crochue ne se tiennent guère sur les rochers, parce que leurs crocs n'y peuvent prendre.

— HiST. xiv' s. Iceuli moieulx d'œufs jaunissent a.ssez, et si foat lioison, Minagier, ii, 6. || xvi° s. Ayant fait dresser, sur une liaison de huit galères joinctes ensemble, une grosse machine et engin da batterie pour rompre la muraille, amyot , Marcel. 20. Il vit le chariot duquel on parle tant, lié d'una liaison d'escorce de cormier, id. Alex. 31. Entendre les figures, translations et belles liaisons de simples dictions les unes avec les autres, id. Dém. 3. La liaison et contexture do cette monarchie, mont. I, 121. Nouer une liaison [amitié], id. i, 2I4. Les liaisons et emmaillottements des enfants ne sont non plus nécessaires, id. ii, loa. Les femmes da mauvaise vie ont entr'elles une si douce acointance, qu'il semble que ce soit une liaison de perpétuelle durée, langue, 62.

— ÉTYM. Provenç. liaxo; du lat. ligalionem,àa ligare, lier.

LIAISONNÉ, ÉK (li-è zo-né, née), part, passé de liaisonner. Construction bien liaisonnée.

LIAISONNEK (li-è-zo-né), t). a. || 1* Terme de maçonnerie. Remplir les joints de mortier. || Arranger les pierres d'un édifice de façon que le milieu des unes porte sur les joints des autres. || On dit de même : liaisonner des briques. || 2° Terme de paveur. Liaisonner dos pavés, les disposer d'une manière qui les rend capables de résister aux roues des voitures. Il 3° Terme de couvreur. Liaisonner deslattcs, les clouer de manière qu'elles n'aboutissent pas sur le même chevron. || 4» Il se dit dans la draperie. Inutilement a-t-on pris la précaution de rendre, par la carde, le fil de la chaîne et celui de la trama fort velus, de les filer de rebours, et de fouler le drap en fort pour le liaisonner comme un feutre, Dict. des arts et m. Drapier.

— ÉTYM. Liaison.

LIANE (li-a-n'), s. f. || l°Nom donné, dans toutes les colonies françaises, à un très-grand nombre da plantes sarmenteuses ou grimpantes, sans y spécifier aucun genre ni espèce, dont plusieurs servent de cordes ou de liens, .se lient entre elles et s'attachent aux arbres. Du sein de ces eaux croupissantes et malsaines, s'élèvent des forêts aussi anciennes que le monde et tellement embarrassées de lianes que l'homme le plus fort et le plus intrépide ne saurait y pénétrer, haynai,, Ilist. phil. vu, 28. Des lianos semblables à des draperies flottantes qui formaientsur les flancs des rochers de grandes courtines de verdure, bern. ce st-I'Ierbi-;, Paul et Virg. Il Liane à Baiiduit, convolvulus brésilien, employé comme purgatif par le médecin lîauduit. || Liane % bœufs, l'acacia grimpant, iippelé aussi liane de bœufs. Il Liane à lait, liane laiteuse, nom à Cayenna do Vallamande cathartique (apocynées). || Liane da Virginie, un des noms vulgaires donnés à la téeom» radicante (bignoniacées), dite au.ssi jasmin de Virginie, LEGOAHANT. || 2° Dans la marine, se dit quelquefois pour garcette.

— ÉTYM. Norm. liaune, nom de la clématite; lianne, glane. Ce mot semble venir de lier, et être une autre forme de lien.

LIANT, ANTE (li-an, an-t'), odj. || l'Qui n'est pas cassant, en parlant de certaines substances. La laine desdits plis.... étant plus sèche et moins liante quo la mère-laine, Prorès-verbal de police d'A miens, t o janv. 1871. Ces deux pièces étaient fort saines et d'un bois liant ipii se travaillait avec facilité, dufp. Kxp. sur les vdgélaux, (" mém. Si l'on veut avoir, je ne dis pas do la fonte parfaite et telle qu'il la faudrait pour les canons do la marine, mais seulement de la fonte a.s.sez bonne pour faire du fer liant, moitié nerf et moitié grain, du fer, en un mot, aussi bon et nieilleurque lesfers étrangers.... m. Ilist. min. Introd. part. exp. OKuv. t. viii, p. 107. ||So dit d'un corps mou, qui se pétrit facilement entra les doigts, et qui ne se sépare pas quand on lo tire. Cire, pâte liante. ||a°Oui a un manieiiieiit facile et doux, qui a de l'élasticité. J'aurais un bon carrosse â ressorts bien liants, beonard, U Joueur, i, i . De deux ressorts la liante souplesse Sur lepavé le porte avec mollesse, volt. Mondain. \\ Par extension. Le bo-

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case moins fler, arec plus de mollesse, Déploie & nos regards des tableaux plus riants, Veut un site agréable et des contours liants, delille, Jardins, ti ||3-Fig. Oui lie, unit, attache. Le chevaliers en Ta faire sa cour, cette cour que je suis ravie qu'il puisse faire, et fâchée que ce soit en quittant cette petite chambre qui fait tout ce qui reste de supportaî>\e et de liant k ce triste hôtel de Carnavalet; sans cela, chacun est dans son trou, sév. fcts. Mon esprit peu liant, mon amour trop sincère. Ma manière d'agir, ma critique et mes ris M'attireraient bientôt un monde d'ennemis, reonabd, Démocrile, i, 6. Le maréchal d'Humières, homme d'honneur, quoi-

?ue fort liant avec les ministres, st-sim. 23, a. Il tait grand et bien fait, d'une figure agréable, d'une société liante et douce, J. j. bouss. Conf. xii. Cet homme, qui parait si liant dans le monde. Chez lui quitte le masque, boisst, Deh. tromp. I, <. Il fuit jusques au nœud d'une lotte amitié ; Il est toujours liant et n'est jamais lié, td. t6. 1, 6. || Qui forme aisément des liaisons, des accointances. Le désœuvrement rendant les hommes a5:sez liants, il me rechercha, i. J. BODss. Hél. IV, B. L'esprit liant des habitants me rendit le commerce du monde aimable, II). Conf. V. Il 4* S. m. Qualité de ce qui n'est pas cassant. Le liant de cette fonte de fer. || 5° Terme de danse. Se dit d'un danseur qui plie les genoux avec facilité. Ce danseur a du liant. || 6" Fig. Douceur, affabilité, complaisance, esprit de conciliation. Mme de Guéméné avait plu infiniment à la reine par le liant, les grâces et l'artifice caché de son esprit, sT-siM. 58, 2(8. Il accorde d'un mot les partis opposés; Quel liant dans l'esprit et dans le caractère I BOISST, Deh. tromp. I, 6. Il n'a jamais vécu dans le grand monde, où l'on perd souvent beaucoup de vertus, mais où l'on acquiert presque toujours du liant dans le caractère, oenlis, Yeill. du ehdt. t. ii, p. <49, dans pouGENS.

fi. LIARD (liar), s. m. Peuplier noir.jl Poire de liard, nom dune poire grise.

— HiST. xii' s. Li dux Naymes parole, qui le poil ot liart, Saions, iix.

— ÉTYM. L'anc.adj. franc, liart, qa\ signifiait gris pommelé; prov.lior, Jsar; ital. ieordo. Origine incertaine. On a cité le gaélique lialh; kimry, lldi, gris brun ; bret. louet, loued, mots auxquels il manque une r. Diez indique de préférence l'anc. franc, lié, gai, disant que le liart est une couleur gaie ; mais il y a tine forte transpoïition de sens, etl'r manque aussi.

s . LIARD (liar ; le d ne se prononce et ne se lie jamais; au pluriel, l's ne se lie pas : des liar amassés; cependant quelques-uns la lient : des liar-z amassés), s. m. || 1° Petite monnaie de cuivre qui valait trois deniers, le quart d'un Bou, et un peu plus qu'un centime. Ils fies paysans révoltés de la Sologne] demandent deux choses, savoir qu'on leur rabatte quelque chose de la taille, ot que les liards aient un cours libre dans les payements qu'ils auront à faire, gui patin, Lettres, t. ii, p. 388. Parmi les tas de blé vivre de seigle et d'orge ; De peur de perdre un liard souffrir qu'on vous égorge, boil. Sat. viii. Être amoureux et ne l'être pas, ma foi, je donnerais le choix pour un liard, MABiv. Surpr. de l'amour, ii, b. Quelle foule d'idées et d'imagesl avec une petite lime de deux iiards, que tout cet or là serait parfaitement travaillé! vous créez et je ne sais plus que raboter, volt. Utt. Pr. roy. de Pr. a févr. 4ii9. Qu'un ramoneur y vende [à Paris] Mon buste pour six liards, bérang. Jean de Paris. || N'avoir pas un liard, n'avoir pas le liard, n'avoir pas un rouge liard, être fort pauvre, ou être sans argent pour le moment (rouge liard se dit à cause de la couleur du cuivre de cette monnaie). || 2° Il se dit d'une très-petite somme indéterminée. Depuis lors j'ai fourni de mon argent, de mon encre, papier, cire, bougie, sans qu'il m'en ait jamais remboursé un liard, j. j. rouss. Conf. vii. ||Je n'en donnerais pas un liard, se dit en parlant d'une chose dont on ne fait aucun cas. || Chose à deux liards, chose qui est sans valeur. Bêtise, oui bêtise, j'en demeure d accord, c'est du style à deux liards, p t cou». Lelt. 1 167. Il Par exagération. Il se ferait fesiier pour un liard, il est excessivement avare On dit, dans la même sens : il couperait un liard en deux. Il 8" Terme de minéralogie. Liard de Saint- Pierre, se dit de pierres calcaires aplatie», ayant la forme de pièces de monnaie.

«.~ "'":„»*'•«• Que nul vivant suz peinedelahart K aye ^ piUer la valleur d'un liard, j. marot v ut Il ae mit en dispute avec un pauvre forçat'qii lui demandoit un hardit.... Le pauvre diable s'en alla SUM un liard etavec le desmenti, d'aub. Fcen. m, a.

LIB

— ÉTYM. Picard, liard. Origine incertaine. D'après Ménage et Génin, liard était un nom propre : la famille des Liards était de Crémieu en Dauphiné, où le dauphin de Viennois battait monnaie; et ce fut un Guigues Liard qui inventa sous Louis XI, en (430, la piécette qui retint son nom. D'autres pensent que le liard provient de l'ancien adjectif liart, gris; mais, d'après Diez, le sens repousse cette étymologie. D'autres, et Diez est du nombre, croient que le liard est le même que le hardi, sorte de monnaie ; l'historique est favorable à cette opinion, et il semble que hardi et liard y sont identiques. Le hardi valait trois deniers comme le îtard. Le hardi, baslat. arditus, ardims, limoufin ordi, esp. ardite, vient, suivant quelques-uns, du nom de Philippe le Hardi, qui fit battre cette monnaie; mais elle paraît propre au midi de la France et à l'Espagne; aussi faut-il de préférence admettre comme origine le mot basque ardita.

LIARDER (liar-dé), V. n. || 1° Donner chacun une petite somme. Allons, camarades; payons notre écot, il faut liarder.ll 2» Lésiner, payer liard à liard. C'est un avare, qui liarde sur tout.

— HIST. xvr s. Liarder, cotghave.

— ÉTYM. Liard 2.

t LI ARDEUR, ECSE Oiar-deur, deû-z') ,s. m.ctf.

Celui, celle qui liarde.

t LIAS (li-â), s. m. Terme de géologie. Mot anglais employé pour désigner une formation de calcaire argileux, de marne et d'argile, qui constitue la base de l'oolithe.

— ÉTYM. Angl. lias, liais (voy. liais i). t LIASIQUE (li-a-zi-k') ou LIASSIQUE (li-a-si-k'),

adj. Terme de géologie. Qui appartient au lias. La série liasique. La période liasique.

LIASSE (li-a-s'), s. f.\\i° Amas de papiers liés ensemble, et ordinairement relatifs à un même objet. J'ai rassemblé la plupart des lettres qui me furent écrites sur cet ouvrage, dans une liasse qui est entre les mains de Mme de NadiUac, j. j. eouss. Conf. XI. Au lieu de variantes d'un seul manuscrit, vous en avez de quatre, et le tout forme une énorme liasse, grand in-folio, p. L. cour. Lett. i, 337. ||I1 se dit particulièrement des papiers d'affaires et de procédure. Pouvant charger mon bras d'une utile liasse, J'allai loin du palais errer sur le Parnasse , boil. Épît. V. Il 8° Ce qui sert à lier des papiers. Donnez-moi une liasse. || Peu usité en ce sens. (| 3° Se dit, dans le commerce, des petits paquets dont on compose les grosses balles de filasse. || Pièce de fil de 96 mètres.

— HiST. xn* s. E out cent liaces de grapes sèches. Rois, p. 4 77. Il xiii* s. Perdirent XLiiij liaces de parchemin fronciné, lesqueles il avoient mis de terre en l'iaue por mener à Noion et à Saint Quentin, Liv. des met. *B8. Il xvr s. Leur commandant que chascun feist un feston d'espics de bled, et qu'ilz en entortillassent des festons et liasses à l'entour de leurs basions, amyot, Eumènes, 44.

— ÉTYM. Lier; provenç. liassa.

LIHAGE (li-ba-j'), s. m. Gros moellon mal taillé.

Il Pierre noyée dans l'épais-seur d'un mur, et qui, n'étant pas visible , n'a pas besoin de parement.

— ÉTYM. Origine inconnue, t LIBANOMANCIE (li-ba-no-man-sie), .5. f. Terme

d'antiquité. Divination au moyen de l'encens brûlé.

— ÉTYM.Aî6avov, encens, et le suffixe mande.

LIBATION (li-ba-sion; en vers, de quatre syllabes), s. f. Il 1* Terme d'antiquité. Action de répandre, soit du vin, soit une autre liqueur, en l'honneur d'une divinité. Alexandre immola un taureau à Neptune, et, pour faire une offrande aux dieux marins, il jeta dans la mer le vase d'or dont il s'était servi pour faire les libations, du byer, Suppt. à Quinte Curce, il, 3. Alors il immolera l'holocauste, et il le mettra sur l'autel avec les libations qui doivent l'accompagner, saci. Bible, Lévit. xiv, xix, 2(i. Tu sais combien je hais leurs fêles criminelles, Et que je mets au rang des profanations Leurs tables , leurs festins et leurs libatiOiis, bac. Esth. i, 4. Ce fut l'usage indigne et sensuel que les enfants d'Héli faisaient des dons faits à l'autel et du revenu do leur sacerdoce, qui livra l'arche sainte aux Philistins, et qui fit cesser pour quelque temps dans Israël la libation et le sacrifice, mass. Confêr. reven. ecclés. || a- Au pluriel. Familièrement cl par allusion. Des libations, nombreux coups de vins, bus par plaisir plus que par besoin. Nous avons fait à ce dîner da nombreuses, d'amples libations.

— ÉTYM. Lat. libotionen, de itI)ar«,-grec,Xc(6(iv, verser, répandre.

t LIBATOIRE (li-ba-toi-r'l, t. m. Vase qui servait à faire les libations, chez les Romains.

— ÉTYM. Voy. LIBATION.

t LIBELLA TIQUES (li-bèl-!a-ti-k'), s. m. pi. Nom donné aux chrétiens qui, durant les persécutions, échappèrent au supplice en achetant des certificats témoignant qu'ils avaient sacrifié aux idoles.

— ÉTYM. Lat. libeltatici, de libellus, livret, cer« tificat.

LIBELLE (li-bè-n, ». m. || 1° Petit livre. L'auteur des premiers cahiers des libelles que le sieur Melchior Tavernier a fait imprimer de diverses méthodes pour pratiquer la perspective.... desargues, en 1643, dans Acad. des se. Comptes rendus, t. lvi, p. 604. Il Terme d'histoire de l'Eglise. Ouvrage hérétique écrit sur quelque matière de foi. Libello d'Arius, de Pelage. || 2° Terme de droit romain. Libelle de divorce, acte par lequel un époux annonçait à l'autre qu'il divorçait. Le Seigneur dit ces choses : quel est ce libelle de divorce par lequel j'ai répudié la synagogue? pasc. Passages omis, éd. faugère. Elle [la femme qui n'avait aucune nouvelles de son mari à la guerre] pouvait envoyer le libelle de divorce au chef [militaire], montesq. Espr. XXVI, 9. || Libelle de proclamation, action intentée en justice pour obtenir la réparation d'un dommage quelconque. || Se dit souvent de tout acte en matière ecclésiastique. Libelle d'anathème, d'excommunication, de pénitence, etc. || 3° Terme d'antiquité ecclésiastique, qui se disait de certains billets ou certificats, que plusieurs chrétiens prenaient des magistrats, pour se mettre àcouvert de la persécution. || 4° Écrit, ordinairement de peu d'étendue, satirique, injurieux, diffamatoire. Le gouvernement n'eut rien d'extraordinaire ni d'irrégulier sous François II, et M. Burnet n'a pu l'improuver qu'en préférant les libelles aux ordonnances et les cabales aux conseils publics, boss. Var. 4"dùc.§ 37. Et déjà [mes vers] chez Barbin, ambitieux libelles, Vous brûlez d'étaler vos feuilles criminelles, boil. Épitr. X. On nomme libelles de petits livres d'injures ; ces livres sont petits parce que les auteurs, ayant peu de raisons à donner, n'écrivant point pour instruire, et voulant être lus, sont forcés d'être courts, volt. Dict. phil. Libelle. La vie d'un forçat est préférable à celle d'un faiseur de libelles; car l'un peut avoir été condamné injustement aux galères, et l'autre les mérite, m. ib. Quisquis, Langleviel. Un libelle enfin qui, pour me servir des expressions d'un des plus estimables hommes de Paris, est l'ouvrage des Furies, si les Furies n'ont point d'esprit, ID. Mél. Utt. Mém. sur la satire, Examen, etc. Les libelles contre les grands sont des grains de sable qui ne peuvent aller jusqu'à eux ; mais les libelles contre de simples particuliers sont des cailloux qui leur cassent quelquefois la tête, m. Lett. Maupeou, 20 déc. 4 773. Qu'il fasse des libelles, dernière ressource des lâches, beaum. Hère coup, v, 8.

— HIST. XIII* s. Lesqueles demandes li clerc apelent libeles, et autant vaut demande comme libelle beaum. VI, 4. Il XV s. Et bailla le dit chevalier uiî libelle au roi, qui fut lu, fhoiss. m, iv, 78. || xvr s. Incontinent, desloyalle femelle, Que j'auray faict et esorit ton libelle [ta satire], marot, i, 30). On trouve escript dedans le libelle difi'amatoiro qu'un Antiphon composa contre Alcibiades, que ... amyot, Aie. 5

— ÉTYM. Lat. libellus , diminutif de liber livre.

LIBELLÉ, ÉE (li-bèl-lé, lée), par», passé de libeller. Voilà l'usurpation de tout l'extérieur des princes du sang, passée en titre bien clair et bien libellé par écrit, sr-siM. 3oo, 1 4. || s. m. Terme de pratique. Rédaction d'un ordre, d'une demande. Le libellé d'une demande. Le libellé de cet exploit est bien fait, c'est-à-dire, la rédaction en est conforme aux lois| aux ordonnances, etc. en même temps qu'il esi correctement écrit.

LIBELLER (li-bèl-lé), V. a. || l- Terme de pratique. Rédiger convenablement une demande judiciaire. Il 2" En matière de finances, libeller un mandement, une ordonnance, spécifier la destination de la somme qui y est portée.

— triM. Libelle, &\i sens de petit livre, d'acte officiel.

LIBELLISTE (li-bèl-li-.st'), ». m. Auteur d'un libelle, d'un écrit satirique, injurieux. Le calomniateur se cachait sous un nom supposé, commu la plupart des libellistes, volt. Dict. phil. Dictionnaire. Chapitre le plus long de tous sur la différenco qu'il y a de l'historien au pamphlétaire, qu'il [le procureur du roi] appelle aussi libelliste, p. t. coua. Procès de P. L. Courier.

— ÉTYM. Libelle, i LIBELLULE (li-bèl-lu-1'), s. f. Genre d'insectes

nevropteres nommés vulgairement demoiselles. La frissonnante libellule Miro les globes do ses yeux

LIB

LIB

LIB

Dans l'étang splendide, où pullule Tout un inonde mystérieux, v. hugo, les Soyons et les Ombres, xvii.

— ÊTYM. On croit que libellule est un diminutif de Hhellus, petit livre, et que cette dénomination rient de ce que ces insectes tiennent leurs ailes étendues comme les feuillets d'un livre.

LIBER (li-bèr),s. m. || 1° Terme d'antiquité. Pellicule qui existe entre l'écorce et le bois de certains arbres. On écrivait sur le liber du tilleul , avant l'invention du papier. || 2° Terme de botanique. Ensemble des couches fibreuses de l'écorce, ou, suivant une définition plus particulière, la partie vivante de l'écorce par opposition à la partie subéreuse. Le liber se compose de feuillets mince.s qui s'emboîtent, et sont séparés de la surface de l'aubier par du tissu utriculaire générateur.

— ÊTYM. Lat. liber, pellicule d'arbre, et aussi livre (voy. livre) .

LIBERA (li-bé-ra), *. m. Dans la liturgie catholique, prière que l'Ëglise fait pour les morts, et qui commence par le mot libera.'Esl-ce la peur des libéras Et des fréquentes funérailles Qui vous fait quitter nos murailles? scaru. Firg. ii. || Fig. Chanter un libéra, se trouver délivré, débarrassé. Je chante Te Deum pour Mme d'Argental [convalescente d'une maladie], et pour moi un libéra; car j'ai encore de grands ressentiments de fièvre, volt. Lett. d'Argental, t8 sept. 4 767. Il Au plur. Des libéras.

— ÉTYM. Impératif latin libéra, délivre, affranchis, de liberare, libérer.

t LIBÉRABLE (li-bé-ra-bl'), adj. Qui peut être fibéré, renvoyé d'un service, et surtout du service militaire. Les hommes libérables.

LIBÉRAL, ALE (li-bé-ral, ra-1'), adj. || 1" Qui est digne d'un homme libre (ce qui est le sens propre). Éducation libérale. Il Arts libéraux, par opposition aux arts mécaniques, ceux qui exigent une intervention grande et perpétuelle de l'intelligence (l'origine de cettedénomination est dans l'ancien préjugé contre le travail manuel, regardé comme indigne d'un homme libre, vu qu'il était dévolu aux esclaves). La peinture, la sculpture sont des arts libéraux. Comme je reproche à mes parties: vous êtes académiciens, et vous ne savez pas que la poésie, la peinture et la sculpture sont des arts libéraux.... furetièbe, 3» faclum, t. I, p. 320. Il a° Par une extension naturelle du premier sens, qui aime à donner. Un même homme sera avare et prodigue, sans jamais être libéral, LAMOTHF. LB VAïEB, Vertu des paiens, ii, avantpropos. Libéral, intrépide, affable, magnanime, corn. Sertor. u, 2. Le Seigneur est libéral envers ceux qui lui donnent, et il vous en rendra sept fois autant, SACi, Bible, Ecclésiastique, xxxv, <3. Quoique, pendant tout l'an, libéral il [l'arbre] nous donne Ou des fleurs au printemps, ou du fruit en automne, la font. l'obi. X, i. Un avaricieux qui aime devient libéral, et il ne se souvient pas d'avoir jamais eu une habitude opposée, PASC. Amour. Toutes les personnes qui l'ont fréquentée savent qu'on peut dire sans flatterie, qu'elle était naturellement libérale, même dans son extrême vieillesse, quoique cet âge ordinairement soit souillé des ordures de l'avarice, Boss. Yolande de Monlerby. La fortune nous joue, lors même qu'elle nous est libérale, m. Sermons, Ambition, t. Il est vrai qu'il y a deux venus que les hommes admirent, la bravoure et la libéralité, parce qu'il y a deux choses qu'ils estiment beaucoup et que ces vertus font négliger, la vie et l'argent; aussi personne n'avance de soi qu'il est brave ou libéral, la bruï. xi. || On dit aussi : main libérale. Vous avez reçu mille bienfaits de sa main libérale. || Libéral de. Ils vous nommeront roi, mais vous devez savoir Qu'ils sont plus libéraux du nom que du pouvoir, corn. Sophon. m, 2. Dans l'absence ce n'est plus cela, on ne s'en soucie point [des heures] ....on est libérale des jours, on les jette à qui en veut, s6v. (O janv. 46»9. Kt si, de mes bienfaits lâchement libérale, Sa main en osera couronner ma rivale, bac. JBajax. iv, ♦. || Fig. Et certainement il [un critique] est tout à fait libéral à faire le dénombrement de mes fautes, desc. Remarques sur les 7" object. 67. || Dans le style élevé , poétique, il peut se dire des choses. Il choisit une nuit libérale en pavots, LAPOKT. Fabl. XI, 3. Il 3" Qui est favorable à la liberté civile et politique et aux intérêts généraux de la société. Opinions libérales. Institutions libérales. Le parti libéral. Les Florentins, qui ont possédé ou la liberté ou des prince» d'un caractère litiéral, sont éclairés et doux, stael, Corinne, vi, 3. Si le siècle de Louis XIV a conçu les idées libérales, pourquoi donc n'en a-t-il pas fait le même usage que nous? ciiateaubr. Cénie, m, ii, e. || S. m. Celui qui professe les idées libérales. Un libéral. Les Ubéraux. Cet observateur moral Parfois se dit jour-

naliste Et tranche du libéral,' siRANO. Judas. || Particulièrement. Les membres de l'opposition qui combattaient les propositions du gouvernement de la restauration. || 4° On a dit libéral arbitre pour libre arbitre. Les païens qui ont vécu vertueusement.... soumettant leur libéral arbitre à la raison, lamothe LE VATER, Vertu des paiens, i, état de la loi.

— REM. De qui vient l'acception du mot libéral au sens du n° 3? Le romancier Balzac dit dans la Vieille fille: « Le sacrifice de ses opinions libérales, mot qui venait d'être créé pour l'empereur Alexandre, et qui procédait, je crois, de Mme de Slaël par Benjamin Constant. » Sainte-Beuve l'attribue à Chateaubriand; il dit dans son discours do réception à l'Académie : « Casimir Delavigne s'y montra tout d'abord l'organe de ces opinions mixtes, sensées, aisément communicables, si bien baptisées par un grand écrivain, le mieux fait pour les comprendre et les décorer, par M. de Chateaubriand, de ce nom de libérales, qui leur est resté. » Ce sens est beaucoup plus ancien, et date au moins du consulat. C'était un mot que les hommes du gouvernement avaient alors perpétuellement à la bouche ; ce qui leur valut cette épigramme d'Écouchard Lebrun : Qu'est-ce que ce mot libéral. Que dos gens d'un certain calibre Placent toujours tant bien que mal? — C'est le diminutif de libre.

— HIST. XIII* S. [Un chevalier] Large [généreux] en ostel [chez lui], preux au cheval, Compaignon liet [joyeux] et libéral. Sans mesdit, sans fiel et sans mal. Fabliaux, 2* cdit. 1. 1, p. 408. Cil est larges et liberaus qui use sa pecune convenablement, brun, latini. Trésor, p. 284. || xiv s. Cellui qui demande conseil a franchise et libérale voulenté de faire ce que l'en luy conseille, ou d« le laissier, Ménagier, i, 9. S'il est adolescent et en oyscuseté, et qu'il mengusse viandes qui engendrent sang, s'il est homme libéral [ne se refusant rien], bernaro de cordon, Traduction, IV, 6. L'avaricieus dit que le libéral est trop large, et celui qui est trop large dit que le libéral est avaricieus, oresme, Thèse de meunier. Nul ne diroit que un homme fust libéral, qui ne se esjoist et delelto en operacions libérales, m. Éth. 4 9. Et que bien estoit droit que pour païs si libéral et si bien guerredonnant nul ne espargnast ne son cors ne son sanc, BERCHEUHE, f" 95, verso. Il XV* s. Pourquoy dit l'en les sept ars liberaulx? Pour ce que nuz [nul], s'il n'estoit libéral, Noble homme et franc ou attrait [issu] des royaulx Le temps passé, ou en especial Donné aux dieux, n'osast en gênerai Nuls de ces ars retenir ne aprendre, E. desch. Poésies mss. f° 338. Et sont toutes ses terres aussi franches et libérales, et en aussi grand paix le peuple y vist et est, comme s'ils fussent en paradis terrestre, kroiss. ii, m, 64. Le très bon gentil chevalier franc et libéral Bouciquaut, qui s'en fut allé, s'il eust voulu, ne le voult laisser là estre prisonnier sans luy, Bouciq. i, 4 6. 11 ne le faisoit pas nour appréhension aucune, mais de sa franche et libérale volonté, math, de coijcy, Hist. de Charles VU, p. 704 , dans lacurne. Ce que fist la suppliante, et toucha son ami de la dite herbe [une herbe enchantée pour conserver un amant) ; lequel n'a point sceu, trouvé ne congneu que ladite herbe ait ouvré en sa personne, ains se sent et tient si libéral de soy [libre, maître] qu'il n'a plus cure de la suppliante, du canoë, Ji6ero/t tas. ||xvi* s. Nostre libéral [libre] arbitre, amyot, Cor. 52. Toutes les contrarietoz s'y trouvent [en moi] ....honteux, insolent.... et libéral et avare et prodigue, mont, ii, 7.

— ÈTYM. Prov. et espagn. libéral; catal. liibcral; ital. libérale; du lat. liberalis, (^xxi appartient, qui convient à une personne libre, de liber, libre.

LIBÉRA LE.MKNT ( li-bé - ra-le-man ) , adv. Il 1" D'une manière digne d'un homme libre. Élevé libéralement. Et libéralement remettre une couronne, TRISTAN, M. de Chrispe, ii, 6. {[ a° D'une manière où règne la largesse. Les lèvres de plusieurs béniront celui qui donne libéralement à manger, saci, Bible, Ecclésiastique, xxxi, 28. U acheta le pays que nous lui cédâmes, il le paya libéralement, volt. Jenni, 7. || D'une manière où il y a trop do laisser aller, de complaisance. Le besoin actuel do nourriture est une cause plus déterminante, plus analogue à l'instinct borné de ces petits animaux, et suppose en eux moins da celte prévoyance que les philosophes i^ccordent trop libéralement aux bêtes, Hi'FF. Ois. t. IV, p. 246. Il Abondamment. Je suis d'avis qu'il soit phlébotomisé libéralement, mol. l'oure. I, 4 4. Il Ironiquement, il se dit des imputations défavorables que l'on attribue â autrui. Ils appelaient le patriarche loup ravisseur dans le bercail; titro que toutes les communions sa sont libéralement donné les unes aux autres, volt. Uussie, i, b.

Il 3° D'une manière favorable à la liberté civile et politique. Il pense, il parle fort libéralement.

— Hlt^T. XIV* s. Donner hberalement, orksme. Thèse de meunier. || xv* s. Lesquelles choses icelui comte de Saint Paul ne faisoit pas bien libéralement ny de bon cœur, mathieu de codcy, Ilist. de Charles VII, p. 699, dans lacurne. Jamais nul plus libéralement ne donna audience à ses serviteurs et subjects, COMM. V, 9. Il xvr 8. Les uns venus hberalement pour luy faire plaisir, les autres pour les pensions et pour la soude qu'il leur donnoit, amyot, Lucul. 49. Je n'estime point Arcesilaus le philosophe moins reformé, pour le sçavoir avoir usé d'utensiles d'or et d'argent.... et l'estima mieux que s'il s'en feust desmis, de ce qu'il en usoit moderéement et libéralement, mont, i, 28.

— ÉTYM. Libérale, et le suffixe ment; provenç. liberalmen, liberalmens; esp. et ital. liberalmenl'e.

t LIBÉRALES (li-bé-ra-l'), s. f. pi. Terme d'antiquité romaine. Fête célébrée en l'honneur de Bacchus le 4 7 mars, différente des bacchanales qui se célébraient trois fois l'année.

— ÉTYM. Lat. liberalia, de liberalis, qui appartient à Liber, nom latin de Bacchus.

t LIBÉRALISER (li-bé-ra-li-zé), v. a. Rendre libéral, plus libéral. Libéraliser un pays. Libéraliser le régime de la presse.

— illST. XVI* s. 11 n'y agueresde rois en la chrostienté qui en puissent souvent libéraliser [donner] de pareils [présents], sans faire flaistrir beaucoup de lleurons de leurs couronnes, carl. j, 34.

t LIBÉRALISME (li-bé-ra-li-sm"), s. m. Opinion, principes des libéraux.

LIBÉRALITÉ (li-bé-ra-li-té), s. f. || 1° Disposition d'esprit digne d'un homme libre; émancipation de l'esprit hors de ses préjugés. L'étude et l'examen peuvent seuls donner cette libéralité de jugement, sans laquelle il est impossible d'acquérir des lumières nouvelles, stael, Allemagne, Considér.génér. Il 2* Disposition à donner. Ta libéralité me fait peine à comprendre, Tu parles de donner quand tu ne fais que rendre, corn. Héracl. i, 2. L'Académie a jugé tout d'une voix que libéralité ne se peut pas dire de l'inférieur au supérieur, mais seulement du supérieur à l'inférieur, ou d'égal à égal, vaucel. Nouv. rem. p. 4 49, dans pouoe.ns. Quedirai-je de sa libéralité? elle donnait non-seulement avecjoie, mais avec une hauteur d'âme qui marquait tout en.semble et le mépris du don et l'estime de la personne, BOSS. Duch. d'Orl. La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos, la bhuy. IV. Il estimait beaucoup la libéralité, mais il faisait encore plus de cas de la bonté, de l'affabilité, de l'humanité, rollin, Ilist. anc. OEuv, t. ii, p. 204, dans pouGENs. || 3° Le don même. Sa main seule départ ses libéralités, corn. Othon, ii, 4. Le roi fait des libéralités immenses, sÉv. 398. La princesse.... ne croyant pas assez honorer les libéralités de ses ancêtres, si elle ne les imitait, Boss. Anne de Gons Ces libéralités répandues dans le sein des pauvres, MASS. Avent, Jugement. Molière employait une parlie de son revenu en libéralités qui allaient beaucoup plus loin que ce qu'on appelle dans d'autres hommes des charilés, volt. Vie de Molière. \\ 4" Il se dit quelquefois pour libéralisme. On trouve en Italie cette sorte de libéralité qui ne porte p.as à changer les institutions, mais fait pardonner dans les esprits supérieurs une opposition tranquille aux préjugés existants, stael, Corinne, ii, 2.

— SYN. LiBÉRAi-nê (au sens de don), largesse. La libéralité est un don convenable; la largesse est une amplo libéralité.

— Iirsr. vu' s. Libcralitez est une vertu qui doue et fait bénéfice, brun, latini, rn'sor, p. 409. Il XIV* s. Que son corps et toutes les choses qu'il avoit exposcroit et metteroit pour libéralité et franchise du royaume en toute manière garder, Chron. franc, mss de G. de Nangis, dans lacurne. || xvr s. Il s'alloit coulant en la bonne grâce do la commune par libcralitez, amïot, Nicias, ♦. Ceulx qui esloient dignes da se sentir de sa libéralité, id. ib. 7.

— ÉTYM. Lat. libnalilalem , de liberalis, libéral. LIBÉRATEUR, TRICE (U-bé-ra-teur, tri-s'), t. m.

et f. Celui, celle qui délivre. Et do dépositaire et do libérateur. Il s'érige en tyran et lâche usurpateur, COHN. Bodog. 11, 3. Déjà presque & la fin des travaux de la guerre. Presque libérateurs de Home et de

la terra.... bbéb. l'hnrsale, vu Le rat dit : idiot I

Moi, ton [du chat] libérateurl jenesuis paasi sot, la font. foM. VIII, 22. Je tonds les bras à mon libérateui [Jésus-Christ], qui, ayant été prédit durant quatre mille ans... pàsc. Peni. xv,4 9, éd. iiavet. Il [Dieu] voulait qu'ils [les Hébreux] éprouvassent en Egypte

LIB

uns dure et insupportable captivité, afin qu étint délivrés par de» prodiges inouïs, ils aimassent leur libérateur et célébrassent éternellement ses miséricordes, Doss. Uist. 11, 3. Bien loin d'avoir détruit, comme on nous l'impose, cette salutaire conliance au libérateur [Jésus-Christ] , lo. Réfut. catech. Ferry, 1, ', préambule. Ahl s'ils ont pu choisir pour leur libérateur Spartacus, un esclave, un vil gladiateur.... bac. iftfhr. m, t. Est-ce un libérateur que le ciel vous prépare? ID. ^(/laJ. m, 4. IMdj. Qui délivre. Armée libératrice. I.e fer libérateur, qui percerait mon sein. Déjà frappe mes yeux, et frémit sous ma main, a. chén. ÉUg. 36.

— ÊTYM. Lat. liberatorem, de liberare, libérer.

LIBÉRATION (li-bé-ra-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Il f Terme de jurisprudence. Décharge d'une dette ou d'une servitude. || La libération de l'État, rac(|uittement, l'amortissement de la dette public)ue. Les États tendent toujours à se mettre dans la balance, et à se procurer leur libération, MONTESQ. Esp. x.\ii, <o. || 2* Terme d'administration militaire. Aiïranchissement du service militaire pour une cause quelconque. || Renvoi, chez eux, des hommes qui ont fini leur temps de service.

— HIST. xiv s. Si la matière de peripluemonie se termine par les voyes de l'orine, c'est signe de libération, bkbnard de cordon, Traduction, iv, 6. Il XV' s. Louant la clémence du dit empereur en la libération de plusieurs prisonniers qu'il avoit prins,

MONSTRELET, t. 11, f 76, dans RAYNOUAIiD, LCX.

— ÉTYM. Prov. liberacio; espag. liberacivn; ital. Ubera:inne;A\i lat. Uberationem, de iiberare, libérer.

LIItÉUÉ, ÉE (li-bé-ré, rée) , part, passe de libérer. Il 1° Libéré des charges qu'il avait contractées. Il 2» Forçat libéré, forçat mis en liberté après avoir subi sa peine.

LIBÉRER (li-bé-ré. La syllabe bé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je libère; excepté au futur et au conditionnel : je libérerai, je libérerais), c. o. || 1° Terme do jurisprudence. Décharger d'une obligation. Il veut libérer sa maison de cette servitude. |1 2° Terme d'administration militaire. Exempter un homme du service. On dit plutôt aujourd'hui exonérer. || Renvoyer chez lui un soldat dont le temps de service est expiré. || 3* Se libérer, v. réfl. Se délivrer de quelque chose qui incommode. J'ai transigé avec lui pour me libérer des poursuites qu'il faisait contre moi. Il Particulièrement. S'acquitter. Il est toujours permis à un débiteur de se libérer. || 4° S'affranchir. Se libérer de la tyrannie d'un père, mol. Amour méd. I, ♦. Il Peu usité en ce dernier emploi.

— ÉTYM. Lat. liberare, de fiber, libre.

•f LIBÉRIEN, lESNE (li-bé-riin, riè-n') , adj. Terme de botanique. Tissu libérien, tissu qui forme chaque couche corticale.

— ÉTYM. Liber.

LIBERTÉ (li-bcr-té), t. /■. || l-Conditiondel'homme qui n'appartient à aucun maître. {| 2"' Se dit par opposition à captivité. || 3" Se dit par opposition à clôture dans un établissement, dans un couvent, etc. 114° Liberté naturelle. H 5* Liberté politique, ou, simplement, liberté; liberté de commerce, des mers. Il 6* La Liberté, divinité. || 7* Au plur. Immunités. Il 8" Liberté de l'Évangile. || 9* Pouvoir d'agir ou de n'agir pas. || 10' Libre arbitre. || 11° État d'une personne qui n'a aucun a.ssujettissement. |l 12° État d'un cœur libre. || IS'Absence de contrainte. || 14° Liberté d'esprit. || 15° Liberté de Langage. || 16° Manière d'agir familière, ou dans laquelle on ne se contraint point. Il 17° Permission, congé, licence. || 18° Licence poétique. Il 19° Aisance dans les mouvements et les opérations. || 20° Aisance avec laquelle se meuvent les choses inanimées. || 21° Liberté de ventre. Il 22° Liberté de langue, en termes de manège, il 23° En liberté, sans gêne, sans obstacle. || 24° Filet qui sert à élever et à baisser les brins de cannes dont on fait des fauteuils. || Proverbe.

1* Condition de l'homme qui n'appartient à aucun mattre. Dans l'antiquité, ceux qui étaient pris à la guerre perdaient leur liberté et devenaient esclaves. L'Angleterre et la France ont donné la liberté aux nègres esclave». La liberté estlapropriôté de soi; on distingue trois sortes de libertés : la liberté naturelle, la liberté civile, la liberté politique; c'est à-dire la liberté de l'homme, celle du citoyen et celle d'un peuple, RXTWAL, Hitl. phil. xi, î«. || 2° Se dit par opposition à captivité. Il était prisonnier de guerreon l'a laissa en liberté sur parole. Contraint de racheter sa liberté après une longue prison durant les guerres d'Allemagne, ntcn. Duc de Mont. Ne craignez pas que je vous lasse un triste récit de OM dirisioDs domestiques |la Fronde], et que je

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parle ici de rétablissements et d'éloignements, de prisons et de libertés, de réconciliations et de ruptures, ID. le Tellier. |j Liberté provisoire, sous caution, droit accordé au prévenu d'obtenir son élargissement, à la charge par lui de fournir dos garanties qu'il ne clierchera pas à fuir. || On emploie aussi liberté en parl.int des animaux. Donner la liberté à un oiseau. La nature, dans le genre de vie qu'elle lui a prescrite fà un certain oiseau], parait l'avoir éloigné de toute vie commune avec l'homme, et lui avoir assuré, après le plus grand des biens, le seul qui en répare la perte, la liberté ou la mort, BUFF. Oiseaux, t. viii, p. 352. II En termes de chimie et fig. Mettre un corps en liberté, le dégager d'une combinaison dans laquelle il était comme captif. Il 3° Il se dit par opposition à clôture dans un établissement, dans un couvent, etc. L'asile [un monastère] qu'elle avait choisi pour défendre sa liberté devint un piège innocent pour la captiver, Boss. Anne de Gonz. Elle eut pu renoncer à sa liberté si on lui eût permis de la sentir, m. ib.

II 4° Terme de droit naturel. Liberté naturelle, pouvoir que l'homme a naturellement d'employer ses facultés comme il lui convient. || 5° Terme de droit politique. Liberté politique, ou, simplement, liberté, jouissance des droits politiques que la constitution de certains pays accorde à chaque citoyen ; condition d'un État où le pouvoir exécutif est soumis au contrôle, direct ou indirect, des citoyens, par opposition aux États où le pouvoir est absolu ou despotique. La liberté jamais r:e cesse d'être aimable, CORN. Cinna, ii, 2. Quand une fois on a trouvé lo moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement lo nom, boss. Heine d'Anglet. Combien fut affermi dans l'amour de la liberté un peuple qui voyait ce consul sévère [Brutus] immoler à la liberté sa propre famille ! m. Jlist. m, 6. Quoique Rome fût née sous un gouvernement royal, elle avait, même sous ses rois, une liberté qui ne convient guère à une monarchie réglée, id. tfc.Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines, la majesté violée par des attentats jusqu'alors inconnus, l'usurpation et la tyrannie sous le nom de liberté.... in.Iieine d'Anglet. Sous ce nom de liberté, les Romains se figuraient avec les Grecs un État où personne ne fût sujet que de la loi et où la loi fût plus puissante que les hommes, m. Uist.

III 6. Étaient-ce [les troubles de la Fronde] les derniers efforts d'une liberté remuante qui allait céder la place à l'autorité légitime? id. Anne de Gon%. Il n'y a point de mot qui ait reçu plus de diflcrentes significations que celui de liberté; les uns l'ont pris pour la facilité de déposer celui à qui ils avaient donné un iiouvoir tyrannique ; les autres, pour la faculté d'élire celui à qui ils devaient obéir; d'autres, pour le droit d'être armés et de pouvoir exercer la violence; ceux-ci, pour le privilège de n'être gouvernés que par un homme de leur nation ou par leurs propres lois.... ceux qui avaient goûté du gouvernement républicain l'ont mise dans ce gouvernement; ceux qui avaient goûté du gouvernement monarchique l'ont placée dans la monarchie, montesq. Esp. xi, 2. Kien n'attire plus les étrangers que la liberté et l'opulence qui la suit toujours, in. Lett. pers. 122. Il y a une nation dans le monde [les Anglais] qui a pour objet direct de sa constitution la liberté politique, lo. Esp. XI, 5. Pourquoi la liberté est-elle si rare?parce qu'oile est le premier des biens, volt. Dict. phil. Venise. Crois-moi, la liberté, que tout mortel adore, Donne à l'homme un courage, inspire une grandeur Qu'il n'eût jamais trouvés dans lo fond de son cœur, id. Brut. I, 3. La liberté consiste à ne dépendre que des lois, ID. Polit, et Ugisl. Pens. admin. publ. Le droit le plus sacré des mortels généreux, La liberté.... ID. Tancr. i, I. La simplicité d'cx))ression est un des caractères de la liberté; cette observation ne paraîtra minutieuse qu'à ceux à qui elle est nécessaire, hihabeau. Collection, t. i, p. «63. Il serait fort aisé d'enchaîner toute espèce de liberté en exagérant toute espèce de danger, id. ib. t. v, p. 26 1 . Il On dit dans lo même sens : liberté publique. La protection accordée aux lettres [sous l'ancienne monarchie] était un éclat pour le trône ; les lettres elles-mêmes étaient la seule liberté publique altirs autorisée, villemain, Littér. fr. I8* siècle, 2* part. 2° leçon. Il Vive la liberté I cri politique poussé par ceux qui défendent leurs droits contre le pouvoir absolu et aussi l'indépendance nationale contre un envahisseur. Voyez ce drapeau tricolore, Qu'élève en périssant leur courage indompté; Sous le Ilot qui les couvre, entendez-vous encore Ce cri : Vive

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la liberté I e. lebri'n, le Vengeur. Défendez vos parents, vos soeurs et vos amies Quevienncnt outrage» ces hordes ennemies; Vive la liberté 1 combattons, les voici! masson, llclvét. vu. || En ce sons, il se dit souvent au pluriel. La perte de nos biens et de nos libertés, CORN. Cinna, i, 3. || Liberté civile, pouvoir de faire tout ce qui n'est pas défendu par les lois. Il Liberté civile se dit aussi, et plus usuellement, de l'affranchissement, pour les individus, des lois et coutumes oppressives relatives à la vie civile. L'an de Rome 428, les consuls portèrent une loi qui ôta aux créanciers le droit de tenir les débiteurs en servitude dans leurs maisons; un usurier nommé Papirius avait voulu corrompre la pudicité d'un jeune homme qu'il tenait dans les fers; le crime de Sextus donna à Rome la liberté politique ; celui de Papirius y donna la liberté civile, montesq. Esp. xn, 21. Il Liberté de conscience, droit d'adopter les opinions religieuses que l'on croit vraies, sans tomber sous le coup d'aucune loi pénale. Me séparant da vous sans savoir que vous répondre, j'ai été sur le point de m'écrier : rendez-moi mon avis que vous m'emportez, et ne nous ôtez pas la liberté de conscience que le roi nous a donnée, iialz. liv. iv, lett. 6. Il [le roi d'Angleterre, Jacques II] a déclaré une parfaite liberté de conscience, sÉv. i3 oct. (688. Il a établi une pleine liberté de conscience dans ses États, article dont le pour et le contre peut être soutenu en général, et par la politique, et par la religion, fonten. Czar Pierre. Liberté de conscience et liberté de commerce, monsieur, voilà les deux pivots de l'opulence d'un État petit ou grand, volt. Lett. Dupont, (6 juill. 1770. || Liberté des cultes, droit que les sectateurs dos diverses religions ont d'exercer leur culte et d'enseigner leur doctrine. || Liberté de penser, droit de manifester sa pensée sans contrainte. || Liberté de penser, signifia aussi manière téméraire de penser sur les matières de religion, de morale, do gouvernement. Ce sens vieillit. Il Liberté d'écrire, droit de manifester sa pensée par écrit et par l'impression. || Liberté de la presse, droit de manifester sa pensée par la voie de l'impression, et surtout par les journaux. La demi-liberté avec laquelle on commence à écrire en France n'est encore qu'une chaîne honteuse, VOLT. Lett. Mme du Deffant, (3 oct. 1759. Je ne sais si cette liberté [de la presse] doit être accordée; mais je pense que, si on l'accorde, elle doit être .sans limites et indéfinie, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 2 mars 4 772. || Liberté individuelle, droit que chaque citoyen a de n'être privé de la liberté de sa personne que dans les cas prévus et selon les formes déterminées par la loi. || Liberté du commerce, faculté qu'ont les commerçants d'acheter et de vendre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, sans être soumis à des droits ou à des prohibitions. La liberté du commerce était entière : bien loin de le gêner par des impôts, on promettait une récompense à tous les marchands qui pourraient attirer à S.ilento le commerce de quel|ue nouvelle nation, FÉNEL. Tél. XII. Il Liberté des mers, droit (]ue toutes les nations ont de naviguer librement sur les mors. Contre la liberté des mers et la liberté du corn, merce, des armateurs français leur avaient enlevé [à des négociants] et leurs riche.sscs et le vaisseau qui les portait, flécii. Lawoignnn. Il Liberté de cour, état des marchands affranchis de la juridiction ordinaire des lieux où ils font leur négoce et pouvant porter les affaires qui les concernent devant un juge de leur nation. || 6° Nom, chez les Romains, d'une divinité qui était représentée tenant un sceptre d'une main, et de l'autre une pique surmontée d'un bonnet (en ce sens on met une majuscule à Liberté). La Liberté avait un temple sur la mont Aventin. || Chez les modernes, personnification de la liberté. Mon lac [le lac de Genève] est le premier; c'est sur ses bords heureux Qu'habite d^s humains la déesse éternelle, L'àme des grands travaux, l'objet des nobles vœux, Que tout mortel embrasse ou désire ou rappelle, Qui vit dans tous les cœurs et dont le nom sacré Dans les cours des tyrans est tout bas adoré, La Liberté.... volt. Ép. lxxv.. L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté. Vole, dobris infâme et cendre inanimée; Et de ces grands tombeaux la belle Liberté, Alticrc,étincelantc, armée.

.Sort a. CHÉN. le Jeu de j}aume. De quel éclat bri:-

laient dans la bataille Ces habits bleus par la victoire usés! La Liberté mêlait à la mitraille Des fera rompus et des sceptres brisés, bf.rang. Vieux serg. Cet usurpateur effronté [Napoléon I"] Qui serra sans pitié sous les coussins du tr6ne La gorge de la Liberté, A. barbier, l'Idole. Je suis lils de ce siècle; une erreur chaque année S'en v» de mon esprit,

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d'plle-même étonnée; Et, détrompé de tout, mon culte n'est resté, Qu'à vous , sainte patrie et sainte Liberté, v. blgo, Feuilles d'automne, XL. Il Pendant la révolution, statue de la Liberté qu'on avait substituée sur les places à celle des rois, et femme qui, dans les fêtes révolutionnaires, représentait la Liberté. Est-ce bien vous, vous que je vis si belle, Quand tout un peuple, entourant votre char, Vous saluait du nom de l'immortelle Dont votre main brandissait l'étendard? ....Oui, vous étiez déesse, Déesse de la Liberté, bérang. la Déesse. ||Une Liberté, une statue, une image, un tableau de la liberté. |1 7° Au plur. Immunités, franchises. Les libertés des communes. |{ Libertés de l'Église gallicane, usage dans lequel les catholiques de France sont de suivre la discipline établie par les canons des cinq ou six premiers siècles de l'Église, préférablement à celle qui a été introduite postérieureme .,en vertu des vraies ou des fausses décrétales des papes, par lesquelles leur autorité sur les Églises d'O xident était poussée beaucoup plus loin que dans les siècles précédents (beroieh. Théologie). Les jaloux de la France n'auront pas éternellement à lui reprocher les libertés de l'Église toujours employées contre elle-même? Boss. le Tellier. La France conserva ce qu'on appelle les libertés de son Église, qui sont en effet les libertés de sa nation, VOLT. Mœurs, 183. || 8° Terme de théologie. Liberté de l'Évangile, affranchissement du joug des cérémonies et des autres pratiques de la loi de Moïse. Il 9° Pouvoir d'agir ou de n'agir pas. D'une frayeur mortelle à peine encor remise, Pardonnez , grand héros, si mon étonnement N'a pas la liberté d'aucun remercîment, corn. Andromède, m, 3. Est-ce que cette créance est peu importante, et que TOUS abandonnez à la liberté des hommes de croire que la grâce efficace est nécessaire ou non? pasc. Prov. II. Déçue par la liberté dont elle a fait un mauvais usage, l'âme songe à se contraindre de toutes parts, BOSs. la Yallière. Ceux qui ne songent pas qu'il y a une mauvaise liberté louent les auteurs do ces livres [livres de critique sur l'Ancien et le Nouveau Testament] comme gens libres et désabusés des préjugés communs, m. Défense de la tradition, préface. Il leur laissait [à ses amis], dans l'agréable commerce qu'il avait avec eux, toute la liberté qu'il prenait lui-même, de soutenir leurs opinions, et ne leur interdisait que la flatterie, fléch. Duc de Slont. C'était sa maxime.... qu'il est inhumain de s'en prendre aux gens à qui la crainte et le respect ôtonl la liberté de se défendre et de se plaindre, id. Dauphine. Mais, seigneur, je n'ai point la liberté du choix, VOLT. Œdipe, ii, 4. || 10° Terme de philosopliie. Lil>:e arbitre, faculté qu'a l'homme de se décider comme il lui convient. Ohl qu'heureux sont ceux qui, avec une liberté entière et une pente invincible de leur volonté, aiment parfaitement et librement ce qu'ils sont obligés d'aimer nécessairement! PASC. Prière pour le bon usage des maladies. Le bon usage de la liberté, quand il se tourne en habitude, s'appelle vertu ; et le mauvais usage de la liberté, quand il se tourne en habitude, s'appelle vice, BOss. Connaiss. i, )». Nous exerçons une espèce de basse liberté en nous promenant d'une passion à une autre, et ne sortant jamais de cette basse sphère, pour ainsi parler, ni de cet élément grossier, m. Élevât, sur les myst. iv, 8. Cette erreur abominable d'ôter à la créature toute liberté, et de faire Dieu en termes formels auteur de tous les péchés, comment la pardonnez-vous à Luther? m. 6* arcrt. m, 36. Je ne peux concevoir l'accord do la prescience et de la liberté, je l'avoue ; mais dois-je pour cela rejeter la liberté? volt. Lett. Prince roy. de l'r. 8 mars (738. J'appelle liberté le pouvoir de penser à une chose ou de n'y pas penser, do se mouvoir ou de ne se mouvoir pas, conformément au choix de son propre esprit, lu. ib. oct. < 737. X cela Cicéron n'aurait répondu que par une catilinaire ; en effet, il faut convenir qu'on ne peut guère répondre que par une élociuence vague aux objections contre la liberté ; triste sujet sur lequel le plus sage craint même d'oser penser, id. Phil. Newt. part, i, ch. 4. Il Liberté d'indifférence, (acuité attribuée à l'homme par certains philosophes de se déciiler, indépendamment de tout motif de décision. Il n'est point de liberté d'indifférence, puisqu'il n'est point de volonté d'indifférence ; la liberté est le pouvoir d'exécuter sa volonté : le pouvoir est donc soumis à la volonté, bonnet, Ei$. analyt. Ame, Okuv. t. xiv, p. 4 3, dans pougens. jj Terme de dogmatique. Liberté de contrariété, la liberté de choisir entre le bien et le mal. Liberté de t jntradiction, liberté de faire ou de ne pas faire

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une chose déterminée. liberté prochaine, pouvoir d'exécuter une chose sur-le-champ. Liberté éloignée, celle qui est gênée par des obstacles. Liberté de la justice, la justification que Jésus-Christ a procurée aux hommes par sa mort. {| 11° État d'une personne qui n'a aucun assujettissement, qui garde son indépendance. Il ne s'est jamais marié, et il a voulu garder sa liberté. S'il avait accepté cette place, il aurait fallu qu'il sacrifiât sa liberté. Qu'heureux est :1e mortel.... Qui de la liberté forme tout son plaisir, Et ne rend qu'à lui seul compte de son loisir! boil. Zip. vi. Est-ce un bien pour l'homme que la liberté, si elle peut être trop grande et trop étendue, telle enfin qu'elle ne serve qu'à lui faire désirer quelque chose, qui est d'avoir moins de liberté? LA BRUYÈRE, XII. La liberté n'est pas oisiveté; c'est un usage libre du temps, c'est le choix du travail et de l'exercice, m. xii. Être Ubre en un mot n'est pas ne rien faire; c'est être seul arbitre de ce qu'on fait, ou de ce qu'on ne fait point; quelbienencescns que la liberté ! m. xii. || 12° État d'un cœur libre, exempt de pas.^ion. Cette femme lui a fait perdre sa liberté. Et mille libertés à vos chaînes offertes, mol. l'Ét. V, <3. Je vois d'ici des yeux qui ont la mine.... de faire insulte aux libertés, id. Préc. *o. S'ils n'ont point de bonheur, en est-il sur la terre? Quel mortel, inhabile à la félicité. Regrettera jamais sa triste liberté. Si jamais des amants il a connu les chaînes ? a. chén. Élég.xKvi.\\ 13" Absence de contrainte. Les règles de l'étiquette nuisent à la liberté de la conversation. On jouit à la campagne de plus de liberté qu'à la ville. Prenez donc en ces lieux liberté tout entière, corn. Pomp. m, 5. Laissez donc cette reine en pleine liberté, id. Nicom. IV, 5. Mettre en liberté ma tristesse et leur joie, RAC. Iphig. II, t. Eucharis aurait été en pleine liberté avec Télémaque, fén. Tél. vu. ||14° Liberté d'esprit, état d'une personne qu'aucune préoccupation n'assiège. Je n'ai pas la liberté d'esprit nécessaire pour m'occuper de ce travail. Elle [la Dauphine] a paru [à la cour] dès le premier moment avec la même liberté d'esprit et d'action que si elle était née au Louvre, m"* de scudért, les Conversations, dialogue. Il perd la liberté de son esprit, fén. Tél. xii. Il lui fut impossible de retrouver la moindre liberté d'esprit dans tout le reste de la soirée, genlis, Mme de ilaintenon, t. ii, p. (66, dans pouGE.NS. || On ditde même: avoir l'esprit en liberté. J'ai l'esprit fort en liberté du côté de la guerre, sév. 30) . || 15° Liberté de langage, ou, simplement, liberté, hardiesse à dire ce qu'on pense. Il a parlé au prince avec une grande liberté. l'ertuUien a bien osé dire qu'ils [les empereurs] n'étaient pas capables d'y êtrç reçus [dans l'Église] ; vous allez être étonnés de la liberté de cette parole.... boss. Panég. St Thomas, i. Je répondrai,, madame, avec la liberté D'un soldat qui sait mal farder la vérité, bac. Brit. i, i. || Donner liberté à sa plume , écrire sans réticence ce qu'on pense. Je suis au désespoir d'avoir donné liberté à ma plume sur ce sujet [le libre arbitre et la Providence], sÉv. t. X, p. 644, éd. RÉG.MEB. || 16° Manière d'agir familière, ou dans laquelle on ne se contraint pas. Agir avec une honnête liberté. La liberté que vos docteurs se donnent d'examiner les choses, pasc. Prov. V. On peut prendre la hberté de dire au moins ses volontés, sév. tM. Je prends la liberté de me moquer de lui, id. 802. Quelle liberté s'estelle donnée qui pût, je ne dis pas mériter une censure, mais souffrir une mauvaise interprétation? FLÉcn. Mar.-Thér. Un flatteur prit la liberté do lui parler à l'oreille, fën. Tél. xiv. || Il se dit dans ce sens très-souvent au pluriel. Ma sœur, je vous demande un généreux pardon. Si de mes libertés j'ai taché votre nom, mol. Ée. des m. m, iû. Quel droit n'aurais-je pas, mes chers auditeurs, de vous reprocher aujourd'hui, je ne dirai pas de semblables libertés, mais des libertés bien plus dangereuses? BouRDAL. Sur le scandale, t" avcnt, p. tdi. Vous abusez, Créon, de l'état où nous sommes; Tout vous .semble permis, mais craignez mon courroux, Vos libertés enfin retomberont sur vous, bac. Théb. i, 6. Anacharsis ne pouvait souffrir les libertés que chacun se donnait dans les festins, fén. Anacltarsis. Parler sans cesse à un grand que l'on sert.... faire le familier, prendre des libertés, marque mieux un fat qu'un favori, LA BRUr. il. Un de ces jeunes gens dit : S'il fallait prendre des libertés avec la reine ou avec Mme Scarron, je no balancerais pas, j'en pnnilrais plutôt avec la reine, M~' df, caylus. Souvenirs, p. H, dans POUGENS. Ibrahim tombe des nues, quand il voit le faux Ibrahim dans toutes les libertés d'un maître, hontesq. Lctt. peri. Ml. On

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a vu le lion dédaigner de petits ennemis et leur pardonner des libertés offensantes, buff. Horceanx choisis, p. 2(6. Il Prendre des libertés avec une femme, se permettre des paroles ou des actions entreprenantes. Il Dans la conversation on dit souvent par politesse : J'ai pris, je prends, je prendrai la liberté de faire telle chose, pour dire : j'ai fait, je fais, je ferai telle chose. || Demander la liberté, demander la permission. || Liberté grande, se dit, par plaisanterie, de quelque acte, de quelque parole trop peu réservée ou respectueuse. Je proposai à mon homme de jouer une petite pistole au trictrac, en attendant que nos gens eussent soupe ; ce ne fut pas sans beaucoup de façons qu'il y consentit, en me demandant pardon de la liberté grande, iiamilt. Gramm. 3.||17° Permission, congé, licence. Quand on n'écoute plus la tradition... la vérité n'a plus la liberté de paraître, pasc. Pcns. xxiii,37, éd. uavet. Vous aurez la liberté de dire qu'un juge peut en conscience retenir ce qu'il a reçu pour faire une injustice, sans qu'on ait la liberté de vous contredire, iD. Prov. XI. Je vous assure que personne du monde n'en apprendra rien par nous , que vous ne nous en donniez la liberté, sév. ) ) sept. <680. Je demandai la liberté d'être seule, id. 0 févr. 1671. Il [le roi d'Angleterre] a parlé à ses milords, donné liberté aux moins affectionnés , et renouvelé l'attachement des plus lidèlos, id. 1 3 oct. 1688. Leur antiquité [des anciennes familles], en remontant plus loin aux siècles passés dont la mémoire est toute effacée, a donné aux hommes une plus grande liberté de feindre, boss. Gornay. \\ 18° Liberté, se dit quelquefois pour licence poétique. Si ces libertés ne sont pas permises aux poètes, et surtout aux poètes de génie, il ne faut point faire de vers, volt. Comm. Com. Rem. Ilor. i, 4. || 19° Aisance dans les mouvements et les opérations. Une douleur de rhumatisme lui Ole la hberté de ses membres. Il fait tout avec beaucoup de liberté et de grâce. Combien de temps, de règles, d'attention et de travail pour danser avec la même liberté et la même grâce que l'ou sait marcher! la bruy. xii. Dans un être animé, la liberté des mouvements fait la belle nature, buff. Cheval. || Terme de beaux-arts. Liberté de pinceau, de crayon, do burin, facilité avec laquelle l'artiste mania ces instruments. Il 20° Se dit aussi de l'aisance avec laquelle se meuvent les choses inanimées. Ce ressort n'a pas a-ssez de liberté. || 21° Liberté de ventre, facilité avec laquelle le ventre fait ses fonctions. Ij 22° Terme de manège. Liberté de langue, espèce d'arcade pratiquée dans le canon du mors à l'effet de loger la langue du cheval. || 23° En liberté, loc. adv. Sans gêne, sans obstacle. Agir en liberté, en pleine liberté. Je veux laisser chacun en liberté de ses sentiments, cokn. Ex. de Rodog. Et souffre que ma haine agisse en liberté, id. Jf. de Pomp. v, 6. Je fus en liberté de le voir, pasc. dans cousin. Ellemême a choisi cet endroit écarté Où nos cœurs à nos yeux parlent en liberté, bac. Baj. i, (. Osezvous en ces lieux gémir en liberté? volt. Orph. ii, 2. Il Terme de manège. Sauteur en liberté, cheval dressé à faire des sauts pour accoutumer le cavalier à se tenir ferme en selle. || 24° Filet qui sert à élever et à baisser les brins de cannes dont on fail des fauteuils, pour faciliter le passage d'une aiguille de même matière. || Proverbe. Liberté et pain cuit, c'est-à-diro on est heureux lorsqu'on a l'indépendance et une existence assurée.

— lllST. xiv s. L'orgueil du roy Tarquin avoit esté cause que la liberté nouvellement acquise fust plus agréable au peuple romain, BBiicnEunE, f° 27, verso. L'ame des besles humaines ne puct morir, et Dieu aime tant bosie humaine, qu'il lui adonné celle liberté [libre arbitre], ilodus, ^ xxv. Que ta liberté passée soit un peu refrénée et mise au droit des mariés, Uénagicr, i, e. \\ xvi» s. i fin que la liberté d'ordonner, juger et choisir demeurast au maistre, mont, i, 69. L'indocile liberté, lu. i, 97. Co (|u'il y a à dire entre la licence et la liberté, i». :, 172. Un pauvre moine quo l'on pemloit pour avoir esté trouvé faisant la guerre : Helas, messieurs, dit-il, je suis bien marry de n'avoir pas cru que nous avions congé de vivre à discrétion de conscience ; il n'osa dire liberté, do peur d'estro estimé huguenot , Moyen de parvenir, p. )3, dans lacurne. Pour décharger ma nef, j'ay franchement jelté Tout ce qui m'estoit cher, l'ame et la liberté. Et n'ay point do regret d'avoir fait cette perte, df.sportes, Cléonice, xxiii. Les bcstes (ce m'aid' Dieu), si le» hommes ne font trop les sourds, leur crient : Vive liberté; plusieurs y en a d'entr'elles, qui meurent si tost qu'elles »ont prinses, la boetie, Servit, volontf

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— «TYM Provenç Uberlat; catal. llibertat; espagn. libertad; ital. libertà; du latin libertatem, de liber, lihre. , , .

t LlIlKRTIClDE (li-bèMl-si-dO, o^j. Néologisme. Oui attente aux libertés publiques. Ordonnance liberticide. Projets liberticides, BABŒuy, Pièces, i, «5. •— ÉTYM. Lat. Ubertas, liberté, et cxdere, tuer. LIBERTIN, INE {li-bèr-tin, ti-n'),adj. || l-Qui ne s'assujettit ni aux crojances ni aux pratiques de la religion (vieilli en ce sens). C'est être libertin que d'avoir de bons yeux, MOL. Tart. i, «.Je le soupçonne encor d'être un peu libertin, Je ne remarque point qu'il hante les églises, id. i'6. ii, ï. Pour débrouiller le chaos des consciences libertine», fléch. Panég. u, *is.\\ H ^ dit aussi des opinions, pensées, etc. Pourvu que le magistrat les laisse en repos lies Indifférents en religion],ils jouiront tranquillement de la liberté qu'ils se donnent à euxmêmes de penser tout ce qu'il leur plaît, qui est le charme par où ces esprits sont jetés dans les opinions libertines, Boss. «• avertiss. m, 4 1 . Un roi de Castille, grand mathématicien, mais apparemment peu dévot, disait que, si Dieu l'eût appelé 4 son conseil quand il fit le monde, il lui eût donné de bons avis ; la pensée est trop libertine; mais cela même est assez plaisant que ce système fût alors une occasion de péché, parce qu'il était trop confus, fonten. Jfondes, i" soir. || S. m. Par le mot de libertin je n'entends ni un huguenot, ni un athée, ni un catholique, ni un hérétique, ni un politique, mais un certain composé de toutes ces qualités, garasse, Rech. des rech, p. 68i, dans lacunNK, au mot politique. Laissez aux libertins ces sottes conséquences, mol. Tart. v, i. Rien, pour l'ordinaire, de plus ignorant en matière de religion que ce qu'on appelle les libertins du siècle, bour- DAL. Jugem. dem. l" avenl, p. 69. Un libertin [met l'honneur] à rompre et jeûnes et carême, boil. Sat. XI. Sainte Geneviève a toujours protégé, dit-on, le royaume; et, quoi que les libertins puissent penser, on en a vu autrefois des miracles, et le peuple a une grande confiance en elle, maintenon, LeU. au card. de NoaiUes, ( 4 juillet (707. Alcibiade : La sottise du peuple met en fureur quand il est question de toutes vos divinités. — Mercure : Voilà un langage delibertin,FÊN. t.xjx, p. 2(4. || Libertins de Genève, parti qui, au xvi* siècle, réclama la liberté civile contre la domination relixieuse. Les bourgeois s'étaient primitivement divisés en Uamelus et en Eidr gxienots ; les Eidguenots, vainqueurs des Mamelus, étalent divisés en catholiques et en évangùliques; les évangéliques, vainqueurs des catholiques, se divisèrent en libertins et en calvinistes; les libertins formèrent dans Genève le parti conservateur des anciennes mœurs et de la liberté civile, micnet. Établissement de laréforme à Genève,^. 33) , éd. 1843. Il S* Dési.'eux d'indépendance. U y a de quoi s'étonner qu'un homme aussi libertin que moi se hâte de quitter tout cela pour aller trouver un maître, VOIT. Lett. a. Il Vieilli en ce sens. {| Terme de fauconnerie. Sa dit de l'oiseau de proie qui s'écarle et ne revient pas. || S. m. Membre d'une secte anabaptiste qui croit toute servitude contraire à l'esprit du christianisme. || 8* Qui dépasse la mesure. C'était un tempérament que je croyais fort raisonnable entre la rigueur des vingt-quatre heures [pour le théitre], et cette étendue libertine qui n'avait aucunes bornes, corn. Eiamen de la Veuve. || Vieilli en ce sens. || 4* Oui va à l'aventure. Vous écrivez si bien, ma chère enfant, quand vous n'avez point de sujets, que je n'aime pas moins ces lettres-là toutes libertines que celles oii vous faites réponse, sÉv. 604. Je suis tellement libertine quand j'écris, que le premier tour que je prends règne tout du long de ma lettre, id. à Bussy, io juill. (G7». Quelle triste date [aux Rochers] auprès de la vôtre [à Rome], mon ùmable cousin! elle convient à une solitaire comme moi, et celle de Rome à celui dont l'étoile est errante et libertine, iD.d Couianjej, 8 janv. (8»o. Ccst aujourd'hui notre style ordinaire, décousu et libertin, vagabond et inégal, sans nombre, sans mesure, sans liaison, sans proportion ni entre les cho- Ms ni entre les mots, p. andrâ, Ess. sur le beau, ch. J. C'est qu'ils s'abandonnent i toutes sortes dé pensées, et leur esprit libertin, qui ne veut point se gêner, se laisse gagner à colles qui se présentent, quoiqu'elles l'iloiguent de ce qu'il devrait considérer, LAiiT, Entret. sur les sciences. Idée de la logique, u. || Il a vieilli eo cette signincation, et aujourd'hui il ne se dit plu» guère qu'avec imagination. Son imagination libertine l'écarté sans cesse de son sujet. Il 6' Dissipé, qui néglige ses devoirs pour le jeu, en parlant d'un écolier. Cet enfant est

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fort libertin. Soyez persuadés que c'est à cause que vous êtes si exactes à les veiller [les pensionnaires de Saint-Cyr] qu'elles sont si aisées i conduire, et qu'aussitôt que vous cesserez de les observer, elles deviendront libertines, maintenon, Entret. sur l'éduc. juin 1 704. || Substantivement. C'est un petit libertin. || 6° Déréglé par rapport à la moralité entre les deux sexes. Vous voyez, messieurs, combien la jeunesse est libertine, et le peu d'autorité que les pères ont sur leurs enfants, furetière, le Roman bourg, i. On doit considérer que, dans la querelle des Troyen3,il ne s'agissait que d'une vieille femme fort libertine qui s'était fait enlever deux fois, au lieu qu'ici il s'agissait de deux filles et d'un oiseau, VOLT. Princ. de Babyl. i. Je devins polisson, mais non libertin, i. ;. rooss. Conf. n. Il est plutôt indiscret que confiant, et libertin que voluptueux, ray- NAL, Uist. phil. V, («. X l'âge oii l'on est libertin. Pour boire un toast en un festin, Un jour je soulevai mon verre, a. de musset, Poés. nouv. Nuit de décembre. || Il se dit aussi des choses. Ton libertin. Et les jours libertins, Quand je voudrai donner des repas clandestins, reonard, iténechm. IV, 2. Les entretiens polissons préparent les mœurs libertines, j. j. rouss. Ém. iv. || Substantivement. C'est un libertin, un grand, un franc libertin. C'est une libertine.

— REM. 1. Le latin libertinus signifiant : qui a le caractère d'un affranchi, on n'a pas historiquement l'explication des diverses significations françaises. La première fois qu'on trouve ce mot, au XVI* siècle, il a la signification de : indocile aux croyances rellgieu.ses. C'est ce fait qui a déterminé le classement <les sens. 1| 2. Le sens particulier qu'a pris libertin par rapport aux mœurs a, dans le langage moderne, mis en désuétude les autres sens qui étaient si vivants au xvn' siècle.

— HIST. xvi* s. Nos libertins, qui ne discordent gueres en particulier, s'accordent très bien entr'eu.\ en gênerai à mespriser et rejetter la sainte profession de la vie chrestienne, lanoue. 5)2. Tant d'épicuriens libertins et moqueurs, charron, Sagesse, i, 8,

— ÉTYM. Provenç. libertin, affranchi ; du lat. îii)fr(mi«,qui regarde les affranchis. /.iberJtrtUi vient de liberlus, esclave affranchi ; libertus est pour liberatus, délivre, de liberare (voy. libérer), comme scclus de secar«

LIBERTINAGE (li-bèr-ti-na-j") , ». m. 1| 1° Licence de l'esprit qui rejette les croyances religieuses. Mon frère, ce discours sent le libertinage, mol. Tart. i, a. Il y en a bien qui croient, mais par superstition ; Il y en a bien qui ne croient pas, mais par libertinage : peu sont entre deux, pasc. Pens. xxv, 47, édit. havet. Un des prétextes du libertinage est de prétendre que l'on ne croit point, que l'on n'a point de foi, bourdal. 3* dim. après tÉpiph. Domin.X. i, p. I40. Le libertinage ne demande point précisément d'être applaudi, d'être soutenu et appuyé; il se contente qu'on le tolère, id. Dim, cet. de l'Ascens. Dominie. t. ii, p. 2b4. Est-ce en effet par un libertinage de créance qu'ils vivent dans une telle insensibilité à l'égard du salut? in. Pensées, t. I, p. 47. Il Ce sens a vieilli. || 2" Caractère de ce qui va à l'aventure. J'aime fort la liberté et le libertinage de votre vie et de vos repas, et qu'un coup de marteau ne soit pas votre maître, sév. 26 juill. (689. Tout le libertinage de vos conversations, m. (5 juin (080. La liberté sans ordre est un libertinage qui attire le despotisme, fén. t. zxu, p. 3(8. || Eu ce sens il ne se dit plus guère aujourd'hui qu'avec esprit, imagination, plume. Cet écrivain s'abandonne au libertinage de son Imagination. Un libertinage d'esprit qui ne laisse approfondir aucun sujet. Voyez un peu où me porte le libertinage de ma plume ; mais vous jugez bien que les conversations sont pleines de ces grands événements, sÉv. Lett. du 6 janv. (689. Il 3° Etat de celui qui est libertin, déréglé dans ses mœurs. Vivre dans le libertinage.

— ÉTYM. Libertin.

LIBERTINBH (li-bèr-ti-né), t). n. || !• Terme familier. Être trop dissipé, en parlant des enfants, des écoliers. Cet enfant ne fait que libertiner. || 2° Faire le libertin, être déréglé dans ses mœurs. Depuis qu'il ne voit plus mauvaise compagnie, il a cessé de libertiner. || 3° Se libertiner, v. réfl. Devenir libertin. Il commence à se libertiner.

— ÉTYM. Libertin.

t LIBERUM-VETO (U-bè-rom'-vé-to) , «. m. Droit qu'avait tout membre de la diète polonaise de rendre nulle, d'arrêter une résolution.

— ÉTYM. Lat. liberum veto, un veto libre.

t LIBETTE (li-bè-f) î. f. Joli insecte coléoptère. I LIBluiBl (li-bi-di-bl), (. m. Nom do pays de»

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gousses du cesalpinia coriaria , Wildenow (légumineuses) , qui se trouve à Curaçao.

LIBIDINEUX, EUSE (li-bi-di-neû, neû-z'), adj. Livré aux désirs charnels. Appétits libidineux.

— ÉTYM. Lat. libidinosus, de libido, désir, passion, débauche, de libère ou lubere, avoir envie; sanscr. lubh, désirer; comparez l'ail, lieben, aimer, le goth. liubs, amour, et le grec iiitToiiai, désirer.

t LIBIDINOSITÉ (li-bl-di-nô-zi-té), s. f. Vice de celui qui est libidineux.

— HiST. XV* s. La llbidinosité et outrage effréné d'aucuns hommes à tousjours attendre de descirer et de destrencher l'unité d'icelle [Église], monstrelkt, t. Il, p. (60, dans lacuhne. || xvi* s. Llbidinosité, COTGRAVE.'

— ÉTYM. Libidineux; Ital. libidinosità.

t LIBITUM (AD) (ad-ll-bi-tom'), locution latine qui s'emploie quelquefois et qui signifie à volonté. Cela est ad libitum. || U est très-usité en musique. Sonates pour piano, violon ou violoncelle ad libitum, c'est-à-dire qu'un seul de ces deux derniers instruments est utile. Sonate avec accompagnement do violon ad libitum, c'est-à-dire que l'accompagnement n'est pas obligé. || Ces mots, écrits au-dessous d'un trait de musique, signifient que l'exécutant le fait sans se gêner, sans s'astreindre à suivre la mesure.

— ÉTYM. Lat. ad, à, et libitum, volonté, de libère (voy. libidineux).

t LIBOT (li-bo), s. m. Espèce de patelle, la patelle ombelle de Linné.

t LIBOUBET (li-bou-rè), s. m. Nom d'une ligne pour la pêche des maquereaux ; elle est composée de deux ou trois petites cordes où l'on attache autant d'hameçons.

LIBRAIRE (li-brê-r'), ». m. || 1* Au moyen âge, religieux qui, dans les monastères, était chargé de transcrire et de garder les livres (copiste de livres est le sens propre dans le latin). || 2° Par extension, celui qui fait le commerce des livres. Un libraire, imprimant les essais de ma plume. Donna, pour mon malheur, un trop heureux volume, boil. Èpit. VI. Un pauvre savant qui avait travaillé dix ans pour les libraires à Amsterdam, VOLT. Candide, (». Les libraires hollandais gagnent un million par an, parce que les Français ont eu de l'esprit, id. Mél. littér. À un premier commis. On ne goiltait plus que ce qui venait de ce pays [l'Angleterre], ou qui passait pour en venir; les libraires, qui sont des marchands de modes, vendaient des romans anglais comme on vend des ruhans et des dentelles de point, sous le nom d'Angleterre, id. ib. À l'Acad. fr. X la honte aguerris, ces forbans littéraires Ont mis leur conscience aux gages des libraires, m. j. CHÉNiER, la Calomnie. \\ Au féminin. On dit une libraire, et aussi une marchande libraire. || Libraire» éditeur, celui qui achète des manuscrits et fait imprimer des livres à ses frais. || Libraire d'assortiment ou commissionnaire, celui qui, moyennant un droit de commission, s'occupe du placement et de l'expédition des ouvrages fabriqués par les éditeurs. {| Imprimeur-libraire, imprimeur qui est en même temps libraire. || Commis libraire, ou commis de librairie, commis dans une librairie. || Libraire juré, libraire qui prêtait un serment rédigé par l'université de Paris et contenant l'obligation d'observer les règlements. Il 3° Se dit aussi des personnes qui louent des livres, qui tiennent un cabinet de lecture.

— HIST. XV* s. Et la loy faut escripre à un libraire [Il faut qu'un copiste écrive la loi], e. desch. Poésies mss. f 219. ||xvi* s. Delà m'en iray aux libraires, pour chercher quelque chose de nouveau à Pallas, DESPER. Cymb. 76.

— ÉTYM. Provenç. librari; espagn. librero; portug. hvreiro; ital. libraio; du lat. librarius, de liber, livre.

LIBRAIRIE (li-brô-rle),». f. || 1" Autrefois, lihllotlièque. La librairie du Louvre, du temps de Charles V. Henri IV dit à Casaubon qu'il voulait qu'il eût soin de sa librairie, colohiès , Mélanges hist. dans RiciiELET. || Maître de la librairie, se disait du bibliothécaire du roi. || 2* Aujourd'hui, boutlque,magasln d'un libraire. Il y a plusieurs librairies dans cette ville. || 3° Profession de libraire, commerce des livres. La librairie de Paris. On ne trouve pas ce livre dans toute la librairie. || L'ensemble des libraires. Délégué de la librairie de Paris.

— HIST. XV" s. Et s'en allèrent en grand tumulte au collège de Navarre, et là pillèrent et robberent cr; qu'ils trouvèrent, excepté la librairie, Juv. des urs. Charles VI, (4(8. ||xvi* s. Ceulx desquels la suffisance [le mérite { loge en leurs sumptueuses librairies, MONT, i, (44. Comment Pantagruel vint à Paris, et des beaux livres de la librairie de St-Victor, bab. ll,7.

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— ÉTYM. Provenç. libraria; catal. llibreria; espagn. Kbreria ; portug. livraria ; ilal. libreria ; du lat. libraria, qui vient de liber , livre, î. m.

LIBRATION (ll-bra-sion) , *. ^. || 1° Terme de physique. Balancement régulier, tel que celui d'un pendule, ou d'un plomb suspendu à une corde. Il 2' Terme d'astronomie. Balancement apparent de la lune autour de son aie. || 3° Fig. Balancement, équilibre. Tant il est vrai que la libration est tellement égale entre ces deux affections, que l'on est embarrassé de décider laquelle emporte la balance, BOULLAiNviLLiERS, Réfut. de Spinosa, p. 203.

— ETYM. Lat. librationem, de librare, pondérer, de libra, livre, s. f.

LIBRE (li-br), adj. || 1" Qui a la jouissance de sa personne, qui n'est soumis à aucun maître. Dans l'antiquité la population se divisait en personnes libres et en esclaves. Les Juifs, qui ont été appelés à dompter les nations et les rois, ont été esclaves du péché ; et les chrétiens, dont la vocation a été de servir et d'être sujets, sont les enfants libres, pasc. Pens. XXIV, 44, éd. HA VET. Voilà les habits de sept conditions différentes pour les hommes libres; tons les esclaves seront habillés de gris brun, fén. Tél. m. Le libertinage des fous et des méchants qui ne se croient libres que quand ils peuvent impunément mépriser la raison et les lois, iD. Dial. des morts anc. 32. Une pauvreté libre est un trésor si doux I A. CHÉN. Élégies, 21 . || Par opposition à servile. Condition libre. Profession libre. || La secte libre, secte anabaptiste qui ne reconnaissait ni autorité ecclésiastique, ni autorité civile. Il La femme libre, mot qui s'est introduit dans ces derniers temps pour caractériser, souvent avec dérision, les femmes qui ont voulu réformer la société dans les rapports actuels des femmes avec les hommes. || 2° Qui est digne d'un homme libre. Une âme noble et libre. Et surtout, redoutant la basse servitude, La libre vérité fut toute mon étude, boil. Ép. v. C'est que tu regardais l'œuvre du créateur De l'oeil d'un homme libre, adorant son auteur, ponsard, Charlotte Corday, II, 2.113" Oui n'est pas captif, prisonnier. 11 y a eu échange des prisonniers, et le voilà libre. Tu céderas.... Alger, riche des dépouilles de la chrétienté; tu rends déjà tes esclaves; Louis a brisé les fers dont tu accablais ses sujets, qui sont nés pour être libres sous son glorieux empire, Boss. Uar. Thér. Mais si tout est fini, si mon époux est sauvé, si je suis libre, pourquoi ces pleurs et ce mystère? cnATEAUBH. Mortyrt, xxiii. || Libre sur parole, celui qui, prisonnier, jouit de sa liberté, à condition de se reconstituer prisonnier quand il en sera sommé. Il 4* Oui jouit de la liberté politique. Un État libre, 'jne nation libre. Les pays libres. Non, crois-moi, .'homme est libre au moment qu'il veut l'être, volt. îrufuj, II, 4. Il Villes libres en Allemagne, villes qui, n'étant soumises à aucun prince, sont gouveraées par leurs propres magistrats. Les villes hanséatiques sont des villes libres. || 5° Oui n'est pas joumis à des entraves. || Presse libre, presse qui publie sans pa.sser par l'examen d'une censure préalable, et sans être arbitrairement réprimée. || Assemblées libres, assemblées représentatives qui ont le droit de contrôle sur le gouvernement. || Commerce libre ou lihre échange, commerce qui n'est point soumis à des lois prohibitives. || Libre-échangiste, Toy. ÉCHANGISTE. || N'être pas libre, se dit de choses où Tlgne une oppression. Les votes ne furent pas libres. || Les suffrages ne sont pas libres dans celte assemblée, on n'y peut pas voter selon sa conscience. Il 6* Qui a le pouvoir de vouloir ou de ne pas vouloir, de se déterminer dans un sens ou dans un autro. Nous trouvons que le premier libre c'est Dieu, parce qu'il po.ssf.deen lui-même tout son bien, et, n'ayant besoin d'aucun des êtres qu'il fait, il n'est porté à les faire ni à faire qu'ils soient de telle façon que par sa seule volonté indépendante, boss. Libre arb. 2. Que chacun s'écouta et se consulte soimême, il sentira qu'il est libre, comme il sentira qu'il est raisonnable, iD.tb. Comme nous sentons que nous sommes nécessairement déterminés par notre nature même à désirer d'être heureux, nous sentons aussi que nous sommes libres à choisir les moyens de l'être, iD.tb. Nous sommes trop libres; trop libres à nous porter au péché, trop lihn.'sà nous jeter dans la grande voie qui mène les âmes à la perdition, m. Sermons, Véture de Mlle de Bouillon, i .On peut avoir des idées sans être libre : les hommes reçoivent et combinent des idées dans leur sommeil ; on ne peut pas dire qu'ils soient libres alors ; n'est-ce pas une nouvelle preuve qu'on peutavoirdes idées .sans être libre? volt. Phil. Newt. part, i, chap. 5. Vouloir ce qui ne ferait pas plaisir, est une véritable contradic-

r,iB

tion ; et faire ce que l'on juge le meilleur, ce qui fait plaisir, c'est être libre, id. Lett. Pr. roy. de Prusse, oct. 1737. On objecte que, si nous étions libres, il n'y aurait point de Dieu ; je crois, au contfaire, que c'est parce qu'il y a un Dieu que nous sommes libres, ID. ib. 23 janv. (7.38. || Libra arbitre, faculté de choisir entre deux partis, sans aucun motif déterminant et par la seule force de la volonté ; on a dit aussi franc arbitre qui est très-peu usité, et libéral arbitre qui ne l'est plus du tout. || 7° Libre à, qui a la faculté, le pouvoir de. Car enfin je suis libre à disposer de moi, corn. D. Sanche, i, 3. Je sais.... Que jamais par la force on n'entra dans un cœur. Et que toute âme est libre à nommer son vainqueur, mol. Mis. iv, 3. Aussi ne suis-je pas libreà sentirou ne sentir pas quand l'objet est présent, Boss. Connais, m, 1 5. || 8" Dont l'âme ne se laisse pas vaincre, soumettre. François I": Est-on libre en prison ? — Charles V : Les hommes faibles n'y sont pas libres; mais, quand on a un vrai courage, on est libre partout, fén. Dial. des morts mod. 12. || 9° Qui parle, agit franchement. Et comme la jeunesse est vive et sans repos, Sans peur, sans fiction et libre en ses propos, régnier, Sat. i. || lO* Qui n'est pas amoureux. Mais ne parlons encor ni d'amant ni d'amour; Vivre libre et sans soins est un grand avantage, hautiîroche, Esp. follet, ii, 4. Les hommes souvent veulent aimer, et ne sauraient y réussir; ils cherchent leur défaite sans pouvoir la rencontrer; et, si j'ose ainsi parler, ils sont contraints de demeurer libres, la bruy. iv. Je n'avais plus cette franchise que donne un cœur libre etqui n'a rien à dissimuler, genlis, Mlle de la Fayette, p. 44, dans POUGENS. || 11° Avoir l'esprit libre, être dégagé de toute préoccupation. Je n'avais pas l'esprit assez libre pour lui répondre, fén. Tél. vi. Pour former de grands desseins, il faut avoir l'esprit libre, id. i6. XXII. Il 12° Libre de, devant un substantif, exempt, affranchi de. Mon cœur, exempt do soins, libre de passion. Sait donner une borneà son ambition, boil. Sat. II. Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché. Vit dans l'état obscur où les dieux l'ont cachet rac. Iphig. I, t. Et, libre d'un amour à ta gloire funeste, Viens m'engager ta foi..., id. Bajai. v, 4. Portezvous un cœur libre de toute haine? mass. Carême, Culte. La voir [l'âme pénitente] un instant après vivifiée par la grâce, libre de ses chaînes, marcher à pas de géant dans la voie de Dieu, id. Carême, Lazare. Quand vous serez libres d'embarras et dégagés de ces soins extérieurs qui vous détournent aujourd'hui du salut, votre cœur sera-t-il libre de passions? id. Carême, Salut. Libre d'ambition, de soins débarrassé. Je me plais dans le rang où le ciel m'a placé, l. hac. la Relig. ch. iv. Lihre d'ambition, de soins et d'esclavage, volt. Lett. en verset en prose, U8. Gassendi disait d'Hobbes qu'il ne connaissait guère d'âme plus intrépide, d'esprit plus libre de préjugés, DiDER. Opin. des anc. phil. (hobbisme.) Il Libre de sa parole, s'est dit pour peu attiohé à ses promesses. Les Rloliens étaient hardis, téméraires, toujours libres de leurs paroles, montesq. dans ci- RAULT-DDViviER. |{ Libre de, devant un verbe à l'infinitif, qui a la liberté de. Vous serez libre de nous immoler dans trois jours, fén. Tél. 1. 1| Imper«ormellement. Il est libre à.... de..., il est permis, loisible à.... de.... Libre à vous de sortir ou de rester. Cela lui était libre, et je ne songeais pas à l'empêcher, ch. DE sÉv. dans sÉv. t. x, p. 433, éd. Régnier. Il était lilire à Jésus-Christ de mourir ou de ne pas mourir, fléch. Serm. i, <86. || 13- Oui n'est sous aucune dépendance, qui n'a aucune fonction assujettissante. Il ne veut prendre aucun emploi, il veut demeurer libra. Il n'est ['as bon d'être trop libre, PASC. Pens. XXV, 72. Ils verraient par ce coup [la mort de BritannicusJ leur puissance abaissée; Vous seriez libre alors, seigneur, et, devant vous. Ces maîtres orgueilleux fléchiraient comme nous, RAC. Brit. IV, 4. Au joug d'un autro hymen sans amour destinée, i peine suis-je libre et goûte quelque paix Qu'il fiut que je me livre & tout ce que je hais, ID. Mithr. I, 2. Un homme libre, et qui n'a point de femme, s'il a quelque esprit, peut s'élever au-dessus de sa fortune, la brut. ii. || Particulicroment. Qui n'est pas marié. Un commerce entre personnes libres, par opposition à adultère, qui est un commerce entre personnes dont une au moins est mariée. Aspasie prêtait son entremise aux intrigues de l'ériclès avec des femmes libres, p. L. cour, l.ett. Il, 30». Il 14* Oui n'éprouve pas de contrainte. On est fort libre dans cette maison. Maître de mon destin, libre dans mes soupirs, RAC. Bérén. ii, a. || Être libre avec quelqu'un,

LIB

être assez lié avec lui pour lui parler librement, pour ne pas se contraindre avec lui. Je ne suis pas assez libre avec lui pour entamer un chapitre aussi délicat. || Il se dit aussi des choses. Votre douleur est libre autant que légitime, rac. Alex. IV, 2. Je veux la braver à sa vue. Et donner à ma haine une libre étendue, ID. Andr. ii, 5. Un entrelien plus libre alors m'était permis, volt. Zaïre, II, 2. Il 15° Spontané, qui n'est pas produit par la contrainte. 11 jouissait du fruit de sa réputation, n'entendant partout que des éloges d'autant plus doux pour lui, qu'ils étaient plus libres, bourdal. 4° dim. après Pdq. Dominic. t. ii, p. «3i. || 16° Qui ne présente aucun obstacle. || Les mers sont libres, on peut y naviguer sans aucune crainte des corsaires ou des ennemis. || La mer est libre, se dit des mers de l'extrême Nord, quand les glaces y fondent. Au delà de la banquise on trouva une mer libre. Il La campagne est libre, les ennemis ne l'occupent plus. Il Les passages, les chemins sont libres, on peut y aller sans y rencontrer empêchement ou danger. Il Fig. et familièrement. Les chemins sont libres, se dit à une personne qui veut s'en aller et qu'on ne désire pas retenir. || 17° Espace libre, espace qui n'est point occupé, rempli. || Fig. Avoir le champ libre, avoir la liberté de faire une chose; locution tirée des jeux de course. || On dit dans le même sens : avoir la scène libre. Voici le stratagème dont il se servit enfin, pour avoir la scène libre, en éloignant l'amant et le mari tout à la fois, hakilt. Gramm. *. || Laissera quelqu'un le champ libre, ne point s'opposer à ^es prétentions, ne point se mettre en concurrence avec lui. || Cette place est libre, on peut la prendre, s'y mettre, personne ne l'occupant. Il À l'air libre, en plein air. L'action du feu ne suffit pas seule pour décomposer le sel ammoniac; il so volatilise à l'air libre ou se sublime comme le soufre en vaisseaux clos, sans perdre sa forme et son essence, buff. Jfm. t. m, p. 449. Il Feu libre, feu qui touche immédiatement le corps soumis à son action. Ce n'est qu'à un feu libre et très-violent ou très-longtemps soutenu que le grenat perd sa couleur, buff. Min. t. VI, p. 26), note f. \\ Calorique libre, se dit, par opposition à calorique latent, du calorique qui agit sur le thermomètre. || 18° Avoir ses entrées libres chez quelqu'un, avoir la facilité d'entrer à toute heure chez lui. || Avoir libre accès, un libre accès auprès de quelqu'un, être reçu chez lui quand on veut. La poésie latine fut portée à la dernière perfection par Virgile et par Horace, que ce prince JAugusteJ n'excita pas seulement par ses bienfaits, mais encore en leur donnant un libre accès auprès de lui, boss. Jlist. l, lo.|| Libre pratique, voy. pratique. |{ 19* Qui n'est pas tenu à des occupations obligées. Avoir son temps libre. Les heures qu'il avait libres furent remplies de bonnes lectures, boss. le Tcllier. || Dans le môme sens, être libre, n'avoir plus rien qui occupe. Quand elle [Votre Majesté] sera un peu plus libre, j'aurai l'honneur de lui écrire plus au long, et de donner un libre cours aux témoignages d'admiration, u'alems. Lett. au roi de Prusse, 29 juin )77H. || Venez dînsr cliez moi si vous êtes libre, c'est-à-dire si vous n'êtes pas retenu par quelque autre invitation. || 20" Ver» libres, ceux où différentes mesures sont mélangées, et qui ne sont pas soumis au retour d'un rhythme régulier; dans ce sens on dit mieux vers mêlés. Les fables de la Fontaine sont en vers libres. || Traduction libre, traducliion où l'on ne suit pas exactement le texte, et où l'on imite autant que l'on traduit. || 21° Papier libre, voy. papik». y 22* Terme de minéralogie. Cristaux libres, les cristaux aciculaires, lorsque les aiguilles groupées sont distinctes les unes des autres. || Terme d'ornithologie. Doigts libres, ceux qui sont entièrement séparés jusr|u'à leur articulation avec le tarse. Il Terme de botanique. Amande libre, celle dont la surface n'adhère point i l'enveloppe qui la recouvre. Calice libre, celui qui n'a pas d'adhérence avec l'ovaire. Ëtamines libres, celles qui ne tiennent ensemble ni par les filets ni par les anthères. Ovaire libre, celui qui n'a aucune adhérence soit avco le périanlhe simple, soit avec le calice. || 23° Qui blesse la décence. 11 est bien libre .ivcc les femmes. Être libre en parole», en actions. || Il se dit des choses. Il a des manières libres, un ton très-libro avec les femmes. Propos libres. Vers libres. Unccl;oso qu'on ne croirait pas de lui [la Fontaine] et qui est pourtant très-vraie, c'est que dans sesconveisations il ne laissait rien échapper de libre, ni d'équivoque, ouvET,f/i»t. Acad. t. Il, p. 333, dans pouoens. J'en pourraisrapporter des traits assez plaisants, s'ils n'étaient pas trop libres, nucLOS, Méin. rtg. (iuu. U vi,

LIB

p <«(, dam POBOBKS. Ces comédies sont assez libres, mais j'ai cru qu'il n'y avait pas plus de malk les lire qu'à les voir jouer, oenlis, adeie et Th. t. a, p- »«s, dans pougkns. || 84° Quia de la facilité, de l'aisance dans ses mouvements. Oue ses yeux [do Pauline de Grignan] sont jolis, bleus avec des paupières noires! une taille libre, adroite I sîv. 48 déc. ««8». Le mouvement de cette hanche-là que je n'ai pas bien libre, dancourt, l'Opérateur Barry, se. 2. || 11 se dit aussi des choses en cette signification. Cette roue, ce ressort, ce pendule est libre dans ses mouvements. Il Avoir la voix libre, la parole libre, n'avoir point d'empêchement dans la voix, dans la parole. || Avoir h main libre, faire des traits avec hardiesse. || Terme de beaux-arts. Pinceau, crayon libre, pinceau, crayon manié avec facilité. || 25" Avoir le ventre libre, n'être pas constipé ni relâché. || Proverbe. Les volontés sont libres, se dit à ceux qui s'excusent de faire quelque chose. Vous ne voulez pis rester? allez-vous-en, les volontés sont libres. || On dit dans un emploi analogue : Les opinions sont libres.

— REM. On a reproché à Corneille d'avoir dit libre à avec un infinitif. Molière et Bossuet se sont servis de cette tournure comme lui; voy. le n* 7.

HIST. XVI' s. Il a esté toujours libre à Dieu de

faire grâce à qui bon lui a semblé, calv. Inst. 744. Hz avoient accoustumé de vivre en air libre, pur et ouvert, AiiïOT, Péric. 8«. Il leur demanda s'ilz avoient libre puissance et plein pouvoir de traitter et accorder de toutes choses, m. Nicias, * 8. L'amour, les vins libres [généreux] et toute bonne chere,DiiBELLAY, I, 24, verso. 11 vaudroit beaucoup mieux ne rymer point, mais faire des vers libres [blancs] , comme a fait Pétrarque en quelque endroit, id. i, 30, recto. Que l'on voise [aille] sautant. Que l'on voise hurtant D'un pié libre la terre, id. u, 66, recto. Arrivez à Tyr, libres de crainte, ils eurent.... mont, i, 63. Aucuns trouvent ce livre trop hardy et trop libre à heurter les opinions communes , et s'en offensent, CHARRON, De la sagesse, Préf. de la 2« édit.

— ËTYM. Provenç. livre, liure; catal. llibre; esp. libre; port, tore; ital. libero; du lat. Jt'ber; osque, Jou/tr; anc. latin, Icebesum pour liberum, de même racine que libère ou lubere, voy. libidineux. La forme loeberum offre un renforcement (gouna) de la racine, d'où l'allongement de l'i de liber, qui en provient, comparé à Ifbet.

LIBREMENT (li-bre-man) , adu. |j 1° Avec liberté, avec franchise, sans gêne. J'en use librement avec vous. Parlons librement, CORN. Agésil.i, <. Combien d'amitiés refroidies, combien de commerces rompus, combien de guerres déclarées, parce qu'on nous a dit librement une vérité ! boubdal. 4' dim. après Pdq. Dominic. t. ii, p. <45. Tout autre qui m'aurait parlé aussi librement que vous, fén. Tél. x. Sifflez-moi librement, je vous le rends, mes frères, VOLT. Êp. ou roi de Danemark. \\ Sans se contraindre. 11 n'y a plus autour de nous personne de suspect, et nous pouvons parler librement, uul. Avare,

IV, 4. Il 2' Avec liberté, sans contrainte, sans oppression. Undéputé librement élu. Tout ce qui intéressait la république fut mûrement discuté dans les assemblées générales, et librement approuvé, librement censuré par des écrits publics, raynal, Hist. phil.

V, 7. Il 3" Sans obstacle. Suivis d'un gros d'amis DOUK passons librement Au travers du palais à son appartement, COR». Uéracl. v, 7. Le vif-argent du tuyau tombe librement, parce que rien ne le soutient et ne s'oppose à sa chute, fasc. Pesant, de l'air,

VI, J'exerçais librement ma force et mon adresse, DUCis, Jfacb. V, 2. |{i° Sans obstacle apporté à la liberté individuelle. Lagrange fut arrêté et envoyé aux lies Sainte-Marguerite, d'où il sortit pendant la régence même, et se montra librement dans Paris, DUCLOS, Mém. rig. OEuv. t. v, p. S86, dans pouoïNS. Il 5- Spontanément, avec pleine volonté. Ceux qui... aiment parfaitement et librement ce qu'ils sont obligés d'aimer nécessairement, pasc. Prière pour U bon luage, etc. Il me semble que toutes les causes seconde* sont autant de mains qui exécutent les Tolontés de Dieu; nous ne laissons pas d'agir librement; nous voulons faire ce que nous faisons, BEv. t. X, p. 644, éd. RÉGNIER. Je [Charles Quint]

fassais librement en Franco sur votre parole ; vous François I"J n'étiez pas venu librement en Espagne sur U mienne, tin. Dial. des morts mod. Il 6* Avec hardiesse, en libre penseur. Cet écri- »»in parle trop Ubrement U est impossible qu'un homme de lettres qui a pensé librement, et qui passe pour être heureux, ne soit pas persécuté en France, \OLT.UU. d'Àrgental, »t janv. «751. il 7» D'une manicte contraire à la décence. Parler librement.

uc

— HIST. XVI* S. Gouster les plaisirs de la paix et de la seureté de pouvoir librement aller veoir ses hostes et amis estranges, amyot, Nicias, 4 8. Vostre amour peult plus en moy que tout le labeur que je saurois prendre à me rendre capable du bien que librement vous me donnez sans nulle déserte, sinon de la pareille affection de la quelle je le reçoy, mar- GUER. Lett. cxxxvu.

— ÉTYM. libre, et le suffixe ment ; ital. liberamente.

f LIBRETTO (li-brè-tto), s. m. Les paroles d'un opéra, par opposition à la partition. Le libretto de cet opéra est d'un tel. || On le dit aussi de la brochure qui contient l'explication des différentes scènes d'un ballet. Voici le libretto de cette pantomime. Il Au plur. Des librettos, ou, suivant le pluriel italien, des libretti; les deux se disent.

— ÊTYM. Ital. libretto, petit livre, diminutif de Ubro , livre (voy. livre, *. m.).

t LIBRETTISTE (li-brè-tti-sf), s. m. Celui qui compose un libretto.

t LIBURNE (ii-bur-n') , ». f. Terme d'antiquité romaine. Espèce de vaisseau léger.

— ÊTYM. Lat. Uburna, genre de vaisseau ainsi nommé parce qu'il était usité chez les Liburniens (Libumie, située entre l'istrie et la Dalmatie).

4 . LICE (li-s'),i.^. Il 1° Lieu préparé pour les courses, les combats, les tournois. U suffît qu'une fois il entre dans la lice, cobn. Cid, iv, 5. Sire, à tout combattant la lice était ouverte, th. cobn Geôlier de soi-même, il, s. Une grande lice, bordée d'amphithéâtres magnifiquement ornés, futformée à quelques lieues de la ville, volt. Zadig, 4 9. Déjà la lice est ouverte; Les clercs en ont fait le tour; La bannière blanche et verte Flotte au front de chaque tour, y. HUGO, Odes, le Chant du tournoi. \\ 2° Fig. Il se dit en parlant de discussions publiques, soit de vive voiï, soit par écrit, ou de contestations publiques. U a fui honteusement la lice. Non pour entrer en lice contre personne, pasc. Prov. m. En faisant courir la même lice à tant de prétendants, J. J. Rouss. Orig. ii. || 3° Il se dit aussi des lieux où il y a, en quelque sorte, joute de parole. Le barreau est une lice ouverte à l'éloquence. || 4° Terme de charpente. Pièce de bois assemblée horizontalement dans les poteaux d'une barrière d'appui au pourtour d'une cour. Il 5" Garde-fous d'un pont de bois. || Barrière qui borde la carrière d'un manège.

— HIST. XII' s. Devant les lices commence li hustins, Garin, dans du cange, licix. ]| xiii' s. 11 fermèrent tout l'ost de moût bones lices, de bons mairiens et bonnes barres, villeh. Lxxv. Et toutes voies crestien hourderent et firent fosses et boines liches par devierslaberrie [campagne], Chr. de Ilains, 90. Il xiv s. Pour la réparation de touz leurs molins, lices et chaucies, DU cange, licia. En un manoir.... accoustumé est.... que les gens du païss'y assemblent le jour de la nostre dame de la mi-aoust, pour faire lices, caroles, dances et plusieurs autres esbatemens, id. ib. Jelian de Dinant vist passer de son hostel le dit Jehan Ternue, et le poursui jusques aux lices de l'église nostre dame de Reins, id. ib. Il XV' s. Trop à doubler sont notre maléfice. Ce que la char est trop habandonnée A touz deliz sans avoir frain ne lice, e. desch. Poésies niss. f" 29J. Il XVI' s. Es lices et lieux ordonnez à piquer chevaulx, AMTOT, Philop. 4 4 Courir en lice à qui gaignoroit le prix de la course double, id. D^metr. 23. Et luy imputa l'on ou qu'il fuyoit la lice, ou que hors de saison il se vouloit monstrer à des estrangers, ID. ib. 2 1 . Desmenans joye sans bornes et sans lyce, MAROT, V, 366. J'en treuve, qui se mettent inconsideréement et furieusement en lice, et s'alentissent en

la course, mont, iv, 468 Et percer les planchers

de quelques chambres sur la muraille, où ils'estoit retiré des soldats, enlr'autres deux qui crioient secours vers les basses lisses, d'auh. Hist. u, 444.

— ETYM. Berry, lices, ensemble de poteaux for^ mant une clôture continue; provenç. /ais«a,2a!/.vi'a, lissa; esp. liza; ital. lijia, liccia; bas-latin, licta, pieu, licias, défense mise autour d'un camp, d'une ville. Origine incertaine. Du Cange le tire du latin licium, trame, à cause que les pieux sont rangés comme les fils dans une trame; étymulogie queDiez rejette parce que le sens n'e.st pas satisfaisant. Diez conjecture le moyen haut allemand letie, rempart, mais il remarque lui-même que le changement de l'e en t n'est pas facile. On a indiqué le bas-breton les, lice, mais on ne sait si 2e^ n'est pas un emprunt fait aux langues romanes ; d'après la Villemarqué, Contes brttons, t. u, p. 287, lisl lis! est encore en Bretagne le signal du combat au bâton qui se livre pendant la nuit des morts. Scheler, remarquant

UC

qu'eu anglais itce se dit list, propose de regarder lisse comme la bonne orthographe, et d'admettre que lisse est pour liste dans son sens primitif de barrière, clôture. Tout considéré, l'opinion de du Canye reste la meilleure et très-probable.

2. LICE {li-s'), s. /". ||1° Terme de manufacture. Pièces mobiles d'un métier à tisser, au moyen desquelles et des pédales on fait ouvrir les fils de la chaîne d'un tissu pour passer la navette et par conséquent le fil de la trame. || Assemblage de plusieurs longs fils de soie ou de laine étendus sur les métiers de tapisserie de haute lisse ou de basse lisse. Quand la chaîne est horizontale, tous les fils de la trame sont également dans un même plan horizontal, ce qui fait la basse lice; et, si la chaîne est verticale, les fils de la trame forment aussi un plan vertical, d'où la haute lice. Tapisserie à haute ou de haute lice, ou simplement, haute lice. Tapisserie à basse ou de basse lice, ou, simplement, basse lice. Henri IV établit des manufactures de haute lice, en laine et en soie rehaussée d'or, VOLT. Mœurs, 474. || Lices à grande coulisse, celles qui servent à passer certains fils dans les étoffes riches. || Lices à petite coulisse, petiics boucles qui ne servent que dans la fabrication des étoffes unies. || Lices de rabat, celles sous lesfiuelles les fils sont passés pour les faire baisser. || 2° Travail en tapisserie qui s'exécute ordinairement d'après des peintures d'histoire ou de paysage. || 3° Nom qu'on donne à plusieurs fils soutenus par un liceron pour faire du ruban. || 4° Les cordiers appellent aussi lice, un bâton dont ils s'aident pour faire de la sangle.

— REM. On écrit aussi lisse; mais l'orthographe lice est préférable, vu l'étymologie.

— HIST. xiv s. Ordonner les lits et les chambres, tendre les tapis de haulte lice et toutes choses de broderie, Uénagier, i, 6. ||xv' s. Ung mestier de bois eu lysse, garnis de petiz bastonnez et de petiz pellotons de soye, Bibl. des ch. 6« série, t. i, p. 365.

— ÉTYM. Lat. licium, trame.

3. LICE (li-s'), î. /'. Femelle d'un chien de chasse. Une lice étant sur son terme, la font. Fab. ii, 7. [j Lice nouée, lice qui a été couverte et qui a retenu. || Fig Femme lascive. Je faillis à me pendre, oyant que cette lice Effrontément ainsi me présentait la lice,

RËGN1EB, Sat. XI.

— HIST. XII' s. Pute mauvese,vil lisse abandonée. Bataille d'Aleschans, v. 304 1. [jxur s. Bien furent trente compaignon. Que chien, que lisses, que gaignon, Ben. 4 0801. Les eux [yeux] ot gros comme une lische, Desoreillesressembloit bische, iii. 22713. D'une leisse vus veil [je vous veux] conter. Qui preste estoit à chaeler [faire ses petits], marie de FRANCF,, t. u, p. 86. Li vilains dit que haslive lisse fait filz aveugles, brun, latini. Trésor, p. 365. Il xiV s. 11 est acûustumé que nul taneur ne puet [peut] ne ne doit taner uul cuir de chien ou de lisse, du cange, lelissa. || xvi* s. Il lui fut advis qu'une lyce asprement courroucée abbayoit contre lui, AMYOT, Cimon, 33.

— ÉTYM. 'Wallon, iè/ie.-naniiir. liche; Ardennes, niche; picard, liche ; provenç. leissa. Deux étymologies se disputent ce mot. La première lui donne une origine latine : lycisca ou lycisce, nom d'une chienne dans Virgile {tyciscus, chien-loup, diminutif de Xùxoc, loup) ; Diez l'admet, observant toutefois qu'il faut prendre lycisce; lycisca aurait donné en provençal leisca, et en picard lique. La seconde lui attribue une origine germanique : souabe, lâtsch; bavar. leusch, lusch; Grandgagnage soutient cette opinion, qui paraît la moins probable.

LICENCE (li-san-s'), s. f. || 1" Liberté de faire donnée par permission. N'ai-je point à rougir de cette déférence Qui d'un combat illustre achète la licence? cohn. Z). Sanche,u, 3. Faites parier les droits qu'on a dessus mon cœur. Je vous en donne la licence, mol. le Dép. i, 2. Et je vous viens, monsieur, avec votre licence, Signifier l'exploit de certaine ordonnance.... in. Tart. v, 4. Hélasl ils sa voyaient avec pleine licence ; Le ciel do leurs soupirs approuvait l'innocence, raC. Phèdre, iv, 6. |1 II vieillit en ce sens. Cependant on dirait encore trèsbien, comme Racine, pleine licence. || 2° Permission spéciale pour exporter ou importer ou pour vendro ceitaines marchandises. Lors du blocus continental. Napoléon I" donnait des licences pour introduire les marchandises anglaises. || Terme de pêche. Concession faite de gré à gré par les agents de l'administration doseaux et forêts, du droit d'exploiter un cantonnement de pêche sur un fleuve ou sur une rivière navigable. Il 8' Terme universitaire. Degré entre celui de bachelier et celui de docteur. Enfin, à force de battre le fer, il en est venu glorieusement 5

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avoir ses licences, KOl. Wal. imag. ii,6.|I Aujourd'hui, on ne dit plus ses licences on dit sa licence, à moins qu'il ne s'agisse collectiveintiit de la licence es lettres, de la licenceès sciences, etc. Les quatre licences. Il Temps que l'on passait sur les bancs avant de pouvoir devenir licencié. || Licence, nom donné, dans la faculté de théologie, aux deux ans que les bacheliers passaient sur les bancs, pour fournir des preuves de leur capacité avant d'être reçus docteurs. Le cardinal de Guise n'a jamais été que sous-diacre et n'avait jamais songé à entrer en licence, st-sim. 58, 226. Il [le cardinal de Fleury] commença sa licence en (676; mais il ne prit le bonnet de docteur que longtemps après, mairan, Élog. du eard. Fleury. Il Les licences universitaires ont été ainsi nommées parce qu'elles donnaient la licence, la permission d'enseigner, de plaider, de traiter les malades, etc. Il 4° Trop grande liberté, contraire au respect, à la retenue, à la modestie. Il faut qu'enfin quelqu'un réprime ses licences, rotr. Vencesl. ni, 2. Qui donc est ce coquin qui prend tant de licence Que de chanter et m'étourdir ainsi? mol. Amph. i, i. Ils vous l'ont dit [qu'ils vous aimaient] î — Aucun n'a pris cette licence, id. Femm. sav. ii, 3. Mon mari avait le fonds excellent; je l'avais corrigé de ses licences, maintenon, Lett. à Mlle de l'Enclos, 8 mars taee. Je sais sur ma conduite et contre ma puissance Jusqu'où da leurs discours ils portent la licence, bac. Àthal. ii, 5. || 6» Dérèglement moral, insubordination. Arrêter la licence par la terreur des supplices, patru. Plaid. 40, dansaicHELET. La licence qu'on a prise d'ébranler les règles, pasc. Prov. X. Comme la république avait son faible inévitable, c'est-à-dire la jalousie entre le peuple et le sénat, la monarchie des Césars avait aussi le sien, et le faible était la licence des soldats qui les avaient faits, Boss. Hist. m , 7. N'a-t-il pas eu, dans la licence même de la guerre, une constanle et scrupuleuse retenue? fléch. Duc de Mont. Enfin de la licence [delà comédie] on arrêta le cours, boil. Art p. in. Ainsi que la vertu, le crime a ses degrés; Et jamais on n'a vu la timide innocence Passer subitement à l'extrême licence, rac. Phèdre, iv, 2, Quel frein pourrait d'un peuple arrêter la licence? m. IV, ♦. Cette jeunesse vécut avec une licence sans bornes, pén. Tél. x. Cette ville est toujours dans la licence, montesq. Esp. viii, 2. Turenne laissa toujours à ses soldats une assez grande licence, volt. Lett. Colini, 21 oct. 4767. Plor.gé dans la licence, au vice abandonné, id. Triumv. il, 1. La liberté n'est pas toujours licence, id. la Prude, il, 4. jj 6" Terme de littérature. Ce qui se fait contre les règles exactes de l'art. Il y a d'heureuses licences qui plaisent plus que l'observation des règles. Alors qu'une œuvre brille, et d'art et de science, La verve quelquefois s'égare en la licence, régnieb, Sat. ix. C'est sur ces exemples [de Grotius et la Passion, de Buchanan et l'histoire de Jephté] que j'ai hasardé ce poëme, où je me suis donné des licences qu'ils n'ont pas prises, corn. Exam. de Poly. Purger notre théâtre des ordures que les premiers siècles y avaient comme incorporées, et des licences que les derniers y avaient souffertes, id. Imil.Ép. au pape Alexandre VU. Si l'on veut s'arrêter aux licences de la conversation, c'est le viai moyen d'estropier la langue à tout moment, d'olivet, Ess. gramm. 2* sect. § 6. || Licence poétique, impropriété dans les termes, irrégularité dans la construction, la dérivation et la syntaxe qu'on tolère chez les poètes, comme : est-ce pas vous? pour n'est-ce pasvous? Monsieur, la poésie a ses licences, mais Celle-ci passe un peu les bornes que j'y mets, pihon, Métrom. v, 6.||Fig. et (amilitremenl. Gardez-vous bien de lâcher le moindre mot qui puisse faire connaître au bon d'HacqueviUe que je vous ai envoyé sa lettre ; vous le connaissez, la rigueur de son exactitude ne comprendrait point cette licence poétique, SBV. 4" janv. 4676. Il II se dit avec le même sens, en peinture, en sculpture, en architecture, en musique. Les colonnes accouplées ont été une licence en architecture. Il 7" Au plur. Traits da plume hardis, composés pour orner les pages d'écriture.

— iilST. XII' s. Hadoc bailla les lettres, qui de l'aler contence; Il les bailla la pape [au pape] quant il en out licence, Th. le mart. 4I2. || xiu* a. Li rois commende que nus na soit semons qui n'ait licence de venir à son jor, Liv. de jost. 9i. Dame, à moi vous serez confesse, Car cil frères n'a pas licence De vous enjoindre pénitence, ruteo. 207. Il XIV* s. Et en toutes autres commulacions, desqueles faire la loy donne licence, oiiesub, Eth. 4 41). Lesquels se complegnoient les uns aus autres, de et dont il avuient perdu cella licence et maniera de

vivre, berchedre, t* 28, recto. || xvi' s. Hz abandonnèrent de tout poinct la ville, appellans servitude le non avoir pleine licence de pouvoir vivre entièrement à leur plaisir, amyot, Pyrrh. 33, En pleine licence de divorces, il se passa sno ans avant que nul s'en servist, mont, m, 8. Chacun désireux de voir, l'un son frère, l'autre son oncle, demandoit licence aux supérieurs, lanode, 657.

— ÉTVM. Provenç. licencia; catal. llicencia; espagn. licencia; ital. licenxia; du lat. licentia, de licere, être permis (voy. licet).

LICENCIE. ÉE (li-san-si-é, ée), part, passade licencier. Il 1° Congédié. Les troupes licenciées à la paix. Il 2° S. m. Celui qui a pris ses degrés de licence. Licencié es lettres. Licencié es sciences. Licencié en droit.

LICENCIEMENT (li-san-si-man), ». m. Action de licencier, de congédier. La paix a été suivie du licenciement d'une partie de l'armée.

— HIST. xvi* s. L'armée des princes, incontinent après le licenciement de la nostre , prit plusieurs petites places, castbln. 2*7.

— ÊTYM. Licencier.

LICENCIER ( li-san-si-é), je licenciais, nous licenciions, vous licenciiez ; que je licencie, que nous licenciions, que vous licenciiez, v. a. || 1° Congédier. Après la paix on licencia une partie de l'armée. Le roi n'aime pas qu'on le serve par force ; allez, je vous licencie, le sage. Est. Gonx. ch. 4«. Le cordelier Ganganelli, devenu pape, détruisit l'ordre entier [des jésuites] par une bulle; et, après avoir soutenu pendant deux cents ans que le pafie pouvait tout, les jésuites furent obligés de soutenir peu à peu qu'il ne peut même licencier un régiment de moines, volt. Hisl. pari. ch. Lxxin. Iji" Rejeter, refuser (vieilli en ce sens). Mais en vain son dépit pour ses fautes commises Lui fait licencier mes soins et mon appui, mol. l'Ét. v, 41.113» Se licencier, 0. réfl. S'accorder trop de liberté, passer les bornes de la discrétion, du devoir. Et les politiques qui se sont le plus licenciés.... ont estimé toute sorte de sujétion.... peu compatible avec la royauté, balz. 7* dise, sur la cour. Ce vermillon nouveau qui colore ta joue. M'invite expressément à meiicencier, corn. Clit. v, 3 ((■•• édit. jusqu'à 4 644). Quoi 1 ta bouche se licencie X te donner encore un nom que je défonds! mol. Amph. m, 7. Plus elles chercheront à s'émanciper et à se licencier, plus elles seront exposées aux mécontentements et aux ennuis, bourdal. Exhort. sur l'obs. des règles, 1. 1, p. 223. Il [l'avocat] tint trois audiences en beaucoup de fatras, et, à la quatrième, il se licencia fort sur nos avocats, st-sim. 36, i&9. 11 revint au roi qu'on s'était licencié chez elle [laduchesse de Portsmouth], et elle-même, de parler fort librement de lui et de Mme d% Maintenca, id. 4 27, 4 49.

REM. On dit, avec un infinitif, ordinairement

se licencier à, et, quelquefois, se licencier de.

— SYN. SB licencier, s'emancipbr. Sa licencier, c'est se donner licence, prendra une trop grande liberté; s'émanciper, c'est sortir da la tutelle où l'on était et faire quelque chose qu'on n'est pas autorisé à faire. Dans se licencier il n'y a que l'idée d'un abus da liberté ; mais dans s'émanciper il y a l'idée que celui qui s'émancipa était retenu et dans une position subordonnée.

— HIST. XV' s. Quant messira Pierre da Craon se vit ainsi licencié [congédié], si fut tout honteux; et prit ce en grand felonnieet despit, froiss. iii,iv, 24. Un clerc licencié en droit qui esloit archidiacre de Lusscbonne, id. il, m, <8. Et quant vient au licencier [à faire un hcencié].... e. desch. Poésies mss. (' 464. ||xvi' S. Pourtant vouloyt-il translater leurs fcstes en hyver, les licenciant do gresler lors et geler tant que ilz vouldroyent, rab. Pant. iri, J3. Sous l'ombre d'estre mal payez, ils se liceniient i actions violentes et infâmes, lanoue, 4 06. Mes discours me licencieroient aysemant i des actions que celta naturelle inclination ma faict haïr, mont, ii, 424. Licencié sous la cheminée, cotghave. Qu'il me trouvast une occasion de parler à la reina pour me licencier d'elle [prendre congé], bassompierbe, Mém. X. I, p. 392, dans lacurnr. Un bedeau de nostre université ayant leu l'edit da paix, où il cstoit dit que touz estrangers seroient licentiez, tant d'une part que d'autre, il s'en vint aux docteurs, leur disant : messieurs, regardez da faire bonne composition des Ucences, nous gaigneronsce que nous voudrons; car le roy veut que touz estrangers, tant d'une religion qued'autre, soient liceniiez, bouciiet, Serées, liv. m, p. 253, dans lacuunb. Je ne veux rien d'amour, fors qu'il me licencie ; Je l'ay suivy dix ans, les plus beaux de ma vie, desp. Cléon. lxxxvii.

— ÉTYM. Licence; provenç. etespagn. ttcenciar; ital. licenziare.

LICENCIEUSEMENT (li-san-si-eù-za-man) , adv. D'une manière licencieuse.il a vécu licencieusement.

— HIST. XVI' s. Hz alloient tensans le peuple, en demandant comment ilz estoient sibestes,que d'endurer qu'on se moquast et se jouast aussi licencieusement d'eulx, AMYOT, Pyrrh. 28. Ayans es guerres civiles vescu licentieusement et de proye, langue, 479. Quelques uns en ont parlé et mesme escrit licentieusement, qui n'ont jamais bien congneu ni la place, ni que c'est d'estre le premier obstacle i une armée victorieuse, d'aub. i, 340.

— ÊTYM. l.icencieitse , et le suffixe menC. LICENCIEUX, EUSE (li-san-si-etl, eû-z'), adj.

Il 1° Qui agit avec licence; déréglé. De là vient que le peuple trop licencieux, abusant du pouvoirqu'on lui avait laissé, en a été dépouillé sans contradiction, ¥tn. Du minist. des pctsteurs, ch. 4 5. Je n'avais jamais aimé cette société spirituelle, mais licencieuse, dont, depuis quelques années, Lafare et Chaulieu faisaient les délices, genlis, Mmede Maintenon, t. II, p. 4 83, dans pougens. || Il se dit aussi des choses. Mener une vie licencieuse. Quand tout était barbare, ce prélat [le cardinal BibienaJ avait fait jouer sa Calendra, pièce d'intrigue et d'un vrai comique, à laquelle on ne reproche que des mœurs un peu trop licencieuses ainsi qu'à la Mandragore da Machiavel, volt. Dict. phil. Art dramatique. Il i' Qui offense la pudeur. 11 est très-licencieux en paroles. || 11 sa dit aussi des choses. Ces conversations licencieuses qui d'un jour à un autre vous font perdre insensiblement la pudeur et l'horreur du vice, bourdal. Myst. Circonc. de J. C. t. i, p. 84. En prêchant contre la licence des mœurs, il compose un roman licencieux, dideh. Claude et Nér. i, 66. Il 3° Il se dit quelquefois, dans la littérature et les beaux-arts, de ce qui sa fait par une licence trop grande et non autorisée. Cet architecte a fait un emploi licencieux de tel ornement. Quant à l'unité da lieu, je n'en trouve aucun précepte ni dans Aristote ni dans Horace ; c'est ce qui porte quelquesuns à croire que la règle ne s'en est établie qu'en conséquence de l'unité du jour, et à se persuader ensuite qu'on le peut étendre jusques où un homme peut aller et revenir en vingt-quatre heures; cette opinion est un peu licencieuse, corn. S' dise. Il [Malherbe] s'obstina avec un nommé M. de Laleu à faire des sonnets licencieux dont les deux quatrains ne fussent pas sur mêmes rimas, pellisson, llist. de l'Acad. iv, Maynard. Les auteurs français, à l'exemple des Latins, ont été fort licencieux à former de semblables mots [composés avec le préfixe négatif t'n], ménage, Observ. sur la langue franc. 2' part. ch. 84. Ce qui produit les variations, les incertitudes, les égarements de ce ministre [Jurieu], et tous les autres excès de sa licencieuse théologie, Boss. 6' av. m, 4. Homère est si excessivement licencieux qu'il ne paraît presque pas possible d'y rien ajouter à cet égard, pontekellb, Disc, à l'Acad. franc. 25 août 4749. Entre cette prononciation licencieuse et irrégulière que l'usage a introduite dans l'entretien familier et la prononciation des prédicateurs et autres orateurs, il y a une moyenne qui n'est ni tout à fait si licencieuse que celle de la conversation, ni tout à fait si régulière que celle du barreau et de la chaire, saint-réal. De la crit. ch. 4 2.

— HIST. XVI' s. En la saison la plus licentieuso de mon aage, mont, i, 77.

— ÊTYM. Licence.

t LICEttON (lise-ron), ». m. Petit morceau de bois plat qui soutient les fils dans la fabrication du ruban.

— ÉTYM. Dérivé de lice ».

LICET (li-3èl'),j. m. Permission. Obtenir un licet.

— ÊTYM. Lat. licet, il est permis; comparez LOISIR. Suivant Curtius , lieet est l'intransitif de linquere, laisser, comme pendet de pendiie, candet de ac-cendere, jacel dajactre, etc.

t LICEUSR (li-seû-z'), ». f. Ouvrière en sole qui fabrique les lices entre lesquelles passent les fils do la chaîne des étofl'es.

— ETYM. Lire 2.

t LICUAVEN (Ii-cha-v6n'), i. m. Monument celtique formé de trois pierres, l'une plate superposé» sur les deux autres qui lui servent da support.

fLICIIE (li-ch'), ». f. Nom donné par les ardoj. siers à de petites surfaces douces au toucher, coupant en tous sens le plan de fissilité, de manilro à empêcher la séparation du schiste en feuillets da dimension suffisante pour faire de l'ardoise.

LICUEN (li-kèii'), ». m. Il 1" Terme de botanique. Végétaux agames. très-avides d'humidité, vivaces,

Lie

mais doat la vie, qui m. pajse à l'air libre, est interrompue par U sécheresse; composes d un thalle crustacé.fuhacé ou cylindrique, et se reproduisant ■oit par des sporidies contenues dans des réceptacles qu'on nomme apothécies, soit par des gomdies ou des espèces de fçemmes répandues sous 1 epidcrme du thalle. Il Lichen des rochers, l'orseille. || Liclien d'Isiande, cetraria islandica, Achar. dit improprement mousse d'Islande. Le lichen d'Islande est employé en médecine. Gelée de lichen. Tablettes de lichen. || Lichen parelle, la lécanore parellfi, nommée encore orseille d'Auvergne, lecamra parella, Achar. il Lichen roccelle , la roccelle pourpre des anciens, roccella tincloria, DC. || Lichen des rennes, cladonia rangiferina, Hoffmann. Cette espèce de lichen ou de grande mousse blanche, qui fait la principale nourriture du renne, semble contribuer beaucoup par sa qualité à la formation et à l'accroissement du bois, hvrr. Quadrup. t. vu, p. 224. Il Lichen pulmonaire, tticta pulmonacea, Achar. dite aussi pulmonaire de chêne. || Lichen pyxide, cenomyc* pyxidala, Achar. || Lichen tartareux, lecanora tarlarea, Achar. récolté en Suède, et donnant une belle couleur rouge. || 1° Terme de pathologie. Inflammation cutanée caractérisée pir l'éruption simultanée ou successive de papules rougeitres ou de la couleur de la peau, prurigineuses, le plus souvent disposées en groupes, mais quelquefois éparses si-r une région ou sur toute la surface du corps; elle est ainsi nommée par assimilation avec l'apparence que la plante lichen donne à la place oii elle végète. || Lichen vésiculaire, maladie de la peau commune dans les pays chauds, dit lichen tropiais par les Anglais.

— HlST. XVI' s. La lichene, qui sous Claude molesta non seulement l'Italie, mais aussi toute l'Europe, PARÉ, XVI, 5.

— Etym. Aeiy.Tiv,qui désigne la plante, puis, sur le cheval et autres animaux , les places où se trouvent des verrues et des productions semblables à la plante, et enfin l'éruption chez l'homme.

t LICUÉNÉE (li-ké-née), s. f. || 1» Terme de botanique. Les licliénées, la famille des lichens. Il 2' Terme de zoologie. Très-belle chenille du chêne.

fLICHÉNEUX, EUSE (li-ké-neù, neù-z'), adj. Terme de botanique. Qui a le caractère du lichen. On y trouve [sur un plateau pierreux] des plantes lichéneuses fendillant les pierres et réunies en croûtes plus ou moins épaisses, lecoq, Vie des (leurs, p. 2«l.

t LICUÉ.MCOLE (li-ké-ni-ko-l') , adj. Qui vit sur les lichens.

— Etym. Lichen, et le lat. colère, habiter.

t LICHÉNINE (li-ké-ni-n') , *. f. Terme de chimie. Fécule de lichen.

— ÈTYM. Lichen, et la finale chimique ine.

i L1CIIÉ.VI0CE (li-ké-ni-k"), adj. Terme de chimie. Acide lichénique, acide qu'on trouve à l'état de sel de chaux dans les lichens.

t LICUÊNOGRAPHIE (li-ké-no-gra-fie),ï./'. Description des lichens.

— ÊTVM. AttxTiv, et Ypiçeiv, décrire.

t LICUÊNOÏDE (li-ké-no-i-d'), adj. || 1° Terme de botanique. Se dit des plantes qui , sans être des lichens, leur ressemblent. || i' Terme de pathologie. Qui a le caractère du lichen. Eruptions lichénoides.

— ÉTYM. \tiyr,v, lichen, et eiéo;, forme.

t LICUEUR (li-cheur), *. m. Terme populaire. Celui qui aime à boire et à bien manger.

— ÉTYM. Le verbe populaire licher, qui est archaïque, et qui est une autre forme pour lécher; Callit olim lichard, dit du cange, lecalor.

t LICIER (li-sié), i. m. Ouvrier qui fait les lices.

LICITATION (li-si-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), *. /. Terme de jurisprudence. Vente aux enchères d'une chose indivise, le plus souvent iramobilière, entre co-propriétaires de cetle chose, avec ou sans admission d'étrangers.

— HIST. xvi* s. De partage, licitation et adjudication entre cohéritiers ou comparçonniers, ne sont dus lods ne ventes, loysel, m.

— ÉTYM. Lat. ltct(a(ton;m, vente aux enchères, de lteilar«, liciter.

t LICITATQIUE (li-si-ta-toi-r-), adj. Terme de pratique. Qui a rapport 4 la licitition. Acte, contrat licitatoire.

— ETYM. Liciter.

LICITE (lisi-f), adj. Qui n'est défendii par aucune loi, par aucune autorité. Celui qui p. end sa course avec tant d'ardeur dans celle vaste carrière des choses licites, doit craindre qu'étant sur le bord, il DO puisse plus retenir ses pas, boss. Sermons, rc-ture, Mlle de Bouillon, i . |j grâce de l'épiscopat imprime cette mort plus avant quant à l'usage

Lie

même licite des créatures; il faut qu'ils meurent aux plaisirs, même légitimes, par la continence, FLÉCH. Panég. li, ***. || Substantivement. Le licite, ce qui est licite. Le licite [dans l'amour], loin d'empêcher son contraire, le provoque; en un mot, ce qui vient par réflexion n'éteint pas ce que l'instinct produit, BOSs. Comédie, 5.

— SYN. uciTE, PERMIS. Ce qui est licite n'est défendu par aucune loi, par aucune autorité. Ce qui est permis était défendu naguères.

— lllST. xiv* s. C'estoit chose leue que.... ber- CHEURE, f° 75. || xv S. Un noble jou [jeu] te faull attendre ; C'est des eschecs qui est licite. Et à touz biens les gens incite, Bist. litt. de la Fr. t. xxv, p. 35. Il XVI" s. On allumoyt cinq flambeaux de cire; et n'estoit licite d'en allumer plus, feust es nopces des plus riches, bas. Pant. m, 20.

— Etym. Lat. licitus, permis, qui a donné régulièrement leu, et qui vient de licere (voy. licet).

LICITE, ÉE (li-si-té, tée),part. passé de liciter. Un domaine licite.

LICITEMENT (li-si-te-man) , adv. D'une manière licite. Est-ce qu'ils [les rois] auront droit de faire tout cela licitement? boss. Politique, iv, i, 3. Aucun lien n'enchatne licitement l'esclave involontaire, HAYNAL, Hist. phil. 1, Introd.

— HlST. XV' s. Avons voulu et consenti que la marchandise ait cours franchement et licitement par tout nostre pays de Flandre, kroiss. ii, il, 241.

— ÉTYM. Licite, et le suffixe ment.

LICITER (li-si-té), t). o. Terme de jurisprudence. Rendre par licitation. Liciter une maison. Faire liciter un héritage. On peut liciter ailleurs qu'en justice, par exemple par-devant notaire, liciter des choses mobilières, par exemple des droits d'auteur entre héritiers, et des choses qu'on pourrait, mais qu'on ne veut pas partager.

— ETYM. Lat. licitari, de licere, être mis à prix. Licere en ce sens paraît être le même que licere être permis (voy. licet); c'est toujours être laissé : quanti licet res? Ce serait : àquol prix la laissez-vous?

LICOL (li-kol), s. m. Voyez licou.

LICORNE (li-kor-n'), s. (. \\ 1° Quadrupède qu'on représente avec le corps d'un cheval et la tête d'un cerf, mais avec une seule corne, et qui n'a jias d'existence réelle. Son écusson a des licornes pour supports. Les cornes données pour cornes de licornes se sont trouvées être des cornes d'antilope oryx , ou, le plus souvent, des cornes de la licorne du mer;elles passaient pour être un contre-poison universel, soit en parcelles, soit en vase; c'est ce qui faisait qu'elles se vendaient si cher. Les licornes descendront avec eux, et les taureaux avec les plus puissants d'entre eux, saci. Bible, haie, xxxiv, 7. Cornes cela I vous me prenez pour cruche ; Ce sont oreilles que Dieu fît. — On les fera passer pour cornes. Dit l'animal craintif, et cornes de licornes, la FONT. Fahl. V, 4. Ce sont les tronçons de cette corne [la défense du narval] que nous vendons à Paris, comme ils se vendent ailleurs, pour véritable corne de licorne [Pomet croyait à l'existence de la licorne] à laquelle quelques personnes attribuent de grandes propriétés, ce que je ne veux ni autoriser, ni contredire, pomet, Hist. des drogues, dma DE LABORDE, Émaux, p. 365. Cette licorne que vous l'avez vu monter est la monture ordinaire des Gangarides; c'est le plus bel animal, le plus fier, le plus terrible et le plus doux qui orne la terre, volt. Princ. de liabyl. 3. || Animal employé en blason. On dit que la licorne est en défense quand elle baisse la tête et présente la pointe de sa corne. Il 2° Licorne de mer, cétacé, autrement dit narval, qui porte à l'extrémité de sa mâchoire supérieure une dent en forme de corne, droite, et longue quelquefois de quinze ou seize pieds. Corne de licorne, la livre payera 60 sous. Tarif, <8 sept. «664. Il S-" Genre de coquilles univalves. || 4' Nom que l'on donne parfois au charançon. || 5* Espèce de papier. || 6° Constellation méridionale.

— lîlST. XV' s. Une aiguière de licorne, garnie d'or et de plusieurs petites perles entour, de laborde. Émaux, p. 3B2. Une bien longue corne de licorne de sept piez e demi de long, iD.i'b. Une tousche, en quoy a esté mis une pièce de lichorne, pour touschier la viande de Monseigneur, pesant une once d'argent blanc, ID. ib. Entre autres choses, il print [dans le pillage des biens de Pierre de Médicis] une licorne entière qui valoit six ou sept mille ducats, et deux grandes pièces d'une autre, et plusieurs autres biens, comm. vu, ». || xvi* s. Il saule à pied avec quelques uns des siens, monstre le chemin à ses harquebusiers, et emporte la rue et la ville, où il gagna pour butin principal une licorne

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estimée quatre-vingt mille escus, d'aub. )Iist. m, 139. La corne de licorne ou monoceros, paré, Lic.i.

— ÉTYM. Portug. alicomio; ital. alicomo, licomo; corruption du latin unicomis, l'animal à une corne; de umis, un, une, et corne (pour le changement d'n en l, comparez orphelin). Dans plusieurs pièces du moyen âge il est question de l'unicorne.

t LICOItNET (li-kor-nè), t. m. Poisson du golfe arabique (genre nason).

LICOU (li-kou), s. m. || 1° Harnais de tête, en cuir ou en corde, servant à attacher les solipèdes à la mangeoire, au poteau, ou à les assujettir. Le premier qui vit un chameau S'enfuit A cet objet nouveau ; Le seconil s'approcha, le troisième osa faire Un licou pour le dromadaire, la font. Fabl. iv, 10. Il Par extension. Ni le licou qu'on appelle cordon d'un ordre, ni même les soupers avec un philosophe qui a gagné cinq batailles [le roi de Prusse], ne me pourraient donner un grain de bonheur, volt. Lett, Devaux, 8 mai I76i. || Fig. Tout cela pouvait être flatteur, mais nous tirait par le licou où nous ne voulions pas, ST-siM. 273, 192. U fallut mener ces bêtes de somme [les peuples] par les licous qu'elles s'étaient faits elles-mêmes, volt. Philos. Examen import. 34. Il 2" Corde pour pendre quelqu'un. 11 y porte une corde, et veut avec un clou Au haut d'un certain mur attacher le licou, la font. Fabl. ix, I4. Confus, désespéré, je suis prêt à me pendre. — Heureusement pour vous, vous n'avez pas un sou Dont vous puissiez, monsieur, acheter un licou, kegnard, le Joueur, iv, ti.

— REM. On dit aussi licol (qui n'est plus usité qu'en poésie), particulièrement quand il se trouve devant un mot commençant par une voyelle. Elle dit qu'on allât quérir Barcé, de Sichaeus nourrice; Caria sienne, mise en justice Pour avoir fait à Tyr un vol, Avait fini par un licol, scarb. Virg. iv.

— HIST. xvi* s. Ordonnant que celles qui se trouveroient ainsi pendues [àMilet] fussent traisuéesdu mesme licol toutes nues par les villes, mont, h, 2».

— Etym. Lier, elcol; bourguig. licô.

LICTEUR (li-kteur), s. m. Nom de douze sergents

d'armes de l'ancienne Rome, qui marchaient devant les consuls ou le dictateur, ponant des haches enveloppées dans des faisceaux de verges , et toujours prêts à délier les faisceaux, pour fouetter les criminels ou leur trancher la tête; Us allaient sur une ligne un par un et à quelque distance l'un de l'autre; ils faisaient faire place au magistrat. Le consul avait douze licteurs, la dictateur en avait vingt-quatre. || Par extension , satellite, avec l'idée d'une obéissance passive et du meurtre commandé et exécuté. Il [Fouquier I inville] parle : ses licteurs vers l'enceinte fatale Traînent les malheureux que sa fureur signale, v. hugo, Odes, i, 3.

— HIST. xiv s. Il print avecques soy douze licteurs , c'est à dire douze serjans d'armes, behciiEURE, f 9, ferso.lj xvi' s. Ilslioient et garrotoient incontinent ceulx qu'il commandoit ; or les Latins disoient anciennement ligare, pour lier, d'où vient que les huissiers et sergens sont appeliez liclores ; toutefois il me sembleroit vraysemtjlable de dire, que l'on y auroit adjoulé un c, et que paravant ils s'appelloient litores sans c, pour ce que ce sont les mêmes que les Grecs appellent liturgos, amïot, Rom. 41.

— ÉTYM. Lat. liclorcm.

f LU) ES (li-d'),s. m. Nom donné,danslapériode barbare, à des hommes dont l'état, mal défini pour nous, élait intermédiaire entre la liberté et la servitude.

— ÉTYM. Bas-lat. lidi, qui, d'après Guérard, est le même que leti, les léles.

i. LIE (lie), s. f. Il 1° Ce qu'il y a de plus grossier dans une liqueur et qui va au fond. Avant qu'aller si vite, au moins je le supplie Savoir que le bon vin ne peut être sans lie, Régnier, Sat. xii. La coupe ou nous buvons a toujours une lie, lamart. Ilarold, VIII. Il Fig. Boire le calice jusqu'à la lie, souffrir une humiliation, une douleur, un malheur dans toute son étendue. 11 a bu jusqu'à la lie le calice de la passion, il n'en a jamais laissé perdra une seule goutte, boss. t" sermon, Passion, i. Us boivent jusqu'à la lie toute l'amertume de leur calice, MASS. Mysl. Soum. Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable Faut-il boire à longs traits la lie insupportable? volt. <Iii. v, 3. Souvent las d'ôtra esclave et de boire la lie De ce calice amer que l'on nomme la vie, a. chén. Élégie xxxvi. Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie Ce calice mêlé de nectar et de fiel : Au fond de celte coupe où je buvais la via , Peut-être restait-il une goulte de miel, lamart. Médit. l'Automne. || On a dit daiis un sens ar.alogue : tirer justju'à .'a lie. Je veuj

LIE

parler aussi de Mme la duchesse de la Vallière : la pauvre personne a tiré jusqu'à la lie de tout, elle n'a pas voulu perdre un adieu ni une larme, sév. au comte de Guilaut, avril *6H. || Fig. Ne faut-il pas avoir avalé jusqu'à la lie le breuvage d'assoupissement que boivent les prophètes de mensonge, et s'en être enivré jusqu'au vertige, pour annoncer au monde de tels prodiges? boss. Var. xiii, § 20. Il Fig. La lie, la décadence du corps et de l'esprit dans la vieillesse. Pour moi, je ne suis plus bonne à rien ; j'ai fait mon rôle, et, par mon goût, je ne souhaiterais jamais une si longue vie ; il est rare que la fin «t la lie n'en soit humiliante, sév. à M. de Moukeau, to janv. ^696. Aht ma bonne, que la lie de l'esprit et du corps [la décadence de la vieillesse] est humiliante à soutenir Iid.4 5 aoùness. Je le [Dieu] remercie de l'envie qu'il me donne de m'y préparer [à la mort] tous les jours, et même de ne pas souhaiter de tirer jusqu'à la lie,lD.ib. le jour des lioù (687. Il faut épargner le temps de la jeunesse ; celui qui reste au fond n'est pas seulement le plus court, mais le plus mauvais et comme la lie de tout rsge, boss. Pensées chrét. etmor. 3i. || Fig. Boire la lie de son vin, accepter les inconvénients pour les avantages. Notre position, qui était si heureuse, est devenue tout à fait désagréable; il faut quelquefois savoir boire la lie de son vin, volt. Lett. Florian, le avril <767. || 2° Lie de vin, composé de couleur rouge qui se sépare du vin el se dépose dans les vases où il est contenu. Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie. Promena par les bourgs cette heureuse folie fia tragédie], boil. Art p. m. Nos fils bien gras, bien dispos, Naîtront parmi les pots. Le front taché de lie, bérang. Grande orgie. || Sorte de couleur d'un rouge foncé. Il porte à la face une tache couleur de lie de vin, ou couleur Me de vin, ou, simplement, une tache lie de vin. Il 3* Fig. La lie du peuple, la plus vile et la plus basse populace. Bien que cette partie [les manouvriers] soit composée de ce qu'on appelle mal à propos la lie du peuple, elle est néanmoins trèsconsidérable par le nombre et par les services qu'elle rend à l'Ëtat, vauban, Dinu, p. 90. Je ne suis pas d'une famille noljle de Murcie, mais je ne suis pas non plus de la lie du peuple, le sage. Est. Gong. ch. B*. Il n'y a point de lie aux yeux de Dieu; devant lui tous les hommes sont égaux, vo„T. Pyrrhon. Iiist. ch. 28. {| La lie du genre humain, Id lie des nations, les hommes les plus corrompus, des hommes très-vils et très-méchants. Des malheureux, la lie et l'opprobre des villes, botr. St Genest, v, 2. Dans la lie et la corruption de nos temps modernes, montesq. Esp. iv, «.

— HIST. xii* s. E il exoit [entendit] les meies preiereâ [mes prières], e forsmenat [tira] mei de la fosse de miserie e de palu de lie. Liber psalm.p. 52. Il xiu* s. Uster [ôtcr] le chante! de leur tonniax et la lie vuider, Liv. des met. 306. Et li rois respondi que il c'avolt de quoy, et que il n'avoit si bon trésor dont il ne feust à la lie, joinv. 312. || xiv* s. Pain et iauwe manguant, sans boire vin sour lie, Baud. de Seb. vi, 95. || xv* s. Quant compaignons sont desUiuchez, Hz ne cerchent que compaignie; Plusieurs ont leurs vins vendangez. Et beu quazy jusque à la lie, villon, la Repue de Uontfaucon. Il XVI* s. Non seulement le peu mais encore le pire demeure auprès de la lie, bouchet, Serées, liv. m, p. «61, dans LACURNE. Ceux que la peur a révoltez Diffameront tes veritez, Comme faict l'ignorante he, d'aub. Tragiques, Préface.

— ÉTYM. Wall, liie; bas-lat. fecla sive lias tint, dans un manuscrit de Bambert du x' siècle, f° «7, recto; angl. lees au pluriel. Origine inconnue. On a indiqué le bas-breton li, lie, de léit, vase, boue. Scheler parle du gothique Ji'son, frison iijo, angl. to lie, être gisant, qui aurait donné h'e, comme sedere tiioané sédiment. 11 indique aussi le latin J«, cendre, lessive, qui, produisant une forme rustique, liquao\i lica, aurait prg 'luit aussi 2i;. Jusqu'à présent, on n'a que des hypothèses. Le mot est très-ancien, puisqu'il se trouve dans un manuscrit du x* siècle.

2. LIE (lie), adj. Vieux mot qui signifie joyeux, usité seulement dans cette locution : faire chère lie, faire bonne chère avec gaieté. Là, vivant à discrétion, La galando fit chère lie, la font. Fabt. m,

— HIST. XI* a. Li emperere se fait et bauds et liez, Ch. de Roi. vm. || xii* s. Moût par fu liez li gcntis rois de France, Ronc. «46. Pour ce (je] ne puis faire lie chanson, Couci, ix. || xm* s. X tant cs-vous la vieille qui fait moût lie chère, Berle, xii. || xv* s. La t)onne chère et lie que laiens on lui avoit faite, /Boiss. I, I, «6. Et se représenta au dit roi soa on-

LIE

cle qui ne lui fit si liée chère que le comte voulut, m. I, I, 89.

— ÉTYM. Provenç. lat, joyeux; espagn. ledo; ital. lieto; du lat. l/etus. Dans l'ancien français, lié au masculin , et lie au féminin signifie joyeux : faire chère lie, c'est faire une mine joyeuse, une bonne mine, un bon accueil; puis le sens s'est dévié en bonne chère, la bonne chère étant uo genre de bon accueil.

LIÉ, ÉE (li-é, ée),part.paîs^ de lier. || 1* Attaché avec des cordes. Lié et garrotté. On l'a mené pieds et poings liés. Chicaneau : J'irais trouver mon juge, et lui dirais.... Liez-moi.— La comtesse : Monsieur, je ne veux point être liée, rac. Plaid. 1, 7. || Fig. Pieds fit poings liés, à merci, sans résistance. Il demeura ferme dans sa résolution [de demander une dame en mariage] ; et Killegrew, cédant à ses importunités, fut offrir son cousin pieds et poings liés à la victorieuse 'Warinestré, hamilt. Gramm. ». Il Entrez, nos chiens sont liés, se dit à ceux qui hésitent à entrer dans une maison. || Terme de blason. Se dit des cercles de tonneaux, quand l'osier qui les tient est d'un autre émail. Se dit aussi de ce qui est joint, attaché et accouplé par un lien, un cordon ou un ruban. |l Fig. Mains bées, impossibilité d'agir. Il a les mains liées. Il a les mains liées dès qu'il veut faire le mal, fénel. Tél. v. {| Fig. Langue liée, silence imposé. La cour n'en jugea pas de même; mais la crainte tenait toutes les langues liées et muettes, rollin, Uist. anc. OEuv. t. vm, p. «3, dans POUGENS. || 2° Joint par quelque substance qui s'incorpore. Une sauce bien liée. Du côté de la digue ils avaient dressé des tours sur le mur qui était d'une hauteur extraordinaire, et large à proportion, tout bâti de grandes pierres liées ensemble avec du plâtre, rollin, Uist. anc. Œuv. t. vi, p. 279, dans pouGENS. || 3" Joint par des traits qui unissent. Des lettres mal liées. || Terme de paléographie. Lettres liées, celles qui sont unies ensemble, sans perdre aucun de leurs traits, et de manière que la forme de chacune soit entièrement conservée. Il 4* Terme de marine. La lame est liée, se dit quand les vagues se suivent en lignes continues, en belles nappes à larges plis. |{ 5° Fig. Enchaîné par des rapports grammaticaux , logiques , nécessaires. Parties d'une harangue liées avec beaucoup d'art. Ces pensées ne sont point liées. Le plus dangereux, le plus pernicieux de tous [les systèmes] est celui de Spinosa;... son système d'athéisme est mieux lié, mieux raisonné mille fois que ceux de Stralon et d'Épicure, volt. Dict. phil. Liberté d'imprimer. Tout est lié dans le système du monde : le cours des fleuves tient aux révolutions, soit journalières, soit annuelles de la terre, raynal, Uist. phil. vu, «8. Il 6* Qui a connexion. Je suis toujours attristée, ma fille, quand quelqu'une de vos lettres s'égare; cela me fait perdre le fil d'une conversation qui était toute liée, et qui fait ma joie et mon diver< tissement, sÉv. U sept. 4 689. La tolérance civile, c'est-à-dire l'impunité accordée parle magistrat à toutes les sectes, dans l'esprit de ceux qui la soutiennent est liée avec la tolérance ecclé.siastique, BOss. «• avert. m, «t. La destinée du monde était liée à celle de cette princesse; chacun croyait voir en elle la fin des misères publiques et particulières, FLÉCH. Marie-The'r. L'histoire de noire princesse n'est pas liée à celle du siècle; elle n'a nulle part à la guerre ni à la paix des nations, to. Dauphine. La querelle des Grecs à la sienne est Uée, bac. Andr. IV, 6. Il 7* La partie est liée, se dit de toute affaire convenue, et, particulièrement, d'un duel. Ijl proposition [d'un duel] fut acceptée; voilà la partie bien liée, le lieu pris, l'heure marquée, le secret recommandé, sêv. 28 juill. «682. Jamais partie ne fut si bien liée, st-sim. 274, 208. || Terme de jeu. Jouer en parties liées, jouer avec cette convention qu'il faille gagner deux parties sur trois ou deux parties de suite pour avoir l'enjeu. || 8* Fig. Uni moralement d'affection, d'intérêt, etc. Les hommes se sentent liés par quelque chose de fort, lorsqu'ils songent que la même terre qui les a portés et nourris étant vivants, lei recevra en son sein quand ils seront morts, boss. Polit. 1, 11, 3. Cet homme est lié avec Mme de Nogaret, qui est fort zélée contre le quiétisme, haintenon, Lett. au card. de fioailles, 7 sept. «897. Dans quels ravissements, à votre sort liée, Du reste des mortels je vivrais oubliée! RACINE, Phèdre, v, «. Moi qui ne vous aime que davantage, qui ne m'en sens que plus liée à vous, Marivaux, Uarianne, 8* part. On est tout d'un coup lié avec les gens qui ont le cœur bon, quels qu'ils soient, 10. ib. 9* part. Son père le pape (Alexandre VIJ et lui [César Borgiaj réussirent

LIE

par l'empoisonnement et le meurtre ; et le bon roi Louis XII avait été longtemps lié avec ces deux hommes sanguinaires, parce qu'il avait besoin d'eux, VOLT. Ann. Emp. Maximilien, «503. Je fus bienlût lié dans toute la finance, duclos, OEuv. t. vm, p. «05. Il 9° Astreint, obligé. Lié par une promesse formelle. Zadigne savait encore s'il avait à faire au plus fou ou au plus sage de tous les hommes; mais l'hermite parlait avec tant d'ascendant que Zadig, lié d'ailleurs pas son serment, ne put s'empêcher do le suivre, volt. Zadig, 20. || Terme de pratique. Engagé. Lié de mariage. Femme liée de mari.

tLlEF (lièf), *. m. Vieux mot qui signifie l'action de lever, la letée d'une chose. J'ai ouï d'anciens notaires et greffiers de justice de paix, dire : le lief des scellés pour la levée des scellés, legoarant.

— ÉTYM. Lever. Formation régulière comme on le voit par re-lief, le verbe lever faisant, dans l'ancienne langue, que je lief, au subjonctif.

LIÈGE (liè-j'; malgré l'accent aigu que met l'Académie, la prononciation fait entendre un è ouvert) , s. ni. Il 1° Espèce de chêne vert, dont l'écorce est épaisse, spongieuse et fort légère {quercussuber, t.). Il 2° Partie extérieure de l'écorce qui prend une couleur plus intense , qui cesse de participer à l'activité vitale et qui souvent est complètement desséchée. Le liège est fort léger et nage sur l'eau. Faire des bouchons de liège. || Faux licge, écorce qui présente des lames éparses d'une structure plus ou moins distincte, séparées par des tissus qui ont éprouvé une modification notable, mais non assez profonde pour les rendre méconnaissables et semblables au liège. Il 3* Terme de pèche. Le liège, le bouchon de liège qui soutient la ligne. || Patenôtres de liège, espèce de chapelet de liège , qui sert à maintenir sur l'eau les bords du filet. || 4° Une des parties de l'arçon d'une selle. || 6° Liège fossile ou de montagne, variété d'asbeste.

— HIST. xiii's. Qui une aguille de fer boute, Si que ele pert [paraisse] presque toute, En un poi de liège, et l'atise A la pierre d'aïmant bise. Lais inédits, p. 3. Il xvi* s. Mais tant plus m'y veut plonger. Plus elle me fait nager Haut dessus l'eau comme un liège, Ronsard, 37«. Les chastaigners, chesnes, lièges, ormes.... 0 de serbes, 785.

— ÉTYM. C'esUe dérivédirect de Zei;û(voy. léger) t LIÉGEOIS (lié-jol) , s. m. Se dit des almanachs

de Licge. Le grand, le petit Liégeois. Ces almanachs ont eu à l'origine pour auteur Malthieu Laensberg, nom réel ou supposé d'un habitant de la ville de Liège, qui en commença la publication vers «030; ils sont pleins de prédicUons impertinentes.

t LIËGER (lié-jé. Le g prend un e devant a et 0 : liégcaut, bégeons), v. a. Mettre du liège à un filet do pêche pour le soutenir dans l'eau. Filet liégé.

— HIST. XVI* s. Soulier liegé, cotgrave,

LIEN (li-in), t. m. \\ 1* Ce qui sert à lier. Un lien de paille, de jonc, d'osier. Des liens suspendus aux rameaux d'un vieux chêne Nouaient les pieds sanglants d'un enfant malheureux, u. j. cuén. Œdipe roi, IV, 3. Il En agriculture, les liens sont de paille ou d'osier servant à lier les gerbes ou à botleler le foin. || 2* Au plur. Particulièrement, la corde ou chaîne dont un prisonnier est attaché. Resserré loin de nous, blanchi dans ses liens, [il] Gémit dans un cachot, privé de la lumière, volt. Zaïre, 11, t. Elles [les lois] auront permis qu'aux yeux des citoyens Votre fille ait paru dans d'infAmes liens, m. Tancr iv, 6. || Fig. Briser ses liens, sortir de captivilé. Mais ce même héros, pour briser ses liens, Voudra-t-il qu'on s'abaisse à ces honteux moyens ? m. Zaïre, u, «.||Fig. Des liens de fleurs, des choses agréables, charmantes qui enchaînent, obligent. Donner le change à nos passions par le goût des belles connais.sances, c'est enchaîner les amours avec des liens do (leurs, j. j. bouss. Lett. à la duchesse de Purtland, 3 sept. «7(io. Il 3* Moyen d'attache pour fixerun animal. || Terme de cliirurgie. Nom donné aux cordes et rubans de fil, qui servent à fixerun band.-ige. ||4*Fig. Tout ce qui enchaîne, contraint, met dans la dépendance. Il est dans les liens d'une femme peu eslimablu. Il trouve ses liens bien doux. Ma cour fut ta prison, mes faveurs tes liens, corn. Cinna, v, «. On nf sent pas son lien, quand on suit volontairement celui qui entraîne; mais, quand on commence à résister et à marcher en s'éloigiiant, on souffre bien, PASC. Lett. à mie de Roannei, *. Par combieiv do liens élait-il retenu dans l'erreur! flécii. Duc di

Uont û jour épouvantable. Ou la mort saisira ce

fortuné coupable. Tout chargé des liens de son iniquité, J. B. rouss. Odes sacrées. J'ai traîné les lions de mon indigne vie, Tant (]u'un peu d'espérance *

LIE

ftitlé ma patrie, volt. Jf. de Cet. ii, 4 Sensible \ ramitié il la cu'livait avec soin, mais il la voulait modérée; il en chérissait les liens, il en aurait redouté la chaîne, h*bmontf.l, Kém. xi.)| Kig. Iiainer son lien, n'être pas tout à fait échappe d un danger, affranchi d'une passion, délivré d'une mauvaise affaire Il N'est pas échappé qui traîne son lien, se dit d'un homme qui n'est pas tout à fait échappé de quelque mauvaise affaire. || Lien religieux, hen contracté par ceux qui sont dans les ordres sacrés, ou qui ont fait des vœux monastiques. || En matière criminelle, être dans les liens d'un décret, d'un mandat d'arrêt, se dit d'une personne contre laquelle un décret, un mandat a été décerné. || 5' Kig. Tout ce qui atuche et unit Une philosophie Oui déclare la guerre au conjugal lien, Kt vous traite l'amour de déité de rien, MOL.Pn'ne. d'Ét. i, i. L'exemple de la mort des martyrs nous touche , car ce sont nos membres ; nous avons un lien commun avec eux, PASC. Pms. XXIV, 22, éd. havet. Mme de la Fayette me mande qu'elle a vu M. d'Aix, qui ne se peut tiire sur votre mérite; elle croit que vous êtes le vrai lien de cet archevêque avec tous les Grignans, SÉV. 2S mai ««89. Saint Jérôme, qui était comme le lien de l'Orient et de l'Occident, boss. Déf. de la trad et des saints Pères, vui, 2o. Moi que je doive mon affection à cet homme qui la rejette, à cet homme qui a rompu le premier tous les liens qui nous unissaient.... m. Sermons, Charité fratern. i. Princesse, le digne lien des deux plus grands rois du monde, pourquoi leur avez- vous été si tSt ravie? ID. Duch. d'Orl Les bienfaits sont le lien de la concorde publique, ID. Uisl. m, 3. Rompant tous les liens par lesquels nous tenons à nous-mêmes, id. Lett. 32. Attachée au saint-siége par les liens de paix, de charité et d'obéissance, elle savait que tout fidMe doit captiver son entendement, fléch. Dauphine. Mais, n'étant point unis par un lien si doux [le mariage]. Me puis-je avec honneur dérober avec vous? BAC. Phèdre, v, l. Si une fois vous rompez l'unique lien de la charité, pén. Tél. ix. Votre antipathie envers la personne qu'un lien sacré vous a unie, MASS. Carême, Confess. Ils [les grands] sont le lien des peuples avec le souverain, id. Pet. carême, Bum. Il est certain, puisque tous les hommes vivent en société, qu'il y a dans leur être un lien secret par lequel Dieu a voulu les attacher les uns aux autres, VOLT. Phil. Nexct. l, 8. || 6° Liens du sang, la parenté qui unit les membres d'une famille. Les liens du sang, les intérêts delà fortune, mass. Carême, Conf. Les liens du sang ne forment pas toujours ceux de l'amitié, et ne prévalent jamais contre l'ambition, DUCLOS, Œuv. t. m, p. 189. Il Terme de jurisprudence. Double lien, relation existant entre ceux qui sont à la fois parents du côté du piire et du côté de la mère. Lien simple, parenté entre frères et sœurs qui ne sont pas nés du même père ou de la même mère. || 7* Terme de marine. Bande de fer qui entoure le gouvernail, etc. || Fosse aux liens, soute que l'on nomme plus souvent fosse aux lions. |{ 8° Terme de construction. Pièce de bois placée obliquement dans l'angle formé par deux pièces déjà assemljlées, afin de les relier plus fortement. || Lien pendant, pièce de bois inclinée, qui sert à consolider le gardefou d'un pont en charpente. || 9° Terme de vitrier. Petit morceau de plombqui lie la verge de fer le long d'un panneau, et qui pose sur lechftssis. || Nom que les vitriers donnent à un paquet de six tables de verre blanc. Cha(|ue ballot de verre blanc contient Tingl-cinq liens. Le ballot de verre de couleur n'en contient que douze et demi et trois tables à chacun. Il 10* Terme d'alchimie. Liens des philosophes, se dit des matières qui contiennent les esprits.

— HIST. XII* s. Car entre nos e Franceis toz [elle] Nos ert [sera] liem d'amor e noz [nœud], Senz rompre mais, senz desnoer, benoît, II, «391. Délivres ei delloiez [déliél des loiens de ceste vie. Job, p. 466. t|xni* s. Li Ql [les fils] sont lien qui lient mari et moiller ensemble en une amor, por ce que li filz est li communs biens d'ambedcus [de tous deux], brun. LATINI, rr(i«or,p.3)«. ||xiv*s. Qu'il te plaise encliner ton courage au lien de mariage, Uénagier, l, «. Il XV* i. Si se douta [Piètre du Bois) trop fort et imagina que, quelques liens de paix ni d'accord qu'il y eust, il convenoit que il y mist la vie, froiss. ii, II, «oi.jlxvi* s. Il sembloit qu'il «voit besoing de plus «stroil lien et de plus grande seuretê, amyot, Anton. »n. Une autre pièce d'artillerie de mestal, ciimanchée en bois, à trois lians de fer, dans jaukrRT, Clost. X meschant chien court lien, et à rude chien dur lien, cotgrave.

— ÉTYll. Berry et haute Normandie, lian; wallon, loMn; prcvenç. (tam; catal. Ui'yam; port, li-

LIE

game; ital. /«oame : du lat. ligamen,de ligare, lier, t LIKNNK (liè-n), s. f. Se dit, parmi les tisserands, des fils de la chaîne dans lesquels la trame n'a pas passé.

— Ktym. Mot qui semble tenir à lier, et être le même que liane.

LIKNTKRIB (li-an-te-rie), *. f. Terme de médecine. Kspccedediarrhcesymptomatiquedans laquelle on rend les aliments à demi digérés. Je veux.... que vous tombiez.... de l'apepsie dans la lienterie.... delalientcricdansladyssenterie, M0L.lfa(.tm. m, 6.

— HIST. xvi* s. Longue et véhémente diarrhée, lienterie ou dysenterie, pabé, xx, :i5.

— ÉTYM. AttevTEfia, do )eTo;, lisse (voy. Lie... préfixe), etëvTEpov, intestin (voy. entérite).

LIF.NTÉIllOUE (li-an-té-ri-k'), ad;'. Terme de médecine. Oui tient de la lienterie. Flux lientérique.

— ÉTYM. xvi* s. Le flux de ventre qui est tousjours mauvais est le lientérique, qui vient de boire trop, ou de.... pabé, xx bis, <9.

LIER (H-é), je liais, nous liions, vous liiez; que je lie, que nous liions, que vous liiez, e. a. !| 1° Serrer avec une corde passée autour de quelqu'un ou de quelque chose. Lier un paquet, un faisceau. Alors l'ange Raphaël prit le démon , et l'alla lier dans le désert de la Haute-Egypte, saci. Bible, Tobie, viii, 3. Mais je ne veux point, monsieur, que l'on me lie, bac. Plaid, i, 7. Il est dit dans ce décret [de Childebert], que, si le juge trouve un voleur fameux, il le fera lier pour être envoyé devant le roi, si c'est un Franc, montesq. Esp. xxx, 28. || Par exagération. C'est un fou à lier, c'est un extravagant. Ma foi, juge et plaideurs, il faudrait tout lier, BAC. Plaid, i, 8. Il y a plus de gens à lier dans un pays que dans un autre, volt. Carid. 23. || Fig. Vous avez besoin d'un lit pour vous y livrer au sommeil qui lie et ensevelit votre raison, boss. Concupisc. 9. Il Fig. Lier les mains à quelqu'un, le réduire à l'inaction dans une affaire. [Sa haine].... Veut lier les mains au destin adouci Qui m'offre en d'autres lieux ce qu'on me vole ici, corn. OEdipe, II, 2. Pour me lier les mains lorsqu'il me rompt sa foi? BOTR. Antig. i, 6. Je ne crois pas que la nature Se soit lié les mains [par les destinées et les astres] et nous les lie encor... la font. Fabl. viii, <«. La jalousie des chefs lui liait les mains, HAMiLT. Gramm. 5. Richelieu envoyait un capucin à la diète pour lier les mains à l'empereur dans les affaires d'Italie, volt, ilœurs, <78. || Fig. Lier les doigts, empêcher d'écrire. Si la paresse vous lie les doigts, faites-moi écrire par l'ami commun, P. L. couB. Lett. 1, 185. Il Fig. Lier la langue, empêcher de parler. Le respect lui liait la langue. || Absolument, lier, c'est, en agriculture, lier les gerbes ou botteler le foin. Si le beau temps dure, on liera demain. H 2° Par extension, attacher avec une corde à quelque chose. Lier un homme à un arbre, à un poteau. Il 3° Lier se dit quelquefois pour fixer un bandage avec des liens. Il est ce Samaritain miséricordieux qui, trouvant en son chemin le pauvre blessé, est touché de miséricorde et s'approche, et ne dédaigne pas de lier ses plaies, boss. Sermons, 3' dim. après la Pentec. t. || 4° Faire un nœud. Lier des rubans. Lier les cordons d'un soulier. Il 5* Terme de fauconnerie. Lier se dit du faucon qui saisit l'oiseau avec ses serres. Le vautour s'en allait le lier (le pigeon] , quand des nuos Fond à son tour un aigle aux ailes étendues, la kont./'oW. IX, 2. Il 6° Terme de marine. Réunir fortement, rapprocher entre elles, soutenir par de certaines pièces de bois toutes les parties d'un navire que l'on construit. Il Un bâtiment est bien lié quand toutes les parties en restent à peu près invariablement à la place qu'elles doivent occuper et ne tendent point à se désunir. || 7° Joindre ensemble différentes parties par quelque substance qui s'incorpore dans les unes et dans les autres. La chaux et le ciment lient les pierre». || Terme de cuisine. Lier une sauce, lui donner de la consistance. La farine sert à lier les sauces. || 8° Lier les lettres, les joindre l'une i l'autre par certains petits traits. || Lier les mots, les prononcer l'un après l'autre sans interruption et en faisant sentir, quand il le faut, les ccinsonnes finales sur les voyelles initiales. || Terme do musique. Lier des notes, exécuter deux ou plusieurs notes d'un même coup d'archet, ou d'un seul coup de tangue sur un instrument à vent, ou d'un seul coup de gosier en chantant. || 9° Fig. Unir par des rapports grammaticaux, logiques, nécessaires. Lier les idées, les propositions, les pensées, les parties d'un discours. Lier fortement toutes les parties d'un système, d'une théorie. Ces personnages qui deviennent muets lient assez mal les scènes où ils

LIE

ont SI peu de part qu'ils n'y sont comptés pouf rien, corn. 3* ducours. || Il ne sait pas lier deux idées ensemble, se dit d'un homme incapable de poursuivre un raisonnement. On voit des homme» qui ne paraissent pas capables de lier deux idées ensemble, et qui cependant font au jeu les combinaisons les plus compliquées, les plus sûres et les plus rapides, duclos, Consid.sur /ev mceurs, 1 2. || Absolument. L'esprit de l'homme embrasse pi us qu'il ne peut lier, VAUVEN. Max. ii. Hicn ne lie mieux que la précision,cONDiLLAC,j4rt d'fcr. i, h. || 10* Servir de passage, d'intermédiaire, de connexion. Les bitumes, les soufres lient les terres aux métaux, les vilriols unissent les métaux aux sels, bonnet, Caus. prcm,. 7* part. ch. 3. Il 11° Disposer, arranger, en parlant d'une partie de divertissement, de promenade, etc. Au lieu de cet air toujours complaisant que le monde nous inspire, l'esprit de pénitence nous met dans le cœur je ne sais quoi de rude et de sauvage; ce n'est plus cet homme doux et galant qui liait toutes les parties, boss. Sermons, Vérit. convers. 4 . On se moqua de ses raisonnements; la partie fut liée pour le lendemain, et les violons passèrent à la pluralité des voix, hamilt. Gramm. 4. || Fig. Il a bien lié, mal lié sa partie, c'est-à-dire il a bien concerté, mal concerté son entreprise. || 12° Lier amitié avec quoiqu'un, contracter amitié avec quelqu'un. C'est au retour de ce voyage que Scipion trouva Polybe à Rome, et lia avec lui cette étroite amitié qui devint si utile à ce jeune Romain, bollin, llist. anc. Œuv. t. 1, p. 574, dans pougens. || Lier conversation, commerce, société avec quelqu'un, entrer en conversation, en commerce, faire société avec lui. Nous lions cependant un commerce d'amitié qui doit durer pendant notre séjour ici, mariv. Surpr. de l'amour, ii, 5. || 13° Fig. Enchaîner ensemble, unir par des liens moraux. Mais puisque le destin à toi m'a su lier, ^èg^ier, Élég. u. L'âge liait une amitié sincère Entre ces gens; les deux pères s'aimaient, la font. Fabl. X, i2. Il est vrai que vous êtes le centre de bien des cœurs et de bien des pays, qui sont liés par vous, sÉv. 20 juin 1685. Le Fils de Dieu, voulant s'opposer à cette humeur discordante [des hommes].... vient aujourd'hui lier les esprits par les nœuds d'une charité indissoluble, boss. Sermons, vendredi après les Cendres, Prcambule, Sur ce principe de religion était bfttie toute la loi [de Moise], loi sainte, juste, bienfaisante, honnête, sage, prévoyante et simple, qui liait la société des hommes entre eux par la sainte société de l'homme avec Dieu, id. Hist. u, 3. C'est qu'en effet les hommes mettent ordinairement leur félicité dans les choses qui flattent leurs sens; et cela même les lie au corps, d'où dépendent les sensations, id. Connaiss. v, < . Unissez vos chagrins ; liez vos intérêts, BAC. Brit. I, 4. L'intérêt, la raison, l'amitié, tout vous lie, iD. Bérén. m, 2. Comme s'ils avaient été liés d'une amitié étroite, fén. Te'i.xxi. Allez, suivez l'époux à qui le sort vous lie, volt. Orphel. m, 3. Quel est l'objet de la philosophie? c'est de lier les hommes par un commerce d'idées et par l'exercice d'une bienfaisance mutuelle, DIDEH. Claude et Nér. ii, a. Quand j'ai lié mon sort à celui des Valois, Mon âme a tant d'horreurs n'était pas résignée, m.j. chén. Charles IX, iv, 4. || 14°Astreindre, obliger. Ah I plutôt.... mais hélasl j'idolâtre Emilie ; Un serment exécrable à sa haine me lie, COBN. Cinna, m, 2. Juge ainsi de la haine où mon devoir me lie, id. M. de Pomp. v, 4. Il n'est plus lié par son vœu d'obéissance, pasc. Prov. vi. Sa parole le lie sans doute, parce qu'il est fidèle et véritable; mais le lien n'est pas moins volontaire qu'inviolable, boss. Far. vi, § 30. Par les nœuds des serments as-tu lié son cœur? volt. Fanai, m, 5. C'est en vain qu'il [Sénèque] se propose de lisr son élève [Néron] à l'exercice de la clémence et à la pratique des vertus, dideb. Claude et Nér. i, 41. 11 n'aperçut pas qu'un sentiment de délicatesse empêchait Corinne de profiter de l'éO'ion d'Oswald pour le lier par un serment, stael, Corinne, vim, 4. Quel serment? — J'ai juré. — Non, non, rien ne le lie, v. HUGO, Ilernani, v, 6.||15° Dans le langage de l'Église, lier et délier, refuser ou donner l'absolution. Tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans les cieux, SACi, Bible, Évang. St tiath. xvi, i ». || 16- Se lier, V. réfl. Se serrer, s'attacher soi-même avec une corde , un lien. Il se lia lui-même au poteau. Il 17° Être uni par quelque chose d'incorporé, d'interposé. Ces ingrédients ne se peuvent pas lier. Puis là-dessus entassant encore des arbres et des pierrss, le tout venait à se lier en corps, bollin, Uist. anc. Œuv. t. VI, p. 278, dans pouoens. || Prendre de la consistance. Il faut remuer cette sauce jusqu'à ce

LIÉ

LIE

LIE

«ju'elle se lie. || 18» Être uni par des rapports logiques, grammaticaux. Les scènes de celte pièce se lient mal entre elles. || Avoir connexion. Le fait que je vous raconte se lie à une aventure dont j'ai connaissance. Il Terme de beaux-arts. Se lier, former un bel ensemble par l'union assortie. Ces couleurs se lient bien. || 19° Fig. S'astreindre à, s'obliger à. L'Éçilise catholique, loin de se vouloir rendre maltresse de la foi, a fait au contraire tout ce qu'elle a pu pour se lier elle-même et pour s'ôter tous les moyens d'innover, Boss. Expos, de la doctr. cath. t». Par les mêmes serments Britannicus se lie, BAC. Brit. v, 6. Aucune de ces sociétés ne connut cette effrayante coutume de se lier par serment au genre de vie qu'elles embrassaient, de se donner des chaînes perpétuelles, de se dépouiller religieusement de la nature humaine dont le premier caractère est la liberté, volt. Dict. phil. Esséniens. Nous nous sommes liés au salut public par le serment de ne nous séparer jamais que la constitution ne fût établie et affermie, miRabeau, Collection, t. Il, p. 272, Il 20" Être uni par des liens moraux. Mais toi, dont la valeur, d'Amurat oubliée. Par de communs chagrins à mon sort s'est liée, bac. Bajai. iv, 7. || Absolument. Se lier, contracter amitié. Avant que nous lier, il faut nous mieux connaître, mol. Mis. i, 2. U me semble que vous croyez que je mens, quand je vous parle de la connaissance de Fagon et de du Chesne [deux médecins]; c'a été, ma belle, pendant la blessure de U. de Louvois qu'ils furent quarante jours ensemble, et se sont liés d'une estime très-particulière, sÉv. 29 déo. 1679. Je ne suis guère entrée dans la raison de commencer votre noviciat promptement, de peur que nos filles se liassent avec les anciennes, MAiNTENON, tc«. à Mme dela:Yiefville,Hoct.. <705.

— SYN. UER, ATTACHER. Lier, c'est passer un lien autour de quelque chose. Attacher, c'est, comme l'indique la préposition d qui est dans ce mot, fixer à, joindre à, par un lien ; là est l'idée précise de chacun de ces deux mots : on lie un prisonnier; on attache un chien. Au ligure, attaché à quelqu'un indique qu'on a pour lui de l'attachement, qui peut n'être pas rendu: au contraire, lié avec quelqu'un indique une relation réciproque d'amitié; l'idée essentielle de ces deux mots subsiste.

— HIST. XI* s. Pris et liez serez par poested, Ch. de Roi. xxxii. Les mains [ils] lui lient à courroies de cerf, ib. ccLxxii. || xii' s. Pieds et poing au félon, lui faites bien lier, Ronc. iOi. || xiii* s. De ses bras li uns l'autre lie, Et en baisier cascuns s'oublie, FI. et Bl. 2417. Et donna pooir à le vesque Nevelon de Soissons de lier et deslier les pecheeurs, jusques à tant que li cardonaus [le cardinal] vendroit en l'ost, villeh. lv. Les mains lui ont loié par leur desloyauté, Berte, xv. Les parties qui se matent en arbitrage se doivent lier el compromis par foi, par pièges, beaum. xli , 3. Et s'il y a beste liée et ele romt son lien et va en damace.... lu. XXX, 67. Et Mahius Bliaus a pris Bauoul le castelain de Cristople, et l'a fait loier sur un povre roncin, H. de vale.nc. xxvi. || xiv* s. La manière de lier et de deslier artificieiment et de couslre [il s'agit de bandages], h. de mondeville, ^36, verso. Pour lier [relier] les heures le roy et pour paindre dehors les armes de France, de laborde, Émaux, p. 3,0. En toutes sausses et potages liaos, en quoy l'en broie espices et pain, Ménagier, ii, *. [Le mets] ne doit point estre trop lyant, mais claret; douques ne convient il que le pain ou les foies pour lier, ib. ii, 5. Tantost qu'ils voient que l'esprevier a liée et abatue la perdris, ib. m, 2. || xv* s. Montes sur petites baquenées qui ne sont ni liées ni estrillées, FROiss. I, I, 3«. Pour ce qu'il estoit voix et commune renommée que Bernard de la Tapie avoit ens<jrcelé et lié Guillaume Fors et sa femme, tellement que icellui Fors ne povoit avoir compaignie avec .saditle femme, ducahge, ligatio. || xvi* s. Toutes ces chose» làsont liées ensemble, el s'enlre.suivenl l'une l'autre, la boetie, 200. Lslantles racines eschauffées, & raison de la seichercsse de la terre, pour estre ïasche et mal liée, id. 246. Encor Protéc, après mainte desfaite, Lier se laisse; et qui te liera, Puisque le neud de ma foy ne t'arresle? id. 5U3. Grosses pièces de bois quarré liées ensemble à grosses bandes et liures de fei, auyot, Anton. Bi. Il avoit eu l'ame et les aureilles si battues, qu'il se trouva lié [l'aiguillette nouée] du Iruuble de son imagination, uont. i, 95. Il reçut des lettres de Rome, qui luy lioient les mains, 10. 11, 37. La partie ainsi liée [le duel convenu], d'Aubigné se leva de gratid matin, d'aub. Vie, lv. Va. langue lice, l'oeil immobile, PARâ, vu, 9. La térébenthine y est

mise pour lier les autres choses qui sont seiches, ID. xvi, 14. On lie bien le sac avant qu'il soit plein, coTGRAVE. 11 ne faut pas lier les asnes avec le» chevaux, id.

— ÊTYM. Wall, loii; Hainaut, loier; pic. leuyer, loyer; provenç. liguar, liar ; catal. lligar; espagn. ligar; portug. ligar, liar; ital. legare ; du lat. ligare; comparez Xdyoi, osier, ^uftCsiv, lier; sanscr. ling, fléchir (d'après Curtius).

t LIERNE (lièr-n'),«. f.\\ 1° Terme de construction. Pièce de bois qui sert à faire les planchers en galetas. Il Pièce de bois non entaillée, servant à relier d'autres pièces auxquelles elle est fixée par des chevilles ou des boulons. {{ Planche logée dans un mur de pisé, afin de prévenir les lézardes et les déversements. Il Planches qui garnissent le fond d'un bateau. || Nom donné, dans les voûtes gothiques, à certaines nervures qui se croisent entre elles. || 2° Clématite des haies.

— f.TYM. Peut-être pour tienne.

t LIERNER (lièr-né), t). a. Garnir de liernes. Lierner un plancher, un comble.

LIERRE (liè-r'), s. m. \\ 1" Arbrisseau toujours vert, à longues tiges grêles, jaunâtres, s'atlachant par des radicelles adventices au tronc des arbres, aux murailles qu'il couvre de ses feuilles luisantes et coriaces, hedera hélix, L. famille des araliacées. Ils [les sectateurs de tel ou tel philo-sophie] sont comme le lierre, qui ne tend point à monter plus haut que les arbres qui le soutiennent, et même souvent qui redescend après qu'il est parvenu jusques à leur faîte, desc. Mélh. VI, 6. Gomme hedere ou de lierre, le cent pesant payera 7 livres 40 sous; vert de vessie et de lierre le cent pesant payera 6 livres, Tarif, <8 sept. 1664. ....Le lierre. Qui croît beau tant qu'à l'arbre il se tient bien serré, Et ne profite point s'il en est séparé, MOL. Sgan. 2. Que.... La tour hospitalière, Où je pendrai mon nid. Ait, vieille chevalière. Un panache de lierre Sur son front de granit, v. IIUGO, Odes, Rêves. || Fig. Attribut de Bacchus, et employé quelquefois en poésie pour désigner le vin. Unis parfois le lierre Aux roses de la volupté, bérang. Troubadours. On a le lierre au front, et la coupe à la main , v. hugo, L'e'gout de Rome. || 2* Lierre terrestre, un des noms vulgaires du gléchome hédéracé, dit aussi terrète, rondote, rondotte, rondette, rondelette et herbe de la Saint-Jean.

— RE.M. 1. Régnier a fait lierre de trois syllabes : Et de te voir paré de trois brins de lierre, Sat. iv. 11 a suivi en cela du Bellay et Ronsard, voy. l'historique. Lierre ou plutôt yere ne peut être de trois syllabes, venant du latin hedera, où l'accent est sur he. \\ 2. C'est une faute populaire de dire pierre de lierre pour pierre de liais.

— HIST. X* s. Un edre sore sen cheve [sur sa tête], Fragm. de Valenç. p. 468. Mult laetatus est, por que Deus cel edre II donat, ib. Et cilg eedre fu sèche [séché?], ib. || xii* s. Quant les saintes festes de Liberi [Bacchus] se fesoient, si les destreignoit l'en [on forçait les Juifs] de faire chapeaus de foille et de herre, Machab. 11,6. || xiii* s. Et il [le ver] feri leeyre terrestre, et ceo ensechi [sécha].... tudoluses sur le eyre terrestre, lequel tu ne travaillas, Jonas, dans Bible, n° 670), mss. français. || xiv* s. Feuillage de yeire, de laborue, Émaux, p. 547. ||xv* s. Pour tendre la tapisserie, netayer les sales, et coupper le lyarre qui tenoit à la grant salle, de larorde. Émaux, p. 547. || xvi* 3. Le lierre s'agrafle très bien contre la muraille, 0. de serres, B57, Lierre terrestre, dilte, en latin, hedera terrcstris, vient de soi-mesme parmi les buissons sans culture ; Geste herbe a les feuilles semblables au lierre, un peu moindres et plus déliées, rempe à terre sans beaucoup s'eslever, id. 6)7. Le chef environné de verdoyant lierre, du beli.ay, 11, 64,t'er.îO. Sus doncq', qu'un autel on m'apprcste D'hierre à la racine velue, id. III, 42, tierso. Là vous verrez mille peuples divers D'habits, de mœurs, de langage, couverts. L'un de laurier, l'autre vestu d'hierre. Vous saluer le seigneur de leur terre, bons. 6hi. Comme un passement vert court un sep de lierre, id. 742. Une amitié molle et indiscrette, en laquelle il advient ce qui se veoid au lierre, qu'il corrompt et ruyne la paroi qu'il accole, mont, iv, 151.

— ÉTYM. Berry, hierre, liarre, et aussi lifge ; norin. hierre; wallon, leur, lir ; génev. la lierre ; picard, hiere; bourguign. liare; angoum. liidre ; provenç. edra; espagn. j/edro; portug. hera: ital. edera; du lat. hedera. Lierre est une faute pro<iuito par l'agglutination de l'article, {-terre; la forme correcte est restée dans plusieurs patois. Conformément à l'étymologie, ce mot est féminin dans toutes

les langues romanes, excepté le français ; cependant des patois ont gardé le genre étymologique. Uedera paraît se rattacher au radical hendere (dans pre-hetvdere), et signifier !a plante qui prend, qui s'attache. LIESSE (li-è-s'), s. f. Terme vieilli. Allégresse. Notre-Dame de Liesse. Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots, LA FONT. Fabl. VI, 41. Voyez les Messes, les transports, les chants de cette cité triomphante, boss. Sermons, Danger des plaisirs des sens, 2. Aux premières nouvelles de son apparition [du bœuf Apis], tous les Egyptiens en liesse mirent leurs plus beaux vêtements, p. L. cour. Trad. d'Hérodote.

— HIST. XIII* s. Lors s'en issirent et alerent encontre leur amis, si menèrent grant liesce li uns aus autres, villeh. clxii. Jolis, gais et plains de

leesce, la Rose, 407. || xv* s La gloire et joye

de soublil et bon entendement precelle toutes autres leesses, chr. de pisan, i, 43. Ne doit trop hault chanter qui au cueur a liesse; Aulcune fois peu dure, [Perceforest , t. 11, f° 46. Il XVI* s. Ils appelloient Antonius en leurs cantiques Bacchus père de liesse, doulx et bening, AMYOT, Anton. 27.

— ÉTYM. Berry, guiesse ; provenç. leticia; ital. letizia; du lat. Ixtilia, de tetui, joyeux (voy. lie 2).

4. LIEU (lieu), s. m. Il 1° L'espace qu'un corps occupe.' Il 2* Un espace quelconque considéré sans aucun rapport avec les corps qui peuvent le remplir. Il 3° Il se dit par rapport à la destination. Il 4° Mauvais lieu. || 5° Lieux d'aisance. || 6° Endroit désigné, indiqué. 1| 7° Use dit des différentes pièces d'une maison, d'une terre, d'une ferme. || 8° Signification de lieu en géométrie. || 9* Signification de ce mot en astronomie. || 10* Rang. || 11* Place. Il 12° U se dit de la position de la tète du cheval. Il 13° Maison, famille. || 14° U se dit pour désigner d'une manière vague la femme que l'on. aime. Il 1S° Bon lieu, la bonne société; haut lieu, la cour, le gouvernement; bon lieu, autorité digne de foi. Il 16° L'endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. || 17° Occasion, sujet, droit. Il 18° En lieu de, en occasion de, en mesure de. Il 19° N'avoir pas de heu, n'être pas reçu, admis. Il 20° Avoir lieu, se dit de l'époque d'un événement, et aussi pour s'opérer, se faire. || 21° Passage d'un livre. || 22° Lieu commun. || 23° Au lieu de. Il 24° Au lieu que.

1° L'espace qu'un corps occupe. Tout corps occupe un lieu, remplit un lieu, est dans un lieu. Les mots de lieu et d'espace ne signifient rien qui diffère véritablement du corps que nous disons être en quelque lieu, et nous marquent seulement sa grandeur, sa figure, et comment il est situé entre les autres corps, desc. Principes, II, 4 3. Toutefois le lieu et l'espace sont différents en leurs noms, parce que le lieu nous marque plus expressément la situation que la grandeur ou la figure, et qu'au contraire nous pensons plutôt à celles-ci lorsqu'on nous parle de l'espace, ID. ib. 4 4. Vous [Dieu] avez fait le lieu de la môme sorte que vous avez fait le temps ; pour vous, ô Dieu de gloire et de majesté, vous n'avez besoin d'aucun lieu; vous habitez en vous-même tout entier, boss. Élevât, sur myst. m, 3. || 2* Un espace quelconque, considéré sans aucun rapport avec les corps qui peuvent le remplir. Lieu humide, vaste, étroit, resserré. Voici un beau lieu. On s'y laisse duper autant qu'en lieu de France, corn, le Ment, i, 4. Son bras ne dompte point de peuples ni de lieux Dont il ne rende hommage au pouvoir He mes yeux, ID. Pomp. II, 4. Vous le trouverez maintenant vers ce petit lieu que voilà qui s'amu.se à couper du bois, MOL. Jft'd. m. lui, 1,5. Je sais que vos appas vous suivent en tous lieux, lu. Mis. 11, 4. IS'avez-vous point entendu le cri que j'ai fait t toute la forêt l'a répété, et je suis trop heureuse d'être en lieu où je n'ai do témoin de ce premier étonnement que les échos, SÉV. 28 oct. 4676. Prends garde que jamais l'astre qui nous éclaire Ne te voie on ces lieux mettre un pied téméraire, bac. l'Iudre, IV, 2. Il me semble que l'on dépend des Houx pour l'esprit, l'humeur, la passion, le gortt et les sentiments, LA bruy. IV. Allez, dis-je, et sachez quel lieu les a vus naître, volt. Oreste, 11, 3. || Unité de lieu, voy. UNITÉ. Il Fig. Champ, carrière. Ce n'est point ici le pays de la vérité; elle erre inconnue parmi les hommes.... ce lieu est ouvert au blasphème, pasc. Pens. xxiii, 34 . Il 8° Il se dit par rapport à la destination. Un lieu d'assemblée, de récréation. Un lieu public. Le lieu où l'on rend la justice. Le criminel itait arrivé au lieu du supplice. Quel est le Hou du rendez-vous? Le peuple immolait toujours dan» let

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hauts Heui, parce que jusqu'alors on n'avait roinl encore b.Alido temple au Seigneur, saci, Bible, Ilots, m, W, «. U Troche a si bien rcfigoté ses affaires qu'elle s'est établie dans cette bonne ville, j faisant le siège de son empire et le lieu de toutes ics affaires, sév. 23». On change le lieu de la prière et l'asile sacré des pénitents, en une retraite de voleurs et en une maison de trafic et d'avarice, iiASS. Carême, Temples. || Lieu de sûreté, iieu où l'on est en sûreté. Le bois le plus funeste et le moins fréquenté Est au prix de Paris un lieu de sûreté, BoiL. Sal. VI. Il En un autre sens. Lieu de sûreté, lieu sûr, prison. On l'a mis en lieu sûr. On mettra toujours une femme en lieu de sûreté, maintenon, Ult. au tard, de Haailks, 6 janv. <696. (1 Le lieu saint, le saint lieu, l'église, le temple. U [Jésus] court dans ce lieu saint |le temple] venger l'honneur de son Père, mass. Carême, Temples. |l Chez les Hébreux, saint lieu, sanctuaire qui précédait le saint des saints. || Lieux réguliers, les endroits qui sont dans la clôture d'un monastère, et qui servent & la communauté. || Les lieux saints, les saints lieux, les lieux où se sont opérés les principaux mystères de la rédemption. || Les hauts lieux, les autels'consacrés chez les Juifs aux fausses divinités, ainsi dits parce qu'ils étaient sur des montagnes. Jéhu sur les hauts lieux enfin osant offrir Un téméraire encens que Dieu ne peut souffrir, nAC. Atlial. III, «. Il Fig. Les hauts lieux, les temples, les autels de l'hérésie. Trop zélé sacrificateur du temple de Sion pour souffrir que sous son ministère les hauts lieux se multiplient dans Israël, mass. Or. fun. VtUars. \\ Lieu de plaisance, maison de campagne uniquement destinée à l'agrément. || Lieu de franchise, lieu d'asile, lieu où, en vertu de quelque privilège, on est à l'abri de certaines poursuites. Les maisons des ambassadeurs sont des lieux de franchise (voy. asile, franchise). || 4° Mauvais lieu, lieu de débauche. Heureux si ses écrits [Je Régnier], craints du chaste lecteur, Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur, boil. Art p. li. Port-Koyal fut détruit avec la fureur qu'on eût employée contre une ville rebelle, et le scandale qu'on déploie dans tin mauvais lieu, dlclos, Règne de Louis XIV, OEuv. t. v, p. <2(. Cymodocèe est condamnée aux lieux infâmes, chateaub. Martyrs, xxii. || 5° Lieux d'aisances, ou, simplement, lieux, les latrines. Aller aux lieux d'aisances. Aller aux lieux. || Lieux à l'anglaise, lieux dans lesquels la cuvette est fermée par une soupape qu'on ouvre à volonté. || 6° Endroit désigné, indiqué. Enfin, exprès, ma sœur, j'ai voulu qu'Hémon même Nous laissât le lieu libre et n'en pût rien savoir, rotr. Antig.m, 5. [Le juge] le fera lier [un voleur]... si c'est un Franc; mais, si c'est une personne plus faible, il sera pendu sur le lieu, HONTESQ. Esp. XXX, 2&. Allez chez le magistrat du lieu, rendez plainte, picard, le Conteur, ii, 9. Il Rendez-vous assigné. Prenez entre vous l'ordre et du temps et du lieu; Je m'y rendrai sur l'heure, et vais l'attendre; adieu, corneille, Don Sanche, 1, 4. Il Au plur. Terme de pratique. Les lieux, l'endroit dont il s'agit dans une affaire criminelle ou civile. I.es juges ordonnèrent une descente sur les lieux. Il 7* U se prend, sur tout au pluriel, pour les différentes pièces d'une maison, d'une terre, d'une ferme. Voir si les lieux sont en état. Réparer les lieux. Il Vider les lieux, sortir d'un appartement, d'une maison en en Atant son mobilier. || Etat des lieux ou de lieux, écrit qui constate quelle est la condition d'une maison, d'une ferme, etc. au moment où le locataire la reçoit. || N'avoir ni feu ni lieu, être sans feu ni lieu, être gueux, vagabond, sans domicile. Ici la vertu n'a plus ni feu ni lieu, boil. Sat. t. Il 8'Terme de géométrie. Toute surface, tout solide qui contient les différents points propres à résoudre une question indéterminée. || Proposition qui a pour objet d'exprimer que tous les points qui satisfont à une même condition se trouvent situés sur une droite, un cercle, ou toute autre ligne. || 9° Terme d'astronomie. Le point du ciel auquel répond une planète, une comète. H [M. Halley] avait formé le projet de rassembler une suite complète d'observations sur les lieux de la lune , mairan , Éloge de Halley. || Lieu réel d'une planète, le point où elle se trouve sur son orbite, et lieu moyen, celui où elle serait placée dans le même moment, si l'ellipse parcourue en des temps variables était une circonférence décrite d'un mouvement uniforme, et ayant pour diamètre la ligne des absides, leooabant. Il Lieu héliocentrique, le point de l'écliptique auquel on rapporterait une planète TU9 du soleil. Lieu géocentrique, le point de l'écliptique auquel on rapporU une planète vue de la

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terre. || 10' Rang. Nous te sommes si chers, qu'entre tes créatures. Si l'ange est le premier, l'homme a le second lieu, malh. I, K Et qui peut nier qu'après Dieu sa gloire.... n'ait mérité.... Qu'on lui donne le second lieuT in.ii, 3. Quel vassal à ce lieu s'est jamais vu monté? botr. Bélis. m, 6. || Terme de palais. Chaque créancier viendra en son lieu. Il Ancien terme universitaire. Les lieux, les rangs assignés il des concurrents. La licence de Sorbonne expira; il fut question de donner les lieux, c'est-àdire de déclarer lesquels ont le mieux fait dans leurs actes, betz,i, 16. || Habitation. L'homme ne sait à quel rang se mettre; il est visiblement tombé de son vrai lieu, sans le pouvoir retrouver, pasc. Pens. VIII, 4 2, éd. HAVET. Il 11° Place. Si mon jugement n'est pas hors de son lieu, malh. iv, 9. L'Aquitaine n'était pas réputée une partie de la France, mais une conquête, et elle gardait toujours les lois et la langue des Romains; celles des Français n'y avaient point de lieu,MÉZERAi, Ahr. de VHist. de France, an 770. Que dirai-je du redoutable secret de la réprobation des Juifs pour donner lieu aux gentils? boss, Médit, sur VÉvang. 2* part, t" jour. Je le plains, mais le bien qu'en vous le ciel m'envoie Ne laisse dans mon cœur de lieu que pour la joie, quinault, Agrip. v, 6. U faut que chaque chose y soit mise en son lieu [dans un poème], boil. Art p. i. Le sort ni les suffrages [pour les magistratures] n'ont aucun lieu dans les gouvernements monarchiques, j. j. rouss. Con(r.iv,3.|| Terme de pratique. Être au lieu et place de quelqu'un, avoir la cession de ses droits et actions. Il Onditdemême : subrogé en son lieu et place. || En premier, en second, en troisième lieu, en dernier lieu, premièrement, secondement, troisièmement, enfin. ]| Tenir lieu de, remplacer, suppléer. D'une main odieuse ils [les bienfaits] tiennent lieu d'offenses, corn. Cmno, 1,2. Soyez-vous à vous-même un monde toujours beau. Toujours divers, toujours nouveau. Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste, LA FONT. Fahl. IX, 2. Mme de R. lui tient lieu de tout, sÉv. 399. L'approbation tenait lieu de récompense, Boss. }list. m, 6. Il m'aurait tenu lieu d'un père et d'un époux, bac. Andr. i, 4. J'ai cru que mes serments me tiendraient lieu d'amour, id. ib. iv, 6. Un bienfait reproché tint toujours lieu d'offense, id. Iph. IV, 6. Il n'y a presque point de province en France où il [Henri IV] n'ait fait des exploits, à la tête de quelques amis qui lui tenaient lieu d'armée, volt. Mœurs, 174. Il 12° Terme de manège. Porter en beau lieu, se dit du cheval qui tient bien sa tête et relève son encolure avec grâce. || 13° Maison, famille. Quelque lieu d'où ton sang tire son origine. Tu dois être un rayon de l'essence divine, ROTROU, Bélis. m, 4. On tient toujours du lieu dont on vient... la font. Fabl. ix, 7. || U sent le lieu , il se sent du lieu d'où il vient, c'est-à-dire il a les habitudes, les goûts des gens de sa classe. Jupiter eut un fils qui, se sentant du lieu Dont il tirait son origine.... id. ib. x, 2. Il Maison, société. En un lieu, l'autre jour, où je faisais visite, mol. Mis. m, 4. || Bon lieu, bonne famille. Elle est de fort bon lieu, mon père, corn. le Ment, ii, 5. En trop bon lieu, dis-tu, ton épouse nourrie.... noiL. Sat. x. [Ils] croient que venir de bon lieu, c'est venir de loin, la bruy. xiv. Louville était un gentilhomme de bon lieu dont la mère l'était aussi, st-sim. 16, 168. || Hautlieu, famille de haute noblesse. Nous qui sommes. De par Dieu, Gentilshommes De haut lieu, v. hugo, Bail. xn. || Bas lieu , basse extraction. Son sang n'était-il point issu d'un lieu trop bas? bégnier, Élég. iv. || 14° Lieu se dit pour désigner d'une manière vague la femme que l'on aime, ou que l'on veut aimer. M'en croirezvous, seigneur? ne la revoyez point; Portez en lieu plus haut l'honneur de vos caresses, corn. Foly. II, 1. Que me vient-ii de dire, et qu'est-ce que je voi? Cliton, sans doute il aime en même lieu que moi, id. Suite du Menteur, iv, 4. J'ai le coeur trop bon pour lui prêter l'oreille. — Dites le cœur trop bas pour aimer en bon lieu, id. Théod. I, 2. Aimez en d'autres lieux et plaignez Hypsipile, id. Toison d'or, ii, 6. J'aime en un lieu, seigneur, où je ne puis atteindre, rotr. Vencesl. m, 6. Mézence était amant en même lieu que moi, QUINAULT, Agrippa, i, 6. || 16° Bon lieu, la bonne société, la société opulente. Où la science triste, affreuse, délaissée Est partout des bons lieux comme infâme chassée, boil. Sat. i. \\ Familièrement. On a parlé de vous en bon lieu, on a parlé de vous en bonne compagnie. || Haut lieu, la cour, le gouvernement. Il en sera question en haut lieu. || Dans un sens analogue. Il m'assura qu'il en rendrait compte en bon lieu, sÉv. <07. U

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ne cède pas à l'iniquité, sous prétexte qu'elle est armée et soutenue d'une main royale ; au contraire, lui voyant prendre son cours d'un lieu éminent, d'où elle peut se répandre avec plus de force, il se croit plus obligé de s'élever contre, boss. J'anég. St-Tbomas, 2. ||Bon Ueu, source digne de foi, société haut placée et bien informée. MmedeLavardin m'envoie une bonne relation [de la bataille de Fleuras] plus exacte et prise en bon lieu, sÉv. juiU. Ifloo. Tout ce détail est de très-bon lieu et rien n'est plus vrai, id. iI9. Ce que je vous mande est toi jours vrai et vient de bon lieu, id. 142. A ce qu'en me mande de très-bon lieu, boss. Lett. quiét. 393, ;| Par extension, personnage distingué, auteur rtcommandable.Mmede Chaulnes....me paraît transfortùe d'avoir M. de Fieubet pour commissaire [aux états de Bretagne); j'en suis ravie aussi, et j'avoue que je n'eusse jamais cru qu'on eût mis la main en si bon lieu, sÉv. « juill. 1C85. Je lis les figures de la sainte Écriture [l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, avec figures].... le style en est fort beau et vient de bon lieu, id. 28 août i6"0. J'ai commencé un livre de piété.... c'est un Traité de la prière perpétuelle.... la préface est de bon lieu [probablement de Nicole], id. io juill. iflso. Il 16° L'endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. Ce n'est pas le lieu de parler de cela. Nous en parlerons en temps et lieu. Va, je reconnaîtrai ce service en son lieu, corn. Uodog. III, 1. Quand je verrai M. de Vardes en lieu de le remercier, sév. 24 nov. 1687. Les lieux, les temps, l'occasion. Font votre gloire ou votre chute; Hier on aimait voire nom, Aujourd'hui l'on vous persécute, VOLT. Ép. Lxvi. Il 17° Occasion, sujet, droit. Dans les délibérations d'État , où un homme d'importance, consulté par un roi , s'explique de sens rassis, ces sortes de discours trouvent lieu de plus d'étendue, corn. 1" dise. Ce sont des termes qu'il a si peu expliqués, qu'il nous laissa grand lieu de douter de ce qu'il veut dire, id. ib. Ma valeur n'a point lieu de te désavouer, id. Cid, III, 6. Ne feignez qu'un moment, laissez partir Sévère, Et donnez lieu d'agir aux bontés de mon père, ID. Poly. IV, 3. Puisqu'il me donne lieu de ce petit service, id. le Ment, iv, 2. Certes Rome à ce coup pourrait bien se vanter D'avoir eu juste lieu de me persécuter, id. Pomp. m, 2. Et [je] lui veux tien donner tout lieu de me surprendre, id. Uodog. v, 4. U n'est aucun de nous à qui sa violence N'ait donné trop de lieu d'une juste vengeance, id. lléracl. IV, 6. Carlos a tant de lieu de vous considérer. Que, s'il devient mon roi, vous devez espérer, id. D. Sanche, v,*. Vous n'avez aucun lieu de rien examiner, id. Scrtor. i, 2. Ma sœur, auparavant engagez l'entretien, Et, s'il s'en offre lieu, jouez d'un peu d'adresse Pour votre intérêt et le mien, in. Agis. I, 1 . Autrefois j'ai connu cet honnête garçon. Et vous n'avez pas lieu d'en prendre aucun soupçon, mol. l'Ét. I, 4. Pourvu qu'on ne donne pas lieu à des meurtres, PASC Pro». vn. Sur ce fondement ils prennent lieu de blasphémer la religion chrétienne, parce qu'ils la connaissent mal, id. Pcns. xi, iu bis. ....Sujets qui tombent sous le sens ou sous le raisonnement : l'autorité y est inutile; la raison seule a lieu d'en connaître, id. Fragm. d'un traité du vide. Mme de Montglas a marié sa fille à un provincial appelé Tomassin ; ce provincial a une espèce de moulin qui s'appelle Saint-Paul; cela donne lieu d'appeler cette jeune femme Mme la comtesse de Saint-Paul, sÉv. 10 sept. tc8l. La pauvre Marsillao est désolée; j'ai envie de vous envoyer sa lettre; cela vous donnera lieu de lui parler et d'entrer on matière, id. mai I60u. C'est ce qui donna lieu à la vocation d'Abraham, boss. Mist. i, 2. Ce serait ici le lieu do vous la représenter.... flécii. Mme de Montausier. Ahl (]u'un aveu si doux aurait lieu de me plaire! rac. Bérén. m, l. Vos prêtres, je veux bien, Abner, vous l'avouer. Des bontés d'Athalie ont liet: de selouer, id. Alh. ii, 5. Achetons le droit d'être insensibles à leurs censures, en n'y donnant point de lieu, mass. Carême, Injust. Quel homme jusquelà avait paru sur la terre qui eût plus de lieu de s« glorifier lui-même que Jésus-Christ? id. Petit car. Passion. Dos ministres dont vous avez tout lieu d» vous louer, d'alemb. Lett. à Voltaire, i6 oct I7G2. Il Impersonnrllement. Il y a lieu d'examiner celte question. Il 18° En lieu de, en occasion de, en situation de, en mesure de. Il est en lieu Ue vous mander les nouvelles beaucoup mieux que moi, sÉv. 128. Si j'étais en lieu de vous donner des conseils, id. 239. Vous êtes en lieu de faire précisément tout ce qu'il faut, id. i" juill. 1 686. Ce que vous dit Favicr I [célèbre avocat] est admirable ; vous en saurez pro-

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filer; vois êtes en bon lieu pour prendre les meilleurs conseils, sÉv. 28 janv. (685. Diverlissez-vousde cette jolie enfant [Pauline, fille de Mme de Grignan], ne la mettez point en lieu d'être gâtée, m. i^ janv. (680. Luxembourg fut averti de la marche de Tilly avec un corps de cavalerie de six mille hommes, pour se poster en heu d'incommoder ses convois, SAiNT-siM. II, < 30. Il Chateaubriand a dit; mettre 4 lieu de, pour : mettre en mesure de. Votre pire doit sentir l'importance d'une position qui peut vous mettre à lieu de réparer le mal que la révohition a fait à votre fortune, Lctt. à Chénedollé, 10 prairial, an x, dans llev. des Deux-Uondes, <" juin (840, p. 747; sur quoi M. Sainte-Beuve remartiue : « Cette expression revient dans ces lettres de Chateaubriand, comme dans celles de sa sœur Lucile; ce doit être une locution du pays [la 13rotagnej. » || 19" N'avoir point de lieu, n'être pas reçu, admis. I.es avertissements n'ont ni force ni lieu, ké- GNIER, Sal. VI. Et mes vœux n'auront point de lieu. Si par le trépas je n'évite La douleur de vous dire adieu, MALH. Stances pour if. de Bellegarde. Celte condition n'aura point de lieu, corn. Ex. du Cid. Ce grand silence de Jésus-Christ sur les comédies me fait souvenir qu'il n'avait pas besoin d'en parler à la maison d'Israël, pour laqueUe il était venu, où ces plaisirs de tout temps n'avaient point de lieu, Boss. Lett. Corn. 20. || Cet emploi vieillit. |i 20" Avoir lieu, se dit en parlant de l'époque d'un événement. Cet événement eut lieu l'an dernier. La séance publique aura lieu à la fin de ce mois. |{ Par une extension qui n'est pas fort ancienne, avoir lieu a pris le sens de s'opérer, se faire. La combinaison des deux substances aura lieu si l'expérience est bien faite. Plus elles [les faisanes] avançaient en âge, plus elles devenaient semblables aux miles, comme cela a heu plus ou moins dans presque tous les animaux, buff. Ois. t. IV, p. 404. Il 21" Passage d'un livre. Il faut marquer d'un trait de plume les lieux où l'on trouvera de la difficulté, et continuer de lire sans interruption jusqu'à lafin, Vf.sc. Principes, préface, 4 0. Saint Thomas explique le lieu de saint Jacques sur la préférence des riches, PASC.Pens. xxv, lo^f. Pour cequi regarde les donatistes, il n'y a personne qui ne sache les fureurs de leurs circumcellions (voy. circoncellions) rapportées en tant de lieux de saint Augustin, boss. 5' aven, «j &l . Il 22* Terme de rhétorique. Lieux communs,lieux oratoires, ou, simplement, lieux, sorte de points principauxauquelslesanciensrhéteurs rapportaient toutes les preuves dont ils faisaientusagc dans leurs discours. Il Lieux de logique, chefs généraux auxquels on peut rapporter toutes les preuves dont on te sert dans les diverses matières qu'on traite. Lieux métaphysiques, termes généraux convenant à tous les êtres auxquels on rapporte les arguments, comme les causes, les effets, le tout, les parties, les termes opposés. || Lieux tliéologiques, les sources où les théologiens puisent leurs arguments. || Par extension, lieux communs, se dit de traits généraux qui s'appliquent à tout. Et tous ces lieux communs de morale lubrique Que Lulli réchauffa des sons de sa musique, boil. Sat. x. Il épuisa tous ses lieux communs à tourner la musique en ridicule, hamilt. Gramm. 6. L'orateur ajoutera ici un petit lieu commun pour montrer combien il est difficile d'être victorieux et d'être humble tout ensemble, ROLLIN, Traité des Et. m, 2. C'est une chose assez singulière que les anciens lieux communs contre les princes et leurs courtisans soient toujours reçus d'eux avec complaisance, comme de petits chiens qui jappent et qui amusent, volt. Po(. et législ.Comm. k'spr. des lois. IX. On trouve souvent dans Corneille de ces maximes vagues et de ces lieux communs, où lepoSte se meta la place du personnage, id. Comm. Corn. Item. Héractius, I, ) . Elle ne disait jamais rien de neuf ou de (aillant; mais elle avait perfectionné tous les lieux communs de la conversation, ge.nlis, Uine deUainti-fion, 1. 1, p. (82, danspouoKNS. || Lieux communs ic ditaussi d'idées uiées, rebattues. Ils [les lâches conseillers] étalent de grands lieux communs sur les louanges de la paix el du repos, balz. De la cour, b' dite. Gordon se garda bien de lui étaler ces lieux communs fastidieux par lesquels on essaye de prouver qu'il n'est pas permis d'user de sa liberté pour cesserd'être, volt. /n3(!nu, 20. Le plus grand écucil (les arts dans le monde, c'est ce qu'on appelle les lieux communs, m. Lett. l'orée. (5 janv. 473». X présent tout est lieu commun; la plupart des auteurs moilernes ne sont que les fripiers des siècles passés, lu. I.elt. Debure, <»août(776.Je connais l'ouvrage sur les lettres de cachet; il serait meilleur si l'auteur, qui D'est pas Linguet, y avait moins prodigué les lieux communs et les déclamatioos, d'alemii. Lclt.au

PICT. DE LA LANiiUg FRA:*;AISE.

roi de Prusse, 2» avr. (782. Ces vérités éternelles que vous appelez des heux communs, Georges sand, ie Compagnon du tour de France, t. Il, p. 392. || 23" Au heu, loc. adverb. En la place, en remplacement. ....Faire par ce moyen que, si ces balles [réfléchies contre un corps dur] n'ont eu auparavant qu'un simple mouvement droit, elles en perdent une partie et en acquièrent, au lieu, un circulaire , desc. Dioptr. ( . Il Au lieu de, loc. prép. A la place de. Prends courage, ma fille, et sache qu'aujourd'hui Le roi te veut servir de père au lieu de lui, corn. Cid, u, 9. S'il régnait au lieu d'eux, ce n'était que sous moi, ID. Rodog. Il, 2. Il Au lieu de, marque aussi opposition, différence. Les grands noms abaissent au lieu d'élever ceux (|ui ne les savent pas soutenir, la ro- CHEF. Xax. 04. Au lieu de faire un gros livre contre moi, que ne fait-il une Henriade meilleure? cela est si aisé, volt. Comm. aut. Henriade. Si la terre était le centre du mouvement du soleil comme elle l'est du mouvement de la lune, la révolution du soleil serait de quatre cent soixante et quinze ans, au lieu d'une année, m. Phil. Newl. m, 5. Mais j'ai trouvé dans celte cour L'intrigue au lieu de l'art de plaire, L'intérêt au lieu du désir, La débauche au lieu du plaisir. Le scandale au lieu du mystère, desmahis, Poés. p. 92. || 24° Au lieu que, loc. conjonct. Tandis que, avec un sens d'opposition. 11 n'est rien de plus utile à leur instruction [des princes] que de joindre aux exemples des siècles passés les expériences qu'ils fout tous les jours, au lieu qu'ordinairement ils n'apprennent qu'aux dépens de leurs sujets et de leur propre gloire à juger des affaires dangereuses qui leurarrivent, boss. Wiit. préface. Fût-elle bergère au lieu qu'elle est fille du roi, FÉN. Tél. XXII. Tu es savant, Gil Blas, avant que d'être médecin, au lieu que les autres sont longtemps médecins, et la plupart toute leur vie, avant que d'être savants, lesage, Gil Blas, ii, 3.

— HIST. X' s. Lieu de avant dist, Fragm. de Yalenc. p. 469. Il XI' s. ...en tans lius lesavonsnous portées [nos épées], Ch. de Roi. cxi. Mais Vaillantif [nom d'un cheval] ont en vint lius navret, ib. CLviii. Seiez es hus [en place de] Olivier et Rolant, ib. ccxv. Il xii" s. Mais fol désir fait souvent cuer [cœurj penser En si haut lieu qu'il n'i peut avenir, Cuuci, X. Encor viendra lieus el tens De ma très grani joie avoir, ib. xii. Lors me souvient d'une douce dolor Et du douz lieu où mes cuers tent et bée, ib. xvii. Beaus services ne sera ja péris X fin amant qui en bonlieul'emploie, ib.p. (24. ||xiii* s. Car à nos tems est perdus li sains lieus, Où Diex soufl'ri pour nous mort glorieuse, ouesnes. Romane, p. 96. Se vous voliez otroier que mes fils demorast en la terre en mon lieu pour garder la et gouverner, je prenroic maintenant la crois, villeu. xxxix. Qui l'ont de lieus en lieus ça et là conqueilli [un récit], Berte, i. Eisa cote qui art [était] en maint lieu despanée, ib. XLvi. De bon lieu [famille] [elle] est venue, ib. xlvii. Et quant lieus en sera, tost [nous] y serons verti [revenus] ib.Lix.Jà fulBerte ma fille en si bon lieu nourrio [en si bonne faniiUe], ib. lxxii. Com est Berte ma fille richement mariée. Et en très noble lieu venue el arrivée, t't. Kxxxii. Bien sot que honte li fera; Ja si bien ne s'en gardera. S'il en puet leu ne aise avoir, iii^n. (7935. Et sor tout ce, se riens doutés, F.iictes i clef, si l'emportés. Et la clef soit en leu d'oslages, la Rose, 2003. Le [la] différence qui csl entre le lieu saint et le lieu religieus, beaum. xi, (. Celi jour porte l'eu croix aus processions en moult de liex, et en France les appelé l'en les croiz noires, joiNv. 201. Il xiv s. Aucuns jouvenceaux qui n'estoient pas nez de petit lieu, beucheuiie, f* (8, rcclo- Il XV* s. Lors desnuerent leurs chefs, puis s'en allèrent à la fontaine laver leurs mains, puis retournèrent seoir lez les deux chevaliers qui leur firent lieu [place], Perceforesl, t. vi, f' (04. Le roy Ueiié l'institua en son lieu, avant que mourir, cohm. vii, 1. En lieu de le recueillir, luy tyierciit de graiis coups de canon, iD. m, 4. Toutes fois ceU n'eut point de lieu et l'empcschoit Monseigneur de Ligny, lit. viu, 2. Il xvi* s. Que droit règne et Justice ait lieu, UAKOT, Psaume 33. Ceste dénonciation n'est pas vaine ne frivole, combien qu'elle n'ait pas tousjours lieu, CALV. In.it. 288. C'est un grand deshonneur si les chiens et les porceaux ont lieu cnlre les enfans de Dieu, id. ib. 824. Exception d'argent non nombre n'a point de lieu, loyskl, 7u7. Au lieu do s'animer des bravades de cet cniicmy, uont. i, 4. Assigner l'heure et le lieu do la bataille, m. i, 24. Il n'est lieu d'où la mort ne nous vienne, in. 1, 7(. Eu premier lieu, je te demande.... ii>. 1, (20. Ils vont semant parmy leurs ouvrages des lieux entiers des anciens, ID. I, (f)«. Je ne laii^e d'aller deux fois de

jour par tous vos jardins et édifice, dont je me treuvo, en lieu de lasse, fortifiée, marg. Lettre liv. Ce porteur vous saura si bien redire des nouvelles, tant du lieu dont il vient que de ca^hiy cy, que sa suffisance mérite donner lieu à sa parole, m. Lettre Lxiv. Hz amassèrent bonne trouppe d'hommes vagabonds, qui n'avoient ne feu ne lieu, amyot, iioiii. 6. M. Catoii, dès le commencement que les lettres grecques commencèrent à avoir heu et estre aimées à Rome, en fut mal content, lo. Calon, 47.

— ÉTYM. Franc-comtois, lue; bourg, leu, Ici; wallon, !u^; picard, liu; provenç. loc, luoc, luec; Cit. Hoc; anc. esp. luego; ital. loco, luogo; dulat. locus, anciennement stlocus (dans Festus).

t 2. LIEU (lieu), s. m. Nom, sur les côtes de la Bretagne, d'un poisson alimentaire, le merlan jaune, gadus pollachius, L.

— ÉTYM. Bas-breton louanek, leouek,

LIEUE (lieu), s. f.\\ 1° Mesure itinéraire qui ne représente pas une longueur toujours la même, et en place de laquelle on compte aujourd'hui ofliciellement par kilomètres. Une demi-lieue. Un quart de lieue. Une bonne lieue. Et l'on ne songe plus ... Que tout près, par les bois et les ravins caché. Derrière le ruban de ces collines bleues, À quatre de ces pas que nous nommons des lieues, Le géant Paris est couché, v. hugo, F. d'aut. 34. ji La lieue commune de France, ou li«ue géographique, était de deux mille deux cent quatre-vingt-deux toises (4444 mètres et demi). || Lieue de poste, lieue de deux mille toises. || Lieue de pays, lieue qui diffère de la lieue commune et dont la longueur est déterminée par l'usage particulier de telle ou do telle contrée. Il Lieue marine, lieue de vingt au degré, ou de B555 mètres et demi. || Lieue nouvelle, lieue de 4 kilomètres. On compte aujourd'hui (0 000 lieues dans le tour de la terre, tandis qu'on n'en comptait autrefois que 9000. || Terme de marine. Lieues majeures, celles qui se parcourent sur un grand cercle de la sphère tcnestie. Lieues mineures, celles qui se parcourent sur un parallèle. || Lieue carrée, espace carré qui a une lieue de côté. Quoique cent lieues carrées ne fassentque la deux-cent-soixante-millième partie de la surface de la terre, buff. ** époq. nat. OEuv. t. XII, p. 209. Il Une lieue à la ronde, adv. Dans l'étendue d'une lieue en tous sens. Ce bruit a été entendu une lieue à la ronde. || Fig. La parfaite tendresse que j'ai pour vous et pour tout ce qui vous touche à dix lieues à la ronde, sÉv. (4 fév. (C85. Il Fig. Long d'unelieue, très-long. Des discours longs d'une heue. Il 2° Par exagération. Une lieue se dit d'une petite distance. Comment voulez-vous que je vous entende, si vous êtes à une lieue do moi ? ooldoni, Bourru bienf. 1, 6. D'honneur, il sent la fièvre d'une lieue, BEAUMAiiCH. Barb.de Sév. m, ((.||Seniir quelqu'un d'une lieue, pressentir, deviner son arrivée, et aussi deviner ses inteiuions, son caractère. 11 est plus malaisé de m'attraper qu'on île s'imagine ; quelque nuit qu'il fasse, je connais les fourbes d'une heue, iiegnard, Sérén. 24. || 11 se dit aussi en parlant des choses. Je sentais cette sottise d'une lieue. || Il sent son fripon d'une lieue, on ju|,'e aisément à ses manières, à son air que c'est un fripon. Un vieux renard, mais des pi us fins... .Sentant son renard d'une lieue, la font. Fabl. v, 6. || 3 ' Fig. Cent lieues loin, c'est-à-dire dans les rapports les plus éloignés. Ce qui a rapport à vous de cent lieues loin m'est plus agréable qu'autre chose, sÉv. (8 fév. ic7(.||icent lieues près, à une très-grande distance. Bon Dieu I que je suis incapable d'approciier, il cciillieuesprès,de Votre habileté! SÈV. au uov.(U93. Il 4" Fig. Cent lieues, mille houes, c'est-à-dire trèsloin, de beaucoup. Celles [les eaux] de Bourbon l'emportent de mille lieues (sur celles de Vichy |, si on en croit les médecins d'ici, sÉv. •!!> sept. (u»7. Je l'ai vue [Mme do Ganges] assez faite sur ce beau moule, mais cent lieues au-dessous do la perfection ; car, après lo visage, tant de choses lui manquaieni, m. » oct. (680. Il Être à cent lieues, à mille lieues d'une chose, en être fort éloigné. Voilà une si monstrueuse pensée que je suis à mille lieues delà concevoir, sËv. ooa. Il était à mille lieues d'un péché mortel, m. 204. Je laisserai toute autre considération à mille lieues de mol, id. 48. i'our ma santé, elle est toujours très-bonne; je suis à mille lieues de l'hydropisie, il n'en a jamais été question, ID. 22 avr. (676. A mille lieues de Greuze débutant, et à dix mille de Chardin qui travaillait autrefois dans ce genre, dider. A'aion de (T07, VEuv. t. XV, p. 100, dans PouoLNS. Il II n'écoute pis, il evt à mille lieues d'ici, se dit d'un homme distrait et qui u'a pas d'attei.tiun à ce qu'on lui dit. 1| Pruverbe.

LIE

Par tout ptys il y a une lieue de mauvais chemin, OD trouve partout des obstacles, des difficultés.

— UIST. XI* s. Ainz qu'il eussent quatre lieues •iglet [cinglé], Ch. de liol. Liii. Grans trente liwes l'olrent il [le corj respondre, ib. cxxxi. || xii* s. De demie liuee [ilj ne dist ne o ne non, Sax. xiv. Il xiii* s. Et issirent fors des nés [navires] et vinrent à Roen sa cité qui estoit à quatre luies dou port, Chr. de Rains, «0. Et la pierre si clere estoit Que, maintenant qu'il anuitolt, L'en s'en veist bien au besoing Conduire d'une liueloing,Jo Bose, <to9. Il XV* s. Je te dy que hier par une sente Menay mes pourceaulï et mes truies Mains de l'erreurededeux luies [moins que le cheminile deux lieues] Enpasture enmy unlarris[une lande], Jfar». de SU Geneviève. Lors regarde le preudhomme qui s'estoyt mis sur les eoustes et à genoulx par devant l'autel, et fut en tel point l'espace d'une lieue de terre [pendant une heurel, et adonc se leva et s'inclina vers l'autel, Percefurest , t. i, 1* «3. || xvi* s. Lieue de moulin doit contenir deux mil pas, chacun pas valant cinq pieds, à prendre de la huche du moulin venant à l'entrée de l'enclos de l'eslage, Cousi. génér. t. ii, p. 2.

— ET YM. Picard, Hue; provenç. lega, légua; cataL llegua; espagn. légua; portug. legoa; ital. lega ; angl. league ; du lat. leuca que les auteurs latins disent être un mot gaulois; on trouve en effet dans le celtique: gaélique, leig; irl. leige; breton, leô, lev.

LIECR, E(!SE (li-eur, eû-z') , s. m. et f.\\ 1° Celui celle qui lie des bottes de foin, de gerbes de blé, etc. Il 8° Adj. Chenilles lieuses, chenilles qui réunissent les feuilles des arbres en paquets, pour se construire des nids. || Substantivement. L'art des lieuses est en général le plus simple : il consiste à lier avec des fils de soie plusieurs feuilles, à en former un paquet au centre duquel est la loge du petit ermite, bonnet, Contempl. nat. m, 7.

— HIST. ivi* s. Le peu ou le trop estraindre, ne procède tousjours de la main du lieur, ains le plus souvent de la vertu du lien, se resserrant ou se laschant à mesure qu'il se dessèche, o. de serrp:s, 804.

— ÈTYM. Lier; provenç. liador ; ital. legalort. LIEUTENANCE (lieu-te-nan-s'), s. f. || 1* Emploi

de lieutenant, c'est-à-dire de celui qui est le second d'un supérieur, ou qui tient provisoirement une fonction. Louis-Philippe après les journées de juillet eut pendant quelques jours la lieutenance générale du royaume. On donne au fils la lieutenance générale de Picardie, qui n'avait point été comptée depuis très-longtemps, avec le gouvernement de Calais et vingt mille francs de pension, sÉv. » mars (672. || 2* Dan» l'armée, grade de lieutenant. 11 n'est plus temps; j'ai d'une lieutenance Trop vainement demandé la faveur, volt, le Pauvre diahle.

— HIST. XVI* S. L'estat de sergent major, les lieutenances des compagnies, et les places des sergens simples.... mais le lieutenant colonel, les capitaines et enseignes, tousjours faudroit qu'ils fussent nobles, LANOUE, 283.... qu'il voulust avoir la lieutenance generalle au defTaut de son frère, o'aub. Uist. n,Hi.

— r.TYM. Lieutenant.

LIEUTENANT (lieu-te-nan), t. m. || 1* Celui qui tient la place d'un chef et qui commande en son absence. [L'homme que].... Ton absolu pouvoir [Ô Dieu] a fait son lieutenant, halr. i, i. Je lui prête mon bras et veux dès maintenant, S'il daigne s'en servir, être son lieutenant, cobn. Nicom. n, 3..Sertorius : De votre lieutenant m'envierez-vous le nom? — Pompée : De pareils lieutenants n'ont de chefs qu'en idée, m. Sertor. m, 2. On sait que la proposition que fit le grand Scipion l'Africain de servir comme lieutenant sous le consul son frère détermina le sénat & donner à celui-ci la Grèce pour département, RoLLiN, llist. anc. OEuv. t. xi, i" part, p. 321, dans pouop.Ns. || Fig. Le voilà donc [Jurieu] redevenu lieutenant de Dieu contre ceux qui ne veulent pas le reconnaître ou reconnaître son vrai culte, et, en un mot, contre les malsentants aussi bien que contre les malfaiteurs, boss. s* avert. m, 82. Il a* Lieutenant général du royaume, celui qui fait les fonctions du roi, quand le roi n'est pas reconnu pour quelque cau-sc que ce soit, quand il est prisonnier, etc.; litre donné à quelque» grands officiers, et qui fut pru par le duc de Mayenne pendant la ligue •près l'aaaasinat de Henri III, et avant que les catholiques sussent reconnu Henri IV; et conféré en 4 830 au duc d'Orléans, dans l'intervalle entre la déchéanc* de Charles X et l'établissement de la royauté de la branche eadeite. Henri II déclare le duc de Guite vice-roi de Kranc«, sous le nom de lieutenant général du royaume, il était en cette qualité au -dessus du connétable, volt, taurs, 4M.

UE

[Le duc de Mayenne] Ce lieutenant sans chef, ce roi sans diadème. Toujours dans son parti garde un pouvoir suprême, m. Henr. vin. || 3° Dans l'armée, officier qui est immédiatement après le capitaine, le deuxième officier d'une compagnie. || Lieutenantcolonel, celui qui commande le régiment après le colonel. D'Alchy était capitaine avec le commandement de mestre-de-camp, après avoir été lieutenant-colonel, ST-siM. <1, (25. Il Lieutenant général, officier supérieurqui occupait le second grade dans les armées. Il [le prince de Condé] avait pour lieutenants généraux MM. les maréchaux d'Humières et de Bellefonds, SÉv. 27 avr. 1672. Ces maréchaux en second n'étaient proprement à l'armée que des lieutenants généraux qui ne roulaient point avec les autres, ST-siM. «, 76. Il Lieutenant général des armées du roi, ou, simplement, lieutenant général, s'est dit aussi pour le grade qu'on nomme aujourd'hui général de division. || Lieutenant de roi, ou commandant d'armes, celui qui commandait en l'absence du gouverneur, dans une place de guerre. Les lieutenants de roi ne sont pas dignes de porter votre robe, SÉV. 76. ||4° Dans la marine, aujourd'hui, lieutenant de vaisseau, officier dont le grade est immédiatement inférieur à celui de capitaine de I frégate, et qui a le rang des capitaines de l'armée de terre, dont il porte les insignes, consistant en deux épaulettes d'or à petites torsades. || Lieutenant en pied, l'officier en second d'un bâtiment de guerre, quel que soit son grade. || Anciennement, lieutenant général des armées navales, titre de l'officier général qui commandait sous le viceamiral; au ivn* siècle, il avait le rang des vice-amiraux actuels. || Anciennement, lieutenant général des galères, officier général qui commandait les galères de France, sous les ordres du général des galères. Il Anciennement, lieutenant de l'amiral, fonctionnaire qui, dans les sièges particuliers d'amirautés, exerçait, au nom de l'amiral de France, une surveillance active sur tout ce qui était de la charge et des prérogatives de ce dignitaire. || Anciennement, lieutenant de frégate légère , officier qui prenait rang entre les lieutenants et les enseignes de vaisseau. État de la marine pour <678, dans jal. Il Anciennement, lieutenant de flilte, titre d'un officier qui servait sur les flûtes, en qualité de lieutenant, Ordres du roi, <67(, dans jal. || Anciennement, lieutenant de galère, officier qui, dans le commandement d'une galère, remplaçait au besoin le capitaine. {| Anciennement, lieutenant de galiote, grade créé en 1684 ; les lieutenants de galiote eurent rang immédiatement après les lieutenants de vaisseau, à la place des lieutenants de frégate légère. Il Lieutenant de port, officier inférieur au capitaine de port, et remplissant toutes les fonctions de celui-ci, quand il s'absentait, Ordonn. de (689, dans JAL. Il 5* Dans l'ordre civil. Lieutenant civil, le magistrat du Chatelet, lieutenant du prévôt de Paris, qui connaissait des causes civiles. Le lieutenant civil d'Aubray {il n'y avait point encore de lieutenant de police) alla à Port-Koyal-des-Chanips faire sortir tous les solitaires qui s'y étaient retirés, et tous les jeunes gens qu'ils élevaient, volt. iout's JIY, 37. Il Lieutenant criminel, magistrat (lui connaissait des causes criminelles. Le roi [Louis XI] nomma, le même jour. Claustre, conseiller au parlement, et Mariette, lieutenant criminel, et Potin, examinateur au Chatelet, pour informer de tous les effets du cardinal Balue, et les délivrer par inventaire à Lhuillier, notaire et secrétaire du roi, DUCLOS, OEuv. t. ii, p. 378. Il Lieutenant général, celui qui présidait le tribunal d'une sénéchaussée, d'un bailliage. Vous savez comme messieurs les lieutenants généraux des provinces sont présentement lieutenants généraux des armées; cela les charme et les ruine, sBv. 5 juill. (694. || Lieutenant général de police, magistrat qui avait à Paris la direction de la police. || Lieutenant criminel de robe courte, lieutenant du prévôt de Paris, qui remplissait à peu près les fonctions du préfet de police de nos jours. Un lieutenant de prévôt, nommé la Rappinière, les vint accoster, et leur demanda avec une autorité de magistrat quelles gens ils étaient, scARH. Hom- com. i, (. || 8" Terme de vénerie. Lieutenant de louveterie, celui qui avait une permission de chasse étendue et accordée sous la condition d'avoir un équipage pour détruire les loups.

— HIST. XIV* s. X tous les justiciers et officiers du royaume, leurs Ueuxtenanz et à cbascun d'eulx.... /.««. de Charlei Y, Bibl. des chartes, *• série, t. ui, p. 426. Lesdits lieutenants dudit amiral seront par luy estalilis tels que dessus est dit, gens de bonne vie, sages et bien nommez [de bon renom], Or- 1

LIE

donn. de Charles VI, dans jal. || xv* s. Furent lues les lettres de l'empereur, par lesquelles il constituoit le roi Edouard d'Angleterre son vicaire et son lieutenant pour lui, froiss. i, i, 76. Il print ses verges et battit la lieutenante de sa femme en telle manière qu'à peu qu'il ne l'accreventa, louis xi, Nouv. 38. Il ivi* s. Et sont petites recompenses qui s'octroyent par le roy catholique, ou ses lieutenans généraux, langue, 302. Lieutenant est lieutenant d'un autre homme; mais de dire qu'un homme soit lieutenant d'une chose inanimée, comme l'Estat, ou la couronne d'un roy, c'est chose absurde, Sa<. kén. p. (50. C'est l'art de bien régner qu'il faut apprendre aux princes. Pour, lieutenans de Dieu, bien régir leurs provinces, besportes. Tombeau de Desportes.

— ETYM. Lieu, et tenant, celui qui tient le lieu, la place; provenç. loctenent ; espagn. lugartiuienle; portug. logotenente; ital. Joco(ene/ite.

LIEUTENANTE (neu-te-nan-t'),f.f || 1° Autrefois, femme de certains magistrats qui portaient le titre de lieutenant. Mme de Chaulnes.... les a reçus [vos compliments] d'une manière, et vous en rend de si bons, que je suis persuadée qu'elle voudrait, au prix des Molac et des Lavardin, que vous fussiez sa lieutenante générale, sÉv. 76. || 2" Terme de l'ancienne armée. La lieutenante-colonelle , la seconde compagnie d'un régiment, commandée par le lieutenant-colonel. Le roy fitquilter à Puységur sa lieutenante-colonelle pour s'en servir plus utilement et plus en grand, st-sim. (26,(38.

— HIST. xvi* s. Si la lieutenante et son mari le savoient, marguer. fiouv. xxxviii.

LIËVRE (liè-vr'), s. m. || 1° Quadrupède sauvage, très-léger à la course et fort timide, de l'ordre des rongeurs. Le lièvre est impur, parce que, quoiqu'il rumine, il n'a point la corne fendue, saci. Bible, Uvit. xi, 6. Un lièvre en son gîte songeait; Car que faire en un gîte, à moins que Tonne songe î LAFONT.FabJ.il, (4. Notre lièvre n'avait que quatre pas à faire , J'entends de ceux qu'il fait lorsque, près d'être atteint, Il s'éloigne des chiens, les renvoie aux calendes, id. tb. vi, (o. Quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre, mol. G. Dand. i,8. Un capitaine qui n'ose rien tenter, qui a peur de son ombre comme un lièvre, fén. Dial. des morts anc. Fabius, Annibal. Les lièvres dorment beaucoup, et dorment les yeux ouverts; ils n'ont pas de cils aux paupières, et ils paraissent avoir les yeux mauvais, buff. Quadrup. t. n, p. (08. Il On a employé le sang dA lièvre

comme médicament Pour vous faire Juger de

l'état de ma jambe.... je marche tiim ((ue je

veux; je mets d'une eau d'émeniude si j'en

ai besoin, je mettrai du sang de lièvre, sÉv. (*' juill. (685. Il Prendre un lièvre à l'accroupie, le prendre le matin dans son terrier. || Lièvreen fiirme, voy. forme, n* 22. Il Terme de blason. Lièvreen forme, lièvre arrêté et assis sur ses pattes. {| Lièvres ladres, lièvres qui cherchent les eaux et se font chasser dans les étanfis, les marais et autres lieux fangeux; ils ont la chair de mauvais goût. i| Familièrement. Être peureux comme un lièvre, être fort peureux. Mon secrétaire a grand peur du tonnerre ; malgré tout son mérite, je lui vois le tempérament d'un lièvre, maintenon, Lett. à Mme de la Yiefville, 18 juin (707. Il Lancer un lièvre, le faire partir de son gîte; et fig. soulever une difficulté. Nous avons combattu et battu vos ennemis : ils avaient lancé deux lièvres, l'un en contrariété d'arrêt par une requête au grand conseil, l'autre par une requête civile, SEV. 631. || Fig. Lever le lièvre, être le premier à faire quelque ouverture, à proposer quelque chose dont les autres ne s'étaient point avisés. Il lia une mémoire de lièvre, il la perd en courant, ou, simplement, il a une mémoire de lièvre, se dit d'un homme qui n'a pas bonne mémoire, qui oublie facilement ce qu'on lui dit, ce qu'on l'envoie quérir. Nous sentons plus que jamais que la mémoire est dans le cœur; car, quand elle ne nous vient point de cet endroit, nous n'en avons [las plus que les lièvres, sftv.ssept. I67l. || Mener une vie de lièvre,être poursuivi, harcelé, tourmenté. Je menai, commeon dit, uneviede lièvre pendant huit jours, I.E SAGE, Est. Gom. 22. || Gentilhomme à lièvre, gentilhomme qui avait peu de revenu, et qui était réduit à vivre ue sa chasse. Le gentilhomme à lièvre, qui va chasser chez ses voisins sans eu être prié, et qui chasse moins pour sou plaisir que pour lo profit, BUFF. Ois. t. Il, p. 44. Il Fig. Bailler le lièvre par l'oreille, amuser quelqu'un, le leurrer, le tromper. He bailla gentiment le lièvre par l'ureiUe, BÉONiKR, Sat. X. Il [Napoléon] ne nous baillait pas

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le lièvre par l'oreille, jamais ne nous leurra de la liberté de la presse ni d'aucune liberté, p. i. cour. Képonse aux anonymes. || Fig. Prendre le lièvre au corps, aller directement à ce qui est essentiel, locution tirée du lévrier qui saisit le lièvre par le corps. Je vous aime par bien des raisons, mais surtout parce que vous m'aimez; celle-là est fort pressante, et prend le lièvre au corps, sÉv. 678. || Fig. Courir le même lièvre, ambitionner la même place, rechercher la même femme, etc. Nous sommes ici tous trois dans le même équipage, nous y faisons tous trois la même chose, et peut-être courons-nous tous trois le même lièvre, dancourt, Charivari, se. B. || 2°Terme de chirurgie. Bec de lièvre, vice de conformation, dans lequel la lèvre supérieure est fendue. Avoir un bec de lièvre. Être bec de lièvre. || 3° Lièvre changeant, espèce de lièvre propre aux climats froids et qui est plus grand d'un quart que le nôtre, ainsi dit parce que son pelage est différent en hiver et en été. Il Lièvre des Patagons, lièvre pampa, différents noms de l'agouti. || Lièvre sauteur, Vhelamys, rongeur voisin des gerboises, habitant le cap de Bonne- Espérance. Il 4* Terme d'astronomie. Le Lièvre, nom d'une constellation de l'hémisphère austral (on met une majuscule en ce sens) . || 5° Lièvre marin , genre de mollusques qu'on nomme aussi aplysie. || Lièvre de mer, lièvre marin, se dit aussi du qjclnptère lump et de la blennie ocellée, poissons. || 6° Lin de lièvre, voy. lin. || Proverbes. C'est vouloir prendre les lièvres au son du tambour, c'est entreprendre ouvertement et avec éclat ce qui se devrait faire en cachette et adroitement. || C'est là que gît le lièvre, c'est là le secret, le nœud de l'affaire. || 11 ne faut pas courir deux lièvres à la fois; qui court deux lièvres n'en prend aucun, c'est-à-dire quand on poursuit deux affaires à la fois, on s'exposeà neréussir ni dans l'une ni dansil'autre. Oh dame ! on ne court pas deux lièvres à la fois, rac. Plaid, m, 3. Je S'ils qu'il ne faut pas courirdeux lièvres ni deux tragédie-; à la fois, VOLT. Leil. Bichelieu, B juill. <773.

— IMST. XI' s. Pour un sul lèvre [il] vat tute jor cornant, Ch de Roi. cxxxii. || xii' s. Plus il a d'enemis que lièvres en essart [lande], Sm. xxix. [Je] Ne doi mie avoir cuer [cœur] de lièvre. Quant por lui sul en ceste queste, la Charrette, t loo. || xni* s. Cil qui fait grant force comment on doit depecier [découper] le lièvre et la geline, brun, latini, Trésor, p. 382. Et si sunt il plus gentil homme, Que cil qui vont chacier as lièvres, ioilose, (7952. || xiv* s. L'en congnoist l'aage d'un lièvre au nombre des pertuis qui sont dessoubs la queue ; car pour tant de pertuis, tant d'ans, Bénagier, ii, ♦. || xv s. Sire, dist la dame, besoin fait vieille trotter, et cremeur [crainte] tait lièvres tumber, Perceforest, t. iv, f° 60. Ce n'est pas viande preste que lièvre en genestai, leroux db LiNCY. Prov. t. I, 176. Et vecy oii gist le lièvre et le droit difficile du neu, G. chast. Ducs de Bourg. m, <C6. Il xvi* s. La torpille qui stupéfie le brasde celuy qui la touche, le lièvre marin qui gaste les poulmons, paré, xxiil, 5. En petit buisson trouve on grant lièvre, cotqbave. Et ces lièvres fuyards armés à millions Qui rioient en tirant la barbe à ces lions [aux capitaines huguenots tués à la Saint- Barthélémy], d'aubionB, Tragiques, les Fers.

— ÉTYM. Wallon, liv ; Maine, gucurre ; Berry , lieme, lieuhe; picard, lieiive, yeuve; génev. la lièvre; du lat. lepui:, leporem; bas-lat. leborem.

■f Lifivr.ITE (lié-vri-f), J. f. Variété de mine de fer.

LIGAMKNT (li-ga-man), s. m. || 1' Terme d'anatomie. Faisceaux fibreux d'un tissu blanc argenté, très-serré, peu extensible, et difficile à rompre. Les ligaments de l'articulation du genou. {| 2" Par extension, nom donné à toutes les parties dont l'usage est de fixer plus ou moins solidement les organes dans des positions données. Lçs li?az;9r]ts larges de la matrice. Les ligaments postér;;fjr^ le la vessie. Les ligaments du foie, jj 3* La partie qui réunit les deux valves des coquilles.

— HIST. XIV* s. La corde [tendon] qui est corapjste du nerf et du liement, h. de mondeville, f' ». Il XVI' 8. Ligament est usurpé généralement Dour toute partie du corps, laquelle conjoint «ne partie avec l'autre; mais ligament spécialement pris ne signifie que cette partie simple du corps humain, la plus terrestre après l'os et le cartilage, prenant le plus souvent son origine de l'un ou de l'autre, mediatement ou immédiatement, et desinant aussi en l'un d'iceux, ou muscla ou autre partie, PARÉ, I, 7.

— f.TYM. Provenç. ligammt, Hfltnmf ; cspagn. ligamiento; ital. legamento; du lat. ligamenium, de ligare, lier. Liement est la dérivation correcte de ligamentum.

LTGASIENTErX, EUSE (li-ga-man-teû, teû-z'), od;. 111° Terme d'anatomie. Qui est de la nature des ligaments. Tissu ligamenteux. || 2° Terme rie botanique. Plantes ligamenteuses, plantes dont les racines ou les tiges sont grosses et tortillées en forme de cordage.

— HIST. XVI' s. Fibres nerveuses et ligamenteuses desdits muscles, paré, i, 7.

t LIGAR (li-gar), s. m. Espèce de coquille univalve, turbo terebra, L,

LIGATURE (li-ga-tu-r'), s. f. \\ 1° Terme de chirurgie. Action de lier. || Opération par laquelle on lie les vaisseaux, les polypes, etc. F'aire la ligature d'une artère, d'une tumeur. || 2° Par un passage facile de l'action de lier à la chose qui lie, morceau d'étoile ou cordon dont on se sert pour lier. Rien qui colle au corps, point de ligature, j. J. Rouss. Ém. ii. || Se dit de petits rubans qui attachent le soulier d'une femme en se croisant sur le cou-de-pied. |1 Terme de marine. Long et fort cordon de fil de caret qui sert à souquer les pièces d'un mât et d'une vergue d'assemblage. || 3° Bande dont on se sert pour lier le bras quand on pratique l'opération de la saignée. Sur la circulation du sang, pour rendre raison pourquoi la veine enfle au-dessous de la ligature, pasg. Pens. div. 74, éd. faugère. Une douleur au bras, que Le Dran, qui m'avait saigné, m'assura ne venir que d'une ligature trop serrée, st-sim. 4 30, 4 90. Il 4* Terme de ehirurgie. Cordonnet plus ou moins large, destiné i étreindre les tumeurs dont on veut provoquer lentement la chute, ou les vaisseaux dans lesquels on veut intercepter le cours du sang. Il 5° Fig. Dans le langage des mystiques, sorte de suspension des facultés. Par une semblable exagération [sur la contemplation], les mystiques les plus sages inculquent sans cesse leur ligature ou suspension des puissances : si on les entend à la lettre, en certains états on n'est plus uni à Dieu par l'intelligence, par la volonté, par la mémoire, mais par la substance de l'âme, boss. États d'oraison, i, 8. Il 6* Se dit aussi de l'effet de certains maléfices, auxquels on attribue le pouvoir de suspendre tout à coup quelque fonction du corps, comme la consommation du mariage. || 7° Terme d'écriture et d'imprimerie. Plusieurs lettres liées ensemble. Les ligatures grecques. {[ Les imprimeurs appellent aussi ligature, un caractère d'imprimerie, qui joint deux lettres ensemble tels que se, ff. || Dans la fonderie des caractères, les ligatures sont des parties déliées, en fonte ou en cuivre, qui servent à lier les parties d'une même lettre. || 8- Sorte de grosse étoffe, dont oa fait des ceintures pour les rouliers et les paysans, dite aussi hrocatelle. || 9° Terme d'alchimie. Ce qui bouche exactement un vaisseau.

— HIST. xvi* s. Ce qui est attaché à l'entendement a encor (par manière de parler) plus de ligatures que ce qui est attaché au corps, langue, 497. Et sera faits une bonne et forte ligature en la racine de la loupe, avec menue ficelle, paré, v, 4 8.

— ÉTYM. Provenç. ligadxira; du lat. ligare, lier.

LIGE (li-j'), adj.ljl' Terme de féodalité. Qui promet à son seigneur toute fidélité contre qui que ce soit, sans restriction; ce qui signifiait que, si un homme était vassal de deux seigneurs et si la guerre éclatait entre les deux seigneurs, il était tenu de secourir celui dont il était lige contre l'autre dont il était vassal simple. Selon la coutume de cette province [Bretagne], tous les juveigneurs de Rohan devaient être hommes liges du duc de Bretagne, ST-SIM. 57, 4 99. Henri VI demande à être le vassal lige du pape, volt. Wrturs, 4». Tassillon, duc de Bavière, fait un hommage de son duché au roi de Franco dans la forme des hommages qu'on a depuis appelés liges, id. Anri. Emp. Charlemagne, 766. Il Kig. Les animaux et toute espèce lige De son seul appétit.... la font. Fabl. iv, 42. ni' Fief lige, héritage lige, terre lige, terre possédée sous la charge de l'hommage lige et des obligations qu'il imposait. || On disait dans le même sens : protection lige; puissance lige, foi lige.

— HIST. XI' s. Et lor amis et lor liges segnors, Ch. de Roi. CLXXiv. || xii' s. Son bon aubère lui aident à vestir Si hume licge. Ronds. 85. Tu deiz, dit li messalgfis, ton seingnor enorer ; Ses hom» es, et li deiz ft-i e amor porter, E s'onor e sa vie e SCS membres saver. Ne li deiz al busuaing ne faillir ne falser, 'lu es siz liges homs, tu nel voil avoer, Itou, v. 44n8. Cele que [à qui] j'ai de cunr (cœur) fait lige hommage, Couci, xix. | Notre terre] Que la mère Deu ticntà son lige doairc,S(ii. XXXI. ||xill'8. Li rois est mes niés [mon neveu], fius de mon frero, et si est mes liges sires, et je sui ses liges homs, Chr. de Raint, 4 89. ||xiv* i. Nous reconnaissons [dit la

roi d'Angleterre, duc de Guienne] par les présentes lettres, que ledit hommaige que nous feismes à Amiens au roy de France, combien que nous le feissions par paroUes générales, est et doit estre entendu lige, et i|ue nous devons foi et loyauté porter, DU Gange, ligius.

— ÉTYM. Wallon, Uge, dans la phrase quit' et Itge ; provenç. litge, lige et aussi lis; anc. catal. (19e, litge; ital. iisi'o; anglais, licge ; bas-lat. ligius. Origine incertaine. La forme provençale ils au nominatif suppose un adjectif lig ; les autres un adjectif lige. Grangagnage y voit une contraction de l'allemand ledec ou ledig, libre, dégagé : hommage lige, hommage dégagé de toute restriction ; dans un texte du xiu" siècle rapporté par Diez, on trouve : ligius homo, quod teutonice dicilur ledigman (c'ost-à-dire libre de tout engagement envers un tiers). Guillaume le Breton traduisant dans sa Philippéide, homme lige par ligatus, Cachet, Chevallet et avant eux F. Pluquet ont adopté l'étymologie de ligare, lier. Diez trouve que, pour la forme, le Scandinave lidi, compagnon, donnant lidius, donnerait trèsbien lige, mais que ce sens n'est pas suffisant. Du Cangeletire du bas-latin it'fus, lidus, letus, homme attaché à la glèbe, d'où l'adjectif lilius, qui formerait le français lige, et le provençal litge. L'étymologie reste indécise entre des probabilités.

t LIGEMENT (li-je-man), odii. Avec condition d'hommage lige. Tenir ime terre ligement.

— HIST. XII" s. El je sui si siens quites ligement, Que tout me peut ou engager ou vendre, Couci, v. Il XV' s. Une bonne ville qui se tenoit liegement du comte de Lille, fbciss. i, i, 224.

f ». LIGNAGE (li-gna-j'),î. m. Terme de charpentier. Action de tracer avec une ficelle frottée de blanc les sciages que l'on veut opérer.

— ÉTYM. Ligne.

2. LIGNAGE (ii-gna-j') , ». m. L'ensemble des personnes qui appartiennent i la même lignée. Imprudence, babil et sotte vanité. Et vaine curiosité, Ont ensemble étroit parentage ; Ce sont enfants tous d'un lignage, la font. Fabl. i, 3. Parmi nous, les biens sont propres, acquêts ou conquêts.... libres, substitués; du lignage ou non, montksq. Esp. VI, I. Je remarquais tout l'étalage Et l'air de ces nouveaux venus [courtisans qui venaient .saluer le soleil levant] ; Ce sont seigneurs de haut lignage; Car ils descendent de Janus, Ayant tous un doubla visage, volt. Lett. Pr. roy. de Prusse, avril 4 74').

— HIST. xir s. Qui en sevra [sépara] le lignage Caïn, Ronc. 455. Où il a guerroie ton lignage long tans, Sctx. v. Li arcevesques sist un jor à son mangier; Sis seneschaus li vint la novele nuncier, Que li reis out tut fait sun lignage esseillier. Th. le mart. 64. ||xiii' s. Mal semble que je soie de lignage roial, Berte, xxvi. Moût fut de haut lignage Berle, ce [je] vous plevis, ib. xxx. Depuis l'a le lignage porté et portera [ce blason], ib. cxxxi.|| xiv's. Delettacion est maismement appropriée à nostrc humain lignage, obesme, Eth. 4. || iv' s. La prochaineté du lignage qui estoit entre le roy et l'cvesque du Lyege, comii. 11, 9. || xvi' s. L'on a dit autrefois qu'où ramage [descendance] défaut, lignage [ascendance] succède, LOïSEL, 34î. Periclès leur reprocha souvent le lignage de leur mère, amyot, Cimon, 28.

— ÉTYM. l'rovenç. linhatge, lignatge; catal. llino(ff« ;espagn. linage; ital. legnaggio; d'une forme fictive lineaticum, dérivé du lat. linea, ligne.

f ï. LIGNAGE (li-gna-j"), s. m. Espèce de vin rouge médiocre du terroir d'Orléans. Un valet effronté m'apporte un rouge bord D'un Auvernat fumeux, qui, mêlé de Lignage, Se vendait chez Crenet pour vin de l'Ermitage, boil. Sot. m.

LIGNAGER (li-gna-jé; l'rne se prononce et ne se lie jamais) , s. m. |{ 1" Terme df? jurisprudence. Celui qui est du même lignage. || î" Adj. Usité seulomont dans celle locution : reirait llgnager, action par laquelle un parent du cAté du vendeur pouvait reprendre, dans un délai fixé et sauf rembouisomenl, l'héritage vendu. Le retrait llgnager rendra aux familles nobles les terres que la prodigalité d'un parent aura aliénées, montesq. Espr. v, ».

— HIST. xvi' s. Celui qui prend les meubles et «oquels paie les dettes : les propres demeurani francs et quittes aux parents lignagers, loïskl, 320. Retraitseigneurial et conventionnel est cessible; le lignagcr non, si ce n'est à un lignager, m. 428.

— ÉTYM. Lignage 2.

LIGNE (ll-gn) , I. f. Il 1* Cordeau, ficelle. || 2" Ligno à plomb; ligne allongée. ||3° Ficelle avec un hameçon pour pêcher. || 4° Nom donné dans la marina a une corde petite, mais forte. || 6* En géométrie, étendus en longueur, considérée sans largeur ni

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épaisseur. || 6* La douzième partie d'un pouce. Il 7» La >**' partie d'un pouce d'eau. || 8° Ligne rie terre, en perspective. || S" En musique, les traits horizontaux suriesquels on écrit les notes. || 10° Ligne, au jeu d'échecs et de daines. || 11* En termes d'anatomie ligne blanche, "ligne Spre, ligne médiane. Il H»' Ligne visuelle. || 13* Ligne de mire. || 14" Ligne équinoiiale. || 16- Ligne de foi. || 16° Ligne d'eau ou de nottaison. || 17* Ligne de marcation, de démarcation. Il 18° Direction. || 19° Rang, jl 20° Série de membres d'une famille. || 21" Ligne de vie. Il 22* L'espace droit ou circulaire que parcourt le cheval dans le manège. || 23° Le mot ligne dans l'escrime. Il 24° Dans les beaux-arts, effet général produit parla réunion et la combinaison des diverses parties soit dun objet naturel soit d'une composition. Il 25* Suite de mots écrits ou imprimés en ligne droite. Il 26° Ce qui est écrit dans une ligne. || 27° Direction générale de la position des troupes soit pour le combat, soit pour les grandes manœuvres. Il 28" Suite de baiaillons ou d'escadrons placés sur une même ligne et faisant face du même côté. || 29° Toute réunion de bâtiments de guerre rangés ou gouvernant sur un morne Turab de vent. Il 30° Retranchement. 1| 31° LiRne de douanes. || 32» Ligne télégraphique. || 33° Ligne d'un chemin de fer. || 34° Voie étroite tracée dans une forêt. || 35° Double ligne, sorte de poisson 1° Au sens propre, donné par l'étymologie , cordeao , ficelle dont divers ouvrier» se servent pour tracer leurs ouvrages. Tirer une muraille à la ligne, en ligne droite. De longues allées d'arbres, plantées à la ligne, vaugelas, Q. C. 398. Il Fig. Et ces froids ornements à la ligne plantés, BOiL. Sat. IV. Il 2° Terme de construction. Ligne à plomb, direction que prend une corde à l'extrémité de laquelle pend un poids. || Ligne allongée, celle qui, dans la coupe des pierres, est tirée à côté d'une autre, et en partant d'un même centre que celle-ci. || 3° Ficelle avec un hameçon au bout pour pécher. Pêcher à la ligne. || Ligne dormante, ligne qui demeure fixée dans l'eau, sans qu'on la tienne. || Ligne flottante, ligne dont l'extrémité est attachée à un corps flottant, et telle que l'hameçon puisse être déplacé par le courant de l'eau. Il Ligne de fond, ligne dont l'hameçon avec l'appât repose sur le fond de l'eau. || Ligne se dit aussi de l'instrument tout entier, bâton et ficelle, qui sert à pêcher. || 4° Terme de marine. Nom donné à une corde petite, mais forte relativement à sa grosseur, que l'on emploie à des usages différents. Ligne goudronnée. Ligne d'amarrages. Ligne de sonde. || Ligne de loch, petite corde attachée au loch, par le moyen de laquelle on estime le chemin d'un vaisseau. || 5° Terme de géométrie. Etendue en longueur, considérée sans largeur ni épaisseur. Ligne droite. Ligne courbe. Ligne brisée. Mener, tirer une ligne parallèle à une autre. J'assurerai aussi peu qu'une ligne droite, tombant sur une autre ligne droite, fait deux angles droits ou égaux à deux droits , de peur que, les hommes venant à y découvrir quelque chose de plus ou de moins, je ne sois raillé de ma proposition, la bruy. XII. No^s considérons, il est vrai, la divisibilité à l'inliiii en géométrie; mais cette science n'a d'objet que nos idées, et, en supposant des lignes sans largeur et des points sans étendue, nous supposons aussi une infinité de cercles passant entre une tangente et un cercle donné, volt. Dict. phil. Locke. Knfin, dans l'idée de surface, j% fais encore abstraction d'une des deux dimensions qui la composent, et il me rcîite l'idée de ligne, d'alembert. Mélanges de lilli'r. d'hist. et de philos, t. v, § ii. La ligne perpendiculaire, image de la stabilité, mesure de la profondeur, frappe plus que la ligne oblique, uiDEH. Salon de )707, Œuvres, t. xiv, p. 263, dans pouoEMS. || Lignes trigonométriques, les sinus, cosinus, tangentes, etc. || 6» Dans l'ancien syst^me des poid« et mesures, la douzième partie d'un pouce. Cette règle a deux pieds six pouces quatre lignes de long. La ligne vaut deux millimètres deux mille cinq cent cinquante-huit dix-milliftmes 2-*,»86(i). Il Fig. Pour moi, je ne puis comprendre ce plaisir, et que voui soyez aise de rêver et d'attacher V6s yeux sur cette horreur qui vous met à une ligne de la mort, sp.v. ♦«•!. || 7» Terme de fontainier. Ligne d'eau, la <4f partie d'un pouce d eau. Il 8* Terme de perspective. Ligne de terre intersection du plan du tableau avec le plan géométral (ou de tem).]\ Ligne verticale, celle par laquplle le plan vertical coupe le tableau. |l Ligne honzonlale, voy. bobizontal. || »• Terme de musique. Se ilit des traits horizontaux et parallèles qui

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composent la portée. La musique s'écrit sur cinq liiines. La clef de sol se place sur la seconde ligne, la clef d'ut sur les quatre premières lignes. || 10° Lignes extrêmes, se dit, aux éch«cs, des quatre bandes composées de vingt-huit cases, formant la bordure de l'échiquier. || Lignes de hauteur, bandes qui vont d'un joueur à l'autre. || Lignes horizontales, bandes qui vont de la droite à la gauche des joueurs. || Ligne du milieu ou grande ligne, désigne, au jeu de dames, la ligne qui traverse diagonalement , et qui est de la couleur sur laquelle on joue. Il 11° Terme d'anatomie. Ligne blanche, espèce de bande aponévrotique, étendue depuis l'appendice xiphoïde du sternum jusqu'à la symphyse des pubis, subjaeente à la peau et appliquée sur le péritoine. Il Ligne âpre du fémur, saillie rugueuse que forme le bord postérieur de cet os, et qui se bifurque à chaque extrémité. || Ligne médiane, ligne imaginaire que l'on suppose partager verticalement le corps en deux parties égales et symétriques. Il 12' Ligne visuelle, celle qui part de l'oeil de l'observateur et aboutit à l'objet qu'il considère. Il 13° Terme d'artillerie. Ligne de mire, celle qui détermine la position de la pièce, relativement au point que l'on veut atteindre. || Ligne de tir, axe d'un canon qu'on suppose prolongé indéfiniment; c'est une ligne droite. || 14° Ligne équinoxiale, ou, simplement, ligne, l'équateur; nom qui vient de ce que la circonférence du cercle de l'équateur, qui est la ligne, est supposée tracée sur la terre. Les latitudes commencent à se compter de la ligne. Ne voyons-nous pas sous la ligne, où les quatre saisons n'en font qu'une, la terre toujours fleurie, les arbres continuellement vertS; et la nature toujours au printemps? bufp. Çuadrup. t. IV, p. 28. Il Passer, couper la ligne, traverser l'équateur et passer d'un hémisphère à l'autre. Prendre des anciens et faire son profit de ce qu'ils ont écrit, c'est comme pirater au delà de la ligne, lamotue levayeb, Letl. citée par Bayle, art. Éphore. M. Halley avait passé quatre fois la ligne pendant le cours de ce voyage, c'est-à-dire en moins de deux ans, MAiBAN, Éloge de Halley. \\ Ligne méridienne, la circonférence du méridien supposée tracée sur la terre. || Terme d'astronomie. Ligne des nœuds, celle suivant laquelle le plan de l'orbite d'une planète coupe celui de l'écliptique. || 15° Ligne de foi, droite tracée sur l'alidade d'un cercle ou de tout autre instrument gradué, et servant à indiquer la direction du centre de l'instrument à l'objet visé. La ligne de foi se prolonge sur le limbe et marque le degré où finit l'arc cherché. || Ligne de foi se dit aussi d'un peiit fil de métal appli(|ué sur le verre d'une lunette, pour rendre les observations plus justes. Il Terme de marine. Ligne de foi, ligne noire tracée dans la boîte d'un compas de route, et qui indique la direction ou le cap du navire. |1 16° Terme de marine. Ligne d'eau ou ligne de flottaison, ligne qu'atteint un vaisseau quand il est pourvu de tout ce qui lui est nécessaire pour le voyage, et qu'il n'a pas encore reçu les marchandises ou autre charge. Il Lignes d'eau, les différentes coupes horizontales de la partie submergée de la caréné d'un vaisseau, parallèlement à la ligne de flottaison. || Ligne du fort, dans un vaisseau, l'endroit où il est le plus gros. Il Ligne du pont, ligne qui suit la forme du pont. Il 17° Ligne do marcation, ligne tracée par Alexandre VI sur la mappemonde, pour séparer les possessions des Espagnols de celles des Portugais, attribuant aux Espagnols les terres qu'ils découvriraient à l'ouest, et aux Portugais celles qu'ils découvriraient à l'est, puis rectifiée de concert et alors nommée ligne de démarcation par les Portugais et les Espagnols. Pendant que les Espagnols découvraient et conquéraient du côté de l'Occident, les Portugais poussaient leurs conquêtes et leurs découvertes du côté de l'Orient; ces deux nations se rencontrèrent, elles eurent recours au pape Alexandre VI, qui fit la célèbre ligne de démarcation et jugea un grand procès, montesq. Espr. xxi, 2i. || Par extension de ce sens historique. Ligne de démarcation, ligne tracée sur un terrain ou sur une carte pour marquer la division de deux territoires, de deux propriétés. || Fig. Il n'est pas toujours facile de tracer une ligne de démarcation entre l'erreur et la vérité. || Ligne de respect, ligne fictive imaginée sur mer à une disLince convenable des côtes et qui est considérée comme la frontière maritime d'un pays. || 18* Direction. Il y a toujours une ligne de tout état à Dieu ; et, sitôt que l'on commence à marcher sur cette ligne, on est dans son ordre, nicole, Ets. mor. !• traité, ch. ». || Aller quelque part on droite ligne, y aller sans faire de

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détours. Il Fig. C'est un homme qui a toujours marché sur la même ligne, qui s'est tracé une ligne dont il ne s'est jamais écarté, il s'est fait des règles de conduite qu'il a constamment suivies. || Fig. Suivre la ligne du devoir, de l'honneur, tenir une conduite conforme au devoir, à l'honneur. Mot [prosilire] qui voulait dire qu'on s'égarait hors des bornes, qu'on s'échappait, qu'on sortait des lignes, Boss. Panég. St Thomas, 2. || Ligne de conduite, la règle qu'on prend pour diriger sa vie. |! 19° Rang. Etre, marcher sur la même ligne. La FeuiUade dit qu'après avoir commandé les armées, il ne pouvait plus servir en ligne de lieutenant général, st-sim. (64, (76. Il Être en première ligne, mettre en première ligne, être au premier rang, placer au premier rang. Ce candidat a été présenté en première ligne, en seconde ligne par l'Institut pour telle chaire. || Hors ligne, se dit de ce qui n'est pas dans le rang, de ce qui mérite une place exceptionnelle en vertu de quelque excellence. Voilà un tableau hors ligne. || 20° Série des membres d'une famille. Ils veulent qu'on les croie en droite ligne issus Des sept sages de Grèce, Régnier, Sat. vi. Mais fussiezvous issu d'Hercule en droite ligne. Si vous ne faites voir qu'une bassesse insigne, Ce long amas d'aïeux que vous diffamez tous. Sont autant de témoins qui parlent contre vous, boil. Sat. v. Mon père me faisait descendre de Minos en droite ligne, VOLT. Scarmentado. La ligne masculine s'éteignait dans cette maison [de Charles le Téméraire], baynal, Hist. phil. II, 1 . Il Ligne directe, celle qui va de père en fils, c'est l'ordre des ascendants et des descendants. Il Ligne collatérale, l'ordre de ceux qui tirent leur naissance de la même souche, mais non les uns des autres; c'est celle où sont placés les oncles, tantes, cousins, neveux. || Ligne ascendante, lasérie des aïeux d'une personne. Ligne descendante, la série des descendants. Il 21° Terme de chiromancie. Se dit des traits marqués dans la main et par lesquels on prétend découvrir le caractère ou le destin des gens. La ligne de vie est celle qui est au-dessous du pouce. Laligne de Vénus prend depuis l'indexjusqu'à l'autre bout de la main. C'est la ligne de Mercure qui marque les bonnes ou mauvaises nouvelles, dancourt. Sec. chap. du Diable boit, ii, 3. Il y avait une certaine ligne qui le disait et ne mentait jamais; une vie longue et heureuse, comme l'indiquait une autre ligne aussi véridique que la première, uider. Salon de (767, OEuvres, t. xiv, p. 359, dans pou- GËNS. Il II se dit aussi des rides du front par lesquelles on prétend juger de la bonne et mauvaise fortune des hommes. || 22° Terme de manège. Ligne, l'espace droit ou circulaire que parcourt le cheval, soit au cercle, soit au pilier, soit sur le carré du manège. Il 23" Terme d'escrime. Ligne, celle qui est directement opposée à l'adversaire, et dans laquelle doivent être les épaules, le bras droit et l'épée. || Être en ligne, se dit d'un tireur dont le pied droit est placé vis-à-vis la cheville du pied gauche. || Se dit aussi de deux tireurs qui sont en face l'un de l'autre. Il 24° Terme de beaux-arts. Ligne, ou lignes, l'effet général produit par la réunion et la combinaison des diverses parties, soit d'un objet naturel, soit d'une composition. Les lignes du visage. Ce groupe, ce paysage présente de belles lignes, des lignes simples, grandes. La ligne de composition d'un tableau. Votre ligne n'eût pas été la véritable ligne, la ligne de beauté, la ligne idéale, mais une ligne quelconque altérée, dider. Salon de (707, OEtwres, t. xiv, danspouoENS. ||0n dit des figures d'un tableau que les lignes en sont flexibles, pour exprimer qu'elles procèdent par courbes et par méplats doux et gracieux. || Les lignes de l'architecture sont les divers plans horizontaux formés par les soubassements, par les membres et les moulures do l'entablement, par les acrotères, les combles, etc. Il 25° Suite de mots écrits ou imprimés en ligne droite. Portez-lui donc ma lettre, où sont en peu de lignes Dépeints tous mes travaux et mes miUheurs insignes, mairet, Soliman, i, B. Je voudrais que chacune de vos lignes vous fût payée comme aux Robertson, volt. Lett. Laharpe, 26 janvier (770. Je remercie Votre Majesté impériale de tout ce qu'elle daigne m'apprendre sur la Sibérie méridionale ; elle m'en dit plus en dix lignes que l'abbé Cliappe dansun in-folio, id. Lett. Imp. Uuss. (s nov. (77(. ô lignes que sa main, que son cœur a tracées I ô nom baisé cent fois! craintes bientôt chassées! a. ciién. ÉUg. m. Il Tirer à la ligne, écrire des phrases inutiles, pour le feul efl"et d'allonger un article payé i tant la ligne. || Mettre un mot, un passage à la ligne, commencer par ce mot, par ce pas.sago un Douvel alinéa. || X la li^e, phrase par laquelle on

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«vertît celui à qui on dicte quelque chose, ffe mettre un mot, un passage à la ligne. || Donner de la ligne à quelqu'un, se dit en parlant de l'usage de n'écrire que le mot Monsieur ou Madame sur la première ligne d'une lettre en s'adressant à un supérieur. || Fig. Lire entre les lignes, \oir dans un écrit un sens caché qui y est sans paraître. Je voudrais avoir la réponse que je fis à cette lettre ; elle ne disait pas plus; mais il me semble qu'elle contenait davantage, et qu'il y avait, comme entre les lignes, ce qui n'était exprimé par aucun mot, BTAAL, Mém. t. i, p. 90. Les amis de Galiani et l'abbé lui-même avaient coutume dédire de son livre sur les blés : C'est moins un livre sur le commerce des blis qu'un ouvrage sur la science du gouvernement; il faut savoir y lire le blanc et l'entredeui des lignes, saiste-dedve. Art. sur Galiani. Il Terme d'imprimerie. Ligne de tête, la première delapage. Ligne de pied, ligne composée de cadrais au bas lie la page, dans laquelle se place la signature. Il F.crire hors ligne, mettre horsligne, tirer une somme hors ligue, l'écrire à la marge. |1 Ligne de compte, la somme qu'on tire à la marge blanche laissée à côté d'un compte à droite. || Mettre en ligne de compte, tirer en ligne de compte, employer, comprendre dans un compte; et fig. faire mention d'une chose. || 26° Ce qui est écrit dans une ligne. Ces lignes diffamatoires sont d'autant plus punissables, qu'elles outragent personnellement Mlle Corneille et surtout Mme Denis, ma nièce, qui l'élève comme sa fille, volt. Lett. rhmoJ, 3 1 janv. <76i. 11 suffisait d'une ligne dans Tacite ou dans Suétone, et même dans les auteurs des légendes, pourrendre un prince odieux au monde et pour perpétuer son opprobre de siècle en siècle, id. Russie, ii, <0. Quelle comparaison d'une belle ligne, quand je saurais l'écrire, à une belle action? dioer. Claude et Nér. II, 79. Pendant que je vous fais ces lignes très-sensée'î, voici une drôle d'aventure, p. L. cour. Lett. I, <«8. Il Familicrement. Deux lignes, une courte missive. Je vous écrirai deux lignes pour vous prévenir de mon arrivée. || Deux lignes signifie aussi une brève mention. Si elle [Mme de Maintenon) fût morte avant le roi, c'eût été un événement dans l'Europe ; et deux lignes dans la gazette apprirent sa mort à ceux qui ignoraient si elle vivait encore, duclos, Mém. rég. OFluv. t. v, p. 402. Il ÎT Terme de guerre. Direction générale de la position des troupes, soit pour le combat, soit poiM- les grandes manœuvres. La ligne appuyait sa gauche au village, et sa droite à un bois. || Se porter sur la lif;ne, sa diriger vers la position qu'on doit occuper dans la ligne. || Entrer, rentrer en ligne, BC mettre en ligne, être en ligne, se placer, se replacer, ou être placé dans la direction générale de la ligne. En même temps, l'empereur désignait à chaque corps sa place ; le reste de l'armée entrait en ligne, et une fusillade générale, entrecoupée de quelques coups de canon, s'était établie, sÉoun, Jlist. de JVap. vu, 6. || Rompre la ligne, ou forcer la ligne, se porter trop en avant. Rompre la ligne ou refuser la ligne, rester trop en arrière. || Ligne de direction, ligne que doit suivre un corps militaire en campagne, ou dans les grandes manœuvres. || Ligne d'opération, ligne qu'une armée, ou plusieurs corps destinés à la même opération, doiventsuivre constamment. Comme les Russes se montrent par masses redoublées à leur centre et à leur droite, menaçant la route de Moscou, sur la ligne d'opération de la grande armée, ségur, llist. de Nap. vu, 5. || Ligne de communicalion, chemin par lequel une armée communique avec ses dépôts, ses maga<:ins, ses réserves. Au milieu d'elle [la grande armée], son chef, sombre et silencieux, paraissait mesurer avec anxiété sa ligne de communication avec les places de la Vistule, sÉOiiR, llitt. de Nap. ix, 5. || Ligne de convoi, l'espace qui reste libre entre une armée et sa base d'opération. || 28° Ligne se dit aussi, en termes militaires, dune suite de bataillons ou d'escaiIroDs placés sur la même ligne et faisant face du même côté. Une armée se divise ordinairement en trois lignes, dont la première forme l'avant-garde, la seconde le corpj de lataille, la troisième l'arrièregarde ou la réserve. [X Pultava] les Suédois consternés s'ébranlent, et, le canon ennemi continuant à les écraser, la première ligne se replia sur la s".conde et la seconde s'enfuit; ce ne fut en cette dernière action qu'une ligne do dix mille hommes do l'infanterie russe qui mit en déroute l'armée suédoise ; tant les choses étalent changées I volt. Char- Ut XII, 4. Un régiment de Davoust cherchait à prendre son rang dans la première ligne, SÉOUR, Uist. de Nap. vu, 6. || j;,igDe pleine, celle où la droite

(Tun corps s'appuie à la gauche du corps qui est à sa droite, par opposition à ligne à intervalles, ou ligne dans laquelle il reste des vides entre la gauche d'un corps et la droite du corps voisin. || Ligne à échiquier, disposition qui présente alternativement un espace occupé par un corps de troupes et un espace vide. Il Marcher en ligne, par opposition à marcher en échelons, se dit d'une armée qui, en marchant, conserve l'alignement générai et partiel. Il Par peloton ou par section en ligne, commandement par lequel on ordonne à une troupe qui est en marche par le flanc, de se partager et de se former en pelotons ou en sections. {| Troupe de ligne, troupe destinée à combattre en ligne, par opposition à troupe légère ou irrégulière. || On dit de même infanterie de ligne, régiment de ligne. || Absolument et collectivement. La ligne, les corps composant la troupe do ligne. ||La ligne se dit aussi par opposition à la garde. Quitter la ligne pour entrer dans la garde. |i 29° Terme de marine. Toute réunion de bâtiments de guerre rangés ou gouvernant sur un même rumb de vent. Former, serrer, ouvrir la ligne. X. Trafalgar, Nelson coupa la ligne française. Ligne de combat. Ligne de marche. {| Ligne du plus près, ligne is bâtiments de guerre qui fait un angle de 67 degrés 30 minutes avec le lit du vent. On la nomme ligne du plus près tribord et ligne du plus près bâbord, selon que les bâtiments reçoivent le vent par la droite ou par la gauche. || Vaisseau de ligne, nom qu'on donnait aux grands vaisseaux de guerre ayant au moins cinquante canons et pouvant se placer en ligne avec les autres. Les Hollandais mirent en mer cent vaisseaux de ligne, volt. Louis XIV, 6. Il 30° Terme de fortification. Retranchement; en ce sens il se dit surtout au pluriel. Travailler aux lignes. Combler les lignes. || Particulièrement. Ensemble de retranchements, permanents ou passagers, destinés à couvrir une armée, à fermer un débouché, etc. Ici il sortait de ses lignes pour comba't.-e, flécii. Tur. Une faute que fit le prince Eu{;ène [à Denain] délivr.i le roi et la France de tant d'inquiétudes ; on prétend que ses lignes étaient trop étendues.... volt. LouisXlV, 23. Comme il [Charles le Témér.iire, à la bataille de Nancy] voulut garder ses lignes avec le peu de monde qu'il avait, le corps qu'il opposa au duc René n'était guère que de deux mille hommes, nucLos, }Iist. Louis XI. OEuv. t. m, p. <26, dans pougens. || Lignes continues, par opposition à lignes à intervalles celles qui se suivent sans interruption. 1| 11 y a différentes sortes (Je lignes, suivant le dessein de l'at' taque ou de la défense. Lignes d'approche, lignes qui se font dans les sièges, pour s'approcher à couvert du corps de la place. Lignes de circonvallation, lignes qui se font autour d'un camp pour en assurer les quartiers. Ligne de contrevallation, lignes qui se font pour se couvrir du côté d'une place qu'on assiège. || Lignes de contre-approche, tranchées que les assiégés ouvrent pour enfiler les travaux des a.ssiégeants. I| Lignes parallèles, ou, simplement, parallèles, lignes que font les assiégeants pour lier leurs tranchées, les protéger et garder leurs batteries. Ils firent [les Turcs] dans ce siège, pour la première fois, des lignes parallèles dans les tranchées, VOLT. Louis XIV, io. Il Lignes de communication, tranchées qu'on ouvre d'une parallèle à l'autre, pour faciliter les communications. |{ Ligne de défense, ou ligne de frontière, ligne que, dans le système défensif d'un État, occupent ou doivent occuper les places fortes, les camps retranchés et les lignes. Il 31° Ligne de douane, bureaux de douane placés le long d'une frontière, d'une limite. Il y a plusieurs lignes de douane sur une même frontière. Il On dit de même à l'armée : ligne de postes, lignes de sentinelles avancées. || 32° Autrefois, ligne télégraphique, suite de télégraphes aériens qui correspondaient entre eux. || Aujourd'hui, fil de for qui transmet, à l'aide de l'électricité, les dépêches d'un point à un autre. |{ 33° Ligne d'un chemin de fer, l'axe des ouvrages dont il se compose. |{ Par extension, on substitue souvent le mot do ligne à celui de chemin de fer. La ligne de Paris à Orléans. Mettre une ligne en exploitation. Cette ligne n'est pas bonne, elle ne couvre pas ses frais. || Il se dit aussi du parcours des omnibus. Une ligne d'omnibus. La ligne des boulevards. |{ Ligne d'opération, celle que l'on jalonne dans les tracés et qui sert de hase aux nivellements et levés do plans. || 34°Teime de forestier. Voie étroite tracée dans une forêt, et dite autrefois laie. || 3S* Double ligna, poisson de la Chine.

— lllST. xiii' s. Se tu ve!s trovcrla mesure d'une ligne droite,... Comput, f *t. Qui près do moi sa

vorroit [voudrait] traire. Un beau conte m'orroit retraire, Dont je me sui molt entremis. Et je si l'ai en rime mis. Corne il avint, trestot à ligne, fablinux mss. p. 300, dans lacirne. || xv* s. Le vigneron fut atrapé, Quant il fut trouvé en la vigne. Trop mie'ilx que poisson à la ligne, CH. d'orl. Rond. 73. Or cest bon roy, gardant à la ligne la loy de Dieu.... oncques ne voult. ... consentir telles batailles, christ. DE PIS. Charles Y, i, 23. Ains en tous ses faits, plui tire.... sur miséricorde que sur rigueur, en gardant la ligne et la balance de droict, Bouciq. iv, 8. Je suis d'aussi bon lieu comme demoiselle ou bourgeoise qui y fut; je m'en rapporte à ceux qui savent les lignes [généalogies], Les quinze joies du mariage, p. (8, dans lacurne. || xvi's. La ligne blanche n'est autre chose que la termination des muscles susdits, située au milieu du ventre, paré, i, 12. Cette coupeure de la ligne vitale de vostre main gauche, MONT. II, 212. Quant aux qualités fortuites, ce n'est pas de mon goust de les mettre en ligne de compte, ID. IV, 3)8. Theseus de par son père estoit descendu en droicte ligne du grand Erechtheus, AMYOT, Thésée, 1 1 Pescher à la ligne. Jeter sa Vv^ne. Retirer sa ligne avec prise, m. Anton. 36. Il doit user à son chant royal de ligne [rime] féminine et puis masculine, ou de masculine et puis féminine, FABRi, Art de rhétor. ii, f" Bo, dans lacurne. Biens meubles ne tiennent costé ne ligne, à sçavoir ne suivent estoc, costé ny ligne, cotgrave. Cela qui a longueur sans largeur, se nomme ligne, forcadel, Éléments d'Euclide, p. 4 .

— ÉTYM. Picard, Une; Berry, légne, ligne à pêcher; provenç. linha, ligna; esp. et ital. linea; du lat. linea, de linum, lin : proprement un fil de lin (Varron, De re rustir.a, i, 23, 8, donne à linea le sens de fil, ficelle).

f LIGNÉ, EE (li-gné, gnée), part, passé de ligner (.Toile lignée. {| Terme d'histoire naturelle. Marqué de lignes parallèles simples, fines, et d'une couleur qui tranche sur la couleur générale.

LIGNÉE (li-gnée), s. f. Race, descendance. Ces nombreuses lignées Qui du sang d'Israël portent si haut l'honneur, corn. Trad. du ps. cxxi. Quand l'enfer eut produit la goutte et l'araignée : Mes filles, leur dit-il, vous pouvez vous vanter D'être pour l'humaine lignée Également à redouter, la font. Fahl. m, 8. Un père eut pour toute lignée Un fils qu'il aima trop, id. t'b. viii, (8. On a de grandes raisons de croira que, dans la lignée olI s'est conservée la connaissance de Dieu, on conservait aussi par écrit des mémoires des anciens temps, uoss. Hist. II, 3. M. du Maine voulut se marier; le roi l'en détournait et lui disait que ce n'était pas à des espèces comme lui à faire lignée, st-sim. 4, ci. Le physique, ce père du moral, transmet le môme caractère de père en fils pendant des siècles ; les Appius furent toujours fiers et infiexibles; les Citons toujours sévères; toute la lignée des Guises fut audacieuse, téméraire, factieuse, pétrie du plus insolent orgueil et de la politesse la plus séduLsante, VOLT. bict. phil. Caton et suicide. \\ Il se dit aussi des animaux. || Fig. Les esprits d'une haute lignée errent sans cesse autour de l'abîme des pensées sans fin, stael, Allem. m, l.

— HIST. XII* s. Ses m.iisuns, que vus reciintcT: en altro lignede, Lib. psalm. p. 63. SaQl ciii Dcus eslist, pur ço que Dcu guerpi, E il e sa lignée e sa mesun péri, 7'ft. le mart. 74. ||xiii" s. Et s' fs^i] est née et estiaito de si bonne lignic, Rcrte, ixxii. Il xV s. Et ainsi de ma souvenance sont morts en ces divisions d'Angleterre bien quatre-vingts hommes de la lignée royale d'Angleterre, dont une partie j'ay congneus, comm. i, 7. Homme do petite lignée, id. 7, Prol. || xvi* s. Adam a enveloppé, voire plongé en pareilles misères toute sa lignée, CALV. Instit. (72. Quand on demande à Thaïes pourquoy il ne se marie point, il respond qu'il n'aime point à laisser lignée ilo soy, mont, i, 312.

— ÊTYM. L'anc. adj. ligné, qui a du lignage, de la noblesse (Ascz avez ben enlinées dames, Ch. de Rol.[i. 332, éd. oénin), de ligne; provenç. linhada.

t «. LIGNER (li-gné), ti. a. Tracer des lignes parallèles sur une surface. Ligner du papier, do la toile. Il Terme de maçon. Tr.icer une ligne droite avec un cordeau frotté de craie. || Terme do marine. Ligner une voile, la disposer, pli par pli, sur un de ses côtés, afin du la serrer cunveQ.iblement.

— IIIST. xV s. Fille, vous estes de grant bien. Et issue de grant lignie ; Ce doit raieuls estre en vous lignie [tracée] La parole du .soiivrain roy. Qu'en nul aultre de mendre [moindre] arroi, PROiss. Pnésift mss. p. 43, dans laciirns

— KTYH. i.«f tlf.

LIG

t ». IIGÎTER (li-(mé), «• o. Terme de vénerie. Se dit du loup qui couvre la louve.

+ LIG.\KROI-LE (li-gne-ro-l'j, ». f. Terme de marine. Petite ficelle faite de vieux fil de caret.

— ÉT\M. Diminutif de ligne.

LIGNETTE (li-gnè-f), ». f. Ficelle de médiocre grosseur pour faire des filets. || Ligne très-mince jiour pécher A la canne.

— 8TYM. Diminutif de ligne.

LIGNEDL (li-gneul ; les cordonniers disent toujours li-gneu), ». m. \\ 1° Fil enduit de poix, dont se servent les cordonniers pour coudre les parties d'un «oulier. || a* Fil enduit de poix avec lequel on lie les touffes de soie d'une brosse.

— HIST. xni* s. Cote ot d'un riche vert de gans, Cousue à lignel tout entour, la ttose, 567. || xvi* s. Je gage une musette au lieu de ton vaisseau, Que d'un ligneul ciré au genouil j'ay fait coudre , bons. 746. S'il avoit poissé du ligneul, aussi faisoit ce singe, DESPER. Contes, xxi.

— 8TYM. Diminutif de ligne, à l'aide du suffixe diminutil latin olus; génev. lignu; Berry, lignou; wallon, linioule.

t LIGNECR (li-gneur), ». m. Terme de pêche. Celui qui, sur les vaisseaux moruyers, pêche avec des lignes. || On dit aussi lignotier.

— ETYM. ligne.

LfGNElIX.EUSE (li-gneû,gneû-z'), odj. || l-Terme de botanique. Oui tient de la nature du bois. Une semence d'arbre, un gland qu'on jette en terre au printemps, produit au bout de quelques semaines un petit jet tendre et herbacé, qui augmente, «'étend, grossit, durcit, et contient déjà, dès la fin de la première année, un filet de substance ligneuse, BUFP. Hist. nat. Part. exp. OEuv. t. viii, p. 169. Les fibres ligneuses sont aux plantes ce que les fibres osseuses sont aux animaux, bonnet, Us. feuilles plantes, B* mém. || Couches ligneuses, zones qui se forment successivement autour de la moelle dans les dicotylédones, et sont visibles sur la coupe transversale des tiges, où elles produisent des cercles concentriques. Un gros arbre est composé d'un grand nombre de cônes ligneux qui s'enveloppent et se recouvrent tant que l'arbre grossit, BUFP. Exp. surlet vég. i"mém. || Corps ligneux, la partie de la tige ou de la racine des plantes dicotylédones qui se trouve comprise entre la moelle et l'écorce. || Plantes ligneuses, celles dont les tiges et les branches, d'abord faibles, comme celles des végétaux herbacés, forment consécutivement un bois lolide. Il 2° S. m. Le ligneux, principe immédiat neutre, non azoté, insoluble, et formant la base de l'organisation des végétaux.

— ÉTYM. Lat. tignum, bois.

t LIGNICOLE (li-gni-ko-l'), adj. Terme de zoologie. Oui habite dans le bois.

— ÊTYM. I.at. lignum, bois, et enlere, habiter.

t LIGNIFICATION (li-gni-fi-ka-sion), t./". Terme de botanique. Conversion en buis des bourgeons d'un arbre.

— ÊTYM. Lignifier.

t LIGNIFIER (SK) (li-gni-fl-é), V. rift. Terme de botanique. Se convertir en bois.

— ÊTYM. Lat. lignum, bois, et le suffixa fier, qui lignifie faire.

t LIGNIFORME (li-gni-for-m') , adj. Terme de minéralogie. Qui ressemble à du bois.

— f.TïM. Lat. lignum, bois, et forme.

t LIGNIPERUES (li-gni-pèr-d'j.ï.m.pl.Termede (oologie. Nom de quelques insectes qui rongent et détruisent le bois.

— ETYM. Lat. lignum, bois, et perdere, perdre, gâter.

t LIGNIROOE (li-gni-ro-d"), adj. f. Gomme lignirodo, voy. gomme.

t LIGNITE (ligh-ni-f), ». m. Charbon fossile de formation récente, et qui conserve souvent des trace» évidentes d'organisation végétale. || Lignite xyloide ou bois fossile, celui où l'organisalion ligneuse est encore apparente. Lignite compacte et partait, celui où cette organisation a disparu.

— ÊTYM. Ut. Jionum, bois, et la finale minéralogique ite.

t LIGNIVORE Oi-pnî-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Oui ronge et dévore le bois. || S. m. pi. Les lignivores, famille de coléoptères.

— ÉTYM. Lai. lignum. bois, et «orare, dévorer

t I-IONOSITÈ (l.-gnô-ri-té) , ». f. Étal, qualité de

ce qui est ligneux.

•t LIGNOTIER (li-gno-tié) , ». m. Voy. lioneur

t LIGORISTEou LIGCORISTE (li-go-ri-sf) , » m.

Membres d'une secte fon-lée pour la propagation de

U foi «t p«ur l'amélinr-tion des études élémentaires

LIG

par Alph. de Ligori ou Liguori, né à Naples en (096, et béatifié en 18(6.

LIGUE (li-?h'), s. f. Il 1° Union de plusieurs princes ou États pour se défendre et pour attaquer. Ligue offensive. Ligue défensive. En ( 637, pendant que Bucer continuait à négocier avec les Suisses, les luthériens se trouvèrent à Smalcalde, lieu ordinaire de leurs assemblées, et où se sont traitées toutes leurs ligues, boss. Var. iv, § 33. Que peuvent contre lui [Dieu] tous les rois de la terre?.... Pour dissiper leur ligue il n'a qu'à se montrer, bac. Esth. I, 3. S'il entrait dans leur ligue contre les Dauniens, fén. Tél. xu. Il assure qu'un tel prince renonce à la ligue et quitte ses conlédérés, la bruy. X. Il Ligue de Souabe, confédération qui se forma en Allemagne, en < 44 8, pour garantir la paix publique, et protéger les particuliers contre les brigandages ries nobles. || Ligue du bien public, ligue foriuée contre Louis XI par les princes et seigneurs français. Il Ligue sainte, ligue de Cambrai, celle que le pape Jules II forma contre les Vénitiens. || Ligue d'Aug.çboui'g, ligue formée contre Louis XIV parla plupart des souverains de l'Europe (en 4687). || 2° Ligues grises, les trois petites républiques qui composaient le corps des Grisions. || 3° Associations et complots entre particuliers pour des intérêts politiques. Combien pour le répandre [le sang] a-t-il [Octave] formé de brigues I Combien de fois changé de partis et dp ligues I corn. Cinna, i, 3. Envieux l'un de l'autre ils mènent tout par brigues, Oueleur ambition tourne en sanglantes ligues, ID. ib, n, i. ...dans ces tristes temps de ligues et de haines, volt. Adél. du Guescl. i, 2. || La sainte Ligue, ou, absolument, la Ligue (avec une majuscule), union des catholiques formée en France à la fin du xvi' siècle pour combattre le protestantisme, et qui fut amenée à faire la guerre aux rois Henri III et Henri IV. Les troubles de Flandres et les intrigues de la Ligue en France coûtèrent à ce même Philippe II, de son propre aveu, plus de trois mille millions de livres de notre monnaie d'aujourd'hui, volt. Mœurs, (46. Il Fig. Vive le roi, vive la Ligue, se dit de ceux qui ne prennent aucun parti dans un différend ou dans les discordes civiles, et qui sont toujours pour le plus fort. Le sage dit selon les gens ; Vive le roi, vive la Ligue, l* font. FaU. Ii, 6. || 4° Cabales pour différents intérêts. Si l'on joue quelques marquis, je trouve qu'il y a bien plus de quoi jouer les auteurs, et que ce serait une chose plaisante à mettre sur le théâtre.... leurs ligues offensives ot défensives, aussi bien que leurs guerres d'esprit et leurs combats de prose et de vers, mol. Critique, '.

— HIST. XV' s. Ces vieilles ligues d'Allemaigne qu'on appelle suysses, comm. v, (. || xvi' s. Mais dites-moy, que signifie Que les ligueurs ont double croix lia double croix de Lorraine] ? C'est qu'en la Ligue on crucifie Jésus Christ encore une fois. Sol. Ménippée, éd. LABiTTE,p. 249.

— ÉTYM. Espagn. liga; ital. lega; bas-lat. liga, action de lier ; du lat. ligare, lier.

LIGUÉ, ÉE (li-ghé, ghée), part, passé de liguer. Les princes ligués contre Venise dans le xvi* siècle. Il Par extension. Ils sont tous ligués contre cette bonne Ursule, picard. Filles à marier, m, 6.

LIGUER (li-ghé) , je liguais, nous liguions, vous liguiez; que je ligue, que nous liguions, que vous liguiez, V. a.\H' Mettre en ligue. Contre votre tyran j'ai ligué ses amis, corn. Cinna, iv, 6. Un juste courroux N'aurait plus tant de chefs à liguer contre vous, ID. Attila, IV, 4. Il [Guillaume 111] n'eut pas de peine à liguer petit à petit l'Europe contre la France, volt. Louis XIV, IB. ||I1 se dit aussi des choses qu'on ligue. Liguer les intérêts, les passions. Il %° Se liguer, v. réjl. Former une ligue. Pendant qu'on méditait une guerre contre Persée, Eumène, roi de Pergamo, ennemi de ce prince, vint pour se liguer contre lui avec le sénat, noss. Hist. m, 6. Un seul [roi, Louis XIVJ, toujours bon et magnanime, ouvre ses bras à une famille malheureuse [les Stuarts] ; tous l»s autres se liguent comme pour se venger de lui, la bruy. xii. Le pape Pie V fit bien mieux que de prêcher une croisade ; il eut le courage de faire la guerre à l'empire ottoman, en se liguant avec les 'Vénitiens et le roi d'Espagne, Philippe II, VOLT. Mœurs, (60. || Par extension. Celui-ci [un troisi^me médecin], ayant considéré les blessures, et sur l'avis des deux premiers, embrasse le second, s'unit à lui, et tous deux ensemble se liguent contre le premier et le chassent honteusement, PASC. Pror. II. Il 3* II se dit aussi des cabales qu'on fait entrs particuliers pour et surtout contre quelqu'un ou quelque chose. En vain contre le Cid un ministre se ligue ; Tout Paris pour Chimène a '

LIM

les yeux de Rodrigue, boil. Sat. ix. Liguez-voui saintement pour le bien mutuel, delille, l'Homme des champs, i.

— HIST. xvl' s. Ayant ligué avec lui la republique de Venise, bassompif.rre, Mém. t. iv, p. 199, dans LACUHNE.

— Ktym. Ligue.

LIGUEUR, EUSE (li-gheur, gheû-z'), ». m. et f. Celui, celle qui était rie la Ligue, du temps de Henri III et de Henri IV. Les deux fils de ce second duc de Nemours étiient frères utérins des Guises et aussi grands ligueurs qu'eux, st-sim. (8(, 177. U [la Bruyère] descendait d'un fameux ligueur, qui, dans le temps des barricades de Pans, exerça là charge de lieutenant civil, olivet, Hist, Âcad. L u,

p. 362, dans POUGF.NS.

— HIST. XVI' s. Troubles non seulement de catholique à huguenot, mais de catholique à catholique, sous mots de faction malheureusement controuvez de ligueur, politique, maheustre, pasqiuer, Recherches, liv. ix, p. 809, dans lacurne.

— ÉIYM. Ligue.

t LIGULAIRE (li-gu-lê-r'), adj. Terme de botanique. Se dit d'une partie qui est longue, grêle et plate. Il S. f. Genre de plantes, famille des composées.

— ÊTYM. Ligule.

t LIGULE (li-gu-l') , ». f. Terme de botanique. Petite lame placée au bas des feuilles des plantes graminées, et qui est de la nature des stipules. Il Demi-fleuron d'un capitule floral des composées. Il Terme de zoologie. Lèvre inférieure des insectes. Il Genre de vers intestinaux. || Genre de mollusques.

— ÉTYM. Lat. ligula, dit pour lingula, diminutif de livgua, languette.

I LIGULE, ÉE (li-gu-lé, lée), adj. Terme de botanique. Oui a la forme d'une bande étroite, d'une ligule.

t LIGULIFLORK (li-gu-li-flo-r'), adj. Terme de botanique. Oui est en forme de languette. La famille des composées ligulifiores.

— ÉTYM. Ligule, et le lat. flos, fleur.

t LIGUSTRliv E (li-gu-stri-n'i , ». f. Terme de chimie. Extrait amer de l'écorce du liyustrum vulgare, L.

— ÉTYM. Ligustrum, et la finale chimique ine. ■j- LILACINE (li-la-si-n'), ». f. Terme de chimie.

Principe cristallisable qu'on retire des fruits verts et des feuilles de lilas.

— ÉTYM. Lilas, lilac, et la finale chimique l'ne. LILAS (li-lâ; l'î se lie : un li-lâ-z en fleurs), s. m.

Il 1° Genre syringa, famille des oléinces. Lilas commun, arbre qui fleurit au printemps, et porte des fleurs par bouquets {syringa rulgaris, L.) (v.iriélés: lilas de Marly, syringa vulgaris, var. purpurea, et le lilas blanc). Homère a décrit la grotte du cyclope; il ne l'a pas tapissée de lilas et de roses, chateaub. Génie, u, v, t. Au détour d'une eau qui chemine, A flots purs sous de frais lilas. Vous aiez vu notre chaumine, fkr. Ilir. || Lilas Varin ou de Rouen, s!/ringadti6ia,PGrs. Il Lilasde Pirsp.syringa persica, L.\\i' La couleur du lilas. Le lilas pâle. Le lilas foncé. |1 II s'emploie aussi comme adjectif invariable. Une robe lilas. || 3° Lilas des Indes, ou lilas de la Chine, azédarach toujours vert ou margousier, melia ascdarach, famille des roéliacées. il Lilas de terre ou terrestre, ou jacinthe paniculce de Sienne, la variété monstrueuse du muscari comnsum, Mill., liliacées.

— ÉTYM. Esp. lilac, arabe Mac ou lUâc , qui, d'après Dozy, est le persan liladg ou lilang, indigo.

LILIACÉ, f,E (li-li-a-sé, sée),adj. Terme de botanique. Oui est analogue au lis. Plantes liliacées. Il S. f. Les liliacées, famille de plantes monocotylédones, dont le lis est le type. Une liliacée.

— ÊTYM. Lat. lilium. lis (voy. lis).

t LILLIPUT (li-li-puf), s. m. Nom d'un pays imaginaire décrit par Swift, dans son Gulliver, et habité par de petits hommes hauts de six pouces.

t LILLIPUTIEN, lENNE (li-li-pu-siin, siè-n'),.?. m. et f. Habitant de Lilliput. || Adj. Fig. Extrêmement petit. Il est impossible que vous suiviez dans ses marches et contre-marches cette armée lilliputienne qui manoeuvre autour de Mme de Colonge, CH. DE BERNARD, la Chassc aux amnnis, § i.

t LILLOIS (li-lot), s. m. Variété de chien.

LIMACE (li-ma-s'),». f. ou LIMAS (li-mâ), ». m. Il l" Mollusque rampant, San? coquille, de forme allongée, à quatre tentacules, et ordinairement d'un jaune roiigefttre. Alison ....Bave comme au printemps une vieille limace, bF.on. Sat. x. Il 2° Terme de mécanique, voy. vis (d'Archimède). || 3" Limace de mer, nom de divers animaux qui se rapprochent des limaces terrestres par leur formo. || 4° Terme de vétérinaire. Inflammation de la peau de l'intervalle

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LIM

interdigité du bœuf, se propageant au ligament situé dans cet espace.

— HIST. xiii* s. La limace [le limaçon] jeté son cors De l'escalope toute fors Par le biau tems; mais par la pluie Rentre enz, quand ele lui ennuie, RCTEB. Vie Ste Elis. p. 2IB. || xvi' s. Et plusieurs se jetterent dans les vignes, pour chercher les limats et les racines, o. de serres, 4^5. Limas sortant des fraises, bab. iv, 3o.

— ETYM. Berry, limas, lumas; provenç. limassa, et au masculin Ihimalz , limas; espagn. limaza; portug- lesma; ital. lumaca, lumaccia; du lat. limai, limacis, qui est le grec JeîaaÇ, de Xeiixwv , lieu humide (voy. limon <); comparez le polonais slimak, limaçon.

t LIMACIEX, lENNE (li-ma-siin, siè-n'), adj. 111° Terme de zoologie. Qui a rapport ou qui apparlirnl au limaçon; qui ressemble au limaçon. Il 2° Terme d'anatomie. Oui a rapport au limaçon de l'oreille interne. Nerf limacien.

t LIMACIXE (li-ma-si-n'),ï.f. Terme de chimie. Substance azotée, voisine des mucosines, retirée de la limace grise.

— RTYM. Limace, et la finale chimique l'ne. LIMAÇON (li-ma-son), *. m. H 1* Mollusque gas-

téropode, dit vulgairement escargot des vignes (heiii pomatia, L.), qui habite une coquille: on l'emploie comme adoucissant, relâchant et analeptique; il sert aussi d'aliment. Les cornes du limaçon. La faim le [le héron^ prit; il fut tout heureux et tout aise De rencontrer un limaçon, la font. Fabl. vn, 3. Malgré son grand âge, il passait des nuits dans les endroits les plus humides du jardin, couché sur le ventre, sans oser faire aucun mouvement, pour découvrir les allures, la conduite des limaçons, qui semblent en vouloir faire un secret impénétrable, fonten. Du Yemey. Je saisis cette occasion de prier les philosophes de couper le plus qu'ils pourront de têtes de limaçon à coquille ; car j'atteste que la téta est revenue à des limaçons à qui je l'avais coupée; mais ce n'est pas assez que j'en aie fait l'expérience.... si j'ai fait heureusement cette expérience, je l'ai manquée trente fois, volt. Dict. phil. Serpent. La coquille croît avec l'animal; dans les limaçons où elle est tournée en hélice, les tours de spirale sont d'autant plus nombreux que le coquillage est plus âgé, bonnet, Contempl. nat. m, 2l.||Le nom de limaçon s'ap-ilique nonseulement à l'hélix pomalia, t., mais à toutes les cspr-ces du genre hélix, et à une foule de coquilles univalves qui leur ressemblent. || Cet homme est retiré chez lui comme un limaçon dans sa coquille, c'est-à-dire il vit très-retiré. || Fig. C'est un limaçon qui sort de sa coquille, se dit d'un homme de néant qui veut paraître au-dessus de sa condition. 1] 2° Terme d'anatomie. L'une des trois cavités qui constituent le labyrinthe de l'oreille. || 3° Terme d'architecture. Kscalier en limaçon, escalier qui tourne en forme de vis autour d'un cylinire de pierre. || 4" Roue destinée à déterminer le nombre des coups que doit sonner une pièce d'horlogerie à répétition. ■-Il Se dit de la vis d'Archimède.

— HIST. xnf 3. SirnTardisli limaçons, lien. 10103. ' lixiV s. Prenez les limassons jeunes, petis, et qui

ont coquilles noires, llénagier, ii, B. || xV s. Quant [je] suis sans verre et breuvage, C'est sans coque un limaçon, basskl. lvi. X l'exemple du limaçon, lequel, quand on passe pris de lui, retrait ses cornes par dedans, et, quant il n'oyt plus rien, les reboute, MONSTHEL. Il, 5'J. || XVI* S. Les soldats nouveaux à qui on aprend des limaçons [sorte de manœuvre] font bien davantage de tours et retours, pour leur plaisir, langue, 324. L'eschare des chari>ons non pestiférés n'est trouvée noire, mais blanche, appelée des chirurgiens vulgaires le limaçon des charbons blancs, pabé, xxiv, 35. Que l'océan qui bat le rivage d'Escosse Soit calme célébrant cette royale nosse; Ouc les tritons joyeux dans leurs creux limassons En l'honneur de leurs roys entonnent des chan-sons, baIf, OEuvres, p. 192. dans lacurnr.

— ÊTYM. Dérivé de limas ; wall. limesnn, lumeson; Hainaut, Umechon, lumiçnn, luchemou; pic. limechon, émichnn, émuchon, limichon; bourguig, lemaisson, limoiçon.

t LIMAÇONNÉ (li-ma-so-n'), t. f. La chenille du bombrcc agatbe. HÀdj. La chenille llmaçonne.

t LLMAÇONNER (SE) (li-ma-so-né), t!.r(</J. Se rama.çser en forme de limaçon. Fagon, à bout de son art et de ses espérances, s était limaçonné en grommelant sur son bâton, st-sim. «(«, 2<7.

— HIST. ivi* s. Limaçonner [donner forme do li- [finaçon], COTORAVE.

— eTYM. limoffm

t LIMAÇONNIERE (li-ma-so-niè-r') , s. f. Enclos où l'on conserve vivants des limaçons comestibles.

I LIMAGE (li-ma-j'), s. m. Terme de coutellerie. Action de limer la pièce qui doit fournir le couteau.

LLMAILLE (li-mâ-U', Il mouillées, et non li-mâye), s. f. Petites particules métalli(iues que la lime détache des métaux. Si l'on met une pierre d'aimant au-dessus d'une quantité de limaille de fer que l'on agitera sur un carton, cette limaille s'arrangera en formant plusieurs courbes séparées les unes des autres, et qui laissent deux vides aux endroits qui correspondent aux pôles de la pierre, BUFF. Min. t. IX, p. (44.

— ÉTYM. Limer. Au xvii* siècle, on disait plus souvent limvre : de la limure de fer.

t LIMAII.LEUSE (ll-mâ-Ueû-z', Il mouillées), adj. f. Terme de métallurgie. Fontes limailleuses, fontes noires, chargées de graphite, qui fondent plus difficilement que les fontes grises.

t LIMAIRE (li-mè-r'), s. m. Terme de pêche. Nom des jeunes thons qui n'ont pas encore un pied de long.

LLMANDE (li-man-d'), s. f. || 1" Poisson de mer fort plat, et à peu près de la forme d'un carrelet, mais à peau rude (pleuronecles limande, L.). Il 2° Terme de marine. Bande de toile goudronnée dont on enveloppe un cordage que l'on veut garantir du frottement. |l 3° Terme ue construction. Pièce de bois plate, étroite et de peu d'épaisseur dans une charpente. || Se dit aussi des pièces de bois qui tiennent les pales d'un étang ou d'un moulin. Il Terme de menuisier. Espèce de règle large et plate.

— HIST. xiv* s. Plais [plies] sont doulces à applanier à la main, et lymandes au contraire, ilénagier, II, 4. Limandes sont tavellées de jaune ou roux par le dos, ib. ii, 4. || xvi" s. 11 s'en va après le lévrier, sans faire grand bruit, avec une grosse limande [pièce de bois de sciage carrée en long et plate] carrée en sa main, hesper. Contes, xx.

— ÈTYM. Lima, lime, à cause de la rugosité de la peau; conjecture étymologique qui parait trèsprobable. C'est en raison de la forme plate de ce poisson que limande a été employé figurément dans certains métiers.

t LIMANDELLE (li-man-dè-l'), s. f. Poisson de l'Océan (genre pleuronecte).

t LIMANDER (li-man-dé), v. a. Terme de marine. Envelopper un cordage d'une limande. || Terme de charpente. Apjiliquer une limande à une pièce de bois.

LIMAS (li-mft), s. m. Voy. limace,

t LIMBAIRE (lin-bê-r'), adj. Terme de botanique. Qui a rapport au limbe d'une corolle. Expansion limbaire.

LLMBË (lin-b'), î. «1.111° Terme de mathématique et d'astronomie. Bord d'un instrument. |1 Terme d'astronomie. Le limbe supérieur, le limbe inférieur du soleil, le bord supérieur, le bord inlcrieur du soleil. Il 2° Terme de botanique. Partie d'une feuille ou foliole qui est formée par l'épanouissement des fibres du pétiole. L'étude de la botanique me semble utile au paysagiste, quand ce ne serait iiue pour ne pas donner aux feuilles de tous les arbres le même limbe et la même forme, cbateaubr. Dessin. || Partie supérieure des corolles monopétales, celle qui vient après la gorge. || Partie supérieure, ordinairement évasée et découpée, des calices monophyllcs. || 3° Circonférence des valves d'une coquille bivalve, depuis le disque jusqu'au bord. Il 4" Cercle brillant autour d'un objet. Néanmoins [dans l'éclipsé totale du soleil] on voit encore un limbe ou un grand cercle de vapeurs dont la lumière est assez vive pour nous éclairer à peu près autant que celle de la lune ; .sans cela, le globe terrestre serait plongé dans l'obscurité la plus profonde pendant la durée de l'éclipsé totale, bufk. )'• époq. nat. Œurres, t. xii, p. 83, dans pouoens. Il Cercle autour de la tête d'un saint, d'une divinité.

— RTVM. Lat. limbus, bord.

LIMBES (lin-b'), ». m. pi. Mot consacré parmi les théologiens pour signifier le lieu où les âmes des justes de l'ancien testament attendaient que Jésus-Christ fût venu opérer le mystère do la rédemption ; quelques théologiens y mettent aussi les enfants morts sans baptême. Voyant.... Un médecin remplir les limbes d'avorlons, ne.- ONiRB, Sot. XV. Pierre Chrysologue , au cinquième siècle, imagina les limbes, espèce d'enfer mitigé, et proprement bord d'enfer, où vont les petits enfanta morts sans baptême, volt. Dict. phil. i Baptême, || Fig. Mme la duchesse d'Orléans n'était

pas la moins incjuiète des limbes oti on la laissait sur l'avenir, st-sim. 4(io, 2I7. || Fig. Être dans les limbes, être en enfance par vieillesse. On dit que l'abbé de Chauvelin se meurt, et que le président Hénault est dans les limbes; pour moi, je suis toujours dans le purgatoire, volt. Lett. d'Argental, <o août 4769. Il Fig. Un lieu retiré, chétif, par opposition à un lieu comparé nu paradis. Kilo [une" lettre] m'apprend dans mes limbes ce qui se passe dans votre brillant paradis de Paris, volt. Lett. la Harpe, 6 oct. 1777.

— ÊTYM. Le même que le précédent, parce que les limbes sont représentés comme sur le bord de l'enfer.

t LIMBIFÈRE (lin-bi-fè-r'), ad;'. Terme d'histoire naturelle. Qui porte un limbe ou un rebord coloré.

— ÉTYM. Limbe, et le lat. ferre, porter.

1. LIME (li-m'), s. f. Il 1° Outil de fer ou plutôt d'acier garni d'aspérités régulièrement disposées, et qui sert à polir, à couper le fer, etc. Ou conte qu'un seri'Cnt , voisin d'un horloger. Entra dans sa boutique, et, cherchant à manger. N'y rencontra pour tout potage Qu'une lime d'acier qu'il se mit à Eonger, !.A FONT. Fabl. V, <6. Il fut prononcé que je n'étais bon qu'à mener la lime, J. J. roi;ss. Conf. i. N'ayant pu mordre sur la lime. Le hideux serpent l'avala, bêrang. /^ptfophe. || Lime douce, celle qui, ayant le grain fort menu, s'emploie pour polir et adoucir. || Fig. Je m'assieds sur des pierres polies par la douce lime des eaux, ciiATtAUBR. Nalch. VIII. Il Lime sourde, lime qui ne fait pas de bruit quand on l'emploie. On leur a fait tenir [à des prisonniers] une lime sourde dans un pain, et ils ont déjà limé un gros barreau d'une fenêtre, lh sage, Viable boit. cb. 7, dans poi'Gens. || Fig. Lime sourde, personne sournoise. Autrefois l'on ne voyoit point Tant de crociieteurs par le monde, D'hypocrites, (le limes sourdes, Texte de )609, cité dans FRANC. MICHEL, ^rjot. Lime sourde etsainte-n'y-touche.... [allant] per fas et nefas à ses fins sans bruit, en voulant faire accroire au genre humain qu'on est la meilleure personne du monde. Texte deiltd, cité ib. Il 2" Fig. Soin que l'on met à polir lus ouvrages d'esprit. Donner le dernier coup de lime à un ouvrage. Et reprenant vingt fois le rabot et la lime, BOIL. Duc. au roi. || 3° La lime est aussi employée pour le nettoyage des dents, des ongles; pour user les dents du cheval lorsqu'elles sont trop longues. Il 4° Terme de marbrier. Outil qui sert à faire le raccordement d'une pièce de marbre avec une autre lorsqu'on les monte. || 5° Terme de vénerie. Limes, les deux dents inférieures du sanglier, qui se nomment communément défenses. || 6° Plante graminée qu'on nomme aussi alpiste rude, phalaris aspera. Il 7° Genre de coquilles bivalves, voisines des huîtres. Il 8° Terme de pêche. Se dit des endroits où la surface de l'eau est unie.

— HIST. xiu* s. Nus ne puet faire rivet se il n'est limés à limes, Liv. desmét. (67. Adès [toujours] dure la lime [le remords], adès dure li vers Qui mort la conscience du lonc et du travers, j. de meunu, Test. <B57. Il xiv° s. Archer ne doit estro sans lime, et doit tousjours faire agus les fera de ses sagettes, Modus, f°Lv, lerso. Il x;' s. La veez vous là, la lyme sourde Qui pense plus qu'elle ne dit ; Souvonlos fois s-'e>bat et rit, cil. u'ORL. Rondel 29. Non cognoiscent encore la lime et correction de rai.son, ciia. de pisan, Charles V, i, 9. || xvi° s. Lime lime lime, c'est-àdire la lime agit sur la lime, et fig. les hommes de même action, de même puiss.mce agissent les uns sur les autres, cênin, Hécri'at. t. ii, p. 243.

— f.TYM. Provenç. espagn. et ital. lima; calaL Uima ; du lat. lima, ([ui se rapporte à limus, oblique, à cause de l'obliquité ou de la courbure des dents de la lime.

2. LIME (li-m'), s. f. Fruit du citronnier limetticr, dit vulgairement limeltier, fruit qui a une eau fort douce, et qu'on nomme lime douce pour cette raison.

— f.TYM. Voy. LIMON 3.

LIMfi, ÉK (li-iné, mée), porL paj.î^ de limer. Travaillé à la lime. Fer limé, jj Fig. Poh, corrigé. Ouvrage trop limé.

t LIME-BOIS (li-me-bol), s. m. Genre d'insectes coléoptères (famille des serricornes).

— f.TYM. Limer, et bois.

<.LlMER(li-mé),v. a. || 1° Travailler avec la lime.

Limer un canon de fusil, y Fig. Les jeunes gens me disent : tout chemine ; Â petit bruit chacun lime SCS fers; La presse éclaire, et le gaz illumine, BÉBANO. la Comète. || 2° Fig. Faire subir à un ouvrage d'e.çprit un travail de correction comparé au travail de la lime sur le for. De la prose Qu»

LIM

Part lime et relime, régnieh, Sat. ix. Cest ordinairement la peine que s'est donnée un auteur à limer et à perfecUonner ses écriU, qui fait que le lecteur n'a point de peine en les lisant, boil. 6" préface. Il n'avait jamais su ou voulu savoir ce que c'était que de limer un ouvrage, mairan. Éloge de Peut. Jugez si j'ai du temps de reste pour limer une tragédie, VOLT. UU. d-Argental, (6 avr. 4 767. || Absolument. Mérite un tel succès ; compose, efface, lime, volt. Disc. 3. lia» Se limer, v.réfl. En un sens figuré, chercher dans sa tête. Mais tant plus je me lime et plus je me rabote, Régnier, Sol. xiv.

— Hisr. xiii' s. Molt a le cuer et triste et noir ; Sor son cors a mis molt fort lime ; Car sa pensée ki li lime Le cuer et ret [rase] par là dedans....

GUI DE CAMBRAI, BaH. et Jos. p. 29. || XVI' S. Il

fault frotter et limer noslre cervelle contre celle d'aultruy, mont, i, 484. On ne trouvoit pas ces vers assez limez pour estre mis en lumière, id. iv, 342.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. limar ; catal. Jitmar ; ital. limare ; du lat. limare.

t 2. LIMER (li-mé) , v. a. En termes de salines, vider, dessécher. Limer un marais salant.

— ÊTYM. LaU litnus, limon : ôter le limon.

t LIMESTRE (li-mè-str'), I. m. Espèce de serge croisée et drapée fabriquée à Rouen. Combien, pour avoir mis leur honneur en séquestre. Ont-elles en velours échangé leurlimestre! bêgnieh, Sat. xiii.

f LIMETTE (li-mè-f), s. f. Fruit du limettier. Eau de limette.

— ÊTYM. Voy. LIME s.

f LIMETTIEB (li-m"e-tié) , t. m. Espèce de citronnier à fruit doux, dont une variété, dite bergamotier,fournitressencedebergamote,ci(rushme«a, Risso.

t LIMECR (li-meur), s. m. Ouvrier qui se sert de la lime. || Adj. Machine limeuse.

•f LIMICULE (li-mi-ku-r), î. f. Nom vulgaire d'un ciseau, la limicule rousse, dite aussi barge aboyeuse, tcolnpax glottis, L. espèce détachée des bécasses.

LIMIER (li-mié; l'r ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des li-mié-z excellents) , ». TH. Grand chien qui sert à la chasse des grosses bêtes, telles que le ceif, le sanglier, etc. surtout pour les lancer hors de leur fort, ou pour achever de les tner, lorsque, étant forcées elles se défendent trop bien contre les chiens de meute. Le limier ne parle pas. Il Fig. Celui qui ambitionne, poursuit quelque chose, comme fait le limier pour le gibier. Cette convoitise des offices et états (curée autrefois réservée aux nobles limiers) est devenue plus âpre depuis que «eus y peuvent prétendre, p. L. cour. 2' lettre. \\ Fig. Les limiers de la police, les agents do police. Don C6me,s'étant aperçu du larcin et de la fuite de son confident, eut recours àla justice, qui dispersa de toutes parts ses limiers pour découvrir le voleur, LE SAGE, Diable boit. ch. 7, dans pouoens.

— HIST. xm* s. Quant vous serés oltre les prés SeQrement, amis, cornés [sonnez du cor], Dont Tisrés venir liemiers. Et chiens gentils, et bons lévriers, Parlonop. v. 4 789.

— ÊTYM. Provenç. liamer, liamier; du lat. ligame*>, lien, comme l'indique l'ancienne forme tri- «yllaliique liemier : proprement le chien tenu en laisse. Cette étymologie, donnée par Diez, écarte celle de Ménage, qui indiquait limen, le seuil, parce que le limier commence la chasse ; ni le sens ni la forme ne conviennent.

t LIMINAIRE Oi-mi-nê-r'), adj. || !• Qui est en tète d'un livre. Des pièces liminaires dans un manuscrit. Il î" Se disait d'un prologue ou d'une cpître que l'on mettait à la tête d'un livre et qui tenait lieu de préface. J'ai lu l'épître liminaire de M. de Chambrai, laquelle m'a fait un plaisir tout particulier en me remettant comme devant les yeux l'excellence de la vertu de feu Monseigneur, qui ne se peut assez exaller, poussin, Lett. 2» août 4660. Le mot gestes au pluriel pour dire les faits mémorables de guerre commence à s'apprivoiser en notre langue, et l'un de nos célèbres écrivains l'a employé depuis peu en une très-belle épUre liminaire qu'il adresse à un grand prince, vaugelas. Rem. t. ii, p. 76», dans POUGENS. Stances, odes, sonnet, épltres liminaires, boil. ÉpU. ix.

— HlST. XVI' ». Comme il le peut aisément juger par les cpistres liminaires de leurs ouvrages carl. vu, yréfact. '

— ÊTYM. Lat. liminarii, de Jimen, seuil. Il y a parenté entre limen, seuil, et limes, limite.

LIMITATIF, IVE (ll-mi-U-Uf, ti-v'), adj. Qui limite, n En jurisprudence, disposition limitative, disposition dont l'objet est tellemenl déterminé', que le légataire n'a rien i demander, à prétendre

LIM

sur le surplus des biens du testateur. || Assignat limitatif, ancien terme de droit qui se disait dans le même sens que disposition limitative.

— IllST. XVI' s. Le roy fist publier un nouvel edict déclaratif et limitatif de l'edict de janvier, castel- NAU, »i.

— ÉTYM. Limiter.

LIMITATION (li-mi-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action de limiter. Il est démontré que les exceptions ou limilalions du pouvoir des rois, loin d'être le droit commun des monarchies, ne sont pas seulement connues dans celle du peuple de Dieu, BOss. 6' avert. § 48. Dans la soumission à la loi de Dieu, on fait absolument bien, on fait bien sans limitation, id. Sermons, Loi de Dieu, a. Le second crime est susceptible d'une infinité d'interprétations, limitations.... mostesq. Esp. xi\, 6. La divisibilité, la figure, sont des qualités négatives et des limitations, volt. Traité de metaph. ch. 2. Les métaphysiciens disent que le mal est de trois sortes : le mal métaphysique ou de limitation, le mal physique, le mal moral, bonnet, Œuv. mêl. t. xvm, p. 200, dans pol'Gens.

— HIST. XIV' s. Certaine atrempance et limittacion des multes [amendes] et des paines, bebcheure, f" 85, verso. Il xv* s. Vindrent ceux d'Astures, de 'l'ollette, de Léon, de Cordoue, de Galice, de Seville et de toutes les autres marches et limitations du royaume de Castille, faire hommage au roy Dom Piètre, froiss. i, p. 328, dans lacurne. ijxvi's. On loue la reformation et limitation qu'il donna à la loy, qui permettoit aux pères de pouvoir vendre leurs enfans, auyot, Num. 30.

— ÉTYM. l'rovenç. limitacio ; espagn. limitacion ; ital. limitazione; du lat. limitationem, de limitare, limiter.

t LIMITATIVEStENT (li-mi-ta-ti-ve-man), odt). Avec des limites, d'une manière limitée. Conditions limitativement déterminées.

LIMITE (li-mi-t'), s. f. Il 1° Ligne de démarcation entre des terrains ou territoires contigus ou voisins. Les Pyrénées sont la limite de la France du côté de l'Espagne. La rivière sert de limite à ma propriété. || 11 se dit souvent au pluriel en ce sens. 11 avait, en livrant des combats, en remportant des victoires, en domptant de fières nations, étendu les limites de son empire, bourdal. 2' dim. après Fdq. Dominic. t. ii, p. 36. Lui seul [DieuJ mit à vos pieds le Parthe et l'Indien, Dissipa devant vous les innombrables Scythes, Et renferma les mers dans vos vastes limites, bac. Esth. m, 4. Vos ordres sont suivis; déjà vos satellites D'Ëlide et de Messèno occupent les limites, volt. Mérope, i, 4. || Fig. Je dis que sa grandeur n'aura point de limiti", malii. vi, 4. La raison a pour eux des bornes trop petites-. En chaque caractère ils passent les limites, mol. Tart. I, 6. Je prie Dieu, lorsque je sens que je m'engage dans ces prévoyances, de me renfermer dans mes limites, PA?c. Lett. à Mlle de Roannex, 7. Blâmez ce que Dieu blâme, condamnez ce que Dieu condamne ; mais ne passez point ces limites sacrées, boss. Sermons, Jugcm. /lumatns, 4 . Quelquefois dans sa course un e.sprit vigoureux, Trop resserré par l'art, soit des bornes prescrites , Et de l'art même apprend à franchir les limites, boil. Art p. iv. C'est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser; il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites; qui le dirait? la vertu même a besoin de limites, montesq. £ipr. xi, 4. Le temps est assez long pour quiconque on profite ; Qui travailleet qui pense en étend la limite, volt. 6' dise, en vers. Dans toute production poétique il y a toujours un peu de mensonge dont la limite n'est et ne sera jamais déterminée, dider. Salon de 4 767, OEuv. t. XIV, p. 238, dans pougens.|| 2° Terme de mathématique. Grandeur de laquelle une autre grandeur peut approcher indéfiniment, sans jamais pouvoir la surpasser. Il Méthode des limites, méthode de démonstration qui emploie la considération des grandeurs limites. II Limites des racines d'une équation, les deux quantités entre lesquelles se trouvent compri.ses les racines réelles. || 3° Au plur. Terme d'astronomie. Les points de l'orbite d'une planète les plus éloignés de l'écliptique.

— REM. Le genre de ce mot a varié : masculin au XVI' siècle, il l'était encore quelquefois au xvii* : Et ta miséricorde excédant tous limites, corn. Imit. m, 40.

— UIST. ivi* s. Ainsi la mer [Dieu] borna, par tel compas. Que son limite elle ne pourra pas Outrepasser, MAROT, IV, 3)2. La vaillance a ses limites, lesquels franchis, on.... mont, i, 53. Si nous sçaviou» restreindre les appartenances de nostre

LIM

vieàleursjustes et naturels limites.... id. i,4 73. Elles commencent à bastir en leurs ruches, en voûte, d'un artifice merveilleux, depuis le basjusques en haut du plancher, laissans deux limites, l'une pour l'entrée et l'autre pour la sortie, paré. Animaux,!.

— ÊTYM. Provenç. limit, s. m. ; espagn. et ital. limite; du lat. limitem, chemin de traverse, puis lisière, frontière, de limus, oblique.

LIMITE, ÉE(li-mi-té,tée),por(. passé de limiter. Séparé par des limites. Leurs États [des enfants de Clovis] l'un par l'autre avec soin limités, lemehcier, Frédég.ctRruneh.iv,f.\\ Fig. Pouvoirlimité,TRiSTAN, il. de Clirispe, iv, 4. Mais la reconnaissance et l'hospitalité Sur les âmes des rois n'ont qu'un droit limité, CORN. l'omp. I, 4. Ce terme limité que l'on veut leur prescrire [à Polynice et à Étéocle], Accroît leur violence en bornant leur empire, rac. Théb. i, 5. Notre esprit ne peut même embrasser qu'un nombre limité d'erreurs, dcclos, Consid. mœurs, ch. 2.

LIMITER (li-mi-té), ». a. || 1° Donner des limites. La mer limite ce royaume au midi et au couchant. || Fig. Limiter le pouvoir, les droits, l'autorité. Limiter un temps, un prix, un congé. Et qu'arrivant l'heure prescrite. Que le trcpas, qui tout limite, Nous privera de sa valeur [de Henri IV], MALH. II, 3. Les états assemblés, organes de la France, Nomment un souverain, limitent sa puissance, VOLT, llenr. vi. || i' Se limiter, v. réfl. Se donner des limites. Un pouvoir qui se limite luimême.

— HIST. XIV* s. Fini, c'est chose terminée, limittée et certaine, oresme, Eth. 46. La puissance de tel roy est estroitement limitée, id. Tlièse de meunier. Les papes.... feroient bien de soy adviser et d'estre contons des termes que Dieu leur a estably et limitez, le Songe du vergier, 66. ||xvi' s. Sans luy limiter sa puissance, amyot, Solon, 27. La raison lui trace et limite quelques bornes [à la passion], et lui estabht quelque ordre, id. De la vertu morale, s. Si de peu de saisons ma vie est limitée, desportes, Élégies, ii, 5, Advanture seconde.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. limilar; ital. limitare; du lat. limitare, de limes, limite.

LIMITROPHE (li-mi-tro-f), adj. \\ 1° Terme d'antiquité. Terres limitrophes, terres dont le produit servait à nourrir les soldats à qui était confiée la garde de l'empire romain. || 2" Par extension, qui est sur les fimites. Cette province est limitrophe de l'Allemagne. Dieul quel bonheur pour moi, pour cette étoffe. De ne point habiter ce pays limitrophe Des conquêtes de notre roi (la Hollande] I sedaine, Épîlre à mon habit. Ce n'est point pays limitrophe [St-Domingue], Mais le mal fait tant de progrès; Princes, vengez ce bon Christoph», Hoi digne de tant de regrets, bérang. Mort de Christophe.

— HIST. XVI' s. 11 est en la liberté de suivre tel parti qu'il lui plaira, comme marchissant et limitrophe entre l'empire et la France, cabl. ii, 7.

— ETYM. Lat. limilrophus, pour limitotrophus, mot hybride composé du latin limes, limite, et du grec Tpé^eiv, nourrir.

t LIM.\ANTUACÉES (li-mnan-ta-sée) ou Ll.M- NANTUÊES (li-mnan-tée), s. f. pi. Famille de plantes à feuilles acidulés, voisine des tropéolées.

— ÉTYM.Ai'iivr), étang, et âv6o;, fleur.

t LIMNÉE (li-mnée) , J. f. Terme de zoologie. Genre de mollusques gastéropodes qui se trouvent dans les eaux douces, voisin des limaçons.

— ÉTYM. A'-iivaioç, d'eau douce, de ),i'(jivri, élaiig.

t LIMNOPHILE (li-mno-fi-l'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui aime à se tenir dans les eaux stagnantes.

— ÉTYM. Aiixvri , étang, et çfXo;, qui aime.

t LIMOCTONIE (li-mo-kto-nie), s. f. Mort par défaut de nourriture.

— ÉTYM. Ai(i.ox-covia, de ),tnàç, faim, et xtovoç, meurtre.

t LIMOINE (li-moi-n'), s. f. \\ 1' Poirée sauvage, chenopodiumpolyspermum, L. || 2° Nom, pour certains auteurs, du statice limonium, L. (plombaginées) .

— ÉTYM. Lat. limonium, de Xtijiùviov, qui vient de Xei|i.u>v, marais, lieu humide.

4. LLMON (li-mon), s. m. || 1" Dépôt de terre divisée et de débris organiques formé au fond les étangs, dos fossés, ou entraîné par les eaux courantes dans les parties déclives des terrains. L'eau de cette rivière est toujours trouble et mauvaise à boire, à cause qu'elle traîne quantité de limon, vaugel, Q. C. liv. vu, dans richelet. Le Seigneur Dieu forma l'homme du limon de la terre, saci, Bible, lien, ii, 7. Ou a pris le limon pour de l'argile; culte erreur ta-

ml

pitale a donné lieu à de faux jugements et a produit une infinité de méprises particulières, buffon, Uin. t. u, p. 124. Leurs jours [des parias] sont à ses yeux Comme ceux du reptile ou des monstres imniondcs Que le limon du Gange enfante sous ses ondes, c. DELAV. Paria, i,>.\\ Fig. À peine du limon où le vice m'engage, J'arrache un pied timide et sors en m'agitant. Que l'autre m'y reporte et s'embourbe à l'instant, BoiL. ÉfiU. m. Il 2* Terme de géologie. Roche où dominent à la fois le sable et l'argile. || 3° Fig. Kxtraction, origine, nature, par allusion à la terre dont la Bible dit que l'homme fut formé. Mais ceux que la nature a formés comme nous D'un limon moins grossier que le limon vulgaire, deshoul. Épit. à l'abbé de Lavau. On dirait que le ciel est soumis à sa loi, Et que Dieu l'a pétri d'autre limon que moi, boil. Sat. v. Si du même limon la nature féconde Sur un modèle égal ayant fait les humains.... VOLT. Scythes, iv , (. Nos mères nous ont faits tous du même limon, lamart. à Némésis.

— SYN. LIMON, PANQE, BOUB. Ces trois termes désignent de la terre détrempée par l'eau. Le limon est cette terre détrempée que les fleuves charrient et qu'ils déposent. La fange est de la terre détrempée par la pluie, par la neige, par une eau qui s'épanche, ainsi que la bpue; elle ne diflère de la bûue que par l'emploi qu'on en fait : boue est de tous les styles; fange est du stylo élevé.

— HIST. xii' s. Sa bouche est pleine de sano et de limon, floncise. p. <oo. || xiii* s. Je sui enfichiez au limon de la mer. Psautier, f" 79. L'endemain à vostre levée, E bûche e denz devez laver, E ester le limun des denz, Ms. St Jean. || xvi* s. Après aussi que le lymon tout frais Est eschauffé du soleil et ses rais, marot, iv, 35.

— ÉTYM. Provenç. limo, limon; catal. im;espagn. et ital. limo ; du lat. limus , grec, Xeiijiùv, lieu humide ; comparez l'anc. scand. lim ; ail. Schleim; ancien haut ail. slin, argile. Corssen pense que les formes commençant en ( ont perdu une s initiale. Le provençal et le franfais supposent une forme allongée limônus.

ï. HMON (li-mon), s. m. L'une des deux branches de la limonière d'une voiture. MuUre un cheval dans les limons, en limons.

— HlST m* s. Li chevaliers i pié, sans lance. Après la charete s'avance. Et voit un nain sor les limons Qui lenoit comme charretons Une longue verge en sa main, laCharrete,v. 345. {| xiu's. Droïns [le moineau] au cheval des limons Saut sus la teste maintenant, Et de son bec le vait bêchant, Ren. 25524. En leu de chevaus atelés Ot es limons huit colombiaus Pris en son colombier moût biaus, la Ruse, <69«7. Il xiv" s. Icelluy varlet se ferma une corde au col en manière d'une vercolle [bricole] poursoustenir le limond du dit demi char, DC cange, vercolenum.

— ÉTYM. Espagn. limon, dérivé de leme, timon, gouvernail, dont la provenance ultérieure est inconaue. Le wallon a limon, poutre.

3. LIMON (li-mon), i. m. Fruit qui ressemble au citron, excepté qu'il n'a pas l'écorce si épaisse, qu'd est un peu plus long et que le jus en est plus aigre; ilestle produit d'une variété du citronnier limotiier.

— IIIST. XVI' s. Il semble que les anticiues n'aient cogneu que le seul citronier, pour ne faire mention aucune des oranges, limons, ne ponciles, o. de s. 7u7.

— ÊTYM. Provenç. limo; catal. lliemô; espagn. limon; portug. limâo ; ilal. limone; du persan laimun; indousiani, itmu,ntmu; bengali, nibu; sanscrit, nimhûka, citron.

4.Ll.MON(li-mon),«. m.Termed'arcliitecture.Nom donné à la pierre ou à la pièce de bois qui termine et soutient les marches d'une rampe d'escalier, sur laquelle on pose une balustrade pour servir d'appui. |{ Faux limon ou limon en crémaillère, planche rampante posée contre le mur et contre laquelle les contre-marches viennent butter. || Terme de marine. Se dit des Ixiuts de cordages bien ridés qui servent de bras d'échelle pour mouler dans les haubans, sans marcher sur les bastingages.

— HIST. xvi* I. Limons de montées, Nouv. coutt. çénér. t. II, p. «89.

— RTYM. I.at. limut, oblique, d'aprts Scheler. LIMONADE (li-mo-ua-d'), ». f. Boisson qui se fait

avec du jus de limon ou de citron, de l'eau et du sucre. Cette purgation me parait comme un verre de limonade, sBv. 603. || Limonade cuite, limonade moins acide, mais aussi moins agréable que celle que l'on fait à froid. || Limonade gazcuze, limonade obtenue en ajoutant du sirop de cilron ou de groseille à de l'eau saturée d'acide carbonique. || Limonade minérale, celle qui est faite avec un mélange d'eau et d'un acide minéral. Limonade végétale,

DICT. DB LA LAnOUK FRANÇAISE.

toute infusion préparée avec des acides végétaux. Il Limonade sèche, mélaiige d'acide citrique et de sucre en poudre, aromatisé avec quelques gouttes d'oléosucre de citron; on en dissout une cuillerée dan;i un verre d'eau.

— ETYM. I.imon 3.

LIMONADIKR, 1ÈRE (li-mo-na-dié, diè-r'), ». m et/'. Il 1° Celui, celle qui fait et vend de la limonade, des boissons rafraîchissantes, des liqueurs, du café, etc. Il 11 se dit en province de celui qui tient un café. || i' Limonadier de la passion, nom donné, par plaisanterie el en souvenir du vinaigre delà passion, aux marchands de vinaigre, et, par extension, à tout marchand de vin qui ne débite que de la piquette et de mauvaises boissons.

— ÉTYM. Limonade.

t LIMONE (li-mo-n') ou LIMONINE (li-mo-ni-n'), s. f. Terme de chimie. Principe neutre qui se trouve dans les graines de citron et d'orange.

— ÉTYM. Limon 3, et la finale chimique ine.

+ LIMONELHER (li-mo-nè-lié), s. m. Terme employé par certains auteurs comme synonyme générique de limonie, aurantiacées.

t 1. LIMONER (limo-né), «. a. Passer un poisson dans l'eau bouillante, pour enlever le limon dont il est imprégné.

— ÉTYM. Limx)n i .

t 2. LIMONER (li-mo-né), v. n. Terme d'eaux et forêts. Se dit des arbres qui deviennent assez gros pour en faire des limons, des timons.

— ÉTYM. Limon 2.

LIMONEUX, EUSE (li-mo-neû, ncû-z'), adj.

1* Plein de hmon. Ils ne pouvaient asseoir la plante des pieds à cause des pierres rondes et limoneuses qui les faisaient glisser, vauoel. Q. C. iv, 9. Â ces mots essuyant sa barbe limoneuse. Il [le Rhin] prend d'un vieux guerrier la figure poudreuse, boil. Épit. IV. li Plantes limoneuses, plantes qui croissent dans les terrains fangeux. || 2° Fer limoneux, voy. limonite. Il Z' S. m. Poisson du genre du oobite.

— HIST. XVI* s. Brochets nourris en eau claire et non limoneuse, paré, viii, 14. Pus noir, limoneux et de mauvaise odeur, id. xi, 4.

— ÉTYM. Limon i .

t LLMONIE (li-mo-nie), ». f. \\ l°Terme de botanique. Genre d'auranliacées, dans lequel on distingue la limonie madagascarienne , dite vulgairement bois d'anis. || 2" Terme de zoologie. Genre d'insectes dipti-res.

1 . LIMONIER (li-mo-n ié ; Vr ne se prononce et ne se lie jamais ; au pluriel, l'»se Ue : des li-mo-nié-z attelés), ». m. Cheval qu'on met aux limons. Le pesant chariot porte une énorme pierre ; Le Umonier, suant du mors à la croupière. Tire, et leroulier fouette, v. hugo, Contemplations , Melancholia. Il Àdj. Cheval limonier, jument limonière, et, substantivement, un limonier, une limonière.

— liiST. xu* s. Une charrete a fet apareillier; D'un auferrant [cheval de guerre] Cst Guiboro limonier. Bat. d'Aleschani, v. 4988. || xv* s. Cheval cheviller ou lymonnier, du cahoe, limonerius.

— ÉTYM. Limon 2.

2. LIMONIER (li-mo-nié),». m. Espèce de citronnier fournissant le citron proprement dit qui se vend à Paris; c'est le nom vulgaire et spécifique du citronnier limonier, citrus limonium, risso ; cette espèce a deux variétés principales : le balotin ou limonier balotin, et le limonier sucré.

— ÉTYM. itmon 3. >► LIMOMËRE (li-mo-niè-r'), ». f. Espèce de brancard formé des deux limons d'une voiture. Il se dit aussi d'une voiture à quatre roues, ayant, au lieu d'un timon, un brancard formé par deux limons.

— ÉTYM. Limonier <.

•f LIMONINE, voy. limonb.

t LIMONITE (li-mo-ni-f) , ». f. || 1° Terme do minéralogie. Sorte de minorai de fer, appelé par Haûy fer oxydé géodiquo, et dit aussi aétite. |{ Limonite oolitliique, variété de limonite. || 2* Terme de géologie. Couche de limon.

t LIMONITEUX, KUSK (li-mo-ni-leû , teû-z'), adj. Terme de géologie. Qui appartient à la limonite. L'argile limoniteuso des cavernes.

t LIMO.SELLE (li-mo-zè-P), ». f. Genre de plantes ai|uatii|ue». Il S. f. pi. Famille d'insectes diptères.

LIMOSINAGE (li-inozi na-j') ou LIMOUSINAGE (li-mou-zi-ua-j') , ». m. Ouvrage de majuuucrio fait avec des moellons et du mortier.

— ÉTYM. Limoutin.

t LIMOUSIN (li-mou-zin) , », m. 8e dit quelquefois pour maçon, et particulièrement pour désigner les ouvriers qui font l'espèce de masounerie appelée limosinage.

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