‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 101 sur 462 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

dents, id. h, 4 64. Pericles aguisa et incita le peuple à persévérer opiniastrement en ce qu'il avoit une fois ordonné contre les Megariens, amyot, Périt. £7 Ne plus ne moins que la cueux bise Le trenchant du l'espée aguise, id. ib. 64. Ils furent par luy nourriz aux armes, et dès leur naissance aguisez et acharnez à cela [la guerre], id. Pyrrh. 4 8. Il feit remplir les dittes fosses et trenchées de paux pointus aguisez par les bouts, id. Pomp. 88. Jour et nuit ils te nuisent [le soin et l'envie], Et sur ton cœur aiguisent L'aiguillon qui te poind, rons. 401.

— ÉTYM. Norm. ajjHC/ier; bourguig. égusè; Berry, aguiser, aguser, aguer; wallon, awehî; provenç. agusar; ital. aguzzarc; d'un bas-latin acutare ou plutôl aculiare, de acutus (voy. aigu). Acutare est dans Du Cange ; acutiare n'y est pas ; mais on y trouve acutia, acutics, acutiator.

f AIGUISEUR (è-gûi-zeur) , s. m. Celui qui aiguise. Les aiguiseurs des manufactures d'armes sont sujets à une phthisie particulière causée par la poussière siliceuse et métallique au milieu de laquelle ils vivent.

— HIST. xvie s. La terre qu'on treuve sur les meules des esguiseurs, o. de serres, 960.

— ÉTYM. Aiguiser.

f AIGÛMENT (è-gu-man), adv. D'une manière aiguë.

— HIST. xvi° s. C'estoit bien la plus doulce et la plus aggreable compagnie d'homme qu'il estoit possible, et qui rencontroit aussi plaisamment et aussi aiguëment, amyot, Flarn. 33.

— ÉTYM Aiguë, au féminin, et ment.

AIL (ail, Il mouillées, tt non aye) s. m. kaplur. aulx (ô). || 1° Espèce d'oignon d'une odeur très-forte, composé de plusieurs petites gousses réunies sous une seule enveloppe. Une tète d'ail, une gousse d'ail. Tu peux choisir, ou de manger trente aulx, Ou.... la font. Pays. Ne vous souvenez-vous plus des premii is consuls, dont les paroles sentaient les aulx et la viande crue? balz. Leur, i, 9. || 2° En termes de botanique, et considéré commeplante, il fait oiiï au pluriel. Il cultive des ails de plusieurs espèces. || 3° Ail de chien, nom vulgaire du muscari en grappe (liliacées). || Proverbe. Le mortier sent toujours les aulx, c'est-à-dire on se ressent toujours de son éducation, de ses anciennes habitudes, etc.

— HIST. xme s. Trop lost se vante qui aulx plante, Chans. historiques, Leroux de Lincy, t. i, p. 264. Tousjours le mortier sent les aulx, ib. t. i, p. 323. Li ails vaut, contre morsure de beste venimeuse, et por chou [cela] l'apele on triade de vilains, alebrant, f. 58. Tuit cil qui sont dehors Paris, et verdent à Paris auz , oingnons , poiraus.... doivent chascun quatre deniers l'an, Lit. des Met. 334. Ne lor lessasse demorer Vaillant ung ail, se ge peusse, Que tout en ma borce n'eusse, la Rose, <3i23. Ne qu'el n'ait pas ses lèvres ointes De sopes, d'aulx, ne de char grasse, ib. 13515. Tant ot mangié bon buef as aus,Et du cras humé qui fu chaus , Que la pance ■ i fu pas mole, Ainz li tent corn corde à citole. ruteb. 282. Ne bone char de buef as auz, Fabl. Rarb. iv, p. 83. || xive s. On dit que compaignie ne vault un ayl pelle, S'amour et courtoisie n'y est et loyauté, Guescl. 802, var. || xves. Oignons, aulx, pois, fèves, olietes, froiss. n, m. 35. || xvi* s. Il délaissera toutes espiceries, ails, oignons, etc. paré, v, 9. On fera essay premièrement en y appliquant des aulx piles dessus , id. v, 24. Une gosse d'ails, id. xv, 2C. Le suc exprimé d'un ail cuit, meslé avec un peu d'aloé, id. xviii, 57. Teste d'ail, id. xxiv, 27.

— REM. Le pluriel aulx devient de moins en moins usité.

— ÉTYM. Provenç. alh, aill; catal. ail; espagn. ajo; ital. aglio ; de allium oualium.

f.... AIL, suffixe, qui, quand il est véritablement suffixe et ne fait pas partie intégrante du mot, répondlau suffixe latin aculum, et exprime quelque chose d'instrumental: gouvern-ai l : gubern aculum.

AILE (è-P),s. f. || 1° Membre qui sert aux oiseaux à voler. On donne aussi ce nom auxparties à l'aide desquelles beaucoup d'insectes et quelques mammifères se soutiennent dans l'air. Les ailes des chauves-souris sont membraneuses. || Poétiquement. Iris volant d'une aile légère, fën. Tél. xvi. || Fig. et poétique. Les ailes des zéphyrs. Sur les ailes du temps la tristesse s'envole, la font. Fab. vi, 24. Mon esprit diminue, au lieu qu'à chaque instant On aperçoit le vôtre aller en augmentant : Il ne va pas, il court, il semble avoir des ailes, id. ib. xn, I. Dieu que la lumière environne, Qui voles sur l'aile des vents, rac. L'sth. i, 5. Si nous montons sur les ailes des vents.... mass. T, mples. i in a beau être porté sur les ailes de la

AU

fortune au ù ■ mass. Mali

vaisseaux seul dirigeant les ailes, ■ donnons pas à l'hymen les a imour,

■ snte, i,i. 10. Viens, mon coursier.... Prête sQUsm làla m,. ii. bi i h ' h du l

ir sonaile humidi de nouvelles douleurs, m. Voy.

on ne volepointdes mômes ailes p iur sa

rivoles el di i AHiuv. i. ',! 2 Loi

promptement. || La peur il"' Les, ''H''

Pattrede l'a

d'une ail'1, i 'le son premier i

jouir de la mêm ■ ;

l'aile, être atteint d'ui ...ilimcdis-

el aussi être amoureux. Pour quelque 1, neveu, VI US l dans l'aile, ■ Fillt <■«!'>■ ' • '■'• llTiri plume de l'i Iqu'un, lui arracher une con-

obtenir un à quelqu'un, reti ses moyens ■ otre intendant qui m a

, v, a. || Voler de ses propres

m état de -i' p

voler sans a prendre une

au -dessus de ses forces. || C'est la plume de son ai e ir de son revenu,

sa plus belle prérogative, etc. || Tirer pi aile d'une chose, en nier un profil, un aval si médiocre qu'il soit. Tous les gens de qi considération qui avaient eud les con-

n tirèrent pied ou aile, st-sim. b o, 168. ] fils de bonne mère qui n'abandoni êtrepn

aile, comme .m dit, dubudget, r. l. cour, i, 205. | 3 i ig pr tei lion. Êtresous l'aile de sa mère, sous sa surveillance, sous sa protection. I que les frères et ' : assent réunis sou

de leurs vieux parents, ch ati . Rei encor la tenait sous son aile, la font. Aveux. !.'!•. glise nous a tenus sous ses ailes comme des petits

antait, mass. Béturr. L'a-t-elle pour ainsi parler sous ses ailes? boss. ( Pour vous mettre à couvert, jelez-vous sou

pauvreté, id. Serm. Sept. || Dans le langage de l'Écriture, l'aile, les ailes du Seigneur. la protection de Dieu. Il les met a couvert sous l'aile de sa protection, boss. n. Pass. 3. Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé, du Seigneur dans le temple élevé. RAC. Alliai, i, 2. Un ange du Seigneur, sous son aile sacrée, A donc conduit vos pas et caché votre entrée? id. Es'h. i, 3. || 4" Partie charnue d'une volaili puis le haut de l'estomac jusque sous les ci Servez-moi une aile. || 5" Fig. et par extension. Les ailes d'un moulin, les rhàssis garnis de toile que le vent met en mouvement et qui font tourner la meule. Le vent a cassé une aile au moulin. || 6" Les ailes d'un . deux parties qui de cha<p

sont jointes au corps principal. Aile droite, aile gauche, doivent s'entendre non par rapport à la personne qui regarde, mais par rapport au bâtiment même. || Chez les anciens, ailes d'un temple, les murs latéraux avec ou sans péristyle. || Chez quelques auteurs modernes , ailes d'une église , bas côtés ou nefs latérales. || 7° Les ailes d'une armée, d'une flotte, les deux extrémités d'une armée rangée en bataille ; l'aile droite, l'aile gauche d'une armée. || 8° Terme de fortifications. Les côtés d'un ouvrage avancé qui tient au corps de la place. || 9° En horlogerie, les ailes d'un pignon, les dents d'un pignon. ||Dans les corderies, les ailes d'un touret, les deux planchettes en croix qui servent à retenir le fil sur le touret, lorsqu'il est près d'être rempli. || 10" En anatomie, les ailes du nez, les côtés extérieurs des narines. || 11° En architecture, ailes de mouches, les ancres employées aux angles des coffres de cheminées de brique. || 12° En fauconnerie, monter sur l'aile, se dit d'un oiseau quand il s'incline sur une aile, et qu'il s'élève par le mouvement de l'autre. || 13° Bande de plomb qui sert à engager les lu, anges du verre dans le panneau des vitres. || 14° Terme de pêche. Ailes de filet, bandes de filet qu'on ajoute aux côtés des filets en manche.

— HIST. xii" s. Devers l'eele del norts'en est li bers alez, Eà un pilier s'est tenuzeacostez, Th. le Mart. US. || xme s. Cil croisa moult de peule [pi et s'en altèrent à deus aies ; h première aie Acre à une saint Michiel.... Chr. de Rains , p. 89. Des eles commence à ferir Et à batre, et s'en va volant Desusun orme haut etgrant, Rcn. 5442. || xvc s. Les archers sur ele et les gens d'armes au front,

An,

:., ii , 07. Ainsi . i n eux d el bou

ls s'en vinrent su un coin

ID. Il, m, 79. Ce

se teno : I toii d.-, sou i le i''" !'■. m. ii , ii .

nt diffamez, s'il/ ne voloienl d' qui si nt en elles, en. d'ohj Rondel. 38. m voloienl d- si haulte aisle, que à peine on en osoit parler, iuvi Chai s, s i ;. 1302. Il xvi' s. Si vous souffrez qu'u , . \.u nid de l'a

.. J. MAROT, V, e,:,. Don) il H'Miil tosl in vil vola battant l'une et l'autre i i,n . 200, Plie vous tire

( fftsl :;. i i le fut le

arriva en H de noM m. ib.

, 2. Je ne le puis

l veu voler d'une aile i, h. il On remarq i ra qu siècle la locution tirer pied ou aile cuisse

OU ai!'' ' mieux à me1 \

— ÉTYM. Berry.i

ala comme omme tela .

st le radic.il <i i e).

AILE (é-1'), s. f. u i orthogi iphe d'un mot

si l'on veut garder l'orner la prononciatio . ce qui le confon

iscau (voy ^le).

— êtym. ., dan. et suéd. xl. Ali. P.. ÉE (é ou è-lé, lée), adj. || 1° Qu

Les chants mystérieux du pi up eailé di M.j.cn. ÛEdtperot, iv, s. ||2 certainsani-

maux â qui il n'i l'avoir des ailes.

Pégase, cheval ailé. || 3" En ico- . Pn foudre ailé, symbole de victoire et de nce. || 4" Par allusion aux voilesde vaisseaux. Je montrai le premier aux peuples du Mexique L'appareil, inouï pour ces mortels nouveaux. De nos ; volaient sur les eaux, volt. Alz.

5 En termes de blason, se dit des ois leurs ailes sont d'un autre émail que leur corps.

— HIST. xvi° s. Pressant la légère fuyte Di

peur, dubell. ni, 80, i

— ÊTYM. Provenç. alat ; espagn. alado ; ital. alato; de ' ala (voy. ■

AILERON (è-le-ron), s. m. || 1° Extrémité de l'aile (Pun ci .uelle tiennent les g unis plumes.

Cet oiseau a un aileron rompu. || 2° Nageoires de quelques poissons. Les ailerons d'une carpe. || 3 Par analogie. 11 porte un pourpoint à ailerons, la bruy. 13. || 4° Petites planches qui garnissent les roin moulin a eau, et servent à le faire tourner. || 5° En architecture, se dit de petites consoles dont on décore les lucarnes. || 6" En termes de marine, se

deux planches que l'on cloue moinu, ment sur le gouvernail, pour en augmenter l'effet dans les passes étroites. || 7° Petit bord d'étoffe qu'on mettait aux pourpoints, pour couvrir les coutures du haut des manches. || 8° En serrurerie, aileron d'une fiche, partie d'une fiche qui entre dans le bois comme un tenon dans sa mortaise.

— HIST. xvic s. L'armée présenta de ce costé 3000 lansquenets en gros, et tous leurs arquebusiers françois à divers ailerons, d'aub. Hist. i, 285. Le reste en deux œslerons aux costez, et quelques-uns en confusion devant, id. ib. n, i"0. Les autres se servent de ces deux pièces appellées ailerons, et les mettent à costé des tenailles : l'une dessus et l'autre dessous [pour tirer la pierre] , paré, xv, 45. 11 semble voir l'artichau sortir freschement du jardin . avec ses ailerons pointus et entiers, et sa naïfve couleur verte, 0. DESERRES, 856,

— ÉTYM. Ai'e.

f AILETTE (è-lè-t'),.s. f. || 1° Terme d'architecture. Avant-corps ajouté à un corps de bâtiment , et plus petit qu'une aile. || 2° Pièce qu'on ajoute sur le côté d'un soulier, d'un bas, d'une manche de chemise, pour servir de renforcement.

AILLADE (a-lla-d', Il mouillées), s. f. Sauce faite avec de l'ail. Pour suppléer au défaut de l'aillade [repas d'ail] , LA FONT. 7'OI/s'.

— hist. xnb s. Et Renoarz vet [va] deus aues sachier; Si les touelle en l'ailhe au mortier,

Pat. d'Alesehans, 3804.

AIM

— étym. Provenç. alhada; une. catal. allada ; ital. agliata (voy. au). Aillade vient du provençal;

I ancien aillie.

| .... ui.i.k, suffixe qui indique la pluralité eta un ■"n ' i i"' tif c manu dan canai 'e; il répondàaWa,

ilio , l'ie iel - eutre d ■ i s latins : aum-aille , de

animalia ; ou- aille, de oi ilia. Au contraire, il

ante du ihèmedu m") dan i paille, de ; a ea, maille, de macula , et emblables.

; au. i. Kit (;i lié, // mi s. m. Grand filet

pour prendre des cailles; ou dit aussi cailler. AILLEURS (a-lleur. L's ne se lii pa U Heurs on ux, prononcez : a-lleur ux.Ayezsoin

île mouiller les II el de ne po d re. comme plu

;i yiiir. Ména.no rvniaïque que k , h d.iud . de l'.ins

prononçaient a li eur en trois syllabi :, cequ'il réprouve; on entend encore quelqui foi i ette prononciation ; elle ésl très-fautive) , adv. || 1° Dans un lieu .ne celui où l'on est. Ailleurs qu'au ihi atre. ut ailleurs. Nous êtes distrait, votre i prit est ailleurs, u les a envoyés secon oler ailleurs, sév. i"'-!. H se lève déconcerté el chagrin et va dire

ailleurs qu'il Veul se reniai;' v le

cherchez pas ailleurs que dans la □ tison de Ce ri il gouverne, ID. 5. ||2° Partout ailleurs, en tout autre lieu. || 3° Ailleurs, dans un autn i en parlant d'un livre. Nous avons dit ailleurs.... Ailleurs il est dit.... || 4" Chez une autre pi , onne. Son cœur était donné ailleurs. 11 vous hait ; son .. rac. Andr. n, 2. Quoi!

s'il aimait ailleurs, serais-jc dispensée.... corn. /• ;./. m. 2. [Cléante et sa femme] Chacun de sa part fait tout le plaisir el tout l'agrémem des si c étés OÙ il se trouve : l'on ne peut voir ailleurs plus de probité, plus de politesse... la bruy. s. || 5° D'ail leurs, d'un autre endroit, d'unautre côté , au propre , i au ii croyez que ces fruits vienneni de

ls viennent d'ailleurs. ; s dépendons

td'a i , pasc. l'rox .

•2. Herm ■ le jour de son appartement d'ail-

leurs que de la fenêtre; il a trouvé le secretdemonter et de descendre autrement que par l'escalier, la bruy. 14 || 6° De plus, outrecela. Et vous avez d'adleurs Laodice en otage, corn. Nicomed. v, 3. Et d'ailleurs Polyeucte est d'un sang (pion révère, m. Pohj. m, 5. || 7° Pour le reste, du reste. Homme d'ailleurs plein de savoir. Père injuste, cruel, mais d'ailleurs malheureux, rac. Mithr. n, c. Nestoret Philoctète, ces deux capitaines d'ailleurs si sages et si expérimentés, c'étaient pas assez sei rets, dans leurs entreprises, fén. Tél. xvi. Les commentateurs et les scholiastes, si fertiles d'ailleurs, s, abondants et si i d'une vaine etfastueuse érudition dans les isclairsetqui ne fontde peine ni à eux ni aux la bruy. t4. || 8° Par ailleurs, pur une au tre voie. Il faut faire venir vos lettres par ailleurs.

— hist. xne s. En Normandie vint, aler aillorsne sout, Rou. 2528. Ne ma joie ne peut venir d'aillors, Couci, vu. Tant [j'Jai en lui [elle] ferme assis mon courage, Qu'aillors [je] ne pense..., ib. xix. Puisqu'allours [je] n'ai convoitise [d'amour], ib. p. 119. N'i aceldes messages [messagers] [qui] nu voussist[vouIûtJestreaillôrs, Sax. xxvn. Après celui [ils] cslurent dant Garin le Pohyier ; [ils] Ne sorent la corone allors mieux emploier, Sax. îv. ||xve s. Si ordonna le roi de France à garder le passage par où il convenoit que les Anglois passassent et non par ailleurs, froiss.i, i, 27 7. Si monstre bien semblant que ailleurs sont ses pensées, Bouciq. iv,ch. c. Toutefois il eut semblables lettres par ailleurs, comm. ii, 5. || xvic s. Prens t'en ailleurs, mont. vi. 22. Des honnestes hommes d'ailleurs, lu. 1, 37. Ln homme qui pense ailleurs, ne..., id. m, 55. Accident que l'on ne sçauroit référer ailleurs qu'à la faveur des dieux, amyot. P. /Em. 39.

— ÉTYM. Provenç. allwrs; non pas de olia hora, comme le veut Raynouard, mais de aliorsum, comme le dit Diez; aliorsum pour alioversum , de alius, autre (voy. aliéner), et versus, tourné (voy. version).

t AILLOLI (a-llo-li, U mouillées), s. m. Coulis d'ail finement pilé avec do l'huile d'olive.

— ÉTYM. Ail.

AIMABLE (è-ma-bl'), adj. || 1° Qui 1 il digne d'être aimé. Pour être ai nié oyez aimable. J'ai cru honteux d'aimer quand onn'est plus aimable, Sertor.n, 2. Quoi! l'empire et Pison n'ont pour vous rien d'aimable? id. Olhon, IV, 4. Et quiconque peut tout, est aimable en tout temps, m. Serlor. 11, 1. Néoptolème me promit de m'emmenei : .dors je m'écriai : 0 heureux jour! ô aimable Néoptolème, digne de la gloire de son père , fén. Tél. xv.

II 2° Qu'on aime, qui plaît, en parlant des choses.

AIM

Caractère aimable. La lettre aimable que vous lui avez écrite. Hélas! disait-il, faut-il que je vous quitte, ô aimable grotte, où le sommeil paisible venait toutes les nuits me délasser des travaux du jour ! fén. Tél. xiv. Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable, box. A. P. I. Que le Seigneur est bon! que son joug est aimable! rac. Esth. in, 9. Aimable pudeur, id. ib. i. i. Je quitte le séjour de l'aimable Trézène, id. Phèd. i . t. Noble et dure contrainte! aimable tyrannie! corn. Cid, I, 10. Jamais la liberté ne cesse d'être aimable , id. Cinna, n, 2. Jamais ma raison N'avoua de mes yeux l'aimable trahison, id. Pohj. i. 3. Aimable pitié . volt. Zaïre, iii,6. ji 3° Dans le langage de la société, qui a le don déplaire. N'ai-je pas de la bonté . de la franchise, du courage? ne suis-je pas aimable en société?... Staël. Corinne, i, 3. || 4" Aimable de , suivi d'un infinitif. Vous êtes un aimable homme d'être revenu si ponctuellement.... fén. xxi, 42. || 5° Cela est aimable. C'est une attention aimable. Cela est affectueux et poli, c'est une attention affectueuse et polie ; ou ironiquement, cela est aimable, voilà un trait blessant, déplaisant. || 6° Aimable à. Jamais prince ne fut plus capable de rendre la royauté non-seulement vénérable et sainte, mais encore aimable et chère à ses peuples, boss. Heine d'Anglet. Jusques à cet hymen Rodrigue m'est aimable, corn. Cid, I, 2. Quoiqu'elle ait soin de tout, et qu'elle soit chargée de corriger, de refuser, d'épargner (choses qui font haïr presque toutes les femmes), elle s'est rendue aimable à toute la maison, fén. Tél. xxn. || 7" Substantivement. Faire l'aimable , se donner de la peine pour paraître aimable. || On peut le placer avant ou après le substantif : Un homme aimable ou un aimable homme.

— HIST. xnie s. Ki rist volentiers si est bénignes et amables, alebrand, f. 70. || xive s. Les choses aimables ou que l'en fait à ses amis et par lesquelles il semble que lesamistés soient déterminées vienent des choses aimables que l'en se fait à soy meismes, oresme , Eth. 283. || xvi" s. L'empire romain ne fut jamais ne plus aimable, ne plus redoutable aux habitans de la Sardagne qu'il fut soubz son gouvernement, amvot, Caton, 13. Ne pensez point que ne soyez aymable, marot, ni, 120. Il n'y a aucune d'elles, pour malotrue qu'elle soit, qui ne pense estre bien aimable, mont, iii, 284.

— ET YM. Bourguig. cm iau le ; provenç. a malle; i tal . amabile; de amabilis, de amarc (voy. aimer). '

f AIMABLEMENT (è-ma-ble-man) , adv. D'une manière aimable. Yous me répondez trop aimablement, SÉV. 378.

— REM. Cet adverbe, qui manque dans le Dictionnaire de l'Académie , est autorisé par l'analogie et par de bons auteurs.

— ÉTYM. Aimable et ment.

AIMANT (è-man), s. m. || 1° Minerai de fer o\ydulé dont une des propriétés est d'attirer le fer. Cet aimant est l'aimant naturel dit aussi pierre d'aimant. On distinguait autrefois l'aimant en aimant mâle et aimant femelle : le premier, de couleur bleuâtre, et le meilleur, venant de la Chine et du Bengale; le second, d'un roux noirâtre, et se trouvant en Allemagne et dans quelques endroits d'Italie. L'aimant artificiel est un barreau de fer aimanté par frottement à l'aide de la pierre d'aimant ou de toute autre façon. || Les deux pôles d'un aimant, les deux points où sa faculté attractive est la plus puissante. || Armer un aimant, l'envelopper d'une plaque de fer doux qui en rend la puissance plus grande. || 2° Fig. Qualité de ce qui attire. La douceur est un aimant qui attire les cœurs. Vous attirez les cœurs avec un tel aimant, Que qui n'a point d'amour n'a point de sentiment, racan, Bergeries, Tisimandre, n, 3. La Providence a attaché les pieds de chaque homme à son sol natal par un aimant invincible , ciiateaub. Génie , 1, v, u.

— HIST. xnr s. [L'étoile polaire] S'est ele encor de tel nature Qu'à l'aimant fait le fer traire, Lais inédits, p. I u. Car tout en autretel manière Cum la pierre de l'aiment Trait à soi le fer souliiment, Ausinc atrait les cuers des gens Li ors qu'en donne et li ai-gens , la Rose , il es. Geste , si li actor ne ment , Perceroit pierre d'aïment , Por qu'ele fust bien de li pointe [piquée]'; Car ele a trop agué pointe, la Rose, I559G.

— ÉTYM. Provenç. aziman, ayman, ariman; espagn. iman; de adamantem,de adarnas, diamant et aussi quelquefois aimant, de à2â,u.aç, fer, acier, diamant, d'à privatif et Sajjuxtù, je dompte (voy. dompter); mot à mot, l'indompté. Adamantem a donné en provençal aziman, en ancien français

AIM

aimant, d'où par contraction aimant, qui du reste est le même mot que diamant (voy. diamant).

AIMANT, ANTE (è-man, man-t'), adj. Porté à aimer. Naturel aimant ; âme aimante. Malheur au cœur aimant que leur charme séduit! delav. Paria, il, s. || 11 suit toujours son substantif.

f AIMANTA1RE (è-man- tê-r') , adj. Terme de minéralogie. Fer aimantaire, aimant naturel.

f AIMANTATION (è-man- ta -sion) , s. f. Terme de physique. Action d'aimanter. L'aimantation d'un paratonnerre par la foudre.

AIMANTÉ, ÉE (è-man- té, tée), part, passé. Aiguille aimantée. Barreau de fer aimanté par un coup de foudre. Elle se communique au fer aimanté dansun certain sens, j. j. R0uss.7im.in. On a observé qu'une lame d'acier, après avoir été fortement aimantée , conserve le même poids qu'auparavant, la place, Exp. IV, ig.

AIMANTER (è-man-té), v. a. \\ 1° Communiquer la propriété de l'aimant à un autre corps. Aimanter une aiguille. |[ 2° S'aimanter, v. réfl. Prendre la propriété de l'aimant. Le fer s'aimante par divers procédés.

— ÉTYM. Aimant.

AIMANTIN, INE (è-man tin, ti-n) , adj. Qui appartient à l'aimant. || Vieux. On dit aujourd'hui magnétique.

— HIST. xvi° s. Ha trop heureux, si le cruel destin N'eust emmuré d'un rempart aimantin Si chaste cœur dessous si belle face ! rons. 3. Un court despit, une aimanline foy, id. 13

— ÉTYM. Aimant.

AIMÉ, ÉE(è-mé, mée), part, passé. \\ 1° Aimé parce qu'il était bienfaisant. Aiméde ses concitoyens. Aimé de Dieu. Ô rives du Jourdain, ô champs aimés des cieux! rac. Esth.i, 2. || 2° Substantivement. [Elle].... verrait en l'aimé ce qu'il y faut blâmer, Si ce même devoir lui commandait d'aimer , corn. Perihar. i, 2.

— REM. Aimé de, aimé par. Il n'y a point de règle précise pour l'emploi de l'une ou de l'autre préposition ; il n'y a que des nuances quelquefois sensibles , et qui d'autres fois se confondent. On se sert généralement de de, à l'exclusion de par, quand le nom n'a point d'article : Aimé de tous ceux qui le connaissent; aimé de chacun; cependant il n'y aurait pas de faute à dire aimé par chacun, par tous ceux qui le connaissent. Quand aimé n'est plus simplement participe, mais verbe passif , il faut par de préférence : Cette femme a été aimée par son cousin, Louis XII fut aimé par ses sujets; mais on dirait aussi sans faute : Fut aimé de ses sujets. Tout ce qu'on peut dire , c'est qu'aimé de porte plutôt l'idée sur aimé considéré comme adjectif et exprimant un état; et aimé par, sur aimé considéré comme participe passif et exprimant une action reçue.

AIMER (è-mé),i\ a. || 1° Avoir un sentiment d'affection, de tendresse pour. Aimer son père, ses enfants. 11 aime sa patrie avec sincérité. Aimer Dieu. Je me fis aimer de tous les bergers, fén. Tél. II. Cet homme si fidèle aux particuliers, si redoutable à l'Etat, d'un caractère si haut qu'on ne pouvait ni l'estimer, ni le craindre, ni l'aimer, ni le haïr à demi.... boss. Le Tcllier. Qu'un père vous ait aimé, je ne m'en étonne pas; c'est un sentiment que la nature inspire ; mais qu'un père si éclairé.... id. L. de Bourbon. Celui qui se persécute soi-même doit avoir un quelque chose qu'il aime plus que soi-même . id. Profession de la Vallière. Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ; Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours : Quand tout change 'pour toi , la nature est la même, Et le même soleil se lève sur tes jours, lamart. Médit, i, 6 C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême; Je te cherche partout, j'aspire à toi , je t'aime! id. ib. i . i«. || 2° Absolument. Ô âme, vous connaissez et vous aimez; c'est là ce que vous avez de plus essentiel , et c'est par là que vous ressemblez à votre auteur, qui n'est que connaissance et qu'amour , boss. Profession de la Vallière. \\ 3" Eprouver la passion de l'amour. 11 aime cette femme. Cette jeune fille a épousé l'homme qu'elle aimait. || 4° Dans le même sens, absolument. Il»aima longtemps sans espoir. Et même en n'aimant plus il est doux d'être aimé, corn. Pulch. iv, 2. Il n'est plus temps d'aimer alors qu'il faut mourir, ïD.Hèracl. i, 4. Quoique Scythe et barbare, elle a pourtant aimé , rac. Pltèd. m, i. Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre! Laissez-moi mon erreur : j'aime, il faut que j'espère, lamart. Médit. i, 5. Aimons donc, aimons donc! De l'heure fugitive, Hàtons-nous, jouissons! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule et nous passons! id. Médit, i, i3. J'ai quelquefois aimé : je

AIM

n'aurais pas alors Contre le Louvre et ses trésors.... la font. Fab. îx, 2. Ah! si mon cœur osait encor se renflammeri Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête? Ai-je -passé le temps d'aimer? id. ib. || 5° Aimer quelqu'un de, l'aimer à cause de. Je vous aime d'avoir ainsi pris sa défense. Au moins sais-je bien que vous les devez aimer [les fleurs) de cela, qu'il n'y en a pas une qui n'accompagne sa beauté de quelque vertu, voit. Lettr. 73. Je l'aimerai toute ma vie du courage qu'il a eu de vous aller trouver, sév. dans laveaux. || 6" Avoir du goût pour, se plaire à. 11 aime les animaux. Il aime les tableaux. Il aime le théâtre, la musique, les chevaux. Il aime les fruits, le lait, les huîtres. J'aime la musique de ce compositeur. J'aime la manière de ce peintre. Cet homme est méchant, il aime les procès . les querelles. Mais , dites-vous , comment estimerons-nous et comment aimerons-nous ce qui nous rabaisse dans l'opinion des hommes? bourd. Exhort. t. i. p. su. Et que signifient ces expressions. si nouvelles peut-être pour vous, estimer les injures, aimer les injures, se réjouir dans les injures? id. ib. p. 5t2. Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur, corn. Hor. iv, 5. Je n'aime mon bonheur que pour le mériter , id. Poly. n , i. Qui aime son péril, aime sa mort, boss. Inlég. 3. Qui que lu sois. Byron, bon ou fatal génie , J'aime de tes concerts la sauvage harmonie, Comme j'aime le bruit de la foudre et des vents , lamart. Médit, i , 2. ||7° En parlant des choses. La violette aime l'ombre. Le saule aime l'humidité. La vertu aime les sacrifices. Le vice aime les ténèbres. || 8° Aimer à, suivi d'un infinitif, avoir du plaisir à. On aime à voir dans les disputes le combat des opinions; mais de contempler la vérité trouvée, pointdutout, pasc. Pensera,part. i. art. 3. L'homme n'aime pointa s'occuper de son néant et de sa bassesse, mass. dans giraulïduvivier. J'aime à voir comme vous l'instruisez, rac. Athal.u. 7. J'aime à voir que du moins vous vous rendiez justice, id. Andr. iv, 5. On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant, corn. Nicom. Il, i. Puisqu'il aime à périr, je consens qu'il périsse, id.. Pohj. v, 3. Tout favorise une jeune personne, jusqu'à l'opinion des hommes, qui aiment à lui accorder tous les avantages qui peuvent la rendre plus souhaitable, la bruy. 3. Il y a des lieux que l'on admire; il y en a d'autres qui touchent et où l'on aimeraità vivre, id. 4. Ah ! c'est là qu'entouré d'un rempart de verdure . D'un horizon borné qui suffit à mes yeux, J'aime à fixer mes pas, et, seul dans la nature, À n'entendre que l'onde, à ne voir que les cieux, lamart. Médit, i, c. || 9° Aimer de, même sens. Monseigneur aimait les peuples, et il aimait d'en être aimé, mass. Pauph. Cette passion [l'amour] fait qu'on aime de s'unir à ces choses et de les avoir en sa puissance, boss. Con». i, g. Pourquoi pour la justice ai-je aimé de souffrir ? lamart. Socrate , 347. Aimer d'être estimé pour soi-même, fléch. Serm. i , 337. Nous le conjurons [Dieu] de nous délivrer de la tentation, et nous aimons d'y succomber, mass. Car. Prière. Une religion qui n'aimerait pas d'être approfondie et qui craindrait l'examen serait suspecte, id. Carême, Vérité relïg. Elle aime la conversation et surtout de plaire au roi, sév. 41*. || 10" Aimer que , suivi du subj. Savoir gré, être content. J'aime qu'on soit sincèreavec moi. Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue. non. Art poét. i, 1111° Aimer mieux, préférer. Ou peine âmes maux je puisse résister. J'aime mieux les souffrir que de les mériter, corn. Hor. i, ». Et si tu n'aimes mieux que l'un ou l'autre meure, id. Héracl. v, 5. Et j'ai bien mieux aimé me voir aux mains d'un autre Que ne pas mériter un cœur comme le vôtre, mol. Éc. des mar. m, io. Il y a telle femme qui aime mieux son argent que ses amis, et ses amants que son argent, la bruy. 3. L'électeur de Cologne aimait mieux se promener que le séjour de nos villes de France, st-sim. i65, 179. Il aimera mieux s'attirer le mépris que contrister l'objet de sa passion, mass. /. Bapt. On aime mieux se rendre nécessaire à l'assemblée des méchants que d'être inutile au parti des gens de bien, p. Villeroy. || 11 ne faut pas confondre aimer mieux, qui signifie simplement préférer, avec aimer mieux pris absolument, qui peut signifier aimer davantage. Ne fais point d'autre crime, et j'atteste les dieux Qu'au lieu de te haïr, je t'en aimerai mieux ; Oui, je le chérirai... corn. Hor. ii, 6.

s'aimer, r. réfl. || 1 Aimer soi. Cet homme s'aime trop pour aimer les autres. Il s'aime beaucoup. 1 a beaucoup d'amour-propre, il est uniquement préoccupé de sa personne. Dieu se connaît soi-même, il s'aime soi-même, et c'est là sa vie, boss. Profes-

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