Si les femmes avaient le visage aussi allumé
qu'elles se le font par le rouge, la broy. 3. ||4° En
i de blason, se dit des yeux quand ris sont
d'un autre émail que le corps de l'animal; et de la
flamme d'un flambeau ou d'un autre objet.
u.i.r.MKLLK (a-lu-mè-1') , s. f. Fourneau de charbon.
f ALLUMEMENT (a-lu-me-man) , s. m. Action d'allumer, j Ce mot mériterai! d'être repris.
— iiist. m* s. Dont serai parlai/, h ans de nostre alumement, quand li permanables jugieres aparrat,
ALLUMER (a-lu-mé), o. o. ||1" Mettre le feu à. Allumer une chandelle , une bougie. Allumer un bûcher. |! 2" Parextension. Allumer du feu, le feu, pour allumer du bois dans un i"}' île. Allumer
une lampe, un bougeoir, pour allumer la mèche d'une lampeou d'une bougie. Allumer un flambeau. (Il) Recherche votre fille etd'un hymen si beau Veut dans
embrasée allumer le flambeau, bac. fphig. i,.i || 3° Fig. Quelle guerre intestine avons-nous allu rac. Esth. m. J'ai prévu ce tumulte et n'en vois rien à craindre; Comme un moment l'allume, un moment val'éteindre, corn. Nicom. v, i. Votre amour contre nous allume trop de haine, bac. Andr. i, 4. Vousavez vu quelle ardente colère Allumait de ce roi le visage sévère, m. Eslh. n, 9. Animés du courroux qu'allume l'injustice, id. Brit. m, 7.11
lia mon cœur aux yeux qui le charmèrent, Il prépara mon âme aux feux qu'ils allumèrent, corn. Héracl. n, 2. Ils allument contre eux une implacable haine, id. Pomp. iv.s. Moi! j'aurais allumé cet insolent amour Iid. Rod. iv,l.0ui, je ne pus souffrir de les voir si bien ensemble; le dépit alluma mes désirs, mol. Fest. 1, 2. Ce qui avait allumé dans son cœur tant de haine contre Ulysse, fén. Tél. xv. 11 allume le zèle des docteurs, flêch. Tur. Allumer leur ambition [de leurs époux] par leurs désirs pressants de s'élever au-dessus de leur condition, id. i, p. 135. Ce ne fut ni l'envie de vaincre ni le désir de se ven-
.1 allumèrent ce jeune courage; ce fut le désir delà paixel de la sûreté publique, ID. Panég. t. II, p. 10. f.es lâches courtisans se font une étude d'allumer le vice et d'éteindre la vertu, chateaub. Mart. 12 1. Les délais ne servent qu'à allumer la fureur des Juifs, mass. Pass. 2. J'eusse aux rayons d'Homère allumé mon génie, a. chiïn. 145. || 4° Mettre en mouvement, agiter. Allumer le sang, la bile, les humeurs. Le chocolat vous allume une fièvre continue, sév. (45. Tout vous blesse, tout vous allume, massillon. H 5° Populairement. Allumer quelqu'un, l'entraîner par des espérances trompeuses à donner son argent. ||6° En termes de métier, introduire dans une pompe une certaine quantité d'eau pour en faire gonfler les parties intérieures et en expulser l'air. Il 7° S'allumer, ». réfl Prendre feu, s'enflammer. Sur un autel sanglant l'affreux bûcher s'allume, j. b. rouss. Cantal1, Circé. La flamme du bûcher d'elle-même s'allume, rac. ïphig. v, G. Il Poétiquement. Et que.... Jamais les feux d'hymen ne s'allument pour elle, rac. Phèd. 1, 1. || 8° Devenir brillant. Ses yeux s'allument et s'éteignent en un moment, pasc. Amour. ||9°Fig. Une nouvelle guerre s'allume, boss. Hist. 1, )0. La guerre civile s'allume , id. ib. ni, 7. Le dépit s'allumait dans son cœur, hamilt. Gramm. s.
— HIST. xic s. Myrrhe et ti moine [ils] i firent alumer. Ch. de Roi. ccix. ||xnc s. Où feu n'eûst ni chandele alumée, Ronc. p. I5G. Puisqu'en vous sont tout mat esteint Et tout bien à droit alumé, Couci m. Si m'est au cors une autre amour emprise, Q'ii me requiert et allume et esprent. quesnes.
Romane, p. ou. Esteigniez, fait lur il, ces cirges
, Th. le Huit. 52. Car qui voit le bordel [la in] sim veisin alumé, 11 ad poûrdelsuen, ib. 90. De la clarted ki est devant lui suntalumezcil ki fuient noir cume charbun, Rots, p. 200. || xni" s. Et li feus aluma mou! haut, si qu'il sembloit que toute la terre ârdist, villeh. xcv. Lors s'en torna en unessart, Droit devant le chastel lienart, Kt vit la cuisine fumerOùil ot fait feu alumer, Uen. 938. Ce dis! Patous : garde de près , Se del veoir es si en grés ; Je in ai soing d'ah lester, Ne m'i estuet point alumer [regarder fixement , ib. 7176. Ces! la chandele en l.i lanterne; Qui mil en i alumeroit, Ja mains de feu ni troveroit, la Rose, 7449. Qui ce qu'il aune plus regarde, Plus alurae son cuer et Tarde [brûle] , la Rose , 2358. Lors escria le roy : alume, alume, et si fist l'en, joinv. 250. || xivc s. Lors ala Bonne- voulenté Tantosl alumer la chandelle, bruyant dans Ménagier, a, p. 36. || xv s. Cessez vostre sermon, dirent les lourdiers tout allumés du feu de concupiscence charnelle, louis xi, \ m. xcvin. j| xvr s. un flambeau allumé, amyot. t mu. r.o . Hz estoient desja espris du malheureux el calamiteux désir de la Sicile, que depuis Alcibiades alluma d'avantage, m. Perte. 42. Allumer l'air d'esclairs, le troubler de diverses sortes de tempestes, cai.v. Tnst. i«.
— ÊTYM. Wallon, almimcr, allumer, faire des éclairs; bourguig. élemai; provenç. alumenar, alumnar, alhumnar; anc. catal. alumar; espagn. alumbrar ; portug. alumear, allumiar; ital. ni ht minore; de al pour ad (voy. À), et lumen, lumière
(VOJ I ' MIÈRE).
ALLUMETTE (a-lu-mè-f) , 4". f. || 1° Brin de bois ou dechanvre soufré à un bout ou aux deux bouts. Un paquet d'allumettes. Il Allumette phosphoriqne, chimique, préparée avec du phosph du chlorate de potasse. !!2°Fig. Dames qui son! navrées des flèches de vos yeux, el n'ont point de feux dont votre beauté n'ait été l'allumette. Francion, li v. vi, p. 227. Muse , de vos chansonnettes Aujourd'hui Ton va tâcher De faire des allumettes Pour ranimer ce bûcher [de l'Emile], bérang. Muse en fuite. || 3" En termes de marine, au 1 lur. Sorte d'artifice employé dans les brûlots.
— hist. xiv s. Et n'est bon [le soufre] qu'ù. ces femmelettes Qui botellent des allumettes, Traité d'alchimie, 48. || xv" s. Je luy envoyé ces sornettes Pour soy desennuyer; combien, S'il veult, face en des allumettes, vii.lon, Grand testant . Legs au sénéchal. U XVI* S. Les jésuites trouvèrent des ceins bien préparez, sur tout en Picardie, qui fut Talumelte de Tembrazement que nous verrons ei-aprè-, o'aub. Iiist. n, 223. Mais c'est au contraire : la honte sert d'aiguillon et d'allumette, charron, Sagesse, 1. 23.
— ÊTYM. Allumer; bourguig. élemôte.
f ALLUMETT1ER (a-lu-mô-tié), s. m. Fabricant d'allumettes.
ALLUMEUR (a-lu-meur) , s. m. Celui qui est chargé d'allumer régulièrement les réverbères, les becs de gaz.
— ÉTYM. Allumer.
f ALLUMI (a-lu-mi), s. m. Petit moiceau de bois allumé dont on se sert pour éclairer l'inti d'un four.
f ALLUMIÈRE (a-lu-miê-r'), s. f. Fabrique d'allumettes. Il Boîte aux allumettes.
ALLURE (a-lu-r'), s. f. || 1° Façon de marcher. Ralentir son allure. On reconnaît certaines gens à leur allure. Il était guindé dans toutes ses allures, hamilt. Gramm. 7. || Il se dit du cheval. Les trois allures naturelles du cheval sont le pas, le trot et le galop. H Par extension, en parlant du soleil : Tudois ta flamme à tout le monde: Et ton allure vagabonde.... malh. 11, 3. Il 2° Fig. Marche habituelle des choses. La monarchie avait son allure par des ressorts qu'il fallait toujours remonter, montesq. Esp.xxx, 4. L'intolérance, front levé, Reprendra son allure, bêranger, Mission. || Tournure que prend une affaire. Cela prend une mauvaise allure. || 3° Conduite d'une personne dans une affaire. Son allure n'est pas franche. Je me défie des allures des gens paresseux, sév. 302. 11 4° Ce jeune homme a des allures, il a quelque commerce secret de galanterie. Cette locution a vieilli. Il 5° En termesde marine, direction de la route d'un bâtiment par rapport à celle du vent; disposition de voilure appropriée à cette route, y 6° En termes de chasse, dislance de l'empreinte des pieds de devant à celle des pieds de derrière. Allures du cerf, les endroits par où il passe. || 7° En termesde mineur, état d'un filon dans la roche ou dansie terrain qu'il traverse. || 8° En termes d'usine, allure d'un feu ou d'un fourneau,
sa manière de se comporter dans les opérations métallurgiques.
— hist. xii» s. Si tost cum li ber fu sur sun cheval sailluz, Crant alurc s'en est à la porte venuz, Th. le mart. 47. Sur les chiefs des trefs ki furent defors, furent faiz unes allures de set aines [aunes] de led [large], Rois, 246. Et li reis Achazias chaïd as alures amunt de une sue maisun qu'il out en Samarie, si en fud malade e mahaignez.t'o. 844. || xui° s. Lors m'en alai grant aleùre [vitesse], la Rose, 5(3. Dont chevaucha à toute sa bataille vers les fuians grant aletlre, villeh. I44. Les messagers le roi ariverent au port d'Antioche et dès Antioche jusques à leur grant roy trouveront bien un an d'abattre à chevaucher dix lieues le jor, ioinv 2U2. || xv" s. [Il] ot belle aleure, voix d'ommedebeau ton, christ, de pisan, Charles V, 1, ch. )7. || xvi" s. Dont a l'heure Thon y s'en vint sur le pré grand allcure Nous accorder, marot, i, 221. S'il/ alloyent de cul, vous eussiez estimé estre leur allcure naturelle, hab. Pant. v, 29. L'ennemy n'osa faire contenance de les attendre, ains print le chemin pour se retirer aux grandes alleures u Verceil, m. du bei.l. 251.
— ÉTYM. Aller. La forme ancienne régulière est aleùre, diiiil la contraction s'est faite de très-bonne heure et qui suppose un bas-latin, alatura.
f ALLUSIF (al-lu-zif, zi-v') . adj. Qui contient une allusion. Phrase abusive.
ALLUSION (al-lu-zion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. H 1° Figure de rhétorique consistant a diie une chose qui fait penser à une autre. On distingue les allusions en historiques, quand elles rappellent un trait d'histoire; mythologiques, si elles sont fondées sur un point de la fable; nominales, si elles reposent sur un nom; verbales, si elles consistent dans le mot seulement, c'est-à-dire dans une équivoque. Benserade faisait des allusions délicates et piquantes aux caractères des personnes, volt. Louis XIV, 25. Dieu par ces paroles fait allusion aux Juifs, boss. Var. 16. C'est une secrète allusion au mystère de l'Incarnation, id. Nouv. Mysl. n. || 2° Application d'un trait de satire ou d'éloge. Le public est prompt à saisir les allusions. || 3° Allusion de mots, jeu de mots. Ne se dit plus en ce sens.
— ÉTYM. Ital. alluioiir; espagn. alusion;d'al!usionem; de al pour ad, vers, et de ludere, jouer (voy. ludion). i
f ALLUVIAL, ALE (al-lu vi-al, a-T), adj. Terme de géologie. Qui a les caractères, ou qui est le produit d'une alluvion. Plaine alluviale. Terrains a!'uviaux.
— ÉTYM. Voy. alluvion.
tALLUVIEN,ENNE(al-lu-vim,viô-n'), adj. Terme
de géologie. Se dit des terrains produits par Taclion des eaux actuelles ; se dit aussi des dépôts meubles dus aux eaux dans les vallées et les plaines.
ALLUVION (al-lu- vion) , s. f. Accroissement de terrain résultant des dépôts terre ix qu'abandonne une rivière. L'alluvion profite aux propriétaires ;iverains. Pendant ce temps, les alluvions du Nilont été déposées le long du 1 este du rivage et l'ont immensément étendu, cuv. Révol. p. 148, Il est bon de remarquer que les plaines faites par alluvion sont plus hautes vers les bords des rivières qui les ont produites, et toujours ensuite plus basses, fonten. Guglielmini.
— HIST. xvi" s. L'on n'estime pas la grandeur d'une rivière de Teau qui lui est advenue par une subite alluvion et desbordement des prochains torrents et ruisseaux, charron, Sagesse, 1, 1
— ÉTYM. Provenç. alluvio; espagn. aluvion; portug. alluviâo; ital. alluvione;de al pour ad (voy. À) , et lucre, arroser, laver (voy. lotion).
t ALLUVIONNAIRE (al-lu-vio-nè-r') , adj. Qui tient de l'alluvion. Terres alluvionnaires.
f ALMADIE (al-ma-die), s. f. Sorte de grande pirogue de quelques parties de l'Afrique.
— ÉTYM. Arabe, al, le, et madhi, qui passe ou fend Teau.
ALMAGESTE(al-ma-jè-st'), s. m. Collection d'observations astronomiques faites par d'anciens astronomes. L'Almageste de Ptolémée. Ce système [de Ptolémée] a subsisté pendant quatorze siècles; aujourd'hui même qu'il est entièrement détruit, TAlmageste, considéré comme le dépôt des anciennes observations, est un des plus précieux monuments de l'antiquité, la place, Expos, y, 2."
— HIST. xnr s. Cil qui nous escrit TAlmageste, la Rose, 18772.
— ÉTYM. Ital. almagesto; has-lat. almageste; mot hybride, composé de l'article arabe al, la, et du grec (juYtaTri, très-grande. L'ahnageste de la basse latinité signifie: i°le grand œuvre des alchimistes,
ALO
ALO
ALO
|uf [Vtt, Kpav|xaTE(a ; 2° une composition astronomique de Ptolémée, v^iarr, [iioXo:. Mey><tt7] est le superlatif de (jléyoç, grand (voy. pour les rapports de (isYctç , méga , qui entre en composition dans plusieurs mots français).
ALMANACH (al-ma-na. Dans la prononciation soutenue, le ch se lie comme un /; : un al-ma-na-k intéressant. Au pluriel , almanaou al-ma-na ; danslaprononciation soutenue, Ys se lie : des al-ma-na-z-encadrés), s. m. || 1" Calendrier qui contient tous les jours de l'année, les fêtes, les lunaisons, etc. Almanach nouveau. Almanach de cabinet Le ciel et les
étoiles que le jeune homme considérait avec beaucoup de plaisii et de curiosité; il allait chercher dans les almanachs tout ce qu'ils rapportaient sur ce sujet, fonten. Ilartsoeker. || 2° 11 se dit de certains livres publiés annuellement, et contenant, outre Palmanach, des renseignements divers sur les lieux, sur les personnes, etc. L' almanach royal. || 3° Faire des almanachs, faire des pronostics. Il ne faut point faire d'almanachs, sév. 207. || Un faiseur d almanachs, un homme qui a la prétention de prévoir et de prédire l'avenir. || Familièrement. C'est un almanach de l'an passé; c'est une chose accomplie, passée. [Les ouvrages de parti] lorsque, le feu et la division venant à s'éteindre, ils deviennent des almanachs de l'autre année.... la bruy. I. || 4° Almanach nautique, recueil où l'on consigne tous les éléments qui peuvent servir aux calculs nautiques. || Proverbe. Une autre fois, je prendrai de ses almanachs, je ne prendrai pas de ses almanachs, se dit d'un liomme qui avait prédit ce qui devait arriver, qui s'était trompé sur ce qui devait arriver.
— ÉTYM. Bourguig.et génev. armana; ital. almanacco; espagn. almanaque. Ce mot est fort ancien ; il se trouve, avec le sens que nous y attachons, dans eusêbe (Pr.rp. ev. ni, 92, D) sous la forme à)fjL£vay à ou à.\\i.vno.yi. M. Lenormant (dans Du Cange, dernière édition) propose une étymologie égyptienne : en copte, al signifie calcul, et men, mémoire, d'où l'on a pu faire le mot composé almeneg, calcul pour la mémoire. Il est difficile d'aller au delà du mot tel qu'il est donné par Eusêbe. L'étymologie égyptienne a une certaine probabilité. On a aussi indiqué les suivantes : l'article al et l'hébreu manah, compter; l'article al et le latin manachus, cercle tracé sur un cadran solaire et servant à indiquer l'ombre pour chaque mois.
f ALMÉE (al-mée), s. f. Danseuse indienne.
— ÉTYM. Arabe, âlmet, savante, de alam, savoir; parce que ces femmes ont reçu de l'instruction dans la poésie, le chant et la danse.
ALOÈS (a-lo-ês'), s. m. || 1° Plante grasse de la famille des asphodèles, originaire de l'Afrique. || 2° Substance résineuse que l'on retire des feuilles épaisses et charnues de plusieurs aloès. Il en existe trois espèces dans le commerce: 1° l'aloès socotrin, qui est le meilleur; 2° l'aloès hépatique; il est moins pur; 3° l'aloès cahallin ; c'est le moins estimé ; il est presque noir, et contient beaucoup de matières étrangères. || 3° Bois d'aloès. On appelle ainsi des bois qui n'ont aucua rapport avec l'aloès ; ils sont odorants et originaires de l'Asie orientale.
— HIST. xme s. Ci se reposera Guillaume, Le cui tombel soit plein de baume, D'encens, de mirre et d'aloé, Tant m'a servi, tant m'a loé, la Rose, (0598. || xvr s. L'usage de pillules d'aloé non lavé y est singulier, paré, v, 29. D'aloës bien lavé et pulvérisé douze grains, o. de serres, 898. Deux drachmes d'aloës cicotrin en poudre, in. 902. Mascher noix muscate , du bois d'aloës, d'iris de Florence,
— ÉTYM. Provenç. aloe, aloeu; probablement de l'arabe aluot; hébreu, alua, chose amère.
f ALOÉTINE (a-lo-é-ti-n'),s. f. Terme de chimie. Suc d'aloès purifié.
— ÉTYM. Mois.
ALOÉflQUE (a-lo-é-ti-k') , aâj. Terme de pharmacie. Qui contient de l'aloès. Pilules aloétiques.
— ÉTYM. Aloès.
f ALOGIE (a-lo-jie), s. f. Terme scolastique. Absurdité, impertinence.
— ÉTYM. 'A).oYÎa, de à privatif, et /oyoç, raison, t ALOGIEN (a-lo-ji-in), s. m. Membre d'une secte
qui refusait à .lésus la qualité de Verbe éternel. Le i" chapitre de saint Jean, que les alogiens ont cru n'être pas de lui, volt. PMI. m, 285.
— ÉTYM. "AXoyo;, de à privatif, et Xoyo;, verbe
logique).
ALOl (a-loi), s. m. || 1° Titre légal de l'or et de
l'argent. De l'or, de l'argent de bon, de mauvais
aloi. Or de bas aloi, or qui n'est pas au titre.
Je suis un sou de bon aloi ; Mais en secret argen-
tez-moi, Et me voilà, fausse monnaie, bérang. Refus. || 2° Par extension. Le marchand voit s'il est de bon aloi [le cuvier], la font. Cuv. Cette marchandise est de trop bon aloi , corn, le Ment, i , I . Forte femelle etd'assez bon aloi , la font. Troq. \\ 3° Fig.Vers de mauvais aloi. Style de bas aloi, médiocre en son genre. Sa tendresse n'est pas d'un bon aloi, sév. i 10. Il faut avoir un peu de ce bon aloi que nous regrettons, id. 53-2.
— HIST. xine s. Tous les mestres et li vallet doivent ouvrer de boine œvre et de loial et de boin aloy selonc ce qui a esté acoustumé en la ville de Paris, Liv. des met. 56. [|xvies. 0 Dieu, ton parler d'efficace Sonne plus cler que fin alloy, mahot, iv, 340. Leurs ames, du plus bas aloy, rapportent faussement le fruict de la science, mont, i, 149. Il y avoit une grande quantité de pièces antiques de monnoie, les unes d'argent, les autres d'aloi [alliage"), desquelles il ne savoit la valeur, desper. Contes, xxi. llmeit en avant (encores que les députez de l'empereur fussent contents de prendre les escus marchans et ayans cours) qu'on meist les dits escus au marc et à l'aloy [titrej, m. du bell. (59. Celui qui dignement voudra chanter ta grâce, Ta vertu, tes honneurs, il faudra qu'il se fasse Argentier gênerai ou trésorier d'un roy, Ayant tousjours les doigts jaunes de ton aloy [or], rons. 9io.
— ÉTYM. Bas-lat. alleium, aleium, alaium. Ménage suppose un mot latin adlex qu'on aura pu dire de même qu'este, comme qui dirait selon la loi : « Du Haillan, ajoute-t-il, dans son traité de l'Estat de France : Les monnoyes de France sont altérées et de mauvaise loy; la corruption du langage dit alloy, mais il faut dire loy, pource que la monoye est la loy du peuple. Dans les anciennes ordonnances touchant les monnoyes, il n'y a que loy : à 24 caras de loy; qui ne sont pas de telle loi, et c'est comme parle M. de Bouteroue. » On trouve dans le provençal ley avec le sens de titre : Els no son ni de ley ni de pes, dans Raynouard. Dans l'italien aloi se dit lega, et aussi allegalo, de bon aloi. En espagnol ley signifie aussi aloi. Toutes ces concordances paraissent bien démontrer que aloi vient de à (voy. À) et loi (voy. loi) ; ce qui est conforme à la loi. Cependant il est difficile de ne pas y remarquer aussi une confusion avec allier, alliage. L<ga italien est plus près de h'garc que de lex; et plusieurs des anciennes formes françaises se rapprochent aussi d'allier.
ALONGE, ALONGEMENT, ALONGER (voy. allonge, allongement, allonger).
ALOPÉCIE (a-lo-pé-sie) . s. f. Chute des cheveux, des sourcils, des poils, accidentelle et prématurée ou sénile, partielle ou totale.
— HIST. xvie s. Quant à la pelade, que.... ce n'est que certaine chaleur de foie que les médecins appellent alopécie, à laquelle moy et les miens sommes sujets, Satire Mén. p. 49. Alopécie vient du mot grec alopex, ....parce que les malades ont cheute de poil comme regnards, paré, lnlrod. 21. L'alopécie, ....dite vulgairement la pelade, id.
— ÉTYM. 'A).a>ît£xta , de à).<ànïi?, renard. ALORS (a-lor; Ys ne se lie jamais : alors il dit,
prononcez a-lor il dit, et non, a-lor-z il dit. Quelques-uns font sentir Ys : a-lors' , mais c'est une faute), adv. || 1" En ce moment-la. Alors il me dit. Il me dit alors. Que pouvais-je dire alors? Il s'est repenti alors. Quand tout est fini et que nous ne savons plus que faire de notre loisir, alors nous consacrons à quelques pratiques languissantes de religion ces moments de rebut, mass. Car. Emploi du temps. |] 2° Dans ce temps-la, dans le passé ou dansl'avenir. Me souviendrai-je alors de ce qu'il faudra faire? lies téiiiniguaiic rendus par des milliers de personnes les plus sages qui fussent, alors, la bruy. IG. Dans quelque prévention où l'on puisse être sur ce qui doit suivre la mort, c'est une chose bien rieuse de mourir; ce n'est point alors le badinage qui sied bien, mais la constance, id. (6. || 3" Alors que, loc. conj. S'emploie pour lorsque, surtout dans le style élevé. On n'a point d'amis alors qu'ils sont payés, volt. Scythes, iv, 2. Je n'aime point Thalie, alors que sur la scène Elle prend gauchement l'habit de Melpomène, id. Les deux siècles. Cependant on vous voit une morne tristesse, Alors qu dans vos yeux doit briller l'allégresse, mol. l'Élour. v, 3. Qui vous salue D'un Dieu vous soit en aide alors qu'on éternue , in. Sgan. 2. Il dit qu'il m'aime encore alors qu'il m'assassine, corn. Hor.U, 5. Ils s'estiment heureux alors qu'on les déplore, id. ib. ni, \. || 4° Jusqu'alors, jusqu'à ce temps-là, jusqu'à ce moment-là. Jusqu'alors il avait
vécu avec sagesse. [| Proverbe. Alors comme alors; c'est-à-dire quand les choses arriveront, on s'y conformera, on se tirera d'affaire comme on pourra.
— HIST. xue s. Alors s'enfuient dolanz et trespensez, Ronc. p. 9C||xvcVs Et le duc respondj : qu'alors comme alors, du demain on s'aviseroit comme des autres jours, g. chastel, Chr. des Ducs de Bourg, in, ch. 14. ||xvies. La procession finye, alors que chascun vouloyt recueillir de ceste :
et en boyre à plain guodet.... rab. Pant. n, 2. Iniques juges qui remettent à juger alors qu'ils.... mont, i, 3). L'empereur eust mieux fait de se asseurer par alliance avecques vous avant lesser joindre deux telles puissances; car à peine acee vous ce que à l'heure vous demandiez, marc hit. ex. Les maux que j'ay eus le me rendent si feibk que je suis quelquefois huit jours sans le sentir et à l'heure désespérée de l'estre [enceinte], m. ib. exix. Ilarriva le huictieme jour du mois de juin. que Ion appeloit alors Cronius, amyot, Thés, i \ Par espreuve je sens que les amoureux traits Blessent plus fort de loin qu'à l'heure qu'ils sont prè . rons. 269. Et les vivans, contens de la pasture, Produicte alors sans labour ne culture.... marot. iv, 17.
— ÉTYM. Ital. allora; de à préposition, Tarticle . et or s pour ores, ore: à l'heure, maintenant (voy. fin, adv.). On a dit aussi en français à l'heure.
ALOSE (a-lô-z') , s. f. Poisson de mer du genre des chipées; il remonte au printemps dans les rivières et est bon à manger.
— HIST. xine s. Les aloses ne li saumon ne doivent point de conduit, s'il n'a avoec autre poisson qui conduit doive, taillar, Recueil, p. 15. || xivc s. Aloze franche entre en mars en saison , Ménagii r, n , 4. || xve s. Etadonc, pour les mieux abuser, l'un des deux dessus dits prit une paire des dites aloses et les bailla à iceux portiers, monstr. liv. n, ch- f 17. || xvie s. Moines, merlus, saulmons, alouses....PARÉ, t. ni, p. 705.
— ÉTYM. Alausa, alosa, dansAusone; allem. els ou else, alose.
•jALOSIER (a-lô-zié), s. m. ou ALOSIÈRE (a-lôziê-r'),.v. f. Sorte de verveux ou filet dont on se sert pour prendre des aloses.
jALOUCHE (a-lou-ch') , s. f. Fruit de l'alouchier.
— ÉTYM. Alouche, autre forme d'alizé.
t ALOUCHIER (a-lou-chié) , s.m. Un des noms vulgaires de l'alizier.
— ÉTYM. Voy. ALOUCHE.
f ALOUE (a-lou-e), s. f. Nom vulgaire de l'alouette des champs.
— ÉTYM. Aloue est dans l'ancien français le nom de l'alouette.
ALOUETTE (a-lou-c-f) , s. f. || 1° Oiseau de l'ordre des passereaux ; il fait son nid dans lesplaines. || S'éveiller, se lever au chant de l'alouette, se lever de très-grand matin. || Proverbes. Si leciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit d'une supposition absurde. || Il attend que les alouetti tombent toutes rôties dans le bec, ou simplement, lui tombent toutes rôties, se dit d'un paresseux qui voudrait avoir les choses sans peine. || â° Tel alouettes, terres sablonneuses. || 3° En termes de marine, nœud d'alouette, sorte de nœud qu'on appelle aussi tète de mort. ||4" Alouettede mer. oiseau d i des vanneaux, et de l'ordre de- échass
— HIST. xm° s. Près [je] sui qu'en autel
com pinçon ou aloe Qu'espervier Berte, xx.xm. 11
se misent au fuir sans plus attendre, et s'espa li uns chà et li autres là, aussi comme les aloes font por les espreviers, n. de valenc. IX. La costume ai à l'esprevier, Qui l'aloe vel tant chi Que il la prent par tost voler, El pu s ; Pi n rclet aler, Ren. 6446. Là veïssiés les troi si fièrement aidier; Ausi comme l'aloe fuit devant l'esprevier, Vont li Turc après aus, nés osent aprochier, f h. d'Ant. vin, 83. Ce fu au tens que naist la flor, Et l'aloete chante au jor, Blancandin. De kalendres bien envoisies Q:i chantent cler, et d'aloetes, fabi i a x. i d. barbaz. t. iv, p. 9i. || xve s. Entre prime et tien commença le jour à reschauffer et le soleil à luire et à monter, et les aloesà chanter, froiss. n, n, 17. Les biens mondains, les honneurs et les gloires, Qu'on aime tant, désire, prise et loue, Ne sont qu'abus et choses transitoires, Plus tost passans que le vol d'une aloue, a. chart. Régime de fort Bail. U.
—étym. Wallon, alauie ; bourguig. aul ry, alouvelte; provenç. al-aussa, ala 1. al-
lodola lodola; anc. espagn. aloeta; espagn. mod. alondra. ilouette est le diminutif d'aloue; aloue vient du latin alauda; mais alauda était un mot