LISSY
— ÉTYM. Ital. amalgama. On trouve aussi algamala dans du Cange, comme terme d'alchimie. D'après Diez, de u.àX»Y[Aa , ramollissement.
AMALGAMÉ, ÉE (a-mal-ga-mé, mée), part, passé. L'étain amalgamé constitue le tain des glaces. || Fig. Des opinions incohérentes vainement amalgamées.
AMALGAMES (a-mal-ga-mé), v. a. || 1° Terme de chimie. Combiner le mercure avec un autre métal. || 2° Fig. Unir des choses différentes. Les philosophes néoplatoniciens essayaient d'amalgamer la mythologie avec des idées prises au christianisme. || 3° S'amalgamer, t\ réfl. S'unir. Je ne sais quelle métaphysique de Platon s'amalgame avec la secte naine, volt. Phil. Il, 69. Fônelon vit M1™ Guyon ; leur esprit se plut l'un à l'autre ; leur sublime s'amalgama, st-simon, si , 107. Pontchartrain s'était bassement mis sous la protection du maréchal Besons, dont il réclamait la parenté, et d'Effiat par lui, à qui Besons s'était depuis longtemps amalgamé. I». 421, 74. lien résultait.... un ensemble d'arts et de talents qui n'en formait qu'un peuple, propre à s'amalgamer avec le reste du genre humain, bern. de s. -p. Arcad. prol. La civilisation et la nature semblent ne s'être pas encore bien amalgamées ensemble, stael, Allemagne, I, ch. 2.
— HIST. xiv" s. Qu'il ne falloit pour vraye estoffe Fors prendre le bel vif argent Tout crud, et estre diligent De l'amalgamer avec l'or, l'Alchim. à nat. 495.
— ÉTYM. Amalgame.
t AMALGAMEUR (a-mal-ga-meur), s. m. Celui qui est chargé de vérifier l'amalgame, le minerai, en en lavant un peu dans une augette.
\ AMANDAIK (a-man-dè), s. f. Lieu planté d'amandiers.
—HIST. xvic s. Esolivetes, amendaieset coudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, o. de
— ÉTYM. Amande.
AMANDE (a-man-d'), s. f. || 1° Fruit de l'amandier. || Amandes à la praline, amandes pralinées, ou simplement pralines, amandes cuites dans du sucre brûlant. || Amandes lissées, dragées faites d'amandes couvertes de sucre. || Huile d'amande douce ou d'amandes douces. || En amande, en forme d'amande. Les Arabes ont les yeux grands et coupés en amande, chateaub. Itin.u, 192. || 2° Toute graine contenue dans un noyau. L'amande du noyau de l'abricot. || En termes de botanique, ce qui est contenu dans l'épisperme. || 3° Dans la fabrication des armes,partie ovale et occupant le milieu de la branche ou gaide de I'épée.
— REM. Amandre, prononciation de quelques personnes, est un provincialisme qu'il faut éviter.
— HIST. xme s. Amandie, Ass. de Jérus. n, 180. Quiconques est huiliers à Paris, il puet faire huile de olives, de amandes, de nois, de chenevis et de pavoz, Liv. des Met. 159. || xvic s. Ces glandules sont de grandeur et figure d'une amende, et pour ceste cause sont dites amydales, paré, vi, 6. Huile d'amendes douces, id. vi, 8. Huile d'amendes tant douces qu'ameres, id. xxv. 24.
— ÉTYM. Génev. amandre; bourguign. aimandre; provenç. amandola, autel la, amenta; ital. mandorla, mandola; espagn. almendra; portug. amendoa; calai, amctlla ; de amygdala, de à.\).\iyoït.r\ , amande.
AMANDE (a-man-dé), s. m. Boisson faite avec du lait et des amandes broyées et passées. Boire un amande.
— HIST. xvie s. Son manger sera panade, orge mondé, et non amendé, pour ce que les amendes causent douleur de teste, paré, vin, )i
— ÉTYM. Amande.
AMANDIER (a-man-dié. L'r ne se lie jamais : un amandier en fleurs, prononcez un a-man-dié en fleurs), s. m. Arbre de la famille des rosacées, qui produit les amandes.
— hist. xir- s. Grant masse i avoit de loners, De
AMA
figiers et d'alemandiers. Le beau desconeus, dans Areh. des missions scientifiques., t. v, p. 1 73.
|| xme s. Alemandiers i ot planté, Et si ot ou vergier planté Maint figuier et maint biau datier, la Rose, 1345. Il xvie s. Le noyer, allemandier, et plusieurs autres espèces d'arbres fruitiers, PALISSY, 85. Palmiers, amandiers.... id. 274. Estant l'amandier arbre primerain, aussi sera-il mis des premiers en terre, o. de serres, 679.
— étym. Amande; provenç. amelier ; catal. amelller; espagn. almendro; portug. amendoeira; ital.' mandorln.
AMANT, ANTE (a-man, man-t'), s. m. et f. || 1° Amant, celui qui, ayant de l'amour pour une femme, a fait connaître ses sentiments, et est aimé ou tâche de se faire aimer. Amante, celle qui est attachée à un homme par des sentiments tendres et passionnés. Un amant fidèle , une tendre amante. Elle reçoit les vœux de son nouvel amant, rac. Ilrit. m. 6. J'aime assez mon amant pour renoncer à lui, id. Daj. m, i. Et le sultan l'avait chargé secrètement De lui sacrifier l'amante après l'amant, id. ib. v, 1 1. Ne désespérez pas une amante en furie, id. i6. ii. t. Et vous doutez encor qu'elle en fasse un amant, id. Alex, i, ). Quels pleurs par un amant ne sont point essuyés! id. Tphig.n, 3. Je sais jusqu'où s'emporte un amant irrité, id. ib. m, 7. Que la mort la rassure [une amante] ou qu'un rival l'emporte, La douleur d'un amant est également forte, corn. Hodog. îv, 6. î| 2° Galant. Cette femme a un amant. || 3° Il se (lit de celui qui aime une chose avec passion. Cet homme, amant de la vérité. Non, je ne puis souffrir, en quelque rang qu'il monte, L'ennemi de ma gloire et l'amant de ma honte, rotr. Vencesl. n, ). || Les amants des muses, les poètes. || Poétiquement. Non, ce n'est .... Ni l'or ni la victoire, amante du carnage, Que les fils d'Apollon s'empressent d'obtenir, lebrun, Ode,\, liv. i. || 4° S. m. plur. En parlant de deux personnes de sexe différent qui s'aiment. La gloire et le plaisir, la honte et les tourments, Tout doit être commun entre de vrais amants, corn. Cinna, v, 2. Mais il faut des amants excuser l'injustice, rac. Iphig. il, 5. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager? Que ce soit aux rives prochaines, la font. Fab. ix, 2.
— SYN. 1° amant, amoureux. M. Guizot a trèsbien indiqué la différence. « Il suffit d'aimer pour être amoureux. Il faut témoigner qu'on aime pour être amant. On est souvent très-amoureux sans oser paraître amant. Quelquefois on se déclare amant sans être amoureux. » |j 2° amant, galant. Unhomme se fait amant d'une personne qui lui plaît. .11 devient le galant de celle a qui il plaît, guizot.
— HIST. xii" s. Et fins amans destrois etangoisseus Doit joie avoir par jugementd'amours, Couci, vu. Amaint amant [ils] ont fait ire et damage, ib. xix. || xivc s. Et enamisté aucune fois l'aman accuse l'amey pour ce que il aime plus que il n'est amez, 0HESME,i7(ft.. 247. 11 semble une dérision ce que aucuns amans dient simplement que il doivent estre amés autant corne il aiment, id. ib. 244. ||xve s. Tu as oy parler les malheureux, Non pas amans qui congnoissent qu'est joye , ch. d'orl. i . 1 1 xvie s. L'ame d'un amant vit au corps d'autruy, non pas au sien, amyot, Anton. 85. Les amants, pour l'affection véhémente qu'ils porteroient à leurs aimez, ne les abandonneroient jamais, id. Pelop. 33.
— ÉTYM. Provenç. amans; espagn. et ital. amante (voy. aimer).
f AMAPER (a-ma-pé), v. a. Terme de marine. Empoigner une voile avec vigueur pour la serrer.
AMARANTE (a-ma-ran-t') , s. f. || 1° Fleur d'automne d'un rouge pourpre et velouté. Des prés semés d'amarantes et de violettes, fén. Tél. i. Ta louange dans mes vers D'amarante couronnée [rendue immortelle], malh. h, 2. || 2° Adj. De couleur amarante. Velours, étoffe amarante. Ne dis plus qu'il [ce beau carrosse] est amarante ; Dis plutôt qu'il est de ma rente, mol. F. sav. m, 2.
— ÉTYM. Amarantus, de àfiàpavro;, de à privatif, et (xapaîvciv, flétrir; la fleur qui ne se flétrit pas (voy. marasme).
f AMAREILLEUR (a-ma-rè-lleur, Il mouillées), s. m. Ouvrier chargé des soins qu'exige le parcage des huîtres.
f AMARESCENT, ENTE (a-ma-rè-ssan, ssan-t'), adj. Terme didactique. Légèrement amer.
— ÉTYM. Amarescere , devenir amer, de amarus (voy. amer).
AMARINAGE (a-ma-ri-na-j'), s. m. Action d'amariner un bâtiment capturé sur l'ennemi.
— ÉTYM. Amariner.
AMA
AMARINÉ, ÉE (a-ma-ri-né, née), part, passé. Les prises furent amarinées, malgré une grosse mer.
AMARINER (a-ma-ri-né), v. a. || 1° Envoyer du monde à bord d'un vaisseau pris sur l'ennemi pour y tenir garnison. || 2" Habituer à la mer.
— ÉTYM. À et marin.
f AMARQUE (a-rnar-k') , s. f. Terme de marine. Bouée ou balise.
— ÉTYM. À et marque.
AMARRAGE (a-ma-ra-j"), s. m. \\ 1° Action d'amarrer. |! 2" Union de deux cordages par un autre plus petit qui fait plusieurs tours symétriques, et qui est dit non pas amarre, mais ligne d'amarrage. Les galères hivernèrent à Rouen, et celui qui les y avait amenées devait naturellement les préserver des accidents dont elles étaient menacées dans ce séjour étranger ; aussi imagina-t-il une nouvelle sorte d'amarrage, fonten. Chazelles.
— ÉTYM. Amarrer.
AMARRE (a-ma-r'), s. f. || 1° Câble servant à retenir un vaisseau. Ce bâtiment est sur ses amarres, il est àl'ancre. |i2° Toutcordage employé au service d'un navire. Jeter une amarre dans une embarcation. || 3"En architecture et charpente, se dit de deux morceaux de bois, percés au milieu d'une ouverture, par où l'on fait passer le bout d'un moulinet.
— ÉTYM. À et le holl. maaren ; angl. to moor, amarrer. On a cité l'arabe marr, corde; mais il est beaucoup plus naturel de chercher dans les langues du Nord, qui ont fourni tant de tenues de marine, l'origine de celui-ci.
AMARRÉ (a-ma-ré), part, passé. Le bâtiment étant amarré. Canons amarrés.
AMARRER (a-ma-ré), v. a. Attacher, lier avec une amarre. Je m'arrêtai à l'extrémité de l'île , et j'y amarrai mon vaisseau aune grosse roche, fén. xxi, 413. || S'amarrer, v. réfl. Se fixer avec une amarre
■ — HIST. xvi° s. Pour ce que le hable [havre] de ladite ville [de Honfleur] pourroit empirer, dont il convendroit les diz marchans et lturs gens amarer en la ville de Leure, du cange, amarrare.
— ÉTYM. Amarre.
AMARYLLIS (a-ma-ril-lis'), s. f. Terme de botanique. Plante d'agrément de la famille des narcisses.
— ÉTYM. Nom transporté dans la botanique, et qui est celui d'une jeune bergère dans Virgile et Théocrite (JAu.apu).).£ç). 11 est probable que ce mot, pourvu d'une désinence diminutive (yllis), qui se trouve dans d'autres noms grecs, est identique pour le reste (amar) avec amarante (voy. ce mot), et signifie celle qui ne se fane pas.
AMAS (a-mà. Us se lie : Un amas immense; dites : un a-mâ-z-immense), s. m. || 1° Ensemble de choses accumulées ou réunies. Un amas de ruines. Amas d'eaux pluviales. Amas d'humeurs. La contagion, suite nécessaire des trop grands amas de toute matière vivant dans un même lieu, buff. Lierre. Pourquoi ne voir dans la pyramide de Chéops qu'un amas de pierres et un squelette ? chateaub.
ltin. 6e partie d'un amas confus des vapeurs de
la nuit, corn. Poly. i, t où se garde caché Ce
formidable amas de lances et d'épées, f,ac.A<Ii. m, 7. ô vous qui croyez être un amas de boue, sortez donc du monde où vous vous trouvez seul de votre avis, mass. Car.Vér. d'un avenir. || 2° Par extension. Pendant qu'il faisait amas d'armes et de troupes pour s'emparer, la force à la main, du gouvernement, ver tôt, lié vol. rom. xn, 174. Hors Céthégus et toi, dignes de mon estime, Le reste est un amas élevé dans le crime, volt. Catil. i, i. Si c'est un sénat qu'un amas de bannis, corn. Sertor. m, 2. || 3° Action d'amasser. Biens dont l'amas ne lui a coûté aucunes peines, boss. Amb. 2. || 4° Fig. En lui montrant, comme réunis en un point de vue, cet amas monstrueux de crimes, mass. Aient, Bonh. des justes. Cet amas de civilités mondaines, fléch. Serin. n, 9. La justice gémit sous un amas de liens et de formalités,m. dans girault-duvivier. Il a fait grand amas de matériaux, boss. Soumiss. 2. En faisant amasde plusieurs expériences, desc. iléth. Mille et mille douceurs y semblent attachées, Qui ne sont qu'un amas d'amertumes cachées, corn. Héracl.i, i . Leur fier amas de puissance et de gloire, id. Sertor. n, I. Ne h i laissez plus voir ce long amas de gloire Qu'à pleines mains sur vous a versé la victoire, in. yicom. ni, 6. Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur, id. Hor. i, 3. Un long amas d'honneurs rend Thésée excusable , rac. l'hèd. i, ). De cet amas d'honneurs la douceur passagère Fait sur mon cœur à peine une atteinte légère , id. Esth, n, i. Et tout ce vain amas de superstitions Qui ferment votre temple aux autres nations, id. Alli. n,*.
AMA
AMA
A>in
[|6* F.n géologie, masse informe, bloc irrégulier qui ne constitue pas un terrain.
— HIST. xv* s Le roi de France faisoil un grand unas des nobles de son royaume, froiss. i. i, 84. [1 [Louis XI] avoii envoyé deux ambassadeurs au Lyege pour les si ledil duc ; lesquelz
ssadeurs avoienl si bien diligente qu'ilz a ja fait un granl amatz, el vindrent d'emblée les 1 yegeois prendre l;i \ i 1U- do rlnui .1. 11 . "•
Survint en la ville la vefve dudil chevalier blanc et mère il n< 1 l t Mathias bien foi 1 acompaignée . cai elle estoit riche femm ant, que son mari
avoit laissé, parquoj elle avoit peu faire grant «mat» soubdainement, id. vi,t3. || xvi" s. Des .unas et pièces de chaii informes môles .mont. 1, ai. Il presta lors sa ville à l'iraoleon pouryfaireson amas, suada à ses citoyens d'entrer en ligue avec les ihiens, nnni , Timol. 1 1. Il feit amas d de cheval ic Eumènes, 1 Le prince voyant son amas [armée pressé de faim, refusé de pa
, 11' 11 B. flist. I, 339.
1 iwi Provenç. amas (voy. amasser), AMASSÉ, 11 . pari pa Mis en
amas.Décombresamassés.Richessesamasséesàgrand' Eaux amassées dans un creux. Foule amasamassée depuis longtemps. Vous 1 les trésors pai Dai a u .Athal. 1, l
fait apporter ces annales célèbres Où les raits de Bon règne avec soin amassés.... w.Esth.n, 1. Toutes les provisions de guerre el de bouche amassi les ennemis pour la campagne, volt. Louis rJT,23. wiassi.u (a ma se), v. a. || 1" Faire un amas. Amasser des provisions, des matériaux. Ce spectacle amassait la foule. Le jeune Hartsoeker amassa en sériel le plus d'argent qu'il put: il le dérobait au*x divertissements qu'il eût pris avec ses camarades, tontfn. Hartsoeker. L'abondance est si grande qu'il faut amasser lesrestes despains multipliés par J. 1 . iiAss.Cori/eV. Communion. Ce général du sénat, qui voulait tirer la guerre en longueur pour avoir le temps damasser de plus grandes forces, passa d'Iiioi , llévol. rom. xm, 267, \ ingt nulle hommes, archers et frondeurs, qu'il avait amassés dans sa province, vaugel.Ç. C. 589. |j 2 \li solument. Thésauriser. La vieillesse 1 eessamment amasse . Hiui.. A. /'. 111. || Absolument. mais avec un sens général. Par mon propre bras elle amassait pour lui, ceux. Nie. iv, 2. Voltaire a condamné ce vers, disant : Amasser quoi0 .Mais amasser peut être employé absolument comme beaucoup d'autres verbes. || 3° Fig. Amasser des preuves. 11 amassait sur sa tête les malédictions du ciel. Il 4° S'amasser, v.réfl. Les eaux pluviales s'amassent dans cette citerne. La foule, le monde s'amassait autour de lui. Kt ce qu'on voit de peuple autour d'eux s'amasser. Frémit de leur audace et les laisse passer, corn. Othon, iv, 1.
— REM. Dans le xvu" s. amasser avait le même sens que ramasser présentement. Dans la t,c éd. du Dict.de l'Académie, amasser est défini : Relever de terre ce qui est tombé, amasser ses gants, amasser un papier. La Fontaine a dit : L'un se baissait déjà pour amasser la proie, l'abl. ix, 9. Dans le Berry, amasser signifie encore ramasser; mais la langue a varié, et aujourd'hui l'usage a séparé amasser de ramasser, et l'on dit ramasser ses gants, ramasser un papier (voy. syn.).
— SYN. || 1° amasser, ramasser. C'est faire un amas. Mais amasser indique simplement l'idée d'amas, tandis que ramasser marque les soins qu'on a pris, la peine qu'on a eue pour rassembler les choses. On amasse de l'argent, quand on en acquiert successivement. On en ramasse de tout côté, dans un besoin pressant, et pour une affaire qui en exige.
Il 2° AMASSER, ENTASSER , ACCUMULER , AMONCELER.
Amasser, c'est réunir ensemble des choses de même nature : un amas de blé, de foin. Entasser, c'est faire un amas de forme déterminée : un tas de blé, de foin. Accumuler, c'est joindre amas sur amas: on accumule des richesses, des héritages. Amonceler, c'est faire une accumulation, en désordre, de choses mêlées: amonceler des ruines, des cadavres.
— HIST. xir s. Mais les armes et la despuille Firent coillir et amasser, Chron. des ducs de ffqrm. t. m, p. 21c Nous ferons amasser princes et vavassors, Chevaliers et sergens, les granz et les menors, Sax. xxvn. || xm° s. Uns vilains entules et riches, Qui rnoult estoit avers et chiches, Car de despendre n'avoit cure, F.n i'amasserot mis sa cure, Ren. 49U7. D'oisiaus chantans avoit assés Par tout le vergier amassés, la Rose, G78. Car cil qui richeces amassent, ib. r>i5G. || xtvc s. Ils amassent et amoncellent un secret et couvert courroux en l»urs
cuers, Ménagier, 1, 6. || xv s. Poui ce vous vueil je requérir Qu'il vous plais.' de me tollir Les maux que m'avez amasse/, en. d'orl. liai. 40. El à
1 exemple des vaillants aneiens.... ne luy chailloit de
trésor amasser, Bouciq. 1, eh. 1. Quand le due Uberl 'i'1 Bavière.... entendit que le duc d'Irlande es toit venu loger et amasser.... en sa ville de Dour-
drecll, si pensa sus un petit, FROISS. 11,111, s"- Amasser une armée, comm. vi, g. X Arras il amassoit gens tant qu'il pouvoit, id. m, 2. ||xyi° s. Ils se baissent à. terre pour amasser [ramasse] en du
on unbire, mont. 1 , i 10". Qui sçaui oitle ] Is
d'un sceptre ne daigneroil l'amasseï quand il le trouver'oit à terre, m. 1,330. 1 ette prévoyance d'amasser el espargner pour le temps à venir, id. ii, -iso. Je l'c 1 s sortir de sa playe l'ordure qui s'y amas
1. 11, 193. Il estoit homme trape, bien amassi'', et mesme qui savoit bien jouer des couteaux, des per. Contes, i.. Tout artifice pour amasser argent
I permis aux esclaves, AMYOT, LljC. et .\iiiiiii
comp. 1. \yant receu le royaume d'un peuple nou
vellement amassé, qui ne luy contredis ii1 en rien.... m. ib. 9. 1 e sable de la mer y amas
soient et entassoient, id. Marins, 25. il/ s'amasse h grosse trouppe, et s'en allèrent dans la ri viere, id. ib. :!-- H amassa ces lettres el papiers de un monceau, et les brusla toutes, id.
Sertor. H. La bastine de s m cheval tumba à terre rfoute 1 ée, et un page de celuy qui l'avoit
frappé l'amassa, id, Artux 13. La terni lu Pont
enquise par lui où estoit son mari, respondit assez brusquement qu'il amassoit dos chastaignes à S. Christol, d'à; b. Hist. n, oo.
— ËTYM. À(voy. i) et masse ; bourguig. emassey ; provenç. amassar; espagn. amasar ; ital. animassare.
\ AMASSETTE (a-mâ se n, s.f. || i-Palette, lame dont les peintres se servenl pour amasser les couleuis broyées. || 2° Petit instrument aveclequel on e la pâte.
; IMASSEUR (a-mâ-seur), s. m. Celui qui amasse.
— iiisT. xm" s. Uns useriés, uns amasseres, nu cange, amassator. ||xrv*s. Si font li amasseur, qui les deniers musis Gardent en leurs escrins, et les vairs et les gris, Rnud. deSeb. vm, 1217. || xvi" s. Ne prisant rien que l'avare amasseur, UAROT, iv, 244. Tout à coup les uns tuent les amasseurs de noix, d'ai 11. Hist. m, 387. Si la nourriture des amasseurs de feuille vous importune, avec de l'argent \.nis mus ferés l'aire tel service, 0. DE serres. 160. On est bien aise d'ouïr ceulx qui se nomment ama seurs de sagesse, amyot, Morales, t. 11, p. m. À père amasseur fils gaspilleur, cotgr ave, Diet.
— ÊTYM. Amasser; provenç. amassaire, n massadur ; espagn. amasador; ital. ammassatore. Amas sere du vieux français et amaMiinrc du provençal sont le nominatif, du bas-latin amassator; amasseor et amessador, le cas du régime, de amassa torem.
AMATKLOTAGE (a-ma-te-lo-ta-j'), s. m. Terme de marine. Action d'amateloter.
AMATELOTÉ (a-ma-te-lo-té), part, passé.
AMATELOTRR (a-ma-te-Io-té) , 0. a. Terme de marine. Classer deux à deux les matelots d'un équipage pour qu'ils s'aident ou se remplacent dans un même service.
— ÉTYM. À et matelot.
AMATEUR (a-ma-teur), s. m. || 1" Celui qui a un goût vif pour une chose. Un amateur de peinture, de musique. Ô le soin inutile, diront les fols amateurs du siècle, ross. l'r. de P. 11, i. On est amateur de son repos : quiconque peut le troubler passe pour importun et fatigue par sa présence, bouru. l'mmts, t. 11, p. 352. J'ai parlé avec quelque étendue des ruines d'Athènes, parce qu'après tout elles ne sont bien connues que des amateurs des arts, chatf.aub. Itin. G° partie. Profanes amateurs de spectacles frivoles, rac. F.sth. prol. Les entreprises les plus éclatantes des amateurs du monde, mass. Resp. On se donne pour amateur de la patrie, id. Obst. H 2° Absolument. Celui qui cultive les beaux-arts sans en faire sa profession. C'est un amateur distingué. H 3° F.n mauvaise part. C'est un amateur, c'est un homme d'un talent médiocre.
— SYN. 11 y a une différence entre aimer et être amateur. Aimer est un ternie général : j'aime les roses exprime que je les aime, sans ajouter à cette idée rien île particulier. F.tre amateur indique toujours une préférence particulière et devenue, en quelque sorte, une étude : je suis amateur de roses signifie que je les recherche, que j'en fais collection.
— msr. xii° s. Kt j'ai plus haute pensée Que tuit li aufre ameor [amants!. Cnuci, 1. Courtois ameor,
Qui à sejor [en repus; Gisez en chambre coie, Romancero, p. ci. ||xm« s. Et si cuidast bien li donsiaus Estre ameres de dames bêles, Fables et contes anciens, t. m, p. mh. Ki a les iex gros et grans et 'ans. si est lens et de grande vie et ameres de femmes, ilebrant,!* 69, verso. ||xvi° s. Amateur de wave gloire, amyot, Flamin. 9. Si estoit bien aise de s'ouyr saluer et nommer Philellen, c'est-à-dire amateur des 1 irecs, id, Autan. 27.
— ÉTYM. Aimer; provenç. amaire, amador; espagn, amador ; ital. amatore. Le vieux français amere et le provençal amaire s-. ni le nominatif,' de amalor ; ameor el amador, le cas du régime, de amatorem. Le français actuel a été directement calqué sur le latin à une époque plus récente.
AMÂTINER (a ma ti né), v. a. Fane couvrir une chienne par un matin.
— I.l \ M I et mutin.
a.mati, IE (a ma-ii, lie), pirt. passé. Or amali.
AMATIB (a-ma-tir) , r. a. Terme d'orfèvrerie. Il l" Rendre mat, ôter le poli. || 2" Dans les monnaies, blanchir les flans, les rendre mats.
— HIST. XII" S, L'orgueil Carlon à la barbe fiorie Amatire/ ains l'heure de compile, Ranc. p. 1^0. Quant li sam/ \eit venir les suens à lui fuitiz, L les enfanchunetz pendre a e es az piz [aux poitrines des mères . E que lui e les suens aveit li reis proscriz, Mielz volsist estre morz,mult fort estamaii/, 77/. lemart. 85. | xv* s. Lesquels Liégeois generalement demeurèrent en leur pays très dolents et amatis de la douleur qui leurestoil advenue, monstr. li v. 11, cb. 50. Comme les jeunes, et tendres Qeureltes se sèchent et amatissent [se fanent], quand aucun accident leur advient, louis xi, Nouv. C. Il xvi" s. il pensoit que l'empereur à la première ville qu'il assaudroit sans en venir au dessus et à son intention, amattiroit et affoibliroit le cœur de ses
gens, H. OU BELL. 365.
— ÉTYM. A (voy. a) et mat. Dans l'ancien français, mat a toute l'étendue de sa signification el s'applique ;\ toute chose pour signifier rendre mat, faible , vaincu. La signification , dans le français moderne, e 1 réduite à ôter le brillant, le poli.
; AMATIV1TÉ (a-ma-ti-vi té), s. f. Nom que les pbrénologues donnent a l'instinct qui préside à la propagation de l'espèce.
— ÉTYM. D'un adjectif arnaiif qui n'existe pas, et ■ (m \ 1 <inl 1 :i i 1 due disposé à aimer.
\\I\IHMI 1 ma tri-s'), s. f. Féminin d'amateur. Cette capitale est pleine d'amateurs et surtout d'amalrices qui font leurs ouvrages comme M. Guillaume inventait ses couleurs, I. J. ROUSS. Ém. m. Il Mot qui, bien que bon et utile, a beaucoup de peine à s'introduire.
— hist. xvi" s. Parce qu'ils ne se pouvaient persuader que la nature en dételles choses fust dedans le corps humain, comme dedans une ville amalrice et inventrice de nouvelleté, amyot, Propos de table, Hv. vm, quest. 9.
— ÉTYM. Voy. AMATEI 11; provenç. amairïtz.
AMAUKOSE (a-mo-rô-z') , s. f. Terme de médecine. Cécité causée par la paralysie de la létine et du nerf optique.
— ÉTYM.'A|j.aûfi(.m:, obscurcissement, de à augmentatif, et de u.aùpoç, obscur.
fAMAUKOTIQUE (a-mo-ro-li-k') . || i'Adj. Terme de médecine, nui a rapporta l'amaurose. || 2" S. m. et f. Unamaurotique, une personne atteinte d'amaurose.
A.MAZONE (a-ma-zo-n' ; d'autres prononcent aa-ma-zo-n'l, s.f. ||1° Terme de mythologie. Nom de femmes guerrières qui vivaient sans nommes-. Il 2° Dans le langage général, femme d'un courage mâle et guerrier. C'est une véritable ami, me I! 3" Habit d'amazone ou amazone, longue robe de drap que portent les femmes pour monter à cheval.
— ÉTYM. 'Au.»i;<>jv, mot d'origine fort incertaine. Les uns l'ont tiré de à privatif, et u-dÇo;, mamelle ; parce que, dit-on, les Amazones détruisaient une mamelle chez les petites filles ; mais on a un grand nombre de monuments anciens où les Amazones sont figurées et où leur sein n'est pas mutilé ; et Hippocrafe, qui parle de cette mutilation, l'attribue non aux Amazones , mais aux femmes scytlics ; il dit seulement que les amazones estropiaient, dans le basane, les infants du sexe masculin. Les autres ont fait venir amazone de a augmentatif, et HaZflç, mamelle; qui a de grosses mamelles; d'autres, de à(j.a, ensemble, et îftv, vivre. Toutes ces étymologies sont incertaines ; et il est possible qua amazone soit quelque nom géographique, ou quelque terme mythologique d'une étymologie aujourd'hui méconnaissable.
AMBAGES (am-ba-j') , s. f. plu, . Circuit de paroles,
AMB
AMB
AMB
Point d'ambages, de circonlocutions, mol. Le mar. f. G. Emprisonnez, tuez, on n'aurait jamais fait, s'il fallait tant d'ambages et de circonlocutions, p. L. cour, i, (73. || Au sing. L'ambage de ses discours [du duc de Noailles] me fit entrevoir ce qu'il se proposait par le duc de Beauvilliers , st-simon,
— HIST. xive s. Menaces des quelles par ambages et par paroles doubteuses il li avoit parlé, bercheure, f° 32, recto. || xvie s. Il y adjousta encores assez d'autres indignitez à rencontre du roy, en s'involvant et fourrant si avant en ambages et superfluitez de paroles que .... m. nu bellay, 349.
— ÉTYM. Ambage, circuit, détour, de amb, autour (voy. AMBE),et de agcre , pousser (voy. agir).
fAMBALARD (an-ba-lar), s. m. Brouette qui sert à transporter la pâte dans les papeteries.
AMBASSADE (am-ba-sa-d'), s. f. || 1° Fonction, charge d'ambassadeur. Obtenir une ambassade. || 2" Députation à un souverain. Envoyer une ambassade. Recevoir ambassade en qualité de reine, corn. Nicom. m, (. Voilà donc le succès qu'aura votre ambassade, rac. Andr. ni , (. C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale, L'a fait pour mon malheur pencher vers ma rivale, id. ib.v, 3. || 3° La suite d'un ambassadeur. Il fait partie de l'ambassade. || 4° Hôtel d'un ambassadeur. Je loge àl'ambassade. || 5° Commission, message entre particuliers. Son frère arrive et lui fait l'ambassade, la font. Joconde. || Ironiquement. J'ai fait une belle ambassade , c'est-à-dire ma mission n'a pas été heureu.se. 0 ! juste ciel! j'ai fait une belle ambassade, mol. Amph. 1,2.
— HIST. xv° s. Et pour certaines matières, icellui et autres avec lui avons envoie en ambaxade auprès de notre très chier et très amé frère le roy d'Escosse, Lettre de Charles VII, dans Chron.de la Pucelle, Mit. viriville, p. 76. Avant que le grandmaistre de Saint-Jacques de Portingal et Laurentien Fougasse fussent venus en Angleterre en ambassaderie, froiss. h, m, 29. || xvie s. Que le donneur n'en soit repris, Un sold en fit les ambassades, Chasque chose vaut bien son prix, st-gel. iZS. La parole de reconciliation a esté mise en la bouche des ministres, afin qu'ils portassent ceste ambassade au monde de par Christ, calv. Inst. 526. Jésus a limité tout leur ambassade en ceste sorte, leur commandant d'aller et enseigner.... id. ib. 925. De négociateur il passa pour ambassade [ambassadeur] , et fut laissé aller, d'aub. Hist.n, 90. Rome ne fut pas courtoise au commencement aux premiers et seconds ambassades, id. ib. ni, 355. I! veut pour ambassade avoir mon lieutenant gênerai, afin d'envoyer ce pendant assaillir mon camp, m. du bei.l. 290. Nous sommes appelles comme par un herault et embassade envoyé du ciel, paré, xxiv, 53.
— ÉTYM. Froissard a dit ambassaderie ; dans le xvie siècle, ambassade est tantôt féminin, tantôt masculin, tantôt avec le sens actuel et tantôt avec le sens de messager. Provenç. ambaissada, et masculin, ambaissat ; ital. ambasciata ; espagn. embaxada; bas-lat. ambascia, ambasiala, ambassata, ambasscria, ambasciata, ambaxata. L'italien a ambascia, ambascio, dans le sens d'angoisse, peine. Ambassade et les formes ci-dessus relatées viennent de ambaclia, qui figure dans les plus anciens textes du bas-latin (loi salique, loi des Bourguignons et autres), avec le sens de service, emploi, mission. Ambactia rappelle aussitôt ambactus, homme de service, qui est dans César. César dit en parlant des chevaliers gaulois : Circum se ambaclos clientesque habent. De son côté, Festus dit : Ambactus apudEnnium lingua gallica servusappellatur. Saumaise a prétendu que ambactus n'était pas gaulois; en effet ambactus s'expliquerait sans peine parle latin : amb, autour, et actus, poussé, mené. Mais, outre que ambactus n'a aucun emploi et aucun appui dans la latinité, il faudrait ne tenir aucun compte du dire de Festus. Aussi Zeuss (Gramm. celtique, î, 89 et (79) a-t-ilcherché une origine celtique : kymri amaet (pour ambaelh, le b tombant souvent), laboureur, ouvrier. Mais la difficulté croît, quand on reconnaît que les langues germaniques ont un mot tout à fait analogue : ancien islandais, ambat, ambot, et anglo-saxon, xmbehl, serviteur; suédois, embête, charge, ministère; hollandais, ambagt, métier; allemand, amt, fonction; gothique andbaths; ancien haut allemand, ambaht, serviteur; gothique, andbahti, service. M. Diez remarque, en faveur de l'origine germanique, que le bas-latin ambaclia ne peut découler de ambactus, le suffixe t'a n'étant pas usité,
mais qu'il peut découler du gothique andbahti. Tout cela montre en tout cas que ambactus, a mbactia, et par suite les formes romanes, sont dues aux nations que les Latins nommaient transalpines. Cela posé, il est difficile de décider entre le celtique et l'allemand; mais sans doute en cette circonstance, comme en plusieurs autres, le celtique et l'allemand ont eu une forme très-voisine qui est venue se confondre dans le bas-latin.
AMBASSADEUR (am-ba-sa-deur), s. m. [| 1° Représentant d'un souverain, d'une république, près d'une cour étrangère. L'ambassadeur auprès de la cour de France. Les privilèges d'un ambassadeur. Les ambassadeurs que les Scythes envoyèrent à Darius Le rang d'ambassadeur doit être respecté, cohn. Nicom. i, 4. Ambassadeur de France dans celte cour, la bruy. 5. Par mes ambassadeurs mon cœur vous fut promis, rac. Andr. iv, 5. Tout petit prince a des ambassadeurs, la font. Fab. i, 3. || 2° Toute personne chargée d'un message. Vous ne pouvez envoyerun plus agréable ambassadeur. Et le baron couvert de gloire Triomphe par ambassadeur, millev. le Baron Chrétien.
— SYN. AMBASSADEUR, ENVOYÉ, DÉPUTÉ. De Ces
trois termes envoyé est le plus général ; l'envoyé a une mission, de quelque part qu'elle vienne, et quel que soit celui à qui elle s'adresse. Aussi peut-on dire l'envoyé de Dieu. Le député est nommé par des citoyens, par des corps particuliers, par des sociétés subalternes, ou bien par des sujets ou des* vaincus pour faire des représentations, des demandes ou des prières ; il a un mandat déterminé. Enfin envoyé, par rapport à ambassadeur, exprime un rang inférieur ; l'ambassadeur représente son souverain, au lieu que l'envoyé ne paraît que comme simple ministre autorisé. Si, par une raison d'étiquette eu autrement, on ne veut pasavoir un ambassadeur auprèsd'un gouvernement, on y a un envoyé.
— HIST xve s. Vous ambasseurs et messagiers, Qui alez par le monde es cours Des grans princes pourbesongnier, e. desch. dans le Gloss. de saintepalaye. Et dévoient les ambaxadeurs .... avoir sauf conduit allant et retournant parmi le royaume d'Angleterre, FROISS. II, n, 210.
— ÉTYM. Provenç. ambassador, embaichador ; espagn. embaxador; portug. embaixador; ital. ambasciadore (voy. ambassade).
AMBASSADRICE (an-ba-sa-dri-s') , s. f. I| 1° La femme d'un ambassadeur. C'est madame l'ambassadrice. || 2° Une femme chargée d'un message. La princesse lui fit sentir qu'elle était indignée que son frère lui dépêchât une telle ambassadrice, volt. S. de Louis IV, 3.
— ÉTYM. Voy. AMBASSADEUR.
f AMBATTAGE (an-ba-ta-j') , s. m. Terme de charronnage. Opération par laquelle on garnit une roue de son bandage ou d'un cercle qui en tient lieu.
AMBE (an-b'), s. m. Deux numéros qu'on a pris ou qui sont sortis ensemble à une loterie. J'ai gagné un ambe. Ambe déterminé, deux numéros dont l'ordre est indiqué par le joueur. || Au jeu de loto, deux numéros placés sur la même ligne horizontale.
— HIST. xie s. Ambes [deux] ses mains en levant contre-mont, Ch.de Roi. xxxi. || xne s. Et d'ambes parz très bien jurer et fiancier, Sax. iv. || xve s. Si y ot, par ces dicts vailians chevaliers et leurs gens, plusieurs besongnes entre Françoiz et Angloiz, où ilôt, pertes et gaignes, souventefoiz d'ambe les deux parties, christ, de pisan, Charles V, ni, ch. 25.
— ÉTYM. Latin ambo, grec àuepto, signifiant tous deux, etvenantdela préposition amb, ambi, qui n'est usitée qu'en composition, en grec àjjitpi, qui signifie autour, et par conséquent des deux côtés. Ambes, dans l'ancienne langue, signifiait deux, les deux, tous deux ; de là ambe, terme de jeu.
AMBESAS (an-be-zas'), s. m. Terme de jeu de trictrac. Deux as. On dit plus souvent bezet.
-- HIST. xii° s. Quant cil denier serunt despendu e aie, E en malvaises genz e en guerre guasté, Malvaisement conquis, malement alué, Li dé serunt mult tost sur ambes as turné, Qui unt esté sovent sur sines ruelé, Th. le mort. (57. || xnie s. Tant ont fait Lombart que il ont jettes ambe-as, n. de valenc.xx. Et se bien retenu les as, Tu n'as pas geté ambesas, la Rose, 10436. Or t'est-il cheu ambes as; Or te tien à ce que tuas, ruteb. n, 93.
— étym. Ambe et as.
f AMBI (an-bi), s. m. Terme de chirurgie. Nom d'une machine employée à réduire la luxation de l'humérus. || On ne s'en sert plus.
— HIST. xvie s. La sixième manière de réduire la luxation de l'espaule, avec le ambi, paré, xiv, 22.
— ÉTYM. "A[a€ï], rebord, à cause du rebord qu'avait la pièce de bois principale.
AMBIANT, ANTE (an-bi-an, an-t'), ad). Qui va autour.' Fluide ambiant. L'air ambiant, l'air dans lequel un corps est plongé. L'air moins ambiant vous porte une autre sensation au visage, j. ;. rouss. Ém. n. L'air ambiant et pur semblait s'être adouci, Quelques oiseaux posaient sur le givre durci, lamart. Joe. iv, (47. || Il ne se met qu'après le substantif.
— HIST. xvie s. ... une pelle de fer rouge : à fin que par la réverbération d'icelle, l'air ambiens, c'e-.t à dire qui est à l'entour, soit corrigé, paré,
— ÉTYM. Anibiens, de ambi, autour (voy. ambe), et iens, allant, de ire, aller (voy. irai).
AMBIDEXTRE (an-bi-dèk-str'). || i°Adj. Qui se sert également des deux mains. Hermagoras vous révélera que Nemrod était gaucher et Sésostris ambidextre, labp.uy. 5. || 2° S. m. C'est un ambidextre. || Il ne se place qu'après le substantif : Un enfant ambidextre.
— HIST. xvr s. Où beaulté est , ambidextre je suis, amyot, Comment il faut lire les poètes, ( t.
— ÉTYM. Ambidexter, de ambo, deux (voy. ambe), et dexter, droit (voy. dextérité) ; mot à mot, qui a deux mains droites.
t AMBIEUX, EUSE (an-bi-eû, eû-z'), adj. Qui a des détours, des tortuosités. [Le duc d'Orléans ressentait] l'aiguillon de l'honneuret del'esprit ambieux et imaginaire de Mme sa fille [la duchesse de Berry], st-simon, 3oo, 4G. || Mot inusité.
— ÉTYM. Mot mal formé sur le modèle d'ambiant (voy. ce mot).
AMBIGU, UË (an-bi-gu, guë. On met le tréma pour indiquer que gue ne se prononce pas ghe, mais que Vu y est articulé), adj. || 1° Qui est à plusieurs sens, et par conséquent d'un sens incertain. Langage ambigu. Martian n'en a parlé qu'en termes ambigus, corn. Othon.i, 3. Ce n'est pas s'expliquer en termes ambigus, mol. Sgan. 16. || 2" Par extension. Il se tenait dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux, pasc. P. Je's. 8. Aristote a dit que le phoque était d'une nature ambiguë et moyenne entre les animaux aquatiques et terrestres, iiuffon, Phoque. Le chapeau ambigu, couvert d'un étui de toile cirée, hamilt. Gramm. 8. || 3° S. m. Repas où l'on sert à la fois les viandes et le dessert. On nous a dressé un somptueux ambigu. C'étaient des ambigus qui partaient de France pour renchérir, au milieu de Londres, sur les collations du roi, hamilt. Gramm. 7. ||4° Fig. Mélange de chosescontraires. C'est un ambigu de précieuse etdecoquett<\ moi . Précrid. (. || 5°Sortede jeu de cartes qui réunit plusieurs manières de jouer propres à divers jeux , ce qui s'opère avec un jeu dont on retire toutes les figures.
— SYN. AMBIGU , IQUIVOQUE, amphibologique,
louche. Ce qui est ambigu offre plusieurs sens. Ce qui est équivoque offre deux sens. Ce qui est amphibologique offre un sens incertain, à cause que la construction grammaticale est mauvaise. Ce qui est louche n'a pas de nelteté, par la faute, soit de la construction, soit de l'expression. Ambigu et équivoque sont plus généraux et ne supposent pas une faute, soit d'expression, soit de construction.
— HIST. xvie s. Le parler obscur, ambigu et fantastique du jargon prophétique, mont, i, 4 7. La victoire qui jusques alors avoit esté suspense et en ambigu, se commença d'incliner à l'ennemy, m. du bel. S74.
— ÉTYM. Ambiguus, de ambigere, douter, de amb. autour (voy. ambe), et igere, pour agere, pousser (voy. agir) ; mot à mot, qui pousse de deux côtés.
AMBIGUÏTÉ (am-bi-guï-tê. On met un tréma sur l'i pour indiquer que gui ne s'y prononce pas ghi . mais que Vu y est entendu. Le mot est de quatre syllabes. Au xvr s. la prononciation était la mi palsgr. p. (0), s. f. Défaut d'un discours, d'un terme équivoque et à plusieurs sens. Ces passages n'ont aucune ambiguïté, boss. Exp. Avert. Jésus ayant dit ces choses sans aucune ambiguïté, id. (luinq. t. Comme si la profession de foi laissait une ambiguïté dans la créance des fidèles, pasc. Prov. i(i. Dans tout ce qu'il m'a dit, ce n'est qu'ambiguïté, piron, Courses de Tempe.