‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 125 sur 462 · MI' NT · texte numérisé non relu

MI' NT

AMBITIEUX, EUSE (an-bi-si-eû., eû-z'), ad;. )|i°Qui a de l'ambition , el aussi, qui a l'ambition de. L'ambitieux César, Un homme ambitieux. Ambitieux d'honneurs. Ce n'est plus d< - Romains l'esclave ambitieuse, cohn. Mi-'itn. v, 10. Ame ambitieuse, tu. //or. m, 2. Cœur ambitieux, bai Baj. v, 4. Ambitieux du pouvoir, si èvrem. n, 7. Ils les saints] sont ambitieux de plus nobles richesses, i.. pac. Helig. ch. m. Ambitieux de \aincre et non de discourir, m. ib. ch v. .le suis amb tout homme l'est sans doute, volt. Fanât, il, ■">. || 2" il se lin de tout ce qui annoncede l'ambition. Une politique cruelle et ambitieuse. L'ode avec plus plu- d'éclat et non moins d'énergie, Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, boii.. A. p.n. Cette concui rence ambitieuse dans les deux premiers bommes de l'univers causa de nouvelles révolutions, vert. Rcvol. rom. xm, 221. || 3° Fig. Prétentieux, recherché. Style ambitieux. Une traduction ambitieuse. Il 4° .S. m. celui qui a île l'ambition. Un ambitieux. L'esclave n'a qu'un maître; l'ambitieux en a autant qu'il y a degens utiles à sa fortune, la bhiv. h.

— REM. Des grammairiens ont prétendu qu'on ne pouvait pas dire ambitieux de. C'est à tort: m la raison, ni l'usage ne s'y opposent.

— HIST. xv s. Laissons vivre malheureuses Ces âmes ambitieuses. Et joyeusement vivons I)o si peu que nous avons, basselin, xxxii. 1 1 x v 1 e s. Les hypocrites qui par une monstre ambitieuse de prières cerchent d'estre glorifiez et favorisez du peup'e, calv. Inst. 708. Les serpens ne perdent pas leur venin pour estre engourdis par le "froid ; ni l'ambitieux ses vices pour les couvrir par une froide dissimulation, charron. Sagesse. 1, 2t.

— ÊTYM. Ambitiosus (voy. ambition); provenç. ambeeios.

AMBITION (an-bi-sion; de quatre syllabes en poésie), s. f. Il 1° Désir ardentdegloire, d'honneurs, de fortune. Une ambition effrénée. L'ambition chez les princes est une passion dangereuse. Une généreuse, une indigne ambition. De l'ambition, quand un certain Age est passé, où l'on n'a plus assez de force pour la soutenir, on va se perdre dans l'avarice, boss. Pensées chrét. 7. L'ambition, appelée à tout mériter au lieu de tout envahir, mirabeau, Collection, t. m, p. 26. Ayez moins de faiblesse ou moins d'ambition, corn. Cinna. iv, 4. L'ambition déplait quand elle est assouvie; D'une contraire ardeur son ardeur est suivie, id. 16. 11, t. L'indigne ambition que ton cœur se propose, id. ib. ni, 4. J'ai de l'ambition ; et, soit vice ou vertu.... id. Pomp. 11. t. Tous ceux qui auront de l'ambition, pasc. Pror. fi. Voilà l'ambition d'un creur comme le mien, rac. Bére'n. 11, 4. L'ambition des intérêts humains, mass. Paraph. psaume 25. || 2° En un sens général, désir, recherche. Ce qui avait été l'objet de son ambition. Ilmet son ambition à.... Ce grand nom deviendra l'ambition des rois, corn. Hor.m, 5. Un prince sans ambition d'étendre sa gloire, perrot d'abl. Tacite, 2)5. L'ambition d'un nouveau consu- 'at, id. ib. 85. Toute mon ambition est de rendre 3erviceauxgensde nom et de mérite, mol. le Sicil. se. tt.

AMB

— REM. Suivant La veaux, ce mi tne régit pas les noms : on ne dit pas, l'ambitionde la gloire; mais il régil les verbes et l'on dit , l'ambition d'acquérii

1 pas bonne (voy. les exemples).

— iiisT. xiv s. Ambition el convoitise de bon neur.BERCHEURB, f" I», recto. H xvi* s. L'ambition, qui esl une faim d'honneurs, esl une bien doui e pa sion qui se coule • esprits plus généreux et ne s'en tire qu'àpe ne, charron, Sagesse,] , 21 .

— ÊTYM. âmbitio, de amb, autour (voy. ambe), et ire-, allei (vo\ irai).

AMBITIONNE, ÉE (an-bi-sio-né, née; en poé sie, de cinq syllabes) . part, passé. Le duché de Milan ambitionné par François 1".

AMBITIONNER (an bi-sio né; en poésie, de cinq syllabes u a. Rechercher avec ardeur. Ambitionner les dignités, les places. La duchesse de Mazarin

à qui l'on ambitionnait de plaire Mon cœur n'am

bitionnera Que d'être auprès de vous tout ce vous plaira, moi . l'Étour. v, 3.

—HIST. xvrs.Jeluj appris encore à dire souvent,

cour ( 1 que, symboliser, jalouser, ambitionner,

un esprit poly, et mille autn en celte fa

çon, à quoy on connoit aujourduy une belle ame,

D'AUB. I nnf. II. I.

— rem 1 e mol . dénoncé pai d'Aubigné comme un néologisme affecté, fut attaqué par \ augelas, qui déclara qu'il n'était pas du bel usage, par Marg. Huffet, qui dit que ambi donner une charge n'est plus une manière reçue déparier. Mais il fut défendu par Th. Corneille, et aujourd'hui il est en plein

— f'/rs m. Imbition.

AMBLE (an bl'), s. m. Allure dans laquelle le che val lève ensemble les deux jambes du même côté, alternativement avec celles du côté opposé. Le ma- [ue avait un cheval d'amble, 1 \ font. Magn. || Amble rompu, allure particulière à certains chevaux (voy. traquenard).

— hist. xvi" s. Courtaux, bestesd'emble, mulles, mollets et bagage, m. di bel. 330. Hacquenées el autres bestes d'ambles, m. 333. Un cheval d'Espagne fort aisé et allant l'amble, n>. '182. il m'estpermis de vous dire combien elle me coustc, et quel emble elle va, marot, m, 1 19.

— ÊTYM. (Voy. vmblerj; génev. ambe; provenç. amblansa, ambladura; ital. ambiaàura. on disait aussi ambleure dans l'ancien français,

AMBLKR (an-blé) , v. n. Aller l'amble. || Terme vieux.

— HIST. xii' s. Li clers i vint sur un mulet ambiant, Ronc. p. < 63. | j xmc s. Et fu montés sour un cheval moriel ambiant, et ot viestue une grant cape fourrée de cendal vert, Chr. de Rains, 170. Et li destrier sorkoi [elles] seoient Molt tosl et molt souef ambloient, Lai du trot. Or s'en vont li baron ensemble; Diex ! con la mule Grinbert amble ! lit». I092i.ll xv s. Adonc monta le roi anglois sur un petit palefroi moult bien ambiant, froiss. 1, 1, 93. De beaux mulets tous blancs et très bien amblans, id. 11, m. 39.

— ETYM. Provenç. amblar; ital. ambiare; es • pagn. amblar ; vallaque. nnblà, dans le sens de se promener; de ambulare, se promener.

f AMBLEUR (an-bleur), adj. || 1° Dont l'amble est l'allure naturelle ou acquise. Cheval ambleur. || 2° Se dit du cerf dont la trace du pied de derrière dépasse celle du pied de devant.

t AMBLYGONE (an-bli-go-n') , adj. Qui a les angles obtus. Il Peu usité.

— ÉTYM. 'A|a6aù;, obtus, etywvo:, angle.

t AMBLYOPE (an-bli-o-p'), s. m. Celui qui est affecté d'amblyopie.

f AMBLYOPIE (an-bli-o-p ie), s. f. Terme de médecine. Affaiblissement de la vue.

— ÉTYM. Ap.<5Xvu>7ua, de àaëXù:, émoussé, et &ty, œil (voy. optique).

\ AMBOUTISSOIR (an-bou-ti-soir) , s. m. Poinçon d'acier trempé qui sert à faire les têtes de clous.

AMBRE (an-br'), s. m. Nom donné à deux substances différentes : t° l'ambre, proprement dit, ou ambre gris : matière concrète, ayant la consistance de la cire et une couleur cendrée, parsemée de taches jaunes et noirâtres, répandant une odeur particulière très-forte, que beaucoup de personnes trouvent suave: 2° l'ambre jaune ou succin (voy. ce mot). [Ils] voguaient vers ces climats où l'Oeéan pour eux Sur l'amhre et le corail roulait ses flots heureux, delav. Paria, 1, t. Que l'ambre le plus pur s'exhale à tes festins, millev. Éle'g. liv. n, Homère. Qui n'avait, pas le goût de musc, civette eu d'ambre, Régnier, Sat. xi. Chercher jusqu'au

AMB

.lapon la porcelaine ou l'ambre, boil. Sat. vm. Qu'un fat soit l'aigle dos salons; Qu'un docteur sente l'ambre, béranger. Marotte. || Proverbe. Il est fin comme l'ambre, se dit d'un homme d'une grande pénétration,

— hist. xni«s. Ilestacordé entre les mestres pâtre nostriers d'amb i de gest[jayetj que il ne ouvreront jamès de nui/des il te patenostres, Livre des métiers, 71. Adonc est li sires levez, Et estentrez dedenz sa chambre. Qui loto estoit ovrée à l'ambre, Uni. 22 mu. Moult icreiil yru\ h autre membre, Et plus olant que pomme d'ambre, la Rose, 21008. El toutes ces choses estoient fleur etées de ambre ; et estoit l'ambre lié sur le cristal à bêles vignetes de bon or fin, joinv. 200, || xv t s. lîoire de l'ambre jaune subtilemenl pulvérisé, 0. deserres, 031. Du musc, de l'ambre '-'ris, de la civette, m. 9:34.

— ETYM. Provenç ambra, ambre; espag. ambar; ital. ambra ,• de l'arabe anbar.

AMBRÉ, ÉE (an bré, brée), pari, passé el adj. Qui a la teinte de l'ambre jaune ou le parfum de l'ambre gris. Couleur aminée, odeur aminée. L'air qui les enfle et les colore les bulles de savon], lui voltigeant SOUS nos lambris, boni donne la fraiebeur de Flore, Ou le teint ambré de I aurore, Ou le vert inconstant d'Iris, bernis, Sur la mode. Oh! si j'étais capitane [femme d'un capitan] Ou sultane, Je prendrais des bains aminés, •>. m ao, Orient, xix. Si j'avais des melons ambrés au cœur de l'hiver, j. j. rouss. Ém. îv.

; VMBRÉINE (an bré i a'), s. f. Terme de chimie. Matière particulière formant les «"> centièmes de l'ambre gris, duquel on l'extrait par l'alcool bouillant.

AMBRER (an-bré), v.a. Parfumer avec de l'ambre.

— étym. Ambre.

AMBBETTE (an-brè-f), s. f. Semence provenant d'une plante appelée liei be 5 la poudt e de 1 Ihj pre et ayant l'odeur de l'ambre. On s'en sert dans certains parfums. || Poire d'ambre tte, eqièce de poire qui a quelq efois une odeur d'ambre ou de musc

— KTYM Ambre.

— hist. xme s. Herbe prenez, k'anun amblete, La racine me fêtes nete, E puis mettez au mal de dent, Manuscr. St Jean.

AMBROISIE et quelquefois AMBKOSIE (an-broizie ou an-bro-zie), s. f. 1 1 i" Mets des divinités de l'Olympe. L'ambroisie donnait l'immortalité à ceux qui en goûtaient. D'hommes vous faisant dieux vous paissait d'ambroisie, rEgnier, Sat. v. Il répandit une odeur d'ambroisie dont l'Olympe fut parfumé, fén. Tél. ix. Tout ce que Nélée boit devient nectai . tout ce qu'il mange devient ambroisie, id. xix, 87. J| 2° Fig. et poétique. L'abeille, qui pourtant n'avait vécu qu'un matin, comptait déjîi son ambroisie par générations de fleurs, chateaub. Génie, 1. iv, 4. Que vos heureux destins, les délices du ciel, Coulent toujours trempés d'ambroisie et de miel, a. chén. 92. [Elle] Enivre les humains de sa douce ambroisie, gilb. Au prince de Salm. Ce fut en vain queCymodocéepriala Nuit de lui verser l'ambroisie de ses ombres, chateaub. Mart. xxxi. Enivronsnous de poésie ; Elle est un reste d'ambroisie Qu'aux mortels ont laissé les dieux, béranof.r , Sciences, Il C'est de l'ambroisie, se dit familièrement d'un mets délicieux. Ils mangeaient à sa table, avalaient l'ambroisie, Régnier. Sat. xiv. || 3° Terme de botanique. Ambroisie du Mexique ou thé du Mexique, nom d'une plante à odeur forte et agréable, saveur acre et aromatique, employée en infusion comme tonique etdigestive. || Ambroisie des jardins, un des noms vulgaires duchénopode ambrosioïde.

— HEM. La Fontaine a dit amhroise : Et Tiennette estambroise, Dit son époux, les Troqueurs.

— ÉTYM. 'Auëpoçria, de ip.êporo; OU âêpoTOC, immortel, de à privatif, et Ppoto:, mortei.

f AMBROSIAQUE (an-bro-zi-a-k') , adj. Qui a une odeur d'ambroisie, une odeur agréable.

AMBROSIEN, IENNE (an-bro-zien, ziè-n'), adj. Il 1° Attribué à saint Ambroise, évèque de Milan. Chant ambrosien. || 2° Qui est selon le rite de l'église de Milan. Messe ambrosienne.

— ÉTYM. Ambrosius, Ambroise, nom d'homme, de àu.êpoata (voy. ambroisie).

j AMBULACRE (an-bu-la-cr') , s. m. En horticulture, se dit d'un lieu planté d'arbres en rangées régulières.

— ÉTYM. Ambulacrum , promenoir, venant de ambulare, se promener (voy. ambler).

AMBULANCE (an-bu-lan-s') , s. f. || 1° Établissement hospitalier temporaire, formé près des corps ou des divisions d'armée, pour en suivre les mouvements, et destiné à assurer les premiers secours

AME

AME

AMÊ

aux blessés et autres malades. || 2° Établissement provisoire formé pour donner les premiers soins à des blessés ou à des malades. On a établi des ambulances dans chaque quartier. || 3" Emploi d'un commis des contributions indirectes , dont l'office est de parcourir incessamment un certain district.

— ÉTYM! Ambulant.

AMBl'.ANT, ANTE (an-bu-lan, lan-f), adj.

|| 1° Qui n'est pas fixe, qui ne demeure pas au même lieu. Ils tftchent d'intéresser les voyageurs par le concert ambulant de leur famille errante, stael, Allem. i, ch. 2, M<rurs. || 2° Hôpitaux ambulants, petits hôpitaux provisoires que l'on établit à la suite d'une armée ou d'un corps d'armée pour recevoir immédiatement tous les militaires blessés ou malades, jusqu'à ce qu'on puisse les diriger sur un hôpital sédentaire. || 3" Comédiens ambulants, troupe ambulante, comédiens, troupe sans résidence fixe. || 4° Receveur ambulant, contrôleur ambulant, receveur, contrôleur des contributions indirectes qui parcourt un certain district. || 5° C'est un homme fort ambulant, qui mène une vie fort ambulante. c'est un homme qui se déplace sans cesse.

— ÉTYM. Ambulans, de ambulare, se promener (voy. ambler).

AMBULATOIRE (an-bu-la-toi-r') , adj. || 1" Terme de jurisprudence a ienne. Qui n'a pas de siège fixe. Juridiction ambul. .ire. fj 2° Variable. La volonté de l'homme est bien ambulatoire, regnahd, le Distr. v . se. dern. || Ne se met qu'après le substantif.

— ÉTYM. Ambulatorius, de ambulare, se promener (voy. ambler).

t AMBUSTION (an-bu-sti-on), s. /".Terme de chirurgie, synonyme de cautérisation.

— ÉTYM. Ambuslio, de amb, autour, et ustio brûlure (voy. ustion).

ÂME (â-m'), s. f. i" Principe de vie. 2° Le principe immatériel de la vie, l'âme après la mort. 3° L'ensemble des facultés morales et intellectuelles. Grande âme. Avoir de l'âme. Être tout âme. 4° L'âme, en parlant des relations amoureuses. 5° Une personne, homme, femme ou enfant. 6" La vie, l'existence. 7° Imitation de la vie, chaleur, expression. 8" Agent, moteur principal, en parlant des personnes. 9° En parlant des choses. 10° Emi -cliniques. || 1° Principe de vie. Les anciens philosophes admettaient une âme raisonnable, qui présidait aux fonctions de l'intelligence; une âme sensitive, qui présidait aux sensations; et une âme végétative, (pii présidait à la nutrition. L'âme du monde, principequi, suivant quelques philosophes, vivifie le monde. || 2°Leprincipe immatériel de la vie, l'âme après la mort. L'immortalité de l'âme. Évoquer les âmes cies morts. Une âme régénérée parle baptême.

I es âmes des trépassés. Ainsi voit le monde une âme juste au lit delà mort, mass. Mort. Vigilant, qui n'a pas reçu son âme en vain, id. Élus. || Locution

' re : Dieu veuille avoir son âme ; sorte de prière pour le repos d'une personne trépassée. || Donner son âme au diable, faire un pacte avec le diable à qui l'on abandonne son âme pour des avantages terrestres. On croyait que les sorciers donnaient leur âme à Satan, et recevaient en échange une puissance surnaturelle. Faust est la plus célèbre de ces légendes où un homme donne son âme au diable. || Une âme en peine, une âme livrée aux peines de l'enfer ou du purgatoire. Il est comme une âme en peine; il est en proie à la plus vive inquiétude, affliction, etc. || Corps et âme, tout entier.

II se donna à lui corps et âme. || C'est un corps sans âme. se dit d ée, d'un parti sans chef. || Être comme un corps sans Time, être abattu, sans volonté, sans résolution. || 3" L'ensemble des 1. nultés morales et intellectuelles. L'aliment de l'âme, c'est la vérité et la justice. Ce qui souille l'âme. Âme bien née, noble, élevée. Âme basse, vénale Les yeux sont le miroir de l'âme. L'âme humaine peut tout se représenter par la pensée. Une âme généreuse el que la vertu guide, corn. Cinna, ni, 4. Ainsi parlent, seigneur, les âmes soupçonm

m. Sertor. u, 2. Ne me prenez point tant pour une âme insensible, id. Agésil. iv, 5. Mardocl yeux est une âme trop vile, rac. Esth. n, I. Mais bien qu'il l'abandonne, il l'adore dans l'âme, corn. v' i 1 •:-. iv, 2. Le lâche! il vous flattait lorsqu'il blait dans l'âme, id. Héracl. i, i. .J'en i i mon âme, id. Nicom. n, 1. De mon trône en son âme elle prend la moitié, m. Pomp. I. Je voudrais nnaître, Mais connaître dans l'âme, in. le Ment, n , 2. .le vous rappelle un songe effacé de votre âme, rac. Mithr. i, 2. ...la dame, Qui riait sans doute en son âme, la font. Fianc. Et je veux qu'un amant pour me prouver sa flamme, Sur d'éter-

nels soupçons laisse flotter son âme, mol. Fâcheux, n, 4. || Grande âme, homme d'un esprit étendu, homme d'un grand caractère. Les plus grandes âmes sont celles qui s'arrangent le mieux dans la situation présente et qui dépensent le moins en projets pour l'avenir, fonten. Chazelles. || Avoir de l'âme, avoir un cœur noble, sensible et généreux. Que d'âme et de douceur dans ses regards! || Être tout âme, être doué d'une excessive sensibilité. || 4° Particulièrement en parlant des relations amoureuses. Son âme ailleurs éprise, rac. Andr. n, 2. L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme id. ib. n, 2. Que vous et Bajazet vous ne faites qu'une âme, ID. liaj. iv, 3. Chacun peut à son choix disposer de son âme, id. Andr. m, 2. || 5° Une personne, homme, femme ou enfant. Qu'on ne laisse monter aucune âme là-haut, rac. ,Vlai<l. i, G. En y comptant les femmes, vous tn. rez près de vingt millions d'âmes, volt. Russie ,,i, 2. Je fus bien surpris de ne pas trouver une âme chez M. de Luxembourg, st-sim. ii , t28. En effet il n'a vu âme vivante, sév. 20G. 11 n'est âme vivante Qui ne pèche en ceci, la font. Fab. îx, ii. \\ Familièrement. C'est une bonne âme. C'est une personne bonne et simple. || Familièrement. On dit d'un homme qui est l'aveugle instrument des volontés d'un autre, quand en soi-même on les condamne comme immorales ou criminelles : c'est son âme damnée. [16° La vie, l'existence. Essuyez des pleurs qui m'arrachent l'âme, j. j. rouss. Hél. ni, 2. Dans cet embrassement dont la douceur me flatte,' Venez et recevez l'âme deMithridate, rac. Milhr.Y, 5. Que des pleurs , des baisers de flamme Fassent passer toute mon âme Dans ces dons qu'elle doit toucher, gress. le Chartreux. || Familièrement. Il a l'âme sur les lèvres, il est près d'expirer. || Il a rendu l'âme, il est mort, il vient de trépasser. Pendant que la pauvre femme rendait l'âme, sév. 348. lia rendu l'âme ërltre les rnains de M. de Condom, id. 44 3. Peut-être ils rendent l'âme, rac. Plaid, u, i 2. || Familièrement. Sur mon âme, expression affirmative, c'est-à-dire sur ma vie, mon honneur. Mon bras, sur mon âme, la font. Cal. || Mon âme, terme de tendresse. Iras-tu, ma chère âme? et ce funeste honneur.... corn. 7/or. il, 6. || 7° Imitation de la vie, expression de vie, chaleur, mouvement. Phidias avait donné de l'âme à l'ivoire. Chanter avec âme. || 8° Fig. Agent, moteur principal. C'est l'âme de l'entreprise et l'homme de confiance, sév. 525. Enfin vous êtes l'âme de tout cela, id. 491. Elle est l'âme de toute la parure de l'hôtel de Condé, id. 399. Elle fut l'âme de l'entreprise, fléch. Aig. LaRenaudie était l'âme du parti, doss. Déf. Vous qui devez être l'âme d'un État, rn. Polit. Si Chariemagne, qui était l'âme des Français sans le paraître.... mably, t. n, p. 424. J'étais de ce grand corps l'âme toute-puissante, rac Ilril. i, i. Âme de mes conseils, et qui seul tant de foisDu sceptre dans ma main as soulagé le poids, id. Esth. ii, 5. Toi, pour qui j'ai tout fait; toi, l'âme de ma vie, volt. Alz. n, 3. || 9° En parlant des choses. L'ambition, qui est l'âme de notre conduite, mass. Conf. Ma passion pour vous, généreuse et solide, A la vertu pour âme et la raison pour guide, corn. Pulch. i, i. Les passions qui doivent être l'âme de la tragédie, id. Ex. de Nie. La charité qui est l'âme et la vie de la grâce, pasc. Prov. 5. Cette tristesse qui en est l'âme, ne s'y remarque plus, la bruy. 15. || 10° On dit qu'une étoffe n'a que l'âme, quand elle n'a ni force ni consistance. || L'âme d'une devise, les paroles qui l'expliquent. || L'âme d'un violon, d'une basse, le petit morceau de bois placé dans le corpsde l'instrument pour soutenir le chevalel et mel tre en communication lesdeux tables de l'instrument. || L'âme d'un soufflet , la soupape de cuir par laquelle l'air pénètre. || L'âme d'un fagot, le menu bois qui se trouve au centre. || L'âme d'une statue, le massif sur lequel on applique la terre qui sert à modeler la statue. || L'âme d'un canon , d'une arme, le creux où l'on introduit la charge. || L'âme d'un tableau, l'esquisse. || Ame d'un cordage, fils que l'on met au milieu des différents torons dont le cordage est composé. || Âme d'une fusée, trou conique ménagé dans le corps d'une fusée volante. || Dans les manufactures de tabac, on appelle âme: 1° un bâton autour duquel le tabac cordé est monté; 2° les petites feuilles qui remplissent le dedans des andouilles de tabac. || Âme de la plume, petite masse sèche et longue que renferme le tuyau d'une plume.

— REM. 1. Ce mot s'était toujours écrit sans accenl circonflexe jusqu'en 1798; mais alors l'Académie, dans son édition, l'a marqué d'un accent circonflexe, et a maintenu depuis cet accent. L'accent.

outre qu'il indique la prononciation, représente une lettre supprimée ; l'ancien mot était anme et, par suite, aime et mèmearme. || 2. Balzac a ditàme pour ce qu'il y a de meilleur dans une chose. Je choisis les oiseaux qui sont engraissés de sucre, et me nourris de l'âme du fruit, liv. n, fait. 4.

— SYN. âme faible, cœur faible, esprit faible. Comme âme est plus compréhensif que cœur et esprit, l'âme faible désigne une personne en qui tout est faible; elle est sans ressort et sans vigueur. Le cœur faible est, suivant les deux acceptions du mot cœur, ou trop tendre, trop facile à toucher, à séduire, ou pusillanime et facile à décourager, à effrayer. Un esprit faible est incapable d'examen, crédule et inhabile à sentir la vérité et la raison.

— hist. xie s. Wart l'om que l'om Fannie ne perde, que Dex rachatat de sa vie, Lois de Guill. U. Assoudrai vous pour vos anmes guarir, Ch: de Roi. lxxxvii. Toutes vos anmes ait Deus h glorieus, ib. clx. || xirs. Pour la moie arme messes chanter ferez, Ronc. p. t8. Se plaist Jhesu, qui l'ame m'a donnée, ib. p. 49. Qui donc veïst le duc nostre seignor prier Qu'il ait merci de s'arme, com de son chevalier.... Sax. xi. Li clers doivent les lais [laïques] elur anemesguarder, Th. le Mart. 30. Ore, mis sires, veirement vit Deus ta aneme, ki t'ad guarded que ne voisesavant, Rois, too. Ço fud grant demustrance kelesanmes furent salvées devant Deu, ib. 202. Ellevos[voici que] en tamainest, mais nequedentl'anrme «le lui guarde . Job. 448. || xin" s. Si ne troverent nule ame qui venist encontre aus, villeh. cvn. Mainte ame en fut de corps sevrée et départie, Rerte, a. [Dieu] Qui en ame et en corps en soit toujours gardere, ib. iv. Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée, ib. xlvi. Lors regarde tôt contreval Le bois, por savoir s'aime orroit [entendroit] , Et quant il nule aime ne voit.... Hen. 247t5. Et qui premiers istra fors enlapraerie, Semartire reçoit ne que arme l'ocie, Devant nostre seigneur ira s'ame florie, Ch. d'Ant. vm, \~'.. Et une autre dame qui estoit à l'autre part du lit, ne li souffri mie; ainçois [mais] disoit que il avoit encore l'ame ou cors, joinv. 207. Et, ainsi, biaussire Diex, je lèverai m'amrne à toy, et je me fie en toy, id. 20i.||xv°s. Les Pisains.... respondirent.... que qui guerre leur feroit, bien et bel se defendroient, et qu'ils ne craignoient ame [personne], Bouciq. m. chap. H. Si très tost que cette petite fistule laira le couler et séchera, vous mourrez sans point de remède, mais vous avez quinze jours au plus de loisir pour vous aviser et penser à l'ame [le médecin à Charles V], froiss. ii,ii, 70. L'espie entra ens es fossés où point d'eau n'a ni ne peut avoir, car ils sont de sablon bouillant ; et regarda dessous et de sus, et n'y ouit ni ne vit ame, et tout ce rapporta il ainsi à son maistre, id. n , n, (3. Il n'avoit ame avec luy, mais avoit envoyé ses serviteurs pour.... comm. m, 2. || xvie s. Vous lui direz le contenu en une petite ame [billet] escripte de ma main, que vous trouverez en ceste lettre, ou la luy monstrerez, marg. Lctt. 149. Un bastiment capable de deux ou trois cents âmes, mont, i, 237. Ils croyent les âmes éternelles, id. i, 238. La fermeté du courage et de l'ame —Rendre l'ame, id.i, 243. Si ce ne sont quelques uns, qui ont (comme on dit) l'ame de travers . les autres sentent assez le fruit qui en revient [de la concorde], lanoue, 44. Des bénéfices qui vaqueroyentles premiers, qui sont sans charge d'aines... id. 4 29. Considérez que la Roine mère est l'ame de l'Estat, elle qui est sans ame, d'aub. Hist. n. m. Chascun pour sauver sa vie et respirer une ame précaire se faisoit bourreau de son compagnon, id. ib. n, 122. Il lui donna un bouquet d'olive, de laurier et de cyprès, avec un sonnet qui servoit d'ame à cet emblème, id. ib. II, I8G. Voyant que le Roy, de sa propre ame [de son propre mouvement], luj

ce présent, carl. ii, ig. Ame couarde en un beau corps logée, rons. 635.

— ÉTYM. Provenç. anma, arma ; espagn. et ital. aima; de anima, dont la signification primitive est souffle, vent, et, par extension, respiration, vie, esprit, âme. On voit par là l'identité de ce mot avec l'âveixoç des Grecs, qui a conservé exclusivement l'ac ception de vent ;anima et âvep.0; ont pour radical le sanscrit ana . respirer. Cela montre comment les mots abstraits dérivent de ceux qui servent à désigner les objets matériel-. An, me dans certains textes anciens n'est un mot de trois syllabes que pour les yeux; la mesure du vers prouve qu'on ne donnait au mot que deux syllabes; cette orthographe était un archaïsme reproduisant de plus près la forme latine.

A.YIÉ, ËE (a-mé, mée), adj. Terme de chancel-

AME

lorie. Aimé. .X nos amés et féaux conseillers, olo. Henri V [d'Angleterre] nomma sou tros-aino fils Heud, héritier, régent du royaume, volt. Mœurs,

■ — ËTYU. Amatus{\oy. aimeh).

t AMELET (a-me-lé), s. m. Petit listel ou filet qui orne les chapiteaux.

[AMELIORANT, ANTE (a-médi-o-ran . ran t'), adj. Oui améliore. Culture améliorante, culture qui accroît la fécondité du sol.

AMELIORATION ( a-mé-li -o-ra-siou) , s. f. || 1? Changement en mieux; meilleur état, il y aune grande amélioration dans l'état de ce malade. || 2° En parlant d'un bien-ronds. 11 a fait une amélii considérable dans sa terre. || 3° En termes de droit, améliorations voluptuaires j améliorations d'agrément.

— HIST. xvi* s. Cet argent se consommera pour ses édifices ot en l'amelioremcnt do sa maison, CAM,, i, 31, Oulro l'amolioromont de la chair par le chas trer. la furie de ces coqs est abbalue,o. de serres,

— ÊTYM. Améliorer.

AMÉLIORÉ, EE (a-mé-li-o-ré, rée), part.

Des terres améliorées par la culture. Des hommes améliorés par l'éducation.

AMÉLIORES (a-mé-li-0-ré). || 1° V. a. Rendre meilleur. Leurs 'travaux ont amélioré le sol. Cet événement a amélioré sa fortune. || 2° Dan- 1 ancienne cliimie, améliorer un métal, l'épurer. || 3° S'améliorer, v. n'/'. Devenir meilleur. Sa santé, sa conduite s'améliore de jour en. jour.

— HIST. xii* s. Carorsavum bien sen/. devise Que Deus nos a toz regardez ; Tant nos somes ameillore/., Que rcial sûmes; mult vait bien, benoît, h, H07i. || xvi° s. La terre est amoillcuréo par la marne l'espace tlo dix ou trente ans, PAUSSY, 320. L'eau y charrie de la graisse tant fertile, que le fonds s'en emmeliore beaucoup, o. DESEllRES, 05.

— ÊTYM. .i (voy. À) et meilleur.

| AMÉLIORISSEMENT (a-méli-o-ri-se-man). s. m. Terme particulier à l'ordre de Malle, et qui liait la même chose qu'améliora lion. Un commandeur ne pouvait passer d'une commanderie à une autre meilleure, s'il ne prouvait qu'il avait fait des améliorissements dans celle qu'il voulait quitter.

— ËTYU. Améliorer.

AMEN(a-mèn'), s. m. || i°Mot hébraïque usité dans les prières de l'Eglise, et signifiant : Ainsi soit il. I.e prélat fait l'action de grâce; l'assistant répond amen , chateaub. Génie, t. i, i. s. Les élus auront un autre nom et un amen bienheureux, uoss. Ilist. il, t. || 2° Il sert à exprimer le consentement. Amen, soit. 11 dit amen à tout, il ne fait aucune objection. J'ai été ravie que vous ayez dit amen sur toutes les bagatelles que je vous mandais, siîv. 530. || 3° Familièrement. La fin d'une chose. 11 m'a tout dit jusqu'à amen. || De pater à amen, du commencement à la fin.

— îiisr. xm« s. L'oroison dist apertement Tybert et le per omnia, Devant l'autel s'agenoilla, El Kenart respondi amen ; Puis li a dit : levez vos en, Et si aie/, fermer ces huis, Je dirai benedicamus, lien. aisée. || xvi# s. 11 ne faut pas prendre cela comme l'opinion d'un seul homme, car tous disent amen après lui, calv. [nstit. 05. 'foules les promesses de Dieu sont Oui et Amen en Jésus Christ, in. ib. 320. Tant qu'il y a de promesses de Dieu, elles sont en lui Oui et Amen : c'est-à-dire ratifiées, id. ib. 448.

— ÊTYM. Hébreu amen.

f AMENAGE (a-me-na j'), s. m. La peine et les fiais pour amener, voiluifcr quelque chose.

— HIST. xvi° s. Les frais de l'aménage du sel sont par trop grands, PAUSSY ,' -'■'■'■

— ÊTYM. Amener. f

AMÉNAGÉ, ÉE (a-mé\naJé, jée) , part, passé. Forêts, prés aménagés, i

AMÉNAGEMENT (a-mé\na-je-man) , s. m. Action de régler les coupes d'uneyorèt; résultat de cette action. \

— HEM. Au pluriel il a étéxabusivement employé pour emménagement, terme ufi marine.

— ÊTYM. Aménager.

AMÉNAGER (a-iné-na-jé), >• »• IU° Régler les coupes d'une forêt, d'un pré. |l 2" S'aménager, i. réfl. Etre aménagé. Des prés qui sont regardés communément comme le bien qui re.nd le plus et qui s'aménage avec le moins de frais, vauban, Dîme, p. <93. || 3° Débiter en bois de charpente. Aménager un arbre. || ge devant « et o : aménageant.

— JiisT. xv° s. I.e suppliant amcsiV'fïio [pourvu] ucchovaux, bestiaux, ducance, auctorabilis. Quand messire Jean de Vienne, qui capitaii ï cs'.oit de Ca-

AME

lais vit que le roi d'Angleterre so ordônnoitet araenageoit pour là tenir le siège.... nioiss. i, i, 297. || xvi" s. S'il retourne s'amesnager chez soy, et qu'il ait donné forme à une famille complète, il ne prisera pas, comme il doist, sa femme et ses eni.ims. ni le revenu de sa maison, lanoue, M9.

— ÊTYM. A (voy. À) et ménage.

AMENDAULE(a-man-da-bl'), adj. || 1° Qui peut

ètreamendé, corrigé. Sol, terre amendahlc. || 2° Sujet a l'amende. Cas amendante. || Vieux eu ce sens. || 3° Endroit féodal, crimes amendables , crimes dont on évitait le châtiment en payant une certaine somme.

— ÊTYM. Amender.

AMENDE (a man-d') , s. /". || 1" Peine pécuniaire. M -t i ■!. des amendes sur ceux qui....KÉN. Tél. xn. On a i lamné à des amendes tous lesdonatisles, boss. /ci,. 37. Me mettrait-on à l'amende? Non, la font. Cas/Dix mille francs, dix mille francs d'amende! Dieul quel loyer pour neuf mois do prison ! bk- RANGER, Dix m. f. || 2" Amende honorable, peine infamante, aveu public et forcé d'un crime. Son arrêt qui était de faire amende honorable devant Notre- Dame, sèv. 290. || Fig. Faire amende honorable, demander publiquement pardon. Si on ne vous eût fait amende honorable pour l'affront... hamilt. Gramm. o. Il ,. fait une grande amende honorable de sa vie passée, sêv. «73. Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse.... mol. Femmes sou. m, 5. Pour lui faire amende honorable de ses infidélités, bosi Prière, 3. || Proverbe. Les battus payent l'amende, celui à qui une réparation serait due, souffre un nouveau dommage. Hé quoi donc"? les battus, ma foi ! paieront l'amende , rue. Plaid, n. Outre la perte de son procès, le battu payait encore l'amende à l'époq'ie où la plupart des différends se vidaient dans un champ de bataille à coups de mains.

— HIST. xn" s. Sire Heinaus, je m'en escondirai [excuserai] :À cent puceles, sur sains [je] vous jurerai Qu'oncques nul home fors vostre cors [je] n'aimai ; Prenez l'emmende, et je vous baiserai , Romancero, p. 60. || xiii" s. Pour Dieu, prendés l'amende [réparation] que li rois vous offre, Chr. de ïlains. p. 143. ICt s'il i a nule parole Que sainte église liengne à foie, Prest sui qu'à son voloir l'amende, Se gc puis suffire à l'amende, i" Rose, 16504. 11 futjugié que li taverniers seroit en amende envers Pierre, beaum. xxvi, 15. Se cil devant Dieu li demande, Je ne respont pas de l'amende, huted. 73. Nous establissons que nul/ de nos baillifs ne lieve amande pour debte que nos subjez doivent, ne pour malefaçon, se ce n'est en plein plet où elle soit jugée et estimée, joinv. 295. La quarte amende fu telle, que frère Hugue do Joy, qui estoit maréchal du Temple, fut envoie au soudauc de Damas de par le mestre du Temple, id. 2«8. || xv° s. Ceux de l'ost estoiènt moult courroucés, et ne savoient sur qui prendre l'amende, FROISS. II, II, 70. Et, quant pour parler il avoit reçu quelque dommage [Louis XI] ou en avoit soupçon, et le vouloit repa rer, il usoit de ceste parole au personnage propre : Je sçay bien que ma langue m'a porté grand dommage, aussi m'a elle l'ait quelqucsfois du plaisir

beaucoup; toutes fois c'est raison que se rep

l'amende, comm. i, iu. || xvi° s. Par l'amende el réparation qu'il en fit aux ombres des amants morts, Win, p. 549. Les autres furent condamne/, en l'amende, partie honorable et partie profitable, cas i1 [nui, 5. Si l'enfant est jà formé, qu'il [celui qui fait avorter] en perde la vie : mais s'il n'est encore formé, qu'il soit condamné à amende pecuniere,

PARÉ, XXV11, p. 058.

— ÊTYM. Amender; bourguig. aimande.

AMENDÉ, ÉE (a-man-dé , dée) , part, passé. Un sol

amendé. Une terre amendée. Projet de loi amendé! AMENDEMENT (a-man-de-man) , s. m. ||i° Chan

gement en mieux. L'amendement d'une terre, d'un sol. 11 n'y a point d'amendement à sa santé, à sa conduite. L'amendement que les années apportent à ma pauvre cervelle, sêv. 42). Ceux qui récidivent, suis qu'on y voie aucun amendement, pasc. l'rov. 10. Satisfaites les deux par votre amendement, no- THOU, Antig. v, 5. || 2" En agriculture, moyens par lesquels on améliore ou on modifie le sol, à l'aide du colmatage, de la chaux, de la marne, du sable, de l'argile, de l'humus, ou par le mélange des terres. || 3° Modification d'un projetde loi. On a proposé plusieurs amendements. || 4° Dans l'ancienne jurisprudence, correction d'un jugement. Il voulutque l'on put demander amendement des jugements rendus dans ses cours, M0NTESQ. Esp. xxvill, 2!).

— SYN. AMENDEMENT, CORRECTION, RÉFORME , C'est

changement en mieux. La correction ôte une faute,

AME

un défaut, un vice. L'amendement rend meilleur. La réforme modifie tout à fait le sujet. On se corrige d'un défaut; on s'amende, en gagnant des qualités; on se réforme, en substituant à un genre de vie déréglé un genre de vie tout contraire.

— HIST. xn" s. Quant par amendement lur ad Deus pardoné, N'erent par mun escrit cl siècle vergundé, Th. le Mart. no. Encuntre saint lglise a esté lungement, Mais des ore trarra à sun delivreinent, La pieté/, do Deu l'a trait à amendement, ib. 72. || xin* s. Quant aucuns se deut d'aucun tort qu'on li a fet, dont il veut avoir amendement par justice, il convient qu'il face.... BEAUM. 45. Li sires, à qui li amendemensapartient, doit donner jordeveue, m. ix, 9. Sire, je dirai pour Pierre, par amendement de lietde son conseil.... ID. Y, 7. Ce ne soulist pas, ains convient qu'il raporte l'héritage, à tout [avec] son amendement, m. xiv, 13. Li labeurs et li amendemens qu'on met sur le lin fet le [la] seurté, par coustume, vers celi qui baille se [sa] terre, in. XXXIV, ) 7. Et se li quens voit que ce soit li porlit du pais et li amendemens du remin. bien le doit soufrir, ID. xxv, 7. Et s'il a avoué, il doit présenter li et son avoé, et se présenter par amendement d'armes, id. lxiv, 4.||xivc i 'Mais il n'a en mesfaire fors que amendement, i nid. de Seb. v;i, 34. que nos amendements soient fai/, par la main de nos exécuteurs, du cange, amendamenii(in. Le dit Juhannin mena une chartée d'amendement [fumier] aux champs, ID. «6. || XV* s. Les deux principaulx et les complices, losquelx et non autres feront l'amandise du méfiait, id. ib. ||xvics. En ces bains-là demeurèrent tous les malades, jusqu'à ce que, par leur amendement, ils connurent qu'ils s'en pouvoient retourner, marc l'réf. Puisque le bon traitement que je vous ai fait n'a pu servir à -votre amendement, id. Nouv. vi. Je voy que l'amendement ne vault pas la douleur qu'il en fault endurer, AMYOT, Marins, 9.

— ÉTYM. Amender; provenç. amendament.

AMENDER (aman-dé), v. «-111° Rendre meilleur. Les labours amendent les terres. Les bons exemples ont amendé ce jeune homme. Le réveillematin eut la gorge coupée; Ce meurtre n'amenda nullement leur marché, LA FONT. l'ab. v, G. J'espère avec usure amender mon défaut, Régnier, Élég. iv. || 2° Modifier un projet de loi. On a amendé le projet présenté par le ministre. j| 3° Autrefois, amender signifiait aussi condamner à l'amende. || 4° F. n. Faire des progrès en mieux. Ce malade n'a point amendé depuis sa saignée. || 5" Baisser de prix. L'abondance étant universelle, et le blé étant amendé, scarr. i, 02. Vieux en ce sens. || G" V. réfl. S'amender. Cette terre s'est bien amendée. Et disais à part moi : mal vil qui ne s'amende, RÉGNIER, Sut. xni. || Proverbe. Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome; c'est-à-dire on ne se corrige pas de ses vices en voyageant.

— IHST. xi° s. E qui enfiaint la pais le rei, cent solz le amendés, Lois de Guill. I. || xir' s. Dame, valeur, beauté et courtoisie [il y] A tant en vous qu'on n'y sait qu'amender, Couci, xxi. Al gentil rei K.nglois, conte d'Ango, Henri, Ducuorman,aquitan, sun seignur e ami , Thomas li arcevesques, qui jadis le servi. Mais or est Miens en Deu, saluz eovres si Qu'il guerpisse e amont luz mais que a fut ci, Th. le Mart. 71. Et seli reis Henris a de rien meserré Encuntre l'arcevesque, par els seit amendé, ib. 50. Aine mais si bons romans ne fu f.iiz ne trove/.; A Cantorbire fu e fai/. e amende/.: Ni admis un seul mot qui ne seit vérité/, ib. 100. || xiii" s. Sont en terre eslabli li juges l'or estre deffense et n fllge A cel cui li monde forfet, Por taire amender le nieffet, la Rose, 5'iho. Bêle robe et biau garnement Amende les gens durement, ib. 2154. Dangier, si ~~ Diex m'amant [me favorise], Vous avez tort vers cel amant, Quant par vous est si mal menez, 16. 3209. Se chevaliers mai ne chevaliers, il ne les garantis! pas, ne escuiers escuiers, ains convient que cascuns amende le mefi'et en se [sa] personne, beaum. xxx, 68. Li hoirs a bone reson de soi defi'endre', à qui on demande qu'il amende le meflet que ses pères ou si devancier firent, id. vu, 8. Et par cex doit estre osté et amendé ce que li baillis a fet trop, in. 30. C'est bone seurté quant cil qui le [la] enze prent y met toz jors du sien en amendant le lieu dusqu'à tant que ce vient au despouillier [récolte], m. xxxvih,12. Or vous agenoillés et m'amendes ce que vous y estes aies contre ma volemé, joinv. 20s. Par cesl establissement [le roi] amenda moult le royaume, m. 290. Ils cuevrent [couvrent] dedans la terre les fourmens, les orges, les ris, et viennentsi bien que nulz n'i sauroit qu'amender, id. 220. Après la r/v

AME

AME

AME

nace, quant le mauvais serjant ne se veut amender, ..'iieur fiert ou de mort ou.... m. 197. Le comte île la Marche, comme cil qui ne le pot amender, s'en vint en la prison le roy, id. 200. ||xv,-S. Le roi i douardsejoumoitàYilvort.... etperdoitson temps, dont il lui ennuyoit moult, et ne le pouvoit amennoiss. i, i, 78 Bonnegens, ijue vous faut? Qui vmis meut? Pourquoi estes-voussi troublés sur moi? i'n quelle manière vous puis-je avoir courroucé".1 Dites le moi, et je l'amenderai pleinement à votre volonté, m. i, i, 248. Si manda taatost à celui Parut le Biernois, que incontinent rendist les forteresses et dast les forfaitures, Bouciq. i, ch. 20. Et deux grans princesqui se voudroient bien entr'aimer, ne se devroientjamais voir, mais envoyer bonnes gens et sages, l'un vers l'autre, et ceux les entretiendroient on amenderoientles fautes, comm. 1,4*. Et ne pense point mentir de dire que depuis ceste première bataille deGranson jusquesau trespasdu roynostre maistre, lesdictes villes et particuliers ont amendé de nostre roy d'ung million de florins du Rhin, id. v, 2. À l'heure que fut achevé le mariage dessus dit, leurs affaires n'en amendoient gueres, car ils estoient jeunes tous deux, ledit duc Maximilien n'avoit congnoissance de riens, id. vi, 3. Je confesse bien que tousjours en y a en telles mutations [révolutions des royaumes entre eux] qui en ont joye, et qui en amendent, id. vin, 17. Dites-moi, je vous requiers, qui a esté votre recteur, ou, par saint François, vous l'amenderez, [le payerez] ! lolis xi, Nouv. lx. ]| xvi" s. Il y a peu de paroles qui ne se puissent amender, mais la vie perdue ne se peut recouvrer, marg. Nouv. x. La médecine qu'elle lui bailloit pour amender sa douleur la lui rendoit beaucoup plus forte, id. 16. Il n'y a. méfait ne crime qui ne se puisse amender; mais après la mort, n'y a point d'amendement. — Comment sauriez- vous amender la honte? dit I.ongarine, id. ib. xxxn. Le médecin lui dict que son habitude s'en pourroit amender, mont. i, 91. Non seulement ils n'amendent pas ce qu'on leurcommet, mais Pempirent. id. I, I4G. On disoit à Socrates que quelqu'un ne s'esloit aucunement amendé en son voyage, id. i, 275. Chascune des parties esperoit que sa condition amenderoit parle changement, amvot, Solon, co. Il alloit flattant et caressant les femmes pour en amender [tirer profit], id. Crassus et Nicias, 2. A mesure que son ulcère couloit, tousjours alloit en amendant, de façon qu'il recouvra du tout sa veue,r.\nK,vin, 25.

— ÊTYM. Emendare (de e, indiquant extraction, et mendum, faute) , altéré de très-bonne heure dans le français et même le provençal (voy. amendement) en amendare,

AMENE, ÉE (a-me-né, née). || 1° Pari, passé. Amené devant lo tribunal. Un cheval amené par la brille. Cet homme amené à résipiscence. || 2° i'. m. En termes de droit, un amené sans scandale, ordre d'amener q clqu'un devant le juge, sans bruit, sans lui faire affront. Tout doux! un amené sans scandale suffit, iuc. Plaid. 11, 14.

AMENER (a-me-né; se conjugue comme mener), v. a. Il 1" Mener vers. Je ramènerai dîner chez vou«. Amcnc-lo devant nous. Cet ingénieur amena lus eaux do fort loin dans la ville. Le lapin ne fait sorti r ses petits de leur retraite pour les amener en dehors que quand ils sont tout élevés, buff. Lapin. Quels motifs jusqu'ici peuvent nous l'amener? corn. Sertor. 1, 2. Hélas! qui peut savoir le destin qui m'amène? rac. Andr. 1, I. || Mandat d'amener, ordre de comparaître devant un juge. || 2" Kig. Amener quelqu'un a une opinion, a un sentiment, faire qu'il l'adopte. Il amena les autres a ses sentiments. L'amour où je voulais amener sa tendresse, rac. liril. iv, 2. A quel excès d'amour m'avez vous amenée ! in. Bérén. iv, 5. Jouis de mes travaux, mais crains d'empoisonner Ce bonheur difficile où j'ai su l'amener, volt. Alz. 1,4. || Amener quelqu'un à faire une chose, à prendre un parti, etc. | 3° Tirer à soi. Il amène a lui tout le tapis. L'ac- •oucheuse a amené un enfant fort et bien portant [du sein de la mère]. || 4" Kn termes de marine, abaisser, faire descendre. Enfin, nous amenâmes la voile, chateaub Itin. 11, 18. Il Amener pavillon, et, absolument, amener, se rendre. || 5° Introduire, donner occasion à. Ce sont les jeunes gens et les femmes qui amènent les modes. C'est vous qui avez amené l'entretien. Les brusques changements amènent les maladies. || Amener un incident, une reconnaissance, un dénoùment, les préparer avec art. lia très-bien amené cette comparaison, il l'a présentée d'une manière heureuse et naturelle. |] 6" Terme do jeu do dé, de trictrac. Amener beset, 'oublo deux , sonnez, double six.

— IIIST. xr s. E s'il pot dedenz un an e un jur trover le larun e amener à la justice... Lois deGuill. 4. Diz blanches mules fist amener Marsiles, Ch. de 11 l. vu. Il su' s, Et vint ostages qui ci sunt amenez, lloncp. Si. On lui amené un destrier de Ongrie, ib. p. t>5. Si m'ament [qu'il m'amène] Aude, qui tant a le vis clair, ib. p. )G7. Tant qu' [il] aitocis celui qui sa terre lui art, Ou il l'en amaint pris en chaaine ou en hait. Sax. xix. Et sainz Pois ne se repentivet [repentait] mie de ceu k'il ses disciples avoitameneizàtristece.ST. bern. 6C4. || xih°s. Pour la raison de ce qu'o moi [je] l'ai amenée [la terrel , Bcrte, xvi. Et je fui amenée en la citde Paris, t'b.xxx. Qu'ele amaint, s'ele peut, ou Hainfroy ou Heudri,i7i. LXXI. Ou Hcudri ou Hainfroi [j']en amen rai 0 mi [avec moi], ib. lxxi. En leurgalies montèrent et en amenèrent avec eux le bon conte Perron de Iiretaingne, joinv. 249. Nous l'amenâmes à la meson.là où le roy et la royneet touz les barons la reçurent moult honorablement, joinv. 212. Il xv" s. Là une anesse trouverez Liée, vousladcslierez, Et la m'amarrez maintenant, la Pass. de .Y. .S'. J. C. Ils trouvèrent les nefs et les vaisseaux tous prests que on leur avoit amenés d'Angleterre, fhoiss. i, i, 29. Il anieine avec lui grant monde pour quelque occasion de guerre, COMM. vi,3. Il xvi° s. Et me semble qu'il n'en faudra point amener [produireJ.de grandes preuves, lanoue , 147. Les propres parents ne peuvent demeurer longtemps ensemble, sans entrer en des débats, qui après les amènent aux armes, id. 247. Estant fort, vous amenez vos ennemis a raison bien tost, soit par victoire ou composition, id. 4)0. En suivant le lleuve, on abonderoit de toutes provisions nécessaires qui s'ameneroient par icelui, in. 422. Comme ceux de la caraque lui commandèrent de ameiner, il abat et amure sa grand voile tout d'un coup, D'AUB. llist. 11, &o. Les Portugaisne crurent pas qu'ils osassent parler à eux jusqu'à ce qu'ils crièrent ameine, id. ib. 11, 208. Voyla cinq esclaves, mange-les, et nous l'en amerrons davantage, mont i, 129. 11 desfeit et meit en pièces dix mille barbares, et en amena très grande quantité de butin, amvot, P. Mm. 13.

— ÊTYM. À (voy. À) et mener; bourguig. cmené; Berry, j'amerrai, j'amènerai (archaïsme); provenç. amenar.

AMÉNITÉ (a-mé-ni-té), s. f. \\ 1° Agrément accompagné de douceur. Aménité d'un lieu. Aménité de l'air, de la température. Vous pourrez jouir de l'aménité de la France, que vous aimez, montesq. Corresp. 17. Il 2° Douceur accompagnée de grâce et de politesse. D'Artaguette offrait en lui la loyauté des anciens jours et l'aménité des mœurs du nouvel Age, ciiateaubr. is'atch. m, 159.

— REM. I.aveaux conteste à l'Académie sa définition d'aménité : Ce qui fait qu'une chose est agréable. Suivant lui, l'aménité ne se dit pas des choses, et on ne peut dire avec l'Académie : L'aménité d'un lieu. Malgré la remarque de Laveaux et bien qu'en effet aménité soit plus souvent employé en parlant des personnes, cependant on peut suivre l'Académie et le dire des choses.

— ÊTYM. Provenç. amenitat; i'amœnilatem, d'amamus, agréable.

f AMÉNORRHÉE (a-mé-no-rrée), s. f. Terme de médecine. Absence du flux mensuel chez une femme en Age d'être réglée ; suppression de la menstruation par maladie.*

— ÊTYM. 'A privatif, u,T]v , mois (voy. mois) , et peiv , couler.

AMENTACÉES (a-man-ta-sée), i. f. plur. Nom donné à la famille des plantes à chatons.

— ÊTYM. Amcnlum, qui signifie lien , courroie, attache.

t AMENTIFÈRE (a-man-ti-fè-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte des chatons.

— ÊTYM. Amentiim, chaton, et ferre, porter.

f AMENTIFORME (a-man-ti-for-m'), adj. Terme didactique. Qui est en forme de chaton.

AMENUISE, ÉE (a-tne-nui-zé, zée), part, passé. Rendu menu. Un bâton amenuisé. Bien.... Qu'elle ait sèche la chair, lo corps amenuisé, Régnier, Sat. il.

AMENUISER (a-me-nui-zé). || 1° V. a. Rendre plus menu. Amenuiser une planche. |[ 2° S'amenuiser, f. réfl. Devenir plus menu. Le cœur se dilate au dedans, quand il s'apetisse et s'amenuise au dehors, boss. Connaiss. n, 3.

— HIST. xmc s. Einsi aloit li os [armée] amenuisans de jor en jor, villeii. liv. Amant ne me vuelent prisier, Ains s'efforcent d'amenuisier Mes biens, quant gc les lor départ, Et les rcgielent d'autre part, la Rose, lO-iua. Ne ne souflerrout nos droi/. que il soient soustrait, neosté, no amenuisié,

| joinv. 294-. Nulz.vers ne la puet pertuisier , Ne son

vernis amenuisier, Car elle est de tous vers tueuse. j. dk meung , 7V. 036. || xv»s. Quand ceux de Wanvich veiient qu'ils n'estoient confortés de nul costé, et que les vivres leur amenuisoyent, eroiss. i, i, 63.

— ÊTYM. A (voy. À) et menu (voy. ce mot). AMER. ÈRE (a-m'r, mê-r'), adj. || i°Quia une

certaine saveur désagréable, comme l'absinthe ou le quinquina. Avoir la bouche amôre, sentir dans la bouche un goût d'amertume. || En poésie, l'onde am^e, l'eau de la mer. Les chevaux du soleil, sormnt de l'onde amère. fën. Tél. iv. || 2° Fig. Triste, pénible. Unedouleur amère. Sa perte, que |e veux, me deviendrait amère, corn. Cinna, 1, 2. Cependant mon destin est à ce point amer, id. Agésil. v, 5. Cesont des répugnances qui ne sont amères qu'aux sens. mass. Car. Dégoûts. La piété et la vie chrétienne sont trop amères à la nature pour être jamais le parti du plus grand nombre, ID. Cor. Élus. Les dégoûts de la vertu ne sont pas si amers que ceux du monde, in. Dégoûts. Pour épargner les moments les plus amers d'une sainte tristesse , m. Kélanges. Ils menèrent une vie pauvre, dure, amère, id. Cnnfér. Revenus. Ce bonheur amer que la crainte empoisonne, delav. Pana, 1, 2. Mes premières paroles furent amères à mon père... montesq. I.ett. per*. <i7. |[ En style niarolique et en parlant d'une maîtresse, cruelle. Depuis le jour qu'amour trouva Celle qui me fut tant amère, CHAUL.t. 1, 210. H Larmes amères, celles qu'une profonde douleur fait répandre. Je versais des larmes amères. fen. Tél. iv. Malgré les pleurs amers dont j'arrose ces lieux, creb. Electre, 1, <;. || 3° Dur, offensant. Une raillerie amère. Un reproche amer. Lo zèle des saints Pères était encore bien plus amer, sév. 344. Il Familièrement, il est d'une bêtise am're il est extrêmement sot. |1 4° S. m. Ce qui est amer. L'amer et lo doux sont deux qualités contraires. Il 5" Fiel de quelques poissons. L'amer d'une carpe. L'amer d'un brochet. On le dit aussi en parlant du bœuf : l'amer du bœuf. || 6° S. m. plur. Les amers, 'ferme de médecine. Groupe de médicaments remarquables par leur amerlume plus ou moins piononcée. Il Proverbes. Qui est amer à la bouche est doux au cœur; c'est à-dire des choses désagréables peuvent être salutaires. H On ne peut mâcher ameret cracher doux; c'est-à-dire les mauvais traitements aigrissent le caractère.

— HIST. XIIe s. Puis il fu en Egipte asez [dus qu'emperere, E guardi ses parenz de la famine amère, Th. le Mari. C5. || xine s. Li nature a une vesie qui se tient à une des branees du foie, qui est apelée l'amer, alebrand, f° 39. Ne soiez vers les pauvres ne suie ne amere, Berte, iv. Lasse! corn j'ai trouvé gent mauvaise et amere, 1*0. xvm. Caria nuit qu'ai passée, [j']' ai trouvé moût amere, ib. xi.iv. Se vers moi [vous] eussiez eu pensée amere Si comme avoit Tybers, ib. cxi. Ysengrin a fet sor Renart Fol jugement et fol esgart; Trop est d'aus deus la guerre amere , Ken. <803i. Certes, Honte, ja n'amerai Ne vous, ne Raison votre mère, Qui tant est as amans amere, la llose, 20982. Amant sentent les inaulx d'amer [aimer]. Une bore dous, autre bore amer, ib. 2193. Comment lemaulvais empereur Néron, par sa grande fureur, Fist devant luy ouvrir sa mère, Et la livrer à mort amere, Parceque veoir il vouloit Le lieu où conceu l'avoit, ib.Gi'ie. || xiv's. Et les choses qui sont douces selon vérité leur semblent aucune foiz amères, oresme. Eth. 70. I| xvc s. Vrais Diex, en qui n'a point d'amer, Vueilles nous secourir, sy te plaist; Perdu avons, dont nous desplait, L'estoille qui nous conduisoit, le Jeu des trois rois. H xvr s. X vous elle est trop plus douce que miel, Aux desloyaux plus arnereque fiel, marot, 1, 287. Le sens est une puissance naturelle de discerner et cognoislre autant le blanc comme le noir, et non plus !e doulx que l'acjer, ou le mol et enfondrant comme le dur et le ferme, amyot, Démétr. 1.

— ÊTYM. Berry, amar^ provenç. amar; espagn. amargo; ital. amaro; d'a/marus.

AMÈREMENT (a-mfl!-re-man) , adv. Avec amertume. Il ne s'emploie n/fau figuré. Regretter amèrement. Je pleurais amèrement en vous écrivant, sév. 42.

— hist. xnc s. EFfenenna iço li turna à repruce, e acoustuméement yi'en atarjout , e • amèrement rampodnout, Hois, h p0r ceu plorerent li engele de paix amèrement,/ et si disoient.... st.bern. 5*7. Il xve s. Ce bon orfofvre avoit un serviteur qui estoit amoureux et jajj^x très amèrement de sa dame, i.ouis xi, A'i'i/r.i lxxxv. Si commença à soi desmenter et crier plu/; amèrement que ch vaut, in. 16. os. Il xvi" s. Or (J,st ma cruelle ennemie Vengie l»i«n ainerem""» u ^mir, II, 243. Ce que le l'OV ayant ente- ' \grit et courrouce» si amèrement,

AU fi

qu'il commanda incontinent que l'on luy tranchas! la tes) irtax. is.

— ÊTYM. Amère, au féminin, et ment; provenç. amaramen; ital. amaramente.

\m\ RS a ni.'r . v. m. pur. rermedemai

es à guider :

rue de terre.

- ÊTYM. X (voj I ?r voy. mer). AMERTUME (a mèr-tu-m'), s. /'. || i°

i. L'amertume de L'absinthe. j|2° Fig. Peine,

amertume qui serre le cœur, sév. 20s font sentir plus 1

i à son v, 20. Poui l'amertume

A. L'ai ■■ de leur pi

Page 1