Apporter une attention soutenue. A vous re
, me veux appliquer, moi F. soi . m, o. . , appliquée a chercher les moyens De lui faciliter tant d'heureux entretiens, n\c. Baj. iv, 4. Achille seul, Achille à son amour s'appliqi Iphig. i, - Tout mon cœur s'appli rétablir un jour la république i Serfoi m, 2,
liez-vous, mes frères, a ci s vérités impor tanios, mass. Carême, Impénitencc fin. Toi ippliquent au commerce, peu 1 Quand on s'appliqua a regarder Mentor, on découvrit dans son visage je ne sais quo de ferme et d'é levé, m. Tél. vi. Ne s'esl ellepas appliquée, en toutes rencontres, à conserver cette m
li France et l'Angleterre ? boss. Reine d'Anijtri. 9" S'adapter, convenir à. Ce mot s'applique surtout à celui qui.... La i peut s'appli-
quer môme aux innocents. Ceci peut s'appliquer a la grandeur royale, lafoni ' ab. m, 2. || lu S'ad joindre, se subordonner. I
sisté plus longtemps; un citoyen se fût moins appliqué a un autre, st-évrem. ii. 77.
—REM. Quand appliquer s gnifie mettre une chose sur une autre, il régit la préposil on fur: appliquer un emplâtre sur un mal. Quand il signifie faire toucher une chose a uneautre, il régit la préposition à: il appliqua la coupe à ses lèvres.
— HIST. xi\' s. Et aussi ne voudrent il point que les di/. bit us fussent appliquez au commun proulit, bercheure, f' 28, verso. El ne ;ula]Uoit pas chascun lcres les sermens et ses lois à sa volenté par interprétation, aincès appliquoit ses meurs et ses condicions à y celles, m. f" 57, verso. Il applique la diffinicion de \ertu as autres particulières vertu/ et passions, ORESME, Elh. 33. Et pourceapplique il sa médecine selon la complexion de chascun singulier que il entent à garir, in. id. vu, 13. Quelles choses il convient apliquer à guarir le corps, id. ib. t~o. Election esl désir applique) à acci ptacion ou exe
80. || XV s. Avec lequel orfèvre le suppliant s'ap] i o prit] de paroles, nu r applicare. || xvi' s. Une médecine faible et mal appliquée, mont, i, 125. 11 n'y trouva meilleur conseil que île s'appliquer du poison et de tuer ses jambes, m. n .
— ÉTYM. Applicare. de ad, à, et plicare, plier (voy. plier). Bourguig. epliquai; provenç. pagn. aplicar; ital. applicare. Au xvic siècle, d'aprèj Palsgrave, p. 23, on prononçait les deux p.
t APPOGGIATCRE (a-ppo-<lgia-tou-r'),s.f. Terme de musique. Petite note e on appuie avant
d'attaquer la note principale. || Notes plus ou moins nombreuses qui n'appartiennent point à l'harmonie et qui se trouvent aux temps forts des mesures ou aux parties fortes des temps.
— ÉTYM. Ital. appoggiatura, d'appoggiare, appuyer (voy. appuyer).
APPOINT (a-poin), s. m. Terme de commerce. || ±° Somme qui fait le solde d'un compte. ||2° Complément d'une somme en petite monnaie. Pour faire cent francs en écus de trois livres, il fallait trentetrois écus et un appoint de vingt sous.
—HIST. xvi" s. Quant il vit son appoint [sa belle, le bon moment], il s'en vint devant le palais, desper. Conta, xxvi. Le jeune homme voyant son apoint, dit à sa mère.... marg. Nouv. xi.iv. Ils veu lent asseoir leurs garnisons en plusieurs et diverses parties d'icelle, pour après, à leur apoint, l'assaillir, M. DU BELL, 228.
— ÉTYM. A et point.
f APPOINTAGE (a-poin-ta-j-), s. m. Dernier foulage des cuirs avant de les passer au suif.
APPOINTÉ, ÉE (a-poin-té, tée), part, passe. || 1° Terme d'ancienne pratique. Procès appointé, procès sur lequel un appointement a été prononcé. J'y avais déjà été [à Rouen], une fois que mon procès y futappointé, st-sim. ( 53, 232. || Appointé que, formule dont les juges se servaient quand ils appointaient une cause. Appointé que les parties mettront leurs productions au greffe. ]| Ils sont appointés contraires, façon de parler proverbiale tirée du palais, et signifiant ils sont brouillés ensemble. Vous serez étonnés de voir qu'à tous moments Ils |les éléments] seront appointés contraire, la font. Fab. xn, 8. (La Fontaine a écrit contraire, c'est une faute). || S. m. Appointé en droit, synonyme d'appointement en droit. || 2° Qui a des appointements. Commis appointé. Un jardin royal de? plantes, avec
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un démonstrateur appointé, i. j. roi ss. Confess. v. Il 3' Vppointô, s. m. Ancien terme militaire lignifiant un soldai qui avail la haute paye, ou qui cons /ail
le. |] 4" En 1 ; pointé, qui se touche par les pointes. APPOINTEMEN r(a-] < || l°Terme
ment en justice par lequel, avant i droil iux parties, 1" juge i rdonne de pro I ai écrit, ou pif ces sur le bu
n au, ou encore de prouvei par témoins les faits ar- . || Appointement en droit, ordre aux parties duire par écrit. Appointemenl à i ordre aux parties de mettre leurs pièces sur le bui eau. i in 'lit aujourd hui instruction par i délibéré. || 2° S. m. plur. Salaire annuel d'une place, ■ rade, i in lui a donné les
appointements qu'à la cl .nom',
sév. 398. Attila reo i de gi néral
dcsarii: ! ROWI l 0. S'il eût pris
cette occasion de d itements plus
forts, s'il oe L'< ûtt même rail naître que dan u ne l'eût pa s ! :order son h
avec celui du public, fi m t. Mery. || Familière menl C'est lui «pu fournit à l'appointement, aux appointements; il subvient à la dépense d'une personne, d'une maison.
— HIST. à paix et à appointement [accommodement] envers le comte, froiss. Il, il, bo. rel appointemenl parti, résolution] leur sembla b.on, et à celle conclusion se teinrent, Bouciq. il, ch. 29. Toutes paroles d'apoinctement s'estoient rompues, comm. i, )2. il/, avoient fait ung appoinctement et paix avec ledit seigneur, id. n, *■ || xvr s. \ la lin. conseilloyt qu'on feil appoinctement avecques Grandgousier, rab. Car. i, 47. Et promit dou
iye et notable appoinctement [place, emploi à quiconques luy en appourteroit une de broc en bouc, in. rant. îv, IG Je blasme les particuliers nés, qui vont ainsi distribuans les appointemens et les honneurs par grâce el par faveur, non par mérite, amyot, Fab. 40. Aicibiades proposa de rompre l'appointement comment que ce fust, in. Aie. 21.
— ÉTYM. Appointer; provenç. apontamen; calai. apuntament; espagn. appuntamiento; ital. appuntamento. Appointement signifiait accommodement, résolution, fonction.
APPOINTER (a-poin-té), r.a. || l"Tenned i ; Régler un appointement en justice. I ont été
appointées à fou rn ils de compte. L'ail re,
ne pouvant être jugée que sur rapport, a été appointée.On appointe la cause, kac. Plaid. i,7
nna gain de cause à M. de Luxembourg sur igg2, et l'appointa sur ci lie di 1581, st-sim. 30, )G2. || 2" Donner des appointemeii premier janvier, on appointera tous les surnuméraires. || 3" Dans les troupes, appointer d'une corvée, d'une garde, l'imposer parpunition. || 4' Appointer un procès, un différend, l'arranger. Doucement, en riant, j'appointais nos procès, réonier, Sat. i. || 5° Rendre pointu. Appointer un bâton. || 6° Technologie. Fouler un cuir pour la dernière fois, avant de le mettre au suif. || Faire deux ou trois points à un matelas ployé en deux pour qu'il ne se déploie pas. || Coudre les bouts d'une pièce d'étoffe afin qu'elle ne se déploie pas.
— HIST. xiiic s. Li sires deffent à porter coutel apointé ou aucune armeure molue, beaum. xxx, 34. El pour les quatre déni :rs, le mestre des crieurs li doit adrecier ses mesures et apointier [met tre justes] , Liv. des met. 24. || xve s. Il s'esbayroit bien tost si le cas le touchoit de quelque chose, et seroyt homme pour appointer [s'accommoder] bien legierement et nous laisser en la fange, comm. i, 5. En somme ses amis estoient si las et si foulez pour l'avoir tant attendu, que le pape avoit appointé [s'était accommodé], et les barons du royaume aussi.... id.vii, i. Il acheta une lamproye qu'à sa femme envoya pour apointer [apprêter] , afin dï festoyer son curé, louis xi, S'ouv. xxxviii. || xvie s. Un pigne grand de 100 cannes, appoincté de grandes dens d'elephanz toutes entières, rab. Garg.i, 37. Il est allé chez le mareschal, soy faire esguiser et appoincter les gryphes, id. Pant. iv, 47. Cestuy homme de bien appoinctoyt plus de procez que il n'en estoyt vuydé en tout le palays de Poictiers, id. ib. m, 4i. Ils ont des espées de bois appointées par un bout, mont, i, 239. D'un costé elles vont en eslargissant, et s'appoinctant et estrecissant par l'aulne, ir>. n, 372. On recourt à eulx pour appoincter les différends, id. m, 7. Par ceste response les Romains cogneurent bien qu'il n'y avoit point de moyen d'appointer avec ce roy Brennus, amyot, Cam. 28. Avec promesse
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de les traiter et autant avantageusement appointer que capitaines de l'armée, cahl. i, ii.
— ÉTYM. Appoint; wallon apontt, apprêter; pro-
apontar, apoiniar; espagn. apunlar; ital. appuntar \
| APPOINTEUR (a-poin-teur), s. m. Celui qui arrange i a appointeur de procès. Ces plaintes n'étaient rien au prix de l'embarras Où se trouva réduit l'appointeur des débats ; \u. un n'était content; la sentence arbitrale À nul des deux ne convenait' la font. Fab. xn, 28.
— HIST. xv s. Si se dévoient assembler ces appointées en une chapelle, froiss. i, vi,4. ||xvics. Commenl Uridoye narre l'hystoire de l'appoinctcur de procez, rad. Pant. m, 41.
— ÉTYM. Appointer.
j- APPONDURE (a-pon-du-r*) , s. f. Terme d'arts et métiers. Morceau de perche servant à fortifier le chantier d'un train.
| APPONTEMENT (a-pon-te-man), s. m. Echaffaudage formantune espèce de pont. Des pieux chassés dans le sable soutenaient cette espèce d'ap] o i t> inoni, qu'un eût pu croire capable de supporter les chocs les plus violents, lanclois, Diiisionnavale devant Kinburn, Correspondant, nouvelle série, t. xn,
— ÉTYM. A et pont.
APPORT (a-por), s. m. || 1° Lieu d'une ville où l'on apporte L déni is. C'est dans ce sens qu'on appelait le marché du grand Chàtelet l'apport de ou l'apport-Paris. || 2° Terme de droit. Riens qu'un époux apporte-dans la communauté. || 3° Terme de commerce. Mise de fonds de chaque associé. Les bénéfices sonten proportion de l'apport social. || 4"En de pratique, action défaire le dépôt des pièces.
— HIST. xiii' s. Li pais maint présent lui fisl ; Li uns cras bues, li autres pors; De maintes pars eut
apors, Bl. et Jeh. t,i«3. || xvr s. Elle avoit esté nourrie en maison d'apport [commerce], et savoit suivre et entretenir toutes sortes de bons propos, desper. Contes, xvm. La ville n'est pas grande, mais fort ancienne et bien renommée pour l'apport qu'il y a, à cause de l'apparition de certaisses qui y sont reclamées et que l'on appelle les Mères, amyot, Marcel. 31. Il y avoit un temple et un oracle de Pasiphaé auquel y avoit grant apport en la ville de Thalamos, id. Agésil. et t léom. 1 1.
— ÉTYM. Voy. apporter.
APPORTÉ, ÉE (a-por-té, tée), part, passé. Api ir eau ou par charroi. Les dommages apportés par les inondations. Le soin apporté à l'affaire,
APPORTER (a-por-lé) , v. a. |j 1° Porter au lieu où est une personne. Apportez-moi le livre qui est sur ma table. Le courrier a apporté de bonnes nouvelles. La marée apporte sur la rive les débris du naufrage. .Le flot qui l'apporta recule épouvanté, rac. Phèdre, v, 5. || Absolument. Je mange chez moi; on m'apporte de chez un restaurateur assez passable, p. L. cour. Lelt. ii, <7I. || Par extension. Les vices que nous apportons en naissant. En est-ce fait, Julie? et que m'apportez-vous [annoncez]? corn. Hor. ni, 2. Chimène à vos genoux apporte sa douleur, id. Cid, n , 8. Votre rivale en pleurs Vient à vos pieds sans doute apporter ses douleurs, rac. Andr. in, 3. || 2' Fournir pour sa part. Dans cette société les uns apportent leur industrie, les autres leurs capitaux. Elle apporte en mariage dix mille livres de rente. Il 3° Employer, mettre. Il a apporté beaucoup de soin à l'examen de cette affaire. Quelque soin qu'on apporte à.... Depuis plus de quatre ans vous voyez quelle adresse J'apporte à rejeter l'hymen de la princesse, corn. Héracl. iv, 4. Puis nous verrons quel ordre on y doit apporter, id. Nicom. ii,2. || Apporter remède, remédier à une chose. || Apporter des obstacles à une chose, en rendre l'exécution, le succès difficile. || Apporter des facilités, rendre facile. || 4° Causer, produire. Apporter du profit. Les exemples des morts généreuses des Lacédémoniens et autres ne nous touchent guère ; car qu'est-ce que touteelanousapporte? pasc. Pens. part, n, art. 17. Si mon retour t'apporte quelque joie, Arsace, rends-en grâce à mon seul désespoir, rac. Bérén.v, 2. La fausse paix que cette confiance téméraireapporte.... pasc. l'ror. 9. Pour éviter la confusion quelamultitudedesparolesapporte, id. Pens. part, i, art. 2. Les sens abusent la raison par de fausses apparences; et cette même piperie qu'ils lui apportent, ils lareçoivent d'elle à leur tour, id. ib. part.i, art. c. || 5° Alléguer, citer. Saint Cyprien en apporte la raison : c'est dit-il.... bourd. Carême, i, Impénit. [m. 401. En apportant quelque mauvaise défaite
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sur la dernière (décision], vous voulez faire croire que vous avez répondu sur toutes les deux, papc. Ré fut. de la rêp. à la 12e lettre. La différence essentielle que St Paul apporte de ces deux états, c'est que.... fléch. m, 335.
— HIST. xi° s. De Saragoce [je] vous aporte les clefs, Ch. de Roi. lui. Maies nouveles il lui aporte et dit, ib. cclv. || xiic s. Et les escriz que je ai aportez, Ronc. p.. 22. Moult firent grant folie li mes [messagers], ce m'est avis, Qui tel chose aporterent à nous en cest pays, Sax.xxv. Par ço delivrement une espée aportez, Rois, 236. ||xme s. Li une lui aporte à manger d'un poucin, Berte, lv. || xve s. Et puis nagèrent à plein voile, ainsi quele temp- l'apportoit, froiss. i, i, 195. || xvic s. La parole n'est pas moins requise à la foy, que la racine vive d'un arbre pour lui faire apporter fruict, calv. Tnstit. 446. Ces vignes apportent du vin qui n'est pas moins ejtimé qu'hippocras, palissy, 350.
— étym. Apportore, de ad, à, etporlare (voy. porter); bourguig. epotai ; provenç. et espagn. eportar; ital. apportare.
fAPPORTIONNEMENT (a-por-sio-ne-man), s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Sorte de légitime, dans quelques provinces.
— ÉTYM. À et portion.
APPOSÉ, ÉE (a-pô-zé, zée), part, passé. Le timbre apposé aux feuilles d'impression.
APPOSER (a-pô-zé), v. a. || 1° Mettre sur. Apposez votre cachet sur cette pièce. || 2° En termes de droit, apposer les scellés, appliquer juridiquement un sceau sur une porte, sur un meuble, pour empêcher de l'ouvrir. || Apposer sa signature, signer. || Apposer une clause à un contrat, l'y introduire.
— HIST. xin" s. Et encore aposerent il pechiê à J. C. Psautier, f 03. Que il otreast [octroyât] la dite aumoune et la dite vende, et que il apousast on ceste présente charte son saiau [sceau], Bibl.des Chartes, 3e série, t. v, p. 85. || xvic s. Et quand revint à le cacheter et y apposer son seau, amyot, Lysand. 37. Le chirurgien prendra garde en y apposant les astelles, qu'elles ne pressent sur les jointures, paré, xin, )7. Il fut remis en son estât avec quelques conditions apposées en l'investiture, m. nu
BELL. t63.
— ÉTYM. À et poser.
f APPOSITIF, IVE (a-pô-si-tif, ti-v'), ad). Terme de grammaire. Construction appositive, construction par apposition (voy. ce mot).
APPOSITION (a-pô-zi-sion), s. f. || 1° Action d'apposer. L'apposition d'un sceau, des scellés, d'une signature. || 2° Adjonction de corps de même nature. Les minéraux croissent par apposition. || En physiologie, génération par apposition, production, àla surface de tissus déjà existants, d'éléments anatomiques qui diffèrent de ceux qui constituent ces tissus. || 3° En termes de grammaire, apposition ou prosthèse, adjonction de quelque lettre. L'hébreu exprimant les nuances de la pensée par la seule apposition d'une lettre, chateaub. Génie, u, vi, 3. || On appelle aussi apposition l'état de deux substantifs se rapportant l'un à l'autre, et se suivant immédiatement, comme : une table, meuble utile, Pierre apôtre.
— HIST. xvic s. Par le moyen de la bonne temperature se fait attraction, concoclion, apposition et assimilation, paré, xi, 5.
— ÉTYM. Apposilionem (voy. apposer) ; provenç. appozicio; espagn. aposicion; ital. apposisione.
fAPPRÉBENDER (a-pré-ban-dé) , v. a. S'est 'lu pour recevoir une chanoinesse, et lui donner droit a toucher prébende.
— ki \ m. I -i prébende.
f APPRÉCIABIL1TÉ (a-pré-si-a-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est appréciable.
APPRÉCIABLE (a-pré-si-a-bl'), adj. Qui peut être apprécié. Quantité à peine appréciable aux sens. Un mérite appréciable à tous. || Dans l'acoustique, sons appréciables, sons conquis entre l'ut produit par une corde qui fait ;'.^ vibrations par seconde, et la 8e ou 3e octave ; au delà , les sons ne sont plus appréciables.
I — étym. Apprécier.
APPRÉCIATEUR, TRICE (a pré-si-a-teur , tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui apprécie. Cet nom un juste appréciateur du mérite. Une philo oph e appréciatrice de toutes chesos.
— ÉTYM. Apprécier.
APPRÉCIATIF, IVE (a-pré-si-a-tif, ti-v'), adj.
|| 1° Qui marque l'appréciai Etal appréciatif des
marchandises. || 2° En termes de théologie, amour appréciatif de Dieu, amour de préférence qui fait
mettre Dieu au-dessus de tout ce qui n'est pas lui. Cette haine du péché que les théologiens, selon leur langage ordinaire, nomment appréciative, parce qu'elle maintient tous les droits de Dieu.... bourd. Pensées, t. i, p. 295.
APPRÉCIATION (a-pré-si-a-sion) , s. f. || 1° Action de déterminer le prix d'une chose. Appréciation d'une propriété. || 2" Fig. L'appréciation du mérite d'un homme. L'appréciation du vrai. Ce qui est soumis à l'appréciation de l'oreille. Grâce à une délicate appréciation des saveurs. Je laisse cela à votre appréciation.
— HIST. xvie s. Toutes appretiations de bleds, vins, bois, et autres choses, se doivent faire sur le registre du rapport qui s'en fait en justice, et selon l'estimation commune de l'année qu'elles estoient
dues, LOYSEL. 689.
— étym. Apprécier.
APPRÉCIÉ, ÉE (a-pré-si-é, ée), part, passé. Une distance mal appréciée à l'œil. Un talent justement apprécié.
APPRÉCIER (a-pré-si-é), v. a. || 1° Déterminer le prix. Un jury apprécie les propriétés dans les indemnités pour"expropriation. C'est son sang qu'à Syllatu prétends que je vende ; Pour acheter sa tête il faut l'apprécier, arnault, Marins à Mint. II, 3. || 2° Fig. Les sons ne peuvent être appréciés que parl'oreille. On ne peut apprécier rigoureusement la grandeur du soleil. On peut apprécier le talent de cet avocat par les discours qu'il a laissés. Apprécier sainement les choses. Nous apprécierons en temps et lieu cette opinion. || 3" Faire cas de. On apprécie dignement sa libéralité. Où l'on sache t'apprécier. Se faire apprécier par les honnêtes gens.
— SYN. estimer, apprécier, priser. C'est faire cas de. Estimer un homme se dit quand on a pour lui le sentiment de l'estime, de la considération, de la confiance en ce qu'il vaut. L'apprécier se dit quand on en fait l'appréciation, quand on sait combien il vaut. Le priser se dit quand on rend hommage à ses mérites.
— HIST. xvi* s. Les moisons, cens et rentes foncières en grain, dues à certain jour et lieu, seront appréciées au plus haut pris qu'elles ont valu en
l'an, LOYSEL, 689.
— ÉTYM. Appretiare, de ad, à, et prelium (voy. prix) ; provenç. et espagn. apreciar; ital. appreszare, appregiare.
APPRÉHENDÉ, ÉE (a-pré-an-dé, dée), part, passé. || 1° Saisi. Craignant d'être appréhendé au corps. || 2° Craint. Tant d'autres malheurs que leur singularité rend plus terribles, et cependant moins appréhendés, mass. Carême, Sur la mort.
APPRÉHENDER (a-pré-an-dé), v. a. || 1° Terme de pratique. Saisir au corps. ||2° Craindre. J'apprépréhende un conflit. Il appréhendait de le voir. Il appréhenda qu'on ne se saisît de lui. Qui n'appréhende rien, présume trop de soi, corn. Poly. u, g. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende, id. Rodorj. iv, \. Et n'appréhendez point Rome ni sa vengeance, m. Nicom. iv, 2. La même justesse d'esprit qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu'elles ne le soient pas assez pour mériter d'être lues, la bruy. i. J'appréhende un pou qu'il ne vous retienne , rac. et boil. Lelt. 13. N'appréhéndez-vous point que tous vos domestiques Ne soient déjà gagnés par mes sourdes pratiques? corn. Nicom. v, 7. Mon Dieu! qu'ils n'appréhendent rien; je leur garantis le succès de leurpièce, mol. /wipr.3. Et si le ciel n'a rien que tu puisses appréhender, appréhende du moins la colère d'une femme offensée, m. Festin . i, 3.
— REM. 1. On metle second verbe au subjonctif aveene.... pas, quand on désire que la chose arrive : j'appréhende qu'il ne vienne pas; parce que je désirerais qu'il vint. On met le second verbe au subjonctif avec ne seulement, quand, au contraire, on craint que la chose n'arrive, ou, ce qui est la même
quand on désire que la chose n'arrive pas; ainsi : j'appréhende qu'il ne vienne; parce que je voudrais qu'il ne vint pas. || 2. Appréhender ne se construit pas sans préposition avec un infinitif. C'est une locution vicieuse que : j'appréhem parler.
— HIST. xvr s. Nostre parole le dict, mais nostre intelligence ne l'appréhende [comprend] point, mont, it, 267. 11 leur faudroil si peu de bon succès pour mettre en teneur toute la chrestienté, que desjà j'appréhende un tel inconvénient, lanoue, 388. Combien qu'appréhendions [saisir, comprendre] subitement et facilement, nous sommes légers et muables en nos appréhensions et opinions, paré, m, 6.
— étym. Apprehendere, saisir (voy. appbendiuî); provenç. aprehendre. Ce verbe est nouveau dans la langue; s'il était ancien, il aurait la forme a\ipr<hendre. Appréhender signifie proprement saisii de mains, puis saisir de l'esprit, puis prévoir, et, par le passage delà prévision à la crainte, redouter.
t APPRÉHENS1BILITÉ (a-pré-an-si-bi-li-té) , s. f Terme didactique. Qualité de ce qui peut être saisi par l'esprit.
f APPRÉHENSIBLE(a-pré-an-si-bl'), adj. Terni' didactique. Qui peut être saisi par l'esprit.
— ÉTYM. Voy. appréhension.
APPRÉHENSIF, IVE (a-pré-an-sif, si-v'), adj.
Timide, craintif.
— HIST. xvr" s. La souvenance desquels maux a rendu les hommes si apprehensifs que les seules paroles leur font peur, lanoue, 92. La faculté motive est divisée en progressive ou ambulative, et apprehensive [qui saisit], paré, i, I.
— ÉTYM. Voy. appréhension ; provenç. aprehrnsiu; espagn. aprehensivo.
APPRÉHENSION (a-pré-an-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. [| 1° Facilité à comprendre. Il avait l'appréhension vive, le discernement bon, une sagesse singulière, st-sim. 365, 67. L'extrême facilité de son appréhension et l'agilité ferme et forte de son élocution blessaient souvent le duc de Beauvilliers, id. C9, 143. [|2° En termes de logique, première idée qu'on prend d'une chose. Les idées simples sont non-seulement les premières appréhensions qui nous viennent par les sens, mais encore les premières comparaisons que nous faisons de ces appréhensions, buff. Animaux. Reprod. L'évidence qui nous vient par les sens n'est qu'une appréhension nette d'objets ou d'images, id. Homme, arithmétique morale. \\ 3°Crainte.L'appréhensionque\oiH avez eue de la justice des hommes, pasc. Prov.ts. Une guerre qui adonné tant d'appréhensions à David , boss. Polit. Cette appréhension fait naître mon souhait, corn. Cid, v, 5. J'en prends, quoi qu'il en soit, peu d'appréhension, id. Œdipe, i, 5. L'appréhension qu'ont les Numides de notre infanterie, perrot d'abl. Tac. 209,.
— HIST. xvc s. Es choses sensibles et es espèces, es apprehansions, es vertus et es aages.... chmst. de pisan, Charles V. i. ch. (2. || xvr ■ s. 11 y voyoit si clair, d'une appréhension si prompte, d'un jugement si sain, que.... mont, i, H7. J'avois l'esprit lent, l'appréhension tardive, id. i, 195. Elle print une si vifve appréhension de la béatitude céleste , qu'elle solicita son mary [de demander à Dieu sa mort], id. I, 252. Il eu arrive de mesme aux bestes. hors de toute appréhension de dangier, id. iv, 2. La nature, m'ayant desarmé de force, m'a armé <l insensibilité et d'une appréhension réglée ou mousse, id. iv, 4. Je vous prie, quelle correspondance y a-il des sens corporels avec cette appréhension si haute et si noble de savoir mesurer le ciel? calv. Tnstit. 16. Je suis pressé de digérer les dures amertumes d'une aprehension assez bien fondée de prison perpétuelle, lanoue, 30fi. Le bruit et la fumée des harquebusades les effraye, les blessures les arrestent, les appréhensions des hommes leur font tenir bride, id. 323. Toutes ces paroles, dites avec grâce et dextérité aux âmes qui sont simples, ont une merveilleuse force pour les reculer de toutes bonnes appréhensions [pensées], id. 497.
— étym. Apprehensio, de apprehendere (voy. appréhender), par l'intermédiaire du participe passé
(//UilV'/lcns'llS.
APPRENDRE (a-pran-dr'), j'apprends, ils apprennent, j'apprenais, j'appris, j'apprendrai, que j'apprenne, apprenant, appris . v. o.||l° Acquérir une connaissam e, retenir dans sa mémoire. 11 tout ce qu'on peut apprendre. On croirait qu jamais rien appris. Apprendre à jouer du , Apprendre à lire. Apprendre les danses les plus nouvelles. Apprendre à fend. Apprendi - par cœur. Appreiev ces vers. Apprendre facilement. Si j'apprenais l'hébreu, les sciences, l'histoire, la font. Fab. VIII, 25. Trois sceptres conquis Font voir à quelle école il en a tant appris, corn. Nie. m. -'.
\b ilunient.il apprend continuellement. || 2 tracter une disposition, une habitude. Ils avaient appris à ne point qui peaux. J'ap]
supporter le malheur. El que les pauvres apprennent à ne désirer il d'ardeur ce i peut quitteravec joie, b« Le Ti Hier. N'appn t-il pas dans la coui a i moins un peu de ce' sance? FLÉcit. n. 139. I rendras-tu jamais, basse et grossière, A voir par d'autres yeux que les yeux du vulgaire? cûrn. Rodog. u, 2. L'ingrate, qui mettait son cœur à si haut prix, Apprend donc à
APP
mffrir îles mépris, bac. Andr. n, l. QU>en mnt, \ is Ris apprennent il
s rires, h, 6. 3
4« i ppris par votre lettre ... J'
ij'aia i bi '»• ■' '
,, mvelles
lui Dî
,.. 5 ciel! puis je
frit, iv. 3. |] 5° El |U'ùn les bel! il '"' apprenail à mo
cheval. L'habitude apprend à sup]
e m. us a a] cemples, un
ayanl rail place auxvô i prends, vous l'a] ; lu. s. On n'apprend pas aux
is, et on leur apprend tout le reste, pasc.
dans i ni no as.
n est pas d'aujourd'hui
qu'ils méditent ce dessein, ils se s mt appris à tourmen-
surla bulleetsui I rnnocenl \.
pasc. Prov. io. || Faire savoir. On m'a apprislamort
lire ou la ti prend... Des auteurs dignes de foi nous apprennent. .. Oael esl donc ce secret que tu me n ùx apprendi Esth. ii, i. Familièrement. Ap-
er à se con-
Apprendre à pai [u'un,
: peu de reti -.cours.
n qu'il ne savail
le tenait qu'il ne lui mtt la tête en compote pour lui
Ire a l'appeler poltron . - 1 im. i i . ici.
6 S'apprendre, être appris. La où le droit civil
s'apprend,
— REM. 1. Pans le sens d'acquérir des connais sances, on di1 apprendre quelque chose de quel qu'un. Haiis lesens d'enseigner, instruire: on apprend quelque chose a quelqu'un. Dan S1. us, le prendre régit d devanl i'1. v<
2 Pourtai : tuteurs ont dit appren
'Cuisines efforts ne m'onl de rien servi qu'à m'apprendre de ne plus tenter une chose impo voi rtiRE,ii,28. Une maxime qui nous app
iSSUET. Il n'y a aucune fax) gramm i appi mdi i; ma
sage actuel té tournure, qui reste un ar-
chaïsme. || 3. On i ntend parfois dire : je n'ai be de personne pour apprendre mon fils; il faul
I ette locution, aujourd'hui rejeiii tant qu'un archaïsme. Apprendre avec medirect delà personne se troui id leur,! 'n wic siècle. Oiseaux qu'ils ont appris a chanter toutes sortes de ramages, VAUGEL. Q. C. 473. De cet emploi viennent les locutions, mal appris, bien appris. || 4-. Des grammairiens ont prétendu qu'on ne devait pas employer apprendre dans le sens d'enmple : apprendre le latin à un cnt ipie cette tournure n'était fondée que sur l'autorité insuffisante de quelques dictionnaires. G'esl une erreur; apprendre en cet emploi est dans Corneille, et dans l'ancien français, comme on peut le voir a l'historique.
— SYN. 1- APPRENDRE, ENSEIGNER, INSTRUIRE. In-
struire, c'est donner l'instru i idre instruit. Enseigner, c'est donner des leçons d'un objet déterminé : on enseigne le latin, les mathématiques àun enfant. Apprendre a le même emploi qu'enseigner, mais d'il ne façon plus vague, et en ne portant pas l'esprit aussi précisément sur la leçon qui sedonne. On instruit quelqu'un de son devoir, en le lui exposant. On lui enseigne son devoir, en lui en faisant la leçon. On lui apprend son devoir, en le lui faisant connaître d'une façon quelconque. || 2. apprendre, faire savoir, informer. Je vous apprends une nouvelle d'une façon quelconque, soit qu'elle vous intéresse ou non , soit qu'elle soit sûre ou non. Je vous la fais savoir par une lettre ou un message. Je vous en informe, si elle vous importe, et si j'ai des renseignements fidèles.
— hist. xie s. Mont ad appris, qui bien conutahan, C!i. de Roi. clxxxi. || xncs. Demande etaprenqui je sui et qui sont li prince qui me aident, Machab. I, 10. Jà nel [ne le] deust ne soufrir ne vouloir La douce riens qui tant est bien aprise , Couci, xvn. Â moi [ près de moi ] en peut li plus sages aprendre, Couci, v. Et les dames qui courtoises estoient [jadis] , Ont tout laissé pour apenre à bourser , quesnes, Romancero, p. 87. Se leur peso de ce que [je] vous ai di, Si s'en prennent à mon maistred'Oisi, Qui m'a apris à chanter dès eDfance, ib. p. lJ8. P.ele, nous nous entraimions Quant à l'es-
APP
p. 02. Je m'occirai , s'autre que Garin i ir femme] ; Ou je ferai quanqu'a
m'aprendrait [m'apprendra] ,ib. p. 92. No cil
bien appi "' • pris, se
mot d'Artois, ib. p. «3. [Un messager] Qui
n iull pesmes nouveles a as François aprises, Sax.
âge hummeedes letres apris,
□ tii- de li. mi a si ariere mis. Th. le mari
s-,. || \nic s. Pour aprendre françois leur filles el
leur ii' », Berte i. François savoit Aliste, cai
. ,;i ,, \ en -'i .. m emp onner] m'aprisl
e fuïse [juive], ib. lxxvi. Fille, dist il, de
cortoisie Ne de sens ne m'aprenés mie, la Rose,
i que i l qui s'entremetront de l'office [de
rendreaucun exemple, béai m. n.
Ù il avoit apris françois, et il
■ 'il avoit. esl i lian, ioinv. 261. || xiv' s.
Encor est-il vérité que toute science, quant esl de
qu'elle peut estre aprise, oresme,
Eth. I73. Et cel aigle félon tenir et attraper Et me1
tre en ma geôle pour apprendre à parler, Guescl.
< :. Nous ordonnons qu'il [y] ait un cler qui ap-
a nos filles, nu i ipprehendere. Cour-
en aprins, Liv. du bon Jeh. loto.
Ils lui chauffèrent si fort et appreingnirent
[serrèrent] les plantes desp es que les soles d'iceulx
lui en sont clientes, du cange, atlridere. Ce vous
veil [je veux] apenre, la Pass. de \. S. J. C. On n'a
tost appris une terre ni un air où on ne fut
s, froiss. ii, m, 83. || xvic s. La douceur de
ice, quelque souefve qu'elle soit, apprend les
,. s de s'esmerveillcr avec crainte, CALV. Insl.
< 10 ! es filles feurent bien apprises, et à tous pre sentarent plains hanapz de vin, rab. J'ant. iv, 54.
.. Non : mais afin que si bien j'en apprinse Que toy, qui èsdi - pastoureaux le prince, Prinsses plais l'a mon chanti scouter, harot, i, 221. Que philosopher, c'est apprendre à mourir, mont, i, 68. Les Romains avoient apprins d'amollir ou d'estendre ce mot en périphrases, id. 1. 72. Qui apprendrait les hommes à mourir leur apprendrait à vivre, in. 1, st. Il faut apprendre aux enfants de haïr les vices.... et leur eu apprendre la naturelle difformité, id. i, 108. Il fault que ce soit une personne trop mal apprise, amyot, Solon, 39. Ayant composé quelques vers, il les apprit par cueur pour les prononcer en publie, m. Solcn, 1 1 . Il- employoit à tous propos ce qu'il avoit appris de Anaxagoras, m. l'aie. 13. Et Me s'apprenoient et s'exercitoient à l'expérience de la marine, id. Péric. -yi maintenant
faut apprendre D'estre humble etdoux et ne plus ab- . Il faut apprendre à fléchir et ployer, rons.
— tVlW.Apprehendere, de ad, à, et prehendere , prendre, saisir par l'esprit (voy. prendre). Picard, bien apprins; bourguig. éprarre, éparre ; provenç. aprendre, apenre, aprener; catal.opend aprender; ital. apprendi re.
APPRENTI, lE(a-pran-ti,tie),s.m. etf. || l°Celui, celle qui est en apprentissage, qui travaille pour apprendre un métier. Un apprenti est docile, il écoute son maître, il profite de ses leçons, et il devient maître, la rruy. 15. || 2° Fig. Personne peu habile. Ronsard, en son métier, n'était qu'un apprenti, Régnier, Sat. ix. Le plus jeune apprenti Est vieux routier.... la font. Cuv. La république de Platon Ne serait rien que l'apprentie De cette famille amphibie, id. Fabl.x, 1. || 3° Adjectivement. Pour le rendre maître, soyez partout apprenti, j.j.rouss. Ém. ni. Ils n'étaient plus apprentis à manier les armes, vaug. Q. C. 552. Quoi! ce Fulcinius, apprenti sénateur, Descend par habitude au rang de délateur! m. j. chf.n. Tibère, m, 3.
— REM. 1. L'orthographe ancienne était appren-tif, et le féminin apprentive, l'un et l'autre inusités aujourd'hui. Qui soit douce et nicette, apprentive au métier, Régnier, Épit. m. Vais-je épouser ici quelque apprentive auteur? boil. Sat. x. || 2. Au féminin, ne dites pas, ce que font quelques-uns, uneapprentice : c'est un archaïsme aujourd'hui rejeté.
— hist. xiii° s. Apreniif jugleor et escrivain marri, Berte, 1. Nulle fiïïaresse de soie à grans fuiseaus ne puet ne ne doit avoir que trois aprentices tant seulement, Liv. des met. 8). Il peut avoir tant d'apprentis et de vallés corne il liplaist,ib. 18. Â chanter fuient ententi Li oisillon qui aprenti Ne furent pas ne non sachant, la Rose, G80. || xvie s. Je ne sçais pas faire mes besongnes d'une puérile et apprentisse intelligence, mont, ii, 100. Les apprentifs et qui ne sont pas de si haulle leçon, s'enfarinent le visage, id. n, 104. Cette gentille infante, qui n'etoit apprentive en telles pratiques, yver, p. 0)0. Il n'est i apprenti en cela, henri est. Précell. p. 79.
APP
ÉTYM. Apprendre, par un adjectif bas-latin apprehendivus , d'où apprenlif; bourguig. épranti; « allon . aprendice; namurois,apurdice; provenç. apprenti c; e p ign. aprendiz.
APPRENTISSAGE (a pran ti-sa-j'), s. m. || 1° Ao-
I on -i ipprendre un mis nous mettons tous deux en apprentissage, j. j. rouss. Ém. m. || Fig. Vous n'eu êtes pas à votre apprentissage, corn, le Ment. 1,1. Ces agonies lui servaient d'apprentissage à bien mourir, fléch. Sfont. || 3° Le temps qu'on met à apprendre un métier. 11 est à la fin do son apprentissage. || 3" Fig. l'aire son apprentissage, en être à son apprentissage, se dit des premiers essais que l'on fait. Et qui, sur son époux, fit son apprentis âge, A bien pu, sur un (ils, achever son
e, corn. Rodog. v, i. De quelque adresse.... Qu'il eut fait son apprentissage , MAi.ii. iv, 5. 11 fait son apprentissage de la pauvreté, isoss. l'r. d'AtS. 1.
II lui fit faire son apprentissage par une guerre contre les Arabes, in. Hist. ni, 3. Et n'en étant qu'a son apprentissage. LA font. Psaul. || Faire l'apprentissage de, s'instruire à, s'habituer à. Voudrais-tu qu'a mon âge Je fisse de l'amour le vil apprentissage? rac. Uaj. I, I. Mais moi, qui vois plus loin; qui par un long usage, Des maximes du trône ai l'ut l'apprentissage, id. Raj. iv, 7. Ce héros.... Pour elle, de la crainte a fait l'apprentissage, in. Tphig. iv. 1 . Nous sommes sous un roi si vaillant et si sage, F.tquisi dignement a fait l'apprentissage De toutes les vertus propres à commander, malii. 11,6. Cette femme est une catéchumène qui fait l'apprentissage des .pleurs que J. C. demande à ses servantes, chateaud. Mart. n, 205.
— HIST. xvie s. Ils les approuvent aussi [les voyages] pour l'apprentissage des langues vu'gaires, lanoue, 120. Heureux celui qui, pour devenir sage, Du mal d'autrui fait son apprentissage, st- GELAIS, 171. Il fut nourry en cest apprentissage de la discipline militaire, amyot, Flamin. t. Cleopatra devoit à ceste Fulvie l'apprentissage de l'obéissance que portoit Antonius aux femmes, amyot, Anton. 1 i.
— ETYM. Apprenti. D'après Palsgrave, p. 9, on prononçait, au xvr siècle, apprenti ssaige.
t APPRÈS (a-prè), s. m. Voy. APPRÊT 2. t APPRESSÉ, ÉE (a-prè-sé, sée), adj. Terme de botanique. Rapproché et appliqué.
— Étym. À et pressé.
I . APPRÊT (a-prê ; le t se Iiejl'apprêtetla recherche, dites : l'a-prê-t et la recherche; au pluriel, \'s se lie; des apprêts infinis, dites: des a-prê-z infinis), s. m. il 1" Action d'apprêter, d'arranger. L'apprêt do tout ce qui lui était nécessaire pour son voyage. Sans apprêt et dans toute leur grossièreté, j. J. rouss. Ém. n. Ou reposer dans des grottes tranquilles. Sur le duvet de la mousse et des fleurs, Lits sans apprêts, véritables asiles Du doux sommeil et des songes flatteurs, malfil. Narcisse, I, || 2^Fig. Affectation dans les manières, le style, le langage. Apprêt dans le style. L'apprêt de ses manières. Un esprit plein d'apprêt. || 3° Préparation des mets. L'apprêt des viandes. Propreté toucha seule aux apprêts du régal, la font. Tabl. || 4° S. m. plur. Préparatifs. Faire les apprêts de la noce. Faire de votre mort les funestes apprêts, rac. Phèd. I, 3. D'un voyage important les soins et les apprêts, id. Mith. 11, 5. J'ai pu reprendre haleine; et, sous de faux apprêts.... corn. Rodog. n, 2. Des liens, des bourreaux.... ces apprêts d'infamie, volt. Tancr. n, '. || 5" L'apprêt, manière d'apprêter les étoffes, les toiles, les cuirs. L'apprêt que l'on donne au drap. || 6° La matière mêm i qui sert à l'apprêt. Toile sans apprêt. || Terme de drapier. Eau gommée qui lustre le drap et le rend plus ferme. || Terme de bonnetier. Sorte do lustre qu'on met dans la marchandise pour la rendre plus belle et plus brillante. || Terme de chapelier. Eau bouillie où il y a de la gomme, dont le chapelier se sert pour donner plus de corps et de lustre aux chapeaux. || 7° En termes de peinture, préparation, enduit que l'on étend sur la toile, le bois, la muraille avant de peindre. || L'art de peindre le verre s'est nommé l'apprêt des couleurs. Vieux en ce sens.
— HIST. xv" s. En la fin duquel mois, le dit duc de Bourgogne qui avoit fait grandes apprestes et préparations.... monstr. ii, ch. 140. Cecy estoit comme ung appreste des maulx qui depuis advinrent audit duc de Bourgongne, comm.iv, 12. ||xvies. Personne n'y avoit pensé, et les apprests des choses y nécessaires n'eussent pas esté faciles à faire. amyot, Lucul. 87. Estans les apprests du Turc si grands et si prochains pour invader la chrestienté,
—ÉTYM. Voy. apprêter ; bourguig. eproo ou epro.
APP
APP
f 2.APPRËT(a-prè)ou APPRÈS, 5. m. Terme de tonneliers. Petit coin de bois qui leur sert à serrer les parties d'un tonneau.
— ÉTYM. À et près.
f APPRÊTAGE (a-prê-ta-j') , s- m. Technologie. Emploi de l'apprêt, en parlant dos étoffes.
— étym. Apprêter.
APPRÊTE (a-prê-t'), s. f. || 1" Mouillette. Il vieillit. || 2° Terme de marine (voy. apprêtée).
— ÉTYM. Apprêter.
APPRÉTÉ,ÉE(a-prê-té,tée), jurt. passé. |]l"Ren-
du prêt. Armes apprêtées. || 2° Accommodé. Voilà un ragoûtbien apprêté. ||3° Cartes apprêtées , arrangées pour tromper au jeu. || 4° Fig. Dépourvu de naturel. Exorde apprêté Grâces apprêtées.
— hem. On a dit jadis apprêtédans le sens de prêt
Les oiseaux apprêtés à chanter dans les Los se
réveillent, malh. i,4.
— SYN. APPRÊTÉ, COMPOSÉ, AFFECTÉ. ËpitllèteS
qui désignent une certaine recherche dans les manières. Apprêté et affecté fmpliquent toujours une idée de blâme, laquelle n'est pas inhérente à composé. Un maintien composé est un maintien qu'on se fait, à la vérité, et qui n'est pas celui qu'on a d'habitude, mais qui peut être bienvenu pour la circonstance. Dans le vice de la recherche, apprêté signale particulièrement laroideur, et affecté la mignardise. M. Guizot a dit : « On est principalement apprêté dans le discours, composé dans l'air et la contenance, affecté dans le langage et les manières. La précieuse est apprêtée; la prude, composée; la minaudière, affectée. Le pédantisme est aj L'hypocrisie est composée; la coquetterie est affectée. »
f APPRÊTÉE (a-prê-tée) ou APPRÊTE (a-prê-tf), s. f. Terme de marine. Munitions préparées pour le combat.
APPRÊTER (a-prê-té) , f. a. || i° Rendre prêt. Apprêtez ce qu'il me faut. Apprêtez le diner. Il apprêtait ses armes. Apprêter ses moyens de défense. Entrez et recevez l'honneur qu'on vous apprête, bac. Esih. ni, 2. Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrible fête Que l'impie Aman nous apprête, id. Esth. i,5. Il Fig. (Hommes cruels) qui mettez à profit les misères publiques, qui apprêtez les larmes et l'indigence de votre frère, et qui ne lui ..endez la main que pour achever officieusement de le dépouiller, mass. Villars. || 2" Accommoder des mets. Comment le lièvre aura été apprêté. || 3" Fabriquer, façonner, travailler. Apprêter des drogues, des laines, "des cuirs. ||4° En termes de jardinage, apprêter ou toucher la figue; c'est toucher l'œil de la figue avec une plume effilée, trempée dans de l'huile d'olive pour hâter la maturité du fruit. || 5° S'apprêter, apprêter à soi-même, s'attirer. Vous vous apprêtez de grands embarras. Je vous connais, je sais tout ce que je m'apprête, rac. Millir. iv, 4. Je sais trop quels tourments je m'apprête à moi-même, id. ib. il, fi. H 6° V. n. Apprêter à manger, faire la cuisine, préparer les mets. || Absolument. Ce cuisinier apprête bien, il prépare, il assaisonne bien lesmets, |j 7U Technologie. Donner de l'apprêt, du lustre, de l'apparence, limer. || 8° Apprêter à rire, donner occasion de rire à ses dépens. N'apprêtons point à rire aux hommes, En nous disant nos vérités, mol. Amph. prol. N'apprêtez point à rire à ceux qui vous entendent, m. Critique.
s'apprêter, v. réfl. j| 1° Se préparer, se mettre en éiatde faire une chose. Il s'apprêtait à partir. A suivre ce grand chef, l'un et l'autre s'apprête, boil. I.iiir. n. Bientôt d s'apprête  mériter son trône en marchant à leur tète, volt. Ilenr. i. Après ce raie exploit, je veux que l'on s'apprête À me peindre en héros.... mol. l'Étour. il, ti. Ce grand pouvoir lui pèse, il s'apprête à le rendre, corn. Sertor. m, 4. Laonice, vois-tu que le peuple s'apprête Au pompeux appareil de cette grande fête? id. llodog. il, 2. Dieu s'apprête à te joindre à la race parjure, rac. Allia!. m, 5. À combien de chagrins il faut que je m'apprête? id. Bril. n, 2. || 2° Être préparé. Le temple où leur hymen s'apprête. Un orage s'apprête.
— SYN. apprêter, préparer, disposer. Il y a dans le mot apprêter, une idée d'industrie et de recherche; dans le mot préparer, une idée de prévoyance et de diligence; dans le mot disposer, une idée d'intelligence et d'ordre, guizot.
— Htsr. xic s. Ses granz dromonds il a fait aprester, Ch. de Roi. clxxxv. || xir s: Des douze pers i ot set aprestez, Roncisv. p. 53. Pour bien ferir iloques. [il] s'apresla, ib. p. 80. [11] Met soi es rans, de ferir aprestez, Vb.p. 143. L'apostole s'apreste pour la messe chanter, Sax. xm. [Soyez] Apreslé d'osloyer, chascuns selon sa guise, ib. xxm. [Que chaque baron
aille] Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, ib. xxxi. I.i malices qui dune ert aprestez, Th. le mart. 43. Li Philistien apresterent treiscunreis pur curre par la terre, Rots, 44. || xmc s. Plus tost qu'il onques purent, font leur vivre aprester, Berte, m. Et je irai la chose tout à point aprester, ib. xvn. Et il i sont venu, de l'aler apresté [disposés à marcher], t'ô.CXXV. Et li trahistres mande àl'empereour que il estaprestés de jurer sorsains que jamais ne sera contraires à lui, H. de val. xxxvm. Pardurable maleïçons leur est aprestée , Psautier, f" I4G. Ciaus ou celui por qui il portent la garentie deivent avoir un home apresté qui die por eaus [eux] leur parole. Ass. de .1er. I24.||xives. Si fut commandé et ordené que chascun se aprestast, berciieure, l'° 37, recto. || xvc s. En me disant : Tu dors trop longuement; Esveille toy, et aprestes briefment, en. d'orl. 10. y xvi" s. Apprester à rire à ses compaignons, mont, i, 49. Philosopher, c'est s'aprester à mourir, id. i, «8. Ils les cuisent et apprestent à diverses saulces, id. i, iog. Il ne se courroucea jamais pour chose qu'il [son serviteur] luy eust apprestée à son disner, amyot, Caton, 3.
— ÉTYM.Bourguig. niprùtui; provenç.et espagn. aprestar; ital. apprestare; de à et prêt , adj.
APPRÊTEUR (a-prê-teur) , s. m. Terme d'arts. Celui qui donne l'apprêt, qui fait les préparations. || Celui qui sait peindre le verre. Vieux en ce sens.
— étym. Apprêter.
f APPRÊTOIR (a-prê-toir), s. m. Selle de bois a l'usage du potier d'étain.
f APPRIMÉ, ÉE(a-pri-mé, mée), adj. En botanique, poils apprimés, poils couchés et appliqués' sur l'organe qui les porte.
— ÉTYM. Apprimere, de ad, à, et premere, presser.
APPRIS, SE (a-pri , pri-z') , part, passé du verbe apprendre. || i° Qu'on a étudié et retenu. Leçon apprise par cœur. || 2° Dont on est informé. Nouvelle apprise. || 3" Instruit. Atoi, qui dès jeunesse, appris en son école, Régnier, Sat. vi. Dès l'enfance appris à cela [mendier], p. l. cour, i, 311. || 4" Familièrement. Homme mal appris, homme sans éducation, sans usage. Les enfants indociles ou mal appris, boss. Hist. il, 2. Ou soit belle ou soit laide, ou sage, ou mal apprise, Régnier, Sat. vu. Allez, langue maudite, et des plus mal apprises, mol. Éc. des mar. i, 3. Et que l'audace est mal apprise De ceux qui.... malh. vi, M . || Dans un sens opposé, bien appris. Et fait.... Son compliment comme homme bien appris, la font. Orais. || Substantivement. C'est un mal appris.
f APPRISE (a-pri-z'), s. f. Ancien terme de palais. Une sommaire apprise était l'estimation d'un fonds, pour en connaître l'état et la valeur.
— HIST. xme s. Et li juge, de son office, doit apenre du cas qui li est denonciés; et s'il trueve le cas parl'aprise.... beaum. xxi, 17. Le [la] différence qui est entre aprise et enqueste esttelequeenqueste porte fin de querele, et aprise n'enpoite point, in.