‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 172 sur 462 · RONS. BO · texte numérisé non relu

RONS. BO

— êtym. Argentosus. d'argentum, argent (voy. ,t).

ARGENTIER (ar jai -lié), s. m. \\ i

réposé à la distribution de certains f nd

les princes. > [entier de i

roi, st-sim.474, Tii.Àmon retour che/.i

la reine, ri ppe III

anoblit Raou er, volt. Vœui

|| 2° Anciennement, en France, le surii re des finances.

— lus I . xvic s. Orl'c

AMYO ,3.

— êtym ; à'argen

ARGENTIFÈRE (ar-jan-ti-fê-r') Qui con-

tient de l'argent. \

— ÊTYM. Argm ■ > ter ARGENTIN. T

résonne comme l'arg.'iit. Sun argentin. I dans les airs, de leurs voto

à grand bruit les chantres à matines, boil. Lutr. iv. entendu la clochette argentin'' De la chèvre errant au hasard' M1LLEV. ' .</'• !, 1 V. I. Les habitants nombreux des célestes vallons Font mollement jouer sous leurs doigts vagabonds Ou la flûte 1 1 ne ou la harpe éclatante, GILB. Mort d'Âbel, vm. || 2° Qui a l'éclat de l'argent. Couleur argentine. 3 En termes de peinture, i ni argentin, effet de couleur qui imite le blanc de l'argent.

— HIST. xivs. Veoiscestaultre à pomme argentine Mieulx odorante qu'aube-espine. Trait d'Alch. 883. || xvie s. Les fons du temple estoit une fontaine, Où decouroit un ruisseau argentin, marot, i, 182. Mais toujours je te lou'ray Pour claire, pour argentine, Pour nette, pour crystalline, rons. 553. Sous le crystal d'une argentine rive , Au mois d'avril une perle je vy. Sa rondeur fut d'une blancheur i

Et ses rayons tresluisoyent à l'envy, ib. 60. Je voy les ondes encor De ces tresses blondelettes, Qui se crespent dessous l'or Des argentines perlettes, du bellay, vu. i«. recto. L'une après Pautre ont fait plus d'une fois Hault rechanter tout le courbé rivage Sous l'argentin de leurs célestes voix, id. in, i, verso. L'argentin de ces ruisseaux Qui paisiblement murmurent, id. vu, 16, verso- Couvert d'un poil gris argentin, Ras et poly comme satin, id. vu, sy, verso.

— étym. Argent. Chapelle, qui entendit lire par Boileau les vers du Lu trin cités plus haut, lui dit : « Je ne te passerai pas argentines; ce mot n'est pas français. » Le mot est très-français, comme on voit, et il aurait été fâcheux que le prétendu purisme de Chapelle prévalût.

ARGENTINE (ar-jan-ti-n') , s.f. || 1° Plante de la famille des rosacées, qui a le dessous des feuilles d'un blanc luisant et comme argenté. C'est la potentille ansérine. |] 2" En minéralogie, spath schisteux, variété de carbonate de chaux.

ARG

hist. xvi" i . Argentine, les feuilles de celte

' bo ont i omme argi ntées à leurs renver , d'où

venu li i de la plante, o. de serres, co7.

; ARGENTON (ar-jan-ton), s. m. Alliage do cui-

nn.

ARGENTURE (ai |an-tu-r*) , s. f. ||l°Couche d'argenl appliqué! de quel [ues objets.

"2' Arl Qteur.

ARGILE (ar-ji-1'), s.f. || i" Terre blanchâtre, douce au toucher, composée principalement de silice et d'alumine. On 1 appelle communément glaise.

■ cel i ici i prendre de l'eau chez son voisin qu'après avoir

i l'argile, un esprit ne doit

s' tdonn il se rc-

connatt !- produin qui Ique cho e de lui-

même, gom Dt cours sur Malherbe. || Poterie d regards des M ras le rivage est tran-

quille ! nd un vase d'ar-

' I i le et le bois se ' Gen. m, 6. || 2" Fig. Les par- . Tous les hommes sont faits iteurs d'idoles etdemaadorenl l'argile qu'ils ont pétrie!

gie, argile inflammable, roche comp

m un tiers de bitume

gris. t; tdge, dépôt marneux le

olithique. || Argile d'Oxford,

grand d ileuseset arénacées ap-

;e oolithique et placé immédiate

au dessous du calcaire à coraux.

— REM. l.Voltaireafaitargile masculin, cequiesl n e faut i. L'ai le par mes mains autref : I çonné

qui m'a couronné, Agav, 3. || 2. Quelques-uns écrivent argille (c'est nicienne) et mouillent les II (c'est ciation condi r le bon usage).

— hist. xme s. En l'ardille s'est tooilliez, Tant

: .7. || xvi" s. Les La-

n :oi ibusenl du terme, en appellant

terregra i, paussy, 344. Les vais

lits furent formez, comme aucuns

el d ipu ■ tous les autn-', qui sont

-aux de terre d'argile,

leure sous la selle se résoudra, appli-

is, comme mortier, de l'ardille, qui est

irte, destrempée avec vinaigre, o. de

— ÉTYM. B Mlle; wallon, arzèic; namu-

ai ïile; provenç. argila; esla . a arg 'a; grec,

y. ■:■.)'/',■. deàpYoç, blanc; mot à mot, la terro blanc! -r).

ARGILEUX (ar-gi-leû , leû-z'), adj. Qui tient de l'argile. Couche argileuse. Non-seulement les terres noires el fertiles, mais les argileuses et les graveleuses récompensent l'homme de ses peines, 1 1.

— RéM. Quelques-uns écrivent argilleux et mouillent les II ; ce qui est contre l'usage.

— hist. xii" s. Sis [si les] getad en la champaigne del Dura Jurdan e en terre argilluse, Rois, 257. || xiii" s. Deux maneres de terre semée à qarresmes. c'est assavoir terre argillose et terre peroso [pierreuse], Traité d'agriculture, dans la Bibl. des Chartes, i' série, t. n, p. ^5. || xvie s. Toutes terres peuvent devenir argilles; ceux qui disent que la terre argileuse est grasse et visqueuse ne l'entendent pas; la mesme matière qui cause argiler toutes terres, est cela mesme qui cause que la terre de marne fait produire et végéter les fruits es terres stériles, palissy, 375.

— ÉTYM. Berry, ardilleux, afdilloux} provenç. argillos; espagn. arcilloso; ital. argilloso; d'argillosus, à'argilla (voy. argile).

f ARGILIFÈRE (ar-ji-li-fê-r') , adj. Terme didactique. Qui contient de l'argile.

— ÉTYM. Argile, et ferre, porter

f ARGIUTE (ar-ji-li-f), s. f. Terme de minéralogie. Schiste argileux.

— ÉTYM. Argile.

f ARGILLACÉ,ÉE (ar-ji-la-sô , sée), adj. Terme de géologie. Qui a l'aspect ou la consistance de l'argile.

— étym. Argillaceus, de argilla, argile.

f ARGILOÏDE (ar-ji-lo-i-d') , adj. Terme didactique. Qui ressemble à l'argile.

— ÉTYM. Argile, et eîôoç, forme (voy. idée).

f ARGILOTJTHi: (ar-ji-lo-ii-f), s. m. Terme de géologie. Argile sédimentaire durcie.

— ÉTYM. Argile, et XiÔo;, pierre.

ARG

ARG

ARG

ARGO (ar-go) , a", m. Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral.

— ÉTVM. 'Apyù>, nom du vaisseau sur lequel Jason alla i rir la toison d'or.

f ARGON (ar-gon), s. m. Terme de chasse. Bâton ou morceau de bois plié en arc, dont on se sert pour prendre des oiseaux.

ARGONAUTE (ar-go-nô-t'j , s. m. || 1° Nom des héros grecs qui allèrent en Colchide conquérir la toison d'or. Le voyage des argonautes n'était en comparaison [avec un voyage de circumnavigation] que le ge d'une barque d'un bord de rivière à l'autre, volt. Louis XIV, 34. || 2° En termes d'histoire naturelle, genre de mollusques céphalopodes, dans lequel on distingue l'argonaute argo. L'Académie fait, en ce sens, argonaute du masculin ; avec raison sans doute. Pourtant les zoologistes le font féminin : argonaute papyracée.

— ÊTYM. 'Apyovaû-r,;, de àoyc'o (voy. ARGO), et de vaûtr):, nautonier (voy. ce mot).

1. ARGOT (ar-go), s. m. || 1° Langage particulier aux vagabonds, aux mendiants, aux voleurs, et intelligible pour eux seuls. || 2° Par extension, phraséologie particulière, plus oumoins technique, plus ou moins riche, plus ou moins pittoresque, dont se servent entre eux les gens exerçant le même art et la même profession. L'argot des coulisses. || 3° Par analogie. 11 n'y a pas un paysan qui ne dise q le Bonaparte vit et qu'il reviendra; c'est entre eux une espèce d'argot , de mot convenu pour narguer le gouvernement, p. l. cour, h, 208.

— ÉTYM. Origine fort obscure. La langue des voleurs a été appelée gergn en italien, et jargon en France. Argot, qui ne figure dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de 1740, paraît être né vers le commencement du xvii" siècle. S'il avoit bien seu nostre argot, Vers du x<m' siècle , cité par fh. MieiiEi., Introduction, p. vi. Le jargon ou langage de l'argot reformé imprimé en 1634. Mais à propos d'argot, dit alors Limousin, Ne m'apprendrez-vous pas, vous qui parlez latin, D'où cette belle langue a pris son origine? grandval, Poème de Cartouche,

ch. x, p. 74 je veux, en un mot, Employer

comme il faut le plus sublime argot, id. ib. Furetière le dérive d'argos, parce que la plus grandie partie de ce langage est composée de mots tirés du grec. Le Duchat l'a tiré de Ragot, capitaine des Gueux, dans les Propos rustiques de Noël du Fail. D'autres ont dit que c'était une corruption de l'italien gergo: Dans ces difficultés, on pourrait proposer l'ancien français argu, querelle, arguer, quereller, argoter, argoleuS; wallon, ârgolé, rusé, malin: mots qui se rattachent sans doute au latin argutari, disputer, lequel vient d'arguere (voy. argueh). Arguche, qui s'est dit aussi pour argot, ressemble beaucoup à arguée, ancienne forme d'argutie (voy. ce mot).

2. ARGOT (ar-go), s. m. Terme de jardinage. Partie du bois qui est au-dessus de l'oeil.

— ÊTYM. Le même que ergot (voy. cemot). ARGOTÉ, ÉE (or-go-té, tée), part, pa ARGOTER (ar-go-té), v. n. Terme de jardinage.

Couper la partie morte d'une branche.

— HIST. xivc s. Icellui se leva de la table et print le dit Gilet par la poitrine, et le dit Gilet lui semblablement. et tenoient et hargotoient l'un l'autre forment, du cange, argutio.

— ÉTYM. Voy. argot 2. Hargoter veut dire ici saisir, empoigner; il n'est peut-être pas sans analogie avec argot ou ergot.

t ARGOTIQUE (ar-go-ti-k') , adj. Qui tient de l'argot ; qui concerne l'argot.

— ÉTYM. Argot (.

t ÀRGOTISER (ar-go-ti-sé), v. n. Parler argot.

— ÉTYM. Argot i.

ARGOULET (ar-gou-lè), s. m. On appelait argoulets des soldats à cheval armés d'arcs, les arquebuses n'étant pas encore en usage; on les nomma dans la suite arquebusiers à cheval, et puis dragons.

— hist. xvi" s. Le prince part accompagné de mille gentilshommes, de cinq cents argoulets, comme on appeloit en ce temps-là, d'aub. Hist. i, 134. En ce temps-là, à chasque compaignie de gendarmes, il y avoit cinquante harquehuziers à cheval, qui servoient à faire les descouvertes et escarmouches çà et là, et les appeloit on argoulets, carl.

— ÉTYM. Mot d'origine ignorée. Ménage croit qu'il vienl d'un mot, forgé par lui, arculetus, petit arc.

f ARGOUSIER (ar-gou-zié) , s. m. Nom vulgaire de l'hippophaé rhamnoïde, arbrisseau épineux dit aussi épine marant , épine marine et gripeî

ARGOUSIN (ar-gou-zin), s. m. Bas officier des bagnes, chargé de la garde des forçats.

— HIST. xvie s. Le chevalier d'Aux, pour n'estre empesché en son aiguade, alla à terre pour asseoir son guet, ne s'asseurant du tout en son argousin,

M. DU BELL, fini .

— étym. Algosans, bas officier des galères, dans Rabelais; ital. aguzzino. Les mots français et italien paraissent être une corruption de l'espagnol alguacil (voy. alguazil).

ARGUE (ar-gh'), s. f. Machine de bois dont les tireurs d'or, d'argent, etc., se servent pour affermir la filière. Tirer à l'argue, c'est passer par la filière. || Bureau public où les tireurs d'or portent leurs lingots à dégrossir.

— étym. Ce mot tient sans doute au bas-latin arganum, qui signifie toute espèce d'engin, et qui est le grec ôpyavov.

ARGUÉ, ÉE (ar-gu-é, ée), part, passé. Pièce arguée de faux.

i. ARGUER (ar-gu-é. L'Académie ne conjugue pas ce verbe; mais il faut écrire avec tréma: j'arguë, tu argués, il arguë; et même il

l'écrire arguer, arguant, argué, pour indiquer la prononciation ; autrement on le confondrait avec le verbe arguer 2), v. a. \\ i" Contredire, accuser. Arguer une pièce de faux. ||2° Tirer une conséquence. Qu'arguez-vous de cela? || Absolument. Je suis ce juge intègre Qui toujours parle, arguë et contredit, volt. Goût.

— hist. XIe s. Qui de bataille s'arguent et hasteient, Ch. de Roi. lxxvi. ||xne s. Rolanz senti que la mort moût l'argue, Ronc. p. 104. La nuit, quant s'amour m'argue, Couci, Pâme de Faiel. Li altre l'arguent et reprenent et dient k'il soffrir ne puienl la perece de sa tevor [tiédeur].... st bern. r>fi7. || xme s. Et tout fussent mort se ne fust la chevalerie.... qui soustintle fais des Sarrasins, qui moult les arguoient, Chr.de Rains, 93. Coart le lièvres moult s'argue De cort en cort, de rue en rue, Ren. 1 107-1. Mes cilmauvesementarguent, laRose, 0302. || xivc s. Et ne te dois nul temps mêler d'arguer ne de contredire chose que tu lui oies dire, bruyant dans Ménagier, t. n, p. 22. Et par ceste différence povons nous arguer à cest propos, oresme, Eth. 27. Qui dirait ou arguerait ainsy : la terre est entre le soleil et la lune, id. ib. 5. Maistres Thumas, dist il, vous parlés folement; J'arguerai à vous; car je sai bien comment : Uns mos de l'escripture vous desmontre et aprent, Raud. de Seb. xil, 321. || xve s. Logique qui enseigne arguer, et entre le vray et fauls discerner, christ.de pisax, Charles V, m, ch. n. D'autre costé on le arguerait de sa promesse, comm. ii, I. Il ne me appartenoit pas de arguer ny parler contre son plaisir, id. v, 13. || xvi* s. Le régime des choses humaines argue si clairement de la providence de Dieu qu'on ne la saurait nier, calv. lnst.22. Ses mouvemens et ses contenances arguent et monstrent grande foiblesse et bassesse, amyot, Comment refréner la colère, i i.

— étym. Provenç. arguir ; ital. arguire. Le provençal et l'italien viennent bien d'arguere, par un changement de la troisième conjugaison en la quatrième. Mais le français n'en vient pas; s'il en était venu, quel qu'eût été l'infinitif, le présent eût été j'argue, prononcé j'arglie, et non j'argue , prononcé j'arguë, comme lemontrent les vers. Il vient d'argutarc, argutari, fréquentatif d'arguere, répéter sans cesse, caqueter, sautiller. Primitivement, arguer signifie quereller, tancer, attaquer, par un changement de sens semblable à celui qui decalumniari a fait chalenger, appeler en justice, provoquer au combat. Puis arguer, refait sans doute sur le latin arguere au xiv° siècle, prend le sens actuel d'arguer, sans étouffer pourtant le sens primitif qu'on trouve encore dans le dictionnaire de Furetière, mais qui maintenant est tout à fait tombé en désuétude.

f 2. ARGUKR (ar-ghé ; il argue se prononce il argh') , v. a. Technologie. Passer un fil de métal par les trous de l'argue.

— étym. Argue.

t ARGUEUR (ar-gu-eur), s. m. Celui qui arguë.

— hist. xvic s. On le tenoit pour un grand argueur et pour homme nompareil à subitement interroguer et cautement respondre, amyot, Gracques, 21.

— ÉTYM. Arguer I.

ARGUMENT (ar-gu-man), s. m. || 1° Raisonnement par lequel on tire une conséquence d'une ou de deux propositions. Argument solide, plein de force. 11 plaçait ses arguments dans l'endroit où ils devaient produire le plus d'effet. Se laisser tromper par des arguments captieux, Réfuter les arguments

de son adversaire. Les arguments qu'il tire de cette suite , boss. Euch. 3. || Argument en forme, argument conforme aux règles de la logique. L'autre préparait un argument en forme, hamilt. Gramm. '> . || Argument ad hominem, argument qui opp l'opinion actuelle d'un homme ses paroles ou ses actions antérieures. Ce que vous nous donnez pour un argument ad hominem, boss. Théol. || Argument cornu (voy. dilemme). || 2" Conjecture, indice, preuve. C'est là un argument en notre faveur tout aussi bien qu'en faveur de nos adversaires. Les vents Etésiens dont on veut tirer un argument. || 3° Sommaire d'un ouvrage. || 4" En tonnes d'astronomie, argument de la latitude; le lieu de l'aphélie et celui du nœud d'une planète étant connus, et l'anomalie vraie de la planète étant donnée, on a sa distance au nœud, qu'on nomme autrement l'argument de la latitude.

— hist. xiii" s. Or entent donc à l'argument :Gedi pain d'orge est de froment, Ge di pain de froment est d'orge, Ren. 21209. Bien l'entendras [ia vérité], se bien répètes Les argumens as grans poètes, la

us les autres estrumens Qui sunt piliers et argumens  soustenir nature humaine, ib. 6994. Tu iez pors de nostre espérance, Matière de nostre faconde, Argumens de nostre créance, ruteb. 11, m. I] xivc s. Après je respons as arguemens contraires, oresme, Eth. 163. Qu'est-che?che dist li prestres. Argue vistement.. Qu'à mi voelt despuler et faire arguement; Si vienge encontre mi monstreir son parlement, Baud. de Seb. xn, 315. Il propose la table dessus dite pardevant Appius, qui estoit auteur de cestui argument, berchei re, t' 65, recto. Il xvics. Dieu nous donne argument [sujet] continuel de le prier et louer, calv. Insl. tut.

— étym. Argumcnlum, de arguere (voy. arguer); provenç. argument; espagn argumento ,- ital. aigomento. Le vieux français- arguement vient, non d'argumentum, mais directement d'arguer.

ARGUMENTANT (ar-gu-man-tan), s. m. Celui qui argumente dans un acte public contre le répondant. Les Carmes prouvèrent contre tout argumentant que Pythagore était un moine de leur oidre, volt. Pli il. v. 26. L'empereur chinois ne paya jamais des argumentants, in. Phil. m. 29.

ARGUMENTATEUR (ar-gu-man-ta-teur) , i. m. Celui qui argumente, qui se plaît à argumenter.

— étym. Argumentator, de argumentari (voy. argumenter).

ARGUMENTATION (ar-gu-man-ta-sionj, s. /".Action, art d'argumenter. Exceller dans l'a lion.

— HIST. xive s. Par une argumentacion appellée de proporcion transmuée, il convient que il ait tel proporcion de douze à quatre, comme il a de six à deux, oresme, Eth. 117.

— ÉTYM. Argumenlalio, de argumentari, argumenter.

ARGUMENTÉ, ÉE (ar-gu-man-té, tée), part, passé. Argumenté et pressé par un adversaire habile.

ARGUMENTER (ar-gu-man-té). j| 1° V. n. Faire des arguments. Argumenter selon les règles, en forme. Argumenter contre quelqu'un. || 2° Argumenter d'une chose, en tirer des conséquences. Cuvier, argumentant des formes des animaux actuels, ■une les conditions générales des animaux fossiles. Il 3° V. a. Argumenter quelqu'un, lui adresser des arguments, disputer contre le répondant. Il 4° S'argumenter, v. réfl. 11 n'y a qu'à mettre ses mains sur ses oreilles et s'argumenter un peu [se faire une raison], j. j. rouss. Orig. 2.

— HIST. xvie s. Quand les vignes gèlent en mon village, mon prebstre en argumente l'ire des dieux sur la race humaine, mont. i. 170.

— ÉTYM. Argumentari, de argumenlum, argument.

f ARGUMENTEUR (ar-gu-man-teur), s. m. Celui qui argumente. Il allait souvent disputer à des thèses dans les classes de philosophie, et il brillait fort par sa qualité de bon argumenteur, fonten. Varignon.

ARGUS (ar-gus'J, s. m. || 1° Personnage auquel la Fabledonnaitcent yeux. |jFig. et familièrement, avoir des yeux d'argus, être fort vigilant , fort difficile à tromper. || 2° Surveillant, espion. J'ai des argus aux coteaux d'alentour Qui feront leur devoir d'y veiller nuit et jour, rotii. Antig. iv, I. Je serai, si je veux, l'argus de votre vie, in. Bëlis. m, 2. Saumery s'en acquitta [du soin de veiller à l'entrevue de Fénelon et du duc de Bourgogne] en argus, avec un air d'autorité qui scandalisa tout le monde. STsim. 108, 146. Damon Etablit des argus à l'entour de sa femme, la font. Coupe. Du préfet je crains le?

ARI

argus, bérano. Trembl. || 3" En histoire naturelle, nom de plusieurs espèces d'animaux offrant des ta uo l'on .1 comparées a des yeux.

— iiist. xiv -

gus, mais du tout avugle, Ménagier, il, 5. |xyi*s.

lonc s'assit auprès d1 ^rgus, T ni i an propose! argus [disputes] Le jour coulant, parlant de plusieurs p nnctz, marot, i v , io. t i vm. Argus, Bis d'Arestor.

\hi.i mi ,s. /'. Raisonnement <uv des

s, subtilité.

— HIST. xvr' s. Voyans qu'ils ne pi u

1er la majesté de Virgile, se sont tournez à l'enflure, et à je ne e mons-

trueuse, bons. 584.

— êtym. irgutia, d'arguere (voy. arguer). On

aussi , dans le \\ i* s. arguci . qui forme véritablement française : nriintm a.

, qui doit être plus anlien que le xvt° s. bien que l'on n'eu ait point mple.

IRG1 it \miii Mr li , ran tê-m'), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs d'un blanc éclatant.

— F.tvm. "Apyupoç, argent, et 5v8ï)p.«, fleur. ARGYRASPID1 - m. ;>/!/r.

1 un corps d'élite sandre, dont

.es soldais portaient u argenté.

— ÊTYM. 'ApYupaamSvrc, de ipy<J n< (voy. argent), et de àTiii;, bouclier rond (voy. aspic, sorte de

\ ARGYROCÊPHALE (ar-ji -ro-sé-fa-1'), adj. Terme didactique. Oui a la tète d'un blanc ai.

— ÉTYM. 'Ap-fupo;, argent, et xsçaXri, | ARGYROCOME (ar-ji-ro-ko-m'), -

d'astronomie. Oui a une chevelure argentine, en parlant d'une cou:

— ÉTYM. 'ApYvpoç, argent, et y.oar . chevelure.

t ARGYROPEE (ar-ji-ro-pée), s. f. Terme d'alchimie. Art prétendu de faire de l'argent.

— ÉTYM. "ApYupo;, argent, et 7toieîv, faire.

t ARGYROPHYLLE(ar-ji-ro fil). adj. Terme de botanique. Oui a les feuilles d'un I I ent.

— ÊTYM. "Apyupoc, argent, et pûX).ov, feuille.

+ Anr.YitosK!ar-ji-rô-/.'),.s'. /'. Minéral argentifère d'une couleur gris d'acier (sulfure d'argent).

— ÊTYM. "Av'j'.o;, argent.

| ARIA (a-ri-a), s. m. Terme populaire signifiant embarras. Quel aria! que d'arias!

— ÊTYM. Ital. aria, un grand air.

t ARIANISKR (a-ria-ni-zé), v. n. Avoir le caractère de l'arianisme. Il ne prétend pas avoir fait arianiser ces saints docteurs, boss. Avert. g.

— êtym. Arien.

ARIANISME(a-ria-ni-sm'),s. m. Hérésiedes ariens.

— ÊTYM. Arien.

ARIDE (a-ri-d'h adj. || 1° Dépourvu d'humidité, stérile. Terre aride. D'un aride rocher fit sortir des ruisseaux, R.\n. Athal. i, 4. Pour languir aux déserts de l'aride Arabie, volt. Zaïre, m, (. Ordonnez encore une fois à ces ossements arides de se ranimer, mass. Car. Lazare. Son corps aride [de saint Benoit] et exténué de mortifications et de souffrances, ne paraît plusse soutenir que par la grandeur de sa foi. in. Si Benoit. || Fig. Esprit aride. Sujet aride. Âme aride. Style aride. Mais quoi ! toute beauté Se flétrit sous les doigts de l'aride vieillesse, a. chén. Élég. 33. 11 n'y a rien de plus aride que ses bonnes grâces, mol. Avare, n, &i II vient des tempsde sécheresse et de langueur, où l'on fait d'arides réflexions, st-évremont, in-4", p. 533. || 2° Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une surface qui présente une certa;ne sécheresse et âpreté au doigt.

— HIST. xiuc s. Ce est ou désert qui est ares et ses [sec], Psautier, f" 94. || xv* s. A boire, à boire vistement! Je vueil tenir ma gorge humide, De paour de mourir pauvrement. Comme nos choux, sec et aride, basselin, xvii. || xvic s. Le pays de Champaigne est si ayre et infertile qu'à peine les trois parts des terres peuvent porter de l'herbe, Ane. proe. rerb. des coutumes de Troyes, dans Nouv. Coût. gén. t. ni, p. 293. Leurs viandes sont ares et aigres, et de peu de substance, du fouilloux, Vén. f" ih, verso. Le vent de galerne est arre, froid, desséchant grandement, id. ib. f" 44, verso. La langue sera aride et sèche, paré, xviii, us.

— ÉTYM. Aridus, de areo, être sec. L'ancien français disait are. qui est la forme véritable de aridus, qui a l'accent sur a. Aride a été refait sur le latin au xv" et au xvi° siècle.

ARIDITÉ (a-ri-di-té), s. f. || 1° Caractère de ce qui est aride. L'aridité de la terre. || 2° Stérilité. L'aridité de ces champs. || Fig. L'aridité de l'esprit, de l'àme, d'un sujet. || En langage mystique, état

IilCT. DE LA LANGUE FRANÇAISE,

ARI

d'une Ame insensible aux con lolation i que donnent

[tiques religieuses, s'il reçoit les consolations sensibles, sa joie i il e I dans

les aridités, dans 1rs sécheresses, sa crainte redou ble son exactitude ,fléch. h, p. 187. L'âme fidèle, au

: de ses dégoûts '-t de ses aridités, porte du moins une conscience qui ne lui reproche point de

. kass. Car. Tiédeur. Les aridités de la vertu it mille ressources dans la vertu même, id. ib i a pri rce et la plus commu

its et des aridités de nos prièi es, c'esl la tié deuret L'infidélité de notre vie, u>. Car. Prière 4 . Sans

' s avoir fait éprouver les aridités et les fatigues

du dési 1 1 . id. Prière i .

— étym. Provenç. ariditat; ital, aridità; d'ortditatem, de aridus (voy. aride).

ï ARIDURE (a-ri-du-r'), s. f. Ancien terme de i'hie.

— ÊTYM. Aride.

ARIEN, IENNE (a ri-in, è-n'), s. m. et f. Héréti que niant la consubstantialité du Fils a

i rnnité. || Adjectivement. Les Vandales étaient ariens.

—étym. Arias, célèbre hérésiarque, en grec 'A Ce nom signifie martial et i iênl de \ wiç, Mars. ARIETTE (a ri è-t'), s. f. Terme de musique. Air et court qui se chante avec ] accom-

ment. Les vaudevilles se sont nommés longtemps et se nomment encore cône i tes.

— étym. Ital. arit tta ,-diminutif de aria . air (voj .

AIR 2)

ARILLE (a-ri-11', II mouillées), s. m. Terme de botanique. Expansion du trophosperme , de forme et lue fort diverses, qui recouvre tout ou partie de la graine uns fruits.

— ÉTYM. Bas-latin, arillus, grain de raisin.

f ARIMKR (a-ri-mé), v. a. Terme d'épinglier. Ajus-

i [urne.

[AIUOSO (a-ri-o-so) , adv. Terme de musique. Indique un chant soutenu et approprié aux airs. ÊTYM. liai, arioso, de aria, air.

ARISTARQUE (a-ri-star-k'), s. m. Critique éclairé • re.

— ÊTYM. 'Apiaxap/oc, Arislarque de Samothrace, grammairien grec résidant à Alexandrie, et célèbre surtout par ses travaux sur Homère ; son nom vient de âpioro;, très-fort, et de âpy.u, commander: celui qui commande aux très-forts.

f ARISTÉ, I.K (a-ri-sté, tée), adj. Terme de botanique. Qui est muni d'un appendice en forme d'arète.

— étym. Arista (voy. arête).

ARISTOCRATE (a - ri- sto-kra-t'), s. m. et f.

|| 1° Membre d'une aristocratie, lu aristocrate; une aristocrate. || 2" Partisan de l'aristocratie. || 3° Adj. Quia le caractère d'un aristocrate. Cet homme est très-aristocrate.

— ÉTYM. VOV. ARISTOCRATIE.

ARISTOCRATIE (a-ri-sto-kra-sie) , s. f. || 1° Forme de gouvernement où le pouvoir appartient à une classe composée des personnes les plus considérables et fermée à toutes les autres. || 2uPar extension, la classe noble. L'aristocratie est toute-puissante dans ce pays. || 3° L'aristocratie des talents, les hommes éminents, dans une société, par leurs talents.

— HIST. xivc s. Aristocratie est une espèce de policie selon laquele un petit nombre de personnes ont princey et domination sus la communité, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. 'ApKTTOxpâTEia, deâpt^To:, excellent, et de xpaTÉto, être fort : domination des meilleurs, des plus considérables.

ARISTOCRATIQUE (a-ri-sto-kra-ti-k') , adj. Qui appartient à l'aristocratie. Un gouvernement aristocratique.

— HIST. xivc s. Et ceulx qui se gouvernent selonc police aristocratique dient que c'est vertu, oresme, Eth. )4G.

— ÉTYM. 'Apurcoxpatixâç (voy. aristocratie). ARISTOCRATIQUEMENT (a-ri-sto-kra-ti-ke-man) ,

adv. D'une manière aristocratique.

— étym. Aristocratique, et le suffixe ment.

| ARISTOCRATISER (a-ri-sto-kra-ti-zé), v. a. Rendre aristocratique.

— HIST. xive s. Aristocratizer est ouvrer et faire selon aristocratie, oresme, Thèse de meunier.

— ÉTYM. Aristocrate.

ARISTOLOCUE (a-ri-sto-lo-ch') , s. f. Terme de botanique. Genre de plantes qui sont employées comme toniques et emménagogues. L'aristoloche ronde, l'aristoloche longue, l'aristoloche clématite, l'aristoloche menue, l'aristoloche serpentaire.

ARI

— HIST. xvi" s. Il ordonna de la sarraslne ou de l'aristoloche longue, paré, xxih, 44. Aristolochie do deux sortes, longue et ronde, désire bonne terre,

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