ASPIRER
ASPIRÉ, EE (a spi-ré, rée), part, passé. || 1° Attiré. L'eau aspirée par le végétaux. 2' En termes de grammaire, affecté d'aspiration. Une lettre aspirée. La langue il" l'Iroquois, presque toute aspirée, étonnait l'oreille, chateaub. Amer. 249. ||.S. /'. Une aspirée, les aspirées, lettres qui ont une aspiration. Le chi grec est une aspirée.
ASPIRER (a-spi-ré), r. a. || i" Attirer l'air dans ses poumons. Aspirer l'air. Le poumon qui aspire et expire l'air. Le cheval aspire l'air de ses larges naseaux. Et chaque souffle enfin que j'exhale ou j'aspire, lamvrt. llarm. 1, 1. || Absolument. Aspirer avec force. Les oiseaux boivent en aspirant. || 2° Elever l'eau en faisant le vide. Cette pompe aspire l'eau avec beaucoup de force. || 3"Termedegrammaire. Prononcerde la gorge. Aspirer ïh. || Absolument. Aspirer, suivant le Dictionnaire de l'Académie, c'est.... n'ouvet, Prosod; :fr. || 4° Avoir le désir de. Aspirer à la royauté, à régner, aux honneurs. Il aspire, au premier rang. Quiconque, après sa mort, aspire a. la couronne, corn. Cinna, 11,2. Et montésur le faite, il aspire à descendre, id. ib. n, l. Nous devions aspirer à sa possession, Par amour, par devoir ou par ambition, id. Rodog. iv, 3. À de plus grands honneurs faut-il qu'un père aspire? id. Hor. iv, 2. 11 m'a plu sans peut-être aspirer à me plaire, p.ac. Baj. 1, 3. N'aspirant qu'à troubler le repos où nous sommes, id. Esth. n, ). 11 n'a plus aspiré qu'à s'ouvrir des chemins.... id. Mithr. v, 4. Et je ne puis songer Que Troie en cet état aspire à se venger, id, Andr. i, 2. Sortez du temps et du changement, aspirez à
té, poss. Duch.d'Grl || On l'a&ussi construit
avi C de. Bile n'a, pue encore d'y arriver que par des
moyens qui viennent de Dieu même, pasc. dans 01-
. IKK.
M v ispiri 1; i, pri i, idhe A. La différence
e i deux mol 1, c'e 1 que a ipirer n'implique
'I'"' ' dée de di il qui m u p m en1 à une chose,
ei que prétendre implique que nous y avons des
droits réels ou imaginaires.
HIST tir . reu (telle) parole uni leduenonciée, Sicum Deus lesoul ai pirez inspiré . bi oît, Chr. de
tform. t. II, p. I85,v. 207'ii. ||xiv"s. Aspirer ['., hunéo
de l'i âne. Ménag. u, 6. |[xvcs. L'œil regarde où le cueur aspire, basseun, m. ||xvi«s. ils veulent, ils
as] m, ils s'efforcent ma 1 rien en telle perfection
qu'il appai 1 enl ,cai v. Tnst. goo. Chascun aspire
mem à la libei té el auctorité, que ... mont.i, 59. l 'eloqui ne lel la louange de bien dire estoil le but 01 auquel aspiroient et laschoient de
parvenir tous le jeunes hommes romains, amyot, Ca ton , 9. Tel lieu est continuellement aspiré el e ventilé de la ii ig idité de I a 1 qui nou em inouïe, paré, vj , 23, Il a aspiré cest office ung long temps, palsgr. p. 42 1 . Nul aultre n'y pouvoit aspirer ny parvenir s'il n'estoil des sus dictes sept races, carl. vi, 0.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. a»j irar; ital. aspi- ;o,e. du latin aspirare, il'1 a pour ad (voy. à), et
Comme la pi onom ia lion d une lettre aspirée et, au 1 este, de toute autre Lettre, se rail non dans L'aspiration mais dans l'ex- 1. on a ditque aspirer était ici dit pour aspé rer, rendre Apre, les Latins appelant en eilel asper l'i pril rude des Grecs. Mais cela ne s'appuie sur aucun, exemple. Il est bien plus probable que, les Grecs appelant irveûpa, et les Latins spirit s, c'i 1 j dire 0 iffle, ce que nous appelons aspiration, as piration a été dite chez nous pour souille, par une n .1 ;sme vocal.
ASPLE .1 ipl 1, s. m. Technologie. Voy. aspe, ASPRE (a-spr'), s. m. Petite monnaie d'argeut rUTCS Je VOUS e I un-' Ironie aspres, dit un poëte au grand kan, volt. Mœurs, 58.
— HIST. xvi' s. Pour div aspres un turc se donnera une entaille, mont, i, 30&.
— étym. lias latin, asperi, aspri, aspratura; grec moderne, ioTtpoç. En grec moderne, âcmeo; signifie blanc; et en effet Vaspre estime monnaie d'argent, el c'est ainsi que chez nous une pièce
s'esl nommée un blanc. Cette monnaie est en usage chez les Turcs; mais Le mot n'est pas turc; car on le trouve dans Alexis Comnène bien longtemps avant l'établissement des Ottomans, ô.à rpa- •/i(.)v â<77tptov voiMTjj.denov, exiger le payement en • ■non usée. Cette phrase explique en même temps l'origine du mot aspre. En effet les Latins nommaient nummus asper, une monnaie âpre, c'est-à-dire non usée par le frottement, en d'autres termes, fraîchement frappée. On a là une des plus curieuses mutations de sens qu'une langue puisse offrir. Asper nummus signifie en latin une monnaie qui sort de la fabrique; le mot asper passe dans le grec avec le sens de monnaie, puis il prend le sens spécial de monnaie d'argent; et comme l'argent est blanc, il arrive à exprimer la blancheur, de sorte que, par une déduction qu'on suit nettement, asper devient synonyme de blanc.
ASSA (a-ssa), s. f. Suc végétal concret : )° Assa dulcis , ancien nom du benjoin ; 2° Assa fuetida, gomme résine fétide fournie par la férule persique (ombellifères).
— iiist. xvie s. Asse-fetide, 0. de serres, on.
— ÉTYM. Origine inconnue. Allemand, Asand. La plupart des auteurs de matière médicale font assa feetida du masculin : le meilleur assa feetida.
f ASSAGIR (a-ssa-jir'). || 1° V. a. Rendre sage. L'âge assagit les jeunes gens. Les afflictions assagissent ordinairement les hommes. || 2" V. n. Devenir sage. Il Ce verbe a vieilli ; c'est dommage ; et bien employé il pourrait renaître.
— HtST. xvc s. Quant un peu fui plus assagis, Estre meconvint plus sougis, froiss. Espin. amoU' reuse. Robes de vair ne de gris n'ont puissance D'assagirnul.... e. descii. l'Habit nefait pas l'homme. Il xvi' s. Il nous fault abestir, pour nous assagir, mont, n, 214. J'estudiai jeune pour l'ostentation; depuis, un peu pour m'assagir, id. nr, 290. Vieillir n*es1 pas assagir ny quitter les vices, mais seulement les changer en pires, charron, Sagesse, chap. 30.
— ÉTYM. À et sage.
f ASSAGISSEMENT (a-ssa-ji-se-man), s. m. Action de rendre sage ou de devenir sage.
— ÉTYM. Assagir.
f ASSAI (a-ssa-ie). adv. Terme de musique. S"
ASS
ASS
ASS
joint comme augmentatif au mot qui indique le mouvement d'un air. Presto assai, fort vite.
— étym. Ital. Assai, beaucoup, très (voy. assez).
ASSAILLANT (a-sa-llan, 11 mouillées, et non a-sa-yan), s. m. ||. i° Celui qui assaille. 11 repoussa tous les assaillants. Les assaillants furent repoussés jusques dans leurs tranchées. || 2° Anciennement, celui qui, dans un tournoi, combattait contre le tenant. Faites ouvrir le champ ; vous voyez l'assaillant Un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillant, corn. Cid, v, 6.
— HIST. xive s. Les assaillans ou emprenans se reputent plus fors, oresme, Eth. 79. || xvi' s. L'assailleur bien souvent vaut moins que l'assailli, rons. 73G. Il fault veoir en quel estât est l'assaillant,
ASSAILLI. 1E (a-sa-lli, llie, II mouillées), part. passé. Assailli d'une grêle déballes. Dans la sombre épaisseur de ces profonds taillis, Où bientôt, sans retour, ils seront assaillis, volt. Scythes, iv, 8. D'un trouble si confus mon esprit assailli Se confesse coupable; et qui craint a failli, rotr. Venceslas, IV, 4.
ASSAILLIR (a-sa-llir. Il mouillées, et non a-sayir), j'assaille, nous assaillons; j'assaillis, nous assaillîmes; j'assaillirai ; j'assaillirais; assaille, assaillons; que j'assaille, que nous assaillions ;que j'assaillisse, que nous assaillissions; assaillant ; assailli, v. a. || 1" Se jeter sur pour attaquer. Assaillir les ennemis dans leurs retranchements. Si on avait assailli un Romain, on ne payait que la moitié de la composition, montesq. Esp. xxvm, 3. Un moine noir a par dévotion Saisi le tout quand j'assaillis Marthon, volt. Ce qui pi. aux dames. || 2° Fondre sur. L'orage nous assaillit au sortir de la ville. Pendant cela le mauvais temps l'assaille De toutes parts, la font. Orais. \\ 3° Fig. S'il ne se fût mis en tête d'assaillir son cœur, hamilt. Gramm. 9. Toujours nous assaillons sa tête De quelque nouvelle tempête, mai.ii. il, 3. C'est le doute que j'ai qu'un malheur ne m'assaille, id. v, 4.
— sv.N. assaillir, attaquer. Assaillir, venant de satire , sauter, indique quelque chose de brusque et d'imprévu qui n'est pas dans attaquer.
— HIST. xi1' s. Qui en alcun des chemins occit home qui seit errant per le pais, ou assalt.... L. de Guill. 30. Son corps [il] demene, moût fièrement asalt, Ch. de Roi. lvi. Nous asaldrum Olivier etRolant, ib. lxxiv. ||xiic s. Par tantes fois [j'J ai esté assailliz, Que je n'ai mais pouvoir de moi défendre, Coud, vi. Saisne assaillent la vile, li encrismé félon, Sax. vm. || XIIIe s. Et Pempereres Alexis avoit apareillés grans gent pour assaillir aus trois portes; comme il se ferroit en l'ost d'autre part, villeh. lxxxi. l.i pèlerin ne vous assaudront mie, id. xi.vii. Et chascuns vessiaus assailloit endroit lui, m. civ. Adonc pristrent cil de l'ost conseil qu'il porroient faire, s'il assaudroient la vile ou par mer ou par terre, id. lxxiii. Et li Venicien s'acorderent à ce qu'il asausissent par mer.... id. lxxiii. De l'homme qui li ni main ens au bois m'assailli , Rcrtc, cxvm. De mainte chose i fut Berte moût araisnie, Et souvent oposée [contredite] et souvent assaillie, id. cxix. Li Dieu ruideroient, espoir, Que j'assaillisse paradis Cum firent les geans jadis, la Rose, 5447. Cix qui, à tort et par malvese cause, les assaudront de plet [procès], beaum. U. Noz volons retenir les biens, si que noz aions pooir de noz deffendre, s'on noz assaut, m. xn, 33. Et ses bons n'est pas tenus àli aidier à autrui assalir hors de ses fiés [fiefs], id. 50. Se aucuns assaut le [la] maison d'aueun, et se chius [celui] à cui l'assaus est fais, ochist l'asalant, en lui défendant, il n'est a nule amende, tailliah, Recueil, p. 48. || xve s. Venez avant, dist-il, plaisant Beaulté, Je vous requier que sur la loyauté Que me devez, le venez assaillir, cit. d'orl. t. Quant en mon lit ûoy reposer de nuit , Penser m'assault, et désir me guerrye, id. Rai. (2. Qui eussent peu passer la rivière et assaillir les gens du roy, comm. i, 9. Que ils assaillissent hardyement, car ledit duc assauldroit de son costé, id. ii, n. À l'aube du jour fut l'assault très bien assailly et très hardiement et encores mieulx defiendu, id. m, 10. Les Anglois demandèrent, comme ilz ont aeoustumé,la couronne, pour le moins Normandie et Guyenne, bien assailly, bien défendu, id. i, 8. || xvie s. L'advantage que la nuict lui donnoit pour assaillir Darius, mont, i, 29. Quand cette maladie m'assault mollement, elle me faict peur, id. iv, 273. Qu'un seul eschelle une forteresse, qu'il assaille une armés, qu'il conquière un royaume.... id. iv, 319. Si on ne les gourmande, si on n'assaul
leurs vies, lanoue, 247. Et s il y eut bien assailli, il y eut aussi bien défendu, id. 555.
— ÉTYM. Norrn. assauter ; picard, assalir; baslat. assalire, dans la loi salique; provenç. assalhir, assallir, assaillir; espagn. asalir ; ital. assalire; du latin assilire, de ad, à (voy. À), et salire, sauter (voy. saillie). On conjuguait jadis ce verbe autrement: au présent, j'assaus, tu assaus, il assaut. Un jour, qui n'est pas loin, elle [l'Église] verra tombée La troupe qui l'assaut et la veut mettre à bas,MALH. Les larmes de S. P. Amour dedanslecœur m'assaut si vivement, Régnier, Élég. n. On disait au futur j'assaudrai ; et Ménage avertit de dire j'assaillirai, et non fassaudray. Ce n'est pas une faute, mais un archaïsme. La conjugaison j'assaus, etc. est la conjugaison régulière, le latin sdlio, salis, salit donnant régulièrement je sal, tu sais, Usait; d'où assaillir et sa conjugaison. C'est par une confusion de la conjugaison en ire et de la conjugaison en iscere que nous disons j'assaillis, conjuguant ce verbe comme fleurir. Palsgravc, p. 23, au xvie siècle, «lit qu'on prononce les deux *'.
ASSAINI, IE (a-sè-ni, nie), part, passé. Rendu sain. La contrée assainie par des travaux bien conduits.
ASSAINIR (a-sè-nir) , v. a. Rendre sain, plus sain. Assainir une ville, un hôpital.
ASSAINISSEMENT (a-sè-ni-se-man), s. m. Action d'assainir; le résultat de cette action. L'assainisse^ ment d'une localité.
— ÉTYM. Assainir.
f ASSAISONNANT, ANTE (a-sè-zo-nan , nan-t'), adj. En économie rurale, plantes assaisonnantes, celles qui se distinguent par leur saveur acidulé , amère ou piquante , leur odeur prononcée, généralement agréable ; elles sont pour les bestiaux une sorte de condiment.
ASSAISONNÉ, ÉE (a-sè-zo-né, née), part, passé. H 1° Pourvu d'assaisonnement. Légumes assaisonnés à l'huile. || 2° Fig. Discours assaisonné de plaisanteries.
ASSAISONNEMENT ( a-sè-zo-ne-man ) , s. m. || i° Action, manière d'assaisonner. Il a manqué l'assaisonnement. || 2° Substances qu'on emploie à assaisonner. Le poivre est un assaisonnement. || 3° Fig. Tout ce qui ajoute de Pà-propos, du piquant à une chose. La sagesse toute crue fait mai au cœur : il y faut un peu d'assaisonnement , halz. liv.Vl, lelt. 5. Qu'il y ait dans nos paroles un assaisonnement de grâce et de sel, fléch. Scrm. i, 293. Qui font du mépris des choses saintes l'assaisonnement d'une débauche, mass. Prière, 2. Que des discours dissolus fissent, l'assaisonnement de ses repas, id. Hichc. Vous devez avertir, reprendre.... vous me direz qu'il faut à tout cela de l'assaisonnement et de l'onction : j'en conviens, mais je vous dis aussi qu'il faut de la force et de la résolution, bourd. Pensées, t. n, p. 473.
— ÉTYM. Assaisonner.
ASSAISONNER (a-sè-zo-né) , v. a. || 1° Mettre dans un mets certaines substances qui le relèvent. Assaisonner un ragoût. || 2" Fig. Assaisonner d'un peu de joie les amertumes de la vie. Quand on fait du bien, on l'assaisonne d'agrément, sév. 342. La sagesse sait assaisonner les plaisirs pour les rendre durables, fén. Tél. vin. Habile pour assaisonner une louange délicate qui lut bien reçue des hommes les
plus modestes, m. ib. xvi. Ils doivent assaiso i
leurs discours du sel de la sagesse, boss. Cath. 3. Un art d'assaisonner les grâces qui touchait plus que les grâces mêmes, mass. Louis XIV. [Il a vu] le péril de la débauche en assaisonner les excès, id. Conv. Le roi me demanda comment ce malheur [la mort de mon père] était arrivé, avec beaucoup de bonté pour mon père et pour moi ; il savait assaisonner ses grâces, st-sim. 6, 78. La satire, en leçons, en nouveautés fertile, Sait seule assaisonner le plaisant et l'utile, boil. Sal. ix.
— HIST. xnie s. Assez vault miex viande assesonnée Que le mangié poi cuit et trop haslez, Bibl. des Chart. 4e série, t. v, p. 38. || xve s. Combien que icelluy blé ne feust mie pour lors attempresé ne assaisonné, du cange , assaxonarc. || xvi' s. L'espic jaunit en grain, que le chaud assaisonne, dubell. vi, 19, verso. Mais ne peult-on l'amour assaisonner, Comme les fruicts, et par art luy donner Maturité.... id. vu, 32, verso. La douceur et gentillesse de son naturel, qui assaisonnoit tout ce qu'elle disoit ou faisoit, estoit unaguillon qui poignoitau vif, amyot, Anton. 32. Et treuverés tout ce bois prest pour vostre service, à mesure du besoin, séché et assaisonné à propos, o. de serres, 808. À. la délicatesse du pain sert aussi tel séjour du bled en la gerbe, d'au-
tant que là il s'assaisonne et prépare très-bien,
— ÉTYM. Berry, assaisonner, cultiver en saison propre; norm. assaisonné , qui vient à une époque convenable; wall. asaguener; provenc. assazonar , asazonar, mûrir à temps; portug. asasonar ; de ad, à, et saison, mettre a la saison, mettre à point, sens qu'on trouve en effet dans les anciens auteurs.
t ASSAISONNEER (a-sè-zo-neur) , s. m. Celui qui assaisonne. Familier.
— ÉTYM. Assaisonner.
ASSAKI (a-ssa-ki), s. f. Titre de la sultane favorite du Grand-Seigneur.
— ÉTYM. Arabe, assdkî, de l'article al, et sdkt, échanson; cette terminaison, masculine en arabe, s'employant en turc pour le féminin aussi. Appai emment on donne ce nom, dans le harem, à la sultane favorite, parce qu'elle sert à boire au sultan dans certains moments.
I. ASSASSIN (a-sa-sin), s. m. Celui qui assassine. Un lâche assassin. L'assassin fut saisi, tenant encore son arme. Soyons des ennemis et non des assassins, rac. Andr. iv, 3. Pour moi, mon ennemi, l'objet de ma colère, L'auteur de mes malheurs, l'assassin de mon père, corn. Cid, iv, 5. || Par extension. Ce médecin est un assassin. Que dit-il quand il voit . avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse? boil. Sat. vin. Ton oncle, dis-tu, l'assassin M'a guéri d'une maladie; La preuve qu'il ne fut jamais mon médecin, C'est que je suis encore en vie. id. Épigr. Dans Florence jadis vivait un médecin, Savant hâbleur, dit-on, et célèbre assassin, id. A. poét. îv. Vous êtes dans votre art [la cuisine] tous de francs assassins Produits par les enfers, payés des médecins, regnard, Démoc. m, 7. || Crier à l'assassin, appeler dusecours; crier pour qu'on coure sus à l'assassin. || Au fém. Et vous en avez moins [de peine] à me croire assassine.... corn. Nicom. m, 8. Que dit-elle de moi, cette gente assassine? mol. l'Élour. i, c || Autrefois et figurément, assassin, petite mouche noire que les femmes se mettaient au-dessous de l'œil.
— REM. Le langage vulgaire se sert de assassineuT et ù'assassinateur ; ce sont des archaïsmes, il est vrai, mais que l'usage a tout à fait bannis; et c'est une faute que de s'en servir.
— SYN. assassin, meurtrier, homicide. L'homicide est le terme le plus général ; il se dit de celui qui tue un homme, soit avec intention, soit par imprudence. L'assassin et le meurtrier ont l'intention de tuer, mais le premier dresse un guet-apens et attaque en trahison; dans meurtrier l'idée de guet-apens, de trahison n'est pas impliquée.
— HIST. xiii1' s. Le Vieil de la montaigne savoit bien que, si il en feist un tuer [grand-maître des Templiers], Ion y remeist tantost un autre aussi bon; et pour ce ne vouloit il pas perdre les assacis en lieu là où il ne peut riens gaainger, joinv. p. 137. édition de :michf.l, (858. Et pour ce ne font force li assacis d'eulx faire tuer, quand leur seigneur leur commande, pour ce que il croient que il seront assez plus aise quant il seront morsqueiin'estoient devant, m.ib.p. 130. || xvic s. Ruynant les obscures forests, réceptacles de briguans et meurtriers , taulpinieres
3inateurs,RAB. Pant. m, 2. Les hommes seront loup/ es hommes, briguans, assassineurs , empoisonneurs, id. m, 3. Rompre sur la roue, commi trahistre et assassinateur, carl. vi, <7. Les faits d'armes des anciens et modernes assassins, autrement appeliez Bédouins et Arsacides , qui ne craignoient d'aller tuer.... ceux que leur prince imaginaire Aluadin, surnommé le vieil des six ou sept montagnes, leur commanduit , Sat. mén. p. 19. Meurtriers et assassinateurs, ib. p. <07.
— ÉTYM. Provenç. assassin, ansessi; anc. catal. assessi; espagn. asesino; ital. assassino; bas-lat. assasini, assessini, assisini, assassi , hassatuti, heissesin ; yaaioi, en grec moderne; de l'arabe haschisch . nom de la poudre de feuilles de chanvre, avec la-, quelle on prépare le haschisché. Le Prince des assas-| sins ou Scheik ou Vieux de la montagne faisait pren-1 dre du haschisch à certains hommes qu'on nommait; feidawi ; ces hommes avaient des visions qui les transportaient et qu'on leur représentait comme un avant-goût du Paradis. A ce point, ils se trouvaient déterminés à tout faire, et le prince les employait ■'>. tuer des personnages ennemis. C'est ainsi qu'une plante enivrante a fini par donner son nom à l'assassinat.
2. ASSASSIN, INE(a-sa-sin, si-n'), adj. || 1° Terme poétique. Qui tue. [Il] ne saurait se garder d'un poignard assassin, c. delav. Vêpres sicil. i. (. || 2° Fig. Et tandis qu'il m'assied au trône de Racine, [il] Ai-
ASS
eontre moi l'épigramme assassine, hii i lous, littêr || Des yeux assassins, des regards assas-
ibeaux qu'ils font languir, rer el mourir amoureusement. Soyez un peu plus i u issassins, ou bien n irgue de Poés. dans ru hi
V»>\sM\ AN I . AN II
fatigant. Un compl i sinant. Une
ur. une honnfiteti
i des red les assassinantes. El dans le | ux, Donl tu veux que je me contente, i ne
•,nn vsm\ v r (a sa si na ; le (se lie; se lie; des ass ss nats i dieux . diti s de odieux),;, m. 1 Meurtre comm par un assassin. pour cet assassii al . c'esl di
s. rJor. v, 3. 2 Fig Acte di attendre un h mai • d'une rue et le ch
3 Fig. D scours qui porte un grave préjudii e est un as
ii. Ne voulant avoir qu'une médiocre part à l'assassinat que nous lui faisons tous, sêv. 226.
— iiisr xvi' s. Pour violements el voleries nocturoes, avecques assassinats, i ihi x, i Pour l'advertir dudit assassinement, i i Cessoudards, envoyez pour faire cet à lenl d'aventure adverl s qui i u > Tant d'homi morts, tanl de sang espandu pour ces massaci t desti uite
nais, brigandages et volleries, i , F\
nances, n* livre, p. 240.
— r.rvM Assassiner. On a dit aussi, au xvi« siècle, assassinement.
ASSASSINÉ, ÉE (a-sa-si-né, née), part || 1° Tué en guet-apens. Assassiné par son rhasse. Li suns a
cobn. Ct'nno, i, 3.||2°Fig. assassiné par un si cruel
contre-temps. Assassiné de visites importunes. Nous
. l'année passée, s benilles-, sév.
ASSASSINES (a-sa-si-né . v. a. || 1" Tuer avec préméditation, par surprise. On L'assassina dans son lit. Henri III fit assassiner les Guise. El pour m'aserje lui prête mon bras, corn. Cinna, ni, i. Nous ayant embrassas, elle nous assassine, u, 4. Sans eet avis fidèle, Deux traîl es, dans son lit, assassinaient leuT roi, RAC. Esth. Il 2. Pai extension. Mes ordres n'ont encore assassiné personne, corn. Sertor. in. reçu à dire qu'on ne peut se passai r, d'as-
sassiner? la bruy. c.||2" Excéder de coups, de blessures par trahison. Us se min ni quatre contre lui . el i assassinèrent de coups. Ali ! ii
moi . Fourbi r. m, 2. || 3 Caus r un grand pn judice, une vive douleur. Un fils audacieux insulte à ma
ruine. Traverse mes desseins, m'i m'assas
sine, rai ilithr. n, 6. Le coup mortel dont vous
issi nez, corn. Héracl. v, 2. Et cet affr< voir dont l'ordre II Cid, m. i. D'un
coup étonnant ce disco irs m assassii e, s i i Étour m, 2. || 4° Fatiguer, importuner à l'excès. D cieuse coutume d'assassiner les gens de leurs ouvrages, mol. Critique, h. Tout le monde m'as-, de votre retour, sév. i s.
— HIST. xvie s. De faire assassiner les ambassadeurs, M. du bell. 482. Ainsi qu'on voit une fiere lionne, Que la fureur et la faim espoinçonne, Assassiner le débile troupeau, rons. 595.
— ÉTYM. Assassin.
\ ASSATION a s. f. Terme didactique.
Coctiondes aliments ou des médicaments dans leurs propres sucs, sans addition d'aucune liqueur.
— HIST. xvi« s. Laquelle [concoction] naturellement en nous se fait par elixation, et non par assation, comme dit Aristote, pake, xi, 4.
— ÉTYM. Assare, faire rôtir.
ASSAUT (a-sô; le t se lie; un assaut impétueux, dites : un a-sô-t impétueux; au plur. Ys se lie : des a-sô-z impétueux!, s. m. || 1° Attaque de vive force sur une ville, un poste, etc. Monter à l'assaut. Donner l'assaut aune ville. Livrer à une place un assaut furieux. Un assaut général. Emporter d'assaut. Repousser les assauts. Condé fut pris d'assaut la nuit de samedi à dimanche, sév. 269. Les glorieux assaulsdeplusde cent murailles, corn. Nicom. ni, g. || 2° Fig. Les assauts de la tempête. Être en butte aux assauts de l'adversité. Ce n'est qu'en ces assauts qu'éclate la vertu, corn. Poly. i, 3. Tous les assauts que sa rigueur me livre, id. Pomp. ni, 5. Saint Jérôme soutient des assauts terribles, il combat corps à corps avec ses passions, chateaub. Génie, n, m, 8.
ASS
ils..., Ont . d'un commun as aul , mon
Ifensé, mai n. i, 2. H i i"i orter la pli ' i
saut, réussir promptemenl ou bi u quemenl .
u 'i i insistance qu on met 3 llicita tion vive et pressante. Il sera difficile que e a tant d'assauts. > |uel coui
qu'on lui prépare ici Tphig. iv, i. Mille assauts qu'on livre a son nno
Thom. ' 4 i l'i ici m I
au il- i. ; - de leçon . je tirais
muraille, i >] •
iu le mieux nno chose. Ils embli
de lamentati ns. Fa i e a aul deba e -
il de zèle. Dai i i aut di ut.' , fa saienl a ■ aul d d'attraits, hamii r. Gramm. ". s'il vous plall
On connaît les assauts du lossignol contre
BUTF. (/(' /'< • III- :
Ch.deR • tu I a I al tierz asall
ttart. B6. || un' s. Einsi dura I; ir cinc jors, vili.eh. x
.i ,,i esl .ir ejoi
n. 20. || xiv° s - elle i ' ville e il de
bonn i D'en i i d'i artillei ie;
i t deffaut, On la porroit pei I a
Saut, MACHAULT, p. H*. || X
ibresis; car il pensoit bien que do ce costé il auroit premierem iss. i,
I, 80. || xvi« s. Anciennement on di o I 'j" >' !l!'" ' f-i r un assaut de cent lieues et cereber une bâta Ile de cent, lanoi e, 253. Il lu voir s'il leri pour faire
veu qu'il aimoit tant les duels, d'aï i
: n -rai fut donn - endroits et em-
i llisl. I, 27.
— ÉTYM. Bourguig. aissau ; provenç. ai assaut, catal. assoit; espagn. osa I
du bas lat. assalire, assaillir (voy. ce mot l'anciei frança . au nominatif singulier, as ils, asaus ; au régime, asalt, a a
f ASSAUVAGIR (a-sô-va-jir). || 1" V. a. Rendre sauvage. '| 2" V. n. Devenir sauvage.
HIST. xin" s. Les [animaux] Evain a s ' ent, Et les Adam [ceux d'Adam] aprivoisoient : .mtres en issi Li gorpil
i ■ rs s>7. || xvc s. Laquelle fei
res, qui ont gagné et assauterres labourab cange,
syh aticus Icelluj d >l au suppliant qu'il donneroit ux souffletz bien assis pour 1 a -ir [éloigner] de plus n'aler à sa ma id. ib.
— étym. A et sauvage.
| ASSAVOIR (a-savoir). Faire assavoir, q êcril maintenant, faire à savoir (voy. n
— REM. Les anciens textes montrent qu'il y avait
be assavoir qui se construisait comme les autres avec faire, et qu'on a mal h propos décomposé en d savoir. Faire est toujours snivi de l'infinitif
aucun intermédiaire, excepté dans la locution faire à savoir; mais on voit qu'elle est l'al-
ii d'une locution correcte qui rentre dans la règle.
— HIST. xm' s. Et li dus dit qu'il en parlerait à sa gent, et ce que il trovereit, il- le ferait assavoir ,villeh.xv. Etquant la chose a entendue Li bons prodons devant nommés, Bons chevaliers, bien renommés,
i 'esl assavoir Virginius, la Bose, 5651. Et quant la court aura coneu quel respit le seignor deit aveir, le seignor deit fair assaverle plus tost que il porra.... Ass. de Jér.i, 2io. ||xvc s. On leur fit asavoir de par le roi.... froiss. i, i, 33. Oultre plus, faisons assavoir, Et certifions.... ch. d'oui.. Quittance d'amour. || xvic s. Et celluy temps passa comme les petitz enfanz du pays, c'est assavoir, àboyre, manger et dormir, rab. Garg. i, 1 1. Le double qui troubloyt son en1 t estoyt assavoir s'il debvoit
plourer pour le dueil de sa femme ou rire pour la joye de son filz, id. Pant. n, 3.
— Étym. .A et savoir; norm. assaveir; picard, as- ,ai oir , faire savoir.
\ ASSEAU (a-sô), s. m. Marteau à l'usage du m-, dont la tête est courbée en portion de cercle.
— HIST. xve s. Le suppliant d'un as^eau à charpentier leva la serreure d'une nuche fermée à clef, du cange, ascilus.
— ÉTYM. Bas-latin, asciculus, du latin ascio'a, asciolus, diminutif de ascia, instrument de charpentier.
ASS
| ASSEC fi sek), s. m. Période pendant laquelleun étang desséchéesl livré à la culture.
— ÉTYM. i el sec.
| ASSÉCH AGE m sé-cha j i. s. m. Technologie. ili, de l'huile qui a pénétré dans le bois; opération préparatoire de l'applii ation du vernis.
— étym. [ssécher.
ASSECHEMENT (a ,,,), s. m. Action état de ce q êi hé.
; ASSÉCHER e ê-chi I 'lie, avec l'accent :-■:■ ive dei .ut la syllabe muette, exi - pté au futur et au cond tionnel ; j'as éi tiei ri, i i léchei lis, où pourtant la proi iiation reste comme dans j a i lèche).
r. a. || 1" Terme de mines. Priver d'eau, d'humidité. lier un bassin, en extraire l'eau avec des
pompes 1 2" V. n. En ti r s de marine, devenii à
se,-, t ne baie, une roche qui
— mis i . xvi* s. D'humeui je suis, comme tuile, .i eché, m \hot, iv, 202.... El les ondes a sèche et divertit, id. iv,3I9. Les vers qui fonl uos
i i -..-; e, -n-.:- et a ieicher,
154 ti \ iande orne n'esl pas tousjours
propre à nostre e tomac;illa fault asseicher, altérer
el ' - mpre, ro. n, 203.
— éi\ 11. 1 - 1 séchi r.
ASSÉ1EUB (a-sé-ieur), s. m. Ancien terme d'admini tration. Officier d'un village qui s'empl iyail avec le collecteur à faire le rôle des tailles i deniers.
— HIST. xvi° s. Quel moyen a de s'avancer un pauvre huguenot en temps de paix? S'il est rotu-
ius avons commandé qu'on fist les assoyeurs catholiques, et les collecteurs hugue- ( onfess. n, v.
— ÉTYM. As eoir.
ASSEMBLAGE m bla-j'), s. m. || i» Réunion de choses ou de personnes. Tout assemblage de parties peul nir. L'asemblage des atomes. Formé par assemblage. La mort rompt l'assemblage du corps. Armée qui est un assemblage de toutes les nations, lie tant d'objets divers le bizarre assemblage l'eut être du hasard vous paraît un ouvrage, lue. Atliat. 11. 5. C'était un grand . mais dont le sang ni l'âge Ne pouvaient avec vous faire un digne assemblage, corn. Sertor. v, 4. Son ouvrage n'est qu'un assemblage confus de parties magnifiques, 1 rv Tél. XXII. Il faudrait dire qu'à la vérité
I corj viennent de Dieu, mais non leurs mouve-
111 leurs assemblages.... boss. Lib. arb. 3. La confession de Bille dit que l'Église catholique est le saint assemblage de tous les saints, id. Far. 15. y 2° Fig. L'a niblage des plus nobles connaissances. Cet homme est un assemblage de tous les vices. Il 3" Te me de menuiserie. Manière de joindre des pièces de bois. Assemblage à rainures, à tenons, à mortaise. Il 4° Terme de reliure et de brochage. Réunion de feuilles d'un volume dans l'ordre do leurs signatures.
ÉTYM. t---. mbler.
ASSEMBLÉ, ÉE (a-san-blé, ôe), part, passé.
II 1° Mis ensemble. Des molécules assemblées par la force de cohésion. Devant le sénat assemblé. Une tenue d'états ou les chambres assemblées pour une affaire très-capitale, ladruy. 6. Quand la rébellion, plus qu'une hydre féconde, Aurait pour le combattre assemblé tout le monde, Tout le monde assemblé s'enfuirait devant lui, mai.ii. h, I. Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée.... rac. Ilcrén. 11, 4. J'ai vu devant mes yeux Rome entière assemblée, m. ib. v, 0. Et la loi de l'hymen qui vous tient assemblés, corn. Poly. i,3. (Voltaire critique ce vers, disant qu'assembler ne s'emploie que pour plusieurs personnes). || 2° En termes de charpentier, bois assemblé, celui qui , joint à un autre , occupe la place où il doit rester. || 3° S. m. L'assemblé est un des pas de la danse, consistant à assembler les deux pieds à la troisième position, laquelle est la plus naturelle pour finir une danse.
ASSEMBLÉE (a-san-blée), s. f. [| 1° Réunion de personnes. Belle , grande , nombreuse assemblée. Les prêtres arrosaient l'autel et l'assemblée, rac. Alhal. n, 3. Des chrétiens une impie assemblée, corn. Polij. 1,3. Il 2" Réunion de personnes formant corps. Une assemblée délibérante. L'assemblée nationale. Les assemblées savantes, telles que les académies. Le parti a tenu une assemblée générale, boss. Var. Préf. Où elle tenait ses assemblées, id. Ilist. 11, -12. Il Par analogie. Assemblée de famille, d'actionnaires, de créanciers. || L'assemblée des fidèles, l'Église. || 3° Société, cercle. Mme une telle tient son assemblée les mardis. Peu usité maintenant en ce sens. || 4° Terme militaire. Appel au
ASS
ASS
ASS
son du tambour ou de la trompette, pour rassembler les soldats. || Quartier d'assemblée, le lieu que l'on indique aux troupes pour s'assembler. || En termes de chasse, lieu où se rendent les chasseurs et où ils déjeunent avant d'aller au laisser courre. || 5" En certaines localités de la campagne, réunion de fête ou de marché. Les filles n'étaient pas chères à l'assemblée de Veretz, les garçons hors de prix,
P. L. COURIER, n, 278.
— HIST. xiie s. Ne se font mal à icelle asanblée [à ce choc j, Ronc. p. 144. La nuit que l'endemain dut estre l'asemblée, Jut saint Thomas à Chartres od gent qu'il ot menée, Th. le mari. 104. || xmc s. Là ot si grant assemblée de gens, que ce ne fu se merveille non [sinon merveille] , villeh. ex. Quant aucune assanblôe veut mouvoir aucun plet, il n'est pas mestiers que toute le [la] communité voist [aille] pledier, beaum. 87. Dont c'est pités, porce que l'assanblée du mariage ne fust pas fête malicieusement, id. xvin, 7. || xivc s. Les sacrifices anciennement ordenés et teles assemblées estaient faites après ce que les fruissont cuillis,onESME, Éth. 246. |] xve s. Etavoient fait départir cette grant assemblée [l'armée anglaise] qui assiégée l'avoit [Tournay] , froiss. i, i, (45. || xvie s. La crainte que chacun d'eux avoit de l'assemblée [accointance] du roi et de la damoiselle, marg. Nouv. m.
— ÉTYM. Assembler;.
f ASSEMBLEMENT (a-san-ble-man), s. m. Action d'assembler. C'est en rassemblement de ces couples célestes, malh. vi, c.
— HIST. xin' s. L'emperere forment l'esgarde, Qui avant estoit en l'angarde Pour esgarder rassemblement [combat], du cange, asscmbleta. Li éclipses du solel n'avient fors en la daerraine lune et en la primeraine, en Pasamblement de li et du solel, Comput. f" 14. || xve s. Son serviteur, au partir qu'il fit de leur assemblement, laissa l'huis entrouvert, louis xi, Nouv. "i. || xvie s. Et que ne me fissiez plus veoir le spectacle de vos amoureux assemblemens, des per. Cymbal. I3«.
— ÉTYM. Assembler.
ASSEMBLER (a-san-blé), v. a. || 1° Mettre ensemble. Assembler des parties êparses. || Fig. Je vois quels malheurs j'assemble sur ma tète, rac. Mithr. iv, 4. || 2° Convoquerdes personnes, réunir. Assembler des soldats. Assembler le peuple. 11 assemble dans un temple si célèbre ce que son royaume a de plus auguste, pour y rendre des devoirs publics à la mémoire de ce prince, boss. Louis de Bourbon. On nous assemble un jour trois de nous autres, avec un médecin de dehors, pour une consultation . mol. L'Am. mé'l. n, 3. || 3° Terme d'arts mécaniques. Assembler les pièces d'une machine. Ulysse abattit vingt arbres en tout; cependant la nymphe lui porta un instrument dont il fit usage pour les percer et les assembler , fén. xxi , 338. || 4" Par analogie. Assembler un pourpoint, mol. le Bourg. u,8. Quelle importune main.... A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux? rac. Phcd. i, 5. || 5° Terme de reliure et de brochage. Réunir les feuilles dans l'ordre de leurs signatures. || 6° Terme de danse. Assembler, absolument, mettre un pied, ordinairement le droit, devant l'autre à la troisième position, le talon droit touchant d'équerre le milieu du pied gauche. || 7° En termes de- manège, assembler un cheval, la mettre parfaitement d'aplomb sur ses membres, la tête en belle position. |] 8° S'assembler, r. réfl. Se réunir. Le conseil s'assemble. Dès qu'un grand est mort, on s'assemble dans une mosquée, et l'on fait, son oraison funèbre, montesq. Lettres pers. 40. || Proverbe. Qui se ressemble s'assemble; c'est-àdire, quand on a les mômes inclinations on se recherche. Il se dit en mauvaise part.
— REM. On a dit assembler à au lieu Je as em bler avec. Tu suis mes ennemis, l'assembles à leur bande, malh. i, 3. Mais d'avoir assemblé les fruits de la sagesse Aux fleurs de la jeunesse.... segrais, Ode au roi. Rien n'empêche d'employer cette tournure.
— SYN. 1. assembler, rassembler. La différence est que rassembler exprime l'idée d'un nouvel assemblement. On rassemble ce qui avait été assemblé auparavant, et ce qui ne l'était plus. On assemble ce qui est épars, dispersé et n'avait pa: i
été assemblé. || 2. assembler, joindre, unir. Mots qui expriment l'idée de rapprocher. Assembler veul dire mettre ensemble ce qui est épars ; joindre, rapprocher de manière que les choses se touchent; unir, joindre de manière qu'elli : oient liées, attachées, qu'elles ne puissent plus . De là découlent les emplois dans le sens figuré.
— HIST. xi» s. Asemblet [attaqué] [il] s'est as Sa-
razins messages [messagers] , Ch. de Roi. xxvn. N'assemblereit Charles si granz esforz, ib. xliv. Et Sarrazinsqui tant sont asemblez, j6.lx.xix. ||xnes. As cristiens se voudra ascenbler [attaquer], Ronc. p. 7. Plus de cent mil [il] en ascembla le jor, ib. p. 39. Qu'à l'assembler [à l'attaque] ot tel noise et tel cris, ib. p. 72. [Vous] Estes ci assamblé, amirant et princier, Sax. vi. || xme s. Douce dame, bêle et vaillant et sage, Où tuit bien sont assemblé pour manoir, eust. le peintre dans Coud. Là assemblèrent [attaquèrent] premièrement Jacques d'Avesnes et sa mesnie après, tout à pié, villeh. lxxii. En maint leu assemblèrent li François as Grex, ne oneques. Dieu merci, n'assemblèrent que plus n'i perdissent li Grieu que li François, id. xcv. Et li quens Looys, qui premièrement fu assemblés [combattant] , fu navrés en deus liens moût durement, id. cxliii. En tout cel an ne passèrent dui mois qu'il n'assamblassent à Compiegne por tenir parlement, id. viii. Li rois tous ses barons i ot fait assembler, Berte, m. Grant avoir [ils] assemblèrent, Diex les puist maleïr,tb. lxiii Par la grant ardure D'avoir, conquerra et assembler, la Rose, 176. Car quant plus nous assembleront, Et plus de paor trembleront, ib. 5277. Par ce voil [je veux] que tu lui resembles, Et que ton cuer au mien assembles, ib. 69)6. Se un gentix lions et une gentix feme assanllent ensanlle par mariage et acatent un fief et il ont enfans, beaum. xiv, 2). i| xiv° s. Ainsi voyons nous que l'avaricieux se delette en garder et assembler richesses, oresme, Eth. 19. Et en ce faisant l'un d'eux vint assambler au dit exposant d'une lance, du cange, assemblare. || xve s. Et luy ferit des espérons, et toute sa compaignie avec luy, jusques à la bataille duroy de Grenade, et assembla aux Sarrazins, froiss. i, i, 48). || xvic s. Car il me semble Que, quand faux-rapport desassemble Les amans qui sont assemblez, Si ferme amour ne les r'assemble , Sans fin seront desassemblez , marot, ii , 359. Qui eut le cueur si bon, large et entier, Qu'en son vivant n'assembla bien aucun, m. m, 225. Une compaignie assemblée pour rire et faire bonne chère, mont, i, 182. Il ne sçauroit dire si peu de parolles, qu'il n'assemblist tantost beaucoup de gens, des per. Cymbal. (70. Ce n'est point icy que j'avais ordonné que vous vous assemblissiez, ny tous en un lieu, amyot, Agésil. 52. Caton en ceste siene commission assembla bien jusques à environ la somme de sept mille talents, id. C. d'Utiq. 51.
— ÉTYM. Bourguig. essemblé; provenç. assem blar, asemblar, asemlar; anc. espagn. asemblar; ital. assemblare, assembiare ; de adsimulare (mais avec le retour au sens étymologique de simul), de ad et simul, ensemble : mettre ensemble (voy. semblable, sembler).
ASSEMBLEUR, EUSE (a-san-bleur,bleû-z'), s. m. et f. I| 1" Ouvrier, ouvrière qui fait les assemblages après le tirage des volumes. || 2° Poétiquement.... Notre engeance Prit pied sur cette indulgence.... Et l'assembleur de nuages Jura le Styx, et promit De former d'autres orages, la font. Fab. vin, 20.
— ÉTYM. Assevtbler.
ASSENÉ, ÉE (a-sse-né, née) , part, passé. || i° Porté sur. Un coup de poing vigoureusement assené. || 2° Fig. Mme de Lassay passait sa vie avec Mme la duchesse de Chartres ; elle ne faisait pas moins de chansons bien assenées qu'elle, st-sim. 33, (32.
ASSENER (a-sse-né. La syllabe se prend un accent grave devant une syllabe muette : j'assène, j'assènerai), v. a. H 1° Porter un coup violent. Il lui assena un coup de bâton sur la tête. || 2° Fig. Les satiriques ressentent sur l'heure une satisfai tion secrète d'un coup de langue bien assené. Sa conversation [de Mme de Nangis] était charmante, et personne n'assenait si plaisamment, ni si cruellement les ridicules, st-sim. 39, 193.
— KIST. xnc s. Ses chevaus [son cheval] fut en vint lieus assenez [atteint], Ronc. p. 96. Sur la jointe du bras où il l'a assené [blessé, frappé], ib. 195. || xiii" s. Et quant chascuns s'ot à sa terre assené, la convoitise del monde, qui tant a maufail . nés [ne les] lessa mie en pais, villeh. cxxvi. Devant en la poitrine bien [il] le sut assener [le coup], Berte, ni. Se [je] vouloie conter Toutes lur aventures, [je] n'i pourroie assener, ib. Que à leur amour [je] puisse droite voie asener, ib. xliii. D'un maillet qui là peut, [elle] a sus l'huis assené, ib. xi.v. Se croire me voulez, bien serez assenée [dirigée], ib. xi. vi. Cuige porrébien asener, N'aura talent de rej iber, Ren. 7t,k7. S'ore estaient tuit li set art En es livres que vous avez, Bien vos auroit Dex asenez; Escoles porriez tenir, ib. 21 136. Et se tu le pues tant pener Qu'au veoir puisses assener [que tu
puisses parvenir à voir], la Rose, 2350. Et se li fié [fief] de qui l'on viaut prover la saisine de lui ou de son ancestre, est assené en besanz , Ass. de Jér. i, 217. Le [la] cors [cour] doit regarder et assener jor convenable, beaum. xxxiv, 44. || xive s. En toutes choses c'est fort de prendre le moien et de assener au moien, oresme, Eth. 54. Tellement l'assena que la teste lui fent, Cuescl. 15050. Qui prent premièrement premier est assené, ib. 20648. || .\v s. Cil arbalestrier entoise et trait un carreau et assenne le portier de droite visée en la teste, froiss. ii, ii, 47, || xvie s. Te faudroit voir tous ces vieux romans et poètes françois, où tu trouveras un assener, pour frapper où on visoit, et proprement d'un coup de main : .... et mil'autres bons mots, que nous avons perdus par nostre négligence, du bell. i, 29, recto. 11 receut un coup d'esteuf qui s'assena un peu audessus de Paureille, mont, i, 74. Cet ancien qui, ruant la pierre à un chien, en assena et tua sa marastre, m. i, 255. D'un grand coup d'espée, il en assené l'un par la teste et le rue mort par terre, id. i, 255. On assené peu sûrement le coup que l'air vous conduict, id. i, 362. Darius craignant de frapperde peur d'assener Gobrias, id. i, 312. C'est un corps vain qui n'a pas par où estre saisi et assené, id. n, 314. Cet empereur assenoit ses dons plus heureusement qu'ils ne font, id. iv, lu. 11 y eut un coup de javelot qui l'assena, mais ce fut du travers, non pas de la poincte, amyot, P. Mm. 32.
— ÉTYM. Ce mot n'est que la forme ancienne et vulgaire de assigner (voy. ce mot).
f ASSENTEMENT (a-san-te-man) ou ASSENTI- MENT (a-san-ti-man), s. m. En termes de chasse, Odeur qui frappe le nez du chien et qui le porte à se rabattre sur la voie de l'animal que l'on chasse,
— ÉTYM. Assenlir 2.
ASSENTIMENT (a-san-ti-man, et aussi a-ssan-timan), s. m. Mouvement de la volonté qui accède. Ne donnez point votre assentiment à cette décision, à cet acte. L'évidence force l'assentiment.
— HIST. xiii" s. Par l'assentement des autres messages monstra la parole Quesnes de Bethune, villeh. xgiii. Et chargierent leur parole, par l'assentement de tous, à Nevelon l'evesque de Soissons, qui estoit des douze, id. cx. Par vostre assentement Je d'un de vos enfans lui feroie présent, Berte, lxxxui. Fais apporter la chartre que li marchis ot de l'empereur Bauduin, qui faite fu par le commun assentement des haus barons, n. de valenc. xvi. || xvc s. De la bonne volonté et assentement de tous, Bouciq. I, ch. 30. || xvic s. Ils entendent qu'un assentement, par lequel les contempteurs de Dieu acceptent pour vray ce qui est contenu dans l'Escriture, doit estre réputé pour foy, calv. Inslit. 424. L'on ne peut acquérir vraie saisine en fief sans foi ou assentement du seigneur, loysel, 74 7. Tous les Estats d'un commun assentement nommèrent M. de I bas teaubriand, carl. i, 31.
— ÉTYM. Assentir 1 ; provenç. assentiment , asentimen ; ital. assentimento. On disait aussi dans l'ancien français, assens.
i. ASSENTIR (a-san-tir), j'assens, j'assentais, j'assentis, j'assentirai, que j'assente, assentant. r. n. Donner son assentiment. Assentir à un acte, à une proposition. || Vieilli.
— HIST. xiie s. Novele mort lor convient asentir, Roncisv. p. 60. A cestui conseil sont li plus d eus assentis, Sax. xxvi. Dune descendi la dame, et parlad sagement à tut lepople, et li poples asentità son cunseil, Rois, 200. || xnr3 s. Et que [ils] firent iybert avec ans [eux] assentir, Berte, 63. Et Pépins Li requiert, por Dieu, qu'[elle] à lui s'assente, ib. ni. Chascuns la liera a b ie, n'est nus ne s'i assente, ib. fo. i"ant lui proia la dame que li rois s'assenti  ce qu'ele i voïst [allât] , ib. 71. Or sachiés bien que nous ne nos assentirons à nul conseil que.... n. de valenc. is. Et disent cornent ce seroit as
t hr. de Rains, (24. Puis qu'on s'i itis, il
ne lor loira pas à eus repentir, beaum. xv, 4. || xvc s. Cha ' un s'assentit à ce conseil, froiss. i, i, 254. || xvie s. X la proposition du roy assenlirent universellement tous ceux qui furent appelez à ce conseil, m. du bellay, 301.
— étym. Assentire, de ad et sentire (voy. sentir). |2. ASSENTIR (a-san-tir) , v. n. Terme de chasse.
Reconnaître la voie.
—HIST. xive s. Et luy est advis (au cerf) que lechiens ne pourront assentir de luy en l'eaue, Modus, f" xix.
— ÉTYM. .4 et sentir, flan
ASSEOIR (a-soir), j'assieds, tu assieds, n sied, nous asseyons, vous asseyez, ils asseyent; l'asseyais, nous asseyions; j'assis, nous assîmes; j'assiérai, nous assiérons, ou j'asseyerai, nous as-
ASS
seyerons; j'assiérais, nousassii ,ou
nous : ,, assieds, asseyons-,
«asseyions; que j mtj assis, assise. On du , tu
quenousass l i l'un sur n: 'oir un
enfant, un malade. Mais m iir leur
rite, de grâce i : wjab r. ffomv in, b. " Par exten-
sion. i apprêts As-
HÊN1ER, 101.
près du fleuve. Asse iir solid fondations.
Assied s Mamir. Tous ceux qui bâtissent voudraient asseoir eux-mêmes chaque pierre qui cuire dans leui Leltr. 183. Kig. Asseoir solidemi un empire i impôt. A -
surun bien-fonds. Asseoir soi
I asseoir des conjectures. Sup-
iquel'espril dugi
mr li- superflu d< ss richesses, j.j.roi j'estim ut,'sanstirei i.-ncepour les
autres pays, asseoirun droit modique sur espèce desdits bestiaux ■ immui m
valant il la dîme de la nourriture qu'ils en ri pour i ■ celle de ci de terres va-
gues, vaines et en commune, vai ban, Dtme, p. 157.
. i'asc. 2e conv.
lit je ne vois pas pourquoi asseoir son imagination sur l'un plutôt que sur l'autre , id. édit. cous. Avant que d'asseoir son jugement, bo s. Serm. Quinq. i. || 3" In termes d les ventes, marqu
coupé. 4' En tenues de doreur, asseoir I poser sur une première île fond
n, pour lui donner du relief I 5" Kn termes d une, asseoir
une figure, lui donner une position naturelle et un
nililire. [| 6" Kn termes de manège, ; faire plier les jambes à un cheval. Asse. sur ses hanches. || 7° Faire asseoir quelqu'un, dire ;\ quelqu'un de s'asseoir. L'ayant fait asseoir, il lui dit. Il les r sur un banc de gazon.
Faire asseoir quelqu'un à sa table, l'invit mettre a table avec soi. || Fig. Le premiei qui a fait a- lui la religion sur le
ma.ss. Triomphe. || 8" S'asseoir, v. réfl. Se mettre sur un siège, si: tenir sur son séant. Je m'assieds, les s'empressent. Asseyez vous sur les bancs. Nous nous assîmes dans un pré. S'asseoir à table. Il s'assit à la droite du préfet. On le fa lie chaise d'ivoire. CHATEAt nie, n. vi, 3. [Us] s'asseient en prélats les premiers ;\ vos tabli . Sot. ii. Les marquis tantôt
se lèveront, tan i ut. suivant leur in quié
tilde naturelle, mol. Impromptu, 3. || 9° Se poser en parlant d'un oiseau. Le rossignol s'assoit sur une branche.
— ri.m. L'Académie écrit j'assoirai, sans e, mais je surs un e. 11 faudrait remettre la concordance entre ces deux verbes que rien ne doit séparer, afin de diminuer des exceptions qui compli-
•quent inutilement l'orthographe.
— hirt. xic s. Au faldestoed s'est Marsiles
Cli. de Roi. xxxiv. Dessus s'asiet li paien Baligant, t'5. clxxxviii. || xiic s. S'asist li rois, fionc. p. 6. Sor son chef font un vert haume asseïr, ib. p. 55. Tant |j'] ai en lui [elle] ferme assis mon courage, Qu'ailleurs [je] ne pense.... Couci, xix. Ses blans dois Ions et traitis, Son gent cors et son clair vis. Et sa bouche bien i. p. 120. [Dame] Où
toute valeur souploie [abonde] Et où tout bien est assis, ib. Diex est assis [assiégé] en son saint héritage, quesnes. Romancero, p. 93. Dame, l'amour qu'ailleurs avez assise, [je] Deiisse avoir par loiauté conquise, audi-.fr. le bast. ib. p. 7. Quant li rois eut mangié etlacourz fu assise, Sax. xxm. Prist la curune del chief le rei, Ici d'or esteit e asise de pierres preciuses, si l'asist sur sun chief, flots, 102. Lur message [ils] unt bien dite lur moz bien asis, Th. le mart. 53. L'apostolies l'asiet juste lui erramment, ib. 58. E à sa quesine furent asis, chascun jur, dis bues gras de guarde e vint Ici vendent de la cumune pasture, liais, 239. ||xine s. Si est [la ville] moult biele et moult bien assise, villeh. i.x. Les table forent mise, [ils] s'assirent au souper, Bertc m. Lors [elle] s'assiet sous un arbre, car h cuers li douloit, ib. xxvni. Taille et. tonlieus [impôts] [elle] assist au pais par maistrie, ib. lx.
ASS
Dessur les marchean elle 0 t cou tume impôt]
, ib. i.xm. En la chambre s'assienl tous trois sur des tapis, ib. u El i [je] vous a
ute, ib. cxi. Sun.. us r .i lui, moût [elle] fu taisanl et coie, li baron seroienl entour li. et cil en cui
seroit la corone seroil rois, Chron. de Rains, p. 19. Se yi i assie' ai genl le
tain, l'euvre
au faire, Liv. des met. 158. Lors commencèrent à
,i au soper Li chevaliersel sa
Ren. 22128. i a f rtune] .... Et leur assiet,
\u cuer un dolen u\ emplastre, la
ai bre fu loing de l'autre assis,
Plus di :es ou de sis. ib. 1378. Et le sei-
receveir et asscir le jor de La ba
taille ou qua jor, Ass. de Jér. 120. Adont
ses hons li doit requerre qu'il li assiccejour, et il
ers querre se [sa] délivrance, I
i.xu, 2. Il est dit dèssu iete des coz [coûts]
qui sont fel poi le commun porfil doit estre assize
fixée, établie] pat lenl de bone gent, m.
xxv, 1 7. Il xv° s. Et point ne s'espargneiiiit, mais
: m' l'autre en
poussant [combat singulier de deux chevaliers] ,
froiss. il, il, 80. Et vinrent l'un contre l'autre as
seoir leurs glaives, in. Il, H, 81. Ainsi comme vous
• y, fu la forte ville de Calais assise [assiégée]
roi d'Angleterre, m. i, i, 322. En cette isle ce est b in ise cette ville de Paris de po voir fournir deux si puissans ostz, car jamais nous
ies faillie de vivres, comm. i, 8. Les villes as-
sur la rivière de Somme, id. i, 12. Quand le premier mets fut assis [servi], louis xi, Nouv. xi.ix. || xvi° p. Ils allèguent qu'on ne peut assoir un
lent, sinon que la cause soit cognue, calv. [nstit. soi. Mais qui en I \l u m espoir a MAROT, iv, 27o. [La pierre rebutée] A esté a plantée Au plus haut du principal coin, id. i. Plus matin que la garde Assise au point du joui , m. iv, 333. Il estudioyt quelque meschante demye
, les yeulx assiz dessus son livre, rab. Gclt. i, 24. II s'asseoyt à table, et commençeoyt son repas par.... id. ib. i, 2t. Si je m'assys à table, je boiray, m. ib. 39. Les aultres remparoyent murailles, asseoyi Iles, id. Pont. ni. Proi. Assoyez
s on ne vous le die, id. ib. v, il.
Ces peu le long de la mer, mont, i,
236. Où asseons nous cette renommée que nous al- :ii avecques si grand peine? id. I, 347, Pour avoir mal assis une escabelle, id. m, <46. On maistre d'hostel, en asseyant les plats, lui repandit ii- un saye de velours qu'il portait, des peu. Contes, xlix. Elle supplia au juge d'asseoir les despens sur sa fille, id. ib. cxxm. Les jeux qui se jouent d'assis, vu R, p. 598. Il ordonna que, qui voudroit asseoir sur son fond des ruches d'abeilles, qu'il les assist a aou pieds pour le moins,
de celles qui paravant auraient esté assises auteur .le luy, amvot, Solon, 47. Il assiet Testât de son accusation sur un si sainct fondement, que.... M. du rei.l. 496. Puis le chirurgien s'asseoira sur le banc vis à vis du patient, paré, xv, 23. Le patient s'asserra sur une petite selle dans la dite cuve, id. xxv, 4 3. De ne se laisser décevoir aux commises impositions, lors qu'ils en asseent et despartent les deniers, o. de serres, i i. Nous asserrons nostre logis di 3 champs en lieu sain, id. 17. Assisons nous sur ceste molle couche, rons. 185. Les uns ayans pitié des hommes et des naux [nefs] , S'assisentsurles masts, comme deux feux jumeaux, in. 877.
— ÉTYM. Picard, assir, acliir ; Berry, assidre ; provenç. assezer, assire, assir; ital. assedere; de adsidere, de ad, à, et sedere, être assis (voy. seoir). Assidre du Berry suppose un changement de conjugaison, de assidêre en assidëre, avec changement d'accent. Les deux conjugaisons ]' assieds et j'assois sont la trace "de deux prononciations provinciales qui avaient cours dans l'ancien français.: j'assois dans le centre, j'assieds dans l'ouest.
ASSERMENTÉ, ÉE (a-sèr-man-té, tée), part, passe. Qui a prêté serment. Fonctionnaire assermenté. || Prêtre assermenté, ecclésiastique qui, à l'époque de la constitution civile du clergé (1790), avait prêté le serment.
ASSERMENTER (a-sèr-man-té) , v. a. Faire prêter serment, en parlant des personnes auxquelles on confère des offices publics. Assermenter un fonctionnaire.
— HIST. xvie s. Ils refuseraient d'en rendre tesmoignage, assermentez par un juge [sommés de déposer sur la foi du serment], mont, i, 103. Sur cela
ASS
Andelot, ayant assermenté [fait jurer le secret] les i' mx chefs, d'aï b. Hist. i, 268.
— ÉTYM. À et sei ment.
| \ssi itnr, IVE (a sèr tif, ti-v'), adj. Qui a le caractère de l'assertion. Une proposition assertive. || En termes de philosophie, même sens que assertoiie.
— ÉTYM. Voy. ASSERTION.
ASSERTION (a-sèr-sion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Proposition qu'on affirme. Assertion vraie, fau se. Il détruisit par des faits les assertions de son adversaire.
— HIST. xivs. Nul/, ne sera dore enavant receu à r.r:e mon tre [revue] par cedule ou par assersion île sa parole, mais sera chascuns tenus desoresmais de fane monstre armée, Ordonn. t. m, p. ;is.
|| xvT s. Ce point n'a esté touché que pour une simple assertion, sans aucune démonstration , rai-
..ii ou authorité ancienne, paré, Licorne, réplique. Si do ce vous défiiez et en demandez assertion et signe usual, rab. l'ont, m, 4 9.
— ÉTYM. Provenç, assertio; de assertioncm, de asserere, prendre, saisir, de ad (voy. À) et serere, entrelacer (voy. s ■
; ASSERT01RE (a sèr-toi-r') ou ASSERTORIQUE
i i-ri-k'), adj. Terme de philosophie. Mot de la
philosophie de Kant, désignant les jugements qui
peuvent être l'objet d'une simple assertion, à laquelle
ne se joint aucune idéo de nécessité.
— ÉTYM. Voy. ASSERTION.
j- ASSERTOIUQl'E (a-sèr-to-ri-k'), adj. Voy.
ASSERT! il 1 1 .
ASSERVI, IE (a-sôr-vi, vie), part, passé. Rendu esclave. La patrie asservie. Asservi par les passions. Asservi aux circonstances. Du Danube asservi les nves désolées, rac. Baj. n, i. La Judée asservie et ses remparts fumants, id. Bérén. n, 2. Quoi! votre âme à l'amour en esclave asservie, id. Andr.i, t. Aride à se, lois tient mes vœux asservis, id. Phèd. iv, 2. Home à trois affranchis si longtemps asservie id. ISrit. i, 2. Je vois à l'amour seul ma maîtresse asservie, volt. Zaïre, i, 5. Deuxsceptres en ma main, Albe à Heine asservie Parlent bien hautement en faveur de sa vie, corn. Horace , v, 3. Vit-on jamais une ame en un jour.... Asservie en esclave à plus il événements, id. ib. iv, 3. Sous tes lois me tenant Ctrwio, m,4. Être asservi par les lois de l'honneur au dérèglement de la conduite d'autrui, mol. le Fest. ni, 5. A ses lois je me trouve asservie, id. Psy. v. Malgré le sort qui sous sa loi Tient la vertu même asservie, bérang. Filleule. Ces astres asservis à la loi qui les presse, S'attirent dans leur course et s'évitent sans cesse, volt. Henr. vu.
ASSERVIR (a-sèr-vir) , j'asservissais, asservissant, v. a. || 1° Réduire à l'état d'esclavage ou de simple dépendance. César asservit son pays.... Mon père asservit le Jourdain, volt. Zaïre, I, 2. || Absolument. Insensé qui croitasservir et se dispenser d'obéir! p. l. cour. I, 226. Il 2° Par analogie. Cet hymen m'asservit et le fils et la mère, volt. Mérope, iv, i . || 3" Fig. Ses vertus ont asservi tous les cœurs. Ma frugalité Asservit la nature à mon austérité, volt. Fanât. Il, 4. Indigne d'asservir le cœur d'un honnête homme, mol. Mis. ni, 7. Et j'ai bien fait aussi d'asservir ma raison En si belle prison, malh. v, 4. || 4° S'asservir, r. réfl. Se soumettre. Il nes'asservit à. aucune règle. Il s'asservissait aux volontés de safemme. Donnant ma liberté, je me suis asservi.
RÉGNIER, Sat. II.
— HIST. xiie s. Tous li moins courrouciez s'estoit bien aatis Qu'ains i lairroit la teste que il fust aservis, Sax. xxvi. ||xme s. Depuis en fu la ville assez plus asservie, Bertc, lx. As-tu or bon seignor servi, Qui si t'a pris et asservi Et te tormente sans sejor? la Rose, 4252. Donc avés-vous outréement La mort d'enfer bien deservie, Qui tel gent avés aservie, ib. 12530. Tout me voil [je me veux] à vous asservir, Pour vous honorer et servir, ib. 14985. Les seignors qui auraient un tel don fait, auraient aservi trop malcment tote lor seignorie, Ass. de Jér. I, 272. Il Ioist bien à afranquir ses enfans, et non à aservir, beaum. xlv, 2i. Onques nul jor Dieu ne servi, Ainçois aile cors asservi À peebier, por l'ame confondre, ruteb. ii, 1 13. Trop par ainme [aime] son aise qui lait [laisse] l'arme [àme] aservir, Qu'en enfer sera serve par son fol messervir, id. ib. 139. || xvs. Dix et set ans ay au Satan servi, Au monde aussi et à la char pourrie, Oublié Dieu, et mon corps asservi À" celle court de tout vice nourrie, e. desch. De Fintér. des cours. [Le prince doit] requérir crueusement Son ennemi, et mener doucement Ses vrais subgiez, sans asservir nulli , id. Des vertus accessoires.
|| xvi" s. Vous asservez les personnes, pillez leurs
ASS
ASS
ASS
biens et ruinez leurs villes, amyot, Cam. 27. Ceste corruption a esté cause de réduire la chose publique en monarchie, en asservant et assujettissant les armes mesmes à l'argent, id. Cor. (9. Jlz ne asservirent ville quelconque qu'ilz eussent prise, id. Pélop. et Marcel, comp. t. La Rochelle ne pouvoit estre assiégée que la rivière de Sevré, asservie par le Duignon et Maillezais, ne fut entièrement libre, d'aub. Vie, cxxxiv.
— ÉTYM. À etsern'r;dans le xvie siècle, on a conjugué ce verbe comme servir ; ce qui est la vraie conjugaison; et conjuguer asservir comme nous faisons, c'est confondre la conjugaison qui vient de ire latin avec celle (par exemple fleurir) qui vient de hcere.
f ASSERVISSABLE (a-sèr-vi-sa-bP) , adj. Néologisme. Qui peut être asservi.
— étym. Asservir.
ASSERV1SSANT, ANTE (a-sèr-vi-san, san-t'), adj. Qui asservit. Condition asservi ssan te.
ASSERVISSEMENT (a-sèr-vi-se-man), s. m. État de servitude, action d'asservir. Tenir un peuple dans l'asservissement. L'asservissement de la Grèce par les rois macédoniens. Asservissement aux usages, aux idées reçues. Soit aigreur contre Fénelon, soit asservissement au parti contraire, volt. Louis XIV, quiétisme.
— ÉTYM. Asservir.
f ASSERVISSEUR (a-sèr-vi-seur), s. m. Celui qui asservit. C'est le grand asservisseur des rois et des consciences, le grand despote religieux, Grégoire VII, qui favorise la hardiesse et le premier élan de l'esprit populaire, villemain , Cours de litlér. Moyen âge. t. i, p. 28.
ASSESSEUR (a-sè-seur), s. m. Magistrat adjoint à un juge principal pour l'aider et le remplacer.
— hist. xmc s. Le dieu d'amors cil costoioient [étaient assis à côté] , Et comme assessour se seoient, Nouv. Rec. de fabl. I, 294. Li bailli ou li prevos, quant il en ont mestier por lor ensoine, poent fere acesseurs por ans [eux], beaum. 3g. || xtve s. Capitouls, sindics, trésoriers, accesseurs ou autres officiers de villes, nu cange, acc.essor. || xve s. Le substitut ou accesseur de notre procureur , id. ib. || xvie s. Les rois, dont les lieutenants, ausquels ils donnent la charge de gouverneur, sont comme leurs assesseurs, calv. Inslit. 402.
— ÉTYM. Provenç. assessor ; espagn. ase.sor; ital. assessore; de assessorem , de adsidere (voy. asseoir).
f ASSESSORAT (a-sé-so-ra) , s. m. Office d'assesseur.
f ASSESSORIAL, ALE (a-se-so-ri-al, a-1'), adj. Qui est d'un assesseur. Droits assessoriaux.
f ASSETTE (a-sè-f) , s. f. Marteau avec une tête d'un côté et de l'autre un tranchant, large de deux pouces et un peu recourbé vers le manche; les couvreurs s'en servent pour dresser, couperet clouer les lattes et les ardoises, et les tonneliers pour polir et arrondir les douves des tonneaux.
— ÉTYM. Môme radical que asseau.
ASSEZ (a-sé;le z se lie; j'ai assez attendu, dites : a-sé-z attendu. Chifflet, (Cramm. p. 219, dit : «En ce mot plusieurs ne prononcent pas le z devant les voyelles : j'ai assez attendu, ils prononcent : j'ai assé attendu.» Cela arrive encore souvent aujourd'hui dans la prononciation non soutenue), adi\ Il 1° Autant qu'il en faut. L'avare n'a jamais assez. La ville ne lui parut pas assez grande. Assez longtemps. Ce n'est pas assez pour eux de donner des préceptes. C'est assez parler de nos affaires. Autrement, un philosophe vous dira en vain que vous devez être rassasié d'années et de jours, et que vous avez assez vu les saisons se renouveler et le monde rouler autour de vous, ou plutôt que vous vous êtes assez vu rouler vous-même et passer avec le monde, boss. le Tellier. Quoi donc! n'est-ce pas assez que nous soyons attaqués au dedans et au dehors? in. ib. Ces belles années, dont on ne peut assez admirer le cours glorieux, id. ib. Ah! pour cela il est toujours assez bonne heure, mol. Dép. am. iv, I. Sur vous l'on sait assez que je jette les yeux, regnard, Joueur, 11, 4. Il Bien assez. Il a été bien assez humble. J'ai bien assez vécu. || C'est assez, c'en est assez, en voilà assez , et, elliptiquement, assez; n'en parlons plus, n'en disons pas davantage. || Assez de. Il est tombé assez de pluie. Et sans atteindre au but où l'on ne peut atteindre, Ce m'est assez d'honneur.... malh. v, 30. Assez de funestes batailles, Et de carnages inhumains, id. m, 2. || Avoir assez d'une chose, en avoir suffisamment, et, quelquefois, en être fatigué, rassasié. || 2" Assez d'autres, un nombre bien suffisant, autant que j'en voudrai. A.ssez d'autres Etats lui prêteront asile, corn. Sertor. 11, 4. Assez d'autres sans vous n'ont pas mis en oubli ..
id. Cinna, 1.2. Assez d'autres sans moi soutiendront vos lauriers, id. llor. v. 2. Assez d'autres viendront, à mes ordres soumis, Se couvrir des lauriers qui vous furentpromis, rac. Iph. iv, G. || 3"Quelque peu, dans un sens qui est ou diminutif ou augmentatif suivant les mots : elle est assez jolie, c'est-à-dire elle n'est qu'un peu jolie; une lettre assez longue, c'està-dire qui dépasse la longueur ordinaire. Assez petit. Il est assez mal traité parla critique. Nous louons parfois des gens assez médiocres. Elle s'approcha du bûcher, ens'exposant assez. Il fi t assezde chemin. 11 est ii ■/ étonnant que.... Ma présence est assez inutile en ce lieu, regnard, Joueur, m, 2. Nous pouvons nous y faire un assez beau destin , corn. Sertor. iv,2. Et d'abord je trouvai ses princes assemblés Qu'un péril assez grand semblait avoir troublés, rac. Andr. 1, \. Il 4° Assez et trop longtemps, locution poétique signifiant pendant trop longtemps. Assez et trop longtemps ma lâche complaisance De vos jeux criminels a nourri l'insolence, boil. Sat. ix. Assez et trop longtemps mon amitié t'accable, rac. Andr. m, I. Assez et trop longtemps sous ma feinte poursuite, rotr. Vencesl. m, 2. Assez et trop longtemps votre discours la flatte, corn. Cid, 111, c. || 5" Assez peu, assez souvent, assez rarement; dans ces locutions, assez est explétif. C'est un homme d'assez peu d'esprit. Assez peu éloquent. Il venait assez rarement au sénat. || 6U Assez pour.... devant un infinitif. Il est assez riche pour acheter ce domaine. Était-il assez sot pour croire...? Personne n'est assez méchant pour vouloir le paraître. 11 n'y eut personne d'assez dur pour ne pas pleurer. || On a dit, dans le même sens, assez de.... Les Athéniens ordonnèrent une punition de mort contre le premier qui serait assez hardi de proposer la guerre, fén. Solon. H On a dit aussi : assez.... que de. Nous avons été assez ingrats que de faire servir les créatures contre le Seigneur même, à qui elles appartiennent, mass. Profession religieuse, sermon 3. Quel châtiment ne doivent pas attendre les ministres du temple eux-mêmes, s'ils sont assez malheureux que d'en abuser? id. Revenus ecclésiastiques. Si l'on est assez malheureux que de retomber, id. Inconst. C'est une tournure très-fréquente dans Massillon. || 7° S. m. Séparer le peu d'avec le beaucoup, Tassez d'avec le trop, bayle, Dict. hist.Chrys. remarque 0.
— SYN. assez, suffisamment. Suffisamment exprime que ce qu'on a suffit, mais ne va pas au delà. Assez exprime que ce qu'on a non-seulement suffit, mais encore satisfait amplement à ce que nous voulons. Ce qui suffit ne surabonde pas; ce qui est assez peut surabonder. De plus, au pointde vuede la syntaxe, assez reçoit facilement un complément avec de; ce que suffisamment ne fait pas, au moins dans le style correct.
— HIST. xic s. En ceste terre ad assez osteiet [fait la guerre] , Ch. de Roi. ni. Assez est mieuz qu'il i perdent les chefs [tètes], ib. m. Dient paien : de ce avom asez, ib. v. Neymes li dux et des autres asez, ib. lui. Or endreit sei at il asez que faire, ib. clv. Asez i meurent et des uns et des autres, ib. ccliv. Baptizét sont asez plus décent mille, ib. cclxviii. |l xii" s. Asez oezque Guenes va disant, Ronc. p. 35. Mieux vaut Malions que St Pieres assez, ib. p. 4t. Assez savez quex est li cuens Rolanz, ib. p. 84. Ains que tu Taies, auras assez à faire, ib. p. 145. Se je vous aim, j'i assez ai raison, Coud, 11. Assez aim [j'aime] mieux mourir en bon désir, Que vivre irez et m'amie haïr, ib. ix. Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez lui [elle] et s'amour servir, ib. xix. Car j'ai assez autre chose à penser, quesnes, Romane, p. 100. Il leur a demandé : qupls nouveles, baron? — Sire, ce dist Gisarz, assez [nous] vous en diron, Sax. xxn. Il xinc s. Et là trova il pèlerins assés et gens qui s'en alloient en Tost, villeh. xlh. Et furent assez plus que cil qui estoient devant Constantinoble, id. c. Et la dame n'ot pas assezde vesteure, Derle, xlii. Elle amast assez mieux que elle eust mentit, ib. lui. Qui n'avoit encores passés, Si cum je cuit [crois], douze ans d'assés [de beaucoup] , larose, m, i 270. Pour ce que il croient que il seront assez plus aise quant il seront mors, que il n'estoient devant, joinv. 260. Il xiv°s. Dieu loent [ils], sans estre lassés, Aussitost d'un pou com d'assez, bruyant dans Ménagier, t. Il, p. 21. Ceulx ici mesmes profitassent plus assez en telles besongnes, se avecquesla bonne abilitéde nature cpie ilz ont, ilz eussent la doctrine, oresme, Prol. Il xvc s. L'autre [fils] eut nom Jean d'Eltheus et mourut assez jeune, froiss. 1, 1, 3. Si gasterent tout le pays, et ardirent jusques à la cité de Dureunne, et assez outre, id. 1, 1, 3o. Et dit le roi d'Angleterre à son cousin le comte Derby qu'il prist
assez or et argent, et le donnast et departist largement aux chevaliers et escuyers.... id. i, i, 215. Ils les haioient plus assez quelesEscots, id, 1,1, 3). Et à ce temps là les Escots aimoient et prisoient assez peu les Anglois, et encore font ils à présent, id. 1, 1, 34. Il leur sembla qu'ils seroient forts et puissans assez pour la conquerre, id. i, i, 97. En ladicte bataille estoient mors huyt mil hommes et autres menues gens assez, comm. v, 3. Et que ils avoient passé la rivière ; c'estoitassez et suflisoit bien sans passer celle.... id. 1, 2. ||xvie s. Assez moins que.... mont. 1, U. Non-seulement en basque, les femmes.... mais assez ailleurs, et, qui plus est, en.... id. 11, 20). Rien n'a qui assez n'a, génin, Récréai, t. 11, p. 249.
— ÉTYM. Bourguig. aissez ; provenç. assalz; anc. espagn. asaz ; portug. assaz, assas; ital. assai; de ad, à, etsatis, suffisamment (voy. satiété). Dans l'ancien français, assez, comme aujourd'hui encore assai en italien, voulait dire beaucoup.
ASSIDU, UE (a-ssi-du, due; quelques-uns disent a-si-du) , adj. H 1" Exact à se tenir où il doit être. Cet employé est assidu à son bureau. Magistrat assidu aux audiences. || 2° Qui a une application soutenue. Un enfant assidu, .... Que tous les Juifs, dans Suze répandus, A prier avec vous jour et nuit assidus, rac. Esth. I, 3. D'écoliers libertins une troupe indocile, Loin des yeux d'un préfet au travail assidu, Va tenir quelquefois un brelan défendu, boil. Lutr. ch. m. Ecoutez tout le monde, assidu consultant; Un fat quelquefois ouvre un avis important, id. A. poét. îv. Ils ont beau vers le ciel leurs murailles accroître, Beau d'un soin assidu travailler à leurs forts, malh. 11, <2. || 3° Qui rend des soins continuels à une personne. Soyez assidu auprès de ce pauvre malade. On a nommé»huit ou dix hommes, avec 600 fr. de pension, pour être assidus auprès de
M. le Dauphin, sév. 406 Qui pourra montrer
une marque certaine D'avoir meilleure part au cœur de Célimène, L'autre ici fera place au vainqueur prétendu, Et le délivrera d'un rival assidu, mol. Mis. ni, l. Apparemment, lui dis-je, que vous avez quelque charge ou quelque emploi qui vous empêch , d'èire plus assidu auprès d'elles, montesq. Lett. pers. 48. Compagne assidue, rac. Esth. 1, i. Qui est plus esclave qu'un courtisan assidu, si ce n'est un courtisan plus assidu? labruy. 8. || 4" En parlant de3 choses, continu, constant. Ces plaintes assidues, rac. Brit. iv, 2. 11 n'avait plus pour moi cette ardeur assidue, Lorsqu'il passait les jours attachés sur ma vue, id. Bérén. 1, 4. Par des vœux assidus je crus les détourner, id. Phèd.i, 3.
— HIST. xvie s. Le flatteur est en cela assidu, continuel ,' sans jamais se lasser, amyot, Comm. discern. le flatt. 38.
—ÉTYM. Provenç. assiduos; anc. catal. assiduit; anc. espagn. asi'rfuo*,- ital. assi'duo; de assiduiis, deossidere, être assis auprès (voy. asseoir). On disait plus volontiers, au xvie siècle, assiduel qu'assidu. Le provençal assiduos suppose un mot barbare assiduasus.
ASSIDUITÉ (a-ssi-du-i-té; quelques-uns prononcent a-si-du-i-té), s.f. H 1" Présence assidue dans un lieu, près de quelqu'un. Assiduité d'un juge aux audiences. Il paye aussi libéralement les assiduités ou plutôt l'oisiveté de ses courtisans que les campagnes laborieuses de ses capitaines, montesq. Lett. pers. 37. Et l'assiduité près d'un charmant objet N'attend point notre aveu pour faire son effet, corn. Pulchér. iv, 3. 11 interprète malignement certaines assiduités suspectes, mass. Injusl. || 2° Application continuelle. L'assiduité de cet employé lui valut de l'avancement. L'assiduité au travail. Sun goût pour s'instruire, son assiduité à l'étude, VOLT, Lettr. Schouvalof, n nov. 1759.
— HIST. xvic s. La longueur du temps adjouxtée à l'assiduité du labeur en la manufacture d:un ouvrage, lui donne force et vigueur de longue durée, amyot, Pe'ric. 26. Par diligence et assiduité d'advocasser, id. Crassus, li.
— ÉTYM. Provenç. assiduitatz; anc. espagn. asiduidad; portug. assiduidade; ital. assiduità; de assiduilatem, i'assiduus (voy. assidu).
ASSIDÛMENT (a-ssi-du-man ; quelques-uns prononcent a-si-du-man: l'accent circonflexe indique la suppression d'un e), adv. D'une manière assidue. Travailler assidûment. Faire assidûment sa cour. Allez, et que partout on veille assidûment, brifaut, Ninus, 111, 3.
— UéM. On remarquera l'accent circonflexe que met l'Académie, tandis qu'elle n'en met ni à absolument, ni à ambigument, etc. Il vaudrait mieux qu'elle suivît un système, et mît partout l'accem circonflexe ou le supprimât partout.
ASS
ASS
ASS
— HIST. xvi' s. routefois cela ne vienl poml d'ieeHe tins de la
nenl ce qui peui s, et pour
sent, cai \ . ••'.
, M m rfixe ment i.m
., luamente Au xvr n