LEGOARANT
t BABOTTE (ba-bo-f) , s. f. Larve d'insecte qui dévore la luzerne.
f BABOUCARD (ba-bou-kar) , s. m. Nom vulgaire de plusieurs espèces de martin-pècheur.
BABOUCHE (ba-bou-ch'), s. /'. Pantouffle en cuir de couleur, sans quartier et sans talon. La pièce où j'unis hardiment Et la babouche et le bas blanc, volt. Lett. vers, 20. Le Turc partit en traînant majestueusement ses babouches, chateaub. Itin. -74.
— ÉTYM. Arabe, bdboudj ; du persan papocli, chaussure, depa, pied (voy. pied), etpoch, envelopper.
BABOUIN (ba-bouin), s. m. 1 1 1° Nom vulgaire et spécifique du cynocéphale babouin, sorte de singe. i| 2° Fig. et familièrement, enfant que l'on compare à un singe. [Il] S'avise De le tancer : ah ! le petit babouin, Voyez, dit-il, où l'a mis sa sottise, la font. Fabl. i, 19. || On dit, en parlant d'une petite fille, une petite babouine. || 3° S'est dit autrefois d'une figure ridicule que les soldats dessinaient grossièrement sur les murs d'un corps de garde, pour la faire baiser, par forme de punition, à ceux qui enfreignaient les lois établies entre eux.|| Fig. Faire baiser le .babouin à quelqu'un, le réduire à se soumettre, malgré qu'il en ait. || 4° Familièrement. Un babouin, de petits boutons autour des lèvres.
— HIST. xive. s. Et plusieurs autres bestes, si comme babuins et singes, j. de mand. dans du cange, babewynus. Li quens de Flandres Baudoin Ne semble mie babouin, Ne bec jaune, ne fous naïs, Au départir de son pays, guiart dans du cange, baboynus. j|xvie s. On n'emploie pas seulement les personnes à chasser les oiseaux [des chenevièresj, mais les choses mortes, qu'on appelle au pais les babouins, d'aub. Fœn. m, 15.
— ÉTYM. Bourguig. babouin, enfant au berceau; espagn. babuino ; ital. babbuino ; de même racine que bajine, et qui a sans doute pour radical un mot des patois allemands, bùppe, .niuffle ; de sorte que babouin voudrait dire autant que lippu (comp. bafouer).
i. BABOUINE (ba-boui-n'), s. f. Voy. babouin.
f 2. BABOUINE (ba-boui-n'), s. f. Voy. babine.
f BABOUVISME (ba-bou-vi-sm'), s. m. Doctrine des babouvistes.
f BABOUVLSTE (ba-bou-vi-sf) , s. m. Partisan de l'égalité absolue entre tous les hommes.
— ÉTYM. Babœuf, auteur d'une secte socialiste , et qui périt, en (796, à la suite d'une conspiration.
| BABYLONE (ba-bi-lo-n'), s. f. Ville très-célèbre de l'Asie, située sur l'Euphrate. || Fig. et en style de chaire, lieu de désordre et de crimes, le monde, la société.
BAC (bak), s. m. || 1° Grand bateau glissant le long d'un câble qui sert aie faire mouvoir et destiné à passer les hommes, lesanimaux, les voitures, etc. d'un bord d'une rivière à l'autre. Précomtal avait fait passer l'Adige à une vingtaine de soldats, au-dessous de Vicence, près d'Albaredo, où ils étaient, pour amener un bac de notre côté, st-sim. 95, 2. || 2° Technologie. Cuve en pierre pour recevoir l'eau de pluie. || Grand coffre pour piler le sucre au sortir de Fétuve. || Vase de bois dans lequel le brasseur prépare les grains et le houblon. || Endroit plein d'eau pour conserver le poisson. || Bassin en briques pour éteindre la chaux. || Bac à eau, baquet pour mettre ds l'eau, dont on fait usage dans les serres. || Bac à
terre, baquet servant à délayer la terre pour terrer le sucre.
— HIST. xve s. Une fois puet on, quoiqu'on die, Faire une grant feste en sa vie, Une foisfault passer ce bac [se marier], e. deschamps dans ste-palaye.
— étym. Wallon, bâche, bac et bâche, bac, auge; namurois, bauche, bac, auge, mangeoire; Berry, bâche, bassin, auge; bas-lat. bachium, h iccus; du bas bret. bak ou bag , bateau ; bagea, conduire un bateau. Comparez cependant bassin, avec le radical duquel les patois qui emploient bac pour auge le confondent.
BACCALAURÉAT (ba-kka-lo-ré-a), s. m. Le premier grade universitaire, celui qui donne le titre de bachelier. Se préparer pour le baccalauréat.
— ETYM. Singulier barbarisme : évidemment, ce mot, introduit dans le xvie siècle, a été pris par ceux qui le dénaturaient, comme formé de bacca, baie, ou bacchar, gantelée (comme dans la Lusiade de Camoëns, ni, 97 : dobaccharo e do sempre verde louro), et laurea, laurier. Il est une altération du bas-latin bachalarialus , désignant un rang de débutant d'abord dans la chevalerie, et puis dans la hiérarchie religieuse et universitaire (voy. bachelier).
f BACCARA (ba-ka-ra), s. m. Jeu de cartes qui se joue entre un banquier et un certain nombre de pontes.
BACCHANAL (ba-ka-nal), s. m. Familièrement, grand bruit, vacarme. || Il n'a point de pluriel.
— HIST. xme s. Durant les quatre samedis fu si grant baquenal en la mer devant Damiette, que il y otbien douze vins vessiaus, que gransque petiz, briziez et perdus, joinv. 219.
— ÉTYM. Bacchanal, fête de Bacchus, de bacchari, se livrer aux orgies (voy. bacchus).
BACCHANALE (ba-ka-na-F) . s. f. || 1° Danse bruyanteettumultueuse. || Familièrement, débauche faite avec bruit. || 2° Au plur. Fêtes que les anciens célébraient en l'honneur de Bacchus. || Au sing. Représentation d'une danse de bacchantes et de satyres. La bacchanale du Poussin.
— SYN. bacchanale, bacchanal. Un bacchanal, c'est un grand bruit, un grand tapage. Une bacchanale ajoute au bruit le sens de fête désordonnée ou de débauche.
— hist. xvie s. Quant aux rémunérations bacchanales [bacchiques] , les uns et les autres y participent, et il est difficile d'avoir continué ce train ici quelque temps, qu'on ne sente desjà les avant-coureurs des maladies, LANOUE, 522.
— ÉTYM. Bacchanalis, de bacchari, se livrer aux orgies (voy. bacchus).
BACCHANTE (ba-kkan-f) , S. f. || 1' Bacchus célébrant les bacchanales. |j une bacchante, une vraie bacchante, femme sans modestie et sans retenue. Une mode qui éloigne les cheveux du visage, bien qu'ils ne croissent que pour l'accompagner, qui les relève et les hérisse à la manière des bacchantes.... la bruy. va. || 3° Joli papillon de France qui vole par saccades.
— ÉTYM. Bacchari, célébrer les orgies (voy bacchus).
t BACCHIAQUE (ba-kk i-a-k') , adj. Vers bacchiaque, sorte de vers grec ou latin composé principalement de bacchius.
f BACCHIUS (ba-kki-us') , s. m. Pied grec ou latin composé d'une brève et de deux longues.
— étym. Baxy Eto;, relatif à Bacchus, sou entendu ttoù:, pied (voy. bacchus).
f BACCHUS (ba-kkus'), s. m. || 1° Divinité de la Fable, présidant au vin. || 2° Fig. Le vin lui-même. Il les mène à sa table oublier leur querelle , Et Bacchus scelle entre eux une paix éternelle, stlambert, Saisons, Hiver.
— ÉTYM. Bacchus, pâxy.o:, du sanscrit baksha , manger, parce que le feu, dont cette divinité est un symbole, dévore les sacrifices
BACCIFÈRE (ba-ksi-fè-r'j, adj.
que. Qui porte des baies.
— ÉTYM. Bacca, baie, et ferre, porter.
f BACCIFORME (ba-ksi-for-m), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une baie.
— ÉTYM. Bacca, baie, et forme.
f BACCIVORE (ba-ksi-vo-r'), adj. Terme de zoologie. Qui vit principalement de ba
— ÉTYM. Bacca, baie, et xorare, manger. BACHA (ba-cha), s. m. Espèce de préfet chez les
Turcs. Les préteurs et les proconsuls étaient, si j'ose me servir de ce terme, les bâchas de la république, montesq. Espr. xi, 19 (voy. pacha).
Prêtresse de 2° Fig. C'est se dit d'une
•'), adj. Terme de botani-
BAC
BAC
BAD
t BACHASSE (ba-cha-s'), s. f. Terme rural. Chaussée d'un étang.
— ÊTYM. Voy BÂCHE.
fBACHASSON (ba-cha-son), s. m. Terme de papeterie. Auge qui donne de l'eau aux piles.
— ÉTYM. Voy. bâche.
| BACHAT (ïia-cha). s. m. || !• Auge à cochons dans quelques provinces. || 2° Terme de papeterie. Cavité qui se trouve sous le pilon.
— ÉTYM. Voy. BÂCHE.
BÂCHE (bâ-ch'), s. f. || 1° Terme de jardinage. Encadrement en bois ou en pierre, ordinairement abrité par des vitraux et rempli déterre de bruyère ou autre. || 2° Sorte de cuvette où se rend i'eau puisée par une pompe aspirante, et où elle est reprise par d'autres pompes qui l'élèvent de nouveau.
3 Petite caisse qui sert à mesurer le minerai. Caisse employée pour jeter le minerai dans le haut fourneau. Auge dans laquelle on refroidit les scories. || 4° En termes de marine, partie de la grève où il reste de l'eau à marée basse. || 5° Terme de pèche. Bâche ou bâche traînante, filet en forme de poche que l'on traîne sur le sable, dans les endroits où il y a peu d'eau, pour prendre le poisson dans les rivières. || 6° Pièce de grosse toile ou de cuir don: on recouvre les diligences, les charrettes, les bateaux, pour garantir les marchandises de la pluie.
— ÉTYM. Si l'on recourt au mot bac, et qu'on y lise les mots patois, on y verra plusieurs formes bâche ou bauche, qui signifient auge. C'est à ces mots que se rattache bdclte, avec le sens de caisse ou cuvette. Quant au sens de pièce de toile ou de cuir, ou bien c'est un tout autre mot(norm. bâche, grosse toile), ou, comparant la diligence, la charrette, etc. recouvertes de leurs pièces de toile ou de cuir, à une caisse ou à une auge, on a donné le nom du tout à cette pièce même.
BÂCHÉ. ËE (bà-clié. chée), part, passé. Recouvert d'une bâche. Une diligence bien bâchée.
BACHELETTE (ba-che-lè-f), s. f. Jeune fille gracieuse. Une gentille bachelette. Vous cajolait la jeune bachelette, la font. Cloch. '
— HtST. xmc s. Et se ce est vallet [si c'est un garçon], Si lui quiere un auget; Et se c'est baisselette [une fille], Si lui quiere minette. De l'oustillement au vilain , p. (G. Et comme bonne baisselete, Tiengne la chambre Venus nete, la Rose , (3539.
— ÉTYM. Wallon, bâcèle; namurois, bauchèle; rouchi, bacelette; tous trois signifiant fille. Bachelette est un diminutif de bachele, et bachele parait être aussi un diminutif de basse, qui, dans l'ancien français et dans le normand, signifie servante. M. Grandgagnage propose pour étymologie le frison bas, bas-saxon baas, maître. M. Diez incline à voir dans basse une forme de bagasse, en italien bayasi ia ,qu'il rattache. d'une façon très-dubitative, ou au kymri bach, petit, ou à l'arabe bagi, servante. Mais ne serait-il pas possible de voir dans basse le féminin derassus, serviteur, et radical de vassal (le changement du v en b, bien que rare, n'est pas sans exemple)? d'où baccle, bacelete, qui semble si bien correspondre k rasselet (vaslet, varlet), jeune garçon. La forme bachelette, qui ne se trouve pas dans les anciens textes, sera née de basselette qui s'y trouve seule, par assimilation avec bachelier.
BACHELIER (ha-che-lié ; L'r ne se lie jamais; au pluriel, Ys se lie : les bacheliers et.... dites : les bache-lié-z et....), s. m. || 1° En termes de féodalité, jeune gentilhomme qui , n'ayant pas moyen de lever la bannière, était contraint de marcher sous celle d'autrui, qui aspirait à être chevalier et tenait rang entre le chevalier et l'écuyer. Les jeunes gens étaient bacheliers, ce qui voulait dire chevaliers, ou varlets et écuyers, volt. Mœurs, 91. Pour un signe de deux beaux yeux, On sait qu'il n'est rien que ne fassent Les seigneurs et les bacheliers, v. hugo, Bail. 13. || 2° Garçon. Dans laTouraine, un jeune bachelier, la font. Cloch. Vieux en ce sens. || 3° Celui qui dans la faculté de droit canon, après trois ans d'étude, soutenait un acte dans les formes prescrites par la faculté. Le bachelier, plongé dans les quatre premiers siècles, traite toute autre doctrine de science triste, vaine et inutile, pendant qu'il est peut-être méprisé du géomètre, la bruy. t2. J'ai des forces, du feu, de l'esprit, de l'étude ; Et jamais sur les bancs on ne vit bachelier Qui sût plus à propos interrompre et crier, l'abbé de villiers, Art de prêcher. Il vous faudra un jour réprimer les bacheliers en fourrure, ainsi que les gens en bonnet à trois cornes, volt. Letir. la Chalotais, 9 juin 4763. || Dans l'ancienne faculté de .médecine, celui qui avait étudié deux ans et qui, ayant subi l'exa-
men général, était revêtu de la fourrure pour entrer ensuite en licence. || 4° Aujourd'hui, dans l'Université, celui qui est promu au baccalauréat dans une faculté. Bachelier es lettres, es sciences, endroit.
— HIST. XIe s. Et escremissent [font des armes] cil baceler léger, Ch. de Roi. vin. || xne s. Tuit baceler et noble conquérant, Ronc. p. t3i. Breton, flaman, baceler parisant, ib. p. <»e. Blont [il] ot le poil, menu recercelé [à boucles menues], En nule terre n'ot si beau bacheler, Romancero, p. bi. Sire, fait-il, laenz sunt quatre bacheler, Des chevaliers le rei, Th. le mart. 1 39. ||xiiic s. Quant iere bachelers legiers,Volentiers gelines menjoie, En ces haies où ges [je les] trovoie, Ren. (3(00. Entre vous et ce bacheler Robichonet au vert chapel, Qui si tost vient à vostre apel, Avés-vous terres à partir? la Rose, 8568. Un bacheler françois qui cuidoit que la coustume de France fust de sustance de mariage, une feme qu'il avoit prise segont la costume où il estoit, lessa et prist une autre, Lii. de Just. (78. Quant je reving à ma nef, je mis en ma petite barge [barque] un escuier que je fiz chevalier, et deux moult vaillans bachelers, joinv. 214. || xvc s. Car c'est le métal [l'or et l'argent] par quoi on acquiert l'amour des gentils hommes et des povres bacheliers, froiss. i, i, 8. Sur ce la bonne dame [Isabelle d'Angleterre] avoit jà prié moult de chevaliers, bacheliers et aventuriers qui lui promettoient que très volontiers ils iroient, id. i, i, (9.
— ÉTYM. Berry, bachelière, la jeune personne qui accompagne la mariée en qualité de fille d'honneur; bas-lat. bacalarius, baquelarius (baccalaria, sorte de domaine, se trouve dans des textes du ixc siècle); provenç. bacalar, bachalier; anc. catal. batxeller; espagn. bachiller; portug. bacharel; angl. bachelor, homme célibataire. Mot très-ancien dans les langues romanes, qui manque pourtant à la région italienne, et dont l'origine est inconnue. L'antiquité du mot suffit pour montrer que l'étymologie bas chevalier, qu'on a donnée, est sans la moindre apparence. 11 va sans dire qu'il n'y a non plus à faire aucun compte de baccalaureus -^bachelier a eu, entre autres acceptions, celle de gradué dans une faculté, et, cherchant une étymologie au mot pris ainsi, on l'a décomposé, contre toutes les lois de l'analogie, en baccalaureus, comme s'il venait de bacca lauri, baie de laurier. Le sens primitif du baslatin baccalarius était celui qui tient une baccalaria; baccalaria voulait dire une espèce de bien rural que le bachelier avait à cens, et qui paraît avoir été formé d'une dizaine de manses. Il était donc compté parmi les gens de la campagne, quoique d'un rang plus élevé que ceux qui, tenant un manse, étaient assujettis aux œuvres serviles, et on peut le définir un vassal d'un ordre inférieur. A côté de cette signification, il a encore celle déjeune guerrier qui n'est pas encore chevalier. Puis il y eut des bacheliers d'église, qui étaient des ecclésiastiques d'un degré inférieur. Il y eut, dans les corporations de métiers, des bacheliers qu'on nommait aussi juniores, et qui géraient les petites affaires de la corporation. Enfin, et par le même mouvement d'idées, naquirent les bacheliers! des facultés. De là aussi, par une autre extension, bachelier prit le sens d'homme jeune, non marié, et, en général, de célibataire, sens qui est resté celui du mot anglais bachelor. Dans l'ancien français, vassal a une double signification : d'une part, il signifie celui qui est subordonné féodalement ; et, d'autre part, il veut dire courageux guerrier; vasselage est constamment usité pour valeur et prouesse : les chansons de gestes sont pleines de l'emploi de ce mot. Bachelier a exactement le même sens; il signifie, comme l'autre, subordonné féodalement, et guerrier, jeune guerrier, vaillant guerrier. Le sens tendrait donc à rapprocher ces deux mots; mais les lettres y opposent une difficulté que les exemples connus ne permettent pas de surmonter : on ne peut expliquer comment les deux ss de vassal se seraient changées en c dur, à une époque aussi reculée que le ixe siècle. Cela conduit à reconnaître un radical bacal, bacel, bachel, qui a la double signification indiquée plus haut, et qui paraît collatéral de vassal. Le celtique a : gaélique, bachall, irlandais, bacal, bâton, qui conviendraient très-bien pour la forme du mot, et qui d'ailleurs ont pénétré dans les langues romanes: en termes de marine, ancien italien, baccalaro, ipièco de bois de pin ou d'orme; ancien français, baccalat, même sens ; espagnol, vacalas, baccalas, bâtons fichés sur la couverture des galères. Dès lors ce n'est pas une conjecture dénuée de toute vraisemblance , de penser que le mot de
bâton, de pièce de bois, ait passé à une bachelerie, sorte de domaine rural.
BÂCHER (bâ-chô), v. a. Couvrir d'une bâche. Bâcher une voiture.
— étym. Bâche.
BACHIQUE (ba-chi-k'), adj. Qui appartient, qui a rapport à Bacchus, le dieu du vin. Fête bachique. Il condamna la musique bachique, fén. Tél. xu. || La liqueur bachique, le vin. || Chanson bachique, chanson à boire. [Un des conviés] Lamentant tristement une chanson bachique, boil. Sat. m. Je ne tiens qu'au refrain bachique Par le tournebroche annoncé, bérang. Tourntbr. || Terme de peinture. Genre, scène bachique, se dit des tableaux qui représentent des scènes de buveurs.
— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie ne veut qu'un c à bachique, tandis qu'il y en a deux à bacchanal, bacchanale, bacchante.
— ÉTYM. Bacchus.
f BACHMOURIQUE (bach-mou-ri-k') , adj. Dialecte bachmourique , dialecte de la langue copte.
— ÉTYM. Bachmour, nom qui vient des Arabes et qui paraît s'appliquer à un canton de la basse Egypte.
f BACHOLLE (ba-cho-1'), s. f. Casserole de cuivre dont on se sert dans les papeteries.
— étym. Voy. bâche (au sens d'auge, bassin).
t BACHON (ba-chon), s. m. ou BACHOL'E (bachoue), s. f. Grand vaisseau de bois pour transporter les boyaux au lavoir, etc.
— étym. Voy. bâche (au sens d'auge, bassin). BACHOT (ba-cho), s. m. Petit bateau.
— ÊTYM. Diminutif de bac.
t BACHOTAGE (ba-cho-ta-j'), s. m. Droit établi sur les bachots.
— ÉTYM. Bachot.
BACHOTEUR (ba-cho-teur), s. m. Batelier qui conduit un bachot.
— ÉTYM. Bachot.
f BACUOTTE (ba-cho- 1'), s. f. Terme de pêche. Espèce de baquet pour transporter des poissons.
— ÉTYM. Voy. bâche (au sens d'auge, bassin).
f BACUOU (ba-chou), s. m. Sorte de tonneau ouvert par le haut et servant de hotte.
— ÉTYM. Voy. bâche (au sens d'auge, bassin), f BACHOUE (ba-choù), s. f. Voy. bachon. BAC1LE (ba-si-1'), s. m. Terme de botanique.
Plante ornbellifère qu'on nomme aussi perce-pierre, passe-pierre, christe-marine ou fenouil marin (crilhmum maritimum , £.).
| BACILLAIRE (ba-sil-lè-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est long, grêle et cylindrique comme une baguette.
— étym. Bacillus, baguette.
BACINET (ba-si-nè), s. m. Terme de botanique. Voy. bassinet.
f BÂCLAGE (bâ-kla-j'), s. m. Arrangement des bateaux dans un port pour la charge et la décharge des marchandises. || Fermeture d'un port par des chaînes, des câbles, etc. || Fermeture du passage d'une rivière par des hérissons.
— étym. Bâcler.
BÂCLÉ, ÉE (bà-klé, klée), part, passé. Une porte bâclée. || Fig. C'est une affaire bâclée, terminée vite et à la hâte.
BÂCLER (bâ-klé), v. a. || 1° Fermer une porte ou une fenêtre avec une barre de bois ou de fer. || Bâcler un port, le fermer avec des chaînes. | Bâcler une rivière, en fermer le passage avec des hérissons. || 2° Bâcler un bateau, le fixer pour le charger et le décharger. || 3° Fig. et familièrement, expédier un travail à la hâte. 11 a lestement bâclé sa besogne.
—étym. Provenç. baclar, fermer.de bacuhis, bâton, parce qu'on fermait une porte avec un bâton.
f BACONISME (ba-ko-ni-sm') , s. m. Philosophie de Bacon, philosophie expérimentale.
— ÉTYM. Bacon, célèbre philosophe anglais. fBACONISTE (ba-ko-ni-sf) , s. m. Disciple de
Bacon; adhérent à la philosophie de Bacon.
f BACONNER (ba-ko-né), v. a. Mettre dans un baquet d'eau salée.
— ÉTYM. Ancien français, bacon, pièce de lard salé ; de l'anc. haut-allem. bacho, dos . allemand moderne, Bach.
f BACUL (ba-ku), s. m. Large croupière des bêtes de voiture, qui leur bat sur les cuisses.
— ÉTYM. Battre et cul.
t BADAIL (ba-dall, Il mouillées) , s. m. Terme de pêche. Sorte de filet en forme de chausse, que l'on traîne au fond de l'eau
— étym. Un radical bad, qui se trouve dans le bas-latin badare (voy. béant).
BAD
BAD
BAF
fBADAMlER (ba-da-mié) , s. m. Arbre de Malabar (terminalia catalpa, L.) qui donne des amandes èmulsives très-agréables à manger et fournissant par l'expression une huile douce analogue à celle de l'olive.
— ÉTYM. On dit que ce mot est une corruption de bois de damier.
BADAUD, AUDE (ba-dô, dù-d'; le d ne se lie pas : le badaud est.... dites : le ba-dô est... Vs se lie au pluriel : les badauds à l'enlour, dites : les ba-dù-z à l'entour), s. m. et f. || Qui s'arrête à considérer tout ce qui lui semble nouveau. Les badauds de Paris, locution qui vient de ce que, à Paris comme dans les grandes villes, une foule s'amasse rapidement autour de quoi que ce soit. Tu seras des badauds en passant adoré, Régnier, Sat. xvi. L'espoir qui le domine, C'est, chez son vieux portier, De parler de la Chine Aux badauds du quartier, bérang. Jean de Paris. Et la vieille badaude, au fond de son quartier, Dans ses voisins badauds voit l'univers entier, volt. Vanité. Un troisième, moine et seigneur, dont les paysans sont mainmortables, attendait un arrêt du conseil qui le mît en possession de tout le bien d'un badaud de Paris qui, ayant par inadvertance demeuré un an et un jour dans une maison sujette à cette servitude, y était mort au bout de l'année, id. l'Homme aux quarante écus, aud. du contr. gin. Paiis est un grand lieu plein de marchands mêlés... .Et, parmi tant d'esprits plus polis et meilleurs, Il y croît des badauds autant et plus qu'ailleurs, corn. Menteur, i, t. Le tout glacé, verni, blanchi, doré, Et des badauds à coup sûr admiré, volt. Temple du goût.
— SYN. BADAUD, BENÊT, NIGAUD, NIAIS. L'étymO-
logie, du moins pour les trois premiers, montre les nuances. Le badaud est celui qui baye aux corneilles, qui s'arrête à toute chose, comme s'il n'avait jamais rien vu; le niais, comme le jeune oiseau qui sort pour la première fois de son nid, est sans expérience, et, en quoi que ce soit, il ne sait comment s'y prendre; le benêt est une créature bénite, simple, et qui fait ou croit tout ce qu'on veut. Le nigaud est celui qui s'attrape à toute chose, et qu'aussi par toute chose on attrape.
— HIST. xvic s. Car j'entends que plusieurs badaux S'en vont disant : ce n'est qu'ivrognerie Que les vaux-de-vire nouveaux, jean le houx, h. Reputez grands badaux, et caillettes, sots en latin et enfrançois, de l'avoir enduré, Sat. Mén. p. 83. Le fort de Gournay, qu'on appelle maintenant bridebadaut, ib. p. 1 55. Et ainsi le pauvre badaut de village s'en alla quitte.... paré, xv, 28.
— ÉTYM. Berry, bader, bavarder ; wallon , bada, femme étourdie, évaporée; provenç. badau, niaiserie, badoc, badin, badaul, baduel, niais. Ce mot, qui paraît n'être entré dans le français que tard, vient du provençal; le provençal se rattache à un mot bas-latin, badarc ou balaie, qui .signifie Miller. Aller plus loin est difficile. Il y a dans le celtique : cornwall. badus, lunatique; bas-breton, bail, stupeur, alourdissement ; gaél. baodh, baoth, bdth, stupide, vain; mais ces mots ne répondenl pas à la signification primitive de badarc, qui signifie bâiller.
j BADAUDAGE (ba-dù-da-j'), s. m. Action de badauder.
— HIST. xvic s. Ilesloit bourgeois de Paris, Et de fait par un long usage II retenoit du badaudage, Sat. Mén. p. 217.
— ÉTYM. Badauder.
BADAUDER (ba-dô-dé), t. n. Faire le badaud. Il se conjugue avec l'auxiliaire ai oir.
— ÉTYM. Badaud.
BADAUDERIE (ba-dô-de-rie), s. f. Entretiens et actions de badauder. Nous allâmes au Palais-Royal où la badauderie des courtisans m'étonna plus que celle des bourgeois, retz, m, eu.
— ÉTYM. Badauder.
\ BADE (ba-d'), s. f. Terme de charpenterie. Ouverture du compas qui mesure les jours entre une pièce de bois et la place où elle doit être mise.
— ÉTYM. Radical bad, qui est dans le bas-latin badare, être ouvert (voy. béant).
f BADELAIRE (ba-de-lê-r'), s. m. Terme de blason signifiant une épée courte, large et recourbée.
— HIST. xnc s. Cavelier tira un grand panart ou feadelaire, du cange, badelare. Et lors il sacha un bazelaire et en fery si grand cop....in. ib. || xv° s. Si les convint couper plançons de bois à leurs espées et leurs badelaires pour leurs chevaux lier, froiss. i, i, 38. Le connestable contre les coups se couvroit de son bras et croisoit de son badelaire en soi
défendant vaillamment, id. in, iv, 28. Un petit coustel portatif, apelé baudelaire, du cange, badelare. || xvie s. Affiloient cimeterres, brancs d'acier, badelaires, rab. Prol. du livre ni.
— ÉTYM. Bas-lat. badelare, badarellus.
BADERNE (ba-dèr-n'), s. f. Terme de marine.
|| Tresse plus ou moins large, faite de fils de caret et employée à recouvrir les mâts, les vergues , les câbles, dans les parties que des frottements pourraient détériorer. || Grosse tresse en vieilles cordes pour empêcher des bestiaux de glisser par l'effet du roulis. || Fig. Toute chose ou tout individu hors d'état de servir.
— ÉTYM. Origine inconnue. Espagn. et ital. baderna; bas-breton, badern; grec. mod. u.ira8Épva.
BADIANE (ba-di-a-n'), s. f. Terme de botanique. Grand arbre de la Chine et de la Tartane (illicium anisatum, L.), qui porte des fruits appelés anis étoile.
BADIGEON (ba-di-jon), s. m. || i° Couleur en détrempe dont on peint les murailles. || 2° Pâte qui sert à remplir les trous et les défauts des figures sculptées et du bois.
— ÉTYM. Origine inconnue.
BADIGEONNAGE (ba-di-jo-na-j'), s. m. Action de
badigeonner.
BADIGEONNÉ, ÉE (ba-di-jo-né, née), part, passé. Mur badigeonné.
BADIGEONNER (ba-di-jo-né), v. a. || 1° Peindre une muraille avec du badigeon. Badigeonner une façade. || 2° Remplir les creux d'un morceau de sculpture ou de menuiserie avec du badigeon.
— ÉTYM. Badigeon.
BAD1GEONNEUR (ba-di-jo-neur), s. m. Celui dont le métier est de badigeonner.
— ÉTYM. Badigeonner.
f BADILLON (ba-di-llon, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Petite brochette que l'on cloue de distance en distance sur le gabarit d'un bâtimenl en construction, pour indiquer la largeur des pièces de bois.
BADIN, INE (ba-din, di-ir), adj. || 1» Qui se plaît aux choses légères. Un homme badin. Riez, Zélie, soyez badine et folâtre à votre ordinaire, la bruy. 13. Ce n'est que pourtoi seul qu'elle est fière et chagrine; Aux autres elle est douce, agréable, badine, boil. Sat. x. || Substantivement. Horsde mode aujourd'hui chez nos plus froids badins, boil. Sat. xn. || 2" En parlant des choses. Un air badin. Esprit badin. Lettre badine. L'âme du singe fit tant de tours plaisants et badins, que l'inflexible roi des enfers ne put s'empêcher de rire. fën. t. xlx, 54. 0 Dieu! où serait ici votre sagesse de n'avoir montré des hommes à la terre que pour faire des essais badins de votre puissance? mass. Car. Avenir. Le tonde la conversation y est [à.Paris] savant sans pédanterie, gai sans tumulte, poli sans affectation, galant sans fadeur, badin sans équivoque, j. j. rouss. Hél. n, 14. || Poème badin, poème qui raconte, en un style léger, des aventures badines, comme le Vert-Vert de Gresset. || En termes de graveur, pointe badine, main adroite et légère à tracer les traits. || 3" Adj. Fou, peu raisonnable. En ce sens il est peu usité présentement. Moi, jaloux! Dieu m'en garde, et d'être assez badin Pour m'aller amaigrir avec un tel chagrin, mol. le Dép. i, 2. || Substantivement. Sus, badin, levez-vous; si vous tombiez dedans.... Régnier, Sat. xiv.
— SYN. badin, enjoué, folâtre. Badin, quand on laisse de côté le sens ancien, qui le rapproche de badaud, signifie celui qui, se plaisant aux choses légères, y met ou de l'esprit ou de la grâce. L'enjoué met de la gaieté aux choses qu'il dit. Le folâtre se livre à de petites folies qui ont leur charme , si la circonstance s'y prête, mais qui dépassent et le badinage et l'enjouement.
— hist. xvie s. On voit ez comédies italiennes tousjours un pédante pour badin [plastron], mont. i, 138. Quand je tanse avecques mon valet, quand je l'appelle un badin, un veau.... id. i, 270. J'ay veu aussi les badins excellents, vestus simplement, id. n, 104. Pour rire un ris acheté à prix d'argent, qu'ils payent à des baladins et à des badins et joueurs de farces, amyot, Tranquill. d'âme, 40. Au reste ils sont si sots et si badins qu'ils craignent Les charmeurs dont les points et la voix les contraignent À leur faire service.... rons.
— ÉTYM. Le même radical que badaud.
BADINAGE (ba-di-na-j'), s. m. || 1° Action de badiner. Un innocent "badinage. Le badinage de son humeur, hamilt. Gramm. 15, C'est une chose bien sérieuse que de mourir; ce n'est point alors le badinage qui sied bien, mais la constance, labruy. 16
Croyez-vous qu'ébloui de vos vaines paroles J'ignore qu'en effet tous vos discours frivoles Ne sont qu'un badinage.... boil. Sat. x. Vouloir accordertoutleluxe et tout le badinage du monde avec la dévotion, cela n'est pas sans exemple, mais c'est l'aveuglement le pins déplorable, bourd. Pensées, t. i, p. 459. Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux, boil. Art p. n. || 2° Ton badin, manières badines, style badin. Il y a un badinage agréable dans les écrits de cet auteur. Imitez de Marot l'élégant badinage, boileau, Artp.i. Quand il n'était question que de plaisirs, on eût dit qu'il n'avait étudie toute sa vie que l'art si difficile, quoique frivole, des agréments et du badinage, fonten. Argenson. || Locution proverbiale, mais qui a vieilli : être instruit en badinage , c'està-dire être fait à tout ce qu'on veut, être instruit de toute l'intrigue, être accoutumé à tout ce qu'on désire.
— HIST. xvie s. Je sçay bien que les poures Egyptiens d'Hérodote sont fort moquez quant à leur religion, et ne nie pas que ce ne soit àbon droict; car on y voit de grans badinages, h. est. Apolog. pour Ilérod. Disc, prélim. VI.
— ÉTYM. Badiner.
BADINANT (ba-di-nan), s. m. || 1° Cheval surnuméraire dans un attelage. Six chevaux de carrosse et un badinant. Il a vieilli. || 2" Avant laRévolution, badinant, le neuvième conseiller d'une chambre, au parlement de Paris.
— ÉTYM. Badiner.
BADINE (ba-di-n'), s. f. Baguette mince, souple et légère. || S. f. plur. Sorte de petites pincettes.
— étym. Badin,
f BADIXEMENT (ba -di-ne-man), adv. D'une manière badine. Pégase s'agenouillait badinemenl , quand Voiture le montait, sarrazin, Pompe funèbre de Voiture.
— étym. Badine, et le suffixe ment.
BADINER (ba-di-né), r.n. || i" Faire le badin,
plaisanter. Avec ses compagnons tout le jour badiner, Sauter, courir, se promener, la font. I'ab. vin, 16. Je rapporte ceci pour une leçon qui dot apprendre à ne jamais badiner avec les armes, stsim. i, 189. Le disciple de Zenon a sans cesse la lance en arrêt contre la volupté; celui d'Épicure vit sous la même tente et badine avec elle, dider. Essai s. Claude, liv H. Des choses que vous dites en badinant, sév. m. 11 badine sur la belle pièi j'ai faite, id. 562. J'ai eu tort de badiner sur M. denbourg, id. 435. La maladie de nos jours est de vouloir badiner de tout, v.uven. Sur les anc. et les mod. Mais du vent qui s'élève un souffle ina Badine avec ma voile et l'enfle à mon insu, lamart. Ép. à Delav. La véritable grandeur s'abandonne quelquefois.... elle rit, joue et badine, mais avec dignité, la bruy. 2. || Familièrement. C'est un homme qui ne badine pas. il est grave, susceptible, sévère. || Fig. En parlant des ajustements. Cette dentelle badine. Laissez badiner ce voile. || En termes de manéf cheval badine avec son mors, il joue avec son frein. || 2' Avoir le ton badin, le style badin. Cet auteur badine agréablement dans ses écrits. Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, boil. A. poét.u. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Badin.
BADINERIE (ba-di-ne-rie) , s. f. Chose dite ou faite pour badiner. Si le lecteur est scandalisé de toutes les badineries qu'il a vues dans ce livre, il fera fort bien de n'en lire pas davantage, scarr. Rom. corn. ch. 12. Cette badinerie n'est ni fade, ni usée, sév. 572. || Chose folle ou niaise. Si j'appréhende quelque chose, c'est que des personnes un peu s traitent de badineries le procès du chien et les extravagances du juge, rac. Plaideurs, préface. Les génies les plus élevés tombent quelquefois dans la badinerie, boil. Longin, ch. 7.
— HIST. xvie s. Ce sera quelqu'un qui fera mention d'une autre personne en bonne part [da épitaphes],ouceluy-làest le meilleur amy quej'aye, et plusieurs autres escripts pleins de telle badinerie, amyot, De la curiosité, 19.
— étym. Badiner.
j BADOURS (ba-dour), s. m. plur. Tenailles moyennes.
— ÉTYM. Un radical bad, qui se trouve dans le bas-latin badare, être ouvert (voy. béant).
f BADROUILLE (ba-drou-11 , //mouillées), s. f. Terme de marine. Pelote formée de vieux cordages goudronnés, pour chauffer un vieux bâtiment que l'on veut caréner.
BAFOUÉ, ÉE (ba-fou-é, ée), part, passé. 11 se vit bafoué, Berné, sifflé, moqué, joué, la font. Fab.x}9
BAG
BAFOUER (ba-fou-e), o. Q'. Traiter quelqu'un avec bal ma sans miséricord !.
— hist. xv!" s. Nous n'aurons jamais assez bafoué
idence de cet accouplage [de l'homme et des
iym. Ane. franc baffe et beffe; provenç. et
i. bafa; ital. beffa; tous mots signifiant raille-
Kjuerie; espagn. &e/ar, railler, befo, Lèvre
du cheval, be/or, remuer les lèvre?; anc. franc.
se moquer; angl. tobaffle. Le radical est le
que dans babine ou ba'ouine. c'est-à-dire
i &af, lèvre, qui se trouve dans un patois al-
l.Buppc, bouche. On comprend comment re-
' res a pu prendre le sens de se moquer.
KRE (l'àfr), s. f. Repas abondant. Mot po-
pulaii
f BÂFRÉE (bà-frée), s. f. Partie de plaisir où l'on bâfre. Il v a bâfrée céans. Populaire.
— HIST. xiv° s. Couppe le cuir [du cerf] par derrière les oreilles, en allant au travers, en 1
bauffrées [pièces] du cuir pendant, Modus, f xxi, verso. || xvc s. Le suppliant dit que si on faisoit son devoir, on bailleroit a icellui Julien une baufrée au long des joues, du cange, bu/fa.
— ÉTYM. Voy. BÂFRER.
BÂFRER (ba-fré), ».n. Manger gloutonnement et avec excès. Populaire. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvic s. 11 feut conclud que ils les bauf-
a1 sans rien y perdre, rab. Car. I, 4. On [au] dyable l'ung qui se feignoyt; c'estoyt triumphe de les voir bauffrer, id. Pant. n, 26.
— ÉTYM. Berry, baufrer; piémont. bafrè. Diez le rattache a bave, citant le picard bafe, gourmand, et baflier, baveur ; dérivation qui reste douteuse. On trouve dans L'ancien français baufrée, avec le sens
celui de soufflet ; ce qui porte à croire que bâfre m baufre signifie les joues et, par extension, joue pendante , pièce; d'où viendrait Mfrerwee le sens qu'il a : de la sorte il se rattacherait au radical baf ou bav, lèvres (voy. bafouer). Il y a aussidans le dictionnaire de Thomas, publié par Mai, t. vin, p. 71 : bafer, gros.sus. turgidus, ventriculosus; d'où l'on tirerait sans peine le verbe baferare, s'emplir la panse. Mais rien n'est certain.
BÂFREOR (bâ-freur), s. m. Celui qui mange avec excès et gloutonnerie. Populaire.
. ÉTYM. Bâfrer; Berry, baufreur.
BAGACE (ba-ga-s') , s. f. Voy. bagasse.
BAGAGE (ba-ga-j'), s. m. || 1° Objets empaquetés, nécessaires à ceux qui sont en voyage ou à la guerre. Voyageur sans bagage. Le général marchant sans -es. Le soldat après la perle de tous ses bagai e soldat en désordre imprudemment s'engage Tant à brûler le camp qu'à piller le bagage, mairet, Sophon. il, '•■ Son bagage est bientôt fait ; il emporte ses bras et s'en va, j. j. rouss. Ém. ni. || Fig. ;age de cet auteur n'est pas lourd, il a peu ecrit. ment. Plier, trousser bagage, dé-
i . s'en aller. Elle trousse bagage, et faisant lag mille. Sat. mi. Après la ligure que
nousavons faite, plier bagage comme des croquants, hàmilt. Gramm. 2. Il faut plier bagage, mol. Mis. iv, 4. || Plier bagage gnifie aussi mourir. || 2°Entermes de guerre, arme, et bagage, les armes et les équipages de la troupe. La garnison capitula et obtint de sortir avec armes et bagage.
— msr. xvr s. 11 fit plier bagage à ses troupes, Mém. sur du <■■ ch. 5. La capitulation s'estoit faitte
sauve, et mal gardée, poureeque les soldats ent, et pillèrent le bagage
maugré les chefs, d'aub. llist. i, 335. La capitulation se fist aussi tost a bagues sauves, enseigne desploiée , et la mèche allumée, sept jours de terme pour ploier bagage, id. ib. n, 59. Nos troupes sont à cette heure toutes troublées et difformées par la confusion du bagage et des valets qui ne peuvent esloigner leurs maistres à cause de leurs armes, mo.nt.
— ÉTYM. Bagues, s. f. plur. paquets; bourguig. bagaige; maçonnais, bogage ; provenç. bagalgc ; espagn. bagage; portug. bagagem.
BAGARRE (ba-ga-r'), s. f. Tumulte, grand bruit, encombrement, violent désordre. Il a péri dans la Dagarre.
— étym. Origine obscure. On a proposé : l'espagnol baraja, confusion, dispute; l'anc. haut-allem. bdga, combat; l'irland. bagair, menacer, terrifier, bagar, menace; génev. un bagar; wallon, gabare (par inversion). Certains font bagarre masculin : il s'est trouvé dans le bagar; c'est une faute, et, comme on voit, un provincialisme.
4, BAGASSE (ba-ga-s'), s. f. || 1° Canne passée au
BAG
moulin et dont on a extrait le sucre. || 2° Tiges de la plante qui fournit l'indigo quand on les retire de la cuve après la fermentation.
— étym. Espagn. bagaso, marc.