BAGASSE iba-ga-s'), a-, f. Femme de mauvaise
vie. Vieux. On n'entend que ces mots, chienne, louve, bagasse, mol. l'Étour. v , ) 4. Bagasse, ouvrirastu? Régnier, Sat. xi.
— hist. xni" s. C'est cil [amour] qui les amans justise, Et qui abat l'orgueil des gens, Et si fait des seigneurs sergens, Et des dames refait baiesses [servantes], la Rose, 875. Sire, serjant, baiasse ou dame, ib. -m 20. Tel baiasse [servante] ne tel meschine, du cange, baila. Il n'ont baesse [servante] ne serjent [serviteur] , ruteb. t 28. Mais de tes joies, dame chiere [la sainte Vierge] , Ne lairoie que ne contasse; Li saluz, ce fu la première; Dame, lors t'apelasbaasse,iD.n,i6. || xiy° s. Marguerite fut traictie par devers nous pour la bateure Adeline, jadis béasse de la dite Marguerite, du cange, beassa. || xve s. Icelle basse ou chamberiere du dit prestre, id. audibilis. || xvr s. Tant qu'elle estimerait que l'on voulust donner l'honneur dont elle se verrait privée, à cette bagasse de Gabrielle, sully, Mém. 1. 1, p. 536, dans Lacurne.
— ÉTYM. Provenç. baguassa; espagn. bagasa; ital. bagascia ; portug. bagaxa. On indique pour étymologie un mot arabe bdger, honteux, ou bagî, prostituée; un mot celtique, kymri, bâches, femelle; le bas-latin baga, paquet, avec la terminaison acca : mauvais paquet. L'origine reste douteuse.
BAGATELLE (ba-ga-tè-1'), s. f. || 1° Objet de peu de prix ou inutile. Je lui redevais une bagatelle. Mille francs, une bagatelle pour un homme aussi riche. Il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi, autant pour la vanité que pour l'usage, la bruy. 2. Tu n'as pas eu le courage de donner la moindre bagatelle à ta maltresse, hamilt. Gramm. H.||2° Chose frivole, sans importance. 11 se fâcha pour une bagatelle. Dire des bagatelles. S'amuser à des bagatelles. A quelles ba- • s ai-je perdu tout mon temps! Ce qu'elle vous veut dire est une bagatelle, corn. Agés, il, 7. Voilà le fait ! c'est une bagatelle, regnard, Fol. amour. Prologue. Vous lirez cela quand vous n'aurez rien à faire du tout, quand votre âme aura besoin de bagatelles; car point de plaisir sans besoin, volt. Lett. Mme du Deffant, <3 oct. 4759. || 3° Absolument, la bagatelle, les frivolités agréables qui occupent le monde. Jusque-là qu'en votre entretien La bagatelle a part; le monde n'en croit rien, la font. Fab. x, i. Ce n'est pas que souvent on ne connaisse la bagatelle et le néant de tout cela [le monde et ses engagements], bourd. Pensées, 1. 1, p. 224. Il ne faudrait que quelque réflexion; mais l'enchantement de la bagatelle dissipe tellement nos pensées que nous oublions sans cesse le seul bien digne de notre souvenir, id. ib. t. i, p. 37. Un homme qui n'a de l'esprit que dans une certaine médiocrité, est sérieux et tout d'une pièce; il ne rit point, il ne badine jamais; il ne tire aucun fruit de la bagatelle, la bruy. -H. Je suis fort aise que ce petit traité me présente l'occasion d'obliger les femmes à mépriser la bagatelle pour s'attacher aux choses les plus belles et les plus utiles, marg. buffet, Observ. p. (74. || S'amusera la bagatelle, s'occuper de choses futiles et sans intérêt. C'est une politique sûre de laisser le peuple savourer la bagatelle, la bruy. -io. || Elliptiquement, et comme expression de dédain. Bagatelle que tout cela. || 4° Composition légère. Lisez cette bagatelle; elle est d'un homme d'esprit. || 5" Amourette, galanterie. On ne peut rien faire de ce jeune homme ; il n'aime que la bagatelle. Je ne croirai jamais qu'elles s'offensent de ce qu'on quitte un peu la bagatelle, hamilt. Gramm. 4. Maman dirait : craignez les bagatelles! Le diable est fin, tremblez, Suzon, bérang. Cartes. || Ne pas s'amuser à la bagatelle, pousser les choses plus loin que la simple galanterie. Pour moi, madame, je ne m'amuse point à la bagatelle, baron, Fausse prude, n, 4. Les choses étaient entre elle et le duc à ne plus s'amuser à la bagatelle, hamilt. Gramm. 8. || Proverbe. Ce sont les bagatelles de la porte, se dit de choses sans importance et auxquelles il ne faut pas s'arrêter.
— ÉTYM. Ital. bagatella, tour de bateleur, bagatelle; espagn. bagatela; bas-latin bagattire, dire ou faire des bagatelles. Diez suppose qu'il vient., par quelque diminutif, du bas-lat. baga, bagues, bagage, de sorte que bagatelle signifierait une petite chose qu'on possède.
f BAGAUDES (ba-gô-d'), s. m. plur. Bandes de
BAG
révoltés, dans les Gaules, qui étaient composées surtout d'esclaves, et qui excitèrent des troubles i i ieux sous les empereurs Dioclétien et Maxi-
mien.
— ÉTYM. Bagaudx, Bacaudœ. On n'a que des conjectures sans autorité sur l'origine ultérieure de ce mot.
i. BAGNE (ba-gn'), s. m. Lieu où sont renfermés les forçats.
— ÉTYM. Ital. bagno ; espagn. baîio, que les Arabes nomment ainsi, dit Cervantes. Mais le dire de Cervantes paraît erroné, et l'on ne trouve, ni dans l'arabe, ni dans le turc, aucun mot qui se rapproche de bagne en cette signification. On dit, et cela paraît vraisemblable, qu'à Constantinople il y eut un local de bains employé accidentellement à renfermer des prisonniers, et que de là vient le nom de bagne.
t 2. BAGNE (ba-gn'), s. m. Terme de jardinage. Tonneau contenant de la terre à pots tamisée.
fBAGNOLET (ba-gno-lè), s. m. Terme de marine. Prélart goudronné employé à couvrir les câbles autour des bittes, à bord des navires non pontés.
t BAGNOLETTE (ba-gno-lè-tf) , s. f. Ancienne sorte de coiffe à l'usage des femmes.
f BAGOU (ba-gou), s. m. Bavardage où il entre de la hardiesse, de l'effronterie, et même quelque envie de faire illusion ou de duper. Mot tout à fait populaire.
— étym. Picard, bagoul (prononcé bagou); wallon, bajoice; norm. bagoul. L'étymologie est bu, particule dépréciative (voy. ba....), et gueule. Le wallon bajove est bajoue.
t BAGUAGE (ba-ga-j'), s. m. Terme de jardinage. Incision circulaire pratiquée aux branches des arbres fruitiers, de la vigne, pour arrêter la sève descendante et empêcher le fruit de couler.
— ÉTYM. Baguer 2.
BAGUE (ba-gh'), s. f. || 1° Anneau que l'on met au doigt. En cette bague au moins reçois de mon honneur Et de ma passion un véritable gage, rotr. Bélis. il, 16. J'ai rencontré un orfèvre qui, sur le bruit que vous cherchiez quelque beau diamant en bague.... mol. Mar. forcé, 5. || Familièrement; c'est une bague au doigt, se dit de toute chose dont on peut tirer facilement avantage. || 2° Anneau qu'on suspend à un poteau, au bout d'une carrière où l'on court la bague. On courait souvent la bague devant leurs fenêtres, scarr. Rom. com. u, ch. 9. [Il] Court le faquin, la bague, escrime des fleurets, regnier, Sat. v. Â faire des vers, à courir la bague, pasg. Grand. 4 3. Vous faisiez [Henri III] mille grimaces, courir la bague en femme, faire des repas avec vos mignons, puis faire le dévot, fën. xix, 398. || Fig. Courir la bague, faire rapidement une excursion. Nous sommes venus courant la bague depuis la dinée, sëv. 349. || Jeu de bague, machine à pivot, où sont adaptés ordinairement des chevaux de bois, sur lesquels montent les joueurs qui cherchent à enlever la bague. || 3° Anneau soudé sur le corps d'un tuyau d'orgue. || 4°Terme d'architecture. Membre de moulure qui divise horizontalement les colonnes dans leur hauteur. || 5" Terme d'horticulture. Cercle d'œufs de papillon qui entoure une branche d'arbre fruitier. ]| 6" Terme de marine. Petit cercle en fer ou en cordage servant à fixer les focs et voiles d'étai.
— hist. xvc s. De là alla le roy à Turin, et y emprunta les bagues de madame de Savoye, et les mit en gage pour douze mille ducats, comm. vu, r>. || xvic s. Il passa dix jours à la bague, aux fleurets et au jeu, d'aub. Hist. n, 25'». Il y l'ust couru en six jours unze bagues, que plusieurs dames et demoyselles donnèrent, carl. m, te. Les sergents lui voulans oster des bagues d'or qu'il avoit pendues aux oreilles, lui arrachèrent, quand et quand le bout de l'oreille, amyot, Mar. 21.
— étym. Bas-lat. bacv, baccx, anneaux de chaînes; baga, fers qu'on met aux prisonniers; boja et baga unum sunt, dans les gloses de maître Ison (voy. du cange, boia). Ces citations ne permettent guère de ne pas rattacher bague par ces mots au latin bacca, qui veut dire une baie, sorte de fruit, et, par assimilation, un anneau. On trouve aussi, dans le bas-latin, bauga et bauca. bracelet, qui vient probablement de l'allemand : goth. baug ;island. baugr, anneau, mots auxquels il faut rattacher l'ancien fiançais bou, bracelet : le bou do sun braz, lfpis, 4-21.
t. BAGUÉ, ÉK (ba-ghé, ghée), part, passé de baguer ( . Une robe baguée.
f 2. BAGUÉ, ÊE (ba-ghé, ghée), part, passé de baguer 2. Une branche baguée.
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