‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 224 sur 462 · BAIN · texte numérisé non relu

BAIN

représentant do* scènes grotesques et champê-

— ÊTYM. Ital. bambocciata, de bamboccio (voy.

, surnom, en raison de la singularité de -i taille, ilu peintre flamand Pierre de Laer, auteur ihlables tableaux.

BAMBOCHE (ban-bo-ch') , s. f. || 1° Grande marionnette. Faire jouer des bamboches. || 2 Kig. 1 ne h? mal faite et de petite taille. || 3° Populaire. Faire des bamboches, se livrer à toutes sortes d'amusements et de plaisirs.

— ÊTYM. Ital. bamboccio, poupée, proprement enfant; dérivé de bambo, enfant.

\ BAMBOCHER (ban-bo-ché) , ». ». Faire des bamboches, se déranger. Populaire. || Il se conjugue avec l'an oir.

— ÊTYM. Bamboche.

BAMBOCHEDR, EUSE, (ban-bo-cheur,eûz'),s.m.

et f. Homme, f< mine de vie déréglée. || Populaire.

— ÊTYM. Bamboche.

BAMBOU (ban-bou), s. m. Graminée gigantes [ue de l'Inde et d'autres pays chauds {bambula arundinacea). Les ares, en Australie, sont faits de banide bois ou de roseaux. L'éléphant aux larges oreilles Casse'les bambous en marchant, v. HUGO. Orient. 27.

BAN (ban), s. m.|| 1° Proclamation, publication. Battre un ban. battre la caisse pour annoncer qu'il i fait une publication. Avant le combat, lajusi lisait publier troi&bans, montesq. Espr.xxvm, 24. L'aumônier d'un roideFrance [sainl Louis prit sion de la patrie d'Annibal en ces mots : « Je vous dis le ban de N. S. J. G. et de Louis, roi de France, son sergent,» chateaub. ltin. m, 97. || Bande vendange, proclamation que les vendanges ouvertes. || 2° Ban de mariage, ou simplement ban, publication de mariage qui se fait solennellement à l'église paroissiale par trois dimanches consécutifs. M. de Rennes donna deux bans, sév. 657. || 3°Teri lalité. Convocation des vassaux

directs du roi pour le service militaire. || Le corps môme de la noblesse ainsi convoqué. Il ne levait de ban Que pour tiret quatre fois l'an Au blanc, be- Yvelot. il Le ban et l'arrière-ban, service militaire des fiefs et des arrière-fiefs. || Dans le langage actuel , et en parlant de milice ou de nationale, ban est la partie la plus valide de la population, et arrière-ban la réserve compois citoyens plus âgés, et qui ne doivent prendre les armes que dans les moments de péril. || Fig. Convoquer le ban et l'arrière-ban, s'adresser à tous ceux dont on peut espérer du secours. || 4" Four à ban, moulin à ban, ou four banal, moulin banal. four, moulin, etc. dont les gens qui étaient dans une seigneurie étaient obligés de se servir, en payant une redevance au seigneur. || 5° Sentence qui exclut, et, en particulier, bannissement. Le ban qui a mis l'exilé hors de son pays, semble lavoir mis hors du monde, chateaubr. Génie, I, v, 7. || Garder son ban, ne pas revenir aux lieux d'où l'on a été exilé. || Rompre son ban, revenir au lieu où l'on n'a pas la permission de résider. La loi le condamne à mort [l'exilé], pour avoir rompu son ban, chateaubr. Natch. vu, 289. Damon [maître de musique de Périclès] fut mis au ban de l'ostracisme, p. l. cour. Lettr. 326. || Mettre un prince, une ville au ban de l'empire, se disait, dans la Constitution de l'empire germanique, pour les déclarer déchus de leurs privilèges, (..balles V l'avait mis au ban de l'empire, boss. Var. 2. || 6" Amende. Le comte et les envoyés du roi pouvaient faire payer aux vassaux le ban, c'est-à-dire une amende, montesq. Espr. xxx. 17. || 7° Chef d'un banat, titre de certaines provinces, telles que la Croatie. Ragotzi épousa Hélène, fille de Pierre, vice-roi ou ban de Croatie, st-simon, 338, <83.

HIST. xu" s. Parmi celé ost faites un ban crier,

Ronc. p. 60. Charles li rois fit faire et son ban et son cri, Ronc. p. <oi. A dan Randulf del Broc l'aveit ainz comandé, E encontre cels furent par ban tut assemblé, Th. le mart. 137. Dune comanda li rois, e fist par ban crier Qu'um laissast quitement lui e les suens alcr, ib. 4G. Tut lur aveir aureit tresqu'à un sul denier Li reis; car pur ço out cest ban l'ait nuncier, Que li clerc saint Thomas n'osouent repairier, ib. ci. || xmc s. Et me sires Loeys feist crier son ban que nus ni fourfesit riens, sous la hart, Chr. de Bains. <5G. Et lamesenge li escrie: Renaît, cist bans est tost brisiez De la pais que me disiez, Ren. 183G. Vosfeïstes le ban roial, Que jà mariage par mal N'osast nus fraindre ne brisier, ib. 8277. Se li bons ne la feme ne savoit riens du mariage, ne par les bans qui furent fet en sainte Eglise, ne en

autre manière... beaum. xviii, 7. Adont li sires doit fere crier trois bans, m. lxiv, h. || xv° s. Messire Godefroy de Harecourl commanda que.... quand roux de Caen ouïrent ce ban.... froiss. i, i, 272. Ils firent commander que on sonnast la ban-cloche, et que chacun s'allast armer, n>. 1, 1, 173. Avec le roy estoient les nobles du royaulme assemblez par manière de arriere-ban, comm.hi, 3. Roye [ville] où il y avoit quinze cens francs arebiers dedans et ung nombre d'hommes d'armes d'arriere-ban , id. m,<o. Il xvic s. Ces assemblées s'appelloyent ban ou heriban : qui selon aucuns signifie cri et arriere-cri, . 227. Anciennement les baillifs et senesebaux avoyent la charge d'assembler et conduire les irriere bans, id. 230. Il fit faire un band avec di cl ches au lieu de tambours, que tous les prisonniers eussent a se rendre auprès du prince, d'aub. Fœn. iv, 0. I la charge que tous ceux qui ont suivi son parti seront r'appellez de ban [de l'exil], id. Hist. 1, 4G. Quelques capitaines prindrent leurs quais- -, . el leurs lai ibours, et firent un ban en ces termes, id. ib. II, 377.

— rtym. Provenç. ban; espagn. et ital. bando;

t, bannum, de l'allemand. Le haut allemand n se présente aussitôt; mais Diez remarque que bannan aurait donné, dans les langues romanes, banner, bannare, et non bannir, bandire, qu'il rattache au gothique bandrjan, banvjan, désigner, signifier; mais il est obligé de supposer que le r du gothique manquait dans le dialecte allemand qui a fourni bannir. Notons que le gaélique a aussi bann,de sorte que le radical pourrait avoir subi une influence autre que celle de la forme germanique. Notons aussi que, à côté de bannire, à beaucoup près le plus fréquent, on trouve dans le bas-latin bannare, dans imbannare, dans bannalis, dans b'annaria, bannarius. Il y a donc lieu de donner la préférence au haut allemand, admettant seulement un changement de conjugaison, comme dans bajulare qui a donné bailler et baillir.

BANAL, ALE (ba-nal, na-1'), adj. ||1° Terme de féodalité. Se dit des choses desquelles les gens d'une urie étaient obligés de se servir, en payant une redei mee au seigneur du fief. Four banal. Moulins banaux. De plus certain procès qu'on m'a sottement fait Pour certain four banal sis en mon territoire, regnahd, Légat, m, 6. Il 2° Fig. Qui se met à la disposition de toul le monde. Cœur banal. Témoin banal. Générosité banale. Des sophistes du temps l'adulateur banal, Gilbert, M on apol. || 3° Commun et trivial. Des consolations banales. Tous les hommes se flattent, nous avons tous à la bouche cette phrase banale : Il y a bien loin d'aujourd'hui à telle époque, chateaubr. Pensées, 297. Si l'on vous dit que l'art et que la poésie, C'est un flux éternel de banale ambroisie, v. HUGO, F. d'aut. 3.

— ÊTYM. Ban.

t BANALEMENT (ba-na-le-man) , adv. D'une manière banale.

— ÊTYM. Banale, et ment.

BANALITÉ (ba-na-li-té), s. f. || i" Terme de droit féodal. Usage obligé d'une chose dans une seigneurie, moyennant redevance au seigneur. La banalité d'un four. Il 2° Chose triviale, vulgaire, sans originalité. Cette proposition est une banalité. Les compliments ne sont que des banalités.

— ÊTYM. Banal.

BANANE (ba-na-n'), s. f. Fruit du bananier consistant en une sorte de baie triangulaire et allongée. Leur soleil ne sait pas.... Mûrir le doux coco, les mielleuses bananes, a. ciién. 228.

f BANANERIE (ba-na-ne-rie) , s. f. Lieu piaulé de bananiers.

BANANIER (ba-na-nié), s. m. Genre de plantes herbacées, vivaces seulement par les drageons et dont la tige périt aussitôt qu'elles ont donné leur fruit. On y remarque: (° le bananier commun (musa paradisiaca, L.) à tige surmontée d'un long et large feuillage, et de trois ou quatre régimes renfermant chacun une cinquantaine de baies succulentes ; 2° le figuier-bananier (musa sapienlium, L.) dit aussi figuier d'Adam, à fruits plus petits, mais plus nombreux, plus sucrés, et dont la saveur se rapproche de celle des figues.

— ÊTYM. Banane.

f BANAT (ba-na),s.m.|| l°Dignitéde ban. || 2° Province gouvernée par un ban.

— ETYM. Ban.

fBANATTE (ba-na-f), s. f. Panier dans lequel les bouchers font passer le suif pour l'épurer.

— ÊTYM. Banne.

BANC (ban; le c ne se lie pas : un banc élevé, dites : un ban élevé; prononciation qui est notée par

Chifflst pour le xvn° siècle; Ys se lie dans la prononciation soutenue : des bancs élevés, dites: des ban-z-élevés) , s. m. ||1° Long siège pour s'asseoir. Banc de gazon. Des bancs de rameurs. Les bancs du théâtre. Les bancs d'une classe. || Être sur les bancs, faire ses études dans une école, dans un collège. Si j'eusse étudié, Jeune, laborieux, sur un banc à l'école, rëgnif.r, Sat. iv. Il était sur les bancs de l'école de théologie, boss. Bourg. \ . || Se mettre sur les bancs, commencer ses études, et aussi soutenir un acte en Sorbonne. Réponds-moi donc, docteur, et mets-toi sur les bancs, boil. Sat. vin. || Banc d'église, siège, ordinairement entouré de menuiserie, où une famille a le droit de se placer pour assister au service divin. Banc de l'œuvre, siège affecté dans une église aux officiers de la fabrique , etc. Il occupe de plus un banc dans la paroisse Dont jadis mes aïeux ont été possesseurs, hauteroche, Nobles de province, 1, s. || Banc des accusés, le banc où , dans une cour d'assises , sont placés les accusés. || Banc des avocats, banquettes sur lesquelles s'asseyent les avocats dans les tribunaux, [f Anciennement, banc de procureur, banc d'avocat, espèce de bureau où un avocat donnait rendezvous à ses clients. || Banc du roi en Angleterre, cour souveraine où le roi siégeait en personne. Le parlement sédentaire à Paris était ce que la cour du banc du roi était à Londres, volt. Mœurs, 7G. || Banc des évêques, le banc où siègent les évoques dans la chambre des Lords. || Banc de rameur ou banc de nage, siège sur lequel s'assoient un, deux ou plusieurs rameurs, maniant chacun sa rame ou tous un seul aviron. || Banc de quart, banc de bois à dossier qui se plaçait, pour l'officier de quart, sur le gaillard d'arrière, en avant du mât d'artimon. || 2° En chirurgie, banc d'Hippocrate, espèce de bois de lit, garni de treuils à la tète et aux pieds, el pourvu de rainures, qu'on employait autrefois à réduire les fractures et les luxations. || 3°Entermesde marine, liane de sable, et, absolument, banc,écueil, grand amas de sable et de vase. Les sables et les bancs cachés dessous les eaux, corn. Pomp. n, 2. || Bancde glace, masse de glace flottante ou immobile. 1 1 4° Banc de poissons, grande troupe de poissons d'une même espèce. Un banc de harengs. || 5°Bancdepierre, chaquelitde pierre dans une carrière. Le banc du ciel, le premier lit. Il En géologie, couche formée de matériaux consistants. Banc blanc, calcaire grossier du terrain tertiaire. Banc de roche, couche de calcaire grossier contenant les traces en creux de certaines coquilles. Banc vert, chaux carbonatée de l'étage supérieur du terrain tertiaire. \\ 6" TerOTe de métiers. L'établi dans plusieurs arts et métiers. || Banc de cuve, plancher qui entoure une cuve de brasseur. || Banc à ourdir, siège où est posée la manivelle de l'ourdisseur. Il Banc à river, instrument d'horloger. || Banc à tirer, machine qui tire le métal à la filière. [I Grande table qui supporte la pierre sur laquelle on pose les glaces pour les adoucir. || Paroi latérale des galeries d'un four à brique. || 7° Place que la charrue n'a pas retournée.

— HIST. XIe s. Il fait porter quatre bancs en la place, Ch. de Roi. cclxxxi. ||xne s. Chien mu n'abaient pas, suz [sous] le banc lié sunt, As larruns conjoissent, al mesfaït od els sunt, Th. le mart. G9. De sur un banc s'assit, ib. 39. || xmc s. Le roy s'assit sur le ban de la nef et me fist asseoir à ses piez, joinv. 285. Il xve s. Le pont n'eut point d'arrest ni de soutenue; car le banc sur quoi il devoit cheoir estoit osté, froiss. n, 11, U. Vingt mille ducats contans qu'il [Pierre de Medicis] avoit à son banc en la ville, comm. vu, 9. ||xvi° s. Celle de la montaigne ou trop droite pente sera adoucie par murailles traversantes, appelées bancs, qu'à pierre sèche, pour l'espargne, on y bastira.... 0. de serres, us.

— ÉTYM. Provenç. banc; espagn. et ital. banco; de l'anc. haut allem. banc et pane. Il y a dans le celtique : kymri, banc; gaél. et irland. beinc; cornwall. benk; angl. 6enc/i;mais l'italien panca, banc, témoigne de l'origine allemande.

BANCAL, ALE (ban-kal, ]&.-¥) ,adj. I] i°Quiaune jambe ou les jambes tortues. || Substantivement. Un bancal; des bancals. || 2" Populairement. Un bancal, un sabre de forme recourbée.

— UEM. Ce mot n'est ni dansles anciennes éditions de l'Académie, ni dans les dictionnaires de Furetière et de Richelet. Celui de l'Académie , édit. de 1 762 , ne donne quele féminin bancate, avec cette explication : « Use dit populairement d'une femmedansle mémo sens qu'on dit bancroche en parlant d'un homme. « Depuis, cet adjectif est devenu des deux genres; mais, comme bancal n'avait été usité qu'au féminin, le masculin pluriel bancaux ne s'était pas

BAN

BAN

BAN

présenté : aujourd'hui l'usage a admis de dire des bancals.

— étym. 11 y a dans le provençal et le bas-latin bancal, qui signifie un banc et qui vient de banc. Se serait-on servi de ce mot, par une vague assimilation, pour désigner ce que nous nommons un bancal? ou bien serait-ce un mot venu du nord de la France, et où entrerait l'allemand Bcin, jambe? L'absence d'historique laisse tout dans le doute.

t BANCASSE (ban-ka-s'), s. f. Terme de marine. Coffre servant de banquette et de lit.

— ÉTYM. Banc.

| BANCELLE (ban-sè-P), s. f. Petit banc long et peu large. Bancelle de cabaret. || Vieux.

— ÉTYM. Banc.

t BANCHE (ban-ch'), s. f. \\ 1° Terme de géologie. Au bord de la mer et particulièrement sur les côtes occidentales de la France , banc de marne argileuse qui, alternativement humecté par les vagues et séché par le contact de l'air, blanchit et prend à la surface la consistance de la pierre. || 2° L'une des deux planches du moule dans lequel on fait le pisé.

— ÉTYM. Banc. ■

f BANCHËE (ban-chée) , s. f. Ce que tient le moule employé à faire le pisé.

— ÉTYM. Banche.

BANCO (ban-ko) , adj. invariable. || i° Mot qui s'emploie quelquefois en termes de change, pour désigner une valeur en banque, par opposition à valeur courante. || 2° Terme de jeu. Faire banco, tenir seul l'enjeu.

— ÉTYM. Ital. banco, banque, le même que banca, banc (vov. banc).

f BANCOULIEE (ban-kou-lié), s. m. Arbre des Indes orientales (aleuritcs ambinux, L.).

— ÉTYM. Bencouîen, ville de Sumatra.

BANCROCHE (ban-kro-ch') , adj. Qui a les jambes

très-tortues. Homme, femme bancroche. || Substantivement, un bancroche.

— étym. Il y a dans le provençal ban et bann, calai, banya, qui veulent dire corne; angl. bandy , tortu, qui viennent du kymri bdn, corne. Est-ce ce radical qui, combiné avec croche, a donné bancroche? oubien est-ce le mot allemand Bein, jambe? Quand il n'y a pas d'historique, l'étymologie perd d'ordinaire sa base.

BANDAGE (ban-da-j'), s. m. Terme de chirurgie. || 1° Tout appareil dont les bandes et les compresses forment la partie essentielle. Il [l'enfant] est entouré de linges et de bandages de toute espèce, J. J. rouss. Ëm. i. !! 2° Appareil plus oumoins compliqué qu'on emploie pour le traitement des fractures, et dans lequel entrent des lacs, des attelles, etc. || Par extension, nom de diverses machines, telles que les brayers ou bandages herniaires, le garrot, le tourniquet, etc. || 3° Bandes de fer ou d'autre métal qui entourent et serrent les roues d'une voiture, d'une machine. || 4° En termes d'armurier, pièces qui servent à bander une arbalète, un pistolet, et toutes choses qui font ressort. || En termes de fonderie, assemblage de bandes de fer plat servant à maintenir les moules.

HIST. xvic s. Et soit fait bandage et ligature

propre pour tel cas, paré, viii, 24.

— ÉTYM. Bander.

BANDAGISTE (ban-da-ji-st'). || 1° S. m. Celui qui fait des bandages. || 2° Adj. Chirurgien bandagiste.

— ÉTYM. Bandage.

1. BANDE (ban-d'), s. f. || 1° Sorte de lien plat et large. || En chirurgie, longue lanière de toile ou de coton qui est employée dans divers pansements. Les chefs, le plein d'une bande. || Bande se dit du fer battu en long qui sert à lier ou à renforcer quelque chose. Mettre clés bandes à une roue. || Bande d'une selle, se dit de deux pièces de fer plates, clouées aux arçons pour la tenir en état. || 2° Morceau d'étoffe, cîe cuir, de papier, etc. long et étroit. Une bande de taffetas, de drap, de papier. Mettre un journal, un livre sous bande. || Fig. Une bande de terre. Une bande de gazon. Des trois bandes ou régions qui divisaientdevant nous la plaine d'Athènes, nous traversâmes les deux premières, chateaub. Itin. <()9. L'azur du ciel, traversa par des bandes verdâtres, sembla se décomposer dans une lumière louche, in. Mari, il, 239. || Terme d'astronomie. Bandes de Jupiter, de Saturne, bandes obscures qui traversent le disque de ces planètes. || 3° Chaque côté intérieur du billard. Les bandes de ce billard sont trop dures. || Au jeu de trictrac, chacun des bords de la table. || 4° Terme de marine. Bande du nord, bande du sud, le côté du nord, le côté du sud, par rapport ;\ la ligne. Bande de l'est, bande de l'ouest, le côté de l'est, de l'ouest. Les vents

étaientàlabandedel'est, villeîte, Belat. ducombat delà Hougue, dans jal. || Donner la bande, être à la bande, se dit d'un bâtiment qui penche d'un côté. || Bande de ris, bande de toile appliquée sur une des faces d'une voile pour la fortifier aux points où doivent être percés" les trous dans lesquels passent les garcettes des ris. || 5° En architecture, bande se dit de plusieurs membres unis qui représentent en effet des bandes ou lisières. || 6° Terme de pêche. Espèce d'ailes que l'on ajoule à certains filets. || 7" Terme de métier. Dalles de liais ou de marbre débitées en tranches étroites pour servir d'encadrement aux carrelages. || Bandes de trémie , barres de fer placées en avant du foyer des cheminées. || Les longs côtés d'une glacequi, pendant qu'on la coulait, touchaient aux tringles. |j Dans l'imprimerie, pièces de fer attachées aux deux langues du milieu du berceau de la presse, sur lesquelles roule le train. || Morceau de pâte long et mince qui sert à bander certaines pâtisseries. || Bande de cervelas, six cervelas attachés l'un au bout de l'autre. || 8° Terme de blason. Pièce honorable d'écu qui représente le baudrier du cavalier et prend d'ordinaire depuis le haut de l'angle droit de l'écu jusqu'à l'angle gauche du bas de l'écu. Porter d'argent à la bande de sable. || Les chevaliers de la bande ou de Pécharpe, ordre de chevalerie institué vers l'an 1330 par Alphonse XI, roi de Castille, et destiné aux gentilshommes cadets de famille. Ces chevaliers portaient un ruban de soie rouge de l'épaule gauche jusqu'au-dessous du bras droit.

— HIST. xii° s. Au front dessus [l'escu] ot [eut] trois bandes d'or mer [pur], Ronc. p. 50. || xur s. Quant li rois Englois entendi que il venroient l'ourmiel [ormeau] copper, si fist fierer le tronc desous de bendes de fier tout entour, Chr. de Rains, p. 63. Que nus ne puisse couvrir de bandes, es fouriaux d'espées, chose que par les quatre mestres puisse estre dite fausse par leur seremens.... Liv. des met. 367. Que me revolent [veulent de nouveau] cesgallendes, Ces coiffes à dorées bendes? la Rose, 93t2. Sa baniere estoit bandée, et une des bandes estoit les armes l'empereur qui l'avoit fait chevalier joinv. 221. || xvc s. Le roi d'Angleterre mettait sus une grande armée de gens d'armes, et Pavoiton vu sur la mer , des bandes de Normandie et Bretagne, froiss. i, i, 265. || xvi" s. Elles nourrissoient leurs enfans, sans les emmailloter, ny lier de bandes, ny de langes, amyot, Lyc. 33. L'armée chrestienne [flotte] semet en ordre de bataille : Ulusalisl'aiant contemplée fait à l'autre bande, et tourne verslaBarbarie, d'aub. IIist.u,83. Le peuple eschauffé prend les armes et s'encourt à qui le premier remplirait six navires moiens qui estaient à la rade, et se mettent à la bouline, et courans bande sur bande viennent aux canonades, id. ib. il, 393. Telle ligature ou bande se fait quelquefois avec un chef, ou avec plusieurs, paré, vu, 5. Les parties sont le corps de la bande et les chefs, id. xii, 1.

— ÉTYM. Wallon, bawe;namurois, bainde;rouchi bine; picard, benne; provenç. et ital. benda; espagn. venda; de l'anc. haut allem. binda; allem. mod. binden, lier; sanscr. bandh, lier. Comparez le gaélique bann, une bande, un lien.

2. BANDE (ban-d'), s. f. Troupe, compagnie. Des bandes armées couraient la campagne. La bande des conjurés. Toute cette bande de débauchés qu'il traîne à sa suite. Bande de voleurs. Des bandes de chiens. Bandes de loups , d'oiseaux , de poissons. Ils vinrent par ban des. C'est toi que veutpourchefleurgénéreuse bande, corn. Cî'd,in,6.Il faut donner un chef à votre illustre bande, in.Héracl. n, 6. Des trois anciens cantons les bandes héroïques Forment ce triple corps tout hérissé de piques, masson, Helvét. m. Minutolo s'y rend seul de sa bande, la font. Rich. || Fig. Faire bande à part, se séparer de ceux avec lesquels on était en société. || Les marquis de la plus haute bande [de la plus haute volée] , mol. Rem. au roi. Vieux en ce sens. || La grande bande des vingt-quatre violons du roi, se disait des violons de la chambre du roi. || Les bandes françaises, les bandes espagnoles, l'ancienne infanterie française, espagnole. Les vieilles bandes espagnoles vaincues àRocroy par Condé. || Bandes noires, compagnies d'infanterie avec des enseignes noires, au xvic siècle. || La bande noire, association de spéculateurs qui achètent les grandes propriétés pour les morceler, les vieux monuments pour les démolir et en revendre les matériaux. || Dans quelques colonies, sur une exploitation, la bande, le groupe des travailleurs.

— REM. 1. Voltaire, àpropos des vers de Corneille cités plus haut, prétend que bande ne se dit que de

voleurs. Cette remarque n'est pas jusie; bande se dit de toute espèce de troupe ; et il n'y a rien qui empêche de dire, sans aucune espèce de signification dénigrante : les bandes insurgées qui coupaient les communications de l'ennemi, rendirent les plus grands services à la cause nationale. || 2. Autrefois, comme on voit ci-dessus, bande s'appliquait àunetroupedemusiciens;il est resté avec ce sens en anglais, où band signifie la musique d'un régiment.

— HIST. xv° s. Escharceté est à noble interdite; Tout gentil cueur tient au large sa bende, a. chart. Brev. des nobles. Le roy d'Angleterre et toute sa bande [armée], comm.iv, m. ||xvies. Hannihal avoit faict espandre du feu par tout son ost, et distribuer de l'huyle par les bandes, mont, i, 261. Que dans ces assemblées il y aye un chef de bande à les régler, id. ii, 19. Le gouverneur des enfans les départait par bandes, et puis donnoit la superintendance à celuy des garsons qui luy sembloit le plus sage, amyot, Lyc. 36. Il meit une bande d'artillerie pour battre l'encoigneure du costé de Mondevis,

— ÉTYM. Provenç. banda; bas-lat. bandum, drapeau et aussi bande; de l'allemand Band, bande à lier, de là drapeau, et finalement, la troupe qui suit le drapeau.

t 3. BANDE (ban-d'), s. f. Quantité dont un ressort est bandé.

— ÉTYM. Bander.

BANDÉ, ÉE (ban-dé, dée), part, passé. || 1° Serré avec une bande. La plaie étant bandée. Je dois, les yeux bandés, peser d'un poids égal Comme le prix du bien l'importance du mal, rotr. Bélis. ni, 5. || Terme de blason. Couvert de bandes. Ëcu bandé d'or et de sable. || 2" Fortement tendu. Un arc bandé ; etfigurément, il a l'esprit toujours bandé, toujours occupé.

BANDEAU (ban-dô), s. m. || 1° Bande qui sert à ceindre le front et la tête. Le bandeau d'une prêtresse. || Bandeau royal, diadème dont les anciens rois ceignaient leur front. Et je serais moins roi qu'un objet de pitié Si ce bandeau royal m'était votre amitié, corn. Nicom. iv, 5. Et toi, fatal tissu, malheureux diadème, Bandeau que mille fois j'ai trempédemes pleurs, rac. Mithr. v,(.Et cebandeau royal fut mis sur votre front Comme un gage assuré de l'empire du Pont, id. ib. i, 3. Le bandeau qu'elle avait reçu de votre main, id. ib. il, 3. Je vous ceins du bandeau préparé pour sa tète, id. Andr. ni, 7. .... De ce front guerrier les nobles cicatrices Ne peuvent se couvrir que du bandeau des rois, volt. Mer. i,^. Etde sespieds on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois, bérang. Dieu dcsb.gens. || Anciennement, coiffure des veuves. S'il revenait, on ôterait le bandeau, sév. 2)4. Madame de Navailles est la dernière femme à qui j'ai vu conserver le bandeau qu'autrefois les veuves portaient toute leur vie, st.-sim. 74, 217. || 2° Morceau d'étoffe en plusieurs doubles qu'on met sur les yeux de quelqu'un pour l'empêcher de voir. La justice est représentée avec un bandeau sur les yeux. || Fig. Il a un bandeau sur les yeux, se dit d'un homme qui s'aveugle sur quelque chose. La discorde.... Avait sur tous les yeux mis son bandeau fatal, rac. [phig. v, o. Il faut lui ôter son bandeau [à l'amour] , pasc. Amour. Il leva le bandeau qui fermait ses yeux, fléch. Lam. Combien de fois essaya-t-il d'arracher le bandeau fatal qui fermait ses yeux à la vérité ! id. Tur. Ôtez le bandeau qui me cache moimême à moi-même, mass. La;. La main des Dieux sur moi si longtemps suspendue Semble ôter le bandeau qu'ils mettaient sur ma vue, volt. Œdipe, iv, 1. Ils sont tous dans cet âge où la maturité Fait tomber le bandeau de la crédulité, id. Fanât, n, 6. Aux superstitions j'arrache le bandeau, id. Pour et contre. || 3° Terme d'architecture. Plate-bande unie, autour d'une baie déporte ou de fenêtre. H Planche menue et étroite du pourtour des lambris. || Dans la marbrerie, petit renfoncement que l'on taille entre deux moulures. || Bandes circulaires et saillantes qui sont sur le corps d'une colonne de poêle. || 4° Bande d'étoffe couronnant les draperies au-dessus d'une croisée. ||5° Terme de pêche. Portion de la manche de certains filets. | [6° Bandeau qu molle bande, pièce de ferrure dans des voitures d'artillerie.

— HIST. xne s. [Il] A laschement son chief bandé, Li bendiax est cheûs aval, gaut. d'arras, Ille il Galeron. Quant son bandel [il] a ratorné.... ib. || xive s. Il ammenoit Wistace, à cui pas ne fu bel, Qui bien eust besoingou corps de maint bendel; Car de son sanc avoit sané [saigné plus d'un platel, Baud.de Seb. îx, <oo. ||xv° s. Etouppes, bandeaux, contrepointes pour dormir sus, froiss. ii.

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m. :*:•. ||xvi«s. Un bandeau de parchemin, amyot, Un chapeau à larges rebras, bandéd'un bandeau royal, id. Anton. ~i.

— ÊTYM. Bande i. Dans l'ancien français le nominatif singulier e<t libanais ou bandaus , le régime singulier le bandel; nominatif pluriel li bande!, régime les bandels ou l>amlaus.

BANDELETTE (ban-de-lè-f) , s. f. || i° Petite bande. Bandelette de toile. Il En chirurgie, bandeagglutinatives, bandelettes ainsi appelées parce que le diachylon dont leur surface est enduite les fait adhérer fortement a la peau de la partie sur laquelle elles sont appliquées. || 2° Bande dont les prêtres païens se ceignaient le front ; que portaient les suppliants -.dont on parait les victimes. || 3° Terme d'architecture. Petite moulure plate et plus étroite que la plate-bande. || 4° Dans la serrurerie, fer de bandelette, petit fer plat qui se vend en bottes.

— ÊTYM. Diminutif de bandel, ancien français pour bandeau (voy. ce mol .

BANDEE (ban-dé), ». a. || 1° Serrer avec une

bande Octave passant s'est donné le souci De

bander ma blessure.... roth. Vencesl. iv, 2. |] Garnir de bandes de pâte une tourte ou un godiveau. || En termes de marine, bander une voile, y coudre des morceaux de toile. || Dans la bijouterie, redresser une moulure. || Au jeu de trictrac, bander les dames, mettre trop de dames sur une flèche. [j Au jeu de paume, bander une balle, pousse, dans les filets avec la raquette une balle qui roule sur le pavé. || Terme d'architecture. Poser les pierres d'une voûte. || 2° Mettre un bandeau sur les yeux. 11 faut bien bander le colin-maillard de peur qu'il ne voie. Nous allons entrer dans l'enceinte, Çà, ne me bande/, pas les yeux, bérang. V. cap. Ordonneriez-vous qu'on vous bandât les yeux pour ne pas voirie danger?MASS. Car. Mort. \\ 3° Tendre quelque chose avec effort. Bander un câble. Il banda cet arc en présence des ambassadeurs, boss. Hist. m, 3. De son arc toutefois il bande les ressorts, la font. Fab. vin, 27. || On a dit jadis bander un pistolet, un fusil, parce que l'étincelle était produite par un rouet qu'on i lut obligé de monter comme on monte une pendule. On dit aujourd'hui armer. || Fig. Je veux bander contre sa vie L'ire de la terre et des cieux, malii. m, 3. M. de Rheims se permit tant de brur talités et d'incartades, qu'il banda entièrement l'assemblée contre lui, st-sim. 78, ii. Vieux en ce sens. || Bander son esprit, l'appliquer fortement à une chose. Bandant bien tous les ressorts de son esprit pour voir clair en cette aventure, scarr. Rom. com. uc part. ch. <5. || 4° V. n. Être tendu. Cette corde bande trop. || Terme de chasse. Un limier bande sur te trait, quand il tire sur la corde qui le retient. Bander au vent, se dit du faucon qui se tient sur les chiens en faisant la cresserelle. || 5" Se bander, v. réfl. Se tendre. Les muscles s'affermissent, les nerfs se bandent, boss. Conn. de Dieu, n, (2. Le diaphragme dont l'usage est d'allonger la concavité de la poitrine en se bandant.... id. »6. n, 2. || Fig. Se roidir contre quelqu'un, quelque chose, lui être contraire. Qui voudrait se bander contre une loi si forte? Régnier, Sot. in. Ces zélés faquins qui excitent le peuple à se bander contre nous, volt. Mœurs, 434. Garde que les Perses un jour ne se bandent contre toi, p. l. Courier, il, 158. Vieux er.ee sens.

— HIST. xne s. [À] Gautier [il] en bande [avec un pan de son habit] les flans et les costez, Ronc. p. 94. S or bendé sont si chevol [cheveux] tressé, ib. p. 4 86. L'escu [il] saisi, qui fu à or bendez, Raoul de C. 23. L'enfes Bernier.... D'un siglaton [sorte d'étoffe] a la teste bandée, ib. 7). Estroitement avoit les poinz noez, Et si avoit andeus les euz bandez, Bat. d'Aleschans, 5633. || xmc s. De sa camise estreitement [il] Bende sa plaie fermement, marie, Gugemer. Li concile fu asamblez, Et Renart ot les i i ix iveux] bandez, Rcn. i 1066. Por ce li oil bendé li furent Des anciensqui la congnurent [la fortune], la Rose, o 97. || xivc s. Li chevaliers anglois qui fu ta pâmoison, Quant il revint à lui, il n'ot se dolour non; On lui banda le bras et loia environ, Guescl. 10200. || xvc s. Et estoit grand pitié, car le père contre le fils, le frère contre le frère estoient bandez, jivi.n. Ch. vi, <4i7. || xvr s. Cette contention (L- lame trop bandée et trop tendue à son entreprise, mont, i, 4t. En ces faultes nous sommes bandez à nostre escient contre les reigles de la raison, io. i, 54. Bandant son ame à comprendre l'es-

de.... m. i, o-i. Lucrèce a beau philosopher et se bander, le voylà rendu insensé par un bruvage amoureux, id. h, 19. Je m'estonne, dict-il, comment les italiens se bandent contre moy, id. ni, 90. 11 avoit déjà bandé sa part de deux douzaines d'es-

leufs, et jouoit à l'acquit, des ter. Contes, xn. 11 porloit une cape à l'espagnole, bandée de velours, in. ib. lxviii. Une auge, bandée de lames de cuivre, amyot, Rom. 9. Estant la Grèce fort afjfoiblie en ce temps là, et les citez bendées en partialitez les unes contre les autres, id. Philop. 12. Il avoit un de ses bas de chausses bandé [jarreté] au haut de la cuisse, d'aub. Fœn. n, 3. Un caparasson bleu bandé [rayé] de blanc et de jaune, id. ib. n, 18. Son pistolet tout bandé, id. ib. m, 6. Ayant fait jusques là porter les tambours sur l'espaule, se voiant descouvert, les fait bander et battre aux champs, id. Hist. i, 289. Il pria le bourreau de ne le bander point, id. ib. n, tsi. Vous et moi bandons sur le trait [passons, hâtons-nous] pour venir à cette grande bataille des trois Rois, id. ib. il, 390. Si on prenoit le péritoine tant d'un costé que d'autre, il banderoit et se deschireroit, paré, vin, 35.

— ÉTYM. nantie I.

BANDEREAU (ban-de-rô) , s. m. Cordon à l'aide duquel on porte une trompette en bandoulière.

— ÉTYM. Ilunde U

BANDEROLE (han-de-ro4'), s. f.\\i° Espèce de flamme large, longue et fendue dont on parait les navires aux jours de combats et de fêtes. || Par extension, petit étendard qu'on déploie en forme d'ornement et en signe de réjouissance. C'est un ballon, voici la banderole, Et la nacelle, et le navigateur, bérang. Feu du pris. || 2° Pièce de buffleterie à laquelle est attachée la giberne. || 3° Il s'est dit de la bretelle d'un fusil, qui sert à le suspendre à l'épaule ou à le porter à la grenadière. || 4° Ancienne locution proverbiale. Banderole de Montfaucon, un ut qui tôt ou tard sera pendu (Montfaucon était un gibet voisin de Paris).

— HIST. xve s. Tenir le compte et faire les payemens de certains estendars, banerolles et autres paremens d'une nef ordonnée pour le port de monseigneur d'Orléans , Comptes dans jal. Et lui coupèrent la teste qu'ils pendirent à la bannerole d'une lance, comm.viii, 5. || xvie s. Nos gens d'armes et chevaux légers du temps du Roi Henry second , estoyent bien plus beaux à voir, portans la salade, brassais, tassettes, la casaque, la lance et la banderolle, lanoue, 286. Pareillement la lance effraye de loin quand on la void bransler avec sa longue banderoEe, id. 309. La troupe du roi de Navarre estoit vestue de casaques de velours cramoisi, et banderolles rouges, id. 558. Banderoles, festons, amyot, Marius, 29.

— ÊTYM. Diminutif de bandière (voy. ce mot).

f BANDEROLE, ÉE (ban-de-ro-lé , Iée), adj. Terme de zoologie. Qui est marqué de bandes comparées à des banderoles.

— ÉTYM. Banderole.

t BANDEUR (ban-deur), s. m. Celui qui tend. Le bandeur de l'arc, le vainqueur du lion devait terrasser tous ses rivaux, volt. Bab\j'. i .

— HIST. xvi* s. Quatre bandeurs de plaies, d'aub. Hist. m, 87. Ce notable bandeur [coureurde bandes, aventurier] avait une invention que j'estime devoir estredescrite, id. Hist. in, 385.

— ÉTYM. Bander.

BANDIÈRE (ban-diê-r'), s. f. || 1° Bannière, pavois. Vieux en ce sens. || 2" En termes militaires, front de bandière, rangée et alignement des drapeaux et des étendards en tête d'une armée, d'un camp. Les Samoïèdes n'ont jamaistué personne en front de bandière, volt. Dial. xxiv, 3.

— HIST. xvr s. Bien tost après haussèrent les bandieres de France, et envoyèrent offrir la place au

TOy, M. DU BELL. 495.

— ÉTYM. Autre forme de bannière; provenç. bandiera; espagn. bandera; portug. bandeira; ital. bandiera.

f DANDINE (ban-di-n'), s. f. Un des noms du blé sarrasin.

| BANDINGUE (ban-din-gh') , s. f. Terme de pêche. Ligne qui, attachée à la tête d'un filet, l'empêche de se renverra-.

f BAND1NS (ban-din), s. m. plur. Terme de marine. Balustrade en saillie à l'arrière des bâtiments, sur laquelle on peut s'appuyer.

BANDIT (ban-di ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Vs se lie : des bandits odieux, dites : des ban-di-z odieux) , s. m. \\ 1° Malfaiteur. Un bandit déterminé. Il fut attaqué | ar qu itre bandits. || 2" Par extension, homme sans aveu. Courir connue un bandit qui n'a ni feu ni lieu, boil. Snt. vni. || Familièrement. Être fait comme un bandit, avoir ements en désordre. || C'est un vrai bandit, clest un homme qui brave les bienséances et les lois.

— étym. Ital. bandito,de bandire, bannir (voy. ce mot) : proprement un banni.

fBANDOTR (ban-doir), s. m. Ressort en métal servant à bander quelque mécanisme. || Espèce de roue qui sert à bander le battant du métier des rubaniers.

— ÉTYM. Bander.

BANDOLIER (ban-do-lié) ou BANDOULIER (bandou-lié), s. m. Brigand qui vole sur les grands chemins. Vieux. On a vu des césars, et même des plus braves, Qui sortaient d'artisans, de bandoliers, d'esclaves, corn. AU. iv, 3. Je me joignis à des bandouliers prisonniers* comme moi, scarr. Rom. com. n , 4.

— HIST. xvi" s. Ils y retournèrent avec dix compagnies et sept à huict cents bandoliers, partie espagnols, d'aub. Hist. i, < 38. Si la justice n'est rétablie et l'authorité royale respectée, nous deviendrons bandoliers, langue, 249 Par despitetpar

nécessité, il s'estoit rendu handoulier des montagnes etdes environs, des per. Contes, rxxxiv.

— ÉTYM. Espagn. bandolero, factieux, séditieux, de banda, faction (voy. bande 2).

BANDOULIÈRE (ban-dou-liê-r') , s. f. || 1" Pièce de l'ancien équipement militaire servant à suspendre le mousqueton , le fourniment de poudre et de balles des fantassins. De simples milices qui n'avaient que des cordes pour bandoulières, volt. Russie, n, 4. || 2° Large baudrier de cuir ou d'étoffe. Bandoulière d'un garde-chasse, d'un suisse. Porter en bandoulière, porter sur une épaule un objet qui retombe surle flanc de l'autre côté du corps. || Terme de marine. Prendre une ancre en bandoulière, la poser dans une chaloupe pour la porter où on veut la mouiller.

— ÉTYM. Espagn. bandolera (voy. bandoulier). BANDURE (ban-du-r') , s. f. Plante des Indes dont

les feuilles sont terminées par une vrille qui porte une urne sécrétant un liquide limpide (nepenthes distillatoria, L.).

fBANG (bangh') , BANGHEouBANGUE(ban-gh'), s. m. Noms donnés dans l'Inde à notre chanvre cultivé, dont on tire le haschsehich.

t BANGON (ban-gon), s. m. Terme de vétérinaire. Tumeur qui vient sous la ganache des moutons.

BANIANS (ba-ni-an), s. m. plur. Habitants de l'Inde appartenant à la religion brahmanique, et aussi, ce qui est le sens véritable, marchands. || En termes de mer, capitaine ou officier de l'État qui, contrairement à ses devoirs, se livre au commerce.

— ÉTYM. Sanscrit, banigyana, marchand.

f BANK-NOTE (ban-knô-t ') , s. f. Billet de banque ayant cours en Angleterre.

— ÉTYM. Angl. bank-note, de bank, banque, et note, billet (voy. note).

BANLIEUE (ban-lieue), s.f. Territoire dans le voisinage et sous la dépendance d'une ville. Les trois derniers rois d'Espagne n'étaient jamais sortis de la banlieue de Madrid, st-sim. -lot , 76. Il y avait dans Autun et dans sa banlieue 25000 chefs de famille, volt. Mœurs, M.

— hist. xin0 s. A Beauvais en Beauvoisis et en la banlieue d'icelui.... beaum.xiv, 27. Bani hors de la vile et de la banlliue, Bibl. des Charles, 2e série, t. in, p. 425. Il xvie s. La banlieue [circonscription banale] est estimée à deux mille pas, chacun valant cinq pieds, loysel, 261.

— étym. Ban et lieue, lieue du ban, c'est-à-dire distance à la molle s'étendait le ban seigneurial.

f BANNASSE (ba-na-s'), s. f. Civière pour porter la cendre dans une saline. || Grand panier dans lequel le savonnier passe les graisses.

— ÉTYM. Banne.

BANNE (ba-n'), s. f. || 1° Grande manne faite de branches d'osier. || 2° Voiture à charbon. || 3° Grosse toile servant à couvrir les marchandises chargées sur des bateaux, des voitures de roulage, etc. Il 4° Grosse toile qu'on tend sur un bateau et qui sert d'abri contre la chaleur ou la pluie. || 5" Tcile qu'on place au-devant d'une boutique pour garantir les marchandises contre l'action du soleil.

— hist. xme s. Avant que le sac ou la banne soit close, Liv. des met. M. Et de paniers et de banastres Et de corbeilles et de vans, Bai. 28619. Et li charretiers l'a changié; Si l'a covert d'une banastre, ib.

— étym. Berry, benne /picard, begneu etbenieu, tombereau , voiture à bascule; wallo 1, ène;Bayeux, banne, grande voiture; namurois, bèniau, 1 reau; ital. benna. Festus nous apprend que benna était un mot gaulois signifiant une espèce de voiture. On voit que ce sens est resté dans plusieurs patois. Le vieux français banastre est un augmentatif. Ce

BAN

BAN

BAN

mot se retrouve dans le celtique : kymri, bèn,-gaél. ferai, fcn. voiture. Le sens de voiture a passé à celui de panier, puis à celui de toile qui couvre les objets chargés sur des voitures ou des bateaux.

BANNEAU (ba-nô), a", m. || 1° Petite banne en osier. || 2" Vaisseau de bois pour mesurer et transporter le blé, la vendange, etc. || 3° Tombereau en usage dans les salines. || 4° Tonneau du vinaigrier ambulant.

— HiST. xve s. Hz furent amenés moult honteusement et deshonnestement sur un bannel, du Louvre en la cour du palais, monstr. Liv. i, 4G.

— ÉTYM. Diminutif de banne ; Bayeux, l'anneau, petite voiture; rouchi, béniau, bénel, tombereau.

fBANNELUE (ba-nè-1'), s. f. Panier pour les bouchons de liège.

— ÉTYM. Diminutif de banni'.

BANNÉ, EE (ba-né, née), part, passé. La voiture ayant été bannée.

BANNER (ba-né), v. a. Couvrir avec une banne.

— ÉTYM. Banne.

BANNERET (ba-ne-rè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel ïs se lie : les bannerets et leurs vassaux, dites : les ba-ne-rè-z et.... bannerets rime avec traits, succès, jamais, etc.), s. m. || 1° Ancien titre des seigneurs qui avaient droit de lever bannière, pour composer une compagnie militaire de leurs vassaux. || 2° Adjectivement, un seigneur banneret.

— hist. xvc s. Et avoit en sa compaignie un chevalier banneret et sept autres chevaliers des plus preux, froiss. I, i, 4».

— ëtym. Bannière.

BANNETON (ba-ne-ton), s. m. || 1° Coffre percé d'un grand nombre de trous, qui sert à conserver le poisson dans l'eau. || 2° Panier d'osier sans anses pour faire lever le pain rond.

— HIST. xve s. Et me ve ci vo vaIeton,Pour entrer en unbaneston, Se le me commandiés en l'eure, froiss. Épin. amour.

— etym. Banne; Berry, benaton; wallon banète, coffre à conserver le poisson ; genév. bcnailon, corbillon.

BANNETTE (ba-nè-f), s. f. Petite banne, corbeille en osier.

— ÉTYM. Diminutif de banne,

BANNI, IE (ba-ni, nie), part, passé. || 1" Chassé d'un pays. Ayant été banni par un acte arbitraire. Banni de mon pays par le meurtre d'un père, Banni du monde entier par celui de ma mère, volt. Oreste, v, 9. || 2° Éloigné, exclu. Banni de la cour. || Fig. La pudeur bannie des cœurs. Le monde, une fois banni, n'eut plus de retour dans son cœur, boss. Heine d'Anglet. Il rappelle un amour à grand' peine banni , corn. Poly. ni, 5. Rappelez la vertu par leurs conseils bannie, id. Pojnp.it a- D'ici l'intrigue est à jamais bannie, bérang. Acad. et cav. || Substantivement, unbanni.Lesbannisfurent rappelés. J'aime en Sertorius ce grand art de la guerre Qui soutient un banni contre toute la terre, corn. Serlor. n, I. La vertu des bannis n'est souvent qu'artifice, id. Olhon, m, 3. Celui que tu chassais comme indigne de toi.... Qui fut ton roi sans sceptre et ton banni sans crime, rot». Antig. in, 6.

f BANNIE (ba-nie), s. f. Publication en forme de ban. Bannie de travaux à faire. Mot normand.

BANNIÈRE (ba-niê-r'), s. f. || 1° Enseigne, étendard. Contre le croissant déployant leur bannière, volt. Tancr. m, 4. || La bannière de France, dra- -peau de nos anciens rois lorsqu'ils allaient à la guerre, et qui était parsemé de fleurs de lis. || 2° Fig. La Discorde.... En tout lieu.... déploya ses bannières, boil. Sat. XII. || A bannière levée, avec une hostilité ouverte. Mme de Soubise fortifiait ainsi son crédit auprès de Mme de Maintenon , qu'autrement elle eût eue contre elle à bannière levée, st-sim. 197, 108. || Se ranger sous la bannière de quelqu'un, se ranger de son parti, agir dans le même esprit. || 3" Terjne de marine. Pavillon qui indique la nation à laquelle appartient un bâtiment. On dit aujourd'hui pavillon. L'article 4e du traité de 16GG portant que les Français qui seront pris sous quelque bannière que ce soit, seront mis en liberté, je veux que vous insistiez contre la prétention que les corsaires [d'Alger] ont de faire esclaves ceux de mes sujets qu'ils trouveront sur les vaisseaux étrangers, Lettre de louis xiv à l>u quesne dans jal. || Bannière de partance, pavillon que l'on met à la poupe du vaisseau, pour faire gnal à l'équipage qui est à terre de venir s'embarquer. || Bannière de conseil, bannière blanche que l'amiral fait arborer en poupe, quand il veut prendre avis de sescapilaines.|| 4°Étendardquel'on porte auxproces-

sions,et qui sertàdistinguerune paroisse ouuneconfrérie. Illustre porte-croix, par qui notre bannière N'a jamais en marchant fait un pas en arrière, boil. Lutr. v.'Les processions se battaient les unes contre les autres pour l'honneur de leurs bannières, volt. Louis XIV, 2. || Fig. Aller au-devant de quelqu'un avec la croix et la bannière, avec un grand appareil. 11 faut la croix et la bannière pour etc. il faut faire les plus grandes cérémonies pour.... || 5° Dans les temps féodaux, compagnie de vassaux que le seigneur faisait assembler pour servir le roi à la guerre. || Chef de bannière, capitaine de quartier dans une ville. || 6" Terme de marine. Voile en bannière, voile dont les écoutes larguées ou cassées permettent que le vent l'enlève. || 7" Terme de blason. Armes en bannière, armes carrées, plus honorables qu'armes en écusson ou pointe. || Proverbe. Cent ans bannière, cent ans civière; c'est-à-dire la même famille qui portait il y a cent ans la bannière porte maintenant la civière, et réciproquement.

— HIST. xii° s. Ot Baligans sa banere fermée , Ronc. p. 144. Jusqu'à Paris irons baniere desploïe, Sax. xxxn. || xinc s. Et quant ilseroient tout apresté de combattre, si lairoient lor bannières cheoiretse tenroient coi, Citron, de Bains, 23. Si trovons en nostre acordance, Que Faus-semblant et Astenance Avec tous ceus de lor baniere Assaudront la porte derrière, la Rose, -10757. Nous avions bien perdu trente cinq chevaliers touz baniere portans, de la cour de Champaingne, joinv. 26-1. En ses banieres portoit les armes l'empereur qui l'avoit fait chevalier, id. 22i.Hugue de Trichastel, seigneur de Conflans, qui estoit avec moi à baniere, id. 225. Un mien escuier qui s'en estoit fui à tout [avec] ma baniere et estoit revenu à moy, me bailla un mien roncin [cheval], sur quoy je monté, id. 226. || xivg s. Li piéton vont devant, les banieres au vent, Baud. de Seb. vi, -158. || xvc s. Adonc le sire de Beaumont monta sur un coursier et fit chevaucher sa bannière, froiss. 1, 1,103. 11 envoya par le grand escuyer quérir une banyere de trompette pour lui faire une cotte d'armes, comm. iv, 7. Il vouloit que le roy fit hausser par tout la bannière du petit duc que le seigneur Ludovic tenoit entre ses mains, id. vin, 4. H xvie s. Ce tailleur avoit si bien accoutumé à faire la bannière [voler de l'étoffe], qu'il ne se pouvoit garder d'en faire de toutes sortes de drap, el de toutes couleurs, despér. Contes, xlviii. Item de ceux qui pouvoient porter bannière (qui estoyent enseignes quarrées) et de ceux qui ne pouvoient porter que pennon, lanoue, 227. Si le dit seigneur [amiral] veut que les nefs mectent les bateaulx en mer, mectra deuxbandieresàpouppe, ant. de conflans dans jal.

— Etym. Bourguig. banneire; wallon feanîre,-provenç. bandiera, baneira ; espagn. bandera; portug. bandeira; ital. bandiera; du bas-lat. bandum, drapeau (voy. bande i et 2). L'allemand moderne Panier, bannière, a été pris du français, plusieurs mots français s'étant introduits en allemand dans le moyen âge par les versions de poèmes de chevalerie.

BANNIR (ba-nir), v. a. || 1° Chasser d'un pays, exiler. Les Tarquins furent bannis. Un décret le bannissait de l'Italie. || 2° Éloigner d'un lieu, éloigner de quelqu'un, exclure. Vous le bannissez de votre présence. Je le bannirai de ma maison. La fuite d'une cour que sa chute a bannie, rac. Brit. 11, 2. Seigneur, bannissez-le loin d'elle, id. ib. Je brûle, je l'adore, et loin de la bannir.... id. Mithr. iv, 5. Mais, seigneur, étant seuls, je parle avec franchise; Bannissant les témoins, vous me l'avez permise, corn. Serlor. ni, 2. ||3° Fig. Eloigner, supprimer, ôter. Bannir de son âme tout souci. Il a banni le souvenir de vos bienfaits. L'inquiétude bannissait le sommeil. La crainte bannit la pitié. Que par des lois si équitables le peuple bannirait pour toujours la pauvreté, la jalousie et la discorde, vertot, Rérol. rom. liv. m, p. 229. Mais bannissez, madame, une inutile crainte, rac. Brit. 11, 6. Mais il ne put sitôt en bannir la pensée, id. Esth. 1, 1. || 4° Se bannir, v. réfl. S'exiler. Il s'était banni de son pays. De l'univers entier je voudrais me bannir, rac. Phèd. v, 7. Il s'éloigner de, ne pas fréquenter. Se bannir de la société, du monde.

— HIST. xnc s. En sa grant ost fait banir [publier un ban] et crier, Ronc. p. 177. Et Sabine, à

urs, de la terre est banie, audefr. le bast. Romane, p. 27. Encore aveit li reis comandé e bani Que, se en tute sa terre eûst clerc si hardi Qui a Rome apelast al lues le rei Henri, Sereient erranment tuit m chazel saisi, Th. le mart. ce. ||xiiic s. Cil qui sont bani sor la hart du roiaume, beaum.

xii, 45. S'il est puis repris, il doit estre justiciés selonc le meffet par quoi il estbanis, id. xxx 13. Por ce qu'il est banis ou por guerre ou por poverte, m. Xvili, -14. Se li rois rapele aucun bani.... id. l, 4. Les noms de ceus que nous aviemes novielement banis de no vile, Bibl. des Chartes, 2e série, t. m, p. 423. y xive s. Assez [il] nous bannissoit de France le roion, Puisqu'il nous envoioit hors de la région, Guesel. 17172. Laiens y ot pillars qui firent à blasmer; Et maint bani aussi pooit-on là trouver, id. 20383. y xve s. Et avoient esté tous deux bannis et enchâssés hors d'Angleterre avec la roine, froiss. i, 1, 28. Il xvi° s. Celui qui se veut exempter de recevoir la cène comme indigne, se bannit de prier Dieu , calvin, Tnslil. 19.5. Luy reprochant que pour argent il rappelloit beaucoup de bannis, amyût, Thém. 4i. Craignant qu'il ne fustbanny du ban de l'ostracisme, id. Pé rie. 11. Lycurgus bannit l'or et l'argent de Lacedœmone, id. Caton et Arist. comp. 5. Comme si c'est un confinement où les âmes fussent reléguées et bannies, id. Ve la tranq. d'âme. 39.

— ÉTYJt. Ban; picard, bennir ; provenç. et espagn. bondir; ital. bandire.

BANNISSABLE (ba-ni-sa-bl'), adj. Qui doit être banni. Un homme ignare de toute bonnediscipline, bannissable de la république des lettres, mol. Mar. forcé, g.

— ÉTYM. Bannir.

BANNISSEMENT (ba-ni-se-man) , s. m. Action de bannir; résultat de celte action. Six ans après son bannissement. Le bannissement des Stuarts ne devait jamais finir. De son bannissement prenez sur vous l'offense, rac. Brit. 11, 3. Mon règne ne sera qu'un long bannissement, id. Bérén. 111,1. Ah! mou frère, l'amour n'est guère véhément Pour des fils élevés dans un bannissement, corn. Rod. 11, 4. || En termes de droit, peine infamante qui consiste à être banni.

— HIST. xiii" s. Il querroit [tomberait] en grant amende vers le signeur, de ce qu'il aroit fet ayde au bani el tans de son bannissement, beaum. xîxiv,32. Si que par le bannissement il se chastient de lor meffet, id. xxiv, 10. Li banissemens ne dure que tant comme le [la] terre du segneur tient, en quel cort il est banis. id. lxi, 22. || xve s. Parmi au moyen.de] ces bannissements s'appaisoient l'une partie et l'autre, froiss. 11, 11. C2. || xvie s. Rappeler du bannissement, d'aub. Hist. 1, 233.

— ÉTYM. Bannir.

t BANQUAIS (ban-kè), s. m. Terme de marine. Navire ou homme faisant la pêche sur le banc de Terre-Neuve.

— ÉTYM. Banc.

BANQUE (ban-k'), s. f. || i" Originairement, commerce d'argent qu'on fait remettre de place en place, d'une ville à une autre, par le moyen des lettres de change; établissement qui se chargeait de l'argent des particuliers pour le faire valoir à gros intérêts ou le mettre en sûreté. Faire la banque, faire ce genre de commerce. Celui-ci faisait la banque ; celuilà se donnait au commerce de la mer, montesq. I.eit. pers. 115.|| 2° Aujourd'hui, entreprise commerciale dont les opérations consistent à recevoir, conserver, payer, emprunter et prêter les capitaux sous forme de monnaie métallique ou autre. || Commerce consistant à effectuer pour le compte d'autrui des pavements et recettes, à faire l'escompte, à acheter et revendre soit des valeurs commerciales, lettre- de change, billets de commerce, effets publics, actions d'entreprises industrielles et tous titres créés pour l'usage du crédit, soit des monnaies ou matières d'or et d'argent. || Plus spécialement, les établissements par actions qui se livrent à ces diverses opérations. Il Maison de banque, maison qui s'occupe principalement des opérations de banque. || Banque, lieu où se font les opérations. || Banque de circulation, celle qui émet des billets dits de banque. Il Banque de dépôt et de virement, celle qui reçoit des valeurs et les transfère par ses écritures. || Banque d'escompte, celle qui fait des avances suiis forme d'escompte et de prêt direct. || Banque publique : 1° celle qui fait ses opérations non avec des clients particuliers, mais avec le public en général, à des conditions réglées par des dispositions générales; 2° institution de banque fondée, dirigée ou dotée par les États ou villes qui en sont le jj Banque agricole, celle qui fait des avances à l'agriculture. Il Banque foncière, immobilière, territoriale, celle qui fait des prêts garantis par des immeubles. Il Banque mobilière, celle qui fait des avances sur valeurs mobilières. || Banque hypothécaire, celle qui fait des prêts sur hypothèque. || 3° Terme d'imprimerie. Payement fait aux ouvriers chaque

BAN

BAN

BAN

semaine ou tous les quinze jours. || 4° Terme Je jeu. Somme qu'a devant lui le joueur qui tient contre ton- les autres. || Faire sauter la banque, gagner tout Ql de celui qui tient le jeu. || Fig. Ces gens C ntre le peuple, mais ils tiennent la banque lui. montesq. A'.vp. xxv, (i. || 5° Au jeu du commerce, les cartes qui composent le talon. || 6" Terme de métiers. Instrument qui porte les bobines du mentier. || Banc sur lequel travaille l'ouvrier en es. || Billot où est la meule d'acier sur laquelle se font les pointes d'épingles. || 7" Terme de marine. Navire qui fait la pèche de la morue sur le banc de Terre-Neuve. || 8° Populairement, les artifices des bateleurs, le charlatanisme.

— HIST. xvr s. Le charlatan estoit monté sur un petit eschaffaut jouant des regales [sorte d'épinetlel et tenant banque comme on en voit assez à Venise en la place St-Marc, Sat. Mén. p. 3.

— ETYM. Ital. banca ou banco, banque, proprement banc (voy. banc), à cause du banc qu'avaient il l'origine, comme beaucoup d'autres marchands, ceux qui faisaient le commerce d'argent.

t BANQUES (ban-ké), d. ». Terme de marine. Aller à la poche de la morue sur le banc de Terre-Neuve.

— ÊTYM. Banc.

j-BANQDEREAD (ban-ke-rô), s. m. Terme de marine. Petit banc de sable.

— ÉTYM. Diminutif de banc.

BANQUEROUTE (han-ke-rou-f), s. f. Cessation

de payement do la part d'un négociant devenu insolvable. Nous avons considéré que l'une des choses à laquelle nous avons promptement à remédier, est l'abus et tromperie évidente qui se commet sous le nom et prétexte de banqueroute, Édil de mai, <6O0. Que les marchands, banqueroutiers, pour être i la peine de mort prononcée par 1 'nuances pour le crime de banqueroute, s'adressent à leurs confrères, qui homologuent trèsfacilement les connais laits avec des créanciers supposé*. Arrêt de règlement du parlement de Paris du 1 août 1698, dans renouard, des Faillites, t. i, p. un. Et aussi la misère et le discrédit devinrent tels que nous n'avons point d'exemples de plus de banqueroutes que dans les années t7t4, <7)5 et )7i(i, melon, Essai politique sur le comtnerce, édit. de (843, p. 77i ; la <"éd. est de \73i. J.os banqueroutes servent la fortune sans faire perdre l'honneur; et voilà ce qu'il importe de détruire, napoléon, au Conseil d'État , séance du 28 juillet <S07. En faisant banqueroute à leurs créanciers, pasc. Pror. 8. En sorte qu'il fût aisé de ne jamais faire banqueroute, fén. Tél. xn. Charles II, roi d'Angleterre, non content de l'argent delà France, venait de faire banqueroute à ses sujets, volt. S. de L.XIV, io. y Fig. et familièrement. Faire banqueroute à, manquer à. Gardez de faire aux égards banqueroute, la pont. Aveux. Et je fais banqueroute à ce fatras de lois, corn, le Ment. 1, I. Je fais par cet hymen banqueroute à tous autres, id. ib. ni, 5. Autrement quant à moi je lui fais banqueroute, Régnier, Sat. vi. Je ne fais de léger banqueroute à l'école Du bonhomme Empédocle, id. Sat. xv. Je bannis ces plaisirs et leur fais banqueroute, m. Épit. 11. H En termes de jurisprudence, c'est la faillite coupable et punie par la loi; banqueroute simple, lorsqu'il y a faute seulement; banqueroute frauduleuse, lorsqu'il y a fraude : distinction introduite par le Code de commerce de 1808. || Banqueroute se dit spécialement de l'Etat, lorsque la loi abolit tout ou partie de la dette publique, volontairement ou forcément. Le premier avis allait à une banqueroute universelle, law, Mercure, mars 1720 (éd. )85i, p. ci 2). La banqueroute, la hideuse banqueroute, est là, et vous délibérez! mirabeau, Discours, 26 sept. <789.

— REM. Voltaire a blâmé dans Corneille l'emploi de faire banqueroute à.... pour abandonner. Mais on voit que cette locution était fort employée du temps de Corneille, et elle est restée en usage.

— SYN. BANQUEROUTE, DÉC0NF1TURS, FAILLITE. La

banqueroute est l'état d'un commerçant failli qui se trouve dans un cas de dol ou de faute grave prévu par la loi ; on le dit dans le langage ordinaire au lieu de déconfiture et faillite. La déconfiture est l'état d'insolvabilité d'un débiteur, non commerçant ; on le dit dans le langage ordinaire pour banqueroute et faillite. La faillite est l'état de cessation des payements d'un commerçant ; on le dit abusivement pour déconfiture et banqueroute, legoarant.

— HIST. xvr* s. Voulons et ordonnons que les dits debteurs qui auront défailli et fait banqueroute tiennent prison fermée jusqu'à plein et entier payement des amendes, Ordonnance de Lyon, ni oct.

1636. Nous avons cidevant reçu plusieurs plaintes des faillites et banqueroutes, les unes (lignes de commisération quand elles sont advenues par les dommages et pertes que la calamité des troubles passés a apportés à cettui nostre royaume , les autres dignes de punition exemplaire, qui se font par dol et fraude, Mandement de Henri III, du 25 juin 15S2. Traité sur les cessions et banqueroutes, par e. bonnyn, Paris 1586.

— ET YM. Ital. banca rotta, de banca, banque (voy.ee mot), et rolto, rompu, deruptus, rompu.de ru mpere, rompre : mot à mot , banc rompu ; à cause qu'on rompait le banc qu'avait le commerçant sur les marchés.

BANQUEROUTIER, 1ÈRE (ban-ke-rou-tié, tiê-r' ; IV ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : les banqueroutiers et.... dites : les ban-ke-rou-tié-z et....) , s. m. elf. Celui, celle qui a fait banqueroute. Banqueroutier simple. Banqueroutier frauduleux-. Les banqueroutiers qui feront faillite en fraude seront punis extraordinairement, Ordonnance du t5 janvier <629 dite Code Michau. Les banqueroutiers frauduleux seront poursuivis extraordinairement et punis demort, Ordonn. (673, titreXI,art. \ 2. C'était une chose inouïe autrefois qu'un notaire pût être banqueroutier, volt. Lettr. Damilaville, 27 janvier 1 764. || Adjectivement. Un gouvernement banqueroutier.

— REM. Tandis que le langage ordinaire confond les mots banqueroute et faillite que l'ancien usage a longtemps confondus mais que la loi a distingués, le langage ordinaire attache toujours un sens défavorable à banqueroutier.

— HIST. xvie s. Il sera procédé contre les banqueroutiers extraordinairement, Ordonnance de Lyon , \o octobre 1536. Tous banqueroutiers et qui feront faillite en fraude seront punis extraordinairement et capitalement, Ordonnance d'Orléans de J560,art. 143. Voulons que les ordonnances faites contre les banqueroutiers, et ceux qui doleuzement et frauduleusement font faillite ou cession de biens, soient gardées, Ordonnance de Blois, 4 579, art. 20t. Selon nostre langage et notre usage pouvons proprement définir nostre banqueroutier, celui qui, prudent et avisé en ses affaires, sciemment a pris et reçu argent, sous prétexte de commerce ou autrement, sous prétexte d'en rendre profit ou purement, et, ayant diverti ses effets, se dérobe à ses créanciers, s'absente, et latite ou rend fugitif.... notre banqueroutier n'a dépensé ni le sien ni i'autrui par lui reçu, mais il le cache, celé, vole et emporte, mareschal, Traité des changes et rechanges, ch. 2, Paris, 1625.

— ÉTYM. Batuiueroute.

BANQUET (ban-kè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie : les banquets et les danses, dites : les ban-kè-z et.... banquets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Repas d'apparat. Si Lusignan ne rappelait à sa fille que les banquets et les joies de l'Olympe, cela serait d'un faible intérêt pour elle, chateaubr. Génie, 11, 11, 5. Oubliait-on qu'ici les déesses des morts Sont du dieu des banquets les compagnes cruelles? lemerc. Agam. iv, 5. || Banquet nuptial, repas de noces. H 2" Terme de dévotion. Le banquet des élus, la béatitude céleste. || Le banquet sacré, la communion. Enfin je suis parvenue au banquet divin, boss. Anne de Gonz. || 3° Poétiquement. Au banquet de la vie infortuné convive, J'apparus un jour, et je meurs, Gilbert, Irait, des psaumes. Au banquet de la vie à peine commencé, Un instant seulement mes lèvres ont pressé La coupe en mes mains encor pleine, a. Chén. Jeune capt. La vie est chère à l'homme, entre les dons du ciel; Nous bénissons toujours le Dieu qui nous convie Au banquet d'absinthe et de miel, v.hugo, Odes, iv, 4. y 4° Terme de manège. Petite branche d'une bride, au-dessous de l'œil.

— REM. Dans le XVIIe siècle , les puristes réservaient banquet à l'usage des seules choses sacrées.

— HIST. xvc s. Et [Philippe d'Artevelle] donnoit aux dames et aux damoiselles de grands disners, soupers et banquets, ainsi comme avoit fait du temps passé le comte, froiss. h, ii, 160. Les convis et les banequetz plus grans et plus prodigues que en nul autre lieu dont j'aye eu congnoissance, comm. i, 2. Lors, l'un d'eux couvrit la, table et mit le banquet dessus, louis xi , Nouv. xxix. || xvie s. Nous pensions que là fust quelque notable festin et banquet, rab. Pant. v, 17.

— ÉTYM. Diminutif de banc : proprement petit banc; ital. banr.hetto.

BANQUETER (ban-ke-té; l'e prend un accenl grave, ou le t se double, quand la syllabe qui suit est muette : je banqueté ou banquette ; je banquèteiai ou banquetterai), v. n. Faire bonne chère, |

prendre part fréquemment à de grands repas. Jamais personne ne s'est pu vanter d'avoir banqueté chez lui, Francion, liv. vin. || Il est familier, et se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xv s. Il fit apporter du meilleur vin de leans, et alla quérir de belles cerises toutes fraisches, et vint banqueter avec elle en attendant le souper, louis xi, Nouv. lxv. || xvie s. Et cependant ilz ne vouloient bouger de leurs maisons à se baigner, estuver, banquetter et faire grand chère, amyot, Pyrrh. 33.

— ÉTYM. Banquet.

fBANQUETEUR (ban-ke-teur), s. m. Celui qui banquette, qui fait bonne chère.

— ÉTYM. Banqueter.

BANQUETTE (ban-kè-f), s. f. || 1° Banc long et rembourré, sans dossier. || En termes de théâtre, jouer devant les banquettes, jouer une pièce dans une salle presque vide de spectateurs. || 2° Terme de fortifications. Partie du rempart située immédiatement derrière le parapet, et d'où les soldats font feu sur l'ennemi. || 3° En termes de voiria, petit chemin peu élevé au-dessus de la voie sur un pont ou une rue pour les piétons. On dit habituellement trottoir. Il Chemin pratiqué le long d'un canal ou d'un aqueduc. Il 4" En architecture, appui en pierre d'une fenêtre. Il 5" En termes de jardinage, palissade taillée à hauteur d'appui entre les arbres d'une contre-allée. Il 6° L'impériale d'une diligence et des omnibus. Il 7° Terme de menuiserie. Boiserie qui garnit le dessus et le devant des croisées. || Bande de fer placée dans les fourneaux des forges, pour soutenir une portion de la charge du minerai et du charbon

— HIST. xve s. Une celle [selle] que l'on apelle au pays banquette, du cange, banquelus.

— ÉTYM. Diminutif de banc.

1. BANQUIER (ban-kié; IV ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des banquiers opulents, dites : des ban-kié-z opulents), s. m. || 1° Vers la fin du moyen âge, celui qui se livrait au change des monnaies, puis celui qui faisait des traites et des remises, donnait des lettres de change, plus tard celui qui recevait les espèces en dépôt et servait d'intermédiaire entre prêteurs et emprunteurs. || 2° Aujourd'hui, propriétaire ou directeur d'une maison de banque particulière. || Négociant qui se livre principalement à une ou plusieurs des opérations de banque. (| Celui qui fait la banque. || Celui qui fait le change, se charge des dépôts, payements, actes et écritures relatifs à ces opérations. || 3" Terme de jeu. Celui qui tient le jeu contre tous les autres joueurs. Il 4° Banquier en cour de Rome, officier qui, par le moyen de l'argent qu'il faisait passer en cette cour, employait ses correspondants à solliciter les bulles, les dispenses et les autres expéditions de la daterie romaine.

— HIST. xvi° s. Soubs prétexte de ce mariage, elle s'entrescrivoient de belles lettres; et estaient comme banquieres des menées de ces deux princes, carl. 11, U. Leur grand père mourut banquier, bulliste et usuraire à Lyon , caiil. ix, :s. La preuve d'un tel et si admirable revenu ne saurait mieux paroislre que par les livres et registres des banquiers, fromenteau, Finances, ixe livre, p. 401. Il y a en France environ sept ou huit cens notaires apostoliques; vous y avez soixante et quatorze banquiers, id. ib. Autant de deux escus que les banquiers ont envoyés à Rome, autant de curez nous ont-ils envoyés, condë, Mémoires, p. 559.

f 2. BANQUIER (ban-kié), s. m. Terme de mer. Navire qui va à la pèche de la morue sur le grand banc de Terre-Neuve.

— ÉTYM. Banquer.

BANQUISE (ban-ki-z'), s. /".Terme de marine. Bordure d'eau de mer gelée qui ne permet pas aux navigateurs d'atteindre une côte où elle est adhérente.

— ÉTYM. Banc, et l'anglais ice, glace, d'après Jal. f BANQUISTE (ban-ki-st') , s. m. Charlatan, bateleur. Mot populaire.

— ÉTYM. Banque.

BANS (ban) , s. m. plur. Lits de chiens de chasse.

— ÉTYM. Sans doute pour bancs.

| BANSE (ban-s'), s. f. Grande manne carrée qui sert à transporter des marchandises.

— ÉTYM. Wallon, banse; de l'allem. Bansc, corbeille; goth. bansts, grange.

BANVIN (ban-vin), s. m. Droit qu'avait le seigneur de vendre, à l'exclusion de toute autre personne, le vin de son cru, dans sa paroisse, durant le temps marqué par la coutume. || Proclamation qui indiquait le jour où les.particulicrs pourraient vendre leur vin nouveau.

— ÉTYM. Ban, et (in,

BAP

BAR

BAR

BAOBAB (ba-o-balr), s. m. Arbre d'Afrique, qui est le plus grand des végétaux connus (adansonia digitala, L.).

BAPTÊME (ba-tê-m'), s. m. Celui des sept sacrements de l'Église qui efface le péché originel, et qui consiste en de l'eau versée sur la tête, et en paroles sacramentelles. Après avoir reçu le baptême par les mains du pape, boss. Hist. i, h. Celle qui vous pressait de courir au baptême, corn. Poly. i, i. Répandre sur son front l'eau sainte du baptême, volt. Zaïre, n, 3. C'est à Breslau , à Londres et à Dordrecht qu'on commença, il y a environ trente ans, à supputer le nombre des habitants par celui des baptêmes; on multiplia dans Londres le nombre des baptêmes par 35; à Breslau, par 33, volt. Léttr.La Michodière, novemb. 1757. || Fig. Baptême de sang, martyre des catéchumènes. || Nom de baptême, le nom donné par le parrain ou la marraine à l'enfant présenté aux fonts baptismaux. || Baptême d'une cloche, d'un navire, cérémonie religieuse par laquelle on bénit une cloche, un navire. || Baptême de mer, du tropique, de la ligne; usage des matelots à l'égard de ceux qui passent, pour la première fois, le tropique ou la ligne ; il consiste à les arroser d'eau avec des circonstances burlesques, s'ils n'achètent point leur repos par quelques libéralités pécuniaires.

— hist. xii' s. Mais pren batisme, je'l te dis sans contraire, Ronc. p. H5. || xmQ s. Mais Aliste [elle] Fut nommée en baptesme, et fu née à Valgiste, Uerte, xcn. Si avint un poi apriès que li rois Jehans prist à ferne la fille le roi d'Iermenie et en ot un filg qui fuapelés Jehans en baptesme, Chr. deRains, p. 88. Il leur fist entailler en la chapele toute nostre créance, l'annonciation de l'angre [ange], la nativité, le baptesme dont Dieu fu baptizié, et toute la passion, joinv. 262. || xvc s. Les mesmes paroles qui ont esté aujourd'hui dites et célébrées au baptesme de votre filleul, furent dites et célébrées à votre baptisement, louis xi, Nouv. lxx,

— ÉTYM. Bâîma^a, de [Sa7mÇsiv, baptiser ; provenç. baptisme; espagn. bautisme ; portug. bablismo; ital. battesimo.

BAPTISÉ, ÉE (ba-ti-zé, zée), part, passé. Cbvis et ses Francs baptisés par saint Remy.

BAPTISER (ba-ti-zé), v. a. || 1° Conférer le baptême. || Baptiser une cloche, un navire, employer certaines cérémonies ecclésiastiques pour les bénir, les mettre sous la protection du ciel et leur donner un nom. || Baptiser sous condition, administrer le baptême à quelqu'un dans le doute qu'il l'ait déjà reçu. || Fig. et familièrement. Voilà un enfant bien difficile à baptiser ; voilà une affaire qui rencontre sans cesse de nouveaux obstacles. || 2° Fig. Donner un sobriquet. Baptisant son chagrin du nom de piété, boil. Sat. x. || Absolument. De peur qu'une qualité ne l'emporte, et ne fasse baptiser, pasc. dans cousin. || 3° Familièrement. Baptiser son vin, y mettre de l'eau. Les goguenards dirent qu'il ne fallait pas baptiser son vin, volt. Ingénu, 4.

— HIST. xi° s. Baptizét sont assez plus de cent mille, Ch. de Iiol. cclxvhi. Baptisez la, pour quei Deus en ait Famé, ib. ccxcu. || xne s. Tu me doveroies, ce di saint Johans, baptiier, et tu viens à mi, st Bernard, p. 552. Que ne soiez baticez, llo?ic. p. 22. || xine s. Bien sanla [sembla], à ce que je vi, que il se baptisa, Chron. deRains, U3. Et as gens irez demander S'il i a cors à enterrer Ne nul enfant à bautizier, Ren. 2H&i. Ançois doit estre fête enqueste de son aage par cex qui furent au baptizier, beaum. xvi, 6. Tu as le filz Dieu baptoié, Par qui nous sommes nectoyé D'ordure, d'escume et de beue [bave], j. de meung-, Très. 237. || xve s. On pourroit baptizer vostre ordonnance de tel tiltre qu'il vous plairoit lui bailler, th. basin, t. iv, p. 87. || xvie s. Le mot mesme de baptizer signifie plonger, calv. Inslit. 1062. Ils baptiseront ce prodigieux et horrible forfait, du nom de coup du ciel, Sat. Mén. p. 5.

— ÉTYM. Wallon, batehl; namurois, batijî; provcnç. batejar, bathegar; espagn. bautizar ; portug. babiizar; ital. battezzare; du latin baptizare, de (JanTiÇeiv, plonger, à cause de l'immersion complète qui était en usage dans la primitive Église.

f BAPTISEUR (ba-ti-zeur) , s. m. Celui qui baptise. Jean le baptiseur avait déjà été condamné au supplice, volt. Phil. il, 282.

— HlST.xvrs. StJeanlebaptisateur, YVER,p. 550.

— ÉTYM. Baptiser.

BAPTISMAL, ALE (ba-ti-smal, sma-P), adj. Qui appartient au baptême. Eau baptismale. Les fonts baptismaux, les fonts où l'on baptise. La grâce baptismale, bourd. Dominic. îv, Rechute dans le péché, 2t3. || L'innocence baptismale, l'innocence que cen-

fè»»le baptême; et, figurément dansle langage ordinaire, une conduite simple et pure de tout blâme. M. de Noailles [l'évêque] porta au siège de Châ- Lons-sur-Marne son innocence baptismale, et y garda une résidence exacte, st-sim. 32, ne.

— ÉTY'M. Bas-lat. baptismalis, de baptisma, baptême (voy. baptême).

BAPTISTAIRE (ba-ti-stê-r'). || 1° Adj. Qui constate le baptême. Registre baptistaire, registre où l'on inscrit les noms de ceux qu'on baptise. Extrait baptistaire, extrait de ce registre. || 2° S. m. Le baptistaire, l'extrait du registre, la date d'un baptême.

— ÉTYM. Bas-lat. baptistarius , de baptizare, baptiser (voy. ce mot).

BAPTISTÈRE ( ba-ti-stê-r' ) , s. m. Petit édifice bâti près des cathédrales pour administrer le baptême. || Chapelle où sont les fonts baptismaux, dans une église.

— hist. xie s. [Ils] Mènent paiens entresqu'au baptisterie, Ch. de Rot. ccxvm. || XIIe s. Del ciel enveiad, si rechust e prist à sun oes sainte Eglise; si la levad de funz e de baptisterie , Rois, 207. ||xvie s. Le duc de Sommercet estant venu pour le baptistère [baptême] à Paris, fut détroussé, d'aub. Hist.

— ÉTYM. Baptistcrium, de pcamo-r^piov, de paîmSstv, baptiser (voy. ce mot). Baptisterie, dans l'ancien français, malgré l'orthographe, n'est que de trois syllabes, comme le vers le montre; cet i qui se trouve dans plusieurs autres circonstances, ou était un signe étymologique, ou indiquait une certaine prononciation de la voyelle qui précédait.

BAQUET (ba-kè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l's se lie : des baquets emplis d'eau, dites : des ba-ke-z emplis; baquets rime avec attraits, jamais, succès), s. m. || 1° Sorte de petit cuvier. || Baquet magnétique, baquet rempli d'eau que Mesmer employait pour les pratiques du magnétisme. || 2° Vaisseau de bois qu'on remplit de terre pour y semer quelques graines. || 3° Terme de métiers. Caisse à l'usage du graveur pour faire mordre l'eau forte. || Pierre creuse pour nettoyer les caractères d'imprimerie.

— hist. XV s. Et avoit tant fait le sire de Saint- Py, que sur un char il fit acharier un bacquet [petite barque], froiss. ii, ii, 180. Si passèrent trois varlets outre, et mirent le bacquet et la corde outre à l'autre rive; et y attachèrent l'autre coron de la corde, id. ib.

— ÉTYM. Diminutif de bac (voy. ce mot), qui veut dire bateau ou auge.

f BAQUETER (ba-ke-té), v. a. Ôter l'eau d'un baquet ou de tout autre vase, avec une écope ou une pelle.

— ÉTYM. Baquet.

f BAQUETTES (ba-kè-f) , s. f. plur. Tenailles pour tirer le fil à la filière.

f BAQUETURES (ba-ke-tu-r') , s. f. plur. Vin qui tombe dans le baquet quand on le verse, ou qu'on le met en bouteilles.

— ÉTYM. Baquet.

| I. BAR.... Préfixe qui a une signification péjorative, par exemple dans barlong, et qui est le même que bé ou bes ou bis (voy. bes....).

f 2. BAR (bar), s. m. Grand poisson, dit aussi maigre (seixna aquila).

— HIST. xme s. En sa baniere ot un grant bar, Fabliaux, édit. barbaz. t. iv, p. 90.

f 3. BAR, s. m. Terme de blason. Barbeau, poisson fréquent en armoiries, en pal et un peu courbé.

— ÉTYM. Barbe, nom du barbeau (voy. ce mot), f 4. BAR (bar), s. m. Voy. babd.

BARAGOUIN (ba-ra-gouin) , s. m. Langage où les

sons des mots sont tellement altérés, qu'il devient inintelligible. Je ne puis rien comprendre à ce baragouin, mol. lesPréc. 5. Autrement c'est pour moi du baragouin étrange, Régnier , Sat. xv. Pourvu .... Qu'on parle baragouin, et qu'on suive le vent, En ce temps du jourd'hui on est assez savant, id. Sat. ni. Voici ce notable discours brièvement, compendieusement traduit de baragouin en français, p. l. cour. II, 19.

— HIST. xive s. Les quelx appelèrent l'exposant sanglant barragouyn; icelluy leur dist : beaux seigneurs, je ne suis point "barragouyn, mais aussi bon chrestien, d'aussi bonnes gens et aussi bon françois que vous estes, ducange, barginna. || xvie s. Vos parolles, translatées de barraguoin en françois, veulent dire que je me marie hardiment, rab. Pant. m, 34.

— éïym. Bas-breton, bara, pain, etgicîn, vin; mots que les Français entendaient souvent dans la bouche des Bretons, et qui leur servirent à désigner

un langage inintelligible. La tradition qui rattachait baragouin à la Basse-Bretagne est conservée dans ces vers d'une chanson citée dans le Dicl. bas-breton de vili.emarqué, p. xl : Baragouinez, guas De basse Bretagne, Baragouinez, guas, Tant qu'il vous plaira. Guas est le bas-breton guas, vassal.

BARAGOUINAGE (ba-ra-goui-na-j' ) , s. m. Manière de parler embrouillée et inintelligible.

— ÉTYM. Baragouiner.

BARAGOUINÉ, ÉE (ba-ra-goui-né, née), part. passé. Un discours baragouiné.

BARAGOUINER (ba-ra-goui-né). || 1° V. n. Estropier les mots d'une langue en parlant, c'est-à-dire en altérer le son au point de les rendre difficiles à comprendre. Il baragouine d'une manière affreuse. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° V.a. Mal parler une langue. Cet Allemand baragouine le français. || Baragouiner un discours, le prononcer d'une façon inintelligible. Je ne me souviens jamais comment diantre ils baragouinent ce nom-là, mol. G. Dand. i, 2.

— hist. xvie s. Ce livre est basti d'un espaignol barragouiné en terminaisons latines, mont, ii, h 37.

— ÉTYM. Baragouin.

BARAGOUINEUR ,EUSE (ba-ra-goui-neur,neù-z') , s. m. et f. Celui, celle qui baragouine. Ils sont une douzaine de baragouineurs à jouer cartes et dés, hamilt. Gramm. 3.

— ÉTYM. Baragouiner.

f BARALIPTON (ba-ra-li-pton). Mot forgé par les Scolastiques pour rappeler mnémoniquement une forme de syllogisme, et où barali est seul significatif, pton n'étant qu'une finale pour faire le vers.

| BARANDAGE (ba-ran-da-j'), s. m. Terme de pêche. Action de barrer la rivière avec un filet. . — ÉTYM. Barrer.

f BARANGE (ba-ran-j'), s. f. Mur placé dans le fourneau d'une saline.

— ÉTYM. Barrer.

BARAQUE (ba-ra-k'), s. f. || 1° Hutle construite par les soldats à défaut de tentes, et, par extension, constructions légères remplaçant les casernes , quand on veut établir pour quelque temps les soldats sur un point. || 2° Réduit couvert pour les pêcheurs. || 3° Boutique faite de planches. Les baraques de la foire. || 4° Fig. et familièrement, maison mal bâtie et de chétive apparence. || Maison où les domestiques sont traités mal, les ouvriers mal payés. || 5° Petite armoire dans laquelle les écoliers serrent leurs livres et leurs cahiers.

— ÉTYM. Bas-lat. baraca, baracha; espagn. barraca; ital. baracca; angl. barraks, caserne; du baslatin, barra, perche, barre (voy. barre) ;co..

le gaél. barrachad, une butte, de barrach, branches d'arbres.

BARAQUÉ, ÉE (ba-ra-ké, kée), part, passé. Logé en des baraques. Les troupes baraquées en un lieu salubre.

f BARAQUEMENT (ba-ra-ke-man), s. m. || 1° Action de baraquer, de se baraquer. Le baraque ruent des troupes. || 2° Ensemble de baraques.

— ÉTYM. Baraquer.

BARAQUER (ba-ra-ké). || 1° V. a. Faire des baraques. || 2° Se baraquer, v. ré/?. Se construire des baraques. Les soldats se baraquèrent comme ils purent.

— ÉTYM. Baraque.

jBARATE (ba-ra-f) , s. f. Terme de marine. Grosse sangle pour aider les basses voiles à résister.

BARATERIE (ba-ra-te-rie) , s. f. Terme de marine. Fraude commise par le capitaine, le maître ou patron d'un navire, au préjudice des armateurs, des assureurs.

— HIST. xve s. Ha, dirent les Anglois, ce François prend avantage; pourquoi n'est son heaume aussi bien bouclé et lacé comme celui de messire Jean de Hollande est? nous disons que c'est baraterie que il y fait; on lui dise que il se mette en Testât de son compagnon, froiss. ii,iii, 59.

— ÉTYM. Provenç. barataria; ital. barrateria; de barat, tromperie', mot qui est un des plus usités de la langue d'oïl et qui se trouve dans toutes les langues romanes. On tire barat de l'arabe barthala, corruption d'un juge. Mais Diez élève des objections tirées de l'étendue du sens et des formes; ital. barattare; provenç. baratar; anc. franc, baréter, faire un mauvais commerce, houspiller; anc. portug. baratar, détruire; anc. franc, desbareter ; pn desbaratar; ital. sbarattare, défaire, abattre; anc. franc, barale ; anc. espagn. barata, confusion, trou le dans la bataille. Diez écarte l'ancien nord

i .combat, à cause que le sens neconconi. Pane, haut aliéna, bala-ràii, méchanceté, aurait donné en français baurai. Enfin il indi

BAR

faire des affaires, user de pratiques,

[ui a pu avoir été emprunté aux marchands

'i l'appui il cite le serve baràtali, faire

. faute 'I intermédiaires, cel

nr plus qu'il y a aussi à tenircompte

ue:bas-h t. 6 ira 1 . lél. el irlan 1. brath;

kymri, irnil, tromperie.

kRATHRE (ba-ra-tr'), s. m. Terme d'antiquité. Précipice où l'on jetait les criminels à Athènes.

— ÊTYM. I-

i BARATTAGE (ba-ra-ta-j'), s. m. L'ensemble des opérations qui se font dans la baratte.

— ÊTYM. Baratte.

BARATTE (ba-ra-f), s. f. Vaisseau dont on se battre le beurre.

— HIST. xne s. Or set bien que il est dedanz l'ost ûz; Ja i aura barate etgranz crisetgranz hus,

f, p. 30. N'a cure plus de lor barate; La

1 ni il plus or se haste, c'est d'eus esloignier

et fuir, benoît, Cliron. de Norm. t. n, p. 65.

s. Al lier fu la grans barate, Partonop. de

Blois-, IOG6 5.

—ÉTYM. liiez est disposé à y voir le même radical que dans baraterie (voy. ce mot), à cause du de houspiller, mettre en confusion, qu'ont les verbes baréter, baratar, barattare; cette opinion parait très-probable; il y avait dans l'ancien français un mot barate signifianl agitation, confusion. On propose aussi le bas-breton baraz, baquet.

BARATTÉ. ÉE (ba-ra-té, tée), part, passe. Le lait avant été baratté.

BARATTER (ba-ra-té), ». a. Agiter du lait dans une baratte peur faire du beurre.

— ÉTYM. Baro

BARBACANE (bar-ba-ka-n') , s. f. || 1» Meurtrière

I [uée dans le mur des forteresses pour pouvoir

tirer à couvert. || Dans les fortifications du moyen

rii ur percé de meurtrières. || 2° Ou-

re longue et étroite pour l'écoulement des eaux.

|| Ouverture dans une porte de cave.

— MST. xne s. Les barbaquennes [ils] unt saisies, E par force lor genz parties, benoît, ii, j i 858. || xni0 s. Et drecierent les eschieles à une barbacane emprès la mer, villeh. lxxvi. Hordeïz [fortification] ot et bon et bel, Par defors les murs dou

■ > n - fisl drecier Por son chastel miauz enforcier, Ren. 18498. Quant il sont devant Nique, s'ont levé le [la] tenchon [combat] ; Les barbacanes [ils] copent entour et environ, Dusqu'al maistre fossé n'i ut arrestison, Cli. d'Ant. i;, 348. requerre sa gent plus sauvement [avec plusde , fist faire le roy une barbaquane devant le peut qui estoit entre nos deux os [armées], joinv.

— ÉTYM. Wallon, bdbècine, lucarne; namurois barbakène; provenç. etespagn. barbacanu ,■ portug. harbacâo; ital. barbacane. On donne pour étymolo- |ie l'arabe bdrbâtt khaneh, galerie servant de rempart devant une porte.

f BARBACOLE (bar-ba-ko-P), s. m. Maître d'école; magister de village. Humains, il vous faudrait encore à soixante ans Renvoyer chez les barbacoles,

LA FONT./ïlM. XII, 8.

— ÉTYM. Il semble que l'étymologie soit barbam colère, porter longue barbe; mais le fait est qu'on ne sait d'où La Fontaine a tiré ce mot.

f BARBACOLLE (bar-ba-ko-1') , i. f. Le jeu de pharaon.

f BABBACOU (bar-ba-kou) , s. m. Oiseau grimpeur d'Amérique.

— ETYM. Barbe à cou.

|BARBAJAN(bar-ba-jan), s. m. Un des noms du

phat-huant.

— ÉTYM. Barbe à Jean.

t BARBARA (bar-ba-ra). Mot forgé par les scolastiqucs pour désigner mnéruoniquement une forme de syllogisme.

f BARBARASSE(bar-ba-ra-s'),s. f. Terme de marine. Gros cordage pour bosser les grosses amarres.

BARBARE (bar-ba-r'), adj. || 1" Étranger, par rapport aux Grecs et aux Romains. || Substantivement. Les barbares de la Germanie. Il se réfugia dans le pays des barbares. Songez qu'une barbare en son sein l'a formé [Hippolyte], bac. Phèd. m, t. || Par extension, non civilisé, mal civilisé. Fléaux du nouveau monde, injustes, vains, avares, Nous seuls de ces climats nous sommes les barbares, volt. Aïs. i, i. Quelque respect que j'aie pour ce barbare de grand homme [Pierre Ie'], volt. Lelt. d'Argental, 15 juin 1759. || Familièrement. C'est un barbare, pour désigner un homme sans goût et incapable d'apprécier les beautés de l'art. || 2° Sauvage, grossier. Peuples sauvagesetbarbares. Siècle barbare.

CAR

Des oreilles barbares. Tertuliien est le Bossuet africain et barbare, chateaub. Génie, i, i. D'un seul nom quelquefois le son dur et bizarre Rend un poème entier ou burlesque ou barbare, boil. A. poét. m. || Barbare s'est dit du genre gothique, de l'art du moyen âge. || 3° Contraire aux règles de la langue. Parler d'une manière barbare. [|4° Qui est sans humanité, cruel. Un homme barbare. Au combat qui pour toi se prépare, C'est peu d'être constant, il faut être barbare, rue. Be'rén. iv, 4. Barbare destinée, id. Esth.i, 3. || Substantivement, homme cruel, inhumain. C'est un barbare qui se plaît à faire souffrir les animaux. Je veux qu'avec tout l'art et toutes les caresses Qui pourraient d'un barbare arracher des tendresses.... rotrou, Bèlis. iv, 1.

— HIST. xive s. Barbares, tous ceulz qui sont de estrange langue, oresme, Thèse de meunier. || XVIe s. Ceste ordonnance [assiette d'un camp], dit-il, encore qu'elle soit d'hommes barbares, n'est point barbare pourtant, amyot, Pyrrhus, 3*. Antigonus chassa son filz à coups de baston, en l'appelant cruel meurtrier et barbare inhumain, id. ib. 77. Ou qu'il usera d'un mot barbare en sa narration, id. de la lllauv. honte, 19.

— ÉTYM. Barbarus; en grec, pâpgapoç, proprement étranger. Dans l'ancien français, on employait barba/ri comme en provençal : la gent barbarie, Bonc. p. ni; et, au xvic siècle, barbaresque , au lieu de barbare : l'horreur barbaresque qu'il y a à une telle action, mont, i, 240.

f BABBARÉE (bar-ba-ré) , s. f. Plante analogue au cresson.

BARBAREMENT (bar-ba-re-man) , adv. D'une façon barbare. Les Turcs ne traitent pas toujours les Chrétiens aussi barbarement que nous nous le figurons, volt. Mœurs, 91.

— ÉTYM. Barbare, et le suffixe ment. Barbaresquement, dans amyot, Timol. 15.

BARBARESQUE (bar-ba-rè-sk') , adj.\\i" Qui appartient aux peuples de Barbarie. Navire, corsaire barbaresque. Les États barbaresques.|| 2° S.m. Peuple de Barbarie. Ils sont en guerre avec les barbaresques.

— ÉTYM. Barbarie, pays africain correspondant à Tunis, Alger et Maroc, et faisant jadis la course; de Berbères, peuples qui habitent cette contrée conjointement avec les Maures.

BARBARIE (bar-ba-rie) , s. f. || 1° Manque de civilisation, grossièreté. Les siècles de barbarie. Charlemagne lutta contre la barbarie. Le théâtre était dans la barbarie. Barbarie de langage. Cette critique nous ferait retomber dans la barbarie, boss. Disc. acad. Il reste à examiner ce qu'on appelle la barbarie des cantiques saints, chateaub. Génie, iv, i, 3. Le czar Pierre né dans une barbarie si épaisse, et, avec tant de génie, créateur d'un peuple nouveau, fonten. Sébastien. Que diraient les Despréaux, les Racine , s'ils voyaient les barbaries de nos jours ? volt. Leltr. DamilaviUe, 4 sept. 1767. || 2° Inhumanité. Faire un acte de barbarie. Tour à tour la victoire auprès d'eux en furie A poussé le courroux jusqu'à la barbarie, corn. Sertor. I, 1. || 3° Action barbare, cruelle. Les barbaries commises par les Espagnols dans le nouveau monde. Tes remords te suivront comme autant de furies, Tu croiras les calmer par d'autres barbaries, rac. Brit. v, 6. Ne m'imputez point la barbarie que nous allons faire, sév. 347. Qui ne pensait que les furies Viendraient des abîmes d'enfer En de nouvelles barbaries Employer la flamme et le fer, malh. m, 2. || 4° Le pays des barbares.

— SYN. barbarie, cruauté, férocité- La locution bêtes féroces indique une des principales nuances entre ces trois mots. En effet, la férocité ajoute à l'idée de cruauté, celle de quelque chose de sauvage; et l'on ne pourrait se servir que de férocité dans une phrase comme celle-ci : la férocité qui faisait contempler aux Romains les combats des gladiateurs. La barbarie tient à l'état des mœurs et implique la grossièreté et l'ignorance qui rendent les esprits sourds et immiséricordieux. Cruauté ne renferme aucune de ces idées accessoires ; c'est là ce qui le distingue des deux autres.

— hist. xvie s. Chascun appelle barbarie ce qui n'est de son goust ni usage, charron, Sagesse, u, 2.

— ÉTYM. Le latin barbaries, de barbarus , barbare. fBARBARINE (bar-ba-ri-n') , s. f. Variété do la

courge.

fBARBARISER (bar-ba-ri-zé) , v.n. Néologisme. Parler d'une façon barbare.

— ÉTYM. Barbare.

BABBARISME (bar-ba-ri-sm'), s. m. Faute contre la partie de la grammaire qui traite des espèces de mots, et, par extension, toute expression, toute locution qui viole la règle. Barbarisme de mots, celui

BAR

qui tombe sur le mot lui-même en le dénaturant, comme : vous disez, au lieu de : vous dites. Barbarisme de phrase, celui qui consiste dans l'emploi

d'une construction

vicieuse, comme : nous repen-

tons notre conduite, au lieu de : nous nous repentons de notre conduite. Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme, boil. Art poét. i. De fréquents barbarismes déshonorent les ouvrages de ce grand orateur, chateaub. Génie, m, iv, 2. || Fig. Des incongruités de- bonne chère et des barbarismes de bon goût, mol. B. gent. iv, i.

— HIST. xme s Dan Barbarime,S'ert il homme

lige Grammaire, Bataille des sept arts, p. se.

— ÉTYM. Provenç. barbarisme ; de barbarismus, de barbarus, barbare.

t BABBAROLEXIE (bar-ba-ro-le-ksie) , s. f. Nom du barbarisme de mots.

— étym. BâpSapo;, barbare, et Aéfo, mot (voy. lexique).

i. BARRE (bar-b'), s. f. || 1° Poil du menton et des joues. Poils de la barbe. Barbe naissante. Ce garçon prend de la barbe. Il lui poussera bientôt de la barbe. Se faire couper la barbe. Laisser croître ou pousser la barbe. Enorgueillis d'audace en leur barbe première, Régnier, Sat. i. Me voilà guidon à barbe grise, sév. 265. M. le Prince fit faire hier sa barbe, id. 399. L'un.... taillait sa barbe, la font. Court. Sa barbe et ses cheveux sont blanchis par les ans, delavigne, Paria, m, i. || Jours de barbe, les jours où l'on se fait la barbe. || En termes de barbier, faire tous les matins dix ou douze barbes, raser dix ou douze personnes. || Â la barbe de, en dépit de. Je m'en vais être homme à la barbe des gens, mol. Femmes sav. u , 9. Et vouloir à ma barbe en faire votre bien , id. Sgan. 2 1 . Aprèsla figure que nous avons faite à la harbe des généraux, hamilt. Gramm. 2. La honte qu'il y avait à laisser prendre cette place à sa barbe, id. Gramm. 5. Aller vendre leurs oranges à la barbe de la duchesse et de toute la cour, id. Gramm. 10. Relève la gaîté française X la barbe de l'étranger, bérang. Désaugiers. || Fig. et populairement. Faire la barbe à quelqu'un, avoir l'avantage sur lui. || Rire dans sa barbe, rire avec une satisfaction maligne qu'on dissimule. Un homme comme Gail doit rire dans sa barbe quand il touche cinq à six traitements, p. l. cour, i, 133. || Faire barbe de paille, tromper. Et l'hypocrite fit barbe de paille à Dieu, Régnier, Sat. vi. L'ancien proverbe est : faire à Dieu barbe de feurre, lui donner une gerbe de feurre (paille) , au lieu d'une gerbe de blé ; le tromper, être hypocrite. || 2° Familièrement, la personne même qui porte la barbe. Allez, grande barbe [le cardinal Bessarion], pédant hérissé de grec, vous perdez le respect quim'estdû, fén. xix, 360. || Une jeune barbe, un jeune homme sans expérience. || Une barbe grise, une vieille barbe, un vieillard. \i 3" Longs poils que certains animaux ont à la mâchoire, au museau, au bec. La barbe d'une chèvre, d'un singe, d'un chat. Barbe de coq. Barbe de poisson. || Barbe de baleine, crins qui garnissent l'extrémité des fanons. L'Esquimaux va prendre des peaux de loup marin ; il les étend avec des barbes de baleine; il en forme un long canot, chateaub. Natch. vin; 340. || 4" S. f. plur. Bandes de toile ou de dentelle qui pendent à certaines coiffures de femme. Quand nos dames reprennent vite Les barbes et le caraco.... bérang. Bequête. || 5° Terme d'arts. Petites inégalités qui restent à certains ouvrages de métal. Ôter les barbes des flans des monnaies. || Irrégularités des bords d'une feuille de papier. || 6" Barbes d'une plume, les filets qui garnissent latéralement le tuyau. || 7" Végétations de moisissure. Ces confitures ont de la barbe. Le pâtissier aura beaucoup d'honneur, si ses perdrix sont arrivées sans barbe, par le temps pourri que nous essuyons depuis un mois, volt. Lettr. d'Argence, 29 janv. 1769. || 8° Terme de botanique. Barbe d'épi, longues arêtes des graminées, et aigrettes des composées. I| Barbe-de-capucin , chicorée sauvage. Barbe-debouc, salsifis sauvage. Barbe-de-chèvre, un des noms vulgaires de la spirée barbe-de-cbèvre, appelée aussi barbe-de-bouc; c'est encore un desnoms vulgaires de la clavaire coralloïde (champignons). Petite barbe-dechêne, un des noms vulgaires de la spirée ulmaire. Barbe-de-Jupiter , nom vulgaire de l'anthyllide barbe-de-Jupiter, de la joubarbe des toits, et quelquefois du fustet, à cause de ses panicules en houppes soyeuses. Barbe-de-renard, nom vulgaire par lequel on désigne plusieurs espèces du genre astragale. |) 9" Terme d'astronomie. Sorte de chevelure placée quelquefois à la partie antérieure d'une comète, comme la queue l'est en arrière. || 10° En

BAR

termes d'artillerie, tirer en barbe, c'est tirer le ration par-dessus la hauteur du parapet, sans le pointer par les embrasures. || 11° En parlant du cheval, nom donné au point de réunion des deux branches du maxillaire inférieur, qui dans ce point ne sont recouvertes que par la peau. || En termes de vétérinaire, replis, dits aussi barbillons, qui se trouvent sous la langue des chevaux etdes bœufs. || 12° Terme de marine. Appeler en barbe, travailler ensemble, en parlant des cables. || Être en barbe, être mouillé à peu de distance et en avant d'un autre navire. || 13" Terme de menuiserie. Bois qui excède l'arrasement intérieur d'une traverse. || Terme de serrurerie. Chacune des saillies placées sur le côté du pêne d'une serrure et donnant prise à la clef. || Proverbe. Barbe bien étuvée ou bien savonnée est a demi rasée.

— 1IIST. xic s. Et par la barbe qui au pis me ventelet , Ch. de Bol. iv. Desur leur broines [cuirasses] leur barbes [ils] ont jetées, ib. ccxl. ||xir's. Barbe florie [blanche], Uonc. p. 25. Li dus Bueves sans barbe, qui si bien sut plaidier, Sax.xvi. || xm° s. Je croi bien que detraite [arrachée] en ert [sera] sa barbe grise, Berle, c. || xve s. Yver fait champs et arbres vieulx, Leurs barbes de neiges blanchir, Et est si froid, ort et pluvieux Qu'emprès le feu convient croupir, cit. d'orl. Bal. t2i. Et de son propre pooir, sans emprunt, soi venir mettre en barbe [tenir tète] à ung roy de France, g. chastel. Chron. des D. de Bourg, ni, chap. 179.11 luy dist qu'il ne parleroit point à luy se il n'avoit sa barbe faite, et que ce n'estoit point la gise [guise] desAnglois, fenin, a-2". Ny en un an pas une fois ne vient a justice une seule plainte d'une bufl'e donnée ou d'une bar!"' tirée, au lieu qu'ils se souloient entretuer par la ville, tous les jours, comme chiens, Bouciq. iv, ch. s. || xvi° s. Que je réfute publiquement le sot babil de ces galants, et leur résiste en barbe (comme on dit), découvrant leurs mensonges, cai.vin, 26. Les malfaiteurs jadis avoyent de cousturne de se vestir de noir, nourrir leurs barbes, et user d'autres signes de dueil pour fleschir leurs juges à miséricorde, id. Instit. 997. Appeler quelqu'ung yvrongne, a sa barbe, mont, m, 79. De gros valets ayant un pied de barbe, qui en un jour mangent demi mouton, lanoue, 231, Il leur semble, quand ils voyent les ennemis en barbe, qu'ils doyvent manger (comme on dit) les charrettes ferrées, m. 318. 11 fut conseillé de se confederer avec sultan Soliman, à fin de leur mettre en barbe un redoutable ennemi quand ils le molesteroyent, id. 374. Tousjours seroit.-ce avoir gaigné la réputation, et acquis l'audace d'aller attaquer à leur barbe une de leurs places, m. 432 Une fausse barbe, d'aub. Fan. m, 3. Quand je vis que ces hérétiques nous faisoient barbe de foire [barbe de paille], et ne se vouloient pas laisser prendre sansmitaines.... Sat.Mén. p. 37. L'assemblée des mousches [voulant essaimer] , qui se fait devant et autour de la porte et tout contre la rusche (que les bonnes gens de Languedoc appellenl faire barbe), o. de serres, 443. Barbe-de-chevre, pour la ressemblance que les fleurs de ceste herbe ont à la barbe de cest animal, la plante est ainsi appellée, id. 618. Balaustes, barbe-de-bouc, rozes de provins, id. 933. Je proveray en barbe de je ne sçay quels rappetasseurs.... rab. Pant. v. Prol.

—ÉTYM. Wallon bâbe ; bourguig. babc ; provenç. espagn. etital.6ar6a;dulatin barba. Comparez l'ancien haut allemand bart, le lithuanien barzda; le second b fait difficulté pour assimiler barba ctbart ; maisil est pour/-, et Vf pour th, comme dans ruber et i-pv- Bpô;, uber et ouOap.

2. BARBE (bar-b') , s. m. Cheval de sang oriental des contrées africaines, du Maroc surtout, souvent confondu avec l'arabe. Il y poussa son cheval qui sera .si l'on veut un barbe, scarr. Rom. coin. 2° p, ch. 14. || Adj. Un cheval barbe.

— HIST. xvic s. Quelque barbe ou cheval "viste, d'aub. Fœn. iv, i.

— ÉTYM. Bas-lat. barba, barbanus; par abréviation, de Barbarie, pays de l'Afrique et patrie de ce cheval; ital. barbrro.

f 3. BARBE (bar-b'), s. m. Nom (pie les Vaudois donnaient à leurs docteurs. Il est bien certain qu'il n'\ avait ni Vaudois ni barbes en l'an H20, puisque Valdo n'est venu qu'en noo, boss. Variât. U. Leçlerc, cardeur de laine, qui fut le premier pasteur des protestants il Meaux, n'était sans doute ni barbe chez les Vaudois, ni prêtre catholique, fén. ii, 6.

— étym. Ital. et pays de Coire, barba, oncle; t. barbas, barba et barbanus , oncle; à proprement parler, le barbu, l'hommo âgé. Les barbes

BAR

des Vaudois ont été ainsi appelés par respect et affection.

] BARBÉ, ÉE (bar-bé, bée), adj. Dans le blason , barbé se dit de quelques animaux à. barbe, lorsque la barbe est d'un autre émail. || Terme de botanique. Qui est muni d'une barbe.

— Etym. Barbalus, de barba, barbe.

•I. BARBEAU (bar-bô), s. m. Poisson de rivière (cyprinus bai'bus, L.) dont la chair est estimée, mais dont les œufs causent parfois, et surtout au printemps, des vomissements et des superpurgations. Manger des barbeaux. || Barbeau de mer, rouget.

— HIST. xiii" s. Que l'en ne prengne barbel dont les deux ne vaillent sept deniers, Ordonn. de l'hil. le Bel, Bibl. des Chartes, 3e série, t. iv, p. 53. Les anguilles et les barbiaus Et autres poissons bons et biaus, Ben. 4147. Quiconques est pescheur deseaues le roy, il puet prendre manière de poissons, fors quatre; c'est à savoir brochés, barbeaus, anguiletes, carpes.... Lie. des met. 262. || xvic s. Ce poisson a cinq moustaches longues de demypied ou environ, semblables à celles d'un gros barbeau, paré, Moustr.

— ÉTYM. Barbellus, diminutif de barbus, barbeau, ainsi dit à cause des barbes qu'il porte. Dans l'ancien français, li barbcls ou barbaux est le nominatif singulier; le barbel, le régime singulier; li barbel, le nominatif pluriel, les barbels ou barbaus, le régime pluriel.

2. BARBEAU (bar-bô), s. m. || 1° Plante à fleurs bleues qui croit dans les blés; dite aussi biuet. || 2" Adj. invariable. Bleu barbeau, espèce de bleu clair. Une étoffe barbeau, des étoffes barbeau, de la nuance de ce bleu.

— ÉTYM. Ainsi dit à cause de ses barbes. BARBELÉ, ÉE (bar-be-lé, lée), adj. Garni de

dents ou de pointes. Une flèche barbelée est une flèche dont la pointe est garnie de dents.

— HIST. xiit' s. Mais la sajete barbelée Qui biautés estoit appelée Fu si dedens mon cuer fichie.... la Rose, 1726. || xve s. Sans avoir alênes ou crocs, broches, poinçons, fers barbelés, aiguilles, pointes envenimées, ni rasoirs, monstrel. liv. i, ch. 9. || xvie s. Puis en taschant à arracher à force les poinctes barbelées qui avoient pénétré au dedans de leurs corps bien avant, ilz venoient à deschirer

leurs playes davantage, amyût, Crass. 47 Les

autres aiguës, les autres barbelées en forme d'espy ,

— ÉTYM. Ane. franc, barbel, barbillon (voy. barbeau i).

| BARBELET (bar-be-lè), s. m. Terme de pêche. Outil pour faire des hameçons.

— étym. Barbe.

fBARBELLK (bar-bè-F), s. f. Terme de botanique. Petite barbe ou aigrette.

— étym. Diminutif de barbe.

BARBERIE (bar-be-rie), s. f. \\l° Art de raser et décoiffer. || 2° Dans quelques communautés d'hommes, lieu où l'on faisait la barbe. || Vieux.

— étym. Barbe.

f BARBERON (bar-be-ron), s. m. Salsifis.

— ÉTYM. Barbe.

BARBET, ETTE (bar-bè, bè-t'), s. m. et f. || i» Chien à long poil et frisé. || Adj. Circé.... changeait en chiens barbets les compagnons d'Ulysse, volt. Ép. 97. Les chiens barbets ont beau avoir la réputation d'être les meilleurs amis du monde, ils ne nous valent pas, volt. Lettr. Schomberg, 3i août (769. || Familièrement. Etre crotté comme un barbet, être excessivement crotté. || Fig. Un chercheur de barbets, un escroc, qui s'introduit dans les maisons, sous prétexte de chercher un chien égaré. Ah! ce sont des chercheurs de barbets; ce sont des filous qui veulent dérober mes meubles, Francion, liv.x. || 2" Mouchard. || 3° Rouget, poisson.

— HIST. xvic s. La fidélité du chien, ia puanteur du bouc, la docilité du barbet, paré, Anirn. t.

— ÉTYM. Buffon pense que le barbet a été ainsi nommé parce qu'il vient de Barbarie; mais il est plus probable que ce chien a été dit barbet à cause d'une comparaison de ses poils avec la barbe. L'italien dit, barbino.

f BARBETS (bar-bè), s. m. phir. Nom que l'on donne aux habitants des vallées des Alpes livrés souvent à la contrebande. Le nouveau général d'armée [Lafeuillade] se trouva à de nouveaux exploits, mais ce ne fut que contre les Barbets des vallées, st-sim.

— ÉTYM. Sans doute barbe.

BARBETTE (bar-bè-f), s. f. || 1° Porte de guimpe donl les religieuses se couvrent le sein. || 2" Terme de fortification. Espèce de plate-forme ou de petite

BAR

élévation déterre, qui se fait ordinairement dans les angles d'un bastion pour y placer du canon, qui lire par-dessus le parapet. Tirer le canon à barbette, c'est le tirer à découvert sans épaulemeet de terre pour se cacher. Six pièces de douze tirées à barbette, y feraient [au mur de Soliman] dans une nuit une brèche praticable, chateaub. Itinér. n, 292. || 3° Populairement. Couchera la barbette, à terre sur un matelas sans bois de lit.

— HIST. xive. s. Et quand il [le faucon] est sus, que il face ung peu de barbette soubz le bec, de sa plume, Modus, f" i.xxvn, verso.

— ÉTYM. Diminutif de barbe; dansle premier sens, parce que cette guimpe est une sorte de barbe ; dans le deuxième, parce que le canon fait la barbe, rase 1 épaulement; dans le troisième, parce quela barbe de celui ijni est ainsi couché touche pour ainsi dire le sol.

BARBEYER (bar-bè-ié), v. n. Terme de marine. Le vent barbeye, lorsqu'il ne fait que raser la voile, sans la remplir.

— ÉTYM. Barbe.

f BARBICHE (bar-bi-ch'), s. f. || 1° Petite barbe que l'on laisse pousser au menton ou aux joues. || 2° Terme de botanique. Un des noms vulgaires de la nigelle de Damas, dite aussi araignée, barbede-capucin et cheveux-de-Vénus.

— ÉTYM. Barbe. Ce mot familier, mais encore usité, est dans le Dictionnaire de l'Académie, i,e édition; il est inconcevable que l'Académie l'ait supprimé dans la dernière édition.

BARBICHE (bar-bi-ch') , BARBICIIKT (bar-bi-chè), BARBICIION (bar-bi-chon), s. m. || 1° Petit chien barbet, j] 2" Fig. Terme de dénigrement pour désigner un ecclésiastique plongé dans une dévotion ignorante. Bailly n'était pas net du soupçon de jansénisme, quoique fort rare parmi ces barbichets, st-sim. 321 , 1«2. Le duc Grammont employa de ces cagots de barbichets des missions qui ont la cure de Versailles, id. 132, u\.

— ÉTYM. Barbet.

BARBIER (bar-bié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, Vs se lie : des barbiers adroits, dites : îles barbié-z adroits), s. m. Celui dont le métier est de faire la barbe. || Il y avait autrefois des chirurgiens barbiers (voy. I'hist.). || Proverbe. Vn barbier rase l'autre, les gens de même état se rendent de mutuel» services.

— HIST. xine s. La maisun père Amie lo barbeor, Bibl. des chartes, 3e série, t. v, p. sn. Onques vilains cui barbiers sache Les denz, ne fu si angoisseus, Lai de l'ombre. Si se font fere corones les uns as autres, ou à un barbier auquel il font entendant qu'il sont clerc, beaum. xi, 45. Il venoittant de char morte es gencives à nostre gent, que il convenoit que barbiers ostassent la char morte, pource que il peussent la viande mascher et avaler aval, joinv. 237. || xive s. Une espée Tranchant com rasoer que porte barbieur, Guesc. 16213.

— ÉTYM. Barbe; provenç. barbier; espagn. bari bero; portug. barbiero ; ital. barbiere. Dans l'ancien français, à côté de barbier, on disait barberc au nominatif, barbeor au régime, d'où barbieur dans le xiv siècle.

fBARBIFÈRE(bar-bi-fê-r'), ad)'. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une barbe.

— étym. Barba, barbe, et ferre, porter. RAUB1F1É, ÉE (bar-bi-fi-é, ée), part, passe. Bar-

bifié et en toilette.

BARBIFIER (bar-bi-fi-é), Je barbifiais, barbifiions; que je barbifie, que nous barbifiions, v. a. || 1° Raser, faire la barbe. || 2° Se barbifier, r. réfî. Se faire la barbe.

— étym. Barba, barbe, cl fieare, suffixe qui a le sens de faire. On disait barber au xve siècle : il se fit barber, louis m, Pfouv. xciv.

f lïARRILLE (har-bi-ir, » mouillées), s. f. Filament aux flans des monnaies.

— ÉTYM. Diminutif de barbe.

BARBILLON (bar-bi-llon , Il mouillées, et nen bar-bi-yon), s. m. || 1° Filaments qui seul aux deui côtés de la gueule de certains poissons. B :aucoup de poissons écailleux ont des barbillons, m rn. de st-p. Ilnrtn. liv. v, Harm. anim. || Par analogie. Chez les coqs un ou deux barbillons garnissent les côtés et la partie inférieure du bec, buffon, Coq. || 2° Pente languette de l'hameçon qui sert à empêcher le poisson de se décrocher. || Les barbillons d'une flèche, petites dents qui garnissent une flèche et qui la rendent plus difficile à retirer de la plaie. || 3° Replis de la membrane muqueuse de la bouche situés sous la langue du cheval, et qui servent à protéger l'orifice du canal de la glande maxillaire. || 4° Ternie de fauconnerie. Maladie de la langue des oiseaux

RAR

fc proie. US" Petit barbeau, poisson ainsi nommé les petites bai bes qu'il porte.

— 1 1 1 s r . xiv s. L'eu [l'onj este aux navets l.i teste, la queue et autres barbillons ou racines, Ménagier, ii, 5. Entre les barbillons [de la flèche] et la douille du 1er, n>. il, ■">■ Il xvic s. En le tirant [le fer bar-

- mrroient rompre tant ! - nerfs que les veines, artères et autres parties, PARÉ, ix, |i. Ce poisson a de petits barbillons sous la gorge, nuiie (l'une chauve-souris, id. Monstr.

Avp. I.

-■ ÊTYM. Diminutif de barbille.

i BAUBILLOXNKR (bar-bi-lto-né, II mouillées), r. a. Terme de pêche. Relever le barbillon d'un hameçon.

— i ivm. BarbiUon.

| BARBION' (bar-bion), s. m. Un des noms du barbeau, poisson.

— ÉTYM. Mauvaise prononciation de barbillon.

| BARBIROSTRE (bar-bi-ro-str'), aclj. Terme de loolog e. i lui a des poils sur le bec.

— ÊTYM. Barba, barbe, eirostrum, bec.

f BARBITON (bar-bi ton), s. m. Sorte d'instrument de musique à plusjeurs cordes, chez les anciens.

— ÉTYM. Provenç. barbot ; de barbitum, grec pdcoô'.TOv.

f l!.\nnLAU(bar-blô), s. m. Un desnoms du barbeau, poisson.

— ÉTYM. Barbe. Sans doute mauvaise orthographe pour barbelau ou barbeleau.

BARBON (bar-bon), s. m. || 1° Vieillard, avec une idée do dénigrement. Lui déjà vieux barbon, elle jeune et jolie, la font. Petit chien. Sa Majesté persuadée par plusieurs barbons que.... sév. io. Moquezvous d»s sermons d'un vieux barbon de père, mol. fÉtour. i, 2. Enfant au premier acte et barbon au dernier, boil. Art p. m. La colombe d'Anacréon, Dans la coupe de ce barbon, Buvait d'un vin père de la chanson, béràng. Troubad. || Faire le barbon, être trop grave, trop sérieux pour son âge. || 2 En botanique, nom vulgaire de Fandropogon digité. Barbon écailleux. un des noms de Fandropogon muriqué, dont la racine est appelée vétyver.

— ÉTYM. Espagn. barbon; ital. barbone, qui a la barbe longue; de barba (voy. barbe).

t BARBOTAGE (bar-bo-ta-j') , s. m.\\ 1° Gâchis. Faire du barbotage. || 2° Terme d'économie rurale. Boisson composée d'eau dans laquelle on a délayé un peu de farine ou de son, et qui se donne aux bestiaux.

— ÉTYM. Barboter.

i. BARBOTE (bar-bo-f), s. f. Poisson de rivière qui n'a que deux nageoires sur le dos.

— ÊTYM. Voy. babboter. 11 y avait, dans l'ancien français, barbclotc, qui semble signifier quelque reptile.

f 2 . BARBOTE (bar-bo-f) , s. f. Un des noms de la vesce.

BARBOTÉ, ÉE (bar-bo-té, tée), part, passé. Des paroles barbotées d'une façon inintelligible.

f BARBOTEAU (bar-bo-tô), s. m. Un des noms vulgaires de la loche franche, poisson.

— ÉTYM. Barboter.

fBARBOTEMENT (bar-bo-te-man), s. m. Action de barboter.

— ÉTYM. Barboter.

BARBOTER (bar-bo-té). || V. n. 1° Fouiller bruyamment avec le bec dans l'eau ou dans la bombe. Les canards aiment à barboter. || Par extension, marcher dans une boue épaisse. || Eig. Avant qu'un Allemand trouvât l'imprimerie, Dans quel cloaque affreux barbotait nia patrie ! volt. Épît. c, 1 17. Les descendants des Camille, des Bru tus, barbotaient dans la fange, id. Phil. il, 409. || En termes de marine,un bâtiment barbote, quand, étant au plus près du vent, il fait peu de chemin. [|2° V. a. Marmotter, prononcer d'une façon mal articulée. Grondant entre mes dents, je barbote une excuse, rëgnier, Sat. x. 11 [l'abbé de Pompadour] avait un laquais à qui il donnait tant par jour pour dire son bréviaire en sa place et qui le barbotait dans un coin des antichambres où son maître allait, st-sim. 284, 107.

— HIST. xii° s. Mais par ce ke nos par parfete parole ne Fpoons expresseir, si lo sonons, cornent ke soit, solunc la manière de nostre humaniteit, barbotant et encumbreit d'enfantine floibeteit, Job, 487. || xvc s. Petite bouche à barbeter 13a, ba, ba font ces godinettes, Quant elles veulent cacqueter, coquill. Monol. de la boite de foin. Par le corps, il bai belote Ses mots, tant qu'on n'y entend rien, Comcilir de Patelin. \\ xvr s. Plusieurs barbottent leurs prières par acquit, ou leslisentdeleurs livres comme S'ils faisoyent corvée à Dieu, calv. Inst.G's, ...,Mar-

RAR

motant et barbotant certaines paroles sur les playes,

PARÉ-, t. 111, p. 715.

— ÊTYM. Norin. rarvoter ; varvot, boue claire, varibot, bourbier; espagn. barbotar, marmotter. Génin le tire du préfixe bar péjoratif, et boue ; mais boue ne peut donner un dérivé en nt. Y aurait-il lieu, prenant en considération que le sens primitif est celui de prononcer d'une façon peu claire (voy. l'historique), à le tirer de barbot, qui est, en provençal, le nom d'un instrument et qui vient de barbitus, sorte de lyre ; jouer du barbot aurait pris un sens péjoratif, puis signifié le bruit du barbotement dans l'eau, et finalement l'action d'y barboter.

BARBOTEUR (bar-bo-teur), 4-. m. Le canard domestique.

— étym. Barboter.

BARBOTEUSE (bar-bo-teû-z'), s. f. Femme de mauvaise vie. Terme bas.

— ÉTYM. Barboter.

t BARBOTIÈRE (bar-bo-tiè-r'), s. f. Mare à canards. || Baquet pour les chevaux.

— ÉTYM. Barboter.

f BARBOTIN (bar-bo-tin), s. m. Terme de marine. Couronne en fer servant à faciliter le virage des câbles-chaînes.

— ÉTYM. Le capitaine Barbotin, inventeur. BARBOTINE (bar-lio-ti-n'), s. f. \\ 1° Nom donné,

dans le commerce de la droguerie, aux fleurs non épanouies de plusieurs espèces d'armoises. || 2° Bouillie pour coller les garnitures des poteries de terre.

— étym. Barboter.

BARBOUILLAGE (bar-bou-lla-j'. Il mouillées, et non bar-bou-ya-j'), s. m. || 1° Enduit de couleur fait grossièrement à la brosse. || 2° Mauvaise peinture. Vous me demandez le portrait d'un homme qui vous aime autant qu'il vous estime; je n'ai plus qu'une mauvaise copie.... je vous enverrai ce barbouillage, volt. Lettre Damilaville, 5 avril 1765. || 3° Écriture illisible. Il est impossible de déchiffrer ce barbouillage. || 4° Discours confus et mal ordonné. Dans tous nos barbouillages, nous ne cesserons d'épier la nature, j. j. rouss. Ém. il.

— étym. Barbouiller.

BARBOUILLÉ, ÉE (bar-bou-llé, liée, Il mouillées, et non pas bar-bou-yé), part, passé. Tout barbouillé de boue. Les enfants qui s'effrayent du visage qu'ils ont barbouillé, pasc. dans cousin. Thespis fut le premier qui, barbouillé délie.... boil. Artp.ui. || Semoquerde la barbouillée, se dit d'une personne qui débite des choses absurdes et ridicules, et aussi d'une personne qui, ayant bien fait ses affaires, se moque de tout ce qui peut arriver.

BARBOUILLER (bar-bou-llé, Il mouillées, et non pas bar-bou-yé) , v. a. || 1° Salir, souiller. Barbouiller d'encre une page. Il se barbouilla le front avec des mûres. Tous les vers dont il aura barbouillé le papier. || 2° Étendre grossièrement une couleur avec une brosse. Barbouiller de noir le devant d'une boutique. || Absolument, peindre grossièrement. Il barbouillera longtemps sans rien faire de reconnaissable, J. J. rouss. Ém. il. En étudiant ils s'habituent à barbouiller, id. ib. i. Je ne veux plus peindre; mais je veux encore moins barbouiller, balz. Avis écrit. || Fig. Barbouiller le cerveau, troubler la tête. [Gens qui] ....de lièvres cornus le cerveau nous barbouillent, Régnier, Sat. ix. Où diable a-t-il donc pris ce vilain mal [Fhypochondrie]?— On dit Que tous les voyageurs se barbouillent l'esprit, iiauteroche, Nobles de prov. n, 3. || 3° Faire beaucoup d'écritures inutiles. Je ne barbouille que de misérables narrations, sév. 447. Je me reproche fort d'avoir barbouillé deux tomes pour un seul homme, quand cet hommen'est pas vous, volt. Lett. Prusse, 2t. || Absolument. Cet auteur ne fait que barbouiller. || Écrire mal. Je ne puis lire son écriture, il barbouille. || 4° Compromettre. Le roi le voulut voir; le père deChavigny en fut surpris, car le jansénisme l'avait fort barbouillé avec lui, st-sim. 53, 1.34. Je la connais; elle se croit offensée, et elle est femme à vous barbouiller terriblement dans le monde, dancourt, le Chevalier à la mode, m, 2. [| 5° Parler, exprimer d'une manière confuse. Il nous barbouilla je ne sais quelle excuse. || 6° V. n. Prononcer d'une manière vicieuse ou peu distincte. Il ne peut pas dire quatre mots sans barbouiller. || 7° Se barbouiller, v. réfl. Se barbouiller de confiture, de crème. || Fig. Se barbouiller de grec et de latin, en surcharger confusément sa mémoire. Pour avoir employé neuf à dix mille veilles A se bien barbouiller de grec et de latin, mol. F. sav. iv, 3. j| Fig. Cet homme s'est bien barbouillé, il a giavement compromis sa considération. Dans le monde, à vrai dire, il se barbouille fort, mol. ilis. u, 5,

RAR

— HIST. xvie s. Cet argument seroit desja assez amplement déduit, n'estoit que les papistes nous bai bouillent mettans en avant le concile de Nicene, calv. Tnstit. 63. Mais comme en l'eau elle [la grenouille] barbouille, Si fais-tu en l'art poétique, marot, m, 52. Si furent seize conjurez en tout, qui une nuiçt se barbouillèrent le visage de suye,.\MYOT, Cimon, 2. Comme qui diroit les barbouillez de suye, id. ib. 3.

— étym. Espagn. barbullar; : ital. barbugliare.De bar péjoratif (voy. bar....), et l'ancien mot bouille, bourbier. Icelles femmes prindrent le cors du dit' Vale et le portèrent en ung boullon ou bourbier qui est en un boys près la dite maison, du cange, bulio. Bouille est le latin bulla, bulle de l'eau bouillante, et de là, l'eau d'un bourbier. Le portugais bol h a prouve que les deux II du latin ont pu se mouiller.

BARBOUILLEUR (bar-bou-lleur, Il mouillées, et non bar-bou-yeur), s. m. || 1° Artisan qui peint avec la brosse les murailles, les plafonds, les portes, etc. Le barbouilleur des murs d'un cabaret critiquait les tableaux des grands peintres, volt. Babyl. m. [| Fig. et familièrement, mauvais peintre. Je serais un Apelles que je ne me trouverais qu'un barbouilleur, j. j. rouss. Ém. n. || 2° Mauvais écrivain, etc. Un bavard en robe.... de papiers timbrés barbouilleur mercenaire, volt. Ép. 5u. Un vieux barbouilleur de papier, id. Leur. Cideville, 10 mai 1764. Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois, a. chénier, 270. || 3° Fig. et familièrement, bavard dontles paroles sont confuses, inintelligibles. C'est un barbouilleur insupportable.

— ÉTYM. Barbouiller.

| BARB0U1LL0N (bar-bou-llon , Il mouillées) , s. m. Qui barbouille. Il était vraiment musicien, et je n'étais qu'un barbouillon, j. j. rouss. Conf. v.

— ÉTYM. Barbouiller.

f BARBOUQUET (bar-bou-kè) , s. m. Terme de vétérinaire. Voy. bouquet.

— ÉTYM. Voy. BARBUQUET.

t BARBOUQUINE (bar-bou-ki-n'), s. f. Variété de salsifis.

f BARBOUTE (bar-bou-f) , s. f. Cassonade trop chargée de sirop. || Gros grain de sucre à refondre.

BARBU, UE (bar-bu, bue), adj. || i° Qui a de la barbe. Homme barbu. Femme barbue. || Comète barbue, comète précédée d'une sorte de barbe lumineuse. || 2" Terme de botanique. Hérissé de barbes, de poils, de filets. Blé barbu. || 3" S. m. Terme d'histoire naturelle. Genre d'oiseaux grimpeurs qui habitent la zone torride et qui vivent en société.

— HIST. XIe s. Il est derrière od celle gent barbée, Ch. de Bol. ccxl. || xmc s. As tu tes péchiez regehiz [avoué]?— Oïl, fet-il; à un viez lièvre Et à une barbue chievre, Ren. 6818. Bien en i avoit mil que jeunes que barbés, Ch. d'Ant. v, 47. || xvie s. Ne voisin [lis qu'un œuf engendre un coq Crestô, grisé et barbu, qui le choq D'un autre coq ne craint à la bataille? BONS. 963.

— ÉTYM. Barbe; provenç. barbât et barbut, comme dans le vieux français barbé et barbu ; espagn. barbudo; ital. barbulo.

■ BARBUE (bar-bue) , s. f. Poisson de mer plat qui a de la ressemblance avec le turbot (pleuronectcs rhombus, /,.).

— HIST. xin° s. Barbues grasses,' plais lées, L'abli. édit. barb. t. IV, 94.

— ÉTYM. Barbu. On dit aussi barbu, s. m.

f BARBULE (bar-bu-F), s. f. Terme d'histoire naturelle. Filament porté par les côtés des barbes d'une plume.

— étym. Diminutif de barbe.

f BARBUQUET (bar-bu-kè), s. m. Écorchure ou petit bouton au bord des lèvres.

— HIST. xiv° s. Icellui Louvigny haussa le menton au dit Regnaud, et lui fist le barbouebet, en lui disant qu'ilz estaient mauvais garçons, du cange, barbu. Icellui Pierre feri le dit Robert un petit cop de la main souz le menton, le quel cop est appelle au pais parbouquet, id. ib. || xvc s. Lui donna un parbouquet, id. ib. D'un barbuquet est deu cinq solz trois deniers, ïD.ib. Comme icelle femme eust donné par manière d'esbattement sur le visaige du dit Rotro une buffe, ditte selon le langaige du pais un parbouquet, id. ib.

— ÉTYM. Bar, altéré en par, particule péjorative (voy. bar.... préfixe), et bouchet ou bouquet, diminutif de bouche.

f BARBURE (bar-bu-r') , s. m. Ensemble des inégalités d'une pièce fondue qui sort du moule.

— étym. Barbe,

BAR

BAR

BAR

BARCALON (bar-ka-lon) , a-, m. Titre du premier ministre de Siam. Il fit connaissance à Siam avec un premier commis du barcalon, volt. Dial. 21.

BARCAROLLE (bar-ka-ro-1') , s. f. || 1° Sorte de chanson particulière aux gens du peuple et surtout aux gondoliers de Venise. La plupart des ariettes de Lulli sont des airs du Pont-neuf et des barcarolles de Venise, volt. Leur. Chabanon, 18 déc. 1767. || 2° Petite pièce de musique faite sur une chanson relative aux promenades sur l'eau, et où l'on imite la coupe et le rhythme des barcarolles de Venise. La • barcarolle d'Auber, dans la Muette.

— REM. V. Hugo s'est servi à tort de barcarolle pour petite barque; c'est barquerolle qu'il fallait dire : Adieu la barcarolle, Dont l'humble banderole Autour des vaisseaux vole, Orient. 5.

— hist. xvic s. Ils entrent en une gondole.... il se fait mettre à bord par le barquerole [batelier] au quel il avoit donné le mot du guet, des périers, Contes, toi.

•- ÉTYM. Ital. barcairuolo, marinier, de barca (voy. barque). La barcarolle est le chaut du barcairuolo, du gondolier.

t BARCASSE (bar-ka-s'), s. f. Terme de manne. Grande chaloupe.

— ÉTYM. Italien barcaccia, qui dérive de barca,

barque. .

BARCELONNETTE (bar-se-lo-nè-f) , s. f. Petit ht suspendu et mobile, dans lequel on peut bercer un enfant.

— ÉTYM. Ce mot, qui n'est ni dans les anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie, ni dans Furetière, ni dans Richelet, vient peut-être de Barcelone, en raison de quelque importation aujourd'hui oubliée, ou peut-être est-il pour bércelonnelle (prononciation de plusieurs personnes) et rattaché on ne sait comment à bercer.

BARD (bar), s. m. Sorte de grande civière à plusieurs bras. Il Barda pots, civière sur laquelle on porte les creusets pour la fonte du verre.

— syn.dard, brancard, civière, bay art. Les brancards sont les deux bras d'une voiture, entre lesquels on place un cheval ; et, par extension, un brancard est soit une sorte de lit de repos à pieds ayant brancard devant et derrière, pour transporter un malade ou un blessé, soit une civière à pieds servanl au transport des meubles, etc. La civière est une machine à deux brancards, au moyen de laquelle des hommes transportent des pierres et autres objets solides. Le bayart est une sorte de petit tombereau ayant deux brancards comme une civière, et servant à transporter du mortier et autres objets. Le bard est une sorte de grande civière à six bras, pour porter des fardeaux qui demandent le concours de 4, 8ou)2 hommes, legoarant.

— ÉTYM. On trouve dans des dictionnaires bar sans d; c'est la vraie orthographe, comme le montre l'italien barella, civière, de l'allemand Bahre, civière.

f BARBACHE (bar-da-ch'), s. m. Terme obscène signifiant mignon, giton.

— HIST. xvie s. On l'eust habillé comme festoient les bardaches [les mignons de Henri III], d'aub. Conf.ï, 8.

— ÉTYM. Espagn. bardaxa; ital. bardascia, pro.stitué ; lombard etpiémontais, bardassa, jeune garçon. On le tire de l'arabe bardaj , esclave.

* ■; BARDAGE (bar-da-j') , s. m. Action de transporter des matériaux sur des bards.

— ÉTYM. Bard.

BARDANE (bar-da-n'), s. f. Terme de botanique. Plante à fleurs composées, dite aussi glouteron (arctium lappa, £.).

hist. xvie s. Décoction d'esquine ou de bar-

dane, paré, xvi, 38. Gleteron ou glouteron, dict aussi bardane, en Languedoc lampourde, vient facilement de racine et de semence en terre sèche et maigre, o. de serres, ci 4.

— ÉTYM. Bas-Iat. espagn. et ital. bardana.

1. BARDE (bar-d'), s. f. || 1" Ancienne armure faite de lames de fer, qu'on plaçait sur le poitrail d'un cheval. || 2° Tranche de lard fort mince dont on entoure les chapons, les bécasses, les perdrix, etc. qu'on fait rôtir. J'y vois de gros gardes, Cuirassés tie bardes, Portant hallebardes De sucre candi, béhang. Cocagne. \\ 3" Longue selle faite uniquement de grosses toiles piquées et bourrées.

— hist. xvie s. Leurs chevaux semblablement bardez de bardes de fer et de cuivre, amyot, Cras-

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