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— ÉTYM. Bas-lat. barda, bat; provenç. bardel, bât; espagn. et portug. albarda , liât et barde de lard; ital. barda, caparaçon; de l'arabe bai

couverture que l'on met sur le dos d'une bête de somme avant d'y placer le bat, du persan barzahet. Certaines provinces emploient pour selle le mot aubarde, qui correspond à l'espagnol et portugais albarda. On trouve, dans l'ancien français, barde avec le sens de arme offensive : Plantant une grosse javeline de barde qu'il portait en la main, amyot, Marc. 8. En ce sens, barde vient de l'allemand Bart, hache. Du sens de selle, caparaçon, on a passé à celui d'armure défensive du cheval, et enfin à celui de pièces de lard avec lesquelles on couvre une volaille.

2. BARDE (bar-d'), s. m. Poète chez les anciens Celtes. ||Fig. Poète héroïque et lyrique.

— ÉTYM. Bardus, barde, mot celtique : bas-bret. bar:, bars; kymri, barz; gaél. et island. bard, poète, chanteur.

i. BARDÉ, ÉE (bar-dé, dée), part, passé de barder i. Porté sur un bard. Les pierres ayant été bardées.

2. BARDÉ, ÉÉ (bar-dé, dée), part, passé de barder 2. Chevalier bardé de fer. Poularde bardée de lard. || Fig. et familièrement. Être bardé de cordons, porter des décorations de divers ordres. || En termes de blason, se dit d'un cheval caparaçonné.

BARDEAU (bar-dô), s. m. || 1" Ais mince et court dont on se sert pour couvrir les maisons. || 2° Petit train de bois.

— HIST. xvie s. Il pousse son cheval à grand force sur un bardeau ou bastardeau fait à travers la rivière pour retenir l'eau, d'aub. Hist. ni, 260.

— ÉTYM. Barde 1 ; le bardeau étant assimilé à une barde qui couvre. Ce qui prouve la justesse de cette étymologie, c'est que barder a signifié couvrir, et même paver : Les œuvres et reparacions de bardement ou pavement.... premièrement de barder et paver de bonnes pierres, du cange, bardalus.

f i . BARDÉE (bar-dée) , s. f. Ce que peut porter un bard.

— étym. Bardé i.

f 2. BARDÉE (bar-dée) , s. f. Ensemble des bardes de lard dont on garnit une volaille.

— étym. Bardé 2.

1. BARDELLE (har-dè-1'), s. f. Selle faite de grosse toile et de bourre.

— ÉTYM. Provenç. bardel , bât ; du bas-latin barda, bât (voy. barre 1).

f 2. BARDELLE (bar-dè-F), s. f. Bras du bard du verrier.

— étym. Bard.

1. BARDER (bar-dé), v. a. Charger sur un bard. Barder des pierres, en charger un petit chariot dans les chantiers.

— étym. Bard.

2. BARDER (bar-dé), V. a.\\i" Couvrir un cheval de l'armure appelée barde. || 2° Envelopper de bardes de lard. Barder une poularde.

— HIST. xve s. A tous alarmes c'estoit le premier homme armé et de toutes pièces, et son cheval toujours bardé, comm. i, il . Et y avoit quinze cens hommes d'armes bien montez et la pluspart bardez et richement acoustrez, id. iv, 5. Barder et paver de bannes pierres, du c-ange, bardalus. ||xvi.e s. 11 en promettoit autres dix mille tous armez à blanc et bardez, amyot, Crassus, 37. Le roi estant couché en une grande chambre roiale,et sonlict, outre les rideaux ordinaires, bardé d'un tour de lict de grosse bure, d'aub. Hist. m, 285.

— étym. Barde i.

BARDEUR (bar-deur), s. in. Celui qui, dans un chantier, porte le bard; celui qui traîne les pierres sur un petit chariot.

— étym. Bard.

BARD1S (bar-di), s. m. Terme de marine, ration de planches qu'on fait à fond de cale, dans un navire de commerce, pour charger des blés et autres grains.

— ÉTYM. Même radical que bardeau.

BARDIT (bar-dit') , s. m. Chant de guerre des anciens Germains. Les Francs entonnent le bardit à la louange de leurs héros, chateaub. Mart. 197.

— ÉTYM. Barditus ou baritus, cri, clameur. fBARDOlRE (bar-doi-r'j, s. f. Un des noms provinciaux du hanneton.

BARDOT (bar-do ; le t ne se lie pas) , s. m. || 1° Petit mulet produit de l'accouplement du cheval et de l'ànesse. Tous les adieux faits, mon bardot chargé, siiv. 159. Quinze chevaux normands, sous poil gris, et trois bardots d'Auvergne, lesage, Turc. iv, 8. d Petit mulet qui marche ordinairement en tête et porto le muletier. || 2" Fig. et familièrement, homme sur qui les autres se déchargent d'une partie de leur tâche; celui qui sert de sujet habituel aux

plaisanteries. C'est le bardot de la compagnie. L'âne est le jouet, le plastron, le bardot des rustres qui le conduisent le bâton à la main, buff. Ane.\\ 3° Ternie de typographie. Papier de rebut.

— UEM. On trouve souvent l'orthographe bardeau; mnis elle est fautive, comme le prouve l'italien bardotto.

— HIST. xvie s. Il a fallu que j'aye faict ceste digression ; il fault qu'elle passe par bardot [bête de somme en surnombre] sans payer péage, brant. Charles-Quint.

— ÉTYM. Berry, bardaud, âne; ital. bardotto; de barde dans le sens de selle (voy. barde 1).

BARÉGE (ba-rè-j'; malgré l'accent aigu que l'Académie met sur ce mot) , s. m. Étoffe de laine légère et non croisée.

— ÉTYM. Baréges, village des Pyrénées, où on fabrique de ces étoffes.

f BARÉGINE (ba-ré-ji-n'), s. f. Terme de chimie. Matière trouvée dans les eaux sulfureuses de Baréges.

f BAREME (ba-rê-m'), s. m. Recueil de comptes tout faits.

— ÉTYM. Ainsi nommé de François Barrême . né a Lyon, mort à Paris en 1703, qui publia un recueil de ce genre, sous le titre de Comptes faits.

f BARFOUL (bar-foul), s. m. Terme de commerce. Sorte d'étoffe dont s'habillent les nègres.

— ÉTYM. Espagn. barfol, pagne des nègres.

f 1 . BARGE (bar-j'). s. f. Nom d'un oiseau de marais. Le pic n'abandonne jamais la tige des arbres, à l'entour de laquelle il lui est ordonné de ramper; la barge doit rester dans ses marais, l'alouette dans ses sillons, la fauvette dans ses bocages, buff. le Bec-en-ciseaux.

— étym. Probablement le même mot que le suivant, un oiseau aquatique ayant pu être dit barge ou barque.

f 2. BARGE (bar-j'), s. f. Terme de marine. Embarcation plate avec une voile carrée.

— HIST. xi° s. Il n'i a barge ne dromond ne chalant. Ch. de Roi. clxxvi. || XIIIe s. Et li quens de Flandres se fist envoier la barge de la nef pour savoir quel gent c'estoient, villeh. lx. Et lors un pourc chevalier arriva en une barge, et sa femme et quatre filz que il avoient, JOINV. 2su. || XV" s. Mesj sire Henry de Beaumont entra dans une barge, et se fit nager devers eux, froiss. 1, 1, 22.

— étym. Bas-lat. barga, bargia ; provenç. barja; ital. bargia. Diez ne pense pas que ce mol doive être rapproché de barque, attendu qu'il sup] un liaslatin barica; et il propose un diminutif du gn

pi;, canot, des termes grecs de marine ayant passé dans le Ponant.

f BARGUETTE (bar-ghe-f) , s. f. Sorte de bac pour passer les rivières.

— ETYM. Probablement diminutif de barge 2. BARGUIGNAGE(bar-ghi-gna-j'), s. m. Hésitation

à prendre un parti. || Familier.

— ÉTYM. Barguigner.

BARGUIGNER (bar-ghi-gnê) , v. n. Hésiter, avoir de la peine à se déterminer. A quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du pot? mol. Pourc. 1, 7. C'est MmeShœnée qui achète notre filonnière; mon homme barguignait un peu; je craignais des difficultés, p. l. cour. Lctl. 11, 197. y 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— HIST. xme s. Iluec trouvèrent le mercier, Et lor dame qui remuoit Les joiaus et les bargignoit, Aulcuns aussy de la mesnie Ont mainte chose bargignie.... Et quant plus rien ne bargigna, Sa mar-

lise appareilla, Et prist son fardel â trousser, Roman du châtelain de Couci. Estagiers de Paris puent barguiner et achater le blé au marchié de l'aris por leur mengier en la présence des talemeliers boulangers], Liv. desmét. i". Orme dite-, fist-ilj avez-vous barguigné nulz chevaliers"? ioinv. 257J Quant le soudanc oy ce, il dit : Par ma foy, larges est le Frans, quant il n'a pas bargigné sur si grant somme de deniers, id. 243. Quar ila mestier par cuvent D'achateors, et cil s'engingnent, Quioreia droil 11e le barguignent, Quar tels foiz le voudront avoir Qu'on ne l'aura pas por avoir, ruteb. 96. H xiv* s. Lesquelz atargerent pour le dit poutiam barguignier [marchander] et aviser, du cange, athargrati. Puis, dirent-ils tous eu riant et en leur gascon, nous la barguignons [la ville de Clermont]J et une autre fois nous l'acaterons, froiss. 11, ni, 9« Et tantost qu'il les aperçurent, sans barguigner frappèrent en eux, monstrel. liv. 1, ch. 2:7.

— ÉTYM. Génev. bargagner; bas-lat. barcanian (dans les Capilulaires de Charles le Chauve), barganniare, marchander; pro\ .ne. barganhar; ital.

BAR

gnare; and. ta bargain. On trouve dans le m, un marché; mais, commele remar que Diez, le c dans un tejrte aussi reculé qu'un capitula:: lesle Chauve prouve que le g esl pience il propose pour étymologie pie, qui, d'après Isidore, sert à porter irehandises deçà et delà, de sorte que bareaniare, serait : porter en harque, et en général, porter et là {barguigner dans l'ancien français veut dire marchander). Cela demeure jusqu'à présent une hypothèse; mais on voit, par les anciens textes, que le mot gain (ce qu'avait cru Génin) n'entre pas dans la composition du mot. De marchander, barguigner a passé, par une dérivation que l'on conçoit, au sens de hésiter, tergiverser. BARGUIGNEUR, EDSE (bar-ghi-gneur. gneû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui barguigne. || Familier.

— étym. Barguigner.

f BARGUILLE (bar-ghi-lP, Il mouillées), s. f. Un des noms locaux de la chènevotte.

t BARIE (ba-rie), s. f. Terme de grammaire grecque. L'accent grave.

— ÊTYM. Bapsïot, grave, féminin de [Japû; (sousenteivlu npoorcjrôia).

BARIGEL (ba-ri-jêl) ou BARISEL (ba-ri-zèl), s. m. Nom du chef des sbires dans plusieurs villes d'Italie. Je ne peux vous mener qu'en Basse-Normandie, dit le barigel, volt. Cand. 2J. On n'avait point de peur.... Qu'un barisel vous mit dedans la tour de Nonne [nom d'une prison de Rome], Régnier. Sat. vi.

— MIST. xvie s. Je ne craignois d'aller sans ma patente; Car j'estois franche et de tribut exempte; Je n'ai '■ un gouverneur fascheux, D'un barisel ny d'un sbire outrageux, du bellay, vu, 62, ferso.

— ÉTYM. Espagn. et portug. barrachel; ital. bargello ; bas-lat. barigildus; mot que sa finale indique être d'o ermanique, mais qu'on ne sait à quoi rattacher la s les idiomes allemands.

;- BARIGOULE u-P), s. f. || 1° Sorte d'a-

garic bon à manger. || 2° Sorte de préparation de l'artichaut, qu'on a d'abord fait frire dans l'huile d'olive.

BARII. (ba-ri; 17 ne se prononce pas : un baril empli d'eau; dites : un ba-ri empli; au pluriel Y s se lie : des ba-ri-z emplis; dans le XVIIe siècle aussi, Chifflet recommande de ne pas prononcer 17), s. m. || 1° Petite barrique. Un baril d'huile , d'anchois. j| 2° Dans la serrurerie, petit appareil dit aussi tambour, qui fait qu'une porte se ferme. || 3° Baril à feu, machine de guerre, qu'on remplit de grenades et de toutes sortes de matières combustibles, pour la faire rovder dans un siège sur les travaux des assiégeants. || 4° Réunion de 450 feuilles de fer-blanc.

— REM. L'Académie devrait écrire barrit par deux r, comme elle écrit barrique, ou n'en mettre qu'une à ce dernier mot, afin de conserver les gnalogies, qui facilitent toujours l'orthographe.

— hist. xne s. Dons [deux barilz de vin, Roù, 1 37. || xnie s. Avoec lui un baril de vin (il) A

qui crut sur le Rin, DI. et Jeh. 3838. Nus barillier ne puet ovrer de nul fust se il n'est ses [sec]; c'est :r après ce que li baris ait esté parés un mois avant que on meste la ferreure de sus, Liv. des met. Ui3. Vins en pol ou en barix, beaum. 33. || xve s. Vins en tonneaux et en barils.... froiss, i, i, 278.

xvie s. Pour ceste cause les magistrats leur en- '-nt [aux ladres] ne boire qu'en leur baril

"cuelle , paré, xxii, 8. Il fist renouveler l'assault de huict enseignes d'Allemans, avec force petits barils de poudre, lances, el autre artifice de i. h, :. m1 bell. 584 Des barrils bien cerclés, o. de serres, 237. Lors le chou esl mis dans une grande barille ou tonneau défoncé d'un bout, m. 84G.

— ÉTYM. Provene. >pagn. et portug,

harril; ital. barih - barillus; d I

kymri, baril; gaél. baraille ; irland. bairile, baril; bas 1' eton, baras, baquet; duceltique: kymri, bar, branche d'arbre (voy. barre). On a dit aussi barrot : ayant beu le vin qu'ilz avoient porté dedans des 'larn ,ts, amyot, les Gracques, 25; et barrait : six banaux de vin. p.ons. t. I, p. g l G.

t BABILLAGE (ba-ri-lla-j', Il mouillées), s. m. |i°Tout ce qui concerne la construction des barils. [2" Réunion des barils d'un vaisseau.

t BABILLARD (ba-ri-llar, Il mouillées), s. m. Ancien terme de marine. Celui qui avait soin du vin et de l'eau à bord des galères.

— ÉTYM. Bort7.

f BARILLE (ba-ri-11'), s. f. Un des noms de la

fiante dont bis cendres fournissent la soude | toda, L.).

— ÉTYM. Espagn. barrilla, soude.

BAR

| BARILLERIE (ba-ri-lle-rie, Il mouillées), s. f. Art de faire des barils. Rue de la Barillerie, rue, à Paris, où l'on faisait des tonneaux.

BARILLET (ba-ri-llè, Il mouillées, et non ba-riyé), s. m. || 1° Petit baril. || 2" Petit bijou en forme de baril. || 3" Terme d'horlogerie. Boite qui renferme le grand ressort d'une montre ou d'une pendule. | 4 Etui de bois renfermant la jauge du cordier. || 5° Partie de tuyau en cuivre dans laquelle monte et descend le piston d'une pompe.

— hist. xme s. Ileucques les a fet moult netes, Si les bat entre devis tuiletes, Puis en empli un barillet, Ren. 49279. || xvc s. Item à Thibault de la

garde Que luy donray-je que ne perde? .... Le

barillet? par m'ame, voyre; Genevoys est plus ancien Et a plus grand nez pour y boire, villon, G. testam.

— ÉTYM. Diminutif de baril.

t BARILLON (ba-ri-llon, Il mouillées), s. m. || 1° Petit baril. || 2" Réservoir placé derrière la chaussée d'un étang et destiné à recevoir le poisson.

— ÉTYM. Diminutif de baril.

BARIOLAGE (ba-ri-o-la-j'), s. m. Assemblage de diverses couleurs. Le bariolage des plumes de cet oiseau.

— hist. xivc s. Mais faictes comme font gens saiges, Pour veoir aultres bariolaiges, Au fray des dragons et serpens, En hayneuses amours grouppans, Traité d'alchim. m.

— ÉTYM. Barioler; génev. baricolage.

BARIOLÉ, ÉE (ba-ri-o-lé, lée), part, passé. Un

vêtement bariolé. L'Egypte! elle étalait.... Ses champs bariolés comme un riche tapis, v. hugo, Orient, (. || Fig. Un style bariolé.

BAB10LER (ba-ri-o-lé) , v. a. || 1° Teindre ou peindre de diverses couleurs bizarrement assorties. Que le comité consente à ne plus barioler nos assignats à la façon de cette caisse d'escompte, qui n'a mis de bon sens à rien, pas même à sa cupidité, mirabeau, Collection, t. iv, p. 233. || 2° Fig. Barioler son style, y mettre des couleurs différentes qui ne s'accordent pas.

— ÉTYM. Génev. baricolé; wallon , gabrioler; bourguig. barattai. On trouve, dans l'ancienne langue, riolé : Ayant des taches séparées les unes des autres, riolées, piolées, c'est à dire de diverses couleurs, comme un tapis velu, paré, xxiii, 25. Riolé vient de l'ancien français riole ou riule, raie (voy. règle) ; bariolé est composé de riolé et de la particule péjorative ba (voy. ba....). La difficulté, dans la langue française, du changement du v latin en b, et la forme des patois ne permettent guère d'y voir un diminutif de varius.

BARISEL (ba-ri-zèl), s. m. Voy. barigel.

f BAB1UM (ba-ri-om') , s. m. Voy. baryum.

I BARLE (bar-P), s. f. Dans les exploitations de mine, synonyme de faille.

f BABLIN (bar-lin), s. m. Nœud au bout d'une pièce de soie, destiné à la tordre.

BABLONG, ONGUE (bar-Ion, lon-gh'), adj.

Il 1° Qui a la figure d'un carré long, mais irrégulier. Le géomètre n'y avait vu qu'un bosquet barlong de dix arpents, montesq. Lett. pers. 128. || 2" Plus long d'un côté que de l'autre, en parlant de vêtements. Châle barlong.

— HIST. xnr s. Autre [miroirs] font diverses ymages Aparoir en divers estages, Droites, belongues et enverses, la Rose, 18375. || xvie s. Pareille facilité treuvera-on au mesurer de la pièce barlongue, c'est à dire plus longue que large, ou en quarré-long, 0. deserres, 12. Suffit de rendre en quarré parfaict ou barlong toutes aires et places, id. 14.

— ÉTYM. Bar (voy. bar....), préfixe indiquant obliquité, et, long. Berry, bilong ; picard , berlong. L'ancien français belong est pour beslong (voy. bes.... qui a le même sens que bar).

f BARLOTIÈBE (bar-lo-tiê-r') , s. f. Teime de métier. Traverse de fer dans un châssis de vitraux.

BARNAB1TE (bar-na-bi-f), s. m. Religieux d'un ordre institué à Milan dans le xvie siècle, sous le titre de clercs réguliers de la congrégation de Saint- Paul, et dont les fondateurs s'assemblèrent dans l'église- de St-Barnabé. Cet ordre avait pour but de confesser, prêcher et faire des missions.

— ÉTYM. Barnabe.

BABNACHE (bar-na-ch') ou BARNACLE (bar-na-

cl'), s. f. Oiseau de passage qui est une espèce d'oie

;e. Les sifflements du courlis el le cri de la

cle perchée sur 1< s framboisiers de la grotte

m'annoncèrent le retour du matin , chateai i:. fatch.

— étym. Bas-lat. bernaca, barnaces, b&rnicla; angl. barnacle; d'un mot irlandais. Oie bamaele,

BAR

ainsi dite parce qu'une opinion populaire, la faisait naître des barnaclès ou bernicles, coquillages attachés aux végétaux du bord de la mer, où cet oiseau place son nid. Voy. bernacxe.

f BABNE (bar-n'), s. f. Le lieu d'une saline où se fait le sel.

f BARNICLE (bar-ni-kP), s.f. Le même que barnachc.

f BABOCO (ba-ro-co). Terme mnémonique indiquant, dans la scolastique, une forme du syllogisme.

— ÉTYM. Mot dont les lettres ont chacune un sens convenu.

t RAROLOGIE (ba-ro-lo-jie), s. f. Terme de physique. Théorie de la pesanteur.

— ÉTYM. Bocpo;, pesanteur, et Aoyoç, doctrine.

BAROMÈTRE (ba-ro-mè-tr), s. m. || 1° Instrument qui mesure la pression de l'atmosphère. Torricelli inventeur du baromètre. Laplace a donné une formule pour calculer les hauteurs au moyen du baromètre. H 2° Le même instrument, indiquant les variations atmosphériques que l'observation a montré dépendre presque toujours de la pression de Pair. Le baromètre est à la pluie, au beau fixe. Il Fig. Ensemble de signes indiquant une situation politique ou l'état de l'esprit de quelqu'un. Il parait que le baromètre a changé, se dit d'un homme qui était fort gai et qui est devenu sombre, et réciproquement.

— étym. Bàpoç, pesanteur, et p.éxpov, mesure (voy. mètre).

BAROMÉTRIQUE (ba-ro-mé-tri-k') , adj. Quia rapport au baromètre. Observations barométriques, celles qui sont faites avec le baromètre. Vide barométrique, celui qui se trouve dans les baromètres au-dessus de la colonne de mercure. Tables barométriques, tables calculées d'avance pour trouver les hauteurs par le baromètre, sans avoir besoin de recourir à la formule de Laplace.

— ÉTYM. Baromètre.

f BABOMÉTROGRAPIIE (ba-ro-mé-tro-gra-f), s. m. Instrument inscrivant de lui-même sur un papier les variations du baromètre.

— ÉTYM. Baromètre, et ypâçuv, écrire.

BARON (ba-ron), s. m. ||1° Originairement, tout

grand seigneur du royaume. Les hauts barons, les principaux d'entre les seigneurs. || Fig. Les hauts barons de la finance, de l'industrie, les financiers, les industriels les plus riches et les plus puissants. Il 2° Tout gentilhomme possédant une terre avec titre de baronnie. || 3° Aujourd'hui simple titre de noblesse conféré par le souverain. || 4" Anciennement, mari. Il fallait qu'une femme fût autorisée par son baron, c'est-à-dire son mari, montesq. Evp.xxvni, 259.

— HIST. xi" s. Seigneur baron , à Charlemagne irez, Ch. de Roi. v. Il nen i a chevalier ne barun.... ib. clxxiv. Deus! quel baron, s'eust [s'il avait] chreslienté! ib. cxxiv. ||xne s. Uns bers fu ja en Pantif pople Deu, e out num Helcana, Rois, p. t. De Roland le baron [brave], En Roncivaus, quant nos le troveron.... Ronc. p. 29. [Il] N'i a baron qui tant soit redoutanz [redoutable], ib. p. 34. Seignor baron, de vous ait Dex mercis, ib. p. 8G. Nostre sires est ja vengés Des haus barons qui or lui ont failli, quesnes, Romancero, p. 98. Se [je] ne Poi à baron [mari] , de deuil serai estainte , audefr. le bast. ib. p. 17. Cil dedans se défendent com nobile baron, Sax. vin. Â la riche abaïe du baron Saint Maart [Médard], Sax. vin. || xme s. Li rois tous ses barons y eut fait assembler, Berte, m. Maint haut baron l'adestrent moût debonnui renient, ib. IX. À Dieu [elle] s'est commandée et au baron saint Pierre, ib. xl. Et puis que elle aura douze ans passés, le seignor la peut semondre de prendre baron [mari], Ass. de .1er. 1, 264. Feme sans le congé de son baron ne se pot mètre en tel cas en cort por apeler, beaum. lxiii, \. Uns chevaliers espousa une dame la quele avoitenfans d'autre baron, id. xii, io. [Elle] Ces! m pleure et cest an prie, Etcestan [elle] panra [prendra] baron, ruteb. 187. || xv s. Cette nuit avoient fait le guet deux grands barons de Fiance, le sire de Montmorency et le sire de Saint Sauflieu.... froiss. 1, 1, 439.

— étym. Wallon, baron, mari; anc. français, ber ou bers, au nominatif, et baron, au régime; provene. bar, au nominatif, et baron, au régime; espagn. varan ■ ; ital. barone. Le sens de ce mot dans Les langues romanes est homme fort, mai . guerrier vaillant, noble, seigneur. Baro se trouve dans la latinité, at I i° de 1 ime tupide : '-'de goujat d'armée (■ 1 on lui attribue une origine gau-

Isidore lui attribue le son; de mercenaire, dur au travail. Il y a dans le celtique: ancien kymri,

BAR

BAR

bar. héros. On objecte que les noms latins ou allemands seuls donnent un sujet différent du régime : ber, baron; mais connait-on assez bien l'ancien celtique pour affirmer qu'il ne permettait pas une semblable flexion ; et n'a-t-on pas, dans le lias-latin, barus : barum vcl feminam, de la Loi des Allemands? Le celtique a aussi fear, homme; et le fait est qu'on trouve varones dans des textes qui viennent des environs des Pyrénées, et farones dans un très-vieil auteur (voy. du cakge). Diez est disposé à rapprocher bnro de l'anc. haut aliéna, beran, goth. bairan, porter; d'où le sens d'homme robuste, et toute la suite des significations. Burguy le tire aussi de bairan, porter, mais par une autre dérivation : anglo-sax. bearn; frison, bern, un enfant, un être humain-, angl. sax. beorn, un homme, un grand. Ces étvmologies allemandes, sans être complètement sûres," sont probables ; mais il est probable aussi que le celtique bar et peut-être fear ont concouru à confirmer et à préciser le sens du mot germanique dans les langues romanes et ont laissé des traces dans barus et dans faro. Dans l'ancien français, li ter, au nominatif singulier, deodro, avec l'accent sur l'a; le baron, au régime singulier, de barôncm , avec l'accent sur Vo; li baron , au nominatif pluriel ; 7e* barons, au régime pluriel. La nécessité de satisfaire par un accent qui se déplace à ber et baron, ne permet plus d'accorder aucune attention à vir, qui avait été proposé pour étymologie.

BARONNAGE (ba-ro-na-j'), s. m. État de baron; le corps des barons. Je remarque cette humiliante façon du tiers état de parler devant le roi, à la différence du baronnage, st-sim. 374, to. Le haut baronnage en France était jaloux de la puissance de son roi, volt. Mœurs, 46. Il est prouvé que la pairie est la vraie noblesse et la vraie juridiction suprême du royaume: c'est l'ancien baronnage, c'est le vrai parlement, aussi ancien que la monarchie, id. I.etlr. Richelieu, tt mars 1771.

— HIST. XIe s. De tel barnage [sagesse] l'a Deus enluminet.... Ch. de Bol. xxxix. l|xn°s. Un homme de bernage [de vaillance], Ronc. p. t3. Monte li rois et- ses barnages [ses barons] grans, ib. p. 34. Guenelons a haï le bernage de France, ib. p. t 07. Il parla hautement, oiant tout le barnage, Saxons, 26.

— -ÉTYM. Baron. Barnage, bernage signifiait le corps des barons, la vaillance, la sagesse.

BARONNE (ba-ro-n'), s. f. [| 1° Anciennement, femme noble, possédant une baronnie. || 2° Aujourd'hui la femme d'un baron.

— HIST. xiiie s. Haï! fist-il, gentil barnesse ; Car fust or si loiax m'asnesse, Et chien et leu et autres bestes Et totes famés com vos estes , Ben. 9837. || xve s. La dame de Corasse, une haute baronnesse en ce pays, froiss. ii, iii, t4.

— ÉTYM. Baron.

BARONNET (ba-ro-nè),s. m. En Angleterre, titre

affecté à un ordre de chevalerie conféré par le roi.

— étym. Angl. baronet, de baron.

fBARONNETTE (ba-ro-n è-t'),*. f. Petite baronne,

fille d'un baron. Le plus beau des châteaux qui renfermait la plus belle des baronnettes , volt. Cand. 2.

— ÉTYM. Diminutif de baronne. f BARONNIAL, AIE (ba-ro-ni-al , a-P), adj. Qui

a rapport, qui appartient à un baron; qui dépend d'une baronnie. Les droits baronniaux.

— ÉTYM. Baron.

BARONNIE (ba-ro-nie), s. f. Seigneurie qui donne

au possesseur le titre de baron. La terre de Montmorency, mouvante de l'abbaye de St-Denis, est peut-être première baronnie de ce district, st-sim. 26, 4G. || Â l'époque féodale, tout grand fief relevant de la couronne.

— iiisT. xii" s. Chascuns mande en sa terre sa riche [brave] baronie, Sax. vu. Ne tieng, fait sainz Thomas, de lui fins n'eritez, Ne rien en barunie : mais tut est charitez, E parmenable aumosne tut ço dont sui fieffez, Th. le mart. 45. || xnr' s. Des puis celle heure que Godefrois de Buillon et la baronie de France orent conquis Antyoche et Jherusalem, n'orent chrestiens victoire en la terre de Surie contre Sarrazins, Chron. de Bains, I. Quant il ot sa raison fenie, Conseilla soi la baronnie, la Bose, •107)8. Les homes qui tiennent fié dou chief seignor, seit baronie ou seignorie, et qui ont court et coins et justise, Ass. de J. i, 216. Cil qui tient en baronnie, quant il voit qu'aucuns de ses homes veut uzer trop cruelment de la coustume contre ses povres

s, beaum. 62. || xvc s. Et trouvèrent là le roi Anglois et grand foison de baronnie de-lez lui , froiss.

— ETYM. Baron.

BAROQUE (ba-ro-k'), adj. D'une bizarrerie choquante. Un goût baroque. Un accoutrement baroque. Un style baroque.' Cesplaces [conseillers d'État, d'Eglise] étaient destinées aux ôvêques les plus distingués, et il était bien baroque de faire succéder l'abbé Bignon à M. de Tonnerre, st-sim. 87, -127. || Ancien terme de joaillier. Perle baroque, perlequin'esl pas ronde comme il faut. C'est un collier de perles baroques.

— étym. Espagn. barrueco, berrueco, perle qui n'est pas parfaitement ronde ; portug. barroco, même sens. Ces mots viennent sans doute de baroco (voy. ce mol), ancien terme de la scolastique qui a souvent frappé par sa bizarrerie.

f BAROSCOPE (ba-ro-sko-p') , *. m. Terme de physique. Instrument servant à démontrer la poussée verticale de l'air et le principe d'Archimède appliqué aux fluides élastiques.

— ÉTYM. Biprj;, pesanteur, et axoitsiv , examiner. f BAROTTE (ba-ro-f) , s. f. Mot employé dans

certaines campagnes pour désigner un vaisseau cerclé en fer, et servant à la vendange.

— étym. Féminin de barrol 2, et qui devrait être écrit barrolte.

BARQUE (liar-k'), s. f. || 1° Petit bateau. Une barque de pêcheur. Passez, seigneur, dit-il, passez dans cette barque, corn. Pomp.n, 2. Sa. tête sur les bords de la barque penchée, id. ib. n, 2. Un jour le voyageur par le Rhône emporté, En silence et debout sur sa barque rapide, a. chen. 266. || Fig. De tous trois la vertu pareille et sans second- Vierite le timon de la barque du monde , rotr. Bèlis. il, 7. || Bien conduire sa barque, bien administrer ses affaires, mener une entreprise à bonne fin. Je conduis très-sagement ma barque, sév. 285. On tiendra le parlement. Dieu conduise cette barque, id. 512. Mandez-moi comme vous conduirez votre barque, id. is. Je te conjure de prendre la conduite de notre barque, mol. Fourb. i, 3. Et n'ai le ju renient "De conduire ma barque en ce ravissement, Régnier, Sat. Vil. || Poétiquement. La barque de Caron, la barque infernale, la nacelle dans laquelle la mythologie disait que les âmes traversaient le Styx pour outrer dans les enfers. Empêcher que Caron, dans la fatale barque, Ainsi que le berger, ne passe le monarque, boil. A. p. m. Elle pourrait bien passer un jour dans la barque comme les autres, sév. 265. || 2° Sorte de vase à l'usage du teinturier sur soie. || Espèce de bassin de brasseur.

— étym. Bourguig. bogue; pro ven ç. barca; espagn. et ital. barca; angl. bark; du celtique : gaél. barc; bas-bret. bark, barque. Barca est dans Isidore, signifiant le canot qui porte à terre les marchandises d'un navire. Il est singulier que barca, si ancien, puisqu'il est dans Isidore, et commun à toutes les autres langues romanes, ne se trouve pas dans le vieux français, qui n'a que barge; cela ne peut guère s'expliquer qu'en admettant une confusion entre barge et barque.

f BARQUÉÈ (bar-kée), s. f. Charge d'une barque.

— étym. Espagn. burcada; ital. barcata; bas-lat. barcata, de barca, barque.

BARQUEROLLE (bar-ke-ro-P) , s. f. Petit bâtiment sans mât qui ne va jamais en haute mer.

— ÉTYM. Le même, étymologiquement, que barcarole.

f BARQUETTE (bar-kè-f) , s. f. Petite barque.

— HIST. xvi° s. Une armée de vingt-cinq vaisseaux ronds, les plus grands de 200 tonneaux en d dant jusqu'à 50, quatre galiottes et quelque quelles, d'aub. llist. m, »8. Ô qui a jamais veu une barquette telle Que celle où ma maistresse est conduite sur l'eau? la noÉTiE, 507.

— ÉTYM. Diminutif de barque.

| BARQUIEU (bar-ki-eu), s. m. Réservoir dans

lequel le fabricant de savon fait et recueille les lessives.

— ÉTYM. Bas-lat. barquelius, barquile (dans des textes marseillais), réservoir d'eau, de barca, barque.

BARRAGE (bâ-ra-j'), s. m. || 1° Barrière qui ferme un chemin. || 2° Massif qui barre une rivière; rochers qui barrent naturellement une rivière. || 3" Barrière qu'on ne peut passer qu'en payant un droit de péage. Il Droit que l'on paye au barrage.

— ÉTYM. Barrer.

f BARRAS (ba-rà), s. m. || 1" Résine qui se dessèche pendant l'été à la surface des incisions que l'on pratique aux pins pour en obtenir la térébenthine. Il 2° Nom d'une espèce de pin qu'on no'mme pin de Genève.

— ÉTYM. Barre, à cause des barre; que forme la ■I êchée; puis le nom a passé à l'arbre.

BAR

BARRE (bà-r'), s. f. || 1° Pièce de bois, de fer, etc. étroite et longue. Une barre de fer, de bois. Une barre d'appui. Une barre de cheminée. || Fig. Cet homme est une barre de fer, il est inflexible, on ne peut le faire céder. Berwick était fort peu au gré de Mme des Ursins, qui le trouvait droit, ferme, libre, barre de fer, st-sim. 354, 168. || On disait autrefois donner des coups de barre à quelqu'un pour le bien battre. Ses violences qui lui font mener les gens à la messe à coups de barre, boss. Avert. 6. || Jeter la barre, sorte de jeu auquel on s'exerçait autrefois, et qui est encore usité en quelques provinces. || Dans la gymnastique, exercice de la barre à sphères, bâton de H™, (5 de longueur, ayant à chaque bout une boule de \1 cent, de diamètre, avec lequel on fait des évolutions au-dessus de la tète et derrière le dos, pour fortifier les épaules et faire tenir droit. H 2° Lingot ou pièce de métal précieux étendue en longueur. Le régent trouva le prêt d'un million en barres d'argent, st-sim. 420, ai. || Fig. C'est de l'or en barre, se dit de toute valeur, de toute chose sur laquelle on peut compter. Voilà certainement un effet fort bizarre.— Oh! s'il n'était pas mort, c'était de l'or en barre, regnard, Joueur, ni, 3. || 3" Pièce de bois transversale qui soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. Le vin diminue beaucoup de bonté, quand il est au-dessous de la barre du tonneau. D'un tel vin la couleur est malade et bizarre ; Cet autre, dansle chaud peut tourner à la barre, regnard, 7e Bal, se. 3. || Fig. Être au-dessous de labarre, au-dessous du niveau. Ce pape est le plus honnête homme et le plus habile du sacré collège; mais, ma fille, il a soixante-dix-neuf ans: un esprit n'estil point au-dessous de la barre à cet âge? sév. 59 1 . Il 4" Terme de marine. La barre du gouvernail, ou, absolument, la barre, longue pièce de bois qui sert à faire mouvoir le gouvernail. Je restai seul auprès du matelot qui tenait la barre du gouvernail, lhateaub. ltin. 8. Il 5° Dans le monnayage, pièce de fer longue et grosse, qui passe au travers du balancier et qui sert à le faire tourner. || En termes d'imprimerie, les barres sont deux tringles de bois qui traversent tout le berceau dans sa longueur, et où sont attachées deux bandes de fer sur lesquelles coule le train de la presse. || Terme de marine. Barre d'arcasse, pièce qui fait la largeur de la poupe à la hauteur du premier pont. Barres de hune, de perroquet et de cacatois, espèces de charpentes à la tète de chaque mât pour porter le mât supérieur. Il Barre de panier, bâton ou cercea 1 ond du

panier. || Longues pièces de bois ri msusn

pend à deux cordes, pour séparer les chevauj les écuries. || Planchette qui empi che les sautereaux du clavecin de quitter les mortaises. || Fleuret qui a été rompu par le bout, et auquel on a l'ait remettra un bouton. || 6° Barrière de séparation qui est entre l'enceinteoùsiégentlesmembresd'un tribunal, d'une assemblée politique, et la partie occupée parle public. Comparaître à la barre. || 7U Dans l'ancienne jurisprudence, fin de non-recevoir, exception, oppo Il 8" Les barres, jeu de course qui est divisé en deui camps, dans lequel les joueurs de chaque camp - 'eiigagent successivement à la poursuite les uns des autres, etqui est ainsi nomméparce que les deux camps sonl marqués par une barre fictive ou tracée sur la terre. Je n'ai jamais été connu du roi d'Espagne que pour avoir joué aux barres avec lui, st-sim. 521 ,1:5 | Toucher barre, toucher cette barre, c'est-à-dii treraucampet en repartir aussitôt. || Avoir bai dit de celui des joueurs qui part après un autre du camp opposé, et qui peut le prendre sans pouvoir en être pris. || Fig. Jouer aux barres, se chercher sans pouvoir se rencontrer , locution tirée du jeu ou chacun fuit devant celui qui le poursuit. || Fig. Partir des barres, sortir au moment précis où l'on doit se mettre en route. H Fig. Avoir barres sur quelqu'un, avoir sur lui quelque avantage. || Ne faire que toucher barre, s'arrêter à peine dans un lieu. || Tenir barre à quel! qu'un, lui résister. || 9" En termes de marine, amas de sable, chaîne de rochers qui obstrue L'entrés d'un. port. || La barre d'un fleuve est cette esj èce de barrière de sable obstruant l'embouchure et se tonnant parle dépôt de ses troubles à la limite où ses eaux sont arrêtées par celles de l'Océan. Attendant un vent favorable pour franchir la barre Ldu Nil] et remonter à Rosette, chateaub. Ut», m. (il. || 10" Fig. Barrière. Qui voulait mettre barre entre cette canaille, Régnier, Sat. x. Bien semble être la mer une barre assez forte.... malh. ii, <2. Le Bourguignon d'ailleurs sépare nos provinces, Et servirait pour nous de barre à ces deux princes, corn. Attila, iv, 4. Il 11° En termes de blason, trait qui sépara obliquement l'écu de gauche adroite Montbron por«

BAR

BAR

BAR

tait de Montberon brisé d'un filet en barre, ST-SIM. i i. 59. Ces bâtards de Bourbon [comtes de Rousont changé leur barre de bâtards en bande comme les princes de cette maison, id. 44, 6. |; Pane simple, celle qui est large et qui forme une

i honorable. || Barre de bâtardise, celle qui est étroite et sert à barrer les armes des bâtards. || En barre, dans le sens de la barre. || 12° Trait de plume. Tirer une barre soit pour souligner un m pour séparer des articles. || Exercices d'écriture, traits droits et parallèles. Il fait des barres, des bâtons. Il y avait un homme qui à douze ans, avec des

s et des ronds, avait créé les mathématiques, chateadb. Génie, m, n, c. Il Terme de musique. Barre de mesure, trait tiré perpendiculairement à la fin de chaque mesure sur les cinq lignes de !a portée. || Ligne fortement marquée et inclinée pour indiquer qu'une note doit être divisée en croches ou qu'un groupe de notes doit être répété. || On appelle encore en musique barres deux traits plus fortement marqués que les barres de la mesure, et servant à indiquer la tin d'une partie, d'une reprise dans un morceau. || 13° Barres, deux raies de Lune bleue qui sont aux deux bouts de la couverture et qui n'y servent que d'ornement. || En fauconnerie, barres de la queue de Pépervier, certaines bandes noires qui traversent sa queue. || 14° La barre, les premières lames que la marée montante pousse dans un fleuve. || Poétiquement. L'aube enfin colora sa barre au bord des deux, lamart. Joe. i, 54. Cependant une barre d'or se forma dans l'Orient, chate.ub. Atala, su". || Barre est aussi synonyme de mascaret en Normandie. || 15° S. f. plur. En parlant du cheval, intervalle qui existe de chaque côté de la mâchoire inférieure, entre les dents molaires ou mâchelières et les incisives, et dans lequel on place le mors. Blessures des barres, lésions produites, dans cette région, par un mors mal fait, par la pression de la main trop dure des cavaliers. || En termes de chasse, armes de la barre, les défenses du sanglier. || 16° Tulipe de trois couleurs.

— HIST. xine s. Et devisèrent une partie de leur gens pour ce qu'il gardassent les lices et les barres, et li autres assaillissent par devers la ville, villeh. cliii. Tantost, sanz autre chose fere, Commanda la barre ensustrere, Por son cousin fere venir, Çen. 4 9152. Autretel barre [opposition] |à cil qui fut retenuz de justice, et la retenue fu fête sanz sa coupe [coulpe], Lie. de jus t. 94. Se vice est provez une fois en meniere de barre, ce n'empesche pas autre foiz eslection, ib. 31. Se gages sunt por aucunes baies de querele, non pas du principal du plet, li vainquieres ne gaaigne fors que la bare por quoi li gage furent doné, beaum. lxi, 4 7. Et ai renoncié en ce fet.... à toutes exceptions, raisons, bares, deff en ses qui poent estre proposées en jugement ou hors de jugement, m. xxxv, 20. Aucunne fois avient il que jus [jeu] est commenciés si comme por behourder ou por choler, ou por juer as bares, id. lxix, 47. || xvc s. Tousjours courez et racourez; Il semble qu'aux barres jouez, ch. d'orl. Rondel. 42. Par Dieu, ne sont pas encore à fin de leur barre, ils coireront encore ung temps, g. chastel. Citron. des Vues de Bourg. 3= p. ch. 58. A tous tels jeux voulontiers jouoit, ou aux barres, Bouciq. i, ch. 13. Il leur conta comment il avoit prins le galant à ses barres [il l'avait enfermé dans un bahut], louis xi, Xt.tir. t.xi. || xvi° s. Dont raison veut, qu'ainsi on les embarre, Et qu'entre deux soit mis distance et barre, Comme aux chevaux en l'estable hargneux, marot, i, 248. Après la course il faut tirer la barre; Après bémol, faut chanter en bécarre, id. n, 14 9. Demeurons donc entre ces barres [limites], ausquelles Dieu nous a voulu enclorre, calv. Instit. 102. Qui de barres [exceptions] se veut aider, doit commencer aux declinatoires, pour venir aux dilatoires, et finalement aux peremptoires ; et si la dernière met devant, ne s'aidera des premières, loysel, 702. Il s'en fut visiter les susdites grilles qu'ils trouvèrent toutes limées à. l'exception de deux barres, d'aub. Vie, lxiv. Au commencement les bandes de part et d'autre jouèrent aux barres, id. Hist. il, 4C2. LesRochelois contribuèrent à cette entreprise comme partisans, mais principalement comme marchands, pour renvoier à leur havre qui n'est que de barre [c'est à dire auquel on ne peut entrer qu'à mer haute] les navires qui cerchoient Brouage, pour estre lors estimé le second havre de France, id. m, 48, 19.

— ÉTYM. Bas-lat. barra; provenç. ital. et espagn. barra; angl. bar; du celtique : kymri , bar, branche. Comparez l'allemand Barre, Barrcn.

BARRÉ, ÉE (bà-ré, rée), part. pass>:. || 1° Le

chemin barré par une traverse en bois. Portes barrées de fer. || 2" Terme de marine. Vergue barrée, vergue sur laquelle se borde la voile de perroquet de fougue; cette vergue n'étant bordée que très-rarement, et étant pour cela comparée à une barre. 1 1 3° Intercepté. L'évêque de Chartres qui faisait assidûment tous ses devoirs d'évêque se trouvait barré en mille sortes, st-sim. 78, 12.11 semitdonc en campagne et continua ses expéditions dans le Poitou et la Saintonge, toujours barré par le ducdelXevers, an- OUET. Ligne, t. m, p. 71. || 4° En termes de blason, barré d'argent, barré de gueules, à la barre d'argent, à la barre de gueules. || Barré, se dit d'un cheval paré. || 5° Biffé. Trois mots barrés. || 6° En chirurgie, dents barrées, dents molaires dont les racines sont recourbées de manière qu'elles comprennent entre elles une portion d'os maxillaire, et qu'on ne peut les extraire sans briser l'alvéole et arracher des fragments osseux. || Le bassin barré, bassin où les pubis se rapprochent de l'angle fait par le sacrum et les vertèbres. || 7° En termes d'ancienne législation, avis barrés, avis partagés en nombre égal. || 8° S. m. Terme de musique. Action d'appuyer à la fois l'index de la main gauche sur plusieurs cordes de la guitare prises à la même touche. BARREAU (bâ-rô), s. m. || i° Petite barre de bois ou de métal. || Les barreaux d'une chaise, les petits bâtons qui maintiennent les montants. || En termes de physique, barreau aimanté, barre d'acier qu'on a aimantée. || Terme d'imprimerie. Barre qui sert à faire mouvoir la presse. || Outil du fabricant de pipes. || 2° Barre de bois ou de métal qui sert de clôture. Fenêtre garnie de barreaux. Un noir cachot peut illustrer mes vers; Â ses barreaux je suspendrai ma lyre, bérang. Adieux dAa camp. || Absolument, les grilles d'une prison. Regarder à travers les barreaux. || 3° L'enceinte réservée où se mettent les avocats pour plaider. Fréquenter le barreau. Si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, vous traînait au barreau, boil. Lutr. m. || L'ordre des avocats, la profession d'avocat. Il faut consulter le barreau. Qu'on destine mon élève au barreau, j. j. rouss. Ém. i. Bartole et Jason ignorent le barreau, Régnier, Sat. x. || L'éloquence du barreau, le genre d'éloquence propre aux plaidoyers ; ce que les anciens appelaient le genre judiciaire.

— iiist. xvc s. Et les aucuns estoient sus amont en la porte aux défenses, qui jetoient gros barreaux de fer, froiss. ii, ra, 38. Et jetoient les Espaignols et les Gennevois, qui estoient en ces gros vaisseaux d'amont, grands barreaux de fer et archegaies, dont ils travailloient fort les Anglois, id. i, i, 4 95. || xvi" s. S'estant mis au barreau des avocats, premier qu'arrester son estât, yver, p. 039.

— ÉTYM. Diminutif de barre; bas-lat. barrellus.

t BARREFORT (bà-re-for), s. m. La plus grosse pièce de bois qu'on tire du sapin.

— ÉTYM. Barre et fort.

t RARREMENT (bâ-re-man) , s. m. Terme de vétérinaire. Action de barrer les veines d'un cheval.

— ÉTYM. Barrer.

f BARRÉOLES (ba-ré-o-1') , s. f. plur. Terme de gymnastique. Machine pour exercices, consistant en quatre poteaux de bois reliés ensemble par un chapiteau. Ces poteaux sontdisposés de manière à recevoir deux barres de fer mobiles qui peuvent se rapprocher ou s'éloigner, soit dans le sens horizontal, soit dans le sens vertical. Cette machine sert à un grand nombre d'exercices.

— ÉTYM. Diminutif de barre.

BARRER (bâ-ré), v. a. || 1° Fermer avec une barre. Barrer une porte. || Séparer les chevaux par des barres de bois. || 2° Terme de marine. Barrer un bâtiment, donner au gouvernail un mouvement trop fort sur un bord ou sur un autre. || 3° Remuer avec une barre les poches contenant la soie dans un bain de teinture. || 4° Intercepter. Barrer le passage à ceux qui viennent. $ne rivière barrait le chemin à l'armée. Un conquérant trouve des forteresses et des armées qui lui barrent le passage, volt. Newt.i , 5. Une montagne barra la caravane saisie de crainte, volt. Blanc et noir. || Absolument. Comme son projet [du maréchal de Choiseul] avait été de rompre leurs desseins en barrant de la montagne au Rhin, nos inondations étaient faites, st-sim. 40, 219. || Fig. Faire obstacle à. Barrer quelqu'un, barrer le chemin à quelqu'un, le traverser dans ses projets. On est honteux d'aller barrer leur chemin, sév. 209. Je suis persuadée que c'est lui qui barre notre chemin, id. 581 . Le roi dit qu'il n'accorderait jamais un rang au chevalier de Soissons, et barra ainsi cette belle chimère, st-sim. 25, 41. Aux échanges l'homme s'exerce. Mais l'impôt barre les chemins, bérang. Con-

treb. || 5° En termes de vétérinaire, barrer la veine, extirper une veine superficielle, et lier les deux bouts du vaisseau; opération que les maréchaux pratiquaient autrefois pour des engorgements des extrémités , et qui est justement abandonnée. || 6° Faire des lignes ou ratures surdes passages d'écriture pour les annuler. On barra deux clauses dans l'acte. Barrez ces trois mots. || 7° En termes de chasse, barrer une enceinte, la traverser avec un limier pour tâcher de mettre le cerf debout. || V. n. Se dit d'un chien qui balance sur la voie. || 8° Au jeu de kreps, annoncer, quand les dés sortent du cornet, qu'on annule le coup. || 9" Se barrer, v. réfl. Se fermer le chemin. L'abbé de Mailly avait des vuer; et une vaste ambition, et fort attentif à ne se barrer sur rien et à s'aplanir les chemins à tout, st-sim.

— hist. xii° s. Quand se furent armé li quatre bacheler, Vunt as uis de la sale, mais n'i porent entrer, Car um les out ainz fait après els bien barrer, Th. le mart. 444. ||xme s. Renart qui savoit tous les estres, Regarde par unes fenestres, Si eles estoient fermées; Mais il les voit toutes barrées, Ren. 4344. || xive s. Gentement fu vestis d'une robj barrée, Baud. de Seb. i, 972. || xvie s. Passe ces huys barrés de puissant fer, marot, i, 252. À ce seul mot un gros marteau carré Frappe un tel coup contre un portai barré Qu'il fait crousler les tours du lieu infâme, id. i, 253. Bastard avoué retenoit les armes de son père barrées à gauche, loysel, G2. Proculeius s'approcha près des portes, qui estoient grosses et fortes et seurement barrées, amyot, Anton. 4 04. Vous vous barrez pour jamais le chemin qui peut vous conduire au trône, d'aub. Vie, xciv.

— ÉTYM. Barre; Berry, baré, bigarré; provenç. et espagn. barrar; ital. barrare.

f BARRÉS (bà-ré), s. m. plur. Nom qu'on donnait autrefois aux Carmes parce qu'ils portaient des manteaux divisés par quartiers blancs et noirs.

— HIST. xme s. Li barré sont près des béguines, Ne lor faut que passer la porte, ruteb. 4 59.

f BARRETON (bâ-re-ton), s. m. Terme de métier. Petite barre.

— ÉTYM. Diminutif de barre.

f BARRETTADE (ba-rè-ta-d') , s. f. Coup de bonnet, salutation. || Vieux.

— HIST. xvie s. On lui attitroit des salueurs qui lui faisoient de grandes révérences et barrettades, i desper., Contes, xxix.

— ÉTYM. Barrette 4.

t. BARRETTE (ba-rè-f), s. f. Petit bonnet plat. Vous [Commines] avez fait mention de ma barrette chargée de petits saints, et de ma petite Notre- Dame de plomb, fën. xix, 3G8. || Fig. J'ai bien parlé à sa barrette, je lui ai parlé sans le ménager. || La barrette de cardinal, le bonnet rouge des cardinaux. Recevoir la barrette, être nommé cardinal. Tandis que le légat était confiné à Macao, le pape lui envoyait la barrette, volt. Louis XIV, 39.

— HIST. xive s. Descort [discorde] fut meu pour cause d'une aumussette ou barrette, du cange, aumucclla. || xv" s. Ledit roy [d'Angleterre] avoit une barrette de velours noir sur la teste, comm. iv, 40.

— ÉTYM. Provenç. berreta, barreta; espagn. birreta ; ital. berretta; bas-lat. birretum, dans un texte du VIe siècle; de birrum, birrus, sorte d'étoffe, debirrus, ou byrrhus, ou burrhus, roux.

f 2. BARRETTE (ba-rè-f) , s. f. Petite barre dans le barillet d'une montre. || Petite barre entravers d'une tabatière double. || Rayons des roues d'une montre.

— étym. Diminutif de barre.

f BARREUR (bà-reur), s. m. Terme de chasse. Chien dressé pour la chasse au chevreuil, à la perdrix.

— ÉTYM. Barrer.

BARRICADE (ba-ri-ka-d'), s. f. Retranchement qu'on fait avec des barriques remplies de terre ou avec des pieux, des pavés, etc. Faire une barricade. Au milieu de la paix font voir les barricades, boil. Sat. VI. || La journée des Barricades, l'insurrection dans Paris de 4 588 et aussi celle de 4 648. || Les barricades de juillet, la révolution de 1830. Ce peuple humain.... Qui t'emportait, vainqueur aux barricades, Comme un trophée, entre ses bras meurtris, bérang. Chateaub.

— hist. xvie s. Il franchit la barricade de la ruette entre les espées qui la deffendoient, d'aub. Hist. i, 301. Ils firent 40 barricades fossoiées devant et derrière, id. ib. m, 4 2. La quatriesme troupe trouva une fausse barricade sur le fossé de la principale, id. ib. m, 13.

— ÉTYM. Barrique. Chifflet, au xvnc siècle, dit que l'a se prononçait long : barricade.

BAR

BAS

BAS

BARRICADÉ, ÉE (ba-H-ka-dé, dée), part, passe. Les rues barricadées. Ce forcené, barricadé dans sa chambre.

BARRICADER (ba-ri-ka-dé),"v. a. || i° Fermer avec des barricades. || 2° Par extension, fermer solidement. Barricader une porte, une fenêtre. Couchez-le dans son lit; fermez porte, fenêtre; Qu'on barricade tout, afin qu'il ait plus chaud, ra.c. Plaid. i, 4. || 3 Se barricader, v. rêfl. Opposer tout ce qui peut faire obstacle à l'ennemi. ||4° Fig. et familièrement, s'enfermer pour ne voir personne. Ferma sa porte et se barricada, la font. Diable. C'était un homme sauvage qui se barricadait dans sa chambre, ST-SIM. C5, "8.

— HIST. xvie s. Aiant ruiné les trois maisons qui estoient en front, percé et barrique celle des deux costez,il attendit l'assaut, d'aub. Hist. I, 3(H . Surun avis que les katholiques se barriquoient à la Flotte, il double le pas, id. ib. n, t7). Les Gascons barricadèrent au commencement du faux-bourg, id. ib. il, 295. Ils n'eurent pas loisir de barricader le bourg, id. ib. il, 260. Il fait passer la Flèche pour se barricader dans les Roziers, ib. 11,443. Absalon qui barricada son père et le chassa de la ville de Jérusalem, Sat. Mén. p. <9.

— ÉTYM. Barricade.

t BARH1ER (bâ-rié), s. m. Celui qui, dans la fabricationdesmonnaies, tourne la barre du balancier.

— ÉTYM. Barre.

BARRIÈRE (l)à-riè-r'), s. f. || 1° Fermeture à l'aide de plusieurs pièces de bois. Franchir une barrière. Il força les barrières. || 2° Enceinte fermée où l'on fait des combats, des jeux de toute espèce. Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, boil. Art poét. n. Et regarde le champ, assis sur la barrière, id. Ép. i. Il avait forcé la barrière, où il s'était présenté le premier, sév. 147. || Combat à la barrière, combat qui se livrait à la barrière du champ des tournois. Soit qu'il se présente un rival Pour la lice ou pour la barrière, malh. iv, 5. Les tournois, les combats à la barrière sont peut-être de l'invention de ces Arabes, volt. Mœurs, 43. Aux noces d'Henriette et de Charles I", il y eut des combats à la barrière, des jeux et des courses de bagues, chaie&ub. Stuarls, 17G. || Fig. Le sort qui de l'honneur nous ouvre la barrière, corn. Hor. n, 3. || 3° Tout obstacle matériel. Les Alpes présentaient leur barrière. Ils trouvèrent l'Océan pour barrière. Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière, bac. Baj. i, 2. Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières, Des débris de leurs forts il couvre ses frontières, id. Esth. prol. 11 s'était fait de morts une noble barrière, id. Mithr. v, 4. || En général, empêchement, obstacle. Les barrières du devoir. Mettre des barrières à la licence. Si vous aviez rompu une fois la barrière de l'honneur, fén. Tel. xx. Pour mettre une barrière entre mon fils et moi, rac. Brit. i, 2. Donner de plus fortes barrières à l'idolâtrie, boss. Hist. il, 3. Elles servaient de barrière à l'idolâtrie, id. ib. Elle oppose une barrière invincible aux violences, id. Inslr. i. S'il ne mettait entre votre faiblesse et vous une barrière qui vous arrête, mass. Avcnt, Afftict. Elle opposa la barrière de la pudeur aux premiers orages, id. Panég. Magd. Quelle barrière l'opprobre de ce vice ne met-il pas au retour de Dieu en nous? id. Car. Prod. L'indolence est la seule barrière qui vous arrête, id. Car. Tiéd. i. De ce trône sanglant je m'ouvris les barrières, volt. Mér. i, 4. || 4° Porte d'entrée d'une \ i lie. On ferma les barrières. Il fut arrêté à la barrière. || Bureaux établis aux portes et aussi à certaines limites de territoire pour la perception des droits d'entrée. Les barrières furent incendiées lors de l'émeute. Il est bien à désirer qu'on transporte ailleurs les barrières et les commis qui rendent ce petit pays de Genève ennemi du nôtre, volt. Lettr, d'Argental, 20 janv. 176G. J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait, bërang. Portrait. H Anciennement. Barrière des sergents [officiers de justice], réduit couvert d'un toit où ils se tenaient pour attendre pratique. || 5° Bande en forme d'ansette, dans laquelle le metteur en œuvre arrête le ruban d'un bracelet. || 6° Barrière, nom qu'on donnait autrefois à un district qui couvrait la Hollande. L'empereur a raison de vouloir se rendre maître de la Barrière et le protecteur de la Hollande , FÉN. XXII, 485.

— HIST. xv° s. Si y eut plusieurs escarmouches et ! .mi les barrières, froiss. 11 , n, 8. '.' s. Elles se fermoient ;i gi ures et

fortes barrières , amyot. Inton. 99, Comme aussi il leur servoit d'un des meilleurs hommes de barrière de sou temps, d'aub. Hist. n, t84.

— ÉTYM. fl<mYT;provenç. barriera ; espagn. barrera■■; ital. barriera.

BARRIQUE (ba-ri-k'), s. f. || 1° Sorte de futaille. Descendre une barrique à la cave. Une barrique de vin, d'eau-de-vie, barrique pleine de vin, d'eau-devie, etc. Il 2° Sorte de filet pour la pêche des lamproies.

— HIST. xvie s. Les premières barriques versées, la cavallerie se mesle dans les rues, d'aub. Hist. 1,

— ÉTYM Bas-lat. barrica; provenç. barriqua; portug. barrica; de même radical que baril (voy. ce mot).

t BARRIR (ba-rrir), v. n. Crier, en parlant de l'éléphant.

— étym. Le latin barrire.

f BARRIT (ba-rri), s. m. Cri de l'éléphant.

— ÉTYM. Barritus.

f BARROIR (hâ-roir), s. m. Sorte de tarière dont se servent les tonneliers.

— ÉTYM. Barre.

f 1 . BARROT (ba-ro) , s. m. Terme de marine. Petit bau.

— ÉTYM. Diminutif de barre.

f 2. BARROT (ba-ro), s. m. Petit baril d'anchois.

— ÉTYM. Même radical que dans baril.

fBARROTER (ba-ro-té), v. a. Terme de marine.

Remplir la cale d'un bâtiment jusqu'aux barrots. ||La remplir de piles de morues.

— ÉTYM. Barrot \.

f BARROTIN (ba-ro-tin), s. m. Terme de marine. Petit barreau entre les baux d'un pont.

— ÉTYM. Diminutif de barrot 1.

f BARRURE (bà-ru-r'), s. f. Petite irrégularité sur une pipe. || Barre du corps d'un luth.

— ÉTYM. Barrer.

f BARS (bar; Vs ne se lie jamais), s. m. Poisson de mer dont la chairest très-estimée, dit aussi loup de mer (labrax lupus, L.).

— ÉTYM. Allem. Bars ouBarsch.

f BARSE (bar-s'), s. f. Boîte d'étain, dans laquelle on apporte le thé de la Chine, f BARSET (bar-sè), s. m. Petit bars.

— ÉTYM. Bars.

BARTAVELLE s. /. Perdrix rouge du midi, plus grosse que la perdrix ordinaire. Vous avez à la broche une excellente bartavelle, j. j. rouss. Con- [ess. v.

— ÉTYM. On trouve dans le bas-latin bartavella , pour verlevella, mot du midi signifiant proprement chose qui se tourne, puis clef, anneau. Le nom de l'oiseau viendrait-il delà?

t BARTHÉLEMITE (bar-té-le-mi-tf) , s. m. Clercs séculiers vivant en commun, appelés ainsi du nom de leur fondateur dom Barthélemi Holhauser, et institués vers l'an 1640 pour former de bons ecclésiastiques en Pologne.

t BARTHELEMY (SAINT-) (sin-bar-té-le-mi),*. f. Massacre des protestants, en France, dansle xvi'siècle (août <572), qui eut lieu le jour de saint Barthélémy, d'où le nom. || Fig. Destruction, expulsion. Il se mit à faire une Saint-Barthélémy de tous les amusements, hamilt. Gramm. H.

f BARYMÉTRIE (ba-ri-mé-trie) , s. f. Terme de physique. Mesure de la pesanteur.

— ÉTYM. Bapù;, pesant, et piTpov, mesure. BARYTE (ba-ri-f), s. f. Terme de chimie. Oxyde

de baryum, substance alcaline fort pesante

— ÉTYM. Bctpùç, pesant.

<. BARYTON (ba-ri-ton), s. m. Terme de musique. Seconde espèce de voix d'homme, en allant du graveà l'aigu, intermédiaire entre la basse el le ténor. Baryton basse, baryton ténorisant, suivant sa tendance à se rapprocher de la basse ou du ténor

— ÉTYM. Bapûfovo;, quia la voix grave, de papù;, grave, et-iôvo;, ton.

2. BABYTON (ba-ri-ton), adj. Terme de grammaire grecque, qui se dit des mots qui n'ont pas l'accent sur la dernière syllabe, et qui se divisent en paroxytons et proparoxytons. || Verbe baryton, verbe qui. au présent de l'indicatif, n'a pas l'accent sur la dernière syllabe, et qui, par conséquent, n'est pas contracte. || S. m. Un baryton, un mot baryton.

— ÉTYM. Bapûxovoç, de papùç, grave, etxâvo;, ton.

f BARYUM (ba-ri-om'), s. m. Métal d'un blanc ■ut, un peu malléable, qui, combiné avec ène. forme la baryte.

— l.I YM. Yu\ . 1; \l;Y rE.

I.BAS, BASSE (bâ, bâ-s'; Vs se lie: un cœur bas el lâche, dites : ba-z et....), adj. || 1° Qui a peu de hauteur. Maison basse. Rives plus basses. Un

siège bas. Le plafond est bas. La porte est basse. Cet animal est très-bas sur ses jambes. || En termes de guerre, basse enceinte , la fau >e lune'. Place basse, la casemate et le flanc retiré qui sert à défendre le fossé. || 2" Baissé , par opposition à levé. Marcher la tête basse. Ce chien porte les on illes lusses. Â leurs noms, un grand froid, un front triste, un œil bas M'ont fait voir aussitôt qu'ils ne lui plaisaient pas, corn. Olhon, 1, 3. || Fig. Avoir l'oreille basse, être humilié, mortifié. || En termes de guerre, faire main basse, piller, ne pas faire de quartier; et figurément, traiter sans ménagement. Il 3° Situé au-dessous d'une autre chose; dont le sol est plus bas. La partie basse d'une ville. La partie basse des Alpes. La cavalerie était placée dans la partie basse. Lieux bas et marécageux. Descendre dans les terres basses. La basse Egypte, la basse Normandie, la basse Bretagne. || Basses voiles, les grandes voiles d'en bas, par opposition à celles de hune et de perroquet. || Ce vin est bas, il est près de la lie, il sent la lie. || Ce bas monde, la terre, par opposition au ciel. || Basses terres, terres situées au pied des montagnes, ou près de la mer. || Les basses régions de l'air, les couches d'air les plus voisines de la terre. || La basse région de l'âme, celle où se forment les passions grossières et les appétits sensuels. Il Le bas bout de la salle, la place la plus voisine delà porte d'entrée, et conséquemment, celle que l'on donne aux hôtes les moins distingués. || Au bas mot, en réduisant la chose autant qu'il est possible. Cette terre a coûté, au bas mot, cent mille francs. Il y a eu dans ce combat, au bas mot, deux cents tués. || 4° Qui est inférieur à son point d'élévation ordinaire. Basse mer. Basse marée. La rivière est basse. Le jour est bas, il est sur son déclin. Le temps est bas, l'air est chargé de nuages moins élevés qu'à l'ordinaire. || Familièrement et fig. Les eaux sont basses , l'argent commence à manquer. Il 5° Bas se dit du temps, aussi bien que du lieu. Le Bas-Empire, l'Empire en décadence depuis Constantin jusqu'à la prise de Constantinople par les Turcs. ]| Les bas siècles, les bas temps, les temps qui suivent la chute de l'empire romain. || La basse latinité, la langue latine corrompue dont on s'est servi depuis l'invasion des barbares et durant le moyen âge. Le bas-latin , le latin de ces temps. Basse grécité et bas-grec, même sens quant au grec. || Le carême est bas, c'est-à-dire il commence de bonne heure, dès le mois de février. || 6"Qui se fait à peine entendre, en parlant de la voix. Vois basse. || À voix b sans élever la voix. Dire à voix basse. De sa plus basse. Répondre sur un ton bas. || À note, sans élever la voix. On fit briller le vin de St- Laurens, et en basse note, entre M. et Mme de Chaumes et moi, votre santé fut bue, sl\ Mlle Clairon va jouer, à basse note, Aménaïde et Electre sur notre petit théâtre de Ferney, volt. Lcitr. d'Argental, 12 août 1765. j| Fig. Avec tant de faiblesse, il faut la voix plus basse, corn. Pcrth. 1, 4. Il Familièrement. Vous l'avez pris sur un ton trop bas, vous n'avez pas parlé avec assez de fermeté. || 7° Terme de musique. Qui appartient au bas de la gamme, grave. Un son très-bas. || 8° Terme de danse. Danses basses ou danses nobles, celles qui. comme la courante, le menuet, consistaient dans des pas glissés et de belles attitudes, sans s'élever de terre. On les opposait aux danses par haut . qu'on appelait autrement baladinages, dans lesquelles on sautait plus ou moins. [| 9° Fig. Inférieur, subalterne. Professions basses. Fonctions basses. Les gens de la basse classe. Reprocher à quelqu'un sa basse extraction. Etre de la plus basse origine. Homme de la plus basse condition. Bas lieu, condition, naissance peu relevée. Combien a-t-on vu de rois venir de bas lieu, lesquels on n'a moins estimés pour cela ! Tamerlan ava cher.... Francion, 1. n, p. 463. Le mé d'une fortune basse, rotr. Bélis. v, ">. Aux * de Pompée il faut une autre offrande, La vicie trop basse et l'injure est trop grande, corn. Ponîp. v, 2. Je n'attendais pas Un courage aussi un rang aussi bas, volt. Mér. iv, 1. ||Le Las peuple, les dernières classes du peuple. Le bas peuble en vaudra certainement mieux, quand les principaux citoyens cultivèrent la sagesse et la vertu, volt. Lettr. Damilaville, 13 avril <7ec. || I commerce, les petits marchands. C'est la mê ue négligence qui lui a fait dire que tout 1merce était infâme chez les Grecs, volt. / tr. Linguet, 15 mars I7U7. || Le d'un

collège, les classes élémentaires. || Le bas chœur d'un chapitre, les chantres et les chapelains. || Les bas officiers, les officiers subalternes. Ce terme dé-

BAS

•.au xvir' siècle,en France, el dés

s, [es grades inférieurs a celui d'officier, grades auxquels depuis

is-officiers. || La chambre basse e des communes. || Basse justice, en parlant des justices seigneuriales, se disait par opposition à moyenne et haute justice; elle connaissait des droits dus au seigneur, -cens et rentes, delà police, de dégât de bêtes, d'injures légères, etc. || Messe basse, messe dite sans être chantée par le chœur et sans assistance de diacre et de sous-diacre. L'évoque de Chartres ue pouvait jamais y dire la messe basse [dans la cathédrale], st-Simon, 78, < 1. 1| Les basses cartes, les cartes inférieures, celles qui ont le moins de valeur et de force. || Maître des basses œuvres, cureur de retraits, geur. |i Lu termes de fauconnerie, oiseau bas, oiseau maigre et décharné. || 10° Vil, méprisable, honteux, lias flatteur, âme basse. Sentiments bas. Manière de vivre basse. Regarder comme une chose de.... Mais aussi n'ai-je pas cette basse malide haïr un homme, àcause qu'il est au-dessus nés, voit. Lettr. 74. Un esprit né sans fard, sans bisse complaisance, Fuit ce ton radouci, boil. Sat. ix. Madame, je n'ai point des sentiments si bas, rac. Phèd. h, 5. Ah! quelle àme assez basse!.... id. Brit. i , 4. Mais je .m'étonne enfin que.... Vous ayez si longtemps, par îles détours si bas, Feint un amour pour moi que vous ne sentiez pas, id. Baj. v. 4. Elle ne peut souffrir une basse pensée, cokn. Cid. ii, 3. s'il est, pour me trahir, des esprits assez bas, m. Cinna, i, 4. Il mettait la grandeur à ne rien faire de bas, fén. Tél. xui. Ta secte obscure et Lvilit les mortels, volt. Fanât, n, 5. || 11° Manquant de distinction, en parlant du langage et des • d'esprit. Terme bas ; expressions basses ; style bas; plaisanterie basse. Le bas comique. Cette manière basse de plaisanter a passé du peuple, à qui elle appartient, jusque dans une grande partie de la jeunesse de "la cour, qu'elle a déjà infectée, la bruy. 5. Ah! Velches, quand je vous donne du grand, vous dites que je suis boursouflé ; et, quand je vous donne du simple, vous dites que je suis bas, volt. Lettr. d'Arg entai, 15 mai 1767. || 12° Peu élevé, en parlant du prix , de l'évaluation. Ce qui est le plus bas prix. Vendre à bas prix. Ceux qui mettent le nombre des tués au plus bas. Or de bas aloi; bas or; bas argent. Les fonds publics sont bas. || 13° En parlant de la vue, qui force à se baisser, à s'approcher de l'objet que l'on regarde. Avoir la vue basse, lie distinguer les objets que de près. || 14° En parlant de l'âge, qui appartient à la première enfance. Etre en bas âge. Dans son bas âge. || 15' Bas, s. m. La partie inférieure. Il venait du bas du pays. E le saisit par le bas du corps. Il le fait rouler jusqu'au bas de l'escalier. Le bas de la montagne. Le bas d'un arbre. Le bas d'une robe. 11 y avait, au bas de votre lettre, trois écritures différentes, voit. Lett. 30. j En termes d'astrologie, le bas du ciel, la troisième ou quatrième maison d'un horoscope, où est le nadir, c'est-à-dire la partie du ciel la plus basse à notre égard. || En termes de marine , partie extérieure d'un bâtiment, au-dessous de la ligne d'eau. || Fig. Je ne dois pas me fort soucier de ce qui se passe, dans le bas du monde, parmi les esprits inférieurs, balz. liv. v, lett. <0. || Notre argent est au bas nous n'en avons plus], il y faut remédier, hamilt. Gramm. 3. || 11 y a du haut et du bas dans la \ie, elle est mêlée de biens et de maux. Il y a des hauts et des bas dans la conduite de cet homme, beaucoup d'inégalités. Le sort a des hauts et des bas. Avoir du haut et du bas dans l'humeur. N'admirezvous pas comme cette vie est mêlée de haut et de bas, de blanc et de noir? volt. Lettr. Damilaville, o lévrier )"C7. Le christianisme a fait voir le haut et le bas de notre cœur, chateaub. Génie, n, m, t. || Les voies inférieures du corps. L'opération [produite par les gouttes d'Angleterre, sorte de purgatif] sur le maréchal de Lorge fut douce, mais prodigieuse par le bas, st-sim. 29, 79. [| Le bas delà voix, les sons graves de la voix. || Ce qui manque de distinction. Le trivial et le bas défigurent la tragédie, volt. Lettr. Walpole, 15 juillet t768.

— bas, adv. || l°Dans la partie basse, dans un lieu situé au-dessous. Il était assis plus bas. Plus bas que la ville. Faire descendre quelque chose plus bas. Ces eaux viennent de plus bas. Nous aurons du mauvais temps , les hirondelles volent bas. Cette petite fille est assise trop bas. Dans cette grande marée, la mer s'est retirée fort bas. || Familièrement. Cet homme est bien bas percé, il est bien mal dans ses affaires. Locution tirée du tonneau qu'on perce bas , pour tirer les dernières

BAS

bouteilles de vin. || Boiter tout lias, boiter beaucoup. Monsieur boite tout bas, sév. 3J3. Monsieur, où courez-vous ? c'est vous mettre en danger, Et vous boitez tout bas, bac. Plaid, n, ts. || plus l as, ci-après. Dont nous parlerons plus bas. || Jouer argent bas, jouer argent comptant. || En termes de marine, amener tout bas, filer entièrement les drisses d'une vergue, d'une voile. || Terme de marine. Couler bas un navire, faire qu'il s'enfonce sous l'eau; et, neutralement, le navire coule bas. Couler bas d'eau, s'enfoncer sous l'eau parce que l'eau remplit le bâtiment. La chaloupe coulait bas d'eau, lorsqu'elle fut rencontrée par un navire. || 2° Fig. Est-il possible de tomber si bas, de s'abaisser à ce point, d'éprouver de tels revers? etc. N'autorisez pas De plus méchants que vous à la mettre [l'autorité] plus bas, corn. Nicom. n, 2. Quand le sort ennemi m'aurait jeté plus bas, rac. Milhr. n, 4. |j Etre bas, être renversé. Unissons-nous ensemble, et le tyran est bas, corn. Sertor. m, 2. La tyrannie est bas, et le sort a changé, id. Pomp.u, 2. j| Tenir bas, tenir dans la soumission. Le peuple a besoin qu'on le tienne bas pour son propre repos, fén. Tel. xin.On a une secrète complaisance à tenir bas ceux-ci [doiii' tiques, serviteurs], bourd. Carême, i, Ambit. 497. || Ce malade, cette malade est bien bas; il, elle est bien mal. On disait : Hàtons-nous, je l'ai laissé fort bas, Régnier, Sat. xi. Nous la trouvions si extrêmement bas, sév. lit. Quoi! l'oncle de Messieurs serait défunt ! — Hélas ! Il ne vaut guèremieux , tant le pauvre homme est bas ! regnard , Légat, m, 8. || 3° Mettre bas les armes ou les armes bas, rendre les armes, cesser de combattre. Qui mettait les armes bas devant d'ennemi, boss. Hist. m, G. Ils mirent bas les armes pour les regarder, fén. Tél. xx. Le sénat.... ordonna aux deux princes numides de mettre les armes bas, vertot, Révol. rom. ix, p. 374. Je n'ai pointeru devoir mettre les armes bas, corn. Sertor. iv, 3. || Mettre habit bas, se déshabiller. Il mit veste bas. || Mettre chapeau bas, se découvrir par respect. En joue il [Jupin] vous met sans qui-vive ! Mais je l'aborde chapeaubas, bërang. Bluets. || Elliptiquement. Chapeau bas! découvrez-vous! || En termes de marine, mettre pavillon bas, baisser le pavillon; et figurément, céder, se rendre. || Mettre voiles bas, abaisser ses vuiles. Ses trois vaisseaux en rade avaient mis voiles bas, corn. Pomp. n, 2. || Fig. Mettre bas, déposer, renoncer à. J'avais mis bas avec le nom d'aîné L'avantage du trône où je suis destiné, corn. Nicom. m, 6. Croyez-moi, mettez bas l'artifice, id. Othon,

n, 5 Mettant leur haine bas, id. Pomp. iv, i. Je

vous obéirai, seigneur, sans complaisance, Et mets bas le respectqui pourrait m'empêcher.... id. Ci/ma, n, <. Allons donc, messieurs, mettez bas toute rancune, mol. .loi. méd. i . Mettons bas toute feinte, id. Éc. des mar. n, 3. || Mettre bas, renverser. Latroupe qui l'assaut [assaille] et la veut mettre bas, malh. i, 4. De l'Orient mettant l'empire bas, id. ii, 3. Je fais émerveiller tous les yeux de la terre De/voir que le malheur ne m'ose mettre bas, id. iv, 7. Il a mis bas les puissants, boss. n, Visit. L Je n'aspirerais au bonheur de vous plaire Qu'après avoir mis bas un

ni adversaire, corn. Pomp. iv, 3. || Mettre bas, en parlant des femelles d'animaux, faire un petit, di petits. La lionne met bas dans des lieux très-

i, buff. Lion. ||En termes de vénerie, le cerf a mis bas, son bois est tombé. || 4° Bas, d'une voix basse, sans faire de bruit, au-dessous du ton convenable. Parler bas à quelqu'un. Il me répète tout : i on refrain. 11 demanda tout bas. Rire tout bas. Parlons bas, écoute, corn. Cid, n, 2. Parlons plus bas, mes sœurs. Ciel! si quelque infidèle.... rac. Esth. n, 9. Il Fig. En secret. Il suffit que mon cœur me condamne tout bas, rac. Androm. iv, 5. Mais, malgré ses efforts, il frémissait tout bas Qu'on applaudit en lui des vertus qu'il n'a pas, volt. M. de Ces. n, 4. || 5° Terme de musique. D'un ton qui est vers le grave. Ce luth est monté trop bas. || 6° À bas, lacut. adverb. Mettre ou jeter à bas; jeter, renverser; et figurément, détruire. Me jeter du Pont-Neuf à bas en la rivière, Régnier, Sat. vin. Je fais jeter de grands arbres à bas, sév. 62. || Fig. Pour jeter un des partis à bas, corn. //or. i. Il le veut élever, il le peut mettre à bas, id. Pohj. ni, 2. Salvidien à bas a suulevé Lépide, id. Cinna, iv, 4. Je vous l'avoue, il n'est pas encore temps de mettre à bas Ma/arin, retz, iii, 97. Le grand combat qui met nos ennemis àbas, uoh.Amph.i, \. Voilà le marquisat et la vicomte à bas, id. Les préc. ridic. se. )6. Les ennemis sont à bas, boss. Hist. n, 5. Son système et celui de M. Claude est à bas, id. Avert. 6. Puisque le tyran est à bas, Laissez-nous prendre nos ébats,

BAS

bérang. Requête. || Cris d'improbation. X bas la cabale! à bas! Crier à bas les ministres, BÉRANG. G. nalwn. ||ibasde, loc. pnipos.Sejeteràba.sd'uu mur, des retranchements. Sauter à bas de cheval. Il saute à bas de son lit, j. j. rouss. Ém. n. || 7° En bas, loc. adv. Dans un lieu placé au-dessous. De haut en bas. Aller en haut et en bas. Il tombe la tête en bas. Piques qui tombent la pointe en bas. || Fig. Regarder, traiter quelqu'un. du haut en bas, le regarder, le traiter avec dédain, avec mépris. Ces femmes qui regardent un chacun de haut en bas, mol. Impr. i. |! En bas de, locut. prépos. On le trouva évanoui en bas de l'échelle. || D'en bas, loc. adverb. Les émanations qui venaient d'en bas. || Par en bas, loc. adv. Dans le bas. Sa taille est devenue plus fine païen bas, sév. 499. || 8° Par bas, dans un endroit bas. Demeurer par bas. Être logé par bas , au rezde-chaussée. || Par bas, en termes de médecine, par les voies inférieures du corps. Purger par bas. Purger par haut et par bas. Cette drogue fait aller palliant et par bas, elle fait vomir et aller à la garderobe. || 9° Ici-bas, sur la terre, par opposition au ciel. || 10" Là-bas, loc. adv. Au-dessous; à une certaine dislance. Il demeure là-bas. Le vois-tu bien, làbas, ià-bas, Là-bas, là-bas? dit l'espérance; Bourgeois, manants, rois et prélats Lui font de loin la révérence, bërang. le Bonheur.

— REM. On met des traits d'union à : bas-Breton, habitant de la basse Bretagne; bas-breton, dialecte celtique parlé dans la basse Bretagne; bas-Normand, habitant delà basse Normandie; àBas-Empire, empire romain transporté à Constantinople et tombé en décadence; aux noms des départements, Bas- Rhin, Basses-Pyrénées, et à Pays-Bas (la Belgique et la Hollande). Mais on écrit sans trait d'union le bas Rhin , la partie inférieure du Rhin ; les basses Pyrénées, les Pyrénées situées près de la mer.

— SYN. bas, abject, vil. Ce qui est bas est placé au-dessous. Ce qui est abject est jeté de côté. Ce qui est vil est de prix inférieur. Aussi abject et vil expriment un degré au-dessous de bas. Une condition basse peut n'avoir rien d'abject ni de vil. Quand bas s'applique au moral (une àme basse, des sentiments bas), bas, bien qu'il n'exprime plus un état qui soit indifférent, garde encore quelque chose de son sens primitif, et on enchérirait si on disait une âme abjecte, une âme vile; cela tient à la signification primitive, dont la nuance suit le mot dans tous ses emplois. On peut signaler la même différence entre abject et vil; ce qui est vil a très-peu de prix, est beaucoup au-dessous du prix, mais enfin a encore un certain prix; au lieu que abject est tout à fait rejeté, et, pour ainsi dire, mis à la voirie.

— HIST. xiie s. Se j'ai choisi haut ou bas, Je m'en doi trop bien douloir, Coud, p. -122. Lasse, fait-ele en bas [à voix basse], que pourrai devenir? audefr. le bast. Romancero, p. 32. E quant li moinie [les moines] vindrent lur complie chanter, Quidierentil purveirque se dormistli ber,E chantèrent en bas.... Th. le mart. 48. || xinc s. Il veust dire que tuit,ethaut et bas, fussent aun [rassemblé] à cort de lui, Psautier, i° 12). El ne fu joine ne chenue, Ne fu trop haute, ne trop basse, Ne fu trop megre, ne trop grasse, la Rose, 2987. Il n'est pas resons que la gentil feme perde son droit d'eritage por ce, s'ele se marie en plus basse persone, beaum. xlviii, 5. || xiv" s. Ne le feu ne se peut acoustumer à descendre en bas, oresme, Eth. 33. Se François orent fait au matin bonne chiere, Aussi basse la font et s'embruchent en terre, Guescl. 22204. Doucement [il] lui a dit et à basse alenée, ib. 9527. Essayer si l'esprevier se tendra [tiendra] paisible sur le poing; si non, le mettre au bas [lui donner moins à manger] , Menagier, m, 2. || xvc s. Vecy nos ennemis qui tantost à basse eau passeront la rivière, froiss. u, ii, 32. Jean de Lannoy, qui estoit au clocher, crioit à ceux qui estoient bas, id. h, ii, 95. Fist durant son règne [Louis XI] beaucoup de injustices, maulx et violences; et tellement qu'il avoit mis son peuple si au bas, que au jour de son trespas estoitpresque au desespoir, jean de troyes, Chron. 1483. Ni Troye la grand cité ne cuidoit point que la fortune tant au bas la sceust mettre comme elle la mit, Bouciij. i, ch. 23. Et voyant son maistre bas, commença à pracliquer avec monseigneur de Lorraine, comm. v, c. Le roy estoit jà fort bas, et à grant peine se vouloit il laisser veoir, id, ib. vi, 9. || xvie s. Ce disant mit bas son grand habit, rab. Gar. i , 27. Quand les choses sont venues à leur point supellatif, elles sont en bas ruynées, id. ib. I, 31. Les pèlerins disoyent en voix bassel'ungàl'aultre.— Quelque basse-fousse des prisons, id. ib. i, 38. Son lils, parce qu'il est trop bas d'eage, id. ib. i, 50. Bas

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BAS

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de stature, et de joye, et d'esbas. Bas de sçavoir, en bas degré nourri , Et bas de biens, dont il est bien marry, marot, ii, 90. Je l'ay veu en telle extrémité de maladie et si bas que tout le monde estoit désespéré de sa vie, marg. Lett. 47. Et trouva sa pauvre femme si bas qu'elle avoit plus besoin de confession que de médecin, id. Nouv. lxxi. Ça bas [ici bas], mont, i, <oc. Cette aultre volupté plus liasse, id. i, 09. Gens de basse condition, id. i, 90. Quelqu'un du bas peuple, id. i, i i I. Ils sont moitié poisson par embas, id. ii, 2G3. Ceulx qui demeurent orphelins en bas aage, amyot, Lyc. 2. Avec une chère basse et morne, sans mot dire, id. Numa, <8. Ces jerbes furent emmenées jusques en un endroit où elles trouvèrent l'eau basse, et s'y arresterent, id. Public. 13. Ne pouvant croire que les Romains fussent si bas que d'avoir abandonné leur ville, id. Cam. 39. Hz le jetterent du haut en bas du chasteau, id. ib. 48. Les adherens de Camillus repoulsoient le sergent arrière de la chaire, et le commun peuple lu y crioit d'à bas qu'il le tirast, id. ib. 72. Cela consumma et meit au bas la puissance d'Athènes, id. Aie. 42. Gouverneurs des basses provinces de l'Asie, id. Cimon, 36. Ceux de Cologne mirent bas [déposèrent les armes] sans estre forcez, d'aub. Hist. i, 255. Le duc y envoia Sanctio Avilla avec 40oo hommes, qui, à un bas de marée, entra mangréle siège dans la ville, ib. ib. n, 07. Le vent aiant mis bas [étant tombé], id. ib. il, 83. Or il fut question de faire retraicte; car il estoit basse heure, carl. v, 15. Après avoir fait une bassissime révérence devant les dames, Sat. Mén. p. 55. Les bois, les monts, les baisses vois [je vais] tranchant [franchissant les vallées], la boétie, 442. Son œil est doux et fier, son sourcil un peu bas, rons. Bocage royal, 2e partie, à la Rouvere.

— ÉTYM. Provenç. bas; espagn. bajo; portug. baixo; ital. basso. On a indiqué le celtique : bas-breton, baz ; kymri, bas; irland. bass, mots qui signifient peu profond. Diez combat cette étymologie , d'abord en remarquant que le j espagnol répondrait mal au bas-breton et exigerait deux s ; objection insuffisante puisque les deux s sont dans l'irlandais. Puis il objecte le sens : bassus signifiant, dans Isidore, crassus, pinguis ; dans Papias, curtus ; et dans le vieux français, qui n'est pas élevé, et non pas peu profond; sens confirmé encore par l'italien bassotlo, épais. Par ces raisons il rattache bas au latin bassus, qui a été un surnom et qui, d'après le6 gloses, exprime une certaine conformation du corps. Cette argumentation paraît probante.

2. BAS (bâ; Ys se lie : un bas à jour, dites : un bâ-z à jour), s. m. Vêtement qui sert à couvrir le pied et la jambe. Bas de laine, de coton, de soie. || Bas drapés, bas fabriqués avec de la laine un peu lâchement filée. || Familièrement et fig. Cela lui va comme un bas de soie, lui convient, l'arrange parfaitement. || Bas bleu, nom que l'on donne par dénigrement aux femmes qui, s'occupant de littérature , y portent quelque pédantisme. Cette femme est un bas bleu, ces femmes sont des bas bleus. || Terme de mer. Bas de soie, ou, simplement, bas, barre de fer où il y a des liens pour mettre aux mains et aux pieds de ceux qui se conduisent mal. 4

— HIST. xvic s. Les hommes estoyent habillez à leur mode : chausses pour les bas, d'estemet, ou sarge drapée, rab. Gar. i, 56. Panurge sort de la soutte en chemise, ayant seullement ung demy bas de chausses enjambe, id. Pant. iv, 67.

— étym. Bas; car le bas est, comme on voit par les exemples, la partie inférieure de la chausse; picard, bô. L'expression bas bleu vient d'Angleterre (blue stocking); en voici l'explication : a II y avait, vers 178), un club littéraire qui se réunissait chez Mme Montague, et que l'on appelait le club des basbleus (bleue-stock ing club). Un des membres les plus éminents de cette société était M. Stillingfleet, dont l'habillement se distinguait par un caractère de gravité; on remarqua surtout qu'il portait toujours des bas bleus. Telle était l'excellence de sa conversation que, quand il lui arrivait d'être absent, on avait coutume de dire : Nous ne pouvons rien faire ce soir sans les bas bleus. Peu à peu des clubs s'établirent sous ce titre, et le terme de bas bleu s'étendit aux femmes de lettres ridicules et pédantes, esquiros, Revue des Deux Mondes, avril

1SG0, p. 778. »

t BASAI., ALE(ba-zal, za-1'), adj. Terme de zoologie. Qui appartient à la base.

— ÉTYM. Base.

BASALTE (ba-zal-t'), s. m. Terme de géologie. Boche d'une grande dureté, de composition variable,

d'origine ignée, disposée en nappes, en buttes, en filons, d'une étendue quelquefois considérable.

— ÉTYM. Basaltes , mot que les Latins disaient être africain. ■*

f BASALTIFORME (ba-zal-ti-for-m'), adj. Qui a la forme du basalte.

— ÉTYM. Basalte, et forme.

BASALTIQUE (ba-zal-ti-k'), adj. Formé de basalte. Les roches basaltiques. J'ai la grotte enchantée aux piliers basaltiques, v. hugo, Bail. 15.

— ÉTYM. Basalte.

BASANE (ba-za-n'), s. f. Peau de mouton qui, étant bien préparée, sert, au lieu de peau de veau, à relier des livres.

— hist. xme s. Â eus deus me sui descouvers, Monstre leur ai à iex ouvers, Que mes cuiriens [ma peau] devient basane, a. dinaux, Trouvères artésiens, p. 12). Jà soit ce que les selles que il face ou que il vende soient garnies toutes de vache ou toutes de basannes, Liv. des met. 208. || xve s. Du surplus ne servoit à rien.... La raison, car son cordouen [cuir] Estoit jà devenu basane, coquill. Enquête de la simple et de la rusée. [| xvic s. Je luy fays acroire que la lune estfayete de bezane, palsg. p. 027.

— ÉTYM. Espagn. et portug. badana; de l'arabe bithânet, peau de mouton tannée.

BASANÉ , ÉE (ba-za-né , née) , part, passé. Noirci , hâlé, en parlant de la peau. Un teint basané parle grand air. Imaginer l'homme, c'est s'en représenter un de grande ou de petite taille, blanc ou basané, boss. Connaiss. i, 9. Ses mains basanées, Aux palmes de Mars destinées, j. b.rouss. Odcs,n, 15.

| BASANER (ba-za-né), v. a. Donner à la peau une teinte noirâtre. Il faut toujours avoir le masque sur les yeux , De peur que peu à peu le clair flambeau des cieux De ses rais élancés ne basane la face, Disc, sur la Mode, en )613. || Se basaner, v. réfl. devenir basané.

— HIST. xvi° s. Dont se fait leucophlegmatie qui fait le corps tout bouffi et la couleur du visage basanée et blafarde, paré, xvin, 7) Dès la terre

gelée Des scythes englacés, jusques à la hallée Des Mores bazanez, rons. 863. Il n'est pas bon tanneur; car il ne sçayt besanner son cuyr, palsgr. p. 57 i.

— ÉTYM. Basane.

.BAS-BORD (bà-bor), s. m. Orthographe fautive au lieu de bâbord.

j BASCONETTE (ba-sko-nè-f) ou BASCOUETTE (ba-skou-è-f), s. f. Un des noms locaux de la mésange à longue queue et de la lavandière.

fBASCUL (ba-skul), s. m. Courroie fixée à la sellette d'un cheval limonier, et qui embrasse l'avaloire.

— ÉTYM. Voy. BASCULE.

BASCULE (ba-sku-P), s. f. || 1° Machine dont l'un des bouts se lève quand on pèse sur l'autre. La bascule d'un pont-levis. On les suspendait [les corps] à de longues bascules, qu'on élevait et qu'on baissait tour à tour, volt. Phil. n, 24. || Faire la bascule, faire un mouvement semblable à celui d'une bascule. || Jeu où deux personnes, placées à chaque bout d'une pièce de bois, s'amusent à se balancer. || Fig. Système de bascule, système qui consiste à donner des satisfactions alternatives à chacun des partis politiques qui se partagent l'influence. || 2° Machine qui servait à peser les voitures aux bureaux d'octroi. || 3" Terme de serrurerie. Pièce de fer qui fait ouvrir à la fois deux verrous. || Tringle servant à tirer une sonnette. || 4° Terme de charpentier. Pièce en bascule, pièce assemblée, par une de ses extrémités, dans une autre pièce. || 5" Terme de pêche. Bateau servant à transporter vivant le poisson d'eau douce. || 6° Terme de couvreur. Égout dont la saillie est double de la saillie ordinaire.

— HIST. xvie s. Les rues voisines des portes furent bien tost couvertes de morts, et l'entre deux des portes plain jusques à la hauteur de la bacule, d'aub. Hist. n, 470. Herses, trappes et bacules, carl. v, )0. Aucuns se servent de siringues, soupapes, bassecules.... pour ramonter l'eau des puits,

— ÉTYM. Bien qu'on trouve bassecule dans Olivier de Serres, bacule de d'Aubigné paraît la vraie écriture. L'étymologie sera donc battre et cul, machine à faire toucher le cul à la terre.

-[ BASCULER (ba-sku-lé), v. n. Éprouver le mouvement de bascule, fcirc la bascule. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— hist. xvie s. Il passa sa galère par dessus la chaine; retirant au commencement toute la foule en poupe, pour faire avancer la proue jusqu'à moitié

de la quille, et puis rechargeant le devant de tout l'équipage, fit baculcr, et ainsi se sauva, d'aub, Hist. I, )58.

— étym. Bascule.

BAS-DESSUS (bâ-de-sû), s. m. Voix plus basse que le dessus, dont elle diffère en ce qu'elle a deux tons de plus au grave et ne s'élève pas autant ; l'étendue en est comprise entre le la au-dessous de la portée (à la clef de sol sur la deuxième ligne) jusqu'au fa cinquième ligne; on dit aussi second dessus, LEGOARANT.

— ÉTYM. Bas et dessus.

BASE (bà-z'), s. f. || 1° Ce qui, posé solidement, supporte le poids d'un corps. Bloc qui diminue de la base au sommet. Base d'un piédestal, d'une colonne. || La partie inférieure. La base d'une montagne. X la base des cornes. || Poétiquement. La terre chancelle sur ses bases; la lune se couvre d'un voile sanglant [à la consommation des temps] , ciiateaub. Génie, i, vi, 7.||2° Fig. Fondement, principe. Cette règle qui est la basede tout jugement. Jeter les bases d'un traité. L'empire qui s'écroule par sa base. Asseoir l'autorité sur la base des lois. La vraie félicité qui n'a d'autre base que la vertu. La foi, cette base de l'esprit chrétien, mass. Carême, Prod. La doctrine qui est la base de ce dérèglement, pasc. Prov. 5. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme et une dernière base constante, id. dans cousin. Tout drame pèche essentiellement par la base s'il offre des joies sans mélange de chagrins, ciiateaub. Génie, il, n, 3. De leur trône abattu l'équité fut la base, lemerc. Mahom. i/,v, 3. l'nimiiistre est toujours un homme en spectacle à l'Europe ; son honneur est la base de son crédit, vùlt. Russie, n, I. || 3° Terme de mathématiques. Base d'une pyramide, le polygone opposé au sommet. || Base d'un prisme, un des deux polygones égaux et parallèles, dont les côtés servent de base aux parallélogrammes latéi aux. || Base d'un cône, d'un cylindre, les cercles où viennent se terminer les surfaces courbes de ces corps. || Base d'un parallélogramme, un des côtés adjacents, et presque toujours celui qui est le plus horizontal et le plus près de la terre. La surface d'un parallélogramme est le produit de sa base par sa hauteur. || Le nombre invariable qui sert à définir un système. de numération, de logarithmes, etc. La base de notre système de numération est dix. || Terme de géodésie. Ligne mesurée avec toute l'exactitude possible et servant à évaluer touti s les autres. || Terme d'optique. Base distincte, locution employée quelquefois pour distance focale. || En anatomie, la base du cœur, la partie opposée à sa pointe. || En botanique, base d'un organe, point par lequel il tient à son support. || 4° Terme de musique. Tonique, note fondamentale. || 5° Ce qui entre comme principal ingrédient dans un mélange. Le cacao est la base du chocolat. || 6° En chimie, base, corps composé qui jouit de l'un ou des deux caractères suivants : 1° de se combiner avec un acide, de manière à former un composé différant des deux composants ; 2° de jouer le rôle d'élément électropositif dans une combinaison quelconque. || 7° Terme de menuiserie. Moulure saillante couronnant le parquet au bas d'une porte cochère. || Terme de rerie. Moulure en cuivre au bas d'un barreau de rampe.

— HIST. xne s. Puis fistdis bases, e ebascuneont quatre aines de longur e quatre île laùr Llargeur]e treisde haltur, Rois, 254. Lores prist les riches columpnes de araim, ki al temple furent, od tûtes les basses, e la vaissele que l'uni apelout mer de araim, ib. 436.

— ÉTYM. Basis, de p<x<ri;, marche, allure, pied ou plante du pied, de fiaivo) ou pâiu, aller, et aussi avoir une assiette ferme; latin, vadere, aller (voy. je vais).

BASELLE (ba-zè-l'),s. f. Genre de plantes exotiques dont deux espèces sont acclimatées chez nous : la baselle rouge et la baselle blanche. La feuille se mange.

f BASER (bà-zé), v. a. Fonder. Il n'est d'usage qu'au figuré. Baser un système sur des faits. baser, v. réfl. Se fonder. C'est là-dessus qu'il se base.

— REM. Ce mot est un néologisme fort employé présentement, et qui n'a rien de condamnable en soi, puisque baser est formé par rapport à base comme fonder par rapport à fond, mais qui est peu utile, puisque baser ne diffère pas sensiblement de fonder. Il vaudra donc toujours mieux, en écrivant, se servir de fonder que de baser.

— étym. Base.

■j- BAS-FEUILLET (bà-feu-llè, Il mouillées), s. m,

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