BEG
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font bruire leurs guidons, id. v, 125. Ainsi nos vieux François usoient de leur rebec De la Unie de houis et de bedon avec, vauquelin de la fresnaye, Art poétique.
— ÉTYM. Origine inconnue. Diez en rapproche le patois italien bidon, épais et paresseux, le Hainaut bidon, grand homme nonchalant, et aussi bidet.
f BEDONDAINE (be-don-dè-n') , s. f. || 1° Bedaine. Vieux. || 2° Espèce de cornemuse à large ventre. || 3° Ancien art militaire. Machine à jeter des pierres.
— ÉTYM. Ce mot paraît être un allongement de bedon.
f BÉDOUILLE (bé-dou-li\ II mouillées), s. f. Un des noms vulgaires de la farlouse.
BÉDOUIN (bé-douin), s. m. || 1" Arabe qui vit dans le désert. || 2° Par extension, homme sauvage et brutal.
— iiist. xnc s. E li bedowin li sont venu aidier et ont mises lor herberges outre le flom, Machàb. i, ch. 5. |j xin° s. Ainçoisleront [ils laisseront] aux Beduins Maintenir la terre absoluefsainte], Qui par défaut vous est tolue.RUTEB. 98. Vnr.edu y n estait venu, qui li avoit dit que il enseignerait un lion gué, joinv. 223. Et quant les chevaus aus Sarrazins et aux Beduins avoient poour dun bysson [buisson], il disaient à leur chevaus.... id. 203.
— ÉTYM. Mot arabe.
1. BÉE (bée), adj. f. Tonneaux, futailles à gueule bée, tonneaux, futailles défoncées d'un côté.
— ÉTYM. Participe passé du verbe béer ou bayer (voy. bayer).
f 2. BÉE (bée), s. f. || 1" Ouverture par laquelle coule l'eau qui donne le mouvement à un moulin à eau. || 2° Synonyme de baie, ouverture dans un mur.
— ÉTYM. Béer ou bayer, être béant.
BEEESTEAK (bi-ftèk). Voy. bifteck.
BÉER (bé-é), v. n. Voy. bayer.
BEFFROI (bè-froi), s. m. || 1° Tour dans laquelle est une cloche prête à sonner l'alarme. || 2° La cloche même. Il entend déjà sonner le beffroi des villes, la BnuY. 10. Ainsi toujours il prend l'heure qui sonne Pour un signal de son beffroi , bérang. Louis XL || 3" charpente dans les clochers et les moulins. || 4° Terme de blason. Beffroi de vair, trois rangées de vair dans l'écu d'armes. || 5" Dans l'art militaire du moyen âge, tour de bois mobile qui servait de machine de guerre dans les sièges.
— hist. xne s. Dont tirent arbalestriers trere, Berfroiz lever, perriere fere. Roman de Brut, t. i, p. 202. || xiii° s. Enging, perriere ne befroi , Ne douteras prince ne roi, Ben. "725. Pour garder ceulz qui ouvroient à la chaucie, fist faire le roi deus beffrois que l'en appelle chas chastiaus, joinv. 220. Il xv° s. Et avoient fait en nefs sur l'Escaut beffrois et atournemens d'assauts, fhoiss. i, i, (28. Lés Anglois avoient fait ouvrer et charpenter deux beffrois de gros merrains à trois estages, et séant chacun beffroi sur quatre roes, et avoit en chacun estage cent archers, id. i, i, 237. Il n'attendit nullui, ainçois s'envint au marché de Valenciennes, et fit sonner les cloches du beffroy à volée, m. 1, 1, 1110. Il xvie s. De ce bruyant et merveilleux beffroy [l'artillerie] Murs et rampars de Trevy vont parterre, 1. mat.ot, v, !)5. Les durs assaulx et merveilleux beffroy D'artillerie.... id. v, 99. Plus fort a fait mettre en ordre et arroy Processions, sonner cloches, beffroy Par toute France , et porter sans desroy Sainctes reliques, id. v, HO.
— ÉTYM. Picard, benoufe ; ital. batlifredo; baslatin, belfredus, berfredus, verfredus, berefridus, bilfredus, balfredus, berfreit, belfragium; angl. belfreij ; du moyen haut-allemand, berevrit, bermrit, tour servant de défense, de berc , tour, hauteur, et un radical vrit, fred, conserver, d'où l'allemand moderne Friede, paix.
f BEG (bègh'), s. m. Mot turc souvent employé pour bey (voy. bey).
f BÉGAl'l), E(bô-ghô, ghô-d'), adj. Nigaud, sot, ignorant. Populaire.
— Etym. Le radical de bègue est probablement dans ce mot.
î BÉGAYANT, ANTE (bé-ghè-ian, ian-t'), adj. Qui bégaye. [Mouches] Que ses enfants gloutons, d'un bec toujours ouvert, D'un ton demi-formé, bégayante couvée, Demandaient par des cris encor malentendus, la font. Fabl. x, 7.
BÉGAYÉ;, ÉE (bé-ghè-ié , iée), part, passé. Leçon bégayée. Après quelques excuses à peine bégayées.
BÉGAYEMENT (bé-ghè-ie-man, en quatre syllabes) ou BÉGAIEMENT (bé-ghê-man, en trois syllabes , s. m. Embarras plus ou moins grand dans la parole, caractérisé par l'hésitation, la répétition
saccadée, la suspension pénible-, et même l'empêchement complet dj la faculté d'articuler.
— étym. Bégayer.
BÉGAYER (bé-ghè-ié), je bégaye, tu bégayes, il bégaye ou il bégaie, nous bégayons, vous bégayez, ils bégayent ou ils bégaient; je bégayais, nous bégayions, vous bégayiez, ils bégayaient; je bégayai ; je bégayerai ou bégaierai, ou bégaîrai; je bégayerais ou bégaierais, ou bégairais; bégaie, bégayez; que je bégaye, que nous bégayions, que vous bé- ;:.i\ iez, qu'ils bégayent; que je bégayasse; bégayant; bégayé, v.n. || l°Être affecté du vice de parole dit bégayement.il bégaye si fort qu'on ne peut l'entendre. Il 2° Commencer à parler. Les enfants commencent à bégayer à douze ou quinze mois. || 3° Fig. Parler de quelque chose avec hésitation, embarras. Voilà mes faibles pensées; je ne fais que bégayer; mais qu'importe? je veux bien paraître parler mal à propos par un excès de zèle, fénel. xxii, 561. On le vit bégayer avec les enfants , raisonner avec les doctes, fléchier, Panég. 1, p. 309. ||Termede manège. Un cheval bégaye ou bat à la main, lorsqu'il secoue la bride en branlant la tête. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 4° V. a. Il s'est mis à vous bégayer un compliment, sëv. 492. Sait d'un air innocent bégayer sa pensée, boil. Épit. ix. Non pas en bégayant quelques paroles à l'oreille d'une gouvernante, J. J. roiiss. Ém.i. Apollon présidait au jour qui m'a vu naître; Au sortir du berceau j'ai bégayé des vers, volt, dans gïrauLt-du vivier. Ici ma voix, mêlée aux chants de fêtes, De la patrie a bégayé le nom, bérang. Souv. d'enfance.
— HIST. xve s. Pour ce que icelui prestre estoit moult chargié de vin ou de cidre en besgoiant.... ducange. balbuzare. Soif que confort ne rassasie, Dueil baigné en froides sueurs, Bégayant, et changeant couleurs, Par le vent de merencolie, ch. d'orl. Bal. 88. Jl xvic s. Voyez les uns un peu bégayer sur le poinct de l'enfanter, mont, i, 188. Il n'eust su dire trois mots sans bégayer, des per. Contes, xlvii. Ainsi qu'un père bégaye et faict le petit avec ses petits, charron, Sagesse, 1, 39.
— ÉTYM. Picard, béguer; wallon, bckeler ; namurois, bègui ; rouchi et génev. béguer. Bégayer dérive, par un substantif inusité bégai, du primitif béguer (voy. bègue).
f BÉGLER-BEG (bé-glèr-bègh') ou BÉGLIER-BEG (bé-gliêr-bègh'), s. m. Titre réservé aux gouverneurs généraux dans l'empire turc. Le béglier-beg de la Roumélie.
— étym. Mot turc, be'iler bey, seigneur des sein gneurs.
BÉGU, UE (bé-ghu, ghue), adj. Se dit du cheval chez lequel, à l'époque où la mâchoire devrait avoir rasé (ne plus marquer) , la cavité persiste dans les dents incisives, et indique un âge inférieur à celui qu'a réellement l'animal, et faux-bégu, du cheval chez lequel la cheville d'émail, qui fait suite au cornet dentaire, persiste au delà du terme ordinaire, Dictionnaire deméd. ri chir. vétér.
— iiist. xvie s. Il y eut bien là du bigu [dans un raccommodement], bhant. Capil. français, t. m, p. 127. Il leur donna ainsi le bigu [il leur fit prendre le change], id. Dames galantes, t. 11, p. 48 1.
— ÉTYM. Dans ce mot est probablement le radical beg, qui est dans&e'^au l et bègue. Donner le bigu dans Brantôme c'est donner un cheval pour moins âgé qu'il n'est, et, par suite, tromper.
f BÉGUARD (bé-ghar) ou BÉGUIN (bé-ghin) , s. m. Nom donné à des hérétiques du treizième siècle, qui, se prétendant arrivés à la perfection, partage des saints dans le ciel, en prenaient droit de refuser l'obéissance aux princes, et de se dispenser de toutes les pratiques de religion. || Nom qu'ont eu quelquefois les frères convers dans l'ordre des frères prêcheurs et mineurs.
— iiist. xmc s. Ja certes tiex gens n'amerons, Mes Béguins à grans chaperons, As chieres pasles et alises, la Rose, I2H2. Ha! com savez bien 1 arguigner Voiz du papelart, du béguin, ri teb. 312. Il xve s. Doulx et béguin, de semblant rigoureux, en. d'orl. Bal. 103.
— ÉTYM. Bas-lat. beggardus; du flamand beggen; angl. to beg , demander, à cause de la pauvreté à laquelle ces gens se vouaient.
BÈGUE (bè-gh'), adj. Qui bégaye. Il est bègue; elle est bègue. || Substantivement. Un bègue, une
— ÉTYM. Berry, bégat ; rouchi , Inique, bièque; ancien espagii. vegue.On ne peut pas remontei au delà d'un radical beg qui exprime quelque infirmité de l'esprit un du corps, et qu'on ne reconnaîl point dans les langues collatérales.
t-BÉGUETTES (be-ghùf), s. f. plur. Tetites pinces de serrurier.
BÉGUEULE (bé-gheu-1'), s. /\ Femme prude et dédaigneuse d'une façon mal plaisante. Qu'est-ce que c'est donc que cette chanson-là? — Mais, ma mère, c'est de la Belle-Arsène. — Votre belle Arsène était une bégueule, picard, la Petite ville, m, 4. Fi des coquettes maniérées! Fi des bégueules du grand ton I bérang. Jeannette. La liberté.... c'est une bégueule enivrée Qui, dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant : à bas la livrée! id. Refus, y Faire la bégueule, affecter ridiculement la vertu et la modestie. || Adjectivement. Que cette femme est bégueule! || Il se dit d'un homme en plaisantant. Non, mon cher, je ne suis pas si bégueule ; je vous aime de tout mon cœur; je travaille pour vous, volt. Correspond, dans lavaux.
— HIST. xve s. Le suppliant, soy voyant injurié sans cause, respondit à icelluy compagnon : que vaulx tu, bée gueulle? du cange, bcare.
— ÉTYM. Bée, béante, part, passé du verbe béer ou bayer (voy. ce mot), et gueule (voy. ce mot): mot à mot, qui tient la bouche ouverte, attitude qui exprime, il est vrai, l'étonnemeut, mais aussi la sottise, et, par suite, la bégueulerie.
BÉGUEULERIE (bé-gheu-le-rie), s. f. Les airs, le ton d'une bégueule. Elle est d'une bégueulerie insupp irtable.
— étym. Béguetile.
BÉGUIN (bé-ghin), s. m. || 1° Sorte de coiffe, qui s'attache sous le menton. Sans collet, sans béguin etsans autre afflquet, Régnier, Sat. xi. || Coiffe de béguine. L'un [des frères de Chamillart] était évèque de lh'.le, qu'il fit évêque de Senbs et à qui il ne manquait qu'un béguin et des manches pendantes, st-simon. 70, 150. Il Fig. et populairement. Je lui ai bien lavé son béguin, je l'ai bien grondé. Il 2° Petit bonnet à trois pièces en toile ou en laine qu'on met aux enfants sous leur bonnet. Préparait tout, lui faisait des béguins, la font. Herm. Tout l'été nous avons fait des béguins, sév. 5. ||3° Nom d'hérétiques (voy. béguard).
— ÉTYM. Béguine, dont la coiffure fut nommée béguin.
BÉGUINAGE (bé-ghi-na-j'), s. m. || 1° Maison, couvent de béguines. || 2" Dévotion puérile et affectée.
— HIST. xme s. Nostre créance tourne à guide; Mensonge devient évangile; Nuns n'est mais saux [sauvé] sans béguinage, uvteb. ios. Béguin excusent li uns l'autre; Béguin font volontiers damage.; Que c'est li drois de béguinage, Mais que [pourvu que] los en puissent avoir, id. 318. || xv-' s. La plus grand partie d'icelles nobles femmes se disposèrent à mettre jus [mettre à bas] leurs atours et prirent autretels ou semblables que portoient femmes de béguinage, monstrel. ii, 53.
— étym. Béguin (voy. béguard).
BÉGUINE (bé-ghi-n'),*./". || 1° Nom des femmes qui suivaient l'hérésie des béguins ou béguards. Il 2° Nom qui a passé à des religieuses des Pays- Bas, qui, sans être engagées par des vœux, mènent une vie fort régulière dans des lieux enclos par îles murs, où chacune a sa petite maison, avec une église commune; elles portent un voile blanc avec un habit gris blanc. Philippe III envoie consulter une béguine pour savoir si sa femme est inaocentej volt. Mœurs, 82. || 3° Dévote minutieuse.
— iiist. xme s. La gent béguine, ruteb. ios. Et fist en pluseurs liex de son royaume inesons de béguines, et leur donna rentes pour elles vivre, joinv. 298. Une des béguines de la royne, quant elle ot la royne chaucée, id. 286. Mètre boines femes begines en celui hospital, tailliar, Recueil, p. 1 ■">".. Eu riens que béguine die, N'entendiez tuitsc bien non, Fabl. et Contes anc. t. 11, p. 57. || xve s. Ils en
un petit tourtel, en manière d'une oublie de béguine, rnoiss. 1,1, 34.
— ÉTYM. Béguin (voy. béguard); provenç. bechina, beguina.
f BÉGUAI (bé-ghonr), s. f. Titre d'honneur dis princesses et des femmes de qualité de 1 Indoi
— étym. Féminin de beg (voy. ce mot) : la d
la maîtresse. Nous devrions écrire bégam-, qui est la véritable orthographe ; bégum étant la transcription anglaise du mot indigène, où le son muet de l'a est rendu par l'u anglais.
BÉHEN (bé-èn') , s. m. Terme de pharmacie donné à deux racines du Levant : le béhen blanc, vermifuge, et le béhen rouge, ionique; elles ne se trouvent plus dans I" coiimerce.
— ÉTYM. Ai abc, behmen.
BEL
t BÉIIORS (bé-'uor), s. m. Un des noms vulgaires du butor.
t BÉHOUBJHSfbé-hour-dî), s', m. Tourno s, comt lance On nommait ces jeux béhourdis du nom d'une armure qui couvrait le poitrail des chevaux. VOLT. Minus, 99.
— ETYM. I.a définition donnée par Voltaire est fautive; le béhourdis était ainsi nommé du behourt, lance. Se vus ;i!e/. einsi l'espée traite à curt, Vostre hauberc vestu, en main vostre behurt.... Th. le mort. 36. Voy. BOl RDE 2.
BEIGE (bè-|'i. adj. f. Usité dans cette locution : laine beige, laine qui a sa couleur naturelle.
— hist. xmc s. Lors serai moines blans ou noirs,
-. bruns ou bis on beges, ducange, binera.
— r.TYM. te mut parait avoii le même radical que bis, brun (voy.Bis, adj.), et l'italien bigio, gris, brun. On dit, dans certaines provinces, du linge beige pour du linge tirant sur le jaune.
BEIGNET (bè-gnè ; le t ne se lie pas dans la conversation ; au pluriel, \'s se lie: des beignets aux pommes, dites : des bè-gnè-z aux pommes; beignets rime avec traits, succès, jamais), 6-. m. Pâte frite enveloppant une tranche de quelque fruit. Beignets de pommes.
— HIST. xmc s. Les viandes que il nous donnèrent, ce furent beignes de fourmages qui estoient rosties au solleil, joinv. 249. ||xve s. Que tout boulenguiers cuissent leurs bingnes avoue la fournée de l'autre pain tout ensemble, du cange, binola. || xvic s. La pomme s'accommode très bien en tarlellages, beignets et semblables gentillesses de cuisine,