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let. la chair qui tienc à l'estomac, dit ici pour poitrine. I| 7° Terme i ' merie. Toute dislance plus grande que l'interlignage ordinaire. || Espace libre laissé dans une pièce d'écriture. Ecrire dans les blancs. La patente de premier ministre que le roi [Louis XIII] écrivit de sa main, laissant en blanc les appointements de la place, volt. Mœurs, 176. Je laissais aux endroits qu'ils [les bibliothécaires] n'avaient pu lire des espaces en blanc, p. l. cour, i, 76. Il [M. de Bouillon] leur dit [aux envoyés d'Espagne] que son sentiment était qu'ils remplissent un blanc de l'archiduc, retz, ii, 374. || En blanc, état d'un pap:er où les choses essentielles ne sont pas encore écrites. Peu de gens sont disposés à signer une confession de foi en blanc, pasc. Prov. a h Procuration, billet en blanc, procuration, billet où on laisse du blanc pour écrire le nom du mandataire, du créancier. Endossement en blanc, endossement où l'on met une simple signature avec l'espace nécessaire pour écrire l'ordre ou le reçu. H 8" Terme de jeu. Coup nul. Amener blanc. || 9° Espace blanc dans une cible, but. Ceux qui tirent au blanc. M. le Dauphin tirait au blanc, sév. 202. Comme s'il eût tiréau blanc, m. 476. Tantôt on dispute un prix en tirant au blanc, J. J. rouss. Bel. Jv t o II ne levait de ban Que pour tirer quatre fois l'an Au blanc, bérang. Yvet. \\ Fig. Tous ces beaux talents l'avaient rendu sans contredit le blanc (si ie l'ose ainsi dire) de tous les désirs amoureux clés servantes, scarr. Rom. corn, n, 19. || Terme d'artillerie Tirer de but en blanc, tirer à la distance où, la pièce étant horizontale, le boulet, qui s'él-ve d'abord, vient couper la ligne horizontale qui va de la pièce au blanc. || Fig. De but en blanc, inconsidérément, brusquement. S'aller marier de but en blanc avec une inconnue, mol. Fourb.i, 6. Pensez-vous aller début en blanc exposer votre ouvrage au salon' J.J. rouss. Ém. in. || 10° Anciennement, petite monnaie de cinq deniers. Six blancs valaient deux sous six deniers. Faire des tours de toute sorte, Passer en des cerceaux : et le tout pour six blancs, la font. Fabl. ix , 3. || Les grands blancs sous Louis XI et Charles VIII valaient treize deniers. || Mettre quelqu'un au blanc, le ruiner, lui gagner tout son argent. || 11° Diverses acceptions d'arts et de métiers Blanc de baleine, substance solide, blanche, onctueuse, qui ne provient pas de la baleine, ce que le nom semble indiquer, mais qu'on trouve dans diverses espèces de cachalots, notamment le physeter macrocephalus, d'où on la retire par expression. M Blanc l'aigent que le batteur d'or mêle comme alliage à l'or; le plâtre que l'on applique sur les pièces à dorer; la terre dont le salpêtre a été extrait; le dépôt au fond des tonneaux chez les amidoniners. || Blanc d'albâtre, chaux réduite en poudre qu'on emploie dans la peinture en détrempe. || Blanc d'argent nom, dans le commerce, du plus beau blanc de plomb (sous-carbonate de plomb). || Blanc de craie, craie délayée dans de l'eau gommeuse. || Blanc en bourre, enduit composé d'argile, de chaux, de bourre. || Blanc d'Espagne, blanc de Meudon, sous-carbonate de chaux pulvérisé, réduit en pâte au moyen de l'eau, et moulé sous forme de pains ovoïdes ou cylindriques. || Blanc de zinc, oxyde de zinc, n 12° Blanc de champignon, nom que les jardiniers donnent à une matière blanche, d'aspect de. moisissure délicate, qui se développe lorsqu'on abandonne plusieurs mois à l'air des tas de feuilles mortes, du fumier à demi putréfié et peu humide. Ces débris, ainsi préparés et mis en couches, procurent le développement de diverses espèces de champignons, de l'agaric comestible entre autres. || Blanc, nom donné par les cultivateurs à deux sortes de maladies des végétaux : le blanc sec et le blanc mielleux, l'un et l'autre formés parla réunion de plantes parasites de la famille des champignons. Melons qui ont le blanc, la quintinye, Jardins, t. 1, p. 100, dans richelet. H 13° Terme de botanique. Blanc d'eau, nénuphar blanc. || Blanc de Hollande, variété de peuplier blanc. |i 14° Terme de pêche. Le blanc, hareng salé et prêta êtremis en caque. || Blanc, non donné à de petits poissons que les pêcheurs emploient comme appâts. || 15° Terme de manège. Ce cheval boit dans le blanc, boit dans son blanc, ou, adverbialement, boit blanc; il a le tour de la bouche blanc et le reste d'une autre couleur. || 16° Voir en blanc, se dit, en langage vulgaire, des femmes qui sont affectées de leucorrhée.
— HIST. xie s. Diz blanches mules fist amener Marsile, Ch, de Roi. vu. De Charlemagne qui ert chenuz et blancs, ib. xl. Que tout [il] lui tranche le vermeil et le blanc [de son écu], ib. xcix.
— xrrs. Ses confenons fu blans à or lisiez, Ronc.
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p. no. Les chefs floris, mainte barbe i out blance, ib. p. 134. Ses blanches mains, ses doigts Ions et tretis, Couei,v. Le nez moult très bien fait, lesdenz menuz et blanz, Sax. v. Dous frères blancs [deux moines blancs] mena avec sei li buens ber, Th. le mart.i8. Custume est anciene, si l'ai oï cunter, Que tuit li blanc abé de çà et de là mer, Chascun tierz an se soient à Cistaus asembler, ib. 95.
— xiii0 s. Tant ert [elle était] blanche et vermeille qu'on s'i peùst mirer, B>rte, ni. La chair [elle] avoit plus blanche que ne soit blanche laine, ib. L. Il m'avoit pris à menacier, Et je le soi si enlacier De blanches paroles et pestre, Que j'en ai esté à bon mestre, Ren. 16281. Et il ara [aura] le visage et le blanc des iex rouge, alebrant, f° 10.
— xive s. Ce que est blanc, il est blanc as tous et par tout, oresme, Eth. 1 78. Froument mondé le quel on treuve sur les espiciers tout mondé pour un blanc la livre, Ménagier, n, 5.
• Xve s. Et amenèrent ce jour là en la cité de Tournay plus de dix mille blanches bestes et bien autant, que porcs, que bœufs, que vaches, froiss. 1, i, 107. L'enfant qui fut tout surpris et esbahi ne sonna mot, mais devint tout blanc de paour et tout esperdu, id. ii, m, 13. Il estoit si aveugle de ce duc d'Irlande que, si il dit : sire, ceci est blanc, et il fait noir, le roi ne dit point du contraire, id. ii, m, 72. Je ne les prise pas deux blancs Tous les biens qui sont en amer [aimer], ch. d'orl. Bal. 88. Etoy crier plusieurs cris, La cote, la chape, vieulz draps, L'engin à prendre les souris, Pastez chaus, le sel blanc, le riz, e. deschamps, Bal II y en eut qui vendirent grant quantité de platz et d'escuelles d'argent pour deux grans blancs la pièce, cuydans que ce fust estaing, comm. v, 2.
— xvie s. Si la foy décline tant peu que ce soit de ce blanc auquel elle doit prendre sa visée, elle ne retient plus sa nature, calvin, Instit. 42 1. Nostre prieur ayme fort le blanc de chappon, rab. Garg. I, 39. Heureux celluy qui tousjours tendra on but et on blanc que Dieu nous ha prefix, id. ib. I, 58. Le sergent ne meit si hault le blanc à la butte que.... id. Pant. n, n. Les Souisses, tous armez à blanc, la juque ou poing, pour guarder la place, id. Sciom. L'archer qui oultrepasse le blanc fault, mont, i, 224. Mille routes desvoyent du blanc; une y va, id. i, 37. Peindre de mesme creon le blanc et le noir, id. i, 248. Je ne m'habille gueres que de noir ou de blanc, id. I, 261. Proculus afferma qu'il avoit rencontré Bomulus armé à blanc d'armeures claires et luisantes comme feu, amyot, Rom. 45. Il n'est point raisonnable que celuy qui ne tire point attaigne au blanc, id. P. Mm. 32. Craignant leur bel equippage et la lueur de leur harnois fourbis à blanc, id. Pomp. 99. Quant aux capitulations de la paix, il voulut que les Athéniens leur envoyassent carte blanche, id. Phoc. 36. Blanc chapeau et chapeau blanc, est-ce pas tout un? marg. Nouv. xi. Par cette manœuvre la cour de Navarre changea du blanc au noir,, d'aub. Vie, lxxiii. Une estrange multitude de blancs-vestus [pénitents], avec le fouet à la ceinture, id. Hist. n, 330. Un vieillard tout blanc, m.ib. m, 216. Des mentelets couversde fer blanc, id. ib. m, 276. Nous ne devons les faire marcher sous les drappeaux de la croix blanche, qui leur ont servi et doivent servir encores de quintaines et de blanc, id. ib. n, 429. Vous le prenez un peu trop haut pour frapper au blanc, y ver, p. 550. Le blanc des yeux, paré, Introd. 23. Et voila les pauvres médecins, chirurgiens, apoticaires et barbiers à blanc, lesquels ayans ceste marque d'avoir esté constitués à penser les pestiférés, tout le monde après les fuit comme la peste mesme, id. xxiv, 12. Blanc d'amidon, id. xxv, 44.
— ÉTYM. Provenç. blanc; espagn. blanco ; portug. branco; ital. bianco; de l'anc. haut-allem. blanch, blanc. Pour l'explication de but en blanc voy. but.
f BLANCARD (blan-kar) ou BLANCHARL bl inchar), s. m. Terme de commerce. Toile blanche et légère fabriquée en Normandie et en Silésie.
— ÉTYM. Blanc.
f BLANC-AUNE (blan-kô-n') , s. m. Un des noms
de l'alisier commun. || Au plur. Des blancs-aunes.
— étym. Blanc, et aune, s. m.
BLANC-BEC (blan-bèk) , s. m. Terme très-familier qui désigne un jeune homme sans expérience. Il est bien honteux qu'une trentaine de blanc-becs aient l'impertinence de vous aller faire la guerre, volt. Lett. à Cath. 95.
— REM. Voltaire a écrit des blanc-becs; Laveaux veut qu'on écrive des blanc-bec, la pluralité ne tombant ni sur blanc ni sur bec, attendu que la locu-
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tionveut dire des genc à blanc-bec; d'autres grammairiens écrivent blancs-becs. C'est cette dernière orthographe qu'il est préférable de suivre com plus simple ; car on peut prendre figurément blancbec pour celui qui porte le blanc bec.
— ÉTYM. Blanc, bec; locution tirée de l'oiseau qui a encore le bec blanc et qui est inexpérimenté.
| BLANC-BOIS (blan-boî) , s. m. Terme d ancienne législation. Mort-bois, bois qui ne donne aucun revenu.
f BLANC-BOURGEOIS (blan-bour-jol) , s. m. Terme de boulangerie. Farine de première qualité.
— ÉTYM. Blanc et bourgeois; c'est-à dire blanc pour le bourgeois.
f BLANC CUL (blan-ku) , s. m. L'un des noms du bouvreuil. || Au plur. Des blancs-culs.
— ÉTYM. Blanc, cul.
f BLANC-ÉTOC, s. m. Voy. estoc.
— ÉTYM. Étoc est une autre prononciation de estoc.
BLANCHAILLE (blan-chl-11' , Il mouillées, etnon blan-chà-ye), s. /. Menu poisson blanc.
— ÉTYM. Blanc.
f BLANCHARD (blan-char) , s. m. |] 1° Terme de
commerce (voy. blancard). || 2° Nomvulgaire d'une espèce d'aigle.
— ÉTYM. Blanc.
BLANCHÂTRE (blan-chà-lr'), adj. Dont la cou:
leur tire sur le blanc.
— ÉTYM. Blanc, et dire, terminaison péjorative, ou, ici, dégradative.
BLANCHE (blan-ch'), s. f. || 1" Terme de musique. Signe ou figure dont la valeur est de deux noires ou de la moitié de la ronde. || 2° Terme du jeu de billard. La bille blanche. La blanche compte moins que la rouge.
— ÉTYM. Blanc.
f BLANCHE COIFFE (blan-che-koi-f) , s. m. Espèce de corbeau. || Au plur. Des blanches-coi ifes.
— ÉTYM. Blanc et coiffe.
BLANCHEMENT (blan-che-man), adv. D'une manière propre. On doit tenir les enfants blanchement.
— ÉTYM. Blanche, et le suffixe ment.
f BLANCHE-QUEUE (blan-che-keu), s. f. Un des
noms du jean-le-blanc, oiseau. || Au plur. Des blanches-queues.
— étym. Blanc et queue.
| BLANCHER (blan-ché) , s. m. Tanneur de petits
cuirs.
— ÉTYM. Blanc.
f BLANCHE-RAIE (blan-che-rê), s. f. Un des
noms vulgaires de l'étourneau. [\Au plur. Des blanches-raies.
— ÉTYM. Blanc, et raie, ligne.
BLANCHER1E (blan-che-rie) , s. f. || 1° Voy. blanchisserie. H 2° Atelier où l'on nettoie les feuilles destinées à faire du fer-blanc.
1. BLANCHET (blan-chè), s. m. || l°Sorte d'étoffe d'étamine. || Dans les pharmacies, petit carré de molleton de laine fixé sur un carrelet en bois, et à travers lequel on filtre les liquides épais. || Terme d'imprimerie. Morceau d'étoffe dont on garnit le tympan d'une presse, pour rendre le foulage plus égal, et .pour garantir le caractère. || 2° Blanchet ou muguet, maladie de la bouche chez les enfants. || 3e Nom vulgaire de la mâche.
— HIST. xive s. Quatre aulnes de drap turquois retrait et retondu, un nuef blanchet doublé de toille, ducange, blanchetnm.
— ÉTYM. Diminutif de blanc.
f 2. BLANCHET, ETTE (blan-chè, chè-t') , adj.
Légèrement blanc.
— ÉTYM. Diminutif de blanc.
f BLANCHETON (blan-che-ton), s. m. Variété de
raisin.
— ÉTYM. Blanc.
•j BLANCUETTE (blan-chè-f) ? s. f. Un des noms
de la mâche.
— ÉTYM. Blanchet 2.
BLANCHEUR (blan-cheur), s. f. || 1" La couleur
blanche. La blancheur de la neige. La mort ne l'a point changée; cette éclatante blancheur [de son teint], symbole de son innocence et de la candeur de son âme.... boss. Marie-Thér. 0 vous [femmes] dont la blancheur est souvent empruntée, la font. Captivité de S. Malc. || 2° Une blancheur, une marque blanche. On observe, dans diverses parties du ciel, de petites blancheurs qui semblent être de la même nature que la voie lactée, laplace. Ex . 1, (3.
— HIST. xne s. Quar tant ert granz la blancheor, Et tant ert granz la resplendor, Que le cois veer [voir] ne poeient, wace, Vierge Marie, p. 79, Et cil
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fci ne coroist la blanc.horde lumière lo^t les obscures - en Un de cl ires, Job, 189. fj xive s. Leur première blancheur est bien muée en fer [couleur de v. 2«22. Aussi comme la blancheur de la nege et la blancheur de la faune sont d'une -me, Eth. vu, 12. [| xy° s. Pour la Mande leur glorieux estre, appert petite tache, se en euh est, plus que très grant autre part ne feroit, chbist. de pisan, Charles V, I, ch. 8. ||xvies. La blancheur de cette poictrine, mont, i, 22.
— ÊTYM. Blanc; provenc. etespagn. blancor; ital. biancore. Blancheor esi de blanciioyer.
BLANCHI, IE (blan-chi, chie), part, passé. || 1° Rendu blanc. Linge bien blanchi. Chemine mal blanchie. Des flots blanchis d'écume. Tête blanchie par les années. Il est merveilleux combien vous êtes blanchi [vos cheveux sont devenus blancs] depuis ileux jours, la bruy. Théophr. 2. Un jour silices coteaux le vigneron paisible, .Mariant les ormeaux et la vigne flexible. Roulera sous ses pas l'es ossements blanchis, masson, Hekéliens, m. '\ 2° Vieilli, et, par suite, expérimenté. Et comme un vieux guerrier blanchi dessous les armes, Régnier, Épîtr. il. Attale. ce grand roi dans la pourpre blanchi.... corn. Cinnn, ni. 4 Ne suis je
blanchi dans les travaux guerriers Que pour voir en un jour flétrir tant de' lauriers? id. Cid, i, 8. Ainsi ces cheveux blanchis sous le harnois, id. Cid, il, 9. Ce père des chrétiens Resserré loin de nous, blanchi' dans les liens, volt, Zaïre, w, 5. Je méconnais; je sais que, blanchi sous les armes.... m. Mérope, i, 3. Les papes sont presque toujours des Italiens blanchis dans les affaires, id. Louis XIV, 2. Des magistrats, blanchis dans la pourpre et sur les tribunaux, j. 3. rouss. Ém. n. || 3" Qui a reçu un blanc de chaux. Une muraille blanchie. || 4° En termes de l'Écriture, sépulcres blanchis, gens hypocrites. || 5° Passé à la lime ou à la meule, en parlant de pièces de fer et autres.
| BLANCHIE (blan-chie), s. f. Terme de menuisier. Planche qu'on a corroyée a la varlope.
BLANCHIMENT (blan-chi-man) , s. m. Action ayant pour but d'enlever la matière colorante naturelle qui pénètre soit les fibres écrues du lin, du coton, du chanvre, etc. soit la cire brute, Iesuif, etc. || Impression des plafonds et des murs en blanc de détrempe.
— HIST. xvie s. Le colombier sera blanchi en son extérieur à blanc-fin et glissant ....j'ai estimé à propos vous donner un couple de receptes, pour la façon du blanchiment du colombier, o. de serres, 890, Cela avance leur blanchiment .... ainsi blanchit un les cardes, et le ramage des artichaux, en.... ID. 5:20.
— ÊTYM. Par syncope, pour blanchissement, de blanchir; provenç. blanquiment.
BLANCHIR (blan-chir), v. a.\\ 1° Rendre blanc. Blanchir les dents. Le soufre blanchit la laine. Les frimas ne blanchissent plus les prairies. L'âge a blanchi ses cheveux. Les étoiles qui composent la voie lactée et qui, parleur extraordinaire élévation, ne peuvent percer jusqu'à nos yeux pour être vues chacune en particulier, ne font au plus que blanchir cette route des cieux où elles sont placées, la bruy. 16. Et du temple déjà l'aube blanchit le faîte, rac. Âthal i, i. Ce globe qui des nuits blanchit le sombre voile, volt. 6« Discours. Quand les neiges viennent blanchir les Alpes et le mont Jura, id. Leur. Mine du Deffant, 25 janv. 1775. A peine la lumière blanchissait le fond du vallon, bern. de s. p. l'Ârcadie, livre n. || 2° Couvrir d'une poudre blanche, d'un enduit blanc. Elle s'est blanchi le visage. Les femmes emploient la céi u i i pour se blanchir le teint. ||Fig. On a beau blanchir le sépulcre piein de pourriture et d'infection, mass. Lazare. || 3° Nettoyer, laver. Blanchir quelqu'un, c'est-àdire blanchir son Ifnge. || Absolument. Cette femme blanchit bien, elle fait bien les blanchissages. || 4° Fig. Disculper. Il est selon mon cœur de hasarder une opinion qui tende à blanchir un personnage illustre, dider. Essai sur Claude. || 5° Terme de menuisier. Blanchir une planche, enlever la superficie qui est ordinairement sale et plus foncée. Il En termes de cuisine, donner une première cuisson dans l'eau bouillante. Blanchir de la viande, des fruits. || Terme de jardinage. Blanchir du de la chicorée, en faire blanchir les feuilles vertes en les liant les unes conire les autres. || 6" Administrer une cure palliative qui ne l'ait que masquer les symptômes, par exemple, de la syphilis chez l'homme, de la morve chronique chez le cheval. Il n'a pas suivi le traitement assez longtemps, il n'a été que blanchi. || 7° Donner de l'éclat. Les
orfèvres blanchissent leurs ouvrages. || Nettoyer, fourbir. Il avait donné son argenterie à blanchir. Sitôt que nous nous mimes à table, il alla emprunter trois cuillers de bois, et nous dit qu'il avait donné les siennes d'argent à blanchir, regnard, Vmj. de Pologne, t. îv, p. 418, Paris, Marne, 1810. || Ëtamer le plomb au feu ou le couvrir de feuilles d'étain. || Limer avec une grosse lime le fer sorti de la forge. || Blanchir la fonte, la décarburer dans l'affinage. || 8° Terme d'administration forestière. Blanchir un arbre, en enlever une portion d'écorce pour y mettre l'empreinte du marteau. || 9° Terme de typographie. Augmenter le nombre des interlignes. || 10° V. n. Devenir blanc. Cette toile blanchira. Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rames, rac. Iphig.i, 5. [La montagne] Montrait son front pointu de neiges blanchissant, Régnier, Ép. I. L'eau blanchit sous la rame et le
vaisseau fend l'onde, delili.e, En. v, 1052 A
peine au loin la voile.... Blanchit en ramenant le paisible pêcheur, lamart. Méd. Il, 2. || il0 Devenir blanc, en parlant des cheveux, de la barbe. Vos cheveux ont un peu blanchi, fén. Tél. ix. Bonne maman, consolez-vous; Vous ne blanchissez pas encore, bërang. B. maman. Chaque âge a ses humeurs, son goût et ses plaisirs, Et comme notre poil, blanchissent nos désirs, Régnier, Sat. v. || Fig. Passer un long temps dans un emploi, dans une occupation. Blanchir dans le service, sur les livres, sous le harnais. Malgré tout cela je ne décide pas; je le laisse à ceux qui ont blanchi sur ces importantes questions, vauven. Espr. hum. 37, Amour. Ces pères des Romains, vengeurs de l'équité, Ont blanchi dans la pourpre et dans la pauvreté, volt. Brut, i, %. || 12° Ne ,jas réussir. Les douceurs ne feront que blanchir contre moi, mol. Dép. am. v, 9. Voilà des raisons qui ne valent rien; fout cela ne fait que blanchir, id. Crit. de l'Éc. des f. 7. La rhétorique de l'un ne fit que blanchir auprès du beau sexe, hamilt. Gramm. 9. Mais tout cela [ces avances] ne faisait que blanchir, la font. Faucon. Jamais rien n'a pu le fléchir: Vers, prose, soins et complaisance, Discrétion, persévérance, Tout cela n'a fait que blancnir, pavillon, p. 13. || 13° Se blanchir, r. ré/1. Se salir avec quelque chose de blanc. Il s'est blanchi contre la muraille. || 14" Fig. Se disculper. Il n'a pas eu de peine à se blanchir. || Proverbe. Tête de fou ne blanchit jamais, c'est-à-dire ceux qui sont par caractère exempts de préoccupations, ont rarement les cheveux blancs.
— HIST. xve s. Qu'on ne dise mie que je le blanchisse trop, pour faveur ou pour amour que aie à lui, froiss. n, m, ci. || xvic s. Tu verras tost par force de ramer Autour de toi blanchir toute la mer, dubell. iv, 22, verso. Eli' prit son tein de beaux hz blanchissans , id. ii, 8, recto. Les lièvres que la neige blanchit aux montagnes, mont, i, 102. J'ay honte que desjà les douleurs inhumaines Me blanchissent le poil sans le congé du temps, la boétie, 520. Le lendemain sera lavée la face avec eau rose, blanchie avec du son, paré, xxv, 45. Ce poulcier, en blanchissant l'air, troubloit la veuë , amyot, Eum. 34. Toute la bravoure de Bertrand ne fesoit que blanchir contre eux, M. s. du G. ch. 12. Blanchir paroy noire, Proverbe dans génin, Récréations,
t. II, p. 235.
— ÉTYM. Blanc; picard, blankir; provenç. blanchir; anc. cat. blanquir.
f BLANCHIS (blan-chi), s. m. Terme d'eaux et forêts. Espèce de coche pratiquée avec la serpe aux arbres qui doivent être coupés.
— ÉTYM. Blanchir.
BLANCHISSAGE (blan-chi-sa-j '),.s\ m. || l'Action de nettoyer le linge. Tout mon linge est au blanchissage. || 2" Action de raffiner le sucre.
— étym. Blanchir.
BLANCHISSANT, ANTE (blan-chi-san, san-t'), adj. Qui devient blanc, qui parait blanc. Les (lofs blanchissants. Des collines blanchissantes. La rive au loin gémit blanchissante d'écume, rac. Iphig. v, c.
BLANCHISSERIE (blan-chi-se-rie), s. f. Lieu où l'on blanchit des toiles, de la cire, le linge, etc.
— HIST. xves. Devant les boutiques de la leuderie et blanquerie de Bcseirs, du cange, blanqui n'a.
— ÉTYM. Blanchir.
BLANCHISSEUR, EUSE (blan-chi-seur, seû /.'), s. m. 1 1 /'. Celui, celle qui blanchit du linge. Blanchi "use de gros, blanchisseuse de fin, celle qui blanchit le gros linge, le linge fin. [Elle au blanchisseur ses roses et ses lis, boil. Sat. x. || Il porte le deuil de sa blanchisseuse, se dit d'un homme qui a une chemise, une cravate sales.
|| Blanchisseuse do tuyaux de pipe, se dit, en langage trivial, d'une femme de mauvaise vie.
— ÉTYM. Blanchir; picard, blankisseux.
f BLANCUOEUVKIEK (blan-clieu-vri-é), s. m. Terme de commerce. Fabricant et marchand de gros outils tranchants.
— ÉTYM. Blanc (dans le sens des armes blanches), et ouvrier. Blanche-œuvre dans l'ancien fianças signifiait des outils tranchants. Plusieurs ferremens que l'en dit blanche euvre, oustils et habillemens servans, nécessaires et convenables au mestier de tonnelier, du cange, foretum.
f BLANCHOT (blan-cho), x. m. Espèce de piegrièche.
— ÉTYM. Diminutif de blanc.
f BLANCHOYEK (blan-cho-ié), v. n. Avoir un reflet blanc. L'on voit avec horreur d'antiques o ;ements Blanchoycr à travers de pompeux ornements, masson, Les Htivétiens, v.
— hem. Ce verbe, fait d'ailleurs comme verdoyer, est très-bon, et, bien qu'il ne soit pas dans le ûii tionnaire de l'Académie, il n'estjamais tombé en désuétude.
— HIST. xme s. Ils regardent, si voient le bliaut blanchoier, Berte, 38. Quant il vit l'eve blanchoier, Ben. 28099. Et sa gorge si descoverte Que parmi outre la chemise Li blanchooit sa chair alise, la Bose, i isu. || xiv" s. De toile sont vestu que je voi blanchoier, Guesclin, 22219.
— ÉTYM. Blanc; provenç. blanquejar; espagn. blanquear ; portug. brannucjar ; ital. biancheggiare.
f BLANC-MADAME (blan-ma-da-m'), s. m. Variété de raisin.
BLANC-MANGER (blan-man-jé) , s. m. Terme de cuisine. Espèce de gelée qui se fait commun 1 n.1 avec du lait, des amandes, du sucre et de la colle de poisson. || Au plur. Des blancs-mangers.
— HIST. xme s. La sele qui au cheval fu Estoit faite d'un blanc-mangier, Fabl wîu;,barbazan, t. iv, p. "i . Il xtv° s. Blanc mengier do chapons pour malades, Ménagier, n, 5. ||xvies. Poules bouillies et graz chappons on blanc manger, rab. Pant. iv,59.
— ÉTYM. Blanc, manger.
t BLANC-PENDAKD (blan-pan-dar), s. m. Nom vulgaire de la pie-grièche. || Au plur. Des blancspendards.
— ÉTYM. Blanc, et pendard. à cause des déprédations de cet oiseau.
f BLANC-PLOYANT (hlan-plo-ian), s. m. Défaut du fer qui le rend peu propre à passer à la filière.
f BLANC-POUDRE, ÉE(blan-pou-dré, drée), adj. Poudré à blanc. || Substantivement. Nos blanc-poudréssont convaincus De tout ce que vous savez faire, volt. Roi de Prusse, 114. Mon Dieu! que je fus aise, quand j'appris que le théâtre étaij; purgé de blanc-poudrés coiffés à l'oiseau royal! m. Leur. d'Argental, is juin 1759. || Au plur. Des blanc-poudrés, sans s à blanc, parce que ce sont non des blancs qu'on a poudrés, mais des gens poudrés à blanc.
— ÉTYM. Blanc, poudré.
f BLANC-RHASIS (blan-ra-zis') ou, par corruption, BLANC-BAISIN (blan-rè-zin), s. m. Terme de pharmacie. Onguent pour la brûlure.
— HIST. xvie s. Il se réduit en blanc de plomb, de quoy la ceruse est faite, et blanc rasis,qui est la plus blanche de toutes les drogues, palissy, 41.
— ÉTYM. Baisin est une altération de Rhas s ou Rhasès, médecin arabe qui vivait dans le xn° siècle.
BLANC-SEING (blan-sin), s. m. Mandat en blanc au bas duquel est apposée une signature, et que l'on confie à quelqu'un pour qu'il le r smplisse. || Au plur. Des blancs-seings.
— UEM. L'Académie écrit blanc seing, sans liait d'union. Au mot blanc où elle donne blanc seing, il n'y a point d'exemple du pluriel; mais, bseing, elle écrit des blancs seings. Comment y considère-t-elle blanc? Seing veut dire signature; les blancs >
avec cette orthographe, seraient donc des signatures blanches, ce qui n'est pas le sens; car le seing est un papier blanc signé. Blanc seing li it s'expliquer par signature sur blanc, et l'on plie devrait être des blanc- seings ; à noins [u'on ne suppose que, par catachrèse, seing signifie ici papier signé, et le tout papier blan ce qui permettrait d'écrire, au pluriel, blancs-seings.
— étym. Blanc, seing.
BLANC-SIGNË (blan-'si-gné) , s. m. Le
que blanc-seing, qui est acluellemi ni plus usité. Je reviens à Paris avec trente de « lie,. . ;nés de
M. le comte, retz, i, 37 t. 'est un blanc-signe
Qu'aul efois par larcin je pris au roi mon père, mair. Solim. 1, &. Le roi, ayant pris parti, envoya
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son blanc-signé à M. de Bouillon pour terminer le procès comme il lui plaisait, st-sim. 157, 53. Auguste donna à son ambassadeur ses pleins pouvoirs et son blanc-signé, volt. Charles XII, 3.
— REM. L'Académie, qui donne cette locution à blanc, écrit, sans trait d'union, blanc signe; elle n'indique pas le pluriel; il doit être des blancs signés, c'est-à-dire des papiers blancs signés.
— HIST. xve s. Qui avoit des blanc/, signez pour son maistre, comm. i, 2. || xvie s. Blancs-signez,