‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 28 sur 462 · A HA · texte numérisé non relu

A HA

AHA

AHA

X tort ou it droit, m. i, s*. X ce compte, m. r, 2r>. i. peine est-il en son pouvoir de..., id. i,8S7.Xla Térité , ro. i, ««. À l'abri des coups, id i l'exemple des Thraces, m. t,»8. Au royaume nate, id. i, 34. n'advenir, id. i. a,iD.i,

277. I es moyens qu'ils onl à y employer, id, i, 24. A quoi faire vouleiYOus.... id. i, 85. Il l'envoya subju guérie monde atout [avec] seu oooo hommes,

;n. i,<80. Les yeux me troublent à monter [quand je monte], id. i, 8S4. X parler en bon esc ent, id. i, 917. il le somma de sortir à parlemente! , id. i, IS, l •'-■ ê à force, id. i, iO. No craindre

i mourir, in. i, o». C'esl à Dieu seul à qui gloire appartient, id. m, 10. Ce n'esl pas m Pon abuse ainsi : Qu'à quelque enfanl ces ruses on empli"- ■ l •- De m'eff ayer dej

i lis j'en consulterai sans plus

à mamaistresse, m. 506. Sœur de Paris, la fille au roy d'Asie, bons. 106,

— ki \m. Ad* tab qui se sont confondus jbourguig. ai; provenç. eapagn. et ital. a.

fABAlSSANI \mi: (a bi san, san-t'), adj. Qui abaisse. Cela serait abaissant. Conduite abaissante. Langage abaissant.

ABAISSE (a bâ-s')f s. f. D'après le Dictionnaire île l'Académie, pâte qui fait la croûte de dessous dans plusieurs pièces de pâtisserie. Mais cette explication est inexacte. L'abaisse est un morceau de pâte qui a été abaissé, c'est-à-dire dont ou a diminué la bailleur en le passant sous ileau, jusqu'à ce qu'il soit devenu mince. I ne abaisse est une pièce de pâte mince que l'on emploie de diverses manières.

— f.TYM. Abat'** r

ABA1>SK. ÉE (a-bè se, sée) , part. • 1 -'emploie au propre et au figuré. Des i abaissés. Une autorité abaissée. Tiens, ins. tiefts cette vue abaissée, rotrou, Bel. i, 6. Il faut, dit saint Augustin, parler d'une façon abaissée et familière pour instruire, fên. t. xxt, p. 167. L'Inde esclave et timide et l'J ssée, volt.

Mali, n. 5. lu iance de l'hum

volontaire où il est réduit et où il se tient abaissé pour nous, roiird. Pensées, t. m, p. 264. Sion, jûsques au ciel élevée autrefois , Jusqu'aux enfers maintenant abaissée, rac. Esth. i, 2. Cette fierté si haute est enfin abaissée, id. Alex, v, 3. ! 2 1 n termes de blason, abaissé se dit de toutes les pièces de l'écu qui se trouvent au-dessous de leur situation ordinaire : vol abaissé , chevron abaiss abaissé, sedisent de l'oiseaudont lesailessom ou dont le bout est tourné vers la pointe de l'écu, du chevron, dupai, dont la pointe finit au cœur de l'écu.

ABAISSEMENT (a-bê-se-man), s. m.\\ 1° Action d'abaisser ou de s'abaisser; état de ce qui es1 abaissé. Abaissement d'une soupape, des paupières. || 2 1 ig. Abaissement de la voix, qui indique trois eboses : le passage de la voix haute à la voix basse; le passage des syllabes accentuées aux syllabes qui ne le sont pas ; le passage de la voix aiguë ;\ la voix grave, dans la musique. || 3° Diminution. Abaissement du prix des denrées. Au moral, abaissement de courage. L'abaissement des caractères. || 4° Action de faire déchoir, état de déchéance, humiliation volontaire ou forcée. Après l'abaissement des Carthaginois, Rome fut sans rivale. Abaissement de fortune. Se tenir dans l'abaissement devant Dieu. On tomba dans un tel abaissement.... Cette famille est réduite a vivre dans l'abaissement. Son grand dessein a été d'affermir l'autorité du prince et la sûreté des peuples par l'abaissement des grands, la brut. 10. Et la mort ou l'exil ou les abaissements Seront pour vous et moi ses vrais remerciments, corn. Othon, n, 4. Un peu d'abaissement suffit pour une reine, id. Nie. v, 7. Un si doux ennemi par ses abaissements N'a-t-il pas étouffé tous vos ressentiments? rotrou, Bel. iv, 6. Ce triste abaissement convient à ma fortune, rac. Iph. m, 5. Vous avez vu ma honte et mon abaissement, volt. Brut, iv, i. Un homme religieux et désintéressé dans ses abaissements volontaires, bourd. Pensées, t. n, p. i"8. La mesure de nos abaissements en ce monde sera la mesure de notre gloire dans l'autre, id. ib. t. 11, p. tcc. Le dieu que nous adorons n'a acception de personne, ni de celui qui est dans la grandeur, ni de celui qui est dans l'abaissement, id. ib. t. m, p. 194. Son humilité la sollicite à venir prendre part aux abaissements de la vie religieuse, boss. La Vallière, Profession. || 5° Terme d'art ou de science. En chirurgie, abaissement de la cataracte, opération par laquelle on fait descendre au-dessous du niveau de la pupille le cristallin devenu opaque. Abaissement de la

e, lésion par laquelle la matrice di cend

plus lias qu'elle n'est dans l'état de santé. || 6" En

algèbre, abaissement d'i équation, réduction

d'un.' éq in degré moindre. || 7" lui blason,

ment, addition dans un écu de quelque pièce qui en abaisse la valeur.

— rem. abaissement peut s'employer au pluriel, i m ne dirait pas, il est dans les abaissement !, au lieu de, ilest dans' l'abaissement. Mais, toutes les rois qu'il compoi te une idi e de pluralité, on peut s'en

au pluriel. Corneille et Rotrou l'ont fait, et on en lussi des exemples dans les auteurs en prose : les abaissements que Marie avait soufferts Sur la terre, mass. Myst. assompt.

— SYN. bassi sse, ahaissement. Défaut par rapport à la condition et a l'a

est une manière d'être; L'abaissement, un état qui résulte d'une action; on est dans la 1

i i s ou on a été uns dans l'abai en ent \ bassesse est attachée l'idée de perm \ abais-

sement ose d'accidentel. On dit

la bassesse naturelle à l'homme, la bassesse de la naissance. On appelle ut. l'état auquel

cend volontairement ou malgré soi. De la sorte, bassesse peut se prendre pour abaissement, mais non ■' ! on dira tom-

tsla bassesse, mais on ; .ement

tout ce qui est permanent, na-

.''iii' .n abaissement Ba i eesi

oment relatif. L'un se prend tou-

en mauvaise part; on est dans la bassesse soit par le vice, ie condition à laquelle

aucune considération n'est attachée. L'autre est relatif; il se prend en mauvaise part ou en i suivant que l'abaissement est le i fautes

ou d'iii té, ou suivant qu'il est volontaire

et un acte d'humilité. On censure la bassesse des flatteurs; mais si on blâme l'abaissement des cares, on loue les abaissements de la vie religieuse, et le chrétien s'efforce de chérir, à l'exem pie de J. C. et de ses disciples, l'abaissement et les soufflâmes . iaiaye. L'abaissement du style sera une qualité si, ayant pris un ton trop haut, on se

au ton véritable; un défaut, si le ton est audessous du sujet. .Mais la bassesse du style est toujours condamnable.

— HIST. xir s. [Il] refusé a lor povreté, Si qu'il

le n'en gusté [des mets offerts] ; Abaissement li fust c laiz [ce lui eût été abaissement et honte], i, 10937.

— ETYM. Abaisser; provenç. abaisamen ; anc. eatal. ahajcamenl ; espagn. abaxiamenlo ; ital. abbassamento.

ABAISSEE (a-bè-sé ; quelques-uns disent a-bé-sé. Ai prend le son èou 6, quand la syllabe qui suit est muette : ila-bè-se-ra ou a-bê-se-ra), r. a. || 1° Rendre moins haut, faire descendre. Abaisser un terrain. 11 faut abaisser ce mur d'un mètre. Abaisser la paupière. Abaisser un store. Abaissez vos regards sur lui. Avant un corps qui vous aggrave et vous a vers la terre, pasc. (dit. Cousin. Abaissons la [l'âme] àla matière, in. ib. Jamais étoile, lune, aurore, ni soleil, Nevirent abaisser sa paupière [du dragon] au sommeil, corn. Jféd. n, 2. Disposez de sa main, et pour première loi, Madame, ordonnez-lui d'abaisser l'œil sur moi,iD. Tite et Bér. iv, 3. || 2°Fig. Rendre moins élevé, faire décroître, diminuer. Abaisser la voix. Abaisser le prix des denrées. La découverte des gisements de la Californie a abaissé la valeur de l'or. Car enfin n'attends pas que j'abaisse ma haine, corn. M. de Pomp. ni , 5. De moment en moment son àme plus humaine Abaisse sa colère et rabat de sa haine, id. Méd. m, 2. || 3° Déprimer, humilier, ravaler. Abaisser le pouvoir de quelqu'un. Abaisser l'orgueil. Abaisser la majesté des lois. Abaisser la vertu. Pour abaisser notre orgueil et relever notre abjection, pasc. (dit. Cousin. Aujourd'hui devant vous abaissant sa hauteur, volt. Brut, i, I. Une esclave chrétienne et que j'ai pu laisser Dans les plus vils emplois languir sans l'abaisser, id. Zaïre, iv, 5. Ils abaissent les Grecs, ils triomphent du Maure, m. Tancr. Il, I. Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres? id. Brut, v, 2. Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil.... id. Zaïre, i, 2. Mais nous aurons bientôt abaissé son audace, ducis, Oth.ï, 2. Je mourrai satisfaite après cet orgueilleux , Sous qui César niabaisse à force de Faccroître , rotrou, Bel. n , (7. Mais, croyez-moi, l'amour est une autre science, Burrhus, et je feraisauelque difficulté D'abaisser jusque-là votre sévér.^^RAC. Brit. m , ). || 4° Abaisser pris absolument. Que s'il plaît au Seigneur, qui selon les conseils de sa sagesse élève et abaisse... , bourd Pensées, t. n, p.2t 2. ||5°En termes de chirur-

gie, abaissa- la cataracte, faire descendre , à l'aide d'une aiguille introduite dans la chambre postérieure de l'œil, le cristallin au dessous du niveau de la pupille. || 6° En termes d'algèbre, abaisser une équation , eu diminuer le ,lo-ié. || 7"Kn termes de géométrie, une perpendiculaire sur une droite, mener d'un point pris hors d'une ligne une perpendiculaire à cette ligne. || 8" En tenues do pâtisserie, abaisser la pâte, l'étendre avec le rouleau et la rendu' aussi mineequ'on veut. || 9° En termes d'horticulture, abaisser une branche d'arbre, la raccourcir. || 10" En termes de fauconnerie , abaisser l'oiseau, diminuer la nourriture habituelle de l'oiafin de le rendre plus léger au vcl et plus ai ide à la proie.

s'aim ! ,1 rrf/l. || 1° Devenir plus bas. Ces nuages s'abaissent vers la terre. Leterrain va en s'abaissant. Là où les collines commencent à s'abaisser. Le soleil te. Sur le chaume de ces demeures Déjà le soir s'est abaissé, millev. ÉUg. i. Et vous, sous sa majesté sainte J Cieux, abaissez-vous, rac. Esth. ni, o. || 2° Fig. S'abaisser, devenir plus bas, se proportionner à, condescendre. La voix s'abaisse. S'abaisser à la portée de ses élèves. Chercher la popularité en s'abaissant. Il s'abaissait jusqu'à converser avec une femme de Samarie, mass. av. Disp. Faites bien concevoir à M. Despréaux combien vous êtes reconnaisla bonté qu'il a de s'abaisser à s'entretenir avec vous, rac. Lettres à son fils. Et fait comme je suis, au siècle d'aujourd'hui, Qui voudra s'abaisser à me servir d'appui? boil. Sat. I. Peut-elle s'abaisser jusqu'à souffrir ma vue? corn. Perth. u,4. ||3° S'humilier, en bonne et en mauvaise part, se courber, se dégrader. S'abaisser devant Dieu. S'abaisser sous la main divine qui châtie. S'abaisser aux prières. S'ajusqu'à plaider sa cause. Je ne m'abaisserai pas au . Votre fierté, Porus, ne se peut

, rac. Alex, v, 3. Est-il juste après tout qu'un conquérant s'abaisse Sous la servile loi de tenirsa promesse ? id. Andr. iv, r>. Vous voulez que le roi s'aba e et s'humilie.... id. Mithr. m, t. Vestibules profonds, parvis silencieux, Où viennent s'abaisser les cœurs religieux, lemerc. Fréd. et Brun. i, I. De savoir si peu m'abaisscr, céder dans les rencontres, supporter un mépris.. ..bourd. l'ensées, t. n. p. 405. Je rougis que mon père, Pour l'intérêt d un fils, s'abaisse à la prière, volt. A!z. i, i. Voudrat-il qu'on s'abaisse à ces honteux moyens.' id. Zaïre, n, i . D'un cœur tel que le sien l'audace inébranlable Ne sait point s'abaisser à des déguisements, id. Ad- n, 5. Ne vous abaissez pas à soupirer pour elle, id. Orphcl. iv, 2. S'il se vante, je l'abaisse; s'il s'abaisse, je le vante.... Forcé à s'abaisser d'une ou d'autre manière.... Et s'il ne s'abaisse à cela, pasc. édit. Cousin. Qui nous retrace dans le souvenir comment il a quitté le sein de son père et il s'est abaissé jusqu'à nous, bourd. Pensées, t. m, p. 300. Est-il une démarche si humiliante où il ne s'abaisse, dès qu'il croit qu'elle peut le conduire à son terme? id. ib. t. n,

— SYN. || i" baisser, adaisser. Faire descendre, faire aller de haut en bas. Baisser est absolu et Abaisser est relatif. Baisser une chose, c'est la mettre [dus bas qu'elle n'était; abaisser, c'est la mettre plus bas qu'une autre ou du moins la faire descendre jusqu'à une autre qui était plus bas qu'elle. Au fond, abaisser, c'est baisser vers, lafaye. C'est là le fond de la différence entre baisser et abaisser. Toutes les fois qu'on voudra faire sentir cette idée de direction, on préférera abaisser à baisser. A-insi le chevalier baissa la lance ou abaissa la lance; on dira plutôt le premier pour indiquer que la lance est baissée sans aucune intention ; on dira plutôt le second pour indiquer que le chevalier la baisse vers un objet déterminé, la met en arrêt par exemple. || 2° abaisser, rabaisser, ravaler, humilier, avilir. Tous ces mots ont le sens général de déprécier. Abaisser n'a rien de plus que le sens général. La malignité hnmaine abaisse la vertu. Rabaisser est plus fort ; on rabaisse ce qui est beaucoup trop élevé, l'arrogance, la présomption. L'envie, ne pouvant s'élever jusqu'au mérite, pour s'égaler à lui, tâche à le rabaisser. Ravaler exprime une i lce analogue à rabaisser, mais avec plus de violence et d'emportement. Avilir attire la honte, imprime la flétrissure. Le grand homme peut être humilié, ravalé, mais non pas avili. De grands motifs nous engagent à nous humilier, à nous abaisser, aucun à nous avilir. L'homme modeste s'abaisse, on rabaisse la présomption, l'esprit de parti ravale les hommes éminents, le lâche s'avilit, le pénitent s'humilie., roubaud.

ABA

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— HIST. xir s. David guerria fièrement les Philistins et moult les abaissa, Rois, )46. Ses grant orguels [sera] abaissez, Ronc. p. 2). Sainte iglise dreit lui abaissier [il] ne lerra , Ne à laie [laïque] justice les clers ne livrera, Th. le mari. 27. Moult durement vers lui en ire [le roi] s'enflamba, Et très bien lui pramet [promet] que il l'abaissera, Et là où il le prist que il le remetra, ib. 28. Il s'abaissa [se baissa], si a pris un cuillier; Le portier [il] fiert parmi le hanepier [la nuque] ; Li sans en chiet dusqu'au talon derrier, Bat. d'Aleschans, 3886. ||xm«s. Fu requis Jofrois qu'il alast à Andrenoble et qu'il meist conseil ;\ ce que ceste guerre fust abaissie [finie], villeh. exix. Gis feus [ce feu] fu si grans et si oribles que nel pot nuls abaissier ne esteindre, m. xci. Bien fust la crestienté essaucie [exhaussée] et non mie abaissie, m. xxxiv. Mais or ne pensez plus pour riens Que je m'amour donner vous doie [doive] : Trop durement [je] ui'abaisseroie, Blonde et Jehan, 884. On ne doit pas penre [prendre] garde s'il [Le prix] monte ou abaisse au marché, beaum. xxxvii , 4. De la fontaine m'appressai [m'approchai] ; Quand je fui pris, si

■ m'abaissai Pour veoir l'iaue qui courait , la Rose, <532. || xiv0 s. Icelle femme desmenti plusieurs fois le suppliant en abaissant honneur de sa personne et de son office, du cange, abassare. || xv° s. Certes, seigneurs, Jean Lyon se souffre maintenant et abaisse la teste bien bas, froiss. ii, ii, 52. Or entendez au soustenir [soutenez-le] ; Car je le voy bien qu'il s'abesse, la Pass. de N. S. J. C. ||xvie s. Le peintre eut charge d'abaisser de couleur l'endroit qui estoit par tpop enluminé, d'auis. Fœn. iv, )i. Ils ne se pressoient pas beaucoup de partir et attendoient la chaleur à s'abaisser [que la chaleur fût tombée], des periers, contes, 39.

— ÉTYM. À et baisser; provenç. abaissât'; espagn. abavar; ital. abbassan-.

ABAISSEUR (a-bè-seur, ou, suivant la prononciation de quelques-uns, a-bé-seur), adj. inasc. et s. m. || 1° Terme d'anatomie. Nom donné à des muscles qui abaissent certaines parties du corps. Le muscle abaisseur de l'angle des lèvres. L'abaisseur de l'œil. || 2° Terme de chirurgie. Abaisseur de la langue , instrument de forme variée destiné à abaisser et à maintenir la langue, quand on examine le fond de la bouche.

f ABAIT (a-bè),s. m. Terme de pêche. Appât. Peu usité.

— HIST. xiiic s. Car la vielle set trop d'abet (ruse) , Renan, t. ni, p. 3)2.

— ÉTYM. Norm. abet, appât pour le poisson; abéter, mettre un appât; provenç. abet, ruse; angl. abet, instigation ;bas-lat. abettum; de à et de l'ancien français beter, mettre un mors, du germanique ; anglo-sax. bœtan; flamand, beéten; allem. beizen, faire mordre la bride, et aussi exciter.

ABAJOUE (a-ba-joûe), s. f. Poche située de chaqué-Fcôté de la bouche, entre les joues et les mâchoires, chez certains mammifères quadrumanes, chiroptères et rongeurs, qui y mettent leurs aliments en réserve pendant quelques instants.

— ÉTYM. Ce mot paraît venir de à et bajoue (voy. ce mot). Cependant l'espagnol offre abazones, qui ne se rapporterait pas à cette étymologie, et qui d'ailleurs n'a pas non plus de mot espagnol d'où il puisse provenir

| ABALOUBDI, IE (a-ba-lour-di , die), part, passé. Enfant abalourdi par de mauvais traitements.

t ABALOURDIB ( a-ba-lour-dir) , v. a. Rendre balourd, hébété. Populaire,

— ÉTYM. À et balourd.

ABANDON (a-ban-don), s. m. On verra à l'Étymologie quelle est la série réelle des significations. || 1° Remise entre les mains de.... L'abandon à la Providence. Il faut tout trancher par l'abandon envers Dieu, boss. Lett. Corn. i. [Elle] lui gagnerai! le cœur d'un prince libéral, Et de tous ses trésors l'abandon général, corn. Méd. n, 2. || 2» Terme de droit. Cession, acte par lequel un débiteur délaisse ses biens à ses créanciers. Il a fait à ses créanciers l'abandon de ses terres. || 3° Facilité dans le discours, simplicité, négligence heureuse. Parler avec abandon. Cette femme a dans ses manières un abandon séduisant. Gracieux abandon. Doux abandon. Cta trouve dans l'exécution de ce tableau un heureux abandon. Rock en,son lyrique abandon Dit qu'il dévore la couronne Dont Phébus lui promit le don. Apparemment Phébus lui donn

■ ne de chardon, millev. Épigr. || 4° Confiance i". Il m'a parlé avec abandon , avec un entier abandon. Dans l'abandon de sa vive amitié, Hi< son rival Montfort s'est confié, c. delav. V. Sic. i .

2. Et dans ce trouble heureux dont j'aimais l'abandon, id. Paria, i, 2. || 5°Action d'abandonner. L'abandon des intérêts communs. Or ce péché ne peut être mieux puni que par l'abandon de Dieu, bourd. Caréme.t. i, p. 2)2. Et de ses intérêts un si grand abandon, corn. Sert, iv, 2. Ce sont là de ces exemples rares et terribles de la justice de Dieu sur les hommes; et s'il y en a eu sur la terre, ils prouvent seulement jusqu'où peut aller quelquefois son abandon et la puissance de sa colère, mass. Car.évid.dela foi .11 y aurait un lâche abandon de moi-même à souffrir qu'on me déshonore, volt, dans Lawaw.r. || G'Ltat d'une personne ou d'une chose abandonnée. Ce vieillard est dans l'abandon. L'homme sent alors son néant, son abandon, pasc. édit. Cousin. Mes mains désespérées Dans ce grand abandon seront plus assurées, volt. QEd. iv, 4. || Abandon aie sens actif et le sens passif. L'abandon des amis peut également signifier ou qu'on abandonne ses amis ou qu'ils nous abandonnent. L'abandon du sénat, l'abandon où le sénat est laissé, et l'abandon où il laisse. Il faut donc, toutes les fois qu'on se servira de cette construction, prendre garde à l'amphibologie et, s'il reste du doute sur le sens, changer la tournure, [j 7° A l'abandon, loc. adv. Sans soins, sans réserve. Camp à l'abandon. Son enfant fut à l'abandon. Il laissa ses terres à l'abandon. On le logea et on lui mit toute la maison à l'abandon. Tout l'occident est à l'abandon, boss. Hist. m, 7. Comme un pays laissé à l'abandon , id. Polit. Vous laisserez à l'abandon votre santé et votre vie, id. Dév. 2. Tu laisses aller tes affaires à l'abandon, mol. Mal. imag. )cr interm. L'épargne démon père entièrement ouverte, Lui met à l'abandon tous les trésors du roi, corn. Méd. Il, 4. Mais je m'étonne fort de voira l'abandon Du prince Héraclius les droits avec le nom, id. Hér. n, 8. A l'une ou l'autre enfin votre âme à l'abandon Ne lui pourra jamais refuser ce pardon, id. Perth. iv, ). Après avoir.... mis à l'abandon ton pays désolé, regnier, Ép. i. L'œil farouche et troublé, l'esprit à l'abandon, ib. Sat. n. || 8" Terme de bourse. Acte par lequel l'acheteur renonce à un marché conclu en conseillant à payer la prime.

— HIST. xme s. Va, si li di qu'il vigne [vienne] à mei ; M'amor li métrai à bandun, marie de fr. i, 488. Mais tost s'en parte à habandon , Fabl. et Cont. anc. i, 70. Amis, ques [quel] hom es-tu? Di moi com tu as nom, Qui le sépulcre Dieu baises si abandon? Ch. d'Ant. i, )84. Et li bourgeois le rechurent [reçurent] volentiers et lui mirent à abandon cor et avoir et ville, Chr. de Reims, 23o. Nuls hom ne peut penre [prendre] de son plege [gage] par abandon, sans soi plaindre à justice, beaum. xliii, )3. Il xv° s. Et mettrons tout le royaume àvostre abandon, froiss. i, i, 44. Vous perdez le temps ; car, sur l'abandon de nos testes, les Escots s'en sont allés très devant mie nuit, id. i, i, 44. ||xvics. De tout autre butin il y avoit une quantité si grande que ou l'on n'en faisoit compte, ouonleconsommoit en tout abandon, amyot, Lucul. 25. Comme le vent souffle à son abandon Le duvet blanc du vieux chenu chardon... id. Morales, t. iv, p. 444.

— ÉTYM. Provenç. abandon; espagn. abandono ; ital. abbandono. Par les exemples historiques on voit que abandon est un mot composé de à et bandon. Bandon, en vieux français et en provençal, signifie permission, autorisation, décret; il répond à un mot bas-latin bando, bandonis, de même signification que bandum, band en danois, bannen en allemand, ordre, prescription; et en définitive c'est simplement une autre forme de notre mot ban (voy. ce mot). Dès lors on voit la série des significations : mettre à bandon, c'est mettre à permission, à autorité ; c'est donc remettre , céder, confier, laisser aller et finalement délaisser.

t ABANDONNATAIRE (a-ban-do-na-têr) , s. m. et f. Terme de jurisprudence. Celui ou celle au profit de qui est fait un abandon de biens.

ABANDONNÉ, ÉE (a-ban-do-né, née), || 1° Part, passé de abandonner. Abandonné par ses parents. Abandonné de ses amis. Il faut être bien abandonné de Dieu et des hommes pour faire telle chose. Un enfant abandonné. Inquiet de se voir ainsi abandonné. Propriétés abandonnées (sans maître). Postes abandonnés. Othon avait eu une enfance abandonnée. Ville abandonnée au pillage. Abandonné à soi-même. Les chevaux abandonnés à eux-mi tte ca i ' rc est. abandonnée delà jeu-

nesse. Usages abandonnés. Abandonné des médecins. Personne n'est assez abandonné de Dieu pour cela, p> se. Prov. c. Non pw que ce Dieu, dont il est séparé et entièrement .abandonné, ne

soit plus le Dieu de l'univers, bourd. Pensées, t. m, p. 64. J'entre dans le lieu saint; et qu'est-ce à mes yeux que cette maison de Dieu? c'est un désert, et le désert le plus abandonné, id. ib. p. 3)0. Là, poursuivi d'une populace animée, abandonné aux plus indignes traitements d'une insolente et brutale soldatesque, id. Pensées, t. ni, p. 37C Si Dieu les eût livrés à la corruption de leur cœur, il n'y eût point eu de pécheurs plus perdus et plus abandonnés à tous les vices, id. ib. t.ii, p. 455. Je ne vous crois pas assez abandonné du Seigneur pour y songer, hamilt. Gramm. G. Une femme, nommée Pantée, était abandonnée de tous les médecins, fE.n. Empéd. Loin de ses parents, aux fers abandonnée, volt. Zaïre, ni, 4. Aux bourreaux se vit abandonné, id. Als. m, 4. C'est un de ces mortels du sort abandonnés, id. Mérope, n, ). Un vieil oiseau qui se sent abandonné de ses ailes vient s'abattre auprès d'un courant d'eau, ciiateaub. Génie, i, v, 6. Ces paisibles vertus au peuple abandonnées, A mon héros aussi le ciel les a données, Gilbert, Au Pr. de Salm. Alors je compris par expérience ce que j'avais souvent ouï dire à Mentor, que les hommes mous et abandonnés aux plaisirs manquent de courage dans les dangers, fén. Tél. iv. || 2° Adj. et, pris aussi dans ce sens substantivement. Quiestsansfrein, et, par suite, sans mœurs. Si nous étions assez abandonnés pour dire.... C'est une abandonnée. Quelque libertin et quelque abandonné qu'il puisse être, il y a toujours de secrets reproches de la conscience qui le troublent. bourd. Pensées, t. m, p. 94. J'ose dire qu'il n'y a point de pécheur si abandonné qui porte jusquelà le désespoir, id. ib. t. i, p. 386. 11 faut que vous passiez pour les plus abandonnés calomniateurs qui furent jamais, pasc. Prov. )6. J'aime fort la beauté qui n'est pas profanée , Et ne veux pas brûler pour une abandonnée, mol. l'Etourdi, m, 3. Cette lettre était un tissu d'ordures à faire trembler les plus abandonnés, s.-sim. G), 3). Si nous étions assez abandonnés pour vouloir persuader au public... volt. Mœurs, Moïse. Il y a bien peu de femmes assez abandonnées pour aller jusque-là, mqntesq. Let. pers. 20.

— HIST. xvic s. Les autres ont escrit que ceste Phaa estoit une brigande, meurtrière et abandonnée de son corps, amyot, Thésée, ) I. Il nous fit de merveilleuses caresses et abandonnés traitements. carl. VIII, )8.

ABANDONNEMENT (a-ban -do- ne -man) , s. m. || 1° Remise à.... L'abandonnement des plus chers intérêts entre les mains d'un ami. On prendra soin d'entretenir les malades dans un saint abandonnement à la Providence, boss. Règle. Son abandonnement à la Providence de Dieu, fléch. Serm. i, 12). || 2° Cession. L'abandonnement de ses biens à ses créanciers. On dit plutôt aujourd'hui abandon. Abandonnement que je lui ferai de tout ce que j'ai de biens, pelliss. ii, )I5. || 3" Action d'abandonner ; état d'une personne abandonnée. Dans l'abandonnement où il est de tous ses amis. Ne tenir nul compte du triste abandonnement où votre inflexible roideur le précipite , bourd. Pensées , t . il , p. ) 2 9. L'entier abandonnement de sa personne entre les mains de ses supérieurs pour se laisser conduire selon leur gré et selon leurs vues , m. ib. p. 367. On me fait les offres les plus engageantes; et, si je les rejette. me voilà dans le dernier abandonnement et dans la dernière misère, id. ib. t. i. p. )9. Vous devriez vous attendre, de la part du ciel, à un funeste abandonnement, id. ib. t. il, p. 461. L'abandonnement le plus général qui me réduirait dans la dernière misère, id. ib. t. i, p. 291. L'abandonnement où sont tous ceux qui manquent de fortune, la mothe le vayer, p. 3)5. Dans l'abandonnement où je me suis trouvée, mol. Scapin, m, 9. Cet abandonnement de sa propre cause , bourd. Carême , m; Passion, 4 81. Il tombe dans un affreux abandonnement de la part de Dieu , id. Pensées , t. m, p. 36). L'abandonnement des pauvres, fléch. Serm. i, ))2. Dans l'abandonnement et la disette, id. i, )83. La reine l'avait aimée [la duchesse de Marlborough ] avec une tendresse qui allait jusqu'à la soumission et à l'abandonnement de toute volonté, volt. S, de L. XI \\ ebap. 22. || 4" Action de se laisser aller avec trop de facilité. L'entier abandonnement de ce prince a d'indignes favoris, Votre abandonnement à une passion funeste. Votre abandonnement à d'infâmes passions qui corrompent le sang , volt. Jenni . 9. || 5" Pris absolument. Dérèglement excessif dans la conduite, dans les mœurs. Vivre dans le derniei abandonnement. Le funeste abandonnement oii il vit, bourd. Domin. iv, Désir et dégoût, 3so. Tant d'em-

ABA

portements honteux! lant de faiblesse el

1 1 lui 'iin s'éta i i

té devant les hommes . mass. Mort ehtur. Quand il s'agit de retourner à i

cernent, id. Car. Pécheresse J edeg d'abandonnemenl qui fail les

I ii »r. l ii aband qui ne

connaît plus pudeur, m bienséani

l>aniph ■ Psaume 13 Votre ca ui qi titué avec tant d'abandonnemenl aux créatun i/>. Psaume i t.

M\ 1 iNDON,

mune est qu'on laisse une personne ou qu'une personne ou une chose demi u Aban-

don est plus souvent passif et expi ime l'état

,„ d'un,, pe la ssée; aban lonnement

est plus souvent actif et exprime qu'on délai personne ou une chose. Mais, dans mots n j, uvent l'un pour l'autre, et

tous deux ont le sens passif ou le sec est laissé a l'écrivain ; pointant on remari abandon . ne provenant pas d'un verbe . quelque chose d'absolu et 'le vague, et aban ment, provenant d'un verbe, quelque i latif et île plus déterminé. Au fond la nuance est que abandonnemenl a de soi l'idée d un fait, d'un acte, et que abandon ne l'a pas: ' vent, il est vrai, s'employer l'un p le permet. Mai- l.i peu-'"' quand ell le langage quand il sera délicat, tâcheront île tenu compte île la nuance. [| S'ABANDO TION. RENONCIATION, DÉMISSION , M 5ISTEHENT. I

un abandonnement de ses biens, une al

sa dignité et île sou pouvoir, une renoncial ses droits et à sespn tentions, une démission charges, emplois et bénéfices, et l'on donne un d( sistementdesespoursuites.il ne fautabandoni ce qu'on ne saurait retenir, abdiquer que loi n'est plus en état de gouverner, renoncer que pour avoir quelque chose de meilleur, se démettre que quand il n'est plus permis de remplir ses i avec honneur, et se désister que lorsque li suites sont injustes ou inutiles ou plus fatigantes qu'avantageuses, girard.

iiist. xin' s. Ses escusert [était] moult renommés; Despil île mort estoit nommés; Bordés in d'abandonnement & tous périls... , la Rose, i.'o;i. || xv° s. Au mois de janvier fut publié parmi l'abandonnement de toutes gens d'armes qui seroient trouvés surles champs, juv. desursins, I4t6.

— tTYU. Abandonner ; ital. abbandonamt

| ABANDONNEMENT ( a-ban-do-né-man |, adv. D'une manière abandonnée, sans réserve. 1 mier président leur était trop indignement i abandonnement vendu pour être plaint de sonne, st-simon, 5t8,t26. Mot usité encore, comme on voit, au xvni0 siècle et bon à employer.

— HIST. xiii' s. Nos mariniers veoient la >Jontagne par-dessus la bruine, et pour ce tirent nager babandonnéement, joinv. 283. || xiv s. Le marquis demanda qui il estoit qui si al nient rouvoit ouvrir la porte, du cange. abandonnare.

Et entrèrent les Anglois abandonnéement dedans les

fOSSéS, FROISS. II, H, 86,

— êtym. Abandonnée au féminin , et ment (voy. ment); provenç. abandonadamen; ital. abbandonatamente.

ABANDONNER (a-ban-do-né), v. a. || 1° Remettre à la discrétion de.... au soin de... , céder, faire cession. Abandonner son sort à la Providence. J'ai abandonné le soin de mes affaires à un homme intelligent. Abandonner tout au vainqueur. Abandonner le reste au ciel. Abandonner cela à la fortune. Abandonner un ecclésiastique au bras séculier. Vous vous plaignez de cet homme; je vous l'abandonne : c'est-à-dire pensez-en ce qu'il vous plaira; faites à son égard ce que vous voudrez. Je vous abandonne ce point, je vous cède là-dessus. 11 abandonne ses biens à ses créanciers. Apprends de leurs indices L'auteur de l'attentat, et l'ordre, et les complices; Je te les abandonne.... corn. Mortde P. iv, 4. Un nombre de mots.... Que mutuellement nous nous abandonnons, mol. Femmes sav. ni, 2. Porte aux Grecs cet enfant que tv»"hus m'abandonne, rac. Andr. EU, i. Dites au roi. Seigneur, "de vous l'abandonnei , id. Esth. n, t. Au cours de mes destins j'abandonnais ma vie, ducis, Othello, n, 7. || 2° Livrera. Abandonner une ville au pillage. Abandonner à la merci de.... 11 abandonna la barque au courant du fleuve. Dieu abandonne souvent les méchants à leur sens réprouvé. Nous savons à quel désespoir Judas fut abandonné de Dieu, et h quelle fin mal-

ABA

heureu e il s'abandonna lui m n Pi nsées,

t. ut. p

moins, tu. ib. t. 11. p. I ■'

.,■. issements. ,. corn. " bandonne ce traître a toute l i n , 8. D eux ! ne puis-je a m ; me' ii>. Andr. m, 8. J'abandonnai ma rie à des (Ed. v. 2. Tandis qu'à la n-i i mon une . m. ib. tv, i

3 Renoncera. Abandonner une bâtisse. Ait

[u'on a pr s. Abandonner ui >e, une

guerre i ■ Vbandoi

ner le barreau. Abandonner ses travaux. Abandonner aine tentative. Abandi son opinii

I a-dire je le ; à l'abandonner i /{oc/. \, i. J'avais fait serment d'abandonnei à perdre Ci Prin. d'Él. iv, i.La

ranci sujets ner le jour ! I. Par

moi soi «le l'hymen d

andonna la Brit. i. t.

ei ter, lais i ivaitembra;

> mime. Philoctète lut.' dans l'île de Lem-

enfants, i es médec os ont dire ils l'ont lais

levée un nom de chose pour

i , le sommeil l'ont

iirs, notho. Fetl ■ . y. I.;. Abandonnant lecorps, n

nps sans secours.... RAC. Brit. V, 8.

Elle me dédaignait, un autre l'abandonne, id. („,/,-. î.i fout semble abam ; sacrés éten-

tdonne,

; /, . .i. Comme un m qu i □

in. !'/>. vu. |J 5° Quitter, lâcher. Abanl'Italie. Aband roner Paris. Abandi i i

iour les chan armes. N'a-

tne pas le gouvernail, tenez ferme; i Abandonner les ■ uefois les perdre. Comme il

truire et de connaître les mœurs des étrangers,

ur voyager.

Philos. l'iflhtKj 11 fallait en fuyant ne j ner Le fer qui dans ses mains sert à te condamner,

Phed.iv, 2. || 6° Négliger, ne pas culti ne faut pas abandonner vos liaisons dans le m N'abandonnez pas votre r. ;s. || 7° i

bandonner l'oiseau, le lâcher dans la campagne pour l'égayer.

s'abandonner, v. réjl. || 1° Se remettre à, se laisser aller à. se Livrer à. S'abandonner à la formue, au vainqueur, au gré de la tempête. S'abandonner au chagrin, à la douleur, à la joie, aux pleurs, à toutes sortes de plaisirs, à la débauche. Il s'abandonne sans réserve au goût de la magnificence. Personne ne s'abandonne à ce point à sa colère. Le tout est de savoir s'abandonnera Dieu en pure foi, boss. Lctt. Corn. 4. Mon âme à tout mon sort s'était abandonnée, iiac. And. îv, 6. Souffre qu'à mes transports je m'abandonne en proie, id. Tliéb. v, 4. Allons, à tes conseils, Phœnix, je m'abandonne, id. Andr. il, 5. Vous vous abandonniez au crime en criminel, id. Andr. îv, 3. Quoi! tandis que Néron s'abandonne au sommeil.... id. Brit. i, <• Télémaque s'abandonnait à une douleur amère, fén. Tél. xvi. Astarbô s'abandonna à son ressentiment, id. ib. m. Il s'abandonna à l'amour des femmes, boss. Hist. i, «. Non, non, à trop de paix mon âme s'abandonne, mol. Sgan. 8. Ce monarque étonné À ses frayeurs déjà s'était abandonné, corn. Nie. v. 8. Je connais Marianne, et sais qu'elle est trop sage Pour s'être abandonnée à tenir ce langage, tristan, Marianne, i, 3. Il 2° Perdre courage, se manquer à soi-même. Vous êtes perdu si vous vous abandonnez. Il les exhorte à ne pas s'abandonner. || 3° Se négliger. Il ne faut pas s'abandonner ainsi (se négliger dans le maintien , dans l'habillement) , quand on veut plaire. || 4° Se lancer sans ménagement. Dans l'impiovisation, cet orateur s'abandonne. L'épée à la

ABA 7

nu n, il s'abandonna sur son adversaire, au risque

Plu i il s'abandonnail . plus il était

V, I. || 5° Avoir de l'alun

don. > abandonnez-vous. Cet

ne s aband i || 6° Kn parlant

'.mis. H s'abandonne déjà . il commence à

outenu. || 7" En

i le s est aband on-

. .Von . l'iith. Anne

i eui ['ad e e di m ix pas abandonner

et d'irriter la passion du roi, volt.

i e ai ur abandons

Ifai . || 8" Te

tation. I '• s'' marche

— REM. Abandonne! pi COI ivec à

n aura : ,■■ | abandonné

ur à suivre ses appas, MOI . Êc. des Mur. II,

1 e défaul des femmes qui se sont aban-

I amour, c'est de faire l'amour, i \-

ROCIIEF. Ré/l. 13t.

— SYN. 1° ABANDONNER, DÉLAISSER. Abandonner

les choseset des personnes; délaisser ne se

abandonnons les choses

I ls soin : e ons les mal

us aucun secours. Au

i u i aergii d'universalitt

er qu'en ;. j uelque terme

qui la marque précisément. Ainsi l'on dit: C'est un

,[[ii aban lonné de tout lemonde,

. || 2° QUITTER, ABANDONNER, RENONCER. Idée

commune, cesser de garder une chose, de s'en ocler. Les thérapeutes abandonnas liions à leurs parents ou à leurs amis; ils , leurs mères; ils renoi i ii nts terrestres, condillac. On renonce toujours volontairement, avec quelque peine, egret, en se faisant violence; on renonce au ,i une profe ion qui convenait.

i.ner n'impliquent pas I idi e de renoncement, et signifient seulement qu'on se séi-ltose agréable ou pénible, utile ou nuii différence entre quitter et abandonner est que l'on quitte de toutes les manières, ce mot en ne étant indifférent, au lieu que dans aban- ,! ;. a toujours l'ii rt de délaisse-

ment, de désertion, comme dans ce vers de Racine :Je quittai, mon pays, j'abandonnai mon père, lafaye.

— hist. xr s. i lourroht, si à nous s'abandunent, Ch. de Roi. lxxii. [Il] broche [pique] !e bien [son cheval . le frein lui aband une, ib. cxv. || \ir s. Ur vus abandoins jo mun règne et mun pais. Estampes, Orliens, e Chartres et Paris, Th. o Vart. 104. Hxiii* s. Et le Soudan leur abandonna que il s'alassent venger de.... joinv. 27i. Et plus punis devraient estre Devant l'en

;: nent aux vices, Que les gens lai/.

[laïques], simples et nices, la Rose, t88C5. Cis [celui-ci] m'abandonna le passage De la haie moult doucement, ib. 2806. Mais jà certes n'iert [ne sera] femme bonne, Qui,por dons prendre, s'abandonne, ib. 1578. Quant il sevent que lor femes s abandonnent à autrui.... beaum. lvii,10. [| xive s. Jà n'en serait meilleur tant comme il fust habandonné à telles passions, oresme, Éth. 4. || xv s. Elle ne voulolt mie que le roi s'abandonnast trop de la regarder , froiss. i, i , <92. Ceux du chastel ne furent onques si recrus qu'ils ne s'abandonnassent au défendre si vaillamment, par quoi ceux de l'ost pussent rien gagner sur eux , id. i , i, 259. Il n'a point de regret Au cidre qu'il nous donne ; En eust-il une tonne, Il l'abandonneroit, basselin, 42. L'un vers l'autre desloyaument se mené ; Aux mauvais est la terre abandonnée, deschamps, Souffrance du peuple. Onques sanglier escumant ni loup enragé plus fièrement ne s'abandonna, Hist. de Boucicaut, i, 24. C'est assavoir, se le doffin [dauphin] rompoit la pais, qu'il abandonnoit à ses gens de aller servir le duc Jehan, p. defenin, t4<9. Il xvic s. Il y en eut deux qui abandonnèrent l'entreprise de peur, amvot, Lyc. 9. Cetti hardiesse et constance assurée qu'il avoit en bataille contre l'ennemy l'abandonnoit incontinent qu'il se trouvoit en une assemblée du peuple à la ville , id. Marins, <18. Les propriétaires lesluy abandonnoient à bien vil prix, id. Crassus, 3. Il résolut d'abandonner sa vie [se laisser mourir], id. Démélr. 52. 11 seroit estrange que nous qui voulons estre tenus pour gens de bien, laississions porter par terre nostre vertu et l'abandonnissions, id. De la mauv. honte, 2J. La meilleure part de l'entreprinse, ils l'abandonnent à la fortune , mont, j, VJ2. Estant abandonné des médecins pourun aposteme, id. i, 254. S'abandonner aux délices, id. ii, 4. I! abandonna [s'éloigna] de si peu sonfort, m. I, 26. Les

ABA

ABA

ABA

filles se peuvent abandonner [se livrer à un homme] , iv. r, in.

— ÉTYM. Abandon; bourguig. ebandenai ; provenç. et espagn. abandonar; ital. àbbandonnare.

ABAQUE (a-ba-k'), s. m. ||1° Terme d'architecture. Tailloir,- partie supérieure du chapiteau des colonnes, sur laquelle porte l'architrave. || 2° Terme d'antiquité. Tableau couvert de poussière, sur lequel on traçait des nombres et on enseignait le calcul; et aussi sorte de carré long, évidé, qui était muni de boules passées dans des fils tendus et qui servait à compter.

— ÉTYM. Provenç. abac; ital. abbaco;de abacus, de âëaÇ, table ou tablette.

f ABAS, s. m. Voy. abat.

ABASOURDI, IE (a-ba-zour-di, die), part, passé. Abasourdi par un coup de tonnerre, par un malheur imprévu.

ABASOURDIR (a-ba-zour-dir; d'autres disent aba-sour-dir). v. a. || 1° Assourdir par un grand bruit. Ce bruit soudain et violent nous a abasourdis. || 2° Consterner. Voilà dans sa famille une mort imprévue qui l'abasourdira. Bruit abasourdissant. Nouvelle abasourdissante.

— ÉTYM.Génev. abassourdir; bourguig. c'bazodi; de sourd (voy. ce mot) et deobo, qui est probablement le même que dans abajoue, c'est-à-dire formé de à et ba ou be indiquant une mauvaise disposition.

t ABAT ou ABAS (a-ba ou a-bà), s. m. Averse, pluie abondante. Ces vapeurs peuvent causer un vent d'abas, desc. Méléor. 7. L'accumulation des neiges, les pluies et les orages y déterminent des avalanches et des abats de boues et de pierres, qui descendent dans les vallées jusqu'à des altitudes de mille mètres, buhat, Constitutionnel du 3 septembre 1858.

— ÉTYM. A et battre. Dans l'arrondissement de Caen, la pluie d'abat est une pluie abondante, Dicl. du patois normand par MM. Duméril. Si on suivait l'orthographe de Descartes, l'étymologie serait à et bas.

ABATAGE (a-ba-ta-j') ,.v. m. || i° Terme forestier. Action d'abattre. L'abatage des bois se fait en automne. || 2° En termes de marine, l'abataged'un bâtiment est l'opération par laquelle on l'incline sur .e côté pour l'abattre en carène. || 3° En termes d'administration militaire, l'abatage des bestiaux est la mise à mort des animaux destinés à la nourriture de la troupe. || 4° En termes de police sanitaire, l'abatage est la mise à mort des grands animaux domestiques, soit parce qu'ils sont vieux ou incurables, soit par précaution, quand ils sont suspects ou atteints d'une maladie contagieuse. L'abatage des chevaux est nécessaire en cas de morve.' || 5° En termes de vétérinaire, action de renverser et de fixer les grands animaux sur un lit de paille, quand ils doivent subir des opérations chirurgicales.

— REM. L'Académie n'y met qu'un seul t; mais elle en met deux à abattre; la conséquence veut qu'on mette deux t à abatage, ou qu'on n'en mette qu'un à abattre.

— HIST. xnie s. Et si a li cuens [comte] à l'abataige des pourceaux soixante dix sols par an, ni cange, abatere.

— ÉTYM. Abattre.

t ABATANT (a-ba-tan) , s. m. || iPièce du métier à bas qui fait descendre les platines à plomb. ^"Partie du comptoir d'un marchand qu'on lève et qu'on abaisse.

ABÂTARDI, IE (a-bà-tar-di , die), part, passe. Plantes abâtardies. Ames abâtardies. Restes abâtardis d'une nation puissante. Jamais on n'a vu votre empire si lâche, si abâtardi, si indigne des anciens Romains, fén. t. xix, p. 180.

ABÂTARDIR (a-bà-tar-dir : quelques-uns disent a-ba-tar-dir par un « bref; mais la plupart disent bâ comme dans bâtard), v. a. || 1" Faire dégénérer, au propre et au figuré. La mauvaise culture abâtardit les plantes. Ils ne voyaientlà que des moyens d'abâtardir les courages. || 2° S'abâtardir, v. réfl. Dégénérer. Les arbres fruitiers s'abâtardissent si on ne les soigne constamment. S'abâtardir dar>s l'oisiveté. La pureté de la doctrine était abâtardie par les Vaudois, boss. Var. xi.

— hIST. xne s. Com nostre lois est hui abastardie, llonc. p. 116. || xme s. Bien est France abastaniie, Seigneur baron, entendez, Quant femme [la reine Blanche] l'a en baillie, Et lele comme savez, HUE DE L\ FEHTÉ, Rom. p. 188. ||x\T' S. Ceste

arrogance grecque, admiratrice seulement de ses inventions, n'avoit loi ni privilège de légitimer ainsi sa nation, et abastardir les autres, du sn.-

lay, 1, 4, recio. La peur descouvre un cœur abastaidi, id. iv, G, verso. Sitost qu'on se détourne de la parole, l'oraison est quant et quant abastardie, calv. Inst. 704. Ils se sont abastardis en dégénérant deleurs pères, id. ib. 747. Ceux qui seront convaincus de s'estre abastardis de leur origine, id. ib.

— ÉTYM. A et bâtard; provenç. abastardir; anc. espagn. abastardar.

ABÂTARDISSEMENT (a-bâ-tar-di-s'-man) , s. m. Dégénération au propre et au figuré. L'abâtardissement des arbres fruitiers, des esprits.

— REM. Des grammairiens ont désiré que l'Académie supprimât l'accent circonflexe. Il est de fait que certains prononcent abâtardissement, a bref, au lieu de a long ; mais la plupart suivent dans ce mot la prononciation de bâtard où l'a est long. L'accent circonflexe qui indique ici et l'étymologie et la prononciation doit donc être conservé.

— HIST. xvi" s. De ceux là, y en a aucuns qui se (rompent eux mesmes:et les autres sont trompés par l'abâtardissement des coustumes, langue, i i". La trop grande et indocte multitude des escrivains qui dejour en jour s'eleve en France, au grand déshonneur et abastardissement de nostre langue, du bel. m, 2 , recto.

— ÉTYM. Abâtardir.

ABATÉE (a-ba-tée), s. f. Terme de marine. Mouvement par lequel un navire, obéissant au vent, à la lame, à la marée, tourne sur une verticale qui passerait par son centre de gravité , et écarte la proue de la ligne du vent. Le mouvement par lequel le navire revient de l'abatée à la ligne du vent se dit auloffée , legoaiunt. L'abatée est involontaire ; l'auloffée est volontaire.

— 'REM. L'Académie ne met qu'un t; mais il en faudrait deux, à moins qu'on n'en retranche un dans abattre; faire autrement, c'est multiplier inutilement les exceptions et les difficultés de l'orthographe.

— ÉTYM. Abattre.

f ABATELLEMENT (a-ba-tè-le-man) , s. m. Terme de commerce du Levant. Sentence portant interdiction contre ceux qui désavouent leurs marchés, ou qui refusent de payer leurs dettes, Acad. 1762.

| ABAT-FAIM (a-ba-fin) , s. m. au plur. des abatfaim. Terme de cuisine. Pièce de résistance qu'on sert la première sur table.

— étym. Abattre et faim.

f ABAT-FOIN (a-ba-foin) , s. m. au plur. des abatfoin. Terme d'économie rurale. Ouverture pratiquée dans un grenier au-dessus de l'écurie ou de l'étable et par laquelle on jette le foin ou la paille.

— ÉTYM. Abattre et foin.

ABATIS(a-ba-ti), s. ?n. Il faudrait écrire abatlisou

écrire abalre. || 1° Amas de choses abattues. Abatis d'arbres. Faire un abatis de bois. Embarrasser la plaine par de larges abatis d'arbres. |l 2" En termes de chasse, faire un grand abatis de gibier. || 3° Au figuré. À la guinguette instruisant ces recrues, D'obscurs lauriers j'ai fait large abatis, béb. in-8. || 4° Terme de chasse, petit chemin que se tont les jeunes loups en allant et venant au lieu où ils sont nourris. || 5" Terme de cuisine, les pattes et la tête, le cou et les ailerons d'une volaille. || 6° Terme de boucherie. Peau, graisse et tripes des bêtes tuées par les bouchers.

— HIST. xne s. Dedans la maistre porte fut grans l'abateïs, Ch. d'Antio. vi, 93.

— ÉTYM. Abattre. L'ancien mot est abatéis, venant d'une forme du bas-latin : abatelicius , dérivé du verbe abaltere.

ABAT-JOUR (a-ba-jour) , s. m. au plur. des abatjour. || 1° Sorte de fenêtre dont le plafond et l'appui sont inclinés en biseau de dehors en dedans , afin que le jour qui vient d'en haut se communique plus verticalement dans le lieu où elle est pratiquée. || 2° Cadre ou réflecteur en métal ou en papier que l'on place sur les lampes pour en rabattre la lumière. || 3° Volet plein ou à claire-voie, toile plus ou moins serrée, que l'on place devant les ouvertures des habitations pour arrêter les rayons solaires et les insectes.

— ÉTYM. Abattre et. jour.

f ABAT-SONS (a-ba-son) , s. m. Se dit des lames de bois recouvertes de plomb ou d'ardoises qui garantissent les beffrois de la pluie et renvoient le son vers le sol. Au plur. des abat-sous.

f ABATrABLE(a-ba-la-bl'), adj. Qu'on peut abattre. Ces chevaux sont abattables.

ABATTEMENT (a-ba-te-man), s. m. || 1° Action d'abattre; état de ce qui est abattu. Être dans l'abattement. Relever quelqu'un de rabattement. Un douloureux abattement de cœur. L'abattement pro-

fond de son âme. L'abattement du désespoir. L'abattement du parti vaincu était extrême. Des langueurs et des abattements. 11 ne supporte pas la chaleur; elle le jette dans des abattements auxquels il ne peut résister. On a honte de sa faiblesse passée et de l'abattement où l'on est tombé, boubdal. Pens. t. n, p. 24. Pourquoi cesabattementset ces désolations où vous tombez? id.io. p. 35C Et cet abattement que lui cause la peste, cobn. Œd. v, t. Â cet abattementque vous laissez paraître, J'ai, s'il faut l'avouer, peine à vous reconnaître, lemebc. Fréd. et Br. i, 2. Sans tristesse, sans abattement, sévig. 388. Il est des jours d'ennui, d'abattement extrême, Où l'homme le plus ferme est à charge à lui-même, ducis, Macb. m, 3. || 2° Terme de médecine. L'abattement exprime une lésion fonctionnelle dont les conditions organiques nous échappent et qui a pour symptôme une diminution notable et soudaine des phénomènes vitaux dépendant de l'action nerveuse, du mouvement, des sensations, de l'entendement, des affections, des instincts.

— ETYM. Abattre; provenç. abatemen, abalamen; cat. alatiment; espagn. abatimiento ; ital. abbatimento.

ABATTEUR (a-ba-teui), s. m. Celui qui abat. Ce bûcheron est un grand abatteur de bois. Vous êtes, je vois bien, grand abatteur de quilles , régnieb, Sat. n. Cette locution se dit d'un homme qui fait beaucoup de besogne, et souvent, par ironie, d'un homme qui se vante de prouesses qu'il n'a pas faites.

— HIST. xve s. Et plus de cent mille choses que ces abatteurs de femmes savent tout courant et par cœur, l. xi, Nouv. 22.

— ÉTYM. Abattre; Berry, abaleux d'ouvrage.

ABATTOIR (a-ba-toir), s. m. Lieu destiné à l'abatage des animaux, tels que bœufs, veaux, moutons, etc. qui servent à la nourriture de l'homme. Les abattoirs sont placés hors des murs d'enceinte des villes. ♦

ABATTRE (a-ba-tr'),r. a. || 1° Jeter à terre d'une façon quelconque. Abattre un cheval, un cavalier. Abattre des olives, des noix. Abattre un arbre. Abattre une maison. Il lui abattit une main d'un coup de sabre. Abattre la tête. Il l'abattit d'un coup de fusil. Ce chasseur abat bien du gibier. Puisque l'arbre est si près de sa chute et que le coup qui doit l'abattre va bientôt partir et le renverser.... bourd. Pens. t. ni, p. 72. C'est ainsi qu'il abat de leur trône les potentats qui se confiaient en leur pouvoir, id. ih. p. 143. Pour le faire tomber, j'abattrai son appui, corh. Rod. v, 1. Il a de votre sceptre abattu le soutien, id. Cid, n, 9. Et j'abattrai d'un coup sa tête et son orgueil, id. Hér. m, 3. Les livres sur Evrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux, boil. Lutr. v. Sous le glaive étranger j'ai vu tout abattu, volt. Orplul. 1, 2. Chacun se disputait la gloire de l'abattre , bac. Andr. v, 3. .... mais, lorsque lu m'abats, Je me relève encor pour insulter ton bras , lamabt. Jonalb. 33o. Comme la pluie abat et fait languir le soir une fleur qui était le matin , pendant la naissance de l'aurore, la gloire et l'ornement des vertes campagnes, fén. Tél. xxi. Il 2° Fig. Abattre la puissance romaine. Il résolut d'abattre celui qui l'avait élevé. Dieu abat les puissants. Ce combat avait abattu les forces des ennemis. L'orgueil des Chaldéens est abattu, boss. Hist.u, 4. Le peuple romain, ayant abattu les Gaulois et les Africains, ne voit plus rien à craindre et combat dorénavant sans péril, m. ib. 1, 8. Les victoires de Léonce avaient abattu les Sarrasins et rétabli la gloire de l'empire en Orient, id. ib. 1, <i. || 3° Laisser tomber, abaisser. Abattre sa robe. Il abattit sa toge. || 4° Faire retomber. Abattre la poussière. Abattre les bouillons d'un liquide en ébullition. ||5"0ter les forces du corps ou de l'âme, faire tomber. Abattre les forces d'un malade. La moindre fièvre l'abat. Abattre le courage. La peur nous abat. Le sage ne se laisse pas abattre par le malheur. Abattre l'audace, l'insolence. La pluie, dit-on, abat le vent. Me laissant abattre à la plus légère infirmité qui m'arrive, bourd. Pens. 1. 11, p. 400. On lui en cache une partie, afin de ne le pas étonner dès l'entrée de la carrière et de ne lui pas abattre le cœur, id. ib. t. 1, p. 89. Elle est tellement abattue de la perte de M. de la Rochefoucault, sév. 421. Ses malheurs n'avaient point abattu sa

fierté, rac. Atlt. n, 5 tu ne prétends pas qu'il

[le destin] m'abatte le cœur Jusqu'à te rendre hommage et te nommer seigneur, corn. Mort de Pom* pée,m, 4. Abattons sa superbe avec sa liberté, id. ib. 1, i. Et du premier revers la fortune l'abat, m.

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