O. DE SERRES
— ÉTYM. Cnpparis, de y.âuTtocpi;.
f CAPRATE (ka-pra-f), s. m. Terme de chimie. Nom des sels d'acide caprique.
— ÉTYM. Voy. caprique
f CAPRÉ0LA1RE (ka-pré-o-lê-r'), adj. Terme didactique. Qui est contourné en forme de vrille de vigne.
— ÊTYM. Capreola , diminutif de caprea, surgeon, vrille de vigne.
t CAPRÉOLE (ka-pré-o-1'), s. m. Terme de zoologie. Nom de la famille des cerfs.
— ÉTYM. Capreolus . chevreuil.
f CAPRÉOLE, ÉE (ka-pré-o-lé, lée),adj. Terme de botanique Garni de vrilles.
— ÉTYM. Voy. CAPRÉOLAIRE.
t CAPRICANT (ka-pri-kan), adj. Voy. caprisant.
CAPRICE (ka-pri s'), s. m. || i° Volonté subite qui vient sans aucune raison. L'esprit Qui dans ses caprices s'égaie Et souvent se donne la baie, Régnier, Ép. m. Le chef de cette république Par caprice ou par politique, La changea bientôt de logis, la font. lab. vu, C. Savez- vous quels devoirs, quels travaux, quels services Viendront de mon orgueil exiger les caprices"? corn, llodog. m, 4. Suivez votre caprice, offensez vos amis, id. Nicom. iv, 5. Ce que peut le caprice, osez-le par raison, id. llor. m, 4. Comme elle a de l'amour, elle aura du caprice, in. Nicom. n, 4. Rien n'égala en fureur, en monstrueux caprices, Une fausse vertu qui s'abandonne aux vices, boil. Sat. x. J'étudiai leurs mœurs [des rois], je flattai leurs caprices, bac. Ath. ni, 3. Madame, j'ai sur lui de véritables droits Que je saurais sauver du caprice des lois, m. Phèd. n, 2. 11 ne faut qu'un caprice, id. Brit. v, 8. C'est ma mère et je veux ignorer ses caprices, id. Brit. n, I. L'homme a ses passions.... Il a comme la mer ses floffi et ses caprices, hoil. Sali vin. Que de caprices la coquette M'a fait essuyer en six mois! bér. Print. et Aul Un baiser
cueilli sur les lèvres d'Iris, Oui mollement résiste et par un doux caprice Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, boil. Art p. il. Le jeune homme toujours bouillant dans ses caprices, Est prompt à recevoir l'impression des vices, in. ib.ill. Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté, pour être son contre-poison, la bruy. ni. , Humeur] Qui le fait débauché, frénétique, rêvant, Et plus qu'à la ra son sujet à ses caprices, Régnier, Sat .v. Votre Vésuve et votre Etna sont pleins de caprices; ils ressemblent aux petits hommes qui se mettent souvent en colère sans raison, VOLT. Leltf. Hamilton, il juin 1773. || Familièrement. Il a un caprice pour cette femme, il s'en est épris. || C'est un séducteur, il a fait bien des caprices, il a attiré sur lui l'attention de bien des femmes. || Il faut que je m'en passe le caprice, que je satisfasse ma fantaisie d'avoir cette chose-là. || 2" Saillie d'esprit et d imagination, en bonne ou en mauvaise part. Ce poète ne compose guère que de caprice. C'est un auteur plein de caprice. Puis dessus le papier mes caprices je rime, Régnier, Sat. xu. L'élégie en orna ses douloureux caprices, boil. Art poét. n. Mais pour bien exprimer ses caprices heureux [de l'amour], C'est peu d'être poëte, il faut être amoureux, id. ib. La ballade, asservie à ses vieilles maximes, Souvent doit tout son lustre aux caprices des rimes, id. ib. || Terme de musique et, plus particulièrement, de musique instrumentale. Composition où l'artiste écrit au gré de son inspiration, c'est-à-dire sans s'assujettir aux formes qui caractérisent les pièces de musique réglées, telles que les rondeaux, les variations, les menuets, etc. Ce pianiste a joué un fort beau caprice. || 3" Inconstani e, irrégularité, mobilité. Les caprices de la fortune. Les caprices de la mode. Quoi! la nécessité des vertus et des vices D'un astre impérii " doit suivre les caprices, corn. Œdipe, •■•' croyant qu'il n'y a pas de loi là n's •'
CAP
CAP
CAP
juges, il fait révérer, commodes arrêts du ciel, les caprices du hasard et de la fortune, monttesq. I.ett. pers. (04. Hélas! que le sort des humains Est plein d'un étrange caprice! chaulieu, d Mme d'Âligre. || Absolument. Dieu n'a pas abandonné ses élus Su caprice et au hasard, pasc. Prov. i. || 4" Caprice de houille, veines de houille qui ne suivent pas leur direction ordinaire.
— HIST. xvie s. Nos nouveaux François italianisez disent: quel caprice! léon trippault, Celthellenisme, au mot fantaisie. Et tout ce caprice [l'idée de parler de cela] m'est tombé présentement en main, sur le conte que me faisoit.... mont, i, ioo. Elle n'estoit point femme sans caprice [passion] , d'aub. Hist. il, 456. Le caprice est une volonté qui vient subitement à quelqu'un sans aucune raison, h. est. Fr. ital. p. n t.
— ÉTYM. Ital. capriccio; de capra, chèvre, c'està-dire saut de chèvre, chose inattendue; espagn. capricho.
f CAPRICEU (SE) (ka-pri-sé), v. rêfî. Avoir un caprice. Peu usité. C'était un homme [l'abbé de Castries] extrêmement aimable dans la société, que le roi s'était caprice de ne point faire évêque, stsim. 62, (22. Courtenvaux était, quoique modeste et respectueux, fort colère et peu maître de soi quand il se capriçait, id. I5t, 206
— ÉTYM. Caprice.
CAPRICIEUSEMENT (ka-pri-si-eû-ze-man), adv. Par caprice.
— étym. Capricieuse, et le suffixe ment. CAPRICIEUX, EUSE (ka-pri-si-eû, eû-z'), ad).
Qui a des caprices, plein de caprices. Un esprit, un homme capricieux. Il m'est trop précieux Pour l'exposer aux coups d'un sort capricieux, corn. Cid, iv, 5. Les langues ont chacune leur bizarrerie; mais la française est particulièrement capricieuse sur les mots, boil. Réflexions crit. sur Longin , ix. Je viens lui pardonner, et c'est moi qu'elle accuse; C'est moi qui suis injuste, ingrat, capricieux; Je prends sur sa faiblesse un empire odieux, a. chén. Élég. fragments. || Substantivement. Un capricieux, une capricieuse. Je ne puis héberger cette capricieuse [la fortune], la font. Fab. vu, 12.
— REM. C'est aujourd'hui une faute contre la propriété des termes que de donner à capricieux le sens d'opiniâtre, volontaire, mauvaise tête, qu'il avait dans le xvie siècle.
— HIST. xvi" s. Estant envoie par la roine pour traiter avec M. le mareschal de poincts assez capricieux [scabreux] , je me suis arresté tout court sur la nouvelle de sa reconciliation avec les rebelles, d'aub. Hist. h, 268. Il n'y faillit pas, encore qu'il fust des plus capricieux [mauvaise tête] de la garnison , et l'amena luy-mesme au prevost avant l'heure expirée, carloix, vi, 2.
— ÉTYM. Ital. capriccioso. de capriccio , caprice (voy. caprice); espagn. caprichoso.
CAPRICORNE (ka"-pri-kor-n'), s. m. || 1° Terme d'astronomie. Constellation zodiacale située entre le Sagittaire et le Verseau, qu'on figure par un bouc. Le si^ne du Capricorne, dixième division du zodiaque, laquelle -érable être parcourue par le soleil, à peu près du 20 décembre au 20 janvier, et qui a gardé ce nom, parce qu'au temps d'Hipparque le soleil, à cette même saison de l'année, semblait parcourir la vraie constellation du Capricorne. || Le tropique du Capricorne, le tropique austral, cercle parallèle, à 23 degrés | au sud de l'équateur, soit dans la sphère céleste, soit sur la terre. Gama n'avait pas encore repassé le capricorne, volt Mœurs, ta. || 2° Terme d'entomologie. Genre de coléoptères à très-longues antennes, dont une espèce a une très-forte odeur de rose.
— HIST. xme s. Quant li solaus entrera en capricorne, ce est en mi décembre, alebrant, f" 23.
. — ÉTYM. Capricomus , de capra, chèvre (voy. chèvre), et corne.
CÂPRIER (kà-pri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel Vs se lie : des kâ-pri-é-z élégants), s. m. Sousarbrisseau qui porte les câpres (capparisspinosa , L.), et qui croît dans le midi de la France. Bientôt la giroflée et les câpriers verts De réseaux et de fleurs les auront recouverts [les rochers], lamart. Joe. ni, too.
— HIST. xvie s. La reprinse est très asseurée par marquotes ou plant enraciné prins au pied des vieilles câpres, o. de serres, 548. La qualité du câprier est du genre des arbustes vi vans longuement,
— ÉTYM. Câpre.
+ CÂPRIÈRE (kâ-pri-ê-r') , s. f. Lieu planté de câ- '' Roîte ou pot contenant des câpres.
' La capriere s'édifie comme la vi-
gne, c'est assavoir par maillots ou crossettes, s'enracinans dans terre les branches des câpres, de mesmesquelessarmens de vigne, o. de serres, 548.
— ÉTYM. Câprier.
f CAPR1FICATION (ka-pri-fi-ka-sion), s. f. Action d'accélérer la maturation des figues, en plaçant sur l'arbre certains insectes qui proviennent du figuier sauvage.
— ÉTYM. Bas-lat. caprificus, de copra, chèvre, et ficus, figuier (voy. caprifiguier), avec une confusion entre fiais, figuier, et le suflixe ficare, faire, produire.
f CAPRIFIGUIER (ka-pri-fi-ghié), s. m. Terme de botanique. Figuier sauvage.
— ÉTYM. Capra, chèvre, et figuier: figuier de chèvre.
f CAPRIFOLIACÉ, ÉE (ka-pri-fo-li-a-sé , sèe),adj. Terme de botanique. Qui ressemble au chèvrefeuille. [| S. f. Les caprifoliacées, famille de plantes dont le chèvrefeuille est le type.
— ÉTYM. Voy. chèvrefeuille.
f CAPRIMULGE (ka-pri-mul-j'), s. m. Nom de l'engoulevent.
— ÉTYM. Caprimulgus, de capra, chèvre, et mulgere, traire; nom fondé sur une erreur.
f CAPRIN, INE(ka-pnn, pri-n'j, adj. De chèvre. Les bêtes caprines. Les races caprines.
— HIST. xii" s. Mais si esteit coverte celé robe chevrine E desus edesuz [dessous] de menue vermine, Th. le mart. 156. || xvi° s. Le parc où tel bestail et le caprin couche durant la nuit, o. de serres, 99.
— ÉTYM. Caprinus, de capra, chèvre.
fCAPRIPÈDE (ka-pri-pè-d'), adj. Terme didactique. Oui a des pieds de chèvre.
— ÉTYM. Capra, chèvre, etpes, pied.
t CAPRIQUE (ka-pri-k'), adj. Terme de chimie. Acide caprique, acide que produit l'oxydation de l'acide oléique par l'acide azotique.
— ÉTYM. Caper, bouc, à cause de l'odeur qu'il répand.
CAPRISANT (ka-pri-zan), adj. m. Terme de médecine. Pouls caprisant, pouls qui, interrompu au milieu de sa diastole, l'achève ensuite avec précipitation. || On dit aussi capneant. [Le pouls] est duriuscule, pour ne pas dire dur, repoussant, et même un peu capricant, mol. Mal. imag. il, 9.
— ÉTYM. Bas-lat. caprizans, de capra, chèvre (voy. ce mot).
\ . CAPRON (ka-pron) , s. m. Sorte de grosse fraise. On écrit aussi caperon.
— ÉTYM. Ménage, remarquant que ces fraises ont été nommées chapiron, pense qu'elles ont pu être dites ainsi par assimilation avec une petite tête ou plutôt avec- un petit capuchon (voy. le suivant).
f 2. CAPRON (ka-pron), s. m. Morceau de drap ovale que portaient les novices capucins.
— ÉTYM. Autre forme de chaperon.
f CAPRONE (ka-pro-n') , s.f. Houppe de poils qui garnit le haut de la tête de certains mammifères.
— ÉTYM. Capronx comse, cheveux qui tombent sur le devant de la tête, de caput, tête, et pronus, penché en avant.
f CAPRONIER (ka-pro-nié ; l'r ne ne se lie jamais), s. m. Fraisier qui produit les caprons.
CAPSE (ka-ps'), s. f. Ancien terme d'université. Boîte de métal où les docteurs de Sorbonne mettaient leurs suffrages, pour admettre aux degrés, ou pour refuser ceux qui ""aient subi l'examen.
— ÉTYM. Capsa, caisse voy. ce mot).
f CAPSELLE (ka-psè-1'), s. f. Terme de botanique. Petite capsule monosperme.
— ÉTYM. Voy. capsule.
CAPSULAIRE (ka-psu-lê-r') , adj. Terme de botanique. Qui est en forme de capsule. Fruit capsulaire, fruit sec qui s'ouvre de lui-même par un certain nombre de pièces ou par des trous. || Terme d'anatomie. Ligaments capsulaires , ligaments qui forment les capsules des articulations.
— ÉTYM. Capsule
CAPSULE (ka-psu-F), s. f. || i» Nom donné à différents objets qui ont plus ou moins d'analogie avec une boîte. 112° Tetme de chimie. Vase en forme de calotte pour les évaporations. Il 3° Terme de botanique. Enveloppe membraneuse de certaines graines. Capsules à plusieurs loges. Les plantes à coton du pays, renversant leurs capsules épanouies, ressemblaient à des rosiers blancs, chateaud. Voy. Am. 350. [| 4" Terme d'anatomie. Capsules articulaires, appareils ligamenteux qui environnent certaines articulations, telles que celles de l'épaule et de la hanche. [[ 5° Petit godet en cuivre, chargé de poudre fulminante, pour amorcer les armes à percussion. || 6° Enveloppe, soluble et sans goût, de certains médicaments désagréables à prendre.
— HIST. xvi° s. Et encores me frisonne et tremble le cueur dedans sa capsule, hab. Pant. iv, 27.
— ÉTYM. Capsula, diminutif de capsa, caisse (voy. caisse).
t CAPSULIFÈRE (ka-psu-li-fê-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est muni d'une capsule.
— ÉTYM. Capsule, et ferre, porter.
fCAPTAGE,s. m. Action de capter l'eauminérale CAPTAL(ka-ptal), s. m. Ancien titre de dignité, qui
signifiait chef, capitaine, dans le midi delà France.
— HIST. xve s. La ville de Chastillon sur la Dourdogne, héritage au captai de Buch,FR0iss. ii, u, 9.
— ÉTYM. Bas-lat. capitalis, au sens de chef, de caput, tète (voy. chef).
CAPTATEUR, TRICE (ka-pta-teur, tri-s') , s. m et f. Terme de droit. Celui, celle qui use île captation.
— ETYM. Captalor, de captare , capter.
CAPTATION (ka-pta-sion ; en poésie; de quatre
syllabes), s. f. Terme de droit. Emploi de moyens captieux, c'est-à-dire de flatteries et mauvais artifices. Testament obtenu par captation.
— ETYM. Captatio, de captare, capter.
CAPTATOIRE (ka-pta-toi-r), adj. Terme de droit.
Qui a pour objet la captation.
— ÉTYM. Captatorius , de captare, capter. CAPTÉ, ÉE (ka-pté, ptée), part, passé. Une bienveillance captée.
CAPTER (ka-pté, v. a. \\ 1° Gagner ou tenter de gagner quelqu'un ou quelque chose par de l'insinuation ou de l'adresse. Ses manières captèrent l'attention. 11 capta les suffrages de l'assemblée. || 2" Saisir, à l'aide de tranchées, lesorigines d'une eau minérale.
— REM. Capter n'a pas nécessairement le sens défavorable qu'ont captation et captieux.
— HIST. xve s. Et toustefois tous les pays voisins viendrent capter la benevolence du roy , et eux offrir luy complaire en toutes manières, juv» desurs. Charles VI, 1388. ||xvie s. Il ne sçait pas, pour avant jeu, capter la benevolence du candide lecteur, mont. i. <88.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. captar; du iaiiu captare, capter, chercher â prendre, fréquentatif de capere, prendre (voy. capture).
f CAPTEUR (ka-pteur), adj. Terme de marine. L'n vaisseau capteur ou, substantivement, un capteur, bâtiment qui a fait une prise.
— ÉTYM. Caplor, preneur; de capere (voy. capture).
CAPTIEUSEMENT (ka-psi-eû-ze-man),adt\ D'une manière captieuse.
— ÉTYM. Captieuse, et le suffixe ment.
f CAPTIEUSETÉ (ka-psi-eù-ze-té) , s. f. Qualité de ce qui est captieux.
— HIST. xvie s. Or sçavoit il leur capsieuseté estre telle qu'ils calompnisoient ses dits, llist. de la Toison d'or, t. 11, f° i39, dans lacurne.
— étym. Captieux.
CAPTIEUX , EUSE ( ka-psi-eû , eû-z' ) , adj. || i° Qui tend à prendre, à surprendre, à conduire à un sens trompeur. User de mots captieux sans
les expliquer, pasc. Prov. i Dont l'esprit léger
s'attache avidement Aux attraits captieux de mon déguiseinent, corn. Rodog. îv, 5. Après avoir épouvanté dj ces termes captieux deux personnes simples, balzac, le Harbon. Que dirai-je du dangereux artifice qui fait prononcer à la justice, comme autrefois aux démons? des oracles ambigus et captieux ! noss. le Tellier. Des novateurs tu découvres la fraude Et romps de leurs erreurs les filets captieux, boil. Ép. m. || 2° En parlant des personnes. Un raisonneur captieux. Un sophiste captieux.
— HIST. xve s. Les quelles conditions sembloient à plusieurs estre bien captieuses pour ce que les exceptés n'y estoient point nommés , juv. des urs. dans le Dict. de dochez. Caut, deceptif et captieux, coquillard, La seconde partie des droits nouveaux. || xvie s. Le comte n'eut que des promesses captieuses, comme de n'estre mis en autres mains que celles du roi, d'aub. Hist. 11, 426.
— ÉTYM. Provenç. capeins ; espagn. capeioso; de capliasus, de capere, prendre (voy. capture).
CAPTIF, IVE (ca-ptif. pti-v'; au pluriel 1'* ne se lie pas : des ca-pti-f infortunés ; cependant quelquesuns lient: des ka-ptif-z infortunés), adj. || 1° Pris à la guerre et fait esclave. Ils emmenèrent les femmes captives. Racheter les chrétiens captifs. Moi captif à la fieur de l'âge Dans ce vieux fort inhabité, bérang. Le Prisonnier. || Substantivement. Il ouvrira les yeux des aveugles et tirera les captifs de leur prison, boss. Hist. 11, 4. Un captif insolent d'avoir brisé sa chaîne , corn. Nicom. v, 10. Rome vit passer au nombre des vaincus Plus
CAP
CAP
CAP
d'un captif chargé des fers d'Antiochus, rac. lierai. ni, (. La guerre dans Lesbos me Ht votre captive, in. /;>/m';/. ni, 4. Moi qui contre l'amour fièrement révolté . Aux fers de ses captifs ai longtemps insul- Phèdre, n, 2. || L'ordre de la rédemption des -, ordre religieux dont la destination était de racheter les captifs faits par les Barbaresqu.es. || 2° En général et dans le style relevé, pris, détenu. t*n oiseau captif. Les coupables qu'il tenait captifs, ; oss. Hist. 11, «. Captive, dès le berceau, des ennemis les plus implacables de sa maison, id. Duch. d'Orléans. Comme il n'a jamais refusé ce qui était raisonnable, étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste, étant captif, id. Reine d'Angl. || Asservi. Rendre par un décret public à la Grèce, si longtemps captive, la liberté à laquelle elle ne pensait plus, boss. Hist. ni, c. || 3° Par extension, qui est contraint ou attaché. Cette place me rend fort captif. Âme captive des sens, des plaisirs. C'est proprement un charme: il rend l'âme attentive, Ou plutôt il la tient captive, Nous attachant à des récits, la font, vu, à Mme de Montespan. Tiens ta langue captive, et si ce grand silence.... corn. Cinna, v, l, Il ne faut point tenir les vérités captives, sév. 1 1 1 . Dans son génie étroit il est toujours captif; Pour lui Phébus est sourd et Pégase est rétif, boil. A. poét. 1. [Âme] toi qui étais née pour l'éternité et pour un objet immortel, tu deviens éprise et captive d'une fleur que le soleil dessèche, doss. La Vallière. L'âme, devenue captive du plai- ' sir, devient ennemie delà raison, m. ib. Philisbourg qui tint si longtemps le Rhin captif sous nos lois, doss. Louis de Bourbon. ||4" Ballon captif, aérostat qu'on retient au moyen d'une corde, par opposition a ballon perdu, qu'on laisse aller dans l'air.
— SYS. captif, esclave, pbisonnier. Dans le sens ancien et souvent usité, le captif est pris à h guerre, et peut être fait esclave; dans le sens moderne, captif est synonyme de prisonnier, avec cette différence que captif est de la poésie et du style relevé. L'esclave n'est pas pris à la guerre; i! reçoit l'esclavage en héritage de ses parents, ou bien on l'achète de ceux qui le possèdent ou qui font la traite. Le prisonnier est ou pris à la guerre, ou détenu de toute autre façon ; mais il n'est pas esclave.
— HIST. xvie s. Ceste galère estoit de seize rames pour banc, accoustrée magnifiquement des armes captives, riches draps de pourpre, et autres telles despouilles , amyot, P. Mm. 50. Empescliant que l'on ne monstre publiquement la grandeur et la gloire des roys Philippus et Alexandre le Grand prisonnières et captives soubz les armes romaines, id. ib. 53. La belle main dont la forte foiblesse- D'un joug captif donte les plus puissans, du bellay, 11, < 1, recto. As-tu point veu une nymphe craintive, Qui va menant ma liberté captive Par les sommets des plus haultes montaignes? id. 11, 28, reclo. Ceste police de la plus part de nos collèges m'a tousjours despieu ; c'est une vraye geaule de jeunesse captive, MONT. 1, 183.
— étym. Captivus , captif (voy. chétif, qui est
l'ancienne forme de captif). Captif à été refait sur le latin au xvic siècle.
f CAPTION (ka-psion), s. f. Moyen captieux. Mot ancien qui se comprend et qui se distingue de caplation, la captation étant l'emploi des captions, des moyens captieux.
— hist. xvic s. Ils taschent de nous surprendre par captions et vaines sophisteries, calv. Inslit. 656. Paix ; pleine de fraude et de captions, d'aub. Hist. n, tos'. Desquelles offres et discours, quoique grandement spécieuses et pleines d'artifices, la caption et la malice mesme ne me furent pas fort difficiles à descouvrir, sully, Mém. t. vi, p. 367, dans
LACURNE
— ÉTYM. Cûptio, de capere. prendre (voy. capture) .
CAPTIVÉ, ÉE(ka-pti-vé, vée), part, passé. Tenu attaché et comme captif. Captivé par les sons d'une musique délicieuse.
CAPTIVER (ka-pti-vé), v. a. ||1° Retenir prisonnier. Il captivait sa femme cependant, De ses cheveux voulait savoir le nombre, La faisait suivre en toute heure, en tous lieux, la font. On ne s'avise pas.... Il Tombé en désuétude au propre. || 2° Fig. Soumettre, maîtriser. Un enfant difficile à captiver. Mes affaires me captivent entièrement. Loin de vous captiver, souffrez qu'elles [les grandeurs J vous cèdent, corn. Cinna, 11, I. ...Quoi! votre amour souffre qu'on le captive? rac Brit. 11, c. La vengeance à ce point a pu vous captiver, volt. Mérop. iv, 2. Que chacun sous telle puissance Cap-
PK-T. DE l,A LANGUE FRANÇAISE-
tive son obéissance, malh. v, 28. Soumettre notre raison en la captivant sous le joug de la foi, hourd. Car. 1, Rel. clir. 270. Sacrifiant nos lumières, captivant notre raison , mass. Panég. Un saint mart. Tout fidèle doit captiver son entendement, flf.ch. Dauphin. || Absolument. Les observances deviennent pénibles; la. prière, loin de consoler, gêne et captive , mass. Panég. Prof, relig. sermon 2. Il 3° Séduire, gagner. Captiver son auditoire. [Ils] trouvent le secret de captiver les sens , corn. Sert. 11, 2. Pour charmer le vulgaire, Pour captiver un peuple inquiet et jaloux, volt. Sophon. v, i. Je la vis captiver et le peuple et l'armée, id. Sémir. 11, 4. Arts trop pernicieux dont l'éclat les captive, id. Tancr. 1, 1. Les femmes cherchent à captiver les hommes de parti, dider. Ess.sur Claude. || 4° V. réfl. Se captiver, se rendre captif, attentif, soumis. 11 faut savoir se captiver. Ce qui le plus me désespère, C'est cet amant parfait et si digne de plaire Qui se captive sous ses lois, mol. Psyché, iv, ). Pendant que tu disais en ton cœur rebelle : je ne puis me captiver.... boss. Anne de Gonzague.
— HIST. xve s. Infidélité naist de l'orgueil de l'entendement qui ne se veut soumettre ou captiver pour obéir à la Sainte Ecriture, gerson, dans le Dict. de dochez. || xvie s. Dieu accepte notre obéissance, moyennant que nous captivions et mations tous nos sens et désirs pour les rendre sujets à lui, calv. 238. L'or des cheveux me captive, du bellay, vu, 2), verso. Je captive ayséement mes créances soubs l'auctorité des opinions anciennes, mont. 11, 1 5. Le plus grand nombre, au lieu de hausser quelques fois l'esprit, le rabaissent tousjours, et le captivent en la fange de la terre, lanoue, 528. Quand vous aurez captivé le cœur de tous les François, d'aub. Vie, xcin. Apprenons à nous captiver et brider nostre appétit, paré, xxiv, 53. Nostre ame, serve et captivée soubs l'auctorité des leçons d'aultruy, mont. 1, 161. Il faut ouyr, considérer et faire compte des anciens, non s'y captiver qu'avec la raison, charron, Sagesse, préf. de la 2e édit.
— ÉTYM. Provenç. captivar; espagn. cautivar; portug. cativar; ital. cattivare; de captivare, de captivus (voy. captif).
t CAPTIVERIE (ka-pti-ve-rie), s. f. Termede traite. Grand bâtiment dans lequel on renferme les nègres au Sénégal avant de les expédier aux colonies. Vieux.
— ÉTYM. Captif.
CAPTIVITÉ (ka-pti-vi-té), i. f. || l"État de captif. Tenir en captivité. Racheter de captivité. || 2° Fig. La captivité dans laquelle nous tiennent les passions. L'âme menée de captivité en captivité, captive d'ellemême, captive de son corps, boss. La Vallière. Il Au plur. D'un amour si parfait les chaînes sont si belles, Que nos captivités doivent être éternelles, corn. Héracl. 1, 4. S'élever au-dessus des captivités où Dieu permet que nous soyons à l'extérieur, boss. dans girault-duvivier (qui ajoute : Corneille et Bossuet'ont employé ce mot au pluriel; et en effet un tel pluriel rend la pensée et exprime toutes les sujétions qui enchaînent). || 3" Absence de liberté causée par les occupations, par une contrainte quelconque. Cette place me tient en captivité. Vous tenez trop vos enfants en captivité.
— HIST. xue E tuz menad en chaitivier, le rei meïme, e les princes, et les vaillanz cumbateurs dis milie, Rois, 433. Kar tu l'menas de Egypte hors de servage, e de anguisse e de cheitiveisun, ib. 264. Il xme s. Et quant crestien repairoient de cativisons tout nu, il les faisoient reviestir selonc ce qu'il estoient, Chr. de Rains, 210. ||xves. Il relâcha la chetiveté des Juifs qui estoyent en Egipte, chr. de pisan, Hist. de Ch. V, m, ch. (2. Ung qui se essaiast de le getter dehors de la captivité où il est, Bibl. des chartes, 4e série, t. 1, p. 267. || xvies. Homme aimé des dieux, et envoyé expressément pour délivrer la Sicile de captivité, amyot, Timoléon, 24.
— ÉTYM. Provenç. captivitat; espagn. cautividad; ital. cattività; de captivitatem, de captivus, captif. L'ancienne forme française est chetiveté , à côté de laquelle est chetivoison (répondant à un baslatin captivationem) et chaitivier (répondant à un bas-latin captivar ium).
CAPTURE (ka-ptu-r'), s. f. Action de prendre. Se dit : i° quand on arrête un homme par ordre de justice: on a repris un forçat évadé; c'est une heureuse capture; 2° quand un corsaire fait une prise: la capture de plusieurs bâtiments de commerce ; le bâtiment pris se nomme aussi une capture : il conduisit heureusement ses captures à Brest ; 3° quand les soldats font quelque prise à la guerre; 4° quand les employés de la douane saisissent des marchan-
dises de contrebande. I| Familièrement. Vous aiiez à la pèche, eh bien! bonne capture! || Ironiquement. Ah! il a épousé cette fille, il a fait là une bellp capture!
— hist. xvi" s. Un inquisiteur de la foy n'a capture ou arrest en ce royaume, sinon par l'ayde et autorité du bras séculier, pithou. 37. M. de Vieilleville répliqua, que le tout dependoit de la capture, et qu'ils n'estoient pas assez forts pour l'arrester, carloix, iv, 4.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. captura; ital. cattura; de captura, de capere, prendre.
CAPTURÉ, ÉE (ka-ptu-ré , rée), part, passé. Les navires de commerce capturés par l'ennemi.
CAPTURER (ka-ptu-ré), v. a. Faire capture. Capturer un débiteur contre lequel il y a prise de corps, un bâtiment de commerce, des marchandises de contrebande. »
— ÉTYM. Capture.
CAPUCE (ka-pu-s'), s. m. || 1° Morceau d'étoffe grossière taillée en pointe , qui couvre la tête des capucins, à la différence des bénédictins, des bernardins et des célestins qui portent un capuchon. Il dit sous son capuce.... lafont. Herm. || 2° Partie supérieure de certaines gardes de sabre ou d'épée.
— ÉTYM. Ital. cappuccio, augmentatif de cappa (voy. chape).
f CAPUCHE (ka-pu-ch'), s. f. Sorte de coiffure de femme en étoffe légère. Synonyme de capeline.
— ÉTYM. Le même que capuce.
CAPUCHON (ka-pu-chon), s. m. || 1° Vêtement de tète, qui se rabat ou se rejette en arrière, à volonté. Le capuchon fait partie de l'habillement île certains moines. Rabelais, ce fou si sage, Lui légua par parenté Un capuchon dont l'usage En fait un sage en gaité , bérang. Ermite. || Prendre le capuchon, se faire moine. || 2° Par analogie, objet en forme de capuchon. Trois lampes auxquelles M. de Wolmar a fait ajouter des capuchons de fer-blanc, j. j. iiouss. Ilél. v, 7. Il 3° Terme de botanique. Boursouflure en forme de sac ou de easque qu'on remarque dans les pôtales^de certaines plantes, comme les aconits. || 4° Terme de marine. Espèce de coiffe goudronnée que l'on met sur le bout des haubans.
— HIST. xvie s. Trois moynetons et novices, ayans chacun le casque en teste dessous leurs capuchons, Sat. Ménipp. 12. Le muscle appelle trapèze, vulgairement capuchon de moine, paré, iv, <9.
— ÉTYM. Augmentatif de capuche; bourguig. caipuchon.
CAPUCHONNÉ , ÉE (ka-pu-cho-né , née), adj. Terme de botanique. Qui est en forme de capuchon. Pétales capuchonnés.
— ÉTYM. Capuchon.
CAPUCIN, INE(ka-pu-sin, si-n"), s. m. et f. || 1" Religieux, religieuse d'un des ordres de Saint-François. Les capucins sont religieux réformés (en (525) de l'ordre de Saint-François, reçus en France sous le règne de Charles IX, à la recommandation du cardinal de Lorraine. || Barbe de capucin, longue barbe. Il Parler comme un capucin, parler du nez. || 2" Fig. et familièrement, homme qui affiche une dévotion étroite. Je n'ai jamais vu sur notre théâtre un vieillard attendrissant; Sarazin même ne jouait I.usignan [dans Zaïre] que comme un capucin, volt. Lettr. d'Argental, <6 mai (767. || A la capucine, locution familière pour dire en capucin, avec une dévotion étroite. Les sermons du P. Séraphin, dont il répétait souvent deux fois de suite les mêmes phrases, étaient fort à la capucine, st-simon, 35, 151. Il 3" Capucin de carte, carte que les enfants plient longitudinalement pour la faire tenir droite, et àlaquelle ils font une entaille en angle aigu, qu'ils retournent en la relevant pour lui donnner l'air d'un capuce; ces capucins, rangés à la file et assez près, tombent les uns sur les autres quand on fait tomber le premier. De là les locutions : ils tombèrent comme des capucins de carte; ils ne tiendront pas plus que des capucins de carte. ||4° Barbe de capucin, nom de la salade de chicorée sauvage étiolée.
— HIST. xvie s. Pour n'estre continent, je ne laisse d'advouer sincèrement la continence des feuillants et des capuchins, mont, i, 262.
— ÉTYM. Bourguig. caipuchain; picard, capuchin ; de l'ital. cappucino, do cappucio, capuce, à cause du capuchon que portent les capucins.
CAPUCINADE (ka-pu-si-na-d'), s. f. Terme familier. Plate tirade de morale ou de dévotion. Débitant d'un ton de racoleur ses capucinades, j. j. rouss. Conf. 11. Il Affectation de dévotion. Faire une capucinade.
— ÉTYM, Capucin,
CAQ
CAPUCINE (ka-pu-si-n'), s. f. || i"Terme de botanique. Plante potagère et d'ornement , originaire du Pérou et dont il y a deux espèces : la capucine à feuilles larges (tropxolum majus. L.), et la capucine à petites feuilles (tropasolum minus, t.). || La fleur même. Une salade garnie de capucines La fleur capucine brode de ses chiffres de pourpre les murs sacrés, chateaubr. Génie, m, v, 2. || Câpres capucines, houtons à fleurs de la capucine confits au vinaigre. |j Couleur capucine, couleur aurore foncé comme cette fleur. |j La capucine tubéreuse (tropxo lum tuberosum, L.) fournit une belle fécule, abondante et alimentaire. || 2U Terme d'arquebusier. Anneau de métal qui relie le canon et le bois d'une arme à feu, ainsi dit par assimilation avec la forme de la fleur de la capucine. La première capucine est la plus voisine de la crosse; la deuxième porte aussi le nom de grenadière, et la troisième est appelée embouchoir parce qu'elle reçoit d'abord l'extrémité de la baguette. || Fig. Dans le langage trivial des soldats. Enfoncé jusqu'à la première capucine, qui a une déception complète. || 3" Terme de poterie. Petite écuelle de terre munie «l'une queue. || 4° Crayon de plombagine. || 5° Terme de maçon. Petit entablement composé d'un talon et d'un larmier. || 6° Terme de marine. Courbe qui lie l'éperon avec l'étrave. Courbe de soutien d'un vieux navire.
— ÉTYM. Capucin , à cause que la plante a ses fleurs en forme de capuchon.
j CAPUCINERIE (ka-pu-si-ne-rie) , s. f. Terme familier. Action de se faire capucin. Il est vrai je suiscapucin. ...Dès que monsieur l'abbé Terrai A su ma capucinerie, De mes biens il m'a délivré; Que servent-iîs dans l'autre vie? volt. Stances, 22.
— ÉTYM. Capucin.
CAPUCINIÈRE (ka-pu-si-niè-r'), s. f. Familièrementet par dénigrement, maison de capucins. || Fig. Maison, établissement où domine une dévotion étroite.
— ÉTYM. Capu< in.
f CAPULOÏDE (ka-pu-lo-i-d'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est .en forme de tasse.
— ÉTYM. Capula . sorte de tasse, etetSoç, forme. CAPUT-MORTUUM (ka-put'-mor-tu-om'), s. m.
Terme de chimie ancienne. Résidu dont on ne peut plus rien tirer. || Fig. et par dénigrement, valeur réel'.e, reste définitif de travaux, d'efforts, de combinaisons, de théories, etc. qui promettaient monts et merveilles, et qui ont avorté en grande partie. || Au jilur. Des caput-mortuum,
— ÉTYM. Caput, tête (voy. chef), et mortuum , mort : tète morte, c'est-à-dire ré.sidu dont les anciens chimistes ne pouvaient plus rien extraire, ayant tiré par la distillation divers éléments, soufre, sel, mercure, esprit, qu'ils nommaient de noms bizarres.
| CAPVIRABE (kap-vi-ra-d') , s. f. Terme d'agri culture usité dans le Midi. Extrémité d'un champ où tournent les bœufs et qu'on laboure perpendiculairement aux raies.
— ÉTYM. Cap, bout (voy. cap), et virer. CAQUAGE (ka-ka-j'), s. m. Action de caquer les
harengs. || Action de mettre de la poudre ou du salpêtre en tonneaux.
— HEM. L'Académie devrait écrire cacage ; car les autres verbes on quer qui forment des substantifs en âge, ont c au substantif: blocage, de bloquer; parcage, de parquer.
— ÉTYM. Caquer.
CAQUE (ka-k') , s. /'. || 1° Espèce de barriqueoù l'on met les harengs salés. || Rangés, serrés comme harengs en caque, très-serrés. || 2° Fourneau pour fondre la cire. || 3" Tonneau de bois contenant le suif fondu pour la chandelle moulée. || 4" Baril à poudre ou à salpêtre. || Proverbe. La caque sent toujours le hareng, c'est-à-dire on se ressent toujours de ses habitudes, de tout ce qui constitue la vie antérieure; se dit aussi de ceux qui passent d'une position inférieure à une position plus élevée.
— HIST. XIV s. Tonnel de caqueharenc, du cangf.. caquus. L'ng caquin de cervoise, n>. ib. || xve s. .... Réservé neuf veuglaires,'deux cacques de poudre, vingt-et-troisarbalesteset neuf coffres de traits, monstr. u, <2. Car chascun jour, à force d'engins, ietoient en la forteresse plus de cent cacques plains des ordures de la ville, Boueicaut, ni, 8. || xvies. Il fut emporté d'un caque ou deux de poudre, estant couché au lit de sa femme, castelnau, 188. Le feu s'y mit si furieusement que les esclas des caques allèrent tuer des hommes outre la rivière, d'aubig. "i.vr i, 292. Le feu s'estantmis dans une caque il.'
"> ib. II, 209.
CAQ
CAQUE, F.K (ka-ké. kée) , part, passe. Des harengs caques.
CAQUER (ka-ké), v. a. || 1° Préparer le poisson, c'est-à-dire lui ôter les ouïes pour le mettre en caque. || Mettre le poisson en caque. || 2° Mettre la poudre ou le salpêtre en barils.
— HIST. xive s. Hareng quaque soit mis en eaue fresche, Ménagier, u, 5.
— ÉTYM. Hollaud. kaaken, ôter les ouïes, de kaaken, ouïes, mâchoire, puis mettre en tonneau; d'où caque le tonneau lui-même. C'est ainsi que un mot signifiant mâchoire en est venu à signifier tonneau.
| CAQUEROLLE (ka-ke-ro-1) , s. f. Casserolle de cuivre à trois pieds et à manche.
f CAQUESANGUE (ka-ke-san-gh'), s. f. Dyssenterie.
— HIST. xvie s. Le flux des dysenteries et caquesangues, paré , xxm, 36. Il y a un accident de peste, appelé caquesange, qui est un flux de ventre qui ulcère et corrode les intestins, id. xxiv, 30.
— ÉTYM. Ital. carasaugue, de cacare, aller à la selle, et sangue, sang.
CAQUET (ka-kè; le / ne se lie pas dans la conversation; au pluriel \'s se lie: des ka-kè-z insipides; caquets rime avec traits, procès, jamais, paix), s. m. || 1° Au propre, le cri de la poule qui pond. || 2° Fig. Babil haut et bruyant, et aussi babil de jactance. C'est un ignorant, un poltron, qui n'a que du caquet.... Si j'eusse étudié.... Une cornette au col, debout dans un parquet, Â tort et à travers je vendrais mon caquet [d'avocat], Régnier, Sat. iv. Enfin, comme en caquet ce vieux sexe fourmille, in. Sat. xiu. Étourdi du caquet, je feignais de le croire, id. Sat. xi. Quel caquet est le vôtre! mol. Tart. u, 4. Vous avez le caquet bien affilé, m. Bourg, g. m, 3. Il me divertit avec sa voix, et tu m'étourdis avec ton caquet, id. Princ. d'Él. 2e intermède, scène I. L'ourse va trouver sa voisine la corneille, qui faisait un grand bruit par son caquet sous un arbre, fén. xix, 43. Le grand caquet vient de la prétention à l'esprit, j. j. rouss. Ém.iv. Je devrais me contraindre Jusques à m'éclaircir de ce que je dois craindre, Â pousser jusqu'au bout son caquet indiscret, mol. Éc. des F. i, 7. Enfin. mon étourdi n'aura pas lieu d'en rire; Par son trop de caquet il a ce qu'il lui faut, id. ib. ni, 3. J'ai bien peur que ceci n'approche fort de leur style [des mauvais, poètes] et que vous n'y reconnaissiez plutôt le caquet importun des pies que l'agréable facilité
des muses, rac. Lett. Il, à La Fontaine Vous
voulez que je trouve parfait Un petit suffisant qui n'a que du caquet, gresset, le Méchant,, iv, G. || Avoir du caquet, se montrer parleur et fier. M. de Grignan a bien du caquet, sév. 110. || Rabattre le caquet, rabaisser le caquet, faire tomber la jactance. Un lion en passant rabattit leur caquet, la font. Fabl. m, < o. Je vous assure que cela rabaisse le caquet, sév. 5. || Caquet bon bec, personne bavarde et médisante. C'est le nom de la pie dans La Fontaine. Caquet bon bec [la pie] alors de jaser au plus dru, Fabl. xn, H. On assure que cette expression est de la création de La Fontaine. || 3" Au plur. Propos futiles ou malins. Provoquer, redouter, faire taire les caquets. Â tous les sots caquets n'ayons donc nul égard, mol. Tart. i, I. Mille caquets divers s'y font en moins de rien, id. ib. Une petite ville, d'où l'on a banni les caquets, la bruy. 5. Croyez-moi, beautés monarchiques, Le mot vertu dans vos caquets, Ressemble aux grands noms historiques, Que devant vous crie un laquais, bérang. Vertu de L. || 4" Le caquet de l'accouchée, conversation des femmes qui visitent une nouvelle accouchée.
— HIST. xve s. Puis, sans faire plus long quaquet, Les voulut tout incontinent Remettre dedans le baquet, Villon, i,e Repue. Comment ils eurent des Irippes. || xvie s. Et fay que devant mon prince Désormais plus ne me pince Le caquet des envieux, ronsard, Odes, v, 5. Cecy surpasse toute bassesse de cœur, en personnes de tel reng, d'avoir voulu tirer quelque principale gloire du caquet et de la parlerie [de ce qu'on dirait d'eux], mont, i, 287. Par où il bridoit les occultes caquets desmocqueurs, il esmoussoit la pointe de ce reproche, id. m, 48. Je lui abas soncacquet, palsgr. p. 4U Si vous pouviez , ô heureux perroquet , Ma volonté et mon affection Bien déclarer par vostre bon cacquet ! Si vous pouviez dire ma passion ! Vers de don Carlos, fils de Philippe H, dans Elisabeth de Valois, par m" walker-freer. Adieu les plaisirs des champs; Plus à l'abri de l'ombrage Des oyselets aux doux chants On n'oit le caquet ramage, baïf, Œuvres, p. 75, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. Caqueter.
CAQ
CAQUETAGE (ka-ke-ta-j') , .v. m. Action de caqueter et caquets. C'était un caquetage perpétuel. Je ne fais pas attention aux caquetages. Mais bientôt un jeune seigneur M'enlève à leur doux caquetage, Bérang. Cinq étaqes.
— ETYM. Caqueter.
CAQUETE (ka-kè-te), *-. f. Baquet où les harengères mettent des carpes.
— ÉTYM. Diminutif de caque. Il devrait s'écrire caquette, puisque c'est l'orthographe des diminutifs en ette.
CAQUETER (ka-ke-té. L'Académie ne conjugue pas ce verbe que l'on conjuguera à volonté : je caquette ou je caqueté; je caquetterai ou je caquèterai; je caquetterais ou je caquèterais; caquette ou caqueté. Ce verbe est très-mal conjugué par certaines personnes qui prononcent je cakte et non je kakète, je kakterai, et non je kakèterai) , v. n. || 1° Au propre se dit du cri de la poule qui pond ou a pondu. || 2° Par extension et familièrement, se dit du babil dans la chambre d'une accouchée, du babil des perroquets et de tout babil futile ou médisant Discourt de sa vertu, en caquette tout haut, Régnier, Sat. vu. Assez de tes amours m'a caqueté la fable, id. Élég. iv. Il caquette comme une accouchée, sév. 398. Vous avez caqueté dès le troisième jour de votre accouchement, id. 108. De telles gens il est beaucoup Qui prendraient Vaugirard pour Rome, Et qui, caquetant au plus dru, Parlent de tout et n'ont rien vu, la font. Fabl. iv, 7.
— HIST. xve s. Il dient qu'il eschaperont; Lonc temps approphetizié l'ont : Encore seront racheté, Et pour ce ont tant quaqueté, Mysl. Aat. de J.-C. Car est œuvre de femme de caqueter moult, chastel. Vérité mal prise. .,.11 vient, il caquette, coquillart, Monol. de la botte de foin. || xvr s. Tel caquette des autres, qui, s'il y estoit, se trouveroit bien empesché, montluc, Mém. t. i, p-. 189, dans lacurne. Ils caquettent comme cicongnes, ils coqueliquent comme les coqs, pare, Animaux, 25. Je ne veux oublier le coqueter des coqs et poules; qui est le langage dont ils nous rompent la tête quarm iis s'entrefont l'amour, et dont nous avons formé, par une belle métaphore, caqueter, lorsque quelques babillards nous repaissent de paroles vaines; et de là mesme, les medisans ont appelé le caquet des femmes, mesme que l'on appelle une femme coquette qui parle beaucoup sans sujet, pasq. Rech. vin, 6. Il me fâche de vous ouyr caquetter ainsi hors de saison, palsgr. p. 430.
— ÉTYM. Malgré le dire de Pasquier, il est difficile de passer de coquet à caquet; ce changement de l'o en a, possible en soi, n'étant pas justifié ici par l'historique, qui n'a jamais que la formé en a. Jusqu'à plus ample informé, il ne faut voir dans ce mot qu'une onomatopée.
CAQUETERIE (ka-kè-te-rie). s. f. Action de caqueter; caquets. Une caqueterie, des caqueteries sans fin.
— HEM. L'Académie écrit caqueterie par un seul f et coquetterie par deux; il serait bon de mettre de l'uniformité et de conformer l'orthographe à la règle qui ne veut pas deux muettes de suite.
— étym. Caqueter.
CAQUETEUR, EUSE (ka-ke-teur, teù-z'), s. m. etf. Celui, celle qui caquette et babille beaucoup.
— HIST. xve s. Aussi sont bonnes caquetieres Allemandes et Pruciennes, villon, Bail, des fem. de Paris. ||xvie s. La science est caqueteresse, envieuse de se monstrer, charron, Sagesse, p. 530, dans lacurne.
— ÉTYM. Caqueter.
f CAQUET01RE (ka-ke-toi-r') , s. f. || 1° Chaise basse à dos très-élevé et sans bras. C'est ce que nous nommons maintenant causeuse. || 2° Bâton placé au milieu des mancherons de la charrue.
— HIST. xvie s. Il n'y a pas d'apparence que les femmes aient alors le bec gelé; pour le moins, j'en repon pour celles de Paris, qui ne se sont tenu d'apeler des caquetoires leurs sièges, h. est. Apol. d'Hérod. p. 64, dans lacurne.
— étym. Caqueter.
CAQUEUR, EUSE (ka-keur, keù-z'), s. m. etf. Celui, celle qui caque les harengs. || S. m. Un caqueur, couteau à l'usage des caqueurs de harengs
— ÉTYM. Caquer.
fCAQUEUX, EUSE (ka-keù, eù-z'), s. m. et f. Race misérable de Bretagne avec laquelle le reste île la population ne contractait pas d'alliance. Les caqueux sont dits aussi cacous et caquins.
— ÉTYM. Bas-lat. cacosus, caqueux.
f CAQUILLIER (ka-ki-liéj , «. m. Terme de botanique. Voy. CAK1LE.
el
CAR
-ra-ko-l'), s. f. Terme de boaricot dont la fleur est contour-
e; ital. caraco.
a-ra-ko-r'), s. f. Sorte de navire ,. Philippines.
.1 < (ka-ra-kou-lé), v. n. Terme d'oier.
. (ka-ra-ktè-r'), s. m. || i° Signe tracé 'ettres de l'alphabet, les signes de ïiffres sont des caractères. Carac- . °* caractères de l'alphabet. Gravé es. Ecrit en petits caractères. 11 ne caractères. Caractères symboliques, Les caractères de cette inscription acés. Si vous avez peine à lire cette re pas en assez beau caractère, pasc.
le, dois-je croire un billet de Maust sa main, ou s'il est contrefait; innaître encor le caractère, corn.
yez ce qu'en mourant me laisse laise en soupirant le sacré carac- .... Voici ces sacrés caractères, Les ins de ces cruels mystères, volt.
sommets brisés des Apalaches se > des caractères d'azur, chateai b.
des types d'imprimerie. Graveur, ■res. Ces caractères sont usés. Ce refondre. L'œil de ce caractère .igèbre, en astronomie, en chien pharmacie, caractère, signe iri se sert pour exprimer quelque " uarque portée par superstition ui, c'est un enchanteur qui porte ' ressembler aux maîtres des maiiii, 5. On dit qu'il a un caractère V de toutes les femmes, id. Vourc.
sens. || 2" Fig. Quoique cette idée uté soit gravée dans le fond de nos s ineffaçables, pasc. dans cousin.
ier qu'on quitte ses parents: L'hynt ces profonds caractères, cor- . || 3e Titre naturel ou légal qui .. Il dépouille le caractère d'ami ui déjuge. Le caractère royal. Les ici avec un caractère public. Qui ; officiel. Qui a caractère pour or- :fendre. Certains sacrements impriindélébile. Déployer, cacher son ;onnaitre, cacher le titre officiel ■néraux romains commencèrent à bldats, (,ni ne regardaient en eux caractère de l'autorité publique, n père est toujours père; Rien e sacré caractère, corn. PoUj.
être? — Roi. Reprenez hauteiclère, m. Nicom. iv, 3. Un agent roi suédois réfugié chez les Turcs, s. || 4° Ce qui est le propre d'une e distinctif de la vérité. C'est un ,rénic. Je rechercherai les carac- 'imprévoyance est le caractère de r aux origines des villes un caraces trois philosophes avaient une actère différent. Conserver le cants genres de littérature. Nous aractère d'amour dans nos cœurs mesure que l'esprit se perfeccousin. La bonté est le caractère s rois, boss. Polit. Elle porte le i de Dieu, w.Hist.n, ' 3. Le style inô le caractère des âges, id. ib. n, ractère du temps, m. ib. n, 3. Fautd'un profane adultère Brille de la ictèreV rac. Phèd.iv, 2. Un case et de timidité né avec nous, ontre les vices. Vous êtes marqué •éprouvés, id. Car. Fausse confesia sur le front d'un caractère de "ar. WéA*° Elles sont marquées du '. Afflict. L'Église, sous sécution du caractère "■■■nie, i, ). || Dans fixations apparentes jets. Les naturalistes ils les plus saillai s, une i "'' ;e, ^ •■ar-
CAR
cine, caractère s'emploie pour exprimer l'état plus ou moins grave d'une maladie. Pneumonie de mauvais caractère, d'un caractère fâcheux. Fièvre d'un caractère bénin. || 5° Ce qui distingue, au moral, une personne d'une autre ; nature, naturel , mœurs, sentiments. La différence des caractères. D'un caractère irascible. Dompter ces caractères intraitables. Un mauvais caractère. Un noble caractère. Force de caractère. Suivre son caractère. Peinture des caractères. ,1e suis sorti de mon caractère, boss. Var. Préf. Il faudrait des foudres pour des âmes de ce caractère, mass. Carême, Confess. Des chevaliers français tel est le caractère, volt. Zaïre, H, 3. Quelle véhémence dans les sentiments [chez Corneille] ! Quelle dignité, et en même temps quelle prodigieuse variété dans les caractères! rac. Disc, de récept. de Th. Corm Me. || Comédie de caractère, celle où l'on présente un caractère dominant qui fait proprement le sujet de la pièce. Le Menteur, l'Avare, le Glorieux sont des comédies de caractère. || Familièrement. C'est un bon caractère d'homme. || La personne même qui a le caractère. Les mauvais caractères sont toujours malheureux. || Les Caractères de tel auteur, l'ouvrage dans lequel un auteur a peint les caractères, les mœurs. Les Caractères de Théophraste, de La Bruyère. || 6° Absolument, ensemble des facultés qui se rapportent à l'action, distinct du cœur et de l'esprit. C'est le caractère qui domine en lui. || Les facultés morales opposées aux facultés intellectuelles. Grand de génie et grand de caractère, bérang. Cinq mai. || Fermeté. Il veut montrer du caractère. Comme il convenait à des hommes de caractère. Dans cet entretien il fit preuve de caractère. Manquer entièrement de caractère. Homme sans caractère. C'est un homme à caractère. Elle aimait mieux qu'on manquât -de sagesse que de caractère, et qu'on eût le cœur faible que l'esprit impertinent et corrompu, Marivaux, Vie de Marianne, 4 e partie, p. 218. || Celui, celle qui a dans son moral quelque chose qui se distingue en s'accusant. C'est un caractère. || 7° Absolument, en un autre sens, expression, air expressif. 11 aune physionomie sans caractère. Voilà un beau caractère de tète. La nature a tracé dans ses regards mourants Un si grand caractère et des traits si touchants, volt. Mahom. iv, 4. || Danse de caractère, danse qui représente une petite action. On pria Blanca d'exécuter une de ces danses de caractère où elle surpassait les plus habiles guilanas, chateaub. D. des Abenc. <66. Il Dans les œuvres de littérature et d'art, qualité qui les élève au-dessus du commun et du vulgaire ; certaine originalité d'intention et de style. Cette comédie, cette musique n'a point de caractère. || En musique, demi-caractère se dit de la musique bu de la danse qui tient le milieu entre le genre grave et le genre comique.
— SYN. caractère, mœurs. En termes de théâtre, on entend par mœurs ou mœurs générales les habitudes qui appartiennent à une nation, â une époque, à tel ou tel âge, à telle ou telle condition. Le caractère, qu'on appelle aussi quelquefois les mœurs particulières, est plus spécial à chaque personnage. Dans Iphigënie Achille est ardent, Ulysse est rusé, ce sont deux caractères différents; mais tous les deux doivent représenter les mœurs grecques ou ce que nous consentons à regarder comme ces mœurs.
— HIST. xir's. L'aveit issi [ainsi] aparilliez, D'arz enchanté e primseignez, E sur lui tant caractes fait, Que jà d'armes n'en fust sanc trait, benoît, Chron. i, 709. || xme s. Après doivent faire jurer àchascun des champions que il ne porte bref, ne charei , ne sorcerie, Ass. de Jérus. ch. 102, dans du cange, caraula. ||xive s. Le dit Camus usoit et ouvrait de mauvais art, comme de sorceries et caraux, du cange, caraula. Fait faire par une juifve pluseurs poudres et charays, id. ib. Raymon mist certains sorceries, charoiz et faitures soubz le sueil de l'uys de l'ostel, id. ib. || xv" s. Faisant invocation de caractères, sorcelleries, charmes, superstitions et maléfices, monstrel. i, 39. || xvie s. Mes caractères se trouvèrent plus vénériens que solaires, mont, i, 96.
• a laissé en ces haults ouvrages le characiiil'.''\ id. ii, tis. Le charactere de la (t indélébile, id. iii, 347. Le premier jte des termes et caractes de ceste rois de la roche, Arismetique, f" 42.
1 ' uJi nr acier , marque, de -/«pa"'"' KS ■" mofionow "■ ■
> ùî o C -J c
le latin écrit, il change ri.
tions.
f CARACTÉRISANT, A
zan-t'), adj. Qui caractérise, l bien caractérisant [la farce du mort de Louis XIV] qui trouvera .
lieu, ST-SIM. 320, )8.
CARACTÉRISÉ, EE (ka-ra-kté-ri-zé, passé. || 1° Marqué d'un caractère. Les pa bien caractérisées par Molière. Le moyen âgt térisé par la séparation du pouvoir spirituel ^ pouvoir temporel. || 2° Dont le caractère est marq Le personnage de cette comédie est imparfaiteme caractérisé. || Absolument. 11 n'a pas une physiono mie caractérisée. C'est une monomanie bien caractérisée. Ce sont deux physionomies d'amants fort tendres, mais qui n'ont rien de caractérisé ni d'original, dider. Lett. à Mme liiecob. || 3° Plaques caractérisées, plaques marquées de caractères magiques, thiers, Superstitions, v, 2. Vieux en ce sens.
CARACTÉRISER (ka-ra-kté-ri-zé), t;. a. \\ 1° Indiquer, mettre en relief le caractère, la qualité propre. Ce peintre n'a pas suffisamment caractérisé ses figures. Ce fait caractérise parfaitement notre homme. Les signes qui caractérisent les passions. Ce qui caractérise une maladie. Faire honneur â M. de Maurepas de cet espritde modération, d'indulgence même, quiaconstammentearactérisé son ministère, condorcet, Maurepas. || 2° Se caractériser, v. rijl. La maladie ne s'est pas encore bien caractérisée. Autant de fois qu'une femme sort de soi-même pour se caractériser dans le cœur des autres, pasc. dans cousin.
— ÉTYM. Bas-lat. characterizare, de character. CARACTÉRISME (ka-ra-kté-ri-sm') , s. m. Dans
l'ancienne thérapeutique, conformité prétendue des plantes avec quelques parties du corps humain.
— ÉTYM. Characterismus (voy. caractère).
CARACTÉRISTIQUE (ka-ra-kté-ri-sti-k') , adj.
|| 1° Qui caractérise. Signe, trait, différence caractéristique. || En géologie, fossiles caractéristiques, fossiles qui signalent une espèce de terrains. || En grammaire, lettre caractéristique, lettre qui dénote le temps d'un verbe, la formation d'un mot. || Substantivement. L's est chez nous la caractéristique du pluriel dans les noms. [Dans le grec] Il faut considérer la caractéristique, la terminaison , l'augment, chateaub. Génie, n, vi, 3. || 2" S. f. La caractéristique, ce qui caractérise. Une des caractéristiques des siècles de corruption est que la vertu et les talents isolés ne conduisent à rien, dider. Essai sur Claude. || Terme de mathématiques. La lettre d est la caractéristique des différentielles. Le nombre entier qui précède la virgule dans un logarithme et qui exprime des unités entières, est la caractéristique du logarithme.
CARAFE (ka-ra-f), s. f. || i° Sorte de bouteille de verre qui se distingue des autres bouteilles par la forme et par l'espèce du verre, et dans laquelle on sert l'eau et quelquefois le vin et les liqueurs. || 2° Le contenu d'une carafe. J'ai bu une carafe d'eau. || 3° Fig. et familièrement. C'est une vraie carafe d'orgeat, pour dire un homme que rien n'excite, froid jusqu'àl'apathie. ^
— ÉTYM. Espagn.etportug. garrafa; ital. caraffa; napolit. carrafa, sorte de mesure des liquides; sicil, carrabba; on le tire de l'arabe gerilt, mesure pour les substances sèches, garafa, puiser.
CARAFON (ka-ra-fon) , s. m. || 1° Petite carafe. || 2° Spécialement, une très-petite carafe en usage dans les restaurants. Un carafon de vin. || Le contenu , lequel est environ d'un quart de bouteille, c'est-à-dire deux décilitres. || 3° Seau de bois ou de liège où l'on met à rafraîchir les boissons.
— ÉTYM. Carafe.
f CARAGAN (ka-ra-gan), s. m. Terme de botanique. Nom darobinia caragana.
CARAGNE (ka-ra-gn'), s. f. Substance gommorésineusc que l'on attribue à un arbre de la famille des térébinthacées, originaire de la Colombie. || Adj. Gomme caragne.
f CARAGUE (ka-ra-gh'), s. m. Nom d'un animal à bourse du Brésil.
f CARAÏBE (ka-ra-i-b'), .s-, m. et (.-Nom des populations sauvages qui habitaient les Antilles au moment de l'arrivée des Européens. || Lànaufi caraïbe, o», Viïti^^ofitunod* caraïbe, la U>„: s'10' a!r.epar
onop'zTfouôs 'y>u',H»H"
CAR
CAR
.arque qu'on va donner la i énoncée. Vos pareils y sont joi ! rien d'assuré! point de . font. Fabl. i, 5. Et tous l'amende: Car toi, loup, tu te ne t'ait rien pris, id. ib. il, 3. C'est in des tiens, Car vous ne m'épargnez ib. i, 40. J'ai plus gagné que perdu; Car . point de nouvelles, in. ib. i, (7. Les vieil- Jéploraient ces sévères destins; Les animaux ! car encor les humains [passe encore pour les mmes qui avaient mérité de périr], id. Philémon t Bauc. Non, je ne reviens pas, car je n'ai pas été; Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté; Je ne demeure point, car tout de ce pas même Je prétends m'en aller, mol. Dépit, i, *. Car [il avait été question parmi les puristes de supprimer car comme mot vieilli] étant d'une si grande considération dans notre langue, j'approuve extrêmement le ressentiment que vous avez du tort qu'on lui veut faire; et je ne puis bien espérer de l'Académie dont vous me parle/., voyantqu'ellese veut établir par une grande violence ; en un temps où la fortune joue des tragédies par tous les endroits de l'Europe, je ne vois rien si digne de pitié que quand je vois que l'on est prêt de chasser et faire le procès à un mot qui a si utilement servi cette monarchie et qui, dans toutes les brouilleries du royaume, s'est toujours montré bon français; pour moi, je ne puis comprendre quelles raisons ils pourront alléguer contre une diction qui marche toujours à la tète de la raison et qui n'a point d'autre charge que de l'introduire; je ne sais pour quel intérêt ils tâchent d'ôter à car ce qui lui appartient, pour le donner à pour ce que, ni pourquoi ils veulent dire avec trois mots ce qu'ils peuvent dire avec trois lettres, voit. Lett. 53. Gomberville : Que ferons- Tious, messieurs, de car et de pourquoi? Desmarets : Que deviendrait sans car l'autorité du roi? Gomberville : Le roi sera toujours ce que le roi doit être, Et ce n'est pas un mot qui le rend notre maître. Gombaud: Beau titre que le car au suprême pouvoir, Pour prescrire aux sujets la règle et le devoir. Desmarets: Je vous connais, Gombaud, vous êtes hérétique, Et partisan secret de toute république. Gombaud : Je suis fort bon sujet et le serai toujours, Près de mourir pour car après un tel discours. Desmarets : De car viennent les lois, sans car point d'ordonnance , Et ce ne serait plus que désordre et licence, la Comédie des Académiciens, ni, 3, dans richelet. || Substantivement. Les si, les car, les contrats sont la porte Par où la noise entra dans l'univers, la font. Belphég.
— HIST. x" s. Car ço videbant per spiritum prophète, Frag.de Valenc. p. 468||xies. Car, puisque serement li est jugied.... L. de Guill. 25. Franc chevalier, car m'eslisez baron, Ch. de Roi. xix. Emprès lui dient : Sire, car nous menez, ib.xx.vi. || xne s. Ne poit durer que Charlles ne le tienne; Car il n'a homme.... Roncisv. (. Alez seoir, car je vous en seraon, ib. (2. Compeing Roiant , car sonez vostre cor, ib. 4 5. Car joie a courte durée Oui avientpar tel folor, Coud, i. Diex! caria peusse tenir Un seul jour à ma volenté ! ib. m. || xin" s.
Sire, voici l'ost quar leurcriez merci que il aient
de toi pité, villeh. xlii. Car nus [nui] ne vient à vie [quij ne conviene finer, Bertc, m. Et car me secourez , mère Dieu beneoite , ib. xxix. || xive s. À plusieurs gens sont aucunes choses delettables qui sont contraires l'une à l'autre, et la cause est car [que] telles choses ne sont pas naturellement deleitables, oresme. Eth. 19. Et la cause pour quoy nous ne conseillons pas des choses dessus dites est car [que] nule de elles n'est faite par nous, id. ib. «6. || xvi" s. X quoy Indathyrses, car ainsi se nommoit-il. ... mont, i, 49. Il parla tout haut de servir le roi sans si et sans car, et puis d'aller au conseil pour mettre la main à la besongne, d'aub. Hist. m, (87. Les deux commissions furent scellées extraordinairement, car en [car elles le furent dans] la chambre de M. le chancelier, n'estant encores M. de Humieres mort, carloix, vi, (0.
— ÉTYM. Picard (Ponthieu), gar , r provenç. quar, qar, car; anc. catal. quar; anc. espagn. car; anc. ital. quare; du latin queure, c'est pourquoi, mot à mot qua re , par laquelle chose , pour laquelle ',hose; étymoiogie qui explique l'emploi de cardans
f CAHABAS (ka-ra-bà). s. m. || 1° Le marquis de Carabas, nom du protégé du chat botté, dans le vieux conte rajeuni par Perrault. Bonnes gens qui fauchez, dit le chat à tous ceux qui font la moisson , si vous ne dites pas que ces terres sont au marquis de Carabas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté. Ce marquis de Carabas, loin d'être noble, était le dernier fils d'un meunier, ce que Béranger a conservé dans sa chanson : Pour me calomnier. Bien qu'on ait parlé d'un meunier, Ma famille eut pour chef Un des fils de Pépin le Bref. \\ 2° Familièrement, propriétaire de beaucoup de biens détachés les uns des autres; et aussi, noble fier d'une noblesse douteuse, de titres bien ou mal acquis. Mon fils le baron, Quoique un peu poltron, Veut avoir des croix; Il en aura trois; Chapeau bas, chapeau bas! Gloire au marquis de Carabas! bérang. Le marquis de Carabas. || 3" Grande et vieille voiture, dite par raillerie du nom du marquis de Carabas.
| CARABE (ka-ra-b') , s. m. Terme de zoologie. Genre d'insectes coléoptères, considéré à tort comme doué de propriétés épispastiques.
— ÉTYM. Carabus, crabe (voy. crabe).
CARABE (ka-ra-bé) , s. m. Ambre jaune ou succin.
— HIST. xvie s. Des pillules de bolarmene, de terre sigillée, de carabe, de sang-de-dragon, de girofle et de musc, o. de serres, uoo.
— ÉTYM. Portug. caraba; du persan caharaba. succin, mot à mot, tire-paille, de kah, paille, et rabâ, enlever, attirer.
(.CARABIN (ka-ra-bin), s. m. || i° Soldat de cavalerie légère au xvie siècle. Vous êtes obligée de n'exposer pas davantage à la funeste adresse d'un carabin tant de vertus naturelles et acquises, civiles et militaires, balz. Disc, à la rég. D'une charge caponne de général des carabins qui n'existaient plus, il s'en fit une réelle de mestre de camp général des dragons, st-sim. 37, (76. || Fig. Tirer son coup en carabin, jeter un mot dans un débat, sans insister et sans le soutenir. || Par injure ....Fat, animal. Vil carabin d'orchestre, atome musical, regnard, le Bal, ((.Il 2" Fig et familièrement, au jeu, carabin, celui qui hasarde volontiers un coup sans jamais s'engager réellement. || Se dit au jeu de lansquenet du joueur qui ne joue pas seul. || 3° Un des noms du blé sarrasin cité dans Ménage et usité encore aujourd'hui en Normandie.
— HIST. xvi" s. Les carabins de l'armée ennemie, le prenant pour un homme de commandement, l'engagèrent dans une escarmouche assez vive, d'aub. Vie, xcvii. De St-Menehoux Missar, qui commandoit les carabins de Metz, desquels le nom a depuis [1575] esté familier, estant allé à la guerre, chargea quelque 40 fourrageurs, id. Hisl. il, (80. Â son aile gauche il avoit 45 carrabins, qui sont arquebusiers à cheval, armez d'aultre façon que les nostres; car ce sont presque tous hommes de commandement choisis, id. ib. ni, 230. Tous ceux qui estiment autrement sont pié-gris, rustiques et carrabins, id. Fœn. m, 22. Petit rustre, petit carabin, enfant de vanité, id. ib. m, 23.
— ÉTYM. Deux étymologies sont en présence : (° D'après Diez, cala-brin, qui est dans Roquefort pour carabin, sert d'intermédiaire à calabre, mot provençal qui signifie machine de guerre, le nom des armes passant facilement de l'une à l'autre. 2° Dans Du Cange, calabrinus, signifiant qui est de la Calabre, a donné Calabrins.et, par une facile altération, carabins, ainsi nommés parce que cette sorte de cavalerie est venue d'abord de la Calabre. Cette dernière opinion paraît la plus probable.
2. CARABIN (ka-ra-bin), s. m. Anciennement, carabin de Saint-Côme (Saint-Côme était l'école de chirurgie, à Paris), frater, garçon chirurgien. || Aujourd'hui, familièrement et par dénigrement, étudiant en médecine. Quand nous mourons, vieux ou bambin.... On vend le corps au carabin, bérang. Bohém.
— ÉTYM. Carabi7i i , dont on avait depuis longtemps fait un terme de dénigrement comme on peut voir à l'historique.
CARABINADE (ka-ra-bi-na-d'), s. /'. Tour de carabin. Familier et peu usité.
— HIST. xvie s. Le mareschal de Bi premier averti, n'attendit déformer aucune mais aiant donné l'avis au roi, courut où les \ 'des
peu de fruit ny d'un costé n;, 1. 1, p. 362, dans lacurne.
t CARABINAGE (ka-ra-bi qui donne à une arme à feu d
— ÉTYM. Carabine.
CARABINE (ka-ra-bi-n'), s. f. F
en dedans. Comme il retournait à eut un coup de carabine qui lui par fracassa l'os du talon, volt. Charlet queton ou fusd court de cavaler
— xvie s. La cavalerie du p.
lances, et avoient presque tous des unie-
quelles, avant de tirer le pistolet, ils avoient la pluspart des piquiers de la longueur de leu d'aub. Hist. m, 442.
— ETYM. Espagn. portug. et ital. carabina carabin ().
CARABINÉ, ÉE (ka-ra-bi-n é, née), part.
|| 1° Un canon de fusil carabiné. || 2° Ten marine. Brise carabinée, vent très-violent.
CARABINER (ka-ra-bi-né). || 1" V. n. G» encarabin, tirailler. ||Fig. et familièremeWe en carabin. ||2° V. a. Creuser de rainures h'0d'un canon de fusil. »T*
— ÉTYM. Carabin < t carabine. '4*1 f CARABINKUR (ka-ra-bi-neur), S. m. OÏ.
qui carabine les canons de fusil. || Joueur qui sarde quelque argent et qui se retire apr?" au lansquenet.
— ÉTYM. Carabiner.
CARABINIER (ka-ra-bi-n ié;
au pluriel Vs se lie : des ka-ras. m. || i°Soldatarméd'unecaraui à cheval, cavalier qui porte la eu et qui n'a ni carabine ni mousqu niers sont de très-haute taille. D»' carabiniers se trouvaient en sale L. COUR, n, 282. || 3° Soldat d légère, qui correspondait au gre
— ÉTYM. Carabine.
f CARABIQUE (ka-ra-bi-k') , t logie. Nom du genre des carabe;
t CARACAL (ka-ra-kal), s. m.
vage, nom vulgaire et spécifiqm dit aussi lynx de Barbarie et lj croit que c'est le lynx Jes ancier.
f CARACARA (ka-ra-ka-ra) , s.
tour d'Amérique.
CARACH (ka-racli}. Voy. cara
CARACO (ka-ra-ko), s. m. Sor femme qui est plus ou moins aju sage et qui est plus ou moins Ion; reprennent vite Les barbes et Requête.
f CARACOL (ka-ra-kol), s. .
col (voy. caracole).
CARACOLE (ka-ra-ko-1'), s. f.
tecture. Escalier en caracole t fait en rond, à marches gironé manège. Succession de demi-tou che qu'on fait exécuter au ch> changement de main, mais sa:
|| 3° Terme d'art militaire. Mo dron quand il tourne sur sa di che, par rangs, non par files. L»
décampa de Hoth sur neuf coloi racole en partant, st-sim. 22, 26 chet à tire-bouchon.
— REM. Corneille (tragédie •' a dit caracol au masculin : Pe sur son cheval ailé, et, après admirable au milieu de l'air, qu'on a vu disparaître la prince
— HIST. xvie s. Monsieur de ' qu'une fausse charge et un caracç chemin de la retraite, sullv, .
dans LACURNE.
— ÉTYM. Espagn. caracol, Iïl mer faite en forme de vis. et i danse où les danseur
les uns derrière les a' racole : tous sens il quille ; de l'arabe i CARACOLER (kai coles. Voyez caracef caraco'0 il Fi? -
CAR
attachée au texte de l'Écriture sainte, et n'admettant que les livres de l'ancien canon, rejette la cabale, les traditions etletalmud.
— ÊTYM. Hébreu, qarâ, lire.
CARAMBOLAGE (ka-ran-bo-la-j'), S. m. Terme
du jeu de billard. Coup dans lequel la bille du joueur va toucher deux autres billes. Un carambolage difficile; par finesse, en prenant la bille fine; par effet, sn faisant faire un effet à la bille; par bandes, en touchant les bandes, .louer le carambolage, ne compter de points que pour les carambolages. || Fig. Coup double, ricochet.
— ÊTYM. Caramboler.
| CARAMBOLE (ka-ran-bo-1'). s. f. || 1" Terme du jeu de billard. La bille rouge, celle qui se place sur Ja mouche. |j Partie qui se joue avec cette bille. [| 2° Terme de botanique. Fruit du carambolier, arbre des Indes.
— ÊTYM. Espagn. carambola , carambole et tromperie. Origine du reste inconnue.
CARAMBOLER (ka-ran-bo-lé), v. n. Terme du jeu de billard. Faire un carambolage. || Se dit aussi de la bille. Ce n'est pas votre bille qui a carambolé. || Faire un coup double, un ricochet.
f CARAMBOLIER (ka-ran-bo-M), s. m. Terme de botanique. Arbre des Indes du genre averrhoa.
CARAMEL (ka-ra-mèl), s. m. Sucre qui, ayant perdu son eau de cristallisation et subi un commencement de décomposition au feu, a acquisune couleur jaune et une odeur aromatique. Nous aperçûmes de loin une île de sucre, avec des rochers de sucre candi et de caramel, fën. xix, 38. \\Au plur. Des caramels, nom de petits bonbons faits par les confiseurs pour les enfants.
— ETYM. Espagn. et portug. caramelo, de l'arabe kora, mochalla, de kora, boule, et mochalla, chose douce.
| CARAMÉLISATION (ka-ra-mé-li-za-sion), s. f. Action de caraméliser; état de ce qui est caramélisé.
t CARAMÉLISÉ, ÉE (ka-ra-mé-li-zé, zée), part, passe'. L'eau-de-vie caramélisée.
f CARAMÉLISER (ka-ra-mé-li-zé), V. a. Réduire le sucre en caramel. || Ajouter du caramel à une substance.
f CABANGUE (ka-ran-gh') , s. f. \\l° Poisson des Antilles d'un excellent goût. || 2° Terme de marine. Enfoncement , abri pour les caboteurs.
f CARANGUER (ka-ran-ghé) , v. n. Terme de marine. Louvoyer à petites voiles pendant plusieurs jours sans pouvoir gagner au vent.
f CARAPA (ka-ra-pa), s. m. Huile de carapa, huile extraite du caraïpé.
CARAPACE (ka-ra-pa-s') , s. f. Test osseux qui recouvre le corps des tortues et, en général, des reptiles chéloniens. C'est le bouclier supérieur ou dorsal de ces animaux ; le bouclier inférieur porte le nom de plastron.
— ÉTYM.'Espagn. carapacho. Une calebasse se dit en catalan carabassa, en sicilien caravazza; il n'y a pas loin pour passer de là, quant à la forme et quant au sens, à carapace.
i. CARAQUE (ka-ra k'), s. f. || 1° Terme de marine. Nom qu'on donnait autrefois à de très-grands navires. || 2" Nom de certains grands bâtiments portugais qui faisaient les voyages du Brésil et des Indes. || 3° Porcelaine caraque, nom de la plus fine porcelaine des Hollandais, parce que les premièresqui sont venues dus Indes en Europe, y furent apportées par des caraques portugaises.
— hist. xiv1 s. Pour attacher les abillements de la grant carraque d'argent , dorée et esmaifiée , qui a esté portée à Amiens ou voyage que le roy a fait au dit lieu pour le traittié de paix, de laborde, Émaux, p. 195. ||xv° s. Vaisseaux, navires, carraques, galées et barges, fkoiss. i, i, 6). Une carraque grande et forte assez pour aller par mer par tout
le monde, id.ii, ni, 28 Et prirent les Anglois
deux mille combattants avec quarante nefs à voiles et une grosse carraque, monstrel. i, il. || xvr' s. Aussi ordonna de vaisseaux ronds, huict ou dix carraques genevoises pour renforcer son armée, m. du bellav, 5!)5. Nous y perdimes, par le feu, ce monstrueux carragon qui menaçait le ciel, et faisoit fuir, par son horrible grandeur, les balaines, cahloix, v, 27. Mais tirans les ancres du carraquon, qui estoit le plus beau navire de la mer de Ponant.... le feu se mit au fougon, m. du bellay, 5%.
— ÉTYM. Espagn. et portug. carraca; ital. caracca; holl. kraeke, sorte de gros bâtiment. Origine d'ailleurs inconnue.
t 2- CARAQUE (ka-ra-k'), adj. Cacao caraque, cacao qui vient de la côte de Caracas (Amérique du Sud).
CAR
f CARASSIX (ka-ra-sin), s. m. Nom du poisson dit cyprinus carassius.
f CARASSON (ka-ra-son) , s. m. Nom de l'échalas pour la vigne, dans quelques départements.
— HIST. xv s. Le suppliant s'estoit blessé la main en faisant des charrassons, pour mettre es vins, du cange, carratium.
— ÉTYM. Le même radical que dans cchalas (voy. ce mot).
CARAT (ka-ra; le t ne se lie pas), s. m. || 1° Chaque vingt-quatrième partie d'or pur contenue dans une masse d'or que l'on considère comme composée de vingt-quatre vingt-quatrièmes. De l'or à vingt-quatre carats serait de l'or pur. De l'or a vingt carats ou au vingtième carat. Son mors doit être d'or à vingt-trois carats, volt. Zadig, 3. || Fig. Sot, ignorant à vingt-trois carats, à vingt-quatre carats, très-sot, très-ignorant. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats, Elle passait pour un oracle, la font. Fabl. vu, tô. || Sot à trente-sixcarats, qui se dit quelquefois, n'a pas de sens, puisque le carat étant un vingt-quatrième, on ne peut dépasser vingt-quatre. ]| 2° Terme de joaillier. Poids de quatre grains. On se sert du carat pour les diamants, perles, etc. || Par extension, nom des petits diamants qui se vendent au poids. Une parure de carats, parure où il n'entre que de petits diamants. || Fig. Ce n'est que du carat, se dit de choses qui sont brillantes, sans avoir pourtant beaucoup de valeur.
— HIST. xv" s. Les monnoyes tant en or comme en argent, les dragmes, caras, demi-dragmes, e. deschamps, Art dedictier, p. 2C3. Etant défendu à toute personne de se dire ladre s'il ne l'estoit à vingtquatre carats, à poix de marc, bolciiet, Serëes, liv. m, p. 290, dans lacurne. Mocqueurs es touttes races et à tous carats, Contes d'Eutrapel, p. 472, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. carat; espagn. et portug. quilate; ital. carato; de l'arabe qîrât, qui vient du grec y.Epcmov, en latin ceratium, le tiers d'une obole. Kepdmov, au propre, signifie la silique du caroubier (de là le sens d'un poids petit), et dérive de xspa; , corne (voy. corne) , par assimilation de forme du fruit avec une petite corne. Carat est, comme abricot, l'exemple d'un mot grec qui est entré dans les langues romanes par l'intermédiaire de l'arabe.
CARATCH (ka-rach), s. m. Tribut, capitation que payent au Grand Seigneur tous ses sujets non musulmans.
— ÉTYM. Mot turc.
f CARATURE (ka-ra-tu-r'), s. f. Alliage d'or et d'argent, ou d'or, d'argent et de cuivre, dont on fait les aiguilles d'essai.
— ÉTYM. Carat.
CARAVANE (ka-ra-va-n'), s. f. || 1° Nom, dans l'Orient et l'Afrique, des troupes de voyageurs qui s'assemblent pour traverser les déserts ou les mers avec plus de sûreté. Les caravanes moscovites, qui allaient trafiquer à la Chine, mettaient une année entière à leur voyage, fonten. Czar Pierre. || 2° Familièrement, troupe de gens allant de compagnie. Nous partirons en caravane. Tous quatre en chemin ils se mirent.... La caravane enfin rencontre en un passage Monseigneur le lion.... la font. Fabh iv, 12. || 3° Les premières courses des jeunes chevaliers de Malte contre les Turcs, parce qu'elles avaient souvent pour objet d'enlever les caravanes qui vont par mer d'Alexandrie à Constantinople. Le cadet était à Malte pour faire ses caravanes. || Fig. et familièrement. Faire ses caravanes, mener une vie dissipée et aventureuse.
— HIST. xmc s. Or vous dirai qu'est carvane : li marcheant Sarazin quant il voelent aler en marchandise en lointaines terres, si parolent ensemble pour faire carvane, du cange, carvana. || xvies. Une famille esgarée, ayant à changer de demeure.... tout cela m'eust beaucoup moins touché, si je n'eusse eu à me ressentir de la peine d'aultruy, et servir six mois misérablement de guide à cette caravane ,
— ÉTYM. Persan, karouân, troupe de voyageurs, f CARAVANEUR (ka-ra-va-neur), s. m. Terme de
marine. Vaisseau qui porte des marchandises d'échelle en échelle dans le Levant.
CARAVANIER (ca-ra-va-nié), s. m. Conducteur des bêtes de somme d'une caravane.
— hist. xve s. Bertrand, sergent et caravanier ou entremetteur des vignes des seigneur et dame de Chastelledeu, du cange, caravellis.
— ÉTYM. Caravane.
f CARAVANISTE (ka-ra- va-ni-st') , s. m. et f. Terme de commerce. Celui , celle qui fait partie d'une caravane.
CAK
CARAVANSÉRAI (lia-ra-van-sé-rè)' ou CARA- VANSÉRAIL (ka-ra- van-sé-rall, M rnouilléer), s. m. Dans l'Orient, grand bâtiment au milieu duquel existe une vaste cour et où les voyageurs rencontrent, pour eux-mêmes et pour leurs bêtes de somme, tous les approvisionnemAits désirables.
— REM. Les orientalistes préfèrent l'orthographe caravanseraï, avec un tiéma. On trouve aussi caravansera. Il m'arriva l'autre jour de manger un lapin dans un caravansera, montesq. Lettres pers. 46
— ÉTYM. Port, caravançara ; du persan karouân sarâi , de karouân, troupe de voyageurs, caravane, et sarâi, maison.
i . CARAVELLE (ka-ra-vè-1') , s. f. Terme de marine. Gros vaisseau de guerre turc. || Petit bâtiment de mer, à voiles latines, dont l'usage est propre aux Portugais.
— HIST. xvc s. Le roy d'Espagne avoit envoyé quelques caravelles en Sicile, comm. vin, I.... N'y avoit que demi an, avoit envoyé une kirvelle toute chargée de vivres, chastel. Chron. des ducs de
— ÉTYM. Espagn. carabcla; ital. caravella, diminutif de l'espagnol et italien caraba , sorte de navire; du latin carabus, barque; du grec xotpaëo;, qui signifie une barque et un crabe (voy. crabe).
f 2. CARAVELLE (ka-ra-vè-1') , s. f. Espèce r> clou qu'on nomme aussi carvelle. ^n,,
CARBATINE (kar-ba-ti-n'), s. f. \\i'lVe.
tiquité. Soulier de paysan fait d'un seu.. j>'i cuir. || 2" Aujourd'hui nom des peaux^v bêtes avant qu'elles aient été préparées oi
— ÉTYM. Lat. carbatina. du giec y.apë" f CARBAZOTATE (car-ba-zo-ta-f), s
de chimie. Synonyme de picrate.
f CARBAZOTIQUE (kar-ba-zo-ti-k'), , de chimie. Synonyme de picrique.
f CARBENET (kar-be-nè) ou CARMEN me-nè), s. m. Cépage assez productif.
f CARBET (kar-bè), s. ni. || 1" Grande sauvages, aux Antilles. || 2° Terme de mari ture pour abriter des embarcations.
f CARBONARISME (kar-bo-na-ri-sm'), s.
cipes des carbonari; leur association.
f CARBONARO ( kar-bo-na-ro) , s. j d'une société secrète d'Italie qui travai1^, phe des idées révolutionnaires, et, lï' membre de sociétés semfSl"K'°s dan<l| Au plur. Les carbonai
— ÉTYM. Ital. carbona mot), sobriquet pris par 1
CARBONATE (kar-bo-na mie. Nom générique des s> naison de l'acide carboniqu.
— étym. Carbone.
t CARBONATE , ÉE fku passé. Terme de chimie, il bonique. Le marbre est d«,é
f CARBONATER (kar-b;;v chimie. Transformer en ii^s^Q cide carbonique. || Se carbonatei en carbonate, se saturer d'acide
— ÉTYM. Carbonate.
CARBONE (kar-bo-n'), s. m. Ter.
Un des éléments ou corps qu'on ne i
ser , abondamment répandu dans la
mant, dans le sein de la terre, des m
moins considérables, et con-y'tuant fc
diamant, le bois, la tige et ils feuilles des plantes.
— ÉTYM. Carbo, charbon (voy. ce mot).
CARBONÉ, ÉE (kar-bo-nl née), adj. Terme
de chimie. Qui contient du (carbone en combinaison. Gaz hydrogène carbontl
t CARBONEUX (kar-bo-neû , adj. m. Terme de chimie. Acide carboneux, nom dcnnéàl'acide oxalique.
— étym. Carbone.
t CARBONIDE ( kar-bo-ni-d' ), s. m. Terme de chimie. Nom des substances analogues au carbone-.
— étym. Carbone.
f CARBONIFÈRE (kar-bo-ni-fê-r'), adj. Qui porte, qui produit du charbon. Terrains carbonifères. || Qui est destiné au transport du charbon. Chemin de fer carbonifère.
— ÉTYM. Carbo, charbon, et ferre, porter. ' CARBONIQUE (kar-bo-ni-k) , adj. "£fâ ■ '
mie. Acide carbonique, acide formé ^one et d'oxygène, gazeux, très-répai,-1 ,dar nature et produit par la combustion de |. ' l Ves cotpa et par la respiration des animsque''dUS
— étym. Carlmne. f.
CARBONISATION jkar-b
||l°Termp J . «î-x»-*00'
qui