‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 315 sur 462 · bon^r · texte numérisé non relu

bon^r

et V Mat

CAtf

au dernier degré, où la partie est entièrement désorganisée et comme réduite en charbon.

— ÉTYM. Carboniser.

CARBONISE, ÉE (kar-bo-ni-zé, zée), part, passé. Réduit en charbon. Des os carbonisés.

CARBONISER (kar-br -ni-zé) , » o. Réduire en charbon. || Se carboniser, ». rêfl. Etre réduit en charbon.

f CARBONITE (kar-bo-ni-f), s. m. Terme de chimie. Nom des sels formés par une base et l'acide carboneux.

— ÉTYM. Carbone.

CARBONNABE (kar-bo-na-d') , s. f. Manière de griller les viandes en les mettant sur les charbons. ]| La viande ainsi grillée. On nous servit une carbonnade.

— ÉTYM. Ital. carbonata (voy. charbonnée).

■f CARBONOMÉTRIE (kar-bo-no-mé-trie) , s. f. Terme de chimie. Mesure de la quantité d'acide carbonique et, par suite, de carbone, rejetée par les poumons dans l'acte de la respiration.

— REM. 11 serait mieux de dire carbonimétrie , puisque le premier élément est latin, et que les mots latins se joignent par la lettre i et non par la lettre o.

— ÉTYM. Carbone, et p.=Tpov . mesure.

+ CARBOSULFURE (kar-bo-sul-fu-r') , s. m. Terme ' '-nie. Nom des composés de carbone et de

ym. Carbone, et soufre.

KBOUILLE (kar-bou-11, Il mouillées), s. f. froment.

M. Forme a'iérée de carboncle , qui s'est lis pour charbon des plantes et des ani- . qui vient de carbunculus (voy. escar-

BOVINATE (kar-bo-vi-na-f) , s. m. Terme ,e. Nom d'un genre de sels peu connus, qui formés par une base et un acide carbovinique *>re isolé.

,fYM. Carbone, et vin.

,1'BURATION (kar-bu-ra-sion) , s. f. Terme de Opération par laquelle on soumet le ,f?du carbone. Carburation du fer.

' Jpturbure.

"e/)e7:kar-bu-r') , s. m. Terme de chimie. \,y des composés auxquels le carbone ' en s'u nissant aux métalloïdes et oufre. Cartmre de fer.

bu-ré, ée), adj. Terme de i carbone en combinaison.

.a-dé) , s. m. Un des noms

•-ka-llé, II mouillées), v. n.

r-ka-llo , Il mouillés) , s. m.

.■t ■ de la caille.

r-kè-z') , s. f. Fourneau dans recuit ses creusets et ses ou-

utre forme de carcasse ou plutôt de . ce mot), le fourneau étant ainsi dit on.

OU (kar-ka-jou) , s. m. Espèce de blai- . .que (bk\reov. labradoriqiw) . Le careajou est une espèce] de tigre et de grand chat, chateaubr. Amer. 2((l Les ours, les carcajous venaient se cacher daiUces retraites, id. Atala, 252. CARCAN (kai-kai j, s. m. \\ 1° Collier de fer fixé à un poteau pouf y a lâcher un condamné. La peine du carcan a été supprimée en 1832. Une femme cria fort haut; les archers la saisirent et la mirent indiscrètement à un cafcan voisin, st-simon, 244, 2. La mauvaise famille est du Maine et de Caen; Oui, tous ces forcats-là méritent le carcan, regnard. Légat, ni, 8. ||2° Sorte de collier de bois qu'on met aux cochons pour les empêcher de se frayer passage à travers les haies. || 3" Sorte de collier de pierreries. Ces riches carcans, ces colliers Et cette pompe enchanteresse Ne valeni pas un des baisers Que tu donnais dans ta jeunessi , volt. Épitre 28. Les mé- (,|,. .., . .,r-tr„i ['orgueil à leur cou comme un cartealbk. Msrt. 92.

\° s Celui qui tient carcan, Th. le

ei chant li ont au col lanciet;

snt coniillier, Raoul de C.

t charcbant [il] li fait el col

iu & 'oe ,. carcannum. En

'? Pra-

CAK

bant, y eut un nommé Jean Chevalier qui voulut mettre à icelui duc un carquant au cou, monstr. ii, 4) ■ || xvi° s. Les capporaulx sont tenus de l'attacher eux-mesmes au carquan ou collier, carloix, iv, 13. Un carcan, esmeraudé de perles et de rubis,

DELABORDE, ÉmaUX, p. 195.

— ÉTYM. Provenç. carcan; bas-lat. carcannum; ital. carcame. Ménage le rattache au grec xapxivo;, qui a la signification de tenailles; mais on ne voit pas comment il serait venu dans les langues romanes, Raynouard le rattache à carcer, prison, ainsi que le provençal carcol, collier; mais comment carcer donnerait-il carcan ou carcol? La vraie étymologie est celle que donne Diez : anc. haut-allem. qucrca; anc. scandin. qverk, cou, gosier.

CARCASSE (kar-ka-s'), s. f. \\ i" L'ensemble des os qui forment le tronc, décharnés mais tenant encore les uns avec les autres. Des carcasses de chevaux. Les forteresses [des Gaulois] à la porte desquelles étaient clouées des carcasses de hiboux, des os de morts, chateaub. Mari. 295. || 2° Carcasse de volaille, ce qui reste après qu'on a enievé les membres. || 3° Familièrement, le corps. La vieille Sanguin est morte comme une héroïne, promenant sa carcasse par la chambre, se mirant pour voir la mort, sév. 5)0. Les médecins à qui je laissais gouverner ma carcasse, j. j. rouss. Prom. 1. \\ Prends garde que je nete tombe sur la carcasse, prends garde que je ne te batte. || 4° Fig. Le reste, le débris. Armenonville me vint demander instamment de le servir pour obtenir ce qui n'était plus qu'une carcasse inanimée décharge, st-sim. 435, 42. ^"Charpente d'un navire en construction , en démolition ou naufragé. Le navire périt corps et biens, on ne put sauver que la carcasse. || 6" Monture en laiton, baleine, etc. d'un chapeau de femme. || 7" Terme de guerre. Machine à feu composée de deux cercles de fer qui se croisent en ovale, dans laquelle on met une bombe avec des grenades, des canons, des pistolets, des feux d'artifice , etc. revêtus d'une toile goudronnée, et qui se jette comme les bombes. Un accident fut cause qu'une carcasse que M. Renau voulut tirer mit le feu à la galiote toute chargée de bombes, fonten. Renau. || 8" Terme de pêche. Corbeille à poisson. || 9° Tout ce qui soutient un ouvrage, en forme la charpente. || Châssis d'un parquet d'appartement.

— HIST. xivc s. Le surplus des escrevices, à savoir coquilles et charquois, Ménagier, n, 5. || xvie s. Il n'est plus question de nostre religion , mais de nostre servitude, et auquel d'entre vous les carcasses de nos os demeureront, Sat. Ménipp. 169. Rien de nous ne reste en la bierre Qu'une vieille carcasse d'os, rons. 416.

— ÉTYM. Berry, carca , carcas, carcan, carcou, char cois, charcou; bourguig. quarquaisse; espagn. carcasa; portug. et ital. carcassa. Aux étymologistes, ce mot a paru composé de car, chair, et cassa ou casso, caisse (voy. caisse), mot à mot, caisse à chair, tronc du corps; à la vérité, L'Italien a aussi carcame, qui indiquerait un radical carc (carc-ame) , d'où l'on arriverait à carcassa; mais, asso ou assa n'étant pas un suffixe italien, il faut voir dans carcame une confusion entre carcassa et arcame, qui veut dire aussi carcasse, qui vient de arca, coffre, et qui avait induit Ménage à tirer carcassa de arca. La comparaison de carcasse et de carquois fait voir que l'étymologie est la même pour ces deux mots et toute différente de celle qui a été jusqu'à présent indiquée. Voy. carquois.

f CARCASS1ÈRE (kar-ka-siè-r'), s. f. Terme de marine. Chaloupe canonnière.

— ÉTYM. Carcasse.

f CARCERE-DURO (kar-tché-ré-dou-ro), s. m. Prison dure, régime tortionnaire des prisons autrichiennes en Italie.

— ÉTYM. Ital. carcere, prison (voy. chartre), et duro, dur (voy. dur).

f CARCÉRULAIRE (kar-sé-ru-lê-r'), adj. Terme de botanique. Qui tient du carcérule. Fruit carcérulaire.

t CARCÉRULE (kar-sé-ru-1'), s> f. Terme de botanique. Tout fruit sec à plusieurs loges et indéhiscent, comme celui du tilleul.

— ÉTYM. Diminutif de carcer , prison (voy. chartre).

t CARCHARIAS (kar-ka-ri-as'), s. m. Terme de zoologie. Nom du requin.

— ÉTYM. Kapyapîaç.

t CARCHARIÔDONTE (kar-ka-ri-o-don-f), s. f. Dent fossile d'une espèce de requin ou plutôt du requin fossile.

— ÉTYM. Kapy.apîa;, requin, et ôooù;, dent.

CAR

t CARCHOUFL1ER (kar-chou-fli-é), s. m. Un des noms provinciaux de l'artichaut.

— ÉTYM. Voy. artichaut. Ital. carciofo.

t CARCINOÏDE (kar-si-no-i-d'), s. m. Terme de zoologie. Nom des animaux analogues aux crabes.

— ÉTYM, Kocpxivoç, crabe, et e'.ào:, forme.

f CARCINOLOGIE (kar-si-no-lo-jie) , s. f. Histoire naturelle des crustacés.

— ÉTYM. Kapxîvoç, crabe (voy. cancer), et >.ô- Yoç, traité (voy. logique).

CARCINOMATEUX, EUSE (kar-si-no-ma-teû, teû-z'), adj. Terme de médecine. Qui est de nature carcinomateuse.

— ÉTYM. Carcinome.

CARCINOME (kar-si-no-m') , s. m. Terme de médecine. Synonyme de cancer.

— HIST. xvi" s. Geste fièvre, de mesme que les carcinomes, demande plustost à estre flattée qu'irritée, paré, xx, 29.

— ÉTYM. Kapxivwua, de xapxîvo;, cancer (voy. ce mot).

f CARDAGE (kar-da-j'), s. m. Ensemble des opérations par lesquelles on carde la laine || Dans l'économie domestique, acte de carder les matelas.

— ÉTYM. Carder.

f CARDAINE (kar-dê-n'), s. f. Terme de pèche. Espèce de raie.

f CARDALINE (kar-da-li-n'), s. f. Un des noms vulgaires du chardonneret.

CARDAMINE (kar-da-mi-n')), s. f. Terme de botanique. Plante crucifère à feuilles pinnées. à fleurs d'un violet pâle, dite aussi eresson des prés (cardamine pratensis, L.).

— ÉTYM. KapôatAivï).

CARDAMOME (kar-da-mo-m') , s. m. Nom donné aux fruits de plusieurs espèces du genre amome, en particulier à celui de Vamomum cardamomum, L.

— HIST. xme s. Et cardemoine et nois muscades, Roi Guill. p. 93, dans du cange, gloss. franc.

— ÉTYM. Kapôâ|i(op.ov.

I. CARDASSE (kar-da-s'), s. f. Nom vulgaire de la plante appelée nopal.

f 2. CARDASSE (kar-da-s') , s. f. Terme de métier. Peigne pour la bourre de soie.

— ÉTYM. Carder.

CARDE (kar-d'), s. f. || 1° Nervure médiane des feuilles du cardon ou artichaut cardon cultivé pour servir d'aliment. || Nom donné h la plante ellemême. H 2° Côte, bonne à manger, des feuilles de poirée. Une botte de cardes de poirée ou de cardes poirées. (| 3° Tête épineuse de la cardère ou chardon à foulon , qu'on emploie pour carder la laine. || 4° Machine garnie de chardons à foulon pour peigner le drap. H 5° Peigne de cardeur, formé diune planchette à manche, laquelle est garnie, d'un côté, de pointes de fil d'archal très-fin.

— HIST. xv s. Geta contre le dit Georget unes escardes qu'il avoit en sa main, du cange, cardi. Il xvie s. Ne se pouvans perdre les piquerons de la carde, manifeste clairement ce estre une espèce de fruit séparé, non l'artichau sauvage, 0. de serres, 5)7. Par graine s'édifie la carde ou cardon, id. 6)8.

— ÉTYM. Wallon, gâde ; espagn. carda, chardon et carde à carder; ital. cardo, même sens; bas-lat. cardo, instrument à carder; de carduus, chardon (voy. ce mot), employé à carder la laine, et donnant son nom à l'instrument. On voit par la comment carde, légume, et carde, outil, sont un seul et même mot.

CARDÉ, ÉE (kar-dé, dée), part, passé. Laine cardée.

f CARDÉE (kar-dée) , s. f. Quantité de laine qu'on peigne à la fois avec deux cardes.

CARDER (kar-dé), v. a. Peigner avec des cardes ou des chardons ;\ foulon. Carder de la laine, du drap, etc. || Se carder, v. ré/h Etre cardé. Le crin se carde difficilement.

— HIST. xve s. Le suppliant et ses gens escarderent et Allèrent une tresse pour faire un drap, du cange, cardi. || xvie s! Crœsus ayant faict prendre un gentilhomme, favori de Pantaleon son frère, le mena en la boutique d'un foullon, où il le feit tant gratter et carder à coups de cardes et peignes de ce cardeur, qu'il en mourut, mont m, )2i. Ni Pallas pour avoir monstre l'art de filer, Escarder les toisons, ou l'huile distiler, rons. 694.

— ÉTYM. Norm. écarder ; wallon, gâder ; provenç. et espagn. cardar; ital. cardare (voy. carde).

f CARDÈRE (kar-dê-r'), s. f. Plante bisannuelle nommée aussi chardon à foulon.

— ÉTYM. Carde.

CAR

CAR

CAR

cardaire; espagn.

Terme d'anatomie.

{GARDERIE (kar-de-rie), s. f. Fabrique où l'on carde la laine.

— êtym. Carder. ,.

CVRDFUR EUSE (kar-deur, deù-z ) , s. m. et/. Ouvrier, ouvrière qui carde. Cardeuse de matelas. Le Clore, cardeur de laine, fui le premier pasteur des protestants à Meaux, fén. n, 8.

— H1ST. xv» s. Jehan eseardeur de lavnes, du c ihge, eardi.

— ÊTYM. Carder; provenç.

cardador; ital. cardalore.

] CARDIA (kar-di-a), s. m.

Orifice supérieur de l'estomac.

— ÊTYM. Kapotoc, cardia, et cœur (voy. cœur); le cardia fut ainsi nommé à cause de son voisinage du cour et des sensations douloureuses qu'on y éprouve parfois et que l'on rapportait au cœur.

fCARDIACÉ, ÊE (kar-di-a-sé, sée), ad). Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un cœur. || S. m. Les cardiacés, les animaux à coquille en forme de cœur.

— ÊTYM. Kipôia, cœur.

| CARDIAGRAPHIE. Mot mal formé; voy. cardiographie.

f i C\RDIAIRE (kar-di-ê-r'), ad). Terme de zoologie. Ver cardiaire, parasite vivant dans le cœur.

— ÉTYM. KapSia , cœur.

| 2. CARDIAIRE (kar-di-ê-r') , s. f. Autre nom de

la cardère.

CARD1ALG1E (kar-di-al-jie) , s. f. Terme de médecine. Douleur très-vive qui se fait sentir à l'épi gastre, vers l'orifice supérieur de l'estomac.

ÊTYM. Ka-.5'.a).via, de xapSta, cœur (voy. ce mot), et àXfeeiv, souffrir.

f CARDIALG1QUE (kar-di-al-ji-k ) , ad). Qui a rapport à la cardialgie.

f CARD1ALOGIE. Mot mal formé; voy. cardiologie.

CARDIAQUE (kar-di-a-k') , ad). || 1° Terme d anatomie. nui appartient au cœur, ou bien qui a rapport au cardia. Vaisseaux, nerfs cardiaques. L'orifice cawliaque de l'estomac, le cardia ou orifice supérieur, le plus rapproché du cœur. || 2" Terme de médecine. Médicaments cardiaques, médicaments toniques et stimulants auxquels on attribuait une action spéciale sur le cœur. || Substantivement. Un bon cardiaque. || Maladie cardiaque, maladie quia régné dans l'antiquité et qui est aujourd'hui éteinte. Elle était caractérisée par une sueur profuse, des palpitations, des défaillances.

— HIST xvie s. On doit conforter le cœur par remèdes cardiaques, paré, v, 29. Le vin, lequel est très-souverain cardiaque, in. xx bis, is.

— ÊTYM. KapSiaxo; , de xapota, cœur (voy. ce

mot).

f CARD1ATOMIE. Mot mal formé; voy. cardio-

tomie. .

f CARDIECTASIE (kar-di-è-kta-zie) , s. f. Terme de médecine. Synonyme d'anévrisme du cœur.

— HIST. KapSia, cœur, etex-rra^t;, dilatation, de ix, et<rTÔTi;, arrêt, position (voy. stase).

\ CARDIER (kar-dié) , s. m. Celui qui fait ou vend des cardes.

— ÊTYM. Carde.

t. CARDINAL, ALE (kar-di-nal , na-P) , ad).

1 1 1" Qui appartient au gond sur quoi une chose roule , important, capital. Il n'est resté dans l'usage commun que joint à certains substantifs. Les points cardinaux, les quatre points cardinaux de l'horizon, . nord, sud, est et ouest, auxquels on rapporte tous les autres. || Vents cardinaux, vents qui soufflent des quatre points cardinaux de la sphère. || Les quatre vertus cardinales, justice, prudence, tempérance et force. Les quatre vertus cardinales ont disparu avec les temps d'innocence, volt. Mœurs, tu. H 2° Terme de grammaire. Nombre cardinal, celui qui exprime absolument la quotité. Un, deux, trois, etc. sontdes nombres cardinaux; et, premier, second, troisième, etc. des noms de nombre ordinaux. Les nombres cardinaux ont été ainsi nommés parce qu'ils sont pour ainsi dire les gonds sur lesquels les noms de nombre ordinaux tournent. || Adjectif cardinal, nom de nombre cardinal, mot par lequel on exprime les nombres cardinaux. En français, les noms de nombre cardinaux sont tous invariables, excepté un, vingt et cent. || 3° Terme de liturgie. Autel cardinal, autel principal. Messe cardinale messe solennelle. || 4" Terme d'histoire naturelle. Au propre, qui fait partie d'une charnière.

— HIST. xivc s. L'en peut entendre par ces quatre faces ou par ces quatre angles les quatre vertuz cardinaulx : c'est assavoir justice, prudence, fortitude, attrempance, oresme, F.tli. 24.

— êtym. Provenc. cardenal; espagn. cardinal; iial. cardinale; de cardinale, principal, de cardo, gond : ce qui appartient au gond, sur quoi la chose tourne. ,

2. CARDINAL (kar-di-nal), s. m. || 1° Un des soixante et dix prélats du sacré collège ou conseil du pape, qui ont voix active et passive dans le conclave. Le pape fit une promotion de cardinaux. Le rouge est la couleur des cardinaux. Cardinal-éveque. Cardinal-prêtre. Cardinal-diacre. Cardinal in petto, cardinal dont la proclamation et l'institution sont réservées. Les cardinaux étaient, dans l'origine, des prêtres et des diacres attachés aux églises métropolitaines. Dans ce concile il y eut des cardinaux; on nommait ainsi des prêtres et des diacres qui servaient de conseil aux métropolitains, volt. Mœurs, 31 . || Proverbe. Oui entre pape au conclave, en sort cardinal, c'est-à-dire celui qui, avant l'ouverture du conclave, semble avoir toutes les chances en sa faveur pour être pape, échoue cependant et n'est pas élu. || 2° En histoire naturelle, nom d'oiseaux de différents genres dont la couleur dominante est le rouge. Le lendemain je m'éveillai au chant des cardinaux nichés dans les acacias, chateaub. Alala, 2G6.

— HIST. xii' s. Car danz Henris de Pise, qui des chardenaux fu, Th. le mort. 52. || xme s. Il contèrent ceste mésaventure au chardonal maistre Pieron de Capes, villeh. cxlv. Li chardonaus, qui de partl'apostole de Rome estoit.en sermona et enfasl pardon à tous cens qui en la bataille morroient. in. cix Et après i envoia un cardonnal qui est apelés raaistre Pieron de Capes, id. i. Il n'i a cardonal, tant haut l'espée caigne, Qui l'alast querre là por pstre roi d'Espaingne, ruteb. 237. Et diligenment virent l'apostolle et les cardonnaulx ce que en [on] leur porta, joinv. 303. || xvi" s. Quand saint Grégoire parle des cardinaux, il n'entend point les prestresde Rome, mais les evesquesde quelque lieu que ce soit, tellement que prestre cardinal, en somme, ne signifie autre chose en ses esents qu'evesque ; je ne trouve point que ce nom ait esté en usage auparavant, en quelque signification que ce soit calvin, Instit. 9)9. Le comtede S. Pol.... enfin fut fait cardinal [décapité, cruelle plaisanterie tirée de la couleur rouge du sang] en grève, Sot. Ménipp. 91. -

— ÉTYM. Provenc. et espagn. cardenal; portug. cardeal; ital. cardinale; le même que cardinal, adjectif. La déclinaison dans l'ancien français .est au nominatif contenais ou cardenaus, et au. régime cardenal; au pluriel c'est l'inverse : nominatif cardenal régime cardenah ou cardenaus.

CARDINALAT (kar-di-na-la; le t ne se lie pas) , s m Dignité de cardinal. Le pape Urbain VIII fit dire au cardinal de la Valette qu'il le dépouillerait du cardinalat, volt. Louis XIV, 2.

— HIST. xve s. On fut avisé au conseil du roi, qui pourroit tant faire et exploiter que on fist demeitre ce Boniface et ce Benedict hors de leur papalité et tous les cardinaux hors de leur cardinalité, froiss. in, iv, 36. || xvi« s. Le droict de regale est ouvert par la promotion au cardinalat ou patriarchat, pithou,66.

— ÉTYM. Cardinal.

CARDINALE (kar-di-na-1'), s. f. Terme de botanique Nom de deux plantes d'Amérique, cultivées dans les jardins à cause de la beauté de leurs fleurs. Cardinale rouge. Cardinale bleue.

— ÉTYM. Cardinal 2.

j CARDINALICE (kar-di-na-li-s') , adj. Qui mène

au cardinalat ; qui est compatible avec le cardinalat.

Charge cardinalice.

— ÊTYM. Ital. cardinalizio, de cardinale, cardinal- ,. „

+ CARDINAL1SER (kar-di-na-li-ze) ,v. a. Faire cardinal. || Terme de peinture. Rendre rouge. Peu usité.

— hist. xvr s. Les escrevisses qu'on cardinalise àlacuite.RABEL. liv. i, dansLEROux, Dict. comique.

— ÉTYM. Cardinal 2.

f CARDINALISME (kar-di-na-li-sm'), s. m. Parti

et opinion des cardinalistes.

] CARDINALISTE (kar-di-na-li-sf), s. m. Partisan du gouvernement du cardinal Richelieu ou du cardinal Mazarin.

— ÉTYM. Cardinal.

f CARDINE (kar di-n'), s. f. Terme de pêche.

Espèce de sole, f CARDINEAU (kar-di-nô) , s. m. Terme de pêche.

Plie, f CARD1N1FÈRE (kar-di-ni-fê-r'), adj. Terme de

zoologie. Qui porte une charnière.

— ETYM. Cardo, cardinis , gond, et ferre. porter.

f CARDIOGRAPHIE (kar-di-o-gra-fie), S. fterme d'anatomie. Description du cœur.

— ÉTYM. Kapîia, cœur, et Ypâçeiv, décrire, f CARDIOLOGIE (kar-di-o-lo-jie), s. f. Terme

d'anatomie. Traité du cœur.

— ÉTYM. KapSia, cœur, et Xé^oç, traité. j CARDIOPATHIE (kar-di-o-pa-tie) , s. f. Terme

de médecine. Maladie du cœur.

ÉTYM. KapSia. cœur, et tcocOoç, maladie.

f CARDIOPHYLLE (kar-di-o-fi-1'), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en cœur.

— ÉTYM. KapSia, cœur, et çûUov, feuille, f CARDIOTOMIE (kar-di-o-to-mie) , s. f. Dissection du cœur.

— ÉTYM. KapSia, cœur, et tou-ti, dissection, j CARDITACÉ (kar-di-ta-sé), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de moules en forme de cœur.

— étym. Cardite 2.

f i . CARDITE (kar-di-f) , s. f. Terme de médecine Inflammation du cœur.

— ÉTYM. KapSia, cœur, et le suffixe médical

' f 2. CARDITE (kar-di-f), s. f. Terme de zoologie. Nom d'un genre de moules.

+ CARDITIQUE (kar-di-ti-k'), adj. Terme de médecine Fièvre carditique, variété de l'intermittente pernicieuse, dans laquelle le malade éprouve des palpitations violentes et des syncopes.

— ÉTYM. KapSia, cœur, t CARDON (kar-don), s. m. Espèce d'artichaut,

dont les pétioles des feuilles, larges et épais, sont employés comme aliment, après avoir été étiolés (cimara cardunculus, L.).

— HIST. xvie s. Les fruits sont les artichaux , cardons, melons.... o. de serres, 507.

|" CARDON (kar-don), s. m. Terme dépêche. Un des noms de la chevrette, sorte de crustacé bon à manger.

CARDONETTE ( kar-do-nè-t ) , s. f. Voy. char-

DONNETTE.

+ CARDUACÉ, ÉE (kar-du-a-se, see), ad). Terme de botanique. Qui ressemble au chardon. || S. f. Les carduacées, genre déplantes dont le chardon est

Î6 tVPG.

— ÉTYM Carduus, chardon (voy. ce mot), i CAREICHE (ka-rè-ch') , s. f. Terme de botanique. Un des noms de la iaîche.

— ÉTYM. Carex, Iaîche.

| CARÉMAGE (ka-ré-ma-j'), s. m. Nom, dans

l'Est, de la semaille qu'on fait en mars.

— ÉTYM. Carême.

C\RÊME (ka-rè-m'), s. m. || 1" Les quarante-six

jours d'abstinence entre le mardi gras et le jour de Pâques pendant lesquels, à l'exception des dimanches jeûnent les catholiques. Prêcher le carême. La mi-carême. Provisions de carême, viandes de carême nom donné par les catholiques au beurre, huile légumes, fruits secs, poissons salés et autres aliments de ce genre dont ils usent en carême. Rompre carême, cesser d'observer l'abstinence prescrite. Trouvez-moi une seule famille où le carême s'observe universellement, mass. Motifs de conr. Mme de Guise avait fait et jeûné tous les carêmes, et toute sa vie n'en était pas moins pénitente, st-sim. 35 148 Un libertin à rompre et jeûnes et carêmes boil. Sat. xi. H trouva, le premier jour du carême 1677, qu'il pesait ne livres une once; il fit ensuite le carême comme il a été fait dans 1 Eglise jusqu'au xne siècle: il ne buvait ni ne mangeait que sur les G ou 7 heures du soir; il vivait de légumes la plupart du temps et, sur la fin du carême, de pain et d'eau; le samedi de Pâques il ne pesait plus que 107 livres douze onces, c'est-à-dire que par une vie si austère il avait perdu, en 46 jours, 8 livres 5 onces, qui faisaient la 14e partie de sa substance, fonten. Dodart. Les Abyssins ont un carême de cinquante jours très-rude, montesq. Espr. / xxvi, 7 ....plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin du carême, boil. Sat. i. || La mi-carême, le jour qui partage en deux le carême, et où se fait quelque réjouissance. || Le carême est bas ou haut selon qu'il commence dans les premiers jours de février ou au mois de mars. || Fig. et familièrement. Mettre le carême bien haut, exister des choses trop difficiles, ou promettre une chose bien éloignée. || Fig. Prêcher sept ans pour un carême, s'épuiser en redites, en avis inutiles. Il Avoir prêché sept ans pour un carême en quelque endroit, y avoir été longtemps, le bien connaître. Il Arriver comme mars en carême, arriver sans faute immanquablement : en effet, mars arrive toujours en carême. || Cela arrive comme marée en carême cela arrive à propos : en effet, la marée est

CAB

CAB

CAB

bienvenue en carême. || Face de carême , visage pâli, tel qu'il est après le carême. Voyez cet autre avec sa face de carême, bac. Plaid ni, 3 || Amoureux de carême, amoureux timide, qui n'ose toucher à sa maltresse. || Saint de carême, un homme qui se cache. || 2" Par extension, maigre chère. Ils font de la vie un carême, bérang. B. Dieu. || 3" La série de sermons prêches pendant un carême. Ce prédicateur a fait imprimer deux carêmes. Le petit carême de Massillon, ainsi dit, parce qu'il fut prêché pour Louis XV enfant. 11 a fourni de la même manière la carrière de plusieurs carêmes dans les chaires les plus illustres de la France et des Pays-Bas, boss. Fr. Bourqoinq. || Proverbes. Pour trouver le carême court, il faut faire une dette payable à Pâques, c'està-dire le moment de payer une dette, de remplir un devoir onéreux, arrive plus vite qu'on ne voudrait. || En carême est de saison La marée et le sermon.

— HIST. xne s. Nos entrons hui, chier frère, el tens ilel saint quaramme, st. bern. 561. || xme s. À l'entrée de laquaresme, viLLEHARD.dans raynouard. Ainsinc en quaresme s'espruevent; Grâces rendent et si saumoient [psalmodient], ruïeb. ii , 129. || xiv s. Je congnois monseigneur à tel que vous Parez; Ne que mars en karesme faillir vous n'y povez, Guescl. («lia. I| xve s. Donc il advint qu'ils furent eus ou caresme en Gand à trop grand destroit; car îles vivres et fruits de caresme n'avoientils nuls, froiss. ii, il, 148. Il sembloit qu'ils [les sergents] voulsissenttuerun caresme, si fiers estoient, noms xi, Nouv. lxxxviii. Mais je voue à Dieu qu'il en a pris ses caresmaux [qu'il s'en repentira], id. ib. xxxiii. H xvi* s. Onobservoit des.ja de leur temps le quaresme, calvin, Instit. 999. Déjà estoit la mi-caresme , marg. ce nav. Nouv. xxxv. L'eau gaste moult le vin, une charette le chemin, le quaresme le corps humain, leroux de lincy, Proverbes. 1. 1, p. 95. Caresme ou jeune n'ennuient pas Qui fait grand chère à tous repas, id. ib.

ÉTYM. Provenç. caresma, carema, carama,

quaresme, quareme; catal. quaresma; espagn. cuaresma; ital. qnaresima; de quadragesima, sous-entendu dies : le quarantième jour (avant Pâques) (voy. quarantième).

CARÊME -PRENANT (ka-rê-me-pre-nan) , s. m. || 1° Les trois jours gras avant le mercredi des cendres, et particulièrement le mardi. On dirait qu'il est céans carême-prenant tous les jours, mol. B. gent. m, 3. Je vous trouve heureuse d'être délivrée de carême-prenant [des farces des jours gras] , sév. 41). || Tout est de carême-prenant, se dit en parlant de certaines libertés qui se prennent pendant les jours gras. Au milieu de tant d'honnêtetés tout est de carême-prenant, sév. ) 57. || 2° Personne masquée pendant ces jours gras; et figurément, toute personne ridiculement vêtue. Au secours, au secours, votre fille on l'emporte, Des carêmes-prenants lui font passer la porte, regnard, le Bal, se. 18. Vous voulez donner votre fille à un carême-prenant, mol. B. Gent. v, 7. || Proverbe. Il faut faire carème-prenant avec sa femme et Pâques avec son curé.

— REM. Au pluriel des carêmes-prenants, et non des carême-prenant. Le sens de la locution est non pas qui prend, qui commence carême, mais carême qui prend, qui commence.

— HIST. xne s. De ci qu'à une feste quarem-pernant, Gér. de Boss.-p. 303. || xmes. La vegile de quaresme pernant [je] vi une merveille que je vous veull raconter, joinv. 236. Ceste emprise fu atirée à passer le jour de quaresme prenant, id. 224. Et s'a [au pays de Cocagne] en l'an quatre vendenges, Quatre tozsainz, quatre noex [noëls], Et quai re chandeliers anuex [annuels], Et quatre quaresmiaux prenans, barbazan, Fabl. éd. méon, t. iv, p. 178. || XVe s. Messire Pierre de Craon avoit envoyé dès le caresmeprenant, à Paris, audit chastel , de ses varlets qui le servoient pour son corps, froiss. m, iv, 28. || xvie s. En lieu d'amaigrir pour le jeune de caresme, elle estoit plus belle et plus fraische qu'àcaresme-prenant, marguer. Nouv. xxxv.

— ÉTYM. Carême, et prenant (voy. prendre). CARÉNAGE (ka-ré-na-j'), s. m. || 1° Terme de

marine. Lieu commode pour caréner un vaisseau, ou lui donner la carène. Le navire est au carénage. || 2e L'action de caréner. Le navire a besoin d'un bon carénage.

— ÉTYM. Carène.

t CARÉNAL, ALE (ka-ré-nal, na-1'), adj. Terme de botanique. Qui appartient à la carène.

— ÉTYM. Carène.

CARENCE (ka-ran-s'). s. f. Terme de pratique.

Manque absolu. Procès-verbal de carence, procèsverbal qui constate qu'un défunt n'a rien laissé, ou qu'un débiteur est sans ressources.

— HIST. xve s. Pitié seroit si l'ame en avoit carence par abus en ce monde, chastel. Éloge du bon duc Philippe.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. carencia ; ital. carenzia ; du latin carere, manquer.

CARÈNE (ka-rê-n'), s. f. || 1° Terme de marine. Longue pièce de bois qui fait le fondement d'un vaisseau. || 2° Les flancs du navire jusqu'à la ligne de flottaison. || 3" Carénage. Mettre, abattre un navire en carène, le coucher sur le côté pour le réparer dans les œuvres vives. || Donner la carène, carène entière, demi-carène à un vaisseau, en refaire la carène, en toutou en partie. Que tous les autres vaisseaux du port qui ne devaient point être carénés devaient avoir une demi-carène conformément aux règlements, État des travaux, 4 février («tu, dans jal. || 4° Terme de botanique. Le pétale inférieur des fleurs papilionacées, parce que la forme a quelque analogie avec celle de la carène d'un vaisseau.

— HIST. xvie s. L'espine est comme siège et fondement de tout l'assemblage et liaison du corps, comme la carine est le fondement de tout le navire, paré, IV, IG.

— ÉTYM. Carina, carène.

CARÉNÉ, ÉE (ka-ré-né, née) , part, passé. || 1° Ternie de marine. Vieux vaisseau caréné. || 2° Terme de botanique. Qui est en forme de carène. Feuille carénée. Enfin la forme carénée du blé le rend propre à flotter longtemps sur les eaux, bern. de s. -p. Harm. 1, Tabl. gén. \\ 3" Terme de zoologie. Caréné se dit des oiseaux qui ont le sternum garni d'un bréchet.

CARÉNER (ka-ré-né; la syllabe ré prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je carène; excepté au futur et au conditionnel : je carénerai, je carénerais), v. a. Refaire la carène d'un vaisseau; le réparer dans les œuvres vives. Les Anglais travaillaient à établir des chantiers où l'on pût caréner les vaisseaux à sec, vqlt. Russie, i, 10.

— ÉTYM. Carène.

CARESSANT, ANTE (ka-rè-san, san-t'), adj. || 1° Qui caresse, qui aime à caresser. Un enfant, un chien caressant. Je n'ai point l'heureux don de ces esprits faciles Pour qui les doctes sœurs, caressantes, dociles, Ouvrent tous leurs trésors, j, b. rouss. Odes, ni, t. || 2° En parlant des choses. Un ton ca'ressant. De caressantes paroles. Hélas ! à quels soupirs suis-je donc condamnée! Moi qui de mes parents toujours abandonnée, Étrangère partout, n'ai pas, même en naissant, Peut-être reçu d'eux un regard caressant, rac. Iphig. ii, 3. || 3" Fig. Le zéphyr, le flot caressant. Sans dédain, sans courroux puissé-je être écouté! Puisse un vers caressant séduire la beauté! a. chén. El. 34.

CARESSE (ka-rè-s'), s. f. || 1° Marque extérieure d'affection, qui se donne par la main, par les lèvres, et quelquefois aussi par les manières et les paroles. De perfides caresses. Faire caresse à quelqu'un. Il me fit d'abord mide caresses, car il m'aime toujours, pasc. Prov. 5. Tes feux et tes serments cèdent à ses caresses, corn. Cinna, m, 4. Cela se passera avec un peu de caresse que vous lui ferez, mol. G. V. il, <2. Je vous vois accabler un homme de caresses, id. Mis. I, ) Os de poulets, os de pigeons;

Sans parler de mainte caresse, la font. Fabl. i, 5. Ses caresses n'ont point effacé cette injure, rac. Baj. i, I. Ah! si vous aviez vu par combien de caresses Il m'a renouvelé la foi de ses promesses, m. Britann. v, 3. Dès vos plus jeunes ans, mes soins et mes tendresses N'ont arraché de vous que de feintes caresses, id. ib. Cette princesse lui a fait des caresses infinies, sév. 418. Sans songer que mêmes tendresses , Mêmes serments , mêmes caresses Trompèrent un autre avant lui, j. b. rouss. Odes, ii, 15. || 2° Fig. Les caresses de la fortune. Ce doux pays reçoit du haut des cieux De ses rayons [du soleil] les premières caresses, c. delavigne, Paria,

I, 5 N'offrir qu'aux talents de vertus ennoblis

Et qu'à l'amitié douce et qu'aux douces faiblesses, D'un encens libre et pur les honnêtes caresses, a. chën. El. ta.

— HIST. xvie s. Et bien où voulez-vous aller, Mon miel, ma douceur, ma caresse? r. belleau, OEuvres, p. (30, dans lacurne.

— ÉTYM. Ital. caressa; de caro, cher; du latin carus (voy. cher).

CARESSÉ, ÉE (ka-rè-sé, sée) , part. 'passé. Cet enfant caressé par sa mère. Mon bon ami, que j'aime à être bien voulu et caressé! il me semble

alors que je ne suis plus malheureux, j. j. rouss. letlr. Moultou, 21 juin 1762. || Fig. Un tableau trèscare'ssé, tableau d'un grand fini, léché, comme on dit aujourd'hui.

CARESSER (ka-rè-sé), v. a. \\ 1° Faire des caresses. Caresser un enfant, un chien L'ane de

la fable, Qui, pour se rendre plus aimable Et plus cher à son maître, alla le caresser, la font. Fabl. iv, 5. Et soit frayeur encore ou pour me caresser De ses bras innocents je me sentis presser, hac. Ath. i, 2. Il faut nous flatter et nous caresser comme des enfants, pour nous tenir en bonne humeur, Nicole, dans bouhours, Rem. Quel avantage a-t-on qu'un homme vous caresse, Vous jure amitié, foi, zèle, estime, tendresse, Lorsqu'au premier faquin il court en faire autant? mol. Mis. i, i. || Poétiquement. Le zéphyr caresse les fleurs. Le flot caressait les flancs du navire. || Ironiquement. Il lui caressa les épaules à coups de bâton. || Caresser la bouteille, aimer à boire. || Se dit, particulièrement et dans un langage libre, des caresses amoureuses. L^urs femmes caresser.... Régnier, Sut. ix. Vos griffes la pourront blesserQuand vous voudrez lacaresser, la font. Fables, iv, i. Boit son vin, caresse sa fille, iD.ib. iv, 4. Les Français chantaient, buvaient, caressaient les filles dans les cathédrales, volt. Mœurs, 57. De mon vin ils prennent leur part. Ils caressent ma chambrière, bérang. Mon enterr. || Terme d'artiste, étendu aussi aux œuvres littéraires. Caresser un ouvrage, le faire avec amour. || 2° Fig. Flatter. Quoiqu'un peuple l'adore, et qu'un roi le caresse, corn. Cid, iv, •.!. Il feint, il me caresse et cache son dessein, rac. Milh. iv, 2. Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vous ou s'écarte ou s'empresse, m. Brit. iv, i. Mon fils peut caresser la main qui nous opprime! c delavigne, Vêpres sic. i, i. || 3" Entretenir, nourrir. Caresser ufi amour, un espoir, une idée. Un mal que nous caressons. Quand de vos ennemis caressant l'insolence, volt. Tancr.iv, c. Par des soumissions caresser son orgueil, îD.Als.i, I. || 4° Terme de peinture. Caresser le nu, jeter les draperies de manière à faire apercevoir le nu. |) 5° Se caresser, v. réfl. Se donner réciproquement des caresses.

— SYN. caresser, faire des caresses. Ces termes ne sont pas synonymes en tout. Caresser un enfant, ou faire des caresses à un enfant, peuvent se dire exactement l'un pour l'autre. Mais il n'en serait plus de même dans cette phrase-ci : Le roi lui fit beaucoup de caresses, c'est-à-dire le reçut avec des marques d'affection toutes particulières; au lieu que caresser, si on le mettait ici en place de faire des caresses, porterait l'esprit vers des caresses effectives.

— ÉTYM. Caresse; ital. carezzare. Ce mot paraît être entré dans la langue au commencement du xvne siècle, par l'italien careszare.

\. CARET (ka-rè), s. m. Tortue des côtes de l'Amérique, du Mexique, des côtes de la Guinée et de la mer des Indes, dont la chair est malsaine; mais les œufs en sont recherchés, et on travaille l'écaillé.

2. CARET (ka-rè), s. m. || 1° Dévidoir à l'usage des cordiers. || 2° Fil de caret, gros fil qui sert à fabriquer les cordages pour la marine.

— HIST. xve s. Laquelle femme filoit au tour ou charet, du cange, charelum.

— ÉTYM. Prononciation picarde de charet, diminutif de char (voy. ce mot), par assimilation d'un dévidoir à un chariot.

f CARETTE (ka-rè-f), s. f. Cadre faisant partie du métier à tisser les étoffes.

— ÉTYM. Caret 2.

f ÇA- REVAUT (ça-re-vô). Termejde chasse. Cri pour avertir que le cerf retourne dans les bois qu'il habite.

f CAREX (ka-rèks), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes appelées communément laîches.

CARGAISON (kar-ghè-zon), s. f. Terme de marine. Charge d'un vaisseau. || Charge entière du navire. || Facture des marchandises chargées. ! propre à charger les diverses marchandises. C'est le temps de la cargaison des vins, des huiles, des morues, savary.

— ÉTYM. Carguer pour charger (voy. ce mot CARGUE (kar-gh'), .v. f. Terme de marine. Cordages qui servent à carguer les voiles.

— ÉTYM. Voy. CARGUER.

CARGUÉ, ÉF (kar-ghé, ghêe),part. passé. Voiles carguées.

CARGUER ikar-ghé). || 1° V. a. Terme de marine Serrer et trousser les voiles contre leurs vergues, au moyen des cargues. Carguer les voiles. || 2e V. n. Pencher sur le côté en naviguant.

CAR

— ÉTYM. liai, earicare, charger voy. charger): (•arguer les voiles, en l'aire une charge, un paquet.

T CARGUEUR(kar-gheur),s. m. Terme de marine. Matelot employé à carguer. Poulie pour amener et guinder le perroquet.

t CARI (ka-ri), s. m. ||1° Poudre de cari, assaisonnement composé île piment, île curcuma et d'aunes épiées pulvérisées. || 2° Volaille ou tout autre mets préparé avec ce condiment. Manger un cari.

f CARIA (ka-ri-a), s. m. Terme de marine. Pou de bois très-destructeur.

CUtlATlDE (ka-ri -a-ti-d'), s. f. Figure de femme ou même d'homme, qui supporte une corniche. L'histoire lui fournit la matière delà plupart des ornements d'architecture, dont il doit savoir rendre raison; par exemple, si sou s les rnutules et les corniches, aulieu de colonnes, il met des statues de marbre en forme de femmes honnêtement vêtues que l'on appelle cariatides, il pourra apprendre à ceux qui ignorent pourquoi cela se fait ainsi , que les habitants de Carie, qui est une ville de Péloponnèse, se joignirent autrefois avec les Perses, qui faisaient la guerre aux autres peuples de la (irèce, et que les Grecs, ayant par leurs victoires glorieusement mis fin à. cette guerre, la déclarèrent ensuiie aux Cariâtes; que leur ville ayant été prise et ruinée, et tous les hommes mis au fil île l'épée, les femmes furent emmenées captives, et que, pour les traiter avec le plus d'ignominie, on ne permit pas aux dames de quitter leurs robes accoutumées ni aucun de leurs ornements, afin que non-seulement elles fussent une fois menées en triomphe, mais qu'elles eussent la honte de s'y voir en quelque façon menées toute leur vie. paraissant toujours au même état qu'elles étaient lejourdu triomphe, et qu'ainsi elles portassent la peine que leur ville avait méritée; or, pour laisser un exemple éternel de la punition que l'on avait fait souffrir aux Cariâtes, et pour apprendre à la postérité quel avait été leur châtiment, les architectes de ce teraps-là mirent, au lieu de colonnes, ces sortes de statues aux édifices publics, perrailt, l'i/nne, i, I. Les cariatides du Pandroseum sont des modèles, chateaub. Itin. 197.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie n'a pas conservé l'orthographe étymologique : caryatide.

— ÉTYM. KapuâriSsç. les jeunes filles de Caryx. f CARIATIDIQUE (ka-ri-a-ti-di-k') , adj. Qui se

rapporte aux cariatides.

| CARIRARI (ka-ri-ba-ri), s. m. Navette volante.

— ÉTYM. Peut-être est-ce une forme de charivari (voyez ce mot), à cause du bruit que produit la navette.

CARIBOU ou CA1UBOUX (ca-ri-bou), s. m. Terme de zoologie. Nom donné au renne par les habitants du Canada. Les caribous et les orignaux de l'Amérique septentrionale ont leur temps de migrations, CHATEAUB. Génie. \, v, 9.

CARICATURE (ka-ri-ca-tu-r'), s. f. Il 1° Terme de inture. Représentation grotesque de personnes, d'événements qu'on veut ridiculiser. Une caricature spirituelle. Les caricatures politiques. || 2" Imitation dérisoire, charge. Molière a fait le portrait de l'avare, dont d'autres n'ont donné que la caricature. Votre oiseau [damant] ressemble assez aux caricatures que M. Hubert a fanes de moi, volt., Lett. à Cath. (22. C'est cette vérité dans la couleur qui distingue le polirait d'avec la caricature, dideei. Uéfl. sur Térence. Ce ne sont là de la part de nos adversaires que des caricatures économiques qui ne permettent pas les regards sérieux de la raison, Mirabeau, Collection, t. iv, p. I5t.||3° Personne ridiculement accoutrée ou dont la ligure est grotesque. Avec ses plumes et sa robe rose, cette vieille femme est une caricature.

— ÉTYM. Ital. caricatura, charge, de earicare, charger (voy. charger).

t CARICATURER (ka-ri-ka-tu-ré) , v. a. Représenter en caricature.

t CARICATURISTE (ka-ri-ka-tu-ri-stf) , 's. m. Artiste qui s'adonne au genre de la caricature.

f CARICÉE (ka-ri-sée), s. f. Terme de botanique. Famille de plantes dont le carex est le type.

— ÉTYM. Voy. CAREX.

fCARICOÏDE (ka-ri-ko-i-d'). || i'Adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une figue. || 2" S. f. Pierre figurée en figue.

— ÉTYM. Carique, et eîôo;, forme.

CARIE (ka-rie), s. f.\\i" Terme de médecine. Destruction des os et des dents par voie d'ulcération. |! 2° Terme de. botanique. Maladie analogue par ses effets à la carie des animaux. Elle consiste en une altération progressive de la substance ligneuse des

CAK

arbres , suivie de ramollissement. || Maladie des graines céréales dans laquelle la farine est remplacée par une poussière qui n'est autre chose que la substance d'un champignon du genre uredo (uredo caries).

— HIST. XVIe s. Lorsqu'il y a carie, c'est 1 dire pourriture en l'os du talon, ce mal est incurable,

— étym. Cartes.

CARIÉ, ÉE (ka-ri-é, ée), part, passé. || 1° Atteint de carie. Os carié. Dent cariée. Arbre carié. Grains cariés. || Fig. Cœur carié, cœur corrompu. || 2° Terme de minéralogie. Se dit d'une roche percée de cavités irrégulières.

CARIER (ka-ri-é), v. a. ||1° Attaquer de carie. Une affection scrofuleuse a carié plusieurs os chez ce petit malade. || 2° Se carier, v. réfl. Être affecté de' carie. Ces blés se carient. L'oss'étant carié, la cuisse fut tantôt pourrie et le mal emporta Cambyse, p. l. COURIER, il, t8( .

— HIST. xvi" s. Les os se corrompent et carient, TARÉ, x, ti.

— ÉTYM. Carie.

j. CARIEUX, EUSE (ka-ri-eù, eû-z) , adj. Où est la carie.* Os carieux. || Qui est entretenu par la carie. Ulcère carieux.

— HIST. xvi" s. Lorsque l'os est carieux et pourri,

\ CARIGNANE (ka-ri-gna-n'), s. m. Cépage estimé du midi de la France, d'origine espagnole.

CAISILLON (ka-ri-llon, /(mouillées, et non cari-yon), s. m. || 1" Sonnerie de cloches accordées à différents tons. Les carillons ont, dit-on, été inventés en Flandres où ils sont fort communs, noël et carpentier, Dict. des origines. || Air qu'on exécute sur ces cloches ainsi accordées. Comme on fait plutôt le carillon pour les cloches que les cloches pour le carillon, l'on n'y fait entrer qu'autant de sons divers qu'il y a de cloches, j. j. rouss. Dict. de musique, carillon. || Spécialement, les airs joués dans des horloges publiques à l'aide d'un mécanisme qui produit toujours le même chant. Les carillons de la Samaritaine. J'aurais mieux aimé qu'ils [les horlogers] nous eussent envoyé quelques carillons pour Sainte-Sophie, volt. Lett. à Cath. 8). || Horloge, montre, boîte à carillon ou, simplement, carillon, horloge, montre, bolie qui sonne ou joue différents airs. Il a un carillon de Genève qui joue dix-huit airs. || 2° Battement de cloches à coups précipités et cadencés. Sonner le carillon. Sonner à double carillon. Les carillons des cloches semblaient augmenter l'allégresse publique, chateaub. Génie, iv, i, t. Du pieux carillon les légères volées Couraient en bondissant à travers les vallées, lamart. Joe. i, 33. || Fig. et familièrement. À double, à triple carillon, très-fort, excessivement. Il fut sifflé à double carillon. Le jour que naquit Chatillon, On sonna double carillon Par tous les clochers de Cythère, voit, dans ménage, qui a remarqué qu'on dit non pas sonner double carillon, mais sonner à double carillon. || Terme de physique. Carillon électrique, petit carillon composé de trois timbres que l'électricité met en mouvement. j| 3° Fig. et familièrement, tapage, crierie. Ces enfants font un carillon insupportable. Sa femme lui fera un beau carillon. [| 4" Terme de métier. Barre de fer de 18 à 20 millimètres carrés. |] 5° Anciennement, sorte d'ornement d'un bonnet de femme. Habillée du bel air, avec de petits bonnets à double carillon, sév. 282. || 6° Carillon de Dunkerque, air vif, à 2/4, composé de deux reprises, chacune de huit mesures, ainsi nommé sans doute parce qu'il y avait à Dunkerque une horloge qui jouait cet air-là. || Danse très- vive ou plutôt ronde qui se joue sur cet air et par laquelle on termine souvent les bals bourgeois. Elle commence par un grand rond; après quoi, les danseurs en place frappent trois fois dans leurs mains, puis trois fois du pied à terre; enfin chaque cavalier fait tourner la dame qu'il a à sa gauche, en ayant soir, de la déposera sa droite. On recommence ensuite le grand rond, puis les battements de mains et de pieds, et les tours de main qui à chaque fois donnent une nouvelle dame à chaque cavalier.

— hist. xme s. Et les cordes corut saisir, Les sains [cloches] sone de grant aïr À glaz, à treble, à carenon, lien. 3341.

— étym. Ménage, qui écrit carrilUm, indique la vraie étymologie: un mot bas-latin quadrilio signi fiant un quaternaire, à cause que les carillons se faisaient autrefois avec quatre cloches; l'ancien français carenon a le même sens, mais vient de quaternio.

CARILLONNÉ, ÉE (ka-ri-llo-né, née, Il mouillées, et non ca-ri-yo-né), part, passé. Usité seule-

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ment dans cette locution: fête carillonnée, grande fête.

tCARILLONNEMENT(ka-ri-llo-ne-man, Il mouillées), s. m. Action de carillonner.

CARILLONNER (ka-ri-llo-né, Il mouillées, el non ca-ri-yo-né), v. n.\\ 1° Sonner le carillon ; exécuter un air sur un carillon. Pour quelle fête a-t-on carillonné? Une aiguille montre les heures pendant que mon corps carillonne, volt. Microtn. 7. C'est donc Rouen!... La ville aux cents clochers carillonnant dans l'air, v. hugo. F. d'aut. 27. || 2" Familièrement. J'ai eu beau carillonner à sa porte [c'est-à-dire sonner à grand bruit], on ne m'a pas ouvert.

— HIST. xvie s. Elle ne sortit des prisons que premièrement le bourreau n'eust bien carillonné sur son dos, paré, xix, 24.

— ÉTYM. Carillon.

CARILLONNEUR (ka-ri-llo-neur, Il mouillées, et non ka-ri-yo-neur) , s. m. \\ 1° Celui qui carillonne. || 2° Espèce de merle.

— ÉTYM. Carillonner.

f CARINAL, A LE (ka-ri-nal, na-P), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'une carène.

— ÉTYM. Car in a, carène.

f CARINÉ, ÉE (ka-ri-né, née), adj. Terme de botanique. Se dit d'une feuille dont le milieu est creusé en gouttière.

— ÉTYM. Carina, carène.

fCARIOPSE (ka-ri-op-s'), s. m. Fausse orthographe pour caryopse (voy. ce mot).

f CARIQUE (ka-ri-k'), s. f. Terme de botanique. Nom donné à une figue sauvage.

— ÉTYM. Carica, espèce de figue sèche, dite ainsi parce qu'elle venait de la Carie, pays de l'Asie Mineure.

j CARISEL (ka-ri-zèl), s. m. Sorte de canevas; grosse toile claire.

CARISTADE (ka-ri-sta-d') , s. f. Aumône. Demander, donner la caristade. Il a vieilli.

— ÉTYM. Espagn. caristade, aumône; d'un verbe inusité charistare, donner gracieusement, du grec vioiç, grâce (on a, dans du cange, charisterium , don gracieux).

f CARIVE (ka-ri -v'), s. m. Piment ou poivre de Guinée.

f CARLETTE (kar-lè-f), s. f. Ardoise d'Anjou et du Maine.

i. CARLIN (kar-lin), s. m. Monnaie d'Italie. Carlin d'or, d'argent. Posséder trois bénéfices pour douze tournois, trois ducats et six carlins, volt. Mœurs, 127.

— ÉTYM. Ital. carlino, dérivé de Carlo, Charles, nom propre, de l'allemand Karl; suédois, Karl; anglais, Carie, au propre, homme vigoureux.

2. CARLIN (kar-lin), s. m. || 1° Petit chien ras, à museau noir et écrasé. En attrapant mieux que des puces, On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes, bérang. Requête des chiens. || 2° Adj. Chiencarlin.|| Familièrement. Nez carlin, petit nez retroussé. [| Proverbe. C'est comme les carlins, la race en est perdue, se dit, par raillerie, d'une personne qui se croit un grand mérite.

ÉTYM. Les carlins ont été ainsi nommés parce que leur tête ressemble à la figure d'Arlequin, dont l'acteur Carlin jouait le rôle avec le plus grand succès.

f CARLINE (kar-li-n'), s. f. Terme de botanique. Plante bisannuelle (carlina vulgaris, L.) dont la racine a été employée comme sudorifique.

— HIST. xvie s. Carline, ce nom vient du roy Charles-magne, parce que deceste herbe son exercite fut guéri de la peste, o. de serres, 625. .

CARLINGUE (kar-lin-gh'), S. f. Terme de marine. Nom de la plus grosse et la plus longue pièce de bois du fond de la cale, dans un vaisseau, sur laquelle porte le pied du grand mât.

f CARLISME(kar-li-sm'), s. m. Opinion politique des personnes attachées à Charles X de France , ou à don Carlos d'Espagne.

— étym. Charles, Carlos.

t CARLISTE (kar-li-sf), s. m. Partisan de Charles X, ou de don Carlos.

f CARLOCK (kar-lok), s. m. Terme de commerce. Colle de poisson.

\ CARLOTTE (kar-lo-f), s. f. Un des noms vulgaires du courlis.

f CARLOVINGIEN , IENNE (kar-lo-vin-jiin , jié-n'), adj. Qui appartient à la seconde race des rois de France. || Substantivement. Les carlovingiens, les princes de la seconde race.

— ÉTYM. Carlus ou Carolus, nom propre; de l'allemand Karl, homme vigoureux.

CAR

CAR

CAR

CARMAGNOLE (kar-ma-gno-l"), s. f. || 1" Sorte île vêtement qui tenait le milieu entre la veste et l'habit : collet retombant sur les épaules; revers trèscourts dont le sommet était découpé en angle aigu et qui se renversaient sur la poitrine; basques étroites avec des poches à l'extérieur ; plusieurs rangées de boutons de métal sur le devant. Ce vêtement fut beaucoup porté pendant la Révolution. I| 2° Chanson sur un air vif à 6/8, et danse .que le parti révolutionnaire affectionnait en 93. La danse était une ronde qui se dansait sur les places et dans les jardins publics, avec un extrême entraînement. Chanter, danser la carmagnole. || S. m. Par dénigrement , soldat des armées républicaines.

— HIST. xve s. Tous les quels vingt hommes d'armes avoient en leurs testes cramignolles de veloux noir à grosses houppes de fil d'or de Chippre dessus, nu cange, crammale.

— ÉTYM. On ignore l'origine du nom de cette espèce de veste. Faut-il voir une altération et un changement de sens de l'ancien cramignole, sorte de vêtement de tête? Faut-il le rattacher à Carmagnole, ville du Piémont, qui, sous Henri IV, occupa beaucoup les esprits, comme on le voit par ces vers de Malherbe, m , t : Je sais bien que sa Carmagnole, Devant lui se représentant, Telle qu'une plaintive idole Va son courroux sollicitant. Quant à la chanson (on ne sait d'où l'air en vient), et a la danse, on peut penser, vu leur caractère révolutionnaire, qu'elles prirent leur nom de tant de gens en carmagnole qui alors la chantaient et la dansaient. On trouve dans Oudin carmaignolle dans le sens d'abricot.

\. CARME (kar-m'), s. m. || 1° Religieux d'un des quatre ordres mendiants, dont le nom complet est religieux de Notre-Dame du Mont-Carmel. L'ordre des carmes commença vers le xne siècle en Syrie. I| 2° Carmes déchaux, carmes de la réforme de Sainte-Thérèse, au xvic siècle, qui vont en sandales et sans bas. ||3° Eau de mélisse des carmes, ou Eau des carmes, alcoolat de mélisse composé, dont on attribue l'invention aux carmes.

— ÉTYM. Le mont Carmel, en Galilée, où ces religieux ont commencé. On disait autrefois carmeliste : x-ve siècle : Feirent faire une proposition devant le royparun carmeliste nommé frère Eustache,

MONSTREL. t. I, cil. <03, p. 166, dans LACURNE.

2 . CARME (kar-m') ,s. m. Au trictrac, coup de dés qu i amène les deux quatre. Un carme me ferait gagner.

— REM. Ce mot était autrefois pluriel; l'Académie le fait pluriel et l'écrit avec une s: amener carmes.

— ÉTYM. Par corruption pour cames, usité du temps de Ménage, et qui vient de quaternus, coup de quatre (voy. quaterne).

CARMELINE (kar-me-li-n') , s. f. Laine qu'on tire de la vigogne.

CARMÉLITE (kar-mé-li-f) , s. f. Religieuse de l'ordre des carmes déchaux. Les carmélites furent introduites en France en (604. Vous aimeriez bien ma sobriété et l'exercice que je fais, et sept heures au lit comme une carmélite ; cette vie dure me [ilaît, SÉV. 225.

| CARMENTINE (kar-man-ti-n'), s. f. Plante de la famille des acanthacées réputée béchique et pectorale (justifia pectoralis, I..).

CARMIN (kar-min), s. m. Rouge éclatant qu'on tire principalement de la cochenille. Vos traits.... le soir embellis de tout l'art du matin. N'avaient de rose, hélas! qu'un peu trop de carmin, a. chén. <62. |i Fig. Des lèvres de carmin. L'occident amincit sa frange de carmin, v. hugo, F. d'aut, 37. || Adjectif invariable désignant la couleur du carmin. Le colibri à gorge carmin. Des draps carmin. Des robes carmin.

— ÉTYM. Ras-lat. carmesinus ; de même radical que cramoisi (voy. ce mot).

CARMINATIF. IVE (kar-mi-na-tif , ti-v') , adj. Terme de médecine. Bon contre les flatuosités. || S. m. Un carminatif.

— HIST. xvie s. Ce qui se fera par medicamens chauds, secs et attenuatifs, qu'on nomme carminatifs.... Clysteres carminatifs, paré, v, 16.

— ÉTYM. Bas-lat. carminativus , de carminare, carder, et figurément, atténuer, dissiper.

| CARMINE (kar-mi-n'), s. f. Terme de chimie. Nom donné à la matière colorante rouge de la cochenille.

— étym. Carmin.

j CARMINÉ, ÉE (kar-mi-nô, née) adj. De couleur de carmin. Rose, fleur carminée.

t CARMINER (kar-mi-né), v. a. Peindre, enluminer avec du carmin.

— ÉTYM. Carmin.

CARNAGE (kar-na-j'), s. m. || 1" Massacre, tuerie. Remets dans ton esprit, après tant de carnages, De tes proscriptions les sanglantes images, corn. Cinna, iv, 3. Sylla fit des carnages effroyables et traita durement le peuple, boss. Hisl. ni, 7. Sapor fit un effroyable carnage des chrétiens, m. Avert. 5. Il y eut beaucoup de carnage des ennemis, pellisson, ii, <53. Cieux,éclairerez-vous cet horrible carnage? rac. Estlt. i, 3. Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage, Déjà coulait le sang, prémices du carnage, m. Iph. v, 6. Un poignard à la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats, m. Athal. i, 2. Quel carnage de toutes parts! On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur et le frère, Et la fille et la mère, n>. Esth. i, 5. La gent maudite aussitôt poursuivit Tous les pigeons, en fit ample carnage, la font. Fab. vu, 8. Il [Moïse] est préservé du carnage général des enfants de sa nation, mass. Conf. Amb. des clercs. || 2° Se dit aussi de la façon de se nourrir des bètes féroces. Jamais de liberté, ni pour les pâturages, Ni d'autre part [des loups] pour les carnages, la font. Fab. ni, <3. || 3° Terme de chasse. Action des chiens qui dévorent un animal. || 4" Terme d'équarisseur. Toute espèce de charogne. v

— HIST. xine s. Nus ne puetne ne doit ouvrer en charnage puis vespres sonans, au dit mestier, ne en quaresme, puis complie sonant, Livre des métiers, 48. En charnage le vendredi, ruteb. ii , 176. || xv° s. Car karesme vient et commande  charnaige, tant qu'on le mande, Que pour ung temps se tire arrière, ch. d'orl. Rondeau. || xvi° s. Qui faict le loup sortir du bois? default de carnaige, rab. Pant. ni, 14. Retournez au logis, braves de la conqueste, Le muffle ensanglanté, le corps navré de coups, Ou vous serez ce soir le carnage des loups,

— ÉTYM. Picard, carnage, temps où l'on mange de la viande; provenç. carnatge; anc. espagn. carnage; portug. carnagem; ital. carnaggio, tas de chair-, du bas-lat. carnaticum , tas de chair, temps où l'on mange de la chair, de caro, carnis, chair (voy. chair); de là le sens de boucherie et tuerie.

f CARNAIRE (kar-nai-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit de viande ou sur la viande. Mouche carnaire.

— ÉTYM. Carnarius, de caro, carnis (voy. chair).

f CARNAL (kar-nal), s. m. Terme de marine. Palan servant sur les galères à élever la tente. || Extrémité inférieure d'une antenne. || On trouve aussi carneau.

—ÉTYM. Carne ), angle, coin.

f CARNALETTE (kar-na-lè-f) , s. f. Terme de marine. Palan plus petit que le carnal.

— HIST. Carnal.

CARNASSIER, 1ÈRE (kar-na-sié, siè-r'; IV ne se lie jamais; au pluriel l's se lie : des animaux karna-sié-z et farouches), ''adj. || 1° Avide de chair, en parlant des animaux. Comme une bête en rut et carnassière, volt. Phil. ii, 419. La proie étant l'unique sujet de combat des animaux carnassiers, j. j. rûuss. Orig. notes. || 2" Avide de viande, en parlant de l'homme. Il importe de ne pas rendre les enfants carnassiers, j. 3. rouss. Ém. n. Toujours boire et manger! carnassier animal, C'est bien fait; suis toujours ton appétit brutal, regnard, Démocr.i, 4. || 3" S. m. pi. Terme d'histoire naturelle. Les carnassiers, ordre de la classe des mammifères, à dents généralement aiguës ou tranchantes, et à membres, antérieurs au moins, terminés par des pattes. Cuvier a divisé les carnassiers en quatre familles, les chiroptères, les insectivores, les carnivores et les marsupiaux. Des carnassiers de la taille du lion, du tigre, de l'hyène, désolaient ce nouveau règne animal, cuvier, Iiévol. 328.

— syn. Carnivore, carnassier. Carnivore exprime simplement le fait de se nourrir de viande. Carnassier joint à cette idée l'idée d'un appétit brutal qui se complaît dans le massacre. Autre est la différence dans le langage de l'histoire naturelle : carnassier est un terme général qui désigne l'idée des animaux vivant de chair; Carnivore est moins général et indique parmi les carnassiers une section particulière, celle des chiens, chats, ours, etc.

— ÉTYM. Provenç. carnacicr, bourreau; espagn. carnicero ; de caro, carnis, chair (voy. chair), par l'intermédiaire d'un suffixe latin accus, qu'on trouve dans le provençal carnaza, chair morte.

CARNASSIÈRE (kar-na-siô-r') , s. f. Sorte de sac pour porter le gibier tué pendant la chasse.

— ÉTYM. Carnassier.

CARNATION (kar-na-sion ; en poésie, de cinq syl-

labes) , s. f. || 1° Nom qu'on donne, en peinture, aux parties du corps qui paraissent nues et sans draperie. Les carnations de ce tableau sont fort belles. || 2° Teint, coloration, apparence des chairs dans une personne ou dans un tableau. Le nu des bras et des jambes montre un homme fort et nerveux, c'est une carnation qui marque un corps endurci au travail, fén. xix, 333. Qui est-ce qui a su tempérer et mélanger ces couleurs, pour faire une si belle carnation? id. Exist. 32. || En termes de blason, se dit des parties du corps représentées au naturel. D'argent, à tête de carnation.

— ÉTYM. Ital. carnagiont> ; de carnatio, embonpoint, de caro, carnis, chair (voy. chair).

fCARNAU ou CARNEAU (kar-nô), i. m. Trou à la voûte d'un fourneau de porcelaine.

— ÉTYM. Came i .

CARNAVAL (kar-na-val) , s. m. || 1° Temps de divertissements compris entre le jour des Rois et le mercredi des Cendres; les fêtes et les amusements mêmes de ce temps. Avoir, passer, faire un triste carnaval. Les carnavals des deux dernières années. Là, dans le carnaval, vous pouvez espérer Le bal et la grand'bande, à savoir deux musettes, Et parfois Fagotin et les marionnettes, mol. Tart. h, 3. Les hospodars de Valachie et de Moldavie ne feront pas leur carnaval à Venise, volt. Lett. à Cath. 34, || Jeûner en fjKrnaval. être très-pauvre. Depuis peu chez ma cousine, Qui jeûnait en carnaval, bérang. Le voisin. || Familièrement. Il est fait comme un carnaval, c'est un vrai carnaval, il est habillé d'une manière extravagante. || Il est triste comme s'il revenait d'enterrer carnaval, par allusion à la fin du carnaval suivie du carême. || 2° Par extension, divertissement grotesque. || j4 u plur. Des carnavals.

— HIST. xvie s. Croyez qu'en Avignon, on temps de carnaval.... rab. Pant. iv, 14.

— ÉTYM. Picard, les camevieux; de l'italien carnovale; milanais, camelevale, dans du cange, du bas-latin carnelevawen, dit pour carnis levamen, de caro, chair (voy. chair), et levamen, action d'ôter, de levarc (voy. léger) : c'est-à-dire temps où l'on enlève l'usage de la chair, vu que camovale est proprement la nuit avant le mercredi des Cendres. Diez , d'après des auteurs italiens, le tire de carne et raie : adieu la chair; mais vale n'est pas italien; et le milanais camelevale fait un suffisant intermédiaire entre carnis levamen, pour un mot populaire et par conséquent sujet à de fortes altérations.

\ . CARNE (kar-n') , s. f. \\ 1° Angle saillant d'une pierre, d'une table, etc. Je me suis donné un grand coup à la tête contre la carne d'un volet, mol. Mal. im. i, 2. || 2° Terme de mattre d'écriture. Evidement du tuyau ou du canon de la plume.

— hist. xne s. Al segnor sunt li carne de terre, Liber psalm. p. 235.

— ÉTYM. Latin cardinem, gond.

| 2. CARNE (kar-n'), s. f. Terme très-vulgaire qui sert à désigner de la mauvaise viande servie à manger. C'est de la carne.

— ÉTYM. Caro, carnis (voy. chair).

CARNÉ, ÉE (kar-né, née), adj. Terme de fleuriste. De couleur de chair. Un œillet carné.

— ÉTYM. Caro, carnis, chair (voy. chair). | CARNEAU (kar-nô), s. m. Voy. carnau.

f CARNÈLE (kar-nè-T), s. f. Bordure qui paraît autour du cordon d'une monnaie et qui forme la légende.

— ÉTYM. Carne i.

f CARNELER (kar-ne-lé; la syllabe nel prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je carnèle), v. a. Terme de numismatique. Faire une carnèle. Médaille carnelée. || Terme de blason. Ceindre d'une bordure.

— ÉTYM. Carnèle.

CARNET (kar-nè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel l's se lie : des kar-nè-z en règle ; carnets rime avec traits, succès, paix, etc.), s. m. Petit livré de compte portatif, pour recueillir des notes. || Livre qui mentionne les échéances des sommes que les commerçants ont à recevoir ou à payer. || Petit livre que les négociants, courtiers, agents de change, portent dans les bourses et marchés pour inscrire immédiatement leurs opérations. || Anciennement, petit livre nommé plutotbilan.dont les négociants de Lyon se servaient pour le virement des parties.

— HIST. xvie s. Il m'a baillé un grand carnet et inventaire de livres qu'il dit avoir composez, du verdier, Jiiblioth. p. 1034, dans lacurne.

— ÉTYM. Ce mot paraît dérivéd'un diminutif quaternetum, qui se rattache à quoicrnio, cahier de

CAR

quatre feuillbs, et, en général, cahier (voy. ce qui est dit à l'étymologie de cahier). Il est parlé dans froissart, h, m, ( 15, des carnets de bacinels [casques] ; mais c'est un autre mot.

j CARNIER (kar-nié), s. m. Carnassière. Chargé de son fusil, de son carnier, j. 3. rouss. Emile, iv. Dans mon carnier ils [un lièvre et un perdreau] sont encore ensemble, Et je prétends qu'un jour la broche les rassemble, colin d'harlev. M. de Crac, scène 8. || Mot qui est très-usité, bien qu'il ne soit pas dans le Dictionnaire de l'Académie, et qui est régulier.

— ÊTYM. Le même, sauf la prononciation, que charnier.

CARNIFICATION (kar-ni-fi-ka-sion), s. /".Terme de médecine. Passage de certains tissus à un état qui présente quelque ressemblance avec la chair ou le tissu musculaire, et qui est dû à une lésion pathologique.

CARNIFIÉ, ÉE (kar-ni-fi-é, ée), part, passe. Changé en chair, ou qui a pris l'aspect de la chair. Un poumon carnifié.

CARNIFTER (SE) (kar-ni-fi-é), o. réfl. Terme de médecine. Acquérir l'apparence de la chair.

— ÉTYM. Caro, carnis, chair, et fxcare, fréquentatif de facere, faire.

t CARNIFORME (kar-ni-for-m') , , ; j. Terme didactique. Qui a l'apparence de la chair.

— HIST. xvic s. Le pancréas est un corps glanduleux, carniforme, lequel est ainsi appelle, parcequ'il a par tout similitude de chair, paré, xi, 2.

— ÉTYM. Caro, carnis, chair, et forma, forme.

t CARNIURE (kar-ni-u-f), s. f. Nom, dans quelques localités , d'un développement excessif des bourgeons de la vigne.

CARNIVORE (kar-ni-vo-r'), adj. Qui se nourrit de chair. L'homme esta la fois frugivore et Carnivore. Le lait des femelles herbivores est plus doux que celui des carnivores, j. j. rouss. Ém. I. \\S. m. Les carnivores. Voy. carnassiers.

— ÉTYM. Carnivorus , de caro, carnis, chair, et vorare, dévorer (Voy. vorace).

t CARNIV0R1TÉ (kar-ni-vo-ri-té) , s. /".Condition d'un animal que son organisation appelle à vivre exclusivement de matières animales.

CARNOSITÉ (kar-no-zi-té), s. f. Terme de chirurgie. Excroissance charnue qui se développe en différentes parties.

— HIST. xive s. Encise [fais une incision]si qu'il demeure dessus le cuir une carnosité tenue, Modus, f° xxi, verso. || xvr s. Le col de la matrice peut estre estouppé par une membrane ou carnosité,

— ÉTYM. Provenç. carnositat ; espagn. carnosidad; ital. camosità; dérivé decarnosus, de caro, carnis, chair (voy. chair).

CAROGNE (ka-ro-gn'), s. f. Femme hargneuse, méchante femme. Il n'est jour.... Que ces carognes-là ne me rompent la teste, Régnier, Sat. xi. Madame la carogne, mol. Sgan. 6. Voilà nos carognes de femmes! id. George D. m, 5. || Mot bas.

— HIST. xiv" s. Et no nature est telle qu'elle s'acordera  che que le [la] carongne de nos corps desirra, Baud. de Seb. vm, 1071.

— ÉTYM. Prononciation picarde de cliarogne (voy. ce mot); wallon, coronie; anc. wallon, corongne; bourguign. cairogne ; Berry , carne, vieille carne, terme d'injure.

f CAROLIN, INE (ka-ro-lin, Ii-n'), adj. Qui appartient à Charlemagne. Écriture Caroline, lettres carolines, lettres romaines dont Charlemagne rétablit l'usage. || Qui appartient à Charles-Quint. Loi Caroline, code criminel donné par l'empereur Charles-Quint lors de la diète de Ratisbonne en 1532.

— ÉTYM. Carolus, Charles.

CAROLUS (ka-ro-lus' ; on fait sentir Y s aujourd'hui; mais, au xvir siècle, Chifflet remarque expressément que Ys ne se prononce pas même devant une voyelle), s. m. Monnaie du règne de Charles VIII, qui était marquée de son nom et d'une croix couronnée d'une fleur de lis à ses quatre branches; elle valait dix deniers d'argent. Sans qu'il lui fût.... fait seulement Grâce d'un carolus, la font. Pays.

— HIST. xve s. Le cidre ne vaut plus Qu'un carolus, basselin, xxxix. Il xvie s. On leur envoiera ces peaux bien marquées , afin que , par sotise ou fraude, elles ne se changent, rendans un carolus pour un sol, comme autres-fois cela m'est advenu, o. de serres, 885. Chatelus donne à déjeuner X six pour moins d'un carolus; Et Jaquelot donne à disner X six pour moins que Chatelus; Après ces repas dissolus Chacun s'en va gai et falot- Qui me

CAR

perdra chez Chatelus, Ne me cherche chez Jaquelot, st-gelais, dans ménage.

— ÉTYM. Carolus, Charles VIII, qui le premier fit frapper cette monnaie.

f I . CARON (ka-ron) , s. m. Le nocher des enfers (voy. charon).

t 2. CARON (ka-ron), s. m. || 1° Bande de lard dont on a enlevé le maigre. || 2" Mélange d'orge et de froment semés dans un même champ.

CARONADE (ka-ro-na-d') , s. f. Terme d'artillerie. Gros canon court, d'invention anglaise, et d'abord en usage dans la marine seulement. Elle diffère du canon en ce que celui-ci n'a pas une chambre pour recevoir la poudre comme le mortier, l'obusier et la caronade.

t CAR0NCULA1RE (ka-ron-cu-lê-r') , adj. Terme didactique. Qui est formé de caroncules.

— ÉTYM. Caroncule.

CARONCULE (ka-ron-ku-P) , s. f. || 1° Terme d'anatomie. Petite éminence charnue. La caroncule lacrymale. || 2° Terme de zoologie. Excroissance charnue ornant le front, la gorge, les sourcils des oiseaux. || 3° Terme de botanique. Renflement à la surface de certaines graines.

— HIST. xvi" s. Une petite caruncule eslevée dedans l'entrée du col de la vessie comme une fraise, laquelle est souvent prise pour caruncule non naturelle par ceux qui sondent, paré, i, 29.

— ÉTYM. Caruncula, diminutif de caro, chair.

f CARONCULE, ÉE (ka-ron-cu-lé, lée), adj. Qui est muni d'une caroncule.

f CARONCULEUX, EUSE (ka-ron-ku-leû, leû-z), adj. Terme de chirurgie. Qui a rapport aux carnosités.

— ÉTYM. Caroncule.

f ). CAROSSE (ka-ro-s'), s. m. || 1° Ustensile du cordier. || 2" Assemblage de sarments liés ensemble autour de Péchalas.

f 2. CAROSSE (ka-ro-s'), s. m. Fruit du carossier.

j CAROSSIER (ka-ro-sié) , s. m. Nom d'un palmier d'Afrique.

CAROTIDE (ka-ro-ti-d') , adj. et s. f. Terme d'anatomie. Artère carotide, ou simplement, la carotide, l'une des deux grosses artères qui conduisent le sang à la tête. Les artères carotides se bifurquent en carotide interne et en carotide externe. Les branches qu'on nomme les carotides sont fort étroites, desc. Fœtus, 3.

— HIST. xvr s. L'artère carotide, paré, Introd. 10.

— ÉTYM. KapomSeç , de xapoùv , assoupir, de •xâpoç, carus (voy. ce mot). On supposait que la cause du sommeil résidait dans ces artères.

CAROTIDIEN, IENNE (ka-ro-ti-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux carotides. Canal carotidien, conduit de l'os temporal qui donne passage à la carotide interne.

— étym. Carotide.

CAROTIQUE (ka-ro-ti-k') , adj. Terme de médecine. Qui a rapport au carus. Assoupissement, état carotique.

— ÉTYM. KapcoTixôç, de xâpoç, carus (voy. ce mot). CAROTTE (ka-ro-f) ,s.f. || 1° Plante potagère de la

famille des ombellifères, à racine pivotante et charnue, douce, sucrée, comestible. || La racine même. || Fig. et familièrement. Ne vivre que de carottes, vivre mesquinement. || 2" Carotte de tabac, rouleau de feuilles de tabac. || 3" Fig. et populairement. Jouer la carotte, jouer chichement et en ne hasardant que le moins possible. || Tour par lequel on subtilise de l'argent à. quelqu'un. Quelle carotte! J'ai compris la carotte. C'est une carotte. Tirer une carotte a quelqu'un, en obtenir quelque chose par adresse ou par ruse.

— HIST. xivc s. Garroites sont racines rouges que l'en ventes halles par pougnées, Ménagier, il, 5. Jehan Roussel dist au suppliant: Larron, tu as retourné carotte [tu as tourné casaque] , et le frappa d'un pel [pieu] d'une haye, du cange, ' caravira.

— ÊTYM Génev. carotte, betterave (comme dans plusieurs provinces où le nom de la carotte est pris pour celui de la betterave); ital. carota ; du latin carola; du grec xapurôv. Au lieu de tirer une carotte, l'italien dit: planter ou ficher des carottes (piantar, ficcar carote, qui signifie attraper et qui a aussi un autre sens fort grossier). L'origine de cette façon de parler, c'est que, dans un sol meuble et doux, image de la crédulité, la carotte acquiert un développement admirable; l'expression italienne s'arrête à l'intention du semeur de carottes; le français considère le procédé qui les récolte, génin, Récréât. 1. 1, p. 3)9.

CAROTTER (ka-ro-té). || 1° V. ». Jouer mesquinement, ne hasarder que peu d'argent à la fois.

CAR

Terme familier. || 2^ V. a. Carotter quelqu'un, lui carotter de l'argent , en tirer de l'argent sous quelque prétexte controuvé. Terme bas.

— ÉTYM. Carotte.

CAROTTEUR, EUSE (ka-ro-teur, teû-z') s. m. et f. Celui, celle qui carotte, qui joue mesquinement. Terme familier. || Celui, celle qui tire une carotte- Terme bas.

t CAROTTIER, 1ÈRE (ka-ro-tié, tiè-r'), s. m. et f. Celui, celle qui a l'habitude de carotter au jeu.

f CAROTTINE (ka-ro-ti-n') , s. f. Terme de chimie. Principe colorant de la racine de carotte.

— ÉTYM. Carotte.

t CAROUB (ka-roub), s. m. Caroub de Judée, galle de térébinthe, produite par la piqûre d'un puceron et ayant des propriétés astringentes et une saveur aromatique.

CAROUBE (ka-rou-b'), s. m. Fruit du caroubier; gousse longue et plate, contenant une pulpe très.douceau goût. On dit aussi carouge || S. /".En Orient on se sert du suc de la caroube pour faire des conserves, CH. d'orbigny.

— REM. L'Académie fait ce mot du masculin; mais c'est une erreur; les botanistes font caroube du féminin, et cela doit être.

— HIST. xvie s. A la beauté de ses feuilles donnent grand lustre les garrobies , fruit de cette plante, enfermées dans des longues gousses cololorées d'incarnat cramoisi, o. de seures, 556.

— ÉTYM. Provenç. carobla ; anc. cat. carrobla ; espagn. garrobo, garrubia , algarrobo ; ital. carrubo ; de l'arabe charroub, avec l'article, alcharroub (freytag, i, 471 a), nom de ce fruit.

CAROUBIER (ka-rou-bié; IV ne se lie jamais; au pluriel Ys se lie: les ca-rou-bié-z et les caroubes), s. m. Arbre de la famille des légumineuses, qui croît en Orient et dans le Midi de l'Europe (ceratonia siliqua, £.).

— HIST. xvie s. Au rang des plantes toujours verdoiantes, nous logerons le garrobier, ainsi appelle en Provence, par d'aucuns silique, o. de serres, 556.

CAROUGE (ka-rou-j'), s. f. Voy. caroube.

f CARPADÈLE (kar-pa-dè-P), s. m. Terme de botanique. Fruit indéhiscent et pluriloculaire, composé d'un péricarpe sec (celui des ombellifères).

— ÉTYM. Kap7tà;, fruit, et ùSyiXoç, non visible.

i. CARPE (kar-p'), s. f. Poisson d'eau douce à grandes et larges écailles, très-bon à manger (cyprinus carpio, L.). 11 côtoyait une rivière.... Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère, la font. Fab. vu, 4. On faisait quelquefois manger à feu Mademoiselle, au comté d'Eu, des carpes qui avaient plus de quatre-vingts ans; on reconnaissait leur âge à des am eaux d'une certaine marque qu'on leur avait attachés aux nageoires; ces carpes étaient d'une bonté admirable, segrais, Mém. t. il, p. 120. J'ai vu des carpes chez M. de Maurepas, dans les fossés de son château, qui ont au moins cent cinquante ans bien avérés, buff. Animaux, ch. 10. ||Fig. Saut de carpe, saut que les baladins exécutent à plat ventre, en s'élevant horizontalement. || Fig. et familièrement. Faire la carpe pâmée, feindre de se trouver mal. || Faire l'œil de carpe, montrer des yeux de carpe pâmée, faire les yeux doux. || Bâiller comme une carpe, bâiller beaucoup. || Muet comme une carpe, se dit d'une personne qui garde obstinément le silence.

— HIST. xme s. Quiconque est pescheur des eaux le roy, il puet prendre toute manière de poisson fors quatre, c'est à savoir brochés, barbeauz, anguiletes, carpes, de quex quatre pères de poisson, il ne pueent nul prendre par leur serment que li quatre ne vaillent un denier, Liv. des met. 262. |i xive s. Carpe doit estre très cuite, ou autrement c'est péril de la mangier, Ménagier, n, 4.

— ÉTYM. Wall, crap; provenç. esearpa; espagn. carpa; ital. carpione; allem. Karpfen; suéd. carpe; île carpa, de cyprinus, xûitpivoç (de Kûitpiç, Vénus?).

2. CARPE (kar-p'), s. m. Terme d'anatomie. Le poignet, ou la partie qui est entre l'avant-bras et la paume de la main. Lés huit os du carpe. | Partie épaisse du bord externe do l'aile des insectes.

— HIST. xvie s. Les muscles qui fléchissent le carpe, paré, i, 8. Le carpe ou poignet, le métacarpe ou avant-main, et les doigts, id. iv, 20.

— ÉTYM. KapTOÇ.

CARPEAU (kar-pû), s. m. Petite carpe. Une carpe et des carpeaux. Un cavpeau qui n'était encore que fretin, la font. Fabl. v, 3. || Variété de la carpe d'un goût fort délicat, qu'on pèche dans le Rhône m l,i S;iône.

— rem. On trouve dans des dictionnaires carpofj

CAR

CAR

CAR

mais l'orthographe et la prononciation carpcau sont anciennes et préférables.

— HIST. xme s. Nus poissonnier ne autre ne puet ne ne doit vendre barbiaus, tenchiaus, cuerpiaus et anguillestes, desquex les quatre ne valent un denier au moins, Liv. d<~s met. 265. Que l'en ne pregne carpel dont les deux ne vaillent sept deniers, Ord. de Ph. le bel, Bibl. des ch. 3e série, t. iv,

— ÉTYM. Carpe; wall. carpai.

■r CARPELLAIRE (kar-pèl-lè-r') , adj. Terme de Dotanique. Qui se rapporte au carpelle. Feuille carpellaire.

t CARPELLE (kar-pè-1') , s. m. Terme de botanique. Chacune des divisions foliacées qui , par leur réunion, concourent à former le fruit; fruit ou pistil distinct provenant d'une seule fleur; fruit partiel provenant d'un ovaire séparé, et concourant ensuite, avec d'autres fruits pareils, à former un fruit multiple, comme la mûre.

— ÉTYM. Diminutif de xapnè;, fruit.

f I . CARPETTE (kar-pè-f), s. f. Terme de pêche. Jeune carpe.

— ETYM. Diminutif de carpe.

f 2. CARPETTE (kar-pè-f), s. f. Gros drap rayé, nommé autrement tapis d'emballage. || Aujourd'hui, tapis de haute laine plus grand que ceux qu'on nomme foyers, c'est-à-dire de <ra, 80 à 2 mètres de long sur im, to à I'", 30 de large. Une carpette de Smyrne.

— HIST. xiiie s. Puis s'en va bielement le pas En une chambrete petite; S'il prist une vies carpite [sorte de gros drap] , Roman de Robert le diable, dans du cange, carpita. Quant tuit furent assemblé, prélat et autres personnes, et il furent reveslu des aornemenz de sainte Eglise, et tapiz etcarpites furent attendu.... id. ib.

— ÉTYM. Bàs-lat. carpita; ital. carpita; du lat. carpere, délirer de la laine, filer, d'où charpie (voy. ce mot). C'est de carpette que les Anglais ont fait carpet, tapis.

t CARPHOLOGIE fkar-fo-Io-jie), s. f. Terme de médecine. Agitation automatique et continuelle des mains et des doigts qui semblent chercher à saisir de petits objets. La carphologie est un très-mauvais signe.

— REM. C'est par une confusion vicieuse qu'au lieu de carphologie quelques médecins disent carpologie.

— ÉTYM. Kàpçoç, flocon, et )ifeiv, recueillir, le même que le latin légère (voy. lire).

t CARPHOLOGIQUE (kar-fo-lo-gi-k'), adj. Qui a rapport à la carphologie.

f CARPIDIE (kar-pi-die), s. f. Terme de botanique. Chacun des fruits partiels qui proviennent d'une seule fleur ou d'un seul pistil dans un fruit composé.

— ETYM. Diminutif de xap7tà: , fruit.

f CARPIE (kar-pie), s. /".Hachis de carpe.

— Etym. Carpe I.

fCARPIEN, IENNE (kar-piin, piè-n') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au carpe.

— ÉTYM. Carpe 2.

f CARP1ER (kar-pié) , s. m. ou CARP1ÈRE (karpiè-r'), s. f. Vivier à carpes. Nous fûmes à lacarpière où il m'aida à laver mes doigts, J. j. roi>s. Prom. 't.

— HIST. xive s. Estanches ou carpieres à garder et nourrir poisson, du cange, carpana.

— ÉTYM. Carpe l .

CARPILLON (kar-pi-llon, Il mouillées, et non karpi-yon), s. m. Très-petite carpe. Autrefois carpillon fretin Eut beau prêcher, il eut beau dire, On le mit dans la poèleà frire, la font. Fab. ix, ^o.

— ÉTYM. Diminutif de carpe t.

f CARP10N (kar-pi-on), s. m. ou CARPIONE (karpi-o-n'), s. /".Truite pointillée fort commune dans les eaux douces des Alpes.

f CARPIQUE (kar-pi-k'), adj. Terme de botanique. Qui a rapport au fruit.

— ÉTYM. KapTtàç, fruit.

•J- CARPO.... préfixe qu'emploient les anatomistes pour indiquer qu'une partie tient au carpe : carpoinétaearpien.

f CARPOBALSAME ( kar-po-bal-sa-m' ) , s. m. Terme de botanique. Fruit du baumier de la Mecque.

■ — ÉTYM. Kapîtôç, fruit, et [iâXaau.ov, baume.

t CARPOBOLE (kar-po-bo-1'), s. m. Terme de botanique. Genre de champignons qui projettent leurs sporules.

— ËTYM. KapTièç, fruit, et ^oXoc, jet.

t CARPOCRATIEN , IENNE ( kar-po-kra-siin ,

siè-n'), adj. Qui appartient à la doctrine de Carpocrate, sorte de gnosticisme.

— ÉTYM. Carpocrate, nom d'un sectaire du temps d'Adrien, qui enseignait que le monde avait été créé par les anges et que le Christ était pareil aux autres hommes, sauf qu'il avait reçu une âme pure.

f CARPOLITHE (kar-po-li-t") , s. m. || i" Nom donné aux concrétions dures des fruits, telles que celles de certaines poires. || 2° Fruit fossile ou pétrifié.

— ÉTYM. Kaprco;, fruit, et )iSoç, pierre.

j-CARPOLOGIE (kar-po-lo-jie), s. f. Terme de botanique. Étude du fruit considéré dans son ensemble et ses détails.

— ÉTYM. Kapuo:, fruit, et ),6yo;, traité (voy. logique).

f CARPOLOGIQUE (kar-po-lo-ji-k') , adj. Qui a rapport à la carpologie.

t CARPOMORPHE (kar-po-mor-f), adj. Qui a l'apparence d'un fruit.

— ETYM. Kapitoç, fruit, et p.opcpï], forme.

f CARPOMYZE (kar-po-mi-z'),';,-. m. Terme de zoologie. Nom de mouches qui sucent les fruits.

— ÉTYM. Ko-pTtô:, fruit, et p.ûÇe'.v , sucer.

t CARPO-PÉDAL, (kar-po-pé-dal) , adj. m. Ternie de médecine. Spasme carpo-pédal, affection spasmodique de la poitrine, avec toux croupale et convulsions, spécialement, des pouces et des orteils.

— ETYM. Carpo.... préfixe, et pes, pied.

t CARPOPHAGE (kar-po-fa-j'), adj. Terme de zoologie. Qui vit de fruits.

— ÉTYM. KapTtàç, fruit, et çayeïv, manger.

f CARPOPIHLE (kar-po-fi-F) , adj. Qui croit sur les fruits.

— ÉTYM. Kap7TOç, fruit, et <piXoç, qui aime. 11 serait mieux de dire philocarpe , <pi),o; n'ayant le sens actif que quand il est en tête du composé. Quand il finit le composé, il a le sens passif : OeôçtXo:, aimé de Dieu; cependant on trouve aussi, en ces cas, bien que rarement, le sens actif.

t CARPOPHORE (kar-po-fo-r') , s. m. Terme de botanique. L'organe qui, sur le fruit mûr, représente le gynophore dans l'ovaire.

— ETYM. Kao-no;, fruit, et sopo:, qui porte.

t CARPOPIIYLLE (kar-po-fi-1') , s. m. Terme de botanique. Feuille en forme de fruit.

— ÉTYM. KapTtàç, fruit, et çvXXov, feuille.

f CARQUAISE (kar-kè-z'), s. f. Terme de verrerie. Voy. carcaise.

f CARQUERON (kar-ke-ron) , s. m. Levier interposé entre les marches, dans un métier à tisser.

CARQUOIS (kar-koî ; l'x se lie : le kar-koî-z et les flèches), s. m. Étui à flèches. Le carquois se portait sur le dos. Mes chars et mes coursiers, mes flèches, mon carquois, volt. Orphel. m, 4. Les flèches dont le Scythe a rempli son carquois, a. ciién. Élég. 33. Désorgues, qui prend sa rosse Pour le coursier d'Hélicon, Prendrait-il aussi sa bosse Pour le carquois d'Apollon? lebrun, Épigr. contre Désorgues. ]| Fig. Vider son carquois, lancer beaucoup d'épigrammes. Mourir sans vider mon carquois! Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange Ces bourreaux barbouilleurs de lois, a. ciirn. Ïambe 3.

— HIST. xii* s. [Ils] Ont chaint [ceint] carquais, Rou, dans du cange, gambiso. \\ xnr s. Car li pecheor tendus ont Lor arc et aparilliet l'ont, Lor sajetes et lor tarquais, Por saïter les homes vrais, Psaumes en vers, dans Liber psalmorum , p. 268. || xiv" s. Prenez escrevices cuites, et en ostez la char des queues; et le surplus, c'est assavoir coquilles et charquois, Uénagier, t. n, p. i/o. Pour faire perdriaulx de poucins, il convient avoir petites poulettes, copper les jambes et les cols, oster les charcois, ib. p. 212. Puis ostez la gorge et les boyaulx dupoucin et l'en pourrez paistre à l'une fois des eles, l'autre fois des cuisses, puis au denenier du charquois, ib. p. 306. || xve s. Quant amours ot oy mon cas, Et vi qu'à bonne fin tendi, Il remit sa flesche au carcas, al. chartier, Excusation. Plusieurs sageltes, toutes en son turquois, Perceforest, t. vi, ch. 59. || xvi* s. J'ai sous l'aisselle un carquois Gros de flèches non pareilles, Qui ne font bruire leurs voix Que pour les doctes oreilles, Ronsard, livre I", Ode 4. || xvne s. Carquois est le haut bout du mast où il y a certains polions propres pour tirer la corde attachée à la verge [vergue], le p. rené François, Essay des merveilles de nature, 1629, p. 106, dans jal.

— ÉTYM. Provenç. carcais; espagn. carcax; portug. carcas; ital. carcasso, turcasso; bas-lat. turcas;a; bas-grec, xapxâaiov. L'historique prouve que

carquois, charquois signifie aussi carcasse, co- 'liiille, corps indépendamment des membres; il se pourrait qu'il y eût là un de ces cas si fréquents d'une confusion par assimilation, et que, malgré cela, carquois ou charcois et carcasse ne fussent pas le même mot. Ils le sont cependant; et dans le l'ait, rien n'empêche de voir dans carquois, étui de flèches, carquois, hune, et carquois, carcasse, un même mot où les passages de sens sont liés les uns aux autres. Mais la difficulté, en prenant, comme Diez, que le mot chair soit dans carcasse, est très-grande d'y reconnaître un composé régulier. Or, l'origine de carquois est éclairée par le texte qui nous apprend que carquoii a aussi signifié hune. En ce sens, carquois est le latin carchesium, qui, outre l'acception de hune, a aussi celle d'une sorte de vase; d'une sorte de vase, par extension, on a pu passer à récipient à flèches et de là à carcasse, récipient, si l'on peut dire ainsi, à chair. Pourtant la question est compliquée par la présence des formes en t : tarquais ,Tapxâ<nov , et. même avec un u, turcasso, turcasia; ces formes dérivent évidemment du turc lurkasch, terkech, étui à flèches; de sorte que, pour désigner cet ustensile, il faut admettre deux radicaux très-dissemblables, l'un latin, l'autre turc, et ne différant que par une lettre, f CARRABLE, (ka-ra-bl'), adj. Terme de géométrie. Qu'on peut carrer, c'est-à-dire réduire en un carré exactement équivalent. La parabole est carrable, le cercle ne l'est point. On trouve que ces suites [de nombres] qui comprennent une infinité de termes ne valent néanmoins qu'un certain terme fini, et alors les courbes qu'elles représentent sont ou reetifiables ou carrables, fonten. Bernoulli.

— ÉTYM. Carrer.

f CARRADE (ka-ia-d') , s. f. Bande de houille séparée d'une couche plus volumineuse.

CARRARE (ka-ra-r'), s. m. Marbre blanc des environs de Carrare, en Toscane, qui est fort estimé.

f CARRASSIN (ka-ra-sin), s. m. Espèce de carpe sans barbillons.

CARRE (ka-r"), s. f. || 1° Angle, face ou carrure. Dans les locutions suivantes : La carre d'un chapeau, le haut de la forme; La carre d'un habit, le liant de la taille; La cane d'un soulier, le bout d'un soulier qui se termine carrément; La cane d'un bois, l'angle : N'allez pas jouer dans ce tripot, on y est volé comme à la carre d'un bois. || Populairement. Cet homme a une bonne carre, il a des épaules larges et fortes. || 2° Au jeu de bouillotte, voir, doubler la carre, tenir, doubler l'enjeu proposé par celui qui s'est carré. || 3° Chacune des faces d'une lame d'épée.

— HIST. xvc s. Ceux aussi qui n'ont pas de qoy Ne peuvent tels gratis despens faire; Pour ce c'est le pis que je voy, Quant ung homme est mince de caire , coquillart , Droits nouveaux. De m ef donne à Perinet.... Pour ce qu'il est beau In

En son escu, en lieu de barre, Trois detz plombe' île bonne carre, villon , Test. Legs à Pe\ l| xvie s. [Un arc de triomphe! qui de haulteur Cent couldez eut, et trente de largeur, Chascune carre et chascune carreur Avoit cinq arcs, figurez de couleur, À mode antique, j. marot, v, 182. Des marcassites quarrées naturellement , formées à quatre quarres, ou faces poliss et égales en grandeur, PALISSY, 282.

— ÉTYM. Quadra, un carré, une forme carrée. Le provençal caire, s. m. quartier de pierre, pierre de l'angle, côté, vient de quadrum (voy. cadre).

1. CARRÉ, ÉE(ka-ré. rée), part, passé. |l i° Taillé en forme quadrangulaire. Le bloc de marbre ayant été carré. || 2° En géométrie, évalué en figure carrée. L'ellipse ayant été carrée. || 3° Adj. Qui a quatre côtés et quatre angles droits. Tour carrée. Tous les soldats avaient le bouclier carré long, volt. Mœurs, i 9. || Bonnet carré, bonnet à quatre ou à trois cornes que portaient les docteurs et quelques gens de justice. || Bonnet carré, le bonnet pyramidal surmonté d'une houppe que portent les ecclésiastiques dans les cérémonies. Il y trouva vingt chanoines nègres tout nus avec des bonnets carrés, sév. 31. || Jeu de paume carré, ou substantivement carré, jeu de paume où il y a un petit trou, et un ais au lieu de dedans. || Terme de marine. Voiles carrées, ou à trait carré, voiles quadrangulaires dont les vergues, hissées par le milieu, croisent le màt à angles droits. Poupe carrée, la poupe ordinaire, par opposition à la poupe ronde des galiotes, etc. Brassé carré, se dit des basses vergues , quand elles se trouvent perpendiculaires à la longueur du navire On dit aussi brasser une vergue carré, locution dans laquelle carré est pris adverbialement. |j 4° Terme

CAR

de guerre. Autrefois bataillon carré, bataillon qui

a- au autant de profondeur que île front, autant de files que de rangs. La phalange macédonienne qui n'était qu'un gros bataillon carré ne pouvait se mouvoir que tout d'une pièce, doss. Ilist. m . 61 Aujourd'hui bataillon carré, ou, substantivement, carré d'infanterie, troupe disposée pour faire face des quatre côtés. Former le carré. Enfoncer un carré. Je ne verrai plus. ...Leurs troupes [de mes spahis] Sur les carrés pesants s'abattant par nuées, v. bugo Orient. te |l 5° Terme d'anatomie. Le muscle carré du menton, des lombes, etc. ou, substantivement, le carré du menton, des lombes, etc. muscles ainsi nommés a cause de leur forme. || 6°Terme de mathématiques. En géométrie, un mètre carré, un carré dont le côté est d'uu mètre. Seize mètres carrés, un carré qui contient seize carrés d'un mètre et dont, par conséquent, le côté a quatre mètres. Un triangle qui contient quinze mètres carrés est un triangle dont la base est de cinq mètres, et la demi-hauteur de trois. || En arithmétique, nombre carré, nombre multiplié par lui-même ; et substantivement, le carré d'un nombre, le produit de ce nombre par kr-mème. Élever un nombre au carré. Racine carrée, nombrequi, multiplié par lui-même, reproduit le nombre donné. Quatre est la racine carrée de seize. Un carré carré, la quatrième puissance d'un nombre. || 7" Qui a de larges épaules, robuste. Garçon carré, robuste, la font. Lan. Quoi! Platon avec ses épaules carrées, sa figure sérieuse.... a connu cette espèce de baiser, fonten. Platon, Marg. d'V.c. Ulysse se découvre ; on vit avec étonnement ses cuisses fortes et nerveuses, ses épaules carrées, fén. xxi. 460. Il 8" En rhétorique, qui a quatre membres, en parlant d'une période. Faire des périodes carrées. Il Par extension, période carrée, période nombreuse et bien soutenue. Il Terme de musique. Phrase carrée, phrase de quatre mesures, ou d'un nombre de mesures multiple de quatre. |j 9° Fig. et familièrement. Tète carrée, homme d'un jugement juste et solide, ou d'un caractère opiniâtre. || 10° Familièrement. Réponse carrée, réponse nette ou ferme. |! ll"Au jeu de brelan , brelan carré ou quatrième, brelan formé des trois caries de même sorte que la retourne. || Familièrement. Partie carrée, partie de plaisir faite entre deux hommes et deux femmes. On trouve une partie carrée tout établie dans l'Electre de Grébillon, volt. Lelt. Pruss. 40. || 12° Terme de charpentier. Faire le trait carré, élever une ligne perpendiculaire sur une autre.

■2. CARHÉ(ka-ré), s. m. || 1" Figure carrée, c'està-dire qui a les quatre angles droits et les quatre côtés égaux. Le côté, la diagonale d'un carré. || Par abus, un carré long, carré dont deux côtés opposés sont plus longs que les deux autres. || 2° Un carré de papier, un morceau de papier de la forme d'un carré ou d'un carré long. Donnez-moi un carré de papier, que je prenne votre adresse. || 3° Terme de jardinage. Espace de terre en carré pour la culture. Un carré d'artichauts. || 4° Carré d'eau, une pièce d'eau en carré. || 5° Palier. Nous logeons surlemême carré. || 6° Terme de boucherie. Carré de mouton, partie du mouton entre le gigot et les premières côtelettes. || 7° Carré de toilette, coffret où les femmes mettaient leurs peignes, etc. || 8° Autrefois, ?n termes de monnaie, petit morceau d'acier en forme de dé, dans lequel était gravé ce qui devait être en relief dans une médaille. || 9° Terme de papeterie. Un certain format du papier, le plus en usage dans l'imprimerie. Cet ouvrage sera tiré sur carré fin. Papier grand carré. Il se dit aussi adjectivement, papier carré fin. || 10° Terme de danse. Figure imaginée par un nommé Mahoni vers le milieu uu siècle dernier, qui consiste à décrire l'aire or le carré de la danse par deux pas de côté (à droite ou à gauche), deux pas en avant, deux pas de côté (en sens inverse des premiers), et deux pas en arrière. Le grand carré a lieu quand les huit figurants décrivent ainsi des carrés chacun autour de son voisin ; et le petit carré quand il y a seulement quatre figurants ou deux couples. || 11° Terme de cuisine. Carré de lard, petit morceau coupé en forme de dé à jouer. Tailler des carrés de lard. I! 12° Terme de marine. Chambre commune autour de laquelle sont rangées les cabines des officiers. Il Bâtiment ayant des voiles dites carrées. j| Ouverture d'une écoutille. || 13" Traîneau employé dans les corderies. || Bâti de charpente dont les cordiers se servent pour tordre les torons. || 14° Terme de pêche. Sorte de filet, le même que le carreau. Il 15° Au jeu du biribi, quatre numéros groupés, tels que < -2-9-) 0, entre lesquels on place sa mise. H 16° Carré de cuir, morceau taillé de la grandeur

CAR

qu'il faut pour une paire de souliers. || Base d'un ouvrage d'orfèvrerie. || Partie lisse et plate qui sert à séparer les moulures de menuiserie. || 17° Terme de manège. Travailler en carré, conduire le cheval non pas avec un rond autour du pilier, mais par quatre lignes droites, en tournant la main à chacun des angles. || Voyez pour carré, terme militaire, carré, terme d'anatomie, et carré, terme de mathématiques, le précédent aux n"s 4, 5 et c.

— HIST. xne s. Je sui pour vostre amour en ceste tour quarrée; Tost y mourrai pour vous, Romane. 1.",. H xnie s. Haut fu li mur et tous quarrés; Si en fu bien clos et barrés, En leu de haies, un vergiers, La Rose, 4G7. || xve s. Dist le lévriers: c'est chose clere ; Mes tu es grans, gros et quarrés, Et as tes quatre pies ferrés, froiss. le Débat du cheval et du lévrier. || xvic s. Il faut que la nourrice soit bien quarrée de poitrine, et bien croisée d'espaules, paré, xviii, 23.

— ÉTYM. Quadratus (voy. carrer).

t. CARREAU (kà-rô), s. m. ||1° Plaque de terre cuite, de pierre, de marbre, qui est d'ordinaire de forme carrée et qui sert à faire certains pavages. Il Familièrement. Froid, dur comme un carreau, comme carreau, très-froid, très-dur. || Carreau de jeu de paume. Chasse à deux, à trois carreaux. À quatre carreaux la balle perd. || Franc carreau, jeu où celui dont la pièce jetée en l'air retombe le plus près du milieu du carreau, gagne le coup. Dans une chambre parquetée ou pavée de carreaux égaux, on jette en l'air un écu ; l'un des joueurs parie que cet écu, après sa chute, se trouvera à franc carreau, c'est-à-dire sur un seul carreau; le second parie que cet écu se trouvera sur deux carreaux, c'està-dire qu'il couvrira un des joints qui les séparent; un troisième joueur parie que l'écu se trouvera sur deux joints, buff. Homme. Arithm. morale. \\ 2" Sol pavé de carreaux. Le carreau d'une chambre, d'un vestibule. || Par extension. Coucher sur le carreau, coucher sur le plancher. Jeter des meubles sur le carreau, les jeter dans la rue. || Fig. Jeter, coucher quelqu'un sur !e carreau, le renverser mort ou trèsblessé. Il Rester, demeurer sur le carreau, être tué sur la place. || Le carreau de la halle à Paris, lieu où se font les ventes de la halle, ainsi dit parce qu'il est carrelé, pavé. || 3° Carreau de vitre, ou simplement, carreau, pièce de verre à vitrer. Casser, remettre un carreau. || Carreau électrique, espèce de condensateur, formé d'une lame de verre entourée d'un cadre en bois et recouverte, sur chacune de ses faces, par une lame d'étain. || Carreau magique ou étincelant, carreau de verre sur lequel on a tracé divers dessins avec de petites losanges d'étain placées à distance, de manière à les rendre visibles dans l'obscurité, en y produisant des étincelles électriques. Il 4° Carreau d'arbalète, flèche dont le fer avait quatre pans. Il Les carreaux de la foudre, substance solide imaginaire qu'on croyait, au commencement du xviic siècle, lancée par la foudre, et qui tuait ainsi ceux qu'elle frappait comme un carreau d'arbalète. Rohaut dans son Traite' de physique (IC7<) dit positivement que tous les efforts pour retrouver ce carreau ont été vains, et il en conclut que la foudre doit être un feu particulier qui tue comme s'il frappait. || Par extension , la foudre elle-même, le tonnerre. Ce Dieu remplit ses fourneaux De deux sortes de carreaux, la font. Fàbl. vin, 20. [Ciel] Pour qui gardes-tu tes carreaux embrasés, Si de pareils tyrans n'en sont point écrasés? corn. Sur. v. 6. Du tonnerre dans l'air bravant les vains carreaux, boil. Sat. x. Lorsque les carreaux de son foudre Chez nos sourds passent pour muets, Jupin ne mettrait-il en poudre Qu'une couronne de Muets? bérang. Bluets. Il 5° Aux cartes, celle des quatre couleurs qui est marquée de petits carreaux rouges. 11 tourne carreau. Je n'ai pas de carreau. As de carreau. Au parloir, témoin de mes larmes, Le roi de carreau [un homme désigné en cartomancie par cette carte] vient souvent, bérang. Cartes. \\ Fig. et familièrement. On l'a traité comme le valet de carreau , comme un valet de carreau , avec le dernier mépris. Et Marinetle aussi, d'un dédaigneux museau, Lâchant un : Laisse-nous, beau valet de carreau, M'a planté là comme elle.... mol. Dépit am. iv. 1. Il Populairement. Mettre le cœur sur le carreau, vomir. Cette locution est fondée sur le double sens de cœur de carte et cœur pris pour estomac, et de carreau le sol et carreau carte. || Proverbe. Qui garde ou se garde à carreau n'est jamais capot; dicton qui, bien entendu, n'a rien de réel, et n'est fondé que sur la consonnance. || C'est un gaillard qui se garde toujours, qui a toujours garde à carreau; il a toujours quelque expédient, quelque ressource pour

CAR

se tirer d'affaire. || 6° Coussin carré pour s'asseoir ou s'agenouiller. Qu'un fastueux carreau soit vu sous ses genoux, boil. Sat. x. Charles, pour n'être point vu de cette multitude, se mit un carreau sur la tête, voltaire, Charles XII, 1. || 7° Fer à repasser de tailleur pour rabattre les coutures. || 8e Dessin en forme de carreau. Étoffe à carreaux. |] 9° Planche d'un jardin potager. On dit plutôt aujourd'hui carré. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le pauvre potager : adieu planches, carreaux : Adieu chicorée et poireaux , la font. Fab. iv, 4. || 10" Terme de peinture. Carreaux de réduction, lignes perpendiculaires tracées à la craie ou avec des fils sur un tableau, pour le copier en le réduisant. || 11° Terme de maçonnerie. Pierre qui a plus de largeur en parement que de longueur en queue. || 12° Terme de marine. Ceinture extérieure d'une embarcation non pontée. Il 13" Terme de pêche. Nappe carrée tendue sur deux portions de cerceau qui se croisent et qui sont attachées au bout d'une perche. Ce filet se nomme aussi carré, carrelet, échiquier. || 14° Grande plaque plombée placée au-dessus des mangeoires des chevaux, pour les empêcher de lécher le mur. i| 15" Grosse lime de serrurier. || Petit nécessaire d'une couturière. || Ais carré servant à remplir la earcasse d'une feuille de parquet. || Chaque pièce composant les faces extérieures et verticales d'un poêle. Il 16° Pâturage clos de larges fossés. || 17°Terme de blason. Carré imparfait. || 18" Un des noms vulgaires de l'hirondelle de rivage. || 19° Adjectivement. Brochet carreau, très-gros brochet.

— HIST. xie s. D'une arbaleste [il] ne peut traire un quarrel, Ch. de Rnll. clxv. || xii" s. Quarals ne lance n'en puet maille fausser, Ronc. 50. [Le cheval] Plus tost li court que carals destendus, ib. ii. Touz ses mostiers ert [sera] refais de quarraus [de pierres Je taille], ib. <49. Tost furent esfremi e viel e juvencel, La novele espandue du saint martyr novel, Qui giseit au mustier ocis sur le quarrel, Th. le mart. 4 53. Tant ont miné sous terre, chascun à soncisel, Que des murs de Cologne ont trait maint grant quarel [pierre], Sax. ix. Ung mur de quarriaus tailleïs, ib. ni, 8(7. || xme s. Lors veïssiés mangoniaus jeter des nés [nefs] et des huissiers [sorte de navires], et quarriaux d'arbalestes traire moût delivrement, villeh. lxxvii. Si mist un quariel en coche et traïst au roi, Chron. de Rains, 79. Quarriau de toile sunt pièces de toile qui tiennent quatre aunes et demie de toile, Liv. des met. 343. Quiconques est archiers à Paris, il puet faire ars, quarriaus et. fleiches de tel fust come il li plaist, Livre des met. 260. [La tour] tote est de vert carre! de marbre, FI. et Bl. 1815. || xve s. Ceux du Quesnoy descliquerent canons et bombardes qui jetoient grands carreaux, froiss. i, i, tu. Jeunes amoureux nouveaulx.... Chevauchent faisant les saulx, Et font saillir des carreaulx De feu, comme de charbon, ch. d'orl. Rond. 48. Et lors qui haioit à Paris aucun homme, il ne falloit que dire : il a esté Ermignac, présentement estoit tué sur le carrel, p. de fenin, (4)8. Il xvr s. Le locataire est contraint à vuider par exécution, et mise de ses meubles sur les carreaux, loysel, 482. Luy estant apporté un quarreau, il commanda au plus vieil d'entre eulx qu'il le prist pour se seoir, amyot, Alex. 98. En trois mois les peuples soustenus de gens notables mirent sur le carreau plus de <oooo personnes, d'aub. Hist. 1, 262. Sur le soir, après qu'un Espagnol par les carreaux du pont lui eut passé son espée au travers le petit ventre, id. ib. 11, 468. Les refformez passèrent le temps à charger leurs pistolets avec cire, liège et carreaux d'acier, m. ib. m , 49. Les harquebusades des barricades furent accompagnées de celles des fenestres, avec une gresle de carreaux [pavés], qu'ils appelent grez, id. ib. m, 74. Il se mit à genoux sur un carreau de veloux noir, id. ib. in,9l. Les pots et carreaux à feu , paré , ix , Préf. Faut luy mettre entre les deux espaules un oreiller, ou un quarreau assez dur, id. xiii, 8. Eau d'orge, en laquelle on aura fait esteindre des carreaux d'acier ou de fer ardens, id. xxiv, 49. Ils vous ont mis en figure en une belle feuille de papier, déjà couronné comme un roy de carreau, par anticipation, Sat. Ménipp. 87. [Il] Les scia d'un fer bien denté, Les transformant en une hune, En mast, en tillac, en carreaux, rons. 664. X grands esclats fit enlever l'escorce Du tronc du pin sur la terre estendu, En longs carreaux et en poutres fendu, id. 599. Un seul chesne, un seul orme, un sapin, un cyprès, Qu'un nerveux charpentier tourne en courbes charrues, Ou en carreaux voûtez des navires ventrues, id. 924. La terre sera despartie comme par quarreaux divisés de jardinage, 0. de sf.rrrs, <20. Les costez de ce grand

CAR

CAR

CAR

vuide [l'amphithéâtre à Rome] remplis et environnez, depuis le fond jusques au comble, de soixante ou quatre vingts rengs d'eschelons, aussi de marbre, couverts de carreaux [coussins], mont, iv, 12.

— ÉTYM. Picard, cariait, carieu ; génev. carron. carreau de terre cuite; wallon, quarai ; provenç. cairel ; anc. catal. quadrel ; espagn. quadrillo ; ital. quadrelln; diminutif de quadrum , un carré (voy. cadre). Dans l'ancien français le nominatif singulier était carals. carels. prononcé carau, careu, et le régime était carel; c'est le nominatif qui est devenu le mot moderne.

2. CARREAU (kà-rô), s. m. Terme de médecine. Affection des ganglions mésentériques, avec tuméfaction et dureté du ventre.

— ÉTYM. Ainsi dénommé à cause de la dureté du ventre qui est comme un carreau.

t CARRÉE (ka-rée), s. f. La carrée d'un lit, la couronne où s'attachent les draperies et qui était ordinairement un cadre en bois. || Ardoise d'Anjou. || Châssis en bois garni d'une toile lacée qui occupe le fond d'un cadre. || Terme de l'ancienne musique. Signe de durée représenté par un carré et qui valait deux rondes. La carrée s'appelait alors la brève, et la ronde la semi-brève.

CARREFOUR (ka-re-four), s. m. L'endroit où se croisent plusieurs rues, voies ou chemins. Le lieu de la scène était pour l'ordinaire un carrefour d'une forêt, bern. de st-p. Paul et Virg. Ce que les beaux génies de la Grèce ont trouvé par un dernier effort de raison s'enseigne aux carrefours de nos cités, chate.ub. Génie, i, vi, o.... J'ai fui la ville aux muses si contraire, Et l'écho fatigué des clameurs du vulgaire; Sur les pavés poudreux d'un bruyant carrefour Les poétiques fleurs n'ont jamais vu le jour, a. chénier, El. 44. ||Fig. Vous devez marcher droit pour n'être pas berné; Et s'il faut que sur vous on ait la moindre prise, Gare qu'aux carrefours on ne vous tympatiise, mol. Éc. des femmes, i, 1. 1| Unlangage, des injures de carrefour, la langue des carrefours, se dit de propos grossiers.

— HIST. xii" s. Et derompre [eux] à chevaux entre deux carrefors, Saxons, xxvn. Lors il ont en un quarrefor Une dameisele trovée, la Charette, 606. || xines. Et crioit à cescun quartfour des rues, Chr. de Rains, 107. Et se li vallés ne sont comandé, cil doivent aler en la place jurée à l'aigle, ou quarrefour des chans pour eus alouer, Liv. des met. (32. Et li crieur tout ensemble doivent crier le vin le roi au mein et au soir par les quarrefours de Paris, ib. 20. Il fleutera nos paroles Par quarrefours et par escoles, Selon le langage de France, la Rose, 4 06778. Coustume est eu moult de liex c'on fet crois de pierre ou de fust es quarrefors des chemins ou en autres liex, beaum. xxv, 24. Le roy le fist volentiers, et les heberga en une rue appelée le quarrefour du Temple, qui ore est appelée la rue Sainte-Croix, joinv. 299. ||xive s. Li Romain fesoient liz auci corne à reposer, à coissins et oreilliers, parmi les carrefours, pour honneur de leurs diex, bercheure, f ° 2 , verso. Droit à un quarrefour, se l'histoire ne ment, Li salirent au dos quinze laron pullent. Beaud. de Seb. xi, 405. || xve s. En villes et en carrefours, a. chartier, Espérance des trois vertus. \\ xvr s. Adonc veissiez par carrefours et places Gens se retraire.... J. marot, v, 4 83. 11 n'y avoit place, canton, carrefour ni carroy qui ne fust garni ou d'un théâtre ou d'un arc, carl. m, 20. Il y avait aux carrefours de Rome des vaisseaux et demy-caves pour y apprester à pisser aux passants, mont. 1, 372.

— ÉTYM. Bourguig. carrefor; provenç. carreforc; de quadrifurcus, qui a quatre fourches ou divisions, de quadri . qui a le même radical que quatuor, quatre (voy. quatre), etfurca (voy. fourche). C'est le provençal qui montre que dans Pétymologie est furca et non forum.

f CARRÉGER (ka-ré-jé), v. n. Terme de marine. Se dit dans la Méditerranée pour louvoyer.

CARRELAGE (ka-re la-j'), s. m. Action de carreler; le travail ou l'œuvre du carreleur.

— ÉTYM. Carreler.

4. CARRELÉ, ÉE (ka-re-lé, lée), part, passé. Pavé de carreaux. Une chambre carrelée.

t 2. CARRELÉ (ka-re-lé), s. m. Sorte d'étoffe de soie.

— ÉTYM. Carrelé 4.

t CARRELÉE (ka-re-lée), s. f. Espèce de tortue terrestre.

CARRELER (ka-re-lé. Dire il carie, pour il carrelle, est une prononciation très-vicieuse qu'on entend souvent. Je carrelle, tu carrelles, il carrelle, nous carrelons, vous carrelez, ils carrellent ; je car-

relais ; je carrelai ; je carrellerai ; je carrellerais ; carrelle; que je carrelle; que je carrelasse; carrelant) , v. a. Il 1° Paver avec des carreaux. || 2° Raccommoder de vieux souliers.

HIST. xvie s. Que le plancher soit quarrellé de

briques, 0. de serres, i 34.

— ÉTYM. Cartel, carreau.

4. CARRELET (ka-re-lè), s. m. Poisson de mer, plat, blanc d'un côté et gris de l'autre, avec quantité de petites taches rouges. On l'appelle aussi carreau.

— HIST. xive s. Aiez des carrelets appareillés et lavés, Ménagier, 11, 5. Quarrelets sont bons fris â la fleur [de farine], ib. H, 5. || xvie s. Limandes, carreletz, maigres.... rab. Pant. 279.

— ÉTYM. Carrel, carreau : poisson ainsi nommé de ses taches en carreaux.

2. CARRELET (ka-re-lè), s. m. || 1° Filet de pêche qui est le même que le carreau ou l'échiquier. Il 2° Filet pour les petits oiseaux. || 3° Petit châssis carré auquel on fixe un blanchet.

— ÉTYM. Carrel. carreau, à cause de la forme.

3. CARRELET (ka-re-lè), s. m. || 1" Grosse aiguille angulaire du côté de la pointe. Carrelet de sellier, d'emballeur, etc. || 2° Épée dont la lame est à trois carres. || 3° Outil pour ouvrir les dents des peignes. Il Petite lime qui n'a que la moitié de la force du carreau. || Carde sans manche à l'usage du chapelier.

— ÉTYM. Carrel, carreau, à cause de la ressemblance de forme avec un carreau d'arbalète.

CARRELETTE (ka-re-lè-f), a', f. Lime plate et fine.

— ÉTYM. Carrelet 3. .

CARRELEUR (ka-re-leur), s. m. \] i° Ouvrier qui pose les carreaux. || 2° Savetier ambulant. Carreleur de souliers.

— HIST. xvie s. Les' vignerons de S. Cloud, les carreleurs de Ville-juifve, Sat. Ménipp. 80.

f CARRELIER (ka-re-lié), s. m. Artisan qui façonne et cuit des carreaux pour garnir le sol des appartements.

— ÉTYM. Carrel, carreau.

CARRELURE (ka-re-lu-r'), s. f. Ressemelage des vieilles chaussures. || Fig. Bon repas; ce qui fait dans le corps d'un homme quelque chose d'assimilé par plaisanterie à la carrelure d'une chaussure. Va-t'en vite: je vois bien que cette maladie reculera bien les noces.— Et c'est ce qui me fait enrager; je croyais refaire mon ventre d'une bonne carrelure, et m'en voilà sevré, mol. le Médecin volant, 3.

HIST. xvie s. Si le savetier avait cousu quelque

carrelure, ce singe s'en venoit jouer des coudes comme il avoit vu faire, desper. Contes, xxi.

— ÉTYM. Carreler.

CARRÉMENT (ka-ré-man), adv. D'une manière carrée, à angles droits. Tracer un plan carrément. (I Fig. et populairement, d'une manière décidée. Il refusa carrément.

— ÉTYM. Carré, et le suffixe ment.

CARRER (ka-ré), v. a. || 1" Donner une figure carrée. Carrer un bloc de marbre. ||20 Terme de géométrie. Trouver le carré équivalent à une surface terminée par des lignes courbes. Le mathématicien qui carre une courbe â double courbure, volt. Dial. xxix, 4 4. J'aime mieux votre Anti-Machiavel que toutes ces courbes qu'on carre ou qu'on ne carre pas, id. Letl. Pruss. 94. || Terme d'arithmétique et d'algèbre. Former le carré d'un nombre, d'une quantité, en les multipliant par euxmêmes. Il 3° Terme d'art militaire. Former une troupe en carré. || 4° Se carrer, v. réfl. Se tenir d'une façon qui annonce la satisfaction de soi , l'arrogance.'Montrer ses belles dents, se carrer sur un pied, Régnier, Sat. vin. Cependant l'un des jeunes gens vêtit sa soutane et commença à se carrer avec, Francion, iv, 465. Dans ce penser il se carrait, Recevant comme siens l'encens et les cantiques, la font. Fabl. v, 44. Un jour que je me promenais et me carrais dans les appartements, le sage, Gil Blas, vu, 4 3. On l'a mille fois fustigé, Il se carre encor dans la boue, volt. Ép. 86. Sur un trône l'ennui se carre, Fier d'être encensé par des sots, bérang. Math. Bruneau. || 5° À la bouillotte, un joueur se carre, quand il s'assure de la priorité en doublant sa mise.

— ÉTYM. Provenç. cairar; catal. quadrar; espagn. cuadrar ; ital. quadrare ; du latin quadrare, où le radical quadr est une forme de quatuor, quatre (voy. quatre).

CARRICK (ka-rik) , s. m. Sorte de redingote fort

ample qui a plusieurs collets ou un collet très-long.

CARRIER (ka-rié: Yr ne se lie jamais: au pluriel

l's se lie : des ka-rié-z actifs) , s. m. Celui qui exploite une carrière comme entrepreneur ou comme ouvrier. Quand on dit à la barrière d'Enfer : voilà les carriers de Montrouge qui descendent.... a. dimas, Les mille et un fantômes, § 4.

— HIST. xvic s. Nous allasmes près d'une lieue dans lesdites carrières, estans conduits par deux carriers, palissy, 266. Lors le carrier me dit que plusieurs fois il avoit trouvé de tels et autres animaux au profond des pierres, sans apparence d'aucune ouverture, paré, xix, 19.

— ÉTYM. Quadratarius , tailleur de pierres, de quadrare, donner une forme carrée (voy. carrer).

1 . CARRIÈRE (ka-riê-r'), *■. f. || 1° Lieu fermé de barrières et disposé pour les courses. 11 excelle à conduire un char dans la carrière, rac. Brit. iv, 4. Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière, Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière? id. Phèd. i,3. Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière, Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière, boil. A. poét. 11. Je laisse aux plus hardis l'honneur de la carrière Et regarde de loin assis sur la barrière, in. ib. ||Fig. Passer carrière, accepter certaines conditions. Personne n'avait été d'avis de passer carrière sur les énormes propositions qui avaient été faites à Torcy à la Haye , st-sim. 238, 47t. Portland voulut essayer de tout, et voir si, n'en faisant plus une condition [du départ de Jacques de la France], puisqu'il avait passé carrière, et comblant le roi de prévenances et de respects, il ne pourrait pas obtenir ce fruit de ses souplesses, id. 54, 446. y Donner, carrière, laisser le champ libre; se donner carrière, s'ouvrir un champ libre. Donner carrière à ses plaintes, à ses passions. J'avais franchi les monts qui bornent cet état . Et trottais comme un jeune rat Qui cherche à se donner carrière, la font. Fabl. vi, «. Pour peindre les beautés, cette éloquence se donnait carrière, iiamilt. Gramm. 1 4 . || Familièrement. Se donner carrière aux dépens de quelqu'un, le railler sans aucune retenue. || Il ouvrit et ferma la carrière, il ferma la carrière qu'il s'était ouverte, se dit d'un homme qui, excellant dans l'art dont il fut le créateur, est resté sans rivaux. || 2° Terme de manège. La course que peut fournir un cheval sans perdre haleine. Ce cheval a bien fourni sa carrière. Donner carrière à un cheval, lui lâcher la bride. Ils avaient exigé du roi de Perse qu'il se tiendrait toujours éloigné des côtes de la mer de la carrière d'un cheval, montesq. Espr. xxi, 21. || Sorte de manège découvert, dans les haras. || Terme de fauconnerie. La carrière de l'oiseau, qui est un espace d'environ soixante toises qu'il est dressé à monter. || 3" Par extension, une course quelconque. Les navires qui partent pour fournir une longue carrière, mass. Prof. 2. ||4° Course ou cours des astres. Les planètes fournissant toujours la même carrière.... Le soleil étant au milieu de sa carrière. 11 voulait reculer les frontières de son empire jusqu'aux lieux où le soleil finit sa carrière. Le dieu [le soleil|, poursuivant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs, le franc de pompignan, Odes, m, ). || 5° Fig. Champ, espace où la vie se déploie et s'exerce, où les choses s'accomplissent, où les sentiments se font jour. Qu'ils fassent un ouvrage Riche d'inventions, de sens et de langage.... Qu'ils montrent de leur eau, qu'ils entrent en carrière, Régnier, Sat. ix. Et c'est mal de l'honneur entrer dans la carrière, corn. Hor. 11, 3. Sa faveur me couronne entrant dans la carrière, id. Poly. iv, 3. Dieu ouvre nue belle carrière à nos espérances, boss. 1, Ânnonc. 2. Moulin ouvre la carrière par cet anéantissement de tout acte, id. Or. 3. Vous n'entreprenez point une injuste carrière, rac. Baj. 11, 4 . C'est par où nous ouvrirons les instructions de cette sainte carrière [du carême], mass. Carême, Jeûne. Pour interrompre enfin une si affreuse carrière, id. Carême. Mot. de conv. Ô vous qui de l'honneur entrez dans la carrière, volt. Disc. 3. Lorsque Bossuet descendit dans la carrière, la victoire ne demeura pas longtemps incertaine, chateaub. Génie, 1,1, 4. lia fourni la carrière de plusieurs carêmes , boss. Bourg. 4. Il pourrait se vanter d'avoir fourni une assez belle carrière, sév. 695. Je n'ai pas trop mal couru ma carrière, id. 598. On veut fournir toute la carrière, la bruy. 44. Vous laissez si peu de carrière à mes sentiments qu'il faut malgré soi se conformer à votre façon de penser, crëbillon. dans df.sfont. Il a recommencé, pour ainsi dire, la carrière de ses anciennes amours; sa première jeunesse s'est écoulée une seconde fois dans nos entretiens, j. j. rouss. Hél. iv, 9. Il 6° Le cours de la vie, k temps pendant lequel on exerce une charge . un em-

CAR

ploi. etc. Qu'un long fige apprête aux hommes généreux Au bout de leur carrière un destin malheureux! corn. Cid, n, ». Croyez-vous que lui-même il fut homme a vous suivre , Si par votre trépas vous l'aviez prévenu ? Non , madame , il voudrait achever sa carrière, lafont. Matr. Elle veut y venir doucement finir sa carrière, sév. 432. Je touche au dernier pas de ma longue carrière, volt. Alx. i, < . Je veux qu'il pousse sa carrière aussi loin que Fontenelle, et que dans son agréable vie.... volt. Lett. Mme du Deffant, 9 mai 1 764. Ses forces ne lui permettaient ni de faire de grands efforts ni de se flatter de l'espérance d'une longue carrière, condorcet, Busquet. || 7° Profession, état, étude. Choisir ou se choisir une carrière. Entrer dans la carrière politique. Faire ses premiers pas dans la carrière du gouvernement. La carrière du barreau. La carrière militaire. La carrière des armes. Vaincu par lui, j'entrai dans une autre carrière, RA.C. Ath. m, 3.

— hist. xne s. Girarz seit bien d'Ardenela grant charriere, Gérard de Ross. p. 3«2. || xiue s. Il vit venir Amy par la cliariere, du cange, carreria. La seconde manière de voie qui fust fête, si fu de huit pies de largue, et l'apel'on cariere, beaim. x.xv, 2. Le chevalier qui la destroit, Por le chemin qu'il vit estroit, La mist devant; il fu derrière Por l'estrece de la quarriere, Fabi. et Cont. anc. t. i, p. 190. Qui lors veïst par les charrieres Cent armez avant et arriéres, g. guiart, t. il, p. 407. || xvc s. Ils descendirent de leurs défenses et vinrent en la carrière et apportèrent grand foison de bois et mernen, froiss. n, m, 38. || xvie s. L'ignorance des auditeurs preste une belle et large carrière au maniement d'une matière cachée, mont, i, 247. Se fourvoyer de la droicte carrière, id. i, 339. J'ay veu un homme donner carrière à deux pieds sur sa selle, id. i, 308. Ne plus ne moins qu'un bon coureur qui par malheur se laisseroit tomber au plus près du bout de sa carrière, amyot, Philop. 31. Un tel preparatif est beau, dit-il, pour une course et carrière: mais je crains le retour et la continue de la guerre, id. Phoc. 32. Quand les ennemis auroyent brisé une carrière [voie] tout à travers de la ville, et qu'ils pussent passer et repasser à travers de ladite ville jusques au nombre de quarante de front, palissy, 121. Il fallut courir à l'escurie, ou depuis trois semaines par prevoiance on avoit accoustumé de piequer des chevaux en une carrière ouverte, d'aub. Hist. n, 187. Frais, gaillard, jeune, ainsi qu'un jouvenceau Qui pour l'amour de sa belle guerrière Monte à cheval et passe une carrière, rons. 679. Cheval aiant le pas, le trpt, le galop et la carrière, eslevé, libre, vigoureux et viste , seur, prompt et ferme le maniement et les bonds , avec facile et léger arrest. o. de serres, 303. Le second chemin s'appelle carrière et a huit pieds de largeur, et y peut l'on bien mener charrettes l'une après l'autre tail en cordelle, et non autrement, Coustur génér. 1. 1, p. 403.

— ÉTYM. Provenç. carriera, rue; espagn. carrera; portug. car reira ; ital. carriera ; de carrus, char (vov. char) : proprement voie d'un char.

2. CARRIÈRE (ka-riè-r'), s. f. || l°Lieud'où l'on tire de la pierre. Ouvrir une carrière. Carrière de marbre, d'ardoise. Une corde qui, en s'enroulant [autour d'un treuil] , amène à la surface du sol une piene taillée aux fond de la carrière , a. dumas, Les mille et un fantômes, § i . || Dans l'antiquité on employait les prisonniers aux travaux des carrières. Condamner aux carrières. || Fig. Qu'on me ramène aux carrières, se dit pour exprimer qu'on est prêt à redire ou à refaire ce pourquoi on a été mené aux carrières, on a subi un traitement injuste. Expression empruntée à ce Grec qui, à la cour de Denys le tyran, aimait mieux être ramené aux carrières d'où il sortait, que d'admirer les mauvais vers du roi. || Il a une carrière dans le corps, se dit d'un homme qui a subi plusieurs fois l'opération de la taille pour des calculs, ou qui rend souvent des calculs en urinant. || 2° Concrétion pierreuse dans l'intérieur de certains fruits.

— HIST. xne s.... As charpentiers et as masons, maman achetassent, et pierre feissent de la quarriere venir, Bois, 423. || xvtes. Les coionnes furent tailliées en la quarriere de marbre pentelique , amyot, Publ. 9. Il se vient mettre en bataille à la vue de la ville aux carrières de Vaugirart, d'aub. Hist. m, 181.

— ÉTYM.Bas-lat.(juadran'a(voy. carrier). M.Houzée, 3e lettre sur la signification des noms de lieux en France, p. 30, préfère rattacher carrière au celtique cair , pierre, qui se retrouve en effet dans beaucoup de noms de lieux ; mais l'orthographe quar-

CAR

riere, le latin quadratarius, tailleur de pierre, le bas-latin quadraria, font donner la préférence au latin sur le celtique.

t CARRILLON (ka-ri-llon, Il mouillées), s. m. Terme de serrurerie. Pièce de fer carrée.

— ÉTYM. Bas-lat. quadrilio , quaternaire (voy. carillon).

CARRIOLE (ka-ri-o-1'), s. f. || 1" Petite charrette couverte, ordinairement suspendue. Carriole d'osier. || 2" Familièrement, mauvaise voiture.

— ÉTYM. Provenç. carriol, s. m., carriola, s. f.; espagn. carriola; ital. carriuola; diminutif de carrus, char (voy. char).

f CARROCCIO (ka-rro-tchio),s.m.Nomd'un grand et splendide chariot qui accompagnait les armées des cités italiennes du moyen âge et qui portait le drapeau de la cité.

— ÉTYM. Ital. carroccio, augmentatif de carro, char.

t CARROSSABLE (ka-ro-sa-bl') , adj. Route carrossable, route où les voitures peuvent passer.

— ÉTYM. Ital. carroszabile , de carrozza, carrosse.

CARROSSE (ka-ro-s'), s. m. || 1° Voiture à quatre roues, suspendue et couverte. Chevaux de carrosse. Avoir, prendre, rouler carrosse. Mata menant sa maîtresse à son carrosse, hamilt. Gramm. i. Elle monta promptement en carrosse, id. ib. 7. La pauvre femme n'ose pas aller en carrosse, sév. 143. Son carrosse était demeuré à demi-lieue de Vitré, id. 69. Et mon homme d'avoir chiens , chevaux et carrosses, la font. Fables, vu, 14. Comme il n'y avait pas longtemps que les carrosses à glaces étaient en usage, hamilt. Gramm. 7. Il descend du palais, et trouvant au bas du grand degré un carrosse qu'il prend pour le sien, il se met dedans; le cocher touche, et croit ramener son maître dans sa maison, la bruy. H. Tu te trompes si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage, in. 2. || Fig. Il est brutal, stupide comme un cheval de carrosse, c'est un vrai cheval de carrosse, se dit d'un homme brutal et stupide. Comment, grand cheval de carrosse! mol. liourg. gent. n, 3. Il est vrai que cela est écrit du style d'un cheval de carrosse, volt. Lett. Hclvétîus, Ier mai 1763. || Carrosse de voiture s'est dit au xviii8 siècle pour ce que nous appelons diligence. Un carrosse de voiture qui allait à Bordeaux fut dans la route attaqué par des voleurs, Marivaux, Vie de Marianne, t" partie, p. 7. || 2° Terme de marine. Logement sur l'arrière d'un bâtiment. || 3° Terme de pêche. Petit parc très-bas dont le dessus est couvert par un filet.

— SYN. carrosse, voiture. On ne dira pas : mon carrosse est à la porte ; je vous prendrai dans mon carrosse; il faut dire : ma voiture est à la porte; je vous prendrai dans ma voiture. Carrosse implique une idée de luxe et de faste qui n'en permet l'emploi que dans certains cas.

— HIST. xvie s. Et ensuite un gros vilain carosse qui acouchoit de petits carossillons. d'aub. Fœn. îv, 20. On murmura aussi que les carosses seroient censurées, Sat. Ménipp. 198. Un carrosse à trentesix portières [une charrette], oudin.

— ÉTYM. Bourguig. cairosse;dë l'ital. carrozza, forme dérivée de carro, char (voy. char). Carrozza étant féminin en italien, carrosse a été féminin : Toujours d'un valet ta carrosse est suivie, Régnier, El. 2. L'italien ayant d'autre part carroccio , on a dit aussi carroche.

CARROSSÉE (ka-ro-sée) , s. f. La quantité de personnes que contient un carrosse. Monseigneur embrassa toute la carrossée, sév. 488. Vous savez aussi mes transports de joie, quand je vois partir une chienne de carrossée, qui m'a contrainte et ennuyée, id. 272. Le roi partit de Compiègne et s'en alla avec sa même carrossée à Chantilly, st-sim. 60, 14.

— étym. Ital. carrozzata , de carrozzare, aller en carrosse (voy. carrosse).

| CARROSSER (ka-ro-sé). || 1° V. a. Voiturer en carrosse. Il a fallu carrosser toute la noce. || 2° V. n. Terme de marine. Carrosser de la voile, avoir beaucoup de voiles dehors par un bon frais.

— ÉTYM. Ital. carrozzare, aller en carrosse.

f CARROSSERIE (ka-ro-se-rie), s. f. L'état de carrossier et ses produits. Il entend bien la carrosserie. Il tient la sellerie et la carrosserie. || Le corps des carrossiers ou l'ensemble de ceux qui fabriquent des carrosses.

— ÉTYM. Carrosse.

CARROSSIER (ka-ro-sié), s. m. || i° Fabricant de carrosses. || Adj. Ouvrier carrossier. || 2° Cheval d'at-

CAR 495

telage de haute taille. Le carrossier léger est le cheval des attelages de luxe, différant, par moins de taille, de celui qu'on nomme simplement carrossier.

— HIST. xvie s. Le carrossier [cocherj de M. Varat me donna du pommeau dans l'estomac, d'aub. Fœn. i, 7. Elle fit commander à son carrossier de les mener le plus lentement qu'il pourroit, Pèlerin d'amour. 1. 1, p. 106, dans lacurne (Aux coches avaient succédé les carrosses, d'où carrossier pour cocher qui cependant est aujourd'hui seul en usage).

— ÉTYM. Carrosse. , CARROUSEL (ka-rou-zèl), s. m. || 1° Tournoi où des

chevaliers partagés en quadrilles distingués par la diversité des livrées et des habits, se livrent à différents jeux et exercices. On y ajoutait souvent des courses de chariots, des machines, des récits et des danses de chevaux. S'il se fait un carrousel, le voilà entré, la bbuy. 7. On fit en 1662 un carrousel vis-à-vis les Tuileries, volt. Louis XIV, 25. Donc, en vos urnes courtoises, Gravez, pairs et damoisels, La loi des joutes gauloises, Et des galants carrousels, v. hugo, Odes, iv, 12. Six grands laquais, plus chamarrés de galons que les estafiers d'un carrousel, dancourt, Chevalier à la mode, i, I. Si on vous avait dit dans votre enfance qu'il y avait à Moscou des carrousels d'hommes et de femmes plus magnifiqres et plus galants que ceux de Louis XIV, volt. Lett. Richelieu, 20 avril 1770. || 2° La place même où se donne un carrousel.

— ÉTYM. Ital. carosello ou garosello; garosello est un diminutif de garoso, querelleur, de gara , querelle; de sorte que garosello parait signifier proprement tumulte.

CARROUSSE (ka-rou-s'), s. f. Partie de boire, excès de boisson. Encore, après cela, ils sont enfants des cieux; Ils font journellement carrousse avec les <lieux, Régnier, Sat. n. Alaciel, qui de sa vie, Selon sa loi, n'avait bu vin, Goûta ce soir, par compagnie, De ce breuvage si divin.... Insensiblement fit carrousse, la font. Fiancée. || Mot vieilli.

— HIST. xvie s. Quelques Alemans et Bourguignons faisoient carrousse du sang des sacrifices, d'aub. Conf. i, 8. Tout le monde beuvoit carous à luy et à moy, pensans m'enyvrer, paré, t. ni, p. 732. Ce maistre eschevin, qui ne mist jamais le nez qu'en ungpoisle pour boire carroux.... carloix,

iv,I4 Faisant boire à la mode du pays [de Metz],

que l'on appelle carroux, tous les passants, id. vi, 25. .... Qu'ils iroient jusques dedans leurs poisles, et faire carroux, c'est à dire boire d'autant avec eux, m. ix, 24. Je ne suis pas de ces importuns lifrelofres qui, par force, par outrage et violence, contraignent les gentils compaignons trinquer, boire carrous, rab. Pant. ni, Prolog.

— ÉTYM. Espagn. r.araos; angl. carouse ; de l'allemand garaus, dans cette locution garaus maclien, en finir, combler la mesure.

CARRURE (ka-ru-r'), s. f. La largeur du dos d'une épaule à l'autre. Il était court de stature, mais large de carrure, J. j..rouss. Conf. m. Des gentilshommes dameretsQui n'ont ni carrure ni taille, bérang. Prétint. || Se dit aussi d'un habit. Cet habit est trop large, trop étroit de carrure.

— HIST. xme s closture Qui n'est pas faite en

quarreure, la Rose, 20494. Li vergiers par compasseure Si fu de droite quarreure, S'ot de lonc autant cum de large, ib. 1332. Et doit estre le champ de quarante canes de careilre, Ass. de Jérus. i, (7). || xve s. Au milieu du palais avoit un chastel ouvré et charpenté en carrure de quarante pieds de haut et de vingt pieds de long et de vingt pieds d'aile, froiss. m, iv, (. 11 ordonna brièvement son ost en quarrure, et par devant estoit en triangle, monstp. i, 50. || xvie s. De huit ou neuf pieds de quarreure dans oeuvre et peu moins de haulteur sera la raisonnable capacité d'un chacun poulailler,

— ÉTYM. Provenç. cayradura ; espagn. cuadratura ; ital. quadratura; du latin quadratura, de qttadrare (voy. carrer).

f CARTACÉ , ÉE (kar-ta-sé , sée) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a l'aspect du papier.

— ÉTYM. Chartaceus, de charta (voy. carte).

t CARTAGER (kar-ta-jé), r. n. Terme d'agriculture. Donner un quatrième labour à la vigne.

— ÉTYM. Quart, quatrième.

f CARTAHU (kar-ta-u), s. m. Terme de marine. Cordage passant par une poulie et servant à monter ou à descendre un objet quelconque.

CARTAYER (kar-tè-ié), v. n. Conduire une voiture de façon qu'une ornière soit entre les deux chevaux et entre les roues. Ce cocher a fort bien cartayé.

CAR

— ÉTYM. Wallon, quateler; de quatre. Carlayer, c'est en quelque sorte couper la route en quatre, c'est tracer une quadruple voie, les deux ornières et les deux voies des roues.

CARTE (kar-f), s. f. || 1° Proprement, papier, usité seulement en cette locution : carte blanche, carte sur laquelle il n'y a rien de tracé. || Fiy. Plein pouvoir. J'ai carte blanche là-dessus.... L'alla trouver, lui mit la carte blanche, la font. Cal. Charles donna carte blanche à son ministre, volt. Charl. III, 8. Un roi peut ignorer ce que fera un général à qui il aura donné carte blanche, id. Lett. Pruss. 37. Leduc d'Angoulême a carte blanche poulies récompenses, p. l. cour, il, 27). || Anciennement, otl'rir la c irte blanche, provoquer en duel. Et je ne vois rien de si beau. D'aller à tout venant offrir la carte blanche: Mais si vous commenciez lundi Ce jeu digne d'un étourdi , X peine iriez-vous au dimanche, regnard, Souhaits, 4. || 2° Feuille épaisse faite de plusieurs feuilles de papier collées ensemble. On fait des ornements de plafonds avec la carte dorée. Le côté gauche n'était paré que d'un chapeau dans un étui de carte, scarr. Rom. coin. ch. 14. || Carton dont se servent les artificiers. || Carte en deux, en trois, carton composé dedeux, trois feuilles de gros papier gris. || Gros carton pour former les cartouches les plus fortes. || Terme de soierie. Mettre un dessin en carte, c'est faire sur un papier quadrillé le plan du tissu que l'on veut produire, en marquant minutieusement la place de chaque fil. || 3°Carte à jouer, ou simplement, carte, petit carton fin en carré long, marqué d'un côté d'une figure ou d'une couleur ( Voyez tarot). Jouer aux cartes. Battre ou mêler les cartes. Donner, faire les cartes. Pourquoi voit-on des imbéciles qui y excellent [au jeu d'hombre ou d'échecs], et de très-beaux génies qui n'ont pu môme atteindre la médiocrité, à qui une pièce ou une carte dans les mains trouble la vue et fait perdre la contenance! la bru y. ta. Les cartes emploient le loisir de la prétendue bonne compagnie, d'un bout de l'Europe à l'autre, volt. Lett. Mme du Deffant, 12 sept. t760. || Carte haute, celle qui est marquée d'une figure; carte basse, celle qui n'est marquée que d'une couleur. Fausse carte, carte marquée avec laquelle on pipe au jeu, et aussi , carte entrée seule dans un jeu et qui est désavantageuse. || Avoir cartes blanches, n'avoir aucune figure dans son jeu. || Faire la carte, perdre la carte, gagner, perdre l'avantage attribué au joueur qui l'ait le plus de levées. || Fig. On ne sait jamais avec lui de quelle carte il retourne, c'est-à-dire l'on ne sait à quoi s'en tenir, ni ce qu'il veut. || Le desscusdes cartes, le côté coloré qui reste caché quand on donne ou qu'on coupe; et figurément, ce qu'il y a de caché dans une affaire. Une de nos folies a été de souhaiter de découvrir tous les dessous des cartes de toutes les choses que nous croyons voir et que nous ne voyons pas, sév. 197. On ne voit jamais le dessous des cartes, volt. Microm. 4. || A l'écarté et quelques autres jeux, demander certes, demander des cartes, proposer d'écarter, de mettre de côté un certain nombre de cartes dont on n'est pas content pour en prendre de nouvelles. || Prendre les cartes, se dit d'un joueur qui en remplace un autre. J'ai perdu; avons de prendre les cartes; et fig. prendre les cartes, prendre la direction d'une affaire. ||Prencire des cartes, à certains jeux , changer les cartes que l'on a pour d'autres qui sont au talon; et fig. prendre des cartes, se dit quand on ne se soucie pas du mécontentement de quelqu'un. Cela lui déplaît? il en sera quitte pour prendre des cartes. Vous n'êtes pas content, eh bien! prenez des cartes. Je répondis que, s'il n'était pas content, il n'avait qu'à prendre des cartes, st-sim. 341 , 215. || Aller aux cartes, se dit, à l'écarté, pour prendre des cartes. || Au piquet, avoir cinq cartes, six cartes, signifie avoir cinq, six cartes de la même couleur. || A divers jeux, payer en cartes, avoir le même point que ie banquier et. par conséquent, ne pas payer l'enjeu. || Brouiller les cartes, les mêler confusément pour empêcher déjouer une partie qu'on craint de perdre ; et fig. cherchera embrouiller les affaires. Les cartes se brouillent, les affaires s'embarrassent. Tandis que mon père était à Bordeaux, les cartes se brouillèrent à différentes reprises, st-sim. 9, 108. || Jouer cartes sur table, jouer en laissant voir son jeu, les cartes que l'on porte; et fig. montrer ouvertementee qu'on fait, comment on le fait, pourquoi on le fait. Bref, l'entrevue a été favorable, vous avez plu; je joue cartes sur table, n'est-il pas vrai? ch. de Bernard, La femme de 40 ans, § 3. || Tirer les cartes, prédire l'avenir à l'aide de l'arrangement fortuit des cartes; et figurément, je n'aime pas à tirer les

CAR

cartes, à faire des prédictions sur les événements. || Filer la carte, tricher en faisant filer et en escamotant une carte. Le mauvais politique est celui qui ne sait que filer la carte et qui tôt ou tard est reconnu, volt. Dial. xiv, 12e entretien. || Château de cartes, échafaudage de cartes que s'amusent à faire les enfants. Elle faisait des châteaux de caries, hamii.t. Gramm. 7. Et fig. Petite maison plus jolie que solide. Versailles, petit château de cartes alors, bâti par Louis XIII, ennuyé d'y avoir couché dans un méchant cabaret à rouliers, st-sim. 410, 136. \\ Au plur. Les cartes, celles avec lesquelles on a joué et qu'on laisse aux domestiques qui les revendent; et, par extension, l'argent que les joueurs laissent pour le payement des cartes. Mettre aux cartes. On dit plutôt mettre au flambeau. || En termes decartier, feuille de carton où il y a plusieurs cartes non coupées. Savonner les cartes. || 4° Billet d'admission en quelque lieu, papier qui constate la qualité d'une personne. Carte d'électeur, d'étudiant, d'agent de police. Carte de spectacle, d'entrée, de présence, de sûreté, etc. || 5° Carte de visite, petite carte sur laquelle on laisse son nom à la porte des personnes chez qui l'on va, soit qu'on ne les rencontre pas, soit qu'on veuille seulement se rappeler à leur souvenir. Les ordres que j'ai reçus m'ont obligé de partir si précipitamment que j'eus à peine le temps de porter chez vous ma carte, p. l. cour. Lett. i, 257. || Envoyer sa carte à quelqu'un, lui faire porter sa carte par politesse, et aussi quelquefois le provoquer en duel. || Cartes d'adresse, les cartes que fait distribuer un marchand pour faire connaître sa maison. || 6U Liste des mets qu'un restaurant offre à ses pratiques. La carte de ce restaurant est très-variée. || Restaurant à la carte, restaurant dans h iquel une carte indique la nature et le prix de chaque mets. Diner à la carte. || La note des mets qu'on s'est fait servir dans un restaurant, dite aussi carte à payer, carte payante. L'ogre a dîné; peuples, payez la carte, bérang. Aux Belges. || Le menu d'un dîner. Gourmands, cessezde nous donner La carte de votre dîner, bérang. Gourm. || Par extension, un mémoire de dépenses quelconques. || 7" Terme de géographie. Feuille de papier sur laquelle est représentée quelque partie de la terre. Dresser, faire la carte d'un pays. Carte universelle, synonyme de mappemonde. Carte générale, la carte d'une contrée entière, par opposition aux cartes particulières qui n'en représentent que des portions. Carte topographique, celle qui donne la représentation d'une localité circonscrite. || Absolument, la carte, l'ensemble des pays représentés par les cartes géographiques. Loin de vous Je ne puis voir sur la carte D'asile pour moi plus doux, bérang. Adieux à des amis. [| Par extension, la connaissance géographique d'un pays. Etudier la carte d'Allemagne. || Fig. La carte du pays, ou, simplement, la carte, la connaissance de ce qui meut, intéresse, agite une société, une famille. Il sut dans peu la carte du pays, Connut les bons et les méchants maris, la font. Mandr. Mme des Ursins savait trop la carte de la cour pour ignorer mon intimité avec M. de Beauvilliers, st-sim, 144, 105. Nous ne jurons de rien, mais nous savons la carte, montfl. Fille capt. iv, 4. || Fig. Perdre la carte, se troubler, perdre la tête, ne plus savoir ce qu'on dit, ce qu'on fait. || Par extension, carte hydrographique, carte qui représente l'hydrographie d'un pays. || Carte marine , carte qui représente les côtes et parages de la mer, pour connaître les routes et régler les estimes. || Cartes pilotes, cartes indiquant la direction du vent en un point quelconque de l'Océan et pour chaque mois de l'année. || Carte astronomique ou céleste, carte du ciel, carte qui représente les constellations dans la situation qu'elles ont les unes à l'égard des autres. || Carte généalogique, carte qui représente la généalogie d'une maison, d'une famille. — HIST. xiv" s. Les autres jouans aux cartes et aux autres jeux d'esbatemens, Ménagier , i, 4. || xvc s. Nos bourgeoises tiennent ces termes, De façonner leurs culs de cartes, Affin qu'Us en semblent plus fermes, coquill. Droit nouv. 1 1 xvi* s. Mascher les chartes [à jouer], se gorger d'une balle de dez, mont, i, 22. C'est une charte blanche préparée à prendre du doigt de Dieu telles formes qu'il luy plaira d'y graver, id. ii, 236. Comme dict Plutarque de la teste des histoires, qu'à la mode des chartes, l'orée des terres cogneues est saisie de marests, déserts, etc. id. ii, 291. Il estoit du party contraire aunostre, mais je n'en sçavois rien, il se contrefaisoit aultre; et le pis de ces guerres, c'est que les chartes sont si meslées qu'il est malaysé d'y éviter confusion et desordre, id. h, 44. Quant aux capitulations de la paix, il voulut que les Athéniens

CAR

leur envoyassent carte blanche, amyot, Phoc. 66. Je ne cherchois autre chose pour faire valoir tous les traits de cartes que j'avois appris des laquais de M. de Roquelaure. J'entendois la carte courte, la longue, la cirée, la pliée , les semences, la poucée , les marques de toutte sorte, l'attrappe, la ripousse, le coude, le tour du petit doigt, la manche, le chappeau, l'auge et le mirâil. d'aub. Fût. i, 3.... Avec lames de fer-blanc courbées, ou gres papier de carte, taré, xiii, 18. Vous y commandez absolument en rois de carte, Sat. Min. 75. Affin de se rendre vuide et net, comme une carte blanche, pour estre subject propre à y recevoir la teincture et les impressions de la sagesse, charron, Sagesse, ii, I. Que l'on baille à l'homme la carte blanche; que l'on le mette à mesme de choisir, tailler et prescrire, id. ib. i, 39. Dedans moy ne restant aucune impression Ny vestige de toute ancienne affection, Afin que vous trouviez comme une blanche carte.... am. jamyn, liv. iv, Êlég. Celuy qui....

— ÉTYM. Bourguig. entte ; provenç. espagn. et ital. caria; du latin cliarta;da grec /âptr,:.

CARTEL (kar-tèl), *-. m.|| 1" Appel en duel. Donner, recevoir, accepter, refuser un cartel. Il fut réveillé le lendemain par un cartel, hamilt. Gramm. 6. César envoya-t-il un cartel à Caton? j. j. nouss. Hel. i, 57. Vous êtes beaucoup plus propre à écrire un cartel qu'une lettre, voit. Lett. 29. Qu'est-ce que vous dites? Je ne me bats jamais au soleil couché; on risque de s'estropier; lisez le cartel, c'est pour demain, picard, La -petite ville, iv, H. ||2° Autrefois, dans les tournois, défi de chevalier à chevalier. Soit que l'honneur à la barrière L'appelle à débattre un cartel, malh. IX, 3. || 3° Règlement entre des nations belligérantes pour la rançon ou l'échange de prisonniers de guerre. On échangea mon cornette, et ainsi le cartel s'établit insensiblement, retz, ii, 227. Les alliés envoyèrent le cartel pour l'échange des prisonniers, st-sim. 41, 230. Il n'y eut jamais de cartel d'échange entre Charles et le czar, volt. Charles III, i. || Terme de marine. Bâtiment portant les prisonniers qui doivent être échangés. || 4" Terme de blason. Écu. || 5° Encadrement de certaines pendules portatives faites pour être appliquées à une muraille, à un lambris. || La pendule même. Va cartel en bronze. Le cartel de la salle à manger retarde d'un quart d'heure. || 6° Ornement dans les bordures des tableaux, des trumeaux, des cheminées, etc.

— hist. xve s. Le suppliant leur bailla ou fit bailler à un chascun un cartellet ou rescrit contenant.... du cange, cartellus. \\ xvi° s. Xercès escrivit un cartel de desfi au mont Athos, mont, i, 22. En fait de bataille, le défendeur est tenu de confesser ou nier le fait dès le mesme jour qu'il reçoit le cartel, loysel, 810. Il s'oublia tant que de luy escrire un cartel de deffi, pour lequel il maintenoit ne luy estre aulcunement subject ny vassal, carloix, vin. m.

— ÉTYM. Espagn. cartel, affiche; ital. cartello, affiche, cartel; diminutif de carte (voy. ce mot).

f CARTELET (kar-te-lè), s. m. Petite étoile de laine.

f CARTELETTE (kar-te-lè-tf) , s. f. Petite ardoise.

j CARTELLE (kar-tè-1), s. f. || 1° Terme de musique. Grande feuille de peau d'âne préparée, à l'usage des compositeurs. || 2° Bois précieux, débité en petites planches pour meubles. || Grosse planche qui porte les meules d'un moulin.

— ÉTYM. Diminutif de carte.

f CARTERIE (kar-te-rie) , s. f. Art de fabriquer les cartes. || Atelier où on fabrique les caries.

— ÉTYM. Carte.

CARTERON (kar-te-ron) , s. m. Voy. quarteron.

CARTÉSIANISME (kar-té-si-a-ni-sm'), s. ni. Philosophie de Descartes, dont le principe est en métaphysique : je pense, donc je suis (d'où l'on conclut l'existence nécessaire de Dieu), et en plnsique, le mécanisme à l'exclusion soit des propriétés occultes des anciens, soit des propriétés de la matière suivant les modernes, telles que la gravitation.

— ÉTYM. Voy. cartésien.

CARTÉSIEN, IENNE (kar-té-ziin, ziè-n'). adj. Qui appartient à la doctrine de Descartes. Philosophie cartésienne. Les philosophes cartésiens, et substantivement, les cartésiens. Ses maîtres en philosophie étaienl des cartésiens aussi entêtes de Descartes que les scolastiques précédents l'avaient été d'Aristote, fonten. Hartsocker.

— . ti'YM. Cartesius, nom latinisé de Descaites, qui était d'une des plus anciennes familles de la Touraine et dont le nom s'écrivait de quartis.

CARTHAME (kar-ta-m), s. m. Plante herbacée annuelle, dont les pétales sont connus dans le commerce sous le nom de sali an bâtard , et les graines

CAK

sous celei degraine de perroquet (tarthamus tinclorius, L.).

— ÊTYM. Arabe, kirthim.

CARTIER (kar-tié; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l'i se lie : les kar-tié-z et les cartes) , s. m. || 1" Celui <]iii fait et vend des cartes à jouer. Maître carder. Le roi Si arrêter sans bruit le garçon bleu qui tenait lu panier des caries et le Cartier, ST-S1M. 5s, lus. || 2" Sorte de papier destiné à couvrir les jeux ou \i ns des cartes à jouer, i rv H. Carie.

CARTILAGE (kar-ti-la-j'j , s. m. Terme d'anatomie. Tissu solide du corps qui, malgré sa dureté, jouit d'un assez haut degré d'élasticité et de flexibilité Ce sont des anneaux de cartilage enchâssés iste les uns dans les autres [la trachée-artère], ff.n. Exisl. 4u.

— H1ST. xvr s. Les cartilages du tarse, des cils, de Pepiglotte, du larynx et autres, paré, n, I. La cartilage nommée par ci-devant ziphoidus, id. t. n, p. r,.)i. Le second cartilage du larynx, moyen en quantité et postérieur, id. iv, <5. La poudre faite du cartilage de l'entre-deux des cerneaux de noix, o. de SEKRES, 924. Les Indes la peignent [la beauté] noire et basannée, aux lèvres grosses et enilées, au nez plat et large, et chargent de gros anneaux d'or le cartilage d'entre les na/.eaux. mont, ri, 2cai.

— ÊTYM. Ca.rlila.go, cartilage; provenç. cartilage; portug. cartilagem; iial. cartilagine.

f CART1LAGÉ1NE (kar-ti-la-jé-i-n') , s. f. Terme de chimie. Principe immédiat qu'on trouve dans les cartilages.

CARTILAGINEUX, EUSE (kar-ti-la-ji-neû, ncû- ■/.'). adj. Terme d'anatomie. Qui est de la nature du cartilage; composé de cartilages. || Terme de zoologie. Se dit des paissons privés d'arêtes.

— HIST. xvie s. Nature a fait le thorax en partie osseux et cartilagineux, en partie charnu, paré, ii, ^. L'extrémité des costes est cartilagineuse, id. ii, 4.

— ËTYM. Carlilagiuosus,de cartilago, cartilage; provenc. cartillaginos ; espagn. et liai, cartilaginoso.

f CARTILAGINIEICATION (kar-ti-la-ji-ni-fi-kasion), 4. f. Terme de pathologie. Conversion en cartilage d'un tissu qui n'a point normalement ce caractère.

— ÉTYM. Cartilage, et facere, faire.

CARTISANE (kar-ti-za-n), s. f. Petit morceau de

aarchemin, entortillé d'un fil de soie ou d'or ou l'argent, qu'on met dans les dentelles et les broderies.

— ÉTYM. Carie.

t CARTOGRAPHIE (kar-to-gra-fie) . s. f. Art de dresser les cartes géographiques. L'œuvre de la cartographie dont les ouvriers sont maintenant distribués dans toutes les parties du monde civilisé. || Recueil de cartes géographiques.

— ÊTYM. Carte, et Ypâcpeiv , écrire (voy. graphique).

f CARTOGRAPHIQUE (kar-to-gra-fi-k') , adj. Qui a rapport à la cartographie. Travaux cartographiques.

f CARTOMANCIE (kar-to-man-sie), s. f. Prétendue divination par les cartes.

— ÉTYM. Carie, et mande, suffixe (voy. mancie). f CARTOMANCIEN, IENNE (kar-to-man-sim,

siè-n'), s. m. et f. Celui, celle qui pratique la cartomancie.

CARTON (kar-ton), s. m. || 1° Pâte faite avec du papierhaché.mouilléetréduiten bouillie. || 2° Feuille épaisse faite avec cette pâte rassemblée et séchée dans une presse. Reliure en carton. Moulures de carton. Carton-pierre, pâte de carton préparée de façon à imiter dos ornements en plâtre ou en pierre. Carton-cuir, carton imitant le cuir. Les nouvellistes font voler les armées comme des grues et tomber les murailles comme des cartons, montesq. Lett. pers. t-io. Lorsqu'on fait tourner des cartons peints de jaune et de bleu, on n'aperçoit qu'un cercle continu de couleur verte, condorcet, d'Arci. || Fig. Personnage de carton, homme qui n'a qu'un rôle de parade, sans action effective. Je proposai à M. le duc d'Orléans d'aller à la revue de la gendarmerie, de donner fréquemment le coup d'ieil â sa suite et aux troupes, et, sous prétexte d'honorer en M. du Maine l'autorité du roi, d'y montrer ce roi de carton pâmé d'effroi et d'embarras, st-sim. 403, 2G3. || 3" Boîte faite de carton, pour serrer des papiers, rubans, dentelles, etc. Carton de bureau. Carton à chapeau. Carton de marchande de modes. || II, elle a longtemps porté le carton, se dit d'un commis qui a fait les commissions, d'une femme qui a porté pour une marchande de modes. || Fig. Cette pièce de théâtre est restée dans les cartons, on ne la joue pas. Cette affaire

DICT. DE LA LANGUE FltANÇAISE.

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