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CAR CAR

dort, est ensevelie dans les cartons du ministère, j qui jamais n'ont pu fermer la bouche, Et qui sur le elle est oubliée, elle n'aboutit pas. || 4° Carton de prochain vous tirent à cartouche , 'regnard , le dessins, grand portefeuille de carton pour serrer des : Joueur, m, 5. || 2° Rouleau de papier renfermant

la charge entière d'un fusil, d'un pistolet, etc. Déchirer la cartouche. Par lacartoache encor toute noircie Leur bouche est prête à flatter les tyrans, bérang. Vieux sergent. || 3" S. m. Terme d'artificier. Cartouche, boîte de diverses espèces, où l'on enferme les matières inflammables pour produire des effets variés.

— hist. xvr s.... Puis une bonne et longue pistole, avec le cartouche [le cartouchierj plein de charges, lanoie, 237. Ses 70 mousquetaires n'avaient que pour tirer cinq coups, tous apprestez en cartuches, carloix, vi, 15.

— ÉTYM. Ital. cartoccio, gargousse ; de caria . carte; espagn. cartucho ; portug. carluxo.

3. CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. f. Carte de congé absolu ou limité, portant le sceau du régiment et contenant l'état des services du porteur. || Cartouche jaune, cartouche qu'on délivrait à un soldat dégradé ou renvoyé par punition.

— ÉTYM. Le même, étymologiquement, que les deux précédents. Les soldats font ordinairement ce mot du masculin.

f 4. CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. m. Voleur célèbre qui vivait au commencement du xvmc siècle, dont le nom est devenu une appellation commune. Cet homme est un Cartouche.

f CARTOUCHIER (kar-tou-chié) . 4. m. Ceinture renfermant des cartouches. || Ancien nom de la giberne. || Petit coffre où le soldatmet ses cartouches.

— ÉTYM. Cartouche 2.

f CARTOUCHIÈRE (kar-tou-chiè-r') , s. f. Boite

dans laquelle on met les cartouches.

— ÉTYM. Cartouche 2.

CARTULAIRE (kar-tu-lè-r'), s. m. Registre qui

contient les antiquités, les droits et les titres d'une église séculière ou régulière. Un vieux cartulaire de l'église de Brioude, enterré dans l'obscurité de plusieurs siècles, fut présenté au cardinal de Bouillon, ST-SIM. 167, 249.

— HIST. xiv" s. Jaçoit que pour le droit nous appartiennent douze deniers pour livre d'imposition et cartulaire, du cange, carlularium.

— ÉTYM. Bas-lat. carlularium, chartularium ; de chartula, papier, diminutif de caria (voy. carte).

CARUS (ka-rus'), s. m. Terme de médecine. Dernier degré du coma, caractérisé par l'insensibilité à l'action des plus forts stimulants.

— HIST. xvi° s. Aucunes ont un très long sommeil appelle des Grecs caros , dont elles sont sourdes et muettes, paré, xvm, 52.

— ÉTYM. Kàpo;, sommeil profond.

f CARVE (kar-v'), s. f. Terme de pèche. Espèce

de filet en forme de chausse.

f CARVELLE (kar-vè-1'), s. f. Terme de marine. Clous à carvelle, nom de clous servant à unir deux pièces de charpente taillées en biseau, et qui ont la tète octogone ou plutôt carrée, à pans coupés.

— HIST. xvie s. Sept solz pour deux livres de clous à crevelle, pour mectre à la dicte porte de Montevilliers, Compte, de le Coq, dans jal.

— ÉTYM. Holl. karveel.

CARVI (kar-vi), s. m. Terme de botanique. Plante

ombellifère dont la racine devient comestible par la culture, et dont les fruits, dits graines de carvi, sont analogues à l'anis (carum carvi, L.).

— HIST. xive s. Karvy, c'est assavoir une semence que l'on mengue en dragée, Mënagier, n, 5.

— ÉTYM. Kàpov, carvi.

CARYATIDE (ka-ri-a-ti-d') , s. f. Voy. cariatide. f CARYOCARPE (ka-ri-o-kar-p'), adj. Terme de

botanique. Dont le fruit ressemble à une noix.

— ÉTYM. Kàpuov, noix, et y.ap7to;. fruit, t CARY0PHYLLA1RE (ka-ri-o-fil-lê-r' ) , s. m.

Terme dJhistoire naturelle. Nom des coraux eu forme d'œillet

— ËTYM. Voy. caryophyllée.

CARYOPHYLLÉE (ka-ri-o-fil-lée) , adj. f. Terme

de botanique. Fleur caryophyllée, fleur de l'œillet, et fleur qui y ressemble. || S. f. plur. Les caryophyllées, famille de plantes dont l'œillet (caryophyllus) est le type.

— ÉTYM. Caryophyllus , de xocpuoçvMov , de xoepuov, noix, et de çuXXov, feuille (voy. feuille), nom du clou de girofle transporté à l'œillet.

f CARYOPHYLLIE (ka-ri-o-fil-lie) , 4. /'. Famille des caryopbyllaires.

f CARYOPHYLLINE (ka-ri-o-fil-li-n ), s.f. Terme de chimie. Matière cristalline trouvée dans l'essence de girofle.

— ÉTYM. Caryophyllus , clou de girofle (voy, caryophyllée).

dessins. || 5" Dessin en grand sur papier que fait un peintre. Les cartons servent d'ordinaire au peintre pourfaire sa fresque : on les donneaussi pour modèle aux ouvriers en tapisserie. Les cartons • le Raphaël à Hampton-Court. M. Bossi a découvert, je ne sais où, les cartons et les études de Léonard même, p. l. gourier, Lettres, i, 297. || G" Terme d'architecture. Feuille de carton ou de fer-blanc chantournée, qui sert de modèle pour tracer les profils des charpentes. || 7° Terme de librairie et d'imprimerie. Feuillet supplémentaire d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire pour remplacer quelques pages d'un livre, lorsqu'il s'y est glissé des fautes qu'on veut réparer. Le livra est imprimé; mais on fera des cartons, boss. Lett. 141. Je ferai faire un carton pour le corriger, afin que tout soit exact, id. Lett. 91. Je prierai Joce de mettre quelques cartons aux exemplaires qu'il a chez lui, volt. Lett. vers, 20. Il ne veut pas que son livre paraisse jusqu'à ce qu'on ait fait un carton, vauven. Caritès. || Cela se dit aussi des divisions d'une feuille; ainsi les épreuves d'une feuille in-ic se divisent en deux cartons de seize pages chacun; celles de la feuille in-4» en deux cartons de quatre pages. || 8° Partie du métier du fabricant de rubans, qui sert à déposer les navettes. Il 9° Terme d'imprimerie. Maculature bien unie sur laquelle on colle des hausses pour remédier à l'inégalité du foulage. || 10" Terme de minéralogie. Carton de montagne, variété d'asbeste. || 11° Carton se dit quelquefois pour cartes, dans cette phrase familière : battre le carton , jouer beaucoup aux caries. Il passe des journées entières à battre le carton.

— ÉTYM. Ital. cartone, de carta, papier, avec le suffixe augmentatif one.

CARTONNAGE (kar-to-na-j'), s. m. Reliure en carton. Ce volume n'a besoin que d'un simple cartonnage. Il Nom donné aux boîtes et ouvrages en carton orné, colorié, verni, etc.

— ÉTYM. Cartonner.

CARTONNÉ, ÉE (kar-to-né, née), part, passé. Il 1° Un livre cartonné solidement. || 2° Où l'on a mis des cartons, corrigé. Les anges [M. et Mmed'Argental] doivent avoir reçu les roués [sa tragédie du l'i iumvirat] cartonnés en cent endroits, volt. Lettr. d'Argental. 3 mai ("64.

CARTONNER (kar-to-né), v. a. || 1° Relier un livre en carton. || 2° Garnir de papier le canal d'une perle fausse. || 3" Mettre un carton sur chaque pli du drap avant de le catir.

— ÉTYM. Carton.

f CARTONNER1E (kar-to-ne-ne), 4\ f. Fabrique de cartons; art du cartonnier.

CARTONN1ER (kar-to-nié; l'r ne se lie jamais ; au pluriel Vs se lie : les kar-to-nié-z et les cartons), s. m. Celui qui fabrique et vend du carton. || Celui qui travaille en carton, qui fabrique des objets de carton. || Adj. Cartonnier, canonnière. Guêpes cartonnières, guêpes qui produisent une sorte de matière qu'on a comparée à du carton.

— ÊTYM. Carton.

1. CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. m. || 1" Ornement de sculpture en forme de table avec des enroulements, sur lequel on me! quelquefois ii.;s inscriptions. Ces noms que la gloire a tracés Dans un cartouche de lumière, volt. Ép. 56. || 2" Dessin qui, mis au bas d'un plan ou d'une carte de géographie, renferme le titre ou la dédicace de l'ouvrage. Des ornements assez agréables , des cartouches recherchés qui pouvaient faire l'effet de prévenir et d'amuser les yeux de la plupart du monde, fonten. Delisle. || Dessin en encadrement mis sur une pièce officielle. Un des gouverneurs avec le secrétaire m'apporta des lettres [de bourgeoisie] conçues en des termes très-obligeants et très-honorables, et dans le cartouche desquelles, dessiné en miniature, ils avaient eu l'attention de mettre ma devise, j. j. bouss. Lett. d'ivernois, 7 janvier t765. Il Sorte d'anneau elliptique qui, dans les inscriptions hiéroglyphiques, entoure les noms propres des dieux, des rois.

— ÉTYM. Ital. cartoccio, cornet de papier, cartouche, dérivé de caria, carte.

2. CARTOUCHE (kar-tou-ch'), s. f. || 1° Boîte de carton, contenant la charge à mitraille pour le canon. Tirer à cartouche. On dit plutôt maintenant tirer à mitraille. Le canon tirait sur eux à cartouche : mais le roi, qui se découvrait davantage, était le plus exposé, volt. Charles XII, 8. || Fig. Tirera cartouche sur quelqu'un, en dire beaucoup de mal. Des femmes

CAS

CAS

CAS

; CARYOPSE (ka-n-o-ps'), *•. m. Terme de botanique. Espèce de fruit sec, indéhiscent el monosperme, dont le péricarpe est extrêmement mince.

— 6TYM. Kàouov. noix, et à'!/'.:, apparence.

| CARYOTE (ka -ri o t' . s; m. Terme de botanique. Nom d'un palmier. Caryote brûlant (caryota urens).

— ÉTYM. KapviwTÔ;, qui est en forme de noix, de xâpuov, noix.

O.AS(kâ; Vu se lie : un kà-z étrange), s. m. \\ 1° Ce qui est advenu ou peut advenir, circonstance, fait, histoire, hypothèse. Personne n'est responsable des cas fortuits. En cas de guerre. Au cas de mort. I e cas advenant qu'on soit dépossédé. Agir selon le cas. L'exigence du cas. Il pleut : en ce cas je prends un manteau. C'est le cas ou jamais. Cela change bien le cas. Dans le cas contraire. Le cas échéant, .luge si sa colère implacable en ce cas.... corn. Polyeuete, in, 5. Vous auriez aperçu Jeannette sous vos pas, Dont l'oreille subtile a découvert le cas, mol. l'Et. iv, 8. En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas, le corner par la ville. Le publier, le prêcher sur les toits, la font. Avare. Ma commère, dit-elle, un cas est arrivé.... la font.

Fabl. vm, 6 à moins que la figure Ne soit d'un

éléphant nain, pygmée, avorton; Auquel cas où l'honneur d'une telle aventure? id. ib. x, 4 4. C'est le cas plus que jamais d'invoquer Dieu, boss. Lell. I52. Pour justifier la conduite du concile, il ne faut que poser un cas pareil, id. Déf. corn. Posons le cas que vous ayez tout le bien qu'il faudrait, uamilt. Grain. 7. Des cartes en cas de besoin, sév. 4to. || Cas fortuit, événement accidentel. || En cas de, quant à. En cas de fruits, je n'en mange pas de crus. Cette tournure vieillit. H Cas métaphysique , hypothèse par impossible. Vieilli. i| 2" Terme de jurisprudence. L'espèce d'une loi, cause, délit, crime. Ce n'est pas là le cas de la loi que vous citez. Les cas que la loi n'a pas prévus. On lui soumet le cas suivant. Quand les deux parties eurent exposé leurs cas. La polygamie est un cas pendable, mol. Pourc. n, 4 3. Et si, par un malheur, j'en avais fait autant, Jem'irais, de regret, pendre tout à l'instant. — Je ne vois pas pour moi que je cas soit pendable, id. Mis. i, t. [Dans ces lois] on distingue avec finesse les cas, on y pèse les circonstances, monticsq. Espr. xxx, t». Ce n'étaient pas seulement les actions qui tombaient dans le cas de celte loi, mais des paroles, des signes, id. Rom. 4 4. || Les cas royaux et prévôtaux étaient certains crimes dont connaissaient les juges royaux etprévôtaux à l'exclusion des subalternes. || Cas privilégiés, royaux, crimes dont les juges royaux pouvaient seuls connaître, sans exception de condition. La fausse monns/e, le duel, étaient cas privilégiés. || X l'égard des ecclésiastiques, le cas privilégié, cas où il s'agissait de prononcer une peine afllictive contre un ecclésiastique, malgré le privilège clérical. L'official jugeait le prêtre, mais le juge royal assistait pour le cas privilégié, attendu que l'église ne condamne pas à peine afflictive. || On dit des affaires qui se font extraordinairement en considération du mérite de quelque personne ou de quelque circonstance importante, que c'est un cas privilégié, qu'il ne tire point à conséquence. || 11 a été condamné pour les cas résultant du procès, c'est-à-dire il a été condamné non pas pour le fait même du procès, mais pour plusieurs choses dont il y avait preuve au procès. || Son cas va mal, n'est pas net, est véreux, sale, se dit d'un homme en danger pour un crime, une mauvaise affaire. 11 sent son cas véreux, il a la conscience de son méfait, du danger qu'il court. Il est dans un vilain cas, il est dans une affaire vilaine, désagréable, honteuse. || En général, espèce particulière de fait. Mon cas est embarrassant. Le feuilletant avec négligence, il tomba sur son cas, pasc. Prov. s. || 3° Cas de conscience, difficulté ou question sur un point de morale religieuse. Or, toi qui te connais au cas de conscience, rëgnier, Sat. vin. Mais, censeurs, ne vous tourmentez pas autour de ces cas de conscience, Diderot, Ess. sur Claude. Votre père Erade Bille, professeur des cas de conscience à Caen, pasc. Prov. 4 2. Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience d'une manière favorable et accommodante, iD.i'b.13. || Cas, absolument, pour cas de conscience. On ne saurait, dit le père, écrire pour trop de monde, ni particulariser trop les cas, ni répéter trop souvent les mêmes choses en différents livres, id. ib. 8. 11 y a de certains cas dont la résolution serait encore difficile , quoique fort nécessaire pour les gentilshommes, jd, ib. 7, 11 est vrai qu'ils exceptent un cas

auquel ils obligent à restituer, in. ib. 8. || Par extension, scrupule. Je me ferais un cas de conscience de rien faire qui pût augmenter sa peine. C'est un cas de conscience de déranger un homme aussi occupé. || Cas réservés, péchés dont on ne peut être absous que par l'ôvèque ou même le pape. || Cas s'est dit autrefois familièrement pour confession, péché. Ce confesseur entend ordinairement mon cas. ]| 4" Chose qui convient, qui fait l'affaire. N'allez point chercher plus loin, c'est là votre cas. On dit qu'on vous marie ; Je sais bien votre cas . un homme grand , adroit.... régnier, Saf. xm. || Familièrement. Dans le cas de, en état de, capable de. Ils ne seraient pas dans le cas de te secourir. 11 n'était pas dans le cas de se tenir debout. Vous vous mettrez dans le cas de partir avec moi. || C'est un grand cas. c'est chose importante, considérable, difficile. Cette tournure vieillit. Bertaut. c'est un grand cas [c'est malaisé], quoique l'on puisse faire.... hégnier, Sat. v. Ce n'esl pas peu de cas de faire un long voyage, id. Ép. 2. Je sais bien que mon cœur en a l'ait pénitence, Mais quoi! si peu de cas ne me rend satisfait , malh. i, 4. Ce que de plus que vous on en pourrait avoir [d'âge] N'est pas un si grand cas pour s'en lant prévaloir, mol. Mi». III , 5. || 5" Faire cas de.... Estimer, tenir compte de. Comment faites-vous cas de chose si petite? malh. iv, 3. Je ne peux pas faire cas de cette règle, pasc. Prov. 5. Et de sa propre gloire il fait trop peu de cas, corn. Hor. v, 4. Donc de ce que je dis on ne fera nul cas? mol. Tart. u, 2. Ma fille fait cas de vous, mol. Am. inagn. i, 2. Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile, la font. Fabl. vi, 9. A Dieu ne plaise que je fasse peu de cas de vos peines, boss. Lett. Corn. 94. Une fit pasgrand cas de cette promesse, hamilt. Gramm. 5. Je fis de telles offres le cas que je devais, sEv. 4 i 0. Voilà le cas qu'on fait, de votre exploit, rac. Plaid. il, 3. Des animaux dont on ne fait cas qu'autant qu'ils rendent des services, fén. Tél. xvm. Il ne fait aucun cas d'une paix forcée, id. Tél. xi. || 6° Terme de grammaire. Désinence variable des mots qui se déclinent. La déclinaison latine a six cas. Nous n'avons point de cas en français; nous nommons l'objet de notre pensée; et les rapports sont marqués par des prépositions ou par la place du mot, duclos, Rem. sur la gramm. il, 6. || 7° En langage de médecine, maladie considérée dans le sujet particuber qui en est affecté. Il y a eu dans la ville des cas nombreux de choléra. Le cas est grave. Un cas très-digne d'être observé attentivement. j| Cas rare, en anatomie, physiologie et pathologie, ce qui présente quelque chose d'extraordinaire. || 8" Terme d'algèbre. Cas irréductible , celui où les racines d'une équation du 3e degré sont réelles et inégale i. || 9° Familièrement, excrément, ordure^ qbscénité. Il a fait son cas au pied d'un mur. || Fig. Il montre son cas, il se découvre d'une manière déshonnête. || 10° En tout cas, loc. adverb. Quoi qu'il arrive, à tout événement. Vous n'avez plus rien à craindre; cependant en tout cas soyez prudent. En tout cas comptez sur moi. || 11° Au cas que, loc. cônj. qui veut le subjonctif. Supposé que. Je ne donnerai ici que les règles de la première méthode, et encore au cas qu'on ait accordé les principes, pasc. Pensées, i, 3. Il n'est hérétique qu'au cas qu'il soit conforme à ces erreur; condamnées, id. Prot;. 17. Je vous écrirai au ca i qu'il me dise quelque nouvelle, sév. 410. || En cas que, loc. conjonct. qui veut le subjonctif. Même sens. En cas qu'il vienne. Je demande la permission à l'académie de prendre cette tâche [commenter Corneille] , en cas que personne ne s'en soit emparé, volt. Lett. Duclos, 4o avril 1764. En cas que j'apparusse devant vous sans vous avoir prévenu, montesq. Correspondance, 54. || 12° En cas, pris substantivement, chose préparée en cas de besoin chez les princes. Une volaille froide pour l'en cas de nuit. || Dans une promenade, un en cas , une voilure en cas de pluie. De ce lourd carrosse on fait un en cas, bérang. S. Espr. Il Dans le langage familier, un en cas est tout ce qui peut servir en un cas imprévu. S'il nous vient du monde, nous avons un en cas. || Un en-cas, un parapluie; un en-tout-cas, un petit parapluie, qui peut servir aussi d'ombrelle, ou plutôt une grande ombrelle qui au besoin sert de parapluie. || Proverbes, 'fous vilains cas, tous mauvais cas sont reniables, se dit quand, parhonte ou par crainte, on nie quelque faute grave. |j Au cas que Lucas n'eût qu'un œil, sa femme aurait épousé un.borgne; réponse qu'on fait à un homme qui prévoit trop d'accidents.

— REM. 1. Bien que l'on dise: faire beaucoup (le cas de quelqu'un ou de quelque chose, on ne dit pas faire du cas de quelqu'un, de quelque chose.

|| 2. L'Académie a tort de ne pas mettre un trait d'union à en cas pris substantivement : en-cas.

— HIST. xiie s. Si l'a contre son pis [poitrine] levé, À un desruban [précipice] l'a porté Entre ses bras trestout pasmé, Ouvri ses mains, lascha ses bras: Cil fu pesans, si prist tel cas [chute] Aval la faloise el rochier, N'i remest [reste] os à despechier [dépecer], Roman du brut, ms. f° 9, dans lacfrne. Il xiue s. Car de toz cas d'armes sunt femes excusées en lor persones, beaum. xxix, 19. Quant enfes qui est sous aagiés fet aucun cas de crieme, on doit regarder le [la] manière du fet, id. xvi, 9. || xive s. Car en yver à cas d'aventure peut l'en veoir unearonde, oresme, Eth. x (46).... et toutevoiesilferist aucun à cas d'aventure, id. ib. 02. En cas où combattre [ils] ne se voulissent, behcheure, f" 70, verso. En cas que nous ou nostre hoir achèterions.... du oange j au.vilium. Tailles sont levées par cas de nécessité et de volenté de prince, id. ib. || xve s. Le traité seroitnul, au cas qu'il viendroit aucun hoir, froiss. i, 1, (51. Certes vous seriez de tel cas peu prisé et amendé, id. i, i, tfifi. Ces chevaliers, qui en tous cas se vouloient acquitter envers le roi, leur seigneur, id. h, n, 4. Receu toutevoyes son serement, que, au cas que non, il ne tourneroit en la prison, chr. de pis. Charles V, i, 31. Les grans robes sages ne les font [les hommes], Ne sos aussi; riens n'y font en ce cas Poures habit, fors science approuvée, e. desch. L'hab. ne fait pas l'homme. Conclusion, vecy mon cas : De nulle rien je ne me dueil, ch. d'orl. Rondeau. Et ne croye mie qu'il y ait en vostre royaulme homme à qui on les refusasl en vostre chancellerie en cas pareil, juv. des urs. 1411. Au cas que, au plaisir de Dieu, il auroit paix avec le roi de Chypre, son désir estoit de grever les ennemis, Bouc, n, 4 3. Il avoit ;ommis un cas très horrible, car il avoit pris son père prisonnier, comm. iv, t. L'ung luy desplaisoit d'ung cas, l'autre de l'autre, id. v, 43. Pour commencer à faire cas de nouvelleté, ils mirent hors de prison le duc de Gueldre, id. v, 47. Et en son cas, qui estoitde marchandise, estoit la plus grand' maison que je croy qui jamais ait esté au monde, id. vu, 5. Et nostre armée qui estoit en la Romanie [Romagne] , combien qu'elle fust la plus foible, toutesfois faisoit prospérer nostre cas, id. vu, g. || xvic s. Minoslejuge est de cela soigneux, Qui devant lui, pour entendre le cas.... marot, i, 248. C'est un grand cas, dije lors, s'il n'advient Quelque mechef bien tost en cestuy règne, id. m, 3oo. Je l'ay secouru en tous cas que ay peu cognoistre son advantaige, rabel. Garg. i, 28. Si par cas il estoit devenu furieux.... id. ib. Au cas que [tandis que] les aulti es roys l'eussent misérablement traicté, il le traicta courloysement, in. ib. i, 50. Feut décrété que ja ne seroyent là les femmes, au cas que [à moins que] n'y feussent les hommes, id. ib. i, 52. Que la mort des humains est attachée à peu de cas, puisqu'une espingle est suffisante pour nous tuer, yver, 023. C'est grand cas que les choses en soyent là, en nostre siècle, que.... mont, i, 4 75. Au cas que l'un d'eux vienne à défaillir, id. i. 24 6. Sophocles, voyant de cas de fortune passer un beau garson, id. i, 227. Je ne fais cas du boire que pour la suitte du manger, id. ii, 4 8. Pour les quatre ce ne seroit que douze mille escus par an : qui est bien peu de cas pour le grand fruit qui en proviendroit, lanoue, 428. Je preu le casque vous ayez de la fortitude, id. 153. Tous vilains cas sont reniables, loysel, 803. L'on tient maintenant que le cas privilégié attrait à soi le délit commun, id. 804. Un satyre admonesta un jour Minerve, que ce n'estoit point bien son cas que de jouer des flustes, amyot, Refréner la colère, 4 2.

— ÉTYM. Provenç. cas; espagn. et ital. caso ; de ciisus, chute, cas, événement, désinence, dont le radical se trouve dans cadere, tomber (voy. choir).

CAS, CASSE (kà, kâ-s'), adj. Qui sonne le cassé. D'une voix rauque et casse ainsi me répondit, Régnier, Dial. As-tu pris garde? il parlait d'un ton cas, la font. Herm. Mot vieilli.

— HIST. xne s. Â ses clers [il] prist conseil qui nel déçurent pas : Li quels direit sa cause; il s'en firent tout quas [ils s'y refusèrent], Th. le mari. S7. Brisié et cas, Sax. t. n, p. 485. || xm" s. Et tous les autres estrumens Qui sunt piliers et argumens X soutenir nature humaine, Qui sans eus fust et casse et vaine, la Rose, 6996. Il fut semons; li prestres vient : Venuz est, respondre convient À son evesque de cest quas Dont li prestres doit estre quas, ruteb. 276. || xve s. Cloez. l'œil de, je hay telz fais; Les paupières de je m'en tais; L'oreille de, tout sonne cas, coqiull. Droit nouv. || xvie s. Autres manières de chansons, Leans on chante à voit contraintes,

CAS

AVans oassflS et ineschans sons, marot, i, (84. Puis ma voix rauque et casse Empescheroit que bien ne tes coûtasse, id. i, »<*. Parier d'une voix casse, paré, vi, fc. Vn soldat recreu et casse, mont. i. 88,

— KTYM. Provenç. cass; du latin cassus, vide, inutile, ou de quassus, endommagé, affaibli, les deux mots s'étànt probablement confondus pour former le mot roman.

CASANIER, IÈUE (ka-za-nié, niè-r'; IV ne se lie jamais; au pluriel l'î se lie : des gens ka-za-nié-z et paisibles), adj. || 1° Qui aime à demeurer chez soi, et. en parlant des choses, qui appartient aux gens aimant à demeurer chez. eux. Toute profession casanière ne lui plait ni ne lui convient, j. J. rouss. An. ni. Les gens casaniers et sédentaires, in. ib. n. 11 n'est point d'assemblage plus bizarre que l'aspect guerrier de l'Allemagne entière et le genre de vie casanier qu'on y mène, staêl, Allem. i, 2, Mœurs. Crois-moi, suis plutôt l'exemple De tes amis casaniers, Et reviens goûter au Temple L'ombre de tes marronniers, j.b.rouss. Odes, n, 8. j| 2° Substantivement. Il nous vaut mieux vivre au sein de nos lares, Et conserver, paisibles casaniers, Notre vertu dans nos propres foyers, gresset, Vert-Vert, i.

— HIST. xiv« s. Comme li casenier italien demourans en nostre royaume.... du cange, casana. [| xvie s. Si vous me laissez ici, j'estime la condition des casanières de village meilleure que la mienne, yver, 564. 11 voulut bien montrer qu'il avoit vu du pays, et s'amusa à faire le casanier [courir les festins, les danses], disant qu'estudier estoit à faire à ceux qui ne savent rien, id. 63). Et environ huict ou dix mille bons chevaulx des arrierebans de la noblesse casanière de mon royaume, carloix. iv, io. Qu'un roy casannier s'amuse à affiner ceste drogue en son escurial. Sat. Mén. Vertu du cathol. 3. Je hay plus que la mort un jeune casanier. Qui ne sort jamais hors, sinon aux jours de feste, nuBEi.MY, vi, II, verso. Consumant, casanier, le plus beau de ton âge En ta pauvre maison ou dans un froid vilage, rons. Bocage roy. ("partie. Dialogue entre les muses. Voyez, aux provinces esloignées de la court, le train, les subjec.ts, les officiers, les occupations, le service et cerimonie d'un seigneur retiré et casanier, nourry entre ses valets, mont, i, 333.

— ÉTYM. Bas-lat. casana, dérivé de casa, maison (voy. case).

CASAQUE (ka-za-k'), s.f. || l'Habillement dont on se sert comme d'un manteau, et qui a ordinairement des manches fort larges. On portait alors des casaques par-dessus un pourpoint orné de rubans , volt. Lotus XIV, 25. Jésus-Christ, revêtu d'une casaque de pourpre, fut présenté aux Juifs par Pilate, chateaub. /fin. n, 233. || Casaque, nom donné aux manteaux que portaient les mousquetaires, les gardes du corps. 11 a pris la casaque, il a rendu la casaque, se disait pour : entrer dans les compagnies des mousquetaires ou en sortir. || Fig. Tourner casaque, abandonner. Moles, ambassadeur d'Espagne à Vienne, finit en tournant casaque et se donnante l'empereur, st-sim. 9) , 199. On me mande qu'il m'a tourné casaque publiquement, volt. Lcit. vers, 36. Cette locution vient de ce que tourner casaque veut dire ou tourner le dos, fuir, ou retourner son habit. || 2° Surtout fait d'étoffe grossière. Une casaque de forçat. || 3" Sorte de manteaude femme ajusté ou demi ajusté à la taille.

— HIST. xvic s. Quelquesfois par boutade et par caprice je prenois quelque casaque d'un des pionniers de sa compaignie, d'aub. Fœn. iv, 7, Il eut sa casaque percée d'une arquebusade, id. Vie, xliv. Il y a. eu trois tournuies de casaques en France qui ont bien porté dommage, M. de Bourbon, ïloron et André Doria , rr ant. Doria. Il sembloit à ce pauvre homme [qui se donnait pour partisan du roi] qu'au travers de son masque et des croix de sa casaque on iroit lire jusques dans son cœur ses secrettes intentions, mont, ii, 44.

— ÉTYM. Espagn. et. portug. casaca ; ital. cameca; sans doute de casa (voy. case) : vêtement de maison. Diez, qui adopte cette opinion, indique à l'appui du sens le bas-latin casula qui, signifiant petite

>. maison, a pris le sens de cape, et à l'appui du suffixe (cas-acca), l'italien guarn-acca, robe de chambre. Ajoutez à ces arguments le bas-latin cazela, sorte dn vêtement.

CASAQUIN (ka-za-kin), s. m. || 1° Espèce de corsage de femme avec de petites basques dans le dos, formant deux gros plis à l'endroit de la ceinture et relevant en l'air; il était facile à mettre et commode; il ne sert plus qu'à la campagne. || 2" Anciennement, sorte de petite casaque à l'usage des hommes. Avoir

CAS

quatre chaussons de laine Et trois casaquins de futaine. Cela se peut facilement, bertelot, Contre Mallicrhe, dans l'édit. de Ménage, p. 197. M. Poussatin couvert d'un petit casaquin noir, hamilton, Gramm. 9. || Fig. et populairement. Donner sur le casaquin a quelqu'un, le battre.

— HIST. xvie s. Le voila donc vestu d'un grand casaquin noir, et de chausses de mesmes, d'aub. Hist. îv, 4. Il n'y avoit soldat qu'il ne fust à cheval; et la pluspart des goujarts, qu'il n'eust une cappe, manteau ou rasaquin, carloix, v, 6. Qui sous couleur d'un cazaquin de livrée.... froumenteau, Finances, 3« livre, p. 4io.

— ÉTYM. Casaque; bourguig. quaisaiquin.

f CASAUBA (ka-zô-ba), s. f. Palais du souverain dans les villes barbaresques.

— ÉTYM. Arabe, casbah, forteresse qui défend une ville.

t CASBAH (ka-sba), s. f. Le même que casauha.

CASCADE (ka-ska-d'), .v. f. || i" Chute d'eau; eau qui tombe de rocher en rocher. L'onde bondit en limpides cascades, mii.lev. Charles â Parie, ch. îv. Un fleuve, par une cascade magnifique, épanche ses flots d'or à l'aspect d'un couchant radieux, chateaub. Génie, u, v, S. Un nombre infini de sources s'y précipitaient par cascades du haut du mont,' la font. Psyché, n, p. 117. || Construction en gradins pour une chute d'eau artificielle. || Par extension et familièrement, chute en dégringolade. Il cria , faisant la cascade :AmiPhorbas, cher camarade.... scarron, Virgite travesti, liv. v. || 2° Fig. En parlant de ce qui arrive par saccades, par secousses, ou de ce qui arrive par ricochet et non d'emblée. Il est arrivé à la fortune par cascades. Cette couronne tomba à Jeanne II après diverses cascades et de grandes guerres, st-sim. 188, 5. Le maréchal de Lorge avait eu les appointements du gouvernement de Guyenne, qui n'avaient cessé que lorsque, par la cascade que fit la mort du maréchal d'Humières, il eut le gouvernement de Lorraine, id. 27, 56. Quand les ordres de Votre Altesse faisaient tant de cascades de Paris à Bar-le-Duc, volt. Lettres, Prusse, 51. Votre paquet m'est venu à Paris, après bien des cascades, id. Lclt. Tressun , 28 fév. 1767. || De cascade en cascade, par ricochets. || Ce discours va par cascades, est plein de cascades, se dit d'un discours où la liaison manque. || 3° Faute de jugement, inégalité. Jugement de l'auteur, où étiez-vous, quand vous fîtes cette magnifique cascade? balzac, dans furetière. || 4° Terme de mathématiques. Ce qui aie plus brillé, a été sa méthode des cascades, qui résout les équations déterminées de tous les degrés; on approche toujours de la valeur de l'inconnue par des équations différentes et successives, qui vont toujours en baissant ou en tombant d'un degré, et de là est venu le nom de cascades, fonten. 7{o//e.

— ÉTYM. Ital. cascata, chute, cascade, de cascare, tomber, dérivé de cadere, tomber (voy. choir).

f CASCANE (ka-ska-n') , s. f. Ancien terme d'art militaire. Puits de mine.

f CASCARET (ka-ska-rè) , s. m. Homme d'apparence mince et chétive. Terme populaire.

fCASCARILLE (ka-ska-ri-ll', H mouillées), s. f. Terme de pharmacie. Écorce amère et aromatique, qui vient du clutia eluteria, L. arbre qui croît particulièrement à Éleuthère, l'une des Antilles.

— ÉTYM. Espagn. cascarilla, proprement petite écorce, decascara, écorce, qui se rattache au verbe cascar, rompre, briser; lequel cascar est une dérivation espagnole de quassare, casser (voy. casser).

CASCATELLE (ka-ska-tè-F) , s.f. Petite cascade. On aperçoit à la fois le temple de Vesta et les cascatelles [à Tivoli] qui sortent d'un des portiques de la villa de Mécène, chateaub. Italie, 23 La poussière des cascatelles Seule a mouillé son luth [d'Horace] de myrtes couronné! v. hugo, Odes, ni, t.

— ÉTYM. Ital. cascatella , diminutif de cascata, cascade.

CASE (kâ-z'), s. f. || 1° Petite et chétive maison. Les cases des nègres aux colonies. Voyez-vous ces cases étroites Et ces palais si grands, si beaux, si bien dorés? la font. Fabl. ni, 8. [Le rat] va courir le pays, abandonne son trou; Sitôt qu'il fut hors de sa case.... id. ib. vm, 9. La case de Marguerite se trouvait au milieu du bassin, bern.de s. -p. Paul et Virg. Qui est-ce qui demeure là-haut dans ces petites cases? id. ib. || Familièrement. Le patron de la case, le maître, ou bien celui qui agit en maître de la maison. || 2" Au trictrac, chacune des places marquées d'une espèce de flèche. Faire une case , mettre deux dames sur la même flèche. La case du diable, la seconde du grand jan ou la septième à I partir du tas de bois, ainsi nommée parce qu'on la

CAS

croyait plus difficile à faire que les autres. || Aux échecs et aux dames, chacun des carreaux blanc ounoirqui partagent l'échiquier. || 3° Compartiment dans un tiroir, dans une boîte. || Compartiment dans un registre, fait à l'aide de lignes qui coupent transversalement les colonnes. Cet acte est enregistré folio 2 verso , case 3. [| Fig. Encore un certain nombre de faits, et il faudra briser les cases [refaire la classification] de la chimie moderne, chateaub. Génie, ni, n, 2. || Les cases du cerveau, se dit quelquefois par allusion au système phréiiologique qui place les facultés dans des parties circonscrites du cerveau, dans des sortes de cases. || 4° Caisse placée sous le bluteau, dans un moulin. || Dans les chemins de fer, case se dit des compartiments d'un wagon-écurie. || 5° On trouve quelquefois, mais c'est une faute, en termes d'imprimerie, case au lieu de casse (voy. ce mot).

— HIST. xiuc s. Renars fist en Constantinoble Bien ses aviaus, Et en cases et en caviaus; NI laissa vaillant deux naviaus L'empereor, Ainz en fist povre precheor, ruteb. 1 96. || xvr s. Sans difficulté ilz entrarent en la case chaulmine, mal bastye, mal meublée, toute enfumée, rab. Pant. m, il. Il couvrait son entreprise sur la restitution de la case [maison, famille] de Medicis en leur pristine authorité, m. du bellay, (63. Maison que j'ay autant chère que maison du monde; mon Dieu, quelle case, de laquelle il n'est jamais sorti acte que d'homme de bien, mont, Lett. 5. La case monstre le messer, Proverbe dans cotgrave.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. casa; du latin casa, maison.

CASÉ, ÉE (kâ-zé, zée) , part, passé. || 1° Placé. Ce vieil employé casé par le ministre dans une recette. || 2° Fig. Un homme casé, bien casé, un homme qui est établi, bien établi. ||3° Disposé par cases. Les damiers [sorte d'oiseau] aux ailes casées de noir et de blanc, bern. de st-p. Harm. n, Anim.

f CASÉATE (ka-sé-a-l') , s. m. Terme de chimie. Sels formés par l'acide lactique et nommés aujourd'hui lactates.

— ÉTYM. Voy. CASÉIQUE.

f CASÉATION (ka-zé-a-sion), s.f. Terme didactique. Conversion du lait en fromage.

— ÉTYM. Voy. CASËUM.

CASÉEUX, EUSE (ka-zé-eû, eû-z'), adj. Terme didactique. De la nature du fromage. La partie caséeuse du lait.

— ÉTYM. Caseus, fromage.

t CASÉIFORME (ka-zé-i-for-m'), adj. Terme didactique. Qui ressemble à du fromage. Précipité caséiforme.

— ÉTYM. Caseus, fromage, et forme.

f CASÉINE (ka-zé-i-n'), s. f. Terme de chimie. Substance organique naturellement liquide dans l'économie, coagulable par les acides et par la présure, mais non pas par la chaleur. On dit aussi caséum.

— ÉTYM. Caseus, fromage.

f CASÉIQUE (ka-zé-i-k) , adj. Terme de chimie. Acide caséique, acide ainsi nommé parce qu'on le trouva d'abord dans le fromage, et qui est l'ancien nom de l'acide lactique.

— ÉTYM. Caseus, fromage.

CASEMATE (kà-ze-ma-f) , s. f. || 1" Terme de fortification. Souterrain voûté à l'épreuve de la bombe. || Autrefois, plate-forme à loger du canon, qui était pratiquée dans la partie du flanc proche de la courtine, et qui faisarfune retraite ou un enfoncement vers la capitale du bastion. || Par extension et dans le langage des soldats, cachot. Ou le laissera pourrir dans un trou de casemate. Dans le même langage il signifie aussi quelquefois latrines. || 2° Terme de chasse. Trou dans lequel les blaireaux et les renards font tête aux bassets.

— HIST. xvie s. Les autres vuidoyent chasmates, rembarroyent faulses brayes, erigeoyent cavaliers, rab. Pant. m, Prologue. Encores que les bastions ne soyent pas défendus d'artillerie d'aucunes casemates basses, ils ne laissent de l'estre très bien de l'harquebuserie des courtines, lanoue, 337. Assisté de dix compagnons , il dessendit dans le fossé de la ville, se précipite dans une casemete , que ne pouvant garder, il mit en feu, d'aub. 7/i.vr. ni, 39 (alias: casemate). Fortiffié à la vieille mode, sans flancs, parapects, boulevarts, ravelins, cases-mattes, plates-formes, ny aucun rempart, carloix, v, 14. Casemattes, id. vi, 40. Casmates, id. vu, 4 0. Nous voyons souvent une milliasse de pauvres hommes fricassés sous une mine ou cazemate, paré, ix, Prcf. Nous gaguasmes aussi deux

CAS

de leurs casemattes que nous leur avons rendues inutiles, sully, Mém.t. m, p. 252, dans lacurne.

— ÊTYM. Espagn. casamata; del'ital. casamatia.

Ce mot paraît se décomposer en casa, maison, et matta, folle . dénomination bizarre et qui serait venue on ne sait de quel caprice. Aussi des étymologistes, et Die/ entre autres, le rattachent au grec y i(7\i.a, fossé, pluriel •/âi^.y.za.; mais on ne voit pas comment ce mot serait entré dans l'italien et sous cette forme.

CASEMATE, ÉE (ka-ze-ma-té, tée), part, passé. Rempart casemate.

fCASEMATER (ca-ze-ma-té) , V.a. |[ 1" Garnir de casemates. |] 2° Fortifier en forme de casemate. Casemater une poudrière.

— ÊTYM. Casi mate.

CASER (kâ-ser). r. a. || 1° Mettre en place, installer dans un lieu, dans une position, dans un emploi. Casez cela avec soin. Il a bien casé tousses enfants. 11 le casera dans une administration. |! Fi?. Casez bien cela dans votre tète, faites-y attention, souvenez-vous-en. || 2° Ranger dans des cases. || 3' V. n. Terme de trictrac. Mettre deux dames sur une flèche. Caser bien , c:ser mal. || 4° Se caser, v. réfl. S'installer comme on peut, dans un lieu, dans un emploi. Il n'y a pas de chambre disponible : casez-vous là provisoirement. La salle est pleine; casez-vous comme vous pourrez; tâchez de vous caser sur cette banquette. Tous les emplois sont tellement recherchés qu'on ne sait où se caser.

— HIST. xiie s. Qu'à lui irai o mil de mes casez rgens qui tiennent de moi casement, fief], Ronc. 5. Et duc et conte et chevalier chazé, ib. ieu. L'arcevesques i fu testemonies [témoin] numez, Qui de l'arceveschie de Ruem esteit chasez, Th. le mart. 4 19. || xme s. Cil qui à lui ira de moi iert [sera] afiés, Que tous jors tenraquitece dont il est chasés, Si li croistrai sa rente de mil mars d'or pesés, Ch. d'Ant. v, 4G9. Les poigneours de France, les chevaliers membres, Et les ducs et les contes, les princes, les casés, id. i, <'J4.

— étym. Provenç. cazar ; espagn. casar; ital. casare; du bas-lat. casare, donner en fief, de casa, maison (voy. case).

f CASEREL (ka-ze-rèl), s. m. Voy. CASEHETTE. f CASERETTE (ka-ze-rè-tf) , s. f. Moule à fromage.

— étym. Caseus, fromage.

CASERNE (ka-zèr-n'), s. f. Bâtiment destiné au logement des troupes. || Par extension, les soldats qui sont dans une caserne. On a fait prendre les armes à toute la caserne. || Familièrement. C'est une caserne, une vraie caserne, se dit d'une grande maison divisée en petits logements, ou d'une maison mal habitée, ou encore d'un établissement où l'on est tenu de rentrer à heure fixe comme dans une caserne. || Des habitudes de caserne, des habitudes soldatesques. Voilà Dorante busard, sentant la caserne, si ce n'est peut-être le bivouac, p. l.

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