COURIER, I
— £TYM. Bourguig. casane; provenç. des<azernar, déloger; espagn. et portug. caserna ; ital. caserma; du latin casa, maison (voy. case), à l'aide d'un suffixe semblable à celui de cav-erna, dérivé de cava.
CASERNE, ÊE (ka-zèr-né, née), part, passé. Mis dans une caserne. Les troupes casernées. || En parlant des élèves des écoles spéciales, on dit qu'ils sont casernes quand ils sont pensionnaires et retenus ainsi toute la semaine à la maison, comme à l'école polytechnique, à l'école normale, à la différence des écoles en droit et en médecine où les élèves sont libres. || Familièrement, renfermé. Nous avons été tenus casernes tout l'hiver par les neiges.
CASERNEMENT (ka-zèr-ne-man) , s. m Action de caserner. Le casernement des troupes. Effets de casernement. || Le temps pendant lequel des troupes sont casernées. || Système d'après lequel les élèves d'une école spéciale sont casernes. Le casernement n'a pas toujours eu lieu aux écoles normale et polytechnique.
— ÊTYM. Caserner.
CASERNER (ka-zèr-né). || 1° V. a. Loget dans des casernes. On casernera la garnison. || 2° V. n. Être logé dans des casernes. Les troupes ne sont plus guère logées chez l'habitant, elles casernent dans les villes de garnison.
— ÉTYM. Caserne.
t CASERNET (ka-zèr-nè), ». m. Terme de marine. Cahier sur lequel on inscrit ce qui se passe pendant la durée de chaque quart.
— étym. Diminutif du provenç. cazern, qadern, cahier; catal. quadern; espagn. cuaderno; portug. et ital. quaderno; du latin quaternum, cahier de
CAS
quatre feuilles, et, en général, cahier, de quatuor (voy. quatre; voy. aussi cahier à l'étymologie).
f CASERNIER (ka-zer-nié), s. m. Concierge d'une caserne.
— ÉTYM. Caserne.
f CASET (ka-zè), s. m. Terme de pêche. Appât.
f CASETTE (ka-zè-f), s. f. || 1" Petite maison, chaumière. Vieux. || 2° Enveloppe des poteries dans le four.
— hist. xvie s. Un gentil pasteur en sa casette rhampestre. yvf.r, p. 558.
■ — ÉTYM. Diminutif de case, ital. casilta; espagn. caseta.
f CASÉUM (ka-zé-om'), s. m. Terme de chimie.
Voy. CASÉINE.
— ÉTYM. Caseus, fromage.
CASIER (ki-zié ; Vr ne se lie jamais ; au pluriel Vs se lie : des ka-zié-z élégants) , s. m. || 1° Assemblage de plusieurs cases pour classer des papiers, des livres et autres objets. || 2°Terme de marine. Compartiments pour renfermer les sacs de l'équipage. || 3° Terme de pèche. Engin qu'on descend souvent à une grande profondeur pour prendre les langoustes, les homards, etc.
— hist. XIVe s. Le suppliant print furtivement en un casier un fromage dur, du cange, casialum. || xve s. Un casier est un garde-manger en la façon d'une huche, long et estroit pour raison et assez profond, louis xi, JVomi'. lxxiii. Ils ouvrirent le casier, où ils trouvèrent ce pauvre prisonnier doré et empapiné d'œufs, de fromage et de lait, id. ib.
— ÉTYM. Le mot paraît dériver de case; cependant il y a dans" l'historique casier, lieu où l'on serre le fromage, et casier, sorte de huche, qui viennent de caseus, fromage (voy. caséum) ; et rien n'aurait été si facile que de passer de l'idée de huche à celle de casier. Il est. très- vraisemblable que casier, dérivé de case, et casier, dérivé de caseus, se sont confondus: confusion fréquente entre des mois qui, bien que provenant de racines toutes différentes, se ressemblent pour la forme et, jusqu'à un certain point, pour le sens.
CASILLEUX. EUSE (ka-zi-lleû, lleù-/.', Il mouillées), adj. Terme de vitrier. Verre casilleux, verre qui, sous le diamant, casse au lieu de se couper.
— ÉTYM. Peut-être quelque forme irrégulièrement tirée de casser.
CASIMIR (ka-zi-mir) , s. m. Etoffe de laine croisée, fine et légère.
— ÉTYM. Mot récent et qui est sans doute le nom propre Casimir dont on a fait quelque application.
f CASINO (ka-zi-no) , s. m. Nom propre d'un lieu de réunion pour lire, causer, jouer ou danser, qu'on applique quelquefois, par imitation, à d'autres lieux pour des réunions semblables. || Au plur. Des casinos.
— ÉTYM. Ital. casino, maison de campagne, diminutif de casa, maison (voy. case).
CASOAR (ka-zo-ar) , s. m. Nom d'un oiseau échassier, à ailes plus courtes que celles des autruches, presque aussi gros que l'autruche et ne volant pas. Nos gros oiseaux sont fort petits, si on les compare au casoar, buff. Casoar.
— ÉTYM. Espagn. casobar. Dans Furetière il est nommé casuel ou yasuel ; du malais cassuwaris , nom de cet oiseau.
t CASPIEN , 1ENNE (ka-spiin , spié-n') , adj. Terme de géographie. Disposé, en parlant d'un amas d'eau salée, de manière à être complètement enfermé par la terre.
— ÉTYM. Ainsi dit de la mer Caspienne, qui n'a aucune communication avec les autres mers.
CASQUE (kas-k'). s. m. || i° Arme défensive dont on se couvre la tête. Casque de dragon, de pompier. Marcher casque en tête. Ce simple bouclier, ce casque sans couleurs, volt. Tancr. m, i.Gaîment frappons sots et fripons, En casque, en mitre, en cotte, hérang. Marotte. Il tourne au moindre vent, il tombe au moindre choc, Aujourd'hui dans un casque et demain dans un froc, boil. Sat. vin. || Fig. Vois-tu , parmi ces grands , leurs compagnes hardies.... Opposer aux mépris un front toujours serein, Et du vice endurci témoignant l'impudence, Sous leur casque de plume étouffer la décence, Gilbert, le XV Ul' siècle. || Familièrement. S'en donner dans le casque (c'est-à-dire dans la tête), boire un coup de trop, s'enivrer. Ils furent dans un cabaret boire quelques pots de bon vin.... si bien que le malheureux Jean s'en donna dans le casque, L'Art de plumer la poule sans la. faire crier, ix,c aventure, p. -103. || Par plaisanterie, casque à mèche, bonnet de coton. Du casque à mèche blanc , dit bonnet de coton, pommier, tolères. || 2° Terme de
CAS
blason. Représentation d'un casque sur l'écusson des armoiries. Porter le caserne de face. Il n'y a que les souverains qui portent le casque ouvert et couronné. Qu'est devenue la distinction des casques et des heaumes? Le nom et l'usage en sont abolis; il ne s'agit plus de les porter de front ou de côte, ouverts ou fermés, et ceux-ci de tant ou de tant de grilles.... la bruy. (4. || 3° 'ferme de zoologie. Tubercule qui surmonte la tête de quelques oiseaux. || Le squelette cutané de la tête des insectes. || Masqueroùtédes larves des demoiselles d'eau. || 4° 'ferme de botanique. Fleur en casque, fleur dont la forme ressemble à cette armure, telle que les aconits et les labiées. || Casque militaire, espèce d'orchis. || 5° Espèce de grande cuiller pour transporter des boulets rouges. || 6° Cuir très-fort.
— HIST. xve s. Il vaut bien mieux cacher son nez dans un grand verre; Il est mieux assuré qu'en un casque de guerre, basselin, xix.
— ÊTYM. Espagn. et ital. casco. Ménage tire ce mot du latin cassis, casque, par l'intermédiaire d'une forme cassicum, qui n'aurait pas donné l'italien casco. Diez le tire, avec toute raison, ne l'espagnol casco, crâne, et aussi tête; de sorte que casco signifierait primitivement quelque chose de cassé, de l'espagnol cascar, briser, tiré par un suffixe ic (quassicare) de quassare (voy. casser). Casque a chassé et remplace le mot heaume qui seul se trouve dans les anciens textes.
t CASQUÉ, ÉE (kas-ké, kée), adj. || 1° Couvert d'un casque. Istobad ne doutait pas qu'étant casqué, brassardé, il ne vint à bout du champion, volt. Zadig, 21 . || 2" Terme de numismatique. Qui a un casque. Tête casquée. || 3°Terme dezoologie. Qui porte de-- tubercules en forme de casque; dont la tète est d'une autre couleur que le c-rps.
— ÉTYM. Casque.
t CASQUET (ka-skè),4-.m. || 1° Ancien terme militaire. Casque léger et ouvert. || 2° Sorte de râteau de bois.
— HIST. xvi°'s. Et s'ils vouloyent avoir un casquet et un rondache à preuve.... lanoue , 2U7. Ses espions et ses casquets Et ses boucliers bien espais, am. jamyn, Poésies, p. 57, dans lacurne.
— ÉTYM. Diminutif de casque.
CASQUETTE (kas-kè-f) , s. f. Coiffure d'homme,
faite d'étoffe ou de peau, garnie ordinairement d'une visière. Casquette de chasse. Sortir en casquette et en veste. || Populairement. Il est un peu casquette. Il a bu un coup de trop, il est pris. Peur cette locution, voyez casque.
— ÉTYM. Casquet.
f CASSABLE (kâ-sa-bl'), adj. Qui peut être cassé facilement.
— HIST. xvic s. Cassable, oudin.
— ÉTYM. Casser.
CASSADE (kâ-sa-d'), s. f. || 1" Bourde qu'on invente , mauvaise excuse , défaite. Donneur de cassades. Un valet.... L'avait galantement payé d'une cassade, Régnier, Sat. x. || 2° Au brelan, etc. Renvi fait avec vilain jeu, afin d'obliger les autres joueurs à quitter. Faire une cassade.
— HIST. xvie s. [M. de Vieilleville était] en la chambre de Mme d'Estampes jouant au flux à toutes restes avec elle, et M. le cardinal de Lorraine, car la première [la prime] n'estoit encore en usage: auquel lieu il [le Dauphin] s'achemina incontinent : et après avoir vu donner trois ou quatre cassades, il fit à M. de Vieilleville ce comman lement, carloix, i, 35. Ce que M. de Vieilleville, aux escoutes de l'événement de sa cassade [ruse!. vint incontinent faire entendre à M. de Saint-André. id. n, 9. Luy donnoit fort souvent des cassades, et luy racomptoit pour vrayes des nouvelles qu'il vei ni promptement d'inventer, des accords, Contes de Gaulard, p. 45, dans lacurne. Il est bien \ray qu'il [le connétable de Bourbon] fut fort bien compris dans le traité de Madrid: mais le roy le rompit tout à trac quand i! fut de retour en Fiance, --i bien que M. de Bourbon eut la cassade, bram. < estrang. t. i, p. 212, dans lacurne.
— ÉTYM. Ital. cacciata, cassade au brelan, de cacciare, chasser, pousser (voy. chasser). Cassade s'est dit d'abord au brelan, puis pour toute espèce de feinte, de bourde.
f CASSAGE (kà-sa-j:), 4'. m. Action ou opération de casser. Le cassage des minerais.
— étym. Casser.
f CASSAILLE (kâ-sa-11. Il mouillées), .v. f. Terme d'agriculture. I.a première façon qu'on donne à un champ en jachèi e.
— étym. Casser.
t I. CASSANDRE (I a-san-dr'). || 1° S. m. Persoa-
CAS
nage île la comédie italienne, et de là, un vieillard ridicule. || 2° S.f. Fille de Priam, qui, prédisant l'avenir, n'était jamais crue des Troyens.
— ÊTYM. Ital. Cassandro, de Kâ(T<jav3po;, KâiTffav- Spa, noms propres, de xaim;, frère, et àvinp, homme.
| 2. CASSANDRK (ka-sau-dr) . S. f. Danse célèbre du temps de Ronsard.
— ÊTYM. Cassandre, nom de la maîtresse de Ronsard.
CASSANT, ANTE (kà-san , san-t') , adj. ||l°Sujetà se casser, a se rompre; qui se casse aisément. || Poires cassantes, àchaireassante, poiresqui cassent etrésistent légèrement sous la dent, par opposition aux poires diles fondantes. || Métal cassant, métal doué de la propriété opposée à celle qu'on nomme ductilité et malléabilité, et qui est ordinairement le partage de corps très-durs, etc. L'acier trempé très-dur est cassant. Laboissièia ramassa les deux morceaux de nacre et les regarda un instant avec une affectation d'inquiétude : Savez-vous que vous me faites peur? dit-il: serais-je sans m'en douter aussi cassant que cela? ch. de bernard, le Gendre, § 5. || 2" Fig. Qui tranche durement, qui contredit avec roideur. C'est un homme cassant. Là, au milieu des chefs rassemblés, entouré de leurs regards inquiets et qu'il suppose désapprobateurs, il semble vouloir les repousser de son attitude sévère, et d'une voix brusque, cassante et concentrée , sëgur , Hist. de Napol. vin, f 1 . || L'n air, un ton cassant, sec, insolent, querelleur.
— REM. Cassant est pris dans deux sens, l'un passif, l'autre actif. Un métal cassant est un métal qui est cassé facilement, tandis qu'au figuré un homme cassant est celui qui casse en quelque façon ceux qui l'approchent.
— HIST. xvi" s. On sceit bien que ung voyage finy, les nouvelles bandes vont à Saint Cassant [sont licenciées], carloix, iv, )9.
t CASSARD (kà-sar), s. m. Un des noms vulgaires de la buse.
— ÉTYM. Casser.
CASSATION (ka-sa-tion) , s. f. || 1° Terme de jurisprudence. Acte juridique par lequel on casse des jugements, des actes et des procédures. Demande, recours, pourvoi en cassation. Se pourvoir en cassation. Il y a ouverture à cassation. || Cour de cassation, le tribunal suprême qui casse et annule en dernier res-ort, pour vice de formes ou violation des lo's || 2° Droit de cassation, droit qu'eut longtemps l'ancienne Université jusque sous Louis XII, de suspendre à volonté les leçons des auditoires et les sermons des paroisses, pour faire triompher ses réclamations.
— ÊTYM. Casser.
CASSA VE (ka-sa-v') , s. f. Sorte de galette préparée avec la racine râpée de manioc cuite sur des plaques chaudes ; cette racine, brisée et réduite en grumeaux, est appelée farine de manioc; c'est en cet état qu'on la mange, sans en faire de pain; ces galettes sont d'un kilogramme et demi sur les marchés de Cayenne, et du double au Brésil, legoarant.
i. CASSE (kà-s'), s. f. || 1" Terme d'imprimerie. Sorte de boite plate et découverte, composée de deux parties, le haut de casse et le bas de casse, et divisée en petites cases pour chaque caractère. Haut de casse, la partie supérieure, qui contient les capitales et différents autres caractères. Bas de casse, la partie qui est sous la main du compositeur, et qui contient les lettres ordinaires, dites pour cette raison, lettres du bas de ca^se. ||2" La partie de l'écritoire de poche où l'on met les plumes. Laçasse de l'écritoire est rompue.
— HIST. xiv8 s. La casse qui soutient la lunette du miroir, Modus, f° lxiii. || xvi° s. Que les escus seroient nombres et mis en des casses de bois, puis seroient emballées les dites casses et scellées, m. du
— ÉTYM. Le même que caisse.
2. CASSE (ka -s'), s.f. || 1° Casse à rôt, lèchefrite. || 2" Terme de fonderie. Bassin formé vis-à-vis de l'ouverture d'un fourneau pour recevoir le métal fondu. || Poêlon de cuivre, servant dans une savonnerie pour puiser l'eau ou le savon. || Grande cuiller de fer à l'usage des verriers. || Coupelle pour affiner l'or. || Chaudière de fer ou de potin.
— HIST. xv" s. Olles, chauderons, casses de cuivre, du cange, cassa. || xvi" s. Faut bouillir la cassonade en abondance d'eau, dans une poésie ou casse bien nette, sur un feu de flamme, o. de serres, 852. La composition, mise dans la bassine ou casse pointue sur petit feu do charbon, y sera achevée de préparer, id. sti5.
— ÊTYM. Picard et Berry, casse, casserole; génev. casse ou ca/je ; catal. cassa; espagn. cazo ; ital.
CAS
casza; pays de Coire, cas ; bas-lat. caza, cazia, cazeola, catiola; de l'anc. haut-allem. chezi; anc. Scandinave, kati, d'où l'allemand moderne Kessel, chaudron. Ce qui fait que casse 2 ne peut avoir la même étymologie que caisse ou casse l, c'est que, dans les langues congénères, le premier de ces mots prend un z ou deux s, tandis que le second prend deux s; d'où l'on est conduit à des radicaux différents.
3. CASSE (ka-s'), s. /'. Pulpe des fruits du canéficier (cassia fistula, L.), dont les gousses nous viennent particulièrement des Antilles, sous le nom de casse en bâtons, casse des boutiques. Casse aromatique, casse gi rodée, ancien nom de la cannelle.
— HIST. xv° s. Qu'on ne m'apporte point de casse, Et. qu'on ne courre au médecin ; De vin qu'on emplisse matasse, Qui me voudra rendre bien sain, basselin, xxv. || xvie s. Il prenoit clysteres refl'igerans ou casse mondée toute seule, paré, v, ao. Casse fistulaire mondée, in. xx, 21. Escorce de canne de casse ratissée, id. xxiv, a.
— ÊTYM. Provenç. et ital. cassia; du lat. casia, du grec xauta, qu'on regarde comme phénicien : kiddah ou k ziah, signifiant couper ou peler dans les langues sémitiques.
4. CASSE (kà-s'), s. f. ||1" Action de casser. La caisse est mal faite, les objets sont mal emballés, il y aura de la casse. Les domestiques ont tant de gage dans cette maison, et tant île casse, ou laçasse est à leur charge. Le voiturier ne répond pas de la casse. || 2" Surface mise à nu, quand on casse du fer, un métal ou tout autre corps. || 3° Peine militaire qui consiste dans la perte d'un grade. Et pour s'être mal détendu, on lui donna de la casse, Lett. cur. dans leroux, Dict. comique. || Fig. Donner de la casse, déposséder quelqu'un d'un emploi, d'un poste. I| Anciennement. Lettres de casse, lettres par lesquelles le roi ordonnait de casser un officier.
— HIST. xvie s. Et sur le bruit qui avoit couru de la casserie générale qu'il avoit faicte de ceste valletaille, carloix, ii, 18.
— ÉTYM. Casser.
f 5. CASSE (ka-s'), s. f. Terme de commerce. Sorte de toile de coton à imprimer, qu'on tire de l'Inde, du Bengale et de Coromandel.
CASSÉ, ÉE (kà-sé, sée), part, passé. || 1° Mis ea deux ou plusieurs fragments. Un bras cassé. Le mât cassé par la violence du vent. Cette nuit j'ai songé de poissons morts et d'oeufs cassés, et j'ai appris du seigneur Anaxarque que les œufs cassés et le poisson mort signifient malencontre, mol. Am. magn. i, 2. || Fig. et familièrement. Avoir le nez cassé, échouer dans une affaire. || 2" Annulé. Un arrêt cassé par la cour supérieure. || 3° Renvoyé de son emploi, de son grade. Un sergent cassé par ses supérieurs. || 4° Affaibli par l'Age. Tout cassé que je suis, je cours toute la ville, corn. Cid, m, r>. Ulysse entre sous la figure d'un mendiant et d'un vieillard fort cassé, fén. xxi, 458. Le pape [Jules 1IJ, cassé de vieillesse, était sous les armes, volt. Mœurs, H3. Ton noir Domingue est bien cassé; Marie est infirme, bern. de st-p. Paul et Virg. S l'instant même je vis paraître un homme cassé de vieillesse, chateaubr. llart. 371. ||5° Voix cassée, voix usée qui se fait à peine entendre. Ce Paris, à la voix cassée, Bourdonne encor trop près de moi, v. hugû, F. d'aut. xxxv, 3. || 6° Terme de marine. Vaisseau cassé, vaisseau dont les extiémités sont abaissées et font paraître le milieu relevé. || 7° Substantivement. Sucre au cassé, sucre cuit de manière qu'une goutte projetée dans l'eau froide s'y fige et en sort cassante. || Proverbe. 11 en payera les pots cassés, il subira les mauvaises conséquences de l'affaire.
f CASSE- AIGUILLE (kà-sè-gui-ll', Il mouillées; pronom^/, ni comme dans huile), S. m. Ouvrier employé dans les salines. \\Au plur. Des casse-aiguille ou casse-aiguilles.
— ÉTYM. Casser, aiguille.
CASSEAU (ka-sô), s. m. || 1" Terme d'imprimerie. Moitié de casse à compartiments plus grands et servant de réserve pour différents caractères. || 2" Petit étui de fuseau à dentelle. || 3° S. m. plur. Terme de vétérinaire. Cylindre de bois résistant, divisé, selon son axe, en deux moitiés exactement semblables et souvent creusées, dans leur partie plane, d'une rigole longitudinale pour y placer des substances caustiques. Les casseaux sont employa aussi pour la castration des animaux.
— ÉTYM. Casse l.
f CASSE -BOUTEILLE (kâ-se-bou-tè-lF , Il mouil lées), t. m. Terme de physique. Récipient de cristal, portant une lame de verre qui se brise par le po d de l'air, quand on fait le vide dans la machine
CAS
pneumatique. || Au plur. Des casse- bouteille ou casse-bouteilles.
t CASSE-BRAS (kà-se-brà), s. m. Revers, embarras soudain. Terme populaire. || Au plur. Des casse-bras.
— ETYM. Casser, liras.
^ CASSE-COU (kà-se-rou) , s. m. || Ie Endroit où l'on court grand risque de tomber. C'est un cassecou que cet escalier. || 2" Au jeu de colin-maillard, casse-cou se dit pour avertir celui qui a le bandeau qu'il va se heurter contre quelque objet. 113° Esp'ce d'échelle qui n'est soutenue que par une queue. || 4° Terme de manège et de maquignon. Homme employé à monter les chevaux jeunes ou vicieux. || Homme qui monte à cheval avec plus d.; hardiesse que d'habileté. || Fig. et familièrement, personnage peu important, qui est chargé de quelque négociation hasardeuse, et, dans un autre sens, homme qui se lance avec hardiesse, mais qui n'a ni soin ni prévoyance. C'est un cas- ■ cou. || Au plur. Des cisse-cou ou casse-cous.
— ÉTYM. Casser, cou.
f CASSE-CROÛTE (kà-se-krou-f), s. m. infiniment qui sert à broyer la croûte pour les vieillards qui n'ont pas de dents. || Auplur. Des casse-croûte ou casse-croùtes.
t CASSE-CUL (ka-se-ku), s. m. || 1" Sorte de jeu d'enfants. I] 2° Chute qu'on fait en tombant sur le derrière, il s'est donné un casse-cul sur la glace. || Au plur. Des casse-cul ou casse-culs.
— ÉTYM. Casser, cul.
} CASSE-FIL (kà-se-fil), s. m. Instrument propre à apprécier la ténacité des fils ôcius. || Au plur. Des casse-fil ou casse-fils.
— ÉTYM. Casser, fil.
j CASSE LUNETTE (kâ-se-lu-nè-f.) , s. m. Terme de botanique. Centaurée-hluet , euphraise officinale, plantes auxquelles on attribue des vertus pour les maladies des yeux. || .'. u plur. Des cassolunette ou casse-lunettes.
— ÉTYM. Casser, lunettes.
f CASSEMENT (kà-se-man), .v. m. || 1" Action de casser. || 2° Fig. Cassement de tête, sorte de fa h a intellectuelle causée par le travail ou les allaites, ou par ungrand bruit. || 3° Terme de jardinage. Rupture complète du rameau lorsqu'il est à létal ligneux, pratique analogue au pincement, mais oui en diffère par l'époque, le pincement se faisant quand le rameau est herbacé.
— HIST. XVe s. Et nous ferons souldoyer et contenter vous et ceux de vostre compagnie du jour de vostre partement jusques à votre cassement, godf.froy. Annotations sur V Hist. de Charles 17, p. 777, dans lacurne. Telle chose sera soufisante d'effacer la faute du cassement de nostie vœu, louis xi, Nouv. xxx.
— ÉTYM. Casser.
f CASSE-MOTTE (kâ se-mo-t'), s. m. Instrument pour briser les mottes de terre. || Nom 'in motteux, oiseau. || .. la plur. Des casse-motte ou casse-mottes. || On dit aussi brise-motte.
f CASSE-MUSEAU, s. m. || 1° Terme populaire. Coup sur le visage. || 2" Terme de cuisine. Espèce de pâtisserie. || Au plur. Des casse-museau eu ras m -eaux.
— ÉTYM. Casser, museau.
CASSE-NOISETTÎi (kà-se noi-zè-t') , .s. m. Petit
insirument avec lequel on casse des noisettes ou des noix. On dit aussi un cas-e noix. || Familièrement. Figure , menton de casse-noisette , en casse-noisette, menton qui se relève et se porte vers le nez. || Au plur. Des casse -noisette ou cassenoisettes.
— ÊTYM. Casser, noisette.
CASSE-NOIX (kà-se-noi), .s', m. || 1" Synonyme de casse-noisette j c'est le même instrument, mais nu peu plus grand. || 2° Oiseau qui vit de noix, de graines et aussi d'insectes (nucifrage tacheté). || Au plur. Des casse-noix.
— étym. Casser, noix.
[CASSENOLE (kà-se-no-l') , s. f. Nom vulgaire de la galle de chêne dans les contréi s méditerranéennes de la France. || Quelques dictionnaires fuit ce mot du masculin.
f CASSE-NOYAUX (kâ-se-noi-io), s. m. Nom d'un oiseau, le gros-bec commua. || Auplur. Des casse-noyaux.
— étym. Casser, noyau.
f CASSE-PIERRE (kâ se-pii-r') lui 1 du
tailleur de pierre. || Nom de plantes, la pariétaire,
la saxifrage, la criste mat n pierre ou casse-pierres.
— étym. Casser, p e\ re.
Au plur. Des casse-
CAS
t CASSE-POITRINE (kâ-se-poi-tri-n'), s. m. Nom qu'on donne populairement à de l'eau-de-vie rendue plus brûlante par l'addition de substances acres.
— ÉTYM. Casser, poitrine.
f CASSE-POT (kâ-se-po), s. m. Nom vulgaire d'un arbre du Pérou (cestreau vénéneux) , dont le bois éclate en brûlant et brise les poteries qu'on expose à sa flamme. || Au phir. Des casse-pot ou casse-pots.
— ÉTYM. Casser, pot.
CASSER (kà-sé). v. a. || 1° Faire, d'un objet qui est frappé, deux ou plusieurs fragments. Casser du sucre. Casser du bois. Casser des œufs pour la cuisine. Une poutre cassa les jambes à l'athlète, la font. Fabl. i, H. Pourvu que le nourrisson ne se casse ni bras ni jambe, j. j. rouss. Ém. 1. 1| Casser la tète à quelqu'un d'un coup de fusil, de pistolet, le tuer d'une balle dans la tète. Que d'une force sans seconde La mort sait ses traits élancer Et qu'un peu de plomb peut casser La plus belle tête du monde, voit. dans mchei.et. Songez que les boulets ne vous respectent guère, Et qu'un plomb, dans un tube entassé par des sots, Peut casser d'un seul coup la tête d'un héros, volt. Ép. lu, Au roi de Prusse. || Se casser la tête, se faire une fracture au crâne; et par exagération, se faire une blessure à la tète. || Fig. Se casser la tête, s'appliquer avec une grande contention d'esprit. Je le ferai avec toute la diligence possible sans pourtant me casser la tête, boss. Lett. quiét. 227. Il se casse la tête d'application, sêv. 367. || Se casser la tète, se désespérer. Elle se cassait la tête contre les murs, sév. 409. || Fig. Casser la tête, importuner par un grand bruit, par des propos. Le père Payen. à qui l'on casse la tète, sév. 446. On dit aussi d'un vin capiteux, qu'il casse la tête. || Casser les os à quelqu'un, le battre. Et le moi que voici, chargé de lassitude, A trouvé l'autre moi, frais, gaillard et dispos, Et n'ayant d'autre inquiétude Que de battre et casser les os, mol. Amphitr. il, * . j| Se casser le cou, faire une chute dans laquelle on se tue ou se blesse grièvement. || Fig. Se casser le cou, ruiner ses affaires, sa fortune. On dit de même, casser le cou à quelqu'un. || Par exagération. Se casser le nez, faire une chute sur la face, et plus souvent, se frapper le nez contre un obstacle qu'on ne voit pas ou auquel on ne fait pas attention. Je me suis cassé le nez contre un arbre. || Fig. Se casser le nez à la porte de quelqu'un, ne pas le trouver chez lui. || Se casser le nez, échouer dans un projet, une entreprise. Que je traite avec vous des choses où Arislote, Platon, St Thomas et St Bonaventure se sont cassé le nez, volt. Lett. d'Argenson, 14 déc. (770. || Comme les coups qu'on se donne sur le nez sont rarement dangereux et toujours ridicules, l'expression casser le nés est toujours prise en moqueiie, en dérision, à la différence de casser la tête. || Fig. Casser les vitres, ne garder aucuns ménagements. || Fig. Cela me casse bras et jambes, cela paralyse tous mes moyens d'action ou bien me stupéfie d'étonnement. Ce n'est pas moi qui ai trouvé le secret de faire traîner deux mois cette opération, presque terminée en huit jours, quand le roi et l'état-major me vinrent casser les bras, p. l. cour. Lett. i, 44 3. La peur casse les jambes à l'homme; pourquoi ne briserait-elle pas bien les ailes à l'oiseau? chateaub. Amer. 24. || Casser la croûte, casser une croûte, manger un morceau. Cassez la croûte avec nous. || Fig. N'en casser que d'une dent, n'en pas tâter, s'en passer. Faites moins la sucrée etchangez de langage; Ou vous n'en casserez, ma foi, que d'une dent, corn. Le Menteur, iv, 9. || Populairement et Bg. Je t'en casse, c'est-à-dire ce n'est pas pour toi, tu n'en auras pas. || Fig. et bassement, on dit qu'une l'emmeacassé ses œufs, quand elle a accouché avant terme par quelque chute ou accident. || 2° Terme de droit. Annuler. Casser une condamnation, des jugements. Casser un testament. Casser un mariage.... Non, je m'y veux tenir; Quelque sensible tort qu'un 'el arrêt me fasse, Je me garderai bien de vouloir qu'on le casse, mol. Mis. v, 4. [Ils] m'ôtent tout le pouvoir de casser l'alliance, mol. Sgan. 24. Il fit casser son mariage avec Anne, boss. Var. 7. Après la grâce obtenue, nous cassons un acte si solennel, in. Pén. 4. J'empêchai qu'on ne cassât cette adoption qui rend aujourd'hui le jeune César si audacieux, vertot, Rév. rom. xiv, p. 3(7. || 3° Destituer. Casser un magistrat. L'empereur cassa le centurion. Casser un officier, c'est le chasser du service; casser un sous-officier, c'est le priver de son grade. On le menace tous les jours d'être cassé, sév. ^24. Le czar défendit aux officiers sous peine d'être cassés, et aux soldats sous peine de mort, de s'écarter pour piller, volt. Chartes XII, 4. |l Cas-
CAS
se:- aux gag-.s, ôter un emploi rétribué; et figurément, retirer sa confiance à un inférieur. || 4" Affaiblir, débiliter. Des corps que les fatigues ont cassés. Des rôles fatigants ont cassé la voix de ce chanteur. || 5" Terme de marine. Casser l'erré, arrêter par degrés une embarcation. || 6° V. n. Être cassé. Le verre casse aisément. La corde cassa. Le bois ne casse jamais sans avertir, à moins que la pièce ne soit fort petite ou fort sèche, luffon, Fxp. sur les végét. I" mém. ||7° Se casser, v. réft. Être mis en morceaux. Le pot se cassa en tombant. S'il se casse quelque chose, je m'en prendrai à vous, et je le rabattrai sur vos gages, mol. l'Avare, ni, 4. || Devenir débile, perdre sa force. Il commence à se casser. C'est un homme qui se casse. La voix de ce chanteur s'est cassée promptement. || Proverbe. Qui casse les verres les paye, c'est-à-dire l'auteur d'un dommage doit le réparer. || Si c'est du grès, on vous en casse, se dit à quelqu'un pour exprimer qu'on refuse de faire ce qu'il désire.
— SYN. casser, rompre, bpiser. Ces trois mots expriment que. dans un objet, la continuité est détruite. Ils diffèrent en ce que casser, c'est la détruire en un coup, en une fois; rompre, c'est la détruire avec un effort, avec le temps; briser, c'est mettre en pièces. Un coup de barre cassa l'essieu; un coup de feu le brisa; une charge trop pesante le rompit. Il faut ajouter que l'étymologie de tasser est complexe, venant à la fois de cassus, vain, vide, nul, et de quassare, briser; de ce côté cas^i r n'a plus de synonymie avec rompre : on casse un contrat, un testament, un officier, mais on ne les rompt pas; on rompt une alliance, mais on ne la casse pas.
— HIST. xi° s. Quassét son haume, si l'ont navrét au chef, Ch. de Bol. clii. || xii° s. De tous royaumes devez estre cassé [déchus], Roncisv. <9. L'haume [il] lui froisse, li os lui sont quassé, ib- 104. || xnie s. Li rois quasse la cire, s'a au brief esgarde, Berte. lxvii. Sans deffense la porte quassent, Quassée l'ont; outre s'en passent, la Base, 42575. Bien seroit sa jangle [caquet] quassée, ib. 7432. [Tibullus] Por cui mort [pour la mort de qui] ge brisai mes flèches. Cassai mes ars [arcs].... ib. 40544. Par ceus iert li chastiaus cassés, Se chascun i met bien s'entente, ib. 4 0770. Mostrant raisons et semblances de dreit por cel dit casser et varier, Ass. de Jér. 4 18. Tuit sunt un, saches à délivre, Et vie d'oume [homme] et oez[œufs] quasseiz, ruteb. 434. Et li rois cassa l'establissement, et commenda que tôt viegne en partie, Liv. dejust. 4 0. || xivc s. Et certes se ne me cassez Ces trois.... [ne me privez de ces trois], machault, p. 4. || xve s. Et se mettoient au retour, petit à petit, ceux qui estoient cassés de leurs gages et tous hodés de la guerre, froiss. m, m, 88. De balader j'ay beau loisir, Autres déduis me sont cassez, ch. d'orl. Bail. 40. Tellement quellement Me faut le temps passer, Quant ne puis nullement Ma fortune casser, id. Bond. 54. Casser un privilège, comm. n, 4. || xvie s. Et qui s'applicque À tel' trafficque, Le plaisir casse, J. marot, v, 246. Car la fortune est pour un verre prise, Qui tant plus luit, plus tost se casse et brise, marot, i, 329. Ouidà, dit-il, messieurs, je le ferai, mais que j'aie disné ; et cassoit [bâfrait] toujours, b. desper. Contes, cv. La nufvieme légion s'estant mutinée, il la cassa avec ignominie, mont, m, 468. Il cassa la compagnie de 3oo satellites, que Romulus avoit toujours euz autour de sa personne, amyot, Nutna, 4 2. L'edict par lequel il cassoit et. annulloit toutes debtes, id. Solon, 25. Révoquer et casser une ordonnance, id. Péricl. 7). Quand j'ai veu qu'ils me cassoient [mes chevaux de chasse], je les ai cassez, et puis l'âge en cassoit sa part, d'aub. Fœn. i, 5. Lui casser la teste d'un coup de pistolet, id. Vie, xix. La sentence fut modérée à estre dégradé des armes et cassé, id. ib. lxxxiii. Puis l'accident passé, ils sont cassés de leurs gages, paré, xxiv, 4 2. Vingt hommes d'armes des plus lestes de la compaignie de M. le mareschal de Saint- André se cassèrent [se démirent], et vindrent trouver M. de Vieilleville, carloix, vi, 4 3. D'une voix cassée et enrouée, mont, ii, 20. On rencontre la substance de l'os dure, qui sonne cassé, paré, xi , 24 . Ô prompts désirs d'espérance cassez, Ô douce erreur, ô pas en vain trassez, bons. 94.
— ÉTYM. Provenç. cassar, caissar,cachar, quasso,r ; catal. cassar ; espagn. casar; ital. cassare; du latin quassare, secouer, ébranler, fréquentatif de quatere. Il y a aussi le latin cassus, vide, nul, dont la forme et le sens se sont confondus avec quassus, quassare.
CASSEROLE (ka-se-ro-T, et non ka-stro-1', mauvaise prononciation répandu? dans le peuple). s. /'.
CAS
Il i° Ustensile de cuisine en métal, à queue, à fond plat et à parois droites et cylindriques. Casserole de cuivre bien étamée. || 2° Fig. et familièrement. Passer à la casserole, subir un traitement antivénérien. 11 fut clair qu'on ne m'avait pas soupçonné d'aller y faire [à Montpellier] un tour de casserole, j. j. Rousseau, Conf. vi. || 3° Grosse montre.
— ÉTYM. Diminutif de casse 2. Casse répondant à l'italien cazsa, l'italien casserola contredirait cette dérivation; mais casserola n'est pas un mot ;mcien dans cette langue, et il est sans doute emprunté du français.
t CASSEROLÉE (ka-se-ro-lée), s. f. Contenu d'une casserole.
— ÉTYM. Casserole.
f CASSERON (ka-se-ron), s. m. Un des noms du calmar. /-
— HIST. xvr s. Dea, fault il que vous autres parliez aussi de la guerre, qui ressemblez proprement aux casserons : car vous avez bien un cousteau, mais vous n'avez point de cueur, amyot, Thém. 24.
— ÉTYM. Forme dérivée de casse I, caisse, à cause qu'il contient une liqueur noire.
fCASSETÉE (ka-se-tée), s. f. Le contenu d'une cassette, d'une casse.
CASSE-TÊTE (kà-se-tê-f), s. m. || i° Massue de guerre de certains peuples sauvages. Une troupe d'habitants des montagnes bleues qui descendaient armés de casse-tête, volt. Jenni, 7. Ton casse-tête est orné de dents de crocodiles, chateaub Natc. ix, 398. || 2° Petit bâton très-court, plombé aune de ses extrémités et qui, étant flexible, peut casser la tète ou donner quelque coup dangereux. || 3° Fig. et familièrement, vin qui porte à la tête. j| 4° Travail, calcul, jeu qui, exigeant une grande attention, fatigue la tête. La progression en nombres impairs dans laquelle tombent les corps graves, et autres casse-tête, volt. Lett. vers, 53. || Casse-tête chinois, sorte de jeu où, avec de petites pièces en bois égales et diversement colorées, il faut former des dessins ou compartiments agréables à l'œil. || Fig. Travail mécanique et fatigant, et qui ne produit rien de vraiment beau. 11 [un pareil résultat] aboutit à tourner dans un cercle invariable, et il finirait par transformer l'art [dramatique] en une sorte de casse-tête chinois, f. wky, Pré/ace de Stella. || 5° Bruit continu et fatigant. || 6° Terme de marine. Grand filet étendu pour garantir les hommes de la chute de ce qui pourrait tomber des mâts. || Au plur. Des casse-tête ou casse-tetes.
CASSETIN (ka-se-tin), s. m. Terme d'imprimerie. Compartiment d'une casse d'imprimerie. Chaque lettre a son cassetin. || Réservoir dans un fourneau, pour recevoir le métal qui entre en fusion.
— ÉTYM Casse 4.
CASSETTE (ka-sè-U), s. f.\\ 1° Petit coffre destiné à serrer des bijoux, de l'argent. Et dans quoi est-ce que cet argent était? Dans une cassette, mol. l'Av. v, 3. || 2* Absolument, la caisse particulière d'un prince. Il n'y a rien pour lui sur la cassette [il n'y a pas de pension] , la bruy. xiii. Bardes que la cassette inspire, Traitez mon sujet, il plaira, bérang. Nabuchod. || Biens de la cassette, les domaines de la couronne. || 3° Petit coffre à compartiments à l'usage des tailleurs.
— HIST. xvi" s. Le jus sera mis dans le poêslon ou cassette, et sur icelui le sucre pulvérisé, o. db
— ÉTYM. Diminutif de casse ou caisse; provenç. caissela ; catal. capseta; ital. cassetta.
CASSEUR, EUSE (kà-seur, seû-z'), s. m. elf. Celui, celle qui casse beaucoup par maladresse. || Fig. Un grand casseur de raquettes, un heiurne vigoureux. || Un casseur d'assiettes, un tapageur, un querelleur.
— HIST. xvi" s. Il frappoit comme un casseur d'acier [et non d'assiettes, qui est ce qui se dit aujourd'hui], desper. Contes, x.
— ÉTYM. Casser.
f CASSE- VESSIE (kâ-se-vè-sie), s. m. Terme de physique. Récipient ouvert à l'une de ses extrémités, fermé à l'autre par un morceau de vessie mouillée, et servant à faire des expériences sur la pression atmosphérique. \\ Au plur. Deecasse vessie ou cassevessies.
f CASSICAN (ca-ssi-kan) , s. m. Nom d'un oiseau omnivore des terres australes.
f CASSIDOINE (ka-ssi , ). s. f. Sorte de pierre précieuse dont les anciens se servaient pour faire des vases.
t CASSIE (ka-sie), s. f. Terme de botanique. Graines de cassie, graines de l'acacia farnesiana, qui sont employées dans la parfumerie.
CAS
♦ . CASSIER (ka-sié), ». m. Canéficier, arbre qui porte la casse.
■ — ÊTYM. Casse 3.
f». CASSIBR (ka-sié). s. m. Tenue «le typographie. Armoire où l'on range des casses.
— ÊTYM. Casse i.
f CASSIN (ka-sin), S. m. Partie du métier à étoffes de soie. || Terme de teinturier. Seau pour la soie.
4. CASSINE (ka-si-n'), s. f. ||1° Terme de guerre. Petite maison détachée au milieu des champs, où l'on peut s'embusquer, se retrancher. || 2° Petite maison de plaisir hors de la ville. M. de Villars l'est allé recevoir dans sa cassine, 9ÉV. 307. || 3° Familièrement, maisonnette de chétive apparence, et aussi, maison mal tenue. Comment peut-il demeurer dans une pareille cassine?
— HIST. xvi° s. Ceste faute advint pour sauver une cassine estant au seigneur Jean Jacques Tri vulee , M. du bellay, B. Ils n'avoient point de terres ny de seigneuries, methairies, clozeries, borderies, cassines, ny bastides, dont ils se peussent, à la francoise, qualifier ou anoblir, cari.. Il, 17. Et là trouvai fés plus beaux lieux du monde, belles galeries, belles prairies, force vignes, et une infinité de cassines à la mode italique , pai les champs pleins dedelices, rab. ?ant. u, 32. J'ai là-bas une petite cassine au bout de vostre grande prée qui est sur la rivière, Moyen de parvenir, dans lacurne. Ma pauvre cassine, bemybellf.au, Berger, t. i, p. 70, dans lacurne. Plus ne blanchissent de bruines, Ny paresseux en leurs cassines Plus ne chomment les laboureurs, id. ib. p. 107. Allez, et n'ayez peur que les dents assassines Des vieux loups affamés n'abordent vos cassines, in. dans LE roux, Dicl. comique.
— ÊTYM. Bas-lat. cassina, chaumière, domaine de campagne, dans les lois des Lombards; du baslatin cassa, qui s'est dit pour casa, maison (voy. case). L'italien n'a pas cassina; il a casino, à peu près de même sens que cassine, et cascina, fromagerie, qui est un autre mot.
f 2. CASSINE (ka-si-n'), s. f. Terme de botanique. Nom de la viorne luisante, qu'on emploie en Amérique, en guise de thé. On boit dans de grandes calebasses une préparation de cassine, château «. Amer. U. Mila ne voulait pas qu'on se donnât le temps de servir la cassine au religieux, m. Natc.ui, 3.
j CASSINOÏDE (ka-ssi-no-i-d'), s. f. Terme de géométrie. Courbe que Cassini voulait substituer à l'ellipse de Kepler dans l'explication -des mouvements planétaires.
— ÉTYM. Cassini, célèbre astronome du temps de Louis XIV.
| CASSION (ka-si-on), s. m. Nom par lequel Faraday, physicien anglais, désigne tout élément d'un corps composé, qui est susceptible de se rendre au pôle positif d'une pile.
CASSIOPEE (ka-ssi-o-pée), s. f. Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère septentrional.
— ÉTYM. Koc7(ji67t£ia, personnage mythologique, femme de Céphée, roi des Éthiopiens, et mère d'Andromède.
f CASSIQUE (ka-ssi-k'), s. m. Nom d'un oiseau d'Amérique (orwlus citrinus).
i. CASSIS (ka-si ; quelques-uns prononcent Vs, ca-sis' : ce qui est moinsbien), s. m. || 1" Groseillier à fruits en grappes, noirs et aromatiques. || Le fruit lui-même. || 2" Sorte de ratafia fait avec le fruit du cassis. Un verre de cassis. || On écrit aussi cacis.
— ÉTYM. Mot entré tardivement, ce semble, dans la langue; on ne le trouve ni dans les anciens Dictionnaires de l'Académie ni dans Furetière ni dans Hichelet; l'origine en est inconnue.
| 2. CASSIS (ka-si), s. m. Terme de ponts et chaussées. .Nom d'une rigole pratiquée en travers de la route, et ordinairement au bas d'une pente, pour l'écoulement des eaux. || Petit ruisseau de moellon pour conduire les eaux d'égout ou de source.
f CASSITÉRIDE(ka-ssi-té-ri-d'), s. m. Nom d'un groupe de corps analogues à l'étain.
— ÉTYM. KaoraiTEpoc;, étain.
CASSOLETTE (ka-so-lè-f), s. f. || i° Réchaud de métal où l'on fait brûler des parfums. || L'odeur même de la cassolette. || 2° Par antiphrase, pot de chambre rempli d'ordures.... Mais, pour vous régaler, Du souci qui pour elle ici vous inquiète, Elle vous fait présent de cette cassolette.— Fi! cela sent mauvais, et je suis tout gâté, mol. l'Étour. m, <2. i| Quelle cassolette! Voilà une terrible cassolette! se diten parlant d'une mauvaise odeur. || Autrefois, tombereau de gadouard qui, vidant les lieux, infectait les rues par où il passait. || 3° Terme d'architecture, Vase de sculpture, qui paraît jeter des
CAS
flammes ou de la fumée. On dit plus souvent pot-àfeu.
— HIST. xvi" s. Puis commençai asperger l'eaue qu'elle tenoit en la cassolite, D. Flores de Grèce, i" soi, dans lacurne. Maintes sortes d'eaues distilées qu'elle mit dans une cassolite, il.
— ÊTYM. Diminutif de cassolle; espagn. cazoleta. f CASSOLLK (ka-so-1'), s. f. Réchaud pour chauffer la colle dans les papeteries.
— hist. xvi° s. Battez-les, puis les mettez dedans une cassole sur le feu, paré, xxv, 44.
— ÊTYM. Diminutif de casse, poêlon (voy. casse 2); espagn. casueia. Paré emploie aussi cassolle dans le sens de botte, alors il vient de casse, caisse.
(. CASSON (ka-son), s. m. Pain informe de sucre fin. Sucre en cassons.
— ÊTYM. Casson pour caisson (voy. ce mot) : sucre ainsi appelé à cause des caisses où on le met.
| 2. CASSON (kà-son), s. m. Se dit des noyaux de cacao brisés. || Rognure de glaces. || Fragment de verre cassé.
— ÉTYM. Casser.
| 3. CASSON (kà-son), s. m. Voy. calcin.
CASSONADE (ka-so-na-d', et non castonade, prononciation condamnée par l'étymologie et par le bon usage, mais qui est encore celle de beaucoup de gens, et que Ménage notait, de son temps, comme aussi reçue que l'autre) , s. f. Sucre qui n'a été raffiné qu'une fois.
— HIST. xvr s. Des succres, cassonades, miels, o. de serres, 842. Pour la confiture liquide, la cassonade est meilleure que le sucre fin, id. 85t. Des cassonades, cette distinction sera faite , que de préférer la blanche à la noire, id. 852.
— ÉTYM. Casson i .
f CASSOT (ka-so), s. m. Terme de papeterie. Caisse à compartiments pour le triage des chiffons.
— ÉTYM. Casse i .
CASSURE (kà-su-r'), s. f. || 1" L'endroit où l'objet est cassé. La cassure de ce corps est nette. || Aspect que présente une substance quelconque qui a été cassée. Cassure vitreuse, résineuse. || 2" Fente qui se fait en travers d'une lame d'acier qu'on trempe.
— hist. xiv s. Metez la penne cassée endroit la cassure, dedens la fente, Modus, f° xciv. Se vostre espervier a la teste d'aucunes de ses plumes quassées, si la moulliez tantost de vostre salive endroit la qnasseure, Ménagier, ni, 2. Peu après cette cacheure , il chut au lit, dont il morut , Lettre de remission, dans raynouard. || xvr s. Quand la foy est navrée , c'est comme si le bouclier d'un gendarme recevoit quelque casseure de la violence d'un coup, seulement jusqu'à estre faussé et non percé, calvin, lnsiit. 438. Fracture du crâne se fait par contusion, c'est à dire cassure ou froissure de chose contondante, PARÉ, VIII, i.
— Étym. Casser; provenç. cassadura, cachadura; ital. cassatura.
t CASTAGNEAU (ka-sta-gnô), s. m. Nom vulgaire d'un poisson très-commun dans toute la Méditerranée (type du genre chromis de Cuvier).
f CASTAGNETTE (ka-sta-gnè-f) , s. f. Terme de l'oininerce. Etoffe de soie, laine et fil.
CASTAGNETTES (ka-sta-gnè-f), s. f. plur. Instrument d'origine espagnole, consistant en deux petites écailles d'ivoire ou de bois, creuses, qui, étant jointes ensemble par une petite corde et attachées aux poignets, sont battues l'une contre l'autre par un danseur avec les doigts de chaque main pour marquer ses mouvements et ses cadences. Une paire de castagnettes. Armée de castagnettes et d'effronterie, hamilt. Qram,. 9. Les Zingari allaient par troupes avec des tambours de basque et des castagnettes, volt. Mœurs, 1 04. Les castagnettes des bohémiens sont les cymbales des prêtres syriens, id. ib. || Au singulier, la castagnette est un des deux petits morceaux de bois qui composent l'instrument.
— ÉTYM. Espagn. castanetas : ainsi dites de la ressemblance qu'on leur a trouvée avec des coques de châtaignes (vov. châtaigne).
f CASTAGNELi (ka-sta-gneû), s. m. Sorte d'oiseau de rivière (le petit grèbe).
— hist. xvi° s. Sa grosseur est d'une petite sarcelle, de la couleur d'une chastaignette, dont il semble que la cause pourquoy on l'a nommé castaigneux est venue, belon, Ornith. Zoucet.
f CASTAGNOLE (ka-sta-gno-1') , s. f. Terme de marine. Morceau de bois percé de deux trous et fixé sur les galères à chacune des ralingues de la tente. || Nom vulgaire d'un poisson sur les ciVes de la Méditerranée.
— ÉTYM. Ital, castagnolla, nom du poisson.
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t CASTAL1DES (ka-sta-li-d'), s. f, plur. Ncm donné aux Muses à cause de la fontaine de Castalie.
| CASTALIE (ka-sta-lie), s. f. Nom d'une fontaine de Béotie, consacrée aux Muses. Les eaux de Castalie, la poésie.
CASTE (ka-sf), s.f.\\ 1° Chacune des tribus en lesquelles la société de l'Inde est partagée. Il y a quatre castes: les prêtres, les guerriers, les marchands et agriculteurs, les gens de condition servile, en sanscrit brahmanes, kshatria, vaisia, sûdra. || 2° Par dénigrement, classe de la société, que l'on considère alors comme exclusive et fermée. L'esprit de caste. Il a les préjugés, les prétentions de sa caste. || 3° Familièrement. Je ne le crains pas ni lui ni toute sa caste, c'est-à-dire ni les siens, ni les gens de son bord.
— REM. Caste, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de (740.
— ÉTYM. Espagn. et portug. casta, caste, proprement quelque chose de non mélangé ; du latin castus, chaste (voy. chaste).
CASTEL (ka-stèl), i. m. S'est dit pour château. C'était un petit castel blanc qui se voyait de partout, st-sim. 40, 214. M. de Crac, dans son petit castel, titre d'une comédie de Collin d'Harleville. || Aujourd'hui terme familier et de plaisanterie. Vers son vieux castel, Ce noble mortel Marche en brandissant Un sabre innocent, bérang. Carabas. J'ai une autre nièce que Mme Denis, qui se mêle aussi de jouer quelquefois la comédie dans son castel, volt. Letl. Richelieu, )8 sept. 1769.
— HIST. xie s. N' i ad castel qui devant lui remaigne, Chron. de Roi. i. Les castiax fraiz [brisés], mainte cité brosée, Ronc. p. 33. || xues. Et quant il li conquist casteals e hérité, Th. le mar. 54. || xme s. Et quant li empereres vit que il tenoient contre lui son castiel, se il en fust dolans et courechiés, ce ne fait pas à demander, h. de val. xv. Es les vous venus au castel De Montoire, où il fist moult bel, FI. et Bl. 3Gi. Noz l'entendons des fortereces qui ne sont pas castiax, liquel sont apelô castel par la raison qu'il sont chief de le [la] conté, beaum.