XIII
— ÉTYM. Autre forme de château (voy. ce mot), f CASTELANE (ka-ste-la-n'), s. f. Sorte de prune
verte.
f CASTELLAN (ka-stèl-lan) , s. m. Nom donné autrefois en Pologne aux dignitaires qui venaient après les palatins.
— étym. Caslellum, château.
f CASTELOGNE (ka-ste-lo-gn') , s. f. Terme de commerce. Couverture de laine pour les lits.
— ÉTYM. Dit, d'après Ménage, pour Catalogne, pays d'où venaient ces sortes de couvertures.
f CASTICE (ka-sti-s'), s. m. Indien né à Goa de père et de mère portugais.
— ÉTYM. Caste, dans le sens de sang non mélangé.
f CASTILLAN, ANE (ka-sti-llan, lla-n', Il mouillées), adj. Qui appartient à la Castille. Langue castillane, ou, substantivement, le castillan, la langue espagnole. || S m. Castillan, monnaie d'or valant 6 fr. 42 c.
CASTILLE (ka-sti-U', Il mouillées, et non ka-stiye), s. f. || 1" Autrefois combat dans une lice. Il faut ranger dans cette espèce [de jeux] les joutes, les castilles, les pas d'armes, chateaub. Amer. Si. || 2° Aujourd'hui, terme familier qui se dit pour querelle, démêlé de peu d'importance. Chercher castille. Ils sont toujours en castille. Le soleil, en se levant, vit notre castille, et fut témoin comme elle me jeta un pot à la tête, Franczon, liv. vu, p. 260. Avecque nous, si l'almanach ne ment, Les Castillans n'auront plus de castille; Même au printemps, on doit de leur séjour Nous envoyer avec certaine fille [la reine Marie-Thérèse] Les jeux, ies ris, les grâces et l'amour, la font. Poésies mêlées, xn.
— HIST. xv° s. Le roy s'en vint à Montferrant, Et puis fit faire une bastille, Auprès de Lormont accourant Pour à Bourdeaux faire castille, martial de paris, Vigiles de Cliaiics Vil, t. n, p. 151, dans lacurne. Vous savez que le chevalier au daulphin et moy eusmes castille ensemble, Perceforest, t. ut, f° 142, dans lacurne. Â la rescousse îles deux chevaliers fut grosse la castille et grande, tant de l'une partie comme de l'autre, ib. t. iv, f" 82. Si vous requiers que vous me laissez paisible, ou, par la morbieu! je vous livrerai castille. LOUIS xi, Nouv. xxiii. Robin Paumier et icellui Thierry eurent grosse castille ensemble, du cange, catillnre. \\ xvr3 s. Je prends noise ou castille, palsgh. p. 757.
— ÊTYM. Espagn. castillo, petit château, de ce-
CAS
CAS
CAT
stellum (voy. chAteau); il désignait, dans les anciens tournois, des imitations de châteaux, de tours, etc. qu'on attaquait, et de la il a été conservé pour débat, querelle. Dans le xvr siècle , on
le verbe se castiller et l'adjectif castilleux. CASTINE (ka-sti-n'), *'. f. Pierre calcaire que l'on mélange au minerai de 1er pour en faciliter la fuît n. Les fourneaux y sont pour fondre la mille de
"c l'aide d'une matière appelée castine, qui • --t uni' terre pierre, coquille, Hist. du Nivernais,
dans MÉNAGE.
— ÉTYM. Allem. Kalkstein, pierre à chaux, de Kalk, tiré du latin calx (voy. chaux), et Stein,
•oierre.
t. CASTOR (ka-stor). s. m. || 1° Quadrupède mammifère de l'ordre des rondeurs, qui habite dans les lieux aquatiques, au nord de l'ancien et du nouveau continent. Le castor d'Europe se terre. Au Canada les castors construisent des digues et des habitations. Ils y construisent des travaux Qui des torrents gross s arrêtenl le ravage, Et l'ont communiquer l'un et l'autre rivage; L'édifice résisteet dure en son entier: Après un lit de b >ïs est un lit de mortier; Chaque castor agit ; commune en est la tàche;Le vieux y t'a i t marcher le jeune sans relâche; Maint maître d'œuvre y court et tient haut le bâton; La république de Platon Ne serait rien que l'apprentie De cette fam lie amphibie, la font. Fabl. x, t. || 2° Chapeau, drap, ras de castor, chapeau . drap, ras fait de poil de c istor. Chacun ordonna que je prendrais la valeur d'un chapeau de castor sur les deniers de ma recette, Francion, liv. vi, p. :'23. || Un castor, un chapeau de poil «le castor et, dans le langage familier, un chapeau quelconque, vieux, fripé, même un chapeau de femme. || Demi-castor, chapeau de poil de castor mélangé. Vous trouverez, dans les ballots de M. l'ambassadeur, un étui où il y a deux chapeaux pour vous, un castor fin et un demi-castor, hac. Lettres à son fils, 22. || Fig. et familièrement. C'est un demi-castor, c'est un homme suspect.
— hist. xvie s. On mettra en l'oreille huile de castor [castoréum] ou de girofle, paré, xv, 26. Prenez demie dragme de castor dissout en vin blanc, 1D. xvm, 57.
— ÊTYM. Kâcvcop, castor; du mot hébreu qui signifie musc; en persan moderne, kltaz.
| 2. CASTOR (ka-stor) , s. m. Terme d'astronomie. Belle étoile double des Gémeaux. | Castor et Polli-x. nom donne au feu Saint-Elme.
— ETYM. Castor, héros mythologique.
CASTORÉUM (ka-sto-ré-om'), s. m. Matière animale sécrétée par les glandes placées sous la peau de l'abdomen du castor, de la femelle comme du mâle, entre l'origine de la queue et la partie postérieure des cuisses, et qui est employée en médecine comme antispasmodique.
— HIST. xvrs. Puis les oindrons d'huile laurin, de castoréum, etd'autresde pareil effet, pahé,xv,65.
— ETYM. Castor 1.
' f CASTORIN , s. m. Peaux de castorin , peaux d'un anima] amphibie de l'Amérique méridionale. CASTORINE (ka-sto-ri-n'), s. f. Étoffe de laine légère et soyeuse. Une redingote de castorine.
— étym. Castor i.
CASTRAMÉTATION (ka-stra-mé-ta-sion) , s. f. L'art de camper, surtout en parlant de l'antiquité. Traité de la castramétation des Romains.
— ÉTYM. Cnslramelari , camper, de castra , camp (voy. château), et inetari, mesurer (voy. mesure).
CASTRAT (ka-stra; le t ne se lie pas; au pluriel Vs se lie; des ka-stra-z habiles chanteurs) , s. m. Homme qu'on a châtré dans l'enfance pour en fane un chanteur qui conserve une voix semblable à celle des enfants et des femmes. Voix de castrat. Y étiez-vous lorsque le castrat Cafarielli nous jetait dans le ravissement? muer. S. I. canut.
— ÉTYM. Ital. castrato; de caslralus, de caslrare (voy. châtrer).
CASTRATION (kas-tra-sion), s. f. || 1" Terme de chirurgie. Opération par laquelle on châtre un homme, un animal. Les moyens de guérir la lèpre, entre lesquels on sera sans doute étonné de trouver la castration, dider. Lett. s. I. chirur. || Les chirurgiens appellent aussi castration l'ablation d'un seul des testicules affecté de tumeur : de là la distinction de la castration en complète et incomplète. Il 2" Terme de botanique. Opération par laquelle on empêche une plante de produire des semences.
- hist. xvr s. La voix après la castration est plus gresle, pare, vi, 18.
— ÉTYM. Provenç. castracio; espagn. castracion ; ital. ca.slrazione : de castrationem , de caslrare (voy. CHÂTRER).
CASUALITÉ (ka-zu-a-li-té), 4'. f. Qualité, condition de ce qui est casuel.
— HIST. xvr' s. Roole attesté des amendes et autres casualités [profits accidentels] escheutes aus dits offices, Souc. coustumier génèr. t. 11, p. 1129.
— ÉTYM. Bas lat. casualitas, de casualis, casuel.
f CASUARINE (ka-zu-a-ri-n'), s. /'. Nom d'un arbre des Indes orientales et de la Nouvelle-Hollande dont le bois est tiès-dur.
CASUEL, ELLE (ka-zu-èl, e-P), adj. \\ 1° Qui dépend des cas, des accidents. L'événement en est casuel, boss. lmp. 3. Les choses morales, si compliquées, si casuelles, si changeantes, fonten. Bernoulli. Ces jardins, ces campagnes, que vous tenez de moi , sont choses casuelles, dider. Essai s. Claude et Néron. Sans cette condition [qu'il n'y aurait pas d'impôt sur les rentes] , les prêteurs n'auraient pas fait une disposition si casuelle de leurs capitaux, Mirabeau, Collection, t. iv, 254, || 2° Droits casuels, profits fortuits, dans les fiefs, comme le droit d'aubaine, les lods et ventes, etc. |l Parties casuelles, droits et revenus éventuels; et le bureau môme où l'État faisait percevoir ces droits. Trésoier des parties casuelles. Charge vacante aux parlies casuelles, charge qui vaquait au profit du roi. Emplois casuels, emplois révocables. Charges casuelles, charges non héréditaires. || 3° S. m. Le casuel, le gain, le revenu casuel, par opposition â gain, revenu fixe. De quelque valeur que soient les cures tant en fonds qu'en casuel , boss. Lett. quiét. 84.
— REM. Depuis quelque temps l'usage s'est introduit de donner à casuel le sens de fragile: la porcelaine est casuelle. Mais rien, ni dans l'étymologie , ni dans l'emploi ancien , ne justifie cette acception qui doit être évitée.
— hist. xvie s. Il advient souvent, par casuelle rencontre, des accidents du tout semblables les uns aux autres, amyot. Sertor. <. Quand ils veulent injurier quelqu'un , ils ne s'attachent point aux marques extérieures du corps, ny aux choses casuelles de la fortune, id. Corn, il faut lire les poët. 54. N'estant en ce mesnage, qu'accessoire ou parties casuelles , les fruits que ces arbres donnent,