XX
— ÉTYM. Provenç. cautio; espagn. caucion; portug. cauçâo; ital. cauzione; du latin cautionem, de eautum, supin, de oavere, prendre garde j qu'on rea irdi comme équivalent au sanscrit sitar, gothiquo skavjan, l's étant tombée, ce qui arriv« souvent.
CAV
f CAUTIONNAIRE (kô-sio-nê-r') , adj. Qui a rapportais caution; qui se porte caution; (jui est donné en caution.
— Etym. Caution.
CAUTIONNÉ, ÉE (kô-sio-né, née; en poésie, de quatre syllabes), pari, passé. Cautionné par un ami.
CAUTIONNEMENT (kô-sio-ne-man ; en poésie, de cinq syllabes), s. m. || 1° Action de cautionner. Signer un cautionnement. || 2° Le gage ou la somme déposée en garantie d'un engagement, d'une gestion, etc. Tous les comptablesdu trésor fournissent en cautionnement. Dans, les adjudications publiques on exige de tous les soumissionnaires le dépôt préalable d'un cautionnement. || Mettre un détenu en liberté provisoire moyennant un cautionnement. || Somme déposée à l'effet de faire face aux amendes ((m pourraient être prononcées. Le cautionnement d'un journal.
CAUTIONNER (kô-sio-né; en poésie, de quatre syllabes), v. a. Se rendre caution pour quelqu'un. Ce caissier que vous avez cautionné et qui vient de faire banqueroute de deux cent mille écus, lesage, Turcarct. m, 9. || En général, répondre de. .le ne saurais souffrir, a-t-il dit hautement, Qu'un honnête homme soit traîné honteusement; J'en réponds sur sa mine, et je le cautionne, mol. l'Ét. v, t. Outre que de ton cœur ta foi me cautionne, id. le Dépit, t, 2. || Familièrement. Je ne vous cautionne pas cela, je ne vous l'assure pas.
— HIST. xvt« s. Crassus recueillant les fuyansleur donna d'autres armes; mais il leur demanda pièges qui les cautionnassent de les mieux garder à l'advenir, amyot. Crass. 18.
— ÉTYM Caution; espagn. caucionar , pourvoir. t CAUVETTE (kô-vè-f), 6'. f. Un des noms vulgaires du choucas.
— Etym. Autre forme de chouette.
t CAUX (ko), s. m. Nom, dans quelques départements, d'un mélange de choux, de navets et de pommes qu'on donne aux vaches et aux cochons.
— ETYM. Caulis, tige (voy.cHou).
| CAVAGE (ka-va-j'), s. m. Se dit, dans quelques places de commerce, du loyer d'une cave. - Etym. Cave.
CAVAGNOLE (ka-va-gno-P), s. m. Jeu de hasard, à tableaux et à boules. Le cavagnole ne diffère du biribi qu'en ce que chacun a son tableau particulier. Le cavagnole ne se joue plus L'ennui
vient à pas comptés  la table d'un cavagnole S'asseoir entre des majestés, volt. St. <■'*.
— ÉTYM. Ital. cavagno, compartiment.
| CAVALAGE (ka-va-la-j') , s. m. Nom qu'on donne à Paci ouplement des tortues pour la génération. Si la tortu" dort sur l'eau ou qu'un mâle soit attaché à une femelle, ce qu'on appelle un cavalage, lebat, Nouveau voy. ait.r iles, ch. xn.
— ETYM. Espagn. caballage, action du cheval qui saillit la jument, decaballo, cheval (voy. cheval).
tÇA-VA-LÀ-IIAUT(sa-va-là-hô). Terme de chasse. Cri par lequel on excite les chiens.
CAVALCADE (ka-val-ka-d'), s. f. || 1" Marche de gens à cheval : la troupe même d"S gens à cheval. La duchesse de Bourgogne fit avec le duc de Bourgogne et beaucoup de dames une grande cavalcade au bois de Boulogne, st-sim. 186, 237. Si ce jour n'était peut-être Un des derniers que je perds, Amateur des cavalcades, Je courrais dans vos déserts Montrer mes feux aux dryades, lafare . Od. VI. || 2" Marche pompeuse de gens à cheval. Le pape va en cavalcade prendre possession de l'église de St-Jean de-1 atran.
— HIST. xv;e s. Une grande cavalquade, d'aub. Hist. 1, 277 .... Et qu'ils fissent bien repaistre leurs chevaulx; car il vouloit faire une longue cavalcade, Cabloix, vin, (2. Et fist ce chemin, qui estoit de 4 5 lieues, d'une cavalcade, id. x, 7. Une autre fois, me fiant à je ne sçais quelle trel\e qui venoit d'estre publiée, je m'acheminai à un voyage par pays estrangement chatouilleux; je ne feus pas si tost esventé que voylà trois ou quatre cavalcades de divers lieux pour m'attraper, mont, iv, 2l:s.
— ÉTYM. Provenç. cavalcada; espagn. cabalgada; ital. cavalcala ; de cavalcare (voy. chevaucher).
f CAVALCADER (ka-val-ka-dé), v. n. Faire en compagnie une promenade à cheval. Nos trois étourdis s'échappèrent du pensionnat dès le matin, et on les aperçut dans l'après-midi cavalcadant près du château de Fernex, topffer, dans uumbert, Gloss. génev.
— ÉTYM. Cavalcade.
CAVALCADOUR (ka-val-ka-dour) , adj. m. Écuyer cavalcadour, écuyer qui a la surveillance des chevaux et équipages d'écurie d'un prince.
CÀV
HIST. xvi" s. 0 fameux escuyers, cavalcadours,
guerriers, Escrimeurs, voltigeurs, soldas et mariniers, BONS. 853.
— ÉTYM. Espagn. cabalgador; ital. cavalcatore; de cavalcare (voy. chevaucher).
CAVALE (ka-va-P), s. f. La femelle du cheval. Il n'en est point [des coursiers] de plus rapides que les cavales d'Eumélus, le brun, trad. de l'Iliade, livre n. C'était une cavale indomptable et rebelle. Sans frein d'acier ni rênes d'or, barbier, ïambes. || Populairement, grande femme mal bâtie.
— HIST. xvi" s. La plus belle et aggreable compaignie qui soit aux chevaux c'est des cavales, la boétie, \ ;h .
. — Etym. Caballus, cheval (voy. ce mot). L'ancien français disait ivc , de eqna , par un changement analogue a celui dé aqua en eve, eau.
CAVALERIE (ka-va-le-iie) , s. f. Troupe de gens de guerre qui sert à cheval. Un corps, un régiment, un escadron, une compagnie de cavalerie. L'ennemi était forten cavalerie. La grosse cavalerie, cavalerie arniée pesamment, montée sur de forts chevaux e1 destinée à combattre en ligne. La cavalerie de réserve, carabiniers et cuirassiers. La cavalerie légère, cavalerie montée sur des chevaux légers et destinée à faire le service d'éclaireurs, à battre la campagne, à poursuivre l'ennemi, etc. spécialement chasseurs et hussards. La cavalerie de ligne , intermédiaire, dragons et lanciers. Ayant lu dans les histoires romaines que les plus grands exploits que leur cavalerie ait faits autrefois.... voit. Lett. 144. La cavalerie de Darius était forte de trois cent mille chevaux , vaugel. Q. C. livr. m, dans richelst. Qu'est devenue cette redoutable cavalerie qu'on voit fondre sur l'ennemi avec la vitesse de l'aigle? boss. Anne de Gouz. C'est en vain qu'à travers les bois, avec sa cavalerie toute fraîche, Beck précipite sa marche pour tomber sur nos soldats épuisés, id. Louis de Bourbon. || L'art de former les hommes pour la cavalerie et de la conduire à la guerre. Cet officier entend bien la cavalerie.
— HIST. xvie Un sommier pesle mesle avec un soldat, le bagage, la cavallerie legiere, l'homme d'armes, une charrette, tout l'un parmy l'autre, la boétie, <72. Comme mots nouveaux en l'art militaire vous avez maintenant cavalerie et infanterie, h. est. dans le Dict. de dochez. X mon grand regret diray cavallerie, infanterie, enseigne, colonelle, esquadrons, au lieu de chevallerie, piétons, enseigne, coronale, bataillons, pasq. Lett. t. i, p. u>5, dans lacurne.
— ÉTYM. Cavalier; ital. cavalleria. Cavalerie a été pris de l'italien au xvie siècle.
f CA VALET (ka-va-lè), s. m. Couvercle de la lunette dans une verrerie.
— ETYM. Autre forme de chevalet.
l. CAVALIER, 1ÈRE (ka-va-lié-.liê-r"; l'rneselie jamais ; au pluriel l'« se lie : les ca-va-lié-z et les dames),*', m.etf. H i" Homme, femme à cheval. Etre bon, être mauvais cavalier, se tenir bien, se tenirmal à cheval. C'est un beau cavalier, il a bonne grâce à cheval. Borée et le soleil virent un voyageur.... Eh bien! gageons nous deux, Dit Phébus, sans tant de paroles, 5. qui plus tôt aura dégarni les épaules Du cavalier que nous voyons, la font. Fabl. vi, 3. || On dit de même, elle est bonne, elle est mauvaise cavalière. Les dames cavalières s'offensèrent, les autres prirent parti pour elles, st-simon, 278, 9. j| 2' Soldat qui sert à cheval. Il était escorté par un piquet de cavaliers. || 3° Homme d'épée. Me trouves-tu bien fait en cavalier? corn, le Ment. I, t. Choisir pour votre amant un simple cavalier, id: Cid, i, 2. Je vous laisse la gloire d'avoir paru à cheval avec des armes et un habit de cavalier au Pas-de-Suse, fén. xix, 421. || 4° Homme, par opposition à dame ou demoiselle. Il n'y avait pas assez de cavaliers à ce bal. Chaque cavalier conduisait une dame. Cette dame n'a pas de cavalier, offrez-lui le bras. C'est un aimable cavalier. || 5" Tilre d'honneur donné par polaesse â des passants, à des inconnus et même par ironie à des gens dont on a à se plaindre. Que cherchezvous, cavalier, dans cette maison? mol. Le Sicilien, se. il. J'entre ici librement: mais entre cavaliers telle liberté est permise, id. ib. se. 13. Mon cavalier, répondrez-vous à mes questions? beaum. Le Mar. de Figaro, v, (2. || 6° Cavalier servant, homme qui s'astreint à faire en tout Us volontés d'une dame dont il se fait ainsi l'esclave par amour ou par reconnaissance. 11 est fort naturel que tu me cèdes, à moi, ton oncle, tes fonctions de cavalier servant. lorsque je les réclame, ch. de Bernard, La femme de quarante ans, § 2. || 7° Aux échecs, pièce qui marche obliquement du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant une case. Le vrai mot serait
CAV
chevalier, mais aujourd'hui on dit bien plus souvent cavalier. On ne couvre point l'échec du cavalier, c'est-à-dire que, quand le cavalier met le roi ou la dame en échec, on ne peut pas interposer une autre pièce; il faut absolument ou retirer la pièce mise en échec ou prendre le cavalier. || 8° 'ferme de fortification. Amas de terre . dont le sommet compose une plate- forme, sur laquelle on dresse des batteries de canon pour nettoyer la campagne ou pour détruire quelque ouvrage de l'ennemi. || 9° Terme d'imprimerie. Papier d'un format entre le carré et le grand raisin. Tirer, imprimer sur cavalier. || Adj. Papier cavalier. || 10° Terme de ponts et chaussées. Dépôt déterre formé aux abords d'une route, d'un canal ou d'un ouvrage quelconque. || li"Dans l'histoire d'Angleterre, au xvne siècle, partisan des Stuarts.
— HIST. xvie s. Ils erigeoyent cavaliers, ressapoyent contrescarpes, enduisoyent courtines, rab. Pant. m, Prol. Dressans cavalliers pour y accommoder grand' quantité d'artillerie, ianouf, 444. Il y a trois sortes de gloire, la divine, celle du cavallier, et celle du barbier, d'aub. Fœn. iv, 4. IlsPavoient laissé aller sur foi de cavalier, in. Hist. ni, 395. Vous mesme estes trop cavallier pour estre bigot jusques là, id. Fcen. iv, 15. Nostre cavalbere. se voiant l'entrée de sa maison impossible, s'en court à Turenne, id. Hist. n, <68 C'estoit afin d'eslever une grande tour pour commander en cavalier à la bresebe, in.ib.i. 35. Dechevalerie nous avons faict cavallerie, de chevalier cavalier, pasquier, Recherches, liV. VIII, p. 661, dans LACURNE.
— ÉTYM. Le même que chevalier (voy. ce mol) ; ital. cavalière.
■2. CAVALIER, 1ÈRE (ka-va-lié, liê-r'), adj. Qui
est d'un cavalier, c'est-à-dire, en parlant de l'ait, des manières, aisé, dégagé; et aussi, brusque, inconvenant, trop leste. Avoir l'air cavalier, la mine cavalière. Réponse cavalière. Propos cavaliers. Ce procédé, ce ton est par trop cavalier. Un équipage cavalier Fait les trois quarts de leur vaillance, la font. Fabl. v, 21. Tout ce que je fais a l'air cavalier, mol. les Prix. to. Quoique j'aie la danse cavalière, ha.milt. Gramm. 7. Ce procédé est un peu trop cavalier pour un homme de bréviaire, costar, dans le roux, Dict. comique. \\ A la cavalière, /oc. adv. En cavalier. Mais il n'imporle. c'est à la cavalière, mol. les Prie. <0. J'ai ouï parler de certaines religieuses d'une manière plaisante et fort à la cavalière, boss. SU. 2.
— REM. Balzac n'approuvait pas ces expressions : un ton cavalier, un style cavalier; mais Bouhours observe que néanmoins elles se sont établies àla i
— ÉTYM. Cavalier I.
CAVALIÈREMENT (ka-va-liê-re-man), adv. || 1°
En cavalier, en homme du monde. Il danse cavalièrement. Vieilli en ce sens. || 2" D'un ton leste, avec brusquerie, inconvenance, sans égards. Elle ne laissa pas d'être choquée qu'on s'y prît si cavalièrement, hamilt. Gram. 4. Nous eûmes beau nous traiter cavalièrement dans nos chansons, in. ib. 8. Il était confondu d'avoir eu son congé si cavalièrement, id. ib. n. Ayant honte de parler simplement pour parler, comme font beaucoup de gens qui parlent cavalièrement de toutes i hoses, mallebr. Recherche, liv. n, part. 2, chap. vm, 2.
— ÉTYM. Cavalière, et le suffixe mrnt.
f CAVALINE (ka-va-li-n'), s. f. Terme de marine. Nom de pièces de bois placées dus les galères pour foimer le premier plan du bàtim • l.
f CAVALOT tka-va-lo), s. m. Pièce à çavalot, ancienne espèce de canon, fait de fer battu, qui tirail une livre de balles de plomb.
f CAVALQUET (ka-val-kè), s. m. Ancien d'une sonnerie de trompette pour la marche de la cavalerie.
— ÉTYM. Le radical caval, devenu en français cheval.
CAVATINE ( ka-va-ti-n'), s. f. Terme de musique. Sorte d'air, d'ordinaire assez court, que l'on ne répète pas et qui se rencontre souvent dans un récita1.. f obligé
— étym. Ital. cavatina.
t. CAVE (ka-v'l, s. f. \\ 1° foute espèce de i souterrain. Le sol des caves de 1 1 ibseï vatoire de Paris esl à 26 mèlres sous terre; et leur température cons1 mie à dix degrés centigrades au-dessus de zéro, les fait trouvi en hiver el froides en été.
i| autrefois, dans les églises, certain lieu voûté où l'on enterrait les morts. Il parle de la cave où il doit être enterré. l.\ bruy. v. || 2" En particulier, construction sous terre destinée à loger le vin et autres provisions. Avoir du vin en cive. Les soupiraux d'une cave. Maison élevée sur caves. Il retourne chez lui ;
CAV
CAV
CAV
dans sa cave il enterre L'argent et la joie à la ibis, la font Fàbl. vm, 2. Allez chez le ministre, vous e vastes bâtiments comblés de nos productions depuis la cave iusqu'au faite, p. t.. courier, leH. i, 76. || Fig. Aller du grenier à la cave, de la cave au grenier, tenir des propos incohérents, sans suite; et aussi, ne pas écrire droit. || Rat de cave, bougie mince et enroulée dont on se sert pour descendre a la cave. || Fig. et par injure, rat de cave, commis qui visite les caves des débitants de boissons. Je ferais mon chemin, j'aurais un bon emploi, .le serais dans la suite un conseillerdu roi, Hat de cave ou commis, regnard, le Joueur, I, I. || 3° Par extension , les vins mêmes qu'on a en cave. Monter, faire sa cave. 11 a une excellente cave. Vidons, joyeux Français, Nos caves renommées, bérang. Or. orgie. || 4" t offre à provisions d'une voiture. || Caisse à compartiments, garnie de flacons de liqueurs ou d'eaux de senteur. || 5° Terme de métallurgie. Côté opposé au bord où s'opère le travail. || Excavation prismatique dans laquelle s'écoule le laitier.
— hist. xn" s. Ne [ils] n'estoperent les caves où il estoient, Machab. i. 2. E vint Sahel à unes foldes de brebis, ki sur un chemin esteient ; truvad i une cave grande ù il entrad, pur sei aiser, Rois, 93. || xnr s. En une cave [lieu creux] firent lor agait embuschier, Ch. d'Ant. vu. 71. Et pour destourber la chauciée que le roy fesoit, les Sarrazins fesoient fere caves en terre par devers leur ost, joinv. 22t. || xive s. Adont le va li keus [le cuisinier] à la cave menant, Baud. de Seb. vm, mut. || xv"s. Je avois bien ouï dire que telle chose avoit céans, mais point n'y pensois ni ne m'en donnais de garde que ceux qui s'en sont allés s'en dussent partir par la cave, froiss. il, m, 23. || xvie s. Dame j'estois, maintenant suis esclave, Du solier suis descendue en la cave, j. mabot, v, 45. Il venoit du temple de Lebadie et de Ia.cave de Tiophonius de bonnes nouvelles aux Romains, amyot, Sylla, 37. Après s'être bien antidote l'estomac de coudigna de four [pain] et d'eau bénite de cave [vin], rab. i. dans le roux, Dict. com. En basse cave le bon vin. Récréation de devis amoureux, p. 49, dans LACURNE.
— ÉTYM. Cave, adjectif; picard, gove; provenç. espagn. et ital. cara. D'après Chifflet, on prononçait au xvir siècle hâve.
2. CAVE (ka-v'), i. f. L'argent qu'on met devant soi au brelan , à la bouillotte et autres jeux de cartes. Perdre sa cave. Faire une nouvelle cave.
— êtym. Caver 2.
?. CAVE ka-v') , ad). Creux. Des joues caves.
Œil cive. || Terme d'anatomie. Veine cave, nom des deux troncs veineux considérables qui rapportent à l'oreillette droite du cœur le sang veineux de tout le système circulatoire général, celui des parois du cœur excepté. || Veine cave , sans autre désignation, signifie la veine cave inférieure. La veine cave, qui est le principal réceptacle du sang , desc. Wéth. 5. || Terme de chronologie. Année cave, année lunaire de 353 jours, et aussi année incomplète, non pleine, que l'on fait entrer dans un calcul chronologique comme année accomplie, par exemple quand on compte, dans le règne d'un roi, comme une année la portion d'année qui a précédé sa mort. Lune cave, mois cave, mois lunaire de vingt-neuf jours.
— hist. xvr s. La veine cave descendante.... La veine porte sort de la partie cave du foye : au contraire la veine cave de la partie gibbeuse, en forme d'un tronc d'arbre, lequel, sortant dudit foye, se divise en deux grandes branches, pabê, i, 25. La veine cave ascendante, in. n, 8.
— ÉTYM. Provenç. car ; catal. eau; anc. espagn. et ital. enro; du latin cavus, creux.
<. CAVE, ÉE (ka-vé, vée) , part, passéde caver i . Rendu cave, devenu creux. Malgré ses yeux caves et son visage blême, la font. Joc.
2. CAVE, ÉE (ka-vé, vée), part, passé de caver 2. Qui a mis une certaine somme à certains jeux. Êtesvous cave? Je suis cave de tant.
CAVEAU (ka-vô), s. m. || 1° Petite cave pratiquée dans une cave ordinaire. Bacchus a vidé son caveau Pour remplir la coupe des Parques, bébang. Par(h || 2° Espèce de cabaret, de café où se réunissaienf vers 1735 les gens de lettres et les chansonniers connus par leur joyeuse humeur, Piron, Gallet, Collé, Crébillon fils, Saurin, Fuzelier, etc. Les habitués, les chansonniers du caveau. || Cette société même, ses actes, ses repas, ses chansons. Le caveau ne se dispersa qu'en 1749; il se reconstitua bientôt et dura jusqu'en (796. Renouvelé en isuc, il cessa d'exister en 48(7; enfin il a repris depuis en 1834 et dure encore. Au caveau je n'osais frap-
per; Des méchants m'avaient su tromper, bérang. Acad. et Cav. || Clef du caveau, recueil, aujourd'hui très-considérable, de tous les airs sur lesquels ont été faites ou chantées les innombrables chansons dues aux membres du caveau, et qui sont connus sous un nom particulier, comme La catacoua, Pour la baronne, La faridondaine, etc. || Depuis, caveau est devenu le nom de sociétés pareilles au caveau primitif. Je suis d'un caveau. || 3° Construction souterraine pratiquée dans les églises ou dans les cimetières pour la sépulture. L'autre, aux caveaux des vieilles basiliques, De ses aïeux vient toucher les reliques, millev. Emma et Eginard. || 4° Terme de marine. Soute supplémentaire pour les provisions du commandant.
— hist. xme s. Et en cases et en caviaux, ruteb. 196. || xvie s. Il y a en ce logis dedans un cavereau que j'ay fait murer.... garloix, m, 1 2. On creuse un petit caveau, et laisse l'on une ouverture, par laquelle on y peult dévaler, amyot, Numa, (8. Le paisan bat ses gerbes amassées, Et aux caveaux ses bouillans muis roulant.... la boétie, 333. Mets le cas, o homme, que tu ayes peu remarquer icy quelques traces de ses efl'ects [de Dieu]; penses-tu qu'il y ayt employé tout ce qu'il a peu...? Tu ne veois que l'ordre et la police de ce petit caveau où tu es logé, mont, il, 260.
— ÉTYM. Diminutif de cave I; génev. cavot; bourguig. querea ; Berry, cavereau.
CAVECÉ, ÉE (ka-ve-sé, sée), adj. Cheval rouan cavecé de noir, jument rouan cavecée de noir, cheval, jument qui a la tête noire. Usité seulement dans ces phrases.
— ÉTYM. Voy. CAVEÇON.
CAVEÇON (ka-ve-son), s. m. Demi-cercle de fer, qu'on met au nez des chevaux, pour les dompter par la contrainte qu'il leur cause en leur serrant les narines. Mettre un caveçon, donner un coup de caveçon à un cheval. || Fig. Donner un coup de caveçon à quelqu'un, lui faire éprouver une mortification , rabattre ses prétentions. Le roi ne fut pas fâché de donner à Barbézieux ce coup de caveçon [la nomination des maréchaux à son insu], st-sim. 5, 68. Cette préférence lui fut insupportable en ellemême, et encore par le coup de caveçon qu'elle lui donnait, id. 85, (02. Plusieurs frasques qu'il avoit hasardées sur la faveur de sa naissance, reçurent enfin ce coup de caveçon [refus d'emploi à l'armée], id. 104, 1 07. || Avoir besoin de caveçon, être emporté, avoir besoin d'être retenu.
— HIST. xme s. Li frains est moult biaus et moult ciers; Oncques n'ot millor chevaliers [jamais chevalier n'en eut meilleur], La caveceùre estoit d'or, FI. et RI. H 97.
— ÉTYM. .Wallon , cnbason; espagn. cabeson , collet de chemise; ital. cavexxone. L'italien a cavezzine, les rênes, et cavezza, licou ; le vieux français, chevece , ouverture d'une cotte par où on passe la tête, collet; et le bas-latin, capitium dans le même sens. Chevece, l'espagnol cabeza, le provençal caheissa , perruque, le bas- latin capitium, sont des formes diverses d'un même mot dérivé de caput, tête (voy. chef). On voit la série des significations : tête, vêtement de la tête, vêtement du cou, collet, et finalement licou, d'où l'augmentatif caveçon. L'ancien français caveceùre , bas-latin cavezatura, signifie un collet, un ornement de cou.
CAVÉE (ka-vée), s. f. Terme de vénerie. Chemin creux.
— étym. Cavata, de cavare, 'caver.
t. CAVER (ka-vé), v. a. || 1° Creuser, miner.
Casaux.... A mis le pied dans la fosse Que lui cavaien! les destins, malh. ii, 4. Mme la duchesse d'Orléans fit faire un grand enfoncement en grattant et cavant un gros mur, st-sim. 387, 225. || Absolument. La rivière a cave sous la pile du pont. || Fig. Dubois et Law cavaient en dessous auprès du régent et faisaient tout valoir [contre le duc de Noailles] , st-sim. 479. (90. || 2° Terme de doreur. Imprimer un cuir. ]| Terme de verrier. Évider un morceau de verre pour y enchâsser d'autres verres de couleur. 1 1 3° V. n. Terme d'escrime. Retirer le corps, en portant une botte et en avançant la tête. || 4° Se caver, v. réfl. Devenir cave, creux. Dans cette vie sauvage et vagabonde, ses yeux se cavèrent, son teint jaunit, bebn. de st-fierre, Paul et Virg.
— HIST. xine s. Je trovai un chesne chevé Près de terre où je me repos, Ren. 16860. Quant il vit la cavée roche, Où il peùst repos avoir, ib. 353.... Se li preudons seùst  quel heure li lerres son suel cha veir deûst, ruteb. (37. Et son cuer jusqu'au vif caver, J. DE meung, Tr. 623. || xves. Et commencè-
rent a piqueter, et a piocher, et à caver, et à oster pierres, et â affoiblir grandement la tour, froiss. n, ni, 33. || xvie s. Afin que tu lui donnes repos au jour de calamité, quand la fosse se cave pour les pécheurs, calv. Instit. 5)7. Si feit ouvrir et caver plusieurs trous et plusieurs puis au pied de la montagne, amyot, P. .Em. 21. La goutte d'eau, laquelle tombant assiduellement , creuse et cave les plus dures pierres, camus du belley, Diversités, t. 1 , f° (4 3. Quand on le mena au champ où l'exécution devait être faite , voyant le trou que Niger avoit fait caver pour le mettre, inegual et mal formé,
— ÉTYM. Berry, chaver, chave, trou du rivage; wallon, chaver; provenç. et espagn. cavar; ital. caran ; de cavus (voy. cave 3).
2. CAVER ka-vé). || 1° V. n. À différents jeux, faire un fonds d'une certaine somme pour avoir devant soi de quoi jouer. J'ai cave de tant. || Caver au plus fort, faire bon à chaque coup du jeu d'autant d'argent qu'en joue celui des joueurs qui en joue le plus, y Fig. Caver au plus fort, porter tout à l'extrême. Caver au plus bas, mettre les choses au pis. Il 2° V. a. Ils ne cavaient d'abord que trois ou quatre pistoles, hamilt. Gram. 3. || 3° Se caver, v. réfl. Même sens. Je me cave de vingt francs.
— ÉTYM. Ital. cavare, tirer (de sa poche), le même que cavare, creuser, caver.
t CAVERNAIRE (ka-vèr-nè-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit dans les cavernes.
— ÉTYM. Caverne.
CAVERNE (ka-vèr-n'), s. f. || 1" Lieu creux dans des rochers, dans des montagnes, sous terre. C'est proprement la caverne au lion, la font. Orais. Moimême il m'enferma dans des cavernes sombres, rac. l'hèd. in, 5. Les mânes effrayés quittent leurs monuments; Et les vents échappés de leurs cavernes sombres Mêlent à ces clameurs d'horribles sifflements, j. j. rouss. Cantate, Circé. || 2" Fig. Rendezvous de malfaiteurs. Cette maison est une caverne de brigands, c'est une vraie caverne. || 3° Terme de médecine. Excavation ulcéreuse qui reste dans le peumon ou ailleurs après l'évacuation complète delà matière tuberculeuse ramollie, ou du pus d'un abcès.
— HIST. xv* s. Et moult de nobles faits verras, Par celle fontaine et caverne Qui tous les sept rnetaulx gouverne, La fontaine des am. 397. || xvr s. Tout y alloit, non comme chez un officier de ville, mais comme chez un tyran du peuple ; et c'estoit non pas un parquet de justice, mais une caverne de tyrannie , la boetie, Servitude volonl. dans Montaigne, édit. de Paris, an x, t. iv, p. 363.
— ÉTYM. Bourg, caivar ne; Berry, chavarne ; provenç. espagn. et ital. caverna; du latin caverna, dérivé de cavus (voy. cave 3).
CAVERNEUX, EUSE (ka-vèr-neû, neû-z'), adj. Il 1° Plein de cavernes. Pays, lieux caverneux. Montagnes, terres caverneuses. || 2° Qui est creusé d'un ou de plusieurs trous. La vie paraît disséminée dans toutes les parties du végétal; on peut détruire impunément les unes, tandis que les autres fructifient, comme il arrive aux arbres caverneux, bekn. de st-p. Harm. liv. v. Anim.... Contre la fureur de l'aquilon rapide, Le saule caverneux nous prêtait son tronc vide, lam. Harm. ni, 2. || 3° Fig. Voix caverneuse, voix sourde et rude, et qui semble venir du fond des entrailles ou, en quelque façon, sortir d'une caverne. || 4" Terme de médecine. Râle caverneux , râle qui se produit quand il se trouve un liquide dans la cavité où l'air pénètre, et qui se fait particulièrement entendre dans les cavernes du poumon. H Terme d'anatomie. Corps caverneux, corps plein de petites cavités ou cellules, et formant â peu près les deux tiers du volume de la verge. || Sinus caverneux, nom de deux canaux veineux, l'un droit, l'autre gauche, logés dans deux gouttières de la face cérébrale du sphénoïde.
— HIST. xvie s. Les testicules sont laxes, rares, caverneux et mois, paré, i, 28. Les playes profondes, angustes et caverneuses, id. vin, 32. Telle chose se fait au moyen d'un esprit flatueux , qui remplit le canal ou le nerf caverneux, id. xvi, (<t.
— ÉTYM. Provenç. cavernos ; espagn. et ital. cavernoso;de cavernosus, de caverna, caverne.
f CAVERN0S1TÉ (ka-vèr-nô-zi-té) , S. f. Terme didactique. État d'un corps qui est percé de cavernes, de trous.
— ÉTYM. Caverneux.
f CAVERON (ka-ve-ron), s. m. Un des noms vulgaires du prunellier.
CAVET (ka-vè), s. m. Moulure rentrante, pour l'ornement des corniches d'architecture et pour les bordures de menuiserie,
CAY
CE
ÉTYM. Diminutif de cave 3.
+ CAVI (ka-vi), s. m. Nom des tubercules radicaux de l'oxalide tubéreuse, appelée oca au Brésil, où l'on mange ces tubercules.
CAVIAR (ka-vi-ar) . s. m. Aliment composé d'oeufs de grand esturgeon pressés et salés; il est très-recherché dans le nord.
— HIST. xvie s. D'entrée de table, îlz luy offrent caviat, boutargues, anchois, rab. Pant. Vf, 60. Fait jeter en leur naufs soixante et dix huit douzaines de jambons, nombre de cavials, m. ib. iv, 18.
— étym Espagn. cabial; portug. caviar; ital. caviale; grec moderne, xowiapt; turc, chouiar.
f CAVICOLE (ka-vi-ko-1'), s. m. Nom de larves de taons qui se logent dans les cavités du corps d'autres animaux.
— ETYM Cavum, cavité, et colère , habiter, t CAVICORNE (ka-vi-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a des cornes creuses.
— étym. Carus, creux (voy. cave), et corne. f CAVIÉ (ka-vi-é) ou CAVIEN (ka-vi-in), s. m.
Terme d'histoire naturelle. Nom de la famille dont le cochon d'Inde (caria) est le type.
CAVILLATION (ka-vil-la-sion) , s. f. Terme de barreau et de controverse. Mauvaise chicane dérision moquerie. Pour ne rien retenir (pu puisse laisser la plus peiiie couleur aux cavillations les plus destituées même d'apparence, il faut dire que.... st-sim. 372, 194. J'admirai les cavillations de ses réponses,
— HIST xiii* s. Bien eiist excusacions Par quiexque cavillacions, la liosc, 18314. Les renonciations qui sunt mises es lettres sunt bones; car s'eles nestoient on porroit moult de cavillations mètre avant contre les lettres, beaum. xxxv, 29. || xive s. Et se aucun par cavillacion disoit que la decretale parle de celui qui.... oresme, Eth. «62. || xve s. Son frère le duc de Glocestre y estoit plus froid que lui, et ressoignoit [craignait] les cavillacions et déceptions des paroles colorées des François, froiss. m, iv, 35 II xvie s C'est une cavillation trop imprudente d 'dire que.... Calv. 123. Et n'y a subtilité ne cavillation qui les puissent excuser que cette façon ne soit perverse, id. Préf. des Ps. de Marol. Paix jurée tant solennellement par personnes sacrées et de si haute extraction, en termes non sujets à cavillation, d'aub. Hisl II, 252.
— ÉTYM. Provenç. cavilhatio; espagn. cavilacion, de cariHationem.
f CAVILLOT (ka-vi-llo, Il mouillées), s. m. Voy.
CABILLOT.
-[CAVIN (ka-vin), s. m. || 1" Terme militaire. Chemin creux qui tien' lieu de tranchée et qui favorise les approches ou la défense. || 2» Terme de géologie. Lieu bas ou petite fondrière.
— HIST. xiv° s. Par dedens un cavain [il] se mist privéement, Du Guescl. H 56. Il n'est deuil qu'on n'oublie, à terme bien prochain; Qui est mors, il est mors, on le boute en cavain, Baud. de Seb. I 806 || xvi' s. La plaine estant au dessous de plusieurs fonceaux, vallées et cavains, amyot, Timoléon , 38. Ceux de dedans avoient pourveu d'arcbuserie tous les cavins et lieux avantageux, m. du bell. 446. [Les animaux] .... qui ont leur repaire aux caveins des montagnes, baïf, OEuvres, p. 4, dans lacurne.
— étym. Cave 3.
f CAVIROSTRE (ka-vi-ro-str'), adj. Terme de
zoologie. Qui a le bec creux.
— ÉTYM. Cavus, creux (voy. cave), et roslrum, bec (voy. rostres).
f CAVISTE (ka-vi-sf), s. m. Nom, dans quelques administrations publiques, de celui qui est chargé de l'administration de la cave.
— ÉTYM. Cave.
CAVITÉ (ka-vi-té), s. f. Vide dans un corps solide.
Les cavités d'un rocher. Les quatre cavités du cœur.
— HIST. xme s. Et estaient hors de celé caveté, Ilist. occident, des croisades, t. il, p. 5*5.
— ÉTYM. Cave 3.
f CA VOIR (ka-voir) , s. m. Instrument pour rogner le verre.
— ÉTYM. Cnver 1 .
f CAVOLINE (ka-vo-li-n'), s. f. Genre de mollusques nudibranches.
— ÉTYM. Ital. cavolino, compartiment, à cause que les tentacules sont divisés en reuillets.
t CAYENNE (ka-iè-n'), s. f. Terme de marine. Caserne servant aux marins qui attendent une destination. || Cuisine commune, pendant l'armement et le désarmement. || Vieux vaisseau installé en caserne tlottante.
— hist. xiv« s. Iceulx Flamans marchans ne po-
voient venir au hable rhavrel qui estoit clos, et aussi pour cause du guet qui estoit sur les murs et sur les caennes, nu gange, caya.
— ÉTYM. Bas-lat. caya, demeure, maison.
+ CAVES (ka-ie), s. f. pi. Terme de géographie.
Dans la mer des Antilles, îles basses, rochers, bancs formés de vase, de corail et de madrépores.
— ÉTYM. Ane. franc, caye, banc de sable, le même que chai ou quai (voy. ces mots), caye signifiant ce qui limite.
CWEU (ka-ieu), s. m. Voy. caïeu.
fCAYOPOLLIN (ka-io-po-lin), s. m. Nom d'un animal à bourse de l'Amérique du Sud.
f CAZELLE (ka-zè-1') , s. f. Espèce de bobine sur laquelle on dévide l'or filé.
t CAZETTE (ka-zè-f), s. f. Terme de céramique. Enveloppe ou pâte grossière pour séparer et supporter les poteries dans la cuisson.
I. CE, CET, m.; CETTE, f.; CES, plur. des deux genres (ce tas, se tas; cet homme, sè-t homme ; sè-t', aufém.; se, au plur.; l's se lie : ces hommes, dites : sêz hommes ) , adjectif démonstratif. Ce ne se met que devant les noms masculins qui commencent par une consonne ou par une h aspirée : ce roi, ce héros; cet, devant les noms masculins qui commencent par une voyelle ou une h muette : cet homme, cet ami, cet homme-ci, cet, homme-là. De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur? Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur? Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée, Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette armée, Cette foule de rois, ces consuls, ce sénat, Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat, Cette pourpre, cet or, que rehaussait sa gloire Et ces lauriers encor témoins de sa victoire, rac. Bérén. i 5. || Ce, cet, cette, ces, suivis d'un substantif quel qu'il soit, permettent de le déterminer de nouveau par les adverbes de lieu ci etlà. Ce livre-ci, ce livre-là. Cette plume ci, ces plumes-là. 1| Ce, cette, ces, s'appliquent à ce qui va suivre. Quand la vertu n'aurait que cet avantage de nous mettre à l'abri de toutes les tempêtes des passions, mass. Carême, Dégoûts. || Avec un adjectif pris absolument. S'il restait un seul cas à examiner, ce seul suffirait pour empêcher la définition, pasc. Préf. Vide. || Avec un adjectif possessif. Ce mien cousin que vous avez vu chez moi. Tournure archaïque et familière. Nous [Constantin] ordonnons que cette notre donation demeure ferme jusqu'à la fin du monde, volt. Mœurs, 10.
— HIST. Voy. ce 2.
2. CE, nom général de choses qui, étant le masculin de l'adjectif démonstratif, est par conséquent toujours du masculin. || i° Ilexprime, d'une façon indéterminée, l'idée que celui qui parle a dans l'esprit. C'est beau. C'est agréable. C'était le bon temps. Ce sera un jour de fête. Ce qui est vrai doit être dit. Ce qui est inspiré par le désintéressement est digne de louange. || 2" Ce, placé devant le verbe être, ou les verbes devoir, pouvoir, et précédant, ainsi placé, un pronom, un substantif, un verbe, appelle particulièrement l'attention sur ces mots. C'est vous que je demande. C'est le roi qui vient de passer. Ce ne peut encore être les gens que nous attendons. Ce doit être mes tantes et mon oncle. Si jamais homme a été capable de soutenir un si vaste' empire, c'a été sans doute Alexandre, boss. Hist. m, 5. C'a été dans notre siècle un grand spectacle de voir, dans le même temps et dans les mêmes campagnes, ces deux hommes [Condé et Turenne] que la voix commune de toute l'Europe égalait aux plus grands capitaines des siècles passés.... id. Louis de Bourbon. C'aurait peut-être été le signal d'une révolte dans tout le royaume, vertot, Rév. de Suède , 222. Nous regardons ces confessions comme autant de justices envers Dieu; mais Dieu nous fera voir que ç'ont été d'énormes injustices, bourd. Avenl, Surla'pénit. 194. Ce sont vingt mille francs qu'il m'en pourra coûter, mol. Mis. v, t. On verra que c'en sont les figures, pasc. Fig. 9. C'est vous, mon cher Narbal, pour qui mon coeur s'attendrit, fénel. Tél. ni. Vous avez fait de grandes choses ; mais, avouez la vérité, ce n'est guère vous par qui elles ont été faites, id. ib. xxn. C'est vous, digne Français, à qui je viens parler, volt. Zaïre, n, l. C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix, la font. Fabl. vu, à Mme de Montespan. Ce n'est plus le jouet d'une flamme servile, C'est Pyrrhus, c'est le fils et le rival d'Achille, rac. Andr. n . s. || Ce avec le verbe être et le pronom le, la. Est-ce là votre voiture? oui, ce l'est. Sont-ce là vos souliers? ce les sont. Regardez bien, ne les sont-ce pas [vos tablettes]? oui, ce les sont là elles-mêmes, boil.
CE
Héros de roman. ||I1 est clair que, grammaticalement, ce est sujet, et que par conséquent le verbe être doit être mis au singulier , mais il n'y aura pas d'irrégularité non plus à considérer, par inversion, le nom qui suit comme le sujet, de sorte qu'on pourra à volonté faire accorder le verbe avec ce ou avec le nom. C'est ce que faisait l'ancienne langue qui disait aussi bien c estes vous que c'estvous. Mais l'usage moderne a mis des exceptions qu'il faut connaître. || a. Avec les pronoms moi. toi, nous, vous, le verbe être se rapporte toujours à ce: c'est moi qui le dis; c'est toi qui le fais; c'est nous qui le disons; c'est vous qui le faites. || b. Si le nom est au pluriel , le verbe être s'accorde non avec ce, mais avec le nom : ce sont eux qui le veulent. Ce sont les ingrats, les menteurs, les flatteurs qui ont loué le vice, fén. Tél. xvm. || c. Néanmoins d'excellents auteurs ont conservé l'ancienne liberté de l'accord et ont mis le singulier même en ce cas. Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit, rac. Andr. i, 2. Ce n'était plus ces jeux, ces festins et ces fêtes, Où de myrte et de rose ils couronnaient leurs têtes, volt. Henr. x. Qui racontera ces détails, si je ne les révèle? Ce n'est pas les journaux, chateaub. De la Censure. Ce n'est pas seulement les hommes à combattre, c'est des montagnes inaccessibles, c'est des ravins et des précipices d'un côté, c'est partout des forts élevés, boss. Louis de Bourbon. C'est eux qui ont bâti ces douze palais, id. Hisl. m, 3. Des reproches à une tigresse, c'est des marguerites devant des pourceaux, madame grignan, 9 septembre 167), dans jullien, Gramm. p. 235. C'est elles [les femmes] qui ont accompli votre vœu, fénel. Dial. des morts, 35. Ce n'est pas les vaines distinctions que l'usage y attache, mass. Petit Car. dernier sermon. Les dieux décident de tout; c'est donc les dieux et non pas la mer qu'il faut craindre, fénel. Tél. vi. Bien qu'en ces cas l'usage moderne soit pour le pluriel , cependant on pourrait encore user de l'ancienne liberté de l'accord et imiter ces auteurs, en des occasions ou soit l'oreille, soit le caractère de l'expression y porteraient. || d. Si ce et être sont suivis de deux ou plusieurs noms, le verbe être s'accorde avec ce, c'est-à-dire se met au singulier. Dans les ouvrages de l'art c'est le travail et l'achèvement que 1 en considère, au lieu que dans les ouvrages de la nature, c'est le sublime et le prodigieux, boil. Longin, 30. C'est le nombre du peuple et l'abondance des aliments qui font la force et la vraie richesse d un royaume, fén. Tél. xxn. Cependant il n'y aurait pas de faute à mettre le pluriel; car c'est ici ialfaire non de la grammaire, mais de 1 oreille à laquelle il déplairait de trouver, après un verbe au pluriel, un nom au singulier, et qui tout d abord ne tient pas compte de ce qui suit. || e. Si , de ces noms, un était au pluriel, on n'en mettrait pas moins le verbe être au singulier, à moins que le nom au pluriel ne fût le premier: c'est la gloire et les plaisirs qu'il a en vue; mais : ce sont les plai-irs et la gloire qu'il a en vue. || f. Le verbe être se met toujours au singulier quand une préposition intervient , ce restant alors l'unique sujet du verbe. C'est pour eux que je travaille. C'est de ces hommes que j attends du secours. Cruel, c'est à ces dieux que vous sacrifiez rac Iph. iv, 4. C'était bien de chansons qu alors'il s'agissait, la font. Fabl. vu, 9 || g. C est du singulier qu'on se sert avec les nombres exprimant les heures. C'est onze heures qui sonnent || 3° Ce dans une phrase interrogative. Est-ce vous? Étaient-ce nos amis? Sa haine ou son amour, sontce les premiers droits Qui font monter au trône ou descendre les rois? rac Les frères ennemis, u, 3. Est-ce toi, chère Elise? id. Esth. i, ». Sont-ce ses -rands canons qui vous le font aimer? mol. Mis. Il, T Comment? ces noms étranges, ne sont-ce pas vos noms de baptême? id. Précieuses, 5. Est-ce moi qui t'appelle et qui règle ton cours? l. rac. Helxg.i. I Les règles sont les mêmes pour l'accord du verbe être euedans le cas précédent; l'usage moderne veut le pluriel quand le nom est au pluriel. Mais, ici aussi, de bons auteurs ont gardé la faculté de faire accorder le verbe avec ce. Est-ce ces moments que vous accordez à la religion? mass Pet Car Drap. Estce eux qui ont incendié ta cabane? dit Celuta, chat. Natc ii 329. || 4" Ce dans une phrase interrogatoire avec'qut ou que. On frappe; qui est-ce? On appelta là-bas- qu'est-ce? Qu'est-ce qu'elle dit, cette morale f mol. Bourg, n, 6. Il faut que dans l'obscurité je tâche à découvrir quelles gens ce peuvent être, u>. Sic. 5. Qui peut-ceètre?iD. L'Av. iv, 7. Quelle énigme estce ci, madame? corn. Ot/ion, n, 3. || Qu est-ce-M qu'est-ce-ci? qu'y a-t-il là? qu'y a-t-il ici? Qu est-ce
CE
là' lui dit-il [le loup, en voyant le cou pelé du chien], la font. Fol l. i, 5. Qu'est-ce-ci? dit-il à son monde; Je trouve bien peu d'herbe en tous ces râteliers, m. •b x, st. Qu'est-ce-ci ? mon char marche à souhait, m ib. iv. 18. Qu'est-ce ci, mes enfants? écoutezos flammes? coh. Bar. n, ". Il Ce redoublé. Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que ce sera? Qu'est-ce 'esl que VOUS m'apprenez là? Qu'est-ce que c'était? Qu'est-ce que c'a été? Qu'est-ce que c'est que igique? MOL. Bourg. II, «. Ce que je parle avec vous, ce que je vous dis à cette heure, je vous demande qu'est-ce que c'est? m. ib. m, 3. || Ce que c'est que, dans un membre de phrase non plus initif, mais subordonné. Je sais ce que c'est que cet air. Je vous demande ce que c'est que les paroles us dites là. Voyez ce que c'est que du monde aujourd'hui! mol. L'Etour. i, 9. Vous le voyez, mon cœur, ce que c'est que d'aimer, mol. Mélic. i, 2. [| Ce s'emploie dans le même sens en retranchant que. Voyez ce que c'est d'avoir étudié, la font. Juin. || L'analyse grammaticale se fait ainsi : Qu'est-ce que l'orgueil? se décompose en : ce que (est) l'orgueil; est quoi? Qu'est-ce que c'est que cette logique? se décompose en : ce que est ce que (est) cette logique, est quoi? il y a là un pléonasme, un peu masqué par l'ellipse de est dans le second membre. Le que est ici l'équivalent du quod latin, pronom relatif neutre. || 5° C'est.... que, avec un verbe à un mode quelconque, sauf l'infinitif. C'est à Rome, mes fils, que je prétends marcher, lue. Hit) r. m. I. Ce n'est pas de cela qu'il s'agit aujourd'hui, la font. Fabl. v, i . C'est (levant ses amants... Que la fière beauté me caressait le plus, a. chén 70. || C'est.... que. suivi d'un infinitif. C'est l'acheter trop cher que l'acheter d'un bien.... la font. Fabl. iv. (3. C'est se taxer hautement d'un défaut, que se scandaliser qu'on le reprenne, mol. Critique, ~i . i| C'est.... que de, suivi d'un infinitif. Figurez-vous quelle joie ce peut être que de relever la fortune d'une personne que l'on aime, que de donner adroitement quelques petits secours, mol. l'Avare, i. 2. Ce n'est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d'argent, id. ib 1, 4. C'eût été une chose fâcheuse pour moi que d'exposer cette enfant.... sév. (05. || L'analyse grammaticale est ainsi : C'est à vous que je parle, se décompose en : ce que est: je parle à vous, est. C'est une peine que de garder, se décompose en : ce que est: de garder, est une peine. Que représente encore le pronom relatif neutre quod du latin. || C'est.... de, suivi d'un infinitif, sans que. C'était lui faire injure de l'implorer, pasc. Pror. 4. C'est m'honorer beaucoup de vouloir que je sois témoin d'une entrevue si agréable, mol. Mal. im. il, 5. Certes c'est une chose aussi qui scandalise De voir qu'un inconnu céans s'impatronise, mol. Tart. I, L Concevez quel déplaisir ce m'est de voir que par l'avarice d'un père.... m. l'Avare, i, 2. Ce serait bien mal connaître le cœur humain de soupçonner qu'il soit possible... volt. Mœurs, Introduct. C'eût été renoncer à la foi , de ne pas désirer le jour du Seigneur, mass. Avent, Juij. || L'explication grammaticale est ainsi : C'était lui faire injure de l'implorer, se décompose en : ce, de l'implorer, était lui faire injure. Dans le xvnc siècle il était très habituel de mettre de devant un infinitif qui était sujet d'une phrase; par exemple : De dire du mal de son prochain est très-repréhensible ; c'est cette tournure qui explique le de dans la locution avec ce. || 6° Ce n'est pas que avec le subjonctif, locution par laquelle on se défend de.... on écarte l'opinion que.... Ce n'est pas que je veuille médire. Ce n'est pas que le pécheur mourant ne trouve dans sa vie passée.... mass. Aient, Mort du pécheur. || 7° C'est que, c'est de, donnant l'explication de ce qui est, de ce qui se fait. Pourquoi ne venez-vous pas avec nous? C'est que je suis malade. Le marquis de Seignelay ayant demandé au doge de Gênes ce qu'il trouvait de plus singulier à Versailles, il répondit : c'est de m'y voir, volt. Louis XIV, ti. I| L'explication grammaticale est ainsi : C'est que je suis parti, se décompose en : que je suis parti est. ce. Ici que répond à la conjonction latine quod. C'est de m'y voir, se décompose en : de m'y voir est ce [cela, cette cause]. || 8° C'està.... de, il appartient à. C'est à vous de parler. || Avec à en place de la préposition de. C'est aux gens mal tournés, aux mérites vulgaires, â brûler constamment pour des beautés sévères, mol. Mis. m, i. \\ 9° Ce explétif. Ce que je crains, c'est d'être surpris. Le véritable éloge d'un poète, c'est qu'on retienne ses vers. Ce qui me touche, c'est de voir.... Ce qui est vrai, c'est qu'il est malade. Taire un service qu'on a rendu, c'est ajouter au bienfait. Lire, peindre et faire
CE
de la musique, c'est l'occupation de sa vie. L'enfer dans cette vie c'est un mauvais ménage. Le seul moyen d'obliger les hommes à dire du bien de nous, c'est de leur en faire, volt. Charles 111, Disc. prélim. || Le ce explétif peut être supprimé. Ce que je crains est d'être surpris. Ce qui me touche est de voir, 'l'aire un service est ajouter au bienfait. Ce qu'il y avait de commode dans cet empire était que.... i. 3. rouss. Contr. i. 2. Ce qui me frappait le plus était de voir.... j. j. Rorss. Ém. iv. Ce qui me le prouve est que... j. j. roiss. Uél. VI, 7. || La répétition de ce est indispensable dans le cas où le verbe être est suivi d'un substantif au pluriel ou d'un pronom personnel. Ce qui m'attache à la vie, ce sont mes enfants. Ce qui me console, c'est vous. || 10" Ce qui.... ce sont.... ce que.... sont.... Ce sont charmes pour moi que ce qui part de vous, mol. Fem. sav. m, t. Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons, id. Éc. des F. m, 2. On m'a montré la pièce, et comme tout ce qu'il y a d'agréable sont effectivement les idées qui ont été priées de Molière, etc. id. Imp. 3. Son droit? — Tout ce qu'il dit sont autant d'impostures, rac. Les Plaideurs, H, 9. Ce qu'elle a dit de vous ne sont que des sottises qu'il ne vaut pas la peine de vous rendre, montf.sq. Correspondance, 56. || 11" Ce que, désignant une personne qu'on ne nomme pas. Ce qu'on appelle un fâcheux est celui qui.... la brut. Théophr. 20. Ne pouvant être à moi, soyez à ce que j'aime, corn. Héracl. m, t. Il peut, dans ce désordre extrême, Épouser ce qu'il hait, et perdre ce qu'il aime, rac. Andr. i, t. Mais me voir à ce point trompé par ce que j'aime, volt. Zaïre, v, 8. Il y a de la lâcheté à déguiser ce que le ciel nous a fait naître [notre origine], mol. B. gent. ni, 12. || 12° Tout ce qui , tout ce que, toutes les choses qui ou que. Tout ce que je voyais me semblait Curiace ; Tout ce qu'on me disait me parlait de ses feux; Tout ce que je disais l'assurait de mes vœux, corn. Hor. i,3. Tout ce que ce palais renfermede mystères, rac. Esth. n, t. Il 13° Ce que, signifiant tout autant que. Ce que Dieu est bon c'est de son propre fonds, boss. Bonté, i. Et Pompée est vengé ce qu'il peut l'être ici, corn. Pompée, v, 4. Vieux. || 14° Ce qui est de, suivi d'un adjectif. Ce qui est de réel, est que vous seriez céans libre comme chez vous, fén. xxi,282. Le mari ne se doute point de la manigance, voilà ce qui est de bon, mol. G. Dand. i, 2. Cette tournure, aujourd'hui moins usitée, vaut pourtant mieux que celle que nous y substituons : ce qu'il y a de réel. || 15° Ce dit-il, tournure archaïque et poétique. Ta faute, ce dis-tu, vient de m'avoir cachée... mairet, Soph. i, 1. C'est là, ce m'a-t-ildit, le seul but où je tends, la font. l'Eun. v, 3. Je devais, cedis-tu, te donner quelque avis, Qui te disposât à la chose, id. Fabl. vm, t. Doux trésors, ce dit-il, chers gages, qui jamais N'attirâtes sur vous l'envie et le mensonge, id. ib. x, to. Ce m'a-t-ildit, mol. Fdch. {. || 16° Quand ce vient.... quand ce vint.... quand ce viendra.... quand le moment est, fut, sera. Quand ce vint à payer.... la font. Belph. Naïf encor, quand d'amour ce vint l'Age, Je rencontrai deux jumeaux sous l'ombrage, millev. Plaisir et bonheur. || 17" Ce semble, il paraît, on peut le croire. Tout, ce semble, conspire contre lui. Tout, ce semblait, allait bien. Tout, ce m'a semblé, est bien allé. || Ce vous est, ce lui est, c'est pour vous, pour lui. Ce leur fut une erreur dont ils se repentirent, la font. Fab. m, 2. Ce lui était une contrainte mortelle de se conduire avec elle comme Mme la duchesse de Berry l'exigeait, st-sim. 2i)6, 23. En un mot, ce vous est une attente assez belle Que la sévérité du tuteur d'Isabelle, mol. Éc. des mar. i, 6. || Ce m'est avis, je suis d'avis. Ce leur est avis, ils sont d'avis. || 18° En style de pratique et de chancellerie, ce s'emploie absolument pour résumer ce qui a été dit. Et ce, conformément à.... Nonobstant lettres à ce contraires. Et en vertu de ce que dessus. || Ce s'emploie aussi de cette façon dans le langage ordinaire. Pour ce faire, il prit.... C^ faisant, il crut.... Et, de ce non content Aurait avec le pied réitéré.... rac. Plaid, il, 4. Le grand prieur dit à Roquelaure des choses aussi fAcheuses que celles qu'il venait d'essuyer de son frère, ce sans altérer un tlegme fort à contre temps, st-sim. 27,54. Et depuis ce [depuis lors] il n'est pédant.... volt. Cadenas. Et sur ce, je vous salue, et vous embrasse en mon nom,DiDER. à Galiani. Le pauvre homme [Courier] reçut un long papier dans lequel on l'accusait d'avoir offensé la morale publique, et de ce non content, d'avoir provoqué à offenser le roi, p. L. cour, ii, 7. || A ce que, loc. conj. usitée en style de pratique et de chancellerie, et signifiant afin que. X ce qu'il n'en
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prétendît cause d'ignorance. || Sur ce, locution par laquelle les souverains terminent leurs lettres. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. || 19° Ce, pour il. C'est plutôt fait décédera la nature que de... la bruy. xi || 20° C'est pour, avec un infinitif, cela mérite que. C'est pour en crever de rire. Certes, c'est pour en rire, et tu peux me le rendre, mol. Mélic. i, 2. Et c'est pour essuyer de trèsfacheux moments, Que lessoudains retours de son Ame inégale.... id. Psyclié, l, 2. || On ditdans le même sens c'est à. C'est à mourir de rire. C'est à n'y pas croire. || 21° C 'esl pourquoi , Incut. cory'oncf. Telle est la raison, la cause. || 22° Quec'esl, aulieudeceqi/ec>4't,locu;ion archaïque et, malheureusement, tombée en désuétude; car elle était plus brève et plus légère que celle que l'usage moderne a consacrée. Je sais que c'est, vous êtes offensée, malh. v, 27. Le repos du siècle..., va faire.... ignorer que c'est que le fer, id. ni, 3. Non à toi qui.... connais que c'est que du vrai bien,
— REM. 1. Le temps du verbe être précédé de ce est généralement déterminé par le temps du verbe suivant. Ainsi on dit : ce sera nous qui jouirons de ses bienfaits; ce fut Cicéron qui sauva la république. Mais on dirait aussi : c'est nous qui jouirons; c'est Cicéron qui sauva. || 2. Quand ce qui ou ce que a après soi deux ou plusieurs verbes, on répète d'ordinaire ce : vous ferez ce qui est juste et ce qui est demandé parles circonstances; ce que vous dites et ce que vous faites. Cependant on peut aussi faire ellipse du second ce, du moins quand les parties mises en regard n'expriment pas des choses différentes : ce que vous dites et que vous faites. Ja renonce à tout ce qui a été, qui est, qui sera libre, la bruy. xii. Tu seras ce que tu dois et que tu veux être, J. J. rouss. Bel. iv, 13. Mais si les parties mises en regard exprimaient des choses différentes, il faut absolument répéter ce : il y a une grande différence entre ce que vous dites et ce que vous faites. || 3. Massillon a employé c'est que avec une singulière hardiesse : Et une nouvelle preuve de celte vérité, c'est que. remontez à l'origine, d'où vient que l'Eglise a attaché de plus grands revenus à certains bénéfices? mass. C«n[. Revenus ecclésiastiques. Il faut remplir l'ellipse et dire : c'est que si vous remontez à l'origine, vous vous demanderez : d'où vient....
|| 4. Ce que a été employé dans le xvne siècle pour de ce que, si. Vaugelas cite cette phrase de Coeffeteau : Ce que je réponds sur-le-champ à une harangue que tu as préméditée, c'est un fruit de ce que j'ai appris de toi : il loue beaucoup cette tournure. Elle est aujourd'hui tout à fait oubliée: c'était un archaïsme, comme on peut voir à l'historique.
SYN. qu'est-ce-ci? qu'est ceci? 11 ne faut pas
confondre ces deux locutions Qu'est-ce-ci veut dire qu'y a-t-il ici? que se passe-t-il ici? Mais qu'est ceci veut dire : quelle chose est ceci , la chose dont on parle, que l'on montre : tenez, voyez; qu'est ceci? mais on dira : qu'est-ce-ci? on se querelle pour des riens.
— HIST. ix8 s. Si salvarai eo [je] cist meon fradre Karlo, Serment.
— x" s. Esi fu co, Fragm. deYalenc. p. 467. C'ert [ce sera], ib- p. 469. En cist très dies, ib. p. 467. De cest periculo, ib. p. 469. En ceste causa, ib
— xi" s. Se ceo fust u evesqué u abeïe, Lois de Guill. i. Ceo que il i avereit pris, ib. Laissez c'ester, dist Marsiles li reis, Ch. de Roland, <93. En cest pays [il] nous est venus confondre, ib. 2. En ceste terre a assez osteié [fait la guerre], ib. 3. Ço senefie paix et humilité, ib. 5. Dient Franceis: Deusl que pourra-ce estre? ib. 25.
— xne s. Ço sont les deux qui fiaellerent et tuée rent ces d'Egypte au désert, Rois, 15. Ce dist li rois: Baron or m'entendez, Roncie. 9. Un don [je [ vousquier, c'est le cor de Roland, ib. 3». Qui ce ne croient que Dieus fut surrexis . ib. 56. Ce me donnez que je désire tant, ib. t53. Mais, se Dieu plait, ce ne m'aviendra mie, Couci, 2. Douce dame, je ne vous os [ose] rover Ce dont amours ne me rove pas faire, ib. 2. Dame, por chou [ce] qu'à vous [Je ] me rent, merci, ib. Ce est la riens dont je sui plusespris, ib. (7. J'aim et désire ce qui de moi n'a cure, ib. p. 125. [Je] N'oublierai ceste honor D'amer toute ïameilloi, ib. t. Sire, dit li cuens [comte] Hues, tout ce ne lo-.je mie |je ne conseille], Saxons, 32.
— xnic s. Et quant eleoï chou [ce].... villeh. cxxx. Pierres tenoit un bail; et, parla raison de chu [ce] bail, il avoit hommes, beaum. xv, 15. Bien [il] croit que ce soit elle.... Bette, cxxn. Ce fu par un lundi que Berte fut trovée, ib. L. Se c'estes vous, sel dites [ainsi le dites] ; je vous requier et proi [prie] , ib. cv. Mais ce ne sui-je pas [ce n'est pas
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