‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 325 sur 462 · FÉN. XXI · texte numérisé non relu

FÉN. XXI

— REM. Le chevalier, quand il passait devant le château d'une dame de mauvaise renommée, faisait aux portes une note d'infamie; si au contraire la dame de céans avait bonne grâce et vertu, il lui criait.,., chateaub. Génie, iv, v, 4. Chateaubriand s'est mépris sur l'emploi de céans; il fallait léans : car le chevalier est dehors et non pas dedans; il ne faut donc pas se servir de céans qui signifie ici dedans.

— HIST. xiii" s. Que ceens entre femme n'en yver n'en esté, Berte, xlv. Despuis [nous] l'avons céans nourrie et alevée, ib. cxc. Je voy que il a. céans huit cents personnes et plus, joinv. )92. || xv" s. Tels et si faicts sont les languages par ciens par ceste ville et par toutes aultres, g. chast. Chr. des ducs de B. m, 58. || xvic s. Les exemples que je tire céans de ce que j'ay leu, mont, i, )03. La meilleure prose ancienne, et je la semé céans [ici dedans, c'est-à-dire dans mon livre] indifféremment pour vers, reluit partout de la vigueur et hardiesse poétique, id. iv,

— ÉTYM. Çai, une des anciennes formes de çà (voy. ça), et ens, de intus, dedans.

f'CËBIEN (sé-biin), s. m. Terme de zoologie. Nom d'un genre de singes du nouveau continent.

— ÉTYM. Kr]go:, singe.

t CÉBOCÉPHALE (sé-bo-sé-fa 1'), adj. Terme de tératologie. Un monstre cébocéphale, ou, substantivement, un cébocéphale, monstre à tète de singe.

— ÉTYM. Krjëo;, singe, et xs<paXï|, tète.

f CÉBRION (sé-bri-on), s. m. Terme de zoologie. Nom d'un genre de coléoptères.

— ÉTYM. Cebrio, nom d'un géant de la fable, à cause du cebriogigas.

CECI (se-si), nom général de chose, ou, ce qui revient au même, l'adjectif ce (ceci est ce-ci) pris substantivement au masculin singulier. || 1° Indique, par opposition à cela, la chose la plus proche de celui qui parle. Ceci est à moi, cela est à vous. Ceci est beau, cela est laid. || 2° Familièrement et d'une façon indéterminée. L'autre avait le nez fait de cette façon-là : C'était ceci, c'était cela, la font. Fables, vu, 5. Caquet bon becalors de jaser au plus dru, Sur ceci, sur cela, sur tout.... id. ib. xn, ) ) . On leur a donné [pour bru] la plus folle, la plus dissipatrice, la plus ceci, la plus cela qu'il est possible d'imaginer, sév. 384. Voilà M. de Coulanges qui veut que je vous dise et ceci et cela et de l'amitié , id. 1)7. Un ignorant aurait été embarrassé, et vous eût été dire, c'est ceci, c'est cela; mais moi je touche au but du premier coup, mol. Méd. malgré lui, n, 6. || 3° Indiquant, sans opposition à cela, un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Quant à ceci, c'est autre chose. Que veut dire ceci? Qu'est-ce que ceci, que tout ceci? Voyez ceci. Retenez bien ceci. Tout ceci n'an-

nonce rien de bon. Ceci n'est pas humble, mais il faut qu'il passe, sév. 448.

— REM. 1. Doit-on dire : ceci et cela me plaisent, ou ceci et cela me plaît? La seconde manière est préférable, à cause du vague dans lequel l'esprit reste après avoir entendu les mots ceci et cela. |j2. Ceci s'emploie quand on veut annoncer des paroles qui vont être prononcées. Dites à votre ami de ma part ceci : il est nécessaire qu'il prenne garde à lui. Cela s'emploie quand on se réfère à des paroles qui viennent d'être prononcées : il est nécessaire que votre ami prenne garde à lui. dites-lui cela de ma part. S'il s'agit non pas de paroles prononcées ou à prononcer, mais seulement de quelque chose à quoi on se réfère, on peut employer ou ceci ou cela : il faut songer dans la jeunesse aux besoins de la vieillesse; ceci ou cela s'adresse aux prodigues. On emploiera aussi ceci ou cela, si l'on se réfère à quelque proposition qui vient après : cela ou ceci est vrai que Galilée fut condamné par l'inquisition.

— HIST. xve s. On faict cecy, on faict cela, On va par cy, on va par là, coquill. Monol. de la botte de foin. Il xvi" s. Ma tant bonne femme est morte, qui estoyt la plus cecy, la plus cela qui feustau monde, rab. Pant. il, 3.

— ÉTYM. Ce et et; wallon, soussi.

f CÉCIFORA1E (sé-si-fur-m'), adj. Terme de botanique. En forme de caecum, de sac.

f CÉCIRÈGLE , s. m. Instrument faisant correspondre les aveugles avec les voyants par l'écriture.

CÉCITÉ (sé-si-té), s. f. État d'une personne aveugle. Il fut frappé de cécité. Sévère dans la ferme, humain dans la cité. Il [le chien] soigne le malheur, conduit la cécité, dkliile, dans la veaux. J'irai, je charmerai la discorde inhumaine. Ma triste cécité, les cris de mes rivaux, id. Paradis perdu, vu.

— SYN. cécité, aveuglement. Cécité se dit au propre, et aveuglement au figuré.

— Hisr. xvie s. Alongeons le chapitre et le bigarrons d'une aultre pièce , à propos de la cécité [au propre], mont, iii, hig. De celles [choses divines] auxquelles on a donné corps, comme la nécessité

uis parmy cette cécité universelle [au figuré],

ID. Il, 2i7.

— ÉTYM. Crcitas, de excus; provenç. cecitat . ceguetat; espagn. ceguedad

f CÉCUBE (sé-cu-b'), s. m. Nom d'un vin ancien de l'Italie qui était fort renommé, et qui s'emploie quelquefois comme synonyme de bon vin en poésie. Boire du cécube.

— ÉTYM. Ccvcubum, nom d'un vignoble de Campanie.

CÉDANT, ANTE (sé-dan, dan-f), adj. Terme de droit. Qui cède son droit; spécialement, qui cède créance. || Substantivement. Le cédant et lecessionnaire. || Terme de bourse. Propriétaire d'une action nominative qui la cède à un autre.

f CÉDÂT (sé-da), s. m. Acier naturel, de forge, de fusion.

CÉDÉ, ÉE (sé-dé, dée), part, passé. Des terres cédées à un tel par son père. La place cédée fut aussitôt occupée. I| Débiteur cédé, celui dont le créancier cède sa créance à un tiers.

CÉDER, (sé-dé; la syllabe ce prend l'accent grave devant une syllabe muette, je cède, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est conservé, je céderai : mauvaise et inutile contradiction), v. a. || 1° Laisser une chose à quelqu'un. Céder le haut du pavé à quelqu'un. Il céda la victoire à l'ennemi. Que cédé-je à mon frère en cédant vos États? cor. Nicom. iv, 3. Sans regret il vous quitte, il fait plus, il vous cède, id. Poly. iv. 5. J'ai cédé mon amant, tu t'étonnes du reste, rac. Baj. ni, 1. Elle lui céderait une indigne victoire, id. Mithr. i, ) . Le parti le plus sûr, c'est de respecter fort les procureurs du roi et leurs clercs, de fuir toute rencontre avec eux, tout démêlé, de leur céder non-seulement le haut du pavé, mais tout le pavé s'il se peut. p. l. cour, i, )74. || 2° Terme de commerce et de jurisprudence. Transporter la propriété d'une chose à une autre personne. Céder un magasin, un fonds, un cheval, une créance, un bail, ses droits, ses prétentions. || 3° V. n. Plier, fléchir sous le poids, sousla pression. La porte céda sous nos efforts. Le plancher surchargé a cédé. Cette voûte cédera. Des tumeurs molles et qui cèdent à la pression du doigt. Ses greniers cédaient sous le poids du grain. ||4°Fig. En parlant des personnes, ne pas s'opposer, ne pas résister. Ne cède pas à l'adversité. Céder aux circonstances. J'ai cède à mon penchant. Les autres cédèrent à l'habitude. Je cédais au sommeil. Cédant à la crainte, à la colère. Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages,

CEI)

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