‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 345 sur 462 · CI1E · texte numérisé non relu

CI1E

Service à cheval envers le roi ou quelque seigneur. || Spécialement, service militaire dû par le vassal en vertu du lien féodal, à la différence du service d'ost dû par tout habitant de la seigneurie (voy. ost). || Incursion hostile; course de gens armés.

— hist. xnc s. Service et chevauchie [il] nous requiert tantes fois, Sax. ;xvm. ||xrac s. Et les dames de la vile alerent encontre leur amis, à grans chevauchiées, villeh. xcil. Lors fist Hehris, li frères le conte Baudoin, une chevauchie, et mena avec lui grant partie de la bone gent de l'ost, id. xcix. Et cil des cités maintindrent moût riguereusement la guerre encontre les Grieus [Grecs], et firent maintes chevalchies, id. ci.v. Ne fu nus jors k'o sa maisnie Ne fust li rois en chevaucie, FI. et RI. 07. Il voit une grant chevauchie Où mainte dame avoit.... Ren. 1179t. Se ses sires le semmonnoit d'ost ou de cevauc'ie ou por sa meson garder, beaum. xxix, io. || xve s. Par lui se faisoient les emprises et les chevauchées, froiss. II, II, (39. Chacun cuidoil rapporter autant d'argent que les autres en avoient rapporté, qui avoient esté en l'autre chevauchée [expédition] en Angleterre avec lui, ID. i, i, 29. Ainsi se défit et rompit cette grosse chevauchée [les deux armées française et anglaise], id. i. i, 94. || xvie s. Chausser ses bottes pour une utile chevauchée, mont, iv, 304.

— ÉTYM. Chevaucher; provenç. cavalcada; espagn. cabalgada; ital. caralcata.

f CHEVAUCHEMENT (che-vô-che-man ) , s. m. |j 1° Croisement de deux pièces. || 2° Terme de botanique. Disposition des feuilles chevauchantes. ,| 3° Terme de chirurgie. Déplacement des fragments d'un os fracturé, lorsque, au lieu d'être bout a bout, ils sont parallèles l'un à l'autre dans une plus ou moins grande étendue.

HIST. xvc s. On se dissimule de nostre chevauchement; on ne veut point que nous chevauchons, afin que nous n'ayons point cause de demander argent, froiss. ii, h, 1 39.

— ÉTYM. Chevaucher.

CHEVAUCHER (che-vô-ché) , V. n. || 1° Aller a cheval. [I.e chevalier] ainsi chevauchant, il mettait a fin toutes ces aventures chantées par nos poètes, cjîateaub. Génie, iv, v, 4.||2" Terme de manège. i )i \, nicher court ou long, sa servir d'étriers trop courts ou trop longs. || Chevaler. Voy. ce mot. 1 1 Se d;l aussi de l'action du cheval faillie et incertain dans ses allures, qui se taille des boulets en marchant. |! 3° 'ferme de fauconnerie. L'oiseau chevauche, lorsqu'il s'élève par secousses au-dessus du vent. || 4" Par extension, être à califourchon. Cet enfuit chevauche sur un bâton. 1| 5" Terme de métier. Se croiser, empiéter l'un sur l'autre. Ces ardoises ne chevauchent pas régulièrement. || Terme de chirurgie. En parlant des fragments d'un os fracturé, éprouver le chevauchement. || On dit de même de dents qui se croisent, qu'elles chevauchent. || 6° Terme d'imprimerie. Être mal aligné. Ces mots, ces lignes chevauchent. || 7" V. a. Michel chevauche un cheval de prise qu'il a choisi entre tous, p. l. cour. Lctt. 1, 9i.

— SYN. ALLER À CHEVAL, CHEVAUCHER. Ces mots

veulent dire tous deux faire, à cheval , du chemin; ce qui les distingue c'est l'emploi qu'on en fait : aller à cheval est la locution vulgaire et de l'emploi journalier; chevaucher se trouve réservé pour le style relevé et surtout pour les narrations relatives au moyen âge. ■

— hist. xic s. Guenes chevalchet souz une olive haute, Ch. de Roi. xxvn. 'faut chevauchèrent es veies et chemins, ib. xm. Ne mu! ne mule que puissez chevalcher, ib. xxxv Charles chevauche et les valz et les monz, ib. cclxix. || XIIe s. Chevauchez, rois, ne soiez atarjans, lionc. p. 84. [Je] ne quesisse jamais en estor chevauchier, Sax. xvi. Et li baron chevauchent ambleure et troton , ib. xxn. || xiiic s. Après, prisrent congié pour retorner en lor pais, et chevauchterent tant par leur journées que.... villeh. xx. Et li quens de Flandres, qui la première bataille conduisoit, chevaucha, et les autres batailles chascune empr' s, id. lxxi. Li marchis Bonifaces de Monferrat chevaucha toute la marine [le long de la mer] droit vers le palais de Bouchede-Lion, id. cvii. Par Ardenne [ils] chevauchent sans nul detriement, Berte, îx. Car ce content nostre voisin, Que une asnesse parla ja, Que un prophète chevaucha, Ren. 210. Tant se haste et tant s'esploite, Tant chevauche bois etgaraue, Qu'il est venus à Theroane, id. 182)5. Mais li vaillant homme l'assaillent, Et la chevauchent [la richesse] et porsaillent, Et tant as espérons la bâtent, Qu'il s'eu aesent et esbatent, la Rose, 5238. Et s'il a si le cheval chier, Qu'il le gar* pour son chevauchier, ib.

10828. S'aucuns me preste son ceval por fere mon labor ou por cevaucier, beaum. xxxvii, 4. Ainsi fut li cuens de Poitiers, Qui toz jors fu boens et entiers, Chevaucha cest siècle terrestre, Et mena paradix en destre, ruteb. 49. I.i messager le roi arrivèrent au port d'Antioche; et dès Antioche jusqu'à leur grant roi [des Tartares], trouvèrent bien un an d'aleure, a chevauchier dix lieues le jour, joinv. 262. I| xive s. Art de faire frains est dessoubz art de chevaucher , oresme , Eth. n. Et Bauduins chevauche, qui fu gais et jolis, Baud. de Seb. vi, 367. Les deux pans doivent chevaucher l'ung sur l'autre. quant ilz sont liés, près de demy pié , Modus, l'° cxxvi, verso. || xvc s. Il monta à cheval et partit par derrière, et chevaucha tous les bois à couvert, froiss. i, I, 129. Et tondis chevauchoient les François les grands galops devers le pont.... id. i, i, 139. Elle chevauchoit ung hobin ardant, comm. vi, 7. || xvic s. C'estoit royal honneur de chevaucher un éléphant, mont, i, sec. Le courtisan dist qu'avant son temps c'estoit reproche à un gentilhomme d'en chevaucher [des mules], id. i, 3gc. Terre chevauchée [où il faut aller à cheval à cause de Féloignement] est à demi-mangée, loysel, 22fi. Les jeunes chevaulx demandent toujours ceulx qui ont accoustumé de les chevaucher, amyot, Philnp. 18. Hz ne feirent que courir et chevaucher tout le pais, n'arrestans en pas un lieu, id. Lucull. 25. Ceux qui ont les dents de devant chevauchans les unes sur les autres, pari-., iv, 2.

— ÉTYM. Provenc. cavalcnr , cavalguar; catal. caralgar; espagn. cabalgar ; ital. caralcare ; du baslatin caballicare, de caballus, cheval (voy. cheval).

t CHEVAUCHEUR (che-vô-cheur), s. m. Celui qui chevauche.

— HIST. xmc s. Et moult i a de boins chevaucheours, et moult savent de guerre, Ch. de Rains, 119. || xiv" s. Des mariniers, des chevaucheurs, oresme, Eth. 8î. || xvc s. Les chevaucheurs et les archers, froiss. i, i, 295. Nostre guet estoit de cinquante lances qui se tenoient vers la Grange aux Merciers et avoient des chevaucheurs le plus près de Paris qu'ils povoient, comm. i, 8. || xvie s. Le troisième jour du mois de février, un chevaucheur d'escurie [sorte de courrier du roi] fut déposé de son office, et sur un echafault par un des autres chevaucheurs lny feut arraché l'esmail royal, et luy banny du royaume de France, pour avoir falsifié les lectres du roy , jean d'au ion, Annales de Louis XI I, p. <47, dans lacurne. 11 envoya devers eulx un chevaucheur parti de Syracuse, qui leur apporta ceste nouvelle, amyot, Timol. 27. Ces choses descouvertes par un chevaucheur, d'aub. Hist. il, 233. Comme un mauvais chevaucheur et estourdi, calv. Instit. 223.

— ÉTYM. Provenc. cavalcaire; espagn. cabalgadir; ital. caralcatore; du bas-latin cavalcalorem (voy. chevaucher). Dans le provençal et le vieux français, nominatif singulier cavalcaire, chev.auchere; régime singulier cavalcador , chevaucheor ; nominatif pluriel cavalcador. chevaucheor; régime pluriel carakadors, chevaucheor s.

f CHEVAUCHONS (À) ( che-vô-chon), loc. adv. Jambe deçà, jambe delà, comme si l'on était à cneval.

— hist. xve s. À un grant homme monté sur un grant cheval [il] sailloit de terre ;\ chevauchon sur ses espaules, liouciq. i, 6. || xvie s. Pour eslre tombé à chevauchons sus quelque chose dure, paré, vi, 20. À chevauchons sur un baston, mont, i, 2)8.

— étym. Chevaucher.

f CHEVAUCHURE (che-vô-chu r'), s. f. Terme de construction. Disposition de parties qui empiètent les unes sur les autres.

— HIST. xne s. [Il] prist sa chevalchure et un servant, Rois, 358. || xin° s. Li avoirs fu moût grans, car en vindrent bien huit cens mil mars d:argen1 i t bien dis mil chevaucheùres [harnachements] , villeh. cviii.

— ÉTYM. Chevaucher ; provenç. cavalcadura ; anc. catal. caialgadura; espagn. cabalgadura; ital. cavalcatura.

CHEVAU-LÉGERS (che - vô-lé-jé), s. m. plur. || l°i\'om qu'on donnait à une compagnie de cavalerie composée de gens de naissance et d'honneur, qui faisaient partie de la garde du roi. Il y a eu aussi des chevau-légers de la,reine, du dauphin et de Monsieur. La différence ancienne des gendarmes et des chevau-légers consistait en ce que les premiers étaient armés pesamment, de pied en cap, et les autres légèrement. || 2" Au singulier. Un chevau-léger, un cavalier de ces compagnies.

— HIST. xvie s. Ne pourra aucun estre gendarme

qu'il n'ait esté archer ou cheval léger un an continuel, Ordonn. de Rlois, art. 289, dans menace.

— ÉTYM. Cheval, léger. L'orthographe devrait être chevaux-légers; l'usage du temps où cette troupe existait a supprimé l'x.

t CHÈVECERIE (chè-ve-se-rie), s. f. Qualité ou bénéfice du chèvecier.

— ÉTYM. Chèvecier.

t CHEVÊCHE (che-vê-ch'), s. f. Espèce de chouette. || Terme de fauconnerie. Oiseau nocturne de proie que l'on dresse à la chasse.

— HIST. xiue s. Dant Ysengrin en pié se drece, S'ahiert Renart par la chevece, Del point li donne tel boffet, Ren. dans du cange, capitium. || xvic s. Hz leur engraverent sur le front des chevesches, pource que la chevesche est la marque de la monnoie d'Athènes, amyot, l'ér. 51.

— ÉTYM. Saintonge , chavèche. Chevece, dans l'ancien français, signifie tête, vêtement de tête; ce nom a pu être attribué à une esp'ce de chouette, ces oiseaux ayant la tête remarquable.

CHEVECIER (chè-ve-sié), s. m. Dignitaire qui avait soin du chevet de l'église, c'est-à-dire du fond de l'église depuis l'endroit où la clôture commence à tourner en rond; le même que le trésorier en d'autres églises, parce qu'il garde le trésor de l'église; il a soin aussi du luminaire de l'église. Et son rare savoir, de simple marguillier, L'éleva par degrés au rang de chèvecier, boil. Lut. i. Moi, dit le chèvecier, je suis maître du chœur; qui me forcera d'aller à matines? la bruy. xiv.

— HEM. L'Académie écrit chèvecier, sans accent; cependant la prononciation n'est pas possible à moins d'accentuer che ou de donner à cet e le son de eu.

— hist. xve s. Frère Guillaume, chevassier t'u sépulcre du dit moustier, du cange, capitium. || xvic s. Maistre Pierre Legendre, preslre chèvecier curé de l'église Nostre Dame d'Estampes, Coustumier gén. t. i, p. 145.

— ETYM. Ital. capicerio ; bas-lat. capiccrius et capitiarius qui est la vraie orthographe, du bas-latin capitium, chevet d'église, de caput, tête (voy. chef).

f CHEVEU (che-vèl), s. m. Terme de serrurerie. Etau portatif.

CHEVELÉ, ÉE (cheu-ve-lé, lée), adj. Terme de blason. Tête chevelée, tête do:.t les cheveux sont d'autre émail ou d'autre couleur que la tèle.

— êtym. Cheveu.

f CHEVELÉE (cheu-ve-lée), s. f. Terme de jardinage. Quand on a couché en terre un sarment au pied du cep dans une petite rigole, en laissant deux yeux hors de terre, le produit de ce sarment séparé du pied-mère avec ses racines s'appelle chevelée ou marcotte.

— ÉTYM. Cheveu.

CHEVELU, UE (cheu-ve-Iu.Iue. Les deux e muets dans deux syllabes consécutives ne se peuvent prononcer; Richelet met un accent sur le premier de es e, ce qui montre que de son temps on prononçait ché-ve-lu; aujourd'hui on renforce l'e muet, et on lui donne le son de en), adj. || i" Qui porte de longs cheveux. ClodionleChevelu. Les rois chevelus, les rois de la première race ou mérovingiens. Chevelu sur le front et chauve par derrière, Régnier, Sat. x. D'abord ce sont des chapeaux et puis des turbans et puis des tètes chevelues et puis des tètes rasées, fonten. Mondes, Ier soir. || Poète chevelu s'est dit, par moquerie, pour poëte romantique. parce que, durant les querelles de l'école classique et de l'école romantique, plusieurs jeunes gens appartenant à celle-ci laissaient croître leur chevelure. Paturot, poëte chevelu, reybaud, Jérôme Patur '. i, I. || La Gaule chevelue, partie des Gauleles habitants portaient de longs cheveux. || Tei me d'anatomie. Le cuir chevelu, la partie de la au-dessous de laquelle sont implantés les cheveux et qui est traversée par eux. || 2" Poétiquement. J'ai vu la nymphe Écho porter ses doux concerts Sur les monts chevelus, sur les rochers déserts, j. n. rouss. Églogue. Ô lac, lils des torrents, ô Thoun, onde sacrée! Salut, monts chevelus, verts et sombres remparts, a. chën. Élég. 4o. || 3° Comète chevelue, celle qui a une traînée de lumière diffuse. Vois l'astre chevelu, qui, royal météore.... v. hugo, Odes,iv, M. || 4" Racine chevelue, celle qui a un grand nombre de filaments déliés. || Plante chevelue, ceile qui a beaucoup de rameaux. Les palmiers chevelus, pendant au front des tours, Semblaient d'eu bas des touffes d'herbes, v. iiigo, Orient, l. À travers les herbes chevelues du rocher, la lune éclairait la tète du jeune homme, chateaub. Duthona, 23 9. || Graine chevelue, graine qui porte poils

CHE

déliés. || 5"N. m. Le chevelu, l'ensemble des divisions les plus ténues des racines, par lesquelles l'arbre pompe les sues nourriciers. On nous a montré, en Angleterre , une espèce de cresson fort curieux; il porte plusieurs chevelus dans ses cimes; lorsque ceux qui se trouvent a l'une îles extrémités de la sont assez, longs pour atteindre au fond de l'eau, ils y prennent racine, chateaub. Génie, i, v, h .

— mis r. xir s. Il n'i fist joie ne cheveluz ne chauz [chauve], llonc. p. 149. || xiii0 s. Se vous aviés passé le flum Joidam, vous n'i aienderiés ne cauf ne kevelu, Chr. des Rains, 203. Il n'i remest ne bons ne maux Fors eulx. ne chevelox ne eaux [chauve], Jdn. 12672. || xvic s. Par l'espaisseur des forets chevelues, dubell. il, 13, recto. Allez, filles de laNuict, De longs serpens chevelues, id. il, 43, recto. En d'aucuns endroits, la vigne donne des chevelues et des margoutes dont on tire de l'argent par chacun an, o. de serres, 145. On attend à y mettre la crocete ou la chevelue, après en avoir universellement desrompu le fonds, in. tf>9. Autant se fasche le chevelu comme le chauve qu'on luy arrache le poil,

— ÉTYM. Cheveu ;espagn. cabelludo; ital. cnpclhito.

CHEVELURE (cheu-ve-lu-r'; voyez à chevelu, la remarque sur la prononciation; Richelet écrit chevelure), s. f. I! 1° L'ensemble des cheveux. Avoir une belle, une longue chevelure. 11 n'y avait autrefois que les rois de France qui eussent dro i de chevelure, tiiieks, Hist. des perruques, ch. n, dans richelet. Moi aussi, j'ai eu la physionomie dévastée et une chevelure renouvelée des rois mérovingiens, reybaud, Jér. Paturot, i, t. Grands mats rompus, traînant leurs cordages épars, Comme des chevelures, v. hugo, Orient. 2. || Enlever la chevelure, se dit des sauvages de l'Amérique du Nord, qui enlèvent une portion du cuir chevelu d'un ennemi vaincu et en font un trophée. Onlalissi et Miscou qui ont enlevé plus de cent chevelures aux héros Muscogulges, chateaub. Atala, 2I4.|| 2° Par analogie et poétiquement, le feuillage des arbres. La verie chevelure du pin. Les arbres ont perdu leur chevelure verte, gopf.au, dans richelet. || 3° Terme d'astronomie. La chevelure d'une comète, traînée de matière lumineuse et diffuse qu'elle emporte avec elle. Une comète dontla chevelure menace la terre, balz. Socr. chrétien, dise. io. || La Chevelure de Bérénice, constellation de l'hémisphère septentrional. || 4° Terme de botanique. Espèce d'aigrette formée par un faisceau de poils longs et mous qui couronnent certaines graines, et qui est inhérent à la tunique propre. || Touffe de feuilles qui couronne l'ananas.

— HIST. xie s. [Il] tranche la coife et la cheveleure, Ch. de Roi. eu. || xne s. Sa cheveleùre bloie, Ses blansdois Ions et traitis, Couci, p. (20. ||xine s. C'est une chose moult plaisant Que biauté de cheveleùre, la Rose, <3785. || xvr s. Hérissant sa chevelure, DtBEi.L. ni, 78, ncto. La vigne sera tous-jours propre à planter, pourveu qu'elle aie belle chevelure [racines], o. deserres, 189.

— ÉTYM. Picard, carelwe; Berry, cheverivre; provenç. càbelladura; ital. capellatura; du latin capillntura . de capillus, cheveu (voy. cheveu).

f CHEVEU (che-vé), v. n. || i° Creuser une pierre précieuse par-dessous, pour affaiblir la couleur lorsqu'elle est trop forte. || 2° Rendre concave une pièce de métal, ji 3"Kaire subir au verre le chevage. Verres chevés, verres pour montres et pendules.

— HIST. xin" s. Prestre Martin se porpensa, Qu'une grant fosse chevera, Ben. 7408. || xvr' s. Nul ne peut chever ne faire entrepnnse sur la chausseure [chaussée] d'icelie vide, Coustumier gén. t. i, p. 528.

— ÉTYM. Chever, ancienne forme de carer (voy. ce mot).

CHEVET (che-vè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel Ys se lie : les che-vè z et...; chevets rime avec traits, succès, jamais), s. m. || 1° Partie du lit où l'on met la tête. Pecquet était au chevet de mon lit [me soignait] pour un épouvantable rhume, sév. 28. Mme de Mouchi est à son chevet, id. 389. || Poétiquement. Dans mon réduit où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon chevet, bérang. Dieu des bonnes gens. || 2° Sorte d'oreiller allongé qui se met à la tête du lit, autrement dit traversin. || Fig. Il a trouvé cela sous son chevet, il l'a rêvé, imaginé ou inventé. Allons sur le chevet rêver quelque moyen, corn, le Ment, m, o.||F,tre brouillé avec le chevet, nepouvoirs'endormir, avoir des insomnies. Je croyais qu'il n'y eut que les aman is qui fussent brouillés avec le chevet, Femme poussée à bout, comédie, dans le roux, Dict.com. \\ Droit

CHE

de chevet, certaine somme qu'un officier des compagnics supérieures payait à ses confrères quand il se mariait. ||3° Épée de chevet, poignard que l'on tenait, la nuit, à sa portée. || Fig. Toujours de l'argent! Voila leur épée de chevet, de l'argent! mol. l'Av. m, 5. || Livre de prédilection, celui qu'on lit avant de s'endormir. L'Iliade d'Homère élait l'épée de chevet d'Alexandre. || 4° Tout ce qui sert a appuyer la tête pendant le sommeil. Un sac de blé lui servait de chevet. || Fig. L'insouciance est, en quelques circonstances, le meilleur des chevets. jj 5° Partie qui termine le chœur d'une église où est l'autel, où se célèbrent les mystères, et qui est souvent plus élevée que le reste. || G0 Rebord de plomb, qu'on met aux chéneaux d'un toit, près de la gouttière, pour empêcher que l'eau ne s'échappe. || Lit ou mur d'un filon. || 7° Terme de marine. Garniture pour garantir du frottement. || Terme d'artillerie. Coin de bois propre à faire varier l'inclinaison du mortier. Gros billot de bois qui, placé sous le derrière de l'affût d'un canon, en soutient la culasse. -- hist. xiiie s. Et soit li caves du lit haus et bien couvers de dras, alebrant, f° 7. Lors se torna Merlins lez le chevez, et li consoille moult bas en l'oroille, merlin, fJ 70, verso. Desos le chevès à l'enfant, Grégoire le Grand, p. 22. Monte au chevaisà désire main, Où gist le corps de St. Romain, du cange, capitium. Que Herodefist martirer, Le chevet

[tête] à glaive trancher, id. ib. Et se il ne se pi ni

concorder, li vallés puet aler en la place au chevet Saint-Gervais, devant lameson laconverce, Livre des met. 132. Frère Yves trouva un livre au chevès du lit au vieil, joinv. 200. [] xiv"s. Vostreymage richement parée et mise haut du chevet démon lit, machault, p. 144. y xvie s. Le triumvirat, estant de retour au camp, haussa le chevet à leurs demandes [les rendit plus exigeants], d'aub. Hist. 1, 142. Il les mettoit la nuict dessous son chevet de lict avec quelques autres armes, in. ib. 1, 337. Point qui, depuis Philippe de Commines, n'a esté gueres bien connu par ceux qui ont écrit, pour n'avoir pas fait leur chevet au pied des rois, comme lui et moi, id. ib. 11, 345. Portant quelques chevets de licts sur les murailles, où ils sejournoient jour et nuict, id. ib. il, a 1 . Elle prend son arc turquois, Recoiffe sa tresse blonde, Met pour chevet son carquois, Puis s'endort au bruit de l'onde, rons. 433.

— ETYM. Picard, cavet. La forme régulière est l'ancienne forme chavais ou chavès, de capitium signifiant dans le bas-lalin chevet d'église, et dans le latin classique vêtement couvrant la tête, et qui , ayant l'accent sur pit, donne régulièrement chevais ; la finale alium, itium donnant d'ordinaire as, ais, es. Chevet, diminutif de chef, signifie proprement tête, et a été assimilé par confusion à chevais.

t CHÈVETEAU (chè-ve-tô) , s. m. || 1° Dans un moulin, grosse piècede bois, sur laquelle tourne le tourillon de l'arbre. || 2° Terme de charpenterie. Solive d'enchevêtrure.

— ÉTYM. Chevet.

CHEVÊTRE (che-vê-tr') , s. m. || 1° Licou. Chevêtre de cuir. || 2° Terme de chirurgie. Bandage que l'on emploie pour maintenir réduites les fractures et les luxations de l'os maxillaire inférieur. || 3° Terme de charpenterie. Pièce de bois dans laquelle on emboîte les soliveaux du plancher. || Terme de serrurerie. Barre de fer servant de soutien.

— HIST. xie s. Les altres quatre [chevaux] chaceùrs e palefreiz à freins et à chevestres, Lois de Guill. 22. Il xii' s. En chevestre et en frain lur maixeles [des chevaux] cunstrain [contrains, à l'impératif], Liber psalm. p. 39. || xmes, Cordier de Paris si sont quite pour les chavestres que il doivent aus soumiers lou Roy, Liv. des met. 291 . Ne pues-tu pas trover à vendre Ou hars, ou cordes, ou chevestres? la Rose, 8779. Li mondes nous assaut à destre et à senestre; Et deables chevauchent sans frein et sans chevestre, j. de meung. Test. H28. || xve s. Lois se leva la roine et fit lever les six bourgeois [de Calais] et leur oster les chevestres d'entour leur cou.... froiss. 1, 1, 32). Un suaire sur son braz, le chevestre au coul et le coustel au poing, al. chart. l'Espérance. Ma chère dame, j'ay un maistre, Un grand bourgois sy mal chevestre, Que je ne puys à

lui durer, Mir. de Ste Genev. ||xvies L'enferme

et clost : et du rude chevestre Lye son col, qui n'a mérité d'estre Ainsi traicté, marot, iv, 4o. Il va prendre le chevestre de son mulet, qui estoit de cordes, lequel il vint approprier au col de sa femme, yver, p. ei7.

— étym. Provenç. cabeslre; espagn. cabestro; ital. capes tro ; du latin capistrum, de capere , prendre (voy. capable).

CHE

f CHEVÊTRIER (che-vê-tri-é) , s. m. Pièce qui sert de support à un tourillon. || Solive d'enchevêtrure.

— ÉTYM. Chevêtre.

CHEVEU (che-veu; le pluriel cheveux se prononce che-veù, c'est-à-dire le singul.er comme feu, et le pluriel comme feux), s. m. || 1° Poil particulier à la partie de la peau qui recouvre le crâne dans l'espèce humaine. De beaux cheveux. Des cheveux bouclés. Touffe, poignée, boucles, tresses de cheveux. Cheveux d'ébène. Fin comme un cheveu. Les cheveux comme les ongles n'acquièrent de l'accroissement que du côté de la racine. Les Gaulois portaient de grands cheveux; mais quand la monarchie française fut bien établie, les Français les portaient courts, et il n'y avait que les rois et les princes du sang qui les portassent longs, thiers, Hist. des perruques, ch. n, dans richelet. Les ridicules aventures D'un amoureux en cheveux gris, MALII. m, 3. Je sais que les uns lui mettront, Comme il toi, les rides au front, Et feront à sa tresse blonde .Mémo outrage qu'à tes cheveux, id. iv, 16. Ils récitent force prières, ils portent les cheveux courts, desc. Pass. 190. Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes, rac. Mithrid. m, 5. Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux ? id. Phèdre, 1, 3. Et qu'une main savante avec tant d'artifice Bâtit de ses cheveux l'élégant édifice, boil. Sat. x. J'aime en lui ces cheveux tout couverts de lauriers , corn. Serlor. n, i. Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur, m. Cid, m, 6. || Familièrement. Il ne lui a pas touché un cheveu, se dit pour exprimer qu'il n'a pas porté sa main sur lui ou sur elle, soit pour battre, soit pour faire quelque tentative trop libre. Il C'est la sagesse qui lui a fait tomber les cheveux, se dit par antiphrase de quelqu'un qui a perdu ses cheveux pour n'avoir pas été suffisamment sage, réglé dans sa conduite, à cause qu'une opinion vulgaire attribue aux excès une calvitie prématurée. C'est mon avis, moi de qui la sagesse A fait tomber tous les cheveux, bérang. Mes cheveux. || Être coiffé en cheveux, n'avoir pour coiffure que ses cheveux arrangés de telle ou telle façon. Dans le même sens, être en cheveux. On dit aussi, sans le verbe être : Cette femme ne se tient pas bien, elle sort en cheveux. Il Faux cheveux, ceux qui ne tiennent pas à la fêle, mais qui y sont appliqués en tresses, tours ou perruques. || Tour de cheveux, bandeaux de faux cheveux que les femmes portaient par devant en place des leurs. || Se prendre aux cheveux, se dit de gens qui, dans une rixe, se saisissent par les cheveux. Ils se prennent, ils se tiennent aux cheveux. Il Fig. Se prendre aux cheveux, discuter avec une grande animosité. Les mères, les maris me prendront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus, la font. Oies. Il Prendre une occasion aux cheveux . ne pas la manquer. C'est une occasion qu'il faut prendre vite aux cheveux, mol. l'Av. 1, 7. Locution qui vient de ce que les anciens représentaient l'occasion chevelue par devant et chauve derrière; lorsqu'on l'avait laissée passer, on n- pouvait plu; la saisir par les cheveux. || S'arracher les cheveux, arracher ses cheveux ; et fig. être en proie à un violent désespoir. Livré au désespoir, il s'arrache les cheveux, fém. Tél. xiv. || Faire dresser les cheveux à la tète, ou, simplement, faire dresser les cheveux, faire horreur. Les cheveux me dressent à la tète, je suis saisi d'horreur. Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux, bac. Vhèd. iv, g. Des passages qui font dresser les cheveux à la tête des simples, pasc. Prov. 15. Une terreur qui me fit dresser les cheveux, j. J. rouss. Ém. n. Dans le songe d'Énée, le silence d'Hector, son soupir suivi du: fuge, eripe flammis, font dresser les cheveux sur la tête, chateaub. Génie, n v, H. || Familièrement. Il ne s'en faut pas de l'épaisseur d'un cheveu, il s'en faut très-peu. Vendôme, après avoir mis le roi d'Espagne à un cheveu de sa perte, manqua encore de finir la guerre d'un seul coup, en détruisant l'armée de Staremberg, st-sim. 283, ton. Il Fendre, couper un cheveu en quatre, subtiliser. Je l'ai dit du duc de Chevreuse, je le répète ici do ce chancelier [d'Aguesseau], il coupait un cheveu en quatre, st-sim. 453, 123. || Raisonnement tiré par les cheveux, raisonnement forcé, péniblement déduit. Il y a d'autres figures qui semblent un peu tirées par les cheveux, pasc. Fig. '■" C'eûl été trop tirer les choses par les cheveux, boss. Leti. quiét. 97. Il populairement, avoir de beaux cheveux su dit ironiquement pour être dans une position ou un état misérable, même en parlant des choses..

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[I 2° S. m. plur. 'Ierme de botanique. Cheveux d'évêqne, la raiponce. || Cheveux de Vénus, radiante do Montpellier. || Cheveux de la Vierge, plusieurs espèces de byssus et aussi la fleur de la viorne. || Cheveux de la Vierge, se dit quelquefois improprement pour fils de la Vierge. || Cheveux de paysan, chicorée sauvage nommée à Paris barbe de capucin. || 3" Cheveux d'ange, espèce de confiture d écorce de citron ou de cédrat. || 4° Terme de marine. Lever une ancre par les cheveux, la lever à l'aide de son orin. || Proverbes. Tous nos cheveux sont comptés, c'est-à-dire la Providence a soin des moindres choses qui nous regardent. || On ne peut prendre un homme rasé aux cheveux, on ne peut rien prendre à qui n'a rien.

— WST. m" s. Jusqu'à la terre li chevoel lui balient [balayent] , Ch. de Roi. lxxvi. [Elle] trait ses chevels, si se clame chetive, ib. clxxxiv. || xn* s. Et la roine qui ot les chevolsblons, ib. p. ne. 1res qu'es chevols li est li brans couru, ib- p. 145. Elle comence ses cheveuz à tirer, ib. p. (71. [Damel Bêle tt gente et avenant, Cheveus blons, sourcisplaisans, Coud, p '23. Rogiers del Punt l'Evesque n'i pout sun quer [cœur] celer : Thomas, Thomas, fait-il, mar m'i faites passer; À. vostre chief ferai mal chevex atorner, Th. le mart. 1 33. Cil comença à pensier à son aage, à ses che\eus qui estoient chanu, Hachai), n, ch. 8. || xmes. Et les cheveus plus blons que cnques n'eut Helaine, Berte, l. Mainte paume batue, et mains cheveus tirés, ib. cxxxn. s'il ne] veut reprendre [l'amour], Por ce ne Pirai-je pas prendre Par ses biaus chevex.... Lai de l'ombre. Moult fort commence à sopirer, Et ses cevols à detirer, Ren. 12406. Ysengrin l'ot en grant despii, Et sa force prisa petit, Ainz n'i daigna oster chevoil, ib. 14617. Si cheveul tuit destrecié furent, Et espandu par son cul jurent [furent gisants], la Rose, 319. Detouailles [toiles] sont entorteillées leur testes [des Bédouins], qui leur vont par desous le menton, dont ledes gens et hydeuses sont à regarder; car les cheveux des testes et des barbes sont touz noirs, joinv. 230. j| xv* s. Tous les cheveux de la teste lui churent, froiss. il, il. 70. Vous seriez plus chetif en ce pays, ni de tous vos conquests nous ne donnerions quatre cnev eus. id.ii, m, 39. Elle fut guidée en la chambre où son serviteur estoit, qui voulentiersla vit en cotte simple et en cheveux, louis xi, Nouv. xxxvn || xvies. Prenons Pheureaux cheveux, l'homme rappelle en vain La sourde occasion alors qu'elle est absente, dubei.l. iii, 6i, recto. Comme Pautonne saccage Les verds cheveux du boccage, id. iii, 77, recto. Quelques uns les tordans à force, et les tirans, comme l'on dit, par les cheveux, en expositions allégoriques.... amyut, Comm. lire 1rs pnët. (3. Il fit dresser les cheveux à la teste des capitaines et soldats qui le visitaient, en leur confessant.... d'aub. Vie. xxi. Ce méchant lui fit donner du poison dans un potage, qui lui fit faire 80 selles dans un jour, tomber les cheveux et peler la peau, id. ib. xxxvi. Au fort du combat il prit son espée de la main gauche pomr sauver un bracelet de cheveux de sa maistresss qui estoit attaché à ce bras, id. i'&.xlv. Ils saisirent cette occasion aux cheveux pour charger leur ami de divers projets qu'ils avoiçnt formez, id. ib. Lin. Cheveuwle-Venus, d'autant que ceste herbe embellit les cheveux ; et parce que les anciens peignoient leur déesse Venus avec belle chevelure, ce mot de Venus y est ajousté, o. de serres, 611. Cheveul en teste ne luy tient, rons. 47 1.

— ÉTYM. Wallon, chevè ; namur. chefta; picard, cavieu ; provenç. cabelh; catal. cabell; espagn. cabello; ital. capello; du latin capiUus, cheveu. Dans le vieux français, nominatif singulier chevels, cheveus , régime chevel.

f CHEVEUR, s. m. Ouvrier qui chève le verre.

jCUEVILLAGE fche-vi-lla-j' , Il mouillées), s. m. L'ensemble des chevilles d'un ouvrage. || Action de cheviller.

f CHEVILLARD (che vi-llard, Il mouillées), s. m. Boucher qui vend à la cheville.

CHEVILLE (che-vi-lP, II mouillées, et non chevi-ye), s. f. \\ i" . Morceau de bois ou de fer court etarrondi,dont on se sert pour boucher, ou assembler, ou accrocher. Cheville de bois, de fer. Planter, ficher une cheville. || On dit d'un bâtiment qui est achevé, qu'il n'y manque pas une cheville. || 2° Cheville ouvrière, grosse cheville qui joint Pavant-train avec le train de derrière d'une voiture. || Kig. Cheville ouvrière, l'agent principal, indispensabled'unechose.|| En termes de marine, cheville ouvrière, tige de fer qui traverse le châssis de l'affût d'une caronade ainsi que le pilon de sabord. || 3° Cheville à tourniquet, bâton qu on passe dans une corde et dont on fait une es-

pèce île tourniquet. || 4° Petite pièce de bois ou de métal qui sert à tendre les cordes d'un violon, d'une guitare, d'une harpe, d'un piano. Tourmenter ses chevilles, ou les chevilles d'un violon, se dit d'un joueur inhabile qui ne sait pas bien s'accorder ou qui est obligé de s'y reprendre à tout instant. || 5° La cheville du pied, saillie des os de l'articulation du pied, formée en dedans par le tibia, en dehors par le péroné. || Fig. 11 ne lui va pas à la cheville, c'est-àdire il lui est très-inférieur. Je répondis au P. Letellier que je n'avais jamais cru nos ducs aller à la cheville du pied d'un comte d'Orient [empire de Constantinople], st-sim. 369, 128. || 6° Fil de métal qui traverse les charnons d'une charnière. || Pièce d'une presse d'imprimerie. || Sorte de grand clou de fer. || 7" 5. f. plur. Terme de vénerie. Andouillers qui sortent des perches de la tête du cerf, du daim, du chevreuil. |j En termes de blason, ramures d'une corne de cerf. || 8° Atteler en cheville, atteler un cheval devant un limonier. || Aux jeux de Phombre, du quadrille et du tri, être en cheville, n'être ni le premier ni le dernier en carte. || 9° Vendre à la cheville, revendre en gros et en demi-gros la viande dépecée : expression en usage parmi les bouchers de Paris. On dit dans le même sens commerce à la cheville. Locution tirée de ce que la viande était accrochée à des chevilles. || 10" Fig. Terme de littérature. Toute expression qui, inutile à la pensée, ne sert qu'à tenir une place dans la phrase ou dans le vers. Cette épithète est une cheville. Vers remplis dechevilles. Cheville! redondance inutile! j. j. rouss. Ém. n. || Par analogie. C'est une cheville très-inutile que l'énoncé qu'il [le cardinal de Bouillon] fait que le roi est grand maître de l'ordre, st-sim. 279, 27. || Proverbes. Pour un trou il a vingt chevilles, c'est-à-dire il est plein d'expédients. || Autant de trous, autant de chevilles, et autant de chevilles que de trous, autant de reproches, autant de raisons et d'excuses. || Le voilà bien, il ne lui faut plus qu'une cheville pour le bien tenir, se dit d'un homme que la fortune a mis dans un bon poste.

— WST. xme s. Il ostent la cheville, n'i font delaiement, Berte , xcv. Et se il i a un nuef fust où il i ait neu fort, il i puet ferir une cheville sans meffet, Liv. des met. 103. Nus selier ne puet mètre sele

j à fenestre, bas ne haut, seur voie, se n'est à cheville, Liv. des met. 211. Ou sur charbons ou sur greïlles, Ou tournoies à grans chevilles, Comme Ixion à trenchans roes, la Rose, 19478. Cil qui le tient à louage [le moulin], sans depecier et apeticier le loier, doit livrer quevilles, fuisiax, aubes et teles ! menues cozes, beaum. xxxviii, 17. N'i out keville ne closture Ke ne fut tute d'ebenus, marie, Gugemer. Si les couchent sur leur costez et leur mettent les jambes parmi les chevilles dedans [sorte de pu nition) , joinv. 243. Les bendes sont de fer, et roides les chevilles, Ch. d'Ant. Compl. I07.||xves. En ce parti que je vous di fuient les François.... et se tinrent tout cois es marais et en la bourbe et ordures jusques aux chevilles, froiss. ii, ii. 183. Ado ne se releva un des deux; et prit les clefs de la porte qui pendoient à une cheville, id. ii, ii, 99. S'entredonnerent telz coups que toute la vallée en retentist; mais à Lyonnel mal en prit, tellement que les chevilles de sa selle rompirent; si fut renversé par terre, Percforrst , t. m, f" 90. Vous cuidez bien, par vos engins, À\ tous pertuis trouver chevilles, ch. d'orl. Rondeau. || xvr*s. Ils poulsoient et chassoient hors du siège impérial les empereurs les uns par les autres, ne plus ne moins qu'une cheville chasse l'autre, amyot, Galba, 2. L'os de la jambe de sa partie intérieure fait la malléole interne, autrement dit la cheville, pare, iv, 36. Je trouveray autant de chevilles que tu trouveras de pertuis, génin, Récréai, t. n, p. 24 1. Faire compter les chevilles [faire attendre quelqu'un longtemps dans une chambre], Nuits de Straparole, t. n, p. 228, dans lacurne. Pendre son manteau à faible cheville, cotgrave. Des santez vigoreuses , les mortelles maladies; ainsi des rares et vifves agitations de nos âmes, les plus excellentes manies et plus destracquées; il n'y a qu'un demi tour de cheville à passer de l'un à Paultre, mont, ii, 214.

— ÉTYM. Picard. keville ; provenç. cavilla; portug. cavilha; ital. cavicchia, car ig lia, cavicchio, cariglio ; du latin clavicula, petite clef, d'où cheville, diminutif de clavis, clef (voy. clef) , transformé par les langues romanes en clavicla, et, par euphonie, cavicla.

CHEVILLÉ, ÉE (che-vi-llé, liée, Il mouillées), part, passé. |l 1° Navire solidement chevillé. || Fig. Avoir l'âme chevillée dans le corps, résister aux blessures, aux maladies les plus graves. || ?" Terme I

de botanique. Qui a la forme d'un clou. || 3° Terme de manège. Cheval chevillé, cheval dont les épaules sont trop serrées. || 4° Terme de vénerie. L'ne tête de cerf qui a beaucoup de belles pointes, se nomme une tête bien chevillée. || Terme de blason. Garni d'andouiilers. Il porte d'azur à deux bois de cerf, chaque branche chevillée de six pièces d'argent. Il 5° Fig. Rempli de chevilles, c'est-à-dire de mots inutiles, mis uniquement pour faire le vers ou arrondir la phrase. Que dites-vous de ces vers chevillés, De ces discours obscurs, entortillés? J. B. rouss. dans le Dict. de dochez.

1. CHEVILLER (che-vi-llé, Il mouillées, et non che-vi-yé), v. a. || 1° Assembler avec des chevilles. Cheviller une porte. || 2" Fig. Cheviller des vers, y faire entrer des mots inutiles. Ce beau nom de machine ronde, Que nos flasques auteurs, en chevilvillant leurs vers, Donnaient à l'aventure à ce plat univers, volt. Ép. xxxix. || Absolument. Mais ce n'e~t rien auprès des versificateurs; Le df rnier des humains esteelui qui cheville, a. de musset , Après une lecture. || 3° Tordre la soie pour qu'elle se décolle.

— HIST. xiii* s. Mairien kivilbet, taili.iar, Reçue)/, p. 482. Les eschielessont faîtes grans et bien chevillites, h. de valenc. xxxv. Il est cheuz enz el bioion [piège], Qui chevilliez fuel roion, Renarl , 12726. Planches bien chevillées, joinv. 26<;.[| xivs. Ceste roys [ce rets] est quevillée en telle manière qu'elle "est plus longue que large, Modus, f"cxxx, verso. || xvi* s. Il y en a [des sorciers] qui empeschent que l'homme n'a rendu son urine, ce qu'ils appellent cheviller, pare, xix, 32.

— ÉTYM. Cheville; provenç. cavillar; portug. cavilhar.

f 2. CHEVILLER (che-vi-llé, Il mouillées), s. m. La partie d'un instrument à cordes où les chevilles sont fixées.

— ÉTYM. Cheville.

t CHEVILLETTE (che-vi-llè-f, Il mouillées), s. f". Petite clnville. || Broche de fer dont se servent les charpentiers. || Morceau de cuivre plat et troué dont le relieur se sert pour attaquer les nerfs des livres. || Clef de bois des anciennes fermetures. Tire ia chevillette, et la bobinette cherra [tombera], Conte du petit chaperon, rouge.

— ÉTYM. Diminutif de cheville.

f CHEVILLEUR (che-vi-lleur, M mouillées),*, m. Nom qu'on donnait à des sorciers qu'on prétendait capables de nouer l'aiguillette.

— HIST. xvi* s. Pierre Masse du Mans a escrit de l'imposture et tromperie des diables, devins, enchanteurs, sorciers, noueurs d'eguillettes . chevilleurs.... et autres qui par art diabolique, ans magiques et superstitions abusent le peupie, du verdier, Bîblioth. p. 1026, dans l,\curne.

— étym. Cheviller.

f CHEV1LLIER (che-vi-llé. H mouillées), i. m. Cheval qui est placé en cheville.

fCHEVlLLIÈRE (che- vi-llê-r' , Il mouillées), s.f. Terme de commerce. Rubans grossiers de fil roux.

f CHEVILLOIR (che-vi-lloir, Il mouillées) , i. m Instrument qui tient au métier à fabriquer des étoffes de soie.

f CHEVILLON (che-vi-llon , Il mouillées), s. m. || 1° Bâton à l'usage des tourneurs et des ourdisseurs. || 2" Terme de marine. Morceau de bois qui sert à lancer les manœuvres.

— ÉTYM. Cheville.

f CHEVILLOT (che-vi-ilo, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Grosse cheville de bois dur tourné.

— ÉTYM. Cheville.

f CHEVILLURE (che-vi-llu-r', Il mouillées), s. f. Terme de vénerie. Andouillers de la perche du cerf, du daim et du chevreuil.

— ÉTYM. Cheville; provenç. cavilladura.

f CHEVIN (che-vin), s. m. Voy. CHEVANNE.

f CHEVIR (che-vir), v. n. Disposer de quelqu'un, en venir à bout. Cet enfant est si malin qu'on ne peut chevir de lui. Nous ne saurions en chevir [d'un chien], mol. Festin, iv, 3. || Terme d'ancienne coutume. Traiter, composer, capituler.

— HIST. xiie s. Et nus et nostre cause contre li [il] maintiendra, Et, s'en vus ne remaint, très bien la chevira, Th. le mart. 133. || xnr s. Si vous | je pri donques qu'il en isse [de prison] Et de la besoigne chevisse, la Rose, 15260. Gentil homme, li quel ne se mellent pas de marceander, ançois se revissent de lor héritages, qu'il tienent en franc lief du signeur, beauman. iv, 14. Li soudans de Hamant ne se sot comment chevir du soudanc de B.ibiloine , [le Caire], joinv. 2I3.||xiv*s. Mais qui a de l'argent toujours a bien chevi, Guescl. '81 1 8. l'n poure homme demande comment il se porra chevir de

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fous [loups], de quoy il y a tant en son pays qu'ilz lui détruisent toutes ses bestes, Modus, f° lxx. || xv s. Pour avoir conseil comment il se pouvoit chevir de ceste aventure, froiss. i, i, <00. ||xvi€s. choses se rendent à nostre merci, pourquoi n'en ctaevirons-nous* mont, i, 294. Ses créanciers mii lient crier après luy, et l'importuner pour estre puez sur son partement; et ne pouvant chevir à eux. il fut contraint de recourir à Crassus, amyot, ( ésar, 13. Concluant à despescher vers le giant tuaistre. lui oster l'espoir de secours, l'avertir de composer et chevir comme il pourrait, d'aub. Hist.

— ÉTYM. Chef, bout; chevir, c'est proprement venir à chef, à bout. Wallon, chèvi, chercher, chèvihani. entreprenant, actif.

CHÈVRE (chè-vr) , s. f. \\ 1° La femelle du bouc, animal agile, aimant a grimper, a sauter. Le lait de la chèvre. Sauter comme une chèvre. Un ver, une fourmi , Un insecte rampant qui ne vit qu'à demi, Un taureau qui rumine, une chèvre qui broute, Ont l'esprit mieux tourné que n'a l'homme? oui sans doute , non.. Sat. vin. Dès que les chèvres ont brouté, Certain esprit de liberté Leur fait chercher fortune, la vont. Fabl. xii, 4. || Ménager ou sauver la chèvre et !e chou, c'est-à-dire se comporter entre deux personnes qui sont divisées d'intérêts ou de passions, de manière à n'indisposer aucune d'elles. I| Vin qui fait danser les chèvres, vin âpre et acerbe. || Familièrement. Prendre la chèvre, se choquer, s'irriter sans raison. Ils sont prompts à prendre la chèvre, Régnier, Sat. xiii. Kt n'est Job, de dépit, qui n'en eût pris la chèvre, id. Sat x. D'un mari sur ce point j'approuve le souci ; Mais c'est prendre la chèvre un peu bien vite aussi, mol. Sgan. (2. Notre accueil t"a fait prendre la chèvre, m. Bourg, m, <0. On rient civilement pour s'éclairer d'un doute, Et Monsieur prend la chèvre, il met tout en déroute, regnard, le Joueur, m, <o. Elle est prompte à prendre la chèvre, dancourt, le Chevalier à la mode, ni, I. Prendre la chèvre, c'est se faire chèvre, avoir un caprice : l'italien dit d'une façon analogue pigliar la monna, prendre la guenon, pour s'enivrer. || Barbe de chèvre , barbe qu'on laisse venir au menton et qui a de la ressemblance avec celle d'une chèvre. || Barbe de chèvre, espèce de spirée, plante. || 2" L'étoile principale ou Alpha du Cocher est nommée vulgairement la Chèvre. J'ai vu la Chèvre. La Chèvre était cachée. || La chèvre Amalthée , constellation de l'hémisphère septentrional. • il 3° Pied-de-chèvre, levier de fer dont une extrémité est taillée en pied de chèvre. || 4" Machine qui sert à élever des fardeaux considérables et qui est composée de trois longues pièces de bois réunies en leur sommet et formant sur le sol un triangle plus ou moins large qui est la base de la machine. Au haut est accrochée une poulie sur laquelle passe une corde qui vient s'enrouler sur un cabestan fixé au bas de la chèvre. C'est cette corde" qui élève les fardeaux. || 5° Dans les moulins à soie, la chèvre est un instrument qui sert à tenir la fusée. || 6" Table à trois pieds pour faire des fromages. || Support sur lequel le charron pose les pièces de bois qu'il veut scier. || Terme de pêche. Pieux sur lesquels on pose les rets. || Proverbes. Où la chèvre est attachée, il faut qu'elle broute, c'est-à-dire il faut s'accommoder de ce qui nous lie, de ce qui ne peut être changé dans notre situation. || Cela est lié comme crottes de chèvre, se dit d'un discours, d'une conversation sans liaison et sans suite. || La chèvre a pris le loup, se dit de ceux qui , pensant prendre ou tromper des gens plus faibles ou plus simples qu'eux, demeurent pris eux-mêmes. || Il serait amoureux d'une chèvre coiffée, c'est-à-dire c'est un homme qui s'éprend de toutes les femmes, quelque laides qu'elle soient.

— Hisr. xir s. E aspre haire aveit de piel de chievre gros, Th. le mart. (02. ||xme s. Dont veissiés ribauset gardions et à piet et à cheval espandre parmi Biauvoisis, et chevaus et kievres et paysans amener en l'ost, dehors Gisors où on estoit logiet, Chr. de Rains, 6,. Se je baille mes chievres à loage en garde, et larrons les emblent sanz la colpe à celi qui les garde, tir. de jusl. t7i. || xvc s. Tant grate chèvre que mal gist, vill. Bail. \\ xvi' s. Ny dessous moy, pauvres chèvres chetives, Plus ne paistrez le trèfle fleurissant, marot, iv. 7. L'aigle est représenté emportant à la chèvre morte [sur son dos] vers le ciel ces âmes déifiées, mont, ii, 269. J'en ay veu prendre la chèvre, de ce qu'on leur trouvoit le visage frez, id. iv, )I2. Un moins rusé en eust pris la chèvre; mais l'admirai.... d'aub. Wist. i, 88. [Les François etc.] ont les yeux de chevie, Ou tannés, pape. Jnlrod. i. Seulement quelque peu

de foin donne-on aux chèvres preignes les plus avancées, o. de serres, 32". Â la chandelle la chèvre semble demois lie, le roux de lincy, t. i, p. IG4. C'est un donneur de chievre à moytié [c'est un donneur de bourdes; voy. canard], id. »6. Quand la chèvre saute au chou, le chevreau y saute itou, id. ib.

— ÊTYM. Berry, chieuve, chie ube, chievre, chieuvre ; picard, cape, cabe , cabre, kève , kèvre ; provenç. et espagn. cabra; ital. tapra ; du latin capra. chèvre, caper, bouc; grec, xdbipoç; ancien Scandinave, hafra.

CHEVREAU (che-vrô), s. m. Le petit d'une chèvre. Les chevreaux et leur mère. Moi, je me plais auprès de mes jeunes chevreaux ; Je m'occupe à leurs jeux, j'aime leur voix bêlante, a. chênier, Idylle*, Liberté. || 2° Peau de chèvre ou de chevreau préparée. Gants de chevreau. || 3° S. m. plur. Terme d'astronomie. Petite constellation placée dans celle du Cocher.

— HIST. xm's. Les chevaliers de nostre bataille chassoient une beste sauvage que l'en appelle gazel, qui est aussi comme un chevrel, joinv. 2ut. Quant Thobie, qui Dieu mile foiz n'oblioit, Entendi d'aventure le chevrel qui crioit, j. de meung, Test. H 54. || xivc s. Quartier de chevrel est meilleur que aignel, Ménagier, il, 4. || xvi* s. De moy auras un double chalumeau.... Lequel à peine ay eu pour un chevreau, marot, m, 295. La chèvre chevreta quelque temps après un chevreau qui avoit la teste de figure humaine, paré. XIX, 20.

— ÊTYM. Diminutif de chèvre; provenç. cabrel. CHÈVREFEUILLE (chè-vre-feu-11', //mouillées,

et non chè-vre-feu-ye), s. m. Arbrisseau grimpant, à fleur odoriférante (lonicera caprifolium, L.).

— REM. Mme de Sévigné écrivait chèvrefeuil : Tout est plein de chèvrèfeuils, 143. Boileau aussi : Antoine, gouverneur de mon jardin d'Auteuil, Qui diriges chez moi l'if et le chèvrefeuil, Ép. xi.

— HIST. xiii" s. D'euls deus fu il tut autresi, Cume del chevrefoil esteit Ki à la codre [coudrier] se preneit, marie, Chèvrefeuille.

— ÉTYM. Avranchin, chèvrefin; provenç. caprifuelh; ital. caprifoglio; du latin caprifolium, de capra, chèvre, et folium, feuille : plante ainsi nommée peut-être parce qu'elle grimpe comme une chèvre.

CHÈVRE-PIED (chè-vre-pié) , adj. m. Qui a des pieds de chèvre. Dieux chèvre-pieds, les satyres. C'était [le fils de Mme d'Hendicourt] une manière de chèvre-pied, aussi méchant et encore plus laid que son père, st-sim. 2,8, 183.

— REM. Des grammairiens ont dit que, comme un seul satyre aurait aussi des pieds de chèvre, on devrait écrire, même au singulier, chèvre-pieds. Mais c'est une erreur, on peut écrire un chèvrepied, c'est-à-dire un pied-de-chèvre comme on dit dans lecélèbre roman de Cooper, Œil de Faucon, et non Yeux de Faucon, pour désigner un chef à la vue perçante.

— ETYM. Chèvre, pied.

f CHEVRER (che-vré), v. n. S'agiter comme une chèvre, s'impatienter. Tes lambineries me font chevrer. || Mot populaire dans quelques provinces.

— ETYM. Chèvre.

| CHÈVRETER (chè-vre-té), v. n. Mettre bas, en parlant de la chèvre.

— HIST. xvie s. Seulement quelque peu de foin donne-on aux chèvres qui ont chevreté, un ou deux jours après leur terme, o. de serres, 327.

— étym. Chèvre.

CHEVRETTE (ehe-vrê-f) , s. f. || 1° Petite chèvre. Une chevrette dans le pré. || 2° La femelle du chevreuil. La chevrette, lorsqu'elle veut mettre bas, se recèle dans le plus fort du bois pour éviter le loup, qui est son plus dangereux ennemi, buff. Chevreuil. Blanca caressait cette chevrette du désert [la gazelle], chateaub. D. Abenc. 180. ||3° Petite écrevisse de mer appelée plus souvent crevette. Les chevrettes qu'on sert sur les tables de Paris sont principalement des espèces du genre palémon, et surtout le palémon porte-scie; on y joint le crangon vulgaire et d'autres craugons. Les chevrettes de mer ont été ainsi nommées à cause des petits sauts qu'elles font. ||4" Petite barre de fer à deux pieds pour soutenir le bois du foyer. || Morceau de fer recourbé sur lequel on pose le bois dans les poêles. || 5" Pot de faïence à goulot pour mettre les sirops. || Outil de cirier et de pauraier. || Châssis au haut de la scie d'un scieur de long. || Petite machine de trois pieds et demi de hauteur, composée de deux pièces de bois avec un bouton de fer qui les maintient, et une cheville de fer qui hausse et qui baisse, dans des trous faits exprès, à proportion que

l'on veut hausser ou baisser les fardeaux qui posent dessus. || 6° Sorte d'ancienne musette.

— HIST. xme s. Citole prent, trompe etchievrete [sorte d'instrument] , Si citole, trompe et chievrete, la Rose, 21303 II xive s. Jehan rompy la pel de la chieuvrete, laquelle demoura au dit meunier avec les chalemeaulx , du cange , caprioîa. || xve s. Et aussi faire dedans les bois grant nombre de chevretes [sorte d'engin de siège] et tauldis de bois avecques des eschelles à assaillir villes et forteresses, j. de troyes, Chron. H77. || xvie s. Les Genevois [Génois] commencèrent à sonner leur assault de trompetes et gros tabourins, à grand bruit de cris et tumulte de peuple et avec grand nombre d'eschelles, pavois, manteaulx, chevretes et autres choses nécessaires pour donner assaults, jean d'auton, Annales de Louis XII, p. ^2^, dans lacurne. D'un lieu loingtain mené cy mes chevrettes Accompagnées d aigneaux et brebiettes, marot, iv, 2. Mais quand partout le ventre fut grossy De la chevrette [cornemuse].... RONS. 739.

— ÉTYM. Diminutif de chèvre ; provenç. cabreta : espagn. cabrita ; ital. capretta.

CHEVREUIL ( che - vreull' , Il mouillées ; au xvue siècle la prononciation était autre : d'après Chiffiet, p. 209 el 20, au singulier 17 ne s'articulait jamais, même devant une voyelle, et au pluriel on disait les chevreu.x), s. m. Espèce de cerf commune en Europe, à bois court, cylindrique, ne portant qu'un andouiller; la femelle met lias deux petits.

— HIST. XIIe s. L'enfes Bernier lait corre les galos; Plus tost li vient que chevrieus parmi bos Un chevalier qui moult avoit grant los, Raoul de C. 92. Ou vergier ot daims et chevrions, Et moult grant plenté d'escoirions [écureuils], Qui par ces arbres gravissoient, la Rose 1 383. || xiv* s. Chevreul est une petite beste qui n'a mie le corps plus grant qu'un mouton, mais il est plus haut sur piedz, Modus, f" xxix. || xvi" s. Mes pieds à ceux des chevreux [il] fait égaux, Pour monter lieux difficiles et hauts, marot, iv, 255. Ils le menèrent en un parc peuplé de dains et de chevreulx, cahl. h, 4. Bondissant comme un chevreuil, id. vi, 5.

— ÉTYM. Wallon, chivrou, chevreu ; provenç. cabrol , cab~irol ; anc. espagn. cabriolo; ital. cavriolo, capriuolo ; du latin capreolus, dérivé de capra, chèvre (voy. chèvre).

CHEVRIER (che-vri-é; l'r ne se lie pas; au pluriel 1'* se lie: les chevriers et les chèvres, dites: les che-vri-é-zet ....), i-. ni. Pâtre de chèvres. || S. f. Chevrière, la femme qui garde les chèvres.

— HIST. xin" s. Et cil qui tienent les lévriers Moult meillors que chiens à chevriers, lien, toi 58.

— ÉTYM. Provenç. cabrier; catal. cabrer; espagn. cabrero ; portug. cabreiro ; ital. caprajo, capraro; de caprarius, de capra, chèvre.

CHEVRILLARD (che-vri-llar, // mouillées, et non che-vri-yar) , s. m. Le faon de la chevrette.

— ÉTYM. Chevreuil.

f CHEVRIN (che-vrin) , s. m. Creux que l'eau forme dans les berges et sous les rives des cours d'eau, et où le poisson se retire et dépose son frai.

— ÉTYM. Probablement pour cheverin, de thever, creuser (voy. chevbr).

(. CHEVRON (che-vron), s. m. \\ 1° Pièce de bois sur laquelle on attache les lattes, dans le toit d'un bâtiment. || Terme de menuiserie. Echantillon de bois. || Terme de marine. Morceau de bois pour maintenir un affût dans les gros temps. || Dans les chantiers, nom de pièces de bois qui n'ont pas plus de 17 centimètres d'équarrissage. || 2" Sorte de météore. Les comètes ou chevrons de l'eu qu'on voit quelquefois dans le ciel, iiesc. ilétéor. 7. || 3" Terme de blason. Nom de deux bandes plates, qui sont jointes par le haut , et qui s'élargissent en forme de compas à demi ouvert ; les différences en sont marquées par quelque épithète qui les exprime. Chevron brisé, celui dont la pointe est fendue en sorte que les pièces ne se touchent que par un de leurs angles. || 4° Nom de deux morceaux de galon que les soldats portent joints en angle au bras gauche île leur habit, pour marquer leur temps de service. Mon père, Fier vétéran âgé de quarante ans de guerre. Tout chargé de chevrons, v. hugo, /•'. d'aut. 6. || 5° Terme de grammaire. Nom donné à l'accent circonflexe, à cause de sa forme. || 6° Terme le mine. -Allure d'une couche ou d'un filon qui se replie suivant un angle plus ou moins aigu. || 7° Terme de jardinage. Bande de gazon en travers d'une allée.

— HIST. xni« s. Fourches, fleaus, restiaus, fauches, ne doivent riens de tonlieu, ne charetil né chevron 'lui' in des mit 323, Et les parois, dop,|

CHE

CHE

cm

miex [je] les proise, Sunt espesses demie toise, Et si haut resunt li chevron Que tuit seur estre devon, 1 la Rose, t66!7. Li chevron sont d'autre mesrien, ' ruteb. il, 34. Li droiz des teneuresde citez est tel: 1 de mètre gotere en la meson son vesin ou non, ou de me!re chevrons ou non en la mesiere, [Av. il-.' ;ks7. 13s. I| xve s. Et aussi mourut [au siège île Duras] un escuyer de Bretagne qui s'armoit de gueules à iloux chevrons echiquetés d'or et d'azur, froiss. h, il, H. Les armes de Moriaumez sont barrées, contrebarrées a deux chevrons de gueules.... id. i, i, 434. || xvie s. On rue à bas les gros chevrons de fresne , dubell. iv, 45, recto. Le capitaine Mor l'envoia d'un coup de chevron sur la te.->te au bas de la rivière, d'aub. Hist. il, 204. Ils eurent plusieurs mauvaises augures, comme de quelques feux qui leur donnèrent l'espouvante ; mais surtout des lances et chevrons de feu d'une grandeur et clarté inouie, m. ib. m, 498. Pour en leur champ d'argent marquer le chevron de cinabre, id. ib. m, 538.

— ÉTYM. Picard, cavcron; wallon, ch'firon, rli'furon; provenç. cabrion . cabiros; espagn. cabrio; dérivé de capru. chèvre, et dit pour solive par une assimilation à colle qui a l'ait nommer par les latins un chevron capreolus.

f 2. CHEVRON (che-vron), s. m. Terme de pêche. Frai de poisson.

| CHEVRONNAGE (che-vro-na-j'), s. m. Ensemble des chevrons d'un bâtiment. || Action de chevronner. || Ouvrage fait en chevrons.

— ÉTYM. Chevronner.

CHEVRONNÉ, ÉE (cbe-vro-né, née), part, pas é. Terme de blason. Pièce chevronnée, écu chevronné, pièce, écu chargé de chevrons.

— HIST. xinc s. Toz [touij esloit blans li chevaliers, Et ses escus et ses destriers; El la cote fu chevronée, Qu'il ot soz la broigne endossée, Blanchandin, ms. f" 92, dans lacuhne.

t CHEVRONNER (che-vro-né) , v. a. Garnir de chevrons.

— hist. xnr s. Se terre est commune ou voie commune, il n'empesche pas servise d'aler et de venir, et d'élever sa maison [dus haut, ne de chevroner, ne de covrir ne d'abatre, Liv. dejust. (38.

— ÉTYM. Chevron <.

f CHEVROTAIN (che-vro-tin), s. m. Voy. CHE-

VROTIN.

CHEVROTANT, ANTE (che-vro-tan , tan-t') , ad). Qui chevrote. Ma vieille voix chevrotante ne sera pas entendue au milieu des concerts de ses louanges, VOLT. Le'ft. Chabanon , 3 août 1775.

CHEVROTÉ. ÉE (che-vro-té, tée), part, passé. Trilles chevrotes.

CHEVROTEMENT (che-vro -te-man ) , s. m.

|| 1" Tremblement de la voix qui ressemble au bêlemi ni de la chèvre. || 2° Terme de musique. Action de chevroter, faiblesse de la voix qui, surtout chez es vieillards, ne leur permet pas de maintenir le son dans une parfaite égalité. Un seul chevrotement au milieu du plus beau chant du monde suffit pour le rendre insupportable et ridicule, j. j. nouss. Dict. de mus. Chevroter.

— étym. Chevroter.

CHEVROTER (che-vro-té) , v. n. || 1° Faire des chevreaux. Cette chèvre a chevroté. || 2° Chanter d'une voix tremblotante, défaut qui se trouve d'ordinaire chez les vieillards et aussi chez les chanteurs dont la voix est fatiguée. Certain fat.... En se mirant, chevrotait, fredonnait, volt. Goût. \\ Dans la musique, battre d'une manière inégale les deux notes d'un trille ou d'une cadence, ou même n'en battre qu'une seule, et remplacer le trille par un tremblement désagréable de la voix. Il est actif aussi : chevroter un trille.

— ETYM. Chevrot, diminutif de clièvre qui n'existe pas dans le français.

CHEVROTIN "(che-vro-tin). s. m. || 1" Peau de chevreau corroyée. Gants de chevrotin. || Fig. Tirer au chevrotin [outre] , boire à l'envi. || 2° Terme de chasse. Faon de la chevrette, pendant les six derniers mois de la première année. || 3" Chevrotin joucheviotain, mammifère de l'ordre des ruminants qui porte le musc; nommé aussi musc et portemusc.

— HIST. xive s. Que nulz ne teigne peaulx à autruy rouges ne noires ne chevrotins, si ce n'est pour lui [le maîire] faisant le dit mestier, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. 370. || xvie s. Ce qui est manifeste à voir à une aiguillette de chevrotin lorsqu'on l'eslargit, et eslant eslargie s'accourcit, paré, vu, 8. 11 [le connétable de Montmorenci] le rendit [le ] uple de Paris] souple et maniable comme un grand chevrotin de Vendosme, dont le roy en eut

un très grand contentement, brant. Cap. fr. t. n, p. 140. dans lacuhne.

— ÉTYM. Diminutif de chevrot, qui est lui-même un diminutif ancien de chèvre.

CHEVROTINE (che-vro-ti-n') , s. f. Balle de petit calibre pour tirer le chevreuil, et chasser la grosse bête.

— ÉTYM. Chevrotin.

f CUEVROTINER (che-vro-ti -né) , V. n. Faire comme le chevrotin; bondir à la manière du chevrotin.

CHEZ (ché; le z se lie; chez eux, dites : ché-z eux), prép. || 1° Dans la maison de, au logis de, dans la demeure de. Sou perchez quelqu'un. J'étais chez lui comme chez moi. Vous Êtes chez vous. Se renfermer chez soi. On ne pouvait les retenir chez elles. Venir chez quelqu'un. Admettre quelqu'un chez soi. 11 n'a pas mis le pied chez lui. Se réfugier chez quelqu'un. Chacun est maître chez soi. Qui doute que, si de ses armes Ilion avait eu l'appui, Le jeune Atride avecque larmes Ne s'en fut retourné chez lui?

malh. 111,3 Heureux qui vit chez soi , De régler

ses désirs faisant tout son emploi! la font. Fables, VII, 12. Chéri de tout le peuple, honoré chez le prince, id. PoJy. iv, 3 || 2° Dans le pays de. Ce qui se passait chez les ennemis. Nom peu connu chez les barbares. Prendre un roi chez un peuple voisin. Memnon voulait qu'on les allât [les Macédoniens] attaquer chez eux, boss. Hist. III, v. La profession de comédien était infâme chez les Romains et honorable chez les Grecs; qu'est-elle chez nous? la bhuy. XII. || 3° De citez, préposition composée signifiant qu'on sort de la demeure de quelqu'un. Je ne sais qui sort de chez moi. Je viensde chez mon juge. Ne pas sortir de chez soi. Tu m'as mis hors de chez moi. J'entendais de chez moi. Mais puisque, par ce triste et prudent souvenir, De chez Antiochus elle l'a fait bannir, corn. Nicom. i, 5. || 4" Par chez, préposition composée signifiant qu'on passe par la demeure de quelqu'un. Passer par chez quelqu'un. Nous irons par chez les Africains. Vous feriez un voyage charmant; mais je voudrais que vous passassiez par chez nous, volt. Lett. Marmontel, 23 a\r. 1766. || 5' Près de chez, loin de chez. Il demeure près de chez nous. Loin de chez lui, loin de son pays. || 6° Fig. Parmi. Chez nos ancêtres. Coutume reçue chez les anciens. Chez les barbares la fidélité dépend de la fortune. Que de restitutions, de réparations, la confession ne fait-elle pas faire chez les catholiques! j .j. rouss Ém. ni. || 7° Dans l'esprit ou le caractère de quelqu'un. C'est une conviction chez lui. Ce n'est pas une habitude chez moi de ren ire compte.... Châtier en autrui ce qu'on souffre chez soi, corn. Pohj. m, 5. Pour un fourbe chez vous la pitié trouve place, id. Perthar. ni, 5. Et vous serez fameux chez la postérité, id. Cinna,n, <.||8° Dans un auteur. Chez le même poète. Je lis chez certains auteurs. || 9° Substantivement. Un chez-soi. Un chezmoi. Son chez-lui. Cela rend mélancolique, mais cela fait aussi un grand bien ; car on en aime mieux son chez-soi, volt. Lett. Villette, s juillet I7c;.">.

— REM. 1. Vaugelas a condamné la locution : chez Plutarque, chez Platon, pour dire dans Pluiarque, dans Platon; Marg. Buffet et Chifflet sontde son avis;

I h Corneille ratifie cette sentence, admettant toutefois qu'en parlant de toute une nation on peut fort bien dire chez: chez les Grecs, chez les Romains. À quoi on répondra d'abord que la locution est ancienne puisqu'elle est dans Montaigne, ensuite qu'elle se justifie, n'étant qu'une extension de chez signifiant dans l'esprit de. Une fois que chez a été ôtéde sa signification propre, rien n'empêche qu'il aitpris celle que Vaugelas lui conteste. || 2. Chez ne prend pour complément que des noms de personnes ou d'êtres personnifiés : Patte blanche est un point Chez les loups, comme on sait, rarementeu usage, la font. Fabl. IV, 15.

— HIST. xne s. Vos voliez venir à nos [nous] e à ceaus [ceux] qui sont à ches nos, Machab. il, il. Aval au bourc, chos son boste Florent, Ronc. p. 189. Chiesun hoste [ils] hébergent qui moult estoit prudhom, Sax. xxn. || xine s. Que se venir [je] pooie ches Symon le voier, Berte, xlvii. Et vint droit au castiel où li rois estoit en prison, et se hiebrega ciés une vaine feme, Chr. de Rains, p. 53. Et ele n'i met riens ne oste Que ce c'on trueve en chiés son oste, -ruteb. ii, 59. || xve s. Piètre du Bois s'en vint un soir chieux ce Philippe, froiss. n, n, lot. Et de là suyvit tant le chevalier la pucelle qu'il la trouva cheuz une sienne cousine, Perceforest, t. vi, f° 54, dans lacurne. || xvie s. Qu'il ne tarde plus à amener sa fille, car nous allons cheux M. Deschenais, où elle pourrait bien se rendre, marg. L. )2.

Comme dict ce poète chez Plutarque, mont, i, 83. Se retirer chez soy, id. i. 32.

— ÉTYM. Berry, cheux; picard, cheux, chu; Saintonge, cheuz; anc. espagn. en cas; de casa, la maison (voy. case), dont il y avait une forme au masculin (voy. chai) Chez est elliptique, et on a la locution complète dans l'ancien français à ches, en chiés, qui signifie exactement à la maison.

f CHÈZE (chè-z'), s. f. Nom vulgaire d'une espèce de mésange.

CHIAOUX (chi-a-ou), s. m Espèce d'huissier ou d'envoyé turc. Un chiaoux, dépêché par le Grand Seigneur, arriva en France, st-sim. 469, 2o3. Le chiaoux, homme de sens, Lui dit : Je sais par renommée Ce que chaque électeur peut de monde fournir, la font. Fabl. I, 12.

— ÉTYM. Voy. chaouch, qui est le nom véritable, seul usité dans l'Algérie française, cliiaoux étant le mot turc.

f CHIASMA (ki-a-sma), s. f. Voy. chiasme.

f CHIASME (îi-a-sm'), s. m. || 1° Croix mise en marge des manuscrits, en forme de '/, et indiquant un passage désapprouvé. || 2° Ternie d'anatomie. Chiasme ou chiasma, lieu d'entre-croisement des nerfs optiques sur le corps de l'os sphénoïde.

— ETYM. Xia<jp.cc, croisement: mot formé de la lettre grecque y.

CH1ÀSSE (chi-a-s'), s. f. || 1° Excréments d'insectes. Chiasses de mouches. || Fig. et bassement, ce qu'il y a déplus vil. Ce n'est que de la chiasse.Cet homme est la chiasse du genre humain, richelet. Pendait que nous sommes la chiasse du genre humain, volt / elt. d'Argental, i avril 1762. || 2° Ecume de métaux.

— ÉTYM. Cluvr

| CH1BOU (chi-bou), s. m. Résine jaune, aromatique qui découle du cbibou, grand arbre des Antilles (bursera gummifera, L).

f CHIBOCQUE (chi-bou-k') , s. f. Pipe turque â. long tuyau de bois au bout duquel est placé le foyer

— ÉTYM. Mot turc.

t CHIC (chik), s. m. || f" Autrefois, mot du style familier signifiant abus des procédures, finesses, subtilités captieuses. Cet homme entend le chic, est versé dans les détours de la chicane. La discorde, qui sait le chic, En fait faire un décret public. La Henriade travestie, ch. v, p. 68, dans fr. michf.l, Argot. || 2° Aujourd'hui, ternie d'atelier : on dit d'un peintre qu'il a ou qu'il entend le chic, quand il produit rapidement et ave facilité des tableaux à i fie t. J'use de mots de l'art, je mets en marge hic; J'espère avec le temps que j'entendrai le chic, les Satyres de dulorens, Sut. xn, p. 97, dansFR. mu bel, Argot. H Fig. Il a le chic, se dit, dans un langage très-familier, d'un homme adroit, qui sait s'y bien prendre. || En un autre sens, il a du chic, se dit d'un élégant, ou d'une chose élégante et bien tournée : ce chapeau a du chic; cette toilette a du chic.

— ÉTYM. Il est possible que ce mot, dans le second sens, vienne de l'allemand Schick, aptitude,

faç tournure. Quant au premier sens, qui est

ancien puisqu'il se trouve dans Trévoux, le doute est grand, à moins qu'on n'y voie une abréviation comique de chienne.

f CHICABAUD (chi-ka-bô), i. m. Terme de marine. Sorte de bout-dehors sur lequel on amure la misaine des lougres. On trouve aussi chicambaut.

CHICANE (chi-ka-n), s. f. \\ 1° Par dénigrement , procès en général. Quoi ! vous poussez cette -chicane | vous poursuivez ce procès]? sév. 536. Ce meuble de chicane [un sac à procès] appartient sûrement À quelque homme du Maine ou quelque bas-Normand] regnard, Mcnechm. i, 2. || 2° Abus des ressources! et des formalités de la justice. Lui souffle avec ces mots l'ardeur de la chicane. BOIL. Lulr. I. 1 l'amas confus des chicanes énormes, Ce qui fut blanc au fond, rendu noir par les formes, id. Sot. i. || 3° Poétiquement, le démon des procès. Là. sur des tas poudreux de sacs et de pratiques. Hurle toifl les matins une sibylle étique; On l'appelle Chicane; et ce monstre odieux Jamais pour l'équité n eut d'oreilles ni d'yeux, boil. Lutr. v. La Chicane en fureur mugit dans la grand'salle, id. Sot. vin. | 4" Les gens de chicane, ceux qui vivent des procès et des procédures. Je défie votre chicane de Rouen d'être plus chicane que celle de Bruxelles, volt. Lelt. en vers < t e» prose, 74. || 5° Subtilité captieuse en toute matière, difficulté mal fondée et de mauvaise foi. Soulever, faire naître une chicane. Chercherdes chicanes. Dans les livres que les anciens ont cents de la prudence civile, il y a du galimatias île l'écota et de la chicane philosophi pie, balz. Entret. 26. No croyez pas que ce soit seulement la querelle de

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