‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 346 sur 462 · CH · texte numérisé non relu

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CTTI

copat ou quelques chicanes sur la liturgie antie, qui aient ému les communes, boss. Heine '■ t. Que dit-on pour autoriser la supposition du teu rue?... Rien de suivi, rien «le positif, rien portant ; des chicanes sur des nombres, sur des lieux nu sur îles noms, boss. Hist. il, 13. On sera ■'■ en voyant ces variations et tant de fausses subtilités de la nouvelle réforme; tant de chicanes sur les mots; tant d'équivoques et d'explicams forcées sur lesquelles on les a fondées, id. For. préface. || 6°Terme d'art militaire. Guerre de uie, guerre où l'on ne livre que de petits combats, pour disputer le terrain. |] 7° Manière de jouer au mail, au billard et à la paume.

— hist. xvi° s. Du plus grand chicaneur qu'on pourra jamais voir, En ce tombeau glacé gist la despouille morte; Pluton, hosto commun, ne le veut recevoir, De peur qu'en son pays la chicane il ne porte, des accohds, Bigarr. Epitaphes. Chicane, certain cercle fixe en terre pour y faire passer la paume, oudin.

— ÉTYM. Wallon, chakine; bas-grec, tÇu/<xviov, jeu du mail; -r'u/aviÇeiv, jouer au mail. Ménage le tire de l'espagnol chico, petit; Diez approuve cette étymologie; et Génin, la complétant (car il faut rendre raison de chicane signifiantjeu de mail),ditque le jeu a été ainsi nommé de la petite houle qui en l'ait le sujet et que l'on a comparée à quelque chose de petit (chico). Mais cette étymologie ne peut se soutenir en présence du bas-grec qui vient du persan tchatigan, raquette et jeu de mail, mot qui rend raison del'affixe ane. Des lors la série des sens est : jeu de mail, puis action de disputer la partie, et enfin manœuvres processives.

CHICANÉ, ÉE (chi-ka-né, née), part, passé. Disputé. Une partie longtemps chicanée. || Se dit aussi en parlant des personnes, soit dans le sens de tourmenté par des chicanes : chicané par la partie adverse; soit, très-familièrement, dans le sens de contrarié : chicané par toute sorte de contre-temps.

CHICANER (chi-ka-né), en. || 1° User de chicanes en l'ait de procès. Ce procureur, cet avoué ne fait que chicaner. Quiconque est. touché de l'envie De ne payer qu'après sa mort. Doit chicaner toute sa vie, maynard. Poésies , dans richelet. || 2° Par extension, contester sans fondement, par des subtilités captieuses. On en vient au partage, on conteste, on chicane, la fo.nt. Fab. iv, 18. Ils chicanaient sur leurs serments, boss. Hist. ni, o. Il chicane sur tous les mots de l'exposition, id. Trad. Que sert de chicaner sur un fait constant? id. Coinm. Après avoir un peu chicané sur la manière de me recevoir, id. Lelt. abb. 254 . Vous chicanez donc inutilement sur le principe, lorsque vous êtes obligé de vous taire sur les conséquences, pf.se. Réfut de la rép. à la 12« lettre. || 3° V. a. Chicaner quelqu'un, lui intenter un procès sans beaucoup de raison. Cet homme est processif; il a chicané tous ses parents. || Disputer par proct : ut - - hosc. Jamais contre un renard chicanant un poulet, Un renard.... non.. Sut. vin. || Fig. Qui I eût dit [N ipultou] Que trois cents avocats oserai- ... à la cendre ( hicaner ce tombeau? v. m go '<<•)> 2. || l'amilii eu ont. Cela me chicane, celam'i n unie, un; tourment •. || En termes de guerre, défendre pied a pied. Chicann le terrain; et, par assimilation, dans la discussion philosophique, débattre longtemps une question sans la résoudre. || Il chicane sa vie. se dit d'un accusé qui se défend a\ec présence d'esprit. || ferme de marine. Chicaner le vent, gouverne au plus près. || 4° Reprendre, critiquer sur des bagatelles. On nous chicane sur des mots, boss. Culte Ma première et ma seconde pièce forment un système d'action théâtrale dont il ne s'agit pas de chicaner un endroit, dider. Lettr. à Mme Eiccoboni. Si l'auteurm'émeut, s'il m'intéresse, je ne le chicane pas, je ne sens que le plaisir qu'il m'adonne, volt. Lett.Laharpe, décembre 1775. || 5°Se chicaner, v. réfl. Se harceler l'un l'autre par des chicanes. Ils se sont longtemps chicanés.

— ÉTYM. Chicane.

CHICANERIE (chi-ka-ne-rie) , s. f. Fait de chicane; difficulté faite par malveillance. J'ai grand' peur que tout ceci ne soit une pure chicanerie, pasc. 2Jrov. i. Monsieur, je n'entends rien à la chicanerie, Régnier, Sat. vin. On lui vint ravir son bien par des procès et des chicaneries, patru, Plaidoyer 7 , dans RICHELET.

— HIST. xve s. Détestant merencolie Et chiquanerie, Qui puisse estre forbannie De nos maisons, basselin, xxxiii.

— ÉTYM. Chicaner.

CHICANEUR, EUSE (chi-ka-neur, neû-z'), .f. m. et f. || 1° Celui, celle qui ne fait que chicaner, surloiù

DICT. DE T.A LANGUE "RAtU'.MSE

en affaires, .le ne suis chicaneur et n'aime à disputer, Régnier, Sat. XIV. || Celui qui conteste de mauvaise foi, par exemple au jeu. || Adj. Esprit chicaneur. |j2° Par dénigrement, homme appartenant à

la classe des gens de procédures Un bavard en

robe, apprenti chicaneur, volt. Ép. 50.

— ÉTYM. xvie s. Sergents, huissiers, appariteurs, chicquaneurs, procureurs, rab. Pant. m, 40. Cestoit afin que les chicanneurs fussent retenus d'approcher d'un terrain si dangereux, bocchet, Serres, ix. L'evesque le manda vers luy venir par une belle citation par ung chicaneur, Cent Noiwelles nouvelles, 96. Puis quand les chiquaneurs se tourmentaient d'envie De quoy vous reformiez les procès et leur vie, rons. Bocage royal, 1" partie, Au cardinal de Lorraine.

— ÉTYM. Chicaner. Rabelais parle beaucoup des chicanoux, une gent qu'il a rendue célèbre.

CHICANIER, 1ÈRE (chi-ka-nié, niê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui aime à chicaner sur les moindres choses, pour des vétilles. C'est un vrai chicanier. || Adj. Homme chicanier. || Cela est, chicanier, cela est contrariant. Locution qui a vieilli.

— étym. Chicane.

1. CHICHE (chi-ch"), adj. || i° Peu abondant, en parlant des choses. La moisson sera chiche. || 2° En parlant des personnes, parcimonieux. Être chiche. Qu'il est chiche! Belle leçon pour les gens chiches, i \ font. Fab. v, 13. || Fig. Être chiche de ses paroles. N'être pas chiche de promesses. La belle.... n'était chiche desesreg irds, la pont. iVic. Elle n'en était guère plus chiche [de ses faveurs] , hamilton, Gramm. 6. Eussiez-vous tout le bien dont le ciel vous est chiche, Régnier, Sat. xm. || Proverbes. Il n'est festin que de gens chiches, c'est-à-dire quand un avare se met en frais , il n'épargne rien. || Autant dépense chiche que large, c'est-à-dire une épargne faite mal à propos cause des pertes dans la suite. || Il n'est pas riche qui est chiche.

— REM. Au xvne siècle, les puristes essayaient de bannir le mot chiche: " Ces gens sont fort chiches, il faut dire : ils sont vilains; ce mot de chiche est ridicule, » marg. buffet, Observ. p. 58.

— HIST. xuc s. Et au povre [la dame] se fait et chiche et morne, quesnes, Romane, p. 8G.||xnrs. N'iert [il n'était] pas vers ele avers ne chiches, Ren. 15209. Ne soyés ûrguilleus ne chiches, Ayés por enseignier les riches Large cuer et cortois et gent, Et piteus à la povre gent, la Rose, 6607. Moult est fos [fou] haus homs qui est chiches, ib. ^54. Car li leus d'oisiaus herbergier N'estoit ne dangereusne chiches; One mes ne fu nus leus si riches D'arbres,

ne d'oisillons chantans, ib. 473. || xive s Nel

troverez pas chiche, Ne vous doint [qu'il ne vous donne] tant d'avoir que tuit en serez riche, Girart de Ross. v. 985. Tous jours [il] seroit com povre et chiche, Dolent, subjet et serf au riche, bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 25. Ne soies pas larges, mais chiches; Ainsi seras-tu tantost riches, id. ib. || xve s. Prince, je suysiche, pour abregier, Pro digueaussi, nonchallant, diligent, ch. d'ûrl. Bal. 109. L'empereur son père estoit trop extrêmement chiche, comm. vi, 7. || xvie s. Chiche à priser la dignité, calvin, Instit. 898. Les autres le blasmant d'avoir esté fort chiche et mechanique, jusques à envoyer vendre des presens de viande qu'on luydonnoit, amyot, Thémist. 8. Cato n'estoit jamais chiche de célébrer et prescher les louanges.... id. Caton, 28. Charles, cardinal de Lorraine, esprit sans borne, très chiche et craintif de sa vie, prodigue de celle d'autrui, d'aub. Hist. il, 143. Amitié de chiches gens à deux boulets ressemble bien [parce qu'ils ne se touchent ([n'en un point], génin, Recréât, t. n, p. 234. Ce que chiche espargne, large despend, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 258. Il n'est pas riche qui est chiche, id. ib. p. 315. Les plus riches sont les plus chiches, id. ib. p. 334.

— ÉTYM. Gâtai, xic, chic, petit, de peu de valeur ; espagn. chico, petit; ital. cica, petite chose; du latin ciccum. petite chose.

2. CHICHE (chi-ch'), s. m. Nom ancien du pois qu'on ne nomme plus que pois chiche (voy. pois).

— HIST. xir s. E fèves et lentilles et ceire quite (frixum cicer), Rois, 185. || xme s. Je ne priseroie trois chiches Socratcs, combien qu'il fust riches, la Rose. ,6941. Cices, de leur nature, sont caudes et sèches, alebrant, f° 51. || xive s. Honneur est grains, richesse est paille; Donc qui a honneur, il est riches; N'il ne doit or prisierdeux chiches, machauï.t, p. 102. || xvie s. Prenés deux onces de farine de riches rouges, o. de serres, 940. Des farines de ciches blancs, de faseols.... id. 972. Cicer en langage latin signifie un poy chiche, amyot, Cicéron, 1.

— étym. Provenc. cezer, seser ; espagn. chicharo; ital. cece; du latin cicer.

t CHICHE-FACE (chi-che-fa-s'), s. m. Terme familier. Homme qui a la face d'un avare. || S. f. Nom, dans le moyen âge, d'un monstre fabuleux (comme Croque-mitaine).

— HIST. xve s. Gardez-vous de la chiche face; Il vous mordra s'il vous rencontre, Myst. de Ste. Genev. Laurence la grant chiche face, coquill. Enqueste entre la simple et la rusée. || xvie s. Celui qui, pour espargner, fait le retenu, on l'estime un chiche-face, lanoue, 299.

— ÉTYM. Chiche, et face.

CHICHEMENT (chi-che-man), adv. D'une manière chiche. Le galant, pour toute besogne, Avait un brouet clair; il vivait chichement, la font. Fab. i, 18.

— HIST. xvie s. La faim commença de l'affliger, les moulins estans rompus, ce qui fit distribuer le pain bien chichement, d'aub. Hist. i, 300. Feu monsieur de la Boetie me donna, mourant, ses papiers et ses livres, qui m'ont esté, depuis, le plus favory meuble des miens, je ne veulx pas chichement en user moy seul, ny ne mérite qu'ils ne servent qu'à moy, mont. Lettr. 3, à sa femme.

— ÉTYM. Chiche, et le suffixe ment.

f CHICHETÉ (chi-che-té) , s. f. Épargne basse et sordide. La faute vient premièrement du père qui, par sa chicheté, a comme forcé son fils à lui ravir ce qu'il ne lui a pas voulu bailler de bon gré, Francion, li v. vin, p. 341.

— HIST. xve s S'en mocquoient et disoient

que c'estoit par chicheté, comm. ii, 8. Son mari est si fort donné Â chicheté et avarice, Qu'il est du tout délibéré Ne lui quérir point de nourrisse, coquill. Les droits nouveaux. [| xvi" s. Il retumba de rechel en la maladie qu'il avoit de longue main enracinée et née en luy, c'estoit l'avarice et la chicheté, amyot, P. Mm. 38. Faute de moiens ou quelque chicheté empescherent cela, d'aub. Hist. li, 441. Les despenses prodiguées à telle splendeur ne sentoient plus ce prince [Henri IV], sur la peau duquel les misères avoient laissé longtemps la crasse de la chicheté, id. ib. ni, 544. Qu'il se contente de l'espargne et chicheté de sa table, mont, ii, "9.

— ÉTYM. Chiche.

CHICON (chi-kon), s. m. Laitue romaine.

— ÉTYM. Même radical que chicot.

CUICORACÉE (chi-ko-ra-sée) , s. f. Terme de botanique. Famille de plantes à fleurs composées, dont le type est la chicorée. Une chicoracée. Les chicoracées.

— ÉTYM. Chicorée.

CHICORÉE (chi-ko-rée), s. f. || i° Plante potagère, dite aussi chicorée endive ou chicorée des jardins (chicorium endivia, L.) , dont on mange les feuilles en salade, et qui fournit une variété connue sous le nom de chicorée frisée, et une autre sous celui de scarole. Le pis fut que l'on mit en piteux équipage Le pauvre potager ; adieu planches, carreaux; Adieu chicorée et porreaux, la font. Fabl. lv, 4. || Chicorée sauvage (chicorium intybus, L.), chicorée que l'on mange en salade, et qui est aussi employée en infusion, comme tonique et apéritive. || Eau de chicorée, boisson préparée avec la chicorée. Que Madame avait été empoisonnée dans un verre d'eau de chicorée, volt. Louis XIV. 26. || Calé de chicorée, ou, simplement, chicorée, poudre de chicorée grillée, que plusieurs personnes mêlent au café. || Amer comme chicorée, très-amer. || Chicorée de mer, nom vulgaire de plusieurs espèces du genre ulva, qui, sur quelques parties de nos côtes, sont mangées avec avidité par les bêtes à cornes. || 2° Terme de jeu. Chicorée se dit des cartes de celui qui a en main trois ou quatre atouts, dont deux as noirs et un neuf rouge.

— HEM. La prononciation cichorée est notée et condamnée par Ménage et Marg. Buffet.

— HIST. xvie s. La chicorée ou endivie est especo de laictue, neantmoins de goust différent à elle, car de son naturel il est amer, immangeable, sans estre addouci dans terre par blanchir, o. de serres, 53c. Le syrop de cicorée avec ruharbe est bon contre la vermine, id. 9»i. La cichorée verrucaire [contre les verrues], id. 970.

— ÉTYM. Cichorium, de xi/ùpiov, chicorée. CHICOT (chi-ko; le t ne se lie pas dans le parler

ordinaire; au pluriel Vs se lie: les chi-ko-z et...; chicots rime avec repos, faux, etc.), s. m. \\i° Co qui reste hors de terre d'un tronc, d'une racine, d'une branche cassée. || Dans l'horticulture, branche morte ou couverte de chancres. || Terme de blason. Bâton noueux, rejeton d'arbre. [| 2° Terme de vétérinaire. Petit fragment de bois rompu. On dit qu'un

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