‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 347 sur 462 · I. — 7fi · texte numérisé non relu

I. — 7fi

CHI

CHI

CHI

cheval a pris un chicot dans le pied, quand il a été de cette façon. H 3° Fragment de dent resté dans l'alvéole après destruction de la totalité ou d'une partie de la couronne par rupture ou par carie.

— HrST. xvi« s. En plantant l'arbre, on l'estestera sur terre, sept ou huit pieds, sans lui laisser aucunes branches, ains seulement des longs chiquots on l'endroit où mieux s'accorderont, o. de serres, 189. Sa. cour estoit pleine de bons esprits et de gens de savoir en lieu de fols, de chicots, de flateurs et d'harlequins, Div. leçons de du verdier, p. 487, dans laci'Rnl.

— ÉTYM. Berry, sicot; diminutif dont le radical est le même que chiquet (voy. ce mot).

CIIICOTKR (chi-ko-tê), V. n. Terme populaire. Contester sur des bagate.'es.

— hist. xvie s. Ciceron dit que ce ne sera jamais fait, qui voudra chiquoter tous les mots, ce qu'ilappelle rerba aucupari, des accords, Kigarr. Les en-

irois.

CHICOTIN (chi-ko-tin) , s. m. || 1" Suc extrait de

l'aloès. || 2° Poudre ou suc amer de la coloquinte,

dont les nourrices se frottent le mamelon quand

elles veulent sevrer les enfants. || Familièrement.

Cela est amer comme chicotin. Mais dans les fers,

l'un libre destin, Tous les bonbons ne sont que

a, gress. Ver-vert, ch. iv. || Dragées de chi-

iini. ou, simplement, chicotins, certaines dragées

fort amères où l'on a mêlé du chicotin.

— HIST. xvi« s. Deux drachmes d'aloes cicotrin en ; ou Ire, o. de serres, 902. Prenez antimoine cru, subtilement pulvérisé et passé par le cicotrin, paré, xvi, 27.

— ÉTYM. Mot altéré pour sucotrin, nom d'une espèce d'aloès. ainsi nommé de l'île de Socotora.

CHIÉ, ÉE (chi-é, ée), part, passé de chier.

CHIE-EN-LIT (chian-li), s. m. Nom que les enfant- et les gens du peuple donnent aux masques qui courent les rues pendant les jours gras. || À la chie-en-lit, cri dont on accompagne ces masques. Il Au plur. Des chie-en-lit.

— REM. Voltaire a mis chiant-lit. Les amours en chiant-lit déguisés dans ces lieux Sont toujours les amours.... Poésies m :lt:es, 23. C'est une orthographe fautive; mais la prononciation est bonne; chie-enlit se prononce en deux syllabes.

— étym. Chier, en, lit.

CHIEN (chiin), s. m. (le mâle), CHIENNE (chièn'j, s. f. (la femelle). || 1" Quadrupède domestique, le plus attaché à l'homme, gardant sa maison et ses troupeaux, et l'aidant à la chasse. Chien de garde. Chien de berger. Chien de Malte. Chien de Terre- Neuve, grand chien à long poil, aimant à aller à l'eau. Chien danois, grande espèce de dogue. Chien de Si-Bernard, grande espèce de chien des Alpes. Chien de trait, chien habitué à traîner de petites voitures. Ce chien, voyant sa proie en l'eau représentée, La quitta pour l'image et pensa se noyer, la font. Fnbles. vi, )7. Ce chien , parce qu'il est mignon, Vivra de pair à compagnon Avec monsieur, avec madame, id. ib. iv, 5. Et votre petit chien Brusq uet gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toujours bien aux jambes les gens qui vont chez vous"? mol. Itou Juan, iv, 3. Des lambeaux pleins de sang et des membres afireux Que des chiens dévorants se dispu taient entre eux,RAC. Ath. n, 5. Dans son sang inhumain les chiens désaltérés, id. ib. i, i. || Chien de manchon, chien de petite espèce que les dames portent dans leur manchon. || Chien d'Artois, sorte de chien camus; d'où la locution camus en chien d'Artois, pour signifier confus, désappointé. Madame votre fille est pleurante en un coin, Monsieur \ oti o neveu grommelle sur du foin, Camus en chiens d'Artois d'avoir compté sans hôte, la font. Je vous prends sans vert, se. 14. Les chiens courants, les dogues, les turcs, les chiens d'Artois, les mâtins, segrais, l'Ile imaginaire, t. n, p. 200. || Chienlion, sorte de chien qui paraît provenir du croisement entre l'épagneul et le petit danois. |j Chien traître, chien qui mord sans aboyer. I| Chien fou, nom que l'on donne quelquefois au chien atteint de la rage; et fig. Maigre comme un chien fou. || Chien savant, chien dressé à certains exercices. || En termes de l'Écriture, il retourne comme le chien à son vomissement, se dit de celui qui retombe dans ses vices. || 2° Chien de chasse, chien dont l'homme se sert pour prendre le gibier. Chien courant, chien qui chasse les bêtes à la course. Chien couchant ou chien d'arrêt, chien qui arrête le gibier. Chien d'aiguail, chien qui n'est bon que le matin. Chien allongé, chien qui a les doigts étendus par quelque blessure. Chien à beile gorge, chien qui crie bien.

Chien buté, chien qui a la jointure de la jambe fort grosse. || Chien sage, chien qui ne s'emporte pas après le gibier. || Fig. Faire le chien couchant, flatter bassement quelqu'un pour gagner ses bonnes grâces. On dit de même : c'est un bon chien couchant. || Rompre les chiens, les arrêter, les détourner de la voie; et, figurément, rompre brusquement une conversation embarrassante. Mais le mari rompait les chiens, la font. Fer. Le duc de Tresmes voulut rompre les chiens plus d'une fois; à toutes Caumartin l'arrêtait, haussait le ton et continuait, stsim. 277, 243. || 3° Locutions diverses. Être comme un chien d'attache ou à l'attache, être assujetti à un travail continuel. || N'être pas bon à jeter aux chiens, en parlant des personnes, ne valoir rien du tout. On ne me -trouve pas bonne à jeter aux chiens, sëv. 23 5. || Jeter sa langue aux chiens, renoncer à deviner quelque, chose. Ne sauriez-vous le deviner? jetezvous votre langue aux chiens? sév. 248. || Jeter ou donner sa part aux chiens, faire fi de quelque chose; et avec un sens contraire, ne pas jeter sa part aux chiens. Il était désolé, il eût jeté sa part aux chiens, sév. 431. Mlle de la C*** n'en jette pas sa part aux chiens, sév. 350. || Jeter ses louanges aux chiens, les prodiguer mal a propos. Ces gens-là ne jettent pointleurs louanges aux chiens, sev. 4<ji. || Droit comme la jambe d'un chien, se dit d'une chose tortue. || Battre quelqu'un comme un chien, étriller quelqu'un en chien courtaud, le battre trèsfort. Si vous voulez des nouvelles de nos armées, le régiment de Champagne s'est battu comme un lion et a été battu comme un chien, volt. Lettr. d'Argent. 24fév. 1761. || Ilfaitun tempsàne pas mettre unehin dehors, il fait un temps affreux. || Cela ne vaut pas les quatre fers d'un chien, c'est-à-dire cela ne vaut absolument rien, puisqu'un chien n'est pas ferré. || C'est saint Roch et son chien, c'est-à-dire ces deux personnes vont toujours ensemble. || Venir là comme un chien dans un jeu de quilles, arriver très-mal à propos dans une société, y être très-mal reçu. On dit dans le même sens : recevoir quelqu'un comme un chien dans un jeu de quilles. || Fig. Fréquenter le chien et le chat, fréquenter toute sorte de personnes. Il n'est pas étrange que M. le duc se soit avantagé de l'exemple de 1688, pour la promotion qu'il fit signer toute faite au roi en 1724, et où il fourra le chien, le chat et le rat, st-sim. 328, 43. || Fig. Battre le chien devant le lion, ou devant le loup , réprimander une personne inférieure devant une personne supérieure, à qui cela doit servir de leçon. || Entrechien et loup, à petit jour, le soirou lematin, c'est-à-dire quand le jour est si sombre qu'on ne saurait distinguer un chien d'avec un loup. Que pensez-vous que tout cela fasse entre chien et loup?sÉv. 221. Substantivement. Je crains l'entre chien et loup quand on ne cause pas, id. 232. || Fig. Leurs chiens ne chassent pas ensemble, c'est-à-dire ces personnes ne sont pas en bonne intelligence. || Vivre comme un chien, vivre dans la débauche et le libertinage. Mourir comme un chien, mourir dans le mépris et l'abandon, et aussi sans avoir reçu les sacrements. || Mener une vie de chien, mener une vie pénible et misérable. || Il est fou comme un jeune chien, se dit d'un jeune garçon étourdi et folâtre. || Il est fait à cela comme un chien à aller à pied, à aller nu-tête, c'est-à-dire il est tout à fait accoutumé, endurci à une chose. || Entrez, nos chiens sont liés, se dit à quelqu'un pour le prévenir qu'il peut aller de l'avant, n'y ayant aucun risque. || C'est une charrue à chiens, ce sont des associés qui n'avancent pas, ne font rien de bon ni d'utile. || Ils s'accordent, ils vivent comme chiens et chats, c'est-à-dire ils sont toujours en querelle. ||4" Fig. et familièrement, un individu qu'on maltraite, qu'on méprise. C'est un chien. Pour cet homme orgueilleux les domestiques sont des chiens. Que je suis un grand chien! Parbleu je te saurai, Maudit jeu de trictrac, ou bien je ne pourrai, regnard, le. Joueur, i, 4. M. le duc de Villarsnes'y connaît-il point? ma nièce est-elle sans goût? suis-je un chien? que coûte-t-il d'essayer ce qui fait chez nous le plus grand effet? volt. Lett. d'Argcnlal, 27 sept. (760. || Populairement, une personne rude et sévère. Quel chien ! 11 n'est pas trop chien avec (ou pour) ses ouvriers. C'est un mauvais chien. || Populairement et bassement. Cela n'est pas tant chien, cela n'est pas trop mauvais. || 5" Chien de, avec les noms masculins, chienne de, avec les noms féminins, locution qui se dit, par une sorte de dépréciation, des personnes et des choses. Un chien d'homme. Une chienne de femme. Chien de chrétien, dénomination injurieuse que les musulmansdonnent auxehrétiens. Quelle chienne de mine vous a-t-il faite? hamilt. Gramm. H. Moi j'aurais

de l'amour pour ta chienne de face, mol. le Dêp. iv, 4. Quel chien de commerce avez-vous 15? sév. 69, Que ne vous défaites-vous de cette chienne de maison aussi? dancourt, la Maison de campagne, se. 7. Maugrebleu de la chienne de parente, id. ib. se. 16. Quiconque veut \ivre sans boire Fera trèsbien de voyager Dans votre chien de territoire, volt. Ép. ii5. Je vous serai attaché toutle temps de ma courte et chienne de vie, volt. Lett. verset prose, 33. Quel chien de train! quelle chienne de vie! j. b. rousj. Épigr. iv, 6. .Je cours toujours pour ma chienne de vente; j'ai eu ce matin de bons renseignements, p. l. cour. Lett. il, 123. Voilà une bonne chienne de condition, direz- vous, volt. Lett. Mme du l>effant, 24 mai 1764. Ces occupations sont satisfaisantes; combien elles consolent de ces chiens de bureaux, de ces chiens de commis! volt. Lett. d'Argental, 15 févr. I7G0. || De chien, même sens. Un temps de chien. Une pluie de chien. Querelle de chien, bruit de chien, train de chien, grande querelle, grand bruit. Ne soyez point en peine de mon écriture, c'est que j'ai une plume de chien, sëv. 314. Allez, philosophe de chien, mol. Bourg, n, 4. || 6° Terme de zoologie. Genre de mammifères auquel le chien appartient. Le loup, le chacal sont des chiens. || 7' Nom de différents animaux qui n'appartiennent pas au genre chien. Chien crabier, un des noms donnés au chien cancrivore (digitigrades], appelé chien des bois par Buffon, dit aussi raton. || Chien-rat, mangouste du Cap. || Chien d'eau, cabiai. || Chien de mer, chien marin , nom vulgaire de la grande roussette (scyllium canir.yla). || 8" Terme d'astronu.nie. Le Grand et le Petit Chien, constellations de l'hémisphère austral. || Chiens de Chasse, petite constellation boréale entre la Grande Ourse et le Bouvier. || 9° Chien de faïence, petite figure de chien qui se mettait souvent sur les cheminées, une d'un côté, l'autre de l'autre. De là la locution, se regarder en chiens de faïence, c'està-dire se regarder fixement et d'un air surpris ou hébété. || 10°\Chien de fusil, pièce qui tient la pierre d'une arme à feu, et dans les armes à percussion, pièce qui vient frapper la cap-ule et en produit l'inflammation. || Sorte de sergent de tonnelier. || Fer plat du métier à tisser. || Sorte de chariot ou de brouette dans les mines. || Brosse des blanchisseuses, faite ordinairement de chiendent. || En termes de marine, sorte de grappin. || Proverbes. C'est un beau chien s'il voulait mordre, c'est-à-dire il a belle apparence, mais il est sans courage. || C'est un chien qui aboie à la lune, c'est-à-dire il crie inutilement contre plus puissant que lui. || Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village, c'est-à-dire il faut se mettre à l'abri du danger avant de s'en moquer. || Il est comme le chien du jardinier, qui ne mange point de choux et n'en laisse pas manger aux autres, se dit de ceux qui, ne pouvant pas se servir d'une chose, ne veulent pas que les autres s'en servent. || Ils veulent faire comme les grands chiens, ils veulent pisser contre la muraille, se dit des petits garçons qui veulent faire comme les grandes personnes. || Pendant que le chien pisse, le loup s'en va, c'est-à-dire le moindre retardement fait manquer l'occasion. || Il y a trop de chiens après l'os, c'est-à-dire c'est une affaire où il y a trop de partageants. || Ce sont deux chiens après un os, c'est-à-dire le même objet est poursuivi de deux personnes. || Il mourrait plutôt un chien de berger, se dit en parlant d'une personne peu recommandable et qui est revenue d'une maladie grave. || C'est un chien au grand collier, c'est-à-dire il a le principal crédit dans une compagnie, dans une maison. || Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée, c'est-à-dire il arrive toujours quelque accident aux gens querelleurs. || Chien en cuisine souper ne demande, c'est-à-dire il le prend. || 11 a du crédit comme un chien à la boucherie, se dit d'un homme sans crédit, sans importance. || Petit chien, belle queue, proverbe qui équivaut à celuici pour le sens : dans les petites boîtes, les bons onguents. || Si vous n'avez pas d'autre sifflet, votre chien est perdu, se dit à ceux qui ont une mauvaise cause. || Jamais à un bon chien il ne vient un bon os, se dit d'une bonne fortune qui ne vient point à ceux qui en seraient dignes. || Bon chien chasse de race, c'est-à-dire les enfants ont les qualités de leurs parents, ou, ironiquement, leurs défauts, leurs vices. || Il n'est chasse que de vieux chiens, c'est-à-dire les gens qui ont de l'expérience. qui ont vieilli dans une chose, sont ceux qui rendent les meilleurs services. || Je lui garde un chien de ma chienne, c'est-à-dire je me vengerai d'un mauvais

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office. || Il vaut autant être mordu d'un chien que d'une chienne, c'est-à-dire entre des risques égaux il n'y a pas do raison d'être plus effrayé de l'un que de l'autre. || On ne lui demande pas es-tu chien? es-tu loup? se dit d'un misérable qu'on abandonne. || Il a été mordu d'un chien, il veut l'être d'une chienne, c'est-à-dire il n'a pas assez du mal qu'il a reçu déjà. || Qui m'aime, aime mon chien, c'est-àdire quand on aime quelqu'un, on aime tout ce qui lui appartient. || C'est le chien- de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle, se dit d'un homme qui s'en va quand on veut le retenir ; proverbe venu de ce que Jean de Nivelle, fils du duc de Montmorency, ayant été sommé pour quelque méfait, à son de trompe, dans les carrefours de Paris, de comparaître, se hâta de gagner la Flandre, où étaient les biens de sa femme, le roux, Dict. comique. Suivant cette explication, il s'agirait non pas du chien de Jean de Nivelle, mais de ce chien de Jean de Nivelle. Une traîtresse voix bien souvent rous appelle; Ne vous pressez donc nullement; Ce n'était pas un sot, non, non, et croyez-m'en, Que le chien de Jean de Nivelle, la font. Fabl. vin, 21. Il Chien en vie vaut mieux que lion mort, c'est-à-dire il vaut mieux être pauvre et misérable qu'être riche et mourir. || Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la rage, c'est-à-dire on ne manque jamais de prétexte pour se débarrasser d'une personne qui déplaît. Me voilà bien chanceuse! Hélas! l'on dit bien vrai : Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, mol. Fem.sav. 11, 5. || Chien qui aboie ne mord pas, c'est-à-dire ceux qui crient beaucoup ne sont pas !es plus à craindre. || Un chien regarde bien un évèque, c'est-à-dire que, quelque élevé que soil un homme, il ne doit pas trouver mauvais qu'un autre s'adresse à lui. || À chien qui mord il faut jeter des pierres, on ne doit pas avoir pitié des gens malfaisants. || Chien sur son fumier est hardi. || Jamais chien ne mordit l'Église qu'il n'enrageât, s'est dit de ceux qui se sont élevés contre l'Eglise et qui ont fait une fin malheureuse. || À mauvais chien on ne peut montrer le loup , on ne peut décider un homma couard à s'exposer en rien. || Les coups de bâton sont pour les chiens, se dit quand quelqu'un, traité en parole ou en action d'une façon qui ne lui convient pas, remet à sa place celui qui le traite ainsi. || Il ne faut pas tuer son chien pour une mauvaise année, on ne doit pas se désespérer pour une seule ou une petite disgrâce. || Ëcorcher son chien pour en avoir la peau, sacrifier une chose importante pour un petit bénéfice. || L'hôpital n'est pas fait pour les chiens, se dit quand on réclame l'usage d'une chose qui est destinée au public.

— HIST. xi« s. Vous lui durrez [donnerez] ours et lions et chens, Ch. de Roi. m.

— xuc s. Mult par fu fel, orrible et chien; Suz [sous] ciel n'ont si mal crestien, benoît, Chron. t. 1, p. 348. Muetes de chiens lui donez pour chasser, Ronc. p. 3. Dune veïssiez entr'els les beaubelez [bijoux] duner, E les chiens enveier, e les oisaus porter, Th. le mart. 99.

— xnrs. Il fait trop bon le chien chuer, Tant qu'on ait la voie passée, la Rose, 7430. Cum chien honteus en un coignet, ib. 456. Si l'en envoie sanz targier As chiens de mer et as balaines Conter les noveles certaines, Fabl. barraz. t. iv, 85. En un carrefour [il] fist un feu lez un cerne entre chien et leu [loup], Ralaille des sept arts. Ki volentiers fiert vostre chien, Ja mar crerés qu'il vus aint [aime] bien, marie, Graelent. Elle avoit tort d'esveiller le chien qui dort, Hist. Iiu<:r. t. xxm, p. 571. Si dist on souvent.... Que d'aire [race] est le ciens qui devient Vénères [chasseur] sans aprendeour, ph. mouskes, ms. p. 449 et 450, dans lacurne. Chien en cuisine son per [ compagnon ] n'i désire, Leroux de lincy, Prov. t. 1, p. 165. On ne peut pas deffendre bien le chien à abaier ne le menteor à jaingler [faire des contes], m. ib. t. 11,

— xive s. Plaindre se fait autant qu'un chien qu'on voit crier, Guescl. 15190. Cellui qui s'entremet des noises d'autruy est semblable à cellui qui prent le chien par les oreilles, Ménagier, 1, 9. Et est la brette aussi comme chien de mer% ib. 11, 5. Nul ne soit si hardi qu'il mesle les rayes ne chiens de mer avec autre poisson en un mesme panier, Ordonn. des rois de Fr. t. 11, p. 359.

— xv s. Et ne demeura onques chien en la v'Ue, quêtons ne fussent morts ou jetés dedans les fossés, FHoiss. 11, 11, <ct. Qui à nul bien de présent ne .s'applique, Kors à avoir condition de chien , e. desch. Poésies mss. f° 244 , dans lacurne. Chiens de mer, marsouins, saumons, Congres, turboz et

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leurs semblables, id.io. f°485. Ils nous sont venu, assaillir sur nostre fumier, monstrons défense comme fait le chien, Perceforest, t. m, f° 47.. Il estoit jà moult anuyté; car il estoit ainsi que entre chien et leu, ib. t. 1, f° 67. Chien en cuisine ne demande pas son compaignon, ib. t. m, f° < 2>j. Par avant ilz se entre-hayoient comme chiens et chas, Chron. du siège d'Orl. Ribl. de." Chartes, t. 111 , 1 " série , p. 509. Et mon gosier est sy torchié Qu'il est sec comme dent de chien, Mir. de St. Genev. Foy que doy vous, Sire Robers, Ce sont gens plus cruels que chiens, 16. La estoit grand pitié à veoir ces nobles seigneurs.. . amener liés de cordes estroitement par ces chiens Sarrasins laids et horribles qui les tenoient durement, Bouciq. 1, ch. 25. Tel le chien nourrit, qui puis mange la courroie de son soulier, le roux de lincy, Prov. t. 1, p. VU. Tel huchia le chien es brebis, qui ne le peut retraire, id. ib. t. n, p. 422.

— xvi' s. Courez toujours après le chien, jamais ne vous mordra; et buvez toujours avant la soif, jamais ne vous adviendra, rab. Garg. 1, 5. Où est vostre chenil? je ne vois ni chiens courans, ni auseaux. — Une meutte de chiens, de limiers, des aboieurs, des chiens pour le fauve, chiens pour le noir, lévriers de compagnon et d'attache, d'aub. Fœn. i, 5. Lequel l'attendoit au coin d'une rue avec deux pistolets, dont le chien estoit levé, id. Vie, xli. Et comme à chien maigre vont les mousches, id. Fœn. 1, 3. Il lui mit tant de chiens aux fesses, qu'il fut contraint de se sauver de vistesse, id. Hist. 1, 1 90. II avoit accez en la place par le moien d'un chien couchant, dont il faisoit manger force perdrix au gouverneur, id. ib. 11, 1 14. Les chefs coururent pour rompre les chiens, mais la nuit les sépara plus que leurs commandemens, id. ib. 11, 357. Quelques poissons se perdirent en la suitte des dauphins, comme font les chiens, les barbues, les maquereaux, etc. id. Conf. 1, 9.... Et les poulces dedans le chien de la harquebuze.... carl. vi, 23. L'herbe dite langue de chien, paré, xvi, 35. Si le coq chante incontinent après le soleil couchant (comme l'on dit entre chien et loup), c'est signe de pluye. paré, Animaux, 2. Et sans morsure De chiens enragez et fous, rons. 921. À petit chien, petit lien, h. est. Précell. 1 98. Je sçais qu'il s'est trouvé des simples païsans s'estre laissez griller la plante despiedz, ecrazer le bout des doigts à tout le chien d'une pistole, avant que de s'estre seulement voulu mettre à rençon, mont, iii, <52. Car, dict un ancien, l'on est mieux en la compagnied'un chien cognu, qu'en celle d'un homme duquel le langage est incognu,' charron, Sagesse, 1, 12. Le chien se frotte à la charongne, génin, Récréât. 1. 11, p. 243. Par petits chiens le lieuvre est trouvé, et par les grands est happé, id. t'6. p. 246. Le chien au matin à l'herbe va pour son venin, m. ib. p. 242. Plus fol que chien qui aboyé à ses soupes, les cuidant par ce refroidir, id. ib. p. 247. Chien affamé, de bastonnade n'est intimidé, leroux de lincy, Proverbes, t. 1, p. 165. Chien ccuart voir le loup ne veut, id. ib. Chien enragé ne peut longuement vivre, id. ib. Chien rioteur a volontiers les oreilles tirées, id. ib. X. meschant chien, court lien, id. ib. p. )66. Disner de chien, pain et eau, id. ib. En lict de chien n'a point d'oingture [parfum] , id. ib. Fien de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement, id. t'b. Qui chien s'en va à Rome, mastin s'en revient, m.ib.r,. 1 70. Qui hante chiens puce remporte, ni. ib. Oui perd un chien et retrouve un chat, c'est toujours \irie beste àquatre pieds, id. ib. p. t7i. On ne congnoist pas les gans aux robbes ne les chiens aux poilz,iD. tb. Qui veutavoir bon serf ou chien, il faut qu'il lui couste du sien, id. ib. t. 11, p. 409. Il y va douanant comme un badin, et trotte de côté comme un chien qui vient de vespres [ainsi dit à cause des coups de fouet que les bedeaux distribuaient aux chiens voulant suivre leurs maîtres dans l'église], Moyen de parvenir, n° lxvii, élégie. Je m'apperçus assez tost que son mal procedoit d'ailleurs que de moi, et qu'il ne s'attachoit à moi que pour battre et gourmander le chien devant le lyon, Mém. de villeroy, 1. 1, p. 42, dans lacurne.

— ÉTYM. Picard, fci'en,et, dans le Santerre , tchèn; rouchi, tien; wallon, chen ; Rerry, clien, chin; chian, chine, chienne ;Saintonge, chein, et cheune, chienne; bourguig. chen; provenç. can; ital. cane; du latin canis ; au même radical appartiennent le grec xviov, le gaélique eu, le bas- breton l;i , le gothique/iwi/.v (allemand llund, anglais hound) , le lithuanien szu, le zend çpa, le sanscrit svan.

| CHIÈNAILLE (chié-na-lP, Il mouillées). y. f, i anaille.

— hist. xiu' s. Entre moi et cestc chienaille,

Ren. i 903. || xvc s. Que il vendroit cher à ceste chiennaille sa mort, Bouciq. 1, 24.

— ÉTYM. Chien. Chienaille est l'ancienne forme française, dépossédée par la forme italienne canaille.

CHIENDENT (chiin-dan), i. m. Espèce de graminée à racines longues et traçantes (triticum repéras, L.). Il Chiendent pied de poule, nom vulgaire du panic dactylon, dit aussi gros chiendent. || Chiendent aquatique , la fétuque flottante. || Chiendent queue de renard, l'alopécure agreste. || Chiendent marin, varech. || Chiendent fossile, amiante. || Fig. et familièrement. C'est là le chiendent, c'est l'endroit difficile ; locution qui vient de la difficulté qu'on a à débarrasser un terrain du chiendent.

— HIST. xvi* s. De l'eau bouillie avec orgo et chiendent, paré, xx, H.

— ÉTYM. Chien, dent; ainsi nommé à cause du goût que les chiens malades ont pour celte plante.

f CHIENNE (chiè-n'), adj. f. La gent chienne, les chiens, locution plaisante créée par la Fontaine. Son frère, ayant couru mainte haute aventure, Fut le premier César que la gent chienne ait eu, Fabl. vin, 24.

t CHIENNÉE (chié-née) , s. f. La portés d'une chienne.

— étym. Chicnner.

CHIENNER (chié-né), t'. n. Faire ses petits, en [iarlantdeschiennes.il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— hist. xvie s. Après que la chienne aura chienneté, on la logera chaudement, 0. de serres, su.

— ÉTYM. Chien.

t CHIENNERIE (chiê-ne-rie), s. f. Terme bas. Se dit des choses dégoûtantes et qui révoltent la pudeur. C'est de la chiennerie. Quelle chiennerie!

— ÉTYM. Chien

CHIER (chi-é). || 1° V. n. Se décharger le ventre; mot populaire et bas, qui ne se dit pas en compagnie honnête. ||Fig. Il a chié dans mon panier, ou dans ma malle, il m'a offensé. || Chier sur la besogne, travailler et ne faire rien qui vaille. || 2° V. n. Chier des cordes, aller péniblement à la selle.

— HIST. xme s. Et il chia seur le muse! Au vilain, tant que s'esveilla, Ren. 6002. || xvi" s. Il le mena [David, ministre protestant], qui lors estoit à Fontainebleau; mais, ayant parlé à M. le cardinal de Lorraine, le dit David chia sur la bible [abandonna le protestantisme], brant. Cap. fr. t. m, p. 237, dans lacurne. Pleurez donc et chiez bien des yeux. Moyen de parvenir, p. 50, dans lacurne. Autant chie un bœuf que mille moucherons, oudin, Curios. fr. p. 101. [Discours de Villars à Sully] : Vous estes bien loin de vostre compte, et vostra roy de Navarre aussy. car, par le corps bieu, il a chié au panier pour moy, et s'il n'a pas d'autre valet que de Villars , croyez qu'il sera mal servy, Mém. de. sully, t. 11, p. <43, dans lacurne. Et, jusques en l'autre monde, quel mauvais ménage a faict Jupiter avecques sa femme qu'il avoit premièrement practiquée et jouie par amourettes? c'est ce qu'on dit chier dans le panier, pour après le mettre sur sa teste, mont, m, 324. Ci gist un roy [Henri de Navarre, depuis Henri IV], par grand merveille, Qui mourut, comme Dieu permet, D'un coup de serpe et d'une vieille, Comme il chioit dans une met, d'aubigné, Mém. édit. lalanne, p. 36.

— ÉTYM. Picard, hier ; provenç. et espagn. cagar; ital. cacare ; du latin cacare.

CUIEUR, EUSE (chi-eur, eû-z'), s.m. etf. Celui, celle qui se décharge le ventre, et aussi qui ne fait qu'aller à la selle. Populaire et bas.

— ÉTYM. Chier.

CHIFFE (chi-O, s. f. y i° Chiffon à faire le papier. Il 2° Étoffe légère et de mauvaise qualité. Cela n'est que de la chiffe. || Fig. Un homme mou comme une chiffe, un homme très-faible de caractère.

— hist. xive s. [Que] Ses fils le nom de joint.) port [portej , Qui n'iert mie vestuz de chippes,

GUIART, t. I, p. 28, V. 74.

— étym. Rouchi, chife, coupures. Grandgaf demande si chife ne se rapporterait pas au wallon cafu . objet sans valeur, qu'il rattache à enf di (dans le dialecte d'Aix-la-Chapelle) , bas-écossais cauf, anglais chaff, balle de blé; Diez rapporte cette opinion sans se prononcer. Génin voit dans chiffe une forme de chippe (ce qui paratl très-plausible), et dès lors le rattache à chipper, anglais to ctoip,t u per par morceaux; de son.' que de la chiffe serait de la rognure. On a parlé ;mssi de l'arabe sephen, pelure, ce qu'on balaye; maison n comment ce mot arabe serait entré dans le français.

CHIFFON (chi-fon), s. m. || 1° Morceau de q que vieille étoffe. Du blanc, un peu de rouge, un

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