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Cïïl
clnfTon de rabat, Régnier, Sat. xi. [|2° Bout de papier, écrit ou non, sans aucune importance. Ne sachant pas votre adresse, j'ai prié M. d'Argental de vous rendre ce chiffon, volt. Lettr. en rers et en prose, 35. Excusez le chiffon sur lequel je vous écris, rien n'est plus rare que le papier en ce pays-ci, p. L. cour. I.clt.], 172. || 3° Tout ajustement de femme ne servant qu'à la parure. On l'allait consulter sur chaque événement, Perdait-on un chiffon, avait-on un amant, la font. Fab. vu, t5. Plus brillante que n'eussent fait les brillants chiffons de la Duchapt, j. j. rouss. Ém. v. || Un chiffon d'enfant, une petite fiile, ou même une jeune fille. Avoue/.,, mon ancien ami, que la destinée de ce chiffon d'enfant [la desrendante de Corneille] est singulière, volt. Lettr. Cideville, 20 janv. <7u3. || Par extension. Je porte tous ces chiffons sacrés [les amulettes]- par une longue habitude, MONTESQ.Zeft.pers. 143. || 4° En termes de jardinage, chiffonne, adj. fëin. Branche chiffonne, petite branche grêle du pêcher qui a des boutons à fruit dans toute son étendue. Il faut ôter les branches petites et chiffonnes, la quintinye, Jard. dans PiciiELET.
— HIST. xvie s. Une chose chiffonne, oudin, Bief. Cela est bien chiffon, id. Curiosités fr.
— ÉTYM. Chiffe. On trouve, dans le bas-latin, chiffones qui semble signifier une chaussure grossière, et qui est trop isolé pour qu'on voie aucun moyen sûr de le rattacher à chiffon. Quelques provinces disent un chiffon de pain, pour un morceau de pain; voyez-en, à chiquer i, l'explication.
f CHIFFONNADE (chi-fo-na-d') , 5. /'. Sorte de potage.
f CHIFFONNA GE (chi-fo-na-j'), s. m. Action de chiffonner. || Terme de peinture. Draperies chiffonnées.
— ÉTYM. Chiffonner.
CHIFFONNÉ, ÉE (chi-fo-né, née), part, passe. Il 1° Froissé comme un chiffon. Robe chiffonnée. Il 2" Une mine chiffonnée, une figure dont les traits sont peu réguliers, mais agréables. C'était un petit minois éveillé, chiffonné, j. j. rouss. Cotif. v. H 3" Terme de botanique. Pétales à préfloraison chiffonnée, pétales irrégulièrement plissés en tous sens dans le bouton.
CHIFFONNER (chi-fo-né). || 1° V. 11. Travailler sur des chiffons ou sur de petits morceaux de linge que les femmes du monde nomment collectivement chiffons. Je me suis brûlée en chiffonnant autour de cette bougie, beaum. Barb. de Sév. 11, U. || 2" V. a. Mettre en chiffon. Chiffonner du linge, un vêlement, du papier. Son mari a [iris la lettre et l'a chiffonnée, sév. 321. Quelque lettre qu'il déchire ou chiffonne un moment après, j. j. rouss. Ml. il, 2. Il 3° Déranger l'ajustement, particulièrement d'une femme. C'est un badin qui la chiffonne , gombaud, Ép. liv. 1, dans richelet. Elle [la duchesse de Bourgogne] les embrassait [le roi et Mme de Maintenon] , les baisait, les caressait, les chiffonnait, st-sim. 32), t9ï. Et sans nuire à sa toilette, Je la chiffonne à mon gré, bérang. Jeannette. Mondor.... Devant moi te chiffonne, Sans te mettre en courroux, id. Inf. de Lisette, y 4° Fig. Chagriner, intriguer. Cela vous chiffonne. M'interrompre à tous coups, c'est me chiffonner l'âme, poisson, Corn, sans titre, dans le roux, Dict. com.
— ÉTYM. Chiffon; wallon, chifôder, chifouder.
t CHIFFONNERIE (chi-fo-ne-rie), s. f. Petit souci qui chiffonne l'esprit.
CHIFFONNIER , 1ÈRE (chi-fo-nié, niê-r') , s. m. et/". H 1° Celui , celle qui va, la nuit principalement, ramasser les chiffons par la ville. Ce monsieur du journal m'appelle jacobin, homme horrible, ordurier, chiffonnier, p. l. cour, i, 28t. || Fig. C'est un chiffonnier, ce n'est qu'un chiffonnier, se dit d'un homme qui, ramassant partout des nouvelles de mauvais aloi, les débite au hasard ; se dit aussi d'un homme tracassier. || 2° S. m. Petit meuble à tiroirs, où les femmes serrent leurs chiffons et leurs travaux d'aiguille. || On trouve aussi, en ce sens, chiffonnière au féminin, beaucoup moins usité. Ils passent leur vie dans leurs appartements où ils ne voient que des lustres, des bougies, des glaces, des secrétaires, des chiffonnières, bern. de stpiebre, Étude iv.
— ÉTYM. Chiffon.
CHIFFRE (chi-fr') , s. m. || 1° Caractère qui représente les nombres. Les chiffres arabes (1 , 2, :î, 4. 5, 6, 7, 8, 9, 0). Les chiffres romains (I, V, X, L, C. D, M). || Familièrement et fig. C'est un zéro en chiffre, se dit d'un homme qui n'a aucune importance. || Outre les chiffres romains, on se si r vait au moyen âge, dans les comptes, de chiffres
particuliers, qu'on appelait chiffres financiers, et qui différaient très-peu des chiffres romains. || Anciennement, chiffre s'est dit au singulier pour désigner les chiffres en général. Apprendre le chiffre. Il 2° Le montant ou total. Le chifire du budget s'élève de plus en plus. Le chiffre de nos dépenses augmente chaque année. || 3° Par extension, caractères de convention pour une correspondance secrète. La clef du chiffre, l'alphabet qui sert à écrire en chiffres ou à lire ce qui est écrit en chiffres. Les dépêches de Pomponne étaient en chiffres, et celui qui déchiffrait se trouva à l'Opéra, st-sim. 7t, tes. J'ai lu votre lettre, quoique le chiffre fût un peu brouillé, boss. Lettr. quiét. 154. Ces légats ont un chiffre avec le pape : c'était une invention alors très-peu commune, volt. Mœurs, *72. || 4" Façons de parler dont certaines personnes font usage pour s'entendre sans être comprises des autres. C'est un chiffre entre eux. || Par analogie. 11 n'y a nul chiffre à tout ceci, sév. toc. Le vieux Testament est un chiffre, pasc. Fig. 6. ||5" Marques que les commerçants, ceux surtout qui font le détail, mettent sur des étiquettes qu'ils attachent aux marchandises pour en désigner le prix d'achat et de vente; la valeur de ces caractères est tout à fait arbitraire et connue d'eux seuls. || 6° Entrelacement des lettres initiales. Faire dessiner, graver son chiffre. Ces fieursFormaient le chiffre des sœurs, la font. Tabl. Ce fer porte le chiffre et le nom du coupable, rotrou, Vencesl. iv, 6. Dieu sait quels lacs d'amour, quels chiffres, quelles fleurs, Régnier, Sat. xi. Je dois vaincre; j'ai de ma belle Et les chiffres et la couleur, bérang. Charles VII. Arbre, croissez, disais-je, où nos chiffres tracés Consacrent à l'amour nos noms entrelacés, chaulieu, Au cher, de Bouillon, 17-12. Il 7° S. m. plur. Dans la musique, caractères numériques qu'on place au-dessus des notes de la basse pour indiquer les accords qu'elle comporte. Ainsi 5 ou 3 avec le 5 au-dessus indique l'accord de tierce et quinte, c'est-à-dire l'accord parfait majeur; l'accord parfait mineur met un bémol à la place du 3.
— Hisr. xme s. Li première figure fait t , la seconde fait 2, la tierce fait 3, et les autres ausi jusc'à la darraine qui est apelée cyfre.... cyfre ne fait riens, mais ele fait les autres figures multeplier, Comput, f° f 5. Tues li cyffres [zéro] d'angorisme [numération], Qui ne fait fors tolir le lieu D'autre figuie, Les vers du Monde. || xve s. Et venoit de piteuses lettres en chiffre, et en grand difficulté [des assiégés de Novarre], comm. vin, 9. Aussi bien n'y suis fors que une ciffre donnant umbre et encombre, chastel. Chron. des ducs de Bourg. 11, 20. |jxvr s. Il fut remis en prison pour des lettres escrittes en chiffre, qu'un gueux portoit dans un baston creux, d'aub. Hist. 11, 89. Les Polonois admirèrent les confusions bien desmeslées, les chiffres bien formez du ballet, les musiques différentes, id. ib. 11, )U4. Ces lettres estoient en chifre double et très-difficile, id. ib. ni, 236. Avecques eulx [les Vénitiens] leur duc Serenissime, Qu'on peult juger un chiffre [zéro] en algorisme, Lequel tient lieu et de soy n'a pouvoir, Mais seulement fait les autres valoir, j. marot, i, 80. Une chesne de perles enfilées dans de l'or, avec des chiffres du Roy, esmaillée de gris, prisée cinq cens escus, delaborde, Émaux, p. 213. Quelques sots et glorieux Italiens se sont voulus affubler de tel honneur pardessus nous, qu'ils semblent, par leurs escrits, nousreputer comme chiffres [zéros], pasquier, Lettres, t. i, p. 4-ï, dansLACURNE. La dixiesme figure
des nombres] de soy ne vault ou signifie rien; mais elle, occupant ung ordre, fait valoir celles qui sont après elle; et pour ce est appelée chiffre on nulle, ou figure de nulle valeur, de laroche, Arisme tique, f° 7.
— ÉTYM. Espagn. et portug. cifra; ital. cifra, ci fera. Le chiffre est primitivement le zéro, de l'arabe çafar, vide, à cause que le zéro est vide de toute valeur. De la signification de zéro, chiffre a passé à la signification générale de signe de numération.
CHIFFRÉ, ÉE (chi-fré, frée), part, passe. || 1° Numéroté. Des pages chiffrées. || 2" Écrit en chiffres, caractères secrets. Une lettre chiffrée.
CHIFFRER (chi-fré), v. n. || 1" Calculer avec les chiffres. Je t'ai vu calculer, nombrer, chiffrer, rabattre, j. b. rouss. Hép. à Chaul. Peut-être devraient-elles apprendre à chiffrer avant tout, j. j. rouss. Ém. v. || 2° V. a. Numéroter. Chiffrer les feuillets d'un registre. || Évaluer en chiffres. On veut tout chiffrer aujourd'hui. || 3° Écrire en chiffres. Chiffrer une dépêche. Albéroni avait écrit et chiffré de sa main tout ce qui concernait les négociations
et les affaires secrètes, st-sim. 50) , 69. || 4° Terme de musique. Placer des caractères numériques audessus de la basse pour indiquer les accords. Basse chiffrée. On chiffre par 2 l'accord de seconde.
— ÉTYM. Chiffre.
CHIFFREUR (chi-freur) ,. s. m. Celui qui compte bien, la plume à la main. Un bon chiffreur.
— étym. Chiffrer.
f CHIGNOLLE (chi-gno-1'), s.f. Dévidoir de passementier.
CHIGNON (chi-gnon), s. «1.111° Le derrière du cou. Il lui donna un coup de bâton sur le chignon. Les emboîtements les plus remarquables [des os^ sont ceux de l'épine du dos qui règne depuis le chignon du cou jusqu'au croupion, boss. Connais*. i, 7. || 2" Cheveux de derrière la tête retroussés er. double ou relevés sur la tète. Un chignon frisé. Un chignon natté. Quelques crins blancs couvrent son noir chignon, volt. Ce qui plaît aux dames. Un petit peigne orné de diamants De son chignon surmontait la parure, id. le Pauvre diable. Je frise avec grâce un chignon, Et j'inventai le postillon Que je n'étais encor qu'à la bavette, Ép. de Pompon à Babiole, dans richelet.
— HIST. xme s. Les venteuses qu'on met sor le caon du col, alebrant, f° -13. Ysengrin ne l'escoute mie, Ainz l'a saisi par le chaon, Ben. 7705. [Le chien] Qui nous trait en enfer parmi le chaaignon, j. de meung, Test. ) 599. || xvr s. La tuyle nimbant au long de la teste à la faulte de l'armet luy donna droit sur le chaignon du col, et luy en brisa les jointures, amyot, I'yrrh. 76. IL.le percea de part en part, tellement que la poincte de l'espée venoit à sortir au chinon du col, id. Pomp. <oi. Tu vois Le fils d'Atrée Agamemnon, Que Jupiter fait dessus l'eschignon Du col, porter le faix pour tout le monde, id. De la tranq. d'ûme, G. L'enflure du chesnon est guérie par onguent fait de racines d'aulnée.... o. de serres, 977.
— ÉTYM. Le même que chaînon , par comparaison du chaînon d'une chaîne avec les nodosités des vertèbres. Berry, coignon, chagnon.
f CHILIADE (ki-li-a-d'), s.f. Terme didactique. Un millier.
— ÉTYM. XiAiàç, millier, de yl:oi. mille.
t CHIGOM1ER (chi-go-mié), s. m. Arbrisseau des régions chaudes de l'Amérique.
j CHILIARQUE (ki-li-ar-k'), s. m. Terme d'antiquité. Commandant de mille hommes.
— ÉTYM. XiXtapxo;, de -/iXiot , mille, et âp/eiv, commander.
f CHILIASTE (ki-Ii-a-sf), s. m. Celui qui croyai» au millénium; millénaire.
— ÉTYM. XiXiacrtrjj, de y.ÎAtoi, mille.
f CHILIOGONE (ki-li-o-go-n'), s. m. Terme de géométrie. Polygone régulier de mille côtés. Si je veux penser à un chiliogone, desc. Médit, u.
— étym. Xi/.toi, mille, et yùioc,, angle.
f CHILOGLOSSE (ki-lo-glo-s'), s. m. Terme d'entomologie. Sorte de millepieds.
— ÉTYM. XeïXo:, lèvre, et r'/àJerTa, langue.
t CHILOGNATHE (kï-log-na-f), s. m. Teime d'entomologie. Sorte de millepieds.
— ÉTYM. Xeïaoç, lèvre, et yvôcOo;, mâchoire
I CH1LOPLASTIE (ki-lo-pla-stie) , s. f. Terme ûe chirurgie. Opération par laquelle on restaure plus ou moins complètement l'une ou l'autre lèvre.
— ÉTYM. Xv.loz, lèvre, et -"' -/cîs-.v, fi
que).
t CHaOPLASTIQUE (ki-lo-pla-sti-k') , adj. Oui a rapport à la chiloplastie. || S. f Synonyme de chiloplastie.
t CHILOPODE (ki-lo-po-d'), s. m. Tel mologie. Sorte de millepieds dont la lèvre est formi d'une paire de pieds.
— ÉTYM. XeiXoç, lèvre, et tioOç, pied.
CHIMÈRE (chi-mè-r'). s. f. || 1° Terme de mythologie. Monstre qui jetait du feu par la gueule, et avait la tête et le poitrail d'un lion, le ventre d'une chèvre et la queue d'un dragon. || Terme d'antiquité. Assemblage bizarre de différentes parties d'animaux divers qu'on voit sur des pierres gravées et sur des bas-reliefs. || 2° Fig. Vaines imaginations. Mais que je me figure une étrange chimère, corn. Poly. m. •I. Étrange effet d'amour! incroyable chimère! id. Bodog. i, 7. Quittez cette chimère, id. Poly. îv, 3. Je me revêtirais de brillantes chimères, id. D. San. iv, 3. Les chimères, le rien, tout est bon; je soutiens Qu'il faut de tout aux entretiens ; C'est un parterre où F'iore épand ses biens, la font. Fabl. x, <. Revenons à l'histoire De ce spéculateur [astrologue] qui fut contraint de boire; Outre la vanité de son art mensonger, C'est l'image de ceux qui
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bâillent aux chimères, Cependant qu'ils sont en danur eux. soit pour leurs affaires, m. ib. 11, 13. Le vide des plaisirs, la chimère des espérances, kass. Car. Pdq. De quelles chimères un cœur cori n'est ilpascapabledeserepaître? id. Car.Ave- Bir.Quelle chimère êtes-vous donc parmi les hommes, r. pécher. Peut-on se figurer île si folles chimères? non., tptt. xn. Elle traita l'histoire de chihamilt. Gramm. io. On la console d'avoir i la jolie chimère de croire être immortelle, sêv. -<■■'. Vous pouvez l'espérer sans chimère, id. •J3i. Une ingrate lui parait une chimère, id. 443. oère est-ce donc que l'homme? pasc. dans Vutant de sectes, autant d'imaginations, autantde chimères, volt. Uemmius, xm. Chimère que les nègres même rejettent, j. j. rouss. Orig. notes. l 'âge a-t-il éteint vos désirs? Blâmez-vous les tendres chimères? bërang. B. maman. || Familièrement. C'est là sa chimère, c'est son idée favorite, son rêve. Jules César était né de l'illustre famille des Jules, qui. connue toutes les grandes maisons, avait sa Bhimère, en se vantant de tirer son origine d'Anjphis et de Vénus, yertot, Révol. rom. liv. xm, p. 221. Ce rêveur poursuit sa chimère, j. j. rouss. Ém. iv.
— HIST. xvr s. Ainsi versant de l'œil des fontaines ameres. Dedans mon cerveau creux je peignois des chimères, rons. G93. Laissez moi ces desseins qui ne sont que mensonges, Que chimères en l'air, que fahles et que songes, id. 707. Car d'attribuer cela [certaines aclions des animaux] seulement à une vivacité du sens de l'ouïe, sans discours et sans conséquence, c'est une chimère et ne peult entrer en Bostre imagination, mont, ii . )08.
— ÉTYM. Xiu.aipoc, animal mythologique, de ■/';.jj.»ioa, chèvre, yi;xapo:. bouc.
CHIMÉRIQUE" (chi-m'é-ri-k'J, adj. ||l°Qui se repait de chimères. Un homme chimérique. Enflant d'un vain orgueil son esprit chimérique, boil. Art poét. m. Bouillon était l'homme le plus chimérique qui ait vécu en nos jours, et le plus susceptible des chimères les plus folles en faveur de sa vanité, st- SIM. 4.",. 17. nui l'aurait dit eût passé pour le plus chimérique des hommes, roi. t. Hist. Russ. i, 6. Le roi, après la conversation [avec Fénelon], dit qu'il avait entretenu le plus bel esprit et le plus chimérique de son royaume, volt. Louis XIV , 38. || 2° Qui est sans réalité. Toutes les raisons qu'il apporte sont chimériques. Esclave ambitieux d'une peur chimérique, corn. Pohj. v, 6. Étant de ces gens-la qui sur les animaux Se font un chimérique empire, la font. Fabl. vu, t. On donne, dans un spectacle profane, des larmes aux aventures chimériques d'un personnage de théâtre, mass. Car. Aumône. L'art de faire subsister ensemble l'intempérance et la santé est un art aussi chimérique que la pierre philosophai, volt. Zadig, 18.
— ÉTYM. riiinn'ir.
t CHIMÉRIQUEMENT (chi-mé-ri-ke-man), adr.
D'une manière chimérique. C'est un homme qui pense toujours chimériquement. L'opinion que ces gens-là ont eue de leurs grandes qualités, leur a fait chercher chimériquement une origine différente de la nôtre, st-évremond, Génie du peuple romain, p. 2, dans RICHELET.
— étym. Chimérique, et le suffixe ment. fCHIMÉRISER (chi-mé-ri-zé) , r. n. Faire des
chimères, on dit qu'il faut raffiner et chimériser sur les plaisirs, fonten. Jug. de Plulon.
— HIST. xvr' s. Chimeriser, oudin, Dict.
— ÉTYM. Chimère.
f CH1MIATRE (chi-mi-a-tr'), s. m. Médecin partisan de la chimiatrie.
— ÉTYM. Chimie, et îivpà:, médecin.
t CHIMIATRIE (chi-mi-a-trie), s. f. || i° Doctrine qui prétendait expliquer tous les phénomènes de l'économie animale, tant dans l'état de santé que dans l'état de maladie, par les principes de la chimie, alors fort peu avancée, à l'issue du moyen âge. || 2° L'abus des préparations chimiques ou pharmaceutiques dans le traitement des maladies. — ÉTYM. Chimialre
CHIMIE ou CHYMIE (chi-mie), s. f. Science dans laquelle on étudie les lois de la composition des corps cristallisables o.u volatils, naturels ou artificiels, et les lois des phénomènes de combinaison ou de décomposition résultant de leur action moléculaire les uns sur les autres. Il n'y a pas encore longtemps que tous les raisonnements de chimie n'étaient que des espèces de fictions poétiques, vives, animées, agréables à l'imagination, inintelligibles et insupportables à la raison, fonten. Guglielmini. Voulant donner à un enfant du goût pour la chimie, j. j.
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rouss. Êm. m. Le public fut étonné de voir une chimie dans laquelle on ne cherchait ni le grand œuvre ni l'art de prolonger la vie au delà des bornes delà nature, volt. Louis XIV, 3t. Les ouvrages de Stahl, malheureusement trop obscurs, avaient besoin qu'un homme né avec le génie de la chimie nous apprît à les entendre; c'est une des obligations que nous avons eues à M. Rouelle, condorcf.t, Malouin. Huer la métaphore et la métonymie, Grands mots que Pradon croit des termes de chimie, non.. Ép. x. !| Chimie minérale, celle qui s'occupe des corps inorganiques. Chimie organique, celle qui s'occupe des substances organisées.
— ÉTYM. Espagn. quemia ;\U\\. chimica; du grec /vu.ta et yji^Eia; lat. chymia et chemia; avec l'orthographe par vi, on tire y.'ju.ia de yvuoç. suc, et la chimie serait l'art relatif aux sucs; avec l'orthographe par ri . l'origine est plus obscure, et on tire conjecturalement xn|J-eia de Cham, nom porté par l'Egypte , supposée la patrie prem ière des arts chimiques. Tout porte à croire que la vraie orthographe est yï]- |X£Îa, qui aura été changé, par iotacisme et par assimilation avec un radical grec, en xuf-ta- En t°ut cas, les orthographes chimie et chymie sont toutes deux autorisées, la première par l'iotacisme de l'y] prononcé f, la seconde par l'u de yy\iia (voy. alchimie).
CHIMIQUE (chi-mi-k') , adj.\\ 1° Qui appartient à la chimie. Une opération chimique. Les phénomènes chimiques. Les lois chimiques. Arts chimiques. Produits chimiques. La nomenclature chimique. On ne doit pas confondre avec les mouvements que produit l'irritabilité, ces changements purement chimiques que l'application des caustiques fait éprouver à toutes les parties molles des corps organisés, condorcet, llallcr. || Allumettes chimiques, allumettes au phosphore et s'allumant par frottement. || 2° 11 s'est employé autrefois substantivement au lieu de chimiste, qui est seul usité présentement. Ce juste degré de chaleur que les chimiques cherchent en l'opération de leur secret, halz. le Prince, \g.
— HIST. xvi° s. Des medicamens pyrotiques et chimiques, c'est à dire extraits par distillation de quinte-essence, parë,xxvi, t. Quatre livres des secretsde médecine et delà philosophie chimique, faicts francois, par J. liebaut, Paris. 1579. Le prototype ou très parfait et analogique de l'art chimicq à la phisique, ou philosophie de la science naturelle, par rené de la chastre, Paris, (u20.
— ÉTYM. Chimie.
| CHIMIQUEMENT (chi-mi-ke-man), adv. D'après les lois de la chimie, d'une manière chimique.
— ÉTYM. Chimique, et le suffixe men t.
t CHIMISME (chi-mi-sm'), s. m. || 1° L'ensemble des opérations chimiques qui se font dans une plante, dans un animal. || 2" Abus de la chimie dans ses applications à la physiologie ou à la pathologie.
— ÉTYM. Voy. CHIMIE.
CHIMISTE (chi-mi-sf), s. m. Celui qui cultive la chiure. On dit que le prince régent [duc d'Orléans], dont le suffrage ne sera ici compté, si l'on veut, que pour celui d'un habile chimiste, avait assez approuvé ses vues [sur le salpêtre] , fonten. Ressotis. Il apprit qu'il y avait dans cette ville une société fort cachée de gens qui travaillaient en chimie et cherchaient la pierre philosophale ; aussitôt le voilà pénétré du désir de profiter de cette occasion pour devenir chimiste, fonten. Leibnitz. Les chimistes et tous ceux qui employent leur temps à faire des expériences, malebr. Recherche, liv. n, part, n, chap. vm,4. La nature était mon Armide; Dans ses jardins j'errais surpris; Mais un chimiste moins timide Règne en vainqueur sur leurs débris, bérang. Sciences.
— ÉTYM. Voy. chimie.
| CHIMOINE (chi-moi-n'), s. m. Terme de construction. Sorte de ciment ou de stuc qui imite le marbre.
f CHIMPANSÉ, CHIMPANZÉ ou CHIMPANZÉE (chin-pan-sé), s. m. Nom d'un très-grand singe anthropomorphe, dit aussi troglodyte noir.
— ÉTYM. Mot de la Guinée ou du Congo, pays où ce singe est indigène.