I. CHINA (chi-na), s. m. Terme de botanique. Voy. squine
— ÉTYM. La Chine, à cause de la provenance de cetie racine.
f 2. CHINA (ki-na), s. m. Quinquina.
— ÉTYM. Voy. QUINQUINA.
f CHINAGE (chi-na-j') , s. m. Action de chiner une étoffe.
— ÉTYM. Chiner.
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t CHINCHE (chin-ch'), s. m. Nom d'une espèce de mouffette du Brésil, qui sent très-mauvais.
— ÉTYM. Espagn. chinche, punaise.
CHINCHILLA (chin-chil-la) , s. m. || i° Nom d'un
genre de rongeurs , dans lequel on distingue le chinchilla lanigère, ou, simplement, chinchilla; ce quadrupède habite la partie moyenne des Andes du Chili. || 2" Fourrure de cet animal (gris ondulé de blanc).
— REM. Chincilla, qu'on trouve dans les dictionnaires, n'est pas autre chose qu'une faute d'orthographe.
— ÉTYM. Espagn. chinchilla, animal puant, sana doute ainsi nommé de l'espagnol chinche, punaise (voy. cimicaire).
CHINÉ, ÉE (chi-né, née), part, passé. Étoffes chinées. Bas chinés.
CHINER (chi-né), v. a. Terme de tisserand. Donner des couleurs différentes aux fils de la chaîne, et les disposer de sorte que la fabrication produise un dessin. Chiner une étoffe.
— ÉTYM:. La Chine: car les Italiens, pour chiner, disent : far i drappi alla chinese, faire les draps à la chinoise.
f CH1NFRENEAU (chin-fre-nô), s. m. Coup à la tête ou au visage. Terme populaire.
— HIST. xvi" s. Autresfois ils combaltoient à l'espée d'armes, en sorte qu'il y en avoit tousjours quelqu'un qui avoit quelque chinfreneau , paré, t. ni, p. 093.
— ÉTYM. Chanfrein.
CHINOIS, OISE (chi-noî, noî-z') , adj. || 1° Qui provient de la Chine. Magot chinois. || 2° Qui est dans le goût chinois. Dessins chinois. || 3° Ombres chinoises, spectacle d'enfants, qui consiste à faire passer derrière un transparent des figures découpées, dont l'ombre se dessine sur un fond lumineux. || 4° À la chinoise, à la façon des Chinois. Ses yeux ne s'ouvraient qu'à lachinoise, hamilt. Gramm. g. || Coiffure à la chinoise, se dit d'une coiffure sans raie dans laquelle les cheveux sont relevés et réunis tous ensemble par derrière. || 5° S. m. Petites oranges grosses comme une noix, qu'on mange confites dans l'eau-de-vie. Les chinois sont produits par un oranger particulier qui porte le nom de bigaradier chinois (citrus xulgaris chinensis, Risso). || Se dit, en moquerie, de quelqu'un qui par sa tournure de corps ou d'esprit a quelque chose de burlesque et de désagréable. Quel chinois! Où est-il allé, ce chinoislà?
— ÉTYM. Chine.
\ CHINOISERIE (chi-noi-ze-rie), s. f. Petits objets venus de Chine ou dans le goût chinois. || Fig. et par plaisanterie, action, parole de chinois.
— ÉTYM. Chinois.
f CHINQUER (chin-ké) , v. n. Faire godaille le verre à la main. Mot vieilli.
— HIST. xvie s. Voyant qu'elles prenoient plaisir à chinquer du vin d'Arbois, Mém. de sully, t. iv, p. 4 95, dans LACURNE.
— ÉTYM. Allem. schenken, verser à boire; comparez ÉCHANSON.
f CHINT (chin), s. m. Terme de commerce. Toile des Indes propre à être imprimée.
f CUINURE (chi-nu-r'), s. f. Terme de commerce. État ou aspect d'une étoffe chinée.
— ÉTYM. Chiner.
■f CHIO (chi-o) , s. m. Terme de verrier. Pièce qu'on fixe avec du ciment à l'ouverture du four de la glacerie. || Terme de métallurgie. Trou à la partie antérieure d'un creuset.
t CHIOCOQUE (ki-o-ko-k') , s. f. Terme de botanique. Nom de plantes de la famille des rubiacées et venant dans l'Amérique équatoriale.
— ÉTYM. Xtù)v, neige, etxoxxo;, baie.
j CHIONANTHE (ki-o-nan-f), s. m. Terme de botanique. Nom de plantes de la famille des oléacées. Le chionanthe de Virginie est cultivé dans les jardins.
— ÉTYM. X'.wv, neige, et àvOoç, fleur.
CHIOCRME (chi-our-m'), s. f. || 1° Le nombre de
forçats embarqués sur une galère, nécessaire pour la faire marcher. Par l'esprit, un pilote immobile travaille plus que toute la chiourme, balz. Romains. Rien n'est plus inhumain que de prolonger l'éta'. d'un galérien au delà du terme prescrit; ne dites point qu'on manquerait d'hommes pour la chiourme, si on observait cette justice: la justice est préférable à la chiourme, fénhl. Directions pour la conscience d'un roi, dans richelet. || 2° Tous les forçats d'un bagne. || Les chiourmes, l'ensemble des forçats dans un pays.
— REM. On a dit chiorme, même dans le xvn*
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siècle. L'amirale commande au reste des vaisseaux; Elle flotte à six rangs, et sa chiorme puissante Dans l'un et l'autre camp imprime l'épouvante, bréb. Pliais, m.
— HIST. xvic s. Ce pendant que les chormes des naufz faisoyent aiguade.... rab. Pant. iv, 2. Toute nostre chorme grandement se contristoit , id. ib. v, t8.
— ÊTYM. Espagn. chusma; portug. chusma, charma, ehulma; ital. ciurma; génois, ciusma, écrit anciennement chusma. On tirait ce mot du latin turma; mais il est bien difficile de passer du t au ch; et l'intérieur du mot n'est pas plus favorable à cet'e dérivation. Aussi Diez en a-t-il cherché une autre et proposé le grec xsXs-Jcrixa, le commandement aux rameurs, d'où, par extension, la troupe même des rameurs. KsX6V<ru,« a pu se transformer en cleusma, d'où chusma. comme chamar, de clamare. -lai le tire du mot turc Icheurmè, chiourme.
f CHIPAGE ichi-pa-j'), s. m. Terme de tannerie. Action de faire tremper les peaux dans une dissolution de tm.
— ÊTYM. Chiper i .
t CHIPE, ÉE (chi-pé, pée), part, passé de chiper t et chiper 2.
j- CHIPEAU (chi-pô), s. m. Nom vulgaire et spécifique du canard chipeau, dit encore ridenne et ridelle.
f t. CHIPER (chi-pé) , v. a. Terme de tannerie. Chiper des peaux, c'est les coudre ensemble, après les avoir jetées dans l'eau chaude, lorsque la laine en est tombée, et les remplir de tan pour les remuer ensuite avec beaucoup de force. || La bazane chipée est une bazane qui a reçu un apprêt particulier.
— ÉTYM. C'est sans doute l'action de ramollir les peaux comme des chipes ou chiffes (voy. chiffe).
f 2. CHIPER (chi-pé), v. a. Dérober, voler. Terme de l'argot des écoliers.
— ÊTYM. Probablement le même radical que chipe ou chiffe (voy. chiffe), c'est-à-dire couper, rogner, comme on fait aux chiffes. Comparez aussi ces vers du xve siècle où chipe tient sans doute à chiper : Bandez lui les yeulz de la teste, Et pour le loier de ses truffes Ly portez de grosses bufl'es, Et sy en jouez à la chipe, la Passion de N. S. J. C.
f CHIPEUR, EUSE (chi-peur, peû-z") , s. m. et/1. Terme populaire. Celui, celle qui a l'habitude de chiper.
— ETYM. Chiper 2.
| CHIPIE (chi-pie), s. f. Terme populaire. Femme ou fille désagréable et dédaigneuse.
— ÉTYM. 11 y a dans l'ancien haut-allem. chëpisa; moy. haut-allem. këbese; anglo-saxon, cifese, courtisane. On trouve aussi dans l'ancien français chipoe, qui paraît signifier air dédaigneux et désagréable. Sage fu et courtoise, sansboban, sans chipoe, Berle, xxxni.
f CHIPOLATA (chi-po-la-ta) , s. f. Sorte de ragoût à l'oignon et aux ciboules. || Perdreaux à la chipolata, membres de perdreaux cuits dans du bouillon aiguisé d'un verre de vin blanc, avec du lard coupé en dés, des champignons, de petits oignons passés au beurre, petites saucisses, marrons grillés et croûtons frits. On peut ajouter des truffes.
— REM. Voltaire l'a fait masculin : Deux dindonneaux et un chipolata, Taureau, 6.
— ÊTYM. Ital. cipollata, de cipolla, oignon (voy. ciboule).
| CHIPOLIN (chi-po-lin) , s. m. Terme de construction. Sorte de peinture à la colle. On trouve aussi chipolain, chippolin.
CHIPOTER (chi-po-té), v. n. || 1° Faire un travail, une besogne avec négligence ou lenteur. || 2" S'arrêter à des riens, faire des difficultés pour se décider. Vive les gens faciles en affaires! la vie est trop courte pour chipoter, volt. Lett. Chauvelin, 3 oetohre 1760. || Marchander mesquinement. Ceux qui chipotent et qui s'en vont disant : l'aurons-nous in-'i", l'aurons-nous in-8u (Corneille avec le commentaire)"? aurons-nous pour deux louis huit ou dix volumes.... id. Lett. d'Argental, 24 août )7Gi.
— HIST. xvi° s. Ce ne sera jamais fait pour qui voudra chipoter tous les mots, tabourot, dans le Dict. de dociiez.
— ÊTYM. "Wall, kipotî, manier d'une façon rude et indiscrète. Grandgagnage demande s'il faut y voir le hollandais poote, bas-saxon pote, patte, avec ki qui répond au latin cum. Mais il est plus probable qu'il y a là le radical qui se trouve dans chipe, chiffe (voy. chiffe).
CHIPOTIER, 1ÈRE (chi-po-tié, tiê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui ne fait que chipoter. Terme familier.
— êtym. Ch ipoter.
CUIPPES (chi-p') , s. f. plur. Rognures.
— ÉTYM. Voy. CHIPER 2.
1. CHIQUE (chi-k'), s. f. Nom vulgaire du dermatophile pénétrant, qui est la puce pénétrante de certains auteurs, et qui, s'insinuant sous la peau, cause de vives démangeaisons.
— ÉTYM. De même radical que l'espagnol chico, petit, et chique i.
2. CHIQUE (chi-k'), s. f. || 1° La quantité de tabac qu'on met dans la bouche. Mâcher une chique. || 2° Cocon peu fourni en soie, et sans consistance. || Soie qui en provient. || 3° Nom, dans quelques provinces, de la petite boule de marbre ou de terre cuite avec laquelle les enfants jouent.
— HIST. xvi* s. Chique [petite boule], oudin, Diclionn.
— ÉTYM. Wallon, chiche ; picard, chike, morceau de pain; î.orm. chique, chiffon. La chique est un petit morceau et a même radical que l'espagnol chico, petit (voy. chiche); c'est pour cela que ce mot s'applique à des objets très-divers.
CHIQUENAUDE (chi-ke-nô-d') , s. f. Coup appliqué au moyen du doigt du milieu dont le bout est appuyé ferme sous le bout du pouce, et que l'on desserre avec effort. Il [Monsieur] me demanda sans ai cun préambule si son nez me paraissait propre à recevoir des chiquenaudes, retz, iv, (59. Je ne puis pardonner à Descartes : il aurait bien voulu, dans toute sa philosophie, pouvoir se passer de Dieu ; mais il n'a pu s'empêcher de lui faire donner une chiquenaude pour mettre le monde en mouve ment, pascal, Pensées, i, 19, 51. Les uns donnaient à Mme Panache une pistole ou un écu, les autres des chiquenaudes et des croquignoles, st-sim. 44, 8. || Il ne lui a pas donné une chiquenaude, il ne l'a pas frappé. La moindre chiquenaude qu'il me donnera, ji crierai de toute ma force, montesq. Leur, pers. 5t.