SYN. CHIQUENAUDE, CROQUIGN0LE, NASARDE
pichenette. Le lieu où la chiquenaude et la pichenette se donnent est indéterminé; la nasarde est restreinte au nez d'après son étymologie; et la croquignole se donne sur toute partie du visage.
— HIST. xvi* s. Il ne lui faisoit mal en plus que feriez baillant une chinquenaulde sus ung enclume de forgeron, rab. Pant. Il, 29. Chicquenode , palsgrave, p. 220. J'ay veu des hommes , des femmes et des enfants ainsi nays, qu'une bastonnade leur est moins qu'à moy une chiquenaude,
— ÉTYM. Origine inconnue. Génin propose le radical de chique, chicot, et naude pour nasaud, nez: petit coup sur le nez; màisnaude pour nasaud ni -1 pas admissible. L'orthographe chinquenaulde de Rabelais ne conduit à ren. Le picard dit pikenole où l'on semble voir le verbe piquer et une terminaison note qui serait la même que naude, mais dont le sens est inconnu.
f CHIQUENILLE (chi-ke-ni-lP, II mouillées) , s. f. Ancienne forme de souquenille. Encore met-il une chiqueuille de toile par-dessus ses vêtements, dès qu'il est à la maison, Francion, liv. vin , p. 310.
— ÉTYM. Voy. souquenille.
1. CHIQUER (chi-ké). || 1" V. n. Mâcher une chique de tabac. || Tabac à chiquer, tabac qui a reçu une préparation , et est' mis en rouleaux ou autrement. |] V. a. Chiquer du tabac. || 2° Terme populaire. Manger de bon appétit. || 3° Se chiquer, v. réfl. Être chiqué. Ce tabac se chique très- bien.
— ÉTYM. Picard, chiquer, manger; chicon, gros morceau de pain (voy. chique 2). Chiquer, manger, c'est mettre en petits morceaux, comme l'ancien français menuiser, de menu. Chicon signifiant en picard un morceau de pain, chique signifiant en normand un chiffon, on conçoit comment eu normand, chiffon de pain s'est dit pour chicon.
j- 2. CHIQUER (chi-ké), v. a. Terme d'atelier de peintre. Faire habilement.
— ÉTYM. Chic.
t 3. CHIQUER (SE) (chi-ké), v. réfl. Se couvrir de chiques, êfe dévoré par les chiques.
— ÉTYM. Chique 1 .
CHIQCET (chi-kè; le l ne se lie pas dans le parler ordinaire : chi-kè à chi-kè), s. m. Petite partie d'un tout, d'une pièce, d'une mesure. Un chiquet de vin, d'eau-de-vie. || Chiquet à chiquet, parties-petites parties. Payer chiquet à chiquet. De l'argent et du pain, il n'y en mit [à l'armée de Flandre] que chiquet à chiquet, et elle se trouva abandonnée souvent à sa propre industrie, st-sim. 232, 102. Chiquet à chiquet, dans quelques dixaines d'années, l'Héritier de village, Paris )729, in-8°, se. vu . p. 37,
dans FR. MICHEL, Al'ji :.
— HIST. xvie s. Chiquet à chiquet, oudin, Curiosités.
— ÉTYM. Picard, chiket, petit chanteau, chikelte, petit morceau; du même radical que chique, chiquer, chiche.
f CHIQUETAGE (chi-ke-ta-j'), s. m. Action de chiqueter.
f CHIQUETER (chi-ke-té) , v. a. Terme de métier. Mettre en morceaux. || Déchirer la laine avec les cardes. || Tracer des raies sur une piècede pâtisserie, sur une poterie, pour l'orner. || Faire un semis de taches sur un fond de marbre peint.
— ÉTYM. Chiquet; picard, chiketer, couper par petits morceaux.
fCHIQUETTE (chi-kè-t), s. f. Le même que chiquet. M. le président Hénault ne veut point que j" donne Pierre [l'histoire de Russie] chiquette à chiquette, volt. Lett. Mme du Deffant. to oct. i7uo.
f CHIQUEUR (chi-keur), .s-, m. Celui qui chique, qui mâche du tabac. || Populairement, celui qui aime à faire bombance.
— ÉTYM. Chique 2.
j-CHIR.... CHIRO.... Préfixe qui signifie main et qui est le grec x^P- C'est une faute de représenter, comme cela a lieu dans certains termes techniques, /cîp par cheir : l'ei grec se rend en français par 1. " CHIRAGRE (ki-ra-gr'), s. f. || l°Terme'de médecine. Goutte qui attaque les mains. |j Terme de fauconnerie. Espèce dégoutte que les oiseaux ont quelquefois aux pattes. || 2° Adj. Qui a la goutte aux mains. Un homme chiragre.
— HIST. xvi* s. J'ay souventesfois ouvert les veines et artères du mesme lieu, comme à la chiragre et podagre, les veines du pied ou de la main, et à la migraine les artères et veines des temples, paré, xv, oc. Ce chiragre nous voyant rire et moquer de sa main, bouchet, Serées, liv. m, p. 89, dans lacurne.
— ÉTYM. Xsipâypa, de chir (voy. CHIR....). 't âyp?, prise, capture, mot qui paraît de même racine que âYpioç, sauvage, àypo<;. champ (voy. agreste).
f CU1RAZ (chi-raz'), s. m. Petit chiraz, c qui, avec la roussane et la marsanue, sert à fane le vin de l'Ermitage.
— ÉTYM. Chiraz, ville et canton de Perse où croit un vin renommé.
f CHIRITE (ki-ri-t') , s. f. Terme de minéralogie. Stalactife ayant la forme d^une main.
f CHIROBAL1S1 1: ki ro ba f. Arbalète..
CHIROGRAPUAIRE (ki-ro-gra-fê-r') , ad}. Terme de droit. Créancier chirographaire. celui qui ne peut prouver ce qui lui est dû, que par une écriture privée, sans acte authentique. On dit de créance chirographaire. || Celui qui n'est pas 1 cier hypothécaire ou privilégié, parcs qu'au! toute créance constatée par acte authentique emportait hypothèque.
— itlST. xvie s. En déconfiture, tous cre;r viennent à contribution au sol la livre sur les meubles, et les chirographaires et sceduiiers sur les immeubles, loysel, 685.
— êtym. Chirographarius , de chirographum, chirographe.
f CHIROGRAPHE (ki-ro-gra-f) , 5. m. Terme de diplomatique. Diplôme revêtu d'une signatun . Il Charte, pièce sur laquelle le même acte est écrit deux fois. Il Bref du pape non publié, non promulgué-
— HtST. xne s. Le cyrogrefe al rei li arcevesques prent,77i. le mart. 57. || xines. Etporçouque ce - : ferme chose et estaule, si en est fait cyrogra
et livres en la main des eskievins, tailliar, Recui p. 30. Ly abbes et ly couvens m'ont baillié. des convenemsns devant dits, lettres seellées de leur seaulx et eyrographes, du cange. chirographum.
— ÉTYM. Chirographum , de/eipoYpaspov.
main (voy. chir....), et Ypàçeiv, écrire (voy. graphique).
f CHIROGYMNASTE (ki-ro-gi-mna si'i. s. m. Terme de musique. Appareil destiné à exercer les doigts des élèves qui étudient le piano.
— ÉTYM. Chir.... (voy. chir....), et gymnaste, qui s'exerce.
CH1ROLOGIE (ki-ro-lo-jie).s. f. Art de parler par signes faits avec lesdoigts. On dit plutôt dactylolalie.
— ÊTYM. Chiro.... (voy. chir ...), et/oyo;. disccurs (voy. logique).
t CHIROLOGIQUE (ki-ro-lo-ji-k') . adj. Qui a rapport à k., chirologie.
CHIROMANCIE (ki-ro-man-sie), s. f. Art pictendu de connaître ce qui doit arriver à quelqu'un par l'inspection de sa main. Il suffira de dire qu'il s'est mêlé1 de deviner, sans exprimer s; c'est
CHI
CHT.
CHL
chiromancie ou par un pacte avec le ilémon. pasc. Pror. 10. Quelques prêtres égyptiens exerçaient la chiromancie, volt. Mœurs, io*. |] On trouve aussi ince.
— ÉTYM. XetpofiavTîioc. dec/n'roet mande, CHIROMANCIEN, DENNE (ki-ro-man-siin< siè-
i, 5. m. et/; Celui, celle qui pratique l'art prétendu mande.
— HIST. xvie s. Autres sont nommés cheiroman-
parce qu'ils devinent par certains lincamens
■ : es mains, paré, \ix. si. H advient de là
qu'iln'esl rien creu si fermement que ce qu'on sçait
g uts si asseurez que ceulx qui nous
content des fables, comme alchymistes, prognostic-
-. judiciaires, cliiromantiens, médecins, mont.
— i i vm. Chiromancie.
{ CBIBON (chi-ron), s. m. Terme d'entomologie. ares qui renferme trois espèces attaquanl toutes trois les olives.
f CHIRONECTE (ki- ro-nè-kt') , s. m. Terme de zoologie. Espèce du genre sarigue, qui est aquaque.
— ÊTYM. Xeip, main, et vtjxtt);, nageur.
f CHIRONIEN, IENNE (ki-ro-niin, niè-n'), adj. chironien . nom donné anciennement à des ulcères invétérés, à bords durs dieux, d'une guérison difficile.
— H1ST. xvic s. Ulcère telephien, parce que Teleplius enaesté malade; chironien, parce que Chiron en a gui . i le premier, paré, xi . i .
— ÉTYM. Le centaure Chiron.
j CHIRONOME (ki-ro-no-m'), s. m. Celui qui ensei^ie1 ni
f CUIRONOM1E (ki-ro-no-mie), s.f. L'art de réel.-.■ le mouvement des mains, c'est-à-dire d'approtes aux discours.
— ÉTYM. Xeipovopita, de chiro.... (voy. chir....), et '.oe -.:. n" gle.
; CHIRONOMflQUE (ki-ro-no-mi-k'), adj. Qui a rapport à la chironomie.
+ CHIROPLASTE (kiro-pla-sf) , s. m. Terme de musique. Instrument pour faciliter l'étude du piano.
— ÉTYM. Chiro.... (voy. CHIR....), et it/âatrccv, brmei (voy. plastique).
t CHIROPTÈRE (ki-ro-ptê-r') , s. m. Terme de zoologie. Les chiroptères, ordre de mammifères dont les membres antérieurs ont les os très-allongés el réunis par une membrane (d'où la faculté de voler comme les oiseaux), et qui ont les dents aiguës des carnassiers. Telle est la chauve-souris.
— REM. On trouve, dans les livres d'histoire naturelle, chéiroptères; mais c'est une mauvaise orthographe (voy. chir
— ÉTYM. Chiro.... (voy. chir....). et Trvepov, aile, f CHIROTOMK (ki-ro-to-nie), s. f. Terme de
.::e. Imposition des mains. || Terme d'antiquité grecque. Action de voter en levant la main.
— ÉTYM. Chiro.... (voy. chir....), et Teiveiv. étendre.
CHIRURGICAL, ALE (chi-rur-ji-kal, ka-1'), adj.
Qui appartient à ta chirurgie. Les moyens chirur-
tx. Il y a dans presque toutes les maladies des
secours antérieurs à l'opération chirurgicale, dider.
lettre.
— ÉTYM. Chirurgie.
CHIRURGIE (chi-rur-jie) , s. f. Partie de l'ait de guérir qui s'occupe des maladies externes, de leur traitement, et, particulièrement, des procédés manuels qui servent à Leur guérison.
— HIST. XII* S. À faire chevalerie N'estes vous mie alusés; Ainçois estes mieus moulés- X savoir de sirurjjie, hues de i.a perte, Romancero, p. 1 88. || xve s. Guérir ne se peut maladie Par phisique necireurgie, CH. d'orl. liai1. 88. || xvr s. La première partie de la médecine est dicte chirurgie, qui par manuelle opération guarit les maladies, paré, Préface.
— ÉTYM. Xetpoupyta, de /dp, main (voy. chir....) et £pvov. œuvre (voy. orgvne).
CHIRURGIEN (chi-rur-jiin), s. m. || 1° Celui qui exerce la chirurgie. Un lion chirurgien. 11 s'était élevé un procès entre les médecins et les chirurgiens, espèce de guerre civile qui divisait les citoyens d'un même état, fonten. Geoffroy. Il vint à Paris à dixhuit ans s'instruire à Phôtel-Dieu, la meilleure de toutes les écoles pour de jeunes chirurgiens, id. Mary. C'est ainsi que Dieu, comme un chirurgien, avec son couteau affilé et à deux tranchants à la main, qui est sa parole, pénètre les jointures, les moelles, les pensées, les intentions les plus secrètes, boss. Pensées duel. vm. || Chirurgien herniaire, s'est dit da ceux qui s'occupaient spécialement des her-
nies. || Chirurgien bandagiste, s'est dit de ceux qui fabi tuaient des bandages et qui étaient, comme les autres chirurgiens, reçus à Saint-Côme (c'était aut'école de chirurgie, distincte de l'école de médecine). || 2" Poisson- des mers de l'Amérique, ainsi nommé de deux arêtes fort tranchantes, et plates comme des lancettes, qu'il porte à côté des ouïes. || Proverbe. 11 faut avoir jeune chirurgien, vieux médecin et riche apothicaire.
— REM. On fait, si l'on veut, envers chirurgien de quatre syllabes. Vite un chirurgien. — Qu'il vienne à l'audience, rac. Plaid. Il, )3.
— HIST. xiii' s. Pour ce que il puet avenir que, quant murtrierou larron sunt bleciez ou blecent autrui, vienent celéement aus cyrurgiens de Paris, et se font guérir celéement.... Liv. des mit. 419. Je sai une fisicienne Qui à Lions ne à Viane, Ne tant comme li siècles dure, N'a si bone serurgienne, ruii !.. 37. Quant il vint là, il ne pot parler: pluseurs des cyrurgiens et des phisiciens de l'ost alerent à li, joinv. 218. Fisique. Ypocras, Galien, Et cil hardi cirurgien, Bal. des i arts. ||xive s. Et se un cyrurgien fendoit ou tranchoit aucun membre pour guanr un homme et il le occioit, oresme, Eth. 62. || xve s. Ni surgien ni médecin n'y purent oneques remédier, qu'il n'en mourust, fhoiss. ii, m, og. Et bien avoit [le roi Charles] la connoijsance [de sa maladie], aussi avoient ses Ci urgiens et médecins, id. H, il, 70. || xvie s. Le chirurgien qui avoit pansé la playe du chevalier Bayard montra à son barbier comme il le pensoit et lui donna un onguent pour faire un emplastre qu'il devoit lui appliquer tous les jours, Hist. du chevalier Bayard, p. 28ii, dans laci RNE. Nous défendons et inhibons par tous les trois edits (porte le langage latin) que, dans la ville et vicomte de Paris, nuls chirurgiens et chirurgiennes ne puissent exercer l'art de chirurgie, soit publiquement ou en privé, s'ils n'ont esté préalablement examinez et approuvez par lesautresmaistres chirurgiens jurez demeuranz à Paris, à ce expressément appeliez. Chose de prime face estrange et toutefois excusable, si par nos anciens romans (images de nos coustumes anciennes) nous trouvons que nos chevaliers ayans esté casuellement blessez parla campagne, ils avoient recours aux plus proches chameaux, dans les quels ils trouvoient leur guérison par le ministère des preudes dames et damoiselles, pasquier, Recherches, ix, p. 820, dans lacurne.
— ÉTYM. Chirurgie; génev. cérusien, cérugien. L'anglais surgeon vient delà forme serurgien, surgien. Dans le moyen âge, le cyrurgien était le même que notre chirurgien d'aujourd'hui ; le médecin se disait physicien (qui est devenu le nom du médecin en anglais, et qui dérive de physique), ou miege, de nedicus, ou mire, de pûpov, onguent. Du reste, ces trois appellations prenaient souvent l'acception générale d'homme qui traite les maladies soit internes soit externes.
CH1RURGIQUE (cbi-rur-ji-k'). || 1" Adj. Qui appartient à la chirurgie. Synonyme moins usité de chirurgical. || 2° Subst. Il se rencontre tous les jours une infinité de cas particuliers où le chirurgique et le médicinal ne se démêlent point, dider. Lettre.
— HIST. xvie s. Des instramens propres pour l'opération de nostre art chirurgique, paré, Dédie.
— ÉTYM. Chirurgicus , de xEipoupyixôç (voy. chi-
RURr,lE).
CHISTE (ki-sf), s. m. L'Académie donne ce mot ainsi orthographié; mais c'est une fausse orthographe, puisqu'il vient de xùtrn;. Il faut l'écrire kyste (voy. ce mot).
f CUITE (chi-tf) , s. f. Sorte de toile de l'Inde imprimée avec des planches de bois et dont les couleurs sont très-durables.
CHIURE (chi-u-r'), s. f. Excréments que font les mouches et d'autres insectes, hannetons, etc.
— ÉTYM. Chier.
CHLAMYDE (kla-mi-d'), s.f. Sorte de manteau des anciens, retenu au cou ou sur l'épaule droite par une agrafe.
— ÉTYM. Le latin chlnmys, de y'/aivJ:.
f CULAMYl'UORE (kla-mi-fo-r'j, s. m. Terme de zoologie. Genre de la famille des tatous.
— ÉTYM. Le latin chlamys, tunique, et ?opô;, qui porte'.
f GHLÉNACÉ, ÉE (klé-na-sé, sée), adj. Terme de botanique. Dont la capsule est enveloppée par L'involucre épaissi.
— ÉTYM. XXaïva, tunique.
j CHLOASMA (klo-a-sma), s. m. Terme de médecine. Nom donné aux taches hépatiques.
— ÉTYM. XX6act|j.a, de y/oàÇeiv , pâlir.
t CHLORACIDE (klo-ra-si-d') , s. m. Terme de chimie. Acide dans lequel le chlore joue le rôle de principe acidifiant.
— ÉTYM. Chlme, acide.
f CHI.ORAL (klo-ral) , s. m. Terme de chimie. Mot formé des syllabes chlor et al, pour indiquer un composé de chlore et d'alcool.
f CHLORANTHE (klo-ran-f), adj. Terme de botanique. Qui a des fleurs vertes. || Qui est affecté de chloranthie.
— ÊTYM. X)<.)pô;, vert, et àv6oÇj fleur.
f CHLORANTHIE (klo'-ran-tie) , a-, f. Terme de botanique. État tératologique dans lequel les organes tloraux revêtent la couleur verte, la consistance, et même quelquefois la forme des feuilles.
— ÉTYM. Chloranthe.
CHLORATE (klo-ra-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels, appelés autrefois muriates suroxygénés, qui résultent de la combinaison de l'acide chlorique avec les bases.
— ÉTYM. Chlore.
CHLORE (klo-r'), s. m. Terme de chimie. Corps simple, gazeux, d'un jaune verdàtre, d'une odeur forte et suffocante, d'une saveur caustique, d'une densité de 2,44, et l'un des corps les plus électronégatifs. Le chlore a été découvert par Scheele en 1774, étudié par Lavoisier qui le croyait composé; enfin, en 1809, Gay-Lussac etThenard en France, et Davy en Angleterre, le reconnurent pour un corps simple. || Chlore liquide, eau saturée de chlore et jouissant des mêmes propriétés chimiques que le chlore gazeux.
— ÉTYM. X),wpà;, jaune, verdàtre, nom donné au chlore par Ampère, à cause de sa couleur.
f CHLORÉ, ÊE (klo-ré, rée), adj. Terme de chimie. Qui contient du chlore.
— ÉTYM. Chlore.
f CHLOREUX (klo-reû) , adj. Terme de chimie. Acide chloreux, corps gazeux, soluble dans l'eau, d'une odeur analogue à celle du chlore, qui possède une action désoxygénante des plus puissantes.
— ÉTYM. Chlore.
f CHLORHYDRATE (klo-ri-dra-f), s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chlorhydrique avec les bases, et dits autrefois hydrochlorates.
— ÉTYM. Chlorhydrique.
| CHLORHYDRIQUE, (klo-ri-dri-k') , adj. Terme do chimie. Acide chlorhydrique, hydracide composé de volumes égaux d'hydrogène et de chlore, dit autrefois hydrochlorique, et plus anciennement encore muriatique.
— ÉTYM. Chlore, ethydr, qui représente hydrogène, avec la finale adjeclive ique.
f CHLOR1BASE (klo-ri-ba-z'), s. f. Terme de chimie. Composé binaire du chlore qui se comporte comme une base.
— ÉTYM. Chlore, et hase.
f CHLORIDE (klo-ri-d') , s. m. || 1° Nom donné par Berzelius aux combinaisons électro-négatives du chlore avec les corps métalliques et métalloïdes, lesquelles se comportent à la manière des acides. || 2° Nom donné par Ampère à une famille de corps simples comprenant le chlore, le fluor, le brome, l'iode et le sélénium.
— ÉTYM. Chlore.
CHLORIQUE (klo-ri-k'), adj. Terme de chimie Acide chlorique, acide formé de chlore et d'une plus grande proportion d'oxygène que l'acide chloreux.
— ÉTYM. Chlore.
f CHLORIS (klo-ris'), i. prop. f. Bouquet à Chloris, petite pièce de vers galante.
— ÉTYM. Chloris, épouse deZéphyre, et la même que Flore, nommée ainsi, c'est-à-dire la verte, de viui'/j: (voy. chlore).
' t CI'LORISTIQUE (klo-ri-sti-k'), adj. Terme de chimie. Qui a rapport au chlore. Théorie chloiïstiquc.
— ÉTYM. Chlore.
f CHLORITE (klo-ri-f), s. m. Terme de chimie Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chloreux avec une base.
f CHLOROFORME ( klo-ro-for-m'), s. m. Terme de chimie. Substance liquide, incolore, oléagineuse, aromatique, obtenue en traitant l'alcool par les hypochlorites, particulièrement par celui de chaux, et qui a, comme Péther, la propriété de produire l'anesthésie.
— ÉTYM. Celte substance l'ait partie du groupe de corps dont la composition élémentaire représente l'acide formique, dans lequel l'oxygène serait remplacé par autant d'équivalents de chlore: de là cette dénomination de chloroforme, c'est-à-dire chlore et formique (voy. fohmiqi'e).
CHO
CHO
CHO
f CHLOROFORMER (klo-ro-for-mé). Voy. chlo-
ROFOR MISER.
t CHLOROFORMIQUE (kio-ro-for-mi-k' ) . adj. Terme de chimie. Qui a rapport au chloroforme. Insensibilité ou anesthésie chloroformique.
— ÉTYM. Chloroforme.
| CULOROFORMISATION (klo-ro-for-mi-za-sion) , s. f. Administration du chloroforme pour produire l'insensibilité.
\ CHLOROFORMISER (klo-ro-for-mi-zé), ». a. Mettre dans l'insensibilité par l'administration du chloroforme.
— ÉTYM. Chloroforme.
i CHLOROMÈTRE (klo-ro-me-tr') , s. m. Terme de chimie. Appareil ou moyen à l'aide duquel on détermine la proportion de chlore contenue dans une liqueur ou combinée à l'étal d'hypochlorite.
— ÉTYM. Chlore, et p.éTpov, mesure.
t CHLOROMÉTRIE (klo-ro-mé-trie), s. f. Terme de chimie. Méthode d'analyse pour déterminer la quantité de chlore contenue dans une combinaison.
— ÉTYM. Chloromètre.
tCHLOROPHANE (klo-ro-fa-n'). || i° Adj. Terme
d'histoire naturelle. Qui aune teinte jaune. || 2" S. m. Nom d'un genre de coléoptères d'un vert tendre. T 3" S. f. La clilorophane, variété de fluorine de Sibérie, de couleur violette, qui, chauffée, devient phosphorescente d'une belle lumière verte.
— ÉTYM. XXupoç, vert, etçaîveiv, paraître.
I CHLOROPHYLLE (klo-ro-fi-1') , s. f. Terme de chimie Matière colorante verte des feuilles.
— ÉTYM. XXtopoç, vert, etçOXXov, feuille.
CHLOROSE (klo-rô-z') , s. f. || 1° Terme de médecine. Maladie qui affecte spécialement les jeunes filles non réglées, caractérisée par la pâleur excessive, la teinte jaunâtre ou verdàtre de la peau, la flaccidité des chairs, la blancheur de la conjonctive, et divers autres accidents. || 2" Terme de botanique. Étiolement ou décoloration des plantes.
— ÉTYM. X).(opôç, jaune et verdàtre (voy. chlore).
•f CULOROSEL (klo-ro-sèl). s. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de deux chlorures.
— F.TYM. Chlore, et sel.
CHLOROTIQUE (klo-ro-ti-k') , adj. || i°Qui est atteint de la chlorose. Une jeune tille chlorotique. Il Substantivement. Une chlorotique. Des chlorotiques. || 2° Qui appartient à la chlorose. Accidents chlorotiques.
— ÉTYM. Chlorose.
CHLORURE (ldo-ru-r-), s. m. Terme de chimie. Combinaison du chlore et d'un corps simple, autre que l'oxygène et l'hydrogène. Un des principaux est le chlorure de sodium, nom scientifique du sel de cuisine, sel marin, ou, simplement, sel.
— ÉTYM. Chlore.
f CHLORURÉ, ÉE (klo-ru-ré, rée), part, passé. Oui contient du chlore ou du chlorure. Une liqueur chlorurée. || Hoches chlorurées, dépôts de sel gemme.
f CHLORURER (klo-ru-ré), v. a. Terme de chimie. Imprégner de chlorure ou de chlore. Il faut chlorurer ce mélange.
f CHOANOÏDE (ko-a-no-i-d'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un entonnoir.
— ÉTYM. Xoàvr], entonnoir, et elfioç, forme. CHOC (chok), s. m. || 1° Rencontre violente d'un
corps avec un autre. Le choc le renversa. Non-seulement les comètes ne troublent point sensiblement par leurs attractions les mouvements des planètes et des satellites; mais si, dans l'immensité des siècles écoulés, quelques-unes d'elles ont rencontré ces corps, comme cela est très-vraisemblable, il ne paraît pas que leur choc ait eu sur ces mouvements une grande influence, la place, Mécanique cél. t. îv, p. 256. Il tombe au moindre choc, boil. Sat. vin. D'un carrosse en passant il accroche une roue, Et du choc le renverse en un grand tas de boue, id. ib. vu. Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée; Le paroissien en plomb entraîne son pasteur, la font. Fabl. vu, II. Mourir d'un coup de lance ou du choc d'une pique, rë- GNIer, Sat. vi. || Le choc des verres, l'action de trinquer. Préférons, puisqu'enfin nos cœurs flambent encor, Aux discours larmoyants le choc des coupes d'or, v. hugo, Voix intér. vi. || 2" Terme de physique. Action qu'un corps mis en mouvement exerça, en vertu de sa masse et de sa vitesse acquise, sur les corps qu'il rencontre. || Choc en retour, se dit du coup de foudre qui va frapper un objet à une assez grande distance du point où la foudre a éclaté. || 3" Terme de guerre. Rencontre, attaque vigoureuse entre deux corps armés. Le choc de deux escadrons. Les ennemis furent renversés au pre-
mier choc. || Action de choc, action où les combattants s'abordent corps à corps, par opposition a action de feu. || Fig. Conflit, lutte, opposition. Le choc des intérêts. Le choc des éléments, l'orage. Le choc des opinions. Les fastes de l'histoire Me montrent des Etats l'un par l'autre abattus, Le choc des nations et trop peu de vertus, st-lambsrt, Saisons, hiver. || 4" Par extension, atteinte, revers subit. Ce choc ébranla sa fortune. Tel qu'on l'avait vu dans tous ses combats, résolu, paisible, occupé sans inquiétude de ce qu'il fallait faire pour les soutenir, tel fut-il à ce dernier choc [l'article de la mort], boss. Louis de Bourb. Supposons toutefois qu'encor fidèle et pure, Sa vertu de ce choc revienne sans blessure, boil. Sat. x.
— HIST. xvr s. Cette armée deffaite du premier choc, d'aob. Hist. i, Ii9. Combien à bon compte nostre vie se peult maintenir, il ne se doibt exprimer mieulx que par cette considération, que c'est si peu qu'il eschappe la prinse et le choc de la fortune par sa petitesse, mont, iv, Iô5. S'il y a plusieurs enfans représentant un decedé, iceux font une teste et chocq [souche] contre chacun de leurs oncles ou autres aux quels ils doivent succéder, Coustum. gén. t. n, p. 897.
— ÉTYM. Espagn. choque; ital. cioco, souche; picard, choque, souche. Le choc est le heurt contre une choque ou souche (comp. souche).
f CHOCHE PIERRE (cho-chc-piê-r), s. m. Un des noms provinciaux de l'oiseau dit gros-bec.
— ÉTYM. Choche et pierre. Choche est une forme picarde qui signifie frapper, presser, et qui se trouve dans cauchemar (voy. ce mot).
f CHOCHE-POULE (cho-che-pou-1') , s. m. Un des noms provinciaux du milan.
— ÉTYM. Choche ( voy. choche - pierre ) , et poule.
CHOCOLAT (cho-ko-la; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire), s. m. || 1° Pâte alimentaire préparée avec des amandes de cacao, du sucre ou du miel et souvent quelques aromates. Une tablette de chocolat. Du chocolat à la vanille. || 2° Boisson préparée avec cette pâte, dissoute dans de l'eau ou du lait. Une tasse de chocolat. D'abord deux filles jolies et proprement mises servirent du chocolat, qu'elles firent très-bien mousser, volt. Cand. 25. || 3° Adjectif invariable. Couleur chocolat. Teinte chocolat. Étoffe chocolat.
— ÉTYM. Espagn. chocolaté; ital. cioccolata; du mexicain calahuatl, chncolatl, chocolat.
CHOCOLATIER (cho-ko-la-tié) , s. m. Fabricant, marchand de chocolat.
CHOCOLATIÈRE (cho-ko-la-tiê-r'), s. f. Vase où l'on prépare le chocolat pour le prendre en boisson. Chocolatière d'argent.
— ÉTYM. Chocolat.
f CHOCOTTE (cho-ko-f), s. f. Un des noms vulgaires du choucas.
— ÉTYM. Voy. CHOUCAS.
| CHOÉPHORE (ko-é-fo-r'), s. f. Terme d'antiquité grecque. Femme qui porte les offrandes destinées aux morts.
— ÉTYM. Xov|, libation, et epopoç, qui porte. CHOEUR (keur), s. m. \\ 1° Terme de l'antiquité
grecque. Ensemble de gens qui dansent ou marchent en cadence : ce sens n'est guère usité que dans la poésie ou en parlant des anciens. Apollon musagôte dirige le chœur des muses. Diane guide les chœurs des nymphes. Formant des chœurs de danse, portant des corbeilles, J. J. rouss. Ém. v. Faunes, sylvains, bacchantes et dryades, Autour de moi formez des chœurs joyeux, béranger, Vin de Chypre . || 2° Dans la tragédie ou comédie grecque, réunion de gens qui marchaient ou dansaient ensemble en chantant ou déclamant des vers lyriques; sorte de personnage collectif et chantant, soit qu'il occupât les intermèdes, soit qu'il intervînt dans le cours même de la pièce. La tragédie, informe et grossière en naissant, N'était qu'un simple chœur où chacun, en dansant, Et du dieu des raisins entonnant les louanges, S'efforçait d'attirer de fertiles vendanges, boil. Art p. m. Sophocle ....intéressa le chœur dans toute l'action, id. ib. || Par extension de l'antique, les membres d'un corps de ballet qui dansent ensemble. Les coryphées sont employés utilement dans les chœurs qui offrent l'image de ceux des Grecs, noverre, Lett. xxv, Sur les arts imitateurs. 1| Dame de chœurs, celle qui danse dans les chœurs et qui ne danse pas seule. || Par extension, ce que les chœurs chantent ou sont supposés chanter. Les chœurs d'Eschyle. Il y a de beaux chœurs dans cet opéra. Racine a mis des chœurs dans Esther et dans »thalie. || 3" Réunion de per-
sonnes qui chantent ensemble, sans figurer matche ni danse. Les chœurs de l'opéra. Un chœur de vieillards, déjeunes filles. Être engagé dans les chœurs. Pourquoi une actrice des chœurs discordants de l'Académie royale de musique a-t-elle été trois jours dans sa cave [avant d'être enterrée]? volt. Dial. xxi. || Terme d'église. Ceux qui chantent. Le chœur répond au célébrant. || Terme de théologie. Les neuf chœurs des anges, les neuf ordres de la hiérarchie céleste. De tous les chœurs des cieux va remplir les souhaits, rotb. St. Gen. iv,C. || 4° Partie de l'église où l'on chante l'office divin, et qui est en tète delà nef. Avoir place au chœur. || Le service du chœur. Il serait bien dur qu'un grand chanoine fût sujet au chœur, pendant que le trésorier, l'archidiacre, le pénitencier et le grand vicaire s'en croient exempts, la bruy. xiv. || Enfants de chœur, enfants employés dans le chœur au chant des offices, et, plus souvent encore, aux petites besognes d'église, comme servir le vin au prêtre, etc. || Tondu comme un enfant de chœur, se dit d'un homme dont les cheveux sont coupés de très-près, ou même qui est chauve. || Dans les couvents de filles, religieuses du chœur, daines du chœur, toutes les religieuses qui ne sont point converses. || 5° Terme de musique. Composition de musique à plusieurs parties et exécutée par plusieurs voix pour chaque partie. Le chœur des démons dans Orphée. Le chœur des chasseurs dans Robin dos bois. Le chœur des soldats dans Œdipe à Colone est un chœur à trois parties qui commence par un unisson. Ce chœur est écrit à cinq parties. i| Chœur réel, quatuor dans lequel chaque voix a une mélodie distincte. || Se dit encore en parlant des grandes subdivisions d'un orchestre. Le chœur des cuivres. || 6° Dans le langage ordinaire, chant exécuté par plusieurs voix ensemble. Chanter en chœur. On répéta le refrain en clurur.
— HIST. xin" s. Quant il furent entré el cuer, Chascunsvousist bien estre fuer (hors], Car trestuitsi grant paor orent, ruteu. aie. Et s'en entre dedenz le cuer à ses barons qui portent sa corone et la pome, Ass. de Jér. i, 30. || xvr' s. Et le maistre du chœuî [des poètes, Virgile], après avoir estalé les noms des plus grands Romains en sa pameture, finit en ceste manière : llis dantem jura Catoivm. mini. i, 2G7. Pensons-nous que les enfants de chœur prennent grand plaisir à la musique? la satiété la leur rend plus tost ennuyeuse, lu. i. 3:H.
— ÉTYM. Le latin chorus, de yoçoc,, danse.
f CHOINE (choi-n') , adj. Pain choine,pain blanc. Terme vieilli.
— HIST. xvc s. Etdevent estre serviz honeslcment de rost et boest [bouilli] et leur sauve appartenante avesques eulx,du paen de fouace, du paen choene, du vin blanc... Bibl. des chartes, 4e série, t. iv,
—ÉTYM. Abréviation de chanoine: pain choine ou pain de prêtre, pain blanc.
CHOIR (choir), je chois, tu chois, il choit; chu, chue, il se conjugue avec l'auxiliaire être : ils sont chus: les autres temps et les autres personnes ne sont pas usités; cependant Bossuet îdit : il chut, et on pourrait se servir de ce temps ; on pourrait aussi employer le futur je choirai, et sous une autre forme, je cherrai; il faut autant que possible résister à ces désuétudes mal fondées qui frappent certains mots. || I'. ri. Tomber. Le Pô.... dans sa caverne profonde. S'apprête à voir en son onde Choir un autre Phaélhon, malh. ii, 2. Fais choir en sacrifice au-dessus de la Fiance Les fronts trop élevés de ces âmes d'enfer, id. h, 12. Tout va choir en ma main, ou tomber dans la vôtre, corn, tludog. 1, 5. Et pour te faire choir je n'aurais aujourd'hui Qu'à retirer la main qui seule est ton appui, id. Cinna, v, i. Vous laissez choir ainsi ce glorieux courage, id. Cid, 11, 5. Et ma tète en tombant ferai! choir sa couronne, id. Cid, 11, t. Combien en trompe un tel espoir [d'une longue vie]. Et combien en laisse-t-il choir Dans le plus beau de leur carrière? id. Imit. 1, 23. Mais plus dans un haut rang la faveur vous a mis, Plus la crainte de choir vous doit rendre soumis, th. corn. Essex, 1, -. Pour nous saluer laissant choir son chapeau. i>r.gnier, Sat. x. Un jeune enfant dans l'eau se laissa choir En badinant sur les bords de la Seine, la font. Fabl. 1, (9. Je l'ai laissé choir, mol. Syan. 22. Nous l'avons, en dormant, madame, échappé belle; Un monde près de nous a passé tout du long, Est chu tout au travers de notre tourbillon , id. l'un, sav. iv, 3. Ainsi qu'on voit, sous cent mains diligentes, Choir les épis des moissons jaunissantes, volt. dansGiRAULT-DuviviER. J'ai très-bien pu. par distraction, faire choir sur le bouquin la bouteille
CHO
CHO
CHO
M'encre, p. l. cour, i, 93. Cet insolent chut du ciel en terre, noss. n, Démons, 2.
— REM. Prenez garde de choir, façon de parler bourgeoise, dit de Caillières, 1690; ce qui montre <|ue, bien qu'alors les meilleurs écrivains, Corneille,
re, La Fontaine, usassent du mot choir, les
cartaient comme vulgaire. || Laforme du
je cherrai, due à la prononciation normande
: thongue ot, est une des traces de la
Sion des prononciations dialectiques qui s'est
— SYN. CHOIR, i ailleurs de synonymes ont dit que choir désignait particulièrement un choc, un coup, une impulsion qui Fait perdre l'équi-
rse et porte de haut en bas, tandis que tomber tnar [ue une chute d'un lieu très-élevé. Distinction illusoire; ces deux mots, venus l'un du latin, l'autre des idiomes germaniques, expriment ment la même idée, comme on le voit dans le vers de Corneille cité plus haut : Tout va choir en ma main ou t >mb ir en la vôtre; et dans cet exemple de Chapelle et Bachaumont : Toute la nuit donques il plut, Et tant d'eau cette nuit il chut, Que.... La seule différence c'est que choir vieillit, tandis que tomber e>t en plein usage. Si l'on ne dit pas que la pluie ou la foudre choit, cela tient uniquement à la désuétude qui frappe le verbe choir; et la preuve que rien d'intrinsèque n'empêche de le dire, c'est que nos pères le disaient.
— HIST. xt" s. Quant [il] le dut prendre, si lui caït à terre. Ch. de Roi. xxv. Charles verrat son grant orguil cadeir, ïd.xlii. Que il [l'arc] me chedet [tombe, au subjonctif], com fist à Guenelon, ib. lx. Faut lui li cuer, si [il] est chaeit avant, ib. clxiii. Charles chancelé, pour po [peu] qu'il n'est caut, ib. ccLxm. De bons vassals confondue et chaiete [déchue], ib. cxlvi. || xne s. Quant [il] le dut prendre [le gant], as piez li qiet devant, Rone. p. i". Pluie n'i chiet, ni erbe n'i vergie [verdoiej , ib. p. 44. [11] empoint le bien, si le fait jus chair, ib. p. 60. Et cheent foudre et menu et souvent, ib. p. 68. En grant dolor en est France cheue, ib. p. 60. Seiles tournées et les resnes chaûes, . ib. p. 80. Je charrai jà, se vous ne me tenez, ib. p. 94. Car le rei sun seigneur i! a mult avillié, E vers lui en charra en grant enemistié, Th. le mart. 38. Hum vus deit bien mtistrer que ne faciez- tel fait, Dunt saint iglise chiece en plus dolereus plait, ib. 83. || xni° s. Et li quens ot esté cheus, villeh. cxliii. Dont li châtrent ans pies tout en plorant, in. xxvm. Et nous commenderent [les barons] que nous vous cheissiens as pies, id. xvi. Dont fujus boutés li empereres Marche fies, et chaïde si haut que, quant il vint à terre, il fu tout esmiés, id. cxxvn. Quant de si haute honor [je] sui cheùe en la boe, Berte, xxxm. Et li vens est cheus, et li tems s'asseûre, ib. xlii. Chascuns redoutoit moût en leur mains a che'ir, ib. lxiii. S'or ne set moult Renart de frape, Il est chaoit en maie trape, Ren. 1-3570. Or sui cheois, ce m'est avis, De grant enfer en paradis, la Rose, 33G5. Riens ne puet tant homme grever, Comme cheoir en povreté, ib. 803. Qui bien'vesquit tant que H dent Li fussent cheoit par viellesce, ib. 5397. Et fortune la mescheans, Quant sus les nommes est cheau-;. ib. 4905. Se ge vei'sse ilec plovoir Quarriaus et pierres pelle-melle, Ainsinc espés comme chiet grelle, 16. (798. Quant aucuns caoiten poverté, beaum. l, 19. Si tost que la terre a sa derraine roie por semer blé, ele quiet en deffense, par nostre coustume, id. lu, 3. I! n'en perderoient pas le cors, mais ilquerroient en la merci du segneur de lor avoir, id. xxi, 20. Ou quant eles [les maisons] caoient, se on ne les voloit réfère, id. xxiv, 30. Et s'il ne le veut porsivir, il en quiet en autele amende comme cil seroit qu'il avnit fet ajorner, id. 55. Et semliloit que foudre cheist des ciex, joinv. 215. Et ce qui chiet du bois sec ou [au] flum, nous vendent les marcheans en ce païs, id. 220. De peu de pluie chiet grant vent, fabliaux", édit. jubinal, 3ii.||xives. Et celles qui sont involontaires, il y chiet pardon et aucunes fois miséricorde, oresme, Eih. 47. Celui qui est beneuré n'en cherra pas en telles fortunes comme en chait le roy Priant, id. ib. 25. Quant ses enfans cherroient en misère, il perdroit sa félicité, id. ib. 23. || xv's. Ils estoient perdus davantage et chus es mains de leurs ennemis, froiss. i, i, (8. Messire Jean Délie leur chey en la main, et tantost l'avisèrent, id. ii, 11, 240. Et sont en chemin que ce trou ne leur fauldra de grant pièce ou au moins la craincte d'y cheoir, comm. v, 9. Comment les Croyois [la famille de Croy] cheurent sur leurs pieds du viel temps, g. chastelain, Chron. de Bourg. 222. ||xvic s. Le premier homme est cheut, pource que Dieu avnit
jugé cela estre expédient, calv. Tnstit. 764. Afin qu'ils ne cheussent point en telles offenses, id. ib-. 834. Si un aveugle mené l'autre, tous deux cheent en la fosse, id. ib. 94 1. Encor posé le casque l'eusse faict, Au pis aller n'y cherroit qu'une amende, marot, 11, 89. Les murailles cheurent d'elles mesmes par laveur divine, mont, i, 254. Duquel coup estant cheute de son long esvanouïe, id. m, 48t. Perdition certes qui estoit à déplorer de tant d'ames qui estoyent cheutes en si horribles précipices, i.anoue, 375. La berce estant cheute sur un gros homme
bien armé d'aub. llist. 1, 317. Le plus grand des
elephans, par cas d'adventure, estoit cheut de travers tout au beau milieu de la porte, amyot, Pyrrh, ir>. Les renés luy cheurent des mains, id. ib. vc. Quand quelqu'un chet du haut en bas d'une brèche, paré, x, 1.
— r.TYM. Saintonge, chère, choir, chet, chu, tombé; Berry, eheir, prononcé cher: picard, Icher, kère, keu, keute, tombé, tombée; norm. quaire; bourg. choi, et aussi chesai; ital. cadere. L'ancien français cheoir, en deux syllabes, vient de cadêre, 2e conjugaison, au lieu de la vraie conjugaison latine cadëre avec l'accent sur câ, qui, si elle eût donné un mot français, aurait produit chedre, et à laquelle l'italien cadere est fidèle.
CHOISI, IE (choi-zi, zie), part, passé. ||1° Pris de préférence. Le terrain choisi parle général pour livrer bataille. Israël, peuple choisi de Dieu. || 2"Tètes choisies, terme de statistique, quand il s'agit des tables de mortalité. Les chances de mort n'étant pas les mêmes pour toutes les conditions, on est obligé de distinguer les probabilités calculées sur tout le monde et celles qui ne s'appliquent qu'à des têtes choisies. Asseoir une rente viagère sur une tète choisie. || 3"Qui excelle, qui est meilleur. Société choisie. Morceaux choisis. Œuvres choisies. La cour était moins grosse chez la duchesse, mais elle y était plus choisie, hamilt. Gramm. 6. Termes choisis, corn. Othon, 11, t. [La femme de Law] haute, altière, impertinente en ses discours, recevant les hommages, rendant peu ou point, et faisant rarement quelques visites choisies, st-sim. 44 5, 4 84. Il Substantivement. Aussitôt chorus d'applaudissement du choix [de la dame d'honneur] et de louanges de la choisie, st-sim. 275, 2(2. || Familièrement. C'est du choisi, c'est ce qu'il y a de mieux.
CHOISIR (ehoi-zir),u. a. [| 1° Prendre de préférence. Il choisit dans le panier les plus belles cerises. Ne voulant me donner pour toute l'affection que vous me devez, que des paroles, vous les avez choisies si riches et si belles que.... voit. Lett. t. Mais où son adresse paraît principalement, c'est à choisir de tous ces accidents ceux qui marquent davantage l'excès et la violence de l'amour, boil. Sublime , 8. Et nous ne recevons ni crainte ni désir De cette liberté qui n'a rien à choisir? corn. Œdipe, m, 5. Choisis une heure propre à rentrer en toi-même, À penser aux bienfaits de la bonté suprême, corn. Tmit. 1, 20. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours, boss. Reine d'Anglet. On n'a pas des plaisirs à choisir, sév. 340. Romulus choisit parmi tout le peuple ce qu'il y avait de meilleur pour en former le conseil public, boss. Ilist. univ. m, 7. Chrétiens, ne murmurez pas si Madame aété choisie pournous donner une telle instruction, id. Duch. d'Orl. Rome a choisi mi a bras, je n'examine rien, corn. 7/or. 11, 3. Quoi! Roxane, Seigneur, qu'Amurat a choisie Entre tant de beautés.... rac. Baj. 1, 4. D'avoir choisi mon père au fond de l'Idumée, id. Bére'n. 11, 2. Si Néron, irrité de notre intelligence, Avait choisi la nuit pour cacher sa vengeance, id. Brit. v, 4. Assurément Trophonius choisissait ses gens et ne recevait pas tout le monde, fonten. Oracles, ch. xv. Il Se choisir, faire choix pour soi. Celle qu'il s'est choisie pour sa compagne inséparable, la bruy. xiv. Il Familièrement. Choisir de l'œil, fixer son regard sur l'objet qu'on préfère. || Choisir se construit avec de et un infinitif. Quiconque choisira de faire mes volontés, pasc. Proph. 33. Il a choisi d'y demeurer, id. dans cousin, à qui choisiriez-vous, mon fils, de ressembler? rac. Athal. iv, I. || Absolument. Il y a chez le marchand de quoi choisir. Donnera choisir. Qui choisit mal pour soi choisit mal pour un autre, corn. Agc'sil. 11, 4. Mais vous me choisirez si vous savez choisir, volt. Triumv. il, t. || 2° Faire une option entre deux choses. C'est à vous de choisir mon amour ou ma haine, corn. Rodog. ni, 4. Je puis choisir, dit-on, ou beaucoup d'ans sans gloire Ou peu de jours suivis d'une longue mémoire, rac. Iph. 1, 2. y Choisir d'une chose ou d'une autre. Choisir de partir ou rester. Choisis de leur donner
ton sang ou de l'encens, corn. Foly. v, 2. Choisissez d'être reine ou d'être Laodice, id. Nicom. m, 4. Choisis d'épouser, dans quatre jours, monsieur ou un couvent, mol. Mal. im. 11, 8. Choisissez de la cour ou de la retraite, mass. Car. Respect humain. Choisissez de César, d'Achille ou d'Alexandre, boil. Sat. v. Qu'il choisisse, s'il veut, d'Auguste ou de Tibère, rac Brit. 1, 2. || Choisir si.... Choisissez si vous voulez payer ou avoir un procès. Choisissez aujourd'hui Si vous voulez tout perdre ou tout tenir de lui, rac. Alex. II, 2. |] Absolument. Devine, si tu peux, et choisis, si tu l'oses; L'un des deux est ton fils, l'autre ton empereur, corn, llêracl. iv, 5. Il 3° Se choisir, v. rèjl. Faire choix l'un de l'autre. Il Proverbe. Souvent qui choisit prend le pire. Mais aussi bien que moi vous avez ouï dire Que fille qui choisit bien souvent prend le pire, th. corn. Don Bertran de Cigaral, iv, t. •
— REM. Quand choisir prend un second complément ou un complément indirect pour indiquer le but du choix, il faut toujours exprimer la préposition pour, au passif comme à l'actif. On ne dit pas : il a été choisi gouverneur, mais : il a été choisi pour gouverneur.
— SYN. élire , choisir. D'après l'étymologie . élire, c'est tirer hors; et choisir, c'est fixer le regard sur, remarquer, et île là préférer. Un général choisit son terrain, mais il ne l'élit pas. Un auteur choisit ses mots, mais il ne les élit pas. Au contraire on choisit un homme et on l'élit; Louis XIV choisit Coîbert , c'est-à-dire le remarqua, le préféra; Louis XIV élut Colbert, c'est-à-dire l'éleva à un ministère (il faut ajouter que l'usage attribue d'ordinaire à élire l'idée de suffrages donnés). Israël fut choisi entre les peuples, c'est-à-dire préféré; Israël fut élu de Dieu, c'est-à-dire appelé à des destinées particulières; de sorte que la distinction étymologique se poursuit dans les acceptions.
— HIST. xne s. [Il] a la letre choisie [vue] , Runc. p. 25. Des Sarrazins [il] n'i put un seul cosir [apercevoir], ib. p. 4 55. Grant joie ot Aude qu'ot la clarté coisie, ib. p. 1 73. Ne nule riens n'est tant à mon désir; Moût [j'] aim [aime] mes ieuz qui me firent choisir, Coud, xix. || xni" s. Et Reniers estoit aus bretesches [échafauds en bois] des murs, quant il choisi l'avant-garde que Joffrois li mareschaus faisoit, villeh. clxii. Mais plus hardie chose [que Pépin] ne fu onque choisie, Berte, 11. I.a clarté [elle] fait oster, qu'on n'i put rien choisir, ib. xm. Qui bien la regardast à droit et à loisir, Bien deîst que plus belle ne peiist on choisir , t'6. lxiii. Quatre de ses serjans il meismes choisit [élut],ib.xci. Quand ele les choisi [vit], tost errant s'est levée, ib. cxxvi. Dont gardent devant els, si ont les Blas [Valaques] coisis, qui tout estoient entalenté d'aus[àeux] faire anui, 11. de valenc. iv. Ou [au] miroer entre mil choses, [il] Choisi [vit] rosiers chargiés de roses, la Rose, (624. Tant vont par lor journées qu'il ont Nique coisie, Ch. d'Ant. 1, 284. Quant il vint à terre, et il choisi [aperçut] les Sarrazins, il demanda quelle gent c'estoient, joinv. 2(5. || xive s. À la fausse posterne s'en vint sans arrester, Et choisi [vit] les Juifs de sus les murs ester, Guescl. 9467. ||xv° s. Et le connestable jetoit l'oisel, et cil faucon montoit si haut que à peine le pouvoient-ils choisir en l'air, froiss. 11, 11, 464. Un pertuis, par lequel maistre cordelier pouvoit apertement le choisir, louis xi, Nouv. 11. fi xvie s. Lequel plus grand que tout mon desplaisir, Cent fois le jour vient remettre à loisir Devant mes yeux les biens qu'on peut choisir [voir] En sa personne, st-gel. p. 72. Chascun choisit plustost à discourir du mestier d'un aultre que du sien, mont. 1, 57. Elle n'a pas de quoy les distinguer, uy de quoy choisir la vérité du mensonge, id. 11, 317. Ses gardes n'avoient pas eu le loisir de coucher une mesche, voiant la chambre pleine et sa personne choisie [prise] , tous les logis pillez avec aussi peu de résistance, d'aub. Ilist. m, 4 75. Là les deux chefs signalez de panaches blancs et rouges se choisirent devant leur troupe, Breauté tua son ennemi d'abordée, id. t'6. III, 527. Entre lesquels [portraits] je choisis [j'aperçus] celluy de l'empereur aujourd'huy régnant, carl. vi, 34. Je voy le bien et je choisi le mal! rons. 644. Si meirent quelques brisées et enseignes sur les plus haultes croupes des rochers, et que l'on pouvoit choisir à l'œil de plus loing, amyot, Cat. 26.
— étym. Picard, couésir, keusir ; wallon, chûzt; rouchi.c/ujsirvprovonc. causir, chausir; anc. espagn, cosido, vu; anc. portug. cousimento, action de choisir; anc. ital. eiausire; du gothique kausjan, goûter, e ayei . qui, à cause du j, a pu donner la conjugaison en ir, ancien haut-allemand, chiosan,
CHO
CHO
CHO
voir, choisir, qui à la vérité aurait plutôt produit c/ioiser, mais qui a l'avantage d'avoir la signification de voir. Cette signification est, dans l'ancienne langue, la principale, elle dure jusque dans le xvr siècle, et ne se perd qu'avec le xvir siècle.
f CHOISISSABLE (choi-zi-sa-bl'), adj. Qui peut, qui doit être choisi.
— étym. Choisir.
CHOIX (chot; l'a; se lie : un chol-z heureux), s. m. || 1° Action de choisir, faculté de choisir. Un choix éclairé. Faire son choix. Remettre la chose au choix d'un autre. Le choix du sénat a été approuvé. C'est le choix de lanation qui mit d'abord le sceptre entre les mains de vos ancêtres, mass. Pet. car. 1 1 Le choix d'elle et de vous [entre elle et vous] est as sez inégal, mol. Mc'l. i, 5. Il est un heureux choix de mots harmonieux; Fuyez des mauvais sons le concours odieux, boil. Art p. i. Un si beau choix fut sans doute une inspiration d'eu haut, patru, dans bouhours, Nouv. rem. Mon choix sera suivi, c'est un point résolu, mol. F. sav. v, 3. || 2° Préférence accordée à une personne ou à une chose. Quand je ne saurais autre chose de vous, sinon que vous êtes le choix de ce grand génie [le cardinal de Richelieu] qui n'a fait que des miracles, curn. Disc. de réception à l'Acad. fr. Parmi tant d'amis, il faut faire un choix prudent, boss. Polit. Mon père a consenti que je suive mon choix, corn, le Ment. I, I. Nous l'allons voir ici faire choix d'un époux, m. D. San. i, i. Et criblant mes raisons pour en l'aire un bon choix, Régnier, Sat. xiv. Hippocrate ne fait Choix de ses mots, la font. Abb. mal. il veut bien donner ce qui vient de son choix, sév. 457. De quelque heureux époux que l'on dût faire choix, rac. Iph.'ï, 3. Cet honneur vous regarde et j'ai fait choix de vous, id. Mithr. ni, t. Ma haine avait le choix, corn. Pomp. iv, 4. Tout est ici tellement changé que je ne vois plus guère de choix entre le séjourdeMunsterel celui de Paris, voit. Lett. 10G. Dans ce dur et triste choixdese perdre oude perdre les siens, st-ëvrëm. il, <o. Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru, Se trouvant à la fin toute aise i t toute heureuse De rencontrer un malotru, la font. Fubt. vi, 5. Je confie à vos soins Les plantes que par choix cultivait ma tendresse, delav. Paria, m, t. || Sans choix, c'est-à-dire sans discernement, sans distinction. Une érudition entassée sans choix. Ces volumes sans choix à la tète jetés, boil. Lutr. v. 11 mangeait de toutes choses sans choix, 'boss. Bern. *. Vous avais-je sans choix Confondu jusqu'ici dans la foule des rois? rac. Bérén. ni, I. Ronsard est dur, sans goût, sans choix, Arrangeant mal ses mots, gâtant par son françois Des Grecs et des Latins les grâces infinies, rac. Lett. <<3, La Fontaine à Racine. || À son choix, à sa volonté. Que s'il était au choix de notre âme insensée De languir toujours en ces lieux [la terre], Nous traînerions nos maux sans aucune pensée De régner jamais dans les cieux, corn. Imit. i, 22. Avoir â répondre oui et non à son choix, pasc. Prov. 5. Chacun peut à son choix disposer de son âme, rac. Andr. ni, 2. Et de ses ennemis se défaire à son choix, volt. Triunw. il, 2. || N'avoir pas le choix, être réduit a une extrémité qui ne laisse pas d'alternative. || 3° Ce qui a été particulièrement choisi, élite. On y monte [à une galerie] par un escalier dérobé, et le maître du logis la pourrait appeler sa bibliothèque, s'il voulait donner au choix le nom qui se donne à la multitude, balz. Socrate chrét. Disc. t 1 . Tu vois toute la pourpre et tout le choix de Rome Se ranger à l'envi sous les lois d'un seul homme, brébeuf, Phars. ii. Il est fort peu d'endroits Dont il n'ait le rebut aussi bien que le choix, corn, le Ment, i, I. || 4° Terme de blason. Armes de choix, armoiries qu'un particulier compose à sa fantaisie, et sans les avoir acquises. On dit aussi armes arbitraires.
— REM. Choix a un double sens actif ou passif : actif, le choix de cet homme, c'est-à-dire le choix qu'a fait cet homme; passif, c'est-à-dire le choix qui a été fait de cet homme.
— SYN. choix. Elite. Des hommes de choix sont des hommes choisis pour un objet quelconque; les grenadiers sont des hommes de choix, puisqu'ils sont choisis à cause de leur taille: des hommes d'élite sont des hommes qui excellent au-dessus des autres; à l'année les compagnies d'élite sont des compagnies qui ont une prééminence; des compagnies de choix seraient des compagnies choisies entre plusieurs. Mais, à part cet emploi, choix et élite se confondent : le choix de Rome, dans Brébeuf, c'est l'élite de Rome, et on ne peut distinguer entre : le choix de ces tableaux a été acheté par les Anglais, et l'élite de ces tableaux.
— H1ST. xnc s. [T1] Vit la raison qui n'est mie à son chois, l'.one. p.25.Carfaisonsunechose,seilvous vient à chois, Sax. xxxni. Ainsi pourons aler as bois, Abres [arbres] tranchier et prendre à chois, wace, Rou, 6975-6074. || xill' s. Mais ce que distes, se vos plest, S'irés demain en la forest, Quel vie volrés démener, En bos u en rivière aler; Se vos volés aler en bois, Et ce vos plaise en vostre cois.... Partonop. v. < 779. Avoir et grans richesses [ils] orent tout à leur chois, Berte, lxi. Il est au quois de le [la] feine, quant ses barons est mors, de laissier tous les muebles et toutes les dettes as hoirs, béai m. xiii, 9. || xive s. Or fay le quel que tu vouldras, Et y pense tout à loisir; Quant à chois es, tu pues choisir, bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 27. || xvr s. Ils ne voyent pas de chois entre mémoire et entendement, MONT. 1, 33.
— ÊTYM. Choisir.
f CHOLAGOGUE (ko-la-go-gh'), adj. Terme de médecine. Qui purge la bile, qui agit sur l'appareil biliaire. || 5. m. Les cholagogues. Le purger par cholagogues, mol. Pourc.i, H.
— hist. xvie s. L'évacuation se fera par la phlebolomie et par medicamens cholagogues, paré, v, 12.
ETYM. XoXayùvyôç, de y.oXr], bile et âyeiv, chasser (voy. agir).
CHOLÉDOLOGIE (ko-lé-do-lo-jie), s. f. Mot que donne le Dictionnaire de l'Académie, que les cins ne connaissent pas, et qui, en tout cas, doit être supprimé, étant absolument barbare, puisqu'il n'y a point en grec de mot x'jXïiSoç. Le mot devrait être ckolélogie ou cholologie, traité sur la bile.
CHOLÉDOQUE (ko-lé-do-k'), adj. Terme d'anatomie. Conduit ou canal cholédoque, conduit formé par la réunion des conduits hépatique et cystique, et versant la bile dans le duodénum.
— HIST. xvie s. L'autre portion de la bile est envoyée dans l'intestin duodénum par les conduits cholédoques, paré, xx, t9. L'obstruction du conduit cholidoque, id. xx bis, 25.
— Etym. Xo).r,â6xoç, de xoW)> Dile (voy. colère), et 5Éye<76at, recevoir.
fCHOLÉLITHE (ko-lé-li-f), s. m. Terme de médecine. Calcul biliaire.
— ÉTYM. XoXti, bile, et X160;, pierre.
f CHOLÉLOGIE (ko-lé-lo-jie) , s. f. Terme de physiologie. Traité sur la bile. »
— ÉTYM. XoXv'i, bile, etXéyoç, traité.
f CHOLÉPOEÈSE (ko-lé-pè-ê-z') , s. f. Terme de physiologie. Élaboration par laquelle le corps vivant fait la bile.
— ÉTYM. Xo/r,. bile, et ttoîtiotiç, action de faire.
CHOLÉRA-MORBUS (ko-lé-ra-mor-bus') ou. simplement, CHOLÉRA, s. m. Terme de médecine. Il 1° Maladie endémique et sporadique caracl risée par des évacuations abondantes du haut et du bas, une grande faiblesse et du refroidissement. || 2" Maladie épidémique, dite aussi choléra asiatique, née dans l'Inde en 1«I7, offrant des symptômes analogues à ceux du choléra endémique, niais avec beaucoup plus d'intensité, et caractérisée par une matière semblable à de l'eau île riz qui est dans les selles.
— ÉTYM. XoXépa, choléra, et proprement gouttière (la maladie ayant été ainsi nommée, à cause que les matières lluent comme par une gouttière), et le latin morbus, maladie (voy. morbide). Voy. cholérique à l'étymologie.
f CHOLÉRIFORME (ko-lé-ri-for-m') , adj. Terme de médecine. Qui a l'apparence du choléra. Entérite cholériforme.
— ÉTYM. Latin hypothétique choleriformis , de choiera, et forma, forme.
f CHOLÉRINE (ko-lé-ri-n') , s. f. Terme de médecine. Affection qui règne souvent penda'nl le choléra épidémique, qui est caractérisée par une diarrhée ordinairement indolente, et qu'il ne faut jamais négliger.
— ÉTYM. Diminutif de choléra.
CHOLÉRIQUE (ko-lé-ri-k'), adj. Terme de médecine. H 1° Qui tient de la bile. Tempérament cholérique. H 2° Qui appartient au choléra. Accidents cholériques. i| Substantivement, celui, celle qui est atteint du choléra. Un cholérique. Une cholérique.
— HIST. xiu° s. Cil qui sera colorikes [bilieux], caus [chaud] et ses et magres.... alebrant, f" 17.
— ÉTYM. Cholericus, signifiant en latin bilieux et qui tient du choléra, par une confusion de /////, bile, et yoXépa, choléra; du grec -/o/eçixô;, qui signifie uniquement relatif au choléra, et gui vient de xoXÉpa, choléra.
t CHOLESTÉRATE (ko-lè-sté-ra-f), s. m. Terme
de chimie. Genre de s^ls formés par l'acide cholestéi ique.
| CHOLESTÉRINE(ko-lè-sté-ri-n'), et non CHO- LESTÉARINE, s. f. Terme de chimie;. Substance
cristallisée des calculs biliaires humains, décrite par fourcroy sous le nom d'adipocire.
— ÉTYM. Xo'/i], bile, et atepoç, . solide.
f CHOLESTÉRIQUE (ko-lè-sté-ri-k') , adj. Terme de chimie. Acide formé par la réaction de l'acide azotique sur la cholestérine.
f CHOLIAMBE (ko-li-an-V), s. m. Sorte de vers ïambique grec ou latin qui a un ïambe au 5e pied et un spondée au oe.
— ÉTYM. XuXiau.êoi, de /m'/ ôc . boiteux, et \ay.- 60:, ïambe. Il a été nommé boiteux parce que le vers ïambique régulier avait un ïambe au sixième pied
f CHOLIAMBIQUE (ko-li-an-bi-k'), adj. Qui appartient au choliambe. Vers choliambiques.
f CHOLIHÉMIE (ko-h-é-mie), s. /'. Terme de médecine. Pénétration de la bile dans le sang.
— ÉTYM. XoXy), bile, et al[j.a, sang.
CHÔMABLE (chô-ma-bP) , adj. Qu'on doit chômer. Fêle, jour chômable.
— hist. xvie s. Joui chômable, mohet, Dict — - ÉTYM. f/tomer.
CHÔMAGE (chô-ma-j'), s. m. || 1° Action de chômer: suspension des travaux. Toute industrie est e aux chômages. On ne paye pas aux ouvriers de chômage. Le chômage des fêtes et dimanches. || 2° Par extension. Le chômage d'un canal, d'un moulin, d'une usine. || Fig. Mme de Richelieu me parut abattue; les fatigues de la cour ont rabaissé son caquet; son moulin me parut en chômage [Mme de Sévigné écrivait chaumage], sév. 1 10.
— HIST. xvie s. Nous avons entendu que nostre monnoye de Tournax est en chômage, du cange, chomare.
— ÉTYM. Chômer.
CHÔMÉ, ÉE (chô-mé, mée), part, passé. Fête chômée, fête pendant laquelle on chôme, c'est-àdire pendant laquelle les travaux mercenaires et les ventes publiques sont interrompus.
f CHOMÉLIE (cho-mé-he), s. f. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des rubiao'es.
— ÉTYM. Chôme! , médecin français du xvnr siècle.
CHÔMER (chô-mé), r. n. || 1° Ne pas travailler parce qu'on solennise une fête. Les dimanches on chôme. Profitons , s'il se peut , d'un si fameux exemple; Chômons; c'est luire assez qu'aller de temple en temple, Rendre à chaque immortel les vœux qui lui sont dus, la font. Filles de Minée. j| 2° Ne pas travailler par m:m : 11 bon
ouvrier chôme rarement. Les ouvriers chôment bien souvent dans les saisons rigoureuses, dans les crises industrielles. || Ne pas travailler pour une raison quelconque. Nous suons, nous peinons comme bêtes de somme; Et pour qui? pour lui seul : nous n'en profitons pas; Notre soin n'aboutit qu'à fournir ses repas; Chômons, c'est un métier qu'il veut nous faire apprendre, la font. Fabl. ni, 2. Ne t'attends pas que je t'aide un seul brin, Ni que par moi ton labeur se consomme; Je t'ai jà dit que j'étais gentilhomme, Né pour chômer et pour ne rien savoir, id. Papef. (| 3" Par extension. Ce moulin, ce canal chôme, ils ne travaillent pas. La monnaie chôme, les ateliers de monnayage ne travaillent p is. La terre chôme, elle est en jachère. L'argent chôme, il ne produit pas d'intérêt. || 4" Chômer de. mai de. Chômer de besogne. N'épargnez pas le b< i ne vous en laissera point chômer. Partez, vous ne chômerez pas d'argent pour votre voyage. j| 5 1 . a. Solenniser par la cessation du travail. Constantin établit que l'on chômerait le dimanche, mon Espr. xxiv, 23. Au lieu de chômer les saints et de faire pénitence, p. l. cour, i, 211. Qu'on me révère et qu'on chôme ma fête, la f Mais à quoi sert Bacchus qu'à causer des querelles'.'... I.t nous irons chômer la peste des humains! 111. 1 tir Minée. Vierge n'était, martyr et confesseur Qu'il ne chômât, id. Cal. Tous les voisins chômèrent la défaite De ce démon, id. Papef. || Proverbes. Il ne faut point chômer les fêtes avant qu'elles ne soient venues, il est imprudent de se réjouir de ce qui est à \enir, et aussi il ne faut pas s'affliger d'un mal qui n'est pas encore venu et qui peut-être ne viendra pas. Laissons venir la fête, avant que la chômer, mol. le Dép. 1, i. Il C'est un saint qu'on ne chôme plus, se dit d'un homme qui a perdu crédit, pouvoir, réputation. L'honneur est un vieux saint que l'on ne chôme plus, Régnier, Sat. xiu.
CHO
CHO
CHO
— rem. 1. Régnier écrit efcomtner, ainsi que La Fontaine : [la goutte] S'étend à son plaisir sur l'oit d'un pauvre homme, Disant: je ne crois pas qu'ence
! . Fabl. m. 8. Cette orthographe ation sont tout à Fait hors d'usage.
|| 2. L'orthographe et la prononciation chômer reproduit nonla me orthographe qui est chômer, qui s'introduisit durant le xvie siècle et . chaumer.
— insr. xiii' s Ménage fait prendre mal somme;
■ hait celui qui chôme El rien ne fait, Choses qui faillent en ménage. S grans trais boivent vin d'Auchuerre, Pour miex chômer desor le fuerre, eu cange, chomare. || xrv" s. Car ilz sçavent que telz metaulx Sont tous morts (ici point ne faulx), Que jamais plus ne reprendront Substance et vie, ains chômeront, Et l'un à l'autre n'aydera, Traité d'aich. 566. I| XVe s Je vous prie, vous qui estes par ild là, avisiez, à fraper un beau coup sur le duc de ... et j'espère faire si bonne diligence
j que \ ius connoissiez que je n'ay pas chômé tant que j'y auray demeuré, duclos, l'reuv. de
17, p. 899, dans Ï.ACURNE. Et si lui dirent les is [mac ms à un prince qui faisait bâtir un ii] que le demourant estoit legier, mais qu'il fist finance de la couverture, car il n'avoit que chommer, Perceforest, t. vi, f» 93. || xyi" s. Ainsi sans il chommera moins [sera moins oisif] que les aultres, mont. i. i*2. lion corps ne me laisse pas une heure, ny dormant, ny veillant, chômer d'instructions de mort, m. ni, 306. Nous nous investissons des faculté/, d'aultruy et laissons chômer les nostres, m. iv, 219. Ce pendant /Emilius ne chommoit pas de son entendement, et ne laissoit à tenter et essayer expédient quelconque pour tascher a faire quelque chose, amyot. /'. Mm. 20. Il ne laissoit pas pour cela chommer ses gens, ains les contraignoit de travailler, m. Sylla, 36. La pluie survenant, ou les gelées cheans dessus [les oliviers], faut avec patience chommer de ce labeur [la cueillette] . 0. de serres, 706. Les jectons du cep sortent plus tost à travers la terre molle que par la dure qui aura chômé, laboétie, 343. Quant je chomme, je ne besongne pas, g. du guez , dans palsgr. p. (OH. Mieulx vault chômer que mal besogner, le roux de lincy, Proi'. t. 11, p. 347. Des lors qu'il se mist aux guerres, il ne chaumapas d'en apprendre de bonnes leçons, bbant. Duc d'Albe. Tant y a qu'il ne chauma pas en sa captivité [il n'y demeura pas], m. Dragut. Il vaut mieux perdre que chômer, Dit. leçons de P. Messie, i" 89, dans lacuhne.
— ÉTYM. Berry, chômer, chaumer, tarder; Saintonge, chômer, manquer; génev. chogner; bourguig. chômai, liiez le tire du même radical que calme; mais cela donnerait chaumer, non chômer, qui est l'ancienne orthographe; l'allemand saùmen , suédois suma, islandais «Ema, hollandais suymen, tarder, agir avec lenteur, est plausible, sauf la difficulté du changement de ['s en ch, laquelle cependant n'est pas absolue. Reste le celtique qui réunit le plus de probabilité : bas bret. choum, s'arrêter, cesser; gaél. cum. arr
| COOMET (cho-mè); s. m. Voy. ghaumeret.
t CHONDRILLE (kon-dri-U', II mouillées) , s. f. Terme de botanique. Genre de plantes composées, de la tribu des chicoracées.
— ÉTYM. XôvSpo
fCHONDRINE (kon dri-n'), s. /'. Terme rie chimie animale. Substance qu'on obtient en faisant bouillir la cornée, les cartilages permanents ou ceux Aes os avant l'ossification.
■ — étym. XôvSpoç, cartilage.
t CHONDROGRAPHIE (kon dro - gra - fie) , s. f. Terme d'anatomie. Description des cartilages.
— étym. XôvSpoç, cartilage, et ypoupeiv . dé< rire.
| CHONDROÏDE (kon-dro-i-d') , adj. Terme d'anatomie. Tumeur chondroïtle, tissu fibreux morbide ayant par sa texture une grande ressemblance avec le tissu cartilagineux, ansêi pi tirtant formé de ce tissu.
— ÉTYM. XovSpoç, cartilage, et eîSoç, forme. CHONDROLOUIE (kon-dro-lo-jie), s. f. Terme
d'anatomie. Traité des cartilages.
— ÉTYM. Xôvopoç, cartilage, et /ôyo;, traité (voy. logique).
) CHONDROME (kon -drô-m'), s. m. Terme de chirurgie. Non donné aux tumeurs cartilagineuses.
— étym. XôvSpo;, cartilage.
j CHONDROPTÉRYGIEN, IENNE (kon -dro-ptéri-jiin, jiè-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a des nageoires cartilagineuses. || Substantivement. Les chondroptérygiens, nom donné autrefois à tous les poissons dont le squelette est cartilagineux.
— ÉTYM XôvSpci;, cartilage, et itxépui;, aile.
t CHONl)KOTOMIE(kon-dro-to-mie),s. f. renne d'anatomie ou de chirurgie. Dissection ou sert on des cartilages.
— ÉTYM. Xôvopoç, cartilage, et tou.y), section (voy. tome).
f CHOPART (cho-par), s. m. Nom du bouvreuil en Picardie.
t CHOPE (cho-p'), s. f. || 1° Sorte rie gobelet en forme de cône tronqué, contenant une mesure de bière d'environ un demi-litre. || 2" Le contenu. Boire une ou deux chopes.
— HIST. xv s. Prestre, dy. — Voulez que je dye? \ la guise rie Normandie, Je bef à vous de chipe en chope, Mir. de Ste Genev.
— ÉTYM. Allemand, Schoppen, qui se rattache à schôpfen, puiser.
CHOPINE (cho-pi-n'), s. f. || 1° Ancienne mesure contenant la moitié d'une pinte. || Populairement. Mettre pinte sur chopine, faire débauche de vin. Il 2° La contenance d'une chopine. Elle a bu sa chopine [de vinl, sév. 69. Â prix d'argent l'auteur comme le sot Boit sa chopine et mange son gigot, deshoui.ières, dans richelet. Le roi prenait souvent, entre ses repas, des verres d'eau avec un peu de fleur d'orange qui tenaient chopine, st-sim. 403, 252. Que Votre Majesté fasse seulement apporter une chopine de vin rouge, volt. Dial. 27. || 3° Terme de marine. Boite placée au-dessous du piston d'une pompe.
— HIST. xiii" s. N'est nus [nul] qui chascun jor ne pinte De ces tonneaus ou quarte ou pinte, Ou mui, ou setier ou chopine, la Rose, 68(3. || xive s. Une grand chopine d'argent dorée, et est le biberon d'une teste qui baille et l'autre d'une femme, et est le fruitelet d'une seraine [sirène], de laborde, Émaux, p. 2)3. Une chopine de vin aigre, Modus, f°xnv. Une chopine toute esmailliée dedans et dehors, de laborde, Émaux, p. 2(3. Il xvic s. Chacun contribua de vin la quatrième partie de la mesure, que les Grecs appellent cotyle, qui pouvoit estre environ cheopine, amyot, Cam. 48. Cheoppine, id. Agis et Cléom. 39.
— ÉTYM. Chope ; wall. sopeine.
CUOPINER (cho-pi-né) , v. n. Mot populaire. Boire chopine a chopine, et aussi boire avec excès. Leur voisin le notaire Un jour de fête avec eux chopinait, la font. Troq. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xve s. Ces honnestes gens Ne vous pourront ruiner À chopiner, basselin, x.xxix. || xvr3 s. 11 les mena boire à la Meule, et quand ils eurent bien chopine.... desper. Contes, lxv. Il m invita à boire avecques lui, et choppinasmes theologalement, rab. Pant. 11, 30.
— ÉTYM. Chopine.
f CH0P1NETTE (cho-pi-nè-f). s. f. || 1° Diminutif familier de chopine. || 2° Cylindre du corps d'une pompe qui est sous le piston.
— ÉTYM. Diminutif de chopine.
f CHOPPEMENT (cho-pe-man) , s. m. Action de chopper.
— ÉTYM. Chopper.
CHOPPER (cho-pé) , v. n. || 1" Heurter du pied contre quelque chose en marchant. || 2° Fig. Se tromper lourdement. Si l'infinité en petitesse est bien moins visible, les philosophes ont bien plus tôt prétendu y arriver; et c'est là où tous ont choppé, pascal, Pensées, 1, art. 6. Je choppe par dessein, ma faute est volontaire, Régnier, Saf. vu. Si le plus habile d'entre eux évitait une chose, il choppait en une autre, Francion, v, p. 185. || 3° Terme de manège. Un cheval choppe, quand il cède d'une jambe de L'avant-main.
— HIST. xnie s. Lors va [la fortune] soupant et jus se boute, Ausinc cum s'el ne veist goûte, la Rose, 6)71. Il xiv" s. Comme le cheval eut sopé, du cange, assopire. || xve s. Le suppliant en soy retournant soupa, et lui coula le pié, et en soupanl desserra son arbaleste, id. ib. || xvie .s. Parleurs mains seras souslevé, Afin que d'adventure Ton pied ne choppe, et soit grevé Contre la pierre dure, marot, iv, 306. N'est-ce pas raison qu'on se moque de leur vanité, et que Dieu aussi les mette eu opprobre, les faisant non seulement chopper, mais en la fin se rompre le cou du tout? calv. Instit. H 8. Que nous soyons sur un cheval, il ne faut sinon qu'il choppe d'un pié pour nous faire rompre le col, m. ib. t64. Mon jugement ne va qu'à tastons, chancelant, bronchant et choppant, mont, i, 155. Les sçavants chopenl volontiers à cette pierre [la pédanterie], id. in, 280. Voyez comme il [l'Amour] va chancellant, chopant et follastrànt, id. m, 386.
— étym. Espagn. topo, ompo, estropié, celui qui choppe; ital. zoppo. boiteux; pays de Coire, zopps; anc. franc, chope, souche; de l'allemand schupfen,
heurter; hollandais, schoppen. Chvpper s'étant dit aussi souper, on voit que ch et s peuvent alterner l'un pour l'autre, t CHOPPEUR (cho-peur), s. m. Celui qui choppe.
— ÉTYM. Chopper.
CHOQUANT, ANTE (cho-kan, kan-t'), adj. Qui choque, qui blesse. Air choquant.' Avoir des manières choquantes.
fCHOQUART(cho-kar), s. m. Espèce de corbeau.
t CHOQUE (cho-k'), s. m. Terme de chapellerie. Outil pour donner la forme.
CHOQUÉ, ÉE (cho-ké, kée), part, passé. ||l°Qui a reçu un choc. La barque, choquée par un bateau a vapeur, coula bas. || 2" Fig. Offensé. S'il apercevait que je fusse si choqué de ses discours, pasc. Prov. S.
f CHOQUEMENT (cho-ke-man) , s. m. Action de choquer ou de se choquer.
— HIST. xvie^. Là les chocqnemenls des Anglois, les querelles des Allemans, d'aub. Hist. 1, 133.
CHOQUER (cho-ké), v. a. || i" Donner un choc, contre. Il ne voit point d'écueil qu'il ne l'aille cho quer, boil. Sat. vin. L'oiseau de Jupiter.... Choque de l'aile l'escarbot, la font. Fabl. 11, 8. Ayant choqué celui qu'ils virent les armes à la main contre lui , ils l'avaient porté à terre, scarr. Rom. corn. 11, 14. La phalange aussi choqua la bataille [le corps de bataille] des Indiens, qui fut rompue tout d'un coup, vaugel. Q. C. 491. Quelque jour ce jeune lion Choquera la rébellion, En sorte qu'il en sera maître, malh. vi, (6. Il Familièrement. Choquer le verre, trinquer. Et pour choquer, Nous provoquer, Le verre en main, en rond nous attaquer, bérang. Trinquons. || Absolument, en ce sens. Cho |uons. Voulez -vous choquer avec moi? y 2" Fig. Offenser, blesser, déplaire. Soit qu'il plaise à mes yeux, soit qu'il me choque en l'âme, corn. Othon, 11, 5. Ah! rien de votre part ne saurait me choquer, id. Nicom. v, 5. Ou si ce nom vous choque ailleurs qu'en Arménie, id. ib. m, 2. En faveur des chrétiens s'il choquait son courroux, id. Poly.v, I . Encor que de ma part tout vous choque et vous blesse, rotr. Vencesl. 1, i. On ne le peut heurter qu'on ne me choque en lui, id. Bèlis. iv, 6. Dès que les hommes choquent notre goût, mass. Pardon. Les dominicains sont trop puissants, et la société des jésuites est trop politique pour les choquer ouvertement, pascal, Prov. 2. Des décrets qui choquent vos sentiments, id. ib. 18. Toujours au plus grand nombre il faut s'accommoder, Et jamais il ne faut se faire regarder; L'un et l'autre nous choque; et tout homme bien sage Doit faire ries habits ainsi que du langage , mol. Éc. des maris, 1, i. L'hippogriffe n'a rien qui me choque l'esprit, la font. Coupe. Une robe toujours m'avait choqué la vue, rac. Plaid, n, 6. Ce qui me choque de ces beaux esprits, c'est qu'ils no se rendent pas utiles à leur patrie, montesq. Lett pers. 36. J'ignore comment il faut présenter au rci le détail de Fontenoi et les autres événements qui ne peuvent enoquer que sa modestie, volt. Lett. duc de Choiseul, mars 1762. || Absolument. On vous dira de là-haut qu'on peut quelque chose de difficile, puisqu'on peut embrasser tout ce qui choque, boss. la Vallière. Un remède infaillible pour empêcher que les hardiesses ne choquent, c'est de ne les employer que dans la passion, boil. Longin, sublime, 31. Il 3" Être contraire ou agir contrairement à. Si on choque les principes de la raison, pasc. Rel. 2. Elles ont quelque chose qui choque la bienséance, corn. Ex. du Cid. De notre Sparte il choquera les lois, id. Agésil. n, 6. Vous prétendez choquer ce que j'ai résolu, mol. Sgan. i. Quatre choses choquaient la liberté dp Rome, montesq. Esp. xi, 14. Ce dessein, don Juan, ne choque point ce que je dis, mol. leFeslin, v, 3. S'ils choquent les bonnes mœurs, ils seront notés d'infamie, volt. Lett. à Mlle Clairon, 27 août 1761. y Choquer l'oreille, produire des sons, joindre des mots qui offensent l'oreille; et figurément, tenir des propos qui déplaisent. || 4" En termes de marine, choquer un cordage tendu, le filer avec précaution. Il Choquer du câble, en filer di hors. || 5"Se choquer, v. réfl. Recevoir et donner un choc. Ces deux voitures se sont choquées. Il conçut que ces grands corps, qui semblaient en se choquant préparer leur communes ruines, étaient au fond des institutions salutaires, volt. Babouc. Les astres brisant leurs orbites Se choquent dans l'immensité, DEL A VIGNE, Paria, iv, 7. || Par extension, former un hiatus. Que vous songiez à accommoder ries consonnes qui se choquent et à mesurer des périodes.... voit. Lett. 186. Il En venir aux mains, en parlant d'hommes ou de troupes qui sabordent pour se combattre Tant qu'or, ne s'est choqué qu'en de légers combats,
CHO
corn. Ilor. i, i. Faut-il faire tomber ie fer de la main de deux armées prêtes à se choquer, fléch. il, 89. On s'aborde, on se choque, on fait feu de part et d'autre, p. l. cour. I" lettre particulier/'. || S'offenser. C'est un homme qui se choque de tout. || Être en désaccord, aller mal ensemble. Ses vers.... bouffis de grands mots qui se choquent entre eux,
GILBERT, le XVIIIe siècle.
— SYN. choquer, heurter. Choquer, venant de souche ainsi qu'on le voit à l'étymologie de choc, signifie proprement faire trébucher, comme celui qui heurte du pied une souche. Heurter veut dire proprement porter un coup; c'est pour cela qu'on dit heurter a une porte, et non la choquer; la choquer, ce serait y frapper à l'effet de l'enfoncer. Une légion romaine qui allait choquer l'ennemi, le chargeait pour le faire trébucher, mais elle ne le heurtait pas : car ici heurter aurait un sens moins précis. En suivant la nuance on trouve que choquer indique plutôt une action faite par une cause extérieure sur un objet, et heurter une action involontaire : Un heurt survient : adieu le char; Voilà messire Jean Chouart Qui du choc de son mort a la tête cassée., la font. Fabl. vu, H. Un heurt, parce que c'est le char lui-même qui a rencontré un caillou; -un choc voudrait dire qu'une autre voiture l'a rencontré. Le choc de son mort, parce que c'est un objet extérieur; le heurt ne serait pas bon ici. On se heurte la tête, parce qu'on ne le fait pas exprès; mais un homme qui veut se tuer se choque la tête contre la muraille; deux béliers qui se battent choquent leurs têtes. Au figuré, heurter les opinions reçues, c'est leur faire éprouver un heurt, c'est-à-dire se rencontrer en opposition avec elles; choquer des opinions reçues, c'est leur infliger un choc, une offense.
— HIST. xvi° s. .11 allait chocquant sa teste contre la muraille, mont, i, 23. Un de ses ancestres mourut-il pas chocqué par un pourceau? id. i, 74. Pour avoir choqué contre la porte de.... m. ib. Des vices qui chocquent la con-cience, m. i, 122. C'est une incivile importunité de chocquer tout ce qui n'est pas de nostre appétit, id. i, igg. Ils disent que ses arguments sont foibles, et entreprennent de les chocquer ayséement, m. n, 150. Et ainsi alla de grande roideur chocquer les ennemis, lesquels soustinrent ce premier choc vaillamment, amyot, Timol. 37.
— ÉTYM. Choc ; espagn. chocar.
f CHOQUETAGE ( cho-ke-ta-j'), s. m. Terme d'eaux et forêts. Coup de marteau pour marquer une souche. On dit aussi souquetage.
— ÉTYM. Choquet, souquet ou soucliet, petite souche.
f CHORAGIQUE (ko-ra-ji-k'), adj. Terme d'antiquité. Qui appartient au ehorége (on dit plutôt chorégique. le grec /opYvyixè: étant beaucoup plus usité que /opayixôO- Le couvent de nos missionnaires comprend dans ses dépendances le monument choragique de Lysicrates, chateaubr. Ilin. 229.
CHORAÏQUE (ko-ra-ï-k') , adj. Terme de métrique ancienne. Vers choraïque, vers qui renferme des chorées.
— - ÉTYM. Chorée 1 .
t CHORAL, ALE (ko-raP, ra-1'). || i" Adj. Terme de musique. Société chorale, société qui s'assemble pour chanter des chœurs. || 2° .S', m. Espèce de chant religieux. Un choral de Luther. || Masse des chantres qui sont au chœur d'une église. || Au plur. Des chorals. Ainsi font les luthériens allemands dans leurs chorals qui sont une véritable psalmodie, lafage, Cours complet de plain-chant, n° G 92.
— ÉTYM. Chœur.
i. CHORÉE (ko-rée), s. m. Terme de métrique ancienne. Pied composé d'une longue et d'une brève, dit aussi trochée.
— ÉTYM. XopEîoç, deyopôc, chœur (voy. chœur). f 2. CHORÉE (ko-rée)", s. f. Terme de médecine.
Maladie, dite aussi danse de St-Guy, qui consiste en des mouvements continuels, irréguliers et involontaires, d'un certain nombre des organes mus par le système des muscles volontaires.
— ÉTYM. Xopsta, danse, de x°P°;> chœur (voy. chœur).
CHORÉGE (ko-rè-f), s. m. Terme d'antiquité grecque. Celui qui, chez les Grecs, fournissait la dépense des spectacles.
— ÉTYM.Xopïiyo:, de x°P°ç, chœur (voy. chœur), et âfetv , conduire (voy. agir).
f CHORËGIE (ko-ré-jie), s. f. Terme d'antiquité grecque. Fonction de ehorége. || Les dépenses de cette fonction.
— ÉTYM. Chorége.
CHO
t CHORÉGIQUE (ko-ré-ji-k') , adj. Qui appartient à la chorégie.
CHORÉGRAPHE (ko-ré-gra-F) , s. m. Compositeur de ballets, de pas de danse.
— ÉTYM. XopÊLa, danse, de x°P°;> chœur (voy. chœur), etypâcpciv, tracer (voy. graphique).
CHORÉGRAPHIE ( ko-ré-gra-fie ), s. f. Art de composer des danses; art des ballets. || Art de noter sur le papier les pas, les gestes et les figures d'une danse, avec des signes particuliers et fort compliqués. || Art de la danse.
— ÉTYM. Chorc'graphe.
CHORÉGRAPHIQUE (ko-ré-gra-fi-k'), adj. Qui
appartient à la chorégraphie. Exercices chorégraphiques.
f CHORÉGRAPIIIQUEMENT (ko-ré-gra-fi-nueman), adv. D'une manière chorégraphique.
f CHORÉIQUE (ko-ré-i-k'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport à la chorée. || Substantivement, celui, celle qui est atteinte de chorée. Un choréique. Une choréique.
— ÉTYM. Chorce 2.
f CHORÉMANIE (ko-ré-ma-nie), s. f. Terme de médecine. Synonyme de chorée (voy. chorée 2).
— ÉTYM. XopEiï, danse, et manie.
\ . CHORÉVÊQUE (ko-ré-vê-k') , s. m. Nom que portèrent jusqu'à la fin du xie siècle les vicaires épiscopaux.
— ÉTYM. XwpETuo-xoiroç, de yûpa, campagne, et Im'oTcouoç, évêque (voy. évêque).
2. CHORÉVÊQUE (ko-ré-vê-k'), s. m. Nom, dans quelques cathédrales, principalement en Allemagne, d'une espèce d'inspecteur du chœur.
— ÉTYM. Xopoc, chœur, et. èjuax.oTto<; , surveillant.
CHOR1AMRE (ko-ri-an-b') , s. m. Terme de métrique ancienne. Pied composé d'un trochée ei d'un ïambe, ou de deux brèves entre deux longues. C'est l'opposé de l'antispaste.
— ÉTYM. Xopsïoç, chorée (voy. chorée i), et îajxëo;, ïambe (voy. ïambe).
t CHORIAMBIQUE (ko-ri-an-bi-k') , adj. Quia rapport au choriambe. Vers choriambique.
CHORION (ko-ri-on), s. m. 'ferme d'anatomic. Enveloppe extérieure de l'œuf utérin.
— HIST. xvt° s. Le chorion est double, insensible, enveloppant tout le fœtus, estant légèrement lié avec la première tunique dite amnios, paré, i, 4.
— Ëtym. Xopiov, corium, cuir (voy. cuir). j-CHORIQUE (ko-ri-k'), adj. Terme d'antiquité.
Vers choriques, ceux que le chœur chantait ou déclamait dans les pièces de théâtre.
— ÉTYM. Xopoç, chœur.
CHORISTE (ko-n-st'),s. m. || 1° Chantre du chœur. Une antienne chantée par deux choristes. Lorsqu'en ce sacré lieu, par un heureux hasard, Entreni Jean le choriste et le sonneur Girard, boileah, Lutrin, iv. || 2° S. m. et f. Celui, celle qui chante dans les chœurs. Les choristes de l'Opéra. Une choriste. Au signal donné, les choristes se retournent vers l'image du Soleil éternel, et font voler des roses effeuillées sur son passage, chateaub. Génie, iv,
— ÉTYM. Chœur.
f CHORIZONTE(ko-ri-zon-t'), s. m. Nom, dans la critique grecque, de grammairiens qui attribuaient l'Iliade et l'Odyssée à des auteurs différents.
— ÉTYM. XwpsÇeiv, séparer, de %ti>plc, séparément.
f CHOROGRAPHE (ko-ro-gra-f ) , s. m. Celui qui est auteur de chorographies.
CHOROGRAPHIE (ko-ro-gra-fie) , s. f. Description d'un pays, comme la géographie est la description de la terre, et la topographie celle d'un lieu particulier.
— HIST. Nous doubtions que fust l'isle Lipara, mais la chorographie n'y consentoit, Rabelais, l'ant. v, I.
— ÉTYM. Xcopoypaçia, de /topa, contrée, et ypâ- <petv, décrire (voy. graphique).
CHOROGRAPHIQUE (ko-ro-gra-fi-k'), adj. Qui appartient à la chorographie. Description chorographique.
— ÉTYM. Xo>poyp*ptx6; (voy. CHOROGRAPHIE). CHOROÏDE (ko-ro-ï-d') , adj. Terme d'auatomie.
La membrane choroïde, ou, simplement, la choroïde, membrane très-mince qui tapisse la partie postérieure de l'œil, où elle est située entre la sclérotique et la rétine. || Plexus choroïdes, replis membraneux qui formentla pie-mère dans les ventricules latéraux du cerveau. Les petits tissus nommés choroïdes, désc. Fœt. 4.
CHO
— HIST. xvi" s. La membrane choroïde, autrement nommée plexus choroïde, paré, ii, 17. La tunique uvée qu'aucuns appellent choroïde, à raison qu'elle est tissue abondamment de veines et artères, comme l'arriere-faix ou secondines des femmes, id. iv, G.
— ÉTYM. XopOÊiSrjî, de/ôpiov, chorion (voy. ce mot), et sîooç, forme (vov. idée).
f CHOROÏDIEN, IENNE (ko-ro-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport aux plexus choroïdes ou à la choroïde.
tCHOROÏDITE (ko-ro-ï-di-f), s. f. Terme de médecine. Inflammation de la choroïde.
— ÉTYM. Choroïde, et la finale médicale ile, signifiant inflammation.
t CHORTONOMIE (kor-to-no-mie) , s. f. Art de faire les herbiers.
— ÉTYM. XépToç, herbage, etv6u.o;, règle. CHORUS (ko-rus'), s. m. Chant en chœur. Ah!
grand chorus pour celui-là [ce couplet-là] , colle, Partie de chasse d'Henri IV, m, 13. Oui, sur Probus, prince équitable, Il [le vinj nous souffle un chorus flatteur, berang. Agent provoc. || Faire chorus, répéter en chœur, soit à l'unisson soit en parties, ce qu'un autre a dit ou chanté ; et, figurément, approuver tout d'une voix. Je souperais gaiement au bout de leur longue table; j'y ferais chorus au refrain d'une vieille chanson, j. j. rouss. Ém. iv. Toute la table s'empressa de faire chorus, id. Conf. m. L'amour alors près de nos mères, Faisant chorus, battait des mains, berang. Trinq.
— ÉTYM. Latin, chorus, do yppbç, (voy. chœur). CHOSE (cho-z',) , *• /. || i°Désignation indéterminée
de tout ce qui est inanimé. Les belles choses de la terre. C'est une chose choquante. Chose étrange, inouïe, incroyable. Quelque chose qu'on ait dite de lui. Il fit de grandes choses. Arrière, vaines chimères, Soupçons de choses amères, EToignez-vouî de nos cœurs, malh. ii , 2. Mais elle était du monde. où les plus belles choses Ont le pire destin, malh. à Duprrrier. C'est chose à mon esprit impossible à comprendre, id. i, 4. Toutes le;, grandes choses coûtent beaucoup, les grands efforts abattent et le3 puissants rem'des affaiblissent, voiture, Lett. 74. Chose étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion, mol. Ée. des f.i. i . L'aurore aux cheveux d'or, au visage de roses. Déjà comme à demi découvrait toutes choses, Régnier, Ép. i. Trois ou quatre choses de celles que vous me dites l'autre jour, voit, l.ett. 75. Je me puis vanter d'avoir fait la plus difficile chose du monde, id. Lett. si. Ne point errer est chose au-dessus de mes forces, la font. Ép. xvi. Chose ne leur parut à tous plus salutaire, m. Fabl. n, 2. Vous qui devez savoir les choses de la vie, id. ib. ni, l. Qu'un ami véritable est une douce chose ! id. ib. vm , 1 1 . Le ciel sur nos souhaits ne règle pas les choses, corn. Pomp. v . 2. Pendant que l'âme demande une chose, le plaisir en exige une autre: ainsi l'âme, devenue captive du plaisir, devient, en même temps ennemie delà raison, bos-. la Vallière. ÔDieu! qu'est-ce donc que l'homme? est-ce un assemblage monstrueux de choses incompatibles? id. ib. Dieu se à lui seul les choses d'en haut, il partage avec vous les choses d'en bas, id. Marie-Thér. Asservi par toutes les choses qu'il croit . id. la Va hier. Dieu qui, fécond en moyens, emploie toutes choses à ses fins cachées, id. Heine d'Anglet. On ne peut se rendre maître des choses en les possédant toutes ; il faut s'en rendre le maître en les méprisant toutes, id. Pensées duc 1. 21. Ce soin bagatelles dont les pauvres diables de commis s'emiil la tête, parce qu'ils ne sont pas laits pour les grandes choses, lesage, Turcaret, ni. II. Les petites considérations sont le tombeau des grandes choses, volt. Lett. Damilaville, 6 août I7G«. La nation est capable d'aussi grandes choses et de plus grandes encore que sous Louis XIV. parce que le j:énie et le commerce se fortifient t u ad on
les encourage, id. Louis XIV, 30 Vis sans cœur,
sans pensée et sans foi ; Vis pour l'or, chose vile, et l'orgueil, chose vaine, v. HUGO, Voix intér. x:x. Il L'auteur des choses, Dieu. || Les choses humaines, l'ensemble de ce qui existe et de ce qui se fait parmi les hommes. Comme la religion et le gouvernement politique sont les deux points sur lesquels roulent les choses humaines, boss. Hist. Dessein général. Il Choses de flot, choses de la mer, tout ce que la mer rejette sur ses bords. || Appeler les choses par leur nom, parler franchement et sans réticence. Il Dire à quelqu'un bien des choses, lui faire ses compliments. Elles vous disent des choses bien obligeantes, sév. L4G. y C'est la même chose; il n'y a
CHO
CHU
CHO
pas de différence. Venir, voir et vaincre est même
chose eu moi, corn. Pomp. iv, 3. || Autre chose,
chose différente. On ne pouvait attendre autre
de lui. Autre chose est de parler, autre chose d'agir. N'avez-vous, Nicomède, à lui dire autre chose? corn. Nicom. n, 3. Moi cesser d'être amanl !
5-je être autre chose? la font. Élégie v. Et celle la maladie] que nous appelons la dernière, qu'est-ce . à le bien entendre, qu'un redoublement et comme le dernier accès du mal que nous apportons en naissant? boss. Marie-Thér. || C'est autre chose, c'est différent. Un époux beau, bien fait, jeune et tout autre chose Que le défunt.... la font. Fab. vi, 21 . || Aller au fond des choses, ne pas s'arrêtera un examen superficiel. || On dit dans le même sens le bout des choses, il leur promit de leur faire un beau livre de philosophie, écrit fort menu pour leur usage, et que dans ce livre ils verraient le bout des choses, volt. Microm. ~ . || Ne pas faire leschoses à demi, ne pas épargner la dépense, donner tout ce qui doit être donné. || Faire bien les choses, faire les choses de bonne grâce, s'acquitter convenablement d'une obligation, d'une corvée; et aussi, payer convenablement ce qui doit être payé, faire les dépenses nécessaires. Je croyais qu'il ferait mieux les choses. || Sur toute chose, avant toute chose, loc. adv. Avant tout. Et sur toute chose, Observe exactement la loi que je t'impose, corn. Cinna, v, l. Apprenons, avant toutes choses, à n'être pas éblouis du bonheur qui ne remplit pas le cœur de l'homme, boss. Anne de Gonz. || 2' Chose se dit quelquefois des personnes. J'avais toujours fait compte, aimant chose si haute, De ne m'en séparer qu'avecque le trépas, malii. v, 20.... Et semblable aux abeilles \ qui le bon Platon compare nos merveilles, Je suis chose légère, et vole à tout sujet, Je vais de fleur en fleur et d'objet en objet, la font. KpU. xvi. Je la révère [une dame] comme la plus noble, la plus belle et la plus parfaite chose que j'aie jamais vue, voit. Lett. 25. || 3° La chose publique, L'Etat. || 4" Ce dont il s'agit. Je vais vous expliquer la chose. Voilà quel e il des choses. Devant elle [la justice] à grand bruit ils expliquent la chose; Tous deux avec dépens veulent gagner leur cause, boil. Fp. u. L'homme au trésor caché, qu'Esope nous propose, Servira d pie à la chose, la font. Fabl. iv, 20. Je [la Mort] devais, ce dis-tu, te donner quelque avis Qui te disposât a lacbose; J'aurais trouvé ton testament tout fait, id. ib. vin, 1. Les titres différents ne font rien à la chose, corn. Sert, m, 2. C'est en cela que consiste tout l'agrément de la chose, volt. Lett. d'Arg ni"/. i"aoùt (7ti3. || La chuse parle d'ellemême, il y a évidence, il n'est pas besoin de plus ample explication. || 5° Terme de droit. Chose jugée, ce qui a été résolu par une décision judiciaire en dernier ressort, ou ce qui n'est plus susceptible
■'. ou d'opposition; ce qui est déi idé, mis hors de contestation. Cela a force, ou est passé en force de chose jugée. || 6° Ternie de droit. Bien, propriété,
mou. L'esclave était la chose du maître". Soigner sa chose. Vendre la chose d'autrui. Division des choses en corpori et incorporelles. Choses hors du commun. || 7" En termes de grammaire, chose se dit par opposition à personne. Le pronom quoi se rapp lOSes, il ne se rap-
porte jamais à des personnes. || 8" Ce qui est en fait, en réalité, par opposition à ce qui est un
mot, un nom. Vous ne is donnez que des mots,
et nous voulons des choses. Rien n'est plus com- 1, 1 que le nom, Rien D'est plus rare que la chose, la font. Fabl. IV, 17. Que la grandeur et la gloire n'étaient parmi nous que des noms pompeux, vides de sens et de choses, boss. Duch. d'Orl. La pauvreté, la honte, la mort sont pour les hommes du monde des cb ffectives et trop réelles;
pour nous, ce sont seulement dos noms, m. ib. Il Dire le mot et la chose, se laisser aller à quelques plaisanteries un peu Libres. Ces soupers étaient trèsgais; on y disait le mot et la chose, j. j, rouss. Confess. v. Il Par extension, en termes de littérature, pensées de valeur, notions réelles et positives. Livre, style plein de choses. On dit peu de choses solides quand on veut en dire d'extraordinaires. Mes vers sont durs, d'accord, mais forts de choses, volt. Goût. Je conviens qu'où il n'y a pas de choses, il ne peut y avoir de style, dider. Térence. || 9" Quel que chose, s. m. Certaines choses. D'un prince malheureux ordonnez quelque chose, corn. Cinna, iv, 3. Non, non, j'ai quelque chose aussi bien à vous dire, id. Nie. m, c. Il est bon qu'un mari nous cache quelque chose, id. Poly. I, 3. || Quelque chose suivi d'un adjectif, qui est toujours au masculin, avec la préposition de, qui est indispensable. Il faut
que vous gardiez quelque chose d'excellent pour vous, puisque vous faites de ces présents à vos amies, voit. Lett. 79. Il y a en vous quelque chose de surnaturel, m. ib. so. Si d'aventure il y a quelque chose d'aussi beau qu'elle, id. ib. 28. La pauvreté est quelque chose de bien dur, patru, Plaid, e, dans richelet. || Autre chose s'emploie de même, c'est-àdire avec la préposition de et un adjectif au masculin. Montrez-nous autre chose de beau. Dites-nous autre chose de gai. || Quelque chose est devenu masculin à cause du sens vague qui y est attaché; mais naturellement il était, quand on a commencé à s'en servir en ce sens, féminin. Il est rarement arrivé qu'on m'ait objecté quelque chose que je n'eusse point du tout prévue, ijf.sc. Méth. 6, 5. Je ne fais point difficulté de parler, quand j'ai dans la bouche quelque chose meilleure que le silence, Bàlz. lin. m, lett. 3. Dis-je quelque chose assez belle? L'antiquité toute en cervelle Me dit : je l'ai dit avant toi. C'est une plaisante donzelle; Que ne venait-elle après moi? J'aurais dit la chose avant elle, de cailly, Épigr. || Difficulté, brouille. On me mande qu'il y a eu quelque chose entre le roi et Monsieur, sêv. 440. |j Faire quelque chose, oblenirquelque succès. Penser ; à votre Dieu laissez venger sa cause; Si vous saviez penser, vous feriez quelque chose, gilb. Le 18e siècle. || Faire quelquechose, avoir une profession. Ce jeune homme ne peut pas rester plus longtemps oisif; il faut qu'il fasse quelquechose. j| C'est quelque chose, il y a quelque mérite, quelque intérêt. Enfin, si dans mes vers je ne plais et n'instruis. Il ne tient pas à moi, c'est toujours quelque chose, la font. Fabl. v, 1. Ce que vous dites là est quelque chose, fonten. Didon, Stratonice. j| Être de quelque chose à quelqu'un, être de sa parenté. Il me semble qu'elle vous est de quelque chose, sév. 552. Tous les Provençaux me sont de quelque chose, id. 1 28. Il Naissance, position distinguées. Il serait honteux d'être né quelque chose et de ne pas songer à s'élever, mass. Car. Prosp.Je pourrais m'estimer quelque chose de plus que je n'étais, balz. liv. I, lettrei. Si l'on m'eut l'ail faire une étude sérieuse de l'histoire, j'aurais pu y devenir quelquechose, st- SIM. 1, 21. [j Enviroii.il y a quelque chose comme huit jours qu'on ne vous 1 vu. || 10° Peu de chose, s. m. Chose inutile, sans valeur. Ma vie est peu de chose et je vous l'abandonne , volt. Hcnr. ch. 11. Tu me semblés si grand et nous si peu de chose Que.... malii. i,
I. Qu'est-ce là? lui dit-il. — Rien. — Quoi ! rien! — peu de chose, la font. Fabl. 1 , 5. || De peu de chose, d'une famille qui n'a rien de bien relevé. Des Alleurs était un Normand de fort peu de chose, fait à peindre et de grande mine, st-sim. 50, 93. Il 11° Grand'chose, quelque chose qui a de l'importance. On ne lui répondit pas grand'chose, hamilt. Gramm. 4. .\ quoi vous servait d'irriter de;
qui, sans être grand'chose, tiennent à quelque chose? p. l. cour. 1, 57. Celle [la voix] de mou mari qui n'est pas grand'chose, pont de veyle, le Comp aisant, 11, t. Grand'chose ne s'emploie guèreque dans desphrases négatives. || Grand'chose est un archaïsme (grand, dans l'ancienne langue, étant à la fois masculin et féminin) pour grande chose, d Bossuet s'est
servi : Ce n'est pas grande chose, Vie rel. L'apostrophe est inutile, puisque la locution n'était pas grande chose, mais était, à l'origine, grand chose; 1 ' mie devrait supprimer cette apostrophe. || 12" Familièrement, chose se dit en place d'un terme, d'un nom qui ne revient pas à l'esprit. Monsieur c Madame chose. Aussi bien ne peut-on Changer chose en Virgile ou bien l'autre en Platon? Régnier, Sat.
II. Vous voudriez voir la haute société et ne point restitue::' gardei l'hôtel de chose et y recevoir le marquis-' e. 1.. cour. 1, 276. || 13" Populairement. Etre tout chose, être mal disposé soit pour la santé soit pour l'humeur. || Proverbe. Â chose faite, conseil pris, c'est à due quand la chose est faite, ce n'est plus la peine de demander conseil.
— REM. 1. Quelque chose comme un seul mot est masculin; il en est de même de autre chose, qui, dans le sens vague, est également em] loyé au masculin. Quelque chose est promis et vous verrez qu'autre chose sera fait, legoarant. Peu. de chose est naturellement masculin, puisque peu est un substantif masculin, y 2. La prononciation chouse, qui est celle du Berry et qui fut très-usitée au xvr avait cours encore dans le xvii"; Marguerite Buffet la condamne, et Chifflet, Gramm. p. -179, dit: « J'ai vu le temps que presque toute la France élait pleine de chou ■■' ■■ . i-" i ceux qui se piquaient d'être diserts oient .î chaque période-. Et je me souviens qu'en une bel e a semblée un certain lisant haute ment ce rei letez-lui des lis et des roses, Ayant
fait de si belles choses: quand il fut arrivé à choses, il s'arrêta, craignant de faire une rime ridicule; puis, n'osant démentir sa nouvelle prononciation, il dit bravement chouse. Mais il n'y eut personne de ceux qui l'entendaient qui ne baissât la tête pour rire à son aise, sans lui donner trop de confusion. Enfin la pauvre chouse vint à tel mépris, que quelques railleurs disaient que ce n'était plus que la femelle d'un chou. »
— HIST. ix° s. Et in cadhuna cosa, Serment.
— xe s. Ne ule cose non la pouret omque pleier [plier] , Eulalie.
— xi" s. Mais d'une chose vous sui je bien garant, Ch. de Bol. exiv. De plusors choses à remembrer li prist, ib. clxxiii. Si alquens [quelqu'un] vienge [vient] à pref [après] pur clamer la jose.... Lois de Guill. 7.
— XIIe s. Les saintes choses sont faites es mains d ; estrangers, Mach. 1, 2. De ceste couse, Rone. p. s. Mais d'une chose soiez vous bien certis [certains], ib. p. 72. De pluseurs coses [ils] vont toute
jour parlant, ib. p. ifi3 Finscuersqui bée à haute
honor Ne se porroit de tel cose desfendre, Coud, xxiv. Car j'ai assez autre chose à penser, quesnes, Romancero, p. ton. Mais li message [messagers] estoient d'autre chose ententif , Sax. xxiv. Et chose [il] nous demande que nous ne povons faire, ib. xxxi.
— xiii" s. D'autre chose [je] vous ai la matière accueillie, Bcrtc, 11. Mais plus hardie chose [que Pépin] ne fut onque choisie [vue] , ib. II. Ne de cb que j'aie, jamais [je] ne leur faudrai, ib. vu. Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, ib. xii. Car forment le hastoit [il avait hâte] de la chose achever, ib. xvn. Je ne voi que ma chose [mon affaire] à nessun bien s'afruite, :b. xxxvu. Onque si douce chose [que Berte] [je] ne vi ni n'acointai, ib. lvii. Mais si viennent les choses corn Dieu plaist et agrée, ib. i.xvm. Rien entent li messages [le messager] que c'est chose passée [décidée], ib.... Bon fust que gehesist [elle avouât] [ce] Que Rerte est devenue ne quel chose ele en fist, ib. xci. Sire, foni-il au roi, nous vous voulons monstrer Que grant chose est de roi, ib. xcvn. Je ne pris [prise] riens, ne beauté, nejouvent, Or, ne argent, ne chose que je voie, anonyme, dans Couci. Car sachiés que toutes vos choses Sunt en vous meïsmes encloses, la /{ose, 5357. Plus sont rices, et plus grans mestiers lor est que li quemins et les cozes communes soient amendées, béai m. xxv, 17. Cheli par qui I utês i 0 d l'êtes et sans qui nule bone ieu\ ie ne porroit estre fête, ce est li Pères, et li Fis et li Saint Esperiz, id. Prologue. Or avint chose, que le conte Henri descendi de ses sales de Troies pour aller ù'ir messe à Saint Estienne, joinv. 205.
— xive s. Il confesse à rendre quid pro quo, chose pour chose, oresme, Fi h. 254. Et semblablement appartiennent à magnificence toutes grans choses qui sont faites pour la chose publique, id. ib. 11 4. Puisque la chose est faite, on ne la peut changier, Guescl. 6372. Chose publique, ce n'est autre chose mes que Testât publique ou commun, et est nom gênerai à touz estaz de terre, païs, roiaumes et citez, BERCHEURE, f° f, lerSO.
— xve s. Longue chose seroit à raconter, froiss. i, 1, 45. Et cil de sa personne estoit assez haut et crueux; et ne se esbahissoit point pour petit de chose, id. m, iv, 07. Encore leur faisoit-on la chose plus grande et plus périlleuse qu'elle n'estoit, id. 11, in, 35. Entre les autres choses il [l'ambassadeur anglais] demanda au duc Aubert.... id. 11, 11, 223. Quand ces nouvelles lui vinrent en la main [au comte de Valois], lui convint porter; car autre chose n'en put avoir, id. 11, n. 233. Quand les chevaliers virent qu'ils n'en auraient autre chose, ils se despartirent et prirent congé, id. 11, 11, 0 Très belle fleur, oneques je ne pensay Faire 1
qui desplaire te doie, en. d'orl. Bal. 63. El 1 1 ai : iter chevaux, armures et ce qu'à guerre appartient, souvent advient qu'ils vendent leurs en 1 - [biens] , monstrelet , liv. 1, ch. 25. Et pai Jacques je ne fois Gueres autre chose que boire, Patelin. Sire, tout ce lessez ester: Parlon vous et moy d'autre chose, La pass. de N. S. J. C. Et bref le vin prins sobrement Est tousjours une bonne choze, basselin, Yau de Vire, 60. Considérées les chouses dessus dites, Lettn de Charles > /A. Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 676. Des deux parties il mourut deux mille hommes du moins, et fui la chose bien combattue, comm. i, *. Ce fut
b à mon ailvis de rallyer sur le cha m. 1 . 1. 1. s.uii de menai t pi ta wcutei chose, m .' B. El u'eust jamais ci eu. po
CHO
que on luy eust sceu dire, les parolles qu'il oyoit, id. iv, 8. Pas grant chose je ne demande, Dist le bon seigneur de Cambraye, villon, -2' Repue franche. C'est grand chose [une bonne chose, un point important] de voir ses enfants alliés [mariés], en la pleine vie, louis xi, Nnuv. xuv.
— xvie s. Tout ce qu'ils appellent musique rompue et chose faite . et chants à quatre parties, CALV. Instit. 7H. Ceux qui présument de requérir autre chose à Dieu, qui ne soit comprinse et entendue en ceste oraison.... id. ib. 730. Si on nous apporte sous le titre de l'esprit quelque chose qui ne soit contenue en l'Evangile, ne la croyons pas, id. ib. 931. Quelque chose que je voulois estre faicte aprèz ma mort, mont, i, 78. Tout ce que nostre sagesse peult, ce n'est pas grand chose, id. i, 132. Qu'il soit bien pourveu de choses, les paroles ne suyvront que trop, id. i, 187. Adonne toi à l'estude des lettres pour en tirer quelque chose qui soit toute tienne, id. i, '<*' 2. Magistrats de la chose publicque [république] e-uperiere du monde, id. i, 288. Il s'en retourna sans accepter ne prendre chose qui soit, de tant de presens, amyot, Pélop. 56. Si d'adventure il y eut adonc quelque chose moins que humainement faitte contre les Syracusains. id. Marcel. 30. Caton se souciant moins que de chose du monde des crieries que l'on faisoit à l'encontre de luy, id. Caton, 38. Mais la main des dieux jalouse N'endura que telle chouse Suivist son train coustumier, bons. 388. Bref on ne voit chose qui vive, Sans estre serve de douleur, m. 409. Les sciences sont composées de choses, non de paroles, paré. Au lecteur. Il faut mettre dessus l'aine quelque chose ronde, id. xiv, 47. Chose bien donnée n'est jamais perdue, cotghavk. Chose qui plaist est à demv vendue, id.
— ÉTYM. Picard, cose; Saintonge et Berry, choxse; provenç. espagn. portug. et ital. cosa; du latin causa (voy. cause) , employé avec le sens de chose dans le bas-latin de la loi Salique, de Grégoire de Tours et des Capitulaires.
fCHOSETTE (cho-zè-f), s. f. Petite chose.
— HIST, xiii° s. Fèves et poiz et tex chosetes Cum frais, racines et herbetes, la Rose, 8414. || xve-s. Comme font marchant à marchant Touchant leurs petites chosettes, coquill. Enqueste de la simple et de la rusée. Hz firent cent mille chosettes, villon, la Repue du pelletier.
— ÉTYM. Diminutif de chose.
f CHOSIER (cho-zié),s. m. Usité seulement dans cette locution proverbiale : va. va, quand tu seras grand, tu verras qu'il y a bien des choses dans un chosîer. Cela se dit pour indiquer à un enfant et même à une grande personne qu'il y a bien des choses dont on ne peut rendre compte.
— ÉTYM. Chose.
1 . CHOU (chou), s. m.\\i° Plante potagère de la famille des crucifères. Chou cabus, chou pommé. L'une voudra que tu plantes des choux; L'autre voudra que ce soient des carottes, la font. Mazet. Cet homme, disent-ils, était planteur de choux; Et le voilà devenu pape! id. Fabl. vu, 12. Le lièvre était gîté dessous un maître chou ; On le quête ; on le lance : il s'enfuit par un trou, id. ib. iv, 4. || Chou-fleur, chou dont les rameaux et les fleurs naissantes se mangent. Au plur. Des choux-fleurs. || Chou-rave, chou dont la tige, s'épaississant, forme une sorte de pomme bonne à manger. On appelle aussi chou-rave le chou-navet. Au plur. Des chouxraves. || Chou-navet, chou dont la racine est ronde et charnue comme le navet. Au plur. Des chouxnavets. || Chou de Bruxelles ou de Brabant,chou vert dont la tige est garnie de petites têtes de feuilles frisées. || Chou cavalier, chou à tige élevée et qui ne pomme jamais. || Chou de chien ou brède de Chine, noms vulgaires d'un chou indéterminé de la Chine, introduit dans les colonies, à l'est du cap de Bonne- Espérance. || Familièrement. Aller à travers choux ou tout au travers des choux, agir en étourdi, sans rien examiner. || Tonner sur les choux, faire plus de peur que de mal. Simple, ignorant, à tromper trèsfacile, Bon gentilhomme et qui, dans son courroux, N'avait encortonné que surleschoux,LAFONT. Papef. |j Populairement. Bête comme un chou, très-bête. Tête de chou, tête d'homme stupide. || Aller planter ses choux, se retirer à la campagne. Il fallut retourner à ses choux de Pekam, hamilt. Gramm. 10. La conclusion fut que le maréchal est allé dans sa maison planter des choux, sév. 134. Dans un autre sens. Ce qui me console c'est que vous êtes en lieu de planter choux [en terre ferme] et que vos Alpes ni votre mer Méditerranée ne sauraient plus vous faire périr, sévig. 145. || On l'a envoyé planter ses choux, on l'a destitué. || S'entendre à une chose
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comme à ramer des choux, n'y rien entendre : comme les choux ne se rament pas, savoir ramer les choux c'est ne rien savoir. || Faites-en des choux, des raves, faites, disposez de la chose comme il vous plaira. Qu'il en fasse des choux, des raves, Disaient quelques-uns des plus braves, scarron, Virg. travesti, ch. v. Il en fait commedes choux de son jardin, il en dispose à son gré. || Faire ses choux gras de quelque chose, c'est-à-dire faire gras ses choux de cette chose, en engraisser ses choux, d'où le sens : en retirer profit. Faire ses choux gras d'une chose, en faire son meilleur plat, d'où le sens : s'en régale'r, au propre et au figuré, Je vous conseille de faire vos choux gras de cet homme, sév. 266. || Absolument. Faire ses choux gras, faire bien ses affaires. || Il a été trouvé sous un chou, sa naissance est inconnue. || Populairement. Manger les choux par les trognons, être mort et enterré. || Cela ne vaut pas un trognon de chou, cela ne vaut rien. || Ménager, sauver la chèvre et le chou , ménager également deux partis, deux adversaires. || 2° Nom de certaines plantes qui ont de la ressemblance avec le chou. Chou de cocotier, chou palmiste, noms vulgaires par lesquels on désigne le bourgeon terminal de l'arec oléracé (palmiers). || Chou- caraïbe, espèce de gouet. || Chou bâtard, arabette ou navette. || Chou oléifère, le colza cultivé. || Chou poivré, gouet commun. || Chou marin, crambé, sorte de légume. || 3« Mon chou, mon petit chou, mon chou-chou, expression familière de tendresse. || 4° Assemblage de coques de rubans, en forme de chou, sur un petit carton rond. || Terme de tapissier. Nœud que l'on forme avec l'étoffe par le haut d'une draperie. || 5° Chou ou petit-chou, sorte de pâtisserie. || 6° Au jeu de quille, faire chou blanc, ne rien abattre; et, figurément, n'arriver à aucun résultatdans une entreprise. M. .laubert, dans son Glossaire, dit que chou est ici pour coup, par suite de la. prédominance du ch dans l'idiome du Berry. Si on n'admet pas cette explication, la locution reste tout à fait obscure. || 7° Terme de zoologie. Chou-fleur de mer, espèce de polypier. || Proverbes. Ce n'est pas le tout que des choux, il faut encore de la graisse, c'est-à-dire qu'on n'a qu'une partie de ce qui est nécessaire pour faire une certaine chose. || Chou pour chou, Aubervilliers vaut bien Paris, c'est-à-dire, s'il s'agit de choux, Aubervilliers vaut Paris, et, de là, chaque chose a son mérite particulier. i| On dit aussi, absolument, chou pour chou, dans le même sens. Chou pour chou, cet homme-là vaut bien l'autre. || La gelée n'est bonne que pour les choux. Aussi sain qu'un chou cabus après la gelée, cyrano de Bergerac, le Pédant joué, dans leroux de lincy, Prov. t. i, p. 62. || Elle fait bien valoir ses choux, se dit d'une personne qui fait trop valoir ses bonnes qualités.
HIST. xii" s. Dune comença sun cors durement
à grever, E les grasses {crassus] viandes, chous e nés [navets] à user, Th. le mart. 93. || xnr s. Tôt fruit et chol sont malvais à user, alebrant, f» 4. Dant Prestre, il est la feste as fox; Si fera on demain de chox Et grant départie à Baieus, Ren. 20960.... Je vi la soif [haie] branler, Et la feuille du chol trembler, Où cil se gist qui est repost [caché], ib. 1350. Et Renan, qui veu l'avoit, Desoz un chol muciez se fu, ib. 5055. La où li palis fu desclos, Avoit li vilain planté chos, ib. 1318. || xiv» s. La tige d'un rouge chol, Modus, f° exiv. || xv° s. Combien qu'il soit sailly d'ung trou De la cliquette d'ung musnier, Voire ou de la lignée d'un chou, coquillart, Droits nouveaux. Ne aussi d'en faire ses choux gras, Ses grans chieres, ses raliasDegueulle, ses gandeamus, m. Plaidoyer de la simple et de la rusée. Quand le choux passe la soi li ne], Le vigneron meurt de soif, le roux de lincy, Proi;. t. i, p. 63. S'il veut du dur, il a du moul'[mou] ; S'il veut des pois, il a des choul, E. desch. Poésies nus. f°424, dans i.ACUBNE. Monstrant en ce, que il pensoit à venir par ce. à chou pour chou,' et au mesme par le semblable, g. chastél. Chron. des D. de Bourg, ni, ch. 45. || xvi" s. Pastennades, raves, choux-cabus, o. de serres, 2ot. Les chous premiers meurs sont les cabus ou pommés.... plusieurs blancs se resserrent au milieu ainsi que cabus.... de mesme avient de certains verts crespés, s'affermissans vers le milieu.... plusieurs autres espèces de chous y a-il, presque sauvages, degenerans des bons: comme rouges, tannés, griseastres, chous raves, servans plus pour médecine que nourriture.... outre lesquels les cauli fiori [chouxfleurs], ainsi dits des Italiens, encores assés rares en France , tiendront rang honorable au jardin pour leur délicatesse, id. B34.Gasteaux, popelins, gaufres, petits-chous [pâtisserie], id. 826. L'herbe au Turc, le
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chou rouge, paré, xvi, 35. Comment! est-il fol, comme ung chou à pommes? rab. Pant. in, 43. .le voy bien-que c'est la revanche de la Reole, et que le roi de Navarre a voulu faire chou pour chou, mai le mien est mieux pommé, Mém.de sii.ly. t. i, p. i 24 , dans lacurne. Il l'aime comme les choux, il voudrait l'avoir mangé, oudin, Curios. fr. Faites en îles cho x ou des pastez, id. ib. Souffler les choux en dormant [ronfler], oudin, Met.
— ÉTYM. Wallon, eau; bourguig. cho; picard, caulet, colet ; provenç. eau l; espagn. col; portug. coure; italien cavolo ; du lat. coulis, grec, xavXô;, tige. Dans le vieux français, au singulier, n i
tif li chois ou chos ou chous, régime le chol ; au pluriel, nominatif li chol, régime les chois ou chos ou chous.
2. CHOU (chou), adv. Terme de chasse. || l°Chou, chou-là ! Se dit pour exciter un chien à quêter; et chou-pille ! pour exciter le chien à se jeter sur le gibier. || 2° S. m. Chou-pille, chien qui ne quête que sous le fusil.
— ÉTYM. Chou, exclamation, qui est peut-être l'ancien picard chou, qui signifie ce, et piller.
t CHOUAN (chou-an), s. m. || 1° Nom que l'on donna, pendant la Révolution et après 1830, à de? bandes qui, dans l'Ouest de la France, faisaient la guerre de partisans contre la révolution de 1793 et années suivantes, et plus tard en 1832. || Nom donné, dans la polémique des partis, aux amis de la branche aînée des Bourbons. || 2° Terme de zoologie. Le moyen-duc.
— HIST. xvi" s. Si nous oyons crier de nuit quelque chouan, Nous hérissons d'esfroy.... rons. 815.
— ÉTYM. On a beaucoup discouru sur l'origine du mot chouan; peut-être il vient de chouan , oiseau de proie nocturne (voy. chat-huant) , par comparaison avec les habitudes nocturnes de ces bandes. On 1 a fait venir aussi de Jean Chouan, un de leurs chefs. S'il est si difficilededéterrninei l'origine de chouan, formé presque de notre temps, on comprend combien d'autres dénominations plus anciennes sont restées obscures.
f CHOUANNER (chou-a-né), ». n. Faire la guerre de chouans, de partisans. Je ne vais pas en Yen léi pour donner des bals ou tenir table ouverte, ji vais chouanner, ch. de Bernard, l'Anneau i gent, § 6. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— ÉTYM. Chouan.
f CHOUANNERIE (chou-a-ne-rie) , s. f. Guert chouans, de partisans. || L'ensemble des ehi u le parti des chouans, leurs opinions.
— ÉTYM. Chouanner.
f CHOUART (ehou-ar), s. m. Terme de zoolo Effraie, f CHOUC (chouk), s. m. Choucas noir.
— ÉTYM. Namurois, chau, hibou; de l'ane. haut allem. chouch; angl. chough, où paraît être le même radical que dans chouette.
CHOUCAS (chou-kâ), s. m. Espèce de petite cor neille.
— HIST. xvie s. Les uns sont bandes noires, larronnesses et odieuses par i ut. Cela sont les gro corneilles et chucats, d'aub. Fcen. ni, 15. ! nottes, cochevis, pies, corneilles, chucas, c parlent et chantent, paré, Animaux, 20. Il est seulement accompagné des corneilles chaulant quaqua, et des corbeaux avec leur crocro, et aussy des choucas, MERLIN C0CCA1E, t. II, p. 19, dans LAC
Ce sont chucas et corbeaux qui croassent En vain contre eux.... baïf, Œuvres, p. 2I8, dans lai
— ÉTYM. Chouc.
t CHOUCHEMENT (chou-che-man), s. m. Terme ,e. Cri de la chouetti .
— ÉTYM. Choiu
t CHOUCHETTE (chou-chè-i'i , s. f. Un des
; es du choucas.
-=- ÉTYM. Chouc.
CHOUCROUTE (chou-krou-t ), s. f. I
bâché qu'on fait fermenter dans la sau
— ÉTYM. Allem. Sauerkraui, •'■
sur (voy. sim.adj.), et. Kraut, herbe, l'assimilation avec chou ayant altéré sauer.
f CHOUDET (chou-dè), s. m. Un des noms vulgaires du hibou.
— ÉTYM. Chouc.
t CHOUE (choue), s. f. Chouette.
— hist. xiu" s. Elle est plus noire qu'une Fables et contes anciens, t. m. p. 261. D'un vilein dist, ki nurrisseit Une kauwe que mult ameit, Fable 48. sa colors n'estoit pas en emblance de choe, Berte, xxxm.
— ÉTYM. Wallon, chaîne; namurois, chattwc ; Savoie, chue, choucas; espagn. chova, espèce de
CIIR
CHR
CHR
hoya, corneille; d'un radical allemand chouch,
te; holl. haute, choucas. Voy. cnouc.
CHOUETTE (chou è-t'), s. f. || 1" Oiseau nocturne
are du chat-huant. Comme après les hibous von1 crianl les chouettes, régmer. Sot. xn. ||Être larron comme une chouette, être un voleur déter-
|| 2' Ici me de jeu. Faire la chouette, jouer seul contre deux ou plusieurs personnes. || Fig. Ma spondance esl très-active, je fais la chouette à trois personnes, c'est-à-dire que seul j'entretiens correspondance avec trois personnes. || Il est leur chouette, il est en butte a leurs railleries. || 3° Jeu analogue au jeu d'oie. 114" La chenille du séneçon. i| 5" Populairement. Être chouette, être parlait en jenre. Cela est chouette. Cet emploi populaire n'est pas sans an ilogie avec un exemple de Rabelais : vov. I'historique.
— REM. La chouette étant persécutée par les autres oiseaux lorsqu'elle s'aventure pendant le jour, de 'à vient apparemment qu'on dit d'une personne qui est en butte à la raillerie de plusieurs autres, qu'elle est leur chouette; et de là aussi que jouer seul contre 'plusieurs s'appelle leur faire la chouette.
— hist. xv« s. De tant, dist-il, comme les yeuls les suetes ou des chauve soris sont inabiles à recepvoir la clarté du souleil, christ, de pisan. Charles i', m, ch. 4. || XVI' s-. Quel qu'il soit, il n'est point poète, Mais fils aisné d'une chouette. Ou aussi larron pour le moins, mabot, Épigram. Ma femme sera coincte et jolye comme une belle petite chouette, rabel. Pantngr. III, I*.
— ÉTYM, Diminutif de choue ; Berry, chuèche; norm. cauvette, petite corneille; wallon, chawète.
CHOU-FLEUR (chou-fleur), s. m. || V Sorte de chou. Voy. cnor. || 2° Terme de médecine. Variété de condylomes dont la base se réunit à un pédoncule commun de manière à représenter assez bien un chou-fleur. Exciser des choux-fleurs.
CHOU-P1LLE (chou-pi-lP, Il mouillées), s. m. Voy. CHOU 2.
CHOUQCET (chou-kè), s. m. || i° Billot sur lequel on rabat les filières dans les tréfileries. || 2° Terme de marine. Forte et large pièce de bois, qui sert à L'assemblage d'un màt supérieur avec son mât inférieur.
— hist. xvie s. Comme il convient faire bon feu en somme, Comme de bois et gros chouquetz en busclie, fabri, Art de Wiétnr. f1 19, dans lacurne.
— ÉTYM. Diminutif de l'anc. franc, choque, souche (voy. choc et souche).
. f CHOUQUETTE (chou-kè-f), s. f. Un des noms vulgaires du choucas.
— ÊTYM. Diminutif de chouc.
CHOU-RAVE (chou-ra-v') , s. m. Voy. chou. CHOYÉ, ÉE (cho-ié ou choi-ié, ée), part, passe.
Enfant choyé par ses parents. A l'avenir Mazet serait choyé, la font. Mazet.
CÏIOYER (cho-ier, ou, suivant d'autres, choi-ié), je choie, tu choies, il choie, nous choyons, vous choyez, ils choient; je choyais; je choyai; je choierai; je choierais; que je choie, que nous choyions, que vous choyiez, qu'ils choient; que je choyasse; choyant, v. a. \\ 1" Soigner avec une tendre sollicientourerde prévenances. Je t'ai toujours choyé, l'aimant comme mes yeux, la font. Fabl. vm, 22. il le choie, il l'embrasse, et pour une maîtresse On ne saurait, je pense, avoir plus de tendresse, mol. Tari, i , 2. Ta mère h- choie, Zara ne le néglige pas, p. l. cour. Lett. it, 102. On ne saurait choyer avec trop de précaution un esprit malade, Exil île Cicéron, dans desfontaines. || 2° Conserver avec soin. Shoyerdes meubles, De peur de voir finir mou argent, je le choie, j. j. rouss. Conf. 1. 1| 3" Se choyer, ». réfl. Se procurer toute l'aise possible. Moi, Monsieur? quelque sot ! la colère fait mal ; Et. je veux me choyer, quoi qu'enfin il arrive, mol. l'Etour. n, 7.
— hist. xme s. Quant ele est seule et enserrée, Cort tenue d'un vilainastre, Vos alez joer et esbatre ; Mais el ne se puet remuer. Tant sache son mari suer, Roman de la l'aire. Maie-Bouche et tous ses païens, Â qui jà Diex ne soit garans, Par barat esiuet barater, Servir, chuer, blandir, dater, la Rose, 74 25. Il fait trop bon le chien chuer, Tant qu'on ait la voie passée, ib. 7430. || xvi* s. Nos pédantes se irouveroient. chouez [attrapés], mont, i, I4G. Je disois, en mes jours, de quelqu'un en gaussant, qu'il avoit choué la divine justice, id. i, 31 o.
— ÉTYM. Berry, chouer, chuer; picard, chuer, parler bas, caresser, clioer, gratter; ital. soiare, flatter, soia, flatterie; angl. to sue, demander avec in.stance, supplier; d'un radical inconnu.
t CHRÉMATISTIQUK (kré-ma- ti -sti - k!) , s f. Terme didactique. Art de créer les richesses. [| Chej
quelques auteurs, synonyme d'économie politique.
— ÊTYM. X[-,yiac.TicmxY|, de /p^-ia, avoir, fortune, f CHRÉMATOLOGIE (kré-ma -to-lo-jie) , s. f.
Terme didactique. Doctrine de la richesse : traité des richesses.
— ÊTYM. Xp-ôu-a, fortune, avoir, et \6yo;, traité, f CHRÉMATOLOGIQUE (kré-ma-to-lo-ji-k'), adj.
Oui a rapport à la chrématologie.
f CHRÉMATONOMIE (kré-ma-to-no-mie), s. f. lui- naturelles qui règlent la production et la répartition de la richesse.
— ÉTYM. Xp-?i(xa, avoir, et vôuo;, loi.
f CHRÉMATONOMIQUE (kré-ma-to-no-mi-k') , adj. Oui a rapport à la chrématonomie.
CHRÊME (krè-m'), s. m. || 1" Huile mêlée de bannie, et consacrée pour servir aux onctions dans l'administration de certains sacrements. Le saint chrême. Je vais vous consacrer sur ce bord de ma tombe; Baissez la tête, enfant, pour que le chrême y tomber lamart. Joc. v, is2. || Fig. Cela ferait renier chrême et baptême, cela mettrait toute patience à bout. || 2° Fig. Liaison occulte. 11 était toujours demeuré une sorte de liaison de M. le Prince et de M. le prince de Conti à lui [Larochefoucauld] de l'ancien chrême des pères, mais sans rien d'apparent, st-sim. 229, 93. Sa vertu [de Mlle de Condé] la rendit suspecte aux jésuites, à qui l'hôtel de Conti l'était déjà de tout temps, à cause de l'ancien chrême du vieux hôtel de Conti, qui en effet s'était un peu communiqué à celui-ci, même à celui de la fille du roi, id. 225, 22. Vieux en ce sens.
— HIST. xne s. Cuidiez-vos , chier frère, ke li cramme faillist el baptisme de Christ? st bern. 563. || xiu's. Et d'autre part ot un cresmier, Et à senestre un balsamier; Car de l'un basmes decouroit, Et de l'autre cresmes caoit, FI. et Bl. 32). Et puis prent le cresme, et l'oint par dessus le toup ; disant ce qui est usé de dire, et orisons, et psaumes, Ass. de J. i, 30. Moult a cy vertueux baptesme, Qui enta sans huile et sans cresme Salut d'invocation trine, j. de meung, Tr. 254. || xve s. C'est contre soy conjurer. ... Loy forfaire, Et estre au cresme parjure, alain chart. Espérance ou consolation des 3 vertus. En Jhesus est Saint Esperit, Car il a esté oint du cresme, Et sy a annuncié baptesme, Résurr. de J. C. Le bonhomme qui est à la bonne foi et du bon cresme, Les quinze joies de mariage, joie. 5* Cestuy drap est cher comme cresme, Patelin. || xvres. Dont nous rendront-ils donc certains , que leur chresme soit un vaisseau du Saint Esprit ?calv. Instit. 11 G6.
— ÉTYM. Xp£<7u.a, baume, onction, de xp'=lv, oindre (voy. christ).
CHRÉMEAU (cré-mô) , s. m. Petit bonnet de linge fin, dont, après l'onction, on coiffe l'enfant baptisé.
— HIST. xvie s. La chambrière ayant son surcot sur la teste (à la mode du pays, qui est fait comme un chremeau, mais il couvre tout le corps et les espaules par derrière).... marg. Nouv. lxix.
— ÊTYM. Chrême. • CHRESTOMATHIE (krè-sto-ma-tie) , s. f. Recueil
de morceaux choisis dans certains auteurs classiques. Chrestomathie grecque.
— ÉTYM. Xpr,<iTou.âO£ta , de -/ot\(jxbc , utile, de ■/pr.irOai, se servir (voy. chrie), et [xaQstv, apprendre (voy. mathématique).
CHRÉTIEN, 1ENNE (kré-tiin, tiè-n'), adj.\\ 1° Qui professe la religion du Christ. Le monde chrétien. Le peuple chrétien. Une àme chrétienne. Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne, corn. Pohj. iv, 3. Quel est cet aveuglement dans une àme chrétienne, et qui le pourrait comprendre, d'être incapable de manquer aux hommes et de ne craindre pas de manquer à Dieu? boss. Anne de Gonz. Que, pour conserver un faux honneur, il soit permis d'accepter en conscience un duel, contre les édits de tous les états chrétiens et contre tous les canons de l'Eglise, pasc. Prov. t4. || 2° Qui appartient, qui est propre au christianisme. La religion chrétienne. Des largesses chrétiennes suffiraient peut-être aujourd'hui pour vous acquitter envers votre juge, mass. Car. Fausse Conf. Ces outrages n'ont rien de philosophique, je dirai plus, ils n'ont rien de chrétien, volt. Pleil.u, 227. La vie chrétienne que je vous propose, si pénitente, si mortifiée, si détachée des sens et de nous-mêmes, boss. la Vallière. || Cela n'est pas chrétien, cela n'est pas conforme à la charité. || Le roi Très- Chrétien, Sa Majesté Très-Chrétienne, le roi de France. || Familièrement. Parler chrétien, parler d'une façon à être compris. Il faut parler chrétien, si vous voulez que je vous entende, mol. les Préc. rid. 7. || 3° Substantivement. Celui, celle qui pro-
fesse le christianisme. Aux plus âpres tourments un chrétien est en butte, corn. Poly. i, i. Je sais quelle est l'humeur et l'esprit du chrétien, id. ib. III, 3. Tous chrétiens sont rebelles, id. ib. m, 3. Certes ou les chrétiens ont d'étranges manies.... m. ib. iv, 5. Quoi I vous entreprenez de sauver un chrétien! id. ib. iv, 6. Les chrétiens n'ont qu'un dieu, maître absolu de tout, De qui le seul vouloir fait tout ce qu'il résout, id. ib. iv, g. Enfin chez les chrétiens les mœurs sont innocentes, id. ib. iv, 6. Celle [la félicitéj d'un vrai chrétien n'est que dan:; ses souffiances, Les plus cruels tourments lui sont des récompenses, id. ib. v, 2. Un chrétien ne craint rien, ne dissimule rien; Aux yeux de tout le monde il est toujours chrétien, id. ib. v, 2. Qui sans prendre l'aulrui vivent en bon chrétien, Régnier, Sat. xn. Je trouve ici les chrétiens trop savants: chrétien, tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels, boss. Marie-Thér. Nous vîmes alors dans cette princesse, au milieu des alarmes d'une mère, la foi d'une chrétienne, id. ib. Fille, femme, mère, maîtresse, reine, telle que nos vœux l'auraient pu faire, plus que tout cela chrétienne, id. ib. Lessius parlera en païen de l'homicide, et peut-être en chréiien de l'aumône; Vasquez parlera en païen de l'aumône et en chrétien de l'homicide, pasc. Prof. 13. || 4° Chrétien de St-Jean, de St- Thomas, sectaires des premiers siècles. Les chrétiens de St-Thomas existent encore dans l'Inde. || En Espagne, vieux chrétiens, les chrétiens de race chrétienne, par opposition à nouveaux chrétiens, terme désignant les Mores et les Juifs convertis. || Chrétien de la ceinture, nom donné dans l'Orient aux Nestoriens et Jacobites || 5" Familièrement, un chrétien, un homme. C'est un dur chrétien, c'est un homme difficile. Une dure chrétienne, une méchante femme. || Une chrétienne, une femme. Direz-vous : je suis sans chrétienne, la font. Pâté. || Un bon chrétien, un homme facile, accommodant. Car, grâce au droit reçu chez les Parisiens, Gens de douce nature et maris bons chrétiens, boil. Sat. x. || 6° Bon-chrétien , sorte de grosse poire. Bon-chrétien d'été. Bon-chrétien d'hiver. Au plur. Des bons-chrétiens.
— HIST. ixe s. Pro deo amur et pro Christian poblo, Serment. || xes. Qued elle fuie lo nomehristien, Eulalie. || XIe s. E nous défendons que l'om christien fors de la tene ne vende, Lois de Gui II. 41. Si recevrai la chrestiene lei, Ch. de Roi. vi. Si recevrez la lei [croyance] de chrestiens. ib. ni. || xues. A crestianes lois, Roue. p. 27. [Cliarle] Qui des rois crestiens est topaze et rubis, Sax. xxvi. || xnr s. Je vous deffens.... que vous n'assailliez mie ceste cilé, quar elle est de crestiens, et vous estes pèlerin, villeh. XL Vin. I| xve s. Tout crestian qui est loyal et bon, Du bien de paix se doit fort resjouir, ch. d'orl. Bail. t26. Ung des plus crueulx chrestiens du monde, Journal de Paris sous Charles VI, an <436, p. iflG, dans lacurne. Loys Daulphin, duc de Guyenne, Enbastissant ceste besogne, Print une belle chrestienne Fille du duc Jean de Bourgogne, martial d'auvergne, Vigiles de Charles VII, dans richelet. Il xvie s. Plus de gens bestes que d'asnes chrestiens, le roux de lincy, i»ror. t. i, p. 7. Juifs en pasques, Mores en nopees, Chrestiens en plaidoyers Despendent leurs deniers, id. ib. p. 290.
— ÉTYM. Provenç. crestian, crislian; catal. christid; espagn. et ital. cristiano; du latin chrislianus, de Christus (voy. christ).
CHRÉTIENNEMENT (kré-tiè-ne-man), adv. D'une manière chrétienne. Vivre, mourir chrétiennement. Elle s'appliquera à souffrir ses infirmités chrétiennement,iléch. Monlaus. Il prêche simplement, fortement, chrétiennement, la bruy. xv. La reine a également entendu deux leçons si opposées, c'est-à-dire qu'elle a usé chrétiennement de la bonne et de la mauvaise fortune, boss. Reine d'Angl. Quand je dis que cette nouvelle [la levée du siège de Belgrade par les Autrichiens] doit faire plaisir, ce n'est pas qu'à parler bien chrétiennement, on doive se réjouir des avantages des infidèles, rac. Lett. vm, à son [ils.
— ÉTYM. Chrétienne, et le suffixe ment. CHRÉTIENTÉ (kré tiin-té, et non, comme disent
quelques-uns, kré-tièn'-té), s. f. Les peuples, les pays chrétiens. Cromwel allait ravager toute la chrétienté, pasc. P. div. 20. Ce grand temple de la paix dans lequel toutes les nations de la chrétienté doivent entrer, voit. Lett. 180. Tant que je serai hors de ta chrétienté [en Afrique], id. ib. 40. Les villes, les provinces, les royaumes en lurent remplis [de disciples de Jésus], et c'est ainsi qu'en trèspeu de temps, s'élevèrenf de nombreuses et florissantes chrétientés, bourd. Pensées i, p. 239. || Fijj.
CHR
«t populairement. Marcher sur la chrétienté, avoir ses chaussures percées. || Dieu bénisse chrétienté, se dit quand on compare un homme à un animal, pour atténuer ou pour reprocher ce qu'il y a de désobligeant en cela.
— hist. xie s. Que recevez sainte crestientet, Ch. de Roi. xxxii. 1 1 xne s. [Que] Crestienté n'ait pas de nos mal dis, Ronc. p. 56. Et si [il] croira sainte cres- 1 enté, Vb.p. 4 17. [Un bref] Qui la crestienté defendist ne veast, Th. le mart. 67. || xm° s. 11 savoit bien c,ue c'estoit la plus gentius feme de la chrestienté et la plus riche, Chr. de Rains, p. 5. Sire, vous listes hors de la main l'archevesque quant à laie justice; vous n^vés riens fait, se vous n'iestes hors
a crestienté [autorité spirituelle], ib. p. 244. |[ xve s. De quoi toute la chrestienté pour ce fut en grand branle, froiss. ii, ii, ta. Qui sont les plus allyez princes qui soient en la chrestienté, comm. h, 8. || xvie s. Ils montrent bien par cela qu'ils n'ont point une seule goutte de chrestienté, calv. Inslit. r.i. Le plus beau couple de la chrestienté, marg. Nouv. x. Sachant que ou il mourroit cruellement, ou renonceroit la chrestienté, id. ib. x.
— ÉTYM. Génev. clirétiénelé ; provenç. chrestiantat.xristiandat; eatal. christiandat; espagn. cristiandad ; portug. christiandade ; ital. cristianità ; du latin christianitatem, de christianus. chrétien.
CHR1E (kne), s. /'. Terme de rhétorique. Sorte d'exercice que faisaient faire les rhéteurs anciens et qui a été longtemps en usage dans les classes de rhétorique des collèges 11 consistait à développer une pensée par sept ou huit moyens différents qui rappelaient les différents lieux communs étudiés alors avec tant de soin, et aujourd'hui fort méprisés.
— ÉTYM. Chria, de xpsia, sentence, proprement chose utile, de y pàa8ai, se servir.
CHRIST (kristf; dans Jésus-Christ on prononce Jé-zu-kri, sauf les ministres protestants qui prononcent Jé-zu-krist'), s. m. || 1° Le Messie, l'Oint, le rédempteur. Jésus fut le Christ prédit par l'Ancien Testament. || Le règne de Christ, le millenarium, et plus tard, parmi les sectes protestantes, un règne d'égalité parmi les hommes. C'est de là que nous est né ce prétendu règne de Christ, inconnu jusques alors au christianisme, qui devait anéantir toute la royauté et égaler tous les hommes, boss. Reine d'Anglet. || Adjectivement. Salomon avait été oint et christ à la place de son père, volt. Phil. iv, 359. || 2° Figure de Jésus-Christ attaché a la croix. Un christ d'ivoire. j| 3° Ordre du Christ, ordre militaire fondé en 1318 par Daniel Ier, rpi de Portugal, pour défendre les frontières de son royaume contre les Maures, à la place des Templiers qui venaient d'être supprimés. || 4° Jésus-Christ, Notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le rédempteur des hommes. Nous avons été rachetés par le sang de Jésus-Christ. Souvent on écrit par abréviation J.-C. Cinquante ans avant J.-C.
— REM. Christ prend la marque du pluriel. Cette galerie contient plusieurs christs. 11 a deux christs d'ivoire. Il est dit dans S. Luc : «Vous verrez parmi vous de faux prophètes et de faux Christs. »
— hist. xe s. [Elle] volt lo seule [siècle] lazsier, si ruovet Krist, Èulalie.
— ÉTYM. Provenç. christ; espagn. et ital. cristo ; du latin christus, de xptctô;, oint, traduction du mot hébreu messie.
CHRISTE-MARINE (kri-ste-ma-ri-n') , s. f. Nom vulgaire de la salicorne (salicornia herbacea, L.), du bacile (crithmum marilimum, L.), de l'inule maritime, selon les différents pays maritimes de France.
— ÉTYM. KpïïOaov, fenouil de mer.
t CHRISTIANISÉ, ÉE (kri-sti-a-ni-zé, zée), -part.
passé. Rendu chrétien. Toujours abîmé dans sa philosophie christianisée ; car il ne lit que des livres saints, sév. 542.
•(•CHRISTIANISER (kri-sti-a-ni-zé), v. a. Rendre conforme à la religion chrétienne. || Attribuer aux auteurs de l'antiquité des sentiments chrétiens.
— HIST. xme s. Nus ne doit espouser juyve, s'ele n'est avant crestiennée, beaum. xvnr, 8. Droïn, faitil, par Saint-Omer, Tu les feras crestiener; Si tost com bautisié seront, James de cest mal ne cherront, Ren. 25226. Je cuit que vous volés estre crestiennés, Ch. d'Ant. vi, 47t. || xvc s. Les ennemis de Dieu avoient reconquis presque tout le royaume de Russe [la Servie] et prins le roy , qui s'estoit fait chrestienner, froiss. i, t, go. Et moult en mouroient, sans estre chrestiennés, les quelles choses estaient moult grieves et piteuses à ouir raconter, monstrel. i, -;')8. Il est trop enbesogné de sa femme, qui a geu
niché] d'un beau fils qui fu christianné le jour St Antoine, Journal de Paris, an 1430, p. 1 36 , dî>ns I.ACURNE.
CHR
— ÉTYM. Christianisare. de christianus , chrétien; grec, y pi<mav£Ç£iv. L'ancien français disaii chrestiener, qui signifiait rendre chrétien, baptiser.
CHRISTIANISME (kri-sti-a-ni-sm') , s. m. || 1° La religion chrétienne. Constantin embrassa le christianisme, boss. Hist. v, io. Et sachant combien, dans certaines conversions, il entre de politique, de sagesse mondaine, de crainte servile et toute naturelle, de demi-christianisme, bourdal. Pensées, t. i p. -138. Un si bas, si honteux, si faux christianisme Ne vaut pas des Platon l'éclairé paganisme, boil. Épit. xii. Ministres de l'Évangile, vous croyez que le christianisme est le profond et éternel système de Dieu; qu'il est la raison de l'existence d'un univers et d'un genre humain.... Mirabeau, Collection, t. v, p. 267. |j 2° Par extension, vertu chrétienne, résignation chrétienne. Il est capable de soutenir ce malheur avec beaucoup de christianisme, sëv. 386.
— ÉTYM. Provenç. crestianisme ; catal. christianisme; espagn. christianisme) ; ital. cristianesimo ; de christianus, chrétien; grec, xpi^iavio-^ôç.
f CHRISTICOLE (kri-sti-ko-P), s. m. Adorateur du Christ. Mot du langage des adversaires du christianisme ou des gens qui n'y appartiennent pas.
— HIST. xvc s. Sachiez c'est un fol christicole.Qui a prins leçon à l'escole, Dont il va ainsi gergonnant, Conversion de saint Paul.
— ÉTYM. Christicola , de Christus, Christ, et colère, adorer (voy. culture).
f CHRISTINO (kri-sti-no), s. m. Terme de l'histoire contemporaine d'Espagne. Les christinos , les partisans de la reine Christine, par opposition aux carlistes, partisans de Don Carlos.
f CHRIST0L0G1E (kri-sto-lo-jie) , s. f. Traité du Christ; doctrine de l'œuvre du Christ.
— ÉTYM. Xptcrrôç, Christ, et X6yo;, traité, f CUR1ST0MAQUE (kri-sto-ma-k') , s. m. Nom
donné par plusieurs Pères de l'Eglise à tous ceux qui erraient sur la nature ou la personne de Jésus- Christ.
— ÉTYM.XpicTojAâ/o;, deXpioroç, Christ, et \>AyecrBat, combattre.
" f CHRISTOPHANIE (kri-sto-fa-nie) , s. f. Manifestation, apparition du Christ. Saint Paul eut une christophanie sur le chemin de Damas.
— ÉTYM. Xptercèç, Christ, et «poûveaBai, apparaître.
CHROMATE (krô-ma-f) , s. m. Terme de chimie. Nom générique des sels formés par la combinaison de l'acide chromique avec les bases sahfiables.
— ÉTYM. Chrome.
f CHROMATE, ÉE (kro-ma-té, tée), adj. Converti
en chromate.
f l. CHROMATIQUE (kro-ma-ti-k') , adj. Terme didactique. Qui a rapport aux couleurs. || Construction chromatique-hémisphérique, construction imaginée par M. Chevreul pour définir et nommer les couleurs d'après une méthode précise et expérimentale, et qui présente sur un plan circulaire 72 couleurs distinctes, dites gammes franches, et comprenant chacune 20 tons de la même couleur dont l'intensité, à partir du centre, qui est le blanc, croît jusqu'à la circonférence, au delà de laquelle est censé être le noir normal.
— ÉTYM. Xp<5u.a, couleur.