‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 387 sur 462 · MONT · texte numérisé non relu

MONT

— ÉTYM. Le latin comicus, de -/.a>u.ixô;, de y.<5u.oç, gala, le dieu Cornus.

COMlQUEMENT(ko-mi-ke-man), adr. D'une manière comique. Il a traité ce sujet comiquement. On représente comiquement ce qui se passe de ridicule en divers lieux, st-évrem. Discours sur la comédie anglaise, dans richelet.

— ÉTYM. Comique, et le suffixe ment.

f COM1TAT (ko-mi-ta), s. m. Nom donné aux divisions civiles et administratives de la Hongrie.

— ÉTYM. Latin comitalus (voy. comté).

COMITE (co-mi-f), 4\ m. Officier préposé à la

chiourme d'une galère. Pontchartrain était envieux et jaloux de lout, et, dans sa marine, comme un comité sur ses galériens, st-sim. 305, 234. Ces forçats qui gémissent sous l'inhumanité d'un comité, flëch. Aig. La révocation de l'édit de Nantes mit nobles, riches, vieillards, gens aisés, faibles, délicats, à la rame et sous le nerf très-effectif du comité, ST-SïH. 413, 181.

— HIST. xiii' s. Et fu comité et chevetaine Raymont, Hist. occid. des crois, t. 11, p. 1 70. Raimont, qui estoit comistre des galies, ib. p. 207. ||xvie s. Et fault en chasque galère ung comité, qui doibt avoir par moys dix livres, Stolonomie, dans jal.

— ÉTYM. Espagn. comitre ; ital. comilo ; bas-lat. comitus, forme dérivée de cornes, comte (voy. comte). Le bas-latin cornes, le bas-grec y.6(xr,; se sont dits pour chef de navire, et, à l'origine, il y eut des comtes de toutes sortes d'offices.

COMITÉ (ko-mi-té), *'. m. || 1° Réunion d'un nombre relativement restreint de personnes, ou, plus

COM

spécialement, de membres d'un corps plus nombreux, d'une assemblée, laquelle réunion est chargée de s'occuper d'affaires déterminées, de donner un avis, de préparer une délibération. || Assemblée de commissaires choisis par autorité, et chargés de la discussion particulière de quelque affaire. Les membres, le bureau, le président du comité. Comité consultatif. Comité exécutif. Comité de surveillance. Le régent me dit qu'il formerait un comité (car on ne parlait plus qu'à l'anglaise) de quelques-uns du conseil de régence, st-sim. 4uc, lie. || Nom des sections du conseil d'État. || 2° Comité secret, délibération d'une assemblée à laquelle le public n'est pas admis. || Familièrement. Petit-comité, réunion composée seulement d'un petit nombre de personnes intimes. Nous serons ce soir en petit comité. Il 3° Au théâtre, le comité de lecture, ou, simplement, le comité, réunion d'acteurs ou d'hommes de lettres, qui, écoutant la lecture des pièces soumises à leur appréciation, les admettent ouïes rejettent.

— ÉTYM. Angl. commitlee , participe féminin anglo-français de commettre.

f COMITIAL, ALE (ko-mi-si-al, a-1'), adj. Qui a rapport aux comices. || Maladie comitiale, l'épilepsie, à cause que les comices se séparaient quand quelqu'un y tombait du haut mal.

— HIST. xive s. Jours comicialz estoient ceux qui estoient establiz à eslire les magistraz et à publiei lesloys, isercheure, f°54, verso.

— ETYM. Le latin comitialis, de comitia, comices.

COMMA (ko-mma), s. m. || i°Terme de grammaire grecque. Une partie du membre ou colon, c'est-à-dire une incise. || Pour les métriciens, una des parties du vers hexamètre séparées par la césure. Il Nom de la virgule. || 2° Terme de musique. Trèspetit intervalle. Les Anciens reconnaissaient plusieurs comma. Le comma moyen est l'excès du mi calculé comme quatrième quinte de l'ut, sur le mi calculé comme sa tierce. La différence est de 81 à so, ce qui fait à peu près un neuvième de ton. Le comma est la différence du demi-ton majeur au demi-ton mineur, comme d'ut dièze à ré bémol. Quelques-uns même s'imaginent que le ton majeur n'est point différent du ton mineur, de sorte que le comma, qui en est la différence, leur est insensible, maleb. Recherche, vi, 4. Dites-moi si vous divisez à Siam le ton majeur en deux comma et deux semi-comma, volt. Dial. 22. Les musiciens entendent par comma la huitième ou la neuvième partie d'un ton, la moitié de ce qu'ils appellent un quart de ton; mais on peut assurer qu'ils ne savent ce qu'ils veulent dire, en s'exprimant ainsi, puisque pour des oreilles comme les nôtres un si petit intervalle n'est appréciable que par le calcul, j. j. rouss. Dict. de musique, mot comma. || 3° Terme d'imprimerie. Ponctuation qui se marque par deux points l'un au-dessus de l'autre. Il Au plur. Des comma.

— ÉTYM. K6p.|j.a, ce qui est coupé, de xôimiv, couper.

COMMAND (ko-man), s. m. || l°Terme de jurisprudence. Celui pour lequel on fait une acquisition sans que son nom soit porté dans l'acte. || Celui pour lequel l'adjudicataire déclare avoir enchéri. || Déclaration de command, acte par lequel un avoué nomme la personne pour le compte de qui il s'est rendu adjudicataire. || 2" Autrefois, lieutenant. Le père. de Villars est donné pour avoir été mis command dansCondrieux parle duc de Nemours, st-sim.

— HIST. xi" s. Et cil respondent : sire, à vostre commant, Ch. de Roi. lxxiv. Jà prist il Noples sans le vostre commant, ib. cxxxn. || xir s. Si me mettrai du tout à son commant, quesnes, Romancero , p. 90. Il xme s. Par le commant le roi est Syinons retournés, Rerte, cxxi. || xvie s. Un acheteur d'aucuns héritages vendus par décret de la justice, peut retenir pour luy les dits héritages ou faire et dénommer son command recevable et luy transporter et délaisser iceux héritages, Nouv. coust. génér. t. 1, p. 411.

— ÉTYM. Voy. commander; provenç. coman ; espagn. comando; ital. commando. Command, dans l'ancien français, signifie commandement.

COMMANDANT, ANTE (ko-man-dan, dan-t').

Il i°Adj. Qui commande. Une parole commandante. Un ton commandant. j| Fig. et dans le la i herché du temps. Un vin à sève veloutée, armé d'un vert qui n'est point trop commandant, mol. le Bourg, iv, 1. || 2" Qui a un commandement militaire. Officier commandant. Capitaine commandant. Il 3° S. m. Chef. Tout parti demande un commandant,

fi78

COM

corn. Scrlor, i, 1. [] 4° Terme militaire. Celui qui commande. Commandant d'un détachement, d'un poste. Un commandant de place, celui qui commande ■ ■ne place, quel que soit son grade; et aussi chef de bataillon attaché a l'état-major des places. || Qualification donnée au chef de bataillon ou d'escadron.

— ÉTYM. Commander.

f COMMANDANTE (ko-man-dan-f), s. f. Femme d'un commandant.

COMMANDE (ko-man-d"), s.f. || 1° Terme de commerce. Demande, pour une époque déterminée, d'unecertaine quantité d'objets fabriqués, ou de marchandises. On lui a fait plusieurs commandes. || Ouvrage de commande, ouvrage fait sur l'ordre exprès d'une personne. Il y a des ouvrages de commande, la bruy. vi. || 21 De commande, loc. adv. D'obligation; obligatoire. Fêtes, jeûnes de commande, qu'on est obligé d'observer. L'hospitalité n'est point de commande aux musulmans envers les infidèles, volt. Charles XII, fi. || Fig. Joie, douleur, maladie de commande, joie, douleur, maladie qu'on feint. Dieu me garde de vous faire des réprimandes de commande ! boss. Lett. abb. 77. Le mercredi des cendres mit fin à toutes ces tristes réjouissances de commande, ST-SIM. 4, 61. D'Antin, d'ailleurs si maître de soi, s'aigrit de commande dans la dispute, id. 232, 98. Qui de moi voudra de beaux vers, Que jamais il ne les demande; Je ne fais rien que de travers, Quand la besogne est de commande, de cailli, dans bichelet. Ce n'était point cet enthousiasme de commande que s'efforcent de montrer pour tous les objets les hommes qui n'en ont véritablement pour aucun, condorcet, Bucquet. || 3° Terme de marine. Commandes, petites cordes portées à la ceinture, pour servir au besoin. || Commande! réponse de l'équipage quand le maître, appelant de la voix ou du sifflet, prévient qu'il va transmettre quelque commandement. || 4" Terme de pêche. Bout de corde servant à retenir un bâton ou un filet dans une situation fixe, ainsi nommé parce que ce bout de corde commande et retient.

— hist. xme s. Il est assés sires du cors, Qui a le cuer en sa commande; Outrageus est qui plus demande, In Rose, 2007. Ou s'aucuns baille en commande [garde] aucune coze, la quele est porsivie

. qu'eleest tolue ou emblée, le [la] commande ne doit pas estre rendue devantque'le [la] justice.... beaum. xxxvi, i . Et quant cil qui preste ou met en commande, demande que on li rende.... id. xxxiv, 20. Vous savés que nous recevons les commandas en tel manière, que par nos seremens nous ne les poons délivrer mes que à ceulz qui les nous baillent, joinv. 249. || xvc s. Manyant toute la viande, Comme docteur en médecine Qui tient malades en commande, villon, Repues franches. L'un des ditz variez, qui besongnoit avec le suppliant [un tisserand], dist à la ditte femme: maistresse, commandez ceste commande, en lui monstrant un fil de laine qui esloit rompu, et lui voulant dire qu'elle noast le dit fil, du cange, commenda. || xvie s. Permets que je coupe Sous heureux sort la commande [amarre] qui tient Ma nef au bord.... rons. 604.

— ÉTYM. Voy. commander ; provenç. comanda , commanda.

COMMANDÉ, ÉE (ko-man-dé, dée), -part, passé. || 1° Ordonné. Le meurtre des Guise commandé par Henri III. || 2° Qui est sous le commandement. Le 'égiment commandé par son colonel. Une expédition commandée par un chef habile. || Qui est de service. Un officier dit: Je ne peux pas m'absenter, je suis commandé. Irez- vous à cet enterrement? Oui, je suis commandé. || 3° Dominé. La ville commandée par la hauteur voisine.

COMMANDEMENT (ko-man-de-man), s.m.\\ 1° Action de commander. Par vos commandements Chi ■ mène vient vous voir, corn. Cid , i, 5. Cet amour qui m'expose à vos ressentiments N'est point le prompt effet de vos commandements, id. Cinna , v, 2. Des vaisseaux dans Ostie armés en diligence N'attendent pour partir que vos commandements, rac. Bèrén. i, 3. M. le comte de Guichen, qui venait lui rendre compte du commandement d'une grande flotte et de trois batailles glorieuses qu'il avait livrées, condorcet, Maurcpas. (| Ordre. Messieurs les maréchaux , dont j'ai commandement, Vous mandent de venir les trouver promptement, mol. Mis. n, 6. || Jussion. Le roi a envoyé un commandement exprès au parlement de vérifier tel édit. Hors qu'un commandement exprès du roi me vienne De trouver bons les vers dont on se met en peine, mol. Mis. n, 6. || Secrétaire des commandements, le principal secrétaire d'un prince. On m'a mandé qu'il [Fréron] allait être secrétaire des commandements de la reine,

COM

volt. Lett. en vers et en prose, (44. || Dans l'ancienne monarchie, secrétaires d'État et des commandements, les quatre secrétaires d'État. || Lettres signées en commandement, lettres signées par un secrétaire d'État. || Terme militaire. Ordre bref pour faire exécuter certains mouvements. Attention au commandement ! || Terme de marine. Bâtiment commandé. Cet officier va rejoindre son commandement. || Terme de civilité. Je n'ai pas voulu partir pour Lyon, sans recevoir vos commandements. Je suis venu à votre commandement dès que vous m'avez averti de venir. || Avoir quelque chose à son commandement, pouvoir s'en servir à volonté. J'ai dix langues, Cliton, à mon commandement, corn. le Ment, iv, 3. || Avoir une chose à commandement, l'avoir à souhait. S'énoncer clairement et avoir toujours le mot propre à commandement, volt. Lett. envers eten prose, 37. On n'a pas toujours des idées à commandement; c'est un coup de la grâce : elle vient quandillui plait, volt. Lett. d'Argental, 27 juillet 1763. || 2° Manière de commander. Il a le commandement doux, rude, bref. || Avoir le commandement beau, se dit d'un officier qui commande de bonne grâce; et, ironiquement, d'un homme hautain et despotique qui commande une chose sans en avoir le droit, ou de celui qui commande des choses difficiles ou impossibles à exécuter. || 3° Terme de jurisprudence. Acte d'huissier à la requête d'un créancier, par lequel on commande au débiteur de satisfaire à son obligation, en vertu d'un titre authentique ou exécutoire. || 4° Loi , précepte. Les commandements de Dieu. Les commandements de l'Église. Cette pratique est de commandement , boss. Var. 1 4. L'état monacal n'est pas de commandement , id. Projet. || 5° Pouvoirde commander, autorité. Aspirer au commandement. Prendre le commandement. Il ajouta qu'il était d'avis qu'on lui donnât, comme on avait fait à Pompée, le commandement général sur toutes les flottes de la république, vertot, Révol, rom. liv. xiv, p. 287. Vous comptez maintenant le nombre de vos campagnes, la distinction de vos commandements, MASS. Avent, Mort du pécheur. Tel a été à la mode pour le commandement des armées et la négociation, ou pour l'éloquence de la chaire, ou pour les vers, la bruy. xiii. || Bâton de commandement, bâton qui est pour certains officiers le signe du commandement. || 6° On dit qu'une place a plusieurs commandements, c'està-dire qu'elle peut être battue du canon par des hauteurs qui la dominent. Commandement de front, celui d'une hauteur qui est opposée à un poste, qui le bat par devant. Commandement de revers, celui qui bat le poste par derrière. Commandement d'enfilade, celui qui bat d'un seul coup toute une ligne droite.

— SYN. commandement, ordre, injonction. Étymologiquement , le commandement est l'action de recommander; l'ordre, l'action de disposer; l'injonction, l'action d'imposer une obligation. De là découlent les nuances de l'usage. Commandement tantôt incline du côté du sens de précepte, comme les commandements de Dieu, de l'Église, où ordre ne peut pas se dire, tantôt exprime une action directe, comme dans les commandements qu'un officier fait à ses soldats; ici encore ordre ne conviendrait pas. Au contraire, toutes les fois qu'il s'agira d'un ensemble de dispositions, on emploiera ordre et non pas commandement : le régiment, la troupe reçut l'ordre de partir, et le commandement du colonel la mit en mouvement. Injonction, qui, d'ailleurs, appartient de préférence au langage du pouvoir judiciaire et à l'administration, impose une obligation: Dieu, dit Bourdaloue, enjoint au riche d'entretenir le pauvre. C'est dans ce sens que l'autorité fait des injonctions à ses agents.

— HIST. xie s. Ademplir [je] vuil vostre comandement, Ch. de Roi. xxn. ||xn« s. Pour ce est ele [Eve] en son commandement [de l'homme], Ronc. p. 152. Or faites, belle, vostre comandement, ib. p. 172. Mais ma dame servir et honorer, Et faire adès à son commandement, Couci, xm. As reis d'antiquité devriez reguarder, Qui les comandemens Deu ne voldrent guarder, Th. le mart. 78. ||xnie s. Et il firent tantost son commandement , villeh. lxxviii. Il ne savoient quant Dieu feroit son commandement d'ans [d'eux] , id. lxx. La royne s'en va au Dieu commandement [à la recommandation de Dieu], Rertc, ix. Et comment tu accompliras Nuit et jour les commandemens Que ge commande as fins amans, la Rose, 2061. Sire, tel vient devant vos corne devant son seignor , et vos fait assaveir que Dieu a fait son comandement de tel.... Âss. de J. i, 232.... Si comme aucuns hons de poesté connoit une dete et on li fet commandement qu'il ait paie dedans

COM

sept jors et sept nuis, beaum. xxiii, 2. Et pour ce ne font force li assacis [assassins] , se l'en les occist, quant il l'ont le commandement du Vieil de la Montaigne, joinv. 230. Vous me jurerez, que vous tendres mes commandemens, id. 2(>3. || xive s. Du corn-' mandement de très noble et très excellent prince' Charles quint de ce nom, par la grâce de Dieu, ro; ' de France, oresme, Prol. \\ xv s. Pour ce qu'il avoit trespassé le commandement de son seigneur le roi, froiss. i, i, 154. Nostre roy qui avoit bien la parolle à commandement, comm. iv , 10. Plusieurs femmes ont larmes à commandement, louis xi, Nouv. xm. Comment vous va? — Et bien vrayement, Tout à vostre commandement, Patelin. || xvi" s. Pleust or à Dieu, pour fuir mes malheurs, Que je vous tinse à mon commandement 1 marot, ii, 333 Bobertet, secrétaire des commandemens, lanoue, 565. 11 n'a point cerché ambitieusement les commandemens et honneurs, id. 703. ]lz allèrent loger en lieu où ilz eussent l'eau plus à commandement, amyot, Arisl. 38. Mais son commandement fut tard entendu de chascun, id. Nicias, 50. Il a ses gageures de cent pistoles fort à commandement, d'auu. Fœn. m, 6. Cette ville est commandée d'un costeau de vignes, où les assiegeans logèrent leurs moindres pièces et firent brèche à la faveur du commandement, id. Hist. i, 219. Ville en très heureuse assiette, franche de tous commandemens, id. ib. il, 257. La ville fortifiée de brique, et, quoi que près des montagnes, hors de grand commandement, id. ib. m, 405. Ils perdirent 24 hommes, parmi ceux-là six de commandement, id. ib. m, 403.

— ÉTYM. Commander ; Berry , c' mandement ; provenç. comandamen ; anc. catal. comanda m eut ; anc. espagn. comandamienlo ; ital. comandamento.

COMMANDER (ko-man-dé), v. a. || 1° Prescrire qu'une chose soit faite. Faites ce que je vous commande. Puisqu'enfin ma prière a si peu de pouvoir, Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame, je le veux, et je vous le commande, rac. Iphig. m, 1. || Par civilité. Vous n'avez qu'à commander. || Se commander, c'est-à-dire commander à soi-même, s'imposer l'obligation de.... Si ce cœur, trop puni d'avoir été sensible. Ne s'étaiteommandé de rester inflexible, delille, Enéide, iv, 27. || Il se dit des choses. L'honneur vous commande ce sacrifice. Les circonstances commandent ces mesures. || Imposer par une sorte de contrainte morale. Commander l'estime, le respect, l'admiration. || 2° Terme de guerre. Avoir le commandement d'une armée, d'une flotte, d'une troupe. Vous, nourri dans les camps du saint roi Josaphat, Qui sous son fils Joram commandiez nos armées, rac. Athal. i, 1. Ce kan de la petite Tartarie ne commandait point les armées du grand seigneur , volt. Russie, li, 1. || Diriger. Commander une expédition, une attaque. || Mènera la guerre une troupe, du commandement de laquelle on est chargé. Commander l'artillerie, l'infanterie. || Donner l'ordre d'exécuter une chose. Commander le feu. Commander l'attaque, la retraite. || Commander un certain nombre d'hommes pour un coup de main, donner l'ordre de les tenir prêts pour l'opération dont il s'agit. Commander de service, ou, simplement, commander un officier, des soldats, les prévenir qu'ils seront de service. [| 3° Être le supérieur de.... Ne saurais-tu juger que, si je nomme un roi, C'est pour le commander et combattre pour moi? corn. Rodog. n, 2. Je ne sais pourquoi Un roi que je commande ose se nommer roi, id. Agésil. i, 1. Le duc d Enghien joint à la gloire de commander encore Turenne celle de réparer sa défaite, volt. Siècle de Louis XIV, 3. Je me souviens toujours que j'éta s né pour les commander [les femmes], montesq.Z.<». pers. 9. || 4° Terme de commerce. Faire une commande à un fabricant, à un artiste, à un ouvrier, etc. Commander un ameublement. Commander un tableau. Commander un dîner. || 5° Terme de fortification. Dominer par son élévation, pouvoir battre. La citadelle commande la ville. || On a dit aussi dans ce sens commander à, qui est aujourd'hui moins usité. La montagne commandait au chemin par où l'ennemi devait passer, vaugel. Q. C. m, 4, dans richelet. Il Par extension, il se dit de tout lieu plus élevé qu'un ..re. Les cimetières de la Suisse sont quelquefois placés sur des rochers, d'où ils corn mandent ces lacs, chateaub. Génie, iv, n, 7. Nous le suivîmes dans ce lieu qui commandait une vue immense, m. Atala. || 6° V. n. Faire commandement. Il commande au soleil d'animer la nature, rac. Athal. i, 4. Commande à mes tyrans d'épargner ma mémoire, voltaire , Mariamne, v, 3. || Avoir un commandement militaire. Ils avaient levé

COM

jusqu'à soixante mille hommes de pied, et choisi

braves chefs pour leur commander, vaugel.

Q, C. 500 II Avoir, exercer l'autorité supérieure. Je

veux bien un Humain, niais je veux qu'il commande,

Sert or. il, 2. Moi qui commande ailleurs,

. vir sous vous? in. ib. ni, 2. Qui n'a fait

iéir saura mal commander, id. Pulch. 11, 2.

mi rois d'obéir alors qu'elle [Rome] commande,

Nicom. n, 3. Et pourquoi commandent les hommes, si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi?

Heine d'Ànglet. Douce, familière, agréable autant que ferme et vigoureuse, elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander, id. ib. Cessez de vous troubler, vous n'èles pas trahi ; Quand vous commanderez, vous serez obéi, rac. lphig. iv, 4. Ce Dieu jaloux, ce Dieu victorieux Est le seul qui commande aux cieux, id. Esth. 1, 5. Sur cent peuples nouveaux Bérénice commande, id. Bérén. 11, 2. ô vous qui commandez avec tant d'expérience sur des peuples innombrables, fén. Tél. xx. Le droit do commander n'est plus un avantage Transmis par la nature ainsi qu'un héritage, volt, tlérope, 1. 3. | Commander a la baguette, avec hauteur et dureté, et aussi avec une autorité absolue. || Familièrement et figurèment. Commandez à vos valets, se dit à une personne qui parle trop impérieusement à des gens qui ne dépendent point d'elle. j| On dit absolument d'un chef militaire, d'un colonel, etc. qu'il cornmmde bien, c'est-à-dire qu'il sait bien commander les manœuvres. ||Fig. Commander à ses passions, y résister, les maîtriser. Commander à ses pleurs en cette extrémité, C'est montrer, pour le sexe, assez. île fermeté, corn. Hor. 1, l. Ton cœur.... Prévoit qu'il ne pourra commander à tes larmes, rac. Andr. iv, 1. Commandez à vos yeux de garder le secret, id. ib. m, i. Ou si nous ne pouvons commander à nos pleurs, id. Bérén. îv, 5. Tu veux commander seul à mes sens éperdus, volt. Zaïre, îv, 2. Répondez-vous à mes questions? — Oh! qui pourrait m'en exempter, monseigneur? vous commandez à tout ici hors à vous-même, beaumarch. Mar. de I'ig. v, 12. || Absolument. Pardonne, par mes pleurs, au feu qui me commande, regnier, Élég. 2. Il ne faut que j'attende Ni pitié, ni faveur au mal qui me commande, id. ib. (. || L'heure me commande, se dit de l'obligation où je suis d'être quelque part ou de faire quelque chose à une heure dite. [| 7° Terme de guerre. Cette place fuite commande à tout le pays, c'est-à-dire qu'on ne peut , s'établir dans le pays sans s'être rendu maître île I la place. || 8° Se commander, v. ré/l. Se maîtriser. Il se commanda et contint son émotion. Dans les choses de peu si tu ne te commandes, Dis, quand te pourras-tu surmonter dans les grandes? corn. Imit. 1, il. || 9° Être obtenu par commandement. La gaieté ne se commande pas. Ce sentiment ne se cumulande point, ne dépend pas de la volonté. Il 10° Se commander l'un à l'autre, v. réfl. indirect, avoir un commandement l'un sur l'autre. Ces chefs fiers et du même âge, compagnons de guerre.... n'étaient guère propres à se commander l'un à l'autre, sEc.ru, Iliit. de Nap. va, ni.

— REM. Une colline commande la plaine, la domine; une citadelle commande la ville, la domine et peut tirer dessus de haut en bas. Une place forte commande à un pays, elle empêche qu'on ne puisse s'établir en sûreté dans ce pays.

— I11ST. xr' s. N'en parlez mais, si je nel vous cumant, Ch. de Roi. xix. Jointes ses mains, iert [il sera] vostre comandet, ib. un. Par pénitence [il] les [leur] cumande à [de] ferir, ib. lxxxvu. Je vous cumant qu'en Saragoce aillez, ib. CLXXXIX. || xn" s. [Il] Comande les mules establer, Ronc p. 8. Mais cornamlez qu'il ait ajue [aide] grant, ib. p. 35. Un mien service vous voudrai comander, ib. p. 157. Naymes chevauche, com Charles comanda, ib. p. 178. Lirois comande Guenelon à juger, ib. p. 184. À Jesu Christ tu soies comande, ib. p. 188. Se mes sires commande, nous irons voirement, Sax. XXI. Yeez-en ci la chartre, commandez qu'on la lise, ib. xxiii. Charles mande et commande que treu [nous] lui devon, ib. 25. Parles oilz Deu, fait-il, tute la guerpirai, E mun fil e mun règne tut vus comenderai, 7/i. le mart. H 6. As esteilles s'en vunt e à la tenebrur, Et se sunt comande à Deu nosire seignur , ib. 49. || xme s. Mais la comtesse de Brie, Cui commans je n'os [ose] veer, M'a commandé à chanter, auu. de sezanne, Romancero, p. 4 25. Et l'avant-garde fu commandée à Jotfroi le mareschal de Champaingne et de Romenie, villeh. clxi. Je vous commant à Dieu, qui est vrais gouvernera, Beric, iv. Et lors ferez vous ce que m'orrez [ vous m'ouïrez ] commander , id. xvn.

COM

Lors fist li rois ordener ses batailles et les comenda as dix plus preudhomes de s'ost, Chron. de Rains, p. (46. Quant la roïne vit cou, si l'en pesa, et comenda que cius [celui] t'ust pris qui cou li avoit fait, ib. p. 192. Et li juges, selonc l'estoire, Le commanda tantost à prendre Por li mener ocir ou pendre, la Rose, 56G5. Li eschieles s'en vont, es les vous aroutées; Al bon duc de Buillon ont les os [l'armée] comandées, Et il les conduit bien.... Ch. d'Ant. 11, 27. Sitost comme il commença à cheoir, il se commanda à Nostre Dame, et elle le soustint par les espaces dès que il cheï, jusque à tant que la galie le roy le requeilli, joinv. 287,||xiV s. Nulle chose il ne font de ce que il lour ensaignent ou commandent, oresme, Eth. 41. Il xvc s Puis se commandèrent en la garde [de] Notre Seigneur, et se mirent en chemin par mer, froiss. 1,1, 1 7. Après les messes, le roi commanda à toutes gens eux armer, id. i, 1, 84. || xvie s. Le gentilhomme voyant que c'estoient femmes, ne put pis faire, que de les commander à tous les diables, leur fermant la porte au visage, marg. iVbui'.xvi. On corrompt l'office du commander, quand on y obéit par.... mont, i, 59. Pythagoras, qui tant commandoit et recommandoit le silence à ses disciples, amyot, JVwma, 14. Mon honneur me commande de mourir icy, id. Sylla, 46. Il présenta son filz aux gens de guerre en le leur commandant comme son successeur et héritier, id. Démétr. 37. La ville et le chasteau sont commandez, mais l'estoffe des parapets y remédie en quelque façon, d'aub. Hist. 11, 239. Le ciel.... Qui me commande à mourir pour vos yeux, rons. 47.

— ÉTYM. Berry, c'mander, quémander; Sain- •tonge, coumander (d'après Palsgrave, au xvie siècle, on prononçait coumander) ; provenç. comandar ; catal. comdnar; espagn. comandar; ital. comandare ; du latin cum, avec, et mandare, mander, ordonner (voy. mandeh).

COMMANDERIE (ko-man-de-rie), s. f. |j 1° Espèce de bénéfice, qui appartient à un ordre militaire, et qui se donne aux chevaliers, par rang d'ancienneté, ou pour récompense de leurs services avec le titre de commandeur. Les chevaliers de Malte menèrent Zizin dans une de leurs commanderies , volt. Mœurs, 107. Nous sommes voisins d'un commandeur de Malte.... Une partie des terres de la commanderie est enclavée dans celle de notre gendre Dupuits.VoLT. Lett. d'Argental,iO oct. 1764. || 2° L'édiiice même. Là [au-dessus de Neustadt] se trouvait une commanderie ruinée où on jeta quatre bataillons, st-sim. 40, 213.

— ÉTYM. Commander.

COMMANDEUR (ko-man-deur) , s. m. || Ie Chevalier pourvu d'une commanderie dans les anciens ordres militaires. Commandeur de Malte. Seigneur commandeur, mon maître don Juan vous demande si vous voulez lui faire l'honneur de venir souper avec lui , mol. le Festin, m, 7. Le commandeur voulait la scène plus exacte; Le vicomte indigné sortait au second acte, boil. Ép. vu. L'affaire eût été plus loin, si le commandeur ne l'eût interrompu avec tant d'impétuosité qu'il fut contraint de se taire, st-évremond, Lettre au, comte d'Olonne. Il Terme de pharmacie. Baume du commandeur de Permes , ou, simplement, baume du commandeur, sorte de préparation stimulante, due à une personne qui se nommait le commandeur de Permes. j| 2" Aujourd'hui, titre d'un grade élevé dans les ordres de chevalerie. Commandeur de la légion d'honneur. || 3° Commandeur des croyants, titre que portaient les califes. || 4° Aux Antilles, celui qui est chargé de l'inspection d'une exploitation, spécialement de la surveillance des nègres. Le fouet du commandeur. Vois-tu ce commandeur, hélas ! comme eux esclave, Du fouet armé, debout sous l'arbre du chemin? Un chien est à ses pieds; lui, sur un bloc de lave, Il surveille pensif son noir bétail humain, lacaussade, cité dans J. des Débats, <4 mai 1861.

— HIST. xiii" s. Et lors refu Uters conmenderes de la terre ainz que il fust rois, Merlin, f° 52, verso. Entre frère Robert de Noers comandeor de Launei et les frères de la maison, Bibl. des chartes, 3« série, t. v, p. 87. Nous preismes quarante livres pour nos despens, et le remenant commendasmes à garder au commandeur du palais du Temple, joinv. 254. Il xvie s. Ils maintienent que, quand les grands commandent, on doit fermer les yeux et obéir: car encores que la chose fust injuste , que l'exécuteur est excusé et le commandeur responsable, lanoue, 2)7. Commandeur gênerai de toutes les armées et provinces unies, d'aub. Hist. ai, 203. L'eminence de ces haultes fortunes et comnianderosses, MONT, iv, 28. Jo'rt"t qu'il semble requis que celuy

COM

qui commande soit meilleur que ceux à qui il commande, ce disoit un grand commandeur, Cyrus, charron, Sagesse, 1, 51. Cyrus, Alexandre, Cœsar, trois grands commandeurs des hommes, id. ib. 1, t.

— ÉTYM. Provenç. comandaire , comandador; espagn. comendador ; ital. commendatore ; du latin commendatorem , si l'on considère l'espagnol et l'italien ; de commendalor et commendatorem, si l'on considère le vieux français et le provençal. Le français comandere et le provençal comandaire sont le nominatif, venant de commenddtor, avec l'accent sur da; comandeor et- comandador sont le régime, et viennent de commendatorem, avec l'accent sur to.

COMMANDITAIRE (ko- man -di - tê-r') , s. m. Il 1° ferme de commerce. Bailleur de fonds dans une société en commandite. || 2° Adj. Associé commanditaire. L'associé gérant est engagé, pour tous ses biens, envers les créanciers de l'entreprise, tandis que l'associé commanditaire n'engage que sa mise de fonds, j. b. say, Cours, 1840, t. 11, p. 77.

— ÉTYM. Commandite.

COMMANDITE (ko-man-di-f), s. f. Terme de commerce. Société en commandite, ou, simplement, commandite, société où l'on prête seulement son argent, sans faire aucune fonction d'associé et sans avoir aucune responsabilité. L'association en commandite est une manière de prêter aux entreprises industrielles, j. b. say, Cours, 1840, t. 11, p. 77. Il Fonds remis par un commanditaire.

— ÉTYM. Commander, dans le sens de confier.

f COMMANDITÉ, ÉE (ko-man-di-té, tée) , part. passé. Commandité par des bailleurs de fonds.

f COMMANDITER (ko-man-di-té) , v. a. Fournir à un commerçant, à un industriel, les fonds nécessaires à une exploitation, moyennant une part d'intérêts dans les profits , mais sans contracter soimême aucune obligation commerciale.

— ÉTYM. Commandite.

f COMMAT1SME (ko-mma-ti-sm'), s. m. Terme de grammaire très-peu usité et signifiant le style coupé.

— ÉTYM. Comma.

COMME (ko-m'), adv. || 1° De la façon que, ainsi que, de même que, autant que. Les métaux précieux, comme l'or, l'argent, sont moins utiles que le fer. Une àme comme la sienne. Une sorte de bras dont il s'élève en l'air Comme pour prendre sa volée, la font. Fabl. vi, 5. Les éclairs de ses yeux Étaient comme d'un tonnerre, malh. 11, 2. Mars.... N'a rien de si tragique aux fureurs de la guerre. Comme ce déloyal [l'Amour] aux douceuis de la paix, id. vi, 5. Il y a des héros en mal comme en bien, larochef. Max. 185. Mais un monarque enfin comme un autre homme expire, corn. Nicom.iv, 3. J'admire deux choses, le flegme de celui qui a tout remué, comme l'embarras de ceux qui n'ont rien fait, la bruy. i. Vouloir être justes et ne voir, autant qu'on le peut, les choses que comme elles sont, volt. Lett. Mme du Defjant, 29 juillet I77t. Les peuples, comme les nommes, ne peuvent être heureux que dans un état de calme, et loin des grands efforts qui supposent de grands besoins, thomas, Essai sur les éloges, ch. 23. La reconnaissance est le plus doux comme le plus saint de nos devoirs , id. ib. Si votre roi revient dans ses États comme et dans le temps que je vous ai dit.... fén. xxi, 447. Mais tu n'aimes qu'un temps comme notre hirondelle, Moi , je t'aime comme je vis, v. hugo, Odes, iv, 7. Dieu, dont elle a tant de crainte, au moins comme elle dit, Régnier, Elég. 3. Mais je n'en ai point vu de faux, comme je crois, mol. l'Étour. 11, 6. Notre heureuse pécheresse n'est pas timide dans le bien , comme elle ne l'avait pas été dans le mal, mass. Car. Pécheresse. || Comme entre dans la multitude infinie de comparaisons brèves qui donnent au style de la conversation un caractère original et plaisant. Traité comme un chien. Rire comme un bossu. Muet comme une tanche. Crier comme un aveugle. || Tout comme, tout pareillement. Vous vous en apercevrez tout comme moi. Il Familièrement. C'est tout comme, c'est la même chose. C'est justement tout comme: La femme est en effet le potage de l'homme, mol. Éc. des /'. 11, 3. Il Dans cet emploi, quand comme est suivi d'un infinitif, on intercale d'ordinaire la préposition de; pourtant l'omettre ne serait pas une l'au'e. Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sollise, la bru Y. xi. Rien ne rafraîchit le sang comme de secourir les malheureux, vûi.r. Lett. Boisgelin, mais I7U7. Bien ne la console comme d'entendre parler du Dieu qu'elle a aimé, mass. Car. Mort. \\ Comme il faut, précédé d'un mot exprimant commandement, signifie qui oblige, qui contraigne. Ayez un ordre

COM

COM

COM

comme il faut que je parte. Obtenez un arrêt comme il faut que je.dorme, rac. Plaid, i, 4. || En un autre sens et dans le langage familier, un homme comme il faut, des gens comme il faut, celui, ceux qui appartiennent à la bonne société, qui ont de bonnes manières. On prononce le plus ordinairement en cet emploi, commet faut. || Comme aussi. Le contrat porté que.... , comme aussi que, etc. Son chien dormait aussi, comme aussi sa musette, la font. Fabl. ni, 3. || Comme en effet, façon de parler qui sert à confirmer. S'il est homme de bien, comme en effet il est. On emploie aussi comme sans en effet, dans le même sens, et en répétant le verbe être. Quand je ne serais pas votre serviteur comme je suis. Puis étant son mérite infini comme il est, Malherbe, dans vaugelas, Hem. || Comme si, de même que si. Bien des hommes vivent comme s'ils ne devaient jamais mourir. Comme si d'occuper ou plus ou moins de place Nous rendait, disait-il, plus ou moins importants, la font. Fabl. vin, 15. Et comme s'ils vivaient des misères publiques, Pour les renouveler ils font tant de pratiques Que qui n'a point de peur n'a point de jugement, malh. 11, 1. || Un homme comme lui, un homme de .son mérite, de son rang, etc. || Familièrement. Comme cela, qu'on prononce ordinairement comme ça, ni bien ni mal. Comment se porte-t-il? Comme cela. || 11 est comme cela, c'est son caractère. || Comme qui dirait, en quelque sorte, une sorte de.... Il portait sur sa tête comme qui dirait un turban. Cette locution a été condamnée par des grammairiens; mais, outre qu'elle est ancienne (voy. l'historique), elle n'a en soi rien d'incorrect, et elle s'explique par une ellipse. 11 a taillé ce bout de bois comme qui taillerait une plume, c'est-à-dire comme le taillerait celui qui taillerait une plume; il porte sur la tôle comme qui dirait un turban , c'est-à-dire il porte comme dirait celui qui dirait un turban. || Commeça! Terme de marine. Commandement fait à un timonnier de maintenir la barre du gouvernail, de manière à ce que le navire dévie le moins possible du point où se trouve le cap. || 2° Presque, quasi, en quelque sorte. Ce sens n'est qu'une extension du précédent et s'explique par une ellipse : Ce fut comme un éclair, c'est-à-dire ce fut de la façon que serait un éclair. Enfin on abjurait le monde où l'on avait reçu sa première naissance, pour se vouer totalement à l'Église, où l'on prenait comme une seconde naissance, pasc. Comparaison des chrétiens. Le ciel en sa faveur produit comme un miracle, mol. l'Étour. v, 14. On se donne à Paris, sans se parler, comme un rendez-vous public, mais fort exact , tous les soirs , au cours et aux Tuileries, pour se regarder au visage et se désapprouver les uns les autres, la bruy. vu. C'est une offrande comme encore souillée qu'on va mettre sur l'autel, mass. Panég. St Benoit. Un goût qu'on apporte comme en naissant et qui semble ne pouvoir venir que du maître de la nature, id. Car. Vocation. La suite ordinaire et comme infaillible d'une vie pécheresse, c'est la mort dans le péché, id. ib. linpénit. finale. Tout ce qui s'y décide sans nous et comme malgré nous ne peut tarder d'être désavoué de nous-mêmes, id. ib. Vocation. Des fautes qui lui sont comme inévitables, id. Car. Fausse confiance. Je pourrais même aller plus loin et vous demander si l'innocence de la vertu ne vous eût pas été comme plus naturelle, plus douce, plus aisée que le dérèglement du vice, id. ib. Le désir de souffrir pour Dieu fut comme sa passion dominante, i-LËCHiER, Panég. il, p. 260. Le pardon qu'elle obtenait lui était comme un nouveau lien qui l'attachait, id. ib. p. 261. 11 n'y a eu rien ou comme lien de pillé dans la ville, pelliss. n, 257. 1 1 3° Eu qualité de. On le cite comme le plus savant helléniste. Regarder la chose comme faite. Elle [l'âme] comprend qu'elle ne doit plus penser ici-bas qu'à adorer Dieu comme créateur, lui rendre grâce comme redevable, lui satisfaire comme coupable, le prier comme indigente, pasc. Conv. du pécheur. Comme à de mes amis il faut que je te chante Certain air que j'ai fait de petite courante , mol. Fdch. i, 5. Un gentilhomme français, qui, comme curieux d'obliger les honnêtes gens, a bien voulu prendre ce soin, mol. Sicilien, n. Comme sage, J'ai pesé mûrement toutes choses, id. Tart. n, 2. || 4° De quelle manière, par quels moyens. Je ne sais comme il me sera possible de m'accommoder au lemps, vaug. Q. C. 369. Voilà comme l'amour succède à la colère, corn. Rodog. m, i. Jesaistrop comme agit la vertu able, id. Hor. iv, i . J'ai su par son rapport, el je n en doutais pas, Comme de vos deux fils vous portez le trépas, id. ib. v, 2. Et je vous montre à tous par

là comme il faut vivre, id. Poly. v, 2. Afin d'être témoin, comme après nos débats Je chéris sa mémoire et venge son trépas, id. Pomp. ni, 4. Mais je ne comprends pasloute cette conduite, Ni comme à cet éclat la reine vous contraint, id. Nicom. m, 3. Montrez-lui comme il faut s'endurcir.... iD. Cid,i, M. Un cœur né pour servir sait mal comme on commande, id. Pomp. iv, 2. Je vais savoir comme enfin tout se passe, id. Hor. ni, 3. Qui sait comme en ses mains ce portrait est venu? mol. Sgan. a. Je m'étonne comme le ciel les a pu souffrir si longtemps, id. Don Juan, v, i. Qu'importe comme ils parlent, pourvu qu'ils me disent ce que je veux savoir? id. Poure. n, 12. On n'est pas en peine sans' doute comme il faut faire pour vous louer, m. /./>. dédie, de VÉc. des f. Je ne sais comme il est demeuré sur ma table, id. D. Gare, n, 6. à peine pouvez-vous dire comme il se nomme, id. Mis. i, t. On ne savait comme en venir à bout, la font. Court. Voici comme, à peu près, Esope le raconte, la font. Fabl. vi, t. Je t'attraperai bien, dit-il [l'ours] ; et voici comme, Aussitôt fait que dit, id. ib. vin, 10. Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature. L'âne un jour pourtant s'en moqua, Et ne sais comme il y manqua : Car il est bonne créature, id. ib. vin, 17. Il rêve la veille par où et comme il pourra se faire remarquer le jour qui suit, la bruy. xiii. Je lui demandai comme il se portait, sév. 125. Prenez bien garde comme je parle, boss. Lett. abb. 104, Voilà comme je crus étouffer ma tendresse, rac. Amlr. i, 1. Le voyez-vous comme il vole ou à la victoire ou à la mort? boss. Louis de Bourbon. Voilà comme il conserva son innocence dans le grand monde, fléch. Panég. i, p. 353. Écoutez comme l'apôtre consolait autrefois les premiers fidèles , mass. Car. Mort. [Ils] Nous ont assez appris comme on peut la dompter, volt. Tancr. i, i. Je ne sais point encore comme on manque de foi, id. OEdipe, m, 2. || Interrogativement. En cet emploi il a vieilli. Comme y fournirez-vous, quand il aura vingt ans? malh. iv, 1. Comme échapperons-nous en des nuits si profondes? id. u, \. Comme â-t-elle reçu les ofi'res de ma flamme? corn. Pomp. m, 3. Albin, comme est-il mort? id. Poly. m, 5. Comme est-ce que chez moi s'est introduit cet homme? mol. Éc. des f. n, 2. || Comme que, avec le subjonctif, de quelque façon que. L'abbé d'Estrées se promettait je ne sais comme une fortune, en se cramponnant, comme que ce fût, dans son triste emploi, st-sim. -131, 199. Tout ce qu'on fait par autrui se fait mal, comme qu'on s'y prenne, j. j. rouss. Ém. iv. Comme qu'on s'y prenne, il est impossible qu'on en vienne à bout, id. ib. n. Comme que je fasse, il m'empoisonnera, id. Conf. i. || Familièrement. Dieu sait comme, locution qui signifie médiocrement, assez mal. Et peu d'amis, même amis, Dieu sait comme, la font. Faucon. Je croyais voir le président Faire bâiller en répondant Que l'on vient de perdre un grand homme, Que moi je le vaux, Dieu sait comme, hérang, Acad. et Cav. Léandre me fait lui prêter De l'argent qu'il rend Dieu sait comme! id. 3' mari. || Comme quoi, de quelle façon. Voilà comme quoi il est fort dangereux d'avoir demi-étudié, balz. lie. m, lelt. 9. Vous savez comme quoi je vous suis tout acquise, corn. Rodog. i, 7. Comme quoi est aussi interrogatif mais très-peu usité en cet emploi. Comme quoi n'ètesvous pas persuadé? || Comme quoi est de difficile explication. Comme a parfois le sens de comment; et l'on dit, interrogativement, ayant mal entendu: comme quoi? Cette étoffe est comme du satin ; si on a mal entendu, on dira dans le langage très-familier : comme quoi? Comme quoi est devenu de la sorte une locution faite, qui s'est introduite pour ne signifier rien de plus que comment. || 5° Combien, à quel point. Comme il est changé! Vous voyez comme il travaille ! Comme il est bon ! Comme il est aimable ! Vous ne croirez jamais comme chacun l'admire, corn. Cid, iv, t. Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandre! mol. M éd. m. lui, ni, 7. Et par la fermeté dont ce cœur est armé, Titus, tu connaîtras comme il t'aurait aimé, volt. Brutut, iv, 3. || 6° Conj. Quand, dans une période , deux membres expriment une comparaison, comme se met au commencement du premier, et le second a pour corrélatif ainsi, quelquefois aussi, et d'autres fois n'a point de corrélatif du tout. Comme la raison n'a plus de frein, ainsi l'erreur n'a plus de bornes. Comme il est inconstant dans ses projets, aussi voit-on qu'il réussit rarement. Et comme elle a l'éclat du verre, Elle en a la fragilité, corn. P"Iij. iv, 2. Et si c'est un bienfait qu'il faut rendre aujourd'hui , Comme il parla pour vous, vous parlerez pour lui, id. Pomp. i, 1. Comme nous

devinons, vous pouvez deviner, id. Suréna, iv, 3. Comme tout est pur à ceux qui sont purs, tout devient souillé à celui qui l'était déjà par sa transgression, mass. Car. Danger des prospérités temporelles. || 7° Dans le temps où, au moment où. Comme il était à Paris, la révolution éclata. Comme il fut sorti de Delphes eV qu'il eut pris le chemin de la Phocide, la font. Vie d'És. Comme il eut aperçu que, dans ce mélange infini de sectes, le plaisir de dogmatiser sans être repris était le charme qui possédait les esprits.... boss. Reine d'Anglet. Comme il fut arrivé à un pont, Pomponius et Licinius, pour faciliter sa fuite, firent ferme les armes à la main, vertot, Révol. rom. liv. îx, p. 359. On dit que, comme on lui eut amené un cheval, un peu avant que le combat commençât, il tira son épée, le tua, et, se tournant vers ses soldats.... id. ib. liv. xi, p. 143. Vers le soir, comme elle était seule avec Virginie, il entra chez elle un grand homme vêtu d'une soutane bleue, bern. df. st-p. Paul et Virginie. || 8" Parce que, vu que, puisque, attendu que. Comme ses raisons paraissaient bonnes, on s'y rendit. Comme notre héros se voit près d'achever, C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver, corn. Hor. îv, 2. Et comme pour toi seul l'amour veut que je vive, id. Ginna, ni, 4. Et comme à l'échauffer j'appliquerai mes soins, id. Nicom. i, 5* Comme toute disgrâce peut leur arriver [aux hommes], ils devraient être préparés à toute aisgrâce, la bruy. xi. || Comme signifiant vu que et dans le temps où, peut être remplacé par que dans les membres de phrase subséquents. Comme vous êtes un fort galant homme, et que vous savez comme il faut vivre, mol. Mar. for. 4. Comme elle possédait son affection.... et que son heureuse fécondité redoublait tous les jours les sacrés liens.... boss. Reine d'Anglet. || Proverbe. Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire celui qui n'a aucune prévoyance éprouve des désappointements de toute nature.

— REM. 1. 11 faut prendre garde à l'emploi de comme avec une négation; ce qui amène parfois de l'amphibologie. Ainsi dans cette phrase : la terre ne produit pas comme la mer des animaux qui..., cela peut vouloir dire : ou que ni la terre ni la mer ne produisent des animaux qui.... ou : la terre, à la différence de la mer qui en produit, ne produit pas des animaux qui.... Il faut donc éviter cette tournure dans les cas où le sens n'est pas clairement déterminé. || 2. Comme quoi est nouveau et bien reçu, pour dire comment, dit Marg. Buffet, Observ. p. 70, en 1668. Vaugelas observe aussi que cette locution n'est pas ancienne. Thomas Corneille ajoute qu'elle a déjà vieilli. .Mais depuis elle est rentrée dans l'usage. || 3. Comme ainsi soit que est une locution qui encore usitée au commencement du xvne siècle, mais qui depuis lors est tombée en désuétmle. Voyez-en des exemples dans l'historique, auxvr siècle. Ellesignifie : commeilestvrai que.... || 4. Comme s'est dit après autant, aussi, tant, si. Ce n'est pas tant le mouvement comme l'action qu'il faut prendre, desc. Diopt. 1. Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, corn. Poly. ta, 3. Ma foi, vous en tenez aussi bien comme nous, id. le menteur, v, i . Il n'est rien de si beau Comme Caliste est belle, malh. v, 12. Mais en quel autre cœur est la douleur si vraie Comme elle est dans le mien? id. vi, 11. Cette construction r.e s'emploie plus, du moins dans le style ordinaire; car, en vers et dans le style élevé, elle serait acceptable et ne paraîtrait pas surannée. || 5. Comme tout est une locution populaire, depuis longtemps condamnée et qui n'a rien en sa faveur. Voici un terme des plus barbares ou bien des provinciaux tombent : ils diront : cet homme est riche comme tout; il faut dire : est très-riche, marg. buffet, Observ. p. 75, en <668. || S. Comme de juste, pour dire comme il est juste, est une locution populaire qu'il faut aussi écarter. De juste n'est pas français et ne le devient pas davantage pour être joint à comme,

— HIST. ixe s. Si cum on, per dreit, son fradra [frère] dist [doit], Serment. || xe s. Enz en T fou la getterent. com arde tost, Eululie. Si astreient [seraient] li Judei perdut, si cum il ore sunt, Frogm. de Valérie, p. 468. || xie s. Pur tant cum il pussent le dreit servise faire, L. de Guill. 33. Conseilez meicume mi home saive, Ch. de Roi. n. Terres et fiés [fiefs] tant cum vous en vuldrez , ib. v. Par main [matin], en l'aube, si cum li jorz esclaire, ib. lu. Si cum il put, du pin est avalet, ib. lxxix. Cum il le vit. à ferir le [il] désire, ib. cxn. Cum [comment] faitement lui manderons novelles? ib. cxxvi. Pour ce sont Franc si fier cume lion, ib. cxl. Laissez les morz tout ainsi cum il sont, ib. clxxiv, Cum il entrèrent

COM

COM

COM

chambre voltice, Il firent.... ib. cxci. Cum dechera [déchoira] ma force et nia baldur! ib. cciv. || xir' s. Si voiremwit com nous bien le créons, / ,-. p. 48. Com s'el m'eùst dedenz son corps porto, p. 16». Aussi com vous le me poez douer, Quant vous plaira, le me poez retraire, Couci, II. Si con fait nés [nef] que vens guie [guide], ib. H. Tant con [je] fu miens [je m'appartins], [elle] ne me fist se bien non, ib. vi. Mais se clamer m'i vostre ami, Comme [il y] auroit ci très glosecoursl ib. vu. De ceste amor qui tant me ener, Ne voi-je pas com je puisse partir, ib. x. i] me merveil con vostre cuers l'endure, ib. xi. quant je me repourpens Comme ele est bêle à veoir, ib. xn. Pour une qu'en ai haïe, J'ai dit aux folie Corne irous [irrité], quesnes, Romancero, p. 87. Lors fils] sauront comme Charles nous a le jeu parti, Sax. xxiv. || xnr s. Ha! biau sire Dieu, con grant domages ce fu que celé assemblée, qui fu i.lec, ne fust avoec les autres devant Andrenoble! vii.LEii. cxlix. Ha Dex! com périlleuse bataille, de si peu de gent encontre tant! id. clx. Comme droit hoir de France [ils] font Pépin couroner , Berte, m. Il surent aussi bien le françois de Paris Com se il fussent né au bour à St-Denis, ib. v. À vous [je] l'envoierai si com pour là gésir, ib. xm. Ainsi corne [elle] eùst deuil, [elle] prent fort à souspirer, ib. xvii. Vermeille ert [elle était] comme rose , blanche com fior de lis, i*6. xxx. Si [elle] saignoit com ce fust perceûre de clou, ib. xxxn. Ahil mère, fait-ele, com auriez cœur mari. Se vous saviez.... ib. lix. Il l'amoient [Berte] de cuer comme bien enseignée, ib. lx. || xive s. Et est semblable, comme qui IViûit comparaison d'une chose qui a ame àcelle qui n'a point d'ame, oresme, iilh. 207. ||xve s. Il a fait votre traité tout comme vous l'avez demandé, froiss.ii, m, 23. Et n'y a voit aucun, comme grand qu'il fust, qui de rien osast trespasser son commandement, ni contredire [d'Arteveile], id. i,i, 65. Je iroie volontiers assaillir ce fort chastel, comme travaillé que je sois, pour essayer si nous y pourrions rienconquester, id. i, i, i 82. Si devez savoir que la [oie fut très grande, quand [les Anglais] sçurentque [les Gascons] estoient, com durement que ce fust, arrivés et venus à port de salut, id. ii, ii, 120. Il fut '.commandé et dit que quiconque avoit prisonnier que Itanlost il l'occist, et que nul n'y fust excepté ni dissimulé, comme vaillant, comme puissant, comme noble, comme gentil ni comme riche qu'il fust, id. ii, m, 20. Et fut prouvé sur eux, si comme je fus adonc informé, id. ii, ii, 2. Il me faut regarder comme hastivement je me puisse venger de ce despit que l'on m'a fait, id. i, i, mo. Consul de Rome, qui ;stoit office comme nous dirions duc et connestable de la chevalerie, Bouciq. i, ch. 18. Ledit duc, comme il veit les portes fermées, fist saillir les gens de sa chambre, comm. ii, 7. Tout ainsi comme cecy avoit esté conclud, il fut exécuté, id. iv, 2. Se agenouilla comme a demy pied de terre, id. iv, 10. Hardy autant comme homme qui ait régné de son temps, id. v, ». 11 receut lettres comme laduchesse d'Austriche estoit morte, id. vi, 7. Estoit là avec plusieurs de ses enfans comme trois fils et ung filz, id. i, 2. Et n'estoit point si forte comme elle est à

présent, id. i, 2 Lui escripvoit comme [que] le

roy partoit, id. ib. Et tous les autres se mettoientàla suytte comme ils venoient, id. i, 3. Comme la nuyt fut toute close, on ordonna cinquante lances pour veoir où le roy estoit logé, id. i, 4. Et gaignerent une petite isle qui estoit comme au meillieu, id. i, 6. Les Lyegeois en très grant nombre de gens comme de trente mille personnes, id. ii, 2. Quand la pièce de bœuf fut comme toute depeschée, louis xi, Nouv. lxxxiii. || xvie s. Il le faisoit contourner en ung cercle, tant à dextre comme à senestre, rab. Gar. i, 23. Lesquelles façons n'accordent non plus avec la nature du sacrement comme [que] le feu avec l'eau, calv. 345. Comme ainsi soit que Dieu ne puisse recevoir aucun bien-fait de nous.... id. Instit. ni, 13. Comme leur oserions nous oster l'héritage de vie? id. ib. 359. Tout cela est autant comme s'ils plaidoyent contre Dieu, de ce qu'il a créé le monde si tard, comme ainsi soit qu'il l'eust peu faire dès le commencement, id. ib. 35). Il nous a voulu, comme en passant, signifier la grandeur de sa miséricorde, id. ib. 288. Car suyvre faut la reigle et loy de Christ, Comme il l'a baillée par escrit, marot, i, 272. La plus grosse beste qui soit, Monsieur, comme est-ce qu'on l'appelle? id. m, (44. Martin ne veut point de Catin; Je le trouve aussi fin comme elle, id. ni, 176. Que sçais-tu quel j'estois devant qu'aller à Home? Quel j'en suis retourné? quel j'ay vescu, et comme? dubell. vi, 50, verso. Comme quelques

jours aprez un de ses gents veint a mourir, mont, i, G. Comme si nulle contenance ne pouvoit representer ce degré de dueil, id. i, 7. Ils accusèrent cette pratique, comme ennemie de.... id. i, 23. Comme grant capitaine et philosophe, id. i, 28. Comme nous voyons des terres, ainsi est il des esprits, id. i, 31. Comme est-il possible d'aller? id. i, 72. Comme il feut en sa présence, il lui dict, id. i, 127. Penses tu qu'il cherche comme il se rendra plus homme de bien? id. i, 278. Il en est peu, ou comme point, qui n'aient essayé quelquesfois en eux mesmes la cruauté du tyran, la boétie. 68. Je te feray doneques de surcroist le conte comme c'est que je me prins garde de ce beau mot, id. 152. Voylà comme j'en use, id. 217. Comme le père lui demandast combien il vouloit avoir pour lui instruire et enseigner son fils, lanoue, h 3. Le mal de quoy on a bonne conoissance est comme demi guéri, id. 158. On regarde seulement comme son voisin fait, id. (67. C'estoit comme on dit : après la mort le médecin, id. 254. Et comme pourroit-il souffrir qu'on l'allast attaquer jusques dedans sa caverne, sans se défendre, comme font les bestes généreuses? id. 441. Les exemples ne monstrent pas seulement comme il faut faire, mais aussi impriment affection de le vouloirfaire, amyot, Préf. iv, 30. Comme tout le monde se trouvast estonné d'un conseil hardy et si avantageux, id. Cimon, 9. Homme consommé en tout rare sçavoir, ainsi comme ses œuvres ne laissent douter à qui les a entièrement leues, id. Préf. xxi, 48. On surnomme celle déesse Epitragia, comme qui diroit, la déesse du bouc, id. Thésée, 21. Thésée y alla comme les autres, id. ib. 5. Le menu peuple saccagea ceulx que l'on appeloit prosagogides, comme qui diroit les courratiers, id. Dion, 37. Elle ne peut trouver mary d'aussi noble maison comme elle, pour sa pauvreté, id. Cimon, 8. J'auray pitié du feu qui cause vostre perte, Pleurant vostre douleur comme l'ayant soufferte, rons. 699. Il vous fera pardon, il est dieu débonnaire, Et, comme les humains, ne tient pas sa colère, id. 870.

— ÉTYM. Bourguig. queme; Berry etSaintonge, coume (d'après Palsgrave, p. 57, au xvie siècle on prononçait coume); provenç. com, co, cum; anc. catal. anc. espagn. anc. portug. anc. ital. com; espagn. et portug. mod. como; ; itai.mod. corne; sicil. cornu; du latin quomodo, composé de quo et modo: de la façon que, en quelle façon. Ce qui écarte tout à fait de l'étymologie la conjonction latine cum, ce sont les formes corne, como, incompatibles avec elle. Si l'on passe en revue les exemples depuis le ixe siècle jusqu'au xvie siècle, on verra que, dans les siècles antérieurs au xvie, cum, com ou comme pourrait être remplacé par quomodo soitdirectement, soit par une dérivation d'idée facile à saisir; mais qu'à partir du xvie siècle, comme est assimilé à la conjonctionlatine quum,et même on va jusqu'à faire régir à commele subjonctif devant l'imparfait, de même que quwmle régit en latin. Dans un texte cité duxe siècle, corne, suivi du subjonctif, a la signification : de façon que : Ils la jetèrent au feu, de façon qu'elle brûle tôt. Cet emploi se rapproche, pour le sens, de notre tournure : Obtenez un arrêt comme il faut que je dorme, rac. Plaid.

COMMÉMOUAISON (ko-mmé-mo-rè-zon) , s. f.

Terme de liturgie. Mention faite d'un saint le jour consacré à la fête d'un autre. L'Église fait commémoraison de tel saint.

— ÊTYM. Forme ancienne de commémoration.

f COMMÉMORATIF , IVE ( ko-mmé-mo-ra-tif, ti-v') , adj. Qui rappelle le souvenir. Fête commémorative. || Dans le langage médical, signes commémoratifs, les marques qu'a laissées le passé sur le corps du malade. Circonstances commémoratives, circonstances passées, tant celles qui résultent des signes commémoratifs, que celles qui ne se savent que par les aveux du malade, ou les déclarations des assistants.

— ËTYM. Voy. COMMÉMORATION.

COMMÉMORATION (ko-mmé-mo-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Cérémonie établie pour rappeler le souvenir d'un événement. La communion est une douce commémoration du sacrifice de la croix, boss. Lett. Corn. 55. Encore que ce sacrifice soit une commémoration de celui de la croix, pasc. Prov. 16. Les Béotiens en faisaient commémoration [de Cadmus] dans leurs cérémonies, volt. Mœurs, déluge. ||La Commémoration des morts, la fête que l'Eglise célèbre le jour des Morts. || 2" En général, souvenir. Je garde chèrement ce portrait en commémoration de notre ancienne amitié. || Familièrement et en plaisantant, faire commémoration de quelqu'un, en faire mention.

— hist. xvi" s. Vous ferez ceci en commémoration de moy, calv. Instit. 1088. La passion de nostre Seigneur, dont la commémoration se faisait en ces jours-là, marg. Nouv. xi.

— ÉTYM. Provenç. comemoracio ; espagn. commemoracion ; ital. commemorasione ; du latin commémorai wnem, de commemorare, commémorer.

f COMMÉMORÉ, ÉE (ko-mmé-mo-ré, rée), part, passé. Des faits commémorés par nos grands-pères. f COMMÉMORER (ko-mmé-mo-ré) , v. a. Néologisme. Rappeler au souvenir.

— ÉTYM. Le latin commemorare, de cum, et memorare, avoir mémoire (voy. mémorable).

COMMENÇANT, ANTE ( ko-man-san,san-t') , s. m. et f. Celui, celle qui est aux premiers éléments d'un art ou d'une science. L'auteur du Spectacle de la Naturo est tombé dans une méprise qui peut égarer les commençants, volt. Newt. il, t. Cette forme de leçon était plus propre à encourager les commençants, qu'il faut sans cesse distraire de ce que l'étude a de pénible par quelque attrait de curiosité ou par l'intérêt de quelque application utile, condorcet, Bucquet.

COMMENCÉ, ÉE (ko-man-sé, sée), part, passé. || 1° Une construction commencée. L'année étant commencée. Le cœur qui n'était encore que commencé à former, desc. Fœtus, 4. Serons-nous fort contents d'une pénitence commencée à l'agonie, qui n'aura jamais été éprouvée , dont jamais on n'aura vu aucun fruit? boss. Anne de Gonz. Quelle est donc sa pensée et que cache un discours Commencé tant de fois, interrompu toujours? rac. Phèd. v, 4. Elle a trois fois écrit, et, changeant de pensée, Elle a trois fois rompu sa lettre commencée, id. ib. v, 6. Je suis au comble de ma joie de voir l'affaire des Sirven commencée, volt. Lett. Beaumont, 15 sept. 1766. Pour persécuter un homme légalement, il faut du moins quelques preuves commencées, volt. Lett. d'Argental. 13 sept. 1766.|| 2° Qui a reçu les premiers éléments d'un art, d'une science. Cet élève commencé par un habile maître.

COMMENCEMENT ( ko-man-se-man ; quelques personnes prononcent ke-man-se-man; cette prononciation, qui est un provincialisme, n'est pas reçue ; du reste il est constant que nos ancêtres avaient une certaine tendance à assourdir le sonde Yo en e muet; d'après Palsgrave, p. 57, au xvie siècle, on prononçait coumanceman), s. m. || 1° La première partie d'une chose qui a étendue ou durée. Bon, mauvais commencement. Le commencement d'un livre, de l'année. Les vieillards qui lui conseillaient d'affermir les commencements de son règne, mass. Petit-Carême. Teut. des grands. Pour reprendre un fait dès ses commencements, la bruy. Théophr. 12. Dès le commencement de nos entretiens, dit-il, je me suis engagé à vous expliquer les maximes de nos auteurs pour toutes sortes de conditions, pasc. Prov. 8. Les hommes s'ennuient enfin des mêmes choses qui les ont charmés dans leurs commencements, la bruy. xi. Le poème tragique vous serre le cœur dès son commencement, vous laisse à peine

dans tout son progrès la liberté de respirer id. i.

Ce que je sais le mieux c'est mon commencement, rac. Plaid, m, 3. || Prendre son commencement, prendre commencement, en parlant des choses, commencer. La guerre prit commencement, ou prit son commencement au printemps. || Au commencement, dans le commencement, dans les premiers temps. Au commencement tout allait bien. || Au commencement que.... Au commencement que l'évêque avait seul entre les mains tout le revenu de son église, en était-il plus fastueux? mass. Cunf. Usage des revenus ecclésiast. || Dans le style de l'Écriture, au commencement, c'est-à-dire au commencement du monde. Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. || 2° Terme de théologie. Premier principe. Dieu est le commencement et la findetouteschoses.|| 3° Terme de jurisprudence. Commencement de preuve, indice qui commence une preuve, qui met sur la voiede la preuve, qui autorise à fournir lapreuve. || 4° Ébauche. Ronsard, qui de son temps a passé pour le prince des poètes français, quoique au jugement de M. de Balzac il ne soit tout au plus que la matière et le commencement d'un grand poète.... ménage, Préface aux Œuvres de Malherbe. || 5° Au plur. Les premiers développements d'un État, d'un homme. Les grandes fortunes viennent souvent de peliis commencements. Il ne faut pas prendre, de la ville de Rome dans ses commencements, l'idée que nous donnent les villes que nous voyons aujourd'hui, montesq. Rom. i. Tout le reste de sa conduite répondit à de si beaux commencements, boss. le Tellier. La plupart des hommes, pour arrivera leurs

COM

COM

fins, sonl | lesd'un grand effort que d'une

longr.fi persévérance; leur paresse ou leur inconstance leur fait perdre le fruit des meilleurs com mencements. i.a bruy. xi. Les commencements de ceux qui n'ont pour eux que leur mérite sont assez obscurs et assez lents, fonten. Dodart. || Les premières leçons ou notions d'un art, d'une science. Les commencements sont toujours difficiles. Avoir de bons commencements. Donner de bons commencements. || Proverbe. Il y a commencement à tout, c'est-à-dire il faut faire son apprentissage en toutes choses, on ne peut bien faire tout d'abord.

'— REM. On entend souvent des phrases comme celle-ci : nous allâmes demeurer tout auprès de lui, et du commencement l'on se visitait. Il faut dire : oi commencement, dans le commencement. Le bon usage n'a point adopté cette locution, bien qu'elle soit ruite comme du temps (du temps de Louis XIV), et qu'on ait dit autrefois : de commencement.

— IIIST. xir' s. Commencement de douce saison bêle, Que je voi revenir, Couci, xvm. || xnr s. Comme ele l'arrea [la trahison] dès le commencement, Berte. xcv. Ele [la dame] commence avenanment [son récit]; Or oyés le commencement, Flore elBl.M. Quant li avocat pledent por autre, il doit dire à celi qui tient le [la] cort el commenchement se [sa] parole, beaum. v, 7. || xivc s. Pour ce que riens ne vault li bons commencemens Ne li moiens [le milieu], se bons n'est li deffinemens, Çirari d lloss. v. 5969. Et semble que le commen-

! ou principe soit plus de la moitié de toute labesoigne, oresme, Eth. xi, (7. Selon Aristote, le monde est perdurable, mes en vérité il eut commencement, id. ib. 66. || xve s. [Les archers] se boutèrent au hahay, et navrèrent de commencement tout plein des" garçons des Hainuyers, fhoiss. 1,1 31. La fin en sera mauvaise; Ains que vostre œuvre soit usée; Commencement n'est pas fusée, j. ciiahtier, IHsl. de Charles VU, p. tu, dans lacurnk. L'on dit : commencement n'est pas fusée mais advantaige grant, Perceforest, t. vi, p. 84. || xvic s. Mourut ce bon capitaine el honnorable seigneur, qui ne pouvoit mourir autrement; car qui a bon commencement a bonne fin, brant. Capit. fr. t. I p. 82, dans lacurne. Zenon, tout au commencement des livres de la republique, declaroit inutiles toutes les libérales disciplines, mont, ii, 239.

— ÉTYM. Ci mm encer; Berry, c'mincemi nt , c'mèn cernent; provenç. comensamens ; catal. comensa- ■ment; anc. espagn. comenzamiento ; ital. comincia- ■menlo. L'ancien français avait aussi commencence et comensaille.

COMMENCES (ko-man-sé; quelques personnes prononcent ke-man-sé , provincialisme non reçu; le c prend la cédille devant a et o: commençant, commençons).!', a. || i'Donnercommencementàquelque chose. Commencer une construction, un discours. J'ai commencé la lecture de ce livre. Ce que j'ai commencé je ne l'achève point, rac. lphig. m, t. Notre grand tlandrin de vicomte, par qui vous commencez vos plaintes, mol. Mis. v, 4. L'on en sait d'autres qui ont commencé leur vie par les plaisirs et qui ont mis ce qu'ils avaient d'esprit à les connaître, que les disgrâces ensuite ont rendus religieux, sages, tempérants, la bruy. xi. || 2° Être au commencement de. Commencer l'année, commencer la journée, être aux premiers jours de l'année, aux premières heures de la journée. Je crains que cet enfant ne commence une maladie grave. Commencez donc par là cette heureuse journée, rac. lphig. ni, 4. || 3" Être en tète, au commencement, en parlant des choses. Le mot qui commence la phrase. || 4° Ébaucher. La nature commence avec nous ce sentiment, boss. Conn. de Dieu, iv.|| 5° Commencer un élève, lui donner les premières leçons. || Cette nourrice a commencé cet enfant, elle est la première qui lui ait donné à teter. || Terme de manège et de vénerie. Commencer un cheval, commencer un chien, commencer à dresser un cheval, un chien. || 6° V. n. Prendre commencement, en parlant des choses. Notre année commence au premier janvier. La leçon commence à telle page. Voilà qui commence bien, lui dis-je, pasc. Prov. i. Près de la borne où chaque État commence, Aucun épi n'est pur de sang humain, bérang. Sainte alliance des peuples. Ce serait ignorer sa nature, de s'imaginer qu'elle ait commencé, pasc. Pré(. vide. || Être au début, en parlant des personnes. J'ai pris ce livre pour l'étudier, et je commence. Il a mal commencé. 11 y a un jeu dans la conduite: on a commencé, il faut finir, on veut fournir toute la carrière, la bruy. xi. || Commencer par, faire d'abord, parler d'abord, s'en prendre d'abord à.... Commençons par nous

prépare: , ensuite non agirons. Ciel, que lui vais-je dire et par où commencer? bac. Phèd. i, 3. Pour commencer par Néron, il faut se souvenir qu'il est ici dans les premières années de son règne, qui ont été heureuses, rac. Brit. 2» préface. Il commence, il est vrai, par où finit Auguste; Mais crains que, l'avenir détruisant le passé, Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé, id. ib. i, t. || Commencer à avec un infinitif. Commencez par Sabine à faire de nos vies Un digne sacrifice à vos chères patries, corn. 7/or. n, g. S'il cesse de m'airaer, qu'il commence à me craindre, corn. Me'dée, i, 5. Tant de précaution commence à me lasser, ip. Sertor. iv, 2. On commence en Europe à la moins redouter, volt. Ta ncr. i,l. Après trente-trois ans sur le trône perdu-. Commençant à régner, il a cessé de vivre, corn. Sonnet sur Louis XIII. Ce n'est pas être transporté d'un lieu à un autre que de commencer à entendre ce qu'on n'entendait pas, boss. Connaiss. iv . 1(>. La vie est un sommeil; les vieillards sont ceux dont le sommeil a été plus long; ils ne commencent à se réveiller que quand il faut mourir, la bruy. xi. || Commencer de. 11 a commencé d'écrire sa lettre. Albe où j'ai commencé de respirer le jour, corn. Hor. I, 1- Vous avez commencé tantôt d'y consentir , id. He'racl. v, g. Puisque j'ai commencé de rompre le silence.... rac Phèd. il, 2. Ma vie à peine a commencé d'éclore, m. Esth. i, 5. Ses transports dès longtemps commencent d'éclater, id. Brit. m, 3. Je commence d'avoir plus d'espérance de mon retour que je n'en avais eu jusqu'ici, voit. Lett. 37. Le conte qu'il a commencé de faire à quelqu'un, la bruy. xi. Le Vésuve ne commença d'être un volcan dangereux que quand l'Etna cessa de l'être, volt. Mœurs, Introd. chang. Ô rives de la Saône, où ma faible paupière À la clarté des cieux commença de s'ouvrir , Lieux où l'on sait au moins respecte'r l'innocence, Vous ne me verrez plus!.... gilb. Le poète malheureux. Avant d'avoir commencé de vivre, j. j. rouss. Ém. n.... tout ce qui pense et tout ce qui respire Commença de souffrir, lamart. Méd. i, 7. 11 commença d'exercer son ministère, EOSS. Ilist. n, 10. Un loup qui commençait d'avoir petitepart....LA font. Fabl. m, <.La renommée enfin commença de se plaindre , la font. Fabl. vi, 20. Nous commençons de vivre par degrés, et nous finissons de mourir comme nous commençons de vivre, buff. De ta vieillesse et de la mort. Le roi Henri VIII commença d'ébranler l'autorité de l'Église, boss. Reine d'Anglet. Et déjà mon rival commence de paraître, mol. D. Gare. v. 3. Nous commençons d'être connues, id. les Précieuses, 12. À demi-lieue de là, Létoile commença de se plaindre, scarr. Rom. com. n , 12. |] Impersonnellement. Il commence. Il commence à pleuvoir. Il a commencé à faire nuit. || 7° Se commencer, v. réfl. Prendre commencement. Cette étude , cet apprentissage doit se commencer de bonne heure, si l'on veut réussir. || Proverbes. N'a pas fait qui commence, c'est-à-dire il ne suffit pas de commencer, il faut poursuivre et continuer. Dans un sens analogu : A moitié fait qui commence bien.

— REM. Les grammairiens ont essayé de distinguer entre commencer à et commencer de, disant par exemple que : Cet enfant commence à marcher signifie que l'enfant prend l'habitude de faire des pas, et que : Cet enfant commence de marcher signifie que l'enfant, qui était immobile, se met à faire des pas. Cette distinction subtile n'est pas justifiée par l'usage des auteurs.

— HIST. xc s. Quant oi comenciest [quand vous commencez aujourd'hui], Fragm. de Valenc. p. 469. || xi" s. [Il] baisse son chef, si cumencet à penser, Ch. de Roi. ix. Que je ne fu à l'estor cumencer, ib. clxxiii. || xne s. Commenciez est li dex [deuil] et li estriz, Ronc. p. 72. Toutes ses plaies comencent à saigner, ib. p. 96. Moût fait l'amors que vilaine, Qui comence por faillir, Couci, iv. En aventure [peut-être] [je] comens Ma daerraine chanson, ib. xv. Et la mauviz [alouette] qui commence à tentir, ib. xvm. Au commencier [je] la trovai si doucete, ib. vi. Quand il commençai! à régner, Rois, p. 41. || xme s. Et nostre sires les en commencha mains [moins] à amer que il n'avoitfait, vili.eh. cviii. A ce tems dont vous ai l'histoire commencie, Berte, il. Lors commence la dametenrement à plorer, ib. xliii. || xve s. Folie parmaintenue vaut pis que folie commencée, froiss. n, m, 38. Il m'apperceu, si commença à rire, ch. d'orl. to. Et luy commença la parolle disant, comm. i, 12. ||xvi* s. Peu de temps aprez elle commencea à souspirer, lamenter et crier, rab. Garg. i, g. Lors commencea le monde attacher les chausses au pourpoinct, id. ih. i, 8. S'ils com-

mencent une fois de la reputer selon leurs œuvres, cai.v. Instit. 6)8. Depuis mercredi, madame s'est trouvée beaulcoup plus mal qu'elle n'avoit esté despuis qu'elle a commencé à se lever, marg. Lett. XL. J'ay commencé de les mettre en roolle, mont, i, 33. Les oracles avoyent commencé à perdre leur crédit, id. i, 42. Les voiles aegyptiennes, qui commençoient à les approcher, in. i, 63. Et , pour commencer à luy oster son plus grand advantage, id. i, 76. Que l'amitié commence de ce jour d'huy entre nous, id. i, 130. Encore l'injuria il bien plus oultrageusement, et ce en une chanson, qui se commence, ô muse! id. Thêm. 4t.

— ÉTYM. Berry, Émincer , c'mencer; Saintonge , coumencer, coumincer ; bouiguig. quemancé; provenç. comensar, comenchar ; catal. comensar ; anc. espagn. compenzar, avec un p intercalaire; espagn. mod. comensar; portug. comesar; anc. ital. comenzare ; ital. mod. cominciare; du latin cum, et initiare, commencer (voy. initier).

f COMMENCEUR (ko-man-seur), s. m. Celui qui commence.

— HlST.xv's.Saintré, qui jàestoit en point comme le commenceuret entrepreneur de l'emprinte, monta à cheval, J. de Saintré , 3:3.

— ÉTYM. Provenç. cnmensaire , comensador ;ital. cominciatore. Dans le provençal, comensaire est le nominatif, et comensador le régime.

COMMENDATAIRE (ko-man-da-tê-r'), adj. Qui tient un bénéfice en commende. Abbé co mmendatai re, ecclésiastique séculier nommé par le mi aux abbaye> en commende. || Qui est tenu en commende. J'allai me réjouir avec M. de la Trappe [de Rancé] de la solidité que le roi venait de donner à son ouvrage; c'était une abbaye commendataire de 1 1 ooo ou 12000 livres de rente, st-sim. 32, 1 17. Les abbayes commendataires allaient à 4 500 ooo livres, volt. Louis XIV, 3."..

— ÉTYM. Commende.

1. COMMENDE (ko-man-d*), s. f. || 1° Originairement, la provision d'un bénéfice qu'on donnait à un séculier pour en jouir par économat, en attendant qu'un en eût pourvu un titulaire. || Plus tard, titre de bénéfice donné par le pape à un ecclésiastique séculier ou à un laïque nommés par le roi (il s'agit des bénéfices ecclésiastiques qui étaient à la nomination du roi, depuis le concordat de Léon X et de François Ier)- Une abbaye en commende était celle où le roi nommait un ecclésiastique séculier, qui jouissait, en vertu de cette faveur, d'un tiers du revenu, sans aucune autre obligation que d'en faire un bon usage: des deux autres tiers l'un restait à la communauté, et l'autre devait être employé aux réparations de l'église et aux aumônes. Les cardinaux, les premiers ministres, les princes du sang, qui l'eurent en commende [Cluny] , prétendirent les mêmes droits que les abbés réguliers, st-sim. 279, 16. [| 2° Par extension. C'était une coutume dans l'Amérique espagnole de réduire les Indiens en commende et de les sacrifier aux travaux des mines, chateaub. Génie, iv, iv, 4.

— HIST. xvic s. Le pape ne peut lever aucune chose sur le revenu du temporel des bénéfices sous prétexte d'emprunt, impost, vacant, incompatibilité, commande, neufiesme, décime.... p. pithol , 14.

— etym. Bas-lat. commenda, de commendare (voy. commander).

2. COMMENDE (ko-man-d'), s. f. Terme de pêche. Voy. commande.

f COMMENDER (ko-man-dé) , ». a. Donner un bénéfice en commende.

— ÉTYM. Commende. ■

COMMENSAL (ko-mman-sal), s. m. || 1" Chacun de ceux qui mangent habituellement à la même table. C'est mon commensal. Nous sommes cummensaux. Nos commensaux ont fait faux bond, sEv. io. L'un qui se piquait d'être Commensal du jardin, l'autre de la maison, la font. Fab. m, 12. Bertrand avec Raton, l'un singe, l'autre chat. Commensaux d'un logis, avaient un commun maître, id. ib. ix, (7. ||^u (ém. La mouche voltige impunément autour du maître des animaux dont elle se fait la commensale malgré lui, bern. de st-p. Ilcrtn. liv. n, Anim. || 2° Officier de la maison du roi ayant bouche à la cour en temps de service.

— HIST. xvie s. Commensal ( rendu en anglais par boorder that gothe to borde), palsgr. p. 199.

— ÉTYM. Com, avec, et mensa, table; espagn. commensual.

COMMENSALITÉ (ko-mman-sa-li-té), s. /".|| ^Qualité de commensal. Notre commensalité a duré trois ans. Sa commensalité est fort agréable. Il [Humboldt] frappe fort sur le roi de Prusse avec lequel il

COM

COM

a dîné, auprès duquel il couche a Potsdam; cette commensalité, cette domesticité le gênaient, il en tire vengeance, ru. chasles, J. des Débats, 20 mai (860. || 2" Droit dï tic commensal à la table du SOU verain. L'Académie française jouissait du droit de commensalité.

— hist. xvie s. Est avisé que partie n'y sera point venue [devant un tribunal], selle ne dit qu'il est son conseiller, advocat procureur ou solliciteur et

commensalité, Ordonn. des ducs de Bretagne, •;- 19'», dans LACUHNE.

— ÉTYM. Commensal .

COMMENSI'RABILITË (ko-mman-su-ra-bi-li-té),

s. f. Terme de mathématiques. Qualité d'être commensurable.

— ETYM. Commensurable.

COMMENSURABLE (ko-mman-su-ra-bl'), adj.

Terme de mathématiques. Qui a une mesure commune, c'est-à-dire où cette mesure peut s'appliquer exactement un certain nombre de fois. Ainsi la toise ancienne et la brasse ou pas géométrique étaient commensurables parce que la toise valant six pieds, I i brasse en valait cinq; et qu'ainsi le pied était la commune mesure de l'une et de l'autre. Au coule côté d'un carré et sa diagonale ne sont pas commensurables, parce qu'il n'y a pas de longueur, si petite qu'on la suppose, qui s'applique un nombre de fois juste sur tous les deux. C'est par la monnaie que les biens d'espèces diverses deviennent commensurables, j. j. bouss. Ém. ni.

— HIST. xive s. Aussi est ce simplement impossible que le dyametre du quarré soit commensurable à son eosté, ohesme, Thèse de meunier.

— êtym. Com, et mensurable, inusité, de mensvr rabilis, mesurable (voy.ee mot).

f COMMENSIRATION (ko-mman-su-ra-sion), s.

f. Terme de mathématiques. Recherche d'une commune mesure entre deux grandeurs.

— HIST. xivc s. Qui excède et passe la commensuration et proporcion qu'il doit avoir, okesme, Thèse

de MEUNIER.

— ÉTYM. Com, et mensuration.

COMMENT (ko-man), adv. || i" De quelle sorte, de quelle manière. Voulez-vous savoir comment il faut donner, mettez-vous à la place de celui qui reçoit. || Je suis, je me trouve tout je ne sais comment, je suis dans un état de santé ou d'humeur qui n'est pas le bon état de santé ou d'humeur. || Comme, à quel point. Vous ne sauriez croire comment l'erreur s'est répandue, et de quelle façon chacun s'est endiablé à me croire médecin! mol. Mid. m. lui, m, ). || 2° 11 exprime l'interrogation, et signifie de quelle manière, par quel moyen. Comment en un plomb vil l'or pur s'est-il changé? rac. Athal. m, 7. Comment se sont-ils vus"? depuis quand? dans quels lieux? îD.Vhèd. iv, 6. Et je saisque de moi tu médis l'an passé.— Comment l'aurais-je l'ait si je n'étais pas né? la pont. Fabl. i, to. Une femme.... qui vécut toute sa vie en péché mortel et mourut enfin en cet état, et qui ne laissa pas d'être sauvée par le mérite de cette dévotion. Et comment cela, m'écriai-je? c'est, dit-il, que notre Seigneur la fit ressusciter exprès, pasc. Prov. 9. || Comment. ... ipie, locution dans laquelle autrement est sous-entendu, et qui signifie : comment.... si ce n'est. Comment réparerez-vous vos plaisirs illicites, qu'en vous abstenant...? m ass. Carême, Jeûne. || Comment? que dites-vous? Se dit quand on n'a pas bien entendu ou bien compris. || Pour quelle cause? pour quel motif? Comment vous êtes-vous avisé de venir ici? Comment n'avez-vous pas appréhendé.... || Expression d'étonnement. Comment! est-il donc vrai qu'il soit mort? mais, mon père, qui répondra pour le P. Barry? Comment! dit le père, il est de notre compagnie [les jésuites] ; et ne savez-vous pas encore que notre société répond de tous les livres de nos pères? pasc. Prov. 9. || 3° S. m. Le comment, la manière dont la chose s'est faite. Ainsi je n'irai plus ravir si loin de moi, Dans les secrets de Dieu, ces comment, ces pourquoi, lamart. Mèd. i, 20. Cet admirable ouvrage de l'institution d'un prince [de M. du Gué] , dont on voit le comment dans le court avertissement qui se trouve au devant de ce livre, st-sim. 87, I3:t. Il Le comment et le pourquoi, en langage philosophique, désignent le premier lescon- Uilions qui font que les choses sont comme elles I ont, le second l'enquête téléologique de l'origine des choses. L'esprit humain est apte, dans une certaine limite, à trouver le comment des choses; le pourquoi lui est interdit. || 4° Comment que, de quelque façon que. Locution vieillie. Toutes ces gardes, comment qu'elles soient établies, ne sont point difficiles à passer, p. l. cour, il, 186. —HIST xi" s. Cument qu'il seit [quoi qu'il en soit] ,

[il] ne se veut celer mie , Ch. de Roi. ^clvii. Deus sait assez cument la fins en ert [sera], ib. ccxxxxn. Il xiie s. Si m'aiderez de Rollant le marquis, Cornent il soit engonbrez et ocis, Ronc. p. 30. Et cil respondent: Comment les severons? ib. p. 154. Coument que je me desespoir, Bien m'a Amours guerredonné, Coud, m. Comment que longue demeure [j'] Aie l'aile de chanter, Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doive retourner, ib. iv. Beauz sire Diex, comment porrai avoir Vraie merci, que tant aurai requise? ib. xvn. Comment me peut li cuers au cors durer, Qu'il ne s'en part? ib. xxii. Il n'est pas droit que l'on me desconfise; Et si dirai bien la raison comment, qufsnes, Romancero, p. 89. Oï avez de Karle le mortel encombrier, Comment il a perdu Rolland et Olivier, Sax. vi. || xme s. Comment que je chant ne rie, Je devroie miens plurer, aub. de SEZANNE, Rom. p. I2G. Biaus très dous fils, fait-ele, comment osas penser...? Berte, m. [je] Ne sai comment [il] otnom, ib. xi. La manière comment [elle] se porra traire arrière, ib. xn. Comment que la chose après aille, la Rose, 61G6. Mes, comment que de moiaviengne, Je li pri que il li soviengne, ib. 422). Ne fortune ne puet pas faire, Que nules des choses lor soient [soient leurs, aux hommesj , Comment que conquises les aient, ib. 6334. || xive s. Aus autres chrestiens demandèrent briefment Pour coy cilz apparailz se fasoit tellement; Et ceulx lor ont compté et pour coi et comment, Guescl. 15397. || xve s. Vous avez bien entendu en l'histoire ça devant comment le roi d'Angleterre avoit grands guerres.... froiss. 1, 1, <9i. Je vueil chevaucher contre les Anglois, et les combattre, comment qu'il soit, id. i, 1, 273. Le temps va je ne sçay comment, cn. d'orl. Bail. 52. Toutes les fois que vous voy, Je suis je ne sçay comment, id. Rond. Mais, comment que ce fust," ledit seigneur Ludovic les prit en grand amour, comm. vu, 2. || xvi" s. Comment doneques eussent peu entendre ces vieulx resveulx le texte des loiz, qui jamais ne veidrent bon livre de langue latine? rab. Pant. 11 , io. Comment Panurge raconta la manière comment il eschappa de la main des Turcqz, ID.16.11, 14. Qui ne sçai t donc Amour bandé bien paindre, Me vienne voir, il apprendra comment, marot, m, 138. 0 si je pouvois deux fois naistre, Comment je te servirais mieux ! ID. 111, 1 38. Voilà comment nostre seigneur appelle le baptesme régénération, calv. Instit. 1081. Enquiers toy là où descend le soleil, de là où il monte; cherche commentest-ce que la lune a perdu une si grande lumière, d'où est-ce qu'elle l'a di puis recouvrée, amyot, De la curiosité, 9.

— ÉTYM. Bourguig. quement; provenç. cornent; sarde, comenti. Diez le tire de quomodo mente; mente employé ici comme il l'est dans les adverbes m ment, de sorte que comment serait un adverbe formé de comme et ment, comme bonnement. On peut proposer quomodo inde, inde ayant donné ent dans l'ancien français, devenu en dans le français moderne (voy. en pronom); ce qui expliquerait que, pour un mot aussi ancien, on ne trouve jamais commentent à côté de comment; si on examine de près l'emploi de comment dans les anciens textes, on verra que l'idée de inde s'y accommode.

COMMENTAIRE (ko-rnman-tê-r'),.s. m. || 1" Suite de notes et d'explications sur toutes les parties d'un ouvrage. Cette compilation [livres sibyllins] fut publiée plusieurs fois avec d'amples commentaires, surchargés d'une érudition presque toujours étrangère au texte, que ces commentaires éclaircissent rarement, volt Dict. phil. art. Sibylle. J'en connais un dont j'ai lu un commentaiie sur Job, boss. Or. 5. Aussi ne prétends-je pas vous en faire un commentaire, id. Hist. 11, 2. Il ne faut ni réflexion ni commentaire, id. Polit. || Commentaire perpétuel, commentaire qui suit le texte phrase par phrase. || Terme de législation. Explication d'une matière en suivant l'ordre du texte législatif, par opposition au traité où l'on suit l'ordre logique. On dit en ce sens : adopter l'ordre du commentaire. |j Eigurément. Marquez cet endroit : la suite des événements vous en fera bientôt un beau commentaire, boss. Hist. 11, 4. La vie d'un écrivain distingué par une très-grande originalité est le meilleur commentaire de ses écrits, carrée. Œuvres, t. v, p. 175. Il Familièrement. Cela n'a pas besoindecommeiitaire, cela n'a pas besoin d'explication. || Point de commentaire, se dit quand on veut imposer silence à un inférieur qui s'explique ou se justifie. Il 2° Interprétation plus ou moins maligne qu'on donne aux actes et aux discours des autres. Sa con duite équivoque a donné lieu à bien des commen-

taires. Il 3" .S. m. plur. Nom qu'on d j do |;;

toires anciennes ou à des mémoires ainsi intitid. .1

l'imitation des anciens; histoires et mémoires où l'écrivain est le principal acteur. Les commentaires de César. Les commentaires de Monlluc. On n'est entré ici dans aucun détail des victoires du roi do Prusse, il les a écrites lui-même; c'était à César à faire ses commentaires, volt. Louis XV, 1 7. Alors l'ennui de six mois d'hiver, qui l'aurait retenu sur ces fleuves [laDùnaet le Borysthène], lui paraissait son plus grand ennemi, et, pour le combattre, cet autre César y eût dicté ses commentaires, ségur, Hist. de Napol. x, e.

— HIST. xvie s. Montluc a intitulé son œuvre commentaires ce qu'en nostre langue un Commines et après luy un Martin du Bellay voulurent appeller mémoires; car, pour bien dire, sans nous eslongner de nostre vulgaire françois, après avoir recité chaque mémorable exploit par luy l'aist, il apporte tout d'une suite un beau commentaire, pasquieh, Lettres, t. Il, p. 387, dans lacurne.

— ÉTYM. I.e latin commcntarius,ûe commenta ri , méditer (voy. commenter). Espagn. camentario ; ital. commentario. Auparavant on disait comment , du latin commentum. Et fist un command là-dessus [les œuvres de Denis l'aréopagite], christ, de pisan, Charles V, m, 13.

COMMENTATEUR, TRICE (ko-mman-ta-teur, tri-s'),s. m.elf. Celui, celle qui commente. Les commentateurs de la Bible. Madame, votre mari [Dacier] n'est pas le seul traducteur et commentateur, et vous êtes la seule traductrice et commentatrice, volt. Dictionn. phil. art. Scoliaste. Que tous les disciples d'Aristote assemblent tout ce qu'il y a de fort dans les écrits de leur maître ou de ses commentateurs pour rendre raison de ces choses par l'horreur du vide, pasc. Pesant, de l'air, Conclusion. || Surnom d'Averrhoès, ainsi nommé parce qu'il fut, parmi les Arabes, le commentateur par excellence d'Aristote. Il Les commentateurs, les juristes qui, à la fin du moyen âge, ont commenté les textes du droit romain.

— ÉTYM. Le latin commentator (voy. commentei;) ; espagn. eomentador; ital. commentatore.

COMMENTÉ, ÉE (ko-man-té, tée) part, passé. D'autres passages [de la Bible] étaient commentés dans le même esprit, chateaub. Nalch. 11, 215. Vous aurez incessamment le Corneille commenté, volt. Lett. Damilaville, 26 mars (764.

COMMENTER (ko-man-té). || 1- V. a. Expliquer par un commentaire. Commenter la Bible. Il a commenté le code civil. || Par extension. Se plaît à l'entretien, commente les bons mots, régnier, Sat. v. Il 2° V. n. Amplifier quelque peu par malice les faits et les choses. Il amie à commenter. || Commenter sur tout, interpréter malignement toute chose.

— HIST. xvi" s. Je ferais un registre commenté des morts diverses, mont, i, 81. G.Guerente, qui a commenté Aristote, m. 1, (94.

— ÉTYM. Le latin commentari , commenter, proprement méditer, de cum, et mens, esprit (voy. ment, suffixe); espagn. comentar ; ital. continentale.

COMMER (ko-mé), v. n. Faire comparaison. Vieux et inusité.

— HIST. xvie s. Si je ne comme bien, qu'un autre comme mieux pour moi [à propos des exemples qu'il cite], mont, i, 102.

— ÉTYM. Comme, par l'addition de la finale verbale er; c'est-à-dire : mettre comme, dire comme.

COMMÉRAGE (ko-mé-ra-j') , s. m. Propos, conduite de commère. C'était, si l'on peut s'exprimer ainsi, le commérage de la bonne compagnie, si m 1 . Corinne, liv. 1, ch. 3. Il y avait des commérages vers la maison de Socrate, chateaub. Itin. 178.

— ÉTYM. Verbe fictif commérer , de commère. C.OMMERÇABLE (ko-mèr-sa-bl'), adj. Qui peut

se négocier dans le commerce. Billets commerça blés (on dit de préférence aujourd'hui négociables). Des emprunts en viager, si souvent renouvelés par les besoins insatiables de notre gouvernement, n'auraient pu se réaliser, s' ce viager n'était pas devenu un fonds ccmmerçable, Mirabeau, Collection, t. iv, p. 265.

— étym. Commercer; espagn. comerciable.

COMMERÇANT, ANTE (ko-mèr-san. san-t') , adj.

Il 1° Qui fait le commerce. Les peuples commerçants. Ville commerçante, ville où il se fait beaucoup de commerce. || 2° S. m. Un riche commerçant. On sail combien l'intérêt particulier fascine les yeui et rétrécil l'espril ; je no dis pas seulement L'intérêt d'un commerçant, mais d'une compagnie, mais d'une ville, volt, louis XIV, 29. On peul juge avec quelle idolâtrie le czar Pierre foi reçu [en Hollande] par un peuple de commerçants et de gens de mer

COM

COM

COM

dont il avait été le compagnon, volt. Russie, il, 7. Les marchands portaient encore de petites robes lorsqu'ils s'assemblaient et qu'ils allaient chez les ministres; et les plus grands commerçants étaient alors des hommes grossiers, id. ib. || Terme d'économie politique. Celui qui se livre à l'industrie commerciale, par opposition à l'agriculteur et au fabricant.

— ÉTYM. Commercer; espagn. comcrcimite.

COMMERCE (ko-mèr-s'),.s. m. |j 1" Échange, entre les hommes, des divers produits de la nature ou de l'industrie. Commerce de mer. Commerce du Levant. Pour ceux qui sont dans le commerce, pasc. Prov. 6. Un trafiquant de Perse, Chez son voisin, s'en allant en commerce, Mit en dépôt un cent de fer un jour, la font. Fab. îx. I. Ils ne faisaient aucun commerce au dehors, fén. Tél. vin. Le commerce qu'ils font jusqu'aux colonnes d'Hercule, in. Tél. ni. Les Phéniciens sont en commerce avec tous les peuples, id. Tél. ix. Les Anglais et encore plus les Hollandais faisaient, par leurs vaisseaux, presque tout le commerce de la France, volt. Lomi's XIV, 29. Le génie de Colbert se tourna principalement vers le commerce, qui était faiblement cultivé et dont les grands principes n'étaient pas connus, id. ib. La mort de Colbert et la guerre avaient beaucoup diminué le commerce, id. t'6. Je suis bien persuadé avec vous que le pays où le commerce est le plus libre sera toujours le plus riche et le plus florissant, proportion gardée, id. Lett. Roubaud, i" juill. t769. Le besoin du commerce enfantera la paix, m. j. chénier, Charles IX. n, 3. Le commerce inactif expire de langueur, c. delav. Vêp. sicil. n, C || Commerce en gros, achat de marchandises par grosses portions pour revendre aux détaillants. Commerce de détail, achat en gros pour revendre aux consommateurs. || Le corps des commerçants. Cette loi a mécontenté tout le commerce. Le haut, le moyen commerce. Chambre de commerce, réunion de négociants chargés de donner des avis officiels sur le commerce. ]l Ministère du commerce, ministère qui régit les affaires commerciales dans leurs rapports avec l'Etat. || Tribunal de commerce, tribunal qui statue sur les procès commerciaux. || Liberté du commerce, principe d'économie politique qui conduit à supprimer ou à réduire notablement les entraves douanières, fiscales ou autres, qui empêchent la liberté des échanges entre les pays ou entre les provinces d'un même pays. Je crois très-fermement que, si ce minisire [Colbert] avait vécu de nos jours, il aurait été le premier à presser la liberté du commerce, volt. Lett. Roubaud, i" juillet t769. || En termes de jurisprudence . on dit qu'une chose n'est pas dans le commerce, lorsqu'elle est inaliénable de sa nature ou par la disposition de la loi. Les choses futures, les biens dotaux ne sont pas dans le commerce. || Dans le langage spécial de l'économie politique, le commerce est l'industrie qui met le produit à la portée du consommateur. L'agriculture, la fabrication, le commerce sont les trois branches de la production générale. Tous ont cru que le commerce consistait essentiellement dans l'échange, tandis qu'il consiste essentiellement à placer un produit à la portée des consommateurs, j. b. say, Cours, I8'io, t. i, p. 304. || Commerce extérieur, achat ou vente de marchandises au dehors du pays, échange avec l'étranger. Commerce intérieur , échange, à l'intérieur, des produits du pays. Comrr/erce de transport, dans un sens spécial, achat ds marchandises à l'étranger pour les revendre à l'étranger. Au xvne siècle, les Hollandais faisaient le commerce de transport. || Terme de douane. Commerce général, l'ensemble des importations sans égard à leur destination ultérieure, et des exportations sans égard à l'origine des marchandises. Commerce spécial , la somme des importations destinées à la consommation intérieure du pays et des exportations de marchandises nationales ou nationalisées. || 2° Le fait de vendre des marchandises. Commerce de grains. Un commerce de vins. || En termes de jurisprudence, le fait d'acheter des marchandises pour les revendre ou de faire des opérations qui se rattachent à cet objet. Faire le commerce. Acte de commerce. Société de commerce. || 3° Fig. Trafic de choses morales. Que vois-je autour de moi que des amis vendus, Qui, choisis par Néron pour ce commerce infâme.... lue. Brit. i, 4. Spartacus ne fait point de la guerre un commerce, saurin, Spartac. ni, 4. || Commerce se dit aussi en un sens favorable. Un prince qui fait entrer I i glise en commerce de ses victoires et en partage; elle le fruit, mass. Vilîeroy. || Faire un mauvais, un méchant, un vilain commerce, se mêler d que vilaine affaire. |l 4° Relations de société ou d'af-

faires, fréquentation. C'est entre les dévots un étrange commerce, Régnier, Sal. xm. Vous voyez, dit le père, que voilà une grande facilité pour le commerce du monde, pasc. Prov. 9. L'on a vu, il n'y a pas longtemps, un cercle de personnes des deux sexes, liées ensemble par la conversation et par un commerce d'esprit, la bruy. v. Si l'on faisait attention à tout ce qui se dit de froid, de vain et de puéril.... l'on se condamnerait peut-être à un silence perpétuel qui serait une pire chose dans le commerce que les discours inutiles, id. ib. L'on voit des gens qui dans les conversations ou dans le peu de commerce que l'on aavec eux.... id. ib. Trop de perversité règne au siècle où nous sommes, Et je me veux tirer du commerce des hommes, mol. Mis. v, t.... Oh! l'ennuyeux conteur ! Jamais on ne le voit sortir du grand seigneur; Dans le briliant commerce il se mêle sans cesse, Et ne cite jamais que duc, prince ou princesse; La qualité l'entête.... id. ib. n, 5. Cette marquise agréable chez qui j'avais commerce, id. Bourg, gent. ni, 6. Qu'avec lui vous rompiez tout commerce, id. Éc. des f. n, o. Le sang de mon époux A rompu désormais tout commerce entre nous, corn. Pomp. iv, 4. Il interroge cet homme sur son commerce avec Arion, fén. Tél. xx. Ce prélat est de nul commerce [ne fréquente pas le monde], la bruy. xii. Vous serez content du commerce que vous avez avec ma fille, sêv. t. La honte lui fit rompre commerce avec les hommes, boss. Var. n. Entrez en commerce avec les pauvres , donnez et vous recevrez, id. Serm. Sept. Loin du commerce des affaires et de la société des hommes ces âmes sans force aussi bien que sans foi qui ne savent pas retenir leur langue indiscrète! boss. Duch. d'Orl. Parmi ces sages pensées et renfermé dans un doux commerce avec ses amis aussi modestes que lui, boss. le Tellier. Les Egyptiens entrèrent en commerce avec les Grecs, boss. Hist. i, 7. Vous devez avoir une consolation bien touchante dans le commerce de Mme de Choiseul , volt. Lett. Mme du Déliant, 8 mars 4 769. [| Par extension. Fières sœurs , si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents m'ont donné quelque droit, corn. Médée, i, 4. Entretient dans ses vers commerce avec les dieux, boil. Art port. n. Les dieux supérieurs ne pouvaient avoir aucun commerce avec les hommes, boss. Avert. i. Dieu entre en commerce avec les hommes, id. i, Annonc. 3. On est dans le commerce des choses saintes et l'on a perdu la grâce, mass. Car. Tiéd. n. Un homme qui passe pour avoir quelque commerce avec la dévotion, id. Pet. Car. Drap. Il faut n'avoir point de commerce avec Samarie, id. Car. Samar. Interrompre le commerce de sagesse et de bons conseils qui doit s'établir entre le peuple et son roi, Mirabeau, Collection, t. i, p. 3.*io. Laissons, seigneur, laissons pour les petites âmes Ce commerce rampant de soupirs et de flammes, corn. Sert, i, 3. || Le commerce des lettres, des muses, les occupations littéraires. || 5° Absolument, manière de se comporter à l'égard d'autrui. Être d'un commerce aisé, sûr. Il est homme d'un bon commerce, la bruy. vu. Vit-on jamais prince d'un commerce plus aisé, plus libre, plus commode? boss. Condé. En prenant le parti de la retraite, on se retranche sur un petit nombre d'amis d'un commerce aisé, 1 1 p. cheminais, dans bouh. A'owi'. rem. J'éprouvai la même sensation qu'éprouveraient des hommes d'un commerce excellent qui auraient vécu ensemble pendant longtemps, dider. Éloge de Richardson. || G0 Echange. Le commerce des pensées est un peu interrompu en France; on dit même qu'il n'est pas permis d'envoyer des idées de Lyon à Paris, volt. Lett. Beaumont, Ojanv. t765. || Commerce de lettres, correspondance suivie. J'espérais en vous écrivant le premier et en m'embarquant de ma franche volonté dans ce commerce.... voit. Lett. 88.Lecommereeque j'ai avec vous, sêv. 1 1 3. Il me semble que vous avez bien des commerces , id. 43 i . Ce n'est point pour entretenir un commerce avec vous, id. 4. Je rentre en commerce par une prière qui ne vous sera pas désagréable, boss. Lett. 46. Dans sa solitude du faubourg St-Jacquesilne laissait pas deliercommerce avec plusieurs savants , fonten. Varignon. C'est sans aucune utilité [en ouvrant des lettres] qu'on violerait les secrets des familles, le commerce des absents, les confidences de l'amitié, la confiance entre les hommes. Mirabeau, Collection, t. i, p. 465. |) 7° Causerie. Propos, agréables commerces, Où le hasard fournit cent matières diverses; Jusque-là qu'en votre entretien La bagatelle a part.... la font. Fabl. x, i. Ils soutiennent l'ennui et la vanité des commerces, mass. Av. Kpiph. Les commerces nous répandent trop au dehors, id. Car Prière, t. La

piière est un commerce tendre avec votre Dieu, id. ib. Prière, 2. || 8° Liaison illicite entre deux personnes de sexe différent. Pour détourner l'attention du roi du commerce qu'elle avait avec Jermyn, hamilt. Gramm. 6. Les Gétuliens et les Bactriens, par politesse, permettaient à leurs femmes d'avoir commerce avec les étrangers, fén. t. xxn, p. 334. Toute fille qui ayant eu un mauvais commerce avec quelqu'un ne le déclarerait pas au roi, montf.sq. Esp. xxvi, 3. Il On dit aussi : Être en commerce avec. || 9° Jeu de commerce, sorte de jeu de cartec.

— SVN. COMMERCE, NÉGOCE, TRUIC. Étymologi-

quement, commerce est l'échange de marchandises; négoce est l'état de celui qui ne prend pas de loisir, sens général déterminé dans notre langue à désigner les occupations commerciales; trafic est le transport des objets de commerce d'un endroit â un autre. Cela posé , on comprend les acceptions que l'usage a établies entre ces trois mots. Commerce est le terme le plus général, représentant, sans aucune idée acces-oire, l'échange qui fait passer des uns aux autres tous les objets d'utilité ou d'agrément; c'est pour cela qu'on peut l'employer presque toujours en place de négoce eu de trafic, tandis que négoce ou trafic ne peuvent pas s'employer toujours en place de commerce; c'est pour cela aussi que l'usage l'a préféré pour désigner collectivement l'ensemble de ceux qui se livrent au commerce. Négoce, plus restreint, désigne spécialement l'exercice du commerce; aussi l'usage emploie-t-il négociant, de préférence à commerçant, quand on parle de celui qui exerce un négoce particulier: les négociants d'une ville, un négociant en vins. Enfin, trafic s'applique particulièrement au commerce de transport ou de commission, à l'industrie du revendeur, etc.

— HIST. xvie s. Nous n'avons nul commerce ensemble [la médecine et moi], mont, i, <3t. Quelles nations eurent anciennement le commerce et trafic de l'espicerie, et qui sont celles qui font maintenant telle négociation, du verdier, Dit. leçons, p. 35) , dans lacurne.

— ÉTYM. Bourguig. comaice; espagn. comercio; ital. commercio ; du latin commercium, de cum , avec, et merx,mercis, marchandise (voy. marchand). L'ancien français n'avait pas commerce; il marcheandise .

COMMENCER (ko-mèr-sé), v. n. || 1° Faire le commerce. Cette nation commerce avec tous les peuples. || 2° Fig. On peut, avec de i'art, amener tous les sourds et muets de naissance au point de commercer avec les autres hommes, But i . De I unir. M. Polier soutenait son esprit et son corps par cette cette aménité que le cabinet tue et qu'on n'entretient qu'en commerçant avec les hommes pour leur faire du bien, tissot, Santé des gens de lettres, p. 77, éd. Techener. || 3° Au jeu du commerce, échanger, moyennant payement, une carte contre une autre soit de la banque soit du voisin. || Il se conjugue avec avoir. Une céddie au c devant a et o.

— ÉTYM. Commerce.

COMMERCIAL, ALE ( ko-mèr-si-al . a-P), ad). Qui appartient au commerce. Affaires commerciales. Règlements commerciaux. La production commerciale. || La liberté commerciale, liberté des échanges entre les différents pays.

— ÉTYM. Commerce.

t COMMERCIALEMENT (ko-mèr-si-a-le-man .

adv. X la manière des commerçants. [| En mat '>v de commerce.

— ÉTYM. Commerciale, et le suffixe ment. COMMËRE (ko-mê-r), s. f. || 1° Celle qui a tenu

un enfant sur les fonts baptismaux, avec un compère; ce qui crée entre eux une parenté spirituelle. Il s'avisa de me prier de lui tenir un enfant, et me donna Mme Coccelli pour commère, j.-j. h Conf. v. Quelques-uns osaient douter que le pape pût déposer un roi, pour avoir épousé sa connu i ■ ou sa parente au 7e degré, volt. Phil. n. H4. || 2° Terme d'amitié, donné surtout entre voisins et gens qui se voient très-souvent. Compères et commères. Ma commère, quand je danse, Mon cotillon va-t-il bien? Vieille chanson. || 3° Par extension, nom donné aux animaux qui ont de grands rappor's entre eux. Que ferai-je, lui dit-elle [l'ourse], ma bonne commère [la corneille] , de ce petit monstre [son petit]? FÉN. t. xix. p. 43. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours : Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère, la font. Fabl. vu, 4. || 4° Emploi de ce terme avec quelques qualités ou défauts considères surtout comme très-habituels et de tous les instants. Une méchante commère. Une bonne commère. || Commère dolente, personne qui se plaint toujours. Et

COM

COM

COM

maintenant je suis ma commère dolente, mol. Sgan. se. 2. il Femme bavarde et médisante. Propos de commère. || Par extension. Cet homme est une vraie commère. || C'est une bonne commère, une fine commère, une maîtresse commère, c'est une femme de tête qui ne s'intimide pas facilement. On dit dans 1.- même sens : quelle commère! Heureux l'écot où la commère Apportait sa pinte et son verre! bérang. Mme Grégoire. Dans le marais entrés, notre bonne commère S'efforce de tirer son hôte au fond de l'eau, LA font. /•'</(». iv, H. || Proverbe. Tout se fait ou tout va par compère et par commère, c'est-à-dire tout se fait par faveur et protection.

— HEM. Commère se dit par rapport à celui qui a tenu l'enfant sur les fonts baptismaux, et aussi par rapport au père et à la mère de l'enfant. Marraine sedii par rapporta l'enfant lui-même.

— HIST. xmc s. Ce doit cascuns savoir que nus ne doit espouser celé qui li apartient de lignage, ne se [sa] commère, de quel enfant que ce soit, béai m. XVIII, s. || xiv" s. Et s'il est que desconfis soies Et que tes gens mors et pris voies, Jà soit ce que li cuer t'en vueille, Garde que ton œil ne s'en meuille : Car c'est manière de commère, Qui doit plourer lame sa mère, machault, p. i io. || xve s. Ils les reputent folz et chetifz, et dient que ce ne sont que commères et gens de néant, christ, de pisan, Charles V, i, ch. 10. Quant la diablesse vit le chevalier en tel poinct, elle luy escria d'une voix forsennée : Va-t'en, que ne soyes desmembrés; es-tu une commère ou ung portier de religion? va ton chemin en aultre lieu quérir ton adventure, Perceforest, t. vi, f" 48. Nous n'estions point advocatz ne procurenrs pour plaider ne tenser comme commères, ib. f" 88. Je ne sçay, dit la voix, se tu empireras l'huys; car tu n'y entreras point par force ne autrement; car je bûcherai | j'appellerai] , aussy.folet oultrageux que tu es, qui bien gardera l'huys contre t)i. Meshuy seroient ruses de commères, dit Passelyon, trop ai entendu, ib. t. iv. !" 109.

— ÉTYM. Saintonge, coumère ; Berry, coumère, femme en couches; provenç. c o m a ire ;catal. comare; espagn. comadre; ital. comare, comadre; de co,,et mère, parce que la marraine de l'enfant, étant considérée cnmme sa mère spirituelle, et chargée de le guider et de le secourir en cas de mort de la mère naturelle, était mère en même temps que celle-ci.

f COMMÊRER(ko-mé-ré), v. n. Terme familier. Faire la commère, faire des commérages.

— ÉTYM. Commue.

f COMMETTAGE (ko-mè-ta-j) , s. m. Terme de corderie de marine. Action d'assembler des torons pour en former des haussières, et, aussi, action d'assembler des haussières pour faire des câbles et des grelins.

— ÉTYM. Commettre.

COMMETTANT (ko-mè-tan) , s. m. Celui qui commet a un autre le soin de ses intérêts privés ou politiques. Rendre compte à ses commettants. Le député et ses commettants. Le magistrat s'oblige à n'user du pouvoir qui lui est confié que selon l'intention des commettants, j. j. rouss. Orig. 2. || Familièrement. Allez dire à vos commettants, c'est-à-dire à ceux qui vous envoient, qui vous ont chargé de cette commission. || En jurisprudence, celui qui a donné commission, par opposition au commissionnaire.

— ÉTYM. Commettre.

\ COMMETTEUR (ko-mè-teur), s. m. Ouvrier qui fait le travail du commettage.

— ÉTYM. Commettre.

COMMETTRE (ko-mè-tr'), je commets, tu commets, il commet, nous commettons; je commettais; je commis; je commettrai; je commettrais; commets; que j i commette, que nous commettions; que jecommisse; commettant; commis, v. a. ||1° Proprement, mettre ensemble; usité seulement, au propre, en termes de marine. Tordre ensemble plusieurs torons pour en former un cordage. || 2- Mettre ensemble, dans le sens de préposer. Je vous commets au soin de nettoyer partout, mol. l'An, ni, t. Et mille observateurs que j'ai commis exprès Ont si bien vu leurs feux qu'ils ne sont plus secrets, rotr. Vencesl. n, 3. Il commit un Alcide au fardeau d'un Atlas, m. St-Gen. i. t. Le roi commit des membres de son conseil d'État pour vider les procès en dernier ressort, volt. Siècle de Louis XV, 36. || Commettre un rapporteur, un juge dit juge commissaire, chargé de faire un rapport dans une affaire, de procéder à certaines opérations. Commettre un huissier, dit huissier commis, désigné par le juge, à l'effet de faire une signification. || Absolument. Gl a millart ne voulut plus être rapporteur d'aucune affaire, et remit au greffe celles dont il se trouvait

chargé, et pria le président d'y commettre, st-sim. 70, 153. || 3" Mettre ensemble dans le sens de confier. Notre Atlas.... Te commet de l'État l'entier gouvernement, Régnier, Sat. vi. Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis, corn. Cinna, iv, 3. Leur feignant un secret que César m'a 'commis, rotr. Bélis. n, 8. Ce pauvre maître Albert a beaucoup de mérite D'avoir depuis Bologne accompagné ce fils Qu'à sa discrétion vos soins avaient commis, mol. l'Étour. iv, 3. Je vous rends le dépôt que vous m'avez commis, rac. Athal. n, 7. Défendre jusqu'au bout les jours qu'ils m'ont commis, id. Baj.v , lO.Un roi victorieux A commis à mes soins ce dépôt précieux, id. Esth. prol. Les mains À\ qui Rome a commis l'empire des humains, id. Brit. il, 3. C'est à leurs doctes mains, si l'on veut les en croire, Que Phébus a commis tout le soin de sa gloire, boil. Disc, au roi. Il commet à Josué ce qui reste à faire, boss. Hist. n, 3. Ce fut à cette garde fidèle que la reine commit ce précieux dépôt, id. Reine d'Anglet. Enfin ils étaient prêts d'en venir aux mains et de commettre leur réputation au sort d'une bataille, volt. Louis XIV, 12. 1| 4° Mettre ensemble, dans le sens de compromettre, mêler quelqu'un dans quelque affaire désagréable. Commettre le père avec le fils, les mettre dans le cas de se brouiller ensemble. Afin de les commettre l'un contre l'autre, corn. Ex. de Bod. Je ne crois point vous avoir commise, sév. 263. 11 n'est propre qu'à commettre deux personnes qui veulent s'accommoder, labruy. Théoplir. 12. Si vous vous obstinez à n'être jugé que par les consuls, vous commettrez le sénat avec le peuple, et vous allumerez une sédition, vertot, Bévol. rom. liv. n , p. 166. Quoi ! vous osez commettre un homme tel que moi Avec des malheureux si peu dignes de foi ! volt. Calil. i, 3. || En parlant des choses. Qu'eusséje fait, Pollux, en cette extrémité Qui commettait ma vie avec ma loyauté? corn. Médéc, i, i. Sans commettre l'autorité du roi son seigneur , boss. Reine d'Anglet. Nous sommes attachés à un peu d'honneur que nous avons dans le monde, nous ne voulons pas le commettre, fléch. Serm. I, 281. Abandonner leurs Etats à des dissensions domestiques et commettre leur dignité à des jalousies étrangères, m. ib. I, 207. Voilà comme il évitait d'entrer en conversation et de commettre sa suffisance, montesq. Lett. pers. loi. Henri IV [d'Allemagne] ne fit que commettre son autorité en écrivant au pape qu'il le déposait, volt. Mœurs, 46. Le sultan ne voulait point commettre son honneur et celui de l'empire ottoman , en exposant le roi à être pris sur la route par ses ennemis, volt. Charles XII, 6. || Absolument. A-t-on bien prévu et réglé le cérémonial? Le moindre mécompte commettrait beaucoup. || 5° Exposer. Craignant de vous commettre aux affronts d'un refus, rac. Iph. il, 4. Mais à d'autres périls je crains de le commettre, id. Baj. iv, 1. || 6° Faire, en parlant d'un acte répréhensible. Commettre un péché, une faute, un délit, un crime. Ils commirent de grands excès. L'amour que j'ai pour vous a commis cette offense, corn. Nicom. il, 2. On ne me verra point survivre à votre gloire, Si vous allez commettre une action si noire, rac. Brit. iv, 3. Si mon cœur eût commis cette horrible injustice, volt. Tanc. v, 6. || 7° Se commettre, v. réfl. Se confier. Qui.... Se commet aux hasards de l'amoureuse mer, Régnier, Épît. il. [Agnès] N'a plus voulu songer à retourner chez soi, Et de tout son destin s'est commise à ma foi, mol. Éc. des f. v, 2. || 8° Compromettre sa dignité, son caractère, ses intérêts. Il y aurait de la honte pour lui de se commettre avec un père étourdi, balz. liv. vi , lett. 5. Des généraux d'armée Ne se commettent point contre un aventurier, corn. 7). Sanche, i, 5. Il y a des gens avec lesquels il ne faut jamais se commettre [se familiariser] , la bruy. v. Lucien ne voulait point se commettre avec Diogène qu'il craignait, fonten. Jug. de Pluton . On seul officier supérieur qui eût voulu profiter de la confusion pour faire battre son général, le pouvait aisément sans se commettre, volt. Siècle de Louis XIV, te. Je veux bien avec toi descendre à me commettre, volt. Tanc. m, 6. Ces agaceries dont les femmes savent user sans se commettre, j. J. rouss. Conf. vi. Que revient-il de se commettre avec le public? des tracasseries de comédiens , des jalousies d'auteurs.... volt. Lett. à Mme du Bocage, 3 sept. 1758. || 9° s'exposer. La reine, à peine sortie d'une tourmente si épouvantable, ose encore se commettre à la furie du l'i icéan et à la rigueur de l'hiver, boss. Reine d'Ang 't. || 10° Être fait, en parlant d'un acte répréhensible. Péchés qui se commettent dans l'ombre.

— HIST. xmes. L'en demande se l'eu doit obéir à

son apel, et l'on dit que non, puisque la cause fut commise sanz apeau, Liv. de just. 13. || xive s. Aucune fois un home commet et fait adultère, oresme, Eth. 143. Et toutevoies dit Aristote que l'en doit très peu de choses commettre au juge, id. ib. 162. Le duc de Normandie, qui y estoit commis De par le roy son père.... Guescl. 602. ..'..Trente sergans avoit, en la ville commis, Qui toute jour les sievent armés et fervestis, Baud. de Seb. vm. (198. En commettant [encourant] les peines qui' sur ce ont esté indictes et ordonnées, Ordonn. des rois, t. vi, p. 72, dans du cange, committere. Jà ce fust que li Romains li eussent commis et donné leur empire, bercheure, f°24, recto. ||xve s. Je feuz commis à porter ceste parolle à ce jeune duc, comm. iv, 1. il xvie s. Les excez incomparables qui, en ses lerres, ont esté par toy commiz, rab. Garg. i, 31. À l'artillerye feut commiz le grand escuyer Toucquedillon, id. ib. i, 25. Le connestable ayant esté commis pour passer le Tesin, mont, i, 53. Au lieu où le crime est commis, id. i, 7 i. Commettre sa vie et sa liberté entre les mains de ses ennemis, id. i, 134. Les pédantes empirent ce qu'on leur commet, id. i, I4G. S'estant parfaictement commis l'un à l'aultre; ils tenoient parfaictement les renés de l'inclination l'un de l'aultre, id. i, 214. Les petis enfans mesmes chanteroyent les louanges des hommes valeureux, par qui ces beaux actes auroyent esté commis, lanoue, 430. Massacres qui en plusieurs lieux se commettoyent, id. 605. Les centaures s'estant enyvrez commeirent plusieurs insolences, jusques à vouloir prendre les femmes à force, amyot, Thésée, 38. Espérant que le peuple se jetteroit du tout entre ses bras, et se commettrait à luy seul. id. Péric. 6). Les larcins et pilleries que l'on commet en voz finances, id. Arisl. 10. Se délibérant de n'user plus de surprise, ains de commettre tout au hazard d'une bataille rangée, id. Eum. 31. Nous en voyons qui n'auraient pas le cœur de commettre une voyelle avec une voyelle en parlant, id. De lamauv. honte, 19. On les aurait voulu commettre [mettre aux prises] sans aucune raison, d'aub. Vie, lv. Vous devez commettre à ceux qui servent Henri de Bourbon le salut de votre personne, id. ib. xcn. Concluant et requérant iceux comtez et autres pays mouvans de la couronne, estre déclarez, par arrest, commis et confisquez, adjugez et reunis à la couronne, m. du

— ÉTYM. Provenç. cometre; espagn. cometer; ital. commettere; du latin committere, de cum, avec, et mittere. mettre (voy. mettre).

f COMMINATION (ko- inmi-na-sion), s. f. || 1° Dénonciation de la colère et surtout de la colère céleste. Au commencement du carême, à la cérémonie de la commination, on prononçait ces malédictions du Deutéronome, chateaub. Génie, iv, i, 3. || 2° Figure de rhétorique par laquelle on annonce ou on laisse entrevoir à ses auditeurs un avenir menaçant, s'ils ne changent pas de conduite, ou s'ils ne font pas ce qu'on leur recommande.

— hist. xvi" s. II les envoya tous sommer, avec commination de les faire tous pendre, s'ils attendoient le canon, m. du bellay, 4i>'j.

— ÉTYM. Provenç. cominacio ;espagn. cominneion ; du latin comminationem, de comminari, menacer, de cum, avec, et minari, menacer (voy. menace).

COMMINATOIRE (ko-mmi-na-toi-r,),odj.||l°Terme de jurisprudence. Qui menace d'une condamnation. Sentence comminatoire. Clause comminatoire (voy. clause). Il voulait, par cet arrêt comminatoire qui ne fut jamais imprimé, effrayer la cupidité des gens d'affaires, volt. Louis XIV, 3o. || Disposition purement comminatoire, prescription légale qui porte une sanction, spécialement une nullité qui ne s'observe pas rigoureusement. || 2° Par analogie. Tout ce qu'on y lit des tourments éternels lui paraissait comminatoire, j. j. uouss. Conf. vi.

— HIST. xvic s. Parolles comminatoires , pleines de reproches et de menaces , condë , Mémoires, p. 671.

— ÉTYM. Voy. commination.

f COMMINUER (ko-mmi-nu-é) , v. a. Terme de chirurgie. Briser en petits morceaux.

— HIST. xv" s. Et en aucunes îles personnes qui feurent tuées, l'eut trouvé que leurs os estoient tous comminuez et desrompuz , juvënal des uhmns, Charles VI, 1417. ||xvi* s. Un coup de pistule luy fractura les os du bras, dont en avoit qui estoient comminués, comme si on les cust rompus sur une enclume, paré, i.\, 14.

— étym. Provenç. comminuir; du latin comminuere, briser eu morceaux, de cum, et mtnuerc, rendre menu (voy. menu).

COM

COM

COM

f COMMINUTIF, IVE (ko-mmi-nu-tif, ti-v'), adj. Terme didactique. Qui réduit en très-petits fragments. || Terme de chirurgie. Fracture comminutive. fractuie qui réduit un os en petits fragments.

— ÉTYM. Voy. COMMINUER.

t COMMINUTION (ko-mmi-nu-sion) , s. f. Terme didactique. Réduction en petits fragments. || Terme de chirurgie. Écrasement d'un os, qui est réduit en un grand nombre d'esquilles.

— ÉTYM. Voy. comminuer; provenç. comminwio. 4. COMMIS, ISË (ko-mi, mi-z')', part. pusse.

|| 1° Préposé. Les plus sages vieillards furent commis pour examiner ses actions , fén. Tél. vin. Le gladiateur, commis à l'introduction des martyrs, n'avait pas d'ordres pour cette victime [CymodocéeJ, CHateaub. Mart. il, 392. Mais pour la conquérir qui s'ose hasarder Trouve un dragon affreux commis à la garder, corn. Toison, i, 4. Commis à retirer les brevets des emplois Qui vous ont fait l'envie et la terreur des rois, kotrou , Bélis. v, 3. || Huissier commis, celui qui est désigné par un juge pour certaines opérations. || 2" Confié. Un voleur se hasarde D'enlever le dépôt commis aux soins du garde, la font. Mair. d'Éph. Je m'acquitte des mieux de la charge commise, corn la Place roy. i, 2. Ilaccomplira l'ouvrage qui lui est commis, boss. Hist. n, •i. Il est vrai, de David un trésor est resté, La garde en fut commise à ma fidélité, rac. Athal. v, 2. Le sort d'Àruliomaque est commis à ta foi, id. Andr. iv, l. C'est aux mains de Bourbon que leur sort est commis, volt. Henr. ch. i. || Dans l'ancienne jurisprudence, on disait qu'une personne ou une communauté avait ses causes commises, quand elle avait droit au privilège de plaider en certaine juridiction. L'Université avait ses causes commises au f.hâtelet de Paris: les religieux de Cluny et de St-Maur au grand conseil; les ducs et pairs, l'Hôtel-Eieu et l'Hôpital général, en première instance en la grand'chambre. || 3° Compromis. Toute la gloire jt toute la fortune d'un homme y sont commises, la bruy. xii || 4" Fait, exécuté, en parlant d'une action condamnable. Un crime horrible ayant été commis. Les jansénistes disent que les péchés commis sans grâce actuelle ne laissent pas d'être imputés, pasc. Prov. IV.

2. COMMIS (ko-mi; l's se lie : un ko-mi-z intelligent) , s. m. || 1" Employé d'une administration, d'une maison de banque, d'une maison de commerce. Premier commis. Commis marchand. Commis expéditionnaire. Un commis de la guerre. Je voudrais savoir quel est le premier commis [aux affaires étrangères] qui a la correspondance de Gênes, volt. Letl. d'Argental, 28juin 4773. || Commis voyageur, celui qui voyage pour le placement des marchandises. || Commis à pied, commis achevai, employé des contributions indirectes qui va faire l'exercice chez les débitants de boissons. La veuve Raillard, qui vend du vin aux bateliers, a une cave secrète que nous connaissons tous, mais que les commis ignorent, p. l. cour. Gazette du villaye, n° 4. || Commis aux portes, personne chargée de percevoir les droits d'entrée aux portes et barrières des villes. || Anciennement, commis aux aides, personne préposée par les fermiers des impôts à la perception des droits sur diverses marchandises. Un commis engraissé des malheurs de la France, boil. Ép. v. Nous donnerions, nous autres pauvres Suis-es , quarante à cinquante mille francs à des Parisiens [les fermiers généraux], pour nous avoir vexés jusqu'à présent par une armée de commis , volt. Lett. Dupont, 10 oct. 4775. || 2° Terme de marine. Commis de marine, commis d'administration, employé de l'administration de la marine au-dessous du grade de commissaire. || Commis aux vivres, celui qui est chargé des approvisionnements sur un navire. Il Celui qui, sur un bâtiment marchand, est chargé de la vente de la cargaison. || 3° Commis greffier, celui qui est adjoint au greffier pour l'assister ou le remplacer.

— HIST. xve s. Quand on se rendoit au roi de France ou à ses commis, ils estoient au traité par condition telle qu'ils se departoient si ils vouloient, froiss. n, n, 27. || xvie s. Le roy déclara qu'il supprimoit tous autres thresoriers et généraux, et qu'il r.'y en auroit plus que deux, par devers les quels resideroit toute la charge des finances, de quelque nature qu'elles fussent, qui seroient appeliez com- >:: <l> s finances, lesquels seroient eleus en la cham-

; comptes par le chancelier, pasquier, Recherches, liv. n, p. 84, dans lacurne.

— ÉTYM. Commis l ; Berry, coumis.

COMMISE (ko-mi-z'), 6'. f. || 1° Action de mettre

aux prises, de compromettre. J'obligeai Monsieur à

changer de résolution, en lui insinuant sans affectation le péril de la commise et du choc qui, dans la conjoncture, était inévitable, retz, m, 357. M. le duc d'Orléans empêcha les princes du sang et les bâtards de se trouver à l'enregistrement ni à la réception de Villars, de peur de commise, st-sim. 447, 236. || 2" Terme de jurisprudence féodale. Confiscation d'un fief au profit du seigneur, faute, parle vassal, de rendre les devoirs auxquels il était tenu. || Dans l'ancienne législation, confiscation de marchandises de contrebande. |] Commise emphytéotique, confiscation de la tenure de l'emphytéote pour inexécution de condition.

— HIST. xvie s. Quand le fermier a donné lieu à la commise de son bail, Nouveau coust. génér. t. i,

— ÉTYM. Commis I.

COMMISÉRATION (ko-mmi-zé-ra-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. Action de prendre en miséricorde. Je ne puis me défendre d'une espèce de commisération pour vos associés, dideh. Lettre à M. Le Breton. Le trop de commisération peut mettre hors d'état de procurer du secours, id. Essai sur la vertu. Sans que je m'en aperçoive le sentiment de la commisération s'exerce et se fortifie, id. Éloge de liichardson. Des airs superbes ni une commisération affectée ne conviennent point à un vainqueur généreux, sr-ÉVREMOND, dans richelet.

— HIST. xvie s. Pantagruel, qui en eut commisération bien grande, rab. Faut, v, 4 7. Faillites et banqueroutes, les unes dignes de commisération, quand elles sont advenues par les dommages et pertes que la calamité des troubles passés a apportés à cettui nostre royaume, les autres.... Mandement de Henri III, du 25 juin 1582.

— ÉTYM. Le latin commiseratio , de cum, etmiserari, avoir pitié (voy. misère).

COMMISSAIRE (ko-mi-sê-r'), s. m. || 1° Celui qui est chargé de certaines fonctions spéciales et temporaires. Louis XI pour apaiser le cri public nomme des commissaires, ils ne décident rien, volt. Mœurs, 94. Ce qui a fait dire au commissaire du saint office, l'un des principaux examinateurs : que les propositions de Jansénius.... pasc. Pror. 4 8. || Chair de commissaire, repas moitié gras et moitié maigre, ainsi dit parce que les commissions chargées de l'exécution de l'érlit de Nantes étaient mi-parties de catholiques et de protestants. || Juge ou autre personne à qui le roi attribuait un pouvoir particulier et extraordinaire de juger souverainement certaines affaires en des chambres ou des bureaux établis à cet effet. On fit juger ce prisonnier par des commissaires. Il est vrai que le comte Montecuculli, qui était au service du dauphin [fils de François Ier], fut condamné par des commissaires à être écartelé, comme coupable d'avoir empoisonné ce prince, volt. Dict. phil. art. Supplices. || Député que le souverain nomme, de sa part, pour régler des limites et travailler à l'exécution des traités. || Délégué à qui le gouvernement confie, à titre provisoire, certaines fonctions. Commissaire extraordinaire. Commissaire du gouvernement. Les commissaires de la république en 4 848 tenaient lieu de préfets. || Juge commis à certaines instructions, à certaines opérations. On dit aujourd'hui, ordinairement, juge commissaire. || Commissaires des pauvres, bourgeois que l'on commettait pour recueillir les taxes consacrées au soulagement des pauvres. || Commissaire d'une fête, d'un bal, d'un banquet, celui qui est chargé d'en diriger les préparatifs et d'en faire les honneurs. || Dans certains ordres monastiques, celui qui est commis pour régler les différends qui naissent dans les couvents parmi les religieux. || 2° Titre de divers fonctionnaires. Commissaire de police, fonctionnaire de la police qui a sous ses ordres les divers agents. Le commissaire viendra bientôt, et l'on s'en va vous mettre en lieu où l'on me répondra de vous, mol. Méd. malgré lui, m, 40. || Commissaire-priseur, officier ministériel chargé de l'estimation des objets mobiliers et de leur vente aux enchères. || Commissaire des guerres, agent préposé à l'administration militaire. Les commissaires des guerres sont remplacés aujourd'hui par les intendants militaires. || Commissaire de marine, agent préposé à l'administration, à l'équipement des vaisseaux, à la revue des marins, au payement delà solde, etc. Commissaire général de la marine, le premier grade du corps du commissariat. Autrefois, au xvne siècle, le commissaire général était le premier des officiers de l'administration après l'intendant de la marine. || Autrefois, commissaire départi, un intendant de province. || Autrefois, commissaire d'artillerie, officier commis pour servir dans l'artil-

lerie etavoii soin de l'attirail. || Autrefois, commissaire général, officier considérable qui avait inspection sur toute la cavalerie légère; on nommait son régiment,Ierégimentcommissaire. || Commissairedu gouvernement, du roi, de la république, du pouvoir exécutif, le représentant de la puissance executive. Sous In première république, titre donné aux officiers du ministère public, et aujourd'hui à ces officiers dans le conseil d'État et dans les tribunaux militaires. Il Commissaire du gouvernement, spécialement le fonctionnaire chargé de la surveillance des compagnies financières ou industrielles. || Commissaire du roi, du gouvernement, celui qui est chargé de soutenir la discussion d'un projet de loi devant une assemblée législative. || 3' Commissaire s'est dit aussi de celui qui était établi par autorité de justice pouradminislrer les biens saisis ou mis en séquestre. || Commissaire aux saisies réelles, officier commis pour avoir soin des biens saisis réellement. || Autrefois, commissaire de la cour, commissaire du parlement ou de quelque autre cour supérieure. || Grands commissaires au parlement, les huit plus anciens conseillers de la chambre qui , avec les deux présidents, jugeaient souverainement des affaires qui devaient être jugées par articles, comme l'examen des comptes, l'ordre des créanciers, etc. Travailler de grands commissaires, travailler extraordinairement, dans le palais même, à une affaire. |l Petits commissaires au parlement, quatre juges anciens avec le président, qui discutaient un procès dont, après, on faisait le rapport en pleine chambre. Ce procès est de petits commissaires. || Travailler de petits commissaires. N'est-ce pas un amusement pour l'Académie de juger Corneille de petit commissaire, sur mon rapport? volt. Lett. d'Argental, 3 octobre 1761. || 4° Commissaire apostolique, ecclésiastique qui jugeait de l'appel des sentences des officiers primatiaux. || 5° Commissaire, membre d'une commission.

— HIST. xive s. Il [dans un testament] ordonna ses vrays, bons et loyaulx amis exécuteurs et de foy commissaires, du cange, commissarii. || xve s. Le sire de Beaumont festa et honora ces messagers et commissaires du roi anglois quant qu'il put, iiioiss. i, i, 45. Vous avez ou y comme Dieu en ce monde establist ce conte de Campobache commissaire à faire la vengeance du cas du connestable [comme Dieu fit de lui l'instrument de....], comm. v, 0. C chose impossible, s'il ne fust venu de Dieu seul, qui vouloit faire son commissaire de ce jeune roi [Charles VIII en Italie], id. vu, il. || xvi° s. Les dix commissaires envoyez et députez, pour avec lu donnerlesaffairesdelaMacedoine, amyot, P. fèm. 17. Picquet commissaire des guerres, m. oh bkll. ii:.. Et affin que le tort et injure, si aucun se f.iict , soit reparé, est enjoinct aus dits chefs d'hostel aller promptement faire plaincteau-commi-saire du quartier, condë, Mém. p. «og. Martin Chambon, commissaire de l'artillerie de la dite marine [Honfleur], jal, commissaire. Traitté en commissaire, de chair de poisson, h. est. Apol. d'Hérod. p. 35i, dans lacurne.

— ÉTYM. Latin commissum (voy. commettre), avec la terminaison arius ; provenç. comissari, comcssari ; espagn. comisario; ital. commissari».

COMMISSARIAT (ko-mi-sa-ri-a; le t ne se lie pas) , s. m. La qualité, l'emploi de commissaire. || Durée des fonctions d'un commissaire. || Le corps administratif de la marine. || Bureau d'un commissaire de police.

— ÉTYM. Commissaire.

COMMISSION (ko-mi-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de commettre, de préposer; charge qu'on donne à quelqu'un de faire une chose. Il a reçu commission d'aller en tel lieu. Je me suis très-mal acquitté de ma commission. N'as-tu rien oublié de ta commission? rotr. Antig. v, -. Je m acquitte exactement de cette commission, sêv. 50. Elle leur donne la commission d'annoncer à son bien-aimô que....Boss. Lett. Corn. 36. Patrt-il répondre, corriger, détromper quelqu'un? ils [les rois faibles] en donneront la commission à quelque autre personne, plutôt que de parler eux-mêmes avec une douce fermeté, fén. Tél. xxm. Çà, je veux étouffer le courroux qui m'enflamme. Et tout du long t'ouïr sur ta commission, mol. Amph. n, l. Le gouvernement de Berne devait s'applaudir de compter parmi ses membres un savantqui avait étudié toutes les parties delà physique; aussi l'employa-t-on surtout dans des commissions où il fallait que !e magistrat fût en même temps ou physicien ou philosophe, condorcet, Hnllir. || Réunion de personnes chargées île préparer une décision, de donner un avis, deiaminer

COM

COM

COM

quelque objet. Commission d'enquête. Rapport, conclusions de la commission. [| Commission executive, ssion administrative. || Commission d'examen iîu baccalauréat, des écoles du gouvernement. ||Comm d'examen pour les livres classiques, comchargée d'examiner les livres classiques qui ut être admis dans les écoles publiques. H Les lissions, s'est dit de douze commissions qui forent instituées en 1794 par le connu'' de salut pu- , remplacement des ministères. || 2" Mandement de l'autorité donnant charge et pouvoir ou conférant certain grade. Il a rocu sa commission. L'ordre de l'empereur n'admet ici personne, Et ma commission n'y souffre que nous deux, rotr. Bélis. m, s. Qui avait la commission de l'empereur de faire exécuter ses édits,C0HN. Ex. de Poly. Lesévêques prirent d'Edouard de nouvelles commissions, Var 7. || Toute charge ou emploi qu'on donnait à des gens commis pour avoir soin de quelque chose, de quelque affaire. Ce partisan a tant de commissionsà donner. || Autrefois, ordre du conseil pour la levée des tailles ou autres droits. La commission des tailles s'envoyait aux intendants des provinces. || Ordre qu'on donnait pour lever des gens de guerre, itaine ou officier n'avait pour titre que sa commission || 3° Par opposition à titre, pouvoir donné pour un temps à quelques personnes d'exercer quelques charges ou do juger en des occasions extraordinaires. Les protestants ne veulent pas que le ministère [des pasteurs] soit une simple commission que le peuple donne, fén. ii, <3. Les amis de Pompée se récrièrent que le temps de sa commission n'était pas expiré comme celui de César, vei.tot, Bel "7. rom. liv. xm, p. 256. || Commission rogatoire, délégation faite par un tribunal ou un juge à un autre tribunal ou à un juge d'un autre siège pour accomplir un acte d'instruction ou de procédure. || Lettre de chancellerie qui conférait le pouvoir de iiouni r des u-s,gnations, de faire des exécutions de jugement. || Commission extraordinaire, établissement de quelque chambre ou juridiction qui ne devait durer que quelque temps. || Nom de certains trihunaux d'exception jugeant de faits graves, en il politiques. Il fut condamné non par justice mais par commission. Commission militaire, tribunal militaire jugeant rapidement et sans recours. Il 4° Terme de marine. Permission que donne le souverain pour aller en course sur les ennemis. Les armateurs ne pouvaient faire la course sans la commission. || Bâtiment en commission, bâtiment qui, à la vérité, a son armement, son gréement et son artillerie, mais qui, pour diminuer la dépense, reste avec très-peu d équipage jusqu'au moment où, rece\ant ordre de partir, il prend ses munitions de guerre et de bouche. || 5° Message, ou transport de quelque objet qu'on fait faire par un domestique ou par une personne qu'on paye, ou aussi par quelqu'un île bonne volonté, .l'ai en\oyô mon domestique en commission. Il Le prix que l'on paye pour une comme. || 6' Emplette qu'on prie quelqu'un de faire. On lui envoie plusieurs commissions oi point d'argent. || 7° Terme de commerce. Acte par lequel une personne donne pouvoir à une autre d'agir pour son compte. Le contrat de commission est une des applications du mandat. || Acte par lequel un négociant fait acheter ou vendre par d'autres négociants établis loin de sa résidence, des marchandises pour son compte. || Profession de celui qui se charge de l'achat, du placement des marchandises pour le compte d'un tiers. Faire la commission. Maison de commission. || Ce qu'un commissionnaire perçoit pour son salaire. Il y a tant de commission sur le prix de ces marchandises. ^"Action de faire quelque chose de répréhensible. La commission d'une faute. On peut dire la même chose d'une coupable commission, pasc. Prov. 4. || Terme de casuiste. Péché de commission, péché commis par acte; il se dit par opposition à péché d'omission. Il parle des péchés d'omission et de ceux de commission, pasc. Prov. 4. Mes péchés sont d'omission, rarement de commission, j. j. rouss. Prom. 6.

— HlST. xiv° s. Et seront li sergent Commis à regarder commission portant De prendre et d'arester le corps et le vaillant, Guescl. 4 924. || xv s. Quand les commissaires de par le roi de France furent venus à Montpellier, ils mandèrent des plus notables de la ville et leur montrèrent leurs commissions, FROISS. u, il, 23. Le pape leur envoya pouvoir et commission pour faire le procez, comm. viii, 13. || xvi" s. Je ne puis leur apprendre à distinguer les bonnetades qui les regardent, de celles qui regardent leur commission [charge], mont, iv, < 68. Les sergens qui y furent envoyez feirent le contenu de leur commis-

sion, amyût. Agésil. s. Les provinces ausquelles sa première commission ne s'estendoit, luy estoient adjouxtées par ceste seconde, id. Pomp. 45. La court permet aux lieutenants, officiers du guet et archers de prendre et appréhender au corps sans commission ne permission ceux qui feront des assemblées [pour la religion protestante] , cûndê, Mémoires, p. 552.

— ÉTYM. Provenç. comission; espagn. comisinn; ital. commissione ; du latin commissionem , de committere, commettre (voy. commettre).

COMMISSIONNAIRE (ko-mi-sio-nê-r') , s. m. || i° Celui qui agit pour le compte d'autrui en matière commerciale, sans être un simple préposé, et, spécialement, celui qui achète ou vend pour le compte d'un tiers moyennant une remise. || Celui dont la profession est de faire la commission. Dans tous les pays de grande consommation, le négociant reste dans son comptoir et agit par des commissionnaires qui sont quelquefois eux-mêmes des négociants très-considérables, j. b. say, Cours, 1840, t. p. 310. || Commissionnaire de roulage, celui qui se charge de transporter ou faire transporter les marchandises par voiture. || Commissionnaire d'entrepôt, celui qui veille à ce que le voiturier remette en temps utile et en bon état les marchandises à leur destination. || Commissionnaire chargeur, celui qui transporte par bateau. || Commissionnaire au mont-de-piété, intermédiaire qui se charge de recevoir les engagements. || 2° Homme qui stationne au coin de la rue, attendant les commissions du public. Un commissionnaire de place. || 3" S. m. elf. Dans les villages ou les petites localités, homme ou femme qui porte et prend des objets dans les villes voisines avec ou sans voiture. Vous remettrez à la commissionnaire ce que je demande, legoabant.

— ÉTYM. Commission.

COMMISSIONNË, ÉE (ko-mi-sio-né, née), part. passé. Commissionné par le gouvernement.

OOMMISSIONNER (ko-mi-sio-né), v. a. || i° Délivrer à quelqu'un une commission qui l'autorise à faire quelque chose ou qui lui confère quelque fonction. || 2° Donner commission d'acheter ou de vendre.

— HIST. xv° s. Maistre Jean Bourgois fut commissionné à faire ceste informacion de par le roy, Extrait d'unms. relatif à Louis II, Bibl. des Chartes, 4e série, t. i, p. 264.

— ÉTYM. Commission.

COMMISSOIRE (ko-mmi-soi-r') , adj. Terme de droit. Clause commissoire, clause qui, n'étant point accomplie, emporte la nullité du contrat. || Dans le droit romain, clause commissoire, clause d'un contrat de vente dans lequel la résolution était stipulée à défaut de payement de prix dans le délai convenu. || Aujourd'hui, clause d'un contrat de gage par laquelle le créancier demeure propriétaire de la chose engagée, si le débiteur ne paye pas au terme fixé. Le pacte commissoire est interdit comme usuraire.

— ÉTYM. Le latin commissorius, de commissum, supin de commillere, commettre (voy. commettre).

f COMMISSURAL, ALE ( ko-mi-ssu-ral , ra-1'), adj. Terme didactique. Qui a rapport à la commissure.

— ÉTYM. Commissure.

COMMISSURE (ko-mi-ssu-r'), s. f.\\ 1° Terme d'anatomie. Point de jonction de certaines parties. La commissure des lèvres. || 2° Terme d'architecture. Joint des pierres. Des ornements propres à cacher les commissures des colonnes. || 3" Terme de musique. S'est ûit autrefois d'une dissonance placée entre deux consonmnees.

— HlST. xviu s. Faut diviser les os barrés ou pubis, par leur commissure, paré, i, 31. Les sutures ou commissures du crâne, id. hi, 2. Ces nids estans de plusieurs pièces, les rats y ont quelque accès par les commissures, o. de serres, 386.

— ÉTYM. Le latin commissura, jointure, de commissum, supin de committere, commettre (voy.

Page 1