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FR01SS. I, I

— ÉTYM. Provenç. comtat, contât, m. et f. ; espagn. condado ; ital. contado ; du latin comitatus, de cornes, comte.

COMTESSE (kon-tè-s'), s. f. ]| 1» Celle qui de sot chef possédait un comté. || 2" La femme ou la veuvo d'un comte. Mais j'aperçois venir madame la comtesse De Pimbêche.... rac Plaid, i, 6.

— HIST. xie s. Quatre cuntesses sempres [il] i a mandées, Ch. dr Roi. cclxxi. || xiics. Que [car] mon langage ont blasmé li François, Et nies chançons, oiant les champenois, Et la contesse encor, dont plus me poise [fâche] . quesnes. Romancero, p. 83. Gentix contesce, plus ne vuel delaier, Vos me nouristes, ce ne puis-je noier [nier], Raoul de C. 206. || xme s. Quant les borgoises du chastel. Affublées de lor mantel, Aloient d'enfant à la mes-e, Chascune aloit comme comtesse, Mult bien parée à grant devise, ruteb. h, 177.

— ÉTYM. Provenç. confessa; de comitissa, féminin de cornes (voy. comte).

t COMTIFIER (kôn-ti-fi-é), v. a. Donner le titre de comte. [| Se comtifier , v. réfl. Prendre le titre de comte. Le fils du chancelier prit le nom de Pontchartrain et se comtifia, st-sim. 70, ) 57.

— ÉTYM. Comte, et le suffixe ficare . faire.

f COMTISER (kon-ti-sé), v. a. Donner le titre de comte. Celui-ci s'appela le comte de Chamillart; le de s'usurpait par qui voulait depuis longtemps; mais de marquiser ou de comtiser son nom bourgeois de famille, c'en fut le premier exemple, stsim. -106, 127. || Se comtiser, v. réfl. Le sieur d'Avaux est le célèbre d'Avaux qui se comtisa dans les ambassades, id. 319, 162.

— ÉTYM. Comte.

f COMUS (ko-mus'), s. m. Le dieu des festins chez les Grecs.

— ÉTYM. Koiu.0;, qui veut dire proprement réjouissance avec repas danse et musique.

f CON..., ou COM...rréfixe, du iat. cum, avec.

t CONANTHÈRE (ko-nan-tè-r'), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes herbacées du Chili.

— ÉTYM. Kwvoç, cône, et àv8r,po;, qui fleurit.

f CONARIUM (ko-na-ri-onr), s. m. Terme d'anatomie. Nom de la glande pinéale. Où se forme la petite glande nommée conarium, desc Fœtus, '*.

— HIST. xvie s. Le conarion est une petite glandule de la mesme substance du cerveau, ronde et oblongue en forme d'une pomme de pin, paré, m, 7.

— ÉTYM. Kwvâpiov, diminutif de y.G-'O:, cône.

t CONASSIÈRE ko-na-siô-r), s. f. 'ferme de marine. Grosse penture s'étendant sur les bordages.

t CONCAMÉRATION (kon-ka-mé-ra-sion), s. f. || 1° Terme d'architecture. Voûte, arcade, cintre d'une voûte. || Demi-concamération, forme d'une voûte qui s'arrête à la moitié de la courbe. || 2^ Terme de conchyliologie. Nom donné quelquefois à chacune des chambres qui forment une coquille polythalame. || 3° Terme de physique. Courbure de chaque onde sonore qui, succédant aux premières ondes formées, devient de plus en plus grande puisqu'elle circonscrit les autres.

— étym. Lat. concameratio , de cum, et caméra , voûte, chambre (voy. chambre).

t CONCASSATION (kon-ka-ssa-sion), s. f. Opération pharmaceutique qui a pour but de réduire en fragments les corps trop durs ou trop gros.

— ÉTYM. Concasser.

CONCASSÉ, ÉE [kon-kâ-sé, sée), part, passé. Du poivre concassé.

CONCASSER (kon-ka-sé), v. a. Briser dans un mortier des matières dures ou sèches. || Terme de pharmacie. Réduire en petits fragments des racines ou des bois, pour séparer plus facilement les principes qu'ils contiennent.

— HIST. xive s. Et tout ce faire conquasser et mettre en un sac, Ménagier. n. 5. ||xvie s. 11 y en eut beaucoup affolez, et beaucoup de leurs vaisseaux conquassez et froissez, amyot, Marcel. 25. Toute la ville entièrement en fut brisée et conquassée. exceptées cinq maisons, amyot, Cimon, 29. Concasser, se dit des choses pilées grassement, palissy, 378.

— ÉTYM. Le latin conquassare , de cum, et quassare (voy. casser).

j- CONCASSEUR (kon-kâ-seur), s, m. Terme d'agriculture. Instruisent broyant grossièrement les grains qui servent à la nourriture des animaux.

— ÉTYM. Concasser.

f CONCATÉNATION (kon-ka-té-na-sion) , s. f. Il 1° Terme de philosophie. Enchaînement de

CON

CON

CON

plusieurs choses ensemble. || 2°Termo lie grammaire Mol proposé par Beauzée pour cette gradation où un e répète 'l'un membre dans lf suivant, et les enchaîne ainsi les uns aux autres : Tout renaissait pour s'embellir ; tout s'embellissait pour plaire.

CONCAVE (kon-ka-v'), adj. || 1" Dont le milieu est plus déprimé que les bords. Surface concave. Les concaves réfléchissent les rayons à un point nommé foyer. |l 2° S. m. La partie concave. Le concave d'un glob '. Vieux en cet emploi.

— HIST. xiv" ?. Le concave et le curve d'une ligne circulaire, oresme, Eth. 30. Ceste concavité ou superficie concave est très parfettement polie, planée et ouvrée, sans quelcunque aspreté ou endenture, in. Thèse de meunier. Concave et convexe sont opposes par relacion et non pas par contrariété, id. ib. La profondeur des puis et des concaves [cavités] de la terre, e. desch. Art de dictier, p. 2e3. Et Glaucus li dieux de la mer Dist que, pour tout faire pei ir, Ferait des concaves issir Ses mers et par les champs espandre , id. Poésies nus. f" 469, dans la-

Cl RNE.

— ÉTYM. Provenç. concau; espagn. et ital. concavo; du latin concavus, de cum, et carus, creux (voy. cave).

t CONCAV1FOLIÉ, ÉE (kon-ka-vi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles concaves.

—ÉTYM. Concare, et feuille.

CONCAVITÉ (kon-ka-vi-té), s. f. || 1° La partie ou le côté concave. La concavité d'un verre de montre. || 2° Creux, cavité. Les animaux qui ont deux conclu itûs dans le cœur. desc. fœtus, 2. Cinq vieux chênes germant dans ses concavités [du roc] Y penchent en tous sens leurs troncs creux et voûtés, lamaiit. Joe. Il . 81.

— HIST. xivc s. La concavité et curvité de telle ligne ne sont pas deux choses divisées, mes sont

ligne meisme, ohesme, Eth. 39. || xvn s. Il y aura tout a l'entour dudit cabinet certaines concavil ,- creusées dedans la muraille, qui serviront de sièges, pu.issy, ci. Concavitez, amyot.P. Mm. 22.

— ÉTYM. Provenç. conenvitat; espagn. concavidad; ital. concavità; du latin concaritatem, de concavus, concave.

f CONCAVO-CONCAVE (kon-ka-vo-kon ka-v') , adj. Terme didactique. Qui est concave sur les deux faces.

t CONCAVO CONVEXE (kon-ka-vo-kon-vè-ks') , adj. Terme didactique. Qui est concave d'un côté et convexe de l'autre.

CONCÉDÉ, ÉE (kon-sé-dé, dée) , parf. passé. Les terres concédées par l'État aux colons.

Ci INCÉDER (kon-sé-dé. L'accent aigu se change en accent grave quand la syllabe qui suit est muette: je concède; excepté au futur et au conditionnel : je concéderai, je concéderais; anomalie regrettable), V. 11. Faire octroi de. On concéda de grands priviléges a cette compagnie. || Se dit du gouvernement qui accorde, smi> certaines conditions, à unecompagnie, le droit de construire un cnemin de fer et de l'exploiter. Concéder un'1 ligne. || Fig. Le sort sur moi m'a concédé la gloire De tenter le premier cette grande victoire, du ryer, Scévole, v, 5. Madame, c'est avec justice que le ciel vous a concédé le nom de belle mère, puisqu'on voit sur votre visage..., siol. Mal. imag. 11, 7.

— hist. xvie s. Et ne concéder point choses deraisonnables et deshonnestesà telz effrontez, amyot, De la mu 11 v. honie. 15. On ne leur sçauroit concerter des passetemps plus réglez que ceulx qui se font en présence d'un chascun et à la veue mesme du magistrat, mont. 1, (99. Voilà pourquoy Aristote mesme leur concède volontiers ceste science [l'astronomie à certains animaux], id. ii, 196.

— éty.m. Le latin confédéré, céder, concéder, de cum, et fédère, céder.

f CONCÉLÉBRER (kon-sé-lé-bré), v. a. Terme de liturgie. Dire en même temps la messe, en parlant de l'évêque et des nouveaux prêtres qu'il consacre. Il Se concélébrer, v. refl. Être concé'4bré. La messe qui s'est concélébrée lors de son ordination a été très-solennelle.

— ÉTYM Con.... préfixe, et célébrer.

t CONCENTRABLE (kon-san-tra-bl'), adj. Qui peut être concentré.

t CONCENTRATEUR (kon-san-tra-teur) , adj. Qui sert à concentrer les liquides, les sirops. Appareil concentrateur, et, substantivement, un concentrateur.

CONCENTRATION ( kon - san - tra - sion ) , s. f. Il 1° Terme de physique. Action de concentrer. La concentration des rayons solaires au foyer d'une len-

tille. H Résultat de cette action. L'ame, dit Leibnitz, e 1 une concentration, un miroir vivant de tout l'univers, volt. Newt: I, 7. Il Fig. Terme de politique. La concentration du pouvoir entre les mains d'un seul, y 2° Terme militaire. La concentration des troupes, la réunion des troupes sur un point déterminé. Il 3" Terme de chimie. Opération qui consiste à rapprocher les molécules d'un corps, en diminuant, par l'action de la chaleur ou autrement, la proportion du liquide qui les tient dissoutes. Parvenu à un certain degré de concentration, le vinaigre devient susceptible de prendre, parle refroidissement, une forme concrète , condorcet , Courtanvaux. H 4° Terme de médecine. Concentration du pouls, état du pouls qui devient concentré.

— ÉTYM. Concentrer.

CONCENTRÉ, ÉE -kon-san-tré, trée), part, passé. Il 1° Rassemblé au centre. Les rayons solaires concentrés au foyer d'une loupe. Votre monade, ainsi que la mienne, est un miroir concentré de cet univers, volt. Phil. ignorant, 27. Il semble que la voix dans les airs égarée, Par cet espace étroit dans ces murs concentrée  notre âme retentit mieux, lamart. Harm. I, 8. || Terme militaire. Des troupes concentrées, troupes rapprochées l'une de l'autre pour agir sur un même terrain. Feu concentré, feu d'artillerie dirigé de différents côtés, sur un même point convenu. || 2° Terme de chimie. Acide, alcool concentré, acide, alcool dont on a chassé la partie aqueuse. Le vinaigre radical, étant chauffé fortement, devient susceptible de prendre feu ; plus il est concentré , plus il est inllammable , condorcet , Courtanraux. || 3° Terme de médecine. Pouls concentré, pouls où l'artère est peu développée sous le doigt qui la touche. \\ 4" Borné, limité, renfermé. Ce serait un miracle que de persuader à ceux-ci et à ceux-là que la vertu n'est pas concentrée tout entière dans leur parti, dider. Disc, prélim. || 5° Fig. Qui ne donne point d'expansion à ses sentiments ou à ses idées. Concentré en soi-même. Ceux qui ont des passions plus sérieuses étant froids sur ces puérilités, toute la vivacité de leur esprit demeure concentrée, vauven. Vivacité. Mais un cœur ulcéré Par de trop longs chagrins devient plus concentré, m. j. chên. Gracques, m, 7. Brûlant pour Desdémone, il déguisait sa flamme, Cachait les noirs projets concentrés dans son àme, ducis, Othello, v, 6. Un fait certain, c'est qu'en quittant son beau-frère, les traits de Murât portaient l'empreinte d'un profond chagrin; ses mouvements étaient brusques, une violence sombre et concentrée l'agitait, ségur, Hist. de Napol. vi, 4. Là, au milieu des chefs rassemblés, entouré de leurs regards inquiets et qu'il suppose désapprobateurs, il semble vouloir les repousser de son attitude sévère et d'une voix brusque, cassante et concentrée, id. ib. vin, U.

t CONCENTREMENT (kon-san:tre-man) , s. m. Il 1° Etat de ce qui est concentré. || 2" Fig. Resserrement, attente avec inquiétude. Le garde des sceaux sortit et revint à M. le duc d'Orléans, qu'il tira dans une fenêtre; et cependant grand concentrenient de presque tous, st-sim. 514, 67.

— ÉTYM. Concentrer.

CONCENTRER (kon-san-tré), v. a. || 1° Terme de physique. Faire converger, réunir au centre, ou en un centre , vers un centre. Concentrer les rayons solaires. || 2" Fig. Concentrer toutes ses affections sur quelqu'un. Elles ne feront que concentrer la charité dans votre fond, boss. Lettr.abb. 142. L'hiver ne concentre tous les trésors de la terre qu'afin que le printemps suivant les déploie, fén. Exist. (7. Immobile, l'œil fixe attaché sur ce cœur Qui semble sur lui seul concentrer sa douleur, de belloy, Gabr. de Vergy, v, (0. Nul ne désira plus dans l'autre âme qu'il aime De concentrer sa vie en se perdant soi-même, lamart. Harm. iv, il. \\ Concentrer dans ses mains toute l'autorité. Le gouvernement de Berne, en concentrant ses fonctions dans un certain nombre de familles, n'en a pas exclu les professions utiles à la société et qui exigent des lumières, condorcet, Haller. ||3°Termede chimie, ôter à un corps liquide l'eau qui y est mélangée. Concentrer l'alcool. || Concentrer un acide, faire partir une partie de l'eau qui le tient en dissolution, soit en le chauffant, soit en l'exposant à l'action du froid, qui en congèle la partie aqueuse. Il 4° Terme de guerre. Rassembler les divers corps de troupes sur un même point. || 5" Ne pas donner d'expansion. Concentrer sa haine, sa fureur, la contenir jusqu'à ce qu'elle éclate. || Concentrer sa douleur, la renfermer en soi. || 6" Se concentrer, v. re'fl. Être concentré. Les rayons du soleil se concentrent dans le foyer d'un miroir ardent. Toute sa colère

s'était concentrée su? ce paii"re homme. || Terms militaire. Réunir ses forces sur un même point. Pendant qu'on s'appelle, qu'on regarde et qu'on se concentre dans celui de ces deux hameaux nui était le plus près du Borysthène, des milliers de cosaques sortent d'entre tous les arbres, ségur, Hùt. de Napol. x, 9. 11 hésitait pourtant à quitter cette position rétrécie sur laquelle allaient se concentrer tous les feux ennemis, id. ib. v,3.

— ÉTYM. Con.... eleentre.

CONCENTRIQUE (kon-san-tri-k'), adj. Terme de

géométrie. Il se dit des lignes courbes qui ont un même centre. Je décris un troisième cercle concentrique , 3. j. rouss. Ém. 11. Il Terme de médecine. Hypertrophie concentrique du cœur , augmentation d'épaisseur de ses parois, diminuant la capacité sans augmenter le volume de l'organe.

— hist. xive s. Tout cercle qui divise son espère [sa sphère] en deux moitiés et a son centre ou [au] centre du monde, est dit concentrique , ohesme, Thèse de meunier. I| xvie s. Ces epicycles excentriques , concentriques , de quoy l'astrologie s'ayde à conduire le bransle de ses estoiles, elle nous les donne pour le mieulx qu'elle ayt sceu inventer en ce subject, mont, ii, 28 1.

— ÉTYM. Voy. concentrer.

t CONCENTRIQUEMENT (kon-san-tri-ke-man), adv. D'une façon concentrique.

— ÉTYM. Concentrique , et le suffixe ment. CONCEPT (kon-sèpt'), s. m. Terme de philosophie.

Résultat de la conception, chose conçue. Four me servir des termes de l'école, dans leur concept formel, desc. Médit. 6. N'est-ce pas là une image de ces concepts qui ont fait tant de réputation à tant de philosophes? muer. Lett. s. les sourds. Idée est tout concept formé par l'esprit, boullainvilliers, Réfut. de Spinoza, p. 91. Si l'on veut former une idée ou concept particulier de la partie, il faut la séparer de son tout, id. ib. p. 97. Il n'en existe point d'autres [que le pendule composé] dans la nature; et les pendules simples ne sont que de purs concepts géométriques propres à simplifier les objets, laplace. Expos. 111, 5. Il Dans le langage de Kant, toute idée qui est générale sans être absolue.

— HIST. xvie s. A esté trouvé bon d'amplier les dites chartes , et d'icelles estre fait un recueil et concept, Nouv. coust.' gêner, t. 11, p. 41.... Pense qu'autant de testes Et de bras et de mains viennent pour tes conquestes, En nombre redoublez, de dessin en dessin, Pour mettre tes concepts fidèlement à fin, am. jamin, Poésies, p. 27, dans lacurne.

— ÉTYM. Le latin conceptum, chose conçue, de concipere (voy. concevoir). Concept s'est dit pour conception, la formation de l'enfant dans le sein de sa mère: Vostre concept et naissement, j. marot, v, 304.

f CONCEPTACLE (kon-sè-pta-kl') , s. m. Terme de botanique. Synonyme de follicule. || Organe particulier des champignons, renfermant des sporanges ou thèques.

— ÉTYM. Lat. conceptaculum, réservoir, de conceptum, supin de concipere, recueillir (voy. concevoir).

f C0NCEPTACULA1RE (kon-sè-pta-ku-lê-r'), adj. Terme de botanique. Fructification conceptaculaire, fructification qui se fait au moyen de conceptacles.

— ÉTYM. Coneeptacle.

| CONCEPTIBILITÉ (kon-sè-pti-bi-li-té ) , s. f. Terme de philosophie. Qualité de ce qui est conceptible.

— ÉTYM. Conceplible.

f CONCEPTIBEE (kon-sè-pti-bP) , adj. Terme de philosophie. Qui est propre à être conçu.

— ÉTYM. Lat. conceptum, supin de concipere (voy. concevoir).

f CONCEPTIF, IVE ( kon-sè-ptif, pti-v') , adj. Terme de philosophie. Qui est propre à concevoir. Faculté conceptive.

— ÉTYM. Voy. CONCEVOIR.

CONCEPTION (kon-sè-psion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Terme de physiologie. Action par laquelle les animaux sont formés dans le sein de la mère. Chacun a en soi, dès sa conception, la cause qui le détruit. || Se dit au sens actif, de la mère qui a conçu : la conception de la mère; et au sens passif, do l'enfant qui a été conçu : la conception de l'enfant. Il 2° Terme de théologie. L'immaculée conception, l'opération par laquelle la Vierge fut conçue dans le sein de sa mère sans la tache du p ché originel, opinion récemment élevée au rang de dogme, et qui, durant le moyen âge, avait cMé combattue ardemment par les dominicains el nutenueardemmenl parles franciscains. || La Conception,

CON

CON

COIS

fête do la Conception de la Vierge. L'Église célèbre aujourd'hui la Conception. || Filles de la Conception, ordre religieux de filles, d'abord sous la règle de Cîteaux, ensuite sous celle de Ste-Claire. || 3° Terme de philosophie. Faculté de comprendre les choses. Avoir la conception facile, lente. Sa conception était d'autant plus vive et plus nette que, son enfance n'ayant point été chargée des inutilités et des sottises qui accablent la nôtre, les choses entraient dans sa cervelle sans nuage , volt. Ingénu, 3. || État de l'intelligence qui fait apercevoir certains rapports entre les idées et les objets auxquelles elles se rapporient. || Dans le langage de l'école écossaise, simple appréhension d'un objet par l'intelligence. || 4° Par extension , création de l'esprit. Cet ouvrage est une des plus belles conceptions de l'esprit humain. Les conceptions de vos lettres sont fortes, balz. liv.i, letl. I. Les conceptions de vos lettres sont conformes au sens commun de ceux qui ont. le jugement relevé, id. ib. Pour en parler, nous ne pouvons avoir de conceptions assez hautes, boss. i, Pass. I. Fade discoureur qui cherche quelques femmes auprès de qui il puisse se parer de son bel esprit ou de sa philosophie , et mettre en œuvre ses rares conceptions . la brut. v. Ceux-là seuls seront les vrais amis du peuple qui lui apprendront qu'aux mouvements qui nous ont été nécessaires pour sortir du néant doivent succéder les conceptions propres à nous organiser, Mirabeau, Collection, t. m, p. 352. Le caractère d'Hebadona [dans la Messiade de Klopstock] est une conception heureuse, chateaub. Génie , il, i, 4.

— HlST. xive s. Convient arester leur maie conception et voulenté, Ordonn. des rois de France, t. m, p. 347. || xvi° s. Zenobia ne recevoit son mary que pour une charge; et cela faict, elle le laissoit courir tout le temps de sa conception [grossesse], mont, i, 226. Cela surpasse la conception et le désir mesme de la philosophie, id. i, 235. Mes conceptions et mon jugement ne marche qu'à tastons, id. i, (55. Soubs une si vile forme, nous n'eussions jamais choisi [aperçu] la noblesse et splendeur de ses conceptions admirables [deSocrate], id. iv, (92. Son parler semblablement , pour les bonnes conceptions et les beaux discours qu'il contenoit, estoit plein de très-utile et salutaire instruction, amvot, Phocion, vu.

— ÉTYM. Provenç. conceptio; espagn. concepeion; ital. concezione; du latin conciptionem , de conceplum, supin de concipere (voy. concevoir). L'ancien français disait concexemenl.

t CONCEPTIONNAIRE (kon-sè-psio-nê-r-), s. r,x. Celui qui soutient la conception immaculée de la Vierge.

— ÉTYM. Conception.

t CONCEPTUALISME (kon-sè-ptu-a-li-sm'), s. m. Terme de philosophie. Doctrine d'Abeilard, qui était une sorte de moyen terme entre le nominalisme et le réalisme, et qui, admettant comme le nominalisme que les idées générales ne sont pas réelles, admettait, comme le réalisme, que, à une idée générale, se joint quelque chose de réel, c'est-à-dire la conception d'un objet particulier appartenant à l'idée générale.

— ÉTYM. Conceptuel.

t CONCEPTUALISTE (kon-sè-ptu-a-li-sf ), s. m. Celui qui suivait le conceptualisme.

f CONCEPTUEL, ELLE (kon-sè-ptu-èl, è-l'),adj. Qui est propre à la conception, qui tient à la conception. || Qui est propre au conceptualisme.

— ÉTYM. Voy. CONCEPTION.

CONCERNANT (kon-sèr-nan), prép. Par rapport à, au su|et de. Une loi concernant tel objet. J'ai à vous parler concernant votre ami.

— ÉTYM. Concerner.

CONCERNER (kon-sèr-né) , v. a. Avoir rapport, appartenir à. Cela me concerne. Ce qui concerne votre profession. Ces intérêts nous auraient concernés, si vous n'étiez pas venu.

— hem. L'Académie dit que concerner ne s'emploie pas au passif. Mais, grammaticalement, cet emploi r.e fait aucune difficulté : reste donc à consulter l'usage; or on dit très-communément des phrases comme celles-ci : Votre ami est concerné dans cette affaire; Les intérêts concernés par cette mesure.

— HIST. xv* s. Moult lui blasma ses grandes folies, disant que jonesses ne concernoient en quelconque manière le noble lieu dont il estoit venu, Triomphe des neuf preux, dans le Dict. de dochez. || xvr s. Elle ne vous concerne ny mort ny vif,

MONT, i, 88.

— ÉTYM. Bourguig. conçarné ; du latin concernere,

proprement mêler ensemble, de cum, et cernere, proprement trier, le même que xpîvsiv (voy. crise). CONCERT (kon-sèr; le t ne se lie pas: un konsèr agréable; au pluriel, Vs ne se lie pas : des konsêr agréables; cependant plusieurs disent: des konsêr-z agréables), s. m. || 1° Action déconcerter. Ils ne mirent pas assez de concert dans leurs opérations. Elle fait avec le duc de Lorraine une entreprise pour la délivrance du roi son seigneur , dont le succès paraissait infaillible, tant le concert en est juste. boss. Reine d'Anglet. || Action de se concerter; intelligence entre des personnes ou des gouvernements pour arriver à une fin. Le concert européen. Il ne faut pas que M. le prévôt trouble notre concert, bobs. Lelt. 186. L'infatigable ministre ouvre des yeux attentifs sur tous les tribunaux; animé des ordres du prince, il y établit la règle, la discipline, le concert, l'esprit de justice, boss. le Tellier. Mais surtout qu'un concert unanime et parfait De nos vastes desseins assure en tout l'effet, volt. Catil. il, 6. || En un sens défavorable. Concert frauduleux. || Bon accord. Compteriez-vous pour rien ces entretiens si doux , Ce concert de deux cœurs nés pour souffrir ensemble? ducis, Roméo, i, 2. || De concert, d'intelligence, avec ensemble. Et soyons de concert auprès des malades, pour nous attribuer les heureux succès de la maladie, et rejetter sur la nature toutes les bévues de notre art , mol. Amour méd. m , \. On agit de concert avec ces prélats, boss. Rem. On ne pouvait se mouvoir de concert, m. llist. m , 5. L'effet naturel du grand tragique serait de pleurer tout franchement et de concert, à la vue i'un de l'autre, sans autre embarras que d'essuyer ses larmes, la bruy. i. Arasme est de concert avec mes ennemis, crébil. Rhad. v, ( || Sans concert, sans s'être concerté. On ne peut assez louer Dieu de le voir si désabusé des préventions où il a été nourri, et de voir que, sans concert, nous soyons tombés, lui et moi, dans les mêmes sentiments sur tant de points décisifs, boss. Variât. Déf. f'disc. §56. ||2°Terme de musique. D'abord on a dit concert de musique. Malheureux de n'avoir pu donner un petit concert de musique à.... hamilt. Gramm. 4. Il faut qu'une personne comme vous ait un concert de musique chez soi tous les mercredis ou tous les jeudis, mol. Bourg. Cent, n, i. || Aujourd'hui, absolument, concert, séance où on exécute un certain nombre de morceaux de chant ou de musique instrumentale. Un morceau de concert. Donner un concert. Aller au concert. || Café-concert, café où il y a de la musique. || Concert spirituel , concert qui se donnait, dans le siècle dernier -et au commencement de celui-ci, pendant la semaine sainte, lorsque les théâtres étaient fermés, et qui était composé en très-grande partie de morceaux religieux: et aujourd'hui, concert où l'on exécute de la musique religieuse. || 3° Harmonie de plusieurs voix ou de plusieurs instruments. Sans interruption de vos sacrés concerts, À son avènement tous les cieux sont ouverts, rotrou, Si Gen. iv, 5. Sans doute leur concert va commencer la fête, rac. Esth. m, 2. Les harpes et les voix célestes forment un concert autour d'elle, chateaub. Génie, i, v, 5. Ils n'ont ni entendu les paroles ineffables dont les concerts des anges retentissent, ni senti les formidables accès d'une fureur divine, montesq. Letl. pers. 97. || Par extension. Tandis que dans les airs mille cloches émues D'un funèbre concert font retentir les nues, Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents, Pour honorer les morts font mourir les vivants, boil. Sat. vi. || Un concert d'acclamations. Combien de grands hommes généralement applaudis ont gâté le concert de leurs louanges en y mêlant leur voix ! fonten. Newton. || Au pluriel et poétiquement, les chants des poètes, des oiseaux, etc. Les concerts du rossignol. Redoublons nos concerts, mol. Amants magnif. \CT intermède. Et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts, lamart. Méd. i, l.

— HIST. x\T s. Nous avons depuis trente ou quarante ans emprunté plusieurs mots d'Italie, comme concert pour conférence, pasquier, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Ital. concerto (voy. concerter). CONCERTANT, ANTE (kon-sèr-tan, tan-t'),s. m.

et/-. Terme de musique. || 1" Celui, celle qui chante ou exécute sa partie dans un concert. Derrière la table s'éleva un théâtre chargé de concertants , volt. Louis XI V, 25. Tous les concertants semblaient animés du même esprit, j. j. rouss. Hél. i, 48. || 2°Fig. adj. Se dit d'un morceau de musique où les différentes parties récitent ou chantent alternativement, par opposition à celle où une seule récite, les autres ne faisant qu'accompagner. Un duo, un quatuor

concertant. C'est de la musique concertante. Dans la musique concertante, toutes les parties sont obligées. || Morceaux concertants, ceux qui terminent un opéra. || Parties concertantes, celles qui ont quelque chose à réciter dans une pièce ou un concert.

— ÉTYM. Ital. concertante, de concertare (voy. concerter).

CONCERTÉ, ÉE (kon-sèr-té, tée), part, passé- || 1" Combiné, arrangé. L'ordre mal concerté, l'occasion mal prise, corn. Cinna. i, i. Seigneur, se peut-il voir rien de mieux concerté? id. Nicom. v, 5. Votre dessein, madame, était mal concerté, id. Perihar. iv, 2. L'ordre de notre fuite est trop bien concerté, id. Cinna, iv. 5. Sachez que, passant par ici pour aller chercher mon père, une aventure, par le ciel concertée, me fit voir la charmante Elise, mol. l'Avare, v, 5. Mais bientôt en ce lieu par des mots concertés Êrichtho [magicienne] fait briller des rayons enchantés, brébeuf, Pharsale, vi. Pourquoi changer l'ordre entre nous concerté? volt Mort de César, m, 5. || 2° Prudent. M. de Turenne, plus concerté que M. le Prince, st-évremond, cité dans poitevin. Il était de grande taille et fort puissant, d'une humeur ambitieuse, et concerté en toutes ses actions, pellissOn , Hist. de l'Acad. t. i, p. 290, dans pougens. Il était très-propre à la négociation, d'un esprit souple et adroit, fort concerté et qui ne faisait presque jamais rien sans dessein, ib. p. -ïofi. || 3° En mauvaise part, étudié, affecté. Cet homme est fort concerté. Elle est trop concertée dans ses manières. Un air concerté. Gestes concertés, corn. Othon, il, i. Il n'est pas hors de sa maison qu'il a déjà ajusté ses yeux et son visage afin que ce soit une chose faite quand il sera dans le public, et qu'il paraisse tout concerté, la bruy. ix. La conduite de ce général était si équivoque, ses démarches si concertées et ses desseins si cachés, qu'on ne pouvait compter sur son secours, vertot, Rérol. rom. liv. x, p. 62. Les expressions affectées, Les louanges trop concertées, Sont rarement celles du cœur, lamothe, Odes, 1. 1, p.4oo, dans pougens. || 4° 5. m. Terme de musique. Style de musique d'église plus brillant que le style sévère à capella.

CONCERTER (kon-sèr-té), v. a. || ^Projeter de concert avec un ou plusieurs. Oui, mais je ne vois pas encor de sûreté Â ce que vous et moi nous avions concerté, corn. Sertor. iv, 3. Et n'ont beaucoup duré leurs sacrilèges vies Après les vains projets qu'ils avaient concertés, la font. Poésies mêlées, lxxiv. Il concerte avec vous des entreprises de religion, fléch. Tur. Pour concerter avec lui les moyens de se venger, fén. Tél. ix. || Absolument. Mais j'aurais souhaité qu'en cette occasion L'amour concertât mieux avec l'ambition, corn. Pulch. i, 5. On voudrait-bien avoir à concerter avec vous . i oss. Lelt. quiét. 298. Le roi envoya Chamlay concerter avec le maréchal Catinat, st-sim. 13, 15). || 2" Terme de musique. Faire un concert, s'accorder. Des voix qui concertent depuis longtemps, la bhuy. xiv. || Par plaisanterie. Puis les gascons et les trois péronneiles Y concertaient sur des tons de ruelles , gressct, Ver-Vert , m. || 3° Se concerter, v. réfl. S'entendre pour agir de concert. Concertez-vous avec lui làdessus. Les faux témoins qui ont déposé contre lui, ayant eu le temps de se concerter et de s'affermir dans leurs iniquités, volt. Lelt. Mme de Sl-Juhen, 4 juin t773.

— HIST. xvie s. Il emporta quand et soy des arondelles, et les relaschoit vers leurs nids quand il vouloit renvoyer de ses nouvelles, en les teignant de marque de couleur propre à signifier ce qu'il vouloit, selon qu'il avait concerté avecques les siens. mont, m, 96.

— ÉTYM. Ital. concertare, du latin concertare. combattre, disputer, rivaliser, qui a pris dans l'italien un sens détourné, de euro, et certare, fréquentatif de cernere, le même que le grec xpmiM (voy. crise).

f CONCERTISTE (kon-sèr-ti-sf), s. m. Celui qui se fait entendre dans un concert.

— ÉTYM. Cr cert.

CONCERTO (kon-sèr-to), s. ». Terme de musique. Morceau écrit pour un instrument, avec accompagnement d'orchestre, et composé de manière à faire briller l'artiste qui joue la partie principale. Un concerto de piano, de violon, de flûte. Les plus anciens concertos que l'on connaisse ont été composés pour le violon, ce sont ceux de J. Torelli de Vérone, publiés de (686 à (709; les premiers concertos de violon étaient destinés à être joués soit à la chambre comme on disait alors, soit à l'église; vers 1740 on a commencé à écrire des concertos

CON

CON

COIN

pour le piano, accompagné d'abord par le quatuor d'instruments à cordes, ensuite par l'orchestre; depuis on en a composé pour chaque instrument, Note

de )I. I-'ARRENC

— REM. L'Académie n'indique pas le pluriel; mais, comme elle écrit des duos, on doit donc écrire des concertos.

— Ptym. liai, concerto (voy. concerter).

t CONCESSEUR (kon-sè-sseur) , s. m. Celui qui le. L'intention du roi concesseur était que tout maie sorti par maie du maréchal de Brissac recueillît à son droit d'aînesse la dignité de duc et pair, ST-SIM. fii. 61.

— ÉTYM. Voy. CONCESSION.

CONCESSION (kon-sè-ssion ;. en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Octroi de quelque droit, grâce, privilège. Cette compagnie a obtenu la concession des mines. Tout cela n'est que par concession et pri- . patru, Plaid. 4, dans iticm let. || Concession a perpétuité, cession de terrain dans un cime- || En langage administratif, contrat entre l'État et les entrepreneurs de travaux publics. || Abandon de biens domaniaux à des particuliers. || Dans les colonies françaises, portion de terrain gouvernement accorde à un particulier pour la cultiver et la posséder. Des concessions gratu tes, depuis dix jusqu'à trente acres, furent ordonnées en faveur des pauvres qui voudraient se fixer dans les Iles, iuyn'.w., Hist phil. mv, 43. Un jeune nègre cultivait une concess on voisine de la cabane, ciiatealb. Nalch. ix, 382. || 2" Désistement de ses prétentions, de se; opinions. Il vous a fait une grande concession. || Terme de rhétorique. Figure par laquelle on accorde à son adversaire ce qu'on pouvait lui disputer. 1 1 3° Terme de blason. Armes de concession, armes données par des princes, prises dans leurs propres armes et ajoutées à celles de la personne favorisée.

— HIST. xvic s. Concession, amyot, Fum. 16.

— ÉTYM. Provenç. concession; espagn. enneesion; ital. coneexsione ; du latin concessionem , de concessum, supin deconcedere (voy. concéder).

CONCESSIONNAIRE (kon-sè-si-o-nê-r') , s.m.etf. Celui, celle qui a obtenu une concession. On entend les pas d'une troupe de concessionnaires conduits par Eébriano, chateaub. Nalch. h, igi.

— ÉTYM. Concess

CONCETTI (kon-tchè-tti), s. m. pi. Pensées brillantes, mais que le goût n'approuve pas. Ouvrage rempli de concetti. Les concetti abondent dans cette pièce de vers, fuyez encor les tours trop délicats, Des concetti l'inutile fracas, behnis, Ép. i, Coilt.

— REM. C'est une faute d'employer ce mot au singulier, et f *dire : cette pensée est un concetti; on ne peut, vu I étymologie, l'employer qu'au pluriel.

— ETYM. Ital. concetti. pluriel de concelto, pensée brillante , de concetlo, conçu, de concipere (voy. CONI evoib).

CONCEVABLE (kon-se-va-bl') , adj. Oui peut être conçu, compris. Seigneur, un tel succès à peine est concevable, coh.w Héracl. v, 8.

— étym. Concevoir.

CONCEVOIR (kon-se-voir) , je conçois, tu conçois, i co içoit, nous concevons, vous concevez, ils conçoivent; je concevais; je conçus; je concevrai ; je concevrais; conçois, concevez, qu'ils conçoivent; que je conçoive, que tu conçoives, qu'il conçoive, que nous concevions, que vous conceviez, qu'ils conçonent; que je conçusse; concevant; conçu, v. a. || 1° Devenir enceinte, en parlant de la femme et des femelles des animaux. Le sein qui nous a conçus. Un' sceptre que jadis vos pères ont reçu De ce fameux mortel que la terre a conçu, rac. Phèd. Il, 2. || Absolument, liés l'instant qu'une femme a conçu. La sainte Vierge ayant conçu du Très-Haut, boss. il, Concept. || 2" Kig. Former en soi, en son cœur, en son esprit. E1 d'apaiser leur dieu j'ai conçu la pensée, rac. Alliai. II, 5. Et malgré ies soupçons que vous avez conçus, cohn. Nicom. m, h. Le généreux espoir que j'en avais conçu, id. Pohj. n, 2. Tu me parles déjà d'un bienheureux retour, F.t dans tes déplaisirs lu conçois de l'amour, in. Cinna, iv, c. L'un conçoit de l'envie, et l'autre de l'ombrage, m. PoZy. m, i. Mon esprit en conçoit mi!' mâle assurance, m. //or. n, l. Sans que tes pareils en conçussent d'effroi, m. Pmnp. iv, 4. Et concevez des vœux dignes d'une Romaine, m. //or. i, l.Soitafra que les belettes En [des aigrettes] conçussent plus de peur, i.a font. Fabl. iv, c. Mon père j morail jusqu'au nom deMonime Quand je conçus pour elle un amour légitime, rac. Milhr. i, i. J'ai conçu pour mon crime nue juste terreur, in. Phèd. i, 3. Mon cœur même en conçut un malheureux augure, id.

fcICT. DF LA LANGUE FRANÇAISE.

Uni i, i. N'en aurions nous conçu qu'une vaine ■■-.' volt. Zaïre, i, >■ || Absolument. Des . léger, ne veulent pas se donner la peine de concevoir. Pour être clair il ne faut pas concevoir à demi. || 3° Penser, croire. Quant aux raisons d'État qui vous font concevoir Que nous craignons en vous l'union du pouvoir, corn. Nicom. n, 3. Il est vrai, je n'ai pu concevoir sans effroi Que Bajazet pût vivre et n'être plus à moi, rac. Baj. n, 5. Soit qu'il [l'homme] fût. conçu agir en conséquence de la propre nécessité de l'être absolu, boullainvilliers, lléfut. de Spinnsa, p. t98. || 4° Comprendre, saisir. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, non.. Art poét. i. Ils conçoivent une période par le mot qui la commence, la rruy. i. || Absolument, lia l'esprit vif, il conçoit facilement. Comme les yeux ont besoin de lumière pour voir, l'esprit aussi a besoin d'idées pour concevoir, mallebr. Recherche, vi, i. Je ne le conçois point, donc il est impossible, Vrai syllogisme d'ignorant, la motte, Fabl iv, IV. || 5° Se rendre raison de quelque chose, ne s'en plus étonner. Concevez-vous un pareil procédé? Je conçois mal, seigneur, ce qu'il faut ce que j'en pense, corn. Nicom. m, 4. Je conçois vos douleurs, rac. Androm. ni, 4. Je conçois vos raisons mieux que vous ne pensez, id. Baj. m, 6. J'ai mes raisons, Narcisse, et tu peux concevoir Que je lui vendrai cher le plaisir de la voir, id. Brit. Il, 2. Je conçois vos bontés [iar ses remercîments, id. ib. in. 8. .... J'entends que votre cœur soupire Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire, m. Milhr. i, r>. Vois l'homme en Mahomet; conçois par quel degré Tu fais monter aux cieux ton fantôme adoré, volt. Fanal, i, 4. || Familièrement. Je ne vous conçois pas, je ne devine pas vos intentions. || 6° Rédiger, exprimer. Il fallait concevoir cette clause en termes plus précis. || 7° Se concevoir, v. re'fl. Être formé dans l'esprit, dans le cœur. Les projets qui se sont conçus dans ces moments de trouble. || Être compris, expliqué. Un pareil procédé ne se peut concevoir.

— hist. xnc s. Cil conçut Anseys en la fille au vachier, Sax. iv. E la darne cunchut, e puis returnad à sa maisun, Rois, 155. Perisset li jors en oui je fui neiz et la nuiz en cui fut dit: Conciez est li hom, Job, 435. Nekedent [néanmoins] cheient li alkant [quelques uns] en la voie de montement, car il conzoivent orguille de la vertu, ib. 471. Une virgine, dist-il, conciverut, et si enfanterat un fil, et ses nons sereit Euniauuel apeleiz.... st bern. 529. || xme s. L'eure soit ore la maudite, Que povres homs fu conceus! la Rose. 459. El [Honte] fut fille Raison la sage, Et ses pères ot non Meffez , Qui est si balous et si lez Qu'onques o [avec] lui Raison ne jut, Mes du veoir Honte conçut, ib. 2856. Maie vo- Ienlé ke nous arions conchieute, tailliar, Recueil, p. 62. || xive s. Le cruelle ire que conceurent ceux deVcge, bercheure, f°46, recto. ||xves. Ces quatre barons de Bretagne qui representoient le duc et qui concevaient bien toutes ces affaires, avoient mis ces doutes en avant, froiss. n, n, 82. Afin que mieux soient conecutes les choses que j'ai à dire , monstr. li v. I, ch. 47. || xvi° s. Qui eust pensé que l'on peust concevoir Tant de plaisir pour lettres recevoir? marot, i, 370. Ceulx qui ont conceu quelque bonne peur des ennemis, mont, i, g4. Ils sont plus ay'sez à concevoir qu'un conte de Boccace, id. i, 18o. Ils trompent l'espérance qu'on a conceue, id. i, isi. Ce qu'un tesmoing deposoit, ce qu'un juge ordonnait, estoit conceu en cette forme de parler, m. iv, 183. Agis n'advoua point pour son filz l'enfant qu'elle feit, disant qu'elle l'avoit conceu d'Alcibiades, amyot, Agésil. 3. Pompeius, comme voulant repi

1 1 n-, n- que 1 i eust peu concevoir contre Caesar,

pour l'amitié qu'il luy portoit, dit.... id. Pomp. 81. [Cette confession l'ut imprimée] pour en termes exprés et conceus faire renoncer à plusieurs la créance des reformez, l'ai n. Hist. I, 49.

— ÉTYM. Provenç. cancebre; espagn. concebir ; ital. coneepire; du latin concipere , de cum , avi , et cipere pour capere, prendre (voy. capable). Conciez. participe, vient de conceptus; conceu suppose une forme barbare concepùlus.

f CONCHACÉ, ÉE (kon-ka se, sée), adj. Terme de zoologie. Qui est pourvu d'une coquille bivalve.

— ÉTYM. Conque.

| CONCHE (kon-ch'), .v. f. Nom des seconds réservoirs des marais où se fabrique le sel.

— HIST. xvr" s. Et ayant fait une écluse au dit jard. ils ont fait au bout d'iceluy d'autres grands réceptacles, qu'ils mit nommé conches |d s'agit de murais salans] , PALISSY, 252, I.e tout mit pied à terre près Zerbi en une conche [anse] nommée Ro-

chelle, où les galères ont accoustumé de faire aigade , d'aub. Ili.st. I, 116.

— ÉTYM. On pourrait songer à l'italien roncia ou conoio, qui veut dire disposition et arrangement, et qui, sous la forme de touche, a été très-usité en français aux xvieet xvir siècles pour dire état, disposition. Mais il est vraisemblable que conche est uneautre forme de conque, qui, ayant signifié grand vase, a pu prendre le sens de bassin.

t CONCHICOLE (kon-ki-ko-I'), adj. Terme da zoi logie. Qui vit dans ou sur une coquille bivalve.

— ÉTYM. Le latin concha, compte, et coïere.hal f CONCHIFÈRE (kon -ki-fè-r'), adj. Tern

zoologie. Qui est muni d'une coquille à deux v:

— ÉTYM. Le latin coucha, conque , et ferre, porter. CONCHITE (kon-ki-f) , s. f. Terme d'il

naturelle. Pétrification qui ressemble à la conque ou coquille; c'est une espèce de marne, qui, infiltrée dans des coquilles vides, en a pris la forme. Les anciens oryetographes employaient ce mot pour dé v uer les coquilles bivalves fossiles, tandis qu'ils désignaient les coquilles univalves fossiles p i 1 i tonnes de cochlite ou cochilite, i.ei

— REM. Il faut écrire co ichite, et non, comme on trouve dans le Dictionn. de l'Académie, conch

— ÉTYM. KoY/.ixr,;, de v-ox/'â, conque (voy. CONQUE), t COXCIfOÏDAL, ALE (kon-ko-i-dal , da-l'), adj.

|| 1° Terme didactique. Qui resseï ible à une coquille. Des agrégats conchoïdaux. || Cassure conchoïdale (voy. conchoïde). || 2" Terme de Qui a rapport , qui appartient à la conchoide.

— ÉTYM. Conclioïde.

CONCHOÏDE (kon-ko-i-d'). || i" Adj. Qui ressemble à une coquille. || Cassure coucho'-'de, cassure qui présente des concavités et îles convexités imitant l'empreinte de coquilles. || 2" S. f. Terme de gt ométrie. Nom donné à des lignes courbes, s'approchant toujours d'une ligne droite, sur laquelle elle t

inclinées et qui ne la coupent jamais. L'invention de la conchoïde est due au géomètre grecNicomt de t qu'ils aient examiné la conchoïde, nr.se. Géom. 2. || 3° Terme d'architecture. Profil du fût des colonn s.

— ÉTYM. Kov/Ociôï];, de /oy/,'1, conque (voy. ce mot), et ilôoç, forme (voy. m

f CONCHOPHORE (kon-ko-fo-r') , adj. Terme do zoologie. Qui porte une coquille bivalve.

— ÉTYM. K6-y/ï], coquille (VOy. CONQUE), et foçb:, qui porte.

fCONCHYLIEN, IENNE (kon-ki-liin , liè-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui contient des coquilles. || Terrain conchylien, formation sup au grès bigarré, composée de couches calcaires et marneuses du terrain trias!

— ÉTYM. Koyyo/iov, coquille.

f CONCHYLIOÏDE (kon-ki-li-o-i-d'J, adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la firme d'une co

— ÉTYM. Kof/ùXiov, coquille, et àoo;, forme. CONCHYLIOLOGIE (kon-ki-li-o-lo-jie), s. f

d'histoire naturelle. Traité, histoire des coquilles. L'histoire naturelle éclaii i une de

principales, la conchyliologie, par Dé

Paris. 1757.

— ÉTYM. Koyx.""°v , diminutif de v.ôy/.ïi . ci (voy. ce mot), et ).6yo:, discours (voy.

C0NCHYL10L0GISTF, (kou-ki-li-o-lo-ji-sf), s. wi. Celui qui s'occupe de conchyliologie.

— ÉTYM. Coi chylioh

f CONCHYLIOPliOUE (kon-ki-li-o-fo-r') .

Terme d'histoire naturelle. Qui porte des coquilles.

— ÉTYM. Kcpp/u/iov, coquille, etçopà;, qui p ute. CONCIERGE (kon-sièr-j') , s. m. || 1° Celui qui a

la garde d'un château, d'un hôtel, d'une pri

Concierges é n sde ci s so fibres

glorieux ouvre/, vos cachots noirs, racan, Psaume 23. || Autrefois, nom d'un office dérable. La

reine Isabelle de Bavière avait la garde royale le 25 février 1413, elle s'était fait n de la conciergerie du palais; ce | i te considérable, et quelquefois rempli par les ] persot

nages, donnait au titulaire la gai l ps ou

de la personne du roi, Isa e, par

m. VALLET DE viriville . p. 23. ||2" Portier, i au corn

— hist. xive s. Le celerier et le cou

court le roy, Ordonn. des rois, t. VI, p. •'•97. Nous

avons commis et commettons le >

dit hostel, ib. p. 313. Au c

quatre francs, il nagier, Cet h istel,

ainsi comme cou le est, il

un coni tu, iv, 28. i ié] est

propice et de peu s s santé

e, AL.

,Bréviaire des no

COIN

CON

COIN

concherge do la halle, Registre municipal , dans JAUBErt, Glossaire.

— étym. Picard, conchierge; espagn. conserge , bas-lat. consfrjî'u-s, dans un texte de L'an moi;. Ménage le tire de conservare; mais coiwerrare n'a jamais pu donner consergius. Labbe propose ie mot hybride con-skarjo, sltarjo signifiant en allemand sbirre, sergent; mais la forme du mot et aussi le sens s'y opposent. Diez, qui écarte ces deux étymo-

5, n'en propose aucune. La présence de la forme consergius, dans un texte aussi ancien que l'an 4 4 06, ne permet guère d'y voir autre chose que le représentant roman d'un bas-latin conservius, dérivé de cum et servir? ; s'ervius donnant serge ou sierge , comme serviens donne sergent. De sorte que concierge ne signi ierait que serviteur, terme général déterm te par l'usage à un sens particulier.

CONCIERGERIE kon-si'èr-je-rie), s. f.\\i° Charge de concierg i e grande maison || Le logement

duconcierge. La conciergerie du château. || Autrefois,

lue de la juridiction du concierge du palais du roi. || 2° Prison attenante au palais de justice à Paris.

— hist. xivc s. Donné a la conciergerie du bois de \ incennes, Ordonnances (1rs rois, t. vu, p. 575. || xve s. Et sur ce avons premier fait voiries traités i t | oints, el diligemment visiter et à grand et mure délibération tant de ceux de notre sang et grand

eil, si comme prélats, barons, comme de ceux de notre conciergerie et de notre très amôe fille l'univers té de Paris, monstrel. liv.i, ch. t t 6. il XVIe s. Un prisonnier de qualité estant en nos conciergeries, mon r. II, 32.

— ÉTYM. Concierge.

CONCILE (kon-si-P), s. m. ||1« Assemblée d'évêqnes el (le docl ui .pour statuer sur des questions de doctrine, de discipline. Les apôtres tien m ut le concil de Jérusalem, boss. Hist. i, u>. Telle fut la décision du concil'.' d i Latran, le pins grand et 1" plus nombreux qui ait jamais été tenu, dont l'autorité est si grande que la postérité l'a app excellence le concile général, noss. Variât, xv, § 436. j| Concile reçu néni [ueou général, assemblée qui représente toute l'Église du monde catholique. Concile national, conc le composé des évêques d'une nation. Concile provincial, concile tenu par les évoques d'une province r'o lésiastique ; l'archevêque prd i le. Concile diocésain, assemblée des bénéficiers d'un diocèse; on le nomme ordinairement synode. Il 2° Actes et décisions des conciles. On a fait plusieurs éditions dos conciles.

— hist. xii" s. Par le conseil Tyebaut a fait li rois esc.ire, Lesletreset les chartres fist seeller en cire, Les barons fist venir de trestout son empire; à Meleun en France tint li rois son concire [assemblée], Roman de Hou, ms. p. 4 23, dans lacurne. Pruveires e diacnes, plusurs en i ot pris, Larrons, murdreiseûrs en la rei prisun mis; Qu'areté mult suvent erent par le pais. As cunciles [tribunaux mené là û lur ert asis, Th. le mart. 26. Quand ot [apprend] li reis Henris de la pape conter Qu'il feseit par ses bri<jfs les evesques mander, A Clarendune ai fait' sun cuncilie [conseil] asembler, Th. le Mart. 05. || xnr s. Et fit assambler un concile gênerai de tous les ordenes desous La loi de Rome, Chr. dp Rains, 88. || xvie s. Les rois ont de tout temps assemblé ou fait assembler synodes ou conciles provinciaux et nationaux, p. pithou, 10. Les conciles généraux ne se doivent assembler ny tenir sans le pape, toutesfois il n'est estimé estre par dessus le concile universel, id. 40.

— ÉTYM. Provenç. concili; espagn. et ital. concilio ; du latin concilium, assemblée, de même radical que conciliare (voy. concilier).

CONCILIABLE (kon-si-li-a-bl*), adj. Qui se concilie avec une autre chose, qui ne l'exclut pas. Ces conditions sont conciliables l'une avec l'autre.

— ÉTYM. Concilier.

CONCILIABULE (kon-si-li-a-bu-l') , s. m. \\l° Assemblée de prélats sehismatiques ou convoqués irrégulièrement. Ce n'était pas un concile, c'était un conciliabule. || 2° Conférence secrète et où président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité. Ce conciliabule où la mert de Jésus fut conclue, bourdal. Carême, m, Communion pasc. --'23. Les conciliabules qui se tiennent chez les femmes de chambre, j. j. rouss. Bel. vi, 4 0.

— ÉTYM. Le latin conciliabulum , de conciliare (voy. CONCILIl R).

t CONCILIAIRE (kon-si-li-ê-r'). adj. Qui appartient au con ile.

— ÉTYM. Concile.

t CONCILLUREMENT (kon-si-li-ê-re-man), adv. En concile.

— ÉTYM. Conciliaire, et le suffixe ment. CONCILIANT, ANTE (kon-si-li-an, an-t'J, adj.

Oui est propre à concilier. Homme, esprit, caractère conciliant. Paroles conciliantes.

CONCILIATEUR . TR1CE (kon-si-li-a-teur, tri-s'). || l'S.m.etf. Celui, cellequi s'emploie pourconcilier un différend. Le conciliateur crut qu'il viendrait à lu nt De guérir cette folle et détestable envie [de plaider], la font. Fab. xn, 28. || 2° Adj. Un esprit conciliateur. Éloquence persuasive et conciliatrice. Son esprit était naturellement conciliateur et son aine semblait s'approcher de toutes les autres, montesq. Arsace et Isménie. Leibnitz, génie vaste et conciliateur, voulut que ses ouvrages devinssent comme un centre où se réuniraient, toutes les connaissances humaines, tukgot, Ébauche du 2" dise, progrès de l'esprit humain, p. 280. || Terme de droit. Le juge conciliateur.

— HIST. xvi" s. La civilité est conciliatrice des premiers abords delà société et familiarité, mont, i, 52.

— ÉTYM. Le latin concilia-for, de conciliare, concilier.

CONCILIATION (kon-si-li-a-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1" Action de concilier. Apporter dans les affaires un esprit de conciliation. Les voies de conciliation sont encore ouvertes. || 2' Terme de droit. Conciliation préalable, préliminaire, tentative de conciliation, comparution des parties, avant, l'instance, devant un juge, spécialement le juge de paix, qui cherche à les concilier. Procès-verbal de non-conciliation. || 3° Action de faire concorder ensemble des textes qui semblent en opposition. La conciliation de ces deux articles n'est pas possible.

— ÉTYM. Le latin conciliatio, de conciliare, concilier.

f CONCILIATOIRE (kon-si-li-a-toi-r'J, adj. Qui a pour but de concilier. Conférences conciliatoires. Moyen conciliatoire. Procédure concihatoire.

— ÉTYM. Concili. r.

CONCILIÉ, ÉE (kon-si-li-é, ée), part, passé. || 1° Apaisé. Les esprits conciliés par de sages mesures. || 2" Mis d'accord. Ces lois conciliées par une habile interprétation.

CONCILIER (kon-si-li-é), v. a. || i° Faire disparaître les causes des différends. Ahl laissez-moi l'honneur de vous concilier, volt. Catil. ni, 4. Un intérêt si cher nous doit concilier, id. Triumv. n, 2. Terminer tous les différends d'une manière qui conciliait les intérêts les plus opposés, noss. Duchesse d'Orl. Son caractère particulier était de concilier les intérêts opposés, et, en s'élevant au-dessus, de trouver le secret endroit et comme le nœud par où on peut les réunir, id. Anne de Gonz. En 1557, il se fit a Worms, par l'ordre de Charles V, une nouvelle assemblée pour concilier les religions, boss. Variai, vin, § 34. || 2" Accorder des choses qui semblent contraires. Concilier deux textes de lois. Il peut concilier son honneur et sa flamme, rotrou, St Gen. i, 4. La difficulté de concilier l'histoire profane avec l'histoire sainte, boss. Hist. l, 7. Cela suffit pour concilier ce saint docteur avec lui-même ID. Rep. Oserai-je dire que lui seul concilie les choses contraireset admet les incompatibles? la bruy. iv. || 3° Rendre favorable à, bien disposer. Il lui concilia la faveur du prince. Sa douceur lui a concilié la faveur de tous. Elle s'est concilié l'affection de sa nouvelle famille. || 4° Se concilier, r. ré/l. Entrer en accord, s'entendre. Ces gens -là ne pourront jamais se concilier. Ils délibèrent ensemble, ils se communiquent leurs pensées, ils se concilient, montesq. Esp. vi, 4. || N'avoir plus de contradictions avec... Votre système ne peut se concilier avec les principes établis.

— SYN. concilier, accorder. Accorder, c'est proprement mettre d'accord, ramener au même ton, à l'unisson; tandis que concilier signifie uniquement rapprocher. C'est cette différence d'étymologie qui est la cause des nuances que ces deux mots expriment. Coucilier les libertés de l'Église gallicane avec les prétentions de la cour de Rome, voudrait dire que car une interprétation on a montré qu'elles ne se repoussaient pas, et qu'au fond elles s'accordaient. Accorder les unes avec les autres voudrait dire que par un moyen quelconque on les a mises dans un état où elles n'ont plus de dissemblance. Un intérêt commun les concilia, signifiera qu'il leur a ouvert les yeux et leur a fait reconnaître qu'au fond rien d'essentiel ne les séparait. t'n intérêt commun les accorda, signifiera qu'il leur a fait faire des concessions mutuelles et qu'ils se sont arrangés pour s'entendre.

— HIST. xvie s. Cette recordation [d'un grand dauger] me concilie aucunement à elle [à la mort] ,

mont, n, 53. Les reconciliateurs des jurisconsultes debvroient premièrement les concilier chascun à soy,

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