GRACE
2.. CONGRÈS (kon-grê) , s. m. Terme d'ancienne jurisprudence. Épreuve qu'ordonnait autrefois ia justice pour constater, en présence de chirurgiens et de matrones, la puissance ou l'impuissance des époux qui plaidaient en nullité de mariage. Le congrès a été supprimé en 1667. Et jamais juge entre eux ordonnant le congrès De ce burlesque mot n'a sali ses arrêts, boil. Sat. vin.
— ÉTYM. Même mot que le précédent, et signifiant ici coït.
f CONGRESSION (kon-grè-ssion) , s. f. Terme d'histoire naturelle. Accouplement du maie et de la femelle.
—HIST. xvie s. Qu'à une congression languissante, pour la remplir d'une juste et fertile chaleur, il s'y fault présenter rarement et à notables intervalles, mont. III, 319.
— ÉTYM. Lat. congressio (voy. congrès 2).
f CONGRÈVE (kon-grè-v') , s. f. Terme d'artillerie. Fusée à la congrève, fusée qui, garnie d'une m'che inextinguible, lance, en éclatant, d'autres petites fusées très-meurtrières.
— ÉTYM. Congreve, nom d'un colonel anglais qui a inventé cette sorte de projectiles, et qui naquit en 1760.
f CONGRIER (kon-gri-é), s. m. Endroit d'une rivière que l'on entoure de pieux pour renfermer le poisson. || On trouve aussi congrois.
— HIST. xvie s. Icelluy prendeur ne porra vendre ny estranger nulz des poissons qui seront prins es dites conrryes et pesebene.... Et porra le dit prendeur tendre nasse en la conrrye d'iceulx molins, du cange, cogrerium.
— ÉTYM. Congre 2.
CONGRU, CE (kon-gru, grue), adj. || 1° Qui est conçu ou qui s'exprime en termes exacts et précis. Réponse congrue. Phrase congrue. Vous faites le savant, et n'êtes pas congru, Régnier, Sat. x. Le premier président ne connaissait point d'interjections; il n'était point congru dans sa langue, retz, ii, (43. || 2° Terme de théologie. Grâce congrue, grâce proportionnée à l'effet qu'elle doit produire, ou à la disposition de celui qui la reçoit. Je suppose que la direction du verbe n'est efficace que comme la grâce congrue, fénel. m, 190. || 3" Dans le langage ecclésiastique, portion congrue, pension annuelle que le gros décimateur pajait au curé pour sa subsistance. Un curé de campagne dont les travaux pénibles ne lui procurent que sa portion congrue de 300 livres de droit, volt. Louis XIV, 35. l 'mu quoi M. l'archevêque de Tolède a-t-il un million de ducats de rente, tandis que je suis réduit à une portion congrue? m. Phil. m, 336. || Par extension, portion congrue, rente, traitement fort exigu. On a mis tous ces employés à la portion congrue. || 4° En géométrie, congru s'est dit jadis de deux figures qui coïncident parfaitement. || En arithmétique, d'après Gauss, nombres congrus, nombres qui ont un rapport de congruence.
— HIST. xve s. Certes hoc vinum est bonus : Du maulvais latin ne nous chaille, Se bien congru n'estoit ce jus, basselin, Vau de Vire, 9.
— ÉTYM. Lat. congru us, conforme, convenable, f CONGRUAIRE ('kon-gru-è-r'), adj. S'est dit des
curés à portions congrues.
— ÉTYM. Congru,
f CONGRUENCE (kon-gru-an-s') , s. f. Ancien terme de géométrie. Égalité de deux figures.|| Terme d'arithmétique. Relation entre deux nombres, telle que leur différence est un multiple d'un troisième nombre dit module.
— ÉTYM. Congruent.
f CONGRUENT. ENTE (kon-gru-an, an -t') , adj. Qui convient à. Que dites-vous de ma petite oie [sorte d'ajustement]? La trouvez-vous congruente à l'habit? mol. Les préc. io.
— ÉTYM. Lat. congruens, part. prés, de eongruere. f C0NGRU1SME (kon-gru-i-sm'), s. m. Terme df
théologie. Système des eongruistes. Les j suites ne travaillaient qu'à établir la grâce suffisante, le congruisme et les lettres de cachet, volt. l'hîl. il, 233. Molina fut inventeur de la science moyenne et du congruisme, id. Louis XIV, 37.
— ÉTYM. Congru.
f C0NG1UISTE (kon-gru-i-sf) , s. m. Celui qui soutient que Dieu donne aux hommes la grâce congrue. || Adj. Théologien congruiste.
— ÉTYM. Congru.
CON
CON
CON
CONGRUITE (kon-gru-i-té), s. f.\\ 1° Terme de théologie. Efficacité 'le la grâce qui agit tout en conservant l'action du libre arbitre. La grâce qu'on appelle congrue trouve dans sa congruité une véritable efficace, fén. m, 253. Le mérite de congruité ou de convenance, que les théologiens y reconnaissent, n'est pas, suivant eux, un véritable mérite, boss. Var. 8. || 2° Convenance. Mais diles, gouverneur, dans le siècle où nous sommes, Les princes aimentils comme les autres hommes? Je voudrais bien l'airner dans la congruité Que r-quiert en tel cas ma haute qualité, th. corn, le Geôlier de soi-même, ni, 7. || Vieux en ce sens, et du style burlesque.
— HIST. xve s. Congruité, de incongruité plaine, en. d'orl. Bal. m.
— ÉTYM. Lat. congruitas, de congruus, congru. CONGRÛMENT (kon-gru-man) , adv. || 1° D'une
manière congrue, correcte. Faut-il qu'avec les soins qu'on prend incessamment, On ne te puisse apprendre à piller congrûment? mol. Femmes sav. Il, 6. Hérodote parle congrûment et surtout noblement, p. L. coup, n, 128. j| 2° Pertinemment. Parler congrûment d'une chose, d'une affaire. || 3" Régulièrement. Lui. c'est un homme d'ordre et qui vit congrûment, BEGNARD, le JOUeUT,!, 2.
— REM. L'accent circonflexe indique qu'un e a été supprimé.
— HIST. xive s. Et se mue [le caméléon] et varie en toutes telles coulours comme ont les choses que il regarde congruement, excepté deux couleurs, oresme, Eth. 23.
— étym. Congrue, et le suffixe ment.
\ CONIC1NE (ko-ni-si-n'), s. f. Terme de chimie. Alcaloïde (dit aussi conine, coniine, conéine et cicutine) qui existe particulièrement dans la grande ciguë.
— ÉTYM. KoSviov, ciguë.
t CONICITÉ (ko-ni-si-té), s. f. Forme conique. || Ternie de chirurgie. Conicité du moignon, défaut dans L'amputation d'un membre qui fait que le moignon devient conique et le bout de l'os saillant.
— ÉTYM. Conique.
t CONIDIE (ko-ni-die), s. f. Terme de botanique. Poussière qui recouvre les lichens.
— ÉTYM. Diminutif de xôviç, poussière.
CONIFÈRE (ko-ni-fè-r'), adj. Terme de botanique..
Qui porte un fruit de figure de cône. Arbres conifères. || S. m. Les conifères.
— ÉTYM. Lat. conus, cône (voy. cône), et ferre. porler.
f CONIFLORE (ko-ni-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a les fleurs en cône ou chaton.
— ÉTYM. Cône, et le latin flos, fleur.
f CONIGÈNE (ko-ni-jê-n'), adj. Terme d'histoire naturelle, '.ui naît ou vit sur les cônes du sapin.
— ÉTYM. Kûvoç, cône, et yevtk, né.
f CONILLE (ko-ni-11', Il mouillées), s. f. Terme de marine. Espace ménagé aux côtés d'une galère.
f CONIOTHÈQUE fko-ni-o-tè-k') , s. m. Terme de botanique La loge que porte l'anthère.
— ÉTYM. Kôvtç, poussière, et ôiixin, loge. CONIQUE (ko-ni-k'), adj. Terme de géométrie.
Qui a la forme d'un cène. || Les sections coniques, et, elliptiquement , les coniques, les courbes qui résultent des diverses sections du cône, savoir le cercle, l'ellipse, la parabo'e et l'hyperbole. Il y avait un homme qui, à seize ans, avait fait le plus savant trailé des coniques qu'on eût vu depuis l'antiquité, chateaub. Génie, ni, n, 6. || Pendule conique, espèce de modérateur qui , dans les machines a vapeur, rè^le l'ouverture du tuyau qui envoie la vapeur dans les cylindres.
— ÉTYM. Kuvixàç, de xùvo;, cône.
| CONIROSTRE (ko-ni-ro-str') , s. m. Famille de l'ordre des passereaux, caractérisée par un bec court et conique comme celui du moineau, du pinson, du gros bec, etc.
— ÉTYM. Cône, et le latin rostrum, bec.
f COMTE (ko-ni-t'), 4-, m. Terme de minéralogie. Minéral grisâtre ou rouge chair, d'Islande.
| CONIVALVE (ko-hi-val-v'), ad). Terme de zoologie. Qui a une coquille conique.
— ÉTYM. Cône, et rahe.
CONJECTURAL, ALE (kon-jè-ktu-ral, ra-1'), adj.
Qui ne repose que sur des conjectures. Raisonnements conjecturaux. Pour montrer qu'il ne s'agit pas d'une certitude morale ou conjecturale, boss. Variât. 4. Les conséquences que je veux déduire ne seront pas pourcelaconjecturales, j.j. rouss. OrigJ.
— REM. On a dit aussi, dans le xvm" siècle, conjecturel : Ce que j'ajoutais est purement conjecturel, bonnet, Essai analyt. urne. Œuvres, t. xiv, p. 3(4, note, dans pougens. La langue n'a pas été
conséquente pour rendre la finale latine alis ; elle a pris tantôt el, tantôt al, quelquefois les deux terminaisons : virtuel et non vir tuai ; partiel et partial avec deux acceptions différentes.
— HIST. xvie s. Laquelle chose (açec la parfaite connoissance et gradation des temps de la maladie, et de la température des corps et parties) fait la médecine conjecturale et devineresse, paré, xvi, 12.
— ÉTYM. Lat. conjecturalis, de conjectura (voy. conjecture).
CONJECTURALEMENT (kon-jè-ktu-ra-le-man ) , adv. D'une manière conjecturale.
— HIST. xvie s. Conjecturalement et incertainement, mont, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Conjecturale, et le suffixe ment. fCONJECTURATIF, IVE (kon-jè-ktu-ra-tif, ti-v'),
adj. Qui fait conjecturer.
— HIST. xvie s. Tous ces signes sont grandement conjecturatifs, voire certains, que le crâne soit fracturé, paré, viii, 2.
— ÉTYM. Conjecturer.
f CONJECTURATION (kqn-jè-ktu-ra-sion) , s. f. Action de conjecturer.
— HIST. xiv' s. Prudence appelée en grec eustochie, c'est conjecturation, oresme, Thèse de meunier.
— étym. Conjecture.
CONJECTURE (kon-jè-ktu-r'), s. f. Opinion établie sur des probabilités. On peut sur le passé former ses conjectures, corn. Tois. d'or, ni, 4. Je ne me satisfais d'aucunes conjectures, m. Hor. i, I. Et je dirai, si j'ose en faire conjecture, id. Pomp. m, t. Non que de ma naissance il fasse conjecture, id. Ilrrncl. n, 2. Ma comédie, sire, n'a pu jouir ici des bontés de Votre Majesté; en vain je l'ai produite sous le titre de l'Imposteur et déguisé le personnage sous l'ajustement d'un homme du monde.... La cabale s'est réveillée aux simples conjectures qu'ils ont pu avoir de la chose, mol. Tari. 2'placet. Les conjectures [dans les sciences] ont toutes un droit égal de se produire, et souvent n'en ont guère de se combattre, fonten. Hartsoeker. Les conjectures sont les étincelles, au feu desquelles la bonne physique allume le flambeau de l'expérience, bonnet, Consid. corps org. Œuvres, t. v, p. 99, dans pougens.
— HIST. xve s. L'une dit que c'est enfanture; L'autre dira qu'il n'en est rien -, Et pour oster la conjecture.... coquillart. Les droits nouveaux. || xvies. Que chacun donc fasse conjecture quellripotage ce seroit, si.... calvin, 77. Comment videra-t-on ces querelles? car, en cause douteuse, il faudra juger par conjectures, id. 77. Donner pour argent comptant des conjectures, mont, i, <03. Pour divertir les opinions et conjectures du peuple, id. m, 300. Ceulx qui nous desconseillent les femmes riches, de peur qu'elles soient moinstraictablesetrecongnoissant.es, se trompent de faire perdre quelque réelle commodité pour une si frivole conjecture, id. ii, 84. Qu'estil plus vain que de vouloir deviner Dieu par nos analogies et conjectures? id. ii, 24a.
— étym. Provenç. conjectura; espagn. conjetura; ital. congettura ; du latin conjectura, de conjicere, conjecturer, proprement jeter ensemble, de cum, et jncorc, jeter (voy. jet).
CONJECTURÉ, ÉE (kon-jè- ktu-ré, rée), part, passé. Des événements conjecturés avec une rare sagacité.
CONJECTURER (kon-jè-ktu-ré), v. a. Juger par conjecture. Conjecturer les choses futures. De là je conjecture qu'il en sera ainsi. Qu'il y en ait de plus petites, on le peut conjecturer, desc. Monde, 3. Il Absolument. Éternellement obligé de conjecturer sur des matières très- douteuses, fonten. Littre. Qu'il me soit permis de le dire : aucun écrivain d'histoire naturelle ne s'est, plus attaché que moi à ne pas confondre les conjectures avec les faits; mais je n'ai pas cru qu'on ne dût jamais conjecturer en physique, bonnet, Lett. div. Œuvres, t. xn, p. 287. Il est raisonnable de conjecturer que le passage est court; toutes les rivières qui se perdent dans la côte occidentale de la baie d'Hudson, sont faibles et petites, raynal, Ilist. philos, liv. xvn, ch. 7.
— HIST. xiue s. Qui bien le scet conjecturer, j. de meung, Tr. 4<7. || xiv" s. Si comme je puis conjecturer en si grant intervalle de temps, la cause fut.... bercheure, f" 74 , verso. Celui est bon conseiller qui scet conjetturer et trouver selon inquisition de raison le plus très grant bien des choses ouvrables, oresme, Eth. 179. Pour ce est-il mestier à celui qui veultattaindre et conjecturer au moîen de vertu, que il ait aucunes règles et enseignemens, m. ib. 54. Donques est vertu une chose moienne et laquelle
conjecture et tent et s'adresce au moien, id. ib. 44. |[ xvie s. Après qu'il eut bien conjecturé la haulteur de la ditte tour par en estre souvent approché, amyot, Marcel. 28. On conjectura anciennement à Athènes une aptitude à la mathématique en celuy à qui on voyoit ingénieusement adgencer et fagotter une charge de brossailles, mont, m, 59.
— ÉTYM. Conjecture.
t CONJECTUREUR (kon-jè-ktu-reur) , s. m. Néologisme. Celui qui aime à conjecturer.
— ÉTYM. Conjecturer.
CONJOINDRE (kon-join-dr'), v. a. || 1° Joindre avec. Il avait fondu les filets de glace qui les conjoignaient, desc. Me'téor. 6. Votre pensée qui ne peut conjoindre les idées qui se contrarient, id. Hr'p. i. || 2° Unir par le mariage. Il ne faut pas que l'homme sépare ce que Dieu a conjoint. || 3° Se conjoindre, v. réfl. Être conjoint. Des choses qui se conjoignent.
— HIST. xne s. Seiom conjoint et enterin Trestoz nos vivans [pendant toute notre vie] mais senz fin, benoît, n, 10005. Et mestiers fut ke ele andous ces choses conjoinsist ensemble, Job, 442. || xin' s. Puisque si nous entreveïsmes Por quoi nos cuers conjoins eûmes, Que bien nous entrecogneumes, la Hose, 81 13. Il s'est clamés de lui de deus choses ensemble, lesquelles ne peuvent ne ne deivent estre conjointes ne vouées ensemble, Ass. de J. 1 48. || xiv" s. Il se conjoinsit à eux par affinités de mariages, bercheure, f°24, recto. || xves.Deux cueurs en ung vouloir conjoings, al. chart. Liv. des i dames. || xvie s. La conjonction par laquelle il nous coijoinct à soy en nous recevant au sein de l'Eglise, est comme un mariage spirituel, calvin, Inslit. 285. Ce sont \ices tousjours conjoincts, mont, i, 22. Ceux-ci [ces rois] estans bien conjoincts ensemble devroyent jetter les fondemens d'un si magnifique dessein, lanoue, 391. À présent qu'on ne regarde qu'à soy, il convient conjoindre avec les paroles l'authorité et la crainte, id. ib. Tous deux ont eu le bon sens conjoinct avec la force de corps, amvot, Thés. 2. Il fut l'un des principaux instruments de moyenner, que les Romains et les Sabins se conjoignissent en un mesme peuple, id. Publ. i. Il leur persuada de tirer de longues murailles, pour conjoindre leur ville à la marine, id. AU. 25. Il l'assena au dessus de l'os qui conjoint les deux espaules, id. Artax. H. L'homme ne séparera point ce que mesme Dieu fait conjoindre, d'aub. Vie, cxLvm. Elle avoit une pleurésie conjointe d'une peripneumonie, paré, xvm, 68.
— ÉTYM. Provenç. conjunger, conjongner, conjoingner; ital. congiungere ; du latin conjungere, de cum, et jungere (voy. joindre).
CONJOINT, OINTE (kon-join, join-t'), part, passé de conjoindre.il 1° Joint avec. Quoique j'aie un corps auquel je suis étroitement conjoint, dksc Mêd. vi. Le prix est si conjoint à l'heur de vous servir Que c'est une faveur qu'on ne me peut ravir, rotrou, V'encesl. m, 6. Tout l'avantage qu'homme et femme conjoints par mariage se peuvent faire, mol. Mal. imag. i, 9. Puisque Dieu agit en nous comme un principe intime et conjoint.... boss. Libre arb. 9. Il faut donc dire que les deux substances se trouvent en effet dans le sacrement et que le signe y est conjoin* avec la chose, id. Variât. 9. || Terme de droit. Personnes conjointes, personnes qui agissent dans le même intérêt ou comprises dans le même legs. Légataires conjoints. Legs conjoint, legs fait conjointement à plusieurs. || Terme de botanique. Feuilles, étamines conjointes, celles qui paraissent comme soudées ensemble. || Terme de- musique. Intervalles, degrés conjoints, intervalles de seconde, c'est-àdire notes qui se suivent dans l'ordre de la gamme soit en montant soit en descendant. || Dans les anciens manuscrits, lettres conduites, lettres liées entre elles, et, en raison de cette liaison , plus ou moins altérées dans leurs formes. || Dans les calculs du change, règle conjointe, détermination du rapport de deux nombres-4ont^le<: rapports avec d'autres nombres sont connus. || 2° .S. m. Chacun des époux, par rapport à l'autre. Les futurs conjoints. Le conjoint survivant. Contrat fait avec la natureaussi bien qu'entre les conjoints, j. j. rouss. Ém. I. Les conjoints se placent au centre des deux cercles [cfinvités], chateaub. Amer. 42. Mais, dirat-on, n'est-il en nulles guises D'heureux ménage? après mûr examen, J'appelle un bon, voire un parfait hymen, Quand les conjoints se souffrent leurs sottises, la font. Belph.
CONJOINTEMENT (kon- join-te- man ) . adv. || 1° D'une manière conjointe, ensemble, simultanément. L'accommodement se fit effectivement par le moyen de Cléopàlre leur soeur, à condition que
CON
les deux frères régneraient conjointement, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vm, p. «is, dans pougens. 11 eut sans doute l'administration de leur royaume conjointement avec leur mère, id. ib. t. ix, p. 563, dans pougens.... Qu'est-ce à ilire? Valère" Un autre injointement soupire. Ah! si je le savais.... regnàrd, le Joueur, u, *. Mme de la Tour nie pua
ue nommer sa fille conjointement avec mue. BERN. de ST-P. l'aul et Virg. \\ Terme dejudence Legs fait conjointement, legs fa:t à us légataires en termes exprès ou par le fait [verbis, re). I| 2° De concert. Agissons conjointement. Il est nécessaire que le temps travaille conjointement avec les excellents maîtres, balz. liv. V, U-ii. 2. Il [Bucer] persista telleme'i t dans l'accord, que toujours depuis il fut regardé par ceux de la ssion d'Augsbourg comme membre de leurs . et agil en tout conjointement avec eux, boss. Variât. 4.
— HIST. xive s. Ces trois choses toutes ensemble
iictement sont en operacions très bonnes , orksme, Elh. 20. À une fois conjoinctement , du
. auxilium. || xvic s. Le vray moyen pour osi, ; li crainte aux uns, et la cupidité aux autres, c'est de s'employer conjointement en ces hautes en-
es, lanoue, 396. Ils s'engagèrent conjointement d'amener douze mil hommes, d'aub. Vie, cxl. Ceulx qui peuvent prétendre quelque matériel fruict de ma mort, en receoivent d'ailleurs, conjoinctement, une matérielle perte, mont, iv, 122.
— ÊTYM. Conjointe, et le suffixe ment; provenç. conjuntamen; ital. congiunlamente.
CONJONCTIF, 1VE ' (kon-jon-ktif, kti-v') , adj. || i" Qui conjoint, qui unit. || Terme d'anatomie. Tiâsu conjonctif, substance conjonctive, tissu appelé lammeux , d'après sa disposition habituelle dans l'économie, et tissu cellulaire depuis Bichat. Il 2° Terme de grammaire. Qui sert à rattacher un mot à un mol, une proposition à une proposition. || Locutions conjonctives , conjonctions composées de plusieurs mots, telles que c'est pourquoi, soit que, bten que, etc. || Les particules conjonctives, et, elliptiquement, les conjonctives , les conjonctions et, ni, ou. On a ciu que dans cette phrase : Ni la force ni la douceur n'y peut rien, il faut dire n'y peuvent rien, et non pas n'y -peut rien au singulier, parce qu'on regarde les deux ni comme conjonctives et non pas comme disjonctives ; c'est la même chose que si on disait Et la force et la douceur n'y peuvent rien, académie, Observ. sur Vauge'as, p. lus, dans pougens. || Pronoms conjonctifs, et, mieux, adjectifs conjonctifs, ainsi nommés, parce qu'ils ont en eux la force d'une conjonction, et peuvent servir à unir deux propositions, par exemple : J'ai entendu l'homme qui a parlé; ditesmoi quel il est. Dans cette réunion, ils forment toujours le second terme ou le conséquent du rapport. || D'après quelques grammairiens, noms conjonctifs, conjonctions qui remplacent un nom, telles que où, quand, quoi, pour en quel lieu, en quel temps, quelle chose. Je ne sais où il est. Il ne m'a pas dit quand il reviendra. Dites-moi de quoi vous parlez. || 3" .S', m. Synonyme de subjonctif. La grammaire exige ici le conjonctif. || Terme de grammaire hébraïque. Les conjonctifs, accents toniques qui servent à déterminer les rapports grammaticaux.
— hist. xvi* s. Me voicy devenu grammairien, moy qui n'apprins jamais langue que par routine, et <[ui ne sçais encores que c'est d'adjectif, conjunctifel d'ablatif, mont, i, 358. Le subjonctif ou conjonctif fet son premier présent du futur de l'optatif, meigret, dans li vet, Gramm. au xvi* siècle, p. 91.
— ÉTYM. Provenç conjunctiu; espagn. conjuntiro ; ital. congiuntivo; du latin conjunctivus, de conjungere, conjoindre.
CONJONCTION (kon-jon-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. ||i° L'acte ou l'action le conjoindre. || Union charnelle de l'homme et de la femme. Les conjonctions illicites contribuent peu à la propagation de lespèce, montesq. Esp. xxm, 2. || 2° Terme d'astronomie. Rencontre de deux planètes dans une ligne droite, par rapport à un c rtain point de la terre. Deux astres qui entrent ensemble en conjoncti"n, boss. Jos. I. || Les conjonctions des planètes jouaient un grand rôle dans l'astrologie. Un événement arrivait sous la conjonction de deux planètes, volt. Mœurs, Magie. Il [le bonheur] dépend d'une conjoncture De lieux, de personnes, de temps, Non des conjonctions de lous ces charlatans, la font. Fabl. vm. i«. o-n le voit [ilélanchthon] sans cesse effrayé par les tristes conjonctions des astres, boss. Variât, v. || Conjonction apparente, celle où la ligne qu'on supposerait tirée par le centre de deux pla-
DICT. i>t L.. LANGUE FRANÇAISE, — li
nètes, ne passerait pas par celui de la terre. || Absolument. La rencontre de la lune avec le soleil en un même point du zodiaque. Les marées doivent être un peu plus fortes dans la conjonction que dans l'opposition, volt. Newl. m, 1 1. || 3J Terme de grammaire. Mot invariable qui met deux phrases en rapport. La vertu est désirable, car eile rend l'homme heureux; car est une conjonction puisqu'il indique qu'une de ces propositions est la conséquence de l'autre, .le porte envie aux Grecs dont la langue était si abondante en conjonctions, au lieu que la nôtre n'en conserve que très peu; encore voudrait-on nous en priver, d'olivf.t, Prosodie fr. art. v, § 2. || Conjonctions copulatives, celles qui expriment une liaison pure et simple. || Conjonctions subjonctives ou subordonnantes, conjonctions qui font de la proposition qui les suit la .subordonnée de celle qui les précède. || Conjonction simple, celle qui est indécomposable. || Conjonction composée, celle où l'usage a réuni plusieurs mots pour ne former qu'une seule locution, par exemple afin que, de manière que, de peur que. || Dans les manuscrits, réunion de deux ou plusieurs caractères en un seul. JE pour A E est une conjonction. || 4° Terme d'ancienne musique. Corde commune à deux tétracordes consécutifs. || 5° Terme de rhétorique. Répétition d'une même conjonction liant tous les membres d'une période.
— HIST. xve s. Après ceste conjonction Se commence opération, De la quelle, si tu poursieux, Tu auras la gloire des cieux, la font. soi. Et disoit [la duchesse Marguerite de Hainaut] que, si on vouloit que son fils eust Marguerite de Bourgogne, sa fille Marguerite aussi auroit Jean de Bourgogne, par quoi il y auroit plus grand conjonction d'amour, froiss. h, il, 222. || xvi" s. Les conjonctions incestueuses, mont, i, 118. Ces prophanes Mahumetistes, quelle conjonction et société pouvons nous avoir avec eux? î.ANOCE, 456. De cette conjonction illégitime [l'indiscipline et le mauvais commandement] s'ensuivist la procréation de mademoiselle la Picorée, id. 575. Quelle conjonction et compagnie se pourrait trouver plus estroite que de deux? yver, p. 53). Ce avoit esté la nuict propre de la conjonction de la lune, amyot, Aie. 3G. L'obscurcissement du soleil t-e fait tousjours en la conjonction de la lune, id. Nie. 42. Et parce que le flanc de courtine estoit trop esloigné pour les dedans desdites cornes, j'ai tracé entre les deux une pièce de conjonction, d'aub. Vie, cxlix. Soliman irrité de la conjonction des Malthois avec le roi d'Espagne.... id. hist. i, 134. La conjonction est une partie du langage indéclinable, sans articles et sans aucun gouvernement, conjoignant les mesmes espèces des parties ou clauses [phrases] aux clauses avec quelque signification : j'ay dit les mesmes espèces des parties, comme le nom substantif au substantif ou au pronom, ou bien l'adjectif à l'adjectif, le pronom au pronom.... Aucunes conjonctions sont copulatives; les aucunes sont disjonctives du sens; les aucunes sont causales; les aucunes sont négatives; les aucunes sont adversatives, meigret, dans livet, Gramm. au xvi" siècle, p. 102.
— ÉTYM. Provenç. conjunctio; espagn. conjuncion; ital. conyiunzione; du latin conjunctionem , de conjungere, conjoindre.
f CONJONCTIONNEL, ELLE (kon-jon-ksio-nèl, nè-1') , adj. Terme de grammaire. Qui tient de la conjonction.
— ÉTYM. Conjonction.
f CONJONCTIONNELLEMENT (kon-jon-ksio-nèle-man), adr. Terme de grammaire. Avec la valeur d'une conjonction.
— ÉTYM. Conjonctionnelle, et le suffixe ment.
CONJONCTIVE (kon-jon-kti-v') , s. f. Terme d'anatomie. Membrane muqueuse qui tapisse le devant de l'œil, excepté sur la cornée, et qui attache le globe de l'œil aux paupières.
— hist. xvie s. Son utilité est de firmer, lier et retenir ledit œil, dedans son orbite, au moyen de quoy elle est. appellée conjonctive, paré, iv, 6. L'on voit souventesfois la conjonctive de l'œil par une contusion s'enller si fort, qu'elle sort hors de la cavité de l'œil, id. x, 6.
— ÊTYM. Conjonctif.
tCONJONC'riVEMENT(kon-jon-kti-ve-man),odt;.
Terme didactique. D'une manière conjointe.
— ÉTYM. Conjonctive, et le suffixe ment.
f CONJONCTIVITE (kon-jon-kti-vi-l") , s. f. Terme de médecine. Inflammation de la conjonctive.
— ÉTYM. Conjonctive, et la finale médicale ite, signifiant inflammation.
CONJONCTURE (kon-jon-ktu-r'i, s f. Rencontre
de certains événements dans le même poinl. Jugez ce qu'il friut craindre en cette conjoncture, corn. Serlor. iv, 3. Je veux mettre d'accord l'amour et la nature, Etre père et mari dans cette conjoncture, in. Nicom. iv, 3. Mais la soif de ta perle en cette conjoncture Me fait aimer l'auteur d'une belle imposture, tn. lléracl. i, 2. Si tu veux triompher en CPtte conjoncture, Après avoir vaincu, fais vaincre la nature, id. liodog. iv, 2. Je sais leur divers ordre, et de quelle nature Sont lesdevoirs d'un prince en cette conjoncture, id. Cinna, iv, 4. Il [le bonheur] dépend d'une conjoncture De lieux, de personnes, de temps, Non des conjonctions de tous ces charlatans, la font. Fald. vin, (G. Toute confiance est dangereuse, si elle n'est entière; il y a peu de conjonctures où il ne faille tout dire ou tout cacher,
LA BHL'Y. v.
— UEM. Vaugelas remarque que conjoncture est un mot Ires-nouveau, mais excellent.
— HIST. xvie s. La conjointure des estrangers fia jonction opérée avec eux], d'aub. Hit. i, 227. Coejoincture, id. ib. h, 292.
— ÉTYM. Voy. conjoindre.
CONJOUIU (SE) (kon-jou-ir), v réfl. Se réjouir avec quelqu'un de. ce qui lui est arrivé d'heureux. Permette/., mes frères, qu'à l'occasion de cette sainte solennité je me coujouisse avec vous de la consécration de ce nouveau temple dans votre ville, p. bridaine, dans le Dict. de dochez. || V. n. Dans tous ces cas d'actions charitables, l'homtrie est nul par un attrait intérieur pour son semblable, par une secrète sympathie qui le fait aimer, conjouir et condouloir, proudiion, dans le Dict. de dochez.
— REM. Ce mot a vieilli; mais il est bien employé dans les exemples ci-dessus, et on peut s'en servir à l'occasion.
• — HIST. xne s. Guiteclins les conjot et salue et mercie, Sax. 7. Chien mu n'aboient pas, sus le banc liésunt; As larrunsconjoïssent, al mesfait od els sunt, Th. le mart. 69. [| xnr s. Por ce que [je] ne puis à mon gré conjoïr, llerte. lxxxviii. Forment les honora ii rois et conjoï, ib. cvni. Et toute Flandres le tenoit à signeur, et moult le conjoïrent, Chron. de Rains, p. 169. Et se il vait la messe oir, Ce n'est pas por Dieu conjoïr, Ainz est por des deniers avoir, ruteb. 221. || xve s. [Il] Vint en Brabant par devers le roi Edouard d'Angleterre, qui le reçut et le conjouit moult grandement, froiss. i, i, 79. || xvie s. La reyne d'Angleterre envoya se conjouyr avec elle de son arrivée en Escosse, castelnau, 62. Il s'estoit conjoui avec lui, par lettres, de l'oracle qui l'avoit logé entre les dieux, mont, iv, 3o7.
— ÉTYM. Provenç. conjoir ; de congaudere, du latin cum , et gaudere, avoir joie (voy. jouir).
CONJOUISSANCE (kon-jou-i-san-s'), s. f. Action de se conjouir. Je ne m'attends à aucune conjouissance sur les fortunes du monde, boss. I.ett. 13. Le roi ne manquait guère de demander à ses gentilshommes, quand ils revenaient, de sa part, de faire des compliments de conjouissance ou de condoléance aux gens titrés, comment ils avaient été reçus, stsim. iio, (46. Le roi reçut [du duc de Savoie] une réponse de conjouissance [sur la naissance du fils du duc de Bourgogne] et de remerciement, id. 168, 260. || Ce mot a vieilli.
— HIST. xve s. Tous deux joyeusement le receurent et lui firent feste et conjouissance, g. CHASTEi ai.,, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Conjouir; provenç. conjoisse7isa.
f CONJUGABLE (kon-ju-ga-bF), adj. Terme de grammaire. Qui peut être conjugué.
— ÉTYM. Conjuguer.
CONJUGAISON (kon-ju-ghè-zon), s. f. || 1° Terme de grammaire. On appelle ainsi la suite bien ordonnée des formes d'un verbe aux trois personnes du singulier et du pluriel dans tous les temps et dans tous les modes. || Conjugaison simple, c'est celle de nos verbes ordinaires, y compris les temps composés où entrent les auxiliaires être ou avoir. || Conjugaison composée, celle où les temps ne sont jamais exprimés en un seul mot. On l'appelle selon le cas passive, réfléchie, interrogative , négative, etc. || Conjugaison passive, celle qui se forme avec le veibe être et le pariicipe. || Conjugaison réfléchie, celle où le verbe est précédé d'un pronom complément, comme je me plains. || Classes où l'on fait rentrer les verbes dont les terminaisons paraissent avoir beaucoup d'analogie. Il y a en latin quatre conjugaisons. On dit aussi qu il y a en français quatre conjugaisons que 1 on distingue par la terminaison des infinitifs : an er, en oir, en re et en ir. || 2° Terme d'anatomie. Conjugaison de nerfs, paire de nerfs, l'eu usité présentement en ce sens. || Trous
CON
CON
CON
de conjugaison, ouverture-; arrondies que forment, en se réunissant deux a deux, les échancrures des apophyses transverses des vertèbres, et qui donnent passage aux nerfs spinaux.
— RF.M. La première conjugaison en et reproduit ]a finale latine are : ainare. aimer. La seconde en oir reproduit la finale ère, hdbêre, avoir, dolëre, douloir, et, par changement d'accent, récupère au lieu ierecipêre, recevoir (l'ancienne forme correcte était reçoivre). La tioisième en re reproduit la finale latine ire, prendëre. prendre. La quatrième en ir :ep:oduit la finale latine ire, audïre, ouir, ment'iri, mentir, partire, partir; mais elle tient aussi la place de la finale escere dans florescere, fleurir: ce qui établit une très-grande différence dans la conjugaison; car la plupart des verbes qui appartiennent a la finale ire sont dits irréguliers, niais ils ne font pas autre chose que se conjuguer d'après l'accent latin, méntior, je ments, pârtior, je pars, etc.; ceux qui appartiennent à la finale escere, soit réellement comme fleurir, soit par assimilation fautive comme finir, sont dits réguliers, mais ils ne font non plus que se conjuguer d'après laecent latin qui. naturellement, est placé d'autre façon : florésco, je fleuiis, gemisco, je gémis, etc. Les grammairiens français, faute de faire attention à l'accent latin, n'ont pas conçu la distinction de ces deux finales ou conjugaisons, et ont dit réguliers les verbes de la seconde catégorie et irréguliers les verbes de la première.
— HIST. xvi" s. Le gouster est fait à la langue bien disposée, par le bénéfice du nerf venant de la troisiesme et quatriesme conjugation des nerfs du cerveau, taré, lnlrod. f>. Des nerfs de la 3e et 4 e conjugaison, id. i, 14. Des sept conjugaisons, paires ou couples de nerfs du cerveau, ainsi appelés pour ce qu'ils sont tousjours (b-iix à deux, m. m, 8. La conjugaison est divisée vulgairement en quatre espèces par lus terminaisons du pre^en t infini , ramus, dans livet, Gramm. au xvr siècle, p. 206.
— ÊTYM. Provenç. conjugatio, conjugazo; espagn. conjugacion ; ital. conjugazione; du latin conjiigationem, de conjugare (voy. conjuguer).
CONJUGAL, ALE (kon-ju-gal, ga-P), adj. Qui tient à l'union entre le mari et la femme. Les liens conjugaux. D'un lien conjugal joindre ces deux amants, C'est b'iser tous mes fers et finir mes tourments, corn. Cid, I, 6. S'il y daigne écouter un amour conjugal.... m. Pohj. îv, 3. Recevez de ma main la coupe nuptiale, Pour être après unis sous la foi conjugale, id. liodog. v, 3. Vous pouviez l'assurer de la foi conjugale, rac Baj. in, 4. un affranchit Néron de la foi conjugale, id. Brit. ni, 3.
— ETYM. Provenç. et espagn. conyngal; ital. congingale ; du latin conjugalis, de cum, et jugum, union, proprement joug (voy. JOUG).
CONJUGALEMENT (kon-ju-ga-le-man), adr. Selon l'union qui existe entre le mari et la femme.
— HIST. xvi° s. Que l'ame l'assiste et favorise [le corps], et ne refuse point de participer à ses n turels plaisirs et de s'y complaire conjugalement,
— ÉTYM. Conjugale, et le suffixe ment.
f CONJUGATIF, IVE (kon-ju-ga-tif, ti-v') , adj. Terme de grammaire. Qui a rapport à la conjugaison .
— étym. Conjugué.
CONJUGUÉ, ÉE (kon-ju-ghé, ghée), part, passé. || 1° Terme de gravure. Réuni. Pierres conjuguées, pierres gravées où les tètes sont représentées sur le même profil. || 'ferme de géométrie. Diamètres conjugués, diamètres liés l'un à l'autre par une relation, telle que chacun uivise en deux parties égales les cordes parallèles à l'autre. Quelles courbes ont des points conjugués ? j. j. ioussicau, Science, 2. || Axe conjugué, te ; otii axe d'une ellipse. || Terme de botanique. Feuilles conjuguées, feuilles composées, dont les folioles sont disposées par paires, des deux côtés du pétiole. || Ternie de physique. Foyers conjugués, foyers d'un système de deux miroirs ou de deux lentilles, disposés de ornière que les rayons qui partent de l'un arrivent à l'autre. || Terme de nîécanique. Deux machines à vapeur sont dites conjuguées. lorsqu'elles sont installées pour concourir
.i me but par leur puissance simultanée. || Terme
de chimie. Acide conjugué, acide que l'on considère comme formé de deux ou plusieurs autres, en proportions définies. L'acide citrique est dit acide conjugué, c'est-à-dire composé de I équivalent d'acide acétique, et de l équivalent d'acide tartrique. Il 2° 'fi mu de grammaire. Qui a reçu les flexions de la conjugaison. Les verbes conjugués suivant la troisième conjugaison. || Les conjugués, les mots ti-
rés de la même souche exprimant une idée semblable, par exemple : aimer, unions, aimable, amour. CONJUGUER (kon-ju-ghé), v. a. || 1° Unir, ['eu usité en ce sens. || 2° Terme de grammaire. Assembler dans un ordre déterminé les différentes inflexions ou terminaisons des modes, des temps, des personnes et des nombres d'un verbe. Conjuguer un verbe. || Absolument. Savoir conjuguer. || 3° S'unir. L'astre du jour répand sur tous les mondes d'autres concerts de lumières.... en se conjuguant avec d'autres Phéliés, behn. de st-p. Mort de Sacrale. || 4° Se conjuguer, v. réfl. Être conjugué. Ce verbe se conjugue comme ou sur tel autre , avec l'auxiliaire être ou avoir.
— ÉTYM. Lat. conjugare, réunir ensemble, de ci/m, et jugum, union, proprement joug (voy. joug). En termes de grammaire, conjuguer un verbe, c est en réunir toutes les formes dans un arrangement déterminé.
j CONJUNGO (kon-jon-go), s. m. Mot qui se dit par plaisanterie pour la formule du mariage. Prononcer le conjungo. || Le mariage lui-même.... Hâtez le conjungo; Tous deux, jeunes, bien faits, vous vivrez à gogo, boursaiilt, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Latin conjungo, je conjoins (voy. conjoindre ).
CON.IURATKUn (kon-ju-ra-t.eur), s. m. \\ i' Celui qui forme, dirige une conjuration. || Vaugelasdansses Remarques, a condamné conjurateuren ce sens : « Ce qui a trompé ceux qui ont dit les premiers conjurateur, c'est que, la terminaison en étant active et celle de conjuré passive, ils ont cru que le nom verbal qui avait la terminaison devait être employé pour exprimer une action. » Le lait est qu'aujourd'hui conjuré a complètement banni conjur leur de l'usage. || 2" Magicien qui prétendait conjurer les démons et les tempêtes." Dès l'heure même on vous met en présence Notre démon et son conjurateur, la font. Bel pli. || 3" Celui qui, chez les anciens Germains, attestait sous serment avec d'autres la vérité de l'allégation d'une des parties. Prouver, se purger par conjurateurs. Il y avait habituellement douze conjurateurs.
— HIST. xvic s. Les conjurateurs ayant découvert que.... CARL. IX, 35.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. conjurador ; ital. congiuratnre .- du latin conjurare, conjurer.
CON.IUHATION (kon-ju-ra-sion ; en poésie, de cinq syllabes) , s. f.\\ 1° Complot contre le prince ou l'État. Elle accusa Narbal d'être entré dans une conjuration contre Pygmalion, fén. Tél. vm. Dites que tout cela ne se fit pas à l'instigation de la Renaudie en suite des résolutions de cette assemblée; dites encore que la Renaudie, huguenot lui-même, ne fut pas établi par les huguenots et par leur chef pour être le conducteur de la conjuration d'Amboise, qui éclata quelques mois après, boss. Variât. Défense, Ie' discours, § 16. || 2° Par extension, ligue, cabale. Comment résister à une si forte et si générale conjuration? Ou n'aurait encore obtenu qu'une partie de ce qu'on peut espérer d'une conjurai ion d'hommes éclairés en laveur du progrès des sciences, condorcet, sur l'Atlantide. || 3° En langage ecclésiastique, exorcisme ou cérémonie pour chasser l'esprit malin et d'autres choses nuisibles. || 4° Paroles de sortilège. Le magicien commença ses conjurations. Platof [général des cosaques] a dit luimême qu'à cette affaire un officier fut blessé près de lui, ce qui le surprit peu; mais qu'il n'en lit pas moins fustiger devant tous ses cosaques le sorcier qui l'accompagnait, l'accusant hautement de j pour n'avoir pas détourné les balles par ses conjurations, comme il en était expressément chargé, ségur, llist. de Nap vu, r>. ||5° Au pluriel, prières instantes, avec protestations, promesses. Ses sanglots et ses conjurations ne purent le fléchir. ||60À Home, serment de mourir pour la patrie, que prêtait solennellement le peuple assemblé.
— HIST. xne s. E cume Absalon fist le sacrefise, ces ki od lui furent firent cunjureisun encuntre David, Rois, 174. Pur ço que vus avez fait cunjureisun encuntre mei, e nuls n'est ki rien me vuille acuinter, ib. 86. || xv" s. Pour aucunes conspirations, monopoles et conjuroisons longtemps apensées et contrepensées, du cange, appensatus. || xvi* s. Pompeius eut recours à l'amitié, ou, pour parler plus rondement, à la conspiration et conjuration de Crassus et de Cœsar, amyot, Lucul. 85.
— étym. Provenç. conjuration; espagn. conjuration; ital. congiurazione ; du latin conjur ationem, de conjurare , conjurer. La formation régulière est a i n ju raison ou conjuroison, comme dans les plus anciens textes, la finale latine atio se changeant en aison on oison, comme dans oraison, raison, etc.
L'ancien français avait aussi conjur et conjurement.
f CONJURE (kon-ju-r'), s. f. Terme de coutume. Semonce et conjure, invitation adressée par le seigneur féodal aux feudatairss ou censiers, afin que ceux-ci vinssent juger une affaire qui était de leur compétence.
COIVJUKÉ, ÉE (kon-ju-ré, rée), part, passé. || 1" Qui prend part à un complot. Puissent tous ses voisins ensemble conjurés Saper ses fondements encor mal assurés, corn. Ilor. iv, 5. Rome poursuit en vous un ennemi fatal Plus conjuré contre elle, et plus craint qu'Annibal, rac. Mithr. m, t. Tous les Grecs conjurés fondaient sur un rebelle, id. ardrom. il, 5. Ils virent les rois conjurés contre eux, uoss. Ilist. n,6. Les démons conjurés à notre mine, m. Démons, t. || S. m. .le fais d'Héraclius un chef de conjurés, corn. Iléracl. il, 7. Et tous vos conjurés dépendraient ses amis, id. Cinna, m, t. Et que vos conjurés entendent publier Qu'Auguste a tout appris et veut tout oublier, id. ib. v. 3, || 2° Exorcisé. Les démons conjurés par le prêtre. || 3" Dé tourné par des conjurations magiques ou de toute autre faç m. L'orage conjuré. ||4° Supplié. Coriolan conjuré par sa mère de ne pas aller plus avant.
conjurer (kon-ju-ré), v. a. || i" Projeter par complot, par ligue. Les Juifs virent mille fois.... t oit l'univers conjurer leur ruine, mass. Car. Vérité de la. religion, liés qu'ils se sentirent de la force, on a vu qu'ils conjurèrent sa perte, et que ce fut de l'avis de leurs docteurs, boss. Variât, x. Mille embûches toujours certaines Semblent conjurer vos malheurs, j. b. rois-. Cantate, i i. || V.n. Les ennemis de Home conjuraient contre elle, ou elle conjurait contre ses ennemis. Cet ambitieux était toujours prêt à conjurer, Dict. de l'Acad. La France et l'Espagne, par manière de dire, sont conjurées contre lui seul, voit. Lelt. 74. || Par extension. Conjurer contre quelqu'un, se concerter avec d'autres contre les intérêts de quelqn un. Le monde entier conjure contre eux, et ils sont plus fons que le monde, mass. Confér. Zèle contre les sca?idales. || 2° V. a. Exorciser. L'on ne voyait que des prêtres qui conjuraient des démons, volt. Louis XIV, 2. H 3° Détourner soit parties cérémonies religieuses soit par des pratiques magiques. Va porter tes présents aux autels des Furies. Conjure leurs serpents prêts à te déchirer, volt. Œdipe. IV, I. Tout le peuple avec lui, conduit par le grand prêtre, Vientdes dieux irrités conjurerles rigueurs, id. ib. i. i. Cet airain résonnant qui. balancé dans l'air, Intercédait le ciel et conjurait l'orage, masson, Helvéliens,v. Des prières.... Pour conjurer des sorcières L'œil malfaisant tourné vers nous, Chev. et lait. Un homme enfin soit de nos rangs; Il dit : je suis le dieu du monde L'on voit soudain les rois errants Conjurer sa foudre qui gronde, in. Ch. d'asile. || Fig. Conjurer l'or ge, détourner un péril, un malheur qui menace. C'est loin d'ici qu'il faut conjurer un orage, volt. Sémir. m, I. Quand par des soins prudents j'ai conjuré l'orage, id. Triumv. i, 4. || On dit dans le même sens conjurer la colère céleste. Il ne put conjurer sa destinée. |j 4" l'iier avec beaucoup d'instance. .le 1 ci^v , onjuré de se donner la vie, corn, l-'omp. ni. 4. Pour la dernière fois, ingrat, je t'en conjure, id. Ilor. v, 3. Ils conjuraient ce Dieu de veiller sur vos jours, iî\c. Eslh. m, 4. Elle me conjurait de me donner à vous. id. Baj. v, 4. J'ose vous conjurer de ne vous perdre pas, TH. cùrn. Essex, ni, 2. Sa mère.... La conjure en tremblant de presser son départ, volt. Mariamne, in, t. || 5° Terme de féodalité. Adresser à ses vassaux l'invitation dite semonce et conjure. || 6e- Se conjurer, se liguer. Les deux partis se conjurèrent pour renverser sa puissance.
— REM. Conjurer, v. n. se conjugue avec l'auxiliaire aroir, quand on veut marquer l'action : ces deux puissances ont conjuré de le perdre; avec l'auxiliaire rire, quand on veut marquer l'état : ces deux puissances sont conjurée- centre lui.
— HIST. xne s. Lores conjurad Saill le pople, que tant n'entendissent à mangier, cume sei de lur
mis veilgier, Rois, 48. ||xm* s il lui a demandé
S'ele estoil de par Dieu, moût l'en a conjure. Berte, te conjur, se tu es tex (tel] Que tu doies parler à cent, Parole à moi isnelement, lien. 21*02. Cil qui les deus arbres plantèrent. Trestos lesdiexen conjurèrent, FI. et Bl. 627. Et lors le seignor deit mander deus ou trois de ses homes ce enquerre. et les deit conjurer, par la fei que il li deivent, que il enquierent, Ass. de J. 104. 0 tu, li miens puepies, oies moi, et je te conjureré que tu sons mes feels, Psautier, S° 99. || xiv* s. Tout celui temps il einj loierent en conseillant avecques les conjuriez,
CON
Bebcheure, P> 28 , verso, || xvi* s. 11 attira aucuns de ses compagnons à conjurer avec lui contre ce capitaine. Si furent seize conjurez en tout, amyot, Cimon, 2. Il y avoit un temple où l'on conjurait les des trespassez, id. ib. H. Je vous supplie et jure, que vous me tuez vous mesme en ce lieu, ; Ewnènes, 36. 0 Grecs, qui plus de maux vous urez, Qu'oncques n'ont fait barbares conjurez, il). Agèsil. 23. Conjurant et conjoignant de nouveau les Ëstats de France avec le roi, tous les prétextes de la 1 igue estoient esteints, d'aub. Ilist. 11, 459. Il semble it .pie toute la chrestienté est conjurée à sa ruine, carl. 1, 43. Ceux qui ont èsmeu cesta guerre civile, ont conjuré de troubler la tranquillité du royaume , conde, Mémoires, p. (J50. Car amour, Dieu, beauté ne sont ensemble qu'un; Qui contre l'un des trois conjure une querelle, Celuy-là des géants l'audace renouvelle, Digne que son destin avec eux soit commun, am. jamin , Poésies, p. 89, dans lacurne. Mes tentations sont si cassées lifi es qu'elles ne veulent pas qu'elle [la raison . tendant seulement les mains au devant, je les conjure [écarte], mont, ni, 272.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. conjurer; ital. congiurare; du latin conjura re, de cum, et jurare, jurer.
t CONJUREDB (kon-ju-reur), s. m. Celui qui fait des exorcisme-, ou des conjurations. Portier, lecteur, conjureur, acolythe, volt. Dial. 27.
— ÊTYM. Conjurer.
t CONNAISSABLE (ko-nê-sa-bl'), adj. Qui peut être connu. Le cardinal n'est pas connaissable, sév. 'Être suprême, que je conçois comme l'être
CON
sons connues. Que ce soit un jugement rendu avec connaissance de cause, pasc. Pror. 18. M. Turgot est le protecteur de tous les arts, et il l'est en connaissance de cause, volt. Lelt. de Lalande, 19 déc. 1774. Il Avoir une grande connaissance des affaires, y être très-habile. |j Avoir une grande connaissance des tableaux., des livres, se connaître très-bien en tableaux, en livres. || 2° État de celui qui se connaît lui même, qui a le sentiment de son existence. Quoique voisin de l'agonie, il avait toute sa connaissance. Être sans connaissance, être privé de sentiment. Perdre connaissance, perdre le sentiment. Reprendre connaissance, sortir d'un évanouissement, d'un état de coma, d'un état de délire. On l'emporta dans sa tente plus mort que vif, ayant perdu toute connaissance, vaugel. Q C. liv. m, ch. 5. Elle n'est pas encore morte, mai.^ elle n'a aucune connaissance, sév. n 6. Il fut trois heures sans connaissance, id. 471. St Ambroise avait perdu la connaissance quand son confrère lui apporta la communion, boss. Déf. coin m. La foule s'agite, on m'emporte sans connaissance, chaïeaub. René, 209. || 3" Terme de procédure. Droil d connaître et de juger. La connaissance de ce crime appartient à tel tribunal. François I" ôta au parlement la connaissance de ce qui concerne les évêchés, volt. Mœurs, tas. || 4" Terme de marine. On a connaissance des côtes par les divers signes qui s'y rencontrent, la couleur et hauteur des terres, caps et montagnes, nature du fond, herbes, poissons et oiseaux qu'on y rencontre. Le soir, nous eûmes, comme disent les marins, connaissance de quelques palmiers, chatkaub. Itin. m, 69. || Avoir connaissance d'un navire, l'apercevoir en mer de
CON
absolument infini, la substance douée d'une infinité la côte sur laquelle on est. || Connaissance des :, ou plutôt connaissable par une infinité temps almanach nautique publié depuis 1679- par
le Bureau des longitudes.il 5" Auplur. Lumières ac-
de propriétés, dont chacune exprime infiniment son essence éternelle et infinie, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa , p. 36.
— hist xive s. Chose congnoissable , oresme, Thèse de meunier. || xv s. Si fut mis ens [Jacques Larabe, a d'Yvain de Galles] et recueilli des gardes, car il s'en fii connoissable [il s'en fit reconnaître], FROISS. U, II, 30.
— étv.m. Connaître.
^ CONNAISSANCE (ko-nê-san-s') , s. f. || 1» État de l'esprit de celui qui connaît et discerne. La connaissance de Dieu. La connaissance du bien et du mal. La connaissance du cœur humain. Ce guide a la
quises, savoir, érudition sur divers sujets. Il a, il possède des connaissances très- variées. Les connaissances humaines. Dans l'état actuel de nos connaissances. Il favorise en roi ces hautes connaissances, la font. Fabl. vu, (8. Attribuer aux anciens des conna ssances astronomiques dont ils n'ont jamais eu que des soupçons très-vagues, volt. Lett. de Lalande, 6 fév. (775. Il avait un esprit trop juste pour ne pas voir l'inutilité, le ridicule ou même le danger des demi-connaissances, condorcet, Maurepas. || 6" Liaison qui se fait entre des personnes qui se voient, qui se fréquentent. La postérité saura que cette
connaissance de la montagne. Qu'est-ce que Jupi- j considération m'obligea premièrement de ^cherter! planète] ? Un corps sans connaissance, la font, j cher votre connaissance, balz. l't'ii 1 lett 6 J, Fabl. vin, 16. Il n'est pas question ici de savoir si I voudrais l'accoster.... Et tâcher de lier avec lui con les betes ont de. la connaissance, FEN. Exist. xxm. \ naissance, mol. te. des mar. 1 5. || Faire connais Les vaisseaux des Phéaciens ont de la connaissance j sance avec quelqu'un, ou faire la connaissance de comme les hommes et savent le chemin des villes, id. j quelqu'un, nouer avec lui quelque liaison. Hé 1 Ditest. xxi, p. S87. Malheur a la connaissance stérilequi ; moi un peu, s'il vous platt : combien aviez-vous d'anne se tourne point à aimer et se trahit elle-même! j nées lorsque nous fîmes connaissance' mol Mar BOSS. Connais, iv, tu. Qui se connaît soi-même en forcé, se. 2. || Gens de connaissance, gens que l'on a lame peu vaine, Sa propre connaissance en met connaît ou qui se connaissent entre eux Le grand '"'" °as '" P.m' ' "N- Imitation, 1, 2. j| Être en , bien que voici pour des gens de ma connaissance âge de connaissance, dans l'âge où l'on agit avec | pasc. Pror. 4. Trouve-t-on ici des gens de connaisdiscernement. Elle eut de la faveur, dès qu'elle eut | sance? sév. 85. Elle a trouvé beaucoup de gens de de la connaissance , flêch. Panég. II, p. 224. || X sa connaissance, id. 132. C'est beaucoup tirer de ma connaissant e, de ma connaissance, c'est-à-dire je notre ami, si, ayant monté à une grande faveur il sais que. A ma connaissance, il possède au moins dix est encore un homme de notre connaissance 'la mille livre, de rente. || Avoir connaissance de, con- bhuy. viii. || Une figure de connaissance une pernaltre, savoir, être au courant de. 11 eut de nos sonne que l'on connaît. || 11 n'y avait personne de desseins si claire connaissance, Régnier, Sal. iv. connaissance au bal, à la promenade il n'y avait Ce luilaron chez elle eut de moi connaissance, Id. | aucune de ces personnes qui sont généralement bat. vin. Madame, pour le moins, vous avez con- connues dans le monde. || Etr naissance De L'auteur de ce bruit, coaN. lier. 11, 8. Ceux qui n'ont aucune connaissance de cet auteur, pasc. Pror. (7. Si vous aviez la connaissance des choses qui se sont passées, id. Prov. 2. Avez-vous de son cœur si peu de connaissance? rac. Phèd. v, 3. y Avoir connaissance de, avoir des nouvelles de, des renseignements.... Je suis, dit-on, un orphelin Entre les bras de Dieu jeté dès ma naissance, Et qui de ses parents n'eut jamais connaissance, rac
en connaissance avec quelqu'un, avoir des relations avec lui. Il y a dix ans que je suis en connaissance av< c cette famille. Il Renouveler connaissance avec quelqu'un, reprendre avec lui une liaison qui avait éié interrompue. Et fig. 11 y a trois mois que je suis dans mon lit, et sans vous je n'aurais renouvelé connaissance avec aucune planète, volt. Lett. de Lalande, 6 fév. 1775. Il Personne avec qui on a ce genre de liaison. De vieilles connaissances. Dans le monde, on a
cnnnL n,J' ,1 ? j"- ^ £,n fV qUe Ce"e be™°™i> ** connaissances et peu d'amis. Deux ou
Jtiriaissance, id. Iphig. 11, i. Hélas! De mes en fants auriez-vous connaissance? volt. Zaïre, 11, 3. [| Donner connaissance , faire connaître. Et lui-même il en donne assez de connaissance [il fait assez connaître qu'il n'est pas de naissance royale |, corn. Don Sanehe, iv, I. Nous lui donnâmes une connaissance parfaite de nos desseins, sEv. 423. || Venir à la connaissance, être connu par une voie quelconque. Quand il ne vient '
troisdes connaissances qu'il s'était faites à lâchasse, hamilt. Gramm. 4. Le maître de la poste était son ancienne connaissance, id. Gramm. il. C'est une de mes anciennes connaissances que je voulus renouveler exprès, pasc. Pror. 5. Le vrai objet est de se faire des connaissances et des amis, boss. Lett. quiét. 8). y On dit qu'un homme est en pays de connaissance, pour signifier qu'il est en un lieu où
rien à ma connaissance, sév 43. il a des connaissances", et fig! q„',| a à traiter'des 1 "mP " ' sl u "u a la connaissance de notre siège ' apostolique, boss. Mand. || Prendre connaiss;
1 A"h-C nriè;èn^mnis4n!en,faire rendre co,np^ I connaissa»ce- 'r^t qu'Usera en pa-ys de connaissance, 'vu , paiicrencontidissancedecause, avecconnais- ' — - ' -" - -■" ■— "
matières qui lui sont familières. Quand on parle à tance j un géomètre de figures, il dit qu'il est en pays de
sance decause, c'est-à-dire pertinemment, pourrai-
boss. Lett. quiét. 185. y 7» Terme de vénerie. Marques, traces du pied de la bête, au moyen des-
quelles on reconnaît son âge et sa grosseur, etc. Des pinces de son cerf et de ses connaissances, mol Fâcheux, 11, 7. Il Ce chien a connaissance de quelque chose, se dit quand un chien, mettant le nez en terre, se réjouit. || Avoir connaissance, se dit quand on revoit du cerf qui va de bon tempo sans que les voies, trop vieilles, permettent au chien de se rabattre. || 8° Terme de théologie. Connaissance charnelle, cohabitation de l'homme et de la femme. || 9° Populairement, maîtresse, bonne amie. Avoir, faire une connaissance. Il est allé dîner avec sa connaissance.
— RKM. Elle resta longtemps sans connaissance a peine 1 eut-elle reprise.... j. j. rouss. Ml. vi 0 La règle est qu'à un mot pris sans article on ne 'fait pas rapporter les pronoms relatifs ou les pronoms tels que il, elle, lui, etc. Pourtant Jullien, Gramm p. 249, pense que la phrase de Rousseau peut être admise, remarquant qu'aucun principe logique ne s'y oppose et qu'ici il n'en résulte pas d'obscurité.
— Hisr. xi" s. Escuz [ils] ont gens [beaux] de moultes cunoisances [armoiries], Ch. de Roi. eexxm. Chrestienne [elle] est par veire conoisance , ?b. ccxcii. Il xii" s. Dix mille [ils] sont à une conoisance [blason], Ronc. p. 134. Connoissez, dame, au viz et à la chère, Que je n'os [ose] mon voloir Dire por parcevoir [parce qu'on s'en apercevrait]; Mais bone dame doit savoir Conoissance et merci avoir. Couci, xvm. H xiir s. Qui là fust à cel point, assés peust veoir banieres et escus de diverses connùsances, et desus toutes l'ensegne impérial, h. de valenc. vi. Vos n'estes mie nez de France, Ne de la nostre connoissance, Ren. 12112. Ceste fortune que j'ai dite, Quant avec les hommes habite, Ele trohle lor congnoissance, Et les norrist en ignorance, la Rose, 4907. Le sen de droit est de savoir ou avoir les quenoissences des choses dou ciel et de terre, et de tort et de droit, Liv. de just. 3. Quant connissance est fête en cort, on ne pet pas fere niance de ce qu'on a reconnut, ueaum. vu, 12. Il xiv" s. Et encor est il plus convenable à celui qui veult savoir politiques que il ait connoissance de l'ame, oresme, Eth. 29. ||xvcs. Le roi d'Angleterre qui là estoit sans la connoissance de ses ennemis, froiss. i,i, 328. Il est venu à nostre congnoissance que nostre cousin le duc de Bourgongne ha naguieres escript, juvén. Charles VI, 1413. Et prenoiton argent des subjets, sans les ouyr en congnoissance de cause, id. ib. 1409. Toutefois il fut assez bien apaisé par aucuns cardinaux ses amis et de sa connoissance, monstrel. liv. i, ch. 55. Si ai-je eu autant de congnoissance des grands princes que nul homme, comm. Prcl. S'il est en moi de vous faire autant de service, pensez que j'aurai connoissance [reconnaissance] de la courtoisie, louis xi, Août), xxxvn. || xvie s. La cognoissance de la plupart des choses, mont, i, 201. Les choses qui sont à nostre cognoissance les plus grandes, id. ib. Les hommes qui perscrutent immoderéement les cognoissances qui ne sont de leur appartenance, id. 11, 27». Tuer un homme sans cognoissance de cause, id. m, 195. Hz n'avoient pas grand sentiment ny guerès de cognoissances de leur calamité pour le bas aage auquel ilz estoient, amyot, !'. Mm. 56.
— Etym. Connaissant; bourguig. queneussance ; provenç. conoissensa, conoichenssa; catal. conexensa; anc. espagn. conocëncia; ital. conoscenza. Palsgrai p. 57, qui écrit cognoisance, dit qu'on prononce conoi sance.
CONNAISSANT, ANTE (ko-nê-san, san-t'), adj. Il 1° Qui connaît. Mme la Palatine, quoique trèsconnaissante de cette cour [de France], en fut surprise au dernier point, retz, iv, 216. Il y a des êtres connaissants qui ne peuvent être précisément dé terminés par leurs objets, mais qui doivent s'y porter par leur propre choix, boss. Libre arb. 2. La comtesse de Maure avait de l'esprit infiniment, un esprit capable, instruit, connaissant et extraordinaire en toute chose, tallemant, Hist. t. m, p. 266. L'être sensible et connaissant, c'est-à-dire l'individu humain, boullainvilliers, Réfut. de Spitiosa, p. 25t. y 2" Terme de pratique. Gens àcecôn | naissants, gens qui se connaissent à la chose dont il s'agit.
CONNAISSEMENT (ko-nê-se-man), s. m. Termo de commerce maritime. Acte, entre l'armateur et le capitaine, qui constate le chargement des marchandises sur un navire et les conditions du transport. On fait trois copies du connaissement, l'une pour le marchand chargeur, l'autre pour le capitaine, l'autre pour le destinataire. Vendre sur facture ou connaissement. J'ai reçu les connaissemei ta des trois bâtiments que vous avez fait charger pour
CON
CON
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Brest et Rochefort, des marchandises et munitions du Nivernais, Lettre de Colbert à de Varaignes, dans j.\l.
— HIST. xv* s. Adonc se retirèrent à part les deux compaignons, par devers leurs amyes, où la feste et le congnoissement [caresses d'amis qui se revoient] fut grand, Perceforest, t. vi, f° 93.
— ÉTYM. Connaître; provenç. conoissimen; catal. eonexement; espagn. conocimiento ; ital. conoscimento.
CONNAISSEUR, ElTSE (ko-nô-seur, seû-z'), s. m. et f. || 1° Celui , celle qui se connaît à quelque chose. Une dispute élevée entre nous Sur ce problème, attendait la sentence D'un connaisseur, d'un juge tel que vous, malfil. Narcisse, ch. m. Je voudrais que vous eussiez entendu tout ce qu'il nous a dit de la beauté de sa compagnie, ces hommes faits exprès et choisis par vous qui êtes la bonne connaisseuse, ces chevaux jetés dans le même moule, sév. 502. Votre femme fait la connaisseuse, id. 349. 11 y en a tel dont il ne faut que la seule fréquentation pour vous donner bruit de connaisseuse, mol. Préc. to. 11 est vrai qu'elle [la pièce] n'est pas approuvée par les connaisseurs, moi.. Critique, 7. La plupart des connaisseurs demeurent d'accord de cela, bac. Brit. Préface. Et sur le mérite et les mœurs On pourrait défier les plus fins connaisseurs De vous souhaiter quelque chose, deshoulieres, dans mchelet.|| Adj. 11 porta un œil connaisseur sur ces tableaux. || 2°Terme qui s'est introduit dans les beaux-arts, pour signifier celui qui juge de leurs productions avec une connaissance parfaite. C'est alors un connaisseur équitable qui se promène dans une galerie de peinture, dider. Essai sur la vertu. || En ce sens, P. L. Courier a dit connaisseur en parlant d'une femme : Mme Pepe veut passer pour connaisseur en peinture et en musique, Lell. i, 29. Mais cela ne vaut rien, ei il faut dire connaisseuse. || 3° Teime de chasse. Se dit d'un veneur qui juge bien le cerf au bois et qui le reconnaît par le pied.
— HIST. xme s. Cil baillis qui loa celé élection fut quenesseor ou elliseor, Liv. de just. 42. || xv° s. Ce duc Charles estoit de long souvenir et do longue retenance, connaisseur d'amis et d'ennemis pour rendre en temps, c. chastelun, dans le Dict. de docnr.z. !| xvr' s. Et pour tromper l'ennui des civiles fureurs, [Charles IX] Aima chiens et chevaux, cognorsseurs et coureurs, Rons. 05G.
— Etym. Connaître; piovenç. conoissere , conoissedor ; espagn. conocedor; ital. conoscilore. Le provençal conoissere est le nominatif, conoissedor , le régime; le vieux français a eu de même conoissere et conoisseor, bien que nos exemples ne nous donnent pas ces deux cas.
CONNAÎTRE (ko-nè-tr'), je connais, tu connais, il connaît, nous connaissons; je connaissais; je connus, nous connûmes: je connaîtrai; connais, connaissons; que je connaisse, que nous connaissions; eue je connusse, que nous connussions; connaissant; connu, v. a. |l 1° Savoir ce qu'est une personne ou une chose. Le loup qui la connaît, malin et défiant, regnter, Saf. ni. Si vous m'aviez connu, vous l'auriez su prévoir, corn. Sertor. v, 6. Après qu'on eut bien contesté, Répliqué, crié, tempêté, Le juge, instruit de leur malice, Leur dit : Je vous connais de longtemps, mes amis, la font. Fab. 11, 3. Elle confesse humblement que, de ce jour seulement, elle commence à connaître Dieu, n'appelant pas le connaître que de regarder encore tant soit peu le monde, boss. Duch. d'Orl. Heureuse de connaître et d'aimer celui qui se connaît et s'aime éternellement [Dieu], l'âme a voulu, comme lui, faire ellemême sa félicité, boss. la Volière Pour un enfant qu'ils ne connaissent pas, rac. Alhal. m, 3. Nourri dans le sérail, j'en connais les détouis, id. Baj. iv, 7. Ne connaissez-vous pas la voix de votre époux? rac. Esth. 11, 7. Si, dès mes premiers ans, heurtant tous les mortels, L'encre a toujours pour moi coulé sur tes autels [de la chicane], Daigne encor me connaître en ma saison dernière, boil. Lutr. v. Je lui dirais bientôt : je connais tous vos pères, Je sais qu'ils ont brillé dans ce fameux combat Où sous l'un des Valois Enghien sauva l'État, boil. Sat. x. Je ne le connais plus que pour votre assassin, rac. Iph. 111, G. Il devait me connaître, II devait respecter un cœur tel que le mien, volt. Tancr. iv, 5. Un vieux conteur de voyage, Qui vous dit d'un air ingénu Ce qu'on n'a ni vu ni connu, id. Goût. || Se faire connaître, dire son nom, dire qui on est. Si le mari ne s'était fait connaître, Elle en allait enfiler encor plus, la font. Mari confess. La première fois que je vis M. Rebours, je me fis connaître à lui.... je lui demandai permission de le revoir de
temps en temps, pasc. Lettre à sa sœur , 26 janv. iGis. Il Se faire connaître, appeler sur soi l'attention, montrer de quoi l'on est capable. Mes pareils à deux fois ne se font point connaître Et pour leurs coups d'essai veulent des coups de maître, corn. Cid, 11, 2. Il Se faire connaître, venir à la connaissance, en parlant des choses. Mais si la vérité par toi se fait connaître, volt. Zaïre, v, to. ||Ne vouloir-pas être connu, garder l'incognito. || Familièrement. Ne connaître ni Dieu, ni diable, n'avoir point de religion. Il Absolument. 0 âme, vous connaissez et vous aimez, c'est là ce que vous avez de plus esseniiel, et c'est par là que vous ressemblez à votre auteur, qui n'est que connaissance et qu'amour, boss. la Vallière. || 2° Avoir des relations d'affaires ou de société avec quelqu'un. Connaissez-vous beaucoup de monde en cette ville? || Familièrement. Je ne le connais ni d'Eve ni d'Adam, je ne le connais aucunement. Il Je ne connais autre, c'est l'homme que je connais le plus. || Ne plus connaître quelqu'un , ne plus vouloir l'aborder ou en être abordé. Il ne méconnaît plus depuis que je suis dans l'adversité. Albe vous a nommé, je ne vous connais plus. — Je vous connais encore, et c'est ce qui me tue, corn. Hor. 11, 3. y 3° Terme de l'Ecriture. Connaître une femme, avoir avec elle un commerce charnel. Joseph n'avait point connu Marie quand elle enfanta son fils premier-né , Nnuvcau Test. St Matthieu, eh. 1. Nicoelès faisait gloire de n'avoir jamais connu d'autre femme que la sienne pendant tout le temps de son règne, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 456, dans pougens. Adam connut sa femme Eve, qui conçut et enfanta Caïn, volt. Phil. iv, 21. || On dit aussi connaître charnellement. || 4" Savoir, avoir appris, s'apercevoir. Je n'ai pas connu cet accident. Vous connaissez mon malheur, mes peines. Surpris de cette réponse, je connus bien que.... pasc. Prov. t. J'ai connu que notre nature.... id. dans cousin. Ils connaissent que la gloire ne peut s'accorder qu'avec le mérite, boss. Hist. Préf. Les pilotes connaissaient que l'île était inaccessible, fen. Tél. vu. Je connais que ces mages sont très-utiles, volt. Babouc. H 5° Être devenu habile en. 11 connaît les mathématiques, le grec, le latin. 11 connaît toutes les ruses du métier. C'est un homme qui connaît bien la guerre. Je ne parle point de ce que je ne connais pas. Racine, c'est-à-dire Thomme qui après Virgile, a le mieux connu l'art des vers, volt. Mariamnc.préface. || Familièrement. C'est un homme qui ne connaît rien, c'est un ignorant, il est étranger à tout. H Absolument. S'instruire, s'éclairer. Le désir de connaître. || Terme de manège. Connaître les éperons, les jambes, la bride, etc. se dit d'un cheval qui comprend les divers mouvements de son cavalier. || 6" Discerner. Connaître le bien el le mal. 11 ne connaît pas sa main droite de sa main gauche. A connaître un pourpoint d avec un haut-de-chausse, mol. Femmes sur. 11, ". || Fig. Le fer ne connaîtra ni le sexe ni l'âge, rac. Esth. 1, 3. || 7" Distinguer, reconnaître. Il me connut à la voix. Je ne l'ai vu qu'une fois, mais je le connaîtrais entre mille. Le chien connaît bien son maître. Si c'était lui-même, il pourrait me connaître, cohn. le Menteur, m, 3. H Absolument. Votre enfant embellit; elle rit, elle connaît, sév. 21. || Fig. Je ne le connais plus, ce n'est plus le même homme. Vous avez fait d'Idoménée le plus sage des rois, je ne le connais plus ni lui ni non peuple, fên. Tél. xxn. Ami, depuis deux jours je ne la connais plus, rac. Alliai, m, 3. Il 8° Apprécier , juger. Je vous connaissais mal, corn. Bodog. 11, 2. J'ai mal connu César.... id. Pomp. îv, 1. Mon bras.... Ingrat, va me punir de t'avoir mal connu, volt. Brutus, iv, 3. J'ai mal connu les dieux; j'ai mal connu les hommes, J'en attendais justice, ils la refusent tous, in. Métope, 11, 3. Il Connaître son monde, bien juger les gens à qui l'on a affaire. 119° Admettre. Us ne connaissent de bonheur que dans la \ertu. Mais ici mon pouvoir ne connaît pas le sien, rac. Mithr. 1, >. Il 10' Ressentir, être sujet à. On ne connaît point l'hiver à la Martinique. Au sortir du beiceau, j'ai connu les revers, volt. Tancr. 1, 4. Antoine, tu le sais, ne connaît point l'envie, id. Mort de Ces. 1, 1. Les dieux qui vengent le parjure, Sont témoins si ma bouche a connu l'imposture, id. Mérope, m, 4. Il 11° Se soumettre. L'Angleteire ne connaît point la loi salique. Une armée romaine ne connaissait que la discipline. Il connaîtra des supérieurs. Je ne connais de maître que vous. Une libellé qui ne connaît aucune règle, boss. Pensées, 33. || Il ne connaît plus rien, sa passion l'emporte. Quand il s'agit de ses intérêts, il ne connaît ni parents ni amis, il n'a pas plus de considération pour eux
que s'ils lui étaient étrangers. || 12° Ne connaître que, ne considérer que, tenir exclusivement ?. Ne connaître que son devoir, que la règle. Ne connaître que ses intérêts. Je ne connais qu'une chose, c'est d'agir franchement. || Familièrement. Je ne connais que cela, c'est la seule chose à faire. Il faut que vous'obéissiez, je ne connais que cela. || 13° V. n. Terme de procédure. Connaître de, avoir caractère pour juger ou faire des actes d'instruction en certaines causes. Ce tribunal, ce juge connaît des malières civiles, criminelles. Le roi voulut connaître de l'affaire, vaugel. Q. C. liv. x , dans riciielet. Quelque bruit que fît le nonce d'abord, de ce qu'on ne prenait pas des ecclésiastiques pour connaître d'une matière ecclésiastique, pasc. Prov. xix, Lettre d'un avocat à vn de ses amis. Ils obtinrent un arrêt du conseil, qui défendit au parlement de connaître de cette affaire, id. ib. Le préteur qui connaissait des crimes dont on l'accusait [Pison], perrot, Tac. 123. H Par extension. S'il s'agit enfin d'un point de fait, nous en croirons les sens, auxqutls il appartient naturellement d'en connaître, pasc l'ror. 18. L'autorité y est inutile; la raison seule a lieu d'en connaître, id. Vide. || 14° Se connaître, v. réfl. Savoir qui on est. De tous trois ce désordre en un jour me fait naître Pour me faire mourir enfin sans me connaître, corn. Héracl. v, 6. De grâce, dites-moi, vous connaissez-vous bien? id. D. Sanche, iv, 3. Vos destins sont comblés, vous allez vous connaître,volt. Œdipe, m. 4. D Fig Si jeune encor
se connaît-il lui-même? D'un regard enchanteur connaît-il le poison ?rac. Brit. 11, 2. Il 15° Se connaître, avoir la connaissance de ce qu'on est, de ses penchants, de ses forces. Connais-toi toi-même. Sous lui [Louis XIV] la France apprit à se connaître; elle se trouve des forces que les siècles précédents ne savaient pas, boss. Marie-Thr'r. Je crains de me connaître en l'état où je suis; De tout ce que tu vois, tâche de ne rien croire; Crois que je n'aime plus; vante-moi ma victoire, rac. Andr. 11, t. Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière, volt. Alz. v, 7.||Ce malade ne se connaît plus, il n'a plus sa connaissance. || Ne'plus se connaître, êtrehors de soi. s'abandonner sans frein à son emportement. Guide-moi, Dieu puissant, je ne me connais pas, volt. Za'irc, v, 10. Alors cette femme nese connaît plus; elle se répand en invectives, en menaces, dider. Ess. s. Claude. Il Ne pas se connaître, méconnaître sa condition, élever trop haut ses visées. Martian se connaîtrait si peu Que d'oser... cohn. (>> iv, l. D 16" Se connaître, être de connaissance, être lié. Ils se connaissent l'un l'autre depuis longi> Il Fig. Adieu, monde fuyant, nature, humanité. Vaine formede l'être, ombred'un météore. Nous nous connaissons trop pour nous tromper encore, LaMart. Hnrm. iv, ti. Il 17* Se connaître à ou en, pouvoir bien juger d'une matière. Il se connaît en livres, en tableaux. Je vois bien que je ne me connais guère en péché, pasc. Prov. 9. Je ne me connais pas trop mal en amitié, sév. 3.... Je suis quelque peu du métier, A me devoir connaître en un pareil gibier, mol. l'Étour. 111, 2. Jupiter qui sans doute en plaisirs se connaît, id. Prol. Amph. Ceux qui se connaissent en hommes, fên. Tél. xxn. Les femmes se connaissent plus finement à bien faire les ch ses. ; parce que l'avantage de plaire leur est naturel, le \ [ chevalier de meré, dans richelet. La suite des paroles de M. Jurieu fera bien voir qu'il ne se connaît pas mieux en morale qu'en christianisme, boss. Variations, x. Le héros [de la satire de Boileau sur la noblesse] était bien choisi et par sa naissance et par sa réputation de se connaître en vers, et par son inclination à favoriser le mérite, fonten. Dangeau. Moi, j'en crois ceux qui s'y connaissent, Les anciens préjugés renaissent, bérang. Vieux hab ts. Il 18" En parlant des choses, être jugé, appn cié. L'arbre se connaît à ses fruits. || Impersonnellement, il se connaît, on connaît, on von. Que sa façon est brave et sa mine assurée! Qu'elle a fait richement son armure étoffer! Et qu'il se connaît bien, à la voir si parée, Que tu vas triompher! malii. ii, i?
— REM. Se connaître ri, pour dire être habile dans, ne peut s'expliquer par connaître soi-même. C'est une locution qui a une autre explication; connaîtie est ici verbe neutre, signifiant être habile,, entendu, et le pronom réfléchi y est joint comme dans plusieurs verbes neutres. Yoy. au mot apercevoir, Remarque 1 . où cela est expliqué. On trouve des exemples de se connaître à des le xili" siècle.
— hist. xr' s. Si home occit altre et il seit conusaunt.-... Lois de Guill, 8. N'est boni qui 1' \e,t et conuisrre le sait, Qui ce ne die, Ch. de Roi. wxix. Au fier visage [il] le connut veirement, ib. cwiii.
COIN
CON
CON
[Je] bien le conuis, gueredon [je] vous en dei, ib. CCXLvm. L'un conuist l'autre as hautes voiz et claires, ib. cclx. De vasselage te conoissent ti pair, ib. cclxxxvi. |! Mi" s. Bien conoisez quels est ses fierta- - Kone. p. 35. Bienleconuit Rolantli niés [neveu] Charlon As garniments qu'il ot et au dragon, ib. p, 47. Kn tant ester as esté coneuz, ib. p. 75. De pitié plore li vassaus coneuz [renommé], ib. p. 8t. El dit au roi : cist cors [ce cor] est conoissanz [se fait connaître], ib. p. 84. Ne coueit il negun home charnel, ib. p. 91. S'il ce conoit [avoue] que ci [je] vous oi [ouïs] conter, ib. p. <8<>. Connissiez [connaissez] donc la folie, Couci, m. Ele voit bien et conoist et entent Qu'il n'en est plus qui si aimt [aime] leaument, ib. v. Et bien [je] connoiz que [je] n'i puis avenir [arriver], ib. vin. Dont li torz est conneiis et prouvés, ib. xiv. Tel blasme amors qui en tome sa vie Leal amor ne bonne ne connut, quf.snfs. Romancero, p. 88. Du servir est drois; Maintenir le devons ;ce [je] tesmoign et connois, à'a.r. xviii.... Habraam à qui Deus comanda Que de sa terre eissist; e li bers s'en ala, Guerpi ses conissanz, sa feme od sei mena, Th. le mari. 65. || xm's. Mais, espoir [sans doute] , ce m'a grevé Qu'on ne connoit boin servise Tant qu'on ait autre esprouvé, aub. de sezanne, Romancero, p. 127. N'est nus [nul] qui la connoisse. qui forment ne la prise, licite, vi. Et peut on clairement connoistre leur afaire, ib. lxix. [Je] bien sai que par mes pies conneues [nous] serons, ib. lxxvii. à ce qu'il a oj, [il] connoist la tricherie, ib. xc. La traïson [elle] connoist [avoue], tout ainsi faitement Comme elle l'arréa, ib. xcv. Ele m'a conneu [avoué] qu'ele est Berte ipelée, ib. cxv. Vous ne me cognoissiez'? je su i le roi Pépin, ib. cxx. Tantost [elle] connut [reconnut] sa mère, as pies lui est alée, ib. cxxvi. Li rois regarde et vit Blondiel et pensa cornent il se feroit à lui conoistre, Chr. de Rams, p. 55. Ceus qui connussent [avouent] aussi bien corne ceus qui nient, I.iv. des met. p. 13. L'en ne doit pas mètre fil ne coton avecques soie, pour ce que c'est decevance à ceus qui ne s'i connoissent, ib. 193. à ce sunt cil sien cognoissant Qui vont les dames traïssant, la Jlose. 2503. Et se tu es bien congnoissans, Et rois que Diev est tous poissans, ib. 633 1. Je me fais ape- Dist-ele, à tous mes congnoissans; Si sui riche hune et puis ans, ib. 5«3. Acoustumance est trop poissans; Et se bien la sui congnoissans, Mainte chose desplet novele Qui par acoustumance est bêle, ib. 7178. Je vos coiinois bien [je reconnais] qu'il a cinq ans que je voz convenenchai à asseïr dix livrées île terre soi- mon héritage, beacm. ix, 7. Luitisme vertu [du bailli] si est que il soit très bien connissans, tD. 23. Vous gardez que vous ne faites ne ne dites rien à vostre escient nulle riens, que se tout le monde le savon, que vous ne peussiez congnoistre, JOINV. i 94. Il [Dieu] conoist m iauz [mieux] les gens que il ne se connoissent, Merlin, f° 71, recto. Mais res, qu'est che chi qui me lieve"? Vous connissiez vous en cest mal? Théâtre français, p. 62. Sires, fait ele, or m'esbabis De ce qu'ainçois ne vos connui. Je vos en ai l'ait grant ennui; Je me tieug ore molt por foie; Or vous connois à la parole, Fabliaux <»ss. p. 3(i5, dans LACURNE. || XIVe s. Et pour ce quierent il/, et désirent il/, estre honerez des saiges el entre ceulx de qui il sont congneuz et en bien et en vertu, ohesme, Elh. v, 9. Et vous devez faire semblant devant vos gens que vous y congnoissioz et que vous l'avez a cuer, Ménagier, II, 3. || xv" s. Et ne Irouvoit on médecin qui se connus] en sa maladie, kroiss. III , iv, 82. Lesquels ils ne voulnieiit mie connoistre [l'aire connaître] à ceux qui leur en demandoient, id. i, i, «3. Je ne me connois mais à l'estat de France, id. ii, h, 229. Le roi d'Angleterre, qui ouït et entendit messire Godefroy parler, connut assez qu'il disoit vérité, m. l, I, 272. Et s'ils [les princes] le [jtn sage homme] connoissent, si ne leur en chaut-il, et départent leur auclorilé à ceulx qui plus leur sont agréables, comm. I, <2. Un légat du pape envoyé pour pacifier et pour congnoistre du différent de l'evesque et du peuple, m. h, lo.... Et pnnt suspection, le regarda au visage et le congneut [reconnut], m. iv, t. Comment le roy estoit allé en Bourbonnoys, conguoissant que tous les seigneurs du royaulme se declairoient contre luy.... id. i, 2. Il faut que ayez homme qui se congnoisse bien en chevaulx, Jehan de Saintré, ch. 4 5. || xvic s. Compte de tes cognoissants [connaissances] combien il en est mort, mont, i, 73. Il avoit cogneu longtemps un marchand à Toulouse, m. i, too. Je me cognois assez, aux ouvrages d'aultruy, w. m, 34. Cesle prophétie luy defendoit de toucher et cognoistre femme, qu'il ne
fust de retour à Athènes, AMYOT, Thés. 4. il les | mesla parmy les autres filles, sans que personne y ■ cogneust rien, id. ib. 27. Il donna aux nobles la charge de cognoistre des choses appartenantes au faict de la religion, id. ib. 29. Hz l'avoient envoyé quérir pour cognoistre, composer et pacifier leurs différents, m. Pe'lnp. 48.
— ËTYM. Wa'llon , kinohe ; namurois , conoc/ie, [ conèche; rouchi, conoitre; Berry, conneùtre, cou- ; neutre ; bourguig. cônay , connaître, qiteneussu , connu; provenç. conoscer , conoiscer , conoisser ; catal. conexer ; espagn. conocer; portug. conhecer; ■ ital. conoscere; du latin connoscere, de cum, et gnoscere, connaître (voy. gnosf. ). Le participe coneù dans l'ancien français suppose un suffixe bas-latin ûtus, cogne-ulus, italien conosci-uto, attendu que dans coneù (dont connu est une contraction), eu représente deux syllabes. Palsgrave.p. 61, quiécrit je cognois , dit qu'on prononce conoi. L'orthogra- , phe de Voltaire appliquée à ce verbe ne permet plus de reconnaître pourquoi il y a un u dans je connus (cognovi) , et elle brise les relations avec les mots de même origine : notion, notoire, etc.
f CONNATUREL, ELLE (konna-tu-rèl, rè-1'), adj. Terme didactique. Qui est conforme à la nature d'autrui ou d'une autre chose.
— HIST. xiv" s. Delectacions plus connatureles à nous. — Chose à la quelle passion est connaturele, i oresme, Thèse de meunier.
— ÊTYM. Corn, et naturel.
CON'NÉ, ÉE (ko-nné. née), adj. Terme didactique. Qu'on apporte en naissant. Terme rare. || Terme de pathologie. Maladie connée , maladie congénitale. || Terme de botanique. Feuille connee, celle qui est réunie par sa base avec une semblable qui lui est ' opposée.
— ÉTYM. Lat. connatus,de cum, avec, et nalus, né.
f CONNECTER (ko-nnè-kté) , v. a. Terme didactique. Mettre en connexion. || Se connecter, v. rc'fl. Avoir de la connexité. Je vous enverrai la traduction du traité de Dieu, de l'âme et du monde par Wolf, dès qu'elle sera achevée ; et je suis sur que la force de l'évidence vous frappera dans toutes les pro- I positions qui se suivent géométriquement et connectent les unes avec les autres comme les anneaux | d'une chaîne, Lettre du roi de Prusse à Volt, dans
LAVLAUX.
— ÉTYM. \'Oy. CONNEXE.
t CONNECTICL'LE (ko-nnè-kti-ku-1'), s. m. Terme de botanique. Petit organe auquel tient le filet des étamines dans certaines plantes. || Anneau élastique des fougères.
— ETYM. Connecter.
f CONNECÏIF, IVE (ko-nnè-ktif, kti-v'), adj. Terme didactique. Qui unit. || 1° Terme d'anatomie. Tissu connectif, nom donné quelquefois au tissu laminéux. || 2° S. m. Terme de botanique. Organe particulier plus ou moins visible dans une grand nombre de plantes, et qui réunit les deux loges de l'anthère.
— ÊTYM. Connecter.
CONNÉTABLE (ko-né-ta-bl'), s. m. || 1° Titre du principal officier dans la maison des premiers rois de France et dans celle des grands feudataires. L'office de connétable de Normandie appartenait au même titre [héréditaire] à la maison du Houmet, comme le reconnaît en iino une charte du roi Richard, guizot, Civilisation en France, t. m, leçon 6°, Paris, 1857. || 2° Titre du commandant général des armées. La charge, l'épée de connétable. La charge de connétable commença l'an 1218 sous Louis Vlll, et fut supprimée en 1627 après la mort du connétable de Lesdiguières. || Cette dignité avait été renouvelée en France, mais sans aucun pouvoir effectif, dans la constitution impériale du 28 lloréal an xn. Le connétable était le cinquième des grands dignitaires de l'empire. \\S.f. La femme d'un connétable. Mme la connétable. || 3° Titre héréditaire dans certains pays. Le connétable de Castille. |] 4° litre qui se donnait aux gouverneurs de villes, de places fortes. || Dans l'ancienne artillerie, officiers subalternes qui présidaient à la distribution de la poudre, des boulets et de tout ce qui regarde le cation.
— HIST. xir" s. David survit [passa en revue] sa ost; si fist cunestaiiles sur mil chevaliers, et altres sur cent, Rots, (85. || xiif S. Et li rois l'ot fet conestable De sa meson et de sa table, Ren. 8255. .... Par ce coninença la noise Par mal pechié et par deable Vers Ysengrin le conestable, ib. 352. Et après li prelas prent le gonfanon dou conestable et le beni ist de l'aiguë beneite, Ass. de Jér 1, 31. Lors dit le connestahle monseigneur Hymbert de Biaujeu au roy que un Beduyn estoit venu, joinv. 223. | xives.
Sçavoir faisons à tous presens et à venir, que sur ce que notre très cher et f e d cousin Raoul, comte de Eu, connestahle de France, disoit et maintenoit que ceux de nostre lignage, et les prince et prélats, et barons dehors de noire royaume, et tintes manières de gens de cheval et de pié, de quelque condition qu'ils soient, qui prengnent gages ou argent sur nous, lui doibvent telles droictures, comme ses prédécesseurs ou dit office ont accoustumé à prendre sur les souldoiers qui prengnent gages, ou argent sur nous, ducange, cornes. Hauthomme, nobleetpoisant monsieur de Colesbert, connestahle de Boulenois el terroir d'Ostrewit, m. ib. Ledit Lotart ala querre deux sergens et les mena, ensemble le connestahle de la rue où ildemeuroit pour le temps [à'l'ournay],en la maison de ladite Jehanne, w.ib. [| xve s. Oloferne connestahle de Nabugodonozor roy des Assyriens, le Jouvence: , f° 37, dans i.acurne. || xvie s. Le connestahle de France a tel droit pour le fait des guerres: premièrement, le connestahle est par dessus tous autres, qui sont en l'ost, excepté la personne le roy, se il y est, soient dux, barons, comtes, chevaliers, escuyers, sodoiers tant de cheval, comme de pié, de quelque estât qu'ils soient, et doivent obéir à lui.... Les mareschaux de l'ost sont dessous lui.... Le connestahle doit ordener toutes les batailles, les chevauchées et toutes les establies.... Le roi, s'il est en l'ost, ne doit chevauchier, ne les autres batailles chevauchier, fors par l'ordenance et le conseil du connestahle, du cange, ib. Le connestahle des dis confrères de l'arbaleste avoit intention de faire traire par esbatementà un pié de buef, quidevoit estre mis en hault à un pel, id. ib.
— ÉTYM. Provenç. corces(ao'e,-espagn. condestablc; portug. condestarel ; ital. conestabile ; du latin cornes siabuli, comte de l'étable (voy. comte et établf), officier qui, d'abord chargé du soin des étables dans la maison, devint par la suite chef d'une troupe de guerre, chef général de l'armée et aussi chef de toutes sortes de choses, un territoire, un quartier, une section d'artillerie. Voltaire a donné l'étymologie de ce mot dans son opéra du Baion d'Otrante, 11, 3 : Seigneur, je suis baronne, et m 11 père autrefois Dans Olrante a donné des lois; Il était connétable ou comte d'écurie.
CONNÉTABLIE (ko-né-ta-blie) , s. f. || i° Autrefois la juridiction des maréchaux de France sur les gens de guerre ; et aussi leur juridiction pour les affaires qui regardaient le point d'honneur. Le connétable avait la garde de l'épée du roi, dont il lui faisait hommage lige, et un tribunal nommé la eonnétaUie. Il 2° Les gens attachés au tribunal de ia connétablie. La parenté, les amis et la connétablie accompagnèrent son corps [de M. de Duras] à St-Paul, st-sim. 140, 51. y 3° Compagnie d'hommes de guerre. Il Charge du connétable qui commandait ces compagnies.
— HIST. xne S. H manderont la gent de leur connestablie, Sax. xx.||xme s. Paor ot grant connestablic, Et fu à garder establie L'autre porte, qui est assise S main senestre, devers bise, la Rose, 3889. Il xve s. [Dispositions des Hainuyers pour se garder et se défendre] et les convenoit toujours, par nuit et par jour gueter par connestablies les champs et les chemins d'entour la ville, froiss. i, i, 31 11 chevauchoient ordonnéement el par connestablies, chacun sire entre ses gens, ID. 1, 1, 81.||xvics. ....Bien qu'il eusfreceu dans le chemin une defence par le prevost de la connesïableiïe accompagné d'archers portant la casaque, d'air. II ist. 1, 205 Ce fust aux prevosts de l'hostel de la connestablie des mareschaux et des bandes à se retirer, carl. iv, 28.
— ÉTYM. Connétable ; provenç. conestablia ; espagn. condestablia ; anc. ital. coneslaboleria.
CONNEXE (ko-nnè-ks'), adj. ||i°Qui a des rapports intimes avec d'autres choses. Encore que toutes ces choses soient connexes entre elles, desc. Rép. 2. y 2° 'ferme de botanique. Feuilles connexes, feuilles dans lesquelles les pétioles opposés se soudent ensemble par la hase.
— HIST. xive s. Les vertus sont connexes, mats les vices ne sont oneques connexes, oresme, Thés-!
de MEUNIER.
— ÉTYM. Lat. connexus, part, passé de connee- 1ère, lier, de cum, et nectere, lier.
CONNEXION (ko-nnè-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de lier, d'unir des choses l'une avec l'autre; résultat de cette action. || Ternie d'anatomie comparée. Principe des connexions, première règle de la méthode des analogues, qui consiste en ceci : que d'un animal a l'autre, l'organe analogut , s'il existe, rudimentaire ou corcplel si 11-oin ei a partout avot
CON
CON
CON
Ira 1 2° Fig. La liaison, l'enchaînement
d'une on de plusieurs choses avec d'autres. La connexion des idées.
— HIST. xiv s. La connexion des vertus, oresme, Thèse de meunier. || xvic s. La commoderation ou santé îles pa nies .organiques, consiste en figure, magnitude, nombre, situation et connexion conve nable a? chacune partie, pare, Tntrod. H. Quant a leur connexion, il faut entendie que toutes les vertèbres ont chacune six connexions, id. îv, c.
— ÉTYM. Provenç. connexio ; espagn. conexion ; ital. connessione; du latin connexionem, de connec'ere (voy. connexe).
CONNEXITÉ (ko-nnè-ksi-té) , s. f. Qualité d
qui est connexe. || Terme de droit. Liaison cm : sieurs affaires qui demandent à être jugées par un même jugement.
— SYN. connexion, connexité. Ces deux termes, si voisins, se d stinguent en ce que connexion, déniant directement du radical qui est dans connectere, exprime l'action de lier et le résultat de cette action; et que connexité, dérivant de connexus, exprime la qualité d'être connexe.
— HIST. xvic s. Je suys quelques vices, mais j'en fuys d'aultres autant qu'un saint sçauroit l'aire; aussi di - l'huiicnt les peripateticiens cette connexité et cousture indissoluble; et tient Arislote qu'un homme prudent et juste peult estre et intempérant et incontinent, MONT. II, 125.
— ÉTYM. Connexe; provenç. connexitat ; espagn. connei itad.
f CONNIFLE (ko-ni-fl') , s. /'. Mollusque testacé bon à manger.
■fCONNIL(ko-nil) ou CONNIN (ko-nin),s. m. Vieux nom du lapin.
— Hisr xinc s. Connins i avoit qui issoient Toute
irs de 1er lesnieres, la Rose, t386. || xve s. Et dedans la ramée grand foison de lièvres, de connils et d'oisillons qui voloient hors et y revoloient à sauf garant, froiss. m, îv, 1. Courre les daims et les connins aller, e. desciiamps, Le bois de Vincennes. Mon chier cousin, de bon cueur vous mercie, Des blancs connins que vous m'avez donnez, en. d'orl. liai. 125. |l xvie s. Ulcère cuniculeuse, ainsi dite, à cause qu'il y a plusieurs creux et cavités comme aux clapiers des connins, pare, Introd. 21. Toutes
is de volailles, de connils, de bestes rousses, de poissons, 0. de serres, 345. Les connins du tout sauvages sont les meilleurs; les pires sont ceux de clappier; les moiens sont ceux de garene, id. 407.
— ÉTYM. Provenç. conil; espagn. conejo ; portng. coelho ; iial coneglio ; du latin cnniculus, mot es-
ol d'après les auteurs anciens. Le français avoit le verbe conill-r pour dire: user de fuites, de subterfuges, se tapir.
| CONNIN (ko-nin), s. m. Voy. connil.
CONNIVENCE (ko-nni-van-s'), s. f. || 1° Action de
conniver, et, par suite, dessein prémédité de ne
pas nuire, de cacher la faute d'un autre. Le silence
a i une connivence criminelle, boss. Bibliolh.
Il 2° Action de prêter les mains à quelque cho>e de
ou de coupable. 11 1 agirent de connivence.
— HIST. xvie s. Ceste manière de procéder ne peut estre dite connivence ne dissimulation, condê, Mémoires, dans le Dici. de dociii z.
— ÉTYM. Lat. conniventia , de connivens , connivent.
CONNIVENT, ENTE (ko-nni-ven, van-t'), adj. ferme d'anatomie. Valvulesconnivent.es, replis circi aires très-multipliés qui sont, dans le canal intestinal de l'homme seul , depuis l'orifice pylorique .1 l'extrémité. || Terme de botanique. Dont les lets lendent à se rapprocher, en parlant des divisions de la corolle, du calice. j| Terme d'entoe. Ailes conniventes, ailes qui, étant redresse touchent par un point de leur face supérieure. CONNIVER (ko-nni-vé), v. n. Fermer les yeux sur ce qu'on n'ose pas ou ne veut pas aperceiir et, par suite, dissimuler en justice les faits à la charge d'un accusé, et prendre ainsi part à une mauvaise action. Mais conniver en lâche à ce nom qu'on me vole, Quand un père à mes yeux au lieu de moi l'immole, Souffrir.... conN. Héracl. iv,t. On 1 use d'y avoir du moins connivé, boss. Vanations, dc'f. Ier dise. Puisqu'ils connivaient à de tels crimes, id. Var. 15. Je ne pouvais trahir ma dignité en connivant à un abus si préjudiciable, st-sim. 298, 80. Peut-être alors serai-je forcé moi-même ter le soupçon d'avoir connivé à cet indigne lé, wder. Lelt. à M. Le Breton. Le clergé - 1 n plaignit [de l'appel comme d'abus], et le roi [Philippe de Valois] se contenta de conniver à cet usage, Mœurs, "'■. Nous craignons qu'on ne nous
soupçonne de conniver à ses blasphèmes, d'alemb. I Hisl. de l'Ac. franc, v, 265.
— HIST. xvi* s. Il sceut dextrement conniver à cette mienne desbauche et aultres pareilles, mont, i, t97. Et pourtant fault il sur l'heure conniver en telles faultes, et, ne faire pas semblant de les appercevoir, amyot, Com. refréner la colère, 2R. Et qui ont voulu endurer toutes sortes de nécessitez plustost que de conniver à la tyrannie des estrangers, Satire Mén. p. 233. Et que l'on ne leur faisoit point de justice; en quoy le conseil du Roy connivoit de son costé, castf.lnau, 179. Ceux par les yeux des quels ils ont veu ont esté ou louches ou connivens, de leur avoir monstre ou laissé voir le noir pour le blanc, paré, Licorne, réplique.
— ÉTYM. Lat. connirere, cligner les yeux, de c«m,et nivere, cligner; grec, viveiv (comp. nutation).
I CONNOTATIF, IVE (ko-nno-ta-tif, ti-v'), adj. Terme de grammaire et de logique. Qui sert à indiquer une idée secondaire en même temps que l'idée principale. || Mot employé par Beauzée pour désigner l'article le, la, les.
— ÉTYM. Corn, et noter.
f CONNOTATION (ko-nno-ta-sion), s. f. Terme de grammaire et de logique. Idée particulière que comporte un terme abstrait à côté du sens général.
— ÉTYM. Com, et notation.
CONNU, UE (ko -nu, nue), pari, passé de connaître. Il 1" Il est connu de tout le monde. 11 est fort connu à Paris. Ceux [les principes] de l'esprit sont des vérités naturelles et connues à tout le monde, pasc. Pens. part. I, art. 3. Aussi ce n'est pas la nature de ces choses que je dis qui est connue à tous, id. ib. art. 2. Il [Arnauld] vécut jusqu'en 1694, dans une retraite ignorée du monde, et connue à ses seuls amis. volt. Louis XIV, 37. Aristote, par un travail qui, aujourd'hui méprisé, n'en est pas moins un des plus beaux efforts de l'esprit humain, Aristote sut porter l'analyse à sa perfection, en examinant la manière dont notre esprit passe d'une vérité connue à une inconnue, tirgot, Ébauche du 2' discours, Progrès de Vesp. hum. p. 27fi. || Absolument, célèbre. C'est un homme très connu. || Familièrement. Ni vu, ni connu, c'est-à-dire on ne sait absolument ce qui en est. || Connu! est aussi une sorte d'exclamation familière par laquelle on interrompt celui qui vous raconte une bourde, etc. Onditaussi de même : c'est connu, c'est-à-dire le moyen est usé, on n'y croit plus. || 2° S. m. Ce qui est connu. Passer du connu à l'inconnu.
f CONOCAKPE (ko-no-kar-p'), adj. Terme de botanique. Qui a le fruit conique.
— ÉTYM. Kiôvoc, cône, et xapitè;, fruit. fCONOÏDAL. ALE (ko-nn-i-d.il, da-1'), adj.
Terme didactique. Qui a la forme d'un cône ou qui en approche.
— étym. Conoïde.
CONOÏDE (ko-no-i-d'), adj. || 1° Qui a la forme d'un cône. || Terme d'anatomie. Le corps conoïde, la glande pinéale. Dents conoïdes, les dents canines. || 2° S. m. Terme de géométrie. Solide formé par la révolution d'une section conique autour de son axe. Le conoïde parabolique. Le conoïde elliptique.
— ÉTYM. Ktovoeiêr.ç, de xùivo:, cône, et eTSoç,
forme.
j CONOMINATION (ko-no - mi - na-sion ), s. f. Terme didactique. Indication simultanée de plusieurs êtres qui ont quelque chose de commun.
— ÉTYM. Co, et nomination.
t CONONITE (ko-no-ni-f), s. m. Sectaire qui reconnaissait trois dieux.
— ÉTYM. Conon d'Alexandrie en Egypte siarque du vie siècle.
t CONOPHTIIALME (ko-no-ftal-m'), adj. Terme de zoologie. Qui a l'œil conique.
— ÉTYM. Kwvo;, cône, et ôçftaXjAoç, œil.
f CONQUASSANT, ANTE (kon-koua-san , san-t') , adj. Terme d'obstétrique. Qui brise. Douleurs conquassantes, douleurs de l'enfantement, quand elles sont le plus intenses, au moment où la tête de l'enfant est engagée dans le bassin.
— ÉTYM. Lat. conquassare , de cum, et quassare (voy. casser).
j CONQUASSATION (kon-koua-sa-sion), s. f. Terme didactique. Réduction en petits fragments.
CONQUE (kon-k'), s. f. || 1" Grande coquille marine, de l'espèce des bivalves. Dans une conqu" de saphir, De huit papillons attelée, Elle passait comme un zéphir, Et la terre était consolée, bërang. Petite fée. || L'animal qui vit dedans. Les conques n'ont ni tête ni cornes ni mâchoires : on ne leur voit que des trachées, des ouïes, une bouche, un anus et quel-
quefois une sorte de pied, bonnet, Contemplation de la nat. 3e partie, ch. 21. || Conque de Vénus, nom donné à quelques-unes de ces coquille.-,. || 2° Coquille en spirale dont, suivant la Fable, les tritons se servaient comme de trompe. Après venaient des tritons qui sonnaient de la tromp'-tte avec leurs conques recoin bées, ien. Tel. w. \\ Par extension. Ma conque, rappelant mes troupeaux vagabonds, Leur chanterait cet air si doux à ces campagnes, a. ciién. ig:>. || 3" Terme d'anatomie. Cavité profonde que présente dans son milieu le pavillon de l'oreille, et dans laquelle est fice du conduit auditif. || 4° Vase fait en coquille. || 5° Terme de botanique. Conque oreille, famil e de champignons d'une forme contournée. || 6" Ane rme pièce d'artillerie dont l'âme était plus large a la bouche qu'à la culasse. || 7° Mesure romaine qui valait la moitié du cyathe.
— hist. xvi° s. Telle qu'estoitla nouvelle Cyprine Venant à bord dans sa conque de mer, du m i.lay, vin 20, verso. Le poixdu bled doit estre de cinquante quatre livres pour conque [sorte de mesure] et de vingt sept livres pour demie conque, Coustum. génér. t. il, p. 7)9.
— étym. Provenç. cenca, concha, comea; espagn. et ital. conca; portug. concha, du latin couchai grec, xôyxti; sanscrit, çnnkha.
t CONQUÉRAMMENT (ko-kè-ra-man), adv. Eu conquérant, en vainqueur.
— HIST. xie s. Conquerrantment si finereit li bers, Ch. de Rnl. 2ut. || xn" s. Li gentils cuens est mors conquerament, Roncisv. p. 106.
— étym. Conquérant, et le suffixe ment.
1. CONQUÉRANT. ANTE (kon-ké-ran, ran-t'i. adj. Qui conquiert, qui fait des conquêtes. Un i i conquérant. Que sont dans leurs succès les peuples conquérants? Des sujets moins heureux sous des rois plus puissants, c delav. Vêpres sicil. i, 2. David, belliqueux et conquérant , subjugue les ennemis du peuple de Dieu, boss. Hist. n, 4. || Familièrement. Avoir un air conquérant, tirer avantage de sa bonne mine, pour gagner le cœur des belles, et aussi afficher de la présomption.
2. CONQUÉRANT (kon-kè-ran), s. m. || Ie Celui qui a fait de grandes conquêtes. Tous les conquérants, Pour être usurpateurs, ne sont pas des tyrans, Cinna. il, l. Seigneur, ce conquérant gardi
i nquètes, id. Mcmii. i, 2. [Je vois; L'Ai recevoir ce nouveau conquérant, lu. Cid , n, 5. L'Empire et la Hollande se remuent contre un conquérant qui menaçait tout le Nord de la servitude, boss. Anne de Gons. Quand on veut parler d'un grand conquérant, chacun pense à Alexandre, ID. la Valli're. Un peu après ce premier partage du genre humain, Nemrod, homme farouche, devient par son humeur violente le premier des ci rants, et telle est l'origine des conquêtes, id. llist. 1, 2. Le voyez-vous, ce conquérant9 avec quelle ra pidité il s'élève de l'occident comme par boi ne touche pas à terre! semblable dans ses sauts hardis et dans sa légère démarche à ces animaux vigoureux et bondissants, il ne s'avance que par vives et impétueuses saillies, id. Lâuis de Bourbon. Atiaquons dans leurs murs ces conquérants si fiei 's, Milhrid. m, *.... En vain aux conquérants L'erreur, parmi les rois, donne les premiers rangs, non,. Èpit. i. Un conquérant est un homme que les dieux, irrités contre le genre humain, ont donné à la terre dans leur colère pour ravager les royaumes, pour répandre partout l'effroi.... fén. Tél. vin. Mais, monsieur, les conquérants ne peuvent pas toujours dormir jusques à onze heures, voit. Lett. 46. Quels traits me présentent vos fastes, Impitoyables conquérants? J. B; bouss. Ode à la fortune. Il a été le premier qui ait eu l'ambition d'être conquérant, sans avoir l'envie .d'agrandir ses États : il voulait gagner des empires pour les donner, volt. Charles 111, 8. Un conquérant, dans sa fortune alliere. S'est fait un jeu des sceptres et des lois, bérang. Dieu des bonnes gens. || On le dit au féminin. Zénobie fut une illustre conquérante. |j 2° Au moral. Je l'ai vu vers le temple où son hymen s'apprête. Mener, en conquérant, sa nouvelle conquête, rac. Andr. v, 2. Et conquérant des cœurs vaincus par ma clémence, volt. Mort de Ces. i, 1. 1| 3 Jeune homme bien fait, qui, par son air, par ses manières et par sa bonne mine, gagne le cœur des belles. || Au féminin. Si j'avais à revivre, je voudrais être une aimable conquérante: la beauté a un droit naturel ri i m mmander aux hommes, fonten. Dial. des n orts, Alex, et Phryné. Non que Psyché ne put se passer de ces choses [de toilette], elle n'était pas de ces conquérantes à qui il faut un peu
CON
CON
CON
Psyché, i, p. "O. || 3° Les i i di anabaptistes qui avaient Muncer
— HIST. ai" s. Tuit bachelier et noble conquerant, Rone. p. 134. Aseïs et Pépins, cil furent con-
EtCh rli magne d'Aix, cui Dieux parama tant, Sax. i. H xvi1-- s. Pompeius conquérant de la moitié du monde, mont, i, gô.
— ÉTYM. Conquérant I. L'ancien français disait aussi conqueror, qui est resté dans l'anglais.
CONQUÉRIR (kon-ké-rir) , je conquiers, tu conquiers, il conquiert, nous conquérons, vous conquérez, ils conquièrent; je conquérais; je conquis, nous conquîmes; je conquerrai ; conquiers, qu'il conquière, conquérons, conquérez, qu'ils conquièrent; que je conquière, que tu conquières, qu'il conquière, que nous conquérions, que vous con- /., qu'ils conquièrent; que je conquisse; conint ; conquis, v a. || i" Soumettre par les armes. Les Romains conquirent les Gaules. 1 es Franonl conquis l'Algérie. C'est mon trône, c'est moi qu'on prétend conquérir, corn. Sertor. v, 3. S'il avait pu conquérir le monde entier, il en aurait cherché un nouveau pour satisfaire l'avidité de ses désirs, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 583, dans pougens. Voir, c'est avoir, allons courir, Car tout voir c'est tout conquérir, bërang. Bohémiens. || Absolument. Et ce n'est que pour vous que vous avez conquis, corn. Nicom. il, 3. Il aime à conquérir, mais il hait les batailles, 1D. Attila, tv, ». Il semblait qu'ils ne conquissent que pour donner, montesq. Rom. 5. C'était une manière lente de cou quérir; on vainquait un peuple et on se contentait tle l'affaiblir, id. ib. 6. L'empereur écoute encore; le bruit augmente; est-ce donc une bataille, s'écriet-il? Chaque décharge le déchire; car il ne s'agissait plus pour lui de conquérir, mais de conserver, séguh, Hist. de Nap. îx, 2. || 2° Fig. Conquérir le ciel. Conquérir son rang. Conquérir l'estime. J'ai conquis votre coeur au péril de ma vie, corn. Perthar. i, i. Mais quoique sa valeur t'ait conquise aujourd'hui.... id. Cid, v, 8. Il peut nie conquérir à ce prix sans danger, rac. Andr. v, 2. Et n'apprendrez-vous point à conquérir des cœurs? volt. Als. iv, I. || 3 rir , v. réft. Faire la conquête
l'un de l'autre. Ces hordes se conquièrent sans esse les unes les autres, montesq. Esp. xvm, 19. || Être conquis, gagné, obtenu. Ici la faveur se conquiert par le mérite.
— HIST, xi" s. Tresqu'en la mer cunquist la tere altaigne , Ch. de Roi. i. Par tantes terres est alet [cunquerant, ib. xl. Que Charles die qu'il [Roland] fust mort cunquerant [victorieux], ib. clxx. ||xiics. Par vous a Charles tantes terres conquis, Ronc. p. st. Et sont o lui bien cent mil conquirant, ib. 122. Or [je] voil aler vers France conquirant, ib. p. t 19. Car qui ce toit [ravit] dont [il] ne puet faire don, il en conquiert [s'en fait] enemis et meslée, Coud, vi. [Je] ne sai se jà l'aurai [madame] à moi conquise, ib. xi. JA de mon cuer n'istra mais ta semblance Dont [ma dame] me conquist as mots pleins de douçor, ib. xvi. Et là doit-on faire chevalerie, Où on conquiert paradis et honour Et prix et los et l'amour de s'amie, qcesnes, Romancero,
car vous avez plus perdu que conquis, m. ib, p. 10t. Anseys le conquist [son ennemi] à l'espée d'acier, Snx. iv. Encor ne nous a pas Charles à sers 1 conquis, ib. xxvi. [IIJ Ne volt acunte rendre de lut ço qu'en a pris, Ne sufi'rir jugement, mal los i a conquis, Th. le mort. 53. || xin* s. Nostre chevalier el nostre sergant montèrent par vive force sur les eschieles et conquislrent le mur sur ans [eux], vin EH. i.xxvi. Et bien sembloit estoire [flotte] qui terre deùst conquerre, id. lx. Seigneur, nos avons ceste ville conquise, la merci Dieu et par la vostre, in. xi.ix. Seignor , dist-il, vostre merci, Conquis m'avez à vostre ami, lien. 7070. Or te voil dire et conseillier Que l'Amors metes en oubli. Dont go le voi si afoibli, Et si conquis et tormenté, la Rose, :î033. C'est celé qui fait à usure Prester mains [qui Tait que maints, plusieurs prêtent à usure], par la grant ardure D'avoir conquerre et assembler, •b. itc. Quant la sainte cité de Jérusalem fu conquise sur les ennemis de la croiz et remise el poeir desfeauz Jhesu Crist.... Ass. de J. I, 21. S'il avient (pie li detere [débiteur] qui à l'un donna toutes ses cozes por paier, conquiert de novel [gagne de nouveau], il n'est pas quites envers les créanciers, BEAtiM, liv, 6. si ont tuit (le leur volenté Au roi Loeys créante, Que d'AuBugois [d'Albigeois] la crois presist, Et sien fust quan qu'il conquesist Tout quitemeut lui et sou oir, ph. mouskes, ms. p. 688, dans lacurne. || xv s. Il leur sembla qu'ils seroient
iui il a • pour la conquerre [la Fram - . FROISS. I, l. 97. Et firent lant finalement que la porte fut conquise, m i, i, < 38. Et estions pour lors tous seigneurs des champs et des rivières, et y conquerismes, nous et les nostres , très grand finance, id. il, m, 15. En Flandres, où il conquit la bataille de Rosebecque, monstrel. liv. I, ch. t. || xvic s. Mais bel Accueil m'a faict d'assez bons tours , En me laissant maints baisers conquérir, M*R0T, il, 326. Tant de nations si injustement conquises, mont, iv, 85. Qu'un seul eschelle une forteresse, qu'il assaille une armée, qu'il conquière un royaume, id. iv, 349. Nous conquerrons sans difficulté tout le reste de l'Italie, amyot, Pyrrh. 130.
— ÉTYM. Provenç. conquerer, conquérir, conquerre ; espagn. conquérir; ital. conquidere ; du latin conquirere, de cum et quwrere (voy. quérir). L'ancien infinitif était conquerre, dérivé directement de conquirere, où l'accent est sur qui.
CONQUÊT (kon-kê), s. m. Tout ce qu'on acquiert par son industrie, et qui ne vient point de succession. || Acquêt fait durant la communauté des épmix. Les biens sont propres, acquêts ou conquêts, montesq. Esp. vi , i .
— HIST. xiir s. Et tout en tele manière di je, s'il me marièrent de lor conques, beaum. vu, io. || xive s. Adont se sont logiez aux champs et es courtil/. Et là fut le conquest paisiblement partis, Guescl. (8658. || xvc s. Et avoil esté avec lui au conquest de Bervich, fiioiss. i, i, «2. [Le duc d'Anjou et ses capitaines] eurent nouvel conseil, que l'assaut leur pourroit trop blesser de leurs hommes, à petit de conquêts, id. ii, il, 3. || xvr' s. Et sont les mariés communs en tous biens, meubles eteonquests, immeubles, du jour de leur bénédiction nuptiale, loysel, m. One Alexandre en ses conquestz trèshaulz. ..J. marot, v, 145. Conquest immeuble est ce qui est acquis par les conjoints ou l'un d'eux durant leur mariage; et acquest est un terme gênerai qui comprend les acqueremens faits avant le mariage et depuis, Coust. gènér. t. n, p. 211.
— ÉTYM. Provenç. conquist; ital. eonquislo; de conquislus, contracté de conquisitus, part, passé de conquirere, conquérir.
CONQUÊTE (kon-kê-f), s. f. || 1° Action de conquérir. Ils iront, sans frayeur de conquête en conquête, corn. Sertor. v, t. La conquête des Gaules porte au plus haut point la gloire et la puissance de César, boss. Hist. m, G. Je pourrais aisément faire la conquête de cette île, fén. Tél.xm. A-t-on de l'univers affermi la conquête"? volt. Triumv. 1, 4. Dans le dessein de priver de pauvres citoyens et de braves soldats de la part qui leur était si légitimement acquise dans 1"> terres de conquête, vlktot, Révol. roui. liv. m, p. 254. Ce n'est pas que, dans le cours de ses conquêtes passées, il n'eût pris plusieurs places, volt. Charles XII, liv. vin. || Vivre comme dans un pays de conquête, vivre à discrétion, sans gêne. || 2° Résultat de la conquête; terre, ville conquise. Napoléon perdit toutes ses conquêtes. Mais quoi? Rien ne remplit Les vastes appétits d'un faiseur de conquêtes, la font. Fabl. vin, ï~ . || 3° Fig. De ces mêmes forfaits vous serez la conquête, corn. Sertor. v, 4. Il a fait de l'État une juste conquête, id. Cinna, 11, t. Ceux qui travaillent à la conquête des âmes, boss. Or. 1 . Et s'il nous est permis d'expliquer les sentiments du Sauveur par les sentiments humains, il s'émeut plus sensiblement sur les pécheurs convertis qui sont sa nouvelle conquête, mais il réserve une plus douce familiarité aux justes, qui sont ses anciens et perpétuels amis, id. Marie- Thér. Et l'on porta sa tête aux pieds de Médicis, Conquête digne d'elle et digne de son fils, volt. Henr. il. || Terme d'horticulture. Conquête se dit quelquefois d'une variété nouvelle d'une plante qu'on obtient par des semis. || Faire la conquête de quelqu'un, lui inspirer de la sympathie. Cet homme a des qualités aimables, il a fait ma conquête. Sa générosité lui lit une autre conquête, boss. Hist. 1, 8. Il 4" Victoire qui s'obtient sur un cœur, dans les relations amoureuses, cl aussi personne conquise C'est une jeune et jolie personne qui fera bien des conquêtes. Tant qu'Us ne sont qu'amants, nous sommes souveraines, Et jusqu'à la conquête ils nous traitent de reines, corn. Poly. 1, 3. Oui , qu'un d'eux me l'apporte [la tête de Rodrigue], et je suis saconquète [je me donne à lui], id. Cid, iv, 5. Et mes ardents souhaits de voir punir son change Assurent ma conquête à quiconque me venge , id. Perthar. 11 . t . Aju's tant de hauts fait il m'est bien doux, seign ur, Devoir sous les lauriers qui vous couvrent la tête Un si grand conquérant être encor ma conquête, id. Nicom. 1, I. La dernière main (pie met à sa beauté
Une femme allant en conquête, Est un ajustement des mouches emprunté, la font. Fabl. iv, 3. La Middleton fait impunément de nouvelles conquêtes, hamilt. Gramm. 7. Pauline commence à faire des conquêtes, sév. 583. Hé bien, mes soins vous ont rendu votre conquête [en parlant de Pyrrhus], bac. Andr. m, 2. Allons, n'envions plus son indigne conquête, id. ib. 11, t. Non que de sa conquête il paraisse flatté, in. ib. 11, I. Mener en conquérant sa nouvelle conquête, id. ib. v, t. Où vous n'osez aller mériter ma conquête, id, ib. iv, 3. Mais s'il eût dit : voyez quelle est votre conquête ; Je suis un jeune dieu, beau, galant, libéral, Daphné, sur ma parole, aurait tourné la tète, fonten. Sonnet. Une belle ne partage avec personne l'honneur de ses conquêtes, elle ne doit rien qu'à elle-même, id. Dial. des morts, Alex, et Phryné. D'un autre cependant Jocaste est la conquête, volt. Œdipe, 11, 3. Lise, ne fais plus de conquêtes Pour le bonheur de tes sujets, bérang. Polit. Mais mm, c'esl la coquette Du village voisin Qui m'offre une conquête En corset de basin, id. Rêverie. || Familièrement. Avoir, se donner des airs de conquête, prendre des airs avantageux et comme si on allait plaire à toutes lus femmes qui se présenteront.
— hist. xme s. Si auroit le quart de toute la conqueste et dedens la cité et defors , villi h. ci. Il xws. Le refus que luy feirent les Macédoniens de passer outre à la couqueste des Indes, amyot, Alex. 21.
— ÉTYM. Féminin de conquet; provenç. conquesta; espagn. et ital. conquista.
f CONQUÊTER (kon-kê-té), v. a. Conquérir, vaincre. 11 est vieux. Quelle moins hautaine espérance Pourrons -nous concevoir alors Que de conquêter à la France La Propontide.... malh. 111, 3. Est-il possible que je connaisse si peu la fermeté de votre majeslé pour croire que je conquêterai sa faveur par les armes? retz, ni, 283.
— HIST. xne s. En veilles e en plur e en multjetlner, Que l'amur al haut rei peùssiez conquester, Th. i'' mart. 81. Se tuz les biens del mund aveie conquestez, Jà n'en sereie mielz devant Deu apelez, 16. (21. S'ensi fust, fiebles hum dreit mais ne c nquestast, ib. 59. || xmes. Que son pooir [il] ne fas a de s'amour conquester, Rerte, cxn. Ysengrin, lessiez-le ester, Vos n'i porriez riens conquester, /.v». 96CJ6. Il xve s. Je me trouve sans recouvrance Loingtain dejoye conquester, ch. d'orl. Bail. Us avoient nouvellement conquesté le royaume de Cypre , comm. vu. 4.
— ÉTYM. Conquit; provenç. et espagn. conquistar; ital. conquist are.
f CONQUETTE (kon-kê-f), s. f. Nom de plusieurs espèces d'oeillets.
— ÉTYM. Diminutif de conque.
CONQUIS, ISE (kon-ki , ki-z') , part, passe de conquérir. || 1° Obtenu par la force des armes. Trois sceptres conquis Montrent à quelle école il en a tant appris, corn. Nicom. ni, 2. || Traiter une province en pays conquis, la gouverner arbitrairement. || Fig. Les cœurs conquis par sa gén rosilé. || 2° Gagné, obtenu. Décoration conquise sur le champ de bataille.
CONSACRANT (kon-sa-kran) , adj. m. L'évêque consacrant, celui qui en sacre un autre, et, substantivement, le consacrant. Le concile de Nicée veut que la décision pour ce choix [des prêtres] appartienne principalement au métropolitain, qui était le consacrant, fén. ii, i 54. || Le prêtre qui dit la messe et qui consacre l'hostie.
CONSACRÉ, ÉE (kon-sa-kré, krée) , part, pasfé Il 1" Qui a reçu une consécration. Un temple consacré à Jupiter. Tremblant, saisi d'effroi, j'ai plongé dans son flanc Ce glaive consacré qui dm versi sang, volt. Fanât, iv, 4. Cessez de mutiler tous ces grands monuments, Ces prodiges des ans consacrés par le temps, in. Orphel. 11, 5. Croyez-vous m'abuser? Couverts de noms sublimes, Ces crimes con acres en sont-ils moins des crimes? c. delav. Vépr. sicil. v, 5. || Hostie consacrée, celle sur laquelle le prêtre a prononcé les paroles sacramentelles, selon le rite convenable. j| La terre crée, le cimetière chez les catholiques. || 2° Destiné à, réservé pour. Un temps consacré à la lecture. Elle tombe à genoux vers ces lieux retiré . la nuit , au silence, à la mort consac Sémir. 1, 2. Thebes depuis longtemps aux horreurs consacrée, m. Œdipe, 1, 1. || Le fonds consacrés à ceiie dé] ense. || 3" Sanctionné. 1 ne expression consacrée pai ii
CONS IlCRI cré), v. a. || 1" Dédier, dé-
I 1 divinité. Un temple que les rois d Egypte
CON
CON
CON
avaient coDsacré à ce Dieu, fén. Tél. il. Venez, de l'huile sainte il faut vous consacrer, rac. A thaï, iv, 3. De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux fruits Au Dieu de l'univers [ils] consacraient ces prémices, id. ib. i, t.||Se consacrer, consacrer à soi. Les dépouilles que le Seigneur s'était consacrées, mass. dans le Dict. de poitevin. || f Convertir le pain et le vin en la propre substance et corps de Jésus-Christ par la vertu des paroles sacramentelles que le prêtre dit au milieu de la messe. Dans une bouche qui consacre le corps de Jésus-Christ, pasc. Prov. xi. On consacrait beaucoup d'hosties à cause de la multitude des communiants, noss. Déf. comm. C'est aussi de vrai pain et de vrai vin que l'on consacre et dont on fait, en les consacrant, le vrai corps et le vrai sang du Sauveur, id. Variât, liv. n , § 38. || Absolument. On ne consacre point le jour du Vendredi saint. Le prêtre a consacré quand il fait l'élévation. || 3° Par extension, rendre sacré, respectable, honorable. Le sang des martyrs a consacré ce lieu. Ce choix pouvait combler trois familles de gloire, Consacrer hautement leurs noms a la mémoire, corn. Hor. il, t. Il n'y a point de particulier qui ne se voie autorisé par cette doctrine à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler Dieu tout ce qu'il pense, boss. Reine d'Anglet. Parmi tant de lieux de piété qui consacrent cette ville royale, flëcii. h, p. t98. Pour consacrer ses travaux apostoliques par les mérites de l'obéissance, m. Panég. il, 220. De son règne naissant [il] consacre les prémices, rac. Bérên. 1, 5. Sont-ce là ces projets de grandeur et de gloire Qui devaient dans les cœurs consacrer ma mémoire? rac. Be'rén. lv, 4. Le peuple a jusqu'ici consacré ma bonté, V lis ce temple que Rome élève à la clémence, volt. Mort de Ces. 1, 4. Et je l'ai vue aussi celte cour [jeu sincère, Des crimes de Néron approuver les horreurs; Je l'ai vue à genoux consacrer ses fureurs, rac. Bérên. n, 2. De Manuel pour consacrer la gloire, Prêtez secours au pauvre chansonnier, bérang. Manuel. [i4°En général, destiner, dévouer. Consacrer sa vie à l'étude. Souffrez que ma vertu dans mon cœur rappelée Vous consacre une foi lâchement violée, corn. Cinna, v, 3. Surtout j'ai cru devoir aux larmes, aux prières Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières, rac Alhal. 1, 2. Effaçons tous ces noms Que Rome y consacrait à d'éternels affrorits, in. Milhr. m, l. Je vous ai consacré mes sentiments, ma vie, volt. Tancr. 1, 4. En consacrant tous les jours un certain temps réglé à la lecture des anciens auteurs, ils feront peu à peu un amas de richesses dont ils seront eux-mêmes étonnés dans la suite, rollin, Traité des études, 4e part. ch. t. Il 5° Sanctionner. L'usage a consacré cette locution. Les droits de mes aieux que Rome a consacrés.... rag. Brit. iv, 2. Les maximes que l'usage a consacrées, mass. Profcss. 1 . || 6U Se consacrer, v. réfl. Se consacrer à Dieu. Il se consacra à la vie religieuse. Se consacrer tout entier à l'étude des sciences. || Être consacré. L'hostie se consacre avant l'élévation.
— HIST. xive s. Celui lieu devoit estre inauguré, c'est à dire consecré selon la science des augurs, percheore, f° 57, verso. Et les dons du magnifique ont aucunes condicions semblables as dons qui sont consecrés as diex, oresme, Eth. ne. Quant li enfes lu nés. li prestresqui fu la, En iawe consacrée illoec le presigna, Baud. de Seb. vu, 477. || xves. C'est de la sainte ampoule dont monseigneur saint Rémi consacra Clovis premier roi chrestien qui fut en France, fboiss. il, h, 74. 0 roi très chrestien, roi consacré, gerson, Sermons, dans Hist. litl. de la le. t. xxiv, p. 370. || xvie s. Ils disent qu en consacrant le pain il se fait une conversion secrète, calv. lnstit. ) 104. Sylla, donnant et consecrant à Hercules la dixme de tous ses biens, feit de sumptueux festins au peuple romain, amyot, Sylla, 71. Portant en sa main un mords de bride pour le consacrer et offrir à la déesse Minerve, id. Cimon, 9.
— ÉTYM. Provenç. consecrar, consegrar; espagn. consagrar ; ital. consacrare ; du latin consecrare, de cum, (tlsacrare, sacrer.
CONSANGUIN, 1NE (kon-san-ghin, ghi-n'), ad). Terme de droit. Qui a parentédu côté paternel seulemont. || Frère consanguin, sœur consanguine, frère, sœur de père seulement, opposé à frère utérin, sœur utérine, frère, sœur de mère seulement, et a frère germain, sœur germaine, frère, sœur de père et de mère. Il était permis [à AihènesJ d'épouser sa sœur consanguine, montesq. Esp. v, 5. |j Substantivement. Les consanguins et les utérins.
— hist. xvic s. Fiere et sœur d'un mesme ventre succèdent l'un à l'autre, et non point frères et sœur., Consanguins et utérins, .Vouç. (oust genér. t. n
p. 606. L'un des dits enfants issus du second mariage luy succédera avant ses frères et sœurs issus du premier mariage, parce qu'ils ne luy sont que consanguins ou utérins du costé du premier survivant, et les autres du dit second mariage luy sont frères et sœurs d'un ventre, issus et venus tous d'un père et d'une mère, ib.
— êtym. Lat. consanguin eus, de cum, avec, et sanguis, sang (voy. sang).
CONSANGUINITÉ (kon-san-gui-ni-té; ni prononcé comme dans huile, d'après l'Académie; d'autres prononcent con-san-ghi-ni-té; cette dernière prononciation est préférable puisqu'on dit kon-san-ghin), s. f. Terme de droit. La parenté du côté du père. Les degrés de consanguinité. || Dans l'élève des animaux domestiques, alliance que fait l'éleveur entre des individus provenant de mêmes parents, laquelle alliance est un puissant moyen pour fi ver dans des sous-races certains caractères que l'on recherche. || Terme de droit canon. Toute espèce de parenté soit du côté du père soit du côté de la mère; ne se dit qu'en matière de mariage.
— HIST. xvr s. Mesconoissance de consanguinité et parentage, oubliance d'amitié, lanoue, 56.
— ETYM. Provenç. consanguinitat; espagn. consanguinidad; ital. consanguinità ; du latin consanguin i latent (voy. consanguin).
CONSCIENCE (kon-si-an-s'), s. f. || 1° Sentiment de soi-même ou mode de la sensibilité générale qui nous permet de juger de notre existence : c'est ce que les métaphysiciens nomment la conscience du moi. Sitôt que nous avons la conscience de nos sensations, J. J. rouss. Eut. i. C'est alors qu'il prend la conscience de lui-même, m. ib. 2. La conscience est le .sentiment intime, immédiat, constant de l'activité du mm dans chacun des phénomènes de sa vie morale, Dict. des sci. phil. Conscience. On pourrait définir la conscience le sentiment du moi dans tous les phénomènes de la vie morale, ib. || Double conscience, phénomène qui s'observe chez les somnambules, et qui consiste en ce qu'ils ont deux existences dont chacune ignore l'autre : dans la veille, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant leur sommeil somnambulique, et, pendant le somnambulisme, ils ne se souviennent pas de ce qu'ils ont fait pendant la veille, quoiqu'ils rattachent très-bien ensemble tous les actes qui se passent respectivement dans chacun de ces deux états. || 2° Témoignage ou jugement secret de l'âme, qui donne l'approbation aux actions bonnes et qui fait reproche des mauvaises; ou, autrement, mode d'émotion de l'ensemble des instincts bienveillants et désintéressés, ensemble qui porte aussi le nom de sens moral. La voix de la conscience. Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence L'état de notre conscience, la font. Fabl. vu, t. Il parle contre sa conscience, fén. Tél. m. Paul , patriarche de Constantinople, déclara sur la fin de sa vie qu'il avait combattu les images [qu'il avait été iconoclaste] contre sa conscience, boss. Hist. i,4t. À ce dernier moment la conscience presse, corn. Nicom. iv, 2. Elle lui pardonna sen erime, le livrant pour tout supplice à sa conscience, boss. Reine d'Anglet. Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre conscience, Et de rectifier le mal de l'action Avec la pureté de notre intention, mol. Tort. îv, e. M. Bucquet réunissait toutes ces qualités; il y joignait ce courage qui sait préférer le sentiment de la conscience à l'opinion de ceux même qu'on estime, condorcet, Bucquet. Aucun des ministres déplacés ne fut exilé; l'ambitieux est assez puni parla perte de son pouvoir; l'homme vertueux jouit en paix, dans une retraite libre, de sa renommée et du témoignage de sa conscience, condorcet, Maure-pas. S'il est contraire à la murale d'agir contre sa conscience, il ne Test pas moins de se faire une conscience d'après des principes faux et arbitraires; l'obligation de faire sa conscience est antérieure à l'obligation de suivre sa conscience, Mirabeau, Collection, t. v, p. 302. Vous [les quakers] n'avez pas pris Dieu à témoin, mais vous avez attesté votre conscience, et une conscience pure n'est-elle pas aussi un ciel sans nuage? m. ib. t. v, p. 364. Ordonnez, rien ne coûte à son obéissance, Et du soin de vous plaire il fait sa conscience , m. j. ciiL.Mi.il, Tibère, i, 4. || Pénétrer dans la conscience, savoir ce qui est dans le cœur d'autrui. Les juges, qui ne pénètrent pas dans les consciences, ne jugent que parle dehors de l'action, au lieu que nous regardons principalement à l'intention, pasc. Prov. vu. || Opprime ries consciences, empêcher par la force et l'intimidation la manifestation des sentiments religieux ou moraux. Les conscience" hardies opprimèren'
les consciences faibles, et l'époque de ce grand phénomène fut celle d'une grande servitude, raynal, Hist. phil. ix, 29. [| La conscience publique, l'ensemble des opinions morales d'une société, d'un peuple, d'une époque, qui font approuver ou blûmer. Quelles que soient ces lois, il faut toujours les suivre et les regarder comme la conscience publique, à laquelle celle des particuliers doit se conformer toujours, montesq. l.eit. pers. 4 29. |) Sur mon honneur et sur ma conscience, serment que prononce le chef du jury avant de lire le verdict. || Sur ma conscience, en ma conscience, en conscience, sorte de serment familier. || Avoir une chose sur la conscience, se la reprocher. Vous ne pouviez les porter longtemps sur la conscience, mass. Avent, Délai de la conv. || Familièrement. Avoir sur la conscience, répondre de. M. delà Garde aura sur la sonscience tous ces mariages, sêv. ai 4. Vous voulez donc que je mette sur ma conscience le paquet de cette femme? m. 62. Je mets sur votre conscience tout le bien que vous dites de moi. id. 2i3. || J'en ai la con-cience nette , je n'ai point cela à me reprocher. || Avoir les mains pures et la con.-cience nette, être irréprochable. || Dire tout ce qu'on a sur la conscience, donner un libre cours à des plaintes qu'on croit fondées et qu'on retenait. || Décharger sa conscience, soulager sa conscience, dire une pensée intime que l'on croit devoir dire. || Avoir de la conscience, être homme de conscience, être incapable de forfaire à l'honneur, à la probité. Je serais assez lâche pour vous déshonorer? Nod, non, j'ai trop de conscience pour cela. mol. Fest. de P. n, 3. Quand ils sont gens de conscience, pasc. Prov. 6. Ni. us avons considéré, à l'égard des valets, la peine qu'ils ont, quand ils sent gens de conscience, à servir >:es maîtres débauchés, pasc. ib. || N'avoir point de conscience, être sans conscience, ne se faire scrupule de rien. || Avoir la conscience large, avoir peu de scrupules. L'un et l'autre avaient la conscience assez large, scarr. Rom. corn. ch. t3. || Mariace de conscience, mariage que l'on fait pour satisfaire à sa conscience, pour régulariser une union irrégulière. Oh! puisque c'est un mariage de conscience , je n'ai plus rien à vous dire, dancourt, Chevalier à la mode, i, 3. || Faire conscience de, avoir conscience de, avoir scrupule de, ne pas vouloir. Et de m'ôter mon bien que l'on ait conscience, Régnier, Sat. m. Je fais conscience de la regretter, voit. Lett. 71. Qui n'a pas honte de manquer de parole aux hommes, ne fait pas conscience de tromper les dieux, vaug. Q. C. 424. Alix fit conscience De n'avoir pas mieux gagné son argent, la font. Quipr. \\ On a dit aussi, avec la négation, ne pas faire de conscience. N'en faites point de conscience, la font. Cord. Il Dans le même sens, se faire une conscience. Vous vous feriez une conscience de faire payer ce que vous ne pouvez leur apprendre [à vos disciples], Fén. Socrate. ||Se faire une affaire de conscience, regarder comme un devoir. Ils se font une affaire de conscience de souffrir toutes sortes de religions, montesq. Esp. xxv, 15. || C'est conscience de, il y a conscience à faire telle chose, c'est-à-dire on la ferait si la conscience ne s'y opposait, on serait coupable de la faire. Ton cœur.... tiendrait ses lâchetés à quelque conscience , Régnier , Epit. m. Mais au moins, monsieur, ne m'allez pas tromper; il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez que j'y vais de bonne foi, mol. Fest. de P.u, 2. C'est une conscience Que de vous laisser faire une telle alliance, id. Tart. n, 2. C'est conscience à ceux [de tromper ceux] qui s'assurent en nous. Mais c'e--t pain bénit, certe, à des gens comme vous, in. fe( des mar. i, 4. Il y avait de la conscience à laisser tromper le pauvre Savoyard, h.vmilt. Gramm. 3. Il l'ait trop cher mourir, ce serait conscience; Jamais de mon vivant jen'aimai ladépense, regnard, tegat. îv, 5. || En sûreté de conscience, à l'abri des reproches que peut faire la conscience. Les services qu'ils peuvent rendre en sûreté de conscience, pasc. Pro'i. G. || En conscience, selon les lois de la probité, les règles de la conscience. Di les-moi en voire conscience, Régnier, Sot. vin. Relever ses cheveux, dire: en ma conscience, id. ib. En conscience, quels desseins peut avoir un homme entre le sentiment du mal et l'appréhension de la mort 9 balz. liv. n , lett. 3. Agissez en conscience dans le rapport que vous faites, boss. Lett. abb. 87. On ne peut pas se déclarer en conscience, id. ib. 3(. On ne peut pas en bonne conscience enseigner diversement, id. Var. iv. Il dit que le pauvre peut voler le riche en conscience, pasc. Prov. t2. Vous êtes obligés, en conscience, de di'-e. .. id. Prov. 2. Je ne crois pas que je doive
CON
croire en conscience ce que vous m'en dites, SÉY. | GJ2. || En bonne conscience signifie aussi avec franchise. I! Par acquit de conscience , proprement pour le seul effet d'acquitter la conscience, et, par unie, négligemment, sans intérêt. 11 a fait cela par acquit de conscience. || 3° Terme de religion. Le sentiment des fautes commises. Faire son examen de conscience. Directeur de conscience. On ne les envoie à la mort qu'après leur avoir donné le moyen de pourvoira leur conscience, pasc. Prov. 14. On se fait aisément de fausses consciences; on étouffe tous les remords du péché, bourd. Pensées, t. 1, p. (6. Ils [ les jésuites ] ont assez bonne opinion d'euxmêmes pour croire qu'ilest utile et comme nécessaire au bien de la religion, que leur crédit s'élende partout et qu'ils gouvernent toutes les consciences, pasc. l'ror. s. On est obligé de reprocher à ces peuples d'avoir é'é trop soumis, puisqu'ils ont mis sous le joug leur foi même et leur conscience, boss. Reine d'Ang'et. Retirée à la campagne, séquestrée du monde, elle s'occupa trois ansentiersàTéglersa conscience et ses affaires, id. Anne de Gons. || Cas de conscience, difficulté sur ce que la religion permet ou défend en certaines circonstances. Vous avez très-bien résolu le cas de conscience, boss. Lett. abb. 22. Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience , d'une manière favorable et accommodante, pasc. | Prov. 13. || Se faire un cas de conscience de quelque chose, s'en faire scrupule. || Liberté de conscience, liberté de ne pas professe*- la religion dominante I dans tm pays et de suivre en secret celle à laquelle ! on appartient; elle diffère de la liberté des cultes qui permet d'exercer le culte auquel on est attaché. || Conseil de conscience, conseil qui était autrefois établi pour régler les affaires ecclésiastiques. || 4" La région du cœur considéré comme le siège de la con- j science; ne s'emploie, en ce sens, que dans les locutions suivantes : Mettre la main sur la conscience, s'examiner de bonne foi. Mais, monsieur, mettez la main à la conscience, est-ce que vous êtes malade? mol. Mal. im. î, 6. Que chacun mette la main <\ la conscience , BOSS. Préf. rel. Mets la main sur ta conscience, in. Nècess. I. Mettons la main sur nos consciences, m. Sowniss. 2. Mettez la main à la conscience, n'ai-je pas plus de droits que lui [le duc de Chevreuse]? st-sim. 299, lis. || Elliptiquement. La main sur la conscience, en toute sincérité. Ditesnous, la main sur la conscience, si vous avez quelque chose à vous reprocher. || Familièrement. Se mettre quelque chose sur la conscience, mettre quelque chose dans son estomac, l'avaler. Mettez ce verre de vin sur votre conscience. || Partie ronde que le serrurier applique contre sa poitrine, quand il fait tourner un outil muni d'une mèche. || 5° En un sens restreint, soin minutieux. J'ai fait ce travail en conscience. J'y mets de la conscience. ]| 6" Terme d'imprimerie. Travail a la journée, sans autre mesure que la conscience del'ouvrier. Mettre un compositeur en conscience. |] Les compositeurs qui travaillent en conscience. C'est ordinairement la conscience qui corrige les tierces. || Le lieu où ils travaillent.
— HIST. xir s. Sa cunscience le remorst, Rois, 216. || xni* s. Tu as feite moult bêle fin, se ta concitiice est te* corne la semblance. Merlin, f" 70. La coscience le roi de France fut apaisie, Chron. de Iîains, p. 234. Cui conscience ne reprent, ib. p. 235. Et dit au conte [l'évèque] : ne troublez pas vostre conscience quant le patriarche ne vous absout, joinv. 271. || xivs. Que dieux lui dointvoloir, conscience et advis De moi ce pardonner qu'envers lui ai mespris, Guescl. 797. Car telle conscience avoit ou [au] chevalier, Jà n'essauchast le tort, ains le volt abaisster, Ilnud. de Seb. vin, (62. Et que tu t'armes volen tiers; Car c'est tes souverains mestiers; N'autre honneur, n'autre science Qu'armes, dames et conscience, machault, p. in. Que tout cil qui ne puent [peuvent] estre en religion corporelment soient en religion spirituelment ; hé biaus sire Dieu! où sera ceste religion fondée, ceste abeie plantée? Je di qu'ele sera fondée et plantée en une place qu'on appelle conscience, Li enseignemens de iame, dans llist. litt. de la Fr. t. xxiv, p. 375. || xvc s. Sire, vous ne pouvez, à conscience, bonnement faire ce voyage, si l'Eglise n'est à un, froiss. m, iv, <7. il ne peut estre que en un tel ost que le rci d'Angleterre menoit, qu'il n'y ait des vilains garçons et des malfaiteurs assez et gens de petite conscience, id. i, i, 272. Il [l'archevêque de Cantorbie] le [Jean Balle] faisoit grand conscience de le faire mourir, id. il, n, 106. X. leur despattement ils trouvèrent quatre nefs anglescb.es chargées de pourveanceset de chevaux, quis'estoient tenues au dessus de la bataille : si eurent bien conscience, quel temps ni
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quel tempeste qu'il fist, de prendre ces quatre vaisseaux et de les attacher aux leurs et emmener après
eux. in. i, i, I9fi Fouis est et foie Qui concilie
[salit] sa conscience; Tien toudis vraie ta parole, e. deschamps. Il faut toujours ten ir. Doulce amye, plaise vous de entendre à moy; dire vous veulx ma conscience [vous dire ce (pie je pense] , Perce fores! ,t. v, f° 54. Il luy suffist qu'elle ait Dieu, conscience et vérité pour soy, et qu'elle prouffite au bien commun, i gerson. Harangue auroi CharlesVl, p. (9. Il mourut j assez soudainement [Mahomet II]; touteffois il fist testament, lequel j'ay veu, et fist conscience d'ung impost que nouvellement il avoitmissursessubjeetz, Com. vi, (3. Il faut de ce bon vin laver sa conscience, basseun, lu. H xvi's. Aucuns en mangent avec ceste conscience [croyance, scrupule] comme si elles estoient dédiées aux idoles, et leur conscience infirme est violée, calv. Instit. 962. Puis quand il eut prins sur sa conscience Broc de vin blanc, du meilleur qu'on eslise. marot, m, 64. Mais dictesmoyen conscience, N'apprend-on sagesse ou science Qu'en livres françois seulement? id. iv, t55. D'un défailli naturel on en faict un default de conscience, mont, i, 34. Ma conscience ne falsifie pas un iota, id. i, -103. Plutarque faisoit conscience de vendre un bœuf qui l'avoit longtemps servy, id. ii, 135. Il ma confessera, s'il parle en conscience, que.... id. ii, 227. Veu le grand nombre de personnes qui ont eu la conscience plus large que la manche d'un cordelier, lanoue, 97. En telle guerre en n'auroit la conscience agitée d'aucun remord, id. 455. On vo;d quelques huguenots qui font conscience de rire, id. 497. La vraye vertu se contente à par soy de la conscience d'avoir bien fait, amyot, Préf. vi, 31. Par manière de descharge et acquit de conscience, m. Numa, i». Tout estoit plein de ceux qui de peur faisoient conscience, d'aub. Hist. i, 143. Je n'avois pas bien dormy la nuit, et sans mentir j'eusse voulu ma conscience couchée à part, id. Conf. n, 9. Sachans qu'ilz ne pourroyent innover les choses sans l'œuvre des grands, ils les voulurent gaigner, leur [iroposant liberté de conscience [de faire ce qu'ils voudraient], condé, Mémoires, p. 64t. Conserver les pauvres fidèles de ce royaume en la liberté de conscience qu'il a pieu au roi leur permettre par ses edits.iD. ib. p. 646. Etayant trempé une rostie dedans [un breuvage], la mangea et jetta sur sa conscience tout ce qui estoit au verre, Straparole, 6° nuit, Fab. I. Quand la bourse s'estrecist, la conscience s'eslargist, Contes d'Eutrapcl, p. 442, dans lacurne. On peut user une fois l'an de sa conscience, le roux de lincv, Prov. t. ii, p. 363. Qui n'a conscience n'a honte ne science, id. ib. p. 397.
— ÉTYM. Provenç. conciencia, cossiencia; espagn. concientia; ital. coscienza ; du latin conscientia, de cum, et sciintia, science.
CONSCIENCIEUSEMENT ( kon -si-an - si - eu - ze- [ man) ; adv. D'une manière consciencieuse. Je ne sais même si on n'aurait pas moins de dépit de se voir tuer brutalement par des gens emportés que de se sentir poignarder consciencieusement par des gens dévots, pasc. Prov. vu.
-- HIST. xvie s. Gens qui fort consciencieusement administraient la justice aux parties, carl. vu, 25.
— ÉTYM. Consciencieuse, et le suffixe ment. CONSCIENCIEUX, EUSE (kon-si-an-si-eù, eû-
z'), adj. || 1° Qui a de la conscience, en parlant des personnes. Il est consciencieux jusqu'au scrupule. L'électeur plus consciencieux ne voulait pas qu'on lui donnât le nom d'empereur, boss. Variât, vin, 4J t. Le duc de Saxe, le plus consciencieux des protestants, boss. Variât. Déf. I" dise. § 42. |j 2" Conforme à la conscience, en parlant des choses. Travail consciencieux. Juger d'une manière consciencieuse. || S. m. Les consciencieux, nom de sectaires qui rejetaient toute loi en dehors de la voix de leur conscience.
— HIST. xvi" s. La prudente et consciencieuso discrétion de M. de Vieilleville, carl. vin, io. Je ne foys nul doubte qu'il ne creust ce qu'il escrivoit; car il estoit assez conscientieux pour ne mentir pas mesme en se jouant, mont, i, 221. Ce doibt estre une volupté aulcunement prudente et consciencieuse, id. ib. 226. Charles Quint disoit qu'estant courageux, ambitieux et grand guerrier, il ne pouvoit estre très bon religieux et conscientieux, brant. Levé.
— ÉTYM. Conscience.
f CONSCIENT, ENTE (kon-ssi-an , an-t'), adj. Terme de philosophie. Qui a la conscience de soimême; qui se sait exister. Nous sommes conscients de toutes ces choses, nous sentons que c'est en nous , dans notre moi qu'elles se passent, bonnet, Essai
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psychol. ch. 35. L'âme est consciente de tous les mouvements des doigts et de ceux du poignet, id. ib. ch. 40. Pour Plotin la valeur des êtres décroît dans la même mesure que la vie consciente augmente, Nicolas, Etude sur le néo-platonisme dans le Disciple de J. C. nov. (858, p. 48û.
— ÉTYM. Latin consciens, qui sait avec soi-même, de conscie. de cum, eiscire, savoir (voy. science).
f CONSCRIPTEUR (kon-skri-pteur), s. m. À l'université de Paris, docteur qui était chargé, à la lin des délibérations, d'aller aux bureaux pour examiner les avis et les vérifier.
— ÉTYM. Lat. conscriptor (voy. conscrit).
f CONSCRIPT1BLE (kon-skri-pti-W), adj. Terme d'administration. Susceptible d'être appelé par la conscription.
— ÉTYM. Voy. conscrit.
CONSCRIPTION (kon-skri-psion ; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. Appel au service militaire, par voie du tirage au sort, des jeunes gens quand ils ont atteint un âge déterminé par la loi. La conscription de 18(2. Tomber à la conscription, avoir un numéro qui fait qu'on est compris dans la levée. Echapper à la conscription, avoir un numéro qui n'y est pas compris, quand on n'appelle pas tous les hommes d'une même année. La conscription a été établie par une loi de l'an VI. Au moment où j'écris ces lignes, le Ier décembre 1789, l'assemblée nationale n'a point encore déterminé par un décret si elle fera recruter l'armée par le moyen de la conscription militaire, ou si elle conservera l'antique manière de recrutements â prix d'argent, Encycl. mêthod. Art militaire, conscription. 11 n'est que quatre manières de recruter une armée : lt-s enrôlements volontaires; les enrôlements à prix d'argent; le sort qu'on peut confondre avec la presse, et la conscription militaire, ib.
— HIST. xvi* s. La cause par laquelle telles aneurismes deviennent grosses et leur conscription [enveloppe] osseuse, c'est.... pare, v, 30.
— ÉTYM. Provenç. conscriptio ; du latin conscriptionem, de conscrivtus (voy. conscrit). Ce mot est emprunté à la langue latine où l'on disait conscribere homines, lever des hommes, les inscrire sur 1 rôle militaire.
f CONSCRIPTIONNAIRE (kon-skri-psio-nè-r'J, s. m. Celui qui est soumis à la conscription.
— ÉTYM. Conscription.
f CONSCRIPTIONNEL, ELLE (kon-skri-psio-nèl, nè-1'), adj. Terme d'administration. Qui concerne la conscription.
— ÉTYM. Conscription.
CONSCRIT (kon-skri; le t ne se lie pas dans la parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : les kon-skriz et leurs parents), s. m. || 1° Jeune homme inscrit au rôle de la conscription. || Jeune soldat. Exercer des conscrits. Conscrits, au pas, Ne pleurez pas, Marchez au pas, au pas, au pas, bêrang. Le vieux caporal. \\ Familièrement. Un conscrit, un homme jeune et inexpert. Le général : Ah ! ils m'ont mis dedans comme un conscrit, bayard et dumanoir, lis Aides de camp, se 20. || 2° Adjectivement. Les pères conscrits, les sénateurs de l'ancienne Home (nom qui, d'abord donné aux sénateurs adjoints par Romulus, passa au corps entier du sénat).
— HIST. xiv* s. D'ilecques vint que en sénat en eust tousjours aucuns qui fussent appelez pères conscrips; pour ce il appelèrent celui nouvel sénat couscrips et esleus, bkrciieure, f" 28, recto.
— ÉTYM. Lat. conscriplus , de conscribere , inscrire , de cum, et scribere [voy. écrire).
CONSÉCRATEUR (kon-sé-kra-teur) , s. m. Celui qui consacre. Depuis que je suis destiné .à être votre consécrateur [au sacre de l'électeur de Cologne], je ne lis plus aucun endroit de l'Ecriture qui ne me fasse quelque impression par rapport à votre personne, FÊN. XVII, 135.
— ÉTYM. Lat. consecrator, de consecrare, consacrer.
CONSECRATION (kon-sé-kra-sion; en poésie, de cinq syllabes), i'. f. || 1° Détermination d'une chose ou d'une personne a quelque usage religieux, qui se fait ordinairement avec des cérémonies religieuses. La consécration d'un temple. || Terme de numismatique. Apothéose d'un empereur romain, ordinairement figurée par un aigle qui prend son essor. || Dans le langage général, destination. La consécration de ce bâtiment a un service public, etc. |(2° Action du prêtre qui consacre le pain et le vin a la messe. Au moment de la consécration. || Action de consacrer un évoque, un prêtre, une religieuse. Le P. Bourgoing n'avait pas attendu la cons cration mystique; il s'était dès son enfance consacté lui-
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même par la pratique persévérante de la piété, Boss. Orais. fun. Bourgoing. Faibles évêqties, malheureux clergé qui aime mieux prendre la forme de la consécration dans le livre Tait depuis peu, il n'y avait que dix ans, sous Edouard VI, et confirmé par l'autorité du parlement, que dans le livre des sacrements de saint Grégoire, boss. Variât, liv. x, § te.
— hist. xnie s. Nos apelons proprement saintes choses qui ne sont ne saintes ne dessaintes, mes sont cdnfermées par consécration, Liv. de just. 66. Le servise de sainte Esghse escoute dévotement et de cuer et de bouche, especialement en la messe, que la consécration est faite, jûinv. 300. || xv" s. Avant !a consécration, le roi fit là devant l'autel tous les jeunes chevaliers nouveaux, froiss. il, H, 74.
— ÊTYM. Provenç. consécration ; espagn. consogracion; ilal. consccrazione; du latin consecrationcm, de consecrare, consacrer.
CONSÉCUTIF, IVE ( kon-sé-ku-tif , ti-v'). adj. I| 1° Se dit de choses qui se suivent immédiatement l'une l'autre. Pendant trois jours consécutifs. Elles sont toutes consécutives l'une à l'autre, desc. l'Homme. On dit qu'Auguste, au retour de ses expéditionsmilitaires, ne crut pas pouvoirmieux se délasser de ses fatigues qu'en entendant la leciure de cet admirable poëme [l'Enéide], à laquelle il donna quatre jours consécutifs, rollin, Hist. onc.liv. xxv, ch. i , art . 2. || 2° Qui est la suite de quelque chose. Le dépérissement de sa santé consécutif à de longs chagrins. Un tremblement de terre et ses effets consécutifs. || Terme de médecine. Phénomènes ou accidents consécutifs d'une maladie, ceux qui se développent après qu'elle a cessé, ou, pendant son déclin, sans avoir de rapports directs avec elle.
— ÉTYM. Voy. CONSÉCUTION.
f CONSÉCUTION (kon-sé-ku-sion), s. f. Enchaînement; rapport d'antécédent et de conséquent. || Tei me d'astronomie. Mois de consécution, l'espace de temps entre deux conjonctions de la lune avec le soleil, dit aussi synodique et de progression. Cet espace est de vingt-neuf jours et demi.
— IIIST. xvie s. La signification de ce mot [rhythme] est fort ample, et emporte beaucoup d'autres termes, comme reigle, mesure, mélodieuse consonance de voix, consécution, ordre, comparaison, ni' bellay, i, 30, t'erso.
— ÊTYM. Provenç. consecutio; espagn. consécution; du latin consrcutionem , de consequi, de cura et sequi (voy. suivre).
CONSÉCUTIVEMENT (kon-sé-ku-ti-ve-man), adt>. D'une manière consécutive. 11 a eu consécutivement trois grandes maladies. 11 entrait d'autres personnes sur le théâtre, ensuite d'autres prenaient leur place, et ainsi consécutivement jusqu'à la fin de la cérémonie, LE CHEV. DE TERLON, Méftl. 2e part. p. 569,
dans IUCHEI.KT.
— UIST. xvie s. L'inspiration sacrée des muses, ayant premièrement agité le poète, frappe encores par le poète l'acteur et par l'acteur consécutivement tout un peuple, mont, i, 2«6.
— Etvm. Consécutive, et le suffixe ment.
f CONSEIGLK (ko'n-sè-gl'), s. m. Terme d'agriculture. Mélange de seigle et de froment, ou de seigle et d'avoine, dont on fait un semis.
— ÊTYM. Coin, et seigle.
| CONSEIGNEUR (kon-sè-gneur) , s. m. Terme de droit féodal. Celui qui était, conjointement avec un autre, seigneur d'une terre.
— ÊTYM. Com, et seigneur.
CONSEIL (kon-sèll, Il mouillées, et non kon-sey'), .v. m. ||1° Opinion exprimée pour engager à faire ou à ne pas faire. Donner un conseil. Je ne veux plus écouter tes pernicieux conseils, fén. Tél. vu. Suivre le conseil flatteur des insensés, id. ib. n. Un généreux conseil est un puissant secours, corn. Jiéracl. v, 6. Je suis homme aussi de conseil, mol. Sicilien, 13. Détourne, roi puissant, détourne tes oreilles De tout conseil barbare et mensonger, rac. Esth. m, 3. Ti te Live dit que le premier degré de mérite pour un homme qui commande est de pouvoir par lui-même prendre un bon parti ; que le second est de savoir au moins suivre un bon conseil; mais que de ne pouvoir faire ni l'un ni l'autre, c'est la marque d'un petit esprit, rollin, Traité des Et. 3e part. ch. t. Egalement estimable et de ce qu'elle savait trouver les sages conseils et de ce qu'elle savait les recevoir, boss. Duch. d'Orl. || Prendre conseil de quelqu'un, le consulter. Ou demain je ne prends conseil que de moi-même, corn, liéracl. il, 2. Il a pris les conseils de Narbal pour les principales affaires, fén. Tél. vm. Mme la duchesse de Bourgogne appela Mme de Nogent à qui elle allait volontiers
1 au conseil, quand elle ne savait plus où elle en était, st-sim. 139, 39. || Prendre conseil de quelque chose, se déterminer en considération d'une chose. Le raeil-
i leur serait de prendre conseil de la raison, pasc. Prov. 9. Cet orateur, prenant conseil de la nécessité,
' résolut de s'aller confinera Cyzique, desfont. Exil de Cicéron. \\ Familièrement. Prendre conseil de son bonnet de nuit, prendre le temps de la nuit pour réfléchir. || Ne prendre conseil que de sa passion, n'écouter qu'elle. Je ne prendrai conseilque de mon désespoir, corn. Poly. m, 2. || Ecouter les conseils delà raison, de la passion, de la vengeance, se laisser ccmdu ire par la raison, parla passion, parla vengeance. || Être de bon conseil, ou être un homme de bon conseil, avoir la prudence nécessaire pour donner de bons avis. || 2° Terme de religion. Ce qui se conseille, par opposition à ce qui est de précepte, à ce qui se commande. Aux autres elles [les retraites] sont de conseil; mais à ceux-ci elles sont très-souvent d'obligation, parce qu'elles leur deviennent un moyen unique pour se sauver, bourd. Dominicales, îv, Caract. du chrét. 169. Les apôtres ne donnent pas la soumission aux puissances comme une chose de simple conseil, boss. Arert. 5. Les âmes retirées embrassent certains moyens de purconseil.MAss. Carême, Tiédeur, i. Les conseils sont donnés pour faciliter les préceptes, fén. Éduc des filles. || 3° Résolution, parti, dessein. Il a de tout conseil son âme dépourvue, malh. i, 4. Et quel sage conseil en mon mal puis-je prendre ? Régnier, Élég. i. Hélas! de quel conseil e4 capable mon âme? corn. Cinna, iv, 4. En ces extrémités quel conseil dois-je prendre? id. ib. ni , 3. C'est dans notre destin le seul conseil à prendre, in. Rodog. i, a. Quoi! tous deux! et sitôt que le conseil est pris, id. Cinna, i, 4. Le conseil le plus prompt est le plus salutaire, rac. Baj. i, 2. Paul Emile avait près de soixante ans; mais l'âge, sans rien diminuer de ses forces, n'avait fait que lui ajouter une maturité de conseil et de prudence, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ix, p. 87, dans pougens. || Absolument, résolution habile. Il ne laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance, boss. .Reme d'Anglet. Plein d'expédients et de conseils dans la mauvaise fortune, hamilt. Gramm. 5. || 4" Au pluriel, vues, principes qui dirigent. Il n'y eut dès lors en ses conseils qu'irrésolution et faiblesse. Qui veut entendre combien la raison préside dans les conseils de ce prince, n'a qu'à prêter l'oreille quand il lui pi. itt d'en expliquer les motifs, boss. le Tellier. Confondsdansses conseils une reine cruelle, rac. Aihal. i, 2. D'où naît dans ses conseils cette confusion? rac. Athal. m, 3. Approche, heureux appui du trône de ton maître, Âme de mes conseils.... id. Esth. n, 5. X ses conseils secrets je fus associé, volt. Scythes, i, 3. || 5° En parlant de la Providence, décrets. Ces trois choses unies dans l'ordre des temps, l'étaient encore beaucoup davantage dans l'ordre des conseils de Dieu, boss. Hist. n, <3. J'ai travaillé à vous faire voir sans interruption la suite dès conseils de Dieu dans la perpétuité de son peuple, id. ib. il, 8. Cette Église, toujours attaquée et jamais vaincue, est un miracle perpétuel, et un témoignage éclatant de l'immutabilité des conseils de Dieu, id. ib. n, *3. Qui est entré dans les conseils de Dieu? id. ib. II, 7- Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Église, id. Beine d'Anglet. Une pénétration des mystères et des conseils de Dieu, mass. Carême, Prière. J'entrerai avec David dans les puissances du Seigneur; et j'ai à vous faire voiries merveilles de sa main et de ses conseils; conseils de juste vengeance sur l'Angleterre; conseils de miséricorde pour le salut de la reine, mais conseils marqués par le doigt de Dieu, dont l'empreinte est si vive et si manifeste, qu'on ne peut résister à cette lumière, boss. Heine d'Anglet. || Se dit aussi au singulier. Êtes-vous entré dans le conseil de Dieu ? Dict. de l'Acad. \\ 6» La personne dont on prend avis. Hazaël en avait fait son conseil et son ami, fén. Tél. vi. Chercher tant d'éclaircissements et aller à tant de conseils, bourd. Carême, il, Parf. observât, de la loi, 204. Phorbas était du roi le conseil et l'appui, volt. Œdipe, i, 3. Vous faut-il d'autre conseil que moi quand il s'agit de donner bataille? id. Louis XIV, 48. Sicinius.... fit approcher Brutus son conseil et son oracle, vertot, Révol. rom. liv. n, p. < 50. || Avocat chargé de la cause de quelqu'un. Tout accusé a le droit de se choisir un conseil. || Conseil judiciaire, personne nommée pour assister un prodigue dans certains actes. || 7* Assemblée qui a à délibérer sur certaines affaires publiques ou privées. Us n'ont pas appelé ma voix à leur conseil, hotrou, Anlig. i, 4.
Oui, tandis que vos rois délibèrent ensemble, Et que tout se prépare au conseil qui s'assemble.... Assemblez le conseil, il en décidera, t. corn. Essex n. 3. Les vieillards qui formaient le conseil, i i T'I. vin. Manassès. plutôt que de répudier cette étrangère à quoi le conseil de Jérusalem voulut l'obliger, embrassa le schisme des Samaritains, boss. Hist. i, 8. Il choisit parmi tout le peuple ce qu'il y avait de meilleur pour former le conseil public qu'il appela le sénat, id. ib. m, 7. La patrie, au milieu des embûches, des traîtres, Remonte en sa mémoire, a recours aux ancêtres, Cherche ce qu'ils feraient en un danger pareil, Et des siècles vieillis assemble le conseil, a. chénier, Poésies diverses, p. 224. L'abominahle arrêt de ce conseil farouche, volt. Als. v, 4. || Tenir conseil, se consulter sur ce qu'il convient de faire. Monsieur, on tient conseil et le roi vous demande, rotr. Antig. i. 5. Vous tiendrez avec eux votre conseil de famille, sév. -339. Dieu tient conseil en lui-même, boss. Hist. n, 1. || Fig. La sagesse n'était pas appelée au conseil de ce voyage, sêv. 233. || Fig. Il a bientôt assemblé son conseil, c'est-à-dire il a bientôt pris son parti. || Fig. En langage de marine, on dit, quand il fait calme, que les vents sont au conseil. || Séance d'un conseil. Ilallaitau conseil dont l'heure qui pressait A tranché ce discours qu'à peine il commençait, corn. Cid, i, i. || Chambre du conseil, chamhre où les juges se retirent pour délibérer. || Grand conseil, petit conseil, nom des assemblées qui gouvernent les cantons suisses. || Conseil des Anciens, conseil des Cinq-Cents, nom des deux assemblées dans la constitution Qel795, lors de l'établissement du Directoire; la première, composée de 250 membres, approuvait ou rejetait les propositions de la seconde qui, composés de 500 membres, avait seule le droit de faire les propositions des lois. I| 8° Nom de différents corps chargés de délibérer ou donner leur avis sur des affaires publiques. Conseil exécutif. Conseil d'administration. Conseil de surveillance. || Conseil général de département, et, absolument, conseil général, assemblée de notables élus par les administrés pour assister l'administration du préfet. || Conseil d'arrondissement, assemblée de notaMes auprès du sous-préfet, chargée d'opérer la sous-répartition des impositions entre les communes. || i onseil de préfecture, sorte de tribunal administratif dans chaque département, présidé par le préfet. || Conseil municipal, assemblée de notables qui assistent le maire dans l'administration de la c >mmiine. Il s'est appelé aussi conseil de ville. || Conseil supérieur de l'instruction publique, conseil prés. dé parle ministre, composé d'archevêques, d'évêques, de ministres protestants, d'un rabbin, de conseillers d'État, de membres delà magistrature etde l'Institut, de membres du conseil de l'université, d'inspecteurs généraux, recteurs et professeurs de facultés, et appelé à donner son avis sur différentes allaires. || Conseil académique, conseil préside par le recteur, composé d'un inspecteur de l'académie, d'un fonctionnaire de l'enseignement, du préfet ou de son délégué, del'évêqueou de son délégué, d'un ministre protestant ou rabbin, s'il y a lieu; du procureur général près la cour d'appel, des membres du conseil général, et chargé, conjointement avec le recteur, d'administrer l'académie. || Conseil de L'université, conseil qui assiste le ministre de l'instruction publique dans ses fonctions. || Conseil de guerre, assemblée des officiers généraux d'une armée pour délibérer sur le parti à prendre en des circonstances importantes ou difficiles. || Conseil de fabrique, assemblée des notables d'une paroisse qui se forme pour délibérer sur les intérêts de la fabrique d'une église. || Conseil de commerce, assemblée de notables commerçants. || Conseil de prud'hommes (voy. prud'hommes)'. H 3° Nom de diverses juridictions. || Conseil de guerre, tribunal qui exerce la justice militaire. || Conseil de révision, tribunal militaire auquel on en appelle des arrêts des conseils de guerre. || Conseil de révision, assemblée annuelle dans chaque département pour prononcer sur les dispenses de service militaire. || Conseil nautique, conseil établi dans certains ports pour examiner la conduite des officiers de marine qui ont commandé un ou plusieurs bâtiments. || Conseil des prises, commission extraordinaire établie autrefois'en temps de guerre, pour juger les prises de navires capturés sur l'ennemi. || Conseil de discipline (voy. discipline). || Terme de droit. Conseil de famille, assemblée de parents, présidée par le juge de paix, pour régler les intérêts des mineursetdes interdits. || Autrefois, grand conseil, cour souveraine où les conseillers ne servaient que par semestre et qui connaissait des
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appellations île la prévôté île l'hôtel, des différends entre présidiaux , des matières bénéficiâtes, des contrariétés d'arrêt. || Conseil des Dix, tribunal secret à Venise, qui, chargé de veiller à la sûreté de l'État, avait des pouvoirs illimités. || Le conseil aulii]ue, L'un des tribunaux suprêmes de l'empire d'Allema-
où se jugeaient les procès des princes. || Conseil provincial d'Artois, conseil souverain d'Alsace, de Roussillon, juridictions qui tenaient lieu de parlement dans les provinces. || 10° Nom de différents conseils qui siègent ou siégeaient auprès du souverain. Conseil de cabinet, conseil le plus intime du prince. H Conseil des ministres, ou, absolument, le conseil, la réunion des ministres assemblés pour délibérer sur les affaires de l'État. On dit aussi en ce sens conseil de cabinet. || Conseil d'État, corps qui a dans ses attributions la charge de préparer les lois, ordonnances et règlements, de résoudre les difficultés en matière administrative et de juger les appels du contentieux administratif. || Autrefois, conseil d'Ëlat se disait du conseil particulier où le roi examinait avec ses ministres les affaires de paix, de guerre, de politique étrangère. || Conseil d'État se disait aussi d'un corps qui, en assemblée générale, était chargé de prononcer sur les demandes en cassation des arrêts des cours souveraines; il s'appelait alors conseil des pariies et conseil privé. || Conseil d'en haut, cous, il où présidait le roi et où se trouvaient le chancelier, les ministres d'État et autres personnes. || Couseil de conscience, conseil particulier où étaient le roi, son confesseur et quelques autres et où l'on décidait diverses matières concernant
rgé ou l'état ecclésiastique. || Le conseil privé, conseil particulier du souverain. || Autrefois conseil des dépêches, celui où se traitaient devant le roi les affaires de haute administration intérieure. || Autrefois conseil du roi, assemblée qui connaissait de tout ce qui intéressait l'administration générale du royaume. || Conseil des princes, des grands seigneurs, des communautés, l'assemblée de leurs intendants, avocats et autres pour régler l'administration de leur maison. || Proverbes. La nuit porte conseil, c'est-à-dire il faut réfléchir avant de prendre une résolution. Après que la nuit nous aura donné conseil, sF.v. 3G:i. || À nouvelles affaires, nouveaux con.seils, c'est-à-diie il ne faut pas trop prévoir les inconvénients, il faut se décider suivant les cas. || A parti pris point de conseil, c'est-à-dire les conseils sont inutiles quand la chose est décidée. || A chose faite, conseil pris, même sens. || On ne pèche point quand ou pèche par conseil, c'est-à-dire il n'y a pas (le faute quand on a pris avis de gens honnêtes et habiles, y Ce conseil-là est bon, mais il n'en faut guère user, se dit d'un avis qu'on ne veut pas suivie.
— HIST. xi* s. Se [il] soun conseil li donast, Lois de Guill. 4 2. Li reis Marsile ot son conseil finet, Ch. de Hol. v. D>s or [il] comence le cunseill que mal prist, ib. xii. Vers Charlemagne [je] lui durrai [donnerai] bon conseil, ib. cxcm. Li empereres lui a dist à cunseill, ib. cclii. Bavier et Saisne sont aletà conseill.ib.ccLxxvii. || xnes. Beneurez li huem chi ne alat el conseil des feluns, Liber psalm. p. t. Consels d'orguel ne vaut, Ronc. p. u. lert [sera] tenus mes consois [mon conseil], ib. p. 25. Baron, fait-il, conseil vous ai requis, ib. p. *80. Par le conseil de fausse geni vilaine, Couci, xiv. Â tart avez, dame, ce conseil pris, quksnes, Homancero , p. (08. À cel consoil s'accordent tel cinq cent chevalier, Sax. xvi. Bien a creû li rois couseil de son damage, ib. xxvi. La parole est finée, et li consoilz se part, ib. xxix. En l'autre chambre avant sist li reis oii ses druz, U [où] ses conseils teneit od les mielz conetlz, Th. lemart. 39. || xni' s. Dolente, sans conseil [ne sachant que faire], mar [je] vi ouques le jour, Que premier [je] vis d'Ugon l'acointance et l'amour, audf.f. le hast. Romane, p. 32. Adonc pristrent cil de l'ost conseil qu'il porroient faire, villeh. lxxiii. Fu requis Jofrois li mareschaus de Champaigneque il il i i à Andrenoble el qu'il meïst conseil à ce que cesie guerre fust abaissiée , in. cxix. Sire, l'un h message, nous voulons que vous aies voslre conseil, et devant voslre conseil vous dirons le mandement de nos seigneurs.... id. xi. Au palais où il estoient à conseil, m. lxv. Et il dit que il le fera moult volontiers, et que cis consaus est moult bons, m. xlii. Jà [elle] avoit en son cuer le conseil [de] l'aversier [diable], Berte, xi. Constance à ce conseil [délibération] fu moût tost apelée, ib. cxv. Moût ot li rois mes pores fol conseil et foubert, ib. xxxiv. Sachez, vous en avez mauvais conseil creû, ib. li. A cest conseil [ils] se tiennent, ainsi fu cstablis, il), i.xxv.
, se dist la serve, vostre conseil [nous] ferons,
ib. lxxvii. Li empereres mande ses barons, et leur prie que il 1 i doinsent consel se il séjournera ou chevauchera cest yver, h. de valenc. xih. Amors me dist que ge queïsse Ung compaignon, cui ge deïsse Mon conseil tout outréement, la Rose, 3H7. Et nos devons savoir que tel establissement sunt fet par trèsgrant conseil et por le commun pourfit, beaum. XLVin, 4. Il orent conseil de envoier querre la royne de Cypre, joinv. 203. Le roy lessa tous les autres conseulz de ses barons, et se tint au conseil de son frère, id. 2)9. Sire, vous estes perdu se ne metés conseil en vous, id. 240. La crestienté dechiet et fontentre vos mains, etdecherra encore plus se vous n'i metés conseil, id. 2'JO. Je vous loe et conseille que vous deffendés à tout vostre conseil juré, que il ne preingnent [reçoivent rien] de ceulz qui auront à besoigner par devant vous, id. 288. Le roy rappela tous ses preudommes chevaliers de son conseil, et touz li loerent [conseillèrent] qu'il attendis! , id. 227. En ce point nous envoia le soudanc sou conseil pour parler à nous, id. 242. || xive s. Nous conseillons ou faisuns conseulx, non pas de la fin ou des fins, mais des choses ordonéesà la fin, oresme, Eth.oT. Lorsfault [manque] bon conseil, quant le grand besoin est, Ménagier, i, 9. Hxv s. Si eut le roi de France plusieurs consaulx par quel costé il pourroit sus courir et combatire ses ennemis, froiss. i, i, 315. || xvic s. Nous appelions conseil, un propos délibéré de la volonté, quand le cœur de l'homme est veincu et subjugué par la tentation, calv. Lnstit. 3io. Et a tousjours esté conseil ha/.ardeux de fiera la licence d'une armée, mont, i, 27. Aufidius entrant en la chambre du conseil, id. i, 74. Les conseilz des femmes y seront ils receus? luy dict elle, id. i, t29. Le roy séant en son conseil d'Estat et privé, que l'on appeloit en ce temps là l'estroict conseil, carl. vi, 35. Comme tout le monde se trouvast estonné d'un conseil si hardy et si avantureux.... amyot, Cimon, 9. Conseil de nuit ne fait ennui; conseil en vin n'a bonne fin, leroux de lincy, Prov. t. 11, p. 277.
— ÉTYM. Provenç. conselh, cosselh; catal. conseil; espagn. consejo; portug. conseilla; ital. consiglio; du latin consilium, même radical que considère (voy. consulter). Pans l'ancien français, au singulier, nominatif li consels, consens ou consaus, au régime le consel; au pluriel, nominatif li consel, au régime les consels, conseus ou consaus. Palsgrave, p. 57, dit qu'on prononce consei devant une consonne.
f CONSEILLA BLE (kon-sè-lla-bl', U mouillées), adj. Qui peut être conseillé, donné comme avis.
— HIST. XIV s. L'on pourroit fere question assavoir moult se toute question est conseillable, oresme, Eth. 66.
— ÉTYM. Conseiller.
CONSEILLÉ, ÉE (kon-sè-llé, liée, Il mouillées, et non kon-sè-yé), part, passé. \\ 1° Qui a reçu un conseil. Ne vouloir être ni conseillé ni corrigé. || 2" Qui est recommandé en forme d'avis. La lecture conseillée par le maître.