I. CONSEILLER (kon-sè-llé, Il mouillées, et non
I kon-sè-yé), v. a. || 1° Donner un conseil. Bien, mal conseiller quelqu'un. Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue, boil. Art />. 1. Un prince qui' la sagesse conseille, que la valeur anime, et que la justice accompagne dans toutes ses actions, B0.-.S. Reine d'Anglel. |j Absolument. Quand l'arrêt est
i porté, qui conseille est coupable, volt. Orphel. v, 2. Il On a dit conseiller quelqu'un de fairequelque chose. Nous l'avons conseillé de bâtir, pasc. Lelt. à Mme Périer, 5 novembre (648. Le vieil Ozius conseilla l'empereur [Constantin] d'assembler un concile, volt. Phil. 11, 388. Cette tournure est peu usitée. || 2° Suggérer par conseil quelque chose à quelqu'un. Voyons les beaux discours qu'un flatteur lui consei lie, roth. Vencesl. 1, I. Vous a-t-il conseillé beaucoup de lâchetés? corn. Nicom. m, 2. Je vous prie de me conseiller tout ce que je dois faire, mol. l'Ain, méd.i, i.\\ Conseiller de. avec l'infinitif. Je lui conseillerais de s'assurer d'un autre, corn. Nicom. m, 2. Je veux lui conseiller de ne m'épouser pas, id. Sertor, v, 4. Que me conseillez-vous? — Je vous conseille, moi, de prendre cet époux. — Vous me le conseillez? mol. Tart. 11, 4. Je vous conseillerais de ne l'apprendre pas, th. corn. Ariane, 11, 4. Ne me conseille pasde me faire haïr, volt. Mort de Ces. 1, 4. || On l'emploie quelquefois avecçweetle subjonctif. Il conseilla que cela fût fait. || 3° Se conseiller, v. réfl. Prendre conseil. Conseillez-vous-en donc avec des gens de bien, tiustan, M. de Chrispe, ni, 2. J'en avais toutes les envies du monde, et je me suis même encore aujourd'hui conseillé au ciel pour cela, mol. Festin de Pierre, v, 3. Si vous vous conseilliez à moi , je serais fort einbar- ■■. m. Amants magnifiques, 11, i. Ce qui est vé-
ritable quoique très-surprenant, Mme de Maintenon s'en appuyait [de la duchesse de Bourgogne] et quelquefois se conseillait à elle, st-sim. 32t , £02*. H Prendre conseil de soi-même. II est vrai que chacun volontiers se conseille. Qu'il aime que s m sens règle ses actions, corn. Imitation. 1, 9. Et ses mânes.... se conseillent dans le silence et l'obscuritédu tombeau, vauven. Éloge de Louis XIV. \\ Être conseillé. Une pareille chose ne se conseille pas.
— HIST. xie s. Conseilez moi corne mi homesaive, Ch. de Roi. 11. || xu* s. Vostre emperere fut moût mal consiliez, Ronc. p. 89. Fiere destrucion je vous sai conseillier, ib. p. 2uo. Sire, dit Escorfaus, bien [je] vous sai consoillier, Sax. vi, Li dus Bueves.... À Gilemer l'Escot commence à consoillier, ib. xvi. A mon pooir [je] vous ai consoillé mainte fie [fois], Etencor vous consoil, ib. xx. Li reis en saisireit les rentes et les liez, Tresque li liussereit de pastur conseilliez [aurait un prèire pour le diriger], Th. le mart. et. || xnr s. En l'oreille [elle] lui prent tantost à conseiller. Berte, xi. [Que] Dame ijieu la consaut et ses saintismes noms, ib. xxm 11 en ont moût entre eux conseillié et parlé, ib. lxxxi. Et cil respondirent qu'il s'en conseilleraient, et leur en respondroient l'cndemain, villeh. cxlvii. De ce se conseilla li marchis à ses homes, id. cxxiv. Si baron li loerent que il alast à Salenyque por conseillier la terre, et por sejorner illuec, h. de. valenc. xiii. Il est droit que je me conseille, rutkb. Testam. de l'ame. Quant aucuns bénéfices de sainte esglise escheoit au roy, avant que il le donnast, il se conseilloit à bones persones de religion et d'autres, joinv. 203. 11 leur requist que il li aidassent à conseiller comment l'en deparliroit ce que l'en avoit gaaingné en la ville, id. 216. || xiv s. Elettion est de chose devant conseillié, oresme, Eth. 64. Nous disons que bien conseillier est la principal operacion de prudence, in. ib. t78. '|| xvc s. Là furent parlementes et conseillés plusieurs avis et statuts entre les seigneurs et leurs pays, froiss. 1, 1, 125. Le roi ne lui eust jamais conseillé à ce faire, id. i, i, 326. Sur les lettres et requesles du roi de France, les barons d'Escosse se conseillèrent; quand ils furent bien conseillés, et ils eurent bien considéré parfaitement toutes leurs besognes.... id. i, i, 75. || xvi° s. Quiconque donc estimera le tout avec bon jugement, cognoistra qu'ils ont esté mal conseillez [inspirés], calv. Lnstit. 991. Comment Panurge conseille [demande conseil] à Pantagruel, pour sçavoir s'il se doibt marier, rab. Para, 111, 9. J'en suys, respondist Pantagruel, d'adyiz, et le vous conseille, id. ib. Conseillé de se retirer de la meslée, mont, i, (6. Je ne conseille qu'on confonde leurs règles, on s'y Iromperoit, id. i, 214. Je n'aime ni à conseiller ny à suyvre une vertu si sauvage, id. i, 224. Il conseille de ne s'y enfoncer oultre les bornes du profict, id". I, 224. Conseillant à Lucilius de changer cette vie voluptueuse, id. i, 251. Cette belle victoire gaignée, les amis de Haunibal luy coiiseilloient qu il suivist sa fortune, amyot, l'ab. 34. Ce que tout le monde estimoit estre grande témérité à luy et lejugeoient en cela fort mal conseillé [aviséj, id. l.ucull. 43. Ciceron ne le luy vouloit point ottroyer sur le champ, ains s'en vouloit conseiller à loisir, id. Cicéron, H. Après avoir un peu mieulx pensé, il fut conseillé de n'y aller point en personne pour la crainte et le danger des Grecs, id. Artax. 15. .... X sçavoir conseiller ta face à ton mirouer, Ronsard, 894.
— liTYM. Conseil; provenç. rosselhar, cosseillar, anc. espagn. consejar; ital. consig tare.
2. CONSEILLER, ÈRE (kon-sè lié, llè-r', Il mouillées, et non con-sè-yé; IV ne se Lie jamais; au pluriel, l's se lie; des conseillers habiles, dues: des konsè-llé-z habiles) , s. m. et /. || 1" Celui , celle qui donne conseil. Qui fait le conseiller n'est plus ambassadeur; Il excède la charge, et lui-même y renonce, corn. Nicom. m, 3. Ne m'importune plus, conseillère indiscrète, tristan, Mariane, v, (.Ah! tu me rends la vie et le sceptre à la fois, Un sage conseiller est le bonheur des rois, corn. Pomp. n, 4. Tite n u blia rien pour le sauver [le temple juif], quoiqueses conseillers lui représentassent que, tanl qu'il subsisterait, les Juifs, qui y attachai' ni 111 destinée, ne cesseraient jamais d'èlre rebelles, boss. Hist.11,8. Loin de loger en nos maisons Ces deux filles du ciel, ces sages conseillères, la font. Quinquina, 11. Il f'ig. La passion est une conseillère dangereuse, En toute chose le temps est un excelh ni conseiller, boss. Polit. L'histoire qu'on appi lie avec raison ta sage conseillère des princes, id. Duch. d'Orl. \\ Dans le langa è précieux, le conseiller des grâci s, le conseiller .,, is, un miroir. Vue venez 1 ous tendre ici le
CON
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conseiller des grâces, mol. Prie. 7. Les conseillers muets dont se servent nos dames, la font. Fab. i, 1 1 . || 2° Membre d'un conseil ou de certains tribunaux. Conseiller d'État. Conseiller de préfecture. Conseiller à la cour de cassation, etc. || Conseiller d'honneur, conseiller en exercice, à la place duquel est attachée cette qualification. \\ Conseiller-né, se disait d'une qualité attribuée à certaines dignités qui donnait à celui qui la possédait entrée au parlement. L'archevèquede Paris était unconseiller-nédu parlement. || Conseiller du roi, titre d'honneur attaché autrefois à certains offices, et que prenaient aussi les évoques. || Conseiller du roi en tous ses conseils, titre des ministres, secrétaires d'État, contrôleurs généraux des finances, et conseillers d'État ordinaires. || Conseiller-clerc, conseiller ecclésiastique. || Conseillers, notables choisis pour assister les consuls. Conseiller de ville. || Autrefois, conseiller à la cour signifiait conseiller au parlement. || Titre de magistrat et fonctionnaire dans les cours d' Allemagne. Conseiller intime. Conseiller privé. || 3" S. f. Conseillère, la femme d'un conseiller. Mme la conseillère. Madame l'avocate est assez téméraire Pour aller du même air que va la conseillère, boursault, Fables d'Ésope, iv, 3. J'ai fait ce que j'ai pu pour le mettre en estime [mon mari, un tabellion] ; Conseillère à la cour, présidente à mortier, Faisaient moins de fracas que moi dans mon quartier, jd. ib. || Dans certaines communautés de femmes, conseillères, celles qui composent le conseil de la supérieure. || 4° Adj. Que chez moi les avis ont de tristes salaires; Qu'un valet conseiller y fait mal ses affaires, mol. l'Etour. i, 2. || 5° Conseiller, un des noms vulgaires du rouge-gorge. || Proverbe. Ici les conseillers n'ont point de gages, proverbe avec lequel on écarte ceux qui donnent des conseils sans qu'on leur en demande.
— ÉTYM. x° s. Elle n'out escoltet les mais conseillers, Eulalic. || xiie s. Bon conseller avez, Itonc. p. 4. Quant ot li reis Henris [quand le roi Henri apprend que] l'arcevesques s'en fui, Durement s'en marri, e si conseillier tuit, Th. le mort, 63. E li reis David le fist sun privé cunseiller, Rois, 2<4.
|| xme s. DeSymon fistli rois son maistre conseiller, Huit', cxxix |! xv s. Phdippe de Chasteaux, son maitre escuyer et son souverain conseiller [de Jean de Hainaut], fhoiss. i, i, 27. || xvr s. 11 a voulu estre législateur en commandant cela, et non point un conseiller comme ils songent, calv. Tnstit. 315. Il n'y a nul homme qui ait cognu le secret de Dieu, ou ait esté son conseillier, in. ib. 4&u. Acheter un estât de conseiller en la cour de parlement. — La cour de parlement délègue deux conseillers d'icelle, DESPER. Contes, cxxvi. Elles [les femmes] ne font sinon leur face regarder Au crvslal d'un miroir con seiller de leur grâce, Despites si quelque autre en beauté les surpasse, am. jamin, Poésies, p. 22i, dans lacurne. Tu n'as desilaigneirestreconseiller.de ma vie [de me conseiller de vivre] et tesmoing de ma mort, mont, il, 4o.
— ÉTY.vt. Provenç. cosselier, cosseillier, conseiller; espagn. consejero; portug. conselheiro ; ital. consigliere;du bas-latin consiliarius , de consilium (voy. conseil).
f CONSEILLEUR ( kon-sè-lleur, II mouillées, et non kon-sè-yeur), s. m. Celui qui donne des conseils. || Proverbe. Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, c'est-à-dire celui qui donne un conseil n'a pas la responsabilité de la chose qu'il conseille.
— hist. xiie s. Mais se je ai le los [l'avis] de mes consoilleors, Sax. xxvn. || xnr s. Qu'il soit de ceste chose et maistre et conseillère, Berte, xn. Nus baillix, en sa baillie, de coze qui puist revenir par devant li en jugement, neduit estre advocasne conseilliere, beaum. 35.
— ETYM. Provenç. cosselhaire, cosselhador ; anc. espagn. consejador; ital consiglialore. Dans le provençal et l'ancien français, au singulier nominatif cosselhaire, conseillère, du bas-latin consihàtor, avec l'accent sur a,- régime cosselhador, conseilleur, de consiliaiùrem, avec l'accent sur to. Voy, conseiller ).
■f CONSENS (kon-san), s. m. Terme de droit canonique. Approbation, à Home.de la résignation d'un bénéfice. Le jour du consens est le jour que la désignation d'un bénéfice est admise en cour de Home.
— ÉTYM. Lat. consensus, consentement, de cum, et sensus, sens.
T CONSENSUEL, ELLE (kon-san-su-èl, e-1'), adj. Terme de pratique. Contiat consensuel, contrat formé par le seul consentement des parties.
— ÉTYM. Latin consensus, consentement ; c'est un adjectif formé comme Si usuel de sensus.
f CONSENSUS (kon-sin-sus') , s. m. Terme de physiologie. Relation des diverses parties du corps, plus connue sous le nom de sympathie. Le consensus vital.
— ÉTYM. Lat. consensus, accord, de cum, et sensus, sens
CONSENTANT, ANTE (kon-san-tan, tan-t'), adj. Terme de droit. Qui consent. Le mari est consentant; la femme est consentante. La partie consentante.
— HIST. xiie s. Sainte escripture dit.... Que li consentanz est del mesfait en partie, Th. le inart. 72. || xill" s. Luxure dampne à cop à tout le mains [ moins] deux âmes, Non pas tant seulement les seigneurs ne les dames, Mais tous les consentans, soient homes ou famés, j. de meung, Test. 1799. Li bareteur qui font la fraude et tuit li consentant doivent estre puni comme larron, beaum. xxxv , 25. || xiv s. Ledit Francisque fut consentant du cas, comm. vu, to.
— ÉTYM. Consentir. Dans le xvie siècle on usait beaucoup d'un adjectif consent, consente, qui avait même sens.
CONSENTEMENT (kon-san-te-man), s. m.|| 1° Uniformité d'opinion. Le consentement de tous les hommes sur ce point. || 2° Action de consentir à quelque chose. Il demande mon consentement pour épouser ma nièce , sév. 224. Quand cela se fait du consentement de la fille, pasc. Prov. 9. Mais n'exigez d'un fils aucun consentement, corn. JVi'com. n, 3. Je vous réponds déjà de son consentement, rag. Andr. n, 3. Une fille et même une veuve qui a moins de vingt-cinq ans ne peut contracter mariage sans demander le consentement de son père, de sa mère, ou de ses proches, le maître, Plaid. 2, dans richelet. || Terme de droit. Consentement exprès, consentement manifesté de vive voix ou par écrit. || Du consentement de....; locution signifiant selon l'opinion unanime Voilà, du consentement de tou3 les auteurs catholiques et protestants, le fondement des premières guerres, bos's. Variât, x, § 47. Je commence, dans cet examen, par ce qui est, du consentement de tous ceux qui ont écrit sur ce sujet, le fondement de la solide gloire d'un héros, je veux dire la justice de la guerre qu'il entreprend, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi, p. 617, dans pougens.
— SYN. consentement, permission, agrément. Termes qui ont tous trois rapport à des actions de la vie où l'événement dépend en partie de nous, en parti»' de la volonté des autres. Le consentement, signifiant conformité de sentiment, veut due qu'on tombe d'accord avec la personne qui demande le consentement. La permission est relative à des choses qui ne sont pas permises, qui sont défendues, et pour lesquelles on obtient dispense. L'agrément, voulant dire qu'on prend à gré, est une nuance du consentement.
— HIST. xive s. Et par ce vouloit Homerus amonnester et induire les roys de Grèce que il ne ordenassent pas de la chose publique sans le consentement et elettion du peuple , orf.sme , Eth. 69.
|| xve s. Et disoient aucuns que c'estoit du consentement du comte d'Ammarle, fenin, iH8. Du consentement des parties , Bouciq. i, ch. 38. |j xvie s. Il convenoit donc aux prophètes de n'avoir nul consentement avec telles assemblées, veu que c'eust esté une conspiration meschante contre Dieu, calvin, Instil. 843. Au premier plus effronté qui dict son chois, voilà un consentement de voix encores plus grand à refuser celuy-là, mont, iv, 83. Le plus grand argument de la veriié, c'est le gênerai consentement du monde, charron, Sagesse, i, 15.
— ÉTYM. Consentir; provenç. cossentimen; espagn. consenlimiento ; ital. consent imento.
CONSENTI , 1E (kon-san-ti , lie) , part, passé. Terme de droit. C'est un ajournement consenti par les parties. || En général, accordé. Tant de preuves sont superflues en une vérité si visible et si généralement consentie, costar, dans richelet.
CONSENTIR (kon-san-tir), je consens, nous consentons ; je consentais ; je consentis ; je consentirai ; consens, consentons ; que je consente, que nous consentions: que je consentisse; consentant, consenti, v. n. || 1° Se rendre à un sentiment, à une volonté, à une obligation. C'était consentir en même temps à l'extinction de la religion, de l'alliance et du sacerdoce , boss. Variât. &• avertissement , § 24. Croyez-vous.... Que ma foi, mou honneur, mon amour y consente? rac. Iph. iv, 6. Non, tu ne mourras point, je n'y puis consentir, id. ib. i, i. Il pourra consentir à ce double hyménée, corn. Agésil. n, 6. 1| Consentir à, avec l'infinitif. Et quelque grand
malheur qui m'en puisse arriver,. Je consens à me perdre afin de la sauver, id Cinna, n, 4. Peut-ètr à m'accuser j'aurais pu consentir, rac. Phèd. iv. 5 Toutes les fois que l'on consent aux vraisemblances. on se met certainement en danger de se tromper, malebr. lleclierches, vi, i. || Consentir de, avec l'infinitif. Fait si bien qu'à la fin sa compagne consent De lui prêter sa hutte, la font. Fàbl. il, 7. Je puis me plaindre à vous du sang que j'ai versé, Mais enfin je consens d'oublier le passé, rac. Andr. iv, 5. César lui-même ici consent de vous entendre, rac. Brit. n, t. Perrault l'antipindarique Et Despréaux l'homérique Consentent de s'embrasser , boil. Épigr. 29. D'autres consentent d'être gouvernés par leurs amis, en des choses presque indifférentes,la bruy. iv. || Consentiravecqo/e et le subjonctif. Mais je veux consentir qu'elle soit pour uneautre, mol. Mis. iv, 3. Elle consent [la Société de Jésus] qu'iis gardent leur opinion, pourvu que la sienne soit libre, pasc. Prov. i. Nous consentons que de tous les devoirs qu'il [l'Évangile] vous prescrit, vous ne vous croyiez obligés d'observer que ceux.... mass. Carême, Évidence de la loi. On consent que vous borniez là toute votre piété et que vous laissiez tout le reste comme douteux, in. ib. Nous consentons que vous soyez le juge entre nous et l'incrédulité, mass. Carême, Doutes sur la rel. Le peuple, par déférence pour le sénat, consentit même qu'on rétablît le consulat, vlrtot, Itévol. rom. liv. vu, p. )8U. S'il le faut, je consens qu'on lui parle de moi, rac. Andr. iv, i. Je consens que mes yeux soient toujours abusés, id. Phèd. v. 7. || 2° 'ferme de marine. Se courber sous un effort. Cette vergue a fort me t consenti. Un vaisseau a consenti dans toutes ses parties pendant l'échouage, quand toutes les liaisons en sont larguées. || 3" Terme didactique. Participer, concourir à la production d'un résultat. Hippocrate a dit que tout, dans le corps humain, conspirait et consentait. ||4" V. a. Terme de droit. Consentir la vente d'une terre, un traité, une hypothèque. Consentir l'impôt. Pour contracter une société, toutes les parties la doivent consentir, patru, Plaid, vi, dans richblet. || Dans le langage général, accorder. Il [le trône] est a l'un de nous, si l'autre le consent, corn. Bodoq. il, 4. Le consentiras-tu cet effort sur ma 11 anime? id. ib. m, 3. Partez, je le con>ens, jd. D. Sanche, iv. 5. Mais je mourrai plutôt que de consentir rien, mol. ]). Garde, l, 5. L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende, corn. Hod.iv, i. || Proverbe. Qui ne dit mot consent, c'est-à-dire, gauler le silence, ne pas faire d'objection peut passer pour un consentement.
— REM. 1. L'usage constant des auteurs e^t de dire : je consens que.... et non : jd consens à ceque : ainsi, je consens que tu ailles, et non à ce que tu ailles. || 2. Les grammaiiiens ont essayé de distinguer consentir <i et consentir de , avec un infinitif, disant qu ■ consentir de veut dire ne pas s'epj
et consentir à, donner son consentement, mais l'examen des exemples des auteurs ne permet guère de faire ces distinctions.
— SYN. consentir, acquiescer. Consentir, c'est, étymologiquement, tomber d'accord. Acquiescer, c'est, étymologiquement, se mettre n n pos à l'égard de quelque chose. Dans le consentement, il y a conformité de sentiment; dans l'acquiescement il y a conformité de volonté. Un père consent au mariage de son fils. Un chrétien acquiesce à la volonté de Dieu.
— HIST. XIe s. Dist au paien : Deus tout mal te consente, Ch. de Bol. cxxn. Par ta mercit, se tei plaît, me cunsent [accorde moi] Que.... ib. ccxxiv. || xne s. Se Deus [Dieu] de gloire repairer me consent, Bonc. p. 15. Ne lui font mal, car De\ ne leur consent, ib p. 95. consentez moi et droiture et honor, ib. p H)8. Et Diex pourquoi le consent [pourquoi Dieu y consent-il] Qu'il se veut si bien mentir [qu'on veuille mentir]? Couci, iv. Quant de lui [d'elle] sont tint mi penser, Moult me plaist ce que me consent m'accorde], ib. p. 121. Sire, ce dist Girarz, se Dex le me cousant, Jà d'endroit le message n'i perderez néant. Sax. xxi. Par tut [il] li aidera là ù raisons consent, Th. le mart. 58. ||xme s. La bêle lui lespont : Ja Diex ne le consente, Qu'en soignenlage [concubinage] soit usée ma jouvente, aidef. lb bast. Bomancero, p. 22. Se nostre sire le velt consentir, villeh. xn. Diex consent mainte gent traîson à fournir, Berte, lxiii. Je verrai se c'est voirs, se Diex l'a consenti [permis i, ib. lxxxix. || xiv* s. Si comme ceulz qui se consentent et tiennent une opinion des mouvemens du ciel ou d'autre speculacion, oresme, Eth. 271. ;| xvc s. Nulle guerre entre elles [les villes de Flandre] ne se pouvoit
CON
CON
CON
mouvoir, si leur sire le comte ne le consentoit, froiss. il, il, 52. Le comte a consentu, et sont »ssus de son hostel ceux ou aucuns qui ont fait si rrand outrage, id. n, n, gi. Il chargeoit ces gens S'avoir fait consentir au duc Philippe ceste restitution, com. i, 2. À quoy pour riens ceulx de la ville ne se- fussent consentis, id. v, 14. Le dit duc Phelipe consentit estre mis sus [qu'on levât] de ses gens, m. i, 2. Dieu ne luy vouloit consentir ceste grâce que de recevoir ce saige conseil, id. v, 8. |[xvics. Si menterie en mes propos je mets, Je me consens qu'il face que jamais Je ne le voye, marot, iv, 54. Lc< assemblées d'iceux sont conventicules profanes, avec lesquelles il ne seroit non plus licite de consmtir, que de renoncer Dieu, Calvin, Instit. 843. Elle qui ss consentoit d'estre trompée, marc. Nom. vu. Eumenes n'y consentit, qu'Antigonus ne luy eust.... mont, i, 2G. Ce seroit faire tort à la bonté divine, si l'univers ne consentoit à nostre créance, m. il. 148. Homère a esté contrainct de consentir que Venus feust blecée au combat de Troye, id. m, 7. Il/, aimèrent mieux luy consentir de bonne voulunté ce qu'il leur demandoit que d'attendre qu'ilz y fussent contrainte par force, amyot, Thés. 28. Sagement il faut poiser ces choses et embrasser ce qui consent [est d'accord] à la parole de Dieu , SLEIDAN, f"2. Plusieurs bestes et plantes estrangeres consentent de vivre parmi nous avec soin requis,
— ETYM. Provenç. consentir, cossentir; espagn. consentir; ital. consentir e ; du latin consenlire, de cum , et srntire. sentir, penser.
CONSÉQUEMMENT ( kon - sé-ka-man ) , adv. || 1° D'une manière conséquente, qui se suit, s'enchainc. Bien définir ses motspour parler conséquemment, boss. Réponse. On ne peut parler conséquemment avec nous, îu.Avert. n. Qui doute que les enfants ne conçoivent, qu'ils ne jugent, qu'ils neraisonnent conséquemment? la bruy. xi. Aussi ne parle-t-il guère conséquemment et avec suite, id. ib. Ceux qui disent que, si la matière pouvait recevoir le don de la pensée, l'âme ne serait pas immortelle, raisonnent-ils bien conséquemment? volt. Newt. i, 7. 11 y a des hommes qui conçoivent très-distinctement et qui ne raisonnent pas conséquemment, vauven. Justesse. Personne ne parlait plus juste, plus nettement, plus conséquemment [que le duc de thevreuse], st-sim. 192, 66. || Agir, parler conséquemment, agir, parler conformément à ses vues. [Celui-là] va seul à son but , et \it conséquemment , J. j. rouss. Ém. i. || 2" En conséquence. Ainsi conséquemment [il en est de même] de tout dunt je t'offense, Régnier, Sat. xv. Ils décident en leur faveur et agissent conséquernment, la brly. xi. Si l'Inde est la contrée la plus anciennement policée, elle doit conséquemment avoir eu la plus ancienne forme de religion, volt. Mœurs, 4. C'est dans ce sacrifice où le religieux se donne lui-même, qu'il donne conséquemment et qu'il sacrifie toutes ces prétentions [du monde], bourd. Pensées, t. n, p. 424. || Conséquemment à, en conséquence de. Conséquemment à cette doctrine. Les hommes, dirat-ou, conséquemment à la prédestination de Dieu, ne sont plus maîtres de leur volonté, bourd. Carême,
1, Prédestinât. 378. Voyez si le monde n'agit pas conséquemment à cette persuasion, mass. Carême, Pardon.
— HIST. xve s. Conséquemment au mois de mars mourut dame de Bar, comtesse de St-Pol, g. chastelain, dans le Dict. de dochez. || xvr s. La royne s'assit on premier lieu, conséquemment les aultres selon leur degré et dignité, iiab. Pant. v, 3 i. Dindenault en print ung grant et fort parlatoyson, cuydant ainsy le retenir, et saulver le reste aussi coiisuquemment, id. ib. iv, 8. 11 feit jurer premièrement aux rois et aux sénateurs, puis conséquemment à tout le peuple, qu'ilz garderoient ses statuts, amyot, Lyc. 60. Qui se tiendroit de passer puis après en Afrique et à Carthage, qui seront conséquemment en si belle prise? id. Pyrrhus, 3o. Il no se donna garde qu'il se trouva en estroitte disette de tous vivres, et conséquemment en grand danger, id. Artax. 34. Desquelles toutes sera parlé cy après conséquemment l'une après l'aultre', est. de la roche, Arismetique, f° 50, verso.
— Ety.m Conséquent, et le suffixe ment. CONSÉQUENCE (kon-sé-kan-s') , s. f. Terme de
logique. || 1° Conclusion déduite d'une proposition, d'un principe, d'un l'ait. Les prémisses et la conséquence d'un syllogisme. D'où l'on peut tirer une conséquence infaillible, corn. Ex. de Pompée. Du premier principe il tire cette conséquence, boss. Dé[. Le marquis de Villeroy a eu ordre de se re-
tirer de la cour pour sa mauvaise conduite; voilà tout ce qu'a dit Sa Majesté; on tire plusieurs conséquences; on s'en prend à des gens.... sev. 4 18. Vous verrez les conséquences qu'il en tire, pasc. Prov. 9. Ils tirent de leur conduite des conséquences pour l'innocence de M. Arnaud , id. ib. 3. Pour en tirer des conséquences qui la déshonorent, id. ib. 13. Tirant une conséquence de ce qu'ils voyaient à ce qu'ils ne voyaient pas, in. Pesant, de l'air, Conclusion. Ce principe: qu'il ne faut pas imputer les conséquences à qui les nie, boss. 3e avertissement aux protestants. C'est une maxime certaine que les conséquences de l'être sont aussi conséquences de la cause de l'être, boullainvilliers, Itr/ut. de Spinosa, p I7(. Les superstitieux et les hypocrites qui l'entouraient l'ont amené de conséquence en conséquence à rejeter les propositions avantageuses des religionnaires du nouveau monde, raynal, Hist. phil. des Indes, xvi, 9. || Tirer une chose à conséquence, lui faire produire une conséquence. L'exemple de St-Mathias ne doit pas être lire à conséquence, boss. Yar. xv. || Kig. Tirera conséquence, avoir des suites, être de quelque importance (ici tirer est pris d'une façon neutre). Sans que cela pût tirer à la moindre conséquence, iiamilt. Gramm. 9. Je ne sais si un besoin extrême ou une violente passion ou un premier mouvement tirent à conséquence, la bruy. xii. Combien de sortes de ridicules répandus parmi les hommes, mais qui, par leur singularité, ne tirent point à conséquence et ne sont d'aucune ressource pour l'instruction et la morale ! id. xi. Rien n'est plus vrai; cet aveu ne tire pas à conséquence, fonten. Hélène, Fulvie. Cet accord n'est pas assez sûr pour tirer à conséquence, J. J. rouss. Hél.vi, to. On dit que, si j'avais de l'argent, cela tirerait à conséquence, bern. de st-p. Paul et Virg. \\ En conséquence, loc. adv. Conséquemment, conformément à. J'ai reçu votre lettre et j'agirai en conséquence. || En conséquence de. J'agirai en conséquence de vos ordres, de vos avis. Agir en conséquence de cette loi, boss. Hist. H, 13. || En termes d'astronomie, le mouvement d'une planète est en conséquence, quand elle se meut ou parait se mouvoir d'occident en orient. || 2° Suites qu'une chose entraine. Ne m'en faites point craindre les conséquences, rotr. Vencesl. m, 2. Tout risquer, sans avoir égard aux conséquences, hamilt. Gramm. 5. Ses moindres fautes sont d'une conséquence infinie, fén. Tél. xix. Les moindres choses ont de grandes conséquences, id. ib. xii. L'erreur d'un seul homme a des conséquences affreuses, id. ib. xxm. Les fautes qu'on y peut faire sont, selon notre mattre Hippocrate, d'une dangereuse conséquence, mol. Ain. méd. il, 5. Voilà un doute d'une terrible conséquence, pasc. Préf. Var. Un simple récit qui n'aurait aucune conséquence, id. Prov. 4 3. Quoique cette matière n'ait peut-être lias d'abord de quoi frapper vos esprits, vous en comprendrez néanmoins bientôt toute la conséquence, bourd. Car. n, Observai, de la loi, 4 76. (| Faire des conséquences, avoir des suites. Néanmoins, le prince n'eut point d'imitateurs, et son action ne fit point de conséquence, balz. I™ histoire. Un homme mort n'est qu'un homme mort, et ne fait point de conséquence, mol. Amour méd. u, 3. || De conséquence, en parlant des choses, qui a des suites, de l'importance. Il sera difficile d'en proposer aucunes qui soient de conséquence, desc. Préf. Ces faits et les autres sont de la dernière conséquence, boss. Relat. Des choses de peu de conséquence, id. Exp. avert. Ce sera de très-grande conséquence pour les Huguenots de ce pays, id. Letl. 4(2. Si vous chargiez l'un de vos gens d'une affaire de conséquence, SÉv. 329. Je sais bien qu'un bienfait de cette conséquence Ne saurait demander trop de reconnaissance, mol. D. Gare, v, 5. Un service, seigneur, de cette conséquence, Aura bien le pouvoir d'effacer votre offense, id. ib. iv, H. Il s'agit d'une chose de conséquence que l'on m'a proposée, id. Mar. {. -. Des affaires de la dernière conséquence vous ont obligé à partir, id. Festin de P. I, 3. Ce procès m'est d'une conséquence tout à fait grande, id. l'Âv. il, 6. Je viens de me souvenir que j'ai une affaire de conséquence, qui ne me permet pas d'attendre, dancourt, le Cheval, à la mode, n, 4 0. Je laisserai beaucoup de petites choses où il fit paraître la vivacité de son esprit; elles sont de trop peu de conséquence pour en informer la postérité, la font. Vie d'Ésope. J'ai pensé que le sujet des disputes de la Sorbonne était d'une extrême conséquence pour la religion, pasc. Prov. 4. Une affaire qui n'est d'aucune conséquence pour l'Eglise, id. ib. 4 8. En voici une que, par avance, je vais
vous éciire, parce qu'elle me paraît plus de conséquence que lesautres, boil. Lett.à M. de Maucroix. En des choses graves et de conséquence, la bruy. iv. Comme les rois de Macédoine ne pouvaient pas en- Iretenir un grand nombre de troupes, le moindre échec était de conséquence, montesq. liom. ch. 5. Cette Ile était d'une conséquence extrême pour- Charles, volt. Charles XII, liv. vin. || De conséquence, en parlant dos personnes. C'est un prélat de conséquence, prêchant avec dignité, sev. 413. C'est un ami de conséquence, id. 602. C'est un ami de grande conséquence, id. 288. Il s'était trouvé dans une compagnie de grande conséquence, m. 4 42. Prépare-loi désormais à vivre dans un grand respect avec un homme de ma conséquence, mol. Méd. m. lui, m, (i. Comment aurais-je pu, après cela, ne pas me croire un homme de conséquence? lesage, Cil Illas, vin, 5. Il ne faut pas s'imaginer qu'Aristophane fût un homme de peu de conséquence dans sa république, comme le sont ici les poètes qui fournissent des pièces comiques au théâtre, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. xi, p. 589, dans pougens. || Sans conséquence, sans qu'on doive faire attention à.... Ils se voyaient tant qu'ils voulaient, sans conséquence, hamilt. Gramm. 7. En disant tout ce qu'on pouvait dire sans conséquence, il [Télémaque] savait s'arrêter aux choses qui pouvaient donner quelque soupçon, fén. Tél. xvi. On peut, sans conséquence et sans honte, ignorer beaucoup de choses hors de son état, dider. Correspond. || C'estun homme sans conséquence, c'est un homme auquel on ne doit pas faire attention, soit parce qu'il est étourdi, sans gravité, soit parce qu'il a pris certaines habitudes de sans-gêne, soit parce que son âge ou son caractère écartent tout soupçon. Il vous est utile qu'un homme sans intérêt et sans conséquence vous parle en secret un langage dur, fen. Tél. xii. Rire des gens d'esprit, c'est le privilège des sots; ils sont dans le monde ce que les fous sont à la cour, je veux dire sans conséquence, la bruy. v. Personnes commodes, agréables, riches, qui prêtent et qui sont sans conséquence, id. vin. || 3° Suite dans les idées, dans la conduite. Il faut que la vie d'un homme ait de la conséquence, et pour cela chacun doit toujours considérer son passé.
— UF.M. Des grammairiens ont affirmé que conséquence ne peut jamais se dire pour importance ; qu'autrement important pourrait se dire pour conséquent; ce qui est, comme on sait, une grosse faute. Ils ont raison. Conséquence ne veut jamais dire que suite plus ou moins grave. Mais, de là, les anciens ont tiré la locution de conséquence qui, signifiant proprement ayant des suites, a pris facilement le sens de l'importance et s'est appliqué nonseulement aux choses, mais aux personnes.
— SYN. conséquence , conséquent. Ces deux mots se prennent indifféremment pour la conclusion d'un raisonnement. Cependant les logiciens font une distinction fondée. Le conséquent est la proposition même qui découle des prémisses; la conséquence est la liaison qui s'y rattache. Si le principe est faux, le conséquent sera nécessairement faux, sans que la conséquence le soit. Exemple : Toutes les cartes sont noires ou vertes; or l'as de cœur n'est pas noir; donc il est vert. La conséquence est très-exacte. Le conséquent est faux, puisque l'as de cœur est rouge. Cela vient de ce que la majeure est fausse. Les caries sont noires ou rouges, et non pas noires ou vertes.
— HIST. xme s. Escheete [héritage] qui vient de père au fiz, c'est li premiers, et est ii plus près à avoir le que nus de la lignie; et emprès, li lîz do fiz, c'est li nevoz; et emprès li soz-nevoz, et emprès li fiz au soz-nevoz, et issint en coinsiguance jusques à sept degrés, Liv. de jus t. 23 1. || xvcs. [Le corps ressuscitera] Pour recevoir la conséquence De ses maulx et de ses mérites, e. desch. Poésies mss. f" 433, dans lacurne. || xvie s. Un faict de grande conséquence, qui estoit tel, mont, i, 38. C'est une hardiesse dangereuse et de conséquence, id. i, 204. En toutes entreprinses de conséquence, id. m, 1 70. Ce sont actions particulières, qui ne doyvent estre tirées en conséquences [qu'on ne doit pas suivre], lanoue. 68. Grâce [le Havre] et quelque bicoque de moindre conséquence. — Tant à cause de son assiette que de sa conséquence, d'auh. Hist. m, 403. Choses de très grande conséquence, amyot, Thém. 49. La chose lire une telle conséquence après soy, que la fin n'en peut estre que déplorable, condé, ilém.
— ETYM. Provenç. consequencia , consequenssa; espagn. consecuencia; ital. consequenzr. ; du latin consequenlia, de consequens, conséquent.
CON
CON
CON
). CONSÉQUENT. ENTE (kon-sé-kan , kan-t') , adj.
|| 1° Qui suit ou qui se suit, c'est-à-dire qui agit ou raisonne avec suite. Un esprit conséquent signifie un esprit juste qui raisonne bien. Tous les esprits sont conséquents, on le dit du moins, mais les philosophes semblent prouver le contraire, condillac, Art de rais, v, i. Un premier jugement en fit naître un second, et bientôt on en fit sans nombre; l'analogie conduisit d'erreurs en erreurs, parce qu'on était conséquent, id. Logique, il, 3. L'erreur de droit inllue dans toute créature raisonnable et conséquente, dioer. Ess. sur la vertu. Saint Paul était un génie conséquent et lumineux. — Les premiers chrétiens n'étaient-ils pas raisonnables et conséquents? L'ABBÉ HOCTEVILLE , dans DESFONTAINES.
Les poètes ne sont pas toujours conséquents, lamotte, dans desfontaines. || En parlant des choses. Conduite conséquente à la doctrine. Conclusion conséquente aux prémisses. Je n'en étais pas à dire mon avis avec colère à Mme la duchesse d'Orléans, sur sa conduite à l'égard de Monseigneur, et sa manière conséquente d'être avec lui, st-sim. 270, t4i. || Dans le langage philosophique on a dit aussi conséquent de. Nos actions sont conséquentes de toutes les modifications que nous recevons de la paît des objets, nom. lainviluers, lié fut. de Spinosa, p. 186. Chaque mode de la substance est borné dans le genre de son attribut, et n'est conséquence que du même attribut: car l'étendue n'est point conséquente de la ée, id. ib. p. 59. || 2" Terme de grammaire. Qui suit. Relatif conseillent. Le membre conséquent dans une phrase. || 3" Terme de physique. Points conséquents, pointsqui se forment quelquefois dans un barreau aimanté et qui ne manifestent aucune propriété magnétique. ||4° S. f. Terme de musique. Conséquente, la deuxième partie d'une fugue.
— REM. Conséquent pour considérable est un barbarisme, que beaucoup de gens commettent et contre lequel il faut mettre en garde. Conséquence ne signifie qu'en apparence importance ; et cette apparence ne peut jamais se trouver dans conséquent (voy. la remarque à conséquence).
— HIST. xive s. Qui ayme honeur, c'est conséquent qu'il ayme bien honeste, oresme, Elh. 84. Donques est il conséquent et bien que nous division ceste chose, id. ib. (70. || xvi° s. 11 nous feit quatre jours consequens jeusner, rab. Pant. v, I. Soit donc qu'on regarde aux premières causes ou à celles qui sont conséquentes, tousjours y verra-on matière et signes de ruine, lanoue , 2f.
— ÉTYM. Provenç. conséquent; espagn. consecuente ; ital. conséquente ; du latin consequens , de consequi. de cum, et sequi , suivre (voy. suivre).
2. CONSÉQUENT (kon-sé-kan) , s. m. || 1° Terme de logique. La seconde proposition d'un enthymème, par rapport à antécédent. Nier le conséquent. || Dans un syllogisme, la conclusion même que l'on tire, indépendamment de la déduction qui la fait tirer. || 2" Terme de mathématiques. Le second terme d'un rapport arithmétique ou géométrique. La différence entre l'antécédent et. le conséquent. || 3" Terme de grammaire. Le deuxième terme d'un rapport. || 4° Par conséquent, loc.adv. En conséquence. Le roi par conséquent est mort ou prisonnier, mair. Sophon. il, 4. Si l'on agit bien dans les affaires publiques, on offensera les hommes; si l'on y agit mal, on offensera Dieu, et par conséquent on ne s'en doit point mêler , Logique île Port-royal, Bipartie, ch. 15.
— REM. Quelques personnes disent: par conséquence; c'est contre l'usage. L'usage a préféré par co séquent h par conséquence, et en conséquence à en conséquent, la bhuy. xiv.
— HIST. xiv s. Et par conséquent elettiou n'est pas ire, oresme. Eth. 64. Il aime ouvrer selon vertu, et par conséquent il a en ce delettation , id. ib. 19. || xvr s. Aymant la pertinence, et par conséquent la briefveté, mont, i, t67. Son élection au tribunal estoit nulle, et par conséquent tout ce qu'il avoit ou fait, ou dit en iceluy, amyot, C. d'Utiq. 52. Que la loy qui regardoit la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine en ce roiaume, estoit la souveraine qui avoit jette les fondemens de sa grandeur et l'avoit fait reluire par dessus tous autres empires; de conséquent, que les autres loix lui dévoient céder comme inférieures, villeroy, Mém. t. vi, p. 380, dans lacurne.
— ÉTYM. Conséquent l.
CONSERVATEUR, TRICE (kon-sèr-va-teur, tri-s'),
s. m. et f. || 1° Celui, celle qui conserve. Le prince est le conservateur des biens et delà liberté de ses su- Cette mèrea été soigneuse, vigilante, conservatrice du bien de ses enfants. || 2° Titre de préposes
h la garde de certaines choses, de certains droits. Conservateur des privilèges des villes. Le conservateur des hypothèques. Au fond de la salle où elle fut reçue étaient placés les conservateurs du sénat, stael, Corinne, liv. n, ch. I. || Employé supérieur dans les musées, les bibliothèques, etc. On savait où ils étaient fies manuscrits perdus]; c'était matière à exercer le zèle des conservateurs, p. L. cour, i, 82. || Le principal agent de l'administration des eaux et forêts. || Conservateur des chasses, ancien privilégié ou employé dans les forêts royales. || Autrefois, juge conservateur, ou, simplement, conservateur, juge établi pour conserver les privilèges accordés h un corps. || Titre d'office dans quelques universités et dans d'autres corps, dont les fonctions consistent à veiller au maintien des droits et des privilèges. || Grand conservateur, une des principales charges de l'ordre de Malte. || 3° Adj. Qui conserve. Les lois conservatrices de la monarchie. Pour assurer l'exécution de ce traité, on proposa d'assembler une armée conservatrice de cette neutralité singulière, volt. Charles XII , 5. Le Panthéon n'existerait plus s'il n'eût été consacré par le culte des apôtres.... Cet espiit conservateur se faisait remarquer dans tous les ordres de l'Église, chateaub. Génie, îv. vi, 6. 11 vaut mieux menacer ces provinces et laisser aux Russes quelque chose à perdre pour les décider à une paix conservatrice, ségur, Hist. de Napol. vin, 7. || Sénat conservateur, le premier corps de l'État dans le régime impérial. j| Dans le langage politique, le parti conservateur, celui qui est opposé au parti qui poursuit le renouvellement des sociétés. On dit aussi substantivement un conservateur, les conservateurs. Le Conservateur, titre d'un journal qui dans les premiers temps de la Restauration défendit les principes de l'autorité et de la légitimité contre ceux de la liberté et du droit populaire.
— HIST. xiv s. Le prince est garde de ju conservateur de justice et de equalité, oresme, Eth, < 55. Il xve s. Conservateurs ordonnez sur l'entretenemeut de ce présent traicté , monstrel. t. n, p. il, dans lacurne. Par ces présentes eslisons et ordonnons conservateurs de ce présent traicté, c'est à sçavoirde nostre costé messire.... id. ib. || xvt' s. Ce sont les bons capitaines qui formentles bons soldats, d'autant qu'ils sont conservateurs de l'ordre et de la discipline, lanoue, 284. L'université de Paris a été jusques à cy très-soigneuse promotrice et conservatrice de ces droits, p. pithou, 6. Choses odoriférantes et conservatrices [préservatrices] de pourriture, paré, Mumie, <. Non pour vous faire ni mes tuteurs ni protecteurs du royaume ni conservateurs de ma ville de Paris, condé, Mémoires, p. 704.
— ÉT.YM. Provenç. conservador , conservayritz ; espagn. conservador; ital. conservatore ; du latin conservatorem, de conservare (voy. conserver).
f C0NSERVAT1F, 1VE (kon-sèr-va-tif, ti-v'), adj. Qui a la faculté de conserver.
— HIST. xvr s. Le nitre est un sel conservatif, et qui empesche la putréfaction, palissy, 243. Les espèces des indications ou enseignes prises des i naturelles, que nous appelons conservatives.... paré, Introd. 22.
— ÉTYM. Conserver; provenç. conservatiu; espagn. et ital. conservativo.
CONSERVATION (kon-sèr-va-sion; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. || 1° Action de conserver, de ma n tenir intact ou dans le même état. Veiller à la conservation d'un monument, de ses droits. Dieu qui rapporte tous ses conseils à la conservation de sa sainte Eglise, boss. Reine d'Anglet. 11 devait la conservation de sa vie à Télémaque, fén. Tél. xvn. Vous apprendriez que, ce prince [le dauphin] devant aller a la tranchée, M. de Vauhan a augmenté toutes les précautions et toutes les sûretés qu'il a accoutumé de prendre pour la conservation des assiégeants, sév. 466. Je crois qu'il est certain que la conservation n'est qu'une création continuée, puisque ce n'est que la même volonté de Dieu, qui continue de vouloir ce qu'il a voulu, malebr. Recherche, éclaire. liv. i, t. iv, p. 14, dans pougens. [Dans les États despotiques] la conservation de l'État n'est que la conservation du prince, montesq. Espr. v, 14. || Conservation personnelle, le sein que chacun prend de préserver sa vie. Instinct de conservation. || Terme de pharmacie. Art d'empêcher l'altérât ion des drogues et d - médicaments. || Terme de mécanique. Conservation des forces vives, condition des forces qui fonl qu'elles gardent toujours leur d i il leui
intensité, tant que rien d'étranger n'intervient. Un des plus grands avantages qu'on tire de notre théorie, c'est de pouvoir démontrer que la fameuse loi
de mécanique appelée la conservation des forces vives a lieu dans le mouvement des fluides comme dans celui des corps solides, d'alemb. Équilibre et mouvement des fluides, Œuvres, t. xiv, p. 4 85, dans pougens. 11 est toujours certain qu'on ne doit point employer le principe de la conservation des forces vives pour trouver le mouvement d'un système de corps, lorsqu'on suppose qu'il y a dans ce système quelque corps dont la vitesse varie en un instant d'une quantité finie, id. ib. p. <88. || 2° État de ce qui est conservé. La conservation de ces fruits est parfaite. Un tableau, une statue, d'une belle conservation. La conservation du teint. || 3" Charge de conservateur. La conservation des hypothèques. Il y a trente et une conservations forestières. || Autrefois, la conservation de Lyon, juridiction établie à Lyon pour juger les affaires de commerce.
— HIST. xive s. Et le juge doit plus amer la conservacion du droit commun, qui est bien commun, que du droit ou du bien propre d'une persone privée, oresme, Eth. 162. || xvr' s. Conservation [salut], amyot, Numa, 23.
— ÉTYM. Provenç. conservatio; espagn. conservacion; ital. conseï vazione ; du latin conservationem, de conservare , conserver.
t. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r') , adj. Qui conserve. || Terme de droit. Acte conservatoire, acte de procédure qui a pour objet d'empêcher qu'il ne soit porté préjudice à un droit; opposé a acte d'exécution. Saisie conservatoire.
— ETYM. Conserver.
2. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r'), s. m. || i° Nom de certains établissements publics. Le Conservatoire de musique, haute école de musique qui conserve l'art et qui fut fondée à Pans en )7K4, a l'imitation d'établissements semblables en Italie, et, par extension, école où l'on forme des sujets pour la musique, la danse, la déclamation. || Le Conservatoire des arts et métiers, établissement où sont exposés des modèles de machines et où l'on fait des cours techniques; il fut fondé en <794. || 2" Autrefois, maison où l'on retirait des orphelins, des filles et des femmes, pour les préserver de la débauche. || 3° Réunion des conservateurs d'un établissement. Le conservatoire de la bibliothèque impériale.
— ÉTYM. Conserver.
f 3. CONSERVATOIRE (kon-sèr-va-toi-r'), s. f. Am ien terme de jurisprudence. Siège du conservateur des droits de quelques corps, d'une université. Juge à la conservatoire.
CONSERVE (kon-sèr-v'), s. /". || 1- Sorte ûe confiture faite de substances végétales et de sucre. Conserve de fruits, de légumes. Et le printemps est toute l'année chez moi, ou en eaux ou en conserve, balz. Liv. n, lett. 4. || 2° Terme de pharmacie. Préparation de consistance molle et qui cède facilement à la pression. || 3° Substance alimentaire conservée dans des boites de fer-blanc ou des bouteilles privées d'air. Conserves de gibier, de petits pots. || 4" Terme de marine. Navire qui fait route avec un autre pour le secourir Ce vaisseau perdit sa conserve. Un vaisseau de conserve est celui qui sert d'escorte à d'autres vaisseaux. || De conserve, ensemble. L'Elisabeth et aie, voguant de conserve, rencontrèrent trois vaisseaux de guerre anglais, volt. Louis XV, 24. || Fig. Le courrier dit à l'autre qu'il contenterait sa curiosité, s'il lui voulait donner parole d'aller de conserve, st-sim. 2, 37. Que Mars, Phébus, Bacchus, Minerve, Voguent avec vous de conserve, bérang. Pauvres am. || Navire servant de dépôt dans un port. || 5° S. f. plur. Conserves, certaines lunettes qui facilitent la vue sans grossir beaucoup les objets. || 6° Terme de fortification. Conserves ou contregardes, pièces plus longues et moins larges que les demi-lunes, qui couvrent les bastions entre le fos-é et la contrescarpe. || 7° Ancien nom d'un réservoir pour les aqueducs.
— HIST. xive s. Mettez les noix boulir en miel, et illec les laissiez en conserve, Ménagier, il, B.
|| xvi" s. Le nombre des navires l'eut tel que vou-. ay expousé ou tiers livre, en conserve de tin ramberges.... rab. Pant. iv, \. Vous, m'amye, laides voz honneurs comme vouldrez; vous avez en vos mains et conserve tous mes thesaurs, m. r'6. iv, 3 Ces barbare-, sans conserve d'aucunes lettres, avoieni la cognoissance des choses advenues bien sou ans auparavant, amyot, Préf. m, 27. Les lieux dont sourdent les fonleines n'ont pas des concavitez si capables qu'ellt s puissent fournir d'eau toutes prestes, comme qui les tireroit d'une conserve, à tant de gros ruisseaux et tant de pi ieres, m P.
.Em. i;2. Il se meil aussi tust à la voile et. ayant
CON
attainl la flotte, allèrent tous ensemble de conserve n-endre terre, amyot, Timol. m D'un coup entre aures tuerenl le patron d'une nef de Bretagne venant svpcques luy de conserve, m. nu b il. 192. Choses tiques, comme electuaires, conserves, opiates, poudres, paré, v, (6.
— ÊTYM. Voy. I ONSERVER.
CONSERVÉ, ÉE (kon-sèr-vé, vée), part, passé. vé de la destruction. Des manuscrits recsoin. Souvenirs conservés par la tradition. || Être bien conservé, se dit des gens d'un certain âge, qui ont encore un air de fraîcheur et de vigueur. || Terre bien conservée, terre dont la chasse ien gardée; locution qui a vieilli.
CONSERVE» (kon-sèr-vé), r. a || 1° Préserver de la destruction. Vauban étant le maître et n'étant point pressé, il conservera les hommes encore plus qu'il n'a accoutumé de le faire; et vous savez combien il est admirable dans le soin continuel qu'il en prend, SÉV. 471. Et par où l'un périt un autre est conservé, corn. Cinna, n, i. Ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire. Et qui m'ont conservé le jour que je respire, m. ib. v, t. Craignez.... Que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé, rac. Andr. i, 2. || 2" Maintenir en état. Conserver des fruits. Conserver des habits. || 3° Ne pas perdre. L'histoire conserve lamémoire des grands hommes. Il n'a conservé aucun de ses enfants. Empêchez-les, mes pères, de voir mes lettres, puisque c'est le seul moyen qui vous reste pour conserver encore quelque temps votre crédit, pasc. Prov. 13. Prodigue, dépensier, il ne conserve rien, Régnier, Sat. V....Ô siècles, ô mémoire, Conservez à jamais ma dernière victoire, corn. Cinna, v, 3. Ce reste malheureux [de viej serait trop acheté, S'il le faut conserver par une lâcheté, rac. Baj. n, 3. Par là ils conservent tous leurs amis, et se défendent contre tous leursennemis,PASC. Prov. 5. Afin de conserver tout ensemble deux choses aussi opposées en apparence que la piété et l'honneur [le point d'honneur), id. ib. 1. L'ancienne philosophie n'a pas toujours eu tort : elle a soutenu que tout ce qui était dans l'esprit avait passé par les sens; et nous n'aurions pas mal fait d'avoir conservé cela d'elle, fonten. Fragm. Connais*, de l'esprit humain. 11 n'y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu'ils ménagent moins que leur propre vie, la bruy. XI. || Familièrement, conserver toute sa tête, posséder ses facultés soit dans un âge avancé, soit dans une maladie qui les trouble d'ordinaire. |i Fig. Conservez-moi votre amitié. Je conserverai toujours la mémoire de ce bienfait. || Absolument. Ce n'est pas le tout que d'acquérir, il faut savoir conserver. || 4° En parlant des choses, avoir la propriété de préserver. Cette pommade conserve le teint. Ces lunettes conservent la vue. Une vie réglée conserve la santé. || 5" Ne pas se défaire, de. U a conservé ses anciensdomestiqnes. X la paix on ne conserva quêtant de régiments. Je conserve cela pour vous. C'est un rare trésor qu'elle devrait garder En conservant chez soi sa chère nourriture [son cher élève) uu pour le consulat ou pour la dictature, corn. Mcom. h, 3. || 6° Terme de marine. Conserver un vaisseau, naviguer de manière à ne pas le perdre de vue. || Conserver l'avantage du vent, lutter de manœuvre avec un bâtiment qui veut s'élever au vent. || 7° V. n. Terme de trictrac. Jouer son coup sans dégarnir aucune des cases qui forment le plein. || 8" Se conserver, v. réfl. Demeurer en bon état. Les fruits ne se conservent pas cette année. || Se conserver, garder sa beauté, ses forces. Cette femme se conserve bien. Cet homme vieillit bien vite, il ne se conserve pas. I) Continuer d'être tel ou tel. Se conserver pur au milieu de la corruption générale. || Se maintenir, durer. Cet usage s'est toujours conservé. Si Fériandre voulait se conserver dans la tyrannie, fén. Pittacus. Comme l'Eglise d'Espagne s'était conservée sous les Ariens, les Mahométans ne purent l'abattre, boss. Hist. i, n. || Être gardé dans la mémoire. Et si mon nom encor s'est conservé chez eux, Dis-leur ce que tu vois, et de toute ma gloire, Fhédime, conte-leur la malheureuse histoire, rac. Mithr. v, 2. || Ne pas exposer sa vie, ne pas compromettre sa santé. Un père doit se conserver pour ses enfants. En nous formant, nature a ses caprices : Les uns à s'exposer trouvent mille délires; Moi, j'en trouve à me conserver, mol. Amph. u, 1. 1| Se bien conduire en un temps difficile, se ménager avec sagesse entre plusieurs partis, entre plusieurs personnes ennemie-., un a bien de la peine à se conserver entre deux partis si animés l'un contre l'autre, Académie. Il savait se consi rver dans .la créance de tous les partis, boss. le fi
— hist. ixc Si Lodhwigs sagrament, quae son fraire Karlo jurât, conservât. Serment. || xvtc s. Ce bruvage ne se conserve que deux ou trois jours, mont. i. 237. Les gentils-hommes portent à leur costé les espées ceintes, pour conserver leurs propies personnes de tous outrages, lanoue, 202. Ils eurent pareil dessein d'aller vivre chacun sur le païs de son ennemi, pour conserver le sien des ravages extrêmes que font les armées, ID. 648. En con- -ei v.mi la Normandie des Anglois, elle estoit doublement travaillée par les reistres et lanskenets, castelnau, m.
' — ÉTYM. Bourguig. consarvai; provenç. et espagn. conservar; ital. conservare ; du latin conservare, de cinn . et servare, sauver.
f CONSERVITEUR (kon-sèr-vi-teur), s. m. Celui qui est serviteur avec un autre. Pendant qu'il tient à la gorge ses conserviteurs , boss. Avert. Ne fallait-il pas que vous eussiez pitié de vos conserviteurs? id. Aumône. Comme les serviteurs doivent se souvenir qu'ils sont dépendants de leurs maîtres, aussi les maîlres ne doivent jamais oublier qu'ils sont, pour ainsi dire, les conserviteurs de leurs serviteurs mêmes, bourd. Serin. Dim. t. n, p. 49.
— ÉTYM. Con, et serviteur.
f CONSIDENCE (kon-si-dan-s') , s. f. Terme di dactique. Affaissement de choses posées les unes sur les autres.
— ÉTYM. Considcntia, de considère, de cum, et sidère, asseoir, de même radical que sedere (voy. seoir).
CONSIDÉRARLE (kon-si-dé-ra-bl'), adj. || 1° Qui a de la considération, du crédit, de l'autorité, de la puissance. Déclaration que je sais bien ne pouvoir servira me rendre considérable dans le monde, desc. Méth. 6. Si jusques à ce point son sort [de Rome] est déplorable Que tu sois après moi le plus considérable.... corn. Cinna, v, 1. Alexandre, fils d'un roi considérable, st-évhem. ii, 121. Les Mèdes, avant Cyrus, quoique puissants et considérables, étaient effacés par la grandeur des rois d^ Babylone, boss. Hist. i , 7. Le roi a paru touché et a fait son panégyrique, en disant qu'elle était plus considérable par sa vertu que par la grandeur de sa fortune, sêv. -117. Comme je sais que vous êtes une personne considérable, je voudrais vous prier.... mol. Sicil. 8. Ce peuple n'est pas seulement considérable par son antiquité, mais il est encore singulier en sa durée, qui a toujours continué depuis son origine jusqu'à maintenant, pasc. Pens. part, il, art. 7. César, quoique considérable dans la république par sa naissance , par son éloquence et par son crédit et celui de ses amis, fut traité bien différemment , vertot , Révol. rom. liv. xn, p. 212. Chaque seigneur un peu considérable faisait battre monnaie, volt. Mœurs, 39. Un courtisan accrédité est un homme considérable; Corneille était un grand homme; on dit: de .grands talents et un rang considérable, d'alemb. Synonymes. Les deux derniers actes où Sabine n'est plus considérable, corn. Ex. d'Hor. || Considérable à, qui est un objet de considération pour quelqu'un. Vous m'en êtes plus chers et plus considérables, corn. D. San. i, 3. Nous avons des philosophes qui nous doivent être plus considérables que tous ceuxlà, balz. liv. vi, lett. 9. || 2° Qui mérite considération, attention, en parlant des choses. Quoi qu'on lasso de grand et de considérable, corn. Cid, n, i. Ce qu'on promet pour l'autre [partie] est peu considérable, id. Sertor. I, 2. C'est un avantage bien considérable de faire paraître l'innocence de tant de personnes calomniées, pasc. Pror. 17. Nulle action considérable n'était commencée ni finie chez eux [les anciens fidèles] que par des invocations et des actionsde grâces, fén. t. xvn, p. 334. Les villes considérables avaient alors dans la monarchie une importance qu'elles ont perdue, condorcet, Maurepas. || 3"Qui tient au cœur, en parlant des choses. Comme votre intérêt m'est plus considérable, Je tâche de vous rendre à des destins meilleurs, corn. Agésil. v , 4. Ah! mon père, le bien n'est pas considérable, lorsqu'il est question d'épouser une honnête personne, mol. l'Ar. i, 6. Mais si jamais mon bien te fut considérable, Répare mon malheur et me sois secourable , id. l'Étour. n, 7. Ces raisons ont rendu leur condition [des hommes] si considérable à l'Église, qu'elle a toujours puni l'homicide qui les détruit, pasc. Prov. t. Sa recommandation et la vôtre me sont fort considérables, sév. 128. Tout ce qui vous entoure m'est considérable, id. 223.
— KEM. Le néologisme fait considérable synonyme de grand . et dit : un bruit considérable. Le vrai m de ce mot est : qui doit être considéré, qui mérite
CON
considération. Il ne faut guère l'étendre au delà de cette signification, et on ne lui attribuera le sens de grand que quand ce sens pourra se confondre avec clui de : qui mérite considération.
— étym. Considérer.
CONSIDÉRABLEMENT ( kon-si-dé-ra-ble-man),
adv. En grande quantité, beaucoup. Il a perdu considérablement en cette affaire. 11 augmente considérablement le prix des monnaies, maucroix. Schisme, liv. i, dans richelet.
— ÉTYM. Considérable, et le suffixe ment.
-f t. CONSIDÉRANT, ANTE (kon-si-dé-ran, ran-t'), adj. Qui prend gaule à toutes les circonstances, à toutes les bienséances d'une action. Cet homme est fort considérant. || Vieux.
2. CONSIDÉRANT (kon-si-dé-ran), s. m. Motif qui précède le dispositif d'une loi, d'un arrêt. Les considérants d'une loi. Le premier et le deuxième considérant de l'arrêt.
— ÉTYM. Considérer; ainsi dit parce que, trèssouvent, les différents articles d'un exposé des motifs commencent par : Considérant que....
f CONSIDÉRATIF, 1VE (kon-si-dé-ra-tif, ti-v'), adj. Qui considère, qui réfléchit. Cette foi qui fait le passage de l'état considératif à l'état contemplatif, boss. Lett. 193.
— HIST. xvie s. Comme il y en a tousjours qui sont fort consideratifs, ceux-là répliquèrent qu'ils appercevoyent bien le danger apparent, neantmoins que la salvation leur estoit cachée, lanoue, cog. Et l'autre, lent et considératif comme un Fabius, opina hazardeusement, id. «5 i. Le prince, ennuie de voir les eaux entre son chemin et lui [son adversaire], et le voiant trop considératif pour passer, lui voulut toucher à la main, d'aub. Hist. m, 526.
— ÉTYM. Considérer.
CONSIDÉRATION (kon-si-dé-ra-sion ; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Action par laquelle on considère, on pèse quelque chose. Tout ce qui tombe sous la considération des géomètres, desc. Géom. 3. Il [St Paul] entre dans une profonde considération de ce que doit devenir un peuple honoré de tant de grâces, boss. Hist. univ. u, 7. Entrez en considération de ce que vous êtes, id. Nol. 2. La considération de son excellence [il s'agit d'un ouvrage], pasc. clans cousin. L'exemple du chancelier n'a été de nulle considération, sév. 127. Nemettantjamaisvotre santé en aucune sorte de considération, id. 383 Philippicus, général de Maurice, qui, étant près de donner une bataille, se mit à pleurer dans la considération du grand nombre de gens qui allaient être tués,M0NTESQ. ltom. ch. 22. || Cela est de peu de considération, cela est de peu d'importance. || Mettre, faire entrer, prendre en considération, tenir compte de. || 2° Vision. Malachie est élevé à une plus haute considération, et, à l'occasion des offrandes immondes des Juifs, il voit l'offrande toujours pure et jamais souillée qui sera présentée à Dieu non plus seulement comme autrefois dans le temple de Jérusalem, mais par les gentils, parmi lesquels il prédit que le nom de Dieu sera grand, boss. Hist. il, 4. || Rare en ce sens. || 3" Circonspection dans ce qu'on dit ou dans ce qu'on fait. Il agit sans considération. La considération avec laquelle il a agi dans cette affaire. || 4° Égard, estime que l'on a pour q- elqu'un. Si l'on vous pardonne, c'est par considération pour votre père , Académie. N'avoir aucune considération pour les gens, voit. Lett. 23. un a bien peu do considération pour elle de lui dire cette nouvelle, sév. 6. || Egard, estime dont jouit quelqu'un. Cet homme a perdu toute sa considération. Jugeant que c'était quelque officier de considération, hamilt. Gramm. 5. Cet habit me met en considération, mol. F est. m, 1. Il ne faut pas vous cacher ce que m'a dit un homme de considération, boss. Lett. quiét. 4 H. Leurs richesses les mettent en considérai on dans le monde, id. Fr. d'Ass. 2. Un théatin (pu ne dirigeait que des femmes de la première considération, VOLT. Jeannot. Thaïes fut pendant toute sa vie dans une considération fort distinguée, fén. Thaïes J'ai passé quelques jours dans une maison de campagne auprès de Paris chez un homme de considération qui est ravi d'avoir de la compagnie chez bu, montesq. Lett. pers. 48. Celui qui reste assis dix heures par jour obtient précisément la moitié plus de considération qu'un autre qui n'en reste que cinq, id. ib. "8. Cette considération personnelle, qui ne s'accorde tu au rang m au génie i oui.., mais à la vertu seule, et dont on doit être d'à .tant plus jaloux qu'on esl plus exposé par ses talents ou [.a ses dignités au jugement de se contemporains, d'alemb. Eloges, abbé de Choisi. || X la considération de, par égard pour. Je vous donne ma parole,
CON
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ur Don Piètre, qu'à votre considération, je m'en vais le traiter du mieux qu'il me sera possible mol. Sicilien, se. 19. || En considération de. même sens. On ne l'a conservé dans sa place qu'en considération de son père. || De considération, d'importance, en parlant des choses. Fondée sur des raisons de quelque considération, pasc. Prov. 5. Je sais que le bien est de moindre considération, in. ib. 1. Le bien est de nulle considération devant Dieu, id. ib. 9. Elles se rendirent avec trente autres villes de moindre considération, d'ablancourt, Arrien, i, 8, dans bicheikt. || Vauban l'a employé au pluriel dans le sens d'estime, d'écran! : Je dis de la meilleure foi du monde que ce n'a été ni l'envie de m'en faire accroire ni âem'atiirer de nouvelles considérations qui m'a fait entreprendre cet ouvrage, Dime, p. 1. 1| 5° En style
laire. Je suis avec considération, avec une parfaite considération, avec une considération distinguée, eic. formules polies par lesquelles on termine cor aines lettres. || 6° Motif que chacun considère pour se diriger. Diverses considérations l'ont poité à celte démarche. Je ne puis entrer dans ces considérations. La considération qui l'a fait agir. Je vois que, ledangerdesa fille effaçant toute autre considération, elle ne serait pas fâchée de vous voir ici, j. j. bouss. Uél. i, 27. Ce^ considérations ne sonl pas, je l'avoue, d'une grande importance; aussi ne les donné-je que comme des accessoires, m. Dissert, sur lamusique mod || 7° Auplur. Considérations, titre qu'on donne à quelques ouvrages où l'on considère un sujet sous diverses faces. 11 a écrit des considérations sur l'histoire de France. || 8° Espèce de panier rempli de crin et fait de fer, que portaient les femmes.
— SYN. 1" considération, réputaïion. La considéra ion vient de l'effet que nos qualités personnelles, notre crédit, nos richesses, nos places font sur les autres; aussi est-elle beaucoup moins étendue que la réputation qui, elle, est la connaissance, parmi un public plus ou moins nombreux, du nom, des actions, des oeuvres d'un homme. Tel homme peut avoir de la considération sans avoir de la réputation, la considération étant bornée ou pouvant l'être à un cercle restreint. || 2° considérations, observations, réflexions, pensées. Le terme de considérations exprime cette action de l'esprit qui envisage un objet sous les différentes faces dont il est composé. Celui d'observations sert à exprimer les remarques que l'on fait sur les ouvrages. Le terme de pensées est plus vague et marque indistinctement les jugements de l'esprit. Les Considérations deMontesquieu sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains. Les Observations de l'Académie sur le Cid. Les Pensées de Pascal, beausée.
— K1ST. xiie s. Lo mantel mettre sur lo viaire est covrir la pense [la pensée] de la considération de sa floiheteit, que ele haltes choses n'oset encerchier, Job, 488. || xive s. Il appert que la considération et lacognoiss nce de telle fin appartient a ceste science civile, oresme, Eth. 1 1 1. Une [partie de l'âme] est vers laquelle l'en a speculacion et contemplacion ou consideracion vers les choses de quoy les ymages sont nécessaires, id. ib. )7u .Enquérir de ceste chose parfaitement est plus propre à autre considération, id. ib. 2o. Cest exemple n'est pas à passer sans considération, oresme, Thèse de meunier. || xve s. Et eut là certains articles de traités faits, jetés et accordés sur grands considérations et alliances, et toutes promises et jurées à tenir, froiss. i, i, 3h. || xvr s. Pourtant il n'y a plus de considération de Juif ne de Grec, de circoncision ne de prépuce; mais Christ est en tous, calvin, Instil. 34s). Je n'y ai eu nulle considération de ton service, ny de ma gloire, mont. Au lecteur, p. xi. En considération de cela. m. i, 16. Exemple remarquable, pourcette consideration, m. i, 6. Ces considérations ne destournent pas un homme d'entendement de.... m. i, 120. En leur considération, je diray encores cecy, car je désire de contenter chascun, id. m, 375. M. l'Admirai, qui estoit homme de grande considération [prudence], lanoue, 650. Le dit seigneur meu de bonnes et grandes considérations, condé, Mémoires, p. 670.
— ÉTYM. Provenç. consideracio ; espagn. consideracion ; ital. considéra zione; du latin considerationem, de considerare, considérer.
i. CONSIDÉRÉ, ÉE (kon-si-dé-ré, rée) , part, passé. || 1° Examiné. Cette affaire considérée attentheraent. Plus d'une fois je me suis étonné Que ce qui fait la paix du mariage En est le point le moins considéré, la font. Calendr. Tout bien considéré, je le soutiens en somme Que scélérat pour scélérat, Il vaut mieux être un loup qu'un homme, la font. Yabl. xii, i. Je ne me sens point propre aux soins
d'une famille, Et, tout considéré, j'aime mieux rester fille, regnard , Distrait, iv, l. || En ternies de pratique. Ce considéré, il vous plaise ... || On a ditautrefois considéréque.aveclesensde pourvu que, attendu que. || 2" Regardé comme. Cet ingénieur considéré comme très-habile. || 3° Estimé. Et par son alliance il se crut assuré D'être plus redoutable et plus considéré, corn. Poly. i, 3. Vous êtes chez lui la plus considérée, id. Cinna, I, 2. L'un des plus considéras de cette compagnie, pasc. Prov. 6. Il n'abandonnait sa patrie que pour se rendre plus capable de la servir et pour y revenir un jour plus utile et plus considéré, condorcet, llaller.
t 2. CONSIDÉRÉ , ÉE (kon-si-dé-ré , rée), adj. Réfléchi, circonspect. La subtilité de l'intelligence, la solidité du jugement, la hardiesse considérée ne sont pas des elmses volontaires, balz. 7° dise, sur la cour. Il n'y a rien de moins attentif ni de moins considéré que les enfants, boss. dans le Dict. de
DOCIIEZ.
— étym. Considéré i.
t CONSIDÉRÉMENT (kon-si-dé-ré-man) , adv. Avec circonspection. La raison doit aller considérément d'une chose à l'autre, boss, Serm. Quing. i.
— ÉTYM. Considéré 2, et le suffixe ment; provenç. cossiradament.
CONSIDÉRER (kon-si-dé-ré ; l'accent aigu se change en accent grave devant une syllabe muette: je considère, excepté au futur et au conditionnel: je considérerai , je considérerais; à la vérité l'Académie ne donne ni considérerai, ni considérerais: mais comme elle met l'accent aigu dans les cas de ce genre, bien que par une anomalie regrettable, il faut la suivre), t. a. || 1° Regarder attentivement. Considérer un édifice, un tableau. Hé bien! Qu'est-ce? M'as-tu tout parcouru pai ordre? M'as-tu de tes gros yeux assez considéré? mol. Amph. ai, 2. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre, ébranlé partantde coups, boss. Anne de Gonz. Il s'arrêta dans un endroit où le boyau faisait un angle avec la parallèle; il se mit à genoux sur le talus intérieur, et, appuyant ses coudes sur le parapet, resta quelque temps à considérer les travailleurs qui construisaient les tranchées à la lueur des étoiles, volt. Charles XII, 8. || Fig. Faire un examen attentif. Et pour dire en un mot ce que j'en considère [pense], corn. Cid, iv,5. La route en est mal sûre, à tout considérer, corn. Nicom. iv, 4. Ne considérez rien ou considérez tout, rotrou, Anlig. n, 4. Quiconque en pareil cas se croit haï des cieux, Qu'il considère Hécube, il rendra grâce aux dieux, la font. Fabl. x, <3. Quand on considère de plus près l'histoire de ce grand royaume et particulièrement les derniers règnes, boss. Heine d'Anglel. Considère, Phénix, les troubles que j'évite, rac. Andr. n, 5. Les hommes donnent volontiers à la philosophie leurs maux à considérer, mais non pas à guérir,- fonten. Dial. iv, Morts anc. Sans considérer que ces choses sont éloignées l'une de 1 autre, comme le ciel l'est de la terre, d'ablancourt, Lucien, Comment écrire l'histoire. || 2° Avoir égard à, tenir compte de. Ne considérez point cette grandeur suprême; Traitez-moi comme ami, non comme souverain, corn. Cinna, n, 2. Mon bras, dont ses mépris forçaient la retenue, N'eût plus considéré César ni sa venue, id. Mort de Pomp. n, 4. Pour moi, ce que je considère particulièrement, c'est que par le moyen de ces visites spirituelles, on est instruit de cent choses qu'il faut savoir de nécessité, mol. Préc. rid. se. 10. Comme vous êtes roi, vous ne considérez Qui ni quoi; rois et dieux mettent, quoi qu'on leur die, Tout en même catégorie, la font. Fabl. v, 18. Ne considérez point que je suis votre mère; Considérez en moi celle de votre frère, rac. Théb. iv, 3. Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire, Ne considère point le reproche ou la gloire, volt. Mort de Ces. m, 2. || 3" Estimer, faire cas de. C'est un homme que je considère beaucoup. Votre père y commande , et l'on m'y considère, corn. Poly. il, 4. Je t'ai considéré plus que tu ne mérites, m. ib. v, 2. Votre marâtre y règne et le roi votre père Ne voit que par ses yeux, seule la considère, id. Nicom. i, 1. L'époux avait toujours considéré sa femme, la font. Faucon. On considère un bon géomètre, fén. Tél. m. ||4° Juger, réputer. Les soldats le considéraient comme un père. On doit considérer cet événement comme la source de tous nos malheurs. || 5° Se considérer, v. rêfl. Se regarder, s'examiner. Le cerf qui se considérait dans la fontaine. L'âme qui se considère. || S'estimer. Seul il se considère, il s'aime et non pas moi. rotrou, Vencesl. il, i. Mais elle seule enfin s'aime et se considère, corn. Jiodog. n, 4. Mais où trouvera
t-on une Ame si purgée, Qu'elle aime à servir Dieu sans se considérer. Et ne cherche en l'aimant que l'heur de l'adorer? corn. Imit. Il, M. || Se juger. Se considérer comme un personnage. Je me considère comme votre ami. || S'estimer mutuellement. Ils se considèrent l'un l'autre. |1 Etre considéré, aperçu. Le naturel de chacun se considère en deux manières, pasc. dans le Dict. de poitevin. || Etre pris en considération, être pesé. S'il est juste d'ailleurs que tout se considère , Que bas .rdait Pompée en suivant votre père? corn. Pomp. i. 3.
— HtST. xive s. Vous consid rastes que le peuple romain a bien esté sut1 touz li souverain, bercheiirf, 1" I. Mesrnement considéré que illecques sont baillées certaines règles, bons enseignemens , belles hystoires.... oresme, Eth. Prol. Et selon les passions absolument considérées, nous ne sommes diz ne lions ne malvès, id. ib. 42. L'excellence et vertu de l'œuvre, c'est que elle soit grande et bonne et tele que elle soit digne de estre considérée à grànt admiracion, m. ib. H4. Le charpentier et le geometrien enquerent et considèrent de la line droitte, m. ib. x (i«). Gilet considérant l'almsion que vouloit faire et avoir icellui Loys, du cange, abusio. || XV s. Si que , tout cons deré , [les Anglois] se traïrent à Mauros, et là se logèrent, froiss. n. II, l'i. À tout considérer, si Angleterre se perdoit, ils perdroient trop [dus que nous, m. u, m, 45. Gens vinrent de tous costés pour le voir, et considérer le grand estât qu'il mainlenoit, id. i. i, 71. Le pays [de Flandre] estoit si plein et si rempli de biens que merveilles seroit à raconter et à considérer, id. n, n, 52. Uns saiges homs considerans en soy Quel chose estoit à prince nécessaire, e. descii. Ce qui est nécessaire aux rois. Considéré leur grant despence et que la saison se passoit , çomm. iv , 5. || xvr' s. X la lecture des histoires, j'ay accoustumé de considérer qui en sont les escrivains , mont, i, 5R. Il estoit à considérer la grandeur démesurée de ses forces au passage de l'Hellespont, id. i, 27 i. Il s'approcha à cheval le plus près qu'il peut du Cousteau [coteau] pour le recognoistre et considérer de près la nature du lieu, amyot, Scrtor. 23.
— ÉTYM. Provenç. cossirar, considerar ; anc. citai, consirar; espagn. considerar; ital. considerare ; du latin considerare, de cum, et sidus, tideris, astre, étoile (voy. sidéral), de sorte que, dans le latin . considerare a un rapport avec la contemplation des astres.
CONSIGNAT/AIRE (kon-si-gna-tê-r') , x. m. || 1° Dépositaire préposé à la réception et à la garde des dépôts et consignations. || 2° Terme de commerce maritime. Négociant ou commissionnaire auquel on adresse un navire ou des marchandises.
— ÉTYM. Consigner.
t CONSIGNATEUR (kon-si-gna-teur) , Terme de commerce. Celui qui fait une consignation de marchandises dans une maison de commission.
CONSIGNATION (kon-si-gna-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Dépôt d'une somme ou autre objet entre les mains d'une personne publique. Kare une consignation au greffe. || Anciennement dépôt d'argent pour l'achat d'une charge. Qui attendent d'un mariage à remplir le vide d'une consignation, la bruy. vu. || La caisse des dépôts et consignations, caisse publique qui reçoit seule les dépôts et consignations des particuliers et les fonds de divers établissements, [i Terme de droit. Consignation d'amende, dépôt, préalablement à certains actes, de l'amende qui peut être encourue. Consignation d'aliments, somme préalablement exigée du créancier qui veut contraindre par corps son débiteur. || 'ferme de commerce. Marchandises à la consignation d'un tel, marchandises dont un tel est le cosignataire.
— HIST. xvie s. Estans advertiz que les religieuses vestales avoient quelques consignations et autres deniers mis en depost et en garde entre leurs mains, ilz les allèrent enlever par force, amyot, Anton. 24.
— ÉTYM. Lat. consignationem, de consignait (voy. consigner).
1. CONSIGNE (kon si-gn'), s. f. || 1° Ordre et instruction qu'on donneàune sentinelle, à un chef d ! poste. Uonner, lever, obsener, violer, forcer la consigne. Non, non, vous ne passerez pas, Dit le soldat, c'est ma consigne, bérang. Convoi de David. || Familièrement, manger la consigne, ne pas la faire observer. || Défense de sortir par punition militaire ou par mesure d'ordre. || Grande pancarte où sont imprimés les articles qui concernent une consigne. || Petite armoire grillée dans laquelle on enferme les ordres du jour. || Détail des objets de mobilier qui composent un poste. || Dans les écoles du gouvernement et les collèges, punition qui consiste
CON
en une privation de sortie. || Terme de manne. Lieu dans les bâtiments de guerre où l'on conserve une lampe allumée dans un fanal. Poste situé dans le 'aux pont, où se tient le caporal de garde et d'où doivent partir les feux d'éclairage. || 2° Par extension, tout ordre donné à quelqu'un qui est chargé de garder l'entrée d'un lieu.
— ÊTYM. Voy. consigner. Génev. consine.
2. CONSIGNE (kon-si-go'),s. m.Celuiquiestaposté à la porte d'une place de guerre, pour tenir registre de tous les étrangers qui s'y présentent. On dit aussi portier consigne. || Garde de santé dans les lazarets.
— REM. L'Académie ne dit pas le genre de ce mot; mais Richelet le dit expressément masculin; et en effet tel doit en être le genre.
- ÊTYM. Voy. CONSIGNER.
f 3. CONSIGNE (kon-si-gn'), adj. Ancien terme d'algèbre. Quantités consignes, quantités qui ont les mêmes signes.
— ÊTYM. Con, et signe.
CONSIGNE, ÉE (kon-si-gné, gnée), part, passé. || i° Mis en dépôt. Somme consignée, jj 2" Relaté. Ce fait consigné dans nos annales. Événements consignés en partie dans les écrits d'Homère, en plus grand nombre dans un recueil intitulé Cycle épique, où différents auteurs ont rassemblé les anciennes traditions de la Grèce, barthél. Anacharsis, 71. || 3° Qui a reçu défense de sortir. Cet officier consigné dans sa chambre. || Consigné, se dit aussi des élèves d'un collège, de l'école polytechnique, de l'école normale, que l'on pri.'e do sortir.
CONSIGNER (kon-si-gné), v. a. || 1° Déposer une somme en garantie, ou pour qu'elle soit délivrée en temps opportun. Consigner de l'argent, une somme. Un dépôt que l'on consigne entre tes mains, boss. i, Pdq. 2. Caretti le guérit parfaitement [ M. de la Feuillade] ; il était fort cher pour ces sortes d'entreprises, et faisait consigner gros, st-sim. 56, 296. || Consigner une amende, déposer une amende qui par l'événement peut être encourue. || Consigner des aliments , déposer la somme nécessaire pour la nourriture du débiteur soumis à la contrainte par corps. || Terme de commerce. Mettre des marchandises en dépôt dans une maison comme nantissement d'une somme empruntée. || Absolument. Aller de pair avec Thrason qui veut se marier et qui a consigné [déposé son argent au trésor public pour une
grande charge], la bruy. vu Je vois bien qu'un
rival domestique Consigne entre tes mains pour avoir Angélique, regnard, le Joueur, i, 2. || Consigner en papier, donner un billet portant obligation de la somme que l'on doit consigner. || 2" Enregistrer des marchandises sur les livres des voituriers publics. || 3° Terme de commerce maritime. Adresser un navire ou des marchandises à un consignataire. || 4° Citer, rapporter dans un écrit. On a . onsigné cette circonstance au procès-verbal. || Par extension. Lorsqu'un objet se présente à notre œil.... il produit nécessairement des impressions que l'esprit ne peut s'empêcher de recevoir et de consigner en lui-même , dumarsais, Rais. Œuvres , t. vi. p. a, dans pougens. |! 5° Infliger la punition de la consigne ou la commander par mesure d'ordre. On l'a consigné pour huit jours. L'école a été consignée. || Consigner quelqu'un, donner ordre qu'il ne soit pas reçu. Je l'ai, consigné à ma porte. || 6° V. n. Donner une consigne à une sentinelle, à un gardien. On lui a consigné de ne laisser entrer personne sans billet.
— HIST. xve s. Sçavez que feistes prendre à Paris la somme de quarante mille cinq cens vieulx escus que M le duc de Bretagne avoit consiné à vostre court de parlement, Lettre du temps de Louis XI, Bibl. des Chartes, 4e série, t. i, p. <9. || xvie s. .... Â quelle heure ils furent mis dedans leur première prison, à qui consignez.... m. nu bellay, 486. 11 ne voulut pas seulement voir l'or et l'argent ,ains les feit seulement livrer par compte et consigner entre les mains des questeurs et trésoriers, amyot, P. Mm. 48. Glaucias consigna sur l'heure mesme l'enfant entre les mains de sa femme, et luy commanda de le faire nourrir avec les siens, ïd. Pyrrhus, 5. Soubs condition que non seulement il jouïroit des pais et provinces qui luy avoient esté consignés en gouvernement, mais que encore luy en adjouxteroit on d'autres, in. Eumènes, 9 Et les consigna [ceux qui avaient trahi Eumènes] entre les mains du gouverneur de la province, luy donnant très exprez commandement de les perdre et mettre à maie fin, mont, m , 247.
— ÉTYM. Génev. consiner ; provenç. etespagn. consignar; ital. consegnare; du latin consignare , de cum, tlsignare, marquer (voy. signer).
t CONSIM1LITUDE (kon-si-mi-li- tu-d') , s. f. Terme didactique. Egalité, convenance mutuelle.
D1CT. ne I A LANGUE FRANÇAISE.
CON
— ÊTYM. Con, et similitude.
CONSISTANCE (kon-s-i-stan-s') , s. f. || 1" Etat de
stabilité, de solidité. Je n'examine point quelle fut la consistance de la monarchie sous François Ier, PAThii, Plaidoyer 4, dans richelet. Je n'étais pas en trop bonne consistance, voit. Lett. 2«. Leur gloire n'a pas de consistance assurée, mass. Pet. Car. Triomphe. Notre consistance dans la vertu est un miracle de la grâce, id. Car. Tiéd. 2. Toute leur vie [des mondains] est une agitation éternelle que rien ne peut fixer, et qui ne leur laisse pas plus de consistance ici-bas qu'à la poussière qui devient le jouet des vents, mass. Profess. relig. 3. Il a fallu que la noblesse eût une certaine consistance, afin que le propriétaire du fief fût en état de servir le nrince, montesq. Esp. vi, t. Elle m'a assuré que l'impératrice jouissait d'une admiration si méritée.... que sa consistance sur le trône ne dépendait plus de personne, dider. Sur la princ. d'Ash. C'est une monnaie dont l'alliage fait la consistance, marmont. Contes moraux, Alcib. La reconnaissance due au ministre qui a donné le premierplus d'étendue et de consistance à ces travaux [la correction des cartes marines], condorcet, Maurepas. || Letemps qu'il faitn'a point de consistance, il est mal assuré, Dict.del'Acad. U Le plus haut point de développement en parlant des êtres vivants, et particulièrement desanimaux et de l'homme. Age, temps de consistance. L'état d'accroissement, de consistance et de diminution. Avant que l'habitude du corps soit acquise, on lui donne celle qu'on veut sans danger; mais, quand une fois il est dans sa consistance, toute altération lui devient périlleuse, j. J. rouss. Ém. i. || Par extension, en parlant des choses, état de consistance, le terme où elles se tiennent solidement, et ne montrent aucun signe de changement. Les affaires sont dans un état de consistance. || Un bruit sans consistance, un bruit sans autorité. || Un homme sans consistance, un homme sans considération, ni crédit. || Un esprit sans consistance, un esprit sans fermeté. || Prendre, acquérir de la consistance, en parlant des personnes, gagner en crédit, en tenue; en parlant des choses, se confirmer. Cet homme prend de la consistance dans sa compagnie. Le bruit d'un soulèvement avait pris de la consistance. || 2° Terme didactique. Degré de rapprochement ou de liaison des molécules d'un corps, qui fait que ce corps oppose plus ou moins de résistance aux corps qui agissent sur lui et tendent à le diviser. Faire évaporer un liquide jusqu'à consistance de sirop. La cire a moins de consistance que la résine. Ce feu [du Tartare] ne laisse aucune consistance et il ne consumerien; il dissout jusqu'aux premiers principes de la vie, et on ne peut mourir, fén. Tél. xviii. || 3° État, contenance. La consistance de ce bois est de plus de cinq cents arpents. Il faut savoir la consistance des effets et des dettes d'une succession.
— HIST. xvie s. Les différences des os sont prises des apophyses, epiphyses.... consistence, magnitude, nombre, figure, situation, paré, ii, 4. L'humaine sagesse s'en prescriroit d'aultre [devoir] au delà, où elle aspirast toujours et pretendist : tant nostre estât est ennemy de consistance, mont, iv, 131.
— ÉTYM. Consistant; provenç. et espagn. consistencia ; ital. consistenza.
CONSISTANT, ANTE (kon-si-stan, stan-t'), adj. || 1' Qui a de la consistance. Un système consistant. Un homme consistant. || 2° Qui a une certaine cohésion. Les corps consistants. Des sirops consistants. || 3° Qui consiste en, qui est composé de. Un domaine consistant en bois, terres labourables, etc. Une escadre consistant en vingt vaisseaux. || 4° S. m. Classe de pénitents qui, chez les premiers chrétiens, assistaient aux mystères sans pouvoir communier.
CONSISTER (kon-si-sté), v. n. || 1° Subsister, se maintenir. Sans quoi l'Église ne peut consister , boss. vi, Véture, i. Une église ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner, FÉN. t. n, p. 63. || 2" Etre constitué par. Son revenu consiste en rentes sur l'État. Je vois que votre honneur demande tout mon sang; Que tout le mien consiste à vous percer le flanc, corn. Ilor. n,3. Quoi! si ton amitié pour Cinna s'intéresse, Crois-tu qu'elle consiste à flatter sa maîtresse? m. Cinna, iv, 6. Son bonheur [d'un sage] consistait aux beautés d'un jardin, la font. Fabl. xn, 20. Là, son unique compagnie Consistait aux oiseaux, m. Oies. Elle ne consiste qu'en l'usage de certaines paroles, pasc. Prov. 8. La dignité consistait à user et dominer sur les créatures, id. Rel. 2. Ce désintéressement qu'ils font consister dans la suppression des demandes, boss. Or. G. Je demandai à Mentor en quoi consistait l'autorité du roi [dans l'île de Crète], fén. Tél.
CON
v. Ils doivent faire consister leur bonheur dans la modération, id. ib. xu. Et la félicité des cœurs tels que les nôtres Consiste à tout quitter pour le bonheur des autres, volt. Zaïre, n, i. || Le tout consiste à savoir, c'est-à-dire ce qu'il y a de principal, de plus important dans une affaire , dans une question est que.... || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xive s. Sache que j'ay toutes puissances De substanter toutes essences, Et les essences consister En matière et forme exciter, Nat. à Valch. err. 403. || xvie s. Si nostre sanctification consiste au renoncement de nostre propre volonté, calv. Instit. 295. Nostre courage, estant en soy confus, se reconforte en Dieu : estant abbatu, se redresse en iceluy : se défiant de soy, consiste en l'espérance qu'il a en lui, id. ib. 43 9. On dit qu'il est impossible que deux religions puissent consister en un mesme
Estât, lanoue, 35 Et n'approuvera autre vie,
que celle qui consiste à faire le braguard en la maison, id. lie. Les reytres devroyent plustost que nuls autres estre défenseurs de ceci, pource que leur réputation y consiste, id. 308. Sans ce soulagement, elle [l'armée] n'eust peu consister, id. G2». Le roy consiste, quand le champ est labouré, o. de serres, Dédie. Un frère en qui consistait l'appuy de sa maison, mont, i, 6. L'estimation et le prix d'un homme consiste au cœur et en la volonté, id. i, 24 2. Es choses qui consistent en action, il fault avoir mis la main à l'œuvre, amyot, l'réf. ix, 35. La prudence enseigne le poinct du milieu, auquel consiste toute louable action entre deux vicieuses extrémités du peu et du trop, id. ib. xi, 38.
— ÉTYM. Lat. consistere, de cum, et sistere, fixer, forme dérivée de stare (voy. stable)
CONSISTOIRE (kon-si-stoi-r'), s. m. || 1° Assemblée de cardinaux convoquée parle pape, et lieu où se tient l'assemblée. || Nom de la principale cour ou tribunal de Rome , qui se tient avec beaucoup de solennité et de splendeur, et dans laquelle le pape, en habits pontificaux, préside aux cardinaux. || Consistoire secret, consistoire qui se tient dans une chambre particulière, où le trône du pape n'est élevé que de deux degrés, où les cardinaux seuls sont admis, et où l'on recueille leurs suffrages à chaque débat. Les bulles pour les évèchés et les abbayes ne s'accordent qu'après avoir été proclamées dans ce consistoire. || 2° Parmi les protestants, consistoire, conseil ou assemblée qui est composé de ministres et des anciens des églises. Le consistoire, établi pour veiller sur les mœurs, n'inflige que des peines spirituelles, d'alemb. Gouv^rn. genevois. Qu'est-ce que sévir de la part du consistoire? C'est excommunier et déférer au conseil, j'. J. rouss. Lettres de la Montagne, v. Le duc d'Hanovre fit assembler le consistoire pour rompre son mariage, st-sim. 27, 56. || Une des divisions ecclésiastiques des pays protestants. || Consistoire central, assemblée supérieure à tous les consistoires locaux. La consistoire de la confession d'Augsbourg. || Consistoire Israélite, conseil qui dirige les affaires de la religion judaïque. || 3" Familièrement et par plaisanterie. Tant et- tant fut ce discours répété Qu'enfin Satan dit en plein consistoire : Si ces gens-ci disent la vérité, Il est aisé d'augmenter notre gloire, la font. Belph.
— HIST. xu" s. Al consistorie od lui ne remist [resta] nuls hum vis; Ociseiir felun li furent dui.c tramis, Th. le mart. 94. || an" s. Estes les vos avant venuz X grant joie et à grant baudor Devant le roi el consistor, Ren. 8864. Ceus lient, bâtent, fusteni, pendent, Huilent, bercent, escorchent, foulent, Noient, ardent, greillent et boulent Devant les trois prevoz leans, En plain consistoire seans, Ceus qui firent des félonies, la Rose, 20044. Car il par amors, sans haine, A sa belle fille Virgine Tantost a la teste copée, Et puis au juge présentée Devant tous en plain consistoire, ib. 5663. || xiv" s. Au palais sont venus, où li papes puissans En consistoire fu avec ses clers sachans , Guescl. 13146. Le prétoire des consuls, c'est leur consistoire, bercheure, f°43, verso. || XV s. Là y eut grant consistoire de ceux qui faisoient la traïson, fenin, 1419. || xvic s. Christ a esté mené du consistoire à la mort, et pendu entre des brigans, cu.v. Instit. 390. Du commencement chacune église a eu comme un conseil ou consistoire de bons preudhommes, id. ib. 851.
— ÉTYM. Provenç. consistori ; ital. consistorio; du latin consistorium, de consistei'e, être assis, siéger (voy. consister). Au xir siècle, l'orthographe orie (consistorie) est l'orthographe usitée pour représenter le son oire.
CONSISTORIAL, A LE (kon-si-sto-ri-al, a-1'), adj. || 1° Qui appartient au consistoire tenu par le pape.
CON
CON
CON
Il Bénéfices consistoriaux, évêchés ou bénéfices dont le- bulles sont expédiéps par voie de consistoire. Il demanda un induit pour les bénéfices consistoriaux de la Dresse, patru, Plaid. (4, dans richelet. La somme totale des rentes de tous les bénéfices consistoriaux sera portée à environ seize millions, volt. Louis XIV, 35. |[2° Qui appartient à un consistoire protestant ou israélite. Ecoles consistoriales.
— HlSï. xvie s. Les simples, et ceux qu'ils appelaient consistoriaux ne purent jamais espérer bien de cet homme ni de tous ceux que l'ame et la conscience n'avoient pas unis, d'aub. Hist. il, 158.
— ÊTYM. Consistoire.
CONSISTOR1ALEMENT (kon-si-sto-ri-a-le-man),
adv. En consistoire-, selon les formes du consistoire.
— ÊTYM. Consistoriale, et le suffixe ment.
j CONSISTOIU ALITÉ (kon-si-sto-ri-a-li-té) , s. f. Terme de chancellerie apostolique. Qualité de ce qui est. consistorial ; forme observée dans les expéditions du consistoire.
— ÊTYM. Consistorial.
t CONSISTOR1ER (kon-si-sto-ri-é), v. a. Terme de chancellerie apostolique. Considérer, décider en consistoire.
— ÊTYM. Consistoire.
fCONSOEUR (kon-seur). s. f. Se dit des femmes associées à une même confrérie, et des religieuses du même couvent ou du même ordre.
— ÊTYM. Con, et sœur.
CONSOLABLE (kon-so-la-bl'), adj. Qui peut être consolé. Dom Carlos eût pu recevoir quelque consolation de ces belles promesses, si le malheur de son amour lui eût permis d'être consolable, scarr. Rom. corn. 2e part. ch. 14. Maintenant qu'il leur semble que le présent durera toujours, lorsque l'un de ces ministres de la mort leur vient signifier l'arrêt du destin, ils ne sont pas consolables, d'ablancourt, Lucien, Caron. || En parlant des choses. Douleurs consolables.
— REM. L'Académie dans ses Observations sur Vaugelas, p. 584, dit: «On ne croit pas que consolable se dise de la douleur aussi bien que de la personne affligée.» C'est un scrupule mal fondé. On peut voir au mot consoler que d'excellents auteurs ont dit consoler la douleur.
— ÊTYM. Lat. consolabilis, de consolari, consoler. CONSOLANT, ANTE (kon-so- lan, lan-t'), adj.
Qui console ou est propre à consoler. Il est bien consolant pour un père de voir ses enfants prospérer. Voilà une vérité bien consolante pour vous, mass. dans GiRAULT-nuviviER. Honorez le malheur par des soins consolants, nucis, Abuf. i, t. Sa loi, sa morale est consolante et pure, volt. Ali. I, 4. L'honneur consolant de mourir à vos yeux, id. Tancr. \,t. Et des mots consolants sont sortis de sa bouche, delille, Lmag. ch. vin. || Familièrement. Cet hommelà n'est guère consolant, ce qu'il dit n'est pas fait pour rassurer. Cette maxime n'est pas neuve, mais elle est consolante. Son laconisme peu consolant n'était d'ailleurs réparé ni par sa figure ni par ses manières, fonten. Littre.
CONSOLATEUR, TRICE (kon-so-la-teur, tri-s'),s. m. et /. || 1° Celui, celle qui console. Eh! messieurs, laissez-moi mourir.... et finissez vos pleurs. Pointdu tout; les consolateurs De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent, la font. Fo.bl. xn, 6. De mes douleurs noble consolatrice, campknon, VEnf. prod. cli. iv. J'y trouve un consolateur Plus affligé que moi-même, j. b. rouss. Odes, II, 2. Le consolateur le plus tendre parait un indifférent qui déplaît; nous voudrions que tout ce qui nous approche prit le sentiment qui nous possède, fonten. Bonh. Nous n'avons d'espérance qu'en ma consolatrice; nous devions tout à la chaleur qu'elle met dans ses bons offices, volt. Lelt. Mme de St-Julien, 21 sept. ("75. j| 2° Adj. Un espoir consolateur. Ceux qui dans leurs tourments me baignent de leurs larmes et cherchent un Dieu consolateur, volt. Mernmius, vi. Tes soins consolateurs charmèrent mes ennuis, m. j. Chénier, Gracques, i, 4. Les arts consolateurs vont embellir nos villes, id. ib. i, 2. Et quand la mort viendra frapper votre jeunesse Vous chercherez partout des yeux consolateurs, id ib. v, 3. Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice; Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir D'une telle blessure, et que sa cicatrice Fût si douce à sentir, a. demusset, J'oésies nouv. Souvenir. || L'Esprit consolateur, ou, simplement, le Consolateur, le Saint-Esprit.
— HIST. xvi* s. Je prieray le Père, et il vous donnera un autre consolateur, assavoir l'Esprit de vérité, calvin, Instil. 928. Or, encores que ces remonstranees fussent grandement consolatrices, carl. Il, 11, Si le latin je veux apprendre, Pour parler
avec tant d'autheurs Sages, sçavans, consolateurs,
— ÊTYM. Lat. consolator, de consolari, consoler; provenç. consolaire au nominatif, consolador au régime; espagn. consolador ; ital. consolatore. Si ce mot se trouvait dans l'ancien français, il serait au nominatif consolere, et au régime consoleor.
CONSOLATIE, IVE (kon-so-la-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de consoler. Je vous commencerai ce que j'ai à vous dire par un discours bien consolatif à ceux qui ont assez de liberté d'esprit pour le. concevoir au fort de la douleur, pasc. Lettre à sa sœur sur la mort de leur père. Je vous dirai sur cela un beau mot de saint Augustin, et bien consolatif pour de certaines personnes, pasc. dans cousin. Je suis homme consolatif, homme à m'intéresseraux affaires des jeunes gens, mol. Scap. I, 2.
— ÊTYM. Lat. consolativus , de consolari, consoler.
CONSOLATION (kon-so-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Allégement de ce qui peine. Être privé de consolation. Écrire une lettre de consolation. J'ai de la consolation à penser que. vous prenez part à mes peines. A un si grand malheur que le mien, il ne fallait pas une moindre consolation que celle que vous m'avez donnée, voit. Lelt. 32. Ce fut un grand bonheur pour moi de recevoir tant de consolation, id. ib. 20. Vous aurez la consolation qu'elle sera morte dans les formes, mol. Am. méd. n, 5. Tu peux me donner une dernière consolation, fén. Tel. xv. Il n'aura pas même la consolation de cacher sa honte, id. ib. xvm. La sûreté de notre zèle, la consolation de nos dégoûts, mass. Myst. Purif. (. Votre douleur même porte avec elle la plus flatteuse des consolations, le secret témoignage de ne souffrir que parce que vous avez une belle âme, volt. Lelt. d'Argental, 23 déc. (774. L'amitié est la consolation de ceux qui se trouvent accablés par les sots et par les méchants, volt. Lelt. Helrétius, 1 I mai 176(. Ce n'est pas une médiocre consolation pour moi de voir mon opinion sur cet ouvrage si bien confirmée, volt. Lelt. Chatellux, 10 mars 1775. || 2° Sujet de satisfaction ou d'allégement de peine. C'est une grande consolation pour un père de voir ses enfants se porter au bien. Ses maladies lui ôtèrent la consolation qu'elle avait tant désirée, d'accomplir ses premiers desseins et de pouvoir achever ses jours sous la discipline de Sainte-Fare, boss. Anne de Gonz. Quand on rampe dans un petit coin de notre Occident et quand on n'a que deux jours à vivre, c'est une consolation de laisser promener ses idées dans l'antiquité et à six mille lieues de son trou, volt. Lett. Mme du Défiant, 13 août (773. Il 3" Raisons que l'on emploie pour consoler quelqu'un. Adresser, recevoir des consolations. Ma consolation vous serait superflue, corn. Hor. v, 2. Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les violentes afflictions, j. j. rouss. Hél. n , 2. j| Titre de quelques ouvrages de philosophie morale. Les Consolations de Boèce. || 4° La personne ou la chose même qui peut consoler. Les malheureux dont elle fait la consolation, sév. 394. Vous serez ma consolation dans cette solitude, fén. Tél. i. Vous ne devez vous permettre ni repos ni consolation tant que vous les verrez [vos ouailles] dans ces dispositions criminelles, mass. Confér. zèle pour le salut des âmes. || 5° Terme de jeu de cartes. Fiche de consolation, celle que l'on donne en surcroît de bénéfice. || Fig. Fiche de consolation, dédommagement, adoucissement. On l'a envoyé en province, mais, pour fiche de consolation, on a augmenté son traitement. || Populairement. Débits de consolation, nom qu'on donne, par dérision, aux cabarets où l'on débite de l'eau-de-vie aux gens du peuple.
— SYN. avoir de la consolation à faire quelque