‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 406 sur 462 · CHOSE ; AVOIR LA CONSOLATION DE FAIRE QUELQUE · texte numérisé non relu

CHOSE ; AVOIR LA CONSOLATION DE FAIRE QUELQUE

chose. La première phrase se dit d'une consolation que l'on se fait à soi-même, d'une chose à laquelle on attache de la consolation : J'ai de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. La secomle se dit d'une chose qui est vraiment une consolation par sa nature : Il vous en coûtera , sans doute; mais il y va de ma vie, et vous aurez la consolation de m'avoir sauvé, marmontf.l.

— HIST. xne s. Les tues consolatiuns esledecerent [réjouirent] la meie aneme [àme], Liber psalm. p. 138. || xive s. Or ont li cristien, à leur maleïchon, Dedens Jherusalem , en consolation , Couronné comme roy Godefroy de Buillon, Baud. de Seb. iv, 408. || xve s. Si se continua toute celle semaine en grand consolation [réjouissance], et se continuèrent les festes, froiss. liv. n, p. 275, dans lacurne. || xvie s. Ces promesses pleines de singulière conso-

lation, calv. Instit. 928. Une consolation commune me desconsole et m'attendrit, mont, m, soi.

— ÊTYM. Provenç. consolation ; espagn. consolacion; ital. consolazione ; du latin consolationem , de consolari, consoler. Consolation, sienifiant en termes de jeu les fiches de surcroît que l'on donne à celui qui gagne, vient du sens qu'a eu jadis consolation, celui de réjouissance.

t CONSOLATOIRE (korvso-la-toi-r') , adj. Qui a pour hut de consoler. Epître, discours consolatoire.

— hist. xvie s. Après quelques propos consolatoires pour l'allégeance du deuil paternel.... yver, p. 630. La lettre consolatoire de Plutarque à sa femme, mont. Lettres, in.

— ÊTYM. Lat. consolatorius , de consolari, consoler.

CONSOLE (kon-so-F), s. f. \\ 1° Terme d'architecture. Pièce en saillie, qui sert à porter des vases, des figures, ou à soutenir une corniche, un balcon. On dit aussi corbeau. || 2° Meuble sur lequel on pose des bronzes, des vases, etc. || 3° Terme de musique. Partie qui couronne une harpe et qui renferme les chevilles. || 4° Partie du rocher qu'on laisse en saillie dans un des angles d'une ardoisière. || Partie d'une pièce de bois qui est coupée en pointe, ou en diminuant par le bout. || Enroulement de fer pour appuyer la balustrade d'un escalier, d'un b.dcon.

— HIST. xvie s. Cest aix-ci régnant à l'entour de l'intérieur du colombier, soustenu ou par consoles de pierre, ou par bouts de chevrons bastis dans le mur, servira de table aux pigeons pour y manger leur viande, o. de serres, 387.

— ÊTYM. Mot peut-être abrégé de consolider, comme le Berry a fait console, la consoude, de consolider.

CONSOLÉ, ÉE (kon-so-lé, lée), pari, passé. Un père mal consolé de la perte de son fils. Les larmes de Lazare sont essuyées, ses afflictions consolées, mass. Car. Riche. L'humanité te vit et sourit consolée, delille, Pitié, iv. || Par extension. L'onde, en son lit écoulée, À la terre consolée Rend ses premières couleurs, j. b. rouss. liv. i, Épodes. Coulez , bons vins ; femmes, daignez sourire ; Et l'univers est consolé, berang. Nature.

CONSOLER (kon-so-lé), v. a. ||1° Alléger l'affliction, les souffrances. Cet espoir me console. On se peut assurer Qu'il [l'amour] est maître équitable, et qu'enfin il console Ceux qu'il a fait pleurer, malh. v, 26. Quelque déplaisir que je puisse avoir, j'en serais bientôt consolé par le soin que vous prendriez de moi, voit. Lett. (6. Si vous n'en pouvez mieux consoler une mère, Qu'en la traitant d'égale une étrangère, corn. Rodog. v, 4. Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aime.... Lorsque par un regard on peut le consoler.... rac. Brit. m. '. Quand tu me dépeignais ce héros intrépide Consolant les mortels de l'absence d'Alcide.... id. Phèd. i, (.Ma fille, ton bonheur me console de tout, id. Lphig. m, 2. Du moins consolez-moi de [par] quelque heure de paix, rac. Théb. i, 3. Vous connaissez Brutus et l'osez consoler I volt. Brutus, v, 8. Consolez-le du sort, des hommes et de lui, delille, Imag. vi. || Absolument. Il ne sait pas consoler. Le temps console. || 2° Donner de l'allégement aux sentiments pénibles. Pour consoler mon mal et flatter mes ennuis, régnier, Plainte. Je ne viens pas ici consoler tes douleurs, corn. Cid, iv, 2. Ainsi la pieuse reine consolait la captivité des filèles et relevait leur espérance, boss. Reine d'Anglet. Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce? rac. Brit. n, 6. Il était abattu par une douleur que rien ne pouvait consoler, fén. Tél. xvi. Consoler les larmes et récompenser les prières, mass. Car. Laz. Pour consoler l'espoir du laboureur avide, l. rac. lielig. ch. i. Elle retient pourtant des pleurs prêts à couler, De peur d'aigrir des maux qu'elle veut consoler, lamotte , dans desfont.unes. Virgile n'a-t-il pas, d'un vers doux et flatteur, De Gallus expirant consolé le malheur, a. chên. Ep. i. 3 Se consoler, v. réfl. Recevoir de la consolation, être consolé. Il ne se peut consoler de ne plus ouir une personne qui raisonne si parfaitement, voit. Lett. 8. Qui que ce soit des deux, il doit se consoler De la mort d'un tyran qui voulait l'immoler, CORN. Héracl. v, 8. Quiconque se plaint cherche a se consoler, id. Pomp. v, i. Dans ton cher entretien s'est-elle consolée? id. Médée. m. 2. Mais, sitôt qu'elle eut vu cette troupe enragée S'entre-battre elle-même et se percer les flancs, Elle se consola : ce sont leurs mœurs, dit-elle.... la font. Fabl. x. s. Il y a de certaines douleurs dont on ne doit point se consoler, sév. 2(9. Mon cœur qui le voyait maître de l'univers Se consolait déjà de languir dans se?

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fers, lue. Alex, n, i . Galypso ne pouvait se consoler du dépari d'Ulysse, pbnel. Tél.i. Et je sens ce rayon m'échauffer de sa flamme, Et mon cœur se console.... r. Harm. u, 4. || Se consoler, se consoler l'un Nous animer ensemble et nous consoler des travaux du saint ministère! mass. Discours. syno-

, Institution. Carthage et Marius, dans leur chute commune, Se consolent l'un l'autre en voyant

fortune; L'un de l'autre pesant le sort capriils charment leur supplice et pardonnentaux dieux, brébeuf, Pharsale, n.

REM. Consoler quelqu'un dans ses peines; Con-

quelqu'un sur quelque chose; Consoler quelqu'un de linéique chose. Mais Corneille, qui a dit:

us consolez point contre tant d'infortunes, llor. m. 5, en a été repris par Voltaire, avec raisou, ce semble.

— HIST. xve s. Quant assez se furent consolez [réjouis] 'le cette bonne adventure , Perccforest, t. vi, I" 52. || xvr' s. Deucalion, comme moins estonné, R'asseure après et doucement console La femme simple, avec telle parole , marot, iv, 33. En Dieu je me console, Mon amè s'y attend, id. iv, 333. Consoler sa m ut en la mort d'un ennemy, mont. I, 5.

— ÊTYM. Espagn. consolar; ital. consolare ; du latin consolari, de cum, et solus, dont le sens propre est entier. Consolari est proprement rendre entier, et, par extension, satisfaire.

f CONSOLIDABLE (kon-so-li-da-bl') , adj. Qui peut, qui doit Mie consolidé.

— ÉTYM. Consolider.

CONSOLIDANT, ANTE (kon-so-li-dan, dan-t'), adj. Terme de chirurgie. Qui tend à consolider les parties divisées dune plaie, d'une fracture. Appareil consolidant. || Autrefois, les consolidants, substances médicamenteuses ou topiques auxquels on attribuait la vertu de consolider les parties affectées de solution de continuité.

— ÉTYM. Consolider.

t CONSOL1DATIF, IVE (kon-so-li-da-tif, ti-v'), adj. Terme didactique. Qui a la vertu de consolider.

— HIST.xvi's. On pourra user de clysteres abstersifs,consohdatifs, restrictifs et nutritifs, pare, xxiv, 49.

— ÉTYM. Consolider.

CONSOLIDATION (kon-so-li-da-sion), s. f. || 1° Action de consolider. La consolidation d'un bâtiment qui menace ruine. || 2" Terme de médecine. La consolidatiun d'une fracture, d'une cicatrice. || 3° Terme de finances. Consolidation de la dette publique, établissement de contributions suffisantes pour acquitt r régulièrement chaque année ou chaque semestre les arrérages des rentes dues par l'Etat, mot introduit dans le langage de la finance depuis l'acte de consolidation de Pitt en 1787. || Consolidation de la dette flottante, conversion de dettes remboursables de l'Etat en dette perpétuelle. || 4e Terme de jurisprudence. Héunion en la même personne de différents droits qui avaient été séparés. || Spécialement, réunion des deux qualités d'usufruitier et de nu-propriétaire. L'usufruit s'éteint par la consolidation.

— HtST. xvie s. Par ce moyen l'agglutination et consolidation sera mieux et plustost faite, paré, vm, 42. Quand l'usufruit est consolidé avec la propriété, n'est deu pourladitte consolidation aucun proffit au ditseigneur féodal, Coustum. génér. t. I, p. 501.

— ÊTYM. Provenc. consolidacio; espagn. consolidation; ital. consolida: tour ,• du latin consolidationem, deconsolidare, consolider.

CONSOLIDÉ, ÉE (kon-so-li-dé, dée) , part, passé. || i° Rendu solide. Terrain mouvant consolidé à grands frais. Fracture consolidée. || Fig. Sa puissance est consolidée. || 2° Terme de finances. Rentes consolidées, rentes pour lesquelles on a assigné un fonds qui permet de les payer régulièrement. || Tiers consolidé, fonds français réduitsautiersdeleur valeur nominale pendant la Révolution, en 1797, et qui, sous l'Empire et les régimes suivants, sont devenus, pour une grande partie, la rente 6 p. O/O. Et jamais ma dépense excédant ma recette Ne me force à bâtir un espoir mal fondé Sur le terrain mouvant du tiers consolidé, delavigne, Éc. des Vieillards, i, l.||S. m. plur. Les consolidés, fonds publics de la dette d'Angleterre.

t CONSOLIDEMENT (kon-so-li-de-man), s. m. Action de consolider. Ainsi finit cette grande affaire [des bâtards] et si importante que le repos de l'État en dépendait, par le consolidement de l'autorité royale ent-e les mains du régent, st-sim. 5)8, 128. Leurs familles s'applaudirent d'un consolidement de fortune et d'éclat qui ne tarda pas à paraître, io.

— ÊTYM. Consolider.

CONSOLIDER (kon-so-li-dé), v. a. || 1° Rendre

solide. Consolider un mur, une charpente. || Fig. fortifier, affermir. Consolider unealliance. || 2° Terme de médecine. Rendre solide une partie qui a été affectée de solution de continuité. La fracture est consolidée. || 3° Terme de finances. Assigner un fonds pour garantir le payement périodique d'une dette publique. || 4° Terme de droit. Consolider l'usufruit a la propriété, l'y réunir. || 5° Se consolider, v. réfl. Devenir solide, s'affermir. La fracture s'est consolidée. Le nouveau gouvernement se consolidera.

— HIST. xive s. Le vif du cep qui joindra au vif du cerisier, se consolidera l'un à l'autre, Mênagier, il, 2. || xvie s. La partie nerveuse du diaphragme , estant blessée, ne se peut consolider, paré, Introd. 22. Mon ame ne lairroit jamais ressouder et consolider la playe qui l'auroit percée, mont, iv, 4.

— ÊTYM. Provenç. consoldar, consolidai'; ital. consolidare ; du latin consolidais, de cum, et solidus, solide.

7 CONSOMMABLE (kon-so-ma-bP) , adj. Qui peut être consommé. Produits consommables.

— ÉTYM. Consommer.

CONSOMMATEUR (kon-so-ma-leur), s. m.

|| 1° Terme de théologie. Celui qui achève. Jésus- Christ.... l'auteur et le consommateur de la vertu aussi bien que de la foi, balz. 2e Disc. s. la cour. Ce qu'il y a de principal à mettre sans cesse devant les yeux des enfants, c'est Jésus-Christ, auteur et consommateur de notre foi, pén. t. xvn, p. 67. Jetant les yeux sur Jésus comme sur l'auteur et le consommateur de la foi, JVoui;. Testam. dans riciielet. Il 2° Celui qui achète pour son usage, dit par opposition à producteur. Les matières premières qu'on travaille dans les manufactures passent par bien des artisans et par bien des marchands, avant d'arriver aux consommateurs; et à chaque artisan, à chaque marchand, elles prennent un accroissement de prix, parce qu'il faut remplacer successivement les taxes qui ont été payées, condillac, Comm. gouvern. part, n, chap. 8. Les besoins des consommateurs déterminent en tout pays les créations des producteurs, j. b. say, Traité, (841, p. 439. Dans une société quelconque tout le monde est consommateur, parce qu'il n'est personne qui puisse subsister sans satisfaire des besoins, quelques bornés qu'on les suppose, id. ib. || Se dit aussi en parlant des cafés et cabarets. À minuit on ne reçoit plus de consommateurs.

— ÉTYM. Consommer.

CONSOMMATION (kon-so-ma-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Achèvement, accomplissement. La consommation d'une affaire, d'un sacrifice. C'est le plus grand de tous les dons, c'est la consommation de toutes les grâces, mass. Car. Impén. || La consommation des siècles, des temps, ou, absolument, la consommation, la fin du monde. Il sein présent avec eux jusqu'à la consommation des siècles, mass. Av. Cire. La désolation persévère jusqu'à la consommation, mass. Car. Injust. || 2° En matière bénéficiale, épuisement du droit qu'un patron, laïque ou ecclésiastique, a de nommer à un bénéfice. Les provisions d'un bénéfice font pour cette fois la consommation du. droit du collateur. ||3°La consommation du mariage, l'union charnelle des époux. Mlle d'Armagnac est mariée à ce Cadaval [un seigneur portugais]; elle est belle et jolie; c'est le chevalier de Lorraine qui l'épouse [par procuration], elle l'ait pitié d'aller chercher si loin la consommation, sév. 198. || 4° Emploi avec destruction. Faire une grande consommation de bois, d'eau, de sel. Cette guerre a fait une cruelle consommation d'hommes. Considérons la consommation d'hommes, d'argent, de forces de toute espèce, l'épuisement où la plus heureuse guerre jette un État quelconque, j. j. rouss. Paix perpétuelle. || Terme de jurisprudence. Prêt de consommation, opposé à prêt à usage, prêt de choses destinées à être consommées, avec la condition d'en rendre d'équivalentes. || Dans la marine, consommation, tout ce qui est employé au service du vaisseau pendant le voyage. || Terme d'administration militaire. Étalct justification desdépenses d'un corps. || Ce qu'on a bu ou mangé dans un café. Payer, jouer la consommation. On dit aussi : Allons dans ce café, la consommation y est bonne. || 5° Terme d'économie politique. Action de détruire l'utilité d'un produit, utilité que la production acréée. Entretenir perpétuellement dans une ville telle que Paris une consommation immense dont une infinité d'accidents peuvent toujours tarir quelques sources.... fonten. Argenson. L'impôt sur l'industrie.... diminue nécessairement la consommation, et, en diminuant la consommation, il empêche la reproduction; il tend donc à détériorer l'agriculture, condillac,

Comm. gouv. part, i, ch. 28. Une denrée [le café] qui n'était qu'un objet de luxe et un plaisir de plus pour le riche, devint bientôt assez commune pour servir à la consommation du peuple, condorcet, Maurepas. La consommation n'est pas une destruction de matière, mais une destruction d'utilité, J. b. say, Traité, 1841, p. 435. Par production j'entends ce qui confère l'utilité, et par consommation la jouissance produite par cette utilité, bastiat, Œuvres, t. vi, p. 358. || Consommation productive ou reproduclive, celle qui détruit pour remplacer. Consommation improductive ou, mieux, non reproductive, celle qui détruit sans remplacer. || Impôts, taxes de consommation, droits perçus sur la production ou la vente des objets. || Droits de consommation , l'un des droits dont se composent les droits sur les boissons.

— HIST. xne s. De tute consummaciun vi je la fin, Liber psalm. p. 190. Le quinzième signe dirrai; Car de la dolor assez sai , Que li sires del ciel fera , Quant icest signes avendra; Le non qu'il aura vus dirrom ; ço sera consumacion, Adam, mystère, p. 83. || xme s. Ainsi naist du deable ceste temptacion, Et de nostre charoingne nostre inclinacion, Et de nostre consent la consummacion, Par quoy luxure est mise à execucion, j. de meung, Test. 1783. || xve s. Et puis, nous procéderons à la consommation de nos promesses , louis xi , Nouv.. xcvm. || xvie Ils attribuoient le commencement et les principaux exploits de ceste guerre à Metellus et les derniers avec la consummation finale à Sylla, amyot, Marius, 15.

— ÉTYM. Espagn. consumacion; ital. consumazione; du latin consummalioncm, de consummare , consommer.

t. CONSOMMÉ, ÉE (kon-so-mé, niée), part, passé. || 1° Mené à bout, à terme. En qui l'iniquité est pour ainsi dire consommée, mass. Car. Doutes. Le crime est consommé, volt. Mérope, n , 5. Mon infortune enfin vient d'être consommée, nucis , Othello, m, 4. || Tout est consommé, c'en est l'ait, tout est fini. || 2° Parfait, accompli, éprouvé. Un homme consommé dans les affaires, sév. 525. Avec de très-grands prélats consommés en piété et en savoir, boss. Or. Les vieillards consommés en vertu, fén. Tél. vm. Un homme consommé dans les sciences et enseveli dans de profondes lectures, montesq. Lett. pers. 78. Laisser voir la feinte au spectateur, c'est à quoi toiit comédien peut réussir; mais ne la laisser voir qu'au spectateur, c'est ce que les plus consommés n'ont pas toujours le talent de faire, marmont. Élém. de littér. t. vi, p. 336, danspouGENS. || Un scélératconsommé. || En pariant des choses. Une habileté consommée. C'est l'effet d'un art consommé de réduire en petit tout un grand ouvrage, boss. Duch. d'Orl. Tout était l'effet d'un solide raisonnement et d'une prudence consommée, rollin, Traité des Études, part, m, ch. 1. || On voit par les exemples qu'on dit consommé dans, consommé en, et, absolument, consommé. || 3° Détruit par l'usage. Les provisions consommées par l'équipage. || 4° Une soupe bien consommée, qui a cuit longtemps.

2. CONSOMMÉ (kon-so-mé), s. m. Bouillon succulent d'une viande très-cuite, contenant une plus grande proportion de substances animales que le bouillon ordinaire, et susceptible de se prendre en gelée parle refroidissement. [Une femme] À laquelle il lit faudra ni table bien servie ni consommés exquis.... mol. l'Av. n, 6.

— HIST. xvr s. Le patient pourrait prendre quelque consommé, et autre chose semblable de facile digestion, paré, xvi, 12.

— ÊTYM. Consommé 1 ; génev. consumé.

CONSOMMER (kon-so-mé) , v. a. || 1° Achever,

accomplir. En peu de jours il consomma l'affaire, la pont. Rem. On va achever et consommer la démonstration, pasc Géom. Ce bon père a consommé son sacrifice, boss. Lett. 114. A-t-il mené une vie douce et agréable, lui qui a porté sa croix dès le premier instant de sa vie mortelle, et qui a consommé sa course par la consommation de ses souffrances? mass. Car. Riche. Vous vous promettez encore la grâce qui fait mourir dans la sainteté et dans la justice; la grâce qui consomme la sanctification d'une âme, id. ib. Impénit. Un seul sentiment de douleur sincère supplée à de longues années de vertu, et peut consommer la sanctification, id. ib. Impénit. La philosophie a préparé en silence leur destruction [des jésuites] ; les jansénistes ont sonné la charge, et la justice a consommé l'ouvrage, d'alemb. Éloges, Fleury. || Par extension. Il ne resterait plus, pour consommer la gloire de ce

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patriarclie, que d'imiter ses actions, de marcher sur ses traces, de réformer nos mœurs sur les siennes, fléch. Panég. I, p. 401. Il consomme en nous ses miséricordes ou ses justices, id. Dauph. 11 consomme son amour en mourant, mass. Car. Pass. Près de voir consommer mon destin déplorable, volt. Triumv. i, 4.... Sa main consommant ces tristes sacrifices, Elle tombe, elle expire.... id. Brut, v, 6. Tu veux donc jusqu'au bout consommer ta fureur, id. Alx. v, 7. || 2° Terme de droit. Consommer son droit, se dit lorsque le droit qu'on a à quelque chose a son effet. Le collateur d'un bénéfice a consommé son droit, lorsqu'il a fait la nomination de quelqu'un. || 3° Consommer le mariage, se dit de l'union charnelle entre les époux. Si pendant deux ans il n'avait pas consommé le mariage.... montesq. Esp. xxix, te. || Absolument. Le maréchal de Plessis va l'épouser à Metz, et Monsieur va consommer à Chàlons, sév. 95. || Fig. et mystiquement. Le lit où il consomme son mariage avec l'humanité, boss. h, Visit. 2. || 4° Donner la derniùre perfection. La justice les consomme dans cette unité sainte , boss. Jean, m. Soit qu'il [le Seigneur] ait dessein de lier plus étroitement •ses membres, et de les consommer dans l'unité et dans la charité, en rendant les ministères des uns utiles et nécessaires aux autres, mass. Car. Lazare. Sa vie [de la reine d'Angleterre] n'a été qu'une suite de malheurs qu'elle a porlés dans les bonnes œuvres continuelles et toutes les vertus qui consomment les saints, st-sim. 484, \2. Il 5° Employer des choses qui se détruisent par l'usage. Consommer des denrées, du vin, du bois, etc. H Absolument. On consomme beaucoup dans cette maison. La France trouvera de l'avantage dans la vente de ses grains, si, ne se bornant pas à vendre à ceux qui consomment chez elle, elle vend encore à ceux qui consomment dans les Étals où il lui est permis d'importer, condillac, Comm. gouv. part, i, ch. 29. || Terme d'économie politique. Détruire l'utilité d'une chose. Les peuples civilisés, riches et industrieux, consomment beaucoup plus que les autres, parce qu'ils produisent incomparablement davantage, j. b. say, Cours, t. il, p. 2(6. || Par extension, il se dit des choses qui en absorbent d'au très. Ces confitures consomment beaucoup de sucre. Ce poêle consomme beaucoup de bois. || Par une autre extension. Ces divisions consommèrent du temps, volt. Mœurs, 67. L'affliction que j'ai eue de la mort de Mme Aubry, laquelle, sans mentir, a été assez grande pour achever de m'accableret a pensé consommei les restes de ma patience, voit. Lett. 71. On disait qu'il était infaillible que les Espagnols auraient pourvu Coibie de toutes les choses nécessaires, ayant eu deux mois de loisir pour cela, et que nous consommerions devant celte place beaucoup de millions d'or et beaucoup de milliers d'hommes, id. Lclt. 74. || 6° Se consommer, v. rc'fl. Se parfaire. La vertu fait ses soins, et soncreur s'y consomme Jusques à s'offenser des seuls regards d'un homme, mol. Éc. des mar. il, 4. La charité se consomme par ces derniers mouvements, fléch. Aig. || Se cuire de manière à faire un consommé. 11 faut que cette soupe se consomme. Et, avec ellipse du pronom personnel, faire consommer la viande, la faire tellement cuire que tout le suc passe dans le bouillon. || Être consommé. Les provisions qui se consomment dans une grande ville. — REM. La langue a pendant quelque temps hésité entre consommer et consumer, prenant ces deux verbes l'un pour l'autre. Ainsi dans les exemples suivants, consommer a le sens que nous donnons aujourd'hui à consumer : Afin donc qu'en discours le temps je ne consomme, Régnier, Sal. xiv. Mon temps en cent caquets sottement je consomme, in. Sat.iv. Ce vaisseau.... Qui survécut au temps qui l'avait consommé, id. Sat. x. Mais Dieu! que me sert-il de pleurs me consommer? id. Élég. 2. Tous les hommes passeront et seront consommés par le temps, pasc. P. om. Proph. Et quoique l'on reproche au feu qui vous consomme, mol. Dép. am. m, 9. L'historique montre que cette confusion de consommer et consumer remonte bien plus haut. Aujourd'hui on distingue exactement ces deux verbes de cette façon : consommer suppose une destruction utile, employée à quelque usage, à quelque fin, tandis que consumer ne présente qu'une destruction pure et simple, abstraction faite de tout autre rapport. Une cheminée qui consomme beaucoup de bois est une cheminée où l'on fait grand feu; une cheminée qui consume beaucoup de bois est une che minée mal construite où l'on brûle plus de bois qu'il ne faut pour produire une certaine quantité de chaleur. D'autre part, on voit que Voltaire a pu dire que les divisions consomment du temps, vu que

les affaires en consomment; les bâtisses consomment de l'argent; la guerre consomme des hommes, etc.

— HIST. x;v s. Puisque les vices sont consommés et confermez ou endurcis, c'est fort de les détruire ou adnuller et oster, oresme, Elh. 74. Nulz ne pevent savoir se il sont amis ensemble, si ques à tant que il aient consumé ou gasté et despendu ensemble une mesure de sel, h», ib. 235. || xve s. Et par un trou [le tonnerre] entra, et en une chambre rencontra un jeune enfant, lequel il tua et luy consomma la chair, les os et tout, et ne luy laissa que la peau, juv. Charles VI, 1405. Il n'est chose que femme ne consumme [ne vienne à bout], e. descii. Bail, de l'empire des femmes. || xvi" s. La justice gist en une observation entière et consommée de la volonté de Dieu, calv. Inslit. C57. À laquelle entreprinse parfaire et consummer, je n'ay rien espargné, rab. Pant. H, s. Quant est de leur estude. elle est toute consummée à la lecture des livres pantagruelicques, id. ib. il, 34. 11 les amusèrent jusques à ce qu'ils eussent consommé leurs victuailles, mont, i, 298. Toute l'Asie se perdit, et se consomma en guerres pour le macquerellage de Paris, id. ii, 188. Les vers luy rongent les membres, et la terre les consomme, id. ii, 255. Une pierre ne luict point au feu, et, qui pis est, elle s'y consomme, id. ii, 278. Ceste qualité estouffe et consomme les aultres qualités vrayes et essentielles, id. m, 7. Un homme consumé aux affaires d'Estat, carl. iv, 14. Consommé aux affaires d'Estat, id. vin, <7. Aux autres sciences, il s'y faut aucunement consommer en les apprenant, premier que l'apprenty s'en sçache ayder pour gagner sa vie, la boétie , 225. Et quand on le voit luy mesme se consommer en son esprit et tout enflammé, on luy attise encores le feu! id. 326. La souche (ce dit l'on) au feu fut consommée, id. 45t. Homme consommé en un fort rare sçavoir, amyot , Pré/', xxi, 48. Du temps des guerres civiles, le feu et l'autel furent ensemble tous consommez, id. Numa, *7. La longueur du temps, lequel on estimoit devoir miner et consommer les forces de Hannibal.... in. Marcel. 39. Cela fait, soit consommé [réduit] à la moitié, tierce ou quarte partie, selon qu'il sera requis, paré, xvi, 8.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. consumar ; ital. consumare; du latin consummarc,de cum, avec, et summa, somme, s. f. ; faire la somme, c'est achever; de la le sens assez semblable à consumer, que consommer présente quelquefois. Au reste le xvi* siècle a confondu ces deux verbes.

CONSOMPTIF, IVE (kon-son-ptif, pti-v'), adj. Terme de médecine. Qui est doué de la vertu de consumer, de détruire des chairs baveuses, exubérantes. || Substantivement. Un consomptif. || Vieux.

— ÉTYM. Voy. CONSOMPTION.

CONSOMPTION (kon-son-psion; en poésie, de

quatre syllabes), s. f. || 1° Action d'être consumé. La victime fut brûlée jusqu'à l'entière consomption. Il La consomption des espèces sacramentelles dans l'Eucharistie. || 2" Terme de médecine. Diminution lente et progressive des forces et du volume de toutes les parties molles du corps, par l'influence de quelque maladie. Ne voyez-vous pas, lui dit-elle, que cet avocat lombe de consomption? dider. Ess. s. Claude, liv. u. L'homme attaqué dépérit, et, au bout de quelques mois, meurt de consomption, chatfaubr. Amer. 26. || 3° Consommation. Il se fait une grande consomption de bois dans ce fourneau, Diet. de l'Acad. || Consomption, en ce sens, est un archaïsme qui n'est plus guère usité.

— HIST. xive s. C'est la consumption et le gaast de ceulx qui ne pevent tant despendre [dépenser], oresme, Thèse de meunier. || xvi" s. Les craintil'z médecins, estimans que la consomption des forces fust diminution de la maladie, amyot, Marcel. 39. Faites le tout bouillir en gros vin noir jusques à la consomption de la tierce partie, paré, xviii, 92. Tous hosteliers pourront arrester et retenir leurs hostes ou leurs effets pour la dépense et la consomption faite par eux, jusqu'à ce qu'ils en auront esté satisfaits, Nouv. Coust. gin. t. i, p. 898.

— ÉTYM. Provenç. consumpeio ; espagn. consuncion; ital. consunzione; du latin consumplionem, de consumere, consumer.

CONSONNANCE (kon-so-nan-s') , s. f. [| 1" Pour les anciens, rapport de certains sons, calculé d'après la longueur des cordes ou d'après les poids qui les tendaient, assez simple pour flatter l'esprit. Les consonnances étaient l'octave dans le rapport de 2 à t , la quarte dans celui de 4 à 3, et la quinte dans celui de 3 à 2. || 2° Chez les modernes, sons qui, entendus ensemble, sont agréables à l'oreille. La tierce, la quinte sont des consonnances. Consonnances par-

faites, celles qui ne peuvent pas être altérées sans cesser d'être consonnantes, telles sont l'octave et la quinte; consonnances imparfaites, celles qui peuvent être majeures ou mineures, par conséquent altérées d'un demi-ton, et qui restent consonnantes sous ces deux formes. comme la tierce et la sixte. Les Grecs n'ont reconnu pour consonnances que celles que nous appelons consonnances parfaites, j. j. rouss. Examen de deux princ. sur la mus. || Fig. L'aube [du prêtre] offre de douces consonnances avec les idées religieuses, chateaubr. Génie, iv, i, 2. || 3°Terme de grammaire. Terminaison de deux ou plusieurs mots par les mêmes sons. Eviter les consonnances. Dans nos vers on a fait une loi d'éviter la consonnance de deux hémistiches; la même règle doit s'observer dans les repos des périodes, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. vin, p. 34, dans

P0UGLNS.

— REM. Pourquoi l'Académie écrit -elle consonnance avec deux n, et dissonance avec une seule n?

— HIST. xiv° s. Consonance est acort de plu^eurs sons selon certaines proporcions apelées armoniques, oresme, Thèse de mecnier. || xvie s. Consonance est quand eschel mesme termination d'une ou plusieurs syllabes en divers carmes, boissiêre , Poétique, p. 235, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. consonancia; ital. consonanza; du latin consonantia, de consonare, de cum, elsonare, sonner.

CONSOMMANT, ANTE (kon-so-nan, nan-f), adj. || 1° Terme de musique. Qui produit une consonnance; qui est formé par des consonnances. Intervalle consonnant, celui qui donne une consonnance. Accord consonnant, celui qui ne se compose que de consonnances. || 2° Terme de grammaire. Mots consonnants, mots qui ont une terminaison semblable. Terminaisons consonnantes. || Lettre consonnante, s'est dit pour consonne. || 3° S. /".Terme de musique. Grand instrument qui tient du clavecin et de la harpe; il n'est plus en usage.

— HIST. xiv" s. Sons concordablement consonans selon les proporcions de musique, oresme, Thèse de meunier, il xv° s. Quelz lettres sont les voieulx, et queles les liquides et les consonans, e. desch. Poésies mss. f 396, dans lacurne.

— ÉTYM. Consonner.

CONSONNE (kon-so-n'), s. f. Terme de grammaire. Lettre qui n'a point de son par elle-même et ne se prononce qu'en s'appuyant sur une voyelle. Les consonnes et les voyelles. Il y a dix-neuf consonnes en français : b, e, d, f, g, h, j, k, l, m, u, p, q, r, s, t, v, x, z. Les consonnes ne sont entendues qu'avec l'air qui fait la voix ou voyelle marsais, Mél. gramm. phi'os. Œuvres, t. iv, p. 3C4, dans pougens. i| Adjectivement. Les lettres consonnes. Le j se nommait autrefois i consonne, et le t), u consonne.

— ÉTYM. Lat. consonus, qui sonne avec, de cum, et sonus, son.

j CONSONNER (kon-so-né), r. n Former une consonnance.

— ETYM. Lat. consonare, de cum, et sonare, sonner: provenç. et espagn. consonar ; ital. consonare.

CONSORTS (kon-sor; le t ne se prononce pas ; l's ne se lie pas), s. m. plur. || i° Terme de droit. Ceux qui ont un intérêt commun dans une affaire, dans un procès. Un tel et consorts ont été condamnés. Je parle contre Pierre de Bourget et consorts, patru, Plaidoyer 3, dans richelet. || 2° Par extension, gens d'une même cabale.

— HIST. xive s. Vous n'estes pas consors aes tribulations et persécutions des apostres, le Songe du vergier, dans le Dict. de dochez. || xve s. Sera, es temps à venir, en soupirs et plains regraitiez de ses charnelz affins, consors, aliez et familiers, christ, de pisan, Cltarles V, part, n, ch. t. || xvies.Ne sommes-nous point donc ensevelis par le baptesme avec Christ, pour estre faits consors de sa résurrection? calv. Instit. ()68. Sa cause estant inséparablement conjoincte à un consort, mont, i, 99. lis acceptèrent de pendre leurs amis et consorts, id. ni, 249.

— ÉTYM. Lat. consors, de cum, avec, et sors, sort : qui a même sort, même lot.

CONSOUDE (kon-sou-d'), s. f. Terme de botanique. || 1° Plante indigène dont la racine est cylindrique, allongée, noire en dehors, blanche en dedans, d'une saveur douce et mucilagineuse (symphytum officinale, L.). || 2° Consoude royale (consolida regalis, des officines) nom du pied d'alouetledes champs (delphiniu m consolidait.), plante dont les semences très-àcres ont été employées comme celles de la staphisaigre.

— HIST. xvie s. Les conseil, grande et peti!e,la

CON

COIN

verveine, paré, xvi, 35. Décoction de consoulde — lide grande, .... o. de serres, ou. Corasire OU grande consoulde est plante de terroir humide; par d'aucuns est appelée pasquette, d'autant que communément elle fleurit vers Pasques; suivant l'etymologie de son nom, cette herbe a vertu de consolider, m. G 10.

— ÉTYM. Berry, console; espagn. et ital. consolida; du latin consolida (voy. consolider); plante ainsi dite parce qu'on lui attribuait la vertu d'arrêter les hémorrhagies.

f CONSPECT (kon-spè), s. m. Vue générale. Vilgorgé au conspect de toute l'Allemagne, n'espéra pas qu'un si prodigieux brigandage pût rester inconnu, st-sim. <83, 199. || Inusité.

— ÉTYM. Latin conspectus (voy. ce mot). J-CONSPECTUS (kon-spè-klus'), s. m. Terme didactique. Tableau donnant un aperçu général.

— ÉTYM. Lat. conspectus, de conspicere, de cura, et spicere, voir (voy. spectacle).

I CONSPIRANCË (kon-spi-ran-s') , s. /".État de ce qui conspire et concourt. Le corps social et politique exige que les pouvoirs qui le gouvernent aient une concordance et une conspirance entre eux pour arriver au but qu'ils se proposent, c'est-à-dire la perfection du gouvernement, Mirabeau, dansLAVEAUï.

— ÉTYM. Conspirant.

CONSPIRANT, ANTE (kon-spi-ran , ran-t'), adj. Il 1° Terme didactique. Qui concourt à un même effet. Ce que les apparences îles mouvements planétaires offrent de plus remarquable, est leur changement de l'état direct à l'état rétrograde, changement qui ne peut être évidemment que le résultat- de deux mouvements alternativement conspirants et contraires, laplace. Expos. 1, 11. Il 2° Terme de mécanique. Puissances conspirantes, celles qui, agissant en même direction, concourent au même effet.

CONSPIRATEUR, TUICE (kon-spi-ra-teur, tri-s'), s. m. et f. Celui, celle qui conspire contre les pouvoirs publics. Jamais [dus d'assassins ni de conspirateurs N'attaqueront le cours d'une si belle vie, corn. Cinna, v, 3. Tu veux qu'un t'applaudisse et qu'on te récompense, Artisan de la guerre, affreux conspirateur, volt. Catil. iv, 4.

— REM. L'Académie ne donne pas le féminin conspiratrice ; mais plusieurs dictionnaires le donnent, et il n'y a pas de raison pour ne pas l'employer.

— II1ST. xv" s. Il avoit fait si grant trahison que d'estre conspirateur de la mort de son maistre par poison, Bibl. des Chartes, 4e série, t. 1, p. 434.

— étym. Lat. conspirator, de conspirare. CONSPIRATION (kon-spi-ra-sion; en poésie, de

cinq syllabes), s. f. \\ 1° Dessein formé secrètement entre plusieurs contre les pouvoirs publics. || Dans l'histoire d'Angleterre, conspiration des poudres, conspiration tramée par les catholiques pour faire périr par une explosion Jacques 1er et le parlement. Il 2° Cabale. Il y a une conspiration contre vous. || La conspiration du silence, entente de plusieurs pour étouffer un fait, les opinions, les plaintes, les droits d'un homme. || 3° Concours vers un même effet. L'âme ayant déposé le fardeau du corps, sent une merveilleuse conspiration de tous ses mouvements à la même fin, boss. dans le Dict. de dochez.

— HIST. xine s. Pour les outrages, les conspirations et les aliances qu'il firent encontre nostrechier fil Robert, tailliar, Recueil, p. 347. || xive s. Il ont contre le roy fait conspiracion De li et ses enfans mettre à destruction, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Chartes, 3« série, t. 11, p. 262. Plusieurs conspiracions, monopoles, traysons, ib. 5" série, t. 1, p. 81. Les pères orent grant paeur que conspiracions et conjuremens et assemblées privées ne se feissent, behcheure, f" 39, recto. || xvi" s. C'est une conspiration entre eux, de ne souffrir point un homme do bien en leur compagnie, calv. lnstit.

— ÉTYM. Provenç. cospiratio; espagn. conspiracion; ital. conspirasione ; du latin cunspirationew , de conspirare.

CONSPIRÉ, ÉE (kon-spi-ré, rée), part, passé. Tramé par conspiration. Sa perte conspirée par des ennemis secrets.

CONSPIRER (kon-spi-ré), v. n. || 1° Concourir, contribuer à, tendre au même but et comme de concert. Mes vœux avec les siens conspirent aujourd'hui, corn. //or. v, 2. C'est à cela que doit conspirer toute la religion des fidèles, fléch. ni, 438. Tous de concert nous conspirerons à le soutenir, à le perfectionner, à le consommer, bourd. Carême, I, Cendres, 61. Citoyen qui conspire avec les lois au bien public, boss. Ilist. ni, 5. Les deux partis

conspiraient à repousser l'ennemi commun, id. Bonté, 2. Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire, rac. Phèd. 1, 3. 5. mes nobles projets je vois tout conspirer, id. Mithrid. ni, t. Tout ce que vous voyez conspire à vos désirs; Vos jours toujours sereins coulent dans les plaisirs, id. Brit.n, 3. Tout conspirait pour lui : Ma famille vengée, et les Grecs dans la joie, Nos vaisseaux tous chargés des dépouilles de Troie, id. Andr. 11, l. Avec ma volonté ton sentiment conspue, id. Esth. Il, 5. Toutes les parties de ce corps politique, à mesure qu'elles conspiraient au bien public, y trouvaient le leur, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. 11, p. gis, dans pougens. Toute la nature Conspire à t'avertir par un sinistre augure, volt. Mort de Ces. m, 5. La nature et la fortune semblaient avoir conspiré au bonheur d'Alcibiade, marm. Contes moraux, Alcib. || Terme didactique. Être lié par une solidarité intime. Tout dans le corps humain concourt et conspire. || 2° Faire une conspiration. C'est contre mon pouvoir que les traîtres conspirent, corn. Pomp. iv, 4. Pour m'arracher le jour l'un et l'autre conspire, id. Cinna, iv, I. Seigneur, ou je me trompe ou Messala conspire, Pour changer ses destins plus que ceux de l'empire, volt. Brut. 1, 3. Et qui sait conspirer sait se taire et mourir, id. ib. v, 1. || 3° V. a. Projeter, tramer quelque chose par voie de conspiration. Celle qui nous oblige à conspirer sa mort [d'Auguste], corn. Cinna, ni, t. Voilà contre un ingrat tout ce que je conspire, id. Suréna, ni, 3. Qui croirait en effet.... Qu'un peuple tout entier, tant de fois triomphant, N'eût daigné conspirer que la mort d'un enfant? rac. Andr. 1, 2.

— HIST. xve s. Ils ont conspiré et machiné de bailler et mectre es mains d'aucuns nos ennemys aucunes de nos terres et seigneuries, Lettre de Charles vin, Bulletin du comité de la langue, t. ni, p. 594. Il xvic s. Chacun conspire là en une charité, et a-on horreur de la violer, autant que Dieu, calv. lnstit. 1015. L'univers consent à nostre créance: le ciel, la terre, toutes choses y conspirent, mont. 11, 148. Elle, craignant sa desloyauté et haïssant sa cruaulté, conspira sa mort avec ses frères, et exécuta sa conspiration en ceste manière, amyot, Pélop. 0 5. Darius se laissa aller à conspirer contre la personne de son père avec Tiribazus, id. Artax. 42. Voilà la vraye cause qui l'incita à conspirer et machiner la mort de la royne,iD. ib. 23. Le plus grand nombre, et des plus belliqueux Gaulois qui furent de ceste conspirée rébellion, estoit conduit par Ambiorix, id. César, 32. L'accusant faussement d'avoir conspiré à sa mort, avec la princesse Marie sa fille, carl. ii, a.

— ÉTYM. Provenç. cospirar; espagn. conspirar; ital. conspirare; du latin conspirare, de cum, et spirare, souffler (voy. esprit): souffler avec, s'entendre, comploter.

CONSPUÉ, ÉE (kon-spu-é, ée), part, passé. Traité avec le dernier mépris. Un auteur, un ouvrage conspué. Chassé, battu, détesté pour ses crimes, Honni, berné, conspué pour ses rimes, volt. Poésies mêlées, 84.

CONSPUER (kon-spu-é), v. a. Honnir publiquement.

— HEM. Conspuer n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1762.

— ÉTYM. Lat. conspuere, de cum, et spucre, cracher : couvrir de crachats.

CONSTARLE (kon-sta-bP) , s. m. Nom des officiers de police en Angleterre. Requérir le constable. Il Nom des artilleurs dans l'armée autrichienne.

— ÉTYM. Forme contractée de connétable.

CONSTAMMENT (kon - sta - man) , adv. || 1° Avec

constance. Combien de fois le peuple Romain avaitil porté constamment la défaite des armées! perrot, Tac. 135. Recevoir constamment la mort, id. ib.

475 Préparons-nous à montrer constamment Ce

que doit une amante à la mort d'un amant, corn. Hor. IV, 4. Qui vit avec honneur doit mourir constamment, rotr. Hercule m. v, I. Instruire ainsi les gens porter constamment de pareils accidents, mol. Femmes sav. v, l. Parlons de sa mort, s'il se peut, aussi constamment qu'elle est morte, flëch. Mme de Montausier. Seigneur, je ne vous demande pas cette raison orgueilleuse qui cherche dans la gloire de souffrir constamment toute la consolation de ses peines, mass. Av. Af/lict. Il sait souffrir constamment et meurt en paix, j. j. rocss. Ém. 1. On ne pense pas toujours constamment d'un môme sujet; l'entêtement et le dégoût se suivent de près, la bruy. xii. Il 2° Invariablement, sans interruption. 11 a été constamment heureux ce soir-là, il gagna constamment au jeu. Il 3° Certainement, assurément. Cette

nouvelle est constamment vraie. Quand il cite pour un maître celui qui constamment est un ignorant, la quintinye, Jardins, 1, 4. Vieux en ce sens.

— HIST. xvie s. User des biens regléement, et les savoir perdre constamment, mont, i, 176. Son innocence la faisoit constamment parler, marg. Nouv.

— ÉTYM. Constant, et le suffixe ment.

CONSTANCE (kon-stan-s'), s. f. || 1° Force morale

par laquelle on garde l'empire sur soi-même. Si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ces calamités, ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées, boss. Reine d'Anglet. Nous croyons souvent avoir de la constance dans les malheurs, lorsque nous n'avons que de l'abattement; et nous les souffrons sans oser les regarder, comme les poltrons se laissent tuer de peur de se défendre, larochef. Max. 420. Ma constance du moins règne encor sur mes yeux, corn. Hor. i,i. Partout même constance Rend à tous mes efforts pareille résistance, id. Perthar. v, 2. Les faveurs que le roi lui avait faites attendrirent son cœur, mais n'ébranlèrent pas sa constance, fléch. Panég. t. 11, p. 448. Et sans perdre en adieux un reste de constance , rac. Mithr. 11 , 6. Ce n'est point alors [à l'heure de la mort] le badinage qui sied bien, mais la constance, la bruy. xvi. Son àme sainte [de J. C] perd devant eux toute sa constance à la vue de la mort, mass. Car. Pass. \\ Avoir la constance de, être assez ferme pour, et aussi assez dur pour. Il eut la constance de le laisser pendant cinq ans s'appliquer sans relâche à rétablir sa fortune, détaché du monde et paitageant sa vie entre son cabinet et le parloir d'Angélique, marmont. Contes moraux, École des pères. || Par extension, insensibilité. Ses yeux indifférents ont déjà la constance D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfance, rac. Brit. v, 7. y 2° Persévérance, stabilité dans les goûts. Travailler avec constance. Ce sont des affections qui nous inspirent des constances inébranlables, bern. de st-p. Harmon. li v. v, Harmon. anim. ||3° Durée de l'affection, surtout en parlant de l'amour. Exemple infortuné d'une longue constance, rac Bérén. i, 2. La constance en amour est une inconstance perpétuelle, qui fait que notre cour s'attache successivement à toutes les qualités de la personne que nous aimons, larochbf. Max. 17 5.

— SYN. constance, fidélité. La constance suppose une sorte d'opiniâtreté et de courage, et ne suppose pas d'engagement. Fidélité suppose un engagement auquel on ne manque pas. On dit un amant heureux et fidèle, un amant malheureux et constant; le premier est engagé, l'autre ne l'est pas, d'alemb.

— HIST. xiv8 s. Quand le roi se vit pris, si dit par grant constance : C'est Jehan de Valois, non pas le roi de France, Complainte sur la bataille de Poitiers, Bibl. des Charles, 3" série, t. 11, p. 262. Il xvie s. Tout cela se faict pour gaigner cet advantage d'avoir faict force à leur constance [courage] , mont. 1, 242. Ces deux erreurs peuvent souffrir de la constance [persister], id. i, 395.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. constancia; ital. costanza; du latin constantia (voy. constant).

CONSTANT, ANTE (kon-stan, stan-t'), adj.

Il 1" Qui a de la constance. Constant en amitié. Dans leur juste haine animés et constants , corn. Héracl. v, 6. Le peuple romain a été le plus constant dans ses maximes, boss. Hist. m, 6. Ah! si tu le voyais, tu serais plus constant  courir sans relâche au bonheur qui t'attend, corn. Imit. 1, 2. Que si le plus constant et le mieux affermi Se relâche souvent, souvent tombe à demi, id. ib. I, 19. Lui que j'ai toujours vu constant dans mes traverses, rac. Bérén 1, 4. Suzanne offrit une àme constante à la plus noire calomnie, mass. Av. Âfjlict. Il Poétiquement. J'ai d'un cœur invincible affronté la fortune, J'ai vu d'un œil constant le courroux de Neptune, rotrou, Bélis. iv, 2. || 2" Qui a de la constance en amour. Un cœur constant. Un amant constant. Serez-vous constante, madame, dans ces bontés que vous me témoignez? mol. l'Am. méd. m, 6 H 3° En parlant des choses. Ô trop constante foi! rac. Baj. 11, 3. Grands dieux ! combien elle est jolie! Et pour moi ses feux sont constants, bêrang. Qu'elle est jolie. Comme s'ils croyaient que cette résolution fût ferme et constante, pasc. Prov. 10. L'amour constant est comme un lac paisible, Bernard, Art d'aimer, ch. 1. ||4" Qui ne varie pas. 11 n'y a rien de constant en ce monde. Vents constants. Une tradition constante. Une assiette ferme et une dernière base constante, pasc. dans cousin. || Terme de

CON

mathématiques. Quantité constante, ou, elliptiquement, constante, quantité qui demeure la même, tandisque d'autres croissent et décroissent. [|. 5° Certain, indubitable, bien établi. La chose est constante. Une % érité constante. Il est constant qu'il a dit cela. Il n'est pas constant qu'il ait dit cela. 11 faut tenir pour constant que cette proposition est vraie, desc. Médit, il. Il passe pour constant que.... corn. Ex. d'Hor. 11 est constant par le témoignage de cet historien, que.... boss. Hist. i, 7. C'est une doctrine constante de saint Augustin et de tous les Pères, id. Or. G. C'est une règle inviolable parmi nous de ne permettre les secondes noces à l'une des parties qu'après que les preuves de la mort de l'autre sont constantes, boss. Variât. 4e avertiss. § e. || 6° En termes d'ancienne pratique, constant s'est employé comme une préposition au sens de pendant. Constant le mariage, pendant la durée du mariage.

— SYN. constant, ferme. Celui qui est constant reste semblable à lui-même. Celui qui est ferme résiste. Un homme ferme dans l'adversité est celui qui ne cède pas au coup qu'il reçoit. Un homme constant dans l'adversité est celui que l'adversité ne change pas et qui la supporte sans se laisser troubler. Aussi la constance a-t-elle lieu de s'exercer dans la pro •: rite, tandis que la fermeté veut quelque chose qui nous assaille.

— hist. xive s. Ta constant obédience et vraie humilité sont par moy esprouvées, Ménagier , I, 6. Entre celles menaces de fortune apparut il si fiers et si constans, bercheure, f° 32, recto. Et ne font force de tele mort souffrir, et sont constans sans perdre, pour ce, usage de raison, oresme, Elh. 79. || xve s. Adonc furent les deux amans si prins [touchés], qu'il n'y eut si constant qui ne perdist toute contenance, Perceforest, t. vi, f° 55. || xvic s. Courage constant, mont, i, 4. Fonder un jugement constant et uniforme, id. ib. Une énorme difformité corporelle, vice constant, inamendable, id. ii, 86.

— ÉTYM. Lat. constans, participe présent de constare, se tenir avec, être d'accord avec, être solide (voy. constrr).

f CONSTATATION (kon-sta-ta-sion) , s. f. L'action de constater. Les constatations de l'expert. |{ La chose constatée. Les constatations du procès-verbal.

— ÉTYM. Constater.

CONSTATÉ, ÉE (kon-sta-té, tée); part, passé. Un fait bien constaté. Il fallait substituer à tous ces systèmes des faits généraux constatés par l'observation et l'expérience, condorcet, Haller.

CONSTATER (kon-sta-té) , v. a. || 1° Rendre constant, certain. Je veux constater le fait. Toutes les pièces de la procédure constatent que etc. Le duc lit plusieurs questions, et j'en fis aussi pour constater les faits, st-sim. dans le Dict. de dochez. || 2" Relater, dans un écrit ou dans un acte. Constater une chose par procès- verbal. || On dit aussi que le procèsverbal constate une chose.

— REM. Ce mot, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, ne se trouve dans l'Académie qu'à partir de l'édition de -1740.

— ÉTYM. Mot qui, n'étant entré dans la langue qu'au commencement du xvme siècle, paraît formé, assez singulièrement d'ailleurs, de cum et du latin status, état (voy. état),

CONSTELLATION (kon-stè-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Réunion ou groupe d'étoiles, par lesquelles on fait passer des lignes imaginaires et représentant un objet physique dont les astronomes anciens ont ensuite donné le nom au groupe entier'. La Grande et la Petite Ourse sont deux belles constellations. Les étoiles ont été réunies en constellations ou astérismes, francœur, Uranographie, 2e partie. || Constellations zodiacales, celles qui se trouvent dans h' zodiaque; constellations australes, boréales, circumpolaires, celles qui sont dans l'hémisphère austral, ou dans le boréal, ou tout auprès des pôles. Les constellations zodiacales présentent seules [quant à la figure] un degré d'intérêt, parce que l'histoire en tire des indications utiles pour porter la lumière dans l'étude des tables et de l'antiquité, id. ib. C'était l'astronomie moderne qui devait apprendre aux hommes que les étoiles sont réellement innombrables, et que des constellations où l'antiquité n'en comptait qu'un trèspetit nombre en renferment des milliers, bonnet, Contempl. nat. ^'° part. ch. 4. || Fig. Être né sous une heureuse constellation, avoir du bonheur, de la chance dans ses entreprises; et, en sens inverse, être né sous une malheureuse constellation. Il faut cependant laisser passer la mauvaise constellation et faire place à la colère du ciel. balz. liv. vm, lett. 9. 11 demande encore si, de ce grand nombre d'hom-

CON

mes qui périrent à la bataille de Cannes d'un même genre de mort, tous étaient nés sous les mêmes constellations, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 433, dans pougens.

— HIST. xme s Ilprirentlor nacions [nativité]

En leles constellations, Que par droite nécessité ....Lor convient tel mort recevoir, la Rose, 17266. || xivc s. H les convient varier [les opérations de médecine] selon plusieurs choses qui sont à considérer, come la complexion de la personne, la disposition de l'aer, la constellacion du ciel, oresme,

Eth. 36. || xve s Eulx et tout le royaume de

France, lors par estrange constelacion enclins à rébellion, furent, par celle desconfiture, rendus si confus , que tous se tindrent cois et appaisiez , christ, de pisan, Charles V, n, ch. 13.

— ÉTYM. Lat. constellatio (voy. constellé). CONSTELLÉ, ÉE (kon-stèl-lé, lée), adj. || l°Terme

d'astrologie. Qui a été fait ou fabriqué sous une constellation, ou qui en porte la marque; d'où certaines vertus supposées. Moi je guéris par des paroles, par des sons, par des lettres, par des talismans et par des anneaux constellés , mol. l'Ain, méd. m, 5. C'est un anneau consteilé qui guérit les égarements d'esprit, id. ib. m, 6. Les curieux conservent encore des anneaux constellés de ces temps-là [Henri IV], volt. Mœurs, 173. || 2° Qui est en forme d'étoile. Pierre constellée. || Qui est parsemé d'étoiles. || Poétiquement. Lorsque je vois au fond des époques futures, La liste des héros sur ton mur [de l'arc de triomphe] constellé, Reluire et rayonner, v. hugo, Voix, 4. || Par plaisanterie. Parsemé de quoi que ce soit. [Un mouchoir] constellé de grains de tabac, Barthélémy, Satire du député ministériel.

— ÉTYM. Lat. constellalus , de cum, et Stella, étoile (voy. ce mot).

f CONSTELLER (kon-stèl-lé), v. n. Faire paraître des constellations. Quel firmament la nuit constellait dans leur sein [des mers] , lamart. Chute d'un ange, récit.

— ÉTYM. Voy. constellé.

CONSTER (kon-sté) , v. n. et impersonnel. Terme de jurisprudence. Être bien établi d'une façon certaine. Par lesquelles lettres il constera qu'il fait rémission, Boss. Déf. Des témoignages par lesquels il conste que cet usage était établi, id. Culte. || Vieux.

— HIST. xive s. Par quoy il conste asseurement Que, dès que mercure est formé, En luy soit, sans plus informé, Double substance métallique, Traité d'alch. 222. || xvi" s. Il conste que cette infanterie estoit soustenue d'un escadron de la compagnie des comtes Louis et Ernest, d'aub. Hist. m, 530.

— ÉTYM. Lat. constate, de cum avec, et stare, être debout (voy. stable).

CONSTERNATION (kon-stèr-na-sion , en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de consterner, résultat de cette action. La consternation calmera la tempête, corn. Othon, v, 2. Nous étions dans la consternation, sév. 20. À ces mots la consternation se répandit sur tous les visages, marmont. Contes moraux, Berg. Alp. Il n'en est pas de la consternation d'un peuple belliqueux qui se tourne presque toujours en courage, comme de celle d'une vile populace qui ne sent que sa faiblesse, montesq. Rom. iv.

— ÉTYM. Lat. consternatio (voy. consterner). CONSTERNÉ, ÉE (kon-stèr-né, née), part, passé.

Je suis consterné de cette nouvelle, de cet événement. Consterné par une terreur subite. Il y avait quelques visages consternés de la perte, hamilt, Gramm. 3. Au premier bruit d'un mal si étrange, on accourut à Saint-Cloud de toutes parts; on trouve tout consterné, excepté le cœur de cette princesse, boss. Duch. d'Orl. Ne vous figurez point que, dans cette journée, D'un lâche désespoir ma vertu consternée.... rac. Baj. n, 5. Mais que vois-je, vous-même inquiet , étonné , Plus que Britannicus paraissez consterné, id. Brit. n, 2. Les vieillards et les femmes paraissent consternés, fén. Tél. x. D'où vient ce morne accueil et ce front consterné? volt. Brut. m, 5.

CONSTERNER (kon-slèr-né),v. a. ||1° Frapper d'une épouvante mêlée d'abattement. Déjà cette horrible nouvelle Consterne vos amis et glace tout leur zèle, volt. Mérope, n, 5. Il est plus occupé de consterner le vicieux que d'éclairer l'ignorant, dider. Ess. sur Claude. Qui donc consterne ainsi ton courage abattu? nucis, Abuf. i, 3. Parla ils [les Romains] consternaient les vainqueurs et s'imposaient à euxmêmes une plus grande nécessité de vaincre, montesq. Rom. ch. i. C'est en élevant l'âme et non en la consternant qu'on doit nous porter au bien, condillac, Étud. hist. t. xxi, p. 185, dans poucens. || 2° Au propre, renverser. Pendant que les

CON

armées consternaient tout, le sénat tenait à terre ceux qu'il trouvait abattus, montesq. Rom. vi. || Peu usité en ce sens.

— HIST. xive s. La multitude du peuple consternée et espoenté, bercheure, f" 55, verso

— ÉTYM. Lat. consternere, de cum, et sternere , renverser.

t CONSTIPANT, ANTE (kon-sti-pan, pan-t',, adj. Terme de médecine. Qui constipe.

CONSTIPATION (kon-sti-pa-sion), s. f. État de celui qui ne peut aller librement à la selle.

— HIST. xvie s. Pour la densité du cuir, ou pour la constipation des pores d'iceluy, paré, xx, 2.

— ÉTYM. Provenç. conslipacio; espagn. constipation; ital. costipazione ; du latin constipai lonem, de constipare , constiper.

CONSTIPÉ, ÉE (kon-sti-pé, pée), part, passé. Constipé par une nourriture trop échauffante. Nous ne devons pas tant nous dépiter d'être un peu constipés, c'est ce qui m'a fait vivre quatre-vingt et un ans, et c'est ce qui vous fera vivre beaucoup plus longtemps, volt. Lett. Mme du Deffant, 19 avril I7V5. || Fig. et dans le style burlesque, un air constipé, un visage de constipé, se dit pour un air contraint et embarrassé, chagrin. Aussitôt me fit une mine Qui représente le portrait D'un constipé sur un retrait, scarron , Poésies div. Œuvres, t. vu, p. 151, dans pougens. Phébus, voyant sa mine constipée, Dit : Quelle est donc cette muse écloppée Qui vient ici racler du violon En manteau court? j. b. rouss. Rondeau.

CONSTIPER (kon-sti-pé). || 1" V. a. Causer la constipation. || Absolument. Nouiriture qui constipe. || 2° Se constiper, v. réfl. Devenir constipé. Je suis de mon amour pressé cruellement, Mon esprit s'en altère et mon corps s'en constipe, scarron, D. Japhet, ni, 4.

— HIST. xive s. Une autre maladie que les chiens ont, qui sont costevez, et ne puent aler dehors, Modus, f" xlv. Il xvi" s. Les medicamens refrigeratifs et astringens constipent le cuir, qui est cause de ne donner transpiration aux vapeurs fuligineuses, paré, ix, 5. Notre esprit se constipe et se croupit en vieillissant, mont, iv, 221.

— ÉTYM. Provenç. costipar; espagn. constipar; ital. costipare; du latin constipare, resserrer, de cum, et stipare, condenser.

CONSTITUANT, ANTE (kon-sti-tu-au, an-t'), adj. Il 1° Qui entre dans la constitution ou composition. Les parties constituantes d'un corps. || Terme de chimie. Molécules constituantes, celles qui appartiennent aux corps composés, par opposition à molécules intégrantes, qui se disent suit des corps simples, soit des corps composés. Ainsi dans le carbonate de plomb, chaque molécule intégrante est composée de trois molécules constituantes, une de carbone, une de plomb et une d'oxygène. || ferme d'anatomie. Tissus constituants, tissus dont l'ensemble forme le corps; ce sont le musculaire, le nerveux, le lamineux, l'élastique, l'adipeux, l'osseux, le cartilagineux, le tissu du derme, des muqueuses et des séreuses. || Terme de géologie. Les parties constituantes d'une roche, celles qui sont disséminées uniformément dans cette roche. || 2° Terme de pratique. Qui donne procuration, qui établit une rente en faveur d'un autre; et substantivement, le constituant, la constituante. Il 3° Pouvoir constituant, pouvoir qui seul a droit d'établir ou de changer la constitution. Le pouvoir constituant est supi au pouvoir législatif. || Assemblée constituante, assemblée qui a mission d'établir une constitution politique. Il Substantivement. La constituante de 1739. La constituante de 1848. || Un constituant, un membre d'une assemblée constituante.

— ÉTYM. Constituer.

CONSTITUÉ, ÉE (kon-sti-tu-é, ée), part, passé. H 1° Mis dans. Les facultés mentales et affectives constituées dans le cerveau par la physiologie moderne. Il 2° Légalement établi. Les autorités constituées (voy. autorité). Une personne constituée en dignité comme Mlle Hubert, hamilt. Gramm. 9. || Qui a une certaine constitution politique. Les États fédératifs et constitués comme la Suisse. Un État bien constitué. H Terme de droit. Rente constituée, rente perpétuelle établie par un contrat moyennant le payement d'un capital. || 3e Qui a pour constitution , pour composition. L'eau constituée par une combinaison d'oxygène et d'hydrogène. || 4" Être bien ou mal constitué, être d'une constitution physique bonne ou mauvaise. La nature en use précisément comme la loi de Sparte avec les enfants des citoyens ; elle rend forts et robustes ceux qui sont bien constitués, et fait périr tous les autres . j. j. rouss. Inégal, i" part.

CON

CON

CON

CONSTITUER (kon-sti-tu-é), v.a. || 1° Mettre dans. Copernic a constitué le soleil au centre du monde. ilosophes stoïciens constituaient le souverain en la possession de la vertu. || 2° Donner charge. meurs d is à ceux que vous aurez constitués »nité, j. 3. kouss. Inégalité, Dédie. Je vous constitue pendant le souper au gouvernement des bouteilles, mol. l'Ar. m, <. || 3" Terme de droit. Donner charge à quelqu'un de défendre en justice une cause, ou lui donner pouvoir d'agir en des affaires générales ou particulières. Constituer avoué, prendre un tel pour son mandataire. || Établir en certaine qualité. Qui vous a constitué juge? Cette résistance les constitue en état de rébellion. || Constituer quelqu'un en frais, en dépenses, lui faire payer certaines sommes. On a abrégé plusieurs procédures qui constituaient en frais les parties. || Constituer quelqu'un prisonnier, le mettre en . || 4" Établir. Constituer une rente, une pension à quelqu'un. Vouloir me constituer sa dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point, mol. l'Av. H, 6. || 5° Former un tout, en parlant des choses qui y entrent comme éléments essentiels. Des humeurs et des parties solides constituent les corps vivants. || Faire l'essence d'une chose. Dieu, étant nécessairement partout, constitue par cela seul l'espace immense et le lieu, volt. Newt. i, 2. Les contrariétés les plus bizarres entrent dans le même caractère et le constituent, vauven. Caract. Le partage des trois pouvoirs constitue proprement ce qu'on nomme république, comme la réunion des trois pouvoirs constitue cequ'on nomme monarchie, condii.lac. Hùt. anc. Lois, ch. n. || 6° Organiser. Constituer une société commerciale. Une assemblée est constituée, lorsque sou bureau est désigné" ou lorsque ses conditions de validité sont reconnues existantes. || 7° Se constituer, v. réfl. Se donner une certaine constitution. L'assemblée s'est constituée. Le bureau de l'assemblée va se constituer. L'assemblée se constitue en comité. Les députés réunis à Paris se constituèrent en assemblée. || Se donner qualité de. Se constituer partie civile dans un procès criminel. Il s'est constitué incidemment demandeur. Se constituer juge dans sa propre cause. Se constituer prisonnier, se livrer soi-même pour être mis en prison.

— HIST. xiv" s. Ceulz qui sont constitués en grans puissances, corne sont princes et grans seigneurs, oresme, Elit. 240. Et les operacions qui précèdent l'abit, et par les queles un home est constitué en l'abit qui est perfettion de son ame, elles sont delettablcs, id. t'o. 220. || xve s. Furent lues les lettres de l'empereur par lesquelles il constituoit le roi Edouard d'Angleterre sou vicaire et son lieutenant pour lui, froiss. i, t, "o. || xvie s. Aristote constitue la félicité es biens de l'esprit premièrement; puis en ceux du corps, lanoue, 480. Il feit prendre au corps ledit Manlius, et le constitua prisonnier, amyot, Cam. «t. Un capitaine, ou autre personne constituée en dignité, ID. Lucul. fi5. Et le trouva-on saisi des bardes dudit patient, dont il fut constitué prisonnier, paré, vin, si.

— étym. Provenç. et espagn. constituir; ital. eostituire; du latin constituere, de cum, etstituere, pour statuere, établir (voy. statut).

t CONSTITUT (kon-sti-tu) , 6-. m. Contrat de droit romain qui obligeait au payement d'une somme d'argent. || Clause de constitut, clause par laquelle le possesseur d'un meuble ou d'un immeuble reconnaît qu'il n'y a aucun droit de propriété, et qu'il n'en a la jouissance qu'a titre de constitut, à titre précaire.

f CONSTITUTEUR (kon-sti-tu-teur), s. m. Celui qui constitue.

— HIST. xvies. Constituteur, oudin, IH.i

— ÉTYM. Constituer; ital. constitutore.

CONSTITUTIF, IVE (kon-sti-tu-tif, ti-v'i , adj.

|| 1° Qui entre dans la constitution d'un objet. Les parties constitutives d'un végétal. Recherches sur la manière dont la religion peut et doit entrer comme partie constitutive dans la composition du corps politique , j. j. pouss. Lettres de la montagne , vi. || 2° Terme de droit. Qui établit un droit. Titre constitutif de propriété.

— Hisr. xvi0 s. Constitutif, cotgrave.

— ÉTYM. Constituer.

CONSTITUTION (kon-sti-tu-sion; en poésie, de cinq syllabes), s f. \\ 1° Acte de mettre dans. la constitution complète do la production de la chaleur dans le poumon n'a pas été ratifiée par les plus récentes recherches. || 2- Terme de procédure. Constitution de procureur, d'avoué, acte par lequel le procureur ou l'avoué déclare à son adversaire qu'il

occupe pour une partie. || Constitution se dit aussi pour le fait de constituer un avoué. || 3° Terme de pratique. Établissement d'une rente, d'une pension; la rente même. 11 a pourvingt mille francs de constitution. || Contrat de constitution, constitution de rente, contrat par lequel le débiteur constitue une rente au profit du prêteur qui aliène son capital. || On disait autrefois mettre son bien en constitutions, pour le placer de manière à lui faire produire ces rentes. Un marchand perd son crédit sur la place quand il met son bien en constitutions. Tout le bien de ce bourgeois est en constitutions. À vous prendre depuis les pieds jusqu'à la tête [en évaluant tout votre habillement], il y aurait de quoi faire une constitution, mol. l'Av. i, 5. Passez-lui un contrat de constitution, la bruy. xiv. || Constitution de dot, action d'établir une dot. || On ne dit plus guère aujourd'hui une constitution; on dit une constitution de rente. || 4° Terme de politique. La nature d'un gouvernement en tant que son pouvoir est réglé. Constitution monarchique. Violer la constitution. Donner, établir une constitution. Le gouvernement monarchique et héréditaire est la constitution du royaume [d'Angleterre] , fén. t. xxn, p. 4tc. Ils [les Italiens] sont un exemple de ce qu'un peuple peut devoir aux seuls bienfaits de la nature, comme les Anglais de ce qu'il peut devoir aux seuls bienfaits d'une bonne constitution, d'alembert, Éloges, Mirabeau. Tant la satire est redoutée dans ces constitutions où la plus grande force du gouvernement réside dans l'opinion que les citoyens ont de sa sagesse, condorcet, Haller. || 5° Loi fondamentale, soit ecclésiastique ou civile, soit générale ou particulière. Les constitutions des papes sont distinguées par un nom qui est le premier mot du texte. Les fondateurs des ordres religieux ont fait approuver par les papes les constitutions de leur ordre. Les constitutions des empereurs. Les constitutions canoniques. Quelle constitution du pape ai-je violée? pasc. Prov. M. Le peuple consentit enfin à payer les dîmes, à condition qu'il pourrait les racheter; la constitution de Louis le Débonnaire et celle de l'empereur Lothaire, son fils, ne le permirent pas, montesq. Esp. xxxi, 12. || La constitution Unigenitus, ou, absolument, la constitution, constitution du pape qui condamnait certaines propositions extraites des Réflexions morales du P. Quesnel et qui excita en France, dans le xviu" siècle, un grand trouble religieux. Nous savons assez en France ce que c'est que les affaires de la constitution; ne fussent-elles que théologiques, elles seraient déjà d'une extrême difficulté, fonten. Rép. à l'évêque de Rennes. Il y a deux ans qu'il lui envoya un grand écrit qu'il appela constitution , et voulut obliger sous de grandes peines ce prince [le roi de France] et ses sujets de croire tout ce qui y était contenu, mon-tesq. Lett. pers. 24. || Constitution civile du clergé, organisation du clergé français décrétée par l'assemblée constituante le 4 2 juillet t790. La constitution ecclésiastique de Genève est purement presbytérienne, point d'évêques, encore moins de chanoines, d'alemb. Gouvern. genevois. || Acte par lequel on règle les droits politiques d'une nation, la forme du gouvernement et l'organisation des pouvoirs publics. L'ère des constitutions politiques s'ouvre en )789. || Autrefois et en certains pays, loi, ordonnance, règlement fait par l'autorité qui a le pouvoir législatif. || 6° Ce qui fait la substance d'un corps , la manière dont il est composé. La constitution de l'air. La constitution du monde, des parties du corps humain. La constitution d'un discours. Voici une pièce d'une constitution assez extraordinaire; aussi est-ce la vingt et unième que j'ai fait voir sur le théâtre, corn. Nicom. préface. La première constitution de l'univers se trouvant affaiblie, la vie humaine, qui se poussait à près de mille ans, se diminue peu à peu, boss. Ilist. u, 1. || 7° Constitution atmosphérique, état do l'atmosphère considérée relativement à son influence sur l'économie animale. || Constitution médicale, rapport qui existe entre les constitutions atmosphériques et les maladies régnantes. || 8" Etat général de l'organisation particulière de chaque individu, d'uu résultent sa force, sa santé, sa vitalité. Une bonne constitution est celle où tous les viscères, tous les systèmes, tous les appareils, également développés et doui d'une égale énergie, remplissent leurs fonction- avec aisance et activité. Malebranche , quoique d'une assez mauvaise constitution, avait joui d'une santé assez égale , fonten. Malebranche. L'ardeur de l'étude avait ruiné sa constitution aussi faible que vive, et l'excès du travail l'empêcha d'en recueillir les fruits, d'alembert, Éloges, Testu.

— HIST. xne s. Nos leiz, noz constitutions, benoît, dans raynouaro, constitutio. || xni* s. Et note que vou [vœu], de la nature de soi, ne depiece pas mariage, mes c'est de constitucion d'yglise, Lir. de just. )94. Or dit l'en que la constitutions ne regarde pas le tans qui est passez, mes regarde le tans qui est à venir, io. 10. Il, par le conseil de sainte Eglise, flst constitution novele, que mariages se peust fere puis le quart degré, beaum. xliv, 12. De ces trois cas.... est il ordené et establi comment on en doit ouvrer par une nouvele constitution que li rois a fête en la manière qui ensuit, id. xxxii, 3. Li mestre pueent espondre [expliquer] constitutions, Conseil de pierre de fontaine, 481. jl xve s. Avecques toutes et quelconques autres constitucions, par les quelles il pourrait sur ce estre empesrbiez , Lettre de Charles v, Bibl. des Chartes, 4e série, t. m, p. 426. || xvie s. Ma constitucion est de ne faire cas du boire que pour la suitte du manger, mont, ii, \h. La constitution des maladies est formée au patron de la constitution des animaulx, id. iv, 207. Les accessions externes prennent saveur et couleur de l'interne constitution, mont, i, -il 8. U renversa toutes les ordonnances et constitutions qu'il avoit faites, amyot, Lucul. 85. Entre toutes les constitutions de l'air, celle qui est chaude et humide est fort dangereuse, paré, xxiv, 3.

— ÉTYM. Provenç. constitutio; espagn. constitu- «ora/ital. constitusione, costituzione ; du latin constitutionem , de constituere, constituer.

-j- CONSTITUTIONNAIRE (kon-sti-tu-sio-nê-r'), s. m. || 1° Celui qui reconnaissait la bulle Unigenitus. [Brancas était] dévot et constitutionnaire jusqu'au fanatisme, et du petit troupeau de Fénelon, st-sim. 421 , 83. || Adj. Si l'on s'en rapporte à la foule des théologiens constitutionnaires, d'alemb. Destruction des jésuites, QBw«res,t.v,p. "3, dans pougens. || 2° Officier chargé de publier les constitutions des empereurs romains et les codes.

— ÉTYM. Constitution.

f CONSTITUTIONNALISER (kon-sti-tu-sio-na-lizé), v. a. Néologisme. Rendre constitutionnel; attacher auv principes d'une constitution. Constitutionnaliser un pays. || Se constitutionnaliser, v.réfl. Se soumettre à une constitution.

— ÉTYM. Constitutionnel.

t CONSTITUTIONNALISME (kon-sti-tu-sio-nali-sm'), s. m. Opinion de ceux qui pensentquele pouvoir souverain. doit être réglé par une constitution.

— ÉTYM. Constitutionnaliser .

CONSTITUTIONNALITÉ (kon-sti-tu-sio-na-li-té),

s. f. Qualité de ce qui est conforme à la constitution. La constitutionnalité d'une loi, d'une ordonnance.

— ÉTYM. Constitutionnel.

CONSTITUTIONNEL, ELLE (kon-sti-tu-sio-nèl ,

nè-1'), adj. || 1° Terme de politique. Qui est réglé par une constitution. Régime, gouvernement constitutionnel, celui où des assemblées participent au gouvernement. || Qui tient à la constitution. Garanties constitutionnelles. Droits constitutionnels des Français. Acte constitutionnel. Charte constitutionnelle. Pacte constitutionnel. || Conforme à la constitution. Cet acte n'est pas constitutionnel. || Qui est partisan de la constitution. Le parti constitutionnel, et, substantivement, les constitutionnels pensent ainsi. || Constitutionnel s'est dit des ecclésiastiqui adoptèrent la constitution civile du clergé en 1790. Un évêque constitutionnel. || 2" Terme de médecine. Qui tient à la constitution atmosphérique. Maladies constitutionnelles, maladies développées par l'influence d'un état de l'atmosphère. || '.un tout à la constitution de l'individu. Maladie constitutionnelle, celle qui semble inhérente à la constitution, et celle oui, après avoir attaqué un organe, a fini par affecter tous les systèmes organiques, la constitution tout entière. Syphilis consl tutionm lie.

— rem. Constitutionnel n'est dans le Dictionnaire de l'Académie que depuis l'édition do 1836.

— ÉTYM. Constitution.

CONSTITUTIONNELLEMENT (kon-sti-tu-sio-nè-

le-manl, odv. D'une manière constitutionnelle, on oité avec la constitution. Agir, gouverner constitutionnellement. Constitutionnellemeni i Is n'est pas permis.

— étym. Constitutionnelle, el le suffixe ment. CONSTRICTEUR (kon stri kteui |,a l> i

en agissanl circulairement. il Le bo i constricteur,

■ boa. || Muscles constricteurs du pharynx, et, substantivement, les constricteurs, plans musculeux qui concourent à former les \ arois du pharynx.

— ÉTYM. Lat. constrictum , supin de constHngère, serrer (voy. consthiction).

CON

| CONSTRICT1F , IVE (kon-stri-ktif, kli-v'i. ad}.

Qui a la propriété de resserrer.

— HIST. xvie s. La faculté vitale est divisée en facultés dilatative et constrictive du cœur et des artères, paré, i, 4.

— ÉTYM. Provenç. costricliu ; espagn. constrictivo; ital. costrettiro (voy. constriction).

CONSTRICTION (kon-stri-ksion), s. f. Terme didactique. Action de diminuer le diamètre d'un objet, en exerçant une pression circulaire. Les cravates, les jarretières, les corsets exercent une constriction.

— HIST. xvi° s. La respiration est faite par dilatation et constriction du thorax, paré, ii, 4. À fin que le dragonneau soit retenu par la constriction [ligature] et ne se rompe point, id. vi, 23.

— ÉTYM. Provenç. constriccio ; espagn. constriction; ital. costrizione; du latin constrictionem, de conttrictum , supin de constringerc , serrer (voy. contraindre).

CONSTRINGENT, ENTE (kon-strin-jan, jan-t'), adj. Terme de médecine. Qui opère une constriction. Moyen constringent.

— ÉTYM. Lat. conslringens , part, présent de constringere (voy. contraindre).

CONSTRUCTEUR (kon-stru-kteur) , s. m. Celui qui construit, qui sait l'art de construire. Le constructeur d'une maison, d'un pont. Constructeur d'instruments de physique. Il n'instruisit pas seulement les constructeurs [de vaisseaux], mais encore leurs enfants, et les mit en état de faire, à l'âge de quinze ou vingt ans, les plus gros vaisseaux qui demandaient auparavant une expérience de vingt ou trente années, fonten. Rendu. M. Olivier, constructeur de vaisseaux, vit que son art avait, besoin du secours des sciences mathématiques, et il quitta tout pour les étudier, condorcet, Muurepas. || Fig. Le roi Guillaume [d'Angleterre] était fàme, le boute-feu et le constructeur de cette guerre, st-sim. 97, 29. || Adjectivement, mécanicien constructeur.

— ÉTYM. Voy. construire.

t CONSTRUCTIRILITÉ (kon-stru-kti-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est constructible.

— ÉTYM. Constructible.

f CONSTRUCTIBLE (kon-stru-kti-bl'), ad). Qui peut être construit.

— ÉTYM. Voy. CONSTRUIRE.

f CONSTRUCTIF, IVE (kon-stru-ktif, ti-v'), adj. Qui a la force de construire. Les propriétés constructives qui existent dans le germe.

— ÉTYM. Voy. construire; provenç, constructiu, costrucliu.

CONSTRUCTION (kon-stru-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Action de construire. La construction d'une maison. L'art de la construction des vaisseaux qui tient à la fois à tout ce que les sciences ont de plus ahstrait, à tout ce que les arts mécaniques ont de plus difficile et de plus minutieux, condorcet, Maurepas. Antandros était un lieu propre à faire des constructions de vaisseaux, le p. catrou, dans desfontaines || L'art du constructeur. Il entend bien la construction. || Bâtisse. Faire de nouvelles constructions. || 2° Manière dont une chose est construite. Chaque espèce [d'animaux] est d'une construction différente des autres, fén. Exist. (9. || Par extension. La construction de ce poème n'est pas régulière. || Une grande construction philosophique, scientifique, grand système dans la philosophie, grande théorie dans la science, qu'établit un esprit inventeur, puissant et conséquent. || 3" Terme de grammaire. Arrangement des mots, place des termes et des propositions. Construction directe, inverse, elliptique. L'on écrit régulièrement depuis vingt années, l'on est esclave de la construction, la bruy. i. Votre construction semble un peu s'obscurcir, boil. Art p. i. On recoinaît les écrivains du bel âge de la France à une certaine construction de phrase, grecque et latine, chateaubr. G'ént'e, m, il, 5. La netteté du discours dépend surtout des constructions, c'est-à-dire de l'arrangement des mots, condillac, Art d'écrire, liv. i, Œuvres, t. vu, p. 4, dans pûugens. 11 est visible que, deux langues où les constructions sont différentes venant à se mêler, il faut du temps pour qu'il en résulte un tout uniforme, turgot, Ébauche du 2° discours, Progrès de l'esprit humain, p. 305. || Construction louche, C'est lorsque les mots sont placés de façon qu'ils semblent d'abord se rapporter à ce qui précède, pendant qu'ils se rapportent réellement à ce qui suit, dumarsais, Mil. gramm. phil. Œuvres, t. v, p. 4 , dans pougens. || Construction analytique, celle uù les mots sont placésdans l'ordre rationnel voulu par la grammaire : le sujet, le verbe et l'attribut. On dit plus souvent aujourd'hui dans les classes:

construction logique. || Faire la construction d'une phrase latine ou grecque, mettre dans l'ordre analytique ou direct les mots qui sont construits dans un ordre inverse. Dites tant qu'il vous plaira que construction est destruction, vous n'avez que ce seul moyen pour entendre le sens d'un auteur, dumarsais, fnvers. Œuvres, t. m, p. 348, dans pougens. y 4° Terme de géométrie. Figure, ligne qu'on trace pour arriver à une démonstration. || Construction d'une formule, d'une équation, évaluation, par moyens graphiques, d'une formule ou des racines d'une équation.

— SYN. construction, syntaxe. La construction ne présente que l'idée de l'ordre et de l'arrangement des mots. La syntaxe règle l'usage et le choix des formes variables des mots et l'emploi de leurs terminaisons.

— hist. xiie s. Par une mervilhouse dispensation avient ke de ce dont il soi aesment [estiment] estre plus destruiz, soi ellievent plus riche à la construction del céleste païs, Job, 446. || xiv° s. Les constructions de Titus Livius sont si trenchées et si brieves et si d'estranges moz, bercheure, f° \.

— ÉTYM. Provenç. constructio, coslructio ; espagn. construction ; ital. costruzione ; du latin construclionem (voy. construire).

fCONSTRUCTIVITÉ(kon-stru-kti-vi-té), s. /■.Qualité constructive. La constructivité attribuée dans l'ancienne philosophie aux forces plastiques. || Dans le système de Gall, penchant ou faculté affective qui porte l'homme et les animaux à bâtir. La constructivité est fort développée chez le castor.

— ÉTYM. Constructif.

CONSTRUIRE (kon-strui-r'), je construis, nous construisons; je construisais; je construisis; je construirai; je construirais; que je construise; que je construisisse; construisant, construit, v. a.\\ 1" Faire quelque chose qui ait structure. Construire une maison, une machine, un instrument de physique. Je vais vous conduire au temple de Thésée, qui fut construit par Cimon, quelques années après la bataille de Salamine, barthél. Anach. ch. 4 2. || Se construire, construire à soi. Il voulait se construire un agréable asile, andrieux, Meunier de Sans-Souci. || 2° Par extension. Construire un poème, en disposer les parties dans un certain ordre. Tantôt, cherchant la fin d'un vers que je construis, boil. Épit. vi. || Construire une théorie, un système, disposer des idées théoriques, systématiques, en un ordre conséquent. || 3° Terme de grammaire. Construire une phrase, en distribuer les mots dans l'ordre grammatical. || 4° Terme de géométrie. Construire une figure, la tracer régulièrement. Construire une carte géographique. || 5° Terme d'astrologie. Construire un talisman, tracer les figures, les caractères qui forment un talisman. || 6° Se construire, v. réfl. Etre construit. Et leur zèle bouillant sait si bien les conduire [les troncs d'arbres] Que ce pont semble naître et non pas se construire, brëbeuf, l'hars. iv. || Entrer dans la^structure d'une phrase. Sûr se construit avec de et avec dans ; certain se construit avec de seulement, d'alemb. Synonymes. Œuvres, t. m, p. 328, dans pougens.

— SYN. construire, bâtir. Construire est plus général que bâtir. Construire, signifiant, par son étymologie, établir ensemble, s'applique à toute espèce d'arrangement; et l'on dit construire une machine, aussi bien que construire une maison. Bâtir, impliquant, étymologiquement, l'idée de ce qui supporte, ne se rapporte qu'aux maisons, aux édifices, aux vaisseaux.

— ETYM. Provenç. construire, costruire; espagn. construir; ital. costruire; du latin conslruere, de cum, et struere, bâtir (voy. structure).

CONSTRUIT, U1TE (kon-strui, strui-t'), part, passé de construire. Les palais construits par les souverains. Le temple de Jupiter, commencé sous Pisistrate, celui de Thésée, construit sous Cimon, offraient aux architectes des modèles à suivre, barthêl. Anach. Introd. paît, n, sect. 3. || Par extension. Un poème bien construit. Une pièce de théâtre mal construite. || Disposé suivant les règles de la syntaxe. Toutes les phrases, construites les unes pour les autres, marquent sensiblement la liaison et la gradation des pensées, condill. Art d'écrire. Œuvres, t. vu, p. i, dans pougkns.

t CONSTUPRATION (kon-stu-pra-sion) , s. f. Viol. Par quelque grande occision Venger la constupration, scarr. Virg. trav. ch. n. || Mot vieilli.

— HIST. XVIe s. Constupration, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. constuprationem, de cum, et stuprare, violer.

CONSUBSTANTI ALITÉ (kon-sub-stan-si-a-li-té) ,

s. f. Terme de théologie. Qualité de ce qui est consubstantiel. Les Ariens niaient la consubslantialité du Fils avec le Père. Us dressèrent le symbole où la consubstantialité du Père et du Fils est établie. boss. Hist. 1,4 1.

— ÉTYM. Consubstantiel.

f CONSUBSTANTIATEUR. TRICE (kon-sub-stansi-a-teur, tri-s'), s. m. et f. Terme de théologie. Celui,celle qui croit le Verbe consubstantiel à son Père; nom donné par les catholiques aux luthériens, à cause de leur opinion sur la consubstantiation.

— ÉTYM. Voy. consubstantiel.

t CONSUBSTANTIATION (kon-sub-stan-si-a-sion), s. f. Terme de théologie. Manière dont les luthériens entendent la présence réelle.

— ÉTYM. Voy. consubstantiel.

CONSUBSTANTIEL, ELLE ( kon-sub-stan si-èl ,

è-1'), adj. Terme de théologie. Qui est un par la substance. Il se dit des trois personnes de la Trinité : le Fils est consubstantiel au Père. Les trois personnes de la Trinité sont consubstantielles.

— HIST. xvie s. Les latins, pour interpréter le mot grec homousios, ont dit que le Fils estoit consubstantiel au Père, signifians qu'il estoit d'une mesme substance, calv. Insiit. 71. L'entreprinse se sent de la qualité de la chose qu'elle regarde, car c'est une bonne portion de l'effet et consubstantielle, mont, i, 70. Les biens et les maulx qui sont consubstantiels à nostre vie, id. iv, 269.

— ÉTYM. Latin consubstantialis , de cum, et substantia, substance.

CONSUBSTANTIELLEMENT (kon-sub-stan si-è-leman), adv. Terme de théologie. D'une manière consubstantielle. Le Fils est consubstantiellenient un avec le Père.

— ÉTYM. Consubstantielle, et le suffixe ment.

f CONSUÉTUDINAIRE (kon-su-é-tu-di-nê-r), s. m. Terme de théologie. Celui qui a coutume de faire quelque chose.

— ÉTYM. Lat. consuetudo, coutume (voy. ce mot).

CONSUL (kon-sul),s. m. || i" Nom de deux magistrats qui exerçaient l'aulorité suprême dans la république romaine, et dont le titre, non la fonction, se perpétua sous l'empire. Elle [Rome] tient des consuls sa gloire et sa puissance, corn. Cinna, n, i. Et nos premiers consuls nous ont coûté des guerres, id. -ib. ii, 4. Home depuis trois ans par ses soins gouvernée Au temps de ses consuls croit être retournée , rac. Brit. i, i. L'un et l'autre consul vous avaient prévenue, id. t'6. i, 2. Rome, ayant chassé les rois, établit des consuls annuels, montesq. Som. ch. 4. Les consuls jugèrent après les rois, comme les préteurs jugèrent après le-; consuls, id. Esp. xi, (8. Le cheval de Caligula fut consul, et cela ne nous étonne que parce que nous n'en avons pas été témoins, mirabeau, Collection, t. m, p. 232. || 2° Agent chargé de protéger ses nationaux, et spécialement les intérêts commerciaux en pays étranger. Le consul de France à Smyrne. Un consul général. || 3" Autrefois, nom, dans certaines municipalités de la France méridionale, des magistrats dits dans le Nord échevins. || 4° Autrefois, juge pris parmi les marchands pour connaître d'affaires commerciales. Un juge consul. Les consuls desmarchands. Lesjugesconsuls. Les tribunaux de commerce ont remplacé les juges-consuls, Dicl. de l'Acad. || La juridiction des consuls. Avoir une affaire aux consuls. || 5° Les trois magistrats auxquels la constitution de l'an VIII avait confié le gouvernement de la république française. Le second et le troisième consul avaient seulement voix consultative. Premier consul , titre donné à Bonaparte pendant la durée de cette constitution, et qui lui assurait tout le pomoir.

— HIST. xme s. Et morut Huguelin consules des Pisans d'Acre, Hist. occid. des croisades, t. n , p. 443. || xive s. Et en la manière que un consul di soit à ceulz de la cité, oresme, Eth. 212.

— ÉTYM. Lat. consul, de même radical que consi- Hum, conseil.

CONSULAIRE (kon-su-lê-r'), adj. || l°Qui appartient aux consuls. La pourpre consulaire. Je porte à Claudius le faisceau consulaire, jouy, Sylla, u, 4. L'empire consulaire fut établi suivant les projets deServiusTullius; mais il fut bientôt affaibli par la jalousie du peuple, boss. Hist. 1, 8. || Comices consulaires, comices pour l'élection des consuls. || Provinces consulaires, celles où Rome envoyait des consuls, y Homme, personnage consulaire, et, substantivement, un consulaire, homme, personnage qui a été revêtu du consulat. On choisit pour cette négociation cinq consulaires, vertot, Révol. rom. liv. n, p. 201. Ce consulaire, qui avait été honoré de deux triomphes, fut précipité du haut de la

CON

roche tarpéienne, id. ib. liv. m, p. 237. || Sous npereurs, magistrat qui administrait une \>n>sous l'autorité du vicaire diocésain. || Famille consulaire, famillequi comptait d'anciens con- Mils. || Année consulaire, temps qui s'écoulait entre deux installations successives de consuls. || Fastes consulaires, chronique gravée sur le marbre qui Fut d terrée sous Paul III. et qui contient la série insuis de Rome. || Terme de numismatique. Médaille consulaire, médaille frappée vers le temps larius et de Sylla. || Terme de blason. Hache consulaire, hache entourée d'un faisceau de verges. || 2° Juridiction consulaire, juridiction desjuges-con- || La juridiction commerciale. || Goutte consuse disait par plaisanterie d'un débiteur qui n'oirtir de chez lui [retenu comme par la goutte], de peur d'être arrêté en vertu d'une sentence des consuls rendue contre lui. || 3° Qui a rapport au gouvernement des trois consuls pendant la république française. Hégirne consujaire. La garde consulaire.

— iiist. xive s. Comices consulaires, pretorians ou tnbunaires, bercheure, f° i, verso. Concion digne de empire consulaire, id. f°74.

— ÉTYM. Lat. consularis, de consul.

CONSULAÏREMENT (kon- su-lê-re-man), adv.

Par la juridiction consulaire. Demande jugée consulairement.

— ÉTYM. Consulaire, et le suffixe ment. fCONSULARITÉ (con-su-Ia- ri-té), s. f. Dignité

des consuls honoraires.

— ÉTYM. Latin consularis, consulaire.

CONSULAT (kon-su-la; le t ne se lie pas dans

le parler ordinaire), s. m. || 1" Terme d'histoire romaine. La dignité de consul. Reçois le consulat pour la prochaine année, corn. Cinna, v, 3. Non, non, ie consulat n'est point fait pour son âge, volt. Bru tus, ii, 4. On ne voit point l'or seul présider au sénat, Et de profanes lois fixer le consulat, id. Catil. 1, 2. Les dissensions se réchauffent par les nouvelles prétentions du peuple, qui aspire aux honneurs et au consulat réservé jusqu'alors aux premiers ordres, noss. Ilist. m, 7. || Gouvernement consulaire. Les Parthes , les Persans veulent des souverains; Et le seul consulat est bon pour les Romains , corn. Cinna, n, i. || Le temps ou l'exercice de cette charge. Sous le consulat de Cicéron. Le consulat ne durait qu'un an. || 2° La charge de juge ou de consul de commerce à l'étranger. Le consulat d'Alexandrie. || Le lieu où siège le consul. Aller au consulat. || Consulat de la mer, titre du code maritime attribué aux Catalans. || Terme de marine. Déclarations que les capitaines sont obligés de faire par-devant les consuls des ports étrangers. || 3° Emploi des officiers municipaux qui portaient le nom de consuls. |i Le corps des consuls. Le consulat d'Arles. || 4° En France, le gouvernement consulaire et le temps pendant lequel ce gouvernement a existé (de 1799

— ÉTYM. Lat. consulatus, de consul.

f CONSULTABLE (kon-sul-ta-bl'), adj. Qui peut être consulté.

— HIST. xvi" s. Consultable, oudin, Dict. CONSULTANT (kon-sul-tan), adj. m. || 1° Qui donne

des consultations. Avocat consultant, avocat qui ne plaide pas, mais donne des consultations. || Médecin consultant, celui qui donne des consultations, soit verbales, soit par écrit; ou celui qui est appelé à conférer sur l'état d'un malade avec le médecin qui a suivi le cours de la maladie. \\S.m. Celui qui donne une consultation. L'ambition, l'envie, avec les consultants, Dans la succession entrent en même temps, la font. Fabl. îv, is. || L'auteur d'une consultation. || 2° En un sens opposé, celui qui demande une consultation. Écoutez tout le monde, assidu consultant, boil. Art p. îv.

f CONSULTAT (kon-sul-ta) , s. m. Conseil qui se tenait tous les vendredis, en Espagne, et où l'on rendait compte au roi de ce qui s'était passé dans les différents conseils pendant la semaine.

— ÉTYM. Voy. CONSULTER.

CONSULTATIF, IVE (kon-sul-ta-tif , ti-v'), adj. Que l'on consulte, qui est institué pour donner des avis. Comité consultatif. Attributions purement consultatives. || Voix consultative, droit d'opiner, mais non de voter. Il s'éleva une dispute dans ce bureau entre le premier et le second ordre, qui y prétendait la voix délibérative; le premier ne lui voulut reconnaître que la consultative, st-sim. 78, 7.

— ÉTYM. Consulter.

CONSULTATION (kon-sul-ta-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1° Action de consulter. Je vous défends de faire à ce sujet aucune consultation à d'autres qu'à moi, uoss. Lelt. abb. 03. || 2" Avis mo-

CON

tivé d'un ou de plusieurs jurisconsultes sur un point de droit. Vn avocat a-t-il quelque réputation établie"? il cesse de plaider et se borne aux consultations où il s'enrichit, fén. t. xxi, p. 166. !,| En un sens opposé, mémoire qu'une personne présente et sur lequel elle demande un avis motivé. || Autrefois on nommait pilier de consultation, ou, simplement, pilier, le premier pilier de la grand'salle où se rangeaient les anciens avocats; et chambres des consultations, certains cabinets voisins où ils s'assemblaient pour consulter. Il y avait aussi le banc de consultations. || 3° Réunion de médecins auprès d'un malade pour délibérer sur les moyens de le secourir. Un jour, il était en consultation avec d'autres médecins, j. j. rouss. Conf. v || Avis que donne un médecin que l'on vient consulter; ou bien mémoire contenant l'opinion d'un ou de plusieurs médecins sur l'état d'un malade. || Le lieu et le temps consacrés aux consultations. Aller à la consultation du médecin.

— HIST. xive s. Celui qui fait consultation, soit bien, soit mal, il fait questions et raisons d'une partie et d'autre, oresme, Eth. 183. II avient aucune fuis que la consiliacion ou consultacion dure trop lonc temps, id. ib. < 83. Sur lesquelles choses le sénat ha eu grant consultacion , bercheure , f" 28, verso. || xvie s. Le commencement de toute vertu, c'est consultation et délibération, mont, h, 3. Nous avons formé une vérité par la consultation et concurrence de nos cinq sens, id. ii, 359. Nous estimons grande chose nostre mort, et qui ne passe pas sans solenne consultation des astres , id. ii, 381. Nous n'avons que faire de consultations et interprétations doctorales, id. iv , 276. Appelans la modestie pusillanimité; la consultation et délibération prudente tergiversation palliée, lanoue, 55. Aux consultations des affaires nous appelions les anciens capitaines, m. du bkll. Prol. Les tribuns du peuple, qui estoient presens à ceste consultation du sénat, amyot, Cor. 23.

— ÉTYM. Lat. consultatio, de consultare, consulter.

f CONSULTE (kon-sul-f), s. f. || i° Action de consulter. Qui passait au Mans pour faire une consulte de médecins sur la maladie, scarr. Rom.com. ch. 7. On trouve dans les consultes de Wepfer l'histoire d'un jeune homme.... tissot, Santé des gens de lettres, p. 69, édit. techener. Vieux en ce sens. Il 2° Assemblée administrative, conseil, sénat, en Italie et dans certains cantons de la Suisse. || Consulte sacrée, sorte de conseil administratif et judiciaire à Rome. Cette congrégation est comme le conseil d'Etat du pape, elle se tient devant Sa Sainteté, ou chez le cardinal neveu, s'il y en a; tous ceux qui ont été nonces apostoliques assistent à cette congrégation; elle s'appelle aussi la consulte, du marsais, Lib. Égl. gall. part, n, max. 17.

— ÉTYM. Voy. consulter; ital. consulta.

CONSULTÉ, ÉE (kon-sul-té, tée), part, passé.

|| 1" À qui on a demandé un avis. L'avocat ayant été

consulté par son client Et sur cette promesse,

Calchas, par tous les Grecs consulté chaque jour, Leur a prédit des vents l'infaillible retour, rac. Iph. i, 3. || 2° Sur quoi on a demandé avis. L'affaire est consultée; et tous les avocats, Après avoir tourné le cas En cent et cent mille manières, Y jettent leur bonnet, se confessant vaincus, la font. Fab. n, 20. CONSULTER (kon-sul-té), v. a. \\ 1° Prendre conseil de quelqu'un. Ceux que l'empereur a consultés le moins, rac. Brit. i, 2. Consultons sur ce point quelque autour signalé, boil. Lutr. îv. Le sage quelquefois fait bien d'exécuter Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fait et sans la consulter, la font. Fabl.x, 14. || Fig. Consulter le chevet, son chevet, se donner le temps de délibérer sur une chose, passer la nuit avant de prendre son parti. Dans le même sens et familièrement, consulter son bonnet de nuit. || Consulter son miroir, s'y regarder. Là, pour ne point des ans ignorer les injures, Je consulte souvent le cristal d'un ruisseau, chaulieu, Stances sur la retraite- || Consulter les astres, l'histoire, les examinerattentivement pour y chercher des indices. Vous-même, consulr vo premières années, rac. Brit. n, 3. Si de vos premiers ans vous consultiez la gloire, id. ib. ni, t. On faisait comme on avait toujours fait: on consultait l'usage, et on n'imaginait pas encore de chercher dans des principes généraux ce que les peuples se douent les uns aux autres, condillao,//«L anc. Lois, ch.i. || >e diriger par. Ce ne sont pas les sens que mon amour consulte, corn. Sertor. n, i. Je n'ai pour lui par 1er consulté que mon cœur, rac. Andr. n, l, Mais on n'en doit pas moins consulter la prudence, volt.

CON

Fanât, n, 6. || Consulter ses forces, examiner si l'on est capable! de faire, d'exécuter une chose. Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, Et consultez longtemps votre esprit et vos forces, boil. Art p. I. || Consulter ses intérêts, se diriger d'après ce qu'ils suggèrent. || Dans le paganisme, consulter l'oracle, les dieux, les interroger pour connaître l'avenir ou se diriger dans le présent. Un païen qui sentait quelque peu le fagot. Et qui croyait en Dieu, pour user de ce mot, Par bénéfice d'inventaire, Alla consulter Apollon, la font. Fables, iv, 19 Lorsque Clauduis Pulcher, consul romain et général de l'armée romaine, fut envoyé contre les Carthaginois, on consulta les sacrés poulets, qui ne voulurent point manger; le consul ordonna que, puisqu'ils ne voulaient pas manger, on les jetât dan la mer pour les faire boire, dumarsais, Mèlang. gramm. phil. OEuvres,t. v, p. 348, dans POUGENS. || Par extension. Consulter le sorcier, la devineresse, la somnambule. || 2" Mettre en délibération, soumettre à l'examen de quelqu'un. Consulter une affaire à un avocat. Que l'on doit commencer par consulter ensemble Les choses qu'on peut faire en cet événement , mol. Tart. v, I. Si Lélie a pour lui l'amour et sa puissance, Andrès pour son partage a la reconnaissance, Qui ne souffrira point que mes pensers secrets Consultent jamais rien contre ses intérêts, id. l'Étour. v, 12. La conjoncture est tout à fait heureuse, et j'ai ici un ancien de mes amis, avec lequel je serai bien aise de consulter sa maladie, id. Pourc. I, 10. 11 s'entend tout seul, je ne le consulterai à personne, sév. 313. Une autre fois l'un du »'onseil des Douze élève une difficulté, et, comme on ne tombait pas d'accord, il propose de la consulter en Sorbonne, anquet. Ligue, ni, 200. Cet homme, qui nie sa liberté, ne laissera pas de consulter ce qu'il a ft faire, boss. Lib. arb. 4. M. Huyghens consultait à M. de l'Hospital ses difficultés sur le calcul différentiel; et quand quelque chose l'arrêtait, il ne s'en prenait pas à la méthode, mais à ce qu'il ne la possédait pas assez, fonten. L'Hospital C'est assez consulté; Rendez-moi mes liens

ou pleine liberté, corn. Sertor. m, i. || 3° V. n. Conférer, délibérer seul ou avec d'autres pour aviser. Déjà leTésin tout morne Consulte dese cacher, M U.H. ii, t. Après avoir longtemps consulté, ils arrêtè- .rent.... vaugel. Q. C. 3)8. Il est bien plus naturel à la peur de consulter quede décider, retz,ii, V2c>. Ma s pourquoi consulter des choses résolues, Et ne poursuivre pas comme on les a conclues? rotr. Bc'lis. n, 8. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus; Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus, corn. Cinna, iv, 4. Je ne consulte point pour suivre mon devoir, id. Cid, m, 3. Après avoir consulté quelque temps, hamilt. Gramm. 7. Le jour s'en va paraître et je vais consulter Comment dans ce malheur je dois me comporter, mol. Éc. desf. v, t. Ah ! faut- il consulter dans un affront si rude! id. Ampli, ru, 3. Madame, consultez, rac. Baj. v, U. Sans consulter enfin

si je me perds moi-même, id. Baj. I, 3 Sortons, et,

sans plus consulter, De ce trouble inouï songeonsà profiter, volt. Sémir.i, 5. Je consulterai sur votre mal avec les philosophes, id. Dial.'i. Vous avez daigné, sire, nous appeler pour consulter avec vous au bien de l'État, mirabeau, Collection, t. i, p. 331. Ne répondant aux critiques qu'en guérissant les maladies, consultant sans peine avec les médecins qui, dans d'autres circonstances, avaient refusé de consulter avec lui, condorcet, Tronchin. ||4°Se consulter, v. ré/t. Délibérer avec soi-même. Il faut vous rendre; il faut me quitter et régner. — Vous quitter? — Je le veux; je me suis consultée, rac. Baj. il, 5. Arsace, c'est à toi de te bien consulter, volt. Sémir. IV, 1 . || Se consulter l'un l'autre. Ils se s mt consultés, et leur réponse est unanime. || Être consulté. La voix de la raison jamais ne se consulte, corn. Cinna, n, l.

— hist. xvie s. Les Perses aprez le vin consultaient de leurs principaulx affaires, mont, ii, 21 5. Consultez-en [faites-en l'épreuve] pour veoir

ques vostre astrolabe, id. ii, 272. Il disoit qu'il falii.it exécuter, non pas consulter les haultes entreprises, in. m, 172. Je consulte peu des altérations que je sens; car les médecins.... id. iv, 269. Aux jours ensuivans puis après, ilz commencèrent à consulter entre eulx des moyens de faire la guerre, amyot, Cor. 36. Des entreprises qu il sembloit avoir bien consultées, id. Sylla, H.

— étym. Lat. consultare, fréquentatif, de conquière, de même radical que consilium, conseil.

CONSULTEUB (kon sul leur), s, m. Celui que l'on consulte Les Légistes, de simples consul teurs, étaient devenus magistrats, ST-SIM. 373, 20C,

ri>-j

CON

|j Consulteur du saint-office, nom qu'on donne aux théologiens que le pape commet pour examiner les livres ou les propositions qui lui sont déférés, ou pour donner leur avis sur des matières qui regardent la foi ou la discipline. C'est ce qui paraît parfaitement par les avis des consulteurs auxquels le pape les donna à examiner, pasc. Pror. 17. Le cardinal de Bouillon ne se contenta pas d'opiner pour M. de Cambrai de toute sa force, mais il essaya d'intimider les consulteurs, st-sim. 66, 94. || Chez les capucins, celui qui donne avis au général.

— HIST. xvie s. Consulteur, cotgrave.

— ÉTYM. Lat. consulter, de considère.

| CONSUMABLE (kon-su-ma-bl'), adj. Qui peut être consumé.

— ÉTYM. Consumer.

CONSUMANT, ANTE (kon-su-man, man-l'), adj. Qui consume. Un feu consumant. Une ardeur consumante.

CONSUMÉ, ÉE (kon-su-mé, niée), part, passé. || 1° Détruit peu à peu. Ces restes d'un héros par le feu consumé, corn. Pomp. v, 1. Consumé par les vers, rac. Alliai, m, 5. J'attendais que le temple en cendres consumé, id. ib. v, 2. Pensez-vous y traîner les restes d'une armée Vingt fois renouvelée et vingt fois consumée? id. Alex, v, 1. Près de ce gouffre horrible, épouvantable, Lieu de douleurs où le triste coupable Parmi des flots de bitume enflammé Brûle à jamais sans être consumé, j. b. rouss. Alle'gor. i, i. || 2° Fig. Consumé par les chagrins. Consumé de regrets, rac. Andr.i, 4. Consumé de travaux, appesanti par l'Age, volt. Alz. i, i. Accablé île mépris, consumé de douleurs, j. b. rouss. Odes, i, 12. Le voyageur pourtant, le mortel égaré, Consumé par la faim, par la soif dévoré, Trouve en tout temps ici la tente de mon père, ducis, Abuf. n, 7. || 3° Passé. Ce moment si cher, madame, est consumé À louer l'ennemi dont je suis opprimé, rac. Brit. n. 6. Il m'est honteux d'aimer, il vous l'est n'être aimée D'un homme dont la vie est déjà consumée, corn. Pulch. v, 3.

CONSUMER (kon-su-mé), v. a. || 1° Détruire en usant, en réduisant à rien. Le feu consuma ce grand édifice en moins de deux heures. La rouille consume le fer. J'ai pitié de moi-même et jette un œil d'envie Sur ceux dont notre guerre a consumé la vie, corn. //or. n, 3. llarrête et consume deux grandes armées, fléch. Tur. S'il [l'homme] était haut comme les plus grands clochers, un petit nombre d'hommes consumerait en peu de jouis tous les aliments d'un

pays, fén. Exist. 42 À nos vaisseaux la mer

toujours fermée Trouble toute la Grèce et consume l'armée, rac. lphiy. i, 2. Toutes leurs provisions furent consumées, volt. Cand. 17. Il pense déjà voir les flammes triomphantes Embraser leurs drapeaux et consumer leurs tentes, delille, Parad. perdu, v. || Consumer son patrimoine, le dissiper. Il Fig. Consumer avec lui toute cette faiblesse, corn. Uor. n, 4. Il [le peuple] n'est donc plus à craindre : il a pris ses victimes; Sa fureur sur leur sang va consumer ses crimes, id. Nicom. v, 4. Jusqu'à ce que la mort brise ce qui te lie À cette longue infirmité, Et qu'en toi, dans le ciel, la véritable vie Consume la mortalité, corn. Imit. i, 22. Je lui laissai sans fruit consumer sa tendresse, hac. Brit. îv, 2. L'oisiveté d'un camp consume leur vigueur, id. Alex, i, t. || 2" Par analogie. Le regret de sa faute le consume. L'esprit s'use comme toutes choses; les sciences sont ses aliments, elies le nourrissent et le consument, la bruy. xi. Si pour me consumer Un destin envieux ne m'avait fait rimer, boil. Sat. n. La riche expression, la nombreuse mesure, Sorcières dont l'amour sait d'abord les charmer [les poètes], De fatigues sans fin viennent les consumer, id. Ep. xi. Son naturel ardent le consumait dans le travail, fén. Tél. xiv. Je vais seule en ces lieux, où l'horreur me consume.... volt. Alz. iv, 4. Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre; Qui l'ose réveiller peut s'en laisser surprendre, Et je mériterais qu'il [le feu] me pût consumer", Si je lui fournissais de quoi se rallumer, corn. Rodog. m, 4. C'en est fait, le poison me consume, ma force m'abandonne, la plume me tombe des mains, je sens affaiblir jusqu'à ma haine, montesq. Lell. pers. h ci . 113" Employer sans réserve, en parlant du temps. La longueur du temps que les choses ont consumé, corn. Ex. de Pomp.... 11 [un diable] se pouvait tirer d'affliction Par ses bons tours et par son industrie, Mais non mourir ni revoir sa patrie, Qu'il n'eût ici consumé certain temps, la font. Belph. J ai consumé mon âge au sein de l'Amérique, volt. A Iz. :, i . Nous autres hommes c'est souvent par vanité, Quelquefois par intérêt, que nous consumons notre

CON

vie dans la culture des arts, volt. Épit. à Mme du Châtelet, sur Als.\\k" Se consumer, v. réfl. Être consumé. Se consumer de travail et d'inquiétude. Ce peu, que mes vieux ans m'ont laissé de vigueur, Se consume sans fruit à chercher ce vainqueur, corn. Cid, m, o. N'allez pas sur des vers sans fruit vous consumer, boil. Art poét. i. De vos jours prêts à se consumer, rac. Phèd. i, 3. En efforts impuissants leur maître se consume, id. ib. v, 6. Hélas! je me consume en impuissants efforts, id. Iphig. v, 4. Les empereurs se consument dans des disputes de religion, boss. Hist. i, n. Je me consumais en regrets inutiles, fén. Tél. n. Narcisse se consuma lui-même de douleur, id. ib. vm. 11 se consumait par ses inquiétudes, id. ib. xxm. Les Homains laissaient le riche royaume se consumer par lui-même, et s'étendaient du côté de l'occident, boss. Hist. i, 9. Le jeune amant ne pouvant obtenir sa maltresse se consumait de douleur, :. :. rouss. Conf. i. Les païens se consumaient à la poursuite de l'ombre de la vie, chatkaub. Génie, ni, iv, 1. Pâle lampe du sanctuaire, Pourquoi, dans l'ombre du saint lieu, Inaperçue et solitaire, Te consumes- tu devant Dieu? lamart. Hartn. i, 4. || Absolument. Faire de vains efforts. Jecours, je me consume , etle peuple m'entraîne, volt. Mérope, v, 6. || Dépérir. La petite fille n'a fait que languir depuis [l'emprisonnement de son père], et se consume peu à peu , p. l. cour.

— HIST. xv" s. Pour ceste heure estoit consummée la force de son pays, comm. v, 9. || xvie s. Ses préfaces, partitions, etc. consument la plus part de son ouvrage, mont, il , 106. Le feu, n'ayant plus que consumer, se consume soy mesme, et n'est plus feu, id. iv, 351. Purger, resouldre et consumer toutes les mauvaises humeurs d'un corps gasté, amyot, Lyc. vu. Ce temple fut consumé par le feu, du temps des guerres civiles, id. Publ. 28. Se consumer de melancholie, id. Timol. vu. La fouldre consumera les os des corps, sans entatumer la chair qui les couvre, rab. Pant. va, 3.

— ETYM. Provenç. et espagn. consumir ; du latin consumere, de cum, et sumere, prendre, d'où dérive sumptus, dépense (voy. somptueux).

t CONSUMPTIBLLITÉ (kon-son-pti-bi-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est consumptible.

— ÉTYM. Consumptible.

f CONSUMPTIBLE (kon-son-pti-bl'), adj. Qui peut être consumé. Matières consumptibles par le feu.

— ÉTYM. Voy. consumer.

f CONTABESCENCE (kon-ta-bè-ssan-s') , s. f. Terme de médecine. Consomption.

— ÉTYM. Lat. contabescere, de cum, et tabescere, se consumer.

f CONTABESCENT, ENTE (kon-ta-bè-ssan, ssan-f), adj. Terme de médecine. Qui est atteint de consomption, de marasme.

— ÉTYM. Voy. CONTABESCENCE.

CONTACT (kon-takt'; quelques personnes prononcent kon-ta; prononciation correcte, mais peu usitée), s m. || 1° Etat de deux ou plusieurs corps qui se touchent. Point de contact, point par lequel deux corps se touchent. || Terme de géométrie. Contact du premier ordre, le contact simple, consistant dans un seul élément commun. Contact du second ordre, communauté de deux éléments. || Terme de physique et de chimie. Action de contact, phénomène de contact, action, phénomène qui se passe au contact des corps. || Terme de médecine. Dans les maladies contagieuses, contact immédiat, l'attouchement d'un malade atteint d'une de ces maladies; contact médiat, l'attouchement, non du malade luimême, mais des objets qui l'ont touché. || 2° Par extension, relation, rapport. Le commerce met en contact les peuples les plus éloignés. Le contact du monde. || Point de contact, sentiment, idée par lesquels des personnes se touchent, s'accordent.

— ÉTYM. Latin contactus, de cum, et tactus, touché (voy. tact) ; ital. contaito.

t CONTADIN (kon-ta-din),s. m. Paysan. À l'aide, contadins, aux armes, la font, dans le Dict. de bescherelle. y Inusité.

— etym. Ital. contadino, paysan, de conlado, campagne voisine d'une ville.proprementcomté (voy. ce mot). Contadin entra un moment dans le français au xvr siècle comme plusieurs autres mots italiens.

t CONTAGE (kon-ta-j') , s. m. Terme de médecine. Substance organique altérée, cause matérielle, qui, transportée d'un lieu à l'autre, d'un individu à l'autre, y reproduit la maladie d'où le contage p.ovient.

— El m. </oy. contagion.

CON

f CONTAGIER (kon-ta-j i-é), v. a. Terme de médecine. Communiquer une contagion.

— ÉTYM. Voy. CONTAGION.

CONTAGIEUX, EUSE (kon-ta-j i-eû, eû-z'), adj. || 1° Au sens passif, transmissible par contact ou par une communication qui ressemble au contact. Des vices contagieux. Une erreur contagieuse. Le rire est contagieux. Le voisinage de l'imagination est extrêmement contagieux en la partie intellectuelle, balz. liv. vu, letl. 7. C'est par vous seul, infortuné Narcisse, Que cette terre, inaccessible au vice, Connut enfin le mal contagieux, malfil. Narcisse, ch. i. || Terme de médecine. Transmissible d'un corps malade à un corps bien portant par l'intermédiaire d'un virus. Je voudrais qu'on cherchât des préservatifs contre les maladies contagieuses de nos bestiaux, dans le temps qu'ils sont en bonne santé, afin de les essayer quand ils sont malades, volt. l.ett. Bourgelat, 18 mars 1775. Et comme un mal souvent devient contagieux, rotrou , St-Genest, iv , 9. || Dans un sens restreint, les maladies contagieuses, les affections syphilitiques. || 2° Au sens actif, qui transmet la contagion. Air contagieux. Miasmes contagieux. On est pieux ou l'on croit l'être ; mai? on l'est selon l'air contagieux du monde que l'on respire sans cesse, bourd. Pensées, t. i, p. 434. Vous souffrez auprès de vous des gens contagieux, démons domestiques, toujours attentifs à vous séduire et à vous inspirer le poison qu'ils portent dans l'âme, id. Carême,t. i, p. 206. Ici la terre ne porte pour fruits que du poison; les hommes, contagieux, ne se parlent que pour se communiquer un venin mortel, fén. Tél. iv. Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence, rac. Athal n, 9. Certaius livres de dévotion, écrits par des imaginations fortes et contagieuses, condillac, Art de penser, part, i, ch. 5.

— HIST. xiv« s. La maladie qui estoit contagieuse, bercheure, f° 52, verso. || xve s. Tost est baillé un mal contagieux, ch. d'orl. Bail. Maistre Pierre Chevalier.... Vieille contagieuse, Voulez-vous donc gouverner la contrée En beguinant, faire la précieuse Pour empescher toute vie amoureuse? elst. desch. Poésies mss. f 334, dans lacurne. || xvic s. Le mal en est si contagieux qu'il y a danger qu'il ne se espande plus avant par toute la chrestienté, condé, Mémoires, p. 644.

— ÉTYM. Provenç. conta g i os ; espagn. et ital. contagioso; du latin contagiosus (voy. contagion).

f CONTAGIFÈRE (kon-t:i-ji-fe-r'), adj. Terme de médecine. Qui porte le virus ou la contagion.

— ÉTYM. Contage, et férus, qui porte. CONTAGION (kon-ta-jion; en poésie, de quatre

syllabes), s. f. || 1" Communication par contact ou par ce qui ressemble au contact. La contagion du vice, de l'hérésie. Cette contagion [du mauvais sjoût] infecta les provinces, boil. Ait p. i. Le luxe répand sa contagion depuis le roi jusque.... fén. Tél. xxn. Quand l'homme faible qui redoute La contagion du malheur Nous laisse seul sur notre route Face à face avec la douleur, lamart. Harm. i , 9. La contagion des dignités et de la grandeur ne lui forma pas cet œil superbe et ce cœur insatiable d'honneurs.... mass. Villars. La contagion ne s'était encore guère répandue dans les écoles publiques, maucroix, Schisme, liv. n, dans richelf.t. Il est une contagion dans les mouvements passionnés, mirab. Collection, t. i, p. 314. || La contagion des idées, l'extension que certaines idées religieuses, sociales , politiques, prennent parmi les peuples à un moment donné. || 2° Communication d'une maladie par contact médiat ou immédiat. Ce mal se prend par contagion. Quiconque approche d'elle.... par contagion prend sa triste couleur, malh. vi, h. || Contagion vive, la transmission par contact d'individu à individu : c'est la contagion immédiate. Contagion morte, la transmission par contact d'effets provenants d'un malade : c'est la contagion médiate. |j Par extension, maladie contagieuse. Les ravages de la contagion La contagion Jusqu'au

pied de son trône a porté son poison, volt. Œdipe, i, 1. || Contagion s'est dit, absolument, pour la peste. On a besoin de grande police en temps de contagion.

— SY5. contagion, infection. La contagion spécifie que la maladie est transmise soit par la communication d'un virus, soit par le contact d'individu à individu sans virus (visible du moins). L'infection au contraire spécifie que l'air est vicié et communique la maladie; l'individu malade gâte l'air, et l'air rend malade celui qui se trouve dans la sphère de l'agent morbifique.

— HIST. xvic s. La contagion est très-dangereuse en

COIS

la presse; il fault ou imiter les vicieux ou les haïr, mont, i, 273. Qui a pu defl'endre aux misérables d'opposer les bras aux bras , et le fer au fer, et prendre d'une fureur sans justice la contagion d'une juste fureur? d'aub. Hist. ni, 457. La contagion universelle des opinions populaires et erronées, charron, Sagesse, i, 15.

— ÉTYM. Lat. contagio;de cum, avec, et tangere, toucher (voy. tangible).

f CONTAGIONNAIRE (kon-ta-jio-nè-r') , s. m.

Voy. C0NTAGIONN1STE.

t CONTAGIONNISTE (kon-ta-jio-ni-sf), s. m. Médecin qui soutient la contagion de la fièvre jaune et delà peste, et recommande les mesures de quarantaines, les barrières et les précautions sanitaires. || On a dit aussi contagioimaire, aujourd'hui peu usité.

— ÉTYM. Contagion.

f CONTAGIOSITÉ (kon-ta-jio-zi-té), s. f. Terme de médecine. Qualité de ce qui est contagieux. La contagiosité de certaines maladies.

— ÉTYM. Contagieux.

f CONTAILLE (kon-tâ-11', II mouillées), adj. f. Terme de commerce. Soie contaille, sorte de soie de basse qualité.

•(■CONTAMINA BLE (kon-ta-mi-na-bl") , adj. Terme de médecine. Qui peut être contaminé. Objets contaminables, objets susceptibles de contagion, c'està-dire qui peuvent communiquer la peste ou toute autre maladie.

CONTAMINATION (kon-ta-mi-na-sion), s. f. Souillure. Suivant la loi de Moïse, il y avait plusieurs sortes de contaminations.

— HIST. xvic s. Contamination, oudin, Dict.

— ÉTYM. Lat. contaminatio, de contaminare , contaminer.

CONTAMINÉ, ÉE ^kon-ta-mi-né,née), part, passé. Ôter les habits de peur d'en être contaminé, iiamilt. Gramm. 10.|| Terme de médecine. Où règne une maladie contagieuse. Localités contaminées.

CONTAMINER (kon-ta-mi-né), v. a. Souiller. || 11 est vieux.

— hist. xv« s. Afin que dorénavant elle ne contaminast les autres membres de J.-C, monstrel. lie. ii. ch. 105.

— ÉTYM. Lat. contaminare , de cum, avec, et taminare, souiller.

f CONTANT (kon-tan) ou CONTA UR (kon-tôr), s. m. Terme de marine. Partie du vaisseau, qui est au-dessus de l'enceinte qu'on nomme cordon.

CONTE (kon-f), s. m. || 1° Récit, rapport, et, particulièrement, récit de quelque anecdote, de quelque aventure. Un bon conte. Il sait des contes de toute sorte. 11 fait un conte mieux qu'homme du monde. Tu fais après cela des contes superflus, corn. Héracl. îv, 4. J'ai une démangeaison naturelle à l'aire part des contes que je sais, mol. Scapin, in, 3. J'étais toute remplie du conte et je brûlais de le redire, id. ib. m, 4. Des personnes qui disent de sots contes, pasc. J. C. 43. Dans la conversation, ce qu'on appelle conte est le récit bref et rapide île quelque ciio^e de plaisant, marmont. Élém. de littèr. t. vi, p. 207, dans pougens. On en fit le conte à la reine, hamilt. Gramm. 8. De grâce n'allez pas divulguer un tel conte, mol. l'Élour. u, 5. À cause des contes perpétuels qu'ils nous en font, sév. 243. Il nous fit l'autre jour un fort plaisant conte, id. 504. Ses ennemis [deBion] avaient fait des contes au roi Antigonus, au sujet de sa naissance ignominieuse, fën. Bion. On aura fait quelque conte, Et de dépit transportés l'eut-être ils règlent le compte De leurs infidélités, bérang. Bon ménage. || Familièrement. Quel conte me faites- vous avec vos dépenses? c'est-à-dire, que me parlez-vous de dépenses? c'està-dire encore, vous me parlez de dépenses qui ne sont pas réelles ou auxquelles je ne veux pas prendre part. || 2° Récit d'aventures merveilleuses ou autres, t'ait en vue d'amuser. Les contes de fées. Les contes de Perrault. On fait en Italie un conte assez plaisant, Régnier, Sat. ix. Boccace en fait certain conte pour rire, la pont. Mazet. Maudit censeur, te tairas-tu? Ne saurai-je achever mon conte? id. Fab. h, t. Une morale nue apporte de l'ennui; Le conte fait passer le précepte avec lui, id. ib. vi, t. Le conte est du bon temps, non du temps où nous sommes, io. ib. x, 10. Jamais ce qu'on appelle un bon conte ne passe d'une main à l'autre sans recevoir quelque embellissement, id. Contes, Préf. du tome il. Les aises delà vie, l'abondance , le calme d'une grande- prospérité font que les princes ont de la joie de reste pour rire d'un nain, d'un singe, d'un imbécile et d'un mauvais conte, la bruy. ix. Qui croirait que le ménestrel Rutebeuf, Hébert et d'autres auteurs

cors

aussi inconnus et en apparence aussi méprisables, fussent les originaux des meilleurs contes de Bocace? fonten. Hist. du th. fr. Œuvres, t. v, p. n , dans pougens. C'est à qui trouvera les meilleures chansons, à qui fera les meilleurs contes. J. J. rouss. Uél. v, 7. || Contes bleus, contes de fées et autres récits de ce genre, ainsi dits parce qu'ils étaient d'ordinaire couverts d'un papier bleu ; et par extension, récits imaginaires, raisons sans fondement, billevesées. Les pères, les maris me prendront aux cheveux, Pour dix ou douze contes bleus! la font. Oies. Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire, mol. Tart. i, I. Nargue des vertus! On n'en sait que faire; Aux sots revêtus Le tout est de plaire; De ses contes bleus L'honneur nous assomme, bérang. Scand. || Récit où une aventure plus ou moins libre est racontée. J'avais résolu de ne consentir à l'impression de ces contes qu'après que j'y pourrais joindre ceux de Boccace qui sont le plus à mon goût, la font. Contes, préface du tome 1. On m'en peut faire deux principales [ objections] : l'une que ce livre est licencieux, l'autre qu'il n'épargne pas assez le beau sexe ; quant à la première, je dis hardiment que la nature du conte le voulait ainsi, étant une loi indispensable selon Horace et selon la raison et le sens commun de se conformer aux choses dont on écrit, id. ib. Ce principe une fois posé, ce n'est pas une faute de jugement que d' entretenir les gens d'aujourd'hui de contes un peu libres, id. ib. Je ne pèche pas non plus en cela contre la morale; s'il y a quelque chose dans nos écrits qui puisse faire impression sur les âmes, ce n'est nullement la gaieté de ces contes; je craindrais plutôt une douce mélancolie où les romans les plus chastes et les plus modestes sont très-capables de nous plonger, id. ib. || Conte gras, conte graveleux. || 3° Par extension, discours ou récit mensonger, peu vraisemblable et auquel on ne croit pas. Jugez par là combien ce conte est ridicule, corn. Héracl.i, i. Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse, id. Pomp. 1,3. Je le'sers aussitôt d'un conte imaginaire Qui l'étonne lui-même et le force à se taire, corn, le Ment. i, 6. C'est un conte à n'y rien connaître, Un conte extravagant, ridicule, importun ; Cela choque le sens commun ; Mais cela ne laisse pas d'être, mol. Ampli.

n, i Je vois que d'un conte odieux Vous ave/.,

comme moi, sali votre mémoire, BOiL.Sat. x. Ils nous donnent encore, avec leurs lois sévères, De cent sots contes parle nez, mol. Âmph. n, 3. || Faire des contes, dire des choses qui sont sans fondement. Ce sont apparemment mes ennemis , madame , qui vous ont fait ces contes ; ils vont criant que je suis mal en cour, volt, le Taureau blanc. || On dit en ce sens : conte de bonne femme, conte borgne, conte à dormir debout, conte de vieille, conte d'enfant, conte de ma mère l'oie, conte de ou à la cigogne, conte de peau d'âne. Dans ces diverses cosmogonies, on est placé entre des contes d'enfants et des abstractions de philosophes, château b. Cent e, i, m, i.|| Conte en l'air, mensonge, duperie. Ce ne sont pas là des contes en l'air comme les vôtres, pasc. Prot1. -16. Mais il prend mes avis pour des contes en l'air, mol. Ec. des mar. ii, 14. || Voilà un beau conte, de beaux contes! se dit pour exprimer qu'on n'ajoute aucune foi aux récits, aux paroles de quelqu'un. || Conte fait à plaisir, récit inventé de toute pièce. Ce privilège [de changer le récit] cessera-t-il à l'égard des contes faits à plaisir, et faudra-t-il dorénavant avoir plus de respect pour le mensonge que les anciens n'en ont eu pour la vérité? la font. Contes, préface du totnen.

— SYN. CONTE, FABLE, NOUVELLE, ROMAN. Il n'y

a pas de différence fondamentale entre le conte et le roman; l'un et l'autre sont des narrations mensongères ou regardées comme telles. Tout ce qu'on peut dire, c'est que conte est le terme générique puisqu'il s'applique à toutes les narrations fictives, depuis les plus courtes jusqu'aux plus longues. Le roman ne se dit que de celles-ci. Un conte de trois pages ne s'appellera jamais un roman , tandis qu'un roman est, dans toute la rigueur du terme, un conte suffisamment long. La nouvelle ne se dislingue pas non plus au fond du conte ou du roman. Dans l'usage ordinaire, c'est un roman de petite dimension dont le sujet est présenté comme nouveau ou peu ancien, ou avec des détails inconnus jusqu'ici. La fable, dans le sens d'apologue, est le récit d'une petite scène entre des animaux ou des végétaux auxquels on prête les sentiments et le langage humains. Dans la conversation, quand après un récit entendu on dit : c'est un conte, ou c'est une fable, on entend que le récit n'est pas vrai. Quand on «.lit :

c'est un roman, on veut dire que les aventures racontées sont extraordinaires; elles peuvent néanmoins être vraies.

— hist. xii" s. Ne sont que trois matières [de poëme] à nul home entendant, De France, de Bretaigne et de Rome la grant; Li conte de Bretaigne sont si voir et plaisant, Sax. i. || xme s. Encor est-il i Artus] de tel renom, Que l'en conte de Ii les contes Et devant rois et devant contes, la llose , H87. || xve s. Pourquoi vous feroie-je long conte? froiss. i, i, t52. || xvie s. Le conte dict que Psammenitus.... mont, i, 6. Les enfants sçavent le conte du roy Crœsus à ce propos, id. i. 65. Tu te fondes sur les contes des médecins, id. i, 73. Il y en a qui estiment que ce sont toutes fables, et comptes faicts à plaisir, amyot, liom. 12. Un conte attire l'autre, cotgrave.

— étym. Provenç. conte, comte; espagn. cuento; ital. conto (voy. conter).

CONTÉ, ÉE (kon-té, tée) , part, passé. Dont on a fait récit. Une historiette contée avec esprit.

f CONTEMPÉRATION (kon-tan-pé-ra-sion) , s. f. Terme de théologie. Exact tempérament de la grâce. Dieu fait, disent-ils. que nous choisissons par. les préparations et par les attraits qui nous mettent en de certaines dispositions et nous inclinent aussi doucement qu'efficacement à une chose plutôt qu'à une autre; voilà ce qu'on appelle l'opinion de la contempération, boss. Lib. arb. 7.

— HIST. xvc s. Les vins que les chrestiens avoient et qui de Pouille et de Calabre leur venoient, estaient secs et chauds, et hors de la contemperation françoise; dont plusieurs les comparèrent [le payèrent] ; car en fièvre et en chaleur en cheurent, froiss. liv. iv, p. 84, dans lacurne.

— ÉTYM. Voy. contempéré.

fCONTEMPÉRÉ, ÉE (kon-tan-pé-ré , rée) , adj.

Qui a de la modération. Elle est douce, accommodante et contempérée, boss. Excuses, i.

— HIST. xvie s. Par medicamens qui évacuent, cuisent, contemperent, atténuent, incisent et ouvrent, paré, xx, 4.

— étym. Lat. contemperare , de cum, et temperare (voy. tempérer).

CONTEMPLATEUR, TRICE (kon-tan-pla-teur , tri-s'), s. m. et f. || i° Celui, celle qui contemple. Contemplateur des merveilles de la nature. Retranchons l'homme de dessus la terre; il n'y a plus de contemplateur des œuvres du Tout-puissant, bonnet, Palingén. -12e part. ch. 8. || 2° L'homme contemplatif. Le contemplateur, mollement couché dans une chambre tapissée, invective contre le soidat, vauven. Max. ccxxiii.

— HIST. xve s. Homme n'est pas facteur des créatures de Dieu, mais contemplateur de ses œuvres, a. chartier, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. contcmplador ; ital. contemplalore ; du latin coniemplatorem (voy. con-

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