TEMI'LI'R
CONTEMPLATIF, IVE (kon-tan-pla-tif, ti-v'), adj.
|| i° Qui se plaît dans la contemplation. Esprit contemplatif. Sous ce jour sans rayon [une nuit étoilée] , plus serein qu'une aurore, À\ l'œil contemplatif la terre semble éclore, lamart. Ilarm. il, 4. jl Livré à la contemplation. Marthe n'était elle pas une sainte, quoiqu'on ne dise pas qu'elle fût contemplative? boss. Or. 9. H Dans le sens d'intellectuel. Facultés contemplatives, par opposition à facultés affectives ou actives. || Vie contemplative, inactivité du corps et de l'esprit, si ce n'est pour la méditation ou la prière. On dit en ce sens d'un ordre religieux qu'il est voué à la vie contemplative. || 2" Substantivement. Celui qui est livré à la contemplation. Vous rirez de me voir faire un contemplatif, un philosophe, j.j. rouss. Ém. îv. Le pays est intéressant pour des contemplatifs solitaires, id. Prom. 6. || Terme de théologie. Les extases des contemplatifs. Ceux qui sont appelés à l'action et au service du prochain, veulent à contre-temps faire les contemplatifs, fléch. Serm. n, 160. C'est un raffinement de piété qu'on n'entend point; c'est un langage presque de contemplatif, mass. Avent, Dispos. à la comm. || Nouveaux contemplatifs, nom donné aux quiétistes.
— HIST. xne s. Icist [ces clercs], dementres qu'il sunt vif, Sunt apelé contemplatif, E caste vie contemplative, Qui contre tuz deliz (plaisirs! estrive [combat].... benoît, h, i!2<2. || ny s. La tierce est vie contemplative, Oresme, Eth. v, 9. || xvi* s. La vie d'un philosophe contemplatif, amyot. Péric. 36. La vie contemplative ne doit point estre disjointe, ni pour tousjours ni pour longtemps, île l'active, lanoue, 533. Les platoniques ont beaucoup
COIN
magnifié ceste faculté contemplative de l'ame, id.
ÉTYM. Provenç. contemplatiu; espagn. et ital.
eontemplativo ; du latin contemplativus (voy. contempler).
CONTEMPLATION (kon-tan-pla-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action de contempler. La contemplation des astres. Belle contemplation vraiment! bi- un. de s. -p. Mort de Socrate. Il le revoit [l'incendie de Moscou] dans toute sa violence; toute cette cité lui parut une vaste trombe de feu.... absorbé par cette funeste contemplation, il ne sortit d'un morne et long silence que pour s'écrier : ceci nous présage de grands malheurs, segur, Hist. de .Sap. vin, 7. || En contemplation de, en vue de; tournure qui a vieilli. Le père en contemplation de cette alliance, a donné.... On lui a donné ce bénéfice en contemplation de son savoir. || 2° Profonde application de l'esprit à quelque objet, surtout aux objets purement intellectuels. Il naît encore une opération de la liaison que l'attention met entre nos idées, c'est la contemplation : elle consiste à conserver, sans interruption, la perception, le nom ou les circonstances d'un objet qui vient de disparaître, condillac, Conn. hum. sect. n, ch. 2. || Habituded'espritquifait rêver et méditer. Le goût de la solitude et de la contemplation naquit dans mon cœur avec les sentiments expansifs et tendres, faits pour être son aliment, j. j. rouss. itérer. d'un prom. sol. Prom. o. || Dans la vie spirituelle, méditations relevées, qui vont jusqu'à rompre toute communication de l'esprit et du corps avec les choses sensibles. S'élever par ses maux à la plus haute contemplation, boss. Hist. n, 3. Elle était sans y avoir songé de la plus sublime contemplation, id. Oraison. La prière, la contemplation, le travail de leur petit ménage, et faire des paniers, partagent leur temps [des solitaires de Mortaigne], st-sim. i , 32.
— HIST. xiic s. Ne sout [sut] nul la manière de sun mal, se Deu nun , Que il faiseit al cors, ne de la passiun; Del tut esteit lt bers en conteuiplatiun, Th. lemart. loi. ||xmes. Cil qui par grantdevocion, En trop grant contemplacion, Font aparoir en lor pensées Les choses qu'il ont porpensées, la Rose, 18558. || xivc s. De toutes les operacions qui sont selon vertu, la très plus delettable est speculacion ou contemplacion selon la vertu de sapience, oresme, Eth. 314. |! xv° s. De notre grâce, pour amour et contemplation de nos bons sujets, avons ordonné.... fkoiss. il, il, 24) . Et [le roi] fut grandement à la contemplation et plaisance du peuple, id. ii , n, 74. || xvie s. Passer son temps doulcement en repos et tranquillité à l'estude des lettres, où il y a délectation conjointe avec honneste contemplation, amyot, Cimon et Lundi. 1. L'estude et la contemplation retirent aucunement nostre ame hors de nous, mont, i, 68. Ils ont grandement honoré la contemplation, qu'ils ont affermé estre la mère de sagesse, lanoue, 538. L'un pousse les âmes guidées Aux belles contemplations, À l'intellect et aux idées, Purgeant l'esprit de passions, rons. Odes, v, 7. Esveiller et purifier le sens, pour nous rendre plus propres à la contemplation, mont, i, 393.
— ÉTYM. Provenç. contera plalio ; espagn. contemplacion; ital. contemplazione ; du latin contemplalionem, de contemplari, contempler.
f CONTEMPLATIVEMENT ( kon-tan-pla-ti-veaaan), adv. D'une manière contemplative.
— ÉTYM. Contemplative, et le suffixe ment. CONTEMPLÉ, ÉE (kon-tan-plé, plée), part, passé.
Les astres contemplés assidûment par les prêtres chaldéens.
CONTEMPLER (kon-tan-plé) , v. a. || 1° Considérer attentivement, avec amour ou admiration. Le peuple qui vous voit, la cour qui vous contemple, Vous désobéiraient sur votre propre exemple, corn. Nicom. il, 2. Il tremblera dans la vue de ces merveilles, et je crois que, sa curiosité se changeant en admiration, il sera plus disposé à les contempler en silence qu'à les rechercher avec présomption, pasc. Pensées, part. i , art. 4. [Moi] Qui, des faibles mortels déplorant les naufrages, Pensais toujours du bord contempler les orages , rac. Phèd. n, 2. Quel plaisir de vous voir et de vous contempler Dans ce nouvel éclat dont je vous vois briller! id. lphig. n, 2. Seigneur, je n'ai jamais contemplé qu'avec crainte L'auguste majesté sur votre front empreinte, id. Eslh. n, 7. Chacun veut contempler son auguste visage, volt. Mérope, v, 8. Plus philosophe que Démocrite, il se contentait de voir le ridicule de ses contemporains, et ne daignait pas en rire: on eût dit qu'il contemplait de la planète de Saturne cette terre que nous habitons, d'alemb. Éloges,
CON
Terrasson. Et que ses yeux mourants contemplaient son vainqueur, delille, Enéide, x. || 2° Examiner par la pensée. Contempler les choses divines. Plus je vois mes défauts et plus je vous contemple, Plus 'j'admire.... corn. Poly. n, i. J'ai peine à contempler son grand cœur d'ans ces dernières épreuves, boss. Reine d'Anglet. Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple? rac. Athal. n, 7. D'un œil plus recueilli contemplant ma fortune , volt. Zaïre iv, 2. || Absolument. Passer sa vie à contempler, à méditer. Souvent vous raisonnez, lorsque nous contemplons , delille , Parad. perdu , v. || 3° Se contempler, v. réjl. Tourner la contemplation sur soi-même. Pour vous mieux contempler, demeurez au désert; Ainsi parla le solitaire; 11 fut cru, l'on suivit ce conseil salutaire, la font. Fabl. xii,' 27. || Se contempler l'un l'autre. Ils se contemplaient en silence.
HIST. xvie s. Après qu'il eut le tout bien contemplé, il ne se laissa eschapper de la bouche pas une parole insolente, amyot, Marcel. 50. Ce qu'il faisoit aux champs n'estoit plus que pour plaisir, et pour contempler et apprendre tousjours quelque chose de la nature, id. Caton, 52. Plusieurs ont eu ceste opinion, que le contempler estoit seulement propre aux philosophes , lanoue , 527. Et entre ceux-ci s'en trouve aucuns, qui ordinairement ne contemplent que dans leurs coffres, id. 532. Après que les deux troupes se furent contemplées demi heure, chacun désireux de voir l'un son frère....
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contemplar; ital. conlemplare; du latin contemplari, contempler.
CONTEMPORAIN, AINE (kon-tan-po-rin, rè-n'), adj. || 1° Qui est du même temps. Hésiode a-t-il été contemporain d'Homère? || Historien contemporain, historien qui écrit les événements de son temps. || L'histoire contemporaine, l'histoire qui s'écrit au temps même des hommes et des choses. Toute histoire qui n'est pas contemporaine est suspecte, pasc. Juifs, i. || Par extension. D'une estime contemporaine' Mon cœur eût été plus jaloux, lamotte, Ode sur la réputation. Comme les vieux rochers contemporains du monde, delille, Imagin. vm. Plusieurs sciences ont été, pour ainsi dire, contemporaines; mais, dans l'ordre historique des progrès de l'esprit, on ne peut les embrasser que successivement, d'alemb. Encycl. Disc, prélim. Ainsi d'un peuple entier je feuilletais l'histoire.... Et je sentais frémir mon luth contemporain Chaque fois que passait un grand nom.... v. hugo, Odes, m, 8. ||La raison contemporaine, l'ensemble des choses qu'une société admet comme vraies à une époque donnée. || 2° Substantivement. Les contemporains. Un contemporain. Elle fut la contemporaine de ces grands hommes. Chênes antiques! mes contemporains de solitude! chateaub. Natch. vin, 36 1 . On met les anciens bien haut pour abaisser ses contemporains, fonten. Dial. lu, Morts anciens.
— HIST. xvi" s. Les François mes contemporains sçavent bien qu'en dire, mont, iv, 83.
"étym. Lat. contemporaneus, de cum, avec, et lempus (voy. temps).
CONTEMPOR ANÉITÉ ( kon - tan-po -ra-né- i -té ) , s. f. Existence simultanée, à une certaine époque. La contemporanéité de l'homme avec les grands pachydermes fossiles est une question qui se débat aujourd'hui entre les géologues.
— ÉTYM. Contemporain.
CONTEMPTEUR, TRICE (kon-tan-pteur, tri-s'), s.
m. etf. || 1° Celui, celle qui méprise, qui a l'esprit méprisant. C'est un jeune lion qui aura bientôt de la force aux ongles, et alors malheur aux oppresseurs du peuple et aux contempteurs de son autorité, malh. Lettre, dans richelet. Uni de goût et d'intérêt avec tous les contempteurs d'Homère , il attend paisiblement que les hommes détrompés lui préfèrent les poètes modernes, la bru y. v. Vous voyez avec douleur les premières places occupées souvent par les protecteurs du vice et les contempteurs de la vertu, mass. Carême, Mélange des bons, etc. Vous êtes des contempteurs de Jésus-Christ , id. Carême, Rechute. Et rend votre transgression aussi criminelle que celle des contempteurs de la loi même, id. Carême, Jeûne. Les contempteurs de la gloire se piquent de bien danser, vauven. Espr. hum. 27. Contempteurs de la foudre, ils craignent le mépris, bernis, Religion vengée, v. Le contempteur des dieux, l'exemple des tyrans, Mézence le premier conduit ses fiers Toscans, delille, Enéide, vu. || 2° Adjectivement. L'attention de la première Église à dérober aux yeux contempteurs le secret des mystères, desfontaines.
CON
— REM. L'ancienne Académie, dans ses Remarques sur Vaugelas, avait dit que contempteur n'était pas de la langue; ce mot, malgré cet arrêt, y a persisté; il est du style relevé.
— HIST. xive s. Il monstre et manifeste libéralement tout ce que il veult, pour ce que il est contemptif et desprisant, oresme, Eth. 124. || xvie s. Je laisse ceux-là qui se monstrent pleinement contempteurs de Dieu, calv. 26) , etc. Ils nous poursuivent par grande clameur comme contempteurs et ennemis des Pères, id. Tnstit. Dédicace.
— ÉTYM. Lat. conlemptor, du supin conlemplum, de contemnere , mépriser, de cum, et temnere, le même que téu.veiv, couper, dans le sens de retrancher, dédaigner. On trouve aussi dans le xvie siècle contemneur.
CONTEMPTIRLE (kon-tan-pti-bl'), adj. Qui mérite le mépris. Ma peur est que.... Ma foi, qu'en me voyant elle avait agréable, Ne lui soit contemptible en ne me voyant pas, malh. v, 23. Si dans les moindres dons tu passes A considérer leur auteur, Verras-tu rien de vil, rien de faible en ses grâces, Rien de contemptible à ton cœur? corn. Lmit. n, -10.
— REM. Vaugelas trouve ce mot dur, et Th. Corneille dit qu'il serait absolument insupportable. Malgré cet arrêt, contemptible n'est point banni de la langue.
— HIST. xvie s. Je n'allègue point cet exemple, pour rendre l'or contemptible, lanoue, 464. Ses anciens serviteurs refformez, contemptibles par la pauvreté, d'aub. Hist. ni, 291. Pour nous rendre encore plus odieux et contemptibles, dubellay, i, 5, recto. [L'amour] Chose si esmeue et violente, qui nous esclave à autruy et nous rend contemptibles à nous,
— étym. Lat. contemptibilk (-voy. contempteur).
CONTENANCE (kon-te-nan-s'), s. f. \\ 1° Quantité de ce qui est contenu ; capacité. Un vase de la contenance de deux litres. Ce navire est de la contenance de tant de tonneaux. || 2° Étendue, superficie Ce parcestdela contenance de sept hectares. || 3° Maintien, manière de se tenir, de se montrer. Sans ait elle s'habille, et, simple en contenance.... régnier, Sat. xni. Je vous voyais marcher sur les précipices avec une contenance gaie, voit. Lett. -a. Il [le chat] est velouté comme nous [rats], Marqueté, longue queue, une humble contenance, la font. Fàb. vi,5 Pourvu qu'on demeure dans une contenance n tueuse, pasc. Prcv. 9. Il n'a pas encore pris la contenance d'un homme consolé, sév. 4)7. De quels yeux regardèrent-ils le jeune prince, dont la victoire avait relevé la haute contenance, à qui la clémence ajoutait de nouvelles grâces? boss. Louis de Bourbon. Il remarqua ma contenance basse, éperdue, humiliée, indice de mes remords, J. J. rouss. Hél. i, 63. || Se faire une contenance, se remettre d'un embi Elle fut longtemps à se faire une contenance, sév. 412. || N'avoir point de contenance, se tenir fort mal, être embarrassé de sa personne. Mais le voici venir triste et sans contenance, mair. Sophon. iv, 4. || Par extension. Rien ne m'attire à Paris, je n'y ai point de contenance, sév. 383. Tenir une misérable et chétive contenance, hamilt.B- /('/•, i*3. Il Se donner, prendre une contenance, se donner un maintien. Par contenance , pour se donner un maintien. Vous êtes étonnée que j'aie un petit chien; voici l'aventure : j'appelais par contenance une chienne d'une madame qui demeure au bout de ce parc, sév. 232. Je me vais purger pour prendre cette petite eau par contenance, id. 388. Ce lui [à une veuve] sera une contenance que d'avoir à élever ce petit garçon, id. 301. Vous savez tous nos succès de Brest et que nous n'avons plus que trois régiments de Bretons pour servir de contenance au maréchal d'Estrées à Brest, quand notre flotte sera partie, id. 572. M. 'le Lavardin fait ici l'amoureux d'une petite madame, j'ai trouvé que c'est une contenance dont il a besoin comme d'un éventail, id. 76. On dit, sans savoir pourquoi, qu'il est honnête aune femmede travailler ; mais souvent ce ne sera qu'une contenance. et elle ne s'accoutumera pas à un travail suivi, Feu. xvn, 7. || Faire bonne contenance, témoignerde la fermeté et de la résolution. Socrate montrasi bonne contenance, que ceux qui poursuivaient lesfuyards n'eurent jamais l'audace de l'attaquer, fén. Socrate. On ne pouvait faire meilleure contenance, boss. Var. préf. Sa fille tient une contenance admirable dans cette occasion, sév. 580. || Perdre contenance, être subitement déconcerté et confus. Il lui arrive souvent de perdre contenance, la bru y. xiii. A qui une carte fait perdre la contenance, id. xn. Hamiltonne savait quelle contenance tenir, hamilt. Gramm.8.
— HIST. xi° s. Gent a le cors et contenance fier?,
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Ch. de Roi. vm. Quand Charles veit si bêles contenances [de ses guerriers], ib. ccxiv. Souz son mantel [il] en fait la cuntenance [d'homme affligé], ib. lxv. || xiie s. Mais pour belle Aude [il] fit génie contenance. Roue. p. ifia. || xme s. Or vosdiraide l'autre part La contenance de Renart, Qui Ysengrin engingnié a Par son englois que il parla, Ren. 125)0. Loés toutes ses contenances [de votre dame]. Et ses ators et ses semblances, Et serves de vostre pocir, Id Rose, 7815. Et parlerés andui [tous deux] ensemble De la bêle qui ton cueremble, De sa biauté, de sa semblance, Et de sa simple contenance, ib.
2708 Bel-Acueil, qui tout fremist, Et tremble,
et tressaut et gemist, Rougist, palist, pert contenance, ib. 12885. Des nobles gens de la carole [danse] M'estuet dire les contenances, Et les façons, et les semblances, ib. 99i. A tant li conte assis se sont Par contenance, sans mengier; Leans n'eut la nuit chevalier, Serjant, dame ne damoisele, Qui peust vuidier escuele, Bl. et Jehan, 337). Et commanda l'en que en y receust celles qui vourroient faire contenance à vivre chastement, joinv. 298. Se tu velstrover le [la] contenance d'une plaine de 200 pies de lonc et de 200 pies de leece [largeur], Comput, f° 19. || xv" s. L'endemain les seigneurs eurent conseil qu'ils feraient assaillir les barrières fortement, pour voir la contenance de ceux de dedans, froiss. I, i, 173. Le petit Saintré, qui encore n'avoit senty ne gousté des amoureux désirs nullement, avoit perdue toute contenance, Jeh. de Saintré, ch. 3. Je ne prise point tels baisiers Qui sont donnez par contenance Ou par manière d'accointance, ch. d'orl. Chans.iO. Car jeunes gens perdent tost contenance, id. ib. i. Sans vin je perds contenance; C'est ce qui mieux me convient, basselin, lvi. Quant la déesse me eut dit ces raisons, j'en fus tant joieuse que à peu sçavoye ma contenance, Perceforcst , t. vi, f° 23. Toutefois ledit conte tint la meilleure contenance qu'il peut, comm. i, (3. À peu que son loyal cœur ne faillist, et ne savoit sa contenance tenir, louis xi, Nouv. I. Madame n'en sait sa contenance que de jeter larmes à grand abondance, m. ib. m. \\ xvr s. Le bon Pantagruel tout voyoyt et escoutoyt : mais à ces piopous, il cuyda perdre contenance, rab. l'ant. îv, 9. J'appelle mines, toutes les folles contenances dont ils usent, calv. Instit. 872. Il n'estoit pas loisible de s'en venir par contenance tout saoul au lieu du convive [repas], amyot, Lyc. te. Il se mainteint en celte mesme contenance, mont, i, g. [Les femmes] , par ces contenancesmineuses, querelleuses et fuyardes qui nous esleignent en nous allumant, id. i, 9U. Aulcuns feirent contenance de changer de religion, id. i, 298. Ils entreprirent avec le conseil de la dame de Retz de percer un cabinet, et de fane couler par la ruelle du lit, entre les contenances [manchons] et le rideau, une sarbatane d'œrin, par le moien de laquelle ils vouloient contrefaire un ange, d'aub. Bist. H, 376.
— ÉTYM. Contenir; provenç. coulenensa; catal. contenenza ; ital. eontinenza. L'ancien fiançais a dit, pour contenance au sens de maintien, contant et contenement.
CONTENANT, ANTE (kon-te-nan, nan-t'), adj. Qui contient. La chose contenante et la chose contenue. i| Substantivement. Le contenant est toujours plus granit i|iio le contenu.
— HIST. xvi" s. Un cylindre contenant une sphère massifve, avec une inscription île la proportion dont le contenant excède le contenu, amyot, Marcel. 27.
CONTENUANT, ANTE (kon-tan-dan, dan-t'), adj. Qui débat, dispute avec un autre. Puissances, parties contendantes. || Substantivement. On ne s'entend jamais en disputant de vive voix; un des contendants s'explique mal, l'autre répond plus mal encore, volt. Dial. xxix, 12. Encore cette paix ne dura-t-elle que peu, parce que de part et d'autre les contendants voulaient la guerre, dont ils avaient besoin pour faire parler d'eux, d'alemb. Éhges, cardinal d'Estrées.
— HIST. xue s. Car je ne sui si forz ne si hardiz Qu'envers Amor [je] me peiisse contendre, Couci, v. Tout a croisiés amoureux à contendre D'aler à Dieu ou de remanoir ci, ib. xxiv. || xines. Qui contre ces trois veult contendre, 11 lui convient, pour soi deffendre, Avoir foi et ferme espérance Et charité, j. de meung, 2Y. 36. || xv° s. Il [le sire de la Brothj contendoit que après son décès il le voulsist mettre en possession et saisine des chasteaux.... froiss. h, i' , (fi 7. Ainsi avoit en France deux rois, et tous deux contendoient d'avoir le royaume, p. de fenin, 1422. || xvie s. Que si je vouloye contendre par subtilité, j'auroye bien de quoy rabbattre ceste sophisterie de Thomas, calv. Instit. 753. Et contendoient cessei-
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gneurs d'une merveilleuse affection à qui ferait le mieux, amyot, Alex. 54.
— ÉTYM. Provenç. contendre; espagn. contender; ital. contendere; du latin contendere, s'efforcer, de cum, ei tendere, tendre vers (voy. le verbe tendre).
CONTENIR (kon-te-nir), je contiens, tu contiens, il contient, nous contenons, vous contenez, ils contiennent; je contenais; je contins; je contiendrai; contiens, qu'il contienne, contenons; que je contienne, que nous contenions; que je continsse; je contiendrais; contenant; contenu, v. a. || 1° Avoir une certaine contenance, une certaine étendue. Ce vase contient tant de litres. Ce terrain contient tant d'hectares. || 2° Renfermer. Cette urne que je tiens contient-elle sa cendre? corn. Pomp. v, t. Les anciennes prisons ne pouvaient contenir les prisonniers, maucroix, Schisme, li v. ni, dans richelet. Avant que de passer outre, je dois donner ici quelque idée de la situation et de la grandeur de Carthage, qui contenait, au commencement de la guerre contre les Romains, sept cent mille habitants, rollin, Uist. anc. Œuvres, t. ), p. 544, dans pougens. || 3° Avoir, être composé de. Ce volume contient quatre cents pages. Cette loi contient douze articles. || Par extension. Ce livre contient toute la doctrine de Platon. Cette maxime contient toutes les autres. Cette lettre sincère D'un malheureux amour contient tout le mystère, rag. Baj. v, 4. Ces détails doivent trouver grâce aux yeux des lecteurs philosophes, par la quantité de traits intéressants et curieux que les mémoires contiennent, d'alemb. Éloges, Trublet. Un savant de ce siècle-ci contient dix fois un savant du siècle d'Auguste : mais il a eu dix fois plus de commodités pour devenir savant, fonten. Digr. anc. mod. Œuvres, t. iv, p. 195, dans pougens. Il 4" Retenir. Les gardes avaient peine à contenir la foule. Eussé-je espéré.... De contenir un fleuve inondant une terre? rotrou, St-Gen. m, 5. || Fig. Maintenir dans le calme, la modération, le devoir. Ici mon seul respect contient votre caprice, rotrou, Vencesl. i, I. Elle a peine à contenir sa joie, sév. 286. Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi? rac. Phèd. ni, i. Le peuple à contenir, ces vainqueurs à conduire, volt. Orphel. v, 7. Elle a établi que chaque corps serait composé de moitié Chinois et moitié Tartares, afin que la jalousie les contienne dans le devoir, montesq. Esp. x, 15. La présence de maîtres si respectés contient tout le inonde, et n'empêche pas qu'on ne soit à son aise et gai, j. j. rouss. Jlél. v, 7. j. Absolument. Il est plus aisé d'opprimer que de contenir. || 5° Se contenir, r. réfl. Se retenir, se maîtriser. Contenez-vous, madame, il sort de son palais, corn. Médce, il, i. Ô mon cœur, contiens-toi, briffaut, Ninus II, il, 9. || Se modérer sur les choses qui peuvent être préjudiciables à la santé. Il est plus aisé de s'abstenir que de se contenir. Le café lui est nuisible, mais il a bien de la peine à se contenir et à n'en pas prendre. || Être un obstacle, un frein l'un à l'autre. Les deux nations se contiennent l'une l'autre, montesq. Esp. x, 15.
— REM. Contenir n'est jamais verbe neutre; et il ■faut dire : cela ne tiendra pas dans cette corbeille;
et non : cela ne contiendra pas.
— hist. xr s. Pour Pinabel [ils] se cuntienent plus quoi [cois], Ch. de Roi. cclxxvii. ||xii° s. Si te cuntiene cum bon vassal, e cumbatuns pur nostre pople e pur la cited nostre seignur, Rois, 153. Cousins, dist-il, bien puissiés vous venir; Que fait li rois, comment se contient-il? Raoul, de C. 255. || xiir s. Lors parlèrent cil de l'ost ensemble, et pristrent conseil comment il se contendroient, villeh. ci. Por que sagement [il] se contengne, la Rose, 7G96. Ou tierz degré sont contenues trente iléus personnes par degrez, qui sont entendues par quatre manières, Liv. de just. 226. Si doit il estre contenu es Chartres des francises qu'il lor done, beaum. l, 2. Largement et liberalment se contenoit le roy aus parlemens et ans assemblées des barons et des chevaliers, joinv. 298. || xive s. Et par vertu nous nous contenons si comme nous devons en toutes delettacions et tristesces, oresme, Eth. 38. Et tel homme portera très noblement et très bien toutes les fortunes, et en tout et pour tout se contendra et fera sagement, id. ib. 2i. Mais saiz-tu, quant la paix vient, Comment tel peuple se contient'' I iv.
du bon Jehan, 39. Selonc la fourme des d i letres
et dou mandement contenu en ycelles, lli'il. des Charles, '>■ -oie', t. m, p. 272. || xvr' s. Celui qui ne se peut contenir se doit marier, calvin, Tnstit. 304. Que jamais vous ne m'esloigniez d i votre bonne grâce, que vous me conteniez [conserviez] au degré où je suis, vous fiant en moi plus qu'en nul autre, marg. Nouv. x. Tantost les rivières s'espandent d'un
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costé, tantost d'un aultre, tantost elles se contiennent, mont. 1, 232. Toute leur science éthique ne contient que ces deux articles, id. i, 238. Contenir sa langue sous les lois de sa secte, id. ii, 211. Que les Huguenots ne se contiendroyent [ne pourroient être contenus] tant qu'ils auraient des retraites, lanoue, 691. Ils espéraient que sa personne refrénerait et contiendrait un petit peuple, qu'il ne fust si insolent envers eulx, amyot, Lyc. vu. L'empire de tous costez est environné de nations barbares, lesquelles il faut contenir et arrester par armes, id. Numa, 32. Les nobles ne se pouvans plus conle'nir, ains estans par cholere transportez hors d'eulx mesmes, id. Cor. 27. Ces cartilages sont contenus [continus] avec les deux os externes du nez, paré, iv, 7. On approche et contient les lèvres des playes patsuture ou ligature, id. vu, 5.
— ÉTYM. Provenç. contener, contenir; espagn. contener ; ital. contenere; du latin conlinere, de cum, avec, et tenere, tenir (voy. tenir).
CONTENT, ENTE (kon-tan, tan-t'), adj. || i» Qui se contente de, qui s'accommode de, se borne à. Content de peu. Le sage y vit en paix [sous l'humble toit] et méprise le reste; Content île ses douceurs, errant parmi les bois. Il regarde à ses pieds les favoris des rois, la font. Phil. et Bauc. .... Père, sceptre, alliés, Content de votre cœur, il met tout à vos pieds, rac. Andr. iv, 1. || Absolument. Vivre content. || Non content de, qui ne se borne pas à. Non content de le trahir, il le calomnie. Et, non content encor du tort que l'on me fait, Il court parmi le monde un livre abominable.... mol. Mis. v, 1. Il 2° Satisfait. Sur toutes [ces inventions] quelque jour je vous rendraicontente.coRN. le Ment. m, 6. Votre père est content, il connaît votre zèle, rac. Mithr m, 1. Non, madame, elle vit et les dieux sont contents, id. Ipliig. v, 6. Quand il eut lu le second volume, il ne fut plus si content, et il conclut qu'il est plus aisé de détruire que de bâtir, volt. Ingénu, 10. Celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, l'est de vous parfaitement, la bruy. v. H 3° Qui éprouve un sentiment de plaisir intérieur. Allons lui rendre hommage, et d'un esprit content Montrer Héraclius au peuple qui l'attend, corn. Héracl. v, 8. 0 dieux! que ce discours rend mon âme contente! id. Hor. 1, 4. D'un esprit content Hâtez-vous d'embrasser ma sœur qui vous attend, rac. lirit. v, 2. Je ne l'ai jamais vu ni gai, ni triste, mais toujours content, j. j. rouss. llél. 111, 20. y Par extension. J'immolerai ma haine à mes
désirs contents, corn. Sertor. iv, 1 Tous vos
désirs seront bientôt contents, id. Cid, 1, 2. Seigneur, assurez- vous; vos vœux seront contents, rac. Iphig. 11, 6. y Avoir l'air, le visage content, avoir le contentement peint sur le visage. E.le prit Paul et Virginie dans ses bras et leur dit d'un air content.... bern. de st. -p. P. et Virg. || Être content de soi, se plaire danssasituation, n'avoirpasdereprochease faire. Qu'heureux est le mortel qui, du monde ignoré. Vit content de soi-même en uncoin retiré ! boil. Épitreyi. || Être content de soi, être très-convaincu des avantages de corps ou d'esprit que l'on possède. La constante hauteur de sa présomption, Cette intrépidité de bonne opinion, Cet indolent état de confiance extrême Qui le rend en tout temps si content de lui-même, mol. E. sa/0. 1, 3. Eh bien! marquis, tu vois, tout rit à ton mérite; Le rang, la cour, le bien, tout pour toi sollicite; Tu dois être content de toi par tout pays; On le serait à moins; allons, saute, marquis, regnard, Joueur, iv, 10. || Familièrement. Être content de sa personne, de sa petite pers inné, avoir un air avantageux. || Êtrecontentde quelqu'un, avoir lieu d'être satisfait de ses procédés, de sa conduite. Il Être content de quelque chose, en éprouver delà satisfaction. Il est content de vous voir. Je suis fort content que vous ayez réussi. ||4" Être content de.... agréer, consentir. Ayez-le donc [le consentement], et lors, nous expliquant nos vœux, Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux. — Adieu, j'en suis content, mol. I)ép. am. il, 2. || 5° Substantivement et familièrement. Avoir son content de quelque chose, en avoir tout ce qu'on en d Kl, par ironie, avoir son content d'une chose trèsdésagréable, comme de coups, de disgrâces, de pertes. Il est condamné à six mois de prison, il en a son content. [| Jeu du content, le jeu de trente et un. Il Proverbe. Il est riche, qui est content.
— HIST. xve s. Vostre vouloir suy content d'accomplir, ch. d'orl. i. Nous avons pourtant Tout nostre content lie mets pour nostre repas, basselin, xxxix. Autres innombrables maux pourrois-j i descouvrir procedans de la crainte, desquels je suis contente me taire quant a présent pour retourner à
CON
mes vrays amans. l'Amant ressuscité, p. tri7, dans lacurne. A ce propoz je suis icy contente de vous faire un petit conte, ib. p. 124. || xvi" s. Ô mon Dieu qu'elle était contente De sa personne ce jour-là! marot, i, 201. Mal content de l'estroitte espargne de son père, amyot, Péricl. 68. 11 remontra, d'un visage hardi et mal content.... mont, ii, 35. Cœur content et manteau sur l'espaule, cotgrave.
— ÉTYM. Provenç. content; espagn. etilal. conlento; du latin contentus, participe passé de conlinere (voy. contenir), retenu, qui se borne à, qui a sa suffisance de, et, de là, satisfait.
CONTENTÉ, ÉE (kon-tan-té, tée), part, passé. Rendu content. Un père contenté par son fils. Ses créanciers ayant été contentés. Des passions contentées.
CONTENTEMENT (kon-tan-te-man ), s. m.
|| 1° Action de contenter; résultat de cette action. Non, non, qu'elle s'en aille à son contentement, malh. v,6. Pourvu que je la serve à son contentement, m. v, 23. || Ce n'est pas contentement, on ne saurait en être satisfait. Elle dit que ce n'est pas contentement pour elle que cinquante-six ans, et surtout elle est pour les nez qui portent des lunettes, mol. l'Av. II, 6. Mais vivre sans procès est-ce contentement? rac. Plaid. I, G. || Éclaircissement, réussite. Il aurait contentement à la première occasion, hamilt. Gramm. 4. Vous avez contentement sur le salut de la Brinvilliers, sév. 300. Je crois qu'd aurait eu contentement [qu'il aurait réussi] il y a quelques années, id. 204. || 2° Sentiment de plaisir intérieur. Ses enfants lui donnentdu contentement. Seulement, au sommeil j'ai du contentement, Régnier, Plainte. Souffrez, pour avancer, votre contentement, Que malgré votre amour je vous quitte un moment, corn. Médéc, ii, 5. Le vrai contentement n'est ni gai ni folâtre. J. j.rouss. Ém. iv. Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit, id. Rêver, du prom. solit. Prom. 9. Comme les joies des misérables ne durent guère, le lendemain que j'eus reçu votre lettre, ma colique me reprit, à laquelle je ne songeais plus, et je payai avec dix-sept jours de douleurs un jour de contentement, voit. Lett. 25. || Auplur. Vous ne devez pas pourtam recevoir de petits contentements d'être aujourd'hui loué de vos propres ennemis, balz. liv. i, lett. 3. Que tout se dispose -à leurs contentements, corn. Cid, I, 2. Toujours quelques soucis en ces événements Troublent la pureté de nos contentements, id. ib. ni, 5. Et d'être le témoin de vos contentements, id. Nicom. il, 2. Et que dans mes efforts pour vos contentements, Je puis à mon brutal trouver des châtiments, mol. t'Étour. n, 9. Cherchez, prince, cherchez, pour vous trahir vousmême, Tout ce que, pour jouir de leurs contentements. L'amour fait inventer aux vulgaires amants, rac. Mithr.u, G. 113° Terme de jeux. Parfait contentement, se dit à l'hombre d'un coup qui consiste à jouer sans prendre avec un jeu composé de 5 matadors. || 4" Terme d'eaux et forêts. Certificat que le receveur délivre pour attester qu'il est content de la caution présentée par un adjudicataire. || Proverbe Contentement passe richesse.
— SYN. contentement, satisfaction. Le contentement est beaucoup plus étendu que la satisfaction. On peut être satisfait sans être content. Ces deux termes désignent la tranquillité de l'âme par rapport à l'objet de ses désirs. Il nous arrive quelque chose que nous désirions, et nous sommes satisfaits; mais, si cet événement nous laisse encore des causes de trouble, nous ne sommes pas contents. Le contentement est donc une satisfaction qui n'est pas bornée à une circonstance particulière, mais qui tient à une condition générale de l'âme, condition produite par l'ensemble des causes intérieures et extérieures.
— HIST. xvi" s. C'est une belle chose et louable que le contentement de peu, amyot, Arist. et Cat. 9. Chascun de nous a en soy-mesme les thresors de contentement et de mescontentement, id. De la tranq. d'âme, 30.
— ÉTYM. Contenter.
CONTENTER (kon-tan-té), v. a. ||1° Rendre content. Parbleu, dit le meunier, est bien fou du cerveau Qui prétend contenter tout le monde et son père, la font. Fabl. m, I. Rien ne la contentait, rien n'était comme il faut : Ou se levait trop laid, on se levait trop tôt; Puis du blanc, puis du noir, puis encore autre chose, la font. Fabl. vu, 2. Ils contentent le monde en permettant les actions, et Us satisfont à l'Évangile en purifiant les internions, PASC. Vrar. 7. || En parlant des choses. Contentant ses désirs, punis son parricide, corn. Cinna, iv, 2.
CON
Pour contenter ses frivoles désirs, L'homme insensé vainement se consume, rac. Esth. n, 9. Prince, dès ce moment contentez mes souhaits , id. Bérén. m, 3. Hé bien, régnez, cruel, contentez votre gloire, id. ib. îv, 5. Hé bien, seigneur, allez, contentez votre envie, id. Alex, i, 3. Perfides, contentez votre soif sanguinaire, id. Iph. v, 4. Contentez mon désir et n'ayez point d'effroi , Je vous réponds de tout, et prends le mal sur moi, mol. Tart. iv, 5. Une reconnaissance ingénieuse et difficile à contenter n'a pu rien imaginer de plus nouveau et de plus noble qu'un pareil monument, fonten. Viviani. Il pouvait contenter tous ses désirs, fén. Tél. v. Il ne songeait qu'à contenter ses passions, id. ib. il. Va contenter des dieux l'inhumaine justice , volt. Sémiram. v, 4. || 2" Apaiser quelqu'un en lui accordant une chose. Cet homme ira se plaindre partout si on ne le contente pas. Faites-vous contenter par ce couple céleste, la font. Fabl. i, H 4. || Payer. Vous serez pleinement contentés de vos soins, mol. Éc. des mar. ni, 5. || 3° Plaire à. Cette musique ne contente pas l'oreille. Pendant qu'elle contentait le monde et se contentait elle-même, la princesse Palatine n'était pas heureuse, et le vide des choses humaines se faisait sentir à son cœur, boss. AnnedeGonz. || 4° Se contenter, v. rèfl. Satisfaire son envie, ses désirs. Il y a longtemps que je désire acheter cela, il faut enfin que je me contente. Cherchez.... Contentez-vous; suivez votre humeur inquiète, la font. Fabl. vu, 42. La viduité est regardée, non plus comme un état de désolation , mais comme un état désirable où, affranchi de tout joug, on n'a plus à contenter que soi-même, boss. Anne de Gonz. Cependant, mes disciples, contentez-vous : si les grands travaux ne rebutent pas votre courage, il peut arriver que la gloire soit votre récompense, la bruy. Disc, sur Théophr. Je me contenterai par dire qu'il [le duc d'Uzeda] était.... st-sim. tus, 4 54. || S'accommoder de, se borner à. Se contenter de peu. Il se contentait de sa condition. Je ne me contente pas de toutes ces raisons. Contentez-vous de la demande que vous avez faite. Ainsi qui peut vous croire, aisément se contente, corn. Nicom. v, 7. Contentezvous de savoir Qu'aussi bien que ma sœur j'écoute mon devoir, id. AgésU. i, 3. Du moins contente-toi de l'avoir étonnée [ma vertu], id. llor. n, 6. J'étais heureuse sans amant; Mon cœur se contentait de régner sur lui-même , quinault , Proserp. iv , n. .... Mais du prix qu'on m'offre il faut me contenter, rac. A thaï, v, 5. César, contentez-vous de la toutepuissance, volt. Triumv. v, 3. Il en est venu depuis qui ne se sont pas contentés de rire, balz. liv. vi, lett. 5. || Se contenter que, avec le subj. Je me contente que vous ayez vu que.... boss. Hist. m, G. Les paysans nés esclaves se contentaient qu'une agriculture grossière leur rapportât précisément de quoi vivre , fonten. Czar Pierre. || Dans un sens plus étroit, en demeurer là, ne pas vouloirfaire plus que ce qu'on a fait. Je me contente de lui avoir prêté de l'argent et ne veux pas le cautionner.
— HIST. xvc s. Leur fit départir moult de florins, tant qu'ils s'en contentèrent, froiss. liv. iv, p. 328, dans lacurne. Chascun se contenta [fut content] de luy, comm. i, 12. Ledit roy d'Angleterre et tous les seigneurs de son royaulme se malcontenterent merveilleusement de quoy le duc de Bourgongne le faisoit si long, id. iv, 5. || xvi" s. Les plus parfaicts se sont bien contentez d'y aspirer, mont, i, 70. Si mes escripts contentent et toy et les aultres sages, publie-les, id. ii, 227. En quoy, oultre le service du maistre et de vostre debvoir, faictes chose dont le très grand maistre se contente [est content], mars. L. t5. Sy les Basques estoient aussy bonnes gens, je suis seure que vous vous en contenteriés [que vous en seriez content], id, ib. MB, Quand on a planté un arbre, on est tousjours soigneux d'y mettre la main, jusques à ce qu'il ait produit du fruit, et alors on se contente, voyant qu'il n'est pas stérile, lanoue, H4. Il alla présenter la bataille à Lysander, lequel, se contentant de sa première victoire, ne luy sortit point à l'encontie, amyot, Aie. 7i. Il ne se contenta pas de la resjouir et honorer seulement, ains à son instance et prière il prit femme, sans toutefois se despartir d'avec sa mère, id. Cor. 5. Martius déclara qu'il estoit très aise que son capitaine se contentast si amplement de luy, mais.... id. ib. (3. Encore que l'on présuppose que les dieux soient faciles à contenter, id. P. Mm. 5
— ÉTYM. Content.
CONTENTIEUSEMENT ( kon-tan-si-eû-ze-man) ,
adv. Par voie contentieuse.
— HIST. xvig s. Es tu icy venu pour disputer contentieusement de ces propositions que tu as mis,
CON
ou bien pour apprendre et en sçavoir la vérité? rab Pant. n, ts.
— ÉTYM. Contentieuse, et le suffixe ntrnt. CONTENTIEUX, EUSE (kon-tan-si-eû. eû-z'), adj.
Il i" Sur lequel on dispute. La divinité de votre esprit n'est plus un article contentieux parmi les personnes raisonnables, balz. liv. vu, lett. 23. Pourquoi trouvez-vous mauvais que je lui conseille de se délasser dans un genre d'écrire moins contentieux? in. liv. vi, lett. ». Encore que je ne veuille point entrer dans les matières contentieuses, boss. Autor. eccl. Il délibéra entre la géométrie et la jurisprudence ; la géométrie l'emporta : il sortait d'une théologie toute contentieuse; il serait tombé dans la jurisprudence, qui l'est encore davantage, fonten. Saurin. Il y avait une cour de boyards qui décidait en dernier ressort des affaires contentieuses, volt Russie, il, 4 3. Aussi a-t-il l'art d'abréger les affaires les plus contentieuses, yauven. la Profond. || 2° Qui aime à disputer. Cherchez hors de cette sainte unité, vous n'y trouverez guère que des cœurs hautains, contentieux et desséchés, fen. ii, 207. Il faut encore montrer à ces esprits contentieux quelle raison on avait d'accuser les Manichéens d'arianisme, boss. Variât, xi, § 39. Si l'on observait les hommes, on verrait que presque tous mènent une vie ou timide ou contentieuse, et que la plupart meurent de chagrin, buff. Nature des anim. C'est à cet âge que naissent les soucis et que la vie est la plus contentieuse, id. ib. Il 3" Contentieux opposé à gracieux (voy. ce mot), en matière de pouvoir et d'autorité. Cet acte a un caractère contentieux. La juridiction contentieuse est celle qui s'exerce par les magistrats, fevret. De l'abus, n, t, dans richrlet. Il Terme de palais. Lieux contentieux, ce qui fait la matière d'un procès. || Terme de droit canonique. Juridiction contentieuse, celle qui inflige les peines. H 4° S. m. Terme d'administration. L'ensemble des affaires contentieuses. Être chargé du contentieux. Bureau du contentieux. || Contentieux administratif, matières dont le jugement appartient aux tribunaux administratifs, par opposition à ce qui est du ressort de l'autorité judiciaire. Un fonctionnaire administratif peut ainsi avoir des attributions contentieuses.
— HIST. xive s. Et avecques ce celui qui ne repute rien grant n'est pas contentieus, obesme, Eth. 425. En jugement contentieux, le juge corrumpu qui a jugié injustement un champ à la partie, il ne prent pas le champ poursoy, mes il prent l'argent, id. 16. 461. Les autres qui sont mal pensis et convoiteux et contencieus sont enclins à machiner contre les princes, id. Thèse de meunier. || \yi° s. Homme saige, duquel en divers et contentieux affaires il avoyt .esprouvé la vertu et bon adviz, rab. Gar. 1, 30. Tant de tesmoignages peuvent fermer la bouche, mesme aux plus contentieux, calv. lnstit. 374. Et ne faut qu'on m'estime trop contentieux, de ce que j'insiste si fort sur ce point, id. ib. 932. Ouelle honte est-ce à eux, d'appeler une justice contentieuse, la justice de l'Eglise? id. ib. 977. Il estoit homme doulx, et non ambitieux ny contentieux de sa nature, amyot, Fab. 51. Il estoit plus propre à deviser et disputer en privé qu'à plaider et haranguer en matière contentieuse publiquement, id. Aie. 49. Le vice, de soy mesme, est opiniastre et contentieux à se deffendre, id. Comm. dise, le flatt. 55.
— ÉTYM. Lat. contentiosus (voy. content, CONTENT1F, IYE (kon-tan-tif, ti-v'j , adj. Terme
de chirurgie. Qui contient. Appareil contentif, appareil qui sert à maintenir rapprochés les lèvres d'une plaie, les fragments d'un os fracturé. Bandage contentif, bandage qui sert à maintenir en place un appareil.
— ETYM. Contenir; provenç. contentiu.
4. CONTENTION (kon-tan'-sion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Effort qu'on fait pou cuter quelque chose, ou pour parvenir à quelque but. II faut toujours faire contention, boss. iv, Prof. 3. Ne croyez pas qu'il faille se donner beaucoup de contention afin de prier Dieu, fen. xvii, 323. Ce n'est point la gêne et la contention qui font le véritable avancement, id. xviii, 223. Sa facilité à entendre et à retenir lui avait épargné ces ellorts et cettp pénible contention dont l'habitude produit la mélancolie, fonten. Malézieu. Opposez à ce penchant la contention de l'habitude; Socrate n'était pas né sage, et son naturel, en se redressant, ne s pas estropié, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. vu, p. 256, danspouGENS. || Contention d'esprit, et aussi, absolument, contention, application forte et continu". S'agit-il des affaires du monde, il n'y a point
CON
CON
CON
d'étude, point de contention d'esprit qu'on ne fasse pour les examiner à fond, bourd. Pensées, t. i, p. 319. Il faut trop de contention d'esprit pour démêler ces preuves, mut, Lett. Richelieu, 26mars<775. Aussi cet ouvrage demande-t-il encore de la contention d'esprit, dider. Disc. prël. || 2° Débat, dispute. Il aime la souveraineté; mais il aime encore plus 1,1 contention, balz. le Barbon. La douleur que me font mes yeux me rend incapable de cette agréaontention, m. liv. vu, lett. 42. Laissons aux deux Amphitryons Faire éclater des jalousies, Et parmi leurs contentions Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies, moi.. Ampli, m, 7. Ils font de la un sujet de contention etde vaine philosophie, y tss. Av. Épiph. Ce n'est pas ici une chaire de contention, c'est le lieu de la vérité, id. Car. Parole. D'autres guerriers avaient de vives contentions aux jeux de pailles et des osselets, chatkaub. Natch. i, 74. || Chaleur, véhémence clans la dispute. Cette question lut agitée avec beaucoup de chaleur et de contention, perkot, Tac. ']2.
— HIST. xie s. Puis si chevauchent par mont grant cuntençun, Ch. de Roi. lxvi. || xne s. Le destrier bruche [il pique] par fiere contenzon, Ronc. p. 59. Mainte bataille [ils] en firent et mainte occision, Et si murent ensemble meslée et contançon, Sax. xm. || xm0 s. La bataille est par contençon; De son dos volent li flocon, lien. 8177. Delès une rivière chevauchent à bainlon Li dus de Normandie, o lui si compaignon; Et li vesquesdel Pui chevauche à contençon, Ch. d'Ant. iv, 751. || xive s. Leur ame est en contencion et comme en bataille confre soy meisme, oresme, Eth. 268. Contencion qui est ennemie et adversaire à concorde, id. Thèse de meunier. || XVe s. Et non -pour- quant les contençons, Les assaus et les souspeçons En sont si gaies à souffrir Qu'on se doit liement offrir, froiss. Espinelte amour.
1 xvi" s. Nous contemplions les temples et palayz magnifiques, et entrions en contention qui plus aptement les extolleroyt par louanges condignes, luit. Piint. îv, il. Cest esprit ne favorise point à homicides, paillardises, yvrongnerics, orgueil, contention, avarice et fraude, calv. Instit. 470. Afin que les parties n'entrassent en contention de procez, id. ib. 9so. De sorte que, pour quelque bonne chère qu'elle lui fist, ne pour quelque contension qu'il eust, ne voulut fausser son serment, marg. Nouv. xviii. 11 fault fuyr toutes contentions et argumentations dialectiques, mont, i, 399. Ces oyseaux se desbattent à l'envy d'une contention si courageuse que parfois le vaincu y demeure mort, l'haleine lui faillant plus tost que la voix, id. ii, 174. On offroit à un excellent archer condamné à la mort, de luy sauver la vie s'il vouloit faire voir quelque notable preuve de son ;>rt; il refusa de s'en essayer, craignant que la trop grande contention de sa volonté lui feist fourvoyer la main, et qu'au lieu de sauver sa vie, il perdist encores la réputation, id. m, 55. Il se meit adoncun débat et une contention merveilleuse entre les chefs des bendes, amyot, Timol. 42. Il fuira contention, courroux et les passions de l'ame, paré, vu, 5.
— ÉTYM. Provenç. contenso ; catal. contenciô ; espagn. contencion; ital. contenzione ; du latin con-
triilionci'i (voy. CO.NTENDANT).
2. CONTENTION (kon-tan-sion), s. f. Terme de chirurgie. Action de maintenir en place des parties désunies et fracturées.
— ÉTYM. Voy. CONTENTIF.
1. CONTENU, UE (kon - te-nu, nue), part, passé de contenir. || 1° Le vin contenu dans la barrique. Les menaces contenues dans celte lettre. || En termes de, mathématiques, qui est uni! partie d'une quantité. Par exemple 3 est contenu exactement G fuis dans 1 8. Lorsque deux nombres ne se mesurent pas réciproquement, on les peut comparer à un troisième, qui, étant contenu un certain nombre de fois dans l'un et dans l'autre, est la mesure commune des deux, condill. Langue du calcul, I, 5. || 2" Réprimé. La foule contenue par la présence des soldats. Les passions contenues par le sentiment du devoir. || 3" Qui se maîtrise, se retient, s'observe. L'air hautain et contenu, qu'il est si facile à tout le monde de se donner, stael, Allem. part, i, ch. 2. || Style contenu, style dans lequel l'auteur s'observe pourne pas se laisser aller à ses émotions.
2. CONTENU (kon-te-nu), s. m. || 1° Ce qui est renfermé dans quelque chose. Le contenant et le
| contenu. || 2° La teneur. Le contenu d'une lettre.
i Le contenu de l'arrêt.
' — HIST. «"s. Princesse, las! selon ce contenu, Mourir m'en vois [je m'en vais], a. ciiarïter . Ballade. Et signifier audit duc de Bretaigne le contenu
de la paix, comm. m, 9. || xvie s. Mais encore quel est le contenu des vœus? calv. Instit. 1022. [Un cylindre contenant une sphère] avec une inscription de la proportion dont le contenant excède le contenu, amyot, Marcel. 27. Pyrrhus, ayant leu ceste lettre, et adveré le contenu en icelle, chastia le médecin ainsi qu'il avoit mérité, id. Pyrrh. 45. Encores que l'eau soit abondante, si elle est en lieu fort pendant, estroit canal suffira pour sa contenue, 0. de serres, 755.
CONTER (kon-té) , v. a.\\i° Faire un récit. Si Peau d'âne m'était conté, J'y prendrais un plaisir extrême, la font. Fabl. vm, 5. Tu me contais alors l'histoire de mon père, rac. Phèd. 1, 4. Heureux dans mes malheurs d'en avoir pu sans crime Conter toute l'histoire aux yeux qui les ont faits, id. Bérén. 1, 4. Trop heureux d'avoir pu par un récit fidèle, De leur paix en passant vous conter la nouvelle, id. Baj. m, 2. Nos lévites.... Ont conté son enfance au glaive dérobée. Et la fille d'Achab dans le piège tombée, id. Athal. v, 6. Si vous me promettiez de tenir votre langue, je vous conterais.... mais non, car vous iriez tout dire, p. l. cour. 2e lettre particulier';. || Poétiquement. Ariane aux rochers contant ses injustices, rac. Phèd. 1, I . Au pied du saule assise, et douce, et sans murmure, Elle contait aux vents sa peine et son injure, ducis, Othello , v, 2. Conte aux vents, conte au bois ses déplaisirs secrets, la font. Filles de Minée. || Absolument. Les vieillards aiment à conter, c'est-à-dire , ils aiment à faire le récit de ce qu'ils ont fait ou vu dans leur jeunesse. Contons, mais contons bien, c'est le point principal, la font. Oies. L'une des marques de la médiocrité de l'esprit est de toujours conter, la bruy. xii. Milord Maréchal aimait à conter, mais ne contait jamais qu'à propos, avec simplicité, quoique avec finesse, et surtout avec ce bon goût qui écarte les détails inutiles, d'alemb. Éloges, Milord Maréchal. Il aimait à conter et contait bien , paraissant moins songer à l'effet qu'il pouvait produire sur ses auditeurs que se livrer au plaisir de se rappeler ce qui l'avait occupé ou amusé autrefois, coneorcet, Maurepas. || 2° Dire, relater. Évandie a tout conté pour excuser son maître, corn. Cinna, iv, 6. Votre cœur me contait son audace nouvelle, rac. Bérén. m, 2. Contez-nous donc maintenant, vous qui les savez, toutes les grandes qualités de la princesse Palatine, boss. Anne de Gonz. Elle me nomma tous ceux qui l'avaient aimée, elle me conta tout ce qu'ils avaient fait pour lui plaire, la fayette, Zaide , Œuvres, t. 1, p. 207, dans pougens. || Familièrement. Conter ses raisons, ses petites raisons à quelqu'un, entrer dans un détail familier. || Ironiquement. Que venez-vous me conter là? c'est-àdire quelles sornettes venez-vous me débiter? || Conter des fagots, conter des choses sans vraisemblance. Il En conter de belles, conter des sornettes, conter des choses vaines, frivoles. || Dans le môme sens, en conter. Il nous en conte. J'ai beau vous en conter et faire le mauvais, je m'assure que vous vous moquez de moi, balz. liv. 111, lett. 19. Dorante qui tantôt nous en a tant conté, corn, le Ment, m, 2. Il En conter de belles se dit aussi quand on apprend des choses inattendues. On vient de m'en conter de belles sur votre compte. || En contera une femme, la courtiser. Etqui veut vivre aimé n'a qu'à vous en conter, in. Perlhar. 1, 2. Elle en aimait fort une |jeune fille] à qui l'on en contait, la font. Fianc. Et que s'il en contait avec attention, Le penchant serait grand à la tentation, mol. Sgan. 0. Si quelqu'un vous en contait , id. Sicilien, 7. La curiosité qu'on fait lors éclater Marque un secret plaisir de s'en ouïr conter, in.Éc. des mar. 11, 5. Mmede Valentinois accusa son beau-père, non-seulement de lui en avoir conté, mais de l'avoir voulu forcer, st-sim. 44, 2. Il S'en faire conter, écouter, en parlant d'une femme, de., propos galants. Eve aima mieux, pour s'en faire conter, Prêter l'oreille aux sornettes du diable Que d'être femme et ne pas coqueter, sarazin, dans leroux, Dici. com. On dit dans le même sens, s'en laisser conter. || En avoir long à conter, avoir beaucoup de choses à dire, à rapporter. || Conter fleurettes, conter des fleurettes, tenir à une femme des propos de galanterie. Ils [les Français] ont cela de mauvais qu'ils s'émancipent un peu trop et s'attachent en étourdis à conter des fleurettes à toutes celles qu'ils rencontrent, mol. Stcil. 14.
— iiist. xie s. Et Blancardin pour la raison cunter.... Ch. de Roi. v. ||xn°s. Vint as Franzois, devant toz l'a conté, Bonc. p. 45. [La raison] Que l'arcivesque lui a dite et contée, ib. p. 83. Moût grant dolors m eri [sera] au roi contée, ib. p. 91. Au roi Marsile la nouvelle [elle] a coulée, ib. p. I4ii, [Etant]
preus et sage, je ne vous os conter La grant dolor.... Couci. x. Et de Troie r'ai-je oï conter Qu'ele fut jà de moult grant seigneurie, quesnes, Romancero, p. 108. Ensi est del felun cum il fu del sengler,' Dunt vus avez oï en Avien cunter, Qui soleit les furmenz al riche humme gastar. Th. le mart. 31. Li reis cunctad tut à Jezabei la reine que Helyes out fait, e cume il out mort tuz les prophètes Baal, Rois, 319. Il xine s. Toutes leur aventures, sans mensonge conter, Berte, 111. Des journées [marches] qu'il firent, trop ne vous conterai, ib. vu. Laissez m'entrer leens, tout vous sera conté, ib.XLv. Conté [elle] m'a son afaire et tout son errement, ib. xlvii. I3elle, fait-il, s'il est si com m'avez conté.... ib. exiv. Qui amer vuet or i entende, Que li romans dès or amende: Dès or le fait bon escouter, S'il est qui le sache conter, la Rose, 2074. Cil dist moult bien qui sait conter Qu'une fois doit li poz [le pot] verser, lien. 7443. Et avant que je vous conte de ses granz faiz et de sa chevalerie, vous conterai que je vi et oy de ses saintes paroles, joinv. 193. || xv* s. Venez vers moy, bonne nouvelle, Pour mon las cueur réconforter; Contez moi comment fait la belle ; L'avez vous point oy parler De moy, et amy me nommer? ch. d'orl. Bal. 31. Je n'y estoye pas, mais le roy m'en a compté, comm. n, 8. fi xvi' s. Vrayement Protagoras nous en contoit de belles.... mont. 11, 3ii.Clidemus conte ces choses d'une autre et toute différente sorte, amyot, Thésée, 23. On compte encore beaucoup d'autres choses sur ce propos, id. ib. 24.
— ÉTYM. Provenç. contar, comlar; catal. espagn. et portug. contar ; ital. contart; du latin computure (voy. compter); compter ayant pris, par une dérivation facile à saisir, le sens de conter. On trouve souvent dans des textes anciens conter et compter confondus.
f CONTERIE (kon -te- rie), s. f. Terme de commerce. Grosse verroterie de Venise, dont on se sert surtout pour commercer avec les nègies.
t CONTESTABILITÉ (kon-tè-sta-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est contestable.
— ÉTYM. Contestable.
CONTESTABLE (kon-tè-sta-bl'), adj. Qui peut être contesté. Maxime contestable. Cela n'est pas contestable.
— ÉTYM. Contester.
f CONTESTABLEMENT (kon- tè-sta-ble-man), adv. D'une manière contestable.
— HIST. xvie s. Contestablement, cotgrave.
— ÉTYM. Contestable , et le suffixe ment. CONTESTANT, ANTE (kon-tè-stan, stan-f), adj.
Il 1° Qui conteste en justice. Les parties contestantes. Il En général, qui dispute. J'entends de ces esprits que Montaigne déteste, Misanthropes, chagrins, lâches, présomptueux, Contestants, aheurtés, fourbes, malicieux, scarron, Poésies, Ép. chagrine à Mlle de Scudery. || 2" Substantivement. Aussitôt qu'à portée il vit les contestants.... Grippeminaud.... Mit les plaideurs d'accord en croquant l'un et l'autre, la font. Fabl. vu, i6. \\ Contestant se dit de celui qui attaque un règlement entre des créanciers. || Celui qui refuse de reconnaître. J'apprends que vous êtes du nombre des contestants ou de ceux qui donnent la découverte à l'observateur piémontais , bonnet, Lett. div. Œuvres, t. xn, p. 187, dans pougens.
CONTESTATION (kon-tè-sta-sion : en poésie, de cinq syllabes), s. f. || l'Action de contester, de refuser d'accéder Soldats, remettez-la chez elle; Sa
contestation deviendrait éternelle, corn. 1/éuVe, 11, 2. La contestation est ici superflue, Et de tout point chez moi l'affaire est résolue, mol. F. sav. n, 8. Vous entrez en contestation lorsqu'on veut voin interdire les pompes du monde, mass. Car. Pécher. Il Opposition. Obtenir sans contestation. || 2" Débat de parole entre deux ou plusieurs personnes sur quelque affaire. Des contestations et des disputes qu'il avait eues, il était sorti je ne sais quelles clartés passagères qui avaient laissé quelque trace de lumière dans son esprit, flecii. M. de Montausier. Il Mettre en contestation, contester, révi en doute. Ce qui ne devrait pas être mis en contestation, boss. Averl. 0. || 3° Débat entre de- particuliers ou débat politique entre des puissances. Contestation judiciaire. Former une contestation à quelqu'un, PATRU, Plaid. 5, dans RICHtXET. Nous avons dit dans les éloges de MM. Viviani, Guglielmi et Cassini, quels sont les embarras et les contestations que les rivières causent dans toute la LombanLe, fonten. Manfredi. De vives contestations s'élèvent aussitôt entre les deux puissances, raynal, ffùl. philos, ix, 12.
— HIST. xvi" s. Polemon, Alcetas et Docimus
CON
CON
entrèrent ambitieusement en contestation contre Iny, touchant la superintendance de l'armée, amyot, Eum. 15. Ils feirent en cet endroit fin à leur contestation, et se départirent incontinent d'ensemble. id Brutus, 42. Quant à la contestation et défense, elle fut grande, lanoue, 309. Il y eut entre eux de grandes contestations pour le rang et sur les termes dont ils dévoient user en parlant à cette princesse, d'auu. Vie, cxx.
— ÉTYM. Lat. contestalio, de contestari, contester; ital. contesta zione.
CONTESTE (kon-te-stf) , s. f. Contestation, procès. Ils sont en conteste. Vieux. || Ce mot ne s'emploie plus guère que dans la locution sans conteste, sans débat, sans dispute, sans contredit. Homme ou démon, veux-tu m'entendre sans conteste, mol. le Dép. il, 7. La maison à présent, comme savez de reste, Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste, id. Tart. v, 4.
— ÉTYM. Voy. CONTESTER.
CONTESTÉ, ÉE (kon-tè-sté, stée), part, passé. Sur quoi il y a débat. Succession contestée. Créance contestée. L'honneur de la [la ville naissante] nommer, entre eux deux contesté, Dépendait du présent de chaque déité, la font. Filles de Minée. Et comme ces personnes n'entrent pas en défiance de votre bonne foi et ne pensent pas à examiner s'il s'agit, en ce lieu-là, de la question contestée, pasc. J'rov. (3. Votre conduite est assez connue, et ce s<>nt de ces sortes de choses qui ne sont contestées de personne, mol. Critique, se. 7. || Terme de pratique. Cause non contestée, cause que l'on peut renvoyer et sur laquelle il n'y a eu ni règlement ni plaidoirie.
CONTESTER (kon-tè-sté), v. a. || l°Ne pas reconnaître le droit ou la prétention de quelqu'un à une chose. 11 me conteste ma qualité. On lui conteste cette succession. Elle est si étonnée de trouver quelqu'un qui ose lui contester quelque chose, que cela la réjuuit, sév. 442. Procès pour le legs au présidial de Poitiers.. . Le cœur de la dame fut contesté avec plus de chaleur encore, la font. Lett. vi. Ne lui conteste point fà Fulvie] un coup digne de toi, volt. Triumv. v, 3. || Terme de jurisprudence. Contester une créance, dans une faillite par exemple, en nier l'existence ou la validité. || 2° Nier un fait, un principe. Cela est si généralement soutenu que Lessius le décide comme une chose qui n'est contestée d'aucun casuiste, pasc. Prov. 7. Il est heureux à prouver ce que personne ne lui conteste, boss. Variât, i" dise. § 49. |] 3° V. n. Disputer, élever une contestation. ...allez, sans contester, Vous aurez tout loisir de vous faire écouter, corn. Perthar. m, 5. J'aime à vous obéir, seigneur, sans contester, id. Otlion, m, 3. Tandis que leur amour en cet adieu conteste, Achillas à son bord joint son esquif funeste, id. Pomp n, 2. La mouche et la fourmi contestaient de leur prix, la font. Fabl. iv, 3. Après qu'on eut bien contesté, Répliqué, crié, tempêté, id. Fabl. m, 2 Les parties contestèrent devant le roi, et s'engagèrent à justifier leurs prétentions par les termes de la loi de Moïse, boss. Hist. univ. I, 9. Ta malice conteste contre les bontés de Dieu, id. Peu. 3. Nous contestons contre les décisions de l'Église, mass. i'anég. Étien. || 4° Se contester, v. réfl. Être contesté. C'est un fait qui ne saurait se contester Un droit si bien établi ne se conteste pas.
— HIST. xvie s. Bataille contestée, mont. i. (9. Nous ne perdismes que la ville de Fossan, encores aprez l'avoir longtemps contestée , id. i , 44. Ce membre, contestant de l'auctorité avecques nostre volonté, id. i, 97. Des erreurs contestées et debattables, id. i, 122. Ce que j'auray dict sans soing, si on vient à me le contester, je l'espouse, id. m, 291. S'esians deux esquadrons entr'afrontez, on n'a pas quasi deschargé la seconde pistolle, que l'un ou l'autre tourne; car on ne se conteste plus, comme faisoient les Romains contre les autres nations, lanoue, 3(3. J'adjousteray encor une dextérité que .■a pratique a enseignée à contester un fossé sans eau, encor qu'on ait gaigné la contrescarpe, id. 338. Les Romains seuls luy restoient dignes et assez puissans pour contester de l'empire à rencontre de luy, amyot, Caton, 24. En sagesse et en doulceur il contestoit avecques les premiers, id. Brutus, 2.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contestar ; ital. contestare; du latin contestari, de cum, avec, et testis, témoin (voy. tester). L'ancien français ne connaît pas ce verbe et il a en place contrester (de contre et ester; voy. contraste) : Bien cuidoient contrester à nos fouriers, villehard. p. (78, édition de p. paris. Si ke n'i ait contreste, Hist. lilt. t. xxm,
p. GOI,
t CONTESTEUR (kon-lè-steur), s. m. Celui qui conteste. Je ne dis pas qu'un contesteur n'ennuie; Mais il est bon quelquefois que l'on nie, scarron, Poésies div. Œuvres, t. vu, p. (89, dans pougens.
— étym. Contester.
CONTEUR, EUSE (kon-teur , teû-z'), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui narre habituellement. Conteur agréable. L'art du conteur est de réduire l'action à ce qu'elle a d'original et d'intéressant, marmont. Élém. lilt. Œuvres , t. vu , p. 42 , dans pougens. L'un d'eux était de ces conteurs Qui n'ont jamais rien vu qu'avec un microscope, la font. Fabl. ix , (. Mme de Chevreuse, qui était une conteuse, m'a dit qu'elle avait été cause de l'emprisonnement de M. le prince [Condé] , segrais , Mémoires, t. II, p. 14. il Celui qui compose, écrit des contes. Les conteurs orientaux. H 2° Celui, celle qui débite des choses fausses ou frivoles. C'est un conteur, un conteur de fagots, un conteur de sornettes, un conteur de chansons. H Conteur de fleurettes. || Conteur, celui qui en conte à une femme. Elle en aimait fort une [jeune fille] a qui l'on en contait, Et le conteur était un gentilhomme De ce logis, bien fait et galant homme, la font. Fianc. En cet emploi, conteur ne se dit que par occasion ; c'est à cause du mot en conter mis précédemment qu'il peut figurer ici; car, s'il n'était pas précédé du verbe, tout le monde entendrait un homme qui fait des contes en général, et non pas un homme qui cherche à plaire. || 3° Adjectivement. Et dans de longs récits la vieillesse conteuse En troublait le repos de l'enfance peureuse, delille, Homme des ch. i.
— HIST. xine s. Tant ont li compteour compté, Et li fableour tant fable , du cange , abelimentum. || xve s. Cil est appelle conteur, que aucun establit à parler et conter pour soy en court, Ane. coustume de Normandie, dans lacurne. || xvie s. À fol conteur sage escouteur, cotgrave. Tel conteur tel auditeur, LEROUX DE L1NCY, t. II, p. 420.
— ÉTYM. Conter; provenç. comtaire ; espagn. contador ; ital. contatore. Le provençal comtaire est au nominatif; le régime serait comtador. Le vieux français compteour ou conteour est au nominatif pluriel; le nominatif singulier est contere, et le régime singulier conteour ou conteor.
CONTEXTE (kon-tèk-sf), *•. m. || 1° L'ensemble d'un acte par rapport à l'enchaînement des dispositions et des clauses. Les actes notariés doivent être écrits en un seul et même contexte. || Unité de contexte, terme de droit. L'unité de contexte est exigée dans les testaments, c'est-à-dire que les dispositions doivent être rédigées d'une manière complète, de suite, sans interruption, lacune, ni intervalle. || 2° L'enchaînement d'idées qu'un texte présente. Il résulte du contexte de l'article que....
— ÉTYM. Lat. contertus, de cum, et texkus, texte. CONTEXTURE ( kon-tèk-stu-r'), s. f. \\ l\hssure
départies formant un tout. La con texture des muscles, des os. Je me suis souvent étonné d'une si étrange contexture, boss. Imp. 3. Un organe de plus ou de moins dans notre machine aurait fait une autre éloquence, une autre poésie; une contexture différente des mêmes organes aurait fait encore une autre poésie, montesq. Goût, plaisirs de l'âme. M. B£rtin annonçait que la contexture des différents plans de fibres musculaires qui forment l'estomac était à peu prèssemblabledans l'homme et le cheval, condorcet, Berlin. || 2° Fig. Liaison entre les diverses parties d'un ouvrage d'esprit. La contexture de ce poëme est bon entendue. Telle est la prophétie de Joad dans l'Athalie de l'illustre Racine, le plus beau morceau de poésie lyrique qui soit sorti de la main des hommes et auquel il ne manque, pour être une ode parfaite, que la rondeur des périodes dans la contexture des vers, marmont. Élc'm. lilt. Œuvres, t. ix, p. 24, dans pougf.ns. Je sens avec déplaisir toutes les fautes qui sont dans la contexture de cette pièce aussi bien que dans la diction, volt. Mariamne, préface.
— SYN. contexture, texture. Ces deux mots ne diffèrent que par le préfixe, et, pour le sens, ils ne différent qu'en ce que contexture appelle davantage l'attention sur la complication, l'enchaînement qui existe dans la texture.
— HIST. xvie s. Changeray je pas pour vous cette belle contexture des choses? mont, i, 85. 11 fault apprendre aux enfants de haïr les vices, de leur propre contexture [à cause de leur nature même, non de leurs résultats], id. i, (08. La contexture du nid du moindre oyselet, id. I, 235.
— ÉTYM. Com, et texture.
f CONTIGNATION (kon-tigh-na-sion) , s. f. Assemblage de pièces de bois, qui servent à rendre quelque chose stahle, ou à porter un fardeau.
— ÉTYM. Lat. contignatio, de cum, et tignv.m , bois de charpente.
CONTIGU, UË (kon-ti-gu, guë), adj. Qui touche à. Sa maison est contiguê à. la mienne. On l'établit gouverneur des peuples contigus à cette province, vaugei.. Q. C. liv. x, ch. 10. Ces maisons n'étaient point contiguës, ayant de chaque côté un vide qui les séparait les unes des autres, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 27, dans pocgens. On conçoit comment les terres des particuliers réunies et contiguës deviennent le territoire public, j. j. rouss. Contrat soc. i, 9. |] Fig. Idées contiguës, idées qui touchent l'une à l'autre. Deux sujets contigus. || Terme de géométrie. Côtés contigus, côtés passant par un même point. Angles contigus, angles qui ont un côté commun.
— syn. contigu, proche. Mots qui désignent le voisinage. Contigu s'applique au voisinage d'objets considérables, et désigne de plus un voisinage immédiat. Proche a moins de force, et s'emploie pour des objets moindres. Ces deux terres sont contiguës; ces deux arbres sont proches l'un de l'autre, d'alembert.
— HIST. xvr s. Les eaux- n'ont aucun arrest, jusques à ce qu'elles ayent trouvé quelque lieu foncé de pierre ou rocher bien contigu ou condensé, palissy, 166. Il s'y trouve des coquilles, voir encloses
dedans les pierres les plus contiguës, id. 278 Et
abbattre les maisons voisines et contiguës la muraille, m. du bell. 448. La carrière de nos désirs doibt estre circonscripte et restreinte à un court limite des commodités les plus proches et les plus contiguës, mont, iv, (57.
— ÉTYM. Lat. contiguus, de cum, avec, et le radical lig, qui se trouve dans te-tig-i, paifait avec redoublement de tango, toucher (voy. tangible).
CONTIGUÏTÉ (kon-ti-gu-i-té), s.f. État de deux choses contiguës. La contiguïté de ces deux édifices. Je ne parle point ici de la contiguïté; car il est visible que les choses contiguës se touchent si peu qu'il y a toujours beaucoup de matière subtile entre elles, mallf.br. Rech. vi, 2, 9. Les germes ne s'accroissent probablement que par assemblage, par contiguïté, volt. Newt. i, 8. || Terme de botanique. État de deux choses qui, se touchant, peuvent être désunies sans déchirement. || Terme de chirurgie. Amputation dans la contiguïté, celle où l'on fait passer le couteau entre les os qui forment une articulation.
— ÉTYM. Contigu.
(. CONTINENCE (kon-ti-nan-s') , s. f. Abstinence des plaisirs de l'amour. Le don de continence. Il avait passé sa jeunesse dans la continence, boss. Var. n. Eve propose à Adam de vivre dans la continence ou de se donner la mort, chateaub. Génie, n, i, 3. Les auteurs attribuent avec raison à la continence de ces peuples durant leur jeunesse la vigueur de leur constitution et la multitude de leurs enfants, j. j. rouss. Ém. rv. Jusqu'à vingt ans le eorps croit, il a besoin de toute sa substance; la continence est alors dans l'ordre de la nature, id. ib. ^-
— REM. Il faut observer que continence et contenance, qui sont deux reproductions différentes du seul et même mot latin continentia, reproduisent les deux sens du verbe : contenir, tenir en soi, et se contenir, se maîtriser.
— HIST. xive s. Continence n'est pas vertu, mes est une chose mixte, oresme, Eth. <38.
— ÉTYM. Provenç. contenensa ; ital. continensia; du latin continentia, de continere (voy. contenir).
2. CONTINENCE (kon-ti-nan-s") , s. f. Capacité étendue. Peu usité. On dit contenance.
— ÉTYM. Lat. continentia, de continere (voy. contenir).
(. CONTINENT, ENTE (kon-ti-nan, nan-f), adj. ||1° Qui observe la continence. || Substantivement. L'exemple de la chasteté d'Alexandre n'a pas tant fait de continents que.... pasc P. div. (07. || Les Continents, nom d'une secte hérétique qui faisait une loi de la continence absolue et condamnait le mariage. La turpitude de ces faux continents a depuis été révélée à toute la terre, boss. Variât, xi, §69. |] 2° Terme de médecine. Fièvre continente, fièvre qui n'a point de rémission ni d'exacerbation sensible. || Cause continente, cause, ou réelle ou présumée, qui, ayant produit une maladie, continue d'agir et prolonge son effet pendant toute la durée de cette maladie.
— REM. Vaugelas, qui approuvait continence. n'approuvait pas l'adjectif continent ; mais l'usage a triomphé de ce purisme exagéré, et continent a tout l'emploi qu'il comporte.
CON
HIST. xii" s. Honestes ert e continens, E beaus
parliers e de boa sens, benoît, h, 12764. ||xive s.
D'un homme continent et d'un incontinent nous .., partie de l'unie qui a raison, obesme, Eth.
31 Continent, qui refraint ses malvais desirners s], m. Thèse de meunier. ||xvi«s. Pour n'es- Qtinent, je ne laisse d'advouer la continence litres, mont, i, 262. En l'orme d'histoire pro-
secutive et continente [continue] , m. du bellay,
Prolog.
— ÉTYM. Lat. continens, de conlinere (voy. contenir!, qui retient, et, de là, qui contient ses désirs; qui tient avec, et, de là, continu.
2. CONTINENT (kon-ti-nan) , s. m. \\ i" Terme ographie. Grande étendue de terre que la m pas, ou qui., du moins, si la mer l'entoure (car on fait de la Nouvelle-Hollande un con- I présente une vaste continuité. Cependant lire des Perses allait croissant; outre ces proimmenses de la grande Asie, tout ce vaste ut de l' Isie inférieure leur obéit, boss. Hist. L, 8. S'il reliait quelque grand continent à découvi ir, on pourrait encore espérer de connaître de ispèces, parmi lesquelles il pourrait s'en trouver de plus ou moins semblables à celles dont Ks i ntrailles de la terre nous ont montré les dépouilles. cuvier, Hévol. p. 69. Vos yeux ne sont-ils pas a souvis des ravages Qui de ces continents dent les rivages? volt. AU. i, i.|| L'ancien continent, l'Europe, l'Asie et l'Afrique. Le nouveau cont tient, V Amérique. || 2° La terre ferme, par rapport aux îles voisines. || En un sens étroit, le continent, tin m européen, par rapport à l'Angleterre. Il eut le plaisir de voir cette opération salutaire [l'inoii ', dont il était le principal apôtre dans le continent, s'établir chez toutes les nations éclairées, condorcet, Tronchin.
— hist. xvi* s. Ce n'esl point une isle, ain-> terre ferme et continente avecques l'Inde d'un costé et.... mont, i, 232.
— ÉTYM. Lat. continens, sous-entendu terra, qui quelquefois est exprimé : terre qui tient avec, de continere, tenir avec (voy. contenir).
CONTINENTAL, ALE (kon-ti-nan tal, ta-1'), adj. 0u; appartient à un continent. L'Amérique se divise en partie continentale et partie insulaire. || Territoire continental, se dit du territoire fiançais en Europe, y compris la Corse, par opposition aux possessions coloniales. || En un sens plus restreint, qui appartient au continent de l'Europe. Pour ses approvisionnements de grains, l'Angleterre puise souvent dans les marchés continentaux. | Blocus continental, décret de Napoléon Ier qui interdisait tout commerce entre l'Angleterre et le continent. |) Système continental, système prohibitif dirigé contre l'Angleterre et dont ce décret était l'exécution.
— ÉTYM. Continent 2.
\ CONTINGEMMENT (kon-tin-ja-man),odt). Terme
de philosophie. D'une manière contingente. Si, con-
;it la liheité avec le hasard, on soutient que
l'êti peut agir contingemment.... boul-
lainvilliers, Réfutation de Spinosa, p. 69.
— HIST. xvc' s. Dieu scet les choses nécessairement, par soy mesmes qui est nécessaire, telles qu'elles seront et adviengnent contingentement par leur nature, qui de soy est variable, telles qu'elles sont, A. CHARTIER, l'Espérance, p. 379, dans la- CURNE.
— ÉTYM. Contingent, ei le suffixe ment. CONTINGENCE (kon-tin-jan-s') , s. f. ||i° Terme
de philosophie. Possibilité qu'une chose arrive ou n'arrive pas. Si vous ôtez la causalité nécessaire, vous laissez mon vouloir dans une pleine contingence, kèn. m, 3oo. Je conçois clairement que chaque chose pourrail être autrement qu'elle n'est; j'ai appelé cela contingence, et je dis que, dans ma manière de concevoir, chaque chose est contingente de sa nature, bonnet, Palingén. 17e part. oh. 2. || Dans le langage général, éventualité. Selon la contingence des cas. || 2" Terme de géométrie. Angle de contingence, celui que forme une ligue droite avec une courbe qu'elle touche, ou que formeni deux courbes qui passent par un même point. || Terme de gnomonique. Ligne de contingence, celle qui coupe la sous-stylaire à angle droit.
— ÉTYM Contingent.
CONTINGENT, ENTE (kon-tin-jan, jan-t'), adj. || 1" Terme de philosophie. Qui peut arriver ou ne pas arriver, éventuel. Ils raisonnaient sur les événements contingents ou non contingents de cet univei i-, volt. Cand. 29. La raison de mon existence n'est pas en moi; je n'existe donc pas par ma propre
UICT DE LA LANGUE FRANÇA1
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nature: je ne suis donc pas un être nécessaire; mes ouations sont variables; j'ai un sentiment trè i air des changements qui me surviennent: je suis donc un être contingent, bonnet, PaUngén. 17" I ut. ch. 2 Spinosa voudrait prouver que. nous jugeons qu'il y a des choses contingentes, ce n'est que par ignorance, coNniLi.. Traite' des syst. ch. 4 0. Il en conclura que les lois de la statique et de la mécanique, telles que l'expérience les donne sont de véri té contingente , puisqu'elles seront la suite d'une volonté particulière et expresse de l'être suprême, d'alkmb. Dynamique, Œuvres, t. iv, p. 228, dans pougens. Il y a deux sortes de vérités, les unes sont nécessaires, et les autres contingentes, malebr. Recherche, i, II, 3. || Proposition contingente, celle qui énonce une chose qui peut être ou n'être pas. || 2° Terme de droit. Portion contingente, lapait de chacun dans un partage ou dans une contribution. Payable quand chacune d'elles Ne posséderait plus sa contingente part, la pont. Fabl. n, 20. || 3° S. m. Le contingent, ou le futur contingent, ce qui peut arriver ou n'arriver pas. Aïbéroni disait que le principal embarras pour le roi d'Espagne était à l'égard des futurs contingents, st-sjm. 456, 184. Vous avez une étrange opinion des futurs contingents, volt. Diable, 6. De tous les futurs contingents, un des moins probables est qu'un jour le roi de Sardaigne assiégera Genève, j. J. rouss. Conf. v. || 4° Le contingent, la partie qui tombe à quelqu'un, dans la division de quelque chose. Il lui revient tant pour son contingent. || Quantité de soldats qui doit être fournie. Le contingent de chaque département pour telle année. Dans les guerres de l'Empire charpie membre du corps germanique fournit son contingent. Le général Schwartz, avec ts ooo hommes du contingent de Hesse, de Munster et de Lunebourg, parut sur les hauteurs de Weisloch, st-sim. 29, si. Épuisés par une guerre qui, de jour en jour, leur devenait plus étrangère, la plupart refusaient d'envoyer leur contingent de troupes et de vaisseaux, barthél. Anach. introd. paît, il, sect. 2.
— HIST. xiV s. Les choses contingentes qui pevent estre ainsi et attivement, oresme, Eth. (73. Et il suppose par ce que dit est, que élection, soit de choses contingentes qui sont en notre puissance, m. ib. 65. Contingent , chose qui peut estre et peut non estre sans nécessité, id. Thèse, de meunier. || xve s. Prudence est es parties de l'ame où advient la pratique, la quelle est raciocinative des choses ouvrables contingentes, christ, de pisan, Charles V,
— ÉTYM. Lat. contingens', participe présent de contingere, qui signifie toucher, atteindre, rencontrer, échoir; de eut», avec, et tangere, toucher (voy. tangible).
CONTINU, UE (kon-ti-nu, nue), adj. || 1° Dont les parties se tiennent sans solution. Étendue, quantité continue. || Terme de mathématiques. Proportion continue, celle où le conséquent du premier rapport est l'antécédent du second, par exemple 5: 15:: 15:45. || Fractions continues, fractions dont le dénominateur est composé d'un nombre entier et d'une autre fraction quiaégalement pour dénominateurun nombre entier plus une fraction, et ainsi de suite. || Fonction continue, fonction susceptible de varier aussi peu qu'on voudra pour des variations suffisamment petites des variables, soit dans toute l'étendue de la fonction, soit entre certaines limites assignées aux variables. || Terme de minéralogie. Cristal continu, cristal dont le signe est composé de quatre exposants en proportion continue. || Terme d'architecture. Piédestal continu, le soubassement d'une file de colonnes avec base et corniche. || Terme de botanique. Tige continue, celle qui forme un axe principal, qui va jusqu'à la cime. Feuilles continues, feuilles dont le disque est sans interruption. || Terme de musique. Basse continue, la partie d'accompagnement qui est la plus basse, et qui se fait entendre pendant tout le morceau. || Terme de médecine. Fièvre continue, fièvre qui ne présente dans son cours ni intermission ni rémission caractérisée. || 2° Qui n'est pas interrompu dans sa durée ou sa suite. Série continue. Jet continu. Moteur à feu continu. Dix jours continus de pluie. Elégance continue du style, style toujours élégant. La masse anglaise nourrissait ce feu continu quand elle étail attaquée, volt. Louis XV, 16. Ce sentiment continu tienl à l'impression vive et profonde que vos chagrins vous ont laissée, d'alemb. Portr. de M le de
I l 'si'iiiiissr. |j I et me île (li-.nl. Ser\ i tuiles cmitinues ,
celles qui, à la différence des servitudes di conti nues, n'ont pas besoin, pour s'exercer, du fait actuel de l'homme: tels sont les égouts, les vues.
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H 3° i'. m. Terme de philosophie. Ce qui n'offre aucune interruption. Le continu est divisible à' l'infini. Une partie de l'étendue est un contmui formé par la contiguïté d'autres parties étendues,. condill. Trait, sens ext. Œuvres , t. m, p. 30, dans pougens. || Terme d'ancienne pratique. Prolongation d'un compromis dont le temps est expiré. || 4° A la continue, loc. adv. X la longue, à. force île faire toujours la même chose. Ce qui nous. paraissait, terrible et singulier, S'apprivoise avec notre vue, Quand ce vient à la continue, la font. Fabl. iv, 10. Rien ne charme à la continue, la motte . Fabl. u , 6.
— HIST. xnr s. Or avint que une contenue [fièvre continue] me prist, parquoy j'alai au lit et toute ma mesnie aussi, joinv. 254. || xive s. C'est éthiques et politicques qui sont continues ensemble, et sont une doctrine appellée civile, oresme, Eth. m. L'en doit savoir que, en toute chose continue et divisible, l'en peut prendre ce qui est plus et ce qui est moyen et ce qui est egual, id. ib. 44. En celle [proportionnalité] qui est appelée continue, l'en use d'un terme pour deux, id. ib. 146. || xvies. Nos despenses continues ne produisent en fin que des avortons et des phantosmes, lanoue, 48). N'estant pas bien rétabli d'une fièvre continue de huit jours, d'aub. Vie, xlvi. Telles aigreurs avec la continuedes peinesque supportoient tant les chefs que soldats, id. Hist. i, 302. Un tel preparatif est beau pour une course et carrière, mais, je crains le retour et la continue de la guerre, amyot, Plue. 32. Cest ordre prosecutif et continu. M. nu bell. Prol. Fièvres continues, c'est à dire qui durent sans cesser.... je ne m'arreste point à expliquer les différences que l'on apporte entre les fièvres continues et continentes, paré, xu, 9. On dict que la lumière du soleil n'est pas d'une pièce continue, mais qu'il nous eslance si dru sans cesse nouveaux rayons les uns sur les aultres, que nous n'en pouvons appercevoir Pentredeux, mont. i. 37.
— ËTYM. Provenç. continu ; espagn. et ital. continua; du latin continuus, de même radical que continere (voy. contenir).
CONTINUATEUR, TRICE (kon-ti-nu-a-teur. tris'),s. m. et f. Celui, celle qui continue. Le continuateur du Don Quichote. Ce roi fut le continuateur d'une politique rigoureuse. La continuation de l'histoire de l'Académie, éloge rare dans un continuateur, soutient le parallèle avec avantage, d'alembert, Éloges, d'Olivet.
— étym. Continuer.
CONTINUATION (kon-ti-nu-a-sion; en poésie, de six syllabes), s. f. || 1° Action de continuer. Entreprendre la continuation d'une histoire. On donne la continuation de l'ouvrage d'un autre et la suite du sien, d'alembert, Synonymes. || Action de prolonger. La continuation d'un bail à un fermier. || Prolongement. La continuation d'une muraille. || 2° Etat de ce qui est continué. La continuation de la guerre. || Terme de physique. Continuation du mouvement, conservation, en grandeuret en direction, du mouvement qui a été primitivement communiqué à un mobile.
— SYN. 1. continuation, continuité. La continuation, c'est l'action de continuer; la continuité, c'est l'état de ce qui est continu : la continuation d'un travail; la continuité d'un espace. Quand continuation se rapporte à la durée, il signifie que l'on continue ce qui est commencé; et continuité, que ce qui se fait ne souffre point d'interruption : la continuation d'un travail, la continuité du travail. || 2. continuation, suite. Ces mois d signent la liaison d'une chose avec ce qui la précède. Mais suite est plus général, n'impliquant pas que ce à quoi on donne une suite soit ou non achevé. Au lieu que continuation exprime positivement que la chose était restée à un certain point qui ne la terminait pas.
— HIST. xili0 s. Et qui apeleroit de defaute de droit par ces trois conlinuacions, il n'aroil pas bon apel, beaum. lxiv, 2. Assés est ajornés qui se part de cort pour continuation de jor, id. xxx, 33. || xiv° s. Pour la continuation et conservement de humaine espèce, oresme, Thèse de meunier. L'envie qui pour ceste continuacion l'ust sonrse i moy, berciieure, f°5», recto. La continuacion des magistraz, id. f° 72. || xv s. À cest exemple fut faictle noble jouvencel Bouciquaut, lequel tant avoit jà faict de bien par longue continuation dès son i nfance. lloua'q. i, i«. Goûte d'yaue l'an la caver; Si fait au sfcontinuacionDeparsuir, retenir, demander, e. i esi h. Poésies mss. t° 244, dans l\- CURNE. Continuation de vieille femme abrège la vie d'un jeune homme, Les quinze joyes du mariage,
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p. 4SI, dans lacurne. Il xvi° s. La continuation de la bonne santé de Madame, marc. I.ett. 24. Nous luy condonnons la libre continuation du service divin en la chapelle de sa maison, mont, iv, 93. Suétone dict que Germanicus avoit grossi ses jambes par continuation [continuité] de ce mesme exercice [du cheval], id. iv, )90. Une joye modérée, qui a continuation, et est semblable à quelque doux coulant fleuve, lanoue, 6)9. Us se trouvèrent es mains des moyens suffisans pour la continuation d'une longue guerre, id. 644. Lors estoient bien aguerriz pour la continuation île combattre ordinairement à rencontre des ennemis, amyot, P. Mm. 9.
— ÊTYM. Provenç. continuatio ; espagn. continuation; ital. continuazione ; du latin continuationem [voy. continuer). L'ancien français disait aussi continuance.
CONTINUE (kon-ti-nue) . s. f. || l'Appareil de filature divisant la nappe de laine en des fils bien tordu-. || 2° A la continue, loc. adv. Voy. continu.
CONTINUÉ, ÉE (kon-ti-nu-é, ëe),part. passé. L'expédition continuée malgré les obstacles. Un magistrat continué dans ses fonctions. Un ouvrage resté longtemps inachevé et enfin continué.
CONTINUEL, ELLE (kon-li-nu-èl , è-1') , adj. Qui du sans interruption. 11 y a même un dégoût, attaché à ce qui se trouve de gênant, de continuel, d'assujettissant dans nos ministères, mass. Disc, synod. Nécessité des retraites. Il portait au fond de son cœur une vive et continuelle appréhension de déplaire à Dieu, boss. Anne de Gonz. Après qu'il eut reconnu que le nouveau secrétaire d'État savait avec une ferme et continuelle action suivre les desseins et exécuter les ordres d'un maître si entendu dans l'art de la guerre, id. le Tellier. Leur seule consolation, dans une entreprise si téméraire, était le continuel bonheur du roi, rollin . Hist. anc. t. vi, p. 54 I , dans POUGENS.
— SYN. continuel, continu. Ils désignent l'un et l'autre une tenue suivie. Mais ce qui est continu n'est pas divisé; tandis que ce qui est continuel peut l'être. Des plaintes continues sont des plaintes que rien n'interrompt ; un bruit continu est un bruit qui ne présente aucune interruption; des plaintes continuelles, un bruit continuel sont des plaintes, un bruit qui se répètent à chaque instant. Le cliquet d'un moulin en mouvement fait un bruit continuel; mais ce bruit n'est, pas continu, car il est composé de retours périodiques séparés par des intervalles de silence.
— HIST. xii° s. A" l'evesque de Lundres unes letres itaus Enveia saint Thomas tûtes continuaus, Th. le mort. $:>. ]| xiiï" s. Se me sires a pris de moi un ronci [cheval] de service et il ait tenu le ronci quarante jors continuels sans renvoier le moi, beaum. xxviii, 5. || xvi0 s. Il n'y a nul bon moyen d'aucunement user de ses bien-faits, qui nous sont continuellement eslargis de lui, si nous ne sommes aussi continuels à le louer et remercier, calv. Instit. 7(>G. Un petit plaideur continuel qui tourmente tous ses voisins, lanoue, 239. Par la transmutation alléguée, un métal parfait en doit résulter qui ait un estre continuel [durable] , id. 473. La plus grieve et certaine punition de la meschanceté est le remords continuel de celui qui l'a perpétrée, id. 54 5. Un tousseur continuel irrite mon poulmon, mont, i, 91. Nostre corps estant subject à tant de continuelles mutations, mont, ii, 322.
— ÉTYM. Adjectif dérivé de continu.
CONTINUELLEMENT (kon-ti-nu-è-le-man), adv.
Sans interruption. L'àme considère que, si elle est juste, c'est Dieu qui la fait juste continuellement, boss. la Vallière. On n'a point continuellement des juges devant les yeux , et l'on craint la magistrature et non pas les magistrats, montesq. Espr. xi, fi. Nous le voyons continuellement occupé du soin d'acquérir ce qu'il juge utile et d'écarter ce qu'il présume devoir nuire à sa félicité, holbach. dans Œuvres de du marsais, Essai, préj. ch. )2.
— HIST. xiii'' s. Et s'il n'i pot estre par aucune resnable [raisonnable] cause conlinuelment, jors li doit estre donnés, beaum. 43. || xivc s. Avecques icelles brebis aux champs sa quenoille [elle] filoit continuelvaeïit,Ménagier,i, 6. Tenir l'esprevier jour et nuit le plus continuelment que l'en pourra, id. m, 2. |] xvr' s. Le pauvre peuple champestre, encore qu'il travaille continuellement. ...lanoue, 346. Le mien [gosier] m'a tanteousté d'argent Que c'est une chose infinie ; Aussi rn'a-t-il toute ma vie Servi continuellement, j. le houx, xn. La tourbe de nos hommes, stupide, basse, •servile, instable et continuellement flottante en l'orage des passions diverses, mont, i, 32<;. Torquato Tasso dici avoir remarqué cela, que nous avons
les jambes plus grailes que les gentilshommes italiens, et en attribue la cause à ce que nous sommes continuellement à cheval, m. iv, 190.
— ÉTYM. Continuelle, et le suffixe ment.
CONTINUER (kon-ti-nu-é), v. a. || 1° Ne pas interrompre. Continuer ses études, sa lecture. Continuer son voyage. Son oraison fut perpétuelle pour être égale au besoin.... si le travail semblait l'interrompre, ce n'était que pour la continuer d'une autre sorte, boss. Anne de Gonz. Pompée lui reprocha qu'il laissait toujours des ressources à l'ennemi vaincu, pour se perpétuer dans le commandement, et pour pouvoir continuer un pillage odieux à ses propres soldats, vertot, Révol. rom. liv. xn, p. 158. || 2° Prolonger, étendre. Continuer un mur. Continuer un bail à un fermier. Continuez-lui vos bienfaits. Vous lui continuez ce service fidèle, corn. Pompée, ni, 4. Et je n'empêche point qu'on ne vous continue Votre toute-puissance au point qu'elle est venue, id. Otiion, il, 5. Le temps du consulat étant expiré, on lui continua le même emploi avec le titre de proconsul, vertot, Révol. rom. liv. ni, p. 262. On continua la possession des fiefs pour de l'argent, comme on continuait la possession des comtés, montesq. Esp. xxxi, 1. 1| Continuer un ouvrage, y donner une suite. L'histoire de Thucydide fut continuée avec succès par Xénophon, que vous avez connu, barthél. Ânacharsis, ch. 65. || Continuer quelqu'un, être son continuateur; suivre les mêmes voies, les mêmes idées que lui. En plusieurs choses, Mazarin continua Richelieu. || 3° Maintenirquelqu'un dans une place. On le continua dans son emploi. Louis XIV voulut que le doge qui viendrait lui demander pardon fût continué dans sa principauté, malgré la loi perpétuelle de Gênes qui ôte cette dignité atout doge absent un moment de la ville, volt. Louis XIV, 14. || 4° V. n. Ne pas s'arrêter, ne pas s'interrompre. Continuez, je vous prie. Qu'après son châtiment ma faute continue, corn. Hor. iv, 7. Continuez, madame, et comptez sur moi, on est trop honoré de pouvoir contribuer au bien que vous faites, marmont. Contes mor. Femme comme il \j en a peu. || Continuer à, avec un infinitif. Je ne croirai pas qu'elle m'aime tant qu'elle dit, ni que j'aie beaucoup de part en ses prières, si je continue à avoir si peu de santé et si peu de fortune, voit. Lett. 25. Puisque vos maximes sont si utiles et qu'il est si important de les publier, vous devez continuer à m'en instruire, pasc. Prov. 8. Pensez-vous que Calchas continue à se taire? rac. Iphig. i, 3. Qu'importe que César continue à vous croire? in. Brit.l, 2. Et la manière dont vous parlez de lui commencerait à me déplaire, si vous continuiez à me cacher les raisons qui vous y obligent, baron, l'Homme à bonnes fortunes, n, ut. 11 le pria de continuer à lui apprendre ce qu'il en savait, bouhours, Nouv. rem. || Continuer de, 'avec un infinitir. Quoique j'aie à me plaindre de madame, je continue de la voir, elle continue de m'écrire, rac. dans giraelt-duvivier. Sésostris continuait de me regarder d'un œil de complaisance, fén. Tél. m. Laissez parler, et continuez d'agir, la bruy. dans girault-duvivier. En continuant de me parler ainsi, bouhours, Nouv. rem. J'appellerai ces sortes d'idées intellectuelles simplement idées, pour les distinguer des autres que je continuerai de nommer sensations, condillac, Trait. sens. part, n, ch. 8. || S'étendre ou se prolonger. Cette côte continue depuis tel endroit jusqu'à tel autre. || 5° Se continuer, r. réfl. Être continué. Cet ouvrage se continue. || Se prolonger, s'étendre. La côte se continue sans escarpement.
— rem. continuer à, continuer de. D'après l'Académie, on doit se servir de continuer à quand il s'agit d'une action commencée et que l'on continue, et de continuer de quand il s'agit d'une action qu'on a l'habitude de faire. Cet homme, tenant son verre, continue à boire; c'est-à-dire il achève ce qu'il avait commencé; mais cet homme est un ivrogne, et, malgré ses promesses, il continue de boire, c'est-à-dire il persiste dans ses habitudes d'ivrognerie. Mais cette distinction , qui n'est pas fondée sur le sens des prépositions à ou de, ne l'est pas non plus sur les exemples des auteurs qui usent, ou indifféremment ou suivant l'oreille, des deux prépositions. Laveaux voulait que à indiquât une intention dirigée vers un but, et qu'on se servit de la préposition de quand rien n'indiquait un but, une intention; cette distinction, fondée sur la conception abstraite des rapports exprimés ordinairement par à et de, n'est pas appuyée par l'usage.
— HIST. xmc s. Li segneur, s'il lor plest, de lor actorité, poent continuer les pies qui sunt par devant |
eus, par trois quinsaines, beaum. lxiv, 2. || xiv* s. Et ainsi porrai-je en bien continuer. Et si porrai ausi l'amedemoi sauver, Guescl. 4 5)76. || xve s. Si je vouloie parler des moyens estatz, ce propos continueroit trop, comm. v, 4 8. Et ne se voyoit point estre refusé une fois d'iing homme qu'il [Louis XI] pratiquoit à gaigner, mais il continuoit en luy promettant et donnant par effect argent, id. i, 10. Que voulez-vous que je vous die? J'ay ceci tant continué, J'en ai assommé et tué, Tant qu'il s'en est bien apperceu, Patelin, 4)05. || xvr s. Le bataillon, qui estoit large de front, ne peut pas bien toujours entretenir celle haye continuée de boucliers joignans l'un à l'autre, amyot, P. JEm. 33. Ils briguoient eulx mesmes pour le faire encore continuer en cest office, m. Arist. 4 0. Et continuant tousjours à ce faire, mont, i, 405. Il les tansa, jusques à menacer de les jecter en la rivière s'ils continuoient, id.
r, 400 Qu'il estoit désormais trop créance dans
les armes; et trop authorisé dans le païs-bas pour y estre continué davantage, d'aib. Hist. ni, 204. Mais mon serment s'envoladansla nue : Serment d'amour jamais ne continue, rons. 8)9. N'ayant aultre plus grande affection, si non de me maintenir et continuer en vostre bonne grâce, condé, Mémoires, p. 692.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. continuar ; ital. continuare ; du latin continuare , de continuus, continu.
CONTINUITÉ (kon-ti-nu-i-tê) , s. f. || 1° État de ce qui est d'une seule tenue. La continuité des parties. Le principe, que tout se fait dans la nature par degrés insensibles, est celui que Leibnitz et ses sectateurs ont appelé loi de continuité, d'alemb. Eloges, Rernoulli. Cette continuité d'actions et de réactions qu'on voit dans toute la nature, barthel. Anach. ch. 79. On chercherait en vain dans les vers de Lucrèce cette finesse de goût, cette continuité d'élégance, surtout cette aimable sensibilité que l'auteur des Géorgiques a répandue dans toutes ses compositions, delille , Trois règnes, Disc. prél. || Solution de continuité, interruption qui se présente dans l'étendue d'un corps. Le b.mc des roches présentait en cet endroit une solution de continuité. || Fig. Ce qui a fait cette solution de continuité entre Lafare et Mme de la Sablière, sév. 440. Il n'y a que de grandes maladies qui fassent solution de continuité dans la mémoire, j. j. rouss. Ém. v. || Terme de médecine. Solution de continuité, séparation, soit congénitale, soit accidentelle, départies qui sont continues dans l'état normal. Amputation dans la continuité, celle dans laquelle on est obligé de scier l'os après la section des chairs. || Terme de mathématiques. Propriété des fonctions dites continues. || 2' Durée continue. La continuité de ce bruit m'importune. Il ne faut pas se persuader qu'il mette une rigoureuse continuité de l'oraison, boss. Or. 6. La politesse, l'affabilité, l'esprit de communication remplacèrent cette humeur farouche et cette rudesse de caractère qu'avait laissées la continuité des guerres, raynal, Hist. phil. v, 7. [| Répétition incessante, enchaînement. Pour interrompre la continuité de nos bâillements, sév. 435. un aspire à faire évanouir tous vos travaux dans les longueurs et la continuité des interruptions qu'on y apporte, mirabf.au, Collection, t. iv, p. 338. || Terme-de littérature. Continuité d'action, règle qui veut que, dans une pièce de théâtre, l'action principale ne soit interrompue par aucun épisode non nécessaire. Dans le Médecin malgré lui, la scène 2 du m* acte, où deux paysans viennent demander un remède pour leur mère à Sganarelle, qui leur donne un morceau de fromage, est tout à fait épisodique; c'est une faute contre la continuité d'action, quoique à un autre égard on puisse y voir un complément de la peinture du caractère principal ; telle qu'elle est, on la retrancherait à la scène, que le spectateur ne s'apercevrait pas qu'il manque r:en à l'ouvrage.
— REM. Pour répondre à continu et à continuel, il faudrait, à côté de continuité, le substantif continuante. Mais comme continuante manqii", continuité le remplace; et ce substantif confond la distinction qui existe entre continu et continuel.
— ÉTYM. Provenç. continuitat ; espagn. continuidad; ital. continuité; du latin continuitatem, de continuus, continu.
CONTINÛMENT (kon-ti-nu-man), adv. D'une manière continue, sans relâche. Il y Tant travailler continûment. C'est ce qui a toujours fini cette dispute à l'avantage de la grand'chambre toutes les fois qu'elle s'est élevée, ce qui prouve continûment que ce n'est pas le tout d'avoir raison pour gagner son procès, st-sim. 483 , 274. Toutes les couches
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[dans un arbre] s'enveloppent successivement^ et continûment, buffon, Expér. sur les vc'g. I" mém.
— HlST. xne s. Cil ki vraiement soi humiliet, esguarde continueiement de queiz sordeilhes de péchiez il soit avironeiz, Job, 451.
— ÉTYM. Continue, et le suffixe ment; provenç. continuament ; espagn. et ital. continuamente. L'exemple de l'historique répond non pas à continûment, mais à continuéement.
CONTONDANT, ANTE (kon-ton-dan , dan-t'), adj. Terme de chirurgie. Oui blesse, comme tout corps mousse, sans percer ni couper. Lésion faite par un instrument contondant.
f CONTONDRE (kon-ton-dr') , je confonds, il confond, nous confondons ; je confondais; je confondis; je confondrai; confonds; que je confonde; que je confondisse ; je confondrais; contondant; confus, v. a. Terme de chirurgie. Produire des contusions.
— uiST. xvi° s. S'opposant contre la cheute ou choses contondantes, comme un coussin, paré, i, 9. Choses qui confondent, meurtrissent et escachent, ID. VIII, 38.
— étym. Lat. contundere, de cum, avec, et lundere, battre.
CONTORNIATE (kon-tor-ni-a-f) , adj. f. Se dit en parlant des médailles de cuivre, terminées, à la circonférence, par un cercle d'une ou de deux lignes de largeur.
— ÉTYM. Lat. cum, avec, et tornus, tour, instrument (voy. tour).
| CONTOUS1LE (kon-tor si-1'), adj. Terme de botanique. Feuille contorsile, celle dont le pétiole est susceptible de torsion.
— ÊTYM. Voy. CONTORSION.
CONTORSION (kon-tor-sion; enpoésie, de quatre syllabes) s. f. || 1" Action détordre. La contorsion de son épée, sëv. 493. || 2° Contraction irrégulière des muscles . torsion des membres. || Terme de peinture. Attitude forcée, expression outrée dans une figure. || Fig. C'est là la première contorsion qu'il faut donner à son esprit, boss. Nouv. myst. 10. Il fallait que Fabroni ou Campanelle fût confondu; du moins il aurait fallu donner d'étranges contorsions à leurs horoscopes pour les concilier, fén. xix, 414. ||2°Par extension, geste ou mouvement déréglé, ridicule, exagéré. Il [le roi d'Egypte] essaye [de tendre l'arc], il fait des contorsions qui excitent le rire, volt. Babyl. I. Tous les efforts que je ferais pour paraître aimable, ne seraient que des contorsions qui me rendraient plus maussade, p. L. cour. Letl. n, 9). Et je ne hais rien tant que les contorsions De tous ces grands faiseurs de protestations, mol. Mis. i, 1. Vous croyez apprendre à vivre à vos enfants, en leur enseignant certaines contorsions du corps et certaines formules de paroles qui ne signifient rien, j. j. rouss. Ém. iv.
— HlST. xvie s. Quand quelques rouelles de l'espine sont hors de leur place, lors il se fait contorsion de .a mouelle, paré, ni, 12. Le patient a grande douleur et contorsion au ventre, id. vui, 34.
— ÉTYM. Lat. con torsio, de cum, et torsio, torsion. t CONTORTÉ, ÉE (kon-tor-té, tée), adj. Terme
de botanique. Qui est fortement tordu.
— ÉTYM. Voy. contorsion.
CONTOUR (kon-tour), s. m. || 1° Ce qui marque le tour de quelque chose. Le contour d'une colonne. Le contour de Paris. Ces matelas, ces amas de plumes, ces rideaux à double contour, volt. Mœurs, 3. Quatre rideaux pompeux par un double contour En défendent l'entrée à la clarté du jour, boil. Lutr. i. Le ciel reçut, en son vaste contour, Les feux brillants de la nuit et du jour, j. b. rouss. Allég. liv. m. C'est là que la nature, dans une étendue de trente lieues de contour, étale toute sa richesse avec toute sa simplicité, raynal, Hisl. phil. ni, 32. Ces contours d'un beau sein, ces bras voluptueux, delille, Homme des champs, iv. Là, deux ruisseaux, cachés sous des ponts de verdure, Tracent eu serpentant les contours du vallon, lamart. Médit, i, 6. || Fig. Action de circonvenir, de solliciter; Lauzun ne pardonnait pas au maréchal de Lorge d'avoir résisté à tous ses contours et de ne l'avoir mis à portée de rien, st-sim. 37, 169. || Terme de peinture et de sculpture. Je dessine à merveille Les contours de cet Apollon , bérang. Éduc. Une jeune fille, apercevant l'ombre de son amant sur un mur, dessina les contours de cette ombre, chateaub. Génie, m, i, a. || Les contours d'une draperie, les tours qu'elle fail aux endroits où elle est relevée. |] Garniture que l'on met au drapeau ou à l'épaulette. || 2° Les contours, les environs. Le roi, ayant envoyé le marquis de Brezé son ambassadeur vers le roi de Suède, s'an revint aux contours de Pans
achever l'année l«3i, bassompierre, Mém. t. iv, p. 156, dans lacurne. || Vieilli en ce sens.
— HlST. xvc s. Et plusieurs autres villages qui sont là en ce contour, froiss. i, i, 128. || xvi° s. Le contour [changement] en est si brusque qu'il nous eschappe, mont, i, 272. Et doibt en oultre leur course [de nos désirs] se manier, non en ligne droicte qui face bout ailleurs, mais en rond duquel les deux poinctes se tiennent et terminent en nous par un brief contour, id. iv, 157.
— étym. Voy. contourner.
f CONTOURNABLE (kon-tour-na-bl'), adj. Qui peut être contourné.
— HlST. xvic s. Nous avons une ame contournahle en soy mesme; elle se peut faire compaignie, mont, i, 278. La raison est un util soupple, contournahle et accommodable à toute figure, id. ii, 284.
— ÉTYM. Contourner.
CONTOURNÉ, ÉE (kon-tour-né , née), part. passé. || 1" Qui a un certain contour. Une figure bien contournée. || 2° Autour duquel il y a passage, chemin. Coteau contourné par la route. || 3° Tourné de travers, déformé. || Fig. St-Cyrille s'emporte; il est obscur, bizarre et contourné, chateaub. Génie, i, i. || En termes de blason, contourné se dit des animaux qui ont la tête tournée vers la gauche de l'écu. || En termes de médailles, un médaillon contourné est celui qui est frappé en creux, avec un cercle relevé autour des bords, et dont les figures ont aussi moins de relief que celles des autres. || Terme de botanique. Partie contournée, partie qui se replie sur elle-même, et aussi partie qui a été gênée dans sa croissance. || Coquille contournée, coquille en spirale. I| Terme de minéralogie. Cristal contourné, cristal dont les faces ont éprouvé des inflexions.
| CONTOURNEMENT (kon-tour-ne-man) , s. m. Action de contourner; manière dont une chose est contournée. On observait distinctement les contournements que le changement de direction avait occasionnés dans les pédicules, bonnet, De l'usage des feuilles, 2e mémoire. Le contournement qui s'est fait dans plusieurs de ces feuilles les a toutes disposées dans le même plan, id. ib. 3« mémoire.
— HlST. xvre s. Ils ramperont le long du rocher, tenans et faisans plusieurs gestes et plusieurs coutournemens, palissy, 64. Avec une petite manière d'irrision et contournement de nez, je les adverty qu'ils n'attendent aucune response de moy, dubell. h, 6, recto. Que le cheval ait trois parties correspondantes à trois de serpent, assavoir, la mémoire, la veue et le contournement, o. de serres, 303.
— ÉTYM. Contourner.
CONTOURNER (kon-tour-né), v. a. || 1° Terme de peinture et de sculpture. Marquer avec des traits et des lignes les contours d'une figure pour premier fondement du dessin. || Donner à une figure le contour qu'elle doit avoir. Savoir bien contourner une figure. Contourner des volutes. || Terme de métier. Arrondir. || 2° Passer autour de quelque chose ; faire le tour de. Ce fleuve contourne la ville. La colonne d'attaque contourna le coteau où l'ennemi était posté. || 3° Tourner de travers. Cette position finit à la longue par contourner les jambes. La chaleur a contourné ce morceau de bois. C'est de dessus en dessous que notre petite rouleuse [une chenille] contourne les feuilles du frêne, et qu'elle dispose peu à peu celle sur laquelle elle s'est établie à revêtir la forme de cornet, bonnet, Observ. 20e, Insectes. || Fig. 11 le faut dresser pour lui comme un cheval de manège, il le faut contourner à sa mode comme un arbre de son jardin, j. j. rouss. Ém. 1. 1| Terme d'art du dessin. Donner à une figure, à un ouvrage une position forcée et maladroite. || 4° Se contourner, v. rêfl. Être tourné de travers. Sa taille se contourne.
— HlST. xve s. Si fut la ville de Berghes mise et contournée en feu et en flammes, froiss. ii, ii, 2<3. L'argent ne devoit estre contourné ailleurs [détourné], id. ii, ii, 128. Et mena tellement le pape par ses dons et par ses fallaces, qu'ils contournèrent du tout la roine d'Angleterre et condamnèrent en son tort, id. i, i, i i. || xvie s. Le fier taureau au combat ordonné Deçà de là va contournant sa teste, dubell. v, 8, recto. Il semble qu'il soit en nostre pouvoir de les [nos maux] mespriser ou contourner à bien, mont, i, 294. Sa bestise la rend subjecte à est remaniée et contournée par les aureilles, id. i, 381. La fortune contourna, oultre toute raison, cet accident, si qu'il s'en veit délivré sans aulcun inconvénient, id. ii , 31. Contournant la teste comme un singe qui avale des pilules, cotgrave.
— ÉTYM. Con, et tourner.
t CONTOURNIATE (kon-tour-ni-a-f) , s. m. Voy.
CONTORNIATE.
t CONTRACTABLE (kon-tra-kta-bl') , adj. Qui peut être contracté, que l'on doit contracter.
— ÉTYM. Contracter I.
CONTRACTANT, ANTE (kon-tra-ktan, ktan-t'), adj. || 1° Qui contracte. Les parties contractantes. || 2° Substantivement. Les contractants. Entre contractants de bonne foi, les engagements se remplissent selon les termes dans lesquels ils ont été formés, mirabeau, Collection, t. iv, p. 255.
— HlST. xvie s. Quand tous les contractans seroient egaulx, amyot, Agés. 47.
— ÉTYM. Contracter i. On disait aussi, dans l'ancien droit, contrahanl.
f CONTRACTAT10N ( kon-tra-kta-sion), s. f. || 1° Terme de droit. L'action de contracter. Antérieurement à la rontractation du mariage. || 2° Anciennement, tribunal espagnol pour le commerce des Indes. Le projet était de supprimer la contractation de Séville, et d'abolir l'induit qu'on imposait depuis longtemps sur les vaisseaux qui revenaient des Indes, st-sim. 452, 97.
— HlST. xvie s. Contractation, cotgrave.
— ÉTYM. Voy. contracter.
CONTRACTE (kon-tra-ktf) , adj. Terme de grammaire. Qui est soumis à la contraction. Nom, verbe contracte. Au, du, des, owxsont des articles contractes (pour à le, de le, de les, à les).
— REM. Contracte, comme compacte, est écrit au masculin avec un e, tandis que exact suit une autre formation, bien que la finale de tous ces mots réponde à la finale latine actus.
— ÉTYM. Lat. contractus , resserré , participe passé de contrahere , de cum, et traliere, tirer (voy. traire ).
i. CONTRACTÉ, ÉE ( kon-tra-kté, ktée), part. passé de contracter t. || t° Établi par contrat. Un engagement contracté imprudemment. || 2° Qui est simplement du fait de l'homme et assimilé à un engagement. Dettes contractées. || 3° Par extension, joint à soi, qu'on a fait partie de soi. Amitié contractée dès la jeunesse. Vices contractés. || 4° Qui a été reçu parle corps, en parlant de maladies. Fièvres contractées dans une contrée marécageuse. L'air de ce séjour [le Cap] est si pur qu'on le regarde comme un remède souverain pour la plupart des maladies apportées d'Europe et qu'il n'est pas sans utilité poulies maladies contractées aux Indes, raynal, Hist. phil. n, 18.
2. CONTRACTÉ, ÉE (kon-tra-kté, ktée), part, passé de contracter 2. || 1° Resserré. Un corps contracté par le froid. Alors on voyait la figure de ces guerriers [les Russes] contractée par une douleur sauvage, et le feu de leurs regards sombres et menaçants répondre à ces feux [l'incendie de Moscou] qu'ils croyaient notre ouvrage, ségur, Hist. de Nap. vin , 9. || 2°Terme de grammaire. Voyelle contractée, par exemple û pour ue, dans continûment; article contracté, ait pour à le, du pour de le. || 3" Terme de botanique. Connectif contracté , connectif court et tenant les loges de l'anthère rapprochées. Nectaire contracté, nectaire qui, placé sur le réceptacle, ne déborde pas la base de l'ovaire. || 4° Terme de minéralogie. Dodécaèdre contracté, dodécaèdre dans lequel les bases pentagones extrêmes éprouvent une sorte de contraction, par suite de l'inclinaison des faces latérales.
1. CONTRACTER (kon-tra-kté). v. a. || 1° Terme de droit. S'engager par contrat ou par convention. L'alliance que Dieu avait contractée avec cette race, boss. Hist. n, 3. Les sociétés qu'on j contracte ont le caractère de l'éternité, boss. Lelt. abb. 120. Tu me dis qu'il a épousé ta maîtresse ; je crois qu'il aurait plus fait pour sa passion, et que avec elle il aurait épousé, toi, son chien et son chat; un mariage ne lui coûte rien à contracter, mol. D. Juan, i, l. || Absolument. Un mineur ne peut pas contiacter. || 2° Se dit en certains cas lorsqu'il y a simplement fait de l'homme. Contracter des dettes, s'endetter. Les parents contractent l'obligation de nourrir leurs enfants. || Contracter des obligations envers quelqu'un, recevoir de lui des services qui engagent. || 3° Par extension, joindre à soi, attacher à soi. Contracter un vice. Contracter une bonne habitude. Contracter amitié, familiarité. Il est impossible que tu n'y contractes pas bien des souillures, montesq. Lelt. pers. 15. Lorsqu'une fois nous avons contracté ces habitudes, nous agissons sans pouvoir observer les jugements qui les accompagnent, condillac, Trait, sensat. pari, r, Œuvres, t. m, p. 350, dans pougens. partout où ils [les démagogues] ont du crédit, le gouvernement parvient avec
CON
rapidité au plus haut point de la corruption, et le peuple contracte les vices et la férocité des tyrans, earthëlemy, Avach. ch. C2.||Par analogie. Ce vin a contracté un goût fort désagréable. || 4° Contracter une maladie, en être atteint. || Par analogie. Pour comble de ces excès, on ne contracte ni péché, ni irrégularité, en tuant de cette sorte sans autorité et contre les lois, quoiqu'on soit religieux et même prêtre, pasc. Prov. <4. || 5° Se contracter, v. réfl. Être fait par obligation. Cet engagement se contracte au pied des autels. || Par extension. Les dettes se payent moins aisément qu'elles ne se contractent. || Etre acquis. C'est une bonne habitude qui se contracte par la persévérance. || Survenir, en parlant de maladies. Les affections du foie se contractent aisément sous la zone tornde.
— hist. xvi" s. Je suis rendue en France sans estre accordée, promise, ny contractée avec homme
■vivant, carl. i, 26 Qu'elle se devoit bien garder
de comprendre Gennes en aucune ligue en iaquelle sa dite saincteté fut contrahente, m. du p.ell. (7s. Aussi y entrèrent les Genevois, mais comme contra hans, et non comme subjects de l'empereur, m. 182, Bien aviser de vous garder d'estre enferré, en contractant inconsidérément avec un mauvais vendeur, o. de serres, 9. Voyant que ce n'estoit point une maladie ordinaire, ny contractée des causes accoustwmées et communes, amyot, Comment il faut lire les poètes, 32. Suivant ce qu'ils avoient contracté ■ensemble, id. Pomp. 75. Contracter mariage, id Solon, 38. Contracter alliance, id. Sylta, 8. Ne •contracte pas légèrement avec toute personne, id. Comment il faut nourrir les enfants, 37. Sont reputez aubains ceux qui sont natifs hors des pays de nostre souverain seigneur et y viennent contracter domicile et y faire demeurance, Nouv. Coustum. gêner, t. ii, p. 87t. Nous disons communément rompre la paille ou le festu avec quelqun, quand nous nous disposons de rompre l'amitié que nous avions contractée avec lui, pasquier, Recherches, p. 747, •dans lacurne.
— ÉTYM. Contrat, écrit autrefois conlract.
2. CONTRACTER (kon-tra-kté) , v.a. || 1° Resserrer, réduire le volume. C'est par pressentiment que l'araignée sortant de son œuf.... tisse sa toile.... en croise les fils, les contracte pour en éprouver la force.... bern. de s-p. Harm. liv. v, Harmon. anim. || 2° Terme de grammaire. Réunir deux voyelles ou deux syllabes en une seule. On contracte à le en au, de le en du. || 3° Se contracter, v. rêjl. De- Tenir plus court par resserrement. Les muscles se contractent pour agir. L'étamine, touchée avec la pointe d'une aiguille, se contractait en dessous, bonnet, Contemplation de la nature, toe part. ch. 33. || 4" En termes de grammaire, se confondre, se réunir. Ces deux syllabes se contractent en une -seule.
— ÉTYM. Voy. contracte. Contracter, s'engager par contrat, et contracter , resserrer, sont, étymoîogiquement, par rapport au latin, un seul et même verbe, venant tous deux du participe latin contractus, devenu substantif dans contractus, contrat, et ayant au propre le sens de resserré. Mais ils sont aussi verbes distincts étymologiquement, par rapport au français, venant l'un du substantif contrat, l'autre de l'adjectif contracte.
fCONTRACTlF, IVE (kon-tra-ktif, kti-v'), adj. Terme didactique. Qui détermine une contraction, un resserrement. Force cqntractive.
— ÉTYM. Voy. contraction ; provenç. conlractiu. CONTRACTILE (kon-tra-kti-1'), adj. Terme de
physiologie. Qui est susceptible de contraction, c'està-dire de raccourcissement, et par conséquent capable de communiquer un mouvement. La fibre musculaire est contractile.
— REM. Bonnet a employé contractile dans le sens actif : qui a la force de contracter, de raccourcir. La force contractile dont ils sont doués est telle.... Contempl. de la nat. 10° part. ch. 26. Il vaut mieux dire force contractive. La finale ile, répondant à la finale latine ilis, est d'ordinaire passive : docile, ductile, etc.
— ÉTYM. Voy. CONTRACTER 2.
CONTRACTILITÉ (kon-tra-kti-li-té), s. f. Terme
de physiologie. Propriété vitale élémentaire, caractérisée par ce fait que la substance organisée qui en jouit se raccourcit dans un sens, et augmente de diamètre dans l'autre. || Contractilité animale, nom que Bichat donnait à la contractilité des muscles soumis à la volonté. Contractilité organique sensible, nom qu'il donnait à la contractilité des muscles non soumis à la volonté. Contractilité organique insensible, nom qu'il donnait à la cause qui détermine les mou-
CON
les capillaires et divers conduits ex-
CON
vements dan créteurs.
— ÉTYM. Contractile.
CONTRACTION (kon-tra-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Resserrement, rapprochement des molécules d'un corps, qui a pour résultat de diminuer le volume en augmentant la densité.
il Terme de physique. Contraction de Ja veine fluide, resserrement qu'éprouve la colonne liquide qui s'échappe d'un orifice percé en mince paroi, peu après sa sortie du vase. La contraction de la veine en réduit le diamètre aux deux tiers ou aux 5/8 environ de celui de l'orifice. ]| 2° Terme de physiologie. Raccourcissement produit par la contractilité. Force de contraction. Ce sont les contractions du cœur qui chassent le sang dans les artères. Le style [de la fleur], jusqu'alors emprisonné, s'élançait au dehors parla contraction de l'anthère, et se chargeait, en passant, de la poussière fécondante, bonnet, Contempl. de la nature, toe part. ch. 33. Cet aspect la lit frémir; je vis ses traits s'altérer, ses regards s'en détourner avec une espèce d'horreur, et ses bras en contraction se loidir pour le repousser, j. j. rouss. Hél. VI, f(. I! Contraction des traits, état de la face dans lequel les traits sont tirés, et qui exprime soit la colère, soit la répugnance, soit l'horreur. La contraction des traits de l'empereur et son irritation firent juger de sa souffrance; mais en lui la pulltique était une seconde nature qui bientôt imposait silence à. la première, sëgiir, Hist. de Nap. vi, s, || 30 Terme de grammaire. Réduction de deux voyelles ou de deux syllabes en une seule. Lotharinge, nommée depuis par contraction Lorraine, volt. Mœurs, 24. L'empressement que l'on a à énoncer la pensée a donné lieu aux contractions et à l'ellipse dans toutes langues, dumahsais, Jlél. gramm. phi}. OEuvres, t. v, p. 98.
-- HI5T. xiii" s. Se li contractions est en parties, si li estuet oindre l'eskine deriere par tôt le dos, alebrant, f° 20. || xive s. Impositions, contractions ou exactions, Ordonn. des rois de Fr. t. 1, p. 593. |i xvie s. Par la contraction du cœur et des artères, la fuligine est chassée hors, paré. Inlrod. 8. Ce sont certaines pointures d'aiguillons, et certaines contractions et dilatations qui reçoivent plus ou moins par raison, amyot, Delà vertu morale, 23.
— ÉTYM. Provenç. contraccio ; espagn. contraccion ; ital. contrasione; du latin conlractionem , de contractus, resserré (voy. contracte).
CONTRACTUEL. ELLE (kon-tra-ktu-èl, h-l'),adj. Terme de droit. Qui se fait par contrat, qui a son origine dans un contrat. Un lien contractuel. Cette obligation a une origine contractuelle. Succession, substitution, institution contractuelle, hérédité qui est réglée par un contrat de mariage. I| Héritier contractuel.
— ÉTYM. Contrat.
f CONTRACTUELLEMENT (kon-tra - ktu-è-le -
man), adv. Terme de pratique. Par contrat.
— ÉTYM. Contractuelle, et le suffixe ment. CONTRACTURE (kon-tra-ktu-r'), s.f. || 1" Terme
d'architecture. Rétrécissement ou diminution du fût d'une colonne dans sa partie supérieure. || 2° Terme de médecine. État de rigidité auquel les muscles n'arrivent ordinairement que d'une manière lente et progressive, à la suite de rhumatismes, de névralgies , de convulsions.
— ÉTYM. Lat. contraclura , de contractum , supin de contrahere, resserrer (voy. contracte).
f CONTRACTURER ( kon - ira - ktu- ré ). v. a. || 1° Terme d'architecture Opérer un resserrement dans les parties supérieures des colonnes. || 2 Tei nie de médecine. Déterminer la contracture d'un muscle. || Se contracturer, v. réfl. Devenir contracté. Ce muscle s'est contracture.
— ÉTYM. Contracture.
CONTRADICTEUR (kon-tra-di-kteur), s. m. Celui qui contredit. Son élection trouva dans la compagnie même un contradicteur redoutable, d'alemb. Académ. franc, v, p. H6. En ce genrec'est presque une marque sûre de n'avoir pas rencontré le vrai que de trouver des contradicteurs ou d'en trouver qui le soient longtemps, d'alemb. Éloges, Dumarsais. || Terme de palais. Légitime contradicteur, celui qui a qualité ou droit d'intervenir pour contredire. Acte sans contradicteur.
— hist. xme s. Li rois commande que li contradiseor jurent que par malice ne diront riens contre l'eslection , Liv. de just. 4 i .
— ÉTYM. Lat. contradictor, de contradicere (voy. contredire).
CONTRADICTION (kon-tra-di-ksion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. |l i" Action de contredire. Cet
avis na punit éprouvé de contradiction. || Esprit de contradiction, disposition à contredire. Par esprit de contradiction. Son humeur noi-e lui donnait un esprit de contradiction, fén. Tél. xxiv. Quelle que soit la pente ou l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporte [le corps d'une femme noyée], L'esprit de contradiction L'aura fait flotter d'autre sorte, la font. Fabl. m, (6. || Terme de philosophie. Principe de contradiction, loi de l'intelligence par laquelle nous jugeons faux tout ce qui implique à la fois une chose et son contraire, ou affirmation et négation. Un seul moi, formé de deux principes sentants, l'an simple, l'autre étendu, est une contradiction manifeste, condillac, Trait, anim. ch. 2. || Eau de contradiction, eau que Moïse fit jaillir du rocher d'Oreb. Il 'ferme de droit. Contestation élevée contre un droit ou une prétention. || Terme de féodalité. Déclaration par laquelle un tenancier censitaire signifiait au seigneur qu'il méconnaissait sa directe, et qu'il entendait posséder allodialement. || 2° Action de se contredire. Les contradictions de cet accusé l'ont perdu. Il n'y a aucune erreur qui ne tombe en contradiction par quelque endroit, boss. Var. 14. Cette séparation implique contradiction, jd. Coméd. Malgré les contradictions de leur raison et de leurs sens, flëch. ii, 137. J'ai étudié son caractère et j'y ai trouvé des contradictions qu'il m'est impossible de résoudre, montesq. I.i tt. pers. 37. Le critique ignore-t-il les contradic tions de l'esprit humain, et comment il sait séparer les choses les plus unies et unir celles qui sont les plus séparées? montesq-. Défense de l'Esprit des lois, i° part, climat. On trouve de pareilles contradictions chez tous les peuples; elles sont un effet des circonstances qui, sans qu'on le remarque, introduisent, d'âge en Age, des usages et des opi nions contradictoires, condillac, Hist. anc. m, 5. || 3° Opposition à un sentiment, à une doctrine, à un obstacle. En suscitant des obstacles et des contradictions à leur vertu [des élus], ils [les impies] couronnent leur persévérance, mass. Carême, Mélange des bons etc. Portant au dedans de nous une contradiction éternelle à la loi de Dieu, id. Carême, Injust. La doctrine de J. C. trouve la même contradiction dans les esprits, id. Carême, Évid. Et si fort amoureux de ses opinions Qu'il n'y souffre jamais de contr: tions, hauteroche. Nobles de province, ri, Mi Tibère lui succéda sans contradiction, boss. lli't. i, to.
— hist. xne s. Tu défendras els, en tun tabernacle, de la contradiction des langues, Liber ps ilm p. 38. |i xive s. Et ce seroit contradittioti. car il y seroit et n'y serait pas; et c'est impossible, oresme, Eth. "I . || xve s. Et qu'on le paye sans contrai' e.descu. Supplicat. an roi. || xvi's. Les philo o ont jadis fort curieusement disputé du souverain bien, et en ont débattu avec grande contradiction, Calvin, Instit. "91. Dioscorus y presîdoit sans contradiction, comme de droit, id. ib. 890. J'apporte à mes jeux une extrême contradiction [répugnance] à tromper, mont, i, <08. Combien nous sentons de contradiction en nostre jugement mesme, id. i, 205. Par une ridicule contradiction, id. i, 283. Il y a des gens qui ont un esprit de contradiction dedans le corps; et qui voudrait contester avec eux, ce ne seroit jamais fait, desper. Contts, xxxix. Il lie faut point se persuader qu'on trouve grande cont. tion, quand l'on apercevra que l'intention des reformateurs est bonne, lanoue, 93. Cessation, contradiction et opposition valent trouble de fait, loysel, 757. Il avoit mis en avant unadvis, contre lequel il y eut plusieurs oppositions et contradictions faittes, amyot, Arist. s. Nous pourrons commander sans contradiction à toute la Grèce, id. Pyrrh. 30. Il attent jusques à ce que celuy qui parle ait achi encores après qu'il a achevé, il ne va pas soudi ment luy jetter au devant une contradiction. 'D. Corn m. il faut ouïr, 6.
— ÉTYM. Provenç contradicio; espagn. contradiccion ; ital. contradizione; du latin contradictionem, de contradicere , contredire.
CONTRADICTOIRE (,kon - tra-di-ktoi- r'), adj. || 1° Terme de droit. Qui a subi contradiction. Arrêt, condamnation contradictoire , décisions rendues après débat ou conclusions, par opposition à décision rendue par défaut ou par contumace. || En général, il se dit de tout acte de procédure fait en présence des parties. Procès - verbal contradictoire. || 2° Qui se contredit, qui implique contradiction. Des nouvelles contradictoires. Il est contradictoire d'aimer une chose sans s'y plaire, vauven. Espr. hum. 43. Cette proposition est contradictoire à telle autre. Ho; ho! qui des deux croire irs au
CON
rlcontradicloire,MOL.Ï'iJfour.i, 4. Une pas moins que de savoir s'il est spinosisie et ; et, quoique ces deux accusations soient par
ies contrad ctoires, on le mène sans cesse
de l'une à l'autre, montesq. Défense de CE~p. des
lois, part. I, I. Celui qui doute de tout comme pli i -
ihe, n'ose rien nier comme théologien; cet homme
contradictoire est toujours content de lui, pourvu
l'on convienne des qualités, 10. Lett. pers. «il. Tout ce que vous m'avez prouvé est, à mes > eux, plein decnoses inconcevables, contradictoires, absurdes, j. j. kouss. Dial. i. |j En philosophie, les
étions contradictoires sont celles qui disenl qu'une chose est. et qu'elle n'est pas. || 3" S.f . Terme de philosophie. Proposition contradictoire. Il ne fait ici que condamner la contradictoire de la proposition, boss. Lett. H5. || 4e S. m. Terme de philosophie. Les contradictoires, sorte d'opposés qui consistent dans un terme et la simple négation de ce terme, comme voir et ne voir pas. Il est impossible que deux contradictoires soient vrais en même temps. || Dans le langage général, les contradictoires, les choses qui s'excluent. Voilà le sort des gens qui veulent assembler les contradictoires, en contentant tout le monde, retz. Mém. t. h, liv, m, p. i«5, dans pougens. En fait d'administration, on concilie souvent les contradictoires, condillac , t'omm. cjouv. part, n, ch. s. i .!.>< sing. La reine mère et le roi, séduits par les jésuites, s'étaient laissé persuader par eux le contradictoire exact et précis de la vérité, st-sim. 4(3. ''". Ce nouveau vacarme [de Vendôme] ne put empocher un contradictoire si net, si précis,, si importanl de la même bouche, id. 2)3, <24. || Peu usité au singulier.
— HIST. xive s. Lanegacion contradictoire. — Car il sunt contradictoires, oresme, Thèse de meunier. || xvrs. Et celuy qui, se confessant à moy, me recilpit avoir, tout un aage, faict profession et les effects d'une religion damnable selon luy et contradictoire à celle qu'il avoit en son cœur, pour ne perdre son crédit et l'honneur de ses charges....
— ÊTYM. Voy. coNTRAniCTEUR ; provenç. contradictori ; espagn. et ital. contradictorio.
CONTRADiCTOIREMENT(kon-tra-dik-toi-re-man),
adr. || 1° Terme de droit. Après avoir entendu les parties. Il a été jugé contradictoirement. Arrêt rendu conlradictoirement. || 2° Dans le langage général. D'une manière contradictoire. Ces deux propositions sont contradictoirement opposées.
— ÉTYM; Contradictoire, et le suffixe ment. CONTRAIGNARI.E (kon-trè-gna-bl'). adj. Terme
de droit. Qui peut être contraint par quelque voie de droit, fis sont contraignables par corps. Duclos recule tant qu'il peut, tout contraignable qu'il est, volt. Lett. en vers et en prose, 80.
— HIST. xvr s. Le seigneur n'est contraignable a prendre ce qui n'est de son fief [quand il exerce le droit de rachat sur un héritage vendu], loysel, 458. Tout obligé pour chose judiciaire est contraignable par corps, sans qu'il puisse estre attermoié ni reçu A faire cession, id. 907.
— ÊTYM. Contraindre, par le participe contraignant.
tCONTRAIGNANT,ANTE(kon-trè-gnan,gnan-t'), adj. Oui contraint, qui gêne. Non, non, je ne veux point à votre passion Imposer la rigueur d'une explication; Je ménage les gens, et sais comme embarrasse Le contraignant effort de ces aveux en face, mol. F. sav. i, 2. Cela est bien contraignant, sêv. 23g. Je vous plains des compagnies contraignantes que vous avez eues, id. 438. Les ennemis, plus soigneux de s'avancer solidement et commodément, que de se hâter île pénétrer en se laissant des derrières contraignants, avaient préféré les grands sièges pour se porter plus sûrement et plus durablement en avant, st-sim. 245, 13.
T CONTRAIGNAIENT (kon-trè-gne-manj, s. m. Action de contraindre.
— HIST. xivc s. Contiaignement de faire paier, Ordonn. des rois de France, t. m, p. 294.
— ÉTYM. Contraignant, participe de contraindre. | CONTKAIGNEUR (kon-trè-gneur), s. m. Celui
qui contraint.
— HIST. xvie s. Contraigneur, oudin, Dict.
— ÊTYM. Contraignant , participe de contraindre.
CONTKAINimE (kon-trin-dr'), je contrains, tu contrains, il contraint, nous- contraignons, vous contraignez, ils contraignent ; je contraignais; je contraignis; je contraindrai ; contrains, qu'il contraigne, contraignons; que je contraigne, que nous contraignions; que je contraignisse ; contraignant; coi traint, v. a. \\ 1° Serrer, r, mettre à l'étroit. Vieux 3
CON
sens. Sa chaussure le contraint si fort.... || 2" Tenir dans la contrainte, gêner. Il ne contraint plu-. l'inclination qu'il a pour elle, sév. 402. La violence que chacun se fait à contraindre ses larmes, la brl'y. i. Tout ce qui vous passe et vous égale vous contraint et vous gêne, mass. Carême, Cardon des offenses. Pour moi, loin de contraindre un si juste courroux, rac. Andr. IV, 6.Contraindrez-vous César jusque dans ses amours? m. Brit. m, 4. Ne les contraignons point, Doris, retirons-nous , id. Lphig. il, i. Mais laissez-moi de grâce un peu de solitude, Et ne contraignez point ma triste inquiétude, id. The'b. v, 3. Mais le peuple, indigné que la loi le contraigne, Voudrait être se duit et flatté comme un roi, masson, Helréliens,\i. || 3° Forcer quelqu'un à agir contre sa volonté. Qui livrait Annibal pourra bien vous contraindre, corn. Nie. i, i. Le respect me force à me taire , la reconnaissance m'y obi ige , l'autori té m'y contraint, d'alemb. Synonymes. |j Contraindre à, avec un infinitif. Elle a pour premier point Exigé qu'un époux ne la contraindrait point À. traîner après elle un pompeux équipage Ni surtout de souffrir.... boil. Sal. x. Non, je ne vous veux pas contraindre à l'oublier,rac. Athal. il, 7. || Contraindrede,avec un infinitif. Deux horribles naufrages contraignirent les Romains d'abandonner Pempirede lameraux Carthaginois, bo-s. Hist i, 8. Henriette, d'un si grand cœur, est contrainte de demander du secours, boss. Reine d'Ânglet. Si ses exploits divers Ne me contraignaient pas de voler à toute heure Au bout de l'univers, rac. Poésies diverses, la Renommée. Et lui-même au torrent est contraint de céder, id. Iph. v, 3. || Par analogie. Contraindre ses soupçons au silence, volt. Catil.i, 3. || 4° Terme de droit. Forcer quelqu'un par voie de justice. Contraindre par corps, par saisie de biens. ||5° Se contraindre, v. réfl.Se gêner, se retenir. Mon père est satisfait, cesse de te contraindre, corn. Cid, v, 6. Jedoisdonc me contraindre, et j'y suis résolu, id. Sertor. iv, 3. Il ne pouvait se contraindresur si peu de chose, hamilt. Gramm. 4. Tu vois trop mon rival et tu me vois trop peu; Il faudrait, pour Ion bien, sur cela te contraindre; Tu crois faire durer son feu, Et tu travailles à l'éteindre, chaul. À Mme D. L'impatient Néron cesse de se contraindre; Las de se faire aimer, il veut se faire craindre, rac. Brit. \, t. Mais hélas! leur fureur ne pouvait se contraindre, id. Tliéb. v, 2. Son mépris pour les amusements de l'empereur ne se contraignait pas même en public, dider. Ess. s. Claude. Il embarrasse tout le monde, ne se contraint pour personne, ne plaint personne , la bruy. xi. il Se contraindre d'une chose, ne pas la faire. S'il vous vient un petit conte à la traverse, ne vous en contraignez pas, sév. t. iv, lett. 34G, p. 77, dans pougens. || Se contraindre de, suivi d'un infinitif. Je ne me contraignis pas devant lui de répandre quelques larmes, sév. t. vu, lett. 703, p. 223, dans pougens. || Proverbe. La nécessité contraint la loi, c'est-à-dire elle oblige à l'enfreindre.
— hEM. 1. Les auteurs ont employé indifféremment contraindre à et contraindre de, avec un infinitif, ne consultant en cela que l'oreille. Les autres distinctions ne paraissent que des subtilités. || 2. Contraindre étant formé de con-slringerc, comme restreindre l'est de re-siringere , ei étreindre, de siringere, l'Académie devait écrire contreindre.
— SYN. contraindre, forcer. Ces deux verbes expriment que l'on agit contre son gré. La nuance est que forcer indique une action plus forte que moi, qui me domine, qui me fait force, tandis que contraindre exprime simplement un obstacle opposé à ma volonté, quelque chose qui me serre, qui me lie. C'est là la nuance qui distingue ces deux verbes, tout en permettant de les confondre en bien des cas.
— HIST. xiie s. La grâce Deu vus fist enceindre e coruner; Pur ço vus devez mult constraindre e guverner; E tute vostre vie en buens murs [mœurs] afermer, Que vus puissiez as autres buens essamples iluner, th. le mari. 78. ||xmes. Tele pot ele estre [la convention] que Jehans doie estre constrains au tenir, beaum. vt, G. En tel cas convenroit il que li juges contrainsist le dit Pierre à delaissier l'une de ces deux resons, m. ix, 5. Et se li baillis ou li prevos le contraint d'aler avant par prise de cers ou de biens, id. 38. Si vous requérons, sire, que vous commandez à vos baillifs et à vos serjans que il contreingnent les escommeniez an et jour, parquoy il facent satisfaction à l'église, joinv. 290. Il sembloit que ta galie voiast par les nageurs qui la contreingnoient ans avirons, id. 2(5. Et se vous m'en osés contraindre.... la Rose, 11334. j| xiv' s. Nul
CON
t tô
mescreant ne doibt estre contrainct par guerre ne aultrement, pour venir à la foi catholique; et semble que contre les mescreans qui nous guerroient, seulement, nous deussions faire guerre, et non contre les aultres qui veulent estre en paix, Songe du Vergier, i, 54. Telles choses ne contraignent à mal faire nul homme qui ait en soy usage de raison, oresme, Eth. 73. En cest degré de fortitude pevent estre contenus soldoiers et louz ceulx lesquiex convoitise de pecune contraint à combatre, id. ib. 84. Et pour ce advient souvent que ii ont contencions ensemble et veulent contraindre l'un l'autre à faire justice, id. ib. 273. Ne de plus ne les pourrions coniriindre [exiger davantage] , du cange, auxilium. Vous me contraignez à ce qui en mon courage ne peut oneques mais estre, Ménagier, 1, g. ||xve s. À chose qui touche l'ame et la conscience, on ne doibt homme contraindre par force, Bouciq. m, ch. ~. Et especialement les six frères Gisebert Mahieu.... estoient plus durs et plus contraints que tous les autres, fhoiss. ii, 11, 52. Entrementes que le roi d'Angleterre seoit devant la cité de Cambray à bien quarante mille hommes, et que moult la contraignoit d'assaut et de plusieurs faits d'armes, id. i< i, 84. Et avoient [les Anglais] en l'ost bien quatre cents canons , qui contraindoient durement ceux de dedans, id. ii, 11, 29. Par vraie amour qui l'enyvra [Jésus] Et qui le contraint [contraignit] à ce faire [souffrir la passion] Pour nous et no vie refaire, eust. desch. Poésies mss. f° 540 , dans lacurne. Et si ne pouvions passer que devant eux, tant estoit le lieu contraint, comm. vin, 6. Le siège n'estoit pas encores si contraint, qu'on ne peust aller et saillir dehors, id. viii, 7. || xvie s. Il fut contrainct de suyvre le comte, mont, i, 25. La durée du mariage est contraincte et forcée, m. 1, 210. Ils allèrent à la charge, le sang figé et les membres contraincts de froid, in. 1, 2G). Qui veult faire sa despense juste, la faict estroicte et contraincte, id. iv, 79. S'il luy eust pieu que je feusse demourée avecques la royne, il sait bien que je n'ay affaire sy contraint que je n'eusse laissé, marg. Lett. 147. J'avois du tout laissé le Creneche [le vin de Grenache]; mais j'ay esté contrainte de le reprendre quant c'est venu sur le terme des tiois mois, id. ib. < 4 9. Et luy fault ung grand repous, qu'elle se contraint à prendre pour se fortifier, id. ib. 139. C'est aller à la boucherie, et pour un affaire qui n'est point si fort contraint qu'il ne se puisse bien différer à un autre temps, desper. Contes, xlvi. Les magistrats contramdrent l'evesque d'exhiber deniers, palicsy, io4. Romulus fut contraint de se relirer un peu en arrière de la meslée, id. Boni. 2h. Il se contraignit à l'endurer pour quelque temps à cause de la révérence qu'il portoit à son frère, id. Lucul. 76. Tout votre peuple ni vous ne scauriez contraindre un Potier à fleschir les genoux devant des statues, d'aub. Conf. 11, 7. On ne peut contraindre celui qui sçait mourir, id. 16. En voulant contraindre les autres de recevoir leurs opinions, lanoue, ioi.
— ÉTYM. Provenç. cestraigner ; catal. constrenyer; espagn. constreiiir ; portug. constranger, constrm gir ; ital. conslringere, costrignere; du latin constringere, de cum et siringere (voy. étreindre).
CONTRAINT, AINTE (kon-trin. tvin-t'), adj. Il i" Serré, mis à l'étroit. Contraint dans son hab I. La mer contrainte dans ce détroit. |l 2" Gêné, mal à l'aise, opposé à libre, naturel. Manières contraintes. Style contraint. Joie contrainte. Timide et contraint devant mon père, je ne trouvais l'aise et le contentement qu'auprès de ma sœur Amélie, chateaub. René, 169. Hé bien, dépouille enfin cette douceur contrainte, rac. Alex, iv, 3. Je crus trouver à ces dames un air contraint et gêné, comme si ce ton ne leur eût pas été familier, j. j. rouss. Hél. 11, 26. Il La manière de ce peintre a quelque chose de contraint. || Terme de musique. Basse contrainte, celle qui fait entendre un chant très-court, revenant sans cesse et sans interruption, comme une sonnerie de cloche. || 3° Qui n'agit pas comme il veut. Contrainte d'avouer tant de forfaits, rac. Phèd. iv, g. Des feux contraints de se cacher, m. //1/1. 11, l. Je suis contrainte sur les autres choses que je voudrais fane pour vous, sêv. 281. || Im à la volonté. Il faut qu'un nœud contraint ou volontaire Répare votre h mte el celle d'une mère, m. j. ciikn. l'en. 1, 2. La bouche était muette, le regard était contraint, mais le cœur se faisait entendre, j. j. rouss. Hél. m, 18. Donner aux enfants une éducation plus saine, en la rendant moins efféminée et moins contrainte, condorcet, Tronelii».
CONTRAINTE fkon-trin-t'), s. f. j| Ie L'étal trop à l'étroit. Votre habit vous serre, 1
CON
être dans une grande contrainte. || Fig. Gêne, difficulté. La contrainte de la mesure, de la rime. Des vers semés dans la prose annoncent la contrainte et la prétention, barthf.i.. Anach. en. 53. || 2° Violence exercée sur les actions. Tantôt quand je fuyais une injuste contrainte, rac. Mithr. n, c. Quoi! seigneur, vous iriez jusques à la contrainte? id. Iph. v, 2. C'est pour moi, répond-il, une injuste contrainte, De servir d'un rival la bassesse et la crainte, brébeuf, Phars. vi. Libres sans déshonneur et sages sans contrainte, volt. Zaïre, i, t. Et ma Ilamme a grossi par l'effort des contraintes, qmnault, Bellérophon. v, 3. Il y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, mol. Mal. im. h, s. Combien de talents enlouis et d'inclinations forcées par l'imprudente contrainte des pères! j. j. roi'ss. Inégal, note t. Miraculeux effet, bon-heur prodigieux , Qu'ainsi la liberté naisse de la contrainte ! corn. Imit. m, to. || Fig. [Beauté ] Qui régnez sur les cœurs d'une contrainte aimable, Régnier, Élêg. v. || 3° Terme de droit. Acte judiciaire par lequel on contraint quelqu'un à une chose. || Contrainte par corps, voie d'exécution par laquelle un créancier prive son débiteur de sa liberté pour le forcer à remplir ses engagements. Les négociants étant obligés de confier de grandes sommes pour des temps souvent fort, courts, de les donner et de les reprendre, il faut que le débiteur remplisse toujours en temps fixé ses engagements; ce qui suppose la contrainte par corps, montesq. Esp. xx, 15. || Contrainte morale, celle qui agit sur la volonté, par opposition à la violence physique. || 4° Contrainte . ou contrainte administrative, mandement exécutoire décerné par l'autorité administrative contre celui qui doit au fisc. Porteur de contraintes. Que la manière de percevoir ainsi la dîme eût prévenu les contraintes de même que les non-valeurs, vaub. Dîme, p. (62. Pour avoir un peu de temps, lequel unefoisexpiré, les contraintes recommencent plus cruelles que jamais, m. ib. p. 16). || 5° État de celui a qui l'on fait violence. La dure contrainte où il est. Serments fallacieux, salutaire contrainte, Que m'imposa la force et qu accepta ma crainte, corn. Rodog. H, ). C'estpar la que l'on tient ses voisins en contrainte , id. Nicom. ni, 2. Ainsi je les tiendrai tous les deux en contrainte, L'un parmon alliance etl'autre parlacrainte, id. Attila, i, ). Enfin je me vois libre et je puis sans contrainte De mes vives douleurs te faire voir l'atteinte, id. Cid, in, 3. Laissez un peuple au moins qui puisse quelquefois Applaudir sans contrainte au bruit de vos exploits, rac. Alex, n, 2. De ses fausses bontés j'ai connu la contrainte, id. Mithr. iv, 2. C'est une étrange chose, à vous parler sans feinte, Qu'une femme qui n'est sage que par contrainte, mol. Éc. des maris, i, 2. Par ses soins le mariage deviendra si libre, qu'il n'y aura plus à se plaindre de ses contraintes et de ses incommodités, boss. dans laveaux. Mais le reste du monde, esclave de la crainte, A besoin qu'on l'opprime et sert avec contrainte, volt. Alz. i, t. Mais non vous affranchir d'un reste de contrainte.... delav. Vép. sicil. in, 5. || Par analogie. Mais un autre intérêt tient ma joieen contrainte, corn. Hor. il, t. Quellecrainte Tient parmi vos transports votre joie en contrainte ? rac. Brit. v, t. || 6° Retenue qu'imposent le respect, les convenances, des circonstances particulières. Le chagrin que vous allez avoir de quitter Grignan pour la contrainte des villes, sév. 223. L'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte, rac Bérén. il, 4. Mais enfin bannissez celte importune crainte Qui dans nos entretiens jetait trop de contrainte, id. Baj. i, i. Cependant voulez-vous qu'avec moins de contrainte L'un etl'autre une fois nous nous parlions sans feinte? id. Brit. i, 2. La chasse s'étant passée dans une contrainte perpétuelle, fén. Tél. vu. À mon silence, à mon air de contrainte, Irène apprit mon penchant et ma feinte, malfil. Narcisse, ch. m.
— HIST. xivc s. Et aucunes operacions sont lesquelles l'en ne doit faire pour nulle contrainte ne pour nulle paour, oresme, Eth. 49. Très dous pensers en li ernpraint , Par sa force et par sa contrainte , De ce qu'il vuet amer l'emprainte, machault, p. 26. || XV s. Ils respondirent que par contrainte et sur menaces de mort, le duc d'Anjou les avoit fait devenir françois, froiss.ii, ii, 8. Et là demeura de sa volonté ,et sans contrainte, à ses propres despens par l'espace de quatre mois, Bouciq. i, chap -15. || xvic s. Cette fille avoit eu peur qu'enfin il en veinst à la contraincte, mont, ii, 5. Là où il estoit besoing de cette contrainte, il condemnoit à l'amende ceulx qui y faisoient faulte, amyot, Phihyp. ^ t. Nos Alleruans furent contraints de se retirer vers une cas-
sine, tenans bataille avecques monsieur de St-Pol au mieux qu'il estoit possible, pour la contraincte du lieu, m. du bell. )57. C'est dur ennui que la contrainte, -leroux de lincy, Prov. t. n, p. 262.
— ÉTYM. Le participe passé contraint. L'ancien Français avait conslraignance et constreiynement.
CONTRAIRE ( kon-trè-r'), adj. || 1° Qui est l'opposé de. Le froid et le chaud sont contraires. || 2" Qui est dans une direction opposée. La mer soulevée par des vents contraires. Son cœur était comme la mer qui est le jouet de tous les vents contraires, fén. Tél. vu. || Terme de marine. Ventcontraire, celui qui oblige à orienter les voiles au plus près et à courir des bordées. || Terme de botanique. Synonyme d'opposé. || Terme de conchyliologie. Synonyme de senestre. || 3° Qui contrarie, qui combat, qui diffère du tout au tout. Deux arrêts, deux propositions contraires. La preuve contraire est toujours admise. Et chacun s'est rangé du contraire parti, Régnier, Sat. xvn. Et l'inclination jamais n'a démenti Le sang qui t'avait fait du contraire parti, corn. Cinna, v, 1. J'ai vu, dans sa naissance et votre dignité, Pareille aversion et contraire fierté, id. Sert, v, t. Un certain homme avait trois filles Toutes trois de contraire humeur, la font. Fab. n, 20. J'eus soin de vous nommer, par un contraire choix, Des gouverneurs que Rome honorait de sa voix, rac. Brit. iv, 2. Il se venge hautement en prenant le contraire parti, mol. Crit. de
l'Éc. des f. G Allons par des ordres contraires
Révoquer d'un méchant les ordres sanguinaires, rac. Esili. m, 8. Emporté malgré moi par de contraires vœux, Je frémis et j'ignore encor ce que je veux, volt. Orphel. ni, 6. Si les sages mortels à qui je dois la vie N'avaient fait à mon cœur un contraire devoir, id. ib. iv, i. Ah I Dieu nous envoyait, par un contraire choix, Pour annoncer son nom, pour faire aimer ses lois, id. Alz. i, I. Les hommes ne sont contraires à la raison que lorsqu'ils trouvent que la raison leur est contraire, du marsais, liaison, Œuvres, t. vi, p. 2t. Du peuple et du soldat en de contraires vœux Les partis opposés se divisent tous deux, d'avrigni, J. d'Arc, iv, 7. || Être contraire à soi-même, avoir des volontés qui se contrarient. J'ai songé comme vous qu'à la Grèce, à mon père, A moi-même, en un mot, je devenais contraire, Que je relevais Troie et rendais imparfait Tout ce qu'a fait Achille et tout ce que j'ai fait, rac. Androm. n, 4. || Terme de logique. Propositions contraires, celles qui sont opposées dans la qualité seulement; comme tout homme est mortel, aucun homme n'est mortel. Elles diffèrent des contradictoires qui sont opposées dans laqualitéetla quantité : tout homme estm&rtel, quelque homme n'est 'pas mortel. Cette dernière proposition est particulière, tandis que les autres sont universelles. || Terme de musique. Mouvement contraire, mouvement de deux parties qui marchent ensemble, l'une en montant, l'autre en descendant, il y a trois mouvements, le mouvement direct, le mouvement oblique et le mouvement contraire, catel, Traité d'harmonie, p. 4. || Terme de palais. Les parties sont contraires en faits, quand, sur les faits dont on leur permet de faiie preuve, elles énoncent des assertions opposées. || Terme de droit romain. Action contraire, action qui naît accidentellement d'un fait postérieur au contrat, par opposition à l'action directe qui natt directement du contrat. Le dépositaire, l'emprunteur, Je mandataire se faisaient indemniser, au moyen de l'action contraire, des frais ou du tort que leur avait causé l'objet du dépôt, du prêt, du mandat. ||4°Nuisible. Le cafévous est contraire. || Défavorable. Avoir la fortune contraire. C'est un homme qui m'a toujours été contraire. Je sais par quel motif vous m'êtes si contraire, corn. Nie. v, to. Quoi! se pourrait-il faire Qu'à l'œuvre de ses mains Rome devînt contraire? id. ib. v, 5. Depuis qu'à mon amour cessant d'être contraire.... rac. Brit. y, t. Vous seul jusqu'ici contraire à vos désirs.... id. ib. n, 2. Ce vent qui était contraire à Hazaël le contraignit d'attendre, fénel. Tél. vi. Comme un homme dolent que le glaive contraire A privé de son fils, malh. i, 4. Us n'ont pas même de quoi établir le néant auquel ils espèrent après cette vie, et ce misérable partage ne leur est pas assuré; ils ne savent s'ils trouveront un Dieu propice ou contraire, boss. Anne de Gonz. || 5° S. m. L'opposé. La vérité se cache souvent sous les apparences de son contraire. On les considérait [le monde et l'Eglise] comme deux contraires, comme deux ennemis irréconciliables, pasc Comp. deschrét. Les contraires ne paraissent jamais mieux que lorsqu'on les oppose à leurs contraires, bourd. Pensées, t. u, p. 384. Enfin, quoi que je
fasse ou que je veuille faire, La bizarre [la rime] toujours vient m'offrir le contraire [de ce que je veux dire], boil. Sat. n. Elle [la vanité] se cache souvent sous les apparences du contraire, la bru y. xi. Je connais mille gens qui font le contraire, sév. iic. Le chevalier s'avisa de faire tout le contraire, iiamilt. Gramm. à. Ma bouche mille fois lui jura le contraire, rac Brit. il, 3. || Terme de philosophie. Les contraires, sorte d'opposés, comme le froid et le chaud. || 6° Au contraire de, loc. prépositive. Contrairement à. Aller au contraire d'une chose, s'y opposer, y contredire. J'ai jugé au contraire de ce que vous jugez, pasc Prière. Lepur amour, au contraire de l'autre, pousse sans cesse l'àme hors d'elle-même dans le sein de Dieu, fén. xvii, 259. Le feu se répand en tous sens, au contraire des autres éléments, volt. Newt. n, concl. Tout au contraire d'Euripide, rac Préf. d'Androm. Mon tant bon ami sir John, sur les pamphlets pense et me conseille au contraire de M. Arthus Bertrand, p. l. cour. Pampl. des pamph. || Au contraire, tout au contraire, bien au contraire, loc. adv. Tout autrement; loin de là- Je ne lui suis point opposé; au contraire, je le sers de tout mon pouvoir. Je vous l'ai conseillé, j'en pressai l'entreprise. — Tout au contraire , sire, elle m'en a reprise, rotr. Antig. iv, 4. L'autre animal tout au contraire, Bien éloigné de nous mal faire, la font. Fab. vi, 5. Un homme est plus fidèle au secret d'autrui qu'au sien propre ; une femme au contraire garde mieux son secret que celui d'autrui, la bruy. m. Je' vis bien que je déplaisais; mon camarade, au contraire; il était de la famille, p. l. cour. Lett. i, 2)2. Elle cassa tous les actes rendus au contraire, maucroix, Schisme, livre n, dans richelet. || 7° Au contraire, .réciproquement, vice versa. Pourquoi les astres circulentils d'occident en orient [ce qui est leur mouvement réel] plutôt qu'au contraire? Us ont l'hiver quand nous avons l'été, et au contraire, vaugel. Q. Cm. || Terme de pratique. Défenses au contraire, réserve que l'on fait d'alléguer en temps et lieu des raisons contraires aux prétentions d'une autre personne.
— HIST. xi' s. Je t'en mouvrai un tel si grant contraire [chagrin, peine], Ch. de Roi. xx.||xue s. Mais prend batisme, je' I te di sans contraire, Ronc. p. 145. Au Mans [ilsj erent [étaient] remès [restés] plein d'ire et de contraire, Sax. xxxi.... Forment vous doit desplaire De ce roi orguillox qui manda tel contraire [chose contrariante] , ib. Puis seromes ensemble pour faire au roi contraire, *6. |j xme s. Que trestout leur malices leur retourne à contraire, Berte, lxix. Vous li cuidiés grant bonté faire, Et il vous quiert honte et contraire, la Rose, 2946. Vésci Guillaume de Lorris, Cui Jalousie sa contraire Fait tant d'angoisse et de mal traire, Qu'il est en péril demorir, ib. )0563. Demande qui est contraires à soi meismes est de nule valeur, beaum. vi, 26. De la dite pez furent moult contraire ceulz de son conseil, joinv. 292. || xiv° s. Et aucune foiz avient tout au contraire, oresme, Eth. 22. Et se ilz font tout le contraire, Lors serons-nous très-bien à heure Et à tamps de leur courre seure, Liv. du bon Jeh. 1909. Es maladies un contraire se garit par un autre contraire, Ménagier, i, 9. || xv° s. Si [Jean Lyon] n'osoit dire du contraire, froiss. ii, ii, 52. Si s'avisa que par dons il attrairoit si le roi de France, qu'il n'auroit aucune volonté de lui porter contraire, id. i, i, io. Et se complaignoit à lui [l'évêque de Cambrai au roi de France] trop amèrement des Hainuyers [qui ravageaient le Cambrésis]; et disoit que les Hainuyers lui avoient fait plus de contraire et de dommages que nul autre, id. i, i, ioo. Ne tu ne scez mettre frain en tes désirs, sinon de vouloir tousjours le contraire de ce que tu dois, a. chartier, Quadriloge invectif. Pour ce donnons estroit commandement Aux officiers de iiostre parlement, Qu'ilz le traictent et aident doulcement En tout affaire À son besoiDg sans venir au contraire, ch. d'orl. Lectre. de retenue. Mais aujourd'hui tout le contraire [je] voy ; Car nul ne veult la vérité retraire, e. descii. Ce qui est nécessaire aux rois. À ces mots se partirent d'illec les deux chevaliers; car ilz congneurent pleinement que le bon roy et tous ceulx qui là estoient leur portoient contraire, Perceforest, t. iv, f°46. Quand ce coup fust advenu, ne croyez pas le contraire, que la pucelle au cercle d'or ne fust pas trop dolente, quant elle veist le chevalier à la fumée gésir renversé sur l'herbe, ib. t. vi. f"75. En haine des Ursins dont [les Cclonna] tousjours sont et ont esté contraires, comm. vu, to. U n'avoit garde de dormir, tant estoient ses yeux empeschés de voir son contraire, loi is xi, Nouv. xxxvi. |)xvie s. N'a il pas fidelemen' uxecuté sa charge? nous ne pouvons
CON
CON
CON
pas dire du contraire, calv. Inslil. 193. En nalure le contraire se vérifie par son contraire, MONT. 1, Tu. Quand ces receptes ne peuvent servir, ils en essayent de contraires, id. i, 129. Une
sie que j'ay, contraire au commun usage, ji>. i, ( :.'.>. An contraire.... m. i, 273. La plus contraire humeur a la retraicte, c'est l'ambition, id. i, 285. Leur sueur espandoit une odeur souefve -, mais la commune façon des corps est au contraire , id. i , 39 1 . Un souffle du vent contraire, le fauls pas d'un cheval, suffisent a le renverser, id. ii, 190. L'armée contraire se mist à sa queue, lanoue, 622. Quand ils regardoient le desespoir de leurs contraires [ennemis:, cela les retenoit un peu, id. 622. Estant adverty que Flaccus, l'un de ses contraires, ayant
isleu consul à Rome.... amyot, Sylla, 44. Un M. Marins, qui estoit de la partie et faction contraire, in. ib. «7. Ceste parole ne depleut point à Sylla, ains au contraire il donna àcognoistre qu'elle
, chatouillé, id. ib. 72. Il tourna bride tout court, et reprenant son chemin un peu à costé, au contraire de ceulx qui le chassoient, il les passa secreitementsansestreapperceu d'eulx, id. Eumène, (7. Des monstres en nature, qui n'ont point de jambes, ou qui ont les bras tournés au contraire, n>. De la Curiosité, 17. Tout contraire en son contraire Prend vertu pour soy refaire, génin, Récréât. t. ii. p. 250.
— ÊTYM. "Wallon, contrdve ; provenç. contrari; espagn. et ital. contrario; du latin contrarias, dérivé de conlra, contre.
CONTRAIREMENT (kon-trê-re-man) , adr. En opposition. Agir contrairement aux dispositions de la loi.
— HIST. xvie s. Au gré des passions contrairement poussé, ru. desportes, Œuvres, p. 274, dans
LACURNE
— ÊTYM. Contraire, et le suffixe ment ; provenc. contrariament.
f CONTRALTISTE (kon-tral-ti-sf) , s. m. et f.
Celui, celle qui a une voix de contralto.
CONTRALTO (kon-tral-to), s. m. Terme de musique. Voix nommée haute-contre chez les hommes, et, quand on la trouve chez les femmes, la plus basse des voix aiguës, formant la plus grave des voix de femme, et ayant la même étendue que la basse chez l'homme à une octave plus haut. || On dit aussi fort souvent et avec raison, francisant le mot, contralto. \\ Au plur. Des contralto ou des contraltes.
— ÉTYM. Ital. contralto, de contra, contre (voy. contre), et alto, haut (voy. alto).
f CONTRANCHÉ, ÉE (kon-tran-ché, chée) , adj. Qui est ondulé et en zigzag. Les fibres du charme sont contranchées, d'où il est peu propre à la menuiserie, LEGOARANT.
— ÊTYM. Con, et tranché.
CONTRA l'ONTISTE ( kon-tra-pon-ti-st' ) , s. m. Terme de musique. Compositeur qui connaît les règles du contre-point.
— ÊTYM. Ital. contrappunto (voy. contre-point). CONTRARIANT, ANTE (kon-tra-ri-an , an-t') ,
adj. || 1° Qui se plaît a contrarier. Homme, esprit contrariant. Votre communauté n'est point contrariante contre ses abbesses, boss. Lett. abb. 54. Que sert une sagesse âpre et contrariante ? Heureuse la vertu douce, aimable et riante! la chaussée, Gouvern. i, 2. || 2° Qui est de nature à contrarier. Cela est bien contrariant.
— HIST. XIV-' s. Et aucuns sont qui tout au contraire sont contrarians en toutes choses, oresme, Elh. 130. || xvi" s. Ils se persuadent que les doctrines qui y sont contrariantes sont souillées d'impiété, lanoue, 67.
— ÊTYM. Contrarier. L'ancien français avait contrarias, contraltos.
CONTRARIÉ, ÉE (kon-tra-ri-é, ée), part, passé. Ce jeune homme contrarié par sa famille. La flotte contrariée par les vents. D'heureuses dispositions contrariées par les circonstances.
CONTRARIER (kon-tra-ri-é), je contrariais, nous contrariions; que je contrarie, que nous contrariions, v. a. || 1° Dire, vouloir, faire le contraire de. Il me contrarie toujours. Contrarier une opinion, la contredire. Il en vient jusque-là que de se méconnaître, De contrarier tout et de faire le maître, mol. Tart.j, 1. || Absolument. Il aime à contrarier. || 2° Faire obstacle. Les conjonctures contrarièrent nos projets. Un mouvement qui en contrarie un autre. Contrarier une interprétation. Et lui du même temps, par une erreur extrême, Pour nous contrarier est contraire à lui-même, tristan, M. de Chrispe, m, 8. On voyait ce médeci» tou-
jours suivre la nature, l'aider quelquefois et ne la contrarier jamais, coN»cmcET, Bourdelin. \\ 3° Familièrement. Causer du dépit. Je n'ai pas réussi, cela me contrarie. || 4° Se contrarier, v. réfl. Se causer réciproquement de la contrariété. Ils prenaient plaisir à se contrarier. || Se contrarier, éprouver de la contrariété. Cet homme est susceptible, il se contrarie facilement. || Être en contradiction. Vous dites des choses qui se contrarient, desc. Rép. 2. || Se faire obstacle. Ces mouvements se contrarient.
— HIST. xr s. Li archevesques les ot [ouit] contrarier, Ch. de Roi. cxxx. Pour Deu [Je] vous prie, ne vous cuntraliez, id. ib. || xne s. [Il] Oit [entend] Olivier qui si le contralie, Ronc. p. 82. Li arcivesque les ouit contrarier, ib. p. 83. Pas [il) nel salue, ainz l'a contralie, ib. p. 186. Caries, tort en a Bueves qui si vous contralie, Sax. xx. Li quens Raoul ot moult le cuer irié Por les borgois qui l'ont contraloié, Raoul de C. 59. || xiit6 s. Et li remanans demourroient ici et garderoient le castiel, et contralieroient les François et lor feroient despendre les deniers le roi, Ch. de Rains, p. 66. S'il suut esleu deus arbitre, ou quatre, ou six ou plus, mais qu'il soient per, et se le [la] moitié des persones se contrarient de l'opinion as autres à rendre lor dit, il est de nule valor, beaum. xh, 5. || xiv° s. Les gens ont en haine ceulz qui contrarient à leur mouvement et à leur volentés, oresme, Elh. 327. Quant un homme nuist et fait peine hors la loy à aucun qui ne li contrarioif pas ou nuisoit, il fait injuste, id. ib. 4 67. Li chastelains estoit dessus la tour antie, Et voit le roi Henri qui ainsi contralie, Guescl. 14484. Non pourquant se commenche moult fort à courrechier, Et li sergans se painne de lui contralier, Baud. de Seb. vu, 417. ||xve s. Il sentoit encore plusieurs villes et chasteaux qui contrarioient grandement le pays, froiss. ii , n , t. D'Arras, Noyon et des pais divers Vont les princes pour lui contrarier [s'opposer à lui], e. deschamps, Conseils des François. || xvie s. Il faut dire que l'Escriture se contrarie, ou que Dieu regarde les mérites de ceux qu'il élit, calvin, lnstit. 766. Les promesses de salut ne contrarient nullement à la prédestination des reprouvez, id. ib. 788. Nous ne pourrons autrement discerner entre les conciles qui se contrarient l'un à l'autre, id. ib. 939. Celui qui ne se soucie île lui [Dieu] contrarier, mal-aisement se pourra-il accorder avec les hommes, lanoue, 42. Il le feit bannir comme contrariant au bien et à l'authonté du peuple , amyot , Péric. 1 8. Hz luy persuadèrent que, chassant de la ville ceulx qui luy voudroient contrarier, il meist.... id. Pélop. 10.
— ÉTYM. Berry, conlralier ; provenç. et espagn. contrariar ; ital. contrariare ; du latin contrarius, contraire. Conlralier se trouve, dans l'ancien français, concurremmentavec contrarier; est-cele même mot, avec changement de \'r en l ? ou bien faut-il voir, dans conlralier, un autre mot dérivé de contra alium? contraloier n'est qu'une autre forme du même mot, comme loier pour lier, proier pour prier.
CONTRARIÉTÉ (kon-tra-ri-é-té), s. f. || 1° Etat de choses qui sont contraires. Combien par là ne voiton pas de mérites qui, par l'aliénation des cœurs ou par la contrariété des intérêts, bien loin d'attirer la bienveillance et l'amour, excitent plutôt la jalousie et la haine! bourdal. Avent, 13. L'énorme contrariété qui se rencontre entre leur vie et la nôtre, id. Avent, Scand. 30i. Malgré toute la contrariété qui paraît entre notre état et le sien, id. ib. Nativité de J. C. 40». Ses exemples n'affaiblissaient pas ses préceptes, et il n'avait point à justifier au prince ni aux courtisans la contrariété de ses mœurs et de ses règles, fléch. Duc de Montausier. || Esprit de contrariété, disposition à contrarier. || Divergence d'opinion, débat. Plus on voit aux avis de contrariétés. Plus à faire un bon choix on reçoit de clartés, corn. Othon, v, 2. On les consulte sur cette contrariété, pasc. Prov. •-'. On vit dans l'assemblée une grande contrariété de sentiments et de volontés, p. l. cour. Lett. n, 388. Les contrariétés qui arrivent entre les catholiques sur des questions de fait, pasc Prou. 17. Laissons ces contrariétés, Et demeuronseeque nous sommes, mol. Amph. Prol. || 2" Contradiction. Ils accordent les contrariétés qui se rencontrent entre leurs opinions et les décisions des papes, pasc. Prov. 6. Ils trouvent de la contrariété dans cette doctrine, boss. Réfut. Il faut que Dieu, par sa puissance, assujettisse et lie pour ainsi dire cette convoitise indocile, pour arrêter ses contrariétés et ses répugnances, fléch. Panég. n, p. 60 1. Quand un ange descendrait de la voie lactée pour venir concilier ces contrariétés, volt. Phil. il, 171».
Nageant dans le reflux des contrariétés Qui pousse et qui retient mes faibles ■volontés, id. Fanât, iv, 3. La enntrariété singulière des faits qu'il racontait sur sa naissance avec des pièces authentiques sur cet objet, d'alemb. Académ. franc, v, p. 497. Ceux qui ne peuvent rendre raison des variétés de l'esprit humain, y supposent des contrariétés inexplicables, vauven. De l'esprit en général. L'imagination ne saurait inventer tant de diverses contrariétés qu'il y en a naturellement dans le cœur de chaque personne , larochef. Max. ils. Les sources des contrariétés de l'Écriture sont un Dieu humilié jusqu'à la mort de la croix, un messie triomphant de la mort par sa mort, deux natures en Jésus-Christ, deux avènements , deux états de la nature de l'homme, pasc. Pensées, part, n , art 9. jj 3"Terme de jurisprudence. Contrariété d'arrêts, opposition entre deux décisions rendues. || 4° Terme de peinture. Contrariété de couleurs, mélange de couleurs rude à la vue. || 5° Obstacle, traverse, empêchement, contre-temps. Si j'ai réussi , ce n'est pas sans beaucoup de contrariétés. Et pour vous prévaloir de mes perplexités. Choisissez-vous exprès ces contrariétés? corn. Attila, I, 2. L'angoisse, le chagrin, les contrariétés, Dans son cœur inquiet tombant de tous côtés, Lui donnent les ennuis et le trouble en partage, corn. Imit. I, 25. || Familièrement. Dépit, humeur. Les mauvais propos tenus sur son compte lui ont causé une vive contrariété.
— HIST. xiie s. Li visce en la fin nos perturbent d'aspre contrarieteit, Job, 453. Entre ces contrarietez Qui sunt si grantz, cum vos oez, Cume de freidor etd'arson, benoît, i, 185. || xin° s. La contrariété des viandes, alebrant, f" 4. Li articles qui est royés et que se conmanche : se nus, et se fine : pour son user, est ainsi corrigiés por les contrariétés qui y furent trouvées, Liv. des met. 363. S'aucuns fet testament et il ordene, puis le testament fet, le [la] contrariété de ce qu'il ordena ou laissa en son testament, li testamens est de nule valeur en tel cas, beaum. xii, 49. Et par ceste contrariété que noz avons dite, qui n'est pas à recevoir au juge, poez vos veoir, se voz avés sens naturel, en toz autres cas là ù contrariétés sont proposées, in. ix, 5. || xive s. Il détermine de la contrai reté et opposicion qui est en vices et en vertus, oresme, Eth.&i. Contrariété est distance , et toute distance est mesurée par ligne drette comme la plus briefve, id. Thèse de meunier. ||xvie s. On ne peut dire qu'il y ait quelque contrariété entre l'élection éternelle de Dieu, et ce qu'il offre le témoignage de sa grâce à ses fidèles, calvin, lnstit. 788. Cette contrariété et volubilité d'opinion si soubdaine qu'ils nous feignent, sent pour moy au miracle, mont, i, 397. Les cantharides ont en elles quelque partie qui sert contre leur poison de contrepoison, par une contrariété de nature, id. ii, 45. Il leur semble que telles contrarietez [disputes] se doyvent résoudre par le fer et par le feu, lanoue, 53. Alors il y avoit plus grande haine et contrariété entre les Juifs et les Samaritains, qu'il n'y a aujourd'hui entre les chrestiens et les turcs, id. 73. En ceste contrariété d'avis, id. 82. Au demourant, quant à ses femmes et à ses enfans, il y a des contrarietez entre les historiens, amyot, Numa, 24. Il y eut grande contention et grande contrariété d'opinions, id. Cam. 73.
— ÉTYM. Berry, contralieté; provenç. contrarietat; espagn. contrariedud ; ital. contrariété; du latin contrarielatem, de contrarius, contraire.
f CONTRASTANT, ANTE (kon-tra-stan, stau t). adj. Qui contraste. Figures contrastantes. || Terme de géognosie. Fissures contrastantes, fissures de superposition qui ne sont point parallèles à celles de stratification de la roche fondamentale et de la roche superposée.
CONTRASTE (kon-tra-sf), s. m. || l"Opposition de deux choses, dont l'une sert à faire remarquer l'autre. Contraste d'ombre et de lumière. Le contraste d'une chose avec une autre. Sa vie offre de singuliers contrastes. Le caractère des Chinois forme un autre mélange qui est en contraste avec le caractère des Espagnols, montesq. Esp. xix, 10. Les différents contrastes qu'offre votre caractère de naturel sans simplicité, de réserve et d'imprudence, contrastes qui viennent en vous du combat de l'art et de la nature, d'alemb. Portrait de Mlle de l'Espinasse. Peut-être sortira-t-il de ce contraste quelque lumière propre à rapprocher les opinions, raynal, llist. phil. i, 20. Le contraste choquanl des lois avec les mœurs, lemierre, Barnevelt, I, &. Par un contraste horrible entre tous les mortels, ROTR. Phac. iv, 1.112° Terme de peinture. Variété qui doit être dans les actions, les attitudes et les coloris des
CON
ligures, d'où résulte plus de force, plus d'agrément et plus de jour. Ce peintre entend bien le contraste. Bien des peintres sont tombés dans le défaut de mettre des contrastes partout et sans ménagement, de sorte que, lorsqu'on voit une figure, on devine d'abord la disposition de celles d'à côté, montesq. Goût, contraste. || L'art des contrastes, l'art d'imaginé.', d'établir des oppositions qui produisent de l'effet. || 3° Terme de littérature. Opposition entre des situations, des discours ou portions de discours. •l'aurais aimé à voir ie contraste de la tyrannie insolente et du noble orgueil de l'indigence vertueuse, volt. Lett. Chabanon, 13 janv. -1766. Les contradictions ne sont pas des contrastes, delille, Jardins, i. L'àme aime la symétrie, mais elle aime aussi les contrastes, montesq. Goàt, contraste. Tous les contrastes nous frappent, parce que les cboses en opposition se relèvent toutes les deux, id. ib. Les contrastes sont causes de défauts aussi bien que de beautés, id. ib. || Se dit, dans ce même sens, des oppositions que le musicien établit pour produire de l'effet. || 4°Termede physique. Contrastedes couleurs, nom de différents états simultanés ou successifs de la rétine produisant les sensations spéciales correspondantes. || Contraste simultané, celui dans lequel l'œil voit en même temps deux couleurs contiguës, cas où il les voit le plus dissemblables possible. || Contraste successif, celui dans lequel les yeux, ayant regardé pendant un certain temps un ou plusieurs objets colorés, aperçoivent, après avoir cessé de les regarder, des images de ces objets offrant la couleur complémentaire de celle qui est propre à chacun d'eux. || Contraste de ton, la modification qui porte sur l'intensité de la couleur, et contraste de couleur, celle qui porte sur la composition optique ou physique de chaque couleur juxtaposée; c'est-à-dire que, deux couleurs étant juxtaposées, l'œil qui les voit simultanément, voit la foncée plus funcée et la claire plus claire, ce qui est le contraste de ton, et voit tirant sur le violet le rouge qui est à côté du jaune, ce qui est le contraste de couleur.
— HIST. xvie s. Cecy ne s'en va pas sans contraste, car plusieurs tiennent que.... mont, ii, 26. Un soir ils espierent de plus près pour un grand contraste [discussion] entre le maistre d'hostel et l'escuyer au chevet du seigneur, d'aub. Fœn. m, 4 9. Il y eut un grand contraste à deviner par où il falloit entamer une besogne si nouvelle, id. Ilist. i, <33. Ceux de dedans, descouverts jusques à l'escarpin, le deffendent [l'assaut]- avec tel contraste, qu'il ne demeura aux assiegeans que la pointe, id. ib. m, 30. 11 fust receu fort honorablement, sans aucun contraste, ny apparence de reffus, carl. iv, 9. Notre volonté s'esguise par 'le contraste [lutte], se despite contre le desny, charbon, Sagesse, i, m.
— ÉTYM. Provenç. contratt; espagn. contraste; ital. contrasto (voy. contraster). Contraste au xvi" siècle signifie lutte, débat, combat.
CONTRASTÉ, ÊE (kon-tra-sté, stée) , part, passé. Mis en contraste. Des caractères bien contrastés. Des figures bien contrastées. Cette impression était contrastée par le souvenir des caresses.... : j. rouss. Conf. ii. Qui rendait ces pays étranges si bizarrement contrastés, id. He'l. i, 23. Le dialogue plus vif, plus raisonné, plus contrasté, volt. Lett. d'Ârgmtal, ut juill. (765.
CONTRASTER (kon - tra- sté). || 1° V. n. Etre en contraste. Sa conduite contraste avec son état. 11 fait ridiculement contraster ses inclinations rampantes avec les altières productions qu'il a l'audace de s'approprier, j. j. rolss. Dial.i. || Terme d'art et de littérature. Faire contraste. Ces figures contrastent bien. Aussi l'orateur la rejette-t-il [une action secondaire] à la fin comme dans la partie fuyante; elle n'est là que pour contraster, pour faire ressortir davantage l'action principale, condillac , Art d'écr. n, -14. || 2° V. a. Terme de peinture et de sculpture. Mettre en contraste. Ce peintre sait contraster les têtes, tout en leur conservant l'air naturel. || 3° Terme de littérature et de musique. Varier par des contrastes. Il sait contraster son sujet.
— HIST. xme s. Après ce que il aura esté défendu et contrasté par aucun des champions, Ass. dcj. i, <57. || xvrs. Qu'il ne semble pas reprocher à aultruy tout ce qu'il refuse à faire, ny contraster aux mœurs publicques, mont, i, igg. Il est toujouis proclive aux femmes de disconvenir à leurs maris : elles saisissent à deux mains toutes couvertures de leur contraster, id. ii, 81.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contrastar ; ital. contrastare ; du latin contra, contre, et stare, se tenir droit (voy. stable). L'ancien fiançais avail con-
CON
trester et quelquefois contraster dans le sens de résister; néanmoins il est certain que contraster est venu de l'italien au xvi* siècle, et alors il signifie lutter, combattre.
CONTRAT (kon-tra; le t se lie dans li pari : iu tenu: un kon-tra-t authentique; au pluriel, Ys ^e lie : les kon-tra-z authentiques; contrats rime avec appas, un lacs, mâts, etc.), s. m. || 1° Terme de droit. Accord de deux ou plusieurs volontés, qui a pour objet la création ou l'extinction d'une obligation. Un contrat de vente, de louage, de dépôt, de mandat, de société. Le mariage est un contrat. Contr.it synallagmatique ou bilatéral, qui engendre des obligations des deux côtés; unilatéral, qui n'engendre d'obligations que d'un seul côté; à titre onéreux ou intéressé, qui présente pour chaque partie un avantage réciproque; à titre gratuit ou de bienfaisance, qui ne présente d'avantage que pour une seule des parties; commutatif, lorsque l'avantage pour chaque partie est considéré comme l'équivalent actuel et certain de l'avantage qu'elle procure; aléatoire, lorsque cet équivalent est une chance de gain ou de perte. || Contrat de mariage, acte qui règle es conditions pécuniaires du futur mariage. || Contrat judiciaire, convention formée en justice, tellequ'une adjudication, un cautionnement, en résultat du concours qui a lieu en justice des volontés de deux parties sur un point qui précédemment a été ou a pu être contesté entre elles. Jupiter y consent : contrat passé, notre homme.... la font. Fabl. vi, 4. De vos biens désormais il est maître et seigneur, En vertu d'un contrat duquel je suis porteur, mol. Tart. v, 4. J'ai loué un hôtel deux mille écus, et j'espère passer le contrat aujourd'hui, montesq. Lett. pers. 45. || Absolument. Un contrat de mariage. Le roi a signé au contrat, sév. 390. 11 dit : Faisons le contrat, id. 557. Il signe un bon contrat écrit en bonne forme, rac. Plaid, n , 6. Sur ce que son amant fit voir qu'il n'avait que cinquante-six ans, et qu'il ne prit point de lunettes pour signer le contrat, mol. l'Avar. n, 6. || 2° Dans la pratique on désigne aussi sous le nom de contrat non pas seulement la convention, mais l'acte qui la constate, lorsque cet acte est rédigé par un notaire. On dit avoir son contrat dans sa poche, placer par contrat ou par hypothèque, ce qui exige un acte nolan opposition à placer sur billet on par simple acte sous seing privé. C'est une façon abusive de s'exprimer que l'usage a reçue; et pour l'exactitude des idées, il faut distinguer le contrat et l'acte qui en contient la preuve : un contrat de rente est l'accord des parties sur la constitution d'une rente, et non l'écrit qui est dressé en conséquence. Cette extension de sens vient Je ce que, dans certains cas, un mode de constatation authentique est essentiel à la validité du contrat. Déchirer, brûler le contrat. || 3" On confond aussi le contrat et l'obligation qui en résulte, employant par suite le mot contrat pour le mot obligation. || 4° Contrat social, convention expresse ou tacite entre les gouvernants et les gouvernés, ou entre les membres de la société, convention supposée par certains auteurs politiques. Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est la liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre; ce qu'il gagne, c'est la liberté civile et la propriété de ce qu'il possède, j. j. rouss. Contrat soc. i, 8. || 5° Terme de jeu. Fiche beaucoup moins longue que la fiche ordinaire, et à laquelle on attribue une valeur convenue, comme (0 fiches, 20 fiches, etc.
— HIST. xiv« s. Il semble que tout home pufsse avoir aucun juste à tout autre homme avecques lequel il peut communiquer en loy ou composition ou contract, oresme, Eth. 249. ||xve s. Le suppliant ou [au] contempt de certain contract mobiliaire qu'il avoit eu à certaine personne, du cange, contractio. H xvie s. Quant à ce qui concerne les contraux des hommes les uns avec les autres, amyot, Lyc. 22. Les hommes gardent bien les contraux et pactions qu'ilz font les uns avec les autres, id. Solon, k. C'est une nation en la quelle il n'y a aulcune espèce de traficque, nulle cognoissance de lettres.... nuls contracts, nulles successions.... mont, i, 236.
— ETYM. Provenç. contract; espagn. conirato; ital. contralto; du substantif latin conlractus, génitifeontractus, de contrahere, contracter, proprement lier, resserrer, de cum, et trahere, tirer (voy. traire).
f CONTRATÉNORE ( kon-tra-té-no-r') ou CON- TRATÉNOR (kon-tra-té-nor), s. 1». Terme de musique. Synonyme, employé quelquefois, de hautecontre.
— ETYM. Contre, et ténor.
CONTRAVENTION (kon-tra-van-sion ; en poés
CON
île cinq syllabes), s.f. || 1° Action d'agir contre une prescription. Une contravention aux lois. La contravention est aux choses, la désobéissance aux personnes, v'ki.EMBEHT , Synonymes. On n'allègue pour toute excuse que des mécontentements et des contraventions, boss. Variai, x, § 48. Brasidas prétendait avoir d'autres contraventions à reprocher aux Athéniens, rollin, Hist. a ne. Œuvres, t. m, p 484, dans poogens. La loi de Mahomet confond l'usure avec le prêt à intérêt . l'usure augmente dans les pays mahomùians à proportion de la sévérité de la léfense; le préteur s'indemnise du péril delà contrayention, montesq. Esp. xxu, (9. || 2" Terme de droit. Infraction à une loi, à un règlement, à un contrat, à une décision judiciaire || Spécialement, infraction punie d'une peine de simple poiiee, par opposition au délit et au crime. On donne aussi cette qualification à divers faits punis de peines correctionnelles, mais sans que l'intention soit recherchée et par cela seul que l'infraction a été matériellement commise. |i En particulier, les infractions aux luis fiscales. Les contraventions en matière de presse n'admettent pas l'excuse de la bonne foi.
— hist. xive s. Je ne dy pas qu'aucun d'eulx ment, Ne qu'à truffer rien les convie; Juger personne n'hai envie, Ne que leur contravention Soit une circonvention, Traité d'alch. 269. ||xvie s. Le cardinal r'envoia bien loin cette observation de foi avec les hérétiques, tant pour les contraventions qui venoient de la part du Turc, comme pour lo privilège du concile de Constance , d'aub. Ilist. II, 76.
ÉTYM. Génev. contrevent ion (voy. co \ enih).
t CONTRAYERVA (kon-tra-ur-va) , s. m. 'Km me de pharmacie. Racine d'un brun rougeatre en dehors, blanche en dedans (dorstenia brasiliensis , Lamark), d'une odeur aromatique, qui est excitante et diaphorétique.
— Etym. Espagn. contrayerva, de contra, contre, et yerva, herbe : herbe contre les venins, à cause qu'on lui attribuait la propriété de les neutraliser.
CONTHE (kon-tr'), prep. || 1° En opposition à, pour se défendre de. Et contre la fortune ayant pris ce conseil, la font. Fabl. vu, (2. C'est une chose contre les règles ordinaires, sév. 490. C'est aller directement contre le Pater, boss. Or. to. Oui, Lamoignon, je fuis les chagrins de la ville; Et contre eux la campagne est mon unique asile, boil. Éptt. vi. Roi, voilà vos vengeurs contre vos ennemis, rac. A thaï, iv, 3. Le travail est une meilleur* source contre l'ennui que le plaisir, thubi.et. d ins girault-duvivier. Tout se fait centre sa VI sev. 445. Agir contre sa conscience, boss. Ilist. 11, e. Vous parlez contre votre pensée, rac. Brit. u, c. Ainsi la citadelle, sur le point de se rendre, fut sauvée contre toute espérance, rollin, Hist. anc. OEuvres, t. v, p. 284, dans pougi ns. Pi les mers du nord, ils firent deux mille lieue.-, contre le vent dans un canot, raynal. Hist. phd x, -10. d Contre vent et marée, malgré l'obstacle posent le vent et la marée. Un vaisseau qui veut aller contre vent et marée. Et fig. en dépit de tous les obstacles. || Envers et contre tous, malgré l'opposition universelle. || Tenir contre, résister. Mes pleurs, belle Eriphile, Ne tiendront pas longtemps contre les soins d'Achille, rac ïphig. 11. 3. Ji Avoir contre soi quelqu'un, quelquechose, trouver un obstacle en une personne, enunechose.il a contre lui un homme fort influent. 11 a eu toujours les circonstances cont-e lui. || Élever autel contre autel, l'aire un schisme, et, par extension, opposer sa puissance, son crédit, à la puissance, au crédit d'une autre personne, et aussi entreprendre quelque en rivalité d'un autre. || C'est le pot de terre contre le pot de fer, se dit de celui qui, sans force et sans puissance, est en lutte contre quelqu'un de fort et de puissant. |j 2° Contre, exprimant une idée d'hostilité, d'inimitié, de blâme, etc. Il> voilés contre leur souverain. Faire une satire contre quelqu'un. S'élever contre le vice. Que Rome se déclare ou pour ou contre nous, corn. Cinna, 1. 3. .l'ai parlé contre moi, j'agis contre ma sœur, id. Tois. d'or, 111, 7. De Joad contre moi je sais les injustices, rac. Athol. ni. i. Un conquérant est un homme que les dieux in ils contre le genre humain ont donné à la terre dans leur colère, ken Tél. vin. Il 3° Contre, marquant une comparaison numérique. Il v a di\ hommes qui mangent le revenu des terres contre un laboureur, montesq. Esp. vu, 6. Un homme peut penser telle misère qu'il voudra, et il y a mille à paie!- contre un que la religion a deviné sa
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pensée et préparé le remède, chateaub. Génie, IV, vi, (2. |] 4" En face de. Les corps qui envoient des rayons contre les yeux des regardants, desc. Monde, (5. ||- 5° Auprès, proche de. C'est pour cela que depuis peu ce damoiseau poli s'est venu loger contre moi, mol. G. Dand. 1. Dorilas, contre qui j'étais, a été de mon avis, id. Critique, se. 6. Place-toi contre ce logis, id. Sicil. 1. 11 la pose sur l'arc et sait contre son corps En ramener la corde avec de tels efforts.... lamotte, dans desfontaines. Prends une poêle de fer et mets-la contre un mur de fer, volt. Phil. iv, 462. || 6" Adv. En face. L'on tourne la clef, l'on pousse contre, la bruy. xiv. || En opposition. Il s'est levé contre. L'assemblée a voté contre. À peine ouvrons-nous la bouche pour dire une nouvelle qu'un de ces jeunes gens propose de parier contre, montesq. Lett. pers. (30. 117° Tout contre, loc adv. Tout près. Si votre majesté désire qu'on lui montre Ce pitoyable objet, il est ici tout contre, maih. Sophon. v, 7. Son appartement était tout contre, hamilt. Gramm. 9. Ségur s'ennuyait à Nemours, il fit connaissance avec l'abbesse de la Joie, qui est tout contre, stsim. 95, 2. || Tout contre de, avec un infinitif, sur le point de; locution de St-Simon et qui ne paraît pis devoir être imitée. Mme de Maintenon lit regarder d'Harcourt comme celui qui avait levé le charme, et qui était tout contre d'entrer dans le cous- il, st-sim. loi, 75. || 8° Terme de marine. Deux navires courent à contre l'un de l'autre, quand ils tiennent une route opposée; ils sont à contre, quand, tenant deux bordées différentes avec le même vent, ils se croisent. || Des voiles sont brassées à contre quand on met le vent sur l'une et qu'on le conserve dans l'autre. ||9° De contre, loc. adv. peu usitée. Disposés à faire que la lumière qui donne de contre s'y amortisse, desc. Diopt. 5. Chacune fait réfléchir une partie des rayons qui donnent de contre, id. Météor. 5. || 10° Terme du langage commercial. Par contre, en compensation. || 11" Cicontre, toc. adv. En regard, vis-à-vis. Vous trouverez ci-contre le détail des sommes dépensées. || 12° Là contre, loc. adv. Coiiirecela.Quidiantrepeutallerlà contre? mol. l'Av.l, 8. Assurément que vous avez raison , si vous le voulez : on ne peut pas aller là contre ; mais, si vous ne le vouliez pas, ce 9erait peut-être une antre affaire, id. Festin . i , 2. || 13° Terme de jeu. Faire contre, se dit, lorsqu'un des joueurs faisant jouer, un des autres déclare ensuite qu'il joue aussi. Vous n'avez pas assez beau jeu pour fane contre. || Substantivement. Le contre, celui qui a fait contre. Le contre paye doublé. || Fig. D'Harcourt ne craignait pas de faire contre aux ministres, dans les entretiens qu'il avait avec le roi, st-sim. 101 , 79. ;| 14° S. m. Le contre, le contraire, l'opposé. Il y a du pour et du contre. Leur art était bien méprisable; ils se vantaient de deux choses : l'une, de parler sans pi éparation sur toutes sortes de sujets; l'autre, de soutenir indifféremment le pour et le contre, condillac, Hist. anc. ni, 17.||15° Terme d'escrime. Parer un contre, parer en dégageant. || 16° Au jeu de billard, se dit lorsque la bille du joueur se trouve repoussée par la bille sur laquelle il joue. Ne prenez pas par là, il y aura, vous aurez un contre, je crains un contie. Jouez ce carambolage par le contre. || 17" Terme de musique. Anciennement, voix d'alto, parce que ce terme s'appliquait à toutes les parties destinées à faire harmonie contre une autre. Haute-contre, basse-contre (voy. ces mots).
— REM. Par contre est une locution dont plusieurs se servent, pour dire en compensation, en revanche : Si les artisans sont ordinairement pauvres, par contre ils se portent bien; Si le vin est cher cette année, par contre il est bon. Cette locution, qui a été tout particulièrement critiquée par Voltaire et qui parait provenir du langage commercial, peut se jus. iiier grammaticalement, puisque la langue française admet, en certains cas, de doubles prépositions, de contre, d'après, etc. maisello ne se justifie guère logiquement, par contre signifiant bien plutôt contrairement que en compensation, et devant provenir de quelque ellipse commerciale (par contre ayant été dit pour par contre- envoi); en tout cas, il convient de suivre l'avis de Voltaire et de ne transporter cette locution hors du langage commercial dans aucun style.
— SYN. contrf, malgré, nonobstant. Faire quelque chose contre la règle, c'est faire un acte qui soit l'opposé de ce que prescrit la règle; faire quelque chose malgré la règle, c'est le faire bien que la règle le défende; nonobstant la règle, c'est le faire sans tenir compte de l'obstacle qu'oppose la règle. Il a agi contre mes recommandations, il a fait le con-
traire de ce que je lui recommandais; il a agi malgré mes recommandations, je lui recommandais de ne pas agir, et il n'en a tenu compte; il a agi nonobstant mes recommandations, mes recommandations n'ont pas été un obstacle pour lui.
— HIST. ix" s. In nulla aiudha contra Lodhuwig, Serment. || xie s. Cuntre deuz deies [à deux doigts près] l'ad du fourrer [fourreau~j jetée [son épée], Ch. de Roi. xxxin. [Enseigne] en som un tertre contre le ciel levée, ib. liv. Cuntre midi [vers midi] ténèbres i a granz, ib. cix. Contre soleil reluisent cil adoub [ces armures], ib. cxxxv. Contre undes nos [nostres] [il] en troverat morz quinze, ib. Cxli. Qui moût est las, il se dort contre terre, ib. clxxviii. Il xn°s. N'est mie contre bien que tant estes haïz, Roman de Rou, ms. p. 81, dans lacuhne. Contre lui se tenir, Ronc. p. 1. Contre le ciel va moult bien tourniant Son fort espié, ib. p. 37. Contre ses cous fuient li renoié [les reniés], ib. p. 87. Tout son cors [il] va contre terre estendant, ib. p. 92. Contre le pis [il] lui froisse l'escu blanc, ib. p. 141. Ainsi l'on fait as fourches contre mont sus lever, ib. p. 197. Certes, dame, moût s'honeure Qui courtois est contre tort, Couci, îv. Puisau'amour veut que contre moi [je] la croie, ib. xxi. || xm's. En celé amour la damoisiele ont prise Si parent, et doné seigneur [mari], Contre son gré, un vavasseur, A.UDEFR. le bast. Romancero , p. 6. [Cette pierre] moult reluisoit contre soleil, ib. p. 58. S'aidoient li un l'autre contre les Arabis, Berte, v. Et les dames parées contre l'avènement [pour la circonstance], ib. ix. Si qu'il l'ont contre terre par force agenouillie, ib. xxi. Contre [au devant de] Blanchefleur [ils] vont, qui moût grant duel [deuil] aura, ib. lxxviii. Mais contre jugement ne veul je mie aller, ib. xevu. L'une venoit tout bêlement Contre l'autre.... la Rose, 773. Et estoient couchez contre orient, en la manière que l'en met les cors en terre, joinv. 285. Quant ce vint contre la saint Remy,' je fesoie acheter ma porcherie de pors, id 267. || xve s. Le roi d3 France et le roi d'Angleterre, par bataille, puissance contre puissance, se dévoient combattre ensemble, froiss. il, ii, 211. Toute celle année que celle trêve fut accordée que vous avez ouï, se tinrent les deux rois à paix l'un contre l'autre, id. i, i, 324. Tout pesé, le bien contre le mal, id. i, i, 96. Le capitaine de la ville et l'abbé et les bourgeois vinrent contre li [Isabelle d'Angleterre], et la recueillirent moult liement, id. i, i, 6. Et par ceste manière se instruisent entre eiilx, cité contre cité, chastel contre autre, et voisins contre voisins, Bouciq. il, ch. 1. Et portoit [Monseigneur de Charolois] la maison de Lancastre contre lu y [Edouard] , dont il estoit yssu de par sa mère, comm. i, 5. Quant il fut monté sur son cheval, si montèrent ceulx de leans pour le convoyer et la dame aussi qui chevauchoit contre luy, Lancelot du Lac, t. n, f°89. Que les rues soient tendues et atournées au plus bel qu'on pourra contre la venue de nostre roy, Perceforest, t. i, f° 95. || xvi" s. Bien estoit de l'accord qu'on allast à rencontre, Mais comte Petillane chantoit d'une aultre contre, j. marot, v, U5. Voy, la cour d'Alviau desiroit la bataille, Pensant en sa musique faire la contre et taille, Mais luy et tout le camp se trouvèrent deceuz, Quand oultre leur vouloir le Roy fist le dessus, in. v, 1 18. La femme veufve qui choisit partir [partager] par moitié contre [avec] les héritiers de son mary, Couslum. génér. t. i, p. 520. Voire [même] contre sa propre créance, mont, i, 12). Chocquant sa teste contre la muraille, id. i, 23. En la guerre contre Perseus, id. ib. 11 faultfrotter nostre cervelle contre celle d'aultrui,LD. i, 164. Leurs licts sont suspendus contre le toict comme ceulx de nos navires, id. i, 237. Despité contre sa besongne , il print son esponge et la jecta contre, pour.... id. i, 254. Il se fault opposer et bander contre [la douleur], id. i, 305. Un appétit artificiel et contre nature, id. ii, '18. Je ne vois [vais] pas là, mais je touche contre [tout prèsl , id. iv, 95.
— êtym. Provenç. espagn. et ital. contra; du latin contra, contre.
f CONTRE -ACCUSATION (kon-tra-ku-za-sion), s. f. Réponse à une accusation par une accusation. || Au plur. Des contre-accusat'ons.
— HIST. xvie s. 11 court maintenant aux subterfuges de contre-accusation, disant.... M. DU BELLAY, 493.
— ÉTYM. Contre, et accusation.
t CONTRE- À -CONTRE ( kon-tra-kon-tr'), adv. Terme de marine. Être contre-à-contre, se dit de navires ou autres objets, très près les uns des autres et parallèlement à la longueur, mais sans se ton
f CONTRE- AIMER (kon-trè-mé), ». a. Aimer en retour.
— HIST. xvic s. Siècle vrayment heureux, d'or estimé, Où tousjours l'amoureux se voyoit i aimé, rons. 191. Tant plus elle est aimée, el plus elle prend Plaisir à contre-aimer.... n Aime celuy qui t'aime; un amour en naissant s'il n'a point de frère autant que lui cri . L'amour tire l'amour d'une force aimantinc ; vive vertu languist en la poitrine Du
amant qui n'est point contr'aimé, amadis j..:: Poésies, p. 75, dans lacuiîne.
— ÉTYM. Contre, et aimer.
j CONTRE-ALIZÉ (kon-tra-li-zé) , adj. . contre-alizé, courant supérieur opposé a || Au plur. Des vents contre-alizés.
— ÊTYM. Contre, et alizé.
CONTRE-ALLÉE (kon-tra-lée) , s. f. Pi I I
latérale à une allée principale. || Au plur. Desc. i allées.
— ÊTYM. Contre, et allée.
CONTRE-AMIRAL (kon-tra-mi-ral), s. m. D
marine d'Angleterre et de Hollande, celui qui aie troisième rang dans le commandement d'une Hotte. Le contre-amiral commande l'arrière-garde ou la troisième division d'une flotte; son pavillon est blanc et s'arbore au mât qui se nomme artimon, [j Dans la marine française, celui qui est revêtu du troisième grade d'officier général dans la marine. Les contre-amiiaux représentent les chefs d'escadre d'autrefois. || Le vaisseau que monte le contre-amiral.
— ÉTYM. Contre dans le sens de qui est à côté, et amiral.
| CONTRE-APPEL (kon-tra-pèl), s. m. || 1° Second appel ayant pour but de constater si un appel a été régulièrement fait. Il n'était présent ni à l'appel ni au contre-appel. || 2° Terme d'escrime. L'appel qui répond à un appel de l'adversaire. [| Au plur. Des contre-appels.
— ÉTYM. Contre, dans le sens de qui est à côté, et appel.
CONTRE-APPROCHES (kon-tra-pro-ch'), s. f.plvr. Travaux que les assiégés établissent contre les approches des assiégeants. || Au plur. Des contre-approches, c'est-à-dire travaux contre les approches.
— ÉTYM. Contre, et approche.
f CONTRE-ARC (koh-trark) , s. m. Terme de marine. Partie de la quille d'un navire située sous les pieds de la mâture. || Au plur. Des contre arc ou des contre-arcs, c'est-à-dire des parties qui sont contre l'arc ou les arcs.
— ÉTYM. Contre, et arc.
t CONTRE-ARÊTIER (kon-tra-rê-tié), s m.
Terme de construction. Ardoise qui p écède ce'J<' qui est coupée obliquement pour former l'arêtier. || Au plur. Des contre-arétier ou arêtiers, c'est-à-ditc des ardoises qui sont contre l'arêtier ou les arêtiers.
— ÉTYM. Contre, et arêtier.
f CONTRE-ASSAILLIR (Kon-tra-sa-llir, Il mouillées), v. a. Faire une attaque opposée à une autre attaque.
— HIST. xvi" s. Plusieurs assaillis en leur pays ont diverty l'ennemi en le contre-assaillant au sien,
— ÉTYM. ('outre, el assaillir.
f CONTRE-ASSEMBLÉE (kon-tra-san-blée) , s. f. Assemblée faite en opposition à une autre assemblée. Nous résolûmes une contre-assemblée de noblesse, retz, m, 19. || Au plur. Des contre-assemblée ou assemblées, c'est-à-dire des assemblées faites contre l'assemblée ou les assemblées.
— Étym. Contre, et assemblée.
f CONTRE-ASSIÉGER (kon-tra-sié-jé), r. a. Assiéger l'assiégeant.
— HIST. xv" s. Comme le duc de Bourbon assiégea Belleperche, et comme lecomtu de Bourgingu.ui le contreassiegea, Hist. de Loyslllde Bourbon, p. 9i. dans lacurne. Et fut le duc contreassiegé, et ot siège sur siège devant Belleperche, ce que l'on ne veitonques en ce royaume, ib. p. 102.
— étym. Contre, ei assx ger.
| CONTRE-ATTAQUE (kon Ira t.i-k" > . s. f. Terme d'art, militaire. Travaux que les assiégés exécutent en opposition aux lignes d'attaque. || A contre-attaque ou contre- attaques, c'est-à-dire des ligne- dirigi es contre l'attaque ou les atta [u
— étym. Contre, et attaque.
| CONTRE-AUBE (kon-trô-b') , s. f. Plan mise contre les aubes. |J Au • hir. Des contre-aube ou contre-aubes, c'est-à-dire des planchettes mises contre l'aube ou les aubes.
— ÊTYM. Contre , et
f CONTRE-AUGMENT in) , s. m.
Terme de droit. Gain nuptial el de ns s
tant en ce que le mari survivant retient une portion
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COIN
CON
de la dot de la femme. || Au plur. Des contre-augments.
étym. Contre, ei augment.
f CONTRE-AVEU (kon-tra-veu) , s. m. Aveu opposé à un aveu précédent. || Au plur. Des contre- . . c'est-à-dire des aveux qui sont contre les
— ÉTYM. Contre, et aveu.
f CONTRE-AVIS (kon-tra-vi), s. m. Avis opposé a un autre avis. || Au plur. Des contre-avis.
— HIST. xvie s. De cette espèce estoient les livrets qui ont porté les titres qui s'ensuivent, le contr'avis à celui de l'avocat Bernard, d'aub. Hist.
— ÉTYM. Contre, et avis.
CONTRE-BALANCÉ, ÉE (kon -tre-ba-lan-sé,
sée), part, passe. Un poids contre-balancé par un autre. || Fig. Des passions contre-balancées par des intérêts.
CONTRE -BALANCER (kon-tre-ba-lan-sé ; le c prend une cédille devant a et o ; contre-balançant, nous contre-balançons) , v. a. ||1° Faire équilibre à. Un poids qui en contre - balance un autre. || 2 Fig. Curieux de contre-balancer par quelque endroit les puissances qui devenaient trop redoutai pss. Hist. m, 6. Sa puissance [de Crassus] nçait celle de Pompée et de César, qu'il tenait unis comme malgré eux, id. Hist. I, 9. Lors donc que le témoignage 'les sens contredit ou ne contre-balance point l'autorité de la raison, il n'y a pas à opter, didf.r. Pens. phil. &2. L'autorité de Sigismond fut presque toujours contre-balancée par les privilèges des princes et des villes, volt. Minus, ^ 1 9. Vous jugerez si des actes de cette nature peuvent contre-balancer trois ou quatre actes d'une foi irréprochable, patru, Plaidoyer xv, dans richelet. || 3° Se contre-balancer, v. r'éfl. S'équilibrer. Ces deux poids se contre-balancent. Les parties se contre-balancent mutuellement, et le tout se soutient sans peine par le contre-poids, boss. Connaiss. h, 2. || Fig. Le bien et le mal ne se contrebalancent pas toujours.
— hist. xvi" s'. C'est luy que nulle violence Peult esbranler tant seulement, Si bien il se contrebalance En tous ses faicts également, du bellay, ni, si, verso. Ses deux Anticatons [de César] furent principalement escripts pour contrebalancer le bien dire que Cicero avoit employé en son Caton, mont, ni, J60.
— étym. Contre, et balancer.
CONTREBANDE (con-tre-ban-d'), s. f. || 1° En général, le commerce qui se fait contre les lois d'un
. 1| Spécialement, action d'introduire dans un par voie secrète et sans payer de droits, des marchandises prohibées. Faire la contrebande. Marchandises de contrebande. Martinet , officier de marine, avait pris six vaisseaux français qui faisaient le commerce de la contrebande, st-sim. 496, 268. Il fallut répandre, sur toutes les frontières, des troupes pour empocher la contrebande qu'on n'empêchait pas, condillac, Comm. gouv. pari. 2, ch. 5. || Ces marchandises mêmes. Un bâtiment chargé de contrebande. || Terme de droit maritime. Contrebande de guerre, introduction ou essai d'introduction d'objets de guerre, par un navire neutre, dans le territoire de l'une des puissances belligérantes et malgré l'autre; et aussi les objets mêmes. || Être de contrebande, être prohibé. Il est plaisant que le Machiavel soit permis et que l'antidote soit de contrebande, volt. Lett. en vers et en prose, 72. || 2° Fig. De contrebande, qui n'est pas légitime, qui n'est pas permis; qui se fait en cachette. Cela est admirable; Mme Bertrand qui se d une aussi des parents de contrebande! dancourt, M oui. javelle, se. 27. Mon maître me surprit à ce travail de contrebande, j. j. rouss. Conf. i. || C'est un homme de contrebande, c'est un homme qui est dans une société sans avoir des titres valables pour y être reçu, et qui dès lors déplaît ou inspire de la défiance. Je vois que cette maman mignonne n'est pas de contrebande avec vous, sév. 52. Je suis aimée dans le monde autant qu'on y peut aimer; je ne suis de contrebande à rien, id. 132. On veut être ce que tous les autres sont; on s'ennuie d'être tout seul de son parti; on ne veut point paraître singulier et de contrebande, mass. Confér. Fuite du monde.
hist. xvi' s. Marchandise de contrebande, car iiinsi appellent ils [les Vénitiens] celles qu'il est deffendu d'aporter sur peine d'estre confisquées, h. est. Apol. d'Hérod. p. 266, dans lacurne.
— étym. Ital. contrabbando , de contra, contre, et bando, ban, ordonnance (voy. ban}.
| CONTRE -BANDE (kon-tre-ban-d'), s. f. Terme de blason. Bande divisée en deux parties de différents métaux. || Au plur. Des contre-bandes, c'està-dire des bandes mises à côté.
— ÉTYM. Contre, et bande.
f CONTRE-BANDÉ, ÉE (kon-tre-ban-dé, dée), adj. Ternie de blason. Qui offre opposition dans les bandes.
— ÉTYM. Contre-bande.
CONTREBANDIER, 1ÈRE (kon-tre-ban-dié, diê-r'),
s. m. etf. Celui, celle qui fait la contrebande. Les négociants, qui faisaient cette fraude, se nommaient contrebandiers, condillac, Comm. gouv. part. 2, ch. 5. || S. m. Terme de marine. Navire qui fait la contrebande.
— ÉTYM. Contrebande.
f CONTRE -BARRE (kon-tre-bâ-r'), s. f. Terme de blason. Barre divisée en deux demi-barres, dont l'une est de métal et l'autre de couleur. \\ Au plur. Des contre-barres, c'est-à-dire des barres qui sont contre, à côté.
— ÉTYM. Contre, et barre.
f CONTRE-BARRE, ÉE (kon-tre-bâ-ré, rée), adj. Terme de blason. Qui a les barres en opposition.
— HIST. xv" s. Les armes de Moriaumez sont barrées, conlre-barrées à deux chevrons de gueule, FR01SS. i, i, 4 34.
— ÉTYM. Contre-barre.
CONTRE-BAS (kon-tre-bâ) , adv. Dans une direction vers le bas. La queue en loup qui fuit et les yeux contre-bas, Régnier, Sat. vin. || En contrebas, du bas en haut, opposé à en contre-haut qui signifie du haut en bas. Poser une pièce en contrebas. || À un niveau inférieur. Le fond de la rivière est en contre-bas de la berge.
— HIST. xvic s. Arrestant sa veue contre un milan en l'air, il gageoit, de la seule force de sa- veue, le ramener en contrebas, mont, i , 102. Aller a gauche, à dextre, contre mont, contre bas, id. Il, 3.
— ÉTYM. Contre, et bai', adj.
CONTRE-BASSE (kon-tre-bâ-s') , s. f. || 1° Grand
instrument de la famille du violon, et qui descend à une quarte au-dessous du violoncelle. 11 est ordinairement monté de trois cordes accordées par quintes et renforce les parties de basse dans les symphonies et morceaux d'orchestre. || 2° Espèce de voix d'homme qui est la plus basse de toutes. Ce terme, en parlant des voix, est peu usité. || 3° Jeu d'orgue dont les tuyaux sont de seize à trente-deux pieds. || 4° Une contre-basse, le musicien qui joue de la contrebasse. || Au plur. Des contre-basses, c'est-à-dire des basses qui sont contre, à côté.
— HEM. L'Académie, qui écrit ici contre-basse, a écrit, au mot archet, contrebasse: archet de contrebasse.
— ÉTYM. Contre, etbasse.
f CONTRE-BASSIER (kon-tre-bâ-sié) , s. m. Voy.