‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 408 sur 462 · CONTRE- BASSISTE · texte numérisé non relu

CONTRE- BASSISTE

f CONTRE - BASSISTE (kon-tre-hà-si-st') , s. m. Musicien qui joue de la contre-basse. || Au plur. Des contre-bassistes.

— ÉTYM. Contre-basse.

f CONTRE- BASSON (kon-tre-bâ-son), s. m. || 1° Instrument à vent qui est plus bas que le basson. || 2" Musicien qui joue de cet 'nstrument. \\ Au plur. Des contre-bassons, c'est-à-dire des bassons qui sont contre, à côté.

— ÉTYM. Contre, et basson.

CONTRE-BATTERIE ( kon-tre-ba-te-rie) , s. f.

|| 1° Terme de fortification. Batterie dressée contre une autre. || Batterie destinée à la protection d'une batterie de brèche. || 2" Fig. Ce qu'on fait pour rompre des menées hostiles. Faire une contre-batterie pour déjouer une intrigue. Astolfe, prévoyant que le pape lui attirerait les Français sur les bras, avail obligé l'abbé du Mont-Cassin d'envoyer le moine Carloman en France vers le roi Pépin son frère.... mais c'était pour ralentir les efforts du pape et faire une contre-baiterie dans les états, mezeray, Pépin, Abrégé, 1. 1, p. 214, Amsterd. <688. || Au plur. Des contre-batteries, c'est-à-dire des batteries qui sont contre, opposées.

— HIST. xvie s. Asseuré d'estre fourni d'une contrebatterie d'enchantements certains à le préserver, mont, i, 94. Cette contre-batterie mit l'esprit du prélat dans un tel embarras que.... d'aub. Vie, )06. Parmi ces contre-batteries, Duras mort d'unesclat, id. Hist. i, (74.

— ÉTYM. Ci ntre, et batterie.

f CONTRE-BATTRE (kon-tre-ba-tr'). v. a. Battre ce qui bat; dresser une contre-batterie.

— hist. xm« s. Et li damans deit, lejor, contre-

batre, si come il est devant devisé, Au. de Je rus, 79. || xive s. Je i sai bien men droit, pas ne m'en voi \ lis] doublant; Je le contrebatrai [défendrai], Itiiiul. de Seb. n, 832.

— ÉTYM. Contre, et battre.

f CONTRE-BIAIS (À) (kon-tre-bi-ê), loc. adv. En sens opposé, à rebours. Pour ne pas tomber dans cet amour-propre, ils ont été injustes à contre-biais, pasc. Imag. 5.

— ÉTYM. Contre, et biais.

f CONTRE-BISEAU (kon-tre-bi-zô), s. m. Morceau de bois garni de métal qui est destiné à former par le bas un tuyau d'orgue. \\ Au plur. Des contre-biseau ou biseaux, c'est-à-dire des morceaux de bois dirigés en sens inverse du biseau ou des biseaux.

— ÉTYM. Contre, et biseau.

f CONTRE - BITTES (kon-tre-bi-f) , s. f. plur. Terme de marine. Courbes appuyant en arcs-bout .' i nts les montants des bittes sur l'avant.

— ÉTYM. Contre, et bittes.

t CONTRE- BORD (À) ( kon-tre-bor) , loc. adv. 'ferme de marine. Aller à contre-bord, en parlant de deux bâtiments, aller à rencontre l'un de l'autre.

— ÉTYM. Contre, et btinl.

{ CONTRE-BORDÉE (kon-tre-bor-dée), s. f. Terme de marine. Bordée courue en sens opposé de celle qu'on courait précédemment, ou de celle que court un autre navire. || Au plur. Des contre- bordées, c'est-à-dire des bordées qui vont contre.

— ÉTYM. Contre-bord.

CONTRE - BOUTANT (kon-tre-bou-tan) , s. m. 'ferme d'architecture. Pièce de bois de construction qui sert d'appui. || Au plur. Des contre-boutant.,, c'est-à-dire des boutants contre. || Adj. Qui contreboute. Une poutre contre-boutante.

— ÉTYM. Conlre-bouter.

CONTRE-BOUTÉ, ÉE (kon-tre-bou-té, tée), part.

passé. Muraille contre-boutée.

CONTRE - BOUTER (kon-tre-bou-té), v. a. Terme d'architecture. Appuyer un mur par un autre mur posé à angle droit.

— ÉTYM. Contre, et bouter.

f CONTRE-BRASSER (koh-tre-bra-sé) , v.a. Terme de manne. Changer la direction des vergues pour mettre le vent sur les voiles, afin de diminuer ou d'arrêter la marche du navire.

— ETYM. Contre, et brasser.

f CONTRE -BRETËCUE (kon-tre-bre-tê-ch') , s. f. Terme de blason. Rangée de créneaux de différent émail. || Au plur. Des contre-bretêches, c'est-à-dire des bretêches qui sont contre, à côté.

— étym. Contre, et bretêche.

f CONTRE- BRETÊCHÉ, ÉE kon-tre-bre-tê-i adj. Terme de blason. Garni de contre-bretêches.

f CONTRE BRODÉ (kon-tre-bro-déï , s. m. 'ferme de commerce. Sorte d'étoffe blanche et noire. || Au plur. des contre-brodés.

— étym. Contre, et brodé.

f CONTRE -BUTER (kon-tre-bu-té), v. a. Terme d'architecture. Synonyme de contre-bouter.

— étym. Contre, et buter ou bouter.

CONTRE -CALQUÉ, ÉE ( kon tre kal-ké, kée),

part, passé.

CONTRE-CALQUER (kon-tre-kal-ké), t\ a. Terme de graveur. Calquer un calque en le retournant, pour obtenir le dessin en sens contraire. || Se contrecalquer, r. réfl. Être contre-calque. Ce dessin se contre-calque facilement.

— ÉTYM. Contre, et calquer.

f CONTRE -CANIVEAU (kon-tre-ka-ni-vô) , s. m. Terme de construction. Pavé placé à côté d'un caniveau et sur la même ligne. ||^lu plur. Des contrecaniveaux, c'est-à-dire des caniveaux qui sont contre, à côté.

— étym. Contre, et caniveau.

f CONTRE-CARRE (kon-tre-ka-r'), s. f. Le double de la carre, au jeu de bouillotte. || Au plur. Des contre-carres, c'est-à-dire des carres faites contre.

— HIST. xvie s. Elles se mettent à l'envy comme pour se faire teste et contrecarre, mont, iv, 274 Et ne fault pas doubter que ce ne soit pour se servir des dicts Hamiltons par delà, les obligeant à elle, et pour faire une contrescarre à M. d'Aubigny, Dépêche de castelnau du I0 février issi. Emportoit le prix des mieux disans, sans que pas un osast lui faire contrequarre, Pèlerin d'amour, t. i, p. 97, dans lacurne.

— étym. Contre, et carre.

CONTRECARRÉ, ÉE (kon-tre-kâ-ré, rée), pair.

payse. Contrecarré dans ses tentatives par un adversaire habile.

CONTRECARRER (kon-tre-kà-ré) , v.a. f| 1° S'op-

CON

CON

CON

poser en face, directement ù quelqu'un. Ainsi ce Vieux rêveur qui naguères, ;\ Home, Contrecarrait Caton, critique en ses dis, -ours. Et toujours re-

.11 1. el reprenait toujours, rêgnier. Sot. v. j allai à vêpres pour le contrecarrer, sév. 240. I i dès ce soir je veux, Pour la contrecarrer, vous marier tous deux, mol. Femmes sav. îv, 7. Pour contrecarrer la mollisse du monde, boss. liem. I. C'en est trop, mon mari; vous me contrecarrez, vous m'insultez, vous m'outragez, du frény, Espr. de eontrad. se. to. || 2° Se contrecarrer, v. réfl. Se

ibstacle l'un à l'autre. Bientôt, se contrecarrant mutuellement, elles [certaines classes] useront presque toute- leurs forces les unes contre les autres, j. j. rouss. Gouv. de Polog. ch. 7.

— REM. Des lexicographes ont reproché à l'Académie de ne pas écrire contre-carrer avec un trait d'union, comme elle écrit conlre-balancer.

— iiist. xvie s. Nobles avec lesquels ils se contrecarrent [comparent], des accords, Biyarr. p. 14,

dans I.ACUUNE.

— ÉTYM. Contre, et carre (voy. ce mot), qui signifie fac carrée; contrecarrer est donc mettre quelque chos i de carré contre quelqu'un. On aurait pu songer à tare, pour chère, face (voy. chère) :

contre face, faire obstacle; mais le mot serait écril par une seule r, contrecarer, comme l'ai ii ii nçais acarier, confronter.

t CONTRE-CARRER (SE) (kon-tre-kâ-ré), v. réfl. Terme de jeu. Enchérir pour son compte sur la ca, iv, a; tes faite-.

— ÉTYM. Contre-carre.

| CONTRÈ-CART (kon-tre-kar), s. m. Terme de blason Voy. contre-écart.

f CONTRE-CAUTION (kon-tre-kô-sion), s.f. Terme de droit. Caution de caution. || Au plur. Des contrecautions, c'est-à-dire des cautions qui sont contre, à côté d'une autre caution.

— iiist. xvic s. L'ne personne s'estant constituée caution pour un autre.... elle peut appeller le principal pour estre deschargée du cautionnement ou avoir un autre contrecaution, Coust. génér. t. t. p. buo. Je vous bai liera y le roy pour caution, qui ne fera point banqueroute, je vous le promets, au moins s'il me lais>e ménager ses revenus comme je l'entends, et je lui servirai encore de contrecaution, qui m'attends bien en le faisant riche, qu'il me fera tant de bien que je ne serai jamais réduit au saffran, sully, Mém. t. m, p. 402, dans la-

CURN'E.

f CONTRE-CHANGE (kon-tre-chan-j'), s. m. Action de rendre la pareille. || Au plur. Des contrechanges, c'est-à-dire des changes qui se font contre un change.

— hist. wis. liais aussi, en contrechange de revange, des iOO arquebusiers qu'avoit amenés le capitaine Croq, il n'en n si happa que 50, carl.i, 9. Sur la menace de faire mourir en contrechange ceux que ter liers, Sat. Mén. p. 1 4«.

— ET 'M. l 'outre, i change.

t CONTRE-CHANGE, ÉE (kon-tre-chan-jé, jée), adj. Terme de blason. Coupé par des lignes, en

eCU.

— ÉTYM. Contre, et changé.

f CONTRE -CHANGER (kon-tre-chan-jé), V. a. Faire un troc.

— Hisr. xvr- s. Qui ne contrechange volontiers la santé à la gloire? MONT, i, 278.

— ÉTYM. Contre, et CONTRE-CHARME (kon-tre-char-m'), s. m.

Charme qui en détruit un autre. || Au plur. Des contre-charmes, c'est-à-dire des charmes qui agissent contre.

— ÉTYM. Contre, el charme.

f CONTRE-CHARGE (kon-tre-char-j') , s. f. Poids que le rubanier ajoute à son métier. \\Au plur. Des contre-charges.

— ÉTYM. Contre, et charge.

CONTRE-CHÂSSIS (kon-tre-chà-si) , s. m. Châssis

de verre ou de papier qu'on met devant un châssis ordinaire. || Au plur. Des contre-châssis.

— ÉTYM. Contre, et châssis.

t CONTRE- CHEVRON (kon-tre-che-vron), s. m. 'ferme de blason. Chevron opposé à un autre chevron de différent émail. || Au plur. Des contrechevrons.

— ÉTYM. Contre, el chevron.

t CONTRE-CHEVRONNÉ, ÉE (kon-tre-che-vro-né , née), adj. Terme de blason. Garni de contre-chevrons.

— Etym. Contre-chevron.

f CONTRE-CIVADIÈRE (kon-tre-si-va-diô-r'), s.f. Terme de marine. Voile qu'on hissait sur le b ut

dehors du beaupré. || Au p'ur. Des contre-civad

— étym. Contre, et civadière.

f CONTRE - CLAVETTE (koti-tre-kla-vè-t') , s. f. Sorte de clavette de renfort. ||^w plur. Des contreclavettes.

— ÉTYM. Contre, et clavette.

CONTRE-CLEF (kon-tre-klé; Vf ne se prononce

jamais), .s-. /".Terme d'architecture. Le voussoir posé immédiatement à gauche ou a droite de la clef d'une voûte. || Au plur. Des contre-clefs, c'est-à-dire des clefs qui sont contre, à côté.

-- - ÉTYM. Contre, et clef.

\ . CONTRE COEUR (kon-tre-keur), s. m. Aversion. || Â contre-cœur, loc. adr. En faisant peine à son cœur, en violentant son cœur, malgré soi. Fane une chose à contre-cœur. Tout m'est à contre-cœur hormis leur souvenance, Régnier, Dial. Toute chose depuis me fut à contre-cœur, id. Sat. xi. [La vertu] Oui sert à contre-cœur le vice autorisé, id. Sat. il. Encore qu'une femme aux amours fasse peur, Que le ciel et Vénus la voie à contre-cœur.... Régnier, Sat.

vu Mon visage, friponne, Dans cette occasion

rend vos ens effrayés, Et c'est à contre-cœur qu'ici vous me voyez, mol. Éc. des f. v, 4.

— 111ST. xinc s. Home de sanc et tricheur aura nostre sire Deux en contre cuer, Psautier, f'io. [11] Qui ci desirre à cruel cuer Ce ke tousjors ot contre cuer, Amadis et Ydoine, n°6987. || xives. Ay pensé à moy vengier de ceulx que je hayoie, et voulentiers les meisse à mal, quant je les avoie à contre cuer, Ménagier, I, 3. || xvûs. Et eurent puis à contre cœur le seigneur de Mortemer [qui avait fait décapiter le comte de Kent], froiss. i, i, 50. Prendre autre cueur est impossible, Faire contre cueur n'est

loisible, al. chart. Le livre des 4 daims 11 fault

que j'aye Contrecueur, et que plus je baye [haïsse] Celui que sur tous plus amaye, id. Poésies,' p. 671, dans lacurne. || xvies. Ce mot qui leur est si fort à contrecœur, mont, i, u». J'ay à contrecœur de faire.... id. i, 408. Nous trouvons plus laidl'object que nous avons à contre cœur, id. ii, 368. Les Kochelois avoient à tel contre-cœur d'obéir aux gentils-hommes qu'ils haïssoient, d'aub. Ilùt. n, 300. Ceux de Rochelle qui faisoient tout à contre-cœur et contretemps, id. ib. 304.

— ÉTYM. Contre, et cœur.

f 2. CONTRE-COEUR (kon-tre-keur), s. m. Terme de boucherie. Maniement pair ou double, chez le bœuf et la vache, qui est placé en arrière de l'articulation scapulo-humérale ou dans l'angle compris entre le bord postérieur du scapulum et la face postérieure de l'os du bras.

— ÉTYM. Contre, à côté, et cœur.

3. CONTRE-COEUR (kon-tre-keur), s. m. Partie de !a cheminée qui est entre les deux jambes depuis l'atre jusqu'au tuyau. || Plaque contre laquelle est appliqué le bois qui brûle. \\ Au plur. Des contrecœur ou contre-cœurs, c'est-à-dire les parties qui sont contre le cœur ou les cœurs de cheminée.

— HIST. xme s. Il puet mètre devant son pis [poitrine] et devant son ventre un contrecuer de teille et de coton, Ass. de Jérus. i, 170.

— étym. Contre, et cœur, dans le sens de milieu de la cheminée.

f CONTRE -COMPONÉ, ÉE (kon-tre-kon-po-né, née), adj. Terme de blason. Dont les compons sont disposés à l'inverse des fasces de l'écu.

— étym. Contre, et componé.

f CONTRE- CORNIÈRE ( kon-tre-kor-niè-r') , s. f. Terme de marine. Pièce de bois qui sert à lier la cornière et les estains. \\Au plur. Des contre-cornières.

— ÉTYM. Contre, et cornière.

CONTRE-COUP (kon-tre-kou; le p ne se lie pas;

un contre-coup inattendu, dites : un kon tre-ktou inattendu; au pluriel, l'« se lie : des kon-tre-kou-s inattendus), i'. m. || 1" Répercussion d'un corps sur un autre. La balle a donné contre la muraille, et il a été blessé du contre-coup. || Synonyme de contre, au jeu de billard. || 2° Impression produite par un coup dans la partie opposée à celle qui a été atteinte. Le contre-coup rompit la poutre. || Terme de chirurgie. Ehranlement qu'éprouvent certaines parties du corps à l'occasion d'un choc reçu dans d'autres parties plus ou moins éloignées et souvent diamétralement opposées. Fracture du crâne par contre-coup. || 3°Fig. Evénement fâcheux déterminé par un autre, Vous en sentiriez le contre-coup, sév. 606. Nous parlâmes du contre-coup qu'elle ressentait de cette disgrâce, id. 380. Ils ont senti le contre-coup de cette mésintelligence, id. 202. Les plus légères faute ont de violents contr a , i, fén. Tél.xn. Lès joies portaient un contre-coup de tristesse sur le co

Sulpice, boss. Sulp. 3. Nous voyons chaque jour le contre-coup du crime d'un méchant aller frapper un descendant vertueux, chateaub. Génie, I, i. Le vacarme fut général e fut épouvantable; personne de riche qui ne se crût ruiné sans ressource ou en droiture ou par un nécessaire contre-coup, st.-sim. t. xviii, ch. 15, éd. de t829, in-8°. || Par contrecoup, par une voie indirecte. C'est être le bienfaiteur des princes et, par contre-coup, du genre humain qu'ils gouvernent, que de ne jamais perdre de vue, en écrivant l'histoire, le respect superstitieux qu'on doit à la vérité, d'alembert , Réflex. sur ihist. Oliuvres, t. iv, p. (90, dans pougens. Les rapports que nous y trouvons [entre les idées] établissent entre elles des liaisons très-propres à augmenter et à fortifier la mémoire, l'imagination, et, par contre-coup, la réflexion, condillac, Conn. hum. sect. 2, ch. 6. || 4°Terme de manège. Saut imprévu que fait le cheval. || Terme de vétérinaire. Altération dans les mouvements du liane du cheval poussif, dite aussi soubresaut. || Au plur. Des contrecoups, c'est-à-dire des coups contre, à côté.

— HIST. xvie s. Le Reingraff porte son pistollet dans les dents de ce chef, l'autre le tue du contrecoup du sien, d'aub. Hist. i, 306. Le roy receut un très grand coup de lance au corps, qui fust cause lu y eslever la visière, et un esclat du contrecoup luy donna au dessus du sourcil dextre, paré, viii, 9.

— ÉTYM. Contre, et coup.

f CONTRE -COUPE ( kon-tre-kou-p'), s. f. Terme de marine. Coupe en sens contraire de la coupe totale d'une voile. \\ Au plur. Des contre-coupes.

— ÉTYM. Contre, et coupe.

CONTRE-COURANT (kon-tre-ccu-ran), s. m. Courant qui se fait en sens contraire d'un autre courant. À l'aide des contre-courants, les pirogues remontent le Meschacebé, chateaub. Atala, 209.

— ÉTYM. Contre, et courant.

t CONTRE-COURBE (kon-tre-kour-b') , s. f. Terme d'architecture. Se dit des courbes renversées qui terminent un arc en tiers-point à son sommet, et forment l'extrémité supérieure d'un arc en accolade, viollet-le-duc. Il Au plur. Des contre-courbes.

f CONTRE-COURSE (kon-tre-kour-s') , s. f. Course en sens opposé. || Au plur. Des contre-courses.

— HIST. xvic s Et faire à contre-course Les

ruisseaux esbahys retourner à leur source, rons. 671.

— Étym. Contre, et course.

t CONTRE-CRITIQUE (kon-tre-kri-ti-k') , s. f. Critique opposée à une autre critique. Je ne prétends faire aucune réponse à toutes leurs critiques et à leurs contre-critiques, mol. Impr. 4.

— ÉTYM. Contre, et critique.

f CONTRE-DAME (kon-tre-da-m") , s. f. Terme d'agriculture. Oreille mobile que, ' dans quelques pays, on adapte à la charrue. || Au plur. Des contre-dames.

1. CONTREDANSE et mieux CONTRE- DANSE (kon-tre-dan-s') , \. f. || 1° Danse de salon où des couples de danseurs placés en vis-à-vis font, à l'opposite les uns des autres, des pas et des figures

ililes. La contredanse au xvne siècle se à deux personnes; elle se danse aujourd'hui presque toujours à huit, divisées en quatre couples. Et près d'aimables étourdis À la contre-danse il répète : Comme vous j'ai dansé jadis, béràng. Av. de La ritournelle d'une contredanse interrompit notre dialogue, eu. de Bernard, Un acte de vertu, § 4. Il 2° Air de contredanse. Jouer une contredanse.

— Étym. Contre, et danse; c est-à-dire danse où chacun fait en sens contraire exactement ce que fait ou ce qu'a fait son vis-à-vis. C'est par erreur que presque tous les étymologistes donnent la country-dance anglaise comme l'origine denoti

danse et de son nom; c'est une confusion exp] à l'article cou tri [anse 2.

2. CONTREDANSE (kon lre-dan-s') et, primitivement, COUNTRY DANCE (kaon'-tri-dan-s'), s. f. Sorte de danse rustique ancienne en Angleterre, où elle signifie danse de campagne, et importée en France sous la Régence, c'est-à-dire entre 1715 et 1723. On quitta les danses frança pi ur se mettre aux contredanses, hamilt. Gramm. ~. Dans les contredanses anglaisés on est ordinairement sur deux lignes, les dames d'un côté, les cavaliers de l'autre en aussi grand unie- 1 on le jugo à propos, les cavaliers en l'ace de leurs dames.... 1 valier qui est à la tête d'une ligne avec sa dame commence et continue la conl -qu'au bout

et ainsi de suite.... el qu ers I tirants

sont revenus à leui la dans* est fi-

«pan, Diction de 1 1 Dans , na'. ai m t

CON

— ÉTYM. Angl. counlry -dance , de country, campagne (qui vient du français contrée), et dance, danse : danse de campagne. Il est visible que la country dance était une sorte de branle qui n'avait rien de commun "avec notre contredanse, et que celleci était une danse savante et polie et non une danse de campagne. La paronymie a confondu. sous un même nom ces deux danses complètement différentes.

t CONTRE-DATE, ÉE (kon-tre-da-té, tée), part, passé. Lettre contre-datée.

t CONTRE DATER (kon-tre-da-té) , v. a. Dater autrement qu'on n'avait fait d'abord.

— ÉTYM. Contre, et dater.

t CONTRE DÉCLARATION ( kon-tre-dé-kla-rasion), s. f. Déclaration contraire à une déclaration précédente. |] Au plur. Des contre-déclarations.

— ÉTYM. Contre, et déclaration.

f CONTRE-DÉFENSE (kon-tre-dé-fan-s'), s. f. Défense mise en avant d'une autre défense. || Au plur. Des contre-défenses.

— HIST. xvi" s. Contre-défense [ en parlant d'une haie morte pour en préserver une vive], o. de serbes, 743.

— ÉTYM. Contre, et défense.

t CONTRE DÉGAGEMENT (kon-tre-dé-ga-je man), s. m. Terme d'escrime. Action de dégager, en même temps que l'adversaire dégage. || Au plur. Des contre-dégagements.

f CONTRE DÉGAGER (kon-tre-dé-ga-jé), v. n. Terme d'escrime. Dégager en même temps que son adversaire. || Activement, contre-dégager l'épée.

— ÉTYM. Contre, et dégager.

j CONTRE-DÉNONCIATION (kon-tre-dé-non-sia-sion), s. f. Terme de droit. Dénonciation, au tiers saisi, de ia dénonciation, au débiteur saisi, de la saisie-arrêt ou opposition. P, créancier de G, forme une saisie-arrêt ou opposition entre les mains de A sur des deniers que A doit à G ; P dénonce ou fait la dénonciation de l'opposition à G, puis P contre-dénonce ou fait la contre-dénonciation de l'opposition à A, c'est-à-dire lui signifie la dénonciation par lui faite à G.

f CONTRE-DIGUE (kon-tre-di-gh'), s. f. Digue qui en renforce une autre ; ouvrage destiné à garantir une digue. \\Au plur. Des contre-digues.

— étym. Contre, et digue.

CONTREDIRE (kon-tre di-r'), je contredis, tu contredis, il contredit, nous contredisons, vous contredisez, ilf contredisent; je contredisais; je contredis, nous contredîmes: je contredirai; contredis, contredisez; que je contredise, que nous contredisons; que |e contredisse; contredisant; contredit, V. a. || 1° Dire, prétendre le contraire de quelqu'un ou de quelque chose. L'accusé contredit les témoins sur ce point. Contredire une proposition. Ces conclusions ont acquis un titre de certitude qui ne peut plus être balancé, encore moins contredit par nos perceptions particulières, boulainvilliers, Réfut. de S/jinosa, p. H6. Je n'avancerais rien en vous contredisant; J'ordonnais autrefois et je prie à présent, rùtr. Anlig. il, 4. Jésus parle de sa doctrine comme devant être prêchée, contredite et reçue par toute la terre, boss. Hist. n, 6. Il y faut joindre encor la revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton parla colère aigri. Gronde, choque, dément, contredit un mari, boil. Sat. x. || Contredire quelque chose à quelqu'un. En l'état où je suis, les maux dont je soupire M'ôtent la liberté de te rien contredire, corn, dans laveaux. || Contredire quelqu'un de quelque chose. Ce billet de ma main que vous venez de lire, De tout ce que je dis ne peut me contredire, fénelon (un parent de l'archevêque de Cambrai), Alexandre, iv, 3 (en )753). || Absolument. Il aime à contredire. Et ne faut-il pas bien que monsieur contredise? mol. Mis. n. 5. Enclin à contredire, volt. Catil. Il, 3. || Terme de palais. Combattre par des écritures les conclusions et les moyens de la partie adverse. Contredire un moyen. Et absolument, prendre communication et contredire. || 2° Fig. Etre en opposition, ne pas répondre à. Et bien souvent l'effet contredit l'apparence, Régnier, Sat. n. Parle, t'a-t-on surprise en ce fatal devoir Qui si visiblement contredit mon pouvoir? rotr. Anlig. iv, 3. J'approchais de quinze ans alors qu'empoisonnée Pour avoir contredit mon fatal hyménée, Elle mêla ces mots à ses derniers soupirs , corn. HéracL ni , ) . En un âge tendre , on n'ose produire des désirs qui contrediraient leurs desseins [de ses parents], mas?. Car. Vocation. La vertu toute seule est un mérite que rien ne peut partager avec le juste, un mérite que tout contredit au dedans de nous et dont chacun ne trouve en soi que les oppositions et les répugnances, id. ib. Respect humain. Vous suivez ces usages: mais avez-vous examiné si

l'Évangile ne les contredit point? id. ib. Salut. Ah! c'est trop contredire Le dépit qui me ronge et l'ardeur qui m'inspire, volt. Scythes, n, 5. || 3° V. n. Le seul moyen de leur contredire, corn. Ex. du Cid. Tout le monde en convient et nul n'y contredit, mol. Mis. i, ) J'ai contredit aux saintes maximes que vous avez apportées au monde , pasc. Prière. S'ils nient la vérité de notre justice, ils contredisent à l'Écriture, noss. Réfut. La vérité nous est présentée par l'Eglise, et le prélat même qui y est le plus intéressé n'y contredit point, fléch. Serm. n, 3)6. Les dieux ont prononcé; loin de leur contredire, C'est à vous à passer du côté de l'Empire, rac. Rrit. n, 3. Il n'oserait toucher l'oint du Seigneur, ni contredire aux pontifes de la loi, mass. Panég. SI Bern. || 4° Se contredire, v. réfl. Être en contradiction avec soi-même. Cet auteur se contredit en beaucoup d'endroits. Comme Aristote se contredit souvent et qu'on peut appuyer presque toutes sortes de sentiments par quelques passages tirés de lui , malebr. Recherche, éclaircissements , liv. i, t. iv, p. 34, dans pougens. || Être en contradiction. Ces deux propositions semblent se contredire. Quand vous leur donnez des préceptes qui se contredisent, quels fruits espérez-vous de vos soins? j. j. rouss. Em. n. || Être en contradiction les uns avec les autres. Ils se contredisent sans cesse.

— REM. Des auteurs ont dit à la deuxième personne du pluriel contredites, au lieu de contredisez, qui est seul usité aujourd'hui. Si vous me contredites, vous renversez la vocation gratuite à la grâce,

FËN. III, 2)5.

— HIST. x" s. La domnizelle celle kose non contredist, Eulalie. || xi* s. S'or i a cel qui veulle contredire [refuser], Ch. de Roi. cclxvhi. En piez se dresse, si lui vini cuntredire, ib. xiv. || xue s. Le Rin [ils] ont trespassé, n'est qui leur contredie, Sax. vii. Qui donc veïst le duc ses alues [alleux | contredire [défendre], Et tenoit un espié dont la hante ert [était] entire, ib. x. Davit li reis qui out en sei saint esperit, Quant il out Salomun sun fil à rei escrit, Grant partie del pueple li aveit contredit, Et si unt Adonie sun fil à rei eslit, Th. le mari. 27. As fous et as feluns i out plasible lei ; Contredire la deit chascuns hum qui ad fei; Car par tut desplaiseit al celestien rei, iè.63. Li reis respundi : Si alcuns te cuntredit, fai le venir devant uiei, e pois en iert fins, Rots, )69.[| xnr s. En ceste manière fu li plais requis; mais il fu moult contredit de ceus qui volontiers vosissent que li os [armée] se departist, villeh. xxxvm. Il n'i ot si hardi qui riens lui contredie, Berte, lx. Et vous, sire patriarche, jurés, dist la roïne, que vous ne me contredirez jamais d'autre signor prendre, Chr. de Rains, p. 20. Et d'enki en avant li rois tint Normendie et toute la contrée, ne n'en fu qui li contredisist, ib. )4).Forest qui est au conte tote quite Et à tote gent contredite, Fors sol au conte et à sa gent, Ben. I6t40.

|| xive s Par quoy il semble que il se contredie,

oresme, Eth. 61. Et ne leur contrarient ou contredient en rien, id. ib. )30. Il ne reçoit ou accepte les paroles des autres ou ne les contredit pas par amisté ne par inimisté, id. ib. 131. || xve s. Veez-ci, la vierge concevra Un filz, et sy le portera; Celuy sarale bien eslire, Etle bien du mal contredire, Nativité de N. S. J. C. Il pensoit qu'ilz ne contredrroient point à son vouloir, comm. m, t. ||xvie s. Outie ce que leur argument ne vaut rien, l'Escriture leur contredit apertement en plusieurs lieux, calv. Instil. 78). Dieu, auquel il n'y a point d'ouy et nenni : c'est à dire, qui ne se change ne contredit point, id. ib. ) 1 47. Mais Trivulce y contredit [à cela] , mont. i, )5. Ils cherchent qu'on les contredie, pour.... id. ii, 231. Les historiens ne contredisent en rien aux poètes tragiques, en ce qui touche les malheurs qui luy advindrent, amyot, Thésée, 36. Lors Cassander alla disant qu'il ne se contredisoit point à soy mesme,

pource que.... id. Démosth. )9 Car le peuple

mesdit De celuy qui de mœurs aux siennes contredit, rons. 893. Jecroyquenul ne nie contredira que la pieté, la vérité et la justice ne doyvent marcher

devant la fortitude, lanoue, 20) Ce qui est si

véritable qu'on n'y peut contredire, id. 207.

— ÉTYM. Provenç. contradire ; espagn. contradecir; ital. contradire; du latin contradicere , de contra, contre, et dicere, dire.

CONTREDISANT, ANTE (kon-tre-di-zan, zan-t'), adj. Qui aime à contredire. Quant à l'humeur contredisante, Je ne sais s'il avait raison, Mais que cette humeur soit ou non Le défaut du sexe et sa pente.... la font. Fabl. m. te. Les humeurs contredisantes sont incommodes et désagréables, Logique de Port-Royil, 3e partie, ch. t», dans riche-

let. Jurieu le plus contredisant de tous les ministres, boss. Variât, xv, § 1 40. Il n'est point disputeur ni contredisant, il n'est pas non plus complaisant et flatteur, il dit son avis sans combattre celui de personne, j. }. rouss Ém. iv. || Terme de palais. Qui fournit des contredits.

— HIST. xvie s. Redarguer tous contredisans, Calvin, Instit. 850. 11 y aura des contredisans, lanoue, 93. L'on faisoit passer les edicts avec le feu et l'espée, dont on forçoit les contredisans, amyot, Sylla et Lysand. ).

— ÉTYM. Contredire.

1. CONTREDIT, ITE (kontre-di, di-t') , part, passé de contredire. Qui éprouve contradiction, opposition. L'accusé contredit par les témoins. Un argument contredit. C'est le sort des nouveautés, même les mieux prouvées, que d'être contredites, fonten. Cassini. D'où vient qu'un culte si contredit, si pénible par ses observances , s'est seul perpétué dansle monde? mass. Car. Vérité de la religion. Comme, à cet âse, on sent moins le plaisir que l'impuissance d'en jouir, on se trouve contredit par soi-même, humilié par sa propre faiblesse, buff. Nature des anim. Les principes les plus évidents sont souvent les plus contredits; ils ont à combattre l'ignorance, la crédulité, l'habitude, l'opiniâtreté, la vanité des hommes, holbach, dans du marsais, Essai. Préj. cli. 3.

2. CONTREDIT (kon-tre-di; le ( se lie dan^ le parler soutenu; au pluriel, l's se lie: des con-tredi-z inacceptables), s. m. || 1° Terme de procé Écritures que fournit une partie contre la production de l'autre; réponse à son dire. Sans tant de contredits et d'interlocutoires . Et de fatras et de grimoires, Travaillons.... la font. Fabl. I, 2t. Quel métier de passer son temps avec des chicanes et des contredits! volt. Lett. en vers et en prose, li. Après quelques dits et contredits ils convinrent de s'en rapporter au jugement d'un tiers, dider Lett. à Mlle Voland. Cette pièce n'a pas besoin d'autre contredit, patru, Plaidoyer )5, dans richelet. || 2° Par analogie. Vous l'allez emporter sur nous sans contredit, corn. Pulch. i, 4 L'histoire.... est.... Un peu sujette à contredit, la font. Coupe. Tout ceci a passé sans contredit, boss. Déf. comm. Il croit facilement tout ce qu'on lui fait croire; Et quand on lui soutient: c'est vous qui l'avez dit, La chose en même temps n'a plus de contredit; C'est un arrêt donné... HAUTEROCHE, Nobles de province, m, )0. || San tredit, loc. adv. Sans qu'on puisse contredire; certainement, assurément. Il est sans contredit le plus habile écrivain de son temps. C'est Lucrèce; ce l'est sans aucun contredit, corn. Ii- Ment, t, 4.

HIST. xne s. Mais qu'il seient si fort e en tel

poesté , Que quanque il ferunt seit en stabilité, Devant els ne apel ne contredit furmé, Th. le mai t. 56. Tu deliverras mei descuntredis del pople, Liber psalm. p. 2). E jo ta venue al rei nuncierai, e puis, quant il ne te truverad, senz contredit me ocirad, Bots, 3)4. || xme s. Se ele est d'amor esprise. Maternent lui est membre [souvenu] , Comment j'ai à sa devise Sans nul contredis esté, aiboinsde sezanne. Romancero, p. )26. S'il ne fust. morte [je] fusse, n'i eust [il n'y aurait eu] contredit, Berte, lui. Puis que li empereres l'ot commandé, nus n'i mist contredist, h. de valenc. iv. Et s'il l'avoient mort ou pris, il n'averoient mais nul contredit au roiaume conquerre, Chr. de Rains. p. 182. Moult grant merciz, biax douz amis, Que n'estes pas à contredis [vous ne vous opposez pas], Ren. 25116. Amois abandonnée est pire Que celé où il a contredit, Lai du conseil. Aucun volt un mariaige acuser, qui, au tens qu'il fut banni [publié] en iglise, n'i mist point de contredit, Liv. de just. 2)4. || xve s. Aucuns chevaliers.... vinrent au ferirdes espérons à Courtray et entrèrent en la ville; car il n'y avoit défense ni nul contredit, froiss. ii, ii, 200. Et passèrent une petite rivière qui là estoit, et s'en vinrent sans contredit jusques à une place qui estoit devant le moustier, id. i, i, )37. Le roy Charles estoit content de tout' ce que le duc Jehan vouloit faire, et n'y mettoit nul contredit, fenin, )4is. Et luy sembloit b.en que en sa vie ne trouveroit nul contredict en son royaulme, comm. v, )2. || xvic s. Si est-ce qu'avec tous leurs murmures et contredits, ils n'empesoheront point son oeuvre, calvin, Instit. 740. La volonté divine nous règle sans contredict , mont, ii, 23. Valerius fut esleu sans aucun contredit, amyot, Publ. )2 II n'y eut personne que Pythodorus qui y osast contredire: toutefois son contredict ne servit de rien, id. Déméir. 32. Ce chemin les mena sans contredit [résistance] jusqu'à la contrescarpe, d'aub. Hist. 11, 380.

— étym. Contredit '.

CON

CONTRÉE (kon-trée), s. f. Étendue de pays. Ce sont les meilleures terres de la contrée. Contrée riche, fertile, pauvre, sablonneuse. Vous possédez des drecs la plus riche contré»1, rac. Iph. i, f. Je partis, je courus de centrée en contrée, volt. Œdip; iv, l. Vous ne me parlez plus de ces belles contrées Où d'un peuple poli les femmes adorées Reçoivent cet encens que l'on doit à vos yeux, m. Zaïre, i, i. || Poétiquement. Qui de l'air étendit les humides contrées, rotrou, St-Gen. ni, 2. || Se dit aussi de fractions de pays très-diverses. La vigne a gelé dans nos contrées, c'est-à-dire dans notre canton. || Terme d'eaux et forêts. Endroit assigné aux usagers pour le pâturage.

— hist. xi° s. Que sols je muire en l'estrange cuntrée, Ch. de liol. xxxiii. Grant est la plaine et large la cuntrée, ib. ccxl. ||xne s. Li bon charnel gisent en sa contrie, Ronc. p. 41. Et quant je plus sui loinz de la contrée, Tant est mes cuers plus près et ma pensée, Couci, xvn. || xme s. Tant com je fusse hors de ma contrée, Ne peiist pas la joie à moi venir, vidame de Chartres, Romancero, p. t!3. Amis, vous en irez en la vostre contrée, Berle, Lxvm. La contrée fu bêle et riche, et orent des blés les moies [meules] qui estaient demorées parmi les chans, villeh. lxhi. || xve s. Quant les trêves furent accordées , si s'en ralla chacun en sa contrée, froiss. i, i, <47.

— ÉTYM. Provenç. et ital. contrada; du latin coffra, contre, c'est-à-dire la terre qui est contre, qui est devant nous; les langues romanes ayant formé, de cette préposition, une espèce d'adjectif. L'anglais countni vient du français contrée.

t CONTRK-ÉCA1LLÉ (kon-tré-kâ-U', II mouillées), s. f. Envers, dessous des écailles. || Au plur. Des contre-écailles.

— ÉTYM. Contre, et écaille.

t CONTRE-ÉCART (kon-tré-kar), s. m. Terme de blason. Parties d'un écu contre-écartelé.

— ÉTYM. Voy. conthe-ecarteler.

t CONTRE ÉCARTELÉ, ÊE ( kon-tré-kar-te-lé. lée), part, pa^sé. Écu contre-écartelé.

t CONTRE-ÉCARTELER (kon-tré-kar-te-lé), v. a. Terme de blason. Diviser en quatre quartiers un des quartiers de l'écu déjà écartelé.

— ÉTYM. Contre, et écarteler.

f CONTRE-ÉCARTELLEMENT (kon -tré- kar-tèle-man). s. m. Action de contre-i'carteler. État d'un écu contre-écartelé. \\Au plur. Des contre-écartellements.

CONTRE- ÉCHANGE (kon- tré-chan-j), s. m.

Echange pour échange Ces gens gais et joyeux

Sont sur le point de partir leur chevance , Lorsqu'on les vient nrier d'une autre danse [on vient les pendre]; En contre-échange un pauvre malheureux S'en va périr selon toute apparence, Quand sous la main lui tombe une beauté...., la font. Orais. || Au plur. Des contre-échanges.

— HIST. xvi" s. De la vraye obéissance nous glissons aisément en la fausse, laquelle, en contr'eschange d'une chose deue, nous en fait faire uneindeue,LANOUE,2M. Seulement du bled, du vin, du sel, et du pastel qui se transporte es pays estrangers, il y entre en contr'eschange annuellement plus de douze millions de livres, id. 366.

— ÉTYM. Contre, et échange.

| CONTRE ÉCHANGÉ (kon-tré chan-jé), adj. m. Terme de blason. Coupé de lignes.

t CONTRE-ÉDIT (kon-tré-di) , s. m. Édit contraire à un autre. Ce sont des contre-édits dont on se moquait à Constantinople, volt. Ingénu, il.

— ÉTYM. Contre, et édit.

f CONTRE - EFFORT (kon -tré -for), s. m. Effort opposé à un effort. || Au plur. Des contre-efforts.

— HIST. xvi" s. Contr'effort, cotgrave.

— ÉTYM. Contre, et effort.

t CONTRE ÉMAIL (kon-tré-mall, Il mouillées), s. m. Émail placé sur le côté concave d'un cadran. || Au plur. Des contre-émaux.

— ÉTYM. Contre, et émail.

t CONTRE-ÉMAILLÉ, ËE (kon-tré-ma-llé , liée, Il mouillées), part, passé. Cadran contre-émailK'.

t CONTRE-ÉMA1LLER (kon-tré-ma-llé, Il mouillées), v. a. Emailler le côté concave d'un cadran.

— ÉTYM. Contre-émail.

t CONTRE- EMPOISE ( kon - tran-poi - z'), s. f. Pièce de fonte ou de fer qui sépare les tourillons du cylindre à étirer. || Au plur. Des contre-empoises.

t CONTRE -EMPREINTE (kon-tran-prin-l'), s. f. Terme de géologie. Relief laissé dans une roche par un corps qui s'est ensuite dissous. || Au plur. Des contre-empreintes.

— ÉTYM. Contre, et empreinte.

CONTRE:ENQUËTE (kon-tran-kê-f), s. f. Enquête opposée à celle de la partie qui demande l'enquête. ||.-i« plur. Des contre-enquêtes.

— ÉTYM. Contre, et enquête.

t CONTRE-ENTREPRISE (kon-tran-tre-pri-z'),s. f. Entreprise opposée à une autre. || Au plur. Des contreentreprises.

— HIST. xvie s. Au séjour que nous fismes devant ceste place, M. l'admirai fit une belle contr'entreprise, qui se demesla en la manière que je diray,

tCONTRE-ÉPAULETTE(kon-tré-pô-lè-t'), s. f.

Corps d'épaulette dépourvu de frange. || S'est dit aussi des épaulettes en drap. || Au plur. Des contreépaulettes, c'est-à-dire des épaulettes qui sont le contre, l'imitation d'une épaulette entière.

— ÉTYM. Contre, et épaulette.

CONTRE -ÉPREUVE ( kon -tré-preu - v'), s. f. || i°Terme de graveur. Estampe qui, tirée sur une épreuve fraîchement sortie de la presse, sert à donner l'estampe du même sens que le dessin: elle sert aussi à faire connaître si la planche a besoin d'être retouchée. Tirer une contre-épreuve. || 2° Fig. Ouvrage qui est une faible imitation d'un autre. Ce n'est qu'une pâle contre épreuve de tel poëme. || 3° Vote auquel on procède dans une assemblée délibérante, contre la proposition qui a été mise aux voix. La contre-épreuve est faite, et l'amendement rejeté. || Au plur. Des contre-épreuves, c'est-à-dire des épreuves qui sont le contre, l'imitation.

— ÉTYM. Contre, et épreuve.

CONTRE-ÉPREUVE, ÉE (kon-tré-preu-vé, vée),

part, pansé.

CONTRE-ÉPREUVER (kon - tré - preu- vô), v. a. Terme de gravure. Faire une contre-épreuve.

— ÉTYM. Contre-épreuve.

CONTRE -ESPALIER (kon-trè -spa-lié), s. m. Terme de jardinage. Suite d'arbres plantés en ligne dans la plate-bande qui fait face à celle de l'espalier. || .4m plur. Des contre-espaliers, c'est-à-dire espaliers qui sont contre, à côté.

— ÉTYM. Contre, et espa'ier.

f CONTRE-ESTAMPE (kon-trè-stan-p'), s. f. Voy. contre-moule. || Au plur. Des contre-estampes.

— ÉTYM. Contre, et estampe.

f CONTRE-ÉTAMROT (kon- tré- tan -bo), s. m. Terme de marine. Pièce courbe qui lie l'étambot à la quille. j| Au plur. Des contre-étambots. || On dit aussi contre-étambord.

— êtym. Contre, et étambot.

f CONTRE-ÉTRAVE (kon-tré-tra-v'), s. f. Terme de marine. Renfort servant à lier l'étrave à la quille. || Au plur. Des contre-étraves.

— ÉTYM. Contre, et étrave.

t CONTRE-EXPERTISE (kon-trèks-pèr-tiz'), s.f. Expertise destinée à en contrôler une autre. || Au plur. Des contre-expertises.

— ÉTYM. Contre, et expertise.

f CONTRE-EXTENSION (kon-trèk-stan-sion), S. f. Terme de chirurgie. Action opposée à l'extension, et qui consiste à retenir fixe et immobile la partie supérieure d'un membre, lorsqu'on opère par extension la réduction d'une fracture ou d'une luxation. || Au plur. Des contre-extensions.

— ÉTYM. Contre, et extension.

CONTREFAÇON (kon-1re-fa-son), s. f. |] 1° Action

de reproduire une œuvre littéraire, artistique ou industrielle au préjudice de l'auteur ou de l'inventeur. La contrefaçon d'un livre, d'un dessin, d'un produit, d'une marque de fabrique. || L'ouvrage ainsi contrefait. 11 y a plusieurs contre-façons de cet ouvrage. || Par extension. Il y a donc, pour ainsi dire, une contrefaçon du talent de la parole, villkmain, dans le Dict de dochez. || Fig. Beau dehors par la langue, et du reste à coeur joie; Quant à moi, je dis fi de ces contrefaçons [hypocrisies] ; Point de déguisement.... th. corn. Le baron d'Albitrac, v, 3. || 2° Suivant l'Académie, il est quelquefois synonyme de contrefaction. Contrefaçon du sceau de l'État.

— KEM. Contrefaçon, qui est dans des textes anciens, ne se trouve ni dans Furetière," ni dans la ire édition de l'Académie; l'Académie ne le donne qu'à partir de l'édition de 1718.

— HIST. xm" s. Se aucune euvre estoit trouvée vendant contrefaite à euvre de coural [corail], dont marchanz pourraient estre deceuz pour la contrefaçon, elle seroit prise et arse, Liv. des met. 7o.

— ÉTYM. Contre, et façon.

CONTREFACTEUR (kon-tre-fa-kteur), s. m. < élu

qui se rend coupable de contrefaçon. La loi punit les contrefacteurs.

— ÉTYM. Contrefaire.

CON

CONTREFACTION (kon-tre-fa-ksien) , s. f.

H 1° Terme de droit. Imitation, pour tromper, des effets publics, des monnaies, des poinçons de l'État. Il 2° Faux en écriture privée. La contrefaction de ce billet est évidente.

— SYN. CONTREFAÇON, CONTREFACTION. Bien que

ces mots soient, au fond, les mêmes, puisque façon n'est autre que la forme française de factio, pourtant l'usage y a mis une différence. La contrefaçon se dit des œuvres de littérature, d'art ou 'le production industrielle; la contrefaction se dit de toute espèce d'imitation frauduleuse: la contrefaction d'un billet, et non la contrefaçon.

— ÉTYM. Voy. CONTREFAIRE.

CONTREFAIRE ( kon-tre-fè-r' ), je contrefais, tu contrefais, il contrefait, nous contrefaisons, vous contrefaites, ils contrefont; je contrefaisais; je contrefis; je contreferai; contrefais, contrefaisons, contrefaites; que je contrefasse, que nous contrefassions; que je contrefisse; je contreferais; contrefaisant; contrefait, v. a. || 1° Reproduire, par imitation, quelqu'un ou quelque chose. Ils contrefont le guet, et de voix magistrale.... pégnier, Sat. xj. Il ne put du pasteur contrefaire la voix, la font. Fabl. m, 3. Vos paroles, le ton de votre voix, vos regards, vos pas, votre action et votre ajustement ont je ne sais quel air de qualité qui enchante les gens; je vous étudie des yeux et des oreilles, et je suis si remplie de vous, que je tâche d'être votre singe et de vous contrefaire en tout, mol. Critique, se. '*. Une candeur que rien ne peut contrefaire, fén. Tél. xin. De jeunes gens furent accusés d'avoir déjà fait quelque chose de semblable dans une | artie de débauche et d'avoir contrefait les mystères de Cérès et de Proserpine. roll. Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 629, dans POUGt-.NS. On contrefait aisément une démarche contrainte , on copie difficilement celle qui est naturelle, condillac, Art d'écrire, II, H. Les moyens par lesquels la nature forme ou décompose les mixtes ne sont pas en notre pouvoir; nous ne pouvons qu'observer ses opérations et non les contrefaire, condorcet , Bucquel. Telle est de ces rochers la bizarre structure: On doute, en les voyant, si la fière nature A de l'art, à son tour, contrefait les travaux , mass. H< Ivéliens , v. Des femmes gouvernant des princes trop crédules, Sachant tout contrefaire et tout dissimuler, m. j. chenier, Charles IX, i, 1. 1| Absolument. Il y a si peu de gens qui voient nettement combien il y a de distance entre faire et contrefaire, buff. Nature des anim. || 2° Imiter par moquerie, pour faire rire, pour donner du ridicule. Il le contrefaisait de la manière la plus comique. || Absolument. Sans vouloir louer la qualité de contrefaire, il faut avouer que c'est la chose du monde qui réjouit le plus parfaitement , sëv. t. x , lett. 974 , dans pougens» || 3° Feindre d'être ce qu'on n'est pas. J'évite toutes les apparences qui semblent contrefaire le favori, balz. liv. v, lett. 10. Celle-ci [la chevrette], quittant sa retraite, Contrefait la boiteuse, et vient se présenter, la font. Fabl. xn, 15. Le papelard contrefait l'étonné, id. Herm. Il contrefait le sot et le badin, id. Maset. N'y a-t-il point quelque danger à contrefaire le mort? mol. Mal. imag. m, 18. || Par extension, déguiser. Contrefaire sa voix, .son écriture. || 4° Terme de droit criminel. Pratiquer la contrefaçon ou la contrefaction. Contrefaire un ouvrage, une gravure, une machine, le poinçon d'un fabricant. Contrefaire la signature de quelqu'un, un billet. || 5° Défigurer. Il a eu des convulsions qui lui ont contrefait tout le visage. || 6" Se contrefaire, v. réfl. Se donner pour ce qu'on n'est pas. Que sert-il qu'on se contrefasse? Prétendre ainsi changer est une illusion : L'on reprend sa première trace A la première occasion, la font. Fabl. xii, 9. Prenez ma jupe et contrefaites-vous, id. Coc. L'art des précautions était inutile, parce que l'art de se contrefaire n'était pas encore inventé, mass. Or. Fun. Villars. Par malheur je n'ai point l'art de me contrefaire, gresset, Méchant, i, 4. || Être contrefait, imité par fraude. Cette signature peut aisément se contrefaire.

— HIST. xn* s. Mais il ne porent engin faire Que cil dedens ne contrefacent, Roman de Brut, f" 103, dans lacuhnk. || xiir's. Bossu si contrefait ne camus si puant, Chastic-Musart. Onques ne fu si contrefet; Il sembloit qu'il fust d'enfer trot, Ren 2-J737. Demain irés droit à la tor, Com se fuissiés engigneor

ingénieur]; Li portiers a le cuer félon; Sempres vous metra à raison; I t vous par engin respondez Que contrefaire la voulés. Quant vous serez en vostre terre, FI. et III. -m 19. Et h païsans qui contrelist le chevalier, fu rai. lis [racheté] de cieux cens

CON

:on

CON

livres. bkai:m. xxxv, 26. Si comme h aucun, quant il aroient fet les meffès, contreferaient le hors du sens por escaper. id. lu, 20. Il [le vieillard] devient enfantiz de parole et île fait, Lourt et "sourt et aveugle, bossu et contrefait, j. de meung, Test. 178. Il xive s. Vous mesmes n'avez vous pensé. Cuidant vostre euvre estre bien faicte, Qu'en la fin estoit contrefaicte, l'Alchim. à nat. (26. || xve s. Là trouvasmes dames de belles sortes; Car il n'y ot contrefaites ne tortes , christ, de pisan , Dit de Poissy. Dame d'enfer, de tous biens amoureuse, Contrefaire voulez la précieuse, etjst. desch. Poésies mss. f° 255, dans lacurne. Et telz seigneurs y a qui n'ont que treize livres de rente qui se glorifient de dire: parlez à mes gens, cuidans par ceste parolle contrefaire les très grans seigneurs, comm. 1, io. Et [Louis de Creville] commença à contrefaire le duc de Bourgongne et à frapper du pied contre terre, id. iv, 8. Si avoient en leur compagnie ung chevalier moult contrefait de bosses, Perceforest, t. 1, f" 69. Il xvie s. La générale police du monde, où il n'y peult avoir rien de contrefaict, mont, i, 258. 11 ne fault pas croire que cette contenance feust toute faulse et contrefaicte [feinte], id. i, 26 9. Et ces égyptiennes contrefaictes [qui ne sont pas d'Egypte] ramassées d'entre nous. id. i, 3U6. Il se meit luy mesme entre les fuyards, et contrefeit le couard, id. i. 321. La faulte d'appréhension et la bestise contrefont par fois les effects vertueux, id.

II, <2I. Les jeunes en les considérant y sont deceus, comme les o^eaux l'estoyent en regardant les fruits contrefaits que Zeuxis avoit pourtraits en ses tableaux, lanoue, 139. Ce ne sont ici [dans les romans] que fils de rois, princes et seigneurs qui contrefont les gladiateurs, id. (44. Il n'\ avoit un peintre ne imageur qui peust advenir à le bien tirer et contrefaire naïfvement après le vif, amyot, Démétr. 3. Tous les autres, et mesmement Demetrius, ne faisoient que contrefaire sa gravité, id. ib. 57. Nous avons veu force gens gager pour contrefaire les aveugles et les boiteux, d'aub. Fœn. 11, 6. 11 me conte qu'il alloit contrefaire une entreprise sur la Rochelle pour en faire une à bon escient sur Poictiers, id. Hist. 11, »59.

— ÉTYM. Provenç. contrafar, contrafayre ; catal. contrafer; espagn. contrahacer ; ital. eontraffare ; du latin outra, contre, et facere, faire: faire contre, imiter.

CONTREFAISEUR , EUSE ( kon-tre-fè-zeur, zeûz'),s. ni. et f. Celui, celle qui contrefait la voix, les gestes des personnes, le cri des animaux. Point de quartier à ce contrefaiseur de gens, mol. Impromptu, 3.

— hist. xvie s. Un sérieux et grave, non pas satyri'|ue, ni comique, c'est à dire contrefaiseur d'amitié, amyot, Com. discern. le fiait, s. Mesuies l'un desquels e4oit le contrefaiseur d'esprit, 11. est. Apotog. pour Hérod. dansRAïNOUARD, contmfazedor.

— étym. Contrefaire; provenç. contrafagedor ; espagn. contrahacedor.; ital. contraffacitore.

CONTREFAIT, AITE (kon-tre-fè, fè-f), part. passé de contrefaire. || 1" Qui a subi la contrefaçon. Ouvrage contrefait. Sans compter un grand nombre d'éditions contrefaites, honorables et pernicieuses pour l'auteur, fonten. Lemery. Prenez de mes pilules, gardez-vous des contrefaites, volt. Phil.u, 275, Il 2°Imitéparcontrefaction. Un billet contrefait-. Une signature contrefaite. J'ai donc lu d'autre main ses contrefaites, Régnier, Élég. 2. Ils rapportèrent exactement tout ce qu'on leur avait dicté, etprésen- I au roi une fausse lettre scellée du sceau contrefait de T. Qumtius,ROLLiN,//ùt. anc. Œuvres, t. vin, p. 574. Madame, dois-je croire un billet de Maurice? Vu je/, si c'est sa main, ou s'il est contrefait, corn. liera* l. 11, 6. || 3' Imité par moquerie. Contrefait d'une manière plaisante par ce petit espiègle. Il 4" Simulé. Et sa haute vertu par d'illustres effets Y dissipa soudain ces vices contrefaits, id. Othon,

III, 3. Attraper les hommes avec un zèle contrefait et une charité sophistiquée, mol. Tart. t"placet au roi. Il a une raillerie innocente, mais froide et contrainte, un ris forcé, des caresses contrefaites, une conversation interrompue.... la bruy. viii. Cette sottise déconcerta toutes ces gravités contrefaites, on éclata de rire... fonten. Dial. v, Morts ancens. || 5" Rendu difforme. Des enfants contrefaits par le rachitisme. Homme contrefait. Comme il était contrefait, cette partie du public qui ne laisse jamais échapper l'occasion d'une plaisanterie bonne ou mauvaise dit que l'académie avait choisi Ésope pour reuip lacer La Fontaine, d'alemhert, Éloges, Clérembault. Son corps répondait assez à la laideur de son âme; on ne pouvait guère eu voir un plus contrefait,

iîoi.i.iN, Hist. anc. Couvres, t. ix, p. 349, dans pougf.ns.

j CONTRE-FANON (kon-tre-fa-non), s. m. Terme de marine. Corde attachée au milieu de la vergue du côté opposé à la bouline, et destinée à carguer une partie de la voile. \\ Au plur. Des contre-fanons.

f CONTRE-FASCE (kon-tre-fa-s'), s. f. Terme de blason. Fasce opposée à une autre, et aussi fasce divisée en deux demi-fasces de deux émaux différents, y Au plur. Des contre-fasces.

— ÉTYM. Contre, et fasce.

t CONTRE -FASCft, ÊE (kon-tre-fa-ssé, sée), adj. Terme de blason. Qui a les fasces en opposition.

— ÉTYM. Contre-fasce.

f CONTRFi-FENDIS (kon-tre-fan-di), s. m. Une des divisions d'un bloc d'ardoise.

— ÉTYM. Contre, et fendre.

f CONTRE-FENÊTRE (kon-tre-fe-nê-tr) , s. f. Terme de construction. Double clôture d'une fenêtre. Il Au plur. Des contre-fenêtres.

— étym. Contre, et fenêtre.

t CONTRE-FENTE (kon-tre-fan-f) , s. f. Fente qui se produit ailleurs que dans l'endroit où le coup a été reçu. || Au plur. Des contre-fentes.

— HIST. xvie s. La cinquième fracture du crâne, dite contrefente, se fait quand l'os est fracturé, fendu ou esclaté autre part qu'à l'endroit où a esté donné le coup, paré, vin . ).

— ÉTYM. Contre, et fente.

f CONTRE-FERMER (kon-tre-fèr-mé), v. a. Fermer en dehors, pour empêcher les gens de sortir.

— HIST. xvie s Quoique, pour ruze non commune, ils eussent la nuict contre-fermé les portes et logis des principaux capitaines de la garnison, d'aub.

Hist. I, 276.

— ÉTYM. Contre, et fermer.

j CONTRE-FEU (kon-tre-feu) , s. m. || i" Contrecœur de cheminée. || Au plur. Des contre-fui ou contre-feux, c'est-à-dire la plaque qui est contre le feu ou les feux. || 2° Action , lors de l'incendie d'une forêt, de brûler en avant, pour empêcher le feu de se propager. ||^4m plur. Des contre-feux, c'est-à-dire des feux faits contre le feu. .

— hist. xvie s. Contrefeu, cotgrave.

— ÉTYM. Contre, et feu.

CONTRE-FICHE (kon-tre-fi-ch'), s. f. Terme de charpentier. Pièce de bois posée obliquement contre un pan de bois ou contre un mur pour le soutenir. || Au plur. Des contre-fiches.

— ÉTYM. Contre, et fiche.

7 CONTRE-FIL (kon-tre-fil), s. m. Le sens contraire d'une chose. Le contre-fil de l'eau. Le fil et le contre-fil se reconnaissent dans le cristal de roche, non-seulement par la plus grande facilité de l'entamer, mais encore par la douhle réfraction qui s'exerce constamment dans le sens du fil et qui n'a pas lieu dans le sens du contre-fil, buff. Min. t. vi, p. <)5, dans pougens. || À contre-fil, à rebours.

— HIST. xvie s. À contrefil, cotgrave.

— ÉTYM. Contre, et fil.

f CONTRE-FIN (À) (kon-tre-fin) , loc. adv. Â fin contraire, contre le but qu'on se propose. En agissant de la sorte, tu vas directement à contre-fin, humbert, Gloss. de Genève.

— étym. Contre, et fin, s. f.

CONTRE-FINESSE (kon-tre-fi-nè-s') , s. f. Finesse

opposée aune autre. || Au plur. Des contre-finesses.

— HIST. xvie s. Qu'il s'en moque [d'un argument captieux]; il est plus subtil de s'en mocquer que d'y respondre ; qu'il emprunte d'Anstippus cette plaisante contrefinesse : Pourquoy le deslierai-je, puisque, tout lié, il m'empesche? mont. 1, 190.

— ÉTYM. Contre, et finesse.

f CONTRE-FLAMBANT, ANTE (kon-tre-flan-ban, ban-t'), adj. Terme de blason. Qui est en forme de flammes et en opposition.

— étym. Contre, et flambant.

f CONTRE-FLATTER (kon-tre-fla-té), v. a. Répondre à une flatterie par une flatterie.

— HIST. xvi° s. Il se laissa si bien aller aux flatteries d'Ah'ibiade, que luy mesmes s'estudioit à le contreflatter encore davantage, amyot, Aie. 4 7.

— étym. Contre, flatter.

f CONTRE -FLEURÉ, ÉE (kon-tre-fieu-ré, rée), adj. Terme de botanique. À fleurs alternes et opposées.

— étym. Contre, et fleur.

f CONTRE-FLEURI, IE (kon-tre-fleu-ri, rie), adj. Terme de blason. Synonyme de contre-fleuronné.

t CONTRE-FLEURONNÉ, ÉE (kon-tre-fleu-ro-né , née), adj. Terme de blason. Dont les fleurons alternent de la couleur au métal.

— ÉTYM. Contre, et jleurouué.

f CONTRE-FOC (kon-tre-fok). s. m. Terme de

marine. Faux foc. || Au plur. Des contre-focs.

— étym. Contre, et foc.

f CONTRE-FORCES (kou-tre for-s') . S. f. plur. Forces opposées. De là vient le système des contreforces établi chez tant de nations, rayn. Ilis' . ■ lui xviii, 35. Ces contre-forces ont été presque toujours mal assises, in. ib.

— ÉTYM. Contre, et forces.

t CONTRE-FORGÉ, ÉE ( kon-tre-for-jé, jée), part, passé. Pièce contre-forgée.

t CONTRE FORGER (kon-tre-for-jé), v. a Dresser une pièce de fer en la frappant alternativement sur le plat et sur le champ.

— étym. Contre, et forger.

CONTRE-FORT (kon-tre-for), s. m. || l°Mur contre-

houtant destiné à renforcer un mur qui supporte quelque charge. || Espèce de pilier carré ou triangulaire construit au dedans d'un mur de quai ou de terrasse. || Contre-forts de forteresses, sorte de contreforts en forme de trapè/.e, qui sont enfermés dans l'escarpe. || 2° Terme de géographie. Petites chaînes de montagnes latérales qui semblent servir d'appui à une chaîne principale. Les contre-forts des Il 3°Terme de cordonnier. Pièce de cuir dont on renforce le derrière d'un soulier ou d'une botte. Ij Terme de typographie. Morceau île bois qui porte le contresommier d'une presse. || Ternie de marine. Fortes pièces de bois qui lient les estains avec l'étambot. Il Au plur. Des contre-forts.

— HIST. xurs. Nus cordouaniers ne puet ne ne doit mestre bazane avecques cordouan en mile euvre qu'il face, se ce n'est en contrefort tant seulement . /.i'i". des met. 228.

— ÉTY>F Contre, et fo t.

| CONTRE-FOSSÉ (kon-tre-fo-sé),. s. m. Terme d'architecture militaire. Avant-fossé d'une forteresse. Il Au plur. Des contre-fossés.

— étym. Contre, et fo se.

f CONTRE- FOULEMENT (kon-tre-fou-Ie man ). s. m. Terme d'hydraulique. Mouvement di qui remontent dans un tuyau. |j Au plur. Do 1 foulements.

— ÉTYM. Contre, et fou er.

f CONTRE-FRACTURE (kon-tre-fra-ktu-r'), .v. / Terme de chirurgie. Fracture qui s'est prod lite à 1 . endroit différent du point frappé. Il Au plur. Des contre-fractures.'

— ÉTYM. Contre, et fracture.

f CONTRE -FRA SAGE (kon-tre-fra-za-j'), 4-. m. Action de contre-fraser.

f CONTRE-FRASE (kon-tre-fra-z'), s. f. Tro façon donnée à la pâte du pain.

— ÉTYM. Voy. contre-fraser.

| CONTRE-FRASER (kon-tre-fra-zé) , r. a. Donner le dernier tour à la | â.1

— ÉTYM. Contre, et fraser voy, fbas

t CONTRE- FRUIT (kori-tre-frui) , .v. m. d'architecture. Diminution de bas 1 n haut mur, observant que le

la diminution se pratique en dedans. ]\Av plur. Les contre-fruits.

— ÉTYM. Contre, fruit ï.

CONTRE-FUGUE (kon-tre-fu-gh') , s. f. Teri

musique. Fugue à contre-sens, ou qui des progrès contraires à la fugue naturelle. À i des contre-fugues, doubles ftigu •-. fugues renversées, basses contraintes et autres sottises difficiles que l'oreille ne peut souffrir et que la raison ne p 'Ul justifier, ce sont évidemment des restes de 1 rie, j. J. kouss. Lett. sur la mus. franc. \\Ac Des contre-fugues.

— ÉTYM. Contre, fugue.

f CONTRE-GAGE (kon-tre-ga-g-) . 4'. m. 0 donne à un créancier, pour sûreté de ce qu'i doit. H Au plur. Des contre-gages.

— HIST. XIIIe s. Et porce que c'estoit droit' mouvement de g.ierre et de mortix [mortelles] haines, tix [tels] contregagement sunt defTendu du pooiret de l'auctorité du sovrain le roj d

BEAUM. XXXII, 23.

— ÉTYM. Contre, et gage.

f CONTRE-GAGER (kon-tre-ga-gé) , r. a. Prendre un contre-gage.

CONTRE-GARDE (kon-tre-gar-d ) , 4. f. Terme de fortification. Ouvrage construit autour d'un bastion, d'une demi-lune, etc. La Feuillade avait perdu des contre-gardes et d'autres ouvrages qu'il avait 1 ris, st-sim. <63, H8. Il Terme d'architecture. Espèce de crèche faite de quartiers de pierre posés à sec au milieu d'une pile de pont.

— ÉTYM. Contre, et garde.

f CONTRE-GARDÉ, ÉE (kon-tre-gar-dé , dée),

CON

CON

CON

pari, passe'. Terme de forlification. Qui est couvert de contre gardes.

— ri ym. Contre-garde.

; CONTRE-GARDER (kon-tre-gar-dé) , o. a. Garder avec soin. || Se contre-garder, ». réfl. Se tenir sur ses gardes.

— HIST. xm" s. El quant il l'engien en saroit it). Contregarder mix [mieux] s'en porroit,

tBlanchefl. 2029. || x\e s. Et luy dist que le péril estoit de luy en cesl an jusques au mourir, s'il [oit de plaisant regard qu'il pounoit faire sur aucunes créatures, Perceforest , t. vi, f° H9. || xvi" s. Son aine a esté soutenue d'une vertu divine à ce qu'elle ne tombast en perdition, et son corps a esté oontregardé au sépulcre à ce qu'il ressuscitast, calv. M. Les successeurs «le Romulus enfermèrent ce cormier de murailles tout à l'entour, en le rêverai t et contregardant comme chose très saincte, amyot, Rom. 32. Il y est escrit comment il faut 1er les fruits des arbres, id. Ca-

ton, 52.

— ÉTYM. Contre, et garder.

CONTRE - GOUVERNEMENT (kon-tre-gou-vèrnc-man), s. m. Gouvernement occulte d'une faction qui agit contre le gouvernement légal.

— ÉTYM. Contre, et gouvernement.

CONTRE- HACHE, ÉE (kon-tre-ha-ché, chée),

part, passé de contre-hacher.

CONTRE ilACHKR (kon-tre-ha-ché), v. a. Terme de gravure el de dessin. Croiser des hachures par d'autres hachures, puur rendre les ombres et les teintes plus fortes.

— ÉTYM. Contre, et hacher.

CONTRE-HACHURE (kon-tre-ha-chu-r') s. f. Hachure qui en croise d'autres. || Au plur. Des contrehacli i

— êtym. Contre, et hachure.

\ CONTRE- HARMONIQUE (kon-trar-mo-ni-k') , adj. Qui est opposé i l'harmonie, aux rapports harmoniques.

— F.tym. Contre, harmonique.

CONTRE - HÀTIER (kon-tre-hâ-tié), s. m. Grand chenet de cuisine, garni de crochets el de chevilles. || Au plur. Des contre-hàliers. || On dit aussi siment liàtier.

— ÉTYM. Contre, et hâtier.

f CONTRE-HAUT (EN) (kon-tre-hô) , loc. adv. De haut en bas. || X un niveau supérieur. La berge est en contre-haul do la rivière.

— ÉTYM. Contre, liant.

f CONTRE-HERMINE (kon-trèr-mi-n'), s. f. Terme de blason. Hermine peinte en sens contraire, les mouchetures étant d'argent, et le fond de sable.

— ÊTYM. Contre, et hermine.

f CONTRE HERMINE, ÉE (kon-trèr-mi-né, née) , adj. Terme de blason. 11 se dit d'un champ de sable moucheté d'argent.

— Etym. Cont) e hermine.

f CONTRE-HKCKTOIR ikon-tre-heur-toir), s. m. Fer sur lequel frappe le heurtoir. || Au plur. Des contre- heurtoirs.

— Etym. Contre, et heurtoir.

f CONTRE -HILOIKE ( kon-tre-hi-loi-r' ) , s. f. Terme de marine. Bordages de chêne, prés des hiloires, de chaque côté des écoutilles. || Au plur. Des conire-hiloires.

— ETYM. Contre, et hiloire.

f CONTRE - IMAGINER (kon-tri-ma-ji-né) , v. a. Imaginer par opposition.

— HIST. xvie s. Attache ton esprit ;\ contr'imaginer Quelque entreprise haute, à fin de destouruer L'impression d'amour par une autre nouvelle,

— étym. Contre, et imaginer.

CONTRE-INDICATION k.-ii-i i in-di ka-sion), s. f.

Tenue de médecine. Indication qui est contraire à l'emploi de tel ou tel moyen qui paraissait indiqué. || Au plur. Des contre-indications.

— ÉTYM Contre, et indication.

| CONTRE- INDIQUÉ, ÉE (kon-trin-di-ké, kée), part, passé. Remède contre indiqué.

fCONTRE-lNDIQUER (kon-trin-di-ké), c.a. Terme de médecine. Fournir une contre-indication. L'excitation présente du malade contre-indique l'emploi des toniques.

— ÉTYM. Contre, indique.

T C0NTRE-INJUR1ER (kon-trin-ju-rié), r. a. Injurier par représailles.

— kist. xvi" s. Croyant que vos voisins peuvent ravir les vostres, Ainsi qu'en ce pays vous ravissez les nostres, Vous contre-injuriant de pareille façon, BONS. 673.

— Etym. Contre, et injurier.

f CONTRE-INSTITUTION (kon-trin-sti-tu-sion), s. f. Institution contraire à une institution. Il en est résulté [du passé historique] que les Anglais se sont en même temps soumis à deux organisations sociales bien distinctes, qu'ils ont, dans toutes les directions, doubles institutions, ou plutôt qu'ils ont établi, danstoutesles directions, les contre-institutions de toutes les institutions qui étaient en vigueur chez eux avant leur révolution et qu'ils ont conservées en très-grande partie, henmdest-sm. Œuvres choisies, t. ni, p. 131. || Au plur. Des contre-institutions.

— ETYM. Contre, el institution.

t CONTRE-INVECTIVE (kon-trin-vè-kti-v') , s. f. Invective opposée à une invective. || Au plur. Des contre-invectives.

— HIST. xvi' s. Contr'invective, cotgrave.

— ÉTYM. Contre, et iiiveitiie.

t CONTRE-ISSANT, ANTE (kon-tre-i-ssan, san-t'), adj. Terme de blason. Il se dit des animaux adossés, dont la tête et les pieds de devant sortent d'une pièce de l'écu. || On le trouve quelquefois écrit à tort contre-hissant.

— étym. Contre, et l'anc. franc, issir, sortir (voy. issue).

t CONTRE -JAMRAGE (kon-tre-jan-ba-j'), s. -m. Terme de maçonnerie. Petit mur élevé contre les jambages des cheminées ou fourneaux de cuisine. || Au plur. Des contre-jambages.

— ÉTYM. Contre, et jambage.

f CONTRE- JAN (kon-tre-jan) , «. m. Terme de trictrac. Action de battre à faux.

— ÉTYM. Contre, et jan.

f CONTRE -JAUGER (kon-tre-jô-jé), v. a. Terme de charpentier. Mesurer les assemblages de charpente.

— ÉTYM. Contre, et jauger.

f CONTRE-JET (kon-tre-jè) , s. m. Endroit d'une pièce d'étain qui a été recouvert par les tenailles.

— ÉTYM. Contre, et jet.

CONTRE-JOUR (kon-tre-jour) , s. m. Lumière ou fenêtre opposée à quelque objet et qui le fait paraître désavantageusement. Un simple contre-jour suffit pour dérober la beauté d'un tableau. || À contrejour, loc. adv. Dans un jour contraire, défavorable. Vous ne sauriez bien juger de ce tableau, vous ne le voyez qu'à contre-jour. || Au plur. Des contrejour, c'est-à-dire des lumières qui sont contre le jour.

— ÉTYM. Contre, et jour.

f CONTRE -JUMELLES ( kon-tre-ju-mè-1' ), s. f. plur. Nom qu'on donne aux grands pavés qui se joignent, deux à deux, au milieu du pavé des rues.

f CONTRE- LAMES (kon-tre-la-m') , s. f. plur. Pièces du métier à faire la gaze.

— ÉTYM. Contre, et lame.

CONTRE- LATTE (kon-tre-la-f), s. f. Tringle de bois, qui se met de haut en bas, entre les chevrons d'un toit, pour soutenir les lattes. \\ Au plur. Des contre-lattes.

— étym. Contre, et latte.

CONTRE- LATTE, ÉE (kon-tre-la-té, tée) , part, passé.

CONTRE-LATTER (kon-tre-la-té), v. a. Garnir de contre-lattes. || Garnir «ne cloison de lattes, des deux côtés.

— ÉTYM. Contre-latte.

t CONTRE-LATTOIR (kon-tre-la-toir),s. m. Outil des couvreurs, pour soutenir les lattes en les clouant.

— ÉTYM. Contre-latter.

CONTRE-LETTRE (kon-tre-lè-tr') , s. [. Acte secret par lequel on déroge aux stipulations d'un acte public. || Au plur. Des contre-lettres.

— HIST. xvie s. On dit communément qu'en mariage il trompe qui peut; ....et néanmoins toutes contre-lettres [clauses à part et opposées au contrat ou restrictions d'icelui] y sont défendues, loysel,

— êtym. Contre, et lettre.

f CONTRE-LIGNE (kon-tre-li-gn') , s. f. Terme de fortifications. Fossé bordé d'un parapet, qui couvre les assiégeants du côté de la place. || Au plur. Des contre-lignes.

— ÉTYM. Contre, et ligne.

t CONTRE-LIGUE (kon - tre-li -gh'), s. f. Ligue opposée à une autre. \\Au plur. Des contre-ligues.

— HIST. xvi° s. Encor que les Rochelois eussent desjà résolu de se joindre à la contre-ligue, d'aub. Ilist. Il, 262. Quelques-uns d'eux portans des croix blanches abouties de fleurs de lis, appelaient ces marques des contre-ligues, id. ib. n, 439. D'inciter tous ceux de leur parti à prendre l'alarme, et ouvrir les yeux à cette contreligue, castelnau, 190.

— ÉTYM. Contre, el ligue

t CONTRE -LORGNER ( kon-tre-lor-gné) , v. a. Lorgner quelqu'un par qui l'on est lorgné.

— ÉTYM. Contre, el lorgner.

f GONTRE-LOUER ( kon-tre-lou-é) , v. a. Donner des louanges en retour.

— HIST. xvic s. Mais rend leur la pareille et fay que tu n'oublies De les contre-louer, j. du bella^ . Œuvres, p. 319, dans lacukne.

— ÊTYM. Contre, et louer.

f CONTRE-MAILLE (kon-tre-mà-Il', Il mouillées), s. f. File^de pèche à mailles doubles. || Maille opposée à d'autres mailles. || Au plur. Des contre-mailles.

— Etym. Contre, et maille.

f CONTRE-MAILLÉ, ÉE (kon-tre-mà-Ilé, liée, U mouillées), part, passé. Filet contre-maillé, filet composé de plusieurs tissus de mailles qui se recouvrent.

f CONTRE-MAILLER (kon-tre-mà-llé, Il mouillées', v. a. Doubler les mailles d'un filet de pèche.

— ÊTYM. Contre, et maille.

CONTRE-MAÎTRE ( kon - tre - mê - tr' ), s. m

|| 1° Terme de marine. Autrefois le troisième officierde manœuvre à bord, qui était au-dessous du maître et du second maître d'équipage. Aujourd'hui, cette dénomination est remplacée par cède de second maître de deuxième classe. Je me souviens d'avoir entendu dire à vos ministres, au cardinal Dubois, que le czar n'était qu'un extravagant, né pour être contremaître d'un navire hollandais, volt. Lett. Chauvelin, 3 oct. 1760. || 2" Celui qui dirige les ouvriers dans les grandes fabriques. || 3° Famille de petits oiseaux du Paraguay, ressemblant aux fauvettes. || Au plur. Des contre-maîtres.

— HIST. xve s. Le suppliant dist: contremaistre, l'en m'a dit que vous me trassez [cherchez], je ne sçay la cause pour quoy, du cange, irassa.

— ÉTYM. Contre dans le sens de à côté, inférieur, et maître.

f CONTRE -MANCHE, ÉE (kon- tre- man-ché, chée), adj. Terme de blason. Écu contre -manche, écu a pointes opposées.

— ÉTYM. Contre, et manche.

f CONTRE -MANDAT (kon-tre- man-da) , s. m. Mandat contraire à un autre. Ayant changé d'avis, je lui adressai un contre-mandat. || Au plur. Des contre-mandats.

— ÉTYM. Contre, et mandat.

CONTREMANDÉ, ÉE (kon-tre man -dé, dée),

part. passé. Le départ ayant été contremandé.

f CONTREMANDEMENT (kon-tre-man-de-man), s. m Action de contremander. Il devait aller à la cour, mais il a reçu un contremandement qui l'a empêché de partir.

— hist. xvie s. *I1 lui depescha un chevaucheur d'escuine avec lettres de contrecoinmandemi nt. et coulourant sa mutation d'advis sur.... m. du bellay,

— ÉTYM. Contremander.

CONTREMANDER (kon-tre-man-dé), V. a. Révoquer un ordre, une demande, une commande. 11 a contremandé sa voiture. On avait mandé cet officier, mais il a été contremandé.

— REM. On ne voit pas pourquoi l'Académie, écrivant contre-balancer avec un trait d'union, écrit contremander en un seul mot, la composition étant la même.

— hist. xnies. Li archevesques contremanda [répondit au mandement] une fie [fois] et autre et tierce, etdelaia bien un an, queankes [jamais] ne respondi, Chr. de Rains, 239. Mandé l'avez, bien un mois a; Mes onques tant ne vos prisa, Qu'il vos daingnast contremander, Ne jor ne respit demander, lien. 17965. Et si loons au bailli qu'il ne contremandé pas l'assize qu'il a fête savoir, beaum. 34. Et si dirons as queles semonces il poent contremander par coustume et as queles non.... id. 45. | xivc s. Se tu sens que tes ennemis Viengne, prie tous tes am s, Et fay tantost ton mandement; Mais garde le contremander; Car li contremant d'un royaume Ont fait ardoir maint toit de chaume, machault p. 108. || xve s. Si se refroidi grandement de cette croix

emprise et preschée, et contremanda ses officiers, froiss. i, i, 63. ledit duc ne les eust sceu contremander à temps [les seigneurs et l'armée], comm. ii, 7. || xvie s. Ayant contremandé ses amis qu'il avoit assignez au conseil, mont, i, «29. Antigonus avoit contremandé [mandé ensuite] qu'on le renfermasl el qu'on le teinst plus à destroil que jamais,

AMYOT, lin m. m.

— ÉTYM. Contre, et mander.

| CONTRE -MANOEUVRE ( kon-tre ma-neu-vr) , s. /'. Manœuvre opposée à une manœuvre. || Au plur. Des contre-manceui

— eh m. Contre, man œui re.

784 CON

f CONTRE-MARC (kon-tre-mar) , s. m. Trait que le charpentier trace sur chaque bois achevé pour le reconnaître.

— ÉTYM. Contre, et marquer.

CONTRE-MARCHE (kon-tre-mar-ch') ,«./". || ^Mouvement d'une armée, contra re à un mouvement antérieur. || Évolution d'une troupe qui fait volteface, d'un vaisseau ou d'une escadre qui vire vent devant. || 2" Levier interposé entre les marches d'un métier à tisser. || Terme de charpentier. Hauteur de chaque marche d'un escalier; planche, qui forme cette hauteur. || Au plur. Des contre-marches.

— ETYM. Contre, marche.

f CONTRE -MARCUER (kon-tre-mar-ché) , V. n. Terme d'art militaire. Faire une contre-marche.

CONTRE- MARÉE (kon-tre-ma-rée) , s. f. Marée dont la direction est opposée à la direction ordinaire. |i Au plur. Des contre-marées.

Ety.m. Contre, marée.

CONTRE-MARQUE (kon-tre-mar-k') , s. f. || 1° Seconde marque apposée à un ballot de marchandises, à des ouvrages d'or ou d'argent. Tous les gagistes receveurs de marques et contre-marques, lesage, Cil-Blas , vu, 8. || 2° Terme de numismatique. Marque ajoutée par l'autorité publique à une pièce de monnaie, longtemps après sa fabrication, pour indiquer le changement de prix. || 3° Second billet délivré dans les théâtres à ceux qui sortent pour rentrer. Un vendeur de contre-marques. || 4° Terme de vétérinaire. Fausse marque que les maquignons creusent avec un burin sur la table des incisives du cheval, pour imiter la marque naturelle et faire paraître l'animal plus jeune. || Au plur. Des contremarques.

— ÉTYM. Contre, marque.

CONTRE -MARQUÉ. ÉE (kon-tre-mar-ké, kée), part, passé. Un ballot contre-marqué. || Terme de vétérinaire. Cheval contre-marqué, cheval qui porte, dans le creux de la dent, une fausse marque, faite exprès pour déguiser son âge.

CONTRE -MARQUER (kon-tre-mar-ké), v. a. Apposer une seconde marque à un ballot de marchandises, à des ouvrages d'or ou d'argent. || Terme de vétérinaire. Faire une contre-marque à un cheval.

— ÉTYM. Contre-marque.

f CONTRE - MARQUEUR , EUSE ( kon-tre-markeur, keù-z'), *'. m. et f. Celui, celle qui, dans les théâtres, distribue des contre-marques.

— ETYM. Contre-marque.

CONTRE -MINE ( kon-tre-mi-n') , s. f. Ouvrage souterrain fait pour éventer la mine de l'ennemi ou en empêcher l'effet. Il y avait des mines sous le glacis de la demi-lune, mais nos contre-mines parvinrent à les éventer. L'assiégeant poussait une mine vers le bastion, mais nous fîmes une contre-mine qui réussit à l'arrêter. || Mine pratiquée sous les défenses d'une place pour faire sauter les assaillants. || Fig. Manœuvres pour déjouer une entreprise, une intrigue. || Au plur. Des contre-mines.

— HlST. xvte s. Françoys adonc feirent leur contremine, j. mafot, v, 23. Nicocles se sauva et s'en fouit hors de la ville par des contremines secrettes, amyot, Arat. 10.

— ÉTYM. Contre, et mine.

CONTRE MINÉ, ÉE (kon-tre-mi-né, née), part, passé. Tous les dehors de la place étant contremines.

CONTRE-MINER (kon tre-mi-né), v. a. || 1° Faire une contre-mine. [| 2° Fig. S'opposer aux intrigues. Alberoni voulait contre-miner les batteries du régent, ST-S1M. 451 , 66.

— ÉTYM. Contre-mine.

CONTRE-MINEUR (kon-tre-mi-neur), s. m. Celui

qui travaille à une contre-mine. || Au plur. Des contre-mineurs.

— ÉTYM. Contre-miner.

f CONTRE-MISSION (kon-tre-mi-sion) , s. f. Mis sion religieuse ou politique contraire à une mission antécédente. Une véritable contre-mission fut organisée pour paralyser les efforts de saint Paul et pour ramènera l'Évangile des judaïsants ceux qui s'étaient laissés gagner par ses prédications, Revue German. t. xi, p. 282. || Au plur. Des contre-missions.

— ÉTYM. Contre, et mission.

CONTRE-MONT (kon-tre-mon), loc. adr. Vers le

haut. Gravir contre-mont. Ce bateau va à contremont, il remonte la rivière La Seine dans son lit verra plutôt son onde Rebrousser contre-mont sa source vagabonde, hacan, Bergeries ,u, 6, Alcidon. Et, grimpant contre-mont, la dure terre quitte, Vers de chapelain, cité par boileau, Héros de romans. I| X contre-sens. Des graines plantées contre-mont, c'est-a-dire la racine en haut et la tige en bas.

CON

— HlST. xi" s. Ambes ses mains [il] en levât cuntremunt, th. de Loi. 31. || xme s. Il drecierent les eschieles au plein du mur, et montèrent tout contremont par force, villeh. cv. Dont coururent contremont le bras [de mer] jusques à une cité.... id. lx. La voiz du puis vint contremont; Renart l'oï, drece le front, Ren. 6627. Nus ne nous osoit venir de Damiete pour aporter garnison [provisions] contremont l'yaue, joinv. 236. || xv" s. [Les Anglais] chevauchèrent le chemin de Rosebourch tout contremont la rivière de Tuide, froiss. ii, ii, ig. Ce qui montoit contremont la rivière, comm. i, 8. ||xvics. Celui que tu veois grimpant contremont les ruines de ce mur, mont, i, 278. Aller à gauche, à dextre, contremont, contrebas, id. ii, 3. Il nous envoya [cheval et cavalier] les pieds contremont, id. ii, 52. Suyvez-les contremont jusques àleursource, id. ii, 349.

— étym. Contre, et mont..

f CONTRE-MOT (kon-tre-mo), s. m. Terme militaire. Mot que l'on échange contre le mot d'ordre. || Second mot donné, de peur que le premier ne vienne à être connu de l'ennemi. || Au plur. Des contre-mots.

— Etym Contre, et mot.

f CONTRE-MOTIF (kon-tre-mo-tif), s. m. Motif opposé à un autre motif. || Au plur. Des contre-motifs.

— étym. Contre, et motif.

f CONTRE-MOULAGE (kon-tre-mou-la-j'), s. m. Contrefaçon d'un ouvrage de sculpture. \\ Au plur. Des contre-moulages.

— étym. Contre-mouler.

f CONTRE-MOULE (kon-tre-mou-1'), s. m. Moule qui enveloppe un autre moule, pour servir à défaut du premier. || Contre-moule ou contre-estampe, carton épais sur lequel on dispose en relief ou en creux les dessins qu'on veut représenter.

— ÉTYM. Contre, et moule, s. m.

f CONTRE-MOULER (kon-tre-mou-lé),v. a. Faire un contre-moulage.

— ÉTYM. Contre-moule.

f CONTRE-MOUSSON (À) (kon-tre-mou-son), loc. adv. Terme de mer. Aller à contre-mousson, remonter contre la mousson qui règne.

— ÉTYM. Contre, et mousson.

CONTRE MUR (kon-tre-mur), s. m. Petit mur bâti latéralement à un autre qu'il soutient et fortifie. Les Rhodiens travaillèrent à élever un contre-mur à l'endroit où Démétrius devait faire battre les murailles de la ville, rollin, Hist. anc. xvi, 8. || Au plur. Des contre-murs.

— HlST xve s. Et, si aucun veut faire cheminée contre un mur moitoyant, il y doit faire contre-mur, Ordonn. de i486.

— ÉTYM. Contre, et mur.

CONTRE-MURÉ, ÉE (kon-tre-mu-ré, rée), part.

passé. Soutenu par un contre-mur. Terrasse contremu rée.

CONTRE-MCRER (kon-tre-mu-ré), v. a. Faire un contre -mur. La loi oblige, dans certains cas, à contre-murer les contre-coeurs des cheminées.

— ÉTYM. Contre-mur.

f CONTRE OEILLADE (kon-treu-lla-d', Il mouillées), s. /".Œillade en retour d'une œillade. || Au plur. Des contre-œillades.

— HlST. xvie s. Si l'aguignant, elle me contreœillade, Jacques tahureau, Poésies , p. 3ot, dans

LACURNE

— ÉTYM. Contre, et œillade.

f CONTRE-ONGLE (kon-tron-gl'), s. m. Terme de chasse. Le rebours du pied du cerf, c'est-à-dire le talon pris pour la pince. Prendre la bête à contreongle, prendre le talon pour 1 1 pince et par conséquent se tromper sur les allures du cerf. || Auplur. Des contre-ongles, c'est-à-dire des ongles à rebours.

— HlST. xvr s. Un seul bastiment qu'il deffit prit le contr'ongle de [fit tort à] sa réputation, d'aub. Hist. III, 539.

— ETYM. Contre, et ongle.

f CONTRE-OPÉRATION (kon-tro-pé-ra-sion).s. f. Opération contraire à une autre opération. Il semble donc qu'à ces deux opérations du boulevard de Sébastopol et de la rue de Rivoli, une contre-opération devenait nécessaire, c'est-à-dire qu'il fallait créer des logements pour les petits locataires expulsés, La Ville de Paris, journal, 16 juin (86). || Au plur. Des contre-opérations.

— ETYM. Contre, et opération.

CONTRE-OPPOSITION (kon-tro-pô-zi-sion), i'. f.

Opposition qui résiste à une opposition. || Dans le langage parlementaire, minorité de l'opposition qui se détache et vote à part, bien qu'elle y appartienne par les principes généraux qui la guident. |j Au plur. Des contre-oppositions.

CON

— HlST. xvie s. Par contre opposition [au contraire], sully, Mém t. i, p. H, dans lacurne.

— étym. Contre, et opposition.

CONTRE-ORDRE (kon-tror-dr'), s. m. Révocation

d'un ordre donné. Il avait eu ordre de partir, mais il a reçu un contre-ordre. || Au plur. Des contreordres.

— étym. Contre, et ordre.

t CONTRE-OUVERTURE (kon-trou-vèr-tu-r') , s.f. Terme de chirurgie. Ouverture, c'est-à-dire incision pratiquée en un point opposé à celui où existe déjà une ouverture. || Au plur. Des contre-ouvertures.

— HIST. xvie s. Si la fistule ne pouvoit estre curée, à cause que l'orifice d'icelle esl en la partie supérieure, alors faudrait faire une contre-ouverture, paré, vm, 33.

— ÉTYM. Contre, et ouverture.

t CONTRE -PAL (kon-tre-pal), s. m. Terme de blason. Pal divisé en deux parties de couleurs différentes. Composa tous ces mots de cimier et d'écart, De pal, de contre-pal.... boil. Sat. v. || Auplur. Des contre-paux, ou contre-pals.

— ÉTYM. Contre, et pal.

t CONTRE-PALÉ, ÉE (kon-tre-pa-lé, lée), adj. Terme de blason. Se dit de l'écu où un pal est opposé à un autre pal.

— ÉTYM. Contre-pal.

f CONTRE-PANNETON (kon-tre-pa-ne-ton), s. m. Platine servant à recevoir les pannetons d'une espagnolette. || Au plur. Des contre- pannetons.

— ÉTYM. Contre, et panneton.

f CONTRE -PAROI (kon-tre-pa-roi), s. f. Terme de métallurgie. Face externe des parois d'un fourneau. || Au plur. Des contre-parois.

— étym Contre, et paroi.

CONTRE-PARTIE (kon-tre-par-tie),s. f.\\ l°Double

d'un registee, sur lequel toutes les parties du compte sont enregistrées. || Écritures servant de vérification. || 2° Terme de musique. Partie de composition opposée à l'autre, comme la basse au dessus. || La partie du second dessus. Jouer, chanter la contre-partie. || 3° En termes de jeu, revanche. ||4° Fig. Opinion contraire. Quoi que vous proposiez, cet homme soutiendra toujours la contre-partie. || Faire la contrepartie d'un ouvrage, traiter le même sujet dans des vues opposées. || 5° Ce qui reste d'un dessin de marqueterie lorsqu'on l'a évidé pour un placage. || Au plur. Des contre-parties.

— HIST. xve s. Si revins à luy bien joyeulx; puis je luy dis comme sa contre partie [partie adverse] en avoit du pire, et que le chevalier qui tenoit son lieu faisoit tant d'armes que merveil es, Percef< rest , t. m, f° 138. S'entredonnerent moult de pesans coups, mais tant estoit pesante la contrepartie de Pallides. qu'il convint Pallides tumber par terre, ib. t. iv, f° 123.

— ÉTYM. Contre, et partie.

+ CONTRE-PAS (kon-tre-pâ), s. m. Terme d'art militaire. Demi-pas qui, dans la marche régulière d'une troupe, sert à reprendre le pas perdu. || Au plur. Des contre-pas.

— ÉTYM. Contre, et pas.

f CONTRE -PASSANT, ANTE (kon-tre-pà-san, san-t'), adj. Terme de blason qui se dit de deux animaux l'un sur l'autre dont l'un passe d'un côté, et l'autre de l'autre.

— étym. Contre, et passer.

f CONTRE-PASSATION (kon-tre-pà-sa-sion), s. f. Terme de commerce. Opération qui se fait lorsqu'un ordre passé au dos d'une lettre de change en faveur de quelqu'un, est changé par celui qui reçoit la lettre, en un autre ordre, en faveur de celui de qui il la reçoit. \\Au plur. Des contre-passations.

— étym. Contre, et passer.

f CONTRE-PASSE (A) (kon-tre-pà-s'), loc. adv. Scier à contre-passe, scierie marbre en débitant les tranches sur la hauteur du bloc.

— ÉTYM. Contre, et p<m'> r.

f CONTRE-PASSER (kon-tre-pâ-sé), r. a. Terme de commerce. Faire une contre-passation.

— ÉTYM. Contre, et passer.

f CONTRE-PENSER (kon-tre-pan-sé), r. n. Revenir sur des pensées, réfléchir, et aussi avoir une pensée. contraire à une autre pensée.

— HIST. xne s. E le liu certeinement espie ù il seit; kar bien cuntrepense [réfléchis] que jo lo aguait, Rois, 92. ||xv* s. Et ceux de Calais contrepensoient le contraire, froiss. i. i, 309. Tant pensèrent et contrepen-erent, qu'ils s'arresterent de faire ce qui s'ensuit, louis xi, Nouv. xxxin.

— ÉTYM. Contre, et penser.

f CONTRE-PENTE (kon-tre-pan-f), s. f. Pente opposée à une autre pen'e. || Inégalité de terra. n qui

CON

porto les eaux ailleurs que là où l'on voudrait qu'elles allassent. || Versant le plus abrupt d'une chaîne de || Inclinaison latérale des allées afin d'empêcher les eaux d'y séjourner. || Au plur. Des contre-pentes.

— ÊTYM. Contre, et pente.

[CONTRE PERCER (kon-tre-pèr-sé ; le c prend une cédille devant a et o : contre -perçant), c. a. Terme de métier. Percer dans un sens contraire.

— ËTYM. Contre, et percer.

CONTRE-PESÉ, ÉE (kon-tre-pe-zé, zée), part.

passe. Lue masse contre-pesée par une autre. || Fig. Ceux qui ont ouvert la carrière.... méritaient.... la considération; mais elle a été contre-pesée par de grands dégoûts , vauven. Dial. Mol. le jeune homme.

CONTRE-PESER (kon-tre-pe-zé; la syllabe pe prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette : je contre-pèse), v. a. || 1° Faire contre-poids. Il faillirait toujours un même poids pour contrepeser l'eau, pasc. Équil. des liqueurs, i. Je veux expliquer pourquoi un poids de quatre livres est contre-posé par un poids d'une livre, volt. Neivt. i, 10. || Absolument. Si on porte un grand poids d'un coté, on se sert de l'autre pour contre-peser, boss. Conn. de Dieu, 11, <3.||2° Fig. L'orgueil contrepèse toutes nos misères; car, ou il les cache, ou, s'il les découvre, il se glorifie de les connaître, pasc. Pens. part. < . art. 6.

— HIST. XIIIe s. Et por ce pot on mètre a paine trop grant estimation en contrepeser le damace du servage à le [la] feme, beaum. xi.v, 25. || xives. Quant la passion, si comme seroit la bateure, est mesurée et contrepesée, donques ce que un a soufi'ert est appelle damage, oresme , Eth. H8. || xvie s. Si l'homme estoit contrepoisé avec la vanité, il seroit trouvé plus vain qu'icelle mesme , calvin, Inslit. 207. Ils semblent contrépoiser en une mesme balance les bonnes œuvres et mauvaises, id. ib. 657. Celuy qui contrepoisé son coust [de la vertu] à son fruict, mont. I, 70. Le prouffit ne contrepoisé point au danger [ il y a plus de danger que de profit], M. du bell. 3C3. Ceux là sont reputez bien heureux, auxquels la fortune a contrepezé le bien avec le mal, amyot, P. .Fin. 57.

— ÉTYM. Contre, et peser; provenç. contrapezar ; anc. espagn. conlrapesar ; ital. contrappesare.

f CONTRE- PETTERIE (kon-tre-pè-te-rie) , s. f. Hasard par lequel une ou plusieurs lettres interverties dans la prononciation forment un nouveau sens, souvent fort ridicule, comme lorsque, dans une tragédie, un acteur s'écria: Trompez, sonnettes, pour: Sonnez, trompettes. || Au plur. Des contrepetteries.

— HIST. xvr s. Ne voulant user du mot et jargon des bons compagnons, qui les appeloient des contre-peteries 1 par exemple: un chapeau de rose, un rapeau de choses , des accords , Bigarr. Contrepèteries.

— ÉTYM. Contre, et péter dans le sens de rendre un son : rendre un son l'un pour l'autre.

CONTRE -PIED (kon-tre-pié; le d ne se lie jamais), s. m. Il 1" Terme de chasse. Voie que la bête a suivie, et que les chiens, se trompant, prennent au lieu de la voie que la bète continue. Suivre le contre-pied, suivre les traces à rebours. || 2" Fig. Le contraire d'une chose. Les gens avaient pris justement Le contre-pied du testament, la font, l'abl. 11, 20. Je chanterai fort bien le contre:pied de la chanson, sév. 241. Prenez le contre-pied, et montrez qu'il n'y a rien à craindre, boss. Lett. quiét. (45. Il faut donc prendre le contre-pied de ses sentiments, id. Aiirt. 5. Il faut prendre le contre-pied de tout ce que vous avez l'ait, 1. j. rouss. Ém. iv. Prenez le contre-pied de l'usage, id. ib. 11. ||3°S contre-pied, loc. adv. Il faut aller tout à conli de ce qu'on veut lui inspirer, sév. 347. || Il n'a point de pluriel.

— hist. xvie s. Ascagne prend le contre-pied [d'un avis émis en un conseil de guerre], exalte les forces fraisches et choisies par la chrestienté.... d'aub. Jlist. 1, 244.

— ÉTYM. Contre, et pied; provenc. contraprs.

t CONTRE- PILASTRE (kon-tre-pi-la-str') , s. m. Terme d'architecture. Pilastre placé vis-à-vis d'un autre. || Au plur. Des contre-pilastres.

— ÊTYM. Contre, et pilastre.

t CONTRE-PIQUBR (kon-tre-pi-ké) , v. a. Répondre à une parole piquante par une parole piquante.

— HIST. xvr s. Pour le contrepicquer d'un pareil traict de moquerie, il feist une chanson à l'imitation de la sienne, amyot, Flam. 15.

— ÉTYM. Contre, et piquer.

DtOT. d;-. LA langue française.

CON

t CONTRE -PLANCHE ( kon-tre-plan-ch' ) , s. f. Terme de gravure. Deuxième planche d'un dessin qui porte le mordant sur les endroits non touchés par une première planche. || Au plur. Des contreplanches.

— ÉTYM. Contre, et planche.

f CONTRE -PLANTER ( kon-tre-plan-té ) , v. a. Terme d'agriculture. Planter près de ce qui est déjà planté, pour ne pas laisser oisive la terre.

— ÉTYM. Contre, et planter.

CONTRE-PLATINE (kon-tre-pla-ti-n'), s. f. Pièce

de métal placée du côté opposé au corps de platine d'un fusil ou d'un pistolet, et percée à ses deux extrémités pour recevoir la tète des vis qui retiennent

I corps de platine. || Au plur. Des contre-platines.

— ÉTYM. Contre, et platine.

CONTRE-POIDS (kon-tre-pol ; ï's se lie : un con-

tre-poî-z efficace), s. m. || i° Poids contre-balançant l'action d'un poids ou d'une force. Le contre-poids d'une horloge. Contre-poids de tourne-broche, poids qui, avec le balancier, sert à régler le tournebroche. Il Équilibre. Tellement que le poids de ce vif-argent ayant autant de force pour tomber que le poids de l'eau apourle pousser en haut, tout demeure en contre-poids, pasc. Équil. des liqueurs, m.

II Fig. Sans doute ils [les poètes] avaient quelque chose de meilleur en eux que le vulgaire.... en contrepoids, ils avaient aussi des vices bien insupportables; c'étaient les plus fantasques et les plus inconstants du monde, Francion, liv. v, p. (9I.||2" Balancier dont les funambules se servent pour se tenir en équilibre. || Terme de manège. Aplomb du cavalier sur la selle. || 3° Fig. Ce qui contre-balance, ce qui compense. Le peu qu'ils ont gagné vous fait assez juger Qu'ils n'y mettront jamais qu'un contre-poids léger, corn. Nicom. ni, 6. Un grand roi pèse tout d'un contre-poids égal, Rend le bien pour le bien et le mal pour le mal, rotr. Anlig. iv, i. Nous ne nous soutenons pas dans la vertu par notre propre force, mais par le contre-poids de deux vices opposés, comme nous demeurons debout entre deux vents contraires, pasc. dans cousin, à quelque rang et. à quelque degré qu'un pécheur soit élevé, il a, dans la vue de ses égarements passés, un contrepoids qui le rabaisse et qui lui sert de préservatif contre toutes les attaques d'une vaine estime de luimême, bourd. Pensées, t. 1, p. 394. Pour lui servir de contre-poids, boss. 1, Prof. 1 . Par un conseil de la Providence divine, qui sait donner aux conditions les plus élevées leur contre-poids, cette grandeur que nous admirons de loin touche moins quand on y est né ou se confond elle-même dans son abondance, boss. Marie-Thér. Sous le sage Michel le'I'ellier, le conseil fit sa véritable fonction , etl'autorilé de se> arrêts, semblable à un juste contre-poids, tenait par tout le royaume une balance égale, id. le Tel. J'admire le contre-poids que Dieu veut mettre à la joie que j'aurai, sév. 144. Il n'y avait à Syracuse aucun contre-poids pour maintenir ces deux corps dans un juste équilibre , rollin , Hist. ancienne, Œuvres, t. x, p. H7, dans pougens. Il n'y eut que le cœur de l'homme qui manqua de contre-poids dans la nature, chateaub. Génie, 1, 4.

— HIST. xii° s. Toutes ces armes ne valent un balois; Vilainement l'en fist le contrepois; Plaine sa lance l'abat mort enl'erbois, Rao'uldeC. 97. || xnr s. Or demendel'en se l'enpuet partir [partager] beste, qui vaut mains [moins] morte que vive? et l'en dit que non; mes l'en doit fere contrepois de pecune contre la beste, et li chois est à celi qui n'a mestier départir, Liv. de just. <54. || xvie s. Juger de la force d'une place par l'estimation et contrepoids des forces qui l'assaillent, mont, i, 53. D'autant plus que l'ame est plus vuide et sans contrepoids, elle se baisse plus facilement sous la charge de la première persuasion, id. i, 200. C'estoit un peu de mal en contrepoids d'une très grande félicité, amyot, Cam. 12. 11 eut pour contrepoids Themistocles.filz de Neocles, qui favorisa tousjours l'estat populaire, id. Arist. 4. Ceste force estant divisée en deux parts maintenoit la chose publique en égal contrepoids, id. Pomp. a~>.

— ÉTYM. Contre, et poids; provenç. conlrapes; espagn. conlrapeso; portug. contrapezo; ital. contrappeso.

CONTRE-POIL (kon-tre-poil') . s. m. Le sens contraire à l'inclinaison naturelle du poil. || Â contrepoil, loc. adv. Étriller un cheval à contre-poil. || Fig. Sans soin de l'avenir, je te laisse le bien Qui vii ni à contre-poil alors qu'on ne sent rien, RÉGNIER, Sot. iv. Il Prendre une affaire ïteon re poil, la prendre du côté le moins favorable. || Prendre quelqu'un à contre-poil, agir avec lui de manière à le choquer, à lui déplaire. || Il n'a pas de pluriel,

CON

— HIST. xvc s. Tout y alloit ce dessus dessous.... tout y alloit contre poil et contre ongle, g. ciiastelain, dans \e Dict. dcnociiEz. || xvie s. Tout me vient à contre poil, oudin, Curios. franr. add. Les murailles de la ville assiégée s'en allèrent sans aulcun effort en ruine; la fortune feit tout à contrepoil en nos guerres de Milan [une mine ayant sauté et le mur étant retombé en place], mont, i, 254.

— ÉTYM. Contre, et poil.

t CONTRE -POINÇON (kon-tre-poin-son), s. m. Outil de fer, de forme ronde, qui sert aux serruriers pour contre-percer les trous et river les pièces. H Tige d'acier présentant le creux d'une lettre. || Au. plur. Des contre-poinçons.

— ÉTYM. Contre, et poinçon.

f CONTRE- POINÇONNER (kon-tre-poin-so-né), v. a. Enfoncer le contre-poinçon dans la pièce qu'on, veut marquer.

— ÉTYM. Contre-poinçon.

i. CONTRE- POINT (kon-tre-poin) , s. m. || 1° L'art de composer la musique à plusieurs parties. L'objet du contre-point est d'enseigner à disposer plusieurs parties secondaires autour d'une partie principale, invariable, en ayant égard aux diverses valeurs et figures de notes admissibles dans les parties, ciioron. et lafage, Manuel de musique, liv. iv. Cette question agitée depuis environ deux siècles au sujet de l'ancienne musique, et qui consiste à savoir si les Grecs et les Romains ont connu en ce genre ce qu'on appelle contre-point ou concert à plusieurs parties, a produit divers écrits pour et contre, rollin, Hist. anc. t. xi, i" partie, p. 251, dans pougens. Il 2" La musique même qui est écrite en contrepoint. Contre-point simple, celui qui n'est fait que pour une seule position. Contre-point double, ou complexe, ou artificieux, celui où quelque partie est écrite de telle sorte qu'elle puisse être transposée ou renversée, etc. Contre-point de note pour note, celui où les notes entendues ensemble sont toutes d'égale valeur. Contre-point de deux, trois, quatre notes pour une; ces mots n'ont pas besoin de définition. Contre-point fleuri, celui qui est formé de la réunion des précédents et qui permet au compositeur de jeter une grande variété dans les accompagnements. Il Composition à deux ou plusieurs voix, écrite sur un chant donné. \\Au plur. Des contrepoints.

— SYN. contre-point , harmonie. L'harmonie étudie seulement les sons en tant qu'ils peuvent ou ne peuvent pas aller correctement ensemble. Le contre-point s'occupe en outre delà valeur des notes et du dessin qu'elles forment. Supposons une note telle qaeut, accompagnée, en quatre notes égales, par cesquatre-ci ut mi sol mi ou par celles-ci ut sol mi sol, ce sera la même harmonie, parce que ce sont les mêmes notes qui entrent dans l'accord; ce seront deux contre-points différents, parce que les notes ne sont pas dans le même ordre.

— HIST. xve s. Je vous montreray la figure Du contrepoint et la mesure Des semibreves accorder, De feindre la voix, de monter, Et deschanter à rebours, e. desch. Poésies mss. t" 31 \ , dans lacurne. Il estoit miste gent et sade, Il entendoit son contrepoint, Villon, Repues franches. "| | xvi° s. L'artillerie adonc ne faillit point A déchanter un si hault contrepoint Qu'on n'ouit onc musique de la sorte, j. maro r, p. 32, dans lacurne. Il voulut commencer par un cri iin prélude, Plein de beaucoup de grâce et de beaucoup d'estude, D'excellents contrepoints simples ei figurez, Des meslanges de sonsvistes et modérez, Amours de Tristan, p. 208, dans lacurne.

— ÉTYM. Bas-lat. cantus contrapunctus ; ital. controppunto; de contre (voy. contre), et point (voy. point), parce que, les notes étant figurées par des points sur la portée, ce sont réellement des points contre dos points.

f 2. CONTRE-POINT (kon-tre-poin). s. m. Terme de marine. Bout de ralingue ajouté aux points des voiles sur la ralingue même, pour la renforcer.

f I. CONTRE-POINTE (kon - tre- poin - f), s. f. Terme d'escrime. La partie tranchante du bout du dos de la laine d'un sabre. || Le maniement du sabre, de tranchant et de pointe. || Au plur. Des contrepointes.

f 2. CONTRE-POINTE (kon-tre-poin-f), s. /'. Synonyme de courte-pointe.

— HIST. xv's. Il vint à l'huys, il entl 1 de Mn i 1 1 trouva une damoyselle qui se gisoit dedans ung la couvert d'une contrepoincte vermelle, I

lac, t. 11, f°56. || .\\ r s. 1 Ile envoya quérir un bon lit garni de linceux, mante et contre-pointe, maki..

IVOlttJ. XXXVIII,

— ÉTYM. Contre, et pointe; voy. contre-pointer.

CON

CON

Mais il est po^ible aussi que contre-pointe soit une tion de coulte-pointe ou coulre pointe, altéré, d'autre part, en courte poi \te voy. ci o

CONTRE-POINTE (kon-tre-poin-tf), s. f.

Terme de manne. Laize qui fait les côtés d'une

CONTRE -POINTÉ, ÉE (kon- tre-poin- té. tée), part passé. Jupe contre-pointée. || Terme de blason. Se dit des pièces ayant les pointes en regard 1 une

de l'autre. ... „.

CONTRE-POINTER (kon-tre-poin-te), 0. a. || 1 fiqu r une étoffe des deux côtés. Contre -pointer une jupe. || 2° Terme d'artillerie. Opposer une batterie à une autre. Contre-pointer du canon. || 3° 'terme de blason. Mettre pointe contre pointe sur lécu. M 4° Fig Contredire, contrecarrer. Il prend plaisir a le contre-pointer en toute occasion. || Peu usité en ce sens.

— HlST xvi" s. Puis, se recordant du moyen que Teu son oncle lui avoit délaissé pour tromper ses ennuis, se mit à contrepointer [mettre en contrepointl une chanson, desper. Contes, en Un corps ue fer un pourpoint contrepointé afin de tenir le corps droit et menu, paré, Introd. 2. La face de ce grand ciel azuré, paré et contrepointé de tanl de beaux et reluisans diamants, charron, Sagesse,

p. 5S2, dans LACi'RNE.

— ÊTYM. Contre, et pointer.

t CONTRE- POINTIER, ÈRE (kon-tre-pom-tie,

tiè-r) s. m. et/. Matelassier, matelassière. Mlle Giraud était contre-pointière et irava liait quelquefois Chez.... I. J. rouss. Conf. IV. || Inusité.

— ÉTYM. Contre-pointer.

f CONTRE-I'OINTISTE (kon-tre-poin-ti-sf), s. m.

Terme de musique. Celui qui fait du contre-point, et par extension, celui qui ne s'occupe que de la partie scientifique de l'art. || On dit aussi contrapuntiste. \\Àu plur. Des contre-pointistes.

— étym. Contre-point. Contrapuntiste vient de l'italien contrappuntista.

CONTRE-POISON (kon-tre-poi-zon), s. m. \\ i° Substance qui est peu nuisible ou qui ne l'est pas à l'é conomie, et qui, ingérée dans les voies digestives, y neutralise le poison de la même façon qu elle ferait dans un vase de laboratoire. Il donnail du contrepoison à ce pauvre mari, sév. 270. Elle prit du contre-poison qu'une vieille femme lui avait fourni, i'én. Tél. vm. || 2° Fig. Ce livre est le contre-poison des nouvelles doctrines. Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté , pour être son contre-poison, la bri'y. ni. || Au plur. Des contreoude contre-poisons, e'est-à-dire substances bonnes contre le poison ou les poisons.

— HEM. L'Académie, qui écrit contre-poison avec un trait d'union, l'a écrit, en un seul mot, contrepoison, à l'article antidote.

— isiST. xvic s. Comment se peut faire que la contre-poison puisse rabattre une telle vertu. — La substance du poison et contre-poison, pare, xxiii, 2 Les cantharides ont en elles quelque partie qui sert, contre leur poison, de contrepoison, mont, ii, 45.

— ETYM. Contre, et poison.

| CONTRE-POLICE (kon-tre-po-li-s) , s. f. Police

secrète qui surveille la police et en contrôle les rapports. || Au plur. Des contre-polices.

— ÉTYM. Contre, et police.

CONTRE-PORTE (kon-tre-por-f), s. f. Terme de

fortification. Seconde porte d'une place. || Porte légère, placée devant la porte oïdinaire poui augmenter la protection contre le froid et le vent. || Au plur. Des contre-portes.

— ÉTYM. Contre, et porte.

t CONTRE-POSÉ, ÉE (kon-tre-pô-zé, zée) , part.

passé. Pierres contre-posées. Articles contre-posés. || Terme de blason. Posé dans un sens différent, l'un sur l'autre et de haut en bas.

f CONTRE-POSER (kon-tre-pô-zé), v. a. Mal poser. || Terme de commerce. Porter inexactement un article sur un livre de commerce.

— étym. Contre, et poser.

t CONTRE-POSEUR (kon-tre-pô-zeur) , s. m. Ouvrier qui aide au poseur de pierres, c'est-à-dire à celui qui les reçoit pour les poser en alignement. || Au plur. Des contre-poseurs.

— étym. Contre-poser.

f CONTRE -POSITION (kon-tre-pù -zi-sion) , s. f.

Action de contre-poser. || Terme de blason. Po iti m différente des pièces de l'écu. || Au plur. Des contrepositions.

— étym. Contre, et position.

t CONTRE - POTENCE ( kon-tre-po-tan-s' ) , s. f.

Terme d'horlogerie Pièce portant le bouchon ur

lequel roule le pivot de la roue de rencontre. || Au plur, lies contre potences.

— étym. Contre, eXpotence.

+ CONTRE - POTENCE , ÉE (kon-tre-po-tan-sé,

sée) adj. Terme de blason. Se dit d'un écu où les potences sont opposées les unes aux autres.

— ÉTYM. Contre, et potence.

+ CONTRE - POUCE (kon-(re-pou-s'), s. m. Pièce

du métier à bas. || Au plur. Des contre-pouces.

— ÉTYM. Contre, et pouce.

f CONTRE - PRESSION ( kon-tre-prè-sion ) , s. f.

Pression contraire à une autre pression. Expériences sur la possibilité d'une infiltration capillaire au travers des matières poreuses, malgré une forte contre-pression de vapeur, daubrêe, Comptes rendus, Acad. des se. t. lu. p. (23. Il Au plur. Des contrepressions.

— ÉTYM. Contre, expression.

f CONTRE - PROFILER (kon-tre-pro-fi-lé) , V. a.

Entailler une pièce de bois, de manière que les ci eux en reçoivent les moulures qui sont en relief sur une autre pièce,

— ÉTYM. Contre, et profiler.

+ CONTRE-PROJET (kon-tre-pro-jè), s. m. Projet

formé pour en déjouer un autre. || Projet différent d'un autre projet. Le ministère proposa un projet de loi, et l'opposition un contre-projet. || Au plur. Des contre-projets.

— ÉTYM. Contre, et proji t.

f CONTRE - PROMESSE (kon-tre-pro-mè-s'j, s. f.

Écrit par lequel celui au profit de qui on a fait une promesse, déclare qu'il n'en prétend tirer aucun avantage. L'obligation demeura nulle par la contrepromesse qui se trouva. || Au plur. Des contre-promesses.

— ÉTYM. Contre, et promesse.

f CONTRE -PROPOS (kon-tre-pro-pô) , s. m. Réponse à un propos. || Propos contraire à un autre.

|| Au plur. Des contre-propos,

— ÉTYM. Contre, et propos.

f CONTRE - PROPOSITION ( kon-tre-pro-pô-zi-

sion), s. f. Proposition opposée à une autre. || Au plur. Des contre-propositions.

— ÉTYM. Contre, et proposition.

f CONTRE - PROTESTATION (kon-tre-pro-tè-sta-

sion), s. f. Protestation opposée à une protestation. La contre-protestation des communes ayant été aussitôt signifiée que la mienne, et toute réponse à ces deux écrits paraissant désormais impossible, mirabeau, Collection, 1. 1, p. I07.|| Au plur. Des contre-proi estai ions.

— ÊTYJI. Contre, et protestation.

f CONTRE-l'UlF (kon-tre-puf) , s. m. Annonce

mensongère, promesse exagérée que le prometteur sait bien qu'il ne tiendra pas, opposée à une autre faite dans des idées pareilles. C'est à moi, à mon tour, par quelque contre-mine, quelque contre-puff....

scribe, le Puff, III, 7.

—étym. Contre, et pu/r(voy. PUFF)- ■ f CONTRE-PUITS (kon-tre-pui ) , s. m. Terme d'art militaire. Fourneau pratiqué à quelque distance au-dessus de la voûte des galeries de contremine. || Au plur. Des contre-puits.

— ÉTYM. Contre, et puits.

f CONTRE- QUEUE D'ARONDE, ( kon-tre-keue

da-ron-d'), s. /'. Terme de fortification. Pièce de dehors ou ravelin en tenaille simple, moins large vers la campagne que vers sa gorge. || Au plur. Des contre-queues.

+ CONTRE-QUILLE (kon-tre-ki-lF, Il mouillées), s f. Pièce de bois d'un vaisseau, la plus longue et la plus grosse du fond de cale et qui lie les varangues avec la quille. || Au plur. Des contre-quilles.

— ÊTYM. Contre, et quille.

] CONTRER (kon-tréj, v. n. Terme de jeux de

cartes. Annoncer qu'on tient contre celui qui a le premier déclaré qu'il jouait.

— ÉTYM. Contre.

f CONTRE-RAIL ( kon-tre-rêl), s. m. Rail placé

parallèlement à un autre rail. 11 faut que l'espace compris entre chaque rail et son contre-rail soit constamment débarrassé des terres et pierres qui viennent s'y loger, Presse scientifique, i»0\, t. ni, p. 233. || Au plur. Des contre-rails.

— étym. Contre, et rail.

f CONTRE-RAISON (kon-tre-rê-zon), s. f. Raison

on. || Au plur Des contre-raisons.

— hist. xvic s. Qui pesassent , balançassent et un plein jugement les raisons et

contre-raisons de toute parts, pasquier, Lettres, t. III, p. 804 , dans LACi KM'-

— étym. Contre, et raison.

f CONTRE-RAMPANT, ANTE (kon-tre-ran-pan ,

CON

pan-t'), adj. Terme de blason. c- dil L'animaui rampant face à face.

— étym. Contre, et ramper.

| CONTRE-REGARDER (kon-tre-re gai dé), v. a.

Regarder celui qui nous regarde, et aussi regarder du côté opposé.

— étym. Contre, etregarder, T CONTRE - RETAELE ( kon-tre-re-ta-bl' ) , s. m.

Terme d'architecture. Fond du lambris où l'on place un tableau sur l'autel, et contre lequel le tabernacle et les gradins sont adossés. || Au plur. Des contreretables.

— étym. Contre, et retable.

f CONTRE-REVERS (kon-tre-re-vèr), s. m. Côté

du ruisseau opposé au plus large dans une chaussée creuse. ||Au plur. Des contre-revers.

— étym. Contre , et revers t CONTRE-RÉVOLUTION (kon-tre-ré-vo-lu-sion) ,

s. f. Révolution qui tend à détruire les résultats politiques d'une révolution antécédente. || En un sens plus étroit, le mouvement qui tend à annuller la Révolution française. Ces esprits perturbateurs et malveillants qui méditent des contre-révolutions à exécuter dans le sang de leurs concitoyens, mirabeau, Collection, t. iv, p. 348. || Au plur. Des contre-révolutions.

— étym. Contre, et révolution.

CONTRE- RÉVOLUTIONNAIRE (kon-tre-ré-vo-lu-

sio-nê-r') , adj. Qui est favorable, qui tend contre-révolution. Doctrines, mesures contre-r, volutionnaires. || Substantivement. Un contre-révolutionnaire. Les contre-révolutionnaires.

— ÉTYM. Contre-révolution.

\ CONTRE-RÉVGLUTIONNAIREMENT (kon-tre-

ré-vo-lu-sio-nè-re-man ) , adv. D'une manière contre-révolutionnaire.

— ÉTYM Contre-r^coJutionnajVf, etlesuffixe ment. f CONTRE -RÉVOLUTIONNER (kon-tre-ré-vo-lu-

sio-né), r. a. Opérer une contre-révolution.

— ÉTYM. Contre, et révolutionner.

+ CONTRE -RIPOSTE ( kon-tre-ri-po-st' ) . s. f.

Terme d'escrime. Mouvement d'épée oppose à une riposte. || Au plur. Des contre-ripostes.

— ÉTYM. Contre, et riposte.

f CONTRE-RIVURE(kon-tre-ri-vu-r), s. f. Petite

plaque de fer que l'on met entre le bois et une nvure. \\Au plur. Des contre-rivures.

— ÉTYM. Contre, et river.

+ CONTRE RONDE (kuii-tre-ron-d') , s. f. Terme

militaire. Seconde ronde faite dans une place de guerre, après une ronde. || Au plur. Des contrerondes.

— ÉTYM. Contre, et ronde.

CONTRE-RUSE (kon-tre-ru-z'), s. f. Ruse opposée

à une autre. \\Au plur. Des contre-ruses.

— HIST. xvie s. Contreruse, cotgrave

— ÉTYM. C titre, el ruse.

t CONTRE-SAEORD (kon-tre-sa-bor), s. m. 'ferme

de marine. Fenêtre qui ferme le sabord. || Vieux. || Au plur. Des contre-sabords.

— ÉTYM. Contre, et sabord.

t CONTRE-SAILLANT, ANTE ( kon-tre-sa-llan,

llan-t', Il mouillées), adj. ferme de blason. Se dit de deux animaux qui semblent s'élancer en sens contraire.

— ÉTYM. Contre, el saillant.

+ CONTRE-SAISON (À) (kon-tre-sè-zon), loc. adv.

Hors de saison. Plante qui fleurit à contre-saison.

— ÉTYM. Contre, et saison.

f CONTRE SALUT (kon-tre-sa-lu), s. m. Terme

de marine. Salut rendu immédiatement à un bâtiment ou à une batterie. || Au plur. Des contre-saluts.

— étym. Contre, e1 salut.

f CONTRE-SANGLE (kon-tre-san-gl'), s. f. Synonyme de contre-sanglon.

— hist. xine s. Les estrivieres et les cainglfis [étaient] De soie avoec les contreçaingles, FI. et

Bl. H 91.

— ÉTYM. Contre, et sangle.

CONTRE-SANGLON (kon-tre-san-glon). s. m.

Courroie clouée sur l'arçon de la selle, et qui sert à arrêter la boucle de la sangle. || Contre-sanglon de giberne || Au plur. Des contre-sanglons.

CONTRESCARPE (kon-trè-skar-p'), s. f. Terme de fortification. Pente du mur extérieur du fossé, celle qui fait face à l'escarpe. || Par extension, le chemin couvert et le glacis. Une foule de volontaires courut attaquer la contrescarpe, voi r. Louis 27F, 9. || Par plaisanterie. L'autre.... en qui les rides font -carpes, remparts.... Régnier. Sa!, xi.

— KEM. L'Académie ,.i contrescarpe en un seul mot, bien qu'il soit formé comme contre-ordre et plusieurs autres.

CON

CON

CON

— Msr. xvi0 s. En peu de temps, comme à une mauvaise muraille, la brèche fut raisonnable, bat-

■ courtine par deux moieanes, et de plus

iandé eu front 'l'une barriquade plantée sur

itrescarpe plus haute que son escarpe, d'aub.

Hist. I, 384. Les contrescarpes servent en quelque

manière, et en doit êstre l'allée couverte assez large,

LANGUE, p. 405, dans LACL'RNE.

— ÊTYM. Contre, et escarpe.

f CONTRESCARPER (kon-trè-skar-pé), v.a. Munir, garnir d'une contrescarpe.

CONTRE-SCEL (kon-tre-sèl) , s. m. Petit sceau ê sur le tiret du parchemin qui attache les lettre- scellées en chancellerie. || Figure imprimée au 5 du sceau principal. || Ancien terme de pratique. Sceau qu'un juge apposait sur des effets déjà par un autre juge. [| Au plur. Des contre-scels.

— HIST. xive s. [Un garde-scel dit avoir] scellé les présentes lettres du scel de la prevostéede Chaumont et de son propre scel et contrescel, Ordonn. des rois de Fr. t. m, p. \\.

— ÊTYM. Contre, et scel.

CONTRE-SCELLË, ÉE (kon-tre-sè-lé, lée), pari.

passé. Lettres contre-scellées.

CONTRE- SCELLER (kon-tre-sè-lé), v. a. Terme de chancellerie. Mettre le contre-scel.

— ÉTYM. Contre-sel.

CONTRE-SEING (kon-tre-sin; le g est toujours muet), s. m. || 1° Signature de celui qui contre-signe. Avoir le contre-seing d'un ministre, avoir l'autorisation de signer au nom d'un ministre. || 2° Droit de contre-signer les lettres et les paquets pour qu'ils soient exempts des frais de poste. || Apposition de ce contre-seing. Vous pourriez lui faire parvenir à lui [de Gérando], sous le contre-seing, votre ouvrage et celui de M. Coraï, p. l. cour. Lelt. il, io. || 3" Petit seing mis à côté d'un autre seing ou au dessous. || Au plur. Des contre-seings.

— ÉTYM. Contre, et seing.

t CONTRE -SEMPLER (kon-tre-san-plé) , v. a. Terme de manufacture. Transporter un dessin d'un semple dan- un autre.

CONTRE - SENS (kon-tre-s in : l's se lie : un kontre-san-z inexcusable), s. m. || 1° Erreur que l'on commet soit dans l'expression de sa propre pensée soit dans la traduction de la pensée d'un autre. Vous prenez ie contre-sens de mes paroles. || Interprétation opposée au véritable sens d'un texte. Cette traduction est pleine de contre-sens. || Manière de lire, de déclamer, en désaccord avec le sens des paroles. Cet acteur fait sans cesse des contre-sens. || Fig. C'est encore un des contre-sens des éducations communes, j. j. rolss. Ém. il. Si LuMgnan ne rappelait à sa fille que les banquets et les joies de l'Olympe, cela ne formerait qu'un dur contre-sens, chateaub. Génie, îi, il, 5. || A contre-sens, loc.adv. Contrairement au sens. Qui parle d'offenser grand'mère ni giand-père? — .... Grammaire [qui se prononçait alors comme grand'mère] est prise à contre-sens par toi, mol. Femmes sav. n, t>. Il n'applaudit qu'à contre sens, id. Le Bourg, i, I. Qui louent tout à contre-sens, id. Critique, 6. Ces passages pris à contre-sens par l'auteur, boss. i" écrit. Un tournera à contre-sens toutes ses paroles, id. Purif. t. Ces sophistes qui prennent les choses à contre-sens, id. Déf. eomm. Pour trouver la vérité, il faut tourner le dos à la multitude, et savoir que les opinions communes sonl la ri gle des opinions saines, pourvu qu'on les prenne à contre-sens, fonten. Dial. v, anciens et mod. L'abb [Servien], impatienté de tant de servitudi re efrain [qui était à la louange

du roi J l'uri | j i . 1 1 ■ ; 1 1 i 1 1 1 1 ■ ■ 1 1 1. à contre - sens , st-sim. 332, iu;>. || 2" La direction contraire à celle dans laquelle certaines choses doiveul être prise-. En faisant ce manteau on a pris le contl l'él iffe. || l'rendre le contre-sens d'une affaire, la prendre à contre-pied. || A contre-sens, loc. adv. Dans la direction opposée. Une dentelle cousue à contre Un fer frotté d'aimant attire un autre fer, mais il perd cette vertu lorsqu'il est Trotté à contre-sens, rohault, Physique, dans bichelet. || Fig. Cette méthode est à contre-sens, j. J. rouss. Ém îv. || 3° Déraison, ce qui est contre le bon sens A peine entre nus mains il se voit sans espoir, Qu'usant d'un stratagème à combattre le nôtre, Il veut obstinément qu'on l'ait pris pour un autre, Et d'un tel contre-sens soutient tout ce qu'il dit, Qu'il semble qu'en effet il ait perdu l'esprit, th. corn. le Geôlier di soi-même, n, 6. || Vieux en ce sens.

— HIST. xvic s. Mes conceptions et mes pensées sont prises à cmitre-sensetsinistrement interprétées, sully, dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Contre, et sens.

f CONTRE-SIGNAL (kon-tre-si-gnal), s. m Signal double ou accessoire qui se donne afin de fournir un double moyen de reconnaissance. \\Au plur. Des contre signaux.

— ÉTYM. Contre, et signal.

f CONTRE -SIGNATAIRE (kon-tre-si-gna-tê-r') , s. m. Celui qui contre-signe un acte. \\ Au plur. Des contre-signataires.

— ÉTYM. Contresigner.

CONTRESIGNÉ , ÉE (kon-tre-si-gné, gnée), part. passé. Qui est muni d'un contre-seing. Je voudrais que Dieu lui envoyât des lettres patentes contre-signées Mathusalem, volt. Lett. à Calh. 132.

CONTRE-SIGNER (kon-tre-si-gné), v.a. || 1° Signer une pièce après celui dont elle émane. Un ministre contre-signe les ordonnances du souverain. || Apposer sa signature à un acte pour en attester l'authenticité. || 2" Mettre le contre-seing sur t'enveloppe des lettres ou des paquets qui viennent des bureaux d'une administration, afin qu'ils soient exempts des frais de poste. A tout hasard j'ai pris des doubles et vais tâcher de faire contre-signer cet énorme paquet, dider. Lett. à Grimm.

— ÉTYM. Contre, et signer.

f CONTRE-SIGNEUR (kon-tre-si-gneur) , s. m. Celui qui met un contre-seing sur des lettres et des paquets, pour qu'ils soient exempts des frais de poste. Il le fera contre-signer par M. le duc de Praslin ou par quelque autre contre-signeur, volt. Lett. Chalotais, 21 mars 1 7 0 3 . \\Au plur. Des contre-signeurs.

— ÉTYM. Contresigner.

f CONTRE-SOL (kon-tre-sol) , s. m. Terme d'horticulture. Vase servant à la culture de certaines plantes qui craignent d'être exposées au soleil. || Au plur. Des contre-sol, c'est-à-dire des vases contre le soleil.

— ÉTYM. Contre, et sol, apocope de soleil.

| CONTRE-SOMMATION (kon-tre-so-ma-sion), s. f. Terme de pratique. Acte par lequel une tierce personne appelée en garantie en appelle elle-même une quatrième pour se faire garantir à son tour. Il Au plur. Des contre-sommations.

— ÉTYM. Contrcsommer.

t CONTRE-SOMMER (kon-tre-so-mé), v. a. Terme de pratique. Faire une cuntre-somination.

— ÉTYM. Contre, et sommer.

| CONTRE-SOMMIER ( kon-tre-so-mié), s. m. Peau dont le parcheminier couvre le sommier sur lequel il rature les peaux. || Pièce de bois carrée qui soutient le sommier d'une presse à imprimer. \\Au plur. Des contre-sommiers.

— ÉTYM. Contre, et sommier.

f CONTRE-SON (kon-tre-son) , s. m. Son répercuté, y Au plur. Des contre-sons.

— HIST. xvi" s. Ils ne s'entrentendent parler à cause du contre-son que rendent les bois, nommé par les poètes fabuleusement écho, carl. vi, 25.

— ÉTYM. Contre, et son.

t CONTRE-SORTIE (kon-tre-sor-tie) , s. f. Terme militaire. Offensive que prennent les assiégeants pour repousser une sortie des assiégés. || Au plur. Des o mire-sorties.

— ÉTYM. Contre, et sortie.

t C0NTRE-S0UP1RER (kon-tre-sou-pi-ré) , v. n. Soupirer en retour, en parlant d'amour. Et pour prix des soupirs que j'ai su vous tirer, Écoutez, je commence à contre-soupirer, th. corn. Comtesse d'orgueil, iv, G.

— ÉTYM. Contre, et soupirer.

f CONTRE-STIMULANT, ANTE (kon-tre-sti-mulan, lan-t'), adj. Terme de médecine. Qui a la propriété, en parlant de médicaments, de combattre un état dit stimulation qui accompagne et détermine beaucoup de maladies. || Substantivement. Les contre-stimulants.

— ÉTYM. Contre, et stimulant.

t CONTRE -STIMULATION ( kon-lre-sti-mu-lasion), s. f. Terme de médecine. Action des contrestimulants.

| CONTRE STLMULISME (kon-tre-sti-mu-li-sm'), s. m. ferme de médecine. Système dû à Rasori, célèbre médecin italien, d'après lequel, les maladies étant dui 1 àun excès de stimulation, on détermine par l'empirisme les substances qui sont centre-stimulantes.

— ÉTYM. Voy. contre-stimulant.

f CONTRE-STIMULISTE (kon-tre-sti-mu-li-st'), s. m. Nom donné aux médecins qui adoptent les principes du contre-stimulisme.

f CONTRE-SUJET (kon-tre-su-jè), s. m. Terme de musique. Second ou troisième sujet dans une fugue qui en admet plusieurs. En ce qui concerne la double-fugue, on doit observer que le chant par lequel le morceau commence et qui en est le premier su-

jet, se nomme simplement sujet; et que tous les autres sont autant de contre-thèmes ou contre-sujets, choron et lafage, Manuel de musique, liv. v, section 2, § 3. \\ Au plur. Des contre-sujets.

f CONTRE-SÛRETÉ (kon-tre-su-re-té) , s. f. Sûreté donnée en retour d'une autre. || Au plur. Des contre-sûretés.

— HIST. xvi° s. Seront envoiez pour tenir hostage dans la Rochelle jusques à ce que tous soient rendus aux lieux qu'ils choisiront, les seigneurs de la Hunandais et de Milly demeurans pour contre seurté en l'armée, d'aub. Hist. ir, 156.

— ÉTYM. Contre, et sûreté.

f CONTRE-TABLE (kon-tre-ta-bP) , s. f. Terme d'architecture. Voy. contre- retable.

f 1. CONTRE-TAILLE (kon-tre-ta-li', Il mouillées), s. f. Terme de musique. La contre-taille ou hautecontre est opposée à la taille, desc. Mus. || Inusité.

— ÉTYM. Contre, et taille.

| 2. CONTRE-TAILLE (kon-tre-ta-lP, Il mouillées), s. f. Tenue de graveur. Se dit des tailles qui croisent les premières tailles. || Au plur. Des contretailles.

— ÉTYM. Contre, taille.

1 3. CONTRE-TAILLE (kon-tre-ta-lP , Il mouillées), s. f. Seconde taille servant de contrôle à la taille sur laquelle le boulanger marque les pains fournis. \\Au plur. Des contre-tailles.

— HIST. xvie s. Quant quelque personne fait demande de quelque somme de deniers à cause de quelconque sorte de marchandises que ce soit livrée sur taille, et que le demandeur fait exhibition de sa taille, requérant que l'adjourné exhibe sa contretaille.... Couslum. génér. t. n, p. 956.

— ÉTYM. Contre, et taille.

fCONTRE-TAILLER(kon-tre-ta-llé, Il mouillées),

v. a. Terme de gravure. Couvrir de contre-tailles.

— ÉTYM. Contre-taille 2.

f CONTRE-TASSEAU (kon-tre-ta-sô) , s. m. Bois qui supporte le chevalet. || Au plur. Des contre-tasseaux.

— ÊTYM. Contre, et tasseau.

CONTRE -TEMPS (kon- tre-tan ; l's se lie : un contre-temps inattendu, dites : un contre-tan-z inattendu), s. m. || 1° Inopportunité. Dans quel contre-temps êtes-vous revenue? corn. The et Bérén. m, 5. Et d'un tel contre-temps il fait tout ce qu'il fait Que, quand il tâche à plaire, il offense en effet, id. le Ment. 1, l. Voyez quel contre-temps Attale prend ici, id. Nicom. m, 4. Quel honteux contre-temps de vertu délicate S'oppose au beau succès de l'espoir qui vous flatte? id. Sertor. I, 1. Quittez ces contre-temps de froide raillerie, id D. Sanche, 1, 4. || Tomber dans un contre-temps, danî des contre-temps, se trouver inopinément dans des circonstances qui dérangent les mesures prises. Il Accident inopiné qui rompt les mesures prises, qui dérange les projets. Que l'heureux contre-temps d'un si rare service.... corn. Oihon,u, 5. Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie, rac. Esth. m, I. Ordres qui causèrent divers contre-temps dans l'exécution, fén. Tél. xm. || À contre-temps, loc. adv. En prenant mal son temps, mal à propos. Ce qu'il fait à contre-temps est mal fait, fén. Tél. xxiv. Les justes ont appris qu'il faut reprendre à temps et à contre-temps, mass. Car. Mélange. || 2° Terme de musique. La partie faible de la mesure ou du temps. Il Aller à contre-temps, se dit lorsque l'exécutant manque à la mesure. || On dit aussi qu'une mesure est à contre -temps quand il y a un silence au temps fort. Commencer à contre-temps, se dit quand on commence au quart, au milieu, etc. de la mesure, la première partie de cette mesure étant occupée par un silence. On appelle au piano contretemps quand, dans le même temps, une main fait trois notes et l'autre deux, ou une main quatre notes, l'autre cinq. || 3° Terme de danse. Action de sauter sur un pied, avant de poser l'autre qui est en Pair. Plusieurs [pantomimes] font des contretemps, et ne prennent pas bien la cadence, d'allancourt, Lucien, danse. || L'art de la danse distinguait autrefois plusieurs contre-temps différents. Il y en avait trois dans le menuet seulement : il y avait le contre-temps de gavotte ou contre-temps en avant; le contre-temps de chaconne ou contre-temps ouvert. Tous ces contre-temps sont aujourd'hui peu usités ou plutôt ils entrent dans des pas figurés. Par exemple, c'est un contre-temps qui commence l'enavant-deux. || 4° Terme de grammaire. Expressiop tirée de la musique et qui se dit de tout accent qui tombe où il ne doit pas tomber. || 5" Terme d'escrime. Faute des deux combattants, qui, s'alhni géant en môme temps, se portent un coup fourré j

CON

CON

et aussi, méprise de l'un des combattants qui saisit un lerap'sfaux qu'on lui présente àdessein. j| 6° Terme de manège. Interruption de la cadence d'un cheval. || Passage subit et inattendu de l'action à l'inaction; soubresaut, qui indique l'altération du flanc du cheval dans la pousse.

— HIST. xvie s. D'un seul clin d'oeil ou d'une seule parole échappée à contre temps.... suLLY,dans le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Contre , et temps.

f CONTRE-TENANT (kou-tre-te-nan), s. m. Champion qui dans les tournois tenait contre un autre champion. Des contre-tenants.

— êtym. Conlre-tenir.

f CONTRETENIR (kon-tre-te-nir) ,r. a. || 1° Terme

de métier. Soutenir par derrière avec le marteau ou le maillet, pendant qu'un autre frappe par devant. || 2° Terme de marine. Lâcher en douceur un cordage qu'on retient à demi.

— HIST. xiie s. La bêle, des nompers [sans pareilles] laflour, Ne faites vostre pris mentir, Par trop merci contretenir, ciirestien de.troies, dans Mss. de poésies fr. avant 4300, t. m, p. I2G5, dans lacubne. || xme s. Dame vaillans, gracieuse et jolie, Comment se puet uns eu rs contretenir À vo biauté? ib. t. iv, p. 1379. || xve s. Yvain l'attaignit le premier, tellement qu'il luy perça son escu; mais le haulbert estoit fort et serve qui contretint le coup que oneques maille n'en rompit, Lancelot du Lac, t. m f" 26. Pourquoy tant mecontretenez?ktJ(esi<rrect.'deJ. C. Mystère. \\ xvie s. Et ceux qui par lalutte huilée Contre-tenoient les bras courbez, rons. 52t.

— ÉTYM. Contre, et tenir.

CONTRE-TERRASSE (kon-tre- tè-ra-s') , s. f. Terme

d'architecture. Terrasse appuyée contre une autre plus élevée. ||.4w plur. Des contre-terrasses.

— Étym. Contre, et terrasse.

CONTRE -TIRÉ, ËE (kon-tre-ti-ré, rée) , part.

passé- Estampe contre-tirée.

C0NTRE-T1RER (kon-tre-ti-ré), v. a. Terme de gravure et de dessin. || 1° Faire la contre- épreuve d'une estampe ou d'un dessin. || 2° Copier trait pour trait en calquant, Contre-tirer un plan. || Peu usité en ce sens.

— ÉTYM. Contre, et tirer.

■ f CONTRE - TRAHISON (kon-tre-tra-i-zon) , s. f. Trahison opposée à une trahison. || Au plur. Des contre-trahisons.

— HIST. xvr s. 11 vaut mieux aller attaquer une place pour la surpendre, lorsque personne ne vous tient la main, que si quelque traistre la conduict; car pour le moins estes vous asseuré qu'il n'y a point de contre trahison, montluc, Comment, liv. i, ani543.

— ÉTYM. Contre, et trahison.

f CONTRE-TRAME (kon-tre-tra-m'), s. f. Trame,

intrigue, opposée à une autre trame. \\ Au plur. Des contre-trames.

— HIST. xvie s. Ils cogneurent bien par les contre-trames de M. de Vieille-ville que.... carl. vi, 47.

— ÉTYM. Contre, et trame.

f CONTRE-TRANCHÉE (kon-tre-tran-chée) , s. f.

Terme d'art militaire. Tranchée ouverte par les assiégés. || Au plur. Des contre-tranchées.

— ÉTYM. Contre, et tranchée.

f CONTREVAIR (kon -tre-vêr), s. m. Terme de

blason. Vair où la disposition des pièces est différente, c'est-à-dire que la pointe des petites pièces d'azur est opposée à la pointe des pièces de même couleur, et la pointe des pièces d'argent est opposée à la pointe des pièces de même métal.

— ÉTYM. Contre, et vair.

f CONTREVAIRË, ÉE (kon-tre-vê-ré, rée), adj.

'ferme de blason. Chargé de contrevair.

f CONTRE - VALEUR ( kon-tre-va-leur ), s. f. Terme de commerce. Valeur donnée en échange de celle que l'on reçoit. \\Au plur. Des contre-valeurs.

— étym. Contre, et valeur.

CONTREVALLATION (kon-tre-val-la-sion), s. f.

Terme de fortification. Fossé et retranchement qu'on fait tout autour d'une place assiégée, pour en couper les communications. Lignes de contrevallation. À proprement parler, la ligne ou fortification qu'on dresse autour d'une ville assiégée pour empêcher les sorties, s'appelle contrevallation, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 545, dans pougens.

— ÉTYM. Contre, et le latin vallatio, palissade, de rallus, pieu.

T CONTREVALLER (kon-tre-val-lé) , v. a. Terme de guerre. Munir d'une contrevallation.

— étym. Voyez contrevallation.

CONTREVENANT, ANTE (kon-tre-ve-nan, nan-t') ,

S. m. et/". Celui, celle qui contrevient, qui enfreint

une défense de police. Les contrevenants payeront l'amende. || Adjectivement. Etnesaviez-vouspas que cet acte en effet Etait contrevenant à l'arrêt que j'ai fait? roth. Antig. iv, 3.

— ÉTYM. Contrevenir.

f CONTRE- VENGEANCE (kon-tre-van-jan-s'), s. f.

Vengeance prise d'une vengeance. |] Au plur. Des contre-vengeances.

— HIST. xve s. Nous retournerons aux guerres de Hainaut et à la contrevengeance que le roi Philippe y fit prendre par le duc de Normandie son ains-né fils, FP.OISS. 1,1, 109.

— étym. Contre, et vengeance.

CONTREVENIR (kon-tre-ve-nir), je contreviens,

nous contrevenons, vous contrevenez, ils contreviennent; je contrevenais; je contrevins; je contreviendrai: je contreviendrais; que je contrevienne; queje.contrevinsse; contrevenant; contrevenu, v. n. Agir contre. Et si qui contrevient à ce que je défends Trouve des partisans en mes propres enfants.... rotr. Antig. v, 4. C'est contrevenir à un commandement du décalogue, boss. Images. Jupiter n'oserait contrevenir à ce redoutable serment, fén. Tél. vu. Et sans contrevenir aux vœux d'un solitaire, L'exemple, le conseil et le travail des mains Me pouvaient rendre utile à des troupes de saints, la font. Captivité de saint Malc. Loi [sur les galions d'Amérique] qui n'est utile qu'autant qu'on y contrevient, volt. Mœurs, 145. Dieu eût contrevenu aux lois qu'il a établies lui-même, bern. de st-p. Ch. ind. Préamb. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir: il a contrevenu à vos ordres; il s'est conjugué avec l'auxiliaire être (voy. l'historique) : il est contrevenu à vos ordres; et, au fond, rien n'empêche de dire ou d'écrire ainsi , puisque les composés devenir se conjuguent dans la plupart des cas avec l'auxiliaire être : je suis parvenu au sommet, Je suis convenu du fait.

Page 1