SYN. CONTREVENIR, ENFREINDRE, TRANSGRESSER
Contrevenir, c'est venir contre, contrarier; enfreindre, c'est briser; transgresser, c'est passer au delà de ce qui est considéré comme limite. Ces expressions : il a contrevenu au commandement, il a enfreint le commandement, il a transgressé le commandement, expriment une même idée, à savoir que le commandement n'a pas été observé, sans autre distinction que la distinction implicite que renferme l'étymologie. Mais quand on va plus loin dans l'emploi de ces mots, on voit que contrevenir est celui qui a le moins de force, qui est le plus général et qui peut par conséquent s'appliquer aux petites désobéissances. Les graves désobéissances ne sont caractérisées que par enfreindre et transgresser, le premier les représentant comme une rupture, le second comme un bond qui nous lance au delà.
— HIST. xve s. Au cas qu'il contrevinst à la paix de Peronne, o. de la marche, dans le Dict. de dochez. || xvic s. Les Pères sont souvent divers entre eux, et mesmes aucunes fois se contreviennent à eux-mesmes, calvin, Instit. Dédie. De propos délibéré nous taschons de lui contrevenir [à Dieu], id. ib. 149. Ils ne feroyent pas des crimes mortels et irrémissibles d'estre contrevenus à la moindre tradition de celles qu'ils ont forgées, id. ib. 95 1 . Â cela ne contrevient point, que.... [n'est pas en opposition], id. ib. 1012. Ceste charité de quoy je parle ne contrevient point à la justice civile, lanoue, 77. Brennus entra en cholere, disant que c'estoit meschamment fait de contrevenir à l'accord qu'ilz avoient passé et juré, amyot, Cam. 51.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contravenir; portug. contravir; ital. contravvenire ; du latin contravenire, de contra, contre, etvenire, venir.
CONTREVENT (ken-tre-van), s. m. Grand volet de bois mis par dehors et qui se ferme sur les fenêtres. J'aurais une maison blanche avec des contrevents verts, J. J. rouss. Ém. iv. Quand je voyais son contrevent ouvert, je tressaillais de joie, id. Conf. vi. || Terme de ponts et chaussées. Pièce de bois placée obliquement entre deux fermes d'un pont ou d'une charpente. || Pièce du comble d'un bâtiment, || Pièce pour contenir la charpente dans les beffrois. || Parement d'un creuset de forge; partie opposée à la tuyère.
— REM. L'Académie, qui met un trait d'union à contre-temps, n'en met pas à contrevent, composé de même.
— HIST. xv° s. Pour combien il lui vouldroit quitter ung contre-avant, du cange, auventus.
— ÉTYM. Contre, et vent.
f CONTREVENTER ( kon-tre- van-té ), v. a.
|| 1° Terme de ponts et chaussées. Placer des contrevents. 1| 2° Terme de construction. Garnir un comble de contrevents.
CON
— ÉTYM. Contre-vent.
CONTREVENU (kon-tre-ve-nu) , part, invariable
de contrevenir.
f CONTRE-VERGE (kon-tre-vèr-j') , s. f. Instrument du métier des étoffes de soie. || Au plur. Des contre-verges.
— ÉTYM. Contre, et verge.
CONTRE-VÉRITÉ (kon-tre-vé-ri-té) , s. f. Paroles
exprimant un sens contraire à celui qu'on veut faire entendre. Son blâme était une contre-vérité et une flatterie ingénieuse. Ou vous êtes au point où je désire, ou vous vous jouez de moi.... Est-ce vérité? est-ce contre-vérité? suis-je à vos yeux intéressante ou ridicule? MmeDUDEFFANT,dans le Dict.de dochez. || Plus particulièrement, satire en prose ou en vers où l'on se moque d'une personne, lui attribuant les qualités que visiblement elle n'a pas. Chapelle et Bachaumont ont fait d'agréables contre-vérités, richelet.
— ÉTYM. Contre, et vérité.
f CONTRE-VISITE (kon-tre-vi-zi-f ), s. f. Seconde
visite de lieux s'il s'agit de locations, seconde visite de police s'il s'agit d'administration, seconde visite de malades ou de conscrits s'il s'agit d'inspection médicale. || Au plur. Des contre-visites.
— ÉTYM. Contre, et visite.
f CONTRE-VOILE D'ÉTAI (kon-tre-voi-le-d'é-tê) ,
s. f. Terme de marine. Voile quadrangulaire gréée entre la voile d'étai et celle de perroquet. On la nomme aussi fausse voile d'étai. || Auplur. Des contrevoiles.
— ÉTYM. Contre, et voile.
f CONTRE -VOLTE ( kon-tre- vol-t'), s. f. Terme
d'art militaire. Manœuvre par laquelle la cavalerie, après avoir fait une volte, se rétablit face en tête. || Auplur. Des contre-voltes.
— ÉTYM. Contre, et volte.
| CONTRE-VOLTER (kon-tre-vol-té), v. n. Faire
une contre-volte. La cavalerie a contre-volté.
f CONTRE-VUE (kon-tre-vue), s. f. Point de vue opposé, dans l'optique. || Au plur. Des contre-vues.
— ÉTYM. Contre, et vue.
CONTRIBUABLE (kon-tri-bu-a-bl). || l'Adj. Terme
de finances. Sujet à contribution. Pays contribuable. || 2° S. m. et f. Personne qui doit payer l'impôt. L'n contribuable. Une contribuable. Diminuer les charges qui pèsent sur les contribuables. De 6 640 000 contribuables, on en trouve environ 900000 appartenants au clergé, volt. Russie, i. 2. Imposition qui, sans aider l'Etat, ruine les contribuables pour enrichir le traitant qui l'a imaginée, raynal, Hist. phil. vin, 3t.
— HIST. xvie s. Il feit rebeller à rencontre d'eulx
plusieurs petites villes, leur enseignant à dire qu'ilz n'estoient point leurs subjects,nyn'avoient point esté leurs contribuables dès le commencement, amyot, Philop. 22. 11 meit les enfans orphelins à la taille, qui paravant luy n'avoient jamais esté contribuables,
id. Cam. 3 Qu'il est impossible d'avoir tiré tant
de finances d'une telle province, sans que les contribuables ayentesté bien oppressez, froumentkàd, Finances, me livre, p. 283.
— ÉTYM. Contribuer.
f CONTRIBUANT (kon-tri-bu-an) , s. m. Celui qui contribue. Le consentement particulier de chacun des contribuants, j. j. Rousseau dans le Dict. de poitevin.
— HIST. xvr s. Par le dénombrement du peuple, il fut trouvé cent trente mille chefz contribuans,
AMYOT, Publ. 23.
CONTRIBUER (kon-tri-bu-é), 0. n. || l°Payer sa part d'une dépense ou d'une charge commune. Contribuer pour un tiers. Contribuer par tête. 11 a contribué de ses deniers à cette construction. Les oblige-t-on à contribuer aux charges publiques? fléch. Serm. a, 207. Le vrai moyen de faire contribuer tout le monde, c'était de mettre des impôts sur les consommations, condillac, Comm. Gouv. part, n, ch. 8. || Absolument. Payer à l'ennemi une somme d'argent pour se garantir des exécutions militaires. Nous n'avons point de cavalerie sur la frontière; et il est à craindre que le prince Pio, i a un gros corps, ne fasse contribuer tout le Languedoc, montesq. Lett.pers. «32. || Faire contribu dit par abus, des voleurs de grand chemin qui lisent les passants. Les voleurs ont fait contribuer ces marchands. || Activement. Les secours abondants qu'il contribua dans les calamités publiques, fléch. Lam. 11 faut que les souverains aient le pouvoir d'obliger les citoyens de contribuer ce qui est nécessaire pour satisfaire aux besoins de la patrie, fén. xxn, 386. [| 2° Avoir part à un certain résulj tat. Il y a dans quelques hommes une certaine médiocrité d'esprit qui contribue à les rendre s la bruy. xi. Il faut contribuer autant qu'on le peut
CON
nu divertissement des personnes avec qui on veut vivre mais il ne faut pas toujours être chargé du
d'y contribuer, larociiefoig Réflexions div. Et je contribuerai moi-même a ce dessein, corn.
, v, m. .le veux faire Le malheureux Léon successeur de ton père; Y contribueras-tu •? m. Pulch.
Par ce moven les mutins virent Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux  l'intérêt commun cnniribuait plus qu'eux, la font. Fdbl. m, 2. || Absolument. Si je ne l'ai causé, j'en suis un instrument Et j'ai contribué dans cet événement, MA». Mort d'Asdrub. v, 2. || Activement. Trois arts qui semblaient devoir contribuer quelque chose a mon dessein, dksc. Méth. Si j'ai contribué quelque chose à l'agrément de votre style, sév. 62. Si je pouvais contribuer quelque chose à soulager.... noss. Lett. 8. Jamais on n'a pu ôter de leur esprit [à M. et Mme de Chaulnes] que M. de Chevreuse n'eût rien contribué à cet échange forcé [du gouvernement de Bretagne contre celui de Guyenne], st-sim. 27, 58. Et ce qu'il contribue à votre renommée, corn. Hor. v, 3. Je souhaiterais néanmoins d'y contribuerquelque chose, pasc. Lett. \. Que pouvez-vous contribuer de votre part à la construction du tabernacle céleste?... Il faut contribuer quelque chose, mass. Confér. Vocation, 1. L'interjection ne contribue rien à la liaison, à la forme du discours, R. desmarais, Gramm. tr. vin. Le son de la voyelle eu à la formation duquel et la langue et les lèvres contribuent quelque chose.... dangeau, Gramm. ni, n° 30.
— REM. Les auteurs du siècle de Louis XIV emploient contribuer activement; c'est la forme latine, et, comme on peut voir à l'historique, la forme ancienne. Elle est aujourd'hui peu usitée, sans être aucunement incorrecte.
— HIST. xivc s. Se aucuns ont contribué peccunes pour mètre en marchandises, quant vient au distribuer, l'en en distribue à chescun selon la proporcion des peccunes qui furent contribuées, oresme, Etlt. lis. Il xvr' s. Chascun doibt contribuer à la société publicque les debvoirs et offices qui la touchent , mont. îv , 151. Je contribue seulement à cest ov.vrage ce que je puis, selon ma petite capacité, lanoue, 32. Il estoit nécessaire que les particuliers contribuassent argent, selon leurs f'acultez, pour soustenir les frais de la guerre, amyot, Publ. 22. Chascun luy contribua demie livre de froment, id. Cam. 48. Le peuple contribua 800 harquebusiers de garde tant que leur prison dura, d'aub. Hist.u, 122.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contribuer ; ital. contribuere ; du latin contribuere, de cum, avec, et tribuere, donner (voy. tribut).
f CONTIUBUTAIRE(kon-tri-bu-tê-r').j| 1° S. m. Celui qui paye sa part d'un tribut, d'un impôt. || 2°Adj. Qui est relatif à une contribution. Partcontributaire.
— ÉTYM. Contribuer.
| CONTRIBUTEUR (kon-tri-bu-teur) , s. m. Celui qui contribue.
— ÉTYM. Contribuer.
f CONTRIBUTIF, IVE (kon-tri-bu-tif, ti-v'), adj. Qui a rapport à la contribution.
— HIST. xvic s. Contributif [sujet à contributions] , Orcl. des ducs de Bretagne, f°228, dans lacurne.
— ÉTYM. Contribuer.
CONTRIBUTION (kon-tii bu-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. \\ 1" Ce que chacun donne pour sa part dans une charge commune. Il a donné tant pour sa contribution. || Contribution au sou la livre, au marc la livre, au marc le franc, la répartition de ce qui doit être payé par chacun proportionnellement à une certaine quotité. L'interprétation de la locution est : contribution d'un sou pour une livre, etc. || Terme de pratique. Distribution judiciaire de deniers entre créanciers chirographaires, par opposition a ordre, qui est la distribution de deniers entre créanciers hypothécaires. Il Terme de commerce maritime. Contribution au jet dans la mer, répartition des pertes et dommages quand un navire a été "Mué de jeter à la mer une partie du chargement ou des agrès. || 2° Action de contribuer. Contribution aux charges d'une succession. Il 3° Impôt. Contributions directes, les impôts directement établis sur les biens ou sur les personnes. Contributions indirectes, les impôts établis sur les objets de consommation ou sur certaines choses d'un besoin éventuel; tels sont les droits d'octroi, les droits sur les boissons, sur le tabac, les droits dédouane, de timbre, d'enregistrement, etc. Ce qu'on appelle contributions indirectes aujourd'hui était nommé droits réunis sous le régime impérial. Mlles sont ainsi dites parce qu'elles n'astreignent le contribuable qu'indirectement et qu'autant qu'il use des choses || Contribution personnelle, contri-
CON
bution payée partons les habitants d'une commune, quel que soit leur sexe; elle est fixée sur le prix de trois journées de travail. || Contributions publiques, nom donné depuis t790 jusqu'au Directoire au ministère des finances. |[ 4" Ce qu'on donne a l'ennemi pour se garantir des exécutions militaires. Mettre tout le pays à contribution. Le général Steinbock se fit donner de force plus qu'il n'avait demandé; on exigea même de la ville [Dantzick] une contribution de cent mille écus , par laquelle elle paya son refus imprudent [de donner passage aux Suédois], volt. Chartes XII, 2. || Par extension, mettre à contribution, faire contribuer. Quand il s'agit de secourir les malheureux, elle met tous ses amis à contribution. Il n'était point d'étang dans tout le voisinage Qu'un cormoran n'eût mis à contribution, la font. Fab. x , 4. || Fig. Mettre à contribution la curiosité publique. Mettre un auteur à contribution, puiser abondamment dans ses ouvrages. Ecrivains grecs et latins, auteurs anciens et modernes, livres imprimés et manuscrits, amis absents et présents, j'ai tout mis à contribution pour faire entrer dans mon ouvrage le plus de beautés et de richesses qu'il m'a été possible, rollin, Traité des Et. liv. v, avertisse
— HIST. xive s. Quiconques ne povoit payer cest treil [tribut] ou escot ou contribucion, oresme, Thèse de meunier. || xvie s. À Padvenlure falloit il l'accord de huict ou de dix sens, et leur contribution, pour Fappercevoir en son essence, mont, ii, 359. Ce moyen, soit qu'il vinst maintenant par les papes, ouparl'authorité des princes, et qu'on l'appellast croisade ou contribution, seroit pourtant nécessaire pour aider aux potentats à satisfaire aux despenses, lanoue, 401. Pour persuader un chascun de départir des moyens qu'il avoit pour ceste contribution si nécessaire, id. 625. En déconfiture, tous créanciers viennent à contribution au sol la livre sur les meubles, loysel, 685. Les dettes privilégiées ne sont tenues venir à contribution, ains ont droit de préférence, id. 688.
— ÉTYM. Provenç. contributio ; espagn. contribucion; ital. contribuions; du latin contributionem, de contribuere, contribuer.
f CONTRIBUTOIRE (kon-tri-bu-toi-r'), adj. Terme d'administration. Qui a rapport à la contribution. Portion contributoire.
— ÉTYM. Contribuer.
f CONTRIBUT01REMENT (kon-tri-bu-lûi-reman), adv. Terme d'administration. Par forme de contribution.
— ÉTYM. Contributoire, et le suffixe ment.
t CONTRISTANT, ANTE (kon-tri-stan, stan-t'), adj. Qui contriste.
t CONTRISTATION (kon-tri-sta-sion) , s. f. Action de contrister.
— hist. xive s. Par cette petite contristation, oresme , Eth. 132..
— étym. Contrister.
CONTUISTÉ, ÉE (kon-tri-stô, stée), part, passé. Contriste par les malheurs publics. Aussi, à dire vrai , l'âme de Zenon aurait été ébranlée en une pareille rencontre, et celle de M. Mignon contristée et affligée, voit. I.ett. r.8.
CONTRISTER (kon-tri-sté), v. a. Causer une tristesse profonde. Dans le danger d'être trompée, il vaut mieux que vous le soyez en faisant du bien, que de l'être en contristant une personne et la mortifiant, bourd. Pensées, t. 11, p. 473. Quel bonheur pour vous de fermer enfin les yeux à tous les scandales qui nous contristent, à la vanité qui nous séduit! MASS.it). Mort du pécheur. Tout excite votre zèle, tout contriste votre piété, id. Car. Prière, t. Une épouse qu'il a contristée par des passions étrangères, id. Mort du pécheur. Contristerai-je par des troubles domestiques les vieux jours d'un père que je vois si content, si charmé du bonheur de sa lille et de son ami? J. J. rouss. Hél. iv, I. || Terme de dévotion. Contrister le Saint-Esprit , retomber dois le péché après avoir reçu les grâces du Saint-Esprit. Veillons contre les moindres fautes pour ne jamais contrister le Saint-Esprit, fén. XVIII, 427. || Se contrister, v. réfl. Devenir contriste.
— hist. xne s. David forment sj: cuntristad, kar li p'oples le volt lapider, Rois, U4. || xive s. 11 cuident que avecques chascun l'en doie estre et converser sans le contrister, oresme, Eth. 130. Nulz d'eulz ne voudrait contrister celui qui l'aime et qui bien li fait, m. ib. 253. Leurs amis se contristent et doulent avecques eulz, id. Thèse de meunier. ||xvies. Seigneur Dieu, fault-il que je me contriste encores? rab. Pant. 11, 3. Ils ont accoustumé d'esgayer et resjouir ceulx qui les traictent, non les renfrogner et contrister, mont, i, 175. D'un visage morne et
CON
contriste, id. 1, 270. Il faut contrister son ami en intention de lui profiter, non pas de rompre l'amitié, amyot, Comment discerner le flatteur, 21. V.. s'adressa à un de ses familiers qui faisait le plus de mine de s'en condouloir et contrister avec lui, id. De la tranquillité d'âme, 15. Et si ennuy me venoit contrister.... marot, iii, 78.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. contristar; Mal. contristare; du latin contristare, de cum, et tristis, triste.
CONTRIT, 1TE (kon-tri , tri-t' ; le t ne se lie pas; au pluriel, Ys se lie : kon-tri-z et repentants), adj'. Il 1° Terme de théologie. Qui est touché du sentimentde ses péchés. Seigneur, ne rejetez pas un cœur contrit et percé de douleur, Psaume 50, dans richelf.t. Ils n'ont jamais eu de pensée d'être contrits de leurs péchés, pasc. Prov. 4. ||2° En général, mortifié, chagrin. Il est bien contrit de cette action. 11 semblait, à me voir, que je fusse aux abois; Fieubet auprès de Gros-Bois Tient contenance moins contrite, la font. Poésies mêlées, lxxi.
— HIST. xn° s. Quant il out lungement esté en oreisun, E jutgrant pièce en lermes e en afflictiun, En quer[cœur] contrit, del tut en grant devotiun, Th. le mart. 160. Hespasseiz vos, ki malade estiez; carCriz [le Christ] est venuz,kisainet le contrit de cuer de l'onction de sa miséricorde, st Bernard, 531. || xves. De cœur contrit, louis xi, Nouv. xiv. ||xvies. Seigneur, tu ne mespriseras point un cœur contrit et humilié, calv. Inst.it. 692.
— ÉTYM. Provenç. contrit; espagn. et ital. contrito ;du latin contritus, rie cum, et tritus, proprement broyé (voy. triture).
CONTRITION (kon tri-sion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Terme de théologie. Douleur vive et sincère d'avoir offensé Dieu, laquelle vient moins de la crainte du châtiment, que d'un sentiment d'amour et de reconnaissance. Faire un acte de contrition. Contrition parfaite, imparfaite. Le concile de Trente définit la contrition, en disant que c'est une douleur et une détestation des péchés commis, jointe à la volonté de n'en plus commettre, bourd. Pensées, t. 1, p. 302. La contrition, conçue parla seule crainte des peines de l'enfer, ne suffit pas pour justifier le pécheur dans le sacrement de pénitence, Nicole, lnstr. sur les sacrements , dans mchelet.
— HIST. xiie s. Tu commoùs la terre, e si la conturbas; saine [guéris] les contriciuns [brisures] de li [d'elle], Liber psalm. p. 77. Contriciun e maleûrtet es veies de els [dans leurs voies] , ib. p. 14. || xv s. Lesquelles processions estoient faites en grande dévotion et contrition de cœur, froiss. ii, m, 36. Il xvie s. Ils gergonnent assez de contrition et attrition, calv. Instit. 485.
— ÉTYM. Provenç. contritio, contrixio; espagn. contricion; ital. contrizione ; du latin contritionem, de contritus, contrit.
t CONTRÔLAGE (kon-trô-la-j'), s. m. || 1° Terme d'administration. Action de contrôler. || 2° Incision annulaire de la vigne.
CONTRÔLE (kon-trô-P), s. m. || 1° Registre double qu'on tient pour la vérification d'un autre. || Autrefois, particulièrement, registre double qu'on tenait ries expéditions des actes de finances et de justice. H Le droit payé pour le contrôle. Payer le contrôle d'un acte. || Le bureau du contrôle. Aller .111 contrôle. || Bureau où se tiennent les contrôleurs d'un théâtre. On refusa son billet au contrôle. I| 2° Vérification administrative. Être chargé de l'inspection et du contrôle d'une perception. || Dans le langage politique et administratif le contrôle est opposé à l'action; c'est un principe que le contrôle et l'action doivent être séparés. || Marque sur les ouvrages d'or et d'argent, faisant foi qu'ils sont au titre et ont payéles droits du fisc. Tous les ouvrages d'orfèvrerie sont soumis au contrôle. || 3° Fig. Examen, censure. C'est du soir au matin un éternel contrôle, regnard, Distr. 1, 4. Livrons-nous sans crainte à l'impulsion de l'opinion publique; loin de le redouter, invoquons sans cesse le contrôle universel, Mirabeau, Collection, t. 1, p. 340. Il i" Etat nominatif des personnes qui appartiennent à un corps. Cet officier a été rayé des contrôles de l'armée.
— HIST. xvie s. On a aussi inventé diverses sortes rio mèches; desquelles je trouve le papier artif- (icii'l la meilleure, poureeque vous retenez un conterolle de mesme papier, qui vous marque l'heure du coup, d'aï il Hist. 11, 3io.
— ÉTYM. Contraction pour contre, rôle.
CONTRÔLÉ, ÉE (kon-trô-lé, lée), part, passé.
Vis.- par un contrôle. Registres contrôlés. || Soumis ;i l'examen, à la censure. La conduite du gouvernement contrôlée par une opposition vigilante.
CON
CON
f CONTRÔLEMENT (kon-trô-le-man), s. m. Terme d'administration. Action d'exercer un contrôle.
— i i ym. Contrôler. .
CONTRÔLER (kon-tro-lé) , t>. a. |[ 1° Porter sur le
contrôle. Contrôler des exploits, des actes. || 2° Terme d'administration. Vérifier. Le fonctionnaire chargé de contrôler le monnayage. || Mettre le contrôle ou la marque sur les ouvrages d'or et d'argent. I! a fait contrôler sa vaisselle. || Par extension. Tu demeureras [Caton], s'il te plaît, à la porte [des enfers]; tu contrôleras tous ceux qui se présenteront, fén. xix, 286. || Contrôler la terre de pipe, la couper par tranches pour voir si la couleur en est égale partout. ||3°Fig. Examiner, censurer. [Ils] tranchent... De l'esprit délicat, contrôlent un chacun, Régnier, Sat. x.' Et personne en ce monde Ne saurait contrôler sa sagesse profonde, id. Sat. m.... Ces gens.... Qui, vivant au jour la journée, Ne contrôlent leur destinée, id. Épît. m. ... Ces brutaux fieffés qui, sans raison ni suite, De leurs femmes en tout contrôlent la conduite, mol. Éc. des mar. i, 6. Car il contrôle tout, ce critiquezélé. - Et tout ce qu'il contrôle est fort bien contrôlé, id. Tart. i. \. Cette superbe puissance, ennemie de la raison, qui se plaît à la contrôler et à la dominer, pasg. Pensées, part, i art 6 II n'est pas permis de contrôler les rois dans ce qu'ils font, boss. Avert. 5. On les accoutume à se payer de mots, à contrôler tout ce qu'on leur dit à se croire aussi sages que leurs maîtres, J. J. rouss. Ém. n. || Absolument. Il contrôle sur tout.
— HlST. xvie s. Et d'autant qu'ils crèvent de vices, ils mettent toute leur sainteté à contrôler leur prochain, calvin, Instit. 263. Mourir avant qu'avoir contreroolé l'institution de ses enfants, mont, i, 79. Contrerooller [examiner] les grâces et façons d'un chascun, id. i. 168. Scipionluy feitresponse qu'une vouloit point de trésorier qui le contrerollast ainsi, ne qui regardast de si près à sa despense, amyot, Caton, 7.
— ÉTYM. Contrôle. Vaugelas dit que Ronsard tut le premier à écrire contrôler, contrôleur, au lieu de contre- ro 1er, contre-roleur.
CONTRÔLEUR, EUSE (kon-trô-leur, leu-z'), s. m. et f. H 1" Fonctionnaire chargé de tenir registre de certaines choses ou de faire une vérification. Contrôleur des douanes, des contributions indirectes, des ouvrages d'or ou d'argent. Le surintendant Ëmeri créa des charges de contrôleurs de fagots, volt. Louis XIV, *. || Terme d'administration militaire. Contrôleur' de manufacture d'armes, préposé qui applique les marques aux pièces d'armes. || Contrôleur de la bouche, nom qu'on donnait au maître d'hôtel dans certaines maisons princières. || 2° Fig. Contrôleur, contrôleuse, celui, celle qui examine, critique les actions d'autrui. C'est un contrôleur perpétuel. Je veux que tout cela soit à moi sans contrôleur, d'ablancourt, Lucien, dans leroux, Dict. comique.
— HIST.xiv" s. Contreroleur, du cange, contrarolulator. Homme moult arrogant, malicieux et contreroleur, id. ib. || xv° s. Point n'auront de contreroolleur; A leur bon seul plaisir en taillent, villon, Gr. testam. Rondeau. Avoit quatre cens hommes d'armes payez à la monstre, et n'avoit point de contrerouleur, comm. lu, 1 . || xvie s. Il fault estre aspre et severe examinateur et contrerolleur de ce qui aura esté dit quant à l'usage et à la vérité, amyot, Comment il faut ouir , U. Un tas de gens interprètes et- contreroolleurs ordinaires des desseings de Dieu, faisants estât de trouver les causes de chaque accident, mont, i, 24 8. A quoy as-tu gaigné chausses et pourpoint, qu'à produire à l'université la contrôleuse, la librairesse, et la femme du chancelier? d'aub. Conf. n, i. Contrôleur, argentier, secrétaire, Maistre d'hostel, embourceurs en toute affair , Adages fr. dans le roux de lincy, t. n,
— ÉTYM. Contrôler; bourguig. controlou.
CONTROUVÉ, ÉE (kon-trou-vé, vée), part, passé.
Un fait controuvé pour perdre un innocent.
| CONTROUVEMENT (kon-trou-ve-man) , s. m. Action de controuver.
— HIST. xiie s. Dune à els sulunc lur ovres et sulimc la felunie de lur cuntruvemenz [mensonges], Liber psalm. p. 33. ||xvie s. Controuvement et fic-
tiull, ROB. EST1ENNË, Dict.
— ÉTYM. Controuver.
CONTROUVER (kon-trou-vé), v. a. Inventer une
chose fausse. On ne peut se tirer d'affaire qu'en leur controuvant des intentions basses, J. J. rouss. Ém. IV. Celui qui controuvé des rapports imaginaires qui n'ont ni réalité ni apparence est un fou, id. ib. m. Il me controuva je ne sais quelle histoire qui me
fit juger que sa présence était nécessaire dans son pays, id. Confess. xn. Minutolo.... Comme en passant'mit dessus le tapis.... Certain mari, certaines amourettes Qu'il controuva, sans personne nommer,
LA FONT. Ricll.
— HIST. xine s. N'i controverez ja mançonge, Ne vaine parole, ne songe, Ren. 643. Ne porquant se vous seûssiés Aucun art dont vous peûssiés Controver aucune manière Du chastel prendre plus legiere, la Rose 7919. Car ainsinc le dist Athalus, Qui des eschez controva [inventa] l'us, ib. 6716. Ensi corne chascun est plus sage et plus soutil et meillor plaideor que l'autre, en contreuve il plus, Ass. de J. 57. Ne dites pas que je contruis, Ains sachiez bien, en vérité, C'est droiz escriz d'auctorité, ruteb. ii, 2)9. Que vous iroie-je controuvant? id. 299. Ces septaines que j'ai nommées, Ne sont pas fables controuvées De Blanchefleur ne d'Esglantine , J. de meung. Tr. 146. || xive s. Il contreuve et pense comment il pourra dire chose par quoy il pourra nuire et grever cellui de qui il parle, Ménagier, i, 3. || xve s. Ils adjousterent plus grande foy aux medisans envieux, qui faulsement l'accusoient de choses controuvées , que ils ne regardèrent aux grands biens que il leur avoit faits, Hist. de Bouciq. m, ch. 13. || xvie s. Pour distinguer les loix naturelles des controuvées [inventées] , il fault recourir à la générale police du monde, mont, i, 258. Ils controuvent aux actions généreuses des occasions et des causes vaines, id. i, 264. Fables monstrueuses que les poètes ont controuvées, amyot, Thésée, i. Stesimbrotus osa bien reprocher à Peiicles un crime détestable controuvé faulsement, id. Péric. 30.
— étym. Cou, et trouver; ital. controvare. f CONTROUVEUR (kon-trou-veur) , s. m. Celui
qui controuvé, qui forge des mensonges.
— hist. xvie s. Controuveur, cotgrave.
— ÉTYM. Controuver.
f CONTROVERSARLE (kon-tro-vèr-sa-bP) , adj.
Qui est susceptible de controverse. Opinions controversables.
— ÉTYM. Controverser .
CONTROVERSE (kon-tro-vèr-s') , s. {. || i° Dispute
en règle sur une question, une opinion religieuse ou philosophique. Plusieurs questions qui sont en controverse entre les doctes, desc. Méth. 5. Les controverses théologiques qui troublent souvent l'Église et l'État, d'alemb. Éloges, Abbé de St.-Pierre.^ La patrie de Desprèaux sera quelque jour l'objet d'une importante controverse d'érudition, id. Éloges, Despréaux. || 2° En un sens plus étroit, dispute qui se fait entre les catholiques et les protestants sur des points de foi. Matières de controverse. Étudier la controverse. Nous lisons des livres de controverse^ sév. 457. En l'instruisant sur la controverse, on lui donna des doutes qu'il n'avait pas, J. J. rouss. Ém. iv. || Prêcher la controverse, traiter en chaire des questions de controverse.
— HIST. xive s. Et disoit que toutes choses sont faites par la controversie des elemens du monde, oresme, Eth. 230. || xve s. Et à l'assiete des seigneurs y eut aucunes controverses et dissentions entre le duc d'Anjou et le duc de Bourgogne, juven. 4 380. || xvie s. C'est en ces points que gist nostre controversie, calv. Instit. Dédie. Quant au nombre des préceptes, il n'y a nul doute, d'autant que le seigneur en a osté toute controversie par sa parole, id. ib. 279. S'il y a quelque loy vrayement naturelle, c'est à dire quelque instinct qui se veoye universellement et perpétuellement empreint aux bestes et en nous, ce qui n'est pas sans controverse. . . .
MONT. Il, 69.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. contrôle n m ; du latin controversia , formé lui-même de contra, contre et versum, littéralement tourné contre, en quoi consiste la controverse.
CONTROVERSÉ, ÉE (kon-tro-vèr-sé, sée), part, passé. Qui est en controverse, débattu de part i I d'autre. Point controversé parmi les docteurs.
— HIST. xvie s. Des livres touchant les matières controversées, d'aub. dans le Dict. de dochez. || On disoit aussi controverse: 11 ne se veoid aulcune proposition qui ne soit débattue et controverse entre nous, MONT. II, 319.
f CONTROVERSER (kon-tro-vèr-sé), v. a. Discuter quelque question dans une controverse. || Absolument. On controversa longtemps. || Se controverser, v. réfl. Être l'objet d'une controverse. Ces questions peuvent se controverser. || Néologisme d'autant plus acceptable que controversé est en plein usage.
•■— ÉTYM. Controverse.
CONTROVERSISTE (kon - tro-vèr-si-st'), s. m,
CON
Celui qui traite des matières de controverse religieuse Parce, dit ce grand controversiste, qu'il ne croit donc pas le sacrifice de la messe, pasc. Prov. 16. Entre deux controversistes, celui qui aura tort se fâchera, dider. Pcns. phil. 15. Bossuet et Ferry, qui étaient amis avant leur dispute, continuèrent de l'être après avoir écrit l'un contre l'autre; rare et digne exemple à offrir aux controversistes de toutes les religions, d'alemb. Éloges, Bossuet. Bossuet, le plus grand controversiste de l'Église romaine, a eu quelquefois le tort de l'être en chaire, mahmont. Élém. de litlér. t. vi, p. 39, dans pougens. — ÉTYM. Controverse.
f CONTUMACIAL, ALE (kon-tu-ma-si-al, a-P), adj. Terme de droit. Qui se fait par contumace. Procédure contumaciale.
I. CONTUMACE (kon-tu-ma-s') , s. f. Terme de droit criminel. Non-comparution d'un prévenu devant le tribunal où il est déféré. Juger, condamner par contumace. Purger sa contumace, se présenter et se faire juger. Quand un homme était cité en jugement et qu'il ne se présentait point ou n'obéissait point aux ordonnances des juges, il était appelé devant le roi, et, s'il persistait dans sa contumace, il était mis hors de la protection du roi, montesq. Esp. xxxi, 8. || En matière correctionnelle, on dit défaut. || Par extension, révolte. L'esprit de contumace est dans cette famille, rac. Plaid, n, 5.
— HIST. xvie s. Si nous faisons rien contre son précepte, ce n'est pas obéissance , mais plustost contumace et transgression, calv. Instit. 149. Il monstre la contumace de nostre cœur, en ce que naturellement il le confesse estre rebelle contre Dieu et sa loy, sinon qu'il soit fleschi au contraire, id. ib. 2)6. ....qu'il plaist à Dieu que nous honorions ceux auxquels il a donné quelque prééminence; et que contemnement et contumace à l'encontre d'iceux lu; est en abomination, id. ib. 277. On ne prend point sur moi défaut Ni contumace, A pleine tasse Quand boire faut, J. le houx, vu. Qu'il falloit que Martius vint respondre, si, ayant esté appelle en justice de par eulx , il n'avoit pas par contumace désobéi , amyot, Cor. 35. L'appertion [ouverture d'un abcès] est quelquefois nécessaire, à raison de la contumace de l'humeur qui n'obéit tousjours aux résolutifs, PARÉ, VI, 16.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. contumacia; du latin contumacia (voy. contumax)".
2. CONTUMACE (kon-tu-ma-s'), s. m. et f. Un contumace, une contumace, homme, femme qui est en contumace. || Spécialement, celui qui, mis en accusation, ne se présente pas. En matière correctionnelle on dit défaillant.
— HIST. Les chevaulx mignots et rebelles sont modérés par le frein, et les chiens contumaces sont liés et retenus au collier, Ane. trad. des Politiques d'Arist. dans raynouard, contumax. Loy de Moyse qui veut que la seule plainte du père faite devant le juge, sans autre cognoissance de cause, le fils rebelle' et contumax soit lapidé, charron, Sagesse, p. 189, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. contumax.
CONTUMACE, ÉE (kon -tu -ma -se. sée). part.
passé. Les preuves contre tous ces gens-là [conspirateurs en Lorraine] se trouvèrent complètes; ils furent contumaces et sentenciés, st-sim. 246, 25.
CONTUMACER (kon-tu-ma-sé), v. a. Terme de droit. Poursuivre, juger par contumace. Il s'est laissé contumacer. || Peu usité.
— HIST. xvie s. Plusieurs safl'raniers, endebtez, criminels, contumacez , vous suivirent, Satyr Mén. p. 127.
— ÉTYM. Contumax.
CONTUMAX (kon-tu-maks), adj. || 1° Terme de
droit criminel. Qui fait défaut. Un accusé contumax. Elle a été déclarée contumax. || Substantivement. Quelques jurisconsultes, à la vérité, ont assuré que le contumax ne devait pas être condamné si le crime n'était pas clairement prouvé, volt. Louis 2 \ . 42. || On ne dit plus aujourd'hui que contumace . (voy. contumace 2). || 2° Terme de droit ecclésiasti rue. Celui qui refuse d'obéir aux ordonnances de l'Église, malgré les monitions et la menace de censure.
— HIST. xvie s. Par le droit ancien de la France, le contumax perdoit sa cause bonne ou mauvaise, civile ou criminelle; aujourd'hui il faut justifier sa demande, loysel, 871. Ils vous le peignent homme contumax, rébarbatif, reculant à toute raison, M. du bell. 223.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. cou tumaz ; ital. contumace ; du latin contumax, proprement orgueilleux, iecum. et («mère, être gonflé d'orgueil (voy. tumeur).
CON
CON
CON
CONTOS, USE (kon-tu, tu-z'), adj. Termede chi- Qui ,1 éprouvé une contu ion. Une partie Plaie contuse, solution de continuité des molles compliquée avec la contusion.
— hist. xvi° s. Une racine, 'I" grande esclaire, cuite et contuse fpilée] , 0. de serres, 940.
— étym. Lai. contusus, pan. passé de contundere
(vov. C0NT0N1
fCONTUSIF, IVK (kon-tu-zif, zi-v'), adj. Terme de médecine. Qui produit une contusion , un sentimenl de contusion. Action contusive. Douleur contusive.
— ÉTYM. Voy. contus.
CONTUSION (kon-tu-zion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\ 1° Lésion produite dans les tissus vivants par le choc des corps durs et mousses sans solution de continuité à la peau. Soyez aise qu'il ait eu une légère contusion à la cuisse, sév. 181. Ami, si de ces lieux tu ne veux disparaître, Tu pourras y gagner quelque contusion, moi.. Amph. ni, 2. Un laquais se fit une légère contusion à la tète, j. j. rûuss. Hél. v, 9. Mon élève aura souvent des contusions, m. Ém. 11. |j 2" Ternie de pharmacie. Action decontondre, c'est-à-dire de broyer dans un mortier avec le pilon.
— HIST. xvi" s. Une piaye avec grande contusion et fracture de l'os et inflammation, paré, Introd. 27. Les payes faites de choses lourdes, pesantes, obtuses ou mouces, sont dites contusions ou playes confuses et meurtries, m. vu. 2.
— ÉTYM. Lat. contusio (voy. contus).
| CONTUSIONNER (kon-tu-zio-né), v. a. Faire des contusions. Chute qui le contusionna. Il se releva tout contusionné. Il s'est contusionné la jambe. Il Néologisme correct, puisque le mot est fait, comme passionner de passion, impressionner d'impression .
— ÉTYM. Contusion.
CONVAINCANT, ANTE (kon-vin-kan, kan-t'), adj. Qui porte conviction. La preuve est convaincante et l'exemple suffit, cokn. Tite et Bérén. m. -'. Quand on oppose les discours aux discours, ceux qui aont véritables et convaincants confondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge, pasc. Pror. xii. Idée qui m'est évidente ou qui me donne un sentiment convaincant de sa vérité, bolllainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. 230. La lettre pathétique et convaincante que vous nous avez envoyée, volt. Lettres. Damilaville, 19 sept. 1766. Il Substantivement. Tes judicieuses lumières Répandent au gré des matières L'agréable et le convaincant, DESFONTAINF.S.
CONVAINCRE (kon-vin-kr'), je convaincs, tu convaincs, il convainc, nous convainquons, vous convainquez, ils convainquent; je convainquais; je convainquis; je convaincrai ; je convaincrais; convaincs, convainquons ; que je convainque, que nous convainquions; que je convainquisse ; convaincant ; convaincu, v. a. || 1° Forcer quelqu'un par des raisons à reconnaître que.... Convaincre quelqu'un île quelque chose. J'ai l'ait ce que j'ai pu pour le convaincre. Cela doit suffire pour vous convaincre que je n'ai pas voulu mal faire. Se laisser convaincre à l'évidence. On ne peut réellement convaincre, sans être convaincu soi-même; car la conviction réelle est la suite de l'évidence, d'ai.emb. .17c'/. t/ttér. Œuvres, t. m, p. 24i, dans rouoENs. Lieu sombre, lieu désert, qui dérobez le sage Au luxe des cités, a la pompe des cours, Où, quand la raison parle, elle convainc toujours, bernis, Relig. vengée, v. || Par extension. Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance, rac. Athal. m, 3. Tout ce qui convaincra leurs perfides amours, in. Boj. iv, 3. || 2° Prouver coupable de. On le convainquit d'avoir entretenu des intelligences avec l'ennemi Deux
[assassins] s'y sont découverts que j'amène avec moi, Afin de la convaincre et détromper le roi, corn. Nicom. 1, i. J'ai dessein de vus convaincre d'être hérétique, sév. 441 . Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde? noss. Hist. 11, H. Et ce fatal amour dont j'avais triomphé.... Vos détours l'ont surpris et m'en ont convaincue, rac. Mitltr. iv, 4. Il 3° Faire entrer dans l'esprit une opinion. Il l'exhorte, il le redresse, il le convainc, flécii. Il, 30. Elle [la moquerie] le convainc [l'homme] de la plus mauvaise disposition où l'on puisse être pour lui, la bruy. ix. Détournez-la, mon fils, d'un choix injurieux; Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux, rac. Milhr. 11, r>. Tout ce qui s'est passé ne le convainc point absolument, BARON, Homme à bonnes fortunes, v, 4.||4°Se convaincre, v. réfl. Devenu convaincu. Se convaincre par l'expérience, par ses propres yeux. Chacun reconnaît dans ses discours [de saint Thomas d'Aquin] la foi de ses pères et s'en
convainc de plus en plus, mass, Panég. Saint Tho mus. Il savait que , pour persévérer dansl'amourdu bi n il r.mi souvent se convaincre de nouvea 1 d vérités dont on est convaincu, barthél. Ânac. ch. 67. Il Se rendre convaincus l'un l'autre. Ils se sont convaincus l'un l'autre de la loyauté de leurs intentions,
— SYN. convaincre, pehsuader. La conviction tient plus à l'esprit, la persuasion tient plus au cœur. La conviction suppose des preuves, la persuasion n'en suppose pas toujours. Persuader se prend toujours en bonne part, convaincre se prend quelquefois en mauvaise part : Je suis convaincu de sa haine. On persuade à quelqu'un de faire une chose, on le convainc de l'avoir faite; dans ce sens convaincre ne se prend qu'en mauvaise part, d'alembert.
— HIST. xii0 s. E quant Menelaus vit que hom le convenquoit, si promis! à Tolome grani avoir, Machab. H, 4, Mais se de felunie fust nuls huem cpnvencuz, Th. le mart. 99. || xin" s. Quiconques
lis ochie [tue] à essient autre bourgois, il perdera kief pour'kief [tète], s'il a esté convencus par eschevins, tailliar, Recueil, p. 36. || xv° s. Il ne se meut, ains demeure en son sens et en son hardement, très affecté de soy deffendre tellement qu'il convainquit [vainquit] ses ennemis, Perceforest, t. v, f° ir>. Il xvi° s. S'ils le nient, leur impieté sera desjà assez conveincue, calv. Instit. 93. Cinna est convaincu, pardonne luy, mont, i, 129. Il n'est si petit escholier qui ne le convainque [à tort] de mensonge, id. 1, 203. Il chastioit ceulx qui estoient convaincus de hanter.... id. i, 274. Caton s'advisa que les tables où s'escri voient les voix, estoient toutes escrittes d'une main, et par ce moyen ayant convaincu la faulseté.... amyot, C. d'Utique, 02. Il le tira à la cour des areopagites, et là le convainquit d'avoir promis à Philippus de brusler l'arcenal d'Athenés, id. Démosth. 24.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. convencer; ital. conuincere; du latin convincere, de cum, et vincere, vaincre (voy. ce mot).
CONVAINCU, UE (kon-vin-ku, kue), part, passé de convaincre. || 1° Qui a la croyance que. Je suis convaincu qu'il l'a fait à bonne intention. Peutêtre convaincu de votre aversion, Il va donner un chef à la sédition, bac. Phèd. 1, 5. Seigneur, vous ne pouvez refuser de l'entendre; Quoique trop convaincu de son inimitié, Vous devez à ses pleurs quelque ombre de pitié, rac. Phèd. 11, 3. || 2° Qui marque la conviction. Parler d'un ton convaincu. Il 3" Reconnu coupable. Mais des crimes pour vous commis à votre vue Et dont je ne serais que trop tôt convaincue.... rac. Brit. iv, 2. Cette dame, la personne du royaume la plus convaincue de factions et d'intrigues, retz, t. 11, liv. m, p. 51, dans pou ;; Atteint et convaincu, formule par laquelle on déclare un accusé coupable. ||Fig. Une doctrine incue d'erreur.
CONVALESCENCE (kon-va-lè-ssan-s') , s. f. Période de transition entre la maladie qui n'existe plus et le retour parfait de la santé. Entrer en convalescence. La convalescence fut pénible. Oui, je vais à madame annoncer par avance La part que vous prenez à sa convalescence, mol. Tart. 1, 5. Sans doute que le dieu qui nous rend l'existence, Â l'heureuse convalescence Pour de nouveaux plaisirs donne de nouveaux sens, gresset, A sa sœur. Ô jours de la convalescence, Jours d'une pure volupté! C'est une nouvelle naissance, Un rayon d'immortalité, in. ib. Ô que l'âme jouit dans la convalescence ! Je ne pouvais rien voir avec indifférence, st-lambert, Saisons, 1. L'on sort de l'hôpital guéri d'une infirmité; mais on en remporte une autre ; les convalescences y sont longues, RA.YNAL , Hist . phil. xii, il. || Terme d'administratii 1 militaire. Exemption temporaire de service journalier, pour raison de santé. On dit en ce sens : aller, partir en convalescence.
— HIST. xve s. Le duc d'Orléans fut malade à Montargis, lequel venu à convalescence.... viriville, Geste des nool s, p. H3. [| xvr s. Et, par ce moyen, feut guary, et reduyct à sa première convalescence, rab. Pant. 11, 23. Comme personne saulvée de longue et forte maladie, et, venant à convalescence, les failli choyer, restaurer, id. ib. m, i. S'il y a convalescence , c'est une convalescence maleficiée, MONT, m, 272.
— ÉTYM. Provenç. c nvalescencia ; espagn. convalecencia ; ital. convalescensa; du latin convalescentia, de convalescens (vov. convalescent).
CONVALESCENT, ENTE (kon-va-lè-ssan, ssan n. adj. Qui relève de maladie. Etre convalescent. || Substantivement. Les convalescents. Une convalescente. Le convalescent sacrifie tout à l'intérêt de la santé, bourd. Pensées, t. 1, p. 392,
— étym. Lat. convalescent, part, présent de convalescere, prendre des forces, de cum . et valescere, devenir fort (voy. valide).
] CONVALLAIRE (kon-val-lê-r') , s. f. Termede botanique. Convallaire de mai, dite aussi muguet, lis de mai et lis des vallées.
f CONVASSAL (kon-va-sal), s. m. Terme de droit féodal. Celui qui est vassal avec. Les convassaux.
— HIST. xvie s. Les compagnons ou convassaux tenans fiefs du dit seigneur, Coust. génér. t. 1,
— étym. Con.... préfixe, et vassal.
CONVENABLE (kon-ve-na-W) , adj. || 1° Qui convient. Il a fait un mariage convenable. 11 faut en tout choisir le moment convenable. Cela, pour le moment, ne serait pas convenable. J'ai jugé convenable de le faire. Qu'y a-t-il de plus convenable à la puissance que de secourir la vertu? boss. Reine d'Anglet. Ils n'avaient pas encore mis tout l'ordre convenable à leurs affaires, maucroix , Schisme, liv. 1, dans richelet. Épargnez-vous le blâme D'un coup peu convenable à la main d'une femme, rotrou, Bélis. ni, 5. Il Une tenue, une mise convenable, tenue, mise décente. || Une personne convenable celle qui a de bonnes manières. J'ai renoncé à le voir parce qu'il n'était pas convenable. Soyez convenable. || 11 est convenable que..., avec le subjonctif. Il est convenable que vous fassiez cette visite. Il Substantivement. Le convenable, ce qui convient. Obéir aux règles du convenable. || 2° Conforme, proportionné. Faire une dépense convenable à sa fortune. Obligés à une restitution convenable à leur négligence, flëch. Serm. n. 271.
— HIST. xme s. Tu dones la viende en tens convenable, Psautier, f" 175. Mètre boines femes begines en celui hospital, et oster celés ki covenables n'i seroient, tailliar, Recueil, p. i">->. Or est-il voirs sans point de fable, Bien est ceste mort convenable À la vie que Lu menoies, Quant, l'amé avec ce cors avoies, la Rose, 10418. Li mariage mal convenable, beaum. xv, 3t. Aucunes cozes lesquelles sont convenables au commun pueple soustenir, beatjm. xlix. Se la persone est convenable, Liv. de just. 30. Il xivc s. Il n'est pas convenable que une meisme persone soit des biens communs et enrichie et honorée, oresme, Eth. 2C7. || xve s. Philippe d'Artevelle assez convenable et gracieux homme, froiss. n, ii, 101. Moult convegnable en est l'usance, id. Espinette amour. || xvie s. Il fault que les licts soient proportionnez à la maison, les vestements aux licts, et tout le reste des meubles et de la manière de vivre convenable et correspondante aux vestemens, amyot, Lyc. 23. Il estimoit estre convenable que la mort mesme des grands personnages portast quelque fruict à la chose publique, id. t'&. 61. Ainsi eut il à sa mort honneur convenable à la vertu de sa vie, id. Fab. 54. Quand Mahomet promet aux siens un paradis tapissé.... je veois bien que ce sont des mocqueurs qui se plient à nostre bestise pour nous emmieller et attirer par ces opinions et espérances convenables à nostre mortel appétit, mont, ii, 252.
— ÉTYM. Convenir; provenç. convenable, convenhable ; portug. convinhavel.
CONVENABLEMENT (kon-ve-na-ble-man), adv.
Il 1° D'une manière convenable. On ne m'a pas traité convenablement. Il a répondu convenablement. Il vit convenablement à son état. Dès là que tcut le monde est fait par raison, tout s'y doit faire convenablement; car le propre d'une cause intelligente, est de mettre de la convenance et de l'ordre dans tous ses ouvrages, boss. Conn. v, 2. || 2° Conformément. J'agirai convenablement à vos vues.
— HIST. xne s. Et ceu si avint molt convenaulement, et molt saigement l'ordinat li sapience, stbf.rm. 527. Il xme s. Qui veut oster enfans de se [sa] garde, il doit lor doner convenablement, ou oster les el tans qu'on voit qu'il n'i a point de malice, beaum. xxi, 20. || xiv° s. Et yleuc peust l'en trailier convenablement avec le peuple, bebciieure, f'57, verso. Le second article dit que à l'aler en ville ou au moustier, vous accompaigniez convenablement selon vostre estât, Ménagier , 1, 2. || xvr s. Ce pendant le jugement de la raison trouve et le moyen et la
mi de faire la punition convenablement, amyot,
Comm. refrén. /<> colère. 27.
— ÉTYM. Convenable, et le suffixe, ment; provenç. conveniablament.
CONVENANCE (kon-ve-nan-s') , s. f. || 1° Rapport, conformité. Je vous défie, mes pères, d'y trouver ni la moindre apparence d'ambiguïté ni la moindre convenance avec les sentiments de Genève, pasc Pror. 16. Quelle convenance y eut-i) entre l'offrande et celui qui la recevait? godeau. Prières, clans
CON
CON
richelet. C'est autre chose de faire tout convenablement [comme les animaux], autre chose de connaître la convenance [comme l'homme], boss. Conn. v. 2. Tout a ses convenances et ses rapports dans la nature, chateaub. Génie, i, v, 9. || Mariage de convenance, mariage où les conjoints se conviennent par rapport à la fortune et à la position. Toutes les convenances qui font les grands mariages s'accordaient avec ce penchant mutuel, marmont. Contes moraux, Deux infort. || 2" Qualité de ce qui est convenable. Convenance et clarté, voilà les deux principales qualités de l'élocution , barthél. Anach. ch. 58. \\Au plur. Bienséance. Observer, respecter, braver, violer les convenances. Que signifie ce sacrifice des convenances de la nature aux convenances de l'opinion? j. j. rouss. Hcl; ii, 2. Le ton d'un homme qui possède au plus haut degré le don de plaire et le sentiment exquis des convenances , barthél. Anach. ch. 64. || On dit aussi au singulier: Il a été d'une convenance parfaite. || Raisons de convenance, motifs de pure bienséance. Des raisons de convenance m'ont forcé d'agir ainsi. || Dans le langage didactique, raisons de convenance, raisons plausibles, mais qui ne sont pas démonstratives. Peu usité maintenant en ce sens. || Convenances oratoires, juste rapport entre le style d'un auteur, le langage d'un orateur, et le sujet qu'il traite, ainsi qu'entre les circonstances, le temps, les lieux, les mœurs, les personnes. || 3° Commodité particulière. Avoir une chose à sa convenance. Payer la convenance. Le caprice, les convenances arrangent et dérangent tout, marmont. Contes moraux , Scrup.
— HIST. xiiic s. Il s'agenoilla tout plorant, et leur jura seur sains que il à bonne foi tenroit les convenances [conventions] , villeh. xix. Li noms de convenance est gênerais à iouz les marchiez en quoi les parties se consentent, Digeste, f"26. Ci define li capitres de compaignie qui se fet par coustume ou par convenance, beaum. xxi, 35. [|xve s. Et s'allièrent par certaines convenances, que, si l'un des trois pays avoit à faire contre qui que ce soit, les deux autres le dévoient aider, froiss. i, i, (25. Mieux vault courtoisie de gré que ne fait convenance [convention, obligation], Perceforest, t. v, f" 32. || xvi° s. Il les rémunère des bénédictions, lesquelles estoyent deuës a l'observation entière de sa loy , par la convenance [convention] qu'il avoit faite, calv. Instit. 633. Convenances vainquent loi, loysel, 3,56. Tout estant commun entre eux, et leur convenance n'estant qu'une ame en deux corps, selon la très propre définition d'Aristote, mont, i, 2)5. Il l'avoit faict entrer en la ville pour exécuter les convenances de la reddition accordée, id. m, 292. En cecy y a il une générale convenance entre tous les philosophes de toutes sectes, que.... m. 11, 208. Ils les appointèrent par convenance que les Rhodiens demoureroient alliez avec Antigonus etDemetrius envers tous et contre tous, fors seulement contre Ptolemaeus, amyot, Démétr. 27.
— ÉTYM. Berry, convenance, convention ; provenç. conreniencia, conreniensa, convinensa, covinensa; espagn. conveniencia ; du latin convenienlia, de convenions, part, présent de convenire (voy. convenir). Convenance dans l'ancienne langue signifiait ce dont on est convenu, convention.
4. CONVENANT, ANTE (kon-ve-nan, nan-f), adj. Qui convient. II prononça des paroles convenantes. Il faut.... Juger comme au sujet l'esprit est convenant, Régnier, Sat. 1.
— HIST. xuie s. Et se poés à ce venir Que li leus [lieu] soit si convenans Que n'i doutés les sorvenans, la Rose, 7709. ||xivc s. Se delettacion est repleccion de chose qui est conveniente selonc nature, il avient que le corps en quoi est faite ceste repleccion se delette, oresme, Eth. 299. || xvie s. Qu'avons nous en ce monde tant apte à nature et si convenant à toutes fortunes bonnes ou mauvaises que l'amitié? l'Amant ressuscité, p. 169, dans lagurne.
f 2. CONVENANT (kon-ve-nan) , s. m. || i° Convention faite. Caliste eut liberté, selon le convenant, la font. Coupe. Il 11 a vieilli. || 2" Convenant ou covenant. Voy. ce dernier mot.
— HIST. xne s. Voire, ce dit Lamberz, par itel covenant, Jà n'en reviendra piez [homme] se nous estions cent, Sax. xxi. || xnie s. Frère, vous avez bien oï mon convenant [mes intentionsj, audefr. le bast. Romancero , p. 33. Mauvesement tindrent convenant à leur seigneur et à tous les autres, villeh. xxxi. Et te veil si à moi lier, Que tu ne me puisses nier Ne promesse, ne covenant, la Rose, 4 983. Neis [même] aux Sarrazins ne voult il pas mentir de ce que il leur avoit en convenant, joinv. 193. || xv's. Quand les seigneurs d'Angleterre virent le convenant
des Escots, ils firent toutes leurs gens traire à pied, froiss. 1, 1, 4t. Environ vingt six chevaliers et esouyers y furent morts en bon convenant, id. i, i, 70. Cette première journée passa sans aucun certain accord, chacun s'en ralla en son lieu, sur convenant de revenir, id. i, i, 444. Les barons gascons eurent en convenant au duc d*Anjou par leur foi et sur leurs honneurs que ils demeureraient bons François à tousjours mais, id. ii, ii, 8. ||xvr s. Ils arresterent que Pompeius auroit la Sicile et la Sar daigne, par tel convenant qu'il netloyeroit la mer de tous coursaires, amyot, Anton. 39.
— ÉTYM. Convenant 1 .
CONVENIR (kon-ve-nir), je conviens, nous convenons, vous convenez, ils conviennent; je convenais; je convins, nous convînmes; je conviendrai; je conviendrais; conviens, convenons; que je convienne, que nous convenions, que vous conveniez, qu'ils conviennent; que je convinsse; convenant; convenu, v. n. || 1° Conjugué avec l'auxiliaire être. Reconnaître la vérité de. Vous convenez là-dessus des devoirs que la religion impose, mass. Car. Pardon. Nous sommes convenus que dans un tel dessein Un soupçon bien souvent doit passer pour certain, lafosse, Manlius, ni, 6. Ils [les Français] avouent de bon cœur que les autres peuples sont plus sages, pourvu que l'on convienne qu'ils sont mieux têtus, montesq. Lett. pers. 400. || Convenir, dans une phrase affirmative, construit avec que, veut l'indicatif : 11 convient que cela est. Dans une phrase négative ou interrogative, il veut le subjonctif : Convient-il que cela soit? il n'est pas convenu que cela fût. Jamais un Anglais ne conviendra que son gouvernement ne soit pas le plus parfait que les hommes aient imaginé, condillac, Eludes Itist. part, m, ch. t. Il 2° S'accorder. Je pense convenir avec tous les théologiens, desc. Rep. 2. Si la religion était une pure imagination, tous les hommes, d'un consentement si unanime, ne seraient pas convenus à se la former, bourd. Pensées, t. 1, p. 266. Tous les instituts [monastiques], quelque différents qu'ils soient d'ailleurs, conviennent en ce point qu'il y ait à la tête de chaque société régulière une puissance qui préside, id. ib. t. 11, p. 459. On ne convient pas de l'année où il vint au monde, boss. Hist. 1, to. Des témoins qui conviennent sans s'être entendus, id. ib. 11, 43. Les hommes et les femmes conviennent rarement sur le mérite d'une femme, la bruy. ni. C'est une opinion sur laquelle tout le monde convient assez que Socrate est le premier qui ait ramené la philosophie à ce qui touche les devoirs de la vie commune, fën. Socrate. Les historiens de tous les pays conviennent tous à nous montrer que les différents peuples sont descendus de différents enfants d'un même père, id. xxn, 354. Ils contiennent tous en ce point et veulent tous être immortels, mass. Car. Avenir. Faites convenir, si vous le pouvez, tous les hommes sur votre sujet, id. Car. Resp.hurn. L'empereur [Justinien] ne convenait pas avec l'impératrice sur les points les plus essentiels, montesq. Rom. 20. Il 3° S'entendre sur une chose. Il sont convenus de se trouver en tel lieu, de faire telle chose. Convenir du prix de quelque chose. Convenons de nos faits avant que de rien rendre, regnard, Légat, v, 4. Comme il ne s'agit ici que de convenir des termes, afin de pouvoir se faire entendre , boullainvilliers , Réfutation de Spinoza, p. 200. y Avec que il faut le subjonctif ou le conditionne] : Ils convinrent que cela fût fait, ou serait fait au plus tôt. Il 4" En parlant des choses, être conforme. Il a été libre de nommer ces deux choses de même; mais il ne le sera pas de les faire convenir de nature aussi bien que de nom, pasc. Pens. 1, art. 2. Votre Age, monsieur, ne convient pas avec celui de ma fille, hauteroche , Crispin médecin, 1, 3. Les temps et les autres marques ne convenaient pas, boss. Hist. 11, to. Les temps conviennent, et tout se rapporte autant qu'on le pouvait espérer dans une antiquité si reculée, id. ib. 1, 4. Il faudrait bien que vous vous accoutumassiez à voir des exceptions dans les meilleurs systèmes; il y a toujours quelque chose qui y convient le plus juste du monde, et puis quelque chose aussi qu'on y fait convenir comme on peut, fonten. i, 4 24. On est obligé de les mettre [des pièces] les unes sur les autres pour voir d'une manière plus sûre que par la vue si elles conviennent en grandeur, malebr. Rech.i, 6. || 5° Conjugué avec l'auxiliaire avoir; être propre, convenable à. C'est un parti qui convient à votre fille. Ce projet ne lui a pas convenu. Des mœurs si rudes et si grossières convenaient à la république 410 se formait, st-évremont, Génie du peuple romain, ch. 2, dans rjchelet. Ces festons dans vos mains et
ces fleurs sur vos têtes Autrefois convenaient à nos pompeuses fêtes, rac. Ath. 1, 3. Du moins ce désespoir convient à mon malheur, id. Mithr. m, ). La bonté convient mal à ton autorité, volt. Mort de Ces. i,4. Il En logique. L'attribut convient au sujet. H 6" Plaire, être accepté. Un homme habile sent s'il convient ou s'il ennuie, la bruy. v. Il Se convenir, se plaire réciproquement. Ces deux hommes ne sauraient se convenir. Nos humeurs se sont convenu parfaitement. Ces dames ne se sont pas convenu. Nous nous serions convenu, si nous avions pu nous voir plus librement. Est-ce qu'il faut se convenir pour s'épouser? du fhény, Double veuvage, 1, 4. y 7° Être à la convenance. Cette place lui aurait bien convenu. Cette maison m'a convenu. Ce domestique ne me convient pas. || 8° Être convenable, expédient. On délibéra sur ce qu'il aurait convenu de faire dans une telle occurrence. Il ne vous convient pas de tenir un tel langage. J'ai commandé qu'on porte à votre père Les faibles dons qu'il convient de vous faire, volt, le Droit du seigneur, 111,6. Il Impersonnellement, il convient, avec de et lïnlinitif. Il ne convient qu'aux enfants de pleurer et de jeter tous leurs hochets quand on leur en ôte un seul, barthél. Anach. ch. 32. I| Avec que et le subjonctif. 11 convient que l'impôl soit payé par celui qui emploie la chose taxée plutôt que par celui qui la vend, j. j. rouss. Économie polit
— HIST. xie s. Dient Franceis: il nous i cuvent garde, Ch. de Roi. xm.
— xne s. Que à l'espée nel convegne à paier [il ne faille le payer], Ronc. p. 34. Sus en l'antgarde [il] vos convent à monter, Ronc. p. 47. Par grant dolor les convendra mourir, ib. p. 55. Seigneur cousin, com vous est covenent? ib. p. 131. Par la gastine vous convient à aler, -ib. p. 1 57. Mais il convient qu'à sa volonté soie, Couci, xxi. Ou veuil ou non, servir la [la servir] me convient, ib. 24. Je ne tieng pas l'amour à droit partie, Dont il convient mourir ou trop aimer, ib. xxi. Et comment Conviendra-il qu'à la fin congié [je] prenne? ib. xxii. Quant il eurent mengé, ses [si les] en [de table] eovint lever, Sax. xm. À prendre lui convient [il faut] vie d'homme sauvage, Et gésir mainte nuit au vent et à l'orage, ib. xxvi.
— xm" s. Et sachiés certainement que par celé chaaine convenoit passer qui au port de Constantinoble voloit entrer, villeh. lxx. Car nuls ne vient à vie [que] ne conviene finer, Berte, ni. D'un coutel en vo [votre] cuisse vous convenia ferir, ib. xm. Ce que [je] n'ai deservi convient que je compère
paye] ib. xvm. Car li rois les laissoit de trestout convenir [disposer], ib. lxiii. Ce est chose passée [résolue], jà n'y convient penser, ib. cxn. Car sachiés que moult la convient [à l'Envie] Estre irée quant biens avient , la Rose, 251. Et se tu as si grant besoigne Que esloigner il te conviengne, Garde bien que tes cuers remaigne, ib. 2583. Quant li baillis laisse convenir prevoz et sergans et la mesnie de son ostel plains de malice, ce sont lou entre brebis, beaum. 26. Adont converroit il que je respondisse à cascun pour tant comme à li monteroit, id. vi, i". Nouvelles, lesqueles je ne weil pas conter pour ce que il ne me convendroit de rompre ma matière,
JOINV. 24 4.
— xve s. Ainsi furent-ils trois jours et trois nuits sans pain, sans vin, et après, par l'espace de quatre jours, qu'il leur convenoit acheter un pain mal cuit six esterlins, qui ne dust valoir qu'un parisis, froiss. 1, 1, 39. Le roi Robert estoit devenu vieux et foible et si chargé de la grosse maladie, ce disoit-on, que mourir le convint, id. i, i, 47. Ils se mirent tous à aller après lui tant qu'il purent, et laissèrent les gens du pays convenir du'remenant et eux venger, et reprendre partie de ce qu'on leur avoit robe, id. i, i, 4 82.
— xvie s. Il est à ceste heure bien aisé de juger et discerner en quoy conviennent ensemble , ou en quoy différent ces deux signes, la circoncision et le baptesme, calvin, Instit. 4067. Et n'est point ceste forme de parler nouvelle; car elle convient avec une autre qui est au premier chapitre, id. ib. 4 084. Il feit crier que ung chascun convint en armes en la grande place, rab. Garg. 1, 26. Il te convient servir, aymer et craindre Dieu, id. Pant. 11, 8. Il se y convient mettre à l'adventure, les yeuix bandez, id. ib. m, 40. Or, puysque ne convenons ensemble en l'expousition des sorts Virgilanes, prenons aultre voye de divination, id. ib. 111, 4 3. C'estoyt le tiers jour des grandes foires, esquelles annuellement convenoyent tous les plus riches marchandz d'Africque et d'Asie, id. ib. îv, 2. Il lui porta les cinq c3ns ducats dont ils avoient contenu
CON
CON
CON
ensemble, marg. Nouv. lyi. Comme il convenoit à sa fortune, mont. I, 67. Voilà pourquoy toutes les règles se rencontrent et conviennent à cet article,
70. Il convient assez bien à un philosophe d'escrire l'histoire, id. i, io3. J'avois bien veu convenir en cecy la pluspart des anciennes opinions,
■250. Venus et Bacchus se conviennent volontiers, m. ni, 161. Alors ils commencent à estre plus propres aux exercices du corps, auxquels il convient de la force, i.anoue, 126. Après que ledit esquadron auroit enduré ceste rude salve, il lui conviendroit [faudrait] venir donner dans les picques du premier rang, in. 322. La vie contemplative et l'active conviennent très bien l'une avecques l'autre, id. 540. Si fut chose pitoyable que ce qu'il convint alors faire et souffrir à Perseus, amyot, P. Mm. 42. Hz convinrent ensemble , que Ciceron presteroit au jeune Caesar la faveur de son aulhorité, id. Cicéron, 56. Il y estoit convenu une grande multitude d'hommes de toutes parts de la Grèce, id. Démélr. 31. La courtisane le feit adjourner et convenir en jugement, pour.... id. ib. 35. Le prince concéda a la roine Baugency pour la commodité du traité, avec promesse qu'il lui seroit restitué si on ne pouvoit convenir [s'entendre], d'al'b. Hist.i, 141. Après avoir convenu [parlementé] ensemble quelques juins, et avoir si bien acheminé les affaires, M. du bell. 25.
— ÉTYM. Berry, conveindre; provenç. convenir, covenir; espagn. cqnv'enir; portug. convir; ital. convenire; du latin convenire, se reunir en un lieu, convenir, de cum, etvenire, venir. Palsgrave, p. 4, écrit: 11 covient, et dit que cela se prononce: il coviant.
CONVENTICULE (kon-van-ti-ku-T), s. m. || 1° Petite assemblée. Les Sociniens auront en Lithuanie quelque conventicule public, volt. Let.àCatli. 124. || 2° Le plus souvent assemblée secrète et illicite. En 1545 et dans les années suivantes, vingt ans après que Luther eut renversélesbornes posées par nos pères, Lelio Socinetsescompagnons tinrent secrètement en Italie leurs conventicules contre la divinité du Fils de Dieu, boss. Variai, xv. Les voilà donc dans nos assemblées, qu'ils détestaient dansleurs cœurs comme des conventicules de Satan, id. ib. xi, § 70.
— HIST. xvi" s. Les assemblées d'iceux sont des conventicules profanes, calv. Instit. 843. Les fautes advenues avant la dernière prohibition des conventicules [pour le protestantisme], condé, Mémoires,
— ÉTYM. Latin conventiculum , de convenire, se réunir ensemble (voy. convenir).
CONVENTION (kon-van-sion ; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. || 1" Terme de droit. Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes. Convention verbale. Convention écrite. Dans toute sorte de conventions. Faire une convention. Pourquoi veut-on que je tienne, malgré moi, une convention qui s'est faite sans moi? montesq. Lctl. pers. 71. || Etre de difficile convention, locution qui s'est dite dans le xvnc siècle pour : être difficile en affaires. || Fig. Quelle convention peut-il y avoir entre Jésus-Christ et Bélial, et comment peut-on accorder le temple de Dieu avec les idoles? boss. Hist. il, 12. || Auplur. Clauses diverses d'un pacte. Voici quelles ont été nos conventions. || Conventions matrimoniales, ou, simplement, conventions", les articles accordés à une femme par contrat de mariage. 11 ne lui est dû ni douaire, ni conventions, la bri;y. ni. || 2° Dans le langage général, ce qui est convenu entre les hommes. L'or et l'argent avaient été établis par une convention générale pour être le prix de toutes les marchandises, par la raison que ces métaux étaient rares et inutiles à tout autre usage, montesq. Lett. pers. 105. C'est [la puissance paternelle] de toutes les puissances, celle dont on abuse le moins; c'est la plus sacrée de toutes les magistratures ; c'est la seule qui ne dépend pas des conventions, et qui les a même précédées, id. ib. 129. Les conditions que ces conventions renferment sont les premières lois des sociétés; on les peut nommer lois naturelles, condillac, Hist. anc. i, 6. La vérité, comme le soleil, est faite pour éclairer le globe entier; elle ne connaît point les bornes que des conventions passagères ont mises aux sociétés politiques, holbach, dans les œuvres de du mahsais, Essai préj. eh. io. Les sciences, la gloire, les conventions sociales, tout était sacrifié à ce premier devoir [les soins paternels], condohcet, Berlin. \\ Terme de beaux-arts, /.ccord tacite pour admettre certaines fictions ou certains procédés. L'artiste est contraint ou juge bonde recourir à certaines conventions; le spectateur s'y soumet, remplissant ainsi une condition sans laquelle il ne pourrait éprouver les sensations
que lart est destiné à produire. Le théâtre offre plusieurs conventions de ce genre. ]| Manière fausse de certains artistes qui désignent les objets par des traits ou des couleurs qui ne sont pas celles de la nature, et qui comptent que le spectateur acceptera ces conventions tout arbitraires comme les conventions indispensables à chaque art. Dessin de convention. Couleur de convention. || De convention, loc.adv. Qui est admis, mais qui n'est pas réel. Signes, langage de convention. L'or a une valeur réelle et une valeur de convention. Dans beaucoup de pièces de théâtre les paysans parlent un langage de convention. Le caractère de convention qu'il a dans les fables, j. j. rouss. Ém. u. Ce qui est véritable plutôt que ce qui est de convention, id Hc'l. i, 26. Des lableaux de la nature, non de cette nature de convention que peignent si souvent les poètes et qui n'est que la nature vue autrefois par Homère et défigurée par ses imitateurs, condorcet, Huiler. Trop occupés d'une nature de convention, la vraie nature nous échappe, chateaubr. Génie, m, ni, 4. || Monnaie de convention, monnaie qui a cours dans plusieurs États d'après une convention de leurs gouvernements. || 3" Assemblée exceptionnelle des représentants d'un peuple, ayant pour objet d'établir une constitution ou de la modifier. La constitution des États-Unis a été rédigée par une convention. Le jour où, trouvant la salle qui devait nous rassembler [les états généraux], fermée, hérissée, souillée de baïonnettes, nous courûmes vers le premier lieu qui put nous réunir [le jeu de paume], jurer de périr plutôt que de laisser subsister un tel ordre de choses; ce jour-là même, si nous n'étions pas convention nationale, nous le sommes devenus, Mirabeau, Collection, t. m, p. 271 . || La convention nationale, ou, simplement, la convention, l'assemblée qui mit la France en république en 1792, qui se constitua en septemhre, et qui exerça tous les pouvoirs jusqu'au moment où elle les remit au Directoire en octobre 1795. || Dans l'histoire d'Angleterre, assemblée extraordinaire du parlement anglais en 1688. ... Jusqu'à ce qu'une assemblée qu'il indiqua, composée des deux chambres, eût tout réglé; elle fut appelée convention, parce qu'il n'y a que le roi qui puisse convoquer un parlement, raynal, Parlement d'Anglet. époques. [| Anciennement, conventions royales de Nimes, juridiction royale qui était établie à Nîmes pour connaître des exécutions faites en vertu des obligations passées dans son ressort.
— HIST. xv" s. En intention d'estre et se trouver à la convention qui se devoit tenir par l'empereur et les autres princes, pour faire résistance contre le Turc et les Infidelles, Mathieu de coucy, Hisi. de Otaries VII, p. 697, dans lacuïine. Environ le mois de juillet, alors que certaine convention et assemblée se tenoit entre la ville de Calais et Gravelinghes, louis xi, iVoui'. lxii. Il xvr s. Â la fin ilz en vindrent aux promesses et conventions de mariage, amyût, Stjlla, 72. Ce travail [de défrichement] n'est petit, sur tout si le fond est argileux; car le sablonneux est de plus facile convention [composition] , o. de serres, 73.
— ÉTYM. Provenç et espagn. convencion; ital. convenxione ; du latin conventionem, de convenire, convenir.
CONVENTIONNEL, ELLE ((kon-van-sio-nèl, nè- 1'; en poésie, de cinq syllabes), adj. || 1° Qui résulte d'une convention. Valeur conventionnelle. || En termes de droit, opposé à légal ou à judiciaire. Acte, clause conventionnelle, acte, clause qui est l'œuvre de la volonté des parties. || 2" Qui n'est que de convention. Des bienséances conventionnelles. L'égalité conventionnelle entre les hommes, bien différente de l'égalité naturelle, rend nécessaire le droit positif, j. j. rouss. Em. ni. La seconde manière est de représenter les mots et les propositions par des caractères conventionnels, ce qui ne peut se faireque quand la langue est tout à fait formée, id. Essai sur l'orig. des langues, ch. 5. 1 1 3° 5. m. Membre de la convention nationale. Un conventionnel.
— HIST. xvie s. Retrait [droit de rachat] seigneurial et conventionnel [inséré dans le contrat de ventej est cessible; le lignager non, si ce n'est à un lignager, loysel, 428.
— Ëtym. Convention; provenç. conventional; espagn. convencion a! ; ital. convenzionale.
CONVENTIONNELLEMENT [kon - van-sio- nè-le • man), adv. Par convention.
— ETYM. Conventionnelle, et le suffixe ment. C0NVENTUAL1TÉ (kon-van-tu-a-li-té) , S. f. So-
ciété de moines ou de religieuses qui vivent ensemble et sous la règle.
— ÉTYM. Conventuel.
CONVENTUEL, ELLE (kon van-tu-èl, è-l'j, adj. Du couvent. Assemblée conventuelle. Leur destinée est de vivre misérablement d'aumônes conventuelles et de coucher au coin d'une place on sous le portique de quelque église, raynal, Hist. phil. vu, 10. || La maison conventuelle, le logis des religieux ou religieuses. || Mense conventuelle, le revenu du couvent qui appartient à la communauté. || Messe conventuelle, la grande messe qui se dit dans le couvent, àladifférence de cellesqui se chaulent pour des obits ou des fondations. || Prieuréconventuel, prieuré où il y a des religieux. || Conventuelle rédemption, district du Paraguay gouverné par les jésuites. Les conventuelles rédemptions des jésuites dans le Paraguay ne me paraissaient pas propres à représenter un peuple usant de toutes ses facultés physiques morales, behn. de st-p. Pr. à l'Arcadie. \\ Un religieux conventuel, et, substantivement, un conventuel, celui qui est à demeure dans le couvent. || Dans l'ordre de Saint-François, conventuels, religieux qui n'ont pas adopté la réforme des observantins, c'està-dire qui possèdent des revenus annuels.
— hist. xnies. Ils convenroit prover que ce fu par le consentement de l'abbé et du couvent, se c'est religions conventuaus, beaum. xxiv, 16. || xvies. Un prieur est dict conventuel, quand il a avecque luy trois ou quatre frères qui chantent toutes les heures à notes , comme grand messe , matines , Grand coustum. de Fr. liv. m, p. 289, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. conventual ; ital. conventuale ; du latin convenlualis , de conventus (voy. couvent). Religions conventuaus de Beaumanoir est au nominatif singulier; ces adjectifs n'ayant dans l'ancienne langue , comme dans le latin , qu'une forme pour le masculin et le féminin.
CONVENTUELLEMENT ( kon-van-tu-è-le-man ) , adv. Selon les règles du couvent. Vivre conventuellement.
— ÉTYM. Conventuelle , et le suffixe ment. CONVENU, UE (kon-ve-nu, nue), part, passé
de convenir. || i° Admis, avoué. C'est une chose convenue. Des failssi convenus alors même par ceu\ qui avaient intérêt de lesnier,MAss. Car .Vérité de la religion. La proposition devient d'une absurdité convenue de tout le monde, dider. lielig. nat. 5. Il est convenu de tout le monde que cette politique a quelque chose d'humain, montesq. Espr. xxvi, 17. || 2° Qui résulte d'une convention. Qu'il vienne et qu'une trêve entre nous convenue.... d'avrigni, Jeanne D'Arc, i, 5. || 3" Qui est de convention, opposé à naturel. Les lois, les vains égards, les devoirs convenus M'ont chargé de liens jusqu'alors inconnus, c. delav. Paria, i, 2.
CONVERGENCE (kon-vèr-jan-s'), s. f. Terme de géométrie et de physique. Disposition de lignes qui convergent vers un même point. La convergence des rayons lumineux au sortir d'une lentille.
— ÉTYM. Convergent.
CONVERGENT, ENTE (kon-vèr-jan, jan-t'), adj. j| 1° Terme de géométrie. Qui converge. Des lignes convergentes. || Hyperbole convergente, courbe du 3e degré dont les branches ont une asymptote commune. || Terme d'algèbre. Séries convergentes, séries dont la somme est d'autant plus près d'une quantité cherchée qu'on fait cette somme avec un plus grand nombre de termes. C'est le seul moyen de s'assurer que la série est assez convergente après son second terme, pour que les termes qui sont au delà îles quatre ou cinq premiers puissent être négligés sans crainte, d'alemb. Disc, prélim. Sgst. monde, Œuvres, t. xiv, p. 1 12, dans pougens. La grandeur de la force perturbatrice qui émane du soleil rend les approximations beaucoup moins convergentes que dans les théories relatives aux diverses planètes, delaunay, Théorie du mouvement de la lune. Préface, p. xf. || Terme de physique. Rayons de lumière convergents, rayons qui tendent vers le même point. Convergent est opposé à divergent. || Terme d'histoire naturelle. Se dit des parties qui dès leur base tendent à se rapprocher. || Terme d'artillerie. Feux convergents, batteries qui, placées sur des points différents, battent le même point. Sur mer, feu convergent, feu de bordée ou de batterie, dont le pointage est préparé à l'avance. || Fig, Des opinions convergentes, des opinions qui se rapprochent. || 2° Abusivement, qui a la propriété défaire converger. Une lentille convergente.
— ÉTYM. Converger.
CONVERGER (kon-vèr-jé; le g prend un e devant a et o : nous convergeons: |e convergeais), v. n. il 1° Terme de géométrie et de physique. En parlant des directions, tendre vers un point commun. Les rayons lumineux convergent vers le foyer de la
CON
CON
CON
lentille 2* Fig. Faire i indivi-
duels vers un but commun. Tous nos efforts conimt.
— ÉTYM. Lat. convergere , de cum, et vergere, se tourner, s'incliner.
CONVERS, ERSE (kon-vêr, vèr-s'), adj. || l°Terrne monastique. Frères convers, frères lais, qui n'ont point d'ordres, et qui ne chantent point dans le chœur, mais qui servent en divers offices de la maison; ils sont sans études et par conséquent exclus des ordres sacrés. Les moines deClteaux amenèrent 1 urs frères convers avec plusieurs écuyers, volt. Moeurs, 6i. || Les sœurs converses sont dans les couvents de femmes ce que les frères convers sont dans les couvents d'hommes. Une converse, infante douairière. Singe voilé, squelette octogénaire, gresset, Ver-Vert, iv. || 2" S. m. Un des noms de la jeune alose.
— HIST. xne s. Uns des convers as monies (ne le ni'unt pas nummé) Out mult esté grevé de grant enfermeté, E out d'idropisie le ventre mult enflé, Th. le mari. 94. Se clers, muines, chanuines u convers
si mer. Le brief à la justice l'en estuveit porter, ib- 67. || xiiic s. S'aucuns crestiens se soit ol'ers à nostre Signor à servant à l'ospital St Julien, ne doit mie estre recheu en frère ni en sereur, ains soit converse entre les frères et les sereurs et esprouir six mois, tailliar, Recueil, p. 68. Atant estesvos [voila] un convers [frère lai], Qui deux viautres [chiens] encheanez Avoit lez la voie amenez, Ben. 1866: S'il avient que aucuns mesiax [ladre], ou que aucuns convers de maladrerie ou d'ostellerie soit de malvese conversation, beaum. lvi, 7. ||xvie s. 11 a parlé de saint Paul le convers [le converti], Comme il eut peur, quand il cheut à l'envers, Sut. Mén. p. 200.
— ÉTYM. Provenç. convers; espagn. et ital. converso; du latin conrersus, converti, part, passé de convertere Ooy. convertir), ainsi dit parce que c'étaient souvent des laïques convertis, c'est-à-dire changeant de vie, qui se faisaient convers.
f CONVERSABLE (kon-vèr-sa-bP) , adj. Avec qui on peut converser facilement, agréablement. Je ne sais si c'est un effet de la rate dont je suis tourmenté depuis quelque temps, mais il me semble qu'il n'y a plus, dans le monde, de personnes conversables, voit. Lett. 8.
— HIST. xvie s. Enfin elle revint [de sa retraite] dans le monde conversable, et ne manqua pas de reprendre ses mesmes premières ruses et intrigues d'amourettes, sully, Mém. t. vu, p. 67, dansLACURNE.
— ÉTYM. Converser.
t CONVERSANT, ANTE (kon-vèr-san , san-t'), adj. Qui converse avec les hommes, avec le monde. Pendant sa vie conversante et les années de sa prédication, boss. SU. 2.
— HIST. xivc s. Conversans par le monde, Ordonn. di s rois de I r. t. m, p. 467.
— Etym. Converser.
CONVERSATION (kon-vèr-sa-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || i° Echange de propos sur tout ce que fournit la circonstance. Bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu'on puisse avoir dans la conversation, i.arochef. Max. <39. Il est dangereux de vouloir être toujours le maître de la conversation et de pousser trop loin une bonne raison quand on l'a trouvée, id. Réflexions diverses, p. 129, dans pougens. Il faut que la conversation soit un peu flatteuse avec les femmes et qu'il y ait je ne sais quoi de retenu, chevalier de méré, dans richelet. Ces conversations ne font que m'ennuyer ; Et c'est trop que vouloir me les faire essuyer, mol. Mis. il, 4. Il ne voulait point entrer en conversation, hamilt. Gramm. 4. Elle entrerait aisément en conversation, sév. 4)9. J'ai eu une heure de conversation avec M. de Pomponne, ir#H6. Il a eu une conversation d'une heure avec le roi, id. 134. Elle n'engage pas la conversation, boss. Dév. 2. Un esprit de raillerie inconsidérée qui naît parmi l'enjouement des conversations, boss. la Vallière. lise hâtait de tourner la conversation sur quelque autre matière, fên. Tél. xxin. L'esprit de conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres, la bruy. v. Il a de la fécondité dans la conversation, simple, naturel, mettant les gens à leur aise, volt. Lett. Mme d'Argental, 18 avril 1 766. Vous trouverez des devins si habiles qu'ils vous diront toute votre vie, pourvu qu'ils aient seulement eu un quart d'heure de con- '>ii avec vos domestiques, montesq. Lettres pers. 58. L'esprit régulier du géomètre toisait tout ce qui se disait dans la conversation, id. ib. MS. L'auteur a un mérite infaillible pour être lu, le me-
nte rare de faire conversation avec son lecteur, j d'alemb. Éloges, Abbé de Choisi. La conversation avait au suprême degré, chez Mme de Lambert, le vrai mérite qui lui est propre, celui de n'avoir ni ton ni caractère exclusif, id. Éloges, St-Aulaire. Il est assez ordinaire aux personnes à qui le ciel a donné de l'esprit et de la vivacité, d'abuser des grâces qu'elles ont reçues; elles se piquent de briller dans les conversations, de réduire tout à leur sens, et d'exercer un empire tyrannique sur les opinions, fléchier, Mme de Montausier. || Changer la conversation, faire quitter à la conversation un sujet qui, pour un 'motif ou un autre, déplaît et ne doit pas être continué. || Être à la conversation, y prendre part, y être attentif. || Conversation politique, échange, dans le parlement anglais et par suite dans les autres assemblées parlementaires, de paroles entre quelque membre et le ministère, à l'effet d'obtenir un renseignement. || Dans les lieux où l'on prend les eaux, maison de conversation, local où les étrangers se réunissent. || 2° Manière de converser. Il me parut homme de conversation, sév. 39. L'hôtesse me parut une personne de fort bonne conversation; je lui demandai fort comme vous étiez la dernière fois, id. 348. De beaux seigneurs qui n'ont point de conversation, volt. Taureau, 2. || Conversation criminelle, intimité adultère. Dans cette locution qui nous vient d'Angleterre, conversation est pris au sensqu'il avait dans l'ancien français, fréquentation.
— SYN. conversation, entretien, dialogue, colloque. La conversation se dit de quelque discours mutuel que ce puisse être, au lieu que entretien se dit d'un discours mutuel sur un objet déterminé ou sur un objet important. Dialogue est propre aux conversations dramatiques ou aux conversations qu'on y assimile. Colloque s'applique spécialement aux conversations polémiques et publiques où l'on traite de matières de doctrine.
— HIST. xiie s. Humle est sa conversations [manière de vivre]; Nus [nul] ne done plus larges dons, benoît, u, 6i9i.||xme s. Preudon et loiaus, de bonne conversation et de bonne vie, Lit), des met. 264. Mesiel [lépreux] ne doivent pas estre oï en tesmoignage; car coustume s'acorde qu'il soient débouté de la conversation d'autres gens, beaum. xxxix, 33. || xive s. Considerans la bonne vie, renommée et honneste conversacion, qui nous a esté tesmoignée de sa personne, Lett. de rémission, Bibl. des Chartes, ve série, t. i, p. 82. Ceulx qui superhabundent en ire sont de dure et forte conversacion et ne pevent pas si bien convivre avecques les autres, oresme, Eth. 129. Et en bonnes fortunes la présence de ses amis luy fait avoir conversacion delettable, id. ib. 290. A tele amisté convient lonc temps et longue acoustumance ou conversacion, id. ib. 235. || xve s. En ce temps que je dis, avoit en la ville de Gand deux vaillans hommes sages et prudhommes de bonne vie et de bonne conversation, froiss. u, u, 239. Les requestes et fins des seigneurs estoient d'entrer dedans Paris pour avoir conversation etamytié avec eulx [les habitants de Paris] sur le fait de la reformation du royaulme, comm. i, 8. Il se gouvernoit outre la règle et bonne et honneste. conversation de prestres, louis xi, iVoMt;. xciv. || xvi° s. La seconde fin est, que les bons ne soyent corrompus par la conversation [fréquentation] des mauvais, comme il advient souventesfois, calv. Instit. 988. Puis après, la longue conversation par laps de temps y ayant imprimé la passion d'amour, il la chérit et l'aime plus tendrement qu'il n'avoit proposé du commencement, amyot, De la vertu morale, 19. Conversation en jeunesse, fraternité en vieillesse, leroux de lincy, Prov. t. Il, p. 277.
— ÉTYM. Provenç. conversatio ; espagn. conversacion; ital. conversasione ; du latin conversationem, de conversari, converser.
CONVERSE (kon-vèr-s') , adj. f.\\ i° Terme de logique. Proposition converse, proposition sur laquelle on opère la conversion, c'est-à-dire dont on change Pattrihut en sujet et le sujet en attribut, sansqu'elle cesse d'être vraie. Nulle pierre n'est homme devient ainsi : Nul homme n'est pierre. La première de ces deux propositions est la converse. || Substantivement. Une converse. || 2° En un autre sens, en dehors du langage technique, la proposition qui résulte de la conversion. Cette proposition a sa converse, boui.ainvilliers, Réfut. de Spinoza, p. 266. Les grands hommes sont mes rois; mais la converse n'a pas lieu ici; les rois ne sont pas mes grands hommes, volt. Lett. à Mauperluis, 1740. || Proposition converse se dit aussi en géométrie.
— HIST. xme s. Estre humble sans clergie vaut mieux que la converse: Car quant li uns se drece, li autres tumbe et verse, j. de meung, Test. 1041. j! xivc s. Et pour ce fist bien Platon d'enquérir de ces choses, assavoir mon laquelle voye est à tenir ou des principes aux effects, ou la voye converse, oresme, Eth. v.
— ÉTYM. Provenç. conversa, rebours, contraire; du latin conrersus, retourné (voy. convertir).
fCONVERSEAU (kon-vèr-sô), s. m. Pièce d'un moulin,
1 . CONVERSER (kon-vèr-sé), v. n. || 1" Vivre avec. Nous ne conversons plus qu'avec des ours affreux, la font. Fabl. xi, 7. Aussi bien, en l'humeur où je me trouve, je ne dois plus converser avec les créatures raisonnables, voit. Lett. il. C'est peu d'être agréable et charmant dans un 'livre; Il faut encor savoir et converser et vivre, boil. Artpoét. iv. L'habitude de converser avec soi tend toujours à rendre l'homme meilleur ; on ne consent à descendre au fond de son propre cœur que lorsqu'on est satisfait de l'ordre qui s'y trouve, HOLBACH,dans Œuvres de du marsais, Essai préj. chap. 12. || Fig. Converser avec les livres, avec les morts, s'adonner à la lecture des auteurs du temps passé. || 2° Avoir conversation avec Se plaire à converser avec les savants.
— HIST. xii" s. E cil Beronite s'en furent fuiz en Gethaïm; e là conversèrent jusques cel jur, Rois, 134. || xiiie s. Par la terre d'Anjou longuement [il] conversa [demeura], Berte, cvm. Qui vous a fait ci seule par ces bois converser? ib. cxn. Di nous en quelleu tu converses, la Rose, 10987. Quant aucuns est esleuz , l'en doit enquerre de sa vie à cels envi ren cui il a conversé, Liv. de just. 44. Et cil qui est escommeniés et renforciés, met en pecié cix qui entor li conversent, beaum. liv, 12. || xive s. L'en dit que telz gens conversent civilment, oresme, Eth. iso. Et les autres dient celui estre ami avecques lequel l'en convit et converse, id. ib. 265. A la delettacion et plaisance de ceulx avecques qui il convergent, id. ib. 130. Scite [Scythie] est une froide région bien loing de Lacedemone, et ne conversent pas les ungs avec les autres, id. ib. 66. Et bien li dit aussi que il y trouveroit Mainte beste sauvage, car li lieux le devoit; Ours, leons etserpens assez y conversoit, Guescl. 9197. ||xves. Et donnoient grands joyaux aux seigneurs et dames et damoiselles, pour ( acquérir la louange de ceux et de celles entre qui ils conversoient, froiss. i, i, 76. [Le roi] declaroit son plaisir estre tel, que feussent laissez paisiblement descendre tous Anglois et Anglesches, sans aucun sauf conduit avoir de luy, et de les laisser converser par tout son royaulme, jehan de troyes, Chron. 1461. Et que par nécessité me conviendrait converser [coucher] avec homme, louis xi, Nouv. c. || xvie s. Ceux qui ne conversent plus au monde [les morts], calvin, Instit. Toi. Situ converses avec un boitteux, tu apprendras à clocher, amyot, Comment nourrir les enfants, 9. Ceux qui conversent sur l'eau sont sujets à maladies froides, paré, Introd. il. C'étaient trois jeunes Mars et trois Amours ensemble Qui sous l'habit mortel conveFsoient ici-bas, Premières amours de desportes , dans raynouard , conversar.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. conversar; ital. conversare; du latin conversari, passif de conversare, fréquentatif de convertere, tourner, retourner (voy. convertir). Conversari signifie proprement être retourné fréquemment; de là le sens de fréquenter, vivre avec. Converser dans l'ancienne langue n'a que le sens de vivre avec; c'est plus tard qu'il a pris, par une déduction facile à concevoir, celui d'échanger les paroles.
2. CONVERSER (kon-vèr-sé), v. n. Terme de théorie militaire. Faire une conversion.
— ÉTYM. Voy. conversion.
f CONVERSIBLE (kon-vèr-si-bF) , adj. Qui peut être retourné. Puisqu'il est écrit que vous devez avoir la tète tournée, il vaudrait bien mieux que ce fût de cette manière que par l'indéfectibilité de la matière et par les négations non conversibles ,
SÉV. 340.
— ÉTYM. Voy. conversion.
f CONVERSIF, 1VE (kon-vèr-sif, si-v'), adj. Terme didactique. Qui a la propriété de tourner ou retourner une chose.
— HIST. xive s. Cercles appelés tropiques, c'est-àdire conversifs, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. Car. par sa pesanteur plombasse, Se tient [le mercure] soubz terre en une masse, Nonobstant qu'elle est volative Et es aultres moult conversive, la font.
— ÉTYM Voy. conversion; provenç. contersiu.
CON
CON
CON
CONVERSION (kon-vèr-sion; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. || 1° Action de tourner; mouvement qui fait tourner. || Terme de mécanique. Centre de Ci aversion, point autour duquel un corps, quand il est sollicité au mouvement, tourne ou tend à tourner. || Terme de théorie militaire. Changement de front. Quart de conversion, mouvement qui fait tourner la tète de bataillon où était le flanc. Ceux-ci, craignant d'être enveloppés de toutes parts, firent un quart de conversion, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. t69, dans pougens. || Terme de marine. Mouvement circulaire exécuté par un corps de bâtiments évoluants. || 2° Transmutation. La conversion des métaux vils en or. || Changement dans la forme. La conversion des écus en pièces de cinq francs, des toises en mètres. Il est étonnant, il est prodigieux que la vaste étendue de la Pologne n'ait pas déjà cent fois opéré la conversion du gouvernement en despotisme, j. j. rouss. Gouvern. de Pologne, ch. 5. || Terme de finance. La conversion des rentes, l'élévation ou l'abaissement du taux ancien. || Terme de jurisprudence. Changementd'un acte, d'une procédure en une autre. La conversion d'une obligation en rentes, d'un procès civil en un procès criminel. || En médecine, conversion des maladies, changement d'une maladie en une autre. | j 3° Terme de logique. Changement qu'on opère dans les propositions, en faisant du sujet l'attribut et de l'attribut le sujet, et qui est soumis à certaines règles selon que les propositions sont universelles ou particulières, affirmatives ou négatives, si l'on veut que la proposition reste vraie après l'opération. Conversion de proposition, c'est changer le sujet de la proposition en attribut et l'attribut en sujet, sans que la proposition cesse d'être vraie, si elle l'était auparavant, Logique de Port-Royal , 2e partie, ch. 14. |j4° Terme d'arithmétique. Proportion par conversion, comparaison de l'antécédent avec la différence qui est entre l'antécédent et le conséquent, dans chaque rapport. || Conversion d'un nombre, autre manière de l'exprimer. || Terme d'algèbre. Conversion des équations, expulsion des facteurs ou dénominateurs qui contiennent l'inconnue. [| Terme d'astronomie. Conversion de degrés, action de convertir les degrés en temps et les temps en degrés. || 5" Action de tirer lésâmes hors d'une religion qu'on croit fausse poulies fa-ire entrer dans une religion qu'on croit vraie. Saint Paul fut l'instrument de la conversion des gentils. La conversion de protestants au catholicisme, de catholiques au protestantisme. La conversion au mahométisme de populations noires dans l'intérieur de l'Afrique. La mort d'Antiochus digne de son impiété et de son orgueil, sa fausse conversion durant sa dernière maladie, et l'implacable colère de Dieu sur ce roi superbe, isoss. Hist. i, 10. C'est que la conversion du monde ne devait être l'ouvrage ni des philosophes ni même des prophètes; il était réservé au Christ, et c'était le fruit de sa croix, n>. ib. n, H. Les conversions étaient innombrables; et ceux qui en ont été témoins oculaires nous ont appris que, pendant trois ans de séjour qu'elle a fait à la cour du roi son fils, la seule chapelle royale a vu* plus de trois cents convertis, id. Reine d'Anglet. Deux sortes de personnes ont besoin de conversion : les honnêtes païens, qui n'ont que des vertus morales, et ceux qui ont commis de grands crimes, id. Pensées détachées, 20. Nous faisons cependant six mille lieues de mer pour la conversion des Indes, des royaumes de Siam, de la Chine et du Japon, c'est-à-dire pour faire très-sérieusement à tous ces peuples des propositions qui doivent leur paraître très-folles et très-ridicules, la bruy. xvi. Qui peut douter que le clergé n'ait été bien aise de la conversion de Clovis et qu'il n'en ait même tiré de grands avantages? MONTESQ. Espr. xxx, 24. C'est surtout dans le second siècle [de l'ère chrétienne] qu'il faut rechercher les motifs de conversion des savants et des gens du monde, parce que c'est alors qu'ils sont venus en foule dans l'Eglise, condillac, Hist. anc. xv. 10. II [Fléchier] se plaint de ce que les nouveaux convertis, qui, étant protestants, n'allaient point aux spectacles, y allaient depuis leur conversion, d'alemb. Eloges, Fléchier. || Conversion de saint Paul, fête qui se célèbre le 25 janvier. || Retour aux pratiques de la religion qu'on négligeait. Soutenir une conversion naissante par de saints entretiens, mass. Confér. Conduite dans le monde. La conversion véritable consiste à s'anéantir devant cet Être souverain qu'on a irrité tant de fois et qui peut nous perdre légitimement à toute heure, pasc. Pensées, part. Il, art. c. y Par extension, retour à une bonne conduite. La conversion de ce mauvais sujet qui s'est
enfin rangé. || En un cens encore moins particulier, changement d'avis sur quelque point important. Une société nouvelle [la société royale de médecine] dont l'établissement dut faire espérer à «M. Malouin la prompte conversion des détracteurs île la médecine, condorcet, Malouin.
— hist. xne s. Par droit, chier frère, celebret om ui par tôt le munde la conversion saint Pol, ki maistres fut des paiens, st bern. 564. || xrve s. Si comme sont les conversions et les mouvemens du soleil, oresme, Eth. ce. || xv° s. Paris où de nouvel estoit une conversion [troubles], rébellion et murmures contre les nobles, et aussi estoit elle en Flandres pareillement, Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 200, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. conversio, coversio ; espagn. conversion ; ital. conversione ; du latin conversionem, de conversum, supin de convertere (voy. convertir).
f CONVERSIONISTE (kon-vèr-sio-ni-sf) , s. m. Partisan de la conversion des rentes.
— étvm. Conversion.
| CONVERSO (kon-vèr-so), s. m. Terme de marine. Partie du tillac où l'on se réunit habituellement pour faire la conversation.
t CONVERTENTE (kon-vèr-tan-f) , adj. f. Terme de logique. Proposition convertente, celle en laquelle une première a été changée par la conversion. L'universelle : tout homme est animal, se convertit en cette particulière : quelque animal est homme. Cette dernière est la convertente.
CONVERTI, IE (kon-vèr-ti, tie) , part, passé. |j 1° Qui a pris une autre nature. L'eau convertie en vapeur par le feu. Son intérêt en amour converti Lui fait aimer le chef du contraire parti, mair. Sophon. n, 2. Carthage est convertie en un désert stérile, m. J. chénier, Gracques , n, 3. Sa première flamme en haine convertie , corn. Sertor. 1 , 2. Il 2° Amené d'une religion à une autre. Achève tes bontés, représente avec moi Les saints progrès des cœurs convertis à ta foi, rotrou, St-Gen. iv, G. Les Visigoths convertis de l'arianisme, boss. Hist. 1, il. Il n'y a rien de plus remarquable que cette séparation des Juifs incrédules d'avec les Juifs convertis au christianisme, id. Hist. n, 9. Il [le Sauveur] s'émeut plus sensiblement sur les pécheurs convertis qui sont sa nouvelle conquête; mais il réserve une plus douce familiarité aux justes qui sont ses anciens et perpétuels amis, id. Marie-Thér. || Substantivement. Les convertis. Une convertie. Un nouveau converti. Une nouvelle convertie. || Les nouveaux convertis, nom que l'on donna, après la révocation de Nantes, à ceux des protestants que la persécution contraignit à entrer dans l'Église catholique. [| Fig. Prêcher un converti, chercher à convaincre quelqu'un qui est de notre avis. || 3° Ramené à de meilleurs sentiments, soit de religion, soit de morale. Monsieur, que j'ai de joie de vous voir converti ! il y a longtemps que j'attendais cela, et voilà, grâce au ciel, tous mes souhaits accomplis, mol. D. Juan, v, 2. U Se dit ironiquement, dans le langage de la politique, de celui qui passe d'un parti à un autre par un intérêt déguisé sous une fausse apparence de conviction.
f CONVERTIBILITÉ ( kon-vèr-ti-bi-li-té ) , s. f. Qualité de ce qui est convertible.
— HIST. xme s. Car il s'ensieut, se chose est vaire [vraie], Donques est ele nécessaire, Par la convertibilité De voir [vrai] et de nécessité, la liose, t74i7.
— étym. Convertibilitas , de convertibilis , convertible.
CONVERTIBLE (kon-vèr-ti-bl') , adj. || 1° Qui peut être converti en une autre chose. L'eau est convertible en vapeur. Des obligations convertibles en rentes. Il 2° Terme de logique. Proposition convertible, proposition qui peut avoir sa converse sans cesser d'èlre vraie. Si tout homme est mortel, il ne suit pas que tout mortel est homme; cette proposition n'est pas convertible.
— HIST. XIIIe s. Car tele vérité possible Ne puet pas estre convertible Avec simple nécessité, Si comme simple vérité, la Rose, 1743g. || xive s. Termes convertibles, oresme, Thèse de meunier. ||xvi* s. Avec les confederez toutes promesses estoient seures et convertibles en effets, d'aub. Hist. 11, 271.
— ÉTYM. Convertir ; provenç. et espagn. convertible; ital. convertibile.
t CONVERTIBLEMENT ( kon-vèr-ti-ble-man), adv. Terme de logique. D'une façon convertible.
— HIST. xivc s. Toute eletlion est voluntaire; mais il n'est pas ainsi que toul voluntaire est elettion; et pour ce n'est ce pas tout un converliblement, 1
Eth. 63. Des termes de ceste matière, aucuns en-
sievent un l'autre convertiblement, id. Thèse de meunier,
— étym. Convertible, et le suffixe ment. CONVERTIR (kon-vèr-tir) , v. a. \\ 1° Transmuer
une chose en une autre. Les alchimistes espéraient convertir en or les métaux qu'ils appelaient imparfaits. Jésus-Christ convertit l'eau en vin. Convertir du sucre en alcool. J'ai beau m'épuiser les veines Et tout mon sang en larmes convertir, malh. v, 27. Ce feu véhément Convertirait en soi le liquide élément, Avant qu'il éteignit cette ardeur violente, rotrou, Hercule mour. iv, 5. Savent-ils comment ce ver [le ver à soie] convertit le suc d'une feuille en filets d'or? rollin, Traité des Études , v, 5 U lui permit de convertir en rentes viagères ou tontines une partie de ses actions, raynal, Hist. phil. îv, 19. Il Fig. Convertir le doute en certitude. Les curiosités de la nature sont une source féconde pour l'imposture; elle convertit des phénomènes singuliers en prodiges, rayn. Hist. 1, M. || Terme de droit. Changer la nature, l'espèce. Convertir une obligation en contrat de constitution. Convertir une peine corporelle en peine pécuniaire. || - 2° Retirer d'une religion et amener à une autre. Les missions catholiques ont converti beaucoup d'idolâtres. Les musulmans convertissent à leur foi dans l'intérieur de l'Afrique une multitude de nègres. Il fut converti au protestantisme. Jésus-Christ, qui les voulait convertir [les païens], parle d'en haut à saint Paul qui en devait être le docteur, boss. Hist. n, 7. Il faudrait les dompter et non les convertir , m. j. chénier, Charles II, m, 2. J'ai calmé les chagrins, j'ai converti l'erreur, id. Fénelon, m, 2. |j Amener quelqu'un à des sentiments qu'il n'avait pas. Vous l'avez converti à notre cause. || Absolument. On fait des missions, on prêche, on convertit. || 3° Se convertir, v. réfl. Se transmuer. L'alcool se convertit en vinaigre. Tout ce qu'il a touché se convertit en or, boil. Art p. ni. La peine corporelle se convertissait en peine pécuniaire, montesq. Esp. vi, 19. y Fig. Son amour se convertit en haine. || 4e Terme de logique. Ces deux propositions se convertissent , sont la converse l'une de l'autre. il 5° Quitter une fausse religion pour la vraie. Les païens se convertirent. || Rentrer dans le sein de la religion qu'on avait négligée. Mais, en priant pour son âme, chrétiens, songeons à nous-mêmes; qu'attendons-nous pour nous convertir? boss. Duch. d'Orl. Ils se convertiront de leurs péchés, boss. Hist. n, 7. Convertissez- vous à moi de tout votre cosur, mass. Car. Motifs de conv. Pendant une aimable jeunesse On n'est bon qu'à se divertir; Et quand le bel âge nous laisse, On n'est bon qu'à se convertir, la sabl. dans richelet.
— HIST. xe s. Cum Jonas propheta cel populum habuit pretiet et convers , Fragment de Valenc. p. 468. Quant il se erent convers de via sua mala, ib. p. 469. Il xie s. Ce velt li reis, [que] par amor [elle se] convertisse, Ch. de Roi. cclxviii. || xne s. Tu convertis la meie plainte en goie [joie] , Liber psalm. p. 3G. Convertide [changée] est la tue fuireur [fureur], ib. p. 232. Et convertis saint Pol son compeignon, Ronc. p. 48. Deus qui'l [qui le] mist en/, el règne, à vus le demandra; Vus l'avez à garder quant se convertira, Th. le mart. 29. [| xme s. Et sitost que li aprentis iert à convenances au mestre, il poiera cinq sols qui seront converti ou pourfit de touz les maistres, Liv. des met. 55. Qui vuet pecheors convertir Por eus faire à Dieu revertir, la Rose, 12079. Enprès demenda l'en se sarrazin qui a plusors femes, se convertist, laquelle il retendra, Liv. de just. 216. S'il sunt plege de deniers, et il sunt converti en blé, ou en vin, ou en autre coze, beaum. xliii. 11. Quant il convient qu'aucuns ait damace, mix vaut qu'il soit converti en la soustenance de bone gent que de malvès, id. liv, 12. Et li cors qui les biens dévore, Si sera converti en cendre, Guersai. 0 vous, fill des hommes, convertissiez vous à moi, et ge auré pitié de vous. Psautier, f° 1 10. Mes Diex atent, et por atendre E
les bra/. en croiz estendre ; Ne veut pas que pechierres muere, Ainz convertisse à sa droiture, huteb. n, 1 1 1. H xive s. Et ne se départ ou ne delesse pas ses l'ai/, ou diz des autres ou [au cas q te il les puet tourner et convertir à gieu ou à risée, ORESME, Eth. 138. Et pourrait estre converti par raison au contraire, id. ib. 195. Puis soulphre et vif argent en issent, Qui en metaulx se convertissent. \at. à l'alch. err, 164. [Que l'archevêque] Il voise en la cité , mais qu'il ait sauf condui . I l tant la
genl qu'il les ait convertis, Gue 17069. Ensi chiu 1 [ce] roi 1 Par le
voloir de Dieu , le roj
CON
CON
CON
n, 488. Et (orna par devers li et converti à son profit les biens de Gentil et de Simon lombars qui estoient acquis au roy, Lett. de rémission, Bibl. des Chartes, 4e série, t. n, p. 60. || xve s. Arethuse.... Qui en eaue fut par plour convertie, e. desch. Mort rie Guescl. Aysement toutes ces deux parties se convertiroient contre nous, comm. i, 5. |] xvic s. C'est afin qu'un chacun d'eux se convertisse de son iniquité, calvin, Instit, 477. Ils leur envoyèrent tous les chefs qui avoient consenty à la composition, pour convertir sur leurs testes tout le péché de la contravention au serment qu'ilz avoient preste, amvot, les Gracques, 9. Lui qui les eaux profondes En désert convertit, marot, iv, 319. Midas requit les dieux que tout ce qu'il toucheroit se convertist en or, mont, ii, 339.
— ÉTYM. Provenç. convenir, covertir ; espagn. convertir; ital. convertire ; du latin convertere (avec changement de la 3e conjugaison en la 4"), tourner, convertir, decum, etverterc, tourner (vôy. version).
t CONVERTISSARLE ( kon-vôr-ti-sa-bl' ) , adj. || 1° Qui peut être converti, c'est-à-dire transmué. || 2° Qui peut être converti, c'est-à-dire ramené à la vraie foi.
— ÊTYM. Convertir.
j CONVERTISSANT. ANTE (kon-vèr-ti-san, san-t'), adj. Qui convertit. Cette attention précède toute grâce convertissante et excitante, boss. Avert. 2.
CONVERTISSEMENT (kon-vèr-ti-se-man) , s. m. Action de convertir des valeurs en espèces, une obligation en contrat de constitution.
— HIST. xme s. Par le convertissement de divinité en char [chair], Psautier, f° 195.
— ÉTYM. Convertir; provenç. conrertiment ; espagn. convertimiento ; ital. convertimento.
CONVERTISSEUR (kon-vèr-ti-seur), s. m. || 1" Celui qui convertit des âmes à la religion qu'il croit vraie. On n'a jamais vu de convertisseurs si zélés, volt. Scarmentado. Cette bonne œuvre [la conversion de Law] avait valu au convertisseur beaucoup d'argent, id. Louis XIV, 37. Le condamné pria Dieu pour le convertisseur jusqu'à l'Age de 94 ans, volt. ib. Constamment opposé au zèle amer et fanatique de la plupart des convertisseurs de son temps, il était persuadé qu'on ne devait faire usage ni de l'autorité ni même de la crainte contre ceux des réformés qui ne donnaient aucune espérance de changement, d'alemb. Éloges, Fléchier. || Celui qui convertit des pécheurs et les ramène à de meilleurs sentiments de religion et de morale. || 2° Celui qui se charge des convertissements, en matières d'affaires et de monnaies.
— HIST. xvie s. Les convertisseurs de ce temps là ne failloyent point de convertir l'ame par la terreur du feu, ou de faire convertir les corps en cendre, d'aub. Conf. i, 9.
— ÉTYM. Convertir.
CONVEXE (kon-vè-ks'), adj. Qui présente une courbure en saillie. Un verre convexe. La surface de la terre est convexe. Le fils d'un artisan , dans la Zélande, assemble en se jouant deux verres convexes dans un tube; les limites de nos sens sont reculées, et dans l'Italie les yeux de Galilée ont découvert un nouveau ciel, turgot, 2e Disc, en Sorbonne.
— HIST. xive s. Ceste ligne est dite concave au regart de ce qui est dedens et est dite curve ou convexe au regart de ce qui est dehors elle, oresme, Eth. 30.
— ÉTYM. Lat. convexus, convexe.
t CONVEXIROSTRE (kon- vè -ksi -ro - str') , adj. Terme de zoologie. Qui a le bec convexe.
— ÉTYM. Convexe, et le latin rostrum, bec. CONVEXITÉ (kon-vè-ksi-té), s. f. Qualité de ce
qui est convexe. La convexité d'un globe. La convexité d'une ligne courbe. Si le rayon tombe perpendiculairement sur une loupe ou verre convexe, il continuera son chemin en ligne droite et passera par le centre de sa convexité, malebr. Rech. Éclaire. sur l'optique.
— ÉTYM. Latin convexitas, de convexus, convexe, t CONVEXO - CONCAVE (kon-vè-kso-kon-ka-v'),
adj. Terme didactique. Qui est convexe d'un côté et concave de l'autre.
f CONVI (kon-vi), s. m. Invitation. Maisons pria d'Antin de passer chez lui ; je n'ai point pénétré le projet de ce convi, st-sim. 376, 92 (st-sim. écrit convy). || Inusité.
— hist. xv s. Pour les quels convis [banquet] et assemblées ainsi faites les ambassadeurs d'Angleterre n'estcitr.t point bien contens, monstrel. ii, (82. || xvic s. Respondez-moi quel estophe Est le grand aise à vostre avis? Où le prenez-vous? — En convis
[repas], À boire et dormir tant qu'on peult, marot, iv, 157^
— ÉTYM. Voy. convier; ital. convito, repas, banquet.
t CONVICT (kon-vikf) , s. m. Nom donné par les Anglais aux criminels déportés. Les convicts transportés dans l'Australie.
— ÉTYM. Angl. convict, condamné, du latin convictus, convaincu, part, passé de convincere (voy. convaincre).
CONVICTION (kon-vi-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Nécessité où l'on met quelqu'un, par des preuves, de reconnaître la vérité qu'on lui présente. La conviction du coupable. 11 était facile aux infracteurs d'éviter la conviction ou le châtiment de leurs fautes. Ne faut-il pas que vous soyez bien imprudents d'avoir fourni vous-mêmes la conviction de votre mensonge par les autres lettres que vous avez imprimées? pasc. Prov. 16. Quelle conviction et quelle horreur, quand Dieu, en vous rejetant de sa présence, vous dira.... bourd. Dominic. Pardon des injures, 344. || 2° Certitude raisonnée. Avoir l'intime conviction d'une chose. Je voudrais qu'ils eussent des raisons claires et des arguments qui portent conviction, la bruy. xvi. Il y a bien loin, chez eux, de la profession à la croyance, de la croyance à la conviction, de la conviction à la pratique, montesq. Lett. pers. 75. C'est un désir, mais ce n'est pas une conviction réelle, mass. Av. Bonh. Cette conviction de la perversité humaine qui endurcit ou afflige la plupart de ceux qui gouvernent, condorcet, Maurepas. || 3° Preuve irréfragable. On l'accuse de divers crimes, et on a les convictions en main. Ce qu'il a dit fournit une conviction contre lui.
— SYN- conviction, persuasion. La conviction s'adresse exclusivement à l'esprit; elle l'oblige à confesser, à reconnaître, à adhérer. La persuasion s'adresse autant au coeur qu'à l'esprit; aussi, pour agir, a-t-elle moins besoin de preuves qui ne laissent point d'alternatives.
— ÉTYM. Lat. convictio, de convictum, supin ae convincere, convaincre.
f CONVICTIONNEL , ELLE (kon-vi-ksio-nèl, nè-1'), adj. Néologisme. Qui est relatif à la conviction, et, particulièrement, à la conviction d'un juge. Les éléments convictionnels d'une affaire criminelle.
— ÉTYM. Conviction.
CONVIÉ, ÉE (kon-vi-é, ée) , part, passé. || i° Les personnes conviées à un festin. || S. m. Celui qui est invité à un repas. De tant de conviés bien peu suivent tes pas, rotr. St-Ccn. v, 2. Venez souper chez moi; nous ferons bonne vie; Les conviés sont gens choisis, Mes parents, mes meilleurs amis, la font. Fabl. i, (4. Il manie les viandes, les remanie, démembre, déchire, et en use de manière qu'il faut que les conviés, s'ils veulent manger, mangent ses restes, la bruy. xi. La joie et le plaisir de tous les conviés Attend pour éclater que vous vous embrassiez, rac. Brit. v, 2. Quand un des conviés, d'un ton mélancolique Lamentant tristement une chanson bachique, boil. Sat. ni. Autour du grand banquet siège une foule avide; Mais bien des conviés laissent leur place vide Et se lèvent avant la fin.v. hugo, Orient. 33. || 2° Par extension, invité à. Convié à joindre la compagnie.
CONVIER (kon-vi-é), je conviais, nous conviions; que je convie, que nous conviions, v. a.\\l° Inviter quelqu'un à. un repas, à une cérémonie. Convier à un festin, à une assemblée. Je l'ai convié à un dîner. |] 2° Par extension, engager, exciter à. Ni l'honneur, ni le gain n'étaient suffisants à me convier à les apprendre, desc. Méth. A se rendre moi-même en vain je les convie, corn. Cid, iv,3. Quel sujet si pressant à sortir vous convie?m. Poly. i, 2. L'honneur te le commande et l'amour t'y convie, id. Héracl. i, 5. Va marcher sur leurs pas où l'honneur te convie, id. Cinna, i, 3. Et ce déchaînement aujourd'hui me convie À faire une action qui confonde l'envie, mol. F. sav. iv, 4. A le sauver enfin c'est moi qui vous convie, rac. Andr. ni. 7. Fautril qu'à feindre encor votre amour me convie? m. Baj. iv, i. Puisque mon roi lui-même à parler me convie, id. Esth. ni, 4. On nous convie par le succès qu'ils [les saints] ont eu à marcher sur leurs traces, mass. Car. Salut. Tout le convie à retourner dans les bras de Dieu, id. ib. Fautes légères. L'insensé de l'Evangile, se croyant dans l'abondance pour une longue suite d'années, conviait son âme à se reposer, id. ib. Prospérit. Lui apprenez-vous à juger de la vocation du ciel par les impressions de la grâce, qui ne cesse de nous y convier en secret? id. ib. Vocation. Vous conviez le pécheur à vous de- I
mander des grâces, id. ib. Prière, 2. Aux dons que ta bonté mesure Tout l'univers est convié, lamart. Harm. i, 7. || Convier de.... Le prince les convia de voir passer la garnison, sarasin, 69. L'empereur Ferdinand convia Elisabeth de ne point se séparer de la créance des princes chrétiens, maucroix, Schisme, liv. ni, dans richelet. Toi qui dedans un cloître as renfermé ta vie, De toutes les vertus tâche de l'enrichir; C'est sous ce digne effort que tu dois y blanchir, Ta règle te l'apprend, ton habit t'en convie, corn. Imit. i, 19. Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie, id. Cinna, v, 3. || Convier de est aujourd'hui peu usité; cependant l'euphonie pourrait demander qu'on en fît usage. D'ailleurs le vers célèbre de Cinna tend à conserver cette tournure.
— SYN. convier, inviter. Ces deux verbes ne sont synonymes que quand convier prend le sens général d'inviter. Mais comme le sens propre en est inviter à un banquet, à une solennité, il garde, dans l'acception détournée que l'usage lui a donnée, une nuance qui dérive de l'acception primitive et a quelque chose de plus solennel ou de plus amiral qu'inviter : On l'invita à prendre sa place; le Cid convie les chefs des Maures vaincus à se rendre.
— HIST. xvie s. Sembloit il pas le convier à interposer son décret? mont, i, go. Les conviez [en parlant d'un festin], id. i, 76. Aulcuns me convient d'escrire.... id. i, 103. Une humeur curieuse me convia à tel effect esloingné de ma nature, id. i, 9G. L'ennemy n'a rien qui le convie à honorer son ennemy mort, sinon l'admiration de sa vertu, amvot Pélop. et Marcel, comp. 6. Il se feit un banquet, auquel estans tous les chefs de l'armée conviez, il.... id. Lysand. 29. L'honneur et la réputation qu'il acquit depuis, le convièrent à tourner du tout son es ■ tude et son ambition aux armes et à la guerre, m. Sertor. 2. Il te reconviera si une fois tu le convies, et te donnera à soupper quand tu luy en donneras, id. Delà mauvaise honte , 5. Ils depeschent encore à Famagusto, demandant des hommes, et Balcon le gênerai se convia d'y aller, mais ceux de la ville le retindrent, d'aub. Hist. i, 3 5 3. Et pource qu'ils estoient fort chargez de bribes, il se convia à les soulager, id. ib. n, 462. A baiser vostre main le désir me convie, bons. 246. Je m'en vais saoul du monde ainsi qu'un convié S'en va saoul du banquet de quelque marié, in. 305. Quand il n'y auroit autre occasion que ceste dernière, elle seule deust bien convier les princes à lire souvent et affectueusement les histoires, amyot, Préf. xvm, 46.
— ÉTYM. Provenç. convidar, covidar; espagn. convidar; ital. convitare; d'après Raynouard, il vient du latin convivare ou convivari , donner, prendre un repas; mais le v ne peut se changer en ' ou en d. D'après Diez, il vient d'tnvtfatY, inviter, avec la substitution du préfixe con au préfixe in, sous l'influence de convivium, repas; mais là contre il y a cette objection, non absolue il est vrai, qu'en cette hypothèse les langues romanes auraient fait avec un radical inusité en ce sens (ri'(are) un composé con-vitare qui n'existe pas dans la latinité. Si l'on prend les acceptions de l'italien convitare, on voit qu'il signifie convier à un repas, et tenir table ouverte; conn'to, repas, banquet. Les choses étant ainsi, il faut ou croire avec Diez que invitare a donné la forme du mot, et convivium, le sens; ou que l'italien convitare, l'espagnol convidar sont formés du préfixe con, et de vita, vie, convitare, vivre ensemble, faire repas ensemble, comme convivium, d'où inviter à un repas, et, en général, inviter. D'ailleurs, ce mot une fois formé, la ressemblance qu'il a avec invitare y aura introduit sans peine le sens de ce verbe. Dans le français, confier, dont on n'a jusqu'à présent des exemples que du xvie siècle, a été formé sur convi qui est plus ancien.
| CONVIVANT (kon-vi-van) , s. m. Terme d'histoire ecclésiastique. S'est dit de ceux qui vivent en commun, dans certains couvents d'Italie.
— ÉTYM. Con.... préfixe, et vivant.
CONVIVE (kon-vi-v'), s. m. etf.\\ 1° Personne qui se
trouve à un festin. Il était du nombre des convives. || Familièrement. C'est un bon, un agréable convive, se dit d'un homme agréable à table et qui fait honneur au repas. Vous voyez un seigneur fort satisfait de soi, Un convive échappé de la table du roi, regnard, Démocr. iv, 7. || Fig. Au banquet de la vie infortuné convive, J'apparus un jour, et je meurs; Je meurs, et sur la tombe où lentement j'arrive, Nul ne viendra verser des pleurs, Gilbert, Ode imitée des psaumes. Convive rejeté de la table de Dieu, Je vis devant mes pas se fermer le saint
CON
CON
CON
Heu, c. delav. Paria, I, ». || 2° Convive du roi, nom. sous les rois Francs, d'un personnage qui était dans la familiarité du roi, au nombre de ses fidèles. La loi Salique distinguait chez les Romains le convive du roi, pour la mort duquel elle donnait trois cents sous de composition, du Romain possesseur à qui elle en donnait cent, et du Romain tributaire à qui elle n'en donnait que quarante-cinq, montesq. Esp. xxx, 25.
— ÊTYM. Lit. conviva, de convivere, deewm, avec, et vivere, vivre. Dans le xvr5 siècle, convive, venant de convivium, signifiait repas. Antérieurement convive au féminin avait signifié manière de vivre, manière d'être, état, disposition.
f CONVIVIABLE (kôn-vi-vi-a-bl'), adj. Mot de Brillât-Savarin. Qui traite des festins. X l'époque dont nous nous occupons, la poésie conviviable subit une modification nouvelle , brillât-savarin , dans bescherelle. || Ce mot est barbare.
— ÊTYM. Voy. CONVIVIAL.
f CONVIVIAL, ALE (kon-vi-vi-al, a-F), adj. Mot de Brillât-Savarin. Qui a rapport aux festins. Des esclaves étaient spécialement attachés à chaque fonction conviviale, et ces fonctions étaient minutieusement distinguées, brillât-savarin, dans bescherelle. || Ce mot est régulier.
— ÉTYM. Latin convivium, de conviva, convive. t CONVIVIALITÉ (kon-vi-vi-a-li-té), s. f. Mot
de Brillât-Savarin. Goût des réunions joyeuses et des festins. Un esprit général de convivialité s'est répandu dans toutes les classes de la société, brillat-savarin, dans bescherelle.
— "ÉTYM. Convivial.
f CONVTVIAT (kon-vi-vi-a) , s. m. Mot de Brillât- Savarin. Durée obligée de la présence d'un convive dans un repas. Souvent, au milieu des festins les plus somptueux, le plaisir d'observer m'a sauvé des ennuis du conviviat, brillât-savarin, dans bescherelle.
t CONVOCABLE (kon- vo-ka-bl'), adj. Qui peut être convoqué.
— ÉTYM. Convoquer.
t CONVOCATEUR (kon-vo-ka-teur), s. m. Celui qui convoque. Tous ne considéreront que vous [le régent] comme convocateur et moteur de l'assemblée [des états généraux], st-sim. 465, 70. Obéir, parce que tous les bons citoyens ont reconnu que le roi est le convocateur naturel et le législateur provisoire des états généraux, mirabeau, Collection, t. I, p. » 53.
— ÉTYM. Convoquer.
CONVOCATION (kon-vo-ka-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de convoquer. La convocation d'une assemblée. Du temps de Charlemagne, on était obligé sous de grandes peines de se rendre à la convocation pour quelque guerre que ce fût, montesq. Esp. xxxi, 27. La lettre de convocation de l'empereur est adressée à saint Cyrille, patriarche d'Alexandrie, et aux métropolitains, dumarsais, Lib. Egl. gallic. part, n, max. 8.
— IIIST. xiv" s. Après ce que Appius Claudius ot exposé la cause de la convocation, bercheure, f°63, verso. Il prent église pour convocation ou congrégation gênerai du pueple, oresme, Thèse de meunier. || xv s. En vous ne en autre n'a nulle bonne vertu se elle ne vient de Dieu; si aiez tous jours le cueur en Dieu et en la vertu, c'est assavoir en la convocation en quoi vous estes convoqué, le Jouvenccl, f°77, dans lacurne. || xvi" s. Jusques à la convocation et détermination du concile, m. du bell. »84.
— ÊTYM. Provenç. convocatio ; espagn. convocacion; ital. convocazinne; du latin convocationem, de convocarc, convoquer.
CONVOI (kon-voi), s. m. || 1° Terme de guerre. Un certain nombre de chariots qui portent des vivres. des munitions, sous la protection d'une escorte. On a fait entrer un convoi dans la place. Sur cette route [de Moscou] deux convois considérables venaient de tomber au pouvoir de l'ennemi: l'un, par la négligence de son chef, qui se tua de désespoir; l'autre, par la lâcheté d'un officier qu'on allait punir quand la retraite commença, ségur, Hist. de Napol. vm, <0. || L'escorte du convoi. Le convoi a été battu. || 2° Le corbillard, les voitures, et les personnes qui accompagnent un défunt au cimetière. Aller, assister au convoi d'un ami. Le convoi du pauvre. Sous Ptolémôe Lagus, le boeuf Apis étant mort de vieillesse, la dépense de son convoi, outre les frais ordinaires, monta à plus de cinquante mille écus, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. i, p. 74, dans pougens. Une place au sépulcre est un don que l'on brigue; Les morts vont au tombeau par immenses convois, lamakt. Joe. ix, 336. |] Fig. Bossuet vient lui-même à la suite du convoi de tant de générations, marchant
appuyé sur tsaïe et sur Jérémie, chateaubr. Génie, m, m, 8. || 3° Dans les chemins de fer, suite de voitures attachées les unes aux autres, qui accomplissent un voyage. Il prit le premier convoi. || 4°Terme de marine. Nombre de bâtiments de commerce qui naviguent sous la protection île vaisseaux de guerre. Nous avions trois frégates pour escorter notre convoi. Les flottes d'Auguste eurent pour objet principal la sûreté des convois et la communication des diverses parties de l'empire, montesq. liom. 13. Le peuple de Sinope, affligé de la famine, consentit de céder le dieu [une statue du dieu] à. Ptolémée pour un convoi de blé qu'il leur envoya, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vu, p. 299, dans pougens. || L'escorte même. Le convoi repoussa l'attaque des corsaires. || Ordre de convoi, ordre de file dans lequel les vaisseaux gouvernent largue ou vent arrière. || 5° Autrefois, convoi de Bordeaux, nom d'un bureau du roi, établi à Bordeaux pour la perception des droits qui se levaient, par mer seulement, sur six ou sept sortes de marchandises, telles que les vins, les eaux-de-vie, les prunes, etc.
— HIST. xvc s. Messire Thomas fit lier messire Hue sur un cheval et le faisoit ainsi mener par dérision après la route et le convoi de la roine, froiss. I, i, 23. Beau sire, dit le chevalier, voulez nul convoy [escorte]? nenny, dit Lancelot. Allez donques à la garde du créateur, en quelque lieu que vous soyez, Lancelot du Lac, t. Il, f°35. ||xvi's. Enai : Ne faisons point le convoi de Limoges? — Freneste : Cornent? — Enai : Quelques Limousins passèrent une nuict à se convoier, d'aub. Fœn. il, 19. Le duc, pressé de famine, envoia le marquis de Favarre pour servir de convoi aux vivres qu'il envoioit chercher vers Grenade, id. Hist. î, 352. Il signala son retour aux chrestiens, en chargeant Capigi et un chaoux qui conduisoit l'argent, et tua le convoi, id. Hist. il, 389. Et voyant le bateau qui s'enfuyoit de moy, Parlant à Marion, je chantay ceconvoy, rons. IC2. L'heure du convoy de l'enterrement, amyot, Solon, 41.
— ETYM. Voy. CONVOYER.
t CONVOIEMENT (kon-voî-man), s. m. Terme de marine. Escorte d'un convoi de bâtiments de commerce.
— ÊTYM. Convoyer.
CONVOITABLE (kon-voi-ta-bl'), adj. Que l'on peut convoiter. Cela n'est guère convoitable.
— HIST. xive s. Bien convoitable, oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Convoiter.
CONVOITÉ, ÉE (kon-voi-té, tée), part, passé. Les honneurs convoités par l'ambition.
CONVOITER (kon-voi-té), v. a. || 1° Désirer avidement. Il ne faut point convoiter le bien d'autrui. || Absolument. Voilà comment j'appris à convoiter en silence, à me cacher, à dissimuler, à mentir, à dérober enfin, j. j. rouss. Confess. i. || 2° En particulier, désirer une femme. Vous épousez ma fille, et convoitez ma femme, mol. Tart. iv, 7. || Absolument. La chair convoite contre l'esprit, boss. Dang. I. Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte; Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, mol. Tart. ni, 2. || Proverbe. Qui tout convoite tout perd.
— HIST. xne s. Mais li vilains dit plainement : Que qui tôt coveite tôt pert, benoît, t. i, p. 4(4, v. 9587. Naboth de Jezrael out une vigne veisine e mult près del paleis lu rei Achab; e li reis la cuveitad, Rois, 329. || xmc s. Car fors à estre as chans [champs] moût durement [elle] convoite, Berte, xxix. Cascuns estoit convoitans et desirans de conquerre ses anemis, h. de valenc. vi. Qui tout convoite tout piert, Chr. de Rains, 238. Quant li quens Ferransl'oïensi parler, si le creut come fols que il fu, et convoita la terre, et quida trop grant cose de soi, ib. 144, Voir dist li livres et savoir : Qui tôt covoite trestot pert, Rni. 14:39». Sachiés que nul à droit n'i va, Ne n'a pas entencion droite, Qui sans plus délit y convoite, la Rose, 4440. Car c'est la riens [chose] qu'il plus convoite, ib. 33 in. Et si disons noz de celles desqueles la compaignie est convoitie por lor joneche ou por lor biaté, beaum. 41. 11 covoita àoïr lorcanchonset aveir quix gensc'estoient, in.i.xix,2i. Ne convoite pas sus ton peuple, ne charge pas de toute [maltôte] ne de taille, joinv. 3oo. || xiv° s. Affin que, par la resgarder, l'en ne fust tempté delà [Hélène] convoiter, car elle estoit très belle, oresme, Eth. 55. Comme il se fait mauvais meller de larrechin, Ne convoitier aussi la femme à son voisin, Baud. de Seb. vu, 742. Quand ung bon esprevier a chacié une aloe bas et hault, et il l'a laissie si hault comme on puet regarder, et ung autre
esprevier la convoitte et on le laisse aler.... Modus, f" ci. || xve Et le roi leur envoyoit grand et grand argent pour payer leurs frais et despartir à ces seigneurs d'Allemagne qui ne convoitoient autre chose. froiss. i, i, 66. Tel convoite qui a assez, leroux
DE LINCY, l'VOV. t. Il, p. 420. || XVIe S. Xqili Suffit
ce que Dieu donne, Plus a que tel porte couronne; Fol est qui convoite autrui terre Pour tousjours demeurer en guerre, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 230. Qui plus a plus convoite, in. ib. p. 402.
— ÉTYM. Wallon, cowèter; provenç. cobeitar, cubitar ; catal. copdiciar; espagn. codiciar; portug. cubicar; ital. cubitare; mot formé du bas-latin cupiililia (voy. convoitise).
t CONVOITEUR, EUSE (kon-voi-teur, teû-z'), s. m. et f. Celui, celle qui convoite. Maints convoiteurs de biens se tenaient à l'affût, cas. delavigne, Coméd. i, 2.
t CONVOITEUSEMENT (kon-voi-teù-ze-man ), adv. D'une manière convoiteuse.
— HIST. xivc s. Gaing non moins convoiteusement que laidement croissant, oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Convoiteuse, et le suffixe ment. CONVOITFUX, EUSE (kon-voi-teû, teû-z'), adj.
Qui convoite. Convoiteux de gloire, de richesse. Que son cœur convoiteux d'avarice "ne crève, Régnier, Sat. x. Si ton cœur convoiteux est si vif et si chaud, id. Épit. i. L'amour, comme tu sais, est un enfant gourmand; Et, pour rassasier sa faim trop convoiteuse, Je trouve des soupirs une viande creuse, th. corn. l'Amour à la mode, iv, 7. || Substantivement. Cette part du récit s'adresse aux convoiteux; L'av.ire aura pour lui le reste de l'exemple, la font. Fabl. vin, 27.
— HIST. xne s. Là fu li juste sancs venduz et achatez; As Gieus est Judas li coveitus alez, Th. le mart. 1 37. || xm0 s. Ains commencierent li covoiteus de là en avant à retenir les choses, villeii. cvm. Je conois tant la manière de Lombars que il sont par nature convoiteus de gaaigner, Chr. de Rains, 121. Et Ysengrin moult s'en merveille, Qui defors fu moult angoisseus Et des anguilles covoiteus, Ren. 974. A Dangier suis venu honteus, De ma pès fere convoiteus, la Rose, 3)64. || xives. Les convoiteux dient que ce sont richesses, oresme, Eth. mi. Convoiteux et malicieux changeurs, Ordonn. des rois de France, t. ni, p. 322. || xve s. [Messire Geffroy ayant songé àcorrompre le capitaine Aimery] s'y inclina, pourtant que celui Aimery estoit Lombard, et Lombars de leur nature sont convoiteux, froiss. i, :, 326. Et dirent bien [les chevaliers] que or et argent y estoient efforcéement accourus d'Angleterre, et que François sont, trop convoiteux, id. i, i, 10. Il xvie s. Esprits volages et trop convoiteux de nouveauté, calv. Jnstit. 355. Nul ne cognoist estre avare, nul convoiteux; encores les aveugles demandent un guide; nous nous fourvoyons de nous mesmes, mont, ni, »06.
— ÉTYM. Provenç. cobeilos, cubitos ; espagn. codicioso ; portug. cubiçoso; ital. cubiloso ; mot formé du bas-latin cupiditia (voy. convoitise).
CONVOITISE (kon-voi-ti-z'), s. f. Désir immodéré de posséder quelque chose. Regarder quelque chose d'un œil de convoitise. La convoitise ne se peut prescrire des bornes, vaugel. Q. C. liv. x, dans richelet. La convoitise perdit l'un, L'autre périt par l'avarice, la font. Fabl. vin, 27. Si l'être de l'homme est borné, sa convoitise ne l'est pas, boljrd. Pensées, t. 11, p. 424. Cet appareil entretientle feu de la convoitise, BOSS. Lett. I8i. Les yeux accoutumés à voir la figure de ce monde qui passe, par les endroits les plus éclatants, sont toujours prêts à se fermer, lorsqu'ils ne trouvent rien qui flatte leur curiosité ou leur convoitise, fléch. Madame de Montausicr.
— HIST. xme s. Puisqu'aillors [je] n'ai convoitise [d'amour], Bien l'i deûsse trover [merci], dans Coud, p. 119. Et [que ma dame] sache bien de verte Que j'ai plus grant convoitise De s'amour que do santé, auboins DESEZANNE, Romane, p. 127. Etde faire tout bien fu en grant convoitise, Berte, VI. Covoitise, qui est racine de tous maus, villeh. cviii. iprès fu painte Coveitise : C'est celé qui les gens atise De prendre et de noient donner, Et les grans avoirs aûner, la Rose, 169. Convoitise, qui esl tierbergie en cuer de juge, pot fere de maus mult, beaum. xl, 23. Si que la vile ne soit pas damacie par lor convoitise de malversement retenir les biens du commun, id.l, i;. C'est aperte malvestés d'avoir converti à aidier à aucun, et après faillir par convoitise, id. v, 6. La convoitise qui est en vous,
"H. Il xiv s- Pour ce que il ont convoitisse de donner et de despendre, il ne font force ne
CON
CON
CON
différence en quelle manière ne de quelle part ils prennent, oresme, ICth. mo. Et la défiante est illiberalité et est avarice et convoitise, id. ib. 48. || xvc s. Se despartirent de l'ost pour la convoitise de gagner celle promesse, fhoiss. i, i, 40. Adonc passèrent au petit pont, car ilz ne vouloient pas demeurer en la ville pour convoitise [désir] de trouver leur seigneur; ains se misrent en chemin là où ilz cuidoient que leur seigneur fust allé, Perceforest , t. n, f" 20. || xvie s. Ire et haine est meurtre, quant à l'ame; convoitise est larrecin, calv. Instit. 275. Ils ne peuvent regarder le bien de leur prochain que de traversée dévorant par convoitise, id. ib. 27C Si quelcun est chatouillé de convoitise d'en savoir plus outre, id. ib. 356. C'est l'enect d'un esprit precipiteux et insatiable de ne sçavoir mettre fin à sa convoitise, mont, i, 351 . À convoitise rien ne suffist,
LEROUX DE LINCY, PïOV. t. II, p. 227.
— ÉTYM. Provenç. cubiticia, cubitia; catal. cobrficia; espagn. codicia ; portug. cobiça; ital. cupidizia; du bas-latin cupiditia, de cupidus (voy. cupide). Cupiditia, avec l'accent sur di, a donné covoitise (avec l'intercalation d'une », convoitise), ainsi que les autres formes romanes.
f COXV'OL (kon-vol), s. m. Terme de pratique. Action de contracter un second mariage.
— ETYM. Voy. CONVOLER.
CONVOLER (kon-vo -lé), v.n.\\ i° Convoler en secondes, en troisièmes noces, se marier pour la deuxième, pour la troisième fois. Les veuves disposées à convoler en secondes noces trouvaient en elle encouragement et assistance, ch. de Bernard, la Cinquantaine, § 3. || Absolument. Cette veuve a convolé. Â vingt ans mon mari m'a laissé mère et veuve...; Et faite comme on est, ayant quelques appas, On aurait pu trouver à convoler de reste, regnard, Légat, m, 8. Il [Ériban] avait une fort jolie femme qui convola avec un marchand arménien, volt. Dial. 6. || 2° En un autre sens, qui n'est usité que par plaisanterie, passer, changer de place. Le livre ayant déjà convolé en troisième main, il passa de la même façon en cinq ou six mains différentes, scarr. Rom. corn. ch. io.
— HIST. xvie s. Convoler à l'estat de mariage ou de religion, Nouv. coustum. génér. t. i, p. 886. Ne faisant point comme plusieurs dames que j'ay veu, veuves et convolantes , qui de leurs premiers et grands mariages s'abbaissoient et descendoient fort bas avec des petits, brant. Cap. franc, t. in, p. 28, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. convolar ; du latin convolare, de cum, eivolare, voler.
CONVOLUTE, ÉE ( kon-vo -lu -té, tée), adj. |( 1" Terme de botanique. Qui est roulé sur soi-même ou autour d'un autre corps, de manière à former un cornet Feuilles convolutées. || 2° Terme d'entomologie. Ailes convolutées, ailes qui enveloppent le corps de manière à lui donner la forme cylindrique.
— ÉTYM. Lat. convolutus. part, passif de convolvere, de cum, et volvere, rouler (voy. volute).
t CONVOLUTIF, IVE (kon-vo -lu-tif, ti-v') , adj. Terme de botanique. Synonyme de convoluté.
— ÉTYM. Voy. CONVOLUTE.
f CONVOLVE (kon-vol-v:) , s. m. Un des noms vulgaires du convolvulus ou liseron. Ainsi sur les moissons, quand l'orage a souftlé, Reposent, confondus dans le sillon comblé, Le convolve amoureux, la renoncule agreste, Et le pavot sanglant, et le bluet céleste, Et l'ivraie ennemie, et les épis de blé, masson, Helvéliens, vu.
— ÉTYM. Voy. CONVOLVULUS.
f CONVOLVULACÉES (kon-vol-vu-la-sée), s. f. pi. Terme de botanique. Famille de plantes dicotylédones monopétales à étamines hypogynes, à laquelle le liseron, convolvulus, a donné son nom.
fCONVOLVULIFOLlÉ, ÉE (kon-vol-vu-li-fo-li-é , ée), adj. Terme de botanique. Dont les feuilles sont semblables à celles du liseron.
— ÉTYM. Lat. convolvulus, et folium, feuille. CONVOLVULUS (kon-vol-vu-lus'), s. m. Terme
de botanique. Le liseron. Les convolvulus, les capillaires d'eau suspendent devant son nid [de la poule d'eau] des draperies de verdure, chateaub. Génie, i, v, 7.
— ÉTYM. Latin convolvulus, de convolvere (voy.