‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 415 sur 462 · La corneille fut en agait, Avant ala, le · texte numérisé non relu

La corneille fut en agait, Avant ala, le

bec uvri, Fiert l'escaille.... marie, Fabl. 13. S tart

cne la corneille, «niant li laz la tient par le col, le-

,e i.ixo.v, l'rov. t. i. p. 174. || xvi° s. Et si fai -

soit [eu lavant son linge] du cul et de la pointe

■ corneille qui abat noix, desper. Con-

tes . wxvi.

— ÉTYM. Provenç. cornelha; catal. cornella;espagn. corneja; ital. cornacchia; dulatin con icula, diminutif île cornix, dont le radical cor se trouve dans cor-vvs, coi b

f 2. CORNEILLE (kor-nè-lL', U mouillées) , s. f. Terme de botanique. Lysimachie.

f CORNEiLLON (kor-nè-llon , Il mouillées) , s. m. Jeune freux et jeune corbine.

— ÉTYM. Cn m tille t .

f CORNETTE (kor-né-i-f) , s. f. forme de médecine. Inflammation de la cornée.

— ÉTYM. Cornée.

f CORNÉLIEN, IENNE (kor-né-liin, liè-n'), adj. Qui a le caractère du style et du vers de P. Coi i qui a rapport aux tragédies de Corneille. Le vers cornélien a de la grandeur, de la simplicité et une grave harmonie. J'ai ôté toutes les dissertations cornéliennes qui anéantissent l'intérêt, volt. Lell. Chauvdiii. 25 sept. 1764.

— ÉTYM. Corneille, célèbre poète tragiqu première moitié du xvir siècle.

f CORNF.MENT (kor-ne-man) , s. m. |] 1° État des oreilles qui cornent. || 2" Bruit que fait un tuyau quand la soupape est ouverte.

— hist. x\ie s. De la vient le tintement ou cornement d'oreilles, paré, iv, 10.

— ÉTYM. Corner I.

CORNEMUSE (kor-ne-mu-z'), s. f. Instrument de inusique ehampêl dune espèce de sac de

cuir, qui est un ■■ I air que l'on entretient

avec la bouche, et qu'on place sous l'aisselle droite pour chasser l'air par la pression; à ce réservoir sont adaptés deux tuyaux, l'un percéde trous sur lesquels on dispose les doigts pour produire les différents sons, l'autre ne donnant qu'un son qui forme comme une pédale d'accompagnement. Le berger.... Enfle sa cornemuse en l'honneur de Henri, Régnier, Ëpil. I. Sans oublier la cornemuse, la font. Fabl. in, 3 . Au-dessous du poumon est l'estomac, qui est un grand sac en forme d'une bourse ou d'une cornemuse, boss. Conn. u, 3. Leurs cris, la cornemuse et le chant des bergères Vont apprendre leur joie au\ 1 1 lios Militaires, st-lambert, Saisons, n. || Proverbe. Quand la cornemuse est pleine, ou en chante mieux, c'est-à-dire, quand on a fait bonne chère, on chante mieux, on cause mieux.

— HIST. XIV* s. Et tant qu'une fois entr'oy Cornemuses, trompes, naquaires Et d'instrumens plus de sept paires, machault. p. 76. Une cornemuse esmaillée, de laborde, Émaux, p. -21s. \\ xve s. Si tourna pour tous remèdes [dans une lutte] sa teste par dessous le bras de messire Jaques, et ainsi [son adversaire] le teint à la cornemuse [sous le bras comme une cornemuse], 0. de la marche, Uém. liv. 1, p. 315. dans lacurne. 1 1 XVIe s. La ligure du ventricule est ronde etoblougue, semblable ', une musette ou cornemuse, paré, i, 14. Toutes les huiles sont tirées par un vaisseau appelle rctorte, et cornemuse des François, id. xxvi, 14. S'en reviennent rapportans la cornemuse au sac, comme dit le proverbe [sans avoir rien fait], merlin cocaïe, t. 1, p. 33, dans lacurne.

— étym. Berry, cormeuse, cormuse. commette; provenç. et espagn. cornamusa ; de corne, dans le sens de cor, et muse, musette (voy. musette).

t CORNEMUSEUR (kor-ne-mu-zeur), s. m. Celui qui joue de la cornemuse.

— HIST. xvic s. Un autre cria tant haut en braillant : sonne, cornemuseur, lapavanne, merlin cocaïe, t. 1, p. 175, dans lacurne.

— ÉTYM. Cornemuse.

t CORNÉOLE (kor-né-o-1'), s. f. Terme de botanique. Genêt des teinturiers (voy. lysimachie).

— HIST. xvi° s. Corneole ou chassebosse, 0. de serres.

t . CORNER (kor-né), v. n. || 1.° Sonner du cornet, d'une corne ou d'une trompe. Le vacher a corné dès

COR

le matin. || 2" Parler dans un cornet pour se faire entendre au loin ou pour se faire entendre à un sourd. Il continue et corne à toute outrance : Réveillez-vous.... la font. Herm. [| 3" Bourdonner, en parlant des oreilles percevant un bruit qui n'a rien de réel. Les oreilles me cornent. || Fig. Les oreilles vous cornent, se dit à quelqu'un qui croit entendre ce qu'un ne lui dit pas ou un bruit qui n'est pas réel. Il faut que les oreilles m'aient corné, mol. Malade, 111, 12. Les oreilles me cornent, id. Éc. des maris, 1, 5. y Les oreilles ont bien dû vous corner, on a bien souvent parlé de vous. |[4° V. a. Fig. Publier partout. En la quittant, Gulphar alla tout droit Conter ce cas , le corner par la ville, la font. F. av. Quelqu'un qui bientôt En mille endroits cornera le mystère, id. Mandr. Vendôme crie, écrit, corne bataille et victoire, et prépare à Mgr de Bourgogne tout l'affront d'avoir manqué le secours, st-sim. 208 , 54. Il Rebattre sans cesse la même chose. J'entends sans cesse corner à mes oreilles : L'homme est un animal raisonnable, la bruy. xii. || 5° Terme de vénerie. Corner les chiens, sonner du cor pour les exciter ou pour les rappeler. Corner requête, sonner du cor pour qu'ils quêtent de nouveau, lorsqu'ils sont en défaut.

— HIST. xi'- s. Ce dist Rolanz : cornerai l'olifant, Ch. de Roi. cxxvii. Jà li corners ne nous aureit

: , ib. cxxx. Il xne s. Je cornerai se vous le me louez [conseillez], Ronc. p. 81. Tel venjance frai sur Juda e sur Jérusalem [u à 1 - ki l'orrunf, tut les orilles lur en cornerunt, Rois, 420. Lores cornad Saùl uni- buisine parla terre, e dist : iço voil que oient li Hébreu, Rois, 42. || xin° s. Quant il oï la gaite corner le jour, si se leva et ala à l'église proier Dieu qu'il li aidast, Chron. d% Rains, p. 54. Ne ne pourront ouvrer que de la guete cornant au matin jusques à la nuit, sanz candele tant seulement, I.ir. des met. 92. Li veneor lor cors cornant, Lesqex vont durement sonant, Tôt le pais vont estonant De lorhuier, de lor corner, Ren. 5497. Si cornent li silvain et. huient Que tuit li champ entor en bruient, ib. 8676. Humiliiez est tant creùe Qu'orguex corne la recreue ; Orguex s'en va, Diex le cravant,Et Humilitez vient avant, huter. h, 59. Quant il encommençoient à corner, vous deissiez que ce sont les voiz des cynes qui se partent de l'estanc, JOINV. 269. Chetifs pecheours que feront, Quant tous les angels trembleront Et les archangels précieux, Et les buisines corneront Qui la venue annonceront Du très doulx fils Dieu glorieux? j. de meung, Tr. 1384. || xve s. La gaite commence à corner et recorner et à mener grand friente, fhoiss. h, 11,213. Puis corna le dit messire Guillaume de Douglas un cor, id. 1,1, (Si. On peut bien, pour vous, corner prise; Prins estes, point ne m'eschapperez, en. d'ohl. Rondeau. \\ xvr s. Le quel [un joueur de tambourin], après que il eut soufflé en la fluste, se meit en corner en gobelet [boire], et nettoyer la vaisselle [ manger ],' jf.an d'auton, Annales de Louis XII, p. 222, dans lacurne. Cornons icy, à son de llaccons, que quiconques aura perdu la soif ne ayt à la chercher céans, rab. Garg. 1, 5. 11 n'y a veneur qui ne prend plaisir à corner sa prise, ni amoureux d'avoir la gloire de sa victoire, marg. Nouv. xlix. Les plainctes qui me cornent aux oreilles, mont. 1, 1 97. L'espérance ne cesse de corner aux oreilles.... id. 11, 380. Il ne faisoit autre chose que corner la guerre ordinairement et prescher les armes au peuple, amyot, Phocion , 1 >. Quelques uns de l'.lois donneront le premier avis; mais par la responce ils furent appeliez corne-guerre et turbulents, u'aub. Uist. 11, 282. Délibérer avant que corner la guerre, charron. Sagesse, p. 434, dans lacurne. On dit en cejjaïs que le poisson corne, quand il est gasté, puant et corrompu, bouchet, Sere'es, p. 23) , liv. 1, dans lacurne. Ils ne trouvoient bon le gibier sinon qu'il cornast un peu , c'est à dire, sans déguiser les matières, qu'il ne fut un peu puant, 11. ■ st. Aintl. d'Hérod. p. 432, dans lacurne.

— ÉTYM. Wallon, coimer; provenç. cornar ; ital. cornare; de corne, dans le sens de cor.

f 2. CORNER (kor-né) , v. a. Faire une corne à.... Il a corné ce livre à toutes les pages. Chaque joueur cornait ses cartes, volt. Caiid, 22.

— ÈTYM. Corne.

f 3. CORNER (kor-né) , V. a. Frapper avec la corne. Cette vache a failli me corner. Éloignezvous, mes enfants, cette vache corne. || Se corner, r. ré/l. Se dit en parlant des bœufs qui se battent à coups de cornes.

— ÉTYM. Corne. Ces expressions, qui sont de la campagne, doivent être reçues; car elles oui été faites là où seulement elles pouvaient se faire.

COR

i ». CORNER (SE) (kor-né), v. réjî. Prendre la forme et la consistance d'une corne.

— étym. Corne.

f COUNEUOTTE (kor-ne-ro-f) , s. f. Un des noms du hibou.

CORNET (kor-né; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie ; les cornets acoustiques, dites: les kor-nè-z acoustiques; cornets rime avec traits, jamais, succès), s. m. || 1° Petite trompe rustique. Cornet de vacher. Il y a dans la Suisse un air célèbre, appelé le ranz des vaches, que les bergers sonnent sur leurs cornets et dont ils font retentir tous les coteaux du pays, j. j. rouss. Lettre au Mar. de Luxembourg. || 2° Sorte de petit cor. Cornet de postillon. Archers, mes compagnons de fêtes, Failes Votre épieu lisse et vos cornets Nets, v. nuoo, Rail. 1 1 . H Cornet à piston , petit cor où sont adaptés des pistons, qui, en raccourcissant la colonne d'air, permettent de donner justes toutes les notes. Le cornet à piston est surtout employé dans les orchestres de danse. Je pourrais même apporter mon cornet à piston; mais c'est un instrument qui rappelle le bal masqué, et il n'est peut-être pas assez sentimental pour la circonstance, ch. de Bernard, Un homme sérieux, § 4. || Cornet à bouquin, instrument grossier, composé d'une simple corne de bœuf, qui sert aux pâtres pour rassembler leurs troupeaux. Espèce de grande flûte dont on se sert dans les chœurs, pour soutenir les voix; l'étendue n'en est que de l'octave. j| Jeu d'orgue dont chaque touche fait parler quatre tuyaux. || Celui qui joue du cornet. || 3° Cornet acoustique, et, absolument, cornet, ["dit instrument propre à concentrer et à renforcer les sons, évasé par un bout, resserré à l'autre, et dont se servent les personnes atteintes de dureté d'ouïe. Il 4° Carré de papier roulé en cône. Et j'ai tout Pelletier Roulé dans mon office en cornets de papier, boil. Sat. m. S'il pouvait éviter le fouet ou obtenir un cornet de dragées en promettant de se jeter demain par la fenêtre, il le promettrait à l'instant, j. j. rouss. Em. 11. L'un arrangeait sous des cornets un certain nombre de coquilles ou de petites boules, et, sans découvrir son jeu, il les faisait paraître et disparaître à son gré, BARTHE- LEMY, Anach. ch. 25. L'autre [insecte] roule en cornet une feuille docile Et dans ce simple abri choisit son domicile, dei.ili.e , Trois règnes, vu. Il Cornet, cornet de fer-blanc, emmanché d'un long bâton, servant à éteindre les cierges après le service dans une église. || 5° Ancienne sorte de pâtisserie, faite entre deux fers, composée de beurre, de sucre et d'autres choses et se roulant en manière de cornet. Il 6" Sorte de godet en corne ou en cuir qui sert à agiter et jeter les dés. N'ayant que l'espérance et tins (|és au cornet, hégnier, Sat. xiv. [Il] Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, boil. Sat. iv. Il 7° La partie de l'écritoire dans laquelle on met l'encre. Donner un cornet pour du vin N'est pas grande reconnaissance, volt. Lett. Prusse, 117. Je le crois bien, monsieur; car voilà le cornet, Et dans le poudrier vous trempiez votre plume, regnaud, Distrait, iv, 9. || 8° Étui à couleurs du peintre en miniature. || 9° Terme d'anatomie. Nom de petites lames osseuses contournées sur ellesmêmes en forme de cornets, et situées à l'intérieur des fosses nasales. || Lame recourbée qui partage incomplètement la cavité de certaines coquilles. Il Terme d'histoire naturelle. Genre de mollus,qiies appelé aussi calmar. || Cornets de mer, gros coquillages, qui sont tournés en l'orme de vis, et donl 0 fait un instrument de musique fort aigu, en les perçant par le bout. || Terme de botanique. Appendice creux el évasé qu'on trouve dans certaines fleurs. Il 10° Terme de marine. Entourage que l'on fait au pied des mâts dans les embarcations. || Cornet d'épisse, sorte de broche pour épisser un cordage. H 11° Tenue d'orfèvre. Plaque de métal née à l'essai. || 12e' Cornet de faïence, cornet de porcelaine, vase en forme de cornet dont on se sert pour orner le coin des cheminées; on y met d'ord naii e des Heurs.

— uist. xiv° s. Là oïssiez cornez et trompes graïllier, Guescl. 5861. Un cornet, garny d'argent, et est ledit cornet de cristal, pesant six marcs dp. laborde, Kmaux, p. 228. Un petit cornet d'argent blanc, à mettre encre, m. ib. Un grant cornet de corne, garny d'argent doré, id. ib. \\ .xve s. Ung petit cornet d'ivoire, garny d'or fin, que Ms, a lait prendre et .n le lier pour reclamer son esprivier, id. ib. l'n cornel de vaclv r, ;•< is m. Vouv. I.xxxvi. Cornet de l'uel [coin de l'œil]. Du canoë, acies. Maison qui l'ait le cornet de la rue, id. cornetum. || xvi°s. Rompant son cornet relié A cercles..

COR

d'or fin délié Et de sa lyre l'harmonie, amyot, Comment refren. la eholere, 9. Ainsi comme les cornets et ventôses attirent du cuir ce qu'il y a de pire, aussi les aureilles de curieux attirent tous les plus mauvais propos qui soient, id. De la curiosité, 10. Re-olution qui se fait par ventouse et cornets, par seringues et par sangsues, paré, lntrod. 17. Souffler aux trompes ou trompettes , cors , cornets, etc. id. vi , <4. Les unes [ventouses] sont grandes, autres petites (appelées petits cornets), îes autres moyennes, id. xv, 68. Ayant disné à des nopces où il n'y avoit gueres de violons, mais où estoit la grand bande des cornets [jeu de mots sur cornes de cocuage], boulhet, Serées, liv. i . p. 148, dans lacurne. Les haubois, cornets à bouquin, et saque ioutes du roy en 1614, Estats de len, par

RAPINE, p. 5)1, dans LACURNE.

— ÉTYM. Diminutif de corne, dans le sens de cor et dans le sens propre; provenç. cornet; espagn. corn ete ; ital. cornetto. Cornet a dans l'ancien français signifié aussi angle, coin (anglais, borner).

t CORNETER (kor-ne-té), v. a. Terme de vétérinaire. Appliquer des ventouses.

— HIST xvr s. Les Allemands ont de particulier de se faire généralement touts corneter et ventouser avecques scarification dans le bain, mont.

— ÉTYM. Cornet.

f CORNET1ER (kor-ne-tié), s. m. Celui qui prépare la corne, la refendant et la redressant.

— ÉTYM. Corne.

<. CORNETTE (kor-nè-f), s.f. |] 1° Sorte de coiffure de femme en déshabillé. -Sans nuls atours qu'une simple cornette, la font. Quipr. Attends.... que la belle en cornette.... boil. Sat. x. En rajustant sa cornette, bérang. Ivrogne Je me fais des cornettes; Vos chemises de nuit et vos coiffes sont faites, mol. Ëc. des f. i, 4;||Fig. Laver la cornette à une femme, la gronder. Ce qu'il avait à faire n'était autre chose que d'avoir le plaisir de lui laver la cornette, sév. 23. || On dit très-familièrement qu'une femme est cornette, quand son mari lui est infidèle. On rapproche alors par plaisanterie cornette de cornes qui se dit de l'homme. || 2" Autrefois, large bande d'étoffe de soie que les docteurs en droit portaient autour du cou pendante jusqu'à

terre Si j'eusse étudié, Jeune laborieux sur un

banc à l'école, Galien, Hippocrate ou Jason ou Bartole, Une coinette au col debout dans un parquet, À tort et à travers je vendrais mon caquet, Régnier, Sat. îv. || Bande de soie que les professeurs du collège royal à Paris portaient autour du cou, et qui leur avait été accordée par François 1er [le col- Jége royal est aujourd'hui le collège de France]. „ Autrefois, dans plusieurs villes, sorte de chaperon que les magistrats portaient sur l'épaule pour caractère de leur dignité. || 3° Terme de fauconnerie. Houppe ou tiroir de dessus le chaperon de l'oiseau. || 4° Autrefois étendard de compagnie de cavalerie et de dragons. || Compagnie de cavalerie. 11 défit six mille Hongrois avec quinze cornettes de cavalerie, sarazin, Conspiration de Valslein, dans richelet. 11 y a telle rose de souliei qui vaut mieux que neuf cornettes impériales, voit. Lelt. no. || Gros de cavalerie. Le roi marchait à la tête de sa cornette, vaugel. Q. C. liv. îv, ch. 16. || Cornette blanche était, en France, le nom du premier régiment de cavalerie. || S. m. Cornette, l'officier qui portait l'étendard dans chaque compagnie de cavalerie et de dragons; son poste dans un combat était à la tète de l'escadron. Je marie Mlle Corneille à un jeune cornette de dragons, gen I ilhoinme très-ai mable, volt. Lelt. d'Argental, 23 janv. 1763. || Officier de certains corps de la maison du roi, mais ne portant point l'étendard. Il était cornette dans la première compagnie de mousquetaires. Ces jeunes gens conduits par un cornette se mirent en bataille, volt. Louis XIV, 13. M. le duc d'Orléans se dévouerait par la réalité et par l'espérance de cette multiplication de belles récompenses, depuis le i" lieutenant général jusqu'au dernier enseigne et cornette, stsim. 399, 4 99. Le cornette Joyce enleva le roi du chûleau d'Holmly, chateaub. Sluarts, 210. \\S. f. Emploi de cornette dans la maison du roi. Acheter une cornette dans les chevau-légers. || Ces différents emplois du terme cornette n'existent plus dans l'armée. || 5° Terme de marine. Sorte de long pavillon à deux pointes, insigne du commandement d'une division de trois bâtiments au moins. La cornette se hisse à la tête d'un mât comme une flamme.

— HIST. xme s. Et si ont les longues cornettes Et leurs solers faits à blouquetes [petites boucles . du cange, corneta. || xv s. Chapperons à courtes cor-

nettes, Vigiles de Charles VII, t. n, p. 168, dans lacurne. Grans chaperons et cornette à visière, Peaulx dechameulx, et draps fors et entiers, Garnissez-vous avant qu'iver vous fiert, e. desch. Poésies mss. f°234, dans lacurne. Pour cornette ou guidon suivre plustost on doit Les branches d'hierre ou d'if, qui monstient où l'on boit, basselin, xix. Par commun proverbe on dit Qu'on congnoit femme à sa cornette, coquillart, Droits nouv. Le duc de Savoye alla à icelle place de Ripaille où il print habit de hermite selon l'ordre de saint Morice, c'est à sçavoir grise robbe, long mantel, et chapperon gris et courte cornette d'un pied ou environ, et un bonnet vermeil par dessous son chapperon, monstrel. t. n, p. 102, dans lacurne. La cornette de son chaperon , louis xi, JVoui'. lxv. Or vint ce vaillant garni en sa cornette de son petit rasoir, id. ib. lxiv. || xvi's. Estant agacé de force calomnies contre le roi de Navarre, il donna un desmenti sous la cornette, si bien que les chefs eurent grande peine à le sauver.... que, pour le desmenti, il l'avoit donné sous la cornette, mais en maintenant l'honneur de celui à qui la cornette doit honneur, d'aub. Ilist. n, 269. Ils rompent trois ou quatre églises, arborent deux bannières en cornettes, id. ib. n, 348. Celui qui portoit la cornette générale essaia de ralier, id. ib. m, 66. Pour drapeaux, la cornette blanche, la générale des Espagnols, celle du collonel des reistres, 16 autres de cavalerie, id. ib. m, 232. Le baron de "Clermont qui portoit ma cornette, montluc, Mém. p, 580, dans lacurne.

— ÉTYM. Cornet, la cornette ayant été comparée à une petite corne; wallon, coirnete. La cornette, étendard, a été dite ainsi à cause de sa forme: puis le nom de l'étendard a passé à celui qui le portait.

f 2. CORNETTE (kor-nè-f) , s. f. Un des nom? du blé de vache (mélampyre des champs), dit aussi plumelle, queue de renard et rougeole.

— ÉTYM. Cornet.

f 3. CORNETTE (kor-nè-f), s. f. Terme de construction. Ferrement qui défend un coin de mur.

— ÉTYM. Cornet, qui s'est dit dans l'ancien français au sens de coin.

f CORNÉULE (kor-né-u-1'), s. f. Terme de zoologie. Chacune des petites facettes de l'œil composé des insectes.

— ÉTYM. Diminutif de cornée.

CORNEUR (kor-neur), s. m. || 1" Celui qui donne du cor. La nuit venue, arrive le corneur, la font. Ilerm. || Il se dit populairement d'un pleureur, d'un braillard. || 2° Adjectivement. Cheval corneur, jument corneuse , animai qui est atteint de cornage, qui souffle bruyamment des narines et qui a la respiration courte. On dit aussi cornard et siffleur.

— HIST. xiii" s. A tant li maroniers [marinier] oï Le cor dont pas ne s'esjoï;... Hors de sa nef est tost sallis. Au corneur le cours en vient, fit. et Jeh. 4078.'

— étym. Corner; provenç. comador. Corneur, en français, comador, en provençal, est au régime; le nominatif est cornere, cornaire.

\. CORNICHE (kor-ni-ch'), «./'.Terme d'architecture. Proprement, avance qui règne autour d'un bâtiment et en préserve de la pluie le pied. |j Partie composée de moulures en saillie l'une au-dessus de l'autre et qui règne comme couronnement autour de toutes sortes d'ouvrages, principalement dans les ordres d'architecture où elle est placée sur la frise de l'entablement. Corniche dorique, ionienne, corinthienne. La corniche de la maison. La corniche se mesure depuis l.i frise jusqu'à la cimaise inclusivement. Les piédestaux ont aussi leurs corniches. La corniche est le couronnement de l'ordre entier, rollin, Histoire anc. t. xi, ("partie, p. 27, dans pougens. || Nom donné à tout ornement saillant en menuiserie ou en maçonnerie qui règne audessus des portes, des armoires, au-dessous d'un plafond. Corniche de plâtre, de marbre, de bois. La corniche d'un buffet, d'une armoire. || Terme de marine. Pièce de bois sculptée appliquée en dehors de la lisse de hourdi.

— HIST. xvie s. Les pigeons se mettent sur le toict es cornices ou ceintures environnans le colombier, o. de serres, 383. Moulleures , lozenges , frize et cornise, Bibl. des Chartes, 4e série, t. ni,

— ÉTYM. Wallon, coronùe ; espagn. corniza ; ital. comice, cornicione. La première idée est de rattacher corniche à corne; mais d'abord les formes ne s'y firùtent pas, ni le wallon coronise, ni l'espagnol conuza, ni même l'italien comice. Puis le sens ne

s'y prête pas non plus, car la corniche n'est pas une corne, c'est-à-dire quelque chose qui s'avance en pointe, mais c'est une saillie qui règne en une certaine étendue. Les étymologistes s'accordent à tirer ce mot du latin coronis, grec xoptovlç, signe recourbé ; mais il est vrai de dire, comme le remarque Diez, qu'au moins l'italien a confondu le mot avec cornix, cornicis, corneille, soit par paronymie (comice en italien signifiant aussi corneille) , soit par l'idée de courbure qui s'est attachée au bec de cet oiseau (/.opcôvï], courbure, couronne, corneille). Quant au français corniche, il vient de l'italien.

f 2. CORNICHE (kor-ni-ch'), s. f. Petite com3. Se trouve dans Mme de Sévigné avec le sens figuré de cocuage, et en jouant sur le mot corniche. Madame d'Pipoisse m'a dit qu'il vous était tombé une corniche sur la tête.... Si vous vous portiez bien et que l'on osât dire de mauvaises plaisanteries, je vous dirais que ce ne sont pas des diminutifs qui font du mal à la tête de la plupart des maris : ils vous trouveraient bien heureux de n'être offensé que par des corniches, Lettre à Bussy, 6 juin 1668.

CORNICHON (kor-ni-chon), s. m. || 1" Petitecorne. Les cornichons d'un chevreau. || Terme de vénerie. Synonyme d'andoui 11ers. || 2° Petit concombre propre à confire dans le vinaigre. || Populairement. Lu cornichon, un homme niais, qui se laisse attraper. || 3° Terme de jeux. Nom, dans quelques localités, de la boule qui, jetée la première, sert de but. C'est ce qu'on nomme plus souvent coc!; || Cornichon va devant, jeu d'exercice qui coi à ramasser au plus vite différents objets en courant. || 4° Variété de raisin dont le grain long et courbé a été comparé au cornichon.

— HIST. xvie s. J'ouy dire une fois à un bon til-homme qu'ils [les romans] avoyent' une propriété occulte à la génération des cornes : et je me doute que lui-mesmes en avoil fait l'expérience; car il portoit deux petits cornichons cachez derrière l'oreille, qu'un autre du mestier lui avoit attachez, LANOUB, 142. A trois ans, se despouille ce qui de la coi ne leur est accreu [aux bœufs] depuis la naissant qu'au dit temps, en expulsant l'incrustation, demeurant ce bout-là, appelle cornichon, net ei pol tortuosité, o. de serres, 296. Jouans à corn Contes d'Eutrapsl, p. 305, dans lacurne.

— ÉTYM. Diminutif de corne; bourguig.com C'est peut-être le cornichon, petit concombre, qui a introduit le sens figuré de niais, le c mi étant un fruit peu sapide.

| C0RN1CULAIRE (kor-ni-ku-lè-r') , s. /. Terme de botanique. Genre de lichens.

— étym. Càrnicule.

| CORNICULE (kor-ni-ku-1'), s. f. Terme d'histoire naturelle. Petite corne.

|| Ornement qui surmontait le casque des I naires romains.

— ÉTYM. Lat. corniculum, diminutif de cornu, corne.

fCORNICULÉ, ÉE (kor-ni-ku-lé, lèe),adj.

d'histoire naturelle. Quia la forme d'une petit d'un cornet. || Terme de botanique. Pétales coi ni ulés, pétales des ancolies qui sont en forme de cornet. Fleurs corniculées, celles dont les étamines prennent la forme de pétales en cornet.

— ÉTYM. Corni,

t CORNICILH'ÈRE (kor-ni-ku-li-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des coruets ou de petites cornes.

— étym. Cornicule, et le latin férus, qui p

f CORXIDIE (kor-ni-die), s.f. Terme de botanique. Nom d'un genre de saxifragacées renfermant dos arbres ou arbrisseaux du Pérou et du Chili.

I. CORNIER, IÈRE (kor-nié, niê-r), adj. Terme d'architecture. Qui est à la corne, à corps de bâtiment. Pièce de bois cornière, poteau cornier, pilastre cornier, pièce de bois, j pilastre qui fait l'encognure d'un bâtiment, jointure cornière, canal pluvial en tuiles qui fait la jonction de deux combles. || Terme forestier. Arbre cornier, arbre qui marque le coin d'une coupe en forêt. || S. m.Termede marine. Cornier, partie élevée des angles de l'arrière d'un bâtiment, audessus des hanches.

— HIST. xivc s. Jusques à la cornière de la dite maison, du cange, corneria. || xvie s. Et pareillement fut partie une tour cornière qui estoit puissante et ne put choir lout jus, pour le mur de la ville auquel elle s'appuya, monstrel. livre i, ch. 88.

— ÉTYM. Corne; Berry, la corne d'un bois, la cornière d'un bois, le coin d'un bois. De cornier vient l'anglais korner, un coin, un angle.

COR

COR

COR

f ■-'. CORNTER (kor-nié), s. m. Ternie de botanique. Cornouiller.

— ÊTYM. Voy. CORNOUILLER.

I. CORNIÈRE (kor-niê-r'), s. f. Rangée de i une à deux pentes 'le toits qui se joiservanl à l'écoulement des eaux pluld . ' ne jointure cornière.

— ÊTYM. Comier.

■i. CORNIÈRE (kor-niê-r'), s. f. Equerre de fer ■ . r. ngle d'un coffre. || Ornemenl de de l*i une voiture. || S. f. plur. Équerres

en fer attachées aux angles du marbre d'une presse d'imprimerie pour fixer et maintenir la forme.

— ÊTYM. Comier

f CORNIFICIEN (kor-ni-fi-siin), s. m. Nom que Jean de Sarisber\ donnait à ceux qui abusaient de la dialectique par leurs arguments cornus.

— ÉTYM. Cornificianus , mot forgé par Jean de «ry; de cornu, corne, et le suffixe ficere,

-j- CORNIFORME (koi-ni-for-m), adj. Terme didactiqtie. Qui a la forme d'une corne.

— ÊTYM. Corne, et /' rme.

] CORN1GÈRE (kor-ni \è-v'),adj. || 1° Terme de zooles cornes sur la tète. || 2e Terme de botanique. Qui a des tubercules semblables à des tomes.

— ÊTYM. Corne, et le latin gerere, porter. CORNILLAS (kor-ni-llâ, Il mouillées), s. m. Petit d'une corneille.

— ÊTYM. Corneille.

f i. CORNILLON (kor-ni-llon. Il mouillées), s. m. Os contenu dans la corne des bœufs.

— Etym. Diminutif de corm .

\ 1. CORNILLON (kor-ni-llon, // mouillées), s. m. |] l'L'n des noms locaux du choucas. || 2° Petit de la corneille.

— insr. xve s. Ce que chante la corneille, Si chante le coruillon, le roux de lincy, Prov. t. t, p. 173.

— ÊTYM. Diminutif de corneille.

\ CORNION (kor-ni-on), s. m. Terme de pêche. Pari i qu'on ajuste a une des extrémités.

— 1. 1 vm. Diminutif de corne.

j- CORNISTE (kor-ni-sf), s. m. Nom donné régut au musicien qui joue du cor.

— ÊTYM. Cor. C'est la règle de terminer en iste le 'les instrumentistes.

CORNOUILLE (kor-nou-LT, Il mouillées, et non cor-nou-ve), s. f. Le fruit du cornouiller, rouge et d'une saveur aigrelette.

— hist. xvi' s. Coings, cormes, nèfles et cor- Boille, paré, xvm, 66. Les cormes et cornoailles, cueillies devant leur maturité, o. de serres, '237. En la propre manière que les cerizes, sont confites les cornoailles, c'est assavoir, dans le sucre infus au pi ipreju i, duquel, sans autre humeur, 6e fait le syrop, appelle corniat du nom du fruit,

O. DE SERRES, 86 i.

— ÊTYM. Picard, corgnolle; wallon, coinioule, du latin corniculum, petite corne (à cause de la Forme du fruit) , diminutif de cornu, corne. Le bourguignon dit courgette.

CORNOUILLER (kor-nou-llé, Il mouillées, et non Eor-nou-yé; l'r ne se lie jamais: au plur. Is se lie : kor- non - llé-z et cornouilles) , s. m. Arbre à bois très-dur, qui porte la cornouille (cornus mas, L.). Et sur le cornouiller la prune se colore, delille , Gcorg. n.

— HIST. xvi* s. Conserve du fruit de cornalier, paré, xxiv, 10. Charmes, obiers, cornoalliers, érables, o. deserres, 192. Quelque petit nombre de cornoaillers sierra bien parmi les précieux fruitiers, à cause de la beauté des cornoailles, pour leur excellente couleur escarlatine, id. 693. Le bois du coruoailler est ferme et solide, comme corne, d'où il tire son nom, id. 694.

— ÉTYM. Cornouille; Berry, courgellier ; bourg. tourgelier.

CORNU, UE (kor-nu, nue), adj. || l°Qui a des cornes. Les diables cornus. Front cornu. Un animal cornu blessa de quelque coups Le lion, qui, plein de courroux.... i a font. Fabl. v, 4. || 2° Qui a des coins ou angles saillants. Un pain cornu. Une pièce de terre cornue. Du fond de cet antre pierreux, Entre deux montagnes cornues, volt. Ep. xxvi. || Terme de bgique. Argument cornu, sorte d'argument. On donnait le nom de cornu a cet argument-ci : Vous avez ce que vous n'avez pas perdu; or vous n'avez pas perdu des cornes; donc vous avez des cornes, condillac, ilist. anc. m, 18. || On appelait aussi de ce nom le dilemme, parce qu'il frappe de deux côtés {argumentum cornutum ulrinque feriens) || 3J Fig,

Lièvres cornus, idées folles, extravagantes, ainsi dites parce que les lièvres n'ont pas de cornes. Et de cornus le cerveau [ils] nous barbouillent, Régnier, Sut. ix. || Raisons cornues, raisonnements cornus, raisons bizarres, étranges. Tous vos beaux arguments cornus Pour me persuader de vivre Et pour m'obliger à vous suivre, N'étaient donc que pour m'attraper, scarron, Virg. trac. n. || Visions, cornues, idées folles, extravagantes. Peut-être sans raison Me suis-je en tête mis ces visions cornues, mol. Sgan. 13. J'aime mieux.... Que d'aller follement, égaré dans les nues, Me lasser à chercher des visions cornues, boil. Épît. xi. || 4° Terme de botanique. Pont le style ou les anthères sont en forme de corne. || Blé cornu , blé affecté de l'ergot. || 5° Terme de vétérinaire. Cheval cornu, jument cornue, animal chez lequel la hanche, très-prononcée, forme une forte saillie, défaut dû, soit à une conformation vicieuse, soit simplement à la maigreur. || Proverbe. À mal enfourner, on fait les pains cornus, c'est-à-dire un commencement malhabile fait que la chose ne vient pas à bien.

— HIST. xir s. Tuit sont cornu et noir comme aversier [diables], Bataille d'Aleschans , v. (26. Nous verrons le fort escu [de] Maistre Gautier le cornu, hues de la fekté, Romancero, p. 190. || xin" s. Li abes prent une maçue, Qui moult estoit grant et cornue, Et le prieur un chandelier, Ren. «954. James bues [bœuf] sa teste cornue Ne metroit à joti de charrue, la Rose, 18005. Qui il alaint a coup, contre terre le rue Del son bordon ferré, si que forment i sue; Et les dames lor gictent mainte pierre cornue, Ch. d'Ant. vin, H38. En mi le front [la bète] estoit cornue D'une corne si très ague.... Unicorne et serpent ||xives. Par Mahon, dist Madoines, je vous voi bien cornu, Baud. de Seb. xm, 636. Tu sais que li deable, qui sont noir et cornu, four orguel trebuchierent dès li ciel en enfer, Girart de Ross. v. 2120. || xv's. Je fu l'autrier [dernièrement] trop mal venuz, Quant j'alay pour voir Calais; .l'entra y dedans comme cornus [comme un sot] Sans congié (permission] ; lors vint deux anglois. ... e. desch. Poésies mss. f° 230. || xvi" s. Les rabbins des Juifs font une glose cornue sur ce passage, cai.vin, 288. Voilà donc la couleur qu'a eu le Pape et tous ses evesques cornus, de charger les consciences de nouvelles loix, m. lnstit. 948. Rochers cornuz, j. marot, v, 224. C'est signe que la pierre [dans la vessie] est petite et cornue, ou espineuse, c'est à dire avec aspérités, paré, xv, 37. Les chèvres escornées de nature, ne sont tant sujettes à avorter que les cornues, o. de serres, 329. Fust-il plus diable qu'il n'est cornu, cotgrave.

— ÊTYM. Provenç. cornut; espagn. cornudo; ital. corntito ; du latin cornutus, de cornu (voy. corne).

f CORNUAU (kor-nu-au), s. m. Poisson de mer qui ressemble à l'alose.

f CORNUC1IET (kor-nu-chè), s. m. Petit cornet.

— HIST. xvic s. Aussi sont très proprement entés plusieurs arbres en canon, cornuchet, tuiau, flusteau, ainsi ditte telle sorte d'enter, des instruments de ces noms, o. de serres, 670.

— ÉTYM. Diminutif du latin cornu.

f CORNUDE (kor-nu-d'), s. f. Seau de bois à l'usage du savonnier.

— ÉTYM. Le même mot que cornue.

| CORNUIhiT (kor-nu-dè), i. m. Petit se-.u de bois.

— ÉTYM. Comude.

CORNUE (kor-nue), s. f. Vaisseau, or : : airement de verre ou de grès, dont on se sert en chimie pour certaines distillations. L'illustre Robert Boyle avait longtemps tenu de l'eau dans une cornue à un feu égal, volt. NeuJt. i, 8.

— HIST. xvi* s. Les mettre en une retorte ou cornue avec son récipient, paré, xxvi, 9. Ains commandera-on aux vendangeurs, les raisins seuls, et bien qualifiés, estre nettement mis dans les panniers et corbeilles; et de là poités dans les cornues, et finalement charriés au celier, o. de serres, 2io, etc.

— ÉTYM. Cornue, àcause de sa forme recourbée; provenç. cornuda.

f CORNUELLE (kor-nu-è-1') , s. f. Un des noms de la maire.

— ETYM. Diminutif du latin cornu.

f I. CORNUET (kor-nu-è), S. m. Terme d'agriculture. Bid mt.

— ÉTYM. Diminutif du latin cor?iu.

| 2. CORNUET (kor-nu-è), s. m. Nom d'une pituite corymbifère (bidens tripartita, L.).

— êtym. Lat. cornu.

| CORNUPÈTE (kor-nu-pèf), adj. Terme de nu-

mismatique. Qui frappe de la corne. Taureau cornupète.

— ÉTYM. Lat. cornu, corne, et petrre, attaquer, assaillir (voy. pétition). Bos cornupeta, dans saint Jérôme.

t COROLLACÉ, ÉE (ko-rol-la-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle.

I. COROLLAIRE (ko-rol-lê-r'), s. m. ||1" Terme didactique. Ce qu'on ajoute à l'appui des raisons dont on s'est servi. J'y ajouterai maintenant ce corollaire, que.... boss. Préf. \\ 2° Terme de mathématiques. Conséquence découlant d'une proposition qui vient d'être démontrée. Voulez-vous peindre et toucher, on vous demande des axiomes et des corollaires, chateaub. Génie, i, 4. Des traités entiers faits par de grands auteurs se réduisent quelquefois à quelques corollaires que l'on rencontre en chemin, fonten. l'Hôpital.

— HIST. xv s. Après je viens au quart exemple de ma dite majeure, auquel je pense noter et proposer huit vérités principales.... et conférer huit autres conclusions par manière de corollaires, monstrel. liv. I, ch. 39.

— ÉTYM. Lat. corollarium, de corolla, petite couronne (voy. corolle); dit ainsi de la figure du signe qui indiquait le corollaire d'une proposition.

f 2. COROLLAIRE (ko-rol-lè-r') , adj. Terme de botanique. Qui est de la nature de la corolle.

— ÉTYM. Corolle.

COROLLE (ko-ro-1'), s. f. Terme de botanique. Enveloppe immédiate des étammes et du pistil; enveloppe interne d'un périanlhe double. Si je pouvais l'offrir, pour m'ouvrir ta demeure, Ma goutte de rosée, ou mes corolles d'or, v. hugo, Bail. 2. Cette partie enveloppante et colorée qui est blanche dans le lis, s'appelle la corolle et non pas la fleur comme chez le vulgaire, parce que la fleur est un composé de plusieurs parties dont la corolle est seulement la principale, j. j. rouss. Lett. Elém. botan.

— ÉTYM. Lat. corolla, diminutif de corona (voy. couronne).

f COROLLE, ÉE (ko-rol-lé, lée), adj. Terme Jj botanique. Qui est muni d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle.

f COROLLIFÈRE (ko-rol-li-fè r') , adj. Terme de botanique. Qui porte une corolle.

-- ÉTYM. Corolle, et le latin férus, qui porte.

f COROLLIFLORES (ko-rol-li-flo-r'), s. f. plur. Terme de botanique. Plantes dont les fleurs ont une corolle hypogyne.

— ÉTYM. Corolle, et le latin flos, (loris, fleur.

f COROLLIFORME (ko-rol-li-for-m), adj. Terme de botanique. Qui a la forme d'une corolle.

— ÉTYM. Corolle , et forme.

f COROLLIN, 1NE (ko-rol-lin, li-n'), adj. Qui est de la nature de la corolle. Êtamines corollines. || Nectaires corollins, ceux qui sont situés sur la corolle.

— ÉTYM. Corolle.

f COROLLIT1QUE (ko-rol-li-ti-k') , adj. Terme d'architecture. Colonne corollitique, colonne ornée de feuillages ou de tleurs tournées en spuale autour du fût.

— ÉTYM. Lat. corolla, petite couronne (voy. corolle).

f COROLLULE (ko-rol-lu-T), s. f. Terme de botanique. Petite corolie.

— ÉTYM. Diminutif de corolle.

f CORONACH (ko-ro-nach), s. m. Chant funèbre des Ecossais des montagnes, qui sont de race celtique.

— ÉTYM. Mot celtique.

CORONAIRE (ko-ro-nê-r'), adj. ||1" Terme d'antiquité romaine. Or coronaire, couronne d'or donnée à un général vainqueur par les provinces, les nations alliées ou amies du peuple romain. || 2" Ternie d'anatomie. Artères, veines coronaires, celles qui effectuent la circulation du sang dans le cœur. Elles ont formé les veines qu'on pomme coronaires, desc. Fœtus, 4. || Artère, veine coronaire, artère, veine de l'estomac. || Vaisseaux ainsi nommés parce qu'ils sont disposés en couronne, en rond.

— hist. xm* s. Il loist bien [il est bien permis] au segneur que ses hons de cors devient clers, que il se traie à 1 evesque et qu'il li requière qu'il ne li face pas coronere [tonsure], beaum. xiv, (7.|| xvr s. La veine et artère viennent de la gasinque, gaslrepiploïque, coronaire et splenique, paré, i, i4.

— étym. Lat. coronarius, en forme de couronne, de corona (voy. couronne); provenç. coronari; espagn. et ital. coronario.

CORONAL, ALE (ko-ro-nal, na-1'), adj. || 1° Terme

air»

COR

COR

COR

d'anatomie. Os coronal, l'os qui forme la partie antérieure du front. |1 S. m. Le coronal, les coronaux. 2 Terme de botanique. Périanthe coronal, périanthe qui enveloppe circulai renient les organes sexuels.

— .hist. xvic s. Par le front est entendu tout, ce qui est depuis les sourcils jusques i la suture coronale, paré, m, I. L'os coronal, id. ru, 4.

— ÉTYM. Lat. coronalis, de corona, couronne; os ainsi dit à cause de sa forme.

f CORONELLE (ko-ro-nè-1') s. f. Tringle de métal qui retient les dents d'un peigne d'acier.

— ÉTYM. Diminutif de coronne ou couronne. CORONER (ko-ro-nèr), s. m. Officier de

anglaise, qui a dans ses attributions de prendre des i itions avec le jury et douze voisins sur la cause de toute mort violente, ainsi que sur les découvertes de trésors et les débris de naufrages.

— ÉTYM. Angl. coroner, du latin corona, couronne.

| CORONF.T (ko-ro-nê), s. m. Petite couronne qui est l'insigne de la pairie anglaise. Porter le co- ■ronet.

— ÉTYM. Anal, coronet, diminutif français de couronne

| CORONTFORME (ko-ro-ni-foi-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'une couronne.

— ÉTYM. Lat. corona, et foi

CORONILLE [ko-ro-ni-U\ II mouillées, et non , s. f. Genre du plantes légumineuses , dont les fleurs sont disposées en couronne [coronilla t ment s, L.).

— ETYM. Diminutif de couronne.

f CORONIS (ko-ro-nis') , s. f. Terme de diplomatique. Signe qui marque la fin des livres ou celle de tout l'ouvrage dans les manuscrits. |] Signe par lequel les grammairiens grecs marquaient une crase.

— ÉTYM. Lat. connus, de xo.ptovtç', coronis, proprement courbe; ainsi dit de sa forme; de même radical eue xopiôw), corneille.

CORONOÏDE (ko-ro-no-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Apophyses coronoïdes , éminences osseuses comparées, à cause de leur forme, au bec d'une corneille.

— ÉTYM. Ktjpwvï), corneille (voy. corneille), et elôoç, forme.

t CORONOÏDIEN, IENNE (ko-ro-no-i-diin, diè-n'), adj. Qui appartient à l'apophyse coronoïde.

f CORONULE (ko-ro-nu-1") , s. f. Rebord membraneux de certains fruits. || Couronne ou demi-couronne d'épines qui garnit le sommet du coude ou du tibia de certains insectes.

— ETYM. Lat. coronula, diminutif de corona, couronne.

f COROSSOL (ko-ro-sol), s. m. Fruit du corossolier.

f COROSSOLIER (ko-ro-so-lié), s. m. Terme de botanique. Nom de Vanone muricêe.

f CORP (korp), s. m. Un des noms de l'ombre, poisson.

— ÉTYM. Lat. corvus, corbeau, sorte de poisson, f CORPON (kor-pon) ou CORPOU (kor-pou), s. m.

de pêche. Cinquième chambre, à la tète de la madrague où se prennent les thons.

CORPORAL (kor-po-ral) , s. m. Terme de liturgie catholique. Nom d'un linge consacré aux usages ecclésiastiques, qui se met sur l'autel pour y poser l'hostie pendant la messe. Je vous ai offerte avec vos bons désirs sur le corporal , boss. Lett. Corn. 66. || Au plur. Des corpqraux.

— hist. xvc s. Le roy desiroit avoir le corporal surquoy chantoit monseigneur sainct Pierre, comm. vi, to. Il xvie s. Les hommes mal vest us, quand ils seroient plieurs de corporaux, si sont- ils à tous coups prins pour espies, desper. Contes, lxxxii.

— ÉTYM. Lat. corporale, de corpus, corps (voy. corps), corps de Notre-Seigneur, hostie; provenç. corporal; it al. corporale.

f COKPORAL1ER (kor-po-ra-lié), s. m. Sorte de bourse dans laquelle on serre le corporal. On dit aujourd'hui bourse.

— ÉTYM. Corporal.

f CORPORALITÉ (kor-po-ra-li-té) , s. f. Qualité de ce qui est corporel. Il s'obstine à soutenir, dans la trinité, de la corporalité, boss. Avert. 6. Arnobe parle positivement de la corporalité des âmes, volt. Pftij il, 336.

— ÉTYM. Lat. corporalitas , de corporalis, corporel.

■[•CORPORATIF. IVE (kor-po-ra-tif, ti-v'), adj. Qui a rapport aux corporations; qui est de la nature des corporations. Le prolétaire, seul en face delà puissance centuplée du chef d'industrie, a été re-

jeté dans l'incertitu le, dans la dépendance d'où le trava iut était sorti peu a peu, au moyen âge, par 1 m corporative, rouli.eaux, Sur les

coalitions, Courrier de Paris, s juin 1860.

— ÉTYM. Voy. CORPORATION.

CORPORATION (kor-po-ra-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Réunion de personnes qui forun 'ni un corps ayant des règlements, des droits ou privilèges particuliers. || Association d'ouvriers unis par des droits et des devoirs réciproques. Les cori ins d'arts, de métiers. S Rome les artisans étaient formés en corporations. [] En Angleterre, communauté, ensemble des habitants d'une localité. La corporation de Bristol, c'est le corps des habitants.

— etym. Mot tiré du bas-latin corporalus , formé en corporation, de corpus (voy. corps).

f CORPORÉITÉ (kor-po-ré-i-té) , s. f. Terme di- ' . i " qui (.institue un corps tel qu'il est. L'âme ne forme des idées spirituelles qu'à l'aide des mots qui en sont les signes, et ces mots prouvent la corporéité de ces idées, bonnet, Ess. psych. Introduction. Il ne nous est pas possible de déterminer ce qui est en la puissance du corps, c'est-àdire ce qui peut sortir du fond de la simple corporéité, par les forces et les seules lois de la nature,

BOULAINVILLIERS, Réful. de Spinosa, p. 173.

— ÉTYM. Lat. corpus, corpoi is, c CORPOREL, ELLE (kor-po-rèl, rè-1). adj.\\ 1° Qui

a un corps, par opposition à spirituel. Dieu n'est point corporel. Que dirait ce dernier sur ces exemples-ci ? Que [aux bêles] la mémoire est corporelle, la font. Fabl. x, 1. La nature intelligente est distincte de la corporelle, desc. Méth. Ce vaste univers que nous appelons monde corporel ou la nature, d'alemb. Encycl. Disc, prèlim. Œuvres, t. i, p. 238, dans pougens. || Terme de métaphysique. Individu corporel, un corps qui, composé de plusieurs autres, forme un tout, un individu. Ces corps sont dits unis et composent ensemble un tout de ci figure, qui est un mode de l'étendue solide, que l'on nomme individu corporel ou suppôt, fouxainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. <09. || 2°Qui appartient au corps ou qui le concerne. Les infirmités corporelles. Peine, punition corporelle. Le remède d'immortalité lui est ôté, et une mort plus affreuse, qui est celle de l'Ame, lui est figurée par eetle mort corporelle à laquelle il est condamné, boss. Hist. Il, I. Il prit des épicuriens le principe que. pour expliquer les effets corporels, il ne faut recourir qu'aux corps, rollin, Hist. anc. liv. xxvi, ch. 3, art. 4. Combien l'esprit qui lui découvrait l'avenir le lui montrait-il comme présent et par une lumière aussi infaillible que s'il l'avait vu des yeux corporels! roli.in, Hist. anc. t. vin, p. 671 , dans pougens. Comme ce sont ceux qui n'ont point d-.: bien, qui attaquent plus volontiers celui des autres, il a fallu que la peine corporelle suppléât à la pécuniaire, MONTESQ. Esp. XII, 4.

— HIST. xiic s. E ainsi les arma non mie d'armes corporauz, mais de bonnes paroles, Maehab. Il, 15. Pur amur St-Thomas nus doinst la sue aïe, Que rien ne nus suffraigne à la corporal vie.... Th. le mart. 166. || xm* s. Nuls ne doit afl'eblir sa corporel sustance Par boivre jusqu'à ivre, ne pas emplir sa panse, i. de meung, Test. 1747. Bone amor doit de fin cuer nestre; Don n'en doivent pas estre mestre, Ne que font corporel solas, la Rose, 4616. Quant à la corporel personne, ib. 1 9230. || xiv* s. Ils en ont les richesses et les biens temporels; Senz ce ne puet durer la vie corporelle, Girart de Ross. v. 63(3. Il xve s. Il est grant et corporel, par quoy il en est d'autant plus pesant, Perceforest, t. v, f" 30.

— ETYM. Provenç. et espagn. corporal; ital. corporale; du latin corporalis, de corpus (voy. corps).

CORPORELLEMENT ( kor-po-rè-le-man), ode.

Il 1° D'une manière corporelle. Punir corporelle-

ment. 1| 2° Terme du dogme catholique. En corps

même. Manger, recevoir le corps de Jésus-Christ

. réellement et corporellement. Où la divinité réside

J corporellement, mass. Carême, Resp. temples.

— HIST. xille s. L'espée temporel si est d'autre trempeure, car par li doit estre fête droite justice sans délai et venjance prise des malfeteurs corporelement, beaum. xlvi, 12. || xive s. La nature bien disposée corporelment se esjoït et delette es choses qui sont simplement deletlables, oresme, Eth. 220.

— ÉTYM. Corporelle, et le suffixe ment.

f CORPORIF1CATION (kor-po-ri-fi-ka-sion), s. f. ; Ancien terme de chimie. Action de condenser des vapeurs en un corps solide.

— ÉTYM. Corporifier.

CORPORIFIÉ, ÉE (kor-po-n-fi-é, ée), part, passé.

Vapeurs co-rporifiées par le froid. C'est ainsi que l'air corporifié dans les substances s'en dégage pendant leur décomposition pour rentrer dans la masse atmosphérique , bonnet, Contempl. nat. v* part.' ch. 17, note t.

CORPORIFIER (kor-po-ri-fi-é), je corporifiais, nous corporifiions; que je corporifié, que nous corporifiions, v. a. || 1° Terne de théologie. Supposer, donner un corps à ce qui est esprit. Les hérétiques qui corporifiaient les anges. || 2° Ancien terme de chimie. Fixer en corps les parties éparses d'une substance. Corporifier du mercure. || 3° Se corporifier, 1. réfl. La terre se corporifié avec les esprits pour la formation des pierres dans la vessie, charras. Pharmac. I, 5 et 8.

— ÉTYM. Lat. corpus, corporis, et 1" suffixe //'rare, faire.

CORPS (kor; Ys ne se lie pas: un corps animé, d ; ' un cor animé; cependant plusieurs pi cent Ys dans ce cas : un cor-z animé .. s. m. || 1° Ce qui fait l'existence matérielle d'un homme ou d'un

,1 al, vivant ou mort. Les corps vivants. Lesmem-

u c ; : s. Corps très-bien conformé. Les mala- ■ attaquent le corps humain. Un corps souple et agile. Mais garde de toucher ce misérabi corps, corn. Médée, v, 5. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place, et on ne voB là que les tombeaux qui fassent quelque figure; notre chair change bientôt de nature; notre corps prend un autre nom; même celui di parce

qu'il nous montre encore quelque rorrn humaine, ne lui demeure pas longtemps; il devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue, boss. Dm h. d'Orl. Que de corps entassés, que de membres épars! rac. Esth. 1, 5. De son corps tout il le misérable reste, m. Esth'. m, s. Aces héros expiré N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré , id. Phèd. v, 6. Tout nage dans le sang, et on ne tombe que sur des corps morts, boss. Anne de Gonz. Son époux en cherchait le corps Pour lui rendre en cette aventure Les honneurs de la sépulture, la font. Fabl. xni. (6. Pensez-vous que mon corps, devenu un épi de blé, un ver, un gazon, soit changé en un ouvrage de la nature moins digne d'elle? montesq Lett. pers. 71. 1 N'être qu'un en deux corps, être hé par une étroite amitié. Il est riche en vertu, cela vaut des trésors; Et puis, son père et moi n'étions qu'un en deux corps, mol. F. sav. 11, 4. || Un corps de fer, un homme qui résiste aux plus dures fatigues. || Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre trop île remèdes, se droguer. || Gagner sa vie, son pain à la sueur de son corps, manger son pain à la sueur de son corps, se procurer par un rude travail ce qui est nécessaire à la subsistance. || Familièrement. Il faut voir ce que cet homme a dans le it tâcher de découvrir ses opinions, ses sentiments, et aussi tâter son courage. C'est un homme qui n'a rien dans le corps. || Passer sur le corps d'une troupe ennemie, la renverser. Qu il vous doutez, dit-il, qu'avec mes huit mille braves Suédois je ne passe sur le corps à quatre-vingt mille Moscovites? volt. Otaries XII, 2. || Fig. Passer sur le corps de quelqu'un, obtenir un emploi auquel son rang lui donnait droit, devenir, de son inférieur, son supérieur. On se voit passer sur le par des subalternes, mass. Pet. car. Drap. || Familièrement. Faire rentrer dans le corps, faire rengainer, faire taire. Si tu pouvais savoir quel plaisir on a lors De leur faire rentrer leurs nouvelles au corps.... corn. Ment. 1,6. Il Avoir le diable au corps, êtred'ui dace extrême, et encore, être singulièrement I ingénieux. Se dit aussi en parlant d'un cheval fougueux. Il Honorer de son- corps, a été dit par .Molière d'un homme qui épouse une femme, quand il croit lui faire honneur en l'épousant: mais dit pour faire ressortir le ridicule-du personnage. Et ce! je dois honorer de mon corps, Non-seulement doil être et pudique et bien née; Il ne faut mêm qu'elle soit soupçonnée, mol. te. des mar. ni. Si H Un corps mort, 'un cadavre d'homme ou de femme. Je ne sais ce que c'est, monsieur, mais il me semble Qu'Agnès et le corps mort s'en sont allés ensemble, mol. Éc. des f. v, 5. y À bras-le-corps, adx En passant les bras autour du corps d'un autre. Il le saisit à bras-le-corps et le retint sur sa 1 malgré lui. La construction est : saisir, prendre le corps à [avec les] bras. || Corps .', :. adr.

En attaquant de près son adversaire. Coin à corps. Étant forcés de combattre de près, renttous l'épéeàla main, et alors il se fit un grand carnage; car on se battait corps à corps, et l'on se portait la poin*e de l'épée contre le visage les uni

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des autres, rollin. Hist. anc. Œuvres, t. vi.

■ i . dans PODGBNS. || Fig. Comment Voltaire ne e danger d'une lutte corps à corps i el Pascal? en iti y b. Génie, m, ni, g. || 2" Plus particulièrement, la partie du corps humain qui est entre le cou et les hanches, le tronc. 11 a un coup d'épée dans le corps. ||& mi-corps, par la moitié du corps. Il était penché a mi-corps par la fenêtre. D'autres animaux à mi-corps, quelquefois des lions en ronde bosse, sont attachés aux bras [de la statue de Diane], barthél. Anach. en. 72. || Terme d'escrime. Plier le corps en avant, en arrière. Plier le

sur la jambe droite, sur la jambe gauche. Avancer le corps. Effacer son corps. Tenir le corps ferme, ilu corps. || Fig.Prendrelelièvre au corps, attaquer, dans une affaire, le point essentiel; locution tirée de la chasse, le chien prenantle lièvreau corps effectivement. || Termede manège. On dit qu'un cheval a du corps, quand ses côtes sont amples et longues. || 3° Le corps considéré par opposition à l'âme ; la partie sensuelle de l'être humain. Macérer, mortifier son corps.... Dans son premier lustre il est déjà soldat, Le corps attend les ans, mais l'âme est toute prête, corn. Attila, n, 5. Le ciel n'a point encor, par île si doux accords, Uni tant de vertus aux grâces d'un beau corps, id. Pomp. ni, 3. Il y a des gens qui plaisent, quelque défaut qu'ils aient au corps et à l'esprit, la rochef. Max. dans richelet. Ce sont des filles qui n'ont ni au corps ni à l'âme aucun des défauts dont il est parlé dans les constitutions, patru, Plaid. 16, dans richelet. Le corps, cette guenille, est-il d'une importance. D'un prix à mériter seulement qu'on y pense? mol. F. sav. n, 7. C'est cette union admirable de notre corps et de notre âme que nous avons à considérer, boss. Conn. m, 2. Suis-je libre en effet? ou mon âme et mon corps Sont-ils d'un aulre agent les aveugles ressorts? volt. 2e Discours. Ce corps vil et mortel est-il donc si sacré Que l'esprit qui le meut ne le quitte à son gré? id. Al:, v, 3. || Tant que l'âme me battra dans le corps, tant que je serai en vie. H Se tuer le corps et l'âme, se donner beaucoup de mal sans résultat. || Se donner à quelqu'un corps et âme ou de corps et d'âme, se dévouer entièrement à lui. || Faire folie de son corps, se dit d'une femme qui se livre au désordre. Une femme folle de son corps, une femme qui se livre au désordre. || Un corps sans âme, un homme qui ne sait que faire, que devenir Je suis â Paris triste, pauvre et reclus, Ainsi qu'un corps sans âme ou devenu perclus, bûil. Sat. i. || Un corps sans âme, se dit aussi d'un parti, d'une armée sans chef. || Familièrement. 11 n'est pas traître à son corps, se dit d'un homme qui ne s'épargne rien, qui ne se refuse pas les commodités de la vie. || Dans la justice féodale, on disait que le corps était perdu quand une condamnation capitale était prononcée, par opposition à l'âme qui pouvait toujours être sauvée. Si elle [la partie] était vaincue [en combat judiciaire], elle ne perdait point le corps, mais le témoin était rejeté, montesq. Esp. xx, 15. || Fig. Le corps d'une devise, la figure qui y est représentée, par opposition à l'âme de la devise ou mots qui accompagnent cette figure. |] 4° La personne même. Répondre de quelqu'un corps pour corps, se porter garant de sa loyauté. J'en réponds corps pour corps, corn, le Ment, iv, 9. Je réponds de vous corps pour corps, la font. Oies. || Faire bon marché de son corps, s'exposer hardiment au péril, ne pas se ménager assez. || Bourreau de son corps, celui qui ne ménage pas sa santé. || Un drôle de corps, un homme original, plaisant. On dit dans le même sens : c'est un plaisant corps. || C'est un pauvrecorps, c'est un homme sans esprit ni vigueur. || Fig. Tomber sur le corps de quelqu'un, l'attaquer vivement en paroles, soit présent, soit absent. || Avoir une mauvaise affaire sur le corps, être impliqué dans quelque affaire compromettante, dangereuse. || La personne du prince. Les gardes du corps. || Terme de jurisprudence. La personne, par opposition aux biens ou aux marchandises. Séparation de corps et de biens. La contrainte par corps. 11 ordonna que personne ne serait obligé par corps pour dettes civiles, monteso. Esp. xii, 21. Solon ordonna à Athènes qu'on n'obligerait plus le corps pour dettes, n>. Esp. xx, t5. || Le par-corps, la contrainte par corps. Craindre le par-corps. || Terme de marine. Périr corps et cargaison, corps et biens, se dit quand tout périt, vaisseau et marchandises. || À corps perdu, loc. adv. sans ménagement pour sa personne, sans circonspection. Il se jeta à corps perdu dans la mêlée. Il se jeta à corps perdu dans les entreprises. Je te veux découvrir les maux qui sont attachés à cette

profession; tu t'y jetteras, si tu veux, à corps perdu, d'abi incourt, Lucien, t. i, dans richelet. || Sson corps défendant, loc. adv. En résistant à une attaque. S'il l'a tué, c'est à son corps défendant. La construction est : à [en] défendant son corps. || Fig. malgré soi, à regret. Je n'y ai consenti qu'à mon corps défendant. Or si parfois j'écris suivant mon ascendant, Je vous jure, encore est-ce à mon corps défendant, Régnier, Sat.'xv. Et l'on sait qu'elle est prude à son corps défendant, mol. Tart. i, t. || 5° Bon corps, mauvais corps, bon état, mauvais état de la constitution. Ce roi vit un troupeau qui couvrait tous les champs, Bien broutant, en bon corps.... la font. Fabl. x, 10. || Absolument. Corps, l'embonpoint. Prendre du corps. || Faire corps neuf, se dit du rétablissement après une longue maladie. Cela se dit aussi des chevaux mis au vert. || Terme de fauconnerie. Être trop en corps, se dit d'un oiseau, 'quand il est trop gras et qu'il vole avec difficulté. || 6° Terme de théologie. Il se dit en parlant du sacrement de l'Eucharistie. Recevoir le corps de Notre-Seigneur. || Corps saint, le corps d'un saint. On trouva dans cette église plusieurs corps saints. || Enlever un homme comme un corps saint, l'enlever de vive force et sans qu'il ait. le temps de résister. Ainsi écrite, cette locution est inintelligible; caries corps des saints ne sont enlevés ni de vive force ni sans qu'ils aient le temps de résister; voyez-en l'explication à corsin qui est une bonne orthographe, celle-ci étant tout à fait vicieuse. Aussi, comme on ne comprenait plus la locution, on y a attaché un sens tout opposé et en rapport avec corps saint, c'est-à-dire enlever en pompe et avec honneur, ainsi qu'on le voit par celte phrase d'une traduction de Don Quichotte, citée par leroux de lincy, Prov. t. i, p. 9 : « On vint ie [Sancho] recevoir sous les armes, on l'enleva en pompe comme un corps saint, et on le porta sur les épaules à la grande église. » Mais le fait est qu'en ce sens la locution n'existe ni dans les textes ni dans les dictionnaires. || Corps glorieux, état où seront les corps des bienheureux après la résurrection. || Familièrement et par antiphrase. C'est un corps glorieux, ce n'est pas un corps glorieux, c'est ou ce n'est pas une personne qui reste longtemps sans éprouver certains besoins corporels. || 7° Partie des vêtements qui s'applique à la partie supérieure du corps. Je crois toujours que c'est qu'on voit mes pensées au travers de mon corps de jupe, sév. 75. II faut lui mettre un petit corps qui lui tienne la taille, m. 27). Elle paraît en simple déshabillé, sans corps, id. 3. || Corset. Sa santé [de Mme de Chevreuse] ne lui permettait pas depuis quelque temps de mettre un corps, st-sim. 238, t74. Ces modes étaient extravagantes; c'était un corps qu'on laçait par derrière, volt. Mœurs, 82. Leurs femmes ignoraient l'usage de ces corps de baleine, j. j. rouss. Ém. v. Les bandages du maillot peuvent être comparés aux corps que l'on fait porter aux filles dans leur jeunesse, buff. De l'enfance. || Corps de baleine, ancien corset de femme fait avec des baleines. D'habiles naturalistes ont soutenu que ces espèces de cuirasses (les corps de baleines serrés) pour renfermer et contenir la taille des enfants sont très-pernicieuses, parce qu'elles gênent la nature, la forcent et souvent l'étouffent; ce fut Catherine de Médicis qui en introduisit l'usage en France, saint-foix, Ess. Paris, t. iv, p. 205, dans pougens. || Corps de cuirasse. Il leur avait passé un corps de cuirasse, la bruy. xii. || 8" Par extension de l'idée de corps d'animal à celle d'un objet quelconque, tout ce qui frappe nos sens par des qualités spéciales. L'air, la terre, une pierre, un arbre, un animal, sont autant de corps. L'impénétrabilité des corps-. Le corps n'est autre chose qu'une étendue solide et bornée par une figure qui est une manière d'être de cette étendue, boullainvilliers, Réfut. de Spinosa, p. 3t. Les corps ne sont figurés, mobiles, etc. que parce qu'ils sont étendus, condillac, Gramm. Précis des levons préliminaires , art. 4. 11 est certain que nous n'avons aucune démonstration de l'existence des corps; l'auteur célèbre des causes occasionnelles l'avait déjà prouvé; et les raisons qu'allègue le théologien anglais ne font que mettre cette proposition dans un plus grand jour, bonnet, Essai psychol. ch. 33. Cependant le cerf vole; et les chiens sur la voie Suivent ces corps légers que le vent leur envoie, delille, Homme des champs, i. || En physique, on distingue les corps en solides et. en fluides, et ceux-ci en liquides et en fluides élastiques. || Terme de chimie. Corps simples, ceux dont on n'a pu tirer, jusqu'à ce jour, qu'une seule espèce de molécules Corps composés, ceux qui sont for-

més de deux ou de plusieurs espèces de molécules. || Les corps célestes, le soleil, les étoiles fixes, les planètes, les satellites et les comètes. Toute leur félicité consiste en ce qu'elles y entendent l'harmonie que les corps célestes font par leurs mouvements. fonten. Mondes, 3e soir. Le fameux problème que les géomètres ont appelé problème des trois corps, parce qu'il consiste à déterminer l'orbite d'un corps céleste attiré par deux autres, d'alemb. Encijcl. Disc, prélim. Œuvres, t. xiv, p. oa, dans pougens. || Terme de physiologie. Corps organisé, tout corps ou portion de corps appartenant ou ayant appartenu à un corps vivant, végétal ou animal. || Terme de chirurgie. Corps étrangers, corps qui sont introduits accidentellement ou qui se développent dans l'économie. || Prendre l'ombre pour le corps, prendre l'apparence pour la réalité. || C'est l'ombre et le corps, se dit de deux personnes inséparables. || Faire corps, se dit des choses unies ou adhérentes. Le bourgeon fait corps avec l'écorce. || Fig. Les nouvelles prières faisaient corps avec les anciennes, boss. Messe. Une magistrature qui ne fait point corps avec les autres, j. j. rouss. Contr. iv, 5. || 9U Terme de droit. Corps de délit, fait matériel qui constate le crime. || Corps certain et déterminé, un objet désigné, comme par exemple le cheval qui est dans l'écurie : cela se dit par opposition aux choses de genre. || Corps héréditaire, la masse des biens qui composent une succession. || 10" La partie principale ou la plus grosse de certains objets. Le corps d'un violon, d'une pompe, d'un carrosse, d'un édifice, d'un vaisseau. || Par extension. Ce n'est là que l'ouvrage d'un académicien; si celui de l'Académie était publié, non-seulement il nous résoudrait une infinité de doutes, mais encore il est vraisemblable qu'il affermirait et fixerait en quelque sorte le corps de la langue, pellisson, Hist. Acad. t. i, p. 150, dans pougens. || Corps de sonde , ensemble d'allonges ajustées les unes à la suite des autres. || Dans l'écriture, le corps d'une lettre, le principal trait de cette lettre. || Quand on parle d'une lettre missive, le corps d'une lettre est cette lettre sans les compliments, la date, la signature, etc. || En typographie, la dimension de la pièce fondue qui supporte l'œil de la lettre et qui se mesure par points typographiques du côté du cran. Au lieu de trismégiste, gros canon, etc. on dit corps 36, corps 44, en sous-entendant points. || La partie d'un poêle, comprise entre le socle et la corniche. || Terme de serrurerie. La tige d'une espagnolette, j 1 11° Collection, recueil de pièces. Le corps de l'histoire de France par les bénédictins. Le corps du droit civil. Dans un temps où chaque ville, bourg ou village, avait sa coutume, donner un corps général de lois écrites , c'était vouloir renverser dans un moment toutes les lois particulières sous lesquelles on vivait dans chaque lieu du royaume, montesq. Esp. xxvin, 37. Dès l'âge de vingt ans, le jeune Montesquieu préparait déjà les matériaux de l'Esprit des lois, par un extrait raisonné des immenses volumes qui composent le corps du droit civil, d'alemb. Éloc/es. Montesquieu. || 12° Corps de doctrine, ensemble de principes religieux ou philosophiques. || Corps de la conduite, ensemble de la conduite que tient une personne. Lorsque l'œil est simple et éclairé, il répand la lumière sur tout le corps de la conduite, mass. Confér. Conduite. || Terme de jurisprudence. Corps de preuves, réunion de plusieurs sortes de preuves qui toutes ensemble concourent à former une preuve complète. || 13° Epaisseur ou consistance que présentent certaines choses. Ce papier, cette étoffe, ce sirop n'a pas de corps. Un vin qui a du corps, de la force. || Fig. Ce sont viandes creuses qui n'ont pas assez de corps pour la sustenter, boss. Bonté, -. 11 faut donner du corps à toutes les instructions qu'on veut insinuer dans l'esprit de l'homme, fén. xxi, 49, || 14° Réunion de personnes vivant sous les mêmes lois. L'État est un corps politique dont le souverain est le chef. L'Église est un corps mystique dont J. C. est le chef. À moins que d'une tête, un si grand corps chancelle, corn. Othon, ni, 2. Le corps politique, aussi bien que le corps de l'homme, commence à mourir dès sa naissance et porte en luimême les causes de la destruction, j. j. rouss. Contr. soc. m, H. Le corps politique, pris individuellement, peut être considéré comme un corps organisé vivant, semblable à celui de l'homme, id. Économie polit. Le corps entier du peuple n'affecte, ne ilatie m ne dissimule, montesq. Rom. (4. Vois l'empire romain tombant de toutes parts, Ce grand corps déchiré dont les membres épais Languissent dispersés sans honneur et sans vie,

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volt. Fanal, n, s. il est venu de tous les États ne former qu'un corps, mass. Car. Immut. Pour faire de tout un même corps, boss. Hist. n, 13. Les Juifs demeurent toujours en corps de peuple, id. ib. n, 7. || Le corps de l'Église, l'ensemble des fidèles. La profession du christianisme suffit pour faire partie du corps de l'Église; ce qu'il avance contre M. Claude, qui ne compose le corps de l'Église que de vénérables fidèles, boss. Variât. 3a ver t. § (.C'était un corps d'église qu'il fallait montrer, un corps où l'on prêchât la vérité et où l'on administrât les sacrements, boss. V&riat.xv, §6. || 15" Compagnie qui, réunie par un certain lien, a une existence et une fonction dans l'État ou dans l'Église. Le corps du clergé, de la noblesse. Les grands corps de l'État. Le corps législatif. Ce grand corps tous les ans change d'âme et de cœurs, C'est le même sénat et d'autres sénateurs, corn. Tite et Bvrrn. v, 2. Sun inimitié Voulut de ce grand corps retrancher la moitié [des janissaires], tue. Daj. i, t. Les grands corps s'attachent toujours si fort aux minuties, aux vains usages, que l'essentiel ne va jamais qu'après, montesq. Lelt. pers. (09. De sorte que tout notre corps est responsable des livres de chacun de nos pères [jésuites], pasc. Prov. 9. Un si grand corps [l'ordre des jésuites] ne subsisterait pas dans une conduite téméraire et sans une âme qui le gouverne et qui règle tous ses mouvements, pasc. Prov. 5. Quel parti prenez-vous dans la querelle des deux médecins, Théophraste et Artemius? car c'est une affaire qui partage tout notre corps, mol. Amour inèd. il, 3. Les corps, aussi peu infaillibles que les particuliers, payent comme eux le tribut à l'erreur et â la fragilité humaine , d'alemb. Éloges , J. Test, de Mauroij. || Corps constitués, les divers tribunaux ou administrations, par opposition soit au corps delà nation, soit au corps législatif ou constituant. || En droit, collection d'individus qui a une existence légale, exerce des droits propres, pris par opposition aux personnes individuelles. || Le corps de ville, les magistrats de la municipalité. Pierre le Grand reçut les respects du corps de ville, volt. Russie, n, 8. || Le corps diplomatique, les ambassadeurs et les ministres étrangers. || Corps de métier, réunion des ouvriers d'un même état. || Corps d'état, réuniondespersonnesd'un mêmeétat. || Esprit de corps, opinions bonnes et mauvaises communes aux divers membres d'une corporation. Ce n'est pas seulement dans le militaire qu'on prend l'esprit de corps, j. j. nooss. Ém. iv. Hélène, la plus célèbre des belles, à laquelle vous devriez, madame, par le même esprit de corps, vous intéresser aussi bien qu'à la dixième muse, p. l. cour, i, 21. Admis enfin, aurai-je alors Pour toutesprit l'esprit du corps? bérang. Academ. et Car. \\ Repas de corps, repas d'apparat où se réunissent les membres d'un corps. Il En corps, loc. adv. En masse, collectivement. Et le sénat en corps vient exprès d'y monter, Pour jurer sur vos lois, aux yeux de Jupiter.... corn. Othon, v, 10. Toute la ville en corps reconnaîtra ce zèle, mol. l'Étour. 111, 2. La faculté a été consultée en corps, boss. Cornet. Il 16° Terme du langage militaire. Corps d'armée, grande division d'une armée. Le troisième corps d'année, ou, simplement, le troisième corps' prit position. Corps de bataille, la partie centrale de l'armée. Corps de réserve, corps tenu en arrière pour être appelé au besoin. 11 formera un grand corps d'armée, pasc. Proph. 26. Il paraît que les Asiatiques ont été des siècles avant de savoir diviser une armée en différents corps, condillac, Hist. anc. 1, 18. Un général d'armée n'emploie pas plus d'attention à placer sa droite ou son corps de réserve.... montesq. Lett. pers. no. Ses ordres de mouvement avaient été exécutés avec une telle précision, que tous ces corps, partis du Niémen à des époques et par des routes différentes, malgré des obstacles de tout genre, après un mois de séparation et à cent lieues du point où ils s'étaient quittés, se trouvèrent à la fois réunis à Beszenkowiczi, où ils arrivèrent le même jour et à la même heure, ségur, Hist. de 'Nap. iv, 7. Il Un corps d'infanterie, de cavalerie. Il est aimé dans son corps. Il a rejoint son corps, il a rejoint son régiment. Chaque corps ennemi qui se présenta sur nos flancs comme assaillant fut assailli ; la cavalerie fut refoulée dans le bois, et l'infanterie rompue à coups de sabre, ségur, Hist. de Nap. IV. 7. Il L'ensemble de ceux qui appartiennent à certaines armes spéciales. Le corps du génie. Le corps d'artillerie. Nos dragons, notre corps d'artillerie, / ti. Mme de Si-Julien, 2) sept. 1^75. || Corps francs, petits corps de troupes qui n'appartiennent pas à la ligne, qui d'ordinaire ne reçoivent pas de solde, et qui souvent ont un caractère' insurrection-

nel. Il Dans l'ancienne armée française les premiers corps d'infanterie étaient les régiments des gardes françaises et suisses; après marchaient les six vieux corps, qui étaient les régiments de la plus ancienne création, Picardie, Piémont, Champagne, Navarre, Normandie et le Maine; ensuite les six petits vieux corps, qui portaient chacun le nom de son colonel. H Corps de garde, petite troupe qui monte la garde. J'aime les sobriquets qu'un corps de garde impose; Ils conviennent toujours.... la font. Ballade, sur le nom de Louis le Hardi. || Lieu où se tient cette petite troupe. || Plaisanteries de corps de garde, plaisanteries grossières. Les quolibets que je hasarde Sentent un peu le corps de garde, la font. Lett. xxiii. H Habitudes de corps de garde, se dit d'habitudes de sans-gêne, comme fumer, se coucher nonchalamment, etc. Il 17° Corps d'harmonie, se dit quelquefois d'un corps de musique militaire. Il Le corps de ballet , la troupe des danseurs qui exécutent un ballet, par opposition à ceux qui dansent un pas. Corps de ballet désigne aussi la troupe des danseurs. || 18" Corps de logis, la masse ou la partie principale d'un bâtiment, considérée séparément des pavillons ou ailes. Quand l'architecte travaille au corps du bâtiment, s'il ne songeni à la cour ni au portail, son ouvrage n'est qu'un assemblage confus de parties magnifiques qui ne sont point faites les unes pour les autres, fén. Tél. xxn. Trois corps de logis, formant avec l'église un carré long, composent l'édifice des Invalides, chateaub. Génie, m, 1, fi. Il Corps de logis simple, celui qui ne renferme qu'une pièce ou qu'une seule suite de pièces. Corps de logis double, celui qui, dans son épaisseur, renferme deux pièces ou une suite de pièces. || Corps de logis se dit aussi d'un édifice détaché de l'édifice principal. Il occupe un petit corps de logis au fond du jardin. Il 19° Terme d'architecture. Corps, toute partie qui, par sa saillie, excède le nu du mur et sert de champ à quelque décoration. || Terme de construction hydraulique. Corps mort, pièce de bois pour assujettir les mâts au fond de l'eau. || 20° Terme de marine. Corps mort, objet établi solidement sur le rivage ou sur le fond d'une rade pour l'amarrage des navires. || Corps de voile, voile principale. Il Corps de pompe, l'ensemble des pompes principales. Il Corps de voilure, la voilure entière. || Corps organisés, nom des équipages de ligne et des compagnies d'ouvriers mécaniciens. || La partie d'un bateau de pêche comprise depuis le mât jusqu'à peu près les deux tiers de sa longueur, tant à l'avant qu'à l'arrière. || 21° Terme d'anatomie, nom de certaines parties. Le corps calleux. Le corps vitré. || La partie principale de chaque os ou de chaque muscle. Le corps du sphénoïde. Le corps du fémur. Le corps du triceps fémoral. || Le corps jaune, petite vésicule qui est dans l'ovaire. || 22° Terme de botanique. Le corps ligneux, le bois, la partie de la tige comprise entre la moelle et l'écorce. || Corps cotylédonaire, les cotylédons rapprochés et soudés, de manière à ne faire qu'un seul corps. || 23° Terme de numismatique. Se dit de toutes les figures empreintes sur les médailles. || 24" Terme de gravure. La largeur et l'épaisseur de la partie du burin qui est aiguisée en losange. || Terme de peinture. Corps percé, couleur claire placée sur une autre couleur claire.

— hist.. xc s. Bel avret [elle avait] corps, bellezour anima, Eulalie.

— xie s. Home qui plaide en curt, à cui curt que ço soit, fors là où li cors le rei est.... L. de Guill. 28. Gent ad le cors et contenance fiere, Ch. de Roi. vin. Je conduirai mon cors [ma personne] en Roncevauz, ib. lxix. Franceis descendent, si adoubent lur cors, ib. cxxxiv. Li amirals en jure quanqu'il puet De Mahomet les vertuz et le cors, ib. eexxxtv.

— xii" s. Et ton saint cors livras à la passion, Ronc. p. 48. Outre, cuivers! [que] li cors Dieu te honnie, ib. p. 58. Dusque je soie de vostre cors [sur votre personne] vengez, ib. p. 107. Car je mon cors de traïson defent, ib. p. 181. Mais [ils] n'i voient rien qui fasse à desplaire N'en cors, n'en bras, n'en bouche, n'en menton, Couci, 11. Et ses beaus bras et son cors bel et gent, ib. v. Comment me puet li cuers au cors durer Qu'il ne s'en part? ib. xxii. Se par bataille ne me puis esploitier Tôt cors à cors encontre un chevalier, Li coronemens Looys, v. 2363. Si m'est au cors une autre amour emprise, Qui me requiert et allume et esprent, quesnes, Romancero, p. 90. Qui puis derraisna [défendit la cause de] France cors à cors à [contrej Broier, Sax. iv. De tout vostre gaain ne vous demant-jemie Forsli corsHelissant [la personne d'Helissant], ib. vu. Et si dui filocis et sa famé au cors gent ib. xn. Jofroiz li Angevins se dresse en son es-

tage; Bel chevalier i ot de cors et de visage, ib. xxvi. [Que chaque baron aille chez soi] Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, ib. xxxi.

— xme s. Et mande à tous cens de l'os, et à petis et grans, que ses cors [sa personne] meismes ira avecques vous en la terre d'outre mer, villf.h. 11. Et d'autre part del bras saint Jorge ne tenoient fors que seulement le cors de la cité, m. cl. Et li Venicien leur firent marchié plenteureus de toutes choses que il convenoit à cors d'orne et à cors de cheval, ib. xxxin. Mainte ame en fu de cor sevrée et départie, Berte, n. Après [ilsj le marièrent pour son cor [sa personne] honorer, ib. ni. C'ert [c'était] la fille à la serve, ses cors soit lui [à elle] honnis, ib. v. Or soit Diex de mon cor et de m'ame gardere, ib. xvm. Â Dieu [elle] s'est comandée et au cor [de] saint Denise, ib. xxxi. [Il] n'ot plus d'hoirs de son cor fors Berte la courtoise, ib. lxii. En la serve [il] avoit mis cuer et cor et désir, ib. lxiii. Dont [donc] ne lui faites mie du cor la vie oster, ib. xcvn. Plus [j'] eusse vo cor [votre personne] honoré et servi, ib. cxvm. D'un samit portret à oysiaus, Qui ère tout à or battis, Fu ses cors richement vestus, la Rose, 826. Et aussi quant feme est condampnée à perdre le cors par jugement, et ele dit que ele est grosse, li jugemens ne doit pas estre fes ne mis à execussion , beaum. vu, 12. En tel cas doit estre fête recreance à cix qui poent baillier bons pièges, cors por cors, de revenir à jor et de penre droit, id. lviii, 18. Li rois ne cil qui tient en baronnie ne doivent lever nul ronci de service, porce qu'il poent penre les cors armés et montés toutes les fois qu'il veulent et qu'il en ont mestier, id. xxviii, 9. Selon le [la] coustume, nus cors d'omme n'est pris por dette , s'il n'a par letres son cors obligié à tenir et à mètre en prison, id. xxiv, 12. Li Sarrazins distrent que il n'en feroient riens, se en ne leur lessoit le cors [la personne] le roy en gage, joinv. 237. Nous trouvâmes que le roy son cors [de sa personne] avoit fait enfouir les cors des crestiens que les Sarrazins avoient occis, id. 278. Â l'onneur du vrai cors saint, id. 192.

— xiv« s. En un champ de bataille, corps à corps, per à per, Guescl. 2397. Vassaus, dist Polibans, tu scés d'encanterie, Qui desarmés te veus combatre, à cheste fie [à cette fois], Contre mi corps à corps; tu penses à folie, Raud. de Seb. xi, 253. Les exposans trouvèrent un jeune homme couchié sur l'autel de la Magdalaine, où l'en chante et célèbre continuelement le corps nostre Seigneur,

DU CANGE, CorpUS.

— xve s. Qui garde le corps ne garde rien, froiss. n, 11, 206. Dont le roi eut si grand joie de sa venue [messire Jean de Hainaut] qu'il le retint pour son corps et de son plus privé et especial conseil, id. 1, 1, 269. À l'un des lez de la ville sied le chastel ; au corps de la ville estoient le comte d'Eu et de Ghines , id. i , 1 , 27 1 . Ils ne cuidoient mie que nul François corps à corps s'osast combattre contre un Anglois, id. ii, ii, 69. La tierce bataille eut le roi pour son corps [de sa personne], id. i, 1, 284. Et fut délivrée à Mgr Jean de Hainaut une abbaye de blans moines pour son corps et son tinel tenir, id. 1, 1, 30. Or avint ainsi que messire Henri de Flandre, en sa nouvelle chevalerie, et pour son corps avancer et accroistre son honneur, se mit un jour en la compagnie de plusieurs chevaliers, id. i, 1, 86. Et s'elle veult aller au corps [enterrement] De Gautier, Hersant ou Jehannette, eust. desch. Poésies mss. f° 496. Et que sa femme soit de corps [serve] , id. ib. f °55i . Mauldit soit mon corps, se vous ne vous repentez de la parolle que avez dicte, Lancelot du lac, t. n, f° 11 6. Le pauvre corps de luy n'aura jamais repos, fors tribulation et peine, Les 15 joyes du mariaige, p. 166, dans lacurne.

— xvie s. La contemplation embesongne nostre ame à part du corps, mont, i, 68. Avoir encores vingt ans dans le corps, id. i, 73. Je n'en cognoissois pas seulement le nom [de ces livres], ny ne foys encores le corps, id. i, 196. X corps perdu, id. i, 254. Ilportoit un corps de cuirasse soubs un habit de religieux, id. i, 309. Un corps d'ennemis, id. 11, 6. Les autres, luy donnans de loing de grands coups de piques, luy faulserent son corps de cuuace, amvot. Pélop. 60. Il accusa tout le corps de la ville, ne plus ne moins que si c'eust esté une seule personne privée, du meurtre commis, id. Cimon. 4. Les assiegeans firent un grand retranchement bieu tenaillé, avec platte forme et cazemattes, par lequel (comme on dit en telles choses) ils mirent ce corps de logis dehors, d'aub. Hist. 11,154. Ils n'avoient qu'un corps de logis, qui ne pouvoit attendre un canon, id. ib. 193. ils ne prenoient de l'eau benisteen entrant en l'église

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qu'en leurs corps deffendant, Satyre Mén. p. 70. Un corps [corset] de fer, un pourpoint contrepointé, afin de tenir le corps droit et menu, paré, Introd. i;. Une once de suc de laictue et de inorelle, avec un peu de cire pour luy donner corps, id. xxi, 2. Corps vuide, ame désolée; Et bien repeu, ame con-

. LE ROUX DE LINCY, PlOV. t. I, p. 2(2. Ce que

n'entre au corps Entre aux manches ou aux bords , id. ib. Et est entendu le corps de la chastellenie la principale ville ou le principal bourg d'icelle, et les branches sont les autres lieux, Coust. gêner, t. n, p. i-'3. Ce feu estoit au corps d'hostel de devant, V Amant ressuscité, p. 524, dans lacurne. Bon chasteau garde qui sçait son corps garder, cotgrave, Homme endormi . corps enseveli , id. Quand les b>ens viennent, les corps faillent, id. Dans les livres de la discipline militaire de Langey vous ne trouverez ny corps de garde ny sentinelle, ains au lieu du premier il l'appelle guet, et le second estre aux escoutes, pasquier, Recherches, p. 662, dans

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