I.ACURNE
— ÉTYM. Provenç. cors; espagn. cuerpo; ital. corpo ; du latin corpus; comparez le celtique : gaél. corp ; irland. cuirp; cornw. coref; kymri, corf, cwrf; bas-bret. corf; d'après Burnouf, Yaçna, p. cxix et p. (37,1e même que le zend kéhrpa, corps, sanscrit kripita, ventre. Dans l'ancien français, le nominatif est li cors, et le régime, par une faute devenue habituelle, le cors, aussi avec l's; cependant quelques textes ont la forme régulière le cor.
CORPULENCE (kor-pu-lan-s'), 4'. f. La grandeur et la grosseur de l'homme considérées ensemble. Cet homme est d'une grosse, d'une petite corpulence. Quelque garçon d'honnête corpulence, la font. Mandr. Être jeune, bien fait, de large corpulence, hauteroche, App. trompeuses, m, 4. Il en est même [des oiseaux de proie] qui, malgré leur grosse corpulence, chassent encore avec assez de légèreté et d'adresse, et c'est ce qu'on remarque en particulier dans le gros oiseau de nuit nommé le grandduc, bonnet, Contempl. nat. (2e part. ch. 28.
— HIST. xvc s. Il n'est mie moult haut de corpulence, ni aussi des moindres, Bouciq. iv, ch. (. || xvr s. De la sorte elles rendoient leurs enfans plus délivres de leurs membres, mieulx formez et de plus belle et gentille corpulence, amyot, Lyc. 32. Le soudard de seiche corpulence, id. Comm. il faut nourrir les enfants, 23. S'il est délicat et de petite corpulence et rare, ou robuste et charnu et dense, paré, Introd. 28.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. corpulencia ; ital. corpulenza; du latin corpulenlia, de corpulentus , cor .ulent. Le genevois dit corporance, usité aussi dans le xvic siècle : Car on dict, veu sa corporance. Que c'eust esté un maistre bœuf, marot, Épit. de Jehan le Venu.
CORPULENT, ENTE (kor - pu - Lan , lan-t'), adj. Qui a beaucoup de corpulence. Un homme gros et corpulent. Une femme corpulente.
— HIST. xve s. Mais estoit corpulent, bien croisé et bien formé, fors de bras et d'eschine, chastel. Éloge de Charles le Hardi. || xvies. Telle semence n'est point espaisse et corpulente, ains liquide et de nature d'eau, paré, xvni, 45.
— ÉTYM. Provenç. corpulent ; espagn. et ital. corpulento; du latin corpulentus, de corpus (voy. coups).
f CORPUS (kor-pus'), s. m. Terme latin employé pour signifier la collection du droit romain. Le corpus juris, ou, simplement, le corpus.
— ÉTYM. Voy. CORPS.
CORPUSCULAIRE (kor-pu-sku-lê-r'), adj. Qui est relatif aux corpuscules ou atomes. || Philosophie corpusculaire, système de physique, où l'on explique les phénomènes par le mouvement, le repos, la position, l'arrangement, etc. des corpuscules. Ce n'est pas qu'il ne regardât la philosophie corpusculaire ou mécanique comme la seule légitime, mais on n'est pas cartésien pour cela, fonten. Leibnitz. Quoi qu'il en soit, on ne peut abandonner la philosophie corpusculaire sans tomber dans des pensées qui seront, si l'on veut, spécieuses, nobles, brillantes, mais à qui il manquera de la clarté, fonten. Poli. Ce qu'on appelait il y a quelques années la philosophie corpusculaire, volt. Dial. xxix, 10.
— ÉTYM. Corpuscule.
CORPUSCULE (kor-pu-sku-1'), s. m. Terme de physique. Corps d'une extrême ténuité. Pour revenir à notre chien, cet être infini ne peut-il pas avoir fait des ressorts si délicats, que les corpuscules qui sortent de ce lièvre, touchant ces ressorts, les fassent agir en sorte que cela les tire vers le lièvre? vén. xix, 440. L'intérieur de mon corps ne peut
être pénétré que par des corpuscules très-déliés, volt. Dial. vu, 2. On découvre, dans différentes sortes d'infusoires, des corpuscules vivants que leurs mouvements et leurs diverses apparences ne permettent guère de ne pas regarder comme de vrais animaux, bonnet, Palingén. phil. 5e part. ch. 2. C'est surtout dans la mer qu'on observe un nombre infini de corpuscules phosphoriques, bern. de st-p. Harm. liv. v, Harm. anim. || Corpuscules aériens, poussière très-fine tenue en suspension dans l'atmosphère et devenant visible quand un rayon de soleil pénètre, par une ouverture étroite, dans un lieu obscur.
— ÉTYM. Lat. corpusculum, diminutif de corpus (voy. corps) .
t CORPUSCULISTE (kor-pu-sku-li-sf), s. m. Terme didactique. Partisan de la physique et de la philosophie corpusculaires.
— ÉTYM. Corpuscule.
f CORRADOUX (ko-rra-dou) ou COURRADOUX (kou-rra-dou), s. m. Terme de marine. Espace compris entre les deux ponts d'un vaisseau.
— ÉTYM. Ancienne forme pour corridor.
t CORRE (ko-r') ou CORRET (co-rè), s. m. Terme de pêche. Sorte de filet.
— ÉTYM. Provenç. corre (dans Du Cange), qui parait dériver de currere, courir, parce que, le filet ayant été jeté selon le courant de l'eau, on le ramène par un long circuit au lieu où il avait été jeté.
f CORREAU (ko-rô) , s. m. Ancien terme de marine. Bateau qui servait à décharger les navires.
CORRECT, ECTE(ko-rrèkt, rrè-kt'; le cl se prononce; Chifllet, Gramm. p. 208, l'indique dans le xvne s.; le pluriel se prononce comme au singulier: des auteurs corrects et élégants, dites: des auteurs ko-rrè-kt et élégants; mais comment faudrait-il prononcer: ôvous corrects auteurs...? ko-rrè-kt-z auteurs serait bien dur; ko-rrè-kt auteur serait le plus conforme aux anciennes habitudes; mais la prononciation la meilleure serait de prononcer corrects comme respects, c'est-à-dire co-rrè, comme rè-spè), adj. || 1" Qui a de la correction, c'est-à-dire une forme exacte et pure. Copie, écriture correcte. Dessin correct. Un peintre correct. Boileau, correct auteur de quelques bons écrits, volt. Ép.xcv. Il est aisé d'être plus correct que Fénelon, mais il est difficile de penser mieux que lui, condillac, Art d'écrire, ni, 2. Quinault, méprisé par Despréaux si injustement, est non-seulement le plus naturel et le plus tendre de nos poètes, mais le plus pur et le plus correct de tous, d'alemb. Dial. poésie et philos, t. iv, p. (68, dans pougens. || 2° Conforme aux règles. Phrase, locution correcte. || 3° Adverbialement. Il faut parler correct, sév. 560. Cette phrase de Mme de Sévigné paraît une imitation de Rabelais.
— HIST. xvie s. Vous parlez à ceste heure correct, ainsy parlans, jamais ne serez hereticques, rab. Pant. v, 8. Il voulut aussi avoir l'Iliade d'Homère de la correction d'Aristote, que l'on appelle la correcte, comme ayant passé soubs la verge, amyot, Alex. (0
— ÉTYM. Latin correctus, part, passé de corrigere; ital. correlto (voy. corriger).
CORRECTEMENT (ko-rrè-kte-man), adv. D'une manière correcte. Parler, écrire, dessiner correctement. LaSophonisbede Mairet est plus correctement écrite [que celle de Corneille] , quoique antérieure de près de quarante ans, volt. Lett. Richelieu, 5 juil. (773. Parlez toujours correctement devant eux [les enfants], faites qu'ils ne se plaisent avec personne autant qu'avec vous, et soyez sûrs qu'insensiblement leur langage s'épurera sur le vôtre, sans que vous les ayez jamais repris, j. j. rouss. Em. i.
— HIST. xvr s. Vivre correctement, amyot, Comm. dise, le fiait. 53.
— ÊTYM. Correcte, et le suffixe ment.
CORRECTEUR (ko-rrè-kteur), s. m. || 1° Celui qui
corrige. Sévère correcteur. || Titre du supérieur dans quelques ordres religieux, tels que les minimes. || 2° Correcteur d'imprimerie, celui qui lit les premières épreuves pour corriger les fautes d'impression. Le roi et Mme deMaintenon trouvèrent mauvais que M. de Chevreuse eût fait le personnage .de correcteur d'imprimerie, st-sim. 45, (5. || 3° Correcteur des classes, c'était, dans les collèges, un garçon qui fouettait les écoliers. || 4° Anciennement, nom de certains officiers de la chambre des comptes.
— HIST. xve s. Doivent les corrigeurs et maistres ou païens des jueunes faire comme le bon médecin, christ, de pisan, Hist. de Charles F, part, i, ch. ((. || x.vic s. Si ceste modération n'est diligemment gardée, il y a danger que de correcteurs nous ne devenions bourreaux, calvin, Instit. 993. Ce censeur
et correcteur desaultres, Caton, a esté reproché de bien boire, mont, ii, (4.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. corrector ; ital. correttore; du latin correctorem, de cor rectum, supin de corrigere (voy. corriger).
f l. CORRECTIF, 1VE (ko-rrè-ktif, kti-v'), adj. Qui a la vertu de corriger. Saint Clément d'Alexandrie proposait en ce lieu les châtiments qui sont de deux sortes: châtiments correctifs ou, par conséquent , temporels, et châtiments de vengeance, boss. dans le D/ct. de dochez.
— HIST. xvi" s. Un si ancien et long usage [de l'année avant la correction faite par ordre du pape Grégoire] me vendique et rappelle à soy; je suis contrainct d'estre un peu hérétique par là; incapable de nouvelleté, mesme correctifve, mont, iv, (57.
— ÉTYM. Voy. correction.
2. CORRECTIF (ko-rrè-ktif), s. m. || 1° Ce qui corrige, tempère. Le sucre est le correctif des acides. || Terme de pharmacie. Ce que l'on ajoute à un médicament pour en adoucir ou en modifier l'action. || 2°Fig. Ce par quoi l'on corrige; termes par lesquels on adoucit ce qu'il y a de trop dur ou d'excessif dans l'expression. Ce dernier mot de ma lettre servira, s'il vous plaît, de correctif au premier, balz. liv. vu, lett. 13. I) ne faut point s'arrêter à certains petits correctifs qu'ils sèment deçà et delà dans leurs écrits, boss. Or. (. Ces passages ont leurs correctifs, id. Lett. abb. (13. Les correctifs qu'ils apportaient aux excès des autres, id. Var. Hl. La fermeté, c'est le correctif d'une lâche et molle condescendance, bourd. Pensées, t. il, p. 472. Le cardinal de Noailles et sept évèques ne voulurent ni de la bulle ni de ses correctifs, volt. Louis XIV , 37. On ajoute qu'il est d'une âme noire de ne louer personne sans un petit correctif, et que, dans cet ouvrage dangereux, nous n'avons jamais manqué de faire quelque égratignure à ceux que nous avons caressés, volt. Temple du goût, lett. à Cidecill0..
— hist. xvi' s. On le mistionne avec certains correctifs, comme moyeux d'œufs, vin, etc. paré, xxiv, ch. compl.
— ÉTYM. Correctif I.
CORRECTION (ko-rrè-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1" Action de corriger ou de changer en mieux. Faire des corrections à un devoir de grammaire, à une pièce de théâtre. La correction des défauts, des abus, des erreurs. Ce critique a fait une très-bonne correction dans un passage corrompu de Cicéron. Le théâtre a une grande vertu pour la correction, mol. Préf. du Tart. Dieu l'avait élevé comme un signal à tous ceux qui aiment la correction des mœurs, fléch. J'anég. ii, p. 297. Ôtons l'impiété, et la joie sera sans mélange; ne nous en prenons donc pas à la dévoiion, mais à nous-mêmes, et n'y cherchons du soulagement que par notre correction , pasc. Pensées, part, ii, art. (7. On sent les abus anciens, on en voit la correction; mais on voit encore les abus de la correction même, montesq. Espr. Préface. || Les changements mêmes qu'on fait à un ouvrage d'esprit ou d'art. Les marges de ses manuscrits soni chargées de corrections. Rien n'est plus propre à former le goût que de démêler, dans les corrections d'un grand écrivain, le motif des arrêts qu'il a prononcés contre lui-même, d'alemb. Éloges, Despréaux. || Recevoir une pièce de théâtre à correction, la recevoir à la condition que l'auteur y fera des corrections. || Terme d'imprimerie. La correction des épreuves, action d'indiquer les fautes de composition ou les changements à faire au texte avant le tirage. Cette épreuve a très-peu de corrections. Correction se dit aussi, en parlant de celui qui corrige, de l'action de faire disparaître ces fautes. || Terme d'astronomie et de physique. Quantité qu'il faut ajouter à une observation, à une mesure, etc. ou en retrancher, pour obtenir le vrai résultat. || Terme de marine. Corrections des roules, corrections qu'on applique à la route et au rumh de vent, pour avoir une détermination plus précise du point d'arrivée. || 2" Terme de rhétorique. Figure par laquelle l'orateur semble se reprendre pour rétracter plus ou moins ce qu'il a dit. || Sauf correction, sous correction, locution dont on se sert pour modifier ce qu'on vient de dire. Il me semble, sauf correction, que ceci ne vous regarde pas, p. l. cour. Lett. i,6(. Je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps, mol. l'Av. i, 3. || 3° Terme de pharmacie. Opération où l'on fait usage d'un correctif pour tempérer la force de certaines substances. || 4° Réprimande, admonition. Qu'il faut mettre le poids d'une vie exemplaire À ces corrections qu'aux autres on veut faire, mol.
COR
Mis. m. 5. Combien de désordres a-t-elle arrêtés moins par la force de ses corrections que par la persuasion de son exemple! flf.ch. Marie-Thér. La délation la plus infâme, la superstition l'appelle correction fraternelle, volt. Phil. ii. 128. Il 5" Punition, châtiment. Cela mérite correction. Il a subi la correction. || Maison de correction, lieu destiné à enfermer par autorité publique les personnes dont la conduite est déréglée, et, aujourd'hui, les enfants acquittés pour défaut de discernement. || 6" Autorité, pouvoir de réprimander, de corriger. Les enfants sont sous la correction du père. || 7° Forme exacte et pure. La correction du style, du dessin. [Un peu d'écume] objet informe, qui ne demande qu'un peu de couleur blanchâtre, sans aucune figure précise, ni aucune correction de dessin, fén. Exist. 8. || 8° Autrefois, bureau où travaillaient les correcteurs des comptes.
— HIST. xv" s. Etn'osoitnul homme de -la nation d'Audenarde aller sur les murs de la ville; autrement, qui y fust trouvé, il estoit de correction au point de perdre la teste, froiss. h, il, ter,. Je dis, cher sire, sauve la correction de votre noble conseil, que.... m. il, il, ttii. Sire, ce dit le Moine de Basele, je parlerai puisqu'il vous plaist, sous la correction de mes compagnons [ils avaient exécuté ensemble l'ordre d'aller examiner les dispositions des ennemis], id. i, i, 286. Comment voyons-nous les jeunes gens adouler et entrister, quant correction leur est présentée, christ, de pisan, Hist. de Charles V, i, 10. Sire, dist Estonné, je vous diray soubs la correction de vous et de Dagon.... Perceforesl, 1. 1, f° 98. || xvic s. Cela, sauf votre correction, se doit entendre des jeux de repos, yver, p. 598. Il voulut aussi avoir l'iliade d'Homère de la correction d'Aristote, amyot, Alex. to. Il escrivit bien aigrement et en grande cholere aux Macédoniens qui avoient accepté la correction [modification] du serment, id. Eurnènes, 24. Pour sa meschanceté il avoit la mesme correction [ostracisme] que l'on donnoit aux plus gens de bien pour leur grandeur, id. Nicias, 21.
— ÉTYM. Provenç. correctio; espagn. correction; ital. correzione; du latin correctionem , de correclus, part, passé de corrigere (voy. corriger).
t CORRECTIONNALISER (ko-rrè-ksio-na-li-zé), v. a. Ternie de pratique. Donner à une affaire le caractère correctionnel. Correctionnaliser un crime.
— ÉTYM. Correctionnel.
| CORRECTIONNALITÊ ( ko-rrè-ksio-na-li-té ) , s. f. Terme de pratique. Qualité d'une affaire correctionnelle.
— ÉTYM. Correctionnel.
CORRECTIONNEL, ELLE (ko-rrè-ksio-nèl, ne-P),
aàj. Terme de jurisprudence criminelle. Qui appartient aux actes qualifiés de délits par la loi, par opposition aux crimes et aux contraventions. Tribunal de police correctionnelle. Peine correctionnelle. Toutes les peines qui sont de la juridiction correctionnelle, montesq. Espr. xii, 4. y Populairement, la correctionnelle, s. f. Le tribunal de police correctionnelle.
— ÉTYM. Correction.
f CORRECTIONNELLEMENT ( ko-rrè-ksio-nè-leman), adr. D'une manière correctionnelle; devant un tribunal correctionnel. Poursuivre correctionnellement. Si un castor est surpris en maraude sur le territoire d'une tribu qui n'est pas la sienne, il est conduit devant le chef de cette tribu et puni correctionnellement, chateaub. Amer. 7.
— ÉTYM. Correctionnelle , et le suffixe ment.
t CORRECTIVEMENT (ko-rrè-kii-ve-man) , adv. De manière à corriger; comme correctif.
— ÉTYM. Corrective, et le suffixe ment.
f CORRECTRICE (ko-rrè-ktri-s') , s. f. La supérieure d'un couvent de religieuses minimes, et celle du tiers ordre de St-François de Paule.
— ÉTYM. Correcteur.
CORRÉGIDOR (ko-rrè-ji-dor), s. m. En Espagne, le premier officier de justice d'une ville, d'une province. Un cacique, un corrégidor formaient le corps militaire et civil des réductions, chateaub. Génie, IV, 4, 5. Onze corrégidors, répandus dans la province, sont chargés, sous ses ordres, des détails de l'administration, raynal, Hist. phil. vm, 4.
— ÉTYM. Espagn. corrégidor, de corregir, corriger (voy. corriger).
CORRÉLATIF, 1VE (ko-rré-la-tif , ti-v') , adj. Il 1° Qui est dans une relation telle avec un autre objet que l'un suppose l'autre. Termes corrélatifs, par exemple, père et fils, puisqu'on ne peut pas être père sans avoir un fils (ou une fille), ni fils sans avoir un père. I| Terme de droit. Obligation
COR
corrélative, obligation relative à une autre obligation. H Quelquefois corrélatif ne signifie pas plus que relatif, il y a dans le cerveau de l'animal une organisation corrélative aux mouvements, que tel ou tel organe doit exécuter, bonnet, Œuvres mélées t. xviii, p. '89, dans pougens. || 2° S. m. Le corrélatif d'un terme, d'une proposition. On doit toujours rapprocher les mots de leurs corrélatifs, et exprimer ceux qui sont sous- entendus, lorsque l'on veut pénétrer le sens de l'auteur, du marsais, Œurrrs, t. m, p. 400. || S. f. Une corrélative, une proposition corrélative. Quand le sens d'une proposition met l'esprit dans la situation d'exiger ou de supposer le sens d'une autre pro- 11 , nous disons que ces propositions sont relatives, et que l'une est la corrélative de l'autre, id. ib. t. v, p. -18.
— HIST. xvie s. Corrélatif, oudin, Dict. — - ÉTYM. Co, avec, et relatif.
CORRÉLATION (ko-rré-la-sion) , s. f. Qualité de
ce qui est corrélatif. Les termes de père et de fils emportent corrélation. Une étroite corrélation unit ces deux principes. Les mots de sujet et de souverain sont des corrélations identiques dont l'idée se réunit sous le seul mot de citoyen, j. j. rouss. Contr. soc. 111, 13.
— ÉTYM. Co, avec, et relation.
t CORRÉLATIVEMENT ( ko-rré-la-ti-ve-man ) , adv. D'une manière corrélative.
— ' HIST. xvie s. Corrélativement, oudin, Dict.
— ÉTYM. Corrélative , et le suffixe ment.
f CORREPTION (ko-rrèj>sion) , s. f. Terme de métrique ancienne. Abrègement d'une voyelle longue.
— ÉTYM. Latin correptio, abrègement, proprement action d'entraîner, de corripere, entraîner, de cum, avec, et rapere, ravir (voy. ravir).
CORRESPONDANCE (ko-rè-spon-dan-s'), s. f.
Il 1° Echange de lettres. Avoir une correspondance avec quelqu'un. Toutes les personnes de Rome qui ont ici correspondance écrivent en conformité, boss. Lctt. quiét. 149. || Ces lettres mêmes. La correspondance de Voltaire. || 2° Relations avec des personnes éloignées. Avoir des correspondances suspectes. Nous avons entretenu des correspondances avec les ennemis, boss. Paix, 2. Il est agréable d'avoir des correspondances dans les pays éloignés, j. j. rouss. Ém. v. Il En termes de journal, on dit : Ce journal a d'excellentes correspondances. Dans ce journal, la correspondance est peu intéressante. Il 3° Terme de commerce. Rapport d'affaires entre négociants de pays différents. Ce négociant a des correspondances dans toutes les villes de l'Europe. On dit dans une maison de commerce qu'un tel est chargé de la correspondance, est à la correspondance, fait la correspondance. || 4° Moyen de communication d'un lieu à un autre. La correspondance entre ces deux villes a lieu par mer. || Voiture de correspondance, celle qui prend les voyageurs amenés par les voitures faisant le service des grandes lignes. Les correspondances des chemins de fer desservent les localités qui ne sont pas sur la ligne. Il Services de correspondance, postes desservant les lieux où la malle-poste n'arrive pas. "|| Se dit aussi des omnibus. Demander, prendre la correspondance, une correspondance. Et en parlant du billet même qui donne droit à l'autre voiture : Qui est-ce qui a une correspondance ? Donnez-moi votre correspondance, y 5" Conformité d'une chose à une autre. On trouvera une correspondance parfaite entre ces choses, pasc. Géom. Le corps est, a. le regarder comme organique, un par la proportion et la correspondance de ses parties, boss. Conn. de Dieu, ni, i. Deux horloges qui vont un certain temps dans une correspondance parfaite, volt. Newl. iv, 7. || Terme de peinture et de sculpture. Rapport naturel entre les diverses parties d'une figure. Pêcher contre la correspondance. || Correspondance a aussi le sens de corrélation. || 6° En parlant des personnes, réciprocité de sentiments. Se séquestrer et laisser faire l'époux [Jésus, en langage mystique], c'est là toute la correspondance de l'épouse, boss. Lett. Corn. 87. II faut exciter l'un par la protection qu'on lui donnera, l'accroître et l'augmenter, et interdire l'autre autant que la bonne correspondance avec les voisins le pourra permettre, vaub. Dîmes, p. 85. Quoi! écouter impudemment l'amour d'un damoiseau et y promettre en même temps de la correspondance! moi.. G. Dand. 1, 3. Ce n'est qu'une harmonie et une correspondance parfaite entre un père et un précepteur qui peut assurer le succès d'une bonne éducation, j. j. rouss. Projet d'éducation.
— HIST. xive s Ne scez tu bien qu'au mouvement
COR
Des cieulx est ung entendement, Qui ha ça bas correspondance, Et qui faict, par son influence, A toutes choses avoir estre? Nat. à l'alch. err. 727. || xvic s. La correspondance et relation qui engendre les vrayes amitiez. mont, i, 208. Pour suyvre encore* un peu plus loing cette egualité et correspondance de nous aux bestes, in. 11, 198. Ils estimoyer.t la servitude de leurs compatriotes comme la leur propre, tant ils avoyent bonne correspondance entr'eux, lanoue, 48.
— ÉTYM. Correspondant; espagn. correspondencia; ital. corrispondenza.
1. CORRESPONDANT, ANTE (ko-rè-spon-dan, dan-t'), adj. Qui se correspond. Angles correspondants. H Membre correspondant de l'Institut. Voy. correspondant 2. y Qui est en rapport. Une civilisation correspondante aux conditions de temps ec de pays.
— lilST. xive s. Et ainsi appert il que la mise est grande et l'œuvre est avenant et correspondant, par quoy il s'ensuit que l'euvre soit digne de telle despence, oresme, Éth. 113. Encor y sont plusieurs motz grecs qui n'ont pas mots qui leurs soient correspondans en latin, id. ProL
— ÉTYM. Espagn. correspondiente ; ital. corrispondente (voy. correspondre).