COB
COR
raidjan. Conroi était un mot très-usité et ayant toute sorte de sens dérivés du sens primitif, qui est préparation.
f CORROIERIE (ko-roi-rie) , s. f. Atelier, art du corroyeur.
— HIST. xiii' s. Et est accordé que nus ne poie [appuyé] riens, hors de l'uis, de denrées qu'il vende, quant à coiToieries, Liv. des met. 226
— étym. Corroyer.
f CORROMPABLE (ko-ron-pa-bl'), adj. Qui peut être corrompu. Les matières organiques sont facilement corrompabies.
— REM. Ce mot, anciennement usité, pourrait être employé à côté de corruptible, qui se dit moins communément de la corruption matérielle, et qui vient du latin corruptibilis , tandis que corrompable est formé directement de corrompre.
— hist. xme s. Par nature estes corrumpables, la Rose, 4424. || xiv' s. Et teles choses sont sans nécessité et nient corrumpables, oresme, Eih. 173. Nostre nature est composée d'une chose et avec ce, d'une autre chose qui est corrumpable. id. ib. 225. || x\" s. Le corps ne puet au monde demourer, Qu'à certain temps ne le faille pourir; Corrompable est; si le faut retourner, Corrupcion et cendre devenir, e. desch. Poésies mss. f° 145, dans lacurne. || xvrs. 11 n'estoit -aucunement corrumpable par presens, amvot. Périe. 33.
— ËTYM. Corrompre; provenç. corrompable.
CORROMPRE (ko-ron-pre) , je corromps, tu corromps, il corrompt, nous corrompons, ils corrompent: je corrompais; je corrompis; je corromprai; je corromprais: corromps, corrompons; que je corrompe, que nous corrompions; que je corrompisse; corrompant; corrompu, v. a || 1° Rompre l'ensemble, et, par suite, gâter, détruire. Arsanes mit le feu partout et corrompit tout ce qui pouvait servir à l'usage des hommes, vaug. Q. C. 168. || Fig. Adieu donc! Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre, la k nt. Fabl. i, 9. Vous corrompez tout par d'injustes usages, mass. Car. Voc. Comme toute chair a rorrompu sa voie, id. ib. Motifs. Belle Arétluise, ainsi ton onde fortunée Roule, au sein furieux d'Arcphitrite étonnée, Un cristal toujours pur et des flots toujours clairs, Que ne corrompt jamais l'amertume des mers, volt. Henr. îx. Vous avez corrompu tous les dons précieux Que pour un autre usage ont mis en vous les dieux, id. Catil. 1, l. L'effroi qui me saisit, corrompant mon espoir.... id. Triumv. iv, 6. Vous comprenez assez quelle amertume affreuse Corrompait de mes jours la durée odieuse, id. Zaïre, i, 2. Les novateurs dont les interprétations corrompaient la simplicité de la foi , ciiateaub. Génie, i, i, i. Je puis t'abandonner ; oui, je mourrai content, J'ai corrompu ta joie, df.lav. Vêpres , sicil. iv, 5. || Altérer la forme, la figure, l'état de certaines choses. Corrompre la forme d'un chapeau. Ce sens a vieilli. || Terme de corroyeur. Faire venir le grain à un cuir de vache. Corrompre la vache. || Terme de métallurgie. Corrompre le fer, en pétrir toutes les parties par le feu ou par le marteau. || Terme de cirier. Corrompre la cire, lui ôter la ductilité. || Terme de cartonnier. Corrompre les coupeaux ou cartons, les recourber de manière que la partie concave soit du côté de la peinture des cartes à jouer. |j Populairement. Corrompre l'eau, la corriger en y ajoutant un peu de vin, de vinaigre, de sucre, etc. || 2° Gâter par décomposition putride. La décomposition de substances organiques avait corrompu les eaux. La terre que nous habitons n'est devenue salubre que par les travaux de l'homme; dans son origine, elle était couverte de forêts et de marécages qui corrompaient l'air; c'est l'état actuel de Madagascar, raynal, Hist. phil. iv, 4. || 3° Dépraver. Corrompre les mœurs. La flatterie le corrompit. Deux coeurs nés généreux qu'un traître a corrompus, volt. Fanât, m, il. Cambyse, fils de Cyrus, fut celui qui corrompit les mœurs des Perses, boss. Hist. m, 5. || 4° Altérer, modifier en mal, en parlant de la langue, du goût, du style. La lecture des mauvais auteurs corrompt le goût. Corrompre une langue. L'invasion des barbares corrompit le latin. Dans les arts d'imagination, tout ce qui n'est pas neuf ou brillant est inutile; et la multiplication des ouvrages médiocres corrompt le goût au lieu de le former, condorcet, Ilaller. || Corrompre un texte. La négligence des copistes a corrompu bien des passages dans les auteurs anciens. IL a omis ces paroles par un dessein outrageux, pour corrompre la pensée de ce père, pasc. Prov. Réfut. de la rép. à la 12« lett. Il découvre l'orgueil caché et l'hypocrisie des Pharisiens et des docteurs de la loi qui la corrompaient
par leurs interprétations, boss. Hist. a, 6. 115° Fig. Gagner quelqu'un par dons ou promesses, il essaya de corrompre ses juges. On corrompit les témoins. C'est à qui se sent faible à corrompre son juge, quinault, la Comédie sans comédie, il, 5. Il avait corrompu par argent la garnison, fén. Tél. xx. On l'accusait aussi d'avoir corrompu à force de présents la prêtresse de Delphes, qui avait ordonné, de la part du Dieu, de le rappeler de l'exil, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 591, dans pougens. Des moines, parcourant l'Helvétie alarmée, Divisent les tribus et corrompent l'armée, mass. Helvétiens , v. || Séduire, en parlant d'une femme. En poursuivant les fuyards, il fut tué par un des siens dont il avait corrompu la femme, boss. Hist. i, io. Crispe, fils de Constantin, mais d'un autre mariage, accusé par cette marâtre [la seconde femme de l'empereur Constantin] de l'avoir voulu corrompre , trouva son père inflexible, id. ib. i, {i. || Absolument. Les vices n'y sont point un sujet de ridicule; corrompre ou être corrompu ne s'appelle point un usage ou une manière de vivre, montesq. Esp. xvm, 25. Ce Philippe qui, mieux qu'homme du monde, savait diviser pour réduire et corrompre pour asservir, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. vin, p. 8G , dans pougens. || 6° Se corrompre, v. réfl. Se putréfier. La viande se corrompt rapidement dans les jours chauds et orageux. Je vois qu'un corps tel que l'eau est divisible, muable, sujet à se corrompre, à se geler, boulainvilliers, Réfutation de Spinosa, p. 41. || Se dépraver, s'altérer. Les mœurs se corrompent. La langue grecque se corrompit peu à peu. Cette sagesse insensée, ingénieuse à se tourmenter, habile à se tromper elle-même, qui se corrompt dans le présent, qui s'égare dans l'avenir , boss. Duch. d'Orl. C'est une chose étonnante comment les langues se forment, s'augmentent, se perfectionnent, et comment, après un certain cours d'années, elles dégénèrent et se corrompent, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. xi, 2° part. p. 602, dans pougens.
— HIST. xii' s. Deus, quel duel [deuil] des prelaz que lur mestier ne funt ! Mucie est la lumière qui esclaire le munt [monde] , Il sunt li pullent cors que l'esperit corrunt, Th. le mart. 69. || xin' s. Qui gist en mortel pechié est corrumpuz, Psautier, f°2i. Li lius [lieu] estoit tout corrompus, et moult i ot mors de gens, Chr. deRains, 177. Nostre coustume a corrumpu ceste loi et suefre quelestamens se prueve par deus loiax tesmoins, beaum. xii, 40. Et par ce est le [la] droite mesure du souverain corrompue en plusors liex, si comme il est dit dessus, id. xxvi, 12. Et por ce loonz [conseillons] noz à toute manière de juges qu'il se gardent de prendre dons par les quix il soient corrompu, id. xl, 33. Donques li baillis doit estre soufrans et escoutans, en tele manière qu'il laist à cex qui sont devant li en jugement, dire toute lor volenté et tout ce qu'il lor plera, partie contre autre, et sans corrumpre lor paroles, id. (9. || xiv s. Ceulx qui ont Papetit corrompu et la volenté pour malvois vices se delettent en choses qui ne sont pas bonnes à l'ame, oresme, Elh. 19. J'ai pour l'amour de toi grant paine rëcheûe, Et en terre et en mer; mais Diex m'a secorue; De nul homme de char n'ai esté corrompue, Baud. de Seb. m, 132. Icellui suppliant a congneu que ses diz tesmoings il avoit induis et corroz, et leur avoit promis de donner le vin, mais qu'ilz déposassent à son entension, du cange, corrumpere. || xv' s. Et pour ce que je n'y veux mettre ni oster [h la matière de ses chroniques], oublier ni corrompre, ni abréger, froiss. i, i, 1. 1| xvie s. De peur que les grains ne se corrompent et pourrissent, mont, ii, 186. S'ils faisoient quelque appointement avec serment solennel, il duroit jusques à ce que l'une des parties se trouvast la plus forte, pour le corrompre et violer, et vaincre par malice, lanoue, 56. Une oligarchie corrompue comme aussi fut celle d'Athènes, id. 65. 11 estimoit estre convenable de déposer la substance du feu en garde de personnes non corrompues ny polluées, amyot, Numa, 17. Ses ambassadeurs corrompirent deux des meilleures et plus anciennes maisons de la ville, id. Publ. 5. Se laisser corrompre par argent, id. Aie. et Cor. comp. 8. Boire de l'eau puante et corrompue, id. Anton. 21. On luy fit entendre que la tourmente estoit sur la montagne, ce nonobstant on ne luy sceut dissuader de passer ce jour là, pensant corrompre [rompre, vaincre] le temps, contre l'opinion de tous, m. du bell. 521. Hormis qu'il se trou voit fort las et corrompu [courbatu] , à cause du tourment qu'il avoit souffert, paré, xix, 32.
— ÉTYM. Provenç. corrompre ; catal. corromprer; espagn. corrumper; ital. corrotnpere ; du latin cor-
rumpsre, de cum et rumpers, rompre. L'ancien français, à côté du participe corrompu, avait aussi corrot ou corrout, dont le simple se trouve: un nombre tout ou roupt, un nombre fractionnaire Corrompu est un participe fait sur le verbe français; corrot provient directement du participe latin corrûptus, avec l'accent sur ru.
CORROMPU, UE (ko-ron-pu, pue), part. passé de corrompre. || 1° Gâté, détruit. Tout le pays ayant été corrompu par l'ennemi qui battait en retraite. || Peu usité en ce sens. || 2° Altéré, en parlant de langues, de textes, etc. Il est étonnant que Belleau, Jodelle et Dubartas aient été sitôt suivis d'un Racan et d'un Malherbe, et que notre langue, à peine corrompue, se soit vue réparée, la bru y. i. La critique qui restitue dans les auteurs les endroits corrompus, donne des éditions.... d'alemb. Explic. sy>t. eonn. hum. Œuvres, t. i, p. 335, dans pougens. || 3° Gâté pardécomposition putride. De l'eau corrompue. Un sang noir et corrompu coula de sa plaie, fén. Tél. xv. || 4" Dépravé. Des mœurs corrompues. Je neveux nulleplace endes cœurs corrompus, mol. Mis. i, i. Les hommes corrompus n'ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de bassesses, fén. Tél. xxiv. Les illusions mêmes de l'amour se purifient dans un cœur chaste et ne corrompen* qu'un cœur déjà corrompu, J. J. rouss. Hél. il, 27. Leur religion est un mahométisme extrêmement corrompu par les superstitions indiennes, raynal, Hist. phil. i, 8. || 5" Séduit par argent. Une sentinelle ayant été corrompue laissa approcher les assaillants. || On dit quelquefois substantivement. Un corrompu , les corrompus, les gens qui ont de mauvaises mœurs, et surtout les gens qui se laissent corrompre par l'argent, et, en politique, ceux qui par intérêt passent du côté du pouvoir.
f CORROND (ko-rron), s. m. Terme de métallurgie. Extrémité d'une barre dont l'étirage n'a pas été achevé faute de chaleur suffisante.
CORROSIF, IVE (ko-rro-zif, zi-v'), adj. ||i°Qui corrode. Substances corrosives, celles qui, mises en contact avec les parties vivantes, les désorganisent peu à peu. On devait user de remèdes moins corrosifs, boss. Var. x. Il en renforce les traits comme une eau forte et corrosive, j. j. rouss. Hél. n, 3. || Substantivement. Les corrosifs. Le nitrate d'argent est un puissant corrosif. || 2° Fig. La parole corrosive de ce calomniateur.
— HIST. xiii' s. Â la maille [tache à l'œil] qui est enclose Covient mult curuzive chose, Ms. St-Jean. || xv' s. La poudre, qui corrosive estoit, lui gasta et mangea trestout l'œil, louis xi, Nouv. ii. || xvic s. Ulcères corrosives et chancreuses, paré, v, 19. Médicament corrosif, id. xi, 18.
— ÉTYM. Provenç. corrosiu. corrossiu ; espagn. et ital. corrosivo; du latin corrosivus (voy. corroder).
CORROSION (ko-rro-zion; en poésie, de quatre syllabes), 4. f. Action, effet de ce qui est corrosif. La corrosion de l'estomac par l'arsenic. || Par extension, se dit de l'effet des eaux sur leurs rivages. 11 avait grimpé avec une peine infinie sur une roche escarpée, pour voir de là le cours du Serchio et la corrosion qu'il causait à ses rives, fonten. Manfredi.
— HIST. xiV s. Leur corps seuffre continuelment une manière de corrosion, oresme, Eth. 225. || xvi's. Dont s'ensuit corrosion aux parties qui sont sous le cuir, paré, v, h. Par corrosion de certaine humeur acre qui tombe aux gencives, id. xv, 27.
— ÉTYM. Provenç. corrosio, corrossio; espagn. corrosion; ital. corrosione ; du latin corrosionem (voy. corroder).
f CORROSIVETÉ (ko-rro-zi-ve-té) , s. f. Qualité de ce qui est corrosif.
— HIST. xv* s. Et là où corrosiveté aucune se trouvera en ma tractation non agréable à chascun, que icelle vuellent plus imputer à la nature du temps qu'à la perverse et oblique intencion de l'aucteur, g. chastel. Expos, sur vérité mal prise.
— étym. Corrosif.
f CORROYAGE (ko- ro-ia-j'), s. m. Art du corroyeur; dernière préparation que le corroyeur donne au cuir. || Terme de métallurgie. Réunion de plusieurs barres de métal qui doivent être soumises à un nouvel étirage.
— ÉTYM. Corroyer.
CORROYÉ, ÉE (ko-ro-ié, iée), part, passé. Cuir corroyé. || Fer corroyé.
CORROYER (ko-ro-ié; plusieurs disent ko-roi-ié), je corroie, tu corroies, il corroie, nous corroyons, vous corroyez, ils corroient; je corroyais, nous corroyions vous corroyiez, ils corroyaient; je corroyai; je conoierai; je corroierais; corroie, corroyons; que je corroie, que nous corroyions, que vous
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corroyiez ; que je corroyasse; corroyant; corroyé, v. a. || 1° Préparer le cuir pour les divers usages auxquels il est destiné. Corroyer des peaux, des cuirs. || 8°Corroyer du bois, Le dégrossir extérieurement. |j 3° Corroyer du fer, le battre à chaud; souder ensemble plusieurs tiges au marteau. || 4° Pétrir soigneusement le salile, la chaux, etc. avec de l'eau, pouren faire de meilleur mortier; ou battre de la terre pour en faire un corroi. Corroyer un canal, un bassin, le garnir d'un corroi. La plus grande partie des glands n'avaient pas levé; les pluies de l'hiver avaient tellement battu et corroyé la terre qu'ils n'avaient pu percer, buffon, E.rp. sur les và/ét. 2* mém. Les murs étaient corroyés de stuc mi''le de bouse de Vache, bern. de st-p. Ch. ind. || 5° Terme de fonderie. Corroyer du sable, en écraser- toutes les moites, pour le rendre plus maniable.
— hist. xnes. À honur [il] les fit cunreer, U ko il volorent sejurner, Rou, v. 6448. || xnie s. Lanuit [il] le fait en sa maison jesir, Et conreer et richement servir, du cange, conredium. Li mangiers fu richement conreé, id. ib. Et sur ces cercles getent piaus de moutons que l'en appelle piaus de Damas, conreées en alun, joinv. 230. || xvie s. Ptolemaeus commanda que l'on pendist le corps de Cleomenes, l'ayant devant conroyé. amyot, Agis et Cléom. 72. L'escorce de laquelle les taneurs courrayent leurs peaux, palissy, H. Les terres argileuses de quoy l'on se sert pour tenir lesdites eaux, faut qu'elles soyent conroyées, id. 177. Puis faut avoir une chausse de cuir de chien conroyé, pake, xxi, 24. La peau de bouc escorchée, seichée et courroyée par les taneurs, id. Animaux. 2i.
— ÉTYM. Corroi; anc. wallon, coureir ; rouchi, corer ; ; namurois, conrer ; provenç conrear, arranger, régaler; espagn. conrear, donner la seconde façon à la terre; ital. corredare. Conreer avait, dans l'ancien français, tous les sens qu'avait conroi , et signifiait en général disposer, arranger, préparer. Bien qu'on trouve dans le bas-latin corregeria, corroierie, corregerius, corroyeur, provenç. corrigier, anc. catal. correjer, espagn. correero, portug. correeiro, ital. eorregiajo, courroie, les sens divers qu'a corroi en français montrent qu'il provient de l'ancijn français conroi.
t CORROYÈRE (ko-ro-iê-r'), s. f. Terme de botanique. Espèce de sumac dont les feuilles sont employées pour tanner les cuirs.
— ÉTYM. Corroyer.
CORROYEUR ( ko-ro-ieur ; plusieurs disent koroi-ieur; Ménage recommande de ne pas prononcer conroyeur, ce qui était un archaïsme, l'ancienne forme étant conroi , et il ajoute qu'on prononce corniyeur), s. m. Celui qui corroie les cuirs.... Et l'animal de somme Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur, la font, vi, t). Cléon [un démagogue athénien] était fils de corroyeur et corroyeur lui-même, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ni, p. 497, dans pougens.
— HIST. xme s. Quiconques est corroiers à Paris, il doit ouvrer as us et as coustumes de la vile, Liv. des met. 234. Nus corroiers ne puet rendre son aprenti, se li mestre ne va outre mer ou il ne gist ou lit de langueur, ib. 235. Nus ne puet estre baudroier à Paris, ce est à savoir conreeur, de qui por fere conrroies.... ib. 224. || xvies. Un cordonnier et un conroyeur, d'aub. Hist. i, 78. Peaussiers, corroyeurs, paré, xxiv, to. Les corrayeurs, palissy, 33.
— ÉTYM. Corroyer; wallon, côreû ; namurois, conreu; bas-lat. conreator. Il y a eu confusion entre corroyeur venant de conreer, et corroier venant de courroie.
f CORRCDE (ko-rru-d'), s. f. Terme de botanique. Asperge sauvage (asparagus acutifolius , L.).
— ETYM. Latin, corruda.
f CORRUGATEUR, TRICE (ko-rru-ga-teur, tri-s'), adj. Terme d'anatomie. Qui plisse. Muscle corrugateur, et, substantivement, le corrugateur, le muscle sourciller, parce qu:en se contractant il fait froncer le sourcil.
— ÉTYM. VOy. CORRUGATION.
f CORRUGATION (ko-rru-ga-sion) , ,s. f. Terme didactique. Froncement , plissement. La corrugation de la peau par l'action des muscles sous-jacents.
— ÉTYM. Lat. corrugatio, de cum, et ruga, ride, (voy. ride).
CORRUPTEUR, TRICE (ko-ruTntem ,;'....',, S. m. et/1. || 1° Celui, celle qui corrompt les mœurs, l'esprit ou le goût. Fallait-il dans l'exil chercher des corrupteurs? rac. Brit. i, 2. Eux seuls [les mauvais prêtres] sont les corrupteurs des -peuples, mass. Confér. Excell. Fuyant des corrupteurs lès conseils désastreux , briffault , Ninus II , n, 2. Quelus et
COR
Saint-Maigrin, Joyeuse et d'Espernon, Jeunes voluptueux qui régnaient sous son nom, D'un maître efféminé corrupteurs politiques, Plongeaient dans les plaisirs ses langueurs léthargiques, volt. Henr. i. Toutes les nouveautés utiles lui semblaient des sacrilèges, et tous les étrangers dont le czar se servait pour exécuter ses grands desseins lui paraissaient des corrupteurs, id. Russie, n , 10. Un lâche, un corrupteur , un traître l'a séduite , ducis , Othello, 1,4. || 2° Celui, celle qui par dons ou promesses détourne quelqu'un de son devoir. La loi punit les corrupteurs de témoins. Il abdiquera le rôle d'ambassadeur ou de député pour prendre celui de corrupteur, le seul qui puisse lui réussir, raynal, Hist. phil. xix, 3. || 3" Celui qui altère un texte. C'est un insigne corrupteur de l'Écriture, maucroix, Schisme, liv. u, dans richelet. || 4° Adj. Une doctrine corruptrice. Nous avons rejeté ces présents corrupteurs, Trop étrangers pour nous, trop peu faits pour nos mœurs, volt. Scythes, i, t. Que ne puis-je à la fois engloutir sous le Tibre Ces métaux corrupteurs d'un peuple jadis libre! m. j. chén. Gracques, il, 3. C'est là que tous les préjugés d'une éducation corruptrice sont ébranlés par les maximes de la nature et de la raison, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. x, p. 340, dans pougens. 11 laissait Barclay faire aux soldats français et a leurs alliés ces adresses corruptrices qui avaient tant ému Napoléon, ségur, Hist. de Napol. vin, 1.
— étym. Lat. corruptor, de corruptum , supin de corrumpere, corrompre.
CORRUPTIBILITÉ (ko-ru-pti-bi-li-té) , s. f. État, nature de ce qui est corruptible.
— ÉTYM. Provenç. corruplibilitat ; espagn. corruptibilidad; ital. corruttibilità ; du latin corruptibilitatem (voy. corrompre).
CORRUPTIBLE (ko-ru-pti-bl') , adj. || i° Qui est sujet à corruption. Les matières corruptibles. Notre âme d'une nature spirituelle et incorruptible a un corps corruptible qui lui est uni, boss. Hist. n, 6. || 2° Qu'on peut corrompre, en parlant des personnes. C'est un homme très-corruptible. Ils seraient donc plus délicats que les courtisans et les gens de robe, qui voient tous les jours avec plaisir représenter des marquis fats et des juges ignorants et corruptibles , lesage , Critique de Turcaret. Cet exemple et mille autres prouvent que l'imagination est la plus corruptible des facultés de l'âme, marmont. Essai sur le goût, Œuvres, t. iv, p. 366, dans pougens. |[ S. m. Nom donné à des hérétiques du sixième siècle, qui prétendaient que Jésus-Christ avait été sujet aux douleurs, aux passions, et que sa chair était corruptible.
— HIST. xive s. Choses corruptibles, oresme, Thèse de meunier. |[xve s. Un édifice que feu ne fer ne autre chose corruptile ne pourra consumer, Bouciq. iv, ch. < 5. |1 xvie s. Le corps qui est corruptible aggrave Famé, calvin , 67. Le privilège de quoy nostre ame se glorifie, de renger les choses qu'elle estime dignes de son accointance, à desvestir et despouiller leurs conditions corruptibles , et leur faire laisser à part, comme vestemens superflus et viles, l'espesseur, la longueur, la profondeur.... mont, u, 1 98.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. corruptible ; ital. corruttibile ; du latin corruptibilis (voy. corrompre).
| CORRUPTIF, 1VE (ko-ru-ptif, pti-v'), adj. Qui a la propriété de corrompre.
— HIST. xiv° s. Chose juste n'est pas corruptive ou corrumpance de cité, oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Provenç. corruptiu; espagn. corruptivo ; du latin corruptivus (voy. corrompre).
CORRUPTION fko-ru-psion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. \\ 1" Rupture d'un ensemble, altération en général. Pour peu qu'on veuille s'appliquer à bien examiner ce système, il sera facile de se convaincre qu'il est le meilleur, le mieux proportionné et le moins sujet à corruption qui se puisse mettre en usage, vaub. Dîme, p. 128. Toute la conséquence qu'on peut tirer de cette diversité d'opinions, c'est que les uns ont considéré la comédie dans sa pureté, lorsque les autres l'ont regardée dans sa corruption, mol. Préf. du Tartuffe. || Altération dans un texte. Il y a corruption dans ce texte-là. || Altération du langage, du goût. Les innovations amènent la
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du latin dans les temps qui suivirent l'invasion des barbares. || Par extension. Ce mot est formé de tel autre par corruption. Le chef du conseil d'Aragon portait le titre de grand justicier, et, par corruption, celui simplement de justice, st-sim. 89, 152. Cette rue s'appelait anciennement la rue de l'Égyptienne,
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à cause d'une chapelle de sainte Marie Égyptienne qui est à l'entrée du côté de la rue Montmartre; le peuple, par abréviation et corruption du mot, s'est accoutumé à l'appeler rue de la Jussienne, saintfoix. Ess. Paris, Œuvres, t. m, p. t82, dans pougens. Il 2° Décomposition putride. La corruption de la viande, de l'air. On a cru autrefois que les insectes s'engendraient de la corruption. Tout [les préparations anatomiques] se garantissait de la corruption par le secret de M. Ruysch, fonten. Ruysch. || 3° Fig. Dépravation. La corruption des mœurs du siècle. Sans les aveugles, sans les sauvages, sans les infidèles qui restent et dans le sein même du christianisme, nous ne connaîtrions pas assez la corruption profonde de notre nature ni l'abîme d'où Jésus- Christ nous a tirés, boss. Hist. n, 13. La corruption du cœur consiste dans l'opposition à l'ordre, malebr. Éclaire, liv. ni. La corruption des mœurs, qui peut se maintenir jusqu'à un certain point malgré l'instruction, était infiniment favorisée et accrue par l'ignorance, fonten. Le czar Pierre. C'est à cette victoire remportée sur Antiochus et à cette conquête de l'Asie, que Pline attai he l'époque de la corruption des mœurs dans la république romaine, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vu;, p. 435, daas pougens. 11 y a deux genres de corruption : l'un, lorsque le peuple n'observe point les lois; l'autre, lorsqu'il est corrompu par ies lois. montesq. Esp. vi, )2. Et que m'importe à moi que le sénat m'outrage, Que la corruption mette à prix son suffrage? volt. Calil. I, 2. Jamais on ne doit se décourager; la corruption n'est jamais totale; il y a partout des gens de bien, et, s'il en manque, on en fait naître, marmont. Bélisaire , xn. Dans la corruption une cour endormie. Avec son empereur disputant d'infamie, legouv. Épichar. et Nér. i, 2. Les péchés mêmes des grands deviennent les modes des peuples, et la corruption de la cour s'établit comme politesse dans les provinces, fléch. Marie- Thér. || Au sens actif, la corruption que l'on cause, que l'on produit. Les choses mêmes les [dus saintes ne sont point à couvert de la corruption des hommes, mol. Préf. du Tartuffe. \\ 4° Au sens actif, moyen qu'on emploie pourgagner quelqu'un et ledéterminer à agir contre son devoir et la justice. Ses plaintes, ses écrits et la corruption De ceux qu'il crut pouvoir servir sa passion, rotr. Vencesl. u, i. || Au sens passif. Ce juge est soupçonné de corruption, d'avoir été corrompu. Ne parlons pas des corruptions qu'on a honte de se reprocher; parlons de la lâcheté ou de la licence d'une justice arbitraire qui sans règle et sans maxime se tourne au gré de l'ami pwssant, boss. le Tellier. || Terme de droit. Le crime du fonctionnaire qui trafique de son autorité, et le crime de ceux qui cherchent à le corrompre.
— HIST. xne s. Rapresseirlo contretenail [réprimer l'opposition] de nostre corruption, et commencier fors à eissir à la connaissance deveriteit, Job, 488 Or vus ai fait ici mult grant digressiun; Car ne vuoil en l'afaire mettre corruptiun, Th. le mart. 63. || xine s. Lors fu e cors e deitez Ensemble sans coiricion; Lors montas à l'ascencion , ruteb. n, 22. En toi ne doit avoir nule corrupeion; Car tuit sommes et toutes en ta correpeion, j. de meung, Test. 574. Mondes pleins de corruption, Trop est fous qui en toi se fie, Les vers du monde. || xive s. Car l'air qui estoit nés et purs, Fu ors et vils, noirs et obscurs, Si que de sa corruption Heurent les gens oppinion Que corrompu en devenoient, machault, p. 72. Avec ce fut faicte la dicte délivrance par le dit Jehan pour corruption de deniers qu'il en ot, Lett. de remission, Bibl. des Ch. 4e série, t. n, p. 59. Le nom de prodige [prodigue] en grec signifie perdicion et une manière de corrupeion de son estre et de sa substance, par quoy il se peut vivre, oresme, Eth. 103. De communication politique sont trois espèces; et les corrupeions ou transgressions de elles sont en nombre equal, id. ib. 245. Tirannie est corrupeion et malvestié ou empirement de monarchie, id. ib. 24G. Une lampe de voirre qui devant sa tombe ardoit cheit d'aventure sur le pavement sans nulle corruption, Chr. de saint Denis, t. i, f°36, dans lacurne. Crime de corruption, <i comme quand aucun officier de justice, sous ombre de son office, par corruption ou autrement juge autre à mort sans cause et laisse celuy qui a despi-'-" mort, boutillier, Somme rural , titre xxvm.
JÏ'xvV sl'ï-'ûn meuf!, !';:"'re ,'eul:,.(',,.^ll|^,'s,1^, naissance Par la corruption engendre une autre essence, ROxs.Eleg. (9.
— ÉTYM. Provenç. corrupeio ; espagn. corrupeion; ital. corrusione ; du latin corruptionem (voy. corrompre).
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CORS (kor), 4. m. plur. Terme de chasse. Synonyme d'andouillers, ou chevillures sortant de la corne du cerf. Un cerf de dix cors, et, plus ordinairement, un cerf dix cors, est celui qui a dix de ces chevillures, cinq de chaque côté. L'anima) chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors, En suppose un plus jeune et l'oblige par force.... la font. Fabl. x i Sur un cerf qu'un chacun nous disait cerf dix cors. mol. Fdch. u, 7. || Un cors, Voy. JEUNE-
combien de
— HIST. xive s. Si on te demande cors porte le cerf, respond en nonbre per; pourra que s'il ne portoit que neuf cors, si tu dois dire qu'il en porte dix, Modus, f vu. || xv' s. Trente deux ans ara [aura] le cerf volant Des grans forests de Gaule et de Bourbon, Au chief léger et au corps remuant; X huit cors jà fera craindre son nom, Et à vint cors sera de tel renom Qu'il destruira, ce dit la lettre escripte, L'isle aux geans et l'asne, veuille ou non; Tele est de lui la prophecie dite, eust. desch. Poésies mss. f <6. || xvie s. Et Dyana, des forests présidente, Entre plusieurs dryades eminente, Lesquelles font de leurs questes rappors, Quel est le cerf et combien a de cors, g. crétin, p. 77 , dans lacurne.
— ËTYM.Lat. cornu, qui, à côté de corne, adonné cor de même signification, au pluriel cors (voy. cor et corne).
f CORSAC (kor-sak), s. m. Terme de zoologie. Nom vulgaire et spécifique du chien corsac , dit aussi renard de Tartarie , et nommé par Bufl'on isatis.
CORSAGE (kor-sa-j') , s. m. || 1° La taille ou le buste, depuis les hanches jusqu'aux épaules. Achille était haut de corsage, malh. iv, 5. Sa taille haute et droite et d'un juste corsage, Régnier, Dial. Douce d'humeur , gentille de corsage , la font. Psaut. Cette drogue lui donnerait D'Éraste et l'air et le corsage , id. Coupe. Du premier Amadis je vous offre l'image; Il fut doux, gracieux, vaillant, de haut corsage, la font. Poésies mêlées, lu. Un fourbe cependant, assez haut de corsage,. Et qui lui ressemblait de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, boil. Sat. xi. j| 2" Il se dit aussi du cerf, du lévrier, du cheval , etc. Ce cheval a un beau corsage. Triste oiseau le hibou, ronge-maille le rat, Dame belette au long corsage, la font. Fabl. vin. ||3° Par extension. Le corsage d'une robe, la partie qui embrasse le corsage. || 4° Terme de féodalité. Gens de corsage, ceux qui étaient soumis à la mainmorte personnelle.
— HIST. xir s. Respundi nostre sire: N'esguarder pas à sa chiere ne à sun corsage, Rois, 69. || xme s. Arpes [harpies] sont oisaus de corsage Et sont pucelles de visage, du cange , arpa. [| xive s. Non pourquant le feri, tout parmi le corsage, Que le sang li en fait salir sus le preage, Saud. de Seb. xi, 433. |[ xve s. Le flamand, qui le vit de petit corsaige, présuma bien que encore estoit enfant, Bouciq. i, ch. 9. || xvie s. Seroit-ce point vostre bonté tant sage, Ou la hauteur de ce tant beau corsage? marot, i, 351. Ils ne cedoient rien en grandeur de barbe et de corsage aux anciens pairs de France, Sat. Min. p. 4. Il estoit gresle et menu de corsage, amyot, Ces. 21. Les enfants ne ressemblent seulement à leurs père et mère de corsage (comme en ce qu'ils sont grands ou petits, gros ou déliés, camus ou bossus, boiteux ou tortus).... paré, xvni, 2. Corpsage, palsgr. p. 4 98.
— ÉTYM. Corps, par l'ancien français cors où le p étymolflgique avait disparu.
CORSAIRE (kor-sê-r'), s. m. || 1° Vaisseau armé en course par des particuliers, mais avec l'autorisation du gouvernement. || 2° S'est dit des vaisseaux équipés dans les pays barbaresques, Alger, Maroc, Tunis, et qui faisaient en tout temps la course contre les chrétiens. Un autre, mal pourvu des armes nécessaires, Fut enlevé par des corsaires, la font. Fabl. vu, 14. Voilà qu'un corsaire de Salé fond sur nous et nous aborde, volt. Cand. H. || 3° Adjectivement. Capitaine corsaire. C'est qu'en fait d'aventure il est fort ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire, mol. l'Élour. iv, I. Je ne vous dirai point combien il est dur pour une jeune princesse d'être menée esclave à Maroc avec sa mère; vous concevez assez tout ce que nous eûmes à souffrir dans le vaisseau corsaire, volt. Cand. H.\\ Substantivement. Les homTy""'- ~" *v "",UJ'
connut..,.. , ■■•<* ,.,a> t „ «fl^erarea qui montent ces
vaisseaux cfê ëoûrSsr rsb corsaires eurent une belle part de prise. Et toujours avait fait Avec honneur son métier de corsaire, la font. Calendr. || 4° Fig. Homme dur, impitoyable par cupidité. Endurcis-toi le cœur, sois arabe, corsaire, eoil. Sat. vm. Mes
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créanciers sont des corsaires, bérang. Ma dern. chans. || 5° Épervier. || Proverbes. A corsaire, corsaire et demi, c'est-à-dire envers un homme agressif, difficile, on se montre encore plus agressif, plus difficile. || Corsaires contre corsaires font rarement leurs affaires. Corsaires à corsaires, L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires, Régnier, Sat. xn.
— SYN. corsaire, pirate. Le corsaire est muni de lettres par son gouvernement et armé seulement en temps de guerre; pris, il est traité comme prisonnier de guerre. Le pirate n'a point de lettres de marque, attaque même entempsde paix, et, pris, est traité comme voleur.
— HIST. xvc s. Certaines gallées coursaires du roy d'Arragon nostre ennemy et adversaire estoient presque toujours sur la mer illec environ, Lettre d'abolition de Louis XI, Bibl. des Chartes, 2e série, t. ni, p. 64. || xvie s. Jason fut esleu capitaine de la grande nefd'Argo, avec commission d'aller çà et là, pour oster et chasser tous les coursaires et larrons escumans la mer, amyot, Thésée, 23. Hommes non chalans de labourer et cultiver la terre, mais de toute ancienneté grands coursaires qui vivoient de ce qu'ils escumoient en la mer, id. Cimon, 13. De corsaire à corsaire n'y prend on que barriques rompues , cotgrave. Mesmes se soubçonna on qu'il [André Doria] avoit quelque sourde intelligence avec Barberousse , comme corsaire à corsaire, brant. Cap. étr. t. n, p. 45, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. corsari; espagn. corsario ; ital. corsare, corsale', de corsa, course, qui est provençal, espagnol et italien (voy. course).
f CORSÉ, ÉE (kor-sé, sée), ad;'. Qui a du corps, de la solidité, de la consistance. Drap corsé, drap qui a du corps, qui est épais. Vin corsé, vin qui a du corps, de la force. || Cheval corsé, cheval étoffé. || Dans le langage vulgaire, repas corsé, repas abondant.
— HIST. xme s. Uns cevaliers corsus et fors, Partonop. V. 7627.
— ÉTYM. Corps; génev. corsé, membru, vigoureux.
f CORSECQUE (kor-sè-k'), s. f. Ancienne arme à lame fourchue.
— étym. Corse, île, à cause que cette arme était en usage parmi les Corses.
CORSELET (kor-se-lè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Y s se lie : deskor-se-lèz-épais; corselets rime avec traits, succès, jamais), s. m. H 1° Léger corps de cuirasse. Les matelots étaient armés de corselets, vaugel. Q. C. liv. vu, ch. 9. || Petite cuirasse que portaient les piquiers dans le régiment des gardes. || Familièrement. Elle a comme un piquier le corselet au dos, Régnier, Sot. ix. || 2° Terme d'histoire naturelle. La partie du corps des insectes qui correspond au thorax des vertébrés. La mouche nettoie alternativement sa tête, son corselet et sa croupe, bern. de st-p. Harmon. liv. il, animaux. A son corselet tiennent deux ou quatre ailes avec lesquelles il voltige dans l'air, bonnet, Contempl. nat. t. vin, p. 276, dans pougens. || Par extension. Le corselet d'usé écrevisse, d'un homard. || Partie antérieure des crochets d'une coquille bivalve à laquelle s'attache le ligament quand il est externe.
— HIST. xvie s. Un esquadron de corselets, mont. i, 61. Voyant le bataillon des corselets, des boucliers, la cavallerie, les archers, la boétie, 4 73. Elle, pour loyer de sa vertu, luy donna un corselet et un armet d'or, amyot, Anton. 97. Serbillon depescha Sallasar avec 600 harquebusiers, 200 mousquetaires et autant de corselets, d'aub. Hist. n, 202. Aucuns trouveront estrange que je fais les testes si foibles et seulement de six rangs de corselets, lanoue, 321 . Cinq compagnies d'espagnols de vieilles bandes, avec leurs corcelets, harquebuses et morions qui reluisoient bien fort, et avec cela braves d'feabillemens aussi comme des princes, brant. Cap.fr. t. u, p. 25, dans LACURNE.
— ÉTYM. Double diminutif de corps : cors-el-et. f CORSERON (kor-se-ron) , s. m. Terme de pèche.
Petit morceau de liège qui fait partie d'une ligne.
f CORSES (kor-s'), s. m. plur. Ancienne milice du pape, dont la principale fonction était une fonction de police.
ktym rV*,e îlp- i'ptte sarde estant fondée
principalement de Corses.
CORSET (kor-sè ; le t ne se lie pas dans le parler or-
dinaire; au pluriel,!.'* selie: des kor-sè-z étroits; corsets rime avec traits, jamais, succès) , s. m. ] i espèce de corsage baleiné lacé derrière , que les femmes portent en dessous de leurs robes, et qui enveloppe
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et suit exactement les formes du buste depuis la poitrine jusqu'au dessous des hanches. Mettre, lacer son corset. Moi, je crois que son corset Lui rend la taille moins fine, bérang. Voisin. Et certain seia ne se reposant point, Allant, venant, sein qui pousse et repousse Certaîn corset en dépit d'Alibech, la font. Diable. || Le corset est aussi employé par les hommes qui veulent se serrer la taille et l'avoir fine. || 2° Le corps d'une cotte villageoise. C'est la coquette Du village voisin Qui m'offre une conquête En corset de basin, bérang. Rêverie. || 3° Terme de chirurgie. Espèce de bandage fait d'une ou de plusieurs pièces, qui embrasse la plus grande partie du tronc.
— HIST. xiue s. Et lors m'envoya querre le roy pour manger avec li ; et je y alai à tout [avec] le corcet que l'en ni'avoit fait en la prison des rongneures de mon couvertouer, joinv. 253. Quant on ot chanté tout à trait, Chascuns ala à son retrait, Qui dut son corset devestir Pour le sercot ouvert vestir, machault, p. 86. || xvi* s. Elle vous avoit un corset D'un fin bleu lassé d'un lasset Jaune qu'elle avoit fait exprès, marot, i, 201. Corpset, palsgr. p. 187.
— ' ÉTYM. Diminutif de corps, par l'intermédiaire de l'ancien français cors.
t CORSETIER, 1ÈRE (kor-se-tiè, tiê-r'), s. m. et/1. Celui, celle qui fait des corsets. || Adjectivement. Une apprentie corsetière.
— ÉTYM. Corset. f CORSIN (kor-sin), s. m. Usurier, négociant en
argent. Usité seulement dans cette locution : enlever quelqu'un comme un corsiii, l'enlever de vive force, sans qu'il ait le moyen de résister. On écrit d'ordinaire : enlever comme un corps saint (voy. corps) ; mais l'enlèvement d'un corps saint, se faisant avec solennité, ne convient pas au sens de la locution, tandis que l'enlèvement d'un corsin (les Lombards et hommes d'argent étaient, dans le moyen âge, exposés à de fréquentes violences) y répond.
— HIST. xive s. Malabaille corssin [banquier] de Bourc, du cange, caorcini.
— ÉTYM. Bas-lat. caorcini, caturcini, caursini, caioarsini, corsini, marchands italiens qui faisaient le commerce d'argent; provenç. chaorcin, usurier; de cadurcinus, habitant de Cahors, ville où les marchands italiens avaient propagé leur commerce, ou plutôt de Caorsa, ville du Piémont, comme paraissent l'indiquer la locution conjointe Lombardi et Caorcini et les vers cités dans du Cange : Usurier de Chaorse; etLi Sathanas m'i engenra, Et de illuec il m'aporta À Chaourse où on me nourri. Chaorse, Chaourse reproduit bien plutôt Caorsa que Cahors. Quant aux vers de Dante. Enfer, xi, 49 : E perô lo minor giron suggella Del segno suo e Sodomma e Caorsa; Caorsa peut aussi bien se rapporter à Caorsa qu'à Cahors.
f CORSOÏPE (kor-so-i-d') , s. f. Nom d'une pierre figurée, qui est une sorte d'agate, du moins par sa couleur, et qui représente une tète, dont la chevelure imite celle de l'homme.
— ÉTYM. Képon, tète, et elSoç, forme.
CORTÈGE (kor-tè-j'), s. m. || 1° Suite de personnes
qui en accompagnent une autre pour lui faire honneur dans une cérémonie. Cortège nombreux. Bacchus entre et sa cour, confus et long cortège.... la font. Filles de Min. \\ Réunion de personnes qui marchent en cérémonie. Il s'est trouvé sur le passage du cortège. || 2" Par extension, toute suite nombreuse de personnes. Celui-ci vint suivi d'un cortège d'enfants, Voilà le verger plein de gens Pires que le premier, la font. Fabl. ix, 5. Ce cortège nombreux d'amis vendus au crime Sentira comme vous l'équité qui m'anime, volt. Catil. i. 5. Le brillant cortège dont il s'était fait suivre se dissipa sur-le-champ, et il arriva à son Logis de ses seuls domestiques, rollin, Hist.anc. CEuvres, t. vm, p. 90, dans pougens. j| Poétiquement. La nuit, guidant son cortège d'étoiles, Sur le monde endormi jette ses sombres voiles, lamart. Méd. i, 16. || 3" Fig. Les infirmités sont le cortège de la vieillesse. L'ordre des vestales se montra à Rome avec un cortège de simulacres et de mystères, desfontaines, Hist. des Vestales. Les hommes livrés à l'amour-propre et à son triste cortège ne connaissent plus le charme et l'effet de l'imagination, .3. j. roiiss. DM- u. Tous ces maux sont le preaiec effet de la propriété et le corîép tMêp»»Ue de l'inégalité naissante, id. Inégalité, 2e part.
étym. Ital. corteggio; corteggiare, taire îa cour de corte, eour (voy. cour). L'ancien français avait' cor toier, et le provençal avait cortejar, pour 1 aller à la cour, faire la cour.
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COR
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+ CORTÉGER (kor-té-jé) , je cortège, je cortégeais, nous cortégeons, ». a. Faire cortège. Le bon seigneur fui cortège De maints monstres a face tièiv. on, Virg. trav. v. || Vieilli; mais il pourrait jeuni.
— êtym. Cortège.
CORTÈS (kor-tès'), S. f. plur. Assemblée représentative en Espagne et en Portugal. Il arriva un courrier d'Espagne avec la copie de l'acte de renoni du roi d'Espagne, passé le 5 novembre en pleines cortès, st-sim. 336, )4o.
— ÊTYM. Espagn. cortes, pluriel de cortc , cour (vov. cour). Cortes signifie proprement les cours.
CORTICAL, ALE (kor-ti-kal, ka-F), adj. || 1° Terme de botanique. Qui appartient à L'écorce. Couches corticales. Les pores corticaux. Bourgeon cortical. Si l'on fait passer un fil d'argent dans l'épaisseur de l'écorce d'un arbre en pleine végétation, on verra ce fil s'avancer chaque année vers l'extérieur de l'arbre, parce qu'il sera emporté par les couches corticales qui suivront la même direction, bonnet, Contempl. nature. Œuvres, t. vin, p. 335, note 3, dans pougens. || Plantes corticales, celles qui naissent et végètent sur l'écorce. || 2° Terme d'anatomie. Substance corticale du cerveau, substance externe et grise, qui enveloppe la substance blanche, dite médullaire. || Substance corticale des reins, substance cendrée formant écorce à la glande urinaire. || Substance corticale des dents ou cément, une des substances qui forment les dents composées des mammifères.
— ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce; sanscr. hritti, de krit, fendre.
f CORT1CICOLE (kor-ti-si-ko-1'), ad/. Terme d'histoire naturelle. Qui vit sur les écorces.
— ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce (voy. cortical), et colère, habiter.
f CORTICIFÈRE (kor- ti -si-fè-r') , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une écorce.
— ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce (voy. cortical), et férus, qui porte.
i CORTICIFORME (kor-ti-si-for-m'), adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence de l'écorce.
— ÉTYM. Lat. cortex, écorce, et forme.
fCORTICINE (kor-ti-si-n'), s. f. Terme de chimie.
i Variété de tanin, commune à toutes les écorces ligneuses des végétaux.
' — ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce, avec le suffixe français ine.
f CORTINE (kor-ti-n'), S. f. || 1° Terme d'antiquité romaine. Trépied d'airain consacré à Apollon et qui était gardé chez les quindécemvirs. || 2° Terme de botanique. Réseau filamenteux situé au bord du chapeau dans plusieurs agarics.
— ÉTYM. Lat. cordna. chaudière.
[ CORTIQUEUX, EUSE (kor-ti-keû, keû-z'), adj. Terme de botanique. Qui a une écorce épaisse. Fruits cortiqueux.
— étym. Lat. corlicosus , de cortex, corticis, écorce (voy. cortical).
CORUSCATION (ko-ru-ska-sion) , s. f. Terme de physique. Vif éclat de lumière. La coruscation d'un météore. || Le dernier phénomène que présente la coupellation de l'argent , et qui consiste en ce que ce métal, au moment de passer de l'état liquide à l'état solide, jette un éclat très- vif qui ne dure qu'un instant.
— ETYM. Lat. coruscationem, de coruscare, proprement heurter; grec, xof,û<7<TE'.v; provenç. coruscacio; ital. coruscazione.
| CORVE (kor-v'), s. m. Terme de pèche. Bâtiment hollandais peu différent des dogres.
CORVÉARLE (kor-vé-a-bl'), adj. Qui est sujet aux corvées. Nous étions la gent corvéable, taillable et niable a volonté, nous ne sommes plus qu'incarcérables, r. l. cour, i, 164. || Substantivement. Les corvéables. Le corvéable devait travailler depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant; mais on devait lui laisser un temps raisonnable pour prendre sa nourriture et faire paître son bétail.
— HlST. xvi" s. Les tenanciers sont corvéables à miséricorde; mais les cours supérieures ont accoustumé de les réduire à douze [corvées] par années, loisei., Instit. liv. vi, tit. 6. Gens de condition mainmortable, taillables haut et bas, courveables à volonté, justiciables en toute justice, ne sont point receuz en tesmoignage pour le seigneur duquel ils sont hommes, Coust. gén. t. i, p. 846.
— ÉTYM. Voy. CORVÉE.
CORVÉE (kor-vée), s. f. || 1° Terme de féodalité. Journées de travail gratuit que les vassaux devaient à leur seigneur. Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier et la corvée, Lui font d'un malheureux la peinture achevée, i a font.
Fabl. i, (6. || Corvées réelles, celles qui étaient duos par le fonds ou à cause du fonds. || Corvées personnelles, celles auxquelles étaient soumis les habitants d'un lieu par le fait seul de leur résidence. || Prestation de travail personnel pour l'entretien des chemins. Celui [Turgot] qui vient de supprimer les corvées pourrait bien supprimer l'esclavage [mainmorte] , volt. Lett. Christine, \ 2 août 1 775. Un impôt en travail, ou autrement dit la corvée, est peut-être une heureuse idée fiscale, necker, Compte rendu au roi, janvier H78), p. 70. L'impôt qui a remplacé la corvée en nature, impôt connu sous le nom de subvention représentative de la corvée, montesquiou , Rapport, 27 août )790, p. 8. Les beaux chemins sont un bien et un très-grand bien ; mais la corvée est un mal et un très-grand mal, st-lambert, Saisons, n, note 2e. || 2° Terme militaire. Travaux que font tour à tour les hommes d'une compagnie. On commande tant d'hommes de corvée. || 3° Nom que les ouvriers donnent à de petits travaux qu'ils vont faire en ville et qui ne leur prennent qu'une partie de leur journée. || 4° Par extension, travail obligé et gratuit; chose qu'on est requis ou prié de faire, et qui est une charge. Je me serais bien passé de cette corvée. Et commettre aux dures corvées [de la guerre] Toutes ces âmes relevées.... malh. m, <. J'ai du déplaisir de la corvée qu'il vous a fait faire, balz. Lett. choisies, ("part. liv. m, lett. 4 , dans bichelet.
— HIST. xine s. Jou Hues de Casteillon, quens de St Pol, fach savoir, ke jou tous les homes de Goy ai quité de toute corowée, sauf men droit et me justice, tailliar, Recueil, p. 83. Cil qui sont deu par la reson des terres sont cens, gelines, corvées, et plusors autres choses qui plus doivent par la reson des terres que par autres, Liv. de just. 240. Et se le [la] corvée est d'omme sans queval, quatre deniers, beaum. xxvii, 22. N'agairesque me voliés pendre, Or le poés de vous atendre; Tele est ore la destinée; Por moi ferés ceste corvée, Guill. de. Palerme. || xive s. Comme l'on ait acoustumé de faire au dehors et près des murs d'icelle ville [Langres] un jeu appelé la courvée.... lequel jeu s'encommence par enfans et aucunes fois se parfait par gens bien aagiez et puissans de corps, en gectant les uns contre les autres pierres grosses et menues au plus efTorciement qu'ilz pevent, chacun en espérance de rebouter sa partie, telement que aucune foiz sont navrez ou bleciez, Trésor des chartes, reg. va, pièce 20, dans lacurne. || xva s. Chascune charrue paierat chascun an trois journées à la crowée de la charrue, du cange, corvagium. ||xvi" s. Soit déclaré le nom du censeur ou laboureur, de qui on voudra avoir la coruwée, Couslum. génér. t. i, p. 812. Quant aux courovées de brach et aux courovées de cheveaux, Nouv. coustum. génér. t. i, p. 407, col. 2. Les farces des bateleurs nous resjouissent, mais aux joueurs elles servent de corvée, mont.i, 331. Servius Tullius dispensâtes chevaliers qui avoient passé quarante sept ans, des courvées de la guerre, id. i, 407.
— ÉTYM. Bas-lat. corvada, dans le capitulaire de Villis de Charlemagne, et dans des textes postérieurs corruweia, corrua, croata; du bas-lat. corrogala, corvée, decuwi, et rogare, prescrire: corrogata opéra, le travail commandé. Corrogata est dans un texte presque aussi ancien que corvada du Capitulaire, et décide la question d'étymologie; mais corvada prouve que dès le temps de Charlemagne la forme romane existait.
f CORVÉÏEUR (kor-vé-ieur) , s. m. Celui qui travaille à la corvée.
— ÉTYM. Corvée.
CORVETTE (kor-vô-f), s. f. Bâtiment de guerre entre le brick et la frégate. Corvette-aviso, sorte de grand brick.
— ETYM. Espagn. et ital. corbata; portug. coriela; du latin corbata, navire de transport.
f CORVIDÉ (kor-vi-dé), s. m. Terme d'ornithologie. Les corvidés, groupe qui comprend les sousgenres corbeau, pie, geai, cassenoix, etc.
— ÉTYM. Lot. corvus, corbeau.
CORYBANTE (ko-ri-ban-f), s. m. Terme d'antiquité grecque. Nom des prêtres delà déesse Cybèle, très-fameux pour certaines dévotions violentes.
— ÉTYM. Zend, gerevantô, montagnard; sanscr. giri, montagne.
f CORYBANTIQUE (ko-ri-ban-ti-k') , ad]. Terme d'antiquité. Qui appartient aux corybantes. || S. f. plur. Les corybantiques, fêtes de Cybèle célébrées par les corybantes.
f CORYBANTISME (ko - ri - ban-ti-srn'), s. m. Terme de médecine. Nom donné anciennement à une espèce de frénésie dans laquelle le; malades
étaient tourmentés par une insomnie continuelle et par des visions fantastiques.
— étym. Corybante.
| CORYCOBOLIE (ko-ri-ko-bo-lie) ouCORYCOMA- CHIE (ko-ri-co-ma-chie), s. f. Exercice du corycus.
— ÉTYM. Lat. corycus, et (3o).ïi, jet, ou [i.iyrt, combat.
f CORYCUS (ko-ri-kus') , s. m. Terme de la gymnastique ancienne. Sac rempli de graines de figue ou de farine pour les gens faibles, et de sable pour les gens forts, et approprié aux forces et à I quant à la grosseur. On le suspendait par une corde en haut du plafond des gymnases, de manier: fût a la hauteur du nombril de celui qui s'exerçait. On le poussait avecles mains et on le recevait, quand il revenait, avec les mains ou avec le corps.
— ÉTYM. Kcopuxo;, sac.
CORYMBE (ko-rin-b'), s. m. Terme de botanique. Assemblage de fleurs ou de fruits qui, bien que les rameaux ou pédoncules naissent de divers points de la tige, s'élèvent au même niveau. La Heur de la mille-feuille est en corymbe.
— ÉTYM. Lat. corymbus, de xôp'jp.ëo;:, extrémité terminale.
f CORYMBE, ÉE (ko-rin-bé, bée) ou CORYM- REUX, EUSE (ko-rin-beû, beû-z'), adj. Terme de botanique. Qui est disposé en corymbe.
— êtym. Corymbe.
CORYMBIFÈBE (ko-rin-bi-fê-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte sa fleur en corymbe. || S. f. pi. Famille de plantes à fleurs composées. Les corymbifères.
— ÉTYM. Lat. corymbus (voy. corymbe), et férus, qui porte.
f CORYMBIFLORE (ko-rin-bi-flo-r'), adj. Terme de botanique. Qui a les Ileurs disposées en corymbe.
— ÉTYM. Corymbe, et le latin flos, fleur.
CORYPHÉE (ko-ri-fée), 4'. m. || 1° Terme d'antiquité. Celui qui dirigeait les chœurs dans les pièces du théâtre grec. Des signes placés à la tête d'une pièce de musique en indiquent le rhythme, et le coryphée, du lieu le plus élevé de l'orchestre, l'annonce aux musiciens et aux danseurs attentifs à ses gestes, Barthélémy, Anach. ch. 27. ||2° Chef des chœurs dans nos opéras. || 3° Celui qui chante à la fois les chœurs et les solos qui s'y trouvent. || 4° Chef des chœurs de danseurs ou de danseuses dans les ballets. Les coryphées ou autres chefs du ballet sont employés utilement dans les chœurs qui offrent l'image de ceux des Grecs, noverre, Lettre 25 suites arts imitateurs. || 5° Fig. Celui qui se distinguo le plus, qui est au premier rang. Pétrarque était le coryphée des poètes de son siècle. Il est visible que ce coryphée est vraiment le chrétien parlait, boss. Nouv. myst. )0. Alexandre, dont nous ['allions, c'est le coryphée des destructeurs de l'espèce humaine, p. l. cour. Lett. n , 231. J'aimais l'honneur, et je pensais avec plaisir que je passerais pour le coryphée des domestiques, le sage, GilDlas, iv, 7. |! 6" .S. f. Terme de zoologie. La coryphée, fauvette d'Afrique, nom vulgaire de la Sylvie coryphée.
— ÊTYM. Lat. coryphxus, de xopçaîo;, de y.of/jcfr, , tête.
CORYZA (ko-ri-za), s. m. || 1° Terme de médecine. Inflammation catarrhale de la membrane muqueuse des fosses nasales, dite vulgairement rhume de cerveau. || 2° Terme de vétérinaire. Coryza dans l'espèce chevaline.|| Coryza des bêtes bovines. Cette maladie a plus d'intensité chez le bœuf que chez le cheval. || Coryzades bêtes ovines, morve des moutons. || Coryza des porcs, dit aussi ronflement, maladie pernicieuse, qui produit souvent le marasme, et pendant laquelle le nez et le groin se déforment.
— ÉTYM. K6ç,v:*.
f COS (kos), s. m. Voy. coss.
COSAQUE (ko-za-k'), s. m. || 1° Homme appartenant à un peuple de l'Ukraine qui fournit à la Kussie une cavalerie irrégulière. Viens, mon coursier, noble ami du Cosaque , Vole au signal des trompettes du Nord, bébang. Chant du Cosaque. L'empereur regardait et souriait, s'avancant toujours et croyant à une terreur panique; ses aides de camp soupçonnaient des cosaques; mais ils les voyaient marcher si bien pelotonnés qu'ils en doutaient encore; et, si ces misérables n'eussent pas hurlé en attaquant, comme ils le font tous pour s'étourdir sur le danger, peut-être que Napoléon ne leur eût pas échappé, ségur, Hist. de Nap. îx, 3. || Fig. et familièrement. Un homme brutal et dur. || 2" S. f. La cosaque, sorte de dans1' imitée de la manière de danser des cosaques.
— étym. Kasak, en langue kirghise, cavalier ou guerrier.
I COSAQUERIE (ko-za-ke-rie) , s. f. [ncursion