COULANT (kou-lan), s. m. || 1° Pierre fine qui
coule le long d'un collier, d'un cordon, et qui peut le resserrer ou le relâcher à volonté. Cette dame avait un coulant de grand prix. || Nom d'un ornement de pierreries que les femmes ont porté au cou, composé d'un gros diamant etd'une croix au-dessous. || 2° Anneau de fer ou d'acier au moyen duquel on serre et l'on desserre une cho=e. Des coulants de bourse. || Terme de lampiste. Enveloppe cylindrique en cuivre, destinée à porter la cheminée de la lampe et qui glisse sur le tuyau de la lampe pour régler la hauteur de la flamme. || 3° Terme de jardinage. Tige grêle qui s'allonge en coulant sur le sol et donnant de distance en distance des rosettes de feuilles. || Rameau étalé sortant de l'aisselle des feuilles intérieures, tout à fait nu dans une partie notable de sa longueur, et poussant, à son extré-
mité, d'abord des racines, ensuite des feuilles. Chaque fraisier donne naissance à des coulants qui propagent le plant. || 4" Outil de l'orfèvre et du boutonnier. || 5" Terme de peinture. La longueur du pli d'une draperie. || G" Coulants, s. m. plur. Pièces de bois placées verlicalement sur les cadres d'un puits de mine, pour empêcher la tinede toucher au boisage.
HIST. xvie s. L'escroue et le coulant, lequel au
moyen d'une viz se hausse et baisse, paré, ix, 4.
— ÉTYM. Coulant \.
f COULAVAN (kou-la-van), s. m. Espèce de loriot, f COULE (kou-1'), s. f. Espèce de capuchon porté
par les religieux et religieuses.
H'.ST. xiie s. Du chef de son braier une clef def-
fermerent, Et cole et estamine et un froc en osterent, nu cange, -culla. || xive s. Froc ou coule de moine, id. cucullus.
— ÉTYM. Bas-laiin, culla. Ce paraît être une contraction, bien qu'elle soit forte, de cuculla, cucullus, capuchon, qui a donné régulièrement : provenç. cogula ; catal. cugulla; espagn. cogulla; ital. cucullo. Mais on a un exemple d'une aussi forte contraction dans l'ancien français cous, qui veut dire et représente cocu; provenç. cogul. On remarquera aussi que cuculla veut dire capuchon; maison trouve cuculla dans des textes du moyen âge avec le sens de froc.
i. COULÉ, ÉE (kou-lé, lée) , part passé. || 1° Introduit en coulant. Du plomb coulé dans les creux. Les esprits coulés dans les muscles parles nerfs répandus dans tous les membres font le mouvement, boss. Connaiss. n, 6. || Terme d'architecture. Fermé avec du plomb fondu. Ces joints sont mal coulés. || 2° Coulé à fond, ou, simplement, coulé, enfoncé au fond de l'eau. Le navire coulé par une bordée d'artillerie. || Familièrement. C'est un homme coulé, il est perdu, ruiné. || Question coulée, coulée à fond, question épuisée. || 3° Glissé furtivement. Quelques pistoles coulées adroitement dans sa main. Un mot important coulé dans l'oreille. || 4" Terme de gravure. Traits coulés, tailles coulées, traits, tailles qui suivent avec aisance la direction d'un contour. || 5° Qui n'a pas noué, en parlant des fleurs et des boutons à fruit des plantes. Fleurs coulées. Fruits coulés. Blé coulé.
2. COULÉ (kou-lé), s. m. || 1" Terme de musique. Passage qui se fait d'une note à une autre, en les liant par le même coup de gosier, de langue ou d'archet. Le coulé se marque par un trait en arc placé au-dessus des notes liées. || 2° Sorte de pas de danse, qui n'est autre chose que le glissé. || 3° Terme de peinture. La première teinte que l'on donne dans une ébauche. || 4° Terme de fondeur. Ouvrage jeté en moule. || 5" Terme de broderie. Assemblage de deux points faits séparément sur une même ligne. j| 6° Un coulé, une liaison de la coulée, écriture. || 7° Un coulé, se dit au billard de l'action de couler. Voilà un beau coulé. Jouez ce carambolage par le coulé.
— ÉTYM. Coulé t.
COULÉE, (kou-lée), s. f. || 1° Action de couler. La
coulée d'une lessive. La coulée- des laves d'un volcan. || 2° Opération du coulage d'un métal. || Flot de lave, de métal ou de verre à l'état de fusion. Il paraît que ces déjections [du Vésuve] n'étaient point à l'état fluide; car je n'ai vu nulle part de trace d'une coulée de lave, tchihatchef, Comptes rendus, Acad. des se. t. un, p. H)90. || Endroit par où s'écoule la fonte contenue dans un creuset de forge. || 3° Sorte d'écriture penchée dont toutes les lettres sont unies par des liaisons. Écrire la coulée. Et, adjectivement, une écriture coulée. || 4" Terme de chasse. Chemin étroit que le cerf suit pour se rendre dans son réduit. || En général, faux chemins que les animaux tracent dans les bois. || 5" Terme de géologie. Interposition de masses semi-liquides, qui se sont solidifiées sans se siralifier. || 6° Terme de marine. Adoucissement entre les genoux et la quihe d'un vaisseau. || Partie submergée d'un navire recouverte par les bordages appelés ribords.
— ÉTYM. Coulé i ; saintongeois, couline, coulée, vallon.
tCOULEMELLE(kou-le-mè-l'), s. f. Champignon, dit aussi coulmotte, bon à manger; sorte d'agaric.
t COULEMENT (kou-le-man) , s. m. || 1° Mouvement des liquides suivant leur pente. || 2" Terme d'escrime. Coulement d'épée, action de faire glisser d'un bouta l'autre la lame de sou épée contre celle de l'adversaire.
— - hist. xvie s. Mais tout ainsi que l'onde à val des ruisseaux fuit Le pressant coulement de l'autre qui la suit, Ainsi le temps se coule.... rons. »17.
— ÉTYM. Couler.
f COULEN (kou-lèn), s. m. PI?nte léguruineuse
COU
du Chili (psoralea glandulosa , L.) dont les feuilles en infusiOD sont stomachiques.
f COULEQUIN (kou-le-kin), s. m. Nom vulgaire de la cécropie, plante.
COULEK (kou-lé), v. n. || 1° Se mouvoir, en parlant des liquides. Ce ruisseau, cette fontaine co "e lentement. Malc aimait un ruisseau coulant entre des roches, la font. Captivité de S' Malc. Épargnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte, corn. Poly. n, 2. Voyez couler nos pleurs sans j c vos larmes, id. Hor. ni, 6. L'Inde et l'Hydaspe entier vont couler sous vos lois, rac. Alex, iv, 2. Moi qui.... Par d'austères conseils ai fait coiJer vos larmes, 10. Iphig. v,6. J'ai pris, j'ai fait coulei dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes, id. Phèd. v, 7. 'faut qu'un reste de sang coulera dans mes veines, id. Iph. iv, 6. De vos yjux attendris je vois des pleurs couier, volt. Orph. i, 6. S'il faut mon sang pour la victoire, Agnès, tout mon sang coulera, bérang. Charles VU . L'union de deux rivières en une les fait couler plus vile, parce que, au lieu du frottement des quatre rives, elles n'ont plus que celui de deux à surmonter, fonten. Gughr.lmini. L'acier, l'or et l'argent coulent en longs ruisseaux, delille, Enéide, vm. || Par analogie On appelait faire couler l'Eucharistie, la donner détrempée dans une liqueur, boss. Comm. || Faire couler le sang, engager une lutte, une bataille. Le sang à votre gré coule trop lentement, rac. Alhal. n, 5. || 2e Fig. Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace, corn. Cid, i, 7. Aucun espoir n'y coule [dans mon coeur], où j'ose per.Mster, id. Poly. ni, I. Elle sentit la flamme qui coulait déjà dans son sein, fén. Tél. vu. Il était convenable qu'il coulât dans son sein quelque étincelle de cet amour, boss. m. Nativ. 2. Henri voit ces beaux lieux, et soudain à leur vue Sent couier dans son âme une joie inconnue, volt. Henr. vu. Heureux, dit-on, le peuple florissant Sur qui ces biens coulent en abondance! bac. Eslh. n, 9. Par quelle adresse il fit couler jusqu'à vous ses assistances imprévues, flëch. M. de Mont. La douce persuasion coulait de ses lèvres, fén. Tél. x. Des provinces les plus éloignées par les soins des hommes apostoliques coulaient des fleuves de charité, mass. Carême, Aumône. Sentant couler dans son âme un détachement secret de toutes les choses ciéées et une sensible confiance que ses vœux seraient exaucés, flëch. Panég. Ste Thérèse, || 3° Par extension, laisser échapper, en parlant d'un vase, d'un tonneau. Ce tonneau coule. Quand on est enrhumé du cerveau, le nez coule. || La chandelle coule, c'est-à-dire du suif qui ne brûle pas avec la mèche, coule et se répand le long de la chandelle. || 4uEtre plus ou moins lluide. Cette encre ne coule pas assez. || 5" Passer, en parlantdu temps. Elle aurait vu couler sans crainte et sans envie, Chez un prince allié, les restes de sa vie, corn. Nicom. i, 5. Il coulera du temps avant qu'il s'établisse, tkisian, M. de Chrispe, iv, ii. Le temps coule trop vite à son gré, fléch. Panég. i, 242. Seize années d'une prospérité accomplie qui coulèrent sans interruption, boss. Reine d'Anglet. 9. Je voyais près d'iris couler mes heureux jours, boil. Poésies die. 6. Vos jourt toujours sereins coulent dans les plaisirs, rac. B rit. il, 3. Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence, id. Phèd. i, 3. Tous les siècles qui ont coulé jusqu'à nous, vous les regarderiez comme des instants fugitifs, mass. Carême, Mort. Jusqu'à quand verrai-je couler les jours rapides de ma carrière? id. Carême, Faus. confi. Le torrent des siècles, qui entraîne tous les hommes, coule devant ses yeux, id. Carême, Mort. Le siècle d'or coula sous ses ausp-ces, Le siècle d'or ne vit que des heureux, malfil. Narcisse, ch. i. Laissons revenir en foule Mensonge, erreurs, passions; Sur ce peu de temps qui coule Faut-il des réflexions? chaulieu, à la duchesse-de Bouillon. || 6° Découler, résulter. C'est de lui que coulent ses autres vices, mass. Petit carême, Tent. d. gr. Si je puis une fois établir ce ; ...;cipe, on en verra couler les lois comme de leur source, mohtesq. Esp. i, 3. C'étaient des effets différents, puisqu'ils coulaient de principes divers, id. Esp. xxvii, ch. unique. || 7" Avoir une laede et heureuse abondance, en parlant du style. Un >tyle qui coule de source. Cette harmonie ravissante fait que, dans la plupart de ses ouvrages [deSaphoj, ses vers coulent avec plus de grâce et de raultess ; que ceux d'Anacréon et de SimoniJe, barthél. Anack, ch. 3. || 8° Terme de fondeur. Cette cloche a coulé, le métal s'est échappé par quelque fente du moule || 9° Terme d'agriculture. Ne pas venir à bien, en parlant des fleurs qui ne nouent pas et tombent sans se former eu fruit. Ou quelque longue pluie, inondant
Cl M
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vo^ Talions, A-t-elle fait couler vos vins et vos ns? non.. Sat. m. Les pluies ou les brouillards i viennent dans le temps de la floraison et qui font couler les fruits en empochant l'action des pous- - sur les embryons, bonnet, Leli. div. Œuvres, t. xti, p. 274, dans pokgens. Nous voilà saufs de la Saint-Anicet, temps critique pour nos bourgeons: si 1 i vigne peut passer fleur et ne point couler, on ne saura où mettre tout le. vin celte année, p. l. coub. Gaz. du village, iv. || Couler, se dit aussi i chienne qui paraît pleine et ne fait pas de petits. || 10° Glisser, s'échapper. L'échelle avait trop de pied . elle coula. Cette divinité ne touche point du pied à terre; elle coule légèrement dans l'air comme mi oiseau le fend de ses ailes, fén. Tél. xxiv. || Ce rasoir coule bien, il coupe sans gratter. || Terme de billard, .louer de telle façon que la bille du joueur, au lieu de faire un angle après le choc, suive la bille atteinte, en ligne droite ou légèrement oblique, pour toucher l'autre bille un peu masquée. Couler après, faire entrer sa bille dans une blouse après la bille de son adversaire. || Terme de manége. Rendre la bride au cheval, afin qu'ii aille un peu plus vite, quand il galope autour du manège. || Couler au galop, se dit lorsque le cheval va un uni et qui avance. || il" Glisser le long d'une chose. Il saisit la corde et se laisse couler jusqu'à terre. Je voudrais couler sur une rivière tranquille, je suis entraîné par un torrent, montesq. Esp. xx, I. || Passer sans bruit et à la dérobée. Coulez vite le long de cette muraille. L'ennemi commençait à sur la droite le long du camp. || Fig. Couler sur quelque chose, en parler à peine, ne pas s'y arrêter. Cet endroit était délicat; il a coulé dessus adroiiement. Il me reproche que je coule doucement sur la transsubstantiation, boss. Euch. 2. Coulant légèrement sur ces sujets, pasc. 2" conv. Plularque, qui le regarde [PhilopémenJ avec raison comme un des plus grands capitaines de la Grèce, coule légèrement sur cette action et n'en dit qu'un mot, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vin , p. 455, dans po; GENS, || 12° Aller au fond de l'eau, en parlant des barques et navires qui s'emplissent d'eau. Il a vu couler à fond l'amiral, sév. 478. Maintenant que.... ma nacelle coule bas, irai-je me remettre en mer? bern. de s. -p. Sociale. || 13° V. a. Passer au filtre. Couler un bouillon. Après que cette subst ince a été délayée dans l'eau, on la coule à travers une espèce de tamis qui retient les parties les plus si ères, baynal, Hist.-phil.i, 17. || Couler la lessive, mettre dans un cuvier le linge qu'on veut blanchir, le rouvrir d' n morceau de toile dit charrier, sur lequel on met de la cendre ; puis jeter de l'eau à peine tiède, et reprendre cette eau; la faire chauffer, la jeter de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce que !e linge, très-échauffé, laisse l'eau, qui est alors lessive, couler presque bouillante. || Terme de maçon. Couler de la chaux, la délayer après l'avoir éteinte et la verser dans un bassin. Couler une pierre, la sceller en plâtre. Couler les joints, les dalles, y verser du plomb fondu. 14° Terme de fondeur. Fondre et mouler. Couler une statue, un bronze, une pièce de canon. || Fig. 11 [le christianisme] coule la pensée En bronze palpable et vivant, lamart. Harm.vt, 13. Il Couler une glace, en faire couler la matière fondue sur une table préparée à cet effet. || 15° Couler bas, ou, simplement, couler un vaisseau, le faire aller au fond de l'eau , en le perçant. Un boulet perça la barque et la coula. || Fig.Coulerunequestionàfond, la traiter sans rien omettie. Couler une affaire à fond, la conclure définitivement. Le prince de Conti coulait toul avec lui [M. le duc] el l'accablait dedevoirs et de prévenances, st-sim. 2-jo, 2(7. || Couler quelqu'un à fond, le confondre dans une discussion, ruiner son crédit, son inlluence. Qu'avant la fin du jour l'autre le coule à fond, pibon, Mélroin. iv, I. Il 16" Pisser, en parlant du temps que l'on passe. Que ne coule-t-il ses jours comme la bête? mass. Carême, Avenir. Apprends que ton ami plein de gloire et d'années Coule ici près de moi ses douces destinées, voit. Ali- 11, 2. La doucechose de couler ses jours dans le sein dune tranquille amitié, à l'abri de l'orage des passions impétueuses ! j. j. rouss. Jlél. iv, 10. Ces barbares coulent des jours inutiles dans une inaction entière, rayn. Hist. phil.i, 17. Il 17° Terme de musique. Exécuter des notes en les liant. Couler un trait, un passage. || Terme de danse. Exécuter en glissant. Couler un pas. || Terme de graveur. Conduire des coups de buiin en lignes assez droites pour former des tailles. Couler une taille. Il 18" Fane glisser, faire arriver furtivement. 11 a coulé quelques pièces de mauvais drap parmi celles qu'il m'a livrées. Tu sais adroitement couler
ta flatterie, corn. Suite du Menteur, 11,6. Je
quel malheur aujourd'hui me menace Et coule dans
m 1 joie une secrète glace, in. Hodog. 1, 7 Me
coulant en main que ^es pistoles, scabr. Jodelet, 11, 1. Dans la main, en passant, coulons-lui ce papier, rotr. Bélis. iv, 2. Je coulai mes avis dans ce libre murmure, m. Vencesl. 1, l. Dans les lettres nouvelles d'érection de Piney [en duché-pairie] on fit adroitement couler : « En tant que besoin serait, » st-sim. 10, 190. Ah! les discours de Dieu fatiguent alors le pécheur au lit. de la mort: il faut ménager sa faiblesse en ne coulant que quelques mots à propos, mass. Axent, Mort du pécheur. Et, faisant succéder les effets aux paroles, Il m'a voulu couler dans la main cent pistoles, la font. Florentin, 3. Il 19° Terme de chasse. Couler la queue, se dit du cerf qui fuit. || 20° Se couler, v. rcjl. S'introduire A la dérobée; s'avancer furtivement. En son quartiei souvent je me coulais sans bruit, corn, le Ment. 11, 5. Ils furent enveloppés d'une troupe qui s'était coulée entre deux eaux, vaug. Q. C. 483. Je vous ai vu dans ce lieu vous couler, la font. Mari conf. Par malheur il se trouva là un enfant qui s'y était coulé, fonten. Parménisque. Viens alors, viens; qu'au travers de la foule De son côté chacun de nous se coule Adroitement et trompe tous les yeux, malfil. Narcisse, ch. iv. || Par analogie. Leurs gens se coulaient furtivement dans les ordinations de l'Église romaine, boss. Var. H. Voilà on traître, un scélérat, qui a violé tous les droits les plus saints, qui s'est coulé chez moi sous le titre de domestique, pour me dérober mon argent et pour me suborner ma fille, mol. l'Avare, v, 5. || Fig. Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi, corn. Iiodog. 1, 1 . Ces sentiments se coulaient insensiblement parmi le peuple, boss. Hist. 11, 5. Toutes sortes d'erreurs se coulaient insensiblement dans l'Angleterre, boss. Variât, vu. §7(. Elle se coulait dans le sein de l'Église sous prétexte de piété, id. Or. I. || 21° Fig. et familièrement. Se couler, se perdre de réputation ou de fortune.
— SYN. couler, glisser. Il lui coula dans la main, il lui glissa dans la main quelques pièces d'or; il se coula, il se glissa derrière la muraille. Ces expressions sont absolument synonymes pour exprimer une action furtive, à la dérobée; elles ne diffèrent que par la nature de la métaphore; couler, c'est faire aller comme une eau qui s'écoule; glisser, c'est faire aller comme sur ia glace.
— hist. xue s. Aval la face [l'eau] lui est clere colée, llonc. p. 48. Li brans cola sur la sele dorée, ib. p. fio. Li sans vermex [vermeils] jusqu'as pies lui cola, ib. p. 80. Sur l'espaule senestre l'espée li culi, Li mantel e les d ras tresqu'al cuir encisa, E le braz maistre Edward près tut en dous colpa, Th. le mari. 1 50. || xme s. L'espié jusqu'à la croix [il] lui fait au cors couler, Bcrte, 111. Non por quant li cos [coup] li coula sour le bras diestre, si que poi s'en lailli que il ne li eslossa [brisât], 11. de valeng. xxvi. Et maintenant qu'il furent tout ens, les portes furent fermées et toutes les barres coulées, Chr. de Bains, 205. Vers le rendu [moine] s'en est alez, Entre ses jambes s'est coulez, lien. 287(2. Par deriere l'a assailli, Ferir le cinda, si failli, Le coup li cola en travers, Et dant Costant chaï envers, ib. 1435. Il xV s. Mes paroles se vont et viennent; et quant à moy, j'en laisse beaucoup couler, chastel. Chr. des ducs de Bourg, p. 11, ch. 15 Six gratis ba- (eaulx et plusieurs petis à couler l'artillerie pour les servir à ce passage, comm. i, 9. Atant il haussa son coustel, et en ferit le premier que il trouva, en telle manière que il luy coulla la lumelle au travers du corps, Perceforest, t. iv, f° 28. || xvr s. Puurceque est argument sera traité ci-après plus au long, je le coule pour ceste heure, calvin, Instit. 21. Et qui de loing coules tes cleres eaux En l'Océan d'une assez vive course, du bell. 11, 8, verso. De loing quelquefois reluit Une estoille espoinconnée, Qui coule ou semble couler, id. 11, 48, recto. Le miel qui les oreilles toucl . \ Nestor couloit de la bouche, id. 111, ih, recto. Nostre leçon se coulera sans se faire sentir, mont, i, (82. L'orage debvra couler par dessus leur teste sans offense, in. 111, 240. Scevola s'estant coulé dans le camp ennemi, id. i, 307. Il les laissa couler [fuir] en liberté, id. 1, 352. Coulant le bu- des files, il enhortoil les soldats, id. ui, 94
I ne sueur mortelle luy couloit toul le long du corps, id. iv, 322. 11/. se couloient dedans les jardins le plus finement et le plus cautement qu'ilz pouvoient, amyot. Lyc. 36. D entre les vœus et offrandes qui sont pendues aux voultes du santuaire, il coula un bandeau , qui tumba droitteinent sur la teste de Timoleon, in. Timol. (0. Il passa et coula par un ta-
mis les i',endres du feu, id. C. d'Utiq. 16. Ayant nouvelles que sa navire, estoit pêne, charge et tout coulés à bas en pleine mer, ju. De la tranq. d'dine, 9. Trouverez-vous mauvais de vostre fidelle moitié si avec plus de franchise que de respect elle coule ses pleurs et ses pensées dans vostre sein? d'aub. Ili t. 1, 132. Le reste de son armée couiée à fonds avec perte de 30 vaisseaux et plus de 2000 hommes, id. ib. 11, 209. La première décoction faite, coulée et passée, paré, xvi, 8.
— ÉTYiM. Bourguig. cô'ai; provenç. etespagn. colar; ital. colare; du latin colare, filtrer, de colum filtre.
f COULERESSE (kou-le-rè-s'), s. f. Bassin à l'usage du ral'fineur de sucre.
— ÊTYM. Couler.
f COULE -SANG (kou-le-san) , s. m. Nom d'une espèce de serpent et, en particulier, de la vipère de la Martinique.
— HIST. xvr s. Le coule-sang a esté ainsi appelé pour autant que le sang coule par tous les conduits du corps qui en a esté mordu; c'est un petit serpent comme une vipère, paré, xxm, 24.
— ÉTYM. Couler, sang.
t COULETTK (kou-lè-f), s. f. Terme du rubanier. Petite broche de fer qui sert à faire tourner un 10chet de fil ou de soie. || Sorte de filet de pèche.
— ETYM. Couler.
COULEUR (kou-leur), s. f. || 1° Sensation que produit sur l'organe de la vue la lumière diversement rélléclue par les corps. Les couleurs, ainsi que l'a démontré Newton, sont le produit de la décomposi- .1011 de la lumière. Les couleurs ne sont pas dans les corps colorés, mais dans la lumièie; pour qu'on voie un objet, il faut qu'il soit éclairé, J. J. ro; ss. Ess. Ori/.des langues, ch. 10. || Couleurs primitives, les sept couleurs qui se montrent dans la décomposition de la lumièie. Couleurs naturelles des corps, celles qui proviennent de la nature des rayons réfléchis ou réfractés par ces corps (ceux qui absorbent tous les rayojis du spectre, moins le rayon rouge, qu'ils réfléchissent ou qu'ils laissent passer à travers leur substance, étant d'une couleur rouge, et ainsi de toutes les autres couleurs). Couleurs complémentaires, celles qui reproduisent la couleur blanche on se combinant à une autre coub ur; c'est ainsi que six couleurs du spectre solaire réunies sont toujours complémentaires de la septième couleur avec laquelle elles donnent naissance à la couleur blanche ; dans le système du contraste des couleurs, le mol complémentaire a une autre signification, il sert à indiquer la couleur qui est susceptible d'exhausser le ton d'une autre couleur. || Juger, parler d'une chose comme un aveugle des couleurs, en parler sans la moindre connaissance. || Couleur se prend au masculin dans les expressions comme celles-ci ; Le couleur de rose, d'or, d'eau, de chair, de citron, etc. Le plumage tire sur le coule r de rose vers la racine, la font. Psyché, li v. 1, p. 13. Leur laine était d'un couleur de leu si vif qu il éblouissait la vue, id. ib. n, p. (79. Je vous trouve les lèvres d'un couleur de l'eu surprenant, mol. Impromptu , 3. Après un substantif ces locutions s'emploient comme un adjectif invariable : un ruban couleur de feu; des souliers couleur de rose. || Ternie de métallurgie. Couleur d'i.au, brillant violet du fer bien poli, qui a passé au feu. Fer de couleur, fer qui devient cassant à la couleur rouge cerise. Couleurs de recuit, couleurs qui indiquent le degré de carburation de l'acier. || 2° Substance ou matière colorante dont on se sert en teinture, peinture, etc. Broyer, étendre des couleurs. Peindre à pleine couleur, peindre avec un pinceau très-chargé de couleur. Couleurs amies , celles qui s'assortissent agréablement. j| Terme de peinture. Couleurs légères, celles qui sont comprises sous le blanc, c'est-à-dire sous la dénomination de couleurs blanches. L'outremer est compté parmi les couleurs légères. Couleurs pesantes, celles qui sont comprises SOUS le noir. Le brun-rouge, la terre d'ombre, le bistre, etc. sont des couleurs pesantes. Couleurs changeantes, celles qui dépendent de la situation des objets à l'égard de la lumière, comme celle des taffetas changeants, de la gorge des pigeons, etc. Couleurs noyées, celles qui s'affaiblissent insensi- ,1, comme suit celles qui forment les nuance,. 1 ouleurs rompues, couleurs trop vives que les peintres affaiblissent par le mélange d'autres plus sombres. Couleur générale, le résultat de l'ensemble des divers objets colorés qui sont dans un tableau. Il Couleur locale, la couleur propre à chaque objet indépendamment de la distribution de la lumière, et, par extension, couleur locale, arl de
COU
représeater, soit en peinture, soit dans une composition littéraire, soit même dans une composition musicale, certains détails qu'on croit avoir caractérisé un pays, un temps, etc.. Le procédé delà couleur locale a été particulièrement mis en usage'par l'école romantique.|| Terme de peintre en bâtiment. Couleurs simples, celles qui viennent des végétaux et qui ne peuvent pas souffrir le feu.|| Mettre en couleur, peindre un carreau, un parquet, etc. || Terme de teinturier. Couleurs matrices , cinq couleurs dont les autres dérivent. || 3" En parlant des vêtements, toute autre couleur que le blanc et le noir. Elle avait une robe de couleur. Les gens de guerre portent des habits de couleur, les gens d'église en portent de noirs. [| Terme de liturgie. Se dit des ornements de l'Église suivant les fêtes qu'elle célèbre. || Couleurs de blason : on en distingue cinq : gueules ou le rouge ; azur ou le bleu; sinople ou le vert; sable ou le noir, et le pourpre qui est mélangé de gueules et d'azur. Ces couleurs sont dites émaux. || Anciennement, livrées. Gens de couleurs, les pages, laquais, cochers et suisses. Cet homme a porté les couleurs, il a été laquais. Comment ! un aumônier portant vos couleurs? hamilt. Gramm. 7. Faire par les couleurs distinguer ses valets, boil. Sat. v. Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de sa roue, Qu'on verrait, de couleurs bizarrement orné, Conduire le carrosse où l'on le voit traîné, boil. Sat. i. || Porter les couleurs d'une dame, porter des couleurs semblables à celles qu'elle affectionne le plus. Je dois vaincre, j'ai de ma belle Et les chiffres et la couleur, bérang. Charles VIL Aux couleurs, au carrosse il ne doute de rien; Tout était à. Lucrèce.... corn. Ment, m, M. Les couleurs et les chiffres de Mme de Valentinois paraissaient partout, lafayette, Princ. de Clèves, Œuvres, t. il, p. i, dans pougf.ns. Remettez-moi le soin de finir vos malheurs, J'irai dans les combats vaincre sous vos couleurs, delav. Vêpres sicil. il, 3. || Fig. Le mal n'a point d'excuse, il n'est espoir, surprise, Intérêt, amitié, faveur, crainte, malheurs, Dont le pouvoir nous autorise A rien faire ou penser qui porte ses couleurs, qorn. Imit. I, 15. || 4° Drapeau. Après un assaut acharné, les couleurs françaises flottèrent sur les. remparts. Les couleurs nationales. Les trois couleurs, le drapeau ou la cocarde tricolore. ...Qui pouvait répoudre Que leciel....N'eûtpoint vu sur la tour de Londre Flotter enfin les trois couleurs! bérang. Cocarde. Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs? id. Vieux drapeau. || Terme de marine. Couleurs, s. {. plur. Pavillon, drapeau national. || 5° Fig. Caractère propre à telle ou telle opinion. Ses opinions ont complètement changé de couleur. La couleur de ce journal est encore indécise. Prendre couleur , se décider pour un parti politique. M. Judas.... soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle Et n'a pris qu'une couleur, bérang. Judas. || 6° Au jeu de cartes, le rouge et le noir, et chacune des quatre marques : pique, trèfle, cœur et carreau. De quelle couleur tournet-il? Je n'ai point de cette couleur. || Au lansquenet, prendre couleur, entrer au jeu et couper. || Nommer la couleur, se dit, à l'hombre, pour signifier : faire la triomphe en indiquant la couleur. || Jeu des trois couleurs, sorte de jeu de hasard que l'on joue avec, un plateau et trois dés, portant chacun trois couleurs différentes. || 7° Le teint, la couleur du visage. Déjà l'étonnement lui fait la couleur blême, malh. i, 12. J'ai couru sur le lieu sans force et sans couleur, corn. Cid , n, 9. Est-ce vous, Ladislas, Dont la couleur éteinte et la vue égarée.... rotrou, Vencesl. iv, 4. Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur, rac. Phèd. n, 6. Néron l'a vu mourir sans changer de couleur, id. Brit. v, 7. Vous changez de couleur [vous pâlissez], princesse! id. Ath. v, 4. Son visage changeait à tout moment de couleur, fën. Tél. v. Quelle étrange pâleur De son teint tout à coup effacela couleur? rac. Esth. n,7. Longtemps sans mouvement, sans couleur et sans vie, volt. Orphel. il, 7. || Être haut en couleur, avoir la figure très-colorée. La femme d'Harlay était extrêmement grosse et très-haute en couleur, st-sim. 37, 51. M. le duc d'Orléans était de taille médiocre au plus, fort plein sans être gros, l'air et le port aisé et fort noble, le visage large et agréable, fort haut en couleur, le poil noir et la perruque de même, id. 390, 2. Cunégonde était haute en couleur, fraîche, grasse, volt. Cand. i. || Reprendre couleur, perdre sa pâleur, revenir à la vie ; et fig. rentrer en faveur, reparaître dans le monde. || Un homme, une femme de couleur, un mulâtre, une mulâtre. Les gens de couleur. || 'ferme de médecine. Les pâles couleurs, la chlorose. Les filles malades des pâles couleurs se croyaient pos-
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sédêes, volt. Phil. v, 358. || 8" Terme de rôtisseur et de boulanger. Qualité colorée qu'on donne à la viande et au pain, par le moyen du feu. Ce rôti, ce pain a pris couleur. ||Fig. L'affaire prend couleur, tourne à bien, commence à bien aller. L'affaire du quiétisme, qui dormait un peu à la congrégation du saint-office, reprit couleur, et couleur qui commença à devenir fort louche pour M. de Cambrai, st-sim. 66, 189. || 9° Coloris, en parlant d'un tableau. Ce tableau est d'une bonne couleur. || Terme de gravure. Cette estampe est d'une belle couleur, on y reconnaît la couleur du tableau. |) Fig. C'est â monseigneur à mettre la dernière couleur, sév. 408. || 10° Éclat, brillant du style. Son style a une couleur brillante. Ce morceau manque de couleur. || Expressions considérées en tant qu'elles peignent. Mais je ne trouve pas de couleurs assez noires Pour en représenter les tragiques histoires, corn. Cinna, I, 3. Toutes les langues ont les couleurs entières de l'expression et n'ont pas les mêmes nuances, marmont. Élém. litt. Œuvres, t. x, p. 270, dans pougens. || Terme de musique. Couleurs des sons, se dit quelquefois pour timbre. || 11° Certain caractère des choses. Aux yeux du mélancolique, tout revêt de sombres couleurs. Voir tout couleur de rose, voir tout en beau. Ainsi nous séduisant d'une fausse couleur, régnier, Sat. xiv. Il m'a rendu ma gloire et préservé mon front Des infâmes couleurs d'un si mortel affront, corn. Théodore, iv, 6. Voilà de quelle couleur sont les réflexions d'une personne de mon âge, sév. 182. || Familièrement. J'ai fort causé avec Corbinelli, il est charmé du cardinal; il n'a jamais vu une âme de cette couleur; celles des anciens Romains en avaient quelque chose, sév. 337. || Je ne sais de quelle couleur est son argent, c'est-à-dire il ne m'a pas payé ce qu'il me devait, il ne m'a pas fait les gratifications qu'il était convenable qu'il me fît. || On dit dans ce même sens : depuis huit jours je ne connais pas la couleur de ses paroles, il ne m'a parlé depuis huit jours. || 12" Apparence , prétexte , raison palliée. Sous couleur d'aller voir une femme malade, régnier, Sat. xi. Ce traître.... Entra dedans mon cœur sous couleur d'amitié, id. Dial. Pour appuyer cette conjecture, on ne manque ni de preuves ni de couleurs, patru, Plaid, il, dans richelet. Vous cherchez, Ptolémée, avecque trop de ruses, De mauvaises couleurs et de froides excuses, corn. Pomp. m, 2. Et tout ce qui pourra, sous quelque autre couleur, Autoriser ta haine et flatter ta douleur, id. Héracl. i, 2. Mais si tu veux trahir, trouve du moins, ingrat, De plus belles couleurs dans les raisons d'État , id. Perthar. i, 4. Sous couleur de punir un injuste attentat, id. Cid, iv, 5. Sous une autre couleur lui faire ses adieux, id. Serlvr. i, 2. Sous couleur de lui servir d'appui, Le met hors du royaume et me répond de lui, id. Perthar. v, 1. Et trouve occasion dessous cette couleur De venger le mépris qu'on fait de sa valeur, id. D. San. n, 1. Vous ne manquerez jamais d'esprit pour donner de belles couleurs aux fautes que vous pourrez faire, mol. Comtesse, i. Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait, id. l'Étour. il, 7. Leurs injustices [des Romains] étaient d'autant plus dangereuses, qu'ils savaient mieux les couvrir du prétexte spécieux de l'équité, et qu'ils mettaient sous le joug insensiblement les rois et les nations sous couleur de les protéger et de les défendre, boss. Hist. univ. m, 6. S'ils s'en plaignent, c'est avec quelque couleur de justice, id. Serin. Sept. Des gens qui sachent donner au mensonge de belles couleurs, id. 1" avert. De quelque couleur qu'il se déguise, id. m, Pent. 2. On donne de mauvaises couleurs à leurs actions , id. Pensées ,29 . Sous couleur de piété, on ne s'aperçoit pas qu'on veut dominer, bourd. Avent, Sur Vévang. 418. J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie, rac. Esth. il, i. Ne prétendrais-tu point, par tes fausses couleurs, Déguiser un amour qui te retient ailleurs? in. Baj. v, 4. || Populairement, mauvaise raison, mensonge. Quelle couleur! J'ai deviné la couleur. || 13° Couleur, nom qu'on donnait, alors que les tulipes faisaient fureur, à celle qui n'était que d'une couleur.
— SYN. couleur, coloris. Proprement, couleur désigne une couleur particulière; et coloris est l'effet qui résulte de l'ensemble et de l'assortiment des couleurs. Coloris ne peut pas se prendre pour couleur; mais couleur peut se prendre pour coloris, couleur étant le terme générique et répondant à la sensation pure. Coloris est proprement un terme de peinture; il se dit. au propre, de l'effet produit par la couleur dans un tableau, et, par extension, de la couleur du visage, de celle de quelques fruits Tt de celle du style.
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— HIST. xic s. Li reis Marsiles ad la culur muée, Ch. de Roi. xxxin. || xnc s. [Ils font] Engin de mainte color [espèce], Pour tourner joie en tristor, Couci,i. Bêle Eremborsàla fenestre, au jor, Sur ses genous tient paile 3e color, Romancero , p. 49. || xme s. La colors n'estoit pas en semblance de choe [chouette], Berte, xxxin. Quant li rois l'entendi, color [il] prit à muer, ib. exil. Li bateurs d'estain puet taindre son estainde toutes manieresde couleurs, Lit. des met. 76. Il iert biaus, et ele bêle; Bien resembloit rose novele De sa color.... la Rose, 8i3. Se leur messe [des ordres mendiants] vaut quatre, dont bone couleur De dire que leur messe soit de greignor valeur, j. de meung, Test. 996. || xive s. Ce que il dit eust aucune couleur, mais comme pourroit il coulourer son dit? oresme, Eth. 296. || xve s Bon serviteur Pans couleur Vous a esté vrayement, ch. d'orl. Requête à Cupidon. Lors quant de nous approucher je le vy, Couleur changay.... id. i. Combien que nous avons couleur de penser que le mareschal, comme dict est, en soit cause, Boucii[. Hist. m, ch. 5. Et fust ceste guerre depuis appellée le bien publique, pource qu'elle s'entreprenoit soubz couleur de dire que c'estoit pour le bien publique du royaulme, comm. i, 2. La plus part [des églises] furent pillées soubz umbre et couleur de prendre des prisonniers, id. h, 13. Ce qu'ilz font et la couleur qu'ils veulent prendre en leurs lectres n'est que pour parvenir à leurs fins, Lettre de Charles VIII . Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 587. || xvie s. Ils desgorgent toutes les vilenies qu'ils peuvent contre nous, pensans avoir belle couleur de nous blasmer, en ce que.... calv. Instit. 145. Des peuples surprins soubs couleur d'amitié et de bonne foi , mont, m, 6. Soubs couleur de quoique meurtre, il lui feit trencher.... id. i, 38. J'en ay veu engloutir du sable pour acquérir les pasles couleurs, id. i, 308. Â quoy faire la provision des couleurs à qui ne scait ce qu'il a à peindre? id. ii, 9. Cela donna occasion à Mago de souspeçonner quelque trahison, avec ce qu'il ne demandoit que quelque couleur pour s'en aller, amyot, Timol. 30. Soubs couleur de faire ses préparatifs, et dilayant toujours, id. Pélop. 53. De meschantes robbes rappiecées de drap de couleur, id. Âgésil. 49. Caesar changea sur l'heure de plusieurs couleurs, monstrant évidemment à la face qu'il sentoit toutes sortes de mouvemens en son cueur, id. Cicéron, 50. Maintenant il nous faut traiter des pâlies couleurs, paré, xvtn, 70. Or convient il de parler des exornations ou figures que l'on dict couleurs de rhétorique, fabri. Art de rhétor. f°84, dans lacurne.
— ÉTYM Bourguig. quelou ; provenç. et espagn. color; portug. cor; ital. colore; du latin colorem.
COULEUVRE (kou-leu-vr') , s. /. |jl° Reptile de la famille des serpents. Couleuvre de haie. || Nom, dans l'histoire naturelle, de plusieurs serpents dépourvus de glandes à venin etde crochets mobiles venimeux. || Couleuvre d'eau, nom vulgane du coluber natrix , t., dit aussi serpent d'eau, couleuvre à collier et serpent nageur. || Fig. Toute herbe a pour moi sa couleuvre, Et la haine monte à mon œuvre... v. hugo, Crép. 26. || Avaler des couleuvres, éprouver des mortifications, des dégoûts. Sachant toutes les couleuvres qu'il avale à Paris, si:v. 456. C'eût été encore une couleuvre à avaler, id. 5»o. Ce goût lui fait avaler toutes sortes de couleuvres, id. 3h. Le comte d'Auvergne, nourri de couleuvressur sacharge depuis longtemps, avala encore celle-ci en silence [nominations d'inspecteurs et de directeurs] , st-sim. 25, 32. Mmede Maintenon nourrit longtemps Mme de Montespan des couleuvres les plus cruelles, id. isi, 153. Résous-toi, pauvre époux, à vivre de couleuvres, boil. Sat. x. Qu'il est doux de lire Virgile et Homère en foulant à ses pieds les BaviusetlesZoïle, etde se nourrir d'ambroisie, quand l'envie mange des couleuvres! volt. Lettre à Albergati. 23. déc. 1760. Monsieur, j'ai traversé une crise de ce genre, et je ne saurais vous faire l'énumération des couleuvres que l'on m'y prodigua, reybaud, Jér. Paturot, i, 14. || 2° Couleuvre de pierre, ammonite. || 3° Terme de blason. Armes de certaines maisons. [Le soleil] N'aura point achevé l'an Que tes conquêtes ne rasent Tout le Piémont et n'écrasent La couleuvre de Milan [les Visconti], malh. ii, 2.
— HIST. xme s. Car destinée i envoia Une culuevre grant et fort, Qui les deveure e trait à mort, marie, Fable 26. Quant il regardoit en ses mains, [il] Trovoit ou laisarde ou culuevre, FI. et Bl. 820. Vers qui de porreture nessent, Et mes serpens et mescoluevres, Tout s'estuidient à mes uevres, la Rose,
— ÉTYM. Wallon, coloive ; namurois, coloute ;
cou
con
cou
provenç. colobre, colobri, colobra ; espagn. culebra ; portug. cobra; ital. colubro; du latin colubra.
COULEUVREAU ( kou-leu-vrô ) , s. m. Petit de couleuvre.
— HIST. xvi° s. Comme un faucon perdu dedans les cieux Pour ses appas va poursuivant des yeux Le coulevreau dessus l'herbe menue, r. belleau, Bergeries, t. I, p. 63, dans pougens.
— êtym. Diminutif de couleuvre.
COULEUVRÉE (kou-leu-vrée), s. f. Terme de botanique. Plante de la famille des cucurbitacées, dite aussi vigneblanche, vigne vierge (bryona aioica,L.).
— HIST. xvie s. Racines de guimauve, coulevrée, semence de lin, paré, xiii, 30. Composer un frontail avec des herbes et fleurs chaudes de melilot, de sauge, de rosmarin, de colevrée blanche, o. de serres, 895.
— ÊTYM. Couleuvre.
f C0ULEUVK1N, INE (kou-leu-vrin, vri-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à une couleuvre.
— ÊTYM. Couleuvre.
COULEVRINE (kou-le-vri-n') , s. f. Espèce de canon, qui, étant plus long que les pièces ordinaires, chassait beaucoup plus loin; le diamètre de son calibre était d'environ cinq pouces et son boulet de seize livres. Voilà vos longues coulevrines Qui soufflent du feu sur mes eaux, v. hugo, Orient. 35. || Ancien terme de guerre. Être sous la coulevrine de la place, se dit d'une maison, d'un logis, d'un emplacement assez près du corps d'une place pour en être soit défendu, soit incommodé. Et fig. Être seusla coulevrine de quelqu'un, avoir son bien dans le voisinage de quelqu'un plus riche et plus puissant que soi, et, par extension, être dominé, être sous la dépendance. Vous êtes sous sa coulevrine. Dans cet emploi, il est sous la coulevrine d'un homme qui le fera marcher droit. 11 [l'électeur palatin] devait se reconnaître trop petit prince et trop sous la coulevrine de la France pour ne pas s'accommoder au temps, Mme de la fayette, ilém. cour de Fr. Œuvres, t. n, p. 31, dans pougens.
— HIST. xvc s. Les Anglois firent une sortie sur le chemin de la chaussée, en la quelle ils pensèrent garj-'ner des coulevrines et ribaudequins qui estoient rangés sur la dite chaussée, Hisi. d'Artus lit, connest. de Fr. p. 777, dans lacurne. Si laisseroient toute artillerie grosse et menue, réservé arcs, arbalestres et coulevrines à main, berry, Chron. depuis 14 0'! jusqu'à 1461, p. 454, dans lacurne. Coulevrines et canons à largesse, ch. d'orl. Rondel, 54. || xvie s. Il logea deux coulevrines royales, et deux bastardes dans les ridottes plus avancées, d'aub. llist. m, 20. Il le trouva prenant sa réfection sur le flasque d'une couleuvrine, cahl. i, 43. Quatorze grandes coulevrines à (8 pieds de chasse, et le reste coulevrines moyennes et bastardes, id. vm, 24. Couleuvrines, serpentines, basiliqs, noms pris des plus pernicieux animaux, comme des serpens, couleuvres et basiliqs, paré, ix, Préf.
— ÉTYM. Couleuvre; le nom d'animaux ayant été donné à des canons, par exemple fauconneau, basilic etc.; génev. coulouvrine. Les coulevrines étaient très-longues et minces, ce qui permettait la comparaison avec la couleuvre.
| COULEVRINIER (kou-le-vri-nié), s. m. Ancien terme militaire. Soldat chargé de manœuvrer les coulevrines.
HIST. xvic s. Piquiers, hallebardiers, coulleu-
vriniers, suisses, Lettres, 6 mai 1501.
— ÉTYM. Coulevrine.
| COULIÈRE (kou-liê-r') , s. f. Fer aplati en verge carrée. || Pièce d'un train de bois.
f COULIN (kou-lin), s. m. Pigeon ramier.
f COULINAGE (kou-li-na-j'), s. m. Terme rural. Action d'échauder rapidement avec une torche enflammée l'écorce des arbres à fruits, pour les débarrasser des insectes et des lichens.
i. COULIS (kou-li), s. m. Terme de cuisine. Suc d'une substance consommée par une cuisson lente. Coulis de perdrix, de pois. Elle avalait, en se couchant, d'excellents coulis, lesage, Gil Blas, n, t. || Coulis d'écrevisses, purée obtenue en pilant les écrevisses. Deux dindonneaux au coulis d'écrevisses, volt. Taureau, 6. || Terme de maçon. Plâtre ou mortier gâché assez clair pour couler entre les joints qu'il est destiné à garnir. || Métal fondu qu'on coule dans les joints.
— HIST. xme s. Et semengier l'estuet par foiblece, si menguee [qu'il mange] coleis et oef mau [mou], alebpant, f° 28. || xive s. Coulis d'un poulet: cuisiez le poulet tant que.... Ménagier, il, 5. || xve s. Et luy fut mis des coullis en la bouche [de Charles VII qui
ne vouloit plus manger de lui-même, craignant qu'on ne l'empoisonnât] , cqmm. vi, 7. ||xvie s. Bouillons et coulis humectans, paiié, vu, <0. Espais comme un coulis d'orge mondé, id. xvm, 68. La nuit ne faut estre dégarni de quelques bons pressis et bouillons, lesquels sont plus à louer que les coulis, à cause qu'ils [les coulis] sont trop espais, font obstruction aux veines mesaraïques et capillaires du foye, id. xxiv, 22.
— étym. Couler (voy. coulis 2).
2. COULIS (kou-11), adj. m. Vent coulis, vent qui couje, c'est-à-dire qui se glisse à travers les petites ouvertures, les fentes, etc.
— HIST. xme s. Et les entrées estoient bien garnies de bares couleïces, Chr. de Rains, 205. Et mangoniaus de maintes guises, Et bones portes coleïces, Ren. 18223. || xve s. Et le premier char passa avant et s'arresta sous la porte coulisse, froiss. il, n, 221. On doict mectre es portes des chasteaulx et villes, portes colices [herses] et anneaulx de fer, christ, de pisan, Charles V, 11, ch. 36. [| xvie s. Pour les malades, ilz usentde vent couliz, commede couliz on nourrit les malades de nostre pays, rab. Pant. iv, 43. Il avoit ordonné de faire faire à la porte du parc, sous une grande voûte, deux ou trois herses coulisses, m. du bell. 113. Un vent coulis me donna tellement contre une hanche, que.... paré, vm, 4). Aucuns font des huis coulis, lesquelles avec une longue corde haussent et baissent, du bas du colombier, o. df. serres, 390. Je la voulois atoucher en cachette Par le coulis [action de couler, de glisser] d'une secrette main Dedans son lit.... pasquier, Œuvres mêlées, p. 377, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. coladitz, coulant; du latin colare, couler (voy. ce mot). L'ancienne forme est couleîs, et suppose un adjectif colaticius.
COULISSE (kou-li-s'), s. f. || 1° Rainure par laquelle on fait glisser ou couler un châssis, un tiroir, etc. Graisser une coulisse. Des métopes ou petits tableaux de marbre à coulisse séparaient entre eux les triglyphes, chateaub. Ilin. 1 92. || Volet qui va et vient dans la rainure. Fermez cette coulisse. || Coulisse de confessionnal, petite pl.mche que le confesseur fait couler quand il veut entendre le pénitent. || Terme d'anatoroie. Rainure profonde de la surface des os, qui, tapissée d'un périoste lisse ou d'une membrane synoviale pour faciliter le glissement des tendons qu'elle reçoit, se distingue par là de la gouttière. || Terme d'imprimerie. Coulisse de galée, planche mince qui sert à faire couler les pases sur le marbre. || Terme de marine. Canal que suit, sur le chantier, la quille d'un bâtiment lancé à l'eau sans ber. || Petite porte pratiquée dans la grande porte d'un poêle. || 2° Terme de théâtre. Châssis mobile garni de toiles peintes, qui sert à la décoration latérale. Le feu prit aux coulisses. || Nom qu'on donne à l'espace qui est entre les ais ou les pilastres qui sont aux deux côtés d'un théâtre, et où se tiennent les acteurs avant d'entrer en scène. Fréquenter les coulisses, se mêler souvent aux acteurs dans les coulisses. Nous n'irons plus dans les coulisses Brailler en chœur à l'opéra, bérang. Concord. Grands réformateurs, Piliers de coulisses, id. Scand. \\ Fig. Il se dit de ce qui est propre aux gens de théâtre. Langage, intrigue de coulisses. || Le derrière des affaires. On agit; mais lui se tient dans la coulisse. Voilà ce qu'on dit en public ; mais dans la coulisse.... || 3° Rempli qu'on fait à un vêtement pour le serrer au moyen de cordons. Passer un lacet dans une coulisse. || Familièrement. Faire les yeux en coulisse, regarder de côté à la dérobée. Dans le même sens, regarder en coulisse. || 4° Terme de bourse. Petit parquet, non reconnu par la loi, où des courtiers, non autorisés, mais, en dépit d'efforts contraires, consacrés par l'usage et la coutume, font l'office d'agents de change; on ne s'y occupe que des rentes et à peu près exclusivement du 3 o/o. La coulisse est une succursale du parquet pour les affaires exclusivement dites de jeu. |l Réunion de courtiers marrons (c'est-à-dire non institués par la loi) ne faisant que des opérations à terme, ne levant ni ne livrant jamais de rentes, mais compensant avec le parquet, et faisant des marchés non escomptables, et des primes dans des conditions de temps tout autres qu'au parquet(du jour au lendemain, par exemple). || 5°Terme de serrurier. Place qui reçoit les charnons d'un charnière. Bouton à coulisse , celui qui est placé sur le palatre ou sur la cloison d'une serrure et qui sert à en ouvrir le demi-tour. || Terme d'horloger. Pièce d'une montre placée sur la petite platine, audessous du balancier. || 6" Terme de terrassier. Sorte de tranchée couverte. || 7" Terme de blason. Herse placée à la porte d'un château ou d'une tour.
— HIST. xvie s. Cataracte eu coulisse : c'est une concrétion d'humeur entre la cornée et l'humeur crystalin, paré, xv, 5.
— ÉTYM. Féminin de l'adjectif coulis 2, pris substanlivement et signifiant la chose qui coule, qui glisse.
t COULISSÉ, ÉE (kou-li-sé, sée), adj. Terme didactique. Qui a des coulisses. || Terme de blason. Château coulissé, château dont la porte est garnie d'une herse.
— ÉTYM. Coulisse. Herse coulisse se trouve dans les anciens textes; voy. coulis 2.
f COULISSEAU (kou-li-sô), s. m. || Ie Au plu,: Les coulisseaux, double coulisse de bois sur laquelle repose un lit à rouleites. || 2° Terme de serrurier. Petit mouvement de tirage monté sur platine pour sonner les domestiques. || 3° Terme de construction. Bâti dans lequel on place des tiroirs.
— ÉTYM. Coulisse
+ C0ULISS1ER (kou-li-sié; l'r ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : les kou-li-sié-z à la bourse), s. m. Terme de bourse. Celui qui fait des affaires à la coulisse.
— ÉTYM. Coulisse.
f COULISSOIUE (kou-li-soi-r') , s. f. Outil de facteur d'instruments de musique, pour faire les coulisses.
— ÉTYM. Coulisse.
f COULMOTTE (koul-mo-f) , s. f. Voy. coule-
MFI.LE.
COULOIR (kou-loir), s. m. || 1° Sorte d'écuelle à fond de toile, par où l'on coule le lait qu'on vient de traire. || 2° Terme d'architecture. Passage intérieur peu large, servant au dégagement, à la circulation. Un couloir obscur. S; promener dans les couloirs. || Le couloir dans 1( s assemblées politiques, le passage qui conduit à la salle des séances et où l'on s'arrête pour causer. Intrigues de couloir. || 3° Terme de marine. Galerie de l'entre-pont. || Terme de poêlier. Petit espace pour la circulation de la fumée. || Terme d'eaux et forêts. Le plan incliné suivant lequel on précipite le bois au bas d'une montagne ou d'un rocher. || 4° Terme d'anatomie. Ancien nom des canaux ou conduits par lesquels sont rejetées en dehors les humeurs excrémentitielles du corps animal. Les couloirs de la bile. Les ulcères, les exutoires étaient des couloirs accidentels ou artificiels.
— HIST. xive s. Et fineront, pour la sale, de deux ou trois coulouerespour gecter le gros relief comme souppes, pain trenché ou brisié, tranchouers, chars et telles choses, et deux seaulx pour gecter et recueillir brouets, sausses et choses cculans, de laborde, Émaux, p. 23o. || xvi" s. Lors coulerés la matière à travers d'une toile nuefve, violemment, pour la difficulté de sortir du couloir, à cause de son naturel glutineux, 6. de serres, 866.
— ÉTYM. Couler; saintong. cnuroi.
COULOIRE (kou-loi-r'), s. f. Vaisseau disposé, à
son fond, de manière à laisser s'écouler la partie la plus liquide de certaines préparations. || Petit vase qu'on met sous le robinet de la cuve lorsqu'on tire le vin. || Espèce de filière d'épinglier.
— HIST. xvie s. Restant le tiers assés espès, lequel par après l'on passera par une couloire de cuivre, persée à petits trous, o. de serres, 236.
— ÉTYM. Couloir.
f COULON (kou-lon), s. m. Un des noms vulgaires du pigeon. || Coulon-chaud, un des noms vulgaires du tourne-pierre, oiseau. || Coulon de mer, un des noms vulgaires de la mouette.
— ÉTYM. Latin, columbus. Coulonou colon était, dans l'ancienne langue, le nom du pigeon.
t COULOTTE (kou-lo-f), s. f. Outil de plombier. || Pièce qui soutient le bois que refend le scieur de long.
| COULOUGLI (kou-lou-gli), s. m. Voy. colûugli.
COCLPE (koul-p'), s. f. || i° Terme de dogme. La souillure du péché qui fait perdre la grâce. U fallait détruire la coulpe et la peine du péché, boss. u, Pass. 3. C'est une vérité de foi que l'absolution du prêtre, en nous remettant, quant à la coulpe, les péchés que nous avons confessés, ne nous en remet pas pour cela toute la peine, je veux dire toute la peine temporelle, bourd. Pensées, t. i, p. 33). Par le baptême la rémission est complète, rémission de la coulpe et rémission de toute la peine; au lieu que dans le sacreme.it de pénitence Dieu ne remet pas toujours, avec la coulpe et la peine éternelle, ce que nous appelons peine temporelle, id. ib. La coulpe ou l'offense faite à Dieu, fléch. Serm. n, 114, Les actions ne sont pas d'une malice de couipo quand l'intention est
cou
cou
pure, yulï. Iiigthiu, 15. || Dire sa coulpe d'une, hose, en témoigner son repentir. Trois fois la semaine, les capucins disent leurcoulpe devant leur gardien, et en présence de tous les religieux. J'en dis ma coulpe et j'en suis tout honteux, la font. Aveux. || Battre sa coulpe. dans le style ancien et poétique, se frapper la poitrine en disant son mea culpa. Lors bat sa coulpe. à Dieu se recommande, Son cœur défaille et son âme s'en va, creuzé de lesser, la Table ronde, ch. xix. I| 2' D'une façon générale, faute. La pauvre Marion trouve tant de vengeurs en ce monde que, quelque grande qu'ait été mon offense, je crains peu d'en emporter la coulpe avec moi, 3. 3. p.ouss. Conf. n. À l'heure où, près de sortir de cette vie, ils seront sollicités par leur conscience à ne pas emporter leur coulpe avec eux , id. Dial. 3.
— HIST. x° s. Elle colpes non avret [avait], por o no s'coit [pour cela elle ne fut brûlée], Eulalie. || XIe s. Clamez vos culpes, si priez dieu merci, Ch. de ItoL lxxxvii. N'i a cu'.pe li bers, ib. xc. ||xn°s. D'heures en autres [il] va sa coupe battant, Ronc. p. 92. || xme s. Bien diriez que n'ai coupe en ceste destinée, Berle, xvi. Et vois [vais] je jus ma corpe batr.e; 11 a [y a] en vos mal confessor, lien. 208)2. Quant en cope se sentira. Du forfet se repentira, la Rose. <0G 1 7. Si li sers s'en est foïz et ce n'est pas es colpes à celui qui l'achata, il n'en paiera riens, Dig. 148. Le pechié et la colpe en est soe [sienne], non pas de celui qui est à son conseill , Ass. de J. 49. Et je vous donrai tant, que la coulpe n'iertpas tnoie, mes vostre se vous ne voulez demourer, joinv. 257. || xiv» s. Pour ce disoit Chaion d'un homme ivre, que ce n'est pas la culpe du vin mais est la culpe du bevant, ohesme, Elh. 50. || xvcs. Et que ce n'estoit pas sa coulpe qu'elle [Isabelle, femme d'Edouard II] estoil partie de lui, car il ne lui vouloit que tout amour, froiss. i, i, H. || xvi°s. [Tu croiras que mon absence] Vient par sentir la coulpe qui me poinct D'aucun mesfait : mais ce n'est pas le poinct, marot, il, (65. Que doivent espérer les meschans, qui sans cesse Portent dedans le cueur leur coulpe vengeresse? duhell. vin, 34, rcrso. Il semble qu'en nous esmouvants de l'accusation nous nous deschargeons auicunement de la coulpe, mont, m, 78. Les médecins en attribuent la coulpe au patient, id. m, 2 lu. Perseus, troublé de ses malheurs, cherchoit à rejetter la coulpe de sa desfaitte sur tous autres que sur lu y , amyot, /'. Mm. 37. Il ne se pouvoit trouver autre satisfaction suffisante pour abolir la coulpe de nos péchez, calv. Inslil. 384.
— ÉTYM. Provenç. colpa ; espagn. culpa; ital. colpu ; (\u latin culpa.
| COULT (koult'i, s. m. Bois de marqueterie.
COULURE (kou-lu-r'), s. f. || 1° Mouvement d'une chose, d'un liquide qui coule. Ce que les fondeurs craignent le plus, c'est la coulure du métal hors du moule. || 2" Terme de culture. Accident qui arrive à la grappe en fleur et qui fait que tout ou partie des grains de raisin coulent, ne se développent pas. La vigne est sauvée de la gelée, il n'y a plus que la coulure à craindre. Celte différence vient peut-être des divers accidents auxquels la vigne est sujette dans ce pays-ci, gelées, pluies, coulure, qu'on n'a point tant à craindre dans les pays chauds, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. x, p. 450. || 3° Terme de pêche. Nom de cordes de crin qui, bordant le haut et le bas des seines, portent des lignes par en haut, et des cailloux par en bas.
— ÉTYM. Couler.
t COUM AILLE (kou-mâ-11', Il mouillées), s. f. Roche des mines dans lesquelles la houille est divisée.
t C0UMAR1NE (kou-ma-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Principe cnstallisable, d'une odeur aromatique, qui existe dans la fève tonka.
— ÉTYM. Cnumarou.
t COUMAROU kou-ma-rou), s. m. Arbre de la Guiane, de la famille des légumineuses, dont le fruit est la" fève tonka (coumarouna adorala, £.).
— ÉTYM. Mot galibi.
■f COUMIER (kou-mié), s. m. Arbre laiteux et résineux des forêts de la Guiane.
| COUNTR Y-DANCE (on devrait prononcer kaoun'tri-dan-s'; mais on a presque toujours prononcé kon-tre-dan-s', comme pour la contredanse française), s. f. Voy. contredanse 2.
COUP (kou ; le p ne se prononce pas et ne se lie pas : unkou audacieux; coup se comporte comme loup, où lepneselie jamais; au pluriel, l's se lie: des kou-z audacieux ; Bèze, au xvr siècle, remarque que le p se prononce au singulier et non au pluriel) , s. m. f* Impression qu'un corps fait sur un autre en le
heurtant: 2° les coups, le combat ; 3° blessure, contusion; 4» la décharge d'une arme à feu; 5° atteinte, attaque, blessure morale; 6u son, bruit que rendent certains corps par le choc; 7° action rapide d'un organe, d'un instrument, etc.; 8° coup de main, terme de guerre ; 9° coup d'œil ; 1 n° action vive , effet subit de certaines choses; ti° chance favorable ou (défavorable, circonstance imprévue; t2° action; )3°coup d'État, coup de théâtre; <4° fois, occasion; ' 15° coup de.vin; te° terme de jeu , manière de jouer, ! chance du jeu ; I T tout à coup; 1 8° à coup ; i 9° tout ! d'un coup; 20° coup sur coup; 21° après coup; 22° à-tous coups; 23° pour le coup; 24° encore un coup; proverbe?. || 1" Impression qu'un corps fait sur un autre en le heurtant. Donmr un coup de bâion, un coup de fouet, un coup de marteau. Se donner un coup contre un mur, se faire une contusion en se heurtant. Où chacun seul témoin des grands coups qu'il portait.... corn. Cid, iv, 3. Je veux ici l'attendre et le rouer de coups, scahron, D. Japhet, iv, 2. C'est un de ces braves de profession, de ces gens qui sont tout coups d'épée, qui ne parlent que d'échiner, mol. i'ourb. de Scapin, n, 8. Et les coups de bâton d'un dieu Font honneur à qui les endure, id. Atnph. m, <0. Il se donna cinq ou six coups de couieau, sêv. 143. Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied, Le loup un coup de dent, le bœuf un coup de corne, la font, l'abl. m, (4. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre, ébranlé par tant de mains et frappé de tant de coups à sa racine, boss. Anne de Gonz. Le Samien m'avait porté un faux coup, fén. Tél. v. Au premier coup qu'on lui porie, l'idole se renverse, id. ?b. xn. Ils [les mauvais rois dans le Tartare] sont sous les coups de ces esclaves, devenus leurs tyrans impitoyables, id. ib. xvm. L'onde était écumante sous le coup de rames innombrables, id. ib. n. Il en couvrait d'autres de peaux de sangliers et d'ours, et lâchant sur eux ses chiens de chasse, il les faisait déchirer, ou les tuait à coups de flèches, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. v, p. 423, dans pougens. || Faire le coup de poing, se battre avec le poing fermé. || Coup de poing, instrument pour percer les tonneaux; espèce de pistoiets fort petits. || Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens aigris les uns contre les autres. || Casser le nez à coups d'encensoir, donner en face des louanges exagérées et grossières. |j Faire d'une pierre deux coups, venir à bout de deux choses par un seul moyen. || Frapper les grands coups, employer les moyens décisifs. || Frapper des coups en l'air, perdre sa peine. || C'est un coup dans l'eau, c'est un coup d'épée dans l'eau, se dit d'une tentative inutile. || Avoir un coup de hache à la tète, ou, simplement, avoir un coup de hache , un coup de marteau , être un peu fou. || Terme de manège. Coup de hache, dépression existant au point de jonction de l'encolure avec le garrot. Coup de lance, cavité à la base de l'encolure, à l'épaule, au bras ou à la fesse. Coup de reins, mouvement par lequel le cheval roidit les rems. || Coup de fouet, coup porté avec un fouet. Le soldat anglais reçoit des coups de fouet. Un coup de fouet vigoureusement assené fit partir le cheval au galop. || Terme de pathologie. Coup de fouet, rupture de fibres musculaires ou de muscles minces, qui survient à la jambe pendant un effort, et qui fait éprouver au patient une sensation comme s'il recevait un coup de fouet. || Terme de vétérinaire. Coup de fouet, mouvement brusque observé aux flancs dans la respiration d'un cheval poussif, surtout pendant l'expiration. || Dans le langage général, coup de fouet, effort redoublé par lequel on tente d'obtenir ou d'emporter quelque chose, et, en musique, effort plus brillant que tout le reste, par lequel on finit un morceau. Coup de fouet signifie aussi excitation, action d'animer, de presser. || Terme de marine. Coup de fouet, la dernière crise du coup de vent, ou le coup de vent lui-même, s'il est de peu de durée. || Coup de talon, choc qu'éprouve un navire en passant sur un écueil. || Coup de boutoir, coup porté par le sanglier avec son boutoir; et, figurément, attaque' brusque et inattendue en paroles. |j Terme de maréchalerie. Coup de boutoir dans la sole, plaio faite par le maréchal, lorsque avec le boutoir il pare trop profondément la sole du cheval. || Terme d'escrime. Coup pour coup, action de deux tireurs qui se touchent en même temps. Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement; et fig. circonstance inopinée, ou occasion qui passe vite. Il a su profiter du coup de temps. || Coup fourré, dans un combat au fleuret, à l'épéo, se dit quand chacun des deux adversaires en même temps donne et reçoit un coup. Et, figurément faire un coup
fourré, se rendre mutuellement et en même temps de mauvais offices. Ils ont fa't un coup fourré. Et contre cet assaut je sais un coup fourré, Par qui je veux qu'il soit de lui-même enferré, Mol. l'Étour. n, 6. || Dans un autre sens, porter un coup fourré, rendre en seciet un mauvais office. || Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer la balle dans le dedans, près des encoignures. || Terme de fauconnerie. On dit qu'un oiseau prend coup, quand il heurte trop rudement sa proie. || Terme de maçonnerie. Un mur prend coup, il menacedechute, il fait veî.tre, il n'est plus à plomb. || 2° Les coups, le combat. Mais s'il fallait encor que l'on en vînt aux coups, Je combattrais pour elle en soupirant pour vous. corn. Ilor.i, 4. Elle-même leur dresse une embûche au passage, Se mêle dans les coups, porte partout sa rage, id. Rodog. i, 6. Hercule respirant sur le bruit de vos coups, bac. Pkèd. ni, 5. || Fig. .luger des coups, rester spectateur d'une lutte, d'un débat. Nous étions neutres et nous jugions des coups, sév. 344. || Sans coup férir, sans combattre, sans en venir aux mains. Il s'empara des positions de l'ennemi sans coup férir. Et fig. et familièrement, sans résistance. Il en est venu à bout sans coup férir. || 3" Blessure, contusion. Il est tout couvert de coups. Il tomba percé de coups. L'époux expirant sous les coups d'une épouse barbare, mass. Car. Avenir. Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé? rac. Andr. v, se. dern. || Coup de feu, plaie produite par une arme à l'eu. ||Lecoup de la : la blessure, l'accident qui la détermine. 11 se jeta à son cou, disant qu'il devinait bien ce qu'il avait à lui dire, que c'était le coup de sa mort, qu'il le recevait de la main de Dieu, sév. 173. L'amour lui a donné le coup de la mort, boss. i, Ass. t. || Le coup de grâce, celui par lequel le bourreau achevait le patient; et, par extension , ce qui consomme la ruine de quelqu'un. Il souhaite la mort comme le coup de grâce, sév. 32. || Populairement et ironiquement. Il a été le plus fort, il a porté les coups, il a été battu. || 4° La décharge d'une arme à feu. Tirer un coup de canon. Cent pièces de canon tonnèrent sur elle à son arrivée, et la maison où elle entra fut percée de leurs coups, boss. Reine d'Anglet. Des filous effiomés, d'un coup île pistolet, Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet, boil. Sat. vi. Il ne s'avisa pas seulement de lui tirer son coup, iiamilt. Gramm. 5 || Tirer à coup perdu, tirer hors de portée. || Fusil à deux coups, fusil à double canon. || Faire le coup de fusil, prendre part à un combat d'infanterie, se battre en tirailleurs. On dit de même pour la cavalerie, faire le coup de pistolet. Les Mazarins venaient faire le coup de pistolet dans le faubourg St-Antoine, retz, ii, 2I3. || Se dit aussi de la charge de l'arme. J'ai encore deux coups de poudre et un coup de plomb. || Terme de chasse. Coup double, coup qui tue deux pièces de gibier. Et fig. Le cardinal prit si bien son temps et ses mesures qu'il fit coup double; le confesseur fut renvojé, et il en donna un autre auquel il était assuré de faire dire ce qu'il voudrait, st-sim. 8, 55. || Par extension. Coup de tonnerre, bruit violent qui accompagne une décharge d'électricité dans un orage. Un violent coup de tonnerre fit trembler toutes les vitres. ]| Familièrement et par ironie, il est secret comme un coup de tonnerre, comme un coup de canon, il divulgue ce qu'on lui confie. || Coup de foudre, coup que frappe l'électricité dans un orage. Un coup de foudre fendit le peuplier. || Fig. Ce coup de foudre est grand, corn. Poly. li, t. Un coup de foudre est tout ce que je veux de vous, rac. Tnéb. v, 6. Les dieux, longs à se résoudre, Ont fait un coup de leur foudre, malh. ii, 4. || 5° Fig. Atteinte, attaque, blessure morale. En vos beautés parfaites Vous ne pouvez savoir tous les coups que vous faites, Régnier. Sal. xm. Il veut frapper le coup sans notre ministère, corn. lle'racl. m, 3. À l'honneur de tous deux il porte un coup mortel, id. Cid, I, 5. Les Sarrasins reçurent de grands coups durant l'empire de Léonce, boss. llisi. m. Vous vous troublez beaucoup! Mon cœur n'est point du tout ébranlé de ce coup, mol. F. sav. v, 4. Amour est un étrange maître; Heureux qui peut ne le connaître Que par récit, lui ni ses coups, la font. Fabl. iv, i. Mais il me faut tout perdre ei toujours par vos coups, rac. Andr. i, 4. S il préparait ses coups tandis que je vous vois, in. Bnl. v, 5. Constantin, après avoir affaibli la capitale, frappa un autre coup sur les frontières, mon i i sq. Rom. i~. || Le dernier coup, ce qui achève d'accabler, de
ruiner, etc Donner le dernier coup à la der- ,
nière tête De la rébellion, malh. h, 12. Donner le dernier coup au parti des tyrans, mol. D. Gare, v, 6. Il ne restait qu'à donner le dernier coup à cette
COI'
cou
secte, fléch. le Tellier. Il donna le dernier coup à leur empire, boss. Hist. ni, 6. Voilà le dernier coup qu'il fallait donner à notre ignorance, m. ib. u, M. Cet édit qui donna le dernier coup a l'hérésie, id. le Tellier. Les flatteurs nous donnent le dernier coup, in. Resp. 3. Mme de Jouarre donne le dernier coup à l'exemption, id. Lettr. abb. 76. || Tenir coup, tenir tête. Prête chacune à tenir coup aux gens, la font. Mazet. || Le coup de pied de l'âne, insulte qu'un lâche adresse à un homme jadis puissant et maintenant hors d'état de se venger. Locution tirée de la fable où l'âne vient en dernier frapper le lion mourant. || Coup de Jarnac, manœuvre . déloyale. François de Vivonne fut tué en combat public et singulier par Guy Chabot, fils du seigneur de Jarnac, d'où est venu le proverbe du coup de Jarnac, st-sim. 352, 1 33. || 6" Son, bruit que rendent certains corps par le choc. Le premier coup de cloche le réveilla. Au coup de minuit, de midi. Les coups de marteau retentissaient dans toute la maison. Tout est prêt ; nous partirons au coup de dix heures. || Familièrement. N'être pas sujet au coup de cloche, au coup de marteau, n'être pas sujet à la cloche, au marteau qui demande que la porte soit ouverte et qui indique qu'on vient réclamer votre office, être libre et maître de son temps. || 7° Action rapide d'un organe, d'un instrument, etc. Un coup de langue. Des coups de gosier sonores. En quelques coups de balai la maison fut nettoyée. || Un coup de dent, aciion de faire aller la mâchoire pour manger. [L'âne] Craignit qu'en perdant un moment II ne perdît un coup de dent, la font. Fabl. vin, )7. Il y procédait d'une vitesse toujours égale et trouvait moyen, sans perdre un coup de dent, de me donner louanges sur louanges, lesage, Gil Bios, i, 2. || Coup de pinceau, application du pinceau pour peindre; et lig. description. Tu demeures surpris et changes de couleur à ce discours; ce n'est là qu'une ébauche; et, pour achever le portrait, il faudrait bien d'autres coups de pinceau, mol. D. Juan, I, \. Si Molière a rendu Tartuffe odieux au cinquième acte, c'est par la nécessilé de donner le dernier coup de pinceau à son personnage, marmont. Élém. litl. t. vi, p. 141, dan I oi cens. || Coup de chapeau, salutation donnée au passage. Encor? Que de coups de chapeau! mol. Éc. des mar.i, 5. || Traduire à coups de dictionnaire, ne pouvoir traduirequ'en ayantrecoursfréquemment au dictionnaire. La plupart des livres de certains savants ne sont fabriqués qu'à coups de dictionnaires, et ils n'ont guère lu que les tables des livres qu'ils citant, ou quelques lieuv communs ramassés de différenis auteurs, mallebr. RcchAiv. iv, cb.8. j| Coups de ciseaux, coupures qu'en fait avec des ciseaux dans quelque écrit pour les insérer textuellement dans une composition. Faire un journal à coups de ciseaux. || Donner à quelqu'un un coup de main , d'épaule, lui venir en aide, unir momentanément ses efforts aux siens. || Donner un coup de collier, faire un nouvel effort, locution prise des chevaux qui, faisant un effort, appuient sur le collier. || Familièrement. Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, y aller : cela ne se dit que d'un endroit peu éloigné. || Terme de peinture. Application, sur la toile, de la brosse ou du pinceau chargé de couleur. Peindre au premier coup, peindred'une manière large, facile, rapide. Coup de jour, trait vif de lumière ou de clair placé à propos. || Terme de musique. Coup de langue, coup de gosier, coup d'archet, manière de lancer le son. || Kig. Coup de bec, de dent, de langue, de patte, propos médisant. Les absents sont assassinés à coups de langue, scarhon, ltom. com. ch. 3. Pour vous, vous représentez une de ces personnes qui prêtent doucement des charités à tout le monde, de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, mol. Impromptu, i . || Coup de lilet, action de lancer le filet, et résultat de cette action, prise de poisson; et fig. une capture, un gain. La police, d'un coup de filet, a saisi plusieurs malfaiteurs. Ce seul coup de filet lui a rapporté une grosse somme. || Terme de typographie. Coup de planche, action de poser la planche sur le paper pour l'imprimer. || Coup de piston, la course entière accomplie par un piston dans un corps de pompe, pour se rendre d'une extrémité à l'autre. || 8° Terme de guerre. Coups de main, ceux qui se donnent avec les armes ordinaires, sans artillerie. Une place emportée à coups de main, c'est une place emportée d'emblée, l'épée à la main. || Coup de main, expédition, attaque de vive force, et, en général, toute espèce d'entreprise hardie. S'il est permis, sous ce prétexte, de faire des coups de main, quels Etats sont en sûreté dans la jeunesse des rois? boss.
Farta*. Oéf. 1" dise. § 16. La Grande-Bretagne n'oublia pas, à Utrecht, que ces voisins entreprenants, soutenus des Canadiens, accoutumés à la chasse et aux coups de main, avaient porté, durant les deux dernières guerres, la désolation dans ses divers établissements, baynal, Hist. phil. xvn, 12. || 9° Coup d'œil, vue, regard. Jetez un coup d'oeil sur ce tableau. Et dès qu'il m'aura plu d'abattre votre orgueil, Vos têtes pour tomber n'attendront qu'un coup d'œil, corn. Attila, v, 3. Je crains d'en recevoir quelque coup d'œil fatal, Et chasse un ennemi dont je me défends mal, m. Tliéod. U, 2. Enfin, avant de paraître au parloir, On doit au moins deux coups d'œil au miroir, gresset, Vert-vert, i. Les opticiens, fondés sur l'expérience, disent que l'étendue d'un coup d'œil est bornée à l'angle droit, bonnet, Ess. psych. ch. 38. || Fig. Bannis toute imposture , et d'un coup d'œil plus sage Regarde ce prophète à qui tu rends hommage , volt. Fanât, i, 4. || Coup d'œil, sûreté dans l'appréciation des choses. 11 avait ce qu'on appelle le coup d'œil d'une justesse et d'une promptitude singulière et peut-être unique; c'était une sorte d'inspiration dont la clarté et la force prouvaient la vérité, du moins pour lui, fonten. Chirac. Un Condé, dont le premier coup d'œil décidait toujours de la victoire, mass. Or. fun. Louis le Grand. Descartes a envisagé la nature comme un homme qui , plongeant sur elle un vaste coup d'œil, l'embrasse tout entière et en fait pour ainsi dire le plan à vue d'oiseau, tlrgot, Ébauche du 2e diicours. Progrès de l'esprit humain, p. 278. Il avait reçu de la nature ce coup d'œil prompt et juste qui saisit tout ce qui mérite d'être observé et qui ne voit les objets que tels qu'ils sont, condorcet, Linné. || Coup d'œil, aspect. La vertu n'a de triste que le premier coup d'œil , mass. Car. Dcgoûls. Il n'a de beau que la surrace et le premier coup d'œil, id. Profcss. relig. i. Le coup d'œil de son retour à sa toute-puissance en Espagne [la princesse des UrsinsJ ne la dérangea pas plus qu'avait fait la chute de la foudre sur elle à Madrid, st-sim. 144, ioo. || 10" Action vive, effet subit de certaines choses. Un coup de vent fit écrouler une partie de la muraille. Du premier coup de vent il me conduit au port, corn. Poly. iv, 3. L'hiver était si près de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur, skgur, Hist. de Nap. îx, 7. || Terme de marine. Coup de mer, choc d'une grosse lame. Bien tenir le coup, résister aux coups de vent et de mer. Faireun coup d'écoute, forcer sa voilure par une brise fraîche. || Terme de médecine. Coup de sang, attaque d'apoplexie, et aussi congestion momentanée du sang vers la tête. || Coup de lumière, effet subit d'une lumière qui apparaît. Malgré l'obscurité du crépuscule où les nations semblent encore errer, des coups fréquents de lumière annoncent l'aurore et la venue du grand jour, holuach, dans nu marsais, Essai préj. ch. t4. || Coup de soleil, effet produit, sur une partie quelconque d'un être vivant, animal ou végétal, par l'action d'un soleil ardent. Il Coupde soleil, sorte d'érysipèle causé parle soleil. J'attrapai un coup de soleil sur une main, chateaub. [tin. 243. || Coup de soleil, ensemble d'accidents cérébraux causés par le soleil, et qui peuvent causer rapidement la mort. || Populairement. Coup de soleil, act on de rougir soudainement par honte ou par embarras. || Coup d'air, fluxion ou douleur causée par un courant d'air. || Terme de vétérinaire. Coup de chaleur, congestion sanguine, brusque, rapide,. du poumon, quelquefois de l'intestin et plus rarement de l'encéphale, arrivant communément sur les chevaux de trait rapide, pendant le travail et au temps des chaleurs. || Terme d'arts. Coup de feu, action d'activer le feu pour la cuisson ou la fusion de différentes matières. Toute porcelaine, au moment qu'elle reçoit son dernier coup de feu, se trouve dans un état de fusion com.nencée, raynal, Hist. phil. v, 27. || Terme de cuisine. Coup de feu, l'action d'activer le feu des fourneaux au moment d'achever la cuisson des mets; et figurément, moment de presse. || Coup de feu, action d'un feu trop ardent sur une préparation culinaire. Le rûti a un coup de feu. || 11° Chance favorable ou défavorable, circonstance imprévue. Coup du ciel. Coupde bonheur. Comment la retrouver sans un coup du hasard? hrifaut, Ninus II, m, 4. Fais agir ta constance en ce coup de malheur, corn. Cid, n, 3. La fortune se plaît à faire de ses coups, la font. Fab. vu, 13. Mille fois la religion a été à la veille d'une destruction universelle; et, toutes les fois qu'elle a été clans cet état. Dieu l'a relevée par des pou] i.exlraordin
puissance, pasc. Pensées, part. H, art. *. Glaive du Seigneur, quel coup vous venez de fiire! loute la terre en est étonnée, boss. ilarie-Thér. Quel coup vient nous confondre! volt. Zaïre, u, 4. l'aile, achève, ô mon Dieu! ce sont ià de tes coups, volt. ib. u, 3. || 12° Action. Voilà un coup d'étourdi. C'est un coup de désespoir. C'est là que votre main peut faire de beaux coups, Régnier, Sat. xm. Quoi! de tuer un homme auriez-vous conscience? Loin que votre dessein vous fasse aimer d'Hortense, Ce coup augmentera sa haine, il est certain , la font. Florentin, 3. Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires en se servant de la main de ceux qui s'oflraient à détruire la tyrannie par un seul coup, boss. Heine d'Anglet. Vous vouliez toutes deux un coup trop inhumain, corn. Rodog. v, 4. Il n'a point pris le ciel ni le sort à partie, Point querellé le bras qui fait ces lâches coups, id. Hiracl. m, 3. Un même coup a mis ma gloire en sûreté, Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté, id. Cid, v, a. Votre bras dans Phaisale a fait de plus grands coups, in. Pomp. iv, 3. S'il a cette vertu, cette valeur insigne, Donnez-lui votre armée, et voyons ces grands coups, id. .Nicom. u, 3. Ôcoup! ô trahison trop indigne d'un homme! id. Cinna, ni, 3. Si de mon propre sang ma main versant des flots N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots, rac. Athal. n, 7. Gardez qu'avant le coup voire dessein n'éclate, id. Andr. ni, 1. Cet ouvrage, madame, est un coup d'Agrippine, id. lirit. v, t. L'action de Léonidas, avec ses trois ceins Spartiates, n'était pas un coup de désespoir, mais une conduite sage et généreuse, comme Diod-ire de Sicile a soin de le faire remarquer, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. ni, p. 22o. Ils ont fait un beau coup vraiment; Mais, pour réparer leur sottise, La folie et l'amour ont fait adroitement Réussir l'heureuse entreprise, regnaro, Folies amour. Divertiss. Je crus faire un coup d'une profonde politique en.... fén. Tél. xm. Il n'appartient de proposer des changements qu'à ceux qui sont assez heureusement nés pour pénétrer d'un coup île génie toute la consUiulion d'un État, montesq. Esp. Préface. Le coup du génie [dans le Misanthrope de Molière] est de l'avoir fait amoureux d'une coquette, j. j. rouss. Lettre à d'Alembert. || Faire le coup, faire l'action dont il s'agit, en parlant d'une aciion mauvaise, ou tout au moins d'une action hardie. Je crois que c'est monsieur votre cher intendant qui a Tait le coup, mol. l'An, v, 2. On ne put pas le convaincre d'avoir fait le coup, boss. Variai, x. Non, non ; Britannicus est mort empoisonné; Narcisse a fait le coup; vous l'avez ordonné, rac. lirit. v, C. On découvre que le jardinier a fait le coup, j. j. rouss. Ém. il. || Faire de bor.s coups, faire de bons tours. Fonl quelques fois ensemble de bons coups, la font. Ilerm. Faire un mauvais coup, une mauvaise act:on. Celui qui reçoit de l'argent pour un méchant coup , pasc.
Prov. xviu Comme le voilà fait! Débiaillé, mal
peigné, l'œil hagard! à sa mine, On -croirait qu'il viendrait, dans la forêt voisine. De faire un mauvais coup.... regnard, le Joueur, i, 7. || Faire un coup de tète, faire étourdiment une chose hardie ou extravagante. Faire un coup de sa tête, ne demander conseil à personne. || Un coup de maître, une action digne d'un maître, d'un homme habile, vaillant, etc. Mes pareils à deux fois ne se font pas connaltrs, Et pour leur coup d'essai veulent des coups de maître, corn. Cid, u. 2. || Coup d'essai, la première fois qu'on tente une chose. Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal, corn. Cid, n, 3. Sur ce beau coup d'essai de votre ingratitude, id. Nicom. îv. 6. Ce sont des coups d'essai , mais si grands que peut-être Le Capiiole a droit d'en craindre un coup de maître, id. Nicom. ni, 2. N'est que le coup d'essai de ses illusions, id. Poly. i, i. Il fit voir que les plus difficiles victoires ne sont qne les coups d'essai de ceux que Dieu même instruit pour !a guerre, flêch. Panég. u, p. 10. En voilà assez pour des faussetés si vaines; ce ne sont là que des coups d'essai de vos novices, et non pas les coups d'importance de vos grands profès, pasc. Prov. XVI. || Coup d'éclat, action qui fait grand bruit, qui attire beaucoup de renom, et aussi aciion qui rompt avec des habitudes, avec une situation, etc. Il Coup monté, coup préparé à l'avance, prémédité. || Manquer son coup, ne pas réussir. Ayant manqué mon coup, je ne fis point de vains efforts contre un si grand nombre d'ennemis , scaur Rom. com. 2e part, ch. 14. Les anges de la réforme ne manquèrent ; is leur coup à cette fois [le tuèrent], boss. Déf. 1 ne de ces Huches qui n'ont jamais manqué leur co.'.p, l'A. xx. j| Dans un sens op;rsé, povtsr coup,
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sans régime, produire un effet considérable. Ce discours porta coup et fit songer notre homme, la font. Coupe. Les événements qui ont porté coup dans la suite, boss. Hist.iu, 2. Ce qui se passe en la vie porte coup au point de la mort, id. Imp. t. Pour faire des menaces qui portent coup, la bruy. x. La plus petite tolérance porte coup, patru. Plaid. 6, dans richelet. 11 s'en faut bien que toutes nos habiletés ou toutes nos fautes portent coup, vauven. Max. 546. [| Porter coup, nuire, faire tort. Le coup est porté, le mal est fait. L'injuste porte coup sur lui-même, mass. Ferv. 2. Le gouvernement portera coup à l'agriculture et au commerce, toutes les fois qu'il entreprendra de fixer le prix des denrées, condillac, Comm. gouv. part. i, ch. 4. || Être sous le coup, être menacé par, être en butte à. Il est sous le coup d'une accusation. || 13° Coup d'État, mesure violente à laquelle un gouvernement a recours. Il ne faut plus que vous parliez d'agir puissamment, ni de faire des coups d'État qu'avec la reine, halz. liv. il, lett. 5. Jamais un coup d'État ne fut mieux entrepris, corn. Pomp. il, 3. Non qu'en un coup d'État je n'approuve le crime, id. ib. I, t. Et je puis dire enfin que jamais potentat N'eut à délibérer d'un si grand coup d'Etat, ID. ib. I, l. Au lieu de gouverner par les lois, ils veulent étonner par des coups d'État, condillac, Étud. hist. part, i, ch. 4. || Action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'État. La bataille de Denain fut un coup d'État. || Entreprise violente par laquelle un personnage s'empare du pouvoir (coup d'État du t8 brumaire par lequel le général Bonaparte devint maître de la France), ou mesure par laquelle un gouvernement change violemment et eu dehors des lois la constitution (le coup d'Etat tenté par Charles X en (830). || Fig. Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Ce mariage fut un coup d'Etat dans cette famille. C'était un coup d'Éiat, mol le Dép. ni, 7. || Coup d'autorité, usage extraordinaire qu'une personne fait de son autorité envers ceux qui Jui résistent. || Coup de théâtre, se dit en poésie dramatique, d'un événement ou d'une situation, qui frappe tout d'un coup l'esprit, parce qu'on ne s'y attendait pas. On ne forme point les esprits avec-ties tableaux et des coups de théâtre, marmont. Élèm. litt. Œuvres, t. îx, p. (6, dans pougens. Et fig. Son arrivée fut un coup de théâtre. Cela fit un coup de théâtre. || 14° Fois, occasion, moment. [L'honneur qui] perdu pour un coup jamais ne se recouve, Régnier, Sat. vi. Elles n'arrivent pas à leur dernier degré de perfection du premier coup, desc. Viopt. t. Il n'est pas permis de faire ces actions-là [actes de vaillance] beaucoup de fois en sa vie; et la fortune, qui- vous en a tiré pour ce coup, est un mauvais garant pour l'avenir, voit. Lett. U8. Les hommes valeureux le sont du premier coup, corn. Cid, il, 3. Certes Rome à ce coup pourrait bien se vanter, D'avoir eu juste lieu de me persécuter, id. Pomp. ni, 2. C'est à ce coup qu'il est bon de partir, Mes enfants.... la font. Fobl. iv, 22. Mais le pauvret, ce coup, y laissa ses houseaux, id. ib. xn, 23. Vous ne bougerez pour ce coup, id. Cord. M'empoisonne à tous coups [à chaque instant] leurs plus charmants appas, mol. le Dép. i, t. Voyons si votre diable aura bien le pouvoir De détruire à ce coup un si solide espoir, id. l'Étour. v, <6. Je l'ai déjà raanquée, et même plusieurs coups, id. ib., v, 0. sans menacer, sans avertir, la mort se fait sentir tout entière dès le premier coup, boss. Duck. d'Orl. Tout cela ne se fait pas d'un coup, id. Visite, 2. À ce coup, le Saint-Esprit irrité se retire, les ténèbres s'épaississent, la foi s'éteint, id. Anne de Gonz. || 15° Coup de vin, ce qu'on boit de vin en une fois. || Le coup du milieu, le coup qu'on boit entre les deux services. || Le coup de rétrier, le coup qu'on boit en montant à cheval pour partir. || Familièrement. Boire un coup, un verre de vin. Un jour le cuisinier ayant bu trop d'un coup.... la font. Fabl. m, i2. [Tartuffe] But, à son déjeuner, quatre grands coups de vin, mol. Tart. i, 6. Il avait envie d'y boire un coup, hamilt. Gramm. H. Matta but cinq ou six grands coups pour étouffer un reste de délicatesse qui l'inquiétait, id. ib. 3. Frère Giroflée buvait un coup en attendant le dîner, volt. Cand. 24. On a vu le bossu passer près de la Villeaux-Dames, où il a bu un coup, p. l. cour, ii, 276. !| Boire à petits coups, peu à la fois, mais souvent. L'aîné [Bellisle] était fort sobre; le cadet aimait à souper et à boire le petit coup, mais sans excès, stsim. 523, 221. Du vin vieux d'un hôte aimable II faut boire à petits coups, bérang. P. coups. || Boire un coup est aussi faire un excès de vin. Il avait bu un
coup. || Populairement. Boire un coup, être en danger de se noyer. || 16° Terme de jeu. Manière de jouer, chance du jeu. lia fait un beaucoup. || Le donner en trois coups, quatre coups, etc. se dit pour exprimer qu'on défie quelqu'un de faire la chose dont il s'agit, qui est difficile, et qu'on n'a pas su ou qu'on ne saurait pas faire soi-même. Je le donne en six coups au fourbe le plus brave, mol. l'Étour. ir, 7. || Coup se dit de chaque fois qu'un des joueurs a donné une carte, lancé des dés, etc. Coup forcé, coup qu'il n'est pas possible de parer. Remettre un coup, autoriser quelqu'un à recommencer un coup mal joué. || Coup sûr, coup qui ne peut manquer de réussir. || Fig. Imperceptiblement ensemble ils se rendront, Et malgré vos efforts, mon fils, ils se joindront; C'est un coup sûr.... la font. Florentin, 3. || X coup sûr, loc. adv. Immanquablement, avec certitude de gain, de succès. Nous réussirons à coup sûr. Ce n'est pas toujours à coup sûr qu'on spécule. Mais vantés, à coup sûr, du Mercure galant, boil. Sat. xn. || Coup de dés, toute combinaison que les dés peuvent présenter. De leurs différentes combinaisons [osselets à quatre faces dont se servaient les anciens] résultent trente-cinq coups auxquels on a donné les noms des dieux, des princes, des héros, etc. barth. Anach. ch. 20. Et ligurément, c'est un coup de dés ou de dé, c'est une affaire où le hasard aura beaucoup de part. || Rompre le coup, arrêter, détourner une chance des dés, en les empêchant de rouler librement; et fig. empêcher le succès d'une entreprise. || Au trictrac, coup et dés, veut dire que la primauté appartiendra à celui qui amèneraledéle plus fort. || Tout coup vaille, arrive ce qu'il pourra. || Au billard, coup du roi, coup où, la bille étant placée en arrière de la blouse du milieu près de la bande, on va frapper de sa bille la bande du haut, de manière qu'en revenant elle pousse l'autre dans la blouse. || Dans toute espèce de jeux, faux coup, se dit, en général, d'un coup qui n'a pas réussi ou qui n'a pas porté. || Au billard, faux coup de la queue, faute que commet le joueur quand il touche la bille à faux. || Coup de partie, ce qui décide du succès d'une partie de jeu; et fig. du succès d'une affaire. Ce que je viens de faire est un coup de parlie Qui les sauve tous quatre et moi-même avec eux, lachaussée, Mëlanide , ni, 8. || Coup de bourse, opération de bourse qui réussit, qui apporte un grand profit. || 17° Toup à coup, loç. adv. Soudain et sans qu'on s'y attende. Faire accroire tout à coup à tout
un peuple que boss. Hist. n, t3. Tout à coup
elle aperçut les débris d'un navire, fén. Tél. i. || 18" X coup, à la fois. Le sang des veines y entre si à coup et en si grande quantité que.... desc. Pass. (22. Selon que ce froid vient plus lentement ou plus à coup, id. Météor. 5. Au lieu de descendre doucement dans leur matière, ils y tombent soudainement et à coup, balz. liv. vu, lett. 50. || 19° Tout d'un coup, loc. adv. Tout en une fois, à la fois, du premier coup. Et pour voir tout d'un coup. vos malheurs terminés, corn. Nicom. v, 7. Et de Servilius l'astre prédominant Dissipa tout d'un coup ce bonheur étonnant, id. Serlor. n, t. On ne va pas tout d'un coup à la corruption entière, st-évrem. dans bouhours, nouv. Hem. Et croyant entrer tout d'un coup, laf. Fabl. iv, t6. Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie, Lui ravir tout d'un coup la parole et la vie, rac. Phcd. iv, t. || Dans le sens de tout à coup. Non, monsieur, elle a fermé tout doucement la fenêtre, et s'est allée mettre sur son lit ; là elle s'est prise à pleurer amèrement; et tout d'un coup son visage a pâli, ses yeux se sont tournés, le cœur lui a manqué, et elle m'est demeurée entre les bras, mol. l'Am. méd. i, 6. La fille unique de notre maître, attaquée d'une maladie qui lui a ôté tout d'un coup l'usage de la langue, id. Méd. m. lui, i, 6. Comment ! il y avait six jours entiers qu'il ne pouvait mourir, et cela le fit mourir tout d'un coup, id. le Fest. m, 1. Ne disons plus que la mort a tout d'un coup arrêté le cours de la plus belle vie du monde; disons qu'elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie, boss. Duch. d'Orl. Il arrive aussi quelquefois qu'un écrivain, parlant de quelqu'un, tout d'un coup se met à sa place et joue son personnage, boil. Sublime, 23. Le roi fit un grand ha! comme un homme oppressé qui tout d'un coup respire, st-sim. 94, U6. || 20°Coup sur coup, loc. adv. Successivement et sans interruption. Coup sur coup je verrai par leur intelligence De mes soins vigilants confondre la prudence, mol. Éc. des f. iv, 7. Trois rendez-vous coup sur coup furent pris, la font. Magn. Elle a été deux fois à la Trappe coup sur coup, boss. Lstt. 846. La
reine écrivit coup sur coup quatre lettres, in. Déf. Les prophètes qu'il envoie coup sur coup, m. Hist. il, 4. Tant de malheurs qui arrivaient coup sur coup entre ses mains, id. Char. frat. 2. Tandis que.... coup surcoup, Pourma santé je bois beaucoup, bérang. Deo grat. Il produisit coup sur coup divers ouvrages qui certainement devaient lui faire honneur, d'olivET,Hist. acad. t. II, p. t73,danspouGENS. || 21° Après coup, loc. adv. Après que la chose est faite. Ces actes n'ont été faits qu'après coup, patru, Plaid. 5, dans richelet. Qu'Esdras y ait ajouté après coup les prédictions, boss. Hist. n, )3. Elles n'étaient que des additions après coup, id. Rem. L'amour-propre a voulu après coup vous déguiser votre crime, mass Car. Tiéd. t. Dans tous les autres Etats les lois sont faites après coup, volt. Lettres à Cath. 45. Quelques mots auxquels je n'ai réfléchi qu'après coup, J. J. rouss. Conf. m. || 22° À tous coups, loc. adv. X tous propos, chaque fois. Non, je ne veux plus voir à tous coups hasardé, Un si grand différend par le sort décidé, tristan, Mort de Chrispe, n, 6. || 23° Pour le coup, loc. adv. Pour cette fois. Ahî c'est pour le coup qu'il faut se croire heureux en bêchant son jardin, marmont. Bélis. il. || Expression d'impatience et d'humeur. Pour le coup, c'en est trop! Pour le coup, l'enfant n'y est plus; comment concevoir qu'on le laisse sortir seul? j. j. rouss. Ém. m. || 24° Encore un coup, loc. adv. Encore une fois. Madame, encore un coup, cet homme est-il à vous? corn. Nicom. i, 2. Non, mais encore un coup, ne la revoyez point, id. Pobj. n, t. Va-t'en, encore un coup je ne t' écoute plus, id. Cid, m, 4. Allons encore un coup le donner à Chimène. id. ib. v, 4. Ô ma coignée! ô ma pauvre coignée! S'écriait-il, Jupiter, rends-la-moi; Je tiendrai l'être encore un coup de toi, la font. Fabl. v, t. Il raisonne mal, encore un coup, boss. Déf. J'espère donc encore un coup, que vous voudrez, id. Lett. 25). Mettons, encore un coup, toute la Grèce en flamme, rac. Andr. iv, 3. Madame, encore un coup c'est à vous de choisir, îD.Baj.u, 4. Encore un coup vivez, et revenez à vous, id. Esth. n, 7. || Proverbes. Le coup vaut la balle, le coup vaut l'argent, la chose vaut bien la peine qu'on a [Irise. [| Ses plus grands coups sont rués, s'est dit jadis d'un homme qui est sur l'âge.
— REM. Les grammairiens font observer que tout d'un coup se dit de ce qui se fait en même temps: Ils ont résolu de partir tout d'un coup; et tout à coup de ce qui se fait soudainement et comme à l'improviste : Ils ont disparu tout à coup. Il faut en effet distinguer tout à coup, de tout d'un coup; mais la distinction indiquée n'est pas exacte. Tout à coup ne peut pas s'employer pour tout d'un coup ; mais tout d'un coup peut avoir le sens de tout à coup. Voy. les exemples.
— HIST. xi" s. Tans cols a pris sur son escu boucler, Ch. de Roi. xxxix. Donez mon fief: c'est le colp de Rolant [c'est de frapper Rolant] , t'6. lxvii. De cous ferir, receveir et doner, ib. xc. Franc et paien merveilleus colps i rendent, ib. cvn. Colp en auras ainz que nous départons, ib. cvn.
— xiic s Ja par cop d'arme [le baume] ne sera entamez, Ronc. p. 36. Nus cops de lance, de dart et de penon, ib. p. 51. D'ores en altres i grans cols donant, ib. p. 136.
— xine s. Apertement lui va Pépins tel cop donner, Berte, m. En la senestre cuisse [elle] a tel cop assené, ib. xv. Et veez chi un ca>t;'el qui a nom Tenis priés de chi à quatre lieues [Tunis, à quatre lieues de Damiette] que nous prendrons au premier cop, Chr. de Rains, toi. Li ménestrel du mestier desus dit doivent lesier oevre au samedi au darrenier coup de vespres en la paroisse où il demourent, Liv. des met. 53. Amours, aine ni fu chevaucie [chevauchée], Tornoiemens, ne os [armée] 1
Où on ne sentist de tes caus, Hist. litt. t. xxiu. p. 613. Vous savés bien qu'au premier cop Ne cope l'en mie le chesne, la Rose, 3424. Et ainsi s'en revint et ramena sa gent à pié; et ses trois biaus cops fist-il devant le seigneur d'Arsur et les riches hommes qui estoient en Acre, joinv. 277. Li rois ot. par la pez fesant, grant coup [beaucoup] de la terre le conte, ib. 206. Qui ot le vis [visage] et teint et pale Por les cous qu'il ot receûs, Ren. 24858.
— xive s. Se vostre faulcon a mal es yeulx, de cop ou de toyes [taies], Modus, fxciv. Tournemiue qui fu prudoms au cops donner, Guescl. 4 83*2. L'en estoit en conseill souvant, Grant coup avoit de sage gent ; Là oïssiez de beaux langages, Ltu. du bon Jeh.
iâA9.
— xve s. S. ces coups [cette fois] passoient et dévoient pas->er le roi de Fraace et se? oncles, froiss.
cou
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D, H, 2»!. Le bateau n'estoit pas trop grand où nous passasmes, car il n'y pouvoit entier que deux chevaux au coup [à la fois], id. il, m, 7. Et puis de petit à petit je mènerai tel Jean Lyon que il sera tout rué jus; ainsi serons-nous vengés subtilement et sans coup fen'r [Maliieu à ses frères], id. h, II, 62. Si se retrait en sa bataille et ordonna que toutes gens mangeassent à leur aise et bussent un coup, m. i, i, 2S4. Mais il n'a nul recovrement. Quant la mort a son cop féru, ch. d'orl. Requête àCupidon. Mais les dames si nous prièrent très De boire un coup; et i Liée assez près Nous menèrent en lieu bel, cler et frès Pour desjuner, christ, de pisan, Ditfde Poissy. Lors le roy mist sa lance en arrest et se afficha du tout sur les estriers, puis s'appuya sur le coup pour le chevalier tuer, Perceforest, t. i, f° 28. Le duc de Normandie s'estoit délibéré ung coup de fuyr en Flandres, mais.... comm. i, ig. Sage après le coup, id. ib. Son artillerie tyroit à coup perdu par dessus et dedans la ville, id. m. 3. Disant que on faisoit ces dissimulations pour n'avoir point la guerre aux deux royaulmes à ung coup, id. m, 6. Ung coup me trouvay présent que le seigneur Durfé dist ces parolles au dit duc, io. m, 8. Qu'est ce cy, à qui sommes nous? Ma maistresse est bien arrivée; Â coup à coup, despechez vous, villon, {"repue fr. Le mari qui mouroit et enrageoit de faire un coup de sa main, trouva façon de.... louis xi, Nouv. lvi. — xvi' s. Lors me dist à voix espamye : Encore un coup, le cueur me deult, j. marot, v, 333. Chargez, compaignons, chargez vos ennemys, et commencez ,'e hust; car le premier coup vault deux, jean d'auton, Ann. de Louis III, ms. f° 74, dansLACURNE. Ii en a faict son coup d'essay, marot, h, 144. Pour belle femme l'on visite À tous les coups un laid mari, id. ii, (89. Pour si à coup [soudain] de nous ne l'estranger, id. ii, 294. ô le bon gain de mort qui nous délivre Tout à un coup de tribulation, id. ii, 322. À lacompaigne, à coup, à coup, Hau capitaine pinsemaille, id. ii, (32. Tirer à coups de flèches, mont, i, 23. à touts coups, id. i, 36. Le tromper peu't servir pour le coup, id. i, 24. A coups d'aviron, id. i, 63. X tous les coups qu'il se mettoit à table, id. i, 35. Tout à [il'] un coup, id. i, 82. Mort du seul coup de son imagination, id. i, 9). Ce conte lui vint à coup [tout à coup] frapper l'imagination, id. i, 94. [Préservatif] contre le coup du soleil et la douleur de teste, id. i, 95. Arracher quelqu'un du sommeil tout à coup et par violence, jd. i, <95. Je bois le dernier coup quasi tousjours le plus grand, id. ii, ts. Vulcanus en est encor boiteux du coup qu'il print [de la chute qu'il fit], et sera toute sa vie, desper. Cymbal. <2I. Ils esmeurent une partie de la France contre l'autre, et eux cependant jugeoyent des coups, lanoue, 99. Lors ses souhaits seront à un coup [entièrement] assouvis amyot, Préf. xin, 41. Un vaisseau athénien arrive tout coy du commencement, puis tout à coup ceulx qui sont dedans font un grand bruit, id. Solon, ti. À tous coups, id. Thém. 28. Il combattait à coups de tralct et de gect, m. ib. 28. Il m'a fallu es jours sacrez de mon triumphe ensepvelir coup sur coup, de mes propres mains, mes deux jeunes enfans, id P. Mm. 58. Celuy qui avoit fait le coup s'en fouit incontinent, tenant tousjours son espée nue au poing, id. Timol. 24. Quand il perdit coup à coup ses deux enfans, id. Timol. et P. Mm. comp. -i. Elle avoit desja pris coup, et il estoit trop mal aisé de la retenir qu'elle n'allast en précipice, id. Lucull. 77. Il nlloit aussi au sénat quand il estoit question de rompre le coup h quelque menée, id. ib. 85. A grand {.aine peut sa cuirasse résister aux coups de traictet de main qu'il receut, id. Dion, a. Et si est son cours fort aspre et fort roide, tellement que les troncs d'arbres que l'on jettoit à val la rivière, avoient grand coup, et faisoient grant effort contre les poultres qui soustenoient le pont, id. César, 30. Le duc estoit homme de guerre, remarqué pour, en plusieurs batailles et combats, avoir par ses charges gagné le coup de la partie, d'aub. Hist. i, 360. Et afin que cette manière d'assurance portast plus de coup, on depesche deux edits l'un dessus l'autre plains de faveur et asseurance à tous ceux qui se voudroient retirer, id. ib. il, 34. Qu'il falloit l'obliger à son avènement pour en tirer une pareille à coup de besoin, id. ib. 1 58. Toutes les autres volées firent coup [portèrent] dans la cavalerie, id. ib. m, 52. Ils baptisèrent ce prodigieux et horrible forfait, du nom de coup du ciel, Sat. Mén. p. 5. Aussi, de coup à coup, regarderés Testât de sa cuite, pour prendre avis du poinct de la sortie du feu, o. de serres, 8S6. Les autres coups hors mains et venans de loin, comme pierres, traicts et dards,
Roman d'Alector, p. <i , dans lacurne. Je y ai receu plus de trois cents coups de main et beaucoup plus de traict, ib. p. 9. À son réveil elle fut trouvée avoir perdu le sens; car elle tenoit des propos impudiques contre sa nature et costume, changeans et muables coup à quille [comme les coups au jeu de quilles] et s'entretenant comme arène sans chaulx, ib. p. 27, dans lacurne. S'estant transpercez les visages par coups fourrés, comme en ce temps là on usoit de ces mots, brant. Cap. eslrang.l. I, p. 303, dans lacurne. Procedans sur lieu [pour établir des limites de possessions territoriales] , si l'une des parties frapoit aucuns coups à un ou plusieurs cailloux, maintenant estre bornes, Nouv. coust. ge'nér. t. il, p. 79. Chacun est recevable pour rehausser et renchérir ces biens, jusqu'à ce que le coup de la main ou de la palmée en sera donné, ib. t. i, p. 492. Un coup de langue est plus dangereux qu'un coup de lance, coigrave. Chascun est sage après le coup, id. En adventure gisent grands coups, id. Qui vise loin, jamais ne rend son coup heureux, id.
— ÉTYM. Picard, keu; bourguig. cô; saintong. cot; provenç. colp, cop, colbe ; espagn. et portug. golpe; ital. colpo; bas-latin, colpus, dans la loi salique, de colapus, colaphus qui se trouve avec le sens général de coup; du latin colaphus, coup de poing, soufflet, en grec xôXaçoç.
COUPABLE (kou-pa-bl'), adj. || 1° Qui a commis un crime, un délit, une faute. Quiconque tue est coupable d'homicide, pasc. Prov. )4. Pour se rendre coupable devant Dieu, id. ib. i. 11 n'est point de malheur dont je ne sois coupable, rac. Brit. v, 6. Si je te hais, est-il coupable de ma haine? id. Andr. m, 8. 11 serait moins coupable à m'avoir moins aimée, corn. Sertor. v, 4. Ils [les méchants] boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras, au jour de ta fureur, À toute la race coupable, rac. Ath. h, 9. Hélas! de vos malheurs innocente ou coupable, id. Phcd. m, t. Ils [les grands] se trouveront encore coupables devant vous des désordres publics, mass. Pet. car. Vices et vertus. Pour un fils téméraire et coupable envers vous, volt. Sémiramis, m, 5. Vous sentez-vous coupable, et pouvez-vous répondre? id. Ah. m, 5. Non, si je suis aimé , non , tu n'es pas coupable , id. ib. in, 4 . Lorsqu'un Athénien attente à ses jours, il est coupable envers l'État qu'il prive d'un citoyen, barthél. Anach. Inirod. part, n, sect. ). Ce qui me désespère, s'écrivit le jeune Apollodore dans l'égarement de son affliction, c'est que vous mourrez innocent. — Aimeriez-vous mieux, lui répondit Socrale en souriant, que je mourusse coupable? id. ib. ch. 67. || Dans le langage de la galanterie, amant téméraire ou trop impétueux. Quelquefois les femmes, sans égard pour le dictionnaire, prennent le motde coupable en meilleure part que celui d'innocent, en. de Bernard, la Chasse aux amants, § (. || Terme de dévotion. Se rendre coupable du corps et du sang de Jésus-Christ, recevoir la communion quand on en est indigne. Que l'homme sonde son propre cœur , de peur de se rendre coupable du corps et du sang du Sauveur, fén. xviii, <78. Le plus grand nombre de ceux qui recevront Jésus-Christ en ces jours saints se rendront coupables du corps et du sang du Seigneur, mass. Car. Comm. I. [| Par antiphrase. Malheur aux citoyens coupables de vertu! m. j. chénier, Tibère, i, i. || 2° On le dit aussi des choses. Trahissant la vertu sur un papier coupable, boil. Art p. iv. .... De vos fictions le mélange coupable Môme à ses vérités [du christianisme] donne l'air de la fable, id. ib. m. Par de pareils objets [une femme trop décolletée] les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées, mol. Tart. m, 2. Seigneur, le croirez-vous qu'un dessein si coupable.... rac. Mithr. m, 3. J'en ai trop prolongé la coupable durée, id. Phèd. i, 3. D'une tige coupable il craint un rejeton, id. ib. i, <. Et je ne prétends pas que sa coupable audace Une seconde fois lui promette ma place, id. Brit. iv, 3. I| 3° Substantivement. Les coupables
furent condamnés 11 n'est point de coupable en
repos, boil. Épit. xi. Un jour, il m'en souvient, le sénat équitable Vous pressait de souscrire à la mort d'un coupable, rac. Brit. îv, 3. La coupable est punie et vos mains innocentes, corn. Rodog. v, 5. Une coupable aimée est bienlôt innocente, mol. Mis. îv, 2. Tout coupable est timide, volt. Sémiram. v, 6, Coupables, approchez; De la chaîne des ans les jours de la clémence Sont enfin retranchés, gilbert; le Jug. dernier. Souvent dans sa grandeur quand le coupable en paix Semble de crime en crime affermi pour jamais, delav. Vêpres sicil. i, 3. || Familièrement et par plaisanterie, se dit d'une personne qui a fait quelque chose qu'elle désire cacher.
Vous cherchez l'auteur de cette espièglerie, voici le coupable, la coupable.
— HIST. xne s. Purço que pur lui fu (ço conuïst) ocis [parce que Thomas fut occis pour lui, Henri II, qui le reconnut], Est venuz al martyr culpables e clamis, E se rent e conuist e forfait e chaitis, Th. le mart. t6\. Qui en un forfait culpables est de toz, Job, 442. || xme s. Li bourgois respondirent que de la mort le bailli lor pesoit et qu'il n'en estoient pas coupable, Chr. deRains, 227. Ainsi [je] sui de sa mort coupable, Bl. et Jeh. 1069. Lors se coucha adens à terre, Et trois foiz se rendi copables, Puis se seigna por les deables.... Ren. 408G7. Tybers s'escuse molement, Que vers lui corpables se sent, ib. 2204. Et se li corpables vient por droit avoir, Liv. de jus t. u 3. Plusors personnes poent estre coupavles d'un vilain fet, beaum. lxi, 43. ||xives. Ou cas que il seroit prouvé par tesmoings en forme de droit que il est culpable, oresme, Eth. 162. Celui qui est incontinent, il est culpable du proverbe ou quel nous dison en ceste manière.... id. ib. <95. || xve s. Il en fut trouvé non culpable, et pour ce fut tenus prisonnier sans estre mis à mort, fenin , <420. || xvie s. Celui qui hait son frère est coupable de jugement; qui monstre signe de courroux est coulpahle d'estre condamné par tout le consistoire; quiconque lui dit injure est coulpable de la géhenne du feu, calvin, Instit. 302. Coulpable d'impudicité, id. ib. 304. Certes, seigneur, je sens bien que ma faulte Me rend coulpable à ta majesté haulte, dubell. m, 92, recto. Les innocens, qui en tels lieux damnables Tiennent souvent la place des coulpables, mahot, i, 254. Coupable craint de comparaître , leroux de lincy , Prov. t. il, p. 278. Voilà doneques jusques où je me sens coulpable de ceste première partie que je disois estre au vice de la presumption, mont, m, 67.
— ÉTYM. Provenç. colpable ; espagn. culpable; portug. culpavel; ital. colpecole; du latin culpabilis (v'oy. coulpe).
| COUPABLEMENT (kou-pa-ble-man), adv. D'une manière coupable.
— ÉTYM. Coupable, et le suffixe ment; provenç. colpablement ; espagn. colpablemenle ; ital. colpabilmente.
f COUPAGE (kou-pa-j'), s. m. Action de couper, c'est-à-dire d'atténuer une liqueur forte par une moins forte. Le coupage de l'alcool par l'eau. Le coupage des vins spiritueux du midi par des vins plus légers.
— étym. Couper.
COUPANT, ANTE (kou-pan, pan-t'), adj. || 1° Qui coupe. Ce couteau n'est pas assez coupant. || 2° S. m. Tranchant. Le coupant d'un sabre. || lerme de vénerie. Le coupant de l'ongle du sanglier, le bord de l'ongle.
— HIST. xvie s. Les cou pans des costez des traces d'un sanglier, cotgkave.
i . COUPE (kou-p'), s. f. || 1° Action de couper. La coupe d'un taillis. La coupe des foins se fait en juin. La coupe des cheveux, La coupe du gâteau qu'on fait pour le jour des Rois. Rien n'est plus efficace pour redresser les arbres et pour leur donner une tige droite et nette, que la coupe faite au pied, buff. Exp. sur les vêgét. 2e mém. Cette association puissante a tourné ses vues vers la coupe du bois, vers la multiplication des troupeaux, vers le coton et le cacao, mais principalement vers le tabac, raynal, Hist. Phil. xin, )2. Vers le temps de la coupe des blés, on entendait au lever de l'aurore les petites sonneries de nos hameaux , chateaub. Génie, iv, 1, 1. 1| Faire des coupes dans une substance, la couper en différents sens pour en examiner la structure. Il faisait d'une partie qu'il examinait toutes les coupes différentes qu'il pouvait imaginer, pour la voir de touàsens, fonten. Du Verncy. || Coupe, chaque tonsurequ'on donneaux étoffes de laine. || Partie abattue d'une masse d'ardoise. || Terme de menuiserie. Coupes carfées, celles qui se font dans une pièce de bois perpendiculairement à sa longueur. || 2° Coupe de . bois, étendue de forêt abattue ou à abattre. Les coupes réglées sont les aménagements suivant lesquels on coupe chaque année une portion de bois déterminée. On a des bois en coupe réglée autant qu'on en peut consommer, J. J. rouss. Hél. v, 2. Le fripon qui me vola la moitié d'une coupe de l obtient de l'équité des juges un encouragement de 800 francs, p. l. cour, i, <48 || Coupe sombre ou d'ensemencement, opération qui consiste à enlever, dans un massif, une partie des arbres qui le composent, de manière à permettre à ceux qu'on laisse sur pied d'ensemencer ce sol au moyen des graines qu'ils produisent et qui se disséminent naturellement,
COU
Coupe claire, opération qui consiste à abattre une partie des arbres précédemment conservés afin d'habituer peu à peu le jeune recru a la lumière. Coupe définitive, opération qui consiste en l'extraction des derniers arbres laissés sur pied, quand ia nouvelle forêt est assez vigoureuse pour n'avoir plus rien à redouter des influences atmosphériques. Coupe de nettoiement, opération qui consiste àenlever les pieds nuisibles, parasites, rachitiques. Coupe à tire et à aire, celle qui se fait sans rien laisser [en tirant, ôtant ce qui est sur l'aire, sur l'emplacement]. || Fig. Coupe réglée, prélèvement qui se répète régulièrement. Sous le premier empire la population de la France était mise en coupe réglée par la conscription. Mettre quelqu'un en coupe réglée, imposer à quelqu'un, d'une façon régulière, des privations, des sacrifices d'argent. |] 3° Endroit où une chose a été coupée. Ce drap est beau à la coupe. La coupe d'un tronc d'arbre. j| À la coupe, lac. adv. X la condition de couper pour essayer. Acheter un melon à la coupe. On n'a reconnu qu'à la coupe la fausseté de cette pièce de monnaie. || 4° Terme d'architecture. Plan qu'on suppose couper l'intérieur d'une construction, pour en montrer les dimensions relatives et les détails intérieurs. Coupe perpendiculaire. || Fausse coupe, assemblage qui se trace avec la sauterelle, sans le secours de l'équerre, ni de l'onglet. Fausse coupe, direction d'un joint de tête oblique à la douelle d'une voùle. || 5" L'art de tailler les pierres La coupe des pierres est un art particulier. M. Desargues, qui était du potit nombre de mathématiciens de Paris , et M. Bosse, fameux graveur, avaient fait une première partie d'un traité de la coupe des pierres, matière alors toute neuve, fonten. Lahire. || Action de couper le verre avec le diamant. || 6" Manière dont la coupe est pratiquée, disposition qui en résulte. La coupe de ce cintre est élégante et hardie. La coupe d'un habit. || Par extension. Coupe de corps [du cygne] élégante, formes arrondies^ gracieux contours, duff. Cygne. Dans sa coupe lé- 'gère, avec solidité, 11 réunit la force à la rapidité, delillf. , Imagin. v. || On dit dans le même sens : la coupe du visage; une coupe gracieuse du visage. || Terme de marine. Fausse coupe, coupe manquée d'une pièce de Dois ou u'une voile. || 7° Manière de découper les étoffes, les cuirs. On vante cet ouvrier pour l'habileté rie sa coupe. || Terme de marine. Maître de coupe, celui qui coupe les manœuvres d'un hàtiment. Coupe des voiles, action, art de les tailler. || 8° Fig. Division, distribution. La coupe d'un poème, d'un ouvrage. || Arrangement des repos dans le vers, dans la phrase. La coupe d'un vers, d'une phrase. Les coupes du style. Un écrivain, qui a de l'oreille et assez d'art pour donner à son stylo le mouvement de la pensée ou du sentiment qu'il exprime , saura bien varier encore la coupe et le rhythme du vers, marmont. Klém. litt. CEuvres, t. x, p. 472, dans pougens. || 9° Terme de jeu de cartes. Séparation qu'on fait en deux parties du jeu de cartes qu'un joueur a mêlé. || Faire sauter la coupe, rétablir avec dextérité les deux paquets comme ils étaient avant d'avoir Tait couper. || Fig. Cet homme est heureux à la coupe, manière adoucie de dire qu'un homme triche au jeu. || Être sous la coupe de quelqu'un, être le premier en carte, le premier après la coupe. Les joueurs ont souvent cette superstitieuse croyance qu'il y a des gens qui ont une coupe malheureuse, et ils ne veulent point être sous leur coupe. || Fig. Être sous la coupe de quelqu'un, être dans sa dépendance, être exposé à son ressentiment. Cliamillart et 'fessé ne purent se résoudre à retomber une autre fois sous sa coupe [rie Câlinât], quelque généreux et chrétien qu'il se fût montré alors, ST-SIM. 180, 2. Un étranger qui n'a rien en Fiance et peu sous une coupe étrangère^ et souvent ennemie n'était pas un parti aisé à éta-' bîir, m. 76, 217. || Terme de gravure. Action et manière d'entamer la planche avec le burin. j| 10° Terme de verrier. Quantité de verre en fusion que Ion ■ prend pour faire une glace soufflée. || 11° Terme de maçonnerie. Espèce de petit canal qui, placé sous 1rs appuis de croisée, sert à l'écoulement des eaux. Il 12° Manière de nager, qui, consistant à porter, alternativement et avec force, chaque bras en avant et à le ramener le long du corps, d'avant en arrière, coupe l'eau rapidement. Nager à la coupe. Faire la coupe.
— liisr. xive s. Se les coustumiers abatent bois et ne font bien la copp3, Ordonnances des rois, t. vu. p. 776. || xv« s. De telle laçon que la chemise paroissoit, et estoient ces coupes [manches découpées] touttes attachées avec un grand ruban, gode-
COU
fhoy, Observ. sur Charles VIII, p. 7 lu, dans lacuhne. |l xvi" s. La garenne sera complantée de plusieurs espèces d'arbres rie coupe, o. de serres, 4H>. Vendre à la coupe, oudin, Dict. Levers françois lié et enchainé est contraint rie se rendre en ceste estroite prison rie rithme sous la garde le plus souvent d'une couppe féminine, fâcheux et rude geôlier et incogneu des autres vulgaires, dubellay, p. 3) , dans LACunNE.
— ÊTYM. Voy. COUPER.
2. COUPE (kou-p'),s. f. || l°Vaseàboire, ordinairement plus large que profond. C'est de ma main qu'il prend et l'encens et la coupe, corn. Cinna, i, 3. Recevez de ma main la coupe nuptiale, id. ltodog. v, 3. César prend le premier une coupe à la main, rac. Brit. v, 6. Hérodote parle de six coupés d'or qui pesaient trente talents, ce qui montait a près d'un million, rollin , Ilist. anc. t. n, p. no, dans pougens. La céleste troupe Dans ce jus vanté Boit à à pleine coupe L'immortalité, j. b. rouss. Cantate 9. Après avoir distribué des coupes aux convives et l'ait des libations, on apportait le premier service qui commençait ordinairement par des œufs frais, et on finissait le second par des fruits, d'où est venue l'expression ai ovo usgue ad mala, pour dire du commencement à la fin, condillac, Ilist. anc. xi, 3. La coupe aux larges bords est vide en un moment, delillb, Enéide, i. Tu peux jeter ta coupe, orgueilleux Diogène, Et boire dans tes mains; moi je garde la mienne, delille, Imagin. vi. || 11 se dit surtout en poésie. || 2° Fig. Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe, rac. Esth. il, 9. Vous versez sur nos villes et sur nos provinces la coup° de vos fureurs, mass. Âvent, Dispos, à lacomm. Il a versé sur nous la coupe de sa fureur, id. Car. Mot. de conv. La bouche du jeune convive [l'enfant qui n'a point encore de dents] n'est point armée, de peur de blesser la coupe du banquet maternel [le sein, le mamelon], chateaub. Génie, i, vi, 5. Tous les hôtes qui ont bu avec moi la coupe de la joie,iD. Mari, il, 289. Chez l'étranger la mort l'atteint; Qu'il dut trouver sa coupe amère! bi'.rang. Conroi de David. || Boire la coupe jusqu'à la lie, souffrir une humiliation, une infortune complète. (] 3° La partie de la communion de l'Eucharistie qui se fait avec le vin qu'on met danslacoupe. Le concile de Constance a retranché la coupe aux laïques qui en avaient autrefois l'usage. Le commandement pointons les fidèles de participer à la coupe, boss. Comm. Quant au désir qu'il a du rétablissement de la coupe, id. Déclar. || 4° Terme d'architecture. Coupe de fontaine, petit bassin en marbre ou en pierre, recevant l'eau du jet. || Partie concave d'une voûte ronde, qui se nomme autrement coupole, d'après les Italiens. || Donner plus ou moins de coupe aux joints des voussoirs d'un arc, en rendre l'inclinaison plus ou moins forte. || 5° Terme d'astronomie. Constellation rie l'hémisphère austral. || 6" La fausse coupe, certaine partie d'un calice. Les calices seront marqués et contre-marqués au bouge, fausse coupe et couvercle, Itèglem. orféir. 3o déc. (679.
— HtST. XIIe. s. Lores pristrent la lance e la cupe ki fud al chief Saiil; si Jen alerent, Ilois, t04. || xni' s. Li bacin sont anriui d'or fin; Era pior [pire] coupe met on vin, l'artonop. v. 875. Li coupiers ert ciers et vaillans, D'escai boucles resplendissaus, n'I. et M. 9t. Et li rois Uters avoit devant lui une moult bêle coppe d'or, Merlin, 58, verso. || xive s. Lors lui ala de vin si largement verser Que la coupe convint par dessus suronder, Guescl. (53, 1 74. Une couppe d'àrg nt doré à porter le corps nostre Seigneur, du cange, coppa. Une coupe couverte, dorée et esmaillée, etau fonds de ladicte coupe a uneyraagede saint Martin, dklaborde, Émaux, p. 230. Une autre couppe où il a par dedans une Heur de lys enlevée, et est le couvescle semé d'esmaulx à un clocher pardessus, in. ib. \\ xv* s. Le suppliant ala acheter une cope [sorte de mesure] de sel pour saler le potage, DU CANGE, COpa.
— ETYM. Picard , cope ; provenç. espagn. et portug. copa; ital. coppa; du latin cuppa ou cupa (voy. aussi cuve).
i. COUPÉ, ÉE(kou-pé, pée), part.passé. || l"Tranché. Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile; Une tète coupée en fait renaître mille, corn. Cinna, iv, 3. El n'y voyant qu'un tronc dont la tête est coupée, id. Pomp. v, i . || Avoir le cou coupé . perdre la tète sur l'échafaud. Pomenars ne fait que sortir de ma chambre; nous avons parlé assez sérieusement de ses affaires, qui ne sont jamais de moins que de sa têle; le comte de Créance veut à toute forcequ'il ait le cou coupé; Pomenars ne veut pas; voilà le procès, SÉv. 70. || Barbe coupée. Cheveux
COU
couper. || Familièrement. Elle venait d'être coupée [d'avoir les cheveux coupés], SÉv. 4 4. H Cette locution n'est plus usitée du tout. || 2° Terme d'aicbitecture. Pan coupé, surface qui remplace l'angle à la rencontre de deux pans de mur. || Terme de peinture. Contour coupé, contour qui n'est pas bien tournant et qui, étant tranché trop net, paraît dur. || 3" Interrompu. Pays coupé de canaux. La route est fort coupée et le pays difficile, j.j. Ém. v. Le royaume de Siam, quoique coupé par une chaîne de montagnes qui va se réunir aux rochers de la Tarlarie, est d'une fertilité prodigieuse, i:ayna,l, Ilist. phil. iv, <2. Il Terme militaire, D< nt la retraite est interceptée. L'ennemi coupé par une manœuvre audacieuse. Il annonce que la première lignede Mural a été surprise et culbutée, sa gauche tournée à la faveur des bois, son flanc attaqué, sa retraite coupée, ségur, Ilist. de Nap. vm , il. || 4° Terme de marine. Pont coupé, élévation d'une partie du pont de certains bâtiments de comniLrce. || 5° Châtré. L'Angleterre ne permet pas la sortie de ses chevaux s'ils ne sont coupés, montesq. Fsp. xx, \2. |j 6" Fig. Voix coupée par les sanglots. Les échos assoupis ne livrent au zéphyre Que des soupirs mourants, de silence coupés, lamart. Méd. il, 2. || Terme de littérature. Style coupé, style à phrases courtes, et aussi celui où l'orateur, paraissant entraîné par la passion, ne fait pas toujours les phrases complètes, supprime quelque iiai-on entre les propositions, n'achève pas toujours sa pensée et la laisse deviner en partie. Sa convei était légère, agréable et instructive par le grand nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus; elle était coupée comme son siyle, pleine de sel et de saillies, sans amertume et sans salire, i/alembert. Éloges, Montesquieu. || Phrase, strophe bien coupée, phrase, strophe où les repos sont bien ménagés. || 7° Point coupé, espèce de dentelle faite avec des feuilles pointues. || 8° Terme rie blason. Ëcu coupé, écu divisé par le milieu, de droite à gauche, par une ligne horizontale ou dans le sens de la fasce. || Animaux coupés, têtes de loups, de sangliers et autres animaux, ou pieds et aulres membres, quand ils paraisse-nt nettement séparés du corps. Coupé de l'un ou l'autre, se du quand, sur un écu ainsi coupé, il y a un animal ou autre pièce ou meuble brochant sur le tout, qui est pareillement coupé, en sorte que l'émail du chef se trouve en la pointe, et, réciproquement, celui d'en bas se trouve en haut. || 9" .Mélangé avec un autre liquide de force moindre. Du vin coupé d'eau. Les vins forts sont coupés avec ries vins plus légers. || Absolument. Mélangé avec de l'eau. Lait coupé. Bouillon coupé. || Proverbe. Pain coupé n'a point de maître.
2. COUPÉ (kou-pé), s. m. || 1° Voiture bourgeoise, dont la caisse n'a qu'un fond. In joli coupé. Adjectivement. Carrosse coupé. || Compartiment antérieur d'une diligence. Prendre une place dans le coupé. || Dans les chemins de fer, coupe-lit, wagon disposé pour le transport de malades ou de bl Coupé simple, compartiment où l'on n'a pas de visà-vis, exactement comme dans le coupé d'une diligence. || 2° Pas de danse autrefois fort en usage. On en distinguait plusieurs : le plus ordinaire comprenait un demi-coupé, c'est-à-dire un plié relevé avec changement de pied, suivi d'un pas glissé. Vois-tu ce petit trait de feinte que voilà? Ce fleuret? ces coupés courant après la belle? Dos à dos, faceà face, en se pressant sur elle? mol. Fdch. î, 5. || lieiui-coupé, pas de danse qui commence le coupé. Il consiste à rapporter devant le pied qui est derrière, ou réciproquement, en pliant les genoux et se relevant aussitôt. Le demi-coupé exige deux temps; il se fait en avant, en arrière ou de côté. || 3° Terme d'escrime. Coupé sur pointe ou, simplement, coupé, mouvejient de l'épée qui équivaut, quant au résultat, à un dégagement. || 4° Terme de musique. Mot qui, écrit sur une note, marque que l'on doit la frapper, mais l'abandonner à l'instant, sans lui donner sa valeur de durée. || 5" 'ferme de blason. Une des quatre partitions de I écu. || 6° Terme rie marine. Élévation rie quelques centimètres faite à l'arrière sur le pontri'un bâtiment.
— ÊTYM, Coupé ).
i. COUPEAU (kou-pô), s. m. Sommet d'un coteau, d'une montagne Pour grimper au coupean
Du Parnasse français, regnier, 5'af. il. Voye/.-vous au-dessous de ce petit coupeau Le berger Alcidor qui mène son troupeau? racan, Berg. acte il, se. 4. || Vieux.
— lllST. xne s. Quant ne porent le saint hors riel mustier geler, Enz el chief de l'espée grant colp li vait duner, Si que de la curune le eu; el emporta,
r.ov
cou
cou
mart. i&o. || xiv s. Bouchier li couru encore sus à tout un grant coustel et l'en feri tellement qu'il le profendi du couplet de la teste jusques au nu cange, copa. Il xv« s. Car par tropeaulx, istanl les cris et rappeaulx Des bons, couvrisles les coppeaulx Des heaulmes, a. chaktier. Le livre des 4 dames. Quant le suppliant eut amassé sa hachetie, remonta au dit arbre jusques au coupel d'ieellui, nu cange, copa. || xvi' s. Les plantes humides seront posées eu lieu arrousé par le moien de la fontaine sourdant au coupeau de la montaignete, o. de serres. 600.... Le coupeau Du chevelu Parnasse, ronsard, 476. Quand la fuieur qui bat les grands coupeaux.... du kellay, h, 26, verso. Ils vindrent à se montrer tout soudain aucouppeau de la montagne, amyot, Sylla, 4o. Par les montagnes dont il est parlé en pluriel, on entend communément Sion et Moria, qui estaient deux couppei.s prochains l'un de l'autre comme des cornes, calvin, 2S7. Depuis le couppet de la teste jusques à la plante des pieds on n'y tiouvera un seul grain de bien, id.
jfMftl. G04.
— ÈTYM. Diminutif de l'anc franc, coppe, sommet (voy. DU «ange, coppa); picard, coupet, couplet, faîte, coupinette , cime d'un arbre; norm. toupet, cime; wallon, copète , sommet; espagn. copa, coupe et sommet, copele; cime; kymri, cop et copa; flamand, kop; haut-allem. kuppe, cime. Tous ces mots paraissent provenir d'une certaine assimilation entre l'apparence d'une coupe renversée et le sommet d'un coteau et puis de tout autre objet (voy. coupole).
| 2 COUPEAU (kou-pô), s. m. Bande de carton, Contenant cinq caries sur sa largeur. On dit aussi coupon. || S. m. plur. Terme de gravure. Parues du métal que le burin enlève.
— ETYM. Le même que copeau.
f COUPE-BOURGEON (kou-pe-bour-jon) , s. m. Petit insecte qui, pendant les mois de mai et de juin, faii de grands dégâts parmi les jeunes pousses; il en coupe l'extrémité, ce qui les fait périr. Dit aussi bêche, hsetie. || Au plur. Des coupe-bourgeons.
— ÉTYM. Couper, et bourgeon.
f COUPE- BOURSE (kou-pe-bour-s'), a-, m. Ancien nom des filous qui enlevaient subtilement la bourse et aunes objets. || Au plur. Des coupe-bourses.
Hisr. xvi" s. Avant condamné un coupe-bourse
d'avoir l'aureille coupée, des accords, Bigarrures des entends -trois.
— ÉTYM. Couper, et bourse/voleurs ainsi nommés, parce qu'ils coupaient les cordons qui anciennement tenaient la bourse.
f COUPE-CERCLE (kou-pe-sèr-kP), s. m. Instrument qui sert à couper circulairementle canon employé à l'aire des sphères et autres piè es pour l'astronomie et la géométrie. || Terme de menuisier. Vilbrequin armé d'une couronne tranchante. || Au plur. Des coupe-cercles.
— ÉTYM. Couper, >t cercle.
f COUPE-CHOUX (kou-pe-chou), s. m. ||1° Frère coupe-choux, religieux qui n'est d'aucune considération dans son couvent, et, par dérision, un moine. Ah! préférez à leur audace [de Voltaire et des siens] L'esprit d'un frère coupe-choux, bérang. Missionn. de Montrouge. || Par extension, homme sans considération. Le duc de Béthune, son mari, n'était qu'un frère coupe-choux qu'on tolérait à cause d'elle, st-sim. 302, 182. || 2" Coupe-chou; auplur. Des coupe-choux, nom qu'on a donné, par ironie, à un sabre très-court porté par les fantassins.
— ÉTYM. Couper, elchou; dénomination passée sans doute du frère chargé du soin des légumes à un sens de moquerie.
f COUPE-CORS (kou-pe-kor), s. m. Terme de pédicure. Instrument qui sert à couper les cors.
— ÉTYM. Couper, et cor, durillon.
COUPE-CUL (kou-pe -ku), s. m. || 1° Au lansquenet se dit quand celui qui donne ne fait pas une seule carte et amène la sienne la première. || Vieux. On dit maintenant coupe-gorge. || 2° Jouera coupe-cul, jouer une seule partie sans donner de revanche.
— HIST. xvi* s. Le roi Henri IV, ayant pris Mantes, voulant se divertir, joua une partie de pauline centre des boulangers de la ville, qui lui gagnèrent son argent et ne lui voulurent donner sa revanche, parce que, disoient-ils, ils avoient joué à coupe-cu en trois parties, Mémoires pour servir à l'histoire de France, Cologne, 1719, t. n, dans riciielf.t.
— ETYM. Couper, et cul.
t COUPÉE (kou-pêe),s. f. Terme de marine. Ouverture faite dans la muraille d'un navire au-dessus du pont supérieur.
— Etym. Couper.
f COUPE FAUCILLE (kou-pe-Iô-si-U', Il mouillées), s. f. Un des noms vulgaires du muflier. || Au plur. Des coupe faucilles.
— ÉTYM. Couper, et faucille.
t COUPE-FOIN (kou-pe-foin), s. m. Instrument propre à couper, à trancher le foin conservé en tas ou en meule. || Au plur. Des coupe-foin.
— ETYM. Couper, et foin.
f COUPE-GAZON (kou-pe-ga-zon) , s. m. Instrument pour détacher le gazon par plaques. || Au plur. Des coupe-gazon.
— ÉTYM. Couper, A gazon.
COUPE-GOUGE (kou-pe-gor-j'), s. m. || 1° Endroit
écarté, maison mal famée où l'on court risque d'être assassiné ou voie. Il semble qu'il ait passé toute sa vie dans un oupe-gorge, sêv. 697. Moabdar est devenu fou, Babyloneest un grand coupe-gorge, volt. Zadig, 15. || Par extension. Les académies de jeux sont souvent des coupe-gorge. Le monde est un coupe-gorge, il n'y a que fraude, st-evrem. dans riciielet. Apprenez, maître Jacques, vous et vos pareils, que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes, mol. l'Avare, ni, &. Allons, c'est trop souffrir les 'chagrins qu'on nous forge; Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge, mol. Mis. v, 1. On joue le hoca : c'est un coupe-gorge, sêv. 224. Allons voir mon notaire; et sortons, si je puis, Du coupe-gorge affreux et du bois où je suis, regnabd, llénechmes, iv, 6. Un de mes amis me raconte une scène tragique dont il venait d'être témoin dans un de ces coupe-gorge à tapis vert dont je parlais tout à l'heure, ch. de Bernard, la Peau de lion, § 10. || 2° Au lansquenet, coupe-gorge, se dit du malheur de celui qui, ayant la main, tire sa carte avant que d'en avoir tiré aucune de celles des joueurs; ce qui lui fait perdre tout ce qui est sur le tapis. 11 a l'ait trente fois coupe-gorge aujourd'hui, regnar n, le Joueur, i, 7. Le hasard fit qu'elle [la grande duchessej coupait M. le Grand, et qu'elle lui donna un coupe-gorge, st-sim. 177, no. || 3° Terme de marine. Courbe de charpente qui, formant la gorge du vaisseau, se courbe vers l'étrave et sous l'éperon. ||^u plur. Des coupe-gorge.
— HIST. xiiie s. F.t fist en sa manche glacier Ung bien trenchant rasoer d'acier, Qu'il fist forgier à une forge, Que l'en apele cope-gorge, la liose, 12300. Coupe-gorge [sorte d'arme] qui n'istdu fuerre [ne sort du fourreau], Fors quand larrecin vet en fuerre, Fabliaux tnss. n°76is, t. II. 1° tut, dans lacurne, au mot fuerre. || xve s. Un grand coustel, appelle coppegorge, autrement ganivete, du cange, copagorgins.
— étym. Couper, et gorge.
f COCPEÏLLON [kou-pè-llon, JZ mouillées), s. m. Terme de pêche. Petite truble pour retirer le poisson des poches d'une bourdigue.
COUPE-JARRET (kou-pe-ja-rè) , s. m. Brigand, assassin de profession. S'étant écrié avec un transport de joie que le coadjuteur n'aurait plus tant de crieurs à gage dans la salle du palais, et le président de Mesmes ayant ajouté, ni tant de coupe-jarrets.... retz, Mém. t. i, liv. 2, p. 390, dans pougens. Je vis ces Albanais qui sont des coupe-jarrets enrôlés, p. l. cour. Lett. i, 69.
— KEM. Des grammairieiis ont dit que, ne s'agissant pas ue couper un seul jarret, il fallait écrire un coupe-jarrets. D'autres ont remarqué que, admettant un coupe- jarret , il fallait écrire au pluriel aussi des coupe-jarret, la pluralité tombant non sur jarrit, mais sur hommes sous-entendu. L'Académie écrit un coupe-jarret, des coupe-jarrets.
— ÉTYM. Couper, et jarret.
f COUPE-LANDE (kou-pe-lan-d') , s. m. Sorte de houe en 1er avec laquelle on coupe, entre deux terres, les ajoncs et les autres plantes qui obstruent les terrains incultes. || Au plur. Des coupe-lande.
— ÉTYM. Couper, et lande.
t COUPE-LÉGUMES (kou-pe-lé-gu- m'), s. m. Instrument pour couper les légumes en menus morceaux. || Au plur. Des coupe -légumes.
— ÉTYM. Couper, et légumes.
C0UPELLAT10N (kou-pèl-la-sion) , s. f. Terme de
chimie. Opération par laquelle ou sépare l'argent des autres métaux avec lesquels il est uni, excepté de l'or.
— ÉTYM. Coupelle.
COUPELLE (kou-pè-1'), s. f.\\l° Petit vase fait avec des os calcinés, réduits en poudre, puis délayés dans l'eau, et dont on se sert pour la coupellation. Mettre à la coupelle. Passer à la coupelle. || Or ou argent de coupelle, or, argent très-fin, qui a passé par l'essai de la coupelle. || Fig. .Mou cœur s'est purifié à la coupelle de l'adversité, J. 3.
rouss. Prom. I. || 2" Terme de marine. Pelle de ferblanc, qui sert aux canonniers pour prendre de la poudre.
— HIST. xv* s. Je crois qu'homme n'est si rusé, Fust fin comme argent de coupelle, Qui n'y laissast linge et drapelle, villcn, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Lat. cupella, diminutif de cupa, cuve, coupe tvoy. cuve) : proprement petite coup
COUPELLE. ÉE (kou-pèl-lé, lée), part, passé. Argent coupelle.
COUPELLER (kou-pèl-lé), v. a. Terme de chimie. Passer un métal à la coupelle.
— ETYM. Coupelle.
j COUPEMENT (kou-pe-man), s. m. Terme de charpentier. Action de couper une pièce avec la scie.
— HIST. xvie s. Coupement [action de couper], cotgrave.
— ÉTYM. Couper.
f COUPE-PAILLE (kou-pe-pa-lP, Il mouillées), f. m. Instrument pour couper la paille en fragments très- petits. |! Au plur. Des coupe- paille.
— ÉTYM. Couper, et paille.
f COUPE-PÂTE (koVpe-pà-t'), s. m. Terme de boulanger. Instrument pour couper la pâte || Au plur. Des coupe-pâte.
— ÉTYM. Couper, et pâte.
f COUPE-QUEUE (kou-pe-keûe) , s. m. || 1° Instrument de chirurgie vétérinaire composé de deux branches, l'une mâle, qui porte un tranchant demi-circulaire, l'autre femelle, qui est creusée d'une cavité correspondante. || 2° Platine de cuivre que l'on chauffe, et sur laquelle on aplanit l'extrémité inférieure des chandelles à la baguette. || 3° Instrument pour couper les queues des peaux qu'on veut passer en mégie. \\ Au plur. Des coupe-queues.
— ÉTYM. Couper, et queue.
COUPER (kou-pé), v. a. || i" Diviser un corps avec un instrument tranchant. Couper du pain ;ivec un couteau, du bois avec une hache. David, rencontrant Saùl à son avantage, après lui avoir sauvé la vie malgré les instances de tous les siens, se senti i saisi de frayeur pour lui avoir seulement coupé le bord de sa tobe et avoir mis la main, quoique d'une manière si innocente, sur sa personne sacrée, toss. Variât. t>e arert. § 30. || Familièrement. X couper au couteau, se dit de choses épaisses, d'un liq ide plus consistant qu'il ne doit l'être. Un b milliard, une fumée à couper au couteau. Voilà un bouillon à couper au couteau. Quelques verres d'un gros vin à couper par tranches, j. j. rouss. Couf. n. || Absolument. Ce rasoir coupe bien. || Couper la bourse à quelqu'un, lui voler sa bourse. || Couper la gorge à quelqu'un, et, populairement, le sifflet à quelqu'un, l'égorger, le tuer. On coupa la gorge à tous les Français dans les Vêpres siciliennes |J Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui faire perdre sa position, lui causer un grand dommage. || Fig. Couper le sifflet à quelqu'un, le rendre muet. || Familièrement. Je lui couperai les oreilles, se dit par exagération et par menace. Laissez-moi, je lui veux couper les deux oreilles, mol. Tarî. v, 2. || On dit aussi couper le nez. Laissez-moi lui couper le nez. — Laissez-le aller; Que feriez-vous, monsieur, du nez d'un marguillier? hegnard, Mewchm. m, n. || Couper le visage à quelqu'un d'un coup de cravache, lui asséner un coup de cravache à travers la figure. || Fig. Couper la jupe, couper la robe au cul, façon de parler grossière qui se dit à des prostituées ou à des femmes qui ne valent pas mieux. 11 me ferait couper ma jupe; Ma foi, je ne suis pas si dupe, scarr. Virg. travesti, dans leroux, Dict. fornique. || Fig. Couper l'herbe sous le pied à quelqu'un, le supplanter dans une affaire. || Couper pied à un abus, en ôter la cause. || Couper bras et jambes àquelqu'un, lui ôter tout moyen d'agir efficacement, et aussi lui causer une consternation grande. Celte nouvelle m'a coupé bras et jambes. Je m'en consolerai quand je verrai Phocas Croire affermir son trôn9 en se coupant le bras, corn, lléracl. iv, 5. || Fig. Quelle horreur d'embrasser un homme dont i'épée De toute ma famille a la trame coupée! cohn. Uor. v, 3. Si vous voulez couper'd'une race odieuse Unis ses derniers rameaux la tige dangereuse, volv. Orphel. m, 4. || Couper le mal à sa racine, l'attaquer à sa source et l'exlirper. C'en est encor bien moins [de prudence] alors qu'on s'imagine Guérir un si grand mal sans couper la racine, cohn. Cinna, n, 2. || 2° Se couper, couper à soi-même. Se couper les ongles. Coupez-vous du pain. En taillant sa plume, il s'est coupé le doigt. Quand on eut appris sa mort chez les bai baies, la douleur fut extrême, ils se coupèrent les cheveux, coupèrent les crins de leurs cheviiuv el de leurs mulets, et remplirent tout le camp
COU
de cris et de gémissements, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 259, dans pougens. || Se couper la . se donner la mort en s'ouvrant la gorge. || Se r la gorge avec quelqu'un, se battre en duel avec lui. Mon ami, lui dit le chevalier, j'ai autant d'envie que vous de me couper la gorge, car je suis outré de dépit; mais ce ne sera pas avec vous, s'il vous plaît, mahmont. Contes mor. Laurel. [I 3° l'ailler d'une certaine façon. Il s'entend bien à couper les pierres. Couper un habit. La voilà qui me coupe des serviettes, sëv. 52). || Terme de gravure. Conduire d'une certaine manière le burin. Ce graveur coupe bien le cuivre. Exécuter en creux ou en relief différents ornements. || Terme de sculpture. Couper le plâtre . faire à la main des moulures ou autres ornements en plâtre. || Terme d'architecture. Couper du trait, faire le modèle d'une voûte ou d'une pièce de trait en petit, avec de la craie, du plâtre, etc.|| Absolument, en termes de cordonnier et de tailleur, tailler le cuir ou l'étoffe selon les règles du métier. Il coupe bien. || En termes de jardinage, couper à l'épaisseur d'un'écu, couper en moignon, couper en talus, couper en pied de biche, couper carrément, termes deLAQUiNTiNiE,./ardt>!4-, 1. 1. dans richelet.|| 4" linlever, retrancher une partie d'une chose. Couper un pan de bois. || En termes de maçonnerie, couper une pierre, en ôter trop, de sorte qu'elle ne peut pas à l'endroit où elle étaitdestinée. || En termesde chirurgie, couper un membre, l'amputer. Couper dans le vif, couper, pour mieux extirper un mal, tout autour dans les chairs vives. || Fig. Couperdans le vif, prendre des mesures énergiques pour mettre fin à une situation mauvaise. i| Termede vétérinaire. Couper un animal, le châtrer. || 5° Barrer, détourner, intercepter. Couper le cours d'une rivière. Couper une route, un passage. Les ponts furent coupés pour empêcher les ennemis dépasser. || Couper le chemin à quelqu'un, le lui barrer, passer devant lui. Son fils et deux valets me coupentle chemin, cùrn. le Ment.n, 5. Ils avaient coupé le chemin aux Madianites, boss. Polit. Il fait signe aux siens, qui étaient de l'autre côté de l'arbre, de couper le chemin au perfide Adraste, fénel. Tél. xx. Depuis, les Russes ont reproché à Napoléon de ne 5,'êire point décidé à cette manœuvre ; mais ont-ils assez songé qu'aller ainsi se placer par delà un fleuve, une ville forte et une armée ennemie, c'eût été, pour couper aux Russes le chemin de leur capitale, se faire couper à soi-même toute communication avec ses renforts, ses autres armées et l'Europe? sÉGDR,ffts{. deNap. vi, 3. || Couper les communications, couper les vivres à une place assiégée, empêcher qu'elle ne communique avec le dehors, qu'elle ne se ravitaille. || Fig. Coupons dès cette nuit tout accès à ses vœux, rotb. Vencesl. m, 3. A tous nos démêlés coupons chemin, de grâce, mol. Mis. n, 1. || Couper les vivres à quelqu'un, cesser de subvenir à ses dépenses, lui refuser de l'argent. || Couper le feu, circonscrire, borner l'action de l'incendie. Des capucins travaillèrent si bien qu'ils coupèrent le feu, sév. 20. || Par analogie. Couper la fièvre, empêcher le retour des accès. Avec la seconde écorce du sassafras, ils [les sauvages] coupent les fièvres, chateaubr. Amer. 96. || Fig. Je coupe en lui tout intérêt de mentir, j. j. rouss. Ém. n. || 6° Passer devant quelqu'un en le séparant de la personne ou de la chose vers laquelle il va. Elle coupe la duchesse et donne la serviette, sév. 27. Tantôt il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur ou un premier commis, et tantôt, s'il les trouve en conversation avec vous , il vous coupe et vous les enlève, la bruy. ix. Vardes convint avec mon père que le carrosse de M. de Vardes couperait celui de mon père, st-sim. to, no. Tous [au conseil d'EtatJ étaient assis, et les conseillers d'État y coupaient les secrétaires d'État etlecontiôleurgénéral, id. 4)7, 7. || Terme de manège. Couper la volte ou le rond, changer de main en faisant des voltes. || 7° Séparer, diviser. Je couperai cette pièce en deux par une cloison. Ilsont coupé de trop grandespièces, pour avoirdes logements mieuxdistribués, j. j. rouss. Hél. iv, 10. || Se croiser avec. Ce chemin coupe la route d'Orléans. Une ligne qui en coupe une autre à angle droit. || Couper l'eau, couper le courant, aller en travers ou en remontant. || Fig. Couper à quelqu'un sa journée, déranger le plan de ses occupations. || Terme de marine. Le vaisseau coupe la lame, quand l'avant court sur la lame et la traverse. |i On dit aussi couper la ligne de l'ennemi, quand un ou plusieurs vaisseaux la traversaient et la séparaient en deux, rendant ainsi 1 une des parties inutiles pour le combat, alors que les vaisseaux à vapeur n'existaient pas. X Trafalgar, les Anglais coupèrent la ligne française. || Fig. Couper l'équateur, traverser
COU
l'équateur. || 8°Terme de jeu de carte. Prendre avec l'atout une carte de son adversaire. Je coupe le carreau. Le jeu rassemble tout ; il unit à la fois Le turbulent marquis, le paisible bourgeois ; La femme du banquier, dorée et triomphante, Coupe orgueilleusement la duchesse indigente, regnard, le Joueur, ni, 6. || Absolument. Je coupe à carreau. || 9° Empêcher, en parlant de la voix, de la parole. La Parque à ce motlui coupe la parole, corn, liodog. v, 4. Ce n'est que la douleur qui lui coupe la voix, n>. Théod. v, 9. Peut-être, S' la voix ne m'eût été coupée, L'affreuse vérité me suait échappée, rac. Phèdre, iv, 5. Ses pleurs précipités ont coupé mes discours, id. Baj. m, 4. || Couper la parole à quelqu'un, l'interrompre en la prenant soi-même. Couper la parole à son maître, la bruy. iv. Néron lui coupe la parole et lui réplique que Claude ne fit jamais accuser personne, dider. Ess. s. Claude. || 10° Gercer, en parlant du froid Le froid m'a coupé les lèvres. || Ce vent coupe la figure, il est vif et froid. || 11° Tempérer un liquide par un autre. Couper du vin blanc avec du vin rouge. || Absolument. Couper, c'est mélanger d'eau. Couper le bouillon. On a beau couper le lait de mille manières, j. j. rouss. Ém. 1. 1| 12° Couper le style, faire des phrases courtes et d'où les liaisons sont absentes. || Mettre les repos dans les phrases, dans les vers. Ce vers est heureusement coupé. L'orateur a mal coupé ses phrases. Il faut couper vos phrases à propos; mais il y a une manière de les couper qui, bien loin d'interrompre l'harmonie, sert à la continuer, d'olivet, Prosodie fr. art. v, § 2. || Terme de musique. Couper les sons, marquer un silence d'un son à l'autre. || 13" À la paume, couper le coup, couper la balle, pousser la balle de manière qu'elle ne fasse point de bond. Ils la touchent en biaisant de leur raquette, ce qu'ils nomment couper, desc. Diopt. 5. [[ Terme de jeu. Couper cul, se retirer après avoir gagné et sans donner de revanche. || Couper les dés, les jeter en retirant le cornet, pour qu'ils restent à la même place. || 14° Couper court, abréger. Je dirais beaucoup de choses sur ce sujet que je coupe court par mille raisons, sév. 346. || Absolument. Couper court au discours; et, elliptiquement, couper au discours. Tout cela va le mieux du monde, Mais enfin coupons au discours, mol. Amph. ni, n.||Par extension, mettre un terme. Coupons court Aux erreurs de la jeunesse, bêrang. Chap. || Couper court à quelqu'un, le quitter brusquement en lui faisant une réponse brève et décisive. Et absolument : Monsieur, point tant de paroles, coupons court. || 15° V.n. Passer la racloire sur une mesure de grains qui est comble. || 16° Coupera travers champs, par le plus court chemin, se diriger par la ligne la plus courte. || Terme de vénerie. Un chien coupe, lorsqu'il veut gagner la tête de la meute ou lorsqu'il manque de force. || 17° Terme de peinture. On dit qu'une couleur coupe quand elle n'est pas assez fondue. || 18° Terme de danse. Exécuter le pas dit coupé. || Terme d'escrime. Exécuter le dégagement dit coupé. Couper sous le poignet, dégager par-dessous le poignet de son adversaire. Couper sur pointe, porter une botte en dégageant par-dessus la pointe de l'épée de l'adversaire. || On dit aussi couper la mesure, la dégager. || 19° Terme de jeu de cartes. Séparer en deux un jeu de cartes, après que celui qui les tient lésa bien mêlées. || Au jeu du lansquenet, prendre carte et se mettre au nombre des joueurs. 11 coupait. || 20° Terme de marine. Couper à terre, aller directement le cap sur la terre. || Passer entre un vaisseau et un autre. Dans ce momentlà j'avais Ruyter par mon travers, et je voyais l'arrière-garde ennemie dans nos eaux, qui pouvait, en revirant, couper entre notre corps de bataille et la division de M. Cabaret, Mém.de Villelte, en )675, dans jal. || 21° Se couper, v. réfl. Se blesser avec un instrument tranchant. Elle s'est coupée à la main. || Terme de manège. On dit que des chevaux se coupent, quand ils s'entre-heurtent les jambes, ou quand, avec l'un des fers, ils se blessent le boulet de l'autre pied. || Se dit aussi des enfants et des personnes grasses, lorsqu'il leur vient des excoriations aux plis que forme la peau. || 22° Être coupé. Le roc cède et se coupe aisément. || En parlant des étoffes, se gâter par les plis. Les étoffes fortes se coupent plutôt que celles qui sont souples et déliées. || 23° S'entre-croiser. Ces deux lignes, ces deux toutes se coupent. || 24° Fig. Se contredire dans ses assertions. On se coupe aisément quand on ne dit pas la vérité. Ces deux réponses se coupent, boss. Nouv. myst. 90. La comtesse de Soissons, craignant toujours qu'on ne lui eût fait quelque finesse, tourna tant Vardes qu'il se coupa sur deux ou trois choses,
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Mme de la Fayette, Hist. d'ffenr. d'Anglet. Œuvres, t. m, p. 157, dans pougens.
— HIST. xr s. Si ço avent que alquen colpe le poin à altre u le pied, Lois de Guill. 13. jj xri" s. Au bon destrier [il] a l'eschine coupée, Uonc. p. 66. Ne faiz pas cum saint Piere qui donala colée: Al serf al prince aveit l'une oreille coupée, Th. le mari. 9». Pardouz [deux] feis i fu pris: si l'en laissa aler, Mais ainceis li fist l'um les oreilles couper, ib. 3).|| xiii's. Et li François lor remanderent qu'il i seroient l'endemain devant tierce, et le [l'ormeau] copperoient ou despit de lui, Chr. de Iiains, p. 63. Se feme tient bos [bois] en douaire, elle ne le poet couper devant que il ait sept ans acomplis, beaum. xiii, 7. Et quant il les orent pris, il lor coperent les testes à toz, id. xxx, 63. Et lors il me portèrent à terre et me saillirent sur le cors pour moy coper la gorge, joinv. 240. Mal apertement se partirent les Turs de Damiete, quant il ne firent coper le pont qui estoit de nez [nefs], id. 2)6. || xive s. Et on voit qu'uns tarons qui se met à l'embler, Il n'aconte noient d'une bourse à couper, Baud. de Seb. vi, 263. ||xve s. Et à tant je coupe le compte de che chevalier, jusques cy après que j'en releveray le remannant, g. chastel. Chron. des ducs de Bourg. 1. i, ch. 54. Que ce vin on ne coupe; Ainçois qu'on boive net; Je pry toute la troupe De vider le godet, basselin, xviii. || xvie s. S'estant si lourdement couppé [contredit], mont. 1,39. C'estoil un précipice si droict et si couppé, que.... id. l, 166. Un mont coupé, rabotteux et inaccessible , id. i, 176. Un langage trop serré, coupé, id. I, 292. Murena en rencontra les uns fuyans, ausquelz il couppa le chemin et les desfeit, amyot, Sylla, 40. Ses ennemis luy coupoient les vivres, id. Lucull. 4. La montée n'estoit pas fort roide ny couppée [à pic], id. ib. 53. 11 faut couper la cause de la fièvre par son contraire, paré, xx, 6.
— ÉTYM. Coup; picard, coper; bourguig. côpai.
f COUPE-RACINES (kou-pe-ra-si-n'),s. m. Instrument propre à couper, à diviser en tranches plus ou moins minces les racines charnues. || Au plur. Des coupe-racines.
— ÉTYM. Couper, et racine.
f COUPERAS (kou-pe-râ), s. m. Terme de pèche. Sorte de poche pour prendre le poisson dans les bas parcs nommés courtines.
COUPERET (kou-pe-rè ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie : des koupe-rè-z affilés; couperets rime avec traits, succès, paix), s. m. ||l°Sorte de large et lourd couteau, pour trancher ou hacher la viande. Samuel prend un saint couperet et il hache en morceaux le roi Agag, volt. Phil. il, 269. || 2° Terme d'émailleur. Outil d'acier pour couper les filets d'émail. [| 3° Marteau tranchant pour fendre les pavés.
— HIST. xvie s. Des broches, des coupperets et cousteaux de cuisine, amyot, Crass. )4.
— ÉTYM. Couper; bourguig. côperô.
). COUPEROSE (kou-pe-ro-z') , s. f. Nom ancien de divers sulfates : couperose verte, sulfate de fer; couperose blanche, sulfate de zinc; couperose bleue, sulfate de cuivre.
— REM. Dans une Déclaration du roi, nov. )64», il est masculin : couperose blanc, couperose vert. Et un peu plus loin il est écrit : compros vert, compros blanc.
— HIST. xiv" s. Lors le convient oster du feu et mettre la couperose et gomme, Ménagier, n, 5. || xvie s. Matthiole conseille de donner de la coupperose dissoute en eau rose, parce qu'elle fait vomir et suer et asseller, paré, xxiv, 27. La cataracte ou taie des yeux se fond par la subtile poudre de sucre candi, de tuthie, de couperoze blanche, o. de serres, 897.
— ETYM. Espagn. caparrosa; ital. copparosa; angl. copperas. La forme anglaise paraît indiquer que ce mot, d'origine allemande, représente Kupfer-asche, cendre de cuivre, chaux de cuivre, de Kupfer, cuivre, et Asche, cendre; bien qu'on ne trouve pas dans les dictionnaires Kupferasche (on y trouve Bleiasche, chaux de plomb), le mot a pa venir en France d'un dialecte allemand des pays limitrophes.
2. COUPEROSE (kou-pe-ro-z'), i. f. Terme de médecine. Inflammation chronique et non contagieuse des glandes cutanées de la face, caractérisée par des pustules peu étendues, séparées, environnées d'une aréole rosée.
— HIST. xvie s. Parquoy, pour guarir sa couperose, on luy appliqueroit un vesicatoire fait de cantharides, sur toute la face, à fin d'attirer la matière des boutons, paré, xxiii, 3«. Contre la
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eouperoze, autrement dittegoutte-roze, ces remèdes ni emploies, o. de serres, 9G6.
i.tn.m. La couperose médicale est rouge; comment a-t-elle pris son nom de la couperose minérale, qui est bleue ou verte? Est-ce par une méprise sur l.i finale rose et par l'idée de cuivré qui est dans couperose? Kst-ce par une corruption de goulle-rc >.w en couperose ? Couperose, au sens médical, tient-il à coprose (voy. ce mot), un des noms vulgaires du coquelicot? Ces questions restent non résolues.
COUPEROSÉ, ÉE(kou-pe-rô-zé, zée), adj. Terme de médecine. Atteint de couperose. Teint, visage couperosé. Je suis toujours couperosée, ma pauvre petite, et je f.iis toujours des remèdes, sév. t. m, jeit.314, danspouGENs. C'était un assez gros homme [d'Huxelles] , tout d'une venue. un grand visage couperosé, mais assez agréable, st-sim. n6, 7.
— HIST. xvi" s. Son visage estoit fort coupperosé et semé de taches blanches par endroits, dont on dit que le nom de Sylla lui fut imposé à raison de sa couleur, amyot, Sylla, 2. Les ladres ont toute la face tuméfiée et couperosée, de couleur rou^e obscure, livide, paré, xxxn, io. L'autre, tout ventre, lippu, copperosé.... d'aub. Mist.i, H3.
— Etym. Couperose 2.
t COUPEROSEE (kou-pe-rô-zé), ». a. Rendre couperosé. Il Se couperoser, v. ré/1. Devenir couperosé.
— HIST. xvie s. Il ne faudra qu'un haie qui basannera ou noircira vostre femme comme une moresque, qu'un vent qui vous la gersera, qu'une jaunisse qui la vous pallira, qu'une chaleur maligne qui la vous couperosera, Contes de Cholières, f° 159, dans lacurne.
— ÊTYM. Couperose 2.
t COUPERU (kou-pe-ru), S. m. Terme de pêche. Espèce de petite nasse pour le poisson qui reste dans les écluses ou courtines quand l'eau ne s'est pas retirée entièrement.
— ÉTYM. Couper, et ru, ruisseau.
t COUPE-SÉVE (kou-pe-sè-v'), s. m. Terme de jardinage. Petit emporte-pièce pour enlever un anneau d'écorce à la floraison, afin d'avoir le fruit plus tôt et plus beau. \\ Au plur. Des coupe-séve.
— ETYM. Couper, et sève.
I f COUPET (kou-pè), s. m. Coquille univalve du genre cône.
t f COUPETÉE, s. f. Voy. coptée.
COUPE-TÊTE (kou-pe-tê-f), s. m. || 1° Celui qui coupe des tètes. Un homme surnommé coupe-tête dans la Révolution à cause des meurtres qu'il avait commis. || 2° Sorte de jeu où les enfants sautent tour à tour les uns par-dessus les autres. Jouer à coupetète. || Fig. On disait qu'on avait joué à coupe-tête, quand, après quelques séditions ou révoltes, l'autorité avait fait trancher la tête à plusieurs révoltés.
— HIST. xive s. Jehan de la Maie, pour plusieurs paroles sentans commotion du pueple, fu jugié à avoir coppe-la-ieste, oucange, copagorgius.i xv" s. [Messire Gautier de Mauny intercède en faveur des bourgeois de Calais] À ce point grigna le roi les di nts et dit : Messire Gautier, souffrez vous; il n'en sera autrement; mais on fasse venir le coupe teste [bourreau], froiss. i, i, 32 1.
— ÉTYM. Couper, et tête.
COUPEUR, EUSE (kou-peur, peû-z'), s. m. et f. Il 1° Celui, celle qui coupe des étoffes ou des cuirs dans un atelier. || Tailleur d'habits chargé de la coupe de l'étoffe, y Coupeurde poil, ouvrier chapelierqui coupe le poil des peaux. || 2° Celui, celle qui coupe les grappes en vendange. Des coupeurs et des hotteurs. j| Se dit aussi de ceux qui coupent le bois aux colonies. Les coupeurs livraient le fruit de leurs peines, soit aux Jamaïcains qui leur portaient du vin de Madère, des liqueurs Lrtes, des toiles, des habits, soit.... raynal, Hist. phil. vi, 25. || 3° Joueur au lansquenet. M. de Vendôme, qui était un des coupeurs, eut dispute avec un autre sur un mécompte de 7 pistoles, st-sim. 27, 53. || 4" Coupeurde bourse, un adroit filou. Ces coupeurs de bourse sont bien aimables dans la conversation, sév. 430. C'est la vie des voleurs d'aujourd'hui et des coupeurs de bourse, volt. Mœurs, av. propos. || 5° Terme de chasse. Coupeur, chien qui coupe, e'est-à-dire qui quitte la voie de la bête et prend les devants pour avoir l'avantage sur elle. Je monte donc dessus [mon cheval], et ma joie était pleine De voir filer de loin les coupeurs dans la plaine, mol. Fdch. a, 7. || 6° Terme de zoologie. Coupeur d'eau, nom vulgaire des bucsen-ciseanx ou des oiseaux du genre bec-en-ci^eaux. Il S. f. Coupeuse, nom d'une abeille. C'est aussi sous terre qu'il faut aller chercher le nid d'une autre abeille solitaire, dont l'industrie ne le cède guère à celle de la coupeuse de feuilles et qui travaille à
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peu près sur le même modèle, bonnet, Contempl. nat. 12e part. ch. 39.
— HIST. XTTie s. Autrement iroit, se li mors ou li navrés estoit présentement avec le copeur [celui qui a fait la blessure], beaum. lxix, 4. || xive s. Vilains, tu semblés miex pendeour de larrons Que ne fais charbonnier ne copeur de jarrons, Girart de lioss. p. 2359. Il xvie s. Il n'y a pas mestier au monde qui ait besoin de plus grande habileté, que celui des coupeurs de bourses, coupeurs de pendants, desper. Contes, lxxxi. Un de ces vénérables coupeurs de cuir [bourses], id. ib. lxxxiii. Pour la nécessaire et prompte expédition des moissons, convient avoir nombre suffisant de couppeurs, 0. de serres, 128. Aussi estonné qu'un coupeur de bourses pris sur le fait, h. est. Apol. d'Hérod. p. 656, dans lacurne.
— ÉTYM. Couper.
f 1 . COUP1S (kou-pi) , s. m. Terme de marine. Élévation verticale entre le pont coupé et le reste du pont. t 2. COUP1S (kou-pi), s. m. Toile de coton des
Indes.
f COUPLAGE (kou-pla-j') , s. m. Terme de mécanique. Assemblage. || Seizième partie d'un train de bois. Il Bateaux qui descendent une rivière attachés latéralement deux par deux.
— ÊTYM. Coupler.
COUPLE (kou-pl'), s. f. H 1° Lien pour attacher ensemble deux ou plusieurs choses pareilles. Une couple pour trois ou quatre chevaux. || 2° Lien dont on attache deux chiens de chasse ensemble. Où est la couple de ces chiens? || 3° Il se dit, par extension, de deux choses de même espèce, prises ensemble. Une couple d'eeufs. Une couple de serviettes. Une couple de pigeons. Au bout d'une couple d'années de pénitence, Mme de Valentinois obtint son retour, st-sim. 44, 2. Il Adverbialement. Et comme des forçats couple à couple liés, mair. Mort d'Asdrubal , iv, 4. y Terme de marine. Une couple de haubans, une paire de haubans, faite du même cordage, lequel est plié en deux par le milieu. || 4° S. m. Le mari et la femme, l'amant et l'amante, ou deux personnes vivant ensemble dans des relations d'amitié ou d'intérêt. Heureux couple d'amants, notre grande Marie A pour vous combattu le sort, MALii. 11, 10. Oui, je vous unirai, couple ingrat et perfide, corn. Cinna, v, 2. Certain couple d'amis en un bourg établi, la font. Fàbl. vu, 12. Tout vivait en commun sous ce couple adoré, liûiL. Sat. xi. De ce couple perfide J'avais presque oublié l'attentat parricide, rac. Esth. 11, 3. Au lieu que, dans toute l'antiquité, à peine comptait-on pendant plusieurs siècles trois couples de vrais amis, Ëpicure avait su en réunir des troupes nombreuses dans une assez petite maison, rollin, Hist. anc. liv. xxvi, ire part, ch.3, art. 2, § 4. Vous êtes un couple de fripons qui me jouez d'intelligence, j. j. rolss. llél. vi, 2. De ce couple qui s'aime Livrons la vie au sarcasme des cours, réhang. Cachet. La barque errante Berça sur l'onde transparente Deux couples par l'amour conduits, lamart. Médit, il, t. || Par extension. Un couple de chiens, de pigeons, II' mâle et la femelle. || 5° Terme de marine. Deux pièces liées entre elles qui, placées sur un double rang, forment la membrure. Le maître couple. ||-Par abus. Couple simple, celui qui est formé d'une seule pièce. || On dit qu'un navire est en couple quand il en touche un autre de long en long, ou quand il se tient exactement par son travers, à petite distance. || Avirons à couple, avirons montés deux à deux, un de chaque bord. Il 6" Terme de pêche. Fil de fer un peu courbe, qui porte au milieu un petit poids, et aux deux bouts deux piles garnies d'hameçons. || 7° Terme de micanique. Nom donné à deux forces égales, parallèles et de direction opposée, qui sont appliquées l'une à l'extrémité d'un levier, l'autre à l'autre.
— REM. Couple, vu l'étymologie, aurait dû être toujours du féminin; mais la langue ayant hésité de très-bonne heure sur le genre, l'usage en a profité pour introduire des nuances dans l'emploi du féminin ou du masculin.
— SYN. 1°un couple, une couple. Un couple, au masculin, se dit de deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage; il se dit de même de deux animaux unis pour la propagation. Une couple, a 11 féminin, se dit de deux choses quelconques de môme espèce, qui ne vont point ensemble nécessairement et qui ne sont unies qu'accidentellement. Il résulte que la construction peut varier , c'est-àdire qu'on dira toujours, au singulier; un couple de pigeons suffit pour repeupler un pigeonnier; mais on dira au singulier, ou au pluriel, suivant l'idée de celui qui parle : une couple de poulets suffira bien ou suffiront bien pour notre dîner. || 2° une
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couple, une paire. Une couple désignant deux choses qui ne sont unies qu'accidentellement, paire désigne deux choses qui vont ensemble par une nécessité d'usage, comme les bas, les souliers, ou une seule chose composée de deux parties ou pièces, comme des ciseaux, des lunettes, des pincettes. Une couple et une paire peuvent se dire aussi des animaux, mais la couple ne marque que le nombre et la paire y ajoute l'idée d'une association nécessaire pum une fin particulière. Un boucher achètera une couple de bœufs, c'est-à-dire deux. Un laboureur doit dire qu'il en achètera une paire, parce qu'il veut les atteler à la même charrue, beauzée.
— HIST. xii" s. Cueilliez ces copies por ces chiens retenir, Garin, dans du cange, cupla. Mal culpe en fist li criatur; Tu [Eve] es trop tendre, e il [Adam] trop dur, Adam, Mystère, p. 21. || xme s. La dame gist lez sun ami; Ains mes si biau couple ne vi, marie , Ivenec. || xive s. Et les delettacions nécessaires sont aucunes cbrporeles, et teles sont celles qui sunt en boire et mengier et vers oportunité de couple charnel, oresme, Eth. 200. || xvi° s. Il prend plus de plaisir quand on luy faict présent d'un bon couple de bœufz, rab. Garg. 1, 39. Quand on te voit, il vient à maints Une envie dedans les mains De te prendre avec les gants doubles Pour en donner cinq ou six couples De souffietz.... marot, m, 45. Mémoire à mon solliciteur, Qui prend à Paris mes paquets, De m'envoyer par ce porteur Un couple de bons perroquets, st-gelais, 250. Voici la jeune Cynthienne, Vefve de son Endymion : Belle couple, heureuse union, du bell. 11, 7G, recto. De maint propos ce couple [Ënée et Achates] devisoit, id. iv, 44. verso.... Je vis à sa mammelle Mignardament jouer ceste couple jumelle, id. vi, ci, verso. Le plus beau couple de la chrestienté, marg. Nouv. x. Une couple de beaux chevaux, id. ib. xxvi. L'une des plus belles couples qui fust en la chrestienté, id. ib. xl Comme une couple de chevaux attelez à mesme timon, mont, i, 183. La couple de vies, justement la plus noble qui feust en Plutarque, id. m, 195. De quoy ils n'avoyent pas tasté une couple de fois qu'ils ne changeassent vistement d'opinion, lanoue, 708. Isocrates a escrit un plaidoyer en la défense de Alcibiades, touchant une cou; le de chevaulx, amyot, Aie. <8. Peult estre ne sera il point mauvais d'entrelacer, parmy les exemples de ces grands personnages, une couple ou deux de ceulx qui ont un peu trop inconsidérément abuzé de leur licence, id. Démétr. 2. Une couple d'années, d'aub. Fœn. iv, 14. J'en spécifierai un couple des plus apparentes [entreprises], id. Ilist. Il, 109. Un couple de mois, id. ib. 11, 347. Un couble de javelots, id. ib. ni, t97. Les plus communes mesures sont: arpents, asnées, journaux, sesterées, acres, couples de bœufs, 0. de serres, io.
— ÉTYM. Bourguig. copie; génev. une couble de chevaux; Berry, couble, coube ; wallon, cope; saintotig. couble; provenç. cobla; ital. coppia; anc. ital. càbbola ; du latin copula, lien.
COUPLÉ, ÉE (kou-plé, plée), part, passé. Attaché
avec une couple Je vois qu'ils se soucient D'avoir
chevaux à leur char attelés De même taille, et même^ chiens couplés, la font. Cal. Nous fûmes envoyés au bagne couplés comme des chiens de chasse j. j. rouss. Ém. v. Il Par extension, réuni comme un couple. Nous fîmes nos sollicitations ensemble, couplés deux dans un carrosse, st-sim. 18, 212. Un cinquième fut souvent admis à ce conseil [d'Espagne] étroit; ce cinquième était bien couplé avec Orj-y, id. 423, 102. || S'est dit de deux personnes logées ensemble, faute d'espace. La cour en hommes fut nombreuse, et tellement qu'à Compiègne les ducs furent couplés, st-sim. co, 4. || Terme de marine. Flammes couplées, llammes dont la queue, au lieu de flotter, se dédouble pour donner certains signaux. Il Dans les chemins de fer, roues couplées, roues accouplées.
COUPLER (kou-plé), v. a. || 1° Terme de vénerie. Attacher deux à deux des chiens de chasse. || 2" Autrefois, loger deux personnes ensemble dans les occasions où les logements étaient marqués par des maréchaux des logis. On pouvait, pour honorer les princes du sang, coupler M. le Duc avec M. le duc d'Orléans, ST-SIM. 287, 146. || 3° Coupler du linge, l'attacher en le cousant pour le donner au blanchissage. Il Coupler un train de bois, en rassembler les parties.
— HIST. xiie s. Li vers est d'une rime en cinc clauses cuplez ; Mis languages est bons, car en France fui nez, Th. lemart. 166. || xiu°s. En ton lardier le saleras, Et de la pcl fere portas Coroies à copier flaiaus, lien. 16027. Et tuit li autre s'entremenent,
COU
COU
COU
Li uns se lie à l'autre et copie; One en estor ne vi tel copie, la Rose, 15817. || xive s. Et prudence et vertu moral sont couplées et conjointes ensemble et as passions, oresme, Eth. aïs. Et les deux amistés dessus dites ne sont pas tousjours couplées ensemble, id. ib. 227. || xv« s. Le chevalier nouvel dont nous parlons, se voult, par son grand hardement, coupler main à main à un Flamand, Bouciq. 1, ch. 9. Ces Allcmans se couploient deux à deux de bonnes cordes, et s'y mettoient cent à deux cents à la fois, comm. vin, 6. || xvie s. [Les choses élémentaires] Qui lors estaient ensemble mal couplées, Et l'une et l'autre en grand discord troublées, marot, iv, (2. Les vers sacrez, les célestes augures, Les poincts couplez, les magiques figures, du bell. vu, 65, verso. Et combien que je couple ici la richesse avec la vertu, si est-ce que je ne la mets que comme servante, lanoue, 275. Quand les Thebains passoient leur temps aux exercices du corps, Kpaminondas trouvoit moyen de les faire tousjours coupler à la lucte aux Lacedaemoniens, amyot, Pélop. 13. Les seigneurs qui le suivoient se couplèrent avec ceux du pais pour passer les arcs triomphaux, d'aub. Ilist. 11. 112. Nature a voulu que les animaux fussent aiguillonnés d'une ardeur et envie extrême de se coupler ensemble, paké,xvlu, t.
— ÉTYM. Couple; saintong. coubler.
COUPLET (kou-plè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie: des kou-plè-z élégants; couplets rime avec traits, succès, paix), s. m. H 1° Proprement, ce qui est accouplé. || Terme de serrurerie. Nom de deux pièces de fer jointes ensemble avec des charnières et des rivures. Les couplets servent de penture pour les portes et les fenêires. || Couplets de presse, deux grosses charnières de fer qui attachent le grand châssis ou tympan au coffre de la presse. || Fusil dont le canon est formé de deux pièces vissées ensemble. || 2" Fig. Terme de théâtre. Tirade , morceau de quelque étendue dit par un acteur sans interruption. || 3° Ce qui est accouplé par la rime. Dans les chansons de geste, nom donné à une suite plus ou moins longue de vers sur une même rime. Un couplet sur la rime en in. Les chansons de geste sont composées de couplets monorimes. [|4U Dans une chanson, ce qui est couplé, uni par le repos à la fin de la stance;et,de la, stance d'unechanson II tourne bien le couplet, il fait bien la chanson. Et fournir sans génie un couplet à Linière, boil. Art p. il. Denys, sur moi fais donc vite un couplet, bérang. Damoclès. Et qu'une faible pointe à la fin d'un couplet, En dépit de Phébus, donne à l'art un souftlet, corn. Excuse à Arisle. Acante ne se put tenir de réciter certains couplets de poésie que les autres se souvinrent d'avoir vus dans un ouvrage de sa façon, la font. Psyché, 1, p 14. Par un couplet agaçant une belle, Chanter gaiement son martyre pour elle, Bernard, A ri d'aimer, n. Il Couplets carrés, couplets de huit vers de huit syllabes chacun. \\Auplur. Chanson. Dé joyeux couplets. Nous fîmes quelques couplets de ces Léridas, hamilt. Gramm. 8. Il [la Faye] fut outragé dans les fameux couplets qui causèrent les malheurs du poète célèbre J. B. Rousseau; mais il ne se vengea de l'outrage que par le mépris, d'alemb. Éloges, la Faye.
— hist. xve s. Et fut le pont achevé, amené et dressé, sauf le dernier couplet qui tournoit de costé, prest à dresser, comm. dans le IHct. de dociiez. Les coupletz ou charnières de l'arbaleste , du cange, copula. Le suppliant print icelle boete et arracha avec les mains le clou qui tient la charnière ou couplet de la dite boite, id. ib. || xvies. Cela n'est pas de mon histoire, mais j'en ay bien voulu reciter ce couplet [trait, chapitre] en passant, carl. vu, t . Les plus jeunes [rossignols] ruminent pensifs, et prennent à im;ter certains couplets de chanson; le disciple escoute la leçon de son précepteur.... mont, ii, 174.
— ETYM. Diminutif de couple; bourguig. copiai. COUPLETÉ, EE (kou-ple-té, tée), part, passé.
Coupleté par quelques railleurs.
COUPLETER (kou-ple-té), je couplette, je coupletais, je coupletterai, je coupletterais, coupletant, coupleté), v. a. Faire des couplets contre quelqu un. On l'a coupleté. || Vieux; on dit chansonner.
| COUPLETIER (kou-ple-tié), s. m. Par dénigrement, faiseur de couplets médiocres. || On dit aussi coupleteur.
— étym. Coupleter.
t COUPLIÈRE (kou-pli-ê-r') , s. f. Portion d'un train de bois.
— étym. Couple.
COUPOIR (kou-poir), s. m. Instrument propre à fiouper, ft rofçner. Il Instrument d. > : -0, qui
sert à couper des lames d'or, d'argent, ou de cuivre, pour en faire des flans.
— ÉTYM. Couper.
COUPOLE (kcu-po-F), s. f. Terme d'architecture. La partie concave d'un dôme. La coupole du Panthéon, y Le dôme même. La coupole de St- Pierre a Rome. C'est ainsi que du sein des vastes métropoles, On voitun riche amas d'édifices épars S'élancer en clochers, s'arrondir en coupoles, Ou s'étendre et s'enfuir en immenses remparts, masson, Helvétiens, 11. Cette capitale, justement nommée par ses poètes Moscou aux coupoles dorées, ségur, Hist. de Napol. vin, <. || Fig. Les premiers objets qui s'offrirent à sa vue [de René] furent la vaste coupole d'un ciel bleu, chateaubr. Natch. 11, 10a.
— ETYM. Ital. cupola, diminutif de cupa. coupe (voy. coupe), par comparaison à une coupe renversée.
COUPON (kou-pon), s. m. || 1° Petit reste d'une pièce d'étoffe. Les pièces de toiles et toileries qu'on est dans l'usage de plier par feuillets, auront toutes leurs plis égaux, et il ne pourra être joint ou cousu ensemble plusieurs coupons , Lettres patentes , 28 juin t780, art. to. |l 2" Terme de finance. Coupon d'action, terme formé dans le xvnr' siècle pour signifier une portion de la division d'une action. Chaque coupon de la compagnie des Indes portait l'empreinte du sceaudela compagnie. || Coupond'intérêts, promesse d'intérêts jointe à une action et qu'on détacheàuneéchéancedéterminée. || 3°T'ermede théâtre. Coupon de loge, le billet qui don ne droit à une loge entière. Il 4° Certaine quantité de bûches liées ensemble. Dix-huit coupons forment un train de bois flotté.
— HIST. xiii" s. Des coupons de candelle, teille [telle] que on le [la] livre en l'ostel de Flandres, du cange, copallus. Il xve s. Et après ce destrier venoit le conte d'Estampes, qui sur ung couppon de lance portait son heaulme, Jeh. de Saintré , ch. 50. Il xvi" s. Quant aux sierges et coppons que on apporte à l'offrande en la dicte église, du cange, ib.
— étym. Couper.
f COUPONNÉ, ÉE (kou-po-né, née), ad/. Terme de blason. Partagé.
— HIST. xve s. Vint en très grant estât le conte de Cambruges, qui fist sa très riche bannière de broderie, à trois lambeaux couponnés d'argent, J. de Saintré, 55.
— ÉTYM. Coupon.
f COUPOUI (kou-pou-i), s. m. Terme de botanique. Arbre de la Guiane, de la famille des myrtacées.
COUPURE (kou-pu-r), s. f. || 1" Division faite par un instrument tranchant. J'ai une coupure au doigt. Il y a une coupure à cette étoffe. || Plaie faite par un cheval qui s'entretaille, qui se coupe. Il 2° Fossé qu'on ouvre pour faire écouler des eaux. Saigner une rizière, un marais par des coupures. Il Par extension, se dit des coupures qui ne sont pas de main d'homme. Dans ses marches Philopémen observait exactement la position des lieux liants et des lieux bas, toutes les coupures et les irrégularités du terrain, hollin, Hist. anc. Œuvres, t. vin, p. 134, dans lacurne. Il 3° Terme de fortification. Fossé retranché qui, fait en arrière d'une brèche, coupe tout accès aux assaillants. Il [Charles XII] faisait faire des coupures et des retranchements derrière les murailles, volt. CharlesXll ,8. Il 4° Suppression qu'on fait dans une œuvre littéraire, surtout dans les pièces de théâtre, et aussi dans un morceau de musique pour en rendre la marche plus rapide. Pour rassurer les imprimeurs, Courier a fait de grandes coupures [dans le Pamphlet des pamphlets], p. L. cour, ii, 333. || 5° Coupures des monnaies, fraction de l'unité monétaire, du billet de banque type. Multiplier les petites coupures des billets de banque , c'est-â-dire les billets de 200 fr. de 100 fr. et au-dessous. Suivant l'état de la société, suivant le nombre et la valeur des choses qu'elle vend et achète le plus communément, elle a besoin d'une plus ou moins grande quantité de coupures, de fractions des grosses pièces, j. b. say, Cours, 1840, t. 1, p. 4(5.
— HIST. xive s. La chaleur du soleil cuiroit la coupeure [de la plante], et ainsi ne regetteroit jamais par icelui endroit de la coupure, Ménagier, il, 2. y xvie s. Si ces impétueuses furies exercent tousjours cruauté par prisons, fouets, géhennes, coppures, bruslures, calv. Inslit. Pour la douleur il avoit lasché la couppeure, et puis y avoit remis le ferrement à plusieurs fois, amyot, Dion, 46. Tu délieras la première ligature quetuavois faite au dessus du lieu de la coupure [amputation], paré, x, 23.
— ÉTYM. Couper; picard, copure.
t COUQUE (kou-k'), s. f. Terme de boulangerie. Sotte de petit gâteau qui se fait en Flandre. COUR (kotir), s, f, y 1° Domaine rural : sens pri-
mitif, tombé en désuétude, et qui ne se trouve plus qu'en composition et écrit court dans des noms de lieux en Normandie, en Picardie, en Lorraine : Harcourt, Brucourt, etc. || Se dit, en Normandie, du terrain et des plantations dépendant immédiatement du bâtiment de la ferme. || 2° Terrain enfermé de murs et à découvert qui fait partie d'une habitation et de ses commodités (c'est ici le tout pris pour la partie ; l'ancienne court comprenant le logis, la cour, la basse-cour et les terres d'exploitation). Cour d'entrée. Cour de derrière. Cour intérieure. Madame, Massinisse est dans la grande cour, Qu'on prendrait pour un temple où tout le monde accourt, mair. Sophon. m , 3. y Cour d'honneur , la principale cour d'un palais, d'un château. || P.asse-cour, cour d'une ferme, d'une maison de campagne, où l'on nourrit la volaille. Basse-cour, cour séparée de la cour principale et où sont les écuries, les équipages. Il Fig. et familièrement. Nouvelles de la bassecour, de basse-cour, bruits populaires, nouvelles fausses, ridicules. || Basse-cour s'écrit au pluriel basses- cours. Il Dans les grandes villes, cour, nom de certains passages, et aussi d'enceintes de maisons. Cour des Miracles. || 3° Le palais du prince : ainsi dit parce que les rois de la première et de la deuxième race et les seigneurs demeuraient habituellement dans des domaines ruraux nommés court Je me rends à la cour. || Avoir bouche à cour, ou bouche en cour, avoir droitde manger à quelqu'une des tables entretenues par le prince. || Le prince et son conseil. Recevoir un ordre de la cour. || Etre bien en cour, être en faveur. Vous êtes bien en cour? Pourvoyez-nous d'une riche abbaye, rérang. Dauph. Il Le gouvernement du prince dans ses rapports diplomatiques. La cour de France, d'Espagne. Les trois cours du Nord sont d'accord. || 4° Les principales personnes qui composent l'entourage d'un prince, et aussi l'air, le ton de la cour, la manière d'y vivre. La cour est partie à la suite du roi. Et ta honte et sa gloire entretiennent la cour, Régnier, Élég. 2. Pour moi, j'ai de la cour autant comme il m'en faut, id. Sat. ni. De moi ni de ma cour il n'aura la présence, corn. Cid, iv, 5. Et vous qu'avec tant d'art cette feinte a voilée, Recours des impuissants, haine dissimulée, Digne vertu des rois, noble secret des cours, id. Rodog. n, i. Les silences de cour ont de la politique, id. Pulch. v, 4. Je définis la cour un pays où lesgens, Tristes, gais, prêts à tout, à toutindiffôrents, Sont ce qu'il plaît au prince, ou, s'ils ne peuvent l'être, Tâchent au moins de le paraître, la font. Fabl. vin, t4. Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, la font. Fabl. vu, i. La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires; par un mélange étonnant, il n'y a rien de plus sérieux ni ensemble de plus enjoué; enfoncez: vous trouverez partout des intérêts cachés, des jalousies délicates qui causent une extrême sensibilité, et, dans une ardente ambition, des soins et un sérieux aussi triste qu'il est vain: tout est couvert d'un air gai ; vous diriez qu'on ne songe qu'à s'y diver-' tir, boss. Anne de Gonz. La bonté de cette princesse qui, malgré les divisions ordinaires dans les cours, lui gagna d'abord tous les esprits, in. Duch. d'Orl. Ceux qui ont vu de quel front il [Charles Ie'] a paru dans la salle de Wetsminster et dans la place de Whitehall, peuvent juger aisément combien il était intrépide à la tête de ses armées, combien auguste et majestueux au milieu de son palais et de sa cour, id. Reine d'Anglet. Toi [DangeauJ donc, quide mérite et d'honneurs revêtu, Des écueils de la cour as sauvé ta vertu, boil. Sat. v. La cour de Claudius, en esclaves fertile, Pour deux que l'on cherchait,
en eût présenté mille, rac Brit. 1, 2 Hélas!
dans cette cour, Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense! id. ib. v, t. Le changement, madame, est commun à la cour, id. ib. v, 3. Enfin la cour nous hait; le peuple nous déteste, m. Esth. in, I. Selon qu'il vous menace ou bien qu'il vous caresse, La cour autour de vous ou s'écarte ou s'empresse, id. Brit. iv, t. Quelques femmes de la ville ont la délicatesse de ne pas savoir ou de n'oser dire le nom des rues, des places et de quelques endroits publics.... en cela moins naturelles que les femmes de la cour qui, ayant besoin, dans le discours, des halles, du châtelet, disent les halles, le chàtelet, la bruy. v. La cour ne rend pas content; elle empêche qu'on ne '.e soit ailleurs, id. viii. Mille gens à la cour y traînent leur vie à embrasser, serrer et congratuler ceux qui reçoivent, jusqu'à ce qu'ils y meurent sans rien avoir, id. ib. La ville dégoûte de la province; la cour détrompe delà ville et guérit de la cour, id. ib. On dit à la cour du bien dç
cou
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quelqu'un pour deux raisons : la première, afin qu'il ne que nous disons du bien de lui, la seconde , afin qu'il en dise de nous, la bruy. vui. 11 n'y a rien desi méprisable qu'un homme qui ne peut contribuer en rien a notre fortune, id. ib. N'espérez plus de candeur, de franchise, d'équité, de bons ;e, de bienveillance, de générosité, île fermeté dans un homme qui s'est depuis quelque temps livré à la cour, et qui, secrètement, veui sa fortune, id. ib. La cour est comme un édifice bâti de marbre, je veux dire qu'elle est composée d'hommes fort durs, mais fort polis, id. ib. Un esprit sain puise à li cour le goûl de la solitude et de la retraite, id. ift. G'esl une chose délicate à un prince religieux que de réformer la cour et de la rendre pieuse, lu. xui. On trouve a la cour une délicatesse de goût en toutes choses, qui vient d'un usage continuel des superfluités d'une grande fortune, montesq. Esp. iv, 2. La cour offre a nos yeux de superbes esclaves, Amoureux de leur chaîne, et fiers de leurs entraves, Qui. toujours accablés sous des riens importants, Perdent les plus beaux jours pour saisir des instants, BERNis, Épit.iv, Indép. Adieu, il y a une dame de la cour qui m'attend, volt. Jeannot. Je vais au palais d'une altesse Et j'achète un habit de cour, bérang. Habit de cour. || Être effronté comme un page de cour, être hardi jusqu'à l'impudence. || Fig. [ô Versailles] Tout a fui; des grandeurs tu n'es plus le séjour; Mais le sommeil, la solitude, Dieux jadis inconnus, et les arts et l'étude Composent aujourd'hui ta cour, a. chén. Ode io. Dans les champs que l'hiver désole, Flore vient rétablir sa cour; L'alcyon fuit devant Éole, Éole le fuit à son tour, j. b. kouss. Cantate, Circé.... Et comme on voit d'abord le bûcheron, Quand le roi des forêts, victime désignée, Duit fatiguer enfin le fer de la cognée, Abattre autour de lui dans un vaste contour La foule d'arbrisseaux qui composait sa cour, masson, Helvétiens, in. L'avare, d'autre part, n'aime que la richesse ; C'est son roi, sa faveur, sa cour et sa maîtresse, Régnier, Sat. ix. || La cour céleste, le ciel où est Dieu avec les anges. || 5° Homme de cour, celui qui fait partie de la cour, qui a les manières de la cour. Y a-t-il esclave plus esclave que tout ce qui s'appelle gens de la cour? bourd. Pensées, t. u, p. 485. Messieurs les gens de cour prétendent juger décisivement de la délicatesse des plaisirs, st-evrem. dans bouhours. Pour un esprit rie cour et nourri chez les grands, Tes yeux dans leurs secrets sont bien peu pénétrants, corn. Kodog. ii, 2. || Savoir la cour, être au fait des manières de la cour. Son père sait la cour, corn, le Ment. îv, 4. Vous êtes peu du monde et savez mal la cour, id. Nie. m, 8. Elle sait mieux sa cour que les plus vieux courtisans, sëv. 172. Pompadour était un grand homme, triste et froid, la plus grande partie de sa vie sans cour et sans servir, st-sim. 522 , 193. || En mauvaise part et indiquant frivolité, complaisance servile, etc. Abbé de cour. Vous n'écoutez point ces docteurs de cour, boss. Préd. i. || En mauvaise part et indiquant peu de sûreté dans le commerce. Renards de cour, balz. dans bouhours. Mainte peste de cour fit tant, par maint ressort. Que la candeur du juge, ainsi que son mérite, Furent suspects au prince. .. la font. Fab. x, io. ||6°Un ami de cour, un ami qui ne l'est qu'en apparence. Et c'est un faible appui des amitiés de cour, Qu'une vieille amitié contre un nouvel amour, corn. Ollion, n, i. Allons, ferme, poussez, mus bons amis de cour, mol. Mis. n, 5. || De l'eau bénite de cour, vaines promesses, protestations de services et d'amitié qui ne produisent rien. || 7° Cour plénière, grande assemblée de vassaux que convoquaient les anciens rois de France. Tous ce'ix qui se présentaient à la cour plénière étaient traités aux frais du prince. || Par extension, Gengis tint dans les plaines de Toncat une cour plénière générale, volt. Mœurs, 69. [| Fig. et familièrement. Avoir, tenir cour plénière, avoir chez soi plus de monde qu'à l'ordinaire, recevoir trèsnombreuse compagnie. Que ne lui vit-on pas donner Dans le temps qu'i' tint cour plénière Pour une fête singulière? Chantilly fut la scène... , la font. Lettres, xxv. || La cour du roi Pétaud, endroit où chacun commande et ou tout est confusion, et aussi où chacun veut parler à la fois. Oui je sors de chez vous fort mal édifiée; Dans toutes mes leçons j'y suis contrariée; On n'y respecte rien, chacun y parle haut, Et c'est tout justement la cour du roi Pétaud, mol. Tari, i, i. \\ 8° Fig. Entourage de gens empressés à plaire à une personne. Depuis qu'il est en place, il a une petite cour. || 9" Par extension, respects et hommages qu'on rend à une personne, assiduités qu'on a auprès d'elfe pour gagner ses bonnes
grâces. Faire la cour aux grands. Faire la cour à une jeune personne pour l'épouser. Je le sais, ma princesse, et qu'il vous fail la cour, coRN.iVicom. i, t. [11] Agit contre son rang pour mieux faire sa cour, id. Théod. i, 2. Héraclius vivrait pour te faire la cour! id. lléracl. m, 2. Et son Ame ployante attendant l'avenir Sait faire également sa cour et la tenir, id. Otlwn, il, 4. L'autre hiver, faisant ici ma cour, id. le Ment. I, 3. Mais si j'aime, c'est mal me faire votre cour, w.D.Sanch. n, 2. Je ne voudrais pas qu'il fit mal sa cour auprès de madame, mol. Critique, 7. Messieurs les courtisans, cessez do vous détruire; Faites, si vous pouvez, votre cour sans vous nuire, la font. Fabl. vin, 3. Elle [la belette] porta chez lui [le lapin] ses pénates un jour Qu'il était allé faire à l'aurore sa cour Parmi le thym et la rosée, la font, vu, 16. Il fit mal sa cour au ministre, iiamilt. Gramm. 5. Le plaisir qu'il aura de bien faire sa cour, sëv. 470. Nous fîmes le soir notre cour à la reine, id. 174. Si j'étais reine, je croirais qu'elle veut me faire la cour, id. 132. J'espérais aller leur faire ma cour, boss. Lett. 283. Je ferai bien votre cour à M. le nonce, id. Lett. quiét. 376. Non, non, sans m 'abaisser à lui faire la cour, rue. Théb. iv, 3. Il ne s'agit point de faire sa cour en applaudissant à ses écrits, la bruy. i. || Familièrement Faire un doigt de cour à une personne, témoigner par quelques légers respects ou hommages qu'on veut gagner sa faveur. || Faire la cour de quelqu'un, lui rendre un bon office auprès d'un tiers. J'ai vu le ministre, je lui ai fait votre cour. || Faire sa cour aux dépens de quelqu'un , cherchera plaire en le desservant. Faire sa cour aux dépens ri'autrui,BOss. Honneur, i. || Faire sa cour d'une chose à quelqu'un ou auprès de quelqu'un, se faire un mérite auprès de lui de lui annoncer une chose qui l'intéresse. Il n'en avait pas fait sa cour à sa mère, sév. 152. Moi, j'en tiens cent louis [deCondé], chacun m'en fait la cour, la font. Lett. xxv. Le loup en fait sa cour, daube au coucher du roi Son camarade absent.... la font. Fabl. vin, 3. || Faire la cour se dit aussi des choses qui concilient la faveur, les honnes grâces. Crenay m'avait demandé si je voulais bien être du détachement pour les sacs; j'acceptai les sacs, parce que je sentis que cela ferait ma cour, st-sim. i, 28. || 10° Siège de justice où l'on plaide (ainsi dit, parce que les cours de justice résidaient primitivement dans la cour du roi ou des seigneurs). Autrefois il se disait de la plupart des tribunaux; aujourd'hui on ne le dit que des tribunaux supérieurs. Cour d'assises. || Cour d'appel, juridiction supérieure dont l'attribution principale est de juger les appels des jugements de première instance. Conseiller à la cour d'appel. || La cour suprême, se dit quelquefois pour la cour de cassation. || Haute cour, tribunal exceptionnel de haute justice. I| Sous la monarchie parlementaire, lacour des pairs, la chambre des pairs constituée en haute cour de justice pour connaître d'un crime d'Etat. [| Sous la république de 1848, il y eut aussi une haute cour chargée déjuger les crimes contre l'État. || Courdes comptes, juridiction chargée de juger les comptes des comptables de deniers publics et de surveiller 1 exécution des lois de finances. || La cour des monnaies, c'était jadis une compagnie souveraine qui jugeait des différends survenant au sujet des monnaies et des manufactures d'or et d'argent. ||La cour de parlement, c'était jadis tout le parlement, composé de plusieurs chambres: la grand'chambre, la tournelle civile, la tournelle criminelle, les cinq chambres des enquêtes, les deux chambres des requêtes, et les requêtes de l'hôtel. || La cour des aides, c'était jadis une compagnie souveraine qui jugeait en dernier ressort les causes civileset criminelles regardantlesaides, les impôts, les g? be".e.s, etc. || Lacour des aides n'est pas loin, dicton jovial et jeu de mots sur aide, qui s'emploient pour exprimer que, si un mari néglige sa femme, d'autres le remplaceront. || Autrefois, en matière criminelle, hors de cour signifiait qu il n'y avait pas assez de preuves pour asseoir une condamnation. || Aujourd'hui, mettre hors de cour, mettre hors de cour et de procès, déclarer uu'd n'y a pas lieu à suivre. Nous sommes renvoyés hors de cour, rac. Plaid. I, 7. Nous pouvons condamner à la potence ou renvoyer hors de cour, volt. Dial. 22. || Substantivement. Un hors de cour. Prononcer un hors de cour. |] Les membres d'une cour. La cour va en délibérer. || Lieu où siège une cour de justice. Je vais à la cour de cassation. || En termes d'ancienne pratique, cour signifiait pouvoir de juger. Ravoir la cour, obtenir le renvoi d'une cause. La partie menait son seigneur avec elle, afin que, si la défaute n'étai'. pas prouvée, il pût ravoir
sa cour, montesq. Esp. xxviii, 32. || Dans le moyen âge, cour d'amour, société provençale de personnes des deux sexes qui traitait ou jugeait des questions de galanterie. Il y avait en Provence la fameuse cour d'amour, et la Picardie, rivale de la Provence, avait aussi ses plaids et gieus sous formel, fonten. Hist. thédt. fr. Œuvres, t m, p. 13, dans lacurne. Il Proverbe du xvne siècle : Cour de France et cour romaine Ne veulent de brebis sans laine, Leroux de lincy, Prov. t. 11, p. 7.j.
— REM. 1. Vaugelas condamnait la locution: être bien en cour; Thomas Corneille la défend; et l'usage l'a sanctionnée. Écrire en cour, se dit pour adresser des lettres à des personnes qui appartiennent à la cour. || 2. C'est Fontainebleau et point de cour à faire.... plut à Dieu que je pusse vous faire la mienne, volt. Corresp. générale, 13 mars 1741. Bien que la règle générale ou ordinaire soit qu'un pronom (ici la mienne) ne peut se rapporter à un nom pris sans art;cle (ici point de cour), comme c'est surtout la clarté qui a suggéré cette règle, la phrase de Voltaire est si claire qu'elle ne doit pas être blâmée, surtout dans un style de caractère léger.