O. DE SERRES
— ÉTYM. Diminutif de crépine.
t CRÉPINIÈRE (kré-pi-nié-r), s. f. Un des noms vulgaires de l'épine-vinette.
CRÉPIR (kré-pir), i>. a. || i° Enduire de plâtre ou de mortier un mur en se servant d'un balai et sans employer régulièrement la truelle. || 2° Terme de corroyeur. Prendre un cuir lorsqu'il est sorti de l'eau et lui faire venir le grain. || 3° Crépir du crin, le faire bouillir pour le friser.
— hist. xive s. Esclice à crespir les cheveus, nu cange, crispicapillus. || xvr s. De toutes les maisons qu'il avoit aux champs, il n'y en avoit pas une dont les murailles fussent crespies ny enduittes, amyot, Caton, 10. Les ladres ont la peau crespie comme une oye maigre déplumée, a sçavoir aspre, aride et inégale, paré, xxii, io. Cela n'est que crespir la muraille, qui cheoit de vieillesse, au lieu de la rebastir, o. de serres, h 5. Et de ses maisons aux champs il [Caton l'ancien] n'en avoit aulcune qui feust crépie et enduite par dehors, mont, i, 384.
— ÉTYM. Lat. crispare (voy. crêpe i). L'exemple où l'on dit crespir les cheveux, montre que crépir et crêper est le même mot sauf la conjugaison; crépir la muraille ayant été dit à cause de l'apparence grenue que donne le crépi.
f CRÉPISSAGE (kré-pi-sa-j') ou CKÉPISSEMENT (kré-pi-se-man), s. m. Action de crépir.
— HIST. xvi's. Crespissement, cotgrave.
— étym. Crépir.
CRÉPISSURE (kré-pi-su-r'), s. f. Résultat de l'action de crépir. La crépissure de cette muraille est bien faite.
— HIST. xvie s. Crespisseure, oudin, Dict.
— ÉTYM. Crépir.
t CRÉPITACLE (kré-pi-ta-kP), s. m. Terme de botanique. Fruit qui s'ouvre avec bruit.
— ÉTYM. Lat. crepilaculum , instrument qui fait du bruit, de crepitare (voy. crépiter).
f CRÉPITANT, ANTE (kré - pi- tan, tan-t'), adj. || Terme didactique. Qui produit un bruit de crépitation. || Terme de médecine. Râle crépitant, bruit que fait entendre la respiration dans la pneumonie au premier degré et dans l'oedème du poumon.
CRÉPITATION (kré-pi-ta-sion) , s. f. Bruit réitéré d'une flamme qui pétille, ou de certains sels projetés sur le feu. || Terme de chirurgie. Bruit que produisent les fragments d'un os , lorsqu'on leur communique quelques mouvements. || Terme de médecine. Crépitation douloureuse des tendons, affection dans laquelle, pendant un mouvement, les tendons font entendre une crépitation. || Bruit que produit l'air dans les canalicules pulmonaires, ou dans les aréoles du tissu lamineux en cas de pneumonie commençante ou déclinante et d'emphysème.
— HIST. xvi" s. En maniant la partie fracturée, on sent une crépitation etattrition, ou craquement, c'est à dire, un bruit qui vient du frayement des os, paré, xiii, 2. Avoir ouy et senti un bruit de crépitation ou craquement des dits os, id. xvm, 13.
— ÉTYM. Lat. crépitât io, de crepitare, crépiter. f CRÉPITER (kré -pi -té), v. n. Faire un bruit
comme de pétillement.
— ÉTYM. Lat. crepitare, fréquentatif de crepare, faire du bruit.
t CRÉPODAILLE (kié-po-dâ-11' , Il mouillées), s. f. Sorte de crêpe fort mince. Une coiffe de crépodaille. Il On dit par corruption crapaudaille ou crapodaille. Feront des toiles de soie, gaze, étamines, crapaudailles, prisonnières.... qui seront, tant en chaîne qu'en trame, de bonne et pure soie, Statuts des marchands de draps d'or , 9 juillet 1G67, art. 57.
— ÉTYM. Crêpe i ; voy. créponaille.
CRÉPON (kré-pon)., s. in. Sorte d'étoffe légère
faite de la plus fine laine. || Petit morceau d'étoiïe pour étendre le rouge sur la figure.
— HIST. xvie s. Que les crespons de leur blonde coutille, rons. «7. Or les frizant en mille crespillons, id. 23. En mille crespillons les cheveux se frizer.... dubell. vi, 27, recto.
— ÉTYM. Crêpe 1.
t CRÉPONAILLE (kré-po-nâ-11', Il mouillées), s. f. Sorte de crêpe fort délié.
— REM. Il est probable que crépodaille est une corruption de créponaille, formé sans peine de crépon, tandis que la formation de crépodaille ne se conçoit pas, à cause du d.
— ÉTYM. Crépon.
f CREPS (krèps), s. m. Sorte de jeu de dés qui vient d'Angleterre.
CRÉPU, DE (kré-pu, pue), adj. Très-frisé, crêpé. De la laine crépue. Des cheveux crépus. La mousse
est une petite herba frisée et crépue, la quintinye, Jardins fruitiers, t. i. p. ma, dans wchelet. Sur cette côte qui s'étend depuis le détroit de Gibraltar jusqu'au cap de Bonne-Espérance, les habitants ont tous, après le Niger, la tête oblongue, le nez large, écrasé, épaté, de grosses lèvres, une chevelure crépue comme la laine de nos moutons, raynal, Hist. phil. xi, 10. || Terme de botanique. Feuilles crépues, feuilles dont le bord est ondulé et chargé de petites nilrs très-rapprochées. || Terme de zoologie. Coquilles crépues, coquilles découpées régulièrement et quelquefois transversalement par des sillons onduleux.
— hist. xve s. 11 regarda au rays de la lune son \ aige qu'elle avoit jaulne, vieil et crespy, les joues pendant aval.... Perceforest, t.u, f° 3o. || xvr s. Cheveux crespus, paré, Introd. 7. Aussi se cognoit aucunement l'aage des chevaux aux balievres crespues de dessus, contant pour autant d'années qu'on y treuve de plissures, o. de serres, 304.... Un ret d'or me tendoit, Qui tout crespu sur sa face pendoit, rons. 2. Le front ridé, les yeux de travers, pleurans, si rouges qu'ils ressembloient escarlatte, les joues crespues, les lèvres renversées, Nuits de Straparole, t. i, p. 337, dans LACURNE.
— ÉTYM. Crêpe i ; wallon, crespou ; namurois, crespu; rouchi, kerpu.
f CRÉPURE (i.ré-pu-r'), s. f. Action de crêper; qualité de ce qui est crêpé. Il paye tant pour la crépure de ses cheveux.
— ÉTYM. Crêper.
CRÉPUSCULAIRE (krè-pu-sku - le - r'), adj. || 1° Terme d'astronomie. Qui appartient au crépuscule. Lumière crépusculaire. Cercle crépusculaire, cercle de la sphère qui passe par le degré où cesse le crépuscule. || Fig. Avant cette histoire légendaire, qui commence avec Romulus, il y en a une autre où la réalité est encore plus difficile à découvrir, mais qui n'est pas pour cela dénuée de toute réalité; c'est, ce qu'un homme qui avait un sentiment profond des temps primitifs, M. Ballanche, appelait si bien l'histoire crépusculaire, ampère, Hist. rom. à Home, 1. 1, p. 75. || 2° Terme de zoologie. Qui ne se montre que le soir, en parlant de certains animaux et surtout de certains papillons.
— ÉTYM. Crépuscule.
CRÉPUSCULE (kré-pu -sku-1'), s. m. || l°Nom donné à la lumière qui reste après le coucher du soleil. Ainsi l'aurore et les crépuscules sont une grâce que la nature nous fait, c'est une lumière que régulièrement nous ne devrions point avoir et qu'elle nous donne par-dessus ce qui nous est dû, fonten. Mondes, 3e soir. On dirait [pendant une nuit claire], en voyant ce monde sans échos, Où l'oreille jouit d'un magique repos, Où tout est majesté, crépuscule, silence.... lamart. Harm. u, 4. Il est pour la pensée une heure.... une heure sainte Alors que, s'enfuyant de la céleste enceinte, De l'absence du jour pour consoler les cieux, Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux, id. Méd. il, 7. || Fig. Je jouis peu, mais j'aime encore; Je verrai du moins vos amours; Le crépuscule de mes jours S'embellira de votre aurore, volt. Ép. 73. || 2° Par abus , crépuscule se dit aussi pour la lumière qui précède le lever du soleil; il se nomme aube (voy. ce mot). On sait que le crépuscule, quelle qu'en soit la cause, commence le matin et finit le soir , quand le soleil est à 18 degrés au-dessous de l'horizon, d'alemb. Éloges, Bernoulli. Ainsi l'éclat douteux du crépuscule sombre Semble insensiblement se dégager de l'ombre , delille, Pitié, III.
— ÉTYM. Latin, crepusculum, dérivé de creperus, douteux, incertain.
fCRÉPUSCULIN, INE (kré-pu-sku-lin . li-n'), adj. Néologisme. Qui appartient au crépuscule. Lueur crépusculine.
— étym. Crépuscule.
f CRÈQUE (krè-k'), s. f. ï'ruit du créquier.
CRÉQUIER (kré-kié), s. m. || 1° Nom donné au prunier épineux, prunellier, dans la basse Picardie. || 2° Terme de blason. Prunier sauvage. Le créquier en blason ressemble à un chandelier à sept branches.
— HIST. xve s. Crequiers sont arbres qui ont poi de feuilles et ont foison de picans; et en fait on volontiers closture; car ils croissent communément en hayes, et font leurs poignans tant crainte.... du cange, créquier, Gloss. franc.
— ÉTYM. Du Cange le tire du mot forgé cerisicarius ; mais la dérivation est de l'allemand Krieche, danois krsege, suédois krikon, prunelle hâtive.
f CRÈS, s. f. Fausse orthographe pour crée (voy. ce mot).
CRESANE (kre-za-n'), s. f. Voy. crassane.
— REM. L'Académie, qui donne. cresane , dit que pourtant crassane vaut mieux.
CRESCENDO (krè-chin-do, ou, plus ordinairement, et en s'écartant de la prononciation italienne, crè-ssin-do), s. m. Terme de musique. Augmentation progressive des sons de la voix et des instruments. Ce crescendo est magnifique. || Adverbialement. Ce passage doit être exécuté crescendo. || Fig. Ce fut un crescendo de louanges. La calomnie s'élance, étend son vol, tourbillonne.... etdevientun cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription, beaum. Darb. de Séville . n, 8. || Au plur. Des crescendo.
— ÉTYM. Ital. crescendo, participe de crescerc, du latin crescerc (voy. croître).
| CRÉSEAU (kré-zô), s. m. Terme de commerce. Étoffe de laine croisée à deux envers.
— ÉTYM. Croiser.
t CRESSANE (krè-sa-n'),s. f. Plusieurs personnes disent cressane au lieu de cresane (voy. cresane). t CRESSE (krè-s'), s. f. Nom de la passerage.
— ÉTYM. Allem. Kresse; danois, karse (voy. cresson).
f CRESSERELLE (krè-se-rè-L) , s. f. Autre orthographe de crécerelle.
t CRESSERELLETTE (krè-se-rè-lè-f) , s. f. Voy.
CRÉCERELLETTE.
— ÉTYM. Diminutif de cresserelle.
CRESSON (krè-son; quelques personnes prononcent kre-son, mais à tort), s. m. Plante qui croit dans les eaux vives, dite vulgairement cresson d'eau, cresson de ruisseau, et cresson de fontaine (sistjmbhum nasturtium, L.). || Cresson de rivière, nom vulgaire du nasturtium sylvestre. || Cresson alénois, cresson des jardins, nasitor, cresson cultivé, passerage cultivée (lepidium sativum, L.). || Cresson sauvage (cochlearia coronopus, L., ou sene • biera coronopus). || Cresson des prés, cresson élégant, nom vulgaire de la cardamine des prés (crucifères). || Cresson de Para (spilanthes oleracea, L.), plante synanthérée du Pérou. || Cresson d'Inde, nom donné parfois aux espèces du genre capucine (tropéolacées). || Cresson doré, nom vulgaire du chrtjsosplénion oppositifolié (saxifragacées) , dit aussi cresson de roche, donne et saxifrage dorée. || Cresson de chien, la véronique beccabunga (rhinanthacées). || Cresson des ruines et des décombres, le lépidier rudéral. || Cresson de terre, la barbarée précoce (crucifères), dite aussi roquette des jar.lm<,
LBGOAUANT.
— HIST. xnie s. Kersons est de deux manières, si com de rivière et de cortiex [courtils, jardins], ale- BRANT,f° 61. Toutlecreson qu'on vendra, tailliar, Recueil, p. 268. |j xve s. L'en ne restraint bûche, espices, boisson, Chambres, ne dons, ne la desordonnance, Fors purée, poys, cresson.... e. desch. Admin. de l'hôtel du prince. Toutefois, ne demoura pas qu'elle ne se mist en ses devoirs pour l'oster hors de cette mélancolie, et pour assiette, en lieu de cresson, elle lui dit, louis xi, Nour. xxxm. || xvie s. On y appliquera du cresson pilé et fricassé avec graisse de porc, paré, xv, 2. Le nazitor ou cresson alenois, o. de serres, 63G. Des cataplasmes faits avec des berles, ou cresson d'eau, id. 926.
— ÉTYM. Picard , kerson; catal. crexen ; ital. crescione; bas-lat. crissonus , dans un manuscrit du ixe siècle, f° 178, Bibl. impér. suppl. lat. n° 1319; anc. haut-allem. kressa. Diez dérive non le roman de l'allemand, mais l'allemand du roman, attendu que ce mot kressa n'a aucune racine dans les langues germaniques; et il admet l'ancienne étymologie de crescere , croître, à cause de la rapidité avec laquelle croît cette plante.
CRESSONNIÈRE (krè-so-niê-r'), s. f. Endroit sur le bord des ruisseaux où le cresson pousse en abondance. || Terrain sablonneux, très-humide, légèrement incliné, sur lequel on fait des plantations ou semis de cresson de fontaine pour les usages domestiques. La cressonnière se déplace de toute la longueur de son banc [plate-bande], chateaub. Génie, i, v, n.
— HIST. xve s. Une petite mare ou cressonnière, nu cange, cressonaria. Claudius se penoit de leurs chevaulx reprendre par la praerie, mais il n'en put reprendre que les trois, si que le cheval de Cassiel demoura en une cressonnière, Perceforest, t. i. f" 74.
— ÉTYM. Bas-lat. cressonaria, du xme siècle (voy.