‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 46 sur 462 · AP.S · texte numérisé non relu

AP.S

ABS

f ABSOLUTISTE (ab-so-lu-ti-sï) , s. et adj. Partisan de l'absolutisme. Opinion absolutiste. C'est un absolutiste. Néologisme.

ABSOLUTOIRE ( ab-so-lu-toi-r' ) , adj. Qui porte absolution. 'Il II ne se met qu'après le substantif: Un jugement absolutoire.

— HIST. xvie s. Quand il vint à prononcer la sentence des juges, qui estoit absolutoire, amyot, Pomp. 8.

— ÉTYM. Âbsolulorius , de absolvere, absoudre. ABSORBANT, ANTE (ab-sor-ban , ban-t', ou ,

suivant la prononciation réelle, ap-sor-ban), adj. || 1° Qui absorbe l'humidité. Des terres absorbantes. || 2° Fig. Qui absorbe l'esprit, qui l'occupe tout entier. Pensées absorbantes. Son occupation est absorbante. || 3°Entermesd'anatomie, Système absorbant, l'ensemble des vaisseaux et des glandes, qui étaient supposés produire l'absorption; et substantivement les absorbants, les vaisseaux qui font partie de ce i i. Bichat avait donné le nom de système absorbant a l'ensemble des vaisseaux et ganglions lymphatiques. On sait aujourd'hui qu'il n'y a pas de système absorbant, et que l'absorption s'opère d'une autre façon. || 4° En pharmacie, se dit des substances qui ont la propriété d'absorber les acides dans l'estomac. La magnésie est une terre absorbante. j| 5° Substantivement. Tout cet appareil d'absorbants me paraît une pure charlatanerie, j. j. nouss. Ém. i. j| 6° En chirurgie, on appelle absorbants des substances molles, spongieuses et propres à s'imbiber des liquides épanchés. || 11 ne se met guère qu'après jon substantif.

ABSORBÉ, ÉE (ap-sor-bé, bée), part, passé. || 1° Poison absorbé. Pluies avidement absorbées par la terre. || 2" Biens absorbés par les procès, en procès. || 3° Au figuré. Absorbé par les affaires, absorbé par une grande douleur, absorbé dans ses réflexions. Je suis absorbé dans la composition. Mais ce n'est là qu'une faible voix absorbée, pour ainsi dire, par le bruit formidable de la multitude, mass. Profession religieuse, Sermon. Absorbé dans ses spéculations, il devait naturellement être et indifférent pour les affaires et incapable de les traiter, fonten. Newton. La volonté est absorbée en Dieu, pasc. édit. Cousin. Quand je considère la petite durée de ma vie absorbée dans l'éternité, m. ib. !| 4° Absolument. Qui ne prête pas attention aux choses du dehors. Voyez-le ; il est tout absorbé.

ABSORBER (ab-sor-bé, ou, suivant la prononciation réelle, ap-sor-bé), v. a. || 1° Faire entrer en soi. Ce que la terre absorbe. Tu avais absorbé tant de vin. L'éponge absorbe l'eau. Le sans absorbe l'oxygène de l'air atmosphérique. Jusqu'à ce que l'olive ait absorbé le sel. Le mercure est absorbé dans l'estomac. Le poison une fois absorbé manifeste ses effets. Il conçoit que les comètes sont des taches du soleil.... elles s'élèvent jusqu'à une certaine distance et retombent ensuite dans le soleil qui les absorbe de nouveau et les dissout, fonten. Hartsoeker.... Seigneur.... Entendsdu haut du ciel le cri de mes besoins; Et, comme le soleil aspire la rosée, Dans ton sein à jamais absorbe ma pensée, lamart. Médit, xvt. || 2' Faire disparaître, épuiser, consumer. Le noir absorbe la lumière. Les procès ont absorbé son patrimoine. Les intérêts absorbent le capital. La Chine et l'Inde absorbent une grande partie du numéraire de l'Occident. Les impôts ont absorbé leur fortune. Un faible cri absorbé dans la clameur de lamultitude. Mon temps est absorbé par mille afde détail. Enfin les riches, en reculant peu à peu les bornes de leurs terres, avaient absorbé ei confondu la plupart des terres communes, ver tôt, lin-. in, -J27. La grande affaire a absorbé la petite, tsoss., I ru, ■ i ! ma e de la chair du péché a été absorbée parla gloire, pasc. édit. Cous. Une vicissitude d'affaires qui absorbe toute leur vie, mass. Temps. || 3° Appliquer l'esprit, occuper entièrement. Absorber l'attention. Cette affaire l'absorbe tout entier. Pensées qui absorbent. Ceux qu'absorbe le soin du salut de l'État. Le spectacle absorbait tellement les spectateurs.... Cette récompense nous absorbe tout à l'ail en Dieu, noss. Or. to. Qu'un plus sublime objet absorbe ma pensée, c. dei.av. Par. n, 3. || 4" S'absorber, v.réfl. Être absorbé. L'oxygène s'abb dans le poumon. Le Rhin s'absorbe dans les V s'absorbe dans sa douleur. S'absorber dans l'étude des mathématiques.

— SYN. absorber, engloutir. Idée commune, disparition de la chose qui est absorbée ou engloutie. Mais absorber indique une action successive gloutir, une action faite d'un seul coup. On a

peu à peu; on engloutit à la fuis. Un flem gloutit dans un abîme, il s'absorbe dans les sables.

Un patrimoine est englouti dans une fausse spéculation; il est absorbé par l'es procès. Au figuré, la synonymie cesse. On est absorbé dans ses peines, dans sa douleur, mais non englouti.

— HIST. xme s. Deables le puist asorber , Quand il nous fet tant de mal traire, Ren. 5892. De ce me merveil sans doutence, Quant la mer, qui est nete et pure, Souffroit son pechié et s'ordure, Et qu'enfers ne l'asorbissoit , ruteb. ii, iii. || xive s. Pour ce que li sire lui fist Les deux ieus asorbir au chef, nu cange, absorbe^;. Si que les dicts en n [de pêche] assorboient si touz petis poissons flevoins [de fleuve] et autres, que se pourveance n'eust estéfaicte.... Ord. de Philippe le Long, Bibl.des Ch. 3e série, t. iv, p. 54. Cette delettation est aussi comme évanouie et absorbée, oresme, /:'///. 89. La delettation qu'il a en sa vertu asorbe et annichile toute tristesse, m.ib. 90. || xv" s. Que l'en [on] y dist grandement estre adonirnagié et assorbi [diminué], du cange, ib.

— ÉTYM. Absorbere, de ab , indiquant séparation, et sorbere, avaler.

ABSORPTION (ab-sor-psion, ou, suivant la prononciation réelle, ap-sor-psion : de quatre syllabes en poésie), s. f. || 1° Action d'absorber. L'absorption de l'âme en Dieu. L'absorption despluies par la terre. || 2" En termes de physique, phénomène qui consiste dans l'attraction et la condensation d'un gaz ou d'un liquide par un corps solide ou liquide. || 3° En termes de physiologie , action des tissus organiques par laquelle des molécules extérieures pénètrent dans leur substance. L'absorption est une propriété générale de tous les tissus vivants ; et il n'y a point de vaisseaux ou d'organesqui ensoientparticulieremei.it chargés.

— ÉTYM. Absorptio (voy. absorber).

ABSOUDRE (ab-sou-dY ou plutôt ap-sou-dr'), j'absous, tu absous, il absout, nous absolvons, vous absolvez , ils absolvent. J'absolvais. J'ai absous. J'absolus. J'absoudrai. Absous. Qu'il absolve. Absolvons, absolvez, qu'ils absolvent. Que j'absolve, que tu absolves, qu'il absolve , que nous absolvions, que vous absolviez, qu'ils absolvent. Que j'absolusse. J'absoudrais. Absolvant. Absous , absoute J'absolus et j'absolusse sont peu usités; mais on ne doit pas les exclure de l'usage, puisqu'on dit je résolus et je résolusse, v. a. || 1° Renvoyer de l'accusation. Absoudre du crime de prévarication. Il fut absous par dix voix contre cinq. Les juges le renvoyèrent absous. Il a été absous à pur et à plein. Un témoin dont le nom vous eût absous du crime, volt. Cat. m, 4. || 2° En termes de droit, absoudre et acquitter ne sont pas synonymes. Le tribunal absout une personne qui est reconnue coupable du délit à elle imputé, mais dont le délit n'est pas qualifié punissable par la lui. 11 acquitte un accusé reconnu innocent. || 3° En termes de théologie , remettre les péchés dans le tribunal de la pénitence. Absoudre un pénitent. Absoudre les cas rési Amil. |] 4° Au figuré. Pardonner. Je vous ah votre imprudence. On étail disposé à l'absoudre de tousses méfaits. Tous ces crimes d'État qu'on fait pour la couronne, Le ciel nous en absout alors qu'il nous la donne, corn. Cinna, v, 2. De tes grandeurs tu sus te faire absoudre, France, et ton nom triomphe des revers, béranger, Enf. de la France. || 5° Absolument. Dix voix suffisaient pour absoudre. Le prêtre a pouvoir d'absoudre en cas de mort. L'Église donne aux prêtres qui nous assistent tous les pouvoirs; elle ne se réserve rien, et elle leur confère toute sa juridiction pour pardonner et ] r

absoudre, bourd. Pensées, t. il, p. 3H. Là votre voix décide; elle absout ou condamne; Ici vous périrez.... volt. Scyth ni, 1. 1| 6° S'absoudre, v. réfl. Il h.' put s'absoudre lui-même de la faute qu'on lui avait pardonnée.

— HIST. xi' s. De sa maindestre [il] l'ad assois et t, Ch. de Roi. -■'>. Assoldrai vous por vus âmes

guarir, ib. 87. |j xnc s. Quant [je] vous aurai assous el beneïs, ttonc. iv, 5G. Bien sontassolz, quite de leur péchiez, ib. ô~. || xnic s. Et si les assoloit fils, VII.LEH. 55. Et il dit que si feroit il volentiers, mais une le patriarche l'absousist jusquesà leurs revenir, joinv. 270. Et je li dis : je vous assolz de tel pooir comme Dieu m'a donné, id. 24G. Se le légat ne me absoloit de mon "serrement, m. 27i;. Et illecque l'abbé de St-Urbain, que Diex absoille, m. 2io. chil qui est escommeniés p ■

ités d'office d'avocat jusques à tant qu'il oil

, beaum. v, i ■". Et on séduit penre [prendre]

plusprès enjugement d'assaure quedecondampner,

iu. xxxvi, (i. Dame, j'ai à nom Rerie, si soit m'ame

olue, Berte, 52. Des quels dis livres de parisis il se

tiennent assouls etapaié, du cange, absolulus. Mais il meïsmes i respont, Et la cause nous en espont, Com cil qui bien de raison use, Et les diex assoit et escuse, la Rose, 0388. || xve s. ils estoient devers le roi de France absols et nommés quittes, et encore leur delivroit on or et argent, froiss. iii, iv, 20. Le feu roi que Dieu absolve, comm. vu, Prol. || xvi" s. Le peuple absolut à toute peine Pelopiuas, mont, i, 3. Estre absouls de son debvoir, id. i, 30. Sera il absoûlt.... id. i, 1 28. Il résolut de mourir, afin que ses citoyens ne pussent jamais estre absoute de leur serment, amyot, Lyc. ci. II voulut qui celui qui auroit fait le meurtre fut absuult à pur et à plein, moyennant que.... id. Publ. 21. Il se ieiicontraque les voix qui le condamnoient estoient une de plus que celles qui l'absolvoient.... il donna la dernière voix qui l'absolut judiciellement, m. Cfflton d'Utique, 23. En Lacedemone il y avoit une loi , laquelle declaroit les enfants absouls d'aider à leurs pères en vieillesse, quand ils avoient esté nonchalans de les faire instruire en jeunesse, lanoue, i ic. II n'appartienl pas à un prestre de savoir pour certain si le pécheur est absous, mais à celui du quel il faut demander absolution, calv. fnsl. 501. Nul ne peut estre lié ou absous, sinon celui qui en est digne, id. ib. 503. Leurs pensées les condamnent ou absoudent devant Dieu, id. ib. 9'iG. Combien plus vous doit elle délivrer et absoudre des liens humains? id. ib. )026. 11 leur remonstra qu'ilz n'estoyent mie absouldz de leurs promesses, rab. Garg.

— ÉTYM.Provenç.a&soZwe, absolver,as ofoer; anc.

catal. absolrer ; catal. mod. absoldrer ; espagn. absolver ; ital. assolvere; d'à! de ab, indiquant séparation, et soh < re di lier - hon). Du temps de palsgrave on écrivait assouldre, et on prononçait assoudre, p. 23.

ABSOUS, ABSOUTE (ab-sou, sou-t' ou plutôt apsou), part, passé. Il fut renvoyé absuus. Absous du crime qu'on lui imputait. Un pénitent absous par le confesseur. Vous sortez du tribunal de la confession absous, mais non justifié.

ABSOUTE (ab-sou-f ou plutôt ap-sou-t'), s. f. || 1° Terme de la liturgie catholique. Absolution publique et solennelle qui se donne en général au peuple et dont la cérémonie se fait le jeudi saint au matin ou le mercredi au soir dans les cathédrales. || ^Cérémonie qui se fait autour du cercueil , dans l'ut iice des morts.

— étym. Absoudre.

ABSTÈME (ab-stê-m'), s. m. et f. Qui ne boit pas de vin. Telle qu'est celle (l'exception) d tèmes, qui ne peuvent boire de vin, boss. Déf. comm. Nous serions tous abstèmes si l'on ne nous eut donné du vin dans nos jeunes ans, nouss. Ém. ii.

— ÉTYM. Abstemius, de abs privatif, et temelum vin.

| ABSTENANT, ANTE (ab-ste-nan; nan-i i et f. Celui, celle qui s'abstient. Da le nombre des abstenants fut trî ible.

ABSTENIR (S') (ab-ste-nir. Se tenir), v. réfl. || 1° Se priver de, aller à. S'abstenir devin. S'abstenir de toute lité. S'abstenir de combattre. S'abstenir de manger, de mentir. S'ils ne s'abstiennent pas d'é Il ne s'est pas abstenu d'y loucher. H s'; se défendre. Abstenez-vous de nui i nnemi.

une question sur laquelle nous nous sommes abstenus de nous prononcer. Que la communion, quelque fréquente qu'elle soit, ne nous rend ; peccables, et que ce n'est pas toujours une de s'en abstenir que de légères fautes qui échappent aux plus vigilants, bourd. Penséi s, t. m, p. 32-1. Quiconque n'avait pas eu soin de se purifier et n tait pas abstenu des plaisirs les plus légitimi n7). p. 355. Avare de mon sang, quand je sien, Aux dépens de ses jours [il] s'est abstenu du mien, créb. Rhad. v, G. Voilà par quel motif, injurieux peut-être, Je me suis devant elle abstenu de paraître, ducts, Lear, ii, 4. || 2° Absolument. On voudrait s'abstenir ; et on se laisse aller parfauss à.... Dans le doute, abstiens-toi. || 3° S'abste dit aussi pour garder l'abstinence, c'est-à-dire ne pas manger. 11 vaut mieux s'abstenir que de mangereequi fait mal. || 4" En termes de jurisprudence, ce juge s'abstient, il se récuse; cet héritier abstenu de la succession, il n'a point fait acte d'héritier.

— REM. Ce verbe veut la préposition de, ■ t ai : un substantif, soil avec un infinitif. Le participe

s'est abstenu, elle s'est nue; ils se sont abstenus, elles se sont absteui >.

vus

ABS

ABS

iiim xi ■ i haï a !"'i 'ls-

■i 1 11,-1 ,i-i ■ ' Int. \ .

s'en put asten r, des

.. Vucuns illiberaui si

. Eth iii. Se aucun est vaincu de desquelles :

ilinent ou mol, id. io. 2to. • ■nir tristeces ou cl stenir de ohoses delel ali -

ment il le roi d'Angleterre .

î. I, i, 101. xvie s. Q

do vin sur le po lit -I nt. ii,

— êtym. P tenir, estent r; es

i . et te- •

ABSTENTION s'abstenir dans L'exercice il u

L'abstent

leurs

— En. m. A

f ABSTENU, 1 :

sera à du duc d'Orléans ,

ivrir mit rien que sur lai l'absence de ci ux rement abstenus

ABSTERGÊ, i i: ib tèi j . jée) - port, passe". Plaie bien

ABSTERGEfl I ENT1 Termi'

abstantivement, au masculin, les abstergents. On emploie les abstergents pour enlever I l putrides.

— nisr. \ e peut effacer qu'à grande sues, tant soient- elles abstergentes,

— ÉTYM. Absterger.

ABSTEBGEB ib stèi i . 11 faut avoir soin d'intercaler m1 I il u ou 0, der au g le v. a. Terme de mi Nettoyer. Absterger une plaie. Ce médicament sert à absterger.

— hist. xvie s. 11 il. liche et consolide toute plaie faite d . vm, 32.

— &TYM. Absterg j, indiquant extra

et tergere, essuyer, mot à mi en es-

suyant.

ABSTEBSIF, lvi ' : sif, siv'), adj. Terme

— hist. xvt' s. Tous simplesqui sont dessi>

êtym Ibsti rger.

ABSTEBSION (ab-ster sion), s. f. Terme de chi- Action d'abstei -

— hist. x\r s. La plaie, d'autant qu tlide . xxv, 1 5.

— êtym. Absterger.

ABSTINENCE (ab sti nan - I; s. f. i

s'abstenir. L'abstinence du vin. L'abstinence des plaisirs. L'a] entière de !

cause d'affaiblissement. 2" Absolument, A s'abstenir il u manger et du boire, il jeûne ou fait abstinence. Les temps etles jours consacrés à l'abstinence. La pratique de l'abstinence. Les rigueurs de l'ab lui a recommandé l'ab-

stinence. Faire faire abstinence à un malade. Le seul chanoine Evrard d'abstinence incapable, boil. I.nir. iv. Donnons à ce grand œuvre une heure d abstinence, m. ib. || 3° Au plur. Action de s'abstenir de certains aliments. Les abstinences et les jeûnes. Employant à la charité les restes de sa pauvre t fruits de ses abstinences, fléch. Panég. u, 392. En observant les abstinences de la loi, mass. Riche. || 4° Jours d'abstinence, chez les catholiques, jours où l'on doit s'abstenir de manger de la viande sans être obligé de jeûner.

— hist. xiie s. [Il] saintefiad Ysaï et ses fiz,caril .es fit estre en abstinence encontre le sacre fi se, Rois, 58. || xnic s. Que abstinence [ilj doit avoir, Et. pur vérité le vousdi, Qu'il doit juner au venredi, Fabl.

:. i, 70. Tu vaspreeschant astenance. —Voire voir, mèsj'emple ma panse De bons morciaus et de bons vins, la Rose, H425. Et bien voloit.par amis, alongier l'astenanche [attermoiement], toutes les fois qu'il en seroit requis, beaum. lx, 3. || xivc s. Fut accordé que attenance [trêve] fut prise entre la comtesse d'Artois et Robert son fils, du cange, attenan-

icupiscence et mauvais désirs t vaincus pa Eth. s.

abstine

aces et souf-

. BASS. 31. Pût

glois .i le dit

pourfaii ' meiq. t, i i.

— ÉTYM. Provenç. abstù linencia, es

niiii . de abstint iir).

IBSTIN1 M. I N i i

— f:i \ m. Ibstmi ns, de •• I abstenir.

; \ i s - 1 1 •. mi il R ab stra-kteur |, s. m. Qui se plaît aux ab De subtiles abstracteurs , de

la nature humaine, dider.

isay.

— i:i vm. Voy. abstdacti

IBSTB M ni l\ i stra-ktif, kt bilosophie i Quiab

r, à exprimer des abstractions, i'

— étym. Proi ' nbslractivo; d'un i abstractù us. de abstrahi • re).

ABS1 RACl'ION sb tra k ie.dequatre

syllabes), s. f. || 1* Action d'abstraire, opération in-

. dans un objet, on isole un

isidérer que ce caractère ; ré-

de cette action. Sans l'abstraction, i

humain ne pourrait conduire aucun raisonnement

lé. L'abstraction ne crée pas des

êtres et n'est qu'un artifice logique. Le pouvoir

i | ate, il a

qu'il y avait de : al dans son sujet.

La blancheur considérée en soi est une abstraction,

puisqu'il y a dans la nature, in m la blancheur, mais

blanches. Il faut bien se garder de pren-

abstractions pour des réalit

t une supposition, une ab l a

r. m. xii. On esl souvent forcé . pour l'intérêt public, de la rigoureuse d'une abstraction philosophique, mirab. (ton, t. ut. p. 32:s. Dans ces diverses cosmogore des contes d'enfants et des '.in. i, m, 1.

|| 2° Faire abstrael lire en-

trer en comi distraction des inconvéi

< tion faite des hommes et du temps. 11 faut lui-même et faire abstraction de la fortune. En faisant abstraction de tout sens, pasc. Prou. i. De quelque d le l'on consi-

raction faite de sa grandeur, j. j. rouss. Contr. iv, 3. || 3° Au plur. Dans avorable, idées trop métaphysiques, mal soutenues par les faits. C'est un esprit chimérique i perd dans les abstractions. || 4° Au plur.

Rêverie, préoccupation. Le voilà de nouveau dans tractions.

— SYN. faire abstraction, abstraire. Fan

't. c'est ne pas tenir compte de. Ab

c'est exécuter l'opération intellectuelle par laquelle

on isole, dans un objet, un caractère. On abstrait

pour généraliser; on fait abstraction de, quand on

gard à ceci ou à cela.

— hist. xivc s. .\ ce peut l'en respondre : la cause est pour ce que les choses de mathématiques sont cogneues par abstraction, imagination et phantasie, oresme, Éth. 18t.

— ÉTYM. Provenç. abslraccio; catal. abstraeciô ; espagn. abstraction; ital. astraxione; de abstraclio, de absteahere, abstraire.

ABSTBACTIVEMENT (ab-stra-kti-ve-man), adv.

D'une manière abstractive, d'une manière qui abstrait. || Il ne se met guère qu'après le participe passé :11 a considéré abstractivement cette qualité.

— SYN. L'Académie confond absolument cet adverbe avec abstraitement ; la nuance est en effet petite; pourtant abstractivement exprime une action, et abstraitement un état. Une considération abstractive est une considération qui abstrait; une considération abstraite est une considération dans laquelle l'abstraction est déjà opérée.

— ÉTYM. Abstractive, au féminin, et ment (voy. ment).

ABSTRAIRE (ab-strê-r') , j'abstrais, tu abstrais, il abstrait, nous abstrayons, vous abstrayez, ils abstraient. J'abstrayais, nous abstrayions, vous

abstrayiez. J'abstrairai. Abstrais, qu i abstraie,

rayez, qu'ils abstraient. > lue i ah

, qu'il abstraie, que non i

qu'ils abs"

i tyant. Le parfait défini et l'impai

i. i.. i . i ne ■ m pa i tés. v. a. || i°Tei me

de l'Ini msidérer i: olémenl , dans un ob-

jet, un de ses caractères. Dans un objet blanc on

i la blancheur, qui devient un terme ( néral.

[ue, on abstrait le de toute

ûlière Les origines du langage i

qualités pour

bstan fs gi néraux. || 2° Absolument. Le

faculté <iuu

toutes li traire, elles

géomètres, dider. Leur, sur

les sourds i / mu fs 3 esprit le sé-

de tout autre objet que celui que l'on consi-

i pour abstraire son esprit et se

livrer à des méditation profonde I \.h itraire un

personnage du temps où il a vécu, une idée de la

société où elle a pris naissance. Abstraire a ici son

sens propre ;

HIST. xvi" >. Comme un elixir et quintessonce tirée et abstraite, non-seule harangues,

mais Sot. Vén.

— ÊTYM. Abstrahere, de abs, indiquant séparation, et trahere, tirer, traire(voy. traire).

ABSTBAIT, AITE (ab-strè, trè t'). [| 1° l'art. les grand ne sont pas

suspendus en l'air, tout abstraits de notre société, pasi /' div. 107. Les choses immortelles, universelles, abstraites de la matière, la mothe levay. 80. || 2° Adj. Qui a le caractère d'une abstraction. La contemplation des choses Les vérités

- les erreurs abstraites. La plus abstraite analj se. || 3- Terme . terme qui exprime une qualité considéien1 du sujet, comme la blancheur, leur. || 4° Nombre abstrait , nombre énoncé sans désignation d'aucun obj ulier , sept,

neuf, etc. par opposition à nombre concret, sept pommes, neuf francs. || 5° M' sal dée qui

pas à un objet particulier. L'humanité , en tant qu'indiquant l'espèce humaine , est e ab traite. Tout édifice bâti ur des idées abstrait' à 1 erreur, uni'. Ani-

maux, systèmes de génération. [ 6" S. m. L'abspar opposition au concret. La rondeur est un abstrait, etlerond est un concret. || 7° Science abstraite, celle qui s'applique aux lois des phéno- ,et non à un corps particulier. Lesmathémasont une science abstraite, s'appliquant aux nombres . aux formes et aux mouvements. La chitine science abstraite, s'appliquant au \ lois de composition et de décomposition de toutes les ub stances, tandis que la géologie, la minéralogie sont des sciences concrètes, s'appliquant à l'étude de . la terre, les minéraux. J'avais passé beaucoup de temps dans l'étude des sciences abstraites, bo ITomu. rem. N'étant point, dans

leur état, à portée de ces sciences abstraites et trop -pour eux, bourd. Pensées, t. u, p. 275. Le moderne lui doit tout [à la religion chrétienne] depuis l'agriculture jusqu'aux sciences abstraites, chateaub. Génie, i, i. || 8° Difficile à saisir, à pénétrer. Un esprit abstrait. Raisonnements abstraits. Discours abstraits. Ecrivain abstrait. Kant est un philosophe abstrait. Argumentation trop abstraite. || 9° Qui n'a d'attention que pour l'objet intérieur qui le préoccupe ; qui rêve. C'est un homme fort abstrait; il est abstrait, rêveur. Un esprit trop abstrait se jetant loin du sujet de la conversation. Théocrine est abstrait, dédaigneux, et il semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas, la bruy. i . || Abstrait se met d'ordinaire après son substantif.

— SYN. abstrait, distrait. Signification commune, défaut d'attention, avec cette différence que ce sont nos propres idées, nos méditations intérieures qui nous rendent abstraits, tandis que nous sommes distraits par les objets extérieurs, qui nous attirent et nous détournent, guizot.

— étym. Abstraclus, de abstrahere, abstraire (voy. abstraire); provenç.! abstrayt; catal. abstret; espagn. abstracto; ital. astratto. Dans lexvne siècle à côté d'abstrait on disait aussi dbstract.

f ABSTRAITEMENT (ab-strè-te-man), adv. Par abstraction. Aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement? pasc. Pens. div. 57.

— ÉTYM. Abstraite, au féminin, et ment (voy. ment).

ABSTRUS, USE (ab-stru, struz'), adj.\\ l" Diffi-

ABU

lement accessible à l'entendement. Une recherche si abstruse et si embarrassante, boss. Avert. ni. Je sais tout ce qu'on a dit sur cette matière abstruse, volt. Dial. 24, 17. Il pénétrait déjà dans la géométrie la plus abstruse et la perfectionnait par ses découvertes, à mesure qu'il l'étudiait, lorsqu'en 1684 la face de la géométrie change presque tout à coup.... fonten. Bcrnoidli. || 2° En un sens défavorable , philosophe abstrus. || Abstrus se met après le substantif : Raisonnement abstrus, question abstruse. — SYN. abstrus, abstrait. Une chose abstruse est une chose qu'on ne peut comprendre que par une suite de raisonnements, et qu'à force d'efforts; une chose abstraite n'est malaisée à comprendre qu'à cause de la généralité qui y est inhérente. Une chose abstruse est toujours difficile; une chose abstraite peut être aisée pour un esprit habitué aux spéculations philosophiques.

— H1ST. xvic s. Desmoyenssiestranges [singeries des sorciers] semblent venir de quelque abstruse science, mont, i, 98. L'anatomie de la philosophie en laquelle les plus abstruses parties de notre nature se pénètrent, id. i, 109.

— ÉTYM. Abstrusus, de abs, indiquant éloignement, et trudere, pousser. Comparez intrus et intrusion.

ABSURDE (ab-sur-d', ou, suivant la prononciation réelle, ap-sur-d'), ad). || 1° Qui est contre le sens commun. Peut-on rien dire de plus absurde? Une hypothèse étrangement absurde. Il est absurde de croire que.... Une opinion absurde. Un absurde raisonnement. Un merveilleux absurde est pour moi sans appas, boil. A. P. ni. Laisse là tes combats et cet absurde usage Qui met souvent le crime à l'abri du courage, Anne de Boleyn, ni, 4.[|2° En parlant des personnes , qui parle ou agit contre le sens commun. Raisonneur absurde. C'est un homme absurde. || 3° S. m. Absurdité. Tomber dans l'absurde. Réduire un homme, son homme à l'absurde. Démontrer une proposition par la réduction à l'absurde. L'absurde ne peut être cru. Quand l'absurde est outré, l'on lui fait trop d'honneur De vouloir par raison combattre son erreur : Enchérir est plus court, sanss.'échauffer la bile, la font. Fab. ix, \. [| 4° Absurde à, avec un verbe à l'infinitif. Il mentait à son cœur en voulant expliquer Ce dogme absurde à croire, absurde à pratiquer, volt. ii° Disc, sur l'homme, 123.

— HIST. xvie s. Voilà un bon mot et un utile desir, mais pareillement absurde, mont, ii, 379. Il n'est aulcun absurde, selon nous, plus extrême que de maintenir que le feu n'eschauffe point, id.

—ÉTYM. Absurdus. Cn fait venir habituellement absurdus de ab et surdus, sourd; mais on ne voit pas comment cela pourrait signifier absurde. Dès lors on a cherché ailleurs : absurdus a le même sens que absonus, et signifie par conséquent qui sonne mal, d'où absurde. Le surdus de absurdus est rattaché au radical sanscrit sur, sonner, avec un suffixe, dus.

ABSURDEMENT (ab-sur-de-man, ou, suivant la prononciation réelle, ap-sur-de-man), adv. D'une manière absurde. lia raisonné absurdement. lia absurdement raisonné. Il était ridicule d'augmenter le conseil, déjà absurdement nombreux, st-simon,

— ÉTYM. Absurde et ment (voy. ment).

ABSURDITE (a-bsur-di-té, ou, suivant la prononciation réelle, a-psur-dité) , s. f. || i° Vice de ce qui est absurde. L'absurdité d'un raisonnement. Ouvrir les yeux sur l'absurdité de ces disputes. Il était difficile de dire de quel côté il y avait le plus d'absurdité et de folie. || 2° La chose même qui est absurde. Quelle absurdité! Que sert de réfuter ces absurdités? Les impies sont tombés dans toutes les absurdités, boss. llist. n, (3. || 3° En parlant des personnes. L'absurdité de cet homme est choquante.

— HIST. xvr s. De toutes les absurdités, la plus absurde aux épicuriens est dedesadvouer la force et l'effet des sens, mont, ii, 12.

— ÉTYM. Absurditas , de absurdus, absurde (voy. absurde).

ABUS (a-bu), s. m. [| 1° Usage mauvais qu'on fait de quelque chose. Abus de la force. La Grèce a dû sa ruine à l'abus de la liberté. Tout commence par la nécessité et finit par l'abus. Ils font abus de nourriture. De quoi les hommes savent-ils user sans abus? Comme il y a dans les conditions élevée1» plus de faux désirs, plus d'abus de son âme que dans les états inférieurs, les grands sont sans doute de tous les hommes les moins heureux, buff. Na- 'un< des anim. Qu'est-ce de communier indigne-

ABU

ment? quel abus du saint même des saints! bourd. Pensées, t. m, p. 3 1 4. Laisser impunie une profanation est un abus si énorme, id. ib. p. 302. Un superflu qui me deviendrait pernicieux et nuisible par l'abus que j'en ferais, id. z'6. t.n,p. 77. Je sais que dans l'amitié dont je parle il y a divers degrés d'abus et de désordres, id. ib. p. 259. Les ministères publics sont des assujettissements perpétuels et très-réels , à moins qu'on ne veuille, par un abus énorme, en négliger toutes les fonctions et en abandonner tous les devoirs, id. ib. p. 486. Le peu qu'on en cite est un abus du texte, boss. Avert. Voilà le plus grand abus qu'on ait jamais fait de l'Évangile, id. iv, écrit, 30. Mais qui peut arrêter l'abus de la victoire? volt. Als. i, i. Ne prends point pour vertu l'abus de la victoire, SAimm ,Spartacus ,\ , 5. || 2° Coutume, usage mauvais qui s'introduit. Telle est la force des abus. Un abus qui s'introduit depuis quelque temps. On a retranché ces abus. Cetabus subsiste, comme tant d'autres, par la raison qu'il est établi. Us réforment tous les abus, boss. Hist. n, 4. Comment ils doivent reprendre et réprimer les abus, id. ib. il, o. Les abus du gouvernement, id. ib. n, 12. Tenir les abus nécessaires dans les bornes précises de la nécessité qu'ils sont toujours prêts à franchir, les renfermer dans l'obscurité à laquelle ils doivent être condamnés, et ne les en tirer pas même par des châtiments trop éclatants, fonten. Argenson. Nous préservent les cieux d'un si funeste abus, Berceau de la mollesse et tombeau des vertus, volt. Brut, n, 4. Philippe Auguste saisit le temporel des évêques d'Orléans et d'Auxerre pour n'avoir pas rempli cet abus devenu un devoir [conduire leurs vassaux à la guerre] , id. Mœurs, 50. Les bons mots ne sont qu'un abus; Pourtant, messieurs, permettez-nous d'en dire, béranger, Gourmands. Trinquer est un plaisir fort sage Qu'aujourd'hui l'on traite d'abus, id. Trinquons. || 3° appel comme d'abus , appel interjeté d'une sentence rendue par un juge ou supérieur ecclésiastique, qu'on prétend avoir excédé ses pouvoirs ou contrevenu aux lois. C'est une assez faible consolation que celle des appels comme d'abus, pasg. Pensées, Pape, 7. Le bruit se répandit que le procureur général appellerait comme d'abus de tout ce que le pape pourrait faire au préjudice des libertés de l'Eglise gallicane, st-simon, 502, 82. Ce qu'il y eut de plus intéressant , ce fut l'appel comme d'abus que le parlement introduisit, volt. Mœurs, 75. ||4° En jurisprudence, abus de pouvoir se dit quand un fonctionnaire outre-passe le pouvoir qui lui est confié et fait des actes qui ne lui sont pas permis. || 5" Abus de confiance, délit dont on se rend coupable en abusant de la confiance qui avait été accordée. || 6° En termes de grammaire, abus des mots, sens détourné et forcé qu'on leur donne. || 7° Erreur. C'est un abus de croire. Lourd et grossier abus! croyance ridicule! rotrou , ■ Bélis. v, 8. Qu'un si charmant abus serait à préférer A l'âpre vérité qui vient de m'éclairer! corn. lier. ni, i. Et semant de nos noms un insensible abus, id. Hér. iv, 4. Mais il faut renoncer à des abus si doux, id. Pulch. n, I. Dans les moments où Dieu vous a affligé, vous vous êtes adressé à lui; vous avez ouvert les yeux sur l'abus de ce monde misérable, mass. Carême, Prospérités temp. Que sais-je si, au premier jour, votre fin soudaine et surprenante ne fournira |pas à ceux qui m'écoutent de grandes mais d'inutiles réflexions sur l'abus du monde et de ses espérances, id. V^. Impénitence finale. Travailler serait un abus : J'ai cinquante écus, bér. Cinquante écus. || 8°Proverbe. Le monde n'est qu'abus et vanité.

— HIST. xivc s. Et aucuns se delettent en abus de deliz [plaisirs] charnels, oresme, Eth. 203. ||xvies. S'il est question de corriger quelques abus..., lanoue, 85. Les appellations comme d'abus ont lieu quand il y a contravention contre les saints décrets, libertés de l'Eglise gallicane, arrest des cours souveraines, jurisdiction séculière ou ecclésiastique; et tient-on qu'elles sont de l'invention de messire Pierre de Cugnieres, ores qu'elles semblent plus modernes, loysel , 888. En appelant d'Atropos trop irée Comme d'abus, marot, ii, 272.

— ÉTYM. Provenç. abus; espagn. et ital. abuso ; de àbusus, de ab, indiquant perversion, et usus, usage (voy. us).

ABUSÉ, ÉE (a-bu-zé, zée). || 1° Part, passé. Trompé. Abusé par de vaines promesses. Abusé sur l'état des choses. Abusé et dépouillé. Nous étions bien abusés, pasc. Prov. n. En vain du sang des rois dont je suis l'oppresseur, Les peuples abusés m'ont cru le défenseur, volt. Mér. i, 4. Ma jeunesse, nourrie à la cour de Néron, S'égarait, cher Paulin, par l'exemple abusée, rac. Bérén. n, 2.

ABU

112° abusée, s. f. Je plains cette abusée, et c'est moi qui la suis, corn. Oth. ni, i. || 3° En parlant d'une femme séduite. Jeune fille abusée.

ABUSER (a-bu-zé), v. n. || 1° User mal, se prévaloir de. Ayant abusé de leurs talents. Abuser de l'ignorance de quelqu'un. Abuser cruellement de la victoire. Pour seconder les criminelles intentions d'un ami, lequel abusait de votre crédulité, bourd. Pensées. t. h , p. 201. Vous croyez qu'abusant de mon autorité Je prétends attentera votre liberté, rac. Mithr. 1,2. J'abuse, cher ami, de ton trop d'amitié, id. Andr. ni, t . Avez-vous prétendu que muet et tranquille. Ce héros qu'armera l'amour et la raison , Vous laisse pour ce meurtre abuser de son nom? id. Iph. i , i . Et nos seuls ennemis , altérant sabonté, Abusaient contre nous de sa facilité, id. Brit. v, 3. La perfide abusant de ma faiblesse extrême.... id. Phèd. v, 7. Et que de mon bonheur vous avez abusé Jusqu'à plus attenter que je n'aurais osé, corn. M. de Pompée, ni, 2. Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté, id. Nie. n, 3. Je vous remets ce droit dont j'allais abuser, volt. Orphel. v, 6. Vous ne voudrez jamais, abusant de mon âge..., id. Brut, n, 4. Il abuse en ces lieux de son pouvoir fatal, id. Sém. il, t. Ils ont tous abusé de leur nouveau pouvoir, id. Ali. n, 2. Depuis qu'aux cieux l'amour est retenu, De son beau nom vous abusez encore, malfil..Vûtc.i. || 2" Absolument. Usez , n'abusez pas. L'homme est disposé à abuser. || 3" Abuser de quelqu'un, ne pas se comporter avec lui comme il conviendrait. J'abuse de vous en vous entretenant si longuement de mes propres affaires. Abuser d'un domestique, le faire trop travailler. On dit dans le même sens abuser d'un cheval. Vous abusez d'une infinité de personnes en leur faisant accroire que les points sur lesquels vous essayez d'exciter un si grand orage sont essentiels à la foi, pasc. Prov. M. || 4° Abuser d'une fille, la posséder. Pour venger sa fille dont Roderic abusait; boss. Hist. I, H. Nous flétrissons du nom d'incestueux le frère qui abuse de sa sœur, volt. Mctaph. 9. Alexandre VI était accusé d'abuser de sa propre fille Lucrèce, id. Mœurs, no. || Abuser, v. n., se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

abuser, f. a. || 1° Tromper. Abuser quelqu'un d'un vain espoir. Nous nous laissons abuser par les opinions du vulgaire. Ils sont grossièrement abusés, pasc. Prot'. n . La flamme de vos yeux.... Ne se lasse donc point.... d'abuser les vœux dont elle est désirée, malh. iv, 3. Car, sans le revenu, l'étude nous abuse, Régnier, Sat. m. Dites s'il me détrompe ou m'abuse en effet, corn. Héracl. n. o. Notre profond silence abusant leurs esprits, ils n'osent plus douter de nous avoir surpris, id. Cid, iv, 3. Sors du trône et te laisse abuser comme moi, id. Héracl. i, 2. Moi, j'aurais l'âme assez méchante pour abuser une personne comme vous ! mol. D. J. ii, 2. Je vous abuserais si j'osais vous promettre Qu'entre vos mains, seigneur, il voulût le remettre, rac. Andr. i, i. Je crains, je crains qu'un songe ne m'abuse, id. Phèd. il, 2. C'est pleurer trop longtemps une mort qui t'abuse, a>. Èsth. i, t. Est-ce ainsi qu'on m'abuse et qu'on croit me jouer! volt. Orphel. m, 3. Une image trompeuse ne vient-elle pas abuser mes yeux? fén. Tél. iv. Je reconnus, mais trop tard, les chimères qui m'avaient abusé, j. j. rouss. Hél. me part. I.iv. 18. || 2" Abuser une fille, la séduire. Une fille abusée était punie avec le séducteur, j. j. p.ouss. Ém. v.

s'abuser, v. réfl. Se faire illusion. En cela, je me suis abusé. A moins que je ne m'abuse. Voulant nous affranchir, Brute s'est abusé, corn. Cinna, n, 2. Mais tu t'abuseras, mol. l'Étourdi, i, 40. Vois si je m'abuse, bac. Baj. m, 3. Mais moi-même.... meserais-je abusée? id. Baj. m, o. Penses-tu que je sois moins épouse que mère? Tu t'abuses, cruel.... volt. Orphel. iv, 6. En conseiller d'État, de discours je m'abuse, bégnier, Élég. n.

— REM. Pascal a dit : 11 n'est pas possible de s'abuser à prendre un homme pour un ressuscité. Cet emploi, qui peut très-bien être accepté, est un archaïsme. Voyez-en un exemple plus bas dans un texte de Lanoue.

— HIST. xive s. Comme Phalaris qui tenoit une enfant et avoit concupiscence de abuser en par delettation de luxure inconveniente, oresme, Eth. 104. || xve s Me faites, vous et raison, Aucune déclaration ; Ou de votre fait suis abus, Pour ce que dit avez dessus, la font. 675. Povre homme, tu t'abuses bien; Par ce chemin ne feras rien, Si tu ne marches d'autre pas, Sat. à l'Aie!). 31. las! ne suis le premier de France Qui sotement s'est abusé, en. d'orl. Bond. 34. Ausquels fut rîit pour le dict seigneur, qu'ils s'abusoient et que le dict s'.igneur

ACA

aimerait mieui mourir que d'estre contre le roi, j.

i 175. .1 avec telles menson MMit bien aucuneflbis les maistres, comm. ii, -•. On abusoit le roi quand on lui conseilloil enti dre teste guerre, n>. m, -■ !! xvi« s. Us sçavent l'arithmétique si parfaitement que jamais ne s'a

1er, i moi e, 183. Cel enfant nous abuse, car ut jamais on hault de la maison,

Car g. i, 12. Laissons les abuser de leur loisir, 187. Il d du pauvre

peuple abusé de ces folies, id. i, 200. On ne peull abuser que des choses qui sonl bonnes, in Kilo n'y trouva l"s efforts repondants à sa taille, beauté et jeunesse par où .lie avoit été prinse et abusée, m. m. 37». il usa d'une ruse pai la il abusa l'une ri l'autre partie pour le bien de la

publique, amyot, Solon, a». Solon pour vrai est un fol abusé, Oui de son gré lui-môme a refusé On -1 grand heur que lui offraient les dieux, u>. 10. ■22. Stesimbrotus s'abuse grandement pour n'avoir pas bien pris garde a la suitte des temps, ro. Thém. a. Son Ml/ abusoit un pou trop do l'affection portoil sa mère, et de lui aussi semblablement par id. Thém. su. Abusant la Jeunesse do vaine espérance, id. Fob.54.Li (ioniens

abusèrent d'Alcibiades plus tosl qu'ils n'en u m. Me. et roc. i. Il abusa d -a ca-

lomnier 1 i 1 tussemenl charger et accuser ceux qui valoient mieux que lui. m. Pélop. '>». Celui qui m: viso ,\ la voie l'ai où il \a, faut et s'abuse, mm, m, lit, B9.

— ÉTYM. Abus; provenç. et espagn. àbiuar ; ital. abusare

ABUSEUR (.1 bu / ), s. m. Celui qui abuse, qui

trompe.

— msr. xiv" p. So lo dit toi abuseur avoil aucune chose prins on gaingné sons ombre de la dite abusion, du cange, àbusor. \\ XV s. El trouva on que

-loi! qu'un abuseur : si lo lit prendre prisonner ot ont sa finance qui esto 1 grande , j. des orsins, 1889. El so trouva un cordelier l'orge qui de lui-même pritdebal au dit rrere Hieronime Savotnl hérétique ■■! abuseur do peuple, comm. vin. if>. 11 xvi' p. C'estoyent divina enchanteurs et abuse 1rs du simple peuple, rab. l'uni, iv, r,s. Trait/' dont lo cruel abuseur plein d'attraits A bien souvent faict mainte plaie amere, marot, u. 280. D'un pont nombri tirs sont

sorties plusieurs sectes, calv. Inst. so.

— étym. Abuser.

ABUSIF, IV K i'a lut zif.ziv'), adj. Il i°Qui 1 l'abus. Tout prù ilége qui lend a l'exemption de cette contribution étant injuste et abusif, vu ban, Dîme, 104. Il S» En termes de grammaire, emploi abusif d'un mot.

— msr. xiv*s. Faire une comparaison abusive de choses qui no sont pas comparables, oresme,?] Meunier. \\ xvics. rauteeque les hommes apprennent de Dieu par I - 1 est frivole et mesme abus f, CALV. Inst. 50. Il rompit et annulla cette COUStume comme abusive, pleine do larcin, carloix, v, m.

— ÉTYM. Abusivus, deabusus, abus.

ABUSIVEMENT (a-bu zi-ve man), odi . i°D'une

manière abusive. On avait établi abusivement cette mesure. || 2" En tonnes de grammaire, employer abusivement un mot.

— ÊTYM. Abusive au féminin, ot ment (voy. Îient).

i- ABUTER (a-bu-té), ». a. etv.n. || 1" Terme de

marine. Mettre bout a bout, ou toucher par un 1 1.

Ces pièces <\c bois abutent. || 2° Au jeu de boule ou do palet, lancer la boule ou le palet vers un but pour savoir qui jouera le premier. Eh bien, abutons.

— iiist. xvi» s. Le temple St-Sorlin l'ut gagné à coups de canon par les assiégés : ce qui fit tenir conseil on la place St-Georges , et résoudre de mettre le feu on toutes les taies qui abuttoient à la maison de ville, d'aub. Hist.i, 38. Articulation, c'està-dire jointure : sçavoir quand iceux os sont tellement abuttés et alliés que.... pare, iv, 43. Fault luy [àl'ame] fournir d'object où elle s'abbutte, mont. i, 21.

— ÉTYM. À et but.

t ABUTILON (a-bu-ti-Ion) , s. m. Botanique. Plante d'agrément des Antilles, cultivée dans quelques parties Qe l'Europe, à écorce filandreuse, de la famille des malvacées.

ABY.ME (a-bi-m'), i. m. Voy. abIme.

ARYMER (a-bi-mé), v. a. Voy. abîmer.

ACABIT (a-ka-bi; le t ne se lie pas 1 , s. m. Il i" Qualité bonne ou mauvaise des choses Ces fruits sont de bon acabit. Ce mouton, ce drap sont de mauvais acabit. || 2° En parlant des personnes, Ce

ACA

sont gens '\<- même acabit. Vous ne ie coi 1 igere 1 cas, tel 1 1 ton acabit . Acad Loc 1 ic P> A tes d'une bonw ites d un b n acabit.

— Mis r el labit Niais

denl ' , Vme n'j a

qui bien nous fasse, vu < . Baill et Mal. On a dit

aussi acabie : boi 1 El de quelle

I minin n'esl plus

Usité.

— p.tym. Bas-latin, acapi(a,acapitis, acapita- ,1/11111 . mots qui signifient au propre 1 act on de se constituer vassal d'un seigneur, mot à mot, action de prendre pour chef; par droit d'en ii ée el . par une nouvelle exten lion .

d'achat. Acabit veut donc duo arbat , débit, et, comme le remarque 1 des fi tiil i d un bon

acabit iment des fi u ts d un i

bit. i> apita, acapitagium sont c; ad el

capitagium; capitagium, de caput , chef (voy. chef), acacia (a ka sia ; i tstel el Bi ;er l'ont fait, yllabes, 1 1 la pronom

. mais 0 rail 1 ussi . e de quatre ylla

bes, suivant l'hab e, qui tend

plus à a urcir . . m

i» El uomd'un genre de la famille des

nou-o,.d roi 1 ~ fournis enl la gom-

suc ex] i du mimosa nilotica.

mûr du prunellier. Le suc d'acacia est astringent.

2 Dans le langag linaire, 1 acai ia

n acai ia blanc, arbre d ag 1 ément . espèce 1 rameaux épineux el à (leurs blanchi s tient en nombre. Fleurs d'acacia qu'éparpillent les cents, m

r m Debrau t. Sous l'acacia léger j aurais placé Delille, castel, les Plantes, iv. || Au pluriel, aoias.

— iiist. xvie s. Berberis, sumac, acacia et leurs semblables, paré, vin, ■'• ;. Quant aux sucs

el endurcis, comme 1 aloès, l'acacia.... id. xw, 27.

— ÊTYM. Provenç. acassia; du latin acacia, du grec ■/■/■/.•iv. Ce m renir de àxaxia, défaut

ihanceté [de 7. privatif, et xoexâ;, méritant'. tal,bien que couvert d'épines, four nit de 1 Mises.

académicien (a-ka-dé-mi-siin ; en vers, il ix syllabes; par exemple, dans l'épigramme . qui ne fut rien. Pas même Cepend tnl n pourrait aussi suivre ordinaire et le faire de cinq syllabe. , s. m. 11 1- Philos tphe de la secte de 1 Aca

I icéron était académicien. || 2° Celui qui fait pi

d'une société de gens de lettres. De zélés académiciens. Les réceptions i\'' nouveaux académiciens.

II fit lever le plan de cette mer [Caspienne], et, grâce à ce conquérant académicien, on en connut enfin la véritable figure, fonten. Czar Pierre, il possédait souverainement les qualités d'académi cien, c'est-à-dire, d'un homme d'esprit qui doit vivre avec ses pareils, profiter de louis lumières et leur communiquer les siennes, id. Dodart.

— HEM. Académicien a quelquefois un féminin. L'Académie de peinture a nommé quelques femmes académiciennes. Il y a en Italie des académiciennes.

— SYN. académicien. ACADÉHiSTE. Le premier se dit de celui qui est d'une académie de gens de lettres, et le second de celui qui est d'une académie où l'on apprend à monter à cheval, à tirer des armes, etc. Cette distinction s'est introduite is-e/. tard ; la comédie de Sairit-Evremond contre l'Académie était intitulée la comédie des Académistes.

— ÊTYM. Académie.

ACADÉMIE (a-ka-dé-mie) , s. f. || 1° Jardin près d'Athènes où Platon enseigna. || 2" La doctrine mêmede Platon et de ses successeurs. || 3° Par extension, compagnie de gens de lettres, desavants ou d'artistes. L'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts, l'Académie des sciences morales et politiques; ces cinq académies réunies forment ce qu'on nomme l'Institut. L'esprit de discussion est assez contraire à celui de décision ;maisFAcadémie doit plus examiner que décider, suivre attentivement la nature par des observations exactes, et non pas la prévenir par des jugements précipités, fonten. Dodart. Je veux établir chez vous une académie de beaux esprits, mol. Prée. Rid. 10. Il 4° Absolument, l'Académie française. Discours de réception à l'Académie. Le Dictionnaire de l'Académie. L'Académie, dépositaire des bienséances cl de

ACA

la puni,' du goût. H 5" Par métaphore, en fait de style, forme académique. Les oreilles sont flattées pai l'académie el l'arrangement des paroles, boss. Par de Dieu, i.|| 6" Académie royale de musique, le 1 Opéra .'1 Paris, ainsi dénommé dans les lettres patentes de son établissement. 1 7" 1 1 1 unes :40ns apprennent l'équitation el d'autres du corps, 'fouir académie.

I on académie. Pour m'entretenir à l'académie, hamii 1. Gramm. 3. En igoi , je commençais à monter à cheval à l'académie des sieurs de Mémon et Rochefort, SA! 1 SIMON, I, '2t. Sans avoir fait son académie, un voyageur monte à cheval, j. j. I ni. u. Il 8" Los écoliers mômes qui fré- .11 tdi m Ce ji ui Là tel écuyer fit monter toute son académie a cheval. || 9° Lieu où l'on donne à jouer en public. Les académies de jeux sont souvent des coupe-gorges. Il y a un livre intitulé Académie des jeux, qui donne les règles des jeux en usage. Il a perdu son argent dans une académie. Ma mai on n'est point une académie, picard, les Deuxphil. 11, 19. <>n dit maintenant maison de jeu. 10 Divi iondel'l niversitéde France dirigée paru 11° En tonnes i\,' pointure, une figure entière qui est peinte ou de isinée d api es un le, et qui n'e 1 pa 1 destinée à entrer dans la composition d'un tableau.

—étym. Âcademia, du grec àx«S>iu.î« et àxeeWil«ia. Ce mot vient d'Académus, personnage de l'Age ique Dans la guerre que les 1 acédémoniens fi- 1 Athènes pour reprendre Hélène enlevée par Thésée, Académus leur révéla où elle était radiée. En récompense de ce service, ils ménagèrent dans leurs ravages sa maison de campagne, qui était à m pas d'Athènes. L'orthographe n'esl pas constante; on écrit aussi Hecadémus, 'ExdSrino; et par conséquent l'/aôr,»'-/. Dans Horace, Ep. il, II, 'i5, Atque inter silvas Icademi quxrere verum , on trouve la variante Ecademi. ,Axgc8y)|j.o; vient sans doute de âxi;, remède, et Sîjpioç, peuple, qui guérit le peuple; et êxâSniiAo; de êxàç, loin, qui est loin du peuple.

ACADÉMIQUE (a ka dé mi k'), adj. || i" Qui appartient à la doctrine de Platon. La philosophie académique. || 2" Qui appartient ou qui convient h des académiciens, à une académie. Questions académiques. Séances académiques. || 3° Plus particulièrement, qui appartient à l'Académie française. D iurs académique. Fauteuil académique. || 4° En I

(..niant du style, dos compositions littéraires et '

aussi des peintures correctes, élégantes, tuas où ' la correction et l'élégance font tort à la vérité et à la simplicité. Pourquoi appelle t on académique un trs fleuri, élégant, ingénieux, harmonieux, et non un discours vrai et fort, lumineux et simple? vauven. Nouv. ma:t. \i. \\ 5° Dans les beaux-arts, ligure académique, ligure d'étude, traitée sans égard à l'ensemble d'un tableau. || 6° En parlant des personnes, digne d'être de l'Académie. Sujet lémique, homme qui mérite d'être élu de l'Académie.

— Etym. Académie.

IlCADÉMIQUEMENT (a-ka-dé-mi-ke-man), mie.

D'une manière académique. Cela est écrit académiquement.

— ÉTYM. Académique, et ment (voy. ment). ACADÉMISTE (a-ka-dé-mi-sf), s. m. || 1° Celui

qui, dans une académie, se forme à certains exercices. Les gens de cette sorte sont académistes, écoliers, pasc. Pref. ej. Avec un extérieur austère il [Harleyfiis] était aussi parfaitement débauché et aussi ouvertement qu'un jeune académi'ste, st-simon, 470, 107. Il 2n Celui qui tient une académie et enseigne les exercices.

— ÉTYM. Acaelémie.

ACAGNARDÉ , ÉE (a-ka-gnar-dé, dôe) , part, passe. Acagnardé par la fainéantise.

ACAGNARDER (a-ka-gnar-dé) , v. a. || 1° Rendre cagnard. La mauvaise compagnie l'a acagnardé, ' Acad. Il 2° S'acagnarder, t. réfl. Devenir cagnard. S'acagnarder dans un fauteuil. Cesenfants sesontaca- . gn* niés au coin du feu. || Loc. vicieuse : acagnardir ou s'acagnardir. Ce verbe est de la conjugaison en er.

— iiist. xvic s. Je ne me peux contenter de moi mesme, me voyant ici oisif, acagnardé à un foyer, yver, 563. Vous avez secouru des personnes qui estoient dans les rues ou accagnardées près du feu; je vous demande l'aumosne pour des gens qui servent nuit et jour, henri iv, lettres.

— Etym. À et cagnard; Genevois, s'acagnardir et aussi s'acagner, se blottir.

ACAJOU (a-ka-jou), s. m. || 1° Bois d'acajou ou,

ACC

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simplement acajou, bois rougeatre et susceptible d'un beau poli, employé dans l'ébénisterie, la tabletterie, etc. et fourni par un arbre de L'Amérique Méridionale ( Swietenia Mahogoni et Cedrela odorat a). Meuble d'acajou. Lit d'acajou. ]| Au pluriel, des acajous. || 2" Noix d'acajou, fruit en forme de rein, lisse, coriace, et d'un brun grisâtre. Sous l'enveloppe se trouve un suc huileux, noir et caustique. A l'intérieur est une amande bonne à manger.Qe fruit est fourni par Vanacardium occidentale, grand arbre de la famille des térébinthacées. La

— ÉTYM. Reiff le tire du brésilien acajaba.

ACANTHE (a-kan-t'), s. f. || 1° Plante dite vulgairement branche- ursine et remarquable par ses belles feuilles découpées et recourbées vers l'extrémité. On a dit que la feuille d'acanthe avait servi de modèle pour l'ornement du chapiteau corinthien. Voici la fête d'Olympie! Tressez l'acanthe et le laurier, v. hl'go, Odes, iv, 10. || 2° Ornement d'architecture imité de la feuille d'acanthe.

— ÉTYM. Acanthus, de &y.aM$Oi, de à-/.av8a , épine, mot dans lequel est la racine àx'o , pointe , aiguille (voy. AIGU).

f A CAPELLA (a-ka-pèl-la). Terme de musique d'église, signifiant que les instruments marchent à L'unisson ou à l'octave avec les parties chantantes. Style à capella, style grave, posé, sans instruments.

— ÉTYM. liai. A capella, à chapelle.

f ACARE (a-ka-r'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Sorte d'animaux articulés de la classe des arachnides, dont un genre renferme le petit ciron qu'on trouve dans les vésicules de la gale, tant chez l'homme que chez le cheval. Le soufre ne guérit la gale qu'en tuant les acares.

— ÉTYM.'Axapi, sorte de petit insecte.

ACARIÂTRE (a-ka-ri-â-tr'), adj. Qui est d'une

humeur fâcheuse et aigre. || Il se met toujours après le substantif : Une femme acariâtre; un esprit acariâtre.

— HIST. xvi° s. A tant de gens qui sont acariâtres. rab. Garg. i, 2.

— ÉTYM. Picard, accarienne. Ce mot vient de l'ancien français acarier, confronter, d'où l'adjectif désignant, avec le sens défavorable qu'a la finale ûtre, celui qui tient tête dans la confrontation, et de là de difficile humeur. Acarier vient de à et de cara, face, visage (voy. chère).

f ACATALECTIQUE (a-ka-ta-lé-kti-k' ), s. m. et adj. Terme de métrique ancienne. On appelait ainsi les vers auxquels il ne manquait aucune syllabe.

— ÉTYM. 'Ay.aTct)>7-,y.Ti/.à:, qui n'a pas de finale, de a privatif, et de y.a-tot)'/i/Tr/.o;,quiaune finale; acrea- Xyixtixô;, dey.aïaWjYsiv, finir, de naxâ, à, et X^yeiv, cesser.

ACATALEPSIE (a-ka-ta-lé-psie), .v. f. Expression technique de Pyrrhon et des philosophes sceptiques, qui désigne l'impossibilité de connaître.

— ÉTYM. ,AxaTaXï)<l'ïa, de a privatif, et xa-tâV/iJ/t; , compréhension: impossibilité de comprendre, et par conséquent absence de certitude dans les connaissances humaines (voy. catalepsie).

ACATALEPTIQUE (a-ka-ta-lé-pti-k') , adj. Qui a rapport à l'acatalepsie.

— ÉTYM. Acalalcpsie.

ACAULE (a-kô-1'), adj. Terme de botanique. Qui n'a pas de tige apparente.

— ÉTYM. A privatif, et coulis, tige (voy. chou). ACCABLANT, ANTE (a-kâ-blan, blan-t'), adj.

||1° Qui accable. Un poids accablant. Une charge accablante. Une douleur accablante. Des reproches accablants. Aces mots, Idoménée parut comme un homme qu'on soulage d'un fardeau accablant, fén. Tél. xii. Les affaires les plus désagréables, les embarras les plus accablants, les dégoûts et les déboires les plus affreux, bourd. Pensées, t. m, p. (42. Le nombre des matériaux nécessaires devient toujours plus accablant pour le géographe, et, s'il se pique de précision, tous ceux qu'il peut recouvrer lui sont nécessaires, fonten. Éloges, Delisle. Les remarques sont jugées accablantes pour M. de Cambrai, boss. Lelt. quiet. 371. Ces foudroyants regards, ces accablants reproches, th. corn. Ari. iv, 5. Ah! penser accablant où mon cœur s'abandonne ! campist. Andrnn. v, 4. 11 n'avait répondu que par un silence accablant à ses supplications, mass. Prière, 2. Mais qu'il est accablant de parler de sa honte ! volt. Brut, ii, i. || 2" Importun, incommode. Unhomme accablant. Visites accablantes. || Il se met avant ou après le substantif : Une nouvelle accablante; une accablante nouvelle.

ACCABLÉ, ÉE (a-kà-blé, blée), part, passé.

Il i"Cédant, succombant sous le poids. Accablé sous

un fardeau trop lourd. Dante a peint les avares ac- j ralliés sous des chapes de plomb. La vigne était accablée sous son fruit, fén. Tél. i.||2" Fig. Accablé de maux. Accablé de dettes. Il fut accablé par le nombre. Cet homme d'État, accablé par ses ennemis. Le régiment accablé par des forces supérieures. Accablé d'affaires. Accablé d'honneurs. Accablé d'outrages. Accablé d'une aussi haute fortune. Je suis accablé de voir que le mal a fait tant de progrès. Une femme qui n'avait nuls signes de grossesse, accablée d'ailleurs d'un grand nombre d'incommodités très-cruelles, fonten. Lillre. Accablé des malheurs où le destin me range, corn. Cid. i, s. Il semble à l'ameque son mal est sans remède, tant elle en est possédée et accablée, bouhd. Pensées,t. H, p. 22. Tâche de les convaincre par une multitude de preuves dont ils devraient être accablés, in. ib. p. 274. ... j'allais, accablé de cet assassinai , Pleurer Britannicus, César et tout l'État, rac. lirit. v, 5. Non, non, je ne puis vivre accablé de sa haine, m. Alex, iv, 4. Vous pensez.... qu'un cœur, accablé de tant de déplaisirs, De son persécuteur ait brigué les soupirs? m. Andr. ri, H . Lusignan, ce vieillard accablé de douleurs, volt. Zaïre, ni, 6. Si je l'ai jusqu'ici de tant d'honneur comblée, De tant de faveurs accablée.... corn. Agés, v, 2.

ACCABLEMENT (a-kà-ble-man), .v. m. || 1° Liât d'une personne, d'un corps, d'un esprit, d'unpeuple accablés. Être dans l'accablement de la douleur. Son accablement est extrême. Plongé dans l'accablement. Et je préférerais un peu d'emportement Aux plus humbles devoirs d'un tel accablement, corn. Sert, iv, i . On croit cette imposition prématurée dans l'accablement où sont les peuples, boss. I.etl. quiet. 472. Quand il dort, c'est d'accablement, sév. 502. Des infortunés qui vivent dans l'accablement, mass. Affl. Vous qui n'avez jamais de sourire moqueur Pour les accablements dont une .une est troublée, v. hugo, Crr'p. 38. || 2° Action d'accabler. Pour dernier accablement, son adversaire lui donna un coup de pied , scarr. Rom. corn. 10. || 3" Surcharge. Accablement d'affaires. Que deviennent les lois et le prodigieux accablement de leurs commentaires? la bruy. (2. Si c'est trop de se trouver chargé d'une seule famille, si c'est assez d'avoir à répondre de soi seul, quel poids, quel accablement que celui que donne un royaume! m. to.

— SYN. accablement, abattement, découragement. L'idée commune est un état de langueur de l'ame. L'accablement est plus fort que l'abattement. L'homme abattu peut se relever; l'homme accablé a succombé soi s le poids, et ses forces sont brisées. Pour l'abattement et l'accablement, il y a toujours une cause extérieure et antérieure, un coup porté, une surcharge imposée. Le découragement, au contraire, est plus général , et ne suppose pas nécessairement quelque chose de grave qui ait précédé. Certains hommes sont pris de découragement pour des motifs fort légers; on peut avoir perdu courage et n'être ni abattu ni accablé, mais l'abattement et l'accablement oient le ressort de l'âme et impliquent le découragement.

— étym. Accabler.

ACCABLER (a-ka-blé), v. a. || 1° Faire succomber sous. Accabler de coups de poing. Être accablé sous un fardeau. Ce fardeau énorme vous accable, quelque fort que vous soyez. Le poids des entreprises qu'il a commencées l'accable. Ses dettes finiront par l'accabler. Il fut accablé par la chute d'un rocher. J'irai sous mes cyprès accabler ses lauriers, corn. Cid, iv, 2. Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits, Et la gloire du trône accable les sujets, corn. Prol. de la Toison d'or, I. Sous tant de morts, sous Troie, il fallait l'accabler, rac. Andr. i, i. | j 2° Vaincre, ruiner, faire succomber. Il a élé accablé par le nombre des ennemis. Ce désastre les accabla. Accabler un innocent. Ce dernier témoignage l'accabla. Accabler l'ennemi. Ainsi tout m'accable à la fois, lia accablé ses adversaires de tant d'arguments. Je suis assez puni; ne m'accablez pas. Rome.... ne désarma point sa fureur vengeresse Qu'elle n'eût accablé l'amant et la maîtresse , rac. lier, ii, 2. C'en est fait, le cruel n'a plus -rien qui l'arrête ; Le coup qu'on m'a prédit va tomber sur ma tète; 11 vous accablera vous-même à votre tour, racine, Brit.v, 1. Fuyons tous deux, fuyons un spectacle funeste, Qui de notre constance accablerai! Le reste, id. Bér. m, I. Assez et trop longtemps mon amitié t'accable, m. Andr. m, i. Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes, Attachés sur les miens , m'accabler de leurs larmes, id. Bérèn. iv, 5 mon cœur, respectant la vertu, N'accable pas encore un rival abattu, id. Alex. m, ). Ami ,

n'accable pas un malheureux qui t'aime, id. Andr. i, I. Ne rougissez-vous pas d'accabler ma misère? volt. Orphel. iv, 4. Est-il donc permis de se mettre si aisément au hasard de la violer, cette justice qu'on ne connaît pas, et qui peut être toute pour une partie adverse que l'on accable ?bourd. Pensées, t. n. p. 2GO. Tout cela formera contre lui un témoignage qui l'accablera et qui ne lui laissera nulle excuse pour se justifier, id. ib. p. 43). || 3° fig. 11 estaccablé de maladies. Un si grand malheur m'accable. Je suis si accablé de douleur que.... On l'accable d'injures, d'outrages. Accabler quelqu'un de questions. Depuis qu'il est en place, ses connaissances l'accablent de sollicitations. Le sommeil l'accablait. Le combat qu'elle [la vertu] soutient au dedans contre tant de tentations qui accablent la nature -iumaine, boss. Reine d'Angleterre. L'ambition, l'amour, le dépit, tout m'accable, volt. Brut. n,t.Et plus vous la pouvez accabler d'infamie , corn. Nie. m , 4. Le poids de mes habitudes m'accable, la multitude et la grièveté de mes offenses m'effraye, bourd. Pensées, l.n.\>. 1 59. S'il pouvait apprendre que son fils ne sait imiter ni sa patience ni son courage, cette nouvelle l'accablerait de honte, et lui serait plus rude que tous les malheurs qu'il souffre depuis si longtemps, fén. Tél. n. La mort de M. de Guise dont je suis accablée, sév. 73. || Absolument. Cette nouvelle accable, id. 147. || 4° Etre h charge. Et sans doute elle attend le moment favorable Pour disparaître aux yeux d'une cour qui f accable, rac. Bér. i, 3. Je me suis laissé accabler de visites, slv. 4G3. Un homme de ce caractère nous accabla pendant deux heures de lui, de son mérite, montesq. Lett. pers. 50. || 5° Charger en bonne part. Accabler de biens, de louanges, de politesses. Ceux au contraire que la fortune, aveugle, sans choix et sans discernement, a comme accablés de ses bienfaits, en jouissent avec orgueil et sans modération, la bruy. il. lime comble d'honneurs, il m'accable de biens, corn. Cinna, m, 3. Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler; Je t'en avais comblé, je t'en veux accabler, m. Cinna, v, 3. Je sais ce que je dois au souverain bonheur Dont me comble et m'accable un tel excès d'honneur, id. Mort de P. iv, 5. Madame, achevez donc de m'accabler de joie, id. l'ttth. m. 3. || 6° Absolument. Vous m'accablez, vous êtes trop bon, trop poli, etc. || 7° S'accabler, v. réfi. Il ne faut pas s'accabler de travail. Ne vous accablez pas d'inutiles douleurs, bac. Alex, iv, 2.

— SYN. accabler, opprimer, oppresser. Accabler exprime l'idée la plus générale ; il veut dire simplement faire succomber sous le poids; il se prend en bonne et en mauvaise part : accabler de chagrin. accabler de bienfaits. Les Romains accablèrent les Carthaginois. Opprimer ne se prend qu'en mauvaise part : le fort opprime le faible ; un roi opprime ses sujets; un tyran domestique opprime sa femme et ses enfants. Oppresser n'indique qu'une action physique : une respiration gênée est oppressée ; oppressé par la douleur. De ce côté, oppresser redevient équivalent à accabler, sauf que oppresser indique plutôt la gène de la suffocation, et accabler l'anéantissement des forces. C'est l'usage seul qui a introduit une différence entre opprimer et oppresser; car ils sont de même origine, si bien que l'oppresseur est non pas celui qui oppresse, mais celui qui opprime.

— HIST. xvc s. Raoulin vint au suppliant, i'achabla et tira à terre, DUCANGE, cabulus, |] xvi° s. Des arbres qui aient suffisante force pour soutenir la vigne sans s'accabler eux-mesmes,o. de serres, 192. Le comble de la galerie tumbasur les garsons qui estaient demourés dessous, et les accabla tous, imyot, Cimon, 29.

— ÉTYM. A et ancien français caabler. du cange, au mot cité, rapporte ceci : De abattre à terre, que l'on appelle caable; ce qui est traduit en latin : De prostrations ad terrain quod quadablum ( ou cadabalum) dicitur. Caabler ou chaabler veut donc dire renverser, et il vient du bas-latin cadabalum eu chaddbula, envieux français, chaable qui signifie «ne machine de guerre (voy. chai

j- ACCALMIE (a-kal-mie) . s. f. Terme de marine. Calme momentané qui succède à un coup de vent très-violent.

— ÉTYM. À et calme.

ACCAPARÉ, ÉE (a-ka-pa-ré, ée), part, passe. Tout le sucre étant accaparé par quelques spéculateurs.

ACCAPAREMENT (a-ka-pa-re-man) . s. m. L'action d'accaparer ou le résultat de cette action. Vu les accaparements de blé qu'il avait faits.

— ÉTYM. Accaparer.

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