ACE
l'Étour. i, g. 11 l'avait accusé do discours médisants, id. ib. m, 5. Quand vous devez la vie aux soins de ce grand homme, Vous osez l'accuser d'avoir trop fait pour Rome, volt. Catil. v, i. Ah! si nous périssons, n'en accusez que vous, rac. Baj. n, 3. La vie n'était pour lui qu'un esclavage et une triste captivité ; et sans en accuser la Providence ni s'en plaindre.... bourd. Pensées, t. i,p. 45. Il 5° Gourmande^ blâmer. D'Egrnont.... De l'incertain Mayenne accusait la lenteur, volt. Henr. vin. Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse Mahomet de mes sens accusa la faiblesse.' id. Fanât, iv, 3. Contre l'effort des vents ces myrtes sans appuis Accusent notre indifférence, c. delav. Paria, il, 5. N'accuse pointmonsort;c'est toi seul quil'as fait, corn. Cinna, m, 4. Par des ambassadeurs accuser ma paresse, rac. Mithr. m, t . Où donc est ce grand cœur dont tantôt l'allégresse Semblait du jour trop long accuser la paresse? boil. Lutr. il En vain de ton départ Les
tiens impatients accusent le retard, delille, Enéide , m. I| G» En parlant des choses, servir de preuve, dïndice. Le fait même l'accuse. Devant les dieux vengeurs, mon désespoir m'accuse, volt. Sémir. I 5. Voyons qui son amour accusera des deux, r\c. Mithr. m, 4. Et son silence même accusant sa noblesse Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse, id. Tph. i, 2. Caché sous des lambeaux, un reste de richesse Semble encor de son rang accuser la noblesse, ducis , Lear, n, 2. ■ || 7° X certains jeux de cartes, accuser son jeu, en faire connaître ce que les règles veulent qu'on déclare. || 8" Accuser juste , accuser faux, être exact, inexact dans son récit. Chamillart convenait que Catinat accusait vrai en tout et partout, st-simon, 105 120. La renommée accuse juste en contant ce que' vous valez, mol. Préc. io. || 9° Accuser une douleur, accuser son âge, dire qu'on sent une douleur, qu'on a tel âge. || 10° Accuser la réception ou accuser réception d'une lettre, d'un paquet. M. Plet ne nous accus,! ni la réception de cette lettre ni celle d'un assez gros paquet que je lui avais adressé, volt. Leur. Prusse, 35. Je n'ai de temps que pour en accuser la réception, boss. Lcttr. Quiét. 190. La plupart commencent par accuser la réception de ma lettre, sév. 243. || il" En termes de peinture, faire sortir' certaines parties qui sont recouvertes par quelque enveloppe. Accuser les muscles, les os. || 12» S'accuser, v. réfl. Se dire coupable. Il s'accuse d'homicide. S'accuser d'une faute , de sa crédulité. Elle s'accusait de ralentir ma marche. Vientelle s'accuser et se perdre elle-même 1 rac. Pli. m, fi. Votre cœur s'accusait de trop de cruauté, id. Prit iv, 3. Je m'accuse, moi-même, d'en avoir trop entendu, mol. F. de Pierre, i, 3. Je me suis accusé de trop de violence, corn. Cid, ni, 4. || 13° S'accuser, déclarer ses péchés au prêtre dans la confession. S'accuser d'avoir rompu le jeûne.
— REM. Régnier a dit : Un rêveur m'accuse Que je ne suis pas net.... Sat. n. Cette tournure est insolite , et l'on dit d'habitude de avec l'infinitif : De n'être'pas net. Cependant elle n'a rien qui soit fautif en soi.
— HIST. xii" s. S'aucuns est acuseis qu'il ait aucun ochis.... tailliar, Recueil, p. 491. Et feissent deux homes avant venir, qui Naboth acusassent et sur lui testemoniassent que il out mesparlé de Deu meïme et del rei, Rois, 33) . || xin" s. Cil cui je n'avoie riens mesfait, m'acusoient, Psautier, f. 48. Par iceste manière bien nous acuserons [nous prouverons notre fait], Perte, 23. Qui est accusé de cas de crieme, il ne se puet défendre par procureur, beaum. 80. En cas de crieme dont on pot perdre vie ou membre, li acusés n'est pas tenus à jurer, se li cas n'est de gages, id. xx, 9. Li mariages fu après acusés, et fu depeciés [cassé], et fut tenu por malvès id. xvm, 18. Tretout ansinc vous dis pour voir [vrai] Que li cristal, sans décevoir, Tout l'estre du vergier accusent  ceux qui dedans l'iaue musent, la Rose, (569. || xive s. Et encore eûst on tout occis et tué, S'il n'eussent nommé l'englois et accusé Qui les armes pendi de Bertran l'aduré, 'Guesclin, 19767. Dame, distGalerans, jà n'aie je pardon, Se je vous en accuse par nulle entention, Baud. de Seb. il 90. || xvi° s. Ils ne nous accusoient [dénonçaient] jamais aux. ennemys, carloix, v, 6. Ceux qui accusent les hommes de.... mont, i, h. Les vieux du Sénat accusèrent [blâmèrent] cette pratique, m. i, 23-. Les mesmes paroles qui accusent [indiquent] ma maladie, id. i, 34.
— ÉTYM. Provenç accusar; espagn. acusar; ital. accusare ; de accusare, de ad, à, et d'un radical sur lequel on a varié. Priscien dit que ce radical est cusare, fréquentatif de cudere, qui veut dire
forger. Mais il est plus vraisemblable de le rattacher à causa, cause (voy. ce mot). Ce qui ajoute quelque probabilité à cette éiymologie, c'est que Bède dit que accusare s'est aussi écrit avec deux ss, orthographe qui est aussi celle de causa, caussa. f . . . . ACÉ (a-sé) , suffixe employé surtout pour désignerdes catégories de plantes ou d'animaux; les liliacées, les crustacés.
— ÉTYM. Âceus, suffixe latin indiquant le rapport et la ressemblance.
ACENS (a-san), s. m. Terme d'anciennes coutumes. Terre ou héritage quelconque tenu à cens.
—ÉTYM. À et cens.
ACENSÉ, ÉE (a-san-sé, sée), part, passé.
ACENSEMENT (a-san-se-man), s. m. Terme d anciennes coutumes. Action de donner à cens.
— HIST. xive s. La seureté de tout le vendaige ou acensissement des dis moulins, du cange, accensamentum.
ÉTYM. Acemer; provenç. acessamen, assensa-
ACENSER (a-san-se), v. a. Ternie d anciennes coutumes. Donner à cens, c'est-à-dire sous la redevance d'une rente.
— HIST. xme s. Il ont acensi pour els et por les oirs du roi de Navarre les maisons le roi qui sont.... du cange, accensare. Et s'il avenoit que je acensesisse mon winage, id. ib. \\ xive s. Que toutes les revenues de la dicte ville seront acensées, id. ib. || xve s. Les communes de Paris s'esmurent et armèrent, et occisent tous ceux qui avoient assencé ces n-abeiles et ces impositions, froiss.ii, n, -137. Robaut dist au suppliant qu'il se achenssast et composast par devers Jehan, du cange, ib.
—ÉTYM. .Acens; Berry, accenser; provenç. ace;sar; ital. accensare.
ACÉPHALE (a-sé-fal'), adj. Terme didactique. ||i" Qui n'a point de tête. Un. monstre acéphale. 12» Fig Qui n'a point ou qui ne reconnaît pas de chef. Concile acéphale. Secte acéphale. || 3e Dans la versification ancienne, vers acéphale, vers tronqué au commencement, et particulièrement l'hexamètre qui commençait par une brève. || 4° S. m. Espèce fabuleuse d'hommes sans tête. St Augustin assure qu'il a vu des acéphales, volt. Oreilles, 5. || 5» En termes d'histoire naturelle, animaux qui n'ont point de tête. Les huîtres sont des acéphales.
—ÉTYM. AxicpaÀoç , de a privatif, et y.sçaXïi, tête,
(voy. céphalique). . "
f ACÉRAIN,AINE(a-sé-rin,re-n-),odj. Qui tient de la nature de l'acier. Fer acérain. Mme acéraine.
— HIST xne s. Pinabaux de Sorence tint le brant acerin. Ronc. p. 194, Le roi [il] servi au bon branc acerin; De plusors gueres il fist maint orfenin, R. de Cambrai, 8.
T<'TYM A.C16T*
ACERBE (a-ser-b'), adj. || 1" D'un goût âpre. Fruits acerbes. H 2° Fig. Sévère et dur. Des paroles acerbes. C'est un homme acerbe. Il m'écrivit sur un ton trèsacerbe.
— ÉTYM. Acerbus. Ce mot a une parente évidente avec acer, acre (voy. Acre), et avec tous les mots qui, formés avec le radical ac différemment varie, ont 'le sens de pointu et de piquant.
ACERBITÉ (a-sèr-bi-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est acerbe. L'acerbité de ce fruit. || 2° Fig. L'acerbité de son langage. L'obligation de raconter le fait lui rappelle la mémoire plus vive de l'acerbité d'un événement qui.... p. l. cour, i, 71. —ÉTYM. Acerbitas, de acerbus, acerbe.
+ ACERE (a-se-r'), adj. m. Histoire naturelle. 1 se dit d'insectes qui n'ont point d'antennes et de mollusques dont la tête est dépourvue de tentacules. • — ÉTYM. A privatif, et xépaç, corne (voy. corne). ACÉRÉ, ÉE (a-sé-ré, rée), part, passé. \\ Ie Rendu tranchant par l'acier, affilé, aigu Fer a pointe acérée. La plainte qu'on permet a des désespères Ne te sauvera pas de ses traits acérés, rotbou, Llerc. mour. v, 3. Un serpent blessait Zadig : au cœur de sa langue acérée, volt. Zadig, 7. | 2" * ig. Qui blesse profondément. Les traits acérés de la calomnie. Langue acérée. Plaisanteries acérées.
ACÉRER (a-sé-ré. La syllabe ce prend l'accent aigu quand la syllabe qui la suit est sonnante, j'acérais et l'accent grave quand cette syllabe est muette, j'acère),*. a. || i° Garnir d'acier un instrument pour le rendre tranchant. || 2e Fig. Quelques motifs particuliers acéraient encore les calomnies et les haines qui doivent préparer les dissensions de Marseille, mirab. Collection, X. ni, p. 107.
— HIST. xiie s. Hanste [il] eut moult fort, li fers fu acerez , Ronc. p. 36.Vostre espée est reburse, ses brans est acerez; S'il traist sur vus s'espée, sustenir
ACH
nel purrez, Th. le Mart. 36. L'escu [il] saisi, qui fu ;i or bendez, Etprent l'espié qui fu bien acerez, R. de Cambrai, 24. || xin° s. Les portes [ils] desferrerent à grans pels [pieux] acérés, Ch. d'Ant.vi, 843. || xvc s. Et tenoit un glaive roide et fort à un long fer bien acéré , froiss. i, i, 135. || xvie s. Il n'y a harnois si bien trempé et acéré qui eust pu préserver un cœur de leur pointe, yver, p. 539. Saichant que cueur d'amye ou vray amant Est acéré trop plus que dyamant Contre infortune, j. marot, v, 209. De sa lance asserée verde et roide rumpoyt un huys, rab. Garg. i, 23. Hz ont les gryphes tant fortes, longues et asserées, que rien ne leur eschappe, depuys que une foys l'ont mis entre leurs serres, id. Pant. v, 1 i . Cela que le soudart aux espaules ferrées, Que le cheval flanqué de bardes acérées, Ne put faire par force, amour le fait seulet, rons. 662. Il faut roidir son courage, affermir son ame, l'endurcir et acerer à jouir, sçavoir, entendre, juger toutes choses, charron, Sag. Préface.
—ÉTYM. Acier; provenç. aceirar ; espagn. acerar; ital. aciajare.
f ACÉRURE (a-sé-ru-r'),s. f. Morceau d'acier préparé pour être soudé à une pièce qu'on veut acérer. ACESCENSE (a-sè-ssan-s'), s. f. Terme didactique. Disposition à s'aigrir.
—ÉTYM. Acescent.
ACESCENT, ENTE (a-sè-ssan, ssant'), adj. Terme didactique. Qui commence à devenir acide.
—ÉTYM. Acescens, deacescere, devenir acide, d'un radical ac qui se trouve dans acide (voy. acide).
f ACÉTABULE (a-sé-ta-bu-P), s. m. || 1° Terme d'antiquité. Sorte de vase destiné au vinaigre. || 2° Mesure répondant à la cotyle grecque et contenant 0,27 litres. || 3° Les anatomistes appelaient autrefois acétabules les cavités articulaires qu'on nomme aujourd'hui cavités cotyloïdes. Ils donnaient aussi le nom d'acétabule à des enfoncements qui se voient à l'intérieur delà matrice chez les chèvres, les brebis, etc. || Histoire naturelle. Suçoir des bras des mollusques céphalopodes.
— HIST. xvi" s. L'air est conduit.... de la grand artère aux artères de la matrice et cotilidoines , qui sont au chorium, par lesacetables, et des acetables à Fumbilic de l'enfant, par la veine umbilicale, paré, t. n, p. 6.31. Iceux orifices ont esté appelles des Grecs cotylédons, et des Latins acetables, id. xviii, 6.
—ÉTYM. Acetabulum, de acelum, vinaigre (voy acétique).
ACÉTATE (a-sé-ta-f) , s. m. Terme de chimie. Se dit des sels produits par les combinaisons de l'acide acétique avec une base. De l'acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd , en une cuillerée tue, p. l. cour, n, 381.
— étym. Acétique.
ACÉTEUX, EUSE (a-sé-teû, teû-se), adj. Qui
a le goût du vinaigre. Acide acéteux, nom anciennement donné au vinaigre ordinaire, que l'on croyait différer de l'acide acétique concentré, par un degré moindre d'oxygénation.
HIST. xvie s. Toutes ces choses aceteuses sont
fort louées, parce qu'elles irritent l'appétit, paré, xxiv, 2.
—ÉTYM. Acetum , vinaigre , d'un radical ac qui se trouve dans acide (voy. acide).
t ACÉTIFICATION (a-sé-ti-fi-ka-sion), s.f. Réaction chimique qui transforme l'esprit-de-vin en vinaigre. .
— ÉTYM. Acetum. vinaigre, et faccre, faire. ACÉTIQUE (a-sé-ti-k'), adj. Terme de chimie.
Acide acétique, acide qui est le principe du vinaigre.
— ÉTYM. Acetum, vinaigre, d'un radical ne qui se trouve dans acide (voy. acide).
f ACHALANDAGE (a-cha-lan-da-j'), s. m. L ensemble des chalands.
— étym. Achalander.
ACHALANDÉ, ÉE(a-cha-lan-dé, dêe),parl. passé.
Qui a beaucoup de chalands. Boutique achalandée. Ce marchand est très-achalandé. Il y a des artisans bien plus achalandés les uns que les autres, plus forts et plus adroits, et qui gagnent par conséquent davantage, vauban, Dime, p. 94.
ACHALANDER (a-cha-lan-dé), v.a. || fAchalauderuneboutique,yfairevenirdeschalan.ls. || 2" Fig. Procurer la vogue. Il fallait bien des cérémonies, bien du temps pour achalander un oracle, volt. Mœuts, Oracle. || 3» S'achalander, v. réfl. Devenir achalandé.
— ■ÉTYM. À et chaland.
ACHARNÉ, ÉE (a-char-nè , née), port, passé. || i° Attaché furieusement à sa proie, au propre et au figuré. Accusateur acharné. C'est un joueur
ACH
icharné. Biles n'étaient pas moins acharnées les Uùt. h, s. D'un peu-
Henr. u. On ax meurtre .... in.
s lianes acharné, dé vorerun Bow». i\ , 5.( e n'étail plus, dans i
jiassi
kCHARNEMENI i
lion d'un animal qui s'attache opiniai
qu'il dévore. 2 Furi battent des an
• i des pla
ax du chani e Fouquet.
— 1 lui. ii hunier.
ACHARNJ k (a-char-né), v. a. I 1° Donner aux i oiseaux de proie le goût de la chair. 2 ' ' s contre
les autres, i poinl
es, i m./. Disc, à la Bi rang versé rend sa fureur plus foi
l'acharné, il en éteint l'horreur, v. i. Puisse leur liberté, pr<
.niant tes époux, li les en-
fant-.. Scyth
changer quelque chose à un ensemble que nous
ne conçul sorab. Collection p. 183. 3 S'acharner, ». réfl. Mettre fureur et opiniâtreté dans la lutte. S'ac vaincus
à ce con bai On > ..„,- |e corps
dlndat -. QUe i ...
I Sur un corps qui ne vit, ne meut ni ne respii v, 20. Ton extrême rigueur
S'ach ! Princ d i l m 3«in-
term. 2. 4
nent à diffamer celle harangue. Ils s'acha contre le baptêm . enfants, boss. :
— iiim xv" s. Et tant estoil qu'après euh es jardins ficher se vouloit, B< 20. 'I xvr s. Bertrand leur remit le c qu'il falloit s'acharner sur 1 i Mareuil, Guescl. Mém. s. il se • ces vices qui sont habituez et acharne/ en luj . I, s»7. Qui a jamais li u d'homm i si ob achart , . que de celui là envi
mocqueur,Tout acharné de meur urie, En-
Dé d'orgueil, enflé «le van. Prince
icun esprit vif, promptàtoul ., toutes
sortes d'amour, d'aub. Hist. u. i
— ÊTYM. i et cl gner ;
ACHAT. a «lia :1e t se lie : : ,lt0 di-
tes: Pacha t et la vente ;ou pi. a-châ,riman1 avecappas;d .. oncent a-cl
l'sse lie: les achats et les vi et les ventes), s. m. l Action i fit achat d'un château, la font. Fiancée Faites achat d'un vin qui pousse a vivre ; Mon
tombeau. ; 2 i a i bo etée. .le veux von
trer mes achats.
— hist. xm« s. Et gardés q ius qui l'a.
puisse faire bon achat, la II . i 1248. Ce ne puet estreque Jehans tiengne un ceval par title d'achat et partitle d'emprunt, beaum. vi, 26. Je fac savoir qUé tous lesacas.... d accatum. \\ xiv s. Les
volontaires sonl teles comme vendicion, achat, prest
Plegerio OBESME, I th. I 15. || s ,
de paradis estoit taxé à certains denier-,