‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 73 sur 462 · U. de u. II). 3G · texte numérisé non relu

U. de u. II). 3G

Du magister fille ad P bon cœur elle

— REM. Ad

ment . veut ordinairemi i i de : D

l'un s ; mai -, quand il s'a§

ris d es1 à peu

de si ■i , nfanl i ploie plus ] ' il d'un

Alexandre ad ré pai es Perses ; ce roi adoré de ses

ADORER (a-do-ré), ». a. || 1- Rendre a la divinité le culte qui lui est dû. Dieu veut être adoré de ses créatures. J'adore la bonté de Dieu, je l'admire, j'y mets maconfiance, bouiui. Pensées, t. i. p. 07. Et comme ces rois de l'auroi

idi'e. Me fa in enfanl . lam irt. Mè

dit. xv. Assis à i me, Il faut

.Comme les Rappeler en toul leur image, Et faire adorer le

■. ! j'aurais dû peul i tre... Etcoui banl sous sa foi ma raison qui l'ignore [Dieu i dans la langue où l'u-

i ffoi '. Il voulut se faire ado-

une undieu, boss. Hist. m. i. De l'ombre de Ninus l'oracle est adoré, volt. Sémir. v, I. || 2°A<I :roix, ie dit par relation à J. C. en

parlant d'une des cérémonies du culte catholique. On ditde même : Adorerles reliques. || 3° Adorer se dit aussi absolument. Detous les endroits de la terre, les Israélites étaient obligés d'y venir adorer [dans le temple], mass. Car. R speet destt mples. L'immobilité d'un corps anéanti et la profonde religion d'une ame qui adore, id. ib. ||4" Se prosterner devant. D'où vient, lui dit Alexandre, que tu ne m'adores pas? montesq. Lysim. || 5° Fig. Je ne vais pas au Louvre adorer la fortune, boil. Sat. n. Détestais-tu la tyrannie? Adulais tu la liberté? De l'oppression impunie Ton œil

.lui il révolté? lamart. Harm. iv, I. Les uns,

sacrifiant leur vie à leur mémoire, Adorent un écho qu'ils appellent la gloire, id. iv, il. ||6'En termes de spiritualité , se soumettre avec adoration. Que j'adore en silence l'ordre de votre providence, pasc Prière. Ils adorent les jugements do Dieu, boss. Hist. H, 4. Ne laissez pas d'adorer la main qui nous l'enlève, fléch. Aig. || 7" En général , dans le même sens. Puisqu'ils font des heureux, adorez leur ouvrage, corn. Pomp.l, l permettez Que jusques au tombeau j'adore vos bontés, id. Nie. v, 9. Et le peuple, inégal à l'endroit des tyrans, S'il les déteste morts, les adore vivants, id. Cinna, i, 3. Ils adorent la main qui les tient enchaînés, iuc. Brit. iv, 4, Je sais rendre aux sul-

ADO

tans de fidèles services: Mais je laisse au vulgaire

ui caprices, id. Paj. i, i. .l'adore aveedé-

pitcet i d lurage.voLT, Orphel. iv, 4. ||8" Ai-

"II adore Emilie, il est adoré

ORN. ( lima, m, I. Vous que de huit mon

1 œui i ai toujoui i ad irée, m. Théod. m, 3. Home s.iii \"^ hauts fail i, i l déjà vous adore, id. Nie. iv,

1. Cette princi adorer de toute la cour, sév. ■ 18. Ulez, en lui jurant que votre unie l'adore, l de nouveaux mépi i i l'encouragi

rac Andr. n . 5. Déjà de ma faveur on adore le bruit, i '. Brit. v, 3. Us ne ra ent pas inutiles à

Uél. i, jure, à mon tour, de n'adon r que toi, i.a- ■ i i/<':!. m. || 9" Provei bial el figuré, adorer d'or, faire la cour à un homme de peu de de ses i ichesses.

. i i':jl. 1 ■■:• ad irer l'un l autre. Ces deux amanl > 2° Être en adoration de soi. Cel

ié qu i de lui; il s'adore véritablement.

— ni i emploie adorer pour aimer beaucoup , quand il s'agit d'objets que l'on ne peut upposeï sensibles à notre adoration. Delille dit que ■ idorait le café. Un autre adore les hMtres. De telles expressions, dites sérieusement, corrompent la langue.

Rendre des

ires, un culte ou une e pèce de culte. Hono-

un terme général qui n impl que que l'hom-

enchérit, il s'y joint

il n'esl pas incluse

i : enfin adi ute à l'honneur, à

lieuse, l'idéi d'un amour profond

— HIST. xi* s. Dieu] Le glorius, que deûs e ad rer, Ch. dellol. 9. N'i ad païen, [qui] nel prit

et nel a rt, >'•. 08. i ouz i idoles que il

seuli adorer, ib. 185. || "xn* s. Et de cil Deu qu'ao-

rent li Persant, Roncisv. p. 28. Mais par Mahom,

cui je doie aourer, ib. p. 78. A.inz [je] l'aim et

serf et aor por usage ; Si [je] ne lui os [ os? ]

mon penser descouvrir. Couci, 19. Dame, dit-il,

bon jour Vous doint cil que j'aime el aoui .

le bast. Romane, p. 9. || xnr s. Qui plus a

à. soufrir, plus vou doil aourer, llerte, 43. Partoz

les sain/ que l'en [on] aeure, Et se dame diex me

sckeure [secourt).... lien. 9799. Car décent amis

aparens, Soient cornpaignons ou parens, S'uns lor

en pooit demorer, Dieu endevroient aorer, la Rose,

4904. Lors je plorai et rendis grâces à Dieu, et li dis

a mré soies tu deceste soufratte que tu

me faiz, joinv. 264. || XIVe s. Le commencement et

idoun i el du lever, le Me-

,i. I. El aourez de tout vostre cuer, ib. i,

2. || xv s. Et l'adoroient toutes gens comme leur dieu, pour taui qu'il avoit donné le conseil dont.... froiss. n, il, 160. || xvic s. Ils baiserontla terre où

/ marcheront. Ils iront après vous, ils vous ! ont, Leurs cueurs seront bruslants aus rais ■■ n. Olimpe.

— ÊTYM. Picard, aoter; provenç. adorar, aso-

agn. adorar; ital, adorare; de adorare, de ad, à (voy. À), et orarc, parler, de os, bouche (voy. oraison, ORAL). D'après quelques étymologistes, adorare signifie proprement porter à la bouche , baiser , de là adorer : adorare purpuram principis, se présenter au prince, parce qu'en l'abordant, on baisait le bas de sa robe. D'autres, prenant en considération le sens de orare qui est parler, ne voient dans adorare que parler à, s'adresser à, et, finalement, prier. Cette dernière explication est la plus simple. L'ancien français était aorer, suivant la tendance à supprimer les consonnes et a rapprocher les voyelles. Le picard a gardé cette forme. ADOS (a-dô), s. m. Terme de jardinage. Terre en pente inclinée vers le midi et favorable aux primeurs. Ils sont tout étonnés de lui voir diriger des ados avec plus d'intelligence.... j. j. uouss. Ém. v. Les ados qui sont des talus de terre qu'on ménage dans les potagers ou le long des espaliers, buff. Exp.sur les végét.i" mém.

— ÊTYM. Berry, adous, s. m. et adouse, s. f. de à et dos.

ADOSSÉ, ÉE (a-dô-sé, sée), part. passé. || l'Adossé à un mur ou contre un mur. Corinthe adossée à une montagne. Le théâtre [à Sparte] était adossé à la citadelle, chateaub. Itin. 102. |( 2° En termes de blason, se dit de deux pièces d'armoiries qui sont placées dos à dos. Il porte de gueules à deux lions adossés. || 3° En termes de dessin et d'antiquités, têtes adossées, deux têtes mises sur une même ligne en sens opposé,

Fi -■ 8

ADO

ADO

| ADOSSEMENT (a-dô-se-man), s. m. \\ 1° État de ce qui est adossé. L'adossement de votre maison à un coteau. || 2" En termes d'anatomie, adossement de deux membranes, connexion de deux membranes gui s'appliquent l'une à l'autre par des faces opposées.

ADOSSER (a-dô-sé), v. a. || 1" Mettre le dos contre quelque chose. Il adossa ses hommes à. une muraille. || 2° Placer une chose contre une autre qui lui sert d'appui. Adosser son camp à un fleuve. L'architecte veuf adosser la maison au coteau. || 3° S'adosser, v. ré/1. 11 s'adossa contre un arbre et se défendit vaillamment. Le général voulait s'adosser à un marais impraticable.

— HIST. xii° s. Par l'apostolie sont de lur mestier sevré; Pur la pour del rei ont Deu tut adossé [ils ont tourne le dos à Dieu], Th. le mart. 69. || xme s. Jà coars n'enterra [entrera] en paradis celestre ; Si n'est nuns si coars qui bien n'i vousist estre ; Mais tant doutent mesaize et à guerpir lor estre, Qu'il en adossent Dieu et metent à senestre, ruïeb. HO. Bien avez vergoigne adossée, Qui honissiez vostre espousée, lien. 14301. Contremont vers le mur ont puiô les degrés; El haut estagevienent, qu'est el mur adossés; X une des fenestres es-les vous [les voilà] acoutés, Ch. d'Ant. vi, 486. Or prions Dieu le glorious Que il mete tel sens en nous, Que nous puissommes adosser Les fols delis et oublier, Unicorne et serpent. \\ xive s. Tel vie menèrent longuement, et adoserent nostre Seigneur .et ses commandemens; et nostre Sire les adosa, si comme vous oirez ci après, Chr. St-Denis, m, 10. Aussi est il des gens de religion qui le monde ont adossé et guerpi, ib. iv 6. || xve s. Quand il vit que on l'avoit ainsi adossé! il ordonna ses hesognes et se despartit de Paris tout melancolieux, froiss. ni, iv, 21. Si estoit arresté aux champs, et avoit adossé un noyer, et là

e combattoit, m. 11,11, et. Non pourtant elle s'apaisa, et adossa la tendeur féminine, et s'adouba de virile vertu, louis xi, Nouv. 26.

— ÉTYM. Ital. adossare; de à et dos.

ADOUBER (a-dou-bé), v. n. || i° N'est guère usité

qu'au trictrac et aux échecs, quand on dit j'adoube, liant qu'on touche un pion pour l'arranger, non pour le jouer. || 2° Terme de marine. Réparer, raccommoder.

— iiisr. xi° s. Escuz au col et lances adubées, Ch. de Roi. 54. Li empereres touz primerains s'adube, ib. 213. Adubez-vous; sempres aurez bataille, ib. 226. ij xnc s. Cil adoba le roi Marsillion, Roncisv. p. 29. Desor un mont s'est Rolant adobez, ib. p. 36. [Chevaliers] Qu'il ot fait adober en son maistre donjon, Sax. 8. fi xiii0 s. Il dist qu'à pentecoste chevaliers [ill les fera, Droit au Mans la cité; là les adoubera, Berte, (08. Es vous par la bataille le frère dant' Tangré [du seigneur Tancrède] ; On l'apeloit Guillerme, un chevalier membre; En lui ot moult bel homme de novel adobé; Son sens ne puet tenir, puisque on l'ot armé, Ch. d'Ant. m, 92. ||xiv,« s. De ce qui lui failli, l'ont très bien adoubé, Guesclin, 1744. y xv" s. Les deux bretons qui n'entendoient que à malice, pourveirent cette tour de trente compagnons bien armés et adoubés, froiss. ni, iv, H. Et si ne sçavoit le duc de Bourgongne adouber [arranger] avec eux le fait du connestable, comm. iv, 6. Le chemin est tel que la nature l'a fait, et n'y a a rien adoubé, id. viii, 5. Et lui fut adoubée sa playe, qu'il avoit au col, id. 1, 4.

— ÉTYM. Wallon, adobé, qui a reçu un fort coup; bas-lat. adobare; provenç. aiobar; espagn. adobar; ital. addobbare. Du Cange dérive ce mot de adopt. vre, dans le sens de adouber chevalier; Ménage, de l'italien addoppiare, doubler; Henschel, et après lui Diez, du mot germanique dubban, frapper (voy. dauber), parce qu'en effet, dans le cérémonial, on frappait le chevalier en l'armant. Cette dernière opinion est confirmée par l'ancien anglais dub, un coup, et todub, adouber chevalier. On comprend comment ad-douber, c'est-à-dire toucher à, frapper à, a pu donner les sens divers de adouber, adobare, qui a signifié orner, réparer. Le wallon est le seul qui ait conservé le sens primitif, dont on ne trouve aucun exemple dans les anciens textes.

ADOUCI, IÈ (a-dou-si, sie), part, passé. L'amertume du breuvage adoucie par du sucre. Voix adoucie. Froid" adouci. Se servir d'un terme adouci. Pente adoucie. Voyons d'un esprit adouci Comment vous vous prendrez à soutenir ceci, mol. Mis. v, 4. Des mœurs aussi délicates pour ainsi dire et aussi adoucies que les nôtres, fonten. Czar Pierre. [Elle] ....veut lier les mains au destin adouci Qui m'offiû en d'autres lieux ce qu'on me vole ici, flORN. OEd. 11, 2. Ce qu'il y a de certain dans la j

mort est un peu adouci par ce qui est incertain, la ishuy. -H.

t ADOUCI (a-dou-si), s. m. Première façon qu'on donne aux glaces brutes ou au cristal ébauché pour la taille.

ADOUCIR (a-dou-si r) , v. a. || 1° Rendre doux. Adoucir l'amertume, l'âpreté des fruits. Adoucir des fruits par la culture. Il n'est rien de si amer dont cette onction céleste n'adoucisse l'amertume, bourd. Pensées, t. 1, p. l°o. || 2" Par extension , ôter les qualités qui blessent. La pluie adoucit le temps [le rend moins froid]. Adoucir sa voix, parler d'un ton moins élevé, moins aigre. Adoucir la prononciation d'une langue. S'il m'en restait un seul, j'adoucirais

ma plainte, la font. Fab. m, 6 cher amour,

épanche ta douleur ; J'adoucirai ta peine en écoutant ta plainte, Et mon cœur versera le baume dans ton cœur, lamart. Nouv. Médit, x. Ses aumônes, s'étendant, parleur abondance, mêmesurlesennemis de la foi, adoucissaient leur aigreur et les ramenaient à l'Église, boss. Reine d'Awjlet. Elle [Cérès] montrait à ces hommes grossiers l'art d'adoucir la terre, fén. Tél. xvn. Cécrops, apportant des lois utiles de l'Egypte, qui a été pour la Grèce la source des lettres et des bonnes mœurs, adoucit les naturels farouches des bourgs de l'Attique et les unit par les liens de la société , m. ib. xix. Ne pourrai-je adoucir vos inflexibles mœurs? volt. AU. iv, \. || 3° Au moral, rendre plus supportable. Ô vous, admirables personnes, qui, par la douceur de vos chants, avez l'art d'adoucir les plus fâcheuses inquiétudes.... mol. Prince d'Él. iv, interm. se. i. Si l'espoir de régner et de vivre en mon cœur Peut de son infortune adoucir la rigueur.... rac. Bérén. 111, t. Vous seule adouciriez le destin des vaincus, volt. Oiphel. iv, 5. S'il ne tarit, au moins il adoucit mes larmes, du'cis, Ose. m, 2. Ce qui porte avec soi quelque difficulté, il le propose comme difficile- et ne cherche point à l'adoucir par de faux tempéraments, bourd. Pensées, t. 1, p. 88. || 4° Calmer, apaiser. Adoucir la colère. On parvint à adoucir son ressentiment. Rien ne pouvait l'adoucir. Le juge que l'avocat doit adoucir. Je l'irritais encore au lieu de l'adoucir, volt. Orph. 1, 3. Comme par sa prudence il a tout adouci.... corn. Rod. v, 4. Ce qui irrite la douleur en un temps, l'adoucit en un autre, : Tél. xxi. Il ne faut quelquefois qu'une jolie maison dont on hérite, qu'un beau cheval ou un joli chien dont on se trouve le maître, pour adoucir une grande douleur, labruy. U. || 5" Polir, ôter les aspérités. On adoucit le bois avec la prêle. On adoucit les glaces avecl'émeri. || 6° En peinture et en sculpture, adoucir, rendre moins saillant, moins tranchant; adoucir'les contours. || En un sens analogue, cette coiffure adoucit l'airdu visage. Adoucissez cefrontetee regard austère, wcelot, Fiesque, i,4. [| 7° Mitiger, atténuer, présenterd'une façon plus excusable, plus acceptable. Adoucir une expression, des reproches. Je puis me vanter, répliquai-je, que je vous adoucis bien tout ce système, fonten. Mondes, \" soir. Eux seuls [les gens de bien] vous épargnent, cachent vos vices, adoucissent vos défauts, excusent vos fautes, mass. Injust. dumonde. || 8° S'adoucir, v. réfl. Devenir plus doux, au propre et au figuré. Le raisin s'adoucit en mûrissant. Le froid s'étant adouci. Que la voix s'adoucisse. Les mœurs se sont adoucies. Le vainqueur ne s'est pas adouci à l'égard des vaincus. Le peuple par leur mort pourrait s'être adouci, corn. Nie. v, 4. Un vainqueur s'adoucit auprès de sa captive, in. 16. iv, 3. Et déjà son courroux semble s'être adouci, rac. Andr. 1, t. Quand mênre ma fierté pourrait s'être adoucie.... m. Phèd. 1, ). Ils se persuadent que les devoirs rigoureux que l'Evangile prescrivait d aux premiers âges de l'Église, se sont adoucis avec le relâchement des mœurs, mass. Car. Immutab. Votre cœur malgré vous s'émeut et s'adoucit, volt. Ah. 1,1.

Page 1