‹ Dictionnaire de la langue française contenantChapitre 87 sur 462 · LA BRU Y · texte numérisé non relu

LA BRU Y

— hist. xnc s. Le jor [il eûsl maint des noz [nôtres] lapidé [tué] ; Mes Renoars l'ot mouli tost affronté À [avec] son tinel [massue] qui devant fu ferré, Bat. d'Aleschans, 5330. || xnr s. Ja n'i viengne d sainte ne sainl ; Va il, va al, seDiex me aini [sauve], X poi que ge ne vous affronte [frappe sur le front, tue], la. Hase, «5037.N'il ne m'osent veoir de honte, Parquoique chascun ne s'afronte [se déshonore], ib. (0)62. De voir sachiez que cil s'afronte Qui le mauvais loe etamonte, alars de cambrai , ms. ii Gaignat, I" 160, dans ste palaye. || xvi" s. Affronter les ennemis, mont, i, 5. Ces esquadrons de lances, s'estans affrontez avecques nos files de gendarmerie,les ont aisément renversées, lanoi e, 288. Encores que l'esquadron de lances face sa charge valeureusement , il n'en peut succéder grant effect;

car à l'affronter, il ne tue personne, ID. 3 1 2. Autres courent par ci et par là, pour tromper et affronter ceux.... id. 477. Il ne fault point faire compte dé tout cela, ains aller droit affronter les hommes et s'attacher hardiment àeulx, amyot, Thém. 15. Les uns reculoient, les autres n'ozoient affronter ce bataillon de Macédoniens , id. P. Mm. 33. Il avait toujours esté choisi pour estre du nombre des trois ou quatre qui l'affrontoient hardiment dans les délibérations avec les députez du roy , d'aub. Vie, en. Encores le pont pour en sortir estoit affronté et bloqué de bons retranchemensgarnis de mousqueterie, id. Hist. n, 438. Il donna tant de voilées dans les bataillons que l'amiral avoit affrontés [mis en front] au ruisseau, que.... id. ib. I, 304.

— ÉTYM. Affront; provenç. afrontar; ital. affronlare.

AFFRONTEUR, EDSE (a-fron-teur, teù-z'), s. m. et/'. Qui trompe. Et ainsi, c'est vous qui êtes l'affronteur,BALZ. Liv. vu, lett. iv. Un affronteur public, d'alemb. v, 221. Voilà comme vous faites , bons affronteurs , vous ordonnez souvent les choses à tort et à travers, hauter. Crispin M. m, 12.

— ÉTYM. Affronter; bourguig. efronteu; provenç. afrontier.

fAFFRlTTER (S') (a-frui-té), v. réfl. Terme de jardinage. Semetlre à fruit, en parlant d'un arbre. Ce poirier s'est affruité cette année.

— HIST. xnic s. Je ne voi que ma chose à nessua bien s'afruite, Bette , 37.

— ÉTYM. À et fruit. Dans le Berry, affruiter est verbe neutre : cet arbre bien taillé affruitera.

AFFUBLÉ, ÉE (a-fu-blé, blée), part, passé. Affublé d'une robe. Etre affublé de ridicules, être couvert de ridicules.

AFFUBLEMENT(a-fu-ble-man), s. m. Action d'affubler; ajustement singulier, ridicule. Que signifie cet affublement? c'est une vraie mascarade.

— ÉTYM. Affubler. On trouve dans l'ancien francais afublail, Bois, 93, et dans le provençal a/wblalh.

AFFUBLER (a-fu-blé) , v. a. || 1" Habiller d'une manière irrégulière , bizarre, ridicule. Ce fut elle [la maréchale de Villeroy] qui sans y penser affubla

AFF

AGA

AGA

M. de Brissac de ce bonnet qu'ils ont mis [dans leurs armes], st-sim. io, 1 1 5. |] 2° S'affubler, v.réfl. Il s'était affublé d'un costume singulier.

— HIST. xic s. Afublez est d'un mantel zabeWn . Ch. de Roi. xxxiv. || xnc s. [Il] afublé ot un petit mantel gris, Ronc. p. 14. Il fu bien afublez d'une pelice vaire, Sax. xxxi. Â la curt en ala, quant il i fu mandez ; Par desus le surpliz s'est de Festoie armez, D'une chape à canoine par desus afublez, Th. le Mart. 37. || xme s. Lors prent li air son mantel inde, Qu'il vesttrop volentiers en Inde, Si s'en afublé, et si s'apreste De soi cointir et faire feste, la Rose, H 821 r>. Si tost com povreté l'amble De son hideus mantel onuble.... ib. 48H. El [pauvreté] n'avoit plus que afubler, Grant loisir avoit de trembler, ib. 453. Quant les borgoises du chastel, Affublées de lor mantel, ruteb. ii, < 77. || xves. Affublé d'un mantel, froiss. ii, ii, 30. Philippe se leva moult tost et affubla unegonne, ID.ii, il. 192. Ladamoiselle fut affublée par son serviteur d'un seau d'eau et de cendres, louis xi, Nouv. xxxvii. Si ce ne fust pas l'amour de vos bons amis, je vous ferois affubler la prison de céans, id. ib. xciv. || xvic s. Il s'en va le coiffer comme d'un chapeau d'albanois, le lui affublant du costé qu'il estoit rompu, desper. Contes, xxii. Puis s'affubla la teste avec sa robbe, AUYor,Démosth. 42. Luy s'estoit retiré à part, sans lumière, gisant la teste affublée, de peur de voir personne, id. Crassus, 52. Puis un beau guimple affubla par dessus, Prime, dougé [délicat au toucher], filé de main sçavante , bons. 638. Généralement toutes les opinions superstitieuses dont sont affublés les enfans, femmes et esprits foibles, charron, Sagesse, i, si.

— ÉTYM. Affubler est pour affibler. de af pour ad (voy.X), et fibula, boucle, diminutif de fiber, qui est à l'extrémité (voy. fibre) ; bourguig. effeuillai; normand, afflubcr; picard, affilier; wall. afùler ; ital. af/ibbiare ; bas-lat. affibulare, af/iblare.

f AFFUSION (a-ffu-zion),s. f. Terme de médecine. Moyen thérapeutique qui consiste à verser en nappe et seulement de quelques centimètres de hauteui une certaine quantité d'eau sur une partie du corps. L'affusion diffère de la douche, en ce que , pour celle-ci, l'eau est versée d'un lieu élevé.

— HIST. xvic s. Comme la lumière d'une lampe qui est amortie par affusion de trop d'huile, pari .

— ÉTYM. Affusio, de affundere, de ad, à, et funder.e, verser (voy. fusion).

AFFÛT (a-fu. Le t ne se lie pas : l'affût est brisé, dites l'afu est brisé) , s. m. || 1° Endroit où l'on se poste pour attendre le gibier. Le chasseur qui est à l'affût. La chasse à l'affût. Tirer un lièvre à l'affût. || Par extension. Ceux qui devaient se mettre à l'affût aux environsdePéronne, hamilt. Gramm.5. || 2" Fig. Etre a l'affût, épier le moment favorable pour faire une chose. Être à l'affût des occasions. II est à l'affût de ce qui se dit sur son compte. Cupidité toujours à l'affût. || 3" Pièce ou assemblage de diverses pièces de bois ou demétal qui supporte une bouche à feu. Je dormis sur l'affût des canons meurtriers, v. iiugo, Oaes,v, 9. |j Par extension. L'affût d'un télescope. || 4° Scie à découper.

— ÉTYM. À et fût. L'accent circonflexe est mis à ce mot et aux suivants, à cause de fût; mais pourquoi ne le met-on pas à futaie, futaille, futé, qui ont aussi fût pour radical? Af-fût, c'est™ bois.

AFFUTAGE (a-fu-ta-j'),*. m. || l'Action d'affûter, d'aiguiser des outils. |j 2° Assortiment d'outils nécessaires à un ouvrier. || 3° Autrefois, action d'affûter un canon.

— ÉTYM. Affûter.

AFFÛTÉ, ÉE (a-fù-té, tée), part. passé. Burin affûté.

AFFÛTER (a-fu-té) ,V.a. || 1° Aiguiser un outil. Les graveurs affûtent leur burin. Affûter un crayon, en refaire la pointe. || 2° Ajuster les outils aux fûts qui servent à les maintenir dans la position la plus propre pourlesfaire couper. || 3° Autrefois, affûterun canon, le disposer pour tirer; maintenant on dit mettre en batterie.

—HIST. xvc s. Et affûtèrent grant nombre d'artillerie, comm. i,9. || xvi» s. Aprèz, les afusta justement vene contre vene, nerf contre nerf, spondyle contre spondyle, affin que il ne feust torty colly, bab. Pant. n, 30. Or mouchez vos nez, petits enfans, et vous aultres, vieulx resveurs, affustez voz besicles, et pesez ces motz ou poys du sanctuaire, id. Progn. Pant. préf. Le médecin a besoing de trop de pièces pour affuster justement son desseing , mont, m, 217. Le gouverneur nommé Mousa court à l'alarme, les soldats s'affustent et crient au mar-

chand qu'il s'arrestast, d'aub. Hist. ni, 298. Qu'ils aient si bien affusté leur cas, (pie.... carl.i, 37.

— ÉTYM. Affût; bourguig. efusté. Autrefois affuster avait le sens général «le disposer; et on tu une dans la 1™ édition du dict. de l'Académie : affusté (l's se prononce), préparé: Il s'est affusté pour cela.

AFFÛTIAU (a-fu-tiô), s. m. Bagatelle, brimborion. Je ne saurais trouver dans tous vos affùtiaux, hauteb. Crispin M. n. H. || Terme populaire.

— étym. Affûter.

AFIN (a-fin) , conj. Marque la fin pour laquelle on agit, le but qu'on se propose. Afin se joint à la préposition de, suivie d'un infinitif, nu à la conjonction que, suivie du subjonctif. Ils envoyèrent un courrier afin de faire savoir. Afin que cela soit plus facile. Afin que les mauvais exemples et les mauvais discours ne surprennent point leur ignorance, fléch. Serm. il, 28G. La plupart des hommes croient faussement qu'il leur suffit d'être inutiles ou dans l'indigence, afin que la république soit engagée à les placer ou à les secourir, la bruyère, 2. Afin de tourner ensuite nos armes contre cet autre ennemi plus puissant, fén. Tél. xi. Le marchand surfait sa marchandise pour la vendre plus cher qu'elle ne vaut; il a des marques fausses et mystérieuses, afin qu'on croie n'en donner que son prix; un mauvais aunage, pour en livrer le moins qu'il se peut; et il a un trébuchet, afin que celui à qui il l'a livrée, la lui paye en or qui soit de poids, la bruy. 6. Tu m'as laissé la vie, afin qu'elle te serve, corn, llcracl. i, 2.

— REM. 1. Peut-on commencer par afin de et finir par afin (pie? Par exemple, peut-on dire : Afin défaire voir mon innocence à mes juges, et que l'imposteur ne triomphe pas de la vérité? Du temps de Vaugelas, plusieurs blâmaient cette manière de parler. Mais c'est pousser trop loin le scrupule ; de bons auteurs ont donné l'exemple de cette tournure, qui a quelquefois de l'élégance en variant la construction. Afin de juger plus sainement, et que nous ne pensions pas que... desc. Méth. Le marchand fait des montres pour donner do sa marchandise ce qu'il y a de pire; il a le cati et les faux jours, afin d'en cacher les défauts et qu'elle paraisse benne, la bbuy. (i. || 2. Quandon veut mettre entre afin et le verbe qu'il régit une incise, il faut toujours se servir de afin que. et non de afin de : Charles XII projetait de passer l'hiver dans l'Ukraine, afin que, s'étant assuré de ce pays, il pût conquérir la Moscovie au printemps prochain, volt. Ch. xn, 4.

— SYN. afin, pour. Ces deux mots signifient qu'une chose est faite en vue d'une autre, et, dan une foule de circonstances, ils sont exactement synonymes. 11 travaille pour s'instruire, ou il travaille afin de s'instruire n'offrent aucune différence sensible. Cependant il y aura des cas où le sens étymologique, qui est dans afin (à fin), se réveillera et indiquera un but plus particulier, une intention plus précise. Ainsi, toutes les fois que cette idée précise manquera, il faudra se servir de pour, qui est plus indéterminé. Dans Gette phrase . Pour faire telle chose, il suffit que.... il faut que.... ilestnécessaire de.... pour est préférable à afin. En résumé, afin ne peut pas se mettre dans tous les cas ou pour s'emploie ; mais pour peut se mettre clans tous les cas où afin est usité , pour étant plus général.

— HIST. xiv° s. Si comme l'armeuriers tent affin que le cheval soit bien armé; et le chevalier le veult affin que il se combate, oresme, Elit. M. Afin que par semblables guises il peussent les leurs terres deffendre et gouverner, bebcheure, f° I. Afin de les chacier delà terre et de les arester, in. f" 7, verso. || xve s. Afin que ce soit chose ferme et eslable à toujours, Bibl. des Chartes, Ve série, t. v, p. 487. Il se commença à aider et escarmoucier d'icelle pelle, afin de pouvoir trouver et recouvrer ses diz chaperon et bonnet, ib. p. 489. || xvr s. Et si avoit, afin que l'entendez , Son arc alors et ses yeux desbandez, marot, i, 314. Par leurs mains seras souslevé, Afin que d'adventure Ton pied ne choppe et soit grevé Contre la pierre dure, id. iv, 306. À fin qu'ils n'attirassent l'ire des dieux sureul.x, id. i, io.

— ÉTYM. À et fin, s. f. picard, achafin; vermandois, acerfin.

AGA (a-ga), s* m. Chef militaire chez les Turcs.

Aga des janissaires. Hier l'avais quarante agas

contemplant mon visage, v. in i.o Orient, te.

AGAÇANT, ANTE(a-ga-san, san-f), adj. \\ 1° Qui agace, qui fait mal aux nerfs. Ce bruit est agaçant. Cette femme est agaçante parson bavardage. || 2" Qui excite, qui attire. Propos agaçants, manières agaçantes. Des yeux pleins de feu, des regards agaçants.

hamilt. Gramm. 6. Petite bonne agaçante et jolie, bébang. Célib.

AGACE ou AGASSE (a-ga-s') , s. f. Oiseau appelé ordinairement pie. Le hasard les [aigle et pie] assemble on un coin déleurie' ; L'ap'ace eut peur; mais l'aigle, ayant fuit bien dîné, La rassure.... la font. Fab. xiï, 1 1 .

— hist. xmc s. Et tout aussi comme l'agache Par son crier et agachierNul oisel ne laisse anichier Près de li, ains les fait fuir.... nu canoë, agazia.

— ÉTYM. Bourguig. aiguaisse ; picard, agavlie; Berry, aguiasse, ageasse, égeasse, ouasse; angoumois, ajasse; walleu , agui-se; imrrn. agase; bas-lat. agasia, aigalia; provenç. agassa, gâcha, guacha; ital. gasza, gazzera; romagnol, argaza ; de l'anc. haut-allem. agàlstra, pie; allem. xlster, elster ; holland. aakster, aaxtey.

AGACÉ, ÉE (a-ga-sé, sée), part, passé. \\ 1° Qui éprouve de l'agacement. Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en sont agacées, BERNARDIN DE ST-PIERRE. th. Illd. pn'aillb.

|| 2° Qui reçoit des agaceries. Le chat était sauvent agacé par l'oiseau, la font. Vah. xn, 2. Le cardinal de Retz avait beaucoup d'esprit; mais il était très-laid : ce qui ne l'empêcha pas d'être agacé par les plus jolies femmes, dider. Princ. de polit.

AGACEMENT (a-ga-se-man) , s. m. || 1" Sensation désagréable produite par le contact des substances acides, et l'action de la lime et des sons aigus sur les dents. Agacement des dents. Ce bruit me cause un agacement tout à fait désagréable. || 2° Irritation légère. Agacement des nerfs.

— HIST. xmc s. Se vous volés removoir le aacement des dens qui sovent avient.... alebranu, Régime, f' 37, verso.

— ÉTYM. Agacer.

AGACER (a-ga-sé. Lee prend une cédille quand il se trouve devant un a ouun o) , r. a. || 1° Causer de l'agacement. Ce bruit agace les dents. || 2° Agacer les nerfs, causer une irritation intérieure. || 3" Figurôment, faire des agaceries. Je voudrais qu'on les

agaçai ] r les exciter à parler, j. j. rouss. Ém. v.

Las de l'avoir inutilement agacé sur d'autres sujets, hamilt. Gramm. 4. Mme Duplessis agaçait ma fille; ma fille la battait, SÉv. 70. Au salon ou sur la pelouse, Laure, jamais ne m'agacez, bérang. Passes, j. filles. || 4° S'agacer, v. réfl. Devenir agacé. Cette femme s'agace d'un rien. || S'agacer l'un l'autre. Quel plaisir de.... Manger sur nos genoux nus fruits et notre pain, Nous agacer du coude et nous prendre la main, i.amart. Joc. ix, 342. Et plus loin des valets l'un l'autre s'agaçans, boil. Sat. vr.

— REM. Boileau a accordé ce participe présent, suivant en cela l'ancienne règle qui le traitait absolument comme un adjectif; depuis, la grammaire a changé; et. en des cas pareils, ce serait aux poètes a voir s'ils \eulent ou non suivre l'archaïsme.

— hist. xme s. De la noix [ils: vont rongeant l'escorce. Mais ne savent qu'il a dedens; Péchez leur aace les dens, saint Léocade, éd. barbazan, i, 277. Pautonniers qui.... Et le descirenl el - | [un fou], Amadis et Ydoine,ms. 6987. ||xvie s. Les Israélites, ayans esté longuement afflige/, de diverses calamitez, avoyent un proverbe commun,, crue leurs pères avoyent mangé du vert-jus, et que les dens des enfans en estoyent agacées, cai.v. Instit. 287. A voyt il mangé prunes aigres sans peler? avoyt il les dens esguassées? rab. Pant. iv. nouv.prol. I! les agacea tant enfin par ses paroles picquantes, que.... mont, i, 353. Les viandes aigres agassent les dents, o. de serres, p. 90G. Il me voulut volontiers agacer, palsgr. p. 657. Les arquebuzades et les zagayes les Mores qui agaçoient à toute heure l'armée.... brant. Gouast.

— ÉTYM. Norrn. agasser, crier après quelqu'un avec aigreur; picard, agacher, agucher; bourguig. agaçai; ital. agazsare, provoquer. Ménage tire ce mot de l'italien allegare qui a le sens de agaceries dents; mais agacer est ancien dans la langue, et n'a pas une origine italienne. Diez le fait venir de l'ancien haut-allemand hazjan, nouvel allemand hetzen, poursuivre, harceler, avec la particule romane à, ce qui a permis de changer h en g. Cette dérivation a beaucoup pour soi. Cependant il faut faire entrer en considération l'ancienne forme aacer ; elle ne s'explique ou qu'en supposant un verbe composé de à et un radical acer, comme aovrir, aorer, auner, etc. (mais alors comment ce radical n'a-t-il pas gardé 17< de hazjan, et n'est-il pas ahacer?); ou bien qu'en admettant quele</ est tombé, comme tombaient beaucoup de consonnes intermédiaires entre deux voyelles. Mais cette seconde hypothèse conduirait a considérer aacer comme formé de o

AGA

AGE

AGE

■ mpp es ion tria commune d'une diaire el non oommençanl od 'la qu'un oiseau agace, en parlant d [u m. i son n

u mol agasse ôtablissenl 1 1 ■

qui chasse les .1 lux, puis piquer,

provoquer, el 1 Près

lil aguicher un chien. 1 n voit,

il y a deux étym

allemand haxjan el le m I ■ Dans

agassin avec le sens de

bourgeon venu sui ' luide

cor au pied , : asi dit, dans le p

parce que le

que ch

eond, parce qu'un cor au pied est quelque

d'agaçant.

AG tCERIl rie), *'. f. Mines .

res, p

plus dôpité,i. j. ri I '

tout cela.

mille 1 our lui, m. :<-i~. Donnant ti

sée dans les premi naine, n util r. Gramm. 6, Mme du comment répondre a 1 • mti 3,

volt. Leltrt -, Pruss

— iiK.M. On distingu eusement

ment et agai nsation

êable des dents, des nerfs 1 est une

surtout d'autres em-

plois.

— ÊTYM. Agacer.

i AGA1LLARDLR (S') (a-ga-llar-dir, // mou v. réfl. Devenir plus gaillard.

— ÉTYM.

fAGALACTIl - la-ktie) , s.f. Terme de médecine, absence de lait dans les mamelles.

—ÉTYM. \ tyiXo, lait. On trouve quelque

fois agalaxie ; mais c'est une mauvaise 0

AGAME (a-ga-m'), adj. Terme di Se dit

desplantes auxquelles on ne connattpoint d'oi sexuel- tons et des algues

— ÊTYM. 'Ayaixo;, do 7. privatif, el yâ^o;, mariage (voy. gendre).

AGAMI (a ga mi),*, m. Oiseau del Amériqueméridionale, de la classe des gallinacés. On apprend aux agamis a l'aire a peuples ce que font nos cl bi'ff. Agami.

t AGA. M 11: a -ga mie),s./.Termedebotaniqu

des plantes airames. L'a. unie e : uni i i \ >ion de

la cryptogamie. Dans la cryptogamie la fi uctification n'est qu dans l'agamie li -ont ou

paraissent dépoun ues de fructification, et se reproï au moyen ;ules.

— ÊTYM. Voy.

f AGANTER (a-gan-té), ». a. Terme de marine. Prendre, att

AGAPE (a-ga-p'), s. f. Repas que les premiers chrétiens faisaient en commun. \ que la

communion emmêles repas nommés

;apes, fén. t. xvn, p. 605. Les bénéfices rég durent leur origine aux agapes, chateaub. Génie iv, m, 2. 11 faut , quand on fait le repas des agapes, envoyer les meilleurs platsà l'évêque, volt. Phi .11.

— ÉrYM.'Ayà-ïi, amour, amitié.

AGAPÈTES (a-ga-pi t'), s. m. et f. plur. S'est dit

jadis de clercs que des religieuse: I parmi

elles dans leurs couvents, et de filles ou veuves que le-, moines gardaient dans leur couvent parmi eux.

— ETYM. 'AyaTTï-iTo:, digne d'être aimé, de àyàTTr, (voy. a cape).

AGARIC (a-ga-rik), s. m. On donne ce nem à plusieurs champignons dont quelques-uns appartiennent au genre bolet, caractérisé par un grand nombre de trous sous le chapeau. On trouve parmi les agarics des champignons recherchés comme comestibles, tels que le champignon de couche, le mousseron, l'oronge, la morille, et de très-vénéneux, tels que la fausse oronge. Deux agarics sont employés en médecine: 1 "l'agaric blanc ou bolet du niélè/e; c'est un violent purgatif, il est émétique aussi ; on ne l'emploie plus guère qu'en médecine vétérinaire ; 2° l'agaric de chêne ou bolet amadouvier; c'est l'agaric des chirurgiens, dont on sert pour arrêter les hémorragies; il agit en s'adaptant exactement à l'orifice des vaisseaux et en favorisant ainsi la formation d'un caillot.

— HIST. xvic s. Apozemes apéritifs et relaxatii's de séné, agaric, rhubarbe, pake, xx, 22.

— ÊT\ m Agaricus, -/- -. -

de Sarmalie, où ce champignon

I ait.

| AGARICE (a ga ri s'), s. /'. Terme de minéralo

Lé de calcaire blani ■ a

il, farine fossile, moelle de et lait de lu AG ISSE s. f. Voy. a<

V.GASSIN,*. r». Bouton de vigne qui estplacé le plus bas et 1 1 (voj .

d'AGACEB).

AGA it: (a ga 1 ),*. /'. ;i 1" Variété de quartz 1

. c e il di : ■ . n près pure,

a ' ■ terne el cireuse, de couli

1 1 pèce di marbres el à . vi ilt.

Sini). |)2° Toutou a ;. Il y a dan ce musée

une col

ment dans lequel est enchâssée uni jiiisert

r l'or.

— HtST. xi n" s. Etciers bericles et filâtes, Jas-

I aces et acal 3, Fi. et /.' . > the où du soleil le signe est imprimé....

i . . . 1 1] me, petits gazons di

m. 280. D -. m epitre tevée, l 'uis la

scella d

— étym. 'A/v.Tf d'un fleuve

(•AGATE, TÉE ,tée), adj. Qui contient de

île.

II ui. Agate.

AGATHE (a ga-t'), s.f. Nom .lune fleur. De

. 13, i AGATHE! e), s. /'. Arbrisseau d'orne-

ment, à fie

; AGATIFÈRE (a-ga-ti-fô-r') , adj. Qui contient de

— ÊTYM. Agate el fer, de ferre, qui 1

t AGATIFDË, ÉE (a-ga-ti-ti-é, ée) , adj. Translate.

1 ivm. Agate et /Sert, devenii pa -if de facere (voy. fa f AGÂTIS (a-ga-ti), s. m. Dommage causé par 1 aux dans les héritages des voisins.

— étym. .1 et gâter.

\ AGATISER (S') (a-ga-ti se) . 1 , rifl. Se transformer en agate. Pierre agatisée.

— étym. Aga

t AGATOÏDE (a-ga-to-i-d'), adj. Semblable à l'agate.

— ÉTYM. Agate et eTSoç, ressemblance (vo\ . AGAVE a-ga-vé), s.m. Terme de botanique. Genre

mille des amaryllidées,quiale port desaloès, [ui est propre à l'Amérique du Sud. l'nc espèce s'est naturalisée sur les côtes de la Méditerranée, on l'appelle pitte ou aloès. Les faisceaux de fibres des feuilles servent a faire des cordes. L'agave vivipare s'élevait plus haut dans les criques salées, et présentait une forêt d'herbes de trente pieds perpendiculaires, chateaub. Voy. en Imérique, 'H".

— étym. 'AyavT), admirable, de âyanai, j'admire. f ....AGE, suffixe indiquant d'abord la disposition

à : voler, volage; puis, de là, l'emploi, l'action de : affiner, affinage; ombre, ombrage ; assembler, assemblage.

— ÊTYM. Le suffixe latin alicus; provenç. atge; ital. aggio; composé lui-même de at, qui est le suffixe du participe passif, et de iciis ; ainsi ambra, ombre, umbratus, qui est ombragé, umbraticus, qui a beaucoup d'ombre.

f AGE (a-j'), s. m. Partie de la charrue destinée à transmettre au corps de l'instrument le mouvement qui lui est donné. L'âge est horizontal ou incliné, droit ou courbe.

— étym. .Dye.dans ce sens, doit tenir à un ancien mot français, agiot ou agiau, qui a eu le sens d'aftiquet, et dont l'étymologie est inconnue.

X.GE(â-j'),s.m. Il 1° Durée ordinaire de la vie. L'âge de l'homme ne passe pas communément quatre-vingts ans. Il faut épargner le temps de la jeunesse ; celui qui reste au fond n'est pas seulement le plus court, mais le plus mauvais et comme la lie de tout l'âge, boss. Pensées chrit. Si. || Âge d'homme, l'âge viril : Quand cet enfant sera parvenu à l'âge d'homme. || Âge d'homme , la durée commune de la vie : II n'a pas vécu Age d'homme. || 2° Temps qu'il y aqu'on est en vie. Celui qui continue de cacher son âge pense enfin lui même être aussi jeune qu'il veut le faire croire aux autres, ca bbuy. 14. Eh! quel âge avez-vous'? m. us avez bon visage, rac. Plaid. 1, 7. L'empereur Charles VI mourut au mois d'octobre I740,à L'i gede 55ans,voLT. Louis XIV, 5. || II ne paraît pas son âge, il

neparatl pas avoirl'âge qu'il a réellement. ||3° Carrière de la vie que l'on a à parcourir et qui a un commencement, un milieu el un.' lin. 1. es progrès de l'âge;

avancei en âge - m ge avance. Etre à la fleui de

l'âge 1 oui ■ et 1 tiérèse Pa iseronl leur Age en ces

lieux, 1 m. Poésii f, 1 . Ce peu .1 he s saintement

pa mi le plu - rudes < preuve :, tiennent lieu

eules d'un âge accompli, s. Duch. d'Or.

nous avançons dan l'âge ro. Pén. 2. c.e vice l'avai ice | est plutôl l'effel de 1 âge el de la complexion des vieillards, qui s'y abandonnent aussi naturellement qu'ils suivaient leurs plaisirs dans leur jeunesse ou leur ambition dans l'âge viril, la 8B.UY. 1 1. Qu'un long âge apprête aux liommi néreux Au boul de leur cai 1 ière un destin malheu reux ' cob *. Cid. a, 0. Mai • dès que le long âge i'.iun re animal, La même cuisine alla mal, la font.' Fab. x, >. Les vieillards étonnés de voir ce qu'ils n'auraient 0 :i pérer dans la suite d'un si long i Tél. un. Ce n'esl pas nue

bonté ni une faute à un jeune homme que d'é-

; usi 'i 1 ' ie avam ée en âge ; c'est quelque

fois prudence, c'esl précaution ; l'infamie est de.... la biujy. (4. El quel 1 t ce temps [de la oncture favorable que Dieu meurt âge plus avancé el plu 1 mur . où le l'eu de la pa ■ sion > ommeni e à I rd. Pensées, 1. 1, p. 28i. Mais ta |e el brillante in

.1 embellir, Dan - mon sein ne sau-

11 Mini.- l'âme . elle n'a point il i [e,

i.amart. Médit. 1, 9. Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace, cobn. Cid,i, '. Vous perdez je pardonne à i âge, tn. ib. 11, ".

Maisjesuis né robuste et n'ai poinl passé l'Age, 52. Li s fils des dieux n'attendent presque rien du temps et des années; le mérite chez eux devance l'Age, la BHUY. 2. Il 4" La durée d'une généralion. Ce vieillard dan- le choeur a déjà vu quatre oïl. l.uir. 1. 1 e vieillard qui a vécu trois âges d'homme, fén. Tél. xy. Il lui racontait toutes les se et tout ce qu'il avait vu faire de plus remarquable aux héros de l'Age passé, m. ib. xv. Il 5" Les diverses époques do la vie. Chaque Age a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs, unir. Arl poét. m. Tous les Ages, tous les états changent quelque chose en nous : quand sera-ce que in mis changerons pour la vertu ? boss. Pensées chrét. 8. Le fer ne connaîtra ni le sexe ni l'Age, rai . Esther, I, 3. En cet Age penchant Où mon peu de lumière est si près du couchant, malh. vi , 31. Il Bas Age, jeune Age. Son fils encore en bas Age, boss. Hist. I, 9. Laissant des enfants en kis Hist. ai, 5. Plût aucielque, dès l'Age le plus tendre et dès les pi ornières années de la vie, on travaillât à se purifier de la sorte! dourd. Pensées, t.i,p.3fi7. Il Le bel âge, la jeunesse. Toi-même, 6 mon fils , qui jouis maintenant d'une jeunesse si i si féconde en plaisirs, souviens-toi que ce bel âge n'esl qu'une fleur qui sera presque aussii.'ii séchée qu'éclose, fén. Tél. xix. || Moyen Age, âge intermédiaire de la vie. Un homme de moyen Age. Et tirant sur le grison, LA FONT. Fab. 1, M. Aussi a-t-on remarqué que c'est dans le moyen âge que les hommes sont le plus sujets à ces langui urs de l'Ame, à cette maladie intérieure, à cet étal de vapeurs dont j'ai parlé, buff. Nature des anim. || Âge de raison, Agemùr, Age avancé. || Sur l'âge, sur le retour. Le prieur, déjà un peu sur l'âge, était un très-bon ecclésiastique, volt. Ingénu. 1. Quoique père de famille, et déjà sur l'âge, M. Caffe s'obstina à rester sur le pont , ciiaïeaubr. Itin. m, 9i. H Âge critique, Age où les femmes cessent d'avoir leurs règles. || En particulier, l'âge requis par les lois pour certains actes, certaines fonctions. Elle ne peut pas se marier, parce qu'elle n'est pas en âge. Lettres de bénéfice d'Age , de dispense d'Age, lettres par lesquelles le prince accordait à quelqu'un le privilège de posséder, d'exercer une charge avant l'Age prescrit par les lois. || Président d'Age, celui qui, provisoirement, préside une assemblée, parce qu'il en est le plus Agé. || Être d'Age à, en Age de, avoir un Age qui permet de. Ils assemblent lus hommes en Age de combattre, fén. Tél. x. Il était en Age de se marier, corn. Ex. de Pomp. Que prétend-il que vous fassiez ? n'êtes-vous pas en Age d'être mariée? mol. L'Arn. méd. 1, 4. H Être entre deux Ages, n'être ni jeune ni vieux. Elle était entre deux Ages, d'une ligure fort noble, j. 3. rouss. Conf. n. || Famil. Être d'un certain âge, n'être plus jeune. Elle est d'un certain Age. 1 n cei tain âge e .1 un âge trop 1 ertain. La dévotion vii m à quelques-uns, et surtout aux femmes, coi • me une passion ou comme le faible d'un certain

AGE

AGE

AGE

tige, ou comme une mode qu'il faut suivre, la bruy. 3. || 6° Il se dit du nombre d'années qu'a vn cheval, un chien, un arbre, un bois. Quel Age a ce cheval, ce chien? Quel est l'âge de ce chêne, de ce taillis? || 7" Terme d'astronomie. L'âge de la lune , le temps qui s'est écoulé depuis le renouvellement de la lune. || 8" Par analogie. Je ne sais si l'on ne devrait pas faire un peu plus d'attention à l'âge du lait [au temps depuis lequel il est venu aux nourrices], j. j. rouss. Ém. t. || 9" Fig. L'amour n'a point d'âge , il est toujours naissant , pasc. Amour. La grandeur musulmane est à son dernier .âge , volt. Tancr. i, I. || 10° S. pi. Les siècles dans leur succession indéfinie. Les différents âges de la nature. Les premiers âges de la monarchie. De sorte qu'après d'immenses révolutions d'âges et de temps qui auraient dû l'affaiblir, elle [la religion chrétienne] est toujours la même, Bounn. Pensées, t. i, p. 246. Le monde, de qui l'âge avance les ruines, Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, boil. Lulr. m. Les sages lui dénoncèrent qu'en remuant ce seul point, il mettait tout en péril, et qu'il donnait, contre son dessein, une licence effrénée aux âges suivants, boss. Reinr d'Angleterre. Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà des temps et des âges, bac. Esth.m, 9. Tu cessas de parler : l'oubli, la main des âges Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages, lamart. Médit, i. 23. I| 11° S. sing. Le temps présent. Il est le vrai héros de notre âge. Vous qui ne pouvez souffrir vos frères, sans doute que vous êtes parfait et le seul parfait; à vous entendre, vous devez être le modèle de votre âge, boss. Pensées chrét. 12. || 12° L'âge du inonde, le temps qui s'est écoulé depuis la création. || 13° Les quatre âges du monde, les quatre périodes imaginées par les poètes , et qu'ils ont désignées sous les noms d'âge d'or, d'âge d'argent, d'âge d'airain, d'âge de fer. On dit figurément un âge d'or pour désigner une époque de prospérité; et un âge de fer pour désigner un lemps de guerre et de calamité. Un des captifs avait ramené l'âge d'or dans ces déserts, fén. Tél. u. Mettez votre gloire à renouveler l'âge d'or, iD.t6.xxiv ||14"Le moyen âge, !e temps qui s'est écoulé depuis la cbuie de l'empire romain jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II. || 15° En géologie, âge des terrains, âge des diverses formations de roches; ordre de succession des substances minérales stratifiées. || 16° D'âge en ùgc.locut- adv. De siècle en siècle, de génération en génération. Les secrets de la nature sont cachés; le temps les révèle d'âge en âge. Ce souvenir sera conservé d'âge en âge. || 17° Prov. L'âge n'est fait que pour les clievaux, c'est-à-dire, peu importe l'âge qu'on a pourvu qu'on le porte bien, ou encore il est d'un mal appris de parler d'âge devant des personnes âgées.

— SYN. À notre âge, À nos âges. Â nos âges on n'est plus bon pour.... dites : À notre âge on n'est plus bon pour.... Ce substantifn'a de pluriel que dans ces exemples-ci : les quatre âges de l'homme ; l'homme entre deux âges, etc. c'est-à-dire lorsqu'il désigne une des époques principales de la vie humaine, et, non un des points si nombreux marqués par chaque année. Ce qui fait que la locution d n s âges est mauvaise, c'est qu'au fond il ne s'agit que d'un seul âge, celui' que vous et moi nous avons. Mais un homme de co ans qui dirait à un adolescent de 20 ans : A. nos âges la vie offre des aspects bien différents , parlerait correctement; car ici il s'agirait réellement de deux âges différents. Ainsi dans lesage, la Tontine, U> : Pour moi je n'aurais jamais pensé à Mlle Mariane , à cause de la disproportion de nos âges.

— HEM. 1. Aageaété de trois syllabes dans l'ancienne poésie; il n'a cessé de l'être, et la conti action des deux a ne s'est faite, bien que l'ancienne orthographe subsistât, que vers le xv° siècle. || 2. Âge était fort souvent du féminin au commenci men1 du xvnc siècle. Que d'hommes fortunés en leur

âge première.... mai.ii. i, 3 et de qui les yeux

Font un visage d'or à cette âge ferrée, m. i, 4. Outre l'âge en tous deux un peu trop refroidie, Cela sentirait trop sa fin de comédie, corn, la Galerie du palais, v,».

— hist. xic s. Qui durerat à trestout ton edage, Ch. de llol. xx. || xn° s. Assez [je] vel mieux di vancer mon aage [mourir avant le tempsj , ib. p. 47. Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez lui et s'amour servir, Couci, xix. Tous li clergés etli home d'eage Qui en aumosneeten bien faisrnainront, quesnes, Romancero, p. 94. Certes, ne sera-il en trestout mon aage, ïiar. xxvi. Quand [ils] eurent leur aage, sen [sens]

et discrétion, ib. ni. .lofnes [jeune] hom fu de poi d'eage, Chr. dcNorm. 35659.VieuxertHunfreizetbien d'aage, *'&. 32002. ||xin"s. Nous poons trover autrement l'aage de la lune, quele ele est en cascun jor du mois, Comput, f° 9. Ou vintiesme an de mon aage. Ou point qu'Amors prend le paage Des jones gens, couchiez estoie Une nuit.... la Rose, li. Li enfant demorent en le [la] saizine, et li pies en Testât où il estoit quant li pères morut, dusqu'à l'aage des enfans, beaum. 69. Ch'est tout cler que li sires tenist le [la] moitié du conquest dusqu'à tant que li enfes venist en aage, id. xii, 10. Comment on doit son cors garder en chascun aige, alebrand, Régime, f° 2, verso. || xiv'c s. Et en aucun eage a l'en entendement aussi comme la nature de l'eage en fust cause, oresme, Eth. IS5. Et à ceulz qui sunt en eage souvrain, c'est à dire moien , amis leur sont nécessaires à leur bonnes attions accomplir, id. ib. 229. [Majorité] toutefoiz qu'il plaira au ditDaurri, lui venu en aaige, ou à son tuteur ou cureur, nu cange, aagiatus. Se nous leur voulons donner aage, par quoi que il fussent hors detutirie, id. ib. Il xv s. Qu'est devenu le temps où je cuidai, Quant je me vi en l'aage de vint ans.... e.deschamps, Erti urs de la jeunesse. Le jeune comte Louis de Flandre qui point n'avoit quinze ans d'aage.... froiss. i, 1, 3io. L'ancien aage du duc Philippe lui fist endurer ce pacienment , comm. i, 2. Estant en assez jeune aage, id. iv,9. || xvr s. Les enfans d'aage, qui ont esté circoncis, ont figuré seulement les enfans spirituels qui sont régénérez par la parole de Dieu.cALv. Tnstit. 1077. L'homme d'aage [par opposition au petit enfant]. Les grands d'aage [même sens], id. ib. i 083. Les gens d'aage [hommes] doivent estre instruits et croire avant qu'estre baptizez, m. ib. (086. Les années enclouses entre ceste eage courante, l'an <550, rab. Pant. v, prol. Voire, en la saison la plus licentieuse de mon aage, mont, i, 77. Les pensées sérieuses d'un homme d'aage [homme fait], m. 1, t90. Une femme hors d'aage, id. i, 220. L'aage doré [d'or], in. 1, 23r>. En ces nouvelles terres descouvertes en nostre aage, m. 1,228 .T'ay restitué plusieurs passages par conjecturr. .1 ■ l'aide de quelques uns des plus sçavans hommes de cesteaageen lettres humaines, amyot , Préf. xxv, 54. Estant jà sur son aage , il disoit ordinairement ce vers : Jedeviensvieil en aprenant tousjours, id. Solon, 3. Ceulx qui estoient en aage de porter les armes, id. Péric. 24. On estimoit chascun desdits ouvrages devoir à peine estre parachevé en plusieurs aages, id. ib. 26. Un désir plus ambitieux que ne portoit l'aage en laquelle il se trovoit alors, id. Marcel. 46. Prenant en mariage une fille , qui n'estoit ny de maison convenable à sa dignité , ny d'aage sortable à la sienne , id. Arist. et Cat. <2. Aage est un cours ou espace de la vie, par lequel la constitution et température du corps, de soy mesme, sans survenue d'aucun accident, est changée évidemment, pare, Introd. v. Aage viril ; aage caduque et decrepitée, id. ib.

— ÊTYM. Bourguig. aige; picard, achc ; provenç. atge; d'une forme bas-latin non conservée, scia ticum, dont le sens propre serait accumulation d'âge, comme ombrage, de umbraticum, est accumulation d'ombre. jEtaticum vientdeœtas, qui est pour œvitas, de cevum, âge, siècle, en grec aîûv (voy. éternel). Mtas avait, par wtatem, donné directement dans l'ancien français les formes eded . né . eé , usitées concurremment avec aage, eage, edage, et correspondant aux formes provençales étal, edad, espagnole edad, italienne età. Toutefois il y a une différence à noter; tandis que ces mots des autres langues romanes sont, comme ils doivent être, féminins, vu qu'ils viennent d'a'tatem, aé, ce, eded, du vieux français, sont constamment masculins, par une faute manifeste qui suppose un mot barbare

■ 1 totirm.

ÂGÉ,KE (à-jé,jée), adj. Qui a un certain nombre

d'années. Un enfant âgé de dix ans. Un homme âgé de trente , de quarante , do cinquante ans. I.' s plus jeunes enfants conduisent les moutons dans les pâturages ; les autres, qui sont plus grands, mènent déjà les troupeaux; les plus âgés labourenl avec leur père, fén. Tél. xn. || Absolument. Qui est avancé en âge. Il paraît plus âgé qu'il n'est. Sésostris qui était fort âgé, FÉN. ib. II.

— HIST. xm0 s. Certaine coze est que li hoirs malles est aagiés [majeur], par nostre coustume, quant il a quinze ans acomplis et le [la] femme quant ele a douze ans acomplis, beaum. xv, n. H xive s. Une chose est terrible à un enfant qui n'est pas terrible à un homme aagey, oresme, Eth. 80. Nobles personnes, messire Jean de Hodene, dame

Marie sa femme et Martin leur fils aisné et aagié [majeur], du cange, aagiatus. ||xvr s. Ceulx qui sont ignorans des choses advenues avant qu'ilz fussent nez, quoy qu'ilz soient sur-aagez, demeurent toujours enfans, amyot, Préf. vu, 33.

— étym. Age.

f AGEASSE (a-jea-s'), s. f. Pie-grièche grise.

AGENCE (a -jan-s),s.f. || 1" Emploi, charge d'agent. Il a obtenu l'agence de cette compagnie. || 2" Ancienne fonction d'agent du clergé. L'abbé d'Aquin aurait plu au roi dans l'exercice de son agence du clergé, st-simon, 63 , 49. L'abbé de Maulevrier avait eu deux agences du clergé de suite, id. 281 , 69. Appelé à l'agence dans ces temps périlleux, où l'autorité du gouvernement mal affermie ne laissait espérer aux droits de l'Eglise qu'une faible protection, il ne fit paroitre ni moins de zèle, ni moins de fermeté, mass. Villars.

— étym. Agent.

AGENCÉ, ÉE (a-jan-sé, sée), part, .passé. || 1° Arrangé. Cesornementssontmalagencés. || 2" Familièrement, ajusté, paré. Vous êtes singulièrement agencé.

AGENCEMENT (a-jan-se-man ), s. m. \\ 1° Action d'agencer. L'agencement des os est une chose admirable. L'agencement des mots. || 2" En termes de peinture, arrangement, des groupes, des figures, ajustement des draperies, disposition des accessoires.

— HIST. xvr s. C'est un bel et grand adgencemenl sans doubte que le grec et le latin, mais on l'acheté trop cher, mont, i, 193.

— ÉTYM. Agencer; provenç. agensamen.

AGENCER (a-jan-sé. Le c prend une cédille quand

il est suivi d'un a ou d'un 0), v. a. || 1" Ajuster, mettre en arrangement. Agencez tout cela le mieux possible. |l 2" Par extension. J'accommodais ma grâce, agençais mon visage, bégnier, Uial. || 3" En termes de peinture, arranger des groupes , des figures, ajuster les draperies, disposer les accessoires. H 4° S'agencer, v. réfl. De rubans piolés s'agencent propr ment, Régnier, Sat. ix. On a beau s'agencer et faire les doux yeux, id. Sat. xm.

— HIST. xme s. Quant li rois voit qu'il velt tendre. Si commença à agencier.Sili respondimotàmot, Ren. 8412. Or en ferai apareillier Tout à vostrelos un chapel;Etpor agencierleplusbel.... ib. 2520. || xive s. En milieu des bachinsfu li enfes petis; Il ot assez menguiet.ne fu mie famis;Regarne les florins gaunes [jaunes] et agensis, Baud. de Seb. 1, 1072. Aletaire a à nom le paen dont je di ; N'a que dix huit ans, le corps a agensi, Guescl. 15729. Le beau chemin qui tost adresse Tous ceulx qui y vont , et agence En tout honneur, c'est diligence, bruyant dans Menagier, t. 11, p. 20. ||xvie s. Les contenances et façons simples, et mal agencées des escoliers.au prix dis honnestetez, courtoisies et dexteritez de ces jeunes gentilshommes, lanoue, <22. L'on voiteommunement les maisons des simples bourgeois et marchans (mesmement es pais bas) si joliment agencées et depeu, que les nobles devroyent avoir honte de tenir les leurs si salles, m. tes. Les traducteurs françois ne se sont pas seulement estudiez à bien agencer leurs traductions, mais ont aussi adjousté.... m. 139. Los Parthes laissent croistre leurs cheveux à la mode des Tartares, sans les agencer ny peigner aucunement, amyot, Crassus. 45. Quelque bigearre et rebours que soit le lieu [emplacement], ',1 -e peut neantmoins ageancer. o. de serres, 18,

— ÉTYM. Picard, agincher; wallon, ajnncener; provenç. ageii: ir. plaire, embellir; catal. agenznr; anc. ital. agensare; de d (voy. À) et ejeni GENT,o,rf/.) : rendre gent, gentil.

AGENDA (a-jin-da), s. m. Petit livret destiné à noter les choses qu'on doit faire. J'oubliais la principale affaire; je ne l'ai pas mise sur mon agenda, lesage, Turc, ni, 9. \]Au plur. les agendas.

— ÉTYM. Agenda, choses qui doivent être faites, participe futur passif de agere, faire (voy. agir).

f AGENDE (a-jan-d'). s. f. || 1° Administration munie j'aie. En ce lempsPancienne agende fut changée, boss. Yar. 15. || Terme aujourd'hui inusité. Il 2" L'office des morts en neuf leçons chez les chartreux.

— ÉTYM. Voy. AGIR.

t AGÉNÉSIE (a-jé-né-zie), s. f. Terme de médecine. Impossibilité d'engendrer.

— ÉTYM. A privatif, et yevî^s;, génération (wv. générationI.

AGENOUILLÉ, ÉE (a-je-nou-llé .liée , U mouillées) , part, passé. Tous deux agenouillés. Statue agenouillée.

-{•AGENOUILLEMENT (a-je-nou-lle-rnan,M mouillées, et non a-je-nou-ye-man ), s. m. Action de s'agenouiller.

AGE

— HIST. xvie s. Si par le mot agenouillement l'a postre sigiùfloit la vraye adoration que rendent les Bdeles à Dieu, calv. lntt. B28. Ouanl aux testes uuea el agenoillements qui sont ordinaires devant la face do nosti iloix, n. -•

— ÊTYM. agenouiller; provenç. aginolhamen. u.i mu h il k (S*) (a-je-nou-llé, // mouillées),

r. rifl. Se mettre a genoux. U s'agenouille toujours sur la pierre. S'agenouiller devant quelqu'un.

rkm. Des auteurs de synon^ uludis-

tinguer s'agenouiller etse i ux, disant

que s'agenouiller ne se prend qu'au physique el se dit seulement de la position du corps qu'il sente; que se mettre à genoux ajoute une idée mo raie et exprime de plus le sentiment d d'adoration dont cette posture esl le signe. Les incrédules quelquefois s'agenouillent dans les églises : its seuls s'y mettent à genoux. Cette distinction n'a aucun fondement dans l'usage ; l'un et l'autre se prennent tantôt au figuré et tantôt au propre.

— hist. xt r s. Rolant le conte [il en fistagenoiller, Ronc.p BO. Devant le roi [il] se vait agenoiller,t6. p. 1 29. Humblement vint à L'uis, iloec s'agenoilla . I In plur e en larmes grament i demura, Th.le Vart.too. Liquens Raoul bêlement l'en apele; Il s'age vestueol sa gounelle; Pargrant amorli a dil raison

R. de Cambray, 99. || si"' s. Lors s'age nouillerent li sis message à leur pies, moull plo rant, vii.i.i.n. xvii. Encoste [de] la roi va agenoiller, Berte, xi. Si qu'il l'ont contre terre

iree agenouilliée . îb. xxi. Et tout li chevalier et les dames qui illuec estoient s'agenouillèrent

devant li a ses pies el li crièrent merci [ rsonfilg,

Chr. de Bains, 222. Devant eus vous ageno .limites mains, la /{ose, 7496. Quant la royne le vit entier en la chambre où elle estoit, si s'agenoilla contre li, et le chevalier se ragenoilla contre li [devant la reine] aussi, joinv. 280. ||xiv* s. .Mais devant lui m'ageloinguay, hachault,p.20. ||xv* s \ donc se trait sagement ce Jacques Lambe Vvain et se agenouilla devant lui, froiss. h . 11, 30. Il xvi° s. El n'y a nul empeschement qu'un malade quine se peut agenouiller, ne prie tout droit, cal- VE», [nstit. 989. Ils ne s'agenoillent nullement, et en' sont quittes pour une reverance d'entrée el d'issue de la salle, r. mu.. 11. 2.

— ÊTYM. À et genouil (vi I; wall. s'aglégni; rouchi, s'agligner; bressan, s'azenoiller ; provenç. agenolhar, aginoUar; ital. agginocchiare.

AGENOITI.I.OIR (a-je-nou-lloir, // mouillées), s. m. Petit escabeau sur lequel on s'agenouille.

— êtym. Agenouiller.

AGENT (a'-jan), s. m. AGENTE (a-jan-f), s. f. Il 1° Tout ce qui agit, opère. Agent naturel, agent chimique. Bien que l'agent et le patient soient fort différents, hf.sc. Pass. I, t, Mon àme et mon corps Sont-ils d'un autre agent les aveugles ressorts? volt. Disc. 2, Je parle, je chemine: Je sens en moi certain agent; Tout obéit dans ma machine  ce principe intelligent, la font. Fab. x, t. Sans jamais trouver aucun agent commun qui les dirige, j. j. ROUS. Fin. iv. Dans ce phénomène la nature est la principale agente. || 2° Celui qui fait les affaires d'autrui, qui est chargé d'une fonction . d'une mission publique ou privée. Les agents du roi. Agent et émissaire de cet homme. Le crédit qu'on a dans une secte dont on devient le chef ou l'un des principaux agents.... bourd. Pensées, t. 1, p. 430 Rome à ses agents donne un pouvoir bien large, corn. .Yi'com. m. 3. A-t-iî eu près de vous un plus soigneux agent Pour hâter les renforts et d'hommes et d'argent? id. ib. iv, 2. Et j'en bannis par là ces rois et leurs agents, id. Attila, m , t . Cassandre par le prince est si persécutée Et d'agents si puissants pour lui sollicitée, rotr. Vencc?!. ni, 2. Tibère.... Sur ses propres agents punissait ses forfaits, m. j. chën. Tib. ni, 3. Il En mauvaise part. Dans cette intrigue, elle était la principale agente. Suis cet agent fatal de tes mauvais destins, corn. Pohj. 1. 3. U Agent d'une compagnie. || Agent diplomatique, homme chargé de fonctions diplomatiques. Il Agent de change, autrefois changeur, entremetteur autorisé pour la négociation des effets publics. Ne m'as-tu pas dit que tu connaissais un agent de change qui te donnerait de l'argent à l'heure même? lesage, Turc. 11, 3. Il Agent de police, employé subalterne attaché à la police d'une ville. || Agent d'affaires, celui qui se charge de diriger et de régler des affaires d'intérêt. || Agent comptable, celui qui est particulièrement chargé des recettes et des dépenses. 1| Les agents d'une faillite, les gérants provisoires d'une faillite qui l'administrent pendant quinze jours

AGG

et quelquefoisjusqu'à la nomination des syndics pro- ,1 Agents du clergé se disait autrefois de deux ecclésiastiques de second ordre choisis, pour avoir soin des affaires du clergé, par les deux pro \ incesecclés astiques qui étaient en droit do les nom mer. Qu'attendez-VOUS ici du ministère de noire 1 Une criminelle complaisance.... ? mass. l'i'- 3" En philosophie, l'être qui possède la faculté de se déterminer.

— HIST. XIV S. Et celui qui feroil injuste ,\ se meisme, il seroit agent ou faisant et pacient toul ensembleou [au regart de se meisme, oresme, F.th. 168 y xvi* s. 11 attribua le gouvernement <le ce monde aune pure intelligence, laquelle sépare, comme cause première agi nte, les substances, etc. aiiyot, Ver. 6. Nature, laquelle est principale agente en cecy.... iwrk.xvi , 12. Celui qui hayt est patient; le hay est agent, au rebours du son des mois.

on, Sagesse, 1, -'. L'ouye est un sen tuel, c'esl l'entremetteur et l'agent de l'entende-

111 ni, ID. ib. I, 12.

— êtym. {gens, de ooere(voy. agir).

fAGÉRASIE s. f. Terme de méde

cine. Absence de vieillesse, vieillesse verte et vigoureuse.

— ÊTYM. A privatif, el ~;r,'.ï:, vieille, ,i>.

; AGGLOMÉRAT a-glo-mé-ra), s. m. Terme de minéralogie. Masse de plusieurs substances ro à des époques diverses el réunies par un ciment quelconque.

AGGLOMERATION (a-glo-mé-ra-sion), s. f. Action d'agglomérer; état de ce qui est aggloméré. L'agglomération des sables. L'agglomération des hommes dans les grandes 1 illes.

— ÊTYM. Agglomeratio , de agglomerare (voy. agglomérer).

AGGLOMÉRÉ, 11: (a glo mê-ré, rée) , port. passé.

1 Réuni en tas. Des sables agglomérés. || 2" Se dit en botanique pour dé ignei des organes entassés ou rapprochés en masse compacte, qu'ils soient ou non adhérents ensemble.

AGGLOMERER (a-glo-mé-ré. La syllabe me prend un accent grave, quandlasj llabe qui suit est muette ; et garde l'aigu au futur et au conditionnel : agglomérerai). Il 1° V. a. Assembler, réunir, entasser. La richesse du sol agglomère les hommes dans cette contrée. || 2° S'agglomérer, 0. réfl. S entasser.

— ÊTYM. Agglomerare, de ad, à (voy. X). et glomus, cris, peloton. Glomus ne parait être qu'une forme àe.globus, globe (voy. ce mot).

; AGGLUTINABLE (a-glu-ti-na-bl'), adj. Qui peut s'agglutiner.

— Hisr. xvi* s. Les vieilles gens ont les os plus

plus durs, et par conséquent moins agglutir.ables, paré, viii, 10.

— ÊTYM. A nui 'il mer.

AGGLUTINANT, ANTE (a-glu-ti-nan, nan-f).

Il 1° Adj. Qui est propre à recoller, à rejoindre. Substances agglutinantes. On appelait autrefois remèdes agglutinants, ceux auxquels on supposait la propriété de recoller des parties divisées. On appelle aujourd'hui agglutinants ou mieux agglutinatifs les substances emplastiques qui adhèrent fortement à la peau. \\ 2° S. m. Un agglutinant. || 3° En linguistique, langues agglutinantes , celles dans lesquelles prédomine le procédé de l'agglutination. Les langues de l'Amérique du Nord sont agglutinantes.

— HIST. xvic s. Si tel flux vient de rupture, il sera guéri par choses agglutinantes, paré, xv, 55.

f AGGLUTINATEUR, TRICE (a-glu-ti-na-teur, tri-s'), adj. Terme de médecine. Qui a la vertu d'agglutiner. Un travail agglutinateur.

— HIST. xvr s. La faculté agglutinatrice, paré,

— ÊTYM. Agglutiner.

AGGLUTINATIF, 1VE (a-glu-ti-na-tif , ti-v'). || i." Adj. Se dit des emplâtres qui ont la propriété de s'attacher promptement et d'adhérer fortement à la peau. Emplâtres agglutinatifs. Bandelettes agglutinatives. ||2° S. rn. Un bon agglutinant.

— HIST. xvi* s. Mettant un linge délié beaucoup plus grand que la playe, couvert de beaume agglutinatif, paré, vu.

— ÊTYM. Agglutiner.

AGGLUTINATION(a-glu-ti-na-sion),s. f. || 1° Action

d'agglutiner. En termes de médecine, recollement de parties contiguës accidentellement divisées; c'est la première période de l'adhésion des plaies. || 2e En linguistique, l'agglutination est le procédé par lequel un ou plusieurs mots, étant dans un rapport de dépendance avec un autre mot, s'introduisent, à l'aide de certaines modifications, dans le corps du

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mot dont ils dépendent, ou se joignent à lui, de manière '1 composer avec lui un mot unique. Ainsi, par exemple, il ya destyigues où, dans cette phrase: Le cerf que j'ai chassé hier, les mois que j'ai chassé hier s'incorporenl avec cerf et en suivent toutes les modifications.

HIST. xvi* s. Les choses estranges empeschent itination de la playe, paré, vu, r,. ns [les vieilles gens] ont le sang moins propre à faire l'agglutination , m. VIII, to.

— ÊTYM. Agglutiner.

AGGLUTINE, ÉE (a glu-ti né, née), part, passé.

I! 1" Heeollé, rejoint. [,cs K'wos de la |,1; ',i;il, t ag

glutinées. || 2 En botanique, agglutiné se dit des organes collés comme avec de la glu, de manière a pouvoir être détachés sans déchirure. || 3° En linguistique, se' dit d'un mot réuni à un autre et fondu en lui.

AGGLUTINER (a-glu-ti-né). || i" V. a. Terme de médecine. Recoller, réunir les chairs, la peau. Il 2° S'agglutiner, 1. réfl. Être réuni, recollé. Les lèvres de la plaie s'agglutinent. En italien, souvent le pronom s'agglutine au verbe.

— HIST. xvi" s. Il faut que le sang afflue à la partie qui doit estre nourrie, puis qu'il soit fiché et agglutiné, paré, lnlrod.6.

— ÊTYM. Agglutinare, de ad, à (voy. À), et gluti n . colle (voy. glu).

AGGRAVANT, ANTE (a-gra-van, vari-t'), ad). Qui rend plus grave, plus grief. Circonstance aggravante, circonstance qui ajoute â la gravité d'une faute. Ce qui est aggravant dans cette affaire, c'est que....

— Hisr. xvie s. Les navrés sentent en la partie une douleur aggravante, une stupeur et endormissement, PARÉ, ix, 2- Disc.

AGGRAVATION (a-gra-va-sion),*. f. || 1° Terme de droit. Augmentation de peine; ce qu'on ajoute à une condamnation. || 2" En termes de médecine, augmentation. Il y a aggravation. L'aggravation du mal, des symptômes.

— ÊTYM. Aggravatio, de aggrarare (voy. aggraver).

AGGRAVE (a-gra-v'), s. f. Seconde fulmination d'un monitoirc avec menace des dernières censures de l'Eglise.

— ÊTYM. Aggraver.

AGGRAVÉ, ÉE (a-gra-vé,vée), par t. passé. || 1° Au propre, appesanti. Achevant son somme, Et les yeux encore aggravés, la font. Ann. || Vieux en ce sens. Il ^Augmenté. Peine aggravée. Péchés aggravés par l'impénitence. Maladie aggravée par l'imprudence du malade.

f AGGRAVÉE (a-gra-vôe), s. f. Terme de vétérinaire. Maladie du pied du chien qui consiste en une inflammation du réseau vasculaire situé au-dessous de l'épiderme épais et dur, dont les tubercules plantaires sont recouverts à leur surface d'appui. On a aussi observé, chez les porcs surmenés, des aggravées, que l'on guérit en conduisant à l'eau les animaux malades ou en enveloppant de cataplasmes argileux ou astringents les pieds affectés.

f AGGRAVEMENT (a-gra-ve-man), s. m. Synonyme d'AGGRAVÉE.

AGGRAVER (a-gra-vé),«. a. || l°Rendrepluslourd. Un corps qui nous aggrave et nous abaisse vers la terre, pasc. édit. Cous. Pourquoi vous faites-vous de nouveaux liens? pourquoi aggravez- vous votre fardeau? boss. Pensées détachées, 12. || 2° Porter, prononcer une aggrave. || 3° Fig. Rendre plus grief. Aggraver une peine. II aggrave sa faute. Les fatigues aggravèrent sa maladie. || 4° S'aggraver, v. réfl. Devenir plus lourd. La main du Seigneur s'aggrava sur les Azotiens, volt. Phil. iv, 283. U 5" Devenir plus grief. Le mal s'aggrava rapidement.

— HIST. xiie s. Dune agreva Deus sa main sur cels de Azote e delà cuntrée, e forment les descunfist, Bois, 18. Sire Bernier, frans chevaliers membrez [illustre] , Vivres en vous? gardez, nef me celez. Oïl voir, sire, mais molt sui agreveiz, 11. de Cambrai, 202. || xin" s. Quant il se senti agrevé, si manda au roi Phelippe son filleul que il venist à lui, Chr. de Rains, p. 43. Mahius de Monmorency acoucha malades, et tant fu agrevé qu'il morut, villeh. 39. || xive s. L'estat de la personne agrave le fait, oresme, FAh. et. En icelle heure que mes yeulx seront si aggravés de l'obscureté de la mort.... Menagier, 1, 1. || xve s. Fut pris et mené en Espaigne [le sire de l'Esparre], et là fut plus d'un an et demi ; car il estoit tous les jours aggrevé du [persécuté par le] lignage de ceux de Pommiers, froiss. ii, ii, t. Nerci [noirci] de dueil

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et aggravé de peine , a. chartier , Complainte contre la mort. || xvie s. Ce corps qui est corruptible aggrave l'ame, et l'habitation terrienne déprime le sens pensant maintes choses, calvin, 57. Le crime de Manassé est fort aggravé par ceste circonstance, id. Instit. 004. L'ame est lors aggravée de profondes pensées, mont, i, 40. si extrêmement aggravé de travail et de faulte de dormir, que.. . iri. i. 341. ^Aggravé de vieillesse, id. ii , tï>. En moy, la proximité n'allège pas les defaults, elle les aggrave plus tosl, id. iv, 96. Comme on voit un pavot agravé de pluie, baisser tristement la teste contre terre, yvek. p. 641. Cela fut rapporté à Rome, qui aggrava bi< m encore plus le mescontentement que Fou avoit de luy, amyot, Fab. to. Il est vraysemblable que Caton l'escrivit en ceste sorte pour aggraver le crime et le rendre plus atroce, m. Flàmin. 36. Estantaggravé de travail et de faulte de dormir, il se coucha dessoubs quelque arbre à l'ombre, m. Sylla, 60.

— ÉTYM. Provenç. agreviar, agrieviar; espagn. agravar ; ital. aggravare; de aggravare, de

et gravare, charger, de gravis, pesant (voy. grave et grief).

AGGRÉGAT, AGGRÉGATIOX, AGGRÉGER, voy.

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