‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 100 sur 754 · SAY · texte numérisé non relu

SAY

Il s. f. pi. Les saxatiles. || i' Il se dit des poissons qui vivent parmi les roches. Poissons saiatiles.

— lllST. XVI' s. Il n'usera de poissons, sinon de saiatiles, c'est-à-dire ceux qui vivent entre les pierres et graviers, paré, v, (4.

— ÈTYM. Lat. saxalUis, de saxum, roche.

t SAXE (sa-ks'), s. m. Du saxe, de la porcelaine de Saxe (la Saxe est renommée pour ses fabriques de porcelaine). Un service en saxe.

t SAXICAVE (sa-ksi-ka-v'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui perce les roches. Mollusques saiicaves.

— ETVM. Lat. saxum, pierre, et cavare, creuser, t SAXICOLE (sa-ksi-ko-r), adj. || 1' Terme d'histoire naturelle. Qui habite les rochers, jl %• S. f. Genre d'oiseaux insectivores appelés mottéux par certains auteurs, et dans lequel on distingue • la saxicole rubicole, dite pâtre, pied noir, et appelée traquet parBuffon; la saxicole perspicillée, vulgairement clignot; la saxicole oenanlhe, connue sous les noms vulgaires de motteux, garde-charrue, traquet motteux etvitrec; la saxicole rubètre, dite vulgairement tarier; la saxicole imitatrice, nommée imitateur, grand motteux, traquet imitateur et appelée par BufTon cul blanc du cap de Bonne- Espérance, c'est l'œnanthe imitatrice de certains auteurs, leooahant.

— Etym. Lat. saxum, rocher, et colère, habiter. SAXIFRAGE (sa-ksi-fra-j'), ad;. || !• Ancien terme de médecine. Propre à dissoudre la pierreon dit aujourd'hui lithontriptique. || 2° *'. f. Genre de la famille des saiifragées où l'on distingue : la saxifrage ombreuse, appelée généralement aigrette par les jardiniers; la saxifrage granulée cultivée dans tous nos parterres; la saxifrage tridactyle, dite aussi saxifrage rouge; la saxifrage hypnoide de Linné, appelée amourette moussue gazon d'Angleterre, gazon turc et saxifrage' mousseuse; elle habite les montagnes de l'Europe occidentale; la saxifrage dorée, clirysosplenium altermfnliwn, L. || 3- Saxifrage, nom donné à une ombellifère, le pimpinella saxifraga. || 4" Saxifrage 1 maritime, nom donné parfois au crithme mari- I time, ombellifères, dit aussi rompt-pierre, casse- ■ pierre et, absolument, la saxifrage. || 5" Saxifrage tubéreuse, nom donné par les jardiniers à une plante du Cap, crassulacées, legoarani.

— HIST. ivi* s. Saxifrage, de deux sortes y en a-il grande et petite, diverses aussi sont à la (leur; car l'une l'a jaune, l'autre blanche, o. de serres, '623.

— ETYM. Lat. saxifraga, de saxum, pierre, et frangere, briser, à cause des propriétés lithontriptiques qu'on supposait à cette plante.

t SAXIFRAGÉES (sa-ksi-fra-j ée), ». f. pi. Famille de plantes dicotylédonées, dont le type est le genre saxifragi. On dit aussi saxifragacées.

t SAXOPHONE (sa-kso-fon'), s. m. Instrument à vent inventé par Sax. || Fig. Annonce, réclame bruyante. Les saxophones de la quatrième page des journaux.

— Etym. Sax, et <pwvn, voix, t SAXONIQUE (sa-kso-ni-k'), adj. Qui appartient

à la Saxe. Confession saionique, confession de foi luthérienne, rédigée par Mélanohthon.

t SAVE (se), s. f. Dans l'ancien matériel d'artillerie, on nommait sayes des chevilles en fer qui traversaient la sellette, l'essieu et chaque bras de limonière de l'avant-train de siège.

— ÊTYM. Ce parait être une autre forme de soiela soie se dit en effet de la partie en fer d'un couteau qui entre dans le manche.

t SAYETTE (sè-iè-f), s. f. Ancien nom d'une

espèce de fil Les laines, fils de sayette et autres

matières propres aux manufactures établies dans les ville et châtellenie de Lille.... Arrêt du Conseil, 28 juin 4723.

t SAYNÈTE (sè-nè-t'),ï. f. Petite pièce bouffonne du théâtre espagnol. Il ne s'agissait plus que de la consolider [ma position dans le romantisme] par des fantaisies castillanes, telles que saynètes et romans de cape et d'épée, reybaud, Jérôme Paturot, i, i.

— ETYM. Espagn. sainete, intermède, proprem'ent petit morceau dégraisse, morceau délicat, desam graisse, qui est notre sain, dans saindoux. '

SAYON (sè-ion, prononcé sa-ion au xvi' siècle d après Palsgrave, p. <)), s. m. Espèce de casaque ouverte, portée autrefois par les gens de guerre et par les paysans. Le regard de travers, nez tortu grosse lèvre, [il] Portait sayon de poil de chèvre Et ceinture de joncs marins, la font. Fabl xi 7 Quand on ne sait pas porter la pourpre, il ne faut pas 1 accepter: mieux vaut alors le sayon de poil de cl-.«vre, CHAiEAtniR. Itin. partie 2'.

SCA

SCA

— HIST. xv s. Jean Daunoy estoit arme de toutes pièces ; avec ce, il avoit un sayon de cramoisi decouppé bien menu, sur son dit harnols AMDRÉ DK LA VIGNE, Voyage de Naples de Ch. VIll, p. M7, dans LACURNE. Il ivi» s. Quand ik estoient parvenuz jusques en l'aage de douze ans, ilz ne portoient de là en avant plus de savons, amïot Lyc. 34. w I 1

— ETYM. .Vote.

SBIllE (sbi-r'), s. m. || 1" Nom dos archers de police à Rome et dans différents pays. || 8° Par extension et par mépris, homme chargé de l'exécution des sentences judiciaires et des mesures do police. Des créanciers de mauvaise humeur lui lâchèrent (à M. Vaïni] des sbires aux trousses pour l'arrêter ST-SIM. 84, »). '

— HIST. XVI' s. Ayant envoyé le barisel avec tous ses sbierres, qui est à dire en françois le prevost et ses archers, pour exécuter son rigoureux commandement, CARLOix, vn, <.

— ETYM. Espagn. esbirro; de l'ital. sbirro et btrro, qui vient, d'après Ménage, du lat. birrum casaque de couleur rousse, sans doute parce que lé sbirre était vêtu d'une casaque de ce genre.

SCABELLON (ska-bèl-lon), s. m. Terme d'architecture. Piédestal ou socle sur lequel on pose des bustes, des girandoles, etc. Six bustes de marbre.... posés sur leurs piédouches et leurs scabellons" Lett. etc. de Colbert, nu, 380. || Sorte d'ouvragé d ebénisterie ; escabeau.

— Etym. Lat. scabellum (voy. escabeau).

SCABIEUSE (ska-bi-eû-z'), s. f. Genre déplantes

de la famille des dipsacées; on y distingue: la plante généralement connue sous le nom vulgaire de scabieuse qui est devenue le knautia arvensis, Coutt, dans le genre knautia; la scabieuse fleur des veuves, scahiosa atro-purpurea, L.; la scabieuse des bois qui est devenue le krwutia sylvatica; et la scabieuse tronquée dite mors du diable, parce que sa racine paraît toujours avoir été rongée, scabiosa succisa.

— HIST. XVI' s. Tout ce qui est en la scabieuse, est profittable : sa racine, ses tronçons, ses feuilles ses fleurs, son jus, son eau, sa décoction, o. de

serres, 6)2.

— ETYM. Berry, «scabieuse; provenç. scofcjoso ; espagn. escabiosa ; ital. scabbiosa (voy. scabieux)ainsi dite de scabies, la gale, à cause des propriétés dépuratives qu'on lui supposait.

SCABIEUX, Ei;SE,(ska-bi-eû, eû-z'), adj. Qui ressemble à la gale. Eruption scabieuse.

— HIST. ivi' s. Ceux auxquels avec leur urine espaisse sortent furfures ou pestites escailles blanches, leur vessie est scabieuse, paré, xi, (9.

— Etym. Lat. scabiosus, de scabies, gale, de'scober, raboteux (voy. scabreux).

t SCABRE (ska-br'), odj. Terme d'histoire naturelle. Rude au toucher. Feuille scabre.

— ÉTYM. Lat. scaber ; d'un radical scab, qui est dans le grec oxânTeiv, fouiller, dans l'allemand schaben, gratter.

SCABREUX, EUSE (skâ-breû, breû-z'), adj. Il 1° Sur quoi il est difficile de cheminer à cause des aspérités. Je viens de voir les Hanovriens et les Hessois en ordre de bataille [à Bruxelles].... on disait qu'ils allaient à Dunkerque; le chemin est un peu scabreux, quoiqu'il paraisse assez beau, volt. Lett. au roi de Pr. novembre (742. Mon génie est vaincu : voyez ce mercenaire Qui, marchant à pas lourds dans un sentier scabreux, Tombe sous son fardeau, g\lb. le Poëtemalheureux. Nous arrivâmes par un chemin étroit et scabreux à Bethléem CHATEAUBR. Itin. part. m. 112° Fig. Rude et raboteux, en parlant d'un auteur. Quintilien sera-t-il plus excusable de n'être pas éloquent en donnant des préceptes d'éloquence.... que Sénèque d'être laconique el scabreux en philosophant? dider. Claude et Nér. n, )o:i. || 3» Fig. Qui a des difficultés, du péril, qui embarrasse. Il est trop scabreux de se mêler de vos aff'aires, à vous autres grands; et je ne veux point me brouiller avec les puissances, DANcouRT, les l'écs, I, 2. Cette épître à Horace n'est pas finie; elle est d'ailleurs fort scabreuse, et elle demanderait un secret bien plus profond que le souper des Lois de Minos, volt. Lett. Urne du Déliant, 23 oct. (772. Il [l'enfant] me fera peut-être, au dépourvu, des questions scabreuses, j. j. Rouss. Èm. ni. Plusieurs libraires auraient envie d'imprimer le Pamphlet des pamphlets par P. L. Courier ; mais aucun n'ose s'en charger; les uns refusent, d'au'rcs promettent ou même commencent et n'acirèvent pas, tant 1 entreprise leur paraît hardie, périlleuse, sca-

\^^<''-l-'»^*Collect. de lettres et articles. s>i ta fille était assez folle pour épouser un drôle cie cette espèce, ce que lu aurais de mieux à faire serait de mettre ton bien à fonds perdu, à moins que tu ne te sentes assez vert pour tâter une seconde fois du mariage, ce qui est diablement scabreux à notre âge, en. de ber.nakd, la Peau <U l'on, §xii. Il Difficile à dire ou à traitci décemment! Ce conte est bien scabreux. On prétend qu'Euripide composa une tragédie de Pasiphao.... lesuiet Lit un peu scabreux, tolt. Loit de Minot, notes.

— HIST. xvi' s. Armez-vous d'armeures scabreuses. Chargez vos flèches et vos dars, Rec. dt farces, p. 339. Comme les mouches qui ne peuvent tenir contre un corps bien poly et bien l.ssé, et s attachent et reposent aux lieux scabreux et raboteux, MONT, m, 3(2. Saqueste[de la vertu) est scabreuse et laborieuse, ro. i, 70. Ayant estudié de le rendre le plus clair qu'il m'a esté possible, en si profonde obscurité bien souvent, et si scabreuse et raboteuse aspérité presque par tout, auvot. Uoral. Bpitre, p. (O. En la première instruction des mulets et mules, il est nécessaire d'avoir un gouverneur patient, afin que, par moien, il rang» ala raison ces bestcs scabreuses, 0. de serbes 3(# Les affaires divins et humains, desquelz nous âvonw traicte et disputé.... si soubtilement que nous avons este pour ce reputez, par aventure, difficiles et scabreux, BONIVARD, Advis ct devis des langues, p. 58.

— ETYM. Lat. scabrosus, dérivé de scober, raboteux, galeux, de scabere, gratter; comparez l'allem. schaben, island. scafa, gratter.

t SCABlilCAUDE (ska-bri-kô-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a la queue rude.

— ÉTYM. Lat. scaber, rude, et cauda, queue, t SCABRIFOMÉ, ÊE (ska-bri-fo-lié, ée) , odj

Terme de botanique. Qui a des feuilles rudes au toucher.

— ÉTYM. Lat. scaber, rude, el folium, feuille. t SCABROSITÉ (ska-brô-zi-té), s. f. Terme didactique. Etat de ce qui est scabreux, raboteux.

— HIST. XVI' s. Scabrosité, oudin, Vict. i SCAFERLATI (ska-fer-la-ti), s. m. Tabac mis

sous forme de lanières finement tranchées, et destine à la pipe et à la cigarette; c'est le nom technique et administratif du tabac à fumer.

— ÉTYM. Selon les uns, c'est la dénomination que les Levantins donnaient à une sorte de ubac qu'on expédiait de Turquie; selon d'autres, c'est Je nom d un ouvrier italien qui, travaillant à la ferme dans la première moitié du xviii' siècle, inventa un nouveau procédé pour hacher le tabac ; on prétend encore que scaferlati est la corruption du mot Italien scarpellelti, petits ciseaux, maxime dd CAMP, Bel), des Deux-ilondes, (868, (" août p 7(8

t SCALAUIFORME (ska-la-ri-for-m'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un escalier, ou plutôt d'une rampe d'escalier. || Terme de botanique. Vaisseaux scalariforuies, tubes prismatiques marqués de lignes transparentes, horizontales, placées à des disUnces égales, en forme d'échelons.

— ÉTYM. Lat. scalare, échelon, de tcala (voy. ÉCHELLE), et forme.

SCALDE (skal-d'), j. m. Nom que les anciens Scandinaves donnaient à leurs poètes.

— ÉTYM. Scandin. skdld, poëte, qu'on tire soi* de scald, sacré, soit de scellan, retentir.

SCALÈNE (ska-lè-n'), adj. || !• Terme de géométrie. Triangle scalène, triangle dont les trois côtés sont inégaux. || 2' Terme d'anatomie. Les muscles scalènes, ou, substantivement, les scalènes, muscles qui prennent leurs insertions aux apophyses Iransverses des vertèbres cervicales; ainsi dits parce qu'on les a comparés à un triangle scalène. Le scalène antérieur, le scalène moyen, le scalène postérieur.

— HIST. XVI' S. Le muscle que nous avons dit mouvoir latéralement le col, qu'on appelle scalène, à cause de sa figure.... paré, it, 47.

— Etym. IxaXrjvè;, oblique, t SCALÉNOÈDRE (ska-lé-no-è-dr'), adj. Terme

de cristallographie. Qui est à faces scalènes.

— ETYM. Scalène, ct ÎSps, face, t SCALPE (skal-p'), s. m. Peau du crâne que

les sauvages de l'Amérique du Nord enlèvent par une incision circulaire aux ennemis abattus. Le sachem des Onondagas était un vieil Iroquois dans toute la rigueur du mot.... tunique bleue, manteau de peau, ceinture de cuir avec le couteau de scalpe et le casse-tête, chateaubr. Amer, les Onondagas.

— ETYM. Angl. scalp, péricrâne.

SCALPÉ, ÉE (skal-pé, pée), pari, passé de scalper. Scalpé encore vivant par le vainqueur.

SCA

SCALPEL (skal-pèl), t. m. || 1» Instrument à lame flie, pointue, à un ou deux tranchants, donl on se sert pour les dissections anatomiques. Il fut souvent réduit à se rabattre sur les animaux et principalement sur les chiens, qui sont les plus exposés au scalpel, lorsqu'il n'a rien de mieux à faire, fonten. Littre. C'est [Maupertuis] un philosophe qui marche en raison composée de l'air distrait et de l'air précipité.... portant toujours scalpel en poche pour disséquer les gens de haute taille, VOLT. Facéties, Diatr. du doet. Akakia. Enfin l'adroit scalpel, le verre officieux Trahirent ces secrets ; le hardi botaniste Devint des végétaux l'habile anatomiste, delille, Trois règnes, VI. Il S* Dent de poisson fossile.

— ETYM. Provenç. scapel; espagn. escalpelo, esearpero ; portug. scalpello; ital. scarpello; du lat. tcalpellum, de scalpere, gratter, couper.

t SCALPEMKNT (skal-pe-man), s. m. Action de scalper. Le scalpement d'un guerrier vaincu.

SCALPER (skal-pé), v. a. En parlant des sauvages de l'Amérique du Nord, arracher la peau du crâne à un ennemi. L'affreuse coutume de scalper l'ennemi augmente la férocité du combat, cha- TEAUBR. Amer, la Guerre.

— ÊTYM. Voy. scalpe; angl. to scalpe.

t SCAMASAXK (ska-ma-sa-ks'), s. m. Voyez

8CRAMASAXE.

SCAMMONÉE (ska-mo-née), ». f. || 1° Gomme-résine, trfcs-purgative, employée en médecine, dont on a deux espèces. {| Scammonée d'Alep, offrant deux variétés : la scammonée en coquilles, la plus estimée, venant d'incisions faites au collet de la racine du convolvulus scammonia, L.; l'autre venant du suc exprimé des racines, après les avoir lavées. || La scammonée de Smyrne provenant de plusieurs plantes différentes, et, entre autres, d'une apocynée, pmploco îecamone, 1. 1| 2° Scammonée de Montpellier, scammonée en galettes ou fausse scammonée; on la fabrique, dans les départements méridionaux, avec le suc exprimé d'une apocynée appelée cynanchum monspeliacum, L. dans lequel on incorpore des substances résineuses et purgatives. 113° Scammonée d'Allemagne, liseron des haies, convolvulus sepium, L. \\ Scammonée d'Amérique, racine du liseron méchoacan.

— UIST. XVI" s. Souvent une médecine de scamonée ou de rhubarbe donne la fièvre, paré, xi, 2.

— ÉTVM. Provenç. et espagn. escamonea ; ital. tcamonea; du lat. scammonea ou scammonia; de axa|jL|xuvîa.

t SCAMMONINE (ska-mo-ni-h'), s. f. Terme de chimie. Substance active de la scammonée.

t SCANDAISON (skan-dê-zon), s. f. Barbarisme fait par Marmontel : Le vers dont la scandaison a le plus d'harmonie, Élém. de litt. vert. C'est scansion qu'il faut dire.

SCANDALE (skan-da-l'), s. m. || 1* Terme de l'Ecriture sainte. Ce qui est occasion d'errer, de tomber dans l'erreur ou dans le péché. Si votre 'îain vous est un sujet de scandale, coupez-la, SACi, Bible, Évang. St Marc, a, 42. Jésus crucifié, qui a été le scandale du monde, et qui a paru ignorance et folie aux philosophes du siècle, pour confondre l'arrogance humaine, est devenu le plus haut point de notre sagesse, Boss. Panég. de St Bernard, préambule. Ne souffrez pas que votre croix qui vous a soumis l'univers, soit encore }a folie et le scandale des esprits superbes, mass. Carême, Vérité de la relig. \\ Pierre de scandale, même sens. C'est ce que dit Isaïe, que Jésus- Christ sera pierre de scandale ; mais bienheureux ceux qui ne seront point scandalisés en lui! pasc. Figuratifs, i.\\ Fig. Pierre de scandale, tout ce qui Cause du scandale. Ici même enfin, où nous vous annonçons malheur à celui qui scandalise, vous y devenez vous-même une pierre d'achoppement et de scandale, mass. Carême, Temples. || 2* Occasion de chute que donne une mauvaise action, un discours corrupteur. Malheur au monde à cause des scandales; car il est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur i l'homme par qui le scandale arrive, saci, Bible, Évang. StMath.xnn,!. Sans rechercher si ce scand.ale était uriginairemenl une pierre qui pourrait faire tomber les gens, ou une querelle, ou une séduction, tenons-nous-en à la signification d aujourd'hui : un scandale est une grave indécence; on l'applique principalement aux gens d Kglise, volt. Dict. phil. Scandale. \\ On dit de même : être, devenir une occasion de scandale M Par antiphrase, le scandale du bon exemple, le bon exemple que donne une personne au miûeu

SCA

de ses compagnons pervertis. Pour écarter le scandale du bon exemple, ils m'excitaient à les imiter, j. j. rouss. Conf. vu. || 3* Répulsion, indignation que causent les actions, les discours, les personnes de mauvais exemple. [L'empereur] Julien [futl le scandale de notre Kglise et la gloire de l'empire romain, volt. Mœurs, Zaleucus. Il [Malebranche] se livra tout entier au cartésianisme, au grand scandale de ses confrères, dider. Opin. des anc. philos. {Malebranchisme). J'ai lu Nieuwentyt avec surprise et presque avec scandale, I. J. Houss. Em. IV. Il 4* Éclat fâcheux que cause une affaire de mauvais exemple. Et ne voyez-vous p^j quel scandale ce serait de surprendre un religieux en cet état [en un mauvais lieu avec son habit de religion]? pasc. Prov. vi. Quoil mes pères, vous nous direz qu'.... on a droit de tuer pour des médisances; et, après avoir ainsi violé la loi éternelle de Dieu, vous croirez lever le scandale que vous avez causé , id. ib. xni. C'est une chose terrible que le scandale qu'on a fait [à propos de l'affaire des poisons], sÉv. 422. Mais que deviendras-tu si, folle en son caprice. N'aimant que le scandale et l'éclat dans le vice.... Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter? BOIL. Sat. x. La littérature est un terrain qui produit des poisons comme des plantes salutaires; il se tro.ive des misérables qui, parce qu'ils savent lire et écrire, croient se faire un état dans le monde en vendant des scandales à des libraires, VOLT. Fragm. sur Vhist. xiii. Le scandale de ses amours et les horreurs de sa conduite [du papt Alexandre VI] ne lui ôtaient rien de son autorité, ID. Mœurs, Uo. Ils vendent l'infamie à qui veut la payer, Et, meublant de Maret la boutique infernale, Ils dînent du mensonge et soupent du scandale, M.J. CHÉNIER, la Calomnie. || Par exagération. C'est un scandale, il est indigne, honteux. C'est un scandale qu'il ait obtenu cette place. Fi 1 c'est un scandale. Il 5° Insulte (sens qui vieillit). Mais, après le scandale et l'affront d'aujourd'hui, Le ciel n'ordonne pas que je vive avec lui, mol. Tart. iv, l. Trouves-tu beau, dis-moi, de diffamer ma fille. Et faire un tel scandale à toute une famille? id. le Dép. III, 8. Si on ne trouve rien de plus [dans l'affaire des poisons], voilà de grands scandales qu'on aurait pu épargner à des personnes de cette qualité, SÉV. 3) janv. (680. ||6° En termes d'ancienne procédure, un amené sans scandale, un ordre du juge pour faire amener quelqu'un devant lui sans éclat. Point de bruit, Tout doux, un amené sans scandale suffit, rac. Plaid, u, (4.

— HlST. xii* s. Iceste lur veie scandele est à els, Liber psalm. p. 64. Ju [je] li durrai [donnerai ma fille Michel à David] por ço que ele li seit à eschandcle e à mal, Rois, p. 7(. ||xv' s. Au très grant esclande, lésion et scandalle de justice, Ordonn. H oct. 4486. ||xvi* ». Il y a une manière de scandale qui se donne, l'autre qui se prend, calv. Instii, 665. Pour dire la vérité sur cet exemple, il y a aucunes grandes dames qui ont grand tort d'elles mesmes, et qui sont les vraycs causes de leur scandale et de leur déshonneur, BRANT. Dames gai. t. i, p. (60.

— F.TYM. Génev. et Berry, escandale; provenç. escandol; espagn. esMndalo; ital. scandalo; du lat. scandalum; du grec uxàvîa/ov, proprement un piège, une chausse-trape, et de là, dans la Bible grecque, un scandale; le radical paraît être skand, qui a donné tant de mots au latin. Scandalum, avec l'accent sur scan, avait donné régulièrement escandle (voy. esclandre).

SCANDALEUSEMENT (skan-da-leû-ze-man), adv.

D'une manière scandaleuse. Trahir scandaleusement la grandeur de sa maison, pa,thu, Plaidoyer 13. On continue toujours à blâmer un peu la sagesse des juges, qui a fait tantde bruit [dans l'affaire des poisons], et nommé scandaleusement de si grands noms, pour si peu de chose, sÉv. 402. La fauvette, vive et gaie, n'en est ni moins aimante, ni moins fidèlement attachée; etla tourterelle, triste et plaintive, n'en est que plus scandaleusement libertine, BUFF. Ois. t. II, p. (72.

— ETYM. Scandaleuse, et le suffixe ment. SCANDALEUX, ECSE (skan-da-leû, leù-z'), adj.

Oui cause du scandale. La vie scandaleuse de celle-ci [Catherine Howard] lui fit bientôt perdre la tête sur un échafaud, et la maison de Henri VIII fut toujours remplie de sang et d'infamie, BOss. Var. vu, 36. Je sais que la conversion d'une âme scandaleuse est un grand miracle dans l'ordre du salut, BOURDAL. Avenl, Sur le scandale. Qu'y a-t-il dans le monde de plus méprisé qu'un prêtre

SCA

scandaleux? te. tb. Donner arrêt contre arrêt, et confondre les droits et les espérances des parties par des contradictions scandaleuses, fléch. le Tellier. Va écrit scandaleux sous votre nom se donne, boil. Ép. vi. Punir sévèrement les vices scandaleux, la brut. x. On vit bien, dans les temps passés des fortunes scandaleuses , monteso. Esp. XIII, 20. On est scandaleux par ses écrits ou par sa conduite; le siège que soutinrent les augustins contre les archers du guet au temps de la Fronde, fut scandaleux, volt. Dict. phil. Scandale. Acheter le droit de décider de la vie et de la fortune des hommes, c'est le plus scandaleux marché qu'on ait jamais fait, id. Pol. et lég. Fragm. Instructions, iv. Aujourd'hui bien des gens regardent comme une leçon de morale cette même pièce qu'on trouvait autrefois si scandaleuse [le Tartufe], id. Tie de Molière. Mandemoi les nouvelles intéressantes, c'est-à-dire toutes les histoires scandaleuses, genlis. Mères rivales, t. I, p. 12t, dans POUOENS. || Par exagération. Cette nomination est scandaleuse. |{ Substantivement. Un scandaleux, un homme scandaleux. J'ai cru que je ne devrais pas quitter cette chaire, sans leur donner ce charitable avertissement [à ceux qui sont irrévérents]; c'est honorer saint François de Paule que de travailler, comme nous pouvons, à purger son église de ces scandaleux, boss. <" panég. Saint François de Paule, 3. Tout scandaleux est homicide des âmes qu'il scandalise; et tout scandaleux doit répondre à Dieu des crimes de ceux qu'il scandalise, bourdal. Sur le scandale.

— HIST. XVI' s. Pour ce que la faute d'icelui estoit scandaleuse, il ne l'admonesta point à part, mais l'amena devant toute l'Eglise, calv. InsM. 987. J'ayme la modestie; et n'est par jugement que j'ay choisi cette sorte de parler scandaleux [termes libres], c'est nature qui l'a choisi pour moy, mont, ni, 376.

— ETYM. Lat. scandalosus, de scandalum, scandale.

t SCAPfDALISATKUR (skan-da-li-za-teur), ». m. Celui qui scandalise.

— HIST. xiii* s. Lono temps se sunt montré simples contempleours ; Jà ne puissent il estre escandalizeours! i. de meuno. Test. 876.

SCANDALISÉ, ÉE (skan-da-li-zé, zée), part, passé de scandaliser. Il m'a paru surpris, presque scandalisé, que deux amies telles que nous n'habitassent pas ensemble, J. J. ROUSS. Uél. iv, (.

SCANDALISER (skan-da-li-zé), t). o. || 1° Êtreune cause de chute, de péché. Dieu dit dans ses Écritures, que, si notre œil, notre pied ou notre main nous scandalise, nous devons les arracher et les couper, c'est-à-^dire que, si les choses mêmes qui nous sont les plus chères, nous sont occasion de chute et de péché, il faut nous en séparer, fléch. Sermons, 3' dim. de l'avent. \\ Scandaliser Jésus- Christ, commettre un péché scandaleux. Malheureux est celui qui scandalise Jésus-Christ même, en scandalisant le prochain, bourdal. Sur le scandale, (•• avent, p. 92. || 2° Donner, exciter du scandale. Votre vie scandalise tout le monde. Scandalisant Paris de ses vieilles tendresses, Arcas, sultan goutteux, veut avoir vingt maîtresses, Gilbert, le XVUP siècle. Qu'on chante et qu'on dise Quelque gaillardise Qui nous scandalise En nous égayant, bérano. Cocag.\\3' Ressentir une irritation comparée, par exagération, à celle que cause un scandale. Mme de Grignan vous fait les siens [compliments] de très-bonne grâce ; je ne suis point accoutumée à la voir grosse, j'en suis scandalisée aussi bien que vous, sÉv. Lett. à Bussy, M juin 1670 Cette indifférence scandalisa tous ceux qui la remarquèrent, j. J. ROUss. Conf. vm. || 4" Se scandaliser, v. rèfl. Se rendre soi-même un objet de scandale. On veut qu'il puisse demeurer dans cette occasion [de pécher], ou du moins qu'on ne puisse l'obliger à en sortir sans se scandaliser luimême, bourdal. Carême, Sur les tentations. || Prendre du scandale, s'offenser. L'année dernière je ne m'aperçus point qu'on se scandalisât de voir, dans le Sertorius, Pompée mari de deux femmes vivantes, dont l'une venait chercher un second mari aux yeux mêmes de ce premier, corn. Sophon. Examen. Une telle action ne saurait s'excuser, Et tout homme d'honneur s'en doit scandaliser, mol. ifii. I, 4. Il est bien ridicule de se scandaliser de la bassesse de Jésus-Christ, comme si cette bassesse était du même ordre duquel est la grandeur qu'il venait faire paraître, pasc. Pens. xvu, i, édit. HAVET. Il [le monde] se scandalise de leur» libertés les plus innocentes, mass. .it^nt, Cône.

SCA

SCA

SCA

— HIST. xm* s. Quant Diez commanda que li destres oil qui escandalisast fust ostez et gitez hors, BRUN. lATiNi, TrésoT, p. 459. Il XV* s. Telles aventures sont tantAt eschandalisées et sçues, FROiss. m, iT, 35. Icelle femme tint vie dissolue et deshonneste arecques plusieurs hommes, tellement qu'elle en estoit moult diffamée et scandalisée, DU CANOË, jconda Ii'ïor*. Il XVI' s. Il ne faut point craindre à scandaliser [déshonorer] ceux qui scandalisent les autres, haro. Souv. zu. J'ay ouy parler d'une dame fort sujette à songer et rerer toutes lesnuits, disant la nuicttout ce qu'elle f iisoit le jour ; si bien qu'elle mesme se scandalisa [se fit connaître] à l'endroit do son mary, qui sa mit à l'ouyr parler, brant. Dames gai. t. il, p. 431, dans LACURNE. CIcomenes, oyant un rhetoricien haranguer de la vaillance, s'en print fort à rire; et l'autre s'en scandalisant.... mont, m, U).

— ÊTYM. Provenç. eKandaJisar ; espagn. escondaU%ar ; ital. scandalitzare ; dulat. scandalizare, de oxavîaXv'ïiv, de axàvSaXov, scandale. On a dit aussi escandalir et teandaler.

SCANDÉ, ÉE (skan-dé, dée), part, passé de scander. Cet air est scandé si juste, qu'il ne faut que réciter les vers.... j. l. Rouss. Conf. m.

SCANDER (skan-dé), c. o. || 1* Terme de versification grecque et latine. Partager le vers en ses divers pieds, suivant les longues et les brèves, pour voir s'il est selon la règle. Ayant appris la composition du plus facile de tous les vers qui est l'hexamètre, j'eus la patience de scander presque tout Virgile, et d'y marquer les pieds et les quantités, I. j. ROUSS. Conf. VI. Il Cela se dit aussi dans quelques langues, l'allemand par exemple, qui font des vers métriques. || 2° Dans les langues modernes, reconnaître si un vers est bon, en en comptant les syllabes et en vérifiant la place des accents. || Dans le français, on scande en prenant régulièrement deux syllabes pour un pied : Maître 1 corbeau | sur un | arbre | perché. 113° Terme de musique. Kxécuter un trait de manière à distinguer les temps de chaque mesure, et, s'il s'agil de musique vocale, faire porter les notes fortes sur les syllabes qui doivent être accentuées.

— ÊTYM. Lat. scandere, scander, proprement monter; du même radical que le sanscrit skand, aller, se mouvoir, lever.

t SCANDINAVE (skan-di-na-v'), s. m. Nom donné aux populations de race germanique qui occupent le nord de l'Europe, Danois, Suédois, Norwégieus, Islandais. || Le Scandinave, l'ensemble des langues parlées par ces peuples.

t SCANDIX (skan-diks"), ». m. Genre d'ombellifères, dans lequel on distingue le scandix pecten Yeneris, L., dit vulgairement peigne de Vénus et aiguille de Vénus.

— ÊTYM. IxôvSiî, cerfeuil.

f SCANSIO.N (skan-si-on), s. f. Action de scander un vers. La scansion d'un vers n'en représente pas la prononciation.

— ÉTYM. Lat. scansionem, de tcandere, scander. SCAPHANDRE (ska-fan-dr') , ». m. || !• Corset

garni de liège, au moyen duquel on se soutient sur l'eau, sans savoir nager. || 2» Sorte d'appareil imperméable, à l'aide duquel un plongeur peut travailler sous l'eau, même à de grandes profondeurs et pendant plusieurs heures. || S" Genre de coquilles univalves.

— ÊTYM.Ixot9ri, barque, et àv^p, àvgpi;, homme.

t SCAPIIANDHEUR (ska-fan-dreur) ou SCA- PHANDRIER (skd-fan-dri-é), ». m. Plongeur qui use du scaphandre. X 60" de la surface, le scaphandreur, si bien cuirassé qu'il soit, ne peut plus respirer, Uonit. unt'v. sodée. 4868, p. 4620, s* coL

t SCAPHOCÉPUALE (ska-fo-sé-fa-1'), adj. Terme d'anthropologie. En forme de barque. Crâne scaphocéphale.

— ÉTYM. Ixiçri, barque, et ru^foiài, tête.

t SCAPIIOÏDE (ska-fo-i-d'), adj. Terme de didactique. Qui a la forme d'une barque. || Terme d'anatomie. Fosse scaphoïde, petite cavité située à la partie supérieure de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde. || Os scaphoïde, et, subsl.iutivcusent, le scaphoïde, nom donné à deux petits os qui concourent à former, l'un le carpe, et l'autre le tarse.

— ËTYM. Sxoicpo, barque, et etSoc, forme.

t SCAPUOÏDO-ASTRAGALIEN, lENNE (ska-foi-do-a-stra-ga-liin, liè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient au scaphoïde et à l'astragale. Articulation scaphoïdo-astragalienne.

t SCAPUOIDO-CCBOÏDIEN, lENNE (ska-fo-ido-ku-bo-i-diin, diè-n'), adj. Terme d'anatomie.

Qui appartient au scaphoïde et au cubotde. Arti- 1 culations scaphotdo-cuboldiennes.

t SCAPIFORME (ska-pi-for-m"), adj. Terme de botani(|ue. Dont la tige ressemble à une hampe.

— ÊTYM. Lat. tcaput, hampe, et forme.

tSCAPIN (ska-pin), ». m. Un des personnages de

la comédie italienne, et qui est passé sur la scène française du ivu' siècle. Ce nom apparaît pour la première fois sur la scène française dans les fourberie» de Molière. || Fig. Se dit pour fourbe, valet intrigant. || X la Scapin, avec une fourberie digne de Scapin. Ce trait de fourberie à la Scapin, par lequel Napoléon a en partie réussi, pendant un demi-siècle, i rejeter sur ce pauvre étourneau de Murât, qui n'était ici que son instrument et sa dupe, la responsabilité de l'initiative et de l'événement décisif [dans la guerre d'Espagne], lan- FREY, llist. de Nap. t. iv, ch. 7.

t SCAPOLITE 'ska-po-li-t'), ». f. Synonyme de wernénte.

— ÊTYM. Ital. seappino, escarpin. (voy. ce mot), t SCAPTINE (ska-pti-n'), ». f. terme de chimie. Matière extractive, tirée de la digitale.

SCAPCIjVIRE (ska-pu-lê-r'), ». m. || f Pièce d'étoffe qui descend depuis les épaules jusqu'en bas par devant et par derrière, et que plusieurs religieux portent sur leurs habits. Des moines de Ctteaux, assez puissants pour fournir aux frais de la défense de la ville de Calatrava [contre les musulmans], armèrent leurs frères convers avec plusieurs écuyers qui combattirent en portant le scapulaire, volt. Mœurs, 64. {| 2" Deux petits morceaux d'étoffe, attachés l'un a l'autre par deux rubans que les carmes bénissent et font porter à l'honneur de la sainte Vierge, en vertu d'une vision de Simon Stock, carme anglais du xm* siècle. Le scapulaire et le rosaire sont toutes les marques de religion que les moines exigent des Espagnols Péruviens,

RAYNAL, Dict. phil. vn, 31. Il Fig soumise à

cette volonté souveraine [la Providence] ; c'est là ma dévotion, c'est là mon scapulaire, c'est là mon rosaire, siv. is mai t680. || 3°Terme de chirurgie. Large bande de toile divisée en deux chefs dans les trois quarts de sa longueur, dont on fixe l'extrémité non divisée à la partie postérieure et moyenne du bandage de corps, et dont les chefs, ramenés en devant, en passant l'un par-dessus l'épaule droite et l'autre par-dessus la gauche, sont attachés à la partie antérieure du bandage, pour l'empêcher de descendre. || 4* Adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'épaule. Veine, artère scapulaire. || Aponévrose scapulaire, aponévrose fixée à l'épine et au bord spinal de l'omoplate, et à la crête qui est intermédiaire aux muscles sous-épineux et grand rond. || Se dit des plumes qui naissent sur l'humérus, près de la jonction de l'aile avec le corps, et s'étendent de chaque câté, le long du dos, sans que le déploiement des ailes les fasse changer de direction.

— HIST. IV' s Froz et capulaires Et leur

gounelle. Qui est dessoubz blanche com noif [neige] nouvelle.... chr. de pisan, Dict de Poissy.

— ETY.M. Provenç. escapolari; catal. escapulari; espagn. escapulario ; ital. tcapolare ; du lat. »copularium, de scapula, épaule.

t SCAPDLO UUMÊRAL, ALE (ska-pu-lo-U-méral, ra-l'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient i l'omoplate et à l'humérus. Articulation scapulohumérale, celle qui a lieu entre la tête de l'humérus et la cavité glénoïde de l'omoplate.

— ÉTYM. Scapulum, et humerai.

t SCAPCLU.M (ska-pu-lom'), ». m. Terme d'anatomie. Os de l'épaule.

— ÉTY Mot latinisé par les analomistes, de scapulx, épaules.

SCARABÉE (ska-ra-bée), ». m. || 1' Genre d'insectes à ailes membraneuses, recouvertes par des étuis cornés; les scarabées forment un genre dans la tribu des scarabéides, famille des palpicornes, ordre des coléoptères. De bons observateurs se sont avisés de dénombrer ces petits yeux, et ils en ont compté 0302 sur la tête d'un scarabée, bonnet, Contempl. nat. m, (8. || Scarabée cornu ou cerfvolant, la lucane. || Scarabée disséqueur, le dermeste. || Scarabée enterreur, nécrophore. || Scarabée pilulaire, bousier. || 2° Le scarabée sacré des Egyptiens est le genre ateuchus, dans la tribu des scarabéides. || Terme d'antiquité égyptienne. Pierre gravée qui porte l'empreinte du scarabée sacré. Il 3° Terme de géométrie. Courbe du 6' degré; c'est le lieu des pieds des perpendiculaires abaissées d'un point de la bissectrice d'un angle droit sur une ligne de longueur constante, dont les extré-

mités glissent sur les c6tés de cet angle droit, ainsi dite parce que cette courbe représente à peu près un scarabée.

— ÉTYM. Lat. »carabeu», escarbot, de irxipaSo;. t SCARABP.IDES (ska-ra-bé-i-d"), ». m. pi. Tribu

dans la famille des palpicornes, ordre des coléoptères.

SCARAMOUCnE (ska-ra-mou-ch'), ». m. Personnage bouffon de l'ancienne comédie italienne babillé de noir de la tête aux pieds. Il fait noir comme dans un four; le ciel l'est babillé ce snir en scaramoucbe, et je ne vois pas une étoile qui montre le bout de son nez, hol. Sictt. i. Le juge qui saute par les fenêtres, le chien criminel, les larmes de sa famille, me semblaient autant d'incidents dignes de la gravité de Scaramoucbe, raC. Plaid. Préf.

— ETYM. Ital. tcaramuecia, tearamueeio, escarmouche (voy. ce mot), transformé en nom propre.

SCARE (ska-r'), ». m. Poisson d« mer.

— HIST. XVI' s. Plutarqiie dit des poissons appelles scares et anthes, qu'aussi tost qu'ils ont avallé le haim du pescheur, les autres qui sont lors presens accourent tous pour luy aider, PAni, Animaux, ie.

— ÉTYM. Sxâpo;.

t SCARIEUX , ECSE (ska-ri-eû, eû-z"), nij. Terme de botanique. Se dit de toute partie qui est mince, sèche et demi-transparente.

— ÊTYM. Il est sans doute tiré de scaria, qui se trouve dans des glossaires, avec le sens d'arbuste épineux.

SCARIFICATECR (ska-ri-fi-ka-teur), ». m.

Il 1' Terme de chirurgie. Petite boite de cuivre ou d'argent, dont une des faces est percée d'un certain nombre de fentes longitudinales (ordinairement 12, 46 ou 20), par lesquelles sortent tout i la fois, au moyen d'un ressort que l'on presse, autant de pointes de lancettes, qui sont disposées dans l'intérieur de la boîte sur un point commun, et qui font autant de scarifications. |1 2" Terme d'agriculture. Instrument aratoire, composé d'un bâti portant des socs de charrue, et propre i fendre et diviser la surface de la terre pour l'ameublir.

— HIST. XVI' s. L'instrument appelé scarificateur, dedans lequel sont insérées dix-huit roues tranchantes comme un rasoir, qu'on bande avec un ressort, et sont desbandées par un autre, PARi, x, ».

— ÊTYM. Scart^.

SCARIFICATION (ska*ri-fi-ka-sion), ». ^. || 1* Petite incision peu profonde faite avec un scarificateur, ou, plus ordinairement, avec une lancette ou un bistouri, pour opérer un dégorgement local dans une partie enflammée, ou l'écoulement d'une humeur épanchée ou infiltrée. || 2' Terme rural. Incision annulaire sur la vigne.

— HIST. ziv s. Incision superficial qui est dite scarification, h. db iiondeville, f* toa.

— ÉTYM. Provenç. ejcari/Scolio; ital. »eon'/îcotiovx ; du lat. »cort/icaIio7Km, de tcari^care, scarifier.

SCARIFIÉ, ÉE (ska-ri-fi-é, ée), part, passé de scarifier. || Ventouses scarifiées, celles qu'on applique sur une partie où l'on a fait des scarifications.

SCARIFIEE (ska-ri-fi-é), je scarifiais, nous scarifiions, vous scarifiiez; que je scarifie, que nous scarifiions, que vous scarifiiez, t). o. || 1' Terme de chirurgie. Faire des scarifications. On scarifie les omoplates, le dedans des mains et la plante des pieds ....lorsqu'on veut être bien convaincu de la certitude de la mort de quelqu'un, bufp. lliit. nat. hom. Œuv. t. IT, p. 379. Us [les Indiens] ont de» ot aussi pointus que des lancettes pour saigner et pour scarifier les membres rhumatisés, chateaub». Amer, médecine. || 2' En agriculture, scarifier, biner la terre avec le scarificateur.

— HIST. xtv' s. Scarifier le cuir du chief, ian- FRANC, ^ 40 II xvi' s. Il faut Venir aux ventouses scarifiées et sans scarification, paré, xxi, 2. Le» Allemands ont de particulier de se faire généralement touts coriîeter et ventouser avecques scarification, dans le bain, mont, m, 222.

— ÉTYM. Provenç. scarificar ; ital. tcarificare; du lat. »con7icar«, qui vient de oxaf tçôoeai, scarifier, de oxàpiioç, action de racler.

SCARIOLE (ska-ri-o-1') ou SCAROLE (ska-ro-l"),

». f. Voy. ESCAR0LE.

— HIST. XVI' S. Décoction de tamarins, endive, laictue, scariole et autres qui rafraîchissent sans adslriction, paré, xx, 23.

t SCARLATE (skar-la-f), ». m. Sorte d oiseau Le scarlate ne se trouve que dans les climaU le» II. — 232

SCE

plus chauds de l'Amérique méridionale, Btmr. OU. t. vn, p. 351.

— ETVM Voy. ÉCARLATE.

SCARLATINE (skar-la-ti-n*), adj. f. || 1' Qui est de couleur d'écarlate. La nature se voile: les paysages s'agrandissent; la lumière scarlatine des tropiques se répand sur les eaux, chateaubr. Natch. liv. X. Il il° Terme de médecine. Fièvre scarlatine, ou, substantivement, la scarlatine, maladie générale et fébrile caractérisée par une éruption cutanée, contagieuse, et souvent épidémique, dont le développement est ordinairement précédé d'un malaise général, de frisson, de dégoût, de céphalalgie et accompagné d'une angine.

— ÉTYM. Écarlate.

f SCARPELIN (skar-pe-lin), s. m. S'est dit pour sculpteur. Scaipelins ou sculpteurs, ph. delorme. Architecture, l. n, p. >3>.

— ÊTYM. Ital. scarpellino, tailleur de pierre. SCASON ou SCAZON (ska-zon), s. m. Terme de

versification gréco-latine. Espèce de vers ïambifiue trimètre, qui différait du véritable îambiqueen ce qu'il prenait un spondée au sixième pied.

— ÉTYM. S/iCwv, boiteux.

t SCATOPUAGE (ska-to-fa-j'), adj. Terme de zoologie. Qui se nourrit d'excréments.

— ÊTYM. rxa-coyâ^o;, de oxaxo;, génitif de <rxà)p, eicrement, et çiy^''"> manger.

t SCATOPIULE (ska-lo-ti-l'), adj. Terme d'hisire naturelle. Qui croît ou vit sur les excréments.

— ÊTYM. £xaT6;, génitif de uxùp, excréments, et çOo;, ami.

SCKAU (sô), s. m. Il l' Grand cachet sur lequel sont gravées en creux la figure, les armoiries, la devise d'un souverain, d'un État, d'un prince, d'un corps, d'une communauté, d'un seigneur, dont on fait des empreintes sur des lettres, des diplômes, des actes publics, etc., pour les rendre authentiques. Mettre, apposer son sceau. Le sceau de l'Académie française. Le sceau des juges de paix, des notaires. Le sceau de l'État. Exilé et banni de ce pays pour avoir été convaincu de crime do faux sceaux, dont il pensa être pendu, oui patin, Lett. t. n, p. 531. [Lettres patentes, 1035, pour la fondation de l'Académie française] scellées du grand sceau de cire verte, sur lacs de soie rouge et verte, PELLissON, Hist. Àcad. i. Le roi dès l'heure même Mit dans ma main le sceau de son pouvoir suprême, RAC. Esth. n, I. On se tient bien sûr de les posséder [les actes du concile de BAle] en Sorbonne, et l'on y a de quoi réfuter hautement Bellarmin [qui les accusait de faux] en les faisant voir avec leurs attaches et leurs sceaux entiers et pendants, Mém. de Trévoux, )725, t. t, p. 429. La cire pour les sceaux est jaune, rouge ou verte; la première est naturelle; l'autre est teinte, l'une avec du vert-de-gris, l'autre avec du vermillon, GENLis, Maison rust. t. i, p. 397, dans pougens. Il Dans l'ancienne monarchie, le grand sceau, celui qui servait à sceller les édits, les privilèges, grâces et patentes. || Le petit sceau ou sceau de petite chancellerie, se disait de celui qui, portant seulement les armes du roi, servait à expédier les actes de justice. || Le sceau dauphin était un grand sceau particulier pour les expéditions de la province du Dauphiné. || 2" L'empreinte même faite par le sceau. Le sceau est à peine visible. || 3* Absolument, les sceaux, les sceaux du souverain de l'Etat, ceux qu'on appose à tous les actes émanés directement de l'autorité souveraine. Scanderberg lut qu'un secrétaire qui portait les sceaux du sultan passait près de son camp, volt. Mœurs, 90. Il La ca.ssette des sceaux, la cassette où ils sont renfermés. || Le garde des sceaux, le ministre à qui les sceaux sont confiés, le chancelier ou le ministre de la justice. || Les sceaux, fonction de chancelier. M. d'Aligre a les sceaux ; il a quatre-vingts ans: c'est un dépôt; c'est un pape, sÉv. (34. Le chancelier [Séguier] se meurt ; il a renvoyé les sceaux au roi par le duc de Coislin, m. H4. Il Rendre les sceaux, donner sa démission de garde de» sceaux. Plutôt que de voir les affaires languir avec lui, si ses forces ne lui revenaient, il se condamnait, en rendant les sceaux, à rentrer dans la Tie privée, boss. It Teilier. || On dit dans un sens analogue : On lui a ôté, repris les sceaux. || 4- Le pape a deux sceaux, l'un qui s'appelle l'anneau du pécheur, et qui est un gros anneau où est la figure do saint Pierre tirant ses filets remplis de poissons ; il sert pour les brefs apostoliques et pour les lettres secrètes ; l'autre, qui est pour les buiies, porte la tite de saint Pierre adroite et celle

SCE

de saint Paul à gauche, avec une croix entre deux, et de l'autre côté le nom du pape avec ses armes. Il Le sceau des brefs s'imprime sur la cire rouge, et celui des bulles sur du plomb. || 5' Le sceau, l'action de sceller, le temps et le lieu où l'on scelle. Il y aura sceau tel jour. Tenir le sceau. Donner le sceau. 30 octobre t085: j'appris qu'on se servait, au sceau, de trois sortes de cire : de la verte pour tous les arrêts, de la jaune pour toutes les expéditions ordinaires, et de la rouge seulement pour ce qui regarde le Dauphiné et la Provence ; il y a une quatrième cire, qui est la blanche, dont on se sert pour les chevaliers de l'ordre; mais c'est le chancelier qui fait CCS expéditions-là, et non le chancelier ou garde des sceaux de France, dangeau, i, 241. Il On dit dans un sens analogue: La division du sceau au ministère de la justice. Au conseil, comme au sceau, la multitude, la variété, la difficulté des affaires n'étonnèrent jamais ce grand magistrat, boss. le Tellier. \\ Ces lettres de gi&ce ont passé au sceau, on les a scellées. || Ces lettres ont été refusées au sceau, on n'a pas voulu les sceller. || S'opposer au sceau, s'opposer à ce que des lettres soient scellées. || On dit dans le même sens: Il y a opposition au sceau. On a fait opposition au sceau. || Officiers du sceau, ceux dont les fonctions particulières ont rapport au sceau. || Assistance au sceau, droit en vertu duquel les secrétaires du roi nouvellement établis assistaient au sceau. Ma famille illustre De l'assistance au sceau ne tire point son lustre, boil. Sat. x. ||6*Terme de l'Écriture sainte. Les sept sceaux, les sceaux qui scellaient le livre décrit dans l'Apocalypse. Je vis, dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit dedans et dehors, et scellé de sept sceaux, saci. Bible, Apocal. v, ).||Par extension. L'Agneau sans tache, qui rompt les sept sceaux du livre de mort, est le dernier sceau qui remplit et ferme celui de mes iniquités, mass. Avent, Disp. à la comm. \\ Fig. Votre mère a l'àme scellée des sept sceaux de l'Apocalypse ; sur son front est mis Mystère, dider. Lelt. à Mlle Yoland, <0 mai )759. ||7° Fig. Ce qui ferme, scelle. C'est ce qu'ont fait Jésus-Christ et les apôtres; ils ont levé le sceau, ils ont rompu le voile et découvert l'esprit [des prophéties], pasc. Figuratifs, 20, édit. FAUGÈRE. Il [Job] le voyait [le Seigneur] ....compter tous les pas d'un pécheur, et garder ses péchés comme sous le sceau, pour les lui représenter au dernier jour, boss. Anne de Gonx. \\ 8° Fig. Ce qui donne une marque éminente, une perfection. C'est lui [Dieu] aussi qui nous a marqués de son sceau, et qui pour arrhes nous a donné le Saint-Esprit dans nos cœurs, saci, Bible, Si Paul,

2« épU. aux Corinth. i, 22 destinée par sa

glorieuse naissance et ensuite par sa malheureuse captivité à l'erreur et à l'hérésie; mais le sceau «le Dieu était sur elle.... boss. Duch. d'Orl. Dieu mit sur toutes les passions de saint Louis le sceau de sa modération et de sa sagesse, fléch. Panég. de SI Louis. N'est-il pas juste d'imprimer le sceau douloureux de la croix sur une chair qui a été marquée tant de fois du caractère de la bête? MASS. Carême, Jeûne. Non; le Dieu qui m'a fait ne m'a point fait en vain; Sur le front des mortels il mit son sceau divin, volt. Loi nat. 1. Il se ressouvint d'avoir laissé dans les cabanes quelques malades qui n'avaient point encore reçu le sceau du christianisme, chateaubr. Génie, rv, rv, 8. [Nos morts] Ils ont souffert; c'est une autre innocence! Ils ont aimé; c'est le sceau du pardon I lamart. Harm. n, ). || Le sceau de, le caractère éminentde. Vos repas se sentent-ils de la frugalité de ce temps de pénitence, et sont-ils marqués, par quelque endroit, du sceau de la mortification? mass. Carême, Jeûne. La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge, volt, ilenr. u. Après avoir ménagé entre lui [le prince de Condé] et les Guise une réconciliation qui n'était et ne pouvait être que le sceau de la haine et de lïvengeance, id. Mœurs, no. Il Mettre le sceau de, imprimer sur. Le citoyen. obscur, en imitant la licence des grands, croit mettre à ses passions le sceau de la grandeur et de la noblesse, mass. Pet. carême, Exemples. L'ouvrage [sur la Russie] ne paraîtra qu'après que vous y aurez mis le sceau de votre approbation, volt. Lelt. au pr. roy. de Pr. 20 déc. 1737. Mets le sceau de la prudence au mystère de tes amours, J. J. rouss. Iléi. I, 62. Il Mettre le sceau à une chose, la consommer, la rendre entière. Il [Mézeray] écrivit sur l'origine des Français ; et cette dernière production, estimée de tous les connaisseurs, mit le sceau à la gloire qu'il s'était acquise, d'ouvet,

SCE

riist de VAcad. t. 11, p. 200, dans pougens. || Le sceau du génie, de la perfection, se dit des ouvrages que le génie seul a pu produire, où la perfection est portée à un très-haut degré. || Sceau de réprobation, sorte de note d'infamie qui fait qu'un homme est repoussé ou évité par les autres. || On dit quelquefois dans le style soutenu: Marquer du sceau de sa colère, du sceau de sa vengeance. X vos sujets proscrits le ciel va vous unir; Votre front est marqué du sceau de sa colère, M. J. chén. Charles /J, v, 3. || 9* Sous le sceau du secret, à condition que le secret en sera inviolablement gardé. Mais songez sous quel sceau je vous l'ai révélé, RAC. Phèdre, v, (. Un trésor.... Par votre roi David autrefois amassé. Sous le sceau du secret augrand prêtre laissé, ». Alhal. v, ( . || On dit dans le même sens : sous le sceau de la confession. Quand, après cela, M. de Cambrai me fait rompre le sceau sacré de la confession, par un sacrilège punissable, s'il l'a prouvé, qu'on me châtie, boss. Hemarques sur la rép. de M. de Cambrai, m, 22. || Ond;t aussi: sous le sceau de l'amitié. Il détailla à Thérèse plusieurs circonstances que je savais seul, que je n'avais dites qu'au seul Diderot sous le sceau de l'amitié, J. J. ROUSS. Conf. i. || 10' Anciennement. Marque de fabrique. Les draps du sceau de Rouen, Darnetal, Dieppe, etc., Réglem. des manuf. août (009, mesure et qualité des étoffes, art. 2. Si ces couleurs sont trouvées bonnes, elles pourront être marquées d'un sceau où le nom de la ville et du facturier sera gravé, Instruct. gén. pour la teint. 18 mars I07l, art. 235. || 11' Sceau de Salomon, polygonatum vulgare, desfont. Grand sceau de Salomon, polyjonafum mulliflorum, desf. || 12* Sceau de Notre-Dame, tamus communis, L. || 13* Terme d'ancienne chimie. Sceau des sceaux ou sceau d'Hermès, fermeture hermétique. |{ 14° Drap du sceau, mauvaise orthographe pour drap d'Usseau, yoy. ussEAU.

— HlST. XI' S. [Il] Freint le seel, geted en ad la cire, Cft. de Bol. xxxvi. Il xii's. Vous porterez ma chartre où li seax d'or pend, Sax. xn. Ses letres à seel pendant l'en addunées, Qui sunt à ses justises e àsun fil alées, Th. le mort. lis. || xiu* s. Porceque li seax de la baillie est autentiques et creus de che qui est tesmoigné par li en lettres, li baillis n'est pas sages qui songneusement ne le garde, beaum.i, 40. Gentilz gens ou ommes de religion qui portent seaus, ID. XII, to. \\ xiv* s. Sauge c'est le ciau nos'.re dame, u. de mondeville, I* 7o. Pour faire et brouderles bourses aux seaulx du secret du roy, delà royne et de la duchesse d'Orléans, D.U cange, ngillum. Il XV' s. Oultre et davantage envoya ung scelle audit duc par lequel il luy promettoit de le servir et secourir et tous ses amys et allyez, coMM. IV, 6. Il XVI' s Et a suivi long-temps chancellerie Sans profiter rien touchant sellerie ; Car vous savez que tout aquit sans seel Sert beaucoup moins qu'un potage sans sel, mabot, n, 83. Les seaux et cachets s'impriment aiseement en de la cire molle, amyot. Corn nourrir les enfants, 8. Seau de Salomon, autrement dit polygonaton, se loge en lieu haut, loin d'humidité, o. de serres, 619. La circoncision leur estoit [aux Juifs] un seel de la justice de foy, calv. /ns/i(. U)43. Que le roi Charles VI seroit sacré en la ville de Reims.... que le fait de la justice se conduiroit sous son nom et seel, PASQUiER, Recherches, u, I9.

— ÉTYM. Lat. siyillum, dimin. de signum, signe. SCEL (sè-l),î. m. Ancien terme de chancellerie.

Sceau. Sous le seel du Chàtelet de Paris. Le seel secret du roi. || En parlant du petit sceau, on disait : seel et contre-scel

— ÊTYM. Dans l'anc. franc, ce mot faisait au nominatif It'seelï, ou seals,o\i seai, prononcé seaux, et au régime seel; ces deux formes ont donné, dans la langue moderne, sceau et seel. Le c en seel, sceau, sceller, etc. qui n'existe ni dans le latin, ni dans l'ancienne langue, est une erreur d'orthographe du xvi' et du xvii* siècle.

t SCf:L.\N (sé-lan), s. m. Sorte de poisson qui a de la ressemblance avec le hareng et qui sert à faire des appâis. Le sel nécessaire pour la salaison des scélans, maquerelles, et autres menus poissons qui servent d'appas à la pêche sera délivré aux bateaux p.cheursdu Pollet, Ordonn. mai (680.

SCÉLÉRAT, ATE (sé-lé-ra, ra-t'), adj. || 1' Coupable ou capable de grands crimes. Le galant [un chat] fait le mort, etdu haut d'un plancher Se pend la tête en bas ; la bête scélérate A de certains cordons se tenait par la patte, la font. Fabl. m, 48. Un riche, criminel et scélérat, bourdal. Carême, a, Rich. 23. Des enfants scélérats qui trompent notre amour.

SCÉ

SGE

SCÈ

Dcns, Lear, n, 7. || Par exagération. Florine : Scélérats en amour, dont les languis traîtresses Nous font bien plus de tort que toutes nos faiblesses, LA CHAUSSÉB, Préj. à la mode, iv, 4.||2" En parlant des choses, qui a le caractère des grands crimes. Une action scélérate. Que voilà qui est scélératl mol. Buurg. gent. m, lO. || Kig. L'air en gros y est un peu scélérat [à Marseille], sÉv. t. m, p. (84, éd. RÉGNIER. Il 3° S. m. et f. Un scélérat, une scélérate. Crains les dieux, scélérat, crains les dieux ou Pompée, corn. Scrtor. t, 4. Tu vois en don Juan, mon maître, le plus grand scélérat que la terre ait jamais porté, mol. Festin, l, I. Luil [un méchant homme] de semblables tours il ne craint point l'éclat; Il a permission d'être franc scélérat, ID. Mis. v, I. Toujours les scélérats ont recours au parjure, rac. Phèdre, iv, 2. || Par plaisanterie. Adieu, l'aimable scélérat; écrivez-moi donc de temps en temps, sÉv. Au prés, de iloulccau, ("juin )084. || Par exagération. Ah I m'amour, vous la croyez I c'est une scélérate; elle m'a dit cent insolences, mol. Mal. iinag. i, 7. Ton pauvre Covislle, petite scélérate! allons, vite, 6te-toi de mes yeux, vilaine, et me laisse en repos, ID. Buurg. gent. m, 8. Ah I les scélérats d'hommes! quand on les étranglerait tous.... beaumarch. Èêre coup, i, 4. || 4° Scélérate, i. f. espèce de renoncule, ranunculus sceleratus, L. à cause de ses propriétés toxiques.

~ ÊTYM. La t. sceleratus, de scelus, crime. Au ivi* siècle, on disait sceleré. Scélérat est un latinisme, ou un italianisme {sceleralo).

SCfiLÉIlATES.SK (sc-lé-ra-tè-s) s. f. Méchanceté du scélérat. N'était-on pas déclaré scélérat dès qu'on parvenait à votre faveur, puisqu'on n'y parvenait jamais que par la scélératesse? fén. Dial. des morts mod. Louis XI, Balue. Il [le champ où Louis le Débonnaire fut abandonné] a conservé le nom du Champ du Mensonge; si nos campagnes avaient été désignées par les crimes qui s'y sont commis, la terre entière serait un monument de scélératesse, volt. Ann. Emp. Louis le Faible, 833. J'ai toujours vu avec chagrin, et je l'ai dit hardiment, que le Photin de Corneille [dans Pompée] débile plus de maximes de scélératesse que celui de Lucain, id. Lelt. Campi, sjuill. 1774. On a dit qu'il n'y avait point de grand génie sans une nuance de folie; cela me paraît du moins aussi vrai de toute grande scélératesse, diderot, Claude et Nér. i, 69. || Acte de scélérat. Il n'y eut ni violence, ni artifice, ni grandeur de courage^ ni scélératesse que César Borgia ne mit en usage, volt. Mœurs, t H .

— ÉTYM. Scélérat.

t SCÉLÉRATISME (sé-lé-ra-ti-sm'),s.m. Mot forgé par Diderot, et signifiant le caractère du scélérat. Le seul vice que je connaisse dans l'univers est l'avarice; tous les autres, quelque nom qu'on leur donne, ne sont que des degrés de celui-ci ; c'est le Protée de tous les vices; analysez la vanité, l'orgueil, l'ambition, la fourberie, la tartuferie, le scélératisme, toutcela se résout en ce subtil élément, le désir d'avoir, diderot, dans laveaux.

SCÉLITE (sé-li-f), j. f. Pierre figurée imitant la forme d'un jambe humaine.

— ÊTYM. Ixi>o;, jambe.

4. SCELLÉ, ÉE (sè-lé, lée), part, passé de sceller. Il 1" Marqué d'un sceau. Diplôme scellé en cire rouge. Il Fig. Arsinoé ne se fiait guère à toutes ces promesses, quoique prononcées à la vue des autels, et scellées du sceau redoutable de la religion, bollin, Hist. anc. Œuvr. t. vu, p. 342, dans pou- OENS. Il 2' Fig. Qui est mis comme sous un sceau. J'ai l'œil scellé d'un sceau de fer, régnieh. Stances relig. Les jugements de Dieu leur sont confiés, mais comme un livre scellé, pasc. Juifs, to, éd. rAOGÈRE. Cyprien, renouvelé par la grâce, voit ses doutes se dissiper; ce qui était auparavant scellé pour lui, s'ouvrir devant lui, Boss. )•' sermon, Dim. de la Passion, t.

2. SCELLÉ (sè-lé), ». m. Il 1" Terme de procédure et de police. Sceau apposé à des serrures, i un cabinet, etc. par autorité de justice pour empêcher de les ouvrir. Apposer les scellés. Gardien des scellés. Les papiers sont sous le scellé. Briser le scellé, les scellés. Le roi avait laissé la Vrillière à Marly pour mettre le scellé partout, ST siM. 86, <0B. Si tous les héritiers sont présents et majeurs, l'apposition des scellés sur les efîets de la succession n'est pas nécessaire. Code ^op. art. 819. Si tous les héritiers ne sont pas présents, s'il y a parmi eux des mineurs ou interdits, le scellé doit être apposé dans le plus bref délai, ib. || Bris de scellé,

délit que l'on commet en brisant un scellé. || 1' Acte scellé. Il ajoutait en envoyant son scelle, qu'il était plus engagé par la reconnaissance qu'il lui devait que parle scellé même, duclos, Œuvr. l, n, p. 328.

— HIST. ivi* s. L'on se peut opposer sur le pris [d'une vente] entre l'adjudication et le scellé [de

l'acte], LOYSEL, 9U«.

— ÊTYM. Scellé i.

SCELLEMENT (sè-le-man), t. m. || !• Terme de maçonnerie. Action de sceller. || 1' L'ouvrage qui en résulte. Un bon scellement. || 3* L'extrémité d'une pièce de bois ou de métal, qui, engagée dans un trou, y est retenue par du plAtre, du mortier, etc. Il Terme de poêlier. Bout de tôle rivé à l'extrémité d'un cercle en cuivre, ayant un coude et un œil pour le passage d'une vit qui sert à tendre ce même cercle.

— ÊTYM. Sceller.

SCELLER (sè-lé), V. a. || 1 ' Appliquer le sceau à une lettre de chancellerie. On employa depuis le mois de février de l'année 1634 jusqu'à celui de l'année suivante (636, à lui donner [à l'Académie française] la forme qu'elle devait avoir, à dresser les statuts, et à faire sceller l'édil de son érection, PELUSSON, Ilist. de l'Acad. I. Il dit en scellant la révocation du fameux édit de Nantes, qu'après ce triomphe de la foi et un si beau monument de la piété du roi, il ne se souciait plus de finir ses jours, BOSS. le Tellier. Il lui est ordonné [à Daniel] de sceller le livre et de le tenir fermé jusqu'au temps ordonné de Dieu, afin do nous faire entendre que la pleine découverte de ces vérités [la résurrection des morts et la vie future] était d'une autre saison et d'un autre siècle, ID. Ilist. n, 6. Il apprenait alors à prononcer des arrêts, à sceller des grâces, FLÉCH. le Tellier. || Absolument. Sceller en cire jaune, en cire rouge. Il y a des princes qui scellent en or et en argent. Les papes scellent en plomb dans quelques occasions. Le roi scellera demain, avec dix conseillers d'État et quatre maîtres des requêtes [en place du chancelier mort], SÉv. 5 févr. (072. Il 2° Appliquer les scellés. Le juge de paix a scellé toutes les armoires. || 3°Terme de maçonnerie. Fixer l'extrémité d'une pièce de bois ou de métal dans un mur, dans la pierre ou dans le marbre, avec du plomb, du plâtre, du mortier, etc. Sceller un balcon. Sceller un crochet. Suis-je bien assuré que le sépulcre a été scellé, et qu'on y a placé des gardes? bonnet, Paling. xix, 6. Il Terme de paveur. Mettre du mortier sous et entre les pavés. || 4° Sceller un vase, une bouteille, les boucher avec une espèce de mastic. Il Terme de chimie. Sceller hermétiquement un vaisseau de verre, en fermer le col en en faisant fondre les bords à la lampe de l'cmailleur; ce qui les agglutine, de telle sorte que rien ne puisse y entrer et que rien n'en puisse sortir. || 5* Fig. Confirmer, affermir. Ils ont scellé de leur sang les vérités qu'ils ont annoncées, BOSS. Serm. Quinq. 2. Il [Jésus] les oblige [les apôtres] à sceller leur témoignage de leur sang, id. Ilist. ti, o. N'appréhendez rien pour elle [Madame mourante]; quelque cruelle que la mort vous paraisse, elle ne doit servir à celte fois que pour accomplir l'œuvre de la grâce, et sceller en cette princesse le conseil de son éternelle prédestination, ID. Dach. d'Orl. Puis-je ne point chérir l'heureuse occasion D'aller du sang Iroyen sceller notre unionT RAC. Iph. ni, 3. Non, dit-il [Charondas], je ne les viole pas [mes lois qui défendent de paraître armé en une assemblée du peuple]; mais je les scellerai de mon sang ; et sur-le-champ il se tua de son épée, rollin, Ilist. anc. Œuvr. t. m, p. 48i, dans POUOENS. Un dernier afl"aissement [chez le duc d'Orléans] aurait scellé la pierre du sépulcre où il serait enfermé tout vivant, st-sim. 253, 148. Sénèquo ne ferme presque pas une de ses lettres sans la sceller de quelques maximes d'Epicure , dider. Claude et Nér. ii, 4. En vain des baisers sans ivresse Ont scellé des serments sans foi, BÉRANO. Rossig. || 6* Se sceller, v. réfl. Être scellé. Marot se plaignait qu'on ne scellât pas le brevet de sa pension, tandis que tant d'autres se scellaient.

— HIST. xi* s. Al premer an [il] fist ses brefs seieler, Ch. de Roi. clxxxt. || in* s. En l'oré pont [poignée d'épée] [il] la fit bien seelcr[une relique], Ronc. p. Hl.||xni's. Quand les Chartres furent faites et seclées, villeh. iu. Letros [ils] lui ont baiUie en cire seelce, Berte, lxviii. La qeue est en l'eve gelée El en la glace scellée, Rtn. 4168. N'en poroit estre un solz quarelz osleiz, Tant est

li uns an l'autre »te\cn, Cerard de Vienne, p. 3228, Il [le testament] doit eslre 'seelés du scel auteolique, ou de plusors seax de nobles personnes, DEAUHAN. m, 9. Il XV* s. Répondit aux Flamands lÉdouaid IIIJ que s'ils lui vouloient jurer et seeller qu'ils aiduroicnt i parmaintenir sa guerre.... FROiss. I, I, 96. Il XVI' s. Lcs Sacrements sont comme seaux, desquels les promesses de Dieu sont scellées, calv. Inttit. tu43. il avoit enfermé un poinçon dh poudre dans l'espesseur d'une muraille, avec l'amorce entre deux tuiles bien scellée comme il faut, d'aub. Ilist. n, 4lo. Philippus songea qu'il seelloit le ventre de sa femme, et que l'engraveure du seel dont il le seelloit, estoil la figure d'un lion, AMïOT, Alex. 2.

— F.TVM. Lat. tigillare, de tigillum, sceau; wallon, tdielé, étalonner, imprimer une marque.

SCELLEUR (sè-leur), (. m. Celui qui scelle, qui appose le sceau. Le scelleur de la cliixncellerie

— HIST. xiil* s. Et le [la] reson pourquoi li sce' leres en doit estre escusés et descoulpcs est telli qu'il peut estre dcceus en tel cas, beauh. xxxr, 25. Il XIV' s. Ayoul de Rapine fu seelleur dudit arcevesque de Bordeaux par l'espace de dix ans, DU CANCE, tigillarius. || xvi' s. Dites sans plus : il faut que le seelons (un brevet de pension].... Considéré que tant d'autres se scelcnl; Mais si je touche argent par la scellure, Je bénirai des fois plus de sept l'heur. Le chancelier, le seau et le scelleur, marot, n, 83

— ÊTYM. Sceller.

t SCÉLOTYRBE (sé-lo-tir-b'), s. f. Dans les auteurs anciens, nom d'une affection qui attaqua les armées romaines, et qui a plusieurs traits de ressemblance avec le scorbut moderne.

— ETYM. IxeX'jTOpêr,, de oxeàoî, jambe, et TÛpSii, trouble, dérangement.

SCËNE (sé-n'), 1. /". ||1' Partie du théâtre où jouent les acteurs. Les acteurs entrent en scène Vdulez-vous sur la scène étaler des ouvrages Où tout Paris en foule apporte ses suffrages, boil. Art p. m. La troisième partie [du théâtre chez les Grecs] était le lieu où ils plaçaient leur symphonie ; et ils l'appelaient ijtooxiiviov, parce qu'il était au pied du théâtre principal qu'ils nommaient en général la scène, rolun, Uist. anc. Œuvr. t. V, p. 146, dans pougens. || Fig. Faisant de cet ouvrage [ses Fables] Une ample comédie à cent actes divers, El dont la scène est l'univers, la font. Fabl. V, ). Il Avant-scène, voy. ce mot à son rang. Il Fig. Ensanglanter la scène, voy. ensanglanter. Il Mettre un ouvrage en scène, régler la manière dont les acteurs doivent le représenter. || On dit en ce même sens : la mise en scène d'une pièce. Il Mettre un personnage sur la scène, le représenter dans un ouvrage dramatique. Délateur, tremble, en scène il faut me suivre, bérang. Censeur Il On dit de même : mettre, transporter un événement, une action sur la scène. L'illustre Grotius a mis sur la scène la Passion même de Jésus- Christ, CORN. Poly. Examen. \\ Par extension. Mettre sur la scène, mettre en scène quelqu'un, lui faire jouer un rôle, lui donner une place dans une composition littéraire ou artistique. Je met» aussi sur la scène Des trompeurs, des scélérats. Des tyrans et des ingrats. Mainte imprudente pécore. Force sots, force flatteurs, la font. Fabl. a, «. Celui que j'ai mis en scène est tel qu'Userait aussi heureux pour moi qu'honorable à son pays qu'il s'y en trouvât beaucoup qui l'imitassent, J. J. Bouss. Buîu;el et de la forme de cet écrit [Rousseau, juge de J. J.] Quand il n'en coule aucun sacrifice à l'art, ne vaut-il pas mieux mettre la vertu que le vice en scène? dider. Salon de (765, Œuv. t. xiu, p. 480, dans POUOENi. J'ai peint le caractère de Mme Gaulard dans l'un des Contes de la veillée, où, sous 1« nom d'Ariste, je me suis mis en scène, harmontel, Uém. vu. [Il] Met son âme en parade etsoneiprU en scène, delille, Coneerj. 1. 1| En scène, sous les yeux du public en une représenlalion quelconque. En scène d'abord admirons La grâce de ces deux lurons, bérang. Boxeurs. || Être en scène, se dit d'un acteur qui n'oublie pas un seul moment le rôle qu'il joue. || Fig. Il est toujours en scène, se dit d'un homme qui a toujours un maintien apprêté, comme si un grand nombre de personnes avaient les yeux sur lui. {| Fig. Paraître sur la scène, être nommé à un emploi qui attire les yeux ; commencer à prendre une part aux affaires publiques. Il On dit dans le même sens : êUe en scène, occuper la scène; paraître, figurer, brillar sur la scène du monde. || 2* Décoration du théâtre. La scène représente un palais. La scène change à

SCË

vue. Il Fig La scène change, va changer, un changement Considérable 'survient dans une affaire, dans les affaires. || 3* L'action même qui fait le sujet de la pièce qu'on représente. La scène est à Paris. Que le lieu de la scène y soit fixe et marqué, BOIL. Art p. m. Il Ouvrir la scène, commencer la représentation, paraître le premier sur le théâtre. Il Fig. No» troupes marchent vers Cologne; c'est M. de Luxembourg qui doit ouvrir la scène, SÈV. 22 janv. I87a. Il 4° Fig. L'art dramatique. Les auteurs qui ont illustré la scène. La scène même, qui depuis Molière est bien plus un lieu où se débitent de jolies conversations que la représentation de la vie civile, J. j. rouss. Ilil. ii, 17. La •cène, en général, est un tableau dos passions humaines, dont l'original est dans tous les cœurs, ID. Lelt. à (TAlembert. || La scène tragique, la tragédie. La scène comique, la comédie. La scène lyrique, l'opéra. Toi donc qui, t'élevant sur la scène tragique, Suis les pas de Sophocle, boilf.au, Ép. Tii. Il La scène française, la littérature dramatique en France. Et la scène française est en proie à Pradon, boil. ÉpU. nu. En général il y a beaucoup de discours et peu d'action sur la scène française, j. j. Houss. n, 7. La scène française, sans contredit la plus parfaite, ou du moins la plus régulière qui ait encore existé, id. Letl à D'Àlemb. \\ B' Partie d'un acte d'un poëme dramatique, laquelle apporte du changement à l'action par l'entrée ou la sortie d'un ou plusieurs acteurs. La première scène d'Athalie. Que le trouble, toujours croissant de scène en scène, X son comble arrivé se débrouille sans peine, boil. Art p. m. Que l'action, marchant où la raison la guide, Ne se perde jamais en une scène vide, m. ib. On ne peut prendre trop de précaution pour ne rien mettre sur le théâtre qui ne soit très-nécessaire; et les plur belles scènes sont en danger d'ennuyer du moment qu'on les peut séparer de l'action et qu'elles l'interrompent au lieu de la conduire vers sa fin, rac. Mithr. Préf. J'ai toujours ouï dire que Oespréaux, qui était le confident de Racine et de Molière, se trompait toujours sur les scènes qu'il croyait devoir réussir le plus, et sur celles dont il se défiait, volt. Lelt. Chabanon, 4 dcc. 4766. Nul auteur n'a jamais écrit plus mal et mieux; voilà pourquoi on disait que Corneille avait un démon qui fit pour lui les belles scènes de ses tragédies, et qui lui laissa faire tout le reste, m. Comm. Corn. rem. Théod. i, I. Il Scène muette, voy. mubt. ||6' Ensemble d'objets qui s'offrent à la vue. Le pays offre une foule de scènes variées. || ?• Fig. Il se dit de ce que l'on compare à la scène d'un théâtre. Stratagème dont il se servit pour avoir la scène libre, hamilt. Gramm. 4. Un certain jardin devait être la scène de cette fête, m. Gramm. 6. On verra le Fils de Thomme.... produire sur la scène des héros de la foi, jusques-là inconnus au monde, hass. Avent, Jugem. De quelque nouveau crime il prépare la scène, volt. Oreste, iv, s. || 8* Fig. Toute action qui offre quelque chose de remarquable, d'extraordinaire. Des scènes de plaisir et de joie. Il est vrai que les scènes en [du conclave] furent curieuses, RETZ, Conclave d'Alex, n. Mme de Coulanges et H. de Barillon jouèrent bien la scène de Vardes et de Mile de Toiras ; nous avions tous envie de pleurer; ils le surpassèrent eux-mêmes, sÉv. f avril U7a. Tout le monde se fait une affaire particulière de cette grande scène [la révolution d'Angleterre], m. 3< déc. <S88. N'attendez pas que j'ouvre ici une scène tragique, que je représente ce grand homme étendu sur ses propres trophées, plÏch. Turenne. Le monde entier n'était qu'un théâtre lugubre, où cette passion [l'orgueil] hautaine et insensée donnait tous les jours les scènes les plus sanglantes, uass. Avent, yoël. Il s'ouvrait alcrs une grande scène vers les frontières de la Suède, volt. Russie, i, 1 1 . Je refusai de la voir [Velléda], afin de nous épargner i tous deux une scène douloureuse, chateaubr. Jfart. liv. X. La seule crainte d'une scène embarrassante a souvent fait prendre aux gens faibles le parti de la perfidie, oenus, If^e» riv. t. ), p. J7, dans POUOBns. Quand je verrais son globe [de la terre] errant et solitaire Flottant loin des soleils, pleurant l'homme détruit, Se perdre dans les champs de l'éternelle nuit; Et quand, dernier témoin de ces scènes funèbres.... lajiaht. Méd. i, s. || 9« Sorte d'esclandre. H. de Coësquen est arrivé à Paris en même temps que M. de Cbaulnes ; leur haine et le* mémoires qu'a donnés Coësquen feraient une belle seine, li le roi les voulait entendre tous

SCE

deux, SÉV. 203. Nous lui avons parlé [au roi], M. de Paris et moi, dans les mêmes senlimen.s [sur les affaires quiétistes], mais à diverses heures, pour ne point donner une scène au courtisan, attentif à cette affaire plus qu'on ne peut vous le dire, Boss. Z,eM. quiét. 438. Vous l'abordez une autre fois, et il ne s'arrête pas, il se fait suivre, vous parle si haut que c'est une scène pour ceux qui passent, la brut. il. Je suis rentrée, de peur de donner une scène à toute la maison, j. j. rouss. Uél. 1, 44. Quoique mes fureurs donnassent des scènes à pâmer de rire, lo. Conf. i. Je viens d'avoir une scène affreuse avec M. de Limours, oenlis, Ad. et

Th. t. I, p. 264, dans pouoens En marquant

mon étonnement de la scène plus que bizarre que M. de Lamarre s'était permise. Papiers saisis à Bareuth, p. IB6. || Il ne faut point donner de scène au public, il faut cacher au public des débats qui exciteraient sa malignité. Faut-il donner au public une scène.... mass. Resp. hum. || Faire une scène à quelqu'un, l'attaquer violemment de paroles. Il lui dit avec une colère concentrée et une voix tremblante : eh bien, madame, allez-vous faire une scène T GENLis,4d. et Th. t. i, p. 288, dans pouoens.

— REM. Bouhours, Nouv. remarques : • Ce mot est depuis quelques années fort à la mode dans un certain tour. Ce fut une étrange scène, il a donné une plaisante scène au public. Ce mot est venu de la cour. >

— ETY.\I. Lat, scena; du grec ffxniv^, proprement tente et, par extension, demeure, lieu ombragé; de même radical que oxià, ombre.

SCÉNIQCE (sé-ni-k'), adj. Qui a rapport i la scène, au théâtre. Le peuple [à Rome] devint si passionné pour les jeux scéniques, que le même ouvrage eut quelquefois deux représentations dans un seul jour, comme cela arriva pour l'Eunuque de Térence, pastoret, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. m, p. 329. || Instinct scénique, instinct d'imitation. Il parait que cet instinct scénique s'étend jusqu'à l'imitation des actions du moment, buff. Ois. t. XIV, p. )0. Il Style scénique, style de la scène, du théâtre. Le style y est plus leste [dans la préface], plus vibrant, plus scénique en un mot que celui de la pièce elle-même, i. clahetie, Feuilleton de VOpinion nationale, « avril (868,

— ÉTYM. Scène.

t SCÉNITE (sé-ni-t'), adj. Qui vit sous des tentes. Les peuples scénites.

— ÉTVM. IxTivitri:;, de ex»iv:?i, tente (voy. scène). SCÉXOGRAPHIE (sé-no-gra-fie), s. f. || 1° Terme

de peinture. Art qui consiste à dessiner les édifices, les sites, les villes, etc. en perspective, c'està-dire avec les diminutions et les raccourcissements que la perspective y apporte, par opposition à ichnograplîie et orthographie, qui sont des plans purement géométriques, où la perspective n'est pas observée. || 2* Particulièrement. Art de peindre les décorations scéniques. ||8* Les représentations mêmes, les objets représentés. La scénographie d'un palais et de ses jardins. || 4' Terme de maçonnerie. Art de représenter un édifice en relief, qu'on appelle aussi nxdèle.

— HIST. ivi* s. Le corps de ce jardin-ci est relevé en schenographie ou perspective, il monte jusques à la hauteur de six toises, par six retours de la montaignete.... o. de sehres, 602.

— ÉTYM. ïxrivoYpaçia, l'art d'orner le théâtre, de oxTjv^, scène, théâtre, et ■ypiçEiv, dessiner.

SCÉNOGRAPHIQUE (sé-no-gra-fi-k'), adj. Qui a rapport à la scénographie.

— ÉTYM. IxKivofpaçixà;, de CTxrivoypaçio, scénographie.

t SCÊNOGRAPniQDEMENT ( sé-no-gra-fi-keman), adv. Selon les règles de la scénographie; en perspective.

SCÉNOPÉGIB (sé-no-pé-jie), s. f. Nom que les Grecs donnaient à la fête des Tabernacles des Juifs. Voy. tabernacles. || On dit aussi les scénopégies, à cause que la fête durait sept jours.

— ÉTYM. ïxTivoir»iY(a, action de dresser une tente, de axTiVT), tente(voy. scène), et nriYvûii), fiier,établir.

SCEPTICISME (sè-pti-si-sm'), ». m. || 1* Doctrine des philosophes qui doutent et qui examinent. Le scepticisme est le premier pas vers la vérité, DiDER. Pens. philos, n* 3). Le scepticisme ne convient pas à tout le monde, il suppose un examen profond et désintéressé, m. ib. 24. Il me semble que le scepticisme que certaines discussions historiques provoquent et entretiennent, n'est ni la moins douce ni la moins saine habitude que l'esprit humain puisse contracter, daunou, Instit. item. se. mor. et pol. t. iv, p. B43. || f Particulièrement,

SCE

doctrine des philosophes pyrrhoniens. Pyrrhon, disciple d'Anaiarque de la secte éléatique, exerça le premier cette philosophie pusillanime et douteuse, qu'on appelle de son nom pyrrhonisme, et, de sa nature, scepticisme, dideb. Opin. des anc. philos, {philos, pyrrhonienne). Le scepticisme n'eut ni chez les anciens, ni chez les modernes, aucun athlète plus redoutable que Bayle, m. ib. Il 3' Il se dit, dans le langage général, de ceux qui aflectent de douter de tout. Ce scepticisme qui fut celui de Montaigne et de tant d'autres, leur laissait du moins du respect et même de la vénération pour le culte établi, genus, Mères riv. t. m, p. 2, dans pougens.

— REM. Scepticisme n'est pas ancien. « Pascal, non plus que Montaigne, ne se sert du mot de scepticisme, que nous employons aujourd'hui; on trouve dans la Mothe le Vayer Ja sceptique, ^ (TXETtTixr;, mais non le scepticisme, ■ havet. Pensées de Pascal, t. I, p. 45. La table de Bayle, édit. de 1715, donne: i sceptique, scepticisme, cherchez pyrrhoniens ; » mais à Pyrrhon on ne trouve pas scepticisme.

— SYN. scepticisme, pyrrhonisme. Le scepticisme a un sens plus étendu que le pyrrhonisme, qui est la philosophie de Pyrrhon Autrefois on n'avait que le mot pyrrhonisme; et on confondait les deux nuances. Aujourd'hui le septicisme s'applique surtout à ce qu'on ne sait pas, par exemple l'essence des choses. Il se prend aussi quelquefois pour pyrrhonisme.

— ÉTYM. Sceptique.

SCEPTIQUE (sè-pti-k'), adj. || 1" Il se dit d'une secte de philosophes anciens, les pyrrhoniens, dont le dogme principal était de douter de tout, et, par extension, de ceux qui, chez les modernes, suivent les doctrines pyrrhoniennes, ou qui professent le doute philosophique. Le sceptique philosophe Bayle a été persécuté, même en Hollande ; la Mothe le Vayer, plus sceptique et moins philosophe, a été précepteur du roi Louis XIV et du frère du roi, volt. Dict. phil. Contradiction. Le mot sceptique, qui est grec dans son origine, signifie proprement contemplatif, c'est-à-dire un homme qui balance les raisons de part et d'autre, sans décider pour aucun câté, dider. Opin. desanc. philos, scepticisme. \\ Qui a rapport à cette secte. Philosophie sceptique. Maximes sceptiques. || 2* Qui affecte le doute sur toute chose. û'Alembert : Sceptique je me serai couché, sceptique je me lèverai. — Diderot: sceptique? est-ce qu'on est sceptique T DIDER. ilém. Entret. d'Alemb. Non; du sceptique Harold le doute est la doctrine ; Le croissant ni la croix ne couvrent sa poitrine, lauart. i/aroid, lu. Il 3* Substantivement. Comme personne jusque-là n'avait fait profession de douter absolument de toutes choses, c'est ce qui a été cause que Pyrrhon a passé pour l'auteur et le chef de tous les sceptiques, fén. Pyrrhon. M. Hume, ce fameux sceptique, est aussi honoré parmi eux [les Anglais] que l'homme le plus soumis à la foi, volt. Dial. 30. Qu'est-ce qu'un sceptique? c'est un philosophe qui a douté de tout ce qu'il croit, et qui croit ce qu'un usage légitime de sa raison et de ses sens lui a démontré vrai, nmER. Pens. philos, n' 30. Mais du Dieu trois fois saint notre injure est l'injure; Faut-il l'abandonner au mépris du parjure. Aux langues du sceptique ou du blasphémateur? la- UART. Uarm. i, 6. || 4* La sceptique, la doctiine des pyrrhoniens. Us [les pyrrhoniens] se sont encore voulu aider de certaines façons de parler qui leur étaient particulières ; ce sont ceUes qu'on a nommées les voix de la sceptique, comme : je ne sais, cela peut être, je ne le comprends pas, etc., LA UOTBE LE VA TER, Vcrtu des païens, II, Pyrrhon.

— HIST. ivi* s. Les autres.... disoient que l'on pouvoit disputer de toutes choses.... et s'appelioient sceptiques, bonivard, Amarligenée, p. (69.

— ÉTYM. SxtnTtxà;, de axinTioSai, voir, considérer ; de même radical que le lat. specere, speetare (voy. spectacle).

t SCEPTIQUEMENT(sè-pti-ke-man), adv. D'une manière sceptique.

SCEPTRE (sèp-tr"), I. m. || 1* Bâton de commandement qui était un des signes de l'autorité royale Dan» Homère, les rois portent le sceptre. Vivez, le sceptre d'or que vous.tend cette main, Pour vous de ma clémence est un gage certain, rac. Esth. n, 7. On nous présenta d'abord à Aceste, qui, tenant son sceptre d'or en main, jugeait les peuples etse préparait à un grand sacrifice, pén. Tél. i. {| Particulièrement, bâton court surmonté d'un aigle,

SCH

d'une neur, d'une boule ou auUe ornement que les consuls et les empereurs romains, les empereurs grecs et les souverains do l'Europe portèrent de la main droite comme symbole de l'autorité suprême. Il Fig. Que cette couronne d'épines vous est convenable [Jésus-Christ] ! que ce sceptre fragile est bien dans vos mains I Boss. Sermons, 2, Profession. Il Fig. Depuis le sceptre juscju'à la houlette, depuis les fonctions des rois jusqu'à celles des bergers. Que ne faites-vous point?... depuis le sceptre jusqu'à la houlette, vous suffisez à tout, sÉv. à Mme de Grignan, mai, tooo. Et le sort prend plaisir d'une chaîne secrète D'allier quelquefois le sceptre et la houlette, reqnard, Ui'mocr. ni, 4. Il 1' Fig. Le pouvoir souverain, l'autorité monarchique. Elle [Ja justice] seule fait l'ordre; et les sceptres des rois N'ont que des pompes inulilcs, S'ils ne sont appuyés de la force des lois, halh. VI, <6. X l'épreuve d'un sceptre, il n'est point d'amitié, CORN, lléracl. I, 3. Venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, boss. Reine d'Ànglel. La vanité des choses humaines ne se montre que trop d'elle-même sans le secours de ma voix, dans ce sceptre sitôt tombé d'une si royale main et dans une si haute majesté si promptement dissipée, m. Mar.Thér. Il n'y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté; au lieu que, dans la langue sainte, il signifie en général, la puissance, l'autorité, la magistrature ; cet usage du mot sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture, m. Uist. n, 2. [Les rois fainéants] Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, boil. Lutr. n. |{ Fig. Le sceptre et l'encensoir, l'autorité monarchique et l'autorité sacerdotale. Le sacerdoce était réuni dans leur personne avec le sceptre; les monuments des nations les plus anciennes le prouvent, condill. Hist.anc. i, 8. || Un sceptre de fer, une autorité dure et despotique. Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné, Et d'un sceptre de fer veut être gouverné, HAC. Alhal. IV, 3. Alors Taycosama [au Japon] leva un sceptre de fer, et frappa sur les chrétiens, comme ennemis de l'État, ratnal, llist. phil. n, 7. Il Fig. Depuis qu'il [Boileau] avaitquitté ce sceptre du Parnasse, qui avait été longtemps un sceptre de fer entre ses mains, mais nécessaire au maintien du bon goût, d'aleub. Éloges, St-Aulaire. || 3* Fig. Supériorité, prééminence. Bossuet, qui voyait s'élever dans Bourdaloue un successeur digne de lui et formé sur son modèle, remit le sceptre de l'éloquence chrétienne aux mains de l'illustre rival à qui il avait ouvert et tracé cette glorieuse carrière, d'alemb. Éloges, Bossuet. Le trident de Neptune est '« sceptre du monde, le- WERRE, Poésies, Sur le commerce. Pour moi, quand le destin m'offrirait à mon choix Le sceptre du génie ou le trône des rois, lamart. lîéd. i, (8. Il 4* Réunion d'étoiles qui font partie de la constellation le Sceptre et la Main de justice, dite aussi le Lézard, située entre Pégase et Céphée.

— HlST. XI* s. Puis si li tolent [enlèvent] se sceptre e sa curune, Ch. de Roi. CLXxxui. Il XII* s. La corone d'or e le sceptre que vos nos mandastes, avons receu, Machab. i, 13. Mxni's. Atant li rois portant curune E ceptre.... Edouard le conf. V. 4396. Il XIV s. Il [le roi] tient en sa main destre le ceptre roial qui signifie droiture et seigneurie, vioNAY, Esches moralises, t* 8, verso.

Il XVI* s Des rois aux longues mains, qui leurs

sceptres estendent De l'une à l'autre mer et après Dieu commandent, bons. 869.

— ÊTYM. Lat. sceptrum, du grec oxtiitTpov, bâton, sceptre, le même que oxiQitM;, bâton, lat. scipio, uxTiitTeiM, s'appuyer,, lat. scapus, tronc, ail. Schaft, fût ; rac. sanscr. scambh.

t SCÉVOPIIYLAX (sé-vo-fi-laks'), s. m. Terme d'juitiquité chrétienne. Fonctionnaire chargé de garder les vases sacrés, les ustensiles et autres choses précieuses qui se conservaient dans les églises (de (jxtùo;, vase, et çû).aÇ, gardien).

SCH.\BRAQtJE (cha-bra-k'), t. f. Pièce de drap ou de peau de mouton destinée à recouvrir la selle et la charge, quand elles sont sur le dos du cheval. U ne schabraque de hussard. || Quelques-uns écrivent chabraque,

— ETYM. AUem. Schabrake, du polonais aabray, qui vient du turc tschaprak.

t SCU ACKAL (cha-kal), s. m. Le même que chacal.

I SCUAFF (chaO, ». m. Se dit, dans les verreries, des étages à mettre les manchons de verre.

.SCHAH (châ), ». m. Titre que les Européens donnent au souverain de la Perse.

SCH

— STYM. Ane. pers. khsathra, protecteur, roi ; le même que le sanscrit kshatra, homme de la classe militaire ou royale.

SCUAKO (cha-ko)-, ». m. Sorte de coifTuro militaire à l'usage de quelques troupes i cheval et de la plupart des corps d'infanterie. || Cordon de schako, lien qui sert à attacher la coiffure et à l'empêcher de tomber quand on est à cheval.

— ÊTYM. Hongrois, shako; polon. czako.

SCHALL (châl), ». m. Voy. ciiAle.

t SCIIAP.SK.A (chap-ska), ». m. Schako polonais, dont le dessus est carré ; c'est la coiffure des lanciers,

— ETYM. Polon. cxapacka.

t SCHftAT (ché-af), ». m. Étoile de seconde gr<indeur placée dans la constellation de Pégase, f SCHKEI.ATE (ché-la-t'), ». m. Voy. tungstate. f Si;ilKELIi\ (ché-lin), ». m. Voy. tungstène.

— ËTYM. Scheele, célèbre chimiste dont le nom fut donné à ce métal.

t SLUEELITE (ché-li-f), ». /. Chaux tungstatée.

SCHEIK. (clieik), ». m. Voy. cheik.

t SCUELEM (che-lèm), ». m. Voy. chelem.

SCHELLlNG(che-lin), ». m. || 1* Nom de diverses monnaies li'Allemagne, de Flandre et de Hollande (les Allemands disent schilling, les Danois skilling). Il 1* Monnaie d'argent anglaise qui vaut < franc 12 cent, de notre monnaie (les Anglais disent shilling).

— ^TTH Bas-lat. sktlUngus ; du germanique : angl. ihillin!;; dan. skilling; hclland. schelling, de êchallen, sonner : proprement monnaie sonnante.

"{■ SCIIEI.ME (chèl-me), s. m. Lâche, coquin. Que faisons-nous? nous allons faire égorger M. le Prince et M. le Coadjuteur; schelme, qui ne remettra répée dans son fourreau, retz, m, 368.

~ iiiST. XVI' s. Seroient réputés comme schelmcs, s'ils les avolent abandonnez, lanode, .S5l.

— ÉTVM. AUem. Sclielm, coquin. Ce mot usité dans le ivi* siècle et dans le commencement du xvn*, avait été introduit par les lansquenets allemands.

t SCUÉMA (ské-ma) ou plus souvent SCllÈAIË (skè-m'), ». m. || !• Nom générique des figures et de tcutes les formes ou ornements du style ; chez les Grecs et les Latins, il se prend aussi dans un sens plus restreint pour les figures de mots proprement dites et les fi^'ures de pensée, à l'exclusion des tropes. || 2° Représentation des planètes, chacune en son lieu, pour un instant donné. Il 3* En anatomie et en physiologie, nom donné aux figures qui, à l'effet de démontrer la disposition générale d'un appareil, ou la succession des états d'un être ou d'un organe, sont exécutées en faisant abstraction de certaines particularités de forme, de volume, de direction ou de rapports des arties, parce que ces particularités empêcheraient de saisir d'un seul coup d'ceil, ou rapidement, l'ensemble des notions qu'il s'agit de faire connaître. L'un des types des mollusques le plus difficile à réduire à un schéma théorique est sans contredit celui du gastéropode , lacaze-dutuiehs , Acad. des se. Compt. rend. t. lxix, p. 1344. i; 4* Se dit, dans le leibnitzianisme, d'un principe qui est essentiel à chaque monade et qui constitue le caractère propre de chacune d'elles. || Dans le système de Kant, objet qui existe dans l'entendement indépendamment de la matière ; synonyme de forme. || 5* Dans l'Église catholique, proposition rédigée soumise au concile ; en ce sens on dit au pluriel les scbèmcs ou les schemata.

— ETYM. ïy.TJiia, figure, état, de aytXv, avoir, être, sanscr. sah, soutenir.

t SCHÉMATIQUE (ské-ma-ti-k'), adj. Qui retrace le plan d'une chose, sans en retracer la forme. Figure schématique,

t SCUÉiMATIQUE.\IENT (ské-ma-ti-ke-man), ode. D'une manière schématique. Représentons par un croissant le tube digestif [des mollusques].... ainsi réduit schématiquement, l'organe de la digestion offre des rapports constants avec les muscles adducteurs, LACAZE-DUTUiERs, Acad. des se. Comptes rend. t. lxx, p. I03.

— ÉTYM. I/TniaTixè;, de <rx^C'«i schème.

t SCIIÉ.MATISEK (ské-ma-ti-zé), V. a. Dans le kantisme, considérer les objets comme des abstractions, des schèmes.

— ETVM. ï,xri\i.i-:l'.,uv , de ay rni.a, schème.

t SCHÉMATISME (ské-ma-ti-sm'), ». m. || 1* Terme de grammaire. Se dit de la différence de deux mots, quand elle consiste uniquement dans la position de l'accent. Il 2° Dans le kantisme, acte résultant de l'application des formes de l'entendement pur à celles de la sensibilité pure.

—ETYM. £yii|i«Tio|ià;, de (rxi|A»t[Ceiv, schématiser.

SCH

SCIll^NE (skA-n*), ». m. Terme d'antiquité. Mesure Itinéraire qui valait environ t06uo mètres.

— F.TYM. £](otvo(, schène, corde, jonc.

SCHfilllF (ché-ril), ». m. Voy. chékif et shérw.

t SCUlHLIEVO (skèr-lié-vo), ». m. Maladie observée dans les provinces illyriennes et qui n'a commencé à paraître qu'en (80u.

t SCUERZANDO (skèr-tzan-do), adv. Terme de musique. Mot italien qui signifie en badinant, et que l'on met sur les partitions, pour indiquer qu'un passage doit être exécuté d une manière badine et légère.

t SCUEUZO (skèr-tzo), ». m. Terme de musique. Morceau à trois temps des symphonies, qiutuors,etc. qui a remplacé l'ancien menuet, mais avec un mouvement beaucoup plus rapide. Le scherzo [de la symphonie en ut majeur do Beethoven] est le premier né de cette famille de charmants badinages [scherzi] dont Beethoven a inventé la forme, déterminé le mouvement, et qu'il a substitué dans presque toutes ses œuvres instrumentales au menuet de Mozart et de Haydn, beruoz, À travert chants, p. ta. Le troisième morceau [de la Symphonie héroïque] est intitulé scherzo, suivant l'usage; le mol italien signifie jeu, badinage; on ne voit pas trop, au premier coup d'œil, comment un pareil genre de musique peut figurer dans cette composition épique; il faut l'entendre pour le concevoir, ID. ib. p. 22.

— ÉTYM. Ital. tcherxo, badinage, de l'alL Scherx, plaisanterie.

f SCIiEVA (che-va), ». m. Nom que les grammairiens hébreux donnent aux deux points qui, dans l'écriture massorétique, désignent cette voix, ou plutôt ce souffle insensible et rapide que nous concevons entre les deux éléments d'une articulation double.

tSCUIBBOLETO '-hi-bo-lèt'), ». m. Se dit d'une difficulté insurmontable ou d'une épreuve ,ui doit décider sans réplique de la capacité ou de l'incapacité d'une personne, par allusion à un passage de l'Écriture, Juges, xij, 6, où l'on voit que les fuyards de la tribu d'Éphraîm étaient reconnus par les gens de Galaad qui les poursuivaient, parce qu'ils prononçaient sibboleth. Schibboleth veut dire épi.

t SCIIIITE (chi-i-f), ». m. Sectateur d'Ali, chez les musulmans qui le reconnaissent pour premier calife, et rejettent les trois premiers, Abu-beker, Omar, et Otbman. Les. Persans sont schiites.

— ETYM. Arabe, schiai, dissident.

t SCU1NDYLÈ.SE (skin-di-lê-z*), ». f. Terme d'anatomie. Mode d'articulation qui consiste en ce qu'une lame osseuse est reçue dans une gouttière d'un autre os : telle est celle du vomer avec les os maxillaires supérieurs et palatins.

— ÉTYM. ïx''*'y'l<"-'> séparation en fragments, t SCU1S.MA (ski-sma), ». m. Ancien terme de

musique. Petit intervalle qui valait la moitié du comma. Quelques-uns s'imaginent que le ton majeur n'est point difi'érent du ton mineur; de sorte que le comma, qui en est la différence, leur est insensible, et à plus forte raison le schisma, qui n'est que la moitié du comma, halebb. Rech. vi, 4.

— ETYM. ïy.(<J|ia, séparation.

SCHISMA TIQUE (chi-sma-ti-k'), adj. || 1* Qui est dans le schisme, qui se sépare de la communion des fidèles. N'admirez-vous point que tout est crime à nos pauvres frères [les gens de Port- Royal]? quand ils n'ont point consulté le pape, ils étaient schismatiques; quand ils lui font des plaintes des opinions probables et d'autres denrées de cette force, ils sont révoltés, sÉv. 20 août «677. Il Les tribus schismatiques, les dix tribus juives qui, sous Roboam, s'étaient séparées d'avec Juda et d'avec le temple. || 2° S. m. et f. Un schismatique. Une schismatiqiie. Un miracle parmi les schismatiques n'est pas tant à craindre; car le schisme, qui est plus visible que le miracle, marque visiblement leur erreur, pasc. Pens. xiiu, 33, édit. HAVET. Ces schismatiques qui prirent le nom de donatistes, de Donat, un de leurs chefs, condill. //i»t. ane. xv, 8.

— HIST. XT* s. Les trois schismatiques Dathan, Chores et Abiron, desquels nous lisons en la Bible,

MONSTBEL. t. I, ch. 39, p. 45, dans LACUBNE.

— ETYJl. Provenç. sismatic; espagn. dsmatico; ital. »ct»maltco ; du lat. »c/it»malicu», qfii vieat de (jXto|iaTixô;, de ax'-ov-"^) schisme.

t SCUISMATOBUA.NCnE (ski-sma-to-bran-ch*), adj. Terme de zoologie. Dont les branchies s'ouvrent par une fente.

— £TYM. ix^ana, séparation, et branchies.

SCH

SCHISME (chi-sm'), s. m. || 1* Séparation du corps et de la communion d'une religion. Saint Athanase était un homme appelé Athanase, accusé de plusieurs crimes, condamné en tel et tel concile pour tel et tel crime; tous les évêques y consentaient et le pape enfin; que dit-on à ceux qui y résistent? qu'ils troublent la paix, qu'ils font schisme, paçc. Pensées sur le pape et l Église, 2(, édit. FAUGÈRE. Nous ferons voir, du propre aveu de nos adversaires, que l'Église peut prendre parti dans les choses que l'Evangile laisse indifférentes, et que, lorsqu'elle l'a pris, on ne peut s'y opposer ni lui désobéir sans se rendre coupable de schisme, boss. Déf. de la trad. sur la communion, Avertiss. 2. Je distingue le schisme où la foi est intéressée d'avec les schismes où l'on tombe innocemment sur do purs faits, id. 2* instr. sur les prom. de l'Église, B8. Le plus ancien schisme parmi les chrétiens est celui de Nestorius, ('• tnttrucl past. 18. Le schisme est toujours connu par son auteur; la plaie ne se ferme pas par le temps, et, pour peu qu'on y regarde de près, la rupture paraît toujours fraîche et sanglante, id. Polit, vn, m, 5. Le jansénisme trouble la France, mais sans faire de schisme, sans exciter de guerre civile, VOLT. Louis XIV, 24. D'autres croient que le premier siège de cette peste [les guerres religieuses] fut l'Egypte, et que les chiens et les chats, qui étaient en grande considération, étant devenus enragés, communiquèrent la rage du schisme à la plupart des Égyptiens qui avaient la tête faible, id. Dict. phil. Schisme. M Schisme d'Orient ou des Grecs, séparation de l'Eglise grecque et de l'Église romaine provoquée par Photius en 882. C'est sous son règne [de Basile à Constantinqple] qu'est l'époque du grand schisme qui divisa l'Église grecque de la latine, volt. Moeurs, 29. Il Schisme passif, nom que les protestants donnent à leur séparation, parce que, disent-ils, c'est l'Église elle-même qui les a repoussés. || 2° Schisme des dix tribus, se dit quelquefois de la séparation du peuple juif en deux royaumes, l'an 979 avant Jésus-Christ. Elle [l'Écriture] nous parle du schisme de Jéroboam comme d'une action détestable, qui a commencé par une révolte, qui s'est soutenue par une idolâtrie formelle.... BOss. Yar. XV, 77. Il Le schisme des Samaritains, la division qui existait entre Jérusalem et Samarie. Plutôt que répudier celle étrangère.... il embrassa le schisme des Samaritains, BOSs. Uist. i, 8. || 3° Le grand schisme d'Occident, anarchie qui eut lieu dans l'Église catholique pendant une partie du XIV' et du IV* siècle, et dans laquelle il y eut à la fois plusieurs papes qui se prétendaient légitimes. Il 4* Par analogie. Il se dit en matière de politique, de morale, de littérature, d'usages. Le romantisme, au moment de son apparition, fut un schisme dans la littérature. La révérence en mante, que les dames de Lorraine vinrent faire au roi sur la mort de la reine-duchesse, mère de M. de lorraine, fit schisme entre elles, st-sim. b3, i33.

— SYN. SCHISME, HÉRÉSIE. Dans le langage de l'Église catholique romaine, il y a schisme quand, ne se séparant pas sur des points essentiels de doctrine, on se sépare de la communion avec l'Église et de l'autorité du saint-stége; il y a hérésie, quand On se sépare de l'Église sur des points considérables : les Grecs sont schismatiques, les protestants sont hérétiques. L'hérésie entraine le schisme; mais le schisme n'entraîne pas l'hérésie.

— HIST. XII' s. Pur cel cisme qu'il fist cuntre Deu e raisun. Th. le mart. 2S. ||xv' s. Pour le temps que ce scismc vint en l'Eglise, France, Castille et Escosse estoient conjointes ensemble par alliance, froiss. n, m, 27. 0 roi très crestien, ensuivez vos prédécesseurs, qui tousjours à faire cesser le scisme de saincte église ont mis tout leur estude singulièrement sur tous aultrcs, gerson, dans Uist. litt. de la Fr. t. xxiv, p. 370.

— ÊTYM. Provenç. sct'smo, mmo.-espagn. cisma; ital. scisma; du lat. schisma , qui vient du grec oX'^li», schisme, séparation, do oxîî"v, fendre.

SCHISTE (chi-sf), ». m. Minéral de structure lamelleuse, formé principalement de silice, d'argile et de divers oxydes métalliques. Schiste, dénomination banale de toutes les pierres qui ont une disposition i se séparer par feuillets, Saussure, Yoy. Alpes, t. i, p. ta. Les schistes ont la texture feuilletée, i feuillets droits ou courbes ; leur aspect est mat, ou faiblement luisant; ils sont tous «»»ei tendres pour se laisser rayer par le cuivre 4. BRONONIART, Traité de min. t. i, p. 6&3. Les wbitiei forment une grande partie de la craiite du

SCH

globe; les montagnes schisteuses bordent en général les montagnes de granit, de gneiss et de micaschiste; elles ont une forme arrondie, qui les fait aisément reconnaître, id. t6. t. i, p 5«l. Il Schistes bitumineux, schistes argileux, imprégnés de matières bitumineuses et renfermant des débris organiiiues.

— ETYM. ïyi(TT05, coupé, fendu, de (JX'îf'v, fendre; lat. scindere (voy. scinder).

SCHISTEUX, EUSE (chi-steû, steù-z'), adj. Oui est de la nature du schiste. Les sommets des montagnes graniteuses sont généralement plus élevés que les montagnes schisteuses ou calcaires, bufp. Itin. t. I, p. (65. Il Structure schisteuse, celle des masses qui se divisent aisément par plaques. || Se dit quelquefois dans le sens d'ardoisé, pour désigner une nuance de bleu.

•— 6TYM. Schiste.

t SCHISTOCARPE (ski-sto-kar-p'), ad}. Terme de botanique. Dont les fruits s'ouvrent en se fendant.

— ETYM. ïyiffTè;, fendu, et xapTtè;, fruit.

t SCUISTOÎDE (chi-sto-i-d'), adj. Qui a l'apparence du schiste.

— ÉTVM. Schiste, et elSo;, forme.

t SCHISTOSITÉ (chi-stô-zi-té), s. f. Caractère de ce qui est schisteux. Je ferai remarquer que leur schistosité [de roches de micaschiste] se prête admirablement à l'action des moyens de démolition employés par la nature, fouhnet, Acad. des t. Comptes rendus, t. lu, p. IHO.

fSCUISTOSOME (ski-sto-so-m'), od;. Terme de tératologie. Monstres schistosomes, monstres qui présentent une éventration latérale ou médiane sur toute la longueur de l'abdomen, et qui n'ont pas de membres pelviens ou n'en ont que de trèsimparfaits.

— ÊTYM. Sx"'^?) fendu, et oûijlo, corns.

t SCHIZOCÉI'UALE (ski-zo-sé-fa-l'), a'dj. Terme de tératologie. Monstres schizoccphales, monstres dont la tête est divisée longitudinalement.

— ETYM. S/.itiîtv, fendre, et xe?aW„ tête.

t SCHIZOLITUE (ski-zo-li-f), s. f. Terme de minéralogie. Genre qui comprend le mica, la chlorite, le talc et la lépidolithe.

— ÊTYM. S/jUiv, fendre, et ).(6oc, pierre.

t SCHIZOPODE (ski-zo-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pieds fendus.

— ETYM. ïy.iîÔTtouç, de (jxiîE'V) fendre, et noû;, pied.

t SCinZOPTÈRE (ski-zo-ptè-r'), adj. Terme de zoologie. Qui a les ailes fendues.

— ETYM. Ix'WitTEpo;, de «r/iÇeiv, fendre, et xtepov, aile.

t SCUIZOTUORAX (ski-zo-to-raks'), s. m. Terme de tératologie. Monstruosité caractérisée par la division du sternum ou de toute l'épaisseur des parois thoraciques.

— ETYM. I/.iîeiv, fendre, et eûpaE, poitrine.

t SCHIZOTRICHIE (ski-zo-tri-kie), s. f. Terme d'anatomie. Division des cheveux à leur extrémité.

— ÊTYM. ryt'îeiv, fendre, et 6pl;, tpixi;, cheveu. SCHLAGUE (chla-gh'), ». f. Coups de baguette

qu'on donne aux soldats, dans certains pays allemands, quand ils ont commis quelque infraction à la discipline. Le soldat français, disent-ils, depuis trente ans, ne reçoit point de coups de bâton; et voilà l'Espagnol qui les refuse aussi ; pour peu que cela dure, adieu la schlague chez nous, personne n'en voudra, p. L. cour. Livret.

— ÊTYM. AUem. schlagen, battre.

f SCHLAMM (chiam'), s. m. Terme de métallurgie. Résidu de l'écrasement du minerai. On s'attache aujourd'hui à éviter l'écrasement complet du minerai dans les bocards et sa dissémination dans des schlamms trop boueux, grandeau et lauoel. Revue des scierues, 1862, p. ue.

— ETYM. AUem. Schlamm, limon, le même que Schleim, anc. haut-ail. sltm, même mot que le latin limus, limon, avec l'i initiale primitive.

SCHLlCil (chlik), s. m. Terme de métallurgie. Mot allemand dont on se sert pour désigner le minerai écrasé, lavé et préparé pour être porté au fourneau de fusion. Ce fourneau se charge par en haut avec du schlich et du charbon mouillé, afin que le vent des soufflets n'enlève pas le minerai, qui est très-léger, a. brongniart. Traité de min. t. u, p. 363.

— ETYM. AU. Schlich, limon des mines.

t SCHLITTAGE (chli-ta-j'), ». m. Opération par laquelle on fait descendre au fond des vallées, à l'aide de lattes couchées sur les pentes ou de schlittes, les arbres coupés dans les montagnes.

— ETYM. Allem. Schlitten, traîneau.

sa

t SCHLITTE (chli-f), ». f. Sorte de traîneau employé dans les pays de montagne, en particulier dans les Vosges, pour faire descendre les arbres qui ont été coupés sur les hauteurs. Les schlittes descendent en glissant sur un chemin nommé vovtou, composé d'une série de marches formées de rondins.

t SCIILITTEUR (chli-teur), ». m. Celui qui conduit et dirige les schlittes. M* Fournier les rassura en affirmant qu'il n'y avait rien à craindre avec un schlitteur expérimenté, Uag. pittoresque, 4 853, p. 294.

t SCULOT (chlof), ». m. Incrustation qui se forme au fond des vases quand on fait bouillir l'eau des sources salées.

— ETYM. Allem. Schlotte.

t SCHLOTAGE (chlo-ta-j'), ». m. Opération d'enlèvement du sMoi, Enquête sur les sels, «8C8, t. n,

t SCHLOTER (chlo-té), V. a. Enlever le schlot.

SCIl.NAPAN (che-na-pan), ». m. Voy. cuenapan.

I SCll.NAPS (chnjps'), ». m. Coup d'eau-de-vie, petit verre. Un vieux soldat de Frédéric U qui recevait une petite pension pour acheter son pain, son tabac, et de temps en temps du schnaps, erckman-chatrian. Urne Thérèse, § 8.

— ÊTYM. Ail. Schnaps.

f SCHNICK (chnik), s. m. Eau-de-vie grossière (mot du patois allemand). Des médecins et de la pharmacie Un bon soldat connaît peu les secrets; Est-il blessé, le schnick et l'eau-de-vie D'une compresse ont bientôt fait lés frais, scribb et varner, le Uariage de raison, l, 3.

SCUOLAIRE, SCUOLIE, et leurs dérivés, voy. scolaire, scolie, etc.

t SCHOONER (skou-nèr; on prononce aussi chounèr), s. m. Petit navire à deux mâts.

— ETYM. Angl.jchooner, goélette, de l'ail, schoner ou schuner.

t SCUORL (chorl), ». m. Nom collectif d'un grand nombre de minéraux qui sont fusibles au chalumeau. Le schorl est un verre spathique, c'est-à-dire composé de lames longitudinales, comme le feldspath, buff. Min. t. i, p. iu&.

— ETYM. Allem. Schôrl.

t SCUORLACÉ, ÉE (chor-la-sé, sée), adj. Qui tient de la nature du schorl.

t SCUORLIFÈRE (chor-li-fè-r'), adj. Qui contient du schorl.

— ETYM. Schorl, et lat. ferre, porter.

t SCUORLIFORME (chor-li-for-m'), adj. Qui ressemble au schorl.

— ETYM. Schorl, et forme.

t SCHORLITE (chor-li-t'), s. f. Variété de topaze.

j SCUOTTISII ou SCUOTISCU (sko-tich), ». f. Orthographe allemande de scottish; voy. ce mot.

t SCUREIBERSIIE ( chré-bèr-si-t'), ». f. Sorte de substance ferrugineuse, dont la composition atomique est celle d'un phosphore double de fer et de nickel, et qui se trouve dans certains aérolithes.

t SCUL'ËLE (chu-è-V), S. f. Instrument consistant en une masse de bois emmanchée d'un bâton, et servant dans les cressonnières, pour fouler le cresson au fond des fosses inondées. Cet instrument vient d'Allemagne.

— ETYM. AU. Schwelle, poutre, bûche.

t SCIABLE (si-a-W), adj. Qu'on peut scier.

— HlST. XVI' s. Sciable, monet, Dict. au mot scier.

SCIAGE (si-a-j'), ». m. Action, travail de celu' qui scie du bois ou de la pierre. || Bois de sciage, bois propre à être scié. Les solives de sciage qu'on emploie quelquefois et qu'on tire d'un gros Jirbre; elles sont faibles, et l'usage en devrait être ps.x)scrit, BUFF. Expér. sur les végét. I" mém. || Terme de marbrerie. Sciage gauche, celui dont tous les angles ne sont pas sur un même plan.

— UIST. iiv s. Prenez le limon qui se chiet [tombe] du sciage de marbre, Uénagier, n, 6.

— ÊTYM. Scier.

t 8CIAGRAPUIE (si-a-gra-fie), Voy. saooRAPHlE.

I SCIAMACUIË (si-a-ma-chie), ». /". Terme de la gymnastique chez les anciens. Sorte d'exercice, dans lequel on imitait à vide les mouvements des pugilistes, et qui servait à rendre les jointures plus souples.

— ETYM. j:xisii»x'«. "î* ""'«> oin'""e, et (iax^> combat : combat contre une ombre, parce que les mouvements se faisaient en l'air et sans être diriges sur quelque chose ou quelqu'un.

t SCIA.\T, ANTE (si-an, an-t'), adj. Terme populaire. Qui scie, qui ennuie.

SCI

SCI

SCI

t SCIASâB (si-a-s*), t. f. Cordage garni d'estropes, pour éloiiger les BU de caret. || 'Ferme de manne. Assemblage de bouts de corde pour mettre une pompe en jeu.

SCIATUKIIIOUK (si-a-lé-ri-k'), adj. Qui montre l'heure par le moyen de l'ombre du style. Cadran sciatliérique. || Télescope sciathérique, cadran horizontal muni d'une lunette pour observer le temps vrai.

— REM. L'Académie écrit à tort sciatérique. Ce mot n'est pas tellement de l'usage vulgaire qu'il ne soit pas permis do redresser une orthographe vicieuse; d'autant que la suppression de Vh conduirait à une fausse étymologie.

— ETYM. SxtaOïipï;, de oxm, ombre, et 6iriffv, poursuivre, prendre à la chasse, de Or.pa, bête.

SCIATIQUK (si-a-ti-k'), adj. || 1- Terme d'anatomie. Qui a rapport à la banrhe, au haut de la cuisse. Il Échancrure sciatique, échancrure située sur le bord postérieur de chaque os iliaque audessous de l'épine iliaque postérieure inférieure. Il Epine sciatique, émineuce courte, pyramidale, apl.itie, située au-dessous delà grande échancrure sciatique. Il Tubérosité sciatique, éminence large et arrondie, formée par la réunion des bords postérieur et inférieur de l'os iliaque. || Plexus sciatique, plexus nerveux intermédiaire aux plexus lorah^ire et sacré, et donnant naissance aux nerfs sciatiques. || Nerf sciatique, le plus gros nerf de ttiute l'économie animale, qui naît du plexus sacré, «lout il '>;i U terminaison, ij 2* 5. f. Terme de médecine Doii!'!:ir fort vive qui, se fixant sur le trajet du nerf sciatique, occupe la partie postérieure de la cuisse et de la jambe. Je serais très-conlent que vous pussiez m'envoyer votre colique, et qu'elle se vînt joindre à la fièvre, à la sciatique et à la gravelle, balz. Liv. i, lett. 5. Le roi n'avait jamais eu de sciatique ni de rhumatisme, st-sim. 4«2, 248. Il On dit aussi vulgairement dans le même sens : goutte sciatique.

— Hisr. XVI' s. La première ramification s'en va vers l'os ischion, par laquelle est faite la goutte schiatique, paré, iv, 31. Enlre toiites les douleurs arthriu^ues, la sciatique emporte leprix,iD.xxi, 12.

— ËTïM. Provenç. sciatic ; espagn. ciatico; ital. sciatico; du lat. sciatieus, altéré du grec tsxiaôixo;, de icr/,ttn, afl"ection de la hainche, de iaxiov, hanche (voy. ischion).

SCIE (sie), s. f. Il 1" Instrument employé pour diviser certains corps solides, et dont la partie essentielle est, le plus généralement, une lame métallique taillée en petites dents. || Les scies ordinaires sont montées sur un châssis en bois et la tension de la lame est obtenue par la torsion d'une corde. Et derrière son dos qui tremble sous le poids, Il attache une scie en forme de carquois, BOiL. Lutr. II. Il Scie à refendre, scie dont la lame assez large peut être inclinée sur le plan du châssis. || Scie à chantourner, scie dont la lame est très-étroite, ce qui permet de découper le bois suivant des courbures prononcées. || Scie à main, petite scie emmanchée ou montée sur un châssis très-simple. || Scie à bras, grande scie des scieurs de long ; elle se manœuvre verticalement, et son emploi exige deux hommes. || Scie à tronçonner, scie employée pour couper des troncs d'arbres ou de fortes pièces de bois. La scie passc-partout, destinée au même usage, se compose d'une lame dont les dents sont taillées de manière à agir dans les deux sens; cette lame n'est pas montée sur un châssis, mais porte une poignée à chacune de ses extrémités. || Scie anglaise, petite lame extrêmement étroite, à laquelle on communique un mouvement alternatif au moyen d'une pédale, et qui sert à faire des découpures dans des plaques de bois très-minces. || Scie mécanique, scie qui reçoit son mouvement d'une machine. Scie à mouvement alternatif. Scie circulaire; cette dernière se compose d'un disque métallique monté sur un arbre qui lui communique un mouvement de rotation; on l'emploie pour couper des pièces de bois de peu d'épaisseur ou des pièces de métal, des rails de chemins de fer principalement. |1 Scie à ruban, scie qui se compose d'une lame étroite et flexible enroulée sur des poulies qui la mettent en mouvement. Il 2* Instrument analogue qu'on emploie en chirurgie. Scie droite, espèce de large couteau dont le tranchant est remplacé par des dentelures, et dont le dos est surmonté dans toute sa longueur par une tige de fer qui maintient la lame et lui donne la pesanteur convenable. || Scie à chaînette, scie qui consiste en une petite chaîne semblable à une chaîne de montre, mais dont les

paillons (petites lam<^s allant d'un chaînon à l'autre) sont armés de dents sur un de leurs bords, de manière à forir.er une série de petites scies articulées les un''.-, à la suite des autres. || Scie circulaire ou i molvitte, scie qui consiste en un disque dentelé, qui autrefois était mù par un axe central, mais qui aujourd'hui, par suite de nombreuses modifications, reçoit son impulsion de la circonférence au moyen de diverses roues à engrenages et agit ainsi avec une force beaucoup plus grande. || 3* Terme de marbrerie. Lame de fer doux sans dents, pour débiter la pierre et le marbre. Les marbres divisés ont crié sous la scie, ST-LAMB. Sais. IV. Il 4- Trait de la scie, la marque faite sur l'endroit qu'on veut scier. || Le trait de la scie, se dit aussi de ce que la scie emporte du bois ou de la pierre qui est sciée. || Trait de scie, chaque coupe qui est faite dans un morceau de bois, dans un bloc de pierre. Cette voie de bois a été coupée en deux traits do scie, c'est-à-dire que chaque bijche a été partagée en trois morceaux. Il 5" Sorte de supplice usité dans l'antiquité, en Orient. Ayant fait sortir les habitants, il [David] les coupa avec des scies, fît passer sur eux des chariots avec des roues de fer, saci. Bible, Rois, II, XII, 34. Il était très-difficile de distinguer le faux prophète du véritable; c'est pourquoi Manassé, roi de Juda, fit périr Isaîe par le supplice de la scie, volt. Moeurs, introduction. || 6' Fil de fer avec lequel le potier de terre détache l'ouvrage de la surface du tour. || Plaque de fer ronde dont le lapidaire se sert pour user les pierres. || 7" Un fer de scie, deux scieurs de long manœuvrant ensemble une scie. La journée d'un fer de scie est de tant. || 8° Terme de médecine. Bruit de scie, en auscultation , bruit ressemblant au frottement d'une scie sur du bois; on le perçoit surtout dans les maladies du cœur et les lésions des orifices cardiaques. || 9'Terme d'histoire naturelle. Poisson de mer dont le museau se prolonge en une sorte de lame garnie de pointes des deux côtés. || Mouches à scie, groupe des hyménoptères porte-scie. Il 10° Terme de marine. Action de scier. || Faire scievogue, virer de bord. Quatre de leurs galères vinrent essayer leurs coursiers [canons de coursier); mais le Sceptre tira un coup de canon do 30 de sa sainte-barbe, qui les obligea au plus vite à faire scie-vogue, Relat. ducombat de Lipari, sjanv. (070, dans JAL. li 11° Scie de gondole , lame haute et large en fer, qui est à l'avant des gondoles, ainsi nommée parce qu'elle présente des dentelures; c'est un ornement (en italien, /erro délia gondola). En cet instant, au fond de ce canal obscur, brilla la scie d'une gondole, a. de mussf.t, iVouw. le Fils du Titien, ch. iv. || 12" Populairement, chose fatigante, ennuyeuse. Quelle scie d'aller là! || Scie d'atelier, et, quelquefois par abréviation, scie, tourment, mystification, refrain d'une monotonie préméditée, et répété d'autant plus de fois qu'il paraît agacer celui qu'on veut mortifier. La facétie.... prit les proportions d'une scie d'atelier, d'une scie dont chaque dent s'aiguisait aux dépens de mes côtes, pontmartin, les Jeudis de M. Charbonneait. || Monter une scie, organiser contre quelqu'un un ennui que tout le monde lui répète.

— HlST. xiu' s. Et sachiez que en flun de Nile est une manière de delfins qui ont sor le dos une eschine autele comme soie, dont il ocient le cocodril, BRUN. LATiNi, Trésor, p. <88. Or y faut il chaudière et sie, Clioses qui (aillent en ménage. Il xiv s. Mais nos François savoicnt trestout le convenant, Si orent apjrlé mainte sie treiichant, Emmanchées à plomb, Guescl. (9449. Commissures [du crâne] faites com dens de sée, H. de MONDEviLLE, C 12 verso. Une pièce de pré contenant environ zvi sées [scies, autant qu'un coupeur peut couper, scier], du cange, secare.

— ETVM.Voy. scier; wallon, soie; picard, soye; ital. sega.

SCIÉ, ÉE (si-é, ée), pari, passé de scier. Coupé avec une scie. Du marbre scié en plaque.

SCIE.M.MENT (si-a-man), adv. Avec connaissance de ce que l'on fait, avec réflexion. Celui qui ment sciemment en cet état [d'attrition, sans contrition], s'expose volontairement au péril moral de la damnation éternelle, suahez, dans pasc. l'roo. x. L'héritier qui s'est r^ndu coupable de recelé, ou qui a omis sciemment et de mauvaise foi de comprendre, dans l'inventaire, des efl"ets de la succession, est déchu du bénéfice d'inventaire. Code Map. art. 80 1.

— UIST. xvi* s. Les autres disent que Ciceron

sciemmeat ne feit pas semblant d'ouIr ni de sçavoir les indices que l'on lui vint descouvrir contre lui [César, lors de la conspiration de Catilina], AMYOT, Cie. 24.

— ÊTYM. L'anc. adj. scient, du lat. tcientem, sachant, et le suffixe ment; provenç. uientment; portug. et ital. scientemente.

SCIi;.NCE (si-an-s'), i. f. || !• Connaissance qu'on a de quelque chose. Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre conscience, MOL. Tart. IV, 5. La science des choses extérieures ne me consolera pas de l'Ignorance de la morale au temps d'affliction; mais la science dei mœurs me consolera toujours de l'ignorance des choses extérieures, pasc. l'ens. vi, 41, édit iiavet. Il n'y a que la science des choses, c'cst-à-diro celle qui a pour but de satisfaire notre esprit par la connaissance du vrai, qui puisse avoir quelque solidité, NICOLE, Est. de mor. traité i, ch. 7. Fatal présent du ciel, science malheureuse, Qu'aux mortels curieux vous êtes dangereuse I Pliitaux cruels destins, qui pour moi sont ouverts. Que d'un voilo éternel mes yeux fussent couverts I volj. Œdipe, m, 4. Il Savoir quelque chose de science certaine, d'une certaine science, le savoir d'une façon tout à fait sûre. Mine de Guémené me dit qu'elle savait de science certaine que le cardinal croyait que j'en avais été l'auteur [des barricades), retz, n, H7. Je sais de science certaine que jamais Louis XIV ne fit une réponse si peu convenable [j'ai toujours été maître chez moi, quciquefoi» chez les autres; ne m'en faites pas souvenir], VOLT. Louis XIV, 24. Il Parler de quelque chose de science certaine, en parler comme parfaitement informé. Ce qu'elle vous en dit est assurément vrai; Je puis vous en parler de science certaine, BOLRSAULT, FaU. d'Ésope, l, 3. || De notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, ancienne formule des édits et déclarations du roi. !1 L'arbre do la science du bien et du mal, l'arbre du paradis terrestre dont Dieu avait interdit le» fruits à Adam. || 2° Ensemble, système de connaissances sur une matière. Toutes les sciences qui sont soumises à l'expérience et au raisonnement, doivent être augmentées pour devenir parfaites; les anciens les ont trouvées seulement ébauchées, et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous ne les avons reçues, pasc. Fragm. d'un traité du vide. De là vient que, par une prérogative particulière, non-seulement chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais que tous les hommes ensemble y font un continuel progrès à mesure que l'univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges dlITércnls d'un particulier, id. ib. Nous voyons que toutes les sciences sont infinies en l'étendue de leurs recherches, id. Pens. i, l, éd. HAVET. J'avais passé longtemps dans l'étude des sciences abstraites.... quand j'ai commencé l'étude de l'homme, j'ai vu que ces sciences abstraites ne lui sont pas propres, et que je m'égarais plus de ma condition en y pénétrant que le» autres en les ignorant, lu. ib. vi, 23. Les science» ont deux extrémités qui se touchent : la première est la pure ignorance naturelle où se trouvent tous les hommes en naissant; l'autre extrémité est celle où arrivent les grandes âmes, qui, ayant parcouru tout ce que les hommes peuvent savoir, trouvent qu'ils ne savent rien, et se rencontrent en cette même ignorance d'où ils étaient partis, iD. ib. m, 48. La science est ou des mots, ou des faits, ou des choses, nicole, Ess. de mor. i" traité, ch. 0. Les sciences no viennent-elles pas aux savants, comme les richesses viennent à la plupart des gens riches? n'est-ce pas par voie de succession? vous héritez dos anciens, vous autres hommes doctes, ainsi que nous de nos pères, FONTEN. Dial. 2, Morts mod. L'Ingénu faisait des progrès rapides dans les sciences, et surtout dans la science de l'homme, volt. l'Ingénu, U. C'était une ancienne tradition passée de l'Egypte en Grèce, qu'un dieu ennemi du repos des hommes était l'inventeur des sciences, j. i. Rouss. Disc, rétabl. des sciences. Une science bien traitée n'est qu'une langue bien faite, condil. (Euvr. t. xxm, p. 7. Il n'y a plus qu'un bouleversement général du globe qui puisse éteindre les sciences, les arts, et ensevelir les noms des hommes célèbres qui le» ont cultivés, dider. Lett. à Fokonel, janv. 4 866. Les sciences sont une espèce de grand édifice auquel plusieurs personnes travaillent de concert; les uns, à la sueur de leur corps, tirent Ic

SCI

pierre de la carrière, d'autres la tratnont avec effort jusqu'au pied du bâtiment, d'autres l'élèvent à force de bras et de machines^ mais celui qui la met en œuvre et en place a le mérite de la construction, d'alemb. Élém. de philos, ch. 21. Si l'on ne doit dater l'origine d'une science que du temps où la méthode d'y découvrir la vérité a été développée, co»DORCET, Bucquet. Ceui qui contribuent par leurs découvertes aux progrès des sciences, et ceux qui les font respecter en les rendant utiles, ont également droit à l'estime des hommes et doivent nous être également chers, id. Montigni. Les sciences, sans bornes comme la nature, s'accroissent à l'infini par les travaux des générations successives, laplace, Exp. v, b. Moins par sa nature une science renferme de faits, plus tôt elle arrive à la perfection, destutt-tbact , Instit, lîém. se. mor. et pol. t. i, p. 39i. Il n'est de véritable science que celle qui n'est point fondée sur l'autorité ; car la science n'est point une croyance, mais une expérience, cambacérès, Instit. Mém. se. mor. et pol. t. ni, p. <2. C'est une belle application des sciences exactes que d'avoir su déterminer les dimensions de ce globe que nous habitons, et d'avoir fait de sa grandeur le type invariable d'une mesure universelle, biot, Instit. tiém. se. t. ni, p. lxxiv. La science d'une chose est l'ensemble des lois de cette chose, onBAMEL, Iféthodes dans les se. de raisonnement 1" part. p. 29. Il Science de raisonnement, science dans laquelle les vérités pourrout Stre obtenues par le seul raisonnement, eu iiartant de données admises, d'aiiomes, de principes primitifs. || 3- Savoir qu'on acquiert par la lecture et par la méditation. Et, c'est mon sentiment qu'en faits, comme en propos, La science est sujette à faire de grands sots, mol. Femmes sav. iv, 3. Nous voulons montrer à de certain» esprits. Dont l'orgueilleux savoir nous traite avec mépris. Que de science aussi les femmes sont meublées, m. ib. m, 2. Quiconque est riche est tout.... Il a, sans rien savoir, la science en partage, BOIL. Sot. vm. Si la science et la sagesse se trouvent unies en un même sujet, je ne m'informe plus du sexe, j'admire, la bruï. m. Mes amis, une fausse science fait des athées; une vraie science prosterne l'homme devant la Divinité, volt. Dial. ixiv, )0. Il Demi-science, science imparfaite, superficielle, bornée. Nous achevons le Tasse avec plaisir ; nous y trouvons des beautés qu'on ne voit point, quand on n'a qu'une demi-science, sÉv. 67. Il Le zèle et la science, voy. zèle. || 4 Terme de théologie. Science de simple intelligence, faculté par laquelle Dieu se connaît lui-même. || Science de vision, celle qui fait connaître toutes les choses à l'Être suprême. || Science moyenne, celle par 'aquelle Dieu apprécie les conséquences de telle ou telle cause. || La science infuse, celle qui rient de Dieu par inspiration, ou qu'on nous suppose donnée par la nature. || Familièrement. Il croit avoir la science infuse, se dit d'un homme qui se croit savant sans avoir étudié. || B° Connaissance de certaines choses utiles à la conduite de la vie, à celle des affaires. Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos, ualb. Tl, 18. La science des saints, selon le sentiment de tous les Pères, n'est rien autre chose que la science du salut, boubdal. Fête des saints, Myst. t. n, p. 446. Si dans les droits du roi sa funeste science [d'un financier] Par deux ou trois avis n'eût ravagé la France, boil. Sat. i. Cette défiance Est toujours d'un grand coeur la dernière science, EAC. Brit. I, 4. J'ai vu Burrhus, Scnèque, aigrissant vos soupçons. De l'infidélité vous tracer les leçons. Ravis d'être vaincus dans leur propre science, ID Brit IV, 2. Faut-il apprendre à feindre? Quelle science, hélas I volt. Alx. i, 4. || 6' Science du monde. J'entends ici par la science du monde, l'art de se conduire avec les hommes pour tirer de leur commerce le plus grand avantage possible, sans s'écarter néanmoins des obligations que le monde impose à leur égard, d'alembert, Uélanges, etc. t. v, ^ 6. || 7" La science du coeur, la connaissance des sentiments. Jusqu'à quel point ils [les romans de notre siècle] ont poussé la science du cœur, PONT. Réft.poit.V2. \\ Dans un sens analogue. Cet incomparable morceau [Moi jalouse 1 — Phèdre de Racine] offre une gradation de sentiments, une science de la tristesse, des angoisses et des transports de l'âme que les anciens n'ont jamais connue, ciiATEAUDii. Génie, n, m, s. si Ton suivait les détails [de la mort de Clarisse Harlowe], si nous pouvions avoir ici la patience d'un lecteur solitaire, quelle science prodigieuse de douleur

sa

n'bpercevrions-nous pas dans toutes les nuances par lesquelles le poète a gradué le désespoir de ses personnages! villemain, Litt. franc, xviii* siéeU, )'• leçon. Il 8* Terme de beaux-arts. Se dit de tout ce qui peut se réduire en règles ou en préceptes. 119° Terme de marine. Ligne de science, ligne qui marque la limite supérieure du doublage en cuivre de la carène. || 10" Toute-science, voy. toute- SC3KNCE, à son rang.

— SYN. SOENCE, ART. Au point de vue philosophique, ce qui distingue l'art de la science, c'est que la science ne s'occupe que de ce qui est vrai, sans aucun souci de ce qui peut être utile ; et que l'art s'occupe seulement de ce qui peut être utile et appliqué. L'agriculture est un art qui s'appuie sur diverses sciences: l'histoire naturelle, la géologie, la chimie. A un autre point de vue, la science consiste surtout dans la théorie, l'abstraction; et l'art, dans l'application, la pratique. La rhétorique est la science qui traite de l'art qu'on appelle l'éloquence.

— HIST. XI* s. Puis sunt muntez [à cheval] e il unt grant science [de guerre], Ch. de Roi. ccxiv. Il xn" s. Tote escience [ils] orent à main, benoît, I, V. 473. Quant um devra l'iglise selunc Deu conseiller. Science et genterise en covient esluigner, Th- le mart. »i. || xnr s. L'en doit requerre trois choses en celui qui est e^leuz, c'est à savoir drelt aage.lionesté de bbnes mors, escience convenable, Liv. de j'ost. 30. Il XV" s. Adonc respondirent plusieurs cardinaux et tous d'une science [unanimement] ; l'ère saiiict, le cardiual d'Amieus parle bien, froiss. Liv. iv, p. 308, dans lacurne. ||ivi's. Sçavoir de certaine science que.... mont. 1,203. Une consolation en la perle de nos amis, c'est la science de n'avoir rien oublié à leur dire, id. n, 83. Il rendit fidelementl'argentcommisàsa seule science, id. m, u. Je ne traicte d'aulcune science que de l'inscience, id. IV, 22t. Nosancestres disoyent : diligence passe science; mais aucuns aujourd'hui disent : patience passe science, h. est. Précell. 165. Science sans fruit ne vaut gueres, leroux de uncy, Prov. t. ii, p. U8. Grand science est folie, si bon sens ne la guide, ID. ib. p. 303. Une science requiert tout son homme, cotghave. Mais le vice n'a point pour mère la science. Et la vertu n'est point fille de l'ignorance, d'aub. Tragiques, Princes.

— ÊTYM. Provenç. SM'ensa; espagn. ct>ncio;ital. scienia ; du lat.scienh'o, qui vient de sciens, part, présent de scire, savoir; rad. sanscrit, ki, savoir, kdy, remarquer, l'un et l'autre, de chid, pouriitd, fendre; le sens de transition à l'idée intellectuelle est discerner.

f SCIÈNE (si-ê-n'), ï. f. Genre de poissons de l'ordre des acanthoptérygiens, où l'on distingue la sciène aigle, de Cuvier, dite vulgairement maigre et aigle de mer (Europe).

— ETVM. Lat. scia'na, du grec «xlaiva.

f SCIÉNOÏDES (si-é-no-i-d'), ». m. pi. Famille de poissons dont le type est le genre sciène.

SClENTIFIQCE(si-an-ti-fi-k'), adj. Qui concerne la science. Les matières scientifiques. Passez donc de l'autre côté; car cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques et étrangères, mol. Jfar. forcé, e. Il est nécessaire d'y faire [dans un dictionnaire] entrer tous les mots scientifiques que le commun des lecteurs est sujet à entendre prononcer, ou i trouver dans les livres ordinaires, d'alem. Œuv. t. m, p. (99.

— HiST. XIV' s. De ces parties une est scientifique ou spéculative, et l'autre est raciocinative ou pratique, oresme, Éth. (71. Et pour ce aussi que la proposition singulière laquele est le derrenier terme en ceste pratique, n'est pas universelle ne scientifique, c'est à dire que de elle n'est pas science, id. 199. ||xvi' s. 11 n'estoit pas des plus scientifiques du monde, despeb. Contes, Lxm. De quoy toute ceste scientifficque assistance s'esmerveilïa grandement, carlolx, vn, 23.

— ÊTYM. Lat. scientia, science, et facere, faire. Ce mot, qui paraît avoir été créé au xiV siècle, signifie : qui fait la science, et c'est aussi le sens qu'il a chez Oresme. Mais, avec le sens que nous lui donnons, il serait mieux avec la finale a{ ou aire : scienlial ou scientiaire.

SCIENTIFIQDEMENT (si-an-ti-fi-ke-man), adv. D'une manière scientifique. Procéder scientifiquement.

— ËTYM. Scientifique, et le suffixe ment. SCIER (si-é), je sciais, nous sciions, vous sciiez;

que je scie, que nous sciions, que vous sciiez, v. a. il 1° Couper avec une scie. Il y a des créatures de Dieu qu'on appelle des hommes, qui ont une âme

SCI

qui est esprit, dont toute la vie est occupée et toute l'attention est réunie à scier du marbre : cela est bien simple, c'est bien peu de chose; il y en a d'autres qui s'en étonnent, mais qui sont entièrement inutiles, et qui passent les jours à ne rien faire, c'est encore moins que de scier du marbre, LA brut. iii. Je n'ai pas voulu t'outragor en disant que toute ma famille a vu ton père scier du bois à la porte des Jésuites; c'est un métier trèshonnête et plus utile que le tien, surtout en hiver où il faut se chauffer, volt. Mél. lilt. Lett. d'un avocat de Besançon à Nonotte. ]\ Terme de marbrerie. Scier à contre -pa.sse, faire agir la scie parallèlement aux joints du marbre. |1 2* Couper les corps avec une scie, supplice usité jadis en Orient. Ils ont été lapides; ils ont été sciés; ils ont été éprouvés en toute nmnière, saq. Bible, St Paul, Éptt. ou» Uébr. xi, 37. Cette cruelle princesse commença par faire scier en deux Roiane... ROLLiN, Ilist. anc. Œuvr. t. iv, p. <04. dans pougens. Est-il possible qu'un homme aussi impitoyable que David, qui vient de scier en deux, d'écraser sous des herses, de brûler dans des fours ses ennemis vaincus.... volt. Philos. Bible expl. David. Il 3° En parlant des blés, couper avec la faucille. L'août arrivé, la touzelle est sciée, la FONT. Papef. Il 4' Fig. et absolument. Terme de manège. Scier du bridon ou du filet, faire aller et venir l'embouchure du frein, en tirant alternativement sur l'une et l'autre rêne. || 6° Terme de colère ou de dénigrement. Scier le boyau, jouer du violon plus qu'on ne voudrait, et quelquefois en jouer mal, en racler. De cascade en cascade, j'étais tombé là [chez un financier]; j'y étais comme un coq en pâte ; j'en suis sorti ; il faudra de rechef scierie boyau, dider. le Neveu de Rameau. || 6° Fig. et populairement. Scier quelqu'un, lui scier le dos, le fatiguer, l'ennuyer. || Tourmenter. On boit pour oublier ce qui vous scie. || 7° V. n. Terme de marine. Ramer en arrière, ramer à rebours, revenir sur son sillage; ce qui sert à éviter le revirement, en présentant toujours la proue. || Scier tribord, scier bâbord, faire agir à culer les avirons du côté droit ou du côté gauche de l'embarcation, pour la faire tourner horizontalement. || Scier partout, mettre les avirons des deux bords en mouvement. Il Anciennement, mettre les voiles à scier, orienter les voiles de manière à leur faire recevoir le vent sur leur face antérieure ; ainsi placées, elles font effort sur le mât et tendent à pousser le navire en arrière. Il [un vaisseau hollandais] me laissa après une heure et demie d'un feu fort vif, et, mettant ses voiles à scier, il se laissa dériver, Jfem. de Yillette-Mursay, (676, dans jal. || 8» Se scier, ». réft. Être scié. Les pierres tendres se scient à sec avec la scie à dents ; les pierres dures se scient avec une scie sans dents, au moyen de l'eau et du grès pilé, a. brongnlart, Traité de min, t. I, p. 207, dans pougens.

— HIST. in' s. Des uns [le roi] en fiad ses prevoz e cunestables, des altres vileins pur sa terre arer, e pur ses blez seer, e pur ses armes forgier, Ilois, p. 27. Il xm' s. Mes or vendent [les juges] les jugemens, Et bestornent les erremens. Et taillent et cuellent et salent; Et les povres gens trestout paient, la Rose, 6607. Tout soit ce qu'il y ait.... blés ou mars près à soier, ou prés à fauquier, beaum. xni, (I. Il XIV s. Et les grans pieux oït cheoir à une fois, Que nos gent ont scié sans noise et sans rebois, Guescl. i948i. Comme le dit Eslienne, la femme et un jeune valeton.... sciassent et aoustassent en une pièce de blé, du cange, ougustare. || xvi* s. Demagoras, craignant le choc de cette galère royale, n'oza pas choquer de la proue, ains feit habilement donner le tour à la sienne, et sier en arrière vers la pouppe, amïot, Lucul. 8. Le maistre, voyant qu'il ne pouvoit venir à bout de sortir hors de ceste embouchure, commanda à se» mariniers de scier en arrière pour retourner amont l'eau, ID. César, 49. Seyer le bled, hab. iv, 46. Sept ou huit petits garçons sur le point de la marée allèrent de nuit sier les cables, d'aub. Uist. a, 480.

— ÊTYM. Wallon, soy; picard, soyer; Bne,soyer, couper le blé ; Berry, scéyer; du lat. secare, couper.

SCIERIE (si-rie), s. f. Espèce d'usine oii plusieurs scies, mises en mouvement par un mécanisme, divisent le bois, le marbre, les pierres. Scierie de marbre. Scierie mécanique. || Machine i scier.

— ÊTYM. Scier; wallon, sdiereit.

SCIEDU (si-eur), s. m. || 1* Celui dont le métier est de scier. Il Scieur de long, celui qui scie le bois en long pour en faire des planches, qui scie le»

SCI

poutres pour en faire des solives, ou bien de» solives pour en faire des chevrons. || 2* Celui qui coupe les blés. Des scieurs pour couper le froment et le mettre en bottes, genus, Jfaùon rust. t. m, p. 28, dans rouGENS.

— iilST. ïiir s. Scorres [celui qui coupe les blés], Ordonn. des rois de Fr. t. v, p. 602. || xiv s. Item à chascun bled chascunconduict nous doit chascun an ung silleur et en fenauli un faulcheur, uu CANGE, selio. Il XVI' s. Ne le scieur ne va taillant Tant de moissons, lorsque nous sommes En esté, que toi bataillant Tailleras do chevaux et d'hommes, BONS. 44(S.

— ÊTYM. Scier; wallon, îoyeu.

SCILLE(si-l'), s. f. Genre de la famille des lilia-

cées, où l'on distingue la scille maritime, aussi dite simplement scille, scilla maritima, L., qui est usitée en médecine, surtout comme diurétique. Il Scille blanche, panerais maritime{voy. panckais, aux additions).

— l'.isr. XVI* s. La squiUe cuite sous la cendre, PARÉ, xïin, 23. Les racines et les morceaux de scille.... iD. XXV, 20.

— KTVM Lat. scilla, du grec ozi'Wa.

t SCILLITINE (3il-li-ti-n'),s. /". Terme de chimie. Principe actif de la scille maritime, et dont la nature est encore mal déterminée.

SCILLITIQUE (sil-li-ti-k'), adj. Terme de pharmacie. Oui contient de la scille. Oxymel scillitiquc.

— Ilisr. XVI* s. Un peu d'aloës dostrempé en oxymel scillitic, paré, xvi, 36. Vinaigre squillitique, 0. DE SERRES, 003.

— ÊTYM. I^t. scilliticus, de oxiXXitixo;, de ffxiX).«, scille.

t SCILLOTE (si-Uo-l', Il mouillées), s. f. Vase à puiser de l'eau dans une saline.

— KTVM. Dimin. de l'anc. franc, seille, seau. SCINDÉ, ËE (sin-dé, dce), part, passé de scinder. Publication scindée, publication par série.

SCINUEK (sin-dé), ». o. Couper, diviser, en parlant de questions, de propositions, de promesses, etc. 11 serait profondément coupable de vouloir scinder, pour ainsi dire, le serment que nous avons prêté, et de séparer aucune des parties qui le composent, miraueau, Colieclion, t. v, p. 304.

— REM. Ce mot est, dit-on, dii à Mirabeau. Le fait est qu'il n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 1835.

— ETYM. Lat. îci'ndere; comparez le grec c^îCsiv, fendre; allem. scheiden; goth. scoidan, séparer; ganser. c/ii(i, fendre.

SCINQUE (sin-k'), s. m. Reptile saurien du Levant que les anciens regardaient comme aleiipharmaque et aphrodisiaque.

— ÊTYM. Lat. scincus, du grec ctxîyxo;.

SCINTILLANT, ANTE (sin-til-lan, lan-t'; plusieurs mouillcnl les II) , adj. \\ 1° Qui scintille. X mes vities scintillantes II [l'hiver] trace des (leurs brillanles, dérano. Hiver. \\ Kig. Je voudrais finir par quel(|ue chose de beau, de brillant, de scintillant, qui eiit l'air d'une pensée, beaumarch. Barb. de Sév. I, 2. Il 2° Terme de minéralogie. Faisant feu sous le briquet.

SCINTlLLATION{sin-til-Ia-sion ; plusieurs mouillent les II; en vers, de cinq syllabes), s. f. || 1° Terme d'astronomie. Vif mouvement d'agitation qu'on observe dans la lumière des étoiles, et dont la rapidité produit l'illusion de véritables étincelles. Quelles flammes brillaient dans mes deux prunelles, et effaçaient la scintillation des étoiles, comme disaient les poètes du quartier! volt. Candide, XI. Pour une personne regardant à l'œil nu, la scintillation consiste en des changements d'éclat des étoiles très-fréquemment renouvelés; ces changements sont le plus souvent accompagnés de variations de couleur, arago. Astronomie popul. V, 10. Il 2" Action de faire feu sous le briquet. On se persuade de même la nécessité de l'air pour tirer des étincelles d'un caillou avec un briquet, parce qu'il n'y a point de scintillation dans le vide lorsque le caillou y est frappé, sennebier, Art d'observ. t. ui, p. 20, dans pougens.

— ETYM. Prov. scintiltacio; ital. scintillazione; du lat. scintillationem, de scintillare, scintiller.

t SCINTII.LE.MENT (sin-til-le-men; plusieurs mouillent les H), s. m. Synonyme de scintillation. Les étoiles, vues au télescope, sont innombrables; leur scintillement prouve qu'elles brillent d'une lumière qui leur est propre, bonnet, Conlempl. nat. 1, 6. Il Fig. Un faiseur de pensées songe souvent à être applaudi plus qu'à être entendu, et se laisse aller à un petit scintillement qui éblouit sans éclairer, phi.nce ds ugne, Mélanges, xu, 4î.

SGI

— ÉTYM. Provenç. (ci'na'ltem«n(,- it&l. tcintillamento, du lat. scintillare, scintiller.

SCINTILLER (sin-til-lé; plusieurs mouillent les U), i\ n. Il 1* Jeter un éclat comparé à des étincelles. Maisj'ai vu scintiller le diamant.... Il rayonne à vos doigts, il pare vos cheveux, deul. Trois régnes, IV. Du genre humain saluons la famille: Mais qu'ai-je dit? pour<iuoi ce chant d'amourî Aux feux des camps le glaive encor scintille.... béhang. Quatreiiges. \\ 2" Particulièrement. Termed'astronomie. Jeter, en parlant des étoiles, une lumière comparée à des étincelles. || Il se conjugue avec l'auxiliaire at;otr.

— iiiST. XVI* s. Tout ainsi qu'un (lambeau, quand l'humeur nourricière Commenoe à luy faillir, jette haut sa lumière. Et scintille plus fort sur le point qu'il défaut, despohtes. Amours d'Hippolyte, Lxxxviii, Stances.

— ETYM. Provenç. sintillar; espagn. centellar ; ital. scintillare; du lat. scintillare, de scintilla (voy. étincelle). Les étymologistes rattachent scintilla à un radical tcini (ou spint, grec amvW.p, étincelle), qui est le même que cond, être brillant.

SCIOGIlAPIIIE(si-o-gra-fie), J. f || 1" Terme d'architecture. Dessin d'un édifice qu'on représente coupé sur sa longueur ou sa largeur, pour en faire voir les dedans, c'est-à-dire toute la disposition intérieure, l'épaisseur des murs, les portes, les passages. Il À présent on appelle coupe le dessin qui fait voir l'intérieur d'un bâtiment; et les ombres y donnent une idée de la quantité dont la coupe est en saillie sur le fond; sciographie ne s'emploie plus guère qu'en parlant de l'antiquité. Il 2* Terme d'astronomie. Art de trouver l'heure par l'ombre des astres.

— ÊTYM. IxiOTpoifîot, de ay.ià, ombre, et yçiftw, décrire.

t SCIOLTO (chiol-to), s.m. Terme de musique. Mot italien qui, placé sous un trait de chant, indique que les notes doivent être détachées. !| Se dit aussi d'un canon, d'un contro-point, affranchis des règles strictes de ces sortes de compositions.

— ÉTYM. Ital. scioUo, lâché, détaché.

t SCIOMACUIE (si-o-ma-chie), s. f. Voy. suama-

CIIIE.

SCION (si-on), s. m. || 1* Petit brin, polit rejeton tendre et très-flexible d'un arbre, d'un arbrisseau. Il Fig. Et fais renaître de leur souche Des scions si be-iux et si verts.... malii. Il, 4. || 2* Deuxième âge de l'œil, développement du bourgeon; le développement du scion s'appelle rameau. H 3* Jeune branche destinée à être greffée. || i' Baguette pour battre, fustiger. Commençons par ce corps d'albâtre qu'il [l'Amour] appelle le temple de la blancheur; prenez vos scions, filles de la Nuit, cl me l'empourprez si bien [le corps de Psyché], que cette blancheur ne trouve pas même un asile en son propre temple, la font. Psyché, 11, p. ("3.

— HIST. XIII* s. IJien est en lui repris li germes D'araors, si qu'il monte en cion, iiomon de la Poire. Ire le sieut [suit] de près, qui a plusieurs cions. Rancunes et haines, plaiz et detraccions, Murdres et omicidesetgranz occisions, j.demeuno, Test. <"09. Por quoi il me plest que je face De lui (une damoiselle] bêle description; Ce fut le plus gentil cion Où Diex meïst onques nature, iteraugis, p. 3. ]]xv* s. Ainsi que dit ce proverbe commun : de bonne souche bon syon, Bouciq. I, 2. ]| XVI* s. Bref il congneut que toute nation Ployoit soubs luy comme au vent lésion, marot, l, <60.

— ETYM. Picard, chion. D'après Diez, scion représente le lat. sectionem, de secare, couper; c'est ainsi qu'en allemand scion se dit Sclinittliitg, de sclineiden, couper; le sens concret de scton entraînant le genre masculin. Cette étymologie est fort probable; cependant, en ce cas, le picard devrait dire joyon.

f SCIO.NNER (si-o-né), v. a. Terme provincial. Battre avec un scion, avec une verge. 11 faut scionner ce petit drôle.

j SCIOPTiyUE (si-o-pti-k"), adj Qui concerne la vision dans l'ombre. || Sphère scioptique, instrument de verre percé d'un trou cylindrique qui contient une lentille.

— ErVM. £xii, ombre, et jTittoOai, voir.

t SCIO TTE (si-o-f), s. f. Scie à main sans dents dont se servent les marbriers. Il Sciotte tournante, morceau de tôle cylindrique mù par un fut, et qui sert i enlever un noyau dans un bloc de marbre.

— ETYM. Dimin. de scie.

t SCIorrER (si-o-té), V. a. Trancher avec la sciotte.

t SCiaOPUORlON (si-ro-fo-ri-on), i. m. Mois

SCL

athénien, qui était le dernier de l'année, il correspondait à partie de juin et de juillets

— ÊTYM. Ïxipo9opià>v, de ox(pov, sorte du parasol qu'on portait dans certaines fêles, et f^pi.v, porter.

t SCinPE («ir-p"), ». m. Genre decypëracées.

— ÊTYM. Lat. «cirpui, jonc ; comparez ^i«j>, natte, et l'allem. Schilf, jonc.

t StlIinHOPimiALMIE (si-rro-fl«l-mie„ ». f. Synonyme de scLÉiioniTiiALMiE.

— ÊTYM. rxi|5jSo;, dur, et 0f6»).|i4!, œil.

t SCIRRIIOSE(si-rrô-s'),». /. Terme de médecine. Dégénération squirrhcuse.

— ErvM. £i'.i(5^'iu, durcir, de oxff f uc, dur. SCISSILE (si ssi-l'), adj. Terme de minéralogie.

Qui peut être fendu. L'ardoise est scissile.

— lilST. XVI* s. Scissile, cotgrave

— ETYM. Lat. tcissilis, de tcittum, supin de scindere, fendre (voy. scinder).

SCISSION (si sion ; en vers, de trois syllabes), t.f. Il 1* Division dans une assouiblco politique, dans un parti, dans un État, etc. Très-souvent il se fait une scission secrète, une confédération tacite, qui, pour des vues particulières, fait éluder la disposition naturelle de l'assemblée, j. j. rouss. Écon. polit. Tout achemine à cette scission [la rupture de la dépendance entre l'Europe et le nouveau monde), et le progrès du mal dans un monde, et les progrès du bien dans l'autre, ratnal, llist. phil. xviii, 61 Il 2* Partage des opinions ou des voix dans les vote». Il y a eu une grande scission entre les opinants. ]| 3* Terme de physiologie. Synonyme de fissi parité.

— ETY'M. Ljt. scissionem, de scissum (voy. sassile).

SCISSIONNAIRE (si-sio-né-r'), adj. || 1* Il se dit de ceux qui font scission dans une assemblée politique. |] Substantivement. Lesscissionnaires.|| 2* Qui a rapport à une scission, à une séparation. La crise scissionnaire qui a éclaté entre le Nord et le Sud des États-Unis.

— ETYM. Scission.

t SCISSIPARE (si-ssi-pa-r'), adj. Terme de physiologie. Synonyme de fissipare.

— ETYM. Lat. scissum, fendu, et parère, enfanter.

t SCISSIPARITÉ (si-ssi-pa-ri-té) , ». f. Voy. FissiPARiTÉ. Il Par extension. Elles [les étoiles filantes] naîtraient donc des comètes par une sorte de scissiparité suivie de diffluence, v. ueunieb, Opinion nationale, 2 avril <807.

SCISSURE (si-ssu-r'), ». f. Terme d'analomie. Fente que présentent certains os pour le passage de petits rameaux vasculairesou nerveux. Scissure glcnoîdale ou de Glaser. || Sillons dont est creusée la surface de certains organes parenchymateux. La grande scissure ou le sillon horizontal du foie. Il Scissure de Sylvius, enfoncement que présente la base du cerveau, et qui sépare les lobes antérieur et moyen.

— HlST. XVI* s. L'os du bras est aucunement caTe sous la scissure de la leste [canal du tendon du

biceps], PARÉ, IV, 25.

— ETYM. Lat. scisîuro, de ici'îîum (voy. scissas). SCIURE (si-u-r'), t. f. Poudre qui tombe d'un

corps qu'on scie. Sciure de bois. Sciure de marbre.

— HIST. XVI* s. Sciure, cotgrave.

— ETYM. Scier.

t SCICROPTÈRE (si-u-ro-ptè-r'), ». m. Genre de l'ordre des rongeurs, où l'on dislingue : le sciuroptêre volucelle, nommé polatouchc parBuffon, assapan par Frédéric Cuvier, et assapanick en Virginie; il se trouve au Canada et aux États- Unis ; et le sciuroplére sibérique, que certains auteurs ont appelé sapan, legoabant.

— ETYM. ii/.ioupo;, écureuil ido oxtà, ombre, et oùpà, queue), et TiTcpèv, aile.

t SCLARI.E (skia-réc), ». f. La sauge sclarée ou la sclarée, talvia iclarea, L., dite aussi orvale, toute-bonne.

f SCLADNAGE (skiô-na-j'), ». m. Travail des sclauncurs.

f SCLAUNEUR (sklô-neur), ». m. Nom donné, dans les houillères du Hainaul, aux ouvriers emplové 'mnsport du charbon dans l'intérieur de lai'

■tXfiR.... SCLf.RO.... mot qui entre encompoiiiion de plusieurs termes scientifiques, qui signifie dur, et ijui vient du grec oxXr.po;.

t SCI.f.HANTIIE (sklé-ran-f), ». m. Terme de botanique. Kspèce de fruit composé de la graine soudée avec la base du périgone endurci et persistant, par exemple dans la bellc-de-nuit.

— ÊTYM. ScUr..., et àvOoc, fleur.

Page 1