SEG
peuples séduits par cet hypocrite. || Il s'est dit d'une méprise. Rosidor, séduit d'un faux cartel, CORN. CUl. I, 5.
t SÉFEUIUQUE (sé-fê-rri-k'), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un sel qui contient six fois autant d'oxyde de fer que d'acide.
— ÊrY.M. Lat. sejc, six, et ferriqtte.
t SP-OfiTAL, ALE (sé-jé-tal, ta-l'), adj. Terme de bolauique. Qui croit dans les champs de blé.
— ETVM. Lat. tegetalis, de seges, moisson. SKG.ME.NT (sè-gman), s. m. || 1* Partie d'un tout.
On n'a point encore pénétré dans ce segment du globe (les terres australes] ; et il faut avouer qu'il vaut mieux cultiver son pays que d'aller chercher les glaces et les animaux noirs et bigarrés du pôle austral, volt. Uœurs, (53. 1|2* Terme d'anatomie. Partie d'un organe distincte d'une autre partie, bien que continue avec elle. Segment inférieur de l'utérus, le col utérin. Segments do la trachée, le» anneaux cartilagineux de la trachée. ||3"Terme de géométrie. Portion déterminée dans une ligne, une surface, un solide par une ligne ou une surface qui les coupe. || Segment de ligne droite, longueur déterminée sur une ligne droite par une ligne qui la coupe. La perpendiculaire abaissée du sommet de l'angle droit d'un triangle rectangle sur l'hypoténuse est moyenne proportionnelle entre les deux segments. || Segment circulaire, portion de la surface d'un cercle comprise entre un arc et la corde qui le sous-tend. Un segment capable d'un angle donné est celui dans lequel cet angle peut être inscrit. Il Segment sphérique, portion du volume de la sphère comprise entre deux plans parallèles dont l'un peut être tangent.
— ÊTYM Lat. segmeiilum, de secare, couper.
t SEGMENTAIRE (sè-gman-tê-r'), adj. Terme didactique. Qui est formé de plusieurs segments.
j SEGXO (sè-gno), î. m. Terme de musique. Mot italien qui veut dire signe. On l'emploie danscctte locution: al segno, qui, sur les partitions, signifie qu'on doit reprendre le morceau à partir du signe indiqué.
SÉGRAIRIE (sé-grè-rie), t. f. Bois possédé par indivis ou en commun, soit avec l'Etat, soit avec des particuliers.
— REM. L'orthographe et la prononciation par g de s^grairicet iégrais, qui sont de même formation que secret, montrent combien la prononciation par g de secrel, aujourd'hui vieillie, est ancienne.
— HlST. xni* s. De la seneschaucéo de la Flèche et de la segraierie de la forcst de Mellinais, ne CANGE, secretarius.
— ÊTYM. Anç. franc, s^grazer, garde d'une ségrairie, en bas-lat. secretarius (voy. SECH^XAinE).
SÉGR.\lS(sé-grê), s. m. Use dit des bois qui, séparés des grands bois, sont coupés et exploi tés à part.
— ÊTYM. VOV. SÉGHAIRIE.
t Sf-GRÉGATIF, IVE (sé-gré-ga-tif, ti-v'), adj. Qui divise, qui sépare plusieurs objets les uns des autres.
— ÉTYM. Lat. segregativus, de segregare (voy. ségrégation).
SÊGRÉGATIOX (sé-gré-ga-sion; en vers, de cinq syllabes), s. f. Action par laquelle on met à part, on sépare d'un tout, d'une masse.
— HlST. xvi's. Apres cela, la ségrégation faicte par eux mesmes de leurs députez d'avec les autres qui n'estoient que de la suite, ils entrèrent, carloi.\,!v, 5.
— ÊTYM Lat. scgrcgalionem, de segregare, de iegrex, séparé, de se, indiquant séparation, et grex, troupeau.
t SEGKfiGATIVEMENT (sé-gré-ga-ti-ve-man) , adv. Séparément; d'une manière ségrégative. Les voix prises par masses et collectivement vont toujours moins directement à l'intérêt commun que prises ségrégativemcnt par individus, J. j. rouss. Pologne, 7.
t SEGUE (sé-goué). Terme de musique. Mot italien qui veut dire : suis. On l'emploie sur les partitions, pour indiquer que l'on doit continuer à exécuter ce qui suit, comme on a exécuté ce qui précède, quoique le passage ne soit plus indiqué qu'en abrégé. || Segue l'aria, segue l'allégro, indiquent que l'on doit attaquer sans interruption l'air, l'allégro oui suit.
t SfiGt'EDILLE (se-ghe-di-ll' , iJ mouillées), s. f. Genre de chanson espagnole ; air de chant et de danse, à trois temps et d'un mouvement animé, avec une ritournelle. 1| Danse sur cet air. Il se met en marche à reculons, danse en chantant la séguedille suivante, beaumarcu. ilar. de Fig. ii 23. Il On dit aussi séguidille.
— ETYM. E.sp. teguidilla.
SEI
SEICnK (sè-ch*), ». f. Voy. sècHE.
f SCiDE (sc-i-d'), t. m. Sectateur dévoué, fanatique, capable de commettre un crime par zèle religieux, etc.
— ÉTYM. Séide, personnage de la tragédie de Mahomet par Voltaire ; il est dévoué au prophète jusqu'au point de commettre un assassinat par son ordre.
t SËIDISMB (sé-i-di-sm'), (. m. Disposition d'un séide.
SEIGLE (sè-gl"), s. m. || 1° Genre de la famille des graminées. Une gerbe de seigle. Terre à seigle. Il Seigle multicaulc, variété dite aussi seigle de Saint-Jean ou de la Saint-Jean, parce qu'elle peut être semée du 20 au so juin; importée en France en 1835 de la Hesse électorale. || Faire les seigles, couper les seigles. || On l'a battu comme seigle vert, on l'a bien battu, parce que le grain vert sort difficilement de l'épi de seigle. || Les seigles,
un champ de seigle le pâtre, au loin accroupi
dans les seigles, v. hugo. Voix, 4. || 2* Le grain que produit cette graminée. Le pain de seigle est moins blanc et moins nourrissant que le pain de froment. Il Seigle ergoté, seigle affecté de l'ergot.
— msr. xiii* s. Tout froumant, tout blé, tout orge, tout seigle, tout pois, totes fèves, Liv. des met. 303. Si comme li aucuns, quant ce vient el tans d'esté, prestent as besongneus soile, en tele manière qu'il en rendront fourment après aoust, BEAUU. Lxviii, 3. Et pains de soile est mult boins à mangier en l'eve froide, alehrant, f° 33. ||xvrs. Deux espèces de segle, dont l'une est de l'hyver, et l'autre du printemps : ccste ci par aucuns estant appellée tremeze. Les fromens sèmeras en la terre boueuse , Les segles logeras en la terre poudreuse, 0. DE SERRES, 108. Puys il courut après, tant qu'il attrapa les derniers, et les abattoyt comme seille, frappant à tort et à travers, rab. Garg. i, 43. La seigle deue en d'autres lieux à cause des bœufs arants, Coust. gén. t. 11, p. 61 0.
— ÉTYM. Berry, seiile, s. f.; picard, sotie; namur. soi'i; provenç. seguej; catal. segol; ital. ségale, ségola; du lat. secûle, seigle. Les formes romanes proviennent non pas de secûle, mais de secûle prononciation vicieuse quia fait déplacer l'accent.
t SEIGNETTE (sè-gno-f). Sel de Seignette, voy.
SEL, n° B.
SEIGNEUR (sè-gneur; au xvi' siècle, d'après Palsgrave, p. to, on prononçait sei-nieur; et d'après Pelletier, p. <I3, si-gneur), s. m. || 1° Celui qui a l'autorité féodale sur certaines personnes ou sur certaines propriétés. Rendre foi et hommage à son seigneur. Il est seigneur de cinq ou six paroisses, sÉv. 401. Sans commettre l'autorité du roi son seigneur, la reine d'Angleterre employait son crédit à procurer un peu de repos aux catholiques, Boss. Kcine d'Ànglet. Le peuple a peu gagné à l'abaissement des seigneurs; ceux-ci ont ericoro plus perdu ; mais il est plus avantageux à l'État qu'ils aient tout perdu, que s'ils avaient tout conservé, duclos, Consid. mœurs, 6. || Fig. Les grands apôtres eux-mêmes, pleins de cet esprit qui est le seigneur des sciences et la sourpe des lumières, MASS. Corftne, Vérit. cuKe. || 2° Par extension. Maître, possesseur d'un pays, d'un État. Ne ccjnnaissant que vous de maître et de seigneur, MAIRET, Solim. n, 6. Oser arrogamment se vanter à mes yeux D'être juste seigneur du bien de nos aïeux, CORN. Iléracl. 1, 2. || Scigneuret maître, voy. MAÎTRE ). 113° Titre qu'on donne à quelques personnes distinguées par leur dignité ou par leur rang pour leur faire plus d'honneur. Haut et puissant seigneur. Un seigneur de la cour. Je m'imagine que celui qui s'est le premier appelé haut et puissant seigneur, se regardait comme élevé sur la tête de ses vassaux, et que c'est ce qu'il a voulu dire par cette épithète de haut, si peu convenable à la bassesse des hommes, Nicole, Ess. demor. t" traité, ch. i. Scipion, qui était le plus grand seigneur de Rome, rolu.w, //is(. anc. Œuvr. t. ix, p. 317, dans POUGENS. C'était un de ces vieux seigneurs qui, par leurs manières galantes et polies, font oublier leur âge et savent encore plaire aux femmes, lESAGE, Gil Bl. 1, 41. Je conviens qu'il y a de fort plats seigneurs qui ne méritent guère qu'on ait de la considération pour eux; mais ils peuvent nuire, il faut les craindre, ID. ib. vii, 5. N'ai-je pas l'air un peu trop seigneur? Marivaux, l'Épreuve, se. ). Tous ces demi-seigneurs sans talents et sans âmes. Qui bornent leurs exploits à tromper quelques femmes, DORAT, Feinte par amour, n, 2. Marceline : Sémillant, généreux, généreux.... — Dartholo : Comme un voleur. — Uarccline : Comme un seigneur.
SEI
BEADUARCii. Uar. de Fig. i, 4. Cest un vicni seigneur qui a toule la galanterie el toute la politesse do l'ancienne cour, cenus, Thédlre d'éd. Uéchant par air, i, 7. || Vêtu, logo connue un seigneur, très-bien vétu, très-bien logé. || Vivre en seigneur, en grand seigneur, vivre sans rien laiiv et niagnifiqucmcnt. Il Kn plaisantant et par ironie, boiume qui est loin d'être un seigneur. Vous voyez un seigneur [Stralion, suivant de Dêmocritc] fort satisfait do soi. Un convive échappé de la table du roi; Il tient bon ordinaire et je l'on félicite, beonabd, Démoerite, iv, 7. Ce discours me surprend de la part d'un soigneur [un financier] de qui jo no croyais pas avoir l'honneur d'être connu, alain, l'Épreute réciproque, se. I6. ||Fig. C'est un petit seigneur, se dit d'un homme qui affecte une importance ridicule. Il 4* Un grand seigneur, un seigneur d'un très-haut rang. En use en grand seigneur, S'épuise en dons, la font. /Jc/j)/i. Qu'est-ce à votre avis, que d'être grand seigneur? c'est être maître de plusieurs objets de la concupiscence des hommes, el ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs, pasc. Condit. des grands, m. C'est ainsi qu'il tâche de lui donner son esprit de règle et d'économie, et de lui Alcr un air de grand seigneur, de qu'importe? d'ignorance et d'indifférence, qui conduit fort droit à toutes sortes d'injustices, et enfin i l'hôpital, sÉv. <o déc. 4688. Les grands seigneurs sont pleins d'égards pour les princes, c'est leur affaire : ils ont des inféiieurs, LA BRUY. VIII. Un grand seigneur est un homme qui voit le roi, qui parle aux ministres, qui a des ancêtres, des dettes et des pensions, montesq. Lett. pers. 88. On vit d'abord paraître Deux courtisans piir l'intérêt unis.... Vint un courrier, qui dit qu'auprès du maître Vaquait alors un beau posl« d'honneur. Un noble emploi de valet grand seigneur, volt. Temple de l'amitié. M. le duc de Choiseul m'a écrit une fort jolie lettre; mais il est si grand seigneur que je n'ose l'aimer, ID. Lett. d'Argental, 4 mai 4 704. Gr.ind seigneur est un mot dont la réalité n'est plus que dans l'histoire, DUCLOS, Consid. mœurs, 0. Mon fils, c'est l'étoile rapide D'un très-grand seigneur nouveauné; Le berceau qu'il a laisse vide, D'or et de pourpre était orné, bérang. Étoiles qui filent. || Fig. La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérable.... toutes ces misères mêmes prouvent sa grandeur; ce sont misères de grand seigneur, misères d'un roi dépossédé, pasc. Fens. i, 3, éd. ha- VET. Il Ne pas sortir du grand seigneur, avoir incessamment à la bouche le nom de grands seigneurs, ô l'ennuyeux conteur! Jamais on ne le voit sorli» du grand seigneur, hol. le Uis. 11, t>. || N'être pas grand seigneur, être un petit personnage, n'avoii guère de fortune. Comme Janot n'est pas forl grand seigneur. Pour cent écus vous lui ferez tout dire, la pont. Rich. \\ 5' Gros seigneur se dit quelquefois pour grand seigneur, mais avec une nuance qui indique surtout la richesse. Le comte est trop gros seigneur pour se laisser gouverner par l'intérêt, dancourt, la Folle enchère, se. 20. Il 6* ]l s'est dit. comme terme de civilité à peu près comme on dit aujourd'hui monsieur. La jeune Dorimène fille du seigneur Alcanlor avec le seigneur Sganarelle qui n'a que cinquante-trois ans 1 6 le beau mariage 1 uoL. Uar. forcé, 2. || 7^ Terme de convention dont les poôtes tragiques usent pour le dialogue de leurs personnages. Achille à Agamemnon : Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi; Seigneur, je l'ai jugé trop peu digne de foi.... BAC. Iph. IV, 6. La mauvaise habitude où nous avons toujours été d'appeler nos personnages de tragédies seigneurs; c'est un nom que les Romains ne se donnèrent jamais, volt. Comm. Corn. Item. Sertor. i, 1. Les étrangers crèvent de rire quand ils voient dans nos tragédies le seigneur Agamemnon et lo seigneur Achille qui lui demande raison aux yeux de tous les Grecs, et le seigneur Oresle brûlant de tant de feux pour madame sa cousine, p. L. cour. Trad. d'Hérodote, préface. \\S' Tilre que l'on donnait collectivement aux membres des états généraux et des cours souveraines. Au roi el à nos seigneurs de son conseil. Il 9* Absolument. Le Seigneur, Dieu (on met une S majuscule). Le Seigneur notre Dieu est lui-même le Dieu des dieux el le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et terrible, saci. Bible, Dcutéron. x, 47. Vous servirez le Seigneur votre Dieu, afin que je bénisse le pain que vous mangerez et les eaux que vous boirez, et que je bannisse toutes les maladies du milieu de vous, m. ib. Exode, xxni. as Mais, i voua diru tout, ce Sei-
SEl
gneur des seigneurs Veut lo premier amour et les premiers honneurs, CORN. Pol. l, )0. ||Le jour du Seigneur, le samedi chez les Juifs, le dimanche chez les chrétiens. Il Seigneur Dieu I ou, simplement, Seigneur I sorte d'exclamation. Ah 1 Seigneur I quelle nouvelle est-ce là ! || Le Seigneur, se dit aussi de Jésus-Christ. || 10°Notrc-Seigneur, Jésus- Christ (avec une N et une S majuscules). || Recevoir Notre-Seigneur, recevoir l'eucharistie. Je crains bien que nous ne perdions cette fois M. de la Rochefoucauld; sa fièvre a continué; il reçut hier Notre-Soigneur, sÉv. 412.1111" Le Grand Seigneur, l'empereur des Turcs, le sultan {avec un G et une S majuscules). Il faudrait avoir une raison bien épurée pour regarder comme un autre homme le Grand Seigneur, environné, dans son superbe sérail, de quarante mille janissaires, pasc. Pem. n, 3, édit. havet. Si l'on demande pourquoi le Grand Soigneur a fait depuis peu périr cent mille hommes devant Candie, on peut répondre sûrement que ce n'est que pour attacher encore à cette image intérieure qu'il a de luimême le titre de conquérant, Nicole, Ess. de mor. f" traité, ch. i. Au milieu de ces grands embarras [<74 5), on reçut l'offre inouïe d'une médiation à laquelle on ne s'attendait pas; c'était celle du Grand Seigneur; son premier vizir écrivit à toutes les cours chrétiennes.... volt. Louis XV, ) 7. Il 12* Terme d'astrologie. Seigneur d'une maison céleste, la planète qui domine dans une maison. || Proverbes. Tandis que le vassal dort, le seigneur veille, le seigneur peut saisir et faire les fruits siens, tant que le vassal néglige de lui porter foi et hommage. || Seigneur de parchemin, homme de robe anobli. || Un grand seigneur, un grand clocher et une grande rivière sont trois mauvais voisins. || X tout seigneur tout honneur, ou à tous seigneurs tous honneurs, il faut rendre à chacun ce qui est dû à sa dignité. Il Tant vaut le seigneur, tant vaut sa terre.
— REM. On peut dire : de grands seigneurs, ou des grands seigneurs, suivant que l'on considère grands seigneurs comme formant deux mots ou formant une locution. Des princes un peu subalternes, Des grands seigneurs un peu modernes Ont aujourd'hui les vieux châteaux, m. j. cuénieb, ÉpU. à Delille.
— ÉTYM. Comme, dans l'ancienne langue, sire et seigneur sont un même mot, dont l'un est le nominatif et l'autre lo régime, . tout l'historique est renvoyé à sire.
SEIGNEURIAGE: (sè-gneu-ri-a-j'), s. m. Droit qu'un souverain prend sur la fabrication de la monnaie. Le droit de seigneuriage, ou le revenu fondé sur la fabrication, est-il nécessaire, est-il raisonnable ? mirab. Collection, t. v, p. 90.
— ÉTVM. Seigneur; il y avait aussi seigneurage, signorage, mais qui signifiait la qualité, l'autorité de seigneur.
SEIGNEURIAL, ALE (sè-gneu-ri-al, a-1'), adj. Il 1° Qui appartient au seigneur. Titre seigneurial. Il me faut des redevances, des honneurs seigneuriaux, 1. }. Bouss, Emile, vi. || Maison seigneuriale, la maison affectée au seigneur du lieu, j] 2° Qui donne des droits de seigneur. Il y a des terres plus seigneuriales les unes que les autres. La terre pour laquelle nous vous demandons des conclusions définitives, est une des plus seigneuriales de France, scarr. Lett. Œuvr. 1. 1, p. 233, dans pougens.
— HIST. xvi* s. J'ay inventé ung moyen.... le plus seigneurial, le plus excellent, le plus expédient que jamais feul veu, rab. i, «3. 11 est plus seigneurial d'user de peu de paroles, n. estienne, Précellence, édit. feugère, p. 41. Quand leur souverain seigneur, leur pcro et mère, leur eust commandé de puissance seigneuriale, ou paternelle, de désister.... lanoue, ii4.
— ÊTY.M. Seigneur; provenç. senhorau. L'ancienne langue disait segnoril, segnori.
SEIGNEURIE (sc-gneu-rie, d'après Palsgrave, p. 57, au XVI* siècle, on prononçait sei-nieurie), s. f. Il 1° Droit de seigneur sur une terre et sur tout ce qui en relève. Une scigaeurie très-ancienne. Il»' Mouvances, droits féodaux d'une terre, indépendamment de la terre même. Il vendit sa terre et s'en réserva la seigneurie. En donnant à plusieurs personnes divers genres de seigneuries sur la même chose, ces lois ont diminué le poids do la seigneurie entière, montesq. Esp. xxx, (. ||8" Fig. Vertus seigneuriales, chevaleresques. Un reste de seigneurie palpitait encore en ce temps-li, st-sim. 77, S57. Il 4' Terre seigneuriale. Qui, diable, vous » fait aussi vous aviser, Â quarante-deux ans, de
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vous débaptiser, Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie Vous faire dans le monde un nom de seigneurie? mol. Ée. desf. i, l. ||B° Titre d'honneur donné aux pairs d'Angleterre et aux anciens pairs de France. Votre Seigneurie. X Sa Seigneurie M. le comte un tel, pair de France. || 8" Par plaisanterie, en s'adressant à une personne avec qui on est familier. Salut à Votre Seigneurie. Disparaissez donc, je vous prie. Et que le ciel par sa bonté Comble de joie et de santé Voire défunte Seigneurie! mol. le Dép. II, 5. Très-humble serviteur à Votre Seigneurie, iD. Sganar. 23. ||7° Nom que portait le gouvernement de Venise. L'illustrissime seigneurie de Venise.
— HIST. xii* s. Car vostro sui, en vostre seignorie, Couci, xxi. Si nous portera Charles honor et seignorie, Sax. xxxn. Pvcis, li ordené [les prêtres] unt saint Eglise en baillie; Ne as poestez del siècle ne la baille Deus mie; Tut feel sunt suz lui [sous elle], ele ad la seignurie. Th. le mort. 75. Il xiii" s. Pour moi [je] le di, qu'une [dame] en a deceû. Quand j'en cuidai avoir la seignorie, ques- NES, Romancero, p. 88. Et de Troie r'ai-je oî conter, Qu'cle futjà de moult grant seignorie, id. ib. p. 108. Là requistrent le marchis Boniface qu'il preist la crois, et qu'il pour l'amour de Dieu receust la seignorie [commandement] de l'ost, vil- LEii. xxvn. Il sevent bien les œvres, qui ainsi les font, mauvaises estre, et si est en leur seignorie dou faire ou de non, brun, latini, Trésor, p. 279. Et de toz ces cas doit avoir li quens [le comte] le [la] sengnorie et le [la] connissance, beaum. xxi, 17. Il xiv s. Ma dame, je vous suppli que vous ne m'appelez pas seigneur; car c'est trop plus biauz nons d'ami ou d'amie; quar, quant signorie saule en place, amour s'enfuit, machaut, p. I3a. La concupiscence accroistra grandement et en tant que elle aura dominacion et seigneurie par dessus raison, ORESME, Èlh. (00. Il XV' s. Vous devez savoir que rien ne fut espargné des nobles et des seigneuries à faire au couronnement du jeune roi Charles de France, froiss. n, n, 74. Et par cas d'aventure, se fit à l'heure une seigneurie en Florence (car ladite seigneurie se change et se mue de deux mois en deux mois), comm. viii, lo. ||xvi's. Qui en amour veut estre heureux Fault tenir train de seigneurie, j. marot, v, 332. Il ouït la voix du roy disant : • Voilà monsieur monseigneur d'Aubigné; » mais que ceste seigneurie ne lui fust guère de bon goust! d'aub. Mém. 1588.
— ÊTY.M. Seigneur ; ital. signoria.
t SEIGNEURIFIER (sè-gneu-ri-fi-c), v. a. Terme familier. Donner la qualité de seigneur. || Se seigneurifier, v. ré/î. Devenir seigneur. Par ce mariage Fromenteau s'était seigneurifié, et avait le titre de comte de la Vauguyon, st-sim. <4, <60.
— f.TYM. Seigneur, et le suffixe ....fier.
t SEILLE (sè-U', II mouillées), s. f. Sorte de seau fait en boissellerie, sans cercles, avec une anse de bois. || Sorte de tonneau servant à porter le vin du pressoir dans les cuves.
— ÉTVM. Lat. situla (voy. seau).
• t SEILLEAU ou SEILLOT (sé-Uo, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Espèce de vase de bois dont on se sert à bord des bâtiments.
— F.TYM. Dérive de scille.
t SEILLERIE (sè-Ue-rie, Il mouillées), s. f. L'ensemble des sei lies et autres objets de boissellerie. Toute charrette chargée.... d'ardoise, tuffeaux, merrain, seillerie.... Loi du B ooiJ» iS2t, tarifs des ponis de Laval.
SEI.UE (sè-m'), s. f. Terme de vétérinaire. Division ou solution de continuité qui survient quelquefois à la corne de la paroi du sabot des monodactyles, suivant la direction de ses fibres, et de haut en bas. On distingue ces seimes d'après la position, en seimes en pince, vulgairement soie, pied de bœuf, colles qui partagent le sabot par le milieu, et seimes quartes, ou, simplement seimes, celles qui affectent un des quartiers.
— f.TYM. Comme la seine, filet, se disait dans l'ancien français seime, il est possible qu'on ait assimilé les raies que la seime produit sur le sabot à une seine ou filet.
SEIN (sin), s. m. || 1° Au sens propre, courbure, sinuosité ; de ce sens il ne reste que quelques emplois techniques. || Terme do marine. La partie de la voile qui est gonflée et arrondie par le vent. Il Ancien terme d'hydrographie. Golfe ou petite mer, qui n'a de communication avec la grande mer, que par un étroit passage. Sur des neiges et sur des glaces, dont la commodité est si grande qu'on peut facilement, par le moyen des traîneaux.
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aller en un jour de Finlande en Laponie, et traverser sur les glaces le sein Bothnique, regnard, Voyage en Laponie, (Ol. Il découvrit que le sein Persique était un golfe de l'Océan, montesq. Espr. XXI, 8. lia- La partie du corps humain qui porte les mamelles, qui forme l'extérieur de la poitrine, et qui, étant bombée, a mérité d'être appelée sein. Isaac présentait le sein à l'épée que son père tenait toute prête à frapper, boss. Hist. n, 2. Quelle santé nous couvrait la mort que la reine portait dans le sein? m. Mar.-Thér. J'ai vu l'assassin Retirer son poignard tout fumant de son sein, bac. Baj. V, (I. Quelle voix salutaire ordonne que je vive. Et rappelle en mon sein mon âme fugitive? ID. Esth. II, 7. Un prêtre.... Portera sur ma fille une main criminelle. Déchirera son sein, et, d'un œil curieux, Dans son cœur palpitant consultera les dieux! id. Iphig. iv, 4. Le premier dans un transport amoureux se perça le sein à ses pieds, LA BRiiy. m. Il La partie des vêtements qui couvre le sein. Le soir qu'elle partit pour ce pieux dessein. Elle tenait caché ce poignard dans son sein, rotr. Antig. v, 8. J'ai trouvé ce billet enfermé dans son sein, RAC. 'Bajoi. iv, 5. Il [Amurat] tira le traité [violé par les chrétiens] de son sein, il demanda vengeance à Dieu, et l'obtint de son sabre, volt. Vict. phil. Géogr. \\ L'espace renfermé entre les deux bras. Bassien ou Caracalla, son fils aîné, aussitôt après la mort de son père, tua son frère Géta, empereur comme lui, dans le sein de Julie leur mère commune, boss. Hist. i. H). Mais Dieu.... Permit que.... Josabeth dans son sein l'emportât tout sanglant [Joas enfant], rac. Àth. iv, 3. || Fig. Réchauffer, retirer un serpent dans son sein, recevoir chez soi un homme qu'on a tiré de la misère, et qui fait tourner nos bienfaits contre nous. Vousmême, de vos soins craignez la récompense. Et que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé, rac. Àndr. i, 2. Savez-vous quel serpent inhumain Iphigénie avait retiré dans son sein? id. Iph. v, 4. || Fig. Le plus intérieur du sein, l'intimité même. Sa belle-sœur deviendrait un espion dangereux dans le plus intérieur de son sein, st-sim. t. viii, p. 22), édit. ché- RtJEL. Il Fig. Mettre à quelqu'un un poignard dans le sein, lui causer un vif déplaisir, un cruel chagrin. Vous vous êtes servi de ma funeste main Pour mettre à votre fils un poignard dans le sein, RAC. hlilhr. IV, 4. Il Fig. Être au sein de l'amitié, être parmi ses amis. Oui, que ses malades attendent, 11 est au sein de l'amitié, eérang. Doct. et mal. Il Fig. Le sein des pauvres, les pauvres. Elle a racheté ses péchés par les •aumônes qu'elle a répandues secrètement dans le sein des pauvres, FLÉCH. Duch. de ilontaus. || 3' Fig. Il s'emploie en un scns analogue dans le langage théologique. Elle [l'Église catholique] leur [aux païens] ouvrait son sein par toute la terre, boss. Hist. n, (2. Elle jette, comme le prophète, toutes ses pensées et toutes ses frayeurs dans le sein de Dieu, mass. Myst. Soumiss. C'est un si grand bonheur d'être à Dieu.... d'être enfin rentrés dans le sein paternel de sa miséricorde, ID. Carême, Pâques. \\ Le sein d'Abraham, le lieu de repos où étaient lésâmes des élus avant la venue de Jésus-Christ. Il arriva que ce pauvre mourut, et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham ; le riche mourut aussi, et il eut l'enfer pour sépulcre, saci. Bible, Évang. St Luc, xn, 22. Il Le sein d'Abraham se dit aussi du paradis. Du milieu des flammes ces enfants décolère verront dans le sein d'Abraham, pendant tous les siècles, leurs frères, leurs amis, leurs proches, avec qui ils avaient vécu, jouir de la gloire dos saints, mass. Car. Mauv. riche. \\ Le sein de la gloire, le séjour des bienheureux. Dieu ouvrira pendant toute l'éternité le sein de. sa gloire, hass. Car. Mauv. riche. Il Le sein de l'Eglise, la communion des fidèles. Récarède le catholique, qui venait de rentrer au sein de l'Église, boss. Jlist. i, ( 1 . || On dit aussi : mourir dans le sein de l'hérésie. || i' Par antonomase, sein
se dit pour mamelle Couvrez ce sein que je ne
saurais voir; Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées, UOL. Tart. m, 2. || Il se dit de chacune des mamelles. Le sein droit, le sein gauche. Un cancer au sein droit. || Donner le sein à un enfant, lui donner à teter. || B* Le siège de la conception, l'endroit où les femmes portent l'enfant. Jacob lui répondit en colère : Suis-je, moi, comme Dieu, et n'est-ce pas lui qui empêche que votre sein ne porte son fruit? saci. Bible, Genèse, xxx, 2. Songez qu'une barbare en son sein l'a formé, rac. Phéi m, 4 Au sein d'une chrétienne il [Sala-
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An] avait pris naissance, volt. Zaïre, iv, t. {| Kig.
rusalem renaît plus brillante et plus belle; D'oii iji viennent do tous câtés Ces cnrants qu'en son sein elle n'a point portés? rac. Àlhal. ni, 7. || Fig. Le sein de la patrie, la patrie considérée comme une mère. Quoi autre motif [sinon une ambition démesurée] le porta [César] à tourner contre le sein de la patrie les armes mêmes qu'elle lui avait mises à la main contre les ennemis de l'Etat? ROLLIN, Traité des Et. v, l" part. a. || 6* Fig. Le sein de la terre, la partie de la terre comparée au sein de l'homme, de la femme. La terre ne se lasso jamais do répandre ses biens sur ceux qui la cultivent; sou sein fécond ne peut s'épuiser, pén. Tél. V. La terre ouvre son sein au tranchant do la charrue, id. ib. xiii. Pour eux la fertile rosée, Tombant sur la terre embrasée, Rafraîchit son sein altéré, J. B. Rouss. Odes, 8. La terre sur son sein les porte avec colère [les parias], c. delav. Paria, I, ). II?" Fig. Ce qui cache, enferme, recèle. Après avoir été enfermé trois jours dans le sein de la terre, j'en sortirai comme Jonas sortit du ventre de la baleine, bourdal. Mijst. Résurrect. de J. C. t. I, p. 3-22. L'impatience que nous avonsdo recevoir de vos lettres, l'attention qui nous les fait envoyer chercher jusque dans le sein delà poste.... sÉv. 25 cet. (688. La Seine, au pied des monts que son (lot vient laver. Voit du sein de ses eaux vingt îles s'élever, boil. Éptt. vi. Et que du sein des monts le marbre soit tiré, rac. E.^th. m, 9. Les morts dorment en paix dans le sein de la terre : Ainsi doivent dormir nos sentiments éteints, A. DE MUSSET, Nuit d'octobre. || Le sein d'une contrée, la partie intérieure de cette contrée. Et lorsque, m'arrachant du doux sein de la Grèce, Dans ce climat barbare on traîna ta maîtresse, rac. Mithr. v, 2. Quoi, depuis si longtemps la reine Bérénice Vous arrache, seigneur, du sein de vos États? id. Bérén. i, 3. || Par extension. J'ai jiorté la guerre jusque dans le sein de la maison d'Autriche, fén. Vial. des morts mod. Uichelieu, Slazarin- \\ 8' Fig. Le milieu. Les uns assassinés dans les places publiques, Los autres dans le sein de leurs dieux domestiques, corn. Cinna, l, 3. Un avare, idolâtre et fou de son argent. Rencontrant la disette au sein de l'abondance, boil. Sat. iv. Mais une église seule à ses yeux immobile Garde au sein du tumulte une assiette tranquille, id. Lutr. 1. Du triste état des Juifs jour et nuit agité, U me tira du sein de mon obscurité, rac. Esth. i, (. Je remercie le digne petit-fils du grand Condé dédaigner se souvenir de moi du sein de sa gloire, VOLT. Lelt. Touraille, 5janv. \ia9. L'Observateur.... critique ce vers de M. Gresset : Au sein des mers, dans une île enchantée; le sein de la mer, dit-il, ne peut s'entendre de la surface; il devrait au moins savoir qu'en poésie on dit : au sein des mers, au lieu d'au milieu des mers; au sein de la France, au lieu d'au milieu de la Franco ; au sein des beaux-arts, dont on médit; au sein de la bassesse, de l'envie, de l'ignorance, de l'avarice, etc. ID. Mél. litt. l'réscrvatif, 24. Mais quand du
sein des morts il viendrait en ces lieux id. ilé-
rope, I, 3. Du sein des montagnes naissent des fleuves, BONNET, Contempl. nat. i, 4. Né dans le sein des arts, il aimait la nature, delille, Imag. i. Il 9* Fig. L'esprit, le cœur do l'homme. ...c'est aux faibles courages Qui toujours portent la peur au sein, De succomber aux orages, malii. v, 27. La muse.... m'échauflant le sein De gloire et de renom relevait mon dessein, régnier, Sat. rv. Saintes filles, ses chères amies, vous qui l'avez vue si souvent gémir devant les autels do son unique protecteur, et dans le sein desquelles elle a versé les secrètes consolations qu'elle en recevait, Boss. Heine d'ÂTsçlet. Non, quoi que vous disiez, cet horrible dessein Ne fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein, rac. Brit. iv, 3. U s'épanchait en fils qui vient en liberté Dans le sein de sa mère oublier sa fierté, m. Brit. v, 3. Le ciel mit dans mon sein une flamme funeste, id. Phèdre, v, 7. Que jamais la douleur, même l'inquiétude. N'approchent du sein de Fanny, a. chén. Odes, v. |1 Porter quelqu'un dans son sein, le chérir tendrement.
— HIST. xiii* s. Touailles eschaufîées [ils] U boutent en son sein, Berte, xlix. Et qui chi [ici] morra por lui [Dieu], il ira el sein saint Abraham par devant lui, h. de valenc. viii. || xv« s. En mon sain le mist doulcoment. Pour en faire ce que vouldrovc, CH. d'orl. Dép. d'am. en bail. \\ xvi* s. Ces femmes qui ont si grans seins [si grosses mamelles]. Bec. de farces, p. loa. Cachant l'enfant aux replis de mon sein. Je le sauvai de l'espée ho-
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mioide, rons. 500. La terre ouvre son sein [au jugement dernier] ; du ventre des tombeaux Naissent des enterrez les visages nouveaux, d'aub. Tragiques, Jugement.
— ÊTYM. Bourguig. soin; provenç. len, te; espagn. leno; portug. seio; ital. seno; du lat. nnus.
SKINE (sè-n'), ». f. Terme de pêche. Sorte de fllet qu'on traîne sur les grèves; il a souvent un sac dans son milieu.
— HIST. xm' s. Je mains avec les orguilleus. Qui mondaines honors convoitent... Et la povreté vont presohant. Et les grans richesces peschant As sayraes et as trainiaus, la Rose, i 1U85. Lessaiuies et les trubics à bois de l'eau le roi doivent cstro faites aux molles [moules, modèles] le roi, Uv. des met. 262. ||xv* s. Comme les supplians fciissent alcd peschier en un marchaiz commun en ladite ville de Chesoy en Gastiuois à un instrument appelle soigne, DU cange, seyna. ||xvi* s. Au travers des filets et de la seime, mont, ii, (81.
— KTVM. Wallon, saymm; du lat. sagena; grec, ffocfirivifj, filet.
t SEINER (sè-né), v. n. Pêcher avec la seine. Nous seinerons demain.
t SEINETTE (sè-nè-f), s. f. Filet plus petit que la seine, mais dont on se sert de la même manière.
t SEIN'EUR (sè-neur), adj. Qui pêche à la seine. La pêche do la morue se pratique sur la côte de l'île de Terre-Neuve, de deux manières : au filet appelé seine, et à la ligne.... lorsqu'un bateau seineur a commencé à jeter son filet, une chaloupe à la ligne qui se placerait dans l'enceinte qu'il doit enfermer porterait un très-grand dommage, hautefel'ille, Code de la pêche maritime, p. 848. Il Substantivement. Le seineur, celui qui pêche avec la seine.
SEING (sin; le g ne se lie jamais; au pluriel, \'s se lie: des sin-z authentiques), s. m. || 1° Ancienne- } ment, la marque, le signe qu'une personne met à un écrit pour garantir qu'il vient d'elle. Autrefois, quand un noble ne savait pas écrire, il suppléait à la signature du nom par le seing et le sceau. Je j vous salue ici de ma propre main, moi Paul; c'est là mon seing dans toutes mes lettres, saci, Bible, St Paul, 2* épit. aux Thess. Iii,l7. || 2° Signature, c'est-à-dire le nom de quelqu'un mis au bas d'une lettre, d'un écrit, d'un acte. Ce billot démenti pour n'avoir point de seing, mol. V. Garde, l, b. Madame, on a du comte examiné le seing; Les écrits sont de lui, nous connaissons sa main, th. CORN. C. d'Essex, ii, 3. Adorez, a-t-il dit, l'ordre de votre maître. De son auguste seing reconnaissez les traits, rac. Baj.y, il. Voyez, lisez vous-même; Vous connaissez, madame, et la lettre et le seing, ID. ib. IT, 3. Il 8 Seing privé, signature qui n'a point été faite en présence d'un officier public. Une promesse sous seing privé. Aujourd'hui, pour épargner les frais d'un contrat, la plupart des gens se marient sous seing privé, dancourt, la Femme d'intrigues, II, 3. Il 4» Blanc-seing, papier ou parchemin signé que l'on confie à quelqu'un pour le remplir à sa volonté. Ils ont donné leurs blancsseings aux arbitres. || 6" Sous-seing, voy. ce mot à son rang.
— HIST. xm* s. En aucunes viles est il, que nul n'i pot avoir mesures à grain, s'ele n'est seignie au saing du segneur, beaum. xxvi, 14. ||xiv s. Estre
j flétri d'un fer chaut au saing do fleur do lis, Bibl. chart. 2" sér. t. m, p. 425. || xvi' s. Les enfans apportent du ventre de leurs mores plusieurs taches ou macules dites vulgairement seings, paré, xvin, 17.
— ÉTVM. Provenç. mng', seng, signe; ital. segno; du lat. signum.
\ SEIS.MIQUE (si-smi-k'), adj. Voy. sismique.
t SÉITÉ (sé-i-té), s. f. Terme de scolastique. La qualité du soi. La séite ou le soi, la quiddité ou le ce, dider. Opin. des anc. philos, {éclectisme).
— Étym. Lat. se, soi.
t SEIZAIN (sê-zin), s. m. \\ !• Sorte de drap à chaîne de 1600 fils. Les draps du sceau de Rouen, Darnetal, Dieppe, les seizains de Sastes, Réglem. sur les manuf. aoiît 1 669, art. 2 . || 8' Anciennement, un quart d'écu. || 3° Pièce de seize vers.
— ETVM. Seize.
tSEIZAINE (sê-zè-n'), s. f.\\l' Ensemble de seize objets. || 2° Petite corde dont les emballeurs font usage.
— ÈTYM. Seiïe; provenç. setzena.
SEIZE (sê-z'), adj. numéral des deux genres. ||1' Dix et six. Seize personnes, seize cents francs,
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seize mille livres. On peut parier 4IH4 contre »S, ou près de 117 contre i, qu'une personne do seize ans vivra un an de plus, blff. Probab. de la vit, (Euv. l. I, p. 20». Il En généalogie. Faire preuve de seize quartiers, prouver sa noblesse du câté tant dos pères que des mères en remontant jusqu'à la quatrième génération. || 2' Seizième. Le chapitre seize. La page seize. Louis seize (on écrit LouisXVI). Louis quinze fut le coupable; Louis seize fut le puni, T. HUGO, les Toix intérieures, 1. 1| 8* S. m. Le produit do seize multiplié par deux. || On dit de même : le nombre seize, le numéro seize. || 4' Le seizième jour du mois. C'est aujourd'hui le seize de juillet. Il 5* Un seize, la seizième partie d'une aune. Los draps blancs de Gisors auront une aune et un seize de largeur entre les lisières, Réglem. sur les manufac. août loc», art. B. || 6* Les Seize, faction à Paris au temps de la Ligue, ainsi dit* parce qu'elle avait seize chefs qui représentaient les seize quartiers de Paris (on met une S majusccle). Il [Ilarlai] se présente aux Seize, il demande des fers Du front dont il ijrait condamné ces pervers, VOLT. Uenr. n.
— HIST. xni' s.Ele ert [était] sage et courtoise, n'ot pas plus de seize ans, Berte, xl. || xvi* s. Seize, mot qui tombe ordinairement dans nos bouches, quand nous parlons de la furieuse desbauche qui fut dedans Paris depuis la journée des barricades,
PASQUIER, Lett. t. Il, p. 326.
— ÊTYM. Wallon, tax; provenç. tedje; du lat sexdecim, de sex, six, et decem, dix. Séxdecim, avec l'accent sur sex, a donné régulièrement seize.
SEIZIÈME (sê-ziê-m'), adj. ordinal de seize. ||1' Qui suit immédiatement le quinzième. U est le seizième sur la liste. Le seizième jour du mois. Il 2° La seizième partie, chaque partie d'un tout divisé en seize parties. || 3° S. m. Le seizième, le seizième jour d'une période. Le seizième du mois. Il 4° La seizième partie d'un tout. Il n'est dans cette affaire que pour un seizième. || S' Le seizième, la seizième, celui, celle qui occupe le seizième rang. Il 6* S. f. Une seizième, au piquet, six cartes de même couleur qui se suivent sans interruption; ainsi dite parce qu'elle se compte seize. Une seizième majeure, celle qui commence par l'as. Une seizième au roi, une seizième à la dame, celle qui commence par le roi, par la dame.
— ÊTYM. Seize; wallon, sazaimm; provenç. letzen, sedzen.
SEIZIÈMEMENT (sê-ziè-me-man), adv. En seizième lieu.
— ÊTYM. Seizième, et le suffixe ment; provenç. sazaimenain.
SÉJOUR (sé-jour), ». m. || 1* Résidence plus ou moins longue dans un lieu, dans un pays. Mme la princesse [de Comié] partira ....pour Chateauroux, où M. le Prince désire qu'elle fasse quelque séjour, SÉV. 4 4. Je ne ferai jamais de séjour à cette terre [de Bourbilly], m. à Guitaut, 9 févr. 1683. OnéUit de séjour dans un pays ouvert et plein, hahilt. Gramm. lo. || Le séjour d'un lieu, la résidence en ce lieu durant un certain temps. Craignez-vous la présence De ces paisibles lieux si chers à votre enfance, Et dont je vous ai vu préférer le séjour Au tumulte pompeux d'Athène et de la cour? kac Phèd. r, I . Germain était venu satisfaire cette curiosité [des dames de la cour] par sa présence, et, quoiqu'on trouvât son brillant un peu brouillé par
10 séjour de la campagne.... iiamilt. Gramm. to.
11 2" Fig. Il se dit des eaux, du sang, des humours dont le mouvement est arrêté. Le séjour des mers sur un continent. Le séjour du sang eitravasé en une partie. Par cette immense quantité d'eaux que Dieu amena sur la terre, et par le long séjour qu'elles y firent, boss. Hist. n, f. ||S' Intervallede repos que l'on prend en voyage. Les troupes ont une longue marche à faire, et peu de séjours. Les lamas prennent d'eux-mêmes un séjour de 24 à 30 heures avant de se remettre en marche, bdtfon, Iforc. choisis, p. 186. || Béte de séjour, bête malade qui doit rester à l'écurie. || 4* Terme de marine. Temps qu'un bAtiment passe en relâche. Le séjour de la frégate dans tel port. || &• Lieu considéré pat rapport i l'habitation, à la demeure qu'on y fait. Cotte ville est un agréable séjour, est le séjour des plaisirs. Je vous vois i regret, tant mon cœur amoureux Trouve la cour pour vous un séjour dangereux, corn, fi'icom. i, i. Mais si dans ce séjour de gloire et de lumière Ce Dieu tout juste et bon peut soulTrir ma prière, id. Poly. iv, 3. Et [certaines femmes] fontde leur maison.... Unséjour de douleur, de larmes et de cris, BOtt. Sat. x. Ces
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images de félicité me font comprendre que vous êtes déjà descendu dans le séjour dos âmes bienheureuses que les dicui récompensent de leurs vertus par une éternelle tranquillité, PÉN. Tél. lYin. Il Petitséjour, nom qu'on donnait aux maisons de campagne qu'avaient les princes et les princesses aux environs de Paris. |{ 11 se dit poétiquement dans plusieurs locutions. L'humide séjour, la mer. \\ Le séjour infernal, l'enfer. || Le séjour ténébreux, le séjour du trépas, l'empire des morts. Du séjour du trépas quelle voix me rappelle? volt. Zaïre, n, 3. Que les morts déchaînes du séjour ténébreux Do la terreur en vous laissent encor la trace, id. Sémir. iv, 4. || Le séjour des dieux, le céleste séjour, le séjour du tonnerre, le ciel. || 6' Retard, délai. Sans discourir, faites ce qu'il faut faire; Un moment de séjour peut tout déconcerter, CORN. Olh. IV, 2. Je me rendrais suspect par un plus long séjour, bac. Brit. v, I.
— IIIST. xi* s Entres qu'à Aix [il] ne velt prendre sujurn, Ch. de Roi. cclix. || xii' s. Tant s'est amours affermée En mon cuer à lonc sejor, Couci, i. Courtois ameor [amants], Qui à sejor [en repos] Gisez en chambre coie. Romancero p. 68. L'arcevesque Thomas n'out cure de sujur: Bien lui fu acuintié, s'il atendist le jur, Il fust mis en prisun.... Th. le mart. 49. || xiii* s. Li empereres ert [était] à séjour à Constantinoble, il. de valenc. n. Le diex d'amors et nuit et jor Serves loiaument sans sejor [relâche], la Rose, 7324. Cil Guillaumes dont je vos conte, Qui est à monseigneur le conte De Poitiers, chassoit l'autre jour Un lièvre qui ert à séjour, RUTEB. 290. || xiv S. Scmblablcment porront pasturer toutes minières de bestcs arables desdiz habitans, et chascun desdiz habitans avec deux bestes de séjour, avec leur sogucnoe de lait, du cange, sejornare. ||xv' s. Us ont le séjour et les beaux manoirs; et nous avons.... la pluie et le vent aux champs [Jean Balle aux serfs anglais contre les seigneurs], FROiss. II, 11, (06. Quant me souvient des bons jours. Des séjours. Des grans festes, des eslours. Qui furent en mainte ville, E. descu. Poésies mss. f "0. Pierre de Leraut, concierge du séjour de Neelle du duc de Berry, du cange, sejornare. Ilxvi* s. Vous mes bons disciples, et quelques autres fols de séjour, lisans les joyeulx tiltres d'aulcuns livres de nostre invention.... rab. Garg. r, prol. Cy entrez, vous.... en ce passaige est le séjour d'honneur, m. ib. i, B4. Une manière d'hommes las du repous et faschez du séjour, id. ib. I, 68. En ces menuz deviz arrivarent en leurs navires, et plus long séjour ne feirent en ycelle isle de Chcly, ID. Pan(. iv, 1 1. Adieu aussi à toutes celles Qui embellissent ton séjour [Lyon], marot, u, 4 88. Dictes pourquoy faites si longz séjours X me donner ce que tant veux chérir? id. ii, 320. Autour de luy sont en ce beau^ejour L'air et les
mois, les siècles et le jour, m. iv, 67 Combien
qu'ils [mes chevaux] soient tout frais et de séjour, ID. IV, co. Il laull choisir une occupation non pénible; aultrement pour néant ferions nous estât d'y estre venus chercher le séjour [repos], mont, i, »8ï. C'est un grand séjour d'esprit de n'avoir à tenir qu'une voye tracée, et à rcspondre que de soy, m. I, 330. Le soleil bransle, sans séjour, sa course ordinaire, id. ii, 26). La salle du plaidoyer'du séjour d'Estampes, lieu destiné et prins pour faire la séance, arrest, lecture et publication desdittes coustumes, Coust. génér. t. i, p. 244,
— ÈTYM. Voy. séjourner; bourguig. séjor, provenç. sojorn, sejorn; anc. espagn. so^'omo; ital. toggiorno.
SÉJOUKNfi, ÉE (sé-jour-né, née), ad/. Qui a pris du repos. L'un gros, gras, rond, court, séjourné.... VOLT. Lett. en vers et en prose, 2.
— firVM. St'jowrner (voy. l'historique).
t SÉJOURNE.MENT(sé-jour-ne-man), t. m. Action de séjourner.
— HIST. XVI* s. Après le sejournement, le roi, aiant quelque promesse d'intelligence sur Sens en Bourgogne, s'y achemina, d'aub. Hist. m, 233.
SÉJOURNE» (sé-jour-né), v. n. || l" Demeurer quelque temps dans un lieu. Il doit séjourner à Paris cinq ou six mois. || Fig. Volontiers où soupçon séjourne... la font. Coupe. \\ Se reposer en un lieu durant un voyage. Ce rAgiment, en allant à sa garnison, ne séjournera qu'en deux endroits, lia* Retarder, faire un délai. Et s'il séjourne plus, penses-tu que je vivo? tristan, Panlh. ii, 2. Il 8* Fig. S'arrêter sur quelque objet pour y songer. Une absence continuelle, avec la tendresse que j'ai pour vous, ne compose pas une paix tien profonde i un cœur aussi dénué de philoso-
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phie que le mien; il faut passer sur ces endroits sans y séjourner, sÉv. à U"' de Grignan, 7 août (675. Il 4' Fig. Il se dit d'un liquide qui reste plus ou moins longtemps dans un endroit. L'eau du Nil, après avoir séjourné sur les terres, se retire et rentre dans son lit. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xii' S. E alerent s'en andui, o surjurnerenten Naioth, Rois, p. 76. Li apostolies ert de Rume idunc fuitis, E surjorna à Sanz mois, semaines e dis. Th. le mart. 66. Grant desroi mènent cil destrier sojourné [tenus au repos], Rotic. p. 45 Il xm' s. Et quant il furent là venu, si séjournèrent deus jours, Chr. de Rains, p. oo. Quatre chapons bien sejornez Lor avoit un borjois donez, Ren. 4B208. Li sejorner i esloit biax, ib. 72U3. Lesse li [à la fortune] sa roe torner, Qu'el tome adès sans sejorner, la Rose, 6926. Li tcns qui ne puet sejorner, Ains vait tous jors sans retorner, Cum l'iaue qui s'avale toute N'il n'en retorne arrière goûte, ib. 373. Il xiV s. Icellui suppliant pour raffreschir et séjourner ses chevaulx, qui estoient las et travailliez, du cange, sejornare. |Ixv' s. Le roi de Navarre.... estoit durement courroucé de ce que les Anglois sejournoicnt tant à venir, froiss. ii, ii, 40. U est bien meilleur [le pays de Lombardie que la France] et plus fertile tant en bons fromens, qu'en bons vins et fruicts, et ne séjournent jamais leurs terres, comm. viii, 6. || xvi* s. Frère Thibaut séjourné, gros et gras, marot, m, 65. Aucunes fois vers l'occident se tourne. Aucunes fois son œil jette et séjourne Sur l'orient, id. iv, 06. Rien ferme ne séjourne Que la divinité, dubell. n, 40, recto. X la première poincte ilz [les Français] sont pires que dyables; mais, s'ilz séjournent, ils sont moins que femmes, rab. Garg. l, 48. Ponocrates, pour le séjourner de ceste véhémente intention des esperilz, ID. I, 24. On se séjourne volontiers de tout aullre bienfaire sur ces reformations externes, mont, m, 205. Chrysippus.... conclud en elle [l'âme] une singulière science des affaires du ciel, de l'enfer et d'icy, où elle a passé, repassé et séjourné à plusieurs voyages, id. n, 308. Le plus exquis miel est celui qui séjourne au fons du pot, o. de serres, 45).
— ÊTVM. Provenç. sojornar, sejornar; ital. soggiornare. Le mot jour, c'est-à-dire le lat. diurnum, est évidemment dans séjourner; Scheler le tire d'un verbe fictif subdiurnare, de sub, et le lat. di'urnore, durer longtemps ; cela est certain pour l'ital. soggiornare ; mais les plus anciennes formes françaises indiquent plutôt superdiurnare.
SEL (sel), s. m. || 1° Substance sèche, dure, friable, solublé dans l'eau et d'un goût piquant, servant d'assaisonnement; dit aussi sel marin, sel de cuisine, et, dans le langage chimique, chlorure de sodium. Sel gemme ou fossile. Sel fait par évaporation Je porte en Brouage du sel. Et mes coquilles vendre à ceux de Saint-Michel, récnier,
Sat. IV la raison du secret pour faire de la
glace en été, qui est l'un des plus beaux que sachent les curieux, encore qu'il ne soit pas des plus rares; ils mettent du sel mêlé avec une égale quantité de neige ou déglace pilée tout autour d'un vase plein d'eau douce ; et, sans autre artifice, à mesure que ce sel et cette neige se fondent ensemble, l'eau qui est enfermée dans le vase devient glace, descartes. Météores, m. La femme de Lot regarda derrière elle, et elle fut changée en une statue de sel, SAa, Bible, Genèse, xix, 26. Car, hélas ! en cette île étrange. Même sans sel les gens on mange, scarron, Yirg. ni. Le sel est une manne dont Dieu a gratifié le genre humain, sur lequel par conséquent il semble qu'on n'aurait pas dû mettre d'impôt, vauban, Dime, p. \0i. Par le sel irritant la soif est allumée, boil. Lutr. v. Combien le sel au roi peut fournir tous les ans, ro. Sat. viii. Athalie : Quels sont donc vos plaisirs? — Joas : Quelquefois à l'autel Je présente au grand prêtre ou l'encens ou le sel, rao. Alhal. ii, 7. Nous mettons du sel dans la bouche de cette personne, afin qu'elle conserve, par le sel de la sagesse évangélique, la pureté de la foi, pén. t. xviii, p. )69. On sème du sel sur leurs ruines [des murs et des .édifices de Milan], selon l'ancien préjugé, trèsfaux, que le sel est l'emblème de la s'érilité, volt. Ann. Emp. Frédéric I", ))C2. Je coiot-.le en semer [du sel] sur mes champs avec mon lilé, pour détruire l'ancien préjugé qui faisait aal>efois répandre du sel sur les terrains qu'on voulait frapper de stérilité, m. Lett. Turgot, isfévr. (7rb. Un grain de sel marin est un cube composé d'uu<?. :nflnité d'autres cubes, m i^. Ànim. reprod. ûepuia plus
SEL
d'un siècle on fait le sel en France par la seule évaporalion, en attirant l'eau de la mer dans de grands terrains qu'on appelle des marais salants, lu. Uin. t. m, p. 3S) . En Franche-Comté, en Lorraine et dans plusieurs autres contrées de l'Europe et des autres parties du monde, le sel se lire de l'eau des fontaines salées, id. ib. p. 4U4. Des murailles de sel [dans les mines de Wiliska) se montrent à sa vue [du voyageur] : Le sel se forme en voûte, en colonne, en statue; Le sel se creuse en temple, et se dresse en autel; Le travailleur s'assied à des tables de sel, delille. Trois régnes, V. Corvée, impôts rongeurs, tributs, taxes pesantes. Le sel, fils de la terre, ou même l'eau des mers. Source d'oppression et de fléaux divers, a. chénieb. Hymne à la France. La mer est la mine de sel la plus abondante, puisque la trentième partie de cette énorme masse de liquide est de sel marin, a. brongniart. Traité de min. 1. 1, p. )2l. C'est dans cette contrée [la Libye] qu'on trouvait, suivant cet historien [Hérodote], des habitations construites en sel, comme celles de la Caramanie et de l'Arabie, id. ib. t. I, p. )35. Il Viande au gros sel, viande servie dans son bouillon et parsemée de gros sel. Un chapon au gros sel. 1| Prendre le sel, son sel, se pénétrer de sel, en parlant des viandes qu'on sale. La viande prend mieux le sel quand elle est fraîche. || Ce jambon, ce saucisson, ce ragoût, etc. sont de bon sel, d'un bon sel, ils sont salés à point. Il Ils sont raides de sel, ils sont trop salés. || Manger une chose à la croque au sel, la manger sans autre assaisonnement que le sel. || Mettre un grain de sel sur la queue d'un oiseau, se dit aux enfants comme un moyen de prendre les petits oiseaux, et fig. de tout moyen illusoire. || Vaches de sel, monceaux de sel qu'on élevait en plein air, dans le Poitou, pour le faire sécher. || Sel par imp^t, certaine quantité de se! que tout particulier était tenu de piendre chaque année dans les greniers du roi. Le Kl [en raison des forts impôts qui le grevaient] fu' un engrais enlevé aux terres : on cessa d'en d( nner aux bestiaux, et beaucoup de sujets ne continuèrent à en consommer que parce qu'on les contraignait à ne pas se passer d'une chose nécessaire, coNDiL. Comm. gouv. n, 7, || Fig. Vous êtes le sel de la terre; que si le sel perd sa force, avec quoi salera-t-on? SACi, Bible, Évang. St Matih. V, )3. Le ministre de Jésus-Christ, destiné à être le sel de la terre, et à guérir la corruption des peuples, MASS. Carême, Vocation. \\ i° Faux sel, sel de contrebande, le sel qui, dans les provinces où la gabelle était établie, n'avait pas été pris dans les greniers du roi. Déclarons faux sel.... le sel venu des pays étrangers sans notre permission par écrit.... le sel de notre royaume qui aura été pris ailleurs que dans nos greniers ou rcgrates, Ordonn. mai ) 680. Il 3" Fig. Ce qui relève, donne du piquant, de l'intérêt. J'ai fait, ce matin encore, certains adieux par rapport à vous; c'est le sel qui donne du goût à ce que je fais, sÉv. )2 avr. 4 089. Tout ce qui s'appelle devoir attriste l'âme, flétrit l'imagination, refroidit le désir, émousse cette pointe d'amour-propre qui fait tout le sel de l'amour, MARMONTEL, Contes mor. Soliman II. \\ 4" Fig. Ce qu'il y a de fin, de vif, de piquant dans les discours, dans un ouvrage d'esprit. Je n'ai point trouvé le moindre grain de sel dans tout cela, mol. Critique, 3. Ce que vous me mandiez l'autre jour.... tout est si plein de sel, que nous croyons que vous n'avez pas d'autre poudre pour vos lettres, siv. À M"' de Grignan, )4 déc. )689. Elle [Ninon] trouve que votre frère a la simplicité de la colombe, il ressemble à sa mère; c'est Mme de Grignan qui a tout le sel de la maison, et qui n'est pas si sotte que d'être dans cette docilité, m. <" avril (674. Et qu'Horace, jetant le sel à pleines mains. Se jouait aux dépens des Pelletiers romains, boil. Sat. II. Un ouvrage a beau être approuvé d'un petit nombre de connaisseurs ; s'il n'est plein d'un certain agrément et d'un certain sel propre à piquer le goût général des hommes, il ne passera jamais pour un bon ouvrage, id. Œuvr. Préf. générale. Que si on me demande ce que c'est que cet agréraont et ce sel, je répondrai que c'est un je ne sais quoi qu'on peut beaucoup mieux sentir que dire; i mon avis néanmoins, il consiste principalement à ne jamais présenter au lecteur que des pensées vraies et des expressions justes, m. ifc. C'est en vain qu'on écrirait mot pour mot ces narrations divertissantes; il semble que leur sel s'évapore sur le papier, hamilt. Gramm. 6. La vérité demande un peu de sel , Et l'enjouement est son air naturel, J. b. eouss. tptt. i, «. Répanr<^r àur eux
SE
SEL
SÈL
[les ennemis de la philosophie] le sel dont il a plu i Dieu de favoriser votre conversation, tolt. Lett. d'Àlembert, 4 sept. 1707. Les meilleures comédies de Molière n'ont pas plus de sel aue les premi&res Lettres provinciales ; Bossuet n a rien de plus sublime que les dernières, m. Louis XIV, écrivains, Pascal. Qui ne connaît le sel de leurs reparties? j. j. rolss. Ém. II. Quand on fait à des satires l'honneur d'y répondre, ce doit être avec le sel et la gaieté de la Motte, cl non avec le flcl et la fange de Scaliger, d'alemd. Éioges, d'Olivet. Le sel du goût et de l'esprit n'a pas besoin d'être mêlé au sel amerde la satire, mahmontel, Œuvres, t. xvii, p. 33. De sel sans iprelé, de gaité sans grimace [il] Assaisonne ses moindres mots, dixille, Convers. m. Le sel de l'cpigramme consiste d.ins un trait plaisant, ingénieux et inattendu, dans une pensée qui pique, qui intéresse, qui est rendue d'une manitrc vive et agréable et qu'on appelle la pointe ou le bon mot, douairon, Poétique, De l'épigramme. \\ Sel atlique, certaine finisse dans les pi-nsécs qui était particulière aux habitants du pays attique, et qui est un mérite de l'esprit dans tous les temps. 11 [un sonnet] est de sel attique assaisonné partout. Et vous le trouverez, je crois, d'a.ssez bon goût, mol. F. sav. ni, 2. Il lui échappa je ne sais combien de traits pleins de sfel castillan, qui vaut bien le sel attique, lesage, Gil Bl. ii, 6. Il Du gros sel, des plaisanteries de mauvais goût, ou du moins do goût équivoque. || 6" Terme de l'ancienne chimie. Tout corps cristallin, soluble ! dans l'eau. Tous les sels dissous dans l'eau se cristallisent en forme assez régulière par une évaporation lente et tranquille, buff. Ilin. t. m, p 219. M. Margraaf prouva que le procédé très-compliqué | employé pour faire le phosphore pouvait se réduire à distiller avec une matière charbonneuse la substance qui, combinée avec l'alcali fixe, forme le sel fusible de l'urine, condorcet, Margraaf. \\ Les sels, sels volatils qu'on fait aspirer pour ranimer
I ^s esprits. Respirer des sels. Des sels 1 des selsl Suzaime! un million, si vous la sauvez, beaumahch. Hère coupable, iv, IB. || Sel de vinaigre, acide acétique mêlé au sulfate de potasse de manière à l'humecter, enfermé dans de petits flacons de verre, et servant d'excitant. || Sel essentiel, sel existant tout formé dams les végétaux, et tiré par l'évaporation de leur jus ou de leur décoction. Il [le lait] donne, comme les plantes, un sel neutre essentiel, j. j. rouss. Ém. 1. 1| Sel essentiel d'oseille désignait ce que, dans le commerce, on appelle actuellement sel d'oseille; il est constitué par un mélange de bioxalate et quadroxalate de potasse, où domine ordinairement la première de ces deux substances. || Sel essentiel de quinquina, ancien nom du kinale de chaux et de l'extrait sec de quinquina par la méthode la Garaie. || Sel d'absinthe, sous-carbonate de potasse obtenu par l'incinération de la grande absinthe. || Sel admirable, sel découvert et dénommé par Glauber; c'est le sulfate de soude ; on le nomme communément sel de Glauber. || Sel admirable perlé, phosphate de soude.
II Sel ammoniac, chlorure d'ammonium. || Sel anglais, sulfate de magnésie. |1 Sel volatil d'Angleterre, sous-carbonate d'ammoniaque. || Sel de crâne humain volatil, sous-carbonate d'ammoniaque huileux. Il Sel do crâne humain fi.\c, sous-phosphate de chaux. 1| Sel digestif, sel découvert et dénommé par Sylvius, c'est l'hydrochlorate de potasse. Il Sel de diiobus, sulfate de potasse. || Sel d'Egra ou sel d'Epsom, sulfate de magnésie. |1 Sel infernal, azotate de potasse. || Sel de nitre, azotate de potasse. l| Sel phosphorique calcaire, nom qui fut donné d'abord au phosphate de chaux. || Sel do Saturne, acétate de plomb cristallisé. || Sel de Sedlitz, sulfate de magnésie. ||Sel de Seignette, tartratede soude et de potasse, ainsi nommé de Seignette, apothicaire de la Rochelle, qui l'a obtenu le premier. Il Sel végétal, tartrate de poUsse neutre. Il Sel végétal fixe , sous-carbonate de potasse, il 6' Aujourd'hui, toute combinaison de deux corps composés, dont l'un joue le rôle d'élément électro-négatif ou d'acide, et l'autre celui d'élément électro-positif ou de base, de manière qu'ils forment un composé ayant des caractères nouveaux, et dans lequel les propriétés des doux ou de l'un d'eux sont plus ou moins complètement neutralisées. Lorsque l'eau a pris tout ce qu'elle peut dissoudre d'un sel, elle peut encore dissoudre beaucoup d'un autre sel ; on a même remarqué qu'elle dissolvait quelquefois une plus grande quantité du second sel que si elle ne tenait plus le premier en dissolution, berthollet, Instit. llém.
{ctenc. t. m, p. as. La plupart des sels ne sont connus que depuis cinquante ans ; avant cette époque on en connaissait peut-être vingt-cinq à trente, TiiENAKD, Traité de chimie, t. ii, p. 34 6, dans pou- GKNs. Il Sels terreux, sels dont la base est un oxyde métallique terreux. || Sel double, sel qui renferme deux bases. Il 7* Sel vengeur, sel libérateur, s'est dit, pendant la Révolution, du salpêtre nécessaire pour la fabrication de la poudre, qui était mis en réquisition dans toute la France. || 8° Terme d'alchimie. Sel fleuri, sel honoré, sel des philosophes, sel de terre, sel de verre, sel de mer, noms divers du mercure. || Sel universel, substance solide et compacte opposée à l'esprit. || Proverbes. Ils ne mangeront pas un minot de sel ensemble, se dit de deux personnes de différentes humeurs qui s'associent, et desquelles on prédit qu'elles ne vivront pas longtemps ensemble. || Pour connaître les gens, il faut avoir mangé ensemble plus d'un minot de sel.
— iilST. xni* s. Ce fu un poi devant Noël, Que l'en metoit bacons [jambons] en sel, Jlen. <I32. Il doit conduit [péage], fors de sel s'il est suons [sien] ; et se li sens est autrui.... tailliar. Recueil, p. 10. ||xv' s. Sire, où il n'a ne sel n'amer. Vous soiez bien veniiz soiens [céans]; Vous ralumez lez non voiens, Et les malades garissez, la Pass. de N. S. J. C. Et my bonjour sont à présent cessé.... Dont mon cuer est triste, las et cassés; Car mes bons jours sont au sel et à l'yaue, e. desch. Poésies mss. f° 171. Les eiposans mirent l'enfant sur un estai au devant de la maison Dieu d'Amiens.... et assez près dudit enfant misdrent du sel, en signe de ce qu'il n'estoit pas baptisié, nu canoë, sal. Par ung proverbe l'en dit que le sel est avant le goust ....ainsi est l'amy, et fault qu'il soit amy avant qu'on le cognoisse, Hist. de la Toison d'or, t. n, f* 18, dans LACURNE. Il xvi' s. J'estois en ce tempslà bien doux de sel [timide], parce que je n'avois encores vu traiter les playes faites par harquebuses, PARÉ, IX, I" dise. Il faut prendre ces deux aphorismcs d'Hippocrates avec un grain de sel, c'est à dire avec ceste distinction.... id. xx, 20. Toutes espèces de sel, salpcstre, sal-nitre, sel ammoniac, sel gemme, sel commun, eau salée, m. XXV, 7. Devant que bien l'on cognoisse un amy. Manger convient muy de sel avec luy, lerolx de LiNCY, /'roi', t. n, p. 2)7. Qui envoyé chetif à la mer, il n'en rapporte poisson ne sel, cotgrave.
— ÊTYM. Bourguig. sei ; wallon et picard, ti; Bcrry, jou ; saintong. îau, féminin; provenç. espagn. et portug. sal ; ital. sale ; du lat. lal; grec, S),;; comparez le celtique : gaélique, salana; kymri, halen, bas-bret. halonj et le sanscr. sara, eau, lait caillé, sel.
t SÉLACIEN, lENNE (sé-la-siin, siè-n"), adj Terme d'ichthvologie. Qui a une peau cartilagineuse. || S. m. pi. Les sélaciens, raies et squales.
— ÊTYM. SeXaxoî) f&ios et requins.
t SÉLAGE (sé-la-j'), t. m. Nom d'une plante sacrée que les druides cueillaient en grande pompe. Il Nom spécifique du lycopode sélage (lycopodiacées), que l'on suppose être la planle que les druides cueillaient, comme le gui, avec des pratiques superstitieuses. On le trouve dans plusieurs contrées de l'Europe, et il passe pour purgatif, d'où on l'appelle vulgairement mousse purgative , legoarant. Il Nom générique du selago spuria, L. du cap de Bonne-Espérance.
— ETYM. Lat. selago.
•[ SÉLAGINÉES (sé-laji-nées), s. f. pi. Nom d'une famille de plantes dicotylédones, dont le type est le selago spuria, L.
t SÉLAGINliLLE (sé-la-j i-nè-l'J, t. f. Nom d'un genre de lycopodiacées qui habite les montagnes des deux hémisphères.
SÉLAM ou SÉLAN (sé-lan), I. m. Bouquet de fleurs dont l'arrangement forme un langage muet.
— ÊTYM. Arabe, salam, salut.
f SÉLECTIF, IVE {sé-lc-ktif, ti-v'), adj. Qui a le caractère de la sélection.
t SÉLECTION (sé-lè-ksion), s. f. || i' Action de choisir. || 2' Terme de zootechnie. Choix bien entendu de reproducteurs doués des caractères que l'éleveur désire fixer dans une variété animale distincte. 1| 3* Sélection naturelle, prédominance que la nature accorde à une espèce, à une variété, grâce à une adaptation plus grande de ses caractères à ceux du milieu , au point de vue de la nutrition, de la conservation, de la reproduction, etc. avec disparition des espèces, des variétés qui ne peuvent lutter. Ce mot de sélection est entré en français par l'anglais. Oii l'avait d'abord em-
ployé en zootechnie, et le système de DarwiD 1^ tout à fait répandu.
— f.TYU. Lat. teleclionem, choix, de le, s!gni< fiant séparation, et légère, prendre, trier (voy. lire).
t SÉLÉNÉTUYLB (sé-lé-né-ti-l'), ». m. Séléniure d'éthyle.
t SÉLECTIVEMFJVT (s«-lè-kti-ve-man), ode.
D'une façon sélective.
t SÉLKNUVDRATE (sé-lè-ni-art-l"),!. m. Terme de chimie. Sel qui résulte de la combinaison de l'acide sélcnhydrique avec les bases.
t SÉLENlIYDRIQUEIsé-lé-ni-dri-k"), od;. Terme de chimie. Acide sélenhydrique, gaz très-délétère, qu'on se procure en versant de l'acide chlorhydrique étendu d'eau sur un séléniure.
t SÊLÊMATE (sé-lé-ni-a-f), J. m. Terme de chimie. Genre de sels qui sont produits par la combinaison de l'acide sélénique avec les bases.
t SÉLÉ.MBASK (sé-lé-ni-ba-z'J, ». f. Terme d» chimie. Séléniure qui, en se combinant avec d'autres séléniures, joue le râle de base ou d'élément électro-positif.
t SÉLÉXIUE (sé-lé-ni-d"), f. m. Terme de chimie. Séléniure qui, en se combinant avec un autre séléniure, joue le rôle d'acide par rapport à ce dernier. || S. m. pi. Les sélénides, famille do minéraux qui comprend le sélénium.
t SÉLÉ.MÉ, EE (sé-lé-ni-é, ée), adj. Qui contient du sélénium. Gaz livdrogène sélénié.
t SÉLÉNIEN, lENNE (sé-lé-niin, niè-n"), t. m. et f. Se dit des habitants supposés de la lune.
— f.TYM. ItXriVT,, lune.
I SÉLÉNIEUX (sé-lé-ni-eû), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un des acides que le sélénium produit avec l'oxygène.
i SÉLÉNIFÈUE (sé-lé-ni-fè-r*), adj. Qui contient du sélénium.
t SÉLÉNIQUE (sé-lé-ni-k"), adj. m. Terme de chimie. Se dit d'un des acides que le sélénium produit avec l'oxygène.
j SÉLÉNISEL (sé-lé-ni-sèl), l. m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison ie deux séléniures.
). SÉLÉNITE (sé-lé-ni-t*), ». f. Nom ancien du sulfate de chaux.'
— ÊTYM. IcXtivItt)?, de o«Xr,yTi, lune, ainsi dit parce que, la nuit, cette pierre réfléchit l'image de la lune; on la nomme aussi ifpoaéXrito;, écume de lune.
t 2. SÉLÉNITE (sé-lé-ni-t"), ». m. Terme de chimie. Sel produit par la combinaison de l'acide sélénieux avec une base.
SÉLÉNITEUX, EUSE (3é-lé-ni-teû,teû-z'), adj. Qui 3 rapport â la sélénite. || Eaux sélcnileuscs, eaui qui contiennent beaucoup de sélénite ou sulfate de chaux. Lorsqu'on évapore des quantités souvent répétées d'eaux séléniteuses , sans enlever le dépôt qui se forme, on remarque que le sulfate de chaux qui s'est déposé affecte quelquefois la forme cristalline en fer de lance, caboues. Chimie.
— ÊTYM. Séléniti t .
t SÉLÉNIUM {sé-lé-ni-om'), ». m. Métalloïde qui se rapproche beaucoup du soufre, et qui fut découvert en <8(7 par Bcrzelius.
— ÊTYM. ïeXrivTi, la lune, à cause de ses analogies chimiques avec le tellure, métalloïde déjà connu à l'époque de la découverte du sélénium.
t SÉLÉNIURE (sé-lé-ni-u-r'), s. m. Terme de chimie. Combinaison du sélénium avec un autre corps simple.
t SÉLÉNOCENTRIQUE (sé-lé-no-san-tri-k'), adj. Terme d'astronomie. Qui a rapport au centre delà lune. Les longitudes et les latitudes sélénocentriques de toutes les taches remarquables [de U lune], DELAMBRE, Abrégé astr. is' U;on.
— ÊTYM. le').r,rti, lune, et centre.
t SÉLÉNOGRAPUE (sé-lé-no-gra-fj, f. m. Celui qui s'occupe de sélénographie.
SÉLÉNOGRAPHIE (sé-lé-no-gra-fic), ». f. Term» d'astronomie. Description de la lune. Le premier ouvrage par lequel Jean Hcvelius s'annonça fut la sélénographie ou description de la face do la lune et de ses taches, bailly, Ilist. astr. mod. t. ii, p. 21 7.
— ÊTYM. Ït).iôv7i, lune, et yP«?'"> décrire. StXVjVTi se rattache au lal. sèrlnus; c'est le sanscrit sur, briller, qui a donné «tror, le ciel, et surya; le soleil.
SÉLÉNOGRAPUIQUE (sé-lé-no-gra-fi-k") , adj. Qui a rapport à la description de la lune. Catles sélénographiques.
I SÉLÉNOSTAT (sé-lé-no-sla), ». m. Instrument adapté au mouvement de la lune, comme l'hélioslat il celui du soleil.
SEL
SEL
SEL
— ÉTVM. ï«>.r,vTi, lune, et lotâTriç, qui arrête, qui fixe.
t SÉLÉNOTOPOORAPIIIE (sé-lé-no-to-po-grafle), s. f. Description délaiUée de la surface do la lune.
— ÉTYM. ItXri'/n, lune, tôtio;, lieu, et Ypotfei^, décrire.
+ SÉI.EUCIDES fsé-leu-si-d'), s. m. pi. Famille de rois grecs, descendant de Seleucus, général d'Al'exandre, qui ont régné dans l'Asie.
t SÉLIN (sé-lin), i. m. Genre de la famille des ombellifères, composé d'un petit nombre de plan- Kîs herbacées, vivaces.
— ÉTYM. lÉXivov, persil.
t SIÎLINE (sé-li-n'), s. f. Terme de médecine. Maladie des ongles caractérisée par des taches qui SB montrent dans leur substance.
— ÉTYM. Seîtjvïi, la lune, à cause qu'il y a à la base de l'ongle une partie qu'on nomme lunule ou petite lune.
t SELI^AGE (sè-la-j'), s. m. Action de seller. Le sellage et la promenade des chevaux avant la course. SELLE (sè-l'), S. f. Il !• Petit siège de bois à trois ou quatre pieds sans dossier (vieux en ce sens). Être assis sur une selle. Je vous dirais de marcher.... je suis persuadée que la plupart des maux viennent d'avoir le cul sur la selle, sÉv. à Mme de Grignan, 20 août I67i. || Fig. Demeurer entre deux selles le cul à terre, de deux choses auxquelles on prétend n'en obtenir aucune ; ou, ayant deux moyens pour réussir en une affaire, échouer dans tous les deux. Monsieur, il ne faut pas se mettre follement, comme on dit, le cul entre deux selles, ST-siM. 508, 222. Il Selle à modeler, escabeau sur lequel le sculpteur pose son ouvrage. L'autre bras posé sur la selle à modeler, l'ébauchoir à la main ; il y a sur la selle un buste commencé, didek. Salon de 1707, Œuv. t. XIV, p. 3i, dans pougens. || Terme de marine. Escabeau où s'assied le calfat. || 2' Harnais placé sur le dos du cheval pour recevoir le cavalier. Selle à la hussarde, à la hongroise. Ce que nous avons de la peine à comprendre, chez tous les peuples anciens les chevaux n'avaient ni étriers ni selles, et les cavaliers étalent sans bottes, HOLLIN, Ilist. anc. t. xi, )'• part. p. 39). || La selle à piquer pour le manège, celle dont les battes de devant et de derrière (voy. aux additions) sont plus élevées au-dessus des arçons, pour tenir le cavalier plus ferme. || La selle royale, celle dont les battes sont moins élevées et qui est le plus en asage pour la guerre et le voyage. || La selle rase, celle qui n'a des battes que devant et peu élevées. Il La selle anglaise, celle qui n'a point de battes ni devant ni derrière, et qui est par conséquent la plus légère. || Selle de femme, celle qui n'a qu'un étrier ou planchette et dont l'arçon de devant porte à gauche un croissant. || Familièrement. Avoir continuellement le cul sur la selle, se dit d'un homme qui est toujours à cheval. || En selle, à- cheval. La dame en croupe et le galant en selle s'en vont souper; et moi, je vais me promener, SÉV. 432. Il Éire bien en selle, être bien à cheval. IfRemetlre en selle, remettre à cheval un homme qui en est tombé. Les écuyers des jeux accoururent à lui en riant, et le remirent en selle, VOLT. Zadig, <o. || Fig. En selle, se dit d'une personne qui est bien affermie dans sa position. Le cardinal de Bouillon espéra les remettre en selle [les quiélistes] par le jugement qu'il se promettait de faire rendre à Kome, st-sim. 45, <7. Cliamillart avait eu des prises avec elle [Mme de Maintenon], pour me remettre en selle auprès du rei, ro. )08, 46). D'Antin était trop bas courtisan et trop mal en selle auprès du régent pour oser souffler, iD. 481, 240. Il Cheval de selle, cheval propre à être monté par un cavalier. Le cheval de selle doit avoir les épaules plates, mobiles et peu chargées; le cheval de trait, au contraire, doit les avoir grosses, rondes et charnues, buff. Quadrup. t. I, p. 49. Il Cheval de selle et de trait, cheval qu'on peut à volonté monter, ou atteler à une voiture. Il Jeter une selle sur un cheval, le seller à la b&to. Il Courir une ou deux selles, courir une ou deux postes. || Chez les maîtres de poste, la première selle, le meilleur bidet de l'écurie. || Courir i toute* selles, courir la poste sans avoir une selle i soi, et en se servant indifféremment des selles que la poste fournil. || Selle à tous chevaux, selle pouvant servir à toutes sortes de chevaux, à cause que les arçons sont mobiles. || Fig. Une selle à tous chevaux, lieu commun, banalité, compliment vague, remède qu'on applique à toutes sortes de aialadies. Je reçois toutes les extravagances qui se
présentent à moi, plutôt que ces selles à tous chev.iui dont nous avons tant ri ici, sÉv. )" juill. 1071. Saignez toujours, clystérisez et purgez; c'est une selle à tous chevaux, gherardi, Thédt. ital. les Médecins raillés, ii, 1 6. || Terme de manège. Gagner le fond de la selle, s'y tenir avec fermeté. || Selle sans tenue, selle mal faite, sur laquelle on n'est point assis. Il On dit que la selle porte, lorsqu'elle touche le dos ou le garrot. || 3» Terme d'anatomie. Selle turcique, cavité de l'os sphénoïde contenant la glande piluitaire. || 4° Dans le moyen âge, selle nécessaire, la chaise percée. || Par métonymie. L'évacuation qu'on fait en une fois quand on va à la garde-robe. Je suis monte dans la chambre où vous avez couché, et j'y ai poussé une gjosse selle tout au beau milieu sur le plancher, st-sim. 65, 84. Il est très-vrai qu'un homme qui r.'apu venir à bout de pousser sa selle sera plus sujet à la colère qu'un autre, volt. Dict. phil. Ventres paresseux. || Aller à la selle, aller à U garde-robe. Monsieur, on m'a dit que vous aviez des remèdes admirables pour faire aller à la selle, mol. Amour méd. m, 5. Il 5* Nom, en quelques provinces, de la planche sur laquelle les blanchisseuses lavent le linge. || Bateau de selles, se dit des bateaux immobiles qui servent aux blanchisseuses. Il 6» Planche inclinée sur laquelle on entasse les feuilles de papier quand elles ont été soumises à la presse. || Etabli de charron, de tonnelier. || Banc sur lequel on coupe les planches de terre pour en faire des carreaux. || Masse de bois portée sur trois pieds sur laquelle l'ouvrier place le moyeu d'une roue. || 7" Terme de marine. Garniture do bois placée en avant des chouquels des bas mâts pour recevoir les balancines des basses vergues.
— IllST. XI' s. Li frein sunt d'or, les seles d'argent mises, Ch. de Roi. vu. || xii* s. En portera, se vous le commandés, Nue sa sele à Paris la cité, Trestot nus pics, sans chance et sans soler, du CANOE, sella. Tant ledestraint et assailli, Oue Guillaume vint à merchi. Nus pies, une selle à son col, ID. ib. Mis serjanz ne volt pur mei rien faire; cumandai lui que il meist ma sele, kar je m'en voil od tei venir. Rois, p. (94 || xiii' s [Elle] Mourut subitement séant sur une sele [chaise], Berte, Lxxxvi. Et do ce est tenuz li mestres marischax le roy au ferrer ses palefroy de sa siele tant seulement, sanz autre cheval nul , Liv. des met. 44. Avoec les sainz soit mise en sele L'ame de mon seignor Ansel; Car Diex, qui ses amis ensele. L'a trové et fin et feel, ruteb. 88. Et chascun deit aveir l'une de ces deux espées atachiées à l'arson devant la selle, et l'autre deit aveir ceinte, Ass. de J. i, 1 70. Les chars crues ils mettent entre leur celles et leur paniaus, quant le sanc eu est bien hors, si la manjuent toute crue, joiNV. 204.||xiv* s. X maislre Girart d'Orléans, peintre du roy, pour vi selles n -cessaires, feutrées et couvertes de cuir, de laboude, Émaux, p. 490. K Jehan de Troyes, sellier et varict de chambre du roy NS. pour une riche selle de broderie à chevaucher, ID. ib. 495. Il XV' s. Loyaux marchans, la selle si vous blesse Fort sur le doz, chascun vous vient presser. Et ne povez marchandise mener, ch. d'orl. Bail. (17. Et si devez toudis voz selles Evacuer.... E. DESCHAMPS, Préc. d'hygiène. Et falloit que ceux qui en mangeoient allassent deux ou trois heures après à la selle, Juv. des uhs. Cliarles VI, 1420. Ne serois-je entre deux selles cul à terre? G. chastel, Clir. des d. de Bourg, m, flo. Jamais il nechevauchoit mule ne hacquenée, mais un bas cheval trotier d'entre deux selles [ni courtaud ni destrier], Éloge de Charles VU, p. u, dans LACURNE. Quant la reine fut en celle chambre avecques Cueur d'acier, elle fist fermer l'huis, puis dist : Cueur d'acier, beau sire, mettez jus celle harpe, et si me dictes de quoy vous servez à mon fils; car je me double que vous soyez cheval de deux selles, Perceforest, t. m, f m. Hz font les nopces sans bans et sans selles [sans formalité]. Les 1 5 joyes de mariage, p. ( 03. 1 1 xvi' s. Pour ce ne se doit pas orgueillir qui siet en haute selle ; car Dieu a bienlost abalu son orgueil, quant il lui plaist, MÉNARD, Hist. de du Guescl. p. 404, dans LACURNE. Hz se lavoyenl curieusement les mains et la bouche, puys s'asseoyoient sus une longue selle, RAB. Pant. y, 27. Ceux qui auront flux de ventre iront souvent à la selle persée, iD. Prognoslication. Les refformcz furent les premieis qui eurent le cul sur la selle, en Poiclou, en Dauphiné.... d'aub. Uisl. ii, 424.11 sauta dans la selle [à cheval], id. ib. ii, 451. Il l'empoisonna dans un potage qui luy fît faire quatre-vingts selles dans
un jour, ID. Ifém. (573-1675. Et se mit en l'eau jusqu'aux genoux, avec une selle, tenant un battoir à la main, et lave ses drapeaux bien et beau, des- PÉRIERS, Contes, xxxvi. Ils jelcnt beaucoup de cholere [bile] par les selles, paré, Introd. e. Publius Satureius luy donna d'un pied de selle [banc] sur la teste, amyot, Gracques, 28. Selon leur coustume [de certains Germains], il n'est rien si vilain et si lasche que d'user de selles et bardelles, mont. I, 304.
— ÉTYM. Provenç. sella, telha, cella; espagn. silla; ital. sella ; du lat. sella, qui vient de tedere, être assis, Dar un diminutif fictif scdufa.
). SELLE, ÉE (sè-lé, lée), part, passé de seller <. Le prince d'Orange est si sévère dans son armée, qu'il n'y a point de colonel qui ose se déshabiller pour dormir, ni dormir qu'avec un cheval sellé et bridé à ses côtés , pellisson , Lett. hist. t. ii , p. 332.