MONT
— ÉTYM. Bas-lat. quinta essentia,de quinla, cinquième, et essentia, essence, parce que, selon les anciens, il y avait quatre éléments contenus dans leurs sphères respectives, la terre, l'eau, l'air et le feu; et, au-dessus de la sphère ilu feu, une substance plus pure et plus subtile encore qui n'avait pas de nom propre, et qu'on appelait la quinte essence (5* substance).
t QUINTESSENCUTION (kin-tè-ssan-si-a-sion) , s. f. Action de quintessencier. On a été frappé de l'abus que les hommes avaient fait de la subtilité et de la quintessenciation des idées, cournot, Princ de la théorie des richesses, u, 3.
0U1NTESSENCIÉ,ÉE (kin-tè-ssan-si-é, ée), part. passd (le quintessencier. Je trouve que ce feu, cette matière quintessenciée n'a pas en elle plus de droit à la pensée que la pierre, volt. Dial. vu, 2. ||Fig. Cydias, après avoir toussé, relevé sa mancbettr, étendu la main et ouvert les doigts, déliite gravement ses pensées quintessenciées, la bruy. v. Le •eutiment mis en grandes' maximes gcnéralos et
OUI
quintessencié par tout ce que la métaphysique a de plus subtil, 1. 1. rouss. Ilél. il, *T.
QUINTESSENCIER (kin-tè-ssan-si-é), je quintessenciais, nous quintessenciions, vous quiniessenciiez ; que je quintessencié, que nous quintessenciions, que vous quintessenciiez, ». a. || 1° Tirer la quintessence de quelque chose. || 2" Fig. Raffiner, subtiliser. Ceux qu'ils accusaient de grossièreté repoussaient l'injure, en disant qu'avec tous leurs raffinements de délicatesse, ils avaient tellement quintessencié l'amour, qu'on ne savait plus ce que c'était qu'être aimé, fonten. Foés. div. Œuv. t. xi, p. 283, dans POUGENS. ils [les éclectiques] avaient tellement qurntessencié la théologie païenne que, prosternés aux pieds des idoles, on ne pouvait les convaincre d'idolâtrie, dideb. Opin. des anc. philos. Édeclisme.
— HIST. XVI" S. Ouintessencer, cotghave.
— ÉTYM. Quintessence.
t QUINTESSENCIEL, ELLE (kin-tè-ssan-si-èl, è-l'), adj. Qui a rapport à la quintessence.
— HlST. XVI* s. Les çaux et huiles quintessentielles des herbes chaudes, seiches et aromatiques se tirent par alembic, paré, t. m, p. 637.
■f QUINTETTE (kuin-tè-f), s. m. Terme de musique. Morceau de musique écrit pour cinq voix ou pour cinT instruments. 11 y a, dans des genres différents, d'admirables quintettes d'instruments composés par Boccherini, Beethoven, Mozart et 0nslow; M. Reicha en a composé pour des instriiments à vent; leur facture est élégante, fétis, la Musique, Quintette. \\ Quand on applique le mot aux voix, c'est toujours sans compter l'accompagnement. Lorsque les cinq voix sont seules, on dit quintette sans accompagnement.
— ÊTYM. C'est le mot italien quinlelto francise (voy. quintetto). Quintette, correspondant à quartetto, n'aurait dii être adopté que pour qualifier des morceaux de peu d'étendue, au lieu de cela, il a complètement remplacé le mot quinque, qui correspondait à quatuor, et il est aujourd'hui généralement employé pour désigner des morceaux à cinq parties, de quelque imporlance et de quelque étendue qu'ils puissent être d'ailleurs.
QUINTETTO (kuin-tè-tto), s. m. \\ 1° Terme de musique. D'après le Dictionnaire de l'Académie, morceau de musique à cinq parties, moins étendu que le quinque. |l 2° Aujourd'hui, synonyme de quintette, qui est plus usité. || Auplur. Desquintetti.
— ÉTYM. Ital. quinletto, diminutif de quinto, cinquième (vov. ouint).
( . QUINTEUX, EUSiE ( kin-teù , teù-z' ), adj. Il 1° Sujet à des quintes d'humeur, à des caprices. Au reste d'esprit si quinteux, Que j'en suis quelquefois honteux, scarr. Typh. 1. Souvent j'ai beau rêver du matin jusqu'au soir; Quand je veux dire blanc, la quinteuse [rime] dit noir, boil. Sat. ii. Car il est dur, hautain, prompt, entêté, quinteux, bestouch. Diss. 1, «. Quand les musiciens se fichent, ils prennent, dit-on, la quinte, et les esprits quinteux sont, en style proverbial, des esprits colères et tout de i su, Journ. de Trévoux, sept. (735, p. (SïO. C'est un homme quinteux, mais qui revient d'abord, J. b. booss. Fiait, iv, 4. || 2" Se dit du cheval qui se défend contre son cavalier, refuse d'avancer et d'obéir; on dit qu'il fait des quintes. Beaucoup de chevaux capricieux et vicieux, mais au fond indomptables, paraissent assez doux pendapt plusieurs jours, et deviennent qufciteux et intraitables une ou deux fois la semaine, genlis. Maison rust. t. 1, p. (75, dans pougens. || Quinteux comme la mule (iu pape, fantasque, difficile. || Terme de fauconnerie. Se dit d'un oiseau qui s'écarte trop. || Se dit aussi d'un chien capricieux.
— i,T\ii. Quinte 3; namurois, kuinkelX; Gainant, quintar.
t 2. QUINTEUX, EUSE (kin-teû, teû-z'), adj. Terme de médecine. Qui prend par accès, par quintes. La toux est quinteuse dans la coqueluche.
— ÉTYM. Quinte 2.
QUINTIDI (kuin-ti-di), s. m. Le cinquième jour de la décade républicaine.
— KTYM. Lat. quintus, cinquième, et dies, jour, t QUINTIFORME (kuin-ti-for-m'J, adj. Terme de
minéralogie. Qui résulte de la combinaisun de cinq formes différentes.
— ÉTYM Lat. quintus, quint, etforxne.
QUINTIL, ILE (kuin-til,,li-l')„ adj. \\ 1° Terme
d'astrologie. Quintil aspect, position de deux [ilanctes éloignées l'une de l'autre'de .soixante-douze degrés, c'est-à-dire de la cinquième partie du zodiaque. Il 2'' S. m. Stance de cinq vers.
— ÉTYM. Lat. quintilis, cinquième, de quintus (voy. gumi).
QUI
t QUINTILLE (kin-ti-U', U mouillées), j. m. Nom d'un,' espèce de jeu de l'hombre à cinq. Montgobert me parle de quintiUe, je ne sais ce que c'est, SÉv. 29 sept. 1680.
t QUINTIN (kin-tin), *. m. Espèce de toile fabriquée à Quintin, bourg de Bretagne. Votre beau collet de quintin Et votre jupe de satin, d'assouci, Ovide travesti.
tQUINTlNE (kuin-ti-n"), ». f. Terme de botanique. Une des enveloppes de l'ovule végétal.
— ÉTYM. Lat. quintus, cinquième.
t QUINTISECTION (kuin-ti-sè-ksion), i. f. Division en cinq parties rgales.
— ÊTYM. Lat. quintus, cinquième, et section.
t QUINTO (kuin-to), adv. latin. Cinquièmement. On l'emploie pour désigner le cinquième objet d'une série. S", quand on a commencé à compier par primo, secundo, tertio, quarto.
— ÉTYM. Lat. quinto loco, en cinquième lieu.
t QUINTOYER (kin-to-ié), v. n. Faire entendre la quinte supérieure d'un son au lieu de ce son luimême. La clarinette quintoie.
QUINTUPLE (kuin-tu-pl'; quelques-uns disent kin-tu-ple), adj. Qui vaut cinq fois autant. || Terme de botanique. Se dit du stigmate, quand il se partage en cinq divisions. || S. m Rendre le quintuple.
— HlST. XVI* s. Hz seront le quintuple du tiers, EST. DE LA ROCHE, Arismetique, f. 63.
— ÉTYM. Lat. quintuplex.
QUINTUPLÉ, ËE (kuin-tu-plé, plé), part, passé de quintupler. Il Terme de botanique. Se dit des nervures des feuilles, lorsque la nervure principale émet de chaque côté deux autres nervures.
QUINTUPLER (kuin-tu-plé ; quelques-uns disent kin-tu-plé), V. a. Ajouter quatre fois autant à un premier nombre, le multiplier par cinq.
— ÉTYM. Quintuple.
QUINZAIN (kin-zin), adj. invariable. \\ \° Terme de jeu de paume. Nous sommes quinzain,' nous avons chacun quinze. || 2° S. m. Monnaie d'or française, qui valait (5 livres.
— KTYM. Quinze.
QUINZAINE (kin-zè-n'), f. f. Nombre de quinze ou environ. Une quinzainéWS francs. || Absolument. Espace de quinze jours. C'est un petit volontaire qui sert les dames par quinzaine, dancourt. Été des coquettes, se. 13. Rousseau passera ici une quinzaine; il y attendra le départ de M. Hume, qui le conduira en Angleterre , didebot , Lett. à Mlle Yoland, 20déc. (765. || Servir par quinzaine, servir une quinzaine sur deux. |{ La quinzaine de l'âquos, les quinze jours depuis le dimanche des Rameaux jusqu'à celui de Quasimodo inclusivement. |l Quinzaine de Pâques, ouvrage qui contient l'office de cette quinzaine.
— HIST. xn* s. Au Mans avons sofert doulereuse quinzaine, Sax. xxx. || xiii' s. Dedanz la quin/.eine de la saint Remei qui vient, BiW. des ch. «• série, t. m, p.- 574.
— ÊTYM Quinze ; provenç. quinxena; catal. çut'nsena ; espagn. quincena.
QUINZE (kin-z'), adj. numéral. \\i' Trois fois cinq. Un Saint-Bouvain, X qui je donnerais quinze points et la main, mol. Fdch. ii, 2. On peut parier ((209 contre 90, ou (24 4/9 contre 4 qu'une per- .sonne de quinze ans vivra un an de plus, bufp. Prob. de. la vie, Œuv. t. x, p. 297. Et ce charme inconnu, cette fraîche auréole Qui couronne un front de quinze ans, v. iiuGO, Orient. 33. ||Fig. Des jambes de quinze ans, la force et l'agilité de la jeunesse. Nous aimons beaucoup mieux, ayant nos jambes de quinze ans, aller à pied qu'autrement, LESAGE, Est. Gonz. 46. J'ai retrouvé mes jambes de quinze ans,' gi-.nlis, The'dt. d'éduc. la Rosière, II, 9. || 2" Quinzième. Chapitre quinze. Le roi Louis quinze. Le pape Grégoire quinze. |i On écrit ordinairement : Louis W , Grégoire XV. || 3" S. m. Quinze, le nombre quinze. Quinze nuiliiplié par trois. || On dit de même : le numéro cjuiiize, le nombre quinze. |( 4° Le quinzième jour. Je vous verrai du quinze au vingt de ce mois, maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 1. 1, p. (68, dans pougens. Il 5" Terme du jeu de paume. Le premier des quatre coups dont un jeu est composé. Nous avons gagné le premier quinze. Nous sommes quinze à trente. Nous sommes quinze à quinze, ou, pour abréger, nous sommes quinze à. Donner quinze, donner Tavaiilagcde quinze à chaque jeu de la partie. ||Domi-quinze, l'avantage de quinze donné de deux jeux l'un, dans le cours de la partie. || Fig. Avoir quinze sur la partie, avoir quelque avantage dans l'affaire. || Fig. Il poufrait donner quinze et bisque à son adversaire, il lui est fort supérieur. Sou-
QUI
Tiens-toi.... qu'ils |les grands] ont quinze et bisque sur nous par leur état, beaumarch. Har.de Fig. V, 3. Il Fig. Celui-là vaut quinze, o'est-à-dire cela est remarquable, je m'en souviendrai. || 6" Sorte de jeu de hasard très-ruineux , qui consiste à prendre successivement des oirtes entre les joueurs ; celui qui a, le premier, quinze par les points de ses cartes, ou qui en approche le plus, est le vainqueur. Il a perdu vingt ou trente mille francs au quinze, tête à tête avec un homme qu'on prétend qui avait bien des moitiés, m*intknon, ifd. ou duc de Noaitles, 22 mai ntt.
— HiST. XI' s. De dulce France i a quinze milliers, Ch. de Roi. viil Contre un des nos [nôtres] [il] en troveratmorz quinze, ib.cxLi. ||xiii' s. Quinze jiours [ils] l'ont requise [Berte], mais ne l'ont pas trouvée, Berte, civ. || xv s. Deux jeunes marchandes d'auprès Ste-Oportune, nous leur avons vu faire leurs quinze tours dans Sl-Denisj puis elles sont allées achever le reste de leur voyage dans le bois de Nostre Dame des Vertus, où je me recommande, Caquets de l'accouchée, p. 62, dans lacurnb.
— ÉTYM. Piov. quime; cat. quinse; espagn. quince; ital.qumdici; du latin qutndecm, de qui»que, cinq, et decem, dix (l'accent est sur quin).
QUINZE-VINGTS (kin-ze-vin), s. m. pl.\\i° Les Quinze-Vingts ou l'hôpital des Quinze-Vingts (avec deux majuscules), hôpital fondé à Paris par saint Louis pour trois cents aveugles. Dans les commencements de la fondation des Quinze-Vingts, on sait qu'ils étaient tous égaux, et que leurs petites affaires se décidaient à la pluralité des voix, volt. Romans, Les aveuglesjuges des couleurs. \\ Les Quinze-Vingts, les aveugles de cet hôpital. Et que les Quinze-Vingts disent que je suis borgne, Régnier. Sat. v. || Par allusion plaisante et jeu de mots, il fallut qu'ils [vingt conseillers du parlement] donnassent chacun quinze mille livres pour les frais de la guerre [Fronde].... ces vingts conseillers n'eurent d'autr» honneur que d'être appelés les Quinze-Vingts, volt. Louis XIV, 4. Il 2" Un Quinze-Vingt, un des aveugles reçus dans cet hôpital. (L'Académie ne met pas d's; des grammairiens ont réclamé contre cet usage, disant que cela signifie un de l'hôpital des Quinzevingts et qu'il faut l'ï.) Il Un aveugle, en général. Rt même il vint Auprès de nous le Quinze-Vingt [Polyphème], scarr. Yiry. m. Vous ne vous attendiez pas à être chargée d'une négociation, madame ; c'est ici où le Quinze-Vingt des Alpes a besoin des bontés delà très-judicieuse Quinze-Vingt de Saint- Joseph, VOLT. Lett. Mme du Deffant, 27 juin (764.
— HIST. XV s. Les aveugles que fonda saint Loys, Qui quinze vins sont en une maison, e. desch. Poésies mss. f" 286.
— ËTYM. Quinse fois vingt, ou trois cents. QUINZIÈ-ME (kin-ziè-m") , adj. \\ l» Qui suit le
quatorzième. César, né dans le quinzième siècle et général au Mexique, eût été plus méchant que Cortès, RAYNAL, Ilist. phil. vi, (2. l|La quinzième partie, la partie d'un tout qui est divisé en quinze parties égales. |1 Personne ou chose qui occupe le quinzième rang. Il est) le quinzième de sa cla.sse. Il 2" S. m. Le quinzième, le quinzième jour. Le quinzième de la lune. Le quinzième de sa mabidie. Il 3" Une quinzième part. 11 a un quinzième dans la succession. Les trois quinzièmes. i| 4" S. f. Terme de musique. La quinzième, la double octave; un registre de l'orgue.
HIBT. XIII* s. Gis fu quinzimes rois par conte,
Que la mors donta qui tôt donte, ph. mouskes , ms.
p. 48, dans LACURNE.
— ÉTYM. Provenç. quinsen; catal. quinse; espagn. quinceno; itàl. quindecimo; du lat. quindecimus (voy. quinze).
QUINZIÈMEMENT (kin-ziè-me-man) , odv. En quinzième lieu.
— ÉTYM. Quinsiéme, et le suffixe ment.
f QUIOSSAGE (ki-o-sa-j'), s. m. Action de quioster.
t QDIOSSE (kio-s'), s. f. Sorte de pierre avec laquelle on frotte le cuir.
— ÉTYM. Le même que queux 2.
f QUIOSSER (ki-o-sé), V. a. Faire passer le cuir sur la quiosse, afin d'en faire sortir les ordures.
— ÉTYM. Quiosse. '
QOlPOS (ki-pô), s. m. pi. Nom donné aux corde- Mtes nouées des Péruviens, au temps de la monarchie des Incas, qui ne constituaient pas une écriture, mais formaient une méthode mnémonique, fondée sur les couleurs des cordelettes, leur ordre, le changement du nombre et de la disposition des nœuds. Il faut reléguer au rang des fables les mervsillei attribuées à ces quipos qui remplaçaient.
QUI
chez les Péruviens, l'art de l'écriture, qui leur était inconnu, raynal, Hist. phil. vu, 6.
QUIPROQUO (lii-pro-ko), s. m. Méprise consistant à prendre une personne, une chose pour une autre Plus je contemple Ces fruits [gland, citrouille] ainsi placés, plus il semblée Garo Que l'on a fait un quiproquo, la pont. Fabl. ix, 4. Il y a ici du quiproquo sur ma parole, regnahd, Sériin. 8. Là, j'ai vu votre frère au milieu des commis Qui s'emportait contre eux du quiproquo commis, lu. les Hénech. ii, i. Il faut tellement approprier la louange à ceux qu'elle regarde, que le plus ombrageux amour-propre ne puisse y trouver de quiproquo, j. j. iiouss. Confess. xi. A peine a-t-il son habit d'officier qu'il porte la main à l'épée aux premières railleries du comte sur le quiproquo d'un soufllet, beaumarch. Préface du Har. de Fig. || Un quiproquo d'apothicaire, médicament donné l'un pour l'autre. Les quiproquo d'apothicaire sont fort dangereux. Est-ce que l'on ne dit pas ordinairement : un tel a fait un quiproquo d'apothicaire; ce qui suppose qu'il nous arrive souvent de nous tromper, lesaoe, Est. Gonx. <7. ||i4u plur. Des quiproquo, selon le Dictionnaire de l'Académie; maison pourrait regarder le mot comme français et écrire : des quiproquos.
— HIST. XVI* s. S'il est licite de transfigurer ainsi toutes choses, il y aura de terribles qui pro quod , CALV. Jnstit. 492. Ah ! mes fillettes, ne vous y fiez pas, ils vous tromperont, i! vous feront lire un quid pro quod, DEspER. Contes, i. Quiproquo d'apothicaire, H. EST. Apol. d'Hérod. p. 3(4, dans lacukne.
— ÉTYM. Lat. quid, pro, et quod : prendre un quid pour un quod.
•j- QUIRINAL (kui-ri-nal), s. m. Une des sept collines de l'ancienne Rome. || S. f. pi. Les quirinales, fêtes romaines, qui se célébraient le 4 7 de février en l'honneur de Romulus.
— ÉTYM. Lat. Trtons Quirinalis, de Quirinus, un des noms de Romulus.
t QUIBITAIRE (kui-ri-tê-r'), adj. Terme de droit romain. Domaine quiritaire, domaine accessible aux seuls citoyens romains {dominium en jure Quiritium), par opposition au domaine accessible i tous {dominium ex jure gentium).
QUITTANCE (kitan-s'), s. f. Écrit constatant que quelqu'un a payé une somme d'argent. On a encore à Londres les quittances des docteurs de Sorbonne consultés le 2 juillet f 530 sur le divorce de Henri VIII, par Thomas Krouk, agent de ce tyran, qui délivra l'argent aux docteurs, volt. Facéties, la Proph. de la Sorb. Il peut être convenu par le contrat de mariage que la femme touchera annuellement, sur ses seules quittance», une partie de ses revenus pour son entretien et ses besoins personnels. Code JVop. art. I B49. Il Anciennement, quittances de finances, les reçus des sommes qui étaient versées dans les coffres du roi pour prix d'un office, d'une charge, de la noblesse, etc. Savei-vous bien, madame, que je prouve déjà près de vingt ans de noblesse; que cette noblesse est bien à moi, en bon parchemin scellé du grand sceau de cire jaune; qu'elle n'est pas, comme celle de beaucoup do gens, incertaine et sur parole, et que personne n'oserait me la disputer, car j'en ai quittance? beaumarch. Hém. rép. à Mme Goëxman. || Fig. Donner quittance, pardonner. Mais de ce côté-là je leur donrois [donnerais] quittance, S'ils voulaient s'obliger d'épargner leurs amis, RÉGNIER, Soi. xii. |{ Les lunettes et les cheveux gris sont des quittances d'amour, c'est-à-dire qu'on ne doit plus songer à la galanterie en cet état-
— HIST. XII' s. Si rouva [il demanda] qu'il eussent paix. Toute paix et quittance eussent, Brut, ms. f* 20, dans lacurne. || xiii* s. Qu'il aient pes de tôle tien Et de costume [impôt] laquitance [exemption], Partonopex , v. 65B7. S'on me doit sor letres et je rent les letres à celi qui les me bailla, c'est bien à entendre que je me tieng por paies, ou que j'en ai quitance fête, beaum. xxxiv, 21. ||xiv« s. Et dou quart de lor penitance Lor fait moult boinement quitance, l. de condé, t. m, p. (O. || xv* s. Et disl à son dit mary que il convenoit fere une quictance comment il confessoit avoir receu la dicte somme,
Pibl. des ch. 6* série, t. i, p. 221 Et nous vous
tiendrons pour droit roi de France, et obéirons à vous comme au roi de France, et vous demanderons quittance de notre foi; et vous la nous donnerez comme roi de France ; pour ainsi serons-nous absous et dispensés, et irons partout là où voudrez et ordonnerez, froiss. i, i, 95.
— ÉTYM. Provenç. quittansa; catal. quitança; espagn. et ital quitanga; bas-lat. quietantia. La fornip propre est quietantia, ^tion d'apaiser, de quieiare (voy. quitte;.
QUI
QUITTANCÉ, ÉE (ki-tan-sé , sêe), part, pasat de quittancer! Un mémoire quittancé.
QUITTANCER (ki-tan-sé. Le c prend une cédille devant aet o; je quittançais, quittançons),!), a. Reconnaître qu'un débiteur a payé tout ou partie de la somme qu'il devait. Il ne vous faudra point, de peur d'être déçu , Quittancer le contrat que vous n'ayez reçu, mol. Éc. desfem. iv, i.
— ÉTYM. Quittance.
QUITTE (ki-t') , adj. || 1* Qui ne doit plus rien, qui s'est libéré de sa dette, en parlant des personnes. On croit que Monsieur le Prince n'en sera pas quitte pour quarante mille écus , sÉv. 4.3. Ce nouveau magistrat proposa une loi qui déclarait les débileura quittes de leurs dettes en payant à leurs créanciers la quatrième partie du principal, vertot, Rétol. rom. XI, p. 78. Il Fig. [Dans le monde] On reçoit et l'on rend, on est à peu près quitte, gresset, leMi'ch. IV, 7. Il Fig. Il en mourra quitte, signifie qu'on se vengera tôt ou tard de l'ofl'ense faite. || Quitte se dit aussi des immeubles. Un domaine franc et quitte de toutes dettRS et hypothèques. Drususdonna à de pauvres habitants la même quantité de ces terres quittes et franches de toute contribution, vertot, névol. rom. IX, p. 34U. || Fig. Être quitte envers quelqu'un ou envers quelque obligation morale, s'être aoquitté de ce qu'exigeait le devoir, la reconnaissance. Mais, quitte envers l'honneur et quitte envers mon père, C'est maintenant à toi que je viens satisfaire, COHN. Cid, lu, 4. Quoi 1 le seigneur Ésope en croit donc être quitte Pour m'avoir en passant daigné rendre visite î boursault, Ésope à la cour, i, 4, Soyez heureux, mes enfants, vous serez quittes envers nous, GKNLis, Thédt. d'éduc. la Cloison, se. (9. || Il s'est dit aussi des obligations accomplies, satisfaites. Ta gloire est dégagée, e) ton devoir est quitte, cohn. Cid, y, 7. Il Fig. Tenir quitte, dispenser. Dis-lui que rien ne presse, et que je l'en tiens quitte, pagan, • Bendex-vous, se. <&. || Ironiquement, je l'en tiens quitte, se dit de quelqu'un dont les services ou les politesses sont à charge ou suspects. || 2° Délivré, débarrassé. Te voilà donc bientôt quitte d'un grand souci 1 CORN, le Ment, iv, 9. Prétendez- vous.... en demeurer quitte à si bon marché? la pont. Berc. Mais quitte des ennuis où m'enchatne la vie, th. CORN. Ariane, m, 4. Quand il [M. Cassini] était quitte de ses devoirs, il retournait à ses plaisirs, c'est-à-dire aux observations célestes, fonten. Cassini. Quand elles [les maîtresses] meurent, alors le désir meurt avec l'objet, l'on rentre dans son bon sens, et l'on est quitte de mourir, comte de caylus, Acad. de ces dames et de ces messieurs, Œuv. t.xii, p. 72, dans pouGENS. Me voilà quitte d'un cruel entretien, genlis, Thédt. d'édue. Zélie, ii, 6. ||Être quitte pi.ur, en êti'e quitte pour, n'avoir à souffrir, à supporter que.... pour. Octave aura donc vu ses fureurs assouvies.... Rempli les champs d'horreur, comblé Rome de morts. Et sera quitte après pour l'effet d'un remords! corn. Cinna, ii, a. J'en voudrais être quitte pour dix pistoles, mol. Impromptu, >. Il faudrait.... ne pas croire qu'on en fût quitte pour dire.... boss. Hist. ii, t3. Mme de Cjiylusa été quitte de la rougeole pour la peur, mXihtenon, Lett. au duc de Noaill. I6 avril n(2. 1| Absolument et familièrement, quitte pour, quitte à, à charge de. Quitte pour être grondé. Quitte à être grondé. J'irai toujours mon chemin, quitte à changer quand on changera, sév. 236. Miss Temple,... fit voeu en elle-même d'en avoir le cœur net, quitte pour ne plus lui jamais parler après, hamilt. Gramm. <o. Il 3° Adverbialement. Terme de jeu. Jouer à quitte ou à double, jouer à quitte ou double, jouer quitte ou double, jouer une dernière partie par laquelle celui qui a déjà perdu sera acquitté ou payera double. || Absolument. Dans le même sens, quitte ou double. Il Fig. Jouer à quitte ou à double, à quitte ou double, et, plus ordinairement aujourd hui, jouer quitte ou double, risquer tout. Ce remède se peut mettre en comparaison avec la poudre du bonhomme ; il est même un peu violent, mais aussi on joue à quitte ou à double, sÉv. 338. Vendôme, à qui deux assauts avaient déjà mal réussi, joua à quitte ou à double, et ordonna un troisième assaut, st-sim. 283, 94. Il Être quitte à quitte, ne se devoir plus rien de part et d'autre, au jeu, dans les alTai- )-es, dans les comptes. Nous sommes quitte à (|uitte. Nous voilà quitte à quitte. || Fig Faire quitte à quitte, être quitte à quitte, ou, absolument, quitte à quitte, se rendre la pareille, s'être rendu la pareille. Hélas! tant qu'il [le cardinal MazarinJ vécut, nous lûmes quitte à quitte; Il ne fit ri«n pour moi, je i:e fis rien pour lui, caillt, dans richelet. Ar- (jan : Tu m'as fait égosiUsr. — Tomstte : Kt vou»
OUI
m'aver. fait, tous, casser la tête; l'un vaut lien l'autre : quitte à quitte, si vous voulez, mol. Hal. imag. I, ). Est-il vrai que la Simiane s'est séparée de son mari, sous prétexte de ses galanteries? quelle folie! je lui aurais conseillé de faire quitte à quitte avec lui, sÉv. 8 mai (676. || Fig. Nous voilà quitte à quitte, se dit lorsqu'on a reçu quelque déplaisir de quelqu'un, et qu'on lui a rendu la pareille. Adieu, lui dit-il, quitte à quitte, pibon, le nei et les pincettes, conte en vers. Il On dit dans le même sens : partant quitte. Voilà l'argent que vous m'avez prêté, partant quitte. || Proverbe. Quitte à quitte et bons amis.
— HIST. XI* s. Bien sontasouz, quites do lur pecchez, Ch. de Roi. lxxxviii. || xii« s. De milsouspirs quejeli doi par dete [elle] Ne m'en veut pas un seul quite clamer, Coud, vi. |1 xiii* s. Dis et soulas et joie m'ont bien clamée quite, Berte, xxxvii. Ainçois le [ton cœur] donne en don tout quite. Si en auras greignor [plus grand] mérite, la Rose, 2263. Et après ce il n'est pas quites de l'amende, porce qu'il a enfreint l'establissement, beaum. i, 39. Lors puet savoir qu'il a boen boste, Et lors resoit il son mérite, Que Dieux et il sunt quite et quite, ru- TEB. 4». Si tost comme le paiement fu fait, le roy nous dit i|ue des ore mais estoit son serement quites, et que nous nous partissions de là, joinv. 250. Il XIV* s. Ne sai se me devez, ou se nous vous devons; Or soit tout quite quite , puisque nous départons, Guescl. (0860. Si vous pri que vous en taisiés.... Et s'il y a parole dite Mal faite, se soit quitte et quitte, j. de condê, t. m, p. 67. || xv s. Et ainsi pareillement ferai.tout le voyage durant; et serai quitte pour faire devant chacun juge une fois lesdites armes, monstrel. i, 8. Et sur ce point ai ie donné l Galehault mon compaignon Chambre et estable en ma maison, i Paris, tant comme il vourra, Et, la demeure lui plaira, Par la manière dessus dite, Et, s'il ne luy plaist, quitte à quitt», E. desch. Poés. mss. f" 4)2. Quant on sent les ennemis venir et qu'on se sent le plus foible, et qu'on ne les peust' a.ttendre, en ces deux poms il fault donner l'assault pour en jouer à quitte et à double, le Jouvencel, f° 83, dans LACURNE. || xvi* s. S'en ira il quitte, ayant assailli ma teste? hont. i, (28. Vous perdes tout-quitte [entièrement] le cheval, s'il s'espaule, s'il se rompt ou s'estord une jambe, o. de serres, 82. Il n'est pas quitte qui doibt de reste, cotghave. Les vainqueurs.... y gagnèrent [à la prise de Rome] ce qu'ils voulurent, jusqu'aux quictes goujats [jusqu'aux simples goujats], bbant. Conn. de Bourbon.
— ÉTYM. Provenç. quiti; catal. quiti ; espagn. quito; ital. quite; du lat. quietus, tranquille (voy. COI), et, par extension, quitte. C'est de la même façon que le lat. pacare, apaiser, a signifié payer.
QUITTÉ, P.E (ki té, tée), part, passé de quitter. Il 1° Tenu quitte. Quitté d'une dette considérable. Il 2" Qui s'est séparé de. Quitté par ses maîtresses sans avoir connu l'amour, volt. ifcBurs, 176. Il 3° Terme de graveur. Taille quittée, taille brisée, qui semble n'avoir pas la longueur qu'elle devrait avoir naturellemf i:t. ,-,
QCITTEMENT [ki-te-man), adv. Ancien terme de palais, employé dans cette locution : franchement et quittement, c'est-à-dire sans charge ni hypothèque. On m'a vendu ce bien franchement et quittement.
— HIST. XII* s. Li reis.... fistpar ban criei C'um laissast quitement lui e les suens aleV, Th. le mart. 4«. Il xiii" s. Il li doit garantir son fief quitement et franquement, beaum. xv, 7. ||xv* s. Or sont depuis les choses muées autrement ; car tout le royaume de Castille demoura quittement et paisiblement au roj Henry son frère, froiss. ii, m, 34.
— ÉTYM. Quitte, et le suffixe ment; provenç. quitamen; anc. catal. quitiament; anc. espag. quitamente.
QUITTER (ki-té), ». o. Il 1° Tenir quitte, exempter, affranchir (ce qui est le premier sens, puisque quitter vient de quitte). Quitter quelqu'un d'une amende, d'une peine. Ne devaient-ils pas se tenir bien heureux que mon ambition ne leur coûtât pas davantage ? on ne les en pouvait quitter à meilleur marché, fontf.n. Dial. f, Morts, anc. Réponds-moi seulement de l'avenir; je te quitte du reste, raynal, Hist. phil. X, 8. Il On dit dans le même sens: quitter une dette. Celui qui reçoit la grâce, à qui l'on quitte toutes ses dettes, boss. Sermons, Temps du \uhiU, ) . Il Fig. Dispenser. Je vous quitte de la peine de me répondre, sÊv. d Pompone, 20 nov. (664. Ce «ont des amitiés de l'agonie [lettres tendres de M. de la Trousse à sa mère mourante], dont je ne fais pas grand cas; j'en quitte ceux qui ne commenceront
QUI
que là à m'aimer, id. 27 avr. »67a. Ne perdez point le temps que vous laisse leur fuite X rendre à mon tombeau des soins dont je vous quitte, rac. Mithr.
V, B. Les autres, con( înts que l'on réduise les mœurs aux passions... quittent un auteur de tout le reste, LA BRUY. Disc, sur Théophr. Montrez-leur un feu grégeois qui les surprenne, ou un éclair qui les éblouisse, ils vous quittent du bon et du beau, id. I. Envoyez-moi cet habit et ces bijoux de Philémon, et je vous quitte de la personne, id. ii. || Je le quitte, je cède , je m'avoue vaincu. Ho ! poussez ; je le quitte, et ne raisonne plus, mol. le Dép. il, (. Ah! je le quitte maintenant, et je n'y vois plus de remède, iD. G. Dand. m, (b. Mon père, lui dis-je, je le quitte, si cela est. pasc. Proi-. vii.||2" Céder, abandonner. Plus ardent qu'un athlète à Pise, Je me ferai quitter le prix, malh. m, 2. Il le recueillit, le fit apporter en sa maison, lui quitta son lit... id. le Traité des bienf. de Sénèque, iv, 37. Si quelqu'un veut plaider contre vous pour vous prendre votre robe, quittez-lui encore votre manteau, saci. Bible, Érang. Stilalh. v, 40. J'ai quitté ma plume à ma fille avec plaisir, sév. à Bussy, 28 oct. 4685. Tous ceux qui le voient [Scipion l'Africain] sont gagnés au peuple romain: les Carthaginois lui quittent l'Espagne, B06S. Hist. 1, 8. J'aurais même regret qu'il me quittât l'empire, rac. Théb. iv, (. Foucault, conseiller d'État, obtint la rare permission du roi de quitter à son fils l'intendance de Caen, st-sim. (6( , H3. Qui vous céderait pour ce siècle-ci [le xix*] la guerre et les sciences, ne quitteriez-vous pas à l'autre [le xvii'] les arts, la politesse et le goût? p. L. COUR. I.ett. Il, 2(0. Il N'en pas quitter sa part à un autre, et, absolument, n'en pas quitter sa part, ne vouloir pas renoncer à quelque chose. Penses-tu qu'après tout j'en quitte encor ma part, Et tienne tout perdu pour un peu de traverse? corn, le Uent. m, 6. Qui n'eût ri? quant à moi, Je n'en eusse quitté ma part pour un empire, la font. Fabl. xii, (2. L'on ne quitte point sa part de la fortune, quand on a des raisons d'y prétendre, sév. (3 mars (680. Le récipiendaire ayant assuré que son prédécesseur était un grand homme, que le cardinal de Richelieu était un très-grand homme, louis XIV un plus que grand homme.... le directeur lui répond la même chose, et ajoute que le récipiendaire pourrait bien aussi être une espèce de grand homme, et que, pour lui directeur, il n'en quitte pas sa part, volt. Lettres sur les Anglais, 25. || Quitter la place à quelqu'un, se retirer pour le laisser seul. Madame, c'est à moi de vous quitier la place, corn. Sophon.m, 3. Ma présence le chasse. Et je ferai bien mieux de lui quitter la place, mol. Tart. ii, 4. En attendant, je vous as.sure qu'il [Pomenars] est si hardi et si effronté, que tous les jours du monde il fait quitter la place au premier président, dont il est ennemi, aussi bien que du procureur général, sÉv. 77. || Fig. Je vous quitte la place, je vous cède mes prétentions, je ne veux pas contester. |i Absolument. J'aime mieux quitter que de disputer. || 3° Renoncer à. Sans quitter pourtant ses premiers desseins, pehbotd'abl. Tac. 286, Ils quittèrent Dieu qui était leur gloire pour la figure d'un bœuf qui mange de l'herbe, saci. Bible, Ps. cv, 20. J'aurais bientôt quitté les plaisirs, disent- ils, si j'avais la foi. Et moi je vous dis: vous auriez bientôt la foi, si vous aviez quitté les plaisirs, pasc. Pens. x, 3, éd. iiavkt. Mais quittonsces tristes souvenirs, sÉv. (8 févr. (67(. Vous écrivez extrêmement bien.... ne quittez jamais le naturel, votre tour s'y est l'orme, et cela compose un style parfait, éd. « Jfme deGrignan, 1 8 févr. I67(. C'était le conseil de Dieu d'instruire les rois à ne point quitter son Église, BOSs. Reine d'Anglet. Malheureux ! vous quittez le maître des humains Pour adorer l'ouvrage de vos mains, rac. Esth 11, 9. Laissez-là cet habit, quittez ce vil métier, id. Athal. 11, 7. Faut-il quitter mes livres, mes études, mon ouvrage, cette ligne qui est commencée? la bruy.
VI. Pourquoi, dis-je, a-t-il quitté le service? Il ne l'a point quitté, me répondit-il, mais le service l'a quitté, MONTESQ. Lett. pers. 48. Ce qui est singulier, c'est qu'il [Maimbourg] fut obligé de quitter les jésuites, pour avoir écrit en faveur du clergé de France, volt. Louis XIV, Écriv. Maimbourg. Quitter l'idolâtrie Est un titre en ces lieux pour mériter la vie, ID. Als. i, (.|| Quitter le commerce du monde, se priver du commerce du monde. Il Quitter le monde, se dit d'une personne qui embrasse la vie religieuse, qui va vivre dans la retraite. Il Fig. Et les canons, quittant leurs u.sages farouches, Ne servent plus ici que d'éclatantes bouches. Pour rendre grâce au ciel de cet heureux accord, 'corn. Inscript, mises sous des estampes, }i, Le pont
QUI
de Ce. Il Quitter la partie, convenir qtie celui contre qui on joue a gagné; et fig. se désister de quelque chose, y renoncer, s'en aller. Mettez dans vos discours un peu de modestie, Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie, mol. Tart. m, 2. || Se défaire de. Quitter ses mauvaises habitudes. Quitte cette tendresse; Pleurer les ennemisest marque de faiblesse, MAIR, Mort d'Asdrub. v, 3. Honteux attachements de la chair et du monde. Que ne me quittez-vous, quand je vous ai quittés? id. Poly. iv, 2. Quittez l'art, avec nous ; quittez la flatterie, volt. Brutus, i, 2. |,4* Se séparer de ce à quoi on est attaché. Et vous serez fameux chez la postérité. Moins pour l'avoir conquis [l'empire] que pour l'avoir quitté, CORN. Cinna, n, 1. Quoi I vous voulez quitter (e fruit de tant de peines! id. ib. iv, 4. Il a quitté sans peine ce qu'il avait acquis sans empressement, BOSS. le Tellier. Songez-vous qu'en naissant mes bras vous ont reçue? Mon p.ays, mes enfants, pour vous j'ai tout quitté, rac. Phèdre, i, 3. Sylla, quittant la dictature, avait semblé ne vouloir vivre que sous la protection de ses lois mêmes, montesq. liom. ( ). Il Quitter la vie, mourir. Rome a trop cru de moi, mais mon âme ravie Remplira son attente, ou quittera la vie, CORN. Hor. 11, (. || 6* Laisser quelqu'un en quelque endroit, se séparer de lui. Il quitta ses compagnons à la porte de la ville. Je veux demeurer pour t'encourager à la mort, et je ne te quitterai point que je ne t'aie vu pendu, mol. Méd. inalg. lui, m, ». On m'a dit que vous ne quittez guère Mme de Montespan ; je n'en suis point jalouse : sùiemcnt elle ne diminuera pas votre amitié pour moi, maintenon, Leit. au card. de Noailles, t. v, p. 64, dans pouGENs. Il est souvent plus utile de quitter les grands que de s'en plaindre, la bruy. ix. Je me souviens qu'une fois Mme de Luxembourg me parlait en raillant d'un homme qui quittait sa maîtresse pour lui écrire, j. j. Rouss. Confess. v. || Fig. Mon Dieu, me quitterez -vous? pasc. Amulette. \\ Cet homme a quitté sa femme, il l'a abandonnée. Un pape avait excommunié Robert pour avoir épousé sa parente; et un autre pape excommunia Philippe pour avoir quitté sa parente, volt. Mœurs, 39. || On dit de même : Elle quitta son mari. || Quitter se dit d'amants qui renoncent à leur amour. Venge-toi d'une ingrate et quitte une cruelle, cobn. Nicom. V, I. Me quitter, me reprendre et retourner encor De la fille d'Hélèneà la veuve d'Hector? rac. Andr. IV, 5. Saint-Évremond eut quelque temps ses bonnes grâces [de Ninon de Lenclos]; on la quittait rarement, mais elle quittait fort vite, volt. Mél. litlér. sur Mlle de Lénclos. || Fig. La France est une maîtresse qu'il [Frédéric H] a quittée, mais qu'il aime et qu'il souhaite passionnément de voir embellie, VOLT. Lett. Amelot, 3 août (743. || Cesser de s'attaquer à. Je ne m'étonne point de voir que votre haine. Pour me faire coupable, a quitté Timagène, cobn. Rod. v, 4. Il Quitter des yeux, quitter de la vue, cesser d'avoir les yeux fixés sur. Je ne la quittai pas des yeux. Je ne pourrais pas vivre en repos, si je quittais de vue un seul moment ma chère Providence, SÉV. 9 févr (683. Il Absolument. Je ne quittai point des yeux, elle ne me voyait point encore, MARIVAUX, lfanann«, 4* part. || Fig.II nequittejamais Descartes, il lit constamment les livres de Descartes. Il 6° Fig. 11 se dit des choses qui nous laissent. La vie le quitta. Il est vieux, ses facultés l'ont quitté. Quand nos vices nous quittent, nous nous flattons de la créance que c'est nous qui les quittons, la ROCHEFOuc. Max. (92. Je souhaite qu'il se porte bien, et que la fièvre le quitte; car il faut mettre llamberge au vent, sÉv. (66. Peut-être la fortune est prête à vous quitter, rac. Esth. m, (. Oui, lu me resteras, 6 funèbre héritage [un crucifix] I Sept fois, depuis ce jour, l'arbre que j'ai planté Sur sa tombe sans nom a changé de feuillage. Tu ne m'as pas quitté, lawkkt. Nour. Médit, le Crucifix. || Quand l'âme quitte le corps, lorsque l'âme abandonne le corps. Il Son portrait ne me quitte pas, je le porte toujours sur moi. || Son image ne me quitte pas, elle est constamment présente à mon esprit. || Ce souvenir ne me quittera jamais, je me souviendrai toujours de cela. || Ne pas quitter, aller de la même façon, en parlant de montres. Cette montre.... qui allait toujours trop tôt ou trop tard d'une heure ou deux, est devenue si parfaitement juste qu'elle no quitte pas d'un moment la pendule, sÉv. (B juillet (671. Il 7° S'éloigner d'un lieu, s'en retirer. Quitter la maison paternelle. Quitter son poste. Anaxagore, du temps de nos pères, ayant avancé que la lune était une terre à peu près semblable à., la nôtre, et le soleil une pierre enflammée, fut soupçonné d'impiété et obligé de quitter Athènes, barthi'u Ànach.
QUI
ch. 3), Avant la fin du jour ne quittez point ces lieux, c. nELAV. Princ. Aurél. iv, 7. || Quitter la terre, mourir. Ce petit nombre d'hommes auxquels la Providence a soumis leurs semblables, et qui n'ont à redouter sur la terre que le moment où il? la quittent, d'ai.emb. Éloges, Honsuet. || Quitter le lit. se lever. Ce malade ne quitte pas le lit. || Quitter la chambre, sortir. Il est incommodé, il ne quitte pas la chambre. || Fig. Quitter le barreau, cesser de plaider. Cet avocat a quitté le barreau. || Quitter le théâtre, cesser déjouer. Cet acteur a quitté le théâtre. Il Fig. On dit qu'un fleuve quitte son lit quand il déborde. || 8° S'écarter de. Quitter les rangs. Quitter le bon chemin. || Fig. Quitter le droit chemin, s'écarter de son devoir. || Fjg. Quitter le sentier de la vertu, s'écarter de la vertu, du devoir. Il 9° lâcher ce qu'on tient. Quitter sa proie. Il ne quitta pas la planche qui le soutenait sur l'eau. Il lui quitte la main, et tourne d'un autre côté, la BRiiT. XI. Il Quitter les armes, déposer les armes, cesser la guerre. Prêt à quitter le fer «t prêt à le reprendre, bac. Alex, ii, 2. || Quitter prise, lâcher ce qu'on a pris. Ce chien, quand il mord, ne quitte pas prise. || Fig. Quitter prise, abandonner un dessein. Le moindre obstacle lui fait quitter prise Il Par extension. Fort bien; et cette fièvre a bientôt quitté prise, mol. T^rt. m, 3. || Absolument. C'est un homme qui ne quitte pas aisément, qui ne quitte jamais, il suit obstinément ce qu'il a commencé, il il n'y renonce jamais. || 10° Ôter de dessus soi , se dépouiller de, se débarrasser de. Quitter son habit pour être plus à son aise. Quitter sa robe. || Cesser l'usage de, cesser de porter. Quitter le deuil. Lise a quitté le rouge, et l'on se dit tout bas Qu'elle ferait bien mieux de quitter Liciilas, gbesset, le Uéch. m, 9. Il Quitter les étriers, ôter ses pieds de dedans volontairement ou involontairement. || Fig, Quitter l'épée, la robe, la soutane, le froc, renoncer i la profession des armes, à celle de la robe, à l'état ecclésiastique, à la vie religieuse. Le vieux laboureur de Ferney, qui a quitté le cothurne pour le semoir, volt. Lett. Chauvelin , 21 sept. <764. Il Quitter sa peau, se dit d'un serpent qui fait peau nouvelle || Fig. et familièrement, quitter sa peau, renoncer à ses vieilles habitudes, à son ancien caractère. |i Cet arbre quitte ses feuilles, les feuilles de cet arbre tombent. Mes quatre chênes résistèrent vigoureusement, et ne quittèrent leurs feuilles que quelques jours avant le temps ordinaire, buff. hisl. nat. introd. Part. exp. Œuv,t. viii, p. 267. || Cesfruits quittent le noyau, le noyau s'en détache facilement. Il 11° V. n. S'en aller, s'éloigner. Ne quitte point, Lisette, et demeure avec nous, th. corn. Baron d'Alhikrac, iv, 1. Faut-il quitter impoliment sans lui rien dire* faut-il lui déclarer le sujet de ma retraite?!. J. Rouss. Hél. I, f.llll se dit des choses qui se séparent. Prêt à choir où le vent le pousse, Le fruit menaçait de quitter, la mottk, Fafcî. i, 10. Il 12° 11 se dit d'hommes, de femmes dont lescoeurs se séparent. Qui ne pouvant avoir que des goûts imparfaits, Choisissent sans amour, et quittent sans regrets, de bièvbe, Séducteur, 11, i. Je venaii de quitter; elle, d'être quittée; Et nous nous sommes pris je ne sais trop comment, desmahis, l'Imperiinent, se. 2. || 13" Se retirer de quelque travail, engagement. 11 |un fermier de la Lorraine] répond que, du temps de M. de Turenne, on pouvait recueillir et compter sur les terres de ce pays-là; mais que, depuis sa mort, tout le monde quittait, croyant que les ennemis y vont entrer, sÉv. 2) août I675. Il faut absolument que tous ceux qui ont travaillé avec vous [à l'Encyclopédie] quittent avec vous, VOLT. Lett. d'Alembert, & févr. (758. || 14° Terme de jeu. Abandonner sa vade et ne pas tenir un renvi. 11 a fait son va-tout, et j'ai quitté. Vous me ferez quitter si votre renvi est si fort. || 15° Se quitter, V. réfl. Se séparer de soi-même. Avant tout dérèglement, il faut qu'il y ait une chose qui est elle-même sa règle, et qui, ne pouvant se quitter soi-même, ne peut non plus ni faillir, ni défaillir, Boss. Éiév. sur myst. i, 2. Lord Byron a composé un poème des Lamentations du Tasse; mais il ne se peut quitter et se substitue partout aux personnages qu'il met en scène, chateaubr. dans le Dict de uochez. Il Terme de mystique. Se quitter soi-même, laisser faire Dieu. || 16° Se séparer l'un de l'autre, les uns des autres. Us se sont quittés bons amis. Pour moi, je dirai : il faut toujours s'aimer, quoique l'on soit obligé quelquefois de se quitter, sÉv. 581. Ils font mille serments de ne se point quitter, rac. Phèdre, iv, 6.j|17° Êlre quitté. La flanelle sur la peau ne se quitte pas, même eh été. || Proverbes. Qui quitte la partie la perd, on perd la partie quand'
QUI
on ce.^se le jeu avant qu'elle soit finie, et fig. cesser de s'occuper d'une affaire, c'est en compromettre le succès. Il Qui quitte sa place la perd, on ne retrouve plus sa place une fois qu'on l'a quittée. || Il ne quitte rien du sien, se dit de celui qui renonce à une chose oii il n'avait point de droit.
— HiST. xn* s. Se [elle] ne me veut retenir ou quiter, Couci, vi. || xiii* s. Je quit amours, et à Dieu les commant, anonyme, dans Court. Si comme se uns bons me demande vingt livres, et je U ni que je ne li doi pas, car je li ai paies, ou il le m'a quité, BEAUM. xxxrx, 50. Se il ne li quitoient les deux cent mille livres que il leur devoit encore, jomv. 261. Il XV* s. Je vous quitte votre prison, et vous pouvez partir demain, fboiss. i, 1, 329. L'evesque du Lyege estoit venu pour faire quicter à son pays trente mil florins ou environ qu'ils payoient au duc Charles par appoinctement, comm. v, (6. Il xvi" s. Celui qui. sans rien recevoir, libéralement et franchement quitte la dette, calv. Instit. B07. Il leur seroit si difficile, que j'aime mieux les en quitter [dispenser], harg. Nouv. xxi. Quittant sa resolution, il s'alia^donnoit au dueil, mont, i, 6. Je suis d'advis que tu quittes cette vie là, ou la vie tout à faict, ID. I, 251. J'espère que nous en quitterons l'usage, iD. I, 362. Depuis que ceulx qui me devanceoient m'ont quitté leur place.... m. m, 69. La police féminine a un train mystérieux, il faut le leur quitter, ID. m, 6. Adrian l'empereur débattant avecques le philosophe Favorinus de l'interprétation de quelque mot, Favorinus liiy en quitta bientost la partie, ID. lu, 7, IhiuiltaToret l'argentà ceux qui en avoient plus affaire que luy, amïot, Arist. et Cat. comp. 10. Antiochus passa de l'Asie en la Grèce, pour solliciter les villes de quitter l'alliance des Romains, id. Flamin. 30. Demosthenes n'osa onques aller jusques là, ains s'en retourna du mont de Cythaeron et quitta l'ambassade, id. Démoslh. 32.
— ÉTYM. Provenç. quilar; anc. catal. quietar ; espagn. quitar; ital. quietare, quitare; bas-latin, quietare, de quietus (voy. quitte) : mot à mot rendre tranquille, de là exempter, renoncer, laisser. On entend souvent les paysans dire : Quitte-moi tranquille, quitte-moi en repos
t QUITTERIE (ki-le-rie), s. f. Terme familier. Brouille à la suite de laquelle on se quitte. Moncrif persuada Son Altesse Sérénissime [le comte de Clermont, amant de Mme de Bouillon], dans une quitterie, de la rendre définitive, et, pour cet effet, il lui donna une nouvelle maîtresse, Journ. et Mém. d'Argei'Son, 1860, t. 11, p. 62.
t QUITTEUIt, EUSE (ki-teur, teû-z'), s. m. eif. Celui, celle qui quitte, qui abandonne.
— HIST. xvi* s. Quitteur, oudin, Dict.
QUITDS (kui-tus') , s. m. Terme de finance. Arrêté ou jugement définitif d'un compte. Avoir le quitus d'un compte.
— HIST. xvr s. Quittus, cotgbave.
— ÉTYM. Quitus et quittus est le latin des comptes et des chartes pour rendre quitte.
QVl-VA-hX (ki-va-la), cri d'une personne qui entend quelque chose et craint d'être surprise. Qui va là? heu! ma peur à chaque pas s'accroît! mol. Amph. I, 1. Il Fig. C'est un homme qui a toujours réponse à qui-va-là, il a réponse à tout, rien ne l'arrête. || Avoir réponse à tout hormis à qui-va-là, s'être préparé à tout sauf à la question, à la difficulté à laquelle il était naturel de s'attendre. Enrique : Qui va l'a'? — ^ Jodelet : La vilaine enquête que voilà; J'avais réponse à tout, hormis à qui-va-ià, th. corn. Geôl. de soi-même, 1, 7. ||0n écrit aussi qui va là? sans trait d'union et avec un point d'interrogation.
— HIST. xyi° s. Une sentinelle parla d'assez loin; on repondit à son qui-va-là que.... d'aub. Hist.
— ÉTYM. Qui, va, là.
QDI-VIVE (ki-vi-v'). Terme de guerre. Cri d'une sentinelle, d'une patrouille, etc. qui entend du bruit, qui aperçoit une personne ou une troupe. La sentinelle a crié qui-vive. || Fig. Joyeux ami, beauté vive. Entrez tous deux sans qui-vive! Le plaisir n'y perdra rien, bérang. Hiver. || S. m. M. le Prince rencontra l'avant-garde de son armée, dont quelques cavaliers vinrent au qui-vive avec M. le Prince, larochef. ilf^m. 236. N'entend-on pas le qui-vive des gardes Oui se mêle au bruit des verrous? bérang. tours X/. Il Fig. Être sur le qui-vive, être trèsattentif à ce qui se passe. |{ Il se dit aussi d'un homme inquiet et craintif. || Il se dit enfin d'une personne d'humeur délicate, facile à' s'offenser. On ne prime point avec les grands, ils se défendent par leur graudeur-, oi "ïec les Délits, ils vous repous-
QUO
sent par le qui-vive, la brut. v. || On écrit aussi qui vive? sans trait d'union, avec un point d'interrogation.
— HIST. XVI" s. Il respondit Vezins au qui vive d'aub. Hist. II, 352.
— ÉTYM. Qui? et vivre.
tQUOAILLE (kouâ-lP, W mouillées), ï. /'.Voy.
COAILLE.
QCOAILLER (konà-llé, Il mouillées, et non kouâyé), V. n. Se dit d'un cheval qui remue continuellement la queue. Ce cheval quoaille continuellement.
— ÉTYM Queue 1.
t OUOnLIBftTAIRE (ko-dli-bé-tê-r'), adj. Synonyme de qiiodlihétique.
— HIST. XVI' s. Nos docteurs n'y trouvent que rire ny que frire; car ils n'ont pas les questions quolibetaires si fréquentes; plus ne se passent tant de bacheliers, Sat. Mén. p. 81.
t QCODLIBÉTIQUE {ko-dli-bé-ti-k'j, adj. Terme de la scolastique. Questions quodlib('ti.|ues, questions libres, c'est-à-dire choisîtes et posées comme l'entend l'auteur de la thèse. L'amour elTréné de la dispute lui Ta la théologie] avait fait inventer ces lilres questions, ces questions quodlibétiques, prétexte inépuisable de contestations sans fin, v. leclerc, Hist. litt. de la France, t. xxiv, p. 34«. || S. f. La quodlibétique ou quodlibétaire, thèse sur toutes les parties d'une science.
— ÉTYM. Voy. QUOLIBET.
QUOI (koi) , pronom coryoncJiy indéclinable, signifiant quelle chose ou laquelle chose, servant pour les deux genres elles deux nombres, mais employé comme complément et non pas comme sujet; on ne s'en sert pas en parlant des personnes; il ne prend l'emploi de sujet que dans la locution composée quoi que, quoi qui. || 1° Il s'emploie avec les noms indéterminés. Ce à quoi nous pensons. Ce sur quoi nous disputons. C'est en quoi vous vous trompez. Il n'est rien à quoi je ne sois disposé. C'est tout ce de quoi j'ai besoin, MALn. v, 7. Et tel blâme en autrui ce de quoi je l'estime, Régnier, Sat. v. Ce contre quoi vous devez être plus en garde, c'est contre cet état de tiédeur et de négligence dans les fonctions qui en anéantit tout le fruit, mass. Confér. Zèle contre les scandales. || 2° "Il s'emploie d'une manière indéterminée aussi, pour représenter toute une proposition. Vous avez cité Cicéron, en quoi vous vous êtes trompé. Flatter ceux du logis, à son maître complaire; Moyennant quoi votre salaire Sera force reliefs de toutes les façons, la font. Fabl. 1, 6. Un marchand grec en certaine contrée Faisait trafic; un bassa l'appuyait, De quoi le Grec en bassa le payait, w. ib. viii, 18. Il [renard] relevait sa queue, il la faisait briller. Et cent mille autres badinages, Pendant quoi nul dindon n'eût osé sommeiller, ID. ib. XII, 18. Il En termes de palais, quoi faisant, en quoi faisant, en faisant laquelle chose. Il Le tout ijuoi, tout ce dont il s'agit. || 3° L'Académie dit que quoi s'emploie quelquefois pour le pronom relatif lequel, laquelle, tant au singulier qu'au pluriel , tant au masculin qu'au féminin. || On s'en sert avec les LQots chose, point, qui ont quelque chose d'indéterminé. En bonne foi, ce point sur quoi vous me pressez Est une affaire aussi qui m'embarrasse assez, mol. le Dép. II, <. L'éducation des enfants- est une chose à quoi i' faut s'attacher fortement, lu. Fourber. u, 1.1' y a de certaines choses sur quoi on se trou e disposé à souffler du bonheur, comme du temps des fées, sÉv. 29 déc. 1679. Voilà de bien belles choses à quoi saint Clément ne pense pas, BOSS. Nouv. myst. 14. Deux points à quoi je m'attache, et que je voudrais imprimer profondément dans vos esprits, bourdal. myst. Ascens. de J. C. t. I, p. 393. Il On s'en sert aussi quand on peut assimiler la chose ou l'idée dont il s'agit à queliue chose d'indéterminé. C'est donc la pensée qui fait l'être de l'homme, et sans quoi on ne le peut concevoir, PASC. dans cousin. C'est un infortuné.... qui, retombant sur son propre cœur, n'y trouve que lui-même, c'est-à-dire ses peines, ses dégoûts, ses inquiétudes, ses terreurs, avec quoi il puisse s'entretenir, mass. Carême, Prière 2. La somme de 39238 livres de France, à quoi se monte le total des deux envois, volt. Lett. à Cath. «1. Nous perdons l'unité de notre existence, en quoi consiste notre tranquillité , buff. Iforc. choisis, p. 66. C'est encore ici une des raisons pour quoi je veux élever Emile à la campagne, j. J. ROUSs. Ém. I. La mort seule, à quoi les athées veulent tout réduire, a besoin qu'on écrive en faveur de ses droits; car elle a peu de réalité pour l'homme, chateaubr. Génie, i, v, l.jl Enfin, dans le xvii' siècle, oa
QUO
n'hésitait pas t employer quoi avec tous les noms de chose comme le conjonctif ordinaire, et cet usâfie, loin d'être à rejeter, est aussi logique qu'élégant.et rapide. C'est l'assidu travail à quoi je me soumets, racan, Ps. 29. Ce blasphème, seigneur, de quoi vous m'accusez, cobn. Andromède, i, 2. ....Avec une adresse vigoureuse à quoi il ne s'attendait pas, je lui tirai le cimeterre du fourreau, SCARR. Rom. corn, ii, U. Est-ce un sujet pour quoi Vous fassiez .sonner vos mérites? i.a font. Fabl. IV, 3. Ce n'est pas le bonheur après quoi je soupire, mol. Tari, m, 3. Je trouve que je manque à faire plusieurs choses à quoi je suis obligé présentement, pasc. lett. à Mite de Boannfs, 7. Nous sommes en peine de savoir si vous riez quand on Vous harangue ; c'est une incommodité à quoi je craignais que vous ne fussiez sujette, sÉv. 28. M. de Longueville.... ouvre la barrière derrière quoi ils étaient retranchés [les Hollandaisl, et tue le premier qui se trouve sous sa main, m. 3 juill. 1072. Mme de Coulanges.... voulut bien nous faire part des contes avec quoi l'on amuse les dames de Versailles, lo. 6 août 1677. 11 en a fait une autre [lettre] qui, en vérité, est plus plate que la feuille de papier sur quoi elle est écrite, m. te oct. 1678. Kaites-vous envoyer les Fables de la Fontaine; elles sont divipes.... c'est une manière de narrer et un style à quoi l'on ne s'accoutume point, ID. à Bussy, 20 juill. 1679. Cette censure- du monde à quoi, malgré nous, vivants et mourants, nous sommes livrés.... boubdal. Carême, t. I, p. 264. Il 4° Quoi non précédé d'un substantif, s'emploie pour joindre deux propositions. Ditesmoi en quoi je puis vous servir. Voilà sur quoi je veux que Bajazet prononce, rac. Bajai. i,3. X l'inquisition l'on force bien l'accusé de deviner de quoi on l'accuse, mais on ne le juge pas sans dire sur quoi, J. 1. Rouss. Lett. de la Mont. 6. || Absolument. Toujours une soif et un besoin d'argent, en paix comme en guerre c'est [le jeune Sévigné] un abîme de je ne sais pas quoi, car il n'a aucune fantaisie, 9Év. 4'-;9. Il Ne connaître qui ni quoi (proprement, ni quelle personne, ni quelle chose), ne faire attention à rien. Comme vous êtes roi , vous ne consi- ' dérez Qui ni quoi.... la font. Fahl. v, t%. \\ Ni quoi ni qu'est-ce, aucune chose. Il ne dit ni quoi ni qu'est ce. Sans dire quoi ni qu'est-ce, au mépris de sa flamme , Le causeur est allé lui chanter même gamme, th. corn. l'Amour à la mode, v, 2.
Il 6° De quoi , ce qui est nécessaire pour....
capable de....Cléopâtre a de quoi vous mettre tous en poudre, corn. Pomp. ii, 2. J'ai de quoi me défendre et de quoi vous répondre, rotr. Vencesl. i, t . Là, cette femme [une devineresse] emplit sa bourse. Et, sans avoir d'autre ressource. Gagne de quoi donner un rang à son mari, la font. Fabl. vn, (6. C'est un garçon de quarante ans, qui a de quoi vivre, lesagb. Diable boit. <0. Sa fille [de Charles I"], depuis mariée au frère de Louis XIV, restait au lit, n'ayant pas de quoi se chauffer, volt. Louis XIV,
4. Lorsque nous sommes méchants, nous avons de quoi devenir meilleurs, condil. Traité anim. il, 9. Û était dans l'âge où l'on est sensé, quand on a de quoi l'être, mabmontel, Cont. mor. Bonne mère. Il Avoir de quoi, avoir le pouvoir de, avec un nom de chose pour sujet. Sa mort a de quoi vous apprendre La honte qu'il prévient et qu'il vous faut attendre, corn. Pomp. iv, t. Voici de quoi détruire et de quoi renverser Ce colosse orgueilleux si fort à terrasser, rotbou, Bélis. iv, 5. On ne partait qu'à trois heures ; c'était de quoi dormir la grasse matinée, sSv. 375. Une telle imposture a de quoi me surprendre, volt. Mérope, iv, 2. || Absolument. Ne vous inquiétez pas; en vérité, il n'y a pas de quoi, GENLis, Thédt d'éduc. la Bonne mère, in, 4. || Il n'y a pas de quoi, se dit, dans le langage familier, pour se défendre d'un remercîmenl qu'on trouve trop grand. Il n'en ordonne pas moins des prières pour remercier Dieu de ce qu'il n'y a eu que trois ou quatre cents malheureux qui aient été brûlés ; je m'imagine que Dieu répondra qu'il n'y a pas de quoi, d'alemb. teK. à Voltaire, 9 janv. mj. Il De quoi, pris substantivement. Où pourraije trouver de quoi te faire un don Qui puisse tenir lieu d'une reconnaissance? Je l'ai, mon Dieu, j'ai cède quoi Te faire une agréable offrande, corn. Imit. IV, 13 ||6' Di' i|uoi, ce qui suffit. Us trouvaient aux chaui|ps trop de quoi la font. Fabl. i,
5. Et que, tant que le jeu me laissera de quoi. Si tu prendiï à crédit, j'irai payer pour toi, th. corn. IMaril doublé, v, 3. Un huissier.... Qui vend table et coucheue Et trouve encor de quoi Pour le roi, BERANG. On s'en fiche. || Populairement. Avoir de
DICTi DE LA LANGUE FRANÇAISE.
QUO
quoi, être dans l'aisance. Vous devriez, ma fille, en l'âge où je vous voi, Être riche, contente, avoir fort bien de quoi , hégnier , Sat. xm. 11 faut aider les malheureux qui n'ont pas de quoi, carmont. Prov. le Lièvre, se. 2. || Substantivement. De quoi, l'avoir. L'on ne m'a pas donné depuis trois années la moitié de ce qu'il m'a fallu pour subsister, et j'ai consommé mon petit de quoi. Lettres de Chénier, ingénieur des mines, à Colbert, 20 nov. 1668, Lettres, etc. de Colbert, iv, 582. || 7" De quoi, de ce que. Je ne m'étonne plus de quoi je gagne tant, corn. Gai. du Palais, IV, i3. || Voilà bien de quoi I ce n'est pas la peine de tant se récrier. Hé bien ! qu'est-ce que cela, soixante ans? voilà bien de quoi! c'est la fleur de l'âge, mol. l'Av. ii, «. || Est-ce là tant de quoi? est-ce une chose si grave? est-ce là de quoi faire tant de bruit? Angélique : Hé bien, ta perfidie estelle en évidence? — Alidor : Est-ce là tant de quoi? Angélique : Tant de quoi! l'impudence 1 Après oaille serments il me manque de foi, Et me demande encor si c'est là tant de quoi, corn. Place Roy. ii, 3. il 8° Comme quoi, voy. comme, n* 4. || 9° Je ne sais quoi, voy. savoir. || 10" Quoi que, quelque chose que, toutes les choses que. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il en soit. Quoi que c'en soit .. je craindrais fort de vous être indifférent, balz. liv. iv, lett. (6. Prête à souffrir un sicge et soutenir pour vous Quoi que du ciel injuste eût osé le courroux, cohn. Sophon. m, 8. X quoi qu'en reprenant on soit assujettie. Je ne m'attendais pas à cette repartie, mol. Mis. m, 5. Tu crois, quoi que je fasse, Que mes propres périls t'assurent de ta grâce, bac Bajax. il, <. Enfin, quoi que ce puisse être que le soleil, il ne paraît nullement pnropre à être habite, font. Uond.*' soir. Souvenez-vous, quoi que le cœur, vous dise. De ne former jamais nulle hantise Qu'avec des gens dans le monde approuvés, J. B. rodss. Éplt. ii, 6. Il Quoi que, avec de et un substantif. Et, quoi que mon amour ait sur moi de pouvoir. Je ne consulte pas pour suivre mon devoir, corn. Cid, m, 3. Quoi qu'on ait pour soi-même ou d'amour ou d'estime, m. Tite et Bèrén. i, 2. || Cette façon de parler n'est pas française, il fallait dire, quelque pouvoir que mon amour ait sur moi, Acad. sentim. Cid. Cet arrêt né peut être ratifié. La tournure est logique et bonne. || Quoi que ce soit, avec une négation, rien. Il n'a pu réussir à quoi que ce soit. Je n'en témoignai quoi que ce soit [de ce que je savais], et je demeurai dans ma conduite ordinaire à l'égard de M. le cardinal [Mazarin], betz, ii, 74. {j 11° Quoi qui, quelque chose qui. Dans chaud, le d ne se prononce jamais, quoi qui suive, ciufflet, Gramm. p. 2(2. Quoi qui vous afflige, soyez toujours constant, ID. ib. p. 64. Il II est dommage que cette tournure soit tombée en désuétude. || 12* Quoi interrogatif, quelle chose? En quoi difl'érons-nous d'avis? X quoi de fâcheux devons-nous nous attendre ? Hélas ! de quoi me sert ce dessein salutaire. Si pour en voir l'effet tout me devient contraire? corn. Héracl. I, (. Il [Dieu] leur donne [aux illustres païens] pour récompense la gloire des hommes ; récompense qui ne vient pas jusqu'àeux, qui s'efforce de s'attacher, à quoi ? peut-être à leurs médailles ou à leurs statues déterrées, Boss. Louis de Bourbon. Mais à quoi auraient abouti tant de qualités héroïques, si Dieu ne l'avait éclairé? fléch. Turenne. X quoi vous divertissez-vous, à quoi passez-vous le temps? vous demandent les sots et les gens d'esprit, la bruy. xxu. Si j'allais dire la même chose [qu'elle est jolie] à une demoiselle comme vous, elle me recevrait bien, je crois. — Emilie : C'est selon. — Hubert : C'est selon quoi? th. leclebq, Prov. dram. les Préventions, se. 23. || Quoi.... que? quelle chose.... si ce n'est...! À quoi vous y occupez-vous, qu'a des inutilités don', votre foi gémit en secret? MASS. Avent, Concept. X quoi se réduit l'Evangile tout entier qu'à cette vérité? lu. Mystères, Visitât. Il De quoi, pourquoi, d'où? (locution vieillie). Revenez, belles fugitives; De quoi versez-vous tant de pleurs? malh. ii, 4. De quoi donc connaissezvous monsieur? mol. Am. méd. ii,. 2. |{ De quoi, pour en quoi ? (locution vieillie). De quoi peut satisfaire un cœur si généreux Le sang abject et vil de ces deux malheureux? corn. Pomp. iv, 2. || 13° Quoi pris elliptiquement peut être considéré comme sujet. Quoi? que dit-il? On sait ce que c'est, quoi? Quoi de plus heureux que ce qui vous arrive? Dict. de l'Acad. Quand on dit que le chaud n'est que le mouvement de quelques globules.... cela nous étonne ; quoi ? que le plaisir ne soit que le ballet des esprits 7'PASC. Pens. xxv, (0 éd. havet. || C'est cet usage qui justifie Lamartine d'avoir fait de quoi un sujet dana une pbr&ga où il n'est pas pris
QUO
elliptiquement : Quoi donc était hier ce qu'il sera demain? Jocel. 2" époque. || 14" Quoi! interjection qui marque l'étonnement, l'indignation, etc. Quoi! mes plus chers amis! quoi! Cinna 1 quoi t Maxime I Les deux que j'honorais d'une si haute estime ! corn. Cinna, iv, 4. Son pays le crut fou, petits esprits ! mais quoi I Aucun n'est prophète chez soi, la font. Fabl. viii, 2«. Le roi voulait le faire arrêter dans Vaux : Quoi I au milieu d'une fête qu'il vous donne? lui dit la reine, rac. Fragm. hist. Fouquet. Quoi donc I répondit Télémaque, pouvais-je refuser à Calypso de lui raconter mes malheurs? fén. Tél. iv. Quoi I ce sénat n'avait fait évanouir tant de rois que pour tomber lui-même dans le plus bas esclavage de quelques-uns de ses plus indignes citoyens ! montksq. Itorn. <6. ||0n y ajoute quelquefois l'interjection eh. Eh quoi I vous n'êtes pas encore parti I
— REM. 1. Ce pronom quoi a donné occasion à plusieurs de la compagnie de demander si cette manière de parler ordinaire à plusieurs auteurs : (luoi de plus noble ? quoi de plus glorieux ? devait être tolérée, Acad. observ. sur Vaugel. p. 68, dans pougens. L'Académie condamna cette locution ; condamnation qui n'a pas été ratifiée. || i. Corneille l'a dit d'une personne, avec un sens indéterminé : On vous les a nommés, mais sans vous les prescrire; On vous obéira, quoi qu'il vous plai-se élire, cobn. D. Sanche, i, a. Voy. à l'historique des exemples" de cet emploi dans Perceforest, dans Commines et dans Montaigne.
— lilST. XI* s. Et dist al rei : de quel avez pesance [chagrin] ? Ch. de Roi. lxv. |1 xii' s. N'ai fil ne fille de quoi fasse mon hoir, Ronc. p. 122. [Son beau visage] Par quoi mes cuers [mon cœur] se mist en l'acointance, Couct, xvii. Bêle Yolans, je vous chastoi ; Ma fille estes, faire [je] le doi. — Ma dame mère, es-vous de coi ?flo»nancero, p. 53. Mère, de coi me chastoiez? Est-ce de coudre ou de tailler? t'b. p. 54. Li plus hardis des trois voussist [ voudrait] estre à Paris, Pour coi Mansel [les Manceaux ] ne fussent de lor vies saisi [maîtres], Sax. xxiv. Il xiii* s. Ma volonté ferez, quoi qu'il doie couster, Berte, cxii. Dont [il] la bien de quoi je me doie esmaier, ib. xxxix. [Impôts établis] De quoi la povre gent estoit moult malbaillie, ib. lx. Coi I dist une autre, c'avés dit? Lai d'Ignaurès. Bel-acueil ne s'ose complaindre. Ne dire li [à elle] quoi ne comment, la Rose, t2764. L'ocoison pour quel il sont bani, Bibl. de chartes, i' sér. t. m, p. 423. Et le roy me respondi que il n'avoit de quoy, joinv. 2«2. Il XIV* s. À quoi le savez- vous? dist la dame erranment ; Et celle li a dist : je le sais vraiement. Guescl. 148. Il XV* s. Ceux de Calais virent bien que le secours en quoi ils avoient fiance leur estoit failli, froiss. i, i, 320. Les manières des assauts, comment et de quoi, je le vous veux déclarer, et pleinement deviser, id. 1, 1, 257. Et se retrairent les François à leur logis et passèrent la nuit à paix et aise; ils avoient bien de quoi [sujet], m. u, 111, 23. Donnez-lui du vostre largement; s'il vous demande quoi que ce soit, accordez-lui tout;, car c'est la voie par laquelle vous le gagnerez, lu. m, IV, 60. Et faisoit on plusieurs exactions, spécialement sur ceux qu'on sçavoit avoir de quoy, Jtiv. Charles Yl, t4i8. [L'avocat au client :] Amis, fay la geline pondre, Et apporte assez, c'est de quoy ; Car en ton faict goûte ne voy, e. desch. dans Hist. litt. de la Fr. t. xxiv, p. 4(8. Andromata, qui estoit assise au plus près de Blanche, pour quoy la journée se faisoit.... Perceforest, t. m, f° 8. Les gens de quoy ils s'estoient faitz forts n'y estoient point, joinctz, coMM. I, 3. Le roy envoya devant faire ex-cuse audit connestable de quoy il l'avoit tant fait attendre, m. m, h. Ainsi ala Guillaume Bernard parler au comte, lequel le mena en sa chambre et luy demanda quoy nous ne savons, le Jouvencel, f° 66, dans LACCRNE. Il xvi* s. Diogenes interrogé à quelle heure doibt l'homme repaistre, respondit : Le riche, quand il aura faim ; le paoure, quand il aura de quoy, hab. Pont, iv, 64. La nation de quoy estoit le conte, mont, i , 22. Ces circonstances à quoy ils veulent asservir leur foi, id. i, 36. X quoi faire fuit on la servitude des courts, si....?iD. i, 51. Quoy qu'il en soit, je ne vouldrois pas.... m. i, 59. Mais quoyî les.... ID. 1, 73. L'un se plainct de quoy [de ce que] la mort lui rompt le train.... id. i, 7». N'avoir de quoy payer, id. i, h 9. Je sçay bon gré à la fortune dequoy ce feut un gascon que.... ID. I, H 8. Ces vers ont je ne sçay quoy de plus vif, id. I, 222. L'ame a de quoy recevoir et de quoy donner, ID. I, 279. Ce Labienus, de quoy je parle, eut plu-
I sieurs envieux de sa vertu, id. u, 89. Us viyeul
QUO
que rien ne rend les hommes subjects & sa cruaulé [du tyran], que les biens; qu'il n'y a aucun crime envers luy digne de mort, que le de quoy [l'avoir], LA BOËTIE, 67. [Le peuple] estant encor pincé par la subtile main des financiers, c'est merveille de-
quoy il subsiste, lanoue, xili Et c'est dequoy
nous parlerons à la fin, m. 2). Solon estoit filz d'Excestides, homme qui avoit dequoy moyennement, AMYQT, Solon, I . Sa mère estoit cousine germaine de la mère de Pisistratus; au moyen dequoy il y eut du commencement amitié grande entre eulx, iD. t6. Je ne te dis chose, que je ne te montre de fluoy, si tu veux venir en mon cabinet, palissy, 46. Le tout quoy, pour obvier aux abus, sera reprins.... Coust. génér. t. n, p. »7«.
— ÉTYM. Bourg, quei; du lat. quid (portant l'accent tonique) , neutrPde quis, qui.
QUOIQUE (l<oi-k'), conj. || 1° Il exprime une oppotion et gouverne toujours le subjonctif. Notre père Lamy prouve fort bien celte doctrine, quoique, par un trait d'humilité, il la soumette aux lecteurs prudents, pasc. Prov. vu. Quoique Dieu et la nature aient fait tous les hommes égaux, en les formant d'une même boue, la vanité humaine ne peut souffrir cette égalité, boss. Gomay. Quoique M. de Montausier aimât la gloire, il là cherchait dans ses actions, non pas dans le témoignage des hommes, FLÉCH. Duc de Mont. |{ On peut dire quoique en faisant ellipse du verbe être. Et, quoique amis enfin, je suis tout des premiers... mol. Ift's. i, 4. Le bon père dont je souffre toujours les discours, quoique avec bien de la peine, pasc. Pror. viii. Quoique invisibles, il est toujours deux témoins qui nous regardent : Dieu et la conscience, fkn. Dial. Dion et Gélon. Il Quoique, au lieu de se répéter, peut être remplacé par que. J'y reçus une de vos lettres ; et, quoiqu'il ne soit que lundi et que celle-ci ne parte que mercredi, je commence i causer avec vous, sÉv. 19 juillet <677. Il 2° Populairement. Quoique ça, néanmoins. Il me trompe ; quoique ça, je l'aime. Il Peut-être la locution doit-elle s'interpréter autrement : quoi que ça, quoi que ça soiti
— REM. 1. L'ede quoique ne s'élide que lorsqu'il est suivi de il, ils, elle, elles, on. un, une. Mais on écrit sans apostrophe : Quouue amis, ils ne se voient pas souvent. |{8. Çuoiqu^s'unit avec un participe présent : Quoique souffrant, je suis sorti j
. mais l'usage n'admet pas qu'il s'unisse à un participe passé. On ne dit pas : Quoique n'ayant pu le voir, je... mais : Quoique je n'aie pu le voir, je.... Il 3. On a dit qu'il ne doit pas non plus se construire avec le participe passé, et qu'il ne faut pas dire : quoique aimé de tous, mais : quoiqu'il soit aimé. Cette remarque n'est pas fondée; car ce qui empêche la construction avec le participe présent, c'est qu'on ne peut sous-entendre le verbe être ; cette raison n'existe pas pour le participe passé. Seigneur, ainsi qu'à vous la liberté m'est chère: Quoique né sous un roi, j'en goûte lesappas, volt. Brut. II, 2. Il 4. Vaugelas a employé quoique avec le conditionnel ; Quoique quelques-uns seraient d'avis, etc. On le trouve aussi avec le futur : En attendant, on laissera tout faire au cardinal, quoique l'on parera plusieurs de ses coups les plus impertinents et les plus nuisibles, Mém. d'Argenson, t. m, p. 367 (in-8°, 1860). Il 6. Dans le xvii' siècle, on le trouve quelquefois avec l'indicatif ; ce qui n'est plus usité. 11 [Ménage] apporte un endroit de M. d'Ablancourt où quoique est mis avec l'indicatif d'une manière agréable, mais c'est qu'il y a deux ou trois mots entre quoique et le verbe : Quoiqu'à dire vrai je ne suis guère en état de te faire, vadoel. Rem. not. Th. Corn. t. i, p. M*, dans pougens. Quoiqu'il est superflu de dire, busst, Hisi. amour, des Gaules, t. I, p. M (éd. in-<2). La mienne, quoique aux yeux elle n'est pas si forte, mol. Éc. des f. iv, e (dans les éditions du vivant de Molière; les éditions posthumes de I882 ont corrigé elle semble moins forte). Jamais les Pères ne l'ont reprochée (une certaine loi], ni pendant la vie ni après la mort, ni à Valentinien, ni à Justine, cette prétendue seconde femme, quoique, devenue arienne et persécutrice des catholiques, elle n'avait pas mérité d'être flattée, boss. Véf. Var. i" dise. 63.
— HlST. xiv* s. Hé, m'amie, dist-il, hé car ne m'oubliez, Quoique je soie pauvre et mal enhnafTiez, Baud. de Seb. m, 89. {| xv* s. Quoi qu'il fust ,À axmé et en grand ai roy, si ne veoit-il goûte et
QUO
estoit aveugle, proiss. i, i, 2*8. Il s'est jà bouté au chastel, et montre qu'il le voudra tenir, quoique nous devenons Anglais, ID. I, t.||xvi's. Quoyqu'elles en prennent divers moyens, mont, i, 69.
— ÉTYM. Quoi et que; bourguig. quetqu«. Cest la locution quoi que (iiuoi qu'il fasse) qui est devenue une conjonction adversative.
QUOLIBET (ko-li-bè ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, Vs se lie : des ko-li-bè-z insipides; quolibets rime avec traits, succès, etc.), s. m. ||1' Dans les anciennes écoles, questions ds philosophie ou de théologie sur diverses matières qui n'étaient proposées que pour exercer l'esprit des étudiants. Il 2° Aujourd'hui, et par une extension péjorative, propos trivial, mauvaise plaisanterie. Des mots de gueule hors de leur place. Et quolibets froid, comme glace, scaru. Virg.i\. Après maints quohbets coup sur coup renvoyés, la font. Fabl. m, t. Sosie : Ah I ah ! c'est tout de bon. — Mercure : Non, ce n'est que pour rire, El répondre à tes quolibets, MOL. Amph. I, 2. Il lui fait part bientôt de ses quolibets et de ses hisiorielles, la bhuï. xi. On dit que le goût des mauvaises pointes et des quolibets est la seule chose qui soit aujourd'hui de mode, volt. Lett. d'Argental, f> mai 1741. Adrien de Montluc donna une farce en 1618, sous le nom de comédie des proverbes, où il avait réuni tous les quolibets de son temps, lesquels sont presque tous encore usités parmi le bas peuple, marmontel, Œuv. t. vu, p. *22. |l 3° Terme de musique. Se disait de morceaux d'un caractère comique et trivial. || Se dit aujourd'hui d'un centon musical.
— iilST. xia* s. El quant les preescheurs et les cordeliers qui là estoient li ramentevoient aucun livre qu'il oyst volentiers, il leur di-soit : Vous ne me lirez point ; car il n'est si bon livre, après manger, comme quolihez; c'est à dire que chascun die ce que il veut, joiny. •.;90. || xvi* s. Les quolibets de taverne, et les saletez de cabarets, Sat. Uén. p. 226.
— ÉTYM. Bas-lat, quodiibetum, du latin quod libel, ce qui platt.
+ QUOLIBÉTIER (ko-li-bé-tié) , s. m. Diseur de quolibets. Je lui fis la révérence, et le regardai avec un froid qui montrait bien la rage où j'étais de voir un grand quolibétier impuni, rac. Lett. i" recueil, lett. Il, d Levasseur, 24 nov. i66i.
t QUORUM (ko-rom') , s. m. Mot latin (quorum, desquels) dont les Anglais se servent pour désigner le nombre de membres suffisant pour délibérer. Le quorum est de trois membres pour la chambre des lords, et de cinquante pour celle des communes.
QUOTE (ko-f), adj. f. Usité seulement dans quote-part, la part que chacun doit payer ou recevoir dans la répartition d'une somme. Les repas de Sparte, où les particuliers étaient obligés de fournir leur quote-part, faute de quoi ils n'étaient pas reçus dans les assemblées, rollin, Uisl. anc. Œuv. t. IV, p. 481, dans pougens. Vous me mandez que le roi de Prusse vient d'envoyer sa noble quotepart pour la statue, volt. Lett. d'Alemb. 28 déo. 1770. Tout en plaçant dans la conversation sa quolepart de phrases banales , ch. de bernard, la Cinquantaine, § VII. Il S. f. Quote, voy. cote. Combien de hasards encore avant que le laboureur puisse faire argent de son labeur, payer sa quote et vivre 1 p. l. cour. Gaz. du vill. n° 4. Toi, Pierre, combien as-tu payé cette année-ci t Tant; le voilà. Toi, Paul; vous, Isaac et John, votre quote? îd. Pamphlet des pamphlets.
— HlST. xiv s. Nous avons.... no quote partie à casoun lot de vin que on vendera.... caffiaux, Régence d'Aubert de Bavière, p. 83. ||xvi" s. Venir à division légitime, avec louts le» aultres hommes, de ce tas de maulx, et en prendre sa quote part,
— ETYM. Prov. cota, colla; espagn. cola, cuota; du latin quotus, quel et lequel en ordre ou en nombre, venant de quoi, combien, autant qu'il y en a, qui est de même radical que le relatif qui.
QUOTIDIEN, lENNE (ko-ti-diin, diè-n'; quotidien dans la versification actuelle est de trois syllabes; dans la versification plus ancienne, il était de quatre), odj. || 1° De chaque jour. || Journal quotidien, feuille quotidienne, journal, gazette qui paraît tous les jours, jj Pain quotidien, la nourriture de chaque jour, ou ce qui suffit aux besoins de la vie. Un mourant ne met pas une ardeur bi«u rive
QUO
à gagner son pain quotidien, i. j. rocss. Confess, viii. Il Fig. C'est son pain quotidien, c'est le travail qui fournit à ses besoins de chaque jour. || 11 se dit aussi d'une chose dont on use tous les jours. Cicéron, il s'en tait, d'autant que l'on le crie Le pain quotidien de la pédanterie, Régnier , Sat. x. Il 2° Fièvre quotidienne, fièvre qui revient tous les jours. Il Type quotidien, la marche particulière à la fièvre quotidienne. |l Sulislanlivement. Quotidiennes simples, doubles quotidiennes, triples quotidiennes, fièvres quotidiennes ainsi nommées selon qu'il y a, dans les vingt-quatre heures, un, deux ou trois accès qui se répondent respectivement, j] 3° S. m. Le quotidien, s'est dit, dans certains chapitres, des distributions manuelles et des petits émoluments.
— HIST. XIII* s. Onques fièvres n'eus si maies. Ne colidianes, ne quartes, la Rose, 229i.||xiv' s. Il ne despent pas grandement en son usage colidien, mes il le fait volentiers en choses communes, ORESME, Eth. <(0. Ijxv* s. Et aussi pourront amener vins et toutes autres denrées pour vendre, sauf qu'ils n'en mettront rien dedans ladite ville et chastel pour le ravitailler, sinon pour la quotidienne du temps qu'ils y doivent eslre, monstrel. ii, i2. '! xvi* s. Raisons et expériences quotidianes, rab. m, 33. La conclusion, qui est à eulx [parlements] quotidienne, ^et qui est commune à tout juge, mont. I, 241.
— ÉTYM. Prov. cotidian, coledian; catal. colidid; espagn. cotidi'ano; ital. quotidiano; du latin quotidianus, de quolidie, chaque jour, de quotus, chaque (voy. QUOTE), et dies, jour.
t QUOTIDIENNEMENT (ko-ti-diê-ne-man) , adv. Tous les jours.
— HlST. xvi« s. Quotidiennement, les Triomphes de la noble dame, f 245, dans lacur.ne.
1 QUOTIDIENNETE (ko-ti-diè-ne-té), s. f. Etat de ce qui se fait chaque jour. La quotidienneté fut décidée pour le nouveau recueil.
QUOTIENT (ko-si-an), s m. Terme d'arithmétique et d'algèbre. Résultat d'une division. Le quotient de 1 2 divisé par 3 est 4 , de ab divisé par b est a.
— HlST. XVI* s. Lequel nombre s'appelle la part ou le quotiens, pourtant qu'il demonstre quanteslois le parliteur est contenu ou [au] nombre à partir, DE LA HOCHR, Arismeliquc, f° 9, verso.
— ÉTYM. Lat. quotiens, combien de fois, de quotus (voy. quoïe).
QUOTITÉ (ko-ti-tc), s. f.\\ 1* Somme fixe à laquelle monte chaque quote-part. Il n'est question que de voir quel revenu te fonds rendait, et à quelle quotité il faudrait fixer cette dlme, vaub. Dime, p. 46. Il Terme de droit. Légataire d'une quotité, celui auquel un défunt a légué une partie aliquole (Je sa succession. || 2° Impôt de quotité, celui dont le produit, n'étant pas fixé d'avance par la Icgiislature, dépend entièrement de la quantité des objets ou des personnes qu'il doit frapper. Ainsi la contribution des patente» est un impôt de quotité, parce que son produit résulte du nombre d'individus compris chaque année dans les sept clas.ses de patentables, tandis que l'impôt de répartition est une somme déterminée d'avance, et réjiartie en proportion des fortunes, legoarant. || 3° En matière féodale, la quotité du cens, la somme à laquelle montait le cens dû par un vassal à son seigneur. Il 4° Aujourd'hui, en matière électorale, la quotité du cens, la somme d'impôts qu'il fallait payer en France et qu'il faut payer en certains pays pour être électeur.
— HIST. XVI* s. Pareillement les meubles et acquêts s'en iront en deux lignes par moitié, en manière que, s'il y a aucun qui soit conjoint des deux costez du defl"unt, il succédera esdiies deux lignes pour sa cottité, Coust. génér. 1. 1, p. 562. M. Crassu» et Q. Hortensius.... ayant esté pour certaines quotitez appeliez par un estrangier à la succession d'un testament fauls. mont, m, i4.
— ÉTYM. Lat. quotus (voy. quoib).
t QUOTTEMENT (kote-man), s. m. Action d« quotter ; ses effets.
t QUOTl'ER (ko-té), v. n. Se dit de la position d'une dent de roue qui pointe sur l'engrenage.
t QUOUETTE (kou-é-f), s. f. Voy. couette 2 Ces quûuettes de cheveux blonds, éparses sur le front, tout ébouriffées, didbr. Salon de *765, Œuv, t. xiu, p. ïoo, dans poi;gems.
RAB
1 (èr), s. f. ||1° La dix-huitième lettre de l'ai-' phabet et la quatorzième des consonnes. Une R majuscule. Il Dans la nouvelle épellation, r se prononce re et est masculin. Un r. || î' i^ dans les livres d'église, signifie répons, et, dans une ordonnance médicale, recipe, c'est-à-dire prenez. |j 3° R dans la numération rcmaine valait 80; avec un trait audessus, R valait 80000.
— REM. 1. Dans l'ancienne langue, en des mots où entre l'r, tels que meurtrier, ouvrier, on ne comptait que deux syllabes; il en était de même dans les secondes personnes du pluriel des conditionnels : Elle n'est pas fort bonne, et vous devriez tâcher.... MOI.. VÉl. 1, 2. Cela a duré jusqu'au commencement du xvii* siècle. Cependant , des le xiv siècle, on voit des cas où la prononciation qui est la nôtre se montre déjà : Se je me suis pené d'ouir ce murtrier, Guesdin, 2586; Cure n'ai de traître ne de nul murtrier, ib. 2594. Il 2. D'après Ménage, les substantifs en otr se prononçaient oi : mouchai, tiroi, etc. Il 8. D'après Bouhours, Veur des noms en «ur qui font au féminin euse, se prononçait eu, dans la conversation : un flalteux. Ménage, qui conteste la généralité de cette remarque, reconnut qu'on dit toujours rteux, pour rieur ; Les rieux ne sont pais de son cflté. i
— HIST. xui" s. Au contraire, disoit-il, que maie chose estoit de prendre de l'autrui; car le rendre estoit si grief, que neis [même] au nommer le rendre escorchoit la gorge par les erres qui y sont, JOINV. t»5. R est une lettre qui graigne [grogne]; Quant li gaignons [chipn[ veut ronger l'os, S'uns autres chiens lui veut reprendre, Sans R ne lui peut défendre, Senefiance de J'abc, dans jubinal, t. il,
— ÊTYM. R latin, grec p, qui sont le resch phénicien, lequel signilie tête, sens du signe hiéroglyphique qui a donné l'r phénicien.
t RA (ra), s. m. Coups de baguette donnés sur le tamliour, de manière à former un roulement très-bref. Les ra et les fia.
RABÂCHAGE (ra-bâ-cha-j'), i. m. [| 1* Discours de celui qui rab.lche. Je vous prie de ne pas oublier votre philosophe lorrain, qui aime encore les rabâchages de Paris, surtout quand ils passent par vos mains, volt, l.elt. Thiriol, I5 mai <735. Vous devez êtreexcédé de mon labîlchage, M"* i>u d\- ffant, Corresp. t. i, p. 7, dans pougens. || 2" Défaut de celui qui rabâche. Les personnes disposées au rabâchage sont fatigantes.
— ÊTYM. Habdcher.
RABACHÊ, ÉE (ra-bâ-ché, chée), part, passé de rabâcher. Des contes sans cesse rabâchés.
t RABAchemENT (ra-bâ-che-man), s. m. Action de rabâcher.
— HIST. XVI* s. Rabaschement, cotgrave.
rabâcher (ra-bâ-ché), v. n. Terme familier.
Répéter souvent et inutilement la même chose. Vous me rabâchez de seigneurs et de dames les plus titrés; qu'est-ce que cela veut dire? volt. Lett. Thiriot, 12 juin )735. Je n'ai jamais été tenté de prendre la plume que pour dire des choses grandes, neuves et nécessaires, et non pas pour rabâcher, j. 1. Rouss. 2' dial. || Activement. Petit Nonotte, rabâcheras-tu toujours les contes de la légion thébaine...? VOLT. Kél. IM. Honn. litt. 2).
— HIST. XIV* s. S'escoute parler, et se glorifié en son fait et à sa preudhommie, combien qu'à l'adventuie elle ne sçait qu'elle ravache, les Quinze joyes du mariage, p. (60, dans lacurne. || xvi* s. Rabascher, cotgrave.
— ÉTYM. Génev. rebdcher; wallon, rabdgi. Origine inconnue. On a le substantif dans un texte du xiii* siècle : Car il est de veillier trop las; Et demain le ramenras chi. Quant un peu il ara dormi; Aussi ne fait il fors rabasches, Li jus Adam, Thédtre franc, au moyen dge , p. 72. Génin y voit une autre forme de ravasser qui s'est dit pour rérasser (Pantagruel soy retirant aperceut par la galerie Panurge en maintien d'un resveur ravassant, l'ont, m, 6); dans cette conjecture, le changement des deux s en ch n'est pas expliqué. Scheler conjecture rehecou rabac, sorte de violon usité au moyen âge; de sorte que robdc/ier serait racler un violon. L'an-
RAB
cienne langue a raboter, faire du bruit, rabat, lutin , conservé dans le Berry rabdt, bruit, rabâler, faire du bruit; mais les intermédiaires manquent pour dériver rot(îcher de raboter ; cependant remarquons que Oudin, dans son dictionnaire, traduit rofcasc/ier par (ar slrepiln. Chevallel a proposé une origine celtique : bas-bret. rebec, reproche, rebec/ia, reprocher; kymri, rhab, reproche; gaélique, rhabanach, celui qui répèle sans cesse, de rabâcha, avis, censure; comparez dans le dialecte corse rimbeccu; ilal. rimbucco, lesquels viennent de becco, bec. Enfin le général Ambert (Ifonileur du 7 août i867, p. 1082, )" colonne) le tire de rabach, nom donné aux chausses des rocantins, lesquels, étant de vieux soldats, rabâchaient leurs histoires; mais le mot est trop ancien pour avoir une telle origine.
RABÂCHERIE (ra-bâ-che-rie), s. f. Terme familier. Discours, écrits ennuyeux et qui se répètent. Le sujet [Lettre de l'abbé Pinzo à Clément XIV] était fait exprès pour lui [Voltaire], et prêtait à mille rabâcheries, dont on ne se lasse pas de sa part, GRiMM, Corresp. t. ii, p. 307.
— ÉTYM. Rabdcher; wallon, rabagrcie.
RABÂCHEUR, EUSE (ra-bâ-cheur, cheû-z'), t. m.
et f. Terme familier. Celui, celle qui rabâche. Je suis bien rabâcheuse, m"* dk l'espinassk, Utt. t. Il, p. 2, dans POUGENS. On ose parler de patrii- et de vertu sans passer pour rabâcheur, j. j. ROuss. Lett. à d'Alemb. Je vois, par ce que vous me mandez, que nous ne tarderons pas à voir le Corneille [le Commentaire] ; n'oubliez pas de le louer beaucoup quand il est sublime, et, quand il est rabâcheur, faites-le sentir sans le dire, d'alemb. Lett. à Voltaire, (7 nov. 4762. Maisoù trouver des antidotes Contre ce rabâcheur d'anciennes anecdotes...? DEi.iLLE, Conrers. i.
— ÊTYM. Rabdcher; génev. rebdcheur ;. wallon , rabageu.
f RABAILLET (ra-ba-Uè, il mouillées), *. m. Nom vulgaire de la crécerelle en Champagne.
— ÊTYM. Rot, et baiitet, fauve, de bot; dénomination qui vient de ce que la crécerelle niche dans les trous de murs (voy. rat-baillet).
RABAIS (ra-bê; l'ï se lie : des ra- bé-z incroyables), s. m. [| 1° Diminution de valeur. Ces marchan dises ont subi un grand rabais. Il compte tirer dix mille francs de cette succession; mais il y aura du rabais. [{ Remise dont on convient pour payer une somme avant l'échéance. {| Rabais des monnaies, réduction dont le gouvernement frappe une monnaie. Il y a des âmes.... capable^ d'une seule volupté, qui est celle d'acquérir ou de ne point perdre.... uniquement occupées de leurs débiteurs, toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri des monnaies, la bruy. vi. || 2* Diminution sur le prix des denrées, des marchandises. Il a acheté des livres au rabais. C'est à toi que je dois le rabais qu'on m'a fait, d'hauterocue. Deuil, se. (2. Chaque individu doit travailler à l'envi et par conséquent au rabais.... TOULONGEON, Inst. Mém. scienc. mor. et pol. t. iv, p. 42t. Il Au rabais, se dit d'un mode d'adjudication, suivant lequel on adjugedestravauxou des fournitures à celui qui s'en charge au plus bas prix. Donner une entreprise au rabais. || Fig. Les jésuites ont été, si on peut parler de la sorte , au rabais du marché de Pelage; ils ont dit aux chrétiens : vous pouvez tout, et Dieu vous demande peu de chose, d'alemb. Dest. des jdsuit. Œuv. t. v, p. 46, dans POUGENS. Il 3° Fig. Il se dit quelquefois de l'action de rabaisser, de dépr-.'ier. Relever l'un par le rabais de l'autre, le p. sim. mars, ifyst. du roy. de IHeu, p. 202, dans pougens. || Mettre quelqu'un oU quelque chose au rabais , parler désavantageusement d'une personne, d'une chose. || Il s'est dit du ton moins élevé. Celle conversation fut longue et poussée. Monsieur tou ours sur le haut ton, et le roi toujours au rabais, st-sim. 9i, 204.
— HIST. xvi* s. L'ostracisme estoit seulement un rabais et diminution d'authorité trop grande.... AMYOT, ^rist. (7. Ayant l'œil à ce que l'on n'ottroyast rabais aux fermiers, m. Caton d'Utici. 26. Et les despescha sur toutes leurs doléances et nécessités, comme de rabais de subsides.... carloix, X, 26. On pourioit dire que le meslange du corps
RAB
y apporte i l'amour du rabais et de l'afToiblisMment , mont, m, (56.
— ÊTYM. Voy. rabaisser.
RABAISSE, ÉE (ra-bê-sé, sée), part, passé de rabaisser. Mis plus bas. Une corniche mise trop haut, puis rabaissée. || Fig. Si vous les croyez [les flatteurs], vous serez tenté de vous croire quelque chose de plus qu'un homme, et, dupe de vos courtisans, vous vous trouvère^ rabaissé même au-dessous d'eux, CONDIL. Étud. hist. i, i.
RABAISSEMENT (ra-bê-se-man), s. m. || l'Action de rabaisser. Le rabaissement d'une rorniche trop haute. Il 2* Action de diminuer la valeur des monnaies, le montant des impôts. Le rabaissement des monnaies, des impôts, h 3" Fig. Action de rabaisser, de diminuer, de ravaler. Je vous conjure, mon cousin.... dechanger votre écriteau [légende au bas d'un portrait de Mme de Sévigné] ; et, si vous n'y voulez point mettre de bien, n'y mettez point de rabaissement, SÉV. à Bussy, 4 déc. 1668. N'est-il pas plaisant que des tètes pensantes puissent imaginer que la paresse est un titre de grandeur, et l'action un rabaissement de notre nature,? volt. Rem. Pens. Pascal, 24.
— HIST. XVI* s. On veit soudainement une grande mutatioç en luy, tant au rabaissement de la gravité et de la pompe et magnificence qu'il tenoit au paravant, qu'au retranchement de la superfluité de la despense, amyot, Pomp. 26.
— KTYM. Rabaisser.
RABAISSER (ra-bê-sé) , v. a. \\ t' Mettre plus bas, placer au-dessous. Ce tableau est trop haut, il faut un peu le rabaisser. || Fig. La seule présomption suffit pour le rabaisser devant Dieu aux derniers rangs, bourdal. (O* dim. après la Pentecôl. Duminic. t. m, p. t89. || 2° Diriger vers le bas. Et souffre que j'espère Que tu pourras un jour rabaisser l'œil sur moi, mol. Psyché, v, 3. |{ Cet oiseau a rabaissé son vol, il est descendu de la hauteur où il s'était élevé, il vole plus bas. || Fig. Cet homme a rabaissé son vol, il a réduit ses dépenses, ses prétentions. {{ Terme de manège. Rabaisser les hanches du cheval, asseoir un cheval disposé à s'élever sur les jarrets, ou à marcher et à travailler sur les épaules, || 3° Terme de relieur. Couper, du côté de la gouttière, les cartons de la couverture d'un livre. || Pointe à rabaisser, outil en acier long de 24 à 30 pouces, de la forme d'un couteau à rogner. || Terme de jardinage. Diminuer la longueur d'un arbre, d'une branche. |{ 4° Faire descendre plus bas dans le temps. La première fondation de Tarse, qu'il [Fréret] prétendait rabaisser jusqu'au temps de Sardanapale, petit-radel, Inst. Mém. hist. el litt. t. II, p. 43. Il 5° Rabaisser la voix, l'élever moins. Rabaissez un peu votre voix. || 6° Diminuer, en parlant de prix, de valeur. Rabaisser létaux des denrées. Rabaisser les monnaies. Son fermier lui vint signifier [à un propriétaire] l'autre jour de la rabaisser considérablement [une terre, d'en diminuer le fermage], sêv. 2) août I87b. || Absolument. Je conclus aujourd'hui toutes mes affaires... j'ai fait un nouveau bail sans rabaisser, sÉv. 2) oct. (673. Il 7° Fig. Réduire à un degré plus bas. Quelque éclairé que soit un sujet, sa condition est toujours rabaissée par la dépendance, pasc. dans cot si.n. Si vous le tracassez [l'enfant de Mme de Gifgnan], vous le déconcerterez ^u point qu'il n'en reviendra jamais... il faut donner du courage, et observer de ne point le rabaisser, sÉv. 2 juillet (677. Cette douleur [la mort d'un parent] nous rabaisse la joie de notre petite victoire [gain d'un procès], m. (8 mars (689. Pensée capable de rabaisser toutes les enflures du cœur le plus vain, bourdal. Pensées, t. n, p. (20. Il n'y eut jamais de capitaine grec qui rabaissât la fierté et la puissance du grand roi de Perse, comme le fit Cim»n, rollin, llist. anc. Œuv. t. m, p. 346. Il Rabaisser le caqueta quelqu'un, faire qu'une pe> sonne disposée à élever la voix, à parler beaucoup, parle moins. Mme de Richelieu me parut abliattue.... les fatigues de la cour ont rabaissé son caquet; son moulin me parut en chômage, sév. h«. || Fig. Rabaisser le caquet de quelqu'un, à quelqu'un, coufondre par des raisons ou faire taire par autorite celui qui parle avec présomption ou insolence, || On
RAB
RAB
RAB
dit dans le même sens : rabaisser le ton à quelqu'un, ou faire rabaisser le ton à quelqu'un. || Rabaisser le caquet, signifie dissiper les idées, les espérances qu'on s'était faites. Je vous assure que cela [Mme de Grignan, accoucliant d'une fille au lieu d'un garçon] rabaisse le caquet, sÉv. 6. || 8» Déprécier, estimer au-dessous de sa valeur. Vous rabaissez trop cette marchandise. || Fig. Eh, mon Dieu, ma fille! que me dites-vous? quel plaisir prenez-vous à dire du mal (le votre personne, de votre esprit, à rabaisser votre bonne conduite? sÉv. m. Je vous rabaissais le plus que je pouvais cette petite victoire [avoir fait un syndic], id. (B déc. I67S. Nous sommes beaucoup plus enclins i rabaisser le pro- «hain dans notre estime qu'à le relever, bourdal. Pensées, i. ni, p. 2*2. Ne rabaissons point malicieusement, en faveur de notre nation, le plus ingénieux auteur des derniers siècles [l'Arioste], boil. Dùsert. tur Joconde. Oue sais-je? j'ai peut-être avec trop de clialeur Rabaissé ses présents, ou blâmé sa douleur, BAC. Bérén. ii, b. En rabaissant ainsi ma réputation, il voulait... FÉN. Tél. xili. En toute occasion rabaisse mes rivales, favart, Soliman 11, ii, ti. Permettez-moi de vous dire que ce nest pas à vous de rabaisser la poésie; j'aimerais autant que M.d'Alembert et M. le marquis de Condorcet rabaissassent les mathématiques, volt''. Mél. litt. à M. liosset. Quand les Français [le théâtre Français] seront assez heureux pour qu'on leur donne une pièce telleque le Glorieux, gardez-vous bien de vouloir rabaisser leur succès, sous prétexte que ce ne sont pas des comédies dans le goût de Molière, id. Mcl. lut. Cons. à un joum. Ceux qui ont voulu relever la naissance de .=;ixte-Ouint n'ont pas songé qu'en cela ils rabaissaient sa personne, id. Mœurs, 484. Il 9° Humilier, avilir. En plaçant un pupitre on croit nous rabaisser, boil. Lutr. iv. [Les soldats] Honteux de rabaisser par cet indigne usage Les héros dont encor elles [les aigles] portent l'image, rac. Brit. rv, 2. En voulant soulager les peuples, me disait-il, vous rabaissez la puissance royale, frn. Tel. xiii Il 10° V. 71. Perdre de sa valeur, en parlant d'un objet. Malgré la belle réputation de la Bretagne, tout y est misérable, nos terres rabaissent, sÉv. 9 juin 4680. Il 11* Se rabaisser, v. réft. Se mettre plus bas. Se dit du cheval qui n'a pas assez de force pour continuer ses courbettes aussi élevées qu'il le.s a commencées. || Fig. Distinguez toujours ce qui est de la fortune et ce qui sera de vous; il arrivera de là que vous ne vous élèverez et que vous ne vous rabaisserez jamais trop, voit. Lett. 89. X qupls usages ne se rabaissent-ils point pour nous obliger? sÉv. 43). L'orgueil ne pouvait pas se rabaisser jusqu'aux humiliations, boss. Hist. il, 42. Il 12° Se déprécier les uns les autres. Ce n'est pas toujours par jalousie que réciproquement on se rabaisse, VAUVEN. Max. 208.
— HIST. xni* s. Si con cil rabessoit son pié, Renart l'a pris par mi as denz, flen. bi02. jjxv' s. Soussy jamais ne cessera. Mais mon plaisir rabessera. En quelque place que je voyse [aille], ch. d'orl. Rep. à Fred. || xvi* s. Cela se faict pour [leur arracher] quelque parole molle et rabaissée, mo.nt. i, 242. Aussi n'y eut il jamais capitaine grec qui r'abaissast et refresnast plus la fierté ny la puissance du tjrand roi, AMYOT, Cimon, 49. Cela luy a bien rabaissé le menton, cotgrave.
— ÉTYM. Re..., et abaisser; bourguig. rebaissé; wallon, rabahl.
-[ RABAISSEUR (ra-bê-seur) , ». m. Celui qui rabaisse.
— HlST. XVI" s. Rabaisseur, cotgrave.
t KABAISSDRE (ra-bê-su-r') , s. f. Terme de reliure, action de rabaisser, i l'aide d'un compas marquez la rabaissure , Rabaissez à la presse et jamais autrement, lesné, la Reliure, p. 66.
t RABAN (ra-ban), s. m. Terme de marine. Petite corde servant à divers usages. |{ Terme de pêche. Corde qu'on attache par une extrémité à la tête d'un filet dormant, et par l'autre à une pierre qu'on enfouit dans le sable.
— ÊTYM. Holland. raaband, cordage de vergue, de raa, vergue, et bond, lien.
t RABANER (ra-ba-né) ou RABANTKR (ra-banté), 1). a. Terme de marine. Lier avec des rabans. Babaner une voile.
RABAT (ra-ba; le t ne se prononce pas et ne se lie pas), s m. || 1° Ce qui est rabattu; s'est dit primitivement d'un col garni de dentelles ou même sans garniture, qui laissait le cou des hommes tout à fait à découvert. || Plus tard , pièce d'une toile fine et empesée, quelquefois même garnie de dentelles, qui tombait sur le devant de
la poitrine. Nous causions de mouchoirs, de rabats de dentelles, De ménages de (i!le.... corn. Gai. du Palais, iv , lo Hors un gros Plutarque à mettre mes rabats, mol. Femm. .çai). ii, 7. Dites-moi à quoi vous vous en voulez servir [d'un livre]; Belastre lui répondit brusquement : c'est pour mettre mes rabats en presse, furetièkb, Roman bourgeois, Hist. de Charrosseltes , p. 232. Vous êtes trop sérieux, et je trouve qu'un plumet était mieux votre fait qu'un rabat, dancoubt, la Femme d'intr. m, B. Si jamais vous rencontrez quelques pédants à grand rabat ou à petit rabat, dites-leur bien, je vous en prie, que jamais ils n'auront ce plaisir de me condamner en mon propre et privé nom, volt. Lett. d'Alembert, 4 9 sept. 1764. Ils ressemblent au Scaramouche de l'ancienne comédie italienne, qui volait un rabat de point à Mézétin ; celui-ci déchirait un peu le rabat en se défendant; et .Scaramouche lui disait: Co^lment! insolent, vous me déchirez mon rabat, id. Dict. phil. Quisquis, Nonolle. \\ Aujourd'hui, partie de l'habillement des ecclésiastiques consistant en un morceau de toile noire qui descend sur la poitrine, et qui est divisé eu deux portions oblongues et bordées de blanc. Les membres de certaines congrégations portent des rabats blancs. || Le rabat blanc est porté par la magistrature, le barreau, le par- 'quet et les professeurs de l'université en robe. || Les rabats, pour dire les gens qui portent le rabat. La jeunesse est dans notre nasse. Et les hausse-cols font place aux rabats, bêhang. Messe du St-Es. Il 2° Feuilles d'une fieur artificielle qui tombent i côté des feuilles supérieures. || 3° Pièce de peau qui assemble les éclisses d'un soufflet d'orgues. Il 4° Terme de vénerie Chasse qui se fait, la nuit, en rabattant les filets sur le gibier qu'on a poussé ; ou le jour, en faisant battre la campagne et pousser le gibier à la rencontre des chasseurs, {j Terme de fauconnerie. Lâcher le rabat, lâcher l'autour après la première secousse. {| V Terme de jeu de quilles. Second coup joué de l'endroit où la boule s'est arrêtée. Faire trois quilles de venue et autant de rabat. || 6° Toit d'un jeu de paume, qui sert à rejeter, à rabattre la balle. |l Par extension, coup qui vient du rabat. || 7° Rabat de caye, le dessus d'une cage. || 8° Morceau de toile dont le cirier se sert pour rabattre ce qui s'élcve de la baignoire en tournant. || 9° Terme de jurisprudence. Rabat ou rabattement de défaut , suppression de défaut. Il 10° Diminution. Rabat de prix. || 11* Liqueur noire employée aux Gobelins pour brunir les couleurs ; sauf la gomme, c'est une véritable encre formée d'une décoction de bois de campêche, de noix de galle et de sumac, à laquelle on a ajouté du sulfate de fer, chevreul Afin de leur bailler l'œil requis.... il leur sera donné un très-léger rabat, avec un peii de galle et de couperose, Règlem. sur Its manuf. août 1669, Teinturiers en tome, art. 23. ||12° Huile de rabat, voy. froissage. || 13° Nom que l'on donne à la terre dbs plats et assiettes non vernis, dont la cuisson a été manquée. || 14° Outil du charron pour tracer des lignes droites. || 15° Sable argileux servant à dégrossir le marbre.
— HIST. XV* s. Dont sourt riotte [querelle], et discords et debatz, Dechiel de corps, et de chastel rabaz. Et qui a mis mainte cité au bas, al. quart. (Eut), p. 676. Il faut ceintures, Rabas, chaperons et bordures. Blason des faulces amours, p. 270, dans lacdbne. Lequel mot se voyoit au rabat des courtines de ladite figure, J. chartikr, flist. de Charles VU, p. 300, dans lacurne. L'esouyer, qui cstoit moult puissant, rabatoit et se defendoit de l'emprise de son compaignon, et d'un rabat rompit la dague Je la hache dudit messire Jaques, 0. de LA MARCHE, Mém. liv. I, p. 325, dans lacurne. Roy des François, gaigné as l'avantaige, Parfaiz ton jeu, comme vaillant et saige. Maintenant l'as plus belle qu'au rabat [du jeu de quilles], ch. d'orl. Bail. 77. Il XVI' s. Tout cela leur sera baillé au terme arresté, sans rabat, ne délai, 0. de serres, 34. Qu'il n'avoit pu estre adverti des assignations à luy données, et à ce moyen requeroit le rabat du défaut contre luy octroyé, Coust. gén. t. 11, p. lOBO.
— ÉTYM. Substantif de rabattre.
t RABAT, 3° pers. dusing. du présent de l'indicatif de rat>attre, «lui entie comme préfixe dans quelques mots composés. ,
f RABAT-EAD (ra-ba-tô) , s. m. Morceau de feutre ou de cuir appliqué contre une meule, any dessus de l'auge, pour empêcher l'eau de sauter au visage de l'ouvrier.
RABAT JOiK (ra-ba-joî), s. m. Ce qui vient troubler la joie, la satisfaction où l'on était. Les loyoli-
tes, voyant que ce miracle [opéré îi port-Royal] leur faisait ombre, ont écrit pour s'y opposer un Rabatjoie du miracle nouveau de Port-Royal, gui patin, Lett. t. Il, p. 260. liabat-joie ou Observations sur ce qu'on dit être arrivé au Port-Royal au sujet de la sainte épine (par le P. Annat) ; ce seul mot de rabat-joie, dans un sujet si sérieux et si saint, a fait juger quel est l'esprit qui anime cet auteur, PAsc. Réponse à un écrit, etc. Qu'est-ce donc'/ voici bien, monsieur, du rabat-joie, la- font. Je vous prends sans vert, se. 44. Pouvons-nous craindre un plus grand et un plus cruel rabat-joie, que la douleur sensible de songera se séparer? sÉv. IB août IG86. C'a été [rougir facilement] le vrai rabat-joie de votre beauté et celui de ma jeunesse, id. 4 janv. 1690. Il Familièrement. C'est un rabat-joie, se dit d'une personne triste ou ennemie de la joie des autres. ||4u fém. C'est une rabat-joie.
— HIST. XV* s. Où est vieillesse rabat joye, CH, d'obl. Répart, d'amour, Bail. [La femme] Une heure brait, une autre crie ; En ce monde n'a tel tourment; Pour ce l'appell'on rabat joje, e. desch. Poés. mss. f° 4B2. Il XVI* s. Nous n'avons que faire d'exaggerer leur inanité [des voluptés naturelles] ; elle se fait assez sentir et se produict assez, mercy à nostre esprit m.iladif, rabat joye, qui nous desgouste d'elles, comme de soy mesme, mont, iv, 293. L'esprit humain n'est pas seulement rabbatjoye, trouble-feste, ennemy de ses appétits, naturels et justes plaisirs, charron. Sagesse, i, 44.
— ÉTYM Rabattre, et joie.
t RABAITAGE (ra-ba- ta-j'), s. m. || 1° Action de dégager la l'aine qu'on peigne, des nœuds ou bourrons qu'elle peut avoir. |i 8° Terme de jardinage. Suppression d'une ou de plusieurs branches, à l'effet de provoquer l'émission de jeunes pousses. Il 3» Terme de tonnellier. Action de resserrer les ais d'un fût. Les opérations que la conservation des boissons exige en route, telles que le rabattage des pièces, l'ouillage.... Loi du 8 déc. 4»14, art. I4.
— ÉTYM. Rabattre.
t RABATTEMENT (ra-ba-le-man), s. m. || l'T'ermo de géométrie descriptive. Action de rabattre une figure sur un plan. || 2° Terme de jurisprudence. Rabattement ou rabat du défaut, suppression du défaut.
— ÉTYM. Rabattre. Bans le xiv* siècle on le trouve avec le sens de réduction : pour le prix dessusdict et en rabatemenl desdites cent livres tournois de rente, nu cange, rabaltere.
t RABATTEUR (ra-ba-teur), s. m. Celui qui à la chasse rabat le gibier.
t RABATTOIR (ra-ba-toir), s. m. Outil pour tailler les ardoises. || Outil pour rabattre les bords d'une pièce d'ouvrage quelconque.
RABATTRE (ra-ba-tr'), v. a. Il se conjugue comme battre. || 1° Mettre plus bas, faire descendre. Le vent rabat la fumée. Rabattre le collet de son habit. Je mis un chapeau dont je rabattis le voile, GENLis, Mères riv. t. lu, p. 7i dans pougens. On sait que quelques fieurs radiées rabattent pendant la nuit leurs fleurons extérieurs, de candolle, Instit. Mém. scienc. ph. et math. Sav. étr. t. i, p. a43. li 2° Terme d'escrime." Rabattre un coup, le parer en rabaissant le fer de son ennemi. || Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiserdes gens qui se querellent. Ils se disputaient avec violence ; je fis tout ce que je pus pour rabattre les coups. || Rabattre les coups, se dit aussi des bons offices que l'on rend auprès d'u« homme puissant en faveur de quelqu'un contre qui il était prévenu. Le préfet était indisposé contre vous, mais votre ami a rabattu les coups. || Enfin, rabattre les coups signifie préserver de périls, de mauvaises alTaires. Et, s'il s'obstine à suivre un injuste courroux. Nous saurons, ma princesse, en rabattre les coups, corn. Médée,u, 4. Le parlement d'Angleterre nous hait fort ; mais le roi rabat les coups, Bi'ssï, Lett. t. m, p. 273, dans poijgens. Et quel charme assez fort, apaisant leur courroux, A détourné l'orage et rabattu les coups "i th. corn. Galant doub. m, 1. 1|3° Aplatir. Rabattre les plis. I Rabattre une couture, faire un léger rempli à un des côtés de l'étoffe restée au-dessus de la couture, par exemple le côté droit, le plier à plat sur le côté gauche, et l'assujettir par un point d'ourlet de manière que la coupure de l'étoffe ne se voie ni ne sedéfile. Il Populairement etfig.Rabattrelescoutures à quelqu'un, le frapper sur le dos ou sur les épaules, et, en général, sur les parties du corps recouvertes d'un vêtement. I| Terme de labourage. Rabattre .''■" avoines, faire passer un rouleau dessus , lorsqu'elle» sont déjà levées. {| Rabattre les ornières, les sillons, y rejeter la terre qui est sur le bord et les remplir.