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RAB
RAB
II 4' Terme de jarriinage. Rahaftre un arhre, le couper jusqu'à la naissance des branches; le but de cette opération est de le rajeunir en le forçant à pousser de nouvell' s branches.. Rabattre une branche, la raccourcir. || 5° Dégrossir le marbre avec le rahot. Il Couper en biseau la sertissure d'un bouton. Il Abaisser les côles trop marquées d'une pièce d'orfèvrerie. |{ Former la tête d'un clou. || Terme de serrurerie. Synonyme de parer. |i Effacer à petits coups les inégalités que le marteau a laissées sur une pièce de serrurerie. || Se dit de l'action du maréchal qui frappe sur le fer rouge qu'il forge. || Rabattre en premier, se dit lorsqu'il y a trois frappeurs à l'enclume. Rabattre en second, se dit lorsqu'il y en a quatre. Rabattre court, frapper le plus promptement possible après le premier frappeur, il Terme de tonnelier. Rabattre un fût, en resserrer les ais. || 6" Terme de manège. Rabattre les cour- Dettes, forcer un cheval qui travaille à courbettes, de poser à terre, en un seul et même temps, les deux pieds à la fois. {| Absolument. Ce cheval rabat bien, il rabat bien ses courbettes. || Terme de manège. Le cavalier rabat l'impétuosité d'un cheval, lorsqu'il parvient à le subjuguer. || 7° Terme de thasse. Rabattre le gibier, battre la campagne pour forcer le gibier à aller à l'endroit où sont les chasseurs. Il Absolument. On ne me vit jamais prodigue de louanges; Mais ils ont rabattu comme de petits anges, collin d'harlev. M. de Crac, se. 5. || 8° Terme de jeu de quilles. Abattre des quilles du lieu où s'est arrêtée la boule qui, lancée du but, a abattu des quilles IJÂ la longue paume, rabattre, renvoyer la balle à la partie adverse, le plus près de terre qu'il est possible. Il 9° Terme de palais. Le juge rabat un défaut quand, à l'audience, il révoque le défaut qu'il avait donné contre une des parties, faute par elle d'avoir comparu. || 10° Fig. Mettre au-dessous. Quelques philosophes, entre autres Descartes et Mnlebranche, ont voulu rabattre la puissance animale au-dessous de la végétale, bkrn. de st-p. Harmon. liï. V. || Réprimer, humilier, rabaisser. Je saurai bien rabattre une bumeursi hautaine, corn. Cid, II, 6. Le pyrrhonisme est le remède à ce mal [les opinions des philosophes], et rabattra cette vanité, pasc. Pens. XXV, 34, éd. havet. Puisque l'arrogance, compagne ordinaire d'une condition si éminente, est si fortement rabattue par ce spectacle (la mutation des empiresjj boss. Hist. m, t. Une parabole qui les regarde etqui devrait rabattre leurconfiance, bourdal. Pensées, t. Il, p. 447. Ge qui rabattrait les idées favorables que nous avons conçues de nos avantages et rie nos perfections, lu. t. m, p. 208. Il n'est pas mal de rabattre un peu l'orgueil des Anglais,qui se croient souverains du théâtre comme des mers, et qui mettent sans façon Shakespeare au-dessus de Corneille, VOLT. Le((. Duclos, 2(i janv. 1672. Je détestais cet art de rabattre tous les élans, et de désenchanter tous les amours, stael, Curinne, xii, 4. Il Familièrf'ment. Rabattre le caquet, voy. rabaisskr. ....Savez-voiis,' monsieur du lansquenet. Que j'ai de quoi rabattre ici votre caquet? regnard, Joueur, m, •1). Il 11° Faire quelque réduction sur le prix il'une chose qu'on veut vendre. 11 n'en rabattrait pas un sou. Il Faire quelque réduction sur le prix 'd'une chose qu'on veut acheter ou qu'on paye. Il rabattit tant sur la facture. || Absolument. Ceux qui voudront acheter tâcheront de rabattre sur tous ces profits; et ils rabattront avec d'autant plus de facilité, que les marchands, en plus grand nombre, seront plus pressés de vendre, condil. Comm. gouv. i, 8. jj Offrir moins que le nriarchand ne veut vendre. Nous avons affaire de lui; ne lui rabattez rien, dancoiirt, Tend. Surène, stf. 7. || Absolument. C'est que nous ne sommes pas convenus du prix, vous surfaites, et nous rabattons, DANCOURT, Fêtes du cours, se. <3.||Diniinuer un impôt, une charge. 11 nous a rabattu vingt écus de taille, dancourt, Vendanges, se. '. || Il se dit ,aussi d'une retenue qu'on fait. S'il se casse quelque chose, je m'en prendrai à vous, et le rabattrai sur vos gages, MOL. l'Avare, m, i . \\ Fig. Un petit baiser seulement, en rahatl;int sur notre mariage, mol. G. Dand. ii, 1. 1{ Fig. Rabattre une chose à sa juste valeur, la réduire à ce qu'elle vaut effectivement. Quand on ne reçoit pas sur parole des maximes gigantesques, on labat à leur juste valeur tous les lieux communs dont on étourdit notre enfance, MIRABEAU, Lett. orig. t. Il, p. 3B7. Il Ne rien rabattre, ne rien diminu(?r, amoindrir. Vous la voulez sentir à longs traits [la douleur d'une mort], sans en rien rabattre, sans aucune distraction, sèv. as. Je suis tout à vous, sans qu'il y ait à ce compliment aucune chose i rabattre, m. 12 févr. 1678. Toute cette jeunesse a fait le carnaval sans en rien rabattre, id.
merc. des cendres lesft. Il fut sensible à Luther de voir non plus des particuliers, mais des Eglises enlinres se soulever contre lui; mais il n'en rabattit rien de sa fierté, boss. Var. 2. || Il n'y a rien à rabattre, il faut prendre la chose telle qu'elle est. Que s'il y avait la moindre chose à faire, il ne penserait pas .1 quitter, et l'on voit qu'il dit vrai; il n'ya rien à rabattre, sÉv. «U.IlN'en vouloir rien rabattre, ne vouloir rien diminuer de ses prétentions. C'est un homme de condition qui m'est prédit pour époux, et je n'en rabattrai rien , marivaux. Jeux de l'am. et du has. i, 7. || J'en rabats beaucoup, se dit d'une personne qu'on vient à estimer moins qu'on ne faisait auparavant. Je ne doute point qu'ils ne disent alors comme cet ami de la Brinvilliers à qui on apprenait qu'elle avait empoisonné son père : si cela est, j'en rabats beaucoup, d'alemb. Lett. au roi de Pr. 2 janv. <772. || On a dit dans le même sens : j'en rabats la moitié, j'en rabats de moitié. || J'en rabats quinze, j'ai perdu beaucoup de l'estime que j'avais pour lui. || 12° Diminuer un nombre quelconque. Elle le répéta vingt fois [qu'il y avait eu douze cents volailles servies à une noce], et n'en voulut jamais rabattre un seul poulet, sÉv. 68. Votre mon- .sieur d'Aix a une abbaye de six mille livres de rente ... il vous dira qu'elle en vaut douze; rabattez la moitié, ID. 20 nov. (689. || Retrancher. Basilide met tout d'un coup sur pied une armée de trois cent mille hommes, il n'en rabattrait pas une seule brigade, la brut. x. Pour n'avoir rien voulu rabattre de nos profusions, mass. Avent, Jugem. univ. Il sait bien que le Seigneur a son poids et sa mesure, et qu'il n'appartient pas à l'homme d'en rabattre, ID. Carême, Impén. \\Fig. De ces sortes de louanges-là on en rabat quelque chose, pour les réduire à une mesure un peu plus raisonnable; mais à la vérité on n'en rabat guère, et on se fait à soi-même une bonne composition, fonten, Dial. I, Morts anc, wod. J'ai su par moi-même ce qu'il y avait à rabattre des relations faites par des gens déterminés à l'admiration avant que d'avoir vu, DUCLOS, Œuv. t. vu, p. 3. || 13» Terme de teinturier. Corriger une couleur trop vive [Pour les
couleurs d'olives] étant passés en couleur de vert, seront rabattus avec suie de cheminée; et, selon l'œil qu'il leur faut, le teinturier leur donnera le rabat, Règlement sur les manuf. août (669, Teinturiers en laine, art. 27. |{ Terme de tanneur. Mettre les peaux dans un plain-mort, de huit en huit jours pour les ramollir. {| 14* V. n. Rabattre de, ne pas conserver à un même degré. De moment en moment, son âme plus humaine Abaisse sa colère et rabat de sa haine, cobn. Médée, m, 2. Les Athéniens, depuis la perte des deux batailles de Délie et d'Amphipolis, avaient beaucoup rabattu de leur fierté, rollin, Hist. anc. Œuv. t. m, p. B89, dans pougens. Nous les e.fhortons.... à rabattre de leur austérité, mass. Avent, Épiphan. La très-fidète duègne, qui me reprocha malicieusement que j'avais bien rabattu de ma diligence , lçsage. Cil Bl. iv, 2. si elles savaient avec quelle impudence l'auteur a menti, elles rabattraient de leurs louanges, volt. lell. d'Argenlal, ts sept. 1768. Un vieux prêtre me trouvait déjà tant d'esprit.... qu'il prétendait que je serais un jour docteur de Sorbonne ; il aurait depuis bien rabattu de ses espérances, uuclos, Œuv. t. x, p. 18. Il Rabattre de l'estime qu'on avait pour quelqu'un, ne plus l'estimer autant. Oh ! quand on est fripon, je rabats de l'estime, gbesset. Méchant, i, 1. ||I1 en faut rabattre, on ne peut plus conserver les mêmes prétentions. Il en fallut rabattre, et dès lors, adieu la tranquillité, J. J. Rouss. Confess. lu. Il 16° Se détourner tout d'un coup de son chemin pour en prendre un autre. Vous rabattrez à main droite. || Fig En ce cas jç pourrais rabattre sur la veuve, La comtesse sa sœur, reonar». Joueur, i, 6. Il 16° Se rabatire, v. réfl. Être rabattu. Les nuages chargés de pluie se rabattent. Le col de cet habit se rabatsur les épaules. || 17" Se détourner tout d'un coup d'un chemin pour passer dans un autre. L'armée, après divers mouvements, se rabattit sur la ville. Dans l'hiver elles se rabattent sur les rivières et les fontaines chaudes; elles y vivent de cresson et de cerfeuil sauvage, buff. Ois. t. xvii, p. 384. En me rabattant ensuite sur ma gauche, je me rendis à Bowood, morellet, Mém. t. i, p. 208 dans POUGENS. Il Fig. Nous laissons courir après les chimères de la philosophie les gens qui ne les connaissent pas, et. nous nous rabattons sur ce qu'il y a de réel, fonten. Dtal. Platon, Marg. \\ 18° Fig. Changer tout à coup de propos dans la conversation. Il se rabattit sur les nouvelles du jour. Pour me rabattre au sujet dont il s'agit, il suffira de savoir
qu'aux entrées, il y a eu souvnt des disputes entre les duchesses et les princess'S étrangères pour la préséance, st-sim. 64, 62. || 19° Se lîorner, se restreindre. On se rabat à un genre de vie plus à portée des sens, mass. Prof. rel. 2. Il se rabattit à demander qu'au moins il eût le commandement... ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. m, p. 204, dans pod- GENS. Lorsque les levrauts lui manquent [au renard], il se rabat sur les rats, buff. Mure, choisis, p. 243. Il 20° Terme de chasse. Un limier se rabat lorsqu'il donne quelque connaissance à celui qui le mène [Almanach du chasseur).
— REM. Il ne faut pas confondre rabattre et rebattre. Rebattre, c'est répéter souvent.
— HIST. xiii* s. Se il • sont au marchié en tels manière que on rabatist un denier, ou plus ou mains.... Liv. des met. i8. Se li sergaiis requiert à son segneur qu'il rabate de ses reclioites [recettes] aucuns paiemens ou aucunes dépenses, beauman. XXIX, 6. Il xiv° s. Toutes autres choses relTusées et rabattues, Ménngier, i, 9. Donnons en mandement à nos amez et féaux les gens tenans nostre parlement , qu'il facent rabattre [biffer] de nos registres le ban.... du cange, rabattere. Au Liégeois pour aller.... quatre sols le jour et ses frais, rabatut ce que on rent à.... caffiaux, Bégence d'Aubert de Bavière, p. 3b. VOus contés sans rabatre, si ait m'ame pardon, le Bastart de Bullion, v. 3990, dans Hist. liu. t. XXV, p. 607. Il XV s. Tel compte haut qui après en rabat, al. chart. le De'b. des deux fort. Portoit chascun d'eux une espée rabatue en sa main; lesquelles espées furent présentées aux juges, pour sçavoir si elles estoyent rabatues et coupées en pointe comme il appartenoit, o. de la MARCHE, Uém. liv. II, p. 687. Il xvf s. Vous avez beau vivre, vous n'en rabattrez rien du temps que vous avez i estre mort, mont, i, 87. À Athènes on apprenoit à bien dire, et icy [à Sparte] à bien faire; là.... à rabattre l'imposture des mots captieusement entrelacez, icy.... à rabattre d'un grand courage les menaces de la fortune et de la mort, ID. I, 162. Et lors mesme que l'espée est desgainée sur luy, il rabat le coup d'un seul j-egard de ses yeulx, AMYOT, Marius et Pyrrh. t6. Le recouvrement de ces deniers leur fut fort dur, tant pour la briefveté du temps qui leur fut prefix, que pource qu'il ne fut jamais possible d'en rien rabattre, id. Dé' métr. 33. Une espée rabbattue, au bout de laquella y avoit un bouton rond et plat, paré, Mumie, 9. Tout le matin se passe à rabattre une beste ; Puis au diner se fait le rapport de la queste, am. jamin. Poésies, p. 65, dans lacubne. La principale chose que doit apprendre un'chien pour bien se rabattre, c'est de ne laisser passer ny coulées fau.x-fuyantes ny nulles sentes sans y mettre le nez, Charles ix. Chasse rny. 28.
— ÉTYM. Re..., et abattre; wallon, rabalt KABATTU, CE (ra-ba-tu, tue), part, pas.sé de rabattre. Il 1° Mis plus bas. U [un homme distrait] voit que son épée est mise du côté d/oit, que ses bas sont rabattus sur ses talons, la brut. xi. Les cornes très-courtes, très-rabattues, presque appliquées sur le crâne, buff. Quadrup. t. v, p. 291. || Chapeau rabattu, chapeau dont les bords retombent. Ces voyageurs portaient tous une épée à la ceinture, et un large chapeau rabattu leur couvrait à demi le visage, chateaub. D.Àbenc. || Terme de botanique. Rameaux rabattus, rameaux qui pendent vers la terre. || Se (lit aussi des feuilles dont l'extrémité est tournée vers la terre. {| Epée rabattue, épée qui n'a ni pointe ni tranchant. Il Dames rabattues, sorte de jeu qu'on joue sur le tablier d'un trictrac avec les dés et les dames. || 3° Couleurs rabattues, couleurs brunies par le rabat. || 3° Retranché sur un prix, sur une valeur. Il Tout compté, tout rabattu, tout ayant été bien calculé et compensé. Tout bien compté, tout rabattu, il n'y a personne en Bretagne qui ait un si bon eœnr et de si nobles sentiments, sév. 29 nov. 16^4. Tout compté, tout rabattu, je me trouvai court de quatre mille écus, lesage, Guîm. d'Alf. vi, s.
Il Fig. 11 est sûr qu'il y a une mesure de choses tendres qu'on doit dire ; ce qu'on en dit le jour est autant de rabattu sur la nuit, fonten. Lett. gai. 28. Nous avons cru ne perdre que des moments inutiles ; et avec eux nous avons perdu des grâces inestimables, quise trouventrabattuesdecellesquela bonté de Dieu nous avait destinées, mass. Carême, Temps. \\ 4° S. /. En terme de marine, rabattue se dit d'un des étages situé au-dessus du plat-bord d'un grand bâtiment.
R.\BBANISTE(ra-ba-ni-st'),ï. m. Voy. RABB1NISTE.
RABBI (ra bbi), s. m. Voy. rabbin.
BABBIN (ra-bin), s. m. Docteur juif. Principes des rabbins; deux Messies, pasc. Pens. xxiv, m,
RAB
édit. RAVET. On oe parlera pas ici de la seconde femme d'Adam, nommée Lillith, que les anciens rabbins lui ont donnée, volt. Dict. phil. Adam. Il Aujourd'hui on appelle rabbins, les docteurs du culte judaïque placés à la tète des communautés; ils sont reconnus et institués par l'État, qui leur accorde un traitement. Leurs fonctions sont de prêcher, de bénir les mariages, etc. || Grand rabbin, le chef d'une synagogue ou d'un consistoire Israélite. Il On dit rabbi, et l'on emploie ce mot sans article avant un nom propre, et quand on s'en sert en parlant à un docteur juif. Rabbi ben Ezra est d'avis que... Que pensez-vous, rabbi, de ce passage?
— ÈTVM. Hébreu, rabh, maître, docteur.
RABBINAGE (ra-bi-na-j') , ». m. Par dénigrement.
L'étude qu'on fait des livres des rabbins. Perdre son temps au rabbinage.
t RABBINAT (ra-bi-na), s. m. Dignité de rabbin.
RABBINIQUE (ra-bi-ni-k') , adj. Qui est particulier aux rabbins. Sans avoir besoin de nous arrêter à ces éruditions rabbiniques, boss. Explic. delà proph. d'Isaie, 3* lettre. Un ramas des rêveries rabbiniques, volt. Uél. litt. Lett. à M. le prince de ***, IX. Il École rabbinique, école dont l'objet est de former les rabbins pour le culte juif. || Caractères rabbiniques, les caractères ronds des Hébreux. Il Langue rabbinique, la langue hébraïque moderne.
t RABBIMSER (ra-bi-ni-zé), v. a. Se livrer aux études rabbiniques. Les princes de l'exil eux-mêmes se mirent à rabbiniser, réville: , Rev. des Deux-M. 1867, )" nov. p. )2<.
RABBiNISME (ra-bi-nis-m'), s. m. La doctrine des rabbins. Chronologie du rabbinisme, pasc. Pens. XXIV, U5, édit. havet. C'est [l'emploi des explications par figures] un reste de rabbinisme, un défaut dans lequel le savant saint Jérôme n'est jamais tombé, volt. Dict. phil. Figure.
RABBIMSTE (ra-bi-ni-sf), s. m. Celui qui suit la doctrme ou qui étudie les livres des rabbins. || On dit aussi rabbaniste.
RABDOLOGIE, RABDOMANCE, RABDOMANCIE, VOy. RHABDOLOGIE, RHABDOMANCE, RHABDOMANCIE.
t RABELAISIEN, lENNE (ra-be-lîi-ziin, ziè-n') , adj. Qui appartient à Rabelais , qui tient de Rabelais. I! Rire rabelaisien, rire moqueur et cynique.
t RARES (ra-b'), s. f. pi. Rabes de morue, les œuf^ de oe poisson, sales et mis en barrique. Dans quelques endroits on dit raves de morue.
— ÈTYM. Voy. RAVES.
RABÊTI, lE (ra-bê-ti, tie), part, passé de rabêtjr. Des enfants rabêtis par de mauvais traitements.
BABËTIR (ra-bê-tir).||l" V. a. Rendre bête, stupide. Â qui confierais-je mes faiblesses [la tragédie de Minosj plutôt qu'à mon respectable doyen, s'il daignait m'encourager, au lieu de me rabêlir, comme il fait toujours? volt. Lett. Richelieu, 25 mai tTi2. Il 2» V. n. Redevenir bête; devenir plus bête. Au lieu de profiter au collège, il rabêtit. || Il a rabêli ou il est rabêti, suivant que l'on considère l'action ou l'état.
— ËTYM. fie..., et abêtir; wallon, rabiesti.
t RABETTE {ra-bè-t'), s. f. Un des noms vulgaires du chou-rave, et surtout de la variété oléifère, qu'on nomme encore navette dauphinoise et que l'on cultive comme plante oléagineuse à la façon du colza. On dit aussi ravette.
— HlST. XIV s. Le suppliant mist icelle malette et la couvri on paille de ratiete, du cangb, rabea.
— ÉTYM. Diminutif de rave.
t RABIAU (ra-bi-ô), s. m. Terme de marine. Ce qui reste de vin ou d'eau-de-vie dans le vase qui a servi pour faire la distribution à une escouade.
t RABUUTER (ra-bi-ô-té), v. n. Boire le rabiau ; ramasser des restes.
[ RABIËIQUE (ra-bi-é-i-k') , ou RABIQDE, ou R A BIEN, ENNE (ra-biirt, biè-n'), adj. Terme de méilecine. Qui appartient à la rage. Le virus rabiéiijue.
— ÉTYM. Lat. rabies, rage.
BABIOLE (ra-bi-o-1'), t. f. Grosse rave. || Chourave; variété de chou-navet.'
— ÈTYM. Diminutif de rave.
t RABIOULE (ra-bi-ou-1'), s. f La racine du brassica râpa, L. (crucifères), c'est le tumeps des Anglais; on l'appelle aussi rave.
— ÉTYM Dérivé de roue.
<. RÂBLE (râ-bl'), s. m. || 1° Terme de chimie. Barre de fer en crochet, employée à remuer des substances que l'on calcine. || 2° Le^ teinturiers ont aussi un rftble. On se sert, pour brouiller le marc avec ce qui est liquide, d'une espèce de râteau de boi« appelé râble; et cette opération s'appelle pal-
RAB
lier la cuve, Dwt. des arts et mit. Teinturier. || 8* Outil qui sert à étendre le plomb coulé en table, pour lui donner une égale épaisseur. || 4° Boîte sans fond dans laquelle les facteurs d'orgues et les plombiers coulent le plomb et l'étain. |{ 6° Instrument de fer, muni d'un long manche de bois, pour remuer la braise, les tisons, ou le charbon dans un four de boulanger. || Pelle emmanchée au bout d'une perche qui sert aux charbonniers pour emporter la terre qui recouvre le fourneau à charbon après la cuisson. Il 6° Êcumoire du fondeur de cloches. Il 7" Terme de métallurgie. Ringard recourbé à son extrémité, dont se servent les ouvriers pour ramener les matières et les combustibles d'une place à une autre. || 8" Terme de marine. Pièce de bois droite, sur laquelle on cloue les bordages du fond, dans les bateaux plats.
— HIST. xiv s. Roables, c'est instrument à traire brese hors du four, du cange, rotabulum. Lesquels allèrent & un four et pristrenl l'un rouable et l'autre furgon, ID. «6. || xV s. Le suppliant print un rabot ou roable à tirer la braise du four, id. ib.
— ÉTYM. Wallon, râv, rduv; du bas-lat. rotabulum; du lat rutabulum, fourgon de boulanger, du même radical que ru/rum, serfouette, de ruere, jeter (voy. huer).
2. RÂBLE (râ-W; plusieurs prononcent ra-W), s. m. Il 1° La partie de certains quadrupèdes, et particulièrement du lièvre et du lapin, qui s'étend depuis les côtes jusqu'à la queue. Donnez-moi donc de ce râble de lièvre, dancourt, Sancho Patiça, iv, 3. Il 2° Terme de boucherie. Partie de la colonne vertébrale et des muscles qui s'y attachenten dessus, comprenant les régions lombaire inférieure et sacrée supérieure, à la différence de la longe, qui comprend les régions dorsale et lombaire supérieure. Il 8° Familièrement. Il se dit, chez les personnes, de reins forts et robustes. Les coups sur votre râble assenés avec joie, mol. l'Ét. iv, 8.
— HlST. xvi* s. Il faut un bon limier pénible et poursuivant. Nerveux, le rable gros et la narine ouverte, DESP0BTE8, Cartels et mascarades. Chasseurs, 4.
— ÉTYM. On l'a tiré, avec vraisemblance, de l'espagnol ra'io, queue, rahcor, remuer la queue, rabel, le derrière. On a dit au xv* siècle rabe pour mollet (la rabe ou mol de l'une de ses jambes, du cange, raba).
t RÂBLÉ, ÉE (râ-blé, blée), adj. Oui a le râble épais. Un lièvre bien râblé. || Qui a les reins vigoureux.^ C'est un garçon râblé.
— HlST. XVI* s. Ce sont chiens peu râblés, et qui n'ont grande force, Charles ix. Chasse roy. 8.
— ÉTYM. Râble -2.
t RÂBLER (râ-blé), v. a. Remuer le feu avec un râble. || Nettoyer le plâtre du charbon qui s'y trouve mêlé. Il Nettoyer la poêle où se fait le sel. Quelque soin qu'on mette à râbler la poêle, il s'y attache toujours du sel en croûte, qui augmente à chaque opération ou salinage, fourcroy, Conn. chim. t. m, p. t»i.
— ÉTYM. Râble i.
t RÂBLOT (ra-blo), s. m. Petit râble pour tisonner le feu.
— ÉTYM. Diminutif de rdbie ).
RÂBLC, BLUE (ra-blu, blue), adj. Synonyme de râblé. Peste, l'heureux grison I qu'il est rablu! th. CORN. Cowif. d'Orgueil, m, 9.
— ÊTYM. Râble 2.
t RÂBLOUE (râ-blu-r'), s. f. Terme de marine. Cannelure triangulaire qu'on excave sur la base latérale de la quille et de l'étrave, pour recevoir ou le bord inférieur ou l'extrémité de certains bordages dont se compose l'enveloppe extérieure de la carcasse d'un vaisseau. On a découvert la voie d'eau de la Tempête, qui était à cinq ou six pieds sous l'eau, à la râblure de l'étrave.... d'estrées, à Seignelay, 20 oct. <680, dans jal.
— 8TYM. Râble 2.
f RABOBINER (ra-bo-bi-né), v. a. Terme populaire. Arranger grossièrement et malproprement; raccommoder tant bien que mal.
— HlST. xvi' s. Ils en rapporteront plus d'honneur et de réputation à l'advenir, que s'ils avoient, à l'imitation de Longueil, Sadolet ou Bembe, recousu ou rabobiné je ne sçay quelles vieilles rapetasseries de Virgile et de Ciceron, rons. 69 i.
— ÊTYM. fie..., à, et bobine, comme qui dirait : remettre sur la bobine le fil qui s'est échappé.
BABONNI, lE (ra-bo-ni, nie), part, passé de rabonnir. Du vin rabonni.
RABONNIB (ra-bonir).ll !• F. a. Rendre meilleur. La culture rabonnit les fruits. I| 2° V. n. Deve-
RAB
nir meilleur. Le vin rabonnit en bouteille. L'eau» de-vie ne rabonnit pas en bouteille.
— HIST. xv* s. Famme, tout le voir t'en diray : Rabonie sois et seilre, Résur. de N. S. J. C.
— ÊTYM. fie..., et abonnir.
UABOT (ra-bo; le ( ne »e prononce pas et ne se lie pas; au pluriel, Vs se lie : des ra-bo-z aiguisés; rabots rime avec repos, travaux, etc.), s. m. Il 1° Outil composé d'une gouge d'acier engagée au moyen de coins dans un cube de boii, et servant à dresser, à aplanir, à unir la surface du bois. La lumière, les joues, le fer d'un rabot. Le sacristain achève en deux coups de rabot, boil. Lutr. m. De sa blanche et débile main elle pousso un rabot sur la planche; le rabot gli.sse et ne mord pas, j. }. Rouss. Ém. v. || Fig. Le- rabot, le travail par lequel on perfectionne une composition littéraire. L'autre, en vain se lassant à polir une rime. Et reprenant vingt fois le rabot et la lime. Bon,. Disc, au roi. N'y aurait-il pas quelque coup de crayon ou de rabot à y donner? u"' du dekfand, Lett. à H. Walpole , t. iv, p. 57 , dans poogens. || Fig. Passer le rabot sur un ouvrage, le corriger, le polir. Qu'il n'y en ait aussi de mauvaises [choses], c'est ce que je ne voudrais pas soutenir ; on aurait pourtant tort de me les imputer; car, sans vanité, je crois qu'il y en aurait encore un plus grand nombre, si je n'y avais pa.ssé le rabot, lesage, Guxm. d'Alfar. Préface. || On dit dans le même sens : donner un coup de rabot. Il n'y a que deux coups de rabot à donner aux chevaliers [à la tragédie de Tancrède], voi.t. Lett. d'Argental, 30 avr. 1700.112° Rabot rond, outil pour creuser dans le bois. || 3" Outil qui sert à unir différents métaux, ou à y faire des filets et des moulures. || 4° Morceau de bois dur pour frotter le marbre, jj 5° Fer tranchant à l'usage du fondeur de caractères. || 6° Rabot à diamant, instrument pour couper le verre. || 7" Instrument à long manche dont les maçons se servent pour remuer la cbaux et la détremper. 118° Outil pour étendre la poudre au sortir du grainoir. || 9° lerme de métallurgie. Instrument pour remuer les minerais dans les eaux de lavage. || 10° Terme d'agriculture. Rabot des raies, instrument pour rabattre l'arête formée par lacharruelorsdu labour, et pour aplanir la surface du sol entre les sillons. || Planchette adaptée à un long manche, servant à ramasser en tas le grain épars et à unir la surlace d'un terrain labouré et ratissé. Il 11° Terme de pêche. Instrument pour troubler i'eau. Il 12° Sorte de pierre dure employée au pavage. Le pavé nommé rabot, qui est toujours moins cher de moitié que celui de grès, se fait de liais et autres pierres dures, genlis, Maison rust. t. l,
p. 38, dans POUGENS.
—^ HIST. xiv° S. Il faut qu'il [un piège] soit fait de cuer île cliesne, au rabot, JfodiM, f° cxxxi. Il XV* s. Une autre couppe blanche , verrée [dorée au bord] à la devise de rabots [le rabot, devise de Jean sans Peur de Bourgogne], de laborbe, Comptes des ducs de Bourgogne, art. 239j. Pour deux cent xxvi rabots pour donner aux gentilshommes de l'ostel de Monseigneur [le duc de Bourgogne] deux cent LxxiiiJ liv. xv, m. Émaux, p. 368. ||xvi's. Dieu gard enfin toute la Heur de lys. Lime et rabot des hommes mal polys, mabot, ii, i92.
— ÉTYM. Voy. raboter; bourguig. raiM, inégalité du pavé, endroit raboteux. On trouve dans un texte du xiii* siècle robot avec le sens de nabot: Avoir [l'argent] fait bien un petit page D'une froncine, d'un rabot Oui n'est pas graindres d'un cabot. Un grant seignor, un grant doian, Hist. de sainte Léoc. ms. de St-Germ. f° 28, dans lacurne. La lecture est-elle bonne?
t RABOTAGE (ra-bo-ta-j'), s. m. Action de raboter; résultat de celte action.
t RABOTE (ra-bo-f), s. f. Espèce de gâteau où une pomme est enfermée dans la pâte; se dit dans les Ardennes et à Genève.
— ÉTYM. Ane. franc, robofe qui paraît signifier un ballon, une paume dans un texte du xiv* siècle (voy. DU GANGE, raborderia), et qui, par assimilation, peut avoir donné son nom à cette pâtisserie.
RABOTÉ, ÉE (ra-bo-té, tée), part, passé de raboter. Dressé au rabot. Planche rabotée. || Fig. Si cette épître était rabotée, je la regarderais comme le meilleur de vos ouvrages et le plus philosophique, volt. Lett. au roi de Pr 30 mars i759.
t RABOTEMENT (ra-bo- te-man) , s. m. Action de rahoter
— HlST. XVI" S. Rabotement, cotgravb.
RABOTER (ra-bo-té), v. o. || 1° Dresser, aplanir
avec le rabot. Raboter une planche, un parquet. Il Absolument. Tel grand va s'étonnant de voir que
RAB
RAB
RAC
Je rabote, maîthe adam billadt, Œuv. p. <»3, dans pouGENS. Que pensez-vous de celui qui veut scier avec un rabot, et (jui prend sa scie pour ralioter? LA HRL'Y. II. Il Terme de maréclialerio. Passer la râpe sur le sabot d'un cheval, pour le polir et le rendre uni. jj î" Fig. Corriger, polir un ouvrage d'esprit. Si l'on m'accuse d'avoir raboté quelquefois les vers de ce diable de Salomon du nord, volt. Lett. Thiriol, (« févr. <760. Comment raboter à la fols la Henriade, mes tragédies et toutes mes pièces ? 10. Lett. Thiriot, i* nov. 1738. Dans les associations dramatiques il [l'employé homme de lettres] est le piocheur; c'est lui qui rabote le dialogue, tourne les couplets, raccommode une scène, et raccorde une coupure, H. de balzac, l'Employé, ch. 8. Il Absolument. Je m'en vais raboter plus que jamais, et être aussi inflexible pour moi que je ie suis pour Pollion, volt. Lett. Thiriot, 29 nov. (738. Je suis três-aise qu'après avoir bien raboté en poésie, vous vous jetiez dans les profondeurs de la métaphysique, iD. Lett. HeMtius, i4 août t74(. || Il y a encore bien à raboter, se dit en parlant d'un jeune homme qui n'est pas encore façonné pour le monde, d'un homme qui a beaucoup à apprendre pour son service. || 3° Se raboter, v. réfl. Se polir, se façonner. Mais tant plus je me lime et plus je me rabote.... RÉGNIER, Sal. ïiv.
— HIST. XVI' s. Mais il faut Ton deffaut Raboter Pour oster Les gros nœuds, mabot, ii, H3. Desretailleures de bois de fousleau rabotées [enlevées au rabot], o. de serres, 223. La Ramée a faict une grammaire en laquelle il nombre vingt et neuf lettres; mais pour moi j'estime que ce sont toutes fantastiqueries d'un esprit mal raboté, P. delau- DUN, Art poétique, p. <8, dans livet, Gramm. franc. p. 20t. Si ces aysne soyent mieulx rafoltez, jamays ne les jojndrez bien ensemble, palsob. p. 660.
— ÉTYM. Le même que l'ancien français rabouter, qui signifie heurter; cette dernière signification est apparente dans raboteux, signifiant qui heurte ; cette étymologie, indiquée parDiez, paraît certaine. Rabouter est fait de re, à, et bouter. On pourrait penser à rabouter, mettre bout à bout ; mais le bourguignon raibô, inégalité, montre que c'est du verbe rabouter, le même que rebouter ou rebuter, qu'il s'agit.
RABOTEUR (ra-bo-teur), *.m. Ouvrier uniquement employé à raboter.
RABOTKOX, EUSE (ra-bo-teû, teû-z*) , adj. Il 1* Qui présente des nœuds, des inégalités, en parlant du bois. Une planche raboteuse. || 2° Par analogie, il se dit d'une superficie inégale, et particulièrement du terrain, des chemins. Il me faut des torrents, des rochers, des sapins, des bois noirs, des montagnes, des chemins raboteux à monter et à descendre, dts précipices à mes côtés qui me fassent bien peur, i. J. Rouss. Conf.i\. Il avait tiré parti des lieux les plus raboteux, behn. de st-p. Paul et Virg. Des a.^pects raboteux, sombres, secs et sans grâces. Des arbres africains nous décèlent les races, delille, Trois règnes, vi. || Kig. Quand la défiance, l'aigreur, l'aversion sont visibles et sont mêlées à toutes les paroles, en vérité, cela serre le cœur.... on n'est point accoutumé à ces chemins raboteux, sÉv. 6 nov. l«80. Redressons tous les sentiers tortus, aplanissons ce qu'il y a de raboteux, bourdal. Pensées, t. m, p. 227. ||3 Fig. En parlant du style, rude. Sophocle enfin, donnant l'essor à son génie. Accrut encor la pompe, augmenta l'harmonie, Intéressa le chœur dans toute l'action. Des vers trop raboteux polit l'expression, BOiL. Art p. m. Le style de Corneille, devenu encore plus incorrect et plus raboteux dans ses dernières pièces, VOLT. Comm. Corn. Rem. Attila, Préface. Il 4" S. f. Raboteuse, mollusque, voy. troque 2.
— HIST. xvi* s. Il marche à pied à travers lieux bossus et rabotteui, pleins de ruisseaux et de fondrières, AMYOT, Philop. ». Comme un crystal poly prend en sa polissure Et représente mieux une lumière pure Ou quelque autre beauté qu'un raboteux miroir, AM. jamyn, liv. 1, prier. La teste d'un mont CuUpé , rabotteux et inaccessible, mont.
— ÉTYM. Voy. raboter; génev. rabotu.
T RABOTIER (ra-bo-lié), s. m. ou RABOTIÈRE (ra-bo-tiè-r'), s. f. Table marquée de sillons, dans lesquels le monnayeur arrange les carreaux l'un contre l'autre.
tRABOTCRE (ra-bo-tu-r'), s. f. Copeaux produits par l'aclioij du rabot.
— HIST. XV' s. Un grand monceau de rabotures, tirées au rabot d'ais de sapin ou d'autre bois, o. de LA MAHCH1, «ém. liv. I, p. î»4, dans lalubne,.
RABOUGRI, IE (ra-'DOU-gri, gric), part, passé de rabougrir. || 1° En parlant des végétaux, mal venu et chétif. En l'année (65 1, M. Naudé fit consulter cette compagnie [l'Académie française] sur le mot rabougri, qui signifie proprement une plante qui n'est pas venue à sa perfection et à sa juste grandeur, auquel sens on lit, dans les anciennes ordonnances, des arbres rabougris, pellisson, llist. lie l'Acad. m. Il [un curieux] triomphe s'il a dans son jardin un arbre rabougri venu d'Amérique, VOLT. Dict. phil. Rare. \\ 2" En parlant des personnes, mal conformé, débile, de petite taille. Je sais que Lanoue [un acteur] a l'air d'un fils rabougri de Baubourg [autre comédien qui était fort laid] ; mais aussi il joue, à mon sens, d'une manière plus vraie que Dufresne, volt. Lett. d'Argental, 5 juin 174). Il 3° Termede marine. Rapetissé, mal formé, en parlant de la construction du navire, de sa mâture, etc.
RABOUGRIR (ra-bou-grir) , v. a. jj 1» En parlant des arbres et des plantes, les empêcher de profiter. Un mauvais terrain rabougrit les plants. || On le dit aussi des personnes. Les (;uartiers malsains rabougrissent les hommes. Il ï' V. n. Ne pas profiter, mal venir. Les arbres rabougrissent dans ce terrain. il 3' Se rabougrir, v. réfl. Même sens.
— HIST. xvi* s. D'efl'euiller inconsidérément [les mûriers], c'est les rabougrir, 0. de serres, 465.
— Btvm. Re..., à, et bougre, nom de peuple (les Bulgares). De nom de nation, â cause de l'hérésie où étaient les Bulgares, Bougre était devenu un nom commun signifiant hérétique, puis une désignation très-injurieuse ; de là le sens de contrefait, chétif, mal venu.
t RABOUftRISSEMENT (ra-bou-gri-se-man), *. m. Etat d'une chose rabougrie.
RABOUILLÈRË (ra-bou-llè-r' , (2 mouillées, et non ra-bou-yè-r'), f. f. Terrier que les femelles des lapins creusent à l'écart pour y faire leurs petits. La femelle du blaireau perce les rahouiUères des lapins, prend les jeunes 'lapereaux, hupf. Blaireau. Il Se dit des trous que font les lapins dans les garennes, même quand ils n'ont pas de petits, pour se dérober à la voracité des oiseaux de proie.
— HIST. xvi* s. Et après avoir veu licencier une rabouillere [tas] de médecins, car il y en avoit sept ou huict de plusieurs princes, carl. vi, BO. Il n'y a rabouillere en tout mon corps où cestuy vin ne furetle U soif, rab. i, 5.
— ÉTYM. Wallon, robetle, lapin; de l'ancien flara. robbe, lapin; angl. robbiJ.
f RABOUTER (ra-bou-té), ». o. Terme de serrurier. Joindre deux bouts de fer par un ajustement.
— ETYM. Re..., à, elbout.
RABOUTI, IE (ra-bou-ti, tie), part. po«s^ de raboutir. Morceaux d'étoffe raboutis.
RABOUTIR (ra-bou-tir) , v. a.. En parlant de morceaux d'étoffe, mettre, coudre bout à bout. Raboutissez ces deux morceaux.
— ETYM. Le même que rabouter.
t BABRAQUER (ra-bra-ké), v. a. Terme de marine. Embraquer de nouveau ; reprendre un cordage.
t RABROUANT, ANTK (ra-brou-an, an-t"), adj. Qui rabroue. Point rabrouant et point sauvage, SCARR. Poés. dir. Œuv. t. vu, p. 228, danspoUGENS.
RABROUÉ, ÉE (ra-brou-é, ée), part, passé de rabrouer. On le tenait [Coligny] pour un seigneur de probité.... et pour ce, eust bien renvoyé les conjurateurs rabroués. Phrase de Brantôme, citée dans BOSS.Far. i".
t RABROUEMENT (ra-brou-man) , *. m. Action de rabrouer.
— HIST. XVI' s. Les autres, voyans ces rabrouemcns qu'on leur faisoit, se deportoient de plus se trouver es assemblées de ville, amyot, Pyrrh. 27.
RABROUER (ra-brou-é), je rabrouais, nous rabrouions, vous rabrouiez; je rabrouerai; que je rabroue, que nous rabrouions, que vous rabrouiez, v.a. Repousser avec rudesse quelqu'un qui nous parle, qui nous fait des propositions, etc. Une manière de présomptueux, qui, avec un langage superbe et une mine pesante, rabrouent si dédaigneusement les personnes, qu'ils ne semblent faire montre de leur fortune que pour acquérir des ennemis, MALH. Traité des bienf. de Sénèque, i, 9. Louis XIV, qui connaissait les défauts de M. de Barbezieux, s'en plaignait dans son intérieur, 1« rabrouait même quelquefois en particulier, voyeh MARQUIS d'argenson, Mém. p. 147, dans pougens. Il ne cesse de la rabrouer, et de lui dire des mots piqu^ints, ch. de Bernard, la Peau du lion, ^ 19.
— HIST. xiv s. Le jeu aus rabrouées [ainsi dit
parce que le perdant, au lieu de donner de l'argent, était rabroué], du cange, raboWmo. || xV s. [Vous| Qui ainsy m'alez rabrouant, E. desch. Poésies mss. {° 378 II XVI' s. Le sénat mesme s'en courroucea à eulx, et le peuple les rabroua bien rudement, AMTOT, AJc. 2.1. Ne le tancer ny le rabrouer [un chien de chasse] , de sorte qu'il ait crainte de ce qu'on lui dict, Charles ix. Chasse roy. 28.
— ÉTYM. Picard, rebrouer; de re, et brave. Diez a établi cette étymologie sur de bonnes raisons : le sens le plus ancien de brave est violent, rétif; quant à la forme, brave, venant des langues germaniques, devait être, à l'origine, brou ou brou, comme dans le provençal; cette forme primitive est restée dans rabrouer et ébrouer. De la sorte, rabrouer serait, proprement, violenter, malmener.
t RABROUEUR (ra-brou-eur) , s. m. Celui qui rabroue.
— HIST. XVI' s. [Seigneur] qui estoit un grand rabroueur, et savoit aussi bien braver et rabrouer, BRANT. Cap. franc, t, 11, p. 7i, dans lacurne.
t RABRUTIR (ra-bru-tir), ». a. Rendre plus brute. Et la fumée épaisse, abrutissante, Rabrutissait leur tête non pensante, volt. Lett. au Pr. roy. de Pr. Bruxelles, 1739.
— ÉTYM. Re..., et abrutir.
t RABUTINADE (ra-bu-ti-na-d'), S. f. Trait d'esprit à la façon de Rabutin. Qu'est-ce que ce fragment [la Consolation à Polybe, de Sénèque] ? Un carton d'idées ramassées dans les écrits de Sénèque.... la rhapsodie de quelque courtisan, une rabutinade, diderot, C(aude el Af((r. 11, 89. || Querelle à la façon de Rabutin. J'étais tout près de vous faire une rabutinade, ma chère cousine, sur ce que je ne recevais pas la réponse que vous deviez à ma lettre du mois de janvier, bussy, à lUme de Sévigné, dans bescherellë.
— ÊTYM. Rabutin, parent de Mme de Sévigné
t RABU'niVAGE (ra-bu-ti-na-j'), s. m. Mot forgé par Mme de Sévigné, et signifiant la famille des Rabutins, à laquelle elle appartenait, et ce qui concerne cette famille. Je ne sais comme vous m'avouez dans votre rabutinage : je suis une petite poule mouillée, sév. à Bussy, 23 cet. 1683.
t RABUTINEMENT (ra-bu-ti-ne-man), adv. Mot forgé par Mme de Sévigné, et signifiant à la manière des Rabutins, en vrai Rabutin. Il [le coadjuteur] me pria de lui prêter mon porti-ait, c'esi-à-dire le vôtre.... je le refusai rabutinement, sÉv. à Mme de Grignan, 9 sept. I675.
I RACA (ra-ka). Mot-syriaque qui est cité dans l'Évangile comme une injure. Celui qui dira à son frère raca méritera d'être condamné parle conseil; SACi, Bible, Évang. St Math, v, 22.
— lîTYM. Syriaque, raca, imbécile, tête faible. t RACAGE (ra-ka-j'), s. m. Terme de marine.
Collier fait tantôt d'un cercle de fer, tantôt d'un chapelet de boules de bois et de planchettes traversées par une corde nommée bâtard de racage; il a pour objet de tenir rapproché le mât de sa ver^e. Pomme de racage. Drosse de racage. || Faux racage, racage volant que l'on ajoute dans quelques cas au racage d'une vergue de hune.
— ÉTYM. Allem. et suéd. rack; holl. et dan. rak; de l'anglo-saxon raca, d'après Jal, ou de raccan, rxcan, étendre, allonger, d'après Webster.
f RACAHOUT (ra-la-ou), s. m. Fécule nourrissante, à laquelle on attribue des propriétés analeptiques. Racahout des Arabes.
RACAILLE (ra-kâ-U', Il mouillées, et non ra-kâye) , s. f. Il 1° La partie la plus vile de la populace. Le mari et la femme qui ne purent être pendus à la porte de Paris vendredi dernier pour le tumulte que les laquais y excitèrent, furent hier, en plein midi, au même lieu, pendus et étranglés, pour montrer à cette racaille de laquais qu'on ne les craignait point, gui patin, Lett. t. 11, p. 93. La racaille dans des trous.... Se sauva sans grand travail, la font. Fabl. iv, 6. Ton peu d'entendedement Me rend tout étonné : vous n'êtes que racaille. Gens grossiers, sans esprit, à qui l'on n'apprend rien, id. tb. viii, 2i. Puis-je en mes vers.... Des Cotins de mon temps poursuivre la racaille? volt. Ép. 95. Il 2» Fig.' Il se dit de toutes les choses de rebut. On a vendu aujourd'hui tous les livres de prix ; le reste n'est que de la racaHle.
— SYN. racaille, canaille. La signification commune est foule digne de mépris; niais racaille est encore plus méprisant que canaille, et exprime un degré au-dessous.
— HIST. XV* s. Racaille du mau saint Martin Et de tous maulx de plus en plus, s. desch. Poésies mss. (' 212. Il xvi* I. L'homme d'estat et la racadlt
RAC
RAC
RAC
du peuple, bouchet, Serées, liv. m, p. M*, dans
LACURNE
— ËTYM On a indiqué le grec ^âxoç, guenille; la signification conviendrait; mais on ne voit pas comment ce mot grec se serait introduit. Diez propose dubitativement l'ancien Scandinave racki, angl. rach, chien, de sorte que racaille aurait, étymologiquement, le même sens que canaille. Ce qui paraît le plus probable, c'est que ce terme injurieux provient du raca, injurieux aussi, qui esi dans l'Évangile. Plusieurs mots de la Bible ont passé dans les langues romanes, par exemple paralola qui adonné parole. Le provençal a raca, rosse, qui ne contredit pas cette étymologie.
t KACAMBEAD (ra-kan-bô), s. m. Terme de marine. Anneau de fer ou de bois servant à divers usages.
— ÉTYM. Même racine que racage.
t RACAXETTE (ra-ka-nè-t'), s. f. Nom que les chasseurs donnent à un petit canard de passage, et aussi à la sarcelle.
t RACASTILLAGE (ra-ka-sti-lla-j' , Il mouillées), ». m. Terme de marine. Réparation à l'accastillage d'un bâtiment. ^ .
tRACASTILLEK (ra-ka-sti-llé. Il mouillées), v. a. Terme de marine. Travailler au radoub des oeuvres mortes d'un vaisseau ou à la refonte de ses hauts.
t RACCOINTER (ra-koin-té), v. a. Accointer de nouveau. || Se raccointer, ti. réfl. S'accointer de nouveau.
— HIST. XV' s. Vous vous en irez par delà puisque on vous mande, et vous racointerez de vos gens et de vostre pays, froiss. ii, ii, 59.
— ÉTYM. lie..., et accointer.
fRACCOISER (ra-koi-zé), v. a. Terme vieilli.
Apaiser, calmer. I! crut devoir mettre cet intervalle de temps pour laisser raccoiser les humeurs et refroidir les esprits, st-sim. 66.1, 56.
— HIST. XVI* s. Ce quartier estapt r'acoisé, d'aub. Hist. II, 410.
— ETYM. Re..., et accoiser.
RACCOMMODAGE (ra-ko-mo-da-j"), i. m. Réparation d'un meuble, d'un vêtement, etc. Le raccom- 'uodage d'un habit.
— ÉTYM. Ilaccommoder ; Berry et Normandie, racmodage; wallon, rakomodeg.
RACCOMMODÉ, ÉE (ra-ko-mo-dé, dée), part, passé de raccommoder. || 1" X quoi on a fait un raccommodage. Une robe raccommodée. || Kig. M. de Chaulnes a eu des chagrins qui ont été enfin réparés et raccommodés, sÉv. 26 août 1685. Elle est revenue! tout est raccommodé, tout est d'accord, GKNLis, Mères riv. t. m, p. (85, dans podgens. 1| t" Entre qui a eu lieu un raccommodement. Des amis raccommodés. |{ Fig. Vous me paraissez raccommodée avec le mot de vapeurs, sév. 563. Raccommodé avec les lettrés, il était toujovirs en colère contre le reste de la nation, volt. Babouc.
RACCOMMODEMENT (ra-ko-mo-de-man), *. m.
Réconciliation après une querelle. J'ai une lettre ■ie M. le cardinal de Bouillon qui me charge de son raccommodement, mai>tenon, Lett. au card. de NoçkiUes, 26 juin (698. Sa Majesté [Charles 11] ne goûta pas longtemps la douceur d'un raccommodement [avec une maîtresse] qui le rendait de la plus belle humeur du monde, hamilt. Gramm. xi. Petits soins, rendez-vous, doux raccommodements, Promesse d'épouser, plainte, douceur, rupture, Tout cela se trafique avecque l'écriture, regnabd, le Distr. iv, 9. Gaston, dont la vie était un flux perpétuel de querelles et de raccommodements avec le roi son frère [Louis XIII], volt. Hœurs, i76. La querelle fut très-violente, et finit par des pleurs, qui touchèrent le roi ; un froid raccommodement termina cette scène, genlis, Mme de Uaintenon, t. I, p. 229, dans pouGENS. Les raccommodements ne suivent jamais le dégoût et le mépris, lo. ih. t. II, p. *.
— HIST. XVI' S. Un des boutefeux nommé Neux, gagné par les Espagnols, pour empescher le racommodement, rompit tout traité, d'aub. Hist. m, 205.
— ETYM . Haccommoder.
RACCOMMODER (ra-ko-mo-dé), v. a. jj 1' Réparer, remettre en bon état. Les chemins de Vitré sont devenus si impraticables, qu'on les fait raccommoder par ordre du roi, sév. <6 juin 1680. C'est ainsi [à coups de pierre] que Deucalion et ?ynha raccommodèrent si bien l'univers, id. 45 mal 1689. 11 [le maréchal -de Villeroi] rabattrait bien de l'estime qu'il a pour moi, s'il me voyait montrer à lire à Mlle de la Tour, examiner la vocation d'une postulante, ou raccommoder mes chemises, MAiNTEKON, Lett. à Mme de CaylUs, U vi,
p. 267, dans POUGENS. Vous passeriez vos jours à raccommoder ses serviettes, hamilt. Gramm. 9. Le père du fameux Jean XXII, qui ajouta un troisième cercle à la tiare, et qui porta trois couronnes sans posséder aucune terre, raccommodait des souliers à Cahors, VOLT. Mœurs, (84.||Fig. et absolument. On raccommodait sans cesse, au lieu qu'il eût fallu commencer par nettoyer l'aire et écarter tous les vieux matériaux, comme fit Lycurgue à Sparte, pour élever ensuite un bon édifice, J. i. rouss. Inég 2' part. || Fig. Raccommoder ses flûtes, réparer une gaucherie. L'envoyé parut scandalisé des discours de l'abbé, qui tâcha de raccommoder ses flûtes , BAYLE, Lett. p. 740, dans pougens. || 2° Remettre en bonne santé. Je suis assurée.... que vous me manderez que l'air d'Aii vous a toute raccommodée, que vous n'êtes plus si maigre qu'à Grignan, SÉV. H oct. (673. Il 3° Remettre dans un état plus convenable, plus selon la bienséance. Raccommoder ses cheveux, sa coiffure. Votre perruque est dérangée ; raccommodez-la. N'a-t-elle point resté derrière Pour raccommoder sa jartière? scasr. Virg. II. Il 4" Réformer, dans un ouvrage d'esprit, ce qu'il peut y avoir de mauvais. Je ne puis jamais raccommoder ce qui vient naturellement au bout de ma plume, sÉv, 3 avr. (681. Je n'avais que dixhuit .-ins quand je fis cette ode, mais je l'ai raccommodée, BOIL. Sote sur iode 2. || Absolument. Quand je m'aperçois de ces répétitions, je fais une grimace épouvantable, mais il n'en est autre chose.... je ne sais point raccommoder, sév. 4( mars (672. || 6° Remettre le bon état dans les affaires, dans les relations. On dit que L. a trouvé sa chère épouse écrivant une lettre qui ne lui a pas plu; le bruit a été grand , d'Hacqueville est occupé à tout raccommbder, SÉV. 296. L'affaire de M. de Surville n'est pas facile à racconimoder ; mais il ne faut pas se rebuter, MAiNTENON, Lett. à Mme de Villette, 2o mars 1707. Le P. la Chaise veut raccommoder ce qu'il a gâté sur le P. Poisson, mais il a plus de talent pour le mal que pour le bien, id. Lett. au card. de Woailles, 24 sept. (697. Pour raccommoder nos affaires, tu veux donner à souper, hamilt. Gramm 3. Laisse-moi faire; je m'en vais raccoaimoder tout cela, A. ouvAL, Jeun, de Henr. Y, m, (o. || En ce sens, raccommoder peut avoir un nom de chose pour sujet. Cet événement ne raccommodera passes affaires, sa fortune. || Raccommoder une sottise, la réparer. || Raccommoder quelqu'un dans l'esprit d'un a\itre, Vy remettre en bonne opinion. Cela le raccommoda dans l'esprit de Sénantes, hamilt. Gramm. 4. || Raccommoder se dit aussi, absolument, au sens de raccommoder dans l'esprit. Notre princesse a eu, en tout ceci, une conduite si obligeante pour vous, qu'elle doit vous raccommoder pour longtemps, maintenon, Lelt. au duc de Noail. 5 août (7(0. 116° Remettre d'accord des personnes brouillées. Tâchez de me raccommoder avec M. de Grignan, sÉv. 454. Le roi a raccommodé l'archevêque de Reims avec celui de'. Paris, id. 22 janv. (672. Elle pritsoin de raccommoder ces deux amants, HAMILT. Gramm. ((. || Raccommoder quelqu'un avec lui-même, lui procurer le calme de la conscience. Daignez, par pitié, s'il est possible, me raccommoder avec moi-même, genlis, Théât, d'éduc. les Dangers du monde, m, 9. || En un sens plus vague, raccommoder avec quelqu'un, faire accepter, excuser sa conduite. Mon très-cher philosophe, vous m'avez raccommodé avec Sirven; je vois avec plaisir qu'il poursuit son affaire, volt. Lett. l'abbé Audra, (« juin (770. H 7° Se raccommoder, V. réfl. S'arranger, se rétablir. Son pauvre esprit que le latin gâta ne se raccommoda pas dans la logique, BALZ. le Barbon. Je reprends mon heure de coucher; mon sommeil se raccommode avec le matin, sEv. (6 juin (676. Il me semble que les choses ne se raccommodent pas, maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 6 sept. (7(6. Vous êtes dans l'âge où les estomacs se raccommodent, volt. Lett. Mme de Fontaine, (6 déc. (756. ||8° Se réconcilier. Le roi a voulu que Mme de Longueville se raccommodât avec Mademoiselle, sév. 3 avril (67(. Elle [Mme de Montespan] s'est raccommodée avec le roi, MAINTENON, Lett. à Mme de Frontenac, (680, t. I, p. 73, dans pougens. Quand les dames querellent longtemps, ellss ont envie de se raccommoder, DANCOURT, Chev. à la mode, v, 6. Un homme connu se raccommoda avec sa femme, en voyant le Préjugé à la mode; j'ai vu l'homme du monde le plus fier devenir modeste a(Tès la comédie du Glorieux, VOLT. Lett. Albergati, 23 déç. (760. Il est dur d'avoir un ennemi; mais, quand les sujets d'inimitié sont si publics et si ii;ju»te«, il est lâche
de se raccommoder, id. Lett, en vert et en prose, 57. Il Fig. Se raccommoder avec quelque chose, en prendre meilleure opinion. Pour me raccommoder avec Fontainebleau, j'y veux aller au-devant devons, SÉV. 29 mai (676.
— HIST. XVI' s. Ayant gaigné ceste place, il la fandrnit raccommoder promptement et y laisser une forte garnison, langue, 438. On seroit contraint de séjourner huit ou dix jours à Philippopoli, pour se rafraischir, et faire raccommoder les blessez, id. 444. Il rencontra sur sa route Aubigné avec lequel il se raccommoda, d'aub. Vie, (26.
— ÉTYM. Ri..., et accommoder; wallon , rakomodi ; Berry et Normandie, racmoder. Cette prononciation, où \'o a tendance à se changer en e muet, serait mieux représentée par racquemuder ; on l'entend quelquefois dans la conversation.
RACCOMMODECR, EUSE (ra-ko-mo-deur, deûz'), s. m. et f. Celui, celle dont le métier est de raccommoder. Raccommodeur de faïence. Une raccommodeuse de dentelle.
RACCORD (ra-kor ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas), s. m. || 1" Terme d'art. Liaison établie entre deux parties contiguës d'un ouvrage, lesquelles n'étaient pas en harmonie. Le raccord fait dans cette façade ne se voit pas. Le raccord de cette ancienne peinture avec la nouvelle. || Travail par lequel le peintre en bâtiment associe des peintures neuves à de vieilles. || 2' Fig. Il se dit des ouvrages d'esprit. Il a fait dans sa partition des raccords heureux. Le premier acte de sa pièce ne tient pas bien au second ; il est besoin de quelques raccords.
— HIST. XVI' s. llscercheront le racorddes figures de la damasquine, tellement qu'il semblera que toutes lesdites tables jointes ensemble ne sont qu'une mesme pièce, à cause que le racord des figures empesche la cognoissance de l'assemblage,