‹ Dictionnaire de la langue française (volume 2)Chapitre 120 sur 754 · SI-R · texte numérisé non relu

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un sens analog'JU : servir l'Eglise. On ne s engage à servir l'Église que dans l'espérance d'y dominer; et, si l'on n'espérait pas y dominer un jour, on ne se réduirait jamais à la servir, bourdal. to' dim. après la Pentec. Dominic. t. m, p. 212. Il Kig. Servir le monde pour Dieu, disait ce grand évéque, c'est une vnrtu; servir le monde pour le monde, c'est un désordre, bourdal, B" dim. après la Pentecôte. Dominic. t. 11, p. 480 ei 4Gi. On sert mal à la fois la fortune et ramour, :. j. rouss. De», du ïi7. se. 4. ||8° Absolument. Être dans le service militaire. Il a longtemps servi sur mer, dans la cavalerie, dans l'infanterie. Il y a vingt ans qu'il sert. Ce sera dans nos jours s'être fait un nom parmi les hommes et s'être acquis un mérite dans les troupes, d'avoir servi sous le prince de Condé, et, comme un titre pour commander, de l'avoir vu faire, boss. Louis de Bourbon. M. de Servière, gentilhomme d'une ancienne noblesse, qui, après avoir longtemps servi, mais peu utilement pour sa fortune, parce qu'il n'avait songé qu'à bien servir, s'était retiré couvert de blessures, FONTEN. Tfuchet. Où voudriez-vous servir? vous n'avez qu'à dire : dans l'infanterie, dans la cavalerie, ou dans les dragons? dancourt, la Gazelle, se. <8. Il Faire son service. Ce soldat sert bien. Vo'js ai-je pas conté comme il [Turenne] rhabilla oe régiment anglais?.... les Anglais ont dit.... qu'ils achèveraient de servir cette campagne pour \c venger, mais qu'après ils se retireraient, ne pouvant obéir à d'autres, sÉv. ifi aoiit (675. Le maréchal de Richelieu venait de conclure, près de Stade, un traité avec les Hanovrienset les Hcssois qui ressemblait à celui des fourches caudines : leur armée ne devait plus servir, volt. Comm. Œuvr. aul. Henriade. \\ 9* Terme de guerre. Serrir une batterie, une pièce de canon, etc. faire les manœuvres nécessaires pour l'exécution du feu. Le canon des assiégés a été très-bien servi, pelnssoN, Lelt. hist. t. m, p. 330. || On dit dans un gens analogue : Ce feu d'artifice a été bien servi, mal servi. Il Servir une pompe, la faire jouer. Il lO" Placer les mets sur la table. Servir le dîner, le souper. Si l'on ne vous servait à table que deux onces de pain, pasc. Prov. ii. Ainsi dit Gilotin, et ce ministre sage Sur table au même instant fait servir le potage, boil. Lutr. i. Les nymphes.... servirent un repas simple, mais exquis pour le goût et pour la propreté, fén. Tél. l. Ce fut l'orateur Hortensius qui imagina le premier de faire servir des paons sur sa table, buff. Ois. t. iv, p. 49. La chair du cygne est noire et dure; et c'est moins comme un bon mets que comme un plat de parade qu'il était servi dans les festins chez les anciens, et par la même ostentation chez nos ancêtres, iD. ib. t. ivii, p. 33. On voit dans les dispensaires du XTi* siècle qu'on servait à la table de François I" des cervelles de faisans, des langues de carpes et des foies de lottes étuvés au vin d'Espagne, DECOUBCUAMP, Souvenirs de la marquise de Créquy, t. iv, ch. vi. || Fig. Servir un mauvais compliment, faire un mauvais compliment. La voyant échapper, je courais après elle; Mais un maudit galant m'est venu brusquement Servir à la traverse un mauvais compliment, corn. Place Roy. IV, *. Il Absolument. Voulez-vous qu'on serve? Servez à six heures. Madame, on a servi sur table, MOL. Critique, 8. Un petit laquais viendra dirt qu'on a servi, on se lèvera, et chacun ira souptr. ID. t!>. ||Et servez chaud, formule qui, dans les livres de cuisine, termine toutes les recette: Je mets qui doivent être mangés chauds. || Kig et familièrement. Servez chaud, faites vite, donnez promptement. || Le dîner, le déjeuner est servi, il est sur la table. || On dit dans le même sens : Vous êtes servi; Madame est servie. Je suis servi par SCS cuisiniers [de P'rédéric II]; j'ai une reine à droite, une reine à gauche.... volt. UU. d'Argental, 29 mai 1751. Un quart d'heure après >n nous servit, et nous nous mimes à table, iiaKiT. Pays. parv. 4* part. Je l'invitai à souper; m«s elle s'en défendit, et me quitta quand on m'avertit que j'étais servie, M— niccOBONi, Œuvr. t. m, p. (78. || Servir i déjeuner, à dîner, à souper, servir à une ou plusieurs personnes ce qu'il faut pour déjeuner, dîner, souper. H Servir un dîner, un déjeuner, signifie quelquefois, en p.irlant d'hôteliers, de restaurateurs, donner à dîner, k déjeuner. On nous servit un fort beau diner '.Servir une table, la couvrir de plats, de mets. On servit six tables en même temps. Il Servir à quebju'un un mets, d'un mets, donner d'un mets à un convive. On m'a servi un excellent moiccau. Je vais vous servir du saumon.

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II On dit aussi : servir à boire à quelqu'un. || Servir quelqu'un, lui donner de ce qui est sur la table. Vous ai-je servi? Je vous ai bien mal s?rvi. || Abso- 'iment. C'était la maîtresse de la maison qui servait, elle distribuait les mets aux convives. Il Kig. Servir quelqu'un d'un conte, lui faire un conte. Je le sers aussitôt d'un conte imaginaire Oui l'étonné lui-même et le force à se taire, corn. Hent. 1,6. J'ai cru que les digressions feraient plus de bien à cet ouvrage que de tort, et que le lecteur, qui se verrait toujours servi de quelque trait d'histoire curieuse ou de quelque réflexion de bon goût, ne regretterait pas d'avoir perdu de vue la comète de temps en temps, bayle, lettre touchant les comètes, avert. au lecl. \\ Fig. et familièrement. Servir un plat de son métier, voy. plat. 2, n° 2. Il Fig. et familièrement. Servir quelqu'un à plats couverts, lui rendre en secret de mauvais offices (voy. PLAT 2, n° I, et, pour l'explication do cette locution, l'historique de plat 2). || 11» Terme de jeu de paume. Servir la balle, ou, absolument, servir, jeter une balle sur le toit pour être reçue par ceux qui jouent. C'est à monsieur à servir. || Fig. [Le premier président dit] que, si M. le Prince avait su jouer la balle qu'il lui avait servie, il avait quinze sur la partie contre moi, betz, m, 350. Il Servir sur les deux toits, jeter la balle de manière qu'elle aille sur les deux toits avant de tomber. || Kig. Et familièrement. Servir quelqu'un sur les deux toits, lui fournir l'occasion de faire avec facilité ce qu'il désire. || Il signifie aussi rendre à quelqu'un avec zèle de grands services. Il Au jeu du ballon, de la balle, du volant, jeter le ballon, la balle, le volant à celui avec qui l'on joue. Il i certains jeux de dés, mettre les dés dans le cornet de celui qui doit jouer. C'est à vous à servir. Il 12° Fournir une marchandise, un objet confectionné. Le boucher vous a mal servi. Ce cordonnier ne vous sert plus aussi bien qu'autrefois. Si vous voulez être servi [recevoir des opuscules de Voltaire], dites-moi donc comment il faut que je vous serve, volt. Lelt. d'Alembert, 2 septembre <768. || 13° Terme de finance. Servir une rente, payer l'intérêt d'une somme constituée en rente. || Terme de jurisprudence. Servir une redevance , acquitter la redevance convenue. Il 14° Terme de féodalité. Servir le fief, remplir les obligations qui y étaient attachées. Quand les fiefs étaient amovibles, on les donnait à des gens qui étaient en état de les servir, montesq. Esp. XXXI, 33. On fit des dispositions pour la succession future, dans la vue que le fief piit être servi par les héritiers, m. ib. 34. || 15* Faire aller, faire marcher, en parlant de certains moteurs. Ce cours d'eau a été utilisé pour servir un moulin. Il 16° Être utile à. Servir quelqu'un de son crédit, de son épée. 11 vous a servi auprès du ministre. Quand la pieuse reine d'Angleterre servait l'Église, eile croyait servir l'Etat, bossuet, Reine d'Angl. La souveraine puissance vous est accordée, afin que l'empire de la terre serve l'empire du ciel, m Reine d'Angl. Il faut servir nos amis à leur mode, maintenon , Proverbes, p. 60, dans POUGENS. Inexorables dieux, qui m'avez trop sarvi, racine, Phèdre, v, 6. Rarement on sert bien ceux qu'on aime beaucoup, mariv. Uarianne, 9* part. André Doria est le héros qu'on peut mettre à la tête do tous ceux qui servirent la fortune de Charles-Quint, volt. Mœurs, (25. L'illustre Mme de Sévigné , Pellisson, Gourville, Mlle Scudéry, plusieurs gens de lettres se déclarèrent hautement pour lui [Fouquet], et le servirent avec tant de chaleur qu'ils lui sauvèrent la vie, ID. Louis XI Y, 25. Servant ses amis avec zèle, ou plutôt se faisant l'ami des gens qu'il pouvait servir, j. j. ROUss. Conf. V. Je voudrais bien servir la raison, mais je désire encore plus d'être tranquille, d'alemb. Lett. à Volt. 22 déc. (766. || Absolument. Sujet plein d'une fidélité ardente et zélée, et nullement courtisan, il aurait infiniment mieux aime servir que plaire, fonten. Yauban. N'offenser personne, guérir toutes les jalousies, servir sans cesse, et chercher à plaire comme si l'on ne servait point, MIRABEAU, Collection, t. 11, p. 289. |1 Servir la religion, servir la patrie, faire quelque chose d'avantageux à la religion, à la patrie. || Servir les passions de quelqu'un, lui fournir les moyens de les satisfaire. Comment puis-je sitôt servir votre courroux? RAC. Andr. iv, 3. Sers ma fureur, Œnone, et non point ma raison, id. Phèdre, m, (. Qu'importe que notre cœur souffre, pourvu que notre vanité soit servie? mariv. Marianne, 2« part. || Corneille a dit servir quelqu'un à, l'aider à : Le patrice

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Aspar le servit à monter au trône, Puleh. au eeteur. Il 17" Il se dit des choses qui secondent, favorisent. Les circonstances, les événements l'ont bien servi. Soit donc que malgré vous le sort vous ait servie, Soit que... bac Brit. v, 6. || Son bras a mal servi sa valeur, il n'a pas eu autant de force que de courage. || Sa mémoire l'a mal servi, il a manqué de mémoire. || Si ma mémoire me sert bien, si j'ai bonne mémoire, si je me souviens bien. Il 18° Servir la jument, se dit de l'action de l'étalon dans l'accouplement. || 19" Terme de chasse. Tuer la bête avec une arme. Servir les bêtes rousses à la carabine, Ifoniteur unip. 13 nov. (867, p. (405, 3* col. Il Ce mot est devenu, dans l'argot, synonyme d'assassiner. || 20° F. n. Être à un maître comme domestique. Enfin il sentit l'impossibilité absolue de servir à deux maîtres, fonten. Rolle. Il Fig. Il est ainsi, chrétiens : nous sommes des idolâtres , lorsque nous servons à nos convoitises, BOSS. Panégxjr. saint Victor, (.||21' Servir un quartier, une semaine, être de service pendant un quartier, pendant une semaine. ||Fig. Je sers actuellement mon quartier de Tirésie [je suis aveugle] ; mes fiuxions sur les yeux me mettent hors d'état d'écrire, volt. Lett. d'Alembert, 3i mars (766 Il 22° Être esclave, en servitude. Un cœur né pour servir sait mal comme on commande, corn. Pomp. IV, 2. Tu veux servir; va, sers, et me laisse en repos, rac. Alex. IV, 3. Maintenant elle [la nation juive] sert sous un maître étranger, id. Esth. I, 4. Une forêt voisine où nous servirions en esclaves sous ceux qui gouvernaient ses troupeaux, fén. Tél. I. Sers ou meurs, disaient insolemment les Portugais à chaque peuple qui se trouvait sous leurs pas rapides et ensanglantés, raynal, Uiit, .1

phil. I, 24. Il 23° Servir de, tenir lieu de, faire Jj l'office de. Pendant que cette princesse [Livic] vé- ^ eut, elle servait de quelque barrière, parce queTibère, accoutumé longtemps à lui obéir, n'osait lui contredire ouvertement, perrot, Tacite, 254. Mon nom sert de rempart à toute la Caslillc, corn. Cid, I, 6. Votre goût a servi de règle à mon ouvrage, LA FONT. Fabl. V, (. Vos lettres nous ont servi d'un grand amusement, sÉv. 28 août (080. Cette loi divine mal appliquée.... nous sert très-souvent de fausse règle, bourdal. (" avent. Fausse consc. (34. Des sièges et des combats servirent d'exercice à son enfance [de Turenne], fléch. Turenne. Je vous rends votre fils et je lui sersde père, rac. Andr. 1, t. Tout doit servir de proie aux tigres, aux vautours, ID. JBs(?i. I, 3. Hortense, ajouta-t-il en s'en allant, vous n'avez pas voulu me faire de la peine ; mais que ceci vous serve de leçon, marswntel, Cont. mor. Bon mort. || Se servir à soi-même de, faire pour soi-même l'office de. Ils se servent de chiens à eux-mêmes [pour la chasse], j. 1. nouss. Ém. 11. Il Servir de preuve que, prouver que. Et ce choix sert de preuve à tous les courtisans. Qu'ils [les rois] savent mal payer les services présents, corn. Cid, I, 3. Il Servir d'un trophée à, être comme un trophée pour. Dans leur sang répandu la justice étouffée Aux crimes du vainqueur sert d'un nouveau trophée, corn. Cid, iv, B. || Fig. S»rvir de jouet,de plastron, être en butte aux railleries, aux attaques. || Servir de plastron, signifie aussi être exposé aux attaques, aux importunités de quelqu'un. Il Fig. et familièrement. Servir de couverture, servir de prétexte. || 24* Servira, être utile. Fuyez ce qui vous nuit, aimez ce qui vous sert, réonier, Sat. XIII. Je vois bien maintenant à quoi vous servent les opinions contraires que vos docteurs ont sur chaque matière; car l'une vous sert toujours, et l'autre ne vous nuit jamais, pasc. Prov. v. La reine, qui accompagne son époux au cœur de l'hiver, joint au plaisir de le suivre celui de servir secrètement à ses desseins, boss. Mar.-Thér. Ce qui nous sert, on le cherche ; mais ce qui nous veut servir, on l'aime, j. j. ROUSS. Emile, iv. Je croyais, interrompis-je vivement, que le but de la vie d'un honnête homme n'était pas le bonheur qui ne sert qu'à lui, mais la vertu qui sert aux autres, STAËL, Corinne, xii, 2. ||Que sert, à quoi sert-il? quel avantage revient-il de....? Mais que sert la colère où manque le pouvoir? corn. Serlor. I, 2. Puis on avait pour son argent. Avec un bon soufflet, un fil long de deux brasses; La plupart s'en fâchaient, mais que leur servait-il ? C'étaient les plus moqués, la font. Fabl. ix, 8. Ami, reviens chez moi: que nous sert de pleurer? Haine, vengeance et deuil, laissons tout à la porte, id. ib. x, (». Que nous servira d'avoir du bien, s'il ne nous vient que dans le temps que nous ne serons plu» dans le bel âge d'en jouir? mol. Fàv. t, 2. Qu»

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lui servirent ses rares talentsT quo lui servit d'avoir mérité la confiance intime de la cour? boss. Anne de Oons. Qu'as-tu donc servi, ô pliilosopliie! ID. Ilist. Il, 11. Quand on n'a rien à répondre, À quoi sert-il d'écouter? quin. Codm. i, 4. Mais sans an Mécénas, à quoi sert un Auguste? Boa. Sat. I. Hais que sert que ta main leur dessille les yeux? ID. Ép. m. Du zèle de ma loi que sert de vous parer? hac. Athal. i, «. Que vous aura-t-il servi de croire, si vos moeurs ont démenti votre croyance? mass. Carême, Yérité de la religion. X quoi sert la vie, quand on n'a point d'amis? BAHTiiÉL. Anach. ch. 78. || Impersonnellement. Mais bien vous sert que j'ignore le langage des dieux, BAI z. liv. y, leU. I5. Rien ne vous a servi, seigneur, de me nommer, corn. Olhon, i, 3. Rien ne lui servit de se défendre avec ses armes ordinaires, et de raconter des apologues: les Delphiens s'en moquèrent, la font. Vie d'Ésope. Rien ne sert de courir : i! faut partir à point, ID. Fabl. VI, (0. Il Kn ce sens, servir prend de avec rien, peu, beaucoup, guère, quoi. Si bien Que tous mes froids dédains n'y servirent de rien, RÉGNIER, Dial. Hélas I de quoi me sert ce dessein salutaire? CORN. Héracl. I, 4. L'un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guère, bol. Éc. des f. I, I. Qui dit sjffisant, marque tout ce qui est nécessaire pour agir, et il servirait de peu aux dominicains de s'écrier qu'ils donnent un autre sens au mot de suffisant, pasc. Prov. ii. Les paroles servent de peu quand il s'agit de prouver, sÉv. )9 janv. toH. Il ne sert de rien à l'homme de gagner le monde entier, s'il vient à perdre son âme, MASS. Avcnt, Bonh. des justes. Les titres ne servent de rien pour la postérité, volt. Louis XIY, (3. Il Cela sert comme un cautère, comme un emplâtre sur une jambe de bois, comme une cinquième roue à un carrosse, cela est tout à fait inutile. || 25° Servir à, être destiné à tel usage, être propre à. Les juges que leurs artifices faisaient redouter furent sans crédit : leur nom ne ser\'it qu'à rendre la justice plus attentive, boss. le Tellier. }e me souviens qu'il nous ravissait en nous racontant comme en Catalogne, dans les lieux oîi ce fameux capitaine [César] , par l'avantage des postes, contraignit cinq légions romaines et deux chefs expérimentés à poser les armes sans combats, luimême il avait été reconnaître les rivières et les montagnes qui servirent à ce grand dessein, ID. Louis de Bourbon. S'il y a des choses que l'on doive ignorer, ce sont celles qui ne servent à rien, MALEBR. Rech. vér. iv , 2. Métophis m'envoya vers les montagnes du désert d'Oasis avec ses esclaves, afin que je servisse avec eux à conduire ses grands troupeaux, fén. Tél. n. Les mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, qu'il [l'abbé de Choisy] avait aussi écrits dans ses moments de loisir, n'ont paru que depuis sa mort, d'alemq. Éloges, l'abbé de Choisy. || On a dit aussi servir pour. J'imite les Romains ....À qui l'on permettait.... de reprendre et de dire Ce qu'ils pensaient servir pour le bien de l'empire, Régnier, Sal. I. Il 26* Absolument, être utile, avec un nom de chose pour sujet. Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture, boil. Sai. m. Tout ce qui dut servir s'est tourné contre nous, volt. Oreste, v, 6. Il 27* Être d'usage. Ces gants ne peuvent plus me servir. L'anneau qui lui servait est encore en tes mains, volt. Oreste, n, r||28° Faire servir à, employer pour un but, pour un résultat. Vous voyez combien cette bulle est dangereuse, par la fin où l'on veut la faire servir, pasc. Pror. xix. Par l'effet du même transport qui vous fait parler aux hommes de vos prétentions, vous en venez encore parler à Dieu, pour faire servir le ciel et la terre à vos intérêts, BOSs. Uar.-Thér. Ils font servir à leurs convoitises les biens qu'ils ont reçus pour exercer leur charité, fléch. Duch. d'Aiguillon. Ils [les dieux] ont fait servir Achille à abattre les murs de Troie, pén. Tél. xix. Il [saint Augustin] veut qu'on fasse servir l'éloquence humaine à la parole de Dieu, et non qu'on rende la parole de Dieu esclave de l'éloquence humaine, BOLLIN, Traité des Et. iv, 2. Le dernier degré de la perversité est de faire servir les lois à l'injustice, TOLT. Dicl. phil. Criminel. \\ 29" Terme de marine. Faire servir, faire fonctionner telle voile qui ne fonctionnait pas, de manière qu'elle serve au navire pour sa route ou pour une évolution. Tout cela fut exécuté avec tant de diligence et si à propos, que les ennemis n'étaient qu'à deux portées de canon de moi, lorsque je commençai à faire servir. Rapport dt J. Dart, 6 juill. «696, dans jal. |I 80* Se servir, |

ti. réfl. Faire pour soi ce qu'on pourrait faire faire à un domestique. Ils [Charles XII et ses compagnons chez les Turcs] se servaient eux-mêmes; et ce fut le chancelier Mullern qui fit pendant tout co temps la fonction de cuisinier, volt. Charles XII, 7. Il 81* Prendre de ce qui est sur la table. Servez-vous, point de façons. || 82* Faire usage de. Dieu, qui emploie toutes choses à ses fins cachées, s'est servi autrefois des chastes attraits de deux saintes héroïnes pour délivrer ses fidèles de leurs ennemis, boss. Reine d'.inglel. Ne puis-je pas dire, pour me servir des paroles fortes du plus grave des historiens, qu'elle allait être précipitée dans la gloire? u. Duch. d'Orl. Grâces à mon amour, je me suis bien servie Du pouvoir qu'Amurat me donna sur sa vie [de Bajazei], rac. Bajaz. i, 3. Je veux l'avancer, dites-vous : comblez-lo de biens, surchargez-le do terres, de titres et de possessions ; servez-vous du temps; nous vivons dans un siècle où elles luj feront plus d'honneur que la vertu, LA BRUT. II. Également capables do se servir de la fortune et de l'attendre, monteso. Rom. v. Il 11 se dit aussi des personnes qu'on emploie. Il se sert depuis longtemps do ce tailleur. Je viens remercier et mon père et mon roi D'avoir eu la bonté de s'y servir de moi, corn. Nicom. ii, 2. Ils [les Romains] se servirent d'Eumènes et de Massinisse pour subjuguer Philippe et Antiochus, comme ils s'étaient servis des Latins et des Herniques pour subjuguer les Volsques et les Toscans, MONTESQ. Rom. VI. 0 puissant Orosmade, vous vous servez de moi pour consoler cet homme; de qui vous servirez-vous pour me consoler? volt. Zadig, )7. |jSo servir d'une chose à, s'en servir pour tel usage. Je ne puis fermer. les mains; mais je les remue, et m'en sers à toutes choses, sév. 8 juillet )67(!. Il 33° Se servir chez un marchand, avoir l'habitude d'acheter chez lui. || 34'' Se rendre service à soi-même. Ma situation est singulière; je sers les autres, et je ne me sers pas moi-même, VOLT. Lett. d' Argental, li sept. 1773. || Se rendre service l'un à l'autre. Ces femmes ont toutes des relations les unes avec les autres, et forment une espèce de république dont les membres, toujours actifs, se secourent et se servent mutuellement, MONTESQ. Leit. pers. (07. Il Proverbes. Il n'y a qu'un mot qui serve, signifie : ou bien décidez-vous, dites-moi votre dernier mot, ou bien : je vous ai dit mon dernier mot. Écoutez : il n'y a qu'un mot qui serve; je n'entends point que vous ayez d'autres noms que ceux qui vous ont été donnés par vos parrains et vos marraines, mol. Préc. B. Il n'y a plus qu'un mot qui serve: M. de Meynières peut-il vous dire tout net ce que j'ai à espérer de M. Hérault? volt. LeU. d'Argental, 25 janv. 1739. Il On n'est jamais si bien servi quo par soi-même. — HIST. X' s. Voldrent [ils voulurent] la faire diavle servir, Eulalie. \\ xi* s. Bel sire rcis, je vus ai servit tant, Ch. de Roi. Lxvii. Artus et li sien les feroient [frappaient]. Et des espées les servoient, X vins et à cens les occistrent. Brut. ms. f° 4 00, dans laclrne. Et fine amor si ne doit pas grever Ceus qui painent toz jors de lui servir, Couci, x. Celé cui [que] j'ai toz jors en remenbrance. Si que mes cuers ne sert d'autre labor, t'b. xvi. Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage Ne puisse assez li [elle] et s'amor servir, ib. xix. De pou [peu] me sert que me vuct [veut] conforter D'autrui aimer.... ib. xx. Et sachiez bien, sebiauz servirs ne ment [trompe].... ib. xiil. On ne puet [peut] pas servir à tant seigneur, ib. xxiv. De maint annui [j'J ai puis esté servis Et eschapez de périlleuse voie, ib. p. t24. Cel jour firent François d'Anseys chevalier; Car encores servoit au roled'escuier, Sax. iv. Car onc ne lui rendîmes.... Coustume ne péage fors de nos aciers frois ; Mais de ce l'avons bien servi par maintes fois, ib. xxxiii. Unz sainz hucm li a dit, cui il l'ala gehir [avouer]. Que l'endemain matin, quant devra Deu servir. Qu'il chant de saint Estiefne le primerain martyr. Th. le mart. 3B. A son soper[olle] le servi bel Ë del poisson e del gastel, Grégoire, p. 89. ||xni*s. Mains grans princes ce jour de servir [à table] se présente, Berte, x. Com celle qui ne fine [cesse] De servir plus à gré qu'une povre meschine [seivante], ib. lvi. Et dist Belins : je n'en puis mes, Je serf à un vilein félon Qui onc no me flst se mal non, Ren. 13(73. Et quant par votre fol respons M'avés mon songe ainsinc espons. Servi m'avés de grans mençongcs, la Rose, 6631. Toutes famés sers et honore, D'cles servir poine et labore, ib. 2125. ||xiv' s. Tousjours li mieux servi sont tousjours li plusgrant, Guesclin,i

Tar. des vers I8n8-I8i3i. J'ai tout adoz oî et dire et recorder; Qui sert et ne parsert, il ne peut profiter, ib. oou. Jehan Dourderon, poure valet cliarton, senant devant autrui [au service d'autrui), ou CANGE, tervire. Il s'en revint i S. Félix le dimanche suivant, pour servir son jour [comparaîtra à l'assignation] à l'endemain ensuivant contre ledit David, ib. Il XT* s. Nonobstant qu'ils eussent bien servy son pcre au recouvrement et pacification du royaulme, comm. i, 3. C'est si tard qu'il ne sert plus de gueres, lo. i, <o. Et pour les pers de France s'y trouvèrent ceux qui s'ensuivent : le premier fut le duc d'Alençon (qui servoit pour le duc de BourgongneJ; le deuxième, monseigneur de BourLon (qui servoit pour lo due de Normandie).... iD. vm, 20. Tout sert; mais par sainte Marie, Il ne fait pas ce tour qui veult, VILLON, Nouv. boIl. Ilxvi* s. U montoit sur une vieille mulle, laquelle avoit servi neuf roys, rab. Garg. i, 22. Cesle cavlUation ne leur sert de rien, CALV. /ns(. 94. Ils avoicnt la charge de penser les povres, et leur servir, id. ib. 8!.2. U n'es» question sinon de nourrir entre nous charité, en servant les uns aux autres, id. ib. 967. Dan» la ville d'Amboise demcuroit le serviteur d'une princesse, qui la servoit de valet de chambre, MARO. iVouv. xxvii. Se servir d'une chose, mont, i, 19. Le tromper poult servir pour le coup, m. i, t*. Moyen qui sert à vaincre, id. t, 25. Quoi qu'il en soit, je ne vould.-ois pas estre servy de celte façon, id. i, 59. Qui a apprins à mourir, il a desapprins à servir, id. i, 77. J'en sçais à qui il a servy d'y apporter.... Ii>. I, 94. Les exemples fabuleux y servent comme les vrais, id. i, I02. Jç ne fus jamais sans homme qui m'en servist [de la musique, qui m'en jouât], m. I, (95. Lo sommelier servit de ce vin au pape, id. i, 2B3. On trouve.de» personnes ayans des opinions différentes, quant à la manière de servir à Dieu, lanolb, 79. Les sciences servent d'un grand ornement aux nobles, ro. (21. 11 les feit servir de viandes fort simple» et communes, amyot, Ifuma, 26. Servir et honorer les dieux, m. ib. 31. Mais tout cela ne servoit de rien, id. S'jlla, 73. Il estoit servy en vaisselle d'or et d'argent, id. LucuU. 80. L'cpiglotte sert de comprimer le passage etconduitdes cartilages du larynx, PARÉ, IV, 15. Un seul hommeau, et le plu» souvent le plus lascho et femenin de la nation..., tout empesché de servir vilement i la moindre femmelette, la boétie. Sert, volont. Qui sert commun, nul' ne le paye, et, s'il défaut, chascun l'abaye, cotgravb. Assez demande qui bien sert, id. Un bien servy [certificat donné à un domestique], ol'din, Dicl.

— ETYM. Bourguig. xarri; Berry, «arrir; wallon, siervi; provenç. servir, tirvir; espagn. servir; ital. servire; du lat. servire.

t SER VITE (sèr-vi-f), i. m. Membre d'un ordre religieux professant une dévotion particulière pour la Vierge, fondé au xiii* siècle.

— ÊTVM. Lat. servitx ou serci beatx Marxjf,

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